News du dimanche 31 Janvier 2010

  Le désir d'être connue Vidéo (03:27), un extrait du film "Women are heroes" : d'autres extraits du film ici.

  Suspension des vols en direction des USA pour les grands blessés haïtiens – Les États, ainsi la Floride qui en a accueillis 526 jusqu'à présent, ferment la porte à d'autres en raison des coûts hospitaliers très élevés. L'ambassadeur américain à Haïti Kenneth Merten assure que le problème sera réglé. Autre point : le dilemme est politique aussi, les États-Unis ayant déjà bien du mal à soigner leurs propres malades, signale-t-on.

Dans un hôpital de campagne établi à l'aéroport de Port-au-Prince, Betina Joseph, une enfant de 5 ans affectée par le tétanos, attendait d'être évacuée samedi. "Si on ne peut pas la sauver en l'évacuant immédiatement, on ne la sauvera pas", affirmait son chirurgien David Pitcher.

PS : Sur les 190 000 blessés dénombrés, combien ne peuvent être traités en Haïti? Chose certaine, aucun état américain est en mesure de répondre à la demande. Cela étant, les autres pays occidentaux devraient se les partager.

  Gravel : "le respect de la vie privée est un des éléments de base des libertés individuelles" - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) Suivons pas à pas les réactions du pouvoir fédéral libéral à la suite des révélations sur sa mégabanque contenant jusqu'à 2 000 renseignements sur chaque canadien. Le premier ministre Jean Chrétien et sa ministre du DRHC, Jane Stewart, soutiennent que les Canadiens n'ont rien à craindre, que «les renseignements sont codés et aucun nom ne circule».

Un porte-parole de son ministère, Daniel Lavoie, précise que la mégabanque ne sert qu'à mener des recherches. La ministre Stewart déclare que la Gendarmerie royale du Canada et le Service canadien du renseignement de sécurité du Canada (SCRS) «n'avaient pas un accès direct» à la mégabanque, mais «s'ilsfaisaient une demande d'information, ils devraient (sic : verbe conjugué au conditionnel) avoir en main un mandat de la cour».

Pour sa part, la conseillère juridique du Commissariat à la protection de la vie privée, Me Martine Nantel, soutient que la loi canadienne «ne les y oblige pas», il leur suffit de formuler leur demande par écrit. Quant au ministre du Revenu, Martin Cauchon, et le solliciteur général, Lawrence MacAuley, le patron de toutes les polices au pays, ils donnent des réponses floues sur ces questions. Toutefois, la ministre de la Justice, Anne McLellan, admet... qu'il faudra revoir la loi pour l'adapter à l'ère informatique.

Commentant les propos du commissaire Phillips, Pierre Gravel, éditorialiste de La Presse, fait le constat suivant (Pierre Gravel -- La Presse du 18 mai 2000) : «Ceux qui croyaient encore pouvoir mener leur petite existence tranquille à l'abri de toute indiscrétion en seront quittes pour leurs illusions.» L'éditorialiste parle «d'un Big Brother auquel il est devenu pratiquement impossible de cacher quoi que ce soit(...) de la nécessité de reconnaître que le respect de la vie privée est un des éléments de base des libertés individuelles.

«D'où cette exigence absolue, propose-t-il, de fixer au plus tôt des paramètres précis à l'intérieur desquels toutes les ressources de la technologie demeureront un instrument au service des personnes. Et non un projecteur à la disposition des autorités pour cibler tel ou tel individu sans même être tenu de l'informer de la surveillance ou de la curiosité dont il est l'objet. (...)

«Pour encadrer cette propension administrative à l'accumulation automatique de toutes les données disponibles, il s'impose que tous les gouvernements adoptent un code de conduite. (...) Sans oublier, l'assurance absolue que tout citoyen pourra, à sa demande, être informé rapidement et sans tracasseries inutiles de la nature exacte et complète de toutes les informations qu'on détient sur lui.» (Suite demain)

  Je décide de faire savoir au petit commerçant à la retraite que je sais qu'il est un collabo - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Je décide alors de leur faire savoir que je connais leur petit truc du chien renifleur. Environ une semaine après, lorsque j'aborde Snowbird dans le même secteur, lui signale que des civils de la Sûreté du Québec utilise des chiens renifleurs, en explique brièvement le modus operendi, sans toutefois préciser que j'en ai été l'objet ni mentionner le nom de la civile et du commerçant à la retraite.

Va-t-il répéter mon propos à ce dernier, qui est l'un de ses voisins? Le cas échéant, le déclic se fera dans sa tête, se dira : "Martel était donc conscient de ce que je faisais!" Oui, il le lui dira, car celui-ci changera d'attitude à mon endroit. Pour être bien certain de mon affaire j'adopterai deux tactiques.

La première. Il est de l'autre côté de la rue, et, sans dire un mot ni même le saluer, je lui adresse un long sourire complice, bouche grand ouverte, pour bien lui faire sentir que je sais et ne lui en tiens pas rigueur. Cet homme, qui pourtant m'a toujours apparu sévère et réservé, me gratifie alors du premier sourire depuis que je le connais. Un large, insistant, épanoui, un peu plus il se plierait en deux et se taperait la cuisse. Il savait que j'étais au courant.

Deuxième tactique. Cette fois, elle consiste à ne pas le regarder, ni le saluer. Là, il change du tout au tout, je le sens inquiet. À une autre occasion, il marche avec sa conjointe. Il a le visage défait, a vraiment l'air atterré, démoli. Ne l'ai jamais vu dans un tel état. Il doit craindre que je propage l'info dans le village. Heureusement, il retombe assez rapidement sur ses pieds car les semaines suivantes, je le sens agressif, cherchant à m'impressionner, ce qu'il n'avait jamais fait auparavant. (Suite demain)

News du samedi 30 Janvier 2010

  Montréal : forum contre violence policière et impunité – Issu d'une initiative de plusieurs militants et militantes pour la justice, il a débuté hier vendredi, au Centre communautaire de Parc-Extention (419, rue St-Roch, métro Parc), et prendra fin dimanche 31. Le forum vise à créer un espace d'expression, un partage d'expériences et une stratégie de lutte pour un monde sans violence policière : vidéo thème du forum (02:40).

Sur le site du forum, où d'autres infos sur l'événement sont disponibles, on cite une déclaration d'Yves Francoeur, alors qu'il était président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal : "Notre boulot, à la police, c'est la répression. Nous n'avons pas besoin d'un agent sociocommunautaire comme directeur, mais d'un général. Après tout, la police est un organisme paramilitaire, ne l'oublions pas".

  Le Canada détenait 2 000 éléments de renseignements sur chaque individu - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) Examinons un autre cas concrets, mais n'impliquant pas la police. En mai 2000, le Commissaire canadien à la protection de la vie privée, Bruce Phillips, dans son rapport annuel déposé à la Chambre des communes d'Ottawa, nous apprenait l'existence, au sein du ministère du Développement des ressources humaines du Canada (DRHC), d'une mégabanque informatisée. (Vincent Marissal, Paul Roy et Gilles Toupin -- La Presse des 17, 18, 19, 20 et 24 mai 2000)

Elle contenait des renseignements puisés, rapportait La Presse, à partir des déclarations de revenus, de la prestation fiscale pour enfants, des dossiers d'immigrants, des dossiers provinciaux du bien-être social, du programme de formation, des dossiers de l'assurance emploi, des relevés d'emploi. Renseignements aussi sur la scolarité, l'état civil, la langue, l'origine ethnique, le statut de citoyenneté, l'incapacité, les antécédents professionnels, et bien d'autres sources encore.

Le nombre et le détail des renseignements sur chaque individu sont aussi impressionnants qu'illimités, précisait le commissaire Phillips. Il estimait que la mégabanque contenait jusqu'à 2 000 éléments de renseignements sur chaque individu, et s'étalant sur vingt ans, soit 33 millions de dossiers sur autant de Canadiens, vivants ou décédés. Le DRHC envisageait même de ratisser encore plus large en récupérant des renseignements personnels à la Sécurité de la vieillesse, au Régime de pension du Canada, au Programmes des prêts aux étudiants et dans les filières provinciales de l'aide sociale.

Commissaire Phillips : «Cela me rend mal à l'aise de savoir que le gouvernement possède autant d'informations sur les Canadiens sans leur dire pourquoi on les recueille. (...) Les uns après les autres, les commissaires à la protection de la vie privée ont rassuré les Canadiens en leur disant que le gouvernement ne disposait d'aucun dossier unique sur eux. Nous avions tort, avouait-il avec franchise. (...) Les Canadiens devraient savoir pourquoi leurs renseignements sont recueillis, à quoi ils serviront, combien de temps ils seront conservés et à qui ils seront communiqués. (...)

