News du samedi 31 Octobre 2009
■ Le
coût de l'accès à l'internet et la vitesse en mbps dans 25 pays –
Un graphique qui
vous informe à ce sujet : cliquez dessus pour l'agrandir. Il a été
produit par l'Organisation de coopération et de développement
économique (OCDE
en français, OECD en anglais sur la graphique) et ITIF Broadband
Rankings (en français : Aménagement numérique des territoires).
La
connexion la plus rapide et la moins chère : Japon (61mbps et taux
de transfert des données d'1 million de mégabites par seconde
: $0.27 le mbps en dollar
américain par mois – USD, sur le graphique) ; la plus lente et la
plus chère : Pologne (7.5mbps, $13). Sur 25 pays : France 5e,
Canada 8e et....USA 15e.
PS
:
Si vous payez plus chère pour moins de mégabites par seconde,
interrogez votre fournisseur d'accès à l'Internet (FAI). Au Canada,
vous pouvez loger une plainte auprès du Conseil de la
radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).
Ou à l'Association de consommateurs de votre région. Dans la page
qui s'affiche, cliquez
sur "vingt-cinq
associations de consommateurs"
pour connaître la vôtre.
■ Amelie
Colbert
- Hymne à l'amour, rythmée, ensoleillée, colorée de nostalgie et
de créole. Ça se passe à la Guadeloupe. C'est à Laurent Voulzy
(04:38) que nous devons ce moment de tendresse.
■ Au
Canada en
1999, le tiers des nouveaux cas de sida et plus de 60% de ceux
d'hépatite C étaient attribuables aux drogues dures -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) Une date historique : 10 novembre 2002, la
ministre fédérale libérale Anne
McLellan,
qui a quitté entre-temps le ministère de la Justice pour celui de
la Santé, annonce qu'elle élabore des critères en vue de
l'établissement
de lieux d'injection supervisés
dans certaines villes canadiennes. (Presse canadienne -- La Presse du
10 novembre 2002)
Des piqueries légales! «Le
processus est en cours,
indique Farah
Mohamed,
représentante de la ministre.
D'ici la fin de l'année
(2002),
la ministre sera en mesure de recevoir des propositions (de
la part des autorités municipales).»
Le
premier emplacement devrait, prévoit-elle, ouvrir ses portes aux
utilisateurs de drogues injectables dès 2003. Montréal,
Toronto et Vancouver
devraient être les premières villes à en disposer, à titre
d'essai, déclare l'un des dirigeants de cet organisme, Ralf
Jurgens.
Selon le Réseau juridique canadien VIH/sida, le Canada compte, cette
année-là, 125 000
utilisateurs de drogues injectables. (NDLR : 125 000 sur
plus de 30 millions d'habitants, ce qui illustre bien l'outrance de
la répression.)
Qualifiant
cette décision d'«énorme
gain»,
Louis
Letellier de Saint-Just,
président de CACTUS Montréal, un organisme qui distribue
gratuitement des seringues neuves dans le quartier Centre-Sud,
soutient que cette stratégie constitue une grande première en
Amérique du Nord. De son côté, l'éditorialiste Michèle
Ouimet
de La Presse considère que c'est une façon intelligente d'aider les
toxicomanes. (Michèle Ouimet -- La Presse du 14 novembre 2002)
Le
Canada suivrait l'exemple de nombreuses villes européennes qui ont
des locaux d'injection depuis plusieurs années. L'Europe
a une bonne longueur d'avance sur le Canada.
Plusieurs villes s'en sont dotés, comme Genève, Zurich, Amsterdam,
Francfort, Madrid, Londres. Au cours de la dernière décennie, le
nombre de crimes, d'overdoses et de cas de sida reliés aux drogues a
diminué en Suisse et en Allemagne.
Pendant
ce temps, la situation se détériorait au Canada.
Selon Santé Canada, en 1999, le tiers des nouveaux cas de sida et
plus de 60% de ceux d'hépatite C étaient attribuables aux drogues
dures. «Ces
chiffres ont un coût : près
de 10 milliards par année
(sic)», souligne l'éditorialiste. Un consensus s'établit
tranquillement autour de l'utilité de ces lieux, constate-t-elle.
«Les
locaux, c'est tout de même mieux que de se mettre la tête dans le
sable en s'imaginant que la
répression policière va tout régler.»
(Suite demain)
■ Suis
parfaitement conscient d'avoir découvert quelque chose d'important,
mais la peur me tenaille de temps à autre -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Revenant
chez moi, je croise Olivier,
coin Amherst-Ontario. Il fait semblant d'attendre l'autobus. Lorsque
j'arrive à sa hauteur, il tourne la tête vers moi, m'adresse une
brève salutation de la tête, accompagnée de ce qui semble être un
rictus. Le coin gauche de sa lèvre supérieure est relevé, laissant
apparaître quelques dents, à
moins que ce ne soit des... crocs.
Je
le fixe sans lui rendre sa salutation. Fidèle à moi-même, je
ne veux pas être contraint de saluer un flic en civil,
ni même en uniforme... Juste derrière lui, Jean-Marc
est assis sur le banc public, près des locaux du magazine
l'Itinéraire. Il accompagne souvent Rodrigue. Il n'infiltre jamais
la cible que je suis, se tient toujours à l'écart, un
peu comme une force en réserve.
Depuis
le début de mon enquête, la crainte d'un dérapage policier me
tenaille de temps à autre.
Elle est réelle, quoique sporadique et d'intensité variable. Suis
parfaitement conscient d'avoir découvert quelque chose d'important,
dont aucun journaliste, à ma connaissance, n'a jamais traité à ce
jour : l'underground policier. La police le sait, cherche
à m'isoler,
en me confinant à mon domicile, par peur que je communique mes infos
à des citoyens.
Elle sait très bien également que tout
ce que j'ai vu et verrai sera révélé au public.
Les civils que je croise sur mon chemin me démontrent qu'elle prend
l'affaire au sérieux. Il est clair qu'à ses yeux, je
représente une menace.
Ce contexte me donne un peu froid dans le dos. (Suite
demain)
News du vendredi 30 Octobre 2009
■ Perpetuum
Jazzile
– Le nom d'une chorale slovène. Au début, en cliquant des doigts,
elle imite le bruit de la pluie et en sautant sur l'estrade, le
tonner. L'interprétation de la chanson Africa
(06:19) qui suit est tout simplement sensas.
■ La
BD, une nouvelle forme de journalisme -
Reportage du dessinateur Chappatte "Dans
l'enclos de Gaza"
: cliquez
sur la flèche, à droite de l'écran. D'autres reportages du genre
dans la colonne de gauche : Le Mur, Ossétie, Sud-Liban, Élysée,
Côte d'Ivoire, Iran, Le livre...
■ Que
penser du nouveau jeu vidéo : je tue un ami?
- À vous de juger, testez
le gratuitement.
■ Travail de sous de table de la police en civil au sein des médias
québécois
- (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Et la libéralisation aux USA tend à déployer
d'avantage ses ailes. Novembre 2002, le
Nevada
propose à ses citoyens de voter pour sa légalisation complète,
afin de percevoir des taxes sur sa vente, comme il le fait déjà
pour le jeu et la prostitution. L'Arizona,
pour sa part, propose de décriminaliser la possession simple, tandis
que la Ville de San
Francisco
demande aux électeurs le droit d'en cultiver elle-même! On ignore
ce que sont devenus ces projets.
Cependant,
ces lois permissives entrent en conflit direct avec la législation
fédérale américaine, qui l'interdit. La police fédérale
effectue parfois des descentes dans des États en autorisant la
consommation. La Cour suprême de ce pays a décrété en 2001 que la
loi fédérale ne permet pas d'exception à l'interdiction.
L'histoire ne dit pas si Walters, le chef de la lutte
antidrogue de la Maison-Blanche, songeait à effectuer des
fouilles aux frontières séparant les États américains
délinquants et ceux favorables à la Guerre Sainte.
Première
fois que nous prenons connaissance de ces informations. S'en dégage
l'impression que les
médias les avaient cachées
afin d'éviter que ces exemples américains ne
contaminent pas le Québec.
Car cette image biaisée de la répression antidrogue américaine
nous portait à penser que les 50 États américains constituaient un
bloc monolithique antidrogue indestructible,
qu'il était inutile d'essayer de s'y confronter.
Tout
comme l'ex-URSS
en constituait un. Selon la propagande soviétique propagée à
travers le monde, toutes les républiques membres et leurs citoyens
étaient communistes mur à mur. Dans
les médias, le constat est là, et ce n'est pas le seul cas en
l'espèce :
il y a de l'information qui ne circule pas, elle est bloquée en
quelque part. Travail de sous de table de la police en civil? Oui.
(Suite demain)
■ J'aimerais
poursuivre mon enquête, mais c'est trop risqué -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Reprenons
le fil du récit là où nous l'avions interrompu, à l'été 1998.
Retrempons-nous
dans le contexte.
Après avoir confié à Norbert que j'étais un journaliste
d'enquête, en avoir raconté un peu plus long à l'homme à la
bicyclette et d'avantage encore à Sandra, je suis la cible d'une
surveillance accrue de la part de la police, et
cela me tracasse grandement.
Afin
de calmer le jeu, je décide d'espacer mes visites à la cafétéria
du Comité social Centre-Sud. J'aimerais
y poursuivre davantage mon enquête,
interroger des usagers, mais comment y parvenir avec
ces civils qui m'épient et m'encadrent continuellement?
J'y renonce, trop
risqué.
Décide d'investir dorénavant toutes mes énergies dans la lecture
de bouquins de référence et la rédaction.
D'autres
événements préoccupants surviennent,
à la fin de juillet, journée du chèque d'aide sociale. J'ai plein
de choses à faire dans le centre-ville : achat
de papier pour l'imprimante, visite
chez Statistiques Canada, boulevard René-Lévesque-Ouest, pour aller
chercher des données traitant de la criminalité dans les villes
canadiennes, dont Montréal, etc.
La
police m'a à peine vu depuis plus d'un mois, mes allées et venus
étaient de trop courtes durées pour qu'elle ait eu le
temps de m'infiltrer.
En l'espace d'une couple d'heures, je
croiserai cinq civils,
dont deux fois... Sandra.
C'est beaucoup, en si peu de temps. Je sens qu'on a un pressant
besoin de savoir ce
que j'ai mijoté ces dernières semaines.
(Suite
demain)
News du jeudi 29 Octobre 2009
■ It's
the Earth that moves
– Un tube de Bibi Tanga
(03:43). Le beat décontracté, qui donne à bien du monde le goût
de danser, lui, il connait ça. Un nom à retenir...
■ Les
mensonges de l'ex-flic de la Sûreté du Québec Antonio (alias Tony)
Cannavino –
Cet ex-président de l'Association des policières et policiers
provinciaux du Québec (APPQ) se présente à la mairie de la Ville
de Gatineau, au Québec, en vue des élections municipales du 1e
novembre. Un journaliste de ruefrontenac.com l'a interrogé et
soulevé un événement (odieux) auquel il a participé en septembre
1999 alors qu'il occupait la présidence de l'APPQ.
Contexte... Des
agents de la Sûreté du Québec, mécontents des nouvelles
conditions salariales offertes dans le cadre de leurs négociations
avec le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard décident d'intimider premier ministre et ministres. L'action se déroule à
Drummondville, sur les lieux même où se tiennent les assisses du
Conseil national du parti québécois. Ils sont 200, certains portant
l'uniforme, arme à la hanche, cependant sans plaquette affichant
leur nom et prénom.
La
police de Drummondville est appelée sur les lieux pour rétablir
l'ordre. Le capitaine Gaston Bellemare de ce corps policier raconte :
«Une
haie d'honneur était prévue par les groupes de manifestants, et ce
sont les voitures des ministres qui devaient y passer. Des policiers
de la Sûreté du Québec se sont postés à l'entrée du
stationnement de l'hôtel pour bloquer l'accès et obliger les
membres du gouvernement à se rendre à pied. Pendant ce temps,
d'autres agents s'affairaient à rendre cette haie d'honneur de plus
en plus étroite. Des ministres, dont Paul Bégin, (...) se
sont ainsi fait bousculer en traversant ce passage formé de
manifestants».
Il y a eu des empoignades musclées.
Le
journaliste Mathieu Bélanger de ruefrontenac.com
a demandé à Antonio Cannavino, le candidat à la mairie de la Ville
de Gatineau, ce qui s'était vraiment passé ce jour de septembre
1999. Réponse de Cannavino : cette
manifestation s'était tenue «dans le respect». «Personne ne
s'était senti menacé, raconte-t-il. J'en avais même ri avec le
ministre (de la Sécurité publique de l'époque) Serge Ménard.»
Dans
le respect, personne ne s'est
senti menacé, le ministre Ménard a trouvé ça drôle, dites-vous?
Voyons les faits... Le
ministre Guy Chevrette n'en revenait pas d'avoir vu des policiers
manifester arme à la hanche : «(...) cela
m'a bouleversé»,
avoue-t-il. Dans un autre article, son collègue Serge Ménard de la
Sécurité publique parle même d'un «relent
de totalitarisme».
Par
la suite, Ménard amende la Loi sur la police de façon à interdire
désormais à tous les policiers du Québec de manifester en uniforme
ou armés, qu'ils soient en service ou non. L'amendement prévoit des
mesures disciplinaires ou des amendes allant de 500 à 3 000$.
(Martin Pelchat --
La Presse du 15 juin 2000) Il n'y avait là vraiment pas de quoi
rigoler.
Lisez
au complet et gratuitement cet événement de septembre 1999 dans le
tome 3 de L'Étau Policier, chapitre "La
délinquance de la police en uniforme".
Au sommet gauche de votre navigateur, cliquez
sur la fonction "Édition",
dans le menu s'affichant, cliquez sur "Rechercher".
Une fenêtre apparaît alors dans le côté gauche du bas de votre
écran, inscrivez y les mots clés suivants : pouvoir goûte.
■ Taylor Mitchell est
morte – La chanteuse canadienne de 19 ans a été attaquée par
deux coyotes alors qu'elle se promenait dans le parc national des
Hautes-Terres-du-Cap-Breton, situé dans les provinces maritimes :
vidéo
(02:15) sur la tragédie en anglais + vidéo
(03:18) de Radio-Canada en français + article
en français + hommage vidéo
(03:17). Elle avait beaucoup de talent et un avenir prometteur.
PS
: Cela démontre encore une fois qu'il faut être armé lorsqu'on
circule dans la forêt : fusil ou fusée de détresse (on vise la
bête, qui s'enflamme) ou une grosse bonbonne de poivre de Cayenne.
Le couteau n'est pas une bonne idée, ce n'est pas le moment d'un
corps à corps. Faire le mort non plus, à la première morsure de la
bête, vous allez réagir. Ça n'arrive que rarement, mais quand cela
arrive, je penses qu'on doit être content d'avoir ce qu'il faut pour
sauver sa peau. L'équivalent d'une ceinture de sauvetage.
■ Marijuana
: les États américains ne vibrent pas tous en diapason avec la
Maison Blanche -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) Milieu d'octobre, le républicain Walters
de la Maison-Blanche revient à la charge.
Les autorités américaines seraient obligées de multiplier
les fouilles à la frontière
canado-américaine afin d'éviter une hausse du trafic du cannabis
aux États-Unis, affirme-t-il. (Joël-Denis Bellavance -- La Presse
du 18 octobre 2002) Ce qui risquerait de nuire aux relations
économiques entre les deux pays dont les échanges commerciaux
s'élèvent à un
milliard de dollars par jour.
Pour
sa part, le ministre canadien de la Justice Martin
Cauchon
répète qu'il prendra une décision en fonction des intérêts des
Canadiens et non
de ce que les Américains désirent.
De son côté, le sénateur
Nolin
invite l'administration W. Bush à tenir, au sein même de son pays,
«un
débat intelligent et informé sur la décriminalisation du cannabis
au
lieu de brandir des menaces de la sorte.
Je parie qu'ils seraient surpris de l'opinion des Américains
(...) qui
est semblable à celles des Canadiens à mon avis. Ils veulent un
débat qui n'est pas chargé d'informations
biaisées
(sic),
mais
rigoureuses».
Il
est un fait qu'on est un peu trop souvent enclin à mettre tous les
Américains dans le même panier : l'antiaméricanisme primaire
a bonne presse. C'est que le
discours antidrogue
que nous entendons d'outre frontière est généralement celui
émanant
de la Maison-Blanche,
Washington DC, et laissant croire que les 50 États américains
vibrent
tous au même diapason.
La réalité est tout autre.
D'après
le journaliste François Berger de La Presse, 14
États américains ont légiféré,
au cours des années précédentes, autorisant l'usage légal de la
marijuana dans certaines circonstances. (François Berger -- La
Presse du 27 octobre 2002) Cinq
ont décriminalisé la possession de petites quantités pour
consommation personnelle et son utilisation à des fins médicales :
Californie, Colorado, Maine, Oregon et Nevada. Six
permettent
la possession simple tandis que trois
autres
n'autorisent que son usage médical. Quatorze au total. (Suite
demain)
■ C'est
peu à peu que vous prenez conscience que des pages de votre livre
ont été effacées -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Pour
revenir aux disquettes, ce
n'est qu'en octobre 1999,
soit un an et trois mois plus tard, que j'ai découvert l'effacement
d'une
quinzaine de pages.
À ce moment-là, il y avait près de quatre mois que j'avais quitté
définitivement Montréal pour Lac Bouchette, au Lac St-Jean.
Comment
expliquer ce retard?
C'est que chaque jour j'y ajoutais de nombreux éléments, résultats
de la recherche dans des ouvrages, dont des études, et de l'enquête
sur le terrain. Est venu un moment où la
masse d'infos a pris des proportions énormes.
Suffisante en tout cas pour ne pouvoir se souvenir de chacune
d'elles. À cette époque, le livre comptait 753 pages.
C'est
peu à peu que vous en prenez conscience.
Vous commencez par remarquer qu'il y a un bout de temps que vous
n'avez pas vu un passage en particulier :
à quelques reprises, avant même mon départ de Montréal, j'en
avais fait le constat. Au début, vous pensez l'avoir probablement
vu, ne
plus vous en souvenir.
D'une
relecture à l'autre, arrive
tout de même un jour où la réalité prend corps
: ce passage n'y est plus. En y réfléchissant bien, vous découvrez
qu'il n'y a pas que celui-là qui a disparu, cet
autre aussi
n'y est plus. Qu'il était par ailleurs relié
à d'autres éléments,
également disparus, qui, eux-mêmes,
se déclinaient en plusieurs paragraphes, tout
autant volatilisés.
Pour finalement constater que toutes les anecdotes concernant le
dépanneur de la rue Dorval --
nom fictif --
ont été effacées, vraiment toutes, sans exception. Pertinentes,
ces anecdotes.
Le
propriétaire de cet établissement et son fils,
tous deux d'origine marocaine, participaient activement aux
déstabilisations policières dont je faisais l'objet, possédaient
l'art de tirer les vers du nez à leur clientèle, renseignements
qu'ils refilaient régulièrement à la police.
Pendant environ seize mois, je suis allé à ce dépanneur au moins
une fois par jour.
Pourquoi
la police a-t-elle fait disparaître ces pages? Je crois qu'elle ne
voulait pas que le lecteur de ce livre sache qu'ils
étaient deux de ses collabos.
Elle n'avait pas intérêt non plus à
ce que le lecteur connaisse les techniques qu'ils employaient pour
inciter leurs clients à la confidence.
Ce ne sont pas les seuls faits. En mars 2004, je découvrirait que
des
noms de rues et d'organismes,
cités dans ce livre, ont été modifiés,
des formulations trafiquées,
que d'autres ont carrément
disparu.
J'aurai aussi la conviction, solide, que la
Sûreté du Québec en possède une copie.
J'y reviendrai plus loin. (Suite
demain)
News du mercredi 28 Octobre 2009
■ 15
soldats canadiens se sont suicidés en 2008, 4 de plus qu'en 07
– Radio-Canada, qui rapporte cette nouvelle, ne précise pas
toutefois s'ils sont survenus en sol canadien ou afghan. Le suicide
serait tabou
au sein de l'armée. Ainsi, celui du major Michelle Mendes, à
Kandahar : l'armée affirme que sa mort n'est pas attribuable à une
action ennemie.
