News du dimanche 31 Janvier 2010
■ Le
désir d'être connue – Vidéo
(03:27), un extrait du film "Women
are heroes"
: d'autres extraits du film ici.
■ Suspension
des vols en direction des USA pour les grands blessés haïtiens
– Les États, ainsi la Floride
qui en a accueillis 526 jusqu'à présent, ferment la porte à
d'autres en raison des coûts hospitaliers très élevés.
L'ambassadeur américain à Haïti Kenneth Merten
assure que le problème sera réglé. Autre point : le dilemme est
politique
aussi, les États-Unis ayant déjà bien du mal à soigner leurs
propres malades, signale-t-on.
Dans
un hôpital de campagne établi à l'aéroport de Port-au-Prince,
Betina Joseph, une enfant de 5 ans affectée par le tétanos,
attendait d'être évacuée samedi. "Si on ne peut pas la sauver
en l'évacuant immédiatement, on ne la sauvera pas", affirmait
son chirurgien David Pitcher.
PS
:
Sur les 190 000 blessés dénombrés, combien ne peuvent être
traités en Haïti? Chose certaine, aucun état américain est en
mesure de répondre à la demande. Cela étant, les autres pays
occidentaux devraient se les partager.
■ Gravel
: "le
respect de la vie privée est un des éléments de base des libertés
individuelles"
- (Suite tome
2
de l'Étau Policier) Suivons
pas à pas les réactions du pouvoir fédéral libéral à la suite
des révélations sur sa mégabanque contenant jusqu'à 2 000
renseignements sur chaque canadien. Le premier ministre Jean
Chrétien
et sa ministre du DRHC, Jane
Stewart,
soutiennent que les Canadiens n'ont rien à craindre, que «les
renseignements sont codés et aucun nom ne circule».
Un
porte-parole de son ministère, Daniel
Lavoie,
précise que la mégabanque ne sert qu'à mener des recherches. La
ministre Stewart
déclare que la Gendarmerie
royale du Canada
et le Service canadien du renseignement de sécurité du Canada
(SCRS) «n'avaient
pas un accès direct»
à la mégabanque, mais «s'ilsfaisaient
une demande d'information, ils
devraient
(sic : verbe conjugué
au conditionnel)
avoir
en main un mandat de la cour».
Pour
sa part, la conseillère juridique du Commissariat à la protection
de la vie privée, Me
Martine Nantel,
soutient que la loi canadienne «ne
les y oblige pas»,
il leur suffit de formuler leur demande par écrit. Quant
au ministre du Revenu, Martin
Cauchon,
et le solliciteur général, Lawrence
MacAuley,
le patron de toutes les polices au pays, ils donnent des réponses
floues
sur ces questions. Toutefois, la ministre de la Justice, Anne
McLellan,
admet... qu'il faudra revoir la loi pour l'adapter à l'ère
informatique.
Commentant
les propos du commissaire Phillips, Pierre
Gravel,
éditorialiste de La Presse, fait le constat suivant (Pierre Gravel
--
La Presse du 18 mai 2000) : «Ceux
qui croyaient encore pouvoir mener leur petite existence tranquille à
l'abri de toute indiscrétion
en seront quittes pour leurs illusions.»
L'éditorialiste parle «d'un
Big Brother auquel il est devenu pratiquement impossible de
cacher quoi que ce soit(...) de
la nécessité de reconnaître que le respect de la vie privée est
un des éléments de base des libertés individuelles.
«D'où
cette exigence absolue,
propose-t-il,
de fixer au plus tôt des paramètres précis à l'intérieur
desquels toutes les ressources de la technologie demeureront un
instrument au
service des personnes.
Et non un projecteur à la disposition des autorités pour cibler tel
ou tel individu sans même être tenu de l'informer de la
surveillance ou de la curiosité dont il est l'objet.
(...)
«Pour
encadrer cette propension administrative à l'accumulation
automatique de toutes les données disponibles, il s'impose que tous
les gouvernements adoptent
un code de conduite.
(...) Sans
oublier, l'assurance absolue que tout citoyen pourra, à sa demande,
être informé rapidement et sans tracasseries inutiles de la nature
exacte et complète de
toutes les informations qu'on détient sur lui.»
(Suite
demain)
■ Je
décide de faire savoir au petit commerçant à la retraite que je
sais qu'il est un collabo
- (Suite tome
1
de l'Étau Policier) Je
décide alors de leur faire savoir que je connais leur petit truc du
chien renifleur. Environ une semaine après, lorsque j'aborde
Snowbird
dans le même secteur, lui signale que des
civils de la Sûreté du Québec
utilise des chiens renifleurs, en explique brièvement le modus
operendi, sans toutefois préciser que j'en ai été l'objet ni
mentionner le nom de la
civile et du commerçant à la retraite.
Va-t-il
répéter mon propos à ce dernier, qui est l'un de ses voisins? Le
cas échéant, le déclic se fera dans sa tête, se dira :
"Martel
était donc conscient de ce que je faisais!"
Oui, il le lui dira, car celui-ci changera d'attitude à mon endroit.
Pour être bien certain de mon affaire j'adopterai deux
tactiques.
La
première.
Il est de l'autre côté de la rue, et, sans dire un mot ni même le
saluer, je lui
adresse un long sourire complice,
bouche grand ouverte, pour bien lui faire sentir que
je sais
et ne lui en tiens pas rigueur. Cet homme, qui pourtant m'a toujours
apparu sévère et réservé, me gratifie alors du
premier sourire
depuis que je le connais. Un large, insistant, épanoui, un peu plus
il se plierait en deux et se taperait la cuisse. Il
savait
que j'étais au courant.
Deuxième
tactique.
Cette fois, elle consiste à ne
pas le regarder, ni le saluer.
Là, il change du tout au tout, je le sens inquiet.
À une autre occasion, il marche avec sa conjointe. Il a le visage
défait,
a vraiment l'air
atterré, démoli.
Ne l'ai jamais vu dans un tel état. Il doit craindre que je propage
l'info dans le village. Heureusement, il retombe assez rapidement sur
ses pieds car les semaines suivantes, je le sens agressif,
cherchant à
m'impressionner,
ce qu'il n'avait jamais fait auparavant. (Suite
demain)
News du samedi 30 Janvier 2010
■ Montréal
: forum contre violence policière et impunité
– Issu d'une initiative de plusieurs militants et militantes pour
la justice, il a débuté hier vendredi, au Centre communautaire de
Parc-Extention (419, rue St-Roch, métro Parc), et prendra fin dimanche 31. Le forum vise à créer
un espace d'expression, un partage d'expériences et une stratégie
de lutte pour un monde sans violence policière : vidéo
thème du forum (02:40).
Sur
le site
du forum, où d'autres infos sur l'événement sont disponibles, on
cite une déclaration d'Yves Francoeur, alors qu'il était président
de la Fraternité des policiers et policières de Montréal : "Notre
boulot, à la police, c'est la répression. Nous n'avons pas besoin
d'un agent sociocommunautaire comme directeur, mais d'un général.
Après tout, la police est un organisme paramilitaire, ne l'oublions
pas".
■ Le Canada
détenait 2 000 éléments de renseignements sur chaque individu
- (Suite tome
2
de l'Étau Policier) Examinons
un autre cas concrets, mais n'impliquant pas la police. En mai 2000,
le Commissaire canadien à la protection de la vie privée, Bruce
Phillips,
dans son rapport annuel déposé à la Chambre des communes d'Ottawa,
nous apprenait l'existence, au sein du ministère du Développement
des ressources humaines du Canada (DRHC), d'une mégabanque
informatisée. (Vincent Marissal, Paul Roy et Gilles Toupin --
La Presse des 17, 18, 19, 20 et 24 mai 2000)
Elle
contenait des
renseignements puisés,
rapportait La Presse, à partir des déclarations de revenus, de la
prestation fiscale pour enfants, des dossiers d'immigrants, des
dossiers provinciaux du bien-être social, du programme de formation,
des dossiers de l'assurance emploi, des relevés d'emploi.
Renseignements aussi sur la scolarité, l'état civil, la langue,
l'origine ethnique, le statut de citoyenneté, l'incapacité, les
antécédents professionnels, et bien
d'autres sources encore.
Le
nombre et le détail des renseignements sur chaque individu
sont aussi impressionnants qu'illimités, précisait le
commissaire Phillips. Il estimait que la mégabanque contenait
jusqu'à 2 000 éléments de renseignements sur chaque individu,
et s'étalant sur vingt ans, soit 33 millions de dossiers sur
autant de Canadiens, vivants ou décédés. Le DRHC envisageait même
de ratisser encore plus large en récupérant des renseignements
personnels à la Sécurité de la vieillesse, au Régime de
pension du Canada, au Programmes des prêts aux
étudiants et dans les filières provinciales de l'aide
sociale.
Commissaire
Phillips : «Cela
me rend mal à l'aise de savoir que le gouvernement possède autant
d'informations sur les Canadiens sans
leur dire pourquoi on les recueille.
(...)
Les
uns après les autres, les commissaires à la protection de la vie
privée ont rassuré les Canadiens en leur disant que le gouvernement
ne disposait d'aucun dossier unique sur eux. Nous
avions tort,
avouait-il avec franchise.
(...) Les
Canadiens devraient savoir pourquoi leurs renseignements sont
recueillis, à
quoi ils serviront,
combien de temps ils seront conservés et à qui ils seront
communiqués.
(...)