«Je ne veux pas que les gens pensent qu'un agent du gouvernement les espionne par le trou de la serrure. Mais qu'ils comprennent que, à cause des ordinateurs, nous sommes dans une nouvelle ère, où il est possible de prendre un peu d'information sur chacun de nous dans différentes sources, de tous les mettre ensemble et de tracer un portrait très détaillé.» Il insistait sur le fait qu'il n'avait aucune preuve que des fonctionnaires avaient utilisé frauduleusement les renseignements du fichier, «Mais, on n'est jamais à l'abri d'un fonctionnaire mal intentionné», ajoutait-il. (Suite demain)

  Collabos écornifleurs et chiens renifleurs - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Sur la 155, se trouve un îlot de trois maisons. J'y ai remarqué, une dizaine de fois, une femme et un homme qui prenaient place dans une balançoire sur la galerie de la première maison. Plusieurs autos étaient parfois stationnées sur le côté. Dès le début, j'ai soupçonné ces gens de surveiller les véhicules circulant sur la 155.

Un après-midi, alors que j'arrive dans le secteur, la femme, m'apercevant, prend son cellulaire -- le vieux modèle beige, donc prêté par la Sûreté du Québec --, le colle à l'oreille. Fait-elle un appel, ou en simule-t-elle un, pour informer la police de mon passage? À une autre occasion, j'entend une femme, invisible derrière la moustiquaire de la porte, répéter deux fois à son chien, à voix basse : «Attaques...non!» Encore un autre à la carrure athlétique. Il est assis sur la pelouse devant la galerie, me zieute, ne semble pas intéressé à ma cheville.

Les anecdotes canines abondent. Retenons en deux dernières, elles tranchent sur toutes les autres. Vous savez désormais qu'il y a des citoyens écornifleurs, dont de petits commerçants, des livreurs et des vendeurs itinérants itou! Mais saviez-vous que la police en civil utilise des chiens... renifleurs, sans même que les reniflés ne s'en rendent compte?

Septembre 2001, Chemin du Barrage, je marche à côté de mon vélo de montagne. Me proviennent d'une couple de centaine de pieds plus loin en avant des éclats de rires et cris de femmes. Ne les vois pas, des broussailles m'en empêchent. Quand je suis sur le point d'arriver à leur hauteur, elles en sortent, comme par hasard, et se dirigent vers moi.

Trois femmes accompagnées d'un chien. Je les reconnais. Deux travaillent chez un dépanneur, l'équivalent d'un mini poste de police : une civile et une collabo, qui cohabite avec un homme, également collabo. La troisième, sans doute une collabo aussi, a déjà travaillé comme cuisinière au Centre Vacances Nature.

La civile s'arrête à une dizaine de pieds, en plein milieu du chemin, pieds écartés, mains sur les hanches, menton relevé, l'attitude de celle cherchant à vous impressionner. Elle avance, se place de l'autre côté du vélo, nous entamons une conversation décousue. Son chien arrive, va l'y rejoindre.

Elle l'empoigne par l'encolure et dirige sa tête vers le sac sport accroché aux guidons de mon vélo où j'enfourne un petit lunch, des cigarettes et ma caméra jetable. Le chien y dépose son museau. De ses deux mains, elle frotte vigoureusement son encolure. Quelques mots encore et le trio s'en va. Je viens d'être contrôlé par un chien renifleur. Si j'avais eu de la drogue dans mon sac, il aurait réagi et j'étais fait. Le trio ne sait pas que je sais.

Un membre de la petite élite marchande du village, aujourd'hui à sa retraite, participe activement à la prévention, je veux dire sur le terrain... Fort probablement Chevalier de Colomb, puisque je l'ai déjà vu effectuer de petits travaux de réparation sur un mur extérieur de l'église du village. Même été 2001, Chemin de la Montagne. Il s'en vient dans ma direction, sur l'autre versant de la chaussée. Comme d'habitude son gros chien l'accompagne. Je vais l'y rejoindre. Pendant que nous discutons de choses et d'autres, j'assiste au même scénario que plus haut.

Seule différence, il ne contrôlera pas le sac fixé à mes guidons -- parce que ayant déjà été contrôlé? -- mais celui que je porte à la taille, contre le ventre, et contenant les disquettes de ce livre. Il est sous mon imper jaune dont j'ai remonté la fermeture éclaire, donc invisible. Le collabo sait qu'il est là, dessous, autrement il n'aurait pas pris la tête son gros toutou et en diriger le museau en plein dessus. S'ensuivent des frictions énergiques à l'encolure. Résultat négatif : pas de drogue, pas de réaction du chien.

Un autre collabo à l'épaisse chevelure blanche s'amène, c'est Snowbird. Il s'arrête, s'assied sur ses talons devant le chien, frotte vigoureusement... son encolure, tout en me jetant un oeil, sans dire un mot. Il savait ce qui s'était passé l'instant d'avant. Son petit scénario visait à me transmettre subliminalement le message que c'est une démonstration d'affection à l'endroit d'un animal, rien d'autre. (Suite demain)

News du vendredi 29 Janvier 2010

■  Méli-Mélo À bout de souffle ; des manifestants dans la rue, aujourd'hui, alors que Tony Blair tentait de justifier, devant la commission d'enquête britannique, qu'il avait eu raison d'attaquer l'Irak avec Bush ; un candidat à une élection sonne à la porte ; mauvais moment pour mourir martyre, revenez plus tard ; négociation d'une opération ; grippe porcine chez les musulmanes ; le doigt d'honneur.

  Canada : premier ministre Harper, un cordonnier mal chaussé? – Hier jeudi, au Forum économique mondial, à Davos, Suisse, Harper a demandé aux pays riches de se préoccuper de la santé des mères et nouveau-nés des pays pauvres.

Réaction des chefs inuits du Canada : ils ont dit espérer pouvoir bénéficier de la même aide. Dans le nord canadien, la mortalité infantile est quatre fois supérieure à la moyenne nationale et le taux de maladies respiratoires chez les enfants parmi les plus élevés de la planète.

  Wall Street 2, money never sleeps "Greed (cupidité) is Good"... Un film d'Olivier Stone, qui va bientôt sortir en salle : bande annonce (01:35). C'est une suite de son premier Wall Street, produit en 1987 : bande annonce (01:26). Michael Douglas joue un rôle dans les deux.

Synopsis : alors que l'économie est sur le bord de la catastrophe, un jeune trader de Wall Street (Chia LaBeouf) s'associe à l'ancien et déshonoré trader Gordon Gekko (Michael Douglas) pour en alerter la communauté financière. Compte tenu des crises que nous connaissons actuellement, difficile de trouver meilleur momentum pour un film du genre.

  Après la faillite des banques, faut-il craindre la faillite des États? - La question est abordée sur France Culture. Deux journalistes spécialisés pour en débattre : Philippe Frémeaux, directeur de la rédaction d'Alternatives économiques (site web), et François Lenglet, rédacteur en chef de La Tribune, quotidien boursier, économique et financier (site web).

Lenglet... Il existe un petit sursaut de croissance. Cependant, il subsiste dans le système économique mondiale beaucoup de dettes, beaucoup d'incertitude. Et fondamentalement, toutes les causes qui expliquaient les grandes causes de la crise financière, elles sont encore actives. Une crise structurel met de 15 à 20 ans à se développer et il en faut autant pour la régler. Une affaire d'une génération. En 2010, on va avoir un apaisement, mais la problématique sera encore là.

Frémeaux... une reprise à niveau bas. L'économie a chuté de manière importante, mais elle a arrêté de baisser à ce niveau bas. Ce qui veut dire que l'emploi va continuer de baisser pendant 2010. On constate que les problèmes ne sont pas réglés : crainte d'une guerre des monnaies, il y a des menaces encore sur les finances des banques, on voit bien que la montée de l'endettement des pays pour faire face à la chute de la demande, ça commence à causer des problèmes.

Qu'est-ce que ça veut dire quant on dit qu'un pays est en faillite? La Grèce est en faillite, l'Espagne va suivre, le Mexique ne va pas bien, la Lettonie non plus... Frémeaux : Il ne faut pas utiliser des mots trop forts. Calmer le jeu, dire qu'aucun État n'est en faillite : vidéo (15:39) + article de Sanda Moatti, qui fait le constat que la dette publique s'annonce déjà comme un héritage durable de la crise. Elle a explosé dans presque tous les pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE : situation des 30 pays membres), à la mesure de la violence de la récession.

  Mégabanque policière et liste de tout ce qu'on sait de vous - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) Traitant des bases de données des mégabanques, Laperrière et Patenaude écrivaient «qu'elles permettent d'accumuler une quantité considérable de renseignements sur les citoyens, de les diffuser et de les utiliser de façon à réduire sensiblement leur vie privée, en y enregistrant les moindres détails de leur existence et en les comparant pour établir un double informationnel des individus, en même temps qu'un immense réseau de surveillance et de contrôle social».

