L'Étau Policier

C'est le titre de trois livres ( tomes 1, 2 et 3 ) relatant une grande enquête journalistique de plus de six années sur les activités illégales et clandestines de la police en civil du Québec, Canada. Dans ce monde de l'ombre et du silence, les droits et libertés ne valent rien. Les tactiques policières étant les mêmes partout, peu importe le pays où vous habitez, la police en civil ( municipale, régionale, provinciale et nationale ) procède ainsi.

Mon nom est Jacques Martel, journaliste québécois depuis plus de 40 ans. J'ai effectué l'enquête et rédigé les trois livres. Je vous offre de lire gratuitement les tomes 1, 2 et 3 au complet .

ACTUALITÉS

Il est (Heure du Québec)

Par  Jacques Martel,  journaliste indépendant


News du mardi 9 Mars 2010---------------

  La crise financière est survenue parce qu'elle était perçue comme de l'"improbable"– Cependant, les règles étant émises par n'importe qui, on est entré dans "l'illimité". À partir de là, "l'improbable" devenait mathématiquement du "possible". On peut pas gagner à tout coup : les clients des casinos le savent. Il était fatal qu'un jour le système s'effondrerait.

On se préoccupe peu de l'improbable. Pourtant, quant c'est du n'importe qui, c'est aussi du n'importe quoi. Par contre, dans le possible, on fait preuve de prudence. En continuant dans l'illimité (le n'importe qui), on ouvre la porte à Hitler : celui-ci était certain qu'il pouvait envahir des pays voisins sans que les grandes puissances du temps ne lui déclarent la guerre. Les règles ne doivent pas être l'œuvre de n'importe qui, on ne doit pas ouvrir la porte à Hitler, aux spéculateurs.

Une interprétation libre que je fais des propos super intéressants tenus par le philosophe français Jean-Claude Milner : plus bas dans la page qui s'affiche.

  On ne parle presque plus d'Haïti – La nappe de silence a commencé à s'étendre peu avant les derniers séismes : Chili, Turquie. Le phénomène est humain. On s'émeut pendant un certain temps puis on s'habitue et passe à autre chose. Essayons de maintenir le cap jusqu'à la reconstruction. Ce sera pas facile, mais parlons-en de temps à autre. On va avoir encore besoin de nos sous.

Je vous propose une diapo de 34 éléments + de petits paragraphes sur le quotidien. Une visite du secteur "Logbase", à Port-au-Prince, là où travaillent et dorment les humanitaires et des militaires. D'autres pages à explorer ici et , dont des vidéos. Streetpress.com a fait du bon boulot, vraiment.

  Les Laperrière, Patenaude et Plamondon sont rares au Québec - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) La contribution de Laperrière et Patenaude (à leur insu, dois-je préciser) à ce débat livresque, à défaut d'un véritable débat public, néanmoins préférable à pas de débat du tout, mérite d'être soulignée au crayon feutre. Difficile de ne pas adhérer à ce contre-discours, ni à ceux de Plamondon et tous ces autres cités dans ces pages.

Peut-on espérer qu'un jour rapproché le pouvoir acceptera de baliser les activités informatisées et la télésurveillance, notamment des gouvernements et corps policiers? Tant que la population ne sera pas conscientisée sur ces dangers la menaçant, non, on ne le peut pas. La commande est trop grosse, faudra une grosse désapprobation... communautaire, seule apte à générer une aussi grosse volonté politique.

Signe des temps, ou attribuable au changement de gouvernement, du péquiste Bernard Landry au libéral Jean Charest, à la suite des élections générales d'avril 2002 au Québec? Toujours est-il que l'année suivante, au mois de mai, nous apprenions que la Commission d'accès à l'information du Québec (CAI) commence à se préoccuper de la situation. Pourtant un sujet à l'ordre du jour depuis... le début des années 1990.

