News du samedi 28 Janvier 2012---------------
■ Québec, année 2000 : la guerre contre les fumeurs - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Juste pour nous donner une idée de
la manière dont le pouvoir péquiste fonctionnait, examinons de plus près
la fameuse croisade antitabac du ministre délégué à la Santé, aux
Services sociaux et à la Protection de la jeunesse, Gilles Baril.
Le
17 décembre 1999, ce gouvernement adopte la Loi anti-tabac interdisant
de fumer dans la plupart des 300 000 entreprises québécoises. (Paul Roy
-- La Presse du 5 mai 2000) (NDLR : Le gouvernement libéral de Jean
Charest, qui lui succèdera, ne fera pas mieux.) Les chefs d'entreprises
sont obligés de la faire respecter. Ceux qui contreviendront à cette
obligation pourraient écoper d'amendes de 400 à 10 000$, rapporte la
journaliste Katia Gagnon de La Presse. (Katia Gagnon -- La Presse du 12
décembre 1999)
Les
grandes entreprises, prédit-elle, demanderont vraisemblablement à leurs
agents de sécurité de jouer à la police auprès des contrevenants. Chez
les PME, cependant, le problème de l'application demeure entier :
petites et moyennes entreprises (PME) ne disposent pas toutes de
gardiens de sécurité.
Les
fumeurs délinquants, eux, seront passibles d'amendes de 50 à 300$ et,
en cas de récidive, de 100 à 600$. Tout cela évidemment, ajoute-t-elle,
après que leur employeur leur aura imposé les sanctions administratives
prévues à ceux qui violeront la directive interne.
En
outre, les non-fumeurs pourront dénoncer leurs collègues fumeurs qui en
allumeront une au sein de l'entreprise. Le ministre Baril et ses
collègues ministériels comptent sur ces citoyens-mouchards pour dénoncer
ceux contrevenant à sa loi. Baril a même prévu une ligne téléphonique
sans frais, pour informer, certes, mais aussi «pour renforcer et
accélérer le traitement des plaintes (...)» : le 1-877-416-TABA.
Bel
euphémisme derrière lequel le ministre dissimule le mot délation. Car
c'est bel et bien de ça dont on parle finalement. Et pas seulement : il y
a risque aussi d'animosité entre fumeurs et non-fumeurs. L'approche est
manichéenne, contribue à diviser la Société civile : les bons d'un côté
(les non-fumeurs), les mauvais de l'autre (les fumeurs).
La
journaliste parle du reste d'une «véritable révolution» au Québec, une
province traditionnellement tolérante face aux fumeurs. (Katia Gagnon --
La Presse du 11 décembre 1999) Et qui n'est pas sans causer également
quelques maux de tête aux patrons et à leurs employés adeptes du tabac.
Elle
cite Daniel Lemire, consultant au Centre mieux vivre sans fumée, qui
aide 150 entreprises par année à implanter des politiques antitabac. «Si
une entreprise se borne à envoyer un mémo aux employés pour leur dire
de ne plus fumer, il y aura des conflits. On peut même prévoir la
création de clans, un fumeur, un non-fumeur. (...) La cigarette, c'est
un sujet très émotif.» (Suite demain)
■ Violence policière sans raison - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Lors d'un barrage routier, à
St-Agathe-des-Monts, en avril 1997, le caporal Alain Daoust, du poste de
la Sûreté du Québec des Laurentides, constate que l'un des cinq
occupants d'un véhicule, en liberté provisoire et tenu de ne pas
fréquenter des personnes ayant des antécédents judiciaires, n'a pas
rempli son engagement (Presse canadienne -- La Presse du 1ier mars 2001)
: le conducteur en possède.
Il
est alors arrêté et conduit au poste de police. En chemin, le caporal
Daoust repousse le citoyen menotté en le frappant au visage avec sa
lampe de poche. Ce dernier y perd deux incisives supérieures.
Me
Jacques Monette, du Comité de déontologie policière, qualifie de «très
grave» le geste de Daoust. «La réaction du policier a été nettement
excessive et abusive. (...) Il est vrai que le citoyen (menotté...) en
question était peu coopératif mais la violence du geste posé par le
caporal Daoust est hors de proportion dans les circonstances. Est-il
besoin de rappeler que l'on ne peut porter atteinte à l'intégrité
physique d'une personne que dans un cas d'absolue nécessité?»
Le
caporal Daoust est déclaré inhabile à exercer la fonction d'agent de la
paix pour une période de trois ans. Comme il arrive souvent en milieu
policier, Daoust ayant pris sa retraite, il ne peut faire l'objet
d'autre sanction.
Pendant
une vérification de routine, dans le secteur de St-Évariste, sur le
territoire de la MRC de Beauce-Sartigan, le policier Jacques Gagnon de
la Sûreté du Québec intercepte le véhicule d'un dénommé Lecours, un
handicapé physique. (Presse canadienne -- La Presse du 23 février 2001)
Deuxième interception de la journée, alors il maugrée. Ça déplaît au
policier, qui lui assène trois coups de poings à la figure.
Février
2001, le Comité de déontologie ne tient pas compte dans sa décision du
handicape de la victime, car rien n'indique que Gagnon s'en était
aperçu. «Gestes gratuits», statue le comité. «Il n'y a eu aucune sorte
de provocation de la part de M. Lecours». Gagnon devra «comprendre que
de tels gestes sont inadmissibles, que la personne soit saine ou
handicapée, jeune ou âgée, calme ou arrogante». Il est suspendu pendant
15 jours sans solde. (Suite demain)
News du vendredi 27 Janvier 2012---------------
■ Canada : projet de loi C-52 encadrant les enquêtes policières sur le Net – Des étapes restent encore à franchir avant qu'il soit déposé au
Parlement de Stephen Harper. Faudra attendre les débats à la Chambre des
communes et les réactions sur le Net pour évaluer son envergure. On
sait déjà que le ministre canadien de la Sécurité publique et de la
Protection civile se gardera un marge de manœuvre pour décider hors de
la loi : voir le projet C-52.
La
future loi est destinée au Service canadien du renseignement de
sécurité et à tous les corps policiers du pays. Ils seront chargés de la
sécurité nationale ou de l'application des lois et auront le pouvoir
d'intercepter les communications, c'est-à-dire : écouter, enregistrer,
etc. On y ajoute, sans toutefois porter atteinte indûment à la vie
privée.