«Je
ne veux pas que les gens pensent qu'un agent du gouvernement les
espionne par le trou de la serrure. Mais qu'ils comprennent que, à
cause des ordinateurs, nous
sommes dans une nouvelle ère,
où il est possible de prendre un peu d'information sur chacun de
nous dans différentes sources, de
tous les mettre ensemble
et de
tracer un portrait très détaillé.»
Il insistait sur le fait qu'il n'avait aucune
preuve
que des fonctionnaires avaient utilisé frauduleusement les
renseignements du fichier, «Mais,
on
n'est jamais à l'abri d'un fonctionnaire mal intentionné»,
ajoutait-il. (Suite
demain)
■ Collabos
écornifleurs et chiens renifleurs
- (Suite tome
1
de l'Étau Policier) Sur
la 155, se trouve un îlot de trois maisons. J'y ai remarqué, une
dizaine de fois, une femme et un homme qui prenaient place dans une
balançoire sur la galerie de la première maison. Plusieurs autos
étaient parfois stationnées sur le côté. Dès le début, j'ai
soupçonné ces gens de
surveiller les véhicules circulant sur la 155.
Un
après-midi, alors que j'arrive dans le secteur, la femme,
m'apercevant, prend son cellulaire --
le vieux modèle beige, donc prêté par la Sûreté du Québec --,
le colle à l'oreille. Fait-elle un appel, ou en simule-t-elle un,
pour informer la police de mon passage? À une autre occasion,
j'entend une femme, invisible derrière la moustiquaire de la porte,
répéter deux fois à son chien, à voix basse :
«Attaques...non!»
Encore un autre à
la carrure athlétique.
Il est assis sur la pelouse devant la galerie, me zieute, ne semble
pas intéressé à
ma cheville.
Les
anecdotes canines abondent. Retenons en deux dernières, elles
tranchent sur toutes les autres. Vous savez désormais qu'il y a des
citoyens écornifleurs, dont de petits commerçants, des
livreurs et des vendeurs itinérants itou! Mais saviez-vous que la
police en civil utilise des chiens... renifleurs, sans même
que les reniflés ne s'en rendent compte?
Septembre
2001, Chemin du Barrage, je marche à côté de mon vélo de
montagne. Me proviennent d'une couple de centaine de pieds plus loin
en avant des éclats de rires et cris de femmes. Ne les vois pas, des
broussailles m'en empêchent. Quand je suis sur le point d'arriver à
leur hauteur, elles en sortent, comme par hasard, et se
dirigent vers moi.
Trois femmes accompagnées d'un chien. Je les
reconnais. Deux travaillent chez un dépanneur, l'équivalent d'un
mini poste de police : une civile et une collabo, qui
cohabite avec un homme, également collabo. La troisième, sans doute
une collabo aussi, a déjà travaillé comme cuisinière au Centre
Vacances Nature.
La
civile s'arrête à une dizaine de pieds, en plein milieu du chemin,
pieds écartés, mains sur les hanches, menton relevé, l'attitude
de celle cherchant à vous impressionner.
Elle avance, se place de l'autre côté du vélo, nous entamons une
conversation décousue. Son chien arrive, va l'y rejoindre.
Elle
l'empoigne par l'encolure et dirige
sa tête vers le sac sport
accroché aux guidons de mon vélo où j'enfourne un petit lunch, des
cigarettes et ma caméra jetable. Le chien y dépose son museau. De
ses deux mains, elle frotte vigoureusement son encolure. Quelques
mots encore et le trio s'en va. Je
viens d'être contrôlé par un chien renifleur.
Si j'avais eu de la drogue dans mon sac, il aurait réagi et j'étais
fait. Le trio ne sait pas que je sais.
Un
membre de la petite élite marchande du village, aujourd'hui à
sa retraite, participe activement à la prévention, je veux dire sur
le terrain... Fort probablement Chevalier de Colomb, puisque
je l'ai déjà vu effectuer de petits travaux de réparation sur un
mur extérieur de l'église du village. Même été 2001, Chemin de
la Montagne. Il s'en vient dans ma direction, sur l'autre versant de
la chaussée. Comme d'habitude son gros chien l'accompagne. Je vais
l'y rejoindre. Pendant que nous discutons de choses et d'autres,
j'assiste au même scénario que plus haut.
Seule
différence, il ne contrôlera pas le sac fixé à mes guidons --
parce
que ayant déjà été contrôlé?
-- mais celui que je porte à la taille, contre le ventre, et
contenant les disquettes de ce livre. Il est sous mon
imper jaune dont j'ai remonté la fermeture éclaire,
donc invisible. Le
collabo sait qu'il est là,
dessous, autrement il n'aurait pas pris la tête son gros toutou et
en diriger le museau en
plein dessus.
S'ensuivent des frictions énergiques à l'encolure. Résultat
négatif : pas de drogue, pas de réaction du chien.
Un
autre collabo à l'épaisse chevelure blanche s'amène, c'est
Snowbird.
Il s'arrête, s'assied sur ses talons devant le chien, frotte
vigoureusement... son encolure, tout en me jetant un oeil, sans dire
un mot. Il
savait ce qui s'était passé l'instant d'avant.
Son petit scénario visait à me transmettre subliminalement le
message que c'est une démonstration d'affection à l'endroit d'un
animal, rien
d'autre.
(Suite
demain)
News du vendredi 29 Janvier 2010
■ Méli-Mélo
–
À bout de souffle
; des manifestants dans la rue, aujourd'hui, alors que Tony Blair
tentait de justifier, devant la commission d'enquête britannique,
qu'il avait eu raison d'attaquer l'Irak avec Bush ; un candidat à
une élection sonne
à la porte ; mauvais moment pour mourir martyre,
revenez plus tard ; négociation d'une opération
; grippe porcine chez les musulmanes
; le doigt
d'honneur.
■ Canada
: premier ministre Harper, un cordonnier mal chaussé?
– Hier jeudi, au Forum économique mondial, à Davos, Suisse,
Harper a demandé aux pays riches de se préoccuper de la santé des
mères et nouveau-nés des pays pauvres.
Réaction
des chefs
inuits du Canada : ils ont dit espérer pouvoir bénéficier de
la même aide. Dans le nord canadien, la mortalité infantile est
quatre fois supérieure à la moyenne nationale et le taux de
maladies respiratoires chez les enfants parmi les plus élevés de la
planète.
■ Wall
Street 2, money never sleeps
–
"Greed
(cupidité) is Good"... Un film d'Olivier Stone, qui va bientôt sortir en salle : bande
annonce
(01:35). C'est une suite de son premier Wall Street, produit en 1987
: bande annonce
(01:26). Michael Douglas joue un rôle dans les deux.
Synopsis
: alors que l'économie est sur le bord de la catastrophe, un jeune
trader de Wall Street (Chia LaBeouf) s'associe à l'ancien et
déshonoré trader Gordon Gekko (Michael Douglas) pour en alerter la
communauté financière. Compte tenu des
crises que nous connaissons actuellement, difficile de trouver
meilleur momentum pour un film du genre.
■ Après
la faillite des banques, faut-il craindre la faillite des États?
- La question est abordée sur France Culture. Deux journalistes
spécialisés pour en débattre : Philippe Frémeaux, directeur de la
rédaction d'Alternatives économiques (site
web), et François Lenglet, rédacteur en chef de La Tribune,
quotidien boursier, économique et financier (site
web).
Lenglet...
Il existe un petit sursaut de croissance. Cependant, il subsiste dans
le système économique mondiale beaucoup de dettes, beaucoup
d'incertitude. Et fondamentalement, toutes les causes qui
expliquaient les grandes causes de la crise financière, elles sont
encore actives. Une crise structurel met de 15 à 20 ans à se
développer et il en faut autant pour la régler. Une affaire d'une
génération. En 2010, on va avoir un apaisement, mais la
problématique sera encore là.
Frémeaux...
une reprise à niveau bas. L'économie a chuté de manière
importante, mais elle a arrêté de baisser à ce niveau bas. Ce qui
veut dire que l'emploi va continuer de baisser pendant 2010. On
constate que les problèmes ne sont pas réglés : crainte d'une
guerre des monnaies, il y a des menaces encore sur les finances des
banques, on voit bien que la montée de l'endettement des pays pour
faire face à la chute de la demande, ça commence à causer des
problèmes.
Qu'est-ce
que ça veut dire quant on dit qu'un pays est en faillite? La Grèce
est en faillite, l'Espagne va suivre, le Mexique ne va pas bien, la
Lettonie non plus... Frémeaux : Il ne faut pas utiliser des mots
trop forts. Calmer le jeu, dire qu'aucun État n'est en faillite :
vidéo
(15:39) + article
de Sanda Moatti, qui fait le constat que la dette publique s'annonce
déjà comme un héritage durable de la crise. Elle a explosé dans
presque tous les pays de l'Organisation de coopération et de
développement économiques (OCDE
: situation des 30 pays membres), à la mesure de la violence de la
récession.
■ Mégabanque
policière et liste de tout ce qu'on sait de vous
- (Suite tome
2
de l'Étau Policier) Traitant
des bases de données des mégabanques, Laperrière
et Patenaude
écrivaient «qu'elles
permettent d'accumuler une quantité
considérable
de renseignements sur les citoyens, de les diffuser et de les
utiliser de façon à réduire sensiblement leur vie privée, en y
enregistrant les
moindres détails
de leur existence et en les comparant pour établir un double
informationnel des individus, en même temps qu'un immense
réseau de surveillance et de contrôle social».
