News du samedi 31 Janvier 2009

  Un appel génial à la solidarité planétaireGrâce au web, à des ordis et des écouteurs, des musiciens et chanteurs de différents endroits dans le monde interprètent ensemble la chanson Stand By Me (vidéo 05:27). Événement émouvant, vraiment.

Voyez la liste des interprètes : Roger Ridley (chante un couplet à Santa Monica, Californie), Grandpa Elliott (assure la suite depuis New Orléans, Louisiana), Clarence Bekker (Amsterdam, Pays-Bas), Twin Eagle Drum-Group (Zani, New Mexico), François Viguié (Toulouse, France), Cesar Pope (Rio, Brazil), Dimitri Dolganov (Moscow, Russie), Roberto Luti (New Orleans, Louisiana), Geraldo & Dionisio (Caracas, Venezuela), Junior Kissangwa Mbouta (Congo), Pokei Klaas (Guguletu, South Africa), Django Degen (Barcelona, Spain), Sinamuva (Umlazi, South Africa), Stefano Tomaselli (Pisa, Italy) et Vusi Mahlasele (Mamelodi, South Africa).

Performance largement supérieure à We Are The World (07:10), des années 1980 : USA-Africa. De grandes stars y avaient participé, mais elles étaient concentrées au même endroit. À l'époque, le Net n'existait pas ni du reste la technologie permettant l'interconnexion simultanée entre pays. N'empêche que cette vieille tune d'une vingtaine d'années donne encore de nos jours quelques frissons dans le dos.

  USA : Un Noir élu président du parti républicainMichael Steele, l'élu en question : «C'est fantastique, c'est avec grande humilité et le sens du devoir que j'accepte».

  Montréal : interdiction de cacher son visage lors d'une manif ?La ville y pense sérieusement. Le chroniqueur montréalais Richard Martineau est d'accord avec l'adoption d'un règlement municipal à cet effet. Et à ceux affirmant que ce serait une attaque contre les droits et libertés des citoyens, il rétorque : «S'il y a quelque chose que je trouve lâche et minable (…) ce sont les gens qui n'ont pas le courage d'assumer leurs opinions (à visage découvert).»

PS : De ce règlement potentiel, je ne vois qu'un seul avantage. Les civils déguisés en manifestants n'attendant qu'un signal de leur supérieure pour propager la violence au sein d'une manif pacifique, agiraient enfin à visière levée. Pour le reste, il n'y a que des désavantages.

Les citoyens engagés socio-politiquement ont appris à dissimuler leur visage lorsqu'ils manifestent contre la brutalité policière. Car il y a risque raisonnable que des civils leur causent des ennuies ultérieurement. Idem lors d'une décision de la déontologie policière, qui penche beaucoup trop souvent du côté de la police.

Ce ne sont pas les seuls occasions où le citoyen peut avoir de bonnes raisons de ne pas afficher ses traits publiquement : manifs de fonctionnaires contre le gouvernement, des employeurs, la discrimination à l'égard des homos, etc. Enfin, il y a ceux tenant des manifs festives et portant des masques amusants.

Avoir le courage de ses opinions, oui. Reconnaissons tout de même qu'il est plus facile de rédiger une chronique chez soi que de crier son ras-le-bol dans la rue. Oui, ce règlement municipal en devenir porterait un sérieux coup de poing sur la gueule à la liberté d'expression.

  Rapport Poitras : de faux-semblants se manifestent déjà – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Avant même la fin de cette année 1999, on saura que ni le premier ministre péquiste Lucien Bouchard ni son ministre de la sécurité publique Serge Ménard n'auront ce courage. Car, il faut bien le dire, ce rapport n’est encore à cette étape-ci qu’un rapport, rien d’autre.

Le ministre Ménard et ses fonctionnaires immédiats doivent dans un premier temps effectuer le tri des recommandations, décider quelles seront celles que l’on appliquera intégralement ou non, et les autres qui demeureront sur la tablette. Ensuite, Ménard soumettra ses propres recommandations à l’ensemble du Conseil des ministres du gouvernement Bouchard. C’est là que tout se décidera.

Cette fin de janvier, on perçoit déjà de faux-semblants. Le dg de la Sûreté du Québec, le citoyen Florent Gagné, déclare, sans donner de précisions, que plusieurs des changements proposés par la Commission Poitras liés à la réorganisation des enquêtes majeures et des affaires internes ont été réalisés depuis deux ans, ou sont en voie de l’être. (André Cédilot La Presse du 30 janvier 1999)

Si l’on en croit le rapport, ajoute le journaliste André Cédilot de La Presse, les membres de la Commission Poitras ne semblent guère impressionnés par certaines des modifications déjà apportées.

En aparté, soulignons qu’un mois après, la Communauté urbaine de Montréal (CUM) souhaite ajuster sa police à l’heure des recommandations du rapport Poitras. Michel Prescott, chef du RCM, un parti politique municipal, réussit à faire adopter une résolution qui permettra de vérifier si elles sont adaptables. (Éric Trottier – La Presse du 18 février 1999)

Le journaliste Éric Trottier de La Presse énumère certains souhaits formulés par Prescott : exclusion des superviseurs des rangs du syndicat des policiers ; publication, dans le rapport annuel du corps policier, du suivi des dossiers disciplinaires, déontologiques et criminels de ses membres ; création d’une police des polices ; etc.

On n’en a plus entendu parler par la suite. Depuis le début de 2002, Prescott, qui a sabordé entre-temps son parti, est membre du Comité exécutif de la nouvelle Ville de Montréal, issue de la fusion municipale, et de qui relève la police. Désormais au pouvoir, il a la possibilité d’agir. (Suite demain)

  Les déstabilisations psychologiques à l'origine de suicides – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Se peut-il que des écoliers et des étudiants soient violents ? Une étude a été effectuée, en 1999, auprès des 1 300 membres des 146 conseils d’établissement des écoles primaires et secondaires de la Commission scolaire de Montréal. (Marie-Claude Malboeuf – La Presse du 17 juin 1999)

Les résultats démontrent que la perception varie. Au point où la journaliste Marie-Claude Malboeuf de La Presse se demande qui a raison : l’équipe des lunettes noires (des professeurs et des élèves) ou celle des lunettes roses (des directeurs d’écoles et des parents)? Cependant, on n’y évalue que «les impressions» des membres, «sans avoir vérifié si les problèmes surviennent bel et bien».

En mai 2003, Michel Janosz de l’Institut de recherche pour le développement social des jeunes, participait, à Québec, à une conférence internationale sur la violence à l’école. (Michèle Ouimet La Presse du 17 mai 2003)

La question lui était posée : la violence y existe-t-il? «Oui et non, répondait-il, (précisant) qu’aucune étude ne permet d’affirmer que la situation s’est dégradée depuis 20 ans. L’école est un des endroits les plus sûrs pour un enfant. Des études américaines démontrent que la violence se déroule surtout à l’extérieur de l’école. La cour d’école n’est pas une jungle.»

Logique tout de même de penser qu’elle y existe, l’école après tout est le reflet de la société en général. Néanmoins, des élèves ne doivent pas être les seuls à agresser physiquement et psychologiquement.

En novembre 2001, l’Ordre des psychologues du Québec (OPQ) a lancé une campagne contre l’intimidation chez les jeunes, dans l’espoir de les sensibiliser à ses effets dévastateurs. (Lia Lévesque, Presse canadienne – La Presse du 8 novembre 2001)

L’intimidation n’est pas le seul fait du «taxage», celui des menaces aussi, des insultes et tentatives organisées pour isoler une personne, la rejeter, monter les autres contre elle.C’est un acte de pouvoir, semblable au harcèlement en milieu de travail, et qui pourtant perdure à cause de la loi du silence, ont résumé, en conférence de presse, à Montréal, Rose-Marie Charest, présidente de l’OPQ, et Richard Gagné, psychologue à la Commission scolaire de Granby.

«On ne sait pas s’il y en a plus aujourd’hui qu’avant», admet la présidente Charest. Mais chose certaine, ses effets sont néfastes, tant à court qu’à plus long terme. Des enfants en sont rendus à avoir peur d’aller à l’école, l’absentéisme augmente, le décrochage aussi, certains vont jusqu’au suicide.

En Angleterre, d’après le psychologue Gagné, les autorités affirment que ces actes sont à l’origine, chaque année, du suicide de 18 et 20 enfants. Il estime qu’environ 8% des élèves en seraient victimes plusieurs fois par semaine, peut-être un ou deux par classe.

Pas inoffensifs, ces petits jeux-là. Quand on affirme que les atteintes répétées à la dignité d’une personne et les déstabilisations psychologiques à répétition conduisent directement au burnout, pire au suicide, on n’invente rien. L’histoire qui suit le démontre. Elle se déroule en Colombie-Britannique en novembre 2000. (Michèle Ouimet – La Presse du 10 avril 2002)

L’éditorialiste Michèle Ouimet de La Presse étale les faits. Tout commence par une dispute banale. Trois jeunes filles accusent une amie, Dawn-Marie Wesley, de répandre de fausses rumeurs sur leur compte. Elles la menacent, la harcèlent, la bousculent. Dawn-Marie se met à avoir peur. Après l’école, elle n’ose plus retourner seule à la maison. Les railleries se transforment en menaces de mort. Paniquée, Dawn-Marie pleure.

Un soir, après un coup de fil particulièrement pénible, elle se pend avec la laisse du chien. À côté d’elle, une note explique son geste et son désarroi. Elle n’avait que 14 ans.

S’ensuit un procès. Une des trois filles est reconnue coupable de harcèlement criminel. Le juge Rounthwaite a été renversé par le silence des autres élèves qui ont vue la jeune Dawn-Marie se faire intimider. Pourquoi se sont-ils écrasés devant la tyrannie et le pouvoir des tourmenteurs, pourquoi personne n’a levé le petit doigt pour la défendre?(Suite demain)

News du vendredi 30 Janvier 2009

  Plusieurs officiers souhaitaient des changements radicaux (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Suivons l’évolution de l’actualité post-Commission Poitras. Ce rapport suscite de nombreuses réactions. Accordons la priorité à l’un des membres du Comité ad hoc à l’origine de cette enquête, nous le lui devons bien : Isabelle. Celui-ci, on le sait, a refusé la réintégration. Il peut donc se permettre de le commenter librement et publiquement.

Ce qui n’est pas le cas de ses deux collègues, Arsenault et Boudreault, qui l’ont acceptée. N’allons pas le leur reprocher, ils ont déjà suffisamment donné à la Société civile pour prendre le risque d’une autre suspension pour «déloyauté» à l’endroit de l’institution policière.

Dans une entrevue avec le journaliste André Cédilot de La Presse, Isabelle s’en prend aux témoignages que d’anciens collègues ont livrés devant la Commission Poitras. (André Cédilot La Presse du 30 janvier 1999) Il juge qu’ils ont peu collaboré, n’ont pas réussi à admettre les faits, à accepter les erreurs commises. «C’est étonnant d’entendre des officiers de carrière dire qu’ils n’ont plus de notes ni d’agendas, qu’ils ne les gardent jamais. C’est fort étonnant. Pour quelqu’un comme moi qui ai passé 27 ans et demi à la Sûreté du Québec, c’est très difficile à croire.»

Selon lui, la recommandation de la commission de mettre en place un Conseil de contrôle permanent est une mesure prometteuse. «Il est toujours bon de discuter de la gestion d’un corps policier avec quelqu’un de l’externe. Comme pour une entreprise, un conseil d’administration composé de personnes indépendantes, de l’extérieur, pourrait l’aider», précise Isabelle.

Pour sa part, l’ex-inspecteur-chef Jacques Letendre, à sa retraite, est ravi : «Il faut absolument un organisme de surveillance pour s’assurer que tout fonctionne selon les règles de l’art. C’est sûr que ça ne plaît pas à tout le monde. À la longue, ils vont s’apercevoir que c’est le meilleur outil de gestion. Un chien de garde, ça ne peut qu’être bénéfique, ça oblige à se surpasser et à continuellement réviser les méthodes de travail.»

Le journaliste signale que Letendre s’est fait des ennemis en dévoilant ( à la Commission Poitras ) tous les dessous de l’enquête visant à trouver les responsables des preuves fabriquées dans l’affaire Matticks.

Il ne le regrette pas : «C’est justement un autre avantage d’un Conseil de contrôle indépendant, en ce sens que ceux qui ont des récriminations à formuler pourront, au besoin, le faire aisément, sans craindre les réactions de quiconque». D’après lui, les problèmes émanent d’un groupe d’élites des enquêtes criminelles, que «la direction ne parvient pas à mâter, faute de leadership et de respect de la discipline. »

La moitié au moins des officiers, souligne-t-il, souhaitaient depuis longtemps des changements radicaux, mais personne n’osait en parler ouvertement de crainte de nuire à leur carrière. Il espère que le gouvernement et le nouveau directeur de la Sûreté du Québec, Florent Gagné, auront le courage de passer à l’action en innovant et la réorganisant en profondeur. (Suite demain)

  Janvier 1999, émeute à la polyvalente Hyacinthe-Delorme (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Après la police, en uniforme et en civil, de plus en plus omniprésente dans les écoles, l’enseignement et l’imposition de comportements conformistes, le suivi de jeunes imposé par des psy, le ritalin, etc., ne voilà-t-il pas qu’on fera en sorte de couper de plus en plus ras l’herbe sous le pied d’ados désirant gagner des sous.

Toutes ces mesures ont un lien de parenté directe avec le modus operandi de notre police communautaire… bidon : éjection de la société sans procès, sabotages clandestins, démarches pour faire perdre son emploi à un citoyen récalcitrant, ou l’empêcher d’en obtenir un, etc.

Décidément, partout où l’on porte le regard et tend l’oreille, en ces années-là, on constate, dans notre société, un virage à droite sur le chapeau des roues. Médias et Société civile, sauf trop rares exceptions, gobent tout sans mot dire. Pendant ce temps l’Étau scolaire se resserre… Même que la situation doit y être pire qu’ailleurs dans la Société civile.

Car de nombreux faits démontrent que la police cherche aussi à dresser les jeunes. Un événement aurait mérité une enquête indépendante sur le corps policier de la Ville de St-Hyacinthe impliqué, histoire de savoir ce qui s’était vraiment passé : l’émeute de 200 à 300 ados de la polyvalente Hyacinthe-Delorme, en janvier 1999. (Hélène Boyer Journal de Montréal du 28 janvier 1999)

La journaliste Hélène Boyer du Journal de Montréal rapporte que quelques jours plus tôt, la police avait arrêtée et «menottée» une ado qui avait «fait un geste obscène à l’égard des policiers». Au cours de l’émeute qui s’en est suivie, des ados ont lancé des briques, des plaques de glace et des œufs sur les cinq autos-patrouille de la police de St-Hyacinthe, fracassant des vitres et causant d’importants dommages.

Dans l’article, les policiers se disent surpris de l’accueil violent que les jeunes leur ont réservé. Comme il est trop souvent coutume, la journaliste n’a pas donné au lecteur la version des ados : eux aussi ont droit de parole. Réflexe conditionné? Qu’elle se console, les médias vont rarement chercher leur opinion quand survient un événement quelconque.

Au Québec, en milieu scolaire, une émeute du genre ne se produit à peu près jamais. Vraiment étonnant, pour ne pas dire plus, que des policiers, blancs comme neige, fassent l’objet d’autant de violence de la part d’ados. Avaient-ils empiété leurs droits fondamentaux, par exemple en portant atteinte à leur dignité?Le pouvoir municipal de St-Hyacinthe n’a pas fait la lumière sur l’émeute. Et les ministres péquistes de l’Éducation et de la Sécurité publique, à l’époque Serge Ménard, sont demeurés cois. (Suite demain)

News du jeudi 29 Janvier 2009

  L'enquête Poitras ne visait que certains dérapages de la SQ – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Les médias feront peu état du point de presse, absorbés qu’ils sont à rapporter les éléments essentiels de cet énorme enquête Poitras. Mentionnons en seulement quelques passages, sans trop nous y attarder puisqu’il est préférable d’attendre, pour une meilleure compréhension de la suite, que le ministre péquiste Serge Ménard dévoile, environ 11 mois plus tard, ce qu’il retiendra et rejettera des recommandations des commissaires. C’est en comparant ces dernières aux éléments de la réformette du ministre que l’on saisira l’écart à bien des égards.

D’abord deux préalables incontournables. À quelques occasions, les commissaires y énoncent clairement que la Commission n’était pas une cour de justice et qu’elle ne devait pas statuer sur la responsabilité civile ou criminelle de qui que ce soit. Jamais une enquête, et celle-ci n’échappe pas à cette règle, ne peut offrir les mêmes garanties qu’un procès en matière de preuve ou de procédure, écrivent-ils.

Autre mise en garde des commissaires : «Il ne faudrait pas tomber dans le piège de croire que le nom de la Commission, la “Commission d’enquête chargée de faire enquête sur la Sûreté du Québec (SQ)”, en définit le mandat. Il est en fait beaucoup plus restreint que le nom l’indique. Nombre d’activités, de services et de types d’enquête de ce corps policier ne sont aucunement visés par la présente enquête». De plus, la Commission n’a pas eux accès à tous les documents dont elle avait besoin, notamment à la convention collective des policiers, ultra secrète.

Constat général de la Commission Poitras : les dérapages de l’affaire Matticks ne constituent pas qu’un épiphénomène (aux effets secondaires). Des problèmes beaucoup plus sérieux y existaient et ils ne sont pas entièrement résorbés quelque trois ans plus tard. La Commission recommande notamment un dispositif essentiel : la création d’un Conseil de contrôle permanent composé de civils afin de surveiller les agissements de la Sûreté du Québec. Et, pour s’assurer que ses recommandations seront appliquées, la création d’un Comité de suivi pour cinq ans.

Enfin, elle rend hommage aux policiers qui ont agi de façon généralement exemplaire dans leur enquête ou leur gestion relativement à l’affaire Matticks et qui ont également témoigné et collaboré de façon tout aussi exemplaire à ses travaux : les quatre membres du Comité ad hoc (Arseneault, Boudreault, Isabelle et St-Antoine, directeur général adjoint), Louise Pagé, directrice générale adjointe, Jacques Letendre, directeur de l’Éthique professionnel, et Jean Bossé. (Suite demain)

  Le décrocheur quitte-t-il l’école ou bien le moule formaliste? – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Deux mois après, nous sommes en octobre 2002, le ministre péquiste de l'Éducation, Sylvain Simard, complète la boucle. Profitant du colloque du Conseil canadien de l’éducation en milieux défavorisés, tenu à Montréal, il exhorte les entrepreneurs à faire preuve de retenue dans l’embauche d’étudiants (Tristan Péquin – La Presse du 28 octobre 2002) : «Certaines entreprises sont en train de vider (sic) les classes dans les milieux professionnels, déclare-t-il. Cette situation est encore pire dans les régions où l’économie est en bonne santé

Citant le cas de la région de l’Outaouais, il estime qu’avec un taux de chômage relativement bas de 7%, il n’est pas normal qu’elle compte 35,7% de décrochage au secondaire. D’après les plus récentes statistique auxquelles il se réfère, plus de la moitié des élèves de cinquième secondaire occupent un emploi à temps partiel pendant l’année scolaire.