Mieux vaut tard que jamais, arguera-t-on. (NDLR : un feu de paille, vous verrez) Il n'empêche que pendant tout ce temps, alors que la présence des caméras se multipliait à une cadence incroyable, elle n'a à peu près rien fait pour en protéger le citoyen : et la loi régissant la CAI, qui devait être actualisée à tous les cinq ans, ne l'était toujours pas dix ans plus tard. (Suite demain)

  Menaces voilées de mon chauffeur de Lac Bouchette - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Mon chauffeur très particulier, pour y revenir et fermer ce chapitre, alimentait régulièrement la Sûreté du Québec de renseignements me concernant. Un jour, je lui raconte que mon vélo est maintenant équipé d'un odomètre, lui signale qu'il me sera bien utile parce que je veux augmenter progressivement mon kilométrage. Trois jours plus tard, l'odomètre ne fonctionne plus. Utiles, les renseignements que le collabo transmet à la Sûreté du Québec.

Ce n'est pas sans me rappeler le petit panier fixé aux guidons, dont le pourtour a été déformé. Lorsque je m'en achèterai un plus grand, ferai le même constat. Le vendeur m'expliquera que ces paniers viennent «d'un pays pauvre». Donc, un peu normal, n'est-ce-pas, qu'ils souffrent d'une difformité. Et la boîte de conserve de petits pois Le Sieur écrasée du talon, elle aussi?

De nombreuses tentatives aussi de m'effrayer... M'en allant faire extraire une dent titillée par un abcès, mon chauffeur-collabo me dit que le dentiste va me casser la mâchoire. Pratiquant la marche à pied dans la forêt, il me dira qu'un type en faisait aussi et, un jour, il a disparu, on ne sait pas ce qu'il est devenu.

Le 17 mars 2003, il me livre le quotidien La Presse. Je m'informe si les Américains ont décidé d'attaquer l'Irak sans le consentement de l'ONU. Non pas encore. Puis il complète son topo en me signalant que le conflit israélo-palestinien a repris de plus belle. Les Israéliens tirent sur les Palestiniens, me conseille en riant de faire attention, peut-être qu'une... balle israélienne pourrait m'atteindre. (Suite demain)

News du lundi 8 Mars 2010---------------

  Berlinale Talent Campus – Court métrage qui a du punch (05:22).

  Une gestion publique des droits laissée pratiquement à l'abandon par nos élus - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) Comment s'extraire de ce panier de crabes... high-tech? En ce début du troisième millénaire, les méfaits de l'informatique et de la télésurveillance dans notre vie de tous les jours, des technologies qui ont fait leur apparition vers la fin des années 1980 et se sont développées par la suite à une vitesse inouïe, accentuent lourdement le climat de gravité ambiante dans ce Québec supposément libre et démocratique : de fait, le problème est universel.

Cela étant, il y a toute une panoplie de mesures à créer pour s'en protéger efficacement. Tout est à construire. Absolument tout. Étonnant que nos organismes en-ci et en-ça, et tous prétendant défendre les droits et libertés, soient demeurés muets sur ces questions. Comment expliquer qu'ils se contentent généralement d'intervenir après-coup, rarement avant? Ils sont tenues en laisse par celui qui les subventionne, le gouvernement du Québec. Comment s'en prémunir?

Laperrière et Patenaude indiquent une piste des plus intéressantes, incontournable même : le point de départ, c'est la recherche. Ils estiment qu'elle devrait viser à alimenter constamment un débat public sur ces questions «si importantes pour la sauvegarde de nos droits et libertés»...

L'une des voies les plus prometteuses consisterait, proposent-ils, à réunir historiens, politologues, sociologues et juristes afin de stimuler la recherche historico-politico-et-socio-juridique sur l'extension des problèmes d'atteintes à la vie privée (enquêtes auprès des utilisateurs de systèmes techniques de surveillance), leurs évolutions dans le temps et dimensions politiques (ex. leurs enjeux démocratiques). Concepteurs, analystes et utilisateurs des systèmes techniques faciliteraient la compréhension des mécanismes et principes sous-jacents.

Ultimement, pourquoi autant de spécialistes? On s'en doute un peu : pour que Big Brother et, ne soyons pas sexistes puisque telle est la réalité, Big Sister soient surveillés de près par un troisième œil, celui du public. Les deux auteurs ne l'expriment pas en ces termes, mais le moment me semble propice de rappeler que sa Grande Sœur participe tout autant à l'espionnite généralisée. De même que leurs frérots et sœurettes, leurs collabos.