■ Méli-Mélo
-
L'art digital : un,
deux
et trois
; beaucoup, beaucoup de dessins.
Lorsque vous aurez vu ceux de la page qui s'affiche, cliquez sur
l'image d'Obama, dans le bas. Explorez, il y en a plein et plusieurs
de très grandes qualités, la plupart sont des personnes connues ;
illustration typographique
; papa et son fiston
; érotisme au cimetière
du père-lachaise ; certains mammifères commencent à avoir chaud
; le fils est populaire, alors faut comprendre le père
de vouloir lui ressembler ; il n'a pas l'air méchant
; la santé politique d'Obama
; peintre d'Ouzbékistan
: Alisher Alikulov ; galerie de peintres turkmen,
Asie centrale. Explorez le site, y'a de belles choses ; histoire
d'une roumaine qui a dénoncé
ses proxénètes.
■ Un
premier ministre qui parle de ce qu'il ne connait pas -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) Le premier ministre péquiste Bernard
Landry
assiste aussi à ce forum mondial, il en a du reste inauguré les
assises. (Lia Lévesque, Presse canadienne -- La Presse du 24
septembre 2002) Il rappelle que partout dans le monde la consommation
inappropriée ou abusive de drogues augmente, ce qui «pose
un défi majeur».
Chez
les jeunes, souligne-t-il, la consommation abusive de drogue est
souvent associée au décrochage
scolaire,
au comportement délinquant. Chez les adultes, les drogues «font
perdre plus de journées de travail que n'importe quelle maladie»,
déplore-t-il.
D'où
le premier ministre Landry tient-il ces "statistiques"?
Il ne l'a pas dit. Difficile de croire qu'au Québec on
soit plus souvent malade de drogue que d'une maladie.
Et le décrochage scolaire, dont il parle, est davantage attribuable
au moule du conformisme dans
lequel on s'acharne à entrer enfants et ados.
Et sa déclaration voulant que l'usage de la drogue augmente ne
suffit pas à le démontrer.
Les chiffres de l'ONU sont explicites : 180
millions
se droguent sur une population planétaire de... 6,2
milliards
(NDLR : chiffre du début des années 2000, alors que j'écrivais ce
livre), dont 144
millions de consommateurs de... cannabis.
(Suite demain)
■ Un
civil tente de voler une ébauche de 500 pages de ce livre -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Autre
incident démontrant le souci manifeste de la police de se tenir au
courant de la progression de la rédaction de ce livre. Au début de
1999, un
civil
a tenté de me piquer une enveloppe en contenant une
version laser d'environ 500 pages.
Comment la police savait-elle qu'elle s'y trouvait? Elle l'a su fort
probablement du fils
du dépanneur
de la rue Dorval --
nom fictif --,
où j'habitais. Tous
deux entretenaient des liens étroits avec celle-ci.
J'avais
déjà confié au fils que j'écrivais un livre sur l'underground
policier montréalais. À l'occasion, il lui arrivait de s'enquérir
s'il était prêt, ou à quel moment j'allais le publier. Un jour,
m'apercevant avec une enveloppe assez volumineuse, il
a voulu savoir si elle contenait le livre.
J'ai feins de ne pas avoir entendu. Il devait bien s'en douter parce
que, quand je sortais, je l'apportais, ainsi que les trois copies sur
disquettes du reste : après les intrusions, je n'en laissais
plus aucune trace chez moi.
La
tentative de vol de la version laser s'est déroulée alors que
j'étais au premier étage de la Libraire Champigny, rue
St-Denis. Je voulais avoir des notes biographiques sur Louis
Casamayor, que je cite dans ces pages. Pendant que l'employé
interrogeait son ordinateur, j'attendais, juste en face de lui,
debout, accoudé sur le comptoir surélevé. J'avais déposé
l'enveloppe près de mon coude gauche.
Tout
à coup, j'ai vu du coin de l'oeil que, mine de rien, un
type avait entrepris de s'en approcher en douceur. Ses intentions
ne laissaient place à aucun doute. Il n'était pas face au comptoir,
mais de côté, le bras gauche nonchalamment allongé sur le comptoir
surélevé, la main orientée vers l'enveloppe.
L'employé de
la librairie et moi étions de profil par rapport à lui. Il était
bien positionné parce qu'il aurait pu, tout en surveillant nos
réactions, la tirer doucement vers lui, du bout des doigts. J'ai
vivement saisi l'enveloppe. L'instant d'après, j'ai tourné la
tête dans sa direction, il avait disparu.
Plus
tard, l'ai revu. J'étais
dans un bar de la rue St-Laurent,
versant ouest, à un coin de l'Avenue Mont-Royal, jouant
au billard avec un client.
Il s'est joint à nous. Je l'ai reconnu aussitôt. Son visage est
gravé dans ma mémoire pour plusieurs années : je
ne me sens aucune indulgence pour les joueurs de poker qui trichent.
Après
quelques parties, il m'a demandé pourquoi je n'attaquais pas les
boules mal positionnées avant de passer à celles faciles à loger
dans les poches. Il
y avait du reproche
dans le ton de sa voix. Il
était brusque,
m'indiquait de la main les endroits de la table où j'avais commis
des erreurs. Insistait pesamment. Il
cherchait à me provoquer.
Lui ai souligné que j'étais un néophyte, ne pouvais en avoir une
vision comparable à celui en jouant depuis des années. (Suite
demain)
News du mardi 27 Octobre 2009
■ L'École
des filles de Joie
– Elle est située dans le quartier populaire de Belleville, à
Paris. On y apprend à être une bonne fille de Joie : ça n'a rien à
voir avec ce qu'on pense. Un moment à soi, entre copines, pour rire
et développer son assurance. Aller à la rencontre de soi-même et
de son corps, apprendre à s'aimer telle que l'on est, partager les
astuces des professionnelles pour révéler son pouvoir de séduction.
L'école
(site
de l'école + article)
offre un programme varié d'ateliers autour de disciplines de
cabaret, danses, maquillage de scène, couture, manipulation et
fabrication d'accessoires, numéros de cirque, effeuillage burlesque,
etc. Entrevue vidéo
(09:53) avec sa fondatrice, Juliette Dragon (nom de scène), danseuse de feu.
■ Avez-vous
raté dimanche le concert de U2 diffusé en direct sur le Net?
- Si tel est le cas, vous n'avez pas vécu ce moment historique : 15 pays y avaient accès.
C'était la première fois que cela se produisait sur la toile.
Rattrapez le temps perdu en visionnant l'enregistrement de
l'événement au complet sur le site YouTube de U2
(02H21).
■ Citation
de Jacques Duchesneau, le démagogue : au Québec, il y avait 188
motards qui terrorisaient des millions de personnes -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) Ouvrons
une parenthèse... En mars 2005, La Presse a publié un article
rédigé par Jacqueline
Cardinal et Laurent Lapierre,
tous deux de l'école des Hautes études commerciales (HEC), à
Montréal. (La Presse du 21 mars 2005)
Il s'agissait du compte-rendu
d'une entrevue des signataires avec Jacques
Duchesneau,
ex-directeur de la police de l'île de Montréal, qui occupe, depuis
octobre 2002, le poste de directeur de l'Administration canadienne de
la sûreté dans le transport aérien (ACSTA).
L'article
portait sur le
management de la peur et de la terreur
et visait à rassurer la population canadienne que toutes les mesures
étaient prises pour contrer toute attaque terroriste. Un passage
mérite une citation en règle. Duchesneau,
faisant référence au temps où il dirigeait le corps policier :
«À
l'époque de la guerre des motards, il
y avait 188 bandits qui terrorisaient des millions (sic) de
personnes. (...) Aujourd'hui,
quelques milliers de terroristes font trembler six milliards
(resic) d'êtres
humains.»
Si
ces personnes tremblaient de peur, on tient peut-être là l'une des
causes des... tremblements de terre de 6,4 degrés à l'échelle
Richter... Ce qui illustre bien la fameuse démesure de Duchesneau, l'ex-directeur général de la police de Montréal. Fermons la parenthèse. (Suite
demain)
■ Des
recoupements permettent d'établir un fait -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Le
23 décembre suivant, je me rend à l'Hôpital St-Luc subir un
traitement, croise
Rodrigue
en chemin. Tout souriant, il me prend par les épaules, me secouant
amicalement, me demande ce qu'on fait ici, lui et moi, l'avant-veille
de Noël, alors que tout le monde est parti dans le Sud. Lui signale
que moi, les
pays chauds...
Suis plutôt un nordique.
Me
suggère comme lieu de destination la Norvège, les pays scandinaves.
Je fais la moue. Il
mentionne alors Paris.
Lui avoue mon faible pour la Ville lumière. Me dit, le
gueule fendue d'une oreille à l'autre,
que j'en profiterais pour aller voir les
femmes de Pigalle.
Comme par hasard, je parle dans ce récit d'une chanson de Serge Lama
: «Je
m'en vais voir les petites femmes de Pigalle...».
Ailleurs
dans ces pages, il y a un passage où je fais état de trois
motocyclistes de la police
qui, profitant de la journée du chèque de bs, ont défilé sur
Ste-Catherine-Est dans le but manifeste d'intimider les pauvres du
secteur. Bien sachez qu'en décembre 1998, la Communauté urbaine de
Montréal (CUM), responsable alors de la police, décidait
d'abolir cette escouade...
Il
y a aussi cet autre, que j'ai supprimé par la suite, et où
j'écrivais que des
banlieusards n'aiment pas la grande Cité.
Bien sachez, là encore, qu'un membre de la Commission de sécurité
publique de la CUM, une élue de la banlieue, a en quelque sorte nié
ce fait : «Nous
aimons Montréal»,
a-t-elle déclaré à La Presse. Autre recoupement : à l'hiver
1998-99, j'ai vu Manon,
vêtue
de rose de la tête au pied.
Elle m'a fixé du regard avec insistance. Y avait-il un lien avec
l'homme
en rose dont je parle plus bas?
Les recoupements sont nombreux. (Suite
demain)
News du lundi 26 Octobre 2009
■ ONU
:«L'égalité
des sexes contribue à la croissance économique»
- Les femmes pourraient aider plusieurs nations à sortir de la crise
économique si elles avaient un accès équitable aux ressources
économiques et financières,
démontre
une étude
de l'ONU dévoilée aujourd'hui lundi.
Malgré
une participation plus accrue sur le marché du travail, elles sont
sur-représentées dans l'économie informelle, où les emplois sont
souvent précaires, sous payés, et non protégés par des normes
officielles. En outre, leur salaire est inférieur de 16% à celui
des hommes. Si l'on tient compte du fait qu'elles effectuent des
travaux domestiques non rémunérées, on réalise que,
proportionnellement parlant, elles devraient gagner plus que les
hommes.
Pour
sa part, James Heintz, de l'Institut de recherche d'économie
politique de l'université du Massachusetts, affirme qu'elles restent
largement sous-représentée au niveau des postes à responsabilité
des grandes entreprises. Dans les parlements et instances de prise de
décisions des pays aussi, développés ou en développement.
■ Capitalisme
et pulsion de mort
– Livre de l'historien Gilles Dostaler et de l'économiste Bernard
Maris, publié chez Albin Michel.
Un travail de recherche de plus de dix ans. L'histoire de l'humanité
démontre que le système économique est porteur de menaces à cause
du désir insatiable et morbide d'argent. Ça, on le savait. Mais
d'où vient ce comportement maladif? Hubert Artus,
sur son blog, l'explique brièvement.
■ USA
: adoption de la loi "Matthew
Shepard"
contre le crime de haine homophobe -
Elle porte le nom du jeune homme assassiné
en 1998 au Wyoming parce qu'il était gay. Ce sera désormais
considéré comme une circonstance aggravante. Elle protègera
également le transgenre (travesti). La signature d'Obama, nécessaire
à sa mise en vigueur, ne tardera pas : il est impatient de passer à
l'acte, dit-on.
■ En
2002, le Canada dépensait déjà 5 milliards pour lutter contre la
drogue et sans en venir à bout -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) Les pénalistes étaient également divisés
quant aux conséquences d'une éventuelle légalisation des drogues
douces -- allusion au cannabis. Pour Zaccardelli
de la Gendarmerie royale du Canada, le crime organisé ne perdrait
pas de revenus pour autant, alors que Labrousse
soutient exactement le contraire : «Je
sais que le crime organisé perdrait au change.»
Lawrence
MacAuley,
le solliciteur général du Canada, du gouvernement fédéral libéral
de Jean Chrétien, intervient dans le débat, signale qu'entre 7 et
18 milliards de dollars sont dépensés au Canada chaque année dans
le commerce des drogues illégales : «À
titre de comparaison, le Canada investit 5
milliards
de dollars dans la lutte contre les drogues. Cela vous donne une idée
de l'ampleur du fléau, et surtout des énormes moyens dont dispose
le crime organisé».
Il
souligne que les corps de police se doivent de collaborer à
l'échelle mondiale pour arriver à combattre efficacement le trafic
de drogue. Un appel qui ne convainc pas Labrousse : «Le
problème, c'est que cette coopération est déjà en branle depuis
des décennies,
et que tout le monde sait qu'elle
n'apporte pas les résultats escomptés...»
Le
Canada investirait donc chaque année 5 milliards$ dans sa lutte
contre la drogue? Surprenant
tout de même,
ce chiffre du patron de toutes les polices du Canada. Les estimations
entendues ici et là jusqu'à ce moment variaient entre 500
millions et 2 milliards,
pas 5. Aurait-on caché
à la population
les coûts véritables de la Guerre Sainte? Maximise-t-on afin de
justifier la répression? En outre, le commissaire Zaccardelli
de la Gendarmerie royale du Canada est-il le seul policier à
amalgamer luttes
antiterroriste et antidrogue?
Et pourquoi cet amalgame?
La
police rate rarement une occasion pour développer du pouvoir. Elle
est boulimique.
Elle ne sait pas seulement saisir une balle au bond, deux boeings
transformés en missiles aussi. En
combinant terrorisme et narcotrafic,
elle souhaite intensifier sa
répression charcutante
et hausser
d'un autre cran son emprise psychologique sur la population.
Opération de marketing, en somme. Essayer de vendre à la Société
civile un produit amélioré, lavant plus blanc que le précédent
et, cela fait, de le vendre ensuite aux élus. En
milieu publicitaire, on appelle ça créer à la fois l'offre et la
demande.
Sauf que, là encore, l'argument de vente ne tient pas la route.
(Suite demain)
■ Une
civile cite une formulation que j'utilise dans mon livre -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Examinons
maintenant quelques uns des recoupements qui m'ont permis, au cours
des mois suivants, d'établir définitivement le
lien avec la police.
Ils révèlent l'intérêt que celle-ci portait à mon travail
journalistique. Lors des élections provinciales du 30 novembre 1998,
donc un peu plus de quatre mois après les intrusions, je me rends
dans un bureau de scrutin situé au centre du Parc Lafontaine. Suis
accompagné de Picasso,
un locataire habitant la même maison de chambres que moi, civil de
son état.
Dans
le parc, sur Calixa-Lavallée, une jeune
femme sympa
descend de son auto, s'informe auprès de nous de l'endroit où
voter. Nous l'invitons à nous suivre. J'ignore qui lance le sujet,
mais toujours est-il que nous en venons à parler démocratie.
Conversation qui se poursuit jusqu'à l'intérieur de l'édifice,
pendant que nous attendons le feu vert d'aller aux isoloirs.
C'est
alors que la jeune femme me souligne, gestes à l'appui, de
l'importance, dans une société, de «séparer
le bon grain de l'ivraie»,
expression que j'utilise dans ce livre : passage où je traite de la
recherche de l'anthropologue Tremblay. Je
fais aussitôt le recoupement,
suis vraiment étonné, effrayé aussi. Un éclair passe dans ses
yeux, exprimant
sa satisfaction de l'effet surprise qu'elle m'a causé.
Puis
l'un des responsables du bureau de scrutin, momentum tombant
drôlement pile, appelle les électeurs du pool 130, le
mien justement.
Je vote et, à la porte de sortie, serre au passage la main de la
civil, me dit enchanté d'avoir fait sa connaissance. Elle me
présente une
main molle,
ne dit mot, son
air sympa a disparu.
(Suite
demain)
News du dimanche 25 Octobre 2009
■ Bonne
entente entre les voisins
– Une animation de Bozzetto (02:34).
■ Suspense... - Sautera ou pas dans le vide? Placebo
: Pure Morning (03:55).
■ Canada
: les détenus récupèrent leur droit de fumer à l'extérieur des
bâtiments –
Le juge Luc Martineau,
de la Cour fédérale, a statué vendredi que l'interdiction de fumer
à l'extérieur est nulle et contraire à la Loi sur le système
correctionnel. Cela ne cause à autrui aucun risque de santé associé
à la nocivité de la fumée secondaire. Il est d'avis que
l'interdiction va tout simplement trop loin. Tout détenu continue de
jouir des droits et privilèges reconnus à tout citoyen.
PS
:
Notons que les gardiens de prison, eux, ont le droit de fumer dans
une zone qui leur est réservée. Discrimination? Ou plus simplement
le besoin intempestif d'ajouter une punition, parmi d'autres, à la
condamnation du détenu? Perdre la liberté ne suffit pas, faut
ajouter de la souffrance aussi. Pas le temps de faire de la
réadaptation, trop occupés à réprimer.
Société
perdante... Des criminels seront libérés à la fin de leur peine et
récidiveront parce que rien d'intelligent n'aura été fait pour les réadapter.
■ Labrousse : «Le
plus gros obstacle à la lutte contre le trafic de la drogue sont les
États eux-mêmes» -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) Troisième
semaine de septembre 2002, très exactement un an après les actes
terroristes commis aux États-Unis, un policier affirme que les
activités terroristes dans le monde seraient
financées par le trafic de stupéfiant.
L'affirmation,
de taille, est faite par Giuliano
Zaccardelli,
commissaire de la Gendarmerie royale du Canada, lors du "Forum
mondial Terrorisme, crime organisé, et répression" tenu à
Montréal. (Nicolas Bérubé -- La Presse du 24 septembre 2002)
Co-présidant une séance avec Alain
Labrousse,
l'expert français en géopolitique de la drogue, Zaccardelli affirme
qu'Al-Qaeda,
le groupe terroriste de Ben Laden, est financé par le vente
d'héroïne : «Il
est démontré qu'acheter de la drogue aide à financer le
terrorisme».
Intervention
de Labrousse,
qui soutient, de son côté, que ce financement est marginal en
regard des autres sources de revenus des groupes terroristes. «J'ai
beau me creuser la tête,
je ne peux vous citer un exemple où ils ont réussi à monter leur
coup avec l'argent de la drogue. Par
contre, je n'ai aucun problème à démontrer
que des réseaux comme Al-Qaeda sont largement financés par des
milliardaires saoudiens qui
tirent leur fortune du pétrole que nous leur achetons chaque jour.»
Propos qui n'ont pas semblé ébranler Zaccardelli, fait remarquer le
journaliste Nicolas Bérubé de La Presse.
Suivant
Labrousse, les milliards de dollars tirés du trafic de la drogue
servent davantage à
garnir les coffres des gouvernements «voyous»,
comme le Sri
Lanka
et la Birmanie,
qu'à enrichir des groupes terroristes. «Par
exemple, il est prouvé que la junte militaire au pouvoir en Birmanie
finance ses activités en vendant de
l'héroïne aux Chinois.
C'est de cette façon qu'elle se procure des armes qui lui permettent
de régner sur le pays.»
Il dit se souvenir d'une conférence sur les drogues à l'ONU, en
1998, au cours de laquelle il avait calculé que sur les 120 États
présents, 40
étaient impliqués dans le trafic de stupéfiants.
«La
guerre au financement du terrorisme lancée par Washington l'an
dernier
(2001) a
réussi à geler 100 millions de dollars dans les banques étrangères.
C'est une
goutte d'eau dans le financement du terrorisme.
Le plus gros obstacle à la lutte contre le trafic de la drogue sont
les États eux-mêmes. De nombreux gouvernements légitimes font
des affaires d'or avec la drogue
qui est produite dans leur pays. Ces États n'ont pas du tout
l'intention de lutter contre ces sources de revenus.»