De ce nombre, près de 35% travaillent plus de 11 heures par semaine. «À cet âge, occuper un emploi apporte une certaine fierté aux jeunes, mais il ne faut quand même pas que cela nuise à leur apprentissage», se dit-il d’avis. Il évoque la possibilité de mettre en place des mécanismes pour «encadrer plus sévèrement (sic) le travail chez les élèves du secondaire».

En mobilisant des civils de la Sûreté du Québec? La question ne lui a pas été posée. Il indique néanmoins qu’une «autorégulation» serait préférable : «Nous travaillons de près avec les chambres de commerce pour assurer une prise de conscience du milieu des affaires. Il y a encore beaucoup de sensibilisation à faire, mais les entrepreneurs sont en train de se rendre compte que s’ils ne collaborent pas, ils se tirent une balle dans le pied.»

Dans un article publié le mois suivant, la journaliste Rima Elkouri de La Presse écrit que, avant de crier à l’hécatombe, et contrairement à ce que pourrait laisser croire le présent débat, le problème de décrochage au Québec, chez les garçons comme chez les filles, est moins important aujourd’hui qu’il ne l’était il y a 20 ans. (Rima Elkouri – La Presse du premier novembre 2002)

En 1979, 41% des jeunes de 19 ans n’avaient pas de diplôme d’études secondaires. En 2000, cette proportion tombait à 19% – 24% pour les garçons, 14% pour les filles –. Reconnaissons que la journaliste a mis des points sur les i et des barres sur les t irréfutables, ce qui lui arrive souvent, du reste.

Nous voilà en présence d'un beau cas de rationalisation mutilante, à la fois étatique et institutionnelle, où la performance a préséance sur les libertés individuelles. On dit ordinairement que ces libertés s’arrêtent là où commence la souffrance collective. En quoi le décrochage scolaire torture-t-il la collectivité? Il n’y aucune trace de criminalité là-dedans, seulement, si on y regarde bien, de la performance néolibérale.

Et aussi, il faut bien le dire, du contrôle et du nettoyage sociaux. N’ayons pas peur des mots : ce que faisaient le ministre péquiste Simard et la CSL, entre autres commissions scolaires, c’était carrément de la répression. Très souvent sans aller aux racines du mal qu’ils se proposent de guérir. Car ils ont une préférence marquée pour la croisade intempestive, la tolérance zéro.

Des points d’interrogation se bousculent aussi. L’employeur faisant fi aux recommandations du ministre subirait-il des représailles… souterraines, montées et exécutées par des Zorro déguisés en civil?

Et l’étudiant persistant dans son antiformalisme, pour des raisons qui sont les siennes, serait-il pourchassé d’un employeur à l’autre? Porterait-on atteinte à ses droits et libertés, à sa dignité? A-t-il le droit de préférer travailler plutôt que d’étudier ou de faire les deux simultanément?

S’est-on demandé pourquoi il n’aime pas trop l’école? Le décrocheur, quitte-t-il l’école ou bien le moule formaliste et d’esprit étroit, qui l’écorche psychologiquement, et dans lequel on s’ingénie, chaque jour, à l’entrer, de gré ou de force? Trop de vinaigre et pas suffisamment de miel? Des ministres, directeurs d’écoles et enseignants font preuve d’une créativité débordante quand il s’agit de mater des jeunes. (Suite demain)

News du mercredi 28 Janvier 2009

  Lock-out au Journal de MontréalAujourd'hui mercredi 28 janvier, les journaliste (vidéo 01:11) du Journal de Montréal, propriété de Quebecor, en lock-out depuis quelques jours, ont lancé leur propre quotidien sur le web. Ils imitent en cela leurs collègues du Journal de Québec, autre propriété de Quebecor, lors de leur conflit de travail qui a pris fin récemment après une grève de 16 mois.

PS : Les journalistes du Journal de Québec ont fermé leur site depuis leur retour au travail. Ceux du Journal de Montréal feront probablement de même lorsque le conflit prendra fin. Tous ont développé un profond sentiment de dépendance à l'égard de leur employeur, Pierre Karl Péladeau. Faut reconnaître que cela les obligerait à de très gros sacrifices sur le plan financier. Gagnez décemment sa croute est un impératif, davantage le cas quand on a des enfants. Alors, ce n'est pas demain la veille qu'ils deviendront leur propre patron en créant un site permanent de news.

Quebecor est un empire dans le domaine de l'information et des communications : quotidiens, journaux régionaux, journaux alternatifs, sans oublier les télécommunications, loisirs et nouveaux médias : explorez les menues au centre de la page. Puissance et pouvoir font une paire gagnante sur bien des plans. À cet empire médiatique s'ajoute celui de Power Corporation de la famille de Paul Desmarais.

Beaucoup de médias au Québec, mais la presque totalité entre les mains de ces deux hommes. Dormez en paix, citoyens, on s'occupe de vous. Merci au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) pour son beau travail.

  Sans condom ?Pas question !

  Des écoliers ignares devant un prof possédant son sujet – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Pour la suite et fin de ce feuilleton déontologique, la nécessité s’impose, si on ne veut pas s’égarer en cours de route, de respecter une certaine chronologie. Car des événements viendront s’y emboîter qui jetteront un éclairage cru sur le rôle véritable du ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard. Restons en donc là pour l’instant, et permettons-nous de regarder ailleurs.

Il s’en est passées des péripéties depuis ce jour du 15 juin 1995 où la juge Corbeil-Laramée a annulé le procès contre le clan Matticks, et libéré les sept accusés, à cause de quatre preuves fabriquées par des policiers de la Sûreté du Québec : enquête du Comité ad hoc au sein de ce corps policier, avec tous les bâtons dans les roues que l’on sait ; enquête parallèle, celle-là déontologique et lancée par le ministre Ménard, avec les conséquences qu’on a vues : le droit au silence des policiers impliquées et ceux susceptibles de l’être ; accusation contre quatre policier, verdict d’acquittement rendu par le jury ; enquête externe du juge Jean-Pierre Bonin, qui démission peu de temps après ; etc.

C’est dans cette foulée que le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard avait crée la «Commission d’enquête chargée de faire enquête sur la Sûreté du Québec». Ne faisons pas de cas de ses audiences, nous en avons déjà traitées et continuerons de le faire plus loin. Soulignons seulement que celle-ci remet son rapport au gouvernement le 30 décembre 1998. Reportons-nous à un mois plus tard, le 29 janvier 1999, lorsque le ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard, le dévoile publiquement.

Un grand jour pour les journalistes : à 14h30 pile, des copies leur en seront distribuées. Cependant, une décision du ministre les embête : il a prévu un point de presse… 30 minutes après, à 15h. (La Presse du 30 janvier 1999) Rapide le ministre. Les journalistes ne disposeraient que d’une toute petite demi heure pour prendre connaissance de ce rapport d’au delà de 2 770 pages et des deux CD l’accompagnant, ou de son résumé de 100 pages (175 recommandations). Mission impossible. Ils obtiennent finalement qu’il leur soit remis deux heures plutôt, donc à 13h.

Quinze heure, la conférence de presse du ministre démarre. D’entrée de jeu, Ménard leur conseille d’attendre quelques jours avant d’aller chercher des réactions au rapport Poitras, de prendre le temps de bien le lire, de l’analyser. «Sauf moi, bien sûr, qui suis disponible tout de suite», leur dit-il.

Le ministre, lui, en a un exemplaire depuis un certain temps. Son entourage de conseillers juridiques, d’attachés politiques et de presse ont largement eu le temps de le digérer, repérer les questions embarrassantes qu’on pourraient lui poser, et préparer des parades. Les journalistes, eux, qui en ont un depuis seulement deux heures, doivent sans doute se sentir comme des écoliers ignares devant un prof possédant son sujet à fond. (Suite demain)

  Le totalitarisme émerge toujours de la clandestinité – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Le décrochage scolaire, que voilà un dossier exigeant un examen général. Au Québec, à l’été 2002, il a pris du volume. Nécessaire de l’ouvrir, ce dossier, parce qu’il permet de faire un parallèle particulièrement intéressant avec le fameux concept de la police communautaire.

On le sait, les activités clandestines et illégales de la police en civil, à l’image du pétrole sortant du ventre crevé d’un navire citerne, finissent par émerger à la surface, s’épandent un peu partout, contribuant ainsi à polluer davantage l’espace sociétal. Il est un fait bien réel que c’est toujours dans les profondeurs de la clandestinité que le totalitarisme naît et se développe.

Avec le temps, il devient comme allant de soi, alors on essaie de l’en sortir, de l’inscrire noir sur blanc dans des lois. En attendant le grand jour, il commence à devenir un modèle, certes encore illégal, mais d’une telle grandeur morale, voyez-vous, qu’on se doit de s’en inspirer. Alors, on se cache de moins en moins, n’hésite pas en à vanter publiquement les mérites. Ainsi en est-il dans le cas qui suit.

Cela commence en août 2002, lorsque la Commission scolaire des Laurentides (CSL) mobilise directions d’écoles, enseignants, CLSC, direction de la protection de la jeunesse et des parents pour qu’ils participent à son combat contre le décrochage scolaire, qui atteint alors 39%, l’un des pourcentages les plus élevés de la province. (NDLR : S’agissant d’une statistique du pouvoir, devrait-on conjuguer au conditionnel?) (Jean-Paul Charbonneau La Presse du 24 août 2002)

En outre, une vingtaine de «partenaires» signent à cette fin un engagement d’honneur, au théâtre Le Patriote de Ste-Agathe, en présence d’un grand nombre d’élèves. L’objectif : «pousser» ces derniers jusqu’en cinquième secondaire ou en quatrième, année d’étude requise à la formation professionnelle. Déjà, à cette étape, ça sentait la police communautaire, qui compte, comme on sait, sur des «partenaires» issus de tous les milieux.

Le directeur général de la CSL, Serge Tessier : «Dans notre région, le salaire moyen n’est pas très élevé et souvent un jeune abandonne l’école afin d’aller sur le marché du travail, soit pour aider ses parents ou simplement pour se faire de l’argent». Son adjointe, Lucette Maillot, mentionne, de son côté, qu’il arrive souvent de voir des jeunes encore aux études de travailler une trentaine d’heures par semaine. «Avec autant d’heures, il est presque impossible de réussir en classe», précise-t-elle.

La commission scolaire embauche même une personne ressource qui aura comme principale tâche de «sensibiliser les employeurs» afin qu’ils diminuent le nombre d’heures de travail des élèves et les encouragent à poursuivre leurs études.

Notons qu’ici, les choses vont rondement : des «partenaires», nous passons à l’étape suivante, la construction d’une désapprobation… communautaire. Une troisième se profile déjà à l’horizon. Le ministre péquiste de l’Éducation, Sylvain Simard, salue l’initiative, ajoutant souhaiter qu’«elle serve de modèle aux autres commission scolaires de la province». (Suite demain)

News du mardi 27 Janvier 2009

  Côte-des-Neiges, la mosaïque culturelleC'est un arrondissement de Montréal. Porte d'entrée au pays? Peut-être bien parce qu'il y a eu des vagues successives d'immigrants : Juifs, Grecs, Italiens, Asiatiques, Africains, Maghrébins, etc.

Ainsi que vous allez l'apprendre (vidéo 50:26), il n'a rien à voir avec le reste du Québec. Chaque nouvel arrivant a une histoire de guerre, de famille, de rupture, de répression. Certains ont vécu des années d'errance, en situation de grands dangers, de pauvreté extrême.

L'endroit est cosmopolite et très densément peuplé. Les femmes sont nombreuses mais isolées à cause de la langue et le manque d'autonomie. Une Africaine raconte avoir divorcé parce que son conjoint était trop violent. Avant d'arriver au Canada, elle ne savait pas ce qu'était la liberté. Elle en a fait la découverte au cours de ses premières années. «C'est un pays libre, je peux faire ce que je veux.»

La plus part des isolées, selon elle, ne connaissent pas leurs droits. Elles viennent de pays où les lois sont différentes. Les conjoints ne les laissent pas sortir. Dans beaucoup de cas, l'écart entre la culture occidentale et la leur est énorme. Au Pakistan, par exemple, signale une intervenante, ils sont 100 ans en arrière : «Ici, je me sens en sécurité.» Les jeunes sont plus aptes à s'adapter que les parents. Bien qu'il y en ait qui acceptent à cause des enfants de se moderniser, d'autres s'y refusent. Choc des civilisations.

On y dénombrerait plus de services publics et privés à caractère social qu'ailleurs sur le territoire de Montréal : cafétéria communautaire, café rencontres, etc. Sur une clôture, un carton : No justice for Black. Du racisme aussi. Témoignage d'une jeune Noire : «Dans les magasins, je me sens surveillée comme une voleuse. J'essaie de pas m'en faire avec ça. J'ai l'habitude.»

  France : le fichier STIC (suite) – Le système de traitement des infractions constatées (STIC) est un fichier policier. Lors d'un contrôle, la Commission Nationale de l'Informatique et des libertés (CNIL) a constaté l'absence quasi-systématique de transmission par les parquets des suites judiciaires nécessaires à la mise à jour du STIC: classement sans suite, acquittements, décisions de non-lieu et requalifications pénales.

Alors, faute d'actualisation, des milliers de personnes demeurent dans ce fichier. Les conséquences peuvent être très lourdes : perte d’un emploi, refus d’embauche, impossibilité de passer un concours administratif, etc. La CNIL a constaté aussi une absence de sensibilité à l'égard des conséquences graves en découlant pour celles-ci.

J'ai déjà parlé de cette affaire. Ce qu'il y a de neuf, c'est qu'au lieu de vous référer à un article, je vous présente une entrevue vidéo (05:50) avec le président de la CNIL, Alex Türk.

Lisez plus bas dans cette page l'article que j'ai publié jeudi 22 janvier
France : Décisions judiciaires non transmises au fichier STIC

Lisez surtout le rapport de 32 pages, format pdf, de la CNIL

  La comédie de la déontologie policière se poursuit – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Décembre 2001, plus ou moins neuf mois après l’article de Lessard, la journaliste Rollande Parent de la Presse canadien brosse un tableau de la situation. (Rollande Parent, Presse canadienne – La Presse du 17 décembre 2001)

Depuis le début de l’enquête déontologique, amorcée deux ans et demi plus tôt, il n’y a eu que… 57 journées d’auditions. Différents facteurs expliquent ce retard. Les deux avocates qui représentaient le commissaire ont abandonné le dossier en cour de route : Me Danielle Simoneau a pris sa retraite et Me Anne-Marie Plouffe a quitté pour accéder au Tribunal des normes du travail.

Ensuite plusieurs requêtes ont été portées en Cour supérieure, puis en Cour d’appel. Les avocats des policiers ont attaqué la compétence du comité, faisant valoir que leurs clients avaient été acquittés au criminel. (NDLR : Allusion aux quatre policiers acquittés, en juin 1996, par le jury du procès que présidait le juge Yves Mayrand, de la Cour supérieure du Québec.)

À un autre moment, c’est le libellé des fautes reprochées aux accusés ou encore «l’impartialité de Me Migneault (du Comité déontologique), nommé par le gouvernement pour cinq ans, qui étaient attaqués».

Ce mois de décembre-là, un autre obstacle paralyse l’enquête. Les avocats des policiers estimaient que le comité ne leur avait pas remis tous les éléments de la preuve. Son président leur ayant donné tort, ils s’étaient tournés vers la Cour supérieure, qui leur avait donné raison, «après avoir réfléchi à la question pas mal longtemps», fait observer la journaliste Parent : saisi de la demande en avril 2000, le juge Louis Crête de la Cour supérieure avait rendu une décision deux ans plus tard. Cependant, le commissaire… en avait appelé de cette décision.

Les choses en sont là et pourraient y demeurer encore un bon bout de temps, ce dossier risquant de ne pas être considéré comme prioritaire, rapporte la journaliste. En attendant, l’enquête du Comité de déontologie demeure inactive. (Suite demain)

  L'école doit apprendre à l'enfant la liberté – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Charles E. Caouette, professeur honoraire au Département de psychologie de l’Université de Montréal, affirme qu’aimer les enfants, c’est les respecter en tant qu’enfants. (Charles E. Caouette – Revue Notre-Dame de janvier 2001) Ils ont des aspirations bien à eux. Ils ont le droit de vivre leur enfance et n’ont pas à devenir de petits adultes avant le temps. Caouette n’en croit pas moins qu’il faut leur apprendre la liberté.

L’école pense qu’elle aide et motive les jeunes quand elle les stresse, parce qu’elle pense que c’est la meilleure façon de les préparer à la vie. Alors, elle leur pousse dans le dos, les oblige à performer, à dépasser les autres. En agissant ainsi, elle enlève aux enfants le désir d’apprendre et diminue leur motivation. Ensuite, elle cherche quoi inventer pour les stimuler : de l’argent scolaire, des sorties – l’école propose le voyage organisé le plus ennuyeux qui soit –, des cadeaux. Mais rien n’y fait, apprendre est devenu pénible.

L’école est censée être un lieu où les enfants font l’apprentissage de la vie. Mais on les empêche de vivre, dit-il. Ils n’ont pas le droit de parler, de marcher et, encore moins, de déranger. Tout le monde va aux toilettes en même temps. Tous mémorisent les mêmes choses en même temps. L’école leur apprend à fonctionner comme ils devront le faire plus tard à l’usine et au travail. Or, tout le marché du travail est en pleine transformation, qu’on pense seulement à la montée du travail autonome.

Le professeur de psychologie soutient que l’école doit plutôt enseigner aux enfants à devenir libres, avec les risques que cela comporte. «Ceux qui détiennent le pouvoir, spécifie-t-il, privilégient encore une éducation qui conditionne les gens. Ils voient l’autonomie personnelle comme dangereuse (sic) au sens où plus une personne devient autonome, moins il est possible d’avoir de pouvoir sur elle.

«En réalité, affirme-t-il, plus les personnes sont autonomes, plus elles sont efficaces et plus il est possible de créer des relations enrichissantes avec elles. Elles deviennent des personnes-clés sur lesquelles on peut compter pour bâtir un monde viable pour tous.»

Caouette aborde aussi une autre problématique : la majorité des gens voient les décrocheurs comme des jeunes qui ont accumulé des échecs. «Et si c’était l’école dans sa forme actuelle qui n’était pas faite pour eux? Si l’erreur c’était l’école elle-même? interroge-t-il. (...)

«Si l’école actuelle ne répond pas aux besoins des décrocheurs, ce n’est peut-être pas eux que nous devons juger et condamner. Il faut peut-être leur offrir un autre genre de ressource éducative. Ces jeunes ont le droit à l’éducation comme les autres. À tous les ordres d’enseignement, nous devons développer davantage les écoles alternatives au Québec. Cela éviterait de provoquer des échecs», soutient-il. (Suite demain)

News du lundi 26 Janvier 2009

  Pilotes de brousse au QuébecCeux dont il sera question ici sillonnent la toundra du Grand Nord québécois (carte géographique de leur territoire) qui s'étend jusqu'au Détroit d'Hudson et de la Baie d'Ungava. Leur base d'attache est celle d'Air Saguenay, à Schefferville (cliquez sur la photo pour l'agrandir), au nord du Québec.