Enquêtes sur l'identité des personnes (race, sexe, filiation et adoption, image), leurs choix existentiels (vie maritale, orientation sexuelle, avortement et contraception, éducation des enfants), leurs appartenances et opinions (politiques, religieuses, syndicales), leur état de santé, leur situation socio-économique (travail, logement, crédit), leurs antécédents (judiciaires, professionnels ou autres) et même leurs habitudes de vie (consommation, drogue), leurs fréquentations et leurs faits et gestes. Le tout afin de repérer, sélectionner, comparer à des profils et avantager ou pénaliser les intéressés. Les auteurs mettaient la police au premier banc des accusés.

Ils complétaient ce tableau en ajoutant une info troublante : la puissance des ordinateurs et l'instantanéité des communications «en temps réel» laissent croire à leur infaillibilité. C'est-à-dire?

Que l'individu cherchant à se défendre contre une erreur introduite dans le système ou à en dénoncer le fonctionnement sera complètement disqualifié, jusqu'à en perdre son identité au profit de la «vérité» fabriquée par l'ordinateur, et de voir attaquer son jugement et sa conscience par des arguments scientifiques, techniques et organisationnels qu'on lui opposera comme incontestables. (Suite demain)

  Ma caméra inquiète mes agresseurs - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Dans le petit village policier, j'ai découvert un tas de petits secrets des civils de la Sûreté du Québec et de leurs collabos. Exemples. Au cours de ma randonnée à vélo, quand sur mon passage des chiens me jappent après, que quelques portes claquent, que certains, dissimulés derrière leur maison, frappent un bon coup sur du métal, ce sont là des signes évidents que l'underground policier n'a pas du tout digéré les propos que j'ai tenus, ou l'attitude adoptée, la veille ou l'avant-veille.

En ai même vu un, un peu en retrait dans l'entrée de sa cour, faire rugir sa tronçonneuse, l'extrémité de l'engin pointé dans ma direction. Sa conjointe, à ses côtés, elle aussi une collabo, avait enfilé son capuchon pour cacher son visage : trop tard, madame, j'ai eu le temps de vous identifier.

Chaque fois que je pars en randonnée, je m'imagine les voir et les entendre quand je passe devant leur résidence. Le ou la groupie de la police téléphonant à un ou une autre groupie pour l'informer qu'il vient tout juste de me voir à sa fenêtre, de me surveiller à la sienne où je devrais passer dans quelques minutes : selon moi, la police, cachottière comme je la connais, ne les a sûrement pas informés-es de la présence des caméras extérieures. Bien sûr ce n'est quand même pas tout le village à la fenêtre, ils sont tout au plus une trentaine environ, incluant des petits commerçants et de leurs employés.

Illustrons. Été 2001, rue Principale, je dévale une pente. Au moment pile où j'arrive devant une maison, la porte s'ouvre brusquement, un très gros chien beige, à la gueule proportionnelle, surgit tout à coup sur la galerie fermée et se met à japper après moi, semble vouloir en enjamber le garde-fou. Je sursaute, pense, inquiet, qu'il va se lancer à ma poursuite. Ne le voyant pas derrière, je m'immobilise plus bas, rebrousse chemin, prudemment, et vois une femme le faire entrer. Bien synchronisé.

En octobre, c'est un boxer qui en sort. Dans l'embrasure de la porte, j'entrevois quelque chose que je n'arrive pas à distinguer. L'intérieur de la maison est sombre. Est-ce l'œil bien rond et noir d'un adulte qui me fixe ou... la gueule d'un fusil qu'on pointe dans ma direction? M'arrête un peu plus loin, le chien est déjà en bordure de la rue, ne semble pas agressif, ne jappe pas. «Deux, ça suffit!», que je me dis. Le lendemain, je prends des photos, de l'autre versant de la rue. Ç'a été la fin de cette forme d'intimidation : ma caméra inquiète mes agresseurs. (Suite demain)

News du jeudi 28 Janvier 2010

  Méli-Mélo – La femme qu'on aime ; regard dissimulé ; les femmes sont comme nous ; chercher l'oiseau ; autre recherche ; G8 vs Gfaim ; ça, ça fait mal ; savoir s'orienter.

  Comment définir une société juste? - Amartya Sen amorce une réponse à cette question dans le livre qu'il vient de publier chez Flammarion : "L'Idée de justice". Il mise sur le pluralisme pour combattre les inégalités. Accroître les revenus mais aussi renforcer le pouvoir des individus de choisir eux-mêmes la vie qu'ils aspirent mener. C'est ainsi qu'une personne devient concrètement libre. Le point de départ de la justice consiste à s'intéresser d'abord aux petites choses de la vie réelle qui nous apparaissent comme étant des injustices : vidéo (09:41).

Sen n'est pas un nouveau venu. En 1998, il a été le récipiendaire du Prix Nobel d'économie. Une reconnaissance de la valeur de sa théorie du choix social et de son approche économique du bien-être. Lui et son ami pakistanais Mahbug ul Haq ont mis au point l'indice de développement humain (IDH) afin dévaluer les pays en développement : santé, éducation et niveau de vie. Une façon innovatrice d'ajouter de l'humain à la magie des chiffres du Produit intérieur brut (PIB).

  40e Forum économique mondial de Davos (suite) – Il a débuté le 27 et prendra fin le 31 janvier. Quatre sites à visiter pour se tenir au courant, tous en anglais : le site permanent du forum, le forum en direct, le forumblog et YouTube (aujourd'hui, le premier ministre conservateur du Canada, Stephen Harper, a pris la parole - 30:23).

Attention, un faux site a été mis en ligne, sa page d'accueil est identique à celle du site officiel : une blague des Yes Men. Un trait d'union dans l'adresse web permet de différencier le faux (http://www.we-forum.org/en/index.shtml) du vrai (http://www.weforum.org/en/index.htm). Le nouvelobs.com a publié un article à ce sujet.

  Civils et collabos font tout pour que le citoyen libre ne sente pas bien dans l'espace public - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) Afin de savoir de quoi on parle, signalons quelques exemples bien concrets, vécus lors de mon enquête effectuée à Lac Bouchette de juillet 1999 à juin 2003. Ils illustrent bien quelque unes de ces circonstances où un collabo fait la cueillette d'un renseignement et le transmet ensuite à la police, et l'utilisation que celle-ci peut en faire.

Je demeure dans le petit village policier de Lac Bouchette. Une fois par mois, je me rendais à Roberval, située à une quarantaine de kilomètres, y effectuer des achats et visiter de la parenté. Comme je n'ai pas de véhicule, j'utilisais entre autres les services d'un chauffeur de taxi clandestin du village, Chevalier de Colomb de son état. Pas chérant, le gars : il se contentait de moins du tiers du prix qu'exige un taxi possédant un permis.

Lorsque je l'informais que tel jour, à telle heure, je devais me rendre au Carrefour Jeannois -- un centre commercial de Roberval -- ou que j'avais rendez-vous avec tel dentiste ou tel oculiste, il en informait la Sûreté du Québec. Elle disposait ainsi de tout le temps nécessaire pour me préparer de petites déstabilisations sympas, mettre au parfum le proprio ou un employé des établissement où je devais aller. L'accueil y était moins convivial, et j'y étais la cible d'entourloupettes.

Au magasin, le système antivol retentissait à mon entrée et à ma sortie ; à la clinique, pendant qu'on me détartrait les dents, l'eau me coulait dans le cou ; chez l'oculiste, on me remettait un étui trop petit pour les lunettes que je venais d'acheter.

Dans une cafétéria, où j'allais à l'occasion, il arrivait, entre autres faits, que la serveuse dépose négligemment sur le comptoir, le visage teinté de mépris, un smokemeat froid, dur comme une semelle de bottes et pas mangeable. À une autre occasion, l'une des employées criait à sa consoeur, qui était dans la cuisine : «Y as-tu vu la face?», alors que j'étais le seul au comptoir.

Tout faire pour que le citoyen, refusant d'entrer dans le moule de la pseudo police communautaire, ne se sente pas bien dans la société. Voilà ce qu'on appelle notamment du renseignement. La police s'en sert pour imposer son emprise psychologique sur chacun des citoyens.

C'est de cette façon qu'elle et ses collabos implantent les stéréotypes au sein de la société et contribuent à la destruction du tissu social. Les cas cités sont insignifiants, bien que significatifs, mais ce n'est qu'un prélude à ce qui va suivre... (Suite demain)

  En colère, le civil me somme d'arrêter, accélère le pas visiblement pour s'en prendre à moi - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Deux jours après, la Sûreté du Québec remet ça. L'action se déroule sur la 155, devant cette maison où habite le chien qui parfois me pourchasse.

Sur la pelouse, à cent pieds de la route, un homme pratique son golf. Je me dis qu'il va se tenir tranquille, son maître est là. Ben non, ça recommence. Fâché, je lui crie de surveiller son «maudit de chien». «Hein?» M'arrête, le lui répète, puis je dépose mon vélo sur l'accotement et lance quelques pierres à la bête.