Conséquemment, ils recommandent d'agir sur les structures sociales et les normes (NDLR : Stéréotypes?) de vie en société, avec, à la clé, interventions juridiques et encadrement adéquat des activités de surveillance. En plus d'alimenter constamment un débat public, institutionnel et journalistique, basé sur la vigilance des citoyens et des organismes de défense et de promotion de leurs droits et libertés.

Il saute aux yeux que la proposition des deux auteurs améliorerait du tout au tout la situation actuelle, une gestion publique laissée pratiquement à l'abandon : rapports public-privé, identification des valeurs sous-jacentes, efficacité des mesures législatives et judiciaires, transformations sociales et juridiques induites par les nouvelles techniques.

En particulier sur l'intégration des techniques de surveillance, les échanges instantanés de renseignements, la multifonctionnalité des bases de données, l'automatisme des mécanismes décisionnels et la banalisation de leur fonctionnement par des autorisations générales ou des consentements individuels. (Suite demain)

  Des cliniques médicales complices de la police ? - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) La présence policière et citoyenne-collaboratrice dans les hôpitaux ne m'étonne nullement. Depuis mon arrivée au Lac St-Jean, au début de l'été 1999, je fréquente des cliniques médicales privées, à l'extérieur du petit village policier. Les civil, hommes et femmes, y sont assez régulièrement présents. Pas seulement dans les salles d'attentes, parfois aussi comme réceptionnistes et quelques fois comme médecins.

Lors de deux consultations médicales, j'ai la conviction d'avoir été en présence de deux civils. À la clinique, je me présente à la réceptionniste, lui dit avoir rendez-vous avec le docteur X. Elle vérifie sur son agenda, le confirme, me demande d'aller m'asseoir, qu'il me recevra dans quelques minutes. Lorsque vient mon tour, elle m'informe que le dr X m'attend. Après un préambule, celui-ci, que je rencontre pour la première fois, me dit de but en blanc avoir fait le serment d'hypocrite (allusion au serment d'Hippocrate que font les médecins). Je n'en comprends pas la pertinence avec ce qui m'amène à le consulter.

La fois suivante, à la même clinique, autre rendez-vous avec le même docteur X. Surprise, ce n'est pas lui mais un autre. De plus, il ressemble comme deux gouttes d'eau à un civil de la Sûreté du Québec, que je connais très bien, car il m'a harcelé plusieurs fois à Montréal, notamment à la bibliothèque centrale, et l'ai même vu une fois à Lac Bouchette, sortant de la maison d'une réceptionniste-comptable que je connais également très bien : c'est le même homme qui, début 1998, était monté précipitamment dans une fourgonnette blanche, stationnée devant mon domicile, et quitté les lieux en quatrième vitesse. Il m'annonce que je ne pourrai pas prendre d'autres rendez-vous avec lui parce qu'il quitte Roberval pour Québec.

Quelque temps après, je réclame mon dossier médical. À mon grand étonnement, il est constitué d'une seule page, deux petits paragraphes dactylographiés. Alors qu'il était assez volumineux, consultant des médecins, à ce moment-là, depuis environ sept ans. Et aucune trace manuscrite des 2 docteurs X.

(NDLR : Les cliniques médicales privées sont de fait des entreprises privées. Ou bien un corps policier intervient auprès de son proprio, prétextant l'importance de se substituer à un médecin afin de compléter une enquête ou bien certains médecins travaillent aussi pour la police. Je ne vois pas d'autres hypothèses que celles-là. J'ai vu à quelques reprises des civils entrer dans des bureaux de médecins et parler aussi à des préposées à la réception. Fonction infiltrée par la police?) (Suite demain)

News du dimanche 7 Mars 2010---------------

  Production de biens manufacturés : la Chine double le Japon et commence à talonner les USA – Elle est deuxième, performances évaluées par L'Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) : Japon 15,4%, Chine 15,6% et USA 19%. À eux seuls, ils produisent la moitié de ces biens dans le monde. En contre partie, si l'on tient compte du prorata par habitant, le Japon, avec près 9 000$ et la Chine 700$, demeure le deuxième pays le plus industrialisé.