Un aperçu du documentaire Aviature (48:46). Pierre Cabana, pilote de brousse se rend à l'office de la base pour un briefing sur l'itinéraire de la journée. Carte à l'appui, le préposé lui explique...«Un moteur à livrer au camp 6. Tu déposes tes 3 passagers au camp 15. Tu t'en vas ensuite au camp 14, tu prends 2 autres passagers avec leur viande pour les transférer au camp 17. Du 17, tu pars à vide, tu reviens à 15 et tu t'en vas à Schefferville. Ça te donne une ride (parcours) de 480 milles.» Le pilote, doit faire le plein d'essence, regarde sa montre : «Là, y'est 2h (14h). On a pas de temps à perdre.»

Vous allez aussi faire la connaissance de quelques autres pilotes de brousse. Frédéric Jalbert, est l'un deux. Quatre passagers montent à bord. Chargement de marchandises à l'aide d'un tracteur équipé d'une plate-forme. On survole de beaux lacs et rivières, belles forêts, on amerrit, avec une vision comme si nous étions aux commandes. Plein air, belle vie!

Témoignage de Georges Venne, pilote-prospecteur... «Pas tout le monde qui peut faire ce métier. Faut être un petit peu passionné ou un peu fou. Quand on part, on sait jamais quant on revient. Pour moi, c'est mieux que pilote de ligne (pas d'atterrissages routiniers, pas de pistes asphaltées comme dans les grands aéroports). Dans le brousse, on peut faire 15 atterrissages et amerrissages par jour, sur des rivières et lacs différents, dans des conditions différentes. Sur des skis ou des flotteurs. Au cours d'une semaine, on peut en faire 150.»

Le GPS est bien utile. Il indique le cap que je dois prendre. Le problème avant, c'était la navigation. Est-ce qu'on avait aussi assez d'essence pour atteindre la destination? Avec le GPS, plus de problème. Idéal pour la prospection minière. Du haut des airs, on peut repérer des gisements de minéraux.

On traite aussi des hauts et des bas du métier. Il comporte des risques. L'avion est une mécanique, donc qui peut faillir au moment on s'y attend pas. «Il y a bien plus de pilotes chanceux que de bons pilotes. La chance se prépare un peu en prenant bien soin de son avion. Mais il y a un risque que vous ne pouvez pas éviter.» Autre témoignage : «Des peurs? T'as pas le temps, après oui.»

  Comme d'habitude, la déontologie policière s'enlise – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Dans un article publié en juin 1999, la journaliste Christiane Desjardins de La Presse nous avertit que les audiences en déontologie seront longues et laborieuses, ou mourront dans l’oeuf très rapidement. (Christiane Desjardins – La Presse du 7 juin 1999)

Les dix avocats des dix accusés ont en effet présenté une série de requêtes qui, si elles étaient acceptées, feraient avorter bon nombre de citations et pourraient bien torpiller les audiences. Sinon, les débats pourraient s’étirer devant des tribunaux de plus haute instance. Quand aux débats sur l’affaire, ils ne devraient débuter qu’à la fin de septembre, et déjà 60 jours sont prévus. Au départ, on ne prévoyait pas terminer avant le printemps de l’an 2000. Maintenant on parle de l’été 2000, note la journaliste.

Le lendemain, nous apprenons que l’avocate du commissaire à la déontologie, Me Danielle Simoneau, est en mesure de faire la preuve requise sur près du tiers des accusations, soit 35 sur 109. (Rollande Parent, Presse canadienne La Presse du 8 juin 1999) La journaliste Rollande Parent de la Presse canadienne précise que le policier Richard Tétrault sur lequel pèse une seule accusation, n’aurait pas à comparaître. Quant aux neuf autres, seules les citations portant sur la fabrication de preuves dans l’affaire Matticks demeurent.

Octobre 1999, l’enquête en déontologie s’enclenche. Enfin ! se dit-on, nous allons connaître le vrai fond de l’histoire. Bonnes poires, c’est ce que nous croyons. Environ six mois s’écoulent, puis en mai 2000 la journaliste Parent de la Presse canadienne rapporte que le processus s’enlise au point où «il devient impossible de savoir quand s’arrêtera la machine». (Rollande Parent, Presse canadienne – La Presse du 4 mai 2000)

Le dernier calendrier établi prévoyait la fin des travaux pour février 2001, dans le meilleur des cas, signale-t-elle. Trois des huit policiers en cause ont pris leur retraite : Pierre Duclos, Lucien Landry et Claude Charron. Par ailleurs, une série de requête ont été présentées en Cour supérieure, ce qui a forcé, à chaque fois, la suspension temporaire des travaux.

Et pour compléter le portrait, l’un des deux procureurs représentant le commissaire doit prendre sa retraite en octobre 2000 tandis que l’autre est en congé maladie pour une période indéterminée. Plus le temps passe, plus les documents s’accumulent, constate la journaliste.

À la mi-mars 2001, près de six ans après l’avortement du procès contre le clan Matticks, écrit le journaliste Denis Lessard de La Presse, les contribuables québécois paient encore un million par année en honoraires d’avocats pour la défense des policiers accusés. (Denis Lessard – La Presse du 15 mars 2001)

Depuis près de deux ans, leurs avocats multiplient les actes de procédure : requêtes en révision de décisions antérieures, en demandes de sursis, en vérification de constitutionnalité, autant de mesures qui obligent tous les avocats à aller entendre leurs collègues sur des questions de procédures.

De plus, une fois que le Comité de déontologie aura tranché, toute l’affaire est susceptible de repartir en comité de discipline, un autre labyrinthe. Il signale qu’une note interne du comité évoque «des délais prévisibles de plusieurs années avant la fin des procédures» et surtout «le coût élevé des procédures judiciaires et des nombreux avocats impliqués aux dossiers». (Suite demain)

  École : infantilisation à des fins de contrôle et nettoyage – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Le formalisme en milieu scolaire se manifeste également dans d’autres activités.

La journaliste Sonia Sarfati de La Presse raconte, dans un article de décembre 1999, que la dramaturge québécoise Jasmine Dubé, dans sa pièce de théâtre Pierrette Pan, ministre de l’Enfance et des Produits dérivés (Éditions Leméac) et dédiée aux enfants, fait dire à sa ministre Pan (Sonia Sarfati – La Presse du 31 décembre 1999) : «Négocier ? Discuter? Les enfants, on leur donne un centimètre, ils veulent un kilomètre! On leur donne un cornet de crème glacée, ils veulent le pôle Nord! On leur donne la liberté d’expression, on peut plus placer un mot!» C’est un passage de la pièce qui la fait grimacer, note la journaliste. Parce qu’elle sait, elle, à quel point sa ministre de l’Enfance contribue à véhiculer le mythe de l’enfant-roi.

«Les enfants n’ont pas de pouvoir, fait observer Dubé. Ils n’ont pas d’argent, ne votent pas. Malgré tout ce qu’on dit, ils ont une bien petite place dans notre société. Peut-on parler d’enfants-rois simplement parce qu’il existe, pour eux, plus d’accessoires et de produits dérivés qu’il y en avait autrefois?» La dramaturge voit les enfants comme ses égaux : «Ils vivent en même temps que nous les mêmes événements que nous. Je refuse de les tenir à l’écart de la vie.»

La journaliste relate que celle-ci s’est mise à l’écriture, une quinzaine d’années auparavant, parce qu’elle en avait assez de voir «ses égaux» assister à de jolis spectacles où le cliché rivalisait avec la morale, à de gentilles pièces de théâtre qui sentaient la condescendance et le jugement de «celui-qui-sait» sur «celui-qui-saura».

Les propos de la dramaturge québécoise sont un peu beaucoup confortés par ceux de Suzanne Côté-Gauthier. (Rima Elkouri – La Presse du 31 décembre 1999) Cette grand-maman est bénévole à l’Association Au rendez-vous des cultures, dont le but est de jeter des ponts entre les générations et gens de différentes cultures. Elle le fait en racontant des histoires aux enfants. Elle estime que c’est depuis toujours la meilleure façon de garder un lien entre les petits et les grands.

Mais attention, fait-elle remarquer à la journaliste Rima Elkouri de La Presse, tous les contes ne plaisent pas nécessairement aux tout-petits. Les histoires qui procurent quelques frissons sont nettement plus populaires que les contes doucereux. «Les enfants préfèrent l’histoire de l’oncle qui a cambriolé une banque à celle de celui qui est gérant de banque! Ils sont bien contents de savoir que leurs grands-parents n’ont pas été toujours sages.»

De toutes façons, ce n’est pas pour donner des leçons qu’on raconte, ajoute-t-elle : «On ne peut transmettre des valeurs en donnant des leçons. C’est bien davantage par notre façon d’agir. Par ce qu’on fait, par ce qu’on est.»

Glissons ici ce commentaire de Dominic Champagne, l’un des dirigeants de la troupe montréalaise Théâtre Il va sans dire, auteur notamment de la pièce L’Asile. (Marie-Christine Blais – La Presse du 27 février 1999)

La présentant comme étant un conte philosophique, Champagne, lui-même père de famille, dit à la journaliste Marie-Christine Blais de La Presse qu’ «on est dans une ère où la rectitude politique déforme les contes pour extraire tout le grotesque et le tragique, sous prétexte de protéger les enfants, ce qui a justement l’effet pervers contraire. Or, il faut dire à la candeur : va te promener dans la forêt obscure, va vaincre les épreuves et tu vas en sortir peut-être pas aussi candide, mais vivant et plus grand».

On le voit, l’infantilisation étant la norme, il ne reste plus grand place à l’expérience individuelle ou collective : infantilisation comme instrument de contrôle et de nettoyage sociaux, ne le perdons pas de vu. (Suite demain)

News du dimanche 25 Janvier 2009

  Intégration d'un Africain au QuébecOumar Guissé (pas homard, c'est ce qu'on bouffe, c'est pas ça, corrige-t-il un interlocuteur : OU...mar... Et l'autre d'insister parce que le son est le même) vient du Burkina Faso. Son métier : mécanicien, dépanne des voisins, fait du déménagement aussi. Reçoit des messages dans sa boîte vocale, bris mécaniques et autres. Ça n'arrête pas. Parcours les endroits où sont entassées des carcasses de voitures, à la recherche de pièces qui serviront lorsqu'il effectuera des réparations.

Travailler tout en échangeant entre Africains sur différents sujets : la langue au Québec (français, anglais). L'un compare avec le Mali où on parle une cinquantaine de dialectes, alors... Oui, mais tronc d'arbre qui flotte sur l'eau ne devient jamais crocodile, rétorque l'autre. Le mariage, occasion de longues discussions. Pourquoi deux femmes (Islam)? J'aime la deuxième au même titre de la première, répond son vis-à-vis. L'adultère est interdit, faudrait que je me marie avec elle. Ma femme est d'accord, où est le problème?

Lors du tournage (vidéo de 53:01), Oumar s'apprêtait à visiter sa famille, en Afrique, magasinait pour lui apporter des cadeaux. Faut pas arriver les mains vides, important de changer ses conditions de vie. Lorsqu'on ne comble pas les attentes, c'est un échec, on devient un paria. Jusque là, des achats de 1 800$ et ça continue. S'il oublie une personne, elle ne sera pas contente. À son départ pour Burkina Faso, son compte de banque sera à zéro. On le verra distribuer les cadeaux et se marier.

  Des complicités permettent à Dupré et Arcand de s'en sortir – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Et les Dupré et Arcand, gestionnaires de l’enquête sur le clan Mattkics, dont le procès avait avorté en raison des quatre preuves fabriquées, et qui, de plus, ont été mis en cause dans l’incident du 26 août 1995, comment s’en tirent-ils?

La Commission Poitras signale qu’à la suite de l’annonce publique du dg Barbeau sur leur affectation administrative en attendant leur enquête, la population devait penser que des mesures énergiques seraient prises à leur encontre.

Il en sera tout autre. Le défaut de respecter les prescriptions du Règlement sur la déontologie et de celui de la discipline de la Sûreté du Québec, et plus particulièrement celui… d’enclencher le processus disciplinaire, mènera inéluctablement à un cul-de-sac. Notons que le dg Guy Coulombe se demandait lui-même… s’il était nécessaire d’intervenir.

Et les autres policiers impliqués dans l’affaire Matticks? Décrivons brièvement la longue agonie de celle-ci. Le théâtre de l’action : le Comité de déontologie policière et ses coulisses. Entrons dans ses dédales et méandres, mal éclairés en plus. Nous ferons juste quelques pas, en nous tenant fermement la main, autrement nous risquerions de se perdre de vue.

Brossons rapidement le contexte. Trois années et demie après l’arrêt des procédures contre le clan Matticks décrété par la juge Corbeil-Laramées, la Commission Poitras dépose son rapport. Il est rendu public un mois plus tard, en janvier 1999. Ses auteurs proposent une réforme majeure de la Sûreté du Québec, que nous traiterons plus loin : pour l’heure, le labyrinthe déontologique accapare suffisamment tous nos sens pour se permettre de regarder ailleurs.

Le mois suivant, à la mi février, le Comité de déontologie porte des accusations contre dix policiers de la Sûreté du Québec, dont les quatre acquittés par un jury en juin 1996 (Martin Pelchat – La Presse du 13 février 1999) : le caporal Lucien Landry, retraité depuis 1997, est cité sous 16 chefs d’accusation, notamment ceux d’avoir caché des informations pertinentes au dossier et incité des policiers à fournir de fausses informations au procureur de la Couronne ; les agents Pierre Duclos (16 chefs d’accusation), Dany Fafard (8) et Michel Patry (4). De leur côté, Mario Simard (on sait désormais de ce qu’il est advenu de son cas) et Roger Primeau qui avaient témoigné contre leurs quatre collègues, sont cité sous 20 chefs d’accusation chacun, dont celui d’avoir menti à l’avocate de la Couronne, Me Madeleine Giauque. Les quatre derniers sont l’enquêteur Claude Charron (10), les agents Mario Morissette (7), Laurent Laflamme (4) et Richard Tétrault (4). (Suite demain)

  Dans les classes, les profs mis au pas – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) À l’automne 2000, le ministre péquiste de l’Éducation, François Legault, lançait une réforme dans des écoles québécoises. Un document de 600 pages l’accompagnait. Michèle Ouimet de La Presse, devenue entre-temps éditorialiste, écrit que le programme est tellement détaillé qu’il dicte (encore) pratiquement aux enseignants «comment faire un pas dans leur classe». (Michèle Ouimet – La Presse des 11 et 13 novembre 2000)

Par contre, les élèves doivent lire désormais quatre oeuvres littéraires par année. Mais ils lisent encore des baux, des mémos, des articles de journaux et des consignes. Elle cite Larose : « (…) C’est comme si on enseignait la géographie avec des prospectus de voyage».L’éditorialiste lui donne raison.

Du côté de l’écriture, elle constate que«la situation est tout aussi désespérante (…) De quoi tuer n’importe quel élan créateur», conclut-elle. Le programme avait suscité des commentaires, ce qui avait forcé le ministre à produire un document plus digeste, et le nombre de pages était réduit à 350. (Silvia Galipeau – La Presse du 25 août 2001)

Cependant, la situation n’était pas réglée pour autant. Le programme invite les élèves à apprécier des œuvres littéraires, mais où sont-elles dans les biblios scolaires? Et où sont les sous pour en acheter? «Au chapitre des bibliothèques, par exemple, la problématique du manque de ressources professionnelles et de livres demeure, s’indigne la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Monique Richard. Les lacunes en ce sens sont énormes.»

Aux dernières nouvelles, le ministre semblait prêt à délier un peu les cordons de sa bourse. Le coût est élevé parce que les biblios scolaires ont toujours vécu dans l’indigence, beaucoup de livres dans les rayons sont de vieilles affaires n’intéressant plus personne, juste bonnes pour la poubelle.

En 2001, une étude révélait que près de 80% des bibliothèques scolaires québécoises offraient une collection de livres de référence de «faible valeur». (Mario Cloutier – La presse du 14 janvier 2005) La situation n’étaient guère plus reluisante en ce qui a trait aux ouvrages littéraires, rapportent ses auteurs : «Il est impératif que les bibliothèques coupent définitivement les liens avec un héritage documentaire caduc.» En outre, ils estimaient qu’elles devaient remplacer près de la moitié de leur collection «sur-le-champ».

Cette année-là, le gouvernement du Québec n’investissait que 7$ par élève pour l’acquisition de nouveaux livres. Début 2005, le ministre libéral de l’Éducation, Pierre Reid, fera passer le ratio à 65$, sur une période de trois ans. (Suite demain)

News du samedi 24 Janvier 2009

  Musiciens, chanteurs et comédiens engagés socialementDe nos jours, une denrée rare mais il en existe. Ainsi la compagnie Jolie Môme, fortement ancrée à gauche. Elle organise des soirées Dîner-Spectacle à son théâtre La Belle Étoile, à Ville Saint-Denis, en France : se produit aussi dans la rue et fait des tournées.

Elle met en chansons et en scène les luttes, les espoirs et les solidarités. Exemples de son implication sociale : cabaret d'urgence contre le bombardement de l'Afghanistan, soutien aux grévistes de Mac'Do, soutien aux sans-papiers, soutien aux prisonniers politiques palestiniens, la liste est longue.

Sur vidéo (visionnez plein écran), une soirée cabaret : Légitime Colère. On voit les artistes prenant le repas avant l'arrivée des spectateurs, assurant ensuite le service aux tables. Et quant tout ce monde a bien bouffé et bavardé, le spectacle commence. Bonne ambiance.

Autres vidéos + des photos sur le site de Jolie Môme

  Vous avez déjà vu un Amérindien du Canada......construire un canot d'écorce? Pas moi, en tout cas. Alors, ç'a été une belle découverte lorsque j'ai visionné un documentaire à ce sujet (57:55). Un art de plus en plus oublié. Les matériaux : écorce de bouleau, planches de cèdres, racines de sapin et sève gommante d'arbres résineux. Rien d'autre, sauf l'essentiel : le savoir-faire.

Regardez travailler César Newashish, un Attikamek de Manouane, en Haute-Mauricie, au Québec. Qui est peut-être à moins de 100 kilomètres du village où je demeure. Alors quasiment un voisin, que je vous présente avec fierté.

  Le salon de coiffure......est l'endroit public où le citoyen-la citoyenne se confie le plus. Cela explique pourquoi la police en civil y est infiltrée, soit directement, c'est-à-dire par des civils exerçant le métier de coiffeur ou coiffeuse, ou indirectement, par l'entremise de coiffeurs-coiffeuses collabos.

Ce n'est vraiment pas l'endroit où parler librement de soi ou des autres. Vidéo tournée à San Diego (09:20) et sous-titrée en français.

