News du mardi 9 Mars 2010---------------
■ La
crise financière est survenue parce qu'elle était perçue comme de
l'"improbable"–
Cependant, les règles étant émises par n'importe qui, on est entré
dans "l'illimité".
À partir de là, "l'improbable"
devenait mathématiquement du "possible".
On peut pas gagner à tout coup : les clients des casinos le savent.
Il était fatal qu'un jour le système s'effondrerait.
On
se préoccupe peu de l'improbable. Pourtant, quant c'est du n'importe
qui, c'est aussi du n'importe quoi. Par contre, dans le possible, on
fait preuve de prudence. En continuant dans l'illimité (le n'importe
qui), on ouvre la porte à Hitler : celui-ci était certain qu'il pouvait envahir des pays voisins sans que les grandes puissances du temps ne lui déclarent la guerre. Les règles ne doivent pas être
l'œuvre de n'importe qui, on ne doit pas ouvrir la porte à Hitler, aux spéculateurs.
Une
interprétation libre que je fais des propos super intéressants
tenus par le philosophe français Jean-Claude Milner
: plus bas dans la page qui s'affiche.
■ On
ne parle presque plus d'Haïti
– La nappe de silence a commencé à s'étendre peu avant les
derniers séismes : Chili, Turquie. Le phénomène est humain. On
s'émeut pendant un certain temps puis on s'habitue et passe à autre chose.
Essayons de maintenir le cap jusqu'à la reconstruction. Ce sera pas
facile, mais parlons-en de temps à autre. On va avoir encore besoin
de nos sous.
Je vous propose une diapo de 34 éléments + de petits
paragraphes sur le quotidien. Une visite du secteur "Logbase",
à Port-au-Prince, là où travaillent et dorment les humanitaires et
des militaires. D'autres pages à explorer ici
et là,
dont des vidéos. Streetpress.com a fait du bon boulot, vraiment.
■ Les
Laperrière, Patenaude et Plamondon sont rares au Québec -
(Suite tome
2
de l'Étau Policier) La
contribution de Laperrière
et Patenaude
(à leur insu, dois-je préciser) à ce débat livresque, à défaut
d'un véritable débat public, néanmoins préférable à pas de
débat du tout, mérite d'être soulignée au crayon feutre.
Difficile de ne pas adhérer à ce contre-discours, ni à ceux de
Plamondon
et tous ces autres
cités dans ces pages.
Peut-on
espérer qu'un jour rapproché le pouvoir acceptera de baliser les
activités informatisées et la télésurveillance, notamment des
gouvernements et corps policiers? Tant que la population ne sera pas
conscientisée sur ces dangers la menaçant, non,
on ne le peut pas.
La commande est trop grosse, faudra une grosse désapprobation...
communautaire, seule apte à
générer une aussi grosse volonté politique.
Signe
des temps, ou attribuable au changement de gouvernement, du péquiste
Bernard
Landry
au libéral Jean
Charest,
à la suite des élections générales d'avril 2002 au Québec?
Toujours est-il que l'année suivante, au mois de mai, nous
apprenions que la Commission
d'accès à l'information
du Québec (CAI) commence
à se préoccuper de la situation. Pourtant un sujet à l'ordre du
jour depuis... le
début des années 1990.
Mieux
vaut tard que jamais, arguera-t-on. (NDLR : un feu de paille, vous verrez) Il n'empêche que pendant tout ce
temps, alors que la présence des caméras se multipliait à une
cadence incroyable, elle n'a à peu près rien fait pour en protéger
le citoyen : et la loi régissant la CAI, qui devait être
actualisée à tous les cinq ans, ne
l'était toujours pas dix ans plus tard. (Suite
demain)
■ Menaces
voilées de mon chauffeur de Lac Bouchette -
(Suite tome
1
de l'Étau Policier) Mon
chauffeur très particulier, pour y revenir et fermer ce chapitre,
alimentait régulièrement la Sûreté du Québec de renseignements
me concernant. Un jour, je lui raconte que mon vélo est maintenant
équipé d'un
odomètre,
lui signale qu'il me sera bien utile parce que je veux augmenter
progressivement mon kilométrage. Trois jours plus tard, l'odomètre
ne fonctionne plus.
Utiles, les renseignements que le collabo transmet à la Sûreté du
Québec.