Enquêtes
sur l'identité
des personnes (race, sexe, filiation et adoption, image), leurs choix
existentiels (vie maritale, orientation
sexuelle, avortement et contraception, éducation des enfants), leurs
appartenances
et opinions
(politiques, religieuses, syndicales), leur état de santé,
leur situation socio-économique
(travail, logement, crédit), leurs antécédents
(judiciaires, professionnels ou autres) et même leurs habitudes
de vie (consommation, drogue), leurs fréquentations
et leurs faits et gestes.
Le tout afin de repérer, sélectionner, comparer à des profils et
avantager ou pénaliser les intéressés. Les auteurs mettaient la
police au premier banc des accusés.
Ils
complétaient ce tableau en ajoutant une info
troublante
: la puissance des ordinateurs et l'instantanéité des
communications «en
temps réel»
laissent croire à leur infaillibilité.
C'est-à-dire?
Que l'individu cherchant à se défendre contre une
erreur introduite dans le système ou à en dénoncer le
fonctionnement sera complètement
disqualifié,
jusqu'à en perdre son identité au profit de la «vérité»
fabriquée par l'ordinateur, et de voir attaquer son jugement et sa
conscience par des
arguments
scientifiques, techniques et organisationnels qu'on lui opposera
comme incontestables.
(Suite
demain)
■ Ma
caméra inquiète mes agresseurs
- (Suite tome
1
de l'Étau Policier) Dans
le petit village policier, j'ai découvert un
tas de petits secrets
des civils de la Sûreté du Québec et de leurs collabos. Exemples.
Au cours de ma randonnée à vélo, quand sur mon passage des chiens
me jappent
après,
que quelques portes claquent,
que certains, dissimulés derrière leur maison, frappent un bon
coup
sur du métal, ce sont là des signes évidents que l'underground
policier n'a pas du tout digéré les propos que j'ai tenus, ou
l'attitude adoptée, la veille ou l'avant-veille.
En
ai même vu un, un peu en retrait dans l'entrée de sa cour, faire
rugir sa tronçonneuse, l'extrémité de l'engin pointé
dans ma direction.
Sa conjointe, à ses côtés, elle aussi une collabo, avait enfilé
son capuchon pour cacher son visage : trop
tard,
madame, j'ai eu le temps de vous identifier.
Chaque
fois que je pars en randonnée, je m'imagine les voir et les entendre
quand je passe devant leur résidence. Le ou la groupie de la
police téléphonant à un ou une autre groupie pour
l'informer qu'il vient tout juste de me voir à sa fenêtre, de me
surveiller à la sienne où je devrais passer dans quelques minutes :
selon moi, la police, cachottière comme je la connais, ne les
a sûrement pas informés-es de la présence des caméras
extérieures. Bien sûr ce n'est quand même pas tout le village à
la fenêtre, ils sont tout au plus une trentaine environ,
incluant des petits commerçants et de leurs employés.
Illustrons.
Été 2001, rue Principale, je dévale une pente. Au moment pile où
j'arrive devant une maison, la porte s'ouvre brusquement, un très
gros
chien beige,
à la gueule proportionnelle, surgit tout à coup sur la galerie
fermée et se met à japper après moi, semble vouloir en enjamber le
garde-fou. Je sursaute, pense, inquiet, qu'il
va se lancer à ma poursuite.
Ne le voyant pas derrière, je m'immobilise plus bas, rebrousse
chemin, prudemment, et vois une femme le faire entrer. Bien
synchronisé.
En
octobre, c'est un boxer qui en sort. Dans l'embrasure de la porte,
j'entrevois quelque chose que je n'arrive pas à distinguer.
L'intérieur de la maison est sombre. Est-ce l'œil bien rond et noir
d'un adulte qui me fixe ou...
la gueule d'un fusil
qu'on pointe dans ma direction? M'arrête un peu plus loin, le chien
est déjà en bordure de la rue, ne semble pas agressif, ne jappe
pas. «Deux, ça suffit!», que je me dis. Le lendemain, je prends
des photos, de l'autre versant de la rue. Ç'a été la fin de cette
forme d'intimidation : ma
caméra inquiète mes agresseurs.
(Suite
demain)
News du jeudi 28 Janvier 2010
■ Méli-Mélo
– La femme qu'on aime
; regard dissimulé
; les femmes sont comme nous
; chercher l'oiseau
; autre recherche
; G8 vs Gfaim
; ça, ça fait mal
; savoir s'orienter.
■ Comment
définir une société juste?
- Amartya Sen amorce une réponse à cette question dans le livre
qu'il vient de publier chez Flammarion
: "L'Idée
de justice".
Il mise sur le pluralisme pour combattre les inégalités. Accroître
les revenus mais aussi renforcer le pouvoir des individus de choisir
eux-mêmes la vie qu'ils aspirent mener. C'est ainsi qu'une personne
devient concrètement libre. Le point de départ de la justice
consiste à s'intéresser d'abord aux petites choses de la vie réelle
qui nous apparaissent comme étant des injustices : vidéo
(09:41).
Sen
n'est pas un nouveau venu. En 1998, il a été le récipiendaire du
Prix Nobel d'économie. Une reconnaissance de la valeur de sa théorie
du choix social et de son approche économique du bien-être. Lui et
son ami pakistanais Mahbug ul Haq ont mis au point l'indice de
développement humain (IDH) afin dévaluer les pays en développement
: santé, éducation et niveau de vie. Une façon innovatrice
d'ajouter de l'humain à la magie des chiffres du Produit intérieur
brut (PIB).
■ 40e
Forum économique mondial de Davos (suite)
– Il a débuté le 27 et prendra fin le 31 janvier. Quatre sites à
visiter pour se tenir au courant, tous en anglais : le site permanent
du forum, le forum en direct,
le forumblog
et YouTube
(aujourd'hui, le premier ministre conservateur du Canada, Stephen
Harper,
a pris la parole - 30:23).
Attention, un faux site a
été mis en ligne, sa page d'accueil est identique à celle du site
officiel : une blague des Yes Men.
Un trait d'union dans l'adresse web permet de différencier le faux
(http://www.we-forum.org/en/index.shtml)
du vrai (http://www.weforum.org/en/index.htm).
Le nouvelobs.com a publié un article
à ce sujet.
■ Civils
et collabos font tout pour que le citoyen libre ne sente pas bien
dans l'espace public -
(Suite tome
2
de l'Étau Policier) Afin
de savoir de quoi on parle, signalons quelques
exemples bien concrets,
vécus lors de mon enquête effectuée à Lac Bouchette de juillet
1999 à juin 2003. Ils illustrent bien quelque unes de ces
circonstances où
un collabo fait la cueillette d'un renseignement
et le transmet ensuite à la police, et l'utilisation que celle-ci
peut en faire.
Je
demeure dans le petit village policier de Lac Bouchette. Une fois par
mois, je me rendais à Roberval, située à une quarantaine de
kilomètres, y effectuer des achats et visiter de la parenté. Comme
je n'ai pas de véhicule, j'utilisais entre autres les services d'un
chauffeur de taxi clandestin du village, Chevalier
de Colomb de son état.
Pas chérant, le gars : il se contentait de moins du tiers du
prix qu'exige un taxi possédant un permis.
Lorsque
je l'informais que tel jour, à telle heure, je devais me rendre au
Carrefour Jeannois -- un centre commercial de Roberval -- ou que
j'avais rendez-vous avec tel dentiste ou tel oculiste, il
en informait la Sûreté du Québec.
Elle disposait ainsi de tout le temps nécessaire pour me préparer
de petites déstabilisations sympas,
mettre au parfum le proprio ou un employé des établissement où je
devais aller. L'accueil y était moins convivial, et j'y étais la
cible d'entourloupettes.
Au
magasin, le système antivol retentissait
à mon entrée et à ma sortie ; à la clinique, pendant qu'on me
détartrait les dents, l'eau me coulait dans
le cou
; chez l'oculiste, on me remettait un
étui trop petit
pour les lunettes que je venais d'acheter.
Dans une cafétéria, où
j'allais à l'occasion, il arrivait, entre autres faits, que la
serveuse dépose négligemment sur le comptoir, le visage teinté de
mépris, un smokemeat froid, dur
comme une semelle de bottes
et pas mangeable. À une autre occasion, l'une des employées criait
à sa consoeur, qui était dans la cuisine : «Y
as-tu vu la face?»,
alors que j'étais le seul au comptoir.
Tout
faire pour que le citoyen, refusant d'entrer dans le moule de la
pseudo police communautaire, ne
se sente pas bien dans la société.
Voilà ce qu'on appelle notamment du
renseignement.
La police s'en sert pour imposer son emprise
psychologique
sur chacun des citoyens.
C'est de cette façon qu'elle et ses
collabos implantent les stéréotypes
au sein de la société et contribuent à la destruction
du tissu social.
Les cas cités sont insignifiants, bien que significatifs, mais ce
n'est qu'un prélude
à ce qui va suivre... (Suite
demain)
■ En
colère, le civil me somme d'arrêter, accélère
le pas visiblement pour s'en prendre à moi -
(Suite tome
1
de l'Étau Policier) Deux
jours après, la
Sûreté du Québec remet ça.
L'action se déroule sur la 155, devant cette maison où habite le
chien qui parfois me pourchasse.
Sur la pelouse, à cent pieds de la
route, un homme pratique son golf. Je me dis qu'il va se tenir
tranquille, son maître est là. Ben non, ça recommence. Fâché,
je lui crie de surveiller son «maudit
de chien».
«Hein?»