■ Canada : une étude portant sur des milliers de produits chimiques dont la toxicité n'avait jamais été évaluée - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Selon le Dr Rick Smith de Défense
environnementale, groupe voué à la protection de l'environnement et la
santé, se référant à une étude effectuée par son organisme, les citoyens
Canadiens sont empoissonnés quotidiennement par une multitude de
produits toxiques, vivent dans une «soupe chimique» qui met leur santé
en danger.
La
pollution est si grande que les enfants ont davantage de produits
toxiques en eux que leurs parents, dont des BPC. Personne n'y échappe,
seul le niveau de contamination varie entre 35 produits détectés dans le
sang ou l'urine et 60. L'étude de l'organisme portait sur 88 produits
chimiques. Une dizaine de personnes, représentatives de différents
milieux sur le territoire canadien, y avaient participé.
D'après
Jean-Philippe Weber, directeur du Centre de toxicologie, à l'Institut
de santé publique du Québec, «il y a rarement des études sur un aussi
grand nombre de produits». Aux États-Unis, Center for Disease Control,
dans une étude plus vaste, en a détecté 116. D'autres études sont en
cour.
En
septembre 2006, le Canada complétait son étude portant sur des milliers
de produits chimiques dont la toxicité n'avait jamais été... évaluée.
(François Cardinal -- La Presse du 14 septembre 2006) On parle de
l'inventaire détaillé de quelque 23 000 produits, dont un grand nombre
n'ont jamais subi des tests d'innocuité adéquat, c'est-à-dire permettant
de déterminer s'ils sont nocifs ou pas. Il s'agit, dans bien des cas,
de produits utilisés commercialement au pays.
Pour
les écologistes, ce jour est le plus important dans l'histoire de la
pollution au Canada. Hugh Benevides de l'Association du droit de
l'environnement : «Il est temps d'interdire les pires substances et de
réglementer les autres, avec l'objectif de les remplacer par des
produits alternatifs plus sécuritaires.» Des experts ont établi la
quantité de ces produits toxiques, mais pas de tous, loin de là, que
l'on peut inhaler à plein poumons, ou consommer sans danger.
Cependant,
on parle peu des effets combinés de toutes ces petites quantités, ces
fameuses parties par million (PPM). Aucune étude comparative ne semble
avoir été effectuée à ce sujet : est-elle seulement faisable? Et l'effet
de serre, lié à la fumée de la cigarette? Ce qui ne veut pas dire que,
n'étant de toutes ces autres sources de pollution, on pourrait fumer
sans danger.
Le
tabac est sans doute l'équivalent d'un sport extrême. Il y a eu, il y
a, il y aura toujours des citoyens préférant, consciemment ou non, vivre
dangereusement et moins longtemps. Et cette "déviance" se braque quand
le pouvoir, au lieu de convaincre, impose des interdits.
Faut
comprendre aussi que le gouvernement du Québec traîne un lourd boulet à
chacune de ses chevilles. En 2000, les intérêts générés par son déficit
accumulé -- 111 milliards en 2003, 115 l'année suivante --, troisième
poste en importance du budget, nécessitaient un déboursé de plus de 7,6
milliards. Seulement pour le paiement des intérêts de la dette et non
son remboursement. Alors, au lieu de réduire annuellement son déficit
accumulé, il préfère réduire les coût de la santé, en imposant ses
Oukases. (Suite demain)
■ Un policier administre trois coups de poings au visage d'une femme intoxiquée alors que deux autres la tiennent - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) À la fin de janvier 1999, un
policier éducateur de la section d'aide à la jeunesse de la police de
l'île de Montréal, Jean-Marc Saint-Hilaire, 50 ans, est traduit devant
le juge Jean Beaulieu de la Cour du Québec, au palais de justice de
Saint-Jérôme (Jean-Paul Charbonneau -- La Presse du 29 janvier 1999) :
il a fumé de la marijuana avec une «écolière» (une ado?).
Il
a aussi admis en avoir eu en sa possession lors d'une autre rencontre, à
son domicile de Terrebonne, cette fois-là en présence d'autres
adolescentes. Expliquant au juge que le policier avait dû prendre sa...
retraite après 28 ans de service et subi une cure de désintoxication,
l'avocat de la Couronne, Me Jean-Pierre Boyer, demande et obtient que le
tribunal lui accorde l'absolution inconditionnelle. Saint-Hilaire était
un ex-membre de l'escouade moralité et drogue de ce corps policier.
Le
24 juin 1998, les agents Richard Roy et Denis Lapointe, de la police de
St-Basile-le-Grand, appréhendent Manon Nancy Tremblay pour du tapage à
la suite d'une dispute avec un ami. (La Presse du 6 septembre 2001)
Après lui avoir passé les menottes, les policiers la blessent à un coude
puis la sortent à moitié nue de la résidence de sa mère.
Au
poste de police, on l'empêche d'appeler un avocat. Et, parce qu'elle a
craché au visage de l'un d'eux, on l'asperge de poivre de Cayenne et la
laisse, pendant 16 ou 17 heures, sans soins et sans eau dans une
cellule : l'eau permet d'en atténuer les douleurs occasionnées aux yeux.
Dans
sa décision rendue le 15 mai 2001, Me Richard W. Iuticone, du Comité de
déontologie policière, qualifie cette façon d'agir de «gratuite et
démesurée», ajoutant que la détention de la jeune femme était
«complètement injustifiée et inadmissible». Ils l'avaient en outre
brutalisée et arrêtée sans mandat. Roy et Lapointe sont suspendus sans
salaire pendant 32 et 23 jours respectivement. Un troisième policier,
Robert Mercier, qui avait entre-temps quitté ses fonctions, est jugé
inhabile à porter l'uniforme pendant deux ans.
Autre
cas. Une citoyenne, fortement intoxiquée, tombe en panne sur
l'autoroute métropolitaine, dans l'île de Montréal. Elle est arrêtée et
mise en cellule au poste Montréal-Métro, à St-Laurent. Constatant son
état hystérique, le policier Daniel Caron de la Sûreté du Québec appelle
l'ambulance. (Rollande Parent, Presse canadienne -- La Presse du 25
août 2002) Alors
que deux collègues tentent de l'immobiliser, le policier Caron entre
dans la cellule et lui administre trois coups poing au visage. En
résulte un hématome.