Ce
n'est pas sans me rappeler le petit panier fixé aux guidons, dont le
pourtour a
été déformé.
Lorsque je m'en achèterai un plus grand, ferai le même constat. Le
vendeur m'expliquera que ces paniers viennent «d'un
pays pauvre».
Donc, un peu normal, n'est-ce-pas, qu'ils souffrent d'une difformité.
Et la boîte de conserve de petits pois Le Sieur écrasée du talon,
elle
aussi?
De
nombreuses tentatives aussi de m'effrayer... M'en allant faire
extraire une dent titillée par un abcès, mon chauffeur-collabo me
dit que le
dentiste va me casser la mâchoire.
Pratiquant la marche à pied dans la forêt, il me dira qu'un type en
faisait aussi et, un jour, il
a disparu,
on ne sait pas ce qu'il est devenu.
Le
17 mars 2003, il me livre le quotidien La Presse. Je
m'informe si les Américains ont décidé d'attaquer l'Irak sans le
consentement de l'ONU. Non pas encore. Puis il complète son topo en
me signalant que le conflit israélo-palestinien a repris de plus
belle. Les Israéliens tirent sur les Palestiniens, me conseille en
riant de faire attention, peut-être qu'une...
balle israélienne pourrait m'atteindre.
(Suite
demain)
News du lundi 8 Mars 2010---------------
■ Berlinale
Talent Campus –
Court métrage qui a du punch
(05:22).
■ Une
gestion publique des droits laissée pratiquement à l'abandon par
nos élus -
(Suite tome
2
de l'Étau Policier) Comment
s'extraire de ce panier de crabes... high-tech? En ce début du
troisième millénaire, les méfaits de l'informatique et de la
télésurveillance dans notre vie de tous les jours, des technologies
qui ont fait leur apparition vers la fin des années 1980 et se sont
développées par la suite à
une vitesse inouïe,
accentuent lourdement le climat de
gravité ambiante
dans ce Québec supposément libre et démocratique : de fait,
le problème est universel.
Cela
étant, il y a toute une panoplie de mesures à créer pour s'en
protéger efficacement. Tout est à construire. Absolument
tout.
Étonnant que nos organismes en-ci et en-ça, et tous prétendant
défendre les droits et libertés, soient demeurés muets sur ces
questions. Comment expliquer qu'ils se contentent généralement
d'intervenir après-coup, rarement avant? Ils sont tenues en
laisse par celui qui les subventionne,
le gouvernement du Québec. Comment s'en prémunir?
Laperrière
et Patenaude
indiquent une piste des plus intéressantes, incontournable même :
le point de départ, c'est la
recherche.
Ils estiment qu'elle devrait viser à alimenter constamment un
débat public
sur ces questions «si
importantes pour la sauvegarde de nos droits et libertés»...
L'une des voies les plus prometteuses consisterait, proposent-ils, à
réunir historiens,
politologues,
sociologues
et juristes
afin de stimuler la recherche historico-politico-et-socio-juridique
sur l'extension des problèmes d'atteintes à la vie privée
(enquêtes
auprès des utilisateurs de systèmes techniques de surveillance),
leurs évolutions dans le temps et dimensions politiques (ex. leurs
enjeux
démocratiques). Concepteurs, analystes et utilisateurs des systèmes
techniques faciliteraient
la compréhension
des mécanismes et principes sous-jacents.
Ultimement,
pourquoi autant de spécialistes? On s'en doute un peu : pour que Big
Brother et, ne soyons pas sexistes puisque telle est la réalité,
Big Sister soient surveillés
de près par un troisième œil,
celui du public. Les deux auteurs ne l'expriment pas en ces termes,
mais le moment me semble propice de rappeler que sa Grande Sœur
participe tout autant à l'espionnite généralisée. De même que
leurs frérots et sœurettes, leurs
collabos.
Conséquemment,
ils recommandent d'agir sur les structures sociales et les normes
(NDLR : Stéréotypes?)
de vie en société, avec, à la clé, interventions
juridiques
et encadrement
adéquat
des activités de surveillance. En plus d'alimenter constamment un
débat public, institutionnel et journalistique, basé sur la
vigilance des citoyens
et des organismes
de défense et de promotion de leurs droits et libertés.