L'ONUDI aide les pays en voie de développement et de transition dans leur combat contre la marginalisation prévalant dans le secteur de la mondialisation. Elle mobilise connaissances, compétences, informations et technos dans le but de créer emplois productifs et économies compétitives. Carlos Magarinos, son dg, la décrit comme une agence qui concentre ses efforts sur l'éradication de la pauvreté.

  Un monde en noir et blanc – Vidéo de circonstance (01:32).

  Canada-budget : les ainés se disent négligés par le gouvernement de Stephen Harper – La Fédération de l'âge d'or du Québec (FADOQ) affirme que le premier ministre, dans son budget dévoilé jeudi dernier, relègue les aînés au dernier plan et que le chemin vers l'équilibre budgétaire se fera à leurs dépens.

"Rien pour les aînés à faible revenu, rien pour les aidants naturels, rien pour les travailleurs (âgés) d'expérience, rien pour les soins d'aide à domicile, rien pour les 160 000 Canadiens privés du Supplément de revenu garanti (SRG) alors qu'ils y auraient droit", déplore-t-elle dans un communiqué.

Document de la FADOQ en format pdf d'une page diffusé le 10 décembre 2009 étalant quelques points de la situation + vidéo corporative de l'organisme. On y voit des personnes de l'âge d'or qui ont l'air nanti. Ses auteurs auraient dû montrer la face cachée du vieillissement. D'âge d'or, oui, mais ne roulant pas tous sur l'or, loin de là + site de la FADOQ.

PS : Ce n'est qu'une autre parcelle des dégâts sismiques considérables occasionnés par les crises financière, économique et sociale.

  Hier, référendum en Islande : refus des citoyens de payer le sauvetage de la Banque Icesave - Prise dans la tourmente des crises actuelles, cette banque a fait faillite fin 2008 et ses clients du Royaume-Uni et des Pays-Bas ont perdu 3,5 milliards$. Leur gouvernement respectif les a remboursés et demandé au gouvernement islandais d'en payer la facture : dans les articles lus à ce sujet, on ne sait pas trop si les deux pays ont procédé ainsi ou prêté l'argent à l'Islande afin qu'elle renfloue la banque, ou, ou...

Quoi qu'il en soit, plus de 90% des Islandais ont dit "non" hier samedi lors du référendum. Ils considèrent qu'il serait injuste d'imposer une somme aussi lourde sur les épaules d'un pays ruiné par l'effondrement de sa banque : 100 euros par habitant par mois pendant huit ans.

PS : Pourquoi les citoyens devraient-ils défrayer le sauvetage de cette banque, une entreprise privée? Lorsqu'elle encaissait des bénéfices, les partageait-elle avec eux ou avec ses actionnaires? Partout dans le monde, les citoyens sont obligés d'assumer la réparation du crash du système financier et de son gang de spéculateurs, les souffleurs de bulles. Cela se fait directement ou indirectement : chômage, augmentation du coût des services gouvernementaux ou réduction de la qualité des services ou des coupures à la tronçonneuse, etc. Existe-t-il une injustice sociale plus révoltante que celle-là?

  Il n'existe aucune volonté politique de limiter l'extension de la société de surveillance - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) Laperrière et Patenaude abordent un autre aspect de la problématique des technos. (Traité des problèmes sociaux -- Institut québécois de recherche sur la culture -- Ouvrage collectif sous la direction de Fernand Dumont, Simon Langlois et Yves Martin, 1 164 pages, 1994) L'évolution, l'extension et le raffinement des techniques de surveillance s'accélèrent, au point que les juristes s'affairent souvent à trouver des solutions à des problèmes déjà dépassés.

Quant aux commissaires et commissions de protection des renseignements personnels ou de la surveillance des activités policières et du renseignement secret, ils sont la plupart du temps trop occupés à administrer leur loi pour développer des visions à long terme. Pendant ce temps, la police réclame et obtient périodiquement des effectifs supplémentaires et des moyens accrus de surveillance, soulignent-ils. D'après eux, il n'existe pratiquement aucune volonté politique de limiter efficacement l'extension de la société de surveillance.