M'arrête, le lui répète, puis je dépose mon vélo sur
l'accotement et lance quelques pierres à
la bête.
Le
jour suivant, l'homme vient à peine de descendre de sa camionnette,
près de la maison, que le
chien s'élance dans ma direction.
Lui crie de le rappeler, semble n'avoir pas compris. Environ 400
pieds nous séparent, et, pendant qu'il marche vers moi, je m'arrête
et lance des roches à l'animal. En colère, il me somme d'arrêter,
accélère
le pas visiblement pour s'en prendre à moi.
Je
ne bouge pas, lui fais même signe de la main de s'en venir. La
situation est si ridicule que je doute qu'il passe à l'acte, s'il
est le moindrement intelligent.
Quand il arrive, il chasse la bête, qui est à cinq pieds,
menaçante, m'exhibant ses canines. Je tente de lui expliquer la
situation, il ne veut rien savoir et s'en retourne.
Peu
après, il utilisera un autre scénario, celui du maître sortant de
la maison et du
chien qui en profite pour se faufiler et courir vers moi.
En raison de la distance nous séparant, j'aurai amplement le temps
d'embrayer à une vitesse supérieure et m'éloigner rapidement des
lieux. Autre tentative d'agression peu après.
Cependant, ce jour-là,
j'ai
trouvé une parade pour m'en prémunir.
Au lieu de rouler dos au trafic, je roule sur l'autre versant de la
route. Là, ce ne sera plus moi qui risquerai d'être frappé par un
véhicule, mais son chien si jamais il décide de venir m'y
rejoindre.
Au
loin, je vois monsieur sortir de la maison, tenant quelque chose à
la main. Voilà une autre apparition dans le paysage suffisamment
synchro pour ne pas penser à
la présence de caméras cachées.
J'entends le bruit d'un petit moteur. Un coupe-herbe! Alors que le
ciel, grisâtre d'un horizon à l'autre, est à l'orage et qu'une
petite pluie fine tombe déjà.
J'examine attentivement les lieux, pas de chien. J'ignore qu'il est
dissimulé dans les joncs, en bordure de la route, et attend mon
arrivée pour bondir. Cependant, il n'ira pas loin, n'osera pas la
traverser. (Suite
demain)
News du mercredi 27 Janvier 2010
■ L'été
du plein air –
Se reposer de l'hiver. Sport extrême : descentes assistées de
quelques chutes coulant à la verticale. On peut pas agrandir
l'écran. Je vous y envoie aussi à cause de la musique, nerveuse. On
sent l'adrénaline
circuler dans notre tuyauterie. Ça m'a plu.
■ Main
mise du président français Sarkozy sur l'info?
- Dans son rapport de 2009, Reporters sans frontières constate avec
inquiétude que la situation se dégrade année après année :
texte. En
résumé : tentions entre la presse et les autorités de la
République, pressions accrues sur les journalistes afin qu'ils
révèlent leurs sources, réforme de l'audiovisuel public.
De
la 11e place sur 139 pays en 2002
avec une note de 3,25 (Canada 5e - 0,75), la France est passée à la
43e sur 175 pays en 2009
avec une note de 10,67 (Canada 19e – 3,70). Signalons que le
classement mondial de la liberté de la presse est établi chaque
année par Reporters sans frontières, grâce aux centaines de
journalistes et experts des médias qui ont répondu à son
questionnaire : voir la carte
mondiale de la liberté de la presse.
■ Sarkozy
veut moraliser le système financier mondial
– Son intervention a été remarquée, aujourd'hui mercredi, alors
qu'il inaugurait le 40e Forum économique mondial tenu à Davos, Suisse. Pour tout dire, il est d'accord
avec la réforme proposée par Obama.
La
crise que nous traversons, a-t-il dit en substance, n'est pas une crise du
capitalisme : vidéo
(34:19) + texte
dumonde.fr. C'est une crise de sa dénaturation. Ce système a
toujours été inséparable de valeurs, d'un projet de civilisation,
d'une certaine idée de l'homme. Le capitalisme purement financier
est une dérive qui bafoue ses valeurs. Mais l'anti-capitalisme est
une impasse pire encore. Nous sauverons le capitalisme de marché en
le moralisant.
PS
: Les
citoyens doivent suivre à la piste tout ce que les grands de ce
monde feront pour améliorer le système financier mondiale. L'enjeu
: construire un monde meilleur.
■ L'Europe
est gelée, tremble et claque des dents
– Tendez l'oreille, vous allez les entendre. Si ça continue comme
ça, Inuits, père noël, rênes et ours polaires vont migrer sur ce
continent.
À Lac Bouchette, petit village policier de la province de Québec, il
a plu, une partie de la neige a fondu.
On croise les doigts en
espérant que palmiers et bananiers vont bientôt pousser et les
nanas circuler en bikini sur la rue Principale. En ajoutant notamment
des casinos, boîtes de nuit, bordels, restos et du néon, Lac
Bouchette deviendra le Las Vegas du nord.
L'afflux de touristes, ce
sera l'occasion d'autres bonnes affaires pour les moines de
l'Ermitage-Saint-Antoine, la seule boîte qui marche en ce moment. En faisant abstraction des civils de la Sûreté du Québec, qui sont littéralement débordés. Il y a tellement de criminels dans ce village de... 1 300 habitants.
■ Des
écrivains haïtiens racontent ce qu'ils ont vécu
- Dany La ferrière
: "Tout
bouge autour de moi".
James Noël : "Nous
ne sommes pas à notre première fin du monde en Haïti".
Louis-Philippe Dalembert : Port-au-Prince, ou l'odeur de la mort".
■ Les
collabos de la police contribuent à décupler la présence de Big
Brother et Big Sister -
(Suite tome
2 de
l'Étau Policier) En
1994, René
Laperrière,
du Département des sciences juridiques de l'Université du Québec à
Montréal, et Pierre
Patenaude,
de la Faculté de droit de l'Université de Sherbrooke,
s'inquiétaient que les nouvelles technologies de l'information
décuplent
la présence de Big Brother
dans notre vie de tous les jours. (Traité des problèmes sociaux --
Institut québécois de recherche sur la culture --
Ouvrage collectif sous la direction de Fernand Dumont, Simon Langlois
et Yves Martin, 1 164 pages, 1994)
Ils
faisaient le constat que, les années précédentes, la question de
la protection de la vie privée avaient pris beaucoup d'importance,
en raison notamment de la mise au point de techniques de surveillance
très
raffinées
et de l'extension considérable
des technologies de l'information.
Propos tenus en... 1994.
Depuis, on sait le développement exponentiel
que celles-ci ont connu. La situation est par conséquent beaucoup
plus préoccupante
en ce début du troisième millénaire. Illustrons
la en jetant un rapide coup d'oeil au déploiement de ce monde de
l'ombre et du secret.
D'abord,
les technologies de surveillance : caméra
-- la plupart du temps cachée, ou ayant la forme d'un autre objet
--, micro,
écoute
téléphonique
et balayeur
d'ondes,
etc. Ensuite le dispositif "humain"
d'espionnage : policiers et policières en civil, agents et
agentes en civil à l'emploi des agences de sécurité privée,
citoyens collabos de la police pseudo communautaire : des
dirigeants de petites, moyennes et grandes entreprises --
coiffeurs-ses,
petits
épiciers
et dépanneurs
sont les pires,
parce que plus près du citoyen-client --, des vendeurs et livreurs
de biens et services à domicile, des concierges, des chauffeurs de
taxi, des employés d'organismes gouvernementaux et
paragouvernementaux, plusieurs organismes sans but lucratif, etc.
Où
vont tous ces renseignements recueillis sur le terrain? Dans
des ordinateurs
équipés de logiciels super performants, plus précisément dans les
mégabanques
informatisées de la police.
On peut y accumuler des quantités phénoménales de renseignements
sur chaque citoyen, rendant possible la constitution de bases de
données multifonctionnelles. De fait, le
dispositif "humain" joue deux rôles :
la cueillette des renseignements et la répression sur le terrain à
partir de ces renseignements. On sait maintenant en quoi consiste les
activités clandestines illégales des civils, et les atteintes aux
droits qu'elles impliquent.
Les
collabos de la police,
qui y participent, l'ignorent sans doute mais ce qu'ils font d'abord
et surtout, c'est du renseignement. Ils contribuent ainsi à décupler
la présence de Big Brother et de Big Sister au sein de la Société
civile. Dans le Québec semi-rural et rural, parce que moins populeux et plus
homogène, la situation est plus grave qu'en milieu fortement
urbanisé. Dans ces milieux, on
peut parler d'État Policier
et non d'Étau Policier. (Suite
demain)
■ Lac
Bouchette : un conseiller municipal, et il n'est pas le seul,
impliqué jusqu'aux oreilles dans la répression clandestine illégale
des citoyens -
(Suite tome
1
de l'Étau Policier) Entre-temps,
début septembre, Route de l'Écluse, suis la cible d'une
autre tentative d'intimidation,
cette fois de la part d'une civile. Elle a reculé sa camionnette
bleue
métallique,
flambant neuve, dans l'entrée d'une vieille maison en rénovation.
Elle est accroupie dans une petite remorque rouge, s'affairant à je
ne sais quoi.
Au
moment où j'arrive, l'entends dire «wa»
-- signal d'attaque? --, aussitôt un
gros chien noir,
vraiment impressionnant, que je n'avais pas vu, surgit de l'arrière
du véhicule en grognant et bondit
dans ma direction.