  Arseneault-Boudreault-et-Isabelle, des flics respectables – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Et le trio Arseneault-Boudreault-et-Isabelle, comment se sort-il de cette épreuve? Lorsque la Commission Poitras dépose son rapport à la fin de 1998, il en sorte grandi. Les trois «moutons noirs» souhaitent réintégrer leurs fonctions, attendent avec impatience le signal du nouveau dg de la Sûreté du Québec, le citoyen Florent Gagné.

Ce n’est pas la première fois qu’ils la réclament. Selon l’un de leurs avocats, Me Keable, l’autre étant Me Michel Nolin, lors de l’entrée en scène du dg Coulombe, à la fin de 1996, ses clients avaient proposé que si la commission leur donnait tort, ils s’engageaient à démissionner dès le lendemain du dépôt du rapport. «Ils ont été blanchis. Eh! bien qu’on leur ouvre les portes sur-le-champ avec les honneurs qu’ils méritent», clame Me Keable.

La Sûreté du Québec consentira à les réintégrer en janvier 1999, ce qui mettra un terme à leur relevé provisoire. Il aura duré plus de deux ans. Arsenault et Boudreault l’accepteront, Isabelle la refusera, choisira de demeurer en poste à St-Georges-de-Beauce où il dirige les services policier et des incendies : «J’ai regardé les avantages d’un côté comme de l’autre. Mais quand je me suis remémoré de quelle façon j’étais sorti de la Sûreté du Québec, ça m’a aidé à prendre ma décision. C’est relié à des mauvais souvenirs», confiera-t-il.

N’avait été de l’intervention du trio, y aurait-il eu une Commission Poitras? Non. L’affaire était partie dans la mauvaise direction, vers des bureaux aux planchers recouverts de tapis mur à mur et aux portes bardées de cuir, bien entendu closes, où l’on peut parler tout à son aise sans craindre les manchettes des médias.

Il est clair que pouvoir péquiste, haute direction de la Sûreté du Québec et Association des policiers provinciaux du Québec (APPQ), dont Jocelyn Turcotte était le président, souhaitaient ébruiter le moins possible la sale affaire. Le travail acharné des Arseneault, Boudreault et Isabelle est porteur d’espoir.

Quand à Mario Simard, qui avait avoué s’être parjuré au procès du clan Matticks, en 1995, et incriminé les quatre policiers accusés d’y avoir planté les quatre preuves, lors de leur procès en 1996, il subira de graves représailles affectant l’ensemble de sa carrière et de sa vie personnelle.

En effet, six ans après avoir témoigné, il continue d’en subir les contrecoups, rapporte, en avril 2002, le journaliste André Cédilot de La Presse. (André Cédilot – La Presse du 3 avril 2002) Dans son rapport, la Commission Poitras avait recommandé le retrait des plaintes portées contre lui. Cependant, le Comité de déontologie… tarde à rendre jugement sur sa requête en arrêt du processus judiciaire.

La Sûreté du Québec refuse de lui attribuer des tâches policières tant que son dossier ne sera pas réglé. En attendant, elle l’affecte à des activités de commis de bureau. Ainsi, depuis juin 1999, il est un peu l’équivalent d’un «gérant de photocopieuses», précise le journaliste.

Ce mois d’avril, la juge Ginette Piché de la Cour supérieure donne 15 jours au Comité de déontologie pour décider du sort de Simard. «Il s’agit ici d’un cas flagrant où il y a déni de justice et abus de pouvoir à l’égard d’une personne, écrit-elle. Il est trop facile de dire que le cas du policier Simard est sympathique, mais qu’on ne peut rien faire. (…) Ce qui arrive à ce policier est inadmissible. Il a été le premier à collaborer avec la justice dans la trop tristement célèbre affaire Matticks. Pour le récompenser, quelques jours après que la Commission Poitras rende son rapport public, on le fait comparaître devant le Comité de déontologie, alors même que l’une des recommandations du rapport Poitras est de retirer toute plainte contre Simard», souligne-t-elle.

Le mois de décembre suivant marque la fin de son enfer. Le juge Herbert Marx, de la Cour supérieure, décrète l’arrêt des procédures déontologiques, tout de même environ huit mois après le délai de 15 jours décrété par la juge Piché de la Cour supérieur. (André Cédilot La Presse du 20 décembre 2002) Il estime que le feuilleton a assez duré : «Sa carrière stagne depuis fort longtemps. En toute justice, il ne devrait pas être contraint de subir encore des mois, voire des années, les instances administratives avant de reprendre sa vie professionnelle. (…) Ce qui arrive à ce policier est inadmissible». (Suite demain)

 Besoin de profs, pas des propagandistes du conformisme – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Formalisme dans l’enseignement aussi. En décembre 1999, la journaliste Michèle Ouimet de La Presse rapportait que le ministère de l’Éducation n’en finissait plus de pondre des programmes découpant la matière en milliers d’objectifs et dictant aux enseignants «comment faire un pas dans leur classe». (Michèle Ouimet – La Presse du 31 décembre 1999)

À titre d’exemple, il préconise l’enseignement du français à partir notamment du vécu des enfants, d’articles publiés dans les journaux et des modes d’emploi affichés sur les boîtes de conserve. Le ministère boude les grands auteurs, écrivait la journaliste. Bouderie ou censure déguisée des grands auteurs? Lisons la suite de l’article.

La journaliste a interrogé Pierre Lemaire. Pendant 30 ans, celui-ci a enseigné le français dans des écoles secondaires publiques de Montréal. En juin 1999, il a pris sa retraite, ulcéré par les bureaucrates du ministère. Lemaire compare leur programme à un supermarché de compétences aux habilités vides de contenu.

L’ex-professeur, raconte la journaliste, a résisté aux assauts pédagogiques du ministère, il a fait lire à ses élèves de cinquième secondaire L’Étranger d’Albert Camus. Au début, ils n’étaient pas très emballés, mais ont par la suite changé d’avis.

Lemaire : «Ils ont soif de grandes oeuvres, a-t-il confié à la journaliste.(Le roman) créait une onde de choc dans la classe. Ils se questionnaient sur l’indifférence apparente du personnage principal devant la mort de sa mère. On avait de grandes discussions. Ils apprenaient à penser, à écrire leur pensée et à la dire en trouvant les mots justes.»

Dans son livre L’Amour du pauvre, qui lui a valu bien des critiques, nous rappelle la journaliste Ouimet, Jean Larose, professeur d’études françaises à l’Université de Montréal, fustigeait lui aussi l’éducation axée sur la communication et l’expression du vécu. (Jean Larose – L’Amour du pauvre – Éditions Boréal)

La plupart des intellectuels se sont tus, sauf lui, signale-t-elle, qui cite ce passage du livre de l’auteur : «(...) cet enseignement produit des esprits conformistes, souvent bouillants d’aspirations innovatrices (...) mais incapables de concevoir d’autres réalités que celles de leur milieu et de leur expérience immédiate. (...) (Les élèves sont) condamnés à réinventer le bouton à quatre trous et à refaire pour eux-mêmes toutes les découvertes de la vie intellectuelles en se croyant les premiers à avoir eu chacune de leurs idées.»

La journaliste a rencontré Larose : «Il faut admirer pour apprendre, lui explique-t-il. Si vous utilisez des formes inférieures pour enseigner, si, par exemple, on apprend le français en lisant des articles de journaux ou des modes d’emploi, c’est trop pauvre. C’est une erreur pédagogique profonde. (...) Au Québec, on a un parti pris anti-littéraire, anti-intellectuel et contre culturel. Tout l’héritage du passé est suspect. On n’enseigne pas le français, on fait son procès, on l’inculpe (sic).»

Après la lecture de cet article révélateur, on réalise que le ministère québécois de l’Éducation utilise les écoles pour produire des citoyens qui entreront, sans rouspéter, dans le moule du conformisme de l’État. Rien de nouveau là. Je le sais pour avoir couvert comme journaliste, à la fin des années 1960 et au début des années 1970, la Commission des écoles catholiques de Hull et la Commission scolaire régionale de l’Outaouais.

Si vous n’avez pas lu les auteurs décrivant une autre réalité que celle où vous baignez, il y a peu de chance que vous cherchiez à l’améliorer.Le ministère ne boude pas les grands auteurs, il en a peur. Il censure donc le prof, qui ne peut s’aventurer hors de la norme programmée. L’école a besoin de profs qui ne soient pas des propagandistes du conformisme. (Suite demain)

News du vendredi 23 Janvier 2009

  Vidéos bizarroïdes......Genre qu'on voit pas souvent. Il m'arrive de visionner de ces trucs. Le niveau de liberté d'expression est assez élevé, ce n'est pas toujours esthétique, ça nous amène dans toutes les directions sans qu'on ait une idée de l'endroit où on va. Et à la fin, il arrive aussi parfois qu'on ne sache pas trop pourquoi on nous a fait faire autant de kilométrage.

Si vous aimez tout ce qui vous est étranger, embarquez sans connaître la destination. Attendez-vous à quelques surprises en cours de route.

Everyone, everywhere (Vidéo 03:56)
The Bird's Midair Heatstroke (Vidéo 03:55)

Tween my lips (
Vidéo 02:02)

  Triomphe du totalitarisme policier sur l'État de droit – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Bouchard et Turcotte n’ont pas non plus enquêté l’incident du 26 août 1995, au cours duquel Dupré et Arcan, deux gradés, s’en étaient pris verbalement à Isabelle. Ilsn’ont pas interrogé non plus Dupré, Arcand, Laprise et Pigeon, qui font pourtant l’objet de sévères reproches dans le rapport d’étape de St-Antoine, ex-responsable du Comité ad hoc. Et qui étaient de plus directement visés dans la requête en révision judiciaire (requête déposée par les trois enquêteurs du Comité ad hoc en Cour supérieure pour obtenir l’annulation de l’enquête du Commissaire Bonin).

Ce qui est «pour le moins étonnant et témoigne d’un certain parti pris de leur part», signalera la Commission. Ajoutant qu’elle pourrait multiplier les exemples tirés de la preuve qui l’ont amenée à s’interroger sur le but véritable que poursuivaient Bouchard-Turcotte.

Elle fera le constat que ces deux enquêteurs ont largement débordé les paramètres du mandat qui leur avait été confié. Soit dans le but de… «bonifier» certains éléments de la preuve ou pour carrément trouver de nouveaux éléments incriminant, «extrinsèques aux fait reprochés dans les plaintes». Elle qualifiera l’opération d’une «excursion de pêche», avec l’espoir manifeste de découvrir une quelconque preuve qui n’avait aucun lien avec les faits reprochés dans les plaintes disciplinaires.

Des exemples : vérifications des dépenses de fonctionnement, d’opération et d’achats d’Arseneault, Boudreault et Isabelle ; interrogatoire d’une douzaine de témoins pour déterminer si certaines de leurs dépenses ont été imputées dans d’autres comptes, ou comme dépenses secrètes ; passage au peigne fin de leurs relevés d’appels et de factures téléphoniques ; vérifications de leurs transactions dans les banques informatisées du Centre de renseignements policiers du Québec (CRPQ), du module d’informations policières (MIP) et des banques de renseignements criminels ; recherche sur l’embauche et le mode de rémunération de la secrétaire Latour du Comité ad hoc : leur curiosité est aiguisée quand ils découvrent que son conjoint serait le frère de Louise Pagé, directrice générale adjointe, qui avait refusé de les rencontrer. Ils consultent même le CRPQ pour en obtenir confirmation.

Enfin, dans leur rapport, Bouchard et Turcotte citent plusieurs témoignages démontrant une attitude déloyale d’Arseneault, Boudreault et Isabelle à l’endroit de la Sûreté du Québec et de ses dirigeants. Or, dans certains cas, ceux-ci n’ont pas été émis ou encore les déclarations rapportées n’ont pas été faites en présence de plusieurs officiers, contrairement à ce qu’ils affirment.

La Commission s’étonnera de tous les efforts déployés par les enquêteurs Bouchard et Turcotte. Leur démarche trahit les sentiments qui les animaient et soulève plus que des doutes sur leur impartialité et objectivité. Tous ces éléments tendent à démontrer qu’ils ont manifesté un parti pris à l’encontre des trois membres du Comité ad hoc.

Compte tenu de la période trouble que traversait la Sûreté du Québec, la Commission se demandera si le dg Barbeau et son successeur intérimaire Boilard ont vraiment voulu une enquête objective et indépendante. (NDLR : Sans omettre le citoyen Guy Coulombe qui avait hérité du poste de dg quelque temps après.) Elle la qualifiera de «grave erreur», émettra l’avis qu’elle aurait dû être confiée à l’externe.

À qui le policier doit-il finalement loyauté? La Commission signalera que pour certains officiers, le premier devoir de loyauté du membre est envers l’organisation policière.

L’Association des policiers provinciaux du Québec (APPQ), dans son journal interne Au Devoir, est plus terre-à-terre  : «La loyauté a longtemps été assurée par deux mécanismes : une culture paramilitaire et une rémunération au-dessus de la moyenne des travailleurs possédant une qualification semblable.» Une critique formulée sur la place publique et entachant l’image de l’organisation est condamnable et susceptible de donner lieu à une poursuite disciplinaire contre son auteur.

Que conclure de ces propos? Que la loyauté à l’institution policière a priorité sur la loyauté à l’égard de la loi. Triomphe du totalitarisme policier sur l’État de droit. L’État dans l’État, quoi. (Suite demain)

  Sans la tolérance et la liberté, à quoi sert l'école? – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) On a assisté à une affaire semblable, en avril 1999, à l’école secondaire des Sources, à Dollard-des-Ormeaux, également à Montréal. (Marc Thibodeau – La Presse du 16 avril 1999) Une ado en avait été expulsée parce qu’elle avait teint ses cheveux violet.

Selon le directeur de l’école,Jacques Théoret, le code de vie de l’institution interdit les coiffures et les couleurs «excentriques» : l’excentrique, on l’a vu sur la liste, est une vitre cassée. Quelques centaines d’élèves ont manifesté leur appui à leur consoeur, un midi, dans la cours de l’école. La direction a fait appel à la police de l’île de Montréal, qui s’y est rendue, mais n’a pas jugé bon d’intervenir.

Le directeur Théoret a doctement expliqué aux élèves que seul le conseil d’établissement pouvait revoir le code de vie. Le problème, c’est que celui-ci se réunissait seulement à la mi-mai, donc un mois plus tard.

Autrement dit, l’ado n’avait guère le choix, car si elle attendait la tenue de cette réunion, elle risquait de rater son année scolaire. Par contre, si elle se conformait illico au code de vie, elle réintégrait l’école et complétait son année. L’entonnoir de la contrainte. Au moment d’écrire ces lignes, j’ignore qu’elle a été sa décision.

Le code de vie de Théoret est de fait un outil de répression permettant de procéder au nettoyage social parmi les élèves de l’école. Et, dites-moi, pourquoi avoir alerté la police ? Peur de l’osmose, peur de la liberté d’expression, peur du droit de manifester son désaccord?

Comme le sociologue Touraine, demandons-nous à quoi sert l'école si elle n'est pas capable de faire partager la tolérance et la volonté de liberté à des enfants et des ados? (Alain Touraine – Qu'est-ce que la démocratie ? – Éditions Fayard) Pourquoi aurait-elle si peu confiance en elle-même qu'elle devrait fermer ses portes à ceux ou celles qui sont différents en quelque chose?

Le sociologue Touraine qualifie d’ «(...) inacceptable qu'on refuse a priori de voir le sujet humain, sa créativité et sa liberté, chercher d'autres voies de formation et d'expression». (Suite demain)

News du jeudi 22 Janvier 2009

  France : Décisions judiciaires non transmises au fichier STICLe système de traitement des infractions constatées (STIC) est un fichier policier. Lors d'un contrôle, la Commission Nationale de l'Informatique et des libertés (CNIL) a constaté l'absence quasi-systématique de transmission par les parquets des suites judiciaires nécessaires à la mise à jour du STIC : classement sans suite, acquittements, décisions de non-lieu et requalifications pénales.

Elle signale que les conséquences peuvent être très lourdes pour les personnes concernées par une enquête administrative : perte d’un emploi, refus d’embauche, impossibilité de passer un concours administratif, etc. Elle a constaté aussi une absence de sensibilité à l'égard des conséquences graves en découlant pour celles-ci.

Selon elle, cette situation est dû principalement à l’absence de terminaux permettant aux magistrats d’accéder aux informations du STIC, pourtant expressément prévus par la loi mais aussi à un manque de moyens humains au niveau des greffes. Dans certains cas, des demandes d’effacement sont formulées mais elles ne sont pas prises en compte par le ministère de l’intérieur.

La conception même du fichier STIC n’est pas directement en cause. C’est l’inadéquation entre les moyens mis en oeuvre par les ministères et les objectifs assignés à ce grand fichier de la police qui pose problème. La CNIL réclame une utilisation du STIC plus respectueuse du droit des personnes.

Rapport de la CNIL sur le STIC : 32 pages, forme PDF

PS : Je traite de cette affaire pour démontrer qu'en France, bien que tout ne soit pas parfait, et très loin de là, il existe au moins un organisme public pour défendre les droits des citoyens. Alors qu'ici, au Québec, aucun organisme neutre ne contrôle les fichiers de nos corps policiers. Ceux-ci peuvent y écrire n'importe quoi à votre sujet.

Tous les premiers ministres que nous avons eus jusqu'à ce jour au Québec n'ont RIEN fait pour en protéger les citoyens. Et celui qui est actuellement au pouvoir, le libéral Jean Charest, ne fera probablement RIEN, lui aussi. Idem de l'homme de droite dirigeant le Canada, le conservateur Stephen Harper, et ses prédécesseurs.

  Obama...…un gros changement. Dessin de NONO, letelegramme.com.

  Des enquêteurs en situation apparente de conflit d'intérêts (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Ce n’est pas le seul os à faire problème. Falardeau, le coordonnateur de l’enquête du Comité ad hoc, avait été également la cible de critiques de la part d’Arseneault, Boudreault et Isabelle. Or Falardeau est le supérieur hiérarchique de Bouchard et Turcotte : le premier, directeur de la Surveillance du territoire, relève de lui, le deuxième, dans certains dossiers ponctuels.

Le dg Boilard ayant confié l’enquête disciplinaire à deux des subalternes de Fallardeau, on court le risque de les placer dans une situation s’apparentant au conflit d’intérêts. Ainsi à Bouchard qui s’inquiète de devoir interroger son patron Falardeau, le dg lui indique qu’il ne l’interrogera pas comme suspect mais comme… témoin. En tout, Bouchard et Turcotte rencontrent plus de 30 personnes.

Examinons la méthode d’enquête qu’ils utilisent lors de leurs rencontres avec l’ex-dg Barbeau, Falardeau et St-Antoine, et telle que le rapportera la Commission Poitras. Une première entrevue a lieu avec ces deux derniers au cours de laquelle des déclarations notées sont remises par les enquêteurs, à la suite de quoi une version dactylographiée leur est transmise. Dans les jours qui suivent, les deux témoins y apportent des corrections ou complètent d’un ajout ou d’une seconde déclaration qu’ils signent.

