News du samedi 31 Octobre 2009

  Le coût de l'accès à l'internet et la vitesse en mbps dans 25 pays – Un graphique qui vous informe à ce sujet : cliquez dessus pour l'agrandir. Il a été produit par l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE en français, OECD en anglais sur la graphique) et ITIF Broadband Rankings (en français : Aménagement numérique des territoires).

La connexion la plus rapide et la moins chère : Japon (61mbps et taux de transfert des données d'1 million de mégabites par seconde : $0.27 le mbps en dollar américain par mois – USD, sur le graphique) ; la plus lente et la plus chère : Pologne (7.5mbps, $13). Sur 25 pays : France 5e, Canada 8e et....USA 15e.

PS : Si vous payez plus chère pour moins de mégabites par seconde, interrogez votre fournisseur d'accès à l'Internet (FAI). Au Canada, vous pouvez loger une plainte auprès du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). Ou à l'Association de consommateurs de votre région. Dans la page qui s'affiche, cliquez sur "vingt-cinq associations de consommateurs" pour connaître la vôtre.

  Amelie Colbert - Hymne à l'amour, rythmée, ensoleillée, colorée de nostalgie et de créole. Ça se passe à la Guadeloupe. C'est à Laurent Voulzy (04:38) que nous devons ce moment de tendresse.

  Au Canada en 1999, le tiers des nouveaux cas de sida et plus de 60% de ceux d'hépatite C étaient attribuables aux drogues dures - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Une date historique : 10 novembre 2002, la ministre fédérale libérale Anne McLellan, qui a quitté entre-temps le ministère de la Justice pour celui de la Santé, annonce qu'elle élabore des critères en vue de l'établissement de lieux d'injection supervisés dans certaines villes canadiennes. (Presse canadienne -- La Presse du 10 novembre 2002)

Des piqueries légales! «Le processus est en cours, indique Farah Mohamed, représentante de la ministre. D'ici la fin de l'année (2002), la ministre sera en mesure de recevoir des propositions (de la part des autorités municipales).»

Le premier emplacement devrait, prévoit-elle, ouvrir ses portes aux utilisateurs de drogues injectables dès 2003. Montréal, Toronto et Vancouver devraient être les premières villes à en disposer, à titre d'essai, déclare l'un des dirigeants de cet organisme, Ralf Jurgens. Selon le Réseau juridique canadien VIH/sida, le Canada compte, cette année-là, 125 000 utilisateurs de drogues injectables. (NDLR : 125 000 sur plus de 30 millions d'habitants, ce qui illustre bien l'outrance de la répression.)

Qualifiant cette décision d'«énorme gain», Louis Letellier de Saint-Just, président de CACTUS Montréal, un organisme qui distribue gratuitement des seringues neuves dans le quartier Centre-Sud, soutient que cette stratégie constitue une grande première en Amérique du Nord. De son côté, l'éditorialiste Michèle Ouimet de La Presse considère que c'est une façon intelligente d'aider les toxicomanes. (Michèle Ouimet -- La Presse du 14 novembre 2002)

Le Canada suivrait l'exemple de nombreuses villes européennes qui ont des locaux d'injection depuis plusieurs années. L'Europe a une bonne longueur d'avance sur le Canada. Plusieurs villes s'en sont dotés, comme Genève, Zurich, Amsterdam, Francfort, Madrid, Londres. Au cours de la dernière décennie, le nombre de crimes, d'overdoses et de cas de sida reliés aux drogues a diminué en Suisse et en Allemagne.

Pendant ce temps, la situation se détériorait au Canada. Selon Santé Canada, en 1999, le tiers des nouveaux cas de sida et plus de 60% de ceux d'hépatite C étaient attribuables aux drogues dures. «Ces chiffres ont un coût : près de 10 milliards par année (sic)», souligne l'éditorialiste. Un consensus s'établit tranquillement autour de l'utilité de ces lieux, constate-t-elle. «Les locaux, c'est tout de même mieux que de se mettre la tête dans le sable en s'imaginant que la répression policière va tout régler.» (Suite demain)

  Suis parfaitement conscient d'avoir découvert quelque chose d'important, mais la peur me tenaille de temps à autre - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Revenant chez moi, je croise Olivier, coin Amherst-Ontario. Il fait semblant d'attendre l'autobus. Lorsque j'arrive à sa hauteur, il tourne la tête vers moi, m'adresse une brève salutation de la tête, accompagnée de ce qui semble être un rictus. Le coin gauche de sa lèvre supérieure est relevé, laissant apparaître quelques dents, à moins que ce ne soit des... crocs.

Je le fixe sans lui rendre sa salutation. Fidèle à moi-même, je ne veux pas être contraint de saluer un flic en civil, ni même en uniforme... Juste derrière lui, Jean-Marc est assis sur le banc public, près des locaux du magazine l'Itinéraire. Il accompagne souvent Rodrigue. Il n'infiltre jamais la cible que je suis, se tient toujours à l'écart, un peu comme une force en réserve.

Depuis le début de mon enquête, la crainte d'un dérapage policier me tenaille de temps à autre. Elle est réelle, quoique sporadique et d'intensité variable. Suis parfaitement conscient d'avoir découvert quelque chose d'important, dont aucun journaliste, à ma connaissance, n'a jamais traité à ce jour : l'underground policier. La police le sait, cherche à m'isoler, en me confinant à mon domicile, par peur que je communique mes infos à des citoyens.

Elle sait très bien également que tout ce que j'ai vu et verrai sera révélé au public. Les civils que je croise sur mon chemin me démontrent qu'elle prend l'affaire au sérieux. Il est clair qu'à ses yeux, je représente une menace. Ce contexte me donne un peu froid dans le dos. (Suite demain)

News du vendredi 30 Octobre 2009

  Perpetuum Jazzile – Le nom d'une chorale slovène. Au début, en cliquant des doigts, elle imite le bruit de la pluie et en sautant sur l'estrade, le tonner. L'interprétation de la chanson Africa (06:19) qui suit est tout simplement sensas.

  La BD, une nouvelle forme de journalisme - Reportage du dessinateur Chappatte "Dans l'enclos de Gaza" : cliquez sur la flèche, à droite de l'écran. D'autres reportages du genre dans la colonne de gauche : Le Mur, Ossétie, Sud-Liban, Élysée, Côte d'Ivoire, Iran, Le livre...

  Que penser du nouveau jeu vidéo : je tue un ami? - À vous de juger, testez le gratuitement.

  Travail de sous de table de la police en civil au sein des médias québécois - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Et la libéralisation aux USA tend à déployer d'avantage ses ailes. Novembre 2002, le Nevada propose à ses citoyens de voter pour sa légalisation complète, afin de percevoir des taxes sur sa vente, comme il le fait déjà pour le jeu et la prostitution. L'Arizona, pour sa part, propose de décriminaliser la possession simple, tandis que la Ville de San Francisco demande aux électeurs le droit d'en cultiver elle-même! On ignore ce que sont devenus ces projets.

Cependant, ces lois permissives entrent en conflit direct avec la législation fédérale américaine, qui l'interdit. La police fédérale effectue parfois des descentes dans des États en autorisant la consommation. La Cour suprême de ce pays a décrété en 2001 que la loi fédérale ne permet pas d'exception à l'interdiction. L'histoire ne dit pas si Walters, le chef de la lutte antidrogue de la Maison-Blanche, songeait à effectuer des fouilles aux frontières séparant les États américains délinquants et ceux favorables à la Guerre Sainte.

Première fois que nous prenons connaissance de ces informations. S'en dégage l'impression que les médias les avaient cachées afin d'éviter que ces exemples américains ne contaminent pas le Québec. Car cette image biaisée de la répression antidrogue américaine nous portait à penser que les 50 États américains constituaient un bloc monolithique antidrogue indestructible, qu'il était inutile d'essayer de s'y confronter.

Tout comme l'ex-URSS en constituait un. Selon la propagande soviétique propagée à travers le monde, toutes les républiques membres et leurs citoyens étaient communistes mur à mur. Dans les médias, le constat est là, et ce n'est pas le seul cas en l'espèce : il y a de l'information qui ne circule pas, elle est bloquée en quelque part. Travail de sous de table de la police en civil? Oui. (Suite demain)

  J'aimerais poursuivre mon enquête, mais c'est trop risqué - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Reprenons le fil du récit là où nous l'avions interrompu, à l'été 1998. Retrempons-nous dans le contexte. Après avoir confié à Norbert que j'étais un journaliste d'enquête, en avoir raconté un peu plus long à l'homme à la bicyclette et d'avantage encore à Sandra, je suis la cible d'une surveillance accrue de la part de la police, et cela me tracasse grandement.

Afin de calmer le jeu, je décide d'espacer mes visites à la cafétéria du Comité social Centre-Sud. J'aimerais y poursuivre davantage mon enquête, interroger des usagers, mais comment y parvenir avec ces civils qui m'épient et m'encadrent continuellement? J'y renonce, trop risqué. Décide d'investir dorénavant toutes mes énergies dans la lecture de bouquins de référence et la rédaction.

D'autres événements préoccupants surviennent, à la fin de juillet, journée du chèque d'aide sociale. J'ai plein de choses à faire dans le centre-ville : achat de papier pour l'imprimante, visite chez Statistiques Canada, boulevard René-Lévesque-Ouest, pour aller chercher des données traitant de la criminalité dans les villes canadiennes, dont Montréal, etc.

La police m'a à peine vu depuis plus d'un mois, mes allées et venus étaient de trop courtes durées pour qu'elle ait eu le temps de m'infiltrer. En l'espace d'une couple d'heures, je croiserai cinq civils, dont deux fois... Sandra. C'est beaucoup, en si peu de temps. Je sens qu'on a un pressant besoin de savoir ce que j'ai mijoté ces dernières semaines. (Suite demain)

News du jeudi 29 Octobre 2009

  It's the Earth that moves – Un tube de Bibi Tanga (03:43). Le beat décontracté, qui donne à bien du monde le goût de danser, lui, il connait ça. Un nom à retenir...

  Les mensonges de l'ex-flic de la Sûreté du Québec Antonio (alias Tony) Cannavino – Cet ex-président de l'Association des policières et policiers provinciaux du Québec (APPQ) se présente à la mairie de la Ville de Gatineau, au Québec, en vue des élections municipales du 1e novembre. Un journaliste de ruefrontenac.com l'a interrogé et soulevé un événement (odieux) auquel il a participé en septembre 1999 alors qu'il occupait la présidence de l'APPQ.

Contexte... Des agents de la Sûreté du Québec, mécontents des nouvelles conditions salariales offertes dans le cadre de leurs négociations avec le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard décident d'intimider premier ministre et ministres. L'action se déroule à Drummondville, sur les lieux même où se tiennent les assisses du Conseil national du parti québécois. Ils sont 200, certains portant l'uniforme, arme à la hanche, cependant sans plaquette affichant leur nom et prénom.

La police de Drummondville est appelée sur les lieux pour rétablir l'ordre. Le capitaine Gaston Bellemare de ce corps policier raconte : «Une haie d'honneur était prévue par les groupes de manifestants, et ce sont les voitures des ministres qui devaient y passer. Des policiers de la Sûreté du Québec se sont postés à l'entrée du stationnement de l'hôtel pour bloquer l'accès et obliger les membres du gouvernement à se rendre à pied. Pendant ce temps, d'autres agents s'affairaient à rendre cette haie d'honneur de plus en plus étroite. Des ministres, dont Paul Bégin, (...) se sont ainsi fait bousculer en traversant ce passage formé de manifestants». Il y a eu des empoignades musclées.

Le journaliste Mathieu Bélanger de ruefrontenac.com a demandé à Antonio Cannavino, le candidat à la mairie de la Ville de Gatineau, ce qui s'était vraiment passé ce jour de septembre 1999. Réponse de Cannavino : cette manifestation s'était tenue «dans le respect». «Personne ne s'était senti menacé, raconte-t-il. J'en avais même ri avec le ministre (de la Sécurité publique de l'époque) Serge Ménard.»

Dans le respect, personne ne s'est senti menacé, le ministre Ménard a trouvé ça drôle, dites-vous? Voyons les faits... Le ministre Guy Chevrette n'en revenait pas d'avoir vu des policiers manifester arme à la hanche : «(...) cela m'a bouleversé», avoue-t-il. Dans un autre article, son collègue Serge Ménard de la Sécurité publique parle même d'un «relent de totalitarisme».

Par la suite, Ménard amende la Loi sur la police de façon à interdire désormais à tous les policiers du Québec de manifester en uniforme ou armés, qu'ils soient en service ou non. L'amendement prévoit des mesures disciplinaires ou des amendes allant de 500 à 3 000$. (Martin Pelchat -- La Presse du 15 juin 2000) Il n'y avait là vraiment pas de quoi rigoler.

Lisez au complet et gratuitement cet événement de septembre 1999 dans le tome 3 de L'Étau Policier, chapitre "La délinquance de la police en uniforme". Au sommet gauche de votre navigateur, cliquez sur la fonction "Édition", dans le menu s'affichant, cliquez sur "Rechercher". Une fenêtre apparaît alors dans le côté gauche du bas de votre écran, inscrivez y les mots clés suivants : pouvoir goûte.

  Taylor Mitchell est morte – La chanteuse canadienne de 19 ans a été attaquée par deux coyotes alors qu'elle se promenait dans le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton, situé dans les provinces maritimes : vidéo (02:15) sur la tragédie en anglais + vidéo (03:18) de Radio-Canada en français + article en français + hommage vidéo (03:17). Elle avait beaucoup de talent et un avenir prometteur.

PS : Cela démontre encore une fois qu'il faut être armé lorsqu'on circule dans la forêt : fusil ou fusée de détresse (on vise la bête, qui s'enflamme) ou une grosse bonbonne de poivre de Cayenne. Le couteau n'est pas une bonne idée, ce n'est pas le moment d'un corps à corps. Faire le mort non plus, à la première morsure de la bête, vous allez réagir. Ça n'arrive que rarement, mais quand cela arrive, je penses qu'on doit être content d'avoir ce qu'il faut pour sauver sa peau. L'équivalent d'une ceinture de sauvetage.

  Marijuana : les États américains ne vibrent pas tous en diapason avec la Maison Blanche - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Milieu d'octobre, le républicain Walters de la Maison-Blanche revient à la charge. Les autorités américaines seraient obligées de multiplier les fouilles à la frontière canado-américaine afin d'éviter une hausse du trafic du cannabis aux États-Unis, affirme-t-il. (Joël-Denis Bellavance -- La Presse du 18 octobre 2002) Ce qui risquerait de nuire aux relations économiques entre les deux pays dont les échanges commerciaux s'élèvent à un milliard de dollars par jour.

Pour sa part, le ministre canadien de la Justice Martin Cauchon répète qu'il prendra une décision en fonction des intérêts des Canadiens et non de ce que les Américains désirent. De son côté, le sénateur Nolin invite l'administration W. Bush à tenir, au sein même de son pays, «un débat intelligent et informé sur la décriminalisation du cannabis au lieu de brandir des menaces de la sorte. Je parie qu'ils seraient surpris de l'opinion des Américains (...) qui est semblable à celles des Canadiens à mon avis. Ils veulent un débat qui n'est pas chargé d'informations biaisées (sic), mais rigoureuses».

Il est un fait qu'on est un peu trop souvent enclin à mettre tous les Américains dans le même panier : l'antiaméricanisme primaire a bonne presse. C'est que le discours antidrogue que nous entendons d'outre frontière est généralement celui émanant de la Maison-Blanche, Washington DC, et laissant croire que les 50 États américains vibrent tous au même diapason. La réalité est tout autre.