C'est
l'ambulancier qui dénonce le geste de violence. Me Richard W. Iuticone,
président du Comité de déontologie, juge, en août 2002, comme facteur
aggravant le fait que Caron ait toujours nié être entré dans la cellule.
Il qualifie son geste «d'une gravité extrême et d'une inutilité
absolue» et précise qu'il avait «perdu le contrôle d'une situation
stressante».
Il
le condamne à 20 jours de suspension sans solde. Des accusations
criminelles de voies de fait sont également portées contre lui, mais il
est acquitté parce que le principal témoin, l'ambulancier, n'a pu
affirmer avec certitude que Caron était bel et bien l'agresseur. (Suite
demain)
News du jeudi 26 Janvier 2012---------------
■ Cuba refuse de permettre à la bloggeuse dissidente Yoani Sanchez d'aller au Brésil – Elle veut y assister à un événement, Brasilia lui a accordé un visa,
mais ça fait 18 fois qu'on lui interdit d'aller à l'étranger : vidéo (00:20), la dissidence est la source de bien de petits obstacles étatiques.
■ Le Canada du conservateur Stephen Harper imposerait sa dictature sur le Net – Selon l'organisme québécois Koumbit,
son projet de loi C-52 s'inscrit dans une longue vague de
réglementations et de répression des activités en ligne. La loi
obligerait les fournisseurs de service à collaborer immédiatement à
toute demande des forces policières, sans mandat et sans discussion.
Elle
interdirait en plus au fournisseur d'avertir ses utilisateurs qu'ils
sont sous la surveillance des forces de l'ordre. Dans les faits, ces
lois transforment les fournisseurs de service en conscrits des
instruments de répression de l'état. (NDLR : Tout ce qui n'est pas transparent relève d'une dictature.)
Cela
étant, les Québécois sont invités à en savoir davantage vendredi 3
février prochain, 17h, au Bar Populaire (6584, St Laurent, entre
Beaubien et St-Zotique). Me Anthony Hémond (membre du CA de Koumbit) et
Antoine Beaupré (administrateur système et membre du comité de travail)
expliqueront les faits saillants de la loi C-52, mais aussi du projet de
loi C-11 ('An Act to amend the Copyright Act'), de l'ACTA et de leurs
équivalents Américains (SOPA/PIPA). Cette courte présentation sera
suivie d'une période de discussion.
■ Les Canadiens sont empoissonnés chaque jour par une multitude de produits toxiques - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Août 2003, la Global Lung Cancer
Coalition, qui est constituée d'organisations de 10 pays dont le Canada,
dénonçait le fait que les patients atteints du cancer du poumon soient
isolés, sans ressources et stigmatisés par la société. (Marie-Ève
Cousineau -- La Presse du 14 août 2003)
Dans
le cadre du Congrès mondial sur cette forme de cancer tenu à Vancouver
et auquel assistaient quelques centaines de spécialistes, Jesme Baird,
une Britannique, a revendiqué davantage de fonds de recherche pour
lutter contre ce cancer : «Les campagnes contre le tabac permettent
certainement de prévenir cette maladie, mais n'aident pas à soigner les
patients.»
En
plus de combattre leur maladie, ceux-ci doivent souvent faire face au
négativisme de leur entourage et de leurs médecins. «On leur dit qu'ils
sont responsables de leur sort parce qu'ils sont fumeurs.» Karen Parles,
une Américaine atteinte de ce cancer, qui n'a jamais été dépendante du
tabac, a déclaré que «le cancer du poumon n'est pas seulement une
question de fumeur!»
D'après
la Société canadienne du cancer (SCC), dans 80% des cas, cette maladie
est liée au tabagisme. Toutes ses campagnes de prévention sont axées
là-dessus, pas un mot sur la pollution de l'air et les nombreux produits
chimiques sur le marché. De toutes les sources polluantes dommageables à
la santé, qu'elle en est vraiment le pourcentage de la responsabilité
du tabac?
Notons
que la nicotine est facilement repérable car elle laisse des traces sur
les tissus du poumon, de la même façon qu'elle jaunit les doigts. Les
nombreuses autres sources de pollution en laissent-elles aussi,
permettant d'identifier le ou les coupables de la mort du citoyen? Ainsi
le smog des grandes cités, responsable de maladies respiratoires qui,
en Occident, entraînent annuellement la mort prématurée de centaines de
milliers de citoyens.
L'oxygène
qu'inhalent les citadins, et en de nombreux milieux de travail, est
l'équivalent d'un brouillard chimique composé d'ingrédients dont le
degré de nocivité varie. Le dossier environnemental est très lourd. On
n'en fera pas l'historique, trop long, trop complexe. Contentons-nous de
rapporter quelques cas en vrac.
Globalement,
entre 1998 et 2003, les industries du Canada et des États-Unis, pour ne
citer que ces deux pays, ont réduit de 20% l'ensemble de leurs rejets
de substances toxiques dans l'air, dans l'eau et dans les lieux
d'enfouissement. (Cyberpresse du 31 août de 2006) Il reste tout de même
encore 80% à épurer. On parle ici, notamment, de cancérogènes, comme le
plomb, le zinc et le mercure.
Au
Canada, Stablex, une entreprise de gestion de déchets dangereux située à
Blainville, au Québec, est pointé du doigt par la Commission de
coopération environnementale, le bras vert de l'Accord de libre-échange
nord-américain. L'industrie des pâtes et papiers aussi, qui est
principalement responsable des rejets de formaldéhyde, un cancérogène
rejeté dans les eaux de surface. En 2003, cette industrie canadienne, à
elle seule, a rejeté 18 millions de kilos de cancérigènes dans l'air et
l'eau. (Cyberpresse de juin 2006) (Suite demain)
■ Un chien renifle de la marijuana : verdict, l'équivalent d'une décision de la Cour suprême du Canada - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Restons dans le monde canin, en
traitant cette fois de l'escouade des chiens renifleurs... de drogues.
Dans la partie récit de ce livre, je relate avoir été reniflé par le
chien d'un collabo ...écornifleur et celui d'une policière en civil de
la Sûreté du Québec.