(Suite
demain)
■ L'une
des missions de la police : transmettre au pouvoir politique des renseignements
menaçant l'ordre social -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Or,
à deux reprises, ce mois de juillet-là, j'ai constaté, après
m'être absenté, que les
fichiers étaient de retour sur mon disque dur :
en mai 2005, la Sûreté du Québec a fait de même, à Lac
Bouchette. La première fois, j'ai cru à un moment d'inattention de
ma part. Peut-être avais-je oublié de les jeter à la poubelle.
À
la suite de ce premier incident, j'ai ajouté deux opérations à la
poubelle, l'équivalent
de nœuds dans la cravate.
Je vérifie s'ils ont été effacés, vérifie également si le
"Presse-papiers"
est
vide. S'écoule environ une semaine, je
réalise à mon retour qu'ils sont encore revenus sur le disque dur.
Je prends alors pour acquis que la première fois n'était pas
attribuable à une omission de ma part, mais bien l'œuvre d'un
visiteur. Et celui-ci ne peut être qu'un policier. Je n'en ai pas la
preuve, mais qui d'autre peut s'intéresser à ce livre? Des
recoupements du reste,
et dont je fais état un peu plus bas, me
le démontreront.
Le
scénario de ses deux introductions illégales s'est probablement
déroulé dans le contexte suivant. La police devait savoir que je
transportais sur moi des disquettes de ce livre. Comment
l'a-t-elle su? Endommager ou voler celles cachées à mon
domicile aurait été par conséquent improductif. Et quand
elle a décidé d'en effacer des pages, elle ne pouvait se permettre
d'en éliminer plusieurs. Autrement je pouvais m'en rendre compte et
les réécrire, et l'opération policière ne pas donner le
résultat escompté.
Sa
première introduction aurait donc consisté à dupliquer les
fichiers qui s'y trouvaient. Pas le choix, si elle voulait en
connaître le contenu. Elle ne pouvait lire sur place autant de
mégaoctets. Je sortais rarement plus qu'une couple d'heures.
C'est en en prenant connaissance qu'elle a choisi les pages
qu'elle allait gommer, ce qu'elle a fait à son deuxième passage à
mon domicile.
Reste
LA
question
: pourquoi le civil a-t-il, et à deux reprises, laissé les fichiers
sur mon disque dur? Il faut exclure la possibilité qu'il ait oublié,
dans la crainte d'être pris en flagrant délit, de les y enlever. Un
civil ne s'introduit pas illégalement dans un domicile sans
avoir préalablement protégé ses arrières,
en me faisant filer par un collègue. Rien de plus facile avec un
cellulaire. Si jamais j'amorce un retour précipité chez moi, un
coup de fil de mon filateur à son collègue, qui
évacue illico les lieux.
Ma
conclusion, je
n'en vois vraiment pas d'autre
: la police a voulu me faire savoir qu'elle avait une copie de mes
disquettes. Si
cette hypothèse est fondée,
il s'agirait de cette même tactique d'intimidation consistant à me
passer le message qu'elle au courant de tout ce que je fais, dis et
écris. Dans la même veine que... cholestérol, bocal pour l'urine
la nuit, stimulateur gingival, Radio-Canada FM, site du Louvre sur
l'Internet, etc.
Il
importe de savoir que l'une des missions dévolues à la police, peu
importe le pays, a notamment trait à la
transmission au pouvoir politique de renseignements menaçant l'ordre
social.
Cette mission comporte deux
tranchants,
qu'a déjà décrit un auteur dont j'ai oublié le nom. La nécessité
est-elle d'acquérir la meilleure connaissance possible des
situations afin de protéger
l'ordre social?
Ou de contrecarrer, voire
d'étouffer dans l'œuf
toute forme d'opposition venant des milieux sociaux?
J'ai
la conviction
que la police en a informé certains membres du pouvoir politique.
Des déclarations et des actions visant à améliorer des situations
sont
des réactions à des dénonciations contenues dans cet ouvrage.
Certaines mêmes jurent comparées aux approches usuelles du pouvoir.
Trop nombreuses, les coïncidences, pour relever seulement
du hasard.
(Suite
demain)
News du samedi 24 Octobre 2009
■ Suissa
: «On
peut se demander si la guerre à la drogue n'est pas en fait une
guerre contre les citoyens» -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) Lisons
cette argumentation particulièrement éclairante d'Amnon
J. Suissa,
spécialisé en matière de dépendances --
alcoolisme,
toxicomanie et gambling --
et professeur au département de Travail social de l'Université du
Québec en Outaouais. (Amnon J. Suissa -- La Presse du 17 septembre
2002)
Constatant
lui aussi que le cannabis, dont l'usage modéré ne présente aucun
effet dommageable à la santé, est
la substance pour laquelle il y a le plus d'incarcération
au Canada et dans le monde occidental, il s'interroge dans une lettre
publiée par La Presse de septembre 2002 : «On
peut se demander si la guerre à la drogue n'est pas en fait une
guerre contre les citoyens.»
Son
opinion correspond exactement à ce que je décris dans les trois
tomes de L'Étau Policier. Suissa est l'un des premiers à avoir
tout compris, en tout cas à le dire publiquement. Car il est bel
et bien vrai que pouvoir et police, bien qu'il ne l'exprime pas en
ces termes, utilisent notamment la répression contre le cannabis
pour mâter la population. Il s'agit de l'une de ces nombreuses
mesures répressives qui se sont empilées au cours des années et
ont transformé l'espace public en no men's land, charcuté
le tissu social et réduit considérablement les droits et
libertés.
Suissa
écrit
que la sagesse d'une loi est généralement jugée aux coûts imposés
à la société et aux bénéfices qu'elle en retire. Celle
appliquée au cannabis a engendré des coûts sociaux et judiciaires
extraordinaires et de l'emprisonnement,
sans régler la criminalisation. En attribuant des valeurs sociales
déviantes à son usage, on «problématise»
la situation car on l'associe à un mauvais style de vie qu'il faut
contrôler. «Pourtant,
ne devient pas abuseur qui veut,
il faut des conditions psychosociales particulières pour entrer dans
le cycle de la dépendance»,
explique-t-il.
En
ne distinguant pas l'usage de l'abus, selon lui, on place directement
plusieurs
centaines de milliers d'individus en situation de déviance,
brise temporairement leur vie, les exposent à des conditions
difficiles en prison, fragilise leurs relations avec les valeurs et
les normes institutionnelles et sociales, ce
qui entraînent des effets pervers et des paradoxes importants :
discrimination, problèmes d'éthique, coûts sociaux et de santé
importants, etc.
«Plus
la distance relationnelle au social est grande, plus
il y a étiquetage et punitions»,
explicite-t-il. Cette approche est également néfaste pour leur
entourage familial et social. Suissa signale que «ce
type de contrôle étant plus ancré dans les classes sociales
défavorisées (sic),
il
vient s'ajouter aux autres modalités de contrôle dont ces groupes
sont déjà la cible».
Enfin,
il estime que la
majorité
des consommateurs utilise les drogues d'une
manière modérée et sécuritaire.
Il rappelle que l'usage de drogues licites ou illicites a toujours
existé et est inévitable dans toutes les sociétés : «Elles
sont là pour rester.» Ainsi
qu'en témoigne du reste l'échec des politiques canadiennes axées
sur la répression. L'auteur
favorise le «pragmatisme»
du rapport du Comité Nolin, aux «croyances
utopiquesȈ
l'effet que les drogues seront supprimées.
«L'approche
de réduction des méfaits, de l'acceptation de la réalité de
l'usage des drogues comme un comportement social parmi d'autres
comportements à risque constitue,
souligne-t-il,
une
option très valable
pour renforcer les liens sociaux, prendre en charge les individus
ayant développés une dépendance, et investir en santé et
prévention.»
Ce point de vue de Suissa atteint la cible en plein centre... En
voilà au moins un n'hésitant pas à dire publiquement la vérité.
(Suite
demain)
■ Profitant de mon absence, la police
efface une quinzaine de pages de l'ébauche de mon livre -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Environ
trois semaines après, nous sommes en juillet, deux
autres incidents troublants se produisent.
La police a profité de mon absence pour s'introduire dans mon
domicile à deux reprises afin dupliquer les disquettes contenant une
ébauche de ce livre et en
effacer une quinzaine de pages.
Avant
d'aller plus loin, il me faut expliciter que, depuis que j'en ai
entrepris la rédaction sur mon ordinateur, je prends certaines
précautions pour éviter qu'un
intrus fouille pour mettre la main sur mes fichiers.
Au début, je les glissais dans des endroits impossibles de mon
disque dur. Par la suite, le chantier du livre prenant de l'ampleur,
j'ai renforcé les mesures de sécurité. À
frayer quotidiennement dans l'underground policier,
j'ai très vite appris certaines règles de prudence.
Après
chaque séance de travail, j'enregistrais donc trois copies des
fichiers, sur
des disquettes différentes,
et foutais à la poubelle de l'ordinateur les fichiers originaux.
Quand je sortais, j'apportais toujours deux
copies avec moi,
cachais l'autre dans une enveloppe collée
à l'endos d'un meuble.
Je vivais dans une chambre, alors les endroits sécuritaires étaient
plutôt limités.
Pourquoi
y cacher ces disquettes?
Au printemps et à l'été 1998, je portais des vêtements légers,
et le seul endroit où je pouvais les mettre était les deux poches
arrières de mon pantalon. Je les groupais dans des boîtiers
fabriqués d'une matière plastique flexible. Il y avait risque qu'en
m'assoyant, de
les déformer.
Je craignais aussi qu'on m'attaque dans la rue et me
les vole.
À mon retour, je réintroduisais les fichiers dans l'ordinateur en
utilisant celles dissimulées derrière le meuble. Cela fait, je les
laissais près du clavier pour
ne pas oublier de les actualiser.
C'est un rituel que je m'imposais chaque jour. (Suite
demain)
News du vendredi 23 Octobre 2009
■ Y'a
de tout à Paris
– Ici, à Lac Bouchette (Québec - Canada), y'a rien, seulement des
civils de la Sûreté du Québec, des collabos, des curés, des moines, des Chevaliers de Colomb et des Filles d'Isabelle. Paris, donc : la bande annonce du
Festival Silhouette
2008 (01:43).
■ Festival Paris burlesque
– Style cabaret, qui se déroule jusqu'au 25 octobre : le site
pour plus d'infos, dans le bas de la page qui s'affiche. Allez,
messieurs, y'a de belles femmes à voir, profitez-en : rincez-vous
l'œil
(04:28). Ici, le visionnement plein écran s'impose... Euh! Une coupe de vin rouge et un cigare de La Havane avec ça?
■ Chantez
cette tune pour changer le monde -
Naitre adulte
(04:36), c'est nourrir sa famille avant d'apprendre à lire. Oxomo
Puccino, son auteur, l'a composée à la demande de l'unicef.fr.
Il a rencontré des élèves dans des écoles pour s'inspirer : une
entrevue
vidéo avec lui (00:56).
Le 20 novembre, il y aura 20 ans que la
Convention
internationale des droits de l'enfant a été signée : liste
des pays signataires (si le vôtre n'y figure pas, demandez pourquoi à
ceux qui vous gouvernent) + vidéo
(01:37). On souhaite que ce jour-là écoliers, collégiens et
lycéens la chantent dans les classes. D'autres clips sont
disponibles sur le site
de Puccino, un artiste français engagé socialement.
PS
:
La Convention internationale des droits de l'enfant devrait être
distribuée dans toutes les écoles, au Québec comme ailleurs : idem
de la Charte des droits et libertés. L'école est le réseau de
communication idéal. L'enfant l'apporte ensuite à la maison et ses
parents peuvent la lire et la conserver au cas où. J'arrive pas à
comprendre pour quelle raison cela n'est pas fait : les garde-t-on dans l'ignorance afin de les contrôler et nettoyer socialement en toute impunité? On y enseigne les
religions, mais pas les droits. L'au-delà (l'imaginaire) plus
important que la démocratie.
■ Le
FSI n'aura aucun droit de regard sur les vidéos mises en ligne par
Dailymotion –
Le pdg de ce site de partage de vidéos, Cédric Tournay, l'a affirmé
hier au journaliste François Krug de rue89. La question se posait du fait que le Fonds stratégique
d'investissement (FSI) mis sur pied par le président Nicolas
Sarkozy, y investira 7,5 millions d'euros.
Le pdg est clair : le
nouvel actionnaire ne pèsera pas "sur
notre ligne éditoriale".
(NDLR : Je réfère le lecteur à mes news du jeudi 22 octobre 09,
manchette "Dailymotion
: bientôt sous la botte du président français Nicolas Sarkozy?")
PS
:
Rassurante, cette déclaration. Faudra tout de même garder l'œil
aux aguets. Car là où le politique met les pieds, il arrive qu'il
impose son poids. Dailymotion, ainsi qu'il en est de l'Agence
France-presse, est un outil de communication qui déborde largement
les frontières françaises. L'entreprise alimente en informations de
toutes sortes des médias du web et des journaux version papier.
■ Le
ministre canadien Cauchon soutient
qu'il serait «plus réaliste»,
comme première étape, de
décriminaliser que légaliser le cannabis -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) Et
les dirigeants américains? La
question est posée à Nolin :
«Le
Canada doit prendre ses propres décisions en fonction de l'intérêt
de ses citoyens»,
dit-il, heureux de voir CNN et d'autres grands médias s'emparer de
la nouvelle. «Il
faut se payer un bon débat avec nos voisins.»
Le
ministre Cauchon
salue le travail du Comité Nolin, soutient qu'il serait «plus
réaliste»
de décriminaliser que de légaliser. Il se dit convaincu qu'une
majorité de Canadiens appuiera
toute démarche du gouvernement Chrétien,
d'autant plus que la loi actuelle en la matière ne reflète plus,
selon lui, la
réalité canadienne.
(Joël-Denis Bellavance -- La Presse du 6 septembre 2002) «Je
crois qu'il y a un large appui, que la population est prête à cela.
Je crois que ce serait une chose
possible comme première étape (sic)».
De
son côté, l'Association
canadienne des policiers (encore
elle)
bondit, outrée
qu'une institution gouvernementale (le
Sénat)
«banalise»
la marijuana. Son porte-parole, Me
Mike Niebudek :
«Un
message pareil au moment de la rentrée scolaire, c'est un vrai
cadeau aux pushers.
(...) Ce
n'est pas parce que le tabac et l'alcool sont mauvais qu'on a une
excuse pour créer une troisième drogue légale.»
Notons que l'Association canadienne des policiers parle sous le
couvert de son conseiller
juridique.
Ramenons
ce que disait le chef de police du canton de Zurich, en Suisse,
Georges
Dulex (Marie-Claude
Malboeuf -- La Presse du 5 février 2002) : «La
police doit jouer le jeu. Si la société veut cette libéralisation,
il faut l'accepter. Nous
sommes là pour défendre ses intérêts, pas les nôtres.»
(Suite
demain)
■ Un
pickpocket tente de voler les disquettes de l'ébauche de ce livre -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) La
deuxième
rencontre
a lieu alors que je marche sur un sentier du même parc, en direction
de mon domicile, et que j'emprunte régulièrement quand je vais et
reviens de la biblio. Je l'aperçois en aval, sur ma gauche, son
petit chien noir en laisse, traversant au petit trot en diagonal une
grande pelouse, me
zieutant du coin de l'oeil,sourire
épanoui.
Arrivée
à un endroit où je vais nécessairement passer, elle s'assied sur
la pelouse, dos au sentier, s'attendant de toute évidence que je m'y
arrête faire un brin de causette. Tout
se passe très vite.
Elle vient à peine de compléter sa manœuvre que j'arrive déjà à
sa hauteur et... passe à deux pieds derrière elle, sans la saluer,
comme si je ne l'avais pas vue.
La
troisième
se déroule dans le même secteur. Un homme à l'abondante chevelure
blanche l'accompagne. Ai l'impression que je ne la reverrai plus.
Erreur.
D'ici peu, elle réapparaîtra dans le paysage, ce qui confirmera que
madame
est une civile.
Ce
même mois de juin, lors du défilé de la St-Jean, rue St-Laurent,
un quidam tente de subtiliser des disquettes de ce livre que
je porte sur moi. J'avais pris place sur le trottoir. À un moment
donné, je sens qu'un spectateur derrière me serre d'un peu trop
près, me retourne, sa tête est proche de mon épaule. Il
évite de me regarder, joue à faire semblant d'apprécier le
spectacle. Il n'en comprend pas moins que je ça me dérange, et
prend aussitôt ses distances.
Chez
moi, je constate que le
bouton
fermant l'une des poches arrière de mon pantalon a
disparu.
J'en retire la boîte contenant les disquettes et découvre qu'il est
dans le fond. La boutonnière étant sur la partie extérieure de la
poche, s'il était tombé de lui-même, ce
serait sur le sol.
J'en déduit que l'homme l'a d'abord déboutonné et coupé ensuite
le fil le retenant. Fallait sans doute qu'il l'enlève, autrement la
boîte risquait peut-être de l'accrocher au passage, et
attirer mon attention.
Civil ou pickpocket? Un peu plus tard, des faits surviendront, qui me
confirmeront qu'il s'agissait probablement d'un
pickpocket travaillant pour la police
parce que je doute fort qu'un membre de celle-ci puisse se livrer à
cet art consommé du vol à la tire. (Suite
demain)
News du jeudi 22 Octobre 2009
■ Méli-Mélo
-
Françoise Nielly, peintre,
son site ; vélo
électrique : Vidéo
(01:55) + Infos en anglais
; motorcycle qui carbure : vidéo
(04:03) ; tel père, telle fille
; Tony Blair,
un candidat à la présidence de l'Union européenne au lourd passé
: copain de W. Bush, mensonge des armes à destruction massive,
guerre en Irak, sans le consentement de l'ONU ; bonheur total
; France : interdiction de la vente de cigarettes
sur le net ; le foot chez les femmes : ça joue rude
(01:00) ; la haute finance ne peut plus se passer de bonus.
■ À
la recherche de nouveaux sons musicaux
– L'Occident se répète. Des musiciens tentent de sortir de ce
moule. Ils vont voir ailleurs ce qui se fait, notamment en Afrique
(26:33) et en Indes
(07:14). Yves Wernet est l'un d'eux. On le décrit comme étant le
"dérangeur
sonore".
■ Dailymotion
: bientôt sous la botte du président français Nicolas Sarkozy? -
Le Fonds stratégique d'investissement (FSI), un organisme du
gouvernement français, investira 7,5 millions d'euros dans ce site
de partage de vidéos afin d'accélérer son développement. Le FSI
sera représenté au conseil d'administration de l'entreprise.
Deux
articles du figaro.fr : l'investissement
+ le FSI grandit dans l'ombre
+ question-réponse sur la raison d'être
du FSI + Allocution-vidéo
de Sarkozy, le 5 octobre 09, où il traite notamment du FSI : la
durée de la vidéo étant inconnue, l'extrait est situé aux
environs des deux tiers de son allocution.
PS
: Dailymotion
diffuse une masse considérable d'informations (1 milliard de vidéos
vues chaque mois) dont les internautes de plusieurs pays ont besoin
pour exercer leurs droits démocratiques. Ce site a autant
d'importance que l'Agence France-Presse (AFP) : le syndicat des
journalistes craint la mainmise
de l'État. Dans un cas comme dans l'autre, bien que les contextes
diffèrent, il y a là potentiellement du pain sur la planche pour
les ligues des droits et libertés de ce monde, car danger de censure
il y a.
■ La prohibition
du cannabis entraîne
toute une série de conséquences perverses
- (Suite tome
3 de
L'Étau Policier) Que
nous apprend de neuf, ce rapport? Outre ce que dévoilait déjà sa
synthèse du mois de mai précédent, que la prohibition du cannabis
entraîne
toute une série de conséquences perverses.
(La Presse du 5 septembre 2002) Son maintient met la santé et le
bien-être des citoyens du pays davantage en danger qu'une mise en
marché réglementée.
Et
constitue un affront
aux valeurs fondamentales consacrées dans la Charte canadienne des
droits et libertés et dans l'histoire de ce pays fondé sur la
diversité et la tolérance. «Notamment
dans les écoles où les jeunes ne
jouissent plus des mêmes protections de leurs droits
constitutionnels et civiques que les autres personnes.»