Il
saute aux yeux que la proposition des deux auteurs améliorerait du
tout au tout la situation actuelle, une gestion publique laissée
pratiquement à l'abandon
: rapports public-privé, identification des valeurs sous-jacentes,
efficacité
des mesures législatives et judiciaires,
transformations sociales et juridiques induites par les nouvelles
techniques.
En particulier sur l'intégration des techniques de
surveillance, les échanges instantanés de renseignements, la
multifonctionnalité des bases de données, l'automatisme des
mécanismes décisionnels et la banalisation de leur fonctionnement
par des autorisations générales ou des consentements individuels.
(Suite
demain)
■ Des
cliniques médicales complices de la police ? -
(Suite tome
1
de l'Étau Policier) La
présence policière et citoyenne-collaboratrice dans les hôpitaux
ne
m'étonne nullement.
Depuis mon arrivée au Lac St-Jean, au début de l'été 1999, je
fréquente des cliniques médicales privées, à l'extérieur du
petit village policier. Les civil, hommes et femmes, y sont assez
régulièrement présents. Pas
seulement dans les salles d'attentes,
parfois aussi comme réceptionnistes
et quelques fois comme médecins.
Lors
de deux consultations médicales, j'ai la conviction d'avoir été en
présence de deux
civils.
À la clinique, je me présente à la réceptionniste, lui dit avoir
rendez-vous avec le docteur
X.
Elle vérifie sur son agenda, le confirme, me demande d'aller
m'asseoir, qu'il me recevra dans quelques minutes. Lorsque vient mon
tour, elle m'informe que le dr X m'attend. Après un préambule,
celui-ci, que je rencontre pour la première fois, me dit de but en
blanc avoir
fait le serment d'hypocrite
(allusion au serment d'Hippocrate que font les médecins). Je n'en
comprends
pas la pertinence
avec ce qui m'amène à le consulter.
La
fois suivante, à la même clinique, autre rendez-vous avec le
même docteur X.
Surprise, ce n'est pas lui mais un autre. De plus, il ressemble comme
deux gouttes d'eau à un civil de la Sûreté du Québec, que
je connais très bien,
car il m'a harcelé plusieurs fois à Montréal, notamment à la
bibliothèque centrale, et l'ai même vu une fois à Lac Bouchette,
sortant de la maison d'une réceptionniste-comptable
que je connais également très bien : c'est le même homme qui,
début 1998, était monté précipitamment dans une fourgonnette
blanche, stationnée devant mon domicile, et quitté les lieux en
quatrième vitesse. Il m'annonce que je ne pourrai pas prendre
d'autres rendez-vous avec lui parce qu'il
quitte Roberval pour Québec.
Quelque
temps après, je réclame mon dossier médical. À mon grand
étonnement, il est constitué d'une
seule page,
deux petits paragraphes dactylographiés. Alors qu'il
était assez volumineux,
consultant des médecins, à ce moment-là, depuis environ sept ans.
Et
aucune trace manuscrite des 2 docteurs X.
(NDLR
: Les cliniques médicales privées sont de fait des entreprises
privées. Ou
bien
un corps policier intervient auprès de son proprio, prétextant
l'importance de se substituer à un médecin afin de compléter une
enquête ou
bien
certains médecins travaillent aussi pour la police. Je ne vois pas
d'autres hypothèses que celles-là. J'ai
vu
à quelques reprises des civils entrer dans des bureaux de médecins
et parler aussi à des préposées à la réception. Fonction
infiltrée
par la police?) (Suite
demain)
News du dimanche 7 Mars 2010---------------
■ Production
de biens manufacturés : la Chine double le Japon et commence à
talonner les USA –
Elle est deuxième, performances évaluées par L'Organisation des
Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI)
: Japon 15,4%, Chine 15,6% et USA 19%. À eux seuls, ils produisent
la moitié de ces biens dans le monde. En contre partie, si l'on
tient compte du prorata par habitant, le Japon, avec près 9 000$ et
la Chine 700$, demeure le deuxième pays le plus industrialisé.
L'ONUDI
aide les pays en voie de développement et de transition dans leur
combat contre la marginalisation prévalant dans le secteur de la
mondialisation. Elle mobilise connaissances, compétences,
informations et technos dans le but de créer emplois productifs et
économies compétitives. Carlos Magarinos, son dg, la décrit comme
une agence qui concentre ses efforts sur l'éradication de la
pauvreté.
■ Un
monde en noir et blanc
– Vidéo de circonstance
(01:32).