Pendant une fraction de seconde, je me dis que cette fois, ça y est,
je vais y goûter. Mais il ne va pas loin, une laisse l'immobilise
d'un coup sec, le
cabre sur ses pattes arrières.
Lendemain,
la camionnette bleue est stationnée le long de la façade de la
maison. Sur le chemin du retour, madame est debout derrière la
petite remorque, attachant un tissu... rouge à l'un des vieux
madriers qui en débordent. M'arrête, le temps d'une photo.
J'applique ici la
technique d'Hirigoyen,
dont j'ai parlé plus haut, et consistant à faire savoir à mes
agresseurs que je
ne les laisserai pas faire.
(Marie-France Hirigoyen --
Le harcèlement moral --
Éditions Syros)
Un peu plus loin, autre arrêt, car je présume
qu'elle s'apprête à partir et va probablement emprunter la même
route pavée. La voilà qui arrive, deux
autres photos :
de madame au volant, souriante, et de la plaque d'immatriculation.
À
l'épicerie du village, je constate qu'on n'a pas apprécié. Un
conseiller municipal,
impliqué jusqu'aux oreilles dans la répression policière
souterraine et illégale à l'encontre de citoyens du village, me
salue d'un petit «bonjour monsieur»,
salutation sèche, formulée le bec arrondi et tout plissé :
les
citoyens votant pour lui ne le savent probablement pas...
Habituellement, il me tutoie, mais là il veut me signifier sa
désapprobation. (Suite
demain)
News du mardi 26 Janvier 2010
■ Ce
n'est pas dieu qui importune les mécréants, ce sont les religions !
- J'emprunte la formulation à Christian Delarue, militant
altermondialiste et animateur du Mouvement contre le racisme et pour
l'amitié entre les peuples (MRAP).
Aujourd'hui, dans un article
publié sur agoravox.fr, il aborde la problématique.
Constat
: il y a plusieurs religions donc plusieurs "Dieux" avec
autant de récits de validation de la croyance. Chacune pose voire
impose sa vision du monde aux société civile et politique. D'où
l'importance de la laïcité pour brider le pouvoir des religions. À
défaut, sa tendance naturelle est d'occuper tout le terrain.
Delarue
cite Jean-Paul Sartre : "Pour
aimer les hommes, il faut haïr ce qui les opprime".
Et la religion même non intégriste peut et doit être critiquée en
ce sens. La réaction critique n’est pas dirigée fondamentalement
contre un groupe d’hommes, précise-t-il, mais contre les
mécanismes de l’oppression. Cependant, l’exercice n’est pas
toujours aisé.
Le
sacré peut et doit être désacralisé et rabaissé pour qu’il ne
soit pas imposé aux humains. Les humains statufiés doivent aussi
être mis à niveau. C'est ici qu'entre en jeu ce qu'il appelle
"l'équilibration des contraires". La tolérance réciproque
s’oppose à la tolérance unilatérale où une partie agit et
l’autre partie supporte.
■ Un "hit
hot",
comme on dit sur le web
– Laurent Garnier : PayTV
(03:48).
■ Antiterrorisme
: le recours aux détentions secrètes perdure à travers le monde
– Le démontre une enquête effectuée notamment par Martin
Scheinin,
rapporteur spécial des Nations-Unies pour la promotion et la
protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans
la lutte antiterroriste.
Un
rapport, que les experts présenteront au Conseil des droits de
l'homme des Nations Unies en mars prochain, conclut que "la
détention secrète est de manière irréconciliable une violation de
la législation internationale en matière de droits de l'homme, y
compris dans les situations d'urgence et les conflits armés".
Elle met la personne qui en est victime hors du cadre légal.
■ Mauvais
lundi pour certains
– Hier, le nouveau pdg de la Caisse de dépôt et placement (bas de
laine des Québécois), Michael Sabia,
a annoncé, après une perte de 40 milliards$ en 2008 due à la crise
financière, un réalignement des investissements. Ce même jour, on
apprenait que la Caisse avait dépensé plus de 100 000$ en deux ans
pour des partys de Noël et presque 4 millions$ en indemnités de
départ à de hauts dirigeants, dont certains congédiés lors de
l'arrivée de Sabia : reportage radio
(01:56) de Radio-Canada.
Ce
même lundi, la ministre canadienne des Pêches et des Océans, Gail
Shea, a prononcé un discours à Burlington en Ontario. Une femme,
assise devant elle dans la première rangée, s'est levé et collé
au visage une tarte garnie de crème au tofu
: vidéo (00:20). Pendant qu'on l'encerclait, elle eu le temps de
dire à la ministre qu'elle devrait avoir honte d'appuyer la chasse
aux phoques.
■ Charest,
Gauthier et Delisle savaient-il ce
qui se passait dans le sous-sol de la démocratie? -
(Suite tome
2
de l'Étau Policier) Au sujet de ce scrutin du 14 avril 2003... La
veille, Jean
Charest,
chef du parti libéral du Québec, déclare que le gouvernement
(péquiste) intervient
trop dans la vie des citoyens.
Le lendemain soir, les libéraux remplacent les péquistes au
pouvoir.
En juin, dans son discours d'ouverture de la trente-septième
Législature, au Parlement de Québec, le nouveau premier ministre
Charest
fait une déclaration pour le moins surprenante (Journal
des débats de l'Assemblée nationale, 4 juin 2003, Vol. 38 no 1).
«Le
respect des citoyens et de la démocratie est une autre préoccupation
qui transcende les grands dossiers, qui imprégnera l'ensemble de nos
décisions. La démocratie, faut-il le rappeler, n'est pas une option
de notre véhicule collectif. Ce n'est pas un toit ouvrant dont on se
sert lorsqu'il fait beau et que l'on ferme lorsqu'il pleut. Nous
respecterons la démocratie beau temps, mauvais temps. (...) Nous
allons faire de notre démocratie (...)
l'une
des plus avant-gardiste du monde.»
Il annonce un projet global de réforme des institutions
démocratiques. «Les
Québécois seront plus prospères, plus
libres (sic).
(...) Cet
État croira dans la primauté des libertés individuelles (resic).»
Les
jours suivants, des interventions de membres du gouvernement Charest,
à l'Assemblée nationale, étonneront tout autant. Benoît
Gauthier,
ministre libéral des Relations intergouvernementales et aux Affaires
autochtones, expliquant la philosophie libérale, parlera de
«préserver
les libertés individuelles».
(Journal des débats de l'Assemblée nationale, 5 juin 2003, Vol. 38
no 2)
Sa
collègue, Margaret
F. Delisle,
whip adjointe du gouvernement, plus incisive, dénoncera le
gouvernement péquiste précédent, son «autoritarisme
à outrance»,
son «interventionnisme
démesurée dans toutes les facettes (sic)
de
la vie quotidienne des citoyens et citoyennes
(...) comme
si le gouvernement (lui)
appartenait,
comme si le Québec (lui) appartenait,
comme si les structures (lui) appartenaient.»
(Journal des débats de l'Assemblée nationale, 6 juin 2003, Vol. 38
no 3)
De
mémoire de journaliste, du jamais vu. Charest, Gauthier et Delisle
savaient-il
ce qui se passait dans le sous-sol de la démocratie? Leurs
déclarations, parmi d'autres, portent à le penser. Seul
le temps dira
si ce gouvernement libéral respectera son engagement. (Suite demain)
■ Le
chien hargneux du civil de la-petite-maison-aux-écrans -
(Suite tome
1
de l'Étau Policier) Circuler à vélo sur la route régionale 155
exige plus de prudence que sur la rue Principale du village ou un
chemin forestier. À surveiller surtout les
gros camions
tirant deux remorques d'une vingtaine de roues chacune et
transportant des troncs d'arbres destinés aux scieries.
À
l'été 2002, un chien de grosseur moyenne, particulièrement
hargneux,
s'est lancé à quelques occasions à ma poursuite, près de
l'intersection de la Route de l'Écluse. Rusé, il jappe seulement
quand il n'est plus qu'à quelques
pieds de ma cheville.
Je sursaute, donne un coup de guidon vers le centre de la route pour
éviter la morsure. C'est
instinctif,
pas le temps de penser au véhicule qui s'en vient peut-être
derrière moi. Éminemment
dangereux.
Après
sa première agression, je m'en méfiais, gardais un œil vers la
maison de ses maîtres, située à environ 500 pieds de la route,
vérifiais s'il n'avait pas entrepris de traverser la grande pelouse,
ventre à terre, pour venir m'attaquer. Cependant, les semaines
s'écoulent sans récidive, ma vigilance s'assoupit jusqu'au jour où
il me surprend de nouveau, je crampe ma roue, le
réalise l'instant d'après,
suis en beau maudit. Heureusement, aucun véhicule derrière.
La
fois suivante, une camionnette, venant en sens inverse, me précède
de peu, emprunte l'entrée jusqu'à la maison, au fin fond du
terrain, s'y stationne sur le côté, et son conducteur n'est pas
sitôt descendu que le chien se rue dans ma direction. J'ai la
conviction que l'homme l'a incité à m'attaquer : le
même civil de la petite-maison-aux-écrans.
S'en suit une accalmie de quelques jours. (Suite demain)
News du lundi 25 Janvier 2010
■ Faut
absolument que vous regardiez ça
– Un singe et un chien sont devenus de vrais amis : vidéo
(03:58). Tous deux ont atteint un niveau d'intimité incroyable. J'en
reviens pas comme c'est drôle!