D'après le journaliste François Berger de La Presse, 14 États américains ont légiféré, au cours des années précédentes, autorisant l'usage légal de la marijuana dans certaines circonstances. (François Berger -- La Presse du 27 octobre 2002) Cinq ont décriminalisé la possession de petites quantités pour consommation personnelle et son utilisation à des fins médicales : Californie, Colorado, Maine, Oregon et Nevada. Six permettent la possession simple tandis que trois autres n'autorisent que son usage médical. Quatorze au total. (Suite demain)

  C'est peu à peu que vous prenez conscience que des pages de votre livre ont été effacées - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Pour revenir aux disquettes, ce n'est qu'en octobre 1999, soit un an et trois mois plus tard, que j'ai découvert l'effacement d'une quinzaine de pages. À ce moment-là, il y avait près de quatre mois que j'avais quitté définitivement Montréal pour Lac Bouchette, au Lac St-Jean.

Comment expliquer ce retard? C'est que chaque jour j'y ajoutais de nombreux éléments, résultats de la recherche dans des ouvrages, dont des études, et de l'enquête sur le terrain. Est venu un moment où la masse d'infos a pris des proportions énormes. Suffisante en tout cas pour ne pouvoir se souvenir de chacune d'elles. À cette époque, le livre comptait 753 pages.

C'est peu à peu que vous en prenez conscience. Vous commencez par remarquer qu'il y a un bout de temps que vous n'avez pas vu un passage en particulier : à quelques reprises, avant même mon départ de Montréal, j'en avais fait le constat. Au début, vous pensez l'avoir probablement vu, ne plus vous en souvenir.

D'une relecture à l'autre, arrive tout de même un jour où la réalité prend corps : ce passage n'y est plus. En y réfléchissant bien, vous découvrez qu'il n'y a pas que celui-là qui a disparu, cet autre aussi n'y est plus. Qu'il était par ailleurs relié à d'autres éléments, également disparus, qui, eux-mêmes, se déclinaient en plusieurs paragraphes, tout autant volatilisés. Pour finalement constater que toutes les anecdotes concernant le dépanneur de la rue Dorval -- nom fictif -- ont été effacées, vraiment toutes, sans exception. Pertinentes, ces anecdotes.

Le propriétaire de cet établissement et son fils, tous deux d'origine marocaine, participaient activement aux déstabilisations policières dont je faisais l'objet, possédaient l'art de tirer les vers du nez à leur clientèle, renseignements qu'ils refilaient régulièrement à la police. Pendant environ seize mois, je suis allé à ce dépanneur au moins une fois par jour.

Pourquoi la police a-t-elle fait disparaître ces pages? Je crois qu'elle ne voulait pas que le lecteur de ce livre sache qu'ils étaient deux de ses collabos. Elle n'avait pas intérêt non plus à ce que le lecteur connaisse les techniques qu'ils employaient pour inciter leurs clients à la confidence.

Ce ne sont pas les seuls faits. En mars 2004, je découvrirait que des noms de rues et d'organismes, cités dans ce livre, ont été modifiés, des formulations trafiquées, que d'autres ont carrément disparu. J'aurai aussi la conviction, solide, que la Sûreté du Québec en possède une copie. J'y reviendrai plus loin. (Suite demain)

News du mercredi 28 Octobre 2009

  15 soldats canadiens se sont suicidés en 2008, 4 de plus qu'en 07 – Radio-Canada, qui rapporte cette nouvelle, ne précise pas toutefois s'ils sont survenus en sol canadien ou afghan. Le suicide serait tabou au sein de l'armée. Ainsi, celui du major Michelle Mendes, à Kandahar : l'armée affirme que sa mort n'est pas attribuable à une action ennemie.

  Méli-Mélo - L'art digital : un, deux et trois ; beaucoup, beaucoup de dessins. Lorsque vous aurez vu ceux de la page qui s'affiche, cliquez sur l'image d'Obama, dans le bas. Explorez, il y en a plein et plusieurs de très grandes qualités, la plupart sont des personnes connues ; illustration typographique ; papa et son fiston ; érotisme au cimetière du père-lachaise ; certains mammifères commencent à avoir chaud ; le fils est populaire, alors faut comprendre le père de vouloir lui ressembler ; il n'a pas l'air méchant ; la santé politique d'Obama ; peintre d'Ouzbékistan : Alisher Alikulov ; galerie de peintres turkmen, Asie centrale. Explorez le site, y'a de belles choses ; histoire d'une roumaine qui a dénoncé ses proxénètes.

  Un premier ministre qui parle de ce qu'il ne connait pas - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le premier ministre péquiste Bernard Landry assiste aussi à ce forum mondial, il en a du reste inauguré les assises. (Lia Lévesque, Presse canadienne -- La Presse du 24 septembre 2002) Il rappelle que partout dans le monde la consommation inappropriée ou abusive de drogues augmente, ce qui «pose un défi majeur».

Chez les jeunes, souligne-t-il, la consommation abusive de drogue est souvent associée au décrochage scolaire, au comportement délinquant. Chez les adultes, les drogues «font perdre plus de journées de travail que n'importe quelle maladie», déplore-t-il.

D'où le premier ministre Landry tient-il ces "statistiques"? Il ne l'a pas dit. Difficile de croire qu'au Québec on soit plus souvent malade de drogue que d'une maladie. Et le décrochage scolaire, dont il parle, est davantage attribuable au moule du conformisme dans lequel on s'acharne à entrer enfants et ados.

Et sa déclaration voulant que l'usage de la drogue augmente ne suffit pas à le démontrer. Les chiffres de l'ONU sont explicites : 180 millions se droguent sur une population planétaire de... 6,2 milliards (NDLR : chiffre du début des années 2000, alors que j'écrivais ce livre), dont 144 millions de consommateurs de... cannabis. (Suite demain)

  Un civil tente de voler une ébauche de 500 pages de ce livre - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Autre incident démontrant le souci manifeste de la police de se tenir au courant de la progression de la rédaction de ce livre. Au début de 1999, un civil a tenté de me piquer une enveloppe en contenant une version laser d'environ 500 pages. Comment la police savait-elle qu'elle s'y trouvait? Elle l'a su fort probablement du fils du dépanneur de la rue Dorval -- nom fictif --, où j'habitais. Tous deux entretenaient des liens étroits avec celle-ci.

J'avais déjà confié au fils que j'écrivais un livre sur l'underground policier montréalais. À l'occasion, il lui arrivait de s'enquérir s'il était prêt, ou à quel moment j'allais le publier. Un jour, m'apercevant avec une enveloppe assez volumineuse, il a voulu savoir si elle contenait le livre. J'ai feins de ne pas avoir entendu. Il devait bien s'en douter parce que, quand je sortais, je l'apportais, ainsi que les trois copies sur disquettes du reste : après les intrusions, je n'en laissais plus aucune trace chez moi.

La tentative de vol de la version laser s'est déroulée alors que j'étais au premier étage de la Libraire Champigny, rue St-Denis. Je voulais avoir des notes biographiques sur Louis Casamayor, que je cite dans ces pages. Pendant que l'employé interrogeait son ordinateur, j'attendais, juste en face de lui, debout, accoudé sur le comptoir surélevé. J'avais déposé l'enveloppe près de mon coude gauche.

Tout à coup, j'ai vu du coin de l'oeil que, mine de rien, un type avait entrepris de s'en approcher en douceur. Ses intentions ne laissaient place à aucun doute. Il n'était pas face au comptoir, mais de côté, le bras gauche nonchalamment allongé sur le comptoir surélevé, la main orientée vers l'enveloppe.

L'employé de la librairie et moi étions de profil par rapport à lui. Il était bien positionné parce qu'il aurait pu, tout en surveillant nos réactions, la tirer doucement vers lui, du bout des doigts. J'ai vivement saisi l'enveloppe. L'instant d'après, j'ai tourné la tête dans sa direction, il avait disparu.

Plus tard, l'ai revu. J'étais dans un bar de la rue St-Laurent, versant ouest, à un coin de l'Avenue Mont-Royal, jouant au billard avec un client. Il s'est joint à nous. Je l'ai reconnu aussitôt. Son visage est gravé dans ma mémoire pour plusieurs années : je ne me sens aucune indulgence pour les joueurs de poker qui trichent.

Après quelques parties, il m'a demandé pourquoi je n'attaquais pas les boules mal positionnées avant de passer à celles faciles à loger dans les poches. Il y avait du reproche dans le ton de sa voix. Il était brusque, m'indiquait de la main les endroits de la table où j'avais commis des erreurs. Insistait pesamment. Il cherchait à me provoquer. Lui ai souligné que j'étais un néophyte, ne pouvais en avoir une vision comparable à celui en jouant depuis des années. (Suite demain)

News du mardi 27 Octobre 2009

  L'École des filles de Joie – Elle est située dans le quartier populaire de Belleville, à Paris. On y apprend à être une bonne fille de Joie : ça n'a rien à voir avec ce qu'on pense. Un moment à soi, entre copines, pour rire et développer son assurance. Aller à la rencontre de soi-même et de son corps, apprendre à s'aimer telle que l'on est, partager les astuces des professionnelles pour révéler son pouvoir de séduction.

L'école (site de l'école + article) offre un programme varié d'ateliers autour de disciplines de cabaret, danses, maquillage de scène, couture, manipulation et fabrication d'accessoires, numéros de cirque, effeuillage burlesque, etc. Entrevue vidéo (09:53) avec sa fondatrice, Juliette Dragon (nom de scène), danseuse de feu.

  Avez-vous raté dimanche le concert de U2 diffusé en direct sur le Net? - Si tel est le cas, vous n'avez pas vécu ce moment historique : 15 pays y avaient accès. C'était la première fois que cela se produisait sur la toile. Rattrapez le temps perdu en visionnant l'enregistrement de l'événement au complet sur le site YouTube de U2 (02H21).

  Citation de Jacques Duchesneau, le démagogue : au Québec, il y avait 188 motards qui terrorisaient des millions de personnes - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Ouvrons une parenthèse... En mars 2005, La Presse a publié un article rédigé par Jacqueline Cardinal et Laurent Lapierre, tous deux de l'école des Hautes études commerciales (HEC), à Montréal. (La Presse du 21 mars 2005)

Il s'agissait du compte-rendu d'une entrevue des signataires avec Jacques Duchesneau, ex-directeur de la police de l'île de Montréal, qui occupe, depuis octobre 2002, le poste de directeur de l'Administration canadienne de la sûreté dans le transport aérien (ACSTA).

L'article portait sur le management de la peur et de la terreur et visait à rassurer la population canadienne que toutes les mesures étaient prises pour contrer toute attaque terroriste. Un passage mérite une citation en règle. Duchesneau, faisant référence au temps où il dirigeait le corps policier : «À l'époque de la guerre des motards, il y avait 188 bandits qui terrorisaient des millions (sic) de personnes. (...) Aujourd'hui, quelques milliers de terroristes font trembler six milliards (resic) d'êtres humains.»

Si ces personnes tremblaient de peur, on tient peut-être là l'une des causes des... tremblements de terre de 6,4 degrés à l'échelle Richter... Ce qui illustre bien la fameuse démesure de Duchesneau, l'ex-directeur général de la police de Montréal. Fermons la parenthèse. (Suite demain)

  Des recoupements permettent d'établir un fait - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Le 23 décembre suivant, je me rend à l'Hôpital St-Luc subir un traitement, croise Rodrigue en chemin. Tout souriant, il me prend par les épaules, me secouant amicalement, me demande ce qu'on fait ici, lui et moi, l'avant-veille de Noël, alors que tout le monde est parti dans le Sud. Lui signale que moi, les pays chauds... Suis plutôt un nordique.

Me suggère comme lieu de destination la Norvège, les pays scandinaves. Je fais la moue. Il mentionne alors Paris. Lui avoue mon faible pour la Ville lumière. Me dit, le gueule fendue d'une oreille à l'autre, que j'en profiterais pour aller voir les femmes de Pigalle. Comme par hasard, je parle dans ce récit d'une chanson de Serge Lama : «Je m'en vais voir les petites femmes de Pigalle...».

Ailleurs dans ces pages, il y a un passage où je fais état de trois motocyclistes de la police qui, profitant de la journée du chèque de bs, ont défilé sur Ste-Catherine-Est dans le but manifeste d'intimider les pauvres du secteur. Bien sachez qu'en décembre 1998, la Communauté urbaine de Montréal (CUM), responsable alors de la police, décidait d'abolir cette escouade...

Il y a aussi cet autre, que j'ai supprimé par la suite, et où j'écrivais que des banlieusards n'aiment pas la grande Cité. Bien sachez, là encore, qu'un membre de la Commission de sécurité publique de la CUM, une élue de la banlieue, a en quelque sorte nié ce fait : «Nous aimons Montréal», a-t-elle déclaré à La Presse. Autre recoupement : à l'hiver 1998-99, j'ai vu Manon, vêtue de rose de la tête au pied. Elle m'a fixé du regard avec insistance. Y avait-il un lien avec l'homme en rose dont je parle plus bas? Les recoupements sont nombreux. (Suite demain)

News du lundi 26 Octobre 2009

  ONU :«L'égalité des sexes contribue à la croissance économique» - Les femmes pourraient aider plusieurs nations à sortir de la crise économique si elles avaient un accès équitable aux ressources économiques et financières, démontre une étude de l'ONU dévoilée aujourd'hui lundi.

Malgré une participation plus accrue sur le marché du travail, elles sont sur-représentées dans l'économie informelle, où les emplois sont souvent précaires, sous payés, et non protégés par des normes officielles. En outre, leur salaire est inférieur de 16% à celui des hommes. Si l'on tient compte du fait qu'elles effectuent des travaux domestiques non rémunérées, on réalise que, proportionnellement parlant, elles devraient gagner plus que les hommes.

Pour sa part, James Heintz, de l'Institut de recherche d'économie politique de l'université du Massachusetts, affirme qu'elles restent largement sous-représentée au niveau des postes à responsabilité des grandes entreprises. Dans les parlements et instances de prise de décisions des pays aussi, développés ou en développement.

  Capitalisme et pulsion de mort – Livre de l'historien Gilles Dostaler et de l'économiste Bernard Maris, publié chez Albin Michel. Un travail de recherche de plus de dix ans. L'histoire de l'humanité démontre que le système économique est porteur de menaces à cause du désir insatiable et morbide d'argent. Ça, on le savait. Mais d'où vient ce comportement maladif? Hubert Artus, sur son blog, l'explique brièvement.

  USA : adoption de la loi "Matthew Shepard" contre le crime de haine homophobe - Elle porte le nom du jeune homme assassiné en 1998 au Wyoming parce qu'il était gay. Ce sera désormais considéré comme une circonstance aggravante. Elle protègera également le transgenre (travesti). La signature d'Obama, nécessaire à sa mise en vigueur, ne tardera pas : il est impatient de passer à l'acte, dit-on.

  En 2002, le Canada dépensait déjà 5 milliards pour lutter contre la drogue et sans en venir à bout - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Les pénalistes étaient également divisés quant aux conséquences d'une éventuelle légalisation des drogues douces -- allusion au cannabis. Pour Zaccardelli de la Gendarmerie royale du Canada, le crime organisé ne perdrait pas de revenus pour autant, alors que Labrousse soutient exactement le contraire : «Je sais que le crime organisé perdrait au change.»

Lawrence MacAuley, le solliciteur général du Canada, du gouvernement fédéral libéral de Jean Chrétien, intervient dans le débat, signale qu'entre 7 et 18 milliards de dollars sont dépensés au Canada chaque année dans le commerce des drogues illégales : «À titre de comparaison, le Canada investit 5 milliards de dollars dans la lutte contre les drogues. Cela vous donne une idée de l'ampleur du fléau, et surtout des énormes moyens dont dispose le crime organisé».