■ Canada-budget
: les ainés se disent négligés par le gouvernement de Stephen
Harper
– La Fédération de l'âge d'or du Québec (FADOQ) affirme que le
premier ministre, dans son budget dévoilé jeudi dernier, relègue
les aînés au dernier plan et que le chemin vers l'équilibre
budgétaire se fera à leurs dépens.
"Rien
pour les aînés à faible revenu, rien pour les aidants naturels,
rien pour les travailleurs (âgés) d'expérience, rien pour les
soins d'aide à domicile, rien pour les 160 000 Canadiens privés du
Supplément de revenu garanti (SRG) alors qu'ils y auraient droit",
déplore-t-elle dans un communiqué.
Document
de la FADOQ
en format pdf d'une page diffusé le 10 décembre 2009 étalant
quelques points de la situation + vidéo
corporative de l'organisme. On y voit des personnes de l'âge d'or
qui ont l'air nanti. Ses auteurs auraient dû montrer la face cachée
du vieillissement. D'âge d'or, oui, mais ne roulant pas tous sur
l'or, loin de là + site
de la FADOQ.
PS
:
Ce n'est qu'une autre parcelle des dégâts sismiques considérables
occasionnés par les crises financière, économique et sociale.
■ Hier,
référendum en Islande : refus des citoyens de payer le sauvetage de
la Banque Icesave
- Prise dans la tourmente des crises actuelles, cette banque a fait
faillite fin 2008 et ses clients du Royaume-Uni et des Pays-Bas ont
perdu 3,5 milliards$. Leur
gouvernement respectif les a remboursés et demandé au gouvernement
islandais d'en payer la facture : dans les articles lus à ce sujet,
on ne sait pas trop si les deux pays ont procédé ainsi ou prêté
l'argent à l'Islande afin qu'elle renfloue la banque, ou, ou...
Quoi
qu'il en soit, plus de 90% des Islandais ont dit "non"
hier samedi lors du référendum. Ils considèrent qu'il serait
injuste d'imposer une somme aussi lourde sur les épaules d'un pays
ruiné par l'effondrement de sa banque : 100 euros par habitant par
mois pendant huit ans.
PS
:
Pourquoi les citoyens devraient-ils défrayer le sauvetage de cette
banque, une entreprise privée? Lorsqu'elle encaissait des bénéfices,
les partageait-elle avec eux ou avec ses actionnaires? Partout dans le monde, les citoyens
sont obligés d'assumer la réparation du crash du système financier
et de son gang de spéculateurs, les souffleurs de bulles. Cela se
fait directement ou indirectement : chômage, augmentation du coût des
services gouvernementaux ou réduction de la qualité des services ou
des coupures à la tronçonneuse, etc. Existe-t-il une injustice sociale
plus révoltante que celle-là?
■ Il
n'existe aucune volonté politique de limiter l'extension de la
société de surveillance -
(Suite tome
2
de l'Étau Policier) Laperrière
et Patenaude
abordent un autre aspect de la problématique des technos. (Traité
des problèmes sociaux --
Institut québécois de recherche sur la culture --
Ouvrage collectif sous la direction de Fernand Dumont, Simon Langlois
et Yves Martin, 1 164 pages, 1994) L'évolution, l'extension et le
raffinement des techniques de surveillance s'accélèrent,
au point que les juristes s'affairent souvent à trouver des
solutions à des
problèmes déjà dépassés.
Quant
aux commissaires
et commissions
de protection des renseignements personnels ou de la surveillance des
activités policières et du renseignement secret, ils sont la
plupart du temps trop
occupés à administrer leur loi
pour développer des visions à long terme. Pendant ce temps, la
police
réclame et obtient périodiquement des effectifs supplémentaires et
des moyens accrus de surveillance, soulignent-ils. D'après eux, il
n'existe pratiquement aucune
volonté politique de limiter efficacement l'extension de la société
de surveillance.
L'analyse
des deux auteurs, qui, je le rappelle, a été publiée en 1994,
permet même de constater à quel point la situation a de quoi
préoccuper : «Les
chercheurs s'intéressant à cette question se heurtent souvent en
outre à la réticence, sinon à l'hostilité des pouvoirs établis
(sic) qui,
pour des raisons de sécurité notamment, veulent garder le secret
sur leurs activités».