Dans le cas de l’ex-dg Barbeau, la première rencontre se déroule le 13 janvier 1997. Un projet de déclaration lui aurait été acheminé à la fin de janvier ou au début février. Barbeau, après avoir consulté ses avocats sur certaines informations qui pouvaient être utilisées dans le cadre de la Commission Poitras, communique avec les deux enquêteurs afin de la modifier. Une nouvelle version est alors rédigée, avec l’aide de ses avocats, et signée par lui, le 14 mars 1997, bénéficiant ainsi d’un délais de deux mois.

Devant la Commission Poitras, Barbeau, bien qu’il reconnaîtra le caractère inusité de la procédure, prétendra que, vues les circonstances, on ne doit pas s’en formaliser.

Bouchard et Turcotte ont interrogé Barbeau sur le mandat qu’il avait donné aux trois enquêteurs du Comité ad hoc le 5 juillet 1995. D’après lui, tout devait être mis en œuvre pour faire la lumière sur l’affaire Matticks : déterminer s’il y avait eu fabrication de preuves et si la gestion de cette enquête avait été faite avec toute la rigueur, l’encadrement et la supervision nécessaires par les officiers supérieurs des escouades concernées.

Cependant dans leur rapport, ils expriment l’opinion que le Comité ad doc l’a bonifié et cherché par différents moyens à le concrétiser à l’insu ou à l’encontre de la direction de la Sûreté du Québec.

Invité par la Commission Poitras à s’expliquer, Turcotte déclarera que les trois officiers s’étaient concentrés sur le volet gestion et supervision du dossier. Utilisant comme métaphore une maison dont la construction doit débuter par les fondations, ils auraient dû, d’après lui, se concentrer en premier lieu sur les responsabilités individuelles des policiers impliqués dans l’enquête sur le clan Matticks pour ensuite examiner les autres volets.

Belle métaphore, certes, mais incompatible avec la toile de fond. Ainsi dans la mise en situation de leur rapport, ils se contentent de relater brièvement une réunion tenue par Arsenault, le 28 septembre 1995, avec les cinq directeurs des Enquêtes criminelles afin d’obtenir leur collaboration à l’enquête du Comité ad hoc.

Or, la preuve colligée par la Commission Poitras démontrera qu’elle avait été convoquée d’urgence par le dg Barbeau, qui était prêt à sévir contre les directeurs récalcitrants. Le dg donna instruction à trois de ses directeurs généraux adjoints de les rencontrer et leur lire «l’acte d’émeute» pour les rappeler à l’ordre.

Barbeau dira à la Commission que cet événement ne fut pas étranger au fait que trois de ces directeurs prirent leur retraite quelque temps après. Selon cette dernière, cette rencontre revêtait une grande importance dans la mesure où elle démontrait l’ampleur de la fronde et de l’opposition à l’enquête. (Suite demain)

  L'étudiante montréalaise aux mèches bleues interdites (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Le journaliste Hugue Dumas de La Presse rapporte, en août 2001, qu’au Québec le port de l’uniforme est surtout le fait d’écoles publiques anglophones et d’écoles privées, qu’on l’y voit peu dans les écoles publiques francophones. (Hugue Dumas – La Presse du 28 août 2001)

Il énumère quelques uns des arguments de ceux le favorisant : l’un voudrait bien l’imposer à toutes les écoles de sa commission scolaire, «malheureusement» la nouvelle loi donne beaucoup de pouvoir à chaque école ; l’uniforme aplanit les inégalités sociales, surtout en milieu défavorisé, mais ne les efface pas complément ; ça enlève des soucis – le matin quand on ne sait pas quoi trop se mettre – ; il développe le sentiment d’appartenance et impose le respect, est également sécuritaire, car tous les intrus dans la cour d’école sont facilement identifiables.

Et les élèves, eux, qu’en pense les filles aiment-ils ? «Au début, tu chiales, tu veux t’affirmer» ; «C’est certain queraient avoir des jupes plus courtes et que les gars aimeraient porter leurs pantalons plus bas sur les hanches».

Du côté de l’Alliance des professeurs de Montréal, on se dit peu chaud à l’idée de voir les élèves défiler dans un uniforme identique : «Nous essayons d’éduquer les élèves à la diversité et au respect, souligne son président, François Audet. Et la facture en début d’année est déjà assez salée pour les parents. Un fardeau de plus ne serait pas le bienvenu.» La demande vient surtout de la population immigrante pour laquelle l’école est une fierté.

La journaliste Rima Elkouri de La Presse rappelle, en août 2003, que, au Québec, le débat pour ou contre le port de l’uniforme est devenu un grand classique de la rentrée scolaire, avec ses mêmes arguments poussiéreux, à quelques variations près. (Rima Melkouri – La Presse du 20 août 2003)

Cette année-là, «le chandail bedaine» posait problème. Pour ceux qui s’opposent à sa propagation, l’uniforme permet non seulement de mettre fin au règne du vilain nombril, mais aussi de contrer les inégalités sociales, le taxage, les troubles de comportement, le harcèlement sexuel, la surconsommation, la dictature des grandes marques.

À les entendre, continue-t-elle, l’uniforme serait un remède miracle permettant de balayer le grand désordre qui règne en ce moment à l’école. «Quand on érige (l’uniforme) au rang des questions existentielles visant à rétablir les bonnes valeurs d’antan, la justice sociale, le sens de la discipline, la simplicité volontaire et je ne sais quoi d’autre encore, je ne suis plus», signale-t-elle.

Deux ans plus tard, l’uniforme prenait de l’ampleur. La journaliste Marie Allard de La Presse écrit que pour combattre les tenues sexy des élèves, plusieurs écoles en exigent désormais le port. (Marie Allard – Cyberpresse du 30 août 2006) Tant à Verdun, Laval, LaSalle ou Dollard-des-Ormeaux, des polyvalentes publiques ont décidé d’adopter un t-shirt, un polo ou tout un costume obligatoire. Près de 10 000 ados sont touchés, rien que sur l’île de Montréal.

Selon Denis Pouliot, porte-parole de la Fédération des commissions scolaires, un avis juridique confirme «qu’une école publique peut dire à un élève de retourner chez lui s’il ne porte pas l’uniforme, ce n’est pas contraire à la Charte des droits et libertés». Affirmation qu’il vaudrait la peine de contester devant un tribunal, jusqu’en Cour suprême si besoin.

Il est un fait confirmé qu’au Québec on met les jeunes au pas, en les insérant dans un moule. Avec le temps, ils en prennent l’empreinte,deviennent en quelque sorte des bibelots se ressemblant tous, plutôt que des citoyens libres et de ce fait différents les uns des autres. Des produits de la chaîne de montage, quoi. L’approche varie, elle peut-être subliminale ou carrément répressive. C’est un fait maintes et maintes fois constaté que l’école est l’un des hauts lieux du conformisme.

On l’a vu dans le cas de l'étudiante montréalaise aux mèches bleues. En 1998, la direction de l’école secondaire Marguerite-de-Lajemmerais, à Montréal, avait exigé qu’elle enlève la couleur interdite. L’étudiante avait refusé de se plier à ce diktat, préférant changer d’école. Cette jeune fille constitue un bel exemple à imiter dans notre société politiquement et puritainement corrects. Cet événement n’est pas un cas isolé, absolument pas. (Suite demain)

News du mercredi 21 Janvier 2009

  Afin d'économiser l'énergie... …des écologistes français coupent clandestinement (vidéo 03:02) l'électricité d'établissements commerciaux. Cette approche fasciste est particulièrement répugnante. J'y vois un lien de parenté étroit avec les civils et leurs collabos qui se cachent aussi dans l'ombre et le silence pour porter atteinte aux droits et libertés des citoyens.

  Le discours d'investiture d'Obama Hier, il y en a sûrement qui ont manqué sa diffusion en direct sur le web. Sur cette vidéo (21:11) vous aurez l'intégral et traduit en français. Dans la page s'affichant, 2e élément du sommet de la colonne du centre, cliquez sur Écoutez le discours d'investiture de Barack Obama. Vous pouvez le visionner plein écran.

Faut absolument que vous écoutiez aussi le discours (traduit en français) de sa conjointe Michelle prononcé lors de la convention démocrate, l'été dernier. Incroyable performance d'une femme intelligente et déterminée à rendre le monde meilleur. Les Obama sont un couple très engagé socialement : conscience sociale développée. Même colonne du centre, 6e élément, cliquez sur Le discours de Michelle Obama, le 25 août 2008.

Lu sur le web aujourd'hui, notamment sur france-info : lorsque les médias sont unanimement favorables à l'élection d'un chef d'État, c'est qu'il y aura du changement, que l'histoire est au rendez-vous.

  Turcotte : «(...) quant à moi, je les passerais au bout du pont» (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le trio Arsenault-Isabelle-et-Boudreault fera l’objet d’une enquête interne. C’est Barbeau qui l’a commandée une couple de jours avant son départ : elle survivra au court intérim de Boilard et à l’arrivée du citoyen Coulombe aux commandes. Il avait mandaté à cette fin l’inspecteur-chef Gilles Bouchard et l’inspecteur Robert Lafrenière, en vertu de l’article 32 du Règlement sur la déontologie et la discipline des membres du corps policier. Le nouveau dg Boilard en assumera la gestion.

Le mandat est élaboré par l’inspecteur-chef Jacques Letendre, directeur de l’Éthique professionnelle. Celui-ci, qui n’y participera pas, ne conteste par le droit des trois enquêteurs d’avoir présenté devant les tribunaux une demande de révision judiciaire sur le manque d’impartialité du commissaire Bonin et le mode d’enquête retenu.

Il conteste le fait qu’ils ont critiqué publiquement leur employeur, la Sûreté du Québec, et porté atteinte à la réputation de celle-ci, en plus d’avoir livré des informations à des personnes non autorisées sans avoir obtenu l’autorisation préalable du dg. Cependant, tout cela reste à prouver.

Par la suite, Lafrenière, parce que son absence de l’Unité d’urgence cause problème, sera remplacé par l’inspecteur-chef Jean-Claude Turcotte. C’est Bouchard qui propose sa candidature pour l’assister dans son travail. Le dg Boilard lui demande de s’assurer que celui-ci n’est pas impliqué dans l’affaire Matticks et qu’il n’y a pas matière à conflit entre lui et les trois ex-enquêteurs du Comité ad hoc.

Boilard témoignera devant la Commission Poitras qu’il importait que les plaintes disciplinaires pendantes soient examinées sans parti pris et que le rapport de l’enquête comporte à la fois les informations inculpatoires et disculpatoires.

Tout semble être au beau fixe, jusqu’au moment où Louise Pagé, sur le point de quitter sa fonction de directrice générale adjointe, intervient dans le dossier au milieu de janvier 1997. Ayant appris que Turcotte fait tandem avec Bouchard, elle s’en inquiète. C’est qu’elle a été directement témoin d’un incident survenu le 26 septembre précédent.

Au cours d’une réception soulignant le départ d’employés civils, Turcotte aurait tenu des propos déplacés à l’endroit des trois enquêteurs du Comité ad hoc. D’après Pagé, Turcotte lui aurait dit : «Qu’est-ce que l’état-major attend pour faire quelque chose avec ces trois crosseurs-là? Quant à moi, je les passerais au bout du pont.» Elle l’aurait rappelé à l’ordre, lui signifiant qu’il n’était pas habilité à porter un tel jugement.

Pagé rencontre Boilard, l’informe de ses appréhensions sur l’impartialité deTurcotte. Celui-ci, bien qu’il soit étonné, affirme n’avoir aucun problème à ce qu’il continue son travail, d’autant plus qu’une vingtaine de témoins ont déjà été rencontrés sans qu’aucune plainte ne soit formulée à son encontre.

Par la suite, il demande à Bouchard d’en vérifier le fondement auprès des personnes présentes à cette réception. Cela fait, Bouchard le rassure, Turcotte n’a pas dit ça, il a simplement dit que si les trois enquêteurs s’étaient comportés comme le voulaient les rumeurs, ils devaient être mis à la porte.

Interrogé par Boilard, Turcotte confirme en quelque sorte la version de Bouchard. Le dg le sermonne un peu, mais ne juge pas nécessaire de le remplacer, parce que, d’après lui, il a toutes les qualités requises pour mener l’enquête. La Commission Poitras sera d’un avis contraire : «Il aurait dû.» (Suite demain)

  L'objet de police est de tenir les hommes tous coupables (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Roché dit que la question de la réalité de la déviance urbaine est contestée par de nombreux spécialistes en matière sociale. (Sebastian Roché – Le sentiment d’insécurité – Éditions PUF)

Barbara Jankowski, chercheur de l’Institut des Hautes études de la sécurité intérieure, à Paris, écrit qu’en France, l’ordre public (NDLR : Contrôles et nettoyages sociaux) demeure prioritaire au détriment de la sécurité publique (NDLR : Lutte contre la criminalité). (André Normandeau – Une police professionnelle de type communautaire – Éditions du Méridien).

Ce constat, note-t-elle, n’est pas nouveau, ainsi que le confirme certaines études. (Jankowski cite Gatto et Thoenig, 1992). «Les services extérieurs de l’État privilégient l’ordre public de façon absolue et permanente et lorsqu’ils traitent le domaine de la sécurité publique, ils privilégient un autre impératif : l’évitement à l’erreur.»

Gleizal, quant à lui, écrit que l'objet de police est de tenir les hommes tous coupables, pour faire régner l'ordre, défini comme un point zéro, mais aussi comme l'incarnation de Dieu. (Jean-Jacques Gleizal Le désordre policier Presses universitaires de France)

Le policier est un instituteur qui enseigne la loi et surtout un prêtre héritier des grands inquisiteurs. Aujourd'hui, nous apprend-il aussi, l'ordre n'est plus absence de… désordre, il implique la promotion d'une… politique.

Mais la lutte pour l'ordre est ingrate, tout est toujours à recommencer, le désordre perce sous l'ordre. Le nouveau oblige toujours à redéfinir les bases de l'ordre, à remettre en cause ses préjugés. La norme est alors bafouée. L'homme hier normal est devenu anormal. Il a franchi les ponts, les barrières, il est allé au-delà vers des zones inconnues. Ajoutons à ses propos que la liberté est ce pas de plus…

Étalons des exemples, en commençant par les jeunes, sur ce plan beaucoup plus vulnérables que les adultes. En février 1999, le gouvernement ontarien de Mike Harris songeait à inculquer les bonnes manières et imposer une norme vestimentaire aux ados, dans les écoles, rapportait la Presse canadienne. (Presse canadienne – La Presse du 17 février 1999)

Réagissant à ses propos, Walter Prodilchak, professeur de sociologie à l’Université de Toronto, signalait que les ados n’ont pas droit de vote, ni porte-parole, qu’ils ne peuvent lui répondre quoi que ce soit : «C’est comme s’en prendre à un groupe incapable de se défendre.»

Le journaliste citait également Anthony Doob, professeur de criminologie de la même université : «Les adultes disent la même chose (que Harris) depuis des siècles. C’est le phénomène de la vieillesse : on croit qu’on est merveilleux et qu’eux (les ados) sont pourris.» (Suite demain)

News du mardi 20 Janvier 2009

  Le site... ...le plus tricoté serré du web. Jamais vu autant d'infos dans une page d'accueil. Faites descendre l'ascenseur jusqu'au sous-sol, vous verrez. Qui va lire tout ça? C'est de l'anti-communication.

  En direct : ce mardi 20 janvier, l'investiture d'Obama Sur le site de la télé de Radio-Canada International, vous verrez tout. EN DIRECT et EN FRANÇAIS. Il y a plein caméras et de journalistes chevronnés sur place. Il faut quelques secondes avant que la vidéo s'active.

  Déplacements bruyants et désordonnés à la SQ (Suite tome 3 de L'Étau Policier) La requête du trio Arsenault-Boudreault-et-Isabelle en Cour supérieure, le 22 août 1996, et, surtout l’utilisation des médias par leur avocat, Me Jean-F. Keable, dont une entrevue à l’émission Le Point de Radio-Canada, où il exigeait une enquête publique en expliquant pourquoi, ont souverainement déplu à des membres de l’état-major, dont le dg Barbeau.

Ce dernier, après avoir consulté Me William Atkinson, en vient à la conclusion que les affirmations qui y ont alors été émises sont vraisemblablement contraire aux Règlements de déontologie et de discipline de la Sûreté du Québec (SQ), notamment au devoir de loyauté de ces officiers que leur impose leur serment d’allégeance et d’office.

L’affaire était déjà dans l’air depuis un certain temps... Environ six mois plus tôt, le 12 février 1995, un couple de mois avant la requête du trio en Cour supérieure, l’inspecteur Francis Pelletier avait rencontré Gilles Fallardeau, coordonnateur du Comité ad hoc, et fait état de «quelques commentaires» entendus la semaine précédente, précisant : «Ils (Arseneault, Boudreault et Isabelle) sont un petit peu enquêteurs, juges et bourreaux, là, un petit peu, là.» Il aurait ajouté qu’il y avait «peut-être lieu de faire attention un petit peu».

Lui avait dit «entretenir des doutes sur la loyauté (sic) des membres du Comité ad hoc qui se prennent pour des justiciers au détriment de la Sûreté du Québec». Pelletier les considérait comme «dangereux pour l’organisation», soutenait qu’ils n’étaient pas «loyaux» et qu’Arsenault «semblait vouloir attaquer le leadership» du dg Barbeau : au début de l’automne de la même année, le dg nommera Pelletier au Comité déontologique, à l’examen des… plaintes.

Le 2 octobre 1996, pour reprendre le fil des événements, le dg Barbeau en discute avec le ministre péquiste Robert Perreault. Barbeau privilégie le recours à un relevé provisoire des trois enquêteurs plutôt qu’à une affectation administrative.

Le ministre lui aurait exprimé ses fortes réserves et son désaccord à ce qu’ils reçoivent un traitement différent de celui réservé aux Dupré et Arcan qui, eux, ont été affectés à des tâches administratives. La disparité serait considérable : les trois officiers y perdraient leur statut de policier et n’auraient plus accès aux locaux de la Sûreté du Québec.

Le 15 octobre, Barbeau ne tient pas compte des avertissements du ministre. Vers 8h30, il tente de le rejoindre mais il est en réunion. Il s’adresse au chef de cabinet de celui-ci, Me Isabelle Demers, lui demande de l’informer de sa décision de procéder par voie de relevés provisoires. Le ministre l’aurait rappelé une heure plus tard pour lui faire part de son «total désaccord». Agir de la sorte aura un effet «boomerang» et se retournera contre le corps policier. Barbeau n’en poursuit pas moins l’opération.

Le 18, à la demande du ministre, le dg de la Sûreté du Québec quitte ses fonctions de façon précipitée : le 13 mai 1998, il sera nommé vice-président de la Commission québécoise des libérations conditionnelles, sur la recommandation du ministre péquiste de la Sécurité publique, Pierre Bélanger. Le même jour, Georges Boilard, directeur général adjoint, assure l’intérim jusqu’au 26 novembre, date d’entrée en fonction du citoyen Guy Coulombe.

Le 23, à la demande du ministre Perreault, le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard constitue par décret la «Commission d’enquête chargée de faire enquête sur la Sûreté du Québec», qui portera le nom de celui qui la présidera, l’ex-juge en chef de la Cour supérieure, Lawrence Poitras. Il sera secondé de Me Louise Viau, Me André Perreault et de Me Bernard Roy, ce dernier agira à titre de procureur en chef.