Autres
constats, en vrac :
les coûts annuels --1,4
milliard--
découlant de l'usage de drogue sont environ cinq
fois moins importants
que ceux de l'alcool et sept
de moins
que ceux du tabac ; là où on a osé décriminaliser, la
consommation
n'a pas augmenté
à long terme, au contraire : les
usagers s'en détournent d'eux-mêmes
avec l'âge,
rares étant ceux qui restent accrochés ; le cannabis entraîne peu
de pertes de productivité et d'hospitalisation ; dans
une société libre,
le citoyen devrait avoir le droit de décider d'en consommer ; il n'y
aucune raison de continuer d'enrichir
le crime organisé
; enfin, «si
on a inclus la marijuana dans les conventions internationales, c'est
par ignorance, et au
nom d'une morale dépassée».
Ni
abdication ni à plat ventrisme, souligne les auteurs du rapport,
mais plutôt une vision du rôle de l'État et du droit pénal qui
consiste à susciter et favoriser
l'action humaine sans la contrôler,
à ne stipuler que les interdits nécessaires relatifs aux principes
fondamentaux du respect de la vie et à la vie collective
harmonieuse, et à soutenir et aider et non
à juger et condamner la différence.
«On
peut souhaiter un monde sans drogue. Moins de fumeurs de tabac. Moins
d'alcoolisme. Moins de dépendance aux médicaments prescrits. Mais
on sait qu'on n'éliminera pas ces maux.
Et surtout, on ne choisit pas de les criminaliser. C'est la même
approche, la même attitude, que nous pensons la plus saine et la
plus respectueuse en matière de cannabis»,
signalent les auteurs du rapport. (Suite
demain)
■ Un
collabo m'informe qu'une rumeur veut qu'un article sur la police
circule bientôt dans les médias
- (Suite tome
1 de
L'Étau Policier) Deux
ou trois jours après, je dîne à la cafétéria du Comité social
Centre-Sud en compagnie de George,
le gradé en civil, et un
gentil obèse.
Informateur de la police ou
civil?
Plutôt informateur. Il déborde de
bonne foi à
l'endroit de tout le monde. Assis en face de moi, il me dit, tapotant
le bord de la table, accompagné de clins
d'œil
m'incitant à la confidence, qu'une «rumeur»
veut qu'un article sur la police sorte bientôt dans les médias.
George
est à mes côtés, la tête penchée, regard
concentré sur son assiette vide,
semble attendre ma réaction avec intérêt. Déçu il doit être
puisque mine de rien, je fais dévier la conversation sur un sujet
périphérique. L'obèse
n'insiste pas.
De son côté, George ressemble à l'uniforme qu'il porte dans sa
tête.
Sandra
à l'origine de la rumeur?
Après avoir été cinq mois sans la voir, je la croise, lui dit
tout, et voilà que soudainement les
rencontres se précipitent.
La première, alors qu'elle est assise sur le socle du monument de
Louis-Hypolite-Lafontaine, au Parc Lafontaine. Je ne tiens pas à lui
parler, mais la vois au moment où elle n'est plus qu'à une dizaine
de pieds de moi, adossée, les jambes allongées, un portable sur les
cuisses, sourire engageant, évidemment trop
tard pour me défiler.
Elle
se dit romancière et scénariste. Dès le début elle engage la
conversation sur
l'art... d'écrire.
Elle cherche maladroitement à m'inciter à lui faire d'autres
confidences. Pas
question de lui en dire davantage,
ni à elle ni à personne d'autre. L'échange dure environ une demi
heure. (Suite
demain)
News du mercredi 21 Octobre 2009
■ U2,
vous aimez?
- Concert en direct gratuit et à haute définition sur YouTube
dimanche 25 octobre 09 : conservez l'adresse de YouTube où le
spectacle sera présenté, le premier du genre sur l'Internet (
http://www.youtube.com/U2#p/u
). À quelle heure? Ajustez-vous au fuseau
horaire à partir de l'heure à laquelle il débutera à Paris : 4H30
du matin.
■ Montréal-Nord
: enquête de l'ONU sur le profilage racial et l'impunité de la
police?
- L'Agence de la Presse canadienne rapporte qu'une délégation
du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme sera
dans ce quartier pauvre de la Ville de Montréal mercredi. Elle
s'entretiendra avec Dan Philips, président de la Ligue des Noirs, et
Fo Nemi, directeur du Centre de recherche-action sur les relations
raciales (CRARR).
■ La
Maison blanche réagit, le ministre canadien Cauchon riposte : «(...) Je travaille au Canada, au sein
de mon propre gouvernement (...)»
- (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Peu
après, la voix du sympathique Oncle Sam se fait aussi entendre. Le
républicain John Walters, directeur du bureau de la politique
nationale de contrôle de la drogue, à la Maison-Blanche (Tara
Brautigam, Presse canadienne -- La Presse du 14 août 2002)
«Je
crains que même au Canada, notre propre ignorance ait également
contribué à la perception voulant que la marijuana ne soit pas une
substance dangereuse, créant une accoutumance, qui est un vice,
particulièrement pour les enfants.»
Il souligne que si les gens cessaient de faire l'expérience des
stupéfiants à l'adolescence, ils ne développeraient
vraisemblablement pas d'accoutumance par la suite. Réaction du
ministre canadien Cauchon? «(...) Je
travaille au Canada, au sein de mon propre gouvernement
(...)».
Début
septembre, le Comité
Nolin,
après avoir enquêté pendant près
de trois ans,
entendu 234
témoins,
passé au peigne fin des dizaines
d'études
et consulté
des citoyens
de six grandes villes, rend public son rapport de 600 pages.
Il
recommande au Canada de légaliser --pas
seulement décriminaliser--
la marijuana et d'en encadrer la culture et la vente aux Canadiens de
plus de 16 ans, de la même manière que celui-ci procède déjà
pour la bière et le vin, et de détruire le casier judiciaire de
tous les citoyens déjà condamnés pour possession de cannabis.
(Marie-Claude Malboeuf -- La Presse du 5 septembre 2002) Ses huit
membres incitent même Ottawa à braver
les foudres de Washington,
pressent l'ONU de modifier les
conventions internationales prohibant les drogues.
(Suite
demain)
■ Je
fais une confidence sur mon enquête à Sandra, qui me quitte
l'instant d'après, fébrile, un peu effrayée
- (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Quelques
temps après, autre
bourde de ma part.
Sortant de la Biblio centrale de la Ville de Montréal, je croise
Sandra,
coin Montcalm-de-Lafontaine, une femme que je connais depuis une
couple d'années, sans ne l'avoir jamais fréquentée. Jusqu'à la
fin de janvier 1998, nous avions habité le même édifice, près du
Parc Lafontaine.
Il
nous arrivait de se croiser dans l'ascenseur, d'échanger
quelques mots le temps de la descente ou de la montée des étages.
Elle m'avait dit travailler comme téléphoniste à
la salle des nouvelles de Radio-Canada
: poste idéal pour savoir qui téléphone à qui. Ancien de la
grosse boîte, plus précisément de cette même salle de nouvelle,
je lui avais trouvé un
ou deux atomes crochus.
Or,
cet après-midi-là, après le bla-bla rituel, elle s'informe de ce
qui se passe de neuf dans ma vie. On se connaît depuis deux ans,
alors je lui en confie beaucoup plus qu'à l'homme à la
bicyclette. Lui raconte avoir repéré plein de civils, dis rédiger
un document à ce sujet à l'intention des médias, etc.
À
peine ai-je complété mon petit topo que Sandra dit devoir me
quitter. Avant de partir, elle me demande de lui rappeler mon nom. Sa
précipitation m'intrigue. Le ton de
sa voix, l'expression de son visage, une certaine
fébrilité, tout cela me laisse vraiment une drôle
d'impression. Celle d'une personne qui veut s'assurer d'avoir
correctement votre identité, un peu effrayée de la
confidence que vous venez de lui faire, se hâtant de partir au plus
vite pour communiquer le renseignement à quelqu'un d'autre.
(Suite
demain)
News du mardi 20 Octobre 2009
■ La
société doit deshandicaper socialement l'handicapé
– Gilbert Montagné, aveugle de naissance, a émis cette idée lors
d'un débat sur public-sénat.fr
(43:00) animé par Benoît Duquesne. Selon Montagné, on a trop
tendance à différencier les handicapés des autres citoyens. On
leur trouve un endroit où les mettre afin qu'ils ne gênent pas et
ils y restent toute leur vie.
Il
se considère comme étant une personne, pas un aveugle, qui fait
parti de sa normalité. C'est à l'extérieur de son domicile qu'il a
compris qu'il en était un. Les handicapés doivent être considérés
comme des citoyens à part entière. Cependant, il leur appartient de
faire les premiers pas vers les autres. En établissant des contacts,
les gens changent à leur égard.
Montagné
a fait une enquête sur cette problématique et remis au gouvernement
français un rapport
de plus de 100 pages intitulé "L'inclusion
des personnes aveugles et malvoyantes dans le monde d'aujourd'hui"
: un document pouvant être utile au Québec et ailleurs. En allant
sur son site, on
se rend compte qu'il est particulière actif. Il a notamment vécu
une aventure au Zanskar,
la plus haute vallée peuplée de l'Himalaya.
Deux
autres invités à l'émission sont également des handicapés :
Djamel Mastouri, militaire de l'armée française depuis 17 ans,
médaillé de bronze aux jeux Paralympiques de Pékin aussi, et
Damien Abad, député européen. Y participe également Olivier Le
Mab, réalisateur du documentaire "S'entendre
avec les sourds"
: vidéo
(51:48).
■ En
2002, le
ministre canadien de la Justice fait un aveu : «J'ai
39 ans... mais oui, évidemment que j'ai essayé» -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) Mi
juillet, on apprend que le ministre fédéral libéral de la Justice,
Martin
Cauchon,
songe à décriminaliser --mais
sans légaliser--
l'usage personnel du cannabis. On donnerait des contraventions aux
fumeurs plutôt que de les arrêter. (Sébastien Rodrigue -- La
Presse du 14 juillet 2002)
Cela ressemble à l'approche douce adoptée
quelques jours auparavant par la Grande-Bretagne.
Cependant le problème de l'approvisionnement
reste entier
puisque la culture et le trafic demeureraient interdits. Le
ministre Cauchon passe aussi aux aveux :
«J'ai
39 ans... mais oui, évidemment que j'ai essayé.»
Dans
un éditorial, Michèle Ouimet de La Presse écrit que ceux croyant
que cette libéralisation jettera des hordes de jeunes dans l'enfer
des drogues dures peuvent
dormir tranquille.
(Michèle Ouimet -- La Presse du 20 juillet 2002) (NDLR :
L'expérience du ministre Cauchon et du sénateur Nolin, entre
autres, démontre qu'il est possible de goûter à la substance sans
y plonger corps et biens.) Le
pot crée peu de dépendance.
Le ministre Cauchon suit la trace de pays progressistes. Mais le
Canada vit dans l'ombre des États-Unis,
précise-t-elle, et la proposition du ministre a vite hérissé notre
puissant voisin
qui prône toujours la tolérance zéro. Les mentalités ont évolué.
En 1975, 26%
des Canadiens étaient en faveur de la légalisation du cannabis ; 25
ans plus tard, ce chiffre grimpait à 47%.
«Osez,
M. Cauchon, osez»,
clame Ouimet.
À
l'Association canadienne des policiers (ACP),
celle-là même dont on parlé plus haut, la déclaration du ministre
cause beaucoup de déception. Sophie
Rioux,
agente de communication : «Le
Canada doit plutôt se doter d'une véritable stratégie nationale
antidrogue.»
L'organisme, qui regroupe 30 000 policiers du Canada, a déjà
fait part de
son opposition à toute légalisation des drogues.
«Il
faut une loi dissuasive pour lancer un message clair à nos jeunes
que la mari est une drogue nocive et que c'est illégal de
l'utiliser»,
souligne-t-elle. (Suite demain)
■ Un
coq-à-l'âne aussi gros que l'Empire Stade Building -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Sur
le chemin du retour, nous faisons, à sa demande, une halte dans un
petit parc situé en face d'une piscine publique, rue Rachel. Parlons
philosophie,
de Teilhard de Chardin, auteur de plusieurs ouvrages : Phénomène
humain, Énergie humaine, Activation de l'énergie, bref, la
nécessité d'être utile à la société.
Soudain,
il laisse tomber, innocemment, dans un coq-à-l'âne aussi gros que
l'Empire Stade Building de New York, l'expression «journaliste
d'enquête».
Dans ma tête, ça fait clic. Passer du coq à l'âne, sans
transition, est une
tactique couramment utilisée dans les interrogatoires policiers.
Elle consiste, mine de rien, à ne glisser qu'un ou deux mots pour
lancer l'interlocuteur sur une autre trajectoire, souvent en
détournant la tête. Quand quelqu'un regarde ailleurs, on
peut présumer qu'il attache peu d'importance au sujet, n'est-ce-pas?
Efficace, quand l'âne n'est pas trop gros. Sauf que là, il vient de
laisser tomber dans la conversation l'équivalent d'un
édifice de cent étages. Je
fais illico le recoupement avec Norbert.
Depuis le temps que je fréquente les milieux communautaires, je
ne l'y ai jamais entendue,
ni ailleurs du reste. Et voilà qu'elle refait surface peu après mon
aveu à Norbert.
Tout en lui parlant, j'attache ensemble les faits :
plus tôt dans l'après-midi, il semblait chercher quelqu'un par
dessus le toit des autos (après coup, je réalise que c'était
moi qu'il cherchait,
donc qu'on l'avait prévenu de mon passage sur Mentana) ; le paquet
de cigarettes et la canette de coke (petites gâteries incitant
à la confidence)
; sa venue à Travail-Québec où
il n'est pas entré
; sa
grande gentillesse
alors que nous avions déjà eu une prise de becs dans le passé au
cours d'une discussion politique, qui
l'avait passablement refroidi à mon égard
; et finalement, l'expression «journaliste d'enquête». Trop
de ficelles
pour que sa démarche soit l'effet du hasard.
On
m'a déjà dit qu'il a ses entrées auprès d'un membre du personnel
du député péquiste de Ste-Marie-St-Jacques, André
Boulerice.
Est-il un civil? Je n'ai pas assez d'éléments en main pour
l'affirmer de façon certaine, et n'en aurais jamais d'autres puisque
je n'aurai plus l'occasion d'échanger avec lui. N'en réalise pas
moins qu'il y a là matière
à réflexion.
Je
lui parle vaguement d'un document que je prépare, et compte
photocopier et distribuer gratuitement aux médias montréalais. Lui
dis avoir remarqué certaines choses au cours de mon passage en
milieu communautaire, sans indiquer à quoi je fais allusion. Ajoute
tout de même que je ne vise pas les dirigeants de ces organismes,
mais le pouvoir politique, le
seul responsable.
Ensuite, je fais bifurquer la conversation sur un autre sujet. (Suite
demain)
News du lundi 19 Octobre 2009
■ Apocalyptica
-
Nothing Else Matters
(03:23).
■ Radiohead
– Low morale : CREEP
(03:56). Ce n'est pas sans rappeler les suicides chez France Télécom.
■ L'Agence
de presse Reuters relate la crise économique, depuis les symptômes
de 2007 jusqu'au 10 septembre 09
– Le documentaire, de très grande qualité journalistique et
visuelle, contient une énorme masse d'informations, présentée en
deux temps.
Dans
la page s'affichant, colonne de gauche : (1e temps) "Watch
the introduction",
une vidéo
(11:42) résumant les événements. En
vrac : Islande,
USA, Russie, Japon (crises de1995 et 2008), Chine, Royaume-Unis,
Brésil (crise de 1984), affaire Madoff, Grande dépression de 1931,
quelques pancartes aussi, dont celle-ci : Traiders=traitors
(traîtres).
(2e
temps) "View
the timeline",
déroulement chronologique des signaux précédant la crise et au fil
des textes et vidéos, vous allez graduellement mettre les pieds dedans
: cliquez sur la flèche
à droite de votre écran, vous allez voir défiler sous vos yeux un
tas de fenêtres, chacune datée et contenant des renseignements liés
à la crise. Faites clic sur le titre de la fenêtre vous
intéressant. Un long et grand voyage dans le temps vous attend, et
ça n'a rien avoir avec la fiction.
■ Réduire
la répression contre la marijuana pour
lutter plus efficacement contre les drogues dures -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) Au
cours de cet été-là, un autre pays entrouvre la porte. Le ministre
des Affaires intérieures du gouvernement travailliste de la
Grande-Bretagne, David
Blunkett,
annonce que la possession de petites quantités de marijuana ne sera
plus un délit passible d'arrestation. (Isabelle Hachey -- La Presse
du 11 juillet 2002)
«Dans un
pays qui possède les lois antidrogues les plus coercitives d'Europe,
c'est une véritable révolution»,
signale la journaliste Isabelle Hachey de La Presse. C'est qu'une
étude effectuée à Brixton, le quartier Sud de Londres, démontre
que réduire la répression contre la marijuana permet de libérer
des ressources policières pour
lutter plus efficacement contre les drogues dures.
De
janvier à mai 2002, les policiers se sont contentés de donner aux
consommateurs de cannabis de simples avertissements. Ils ont ainsi
économisé 2 500 heures de travail comparativement à la
période correspondante de l'année d'avant.
Un seul avertissement
nécessite 10 minutes alors qu'une arrestation mobilise deux
policiers pendant cinq heures et coûte 22 000$ en frais
judiciaires : en 2001, 81 000 Britanniques
ont été arrêtés pour possession d'un peu de cannabis.
(NDLR : 81 000 arrestations à 22 000$ chacune = 1,7
milliards$.) Autre fait
notable : la libération des ressources policières a permis
d'augmenter de 19% le nombre d'arrestations de trafiquants.
Qu'en
pense le président Nolin du Comité sénatorial?
La stratégie -- pas seulement britannique, australienne aussi --
serait intéressante, mais son application mériterait d'être
raffinée (Alexandre Sirois -- La Presse du 11 juillet 2002) :
«Ils
veulent arrêter de mettre des ressources sur la question du cannabis
et se concentrer sur les drogues plus dures. Mais comme ils sont
obligés de maintenir la prohibition, ils
instaurent un régime d'amendes. Or,
si une
amende n'est pas payée, le consommateur s'en va en prison.Alors
on n'est pas (plus) avancé,
déclare-t-il. Et
ceux qui vont en prison, ce sont les
pauvres.»
Selon lui, chaque année, 35 000
Canadiens
se font arrêter et poursuivre pour possession simple de cannabis.
(Suite demain)
■ Rodrigue
: «Je
me sens généreux, aujourd'hui, je vais te donner 5 000$» -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Quelques
semaines après, passant par le Parc Lafontaine, qui vois-je?
Rodrigue,
Jean-Marc l'accompagne.
Dans le monde de l'underground policier, les rencontres sont rarement
le fruits du hasard. J'offre à Rodrigue un petit espace sous mon
parapluie. Il cherche encore à fouiller dans ma tête. Puis me dit
spontanément : «Je
me sens généreux, aujourd'hui, je vais te donner 5 000$».
Un
peu éberlué, je le regarde et rétorque que je les accepterais
volontiers. Me tend la main, comme s'il voulait conclure le pacte, la
refuse en blaguant : «Je
te la serrerai quand tu m'auras remis les 5 000$».
Je ne peut m'empêcher de faire le rapprochement : Norbert
l'a-t-il informé que je m'étais affiché comme un journaliste
d'enquête?
Veut-on acheter mon silence? Est-il sincère? Est-ce un piège? Je
n'entendrai plus parler des 5 000$.
Autre
rencontre fortuite... Un
gars que j'ai perdu de vu depuis environ un an.
Elle a lieu sur Mentana, lui roulant à vélo dans la rue, moi
marchant sur le trottoir. Debout sur ses pédales, il regarde par
dessus le toit des autos stationnées pour mieux voir le seul piéton
qui s'y trouve de l'autre côté, moi.
Donne l'impression d'être à la recherche de quelqu'un. Pressé, le
Resto du Plateau où je me dirige allant bientôt fermer, je feins de
ne pas le voir, pense bien m'en être débarrassé, mais...
«Salut,
Jacques!»
que j'entends derrière moi. Me retourne, c'est lui, marchant à côté
de son vélo sur le trottoir, souriant. Échange quelques mots,
m'excuse, l'heure de fermeture du resto approche. Coïncidence,
il cherche justement un endroit où bouffer. Bon, allons-y, dis-je,
et dépêchons-nous avant que ça ferme.