Laperrière
et Patenaude écrivent que de nombreux sondages démontrent que la
protection de la vie privée préoccupe
la population.
Et les atteintes dont font état les médias ne sont que la
pointe de l'iceberg,
estiment-ils. Bien que les auteurs ne soulèvent pas le point,
pertinent de se demander si
le pouvoir politique ne profite pas de tout ce brouillard législatif.
Jetons
un dernier coup d'oeil sur le terrain, ne serait-ce que pour achever
de nous convaincre de la gravité de la situation. Madeleine
Plamondon,
du Service d'aide au consommateur de Shawinigan, au Québec,
s'inquiète également, réclame
même de toute urgence un débat public national
pour établir des balises et restaurer l'équilibre entre la sécurité
des personnes, des lieux et des biens et la protection de la vie
privée des Canadiens. Elle s'en est ouverte à la journaliste
Lilianne Lacroix de La Presse, en septembre 1999. (Lilianne Lacroix
--
La Presse du 30 septembre 1999)
«Dans
les dépanneurs, les boutiques, au restaurant, dans les pharmacies,
les centres commerciaux, sur les lieux de travail, dans les
institutions financières et les stations-service, les vidéocaméras
sont partout. Ne vous demandez plus où il y en a, demandez-vous
plutôt où il n'y en a pas,
souligne-t-elle.
(...)
La collecte d'images se fait souvent non
seulement sans notre consentement, mais à notre insu.
A-t-on encore droit à une certaine intimité? (...)
Les
vidéocaméras sont utilisées à volonté
(...).
La destruction des images est décidée par l'utilisateur et le
public n'y a pas accès.
(...)
Voulez-vous
être filmé quand (...)
vous
allez chercher des
films 3X?
Pourra-t-on filmer un assisté social qui achète une caisse de bière
et cinq billets de loterie pour
le coincer par la suite?
Jusqu'où peut-on aller au juste? Il serait peut-être temps que
notre société y réfléchisse.»
(Suite
demain)
■ Les
flics en civil possèdent l'art de créer artificiellement un conflit
pour justifier une agression verbale injustifiée -
(Suite tome
1
de l'Étau Policier) J'ai
constaté également la présence de deux
civiles,
environ quatre mois plus tard, lorsque j'ai visité un ami très
proche hospitalisé à l'Hôpital
de Roberval,
où il avait subit une opération chirurgicale la veille. Une
"infirmière"
s'amène dans la chambre pour l'aider à faire sa toilette. D'un ton
péremptoire, haut et fort, elle me lance : «VOUS!
il va falloir que je vous parle!»
De
toute évidence, elle me connaissait pour m'apostropher de la sorte.
Je
l'identifie aussitôt : elle était à l'hôpital
de Chicoutimi,
au début de l'année. Dans le même département que moi. Je l'avais
croisée à la cafétéria, m'étais permis de lui sourire et dire
gentiment : «Je vous connais, vous.» Elle avait riposté, le
ton rageur,
pointant son indexe dans ma direction : «Moi aussi, je vous
connais!» J'avais
été étonné de sa réaction agressive.
À l'époque, je n'arrivais pas à m'expliquer son attitude, mais là,
je comprenais que madame est une civile.
(NDLR
: Depuis que j'ai écrit ce livre, l'ami en question est décédé, l'été dernier.
Je peux donc me permettre de dévoiler qu'il s'agissait de mon frère
Claude Martel. Et que quelques jours avant son décès, j'ai constaté
que la même flic-infirmière de la Sûreté
du Québec
était présente dans sa chambre. Et qu'en prenant l'ascenseur pour
lui rendre visite, un gardien de sécurité de l'Hôpital de
Roberval, que je ne connaissais pas et debout derrière moi, m'a dit : «Nous,
on veut pas de trouble ici!».
Me suis retourné, l'ai longuement regardé dans le blanc des yeux,
sans dire un mot, et jeté un oeil sur la plaque affichant son
identité, épinglée sur son uniforme, côté droit. À l'étage
suivant, il est sorti d'un pas précipité. Je me souviens très bien
de son visage. Cela dit, le fauteur de trouble, de désordre, ce n'est pas moi, c'est la Sûreté du Québec.)