L'analyse des deux auteurs, qui, je le rappelle, a été publiée en 1994, permet même de constater à quel point la situation a de quoi préoccuper : «Les chercheurs s'intéressant à cette question se heurtent souvent en outre à la réticence, sinon à l'hostilité des pouvoirs établis (sic) qui, pour des raisons de sécurité notamment, veulent garder le secret sur leurs activités».

Laperrière et Patenaude écrivent que de nombreux sondages démontrent que la protection de la vie privée préoccupe la population. Et les atteintes dont font état les médias ne sont que la pointe de l'iceberg, estiment-ils. Bien que les auteurs ne soulèvent pas le point, pertinent de se demander si le pouvoir politique ne profite pas de tout ce brouillard législatif.

Jetons un dernier coup d'oeil sur le terrain, ne serait-ce que pour achever de nous convaincre de la gravité de la situation. Madeleine Plamondon, du Service d'aide au consommateur de Shawinigan, au Québec, s'inquiète également, réclame même de toute urgence un débat public national pour établir des balises et restaurer l'équilibre entre la sécurité des personnes, des lieux et des biens et la protection de la vie privée des Canadiens. Elle s'en est ouverte à la journaliste Lilianne Lacroix de La Presse, en septembre 1999. (Lilianne Lacroix -- La Presse du 30 septembre 1999)

«Dans les dépanneurs, les boutiques, au restaurant, dans les pharmacies, les centres commerciaux, sur les lieux de travail, dans les institutions financières et les stations-service, les vidéocaméras sont partout. Ne vous demandez plus où il y en a, demandez-vous plutôt où il n'y en a pas, souligne-t-elle. (...) La collecte d'images se fait souvent non seulement sans notre consentement, mais à notre insu. A-t-on encore droit à une certaine intimité? (...) Les vidéocaméras sont utilisées à volonté (...). La destruction des images est décidée par l'utilisateur et le public n'y a pas accès.

(...) Voulez-vous être filmé quand (...) vous allez chercher des films 3X? Pourra-t-on filmer un assisté social qui achète une caisse de bière et cinq billets de loterie pour le coincer par la suite? Jusqu'où peut-on aller au juste? Il serait peut-être temps que notre société y réfléchisse.» (Suite demain)

  Les flics en civil possèdent l'art de créer artificiellement un conflit pour justifier une agression verbale injustifiée - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) J'ai constaté également la présence de deux civiles, environ quatre mois plus tard, lorsque j'ai visité un ami très proche hospitalisé à l'Hôpital de Roberval, où il avait subit une opération chirurgicale la veille. Une "infirmière" s'amène dans la chambre pour l'aider à faire sa toilette. D'un ton péremptoire, haut et fort, elle me lance : «VOUS! il va falloir que je vous parle!» De toute évidence, elle me connaissait pour m'apostropher de la sorte.

Je l'identifie aussitôt : elle était à l'hôpital de Chicoutimi, au début de l'année. Dans le même département que moi. Je l'avais croisée à la cafétéria, m'étais permis de lui sourire et dire gentiment : «Je vous connais, vous.» Elle avait riposté, le ton rageur, pointant son indexe dans ma direction : «Moi aussi, je vous connais!» J'avais été étonné de sa réaction agressive. À l'époque, je n'arrivais pas à m'expliquer son attitude, mais là, je comprenais que madame est une civile.

(NDLR : Depuis que j'ai écrit ce livre, l'ami en question est décédé, l'été dernier. Je peux donc me permettre de dévoiler qu'il s'agissait de mon frère Claude Martel. Et que quelques jours avant son décès, j'ai constaté que la même flic-infirmière de la Sûreté du Québec était présente dans sa chambre. Et qu'en prenant l'ascenseur pour lui rendre visite, un gardien de sécurité de l'Hôpital de Roberval, que je ne connaissais pas et debout derrière moi, m'a dit : «Nous, on veut pas de trouble ici!». Me suis retourné, l'ai longuement regardé dans le blanc des yeux, sans dire un mot, et jeté un oeil sur la plaque affichant son identité, épinglée sur son uniforme, côté droit. À l'étage suivant, il est sorti d'un pas précipité. Je me souviens très bien de son visage. Cela dit, le fauteur de trouble, de désordre, ce n'est pas moi, c'est la Sûreté du Québec.)