Il souligne que les corps de police se doivent de collaborer à l'échelle mondiale pour arriver à combattre efficacement le trafic de drogue. Un appel qui ne convainc pas Labrousse : «Le problème, c'est que cette coopération est déjà en branle depuis des décennies, et que tout le monde sait qu'elle n'apporte pas les résultats escomptés...»

Le Canada investirait donc chaque année 5 milliards$ dans sa lutte contre la drogue? Surprenant tout de même, ce chiffre du patron de toutes les polices du Canada. Les estimations entendues ici et là jusqu'à ce moment variaient entre 500 millions et 2 milliards, pas 5. Aurait-on caché à la population les coûts véritables de la Guerre Sainte? Maximise-t-on afin de justifier la répression? En outre, le commissaire Zaccardelli de la Gendarmerie royale du Canada est-il le seul policier à amalgamer luttes antiterroriste et antidrogue? Et pourquoi cet amalgame?

La police rate rarement une occasion pour développer du pouvoir. Elle est boulimique. Elle ne sait pas seulement saisir une balle au bond, deux boeings transformés en missiles aussi. En combinant terrorisme et narcotrafic, elle souhaite intensifier sa répression charcutante et hausser d'un autre cran son emprise psychologique sur la population.

Opération de marketing, en somme. Essayer de vendre à la Société civile un produit amélioré, lavant plus blanc que le précédent et, cela fait, de le vendre ensuite aux élus. En milieu publicitaire, on appelle ça créer à la fois l'offre et la demande. Sauf que, là encore, l'argument de vente ne tient pas la route. (Suite demain)

  Une civile cite une formulation que j'utilise dans mon livre - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Examinons maintenant quelques uns des recoupements qui m'ont permis, au cours des mois suivants, d'établir définitivement le lien avec la police. Ils révèlent l'intérêt que celle-ci portait à mon travail journalistique. Lors des élections provinciales du 30 novembre 1998, donc un peu plus de quatre mois après les intrusions, je me rends dans un bureau de scrutin situé au centre du Parc Lafontaine. Suis accompagné de Picasso, un locataire habitant la même maison de chambres que moi, civil de son état.

Dans le parc, sur Calixa-Lavallée, une jeune femme sympa descend de son auto, s'informe auprès de nous de l'endroit où voter. Nous l'invitons à nous suivre. J'ignore qui lance le sujet, mais toujours est-il que nous en venons à parler démocratie. Conversation qui se poursuit jusqu'à l'intérieur de l'édifice, pendant que nous attendons le feu vert d'aller aux isoloirs.

C'est alors que la jeune femme me souligne, gestes à l'appui, de l'importance, dans une société, de «séparer le bon grain de l'ivraie», expression que j'utilise dans ce livre : passage où je traite de la recherche de l'anthropologue Tremblay. Je fais aussitôt le recoupement, suis vraiment étonné, effrayé aussi. Un éclair passe dans ses yeux, exprimant sa satisfaction de l'effet surprise qu'elle m'a causé.

Puis l'un des responsables du bureau de scrutin, momentum tombant drôlement pile, appelle les électeurs du pool 130, le mien justement. Je vote et, à la porte de sortie, serre au passage la main de la civil, me dit enchanté d'avoir fait sa connaissance. Elle me présente une main molle, ne dit mot, son air sympa a disparu. (Suite demain)

News du dimanche 25 Octobre 2009

  Bonne entente entre les voisins – Une animation de Bozzetto (02:34).

  Suspense... - Sautera ou pas dans le vide? Placebo : Pure Morning (03:55).

  Canada : les détenus récupèrent leur droit de fumer à l'extérieur des bâtiments – Le juge Luc Martineau, de la Cour fédérale, a statué vendredi que l'interdiction de fumer à l'extérieur est nulle et contraire à la Loi sur le système correctionnel. Cela ne cause à autrui aucun risque de santé associé à la nocivité de la fumée secondaire. Il est d'avis que l'interdiction va tout simplement trop loin. Tout détenu continue de jouir des droits et privilèges reconnus à tout citoyen.

PS : Notons que les gardiens de prison, eux, ont le droit de fumer dans une zone qui leur est réservée. Discrimination? Ou plus simplement le besoin intempestif d'ajouter une punition, parmi d'autres, à la condamnation du détenu? Perdre la liberté ne suffit pas, faut ajouter de la souffrance aussi. Pas le temps de faire de la réadaptation, trop occupés à réprimer. Société perdante... Des criminels seront libérés à la fin de leur peine et récidiveront parce que rien d'intelligent n'aura été fait pour les réadapter.

  Labrousse : «Le plus gros obstacle à la lutte contre le trafic de la drogue sont les États eux-mêmes» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Troisième semaine de septembre 2002, très exactement un an après les actes terroristes commis aux États-Unis, un policier affirme que les activités terroristes dans le monde seraient financées par le trafic de stupéfiant.

L'affirmation, de taille, est faite par Giuliano Zaccardelli, commissaire de la Gendarmerie royale du Canada, lors du "Forum mondial Terrorisme, crime organisé, et répression" tenu à Montréal. (Nicolas Bérubé -- La Presse du 24 septembre 2002) Co-présidant une séance avec Alain Labrousse, l'expert français en géopolitique de la drogue, Zaccardelli affirme qu'Al-Qaeda, le groupe terroriste de Ben Laden, est financé par le vente d'héroïne : «Il est démontré qu'acheter de la drogue aide à financer le terrorisme».

Intervention de Labrousse, qui soutient, de son côté, que ce financement est marginal en regard des autres sources de revenus des groupes terroristes. «J'ai beau me creuser la tête, je ne peux vous citer un exemple où ils ont réussi à monter leur coup avec l'argent de la drogue. Par contre, je n'ai aucun problème à démontrer que des réseaux comme Al-Qaeda sont largement financés par des milliardaires saoudiens qui tirent leur fortune du pétrole que nous leur achetons chaque jour.» Propos qui n'ont pas semblé ébranler Zaccardelli, fait remarquer le journaliste Nicolas Bérubé de La Presse.

Suivant Labrousse, les milliards de dollars tirés du trafic de la drogue servent davantage à garnir les coffres des gouvernements «voyous», comme le Sri Lanka et la Birmanie, qu'à enrichir des groupes terroristes. «Par exemple, il est prouvé que la junte militaire au pouvoir en Birmanie finance ses activités en vendant de l'héroïne aux Chinois. C'est de cette façon qu'elle se procure des armes qui lui permettent de régner sur le pays.» Il dit se souvenir d'une conférence sur les drogues à l'ONU, en 1998, au cours de laquelle il avait calculé que sur les 120 États présents, 40 étaient impliqués dans le trafic de stupéfiants.

«La guerre au financement du terrorisme lancée par Washington l'an dernier (2001) a réussi à geler 100 millions de dollars dans les banques étrangères. C'est une goutte d'eau dans le financement du terrorisme. Le plus gros obstacle à la lutte contre le trafic de la drogue sont les États eux-mêmes. De nombreux gouvernements légitimes font des affaires d'or avec la drogue qui est produite dans leur pays. Ces États n'ont pas du tout l'intention de lutter contre ces sources de revenus.» (Suite demain)

  L'une des missions de la police : transmettre au pouvoir politique des renseignements menaçant l'ordre social - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Or, à deux reprises, ce mois de juillet-là, j'ai constaté, après m'être absenté, que les fichiers étaient de retour sur mon disque dur : en mai 2005, la Sûreté du Québec a fait de même, à Lac Bouchette. La première fois, j'ai cru à un moment d'inattention de ma part. Peut-être avais-je oublié de les jeter à la poubelle.

À la suite de ce premier incident, j'ai ajouté deux opérations à la poubelle, l'équivalent de nœuds dans la cravate. Je vérifie s'ils ont été effacés, vérifie également si le "Presse-papiers" est vide. S'écoule environ une semaine, je réalise à mon retour qu'ils sont encore revenus sur le disque dur. Je prends alors pour acquis que la première fois n'était pas attribuable à une omission de ma part, mais bien l'œuvre d'un visiteur. Et celui-ci ne peut être qu'un policier. Je n'en ai pas la preuve, mais qui d'autre peut s'intéresser à ce livre? Des recoupements du reste, et dont je fais état un peu plus bas, me le démontreront.

Le scénario de ses deux introductions illégales s'est probablement déroulé dans le contexte suivant. La police devait savoir que je transportais sur moi des disquettes de ce livre. Comment l'a-t-elle su? Endommager ou voler celles cachées à mon domicile aurait été par conséquent improductif. Et quand elle a décidé d'en effacer des pages, elle ne pouvait se permettre d'en éliminer plusieurs. Autrement je pouvais m'en rendre compte et les réécrire, et l'opération policière ne pas donner le résultat escompté.

Sa première introduction aurait donc consisté à dupliquer les fichiers qui s'y trouvaient. Pas le choix, si elle voulait en connaître le contenu. Elle ne pouvait lire sur place autant de mégaoctets. Je sortais rarement plus qu'une couple d'heures. C'est en en prenant connaissance qu'elle a choisi les pages qu'elle allait gommer, ce qu'elle a fait à son deuxième passage à mon domicile.

Reste LA question : pourquoi le civil a-t-il, et à deux reprises, laissé les fichiers sur mon disque dur? Il faut exclure la possibilité qu'il ait oublié, dans la crainte d'être pris en flagrant délit, de les y enlever. Un civil ne s'introduit pas illégalement dans un domicile sans avoir préalablement protégé ses arrières, en me faisant filer par un collègue. Rien de plus facile avec un cellulaire. Si jamais j'amorce un retour précipité chez moi, un coup de fil de mon filateur à son collègue, qui évacue illico les lieux.

Ma conclusion, je n'en vois vraiment pas d'autre : la police a voulu me faire savoir qu'elle avait une copie de mes disquettes. Si cette hypothèse est fondée, il s'agirait de cette même tactique d'intimidation consistant à me passer le message qu'elle au courant de tout ce que je fais, dis et écris. Dans la même veine que... cholestérol, bocal pour l'urine la nuit, stimulateur gingival, Radio-Canada FM, site du Louvre sur l'Internet, etc.

Il importe de savoir que l'une des missions dévolues à la police, peu importe le pays, a notamment trait à la transmission au pouvoir politique de renseignements menaçant l'ordre social. Cette mission comporte deux tranchants, qu'a déjà décrit un auteur dont j'ai oublié le nom. La nécessité est-elle d'acquérir la meilleure connaissance possible des situations afin de protéger l'ordre social? Ou de contrecarrer, voire d'étouffer dans l'œuf toute forme d'opposition venant des milieux sociaux?

J'ai la conviction que la police en a informé certains membres du pouvoir politique. Des déclarations et des actions visant à améliorer des situations sont des réactions à des dénonciations contenues dans cet ouvrage. Certaines mêmes jurent comparées aux approches usuelles du pouvoir. Trop nombreuses, les coïncidences, pour relever seulement du hasard. (Suite demain)

News du samedi 24 Octobre 2009

  Suissa : «On peut se demander si la guerre à la drogue n'est pas en fait une guerre contre les citoyens» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Lisons cette argumentation particulièrement éclairante d'Amnon J. Suissa, spécialisé en matière de dépendances -- alcoolisme, toxicomanie et gambling -- et professeur au département de Travail social de l'Université du Québec en Outaouais. (Amnon J. Suissa -- La Presse du 17 septembre 2002)

Constatant lui aussi que le cannabis, dont l'usage modéré ne présente aucun effet dommageable à la santé, est la substance pour laquelle il y a le plus d'incarcération au Canada et dans le monde occidental, il s'interroge dans une lettre publiée par La Presse de septembre 2002 : «On peut se demander si la guerre à la drogue n'est pas en fait une guerre contre les citoyens.»

Son opinion correspond exactement à ce que je décris dans les trois tomes de L'Étau Policier. Suissa est l'un des premiers à avoir tout compris, en tout cas à le dire publiquement. Car il est bel et bien vrai que pouvoir et police, bien qu'il ne l'exprime pas en ces termes, utilisent notamment la répression contre le cannabis pour mâter la population. Il s'agit de l'une de ces nombreuses mesures répressives qui se sont empilées au cours des années et ont transformé l'espace public en no men's land, charcuté le tissu social et réduit considérablement les droits et libertés.

Suissa écrit que la sagesse d'une loi est généralement jugée aux coûts imposés à la société et aux bénéfices qu'elle en retire. Celle appliquée au cannabis a engendré des coûts sociaux et judiciaires extraordinaires et de l'emprisonnement, sans régler la criminalisation. En attribuant des valeurs sociales déviantes à son usage, on «problématise» la situation car on l'associe à un mauvais style de vie qu'il faut contrôler. «Pourtant, ne devient pas abuseur qui veut, il faut des conditions psychosociales particulières pour entrer dans le cycle de la dépendance», explique-t-il.

En ne distinguant pas l'usage de l'abus, selon lui, on place directement plusieurs centaines de milliers d'individus en situation de déviance, brise temporairement leur vie, les exposent à des conditions difficiles en prison, fragilise leurs relations avec les valeurs et les normes institutionnelles et sociales, ce qui entraînent des effets pervers et des paradoxes importants : discrimination, problèmes d'éthique, coûts sociaux et de santé importants, etc.

«Plus la distance relationnelle au social est grande, plus il y a étiquetage et punitions», explicite-t-il. Cette approche est également néfaste pour leur entourage familial et social. Suissa signale que «ce type de contrôle étant plus ancré dans les classes sociales défavorisées (sic), il vient s'ajouter aux autres modalités de contrôle dont ces groupes sont déjà la cible».

Enfin, il estime que la majorité des consommateurs utilise les drogues d'une manière modérée et sécuritaire. Il rappelle que l'usage de drogues licites ou illicites a toujours existé et est inévitable dans toutes les sociétés : «Elles sont là pour rester.» Ainsi qu'en témoigne du reste l'échec des politiques canadiennes axées sur la répression. L'auteur favorise le «pragmatisme» du rapport du Comité Nolin, aux «croyances utopiques»à l'effet que les drogues seront supprimées.

«L'approche de réduction des méfaits, de l'acceptation de la réalité de l'usage des drogues comme un comportement social parmi d'autres comportements à risque constitue, souligne-t-il, une option très valable pour renforcer les liens sociaux, prendre en charge les individus ayant développés une dépendance, et investir en santé et prévention.» Ce point de vue de Suissa atteint la cible en plein centre... En voilà au moins un n'hésitant pas à dire publiquement la vérité. (Suite demain)

  Profitant de mon absence, la police efface une quinzaine de pages de l'ébauche de mon livre - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Environ trois semaines après, nous sommes en juillet, deux autres incidents troublants se produisent. La police a profité de mon absence pour s'introduire dans mon domicile à deux reprises afin dupliquer les disquettes contenant une ébauche de ce livre et en effacer une quinzaine de pages.

Avant d'aller plus loin, il me faut expliciter que, depuis que j'en ai entrepris la rédaction sur mon ordinateur, je prends certaines précautions pour éviter qu'un intrus fouille pour mettre la main sur mes fichiers. Au début, je les glissais dans des endroits impossibles de mon disque dur. Par la suite, le chantier du livre prenant de l'ampleur, j'ai renforcé les mesures de sécurité. À frayer quotidiennement dans l'underground policier, j'ai très vite appris certaines règles de prudence.

Après chaque séance de travail, j'enregistrais donc trois copies des fichiers, sur des disquettes différentes, et foutais à la poubelle de l'ordinateur les fichiers originaux. Quand je sortais, j'apportais toujours deux copies avec moi, cachais l'autre dans une enveloppe collée à l'endos d'un meuble. Je vivais dans une chambre, alors les endroits sécuritaires étaient plutôt limités.