Il
arrive aussi que la police opère au grand jour, c'est-à-dire vêtue de
l'uniforme. Occasionnellement ou souvent? L'incident que je propose
s'est produit dans la capitale canadienne, Ottawa, en Ontario, mais rien
ne garantit que cela n'arrive pas au Québec. Au printemps 2002, la
police de la Ville d'Ottawa, accompagnée d'un chien policier renifleur,
mène une fouille impromptue à l'école secondaire St. Metthew d'Orléans,
ville de la banlieue. (Presse canadienne -- La Presse du 28 mars 2002)
La
brave bête dépiste une odeur de marijuana sur le manteau de Christopher
Laurin, âgé de 15 ans, qui est ensuite escorté jusqu'au bureau de la
directrice, où il est interrogé, et ses effets personnels de nouveau
fouillés. Pourtant, il n'avait sur lui aucune drogue. La directrice de
l'établissement scolaire reconnaît être incapable de déceler l'odeur de
marijuana sur sa veste de ski.
Police
et personnel de l'école affirment à l'ado que les chiens dressés à
cette fin peuvent retracer cette odeur sur des vêtements jusqu'à trois
mois après que la marijuana ait été consommée. La direction le renvoie à
la maison, le suspend pendant deux jours. Le verdict du chien est sans
appel, en somme l'équivalent d'une décision de la Cour suprême du
Canada.
Son
père, Michel Laurin, réagit avec colère. «(...) Il n'a rien fait de
mal. Et s'il avait laissé son manteau dans la voiture de quelqu'un, et
que cette personne avait un joint? Je sais qu'ils veulent faire la bonne
chose, mais une suspension pour un manteau? Je n'arrive pas à croire
les implications que cela pourrait avoir».
Son
fils non plus ne comprend pas : «Pourquoi suis-je suspendu? Je ne peux
la sentir (la marijuana), personne d'autre n'y arrive, mais le chien a
décelé une trace, rapporte-t-il, incrédule. Ce n'est pas comme si
j'empestais le pot. Est-ce
que j'avais de la drogue sur moi? Non. Je n'avais même pas sur moi
quelque chose pouvant avoir un lien avec la drogue. Je ne suis pas en
colère contre l'école, mais je n'ai violé aucun règlement, alors que je
devrais pas être suspendu.»
La
police a-t-elle le droit de s'amener dans une école, ou ailleurs, et de
passer des citoyens sous le nez d'un renifleur? Personne ne semble
avoir contesté cette façon de faire. Il semble qu'ici, nous soyons en
présence d'un cas où la police a agit à l'aveuglette, sans allégation ou
présomption préalable. Cette histoire ressemble à une partie de pêche.
(Suite demain)
News du mercredi 25 Janvier 2012---------------
■ Julian Assange animera une série d'entretiens télévisés – Le fondateur de WikiLeaks invitera à son émission des penseurs ou des révolutionnaires, les thèmes porteront sur le monde
de demain. Le communiqué de Wikileaks (bloqué sur le Net par les USA?)
souligne que "les soulèvements et les révolutions au Moyen-Orient ont
marqué le début d'une ère de changement politique qui se dévoile petit à
petit. (...) Internet n'a jamais été aussi fort ou autant menacé."
Notons
que le site Quick Roll Productions, réalisatrice de l'émission, est
déjà censuré sur le Net. Dans les listes d'adresses web de Google on
indique ceci : bloquer tous les résultats de
www.quickrollproduction.com. Bloqué par les USA?
Ce qui explique
peut-être pourquoi l'émission sera retransmise sur Russian Today,
diffusée en anglais et financée par le Kremlin via RIA Novosti,
l'agence gouvernementale, a annoncé mercredi la chaîne de télévision
russe. (NDLR : On voit mal les USA censurer la Russie. Deviendra-t-elle un refuge? Vraiment très très
inquiétantes ces attaques contre la liberté d'expression.)
■ Haïti : le Président Martelly lance un programme contre l'insécurité alimentaire et la malnutrition – Sur une population de 10 millions, ils sont environ 1,5 million à
vivre dans ces conditions. D'ici 2016, il espère en réduire le nombre de
moitié, pour l'autre partie il vise l'horizon de 2025. Sophia,
conjointe du président, est très impliquée dans ce programme nommé "Aba
Grangou". Elle compte mettre en place un réseau qui comportera des
membres du gouvernement, du secteur privé et de la communauté
internationale.
(NDLR :
C'est fort probablement le premier gouvernement du pays à s'intéresser à
la chose. Suggestion : Martelly devrait lancer une campagne de
souscription sur le Net, des citoyens de l'étranger feraient sûrement
des dons, ce qui accélérerait la réalisation de son programme : 2025,
c'est loin.)
■ Le pouvoir politique à le nez fourré partout, cherche à gérer le citoyen de la tête aux pieds - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) À cette étape-ci de notre quête de
la vérité, nous allons élargir le champ de l'intervention
gouvernementale, en intégrant aux vitres cassées les citoyens gagnant
décemment leur vie et les bien nantis.
Ces
gens ont tendance à se désintéresser du sort réservé au pauvre :
certains même se réjouissent du spectacle. Ne vivant pas ces problèmes,
ils se croient à l'abri de la répression politicienne et policière. Ils
se trompent parce que quand le pouvoir traite les pauvres ainsi qu'il le
fait, généralement il transpose son approche à l'ensemble de la Société
civile. Seuls les champs d'interventions diffèrent. L'État devenu ogre,
a toujours un petit creux en quelque part dans l'estomac.
Ainsi,
de nos jours, selon Rosanvallon, on raisonne en termes de coût et
d'efficacité et non de conversion personnelle. (Pierre Rosanvallon -- La
nouvelle question sociale -- Éditions du Seuil) C'est de plus en plus
en invoquant des impératifs collectifs que l'on entend maintenant régir
le comportement des individus. C'est au nom d'une maîtrise des dépenses
de sécurité sociale que nous risquons aussi de glisser demain vers une
société «hygiéniquement correcte» où l'usage du tabac et de l'alcool
serait pénalisé, craint-il.
Éventuellement,
on peut penser que les obsédés de la pureté iront plus loin, comme le
prédit d'ailleurs Rosanvallon. Pourquoi ne pas ensuite aller jusqu'au
contrôle de l'alimentation puisque la nature de celle-ci est un facteur
fondamental de santé? Cette question n'est pas superficielle non plus.