À
la fin du repas, lorsque je veux le quitter pour me rendre au bureau
de Travail Québec, autre
coïncidence,
il doit y aller, lui aussi. Passant devant un dépanneur, rue
Laurier, il me demande ce que je fume, veut m'acheter un paquet de
cigarettes. Je
tombe des nues.
Le remercie de sa gentillesse, mais refuse. Il insiste, finalement
j'accepte. Un peu plus loin, alors que nous sommes sur Rachel, autre
dépanneur. Là,
il me demande si j'ai soif. Ce
vendredi après-midi-là le soleil frappe fort, un bon coke glacé
fera du bien. Rendu à destination, j'entre dans l'édifice. Mon
compagnon de route qui pourtant disait y avoir affaire aussi, reste à
l'extérieur. Je
remarque, sans plus. (Suite
demain)
News du dimanche 18 Octobre 2009
■ Comment
disparaître devant un taureau qui fonce sur vous?
- Facile, si vous êtes acrobate. Quand même risqué
(01:26). Spectacle préférable à l'autre. Celui du matador, gonflé
d'orgueil, qui se pavane dans l'arène, après avoir mis à mort un
taureau.
Une
blague circule sur le web. Des restaurants, situés à proximité
d'arènes, en Espagne, offrent aux touristes de grosses couilles de
taureaux. Un jour, un garçon de table en avait servi à l'un d'eux,
qui en était à sa troisième assiettée, de toutes petites. Devant
son étonnement, il lui avait dit : Vous savez, senor, le matador ne
gagne pas toujours le combat. Olé! Viva el tauro!
■ Une
façon comme une autre de sortir du moule socio-politique - Des
Japonais ou Chinois, je ne sais trop, proposent une idée
intelligente
(04:38). Courir
de façons inhabituelles devant un caméscope juste pour le plaisir
de faire le fou. Et produire ensuite une vidéo en ralentissant les
mouvements. Onze personnes y participent, à tour de rôle. La fille
aux yeux croches (3e) et l'obèse (10e) sont à voir.
Ici, dans mon
petit village policier, Lac Bouchette, province de Québec, Canada,
civils de la Sûreté du Québec, collabos, Chevaliers de Colomb et
Filles d'Isabelle vous auraient à l'œil : vous seriez une source de
désordre.
■ Pourquoi
draguer? -
Parce que c'est l'été et qu'on a tous le feu au cul. Ainsi
s'exprime Ioudgine, une Française que je trouve pas mal sympa : je
viens tout juste de la découvrir. Elle produit de petites vidéos
sans prétention, sans souci du décor, s'adresse directement à
celui les visionnant, le tutoie, lui parle de tout et de rien,
s'arrête un instant pour prend une gorgée de Vodka, à même la
bouteille... : vidéo
(05:13) + son site.
■ Répression
sexuelle et censure de féministes québécoises (4) –
Elles ont réussi à couper l'accès à deux vidéos VIMEO. Sur mon
site, colonne de droite, elles sont inopérantes : ailleurs sur le
web également. Qui ça, elles? Les membres de la Concertation
québécoise des luttes contre l'exploitation sexuelle. Elle mêle
tout, cette Concertation anonyme, car on ignore le nom des organismes
membres : les vrais combats à livrer et ceux qui n'en sont pas,
portant ainsi atteinte à la liberté d'expression.
Je
proteste énergiquement contre ce puritanisme d'un autre âge. Je
vais donc, pendant quelque temps, diffuser chaque jour et
gratuitement cette vidéo-pub
(01:07) sur mon site : l'organisme anonyme a dénoncé la petite
tenue vestimentaire des femmes y figurant et certains gros plans.
J'invite les Québécois à diffuser également cette vidéo.
Contexte de cette histoire : dans les News du mardi 13 octobre, plus
bas dans la page de mes ACTUALITÉS, lire les deux textes : "Québec
: beau cas de répression sexuelle".
■ L'illégalité
du cannabis contribue à alimenter le crime organisé
- (Suite tome 3
de L'Étau Policier) Mois
de mai suivant, le Comité
Nolin
publie une synthèse de son enquête, qu'il utilisera par la suite au
cours d'une consultation de la population, l'été venu, dans six
villes canadienne, dont Montréal. (Joël-Denis Bellavance -- La
Presse du 3 mai 2002)
Le Comité n'encourage
personne à consommer du cannabis,
écrit Nolin dans une lettre à La Presse (Pierre Claude Nolin
-- La Presse du 16 mai 2002) : «(...) On
pourrait sans doute dire la même chose de la cigarette
dont les effets sur la santé sont bien connus, et de l'alcool
dont
on sait les effets sur la conduite automobile et la violence. Mais
nous avons constaté, études à l'appui, que la criminalisation du
cannabis n'a
pas contribué à la diminution de son usage».
La
lutte contre les drogues coûte annuellement 2
milliards$ à l'État,
dont la majeur partie sont consacré aux tribunaux chargés
d'appliquer la loi. «Les
drogues, dont le cannabis, ne sont pas moins disponibles, et les prix
baissent, sans pour autant avoir de contrôle sur leur
qualité,
ni sur les moyens de faire de l'information
et de l'éducation
véritables auprès de la population, les
jeunes en particulier.
(...)
«Que
la production et les circuits de distribution soient contrôlés en
partie par les réseaux de criminalité organisée, nul
ne doute,
constate
Nolin.
Que la diminution du pouvoir de ces réseaux, du chantage et de la
corruption soit un objectif louable et nécessaire pour nos sociétés,
est
une évidence.
Que la criminalisation des drogues, du cannabis dans le cas qui nous
occupe, soit la meilleure manière d'y arriver, n'est
sûrement pas démontrée empiriquement.
Le Comité a entendu des témoignages et consulté des études qui
tendraient à démontrer le contraire. »
De
son côté, le journaliste Joël-Denis Bellavance de La Presse
énumère d'autres éléments du document de synthèse (Joël-Denis
Bellavance -- La Presse du 3 mai 2002) : plus d'un Canadien
sur 10 et plus de 30% des jeunes de 15 à 24 ans en font usage au
mépris de la règle de droit. La vaste majorité en font un usage
récréatif temporaire et irrégulier ; 10% et moins deviendront
de gros consommateurs et entre 5 et 10% dépendants ; le
cannabis peut avoir des effets néfastes sur la santé, mais ils
sont relativement mineurs, le danger variant selon les tendances
d'usage ; il a des effets négatifs restreints sur la sécurité
publique dans la mesure où il n'est pas cause de criminalité,
toutefois, son illégalité contribue à alimenter le crime
organisé.
La
publication de ces faits intervient quelques jours seulement après
le rejet par la majorité des... députés fédéraux libéraux de la
Chambre des communes, à Ottawa, d'un projet de loi privé sur la
décriminalisation -- décriminaliser
n'est pas légaliser, car on ne fait qu'assouplir les pénalités
-- de la possession simple de marijuana et
déposé par le député allianciste Keith Martin.
Médecin de
formation, il se dit heureux des constats du Comité Nolin, mais
soutient que le temps des études est terminé : «Cela
fait plus de 20 ans que nous étudions cette question. Il est temps
de passer à l'action». Le chef du Bloc québécois, Gilles
Duceppe, le député bloquiste Réal Ménard et la
néo-démocrate Libby Davies partagent la conclusion du Comité
Nolin à l'effet que la politique de prohibition n'est pas efficace.
(Suite demain)
■ Maladresse
de ma part, je dévoile à Norbert être un journaliste d'enquête
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Norbert
m'avait suggéré d'aller manger à l'Armée
du Salut,
située au coin de Guy et St-Antoine, où, me répétait-il, les
repas étaient de meilleure qualité et gratuits. L'idée me
plaisait, j'y
voyait l'occasion d'enquêter dans un autre milieu.
À quelques reprises, nous nous y sommes donnés rendez-vous.
Le
seul problème, et il était de taille pour un journaliste faisant
enquête : cette cafétéria, aussi vaste qu'un gymnase, était peu
fréquentée,
à peine une vingtaine d'usagers s'y éparpillaient un peu partout,
chacun pratiquement isolé dans son coin. Je me sentais aussi un peu
seul dans ce secteur où les piétons se font plutôt rares. J'avais
toujours la crainte d'un dérapage policier, dans ce cas-ci par
usager interposé... Certains avaient, comme on dit, des
mines patibulaires.
Lors
de notre dernière rencontre à cette cafétéria, à l'été 1998,
je remarque que Norbert et Gilberte jouent la carte de la
convivialité. Je les connais assez bien pour savoir qu'ils ne
disent et font rarement quelque chose sans avoir une idée en tête.
Après le souper, Norbert me montre même son auto, une
compacte, deux portes, la peinture, rouge, brûlée par le soleil, et
qui a de toute évidence beaucoup de kilométrage dans le corps : le
rouge, couleur symbolique... On peut avoir quelques raisons
d'exhiber une voiture flambant neuve achetée les jours précédents.
Mais cette vieille affaire-là? D'autant qu'elle appartient
fort probablement à la police de l'île de Montréal.
L'atmosphère
est relaxe. On jase de façon décousue comme entre vrais bons
copains. Je m'abandonne, pas trop. Mes sens sont un peu en
alertes, appréhendent je ne sais quoi. Vont-ils me proposer une
balade? Histoire de mettre les pendules à l'heure, j'allonge le cou
pour en identifier la plaque d'immatriculation. Gilberte me
voit faire, se raidit, interroge aussitôt Norbert du regard.
Petite brise froide, ponctuée d'un silence.
Puis
la discussion ne se réchauffe de nouveau. À un moment donné,
Norbert me compare à un intellectuel. Lui dit me définir
plutôt comme un généraliste, un... «journaliste d'enquête».
Sur le coup, je regrette un peu cet aveu spontané. Depuis le tout
début de mon arrivée dans le milieu communautaire, Norbert sait que
je suis journaliste, mais là, je viens de lui suggérer l'idée que
je fais une enquête journalistique. Pas pris le temps de
réfléchir avant de parler.
Le
regrette, mais en même temps suis content. Ambivalence probablement
attribuable à tout ce que je sais désormais de l'underground
policier, que le
démocrate que je suis n'arrive pas à digérer.
Ce ne sera d'ailleurs pas la dernière fois que je révélerai des
choses que j'aurais dues cacher.
Ainsi qu'en témoignent la suite des
événements, ma
franchise me desservira plus qu'elle ne me sera utile.
S'il est vrai qu'elle me permettra de rencontrer davantage de civils,
en contrepartie elle
incitera la police à monter d'un cran sa répression.
L'air de "Montréal, ma ville" deviendra particulièrement
malsain pour l'auteur de ces lignes : la
ville de qui, au fait? (Suite demain)
News du samedi 17 Octobre 2009
■ Musique
païenne et fantasmatique à souhait – Enigma : Sadeness
(04:27) + Sadeness
suite (07:41).
■ Méli-Mélo
– Touches pas à ma pelouse
; l'homme papier
; apparence trompeuse
; répétez, j'ai pas compris
; les toilettes turques
; le navire poubelle
; se tuer
au travail ou se suicider ; mort au travail, l'assurance d'aller au
paradis
; des gamins qui ont du fun
; porno
; les canons d'Israël
; Obama et Clinton, deux inséparables
; Marx sur le point d'accoucher de sa théorie
; militaire bien dressé
; l'arme à destruction massive
; Obama a-t-il pensé à la flûte
enchantée? ; le risque sans risque
; le secret de la lévitation
(01:04).
■ Canada
: première fois en 12 ans – Il a enregistré un déficit
budgétaire durant l'exercice 2008/2009 : 5,8 milliards$. Il aurait
été plus élevé n'avait été l'excédent de 9,6 milliards$ de la
période précédente. Radio-Canada rapporte que le pays ne retombera
pas sur ses pieds avant 2015.
En Ontario, l'une des provinces
canadiennes les plus riches, le déficit devrait atteindre les 18,5
milliards$. Toutes les autres provinces en annonceront aussi d'ici la
fin d'octobre.
PS
: Ce qu'il y a de malheureux dans cette histoire, c'est que le
Canada, avant la crise économique que nous traversons, était sur le
point de réduire à zéro un déficit accumulé de plus 600
milliards$ : pendant ces années de remboursement, les citoyens ont
dû se serrer la ceinture. Les dollars empruntés, notamment à l'étranger, avaient commencé à s'empiler
à l'époque du gouvernement libéral de Pierre Elliott Trudeau.
La
suite vous la connaissez, la vivez quotidiennement... Fin 2008, début
du tsunami : produits toxiques des banques, fraudes boursières et
fiscales ont balayé du revers de la main tous ces efforts et font
des ravages considérables partout sur la planète, surtout dans les pays pauvres.
Est-ce que ça
vous donne pas envie de crier votre ras-le-bol dans la rue? Impossible, avec cet
autre tsunami qui s'en viendrait : grippe porcine ou H1N1. Vous allez
rester bien tranquille à la maison afin de ne pas attraper ou
propager le virus. Soyez prudent et ne vous en faites pas trop avec
cette autre vague. Et pour le ras-de-bol, il y a le web.
■ Répression
sexuelle et censure de féministes québécoises (3)–
Elles ont réussi à couper l'accès à deux vidéos VIMEO. Sur mon
site, colonne de droite, elles sont inopérantes : ailleurs sur le
web également. Qui ça, elles? Les membres de la Concertation
québécoise des luttes contre l'exploitation sexuelle. Elle mêle
tout, cette Concertation anonyme, car on ignore le nom des organismes
membres : les vrais combats à livrer et ceux qui n'en sont pas,
portant ainsi atteinte à la liberté d'expression.
Je
proteste énergiquement contre ce puritanisme d'un autre âge. Je
vais donc, pendant quelque temps, diffuser chaque jour et
gratuitement cette vidéo-pub
(01:07) sur mon site : l'organisme anonyme a dénoncé la petite
tenue vestimentaire des femmes y figurant et certains gros plans.
J'invite les Québécois à diffuser également cette vidéo.
Contexte de cette histoire : dans les News du mardi 13 octobre, plus
bas dans la page de mes ACTUALITÉS, lire les deux textes : "Québec
: beau cas de répression sexuelle".
■ Le
maire Bloomberg de New York admet avoir fumé du pot : «You
bet I did. And I enjoyed it»
- (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Autre bilan de la
situation au Québec, celui-là en mars 2002. Situons en le
contexte.
Depuis le printemps 2001 précédent, la Sûreté du
Québec, appuyée par la Gendarmerie royale du Canada et de corps
policiers municipaux, a effectué 10 raids à l'issu desquels
plus de 300 personnes liées aux groupes de motards ont été
arrêtées un peu partout au Québec. La plupart ont été
accusées de trafic de stupéfiants. (Yves Boisvert -- La Presse du
20 novembre 2002)
Un
an après, où en sommes-nous? Le «business a repris as
usual», déclarent des experts de la Gendarmerie royale du
Canada et de la police de Montréal. (André Cédilot -- La Presse du
7 mars 2002) Il y a eu un flottement au début, ils étaient aux
aguets, mais tout est revenu à la normale au bout de cinq ou six
semaines. La cocaïne entre toujours en grande quantité et reste
disponible partout au Québec.
Le
débat soulevé au Canada par le Comité Nolin risque-t-il de
se propager chez nos voisins américains? C'est que le 9 avril
2002 la National Organization for the Reform of Marijuana Laws
(NORML) publie dans le New York Times une pleine page d'une
photo accompagnée d'un commentaire du maire de New York,
Michael Bloomberg, répondant à cette question que lui avait posée
un journaliste lors des élections new-yorkaises de l'année
précédente (Richard Hétu -- La Presse du 10 avril 2002) :
«Avait-il déjà fumé de pot?» Dans une bulle de
bande dessinée, on y lit en grosses lettres sa réponse : «You
bet I did. And I enjoyed it.»
Et NORML de commenter plus bas :
«At Last, an Honest Politician. It's NORML to Smoke
Pot.»
Le
journaliste Richard Hétu de La Presse raconte que les New-Yorkais
ont vu cette pub dans d'autres journaux, les autobus, le métro, et
entendue à la radio. Il cite la pub de NORML : «Nous
applaudissons sa candeur (de
Bloomberg).
Mais personne ne devrait s'en étonner. De
Bill Clinton à George Pataki(gouverneur
de l'État de New York) à
Clarence
Thomas
(juge de la Cour suprême),
plusieurs figures officielles ont admis quelque chose de pas mal
normal -- ils ont fumé du pot.»
L'organisme
propose de traiter la marijuana comme une «affaire privée»,
et que seuls ceux qui fument en public devraient avoir affaire
à la police. Évidemment, Bloomberg n'est pas enchanté qu'on l'y
cite. Le journaliste constate que dans la Grosse Pomme, la tolérance
zéro continue, même si le maire est beaucoup plus relaxe et
conciliant que son prédécesseur, Rudolph Giuliani. (Suite
demain)
■ Le
comportement odieux de civils et de collabos à mon égard me
convainc de me retirer du Comité des fêtes de la St-Jean -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Puis
tombe la goutte qui fera déborder le verre. Mon ordinateur principal
est défectueux, en parle à Rémy,
qui prétend pouvoir le réparer, se
dit prêt à venir chez moi.
Passant devant le HLM de la Ville de Montréal, rue Beaudry, nous
croisons une jeune femme
qui, son comportement est éloquent, me
sollicite sexuellement.
Elle me regarde avec insistance, tourne autours de moi. Un jeune
homme, un peu à l'écart, l'accompagne.
Je
les identifie illico. Tous
deux ont participé à des déstabilisations que j'ai vécues
auparavant. Ils ont notamment personnifié deux des trois punks de
l'affaire Barnabé dont j'ai
parlé plus haut. Rémy
tente d'étoffer leur fausse identité en essayant de me faire croire
que ces deux prostitués sont des habitués du coin. Je
passe deux fois par jour à cet endroit et ne les y ai jamais vus,
ni d'autres pratiquant ce métier. Encore un coup monté, et Rémy
l'un de ses rouages.
Me
revient alors à la mémoire que, un peu plus tôt, avant de
quitter ensemble le Comité social, Rémy m'avait fait poireauté
pas loin d'une heure dans le petit hall d'entrée. Je commençais
à trouver qu'il prenait beaucoup de temps à venir m'y rejoindre
comme convenu, quand il était enfin apparu.
M'étais levé, prêt à
partir, mais il m'avait dit, l'air un peu songeur, cherchant ses mots
: «Pas tout de suite... faut que je parle... à mon patron avant
de partir.» Après coup, je réalise qu'il m'avait fait attendre
pour permettre à ses collègues de la police en civil de mettre
au point la petite scène des deux prostitués. Qui aimerait être
constamment manipulé de la sorte?
L'accumulation
de ces petits incidents, et ce n'étaient pas les seuls, m'ont
convaincu que des employés du Centre social étaient de connivence
avec la police. C'est l'application du principe de la répression :
se rendre odieux aux yeux de
celui qu'on veut éjecter de la société.
Ces petites hommeries et femmeries devaient me convaincre de me
retirer du Comité organisateur.
Mauvaise
foi de ces gens, manque
flagrant de respect,
atteinte continuelle à la dignité
de la personne. Tout ça au sein d'un organisme communautaire sensé
aider les pauvres,
les démarginaliser,
les intégrer socialement.
Je n'en continuais pas moins d'aller dîner à la cafétéria,
déterminé à défendre mon droit d'y être. Tout en étant
conscient, les expériences antérieures en témoignaient, que le
temps jouait pour eux et que
ma situation ne pouvait que se détériorer.
La chape de plomb, faut l'avoir déjà eue sur les épaules pour
savoir ce que c'est. (Suite demain)
News du vendredi 16 Octobre 2009
■ L'énergie
d'aujourd'hui et de demain – Des choix difficiles
(01:00) à faire. Comment préserver la planète sans renoncer à
notre qualité de vie?
C'est l'une des questions d'un site-forum où l'on propose le
nucléaire comme solution, à défaut d'autres sources. Et l'énergie
solaire, l'énergie hydraulique, entre autres? Besoin de réfléchir
et décider.
■ Danger
– Sauve-qui-peut
(00:30).