Pourquoi y cacher ces disquettes? Au printemps et à l'été 1998, je portais des vêtements légers, et le seul endroit où je pouvais les mettre était les deux poches arrières de mon pantalon. Je les groupais dans des boîtiers fabriqués d'une matière plastique flexible. Il y avait risque qu'en m'assoyant, de les déformer. Je craignais aussi qu'on m'attaque dans la rue et me les vole.

À mon retour, je réintroduisais les fichiers dans l'ordinateur en utilisant celles dissimulées derrière le meuble. Cela fait, je les laissais près du clavier pour ne pas oublier de les actualiser. C'est un rituel que je m'imposais chaque jour. (Suite demain)

News du vendredi 23 Octobre 2009

  Y'a de tout à Paris – Ici, à Lac Bouchette (Québec - Canada), y'a rien, seulement des civils de la Sûreté du Québec, des collabos, des curés, des moines, des Chevaliers de Colomb et des Filles d'Isabelle. Paris, donc : la bande annonce du Festival Silhouette 2008 (01:43).

  Festival Paris burlesque – Style cabaret, qui se déroule jusqu'au 25 octobre : le site pour plus d'infos, dans le bas de la page qui s'affiche. Allez, messieurs, y'a de belles femmes à voir, profitez-en : rincez-vous l'œil (04:28). Ici, le visionnement plein écran s'impose... Euh! Une coupe de vin rouge et un cigare de La Havane avec ça?

  Chantez cette tune pour changer le monde - Naitre adulte (04:36), c'est nourrir sa famille avant d'apprendre à lire. Oxomo Puccino, son auteur, l'a composée à la demande de l'unicef.fr. Il a rencontré des élèves dans des écoles pour s'inspirer : une entrevue vidéo avec lui (00:56).

Le 20 novembre, il y aura 20 ans que la Convention internationale des droits de l'enfant a été signée : liste des pays signataires (si le vôtre n'y figure pas, demandez pourquoi à ceux qui vous gouvernent) + vidéo (01:37). On souhaite que ce jour-là écoliers, collégiens et lycéens la chantent dans les classes. D'autres clips sont disponibles sur le site de Puccino, un artiste français engagé socialement.

PS : La Convention internationale des droits de l'enfant devrait être distribuée dans toutes les écoles, au Québec comme ailleurs : idem de la Charte des droits et libertés. L'école est le réseau de communication idéal. L'enfant l'apporte ensuite à la maison et ses parents peuvent la lire et la conserver au cas où. J'arrive pas à comprendre pour quelle raison cela n'est pas fait : les garde-t-on dans l'ignorance afin de les contrôler et nettoyer socialement en toute impunité? On y enseigne les religions, mais pas les droits. L'au-delà (l'imaginaire) plus important que la démocratie.

  Le FSI n'aura aucun droit de regard sur les vidéos mises en ligne par Dailymotion – Le pdg de ce site de partage de vidéos, Cédric Tournay, l'a affirmé hier au journaliste François Krug de rue89. La question se posait du fait que le Fonds stratégique d'investissement (FSI) mis sur pied par le président Nicolas Sarkozy, y investira 7,5 millions d'euros.

Le pdg est clair : le nouvel actionnaire ne pèsera pas "sur notre ligne éditoriale". (NDLR : Je réfère le lecteur à mes news du jeudi 22 octobre 09, manchette "Dailymotion : bientôt sous la botte du président français Nicolas Sarkozy?")

PS : Rassurante, cette déclaration. Faudra tout de même garder l'œil aux aguets. Car là où le politique met les pieds, il arrive qu'il impose son poids. Dailymotion, ainsi qu'il en est de l'Agence France-presse, est un outil de communication qui déborde largement les frontières françaises. L'entreprise alimente en informations de toutes sortes des médias du web et des journaux version papier.

Le ministre canadien Cauchon soutient qu'il serait «plus réaliste», comme première étape, de décriminaliser que légaliser le cannabis - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Et les dirigeants américains? La question est posée à Nolin : «Le Canada doit prendre ses propres décisions en fonction de l'intérêt de ses citoyens», dit-il, heureux de voir CNN et d'autres grands médias s'emparer de la nouvelle. «Il faut se payer un bon débat avec nos voisins.»

Le ministre Cauchon salue le travail du Comité Nolin, soutient qu'il serait «plus réaliste» de décriminaliser que de légaliser. Il se dit convaincu qu'une majorité de Canadiens appuiera toute démarche du gouvernement Chrétien, d'autant plus que la loi actuelle en la matière ne reflète plus, selon lui, la réalité canadienne. (Joël-Denis Bellavance -- La Presse du 6 septembre 2002) «Je crois qu'il y a un large appui, que la population est prête à cela. Je crois que ce serait une chose possible comme première étape (sic)».

De son côté, l'Association canadienne des policiers (encore elle) bondit, outrée qu'une institution gouvernementale (le Sénat) «banalise» la marijuana. Son porte-parole, Me Mike Niebudek : «Un message pareil au moment de la rentrée scolaire, c'est un vrai cadeau aux pushers. (...) Ce n'est pas parce que le tabac et l'alcool sont mauvais qu'on a une excuse pour créer une troisième drogue légale.» Notons que l'Association canadienne des policiers parle sous le couvert de son conseiller juridique.

Ramenons ce que disait le chef de police du canton de Zurich, en Suisse, Georges Dulex (Marie-Claude Malboeuf -- La Presse du 5 février 2002) : «La police doit jouer le jeu. Si la société veut cette libéralisation, il faut l'accepter. Nous sommes là pour défendre ses intérêts, pas les nôtres.» (Suite demain)

  Un pickpocket tente de voler les disquettes de l'ébauche de ce livre - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) La deuxième rencontre a lieu alors que je marche sur un sentier du même parc, en direction de mon domicile, et que j'emprunte régulièrement quand je vais et reviens de la biblio. Je l'aperçois en aval, sur ma gauche, son petit chien noir en laisse, traversant au petit trot en diagonal une grande pelouse, me zieutant du coin de l'oeil,sourire épanoui.

Arrivée à un endroit où je vais nécessairement passer, elle s'assied sur la pelouse, dos au sentier, s'attendant de toute évidence que je m'y arrête faire un brin de causette. Tout se passe très vite. Elle vient à peine de compléter sa manœuvre que j'arrive déjà à sa hauteur et... passe à deux pieds derrière elle, sans la saluer, comme si je ne l'avais pas vue.

La troisième se déroule dans le même secteur. Un homme à l'abondante chevelure blanche l'accompagne. Ai l'impression que je ne la reverrai plus. Erreur. D'ici peu, elle réapparaîtra dans le paysage, ce qui confirmera que madame est une civile.

Ce même mois de juin, lors du défilé de la St-Jean, rue St-Laurent, un quidam tente de subtiliser des disquettes de ce livre que je porte sur moi. J'avais pris place sur le trottoir. À un moment donné, je sens qu'un spectateur derrière me serre d'un peu trop près, me retourne, sa tête est proche de mon épaule. Il évite de me regarder, joue à faire semblant d'apprécier le spectacle. Il n'en comprend pas moins que je ça me dérange, et prend aussitôt ses distances.

Chez moi, je constate que le bouton fermant l'une des poches arrière de mon pantalon a disparu. J'en retire la boîte contenant les disquettes et découvre qu'il est dans le fond. La boutonnière étant sur la partie extérieure de la poche, s'il était tombé de lui-même, ce serait sur le sol. J'en déduit que l'homme l'a d'abord déboutonné et coupé ensuite le fil le retenant. Fallait sans doute qu'il l'enlève, autrement la boîte risquait peut-être de l'accrocher au passage, et attirer mon attention.

Civil ou pickpocket? Un peu plus tard, des faits surviendront, qui me confirmeront qu'il s'agissait probablement d'un pickpocket travaillant pour la police parce que je doute fort qu'un membre de celle-ci puisse se livrer à cet art consommé du vol à la tire. (Suite demain)

News du jeudi 22 Octobre 2009

  Méli-Mélo - Françoise Nielly, peintre, son site ; vélo électrique : Vidéo (01:55) + Infos en anglais ; motorcycle qui carbure : vidéo (04:03) ; tel père, telle fille ; Tony Blair, un candidat à la présidence de l'Union européenne au lourd passé : copain de W. Bush, mensonge des armes à destruction massive, guerre en Irak, sans le consentement de l'ONU ; bonheur total ; France : interdiction de la vente de cigarettes sur le net ; le foot chez les femmes : ça joue rude (01:00) ; la haute finance ne peut plus se passer de bonus.

  À la recherche de nouveaux sons musicaux – L'Occident se répète. Des musiciens tentent de sortir de ce moule. Ils vont voir ailleurs ce qui se fait, notamment en Afrique (26:33) et en Indes (07:14). Yves Wernet est l'un d'eux. On le décrit comme étant le "dérangeur sonore".

  Dailymotion : bientôt sous la botte du président français Nicolas Sarkozy? - Le Fonds stratégique d'investissement (FSI), un organisme du gouvernement français, investira 7,5 millions d'euros dans ce site de partage de vidéos afin d'accélérer son développement. Le FSI sera représenté au conseil d'administration de l'entreprise.

Deux articles du figaro.fr : l'investissement + le FSI grandit dans l'ombre + question-réponse sur la raison d'être du FSI + Allocution-vidéo de Sarkozy, le 5 octobre 09, où il traite notamment du FSI : la durée de la vidéo étant inconnue, l'extrait est situé aux environs des deux tiers de son allocution.

PS : Dailymotion diffuse une masse considérable d'informations (1 milliard de vidéos vues chaque mois) dont les internautes de plusieurs pays ont besoin pour exercer leurs droits démocratiques. Ce site a autant d'importance que l'Agence France-Presse (AFP) : le syndicat des journalistes craint la mainmise de l'État. Dans un cas comme dans l'autre, bien que les contextes diffèrent, il y a là potentiellement du pain sur la planche pour les ligues des droits et libertés de ce monde, car danger de censure il y a.

  La prohibition du cannabis entraîne toute une série de conséquences perverses - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Que nous apprend de neuf, ce rapport? Outre ce que dévoilait déjà sa synthèse du mois de mai précédent, que la prohibition du cannabis entraîne toute une série de conséquences perverses. (La Presse du 5 septembre 2002) Son maintient met la santé et le bien-être des citoyens du pays davantage en danger qu'une mise en marché réglementée.

Et constitue un affront aux valeurs fondamentales consacrées dans la Charte canadienne des droits et libertés et dans l'histoire de ce pays fondé sur la diversité et la tolérance. «Notamment dans les écoles où les jeunes ne jouissent plus des mêmes protections de leurs droits constitutionnels et civiques que les autres personnes.»

Autres constats, en vrac : les coûts annuels --1,4 milliard-- découlant de l'usage de drogue sont environ cinq fois moins importants que ceux de l'alcool et sept de moins que ceux du tabac ; là où on a osé décriminaliser, la consommation n'a pas augmenté à long terme, au contraire : les usagers s'en détournent d'eux-mêmes avec l'âge, rares étant ceux qui restent accrochés ; le cannabis entraîne peu de pertes de productivité et d'hospitalisation ; dans une société libre, le citoyen devrait avoir le droit de décider d'en consommer ; il n'y aucune raison de continuer d'enrichir le crime organisé ; enfin, «si on a inclus la marijuana dans les conventions internationales, c'est par ignorance, et au nom d'une morale dépassée».

Ni abdication ni à plat ventrisme, souligne les auteurs du rapport, mais plutôt une vision du rôle de l'État et du droit pénal qui consiste à susciter et favoriser l'action humaine sans la contrôler, à ne stipuler que les interdits nécessaires relatifs aux principes fondamentaux du respect de la vie et à la vie collective harmonieuse, et à soutenir et aider et non à juger et condamner la différence.

«On peut souhaiter un monde sans drogue. Moins de fumeurs de tabac. Moins d'alcoolisme. Moins de dépendance aux médicaments prescrits. Mais on sait qu'on n'éliminera pas ces maux. Et surtout, on ne choisit pas de les criminaliser. C'est la même approche, la même attitude, que nous pensons la plus saine et la plus respectueuse en matière de cannabis», signalent les auteurs du rapport. (Suite demain)

  Un collabo m'informe qu'une rumeur veut qu'un article sur la police circule bientôt dans les médias - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Deux ou trois jours après, je dîne à la cafétéria du Comité social Centre-Sud en compagnie de George, le gradé en civil, et un gentil obèse. Informateur de la police ou civil? Plutôt informateur. Il déborde de bonne foi à l'endroit de tout le monde. Assis en face de moi, il me dit, tapotant le bord de la table, accompagné de clins d'œil m'incitant à la confidence, qu'une «rumeur» veut qu'un article sur la police sorte bientôt dans les médias.

George est à mes côtés, la tête penchée, regard concentré sur son assiette vide, semble attendre ma réaction avec intérêt. Déçu il doit être puisque mine de rien, je fais dévier la conversation sur un sujet périphérique. L'obèse n'insiste pas. De son côté, George ressemble à l'uniforme qu'il porte dans sa tête.

Sandra à l'origine de la rumeur? Après avoir été cinq mois sans la voir, je la croise, lui dit tout, et voilà que soudainement les rencontres se précipitent. La première, alors qu'elle est assise sur le socle du monument de Louis-Hypolite-Lafontaine, au Parc Lafontaine. Je ne tiens pas à lui parler, mais la vois au moment où elle n'est plus qu'à une dizaine de pieds de moi, adossée, les jambes allongées, un portable sur les cuisses, sourire engageant, évidemment trop tard pour me défiler.

Elle se dit romancière et scénariste. Dès le début elle engage la conversation sur l'art... d'écrire. Elle cherche maladroitement à m'inciter à lui faire d'autres confidences. Pas question de lui en dire davantage, ni à elle ni à personne d'autre. L'échange dure environ une demi heure. (Suite demain)

News du mercredi 21 Octobre 2009

  U2, vous aimez? - Concert en direct gratuit et à haute définition sur YouTube dimanche 25 octobre 09 : conservez l'adresse de YouTube où le spectacle sera présenté, le premier du genre sur l'Internet ( http://www.youtube.com/U2#p/u ). À quelle heure? Ajustez-vous au fuseau horaire à partir de l'heure à laquelle il débutera à Paris : 4H30 du matin.

  Montréal-Nord : enquête de l'ONU sur le profilage racial et l'impunité de la police? - L'Agence de la Presse canadienne rapporte qu'une délégation du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme sera dans ce quartier pauvre de la Ville de Montréal mercredi. Elle s'entretiendra avec Dan Philips, président de la Ligue des Noirs, et Fo Nemi, directeur du Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR).

  La Maison blanche réagit, le ministre canadien Cauchon riposte : «(...) Je travaille au Canada, au sein de mon propre gouvernement (...)» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Peu après, la voix du sympathique Oncle Sam se fait aussi entendre. Le républicain John Walters, directeur du bureau de la politique nationale de contrôle de la drogue, à la Maison-Blanche (Tara Brautigam, Presse canadienne -- La Presse du 14 août 2002)

«Je crains que même au Canada, notre propre ignorance ait également contribué à la perception voulant que la marijuana ne soit pas une substance dangereuse, créant une accoutumance, qui est un vice, particulièrement pour les enfants.» Il souligne que si les gens cessaient de faire l'expérience des stupéfiants à l'adolescence, ils ne développeraient vraisemblablement pas d'accoutumance par la suite. Réaction du ministre canadien Cauchon? «(...) Je travaille au Canada, au sein de mon propre gouvernement (...)».

Début septembre, le Comité Nolin, après avoir enquêté pendant près de trois ans, entendu 234 témoins, passé au peigne fin des dizaines d'études et consulté des citoyens de six grandes villes, rend public son rapport de 600 pages.