Le conciliabule se déroule dans le corridor. Tranchante, le visage empourpré, haut du corps exagérément en recul et penché sur le côté droit pour mieux m'observer, elle est vraiment choquée que mon ami pense réintégrer son domicile dans une couple de jours, alors que son opération nécessitera une hospitalisation d'environ une semaine. Je lui explique, calmement, qu'il ne réalise pas encore la gravité de son état, que je vais faire le nécessaire pour l'en sensibiliser.

De fait, la civile utilisait une tactique policière consistant à créer artificiellement un petit conflit pour justifier une agression verbale injustifiée. Car les infirmières savent composer avec ce genre de situation. Vraiment pas de quoi faire un drame. À la réception du département, une autre "infirmière" s'enquiert auprès de moi de la santé de mon ami, accompagnant chacune de mes réponses de rapides coups de tête affirmatifs pour le moins caricaturaux.

J'ai bien vu que, à travers lui, toutes deux me visaient personnellement. Un autre patient était alité dans sa chambre, pour un saignement de nez qui n'arrêtait pas, paraît-il... Portant ses vêtements, et seulement allongé sur un lit, pas défait. (Suite demain)

News du samedi 6 Mars 2010---------------

  Danger, du fait que des fichiers policiers servent à des fins illégitimes - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) La problématique des intrusions illégales dans la vie privée est remarquable par son ampleur. En matière d'espionnage des citoyens, la police joue un rôle de premier plan. Notamment, en fichant systématiquement des personnes impliquées dans des incidents et des enquêtes, en échangeant aussi des renseignements sur les plans provincial, national et international, et en centralisant des dossiers personnels au Centre d'information policière du Canada.

Laperrière et Patenaude (Traité des problèmes sociaux -- Institut québécois de recherche sur la culture -- Ouvrage collectif sous la direction de Fernand Dumont, Simon Langlois et Yves Martin, 1 164 pages, 1994) : «Le danger est en effet que ces fichiers servent à des fins illégitimes, par exemple pour établir des listes noires de locataires ou de demandeurs d'emploi, ou encore pour constituer des profils de criminels qu'on utiliserait ensuite pour fonder des décisions judiciaires, et ce, au mépris de la spécificité des individus», s'inquiètent les deux auteurs.

Ils sont d'avis que l'espionnage électronique et la vidéosurveillance ne devraient être autorisés que lorsque la nécessité est prouvée. Il importe, considèrent-ils, d'empêcher que des fichiers soient constitués à des fins illégitimes.

Il faut aussi s'assurer que les bases de données ne contiennent que les seuls renseignements nécessaires à la réalisation des fins pour lesquelles elles ont été constituées et ne fassent l'objet de traitement, d'accès, d'échange et de diffusion que dans la mesure où ces opérations sont compatibles avec les finalités précisées au départ.

Ils ajoutent que les listes de membres d'associations de toutes sortes qui circulent librement et permettent de caractériser des ensembles considérables d'individus pour des fins de surveillance policière, entre autres, ne devraient pas l'être non plus, sans la permission de la personne concernée. (Suite demain)

  En faisant une remarque, la civile de la Sûreté du Québec se trahit d'elle-même - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) J'ajoute aussi ces faits, qui se sont produits le lendemain. Sachant que plus tard dans l'avant-midi, vers les 11h, on me transportera sur civière à la salle du sous-sol de l'hôpital où je passerai une artériographie, je fais, confidentiellement, à une "infirmière" un bref topo sur mon travail journalistique, souligne la nécessité d'y apporter avec moi mes disquettes : la veille, on nous l'avait présentée comme une personne n'étant pas de service ce jour-là, mais, se trouvant sur les lieux, qu'elle avait accepté... d'y travailler.

Elle s'y oppose, je n'ai qu'à placer mon sac ceinturon dans un tiroir du petit bureau près de mon lit, qu'il y sera en sécurité. Je refuse. Elle me suggère alors de le remettre... à l'agence privée responsable de la sécurité dans l'hôpital. Refus, là aussi, comme de raison. Elle n'insiste pas.