Après bien des tergiversations, le gouvernement Bouchard, acculé au pied du mur, reconnaît finalement l’obligation de l’enquête publique réclamée par le trio Arsenault-Isabelle-et-Boudreault. (Suite demain)

  Civils et collabos court-circuitent les règles démocratiques (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Les deux criminologues américains Wilson et Kelling nous donnent une toute petite idée du modus operandi policier, en nous entraînant dans une ronde policière. (André Normandeau – Une police professionnelle de type communautaire – Éditions du Méridien) Ils voulaient vérifier quelle était la définition de la loi et l’ordre que des policiers appliquaient sur le terrain. Leur enquête s’est déroulée à Newark, dans l’État du New Jersey, au milieu des années 1970.

Même s’il date un peu, ce témoignage conserve encore toute sa fraîcheur. Les méthodes policières n’ont pas changé : plus ça change, plus c’est pareil. De fait, deux éléments s’y sont greffés. Dans les années 1990, les nouvelles technologies de l’information, dont les mégabanques informatisées, et le fameux concept de la prétendue police communautaire. S’en est suivi une véritable mutation qui a décuplé, je ne sais par quel coefficient mais il est important, la capacité de la police de mâter la population, individu par individu.

Pour ces policiers, les habitants du quartier où ils patrouillaient se divisaient en deux catégories : les habitués (les «braves gens» et les «déviants») et les étrangers. Le rôle des policiers consistaient à surveiller ces derniers, tout en s’assurant que les habitués «peu recommandables» observent un certain nombre de règles tacites c’est-à-dire non écrites, non dites. Ils considéraient les étrangers du secteur, sinon avec appréhension, en tout cas avec suspicion.

Si une dispute éclatait entre un client et un commerçant, ils partaient du principe que le patron avait raison, surtout quand le client était un étranger. S’en trouvait-il un à traîner dans la rue? Ils lui demandait notamment ce qui motivait sa présence. Quand les réponses étaient jugées insatisfaisantes, ils lui intimaient l’ordre de dégager. Ceux qui ne respectaient pas les règles informelles non écrites, non dites se faisaient arrêter pour vagabondage. (NDLR : Notons que, aux yeux de l’autorité policière, un suspect est souvent un coupable contre lequel elle n’a aucune preuve matérielle.)

Les règles des comportements étaient définies et appliquées en collaboration avec les habitués qui se trouvaient dans la rue. D’autres quartiers pouvaient en avoir de différentes, cependant tout le monde comprenait que celles-ci s’appliquaient dans ce quartier-là. «Les mesures prises par les policiers correspondaient parfois à l’application pure de la loi.

D’autres fois, elles étaient informelles, sortaient du strict cadre légal (sic) et visaient à maintenir l’ordre public au niveau jugé satisfaisant par les habitants du quartier», explicitent les deux auteurs. Ici, ils nous confirment que pour maintenir cet «ordre public», la police agit illégalement.

Autre élément important : «les habitants du quartier» décidaient des normes s’y appliquant. Cependant, les deux criminologues vont un peu vite en besogne puisque celles-ci n’étaient pas établies par la majorité des citoyens.

Une question légitime se pose, car la police invoque souvent pour justifier ses interventions injustifiées des plaintes que leur auraient faites des citoyens alors que celles-ci sont pas mal moins nombreuses qu’elle le soutient. En plus, tous des anonymes et de ce fait suscitant cette interrogation : n’est-ce pas plutôt la police qui impose au citoyen la façon dont il doit se comporter dans l’espace public?

Dans une démocratie, il n’appartient pas à une poignée de citoyens et à des flics de décider de règles qui seront imposés à tous. Si l’on ajoute à cela que la police intervenait à l’extérieur du cadre légal, là, nous sommes en plein Far West. Ce qui fait peur dans ce genre de système d’inspiration totalitaire, c’est sa justice expéditive, son lynchage psychologique.

Voici une poignée de citoyens-lyncheurs décrétant illégal tout ce qui ne correspond pas à leur propre vision de ce qui est acceptable. En procédant ainsi, on court-circuite les règles du processus démocratique qui, justement, se nourrit de l’énergie du désaccord et des débats qui en naissent.

Dans une démocratie, ce rôle est dévolu aux élus, pas aux lyncheurs. Ce sont les élus qui passent les lois, et eux seuls. Et c’est très précisément pour éviter l’arbitraire qu’ils ont été désignés à cette fin par la Société civile. En outre, ces élus sont imputables, la population peut donc les remplacer par d’autres quand elle est insatisfaite de leurs politiques. (Suite demain)

News du lundi 19 Janvier 2009

  Se changer les idées......oublier les tracas du jour, regarder cette vidéo amusante (05:55).

  Dziekanski : 2e volet de l'enquête a débuté aujourd'hui lundiDes dizaines de témoins diront ce qu'ils savent des dernières heures de sa vie. Robert Dziekanski est arrivé à Vancouver le 13 octobre 2007 pour rejoindre sa mère et vivre avec elle en Colombie-Britannique.

Dix heures plus tard, nerveux et confus, l'homme a commencé à lancer des meubles dans la section des arrivées internationales de l'aéroport. Quatre agents de la Gendarmerie royale du Canada arrivés sur les lieux lui ont administré cinq décharges de Taser : vidéo (05:56).

Au cours des six prochaines semaines, le juge à la retraite Thomas Braidwood cherchera à déterminer ce qui s'est passé depuis le moment où Dziekanski a pris l'avion, en Pologne, jusqu'à sa mort sur le sol de l'aéroport de Vancouver. (Source RCI)

  Demain, assermentation d'ObamaBref tour d'horizon. Hier, il a prononcé une allocution au Lincoln Memorial, à Washington : traduite en français (06:47). A suivi ensuite le spectacle We Are One (02:01) : Sheryl Crow, Will.I.Am, Jamie Foxx, Usher (on y voit Obama taper des mains et danser), Shakira, Stevie Wonder et Beyonce.

Shepard Fairey, auteur du poster d'Obama (HOPE : 01:43), est devenu la star de la pop culture. Les médias se l'arrachent (01:51) : «I fill verry good».

  Les vols de documents et effractions à répétition de la SQ – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le 22 août, Arseneault, Boudreault et Isabelle contestent en Cour supérieure la mise sur pied de l'enquête du ministre péquiste Robert Perreault. Dans leur requête, ils soulèvent des faits qui créent une crainte raisonnable d’apparence de partialité dans la mesure où le commissaire enquêteur Bonin semble subir l’influence du ministre Perreault et du dg Barbeau.

Contestent aussi la décision du commissaire de ne pas tenir d’audiences publiques et d’avoir adopté un procédé qui empêche leur procureur Me Jean-F. Keable d’être présent aux audiences, pour interroger et contre interroger des témoins, produire la preuve et avoir accès à toute preuve recueillie.

Ils accusent publiquement le dg Barbeau et l’état-major d’avoir nui à leur enquête pour préserver l’image de la Sûreté du Québec (SQ), s’en prennent à la réputation des principaux dirigeants des enquêtes criminelles, et réclament une enquête publique (Rollande Parent, Presse canadienne – La Presse du 17 décembre 2001) : le 11 octobre, la Cour supérieure rejettera leur requête.

Le 9 septembre, Gilles Fallardeau reçoit un appel du commissaire enquêteur Bonin l’informant qu’il s’est fait voler 12 dossiers, à ses bureaux du palais de justice de Montréal

En octobre, quelques jours avant de témoigner devant ce dernier, Louise Pagé, directrice générale adjointe, subit le même sort. Des pages du cahier où elle relate les incidents vécus à l’été 1995 et au début de l’automne 1996 ont été arrachées elle ne sait par qui. Le vol est survenu dans son bureau, au septième étage du grand quartier général, où se trouvent les bureaux des membres de l’état-major. Pourtant l’accès y est restreint. Après avoir vérifié s’il n’y a pas de micros clandestins dans son bureau, on juge pertinent d’en changer les serrures.

Rien de surprenant là. L’affaire Matticks a été ponctuée d’activités clandestines, de toute évidence d’origine policière. La Commission Poitras parlera de vols et d’effractions à répétition.

Fallardeau, directeur général adjoint et coordonnateur du Comité ad hoc, s’est fait voler – des documents? – dans son véhicule. De plus, du matériel susceptible d’aider les trois enquêteurs à reconstituer le fil des événements a disparu mystérieusement. Georges Boilard, directeur général adjoint, s’est plaint, quant à lui, du vol d’un dossier portant la mention “Matticks” dans son véhicule stationné à l’aéroport de Dorval, vers la mi octobre 1996.

Au cours de la même période, on a mentionné aussi une intrusion dans le système informatique de l’état-major. Manifestement, un groupe de policiers a mis tout en œuvre pour leur rendre la tâche impossible.

Puis, de façon tout à fait inattendue : le 18 octobre, quatre mois après sa nomination, le commissaire Bonin démissionne de ses fonctions. Dans une lettre au ministre Perreault, il fait part de son «impossibilité de poursuivre l’enquête en raison du fossé entre les attentes créées par le déclenchement de l’enquête et les contraintes (sic) imposées par la loi l’encadrant».

Le juge parle d’une «escalade entre les différentes personnes sujettes à l’enquête (…) manifestées par la violence des échanges entre les divers avocats représentant les parties» et du «climat qui en résulte», ajoutant que «presque tous les éditorialistes du Québec réclament une enquête publique». (Suite demain)

  Normes illégales tenues comme «obligatoires» – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Ainsi en est-il de ceux qui se lèvent tard régulièrement, courent les cafés et les bars, et se couchent au levé du soleil sans n’avoir rien foutu de leur dix doigts.

Des sans énergie, plus intéressés aux jouissances de la vie qu’au travail, des bons à tout faire et propres à rien qui, avachis à des bars terrasses ou des restos aux grandes baies vitrées, n’arrêtent pas de regarder passer les femmes sur le trottoir, les yeux fixés sur les seins se balançant librement sous la blouse et la croupe moulée dans un pantalon ou short serré.

On n’aime pas tenues et démarches sexées. Idem les petits vauriens, les blancs-becs qui plastronnent, les moches, les petits morveux, ceux qui cherchent à attirer l’attention, se dandinent en déambulant comme s’ils avaient des ressorts collés aux semelles. Sautiller ainsi, c’est déjà afficher une certaine autonomie, potentiellement dangereux pour l’ordre établi. La police, hypersensible, peut aussi l’interpréter comme un affront à son autorité.

Les ados jouant à se battre entre eux ou se poursuivant dans la rue, comportement normal à cet âge, sont aussi des citoyens à surveiller de près. L’insolence ou le je-m’en-foutisme de l’ado est perçu comme une volonté d’affrontement, une insoumission à l’autorité. Des ados qui, croyant vivre dans une société libre et tolérante, commettent l’erreur d’exprimer cette liberté avec désinvolture, parfois l’index pointé vers le haut.

Plus concrètement, l’ado est accusé de l’écart qu’il creuse par rapport à l’adulte, de la relativisation qu’il effectue d’un ensemble de normes tenues comme «obligatoires», inutilement contraignantes, et inscrites dans aucune loi. Ces normes servent à la reproduction d’un mythe justifiant la position des adultes à l’égard des jeunes.

Cependant, l’injure suprême pour la police, c’est d’être rebelle, de résister à son ordre établi, refuser de plier l’échine sous son joug, rouspéter et argumenter à propos de tout et de rien, être renfrognés, etc. Cette conception obtuse de l’ordre est déclinée en sous-types et sous-sous-types... qui viennent s’ajouter à la liste.

Tous ces comportements font parti d’un autre mot fourre-tout : les «désordres quotidiens» portant atteinte «à la qualité de vie des citoyens». Un autre mot les désigne : l’incivilité. Ils sont perçus comme une rupture de l’ordre social minimal en deçà duquel, paraît-il, la vie en commun ne serait plus possible.

La police en civil accorde la priorité à la résolution de ce qu’elle considère comme des problèmes, qui de fait n’en sont pas, et s’y investit massivement. Tout cela, n’a rien à voir avec la criminalité, quoi qu’elle en dise, tout à voir avec les films Bienvenue à Plaisantville et Show Truman.

L’intolérance est en tête de liste de l’ordre du jour. Là où opèrent des commerçants, ce sont eux qui décident en partie de ce que sera la discipline dans les rues de notre Cité policière, Montréal, et celles du petit village policier de Lac Bouchette, entre autres endroits.

Une fois qu’on a compris ça, on sait ce que signifient très exactement ordre social, contrôle social, nettoyage social et conformisme. Ou ce que veulent dire plus explicitement pouvoir et pseudo police communautaire quand ils prétendent vouloir créer une meilleure qualité de vie dans les quartiers.

Soyons clairs : toute société génère des normes sociales. Plusieurs de celles-ci vont de soi, font partie de nos rapports quotidiens avec les autres citoyens. Dans un monde civilisé, le respect et l’adhésion à certains comportements ou attitudes s’imposent au bon sens.

Par contre, d’autres sont carrément arbitraires, empiètent les droits des citoyens, relèvent de la morale bourgeoise, de la rectitude politique. Lorsque le pouvoir en a bien imprégné le tissu social de son village, de sa municipalité, de sa municipalité régionale de Comté (MRC) ou de «Montréal, ma Ville!»  – la Ville de qui, au fait? –, ses composantes acquièrent une force comparable à celle de la loi, sans pourtant n’avoir jamais été adoptées légalement, ni fait l’objet d’un débat public. Cela n’empêche pas la police et ses collabos de les utiliser et de polluer l’air sociétal. (Suite demain)

News du dimanche 18 Janvier 2009

  They are Different...Un extrait musical de l'œuvre théâtrale The Mountain of Peace, une production de Frances Key et The International Peace Performers. Une dramatique anti-guerre (05:09), magistralement interprétée.

  Chanter son ras-le-bol......au lieu de manifester bruyamment dans la rue, porter des pancartes, scander des slogans. Est-ce mieux que d'être surveillés de près par des civils infiltrés et encerclés par une escouade anti-émeute en uniforme n'attendant qu'un signal pour disperser les mécontents? Disons que l'approche est pour le moins originale.

À Birmingham (08:53), en Angleterre, des citoyens ont formé une chorale des plaintes, pour se vider le cœur et dire publiquement ce qui ne va pas dans la cité ou le pays. Ils se produisent dans la rue, des piétons s'arrêtent, ont du plaisir à les entendre car l'approche est humoristique : la bière est trop chère, les bus arrivent toujours en retard, etc. Pas seulement là, dans des salles aussi, devant un auditoire.

Des chorales du genre, il en existe aussi ailleurs, la liste est longue : Chicago (07:56), Hambourg (09:16), Saint-Pétersbourg (09:45), Jérusalem (06:32), Helsinki (08:28), etc. Dans les pays non-anglophones, les paroles sont sous-titrées en anglais.

  Acquittement des 4 policiers, remous médiatiques(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le 6 juin 1996, alors que les jurés délibèrent, les médias rendent public un rapport de l’un des membres du Comité ad hoc relatant l’incident du 26 août de l’année précédente, à la résidence de Pichette, au cours duquel l’enquêteur Isabelle avait fait l’objet de pression de la part de deux haut gradés, Dupré et Arcand.

Le 9, après dix semaines de procès, le jury rend un verdict d’acquittement, les quatre policiers accusés s’en sortent sains et saufs. Cette fin en queue de poisson n’a rien de surprenante. La Commission Poitras ne sera pas étonné que le témoignage de Simard ait été jugé confus, brouillon et imprécis, si on considère qu’il avait été esseulé, ostracisé et traité comme un paria par sa propre confrérie.

Ajoutons aux propos de la Commission que le braquage auquel a été confronté le Comité ad hoc est à l’origine d’une preuve nettement déficiente. Chez les policiers suspects, ou susceptibles de le devenir, le droit au silence a prévalu. La bouée de sauvetage lancée par le ministre péquiste Serge Ménard son enquête déontologique les a empêchés de couler, si tant est qu’ils étaient coupables. Chez les autres, qui n’étaient pas suspectés et ne risquaient aucunement de l’être, ils ont respecté la loi du silence, l’omerta.

C’est la fin du mandat du Comité ad hoc, les trois enquêteurs doivent retourner à leur… poste respectif. Dès le lendemain, le dg Serge Barbeau annonce… la suspension de Simard, qui a avoué s’être parjuré lors du procès du clan Matticks, «pour son manque de loyauté envers la Sûreté du Québec».

Dans sa lettre, la conjointe de Simard relatera cet événement, l’équivalent d’un véritable coup de massue : «On ne comprenait plus rien. C’est écoeurant, puni et puni encore pour avoir osé dire la vérité. (…) Reste à savoir comment nous allons sortir de ce cauchemar et à quel prix. La règle dit que l’honnêteté finit toujours par payer.»

L’acquittement n’est pas sans causer des remous, surtout dans les médias. Ils sont tels que le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard se doit d’intervenir : cette affaire ne peut demeurer en l’état. Le nouveau ministre de la Sécurité publique, Robert Perreault, rejette, ainsi que l’avait fait son prédécesseur Ménard, l’idée de procéder en vertu de la Loi sur les commissions d’enquête parce que ce serait trop long, lourd et coûteux. (NDLR : Perreault avait succédé à Ménard le 29 janvier précédent. Pourquoi ce départ?)

De plus, selon lui, elle paralyserait ce corps policier alors engagé dans deux grandes opérations : création de l’escouade Carcajou afin de lutter contre le crime organisé et réorganisation territoriale des corps policiers, qu’on a vue dans un chapitre précédent.

Le 12 juin 1996, il annonce la nomination d’un commissaire enquêteur, le juge Jean-Pierre Bonin, de la Cour du Québec, pour mener cette fois une enquête externe, donc indépendante de la Sûreté du Québec.

Son mandat repose sur l’article 181 de la Loi sur l’organisation policière. Elle portera «sur la Sûreté du Québec quant à l’organisation et à la conduite des enquêtes internes, quant aux événements survenus le 26 août 1995, lors d’une rencontre sociale au domicile de Laurent Pichette, capitaine, et sur la manière dont les enquêteurs désignés sont supervisés et appuyés par les officiers supérieurs ainsi que les pratiques qui ont cours le cas échéant, en pareilles circonstances.»

Dans les médias, le ministre Perreault déborde de confiance sur le succès de l’entreprise. De fait, son enquête ne sera qu’un feu de paille. (Suite demain)

  Rééduquer et éjecter les pièces mal usinées (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Qui sont les autres “déviants”? Pour avoir enquêté pendant six ans et demie dans l’underground policier québécois et avoir vu et senti bien des choses, je sais que le vocable désigne beaucoup de citoyens. Beaucoup... Toutefois, l’expérience sur le terrain ne suffisait pas à répondre complètement à cette question. Il a fallu cueillir quelques bribes ici et là, au hasard des ouvrages lus.