Il recommande au Canada de légaliser --pas seulement décriminaliser-- la marijuana et d'en encadrer la culture et la vente aux Canadiens de plus de 16 ans, de la même manière que celui-ci procède déjà pour la bière et le vin, et de détruire le casier judiciaire de tous les citoyens déjà condamnés pour possession de cannabis. (Marie-Claude Malboeuf -- La Presse du 5 septembre 2002) Ses huit membres incitent même Ottawa à braver les foudres de Washington, pressent l'ONU de modifier les conventions internationales prohibant les drogues. (Suite demain)

  Je fais une confidence sur mon enquête à Sandra, qui me quitte l'instant d'après, fébrile, un peu effrayée - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Quelques temps après, autre bourde de ma part. Sortant de la Biblio centrale de la Ville de Montréal, je croise Sandra, coin Montcalm-de-Lafontaine, une femme que je connais depuis une couple d'années, sans ne l'avoir jamais fréquentée. Jusqu'à la fin de janvier 1998, nous avions habité le même édifice, près du Parc Lafontaine.

Il nous arrivait de se croiser dans l'ascenseur, d'échanger quelques mots le temps de la descente ou de la montée des étages. Elle m'avait dit travailler comme téléphoniste à la salle des nouvelles de Radio-Canada : poste idéal pour savoir qui téléphone à qui. Ancien de la grosse boîte, plus précisément de cette même salle de nouvelle, je lui avais trouvé un ou deux atomes crochus.

Or, cet après-midi-là, après le bla-bla rituel, elle s'informe de ce qui se passe de neuf dans ma vie. On se connaît depuis deux ans, alors je lui en confie beaucoup plus qu'à l'homme à la bicyclette. Lui raconte avoir repéré plein de civils, dis rédiger un document à ce sujet à l'intention des médias, etc.

À peine ai-je complété mon petit topo que Sandra dit devoir me quitter. Avant de partir, elle me demande de lui rappeler mon nom. Sa précipitation m'intrigue. Le ton de sa voix, l'expression de son visage, une certaine fébrilité, tout cela me laisse vraiment une drôle d'impression. Celle d'une personne qui veut s'assurer d'avoir correctement votre identité, un peu effrayée de la confidence que vous venez de lui faire, se hâtant de partir au plus vite pour communiquer le renseignement à quelqu'un d'autre. (Suite demain)

News du mardi 20 Octobre 2009

  La société doit deshandicaper socialement l'handicapé – Gilbert Montagné, aveugle de naissance, a émis cette idée lors d'un débat sur public-sénat.fr (43:00) animé par Benoît Duquesne. Selon Montagné, on a trop tendance à différencier les handicapés des autres citoyens. On leur trouve un endroit où les mettre afin qu'ils ne gênent pas et ils y restent toute leur vie.

Il se considère comme étant une personne, pas un aveugle, qui fait parti de sa normalité. C'est à l'extérieur de son domicile qu'il a compris qu'il en était un. Les handicapés doivent être considérés comme des citoyens à part entière. Cependant, il leur appartient de faire les premiers pas vers les autres. En établissant des contacts, les gens changent à leur égard.

Montagné a fait une enquête sur cette problématique et remis au gouvernement français un rapport de plus de 100 pages intitulé "L'inclusion des personnes aveugles et malvoyantes dans le monde d'aujourd'hui" : un document pouvant être utile au Québec et ailleurs. En allant sur son site, on se rend compte qu'il est particulière actif. Il a notamment vécu une aventure au Zanskar, la plus haute vallée peuplée de l'Himalaya.

Deux autres invités à l'émission sont également des handicapés : Djamel Mastouri, militaire de l'armée française depuis 17 ans, médaillé de bronze aux jeux Paralympiques de Pékin aussi, et Damien Abad, député européen. Y participe également Olivier Le Mab, réalisateur du documentaire "S'entendre avec les sourds" : vidéo (51:48).

  En 2002, le ministre canadien de la Justice fait un aveu : «J'ai 39 ans... mais oui, évidemment que j'ai essayé» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Mi juillet, on apprend que le ministre fédéral libéral de la Justice, Martin Cauchon, songe à décriminaliser --mais sans légaliser-- l'usage personnel du cannabis. On donnerait des contraventions aux fumeurs plutôt que de les arrêter. (Sébastien Rodrigue -- La Presse du 14 juillet 2002)

Cela ressemble à l'approche douce adoptée quelques jours auparavant par la Grande-Bretagne. Cependant le problème de l'approvisionnement reste entier puisque la culture et le trafic demeureraient interdits. Le ministre Cauchon passe aussi aux aveux : «J'ai 39 ans... mais oui, évidemment que j'ai essayé.»

Dans un éditorial, Michèle Ouimet de La Presse écrit que ceux croyant que cette libéralisation jettera des hordes de jeunes dans l'enfer des drogues dures peuvent dormir tranquille. (Michèle Ouimet -- La Presse du 20 juillet 2002) (NDLR : L'expérience du ministre Cauchon et du sénateur Nolin, entre autres, démontre qu'il est possible de goûter à la substance sans y plonger corps et biens.) Le pot crée peu de dépendance.

Le ministre Cauchon suit la trace de pays progressistes. Mais le Canada vit dans l'ombre des États-Unis, précise-t-elle, et la proposition du ministre a vite hérissé notre puissant voisin qui prône toujours la tolérance zéro. Les mentalités ont évolué. En 1975, 26% des Canadiens étaient en faveur de la légalisation du cannabis ; 25 ans plus tard, ce chiffre grimpait à 47%. «Osez, M. Cauchon, osez», clame Ouimet.

À l'Association canadienne des policiers (ACP), celle-là même dont on parlé plus haut, la déclaration du ministre cause beaucoup de déception. Sophie Rioux, agente de communication : «Le Canada doit plutôt se doter d'une véritable stratégie nationale antidrogue.» L'organisme, qui regroupe 30 000 policiers du Canada, a déjà fait part de son opposition à toute légalisation des drogues. «Il faut une loi dissuasive pour lancer un message clair à nos jeunes que la mari est une drogue nocive et que c'est illégal de l'utiliser», souligne-t-elle. (Suite demain)

  Un coq-à-l'âne aussi gros que l'Empire Stade Building - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Sur le chemin du retour, nous faisons, à sa demande, une halte dans un petit parc situé en face d'une piscine publique, rue Rachel. Parlons philosophie, de Teilhard de Chardin, auteur de plusieurs ouvrages : Phénomène humain, Énergie humaine, Activation de l'énergie, bref, la nécessité d'être utile à la société.

Soudain, il laisse tomber, innocemment, dans un coq-à-l'âne aussi gros que l'Empire Stade Building de New York, l'expression «journaliste d'enquête». Dans ma tête, ça fait clic. Passer du coq à l'âne, sans transition, est une tactique couramment utilisée dans les interrogatoires policiers.

Elle consiste, mine de rien, à ne glisser qu'un ou deux mots pour lancer l'interlocuteur sur une autre trajectoire, souvent en détournant la tête. Quand quelqu'un regarde ailleurs, on peut présumer qu'il attache peu d'importance au sujet, n'est-ce-pas? Efficace, quand l'âne n'est pas trop gros. Sauf que là, il vient de laisser tomber dans la conversation l'équivalent d'un édifice de cent étages. Je fais illico le recoupement avec Norbert. Depuis le temps que je fréquente les milieux communautaires, je ne l'y ai jamais entendue, ni ailleurs du reste. Et voilà qu'elle refait surface peu après mon aveu à Norbert.

Tout en lui parlant, j'attache ensemble les faits : plus tôt dans l'après-midi, il semblait chercher quelqu'un par dessus le toit des autos (après coup, je réalise que c'était moi qu'il cherchait, donc qu'on l'avait prévenu de mon passage sur Mentana) ; le paquet de cigarettes et la canette de coke (petites gâteries incitant à la confidence) ; sa venue à Travail-Québec où il n'est pas entré ; sa grande gentillesse alors que nous avions déjà eu une prise de becs dans le passé au cours d'une discussion politique, qui l'avait passablement refroidi à mon égard ; et finalement, l'expression «journaliste d'enquête». Trop de ficelles pour que sa démarche soit l'effet du hasard.

On m'a déjà dit qu'il a ses entrées auprès d'un membre du personnel du député péquiste de Ste-Marie-St-Jacques, André Boulerice. Est-il un civil? Je n'ai pas assez d'éléments en main pour l'affirmer de façon certaine, et n'en aurais jamais d'autres puisque je n'aurai plus l'occasion d'échanger avec lui. N'en réalise pas moins qu'il y a là matière à réflexion.

Je lui parle vaguement d'un document que je prépare, et compte photocopier et distribuer gratuitement aux médias montréalais. Lui dis avoir remarqué certaines choses au cours de mon passage en milieu communautaire, sans indiquer à quoi je fais allusion. Ajoute tout de même que je ne vise pas les dirigeants de ces organismes, mais le pouvoir politique, le seul responsable. Ensuite, je fais bifurquer la conversation sur un autre sujet. (Suite demain)

News du lundi 19 Octobre 2009

  Apocalyptica - Nothing Else Matters (03:23).

  Radiohead – Low morale : CREEP (03:56). Ce n'est pas sans rappeler les suicides chez France Télécom.

  L'Agence de presse Reuters relate la crise économique, depuis les symptômes de 2007 jusqu'au 10 septembre 09 – Le documentaire, de très grande qualité journalistique et visuelle, contient une énorme masse d'informations, présentée en deux temps.

Dans la page s'affichant, colonne de gauche : (1e temps) "Watch the introduction", une vidéo (11:42) résumant les événements. En vrac : Islande, USA, Russie, Japon (crises de1995 et 2008), Chine, Royaume-Unis, Brésil (crise de 1984), affaire Madoff, Grande dépression de 1931, quelques pancartes aussi, dont celle-ci : Traiders=traitors (traîtres).

(2e temps) "View the timeline", déroulement chronologique des signaux précédant la crise et au fil des textes et vidéos, vous allez graduellement mettre les pieds dedans : cliquez sur la flèche à droite de votre écran, vous allez voir défiler sous vos yeux un tas de fenêtres, chacune datée et contenant des renseignements liés à la crise. Faites clic sur le titre de la fenêtre vous intéressant. Un long et grand voyage dans le temps vous attend, et ça n'a rien avoir avec la fiction.

  Réduire la répression contre la marijuana pour lutter plus efficacement contre les drogues dures - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Au cours de cet été-là, un autre pays entrouvre la porte. Le ministre des Affaires intérieures du gouvernement travailliste de la Grande-Bretagne, David Blunkett, annonce que la possession de petites quantités de marijuana ne sera plus un délit passible d'arrestation. (Isabelle Hachey -- La Presse du 11 juillet 2002)

«Dans un pays qui possède les lois antidrogues les plus coercitives d'Europe, c'est une véritable révolution», signale la journaliste Isabelle Hachey de La Presse. C'est qu'une étude effectuée à Brixton, le quartier Sud de Londres, démontre que réduire la répression contre la marijuana permet de libérer des ressources policières pour lutter plus efficacement contre les drogues dures.

De janvier à mai 2002, les policiers se sont contentés de donner aux consommateurs de cannabis de simples avertissements. Ils ont ainsi économisé 2 500 heures de travail comparativement à la période correspondante de l'année d'avant.

Un seul avertissement nécessite 10 minutes alors qu'une arrestation mobilise deux policiers pendant cinq heures et coûte 22 000$ en frais judiciaires : en 2001, 81 000 Britanniques ont été arrêtés pour possession d'un peu de cannabis. (NDLR : 81 000 arrestations à 22 000$ chacune = 1,7 milliards$.) Autre fait notable : la libération des ressources policières a permis d'augmenter de 19% le nombre d'arrestations de trafiquants.

Qu'en pense le président Nolin du Comité sénatorial? La stratégie -- pas seulement britannique, australienne aussi -- serait intéressante, mais son application mériterait d'être raffinée (Alexandre Sirois -- La Presse du 11 juillet 2002) : «Ils veulent arrêter de mettre des ressources sur la question du cannabis et se concentrer sur les drogues plus dures. Mais comme ils sont obligés de maintenir la prohibition, ils instaurent un régime d'amendes. Or, si une amende n'est pas payée, le consommateur s'en va en prison.Alors on n'est pas (plus) avancé, déclare-t-il. Et ceux qui vont en prison, ce sont les pauvres.» Selon lui, chaque année, 35 000 Canadiens se font arrêter et poursuivre pour possession simple de cannabis. (Suite demain)

  Rodrigue : «Je me sens généreux, aujourd'hui, je vais te donner 5 000$» - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Quelques semaines après, passant par le Parc Lafontaine, qui vois-je? Rodrigue, Jean-Marc l'accompagne. Dans le monde de l'underground policier, les rencontres sont rarement le fruits du hasard. J'offre à Rodrigue un petit espace sous mon parapluie. Il cherche encore à fouiller dans ma tête. Puis me dit spontanément : «Je me sens généreux, aujourd'hui, je vais te donner 5 000$».

Un peu éberlué, je le regarde et rétorque que je les accepterais volontiers. Me tend la main, comme s'il voulait conclure le pacte, la refuse en blaguant : «Je te la serrerai quand tu m'auras remis les 5 000$». Je ne peut m'empêcher de faire le rapprochement : Norbert l'a-t-il informé que je m'étais affiché comme un journaliste d'enquête? Veut-on acheter mon silence? Est-il sincère? Est-ce un piège? Je n'entendrai plus parler des 5 000$.

Autre rencontre fortuite... Un gars que j'ai perdu de vu depuis environ un an. Elle a lieu sur Mentana, lui roulant à vélo dans la rue, moi marchant sur le trottoir. Debout sur ses pédales, il regarde par dessus le toit des autos stationnées pour mieux voir le seul piéton qui s'y trouve de l'autre côté, moi. Donne l'impression d'être à la recherche de quelqu'un. Pressé, le Resto du Plateau où je me dirige allant bientôt fermer, je feins de ne pas le voir, pense bien m'en être débarrassé, mais...

«Salut, Jacques!» que j'entends derrière moi. Me retourne, c'est lui, marchant à côté de son vélo sur le trottoir, souriant. Échange quelques mots, m'excuse, l'heure de fermeture du resto approche. Coïncidence, il cherche justement un endroit où bouffer. Bon, allons-y, dis-je, et dépêchons-nous avant que ça ferme.

À la fin du repas, lorsque je veux le quitter pour me rendre au bureau de Travail Québec, autre coïncidence, il doit y aller, lui aussi. Passant devant un dépanneur, rue Laurier, il me demande ce que je fume, veut m'acheter un paquet de cigarettes. Je tombe des nues. Le remercie de sa gentillesse, mais refuse. Il insiste, finalement j'accepte. Un peu plus loin, alors que nous sommes sur Rachel, autre dépanneur. Là, il me demande si j'ai soif. Ce vendredi après-midi-là le soleil frappe fort, un bon coke glacé fera du bien. Rendu à destination, j'entre dans l'édifice. Mon compagnon de route qui pourtant disait y avoir affaire aussi, reste à l'extérieur. Je remarque, sans plus. (Suite demain)

News du dimanche 18 Octobre 2009

  Comment disparaître devant un taureau qui fonce sur vous? - Facile, si vous êtes acrobate. Quand même risqué (01:26). Spectacle préférable à l'autre. Celui du matador, gonflé d'orgueil, qui se pavane dans l'arène, après avoir mis à mort un taureau.

Une blague circule sur le web. Des restaurants, situés à proximité d'arènes, en Espagne, offrent aux touristes de grosses couilles de taureaux. Un jour, un garçon de table en avait servi à l'un d'eux, qui en était à sa troisième assiettée, de toutes petites. Devant son étonnement, il lui avait dit : Vous savez, senor, le matador ne gagne pas toujours le combat. Olé! Viva el tauro!