Le
conciliabule se déroule dans le corridor. Tranchante,
le visage empourpré,
haut du corps exagérément en recul et penché
sur le côté droit
pour mieux m'observer, elle est vraiment
choquée
que mon ami pense réintégrer son domicile dans une couple de jours,
alors que son opération nécessitera une hospitalisation d'environ
une semaine. Je lui explique, calmement, qu'il ne réalise pas encore
la gravité de son état, que je vais faire le nécessaire pour l'en
sensibiliser.
De
fait, la civile utilisait une
tactique policière consistant
à créer artificiellement un petit conflit pour justifier une
agression verbale injustifiée. Car les infirmières savent composer
avec ce genre de situation. Vraiment pas de quoi faire un drame. À
la réception du département, une autre "infirmière"
s'enquiert auprès de moi de la santé de mon ami, accompagnant
chacune de mes réponses de rapides coups de tête affirmatifs pour
le moins caricaturaux.
J'ai bien vu que, à travers lui, toutes
deux me visaient personnellement.
Un autre patient était alité dans sa chambre, pour un saignement
de nez
qui n'arrêtait pas, paraît-il... Portant ses vêtements, et
seulement allongé sur un lit, pas défait. (Suite
demain)
News du samedi 6 Mars 2010---------------
■ Danger, du fait que des fichiers policiers servent à des fins
illégitimes -
(Suite tome
2
de l'Étau Policier) La problématique des intrusions illégales dans
la vie privée est remarquable
par son ampleur.
En matière d'espionnage des citoyens, la police joue un rôle de
premier
plan.
Notamment, en fichant systématiquement
des personnes impliquées dans des incidents et des enquêtes, en
échangeant
aussi des renseignements sur les plans provincial, national et
international, et en
centralisant
des dossiers personnels au Centre d'information policière du Canada.
Laperrière
et Patenaude
(Traité des problèmes sociaux --
Institut québécois de recherche sur la culture --
Ouvrage collectif sous la direction de Fernand Dumont, Simon Langlois
et Yves Martin, 1 164 pages, 1994) : «Le
danger est en effet que ces fichiers servent à des
fins illégitimes,
par exemple pour établir des
listes noires
de locataires ou de demandeurs d'emploi, ou encore pour constituer
des
profils de criminels
qu'on utiliserait ensuite pour fonder des décisions judiciaires, et
ce, au
mépris de la spécificité des individus»,
s'inquiètent les deux auteurs.
Ils
sont d'avis que l'espionnage électronique et la vidéosurveillance
ne devraient être autorisés que lorsque la
nécessité est prouvée.
Il importe, considèrent-ils, d'empêcher que des fichiers soient
constitués à des fins illégitimes.
Il faut aussi s'assurer
que les bases de données ne contiennent que les seuls renseignements
nécessaires à la réalisation des fins pour lesquelles elles ont
été constituées et ne
fassent l'objet
de traitement, d'accès, d'échange et de diffusion que
dans la mesure
où ces opérations sont compatibles avec les finalités précisées
au départ.
Ils
ajoutent que les
listes
de membres d'associations de toutes sortes qui circulent librement et
permettent de caractériser des ensembles considérables d'individus
pour des fins de surveillance policière, entre autres, ne devraient
pas l'être non plus, sans
la permission de la personne concernée.
(Suite demain)
■ En
faisant une remarque, la civile de la Sûreté du Québec se trahit
d'elle-même -
(Suite tome
1
de l'Étau Policier) J'ajoute aussi ces faits, qui se sont produits
le lendemain. Sachant que plus tard dans l'avant-midi, vers les 11h,
on me transportera sur civière à la salle du sous-sol de l'hôpital
où je passerai une artériographie, je fais, confidentiellement, à
une "infirmière"
un bref topo sur mon travail journalistique, souligne la nécessité
d'y apporter avec moi mes disquettes : la veille, on nous
l'avait présentée comme une personne n'étant
pas de service ce jour-là,
mais, se trouvant sur les lieux, qu'elle avait accepté... d'y
travailler.
Elle
s'y oppose,
je n'ai qu'à placer mon sac ceinturon dans un tiroir du petit bureau
près de mon lit, qu'il y sera en sécurité. Je
refuse.
Elle me suggère alors de le remettre... à
l'agence privée
responsable de la sécurité dans l'hôpital. Refus, là aussi, comme
de raison.
Elle n'insiste pas.