■ "Hope
for Haïti Now"
– Le téléthon organisé par George
Clooney a
rapporté vendredi 58 millions$. Sans compter la vente actuellement
de l'album sur iTunes (faites un don, téléchargez
gratuitement le logiciel en français, ouvrez un compte et
achetez le).
Il regroupe les très nombreux
artistes ayant participé à ce spectacle de 24 heures diffusé sur
MTV, NBC,
CBS, ABC et CNN
: Jay-Z,
Bono
de U2 (vidéo - 04:25), Taylor Swift, The Edge Strabded (Haïti Mon
Amour), Justin Timberlake, Matt
Morris, etc. L'argent amassé sera distribué à des organismes sans
but lucratif, tels le Programme alimentaire mondial de l'ONU, la
Croix-Rouge, l'Unicef, etc.
■ Pendant
57 mois, les Québécois ont eu des premiers ministres péquistes non
élus à ce poste -
(Suite tome
2
de l'Étau Policier) Sous le titre "Pour
une meilleure démocratie",
le journaliste Vincent Marissal de La Presse écrit, le 23 novembre
2002, qu'on a tendance parfois à oublier que Bernard
Landry
n'a pas été élu premier ministre du Québec. Il a pris la place de
Lucien
Bouchard,
qui avait lui-même assuré la relève de Jacques Parizeau dans le
mandat précédent (NDLR : Sans avoir été également élu à ce
poste).
Le
journaliste s'est livré à un petit calcul révélateur. Le Parti
québécois est au pouvoir depuis septembre 1994, soit 101 mois (ce
23 novembre 2002). Sur ces 101 mois, Lucien
Bouchard
a été premier ministre désigné (NDLR : ... c'est-à-dire
nommé par le Parti québécois, mais pas élu premier ministre.)
pendant 32
mois
; Bernard Landry (ce mois de novembre 2002) était désigné depuis
20
mois.
C'est donc dire que les deux gouvernements du Parti québécois ont
eu un
premier ministre désigné 52 mois sur 101 mois de pouvoir.
Sans
oublier que le gouvernement péquiste a remporté les élections en
1998 avec moins
de votes que l'opposition officielle.
(NDLR : Selon l'éditorialiste André Pratte de La Presse, les
péquistes ont obtenu à peine plus de 40% du vote populaire aux
élections de 1994 et 1998.) (André Pratte --
La Presse du 17 août 2004) «Ça
ne fait pas des mandats forts»,
constate le journaliste Marissal.
Les
élections générales se dérouleront le 14 avril 2003, près
de cinq mois après son article :
voilà d'autres mois à additionner. Ce qui n'a pas empêché ces
gouvernements péquistes successifs de
bulldozer sans vergogne la Société civile.
(Suite demain)
■ Des
coups de feu me suivent sur un bon kilomètre -
(Suite tome
1
de l'Étau Policier) Peu après, dans cette même partie boisée du
Chemin de la Montagne, un VTT arrive derrière moi. Son conducteur
ralentit, un
civil de la Sûreté du Québec que je reconnais
sous son casque protecteur. Il m'avertit de ne pas faire le saut, que
son chien s'en vient derrière : «C'est
pour la chasse aux canards»,
me crie-t-il, avant d'accélérer et disparaître dans une courbe.
Dans
les secondes qui suivent, un beau labrador noir arrive au grand
galop, à la poursuite de son maître. Ces chiens sont doux, n'en ai
pas peur, d'autant que son attitude n'est pas
agressive.
Je crois l'épisode clos, n'y pense plus. Mais le vois revenir sur
ses pas, ventre à terre encore. Cinq minutes s'écoulent, puis c'est
encore lui, langue
pendante,
commence à être un peu essoufflé.
À la sortie d'une courbe, je
l'aperçois, il marche au pas, nez au sol, va et vient d'un bord à
l'autre du chemin, s'avance un peu dans la forêt, en ressort, avant
de repartir de plus belle, cette fois dans ma direction. Ensuite,
c'est le VTT, le
civil s'informe si j'ai vu son chien,
lui indique qu'il est à environ un quart de kilomètre plus haut, il
me remercie et roule l'y rejoindre.
Au
belvédère, je m'assieds pour griller une cigarette. Vroum, vroum,
le VTT et le
flic aux guidons!
Salutations d'usages. Le chien ne l'accompagne pas. Et quand j'arrive
à la hauteur de son chalet, le prétendu chasseur de canards scie
du bois à la tronçonneuse.
Depuis le printemps 2001, je passe à cet endroit une vingtaine fois
par mois et, immanquablement, monsieur
se manifeste sur son terrain,
effectuant de petits travaux ou sortant par hasard de son chalet,
parfois me regarde, parfois me salue de la main, mais ne lui réponds
pas : autant
de coïncidences supposent la présence de caméras.
Provocation policière, rien d'autre. Les autres proprios de chalet,
je les vois rarement, mais pas lui, il est quasiment toujours là
quand je passe.
Chasse
aux canards, disait-il. Me reviens à la mémoire deux événements
survenus moins d'un mois plus tôt. Sur le Chemin du Barrage qui
sillonne la forêt, trois
coups de feu suivis d'environ 3 autres
de moindres calibres m'accompagnent sur un bon kilomètre. Ils
proviennent probablement d'une voie parallèle, pas loin de là. À
l'intersection du Chemin de la Montagne, tiens une
civile de la Sûreté du Québec
s'adonne à la marche rapide, semble-t-il. Brève conversation, et
chacun poursuit son chemin. Un
autre bang résonne tout près...
Oups !
Le
surlendemain, même chemin, deux chasseurs sur un VTT, le passager a
déposé son arme en travers de ses cuisses, la
gueule du canon
pointé dans ma direction, à la hauteur des jambes. L'homme cache
son visage, la tête tournée dans la direction opposée, est agrippé
aux épaules du conducteur comme si le véhicule roulait à plein
régime, alors que, au contraire, il se déplace au pas. Les deux
occupants scrutent la forêt, à
la recherche de... perdrix.
Au cours de la même période quelqu'un m'y avait doublé au volant
d'une voiture. Sa plaque d'immatriculation commençait par "210
ABA...".
Une plaque-message,
comme les autres qu'il m'arrive de voir. (Suite demain)
News du dimanche 24 Janvier 2010
■ Images,
musique
-Tout
est bon. Les instruments classiques prennent de l'âge avec l'arrivée
de la techno, qui n'arrête pas de créer de nouveaux sons.
■ Haïti
chérie –
L'écrivain québécois Dany Laferrière (07:42)
était dans son pays d'origine lors du séisme qui a fait plus de 200
000 morts et 190 000 blessés. Le 21 janvier, Bazzo-tv l'a invité
pour parler du présent et de l'avenir de son île. Cette tragédie
l'a manifestement marqué. Écoutez aussi la chanson "Haïti
chérie, Haïti brisée"
(02:04).
■ Dépaysement
– Écoutez une musique différente, rythmée, accompagnée de
photos de l'Inde. Asha Bhosle et Michael Stipe : The Way You Dream
(08:20).
■ Coloc
Strip
– Weekend aérien, lundi lourd : vidéo
(04:49).
■ Canada
: des dizaines de milliers de manifestants contre la fermeture
du Parlement
– Ils ont réclamé hier que les élus retournent siéger dans les plus
brefs
délais. Le chef du parti néo-démocrate, Jack Layton, a proposé
l'adoption d'une loi qui obligerait le premier ministre, quel qu'il
soit, à obtenir l'aval d'une majorité de députés avant d'agir
ainsi.
■ Les
citoyens étant désormais matés, le terrain était prêt à
accueillir le nouvel État -
(Suite tome
2 de
l'Étau Policier)
Que les trois gouvernement péquistes successifs aient renforcé les
moyens policiers, arguera-t-on, ce n'est pas un cas unique en
Occident, qui
est balayée par une montée de la droite politique et policière.
Indépendance ou pas, pouvoir politique, toutes bannières
confondues, et police font des gains.
La
Sûreté du Québec assurant le service de police dans de plus en
plus de municipalités, et ce corps policier relevant du
Gouvernement de la province de Québec,
existe le danger réel que ce dernier influe, à
l'insu des élus municipaux,
sur la façon dont leur territoire sont policées. Dans cette
optique, le
ministre québécois de la Sécurité publique,
peu importe encore une fois sa couleur politique, a de
plus en plus d'emprise
sur les citoyens de ces municipalités, et les élus de ces
dernières, de
moins en moins :
l'émergence de petits
potentats locaux et régionaux
-- préfets de MRC -- est tout aussi préoccupante.
Donc,
pas un cas isolé, le Québec, bien qu'il reste que le contexte
différait à cause du projet d'indépendance. Par leurs réformes,
les péquistes faisaient la démonstration de leur pouvoir. Un
avertissement subliminal que le Jour-1, les récalcitrants
devront éviter de brouiller l'eau. Ils les en préparaient
psychologiquement.
Par
les fusions municipale, les déracinaient, par la
régionalisation policière, étendaient l'emprise de la police
nationale sur eux, par l'implantation de la police communautaire
bidon, élevaient la notion de la loi et l'ordre à un niveau
jamais vu dans cette province. En quelque sorte, des
bouleversements dans leur vie stable, préparant les esprits au
cataclysme politique en devenir. Les citoyens étant désormais
matés, le terrain était prêt à accueillir le nouvel État.
Manifestement,
nous étions en présence d'une
volonté de puissance.
Pas celle du citoyen tentant de se réaliser globalement sans rien
imposer à ses semblables, mais celle d'un noyau
d'individus
détenant le pouvoir politique et multipliant les gestes pour
assujettir
la Société civile.