  Une façon comme une autre de sortir du moule socio-politique - Des Japonais ou Chinois, je ne sais trop, proposent une idée intelligente (04:38). Courir de façons inhabituelles devant un caméscope juste pour le plaisir de faire le fou. Et produire ensuite une vidéo en ralentissant les mouvements. Onze personnes y participent, à tour de rôle. La fille aux yeux croches (3e) et l'obèse (10e) sont à voir.

Ici, dans mon petit village policier, Lac Bouchette, province de Québec, Canada, civils de la Sûreté du Québec, collabos, Chevaliers de Colomb et Filles d'Isabelle vous auraient à l'œil : vous seriez une source de désordre.

  Pourquoi draguer? - Parce que c'est l'été et qu'on a tous le feu au cul. Ainsi s'exprime Ioudgine, une Française que je trouve pas mal sympa : je viens tout juste de la découvrir. Elle produit de petites vidéos sans prétention, sans souci du décor, s'adresse directement à celui les visionnant, le tutoie, lui parle de tout et de rien, s'arrête un instant pour prend une gorgée de Vodka, à même la bouteille... : vidéo (05:13) + son site.

  Répression sexuelle et censure de féministes québécoises (4) – Elles ont réussi à couper l'accès à deux vidéos VIMEO. Sur mon site, colonne de droite, elles sont inopérantes : ailleurs sur le web également. Qui ça, elles? Les membres de la Concertation québécoise des luttes contre l'exploitation sexuelle. Elle mêle tout, cette Concertation anonyme, car on ignore le nom des organismes membres : les vrais combats à livrer et ceux qui n'en sont pas, portant ainsi atteinte à la liberté d'expression.

Je proteste énergiquement contre ce puritanisme d'un autre âge. Je vais donc, pendant quelque temps, diffuser chaque jour et gratuitement cette vidéo-pub (01:07) sur mon site : l'organisme anonyme a dénoncé la petite tenue vestimentaire des femmes y figurant et certains gros plans. J'invite les Québécois à diffuser également cette vidéo. Contexte de cette histoire : dans les News du mardi 13 octobre, plus bas dans la page de mes ACTUALITÉS, lire les deux textes : "Québec : beau cas de répression sexuelle".

  L'illégalité du cannabis contribue à alimenter le crime organisé - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Mois de mai suivant, le Comité Nolin publie une synthèse de son enquête, qu'il utilisera par la suite au cours d'une consultation de la population, l'été venu, dans six villes canadienne, dont Montréal. (Joël-Denis Bellavance -- La Presse du 3 mai 2002)

Le Comité n'encourage personne à consommer du cannabis, écrit Nolin dans une lettre à La Presse (Pierre Claude Nolin -- La Presse du 16 mai 2002) : «(...) On pourrait sans doute dire la même chose de la cigarette dont les effets sur la santé sont bien connus, et de l'alcool dont on sait les effets sur la conduite automobile et la violence. Mais nous avons constaté, études à l'appui, que la criminalisation du cannabis n'a pas contribué à la diminution de son usage».

La lutte contre les drogues coûte annuellement 2 milliards$ à l'État, dont la majeur partie sont consacré aux tribunaux chargés d'appliquer la loi. «Les drogues, dont le cannabis, ne sont pas moins disponibles, et les prix baissent, sans pour autant avoir de contrôle sur leur qualité, ni sur les moyens de faire de l'information et de l'éducation véritables auprès de la population, les jeunes en particulier. (...) 

«Que la production et les circuits de distribution soient contrôlés en partie par les réseaux de criminalité organisée, nul ne doute, constate Nolin. Que la diminution du pouvoir de ces réseaux, du chantage et de la corruption soit un objectif louable et nécessaire pour nos sociétés, est une évidence. Que la criminalisation des drogues, du cannabis dans le cas qui nous occupe, soit la meilleure manière d'y arriver, n'est sûrement pas démontrée empiriquement. Le Comité a entendu des témoignages et consulté des études qui tendraient à démontrer le contraire. »

De son côté, le journaliste Joël-Denis Bellavance de La Presse énumère d'autres éléments du document de synthèse (Joël-Denis Bellavance -- La Presse du 3 mai 2002) : plus d'un Canadien sur 10 et plus de 30% des jeunes de 15 à 24 ans en font usage au mépris de la règle de droit. La vaste majorité en font un usage récréatif temporaire et irrégulier ; 10% et moins deviendront de gros consommateurs et entre 5 et 10% dépendants ; le cannabis peut avoir des effets néfastes sur la santé, mais ils sont relativement mineurs, le danger variant selon les tendances d'usage ; il a des effets négatifs restreints sur la sécurité publique dans la mesure où il n'est pas cause de criminalité, toutefois, son illégalité contribue à alimenter le crime organisé.

La publication de ces faits intervient quelques jours seulement après le rejet par la majorité des... députés fédéraux libéraux de la Chambre des communes, à Ottawa, d'un projet de loi privé sur la décriminalisation -- décriminaliser n'est pas légaliser, car on ne fait qu'assouplir les pénalités -- de la possession simple de marijuana et déposé par le député allianciste Keith Martin.

Médecin de formation, il se dit heureux des constats du Comité Nolin, mais soutient que le temps des études est terminé : «Cela fait plus de 20 ans que nous étudions cette question. Il est temps de passer à l'action». Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, le député bloquiste Réal Ménard et la néo-démocrate Libby Davies partagent la conclusion du Comité Nolin à l'effet que la politique de prohibition n'est pas efficace. (Suite demain)

  Maladresse de ma part, je dévoile à Norbert être un journaliste d'enquête - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Norbert m'avait suggéré d'aller manger à l'Armée du Salut, située au coin de Guy et St-Antoine, où, me répétait-il, les repas étaient de meilleure qualité et gratuits. L'idée me plaisait, j'y voyait l'occasion d'enquêter dans un autre milieu. À quelques reprises, nous nous y sommes donnés rendez-vous.

Le seul problème, et il était de taille pour un journaliste faisant enquête : cette cafétéria, aussi vaste qu'un gymnase, était peu fréquentée, à peine une vingtaine d'usagers s'y éparpillaient un peu partout, chacun pratiquement isolé dans son coin. Je me sentais aussi un peu seul dans ce secteur où les piétons se font plutôt rares. J'avais toujours la crainte d'un dérapage policier, dans ce cas-ci par usager interposé... Certains avaient, comme on dit, des mines patibulaires.

Lors de notre dernière rencontre à cette cafétéria, à l'été 1998, je remarque que Norbert et Gilberte jouent la carte de la convivialité. Je les connais assez bien pour savoir qu'ils ne disent et font rarement quelque chose sans avoir une idée en tête.

Après le souper, Norbert me montre même son auto, une compacte, deux portes, la peinture, rouge, brûlée par le soleil, et qui a de toute évidence beaucoup de kilométrage dans le corps : le rouge, couleur symbolique... On peut avoir quelques raisons d'exhiber une voiture flambant neuve achetée les jours précédents. Mais cette vieille affaire-là? D'autant qu'elle appartient fort probablement à la police de l'île de Montréal.

L'atmosphère est relaxe. On jase de façon décousue comme entre vrais bons copains. Je m'abandonne, pas trop. Mes sens sont un peu en alertes, appréhendent je ne sais quoi. Vont-ils me proposer une balade? Histoire de mettre les pendules à l'heure, j'allonge le cou pour en identifier la plaque d'immatriculation. Gilberte me voit faire, se raidit, interroge aussitôt Norbert du regard. Petite brise froide, ponctuée d'un silence.

Puis la discussion ne se réchauffe de nouveau. À un moment donné, Norbert me compare à un intellectuel. Lui dit me définir plutôt comme un généraliste, un... «journaliste d'enquête». Sur le coup, je regrette un peu cet aveu spontané. Depuis le tout début de mon arrivée dans le milieu communautaire, Norbert sait que je suis journaliste, mais là, je viens de lui suggérer l'idée que je fais une enquête journalistique. Pas pris le temps de réfléchir avant de parler.

Le regrette, mais en même temps suis content. Ambivalence probablement attribuable à tout ce que je sais désormais de l'underground policier, que le démocrate que je suis n'arrive pas à digérer. Ce ne sera d'ailleurs pas la dernière fois que je révélerai des choses que j'aurais dues cacher.

Ainsi qu'en témoignent la suite des événements, ma franchise me desservira plus qu'elle ne me sera utile. S'il est vrai qu'elle me permettra de rencontrer davantage de civils, en contrepartie elle incitera la police à monter d'un cran sa répression. L'air de "Montréal, ma ville" deviendra particulièrement malsain pour l'auteur de ces lignes : la ville de qui, au fait? (Suite demain)

News du samedi 17 Octobre 2009

  Musique païenne et fantasmatique à souhait – Enigma : Sadeness (04:27) + Sadeness suite (07:41).

  Méli-Mélo – Touches pas à ma pelouse ; l'homme papier ; apparence trompeuse ; répétez, j'ai pas compris ; les toilettes turques ; le navire poubelle ; se tuer au travail ou se suicider ; mort au travail, l'assurance d'aller au paradis ; des gamins qui ont du fun ; porno ; les canons d'Israël ; Obama et Clinton, deux inséparables ; Marx sur le point d'accoucher de sa théorie ; militaire bien dressé ; l'arme à destruction massive ; Obama a-t-il pensé à la flûte enchantée? ; le risque sans risque ; le secret de la lévitation (01:04).

  Canada : première fois en 12 ans – Il a enregistré un déficit budgétaire durant l'exercice 2008/2009 : 5,8 milliards$. Il aurait été plus élevé n'avait été l'excédent de 9,6 milliards$ de la période précédente. Radio-Canada rapporte que le pays ne retombera pas sur ses pieds avant 2015.

En Ontario, l'une des provinces canadiennes les plus riches, le déficit devrait atteindre les 18,5 milliards$. Toutes les autres provinces en annonceront aussi d'ici la fin d'octobre.

PS : Ce qu'il y a de malheureux dans cette histoire, c'est que le Canada, avant la crise économique que nous traversons, était sur le point de réduire à zéro un déficit accumulé de plus 600 milliards$ : pendant ces années de remboursement, les citoyens ont dû se serrer la ceinture. Les dollars empruntés, notamment à l'étranger, avaient commencé à s'empiler à l'époque du gouvernement libéral de Pierre Elliott Trudeau.

La suite vous la connaissez, la vivez quotidiennement... Fin 2008, début du tsunami : produits toxiques des banques, fraudes boursières et fiscales ont balayé du revers de la main tous ces efforts et font des ravages considérables partout sur la planète, surtout dans les pays pauvres.

Est-ce que ça vous donne pas envie de crier votre ras-le-bol dans la rue? Impossible, avec cet autre tsunami qui s'en viendrait : grippe porcine ou H1N1. Vous allez rester bien tranquille à la maison afin de ne pas attraper ou propager le virus. Soyez prudent et ne vous en faites pas trop avec cette autre vague. Et pour le ras-de-bol, il y a le web.

  Répression sexuelle et censure de féministes québécoises (3)– Elles ont réussi à couper l'accès à deux vidéos VIMEO. Sur mon site, colonne de droite, elles sont inopérantes : ailleurs sur le web également. Qui ça, elles? Les membres de la Concertation québécoise des luttes contre l'exploitation sexuelle. Elle mêle tout, cette Concertation anonyme, car on ignore le nom des organismes membres : les vrais combats à livrer et ceux qui n'en sont pas, portant ainsi atteinte à la liberté d'expression.

Je proteste énergiquement contre ce puritanisme d'un autre âge. Je vais donc, pendant quelque temps, diffuser chaque jour et gratuitement cette vidéo-pub (01:07) sur mon site : l'organisme anonyme a dénoncé la petite tenue vestimentaire des femmes y figurant et certains gros plans. J'invite les Québécois à diffuser également cette vidéo. Contexte de cette histoire : dans les News du mardi 13 octobre, plus bas dans la page de mes ACTUALITÉS, lire les deux textes : "Québec : beau cas de répression sexuelle".

  Le maire Bloomberg de New York admet avoir fumé du pot : «You bet I did. And I enjoyed it» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Autre bilan de la situation au Québec, celui-là en mars 2002. Situons en le contexte.

Depuis le printemps 2001 précédent, la Sûreté du Québec, appuyée par la Gendarmerie royale du Canada et de corps policiers municipaux, a effectué 10 raids à l'issu desquels plus de 300 personnes liées aux groupes de motards ont été arrêtées un peu partout au Québec. La plupart ont été accusées de trafic de stupéfiants. (Yves Boisvert -- La Presse du 20 novembre 2002)

Un an après, où en sommes-nous? Le «business a repris as usual», déclarent des experts de la Gendarmerie royale du Canada et de la police de Montréal. (André Cédilot -- La Presse du 7 mars 2002) Il y a eu un flottement au début, ils étaient aux aguets, mais tout est revenu à la normale au bout de cinq ou six semaines. La cocaïne entre toujours en grande quantité et reste disponible partout au Québec.

Le débat soulevé au Canada par le Comité Nolin risque-t-il de se propager chez nos voisins américains? C'est que le 9 avril 2002 la National Organization for the Reform of Marijuana Laws (NORML) publie dans le New York Times une pleine page d'une photo accompagnée d'un commentaire du maire de New York, Michael Bloomberg, répondant à cette question que lui avait posée un journaliste lors des élections new-yorkaises de l'année précédente (Richard Hétu -- La Presse du 10 avril 2002) : «Avait-il déjà fumé de pot?» Dans une bulle de bande dessinée, on y lit en grosses lettres sa réponse : «You bet I did. And I enjoyed it.» Et NORML de commenter plus bas : «At Last, an Honest Politician. It's NORML to Smoke Pot.»

Le journaliste Richard Hétu de La Presse raconte que les New-Yorkais ont vu cette pub dans d'autres journaux, les autobus, le métro, et entendue à la radio. Il cite la pub de NORML : «Nous applaudissons sa candeur (de Bloomberg). Mais personne ne devrait s'en étonner. De Bill Clinton à George Pataki(gouverneur de l'État de New York) à Clarence Thomas (juge de la Cour suprême), plusieurs figures officielles ont admis quelque chose de pas mal normal -- ils ont fumé du pot.»

L'organisme propose de traiter la marijuana comme une «affaire privée», et que seuls ceux qui fument en public devraient avoir affaire à la police. Évidemment, Bloomberg n'est pas enchanté qu'on l'y cite. Le journaliste constate que dans la Grosse Pomme, la tolérance zéro continue, même si le maire est beaucoup plus relaxe et conciliant que son prédécesseur, Rudolph Giuliani. (Suite demain)

  Le comportement odieux de civils et de collabos à mon égard me convainc de me retirer du Comité des fêtes de la St-Jean - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Puis tombe la goutte qui fera déborder le verre. Mon ordinateur principal est défectueux, en parle à Rémy, qui prétend pouvoir le réparer, se dit prêt à venir chez moi. Passant devant le HLM de la Ville de Montréal, rue Beaudry, nous croisons une jeune femme qui, son comportement est éloquent, me sollicite sexuellement. Elle me regarde avec insistance, tourne autours de moi. Un jeune homme, un peu à l'écart, l'accompagne.

Je les identifie illico. Tous deux ont participé à des déstabilisations que j'ai vécues auparavant. Ils ont notamment personnifié deux des trois punks de l'affaire Barnabé dont j'ai parlé plus haut. Rémy tente d'étoffer leur fausse identité en essayant de me faire croire que ces deux prostitués sont des habitués du coin. Je passe deux fois par jour à cet endroit et ne les y ai jamais vus, ni d'autres pratiquant ce métier. Encore un coup monté, et Rémy l'un de ses rouages.

Me revient alors à la mémoire que, un peu plus tôt, avant de quitter ensemble le Comité social, Rémy m'avait fait poireauté pas loin d'une heure dans le petit hall d'entrée. Je commençais à trouver qu'il prenait beaucoup de temps à venir m'y rejoindre comme convenu, quand il était enfin apparu.