Dans
la grande salle d'examens du sous-sol, mon sac ceinturon ne gêne
personne. On accepte même de le déposer sur une civière placée
contre un mur, bien en vue de la table où je suis allongé. Le
"frère" de madame passe immédiatement après moi.
L'aperçois quand on me conduit dans une petite pièce adjacente. Il
est allongé, muet et immobile comme un cadavre. Pourtant, il
ne sort pas d'une salle d'opération mais de sa chambre, comme moi
avant lui.
Le
médecin vient m'y rejoindre. J'en profite pour lui confier des
détails sur mon enquête, pendant tout le temps où il appuie
fortement les doigts sur l'artère, au niveau de l'aine, pour éviter
une hémorragie, avant qu'une infirmière vienne y apposer un
adhésif. Dans une situation à risques, les confidences sont
l'équivalent d'une assurance santé... Plus il y a de monde dans
le secret, plus les risques diminuent. On me ramène à ma chambre.
Environ
une heure après, le frère arrive à son tour, sur une
civière. On le transfère sur son lit, juste à côté du mien. Sa
"sœur" s'approche, le regarde, une jambe colée contre le
lit, puis lui dit : «On devrait peut-être prendre une
photo». Dans ma tête, ça fait clic! Aucun doute, elle fait
allusion à celle que j'ai prise la veille.
Suis
convaincue qu'elle a voulu m'indiquer à mots couvert que son "frère"
était vraiment malade... Donc, qu'il ne campait pas un personnage.
Quelle maladresse de sa part! Parce que démontrant que madame...
sait
pourquoi je l'ai photographiée la veille.
Quand je chargerai les disquettes sur mon ordinateur, je constaterais
qu'elles n'avaient pas été endommagées. Quel
soulagement! (Suite
demain)
News du vendredi 5 Mars 2010---------------
■ Need
You Tonight
– Lip Dub (03:03) +
L'original
(03:07). Bon comme du bonbon!
■ USA
: le ministère de la Justice enquête sur une spéculation illicite à l'encontre de l'euro
–
Quatre importants hedges funds sont ciblés : SAC Capital Avisors LP,
Greenlight Capital Inc., Soros Fund Management LLC et Paulson &
Co. Il leur a été demandé de conserver notamment leurs communications
électroniques portant sur l'euro.
Le
Wall
Street Journal rapporte que le ministère cherche à savoir s'il
y a eu collusion illégale entre eux visant à s'attaquer à la
devise européenne. L'événement serait survenu alors que la Grèce,
pays membre de la zone euro, vivait le scandale qu'avait soulevé la
cachette d'une partie de ses déficits
accumulés ces dix dernières années. Signalons qu'une agression en
meute peut-être dévastatrice pour une devise, un pays et ses
citoyens.
■ Le
courrier de nombreux Canadiens n'ayant rien à se reprocher
intercepté par un contractuel du SCRS -
(Suite tome
2
de l'Étau Policier) L'affaire n'est pas ordinaire. Ainsi, en juillet
2000, un ex-agent
du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS),
John
Farrell,
a révélé au quotidien torontois The Globe and Mail que des agents
s'adonnaient à des activités peu scrupuleuses et que le Comité
de surveillance
du SCRS prenait du temps à intervenir. (Presse canadienne --
La Presse du 12 juillet 2000) Selon lui, le
courrier de nombreux Canadiens
qui n'étaient pas considérés comme une menace à la sécurité
nationale avait
été intercepté.
De plus, les responsable du syndicat
des postiers
auraient été épiés.
Furieux,
ces derniers avaient réclamé une
enquête publique.
L'un des porte-parole de l'Association canadienne des libertés
civiles, Allan
Borovoy,
également. Pour sa part, le vice-président du Congrès du travail
du Canada, Jean-Claude
Parrot,
avait déclaré que «si
le droit de grève n'est pas nécessairement populaire, cela demeure
une activité légale. Cette
forme d'intimidation doit cesser».
Malgré
les dénégations du SCRS, Parrot demeurait sceptique.
Il disait que la Loi sur l'accès à l'information n'avait pas permis
aux syndicats de consulter l'ensemble des dossiers. Il se posait des
questions : «Pourquoi
j'ai un dossier? Pourquoi le syndicat des postiers à un dossier?
Pourquoi les autres syndicats ont un dossier? Pourquoi les militants
du mouvement syndical ont un dossier à la Gendarmerie
royale du Canada,
puisque ce
sont des activités légales?»