Dans la grande salle d'examens du sous-sol, mon sac ceinturon ne gêne personne. On accepte même de le déposer sur une civière placée contre un mur, bien en vue de la table où je suis allongé. Le "frère" de madame passe immédiatement après moi. L'aperçois quand on me conduit dans une petite pièce adjacente. Il est allongé, muet et immobile comme un cadavre. Pourtant, il ne sort pas d'une salle d'opération mais de sa chambre, comme moi avant lui.

Le médecin vient m'y rejoindre. J'en profite pour lui confier des détails sur mon enquête, pendant tout le temps où il appuie fortement les doigts sur l'artère, au niveau de l'aine, pour éviter une hémorragie, avant qu'une infirmière vienne y apposer un adhésif. Dans une situation à risques, les confidences sont l'équivalent d'une assurance santé... Plus il y a de monde dans le secret, plus les risques diminuent. On me ramène à ma chambre.

Environ une heure après, le frère arrive à son tour, sur une civière. On le transfère sur son lit, juste à côté du mien. Sa "sœur" s'approche, le regarde, une jambe colée contre le lit, puis lui dit : «On devrait peut-être prendre une photo». Dans ma tête, ça fait clic! Aucun doute, elle fait allusion à celle que j'ai prise la veille.

Suis convaincue qu'elle a voulu m'indiquer à mots couvert que son "frère" était vraiment malade... Donc, qu'il ne campait pas un personnage. Quelle maladresse de sa part! Parce que démontrant que madame... sait pourquoi je l'ai photographiée la veille. Quand je chargerai les disquettes sur mon ordinateur, je constaterais qu'elles n'avaient pas été endommagées. Quel soulagement! (Suite demain)

News du vendredi 5 Mars 2010---------------

  Need You TonightLip Dub (03:03) + L'original (03:07). Bon comme du bonbon!

  USA : le ministère de la Justice enquête sur une spéculation illicite à l'encontre de l'euro – Quatre importants hedges funds sont ciblés : SAC Capital Avisors LP, Greenlight Capital Inc., Soros Fund Management LLC et Paulson & Co. Il leur a été demandé de conserver notamment leurs communications électroniques portant sur l'euro.

Le Wall Street Journal rapporte que le ministère cherche à savoir s'il y a eu collusion illégale entre eux visant à s'attaquer à la devise européenne. L'événement serait survenu alors que la Grèce, pays membre de la zone euro, vivait le scandale qu'avait soulevé la cachette d'une partie de ses déficits accumulés ces dix dernières années. Signalons qu'une agression en meute peut-être dévastatrice pour une devise, un pays et ses citoyens.

  Le courrier de nombreux Canadiens n'ayant rien à se reprocher intercepté par un contractuel du SCRS - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) L'affaire n'est pas ordinaire. Ainsi, en juillet 2000, un ex-agent du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), John Farrell, a révélé au quotidien torontois The Globe and Mail que des agents s'adonnaient à des activités peu scrupuleuses et que le Comité de surveillance du SCRS prenait du temps à intervenir. (Presse canadienne -- La Presse du 12 juillet 2000) Selon lui, le courrier de nombreux Canadiens qui n'étaient pas considérés comme une menace à la sécurité nationale avait été intercepté. De plus, les responsable du syndicat des postiers auraient été épiés.

Furieux, ces derniers avaient réclamé une enquête publique. L'un des porte-parole de l'Association canadienne des libertés civiles, Allan Borovoy, également. Pour sa part, le vice-président du Congrès du travail du Canada, Jean-Claude Parrot, avait déclaré que «si le droit de grève n'est pas nécessairement populaire, cela demeure une activité légale. Cette forme d'intimidation doit cesser».

Malgré les dénégations du SCRS, Parrot demeurait sceptique. Il disait que la Loi sur l'accès à l'information n'avait pas permis aux syndicats de consulter l'ensemble des dossiers. Il se posait des questions : «Pourquoi j'ai un dossier? Pourquoi le syndicat des postiers à un dossier? Pourquoi les autres syndicats ont un dossier? Pourquoi les militants du mouvement syndical ont un dossier à la Gendarmerie royale du Canada, puisque ce sont des activités légales?»