Le jour suivant, l'homme vient à peine de descendre de sa camionnette, près de la maison, que le chien s'élance dans ma direction. Lui crie de le rappeler, semble n'avoir pas compris. Environ 400 pieds nous séparent, et, pendant qu'il marche vers moi, je m'arrête et lance des roches à l'animal. En colère, il me somme d'arrêter, accélère le pas visiblement pour s'en prendre à moi.

Je ne bouge pas, lui fais même signe de la main de s'en venir. La situation est si ridicule que je doute qu'il passe à l'acte, s'il est le moindrement intelligent. Quand il arrive, il chasse la bête, qui est à cinq pieds, menaçante, m'exhibant ses canines. Je tente de lui expliquer la situation, il ne veut rien savoir et s'en retourne.

Peu après, il utilisera un autre scénario, celui du maître sortant de la maison et du chien qui en profite pour se faufiler et courir vers moi. En raison de la distance nous séparant, j'aurai amplement le temps d'embrayer à une vitesse supérieure et m'éloigner rapidement des lieux. Autre tentative d'agression peu après.

Cependant, ce jour-là, j'ai trouvé une parade pour m'en prémunir. Au lieu de rouler dos au trafic, je roule sur l'autre versant de la route. Là, ce ne sera plus moi qui risquerai d'être frappé par un véhicule, mais son chien si jamais il décide de venir m'y rejoindre.

Au loin, je vois monsieur sortir de la maison, tenant quelque chose à la main. Voilà une autre apparition dans le paysage suffisamment synchro pour ne pas penser à la présence de caméras cachées. J'entends le bruit d'un petit moteur. Un coupe-herbe! Alors que le ciel, grisâtre d'un horizon à l'autre, est à l'orage et qu'une petite pluie fine tombe déjà.

J'examine attentivement les lieux, pas de chien. J'ignore qu'il est dissimulé dans les joncs, en bordure de la route, et attend mon arrivée pour bondir. Cependant, il n'ira pas loin, n'osera pas la traverser. (Suite demain)

News du mercredi 27 Janvier 2010

  L'été du plein air – Se reposer de l'hiver. Sport extrême : descentes assistées de quelques chutes coulant à la verticale. On peut pas agrandir l'écran. Je vous y envoie aussi à cause de la musique, nerveuse. On sent l'adrénaline circuler dans notre tuyauterie. Ça m'a plu.

  Main mise du président français Sarkozy sur l'info? - Dans son rapport de 2009, Reporters sans frontières constate avec inquiétude que la situation se dégrade année après année : texte. En résumé : tentions entre la presse et les autorités de la République, pressions accrues sur les journalistes afin qu'ils révèlent leurs sources, réforme de l'audiovisuel public.

De la 11e place sur 139 pays en 2002 avec une note de 3,25 (Canada 5e - 0,75), la France est passée à la 43e sur 175 pays en 2009 avec une note de 10,67 (Canada 19e – 3,70). Signalons que le classement mondial de la liberté de la presse est établi chaque année par Reporters sans frontières, grâce aux centaines de journalistes et experts des médias qui ont répondu à son questionnaire : voir la carte mondiale de la liberté de la presse.

  Sarkozy veut moraliser le système financier mondial – Son intervention a été remarquée, aujourd'hui mercredi, alors qu'il inaugurait le 40e Forum économique mondial tenu à Davos, Suisse. Pour tout dire, il est d'accord avec la réforme proposée par Obama.

La crise que nous traversons, a-t-il dit en substance, n'est pas une crise du capitalisme : vidéo (34:19) + texte dumonde.fr. C'est une crise de sa dénaturation. Ce système a toujours été inséparable de valeurs, d'un projet de civilisation, d'une certaine idée de l'homme. Le capitalisme purement financier est une dérive qui bafoue ses valeurs. Mais l'anti-capitalisme est une impasse pire encore. Nous sauverons le capitalisme de marché en le moralisant.

PS : Les citoyens doivent suivre à la piste tout ce que les grands de ce monde feront pour améliorer le système financier mondiale. L'enjeu : construire un monde meilleur.

  L'Europe est gelée, tremble et claque des dents – Tendez l'oreille, vous allez les entendre. Si ça continue comme ça, Inuits, père noël, rênes et ours polaires vont migrer sur ce continent. À Lac Bouchette, petit village policier de la province de Québec, il a plu, une partie de la neige a fondu.

On croise les doigts en espérant que palmiers et bananiers vont bientôt pousser et les nanas circuler en bikini sur la rue Principale. En ajoutant notamment des casinos, boîtes de nuit, bordels, restos et du néon, Lac Bouchette deviendra le Las Vegas du nord.

L'afflux de touristes, ce sera l'occasion d'autres bonnes affaires pour les moines de l'Ermitage-Saint-Antoine, la seule boîte qui marche en ce moment. En faisant abstraction des civils de la Sûreté du Québec, qui sont littéralement débordés. Il y a tellement de criminels dans ce village de... 1 300 habitants.

  Des écrivains haïtiens racontent ce qu'ils ont vécu - Dany La ferrière : "Tout bouge autour de moi". James Noël : "Nous ne sommes pas à notre première fin du monde en Haïti". Louis-Philippe Dalembert : Port-au-Prince, ou l'odeur de la mort".

  Les collabos de la police contribuent à décupler la présence de Big Brother et Big Sister - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) En 1994, René Laperrière, du Département des sciences juridiques de l'Université du Québec à Montréal, et Pierre Patenaude, de la Faculté de droit de l'Université de Sherbrooke, s'inquiétaient que les nouvelles technologies de l'information décuplent la présence de Big Brother dans notre vie de tous les jours. (Traité des problèmes sociaux -- Institut québécois de recherche sur la culture -- Ouvrage collectif sous la direction de Fernand Dumont, Simon Langlois et Yves Martin, 1 164 pages, 1994)

Ils faisaient le constat que, les années précédentes, la question de la protection de la vie privée avaient pris beaucoup d'importance, en raison notamment de la mise au point de techniques de surveillance très raffinées et de l'extension considérable des technologies de l'information.

Propos tenus en... 1994. Depuis, on sait le développement exponentiel que celles-ci ont connu. La situation est par conséquent beaucoup plus préoccupante en ce début du troisième millénaire. Illustrons la en jetant un rapide coup d'oeil au déploiement de ce monde de l'ombre et du secret.

D'abord, les technologies de surveillance : caméra -- la plupart du temps cachée, ou ayant la forme d'un autre objet --, micro, écoute téléphonique et balayeur d'ondes, etc. Ensuite le dispositif "humain" d'espionnage : policiers et policières en civil, agents et agentes en civil à l'emploi des agences de sécurité privée, citoyens collabos de la police pseudo communautaire : des dirigeants de petites, moyennes et grandes entreprises -- coiffeurs-ses, petits épiciers et dépanneurs sont les pires, parce que plus près du citoyen-client --, des vendeurs et livreurs de biens et services à domicile, des concierges, des chauffeurs de taxi, des employés d'organismes gouvernementaux et paragouvernementaux, plusieurs organismes sans but lucratif, etc.

Où vont tous ces renseignements recueillis sur le terrain? Dans des ordinateurs équipés de logiciels super performants, plus précisément dans les mégabanques informatisées de la police. On peut y accumuler des quantités phénoménales de renseignements sur chaque citoyen, rendant possible la constitution de bases de données multifonctionnelles. De fait, le dispositif "humain" joue deux rôles : la cueillette des renseignements et la répression sur le terrain à partir de ces renseignements. On sait maintenant en quoi consiste les activités clandestines illégales des civils, et les atteintes aux droits qu'elles impliquent.

Les collabos de la police, qui y participent, l'ignorent sans doute mais ce qu'ils font d'abord et surtout, c'est du renseignement. Ils contribuent ainsi à décupler la présence de Big Brother et de Big Sister au sein de la Société civile. Dans le Québec semi-rural et rural, parce que moins populeux et plus homogène, la situation est plus grave qu'en milieu fortement urbanisé. Dans ces milieux, on peut parler d'État Policier et non d'Étau Policier. (Suite demain)

  Lac Bouchette : un conseiller municipal, et il n'est pas le seul, impliqué jusqu'aux oreilles dans la répression clandestine illégale des citoyens - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Entre-temps, début septembre, Route de l'Écluse, suis la cible d'une autre tentative d'intimidation, cette fois de la part d'une civile. Elle a reculé sa camionnette bleue métallique, flambant neuve, dans l'entrée d'une vieille maison en rénovation. Elle est accroupie dans une petite remorque rouge, s'affairant à je ne sais quoi.

Au moment où j'arrive, l'entends dire «wa» -- signal d'attaque? --, aussitôt un gros chien noir, vraiment impressionnant, que je n'avais pas vu, surgit de l'arrière du véhicule en grognant et bondit dans ma direction. Pendant une fraction de seconde, je me dis que cette fois, ça y est, je vais y goûter. Mais il ne va pas loin, une laisse l'immobilise d'un coup sec, le cabre sur ses pattes arrières.