M'étais levé, prêt à partir, mais il m'avait dit, l'air un peu songeur, cherchant ses mots : «Pas tout de suite... faut que je parle... à mon patron avant de partir.» Après coup, je réalise qu'il m'avait fait attendre pour permettre à ses collègues de la police en civil de mettre au point la petite scène des deux prostitués. Qui aimerait être constamment manipulé de la sorte?

L'accumulation de ces petits incidents, et ce n'étaient pas les seuls, m'ont convaincu que des employés du Centre social étaient de connivence avec la police. C'est l'application du principe de la répression : se rendre odieux aux yeux de celui qu'on veut éjecter de la société. Ces petites hommeries et femmeries devaient me convaincre de me retirer du Comité organisateur.

Mauvaise foi de ces gens, manque flagrant de respect, atteinte continuelle à la dignité de la personne. Tout ça au sein d'un organisme communautaire sensé aider les pauvres, les démarginaliser, les intégrer socialement. Je n'en continuais pas moins d'aller dîner à la cafétéria, déterminé à défendre mon droit d'y être. Tout en étant conscient, les expériences antérieures en témoignaient, que le temps jouait pour eux et que ma situation ne pouvait que se détériorer. La chape de plomb, faut l'avoir déjà eue sur les épaules pour savoir ce que c'est. (Suite demain)

News du vendredi 16 Octobre 2009

  L'énergie d'aujourd'hui et de demain – Des choix difficiles (01:00) à faire. Comment préserver la planète sans renoncer à notre qualité de vie? C'est l'une des questions d'un site-forum où l'on propose le nucléaire comme solution, à défaut d'autres sources. Et l'énergie solaire, l'énergie hydraulique, entre autres? Besoin de réfléchir et décider.

  Danger – Sauve-qui-peut (00:30).

  Québec : la grippe porcine (H1N1) pourrait atteindre 2,5 millions de citoyens au cours des prochaines semaines – C'est du moins ce que craint le ministre québécois de la Santé, Yves Bolduc (photo), rapporte la Presse canadienne. (NDLR : presque le tiers de la population de 7,631,552 millions) Tout en adoptant un ton alarmiste, le ministre a cherché à se faire rassurant, précise l'agence (texte).

  Répression sexuelle et censure de féministes québécoises (2) – Elles ont réussi à couper l'accès à deux vidéos VIMEO. Sur mon site, colonne de droite, elles sont inopérantes : ailleurs sur le web également. Qui ça, elles? Les membres de la Concertation québécoise des luttes contre l'exploitation sexuelle. Elle mêle tout, cette Concertation anonyme, car on ignore le nom des organismes membres : les vrais combats à livrer et ceux qui n'en sont pas, portant ainsi atteinte à la liberté d'expression.

Je proteste énergiquement contre ce puritanisme d'un autre âge. Je vais donc, pendant quelque temps, diffuser chaque jour et gratuitement cette vidéo-pub (01:07) sur mon site : l'organisme anonyme a dénoncé la petite tenue vestimentaire des femmes y figurant et certains gros plans. Je vous demande de diffuser également cette vidéo. Contexte de cette histoire : dans les News du mardi 13 octobre, plus bas dans la page de mes ACTUALITÉS, lire les deux textes : "Québec : beau cas de répression sexuelle".

  Dulex : La police est là pour défendre les intérêts de la société, pas les siens - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Février 2002. Quatre témoins suisses, dont le chef de police du canton de Zurich, Georges Dulex, invités par le Comité Nolin, dans la capitale fédérale, Ottawa, décrivent la situation prévalant dans leur pays. L'expérience pilote ayant été concluante, on s'apprête à y officialiser, dans une nouvelle loi, l'approche humanitaire en matière d'héroïne, rapporte la journaliste Marie-Claude Malboeuf de La Presse. (Marie-Claude Malboeuf -- La Presse du 5 février 2002)

Policier Dulex : «La sécurité publique s'est améliorée. Avant, les quartiers voisins (...) vivaient dans la peur. Maintenant, les gens peuvent sortir». Par contre, le travail devient de plus en plus ardu. «Il y a plus de drogue, elle est moins chère, et les réseaux sont de plus en plus secrets et impénétrables.» Il croit le changement inévitable : «La police doit jouer le jeu. Si la société veut cette libéralisation, il faut l'accepter. Nous sommes là pour défendre ses intérêts, pas les nôtres», fait-il remarquer.

On apprend aussi que le Parlement suisse déposera un projet de loi plaçant marijuana et haschich dans une catégorie à part. En consommer ne serait plus un crime, les citoyens pourraient en vendre et en produire en étant presque certains d'échapper aux poursuites. Un pas que même les Pays-Bas n'ont pas encore franchi et suscitant beaucoup de crainte en Europe, signale la journaliste.

Elle cite Me Diane Steber Büchli, du Bureau fédéral suisse de la santé publique : «La consommation de cannabis augmente malgré les mesures répressives. (...) Nos voisins s'inquiètent parce qu'ils connaissent mal le projet. (...) Seuls les Suisses pourront en acheter. On veut interdire la publicité et la vente aux mineurs. On contrôlerait la quantité vendue, le nombre de magasins, etc.» L'opinion des policiers suisses est partagée, qui voient mal comment ils pourraient en contrôler le commerce. Dulex : «(...) on ne veut pas créer un tourisme de la drogue». (Suite demain)

  La police en civil crée artificiellement diverses situations pour me sortir du comité des fêtes de la St-Jean - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Avant la réunion du Comité organisateur, j'avais donc dessiné quatre modèles de chapeaux sur un tableau. L'une des employées arrive, dit avoir besoin du tableau.

Lui souligne qu'il y en a deux autres qu'elle pourrait utiliser, l'un juste à côté du mien, le deuxième sur l'autre mur : l'organisme loge dans une ancienne école, d'où les tableaux. Essaie de l'en convaincre, peine perdue, madame insiste et, sans même obtenir mon consentement, efface d'un geste autoritaire tous mes dessins.

À la réunion suivante, je constate que les deux membres en faisant partis, dont madame, se foutent carrément de ma gueule. Quand j'interviens pour donner mon opinion, ils ne prêtent aucune attention à ce que je dis, continuent de parler entre eux comme s'ils ne m'avaient pas entendu. Je monte un peu le volume pour manifester ma présence. Ils me regardent un bref instant, puis reprennent leur conciliabule.

Quelque temps après, je croise sur le seuil de la porte donnant accès à la cafétéria, celui qui échangeait avec madame. Le salue chaleureusement, la main sur son épaule, lui souris. Il enlève lentement ma main, avec un dédain manifeste, et continue son chemin sans dire un mot...

Il y a aussi ces autres riens significatifs dont l'action se déroule dans la salle des ordinateurs du Comité social. J'y travaille à la conception d'une circulaire amusante annonçant la St-Jean, que nous pourrons photocopier, distribuer dans le quartier et afficher sur les poteaux de téléphone. Rémy, responsable des ordinateurs, est présent. Employé ou bénévole? je ne sais trop : m'a déjà dit être l'un des directeurs de l'organisme.

Le lendemain, je ne retrouve plus mon fichier sur le disque dur. M'en informe, il m'apprend que chaque jour, il faut mettre son fichier sur disquette parce qu'il y a des cours d'informatique le matin et que le prof efface les fichiers non pertinents. Pourquoi ne m'en a-t-il pas averti la veille? Une couple d'heures de travail perdues qu'il me faut reprendre.

Le surlendemain, Rémy s'empare de la souris et efface l'en-tête que j'ai conçue. Je le lui reproche, il nie l'avoir fait. Pourtant je n'ai pas rêvé : elle a disparue. Suis infographiste et travaille sur des ordinateurs depuis dix ans, je connais ça. Quelques jours après, il m'attribue un autre ordinateur, mais il ne fonctionne pas. Avant que je ne m'en rende compte, l'autre employée, madame, s'est déjà installée devant celui que j'utilise habituellement, je dois attendre qu'elle ait fini son travail. Pourquoi le mien alors qu'il y en a trois ou quatre autres sur la longue table?

De toute évidence, on crée artificiellement diverses situations pour me faire sortir de mes gonds. Des niaiseries, j'en conviens, prenant cependant une connotation particulière quand vous savez qu'elles sont concoctées par la police. D'autant qu'elles s'ajoutaient à la répression que je subissais quotidiennement dans la rue. En me harcelant, on cherche à me faire démissionner du comité. (Suite demain)

News du jeudi 15 Octobre 2009

  Répression sexuelle et censure de féministes québécoises (1) – Elles ont réussi à couper l'accès à deux vidéos VIMEO. Sur mon site, colonne de droite, elles sont inopérantes : ailleurs sur le web également. Qui ça, elles? Les membres de la Concertation québécoise des luttes contre l'exploitation sexuelle. Elle mêle tout, cette Concertation anonyme, car on ignore le nom des organismes membres : les vrais combats à livrer et ceux qui n'en sont pas, portant ainsi atteinte à la liberté d'expression.

Je proteste énergiquement contre ce puritanisme d'un autre âge. Je vais donc, pendant quelque temps, diffuser chaque jour et gratuitement cette vidéo-pub (01:07) sur mon site : l'organisme anonyme a dénoncé la petite tenue vestimentaire des femmes y figurant et certains gros plans. Je vous demande de diffuser également cette vidéo. Contexte de cette histoire : dans les News du mardi 13 octobre, plus bas dans la page de mes ACTUALITÉS, lire les deux textes : "Québec : beau cas de répression sexuelle".

  Une initiative citoyenne méritant d'être connue - En France, Castres est la seule ville de sa taille (chiffre de 2006 : plus de 47 000 habitants) à ne pas être reliée au réseau autoroutier, ce qui l'écarte de la croissance économique régionale. Des citoyens ont décidé de s'occuper de ce dossier. Ils veulent qu'elle soit reliée à Toulouse, ville dynamique situé à 72 kilomètres plus loin. À cet effet, ils ont lancé un débat sur le web.

Création d'un site par le Comité de soutien Autoroute 2013 qui groupe : Pays d'Autan, Pays du Sidore, Agglomération Castres-Mazamet, Communauté de Communes Sor et Agout, Communauté de Communes de la Haute Vallée du Thoré, Pays de Cocagne, Chambre de métiers et de l'artisanat de Tarn, Chambre de commerce et d'industrie Castres-Mazamet, Pierre Fabre, Atlase. Et production d'une vidéo (03:03) sur YouTube où quelques centaines de citoyens s'expriment en chantant. La solidarité crève les yeux.

PS : Le web propage la parole du citoyen au delà des frontières, permet de dénoncer l'inacceptable, faire avancer des idées, d'ouvrir des portes closes. Des citoyens commencent à s'en rendre compte. Démocratisation.

  Il faut toujours vérifier deux fois plutôt qu'une ce que dit la police - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Trois semaines après, le président de l'Association canadienne des policiers (ACP) affirme que la simple possession de cannabis n'est plus une priorité pour les policiers. Est-ce vraiment le cas?

Non. La journaliste Silvia Galipeau de La Presse rapporte que, d'après des chiffres de Statistique Canada compilés par le Canadian Center for Justice Statistic, le nombre total d'arrestations liées au cannabis est passé de 33 267 cas en 1991, à 66 171 en 2000. (Silvia Galipeau -- La Presse du 22 septembre 2001) Et le nombre d'arrestations pour possession simple (moins de 30 grammes) est passé de 24 000 à 48 000.

La journaliste a vu la contradiction flagrante, demande au président de l'ACP des explications : «(...) Ce que j'ai voulu dire, c'est que la section moralité, alcool et stupéfiant (MAS) de la police ne se concentre plus sur les individus qui ont un joint ou deux dans leur poche. Nous nous concentrons sur les trafiquants, les cultivateurs et les importateurs. Ce qui ne veut pas dire que les policiers dans la rue, eux, en fassent autant. Ce sont deux unités différentes. Ce ne sont pas des policiers du MAS.» Moralité de cette article : il faut toujours vérifier deux fois plutôt qu'une ce que dit la police.

Peu après, Marie-Claude Malboeuf de La Presse pose la question (Marie-Claude Malboeuf -- La Presse du 20 octobre 2001) : tous les producteurs de marijuana qui squattent des terrains privés ou publics sont-ils liés de près ou de loin au crime organisé? Selon Roch Côté, de la Gendarmerie royale du Canada et témoin expert, 15% ne le sont pas. Ils vendent à petite échelle.

Subissent-ils des peines sévères? demande-t-elle à Me Pierre Cloutier, un criminaliste québécois : «Les producteurs sans antécédents ne vont pas en prison. J'ai des clients qui sortent du tribunal et qui recommencent. (...) La justice n'atteint pas son but. On se ridiculise chaque été en transformant nos policiers en cueilleurs

Pour sa part, Côté de la Gendarmerie royale du Canada déplore que les sentences, au Canada, ne soient pas assez sévères : dans l'État du Vermont, aux États-Unis, celui cultivant 25 plants s'expose à 15 ans de prison et 500 000$ d'amende, mentionne-t-il.

Devrait-on imiter les États-Unis? demande ensuite la journaliste à Me Cloutier : «Pour protéger la société de quoi, au juste? On fait face à un crime sans violence. Le tabac fait plus de morts que le pot!» Sa solution : légaliser. (Suite demain)

  Agacé, Norbert me demande : «Là, tu vas t'infiltrer icitte (sic)?» - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Le Comité social Centre-Sud, police oblige, est l'un de ces autres organismes travaillant main dans la main avec les civils. Je le sais pour l'avoir fréquenté presque tous les jours pendant cinq mois. Quelques exemples de cette... osmose police-collabos.

En avril 1998, après avoir offert mes services comme bénévole, suis intégré au sein du Comité organisateur de la fête de la St-Jean et nommé responsable des communications. Peu après, Norbert l'ayant appris de je ne sais qui, me fait remarquer que je suis «très actif». Lui rétorque : «très actif non, mais actif oui.»

Quelques jours après, il revient à la charge, cette fois manifestement agacé : «Là, tu vas t'infiltrer icitte (sic)?» Oui, il a bel et bien dit "infiltrer". Je lui explique que l'organisme a besoin de bénévoles, et même épinglé un message à cette fin sur son tableau d'affichage, dans le petit hall d'entrée. La police avait réussi à me déloger de Jeunesse au Soleil et de la Maison des amis du plateau Mont-Royal, j'ai compris qu'elle me délogerait aussi de ce comité organisateur.

Par la suite, des civils et leurs collabos ont poursuivi leur boulot. Appelons plutôt ça des riens significatifs, en somme d'autres gouttes d'eau venant s'ajouter à celles déjà dans la verre. Je voulais proposer que le comité organisateur lance un concours du chapeau le plus extravagant : chapeaux empruntant la forme de l'Hôtel de Ville de Montréal, du stade olympique, du pont Jacques-Cartier, etc.

J'estimais que cette activité inciterait des résidents du quartier à participer concrètement à la réalisation de l'événement, en tout cas à au moins ce volet. Autre avantage : ils pourraient confectionner leur petit chef-d'oeuvre dans la grande cafétéria, ce qui créerait une certaine... osmose, susciterait d'autres adhésions.

Le rôle d'un comité social comme celui-ci n'est-il pas de rayonner dans son milieu? Il le fait déjà, remarquez bien, mais tout est tellement aseptisé par les civils, le gardien de sécurité et des employés et bénévoles mouchards de l'organisme que cela est plus près du sarcophage de la momie égyptienne que de l'édifice de brique et de béton ouvert à tous, sans discrimination, et bourdonnant d'activités. (Suite demain)

News du mercredi 14 Octobre 2009

  How can we dance when our earth is burning? – Pétition planétaire sur le réchauffement climatique. On nous fait entendre le clic de l'horloge, les appels sont nombreux : the time has com ; no turning back ; beds are burning ; etc.