■ Québec : la grippe porcine
(H1N1) pourrait atteindre 2,5 millions de citoyens au cours des
prochaines semaines – C'est du moins ce que craint le ministre
québécois de la Santé, Yves Bolduc (photo),
rapporte la Presse canadienne. (NDLR : presque le tiers de la
population de 7,631,552 millions) Tout en adoptant un ton alarmiste,
le ministre a cherché à se faire rassurant, précise l'agence
(texte).
■ Répression
sexuelle et censure de féministes québécoises (2)
– Elles ont réussi à couper l'accès à deux vidéos VIMEO. Sur
mon site, colonne de droite, elles sont inopérantes : ailleurs sur
le web également. Qui ça, elles? Les membres de la Concertation
québécoise des luttes contre l'exploitation sexuelle. Elle mêle
tout, cette Concertation anonyme, car on ignore le nom des organismes
membres : les vrais combats à livrer et ceux qui n'en sont pas,
portant ainsi atteinte à la liberté d'expression.
Je
proteste énergiquement contre ce puritanisme d'un autre âge. Je
vais donc, pendant quelque temps, diffuser chaque jour et
gratuitement cette vidéo-pub
(01:07) sur mon site : l'organisme anonyme a dénoncé la petite
tenue vestimentaire des femmes y figurant et certains gros plans. Je
vous demande de diffuser également cette vidéo. Contexte de cette
histoire : dans les News du mardi 13 octobre, plus bas dans la page
de mes ACTUALITÉS, lire les deux textes : "Québec
: beau cas de répression sexuelle".
■ Dulex :
La police est là pour défendre les intérêts de la société, pas
les siens - (Suite tome
3 de L'Étau Policier) Février 2002. Quatre témoins suisses,
dont le chef de police du canton de Zurich, Georges Dulex,
invités par le Comité Nolin, dans la capitale fédérale,
Ottawa, décrivent la situation prévalant dans leur pays.
L'expérience pilote ayant été concluante, on s'apprête à
y officialiser, dans une nouvelle loi, l'approche humanitaire
en matière d'héroïne, rapporte la journaliste Marie-Claude
Malboeuf de La Presse. (Marie-Claude Malboeuf -- La Presse du 5
février 2002)
Policier
Dulex : «La sécurité publique s'est améliorée.
Avant, les quartiers voisins (...) vivaient dans la peur.
Maintenant, les gens peuvent sortir». Par contre, le
travail devient de plus en plus ardu. «Il y a plus de drogue,
elle est moins chère, et les réseaux sont de plus en plus secrets
et impénétrables.» Il croit le changement inévitable :
«La police doit jouer le jeu. Si la société veut cette
libéralisation, il faut l'accepter. Nous sommes là pour défendre
ses intérêts, pas les nôtres», fait-il remarquer.
On
apprend aussi que le Parlement suisse déposera un projet de loi
plaçant marijuana et haschich dans une catégorie à part. En
consommer ne serait plus un crime, les citoyens pourraient en vendre
et en produire en étant presque certains d'échapper aux poursuites.
Un pas que même les Pays-Bas n'ont pas encore franchi et suscitant
beaucoup de crainte en Europe, signale la journaliste.
Elle cite Me
Diane Steber Büchli, du Bureau fédéral suisse de la santé
publique : «La consommation de cannabis augmente malgré les
mesures répressives. (...) Nos voisins s'inquiètent parce
qu'ils connaissent mal le projet. (...) Seuls les Suisses
pourront en acheter. On veut interdire la publicité et la vente aux
mineurs. On contrôlerait la quantité vendue, le nombre de magasins,
etc.» L'opinion des policiers suisses est partagée, qui
voient mal comment ils pourraient en contrôler le commerce. Dulex :
«(...) on ne veut pas créer un tourisme de la drogue».
(Suite demain)
■ La
police en civil
crée artificiellement diverses situations pour me sortir du comité
des fêtes de la St-Jean -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Avant la réunion du Comité
organisateur, j'avais donc dessiné
quatre modèles de chapeaux sur un tableau.
L'une des employées arrive, dit
avoir besoin du tableau.
Lui souligne qu'il y en a deux autres qu'elle pourrait utiliser, l'un
juste à côté du mien, le deuxième sur l'autre mur : l'organisme
loge dans une ancienne école, d'où les tableaux. Essaie de l'en
convaincre, peine perdue, madame insiste et, sans
même obtenir mon consentement,
efface d'un geste autoritaire tous mes dessins.
À
la réunion suivante, je constate que les deux membres en faisant
partis, dont madame, se
foutent carrément de ma gueule.
Quand j'interviens pour donner mon opinion, ils
ne prêtent aucune attention à ce que je dis,
continuent de parler entre eux comme s'ils ne m'avaient pas entendu.
Je monte un peu le volume pour manifester ma présence. Ils me
regardent un bref instant, puis
reprennent leur conciliabule.
Quelque temps après, je croise sur le seuil de la porte donnant
accès à la cafétéria, celui qui échangeait avec madame. Le salue
chaleureusement, la main sur son épaule, lui souris. Il enlève
lentement ma main, avec un
dédain manifeste, et
continue son chemin sans dire un mot...
Il
y a aussi ces autres riens significatifs dont l'action se déroule
dans la salle des ordinateurs du Comité social. J'y travaille à la
conception d'une circulaire amusante annonçant la St-Jean,
que nous pourrons photocopier, distribuer dans le quartier et
afficher sur les poteaux de téléphone. Rémy, responsable
des ordinateurs, est présent. Employé ou bénévole? je ne sais
trop : m'a déjà dit être l'un des directeurs de l'organisme.
Le lendemain, je ne retrouve plus mon fichier sur le disque dur.
M'en informe, il m'apprend que chaque jour, il faut mettre son
fichier sur disquette parce qu'il y a des cours d'informatique le
matin et que le prof efface les fichiers non pertinents. Pourquoi
ne m'en a-t-il pas averti la veille? Une couple d'heures de
travail perdues qu'il me faut reprendre.
Le
surlendemain, Rémy s'empare
de la souris et efface l'en-tête que j'ai conçue.
Je le lui reproche, il nie l'avoir fait. Pourtant je n'ai pas rêvé
: elle a disparue. Suis infographiste et travaille sur des
ordinateurs depuis dix ans, je connais ça. Quelques jours après, il
m'attribue un autre ordinateur, mais
il ne fonctionne pas. Avant
que je ne m'en rende compte, l'autre employée, madame,
s'est déjà installée devant celui que j'utilise habituellement, je
dois attendre qu'elle ait fini son travail. Pourquoi le mien alors
qu'il y en a trois ou quatre autres sur la longue table?
De
toute évidence, on crée artificiellement diverses situations pour
me faire sortir de mes gonds. Des niaiseries, j'en conviens, prenant
cependant une connotation particulière quand
vous savez qu'elles sont concoctées par la police.
D'autant qu'elles s'ajoutaient à la répression que je subissais
quotidiennement dans la rue. En me harcelant, on
cherche à me faire démissionner du comité.
(Suite demain)
News du jeudi 15 Octobre 2009
■ Répression
sexuelle et censure de féministes québécoises (1) – Elles ont
réussi à couper l'accès à deux vidéos VIMEO. Sur mon site,
colonne de droite, elles sont inopérantes : ailleurs sur le web
également. Qui ça, elles? Les membres de la Concertation
québécoise des luttes contre l'exploitation sexuelle. Elle mêle
tout, cette Concertation anonyme, car on ignore le nom des
organismes membres : les vrais combats à livrer et ceux qui n'en
sont pas, portant ainsi atteinte à la liberté d'expression.
Je
proteste énergiquement contre ce puritanisme d'un autre âge. Je
vais donc, pendant quelque temps, diffuser chaque jour et
gratuitement cette vidéo-pub
(01:07) sur mon site : l'organisme anonyme a dénoncé la petite tenue vestimentaire des femmes y figurant et certains gros plans. Je vous demande de diffuser également cette vidéo. Contexte de cette histoire : dans les News du mardi 13
octobre, plus bas dans la page de mes ACTUALITÉS, lire les deux textes :
"Québec
: beau cas de répression sexuelle".
■ Une
initiative citoyenne méritant d'être connue - En France,
Castres
est la seule ville de sa taille (chiffre de 2006 : plus de 47 000
habitants) à ne pas être reliée au réseau autoroutier, ce qui
l'écarte de la croissance économique régionale. Des citoyens ont
décidé de s'occuper de ce dossier. Ils veulent qu'elle soit reliée
à Toulouse, ville dynamique situé à 72 kilomètres plus loin. À
cet effet, ils ont lancé un débat sur le web.
Création
d'un site par le Comité
de soutien Autoroute 2013 qui groupe : Pays d'Autan, Pays du Sidore,
Agglomération Castres-Mazamet, Communauté de Communes Sor et Agout,
Communauté de Communes de la Haute Vallée du Thoré, Pays de
Cocagne, Chambre de métiers et de l'artisanat de Tarn, Chambre de
commerce et d'industrie Castres-Mazamet, Pierre Fabre, Atlase. Et
production d'une vidéo
(03:03) sur YouTube où quelques centaines de citoyens s'expriment en
chantant. La solidarité crève les yeux.
PS
: Le web propage la parole du citoyen au delà des frontières,
permet de dénoncer l'inacceptable, faire avancer des idées,
d'ouvrir des portes closes. Des citoyens commencent à s'en rendre
compte. Démocratisation.
■ Il
faut toujours vérifier deux fois plutôt qu'une ce que dit la police - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Trois semaines
après, le président de l'Association canadienne des policiers (ACP)
affirme que la simple possession de cannabis n'est plus une
priorité pour les policiers. Est-ce vraiment le cas?
Non. La
journaliste Silvia Galipeau de La Presse rapporte que, d'après des
chiffres de Statistique Canada compilés par le Canadian Center
for Justice Statistic, le nombre total d'arrestations liées au
cannabis est passé de 33 267 cas en 1991, à 66 171 en 2000.
(Silvia Galipeau -- La Presse du 22 septembre 2001) Et le nombre
d'arrestations pour possession simple (moins de 30 grammes) est passé
de 24 000 à 48 000.
La
journaliste a vu la contradiction flagrante, demande
au président de l'ACP des explications : «(...) Ce
que j'ai voulu dire,
c'est que la section moralité, alcool et stupéfiant (MAS)
de
la police ne se concentre plus sur les individus qui ont un joint ou
deux dans leur poche. Nous nous concentrons sur les trafiquants, les
cultivateurs et les importateurs. Ce qui ne veut pas dire que les
policiers dans la rue, eux, en fassent autant. Ce sont deux unités
différentes. Ce ne sont pas des policiers du MAS.»
Moralité de cette article : il
faut toujours vérifier deux fois plutôt qu'une ce que dit la
police.
Peu
après, Marie-Claude Malboeuf de La Presse pose la
question (Marie-Claude Malboeuf -- La Presse du 20 octobre 2001)
: tous les producteurs de marijuana qui squattent des terrains privés
ou publics sont-ils liés de près ou de loin au crime organisé?
Selon Roch Côté, de la Gendarmerie royale du Canada et
témoin expert, 15% ne le sont pas. Ils vendent à petite
échelle.
Subissent-ils des peines sévères? demande-t-elle à
Me Pierre Cloutier, un criminaliste québécois : «Les
producteurs sans antécédents ne vont pas en prison. J'ai des
clients qui sortent du tribunal et qui recommencent. (...) La
justice n'atteint pas son but. On se ridiculise chaque été
en transformant nos policiers en cueilleurs.»
Pour
sa part, Côté de la Gendarmerie royale du Canada déplore
que les sentences, au Canada, ne soient pas assez sévères :
dans l'État du Vermont, aux États-Unis, celui cultivant 25 plants
s'expose à 15 ans de prison et 500 000$ d'amende,
mentionne-t-il.
Devrait-on imiter les États-Unis? demande ensuite la
journaliste à Me Cloutier : «Pour protéger la
société de quoi, au juste? On fait face à un crime sans
violence. Le tabac fait plus de morts que le pot!» Sa solution :
légaliser. (Suite demain)
■ Agacé,
Norbert me demande : «Là, tu
vas t'infiltrer icitte (sic)?» - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Le
Comité social Centre-Sud,
police oblige, est l'un de ces autres organismes travaillant main
dans la main avec les
civils. Je le sais pour l'avoir fréquenté presque tous les jours
pendant cinq mois. Quelques exemples de cette... osmose
police-collabos.
En
avril 1998, après avoir offert mes services comme bénévole, suis
intégré au sein du Comité
organisateur de la fête de la St-Jean
et nommé responsable des communications. Peu après, Norbert
l'ayant appris de je ne sais qui, me fait remarquer que je suis «très
actif». Lui rétorque :
«très actif non, mais
actif oui.»
Quelques
jours après, il revient à la charge, cette fois manifestement agacé
: «Là, tu vas t'infiltrer
icitte (sic)?» Oui, il a
bel et bien dit "infiltrer".
Je lui explique que l'organisme a besoin de bénévoles, et même
épinglé un message à cette fin sur son tableau d'affichage, dans
le petit hall d'entrée. La police avait réussi à me déloger de
Jeunesse au Soleil et de la Maison des amis du plateau Mont-Royal,
j'ai compris qu'elle me
délogerait aussi de ce comité organisateur.
Par
la suite, des civils et leurs collabos ont poursuivi leur boulot.
Appelons plutôt ça des riens significatifs, en somme d'autres
gouttes d'eau venant
s'ajouter à celles déjà dans la verre. Je voulais proposer que le
comité organisateur lance
un concours du chapeau le plus extravagant
: chapeaux empruntant la forme de l'Hôtel de Ville de Montréal, du
stade olympique, du pont Jacques-Cartier, etc.
J'estimais que cette
activité inciterait des résidents du quartier à participer
concrètement à la réalisation de l'événement, en tout cas à au
moins ce volet. Autre avantage : ils pourraient confectionner leur
petit chef-d'oeuvre dans la
grande cafétéria, ce qui créerait une certaine... osmose,
susciterait d'autres adhésions.
Le
rôle d'un comité social comme celui-ci n'est-il pas de rayonner
dans son milieu? Il le fait déjà, remarquez bien, mais tout est
tellement aseptisé
par les civils,
le gardien de sécurité
et des employés et
bénévoles mouchards de
l'organisme que cela est plus près du sarcophage
de la momie égyptienne que
de l'édifice de brique et de béton ouvert à tous, sans
discrimination, et bourdonnant
d'activités. (Suite
demain)
News du mercredi 14 Octobre 2009
■ How
can we dance when our earth is burning? – Pétition planétaire
sur le réchauffement climatique. On nous fait entendre le clic de
l'horloge, les appels sont nombreux : the time has com ; no turning
back ; beds are burning ; etc.
Beaucoup
de participants à cet excellent clip
(04:02) musical : Kofi Annan, Mélanie Laurent, Desmond Tutu, Serena
Ryder, Amadou et Mariam, Will Lee, Yodelice, Marion Cotillard,
Hawksley Workman, Duran Duran, Milla Jovovich, Mark Ronson, Dan
Black, etc. Voir la liste au complet, des infos sur le site
de la pétition et cet autre.
■ Québec
: 75% des médecins spécialistes favorables à l'euthanasie des
malades en fin de vie
– Dans la mesure où elle se pratiquerait à l'intérieur d'un
cadre réglementaire très strict. Selon eux, la pratique est
courante (NDLR : On aurait aimé le savoir plus tôt.), bien qu'elle soit illégale.
Le
président Gaétan Barette de la Fédération
des médecins spécialistes du Québec pense, rapporte RCI, que la population aussi
est prête à mettre fin à l'hypocrisie devant l'euthanasie. (NDLR : Comment ça la population est prête? Elle n'est pas au courant de l'hypocrisie. On le lui a toujours cachée. Suis journaliste et l'ai appris il y a seulement un mois environ.)
On ne parle pas ici du
suicide assisté, que l'on considère comme un autre débat. Par
contre, l'arrêt des traitements est légal au Canada. Une personne
pour qui les traitements n'apportent plus d'effets bénéfiques peut
ainsi demander à ce qu'ils soient interrompus. Dans la même
optique, il est aussi permis de cesser d'alimenter et d'hydrater un
malade en fin de vie. (NDLR : avec ou non le consentement du malade
ou de sa famille?).
PS
:
Il faut prendre garde à ce que vous dites lorsqu'un médecin, une
infirmière ou une travailleuse sociale cherche à savoir ce que vous
pensez de l'état de santé d'une personne hospitalisée qui vous est
chère. Ou dans l'hypothèse d'un retour à son domicile, si vous
pourriez vous en occuper de temps à autre, faire son marché, etc.
Sans que vous le sachiez, on va se servir de votre témoignage pour
décider, en catimini, s'il y a lieu ou pas d'écourter sa fin de vie
: si on avait été franc à votre égard, vous auriez probablement fait
le nécessaire pour qu'elle ait accès à ces services, entre autres. De plus, vous serez
jamais informé de la décision, la personne qui vous est chère non plus.
Le
conseil d'administration de chaque hôpital doit fonctionner à
l'intérieur d'un budget, delà l'importance d'investir dans ceux qui
ont des chances de s'en sortir. Et en ces temps de crise économique, dans quels autres services coupe-t-on? L'hospitalisation, notamment, en réduisant le nombre de lits disponibles.
En passant, autre fait... Dans ma région un entrepreneur de pompes funèbres simule un léger sourire aux lèvres des défunts : il me l'a dit, alors que j'assistais aux funérailles d'un ami. Dans les
avis de décès, ils sont souvent morts entourés de leur famille ou dans le calme de leur foyer. La
vie est belle pour les agonisants, elle leur sourit...
■ Débat
sur la drogue, 2001 : le
ministre fédéral libéral de la Santé, Allan Rock, franchit un
autre pas, et tout un! -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) Dans
les jours qui suivent, le Journal de l'Association
médicale canadienne
soutient, en page éditoriale, que les toxicomanes canadiens
devraient pouvoir bénéficier de piqueries sécuritaires et sous
surveillance. (Presse canadienne -- La Presse du 21 août 2001)
Il
argumente son point de vue d'une
nouvelle étude sur les coûts élevés des soins de santé
reliés aux utilisateurs de drogues injectables dans un secteur du
centre-ville de Vancouver,
situé entre Gastown et Chinatown, deux quartiers touristiques. Ses
ruelles, transformées en piqueries, sont fréquentées par la
plus forte concentration d'usagers de drogue au pays.
«Il
faudra un certain sang-froid pour aller de l'avant avec cette idée,
reconnaît l'éditorialiste.
Mais nous pouvons rendre la vie des toxicomanes un peu meilleure et
les quartiers un peu plus sécuritaires.»
Il suggère de combiner réalisme et compassion.
Début
de septembre, le ministre fédéral libéral de la Santé, Allan
Rock, franchit un autre pas, sur le site Web de son ministère.
(Presse canadienne -- La Presse du 2 septembre 2001) Et tout un!
On s'y dit d'avis, dans l'introduction d'un document, que les lois
canadiennes antidrogues devraient être révisées parce
qu'elles contribuent à la propagation épidémique du VIH-sida et
de l'hépatite C chez les usagers de drogues injectables. (NDLR :
Que certains ou plusieurs transmettent par la suite à des hommes et
femmes ne se droguant pas.)
«L'usage
des drogues injectables est d'abord et avant
tout une question de santé et non une question d'ordre public».
On souligne aussi que les toxicomanes devraient être traités comme
des «membres
respectés de la société
qui ont besoin de notre appui et de notre aide, et qui la méritent,
plutôt que comme des criminels qui devraient être isolés les uns
des autres.»
Ce changement d'approche se traduirait par la
mise en œuvre de mesures sanitaire et humanitaire,
comme celle de prescrire de l'héroïne à des héroïnomanes ou
celle de venir en aide aux toxicomanes plutôt que de les poursuivre
en justice. (Suite
demain)
■ Une
autre preuve démontrant que les civils sont infiltrés partout -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) À une autre occasion, George
et moi
s'éternisons après le repas. Les usagers ont quitté un à un la
grande cafétéria, le calme est revenu, moment
idéal pour échanger.
Lui raconte que Péladeau, le fondateur du Journal de Montréal,
avait commencé à brasser des affaires en vendant des arbres de
Noël.