Lendemain, la camionnette bleue est stationnée le long de la façade de la maison. Sur le chemin du retour, madame est debout derrière la petite remorque, attachant un tissu... rouge à l'un des vieux madriers qui en débordent. M'arrête, le temps d'une photo. J'applique ici la technique d'Hirigoyen, dont j'ai parlé plus haut, et consistant à faire savoir à mes agresseurs que je ne les laisserai pas faire. (Marie-France Hirigoyen -- Le harcèlement moral -- Éditions Syros)

Un peu plus loin, autre arrêt, car je présume qu'elle s'apprête à partir et va probablement emprunter la même route pavée. La voilà qui arrive, deux autres photos : de madame au volant, souriante, et de la plaque d'immatriculation.

À l'épicerie du village, je constate qu'on n'a pas apprécié. Un conseiller municipal, impliqué jusqu'aux oreilles dans la répression policière souterraine et illégale à l'encontre de citoyens du village, me salue d'un petit «bonjour monsieur», salutation sèche, formulée le bec arrondi et tout plissé : les citoyens votant pour lui ne le savent probablement pas... Habituellement, il me tutoie, mais là il veut me signifier sa désapprobation. (Suite demain)

News du mardi 26 Janvier 2010

  Ce n'est pas dieu qui importune les mécréants, ce sont les religions ! - J'emprunte la formulation à Christian Delarue, militant altermondialiste et animateur du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP). Aujourd'hui, dans un article publié sur agoravox.fr, il aborde la problématique.

Constat : il y a plusieurs religions donc plusieurs "Dieux" avec autant de récits de validation de la croyance. Chacune pose voire impose sa vision du monde aux société civile et politique. D'où l'importance de la laïcité pour brider le pouvoir des religions. À défaut, sa tendance naturelle est d'occuper tout le terrain.

Delarue cite Jean-Paul Sartre : "Pour aimer les hommes, il faut haïr ce qui les opprime". Et la religion même non intégriste peut et doit être critiquée en ce sens. La réaction critique n’est pas dirigée fondamentalement contre un groupe d’hommes, précise-t-il, mais contre les mécanismes de l’oppression. Cependant, l’exercice n’est pas toujours aisé.

Le sacré peut et doit être désacralisé et rabaissé pour qu’il ne soit pas imposé aux humains. Les humains statufiés doivent aussi être mis à niveau. C'est ici qu'entre en jeu ce qu'il appelle "l'équilibration des contraires". La tolérance réciproque s’oppose à la tolérance unilatérale où une partie agit et l’autre partie supporte.

  Un "hit hot", comme on dit sur le web – Laurent Garnier : PayTV (03:48).

  Antiterrorisme : le recours aux détentions secrètes perdure à travers le monde – Le démontre une enquête effectuée notamment par Martin Scheinin, rapporteur spécial des Nations-Unies pour la promotion et la protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste.

Un rapport, que les experts présenteront au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies en mars prochain, conclut que "la détention secrète est de manière irréconciliable une violation de la législation internationale en matière de droits de l'homme, y compris dans les situations d'urgence et les conflits armés". Elle met la personne qui en est victime hors du cadre légal.

  Mauvais lundi pour certains – Hier, le nouveau pdg de la Caisse de dépôt et placement (bas de laine des Québécois), Michael Sabia, a annoncé, après une perte de 40 milliards$ en 2008 due à la crise financière, un réalignement des investissements. Ce même jour, on apprenait que la Caisse avait dépensé plus de 100 000$ en deux ans pour des partys de Noël et presque 4 millions$ en indemnités de départ à de hauts dirigeants, dont certains congédiés lors de l'arrivée de Sabia : reportage radio (01:56) de Radio-Canada.

Ce même lundi, la ministre canadienne des Pêches et des Océans, Gail Shea, a prononcé un discours à Burlington en Ontario. Une femme, assise devant elle dans la première rangée, s'est levé et collé au visage une tarte garnie de crème au tofu : vidéo (00:20). Pendant qu'on l'encerclait, elle eu le temps de dire à la ministre qu'elle devrait avoir honte d'appuyer la chasse aux phoques.

  Charest, Gauthier et Delisle savaient-il ce qui se passait dans le sous-sol de la démocratie? - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) Au sujet de ce scrutin du 14 avril 2003... La veille, Jean Charest, chef du parti libéral du Québec, déclare que le gouvernement (péquiste) intervient trop dans la vie des citoyens. Le lendemain soir, les libéraux remplacent les péquistes au pouvoir.

En juin, dans son discours d'ouverture de la trente-septième Législature, au Parlement de Québec, le nouveau premier ministre Charest fait une déclaration pour le moins surprenante (Journal des débats de l'Assemblée nationale, 4 juin 2003, Vol. 38 no 1).

«Le respect des citoyens et de la démocratie est une autre préoccupation qui transcende les grands dossiers, qui imprégnera l'ensemble de nos décisions. La démocratie, faut-il le rappeler, n'est pas une option de notre véhicule collectif. Ce n'est pas un toit ouvrant dont on se sert lorsqu'il fait beau et que l'on ferme lorsqu'il pleut. Nous respecterons la démocratie beau temps, mauvais temps. (...) Nous allons faire de notre démocratie (...) l'une des plus avant-gardiste du monde.» Il annonce un projet global de réforme des institutions démocratiques. «Les Québécois seront plus prospères, plus libres (sic). (...) Cet État croira dans la primauté des libertés individuelles (resic).»

Les jours suivants, des interventions de membres du gouvernement Charest, à l'Assemblée nationale, étonneront tout autant. Benoît Gauthier, ministre libéral des Relations intergouvernementales et aux Affaires autochtones, expliquant la philosophie libérale, parlera de «préserver les libertés individuelles». (Journal des débats de l'Assemblée nationale, 5 juin 2003, Vol. 38 no 2) 

Sa collègue, Margaret F. Delisle, whip adjointe du gouvernement, plus incisive, dénoncera le gouvernement péquiste précédent, son «autoritarisme à outrance», son «interventionnisme démesurée dans toutes les facettes (sic) de la vie quotidienne des citoyens et citoyennes (...) comme si le gouvernement (lui) appartenait, comme si le Québec (lui) appartenait, comme si les structures (lui) appartenaient.» (Journal des débats de l'Assemblée nationale, 6 juin 2003, Vol. 38 no 3)

De mémoire de journaliste, du jamais vu. Charest, Gauthier et Delisle savaient-il ce qui se passait dans le sous-sol de la démocratie? Leurs déclarations, parmi d'autres, portent à le penser. Seul le temps dira si ce gouvernement libéral respectera son engagement. (Suite demain)

  Le chien hargneux du civil de la-petite-maison-aux-écrans - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Circuler à vélo sur la route régionale 155 exige plus de prudence que sur la rue Principale du village ou un chemin forestier. À surveiller surtout les gros camions tirant deux remorques d'une vingtaine de roues chacune et transportant des troncs d'arbres destinés aux scieries.

À l'été 2002, un chien de grosseur moyenne, particulièrement hargneux, s'est lancé à quelques occasions à ma poursuite, près de l'intersection de la Route de l'Écluse. Rusé, il jappe seulement quand il n'est plus qu'à quelques pieds de ma cheville. Je sursaute, donne un coup de guidon vers le centre de la route pour éviter la morsure. C'est instinctif, pas le temps de penser au véhicule qui s'en vient peut-être derrière moi. Éminemment dangereux.

Après sa première agression, je m'en méfiais, gardais un œil vers la maison de ses maîtres, située à environ 500 pieds de la route, vérifiais s'il n'avait pas entrepris de traverser la grande pelouse, ventre à terre, pour venir m'attaquer. Cependant, les semaines s'écoulent sans récidive, ma vigilance s'assoupit jusqu'au jour où il me surprend de nouveau, je crampe ma roue, le réalise l'instant d'après, suis en beau maudit. Heureusement, aucun véhicule derrière.

La fois suivante, une camionnette, venant en sens inverse, me précède de peu, emprunte l'entrée jusqu'à la maison, au fin fond du terrain, s'y stationne sur le côté, et son conducteur n'est pas sitôt descendu que le chien se rue dans ma direction. J'ai la conviction que l'homme l'a incité à m'attaquer : le même civil de la petite-maison-aux-écrans. S'en suit une accalmie de quelques jours. (Suite demain)

News du lundi 25 Janvier 2010

  Faut absolument que vous regardiez ça – Un singe et un chien sont devenus de vrais amis : vidéo (03:58). Tous deux ont atteint un niveau d'intimité incroyable. J'en reviens pas comme c'est drôle!

  "Hope for Haïti Now" – Le téléthon organisé par George Clooney a rapporté vendredi 58 millions$. Sans compter la vente actuellement de l'album sur iTunes (faites un don, téléchargez gratuitement le logiciel en français, ouvrez un compte et achetez le).

