News du jeudi 2 Juillet 2009---------------
■ Montréal-Nord : le grand déménagement – Des citoyens, aspirant à une vie moins mouvementée, vont
s'installer ailleurs.
Les émeutes, ils en ont ras le bol.
■ Rock Band Highway – Attendez-vous à de l'inusité
(01:40).
■ Étude en France : confirmation que les contrôles d'identité de la police sont fondés sur l'apparence – On vous
demande vos pièces d'identité, non pas parce que vous avez commis
un délit quelconque, mais parce que vous êtes Noir, Arabe, portez
des vêtements associés à la culture hip-hop,
tecktonic, punk, gothique, etc.
Si
vous êtes Noir (d'origine
subsaharienne ou antillaise) ou Arabe (originaire du Maghreb et du
Machrek), vous serez davantage contrôlé que tous les autres, sans
avoir enfreint aucune loi. Selon les sites d'observation des
responsables de l'étude, le risque du Noir varie entre 3,3 et 11,5
fois plus que le Blanc. Celui de l'Arabe est généralement de sept
fois plus que le Blanc. Les policiers perpétuent des stéréotypes
sociaux et raciaux.
L'Open
Society Justice Initiative de New York, auteur de l'étude (en
français, 84
pages) réalisée d'octobre 2007 à mai 2008 dans certains
secteurs de la Ville de Paris, souligne que cette façon de faire est
en contradiction avec la législation française, les droits de
l'homme de l'Union européenne et le code de déontologie de la
police. En résulte une perte de confiance à l'endroit du système
judiciaire.
De plus, les contrôles
sont fréquemment au cœur de l'antagonisme entre policiers et
jeunes, plus particulièrement ceux confinés dans les zones
urbaines. Ils s'en plaignent depuis longtemps. Les considèrent
dépourvus de nécessité et relevant du harcèlement. Ils y voient
de la discrimination et de l'exclusion à laquelle ils se heurtent
quotidiennement. Les contrôles ont été des éléments déterminants
à l'arrière-plan d'émeutes urbaines majeures au Royaume-Uni, aux
États-Unis et en France (NDLR : J'ajoute à la liste Montréal-Nord,
province de Québec).
Enfin,
cette pratique policière est inefficace
et contre-productive. Elle fait payer un prix élevé aux individus
et aux groupes qui font l'objet d'un traitement différencié et
d'une attention disproportionnée. Des contacts police-publics
insatisfaisants ont des conséquence sur la confiance du public
envers la police, non seulement pour les personnes directement
concernées, mais aussi pour leur famille, leurs amis et leurs
collaborateurs. La police a besoin d'une légitimité forte auprès
des citoyens, qui doivent avoir confiance dans le fait qu'elle agira
avec loyauté et efficacité dans le cadre légal.
Les
responsables de l'enquête signalent qu'ils ne sont pas les premiers
à faire ces constats. Plusieurs rapports d'Amnesty International
l'affirment, le rapport 2004 de la Commission Nationale de
déontologie de la sécurité (CNDS) aussi. De même qu'une étude
menée par différentes associations de défense des droits
fondamentaux. Même les médias font fréquemment écho de contrôles
manifestement discriminatoires. Notons que la police dissuade le
dépôt de plainte, notamment par la menace de poursuites pour
outrage ou rébellion.
PS
:
Cette étude sera très utile à ceux, peu importe le pays,
s'intéressant à cette problématique policière qui sévit surtout
dans des quartiers pauvres. La méthodologie utilisée vaut la peine
d'être examinée parce qu'elle démontre de quelle façon une
enquête de cette envergure doit être menée sur le terrain pour
arriver à des conclusions solides. Dans les premières pages du
docu, il y a des répétitions, probablement attribuables au fait que
le préposé à la mise en format PDF, un Américain, ne lisait pas
le français.
■ Seul un Conseil de contrôle permanent permettrait d'éviter que le cheval ne reprenne le mors aux dents - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Dans
le Rapport
Bellemarre,
on affirme que les arrestations hâtives «provoque
une situation où les policiers ont besoin d'une déclaration
incriminante pour justifier leur action, ce
qui augmente les risques d'abus».
(La Commission Poitras se réfère au rapport du Groupe de travail
présidé par Me
Jacques Bellemare,
publié en novembre 1996, et portant sur les pratiques d'enquêtes
criminelles au sein des corps policiers du Québec)
Le
Rapport
du juge Pierre Verdon,
que nous avons déjà traité, décrit le remède de cheval que
la Sûreté du Québec a appliqué à des membres de la police
municipale de Chambly.