En
juin 2000, le Dr Kenneth Walker, dans l'une de ses chroniques que
publiait le quotidien La Presse, cite un article publié dans le British
Medical Journal où son auteur, Tom Marshall, professeur de l'Université
de Birmingham, propose de taxer les aliments gras. (Dr Kenneth Walker --
La Presse du 4 juin 2000) Marshall affirme que cette mesure
préviendrait des morts prématurées et diminuerait la fréquence des
maladies du cœur.
Le
Dr Walker, lui, suggère plutôt de taxer carrément les obèses : «Ils
coûtent beaucoup plus cher au système de santé que les autres, mais
paient le même prix qu'eux». De nos jours, écrit-il, neuf diabétiques
sur dix sont obèses, contre un sur dix il y a peine 50 ans. Le diabète
augmente les risques de crise cardiaque, d'hypertension, d'attaque, de
maladie rénale, de cécité et de certains types de cancer. Walker donne
de bons points aux politiciens pour avoir majoré les taxes sur le tabac.
(NDLR : Les fumeurs sont ainsi pénalisés, donc punis, réprimés.) Cette
dépendance a déjà tué des millions de gens. «Aux grands mots les grands
moyens», lance-t-il.
Environ
trois mois et demi plus tard, le 27 septembre 2000, la journaliste
Katia Gagnon de La Presse rapporte ces propos de la ministre péquiste de
la Santé, Pauline Marois : «Le problème majeur, c'est nos mauvais
comportements. Les Québécois sont plus à risque à cause du tabagisme.
Nous fumons plus qu'ailleurs et les taux de cancer du poumon sont plus
élevés ici qu'ailleurs».
Elle
ajoute aussi que les Québécois mangent moins sainement et font moins
d'exercice que les autres Canadiens. «Nous sommes collectivement
responsables d'une partie de nos malheurs. Ça ne veut pas dire qu'on ne
peut pas changer nos comportements. L'alimentation et l'exercice
viennent faire la différence». La journaliste Gagnon écrit que la
ministre a d'ailleurs l'intention de s'attaquer à ces mauvaises
habitudes par le biais de campagnes de prévention «costaudes», dès l'an
2001.
Le
cancer du poumon, plus élevé au Québec qu'ailleurs, avez-vous dit?
Voilà une affirmation qui mériterait d'être fouillée. Car le pouvoir,
quand il veut intervenir dans la vie des Québécois, les désigne toujours
comme les «champions» de quelque chose. Il les stigmatise publiquement
afin de se donner une plus grande marge de manœuvre et appliquer ses
mesures extrémistes, charcutantes. Disons un grand "Oui" à la prévention
civilisée, et un grand "Non" à l'ostracisme et à l'obligation, le cas
échéant.
La
déclaration de la ministre méritait d'être prise au sérieux car le mois
de juin précédent, dans le cadre d'un vaste programme de soutient
préventif pour les enfants à risque, elle avait fait part de sa décision
de s'attaquer à la délinquance juvénile dès leur naissance et jusqu'à
leur entrée à l'école. (André Duchesne et Isabelle Hachey -- La Presse
des 4 et 6 juin 2000)
Et
avec la bénédiction des autres membres du Conseil des ministres de
Lucien Bouchard, doit-on savoir, parce que sans celle-ci le programme
n'aurait pas été mis de l'avant. En outre, moins de six mois plutôt, le
17 décembre 1999, ce même gouvernement avait adopté la Loi antitabac.
Quand des élus imposent des mesures au lieu de convaincre, ils font
preuve d'une intolérance intempestive.
Jesus
Jimenez Orte, président de la Ligue des droits et libertés, section de
Québec, estime que «le discours sur la santé, sur tout ce qui touche
l'hygiène fait resurgir actuellement de nouvelles sources d'intolérance.
(Jesus Jimenez Orte -- Revue Notre-Dame de décembre 2000) Plusieurs
comportements liés à la santé sont en effet l'objet d'une intolérance.
Le
cas des fumeurs en est un bel exemple. (...) Il en est de même de ce
qu'on mange, ce qu'on boit, ce qu'on consomme. Par exemple, on commence à
responsabiliser les gens par rapport à la bonne santé. On fait tout un
discours économiques là-dessus. On considère que les fumeurs et les
buveurs sont responsables de leur santé. Que, s'ils tombent malades, ils
devraient eux-mêmes payer la note.» (Suite demain)
■ D'autres accrocs démontrant au lecteur l'incompétence policière - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Mars 1999, un étudiant se dirige
vers le Cégep de Lanaudière pour participer, en soirée, à une manif
organisée par l'association des étudiants. (Rollande Parent, Presse
canadienne -- La Presse du 6 février 2002)
L'apercevant,
l'agent Jean Trudelle, de la police de Joliette, l'avise qu'il est
fermé et le presse de quitter les lieux. Il refuse, l'agent Trudelle le
met en état d'arrestation, lui passe les menottes en utilisant une force
excessive et le conduit au poste où il est mis en cellule. Peu après,
l'agent le photographie à deux reprises.
L'étudiant
écope de deux accusations : refus d'obéir et s'être trouvé dans un
endroit public alors qu'il est fermé. Infractions dont il sera acquitté,
l'agent Trudelle ne s'étant pas présenté à la Cour municipale.
Ensuite
l'affaire aboutit au Comité de déontologie. Me Richard Iuticone relève
deux entorses déontologiques : force excessive lors de l'arrestation,
l'agent Trudelle lui a écrasé la main avec son pied et l'a remis debout
d'une manière inappropriée. En outre, il n'avait pas le droit de prendre
sa photo, l'arrestation ayant été effectuée en vertu d'un règlement
municipal et non du Code criminel.
À
ce sujet, Me Iuticone a été étonné d'apprendre des collègues de Trudel
(des agents Barette, Chaput, Turbide et du lieutenant Rondeau, tous du
corps policier de Joliette) qu'il était pratique courante de
photographier systématiquement les personnes arrêtées.
«L'ignorance
d'une règle de droit constitue une faute déontologique parce qu'elle
relève de l'incompétence grossière ou de la mauvaise foi», statue Me
Iuticone, qui devait rendre sa sentence dans les semaines suivantes.