En octobre 2002, nous en apprenions un peu plus sur cette énième intrusion illégale dans la vie privée des citoyens. Le journaliste torontois Andrew Mitrovica sortait un livre, "Entrée clandestine", portant notamment sur les confidences de Farrell, 34 ans, contractuel du SCRS pendant dix ans, qui avait opéré au bureau ontarien de l'agence fédérale. (André Cédilot -- La Presse du 20 octobre 2002) (Andrew Mitrovica -- Entrée clandestine : crimes et mensonges dans les services secrets canadiens -- Éditions Trait d'union, 2002)

(NDLR : Le livre ne révèle pas grand-chose. Il faut comprendre qu'enquêter sur le SCRS est autrement plus ardu que d'enquêter sur la police en civil. Contrairement au SCRS, elle est omniprésente dans notre vie quotidienne, et facilement repérable quand on connaît bien ses tactiques.)

Alors qu'il était sur la liste de paie de Poste Canada, Farrell dit avoir déjà ouvert du courrier illégalement pour le compte du SCRS. Il a aussi espionné les chefs syndicaux des postiers, réputé pour leur militantisme. Devenu plus tard «inspecteur auxiliaire du courrier» au sein du service secret, il a poursuivi ses activités, très souvent sans avoir obtenu les autorisations requises par la loi. De la même manière, il dit avoir fouillé des maisons et des véhicules à la recherche de renseignements. (Suite demain)

  La civile de la Sûreté du Québec ne veut pas que je la photographie, se dit trop laide, cache son visage... - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Mes neurones sont en rogne et grincent. Si la femme a délibérément endommagé les disquettes de ce livre je ne pourrai jamais la retrouver, prouver son lien avec la Sûreté du Québec, intenter des poursuites, à tout le moins la dénoncer publiquement.

Par bonheur, je traîne toujours sur moi, depuis quelques années, une petite caméra jetable. Un témoin potentiel qui vous suit partout, pas à pas. Indispensable dans ce genre d'enquête. Sauf circonstances particulières, j'évite, autant que possible, de photographier des civils ou de leurs collabos, par crainte d'en braquer quelques uns. Après mûre réflexion, je conclus en vivre une. L'opération est simple, suffit de jouer au gars voulant garder un souvenir de son passage à l'hôpital, d'agir avec doigté, le sourire affiché, de l'entrain.

Je passe à l'action après le dîner, me place soudainement devant la sœur et le frère, tous deux assis, leur demande un beau sourire... La réaction de madame est immédiate, et tout à fait inattendue. Elle ne veut pas que je prenne sa photo, le répète, se cache le visage des deux mains, refuse «parce que je suis trop laide». Juste avant que l'appareille ne flashe, elle tourne la tête vers une petite table et, pendant qu'elle cache son profil de la main gauche, attrape vivement un magazine qu'elle ouvre pour couvrir complètement son visage.

Jamais rien vu de semblable en plus de trente ans de journalisme. J'ai commis l'erreur de leur demander un beau sourire, ce qui a tout déclenché. Pour un instantané du genre, on ne demande rien, on clique et c'est fini. Pourtant, la femme, sans être une beauté, n'est pas un monstre, loin de là.

Deux hypothèses... L'homme, dans la soixantaine, et la femme ne seraient pas frère et sœur, mais mariés chacun de leur côté, donc amants ; ou la femme est une civile, bien décidée à protéger son anonymat. J'opte pour la dernière. (Suite demain)

News du jeudi 4 Mars 2010---------------

  Canada-budget 2010-2011 : mise à jour à 22h53 – Les grandes lignes, dévoilées cet après-midi par Jim Flaherty (texte + vidéo de 41:21 + budget en bref : format pdf de 20 pages), ministre conservateur des Finances : déficit prévu de près 50 milliards$ (environ 20 de plus que dans le budget précédent), 19 milliards$ dans le plan de relance, réduction d'impôt, dépenses gouvernementales coupées à la tronçonneuse, équilibre budgétaire à l'horizon de 2014-2015.

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MTV HD Crow from mate on Vimeo.



Lip Dub - Need You Tonight by INXS from sarahlane on Vimeo.



Zulu War Dance from Jan van der Meer on Vimeo.






Hayek contre Keynes - VOSTfr
envoyé par Liberte_Cherie. - Regardez plus de vidéos comiques.

Detroit Wildlife from florent tillon on Vimeo.



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