George
réplique que c'est en publiant des petits journaux jaunes qu'il a
commencé à faire de l'argent, pas en vendant des arbres. Et sans
que je ne m'y attende, le voilà qu'il enchaîne en me signalant que
je trouverais cela pénible de publier semaine après semaine un
petit hebdo du genre, «avec
seulement des photos de fesses de femmes et des seins, page après
page, numéro après numéro»,
me répète-t-il à un rythme accéléré, et en insistant pesamment.Je
sens son mépris pour les petits journaux jaunes.
Réalise
surtout que là, il ne vise plus Péladeau, mais moi. Et qu'il
fait une allusion directe, et on ne peut plus claire, à une
confidence que j'avais faite environ trois ans plus tôt à une
danseuse, dans un bar du centre-ville où il m'arrivait à l'occasion
de prendre une bière pour relaxer et me rincer l'œil. Me
souviens très bien du contexte. À l'époque, la danse contact,
appelée aussi «danse à 10$», était interdite.
J'avais
dit à celle-ci que le pouvoir politique n'a pas à décider des
loisirs sexuels entre citoyens majeurs, vaccinés et consentants
en plus. Il n'a pas à mettre le nez dans des questions à caractère
moral, il peut encadrer, pas interdire. Lui avais fait part de
mon intention de lancer éventuellement un magazine pour défendre
les loisirs sexuels entre adultes.
L'allusion
du galonné était claire, le recoupement s'est fait automatiquement
dans ma tête. Et d'autant plus que c'est vraiment la seule fois
où j'ai confié ce projet à quelqu'un. Lui avais même chuchoté
qu'en matière de répression sexuelle, la police était pire que
nos curés des années 1950. Il devait savoir aussi...
Cette
anecdote démontre qu'à Montréal, la
Cité policière,
et ailleurs dans le monde, il faut prendre garde à ce qu'on dit
parce que nos propos peuvent se retrouver dans la mégabanque
informatisée de la police, et nous rebondir à la figure quelques
années plus tard. Vous êtes en présence d'une jolie femme, elle
vous inspire confiance,
vous vous permettez certaines réflexions et, sans le savoir, elle
rapporte tout à la police.
Quand
j'affirme et répète que les civils sont infiltrés partout et que,
aidés de citoyens mouchards, ils collectent le plus de
renseignements possible sur le plus grand nombre de citoyens, nous
en avons là une démonstration convaincante.
Je ne crois pas qu'à La Havane, sous la dictature du tyrannosaure
Castro, on puisse se permettre de telles remarques. Mais à Montréal,
une ville faisant partie intégrante d'un pays démocratique, n'ai-je
pas le droit et la liberté de dire tout haut ce que je pense, sans
être importuné par un flic?
La liberté d'opinion ne vaut rien si elle ne s'assortit pas de la
liberté de parole, de chercher à persuader et de publier ou
diffuser. (Suite demain)
News du mardi 13 Octobre 2009
■ Québec
: beau cas de répression sexuelle (Suite)
- La
journaliste
de LCN (03:06) qui interroge le producteur de la vidéo, Julien
Roussin-Côté, lui fait remarquer que les formes (des femmes) sont assez mises à
l'honneur, en gros plans (petite pause-soupir), ça laisse personne
d'indifférent. "Je
vous avoue que, pour ma part, et sur bien des commentaires, des
femmes trouvent que c'est aller un peu trop loin. Vous ne trouvez pas
que c'est aller trop loin?"
■ Québec
: un beau cas de répression sexuelle – C'est
l'histoire d'une pub québécoise sur une boisson énergétique que
des féministes québécoises qualifient de sexiste et dégradante
pour les femmes : visionnez le "making
of" de la pub (03:54) + le clip
publicitaire (01:06).
Aucune
femme nue des pieds à la tête. En outre, à
ce qu'on sache, aucune n'a été obligée de participer à cette pub.
Elles avaient donc parfaitement le droit de s'exprimer librement,
d'exhiber leur corps comme elles l'entendent. Ce qui n'a pas
empêché Axelle Beniey, porte-parole de la Concertation des luttes
contre l'exploitation sexuelle, de dénoncer la pub sur LCN
(03:24). Sauf erreur, sur le site
de l'organisme on n'indique pas le nom des groupes de femmes membres
de la Concertation. Anonymat assuré.
Dénoncer
iniquité et sexisme à l'égard des femmes est nécessaire et utile
à l’évolution de la société. Par contre, quand on utilise ces
nobles causes à d'autres fins, on pervertit les vocables, en fait des
maîtres mots panzers. Dans ce cas-ci, il s'agit carrément de
répression sexuelle.
Petit
rappel... Dans
son numéro d’octobre 2000, la Gazette
(L'Étau Policier, tome 3, mot clé : gazette) des femmes du Québec,
qui est l’organe officiel du Conseil québécois du statut de la
femme, un organisme relevant du ministère de la Justice, décernait
le prix Déméritas aux journalistes sportifs qui avaient couvert les
Internationaux de tennis féminin de Montréal. (Presse canadienne –
La Presse du 27 octobre 2000) «Tout
ce qui grouille et scribouille n’avait de cesse que de
se gausser
des moues suggestives d’Anna Kournikova, cette joueuse russe qui
tire des revenus publicitaires de 15M$ de sa blonde plastique».
■ Def
Leppard – Love bites
(05:35).
■ Les
deux minutes du peuple - Sketch de l'humoriste québécois
François Pérusse : la vie de couple et les attraits
(02:42) de l'Internet.
■ Légalisation
du cannabis : «Changer
nos lois sans que les Américains le fassent aussi (…) les
mesures de rétorsions seraient énormes»
- (Suite tome 3
de L'Étau Policier) Il
est un fait que le gouvernement canadien peine à se dépêtrer de
l'utopie meurtrière où il s'est laissé entraîner, quelques
décennies plus tôt, par son
voisin américain et nos corps policiers canadiens,
dont ceux du Québec.
Le
Canada tourne-t-il autour du pot? s'interroge-t-on dans une manchette
coiffant un article du journaliste Alexandre Sirois de La Presse, qui
rapporte ce commentaire du président Nolin
(Alexandre Sirois -- La Presse du 4 août 2001) : «Ça
règle la question de l'usage médical du cannabis, mais ça ne règle
pas tout le reste du problème. Il
y a quand même 10% de la population qui en consomme régulièrement
et c'est illégal.»
Moins
de deux semaines après, Nolin
hausse le ton.
Il accuse publiquement les
politiciens canadiens de manquer de courage et de vision
en refusant d'admettre que la prohibition est «un
échec patent et coûteux».
(Paul Roy -- La Presse du 17 août 2001)
L'«antiprohibitionniste»,
qui prend la parole devant l'Assemblée nationale de la police
professionnelle (ANPP),
n'est
guère plus tendre envers ses hôtes,
souligne le journaliste Paul Roy de La Presse : «Les
cyniques diront que les
policiers et leurs organisations
trouvent aussi leur compte
(dans la prohibition),
déclare-t-il à ses membres. Les
premiers
(les policiers) en
heures supplémentaires,
les secondes
(les organisations policières) en
ressources humaines et financières ainsi qu'en étendue de leurs
pouvoirs.»
Nolin
reproche aux Tom
Flanagan,
ex-chef de la police d'Ottawa, et Ted
Symmons,
ex-commandant de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), d'admettre
«seulement
après leur retraite
que la guerre à la drogue est un échec»,
sans n'avoir «jamais
osé le dire publiquement durant leur carrière active».
Il ne semble pas facile de dire ce qu'on pense quand on est encore de
service, constate-t-il : «Combien
d'enquêteurs spécialisés nous disent en privé la même chose
pour continuer, le lendemain, de faire la guerre à la drogue et
surtout de la défendre sur la place publique?»
Interrogé
à l'issu de sa conférence, Nolin
résume la situation prévalant sous d'autres cieux :
en Europe, où on est dans un état de facto de décriminalisation à
peu près totale, par exemple en Espagne, au Portugal, en Suisse où
c'est en train de se faire. En Amérique de Nord, le Canada est en
avance sur les États-Unis, mais... double
bémol en majeur :
«Changer
nos lois sans que les Américains le fassent aussi, c'est à peu près
impossible.
(...) Les
mesures de rétorsions seraient énormes»,
reconnaît-il. Cependant, il croit que «le
Canada peut amener les États-Unis à avancer.»
(Suite
demain)
■ Un
Jour, j'ai l'impression de comparaître devant un juge et trois de
ses subalternes - (Suite
tome 1
de L'Étau Policier) Depuis
cet échange, il fait de gros efforts pour me démonter le contraire.
Subtilité, désormais
ce n'est plus lui qui me tend des perches
mais un tiers, quand ce ne sont pas deux tiers. Lui se contente
d'écouter mes réparties, tête baissée au-dessus de son assiette.
Quoique pas toujours...
Lors
d'une autre dîner, à la même cafétéria, j'aurai
l'impression de comparaître devant un juge.
Cabaret en main, je repère George.
Il est seul, vais l'y rejoindre, m'assieds en face de lui. À
peine ai-je pris place
que trois autres civils arrivent à la queue leu leu : Norbert,
Olivier
et Gilberte.
Je constate alors qu'on a collé deux tables l'une en face de
l'autre. Ce qui n'est jamais arrivé auparavant. Ça sent la mise en
scène. Devant moi, le gradé, à ma droite ses trois collègues.
Ambiance un peu protocolaire, pour
ne pas dire militaire.
George
en profite pour me faire passer un
petit test psychologique.
Me parle d'individus qui rejettent la société. À mes yeux, c'est
impossible, sains d'esprit s'entend. N'y a-t-il pas au moins
certaines choses qu'ils acceptent, ne serait-ce que les biens de
consommation, la télé, le hockey de la Ligue nationale? Je n'y
arrive pas parce qu'il
cherche insidieusement à me faire gober
que mon refus d'accepter l'omniprésence des civils émane du fait
que je rejette de la société. Obligation
il y aurait donc d'accepter l'inacceptable,
l'Étau policier.
Pour
mieux me faire comprendre ce qu'il insinue, il me place dans la
situation du naufragé ayant trouvé refuge sur une île déserte et
qui, un matin, en voit un arriver sur un radeau improvisé : «Ce
serait quoi ta réaction?»
me demande-t-il. Jouant à l'élève obéissant, je réponds à mon
prof qu'il aurait tout intérêt à s'en réjouir, qu'à deux, ils
trouveront peut-être une solution pour revenir à la civilisation.
(Suite
demain)
News du lundi 12 Octobre 2009
■ L'espion
– Chanson interprétée par Douce Rebelle
(04:56).
■ Le
groupe britannique Muse dit ce qu'il pense de la présence partout des caméras et
des civils - Leur dernier hit "Uprising"
(04:10) porte sur la résistance. Le livre "1984" de George
Orwell a été une source d'inspiration pour eux. Pas des nuls
sur le plant socio-politique, savent ce qui se passe au Royaume-Uni.
Ils ne disent pas aux gens quoi faire, expriment seulement ce qu'ils
pensent de la situation : un peu plus bas dans la page s'affichant,
entrevue
vidéo sous-titrée en français avec deux de ses membres.
PS
: L'ex-premier ministre de ce pays, Tony Blair,
qui était un partisan inconditionnel des politiques guerrières et
liberticides de W. Bush, dont la guerre en Irak engagée sur de fausses preuves (Blair a participé aux mensonges), domine actuellement la course à la
présidence de l'Union européenne (UE). Il y de quoi s'inquiéter de
l'avenir de ses 460 millions d'habitants. L'image de l'UE mérite mieux que ça. Suis étonné que sa
candidature ne soulève pas un tollé. Les gens ont la mémoire
courte.
■ Marijuana
à des fins thérapeutiques et chasse à un homme soupçonné d'avoir
arrosé 27 plants illicites garnissant son salon - (Suite tome
3 de L'Étau Policier) Juillet 2001, le gouvernement fédéral
libéral de Jean Chrétien pose un premier geste : il
légalise la marijuana à des fins thérapeutiques. Astuce
politique pour éviter la montée aux barricades des purs et durs?
Probable qu'il y ait un peu de ça, peut-être même un peu plus.
Préalable à la légalisation à des fins récréatives? Ça, on ne
saurait encore le dire.
Les
médecins pourront prescrire la substance, cependant plusieurs
hésitent. Certes, ils ont entendu parler des mérites du produit
mais ignorent tout de sa valeur scientifique, de la
posologie qu'ils devront recommander, de la compatibilité
avec d'autres médicaments, etc. Pour ajouter à la confusion, l'État
ne leur indique pas le nom d'un fournisseur de marijuana où
les patients peuvent s'approvisionner. Ce flou juridique suscite des
craintes chez les médecins.
L'éditorialiste
Mario Roy de La Presse décrit l'imbroglio prévalant.
(Mario Roy -- La Presse du 6 juillet 2001) Il signale qu'à l'instant
précis où le ministre fédéral libéral de la Santé, Allan
Rock, annonçait que les grands malades dûment mis en carte par
son ministère pourraient fumer de la marijuana, la police
détruisait une plantation de cannabis au Nouveau-Brunswick,
appréhendait un petit revendeur de pot de Trois-Rivières et faisait
la chasse à un homme de Gatineau soupçonné d'avoir arrosé les
27 plants illicites garnissant son salon...
«Le
principe de réalité est incontournable, constate-t-il :
hier, aujourd'hui et demain, l'État s'est jeté, se jette et se
jettera dans des situations inextricables, kafkaïennes, à
chaque fois qu'il s'est mêlé, se mêle et se mêlera de codifier la
morale.
Et de réprimer (...)
ce
qu'on désigne comme les crimes
sans victimes
-- et qui sont plus justement encore des crimes à
victimes consentantes.
Les drogues douces, l'alcool, le tabac, le jeu, la prostitution
entrent tous dans cette catégorie.
(...)
«Si,
en matière de drogues douces, la raison penche en faveur de la
légalisation, la société, par contre, n'est peut-être
pas encore prête à faire le saut. Il faudra donc vivre
pendant un temps sur cette marge de manœuvre en l'élargissant même
dans toute la mesure du possible. Car il ne faut pas oublier que la
police et la justice constituent les bras les plus répressifs de
l'État. Et qu'elles peuvent causer bien des dégâts pour
des raisons qui paraîtront futiles dans une ou deux
décennies.» (Suite demain)
■ George
est le civil le plus hiérarchisé que j'aie connu - (Suite tome
1 de L'Étau Policier) Le plus
hiérarchisé
de tous les civils de la police de la Ville de Montréal que j'ai
connus est sans aucun doute George,
un pseudo retraité, homme réfléchi, modèle technocrate, fin
causeur, yeux brillants dans un visage triangulaire, dos un peu
voûté, à moins que ce ne soit une musculature haltérophilique.
Plus
hiérarchisé pour deux
raisons. Il était toujours
le centre d'attraction
des autres civils. En sa présence, ceux-ci parlaient peu, comme
des élèves en présence de leur prof.
C'est George qui tenait le plancher.
De plus, contrairement aux
autres, il me cachait à peine son appartenance à la police. Son
grade le lui permettait-il? Cela n'en demeurait pas moins dans le
domaine du non dit. N'ai
jamais abordé le sujet, de
crainte qu'il ne se refroidisse et ne réponde plus à mes questions.
Il est le seul avec qui j'ai pu, à quelques très rares occasions,
parler un tout petit peu de
son métier.
Un
après-midi, alors que tous les usagers de la cafétéria sont
partis, je tente d'aborder avec lui la question de la mauvaise foi
colossale des civils à l'endroit des citoyens qu'ils infiltrent.
Sujet délicat. J'amorce la
discussion en disant que
moi, je suis de bonne foi et m'attends à ce que... (mon
interlocuteur le soit aussi, simple question de respect)...
Anticipant ce qui s'en vient, il ne me laisse pas compléter.
Quand
tu soulèves une question un peu embarrassante pour un civil, soit
qu'il te coupe la parole ou s'en aille, sans avoir l'air de fuir,
lentement, l'esprit ailleurs, comme si tu n'étais déjà plus là.
George ne fuit pas, bien que
le sujet l'embête un peu.
Je tente de l'aider : peut-on parler de mauvaise foi entre
guillemets? Il semble voir
dans mon approche un peu de malice de ma part. Mon
propos l'agace, je n'ose
pas insister. (Suite demain)
News du dimanche 11 Octobre 2009
■ Nouvelle
technique de vol – Elle était connue depuis plusieurs années
mais rarement utilisée. L'internet y étant fort probablement pour
quelque chose, toujours est-il que les adeptes se multiplient. Le
principe de base est le même que celui de l'écureuil-volant.
S'agit
d'enfiler une WingSuit, fixer un parachute à son dos et vous voilà
prêt à sauter dans le vide depuis le sommet d'une très haute
montagne ou d'un avion. Vous ne tombez plus dans le vide, vous
planez. Des mouvements du corps permettent d'accélérer ou ralentir
: saut d'une montagne
(05:48) ; sauts d'un avion
(07:32) ; un cas d'exception, dit-on : Terje Haakonsen, 32 ans, a
descendu, en snowboard
(03:46), une montagne de 7 601 pieds (2 316 mètres), en Alaska, près
de Valdez.
■ Naissance d'un éléphanteau - Sous nos
yeux (06:03)! Bigrement impressionnant, émouvant aussi, quand on a jamais assisté à un événement semblable. Lorsqu'enfin
l'éléphanteau tombe sur le sol, on admire le savoir-faire de la
femelle. Elle le bouscule pour qu'il commence à respirer, l'éloigner aussi des eaux et du sang qui coulent et l'obliger à se
dresser sur les pattes. Elle tient vraiment à ce qu'il vive.
■ En
2001, le Canada prévoit que sida et hépatite C, en raison de
l'absence de seringues neuves, coûteront des milliards de dollars
- (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Mai 2001, ébahissement
total : un galonné de la Gendarmerie royale du Canada
(GRC), Robert Lesser, à l'occasion d'une conférence
nationale sur l'hépatite C tenue à Montréal, suggère au
gouvernement canadien d'installer des lieux sûrs à l'intention des
consommateurs d'héroïne et de cocaïne afin de réduire les
risques de propagation du VIH-sida et de l'hépatite C. (Dennis
Bueckert, Presse canadienne -- La Presse du 5 mai 2001)
Certains
pays, dont l'Allemagne et la Suisse, le font déjà, pendant
qu'aux États-Unis l'approche coercitive prévaut. Au Canada,
signale Lesser, on dénombre déjà un certain nombre de lieux
d'injections «non officiels». Les autorités
policières ferment en général les yeux, bien que ces lieux
soient illégaux.
De
son côté, le ministère fédéral de la Santé évalue que plus
de la moitié des quelque 125 000 consommateurs de drogues
injectables que compte le Canada sont atteints d'hépatite C.
Il prédit que, au cours des six années suivantes, les cas de
VIH-sida attribuables à l'injection de drogue entraîneront
des coûts d'environ 8,7 milliards de dollars et que ceux
reliés au traitement des victimes d'hépatite C seront encore
plus élevés. (Suite demain)
■ Je
menace un civil de lui écraser mon sandwich dans la face -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Au
cours de la conversation qui suit, Louis,
le troisième homme, m'apprend qu'il est gardien
de sécurité. Les bras
m'en tombent, sans le laisser trop paraître. Toute
une nouvelle! Parce que ce
gars-là, je le connais très bien. Pendant plusieurs mois, on
a fait du bénévolat ensemble au resto Bouffe-Héberge.
Dans
ma tête, j'essaie de faire le point. Certains éléments de réponses
me viendront sur le coup, d'autres plus tard. Cela suppose que la
police en aurait embauché un pour l'infiltrer. Mais pourquoi quand
on sait qu'il fourmillait déjà de civils,
dont certains y faisaient même du bénévolat. Louis, gardien de
sécurité? Les ficelles
sont trop grosses. Évidemment,
il ne peut m'avouer être un civil, cela
ne se dit pas. Et pourquoi
maintenant et en présence des deux autres civils?
L'impression
que Louis joue le rôle de
celui ayant été témoin de méfaits.
Impression devenant certitude quand il ajoute que le président du
resto était un gars facilement influençable, avec
l'air de dire que je l'avais influencé,
sans préciser en quoi et en quelle circonstance, ou si c'était en
bien ou en mal. Le dit-il pour me passer le message qu'il est au
courant d'illégalités que j'aurais commises alors que j'y faisais
du bénévolat? Sa remarque fielleuse m'irrite au point où je
menace de lui écraser mon sandwich dans la face.