Autre
cas de la même eau... Août 2002, les policiers Benoît Beaulieu et Yves
Tancrède, ce dernier sergent et directeur du poste de la Sûreté du
Québec, à St-Esprit, dans la municipalité régionale de comté (MRC) de
Montcalm, photographient un mineur et prélèvent ses empreintes digitales
parce qu'ils le soupçonnent de vol alors qu'il n'est pas inculpé.
(Presse canadienne -- La Presse du 7 août 2002)
Me
Jean-Marie Blais, du Comité de déontologie, estime que l'agent Beaulieu
a enfreint les dispositions de la Loi sur les jeunes contrevenants,
rapporte la Presse canadienne. «Le comité est d'avis qu'il s'agit d'une
faute lourde que ne saurait excuser la bonne foi ou l'absence de malice
de l'agent Beaulieu (...)». On n'en connaît pas la suite...
Martine
Gendron, une policière de Montréal, avait utilisé un... chien contre un
citoyen. Elle voulait prêter main-forte à des collègues aux prises avec
un homme ayant consommé de l'alcool, tenant des propos amers et
susceptible de s'en prendre à son ex-conjointe, dont il était séparé
depuis peu. (Presse canadienne -- La Presse des 16 février et 22 mars
2002)
Me
Gilles Arsenault du Comité de déontologie juge «drastique, inutile et
disproportionnée» l'intervention de la policière, avec sa chienne Betz.
Il conclut qu'«en donnant du lest à son animal pour qu'il atteigne le
citoyen, la policière Gendron, maître-chien depuis 1998, savait qu'une
morsure en résulterait».
Son
pantalon en avait été déchiré, mais sans «aucune séquelle physique»,
signale-t-il. Et que Gendron, policière de dix ans d'expérience, a eu
recours à une force plus grande que nécessaire. Il met en doute le
bien-fondé du recours à un chien dans ce type d'intervention, la
condamne à une suspension sans solde d'une journée. (Suite demain)
News du mardi 24 Janvier 2012---------------
■ Nucléaire-Hydro-Québec : qui savait que des citoyens prennent des comprimés d'iode ? - Et dans un rayon de 8 kilomètres de la centrale nucléaire Gentilly-2,
située à Bécancour, province de Québec, et opérationnelle depuis 1983?
Ces comprimés protègent la glande thyroïde (dans le larynx) de la
radio-activité et du cancer. Depuis quand ces citoyens prennent de ces
comprimés?
Je
suis journalistes québécois depuis une quarantaine d'années et je le sait pas.
Un chaque jour? Je le sait pas. Suis comme vous, finalement : je sais
strictement rien. Pourquoi? Parce que nous vivons sous la botte de la
dictature de l'industrie du nucléaire : absence de transparence permanente.
Et
aujourd'hui, on nous apprend que depuis les événements de Fukushima,
Japon, la Commission canadienne de la sûreté nucléaire et l'Agence
internationale d'énergie atomique, deux organismes contrôlés par le lobby
nucléaire et cachotiers comme ce n'est pas possible, font des études.
Ils veulent savoir s'il n'y aurait pas lieu d'élargir ces zones de
sécurité où les gens, vivant près d'une centrale, seraient invités, eux
aussi, à prendre des comprimés.
Au
Québec, pendant ce temps, on continue de nous casser les oreilles sur
les dangers d'attraper le cancer si on fume. Oui, c'est vrai, mais la
cigarette n'est pas la seule, très très loin de là. Rien d'autre qu'un
écran de fumé. Pendant qu'on regarde là, on regarde pas ailleurs,
n'est-ce-pas? Passons maintenant à l'article de La Presse.
■ Japon : le gouvernement envisage de réactiver des centrales – Des citoyens ayant appris la tenue d'une rencontre à ce sujet au
ministère du Commerce, ont envahi les lieux. Ils ne croient pas à
l'impartialité des experts chargés d'établir celles pouvant être remises
en marche sans danger. De plus, ils exigent que ces réunions soient
publiques : vidéo (01:01).
■ Au Québec, années 1950 et antérieures : l'enfant du péché était dirigé vers un orphelinat - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Le "modèle" américain relatif à
l'intervention étatique au sein de la cellule familiale. Dans les années
1920-30, des scientifiques de l'État du Vermont avaient dressé la liste
des lignées jugées inaptes à la reproduction et qu'il fallait donc
supprimer par stérilisation. (Associated Press -- La Presse du 9 août
1999)
D'après
l'Associated Press, qui se réfère à un article publié dans le Boston
Globe d'août 1999, Nancy Gallagher, une ex-professeur de biologie, a
publié un livre sur le sujet : l'agence omet cependant d'en mentionner
le titre et le nom de l'éditeur. Le programme, nommé Étude eugéniste du
Vermont, consistait à établir la liste des «bonnes» et des «mauvaises»
familles.
Elles
avaient le tort d'être pauvres, rurales, indiennes ou simplement
d'avoir été jugé inaptes à se reproduire parce que handicapées ou «à
l'esprit faible». L'idée était de lutter contre la pauvreté... en
empêchant la naissance d'enfants pauvres. On pensait alors que les
violences domestiques et l'alcoolisme avaient une origine génétique. En
en réduisant le nombre, ces scientifiques espéraient «construire une
société plus saine».
Ce
programme du Vermont a été à l'origine de l'adoption en 1931 d'une loi
qui avait entraîné la stérilisation de plusieurs centaines de personnes.
Cette année-là, 30 États américains avaient légiféré en la matière. Le
comble de l'affaire, c'est que ces solutions eugénistes, selon
Gallagher, semblaient acceptées par les habitants du Vermont. Examinons
ses effets au Canada.
Entre
1928 et 1973, certaines provinces canadiennes ont fait de même,
stérilisant quelques milliers de déficients mentaux. Cette info émane du
numéro d'octobre 1999 de la Revue Notre-Dame, qui ne mentionne
cependant pas celles où la mesure était de rigueur. D'autres sources
permettent d'en identifier deux (Presse canadienne -- La Presse du 14
décembre 2000) : l'Alberta et la Colombie-Britannique.
En
1999, le gouvernement albertain a offert une indemnité de 82M$ doublée
d'excuses à 2 800 femmes qui avaient été «stérilisées de force», en
vertu de la Loi sur la stérilisation sexuelle. Elle visait à faire en
sorte que celles souffrant de déficiences mentales ne puissent se
reproduire.