(Juge Pierre Verdon, Cour du Québec -- L'intervention de la Sûreté du Québec le 1er septembre 1994 --
Le corps de police de Chambly --
1er septembre 1995). Témoignages aussi de responsables de certains
corps de police, et de Gaétan
Rivest,
ex-policier de la Sûreté du Québec.
De
plus, une étude effectuée par la Commission Poitras sur des
décisions des tribunaux québécois le démontre, ainsi qu'une
analyse des plaintes déposées devant elle par des particuliers.
Elle
souligne qu'en 1998, la situation s'était nettement améliorée,
cependant «il
y a lieu d'être vigilent»,
avertit-elle.
Elle
parlait exclusivement de la Sûreté du Québec. Vraisemblable
que ces méthodes prévalent dans d'autres corps policiers.
La vigilance? Oui, mais sur une basse quotidienne : seul
un Conseil de contrôle permanent permettrait d'éviter que le cheval
ne reprenne le mors aux dents.
(Suite
demain)
■ Nous assistons à du jamais vu - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Et
cette emprise psychologique devient de plus en plus étouffante. Car
la police utilise des moyens aussi inattendus qu'étonnants. Nous
assistons à du jamais vu.
Un
exemple :
octobre 1999, Michel
Sarrazin,
le directeur de la police de l'île de Montréal, voulait
commercialiser le logo de la police montréalaise en
vendant des tee-shirts et des casquettes aux couleurs de son
uniforme.
(NDLR : En 1997, dans un bar de la rue Ste-Catherine-Ouest, j'en
ai vu un portant ce tee-shirt. Lui ai même demandé s'il appartenait
à ce corps policiers. Il
m'a dit non.)
(Éric Trottier --
La Presse du premier octobre 1999) «Nous
avons mis le projet de côté pour des analyses plus poussées»,
a commenté le maire de Montréal-Nord, Yves
Ryan,
du Comité exécutif de la Communauté urbaine de Montréal (CUM).
Il
se préoccupait seulement du fait que la vente ne rapporterait au
corps policier qu'un profit de 6%. Il
ne semblait pas avoir été influencé par cet aspect autrement plus
préoccupant
: le logo décuplerait la visibilité policière. Les citoyens
l'affichant passeraient aux yeux des autres pour un membre de ce
corps policier ou un sympathisant. Comment réagiraient ces derniers?
Pas
sûr qu'ils les accepteraient dans leur environnement immédiat, sans
maugréer ou rouspéter.
Continuons
d'avancer dans ce climat orwellien, qui n'a rien à voir avec la
fiction. Ainsi qu'on l'a vu, des citoyens sont conscients de la
situation. Combien sont-ils? Impossible à dire, mais on peut
présumer qu'ils ne sont pas nombreux. On peut même dire, avec
une marge d'erreurs minime, que la très grande majorité ignore tout
des activités clandestines de l'underground policier.
Cependant,
ils
ne sont pas fous.
Ils voient bien que le paysage urbain est
hérissé de défenses,
d'alarmes,
de
policiers en uniforme
à la mine sévère et de gardiens
de sécurité
en uniforme. Ils voient bien les autos-patrouille
et les wagonnettes
de l'escouade tactique circuler, certains d'eux entendent
distinctement, parfois la nuit, le
flop flop flop de l'hélico
de la police de l'île de Montréal.
(Suite demain)
News du mercredi 1 Juillet 2009---------------
■ Exploit Yourself – Petite pause pour se délier un peu les
jambes (00:50).
■ Cyberpresse nous étonne!? - On est habitué à des textes à perte de vue et à si peu de
vidéos que ça ne vaut pas la peine d'en parler, mises à part celles
des journalistes des affaires financières, qui sont en outre
excellentes. Il faut comprendre que cyberpresse est le pendant web du
quotidien La Presse, de Montréal. Alors, il y a toute une
contre-culture anti-textes à créer, un défi de taille pour les
journaux version papier. Pour eux, passer de l'écrit à la vidéo,
est un premier pas aussi majeur que celui d'Armstrong.
Mais
voilà-t-il pas que, tout à coup, le site offre (enfin!) un
reportage vidéo maison effectué sur le terrain. Oui, sur le
terrain! Rien d'époustouflant, tout de même intéressant, parce
qu'on découvre qu'il y a d'autres citoyens que ceux dont cyberpresse parle
régulièrement, je veux dire à répétition. Quelques habitués du
métro de Montréal : préposé à l'entretien du métro, musiciens,
distributeur de journaux, prof.
Dans
le bas de la page qui s'affiche, cliquez sur le cercle blanc
"Contribution"
: y'a pas de vidéo là, on y présente seulement les auteurs du
reportage. Le principe de la navigation, lorsqu'on veut passer à
l'étape suivante, consiste à cliquer sur le cercle du X rouge.