Il regroupe les très nombreux artistes ayant participé à ce spectacle de 24 heures diffusé sur MTV, NBC, CBS, ABC et CNN : Jay-Z, Bono de U2 (vidéo - 04:25), Taylor Swift, The Edge Strabded (Haïti Mon Amour), Justin Timberlake, Matt Morris, etc. L'argent amassé sera distribué à des organismes sans but lucratif, tels le Programme alimentaire mondial de l'ONU, la Croix-Rouge, l'Unicef, etc.

  Pendant 57 mois, les Québécois ont eu des premiers ministres péquistes non élus à ce poste - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) Sous le titre "Pour une meilleure démocratie", le journaliste Vincent Marissal de La Presse écrit, le 23 novembre 2002, qu'on a tendance parfois à oublier que Bernard Landry n'a pas été élu premier ministre du Québec. Il a pris la place de Lucien Bouchard, qui avait lui-même assuré la relève de Jacques Parizeau dans le mandat précédent (NDLR : Sans avoir été également élu à ce poste).

Le journaliste s'est livré à un petit calcul révélateur. Le Parti québécois est au pouvoir depuis septembre 1994, soit 101 mois (ce 23 novembre 2002). Sur ces 101 mois, Lucien Bouchard a été premier ministre désigné (NDLR : ... c'est-à-dire nommé par le Parti québécois, mais pas élu premier ministre.) pendant 32 mois ; Bernard Landry (ce mois de novembre 2002) était désigné depuis 20 mois. C'est donc dire que les deux gouvernements du Parti québécois ont eu un premier ministre désigné 52 mois sur 101 mois de pouvoir.

Sans oublier que le gouvernement péquiste a remporté les élections en 1998 avec moins de votes que l'opposition officielle. (NDLR : Selon l'éditorialiste André Pratte de La Presse, les péquistes ont obtenu à peine plus de 40% du vote populaire aux élections de 1994 et 1998.) (André Pratte -- La Presse du 17 août 2004) «Ça ne fait pas des mandats forts», constate le journaliste Marissal.

Les élections générales se dérouleront le 14 avril 2003, près de cinq mois après son article : voilà d'autres mois à additionner. Ce qui n'a pas empêché ces gouvernements péquistes successifs de bulldozer sans vergogne la Société civile. (Suite demain)

  Des coups de feu me suivent sur un bon kilomètre - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Peu après, dans cette même partie boisée du Chemin de la Montagne, un VTT arrive derrière moi. Son conducteur ralentit, un civil de la Sûreté du Québec que je reconnais sous son casque protecteur. Il m'avertit de ne pas faire le saut, que son chien s'en vient derrière : «C'est pour la chasse aux canards», me crie-t-il, avant d'accélérer et disparaître dans une courbe.

Dans les secondes qui suivent, un beau labrador noir arrive au grand galop, à la poursuite de son maître. Ces chiens sont doux, n'en ai pas peur, d'autant que son attitude n'est pas agressive. Je crois l'épisode clos, n'y pense plus. Mais le vois revenir sur ses pas, ventre à terre encore. Cinq minutes s'écoulent, puis c'est encore lui, langue pendante, commence à être un peu essoufflé.

À la sortie d'une courbe, je l'aperçois, il marche au pas, nez au sol, va et vient d'un bord à l'autre du chemin, s'avance un peu dans la forêt, en ressort, avant de repartir de plus belle, cette fois dans ma direction. Ensuite, c'est le VTT, le civil s'informe si j'ai vu son chien, lui indique qu'il est à environ un quart de kilomètre plus haut, il me remercie et roule l'y rejoindre.

Au belvédère, je m'assieds pour griller une cigarette. Vroum, vroum, le VTT et le flic aux guidons! Salutations d'usages. Le chien ne l'accompagne pas. Et quand j'arrive à la hauteur de son chalet, le prétendu chasseur de canards scie du bois à la tronçonneuse.

Depuis le printemps 2001, je passe à cet endroit une vingtaine fois par mois et, immanquablement, monsieur se manifeste sur son terrain, effectuant de petits travaux ou sortant par hasard de son chalet, parfois me regarde, parfois me salue de la main, mais ne lui réponds pas : autant de coïncidences supposent la présence de caméras. Provocation policière, rien d'autre. Les autres proprios de chalet, je les vois rarement, mais pas lui, il est quasiment toujours là quand je passe.

Chasse aux canards, disait-il. Me reviens à la mémoire deux événements survenus moins d'un mois plus tôt. Sur le Chemin du Barrage qui sillonne la forêt, trois coups de feu suivis d'environ 3 autres de moindres calibres m'accompagnent sur un bon kilomètre. Ils proviennent probablement d'une voie parallèle, pas loin de là. À l'intersection du Chemin de la Montagne, tiens une civile de la Sûreté du Québec s'adonne à la marche rapide, semble-t-il. Brève conversation, et chacun poursuit son chemin. Un autre bang résonne tout près... Oups !

Le surlendemain, même chemin, deux chasseurs sur un VTT, le passager a déposé son arme en travers de ses cuisses, la gueule du canon pointé dans ma direction, à la hauteur des jambes. L'homme cache son visage, la tête tournée dans la direction opposée, est agrippé aux épaules du conducteur comme si le véhicule roulait à plein régime, alors que, au contraire, il se déplace au pas. Les deux occupants scrutent la forêt, à la recherche de... perdrix. Au cours de la même période quelqu'un m'y avait doublé au volant d'une voiture. Sa plaque d'immatriculation commençait par "210 ABA...". Une plaque-message, comme les autres qu'il m'arrive de voir. (Suite demain)

News du dimanche 24 Janvier 2010

  Images, musique -Tout est bon. Les instruments classiques prennent de l'âge avec l'arrivée de la techno, qui n'arrête pas de créer de nouveaux sons.

  Haïti chérie – L'écrivain québécois Dany Laferrière (07:42) était dans son pays d'origine lors du séisme qui a fait plus de 200 000 morts et 190 000 blessés. Le 21 janvier, Bazzo-tv l'a invité pour parler du présent et de l'avenir de son île. Cette tragédie l'a manifestement marqué. Écoutez aussi la chanson "Haïti chérie, Haïti brisée" (02:04).

  Dépaysement – Écoutez une musique différente, rythmée, accompagnée de photos de l'Inde. Asha Bhosle et Michael Stipe : The Way You Dream (08:20).

  Coloc Strip – Weekend aérien, lundi lourd : vidéo (04:49).

  Canada : des dizaines de milliers de manifestants contre la fermeture du Parlement – Ils ont réclamé hier que les élus retournent siéger dans les plus brefs délais. Le chef du parti néo-démocrate, Jack Layton, a proposé l'adoption d'une loi qui obligerait le premier ministre, quel qu'il soit, à obtenir l'aval d'une majorité de députés avant d'agir ainsi.

  Les citoyens étant désormais matés, le terrain était prêt à accueillir le nouvel État - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) Que les trois gouvernement péquistes successifs aient renforcé les moyens policiers, arguera-t-on, ce n'est pas un cas unique en Occident, qui est balayée par une montée de la droite politique et policière. Indépendance ou pas, pouvoir politique, toutes bannières confondues, et police font des gains.

La Sûreté du Québec assurant le service de police dans de plus en plus de municipalités, et ce corps policier relevant du Gouvernement de la province de Québec, existe le danger réel que ce dernier influe, à l'insu des élus municipaux, sur la façon dont leur territoire sont policées. Dans cette optique, le ministre québécois de la Sécurité publique, peu importe encore une fois sa couleur politique, a de plus en plus d'emprise sur les citoyens de ces municipalités, et les élus de ces dernières, de moins en moins : l'émergence de petits potentats locaux et régionaux -- préfets de MRC -- est tout aussi préoccupante.

Donc, pas un cas isolé, le Québec, bien qu'il reste que le contexte différait à cause du projet d'indépendance. Par leurs réformes, les péquistes faisaient la démonstration de leur pouvoir. Un avertissement subliminal que le Jour-1, les récalcitrants devront éviter de brouiller l'eau. Ils les en préparaient psychologiquement.

Par les fusions municipale, les déracinaient, par la régionalisation policière, étendaient l'emprise de la police nationale sur eux, par l'implantation de la police communautaire bidon, élevaient la notion de la loi et l'ordre à un niveau jamais vu dans cette province. En quelque sorte, des bouleversements dans leur vie stable, préparant les esprits au cataclysme politique en devenir. Les citoyens étant désormais matés, le terrain était prêt à accueillir le nouvel État.