À
Vancouver, en Colombie-Britannique, quatorze femmes, qui avaient subit
le même sort à l'hôpital psychiatrique Riverview, ont intenté une
poursuite contre le gouvernement provincial, jugeant que «l'intervention
avait été pratiquée sans aucune raison médicale et sans leur
consentement». Dans cette province, la loi, adoptée en 1936, avait été
également révoquée en 1973. Mais
au Québec, de stérilisations toutefois on n'en a jamais entendue
parler. Est-ce à dire qu'il n'y en ait jamais eues? Qu'en est-il
vraiment?
Néanmoins,
les Québécois âgés savent que, dans les années 1950 et antérieures, la
fille-mère était ostracisée, de même que l'enfant, et pas seulement dans
cette province. Parce qu'elle menaçait l'union sacrée du mariage
catholique et, aux yeux des pouvoirs religieux et laïc, constituait une
source de désordre social : l'adultère et le concubinage également. Hors
de cette union il ne pouvait être question d'enfanter.
Alors,
la plupart du temps, on l'obligeait d'aller accoucher à l'extérieur de
son patelin. Et l'enfant du péché? Il était dirigé vers un orphelinat.
Phénomène de civilisation, soutiendra-t-on. Chaque civilisation génère
des progrès : moraux, esthétiques, scientifiques, techniques. Des
erreurs aussi. Et notre génération beaucoup plus que les précédentes, à
cause de la police en civil et de ses mégabanques informatisées qui permettent
désormais la gestion de chaque individu. (Suite demain)
■ Dans une cour d'école, un policier veillait à ce que les enfants se placent correctement en rang - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Juin 2000. Le policier Luc Bernard,
de la police de Longueuil, s'en prend à un enfant de cinq ans, dans une
cours d'école. (Rollande Parent, Presse canadienne -- La Presse du 23
mars 2002) Un cas probablement rarissime.
II
se serait permis une impolitesse à son égard. Fâché et parlant fort, il
l'empoigne et, malgré ses pleurs, l'entraîne contre son gré vers le
bureau de la direction de l'institution. À grands cris, il insiste pour
parler à la direction, soutient que l'enfant a été impoli avec lui. Une
secrétaire juge préférable d'amener l'enfant dans une autre pièce, mais
Bernard les y rejoint, fait état de son grief, avec acharnement.
Finalement,
la directrice le rencontre, lui demande de ne plus intervenir auprès
des enfants de l'école, lui dit que, même s'il est policier, ce n'est
pas de son ressort, mais celui de la direction de l'école. C'était la
deuxième fois que Bernard s'y pointait : trois semaines auparavant, il
avait exhibé son insigne de policier... aux enfants qui tardaient à se
placer correctement en rang.
Devant
le Comité de déontologie, Bernard, qui compte 10 ans de service,
reconnaît ses torts. Aveu qui lui vaut illico le retrait de plaintes
portées contre lui : abus d'autorité, intimidation du personnel de
l'école et d'un enfant de cinq ans. Me Richard Iuticone du comité n'en
retient qu'une seule, celle d'avoir fait référence à sa fonction de
policier d'une manière inappropriée. Sentence : suspension de deux jours
sans traitement.
Le
cas suivant a été puisé dans la lettre d'une lectrice de La Presse qui
en a été témoin en avril 2002 : Suzanne Perron. À lire attentivement car, même s'il est
question ici de policiers en uniforme, cette lettre illustre
parfaitement bien les sabotages clandestins de la police en civil. Seule
différence, les victimes ignorent que celle-ci est derrière ça.
«Aujourd'hui,
vers 18h30, à l'angle des rues St-Denis et Sherbrooke, relate-t-elle,
j'ai vu deux policiers (de l'île de Montréal) qui venaient d'interpeller
un squeegee (nom désignant ceux lavant le pare-brise d'autos, aux
intersection, pour se faire quelques sous), briser sauvagement ses
outils de travail. À l'aide de leurs pieds, les policiers arrachaient en
souriant les lames éponges des bâtons auxquels elles étaient fixées,
sous les protestations bien faibles du squeegee.
«Peut-être
cet individu avait-il effectivement commis une infraction. Alors, qu'on
l'arrête, qu'on lui colle une amende ou qu'on applique la sanction
prévue. Mais si l'on souscrit à la mesure arbitraire dont j'ai été
témoin, poussons la logique plus loin et essayons d'imaginer les
sanctions que risquent d'encourir les coupables des délits suivants.
«Un
cycliste qui enfreint le code de la route : la police lui "pète " ses
broches de vélo? Une personne arrêtée pour conduite en état d'ébriété :
on lui "pète" ses pneus pour l'empêcher de récidiver ou on lui coupe ses
cartes de crédit en morceaux pour qu'elle ne retourne pas boire? Un
voyeur qui se fait pincer dans les toilettes des femmes : on lui casse
ses lunettes pour qu'il ne soit pas tenté de recommencer? Une femme au
volant, distraite par une émission de radio, qui omet de faire un arrêt
obligatoire : on arrache l'antenne de son auto pour lui donner une
leçon?
«Peut-être
que je n'aurais pas dû écrire cette lettre, s'inquiète-t-elle, avec
copie aux autorités policières, et l'acheminer par courrier
électronique. Tout à coup qu'on viendrait me "péter" mon ordinateur ou
bien arracher ma connexion Internet?» (Suite demain)
News du lundi 23 Janvier 2012---------------
■ France-présidentielles : l'adversaire de Hollande, pas Sarkozy, le monde de la finance – Un adversaire sans nom, sans visage, qui ne présentera jamais sa
candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant gouverne, à déclaré
François Hollande,
candidat du parti socialiste aux présidentielles. Une puissance devenue
un empire, qui a pris le contrôle de nos vies et qu'il faudra affronter
dans un long combat. (NDLR : Un engagement qui devrait séduire des
électeurs.)
■ Le gouvernement Lucien Bouchard coupait dans l'aide sociale alors que les emplois étaient plus rares - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Rosanvallon dit qu'au début des
années 1960, certains bureaux d'aide sociale américains fermaient encore
leurs portes dans le sud, en été, estimant qu'il y avait assez de
travail avec le ramassage du coton pour que chacun puisse subvenir à ses
besoins. (Pierre Rosanvallon -- La nouvelle question sociale --
Éditions du Seuil) Risque-t-on d'y retourner avec une gestion plus
individualisée du social? s'inquiète l'auteur.