La
complicité entre eux est évidente, Louis
sait que ses deux vis-à-vis sont des civils.
Je me rends bien compte que leur petite mise en scène n'est rien
d'autre qu'une tactique de
harcèlement et d'intimidation.
Tous ces petits coups d'épingle finissent par laisser des marques
psychiques. Ça vous empoisonne l'existence et incite à
ne plus jamais remettre les pieds à un endroit.
(Suite demain)
News du samedi 10 Octobre 2009
■ Dr
René Frydman : l'irrésistible monsieur bébé - L'histoire d'un
pionnier diffusée sur france5.fr : vidéo
(51:55) gratuite jusqu'au 23 octobre 09. Dès le début, vous
allez assister à une césarienne et la sortie d'un bébé à l'aide
des mains. Ensuite, faire la connaissance d'un homme un peu plus grand que nature.
■ Pour
ne pas se laisser berner : des clés essentielles au développement
du sens critique – Vous les trouverez dans le livre d'un prof
de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), Normand Baillargeon
: "Petit cours d'autodéfense intellectuelle", Éditions
Lux,
collection de Liberté – 2005. À lire au plus vite...
L'information
et son accès sont des données politiques cruciales. Il
écrit qu'il n'est pas nécessaire d'avoir un diplôme universitaire
pour être un septique. L'idéal que vise la démocratisation du
scepticisme est au fond celui-ci : chacun devrait posséder des
outils de base qui permettent d'évaluer rigoureusement et
constructivement des propositions qui se donnent comme vraies.
L'auteur
n'est pas tellement étonné que dans nos sociétés un important
moyen de contrôle et de marginalisation du public ait recours au
contrôle de l'information et à ce qu'il est juste d'appeler la
propagande. Tout citoyen devrait donc être conscient de l'existence
de ces institutions vouées au façonnement de l'opinion : média,
firmes de relation publique, agences de publicité et ainsi de suite.
Dans
une démocratie, chacun est gouvernant en puissance et appelé à se
prononcer sur les affaires concernant le bien commun. Chacun peut
faire entendre sa voix et peut, en droit, prendre part aux débats et
aux discussions qui ont constamment cours sur un nombre de sujets et
questions et qui débouchent, après délibération, sur des
décisions et des actions.
Lorsque
la pensée critique est absente, la figure idéale du citoyen informé
cède la place au citoyen endoctriné, ignorant de données cruciales
concernant le monde dans lequel il vit et exclu du débat politique.
De participant, il devient spectateur et la démocratie un mirage.
L'auteur pense que notre situation est, hélas, bien proche de
celle-là. Ce phénomène est récurrent dans l'histoire des
démocraties.
J'ajoute
à ce préambule d'autres sources d'information : gratuitement, un
excellent résumé
du livre en format pdf (36 pages – dans la table des matières,
cliquez sur le thème vous intéressant pour y avoir accès) +
entrevue radio
(17:54) avec l'auteur en septembre 2005 à l'émission "Indicatif
présent" de Radio-Canada animée par Marie-France Bazzo +
entrevue vidéo
(04:27).
■ Marijuana
légalisée, ne resterait plus dans le monde que 36 millions
d'adeptes de drogues dures -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) Mi
janvier 2001, la Belgique annonce qu'à l'été suivant, la
possession pour usage personnel et la consommation du cannabis seront
dépénalisées.
(Agence France-Presse -- La Presse du 20 janvier 2001) Sauf en cas de
«consommation
problématique»
et de «nuisance
sociale».
La ministre belge de la Santé, Magda
Aelvoet,
déclare à l'issue d'une réunion du conseil des ministres : «Mieux
vaut prévenir que guérir, mieux
vaut guérir que punir».
Pendant ce temps au
Canada,
les témoignages en faveur du cannabis s'accumulent peu à peu.
Ainsi,
le député bloquiste de Rosemont-Petite-Patrie, Bernard
Bigras,
qui, ce même mois-là, souhaite que le Canada mette en place un
projet pilote semblable (à celui de la Belgique) «dans
un avenir rapproché».
(Sylvain Larocque -- La Presse du 21 janvier 2001) Selon lui, la
prévention «est
bien meilleure conseillère que la répression policière»
menée à grands frais depuis des décennies.
Mentionnons aussi le
témoignage d'Eugene
Oscapella,
de la Canadian Foundation for Drug Policy : «Je
ne vois pas comment quelqu'un,
aujourd'hui, peut sérieusement affirmer
quepoursuivre
des gens pour possession simple de marijuana est bénéfique
pour la société. Il s'agit d'une perte
d'argent
inutile, d'un détournement
des ressources policières
et d'une diminution
des libertés civiles.»
C'est
moins d'une semaine après que sont dévoilés les chiffres du
Programme des Nations unies pour le contrôle international des
drogues (PNUCID), organisme de l'ONU, portant sur le nombre de
consommateurs de drogue dans le monde, et dont nous avons fait état
plus haut (Agence France-Presse -- La Presse du 27 janvier 2001) :
sur plus de 6,4 milliards d'habitants, seulement 180
millions consomment de la drogue, dont 144 millions du
cannabis.
Cette
drogue douce légalisée, ne resterait plus dans le paysage que 36
millions d'adeptes de drogues dures. La population mondiale
progressant de 76 millions chaque année, le pourcentage du nombre
d'usagers de la drogue s'en trouve par conséquente réduit.
Ces
chiffres, à eux seuls, expliquent tout (NDLR : Expliquent que
pouvoir et police se servent de ce faux alibi pour justifier le
contrôle et le nettoyage social de la population. En fait, c'est de
l'intimidation)
En janvier 2001, le rapport du PNUCID était à cette adresse, sur
son site web, mais n'y est plus.
(http://www.unodc.org/unodc/en/world_drug_report_2000.hmtl).
(Suite
demain)
■ Seule
fois où j'ai vu ces hommes-là rire d'aussi bon cœur -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Le
jour suivant, je me rends au bureau de Travail-Québec renouveler ma
demande d'aide sociale. Cela fait, je me dirige ensuite vers
la cafétéria.
Il est environ 13h30. Les usagers sont partis. À part du personnel
de la cuisine occupé à nettoyer le comptoir, frotter poêle et
tables chauffantes Steinless, il y a, assis à la même table,
George,
le galonné, Norbert et Louis.
Je
me dirige directo vers leur table, cabaret en mains, lançant de loin
à Norbert,
à la blague, et même deux fois plutôt qu'une : «Tiens,
mon tortionnaire!».
Il sourit. Au moment où je m'apprête à m'asseoir à leur table,
Norbert me dit, l'oeil suspicieux, les lèvres arrondies : «Micro,
micro?».
Pense-t-il que j'ai enregistré la scène de la veille?
Sa
remarque me fait réaliser aussi qu'il n'avait alors pas dit un seul mot,
l'affrontement
était muet,
tout était dans la mimique de ses yeux. Ou pense-t-il que je
m'apprête à enregistrer la conversation que nous allons avoir? Lui
retourne la balle : «Micro,
micro?»,
dis-je, en
passant la main sous la table.
Les choses en restent là.
Leur
raconte ensuite d'où j'arrive, ce que j'y suis allé faire, parle
de mon livret de banque
: Avec les 57$ qui me restent, fais-je remarquer, la fille de l'aide
sociale a dû trouver que j'avais pas beaucoup d'argent. Là, il m'en
reste encore moins parce qu'avant de venir ici, j'ai retiré 20$ au
guichet automatique».
George
dit ne pas me croire, que, de l'argent, j'en ai plein. Prétend
m'avoir même déjà aperçu, une
nuit,
en train de creuser un trou dans le Parc Lafontaine pour l'y cacher.
Je rétorque que moi, mon argent, je l'envoie en Suisse, (où j'ai un
compte numéroté). Norbert, la voix entrecoupée d'éclats de rire,
me lance, en secouant la tête : «Avec les suisses, hahaha! Avec les
suisses, hahaha!».
Lui, il fait allusion aux écureuils du Parc Lafontaine. Seule fois
où j'ai vu ces hommes-là rire d'aussi bon cœur. (Suite
demain)
News du vendredi 9 Octobre 2009
■ Irrésistible,
cette pub de Yahoo
– Le dialogue est en chinois. On comprend tout quand même. Les
images
(06:43) traduisent pour nous un beau moment de la vie.
■ La
France, l'un des premiers pays à attaquer de front la souffrance au
travail?
- L'avenir le dira. Reconnaissons tout de même un premier pas
prometteur du ministre français du Travail, Xavier Darcos.
Aujourd'hui vendredi, rapporte
lepoint.fr,
Darcos a demandé aux pdg de 2,500 entreprises de plus de 1,000
employés de trouver, en collaboration avec les syndicats, une
solution au climat stressant en milieu de travail. Le 1e février
2010, il dévoilera sur l'Internet le nom des entreprises qui auront
répondu à son appel et celui des récalcitrantes. Darcos : "La
première sanction, c'est la transparence. (…) rien n'est exclu".
PS
: Épingler publiquement l'image corporative des entreprises
malveillantes à l'égard de leur personnel, voilà de quoi stresser
les pdg sans cœur. Une médecine qui donne de bons résultats. On
l'a vu dans l'affaire des suicides chez France Télécom (photo
de son pdg).
Je constate aussi que depuis le début de la crise
économique, que nous devons au monde de la finance (on s'en
souviendra longtemps), la conscientisation des citoyens sur les
méfaits du capitalisme brutal s'accélère. Vivre dans un monde
meilleur, n'empêche pas les pdg de faire fortune et les actionnaires
de toucher des dividendes. La violence psychologique n'a vraiment aucune raison d'être.
■ Barack Obama : prix Nobel de
la Paix – Il lui a été attribué aujourd'hui
vendredi "pour
ses efforts extraordinaires sur la scène internationale"
: le communiqué
de presse émis par le comité responsable des nominations des prix
Nobel + photo.
Le prix lui sera officiellement remis en décembre.
Quelques
heures après l'annonce de sa nomination, il a prononcé une
allocution
(29:00) depuis la Maison blanche : traduction en français. Il a dit
recevoir ce prix comme un appel à l'action pour que toutes les
nations de ce monde puissent s'unir et relever ensemble les défis
actuels, qui ne peuvent l'être par une seule nation. Voilà pourquoi
son gouvernement cherche à ouvrir une nouvelle ère.
■ Le
Congrès musulman canadien demande au Canada de bannir burqa et niqab
– Il estime qu'il n'y a rien dans le Coran
qui oblige les femmes à se couvrir le visage dans l'espace public.
Par ailleurs, la burqa (photo)
est interdite à la Grande Mosquée de La Mecque, l'un des endroits
les plus sacrés du monde musulman.
■ La
solution du commerce de la drogue par des gangs : légaliser et créer
un cartel d'État -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier)
Quelques mois après, trois
chercheurs en économie
concluent que, en matière de drogue, des mesures plus radicales
pourraient être contreproductives (Silvia Galipeau -- La Presse du
27 décembre 2000) : Abdala Mansour
et Nicolas Marceau,
tous deux de l'Université du Québec à Montréal, et Steeve
Mongrain,
de l'Université Simon Fraser en Colombie-Britannique.
Ils
illustrent leurs propos de deux cas
: la croisade américaine contre le trafic d'opium entre les années
1970-1990 et l'intervention américaine en Colombie contre les deux
plus gros cartels de cocaïne, Cali et Medellin.
Ils
relatent que ces mesures n'ont pas permis d'éradiquer l'offre de
stupéfiants, mais plutôt de l'augmenter davantage. Dans l'un de
ces cas, l'offre d'opium a plus que quadruplé. Dans l'autre,
la dissolution des deux cartels a entraîné la formation d'une
multitude de petits gangs impliqués dans la production de
cocaïne. Celle-ci a donc augmenté, tandis que l'industrie de
la cocaïne passait d'une situation de duopole à un marché plus
diversifié, constitué de 80 à 250 (?!) organisations, selon
les estimations.
Pourquoi?
demande la journaliste Silvia Galipeau de La Presse à l'un des trois
chercheur, Marceau. Parce que l'objectif d'un gang criminel n'est
pas différent de celui de n'importe quel entrepreneur :
maximiser les profits. Comme dans toute activité économique, s'il y
a un seul producteur, il y a monopole et, dans une situation
du genre, les quantités offertes sont limitées et les prix élevés.
Brisez le monopole et vous favoriserez l'émergence de la
concurrence, l'augmentation de l'offre et la diminution des prix.
Alors
que faire?
interroge-t-elle. Comme pour l'alcool jadis, celui-ci ne voit qu'une
seule solution : la légalisation et la création d'un «cartel
d'État». L'astuce
consiste à remplacer un monopole par un autre. Marceau reconnaît
que l'idée n'est pas très populaire auprès de l'opinion publique,
mais elle l'est encore moins
auprès des gangs eux-mêmes.
(Suite demain)
■ Nobert
est visiblement choqué que je l'aie déstabilisé
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier)
Complètement désarçonné, Norbert se lève d'un bond, ne
sait plus quoi dire, sinon répéter, en levant et baissant à
quelques reprises les bras : «Non, non, non, non, non, non!».
Ma colère l'a surpris. On dirait qu'il cherche à calmer le jeu, je
ne sais trop. Un peu comme s'il avait peur des conséquences de mon
emportement. Que des voisins de table se rendent compte, à la
nature de mon propos, qu'il est un civil. Des mots peuvent les avoir
fait tiquer : preuve, menottes, procès.
Ou
soupçonne-t-il un piège de ma part? La présence peut-être
d'un autre journaliste dans la cafétéria et les conséquences
médiatiques? Il peut le penser car je n'ai réagi que lendemain, ce
qui m'aurait laissé amplement de temps de le piéger.
S'écoule une bonne minute avant qu'il ne retombe sur ses pieds. Il
marche quelques pas en direction de la porte.
Puis
il se retourne vivement et tout aussi vivement vient s'asseoir à ma
table, en face de moi. Ce n'est plus le même homme. Il est
visiblement choqué d'avoir été déstabilisé. Ses yeux sont
mobiles, n'arrêtent pas d'aller de gauche à droite et l'inverse.
Semble ramasser ses muscles avant de bondir sur moi. Avec tout
le monde qu'il y a là, cela ferait beaucoup de témoins.
Je
ne crois pas qu'il serait passé à l'acte, ce n'est pas un gars
violent. Après tout, je ne l'ai pas insulté. Et puis ce n'est
pas moi qui lui ai fait quelque chose mais lui, un civil duquel
je devrais m'attendre à ce qu'il me respecte plutôt que le
contraire. Finalement, nous nous calmons les nerfs. Je garde quand
même pendant quelques secondes mon regard furibond, je le sais, j'ai
les yeux qui chauffent. Autour, des usagers nous observent.
(Suite demain)
News du jeudi 8 Octobre 2009
■ Wall-Mart,
un nouveau modèle du capitalisme mondial?
- L'historien américain Nelson Lichtenstein a publié, en 2006,
l'ouvrage collectif "Wal-Mart
: The face of twenty-first century capitalism", traduit ensuite par les Éditions Les prairies ordinaires.
Il
relate son développement dans la distribution américaine et
identifie les facteurs de sa réussite. Partie de rien, l'entreprise
est devenue un empire au sein du monde de la consommation : 6000
centres commerciaux (80% aux USA), près de 2 millions d'employés et
un chiffre d'affaires de 300 milliards par année. Profits énormes,
bilan social largement déficitaire
(site en anglais + vidéo : bonne confrontation) sur plus d'un plant.
L'entreprise
est devenue au fil des années une référence du monde des affaires : fabrication de
produits dans les pays en développement afin de réduire les prix
(chaque année, 230 000 containers traversent l'Atlantique) :
colleter la concurrence au mur et encaisser encore plus de profits ;
conditions de travail des employés réduites en deçà du salaire
minimum ; exploitations d'immigrants, violation des lois sur le
travail des enfants, discriminations cumulées, notamment contre les
femmes. On est en présence ici d'un gros déficit social accumulé...
■ Le
point sur la grippe porcine au Canada (H1N1) – Le ministère
canadien de la Santé estime que le virus est "féroce" et
menace l'ensemble de la population : vidéo
de Radio-Canada (01:52).
Par
contre, si l'on se fie aux infos transmises par l'Agence
de la santé publique du pays, la situation n'est pas dramatique,
loin de là : quelques milliers de personnes y meurent de la grippe saisonnière
chaque année. Ce 8 octobre 09, on dénombre jusqu'à présent 79
décès attribuables à la grippe porcine. La province de Québec est la plus touchée, 27 contre 24 en
Ontario : plus d'infos sur le Québec.
Le
Canada s'attend "fortement"
à dépister de nouveaux cas, lit-on dans la rubrique "Questions fréquentes" dont cette autre : Pourquoi signale-t-on uniquement le nombre de décès et
non le nombre de cas atteints de la maladie? Réponse... Au début,
il était important de comprendre que le virus se répandait et le
genre de maladie qu'il entraînait. C'est la raison pour laquelle
nous avons procédé à des essais individuels de cas confirmés en
laboratoire de la grippe causée par le virus H1N1 (grippe porcine).
(NDLR : Ce qui revient à dire qu'on ne dénombre plus les personnes
atteintes, ce que recommandait du reste l'Organisation mondiale de la
Santé (OMS).
■ Les
têtes à claques – Vous connaissez peut-être ce groupe
d'humoristes québécois qui produit des clips d'animation. Qui
sont-ils? Trois gars ordinaires qui veulent rester ordinaires. Dans
la vidéo
(07:39) que je vous propose, ils sont aux commandes d'un avion de
ligne. Gros problème : un passager aurait caché dans une canette de jus de raisin une bombe atomique. Si vous aimez le genre, plusieurs clips sont accessibles sur leur
site.
■ Le
sénateur canadien Nolin
avoue avoir déjà fumé de la marijuana -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) Les
politiciens canadiens manquent-ils
de courage? Nolin,
le président du Comité sénatorial sur la drogue, soutient en mai
2000 que son statut de non élu lui donne toute la latitude
nécessaire pour examiner sereinement la situation. (Presse
canadienne -- La Presse du 1ier mai 2000)
«Les
politiciens élus ont peur de se pencher sur certains dossiers qui
peuvent heurter la sensibilité de leurs électeurs.»
Nolin avoue avoir déjà fumé de la marijuana : «Selon
certaines études, 25% de la population a essayé une drogue ou une
autre et j'en
fais sûrement partie.»
Il
affirme que les
contribuables en ont assez de
voir l'État dilapider les deniers publics dans la répression des
Canadiens inculpés de possession simple : environ 600
000
possèdent un casier judiciaire, parfois vieux de 40 ans. Les lois
n'ont pas stoppé l'usage de stupéfiants, comme la prohibition de
l'alcool aux États-Unis n'a pas empêché les gens de boire tout en
permettant en outre aux malfaiteurs de s'enrichir : «Les
montants générés par le trafic de la drogue sont gigantesques et
finissent par être investis dans des activités légales».
À
l'automne 2000, on constate que le
débat focalise
de plus en plus sur le cannabis. Et que certaines remises en question
du dogme officiel viennent de milieux pour
le moins inattendus :
en tout cas, la détermination semble vaciller un peu... Le
journaliste Vincent Marissal de La Presse rapporte que des
agents de la Gendarmerie
royale du Canada et de la Sûreté du Québec
ont parfois l'impression de mener une bataille perdue d'avance.
(Vincent Marissal -- La Presse du 6 octobre 2000)
Pour
un champ de marijuana détruit en milieu rural québécois, il
en surgit chaque année d'innombrables nouveaux.
Et les personnes arrêtées dans ces raids ne sont le plus souvent
que de petits exécutants très loin de la tête dirigeante des
réseaux. De plus, la logistique de
telles opérations est plutôt complexe et très coûteuse
: le repérage se fait par hélico, duquel on transmet les
coordonnées à une équipe d'agents au sol, qui intervient ensuite
avec des véhicules tout-terrain et des camions. (Suite
demain)
■ Je
dis à Norbert :«Si
tu as une preuve contre moi, passes moi les
menottes immédiatement» -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Au
cours de mon enquête, il m'est arrivé de réagir émotivement. |