En
octobre 2002, nous en apprenions un peu plus sur cette énième
intrusion illégale dans la vie privée des citoyens. Le journaliste
torontois Andrew Mitrovica sortait un livre, "Entrée
clandestine",
portant notamment sur les confidences de Farrell,
34 ans, contractuel du SCRS pendant dix ans, qui avait opéré au
bureau ontarien de l'agence fédérale. (André Cédilot --
La Presse du 20 octobre 2002) (Andrew Mitrovica --
Entrée clandestine : crimes et mensonges dans les services
secrets canadiens --
Éditions Trait d'union, 2002)
(NDLR :
Le
livre ne révèle pas grand-chose. Il faut comprendre qu'enquêter
sur le SCRS est autrement plus
ardu
que d'enquêter sur la police en civil. Contrairement au SCRS, elle
est omniprésente dans notre vie quotidienne, et facilement
repérable
quand on connaît bien ses tactiques.)
Alors
qu'il était sur la liste de paie de Poste
Canada,
Farrell dit avoir déjà ouvert du courrier illégalement
pour le compte du SCRS. Il a aussi espionné les chefs syndicaux des
postiers, réputé
pour leur militantisme.
Devenu plus tard «inspecteur
auxiliaire du courrier»
au sein du service secret, il a poursuivi ses activités, très
souvent sans
avoir obtenu
les autorisations requises par la loi. De la même manière, il dit
avoir fouillé des maisons
et des véhicules
à la recherche de renseignements. (Suite demain)
■ La
civile de la Sûreté du Québec ne veut pas que je la photographie,
se dit trop laide, cache son visage... -
(Suite tome
1
de l'Étau Policier) Mes neurones sont en
rogne et grincent.
Si la femme a délibérément endommagé les disquettes de ce livre
je ne pourrai jamais la retrouver, prouver son lien avec la Sûreté
du Québec,
intenter des poursuites, à tout le moins la dénoncer publiquement.
Par bonheur, je traîne toujours sur moi, depuis quelques années,
une petite caméra
jetable.
Un témoin potentiel qui vous suit partout, pas
à pas.
Indispensable dans ce genre d'enquête. Sauf
circonstances particulières, j'évite, autant que possible, de
photographier des civils ou de leurs collabos, par crainte d'en
braquer quelques uns. Après mûre réflexion, je
conclus en vivre une.
L'opération est simple, suffit de jouer au gars voulant garder un
souvenir de son passage à l'hôpital, d'agir avec doigté, le
sourire
affiché,
de l'entrain.
Je
passe à l'action après le dîner, me place soudainement devant la
sœur et le frère, tous deux assis, leur demande un beau sourire...
La
réaction de madame est immédiate,
et tout à fait inattendue. Elle ne veut pas que je prenne sa photo,
le répète, se cache le visage des deux mains, refuse «parce
que je suis trop laide».
Juste avant que l'appareille ne flashe, elle tourne la tête vers une
petite table et, pendant qu'elle cache son profil de la main gauche,
attrape vivement un magazine qu'elle ouvre pour couvrir complètement
son visage.
Jamais
rien vu de semblable en plus de trente ans de journalisme. J'ai
commis l'erreur
de leur demander un beau sourire, ce qui a tout déclenché. Pour un
instantané du genre, on ne demande rien, on clique et c'est fini.
Pourtant, la femme, sans être une beauté, n'est pas un monstre,
loin de là.
Deux hypothèses... L'homme, dans la soixantaine, et la
femme ne seraient pas frère et sœur, mais mariés chacun de leur
côté, donc amants ; ou la femme est
une civile,
bien décidée à protéger son anonymat. J'opte pour la dernière.
(Suite demain)
News du jeudi 4 Mars 2010---------------
■ Canada-budget
2010-2011 : mise à jour à 22h53
– Les grandes lignes, dévoilées cet après-midi par Jim Flaherty
(texte + vidéo
de 41:21 + budget en bref : format pdf de 20
pages), ministre conservateur des Finances : déficit prévu de près
50 milliards$ (environ 20 de plus que dans le budget précédent), 19
milliards$ dans le plan de relance, réduction d'impôt, dépenses
gouvernementales coupées à la tronçonneuse, équilibre budgétaire
à l'horizon de 2014-2015.
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