Pouvoir politique et police mettent dans ce vocable fourre-tout les citoyens qui ne sont pas des criminels mais dont les comportements dérangent par rapport à leurs attentes sociales. Ils les considèrent comme des pièces mal usinées, qu’il faut rééduquer et éjecter de la société s’ils persistent à faire de travers ce qu’ils pourraient faire comme il faut.

Là, nous entrons plus profondément dans le vaste monde de l’arbitraire, c’est-à-dire de la rectitude politique, du puritainement correct et de toutes formulations semblables.

C’est ainsi que des comportements n’ayant rien à voir avec l’infraction d’une loi, et normaux dans une société tolérante, sont officieusement prohibés. Officieusement, car cela reste dans le domaine du non dit, du non écrit nulle part. On comprendra que ceux qui nous gouvernent, gendarment et surveillent ne peuvent le claironner sur les toits parce que beaucoup de citoyens s’objecteraient à cette discrimination sociale et spatiale.

Ces “déviants” sont surtout ceux qui, pour diverses raisons, ont été écartés ou se sont écartés d’eux-mêmes du droit chemin, notamment celui du néolibéralisme : citoyens au salaire minimum, travailleurs occasionnels, chômeurs, assistés sociaux, familles monoparentales, ados, squeegees, punks, handicapés, ex-psychiatrisés, alcoolos, drogués, etc.

Si vous appartenez à l’une de ces catégories, un rien suffira pour vous attirer le regard de policiers en civils, de gardiens en civil de la sécurité privée et de citoyens-mouchards.

Commettre une infraction au code des bonnes manières constitue aussi une “déviance” : faire preuve d’insolence ou d’impolitesse en public, s’engueuler, faire des colères, proférer des insultes, etc. Se manifester bruyamment chez soi ou dans la rue : claquer des portes, crier, faire jouer de la musique un peu fort, brailler des chansons folles à tue-tête ou pas, etc.

Également le fait pour un homme de porter les cheveux jusqu’aux épaules, ou noués en queue de cheval, ou ébouriffés. Et pour les deux sexes, une coupe bizarroïde, teindre une mèche ou toute la chevelure d’une ou plusieurs couleur interdites, être vêtu de manière voyante et criarde, un peu excentrique.

À éviter vêtements roses pour homme, des shorts trop courts ou trop longs – plus près des chevilles que des genoux –, ou le fond de culotte trop bas, vêtements aux coupes vieillottes, couleurs démodées, tenue napoléonienne. Idem des vêtements en désordre, ouverts ou mal fermés. Que voilà une liberté d’allure excessive. N’est pas recommandé non plus d’avoir des vêtements troués ou sales, des chaussures boueuses ou des espadrilles ou bottes délacés. (Suite demain)

News du samedi 17 Janvier 2009

  Poésie, surveillance et scandale  –

Les photos de la nuit sont fascinantes
Il se lève ou se couche?
Attention, on vous surveille de très près
Dédiée aux puritainement corrects du Québec et d'ailleurs

  Clip de Duffy... ...Mercy (03:47) Son style nous sort des sentiers battus.

  Cannavino : «T’aimes-tu ça te sentir comme un hostie de rat ?» (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le 27, Gilles St-Antoine, plus ou moins trois mois après sa nomination comme coordonnateur du Comité ad hoc, prend sa retraite. Gilles Falardeau, un autre directeur général adjoint, le remplace.

Le mois de décembre suivant, avant même que le procès des quatre policiers ne débute, on constate déjà un trou béant dans la preuve : une vingtaine de collègues policiers ont refusé de déposer leurs rapports d’activités sur les événements touchant, de près ou de loin, la perquisition de la rue Prince.

Blocage manifeste, refus systématique de collaboration de policiers et, sauf quelques exceptions, de plusieurs officiers. Cela coïncide aussi avec les… négociations entre la Sûreté du Québec et l’Association des policiers provinciaux du Québec (APPQ) pour le renouvellement de la convention collective.

Alors quand débute le procès avec jurés et présidé par le juge Yves Mayrand, de la Cour supérieure du Québec, on imagine que l’avocat de la Couronne et les officiers enquêteurs du Comité ad hoc doivent croiser les doigts en espérant que Mario Simard, principal témoin, saura malgré tout à la hauteur. Des policiers réservent même à leurs quatre collègues accusés une «haie d’honneur».

Deux jours après y avoir témoigné, il se plaint auprès de Boudreault d’une rencontre qu’il a eue avec Antonio Cannavino, au quartier général de la Sûreté du Québec, à Québec : celui-ci n’occupait pas encore la présidence de l’APPQ, il n’y accèdera qu’après le départ de Jocelyn Turcotte, en novembre 1996. Il lui aurait demandé : «T’aimes-tu ça te sentir comme un hostie de rat ?» Puis : «Ça va être ta fête mon grand». Peu après Simard aurait insisté pour qu’il y ait des plaintes criminelles ou déontologiques de loger contre Cannavino.

Plus tard, dans une lettre de 14 pages, déposée à la Commission Poitras, Josée Toupin, conjointe de Simard, relatera les pressions, frustrations et privations que le couple a subies. «Le stress, la peur, l’obsession font partie de notre vie de tous les jours depuis le 14 septembre 1995», écrit-elle.

Son conjoint Simard, selon elle, était inquiet de la réaction de ses collègues, craignait même pour sa vie, a mis cinq jours à retourner au bureau. Ainsi, le lendemain (de son témoignage devant le juge Mayrand), téléavertisseur et téléphone de Simard se sont mis à sonner, dont des appels d’au moins deux policiers visés par l’enquête.

Informés par Simard, inquiet, les enquêteurs Arsenault, Boudreault et Isabelle l’incitent à demeurer chez lui, mais le téléphone ne dérougit pas. Sa conjointe reçoit aussi un appel inhabituel d’un membre de l’escouade du crime organisé lui demandant où est Mario. Par mesure préventive, Simard se cache, passe d’un motel à l’autre, jusqu’à ce que lui et sa conjointe, ainsi qu’on la vu plus haut, aient été mutés à Québec.

«Il était en train de devenir fou, écrit sa conjointe. (…) C’était l’enfer. Nous avions tous les deux le moral bas et les chicanes étaient fréquentes. On a même pensé au suicide. (…) Le stress, l’incertitude, la crainte le suivait partout. Après chaque journée de procès, il arrivait défait. Il ne mangeait plus, ne dormait plus, n’avait plus d’énergie.» (Suite demain)

  Les flics intolérants sont des inadaptés sociaux (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Tout de même surprenant que les criminologues n’aillent jamais jusqu’aux véritables racines du sentiment d’insécurité. Selon Lagrange, ce sentiment naît d’une dégradation générale des liens sociaux, précède les fixations sur des éléments précis. (Hugues Lagrange – Réponses à l’insécurité – Grenoble CERAT)

«Ce sentiment est alors la matrice de peurs spécifiques – d’être cambriolé, d’être agressé – et non une expression synthétique, décentrées, issue de ces appréhensions éparses. La donnée psychologique est première, elle cherche des objets adéquats dans lesquels s’incarner, prenant alors l’apparence de peurs particulières.»

Ajoutons à son propos que les citoyens, et de nombreuses études le démontrent, sont davantage préoccupés des aléas de la vie que de la criminalité. Cependant, quand ça ne va pas, on cherche un bouc émissaire pour évacuer un peu d’adrénaline. (J’en fais la démonstration dans L’Étau Policier, tome 1.) Plus explicitement, de quoi parle-t-on, entre autres?

De l’endettement des ménages, qui constitue la plus grande source d’insécurité. (Étude du Conseil canadien de développement social – L’indice de sécurité personnel – 2002) (Gilles Toupin – La Presse du 15 juillet 2002) Beaucoup de gens utilisent leur marge de crédit pour joindre les deux bouts. La taille des hypothèques fait le plus mal : en 1984, elle rognait 38% de leur revenu disponible, en 2002, elle en bouffe 67,9%. Des tendances du marché du travail aussi, de l’accès aux soins de santé, etc.

Cependant, le sentiment d’insécurité émane en très grande partie du pouvoir politique et de sa police qui, utilisant le discours de la peur, multiplient les divisions au sein de la Société civile pour mieux régner. De la violence médiatique non relativisée également, de l’anxieux social souffrant d’une hypertrophie du système de défense, de l’intolérant, qui est de fait un inadapté social incapable de composer intelligemment et démocratiquement avec le pluralisme. C'est le cas des civils de l'extrême droite policière. (Suite demain)

News du vendredi 16 Janvier 2009

  Toc, Toc ! Entreeez... ...vous êtes les bienvenues – Ici itou
Beauté et laideur – Paysage enjolivé
Maison sur un murBeau petit couple heureux
Est-ce W? – Petite rue colorée
Mettre le couvercle sur quelque chose qui sent pas bon
Photo réussie – Vie urbaine

  Par ici la sortie...Hier, dernier discours de W. Bush, porte-étendard de l'aigle républicain. Il a probablement été le chef d'État le plus dénoncé et dont on s'est le plus moqué, qu'on a le plus ridiculisé, détesté aussi. Il aura eu la malchance d'avoir dirigé les USA à une époque où les internautes maîtrisaient de plus en plus le montage vidéo.

Quelques unes des vidéos le démontrant :
La meilleure de toutes, vidéo (01:17)
Duo Bush-Blair
: Endless Love
Joyeux Noël de W Bush
, vidéo (04:21)
Sundy bloody
, vidéo (03:07)

The end of the world
, vidéo (02:59)

  Certains pensaient à lui mettre une balle dans la tête  (Suite tome 3 de L'Étau Policier) À l’Unité d’urgence de Québec où Mario Simard est transféré, des policiers de l’Escouade de la répression du banditisme lancent une campagne de salissage à son encontre, encouragent leurs collègues à refuser de travailler avec lui et de s’en méfier.

Autour du 24 septembre 1995, un tract anonyme circule au grand quartier général de la Sûreté du Québec. Il en est la cible, sa photo y figure. On y dénonce sa collaboration avec le Comité ad hoc, l’y décrit comme un délateur.

Tract symptomatique du malaise et de l’esprit de vindicte existant alors chez certains effectifs policiers et contribuant à rendre plus difficile l’enquête, relatera la Commission Poitras. Rédigé dans un langage outrancier et injurieux, il est porteur, entre autres, d’un message clair pour dissuader tout policier qui songerait, un tant soit peu, à collaborer avec les enquêteurs ou tout officier appelés à lui prêter main-forte.

Le 12 octobre, le Comité ad hoc porte des accusations contre quatre policiers, notamment de fabrication de preuves, d’entrave à la justice et de parjure : le caporal Lucien Landry et les agents Pierre Duclos, Dany Fafard et Michel Patry.

La direction des Affaires internes de la Sûreté du Québec à ne pas confondre avec le Comité ad hoc souhaitait faire en sorte qu’ils ne soient pas traités comme tout autre suspect, que l’identification ait lieu à un autre endroit que celui où on identifie habituellement les criminels : prise des photos, empreintes, mensurations.

Dans une note adressée au dg Barbeau, ce jour-là, Arseneault écrit : «Le mot d’ordre syndical de garder le silence a été respecté à la lettre et cette attitude paradoxale pour un syndicat de policiers nous forcera à assigner une vingtaine de témoins policiers qui ont participé à différents stades de l’enquête (sur le clan Matticks) et à les présenter devant la Cour sans savoir à l’avance ce qu’ils viendront dire ou taire de leurs activités professionnelles comme policier(…).»

Le 15, Mario Simard informe l’enquêteur Boudreault avoir rencontré l’agent Pierre Samson dans un centre commercial de la Rive-Sud de Montréal. Celui-ci lui aurait dit que certains pensaient à lui mettre une balle dans la tête ou de la cocaïne dans sa voiture, et que Pierre Duclos, l’un des accusés, songeait à se suicider, et l’aurait également invité à «changer de bord».

Selon Isabelle, Simard lui aurait dit qu’il ne dormait plus et que lui et son épouse étaient extrêmement nerveux depuis sa rencontre avec Samson.

À cette même date, les enquêteurs Isabelle et Boudreault rencontrent l’agent Préfontaine au sujet de sa participation à la perquisition au 90, rue Prince. Le lendemain, 200 collègues de ce dernier, à l’Unité d’urgence de Montréal, occupent leurs locaux et refusent de travailler. Par la suite, ils renoncent à leur moyen de pression. (Suite demain)

  Si la population savait, elle sursauterait d'indignation (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Wilson et Kelling déplorent qu’on a tendance à oublier cette autre peur, celle d’être dérangé par des individus au comportement “déviant”. «Il ne s’agit pas forcément ici de personnes violentes, ni de délinquants, mais plutôt d’individus louches, à la conduite imprévisible :mendiants, ivrognes, drogués, adolescents turbulents, prostituées, désœuvrés de tout poil, handicapés mentaux (sic), etc.» Skogan y ajoute les jeunes faisant de l’école buissonnière. (André Normandeau – Une police professionnelle de type communautaire – Éditions du Méridien)

De trois, nous voilà rendu à dix, incluant des handicapés mentaux. L’et caetera à la fin de l’énumération des deux criminologues indique qu’ils l’ont écourtée, donc qu’il y a d’autres groupes. Est-ce parce que, bien connue du milieu de la criminologie, il n’était pas utile de la reproduire au complet?

La vraie raison réside dans le fait qu’ils ne pouvaient en dresser la liste au complet sans révéler du même coup un important volet du rôle caché que joue d’abord et avant tout la police en civil. La population ne doit pas en être informée car il est beaucoup d’éléments inavouables qui ne manqueraient pas de la faire sursauter d’indignation. Règle générale, les criminologues se taisent donc à ce sujet.

Ils ne sont pas libres de dévoiler ce qu’ils savent parce que leurs principaux employeurs se recrutent surtout chez les membres du pouvoir, de la police et des titulaires de départements universitaires. Dans ces milieux, on l’accepterait plutôt mal. Alors, ils utilisent un langage très référencé, pas toujours facile à décrypter pour le non-initié, parce que laissant place à des non dits difficiles à capter.

Susan Estrich, de la Faculté de droit de Harvard, aux États-Unis, a rassemblé, selon Wilson et Kelling, une série «impressionnante» d’études portant sur la peur urbaine. Ceux-ci rapportent quelques uns de ses travaux de recherche.

À Portland, dans l’Oregon, des adultes ont affirmé à Estrich changer de trottoir à la seule vue d’un groupe de jeunes. À Baltimore, la moitié des interviewés lui ont dit traverser la rue pour éviter un jeune à l’air bizarre.

À des résidents d’un grand ensemble auxquels elle demandait d’identifier l’endroit le plus dangereux, ils lui ont désigné celui où des jeunes se rassemblent pour boire un coup et jouer de la musique, «bien qu’aucun acte de délinquance n’y ait jamais été commis», souligne-t-elle.

Dans les quartiers de Boston, la peur la plus vive a été exprimée par des habitants de bâtiments où le chahut et l’impolitesse, «et non la délinquance», précise-t-elle encore, sont monnaie courante.

Wilson et Kelling reconnaissent que l’observateur extérieur ne dispose pas d’éléments suffisants pour décider si l’angoisse aujourd’hui endémique dans les grandes villes dépend de la véritable «criminalité» ou du simple sentiment que la rue n’est pas sûre, qu’elle est le lieu de rencontres déplaisantes ou inquiétantes. (Suite demain)

News du jeudi 15 Janvier 2009

  Les arts contemporains Deux pages complètes. Cliquez sur chaque image pour l'agrandir et avoir accès à d'autres oeuvres. Colonne de gauche, il y a aussi : les singuliers, les papiers et...les érotiques. De belles femmes charnues pour se refaire une âme, dixit Ferdinand Céline : Voyage au bout de la nuit Éditions Gallimard.

  Les hommes volant Ils portent une combinaison spéciale composée de membranes sous les bras et dans l'entre-jambe : comme l'écureuil volant. Ça les empêche de tomber à la verticale. Alors, ils planent sur de très longues distances. Un parachute au dos leur permet d'atterrir. Assez spectaculaire, surtout, et c'est la cas ici, lorsqu'ils se lancent dans le vide du sommet d'une haute montagne. J'ignore à quelle vitesse ils se déplacent, mais ça va vite. Impressionnantes, les images rapprochées de la vidéo (03:44) : visionnez la plein écran.

  Les étudiants et l'argentIl y a les privilégiés et les autres. Ceux pouvant compter sur les parents, d'autres juste un peu ou pas du tout. Quoique la situation décrite ici ne soit pas si terrible. Plus que probable qu'en cherchant davantage le portrait serait différent. Alors, parlons plutôt d'un aperçu (cliquez sur les images, suivez aussi les flèches) que d'un tour d'horizon complet. Sujets abordés : logement, coût, travail et santé.

25 étudiants vivant illégalement dans un édifice : squat. Quand on arrive, on reste caché le plus longtemps possible. Dans ce cas-ci, le concierge l'a su. En mars, il a enfoncé la porte, insuffisamment blindée, dit-on, et est reparti avec toutes les...fenêtres : un peu rude ce mois-là. Peut-être qu'il pensait qu'en les apportant, on allait partir.

Une seule cuisine et le seul endroit où il y a de l'eau chaude. Tous les gros travaux (plomberie, électricité, etc.), sauf dans les chambres, effectués et défrayés collectivement. Mal vu par les gens, le squat. On essaie d'en améliorer l'image. On n'est pas des anarchistes, pour nous c'est l'occasion de se lancer dans la vie, d'étudier.

Ce témoignage est le pire de tous, les autres plutôt sympas. 4 filles vivant ensemble, chacune disposant de son propre frigo. Une étudiante appréciant vivre dans une petit chambre : on a tout dans la même pièce, sauf la douche. Par contre, beaucoup d'escaliers à monter.

  Un policier avoue, un climat de panique s'installe – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Par la suite, embûches et intimidations se multiplient. Trop nombreuses toutefois pour être toutes relatées. Retenons en quelques unes.

À l’automne 1995, l’enquêteur Isabelle reçoit près de dix appels sur son téléavertisseur. Les numéros apparaissant sur l’afficheur sont ceux d’un salon funéraire ou d’un centre de prières, où il entend le message enregistré suivant : «Nous allons prier pour vous.» Difficile d’être plus explicite, signalera la Commission. Isabelle est même menacé de sévices sexuels.

Témoignage d’Arsenault aussi : «On nous faisait la remarque que nous devions enquêter de façon moins forte les crimes qui étaient reprochés par la juge Corbeil-Laramée (…) aux policiers de la Sûreté du Québec, puisque ç’a été fait dans le but de mettre derrière les barreaux des criminels.»

Me Madeleine Giauque, avocate de la Couronne, qui avait piloté le procès contre le clan Matticks, reçoit aussi des appels anonymes à connotation sexuelle. Cela survient après avoir rencontré les membres du Comité ad hoc.

De même que Louise Pagé, directrice générale adjointe : c’est elle qui avait demandé au dg Barbeau, dans une lettre, la mise sur pied d’un Comité ad hoc. Cela l’affecte au point où elle craint pour sa sécurité. Ainsi ce jour où elle est dans un resto. Son téléavertisseur sonne, elle compose sur son cellulaire le numéro affiché et, à sa surprise, elle s’aperçoit que c’est celui du resto où elle est attablée. «J’ai eu un petit peur là aussi».