Plus le mensonge était gros, plus
la population y croyait.
Créer la confusion, démoraliser pour ensuite présenter un plan
permettant de redresser la situation. Le pouvoir comptait là-dessus
pour se donner une plus grande marge de manœuvre. Gouvernement
démocratique? (Suite
demain)
■ Une
harpie, cheveux courts,
bec pincé,
regard sévère et
plein de suspicion
-
(Suite tome
1
de l'Étau Policier) Dans
l'instant qui suit, une camionnette... rouge, couleur-message,
se pointe le nez dans la courbe passant devant le belvédère où je
suis assis sur une roche, et arrivant de la même direction que vient
tout juste de prendre la collabo. Elle s'est pointé dans un
silence intégral,
comme la collabo plus tôt.
L'homme
au volant me salue de la tête, une femme l'accompagne. En voilà
deux autres impliqués dans la
pseudo police communautaire.
Ils habitent la même maison que la patrouilleuse
en scooter,
dont j'ai parlé plus haut. La passagère de la camionnette tourne la
tête, s'étire le cou pour me regarder par la lunette arrière, puis
la tourne dans l'autre direction, et jette un œil sur un chalet,
situé à environ trois cents pieds en contrebas, sur le bord du Lac
Bouchette. Une
harpie qui espionne les citoyens,
avec son chauffeur attitré, cheveux courts,
bec pincé,
regard sévère
et plein de suspicion.
Le
molosse occupe mes pensées. Dans un fossé, je déniche une branche
cassée, l'émonde un peu, la place en travers des guidons, prêt à
m'en servir. Quand j'arrive dans son secteur, il est là, trône
au plein milieu du chemin, à environ 300 pieds du terrain de son
maître. Dès que j'apparais dans son champ de vision, il aboie trois
fois, toutefois sans trop de conviction. Il se permet néanmoins
quelques bonds dans ma direction, mais suis suffisamment loin pour
avoir le temps de grimper dans un arbre s'il décidait d'attaquer.
Que
faire? C'est le seul point de passage, autrement je devrai
reprendre mon itinéraire à l'inverse pour revenir chez moi, me
taper environ vingt kilomètres. Heureusement, une camionnette
arrive, je fais signe, explique au conducteur la situation, il
accepte de me prendre à bord avec le vélo, me fait franchir le no
men's land.
Lundi
22 octobre. Je rencontre, à son domicile, un conseiller
municipal, impliqué dans la répression clandestine. Lui
explique la problématique, incluant mon enquête sur la police en
civil, dis ne pas vouloir me plaindre à l'Hôtel de Ville, une
employée m'ayant informé qu'il faut composer le 911, que la
Sûreté du Québec est chargée de faire respecter ce
règlement. Il me coupe la parole : «Non, non, dit-il et
fait-il de la tête, c'est pas de même que ça marche». Il
prend son cellulaire, rejoint, je crois, le nouveau
secrétaire-trésorier de la municipalité, règle l'affaire en deux
minutes.
Le
lendemain, au
point de passage Sûreté du Québec,
pas de trace du molosse, seulement quatre personnes travaillant fort
à rassembler les feuilles mortes sur le terrain. Après une journée
de relâche à cause de la pluie, j'y repasserai de nouveau. Pas âme
qui vive, ni chien, et la cheminée ne fume plus. Les lieux sont
redevenus ce qu'ils sont la plupart du temps, inhabités.
(Suite
demain)
News du samedi 23 Janvier 2010
■ Canada
: aujourd'hui, une cinquantaine de manifs prévues contre la
fermeture du Parlement
– Le contexte : fin décembre dernier, le premier ministre
conservateur Stephen Harper ferme le Parlement jusqu'au 3 mars.
Habituellement, les travaux parlementaires reprennent environ trois
semaines après les fêtes de fin d'années. Cette année, on
s'attendait à ce que ce soit le lundi 25 janvier.
Les
partis d'opposition, qui représentent 165 députés contre 143 chez
les conservateurs d'Harper (total des députés : 308), ont décidé
quand même d'aller travailler au Parlement ce jour-là. Le chef du
parti libéral du Canada Michael Ignatieff
: "Nous
ne laisserons pas Stephen Harper paralyser les affaires du pays et
nous empêcher de faire le travail pour lequel nous avons été
élus".
D'autres textes sur radio-canada.ca
et canadienpress
(en français).
Quant
aux manifs, on parle d'une cinquantaine, elles se tiendront
aujourd'hui samedi à différent endroits au pays : voir la longue
liste sur facebook
pour savoir où. Par ailleurs, plus de 200 000 personnes auraient
déjà signé une pétition sur facebook
afin de protester contre la fermeture du Parlement : impossible de
vérifier ce chiffre.
■ Haïti
: dernier décompte, hier vendredi
– Selon les autorités haïtiennes,
le séisme a fait au moins 111 499 morts et 190 000 blessés.
■ La
détermination d'Obama de mettre au pas les banques produit déjà
des fruits
– Dans les milieux boursiers, en différents endroits dans le
monde, les fonds sont en train de fuir
les actifs à risques (toxiques) des banques qui sont à l'origine
des crises financière, économique et sociale.
Si
les banques et leurs groupes d'influence "veulent se battre, je
suis prêt", a déclaré Obama jeudi 21 janvier. Il veut
interdire à toute banque américaine collectant de l'épargne et des
dépôts de spéculer sur les marchés pour son propre compte, et de
limiter la taille des établissements en imposant une limite à leur
passif.
PS
:
Reste à voir jusqu'où il pourra aller. D'après ce qu'on lit sur le
web, ce ne sera pas facile. Est-ce que la majorité des Américains
le supporteront dans son combat? Étant atteints de plein fouet par
ces crises, on peut penser que oui. Poussons l'hypothèse plus loin :
des pays lui emboîteront-ils le pas? L'enjeu est énorme, il y va
de la stabilité économique mondiale. Un événement (inédit?) à
suivre de près.
■ L'indépendance
du Québec serait vécue comme un séisme politique de force majeure
- (Suite tome
2
de l'Étau Policier) D'abord
la toile de fond, incontournable. Personne ne poussera les hauts cris
si l'on dit que l'indépendance, dans l'hypothèse où elle se
concrétisait, ne
ferait pas le bonheur des fédéralistes québécois.
On ne parle pas ici de la simple séparation d'un homme et d'une
femme. Avec les années, le divorce s'est peu à peu intégré à
notre culture, on ne le vit plus comme un drame, ce n'est plus la fin
du monde.
Malgré
tout, il arrive encore que l'un des divorcés ou les deux soient à
couteaux tirés pendant des années. Il arrive même qu'un homme, s'y
refusant, attente à la vie de son ex-conjointe. Non, on parle ici de
la séparation d'avec un pays, le Canada, auquel des citoyens sont
attachés. Contrairement
au divorce,
aucun d'eux ne possède d'expérience en cette matière. C'est de
l'inédit. Le
sentiment d'appartenance à un pays
est hautement émotionnel.
Émettons
l'hypothèse qu'à l'issu d'un prochain référendum sur
l'indépendance du Québec le oui l'emporte par 51% des suffrages.
Cela signifierait que 49% des citoyens qui seraient allés aux urnes
auraient voté contre le projet péquiste. La démocratie,
c'est la démocratie, dira-t-on. Vrai.
Pas
moins vrai que si des citoyens, en bons démocrates qu'ils sont,
avaleraient leur défaite sans mot dire, d'autres ne
l'accepteraient pas aisément. Ils vivraient la victoire des
indépendantistes comme un séisme politique de force majeure.
En résulterait un climat où l'émotion serait à fleur de peau. La
charge émotive serait autrement plus intense que lors d'un
regroupement municipal par exemple, où le citoyen est dépossédé
d'une partie de son sentiment d'appartenance à une ville, un
village.
On
peut raisonnablement prédire que la
cohésion sociale ne serait plus du tout la même.
Des fédéralistes québécois nourriraient des rancunes, anodines ou
féroces, à l'encontre de parents, amis, voisins, de connaissances
reconnus comme indépendantistes. Des familles divisées, des amitiés
et des liens conviviaux rompus. Il s'écoulerait à tout le moins
quelques années avant que la situation se stabilise.
En
outre, une fois l'État nouveau né, il
serait difficile de faire marche arrière,
car là ce serait au tour d'indépendantistes de s'y opposer et créer
du désordre, peut-être même un peu plus. Il
saute aux yeux que les péquistes s'attendent à des troubles.
Alors ils préparent le terrain en conséquence. Mieux vaut prévenir
que guérir, n'est-ce-pas? Appelons ça de la prévention... dans ce
cas-ci pleinement justifiée.
Afin
de neutraliser les protestataires, ainsi que les agitateurs réels,
potentiels et imaginaires, obligation il y aurait donc, dans le pays
nouvellement né, d'imposer des
contrôles et nettoyages sociaux plus sévères,
par conséquent plus lourds. Nous savons désormais en quoi
consistent ces activités clandestines et illégales de la police en
civil et de ses collabos.
Un
job dont hériterait au premier chef la
police en civil de la Sûreté du Québec,
une «police
nationale»
renforcée par l'intégration obligée de corps policiers municipaux,
et de ce fait au territoire plus étendu. Simpliste de croire que la
«police
nationale»
limiterait ses activités souterraines aux territoires municipaux où
elle a juridiction.