(NDLR :
On a vu un peu plus haut qu'en septembre 2000, le gouvernement péquiste
de Lucien Bouchard mettait provisoirement un terme au «parcours
obligatoire», parce que l'économie avait favorisé le retour au travail.
Contrairement au cas américain cité, ce gouvernement du Québec imposait
donc des coupures dans l'aide sociale au moment où les emplois étaient
plus rares.)
Se
référant au New York Times, il rapporte aussi que, au Wisconsin et au
New Jersey, des allocations supplémentaires sont versées si les parents
se marient et bloquées s'ils ont de nouveaux enfants. (Workfare,
Learnefare, Wedfare -- New York Times du premier mars 1994)
Citant
un article du journaliste Mickey Kaus, du journal The New Republic, il
relate que, au début des années 1990, les conservateurs ont mis surtout
l'accent sur la nécessité de reconstituer le tissu familial et de lutter
contre les naissances illégitimes pour résoudre les problèmes de l'État
providence. (Mickey Kaus -- The Right Abandons Workfare -- The New
Republic du 21 février 1994)
En
cette matière d'interventions étatiques dans la cellule familiale, il y
a eu des antécédents particulièrement édifiants au Canada, dont
certaines ont perduré jusqu'en 1973, et méritant d'être connus, parce
que, selon toute vraisemblance, d'inspiration américaine, le modèle
préféré de nos élites dirigeantes. Cela leur évite d'avoir à consulter
les citoyens ciblés ou se creuser les méninges pour trouver des méthodes
mieux adoptées au milieu.
Certains
rétorqueront que le passé est le passé, il faut tourner la page. Le
fait n'en demeure pas moins que, peu importe les époques, le pouvoir a
toujours adopté à l'encontre des citoyens, et sans discontinuer, des
mesures mutilantes. Et dévoiler des erreurs du passé peut éviter de les
répéter, ou stopper l'émergence de vieilles erreurs apprêtées à la sauce
moderne. (Suite demain)
■ Trois petites histoires impliquant des policiers en uniforme - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Mars 1999, un étudiant entre dans
un resto de Montréal, achète un café, s'installe à une table et
entreprend de réviser un examen quand le gérant de l'endroit l'invite à
la libérer et d'aller s'asseoir à une autre où se trouve déjà un client.
(Rollande Parent, Presse canadienne -- La Presse du 6 février 2002) Il
refuse, le gérant compose le 911.
Trois
policiers s'amènent, dont le sergent Martin Dea. Malgré les demandes
répétées du citoyen, Dea refuse de s'identifier. Le citoyen réclame avec
insistance un rapport d'expulsion pour porter plainte au service à la
clientèle du resto. Les policiers l'informent qu'ils n'en rédigent
jamais dans une affaire civile comme celle-là. Il se présente par la
suite au poste de police afin de discuter de ce dernier point. Le
sergent Dea l'empêche d'y entrer.
Décision
de Me Jacques Monette du Comité de déontologie : «Lorsqu'une personne
demande à un policier de s'identifier, il appartient à celui-ci de
s'assurer que la personne est en mesure de comprendre facilement son
nom. (...) même s'il démontrait de l'entêtement, rien ne permettait au
sergent Dea de lui interdire l'accès au poste de police. (...).» Dea
devait connaître sa sanction quelques semaines plus tard.
Août
2001, Dominique Lavoie et Harry St-Surin de la police de l'île de
Montréal sont suspendus sans traitement pour deux jours par le Comité de
déontologie (Marcel Laroche -- La Presse du 1ier août 2001) : ils
avaient expulsé violemment deux citoyens d'un poste de police, en les
traînant littéralement sur le sol. Le président du comité juge qu'ils
ont eu recours à une force plus grande que nécessaire, voire
déraisonnable.
Il
rappelle à l'ensemble des policiers que si la loi leur donne de très
grands pouvoirs, elle leur impose également des normes de conduite
qu'ils ne peuvent transgresser sans en subir les conséquences. On ignore
la sentence des deux policiers... communautaires ou de proximités et de
quartiers, faites votre choix.
La
scène suivante se déroule à l'automne 1998, sur le territoire de la
police de l'île de Montréal. Un citoyen gare son véhicule à un endroit
réservé aux pompiers. (Rollande Parent, Presse canadienne -- La Presse
des 6 février 23 mars 2002) Arrivent les policiers Jean-François Bigras
et Patrick Faucher, qui lui remettent une contravention.
Et
comme il n'a pas verrouillé sa portière, ils lui en donnent une
deuxième. Et ajoutent aussi deux avis de 48 heures parce qu'il n'a pas
en sa possession une preuve d'assurance et que son silencieux ne répond
pas aux normes. Le citoyen signale qu'il a les documents requis --
preuve d'assurance -- dans son véhicule, mais le policier Bigras lui dit
qu'il est trop tard, les avis sont déjà rédigés.
Frustré,
le citoyen quitte les lieux en faisant crisser ses pneus. Les flics le
rattrapent, lui en décernent une autre et entreprennent de fouiller son
véhicule. Bigras l'arvertit : «Tiens-toi tranquille, ton char y est pas
dur à reconnaître et on sait où tu restes (...)». Le citoyen reproche au
policier de lui faire des menaces, ce dernier réplique : «Ce n'est pas
une menace, c'est une promesse.»
Bigras
demande même au citoyen, qui travaille dans une agence de sécurité, ce
que penserait son patron s'il était mis au courant de la situation. Une
dizaine de jours plus tard, revoilà les mêmes deux flics. Autre constat
d'infraction, cette fois parce que les vitres de son véhicule sont
teintées.
Le
citoyen porte plainte au Comité de déontologie. Me Richard Iuticone
juge que les deux policiers ont adopté une attitude par trop
provocatrice et que Bigras a abusé de son autorité, tenté d'intimider le
citoyen. Bigras et Faucher sont respectivement suspendus 4 et 3 jours
sans solde.
Au début de ce même mois de mars, Faucher avait été
réprimandé dans une autre cause. Il avait remis deux contraventions à...
ce même citoyen, accompagnant son geste... d'un mouvement du bassin
jugé indécent, tout en le dévisageant. Ce citoyen a-t-il récupéré
l'argent de toutes ces contraventions? L'histoire ne le dit pas. (Suite
demain)
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