Parmi les policiers ayant participé de près ou de loin à l’enquête qui devait mener à l’arrestation et au procès du clan Matticks, seuls Mario Simard et Roger Primeau défient la loi du silence… Mais ne devrait-on pas parler plutôt du droit au silence, à cause du chevauchement des deux enquêtes, celle du Comité ad hoc et celle du ministre Ménard?

Car les déclarations des deux policiers seront communiquées par la suite au Comité de déontologie, donc les incrimineront. Le policier n’est pas différent du citoyen, il n’est pas obligé de contribuer à sa propre inculpation. Simard et Primeau avaient participé à la perquisition de mai 1994 au 90, rue Prince.

À la fin de l’été 1995, Simard avoue aux trois enquêteurs du Comité ad hoc s’être parjuré au procès du clan Matticks, qu’on lui avait demandé de mentir pour couvrir la fabrication des quatre preuves. Il incrimine aussi quatre de ses collègues. Ce n’est pas long que la nouvelle de sa rencontre avec les enquêteurs se propage. Un climat de panique s’installe.

Au domicile de Simard, appels téléphoniques et messages dans sa boîte vocale se font de plus en plus pressants. On veut savoir ce qu’il a dit, et surtout s’il a incriminé des collègues. Le but de ces manœuvre est, de toute évidence, de l’amener à se rétracter ou nuancer son témoignage. Sa version des faits revêt une importance stratégique car il devient le principal témoin à charge.

Les moyens de pression utilisés sont tantôt subtils, tantôt grossiers. Quelque part à la fin de l’été 1995, les trois officiers enquêteurs décident de le retirer de son lieu de travail, ainsi que sa conjointe du reste, également membre du même corps policier, et les logent aussi à un autre endroit qu’à leur domicile.

Le 21 septembre, l’inspecteur Déry fait part aux enquêteurs Arsenault et Boudreault de son accord avec les précautions prises, pour éviter que des policiers «désespérés» puissent s’en prendre à lui et le «lyncher». (Suite demain)

  Les vitres cassées du mobilier urbain et rural – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Abordons la question des vitres cassées du mobilier urbain et rural. Formulation désignant les citoyens qui ne sont pas criminalisés mais dont les comportements et tenues vestimentaires déplaisent aux élus municipaux et gouvernementaux, aux policiers en civil, à leur collabos, dont plusieurs membres de la société marchande, et aux agents en civil de la sécurité privée. Analogie avec les vitres cassées d’une maison abandonnée, enlaidissant l’environnement. Nous verrons que ces cibles numérotées sont beaucoup plus nombreuses qu’on le croit généralement.

Selon les criminologues américains Wilson et Kelling, les comportements d’abandon mènent à l’effondrement des contrôles sociaux. (André Normandeau Une police professionnelle de type communautaire Éditions du Méridien)La vitre cassée qu’on ne remplace pas en est le point de départ.

Elle peut entraîner le bris d’autres vitres et ultimement transformer un quartier, en quelques années et même quelques mois, précisent-ils, «en une jungle terrifiante (sic), inhospitalière» : les adultes cesseront bientôt de réprimander leurs enfants turbulents, les familles quitteront l’endroit et seront remplacées par des personnes sans attaches, les adolescents se rassembleront devant la boutique du coin et refuseront de partir quand le propriétaire le leur demandera, des bagarres surviendront, les ordures s’accumuleront, des gens se mettront à boire en face de l’épicerie.

Puis les deux auteurs font allusion, sans ne jamais toutefois le désigner de son nom, au nettoyage social. «Parce qu’ils ont peur, les gens s’évitent, affaiblissant ainsi les contrôles sociaux.(...) de nombreux habitants auront le sentiment que la délinquance (...) connaît une augmentation, et modifieront leur comportement en conséquence : ils sortiront plus rarement et, lorsqu’ils seront à l’extérieur, resteront à l’écart des autres, se déplaçant l’oeil aux aguets, le visage fermé, d’un pas pressé, appliquant le credo du “ne nous en mêlons pas”. (...)

«Un citoyen qui a peur de l’ivrogne et de son odeur, qui s’effraie à la vue d’un adolescent tapageur et craint le mendiant importun, ne se contente pas d’exprimer son dégoût face à des comportements inconvenants. Il exprime également par là la sagesse populaire, somme toute exacte, précisent-ils, qui veut que la délinquance grave prospère sur l’impuissance à maîtriser les comportements déviants.»

Wilson et Kelling ne reconnaissent pas moins que ce scénario ne débouche pas inéluctablement sur la délinquance, ajoutant tout de même qu’il y a moins de risques que cela se produise dans les lieux où les contrôles informels sont possibles.

Leurs propos permettent d’enrichir nos connaissances. Nous savons désormais qui le pouvoir et sa police désignent sans les nommer lorsqu’ils parlent des «déviants» : l’ivrogne, l’ado tapageur, le mendiant. Cependant, ceux-ci constituent seulement quelques éléments de la liste de ceux qui dérangent.

En outre, il y a une phrase de Wilson et Kelling valant d’être relue, elle contient un autre élément d’information qu’on ne peut négliger : «Parce qu’ils ont peur, les gens s’évitent, affaiblissant ainsi les contrôles sociaux.» À quoi les deux criminologues font-ils allusion? C’est que moins les gens sortent de leur domicile, moins ils sont accessibles aux policiers et policières en civil, et à leurs collabos, cherchant à les infiltrer pour leur soutirer et accumuler des renseignements dans les mégabanques informatisées sur eux-mêmes et leur entourage.

Cet énoncé de Wilson et Kelling était sans doute fondé il y a quelques décennies, mais ce n’est plus tout à fait le cas maintenant. De nos jours, il n’est plus tout à fait nécessaire de circuler dans la rue pour être javellisé, essoré, asséché, amidonné et enfin repassé par les blanchisseurs policiers en civil, car ceux-ci, appuyés par leurs collabos et les gardiens en civil de la sécurité privée, ont infiltré les endroits où le citoyen gagne sa vie et consomme des biens et services : centres commerciaux, boutiques, salons de coiffure, restos, bars, lieux de spectacles, etc.

Mieux, même plus besoin de sortir de chez soi, parce qu’ils assurent désormais le service à domicile, déguisés en toutes sortes de personnages et sous différents prétextes : vendeurs itinérants, livreurs, etc. Sans omettre des voisins, des connaissances, des amis, que l’on invite chez soi, ou qui s’invitent eux-mêmes, sans que l’on sache que certains sont soit des civils, soit de leurs collabos. Si vous n’êtes pas sensibilisés à ces intrusions, vous n’y verrez que du feu. (Suite demain)

News du mercredi 14 Janvier 2009

  De grandes et belles photos11 séries de photos dans la même page : Earth, observerd (23 photos) ; The 2009 Dakar Rally (30) ; The end of the Christmas Season (30) ; Scenes from the Gaza Strip (34) ; Icy days and nights (34) ; Ski Jumping World Cup (30) ; Israel and Gaza (37) ; Big Picture on Holiday (?) ; Round trip with Endeavour (31) ; 2008, the in photographs (40) ; 2008 in photographs (40) ; The year 2008 in photographs (40). Après chaque série, il faut revenir à la page de départ pour voir la suivante et ainsi de suite.

  Dupré et Arcand ont tenté de faire dévier l'enquête – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) La preuve soumise devant la Commission Poitras démontrera que l’incident avait été perçu par Isabelle comme un signal que deux hauts gradés de la Sûreté du Québec, Dupré et Arcand, s’opposaient à l’enquête commandée par le dg. Isabelle va même jusqu’à dire avoir senti qu’il n’aurait pas leur collaboration. Du reste, l’événement marque la fin de l’amitié qui les unissait jusque là. Incident peu banal, assimilable à une tentative d’intimidation de la part des patrons de certains policiers affectés au dossier Matticks qui feraient l’objet de l’enquête, fera remarquer la Commission.

Par exemple, lorsque Arcand a parlé des «crosseurs à Québec», Isabelle croyait qu’on tentait de le diminuer. Quand il a fait allusion au cas de l’officier Alain Gagnon, tombé malade après avoir enquêté les événements d’Oka, Arcand cherchait à lui passer le message que la pression allait devenir énorme s’il enquêtait, que lui aussi tomberait malade. Quand Dupré a demandé où couchait Arsenault, Isabelle a perçu qu’il voulait exercer une surveillance sur celui-ci. Rapporte aussi que lorsque Arcand a fait allusion à Primeau et Simard et à la possibilité de les passer au polygraphe, il s’agissait d’une tactique pour faire dévier l’enquête.

La Commission signalera que Dupré et Arcand étaient sans conteste deux personnes très importantes au sein de la Sûreté du Québec. Leurs critiques à l’encontre de l’enquête devaient être prises avec un très grand sérieux. Elle fera part de sa conviction que lorsque Dupré a invité Isabelle à prendre un verre à l’écart des autres, lui et Arcand savaient ce qu’ils lui réservaient.

Elle considèrera que les propos d’Arcand étaient la manifestation d’une volonté de s’immiscer dans un processus d’enquête dont il pouvait être l’un des objets. Le rôle d’Arcand dans l’enquête Matticks le plaçait en conflit d’intérêts. Au sujet de Dupré, elle soulignera qu’il n’est pas intervenu auprès d’Arcand pour qu’il cesse de harceler Isabelle. Son attitude a contribué à faire comprendre à Isabelle que l’enquête serait difficile puisque non appuyée par certains hauts gradés.

Rappelons-le, Dupré occupait le rang de directeur général adjoint, était membre de l’état-major et le supérieur hiérarchique d’Isabelle et Arcand. De plus, Dupré avait été impliqué avec ce dernier dans la gestion de l’enquête sur le clan Matticks, qui a débouchée sur l’avortement du procès. Or, le fait de se retrouver dans une seule de ces situations aurait dû suffire pour qu’il agisse en dirigeant responsable.

La Commission interprètera son comportement comme un appui aux propos tenus par Arcand et visant à déstabiliser l’enquête du Comité ad hoc. Elle réprouvera «énergiquement le fait qu’un membre d’une enquête interne ait pu faire l’objet d’une séance de pressions et déplore vivement la passivité d’un haut gradé qui y a assisté et participé».

Le matin du 31 août, St-Antoine rapporte l’incident au dg Barbeau, qui lui suggère d’enquêter immédiatement. St-Antoine s’y serait objecté parce que cela pouvait nuire à l’enquête du Comité ad hoc, qui prenait de plus en plus l’aspect d’une enquête criminelle, avec, parmi les témoins à rencontrer, Dupré et Arcand. Il se serait de plus senti en conflit d’intérêts, aurait recommandé au dg d’utiliser d’autres personnes que les membres du Comité ad hoc.

Cependant, le dg prendra du temps à intervenir. De septembre 1995 à janvier 1996, période correspondant à son inaction et son silence, des officiers impliqués dans les aspects les plus sensibles de la mission de ce corps policier ont continué à occuper des fonctions importantes et visibles alors que leur conduite se devait d’être examinée. Le ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard, n’en sera informé qu’au milieu de janvier 1996.

Le dg Barbeau entretiendra longuement la Commission sur sa décision de ne pas s’immiscer dans l’enquête ad hoc, même pour la soutenir, puisque, arguera-t-il, il aurait à décider en dernier ressort de ce qu’il adviendrait des policiers contre lesquels des accusations criminelles pouvaient être portées. (Suite demain)

  Prix de la connaissance : la perte de l’innocence – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) L’écrivain brésilien Coelho considère que l’Internet, malgré tous les dangers qu’il comporte, peut contribuer à ce que tout le monde ait la possibilité de faire entendre sa voix, aussi discordante soit-elle. (Juan Arias – Conversations avec Paulo Coelho – Éditions Anne Carrière, 1999 pour la version française)

«Si les puissants ne le gâchent pas en se l’appropriant, je pense que cela peut devenir un formidable forum de débat universel, d’où personne ne se sentira exclu. Cela peut créer une saine anarchie, que ne pourront pas contrôler ceux qui détiennent le pouvoir mondial.»

Selon lui, «c’est contribuer à transformer ce que j’appelle l’ “Académie”, c’est-à-dire le savoir conventionnel, fossilisé, bureaucratisé, qui croit posséder la seule sagesse, le pouvoir des privilèges. Il faudra de nouveau lâcher la bride à la créativité, donner la parole à l’homme ordinaire ; considérer qu’il ne doit pas y avoir de privilèges du savoir qui se prévalent de leurs titres et mérites pour imposer leur culture aux autres Coelho atteint sa cible en plein cœur !

Michael Dertouzos aussi, qui est, lui, professeur de sciences informatiques et de génie électrique à Cambridge, au Massachusetts, aux États-Unis. (Les technologies de demain La Presse du 7 octobre 2000) Il croit que Big Brother est en péril parce que l’Internet rapproche déjà des millions de gens.

«Dans dix ans (en 2010), ils seront un milliard. Grâce à lui tout le monde peut faire entendre sa voix. Il a donc une grande influence “démocratisante”. Et ce n’est pas la voix d’un seul magazine ou d’une seule chaîne de télévision. C’est exactement le contraire. Cela détruit le concept de Big Brother. Cette technologie particulière nous rend beaucoup plus aptes à être entendus et à entendre les autres. Vous avez bien vu la vitesse à laquelle le rapport Star sur le président Clinton (sa liaison avec une fonctionnaire) a circulé dans le monde!», illustre-t-il.

Il nourrit l’espoir qu’après avoir connu trois révolutions agraire basée sur la charrue, industrielle basée sur le moteur et informatique basée sur l’ordinateur nous arrêtions d’avoir des révolutions basées sur des objets. «J’aimerais que nous ayons une quatrième révolution, dans laquelle nous essayons de comprendre la plus précieuse ressource que nous possédions : nous-même.»

Concluons en empruntant des néologismes de je ne sais plus qui : il y a donc espoir que notre «démocrasouillée» ou «démocraviolée» par le pouvoir, la police en civil, ses collabos et les agents en civil de la sécurité privée retrouve un jour un peu de sa virginité. Pour cela, il faudra que des citoyens étalent leur mécontentement sur… l’Internet, notamment ceux victime de l’arbitraire policier. Comment être certain que des cyberpoliciers ne bousilleront pas leur site Web?

Se pose aussi cette question : qui lira ces témoignages? Car notre société est composée de citoyens qui veulent savoir et d’autres qui ne veulent rien savoir. Au cours de mon enquête, une habituée de la cafétéria du Comité social Centre-Sud de Montréal m’a fait remarquer que celui n’ayant rien à se reprocher n’a rien à craindre de la police. Un citoyen de Lac Bouchette, au Saguenay-Lac-St-Jean, m’a fait le même commentaire. Je crois que beaucoup de citoyens pensent ainsi.

La réplique la plus étonnante de toutes est celle que m’a servie un préposé au service des ventes d’équipements informatiques, dans un boutique de la région du Saguenay-Lac-St-Jean. Quand je fréquente régulièrement un établissement commercial, je cherche toujours à établir un climat propice aux confidences. Mon but est notamment de dénicher des témoignages d’employés collaborant avec la police. Pour les mettre dans l’ambiance, je brosse un petit topo de mon enquête. Ce préposé m’a lancé : «Oui mais, moi, si je n’ai pas envie de le savoir?» J’en suis resté bouche bée. Cela revenait à dire que des gens n’ont pas besoin de le savoir. Je n’ai pas argumenté. À quoi bon!

La vérité dérange-t-elle, effraie-t-elle? J’ai déjà écrit qu’il y a un prix à payer pour l’intelligence des choses : la perte de l’innocence. S’accroche-t-on à ses illusions comme le naufragé à sa bouée de sauvetage? On aurait donc la «démocraviolée» qu’on mérite? J’ose croire qu’après la lecture de ces pages, ceux pensant ainsi feront preuve de suffisamment de courage pour regarder la réalité bien en face. Pour qu’on passe enfin de la téléréalité et la société-réalité. (Suite demain)

News du mardi 13 Janvier 2009

  Montréal : Café-GraffitiIl a tout de l'atelier où ados et jeunes adultes peuvent s'exprimer sur le plan artistique et échanger avec des copains. On leur enseigne à concevoir des croquis qu'ils pourront ensuite concrétiser légalement sur des murs extérieurs. Plusieurs de leurs oeuvres sont affichées à l'intérieur du café et à vendre, sur les lieux ou via le Net. Plusieurs ont beaucoup de talent. Achetez-en, ça leur fera plaisir.

On leur offre également d'autres services : écouter de la musique, lire, pratiquer le break dancing, etc. Ils forment une grande famille... Ce café est sûrement un plus dans ce quartier. Excellente initiative, à imiter partout dans le monde.

Les jeunes ont besoin d'endroits du genre. Besoin aussi qu'on les prenne au sérieux, les aide, les encourage, les aime, même s'ils ne sont pas les nôtres. Les intégrer, en faire des citoyens à part entière, bien dans leur peau, engagés et utiles à la société.

Vidéo (06:01) entrevues-franco, narration-anglo
Adresse
: 4237, Ste-Catherine Est, Montréal (QC) H1V1X4
Adresse courriel
: raymondviger@journaldelarue.ca
Téléphone
: (514) 259-6900

Site du Café-Graffiti

  Ce qui frappe...... dès le début de la vidéo que vous allez voir (plus bas dans la page s'affichant, colonne de gauche), c'est l'illustration. On ne peut manquer de faire le lien avec le poster d'Obama (plus bas dans la page) conçu par l'artiste Shepard Fairey (site à explorer) et qui a fait fureur lors de la campagne électorale américaine. Normal, il est également le concepteur des images de la vidéo. Un style qu'on voit pas souvent et cohérent du début à la fin.

Le thème de la chanson, par contre, n'a rien de bien neuf : argent, capitalisme sauvage, pétrole, surveillance, guerre, etc. Le monde à l'envers qu'on cherche à mettre à l'endroit.

  Arcan à Isabelle : «Tu vas trouver ça dur enquêter des polices» – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le 26 août 1995, un incident a lieu au cours d’une soirée privée au domicile de Pichette. Capital, le récit qu’en fera Isabelle devant la Commission Poitras, car ce sera l’un des points de départ d’une série d’entraves et de difficultés de toutes sortes que les enquêteurs du Comité ad hoc rencontreront sur leur chemin. Pas étonnant que la Commission l’examinera «soigneusement».

Les principaux acteurs en sont Dupré, Arcand et Isabelle, qui, depuis quelques années déjà, entretiennent des liens d’amitié personnels et professionnels. Cependant les relations entre Isabelle et Dupré étant déjà tendues, la soirée s’annonce peu amicale. Isabelle sera effectivement pris à partie par Arcand et Dupré pour le rôle qu’il s’apprête à jouer dans l’enquête.

Peu après 22h, Dupré et Arcand l’invitent à «prendre une bouteille (de vin) dehors». Au moment où ils prennent place à une table, Arcand commence à déblatérer, lançant à Isabelle : «T’es un crosseur (un traître). Vous êtes des crosseurs à Québec. Tu vas trouver ça dur enquêter des polices. Tu vois ce qui est arrivé à Alain Gagnon ton ancien commandant.