De leur côté, les
corps policiers municipaux,
fusionnés de gré ou de force, avec l'obligation de faire appel à
celle-ci dans le cas de certaines enquêtes nécessitant une
expertise qu'ils ne possèdent pas, dès lors mieux pourvus en
effectifs et équipements, donc davantage instrumentalisés par
l'État du Québec, seraient également parés à faire face à la
situation.
Puisque
la cohésion au sein de la Société civile ne serait plus la même,
se pose la question : dans un Québec indépendant, l'Étau
policier glisserait-il graduellement vers l'État policier?
Sans oublier la suspension intempestive de certains droits conférés
par la constitution du Québec, devenu pays. Tout cela dépendrait
beaucoup de la vigilance de la Société civile. Mais
ce serait beaucoup lui demander
quand on sait que traditionnellement elle est plutôt soumise. Encore
faudrait-il qu'elle soit consciente du rôle souterrain de la police
en civil et de ses collabos, ce
qui est loin d'être évident.
De
nos jours, il est possible d'instaurer presque l'équivalent d'une
dictature sans
que la population ne s'en doute.
Reconnaissons tout de même que pendant quelques années, sinon plus,
le
climat ambiant serait particulièrement pesant.
Au Québec, c'est un sujet à la fois tabou
et méconnu
que fédéralistes et indépendantistes -- par ordre alphabétique --
n'abordent jamais, mais que, en raison du contexte, ils
ne peuvent plus éviter.
(Suite
demain)
■ Autre
guégerre souterraine de la Sûreté du Québec par chien interposé
- (Suite tome
1
de l'Étau Policier) Examinons
d'autres rencontres canines... Dix-neuf octobre 2001, Chemin de la
Montagne, là où le gravier succède à l'asphalte, un
chien noir
se faufile dans les hautes herbes. Je ne le vois pas au complet, mais
par contre je sais qu'il est gros et s'apprête à sortir du terrain
d'un chalet pour me rejoindre. Le
cri d'un femme le ramène à l'ordre,
cette fois-ci... Une autre petite guéguerre souterraine de la Sûreté
du Québec,
par chien interposé, s'amorce.
Le
lendemain, le chien part du fond du terrain pour se diriger
rapidement vers moi d'un pas souple, sans courir. Haute
sur pattes, la bête. Deux
hommes, l'un accroupi, examine le dessous du chalet, pendant que
l'autre, debout à ses côtés, l'observe. Je leur crie de surveiller
le chien. Bref
coup d'œil
dans ma direction de l'homme debout qui, au
lieu de l'appeler,
se détourne et concentre son attention sur ce que l'autre est en
train de faire.
S'écoulent
quelques secondes avant qu'il ne siffle et que le chien ne
s'immobilise. Dans l'intervalle, il
a eu le temps de se rendre jusqu'à moi,
à dix pieds, en plein milieu du chemin, me barrant le passage. Bête
impressionnante,
élancée, athlétique, oreilles taillées pointues, pas
agressive,
mais qui me toise pendant quelques secondes avant d'obéir à son
maître.
Dimanche
21 octobre, Chemin de la Montagne. Je croise l'une
des deux femmes de l'escouade cycliste citoyenne.
Un peu plus loin, je fais ma halte habituelle au belvédère, endroit
montagneux où je peux me remplir les yeux du panorama s'étendant à
mes pieds, et griller une cigarette. Sa
collègue surgit tout à coup,
ne l'ai pas entendue venir, elle grimpe la côte à pied, vélo à
son côté.
Je
redoute que le molosse me cause des difficultés, m'en confie à la
collabo, qui me dit le trouver «ben
tannant, ce chien-là».
L'a-t-elle vu quand elle est passée devant le chalet? Non, elle n'a
pas passé à cet endroit-là, elle vient d'un peu en aval, me
dit-elle, d'une maison bleue, blanche, verte. Vérification
faite,
aucune maison ou chalet n'est peint de ces couleurs dans le secteur.
Je
connais bien madame, elle demeure près de chez moi, dans la petite
rue débouchant sur la 155, en face de
l'ex-petite-maison-aux-écrans :
la conjointe du civil. Et le chalet où résident les proprios du
chien est un passage obligé. Bref, un mensonge
gros comme une maison.
Puis elle me lance, cette formulation typiquement policière :
«C'est
beau!»,
et part rejoindre sa copine. (Suite
demain)
News du vendredi 22 Janvier 2010
■ Canada
: l'origine de la déconfiture du groupe de presse Canwest
- Jean-Claude Leclerc,
prof de journalisme à l'Université de Montréal et chroniqueur au
Devoir, y voit une éclatante démonstration du conflit d'intérêts
structurel qui oppose, parfois, le droit des bailleurs de fonds et le
droit du public à l'information.
Car
cette déconfiture n'est pas seulement attribuable à la cupidité
des gens qui ont sapé leur indépendance intellectuelle et
financière. Ni même aux banquiers qui ont financé à coups de
milliards une concentration aussi peu solvable et contraire à
l’intérêt public. Les journaux de Canwest sont rentables. Ils
auraient même fait des profits enviables sans le coût démentiel
payé pour les acquérir.
Leclerc écrit que l'origine, on doit en
rechercher la cause dans la décision du gouvernement canadien de
laisser un réseau de télévision (tributaire de la faveur fédérale)
prendre le contrôle d’autant de journaux (censément indépendants
de l’Etat).
Les
banques impliquées dans l'affaire Canwest, souligne-t-il, font
croire que le changement de mains n'affectera pas le contenu des
publications offertes au public. La réalité est toute autre : le
groupe risque de passer entre celles ne connaissant rien en
journalisme. C’est ignorer aussi qu’au sein des autres grands
groupes de presse canadiens, Rogers, Quebecor ou Transcontinental, si
les profits sont encore au rendez-vous, on ne saurait en dire autant
du journalisme d’intérêt public.
PS
:
Lire dans mes news du mardi 19 janvier dernier, l'article titré
"Médias
traditionnels et contournement des sujets qui fâchent".
■ France
: l'Imam Hassen Chalghoumide
Drancy contre la burqua (le voile intégral)
– "Elle
n'a pas sa place en France, où les femmes votent depuis 1945".
L'Imam est d'accord pour l'interdire via une loi. Toutefois, il
préconise une approche pédagogique, ainsi qu'on a procédé avec
succès dans les écoles françaises en 2004.
Selon
lui, la burqua n'a aucun fondement dans l'Islam, ni dans le Coran.
Cette tradition très minoritaire renvoie à une idéologie qui
saborde la religion musulmane. "La
burqua est une prison pour les femmes, un outil de domination sexiste
et d'embrigadement islamiste. Elle est incompatible
avec la vie en société".
PS
: Début
d'un repositionnement idéologique au sein de l'Islam occidental? On
ne saurait dire. Cette déclaration vient tout de même s'ajouter au
décret religieux émis récemment par une vingtaine d'Imams
canadiens à l'encontre des extrémistes et terroristes islamistes
qui voudraient s'en prendre aux États-Unis ou au Canada : voir mes
news du dimanche
10 janvier dernier, manchette "Imams
canadiens : fatwa contre les extrémistes et terroristes".
Autre point non négligeable : les musulmans vivant en Occident
peuvent se permettre d'émettre des opinions pointues, ce qu'ils ne
pourraient faire dans leur pays d'origine.
■ Les
Québécois, des homards entrant dans une cage d'où ils ne pourront
plus sortir -
(Suite tome 2
de l'Étau Policier) Chaque
fois où des
nationalistes
(du temps de l'Union nationale) et des indépendantistes (du temps du
Parti québécois) ont gouverné le Québec, ils
ont posé des gestes
accentuant le caractère distinct de la province de Québec, et
considérablement plus les seconds que les premiers.
Car
les péquistes marchaient
au pas de charge vers l'indépendance,
les multipliaient, le plus souvent en utilisant l'euphémisme ou,
plus important, en
agissant en secret.
Que l'Assemblée législative du Québec porte le nom d'Assemblée
nationale
(Daniel
Johnson
de l'Union nationale, le père, pas le fils), est anodin en soit.
Idem que la Ville de Québec, à l'image d'Ottawa, ait désormais sa
Commission de la Capitale nationale
(Jacques
Parizeau
du Parti québécois).
Mais
qu'un gouvernement indépendantiste attribue
à la Sûreté du Québec des fonctions d'une police d'État,
la désigne sous le nom de «police
nationale»,
que son ministre de la Sécurité publique, Serge
Ménard,
en augmente les effectifs et étende son territoire, que, lors du
débat sur le projet de loi fédérale antigang C-24, il ait voulu
utiliser la clause dérogatoire de la Charte canadienne des droits et
libertés, etc... il
y a là suffisamment d'éléments pour s'interroger sérieusement.
Tout
cela avait-il commencé sous le gouvernement péquiste de Jacques
Parizeau?
Ce qui est vraisemblable, cela a pris de l'envergure sous son règne.
Difficile de ne pas penser à la cage
à homards...
Parlant de l'indépendance du Québec, au sein d'un cercle restreint,
il aurait, en quelque sorte, comparé
les Québécois à des homards
avançant vers la cage, d'où, une fois entrés, ils ne pourraient
plus sortir.
C'est
Parizeau
qui
avait nommé pour la première fois Serge
Ménard
à la tête du ministère de la Sécurité publique. Au sommet de la
pyramide hiérarchique du gouvernement péquiste, Ménard devait être
considéré comme
l'homme de la situation
puisqu'il avait effectué par la suite deux retours à ce ministère :
l'un sous le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard, l'autre sous
celui de Bernard Landry. Quand Ménard était au volant de ce
ministère, on l'a vu, |