Manifestement, nous étions en présence d'une volonté de puissance. Pas celle du citoyen tentant de se réaliser globalement sans rien imposer à ses semblables, mais celle d'un noyau d'individus détenant le pouvoir politique et multipliant les gestes pour assujettir la Société civile. Plus le mensonge était gros, plus la population y croyait. Créer la confusion, démoraliser pour ensuite présenter un plan permettant de redresser la situation. Le pouvoir comptait là-dessus pour se donner une plus grande marge de manœuvre. Gouvernement démocratique? (Suite demain)

  Une harpie, cheveux courts, bec pincé, regard sévère et plein de suspicion - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Dans l'instant qui suit, une camionnette... rouge, couleur-message, se pointe le nez dans la courbe passant devant le belvédère où je suis assis sur une roche, et arrivant de la même direction que vient tout juste de prendre la collabo. Elle s'est pointé dans un silence intégral, comme la collabo plus tôt.

L'homme au volant me salue de la tête, une femme l'accompagne. En voilà deux autres impliqués dans la pseudo police communautaire. Ils habitent la même maison que la patrouilleuse en scooter, dont j'ai parlé plus haut. La passagère de la camionnette tourne la tête, s'étire le cou pour me regarder par la lunette arrière, puis la tourne dans l'autre direction, et jette un œil sur un chalet, situé à environ trois cents pieds en contrebas, sur le bord du Lac Bouchette. Une harpie qui espionne les citoyens, avec son chauffeur attitré, cheveux courts, bec pincé, regard sévère et plein de suspicion.

Le molosse occupe mes pensées. Dans un fossé, je déniche une branche cassée, l'émonde un peu, la place en travers des guidons, prêt à m'en servir. Quand j'arrive dans son secteur, il est là, trône au plein milieu du chemin, à environ 300 pieds du terrain de son maître. Dès que j'apparais dans son champ de vision, il aboie trois fois, toutefois sans trop de conviction. Il se permet néanmoins quelques bonds dans ma direction, mais suis suffisamment loin pour avoir le temps de grimper dans un arbre s'il décidait d'attaquer.

Que faire? C'est le seul point de passage, autrement je devrai reprendre mon itinéraire à l'inverse pour revenir chez moi, me taper environ vingt kilomètres. Heureusement, une camionnette arrive, je fais signe, explique au conducteur la situation, il accepte de me prendre à bord avec le vélo, me fait franchir le no men's land.

Lundi 22 octobre. Je rencontre, à son domicile, un conseiller municipal, impliqué dans la répression clandestine. Lui explique la problématique, incluant mon enquête sur la police en civil, dis ne pas vouloir me plaindre à l'Hôtel de Ville, une employée m'ayant informé qu'il faut composer le 911, que la Sûreté du Québec est chargée de faire respecter ce règlement. Il me coupe la parole : «Non, non, dit-il et fait-il de la tête, c'est pas de même que ça marche». Il prend son cellulaire, rejoint, je crois, le nouveau secrétaire-trésorier de la municipalité, règle l'affaire en deux minutes.

Le lendemain, au point de passage Sûreté du Québec, pas de trace du molosse, seulement quatre personnes travaillant fort à rassembler les feuilles mortes sur le terrain. Après une journée de relâche à cause de la pluie, j'y repasserai de nouveau. Pas âme qui vive, ni chien, et la cheminée ne fume plus. Les lieux sont redevenus ce qu'ils sont la plupart du temps, inhabités. (Suite demain)

News du samedi 23 Janvier 2010

  Canada : aujourd'hui, une cinquantaine de manifs prévues contre la fermeture du Parlement – Le contexte : fin décembre dernier, le premier ministre conservateur Stephen Harper ferme le Parlement jusqu'au 3 mars. Habituellement, les travaux parlementaires reprennent environ trois semaines après les fêtes de fin d'années. Cette année, on s'attendait à ce que ce soit le lundi 25 janvier.

Les partis d'opposition, qui représentent 165 députés contre 143 chez les conservateurs d'Harper (total des députés : 308), ont décidé quand même d'aller travailler au Parlement ce jour-là. Le chef du parti libéral du Canada Michael Ignatieff : "Nous ne laisserons pas Stephen Harper paralyser les affaires du pays et nous empêcher de faire le travail pour lequel nous avons été élus". D'autres textes sur radio-canada.ca et canadienpress (en français).

Quant aux manifs, on parle d'une cinquantaine, elles se tiendront aujourd'hui samedi à différent endroits au pays : voir la longue liste sur facebook pour savoir où. Par ailleurs, plus de 200 000 personnes auraient déjà signé une pétition sur facebook afin de protester contre la fermeture du Parlement : impossible de vérifier ce chiffre.

  Haïti : dernier décompte, hier vendredi – Selon les autorités haïtiennes, le séisme a fait au moins 111 499 morts et 190 000 blessés.

  La détermination d'Obama de mettre au pas les banques produit déjà des fruits – Dans les milieux boursiers, en différents endroits dans le monde, les fonds sont en train de fuir les actifs à risques (toxiques) des banques qui sont à l'origine des crises financière, économique et sociale.

Si les banques et leurs groupes d'influence "veulent se battre, je suis prêt", a déclaré Obama jeudi 21 janvier. Il veut interdire à toute banque américaine collectant de l'épargne et des dépôts de spéculer sur les marchés pour son propre compte, et de limiter la taille des établissements en imposant une limite à leur passif.

PS : Reste à voir jusqu'où il pourra aller. D'après ce qu'on lit sur le web, ce ne sera pas facile. Est-ce que la majorité des Américains le supporteront dans son combat? Étant atteints de plein fouet par ces crises, on peut penser que oui. Poussons l'hypothèse plus loin : des pays lui emboîteront-ils le pas? L'enjeu est énorme, il y va de la stabilité économique mondiale. Un événement (inédit?) à suivre de près.

  L'indépendance du Québec serait vécue comme un séisme politique de force majeure - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) D'abord la toile de fond, incontournable. Personne ne poussera les hauts cris si l'on dit que l'indépendance, dans l'hypothèse où elle se concrétisait, ne ferait pas le bonheur des fédéralistes québécois. On ne parle pas ici de la simple séparation d'un homme et d'une femme. Avec les années, le divorce s'est peu à peu intégré à notre culture, on ne le vit plus comme un drame, ce n'est plus la fin du monde.

Malgré tout, il arrive encore que l'un des divorcés ou les deux soient à couteaux tirés pendant des années. Il arrive même qu'un homme, s'y refusant, attente à la vie de son ex-conjointe. Non, on parle ici de la séparation d'avec un pays, le Canada, auquel des citoyens sont attachés. Contrairement au divorce, aucun d'eux ne possède d'expérience en cette matière. C'est de l'inédit. Le sentiment d'appartenance à un pays est hautement émotionnel.

Émettons l'hypothèse qu'à l'issu d'un prochain référendum sur l'indépendance du Québec le oui l'emporte par 51% des suffrages. Cela signifierait que 49% des citoyens qui seraient allés aux urnes auraient voté contre le projet péquiste. La démocratie, c'est la démocratie, dira-t-on. Vrai.

Pas moins vrai que si des citoyens, en bons démocrates qu'ils sont, avaleraient leur défaite sans mot dire, d'autres ne l'accepteraient pas aisément. Ils vivraient la victoire des indépendantistes comme un séisme politique de force majeure. En résulterait un climat où l'émotion serait à fleur de peau. La charge émotive serait autrement plus intense que lors d'un regroupement municipal par exemple, où le citoyen est dépossédé d'une partie de son sentiment d'appartenance à une ville, un village.

On peut raisonnablement prédire que la cohésion sociale ne serait plus du tout la même. Des fédéralistes québécois nourriraient des rancunes, anodines ou féroces, à l'encontre de parents, amis, voisins, de connaissances reconnus comme indépendantistes. Des familles divisées, des amitiés et des liens conviviaux rompus. Il s'écoulerait à tout le moins quelques années avant que la situation se stabilise.

En outre, une fois l'État nouveau né, il serait difficile de faire marche arrière, car là ce serait au tour d'indépendantistes de s'y opposer et créer du désordre, peut-être même un peu plus. Il saute aux yeux que les péquistes s'attendent à des troubles. Alors ils préparent le terrain en conséquence. Mieux vaut prévenir que guérir, n'est-ce-pas? Appelons ça de la prévention... dans ce cas-ci pleinement justifiée.

Afin de neutraliser les protestataires, ainsi que les agitateurs réels, potentiels et imaginaires, obligation il y aurait donc, dans le pays nouvellement né, d'imposer des contrôles et nettoyages sociaux plus sévères, par conséquent plus lourds. Nous savons désormais en quoi consistent ces activités clandestines et illégales de la police en civil et de ses collabos.

Un job dont hériterait au premier chef la police en civil de la Sûreté du Québec, une «police nationale» renforcée par l'intégration obligée de corps policiers municipaux, et de ce fait au territoire plus étendu. Simpliste de croire que la «police nationale» limiterait ses activités souterraines aux territoires municipaux où elle a juridiction.