■ Une Sûreté du Québec particulièrement vicieuse - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) La
Sûreté du Québec exerce aussi des «pressions
subtiles»
sur les avocats de la Couronne. Témoignage de Me
Michel Breton :«(...)
le
cas classique c'est le dossier sur lequel on n'a jamais été
consulté, qui nous arrive un lundi matin, dans lequel il y a 15
accusés, les
caméras de télévision sont à la porte, les journalistes nous
appellent pour savoir quand les gens vont comparaître et on commence
à étudier le dossier.
C'est de la pression subtile.
«Surtout
si on commence à se demander s'il
y a suffisamment de preuves pour les accuser ou si on doit pas en
remettre deux ou trois en liberté.
(...) le
cas classique qu'on peut trouver sous diverses formes, mais il y a
certaines variantes. C'est la personne très... très importante dans
le milieu de telle organisation criminelle et on
(les enquêteurs) travaille
sur ce dossier-là depuis des années et, bon, c'est
une forme de pression,
je pense, sur le procureur pour qu'il autorise des plaintes.»
Cette
pratique a eu des conséquences néfastes à plusieurs égards.
Des personnes ont été détenues alors qu'une demande pour
l'émission d'un mandat d'arrestation aurait très certainement
échoué en
raison de l'absence de preuves.
Chez d'autres, les accusations criminelles ont
été retirées
parce qu'elles avaient été autorisées sur
la foi de l'affirmation de l'enquêteur au dossier
qu'un élément de preuve était disponible alors
qu'il ne l'était pas.
Selon Me Breton, certains enquêteurs étaient d'avis que s'ils
procédaient à l'arrestation sans mandat d'un suspect, ils avaient,
de ce fait, des pouvoirs d'interrogatoire plus larges.
Notons
que dans les exemples précités de Mes Breton, Vincent et Lortie, et
ce ne sont pas les seuls,
le cercle est particulièrement vicieux. C'est qu'entre temps, la
police a réussi à convaincre les citoyens via les médias de la
culpabilité des personnes arrêtées.
Et, lorsque certaines d'elles sont libérées pour insuffisance de
preuves, les
citoyens,
qui ont cru au verdict des policiers mais pas à celui des juges,
accusent
les tribunaux de ne pas faire leur job.
Extrêmement
malsain, parce
que le lynchage public l'emporte sur la loi.
La Société civile, désirant demeurer libre, ne peut tolérer que
la police, pourtant gardienne de la loi, sape
les bases même de la démocratie.
Ils abondent vraiment, les témoignages sur ce volet de la
délinquance de la police en uniforme. (Suite
demain)
■ Les
collabos étant nombreux, notre
police n'a plus grand-chose à faire : devrait-on réduire salaires et
effectifs? -
(Suite tome
2
de L'Étau Policier) Le
maire de Montréal, Pierre
Bourque,
possédait aussi son escouade. À l'été 2000, lors de l'un de ses
pique-niques annuels, le journaliste André Duchesne de La Presse
relatait que quelques jeunes, tous
habillés de la même façon,
s'étaient approchés du maire pour lui serrer la main et faire un
brin de jasette. (André Duchesne --
La Presse du 24 juillet 2000)
«Ce
sont les éclaireurs, a
expliqué Bourque au journaliste.
Ils font la surveillance des parcs. Nous
en avons engagé 114 pour la première fois cette année. Ils sont
venus me faire rapport».
Finalement,
avec son armée de citoyens-mouchards, notre
police n'aura bientôt plus grand-chose à faire.
Il y aurait peut-être lieu d'en réduire salaires et effectifs.
D'autant
plus que les Anges gardiens ont fait leur apparition au Canada,
en juillet 2006. (Cyberpresse des 29 juillet et premier août 2006)
De quoi s'agit-il encore?
D'une
milice américaine constituée de volontaires
qui patrouillent les rues pour combattre la criminalité. Elle a été
reçue «à
bras ouverts»
à Vancouver, en Colombie-Britannique. Son
fondateur, Curtis Sliva, n'en espérait pas tant :
«Au
mieux, je m'attendais à ce qu'on me donne le feu jaune, mais on m'a
donné le feu vert.»
L'inspecteur
John McKay,
du corps policier de l'endroit, plaide l'insuffisance d'effectifs.
À
Ottawa et à Toronto, où la milice veut également opérer,
l'accueil
est plutôt froid.
Les corps policiers de ces villes n'apprécient pas trop leur
présence. Si le concept était d'origine canadienne, y serait-elle
mieux reçue? (Suite demain)
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