De leur côté, les corps policiers municipaux, fusionnés de gré ou de force, avec l'obligation de faire appel à celle-ci dans le cas de certaines enquêtes nécessitant une expertise qu'ils ne possèdent pas, dès lors mieux pourvus en effectifs et équipements, donc davantage instrumentalisés par l'État du Québec, seraient également parés à faire face à la situation.

Puisque la cohésion au sein de la Société civile ne serait plus la même, se pose la question : dans un Québec indépendant, l'Étau policier glisserait-il graduellement vers l'État policier? Sans oublier la suspension intempestive de certains droits conférés par la constitution du Québec, devenu pays. Tout cela dépendrait beaucoup de la vigilance de la Société civile. Mais ce serait beaucoup lui demander quand on sait que traditionnellement elle est plutôt soumise. Encore faudrait-il qu'elle soit consciente du rôle souterrain de la police en civil et de ses collabos, ce qui est loin d'être évident.

De nos jours, il est possible d'instaurer presque l'équivalent d'une dictature sans que la population ne s'en doute. Reconnaissons tout de même que pendant quelques années, sinon plus, le climat ambiant serait particulièrement pesant. Au Québec, c'est un sujet à la fois tabou et méconnu que fédéralistes et indépendantistes -- par ordre alphabétique -- n'abordent jamais, mais que, en raison du contexte, ils ne peuvent plus éviter. (Suite demain)

  Autre guégerre souterraine de la Sûreté du Québec par chien interposé - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Examinons d'autres rencontres canines... Dix-neuf octobre 2001, Chemin de la Montagne, là où le gravier succède à l'asphalte, un chien noir se faufile dans les hautes herbes. Je ne le vois pas au complet, mais par contre je sais qu'il est gros et s'apprête à sortir du terrain d'un chalet pour me rejoindre. Le cri d'un femme le ramène à l'ordre, cette fois-ci... Une autre petite guéguerre souterraine de la Sûreté du Québec, par chien interposé, s'amorce.

Le lendemain, le chien part du fond du terrain pour se diriger rapidement vers moi d'un pas souple, sans courir. Haute sur pattes, la bête. Deux hommes, l'un accroupi, examine le dessous du chalet, pendant que l'autre, debout à ses côtés, l'observe. Je leur crie de surveiller le chien. Bref coup d'œil dans ma direction de l'homme debout qui, au lieu de l'appeler, se détourne et concentre son attention sur ce que l'autre est en train de faire.

S'écoulent quelques secondes avant qu'il ne siffle et que le chien ne s'immobilise. Dans l'intervalle, il a eu le temps de se rendre jusqu'à moi, à dix pieds, en plein milieu du chemin, me barrant le passage. Bête impressionnante, élancée, athlétique, oreilles taillées pointues, pas agressive, mais qui me toise pendant quelques secondes avant d'obéir à son maître.

Dimanche 21 octobre, Chemin de la Montagne. Je croise l'une des deux femmes de l'escouade cycliste citoyenne. Un peu plus loin, je fais ma halte habituelle au belvédère, endroit montagneux où je peux me remplir les yeux du panorama s'étendant à mes pieds, et griller une cigarette. Sa collègue surgit tout à coup, ne l'ai pas entendue venir, elle grimpe la côte à pied, vélo à son côté.

Je redoute que le molosse me cause des difficultés, m'en confie à la collabo, qui me dit le trouver «ben tannant, ce chien-là». L'a-t-elle vu quand elle est passée devant le chalet? Non, elle n'a pas passé à cet endroit-là, elle vient d'un peu en aval, me dit-elle, d'une maison bleue, blanche, verte. Vérification faite, aucune maison ou chalet n'est peint de ces couleurs dans le secteur.

Je connais bien madame, elle demeure près de chez moi, dans la petite rue débouchant sur la 155, en face de l'ex-petite-maison-aux-écrans : la conjointe du civil. Et le chalet où résident les proprios du chien est un passage obligé. Bref, un mensonge gros comme une maison. Puis elle me lance, cette formulation typiquement policière : «C'est beau!», et part rejoindre sa copine. (Suite demain)

News du vendredi 22 Janvier 2010

  Canada : l'origine de la déconfiture du groupe de presse Canwest - Jean-Claude Leclerc, prof de journalisme à l'Université de Montréal et chroniqueur au Devoir, y voit une éclatante démonstration du conflit d'intérêts structurel qui oppose, parfois, le droit des bailleurs de fonds et le droit du public à l'information.

Car cette déconfiture n'est pas seulement attribuable à la cupidité des gens qui ont sapé leur indépendance intellectuelle et financière. Ni même aux banquiers qui ont financé à coups de milliards une concentration aussi peu solvable et contraire à l’intérêt public. Les journaux de Canwest sont rentables. Ils auraient même fait des profits enviables sans le coût démentiel payé pour les acquérir.

Leclerc écrit que l'origine, on doit en rechercher la cause dans la décision du gouvernement canadien de laisser un réseau de télévision (tributaire de la faveur fédérale) prendre le contrôle d’autant de journaux (censément indépendants de l’Etat).

Les banques impliquées dans l'affaire Canwest, souligne-t-il, font croire que le changement de mains n'affectera pas le contenu des publications offertes au public. La réalité est toute autre : le groupe risque de passer entre celles ne connaissant rien en journalisme. C’est ignorer aussi qu’au sein des autres grands groupes de presse canadiens, Rogers, Quebecor ou Transcontinental, si les profits sont encore au rendez-vous, on ne saurait en dire autant du journalisme d’intérêt public.

PS : Lire dans mes news du mardi 19 janvier dernier, l'article titré "Médias traditionnels et contournement des sujets qui fâchent".

  France : l'Imam Hassen Chalghoumide Drancy contre la burqua (le voile intégral)"Elle n'a pas sa place en France, où les femmes votent depuis 1945". L'Imam est d'accord pour l'interdire via une loi. Toutefois, il préconise une approche pédagogique, ainsi qu'on a procédé avec succès dans les écoles françaises en 2004.

Selon lui, la burqua n'a aucun fondement dans l'Islam, ni dans le Coran. Cette tradition très minoritaire renvoie à une idéologie qui saborde la religion musulmane. "La burqua est une prison pour les femmes, un outil de domination sexiste et d'embrigadement islamiste. Elle est incompatible avec la vie en société".

PS : Début d'un repositionnement idéologique au sein de l'Islam occidental? On ne saurait dire. Cette déclaration vient tout de même s'ajouter au décret religieux émis récemment par une vingtaine d'Imams canadiens à l'encontre des extrémistes et terroristes islamistes qui voudraient s'en prendre aux États-Unis ou au Canada : voir mes news du dimanche 10 janvier dernier, manchette "Imams canadiens : fatwa contre les extrémistes et terroristes". Autre point non négligeable : les musulmans vivant en Occident peuvent se permettre d'émettre des opinions pointues, ce qu'ils ne pourraient faire dans leur pays d'origine.

  Les Québécois, des homards entrant dans une cage d'où ils ne pourront plus sortir - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) Chaque fois où des nationalistes (du temps de l'Union nationale) et des indépendantistes (du temps du Parti québécois) ont gouverné le Québec, ils ont posé des gestes accentuant le caractère distinct de la province de Québec, et considérablement plus les seconds que les premiers.

Car les péquistes marchaient au pas de charge vers l'indépendance, les multipliaient, le plus souvent en utilisant l'euphémisme ou, plus important, en agissant en secret. Que l'Assemblée législative du Québec porte le nom d'Assemblée nationale (Daniel Johnson de l'Union nationale, le père, pas le fils), est anodin en soit. Idem que la Ville de Québec, à l'image d'Ottawa, ait désormais sa Commission de la Capitale nationale (Jacques Parizeau du Parti québécois).

Mais qu'un gouvernement indépendantiste attribue à la Sûreté du Québec des fonctions d'une police d'État, la désigne sous le nom de «police nationale», que son ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard, en augmente les effectifs et étende son territoire, que, lors du débat sur le projet de loi fédérale antigang C-24, il ait voulu utiliser la clause dérogatoire de la Charte canadienne des droits et libertés, etc... il y a là suffisamment d'éléments pour s'interroger sérieusement.

Tout cela avait-il commencé sous le gouvernement péquiste de Jacques Parizeau? Ce qui est vraisemblable, cela a pris de l'envergure sous son règne. Difficile de ne pas penser à la cage à homards... Parlant de l'indépendance du Québec, au sein d'un cercle restreint, il aurait, en quelque sorte, comparé les Québécois à des homards avançant vers la cage, d'où, une fois entrés, ils ne pourraient plus sortir.

C'est Parizeau qui avait nommé pour la première fois Serge Ménard à la tête du ministère de la Sécurité publique. Au sommet de la pyramide hiérarchique du gouvernement péquiste, Ménard devait être considéré comme l'homme de la situation puisqu'il avait effectué par la suite deux retours à ce ministère : l'un sous le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard, l'autre sous celui de Bernard Landry. Quand Ménard était au volant de ce ministère, on l'a vu,