Beaucoup de participants à cet excellent clip (04:02) musical : Kofi Annan, Mélanie Laurent, Desmond Tutu, Serena Ryder, Amadou et Mariam, Will Lee, Yodelice, Marion Cotillard, Hawksley Workman, Duran Duran, Milla Jovovich, Mark Ronson, Dan Black, etc. Voir la liste au complet, des infos sur le site de la pétition et cet autre.

  Québec : 75% des médecins spécialistes favorables à l'euthanasie des malades en fin de vie – Dans la mesure où elle se pratiquerait à l'intérieur d'un cadre réglementaire très strict. Selon eux, la pratique est courante (NDLR : On aurait aimé le savoir plus tôt.), bien qu'elle soit illégale.

Le président Gaétan Barette de la Fédération des médecins spécialistes du Québec pense, rapporte RCI, que la population aussi est prête à mettre fin à l'hypocrisie devant l'euthanasie. (NDLR : Comment ça la population est prête? Elle n'est pas au courant de l'hypocrisie. On le lui a toujours cachée. Suis journaliste et l'ai appris il y a seulement un mois environ.)

On ne parle pas ici du suicide assisté, que l'on considère comme un autre débat. Par contre, l'arrêt des traitements est légal au Canada. Une personne pour qui les traitements n'apportent plus d'effets bénéfiques peut ainsi demander à ce qu'ils soient interrompus. Dans la même optique, il est aussi permis de cesser d'alimenter et d'hydrater un malade en fin de vie. (NDLR : avec ou non le consentement du malade ou de sa famille?).

PS : Il faut prendre garde à ce que vous dites lorsqu'un médecin, une infirmière ou une travailleuse sociale cherche à savoir ce que vous pensez de l'état de santé d'une personne hospitalisée qui vous est chère. Ou dans l'hypothèse d'un retour à son domicile, si vous pourriez vous en occuper de temps à autre, faire son marché, etc.

Sans que vous le sachiez, on va se servir de votre témoignage pour décider, en catimini, s'il y a lieu ou pas d'écourter sa fin de vie : si on avait été franc à votre égard, vous auriez probablement fait le nécessaire pour qu'elle ait accès à ces services, entre autres. De plus, vous serez jamais informé de la décision, la personne qui vous est chère non plus.

Le conseil d'administration de chaque hôpital doit fonctionner à l'intérieur d'un budget, delà l'importance d'investir dans ceux qui ont des chances de s'en sortir. Et en ces temps de crise économique, dans quels autres services coupe-t-on? L'hospitalisation, notamment, en réduisant le nombre de lits disponibles.

En passant, autre fait... Dans ma région un entrepreneur de pompes funèbres simule un léger sourire aux lèvres des défunts : il me l'a dit, alors que j'assistais aux funérailles d'un ami. Dans les avis de décès, ils sont souvent morts entourés de leur famille ou dans le calme de leur foyer. La vie est belle pour les agonisants, elle leur sourit...

  Débat sur la drogue, 2001 : le ministre fédéral libéral de la Santé, Allan Rock, franchit un autre pas, et tout un! - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Dans les jours qui suivent, le Journal de l'Association médicale canadienne soutient, en page éditoriale, que les toxicomanes canadiens devraient pouvoir bénéficier de piqueries sécuritaires et sous surveillance. (Presse canadienne -- La Presse du 21 août 2001)

Il argumente son point de vue d'une nouvelle étude sur les coûts élevés des soins de santé reliés aux utilisateurs de drogues injectables dans un secteur du centre-ville de Vancouver, situé entre Gastown et Chinatown, deux quartiers touristiques. Ses ruelles, transformées en piqueries, sont fréquentées par la plus forte concentration d'usagers de drogue au pays. «Il faudra un certain sang-froid pour aller de l'avant avec cette idée, reconnaît l'éditorialiste. Mais nous pouvons rendre la vie des toxicomanes un peu meilleure et les quartiers un peu plus sécuritaires.» Il suggère de combiner réalisme et compassion.

Début de septembre, le ministre fédéral libéral de la Santé, Allan Rock, franchit un autre pas, sur le site Web de son ministère. (Presse canadienne -- La Presse du 2 septembre 2001) Et tout un! On s'y dit d'avis, dans l'introduction d'un document, que les lois canadiennes antidrogues devraient être révisées parce qu'elles contribuent à la propagation épidémique du VIH-sida et de l'hépatite C chez les usagers de drogues injectables. (NDLR : Que certains ou plusieurs transmettent par la suite à des hommes et femmes ne se droguant pas.)

«L'usage des drogues injectables est d'abord et avant tout une question de santé et non une question d'ordre public». On souligne aussi que les toxicomanes devraient être traités comme des «membres respectés de la société qui ont besoin de notre appui et de notre aide, et qui la méritent, plutôt que comme des criminels qui devraient être isolés les uns des autres.» Ce changement d'approche se traduirait par la mise en œuvre de mesures sanitaire et humanitaire, comme celle de prescrire de l'héroïne à des héroïnomanes ou celle de venir en aide aux toxicomanes plutôt que de les poursuivre en justice. (Suite demain)

  Une autre preuve démontrant que les civils sont infiltrés partout - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) À une autre occasion, George et moi s'éternisons après le repas. Les usagers ont quitté un à un la grande cafétéria, le calme est revenu, moment idéal pour échanger. Lui raconte que Péladeau, le fondateur du Journal de Montréal, avait commencé à brasser des affaires en vendant des arbres de Noël.

George réplique que c'est en publiant des petits journaux jaunes qu'il a commencé à faire de l'argent, pas en vendant des arbres. Et sans que je ne m'y attende, le voilà qu'il enchaîne en me signalant que je trouverais cela pénible de publier semaine après semaine un petit hebdo du genre, «avec seulement des photos de fesses de femmes et des seins, page après page, numéro après numéro», me répète-t-il à un rythme accéléré, et en insistant pesamment.Je sens son mépris pour les petits journaux jaunes.

Réalise surtout que là, il ne vise plus Péladeau, mais moi. Et qu'il fait une allusion directe, et on ne peut plus claire, à une confidence que j'avais faite environ trois ans plus tôt à une danseuse, dans un bar du centre-ville où il m'arrivait à l'occasion de prendre une bière pour relaxer et me rincer l'œil. Me souviens très bien du contexte. À l'époque, la danse contact, appelée aussi «danse à 10$», était interdite.

J'avais dit à celle-ci que le pouvoir politique n'a pas à décider des loisirs sexuels entre citoyens majeurs, vaccinés et consentants en plus. Il n'a pas à mettre le nez dans des questions à caractère moral, il peut encadrer, pas interdire. Lui avais fait part de mon intention de lancer éventuellement un magazine pour défendre les loisirs sexuels entre adultes.

L'allusion du galonné était claire, le recoupement s'est fait automatiquement dans ma tête. Et d'autant plus que c'est vraiment la seule fois où j'ai confié ce projet à quelqu'un. Lui avais même chuchoté qu'en matière de répression sexuelle, la police était pire que nos curés des années 1950. Il devait savoir aussi...

Cette anecdote démontre qu'à Montréal, la Cité policière, et ailleurs dans le monde, il faut prendre garde à ce qu'on dit parce que nos propos peuvent se retrouver dans la mégabanque informatisée de la police, et nous rebondir à la figure quelques années plus tard. Vous êtes en présence d'une jolie femme, elle vous inspire confiance, vous vous permettez certaines réflexions et, sans le savoir, elle rapporte tout à la police.

Quand j'affirme et répète que les civils sont infiltrés partout et que, aidés de citoyens mouchards, ils collectent le plus de renseignements possible sur le plus grand nombre de citoyens, nous en avons là une démonstration convaincante.

Je ne crois pas qu'à La Havane, sous la dictature du tyrannosaure Castro, on puisse se permettre de telles remarques. Mais à Montréal, une ville faisant partie intégrante d'un pays démocratique, n'ai-je pas le droit et la liberté de dire tout haut ce que je pense, sans être importuné par un flic? La liberté d'opinion ne vaut rien si elle ne s'assortit pas de la liberté de parole, de chercher à persuader et de publier ou diffuser. (Suite demain)

News du mardi 13 Octobre 2009

  Québec : beau cas de répression sexuelle (Suite) - La journaliste de LCN (03:06) qui interroge le producteur de la vidéo, Julien Roussin-Côté, lui fait remarquer que les formes (des femmes) sont assez mises à l'honneur, en gros plans (petite pause-soupir), ça laisse personne d'indifférent. "Je vous avoue que, pour ma part, et sur bien des commentaires, des femmes trouvent que c'est aller un peu trop loin. Vous ne trouvez pas que c'est aller trop loin?"

  Québec : un beau cas de répression sexuelleC'est l'histoire d'une pub québécoise sur une boisson énergétique que des féministes québécoises qualifient de sexiste et dégradante pour les femmes : visionnez le "making of" de la pub (03:54) + le clip publicitaire (01:06).

Aucune femme nue des pieds à la tête. En outre, à ce qu'on sache, aucune n'a été obligée de participer à cette pub. Elles avaient donc parfaitement le droit de s'exprimer librement, d'exhiber leur corps comme elles l'entendent. Ce qui n'a pas empêché Axelle Beniey, porte-parole de la Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle, de dénoncer la pub sur LCN (03:24). Sauf erreur, sur le site de l'organisme on n'indique pas le nom des groupes de femmes membres de la Concertation. Anonymat assuré.

Dénoncer iniquité et sexisme à l'égard des femmes est nécessaire et utile à l’évolution de la société. Par contre, quand on utilise ces nobles causes à d'autres fins, on pervertit les vocables, en fait des maîtres mots panzers. Dans ce cas-ci, il s'agit carrément de répression sexuelle.

Petit rappel... Dans son numéro d’octobre 2000, la Gazette (L'Étau Policier, tome 3, mot clé : gazette) des femmes du Québec, qui est l’organe officiel du Conseil québécois du statut de la femme, un organisme relevant du ministère de la Justice, décernait le prix Déméritas aux journalistes sportifs qui avaient couvert les Internationaux de tennis féminin de Montréal. (Presse canadienne – La Presse du 27 octobre 2000) «Tout ce qui grouille et scribouille n’avait de cesse que de se gausser des moues suggestives d’Anna Kournikova, cette joueuse russe qui tire des revenus publicitaires de 15M$ de sa blonde plastique».

  Def Leppard – Love bites (05:35).

  Les deux minutes du peuple - Sketch de l'humoriste québécois François Pérusse : la vie de couple et les attraits (02:42) de l'Internet.

  Légalisation du cannabis : «Changer nos lois sans que les Américains le fassent aussi (…) les mesures de rétorsions seraient énormes» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Il est un fait que le gouvernement canadien peine à se dépêtrer de l'utopie meurtrière où il s'est laissé entraîner, quelques décennies plus tôt, par son voisin américain et nos corps policiers canadiens, dont ceux du Québec.

Le Canada tourne-t-il autour du pot? s'interroge-t-on dans une manchette coiffant un article du journaliste Alexandre Sirois de La Presse, qui rapporte ce commentaire du président Nolin (Alexandre Sirois -- La Presse du 4 août 2001) : «Ça règle la question de l'usage médical du cannabis, mais ça ne règle pas tout le reste du problème. Il y a quand même 10% de la population qui en consomme régulièrement et c'est illégal.»

Moins de deux semaines après, Nolin hausse le ton. Il accuse publiquement les politiciens canadiens de manquer de courage et de vision en refusant d'admettre que la prohibition est «un échec patent et coûteux». (Paul Roy -- La Presse du 17 août 2001)

L'«antiprohibitionniste», qui prend la parole devant l'Assemblée nationale de la police professionnelle (ANPP), n'est guère plus tendre envers ses hôtes, souligne le journaliste Paul Roy de La Presse : «Les cyniques diront que les policiers et leurs organisations trouvent aussi leur compte (dans la prohibition), déclare-t-il à ses membres. Les premiers (les policiers) en heures supplémentaires, les secondes (les organisations policières) en ressources humaines et financières ainsi qu'en étendue de leurs pouvoirs.»

Nolin reproche aux Tom Flanagan, ex-chef de la police d'Ottawa, et Ted Symmons, ex-commandant de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), d'admettre «seulement après leur retraite que la guerre à la drogue est un échec», sans n'avoir «jamais osé le dire publiquement durant leur carrière active». Il ne semble pas facile de dire ce qu'on pense quand on est encore de service, constate-t-il : «Combien d'enquêteurs spécialisés nous disent en privé la même chose pour continuer, le lendemain, de faire la guerre à la drogue et surtout de la défendre sur la place publique

Interrogé à l'issu de sa conférence, Nolin résume la situation prévalant sous d'autres cieux : en Europe, où on est dans un état de facto de décriminalisation à peu près totale, par exemple en Espagne, au Portugal, en Suisse où c'est en train de se faire. En Amérique de Nord, le Canada est en avance sur les États-Unis, mais... double bémol en majeur : «Changer nos lois sans que les Américains le fassent aussi, c'est à peu près impossible. (...) Les mesures de rétorsions seraient énormes», reconnaît-il. Cependant, il croit que «le Canada peut amener les États-Unis à avancer.» (Suite demain)

  Un Jour, j'ai l'impression de comparaître devant un juge et trois de ses subalternes - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Depuis cet échange, il fait de gros efforts pour me démonter le contraire. Subtilité, désormais ce n'est plus lui qui me tend des perches mais un tiers, quand ce ne sont pas deux tiers. Lui se contente d'écouter mes réparties, tête baissée au-dessus de son assiette. Quoique pas toujours...

Lors d'une autre dîner, à la même cafétéria, j'aurai l'impression de comparaître devant un juge. Cabaret en main, je repère George. Il est seul, vais l'y rejoindre, m'assieds en face de lui. À peine ai-je pris place que trois autres civils arrivent à la queue leu leu : Norbert, Olivier et Gilberte. Je constate alors qu'on a collé deux tables l'une en face de l'autre. Ce qui n'est jamais arrivé auparavant. Ça sent la mise en scène. Devant moi, le gradé, à ma droite ses trois collègues. Ambiance un peu protocolaire, pour ne pas dire militaire.

George en profite pour me faire passer un petit test psychologique. Me parle d'individus qui rejettent la société. À mes yeux, c'est impossible, sains d'esprit s'entend. N'y a-t-il pas au moins certaines choses qu'ils acceptent, ne serait-ce que les biens de consommation, la télé, le hockey de la Ligue nationale? Je n'y arrive pas parce qu'il cherche insidieusement à me faire gober que mon refus d'accepter l'omniprésence des civils émane du fait que je rejette de la société. Obligation il y aurait donc d'accepter l'inacceptable, l'Étau policier.

Pour mieux me faire comprendre ce qu'il insinue, il me place dans la situation du naufragé ayant trouvé refuge sur une île déserte et qui, un matin, en voit un arriver sur un radeau improvisé : «Ce serait quoi ta réaction?» me demande-t-il. Jouant à l'élève obéissant, je réponds à mon prof qu'il aurait tout intérêt à s'en réjouir, qu'à deux, ils trouveront peut-être une solution pour revenir à la civilisation. (Suite demain)

News du lundi 12 Octobre 2009

  L'espion – Chanson interprétée par Douce Rebelle (04:56).

  Le groupe britannique Muse dit ce qu'il pense de la présence partout des caméras et des civils - Leur dernier hit "Uprising" (04:10) porte sur la résistance. Le livre "1984" de George Orwell a été une source d'inspiration pour eux. Pas des nuls sur le plant socio-politique, savent ce qui se passe au Royaume-Uni. Ils ne disent pas aux gens quoi faire, expriment seulement ce qu'ils pensent de la situation : un peu plus bas dans la page s'affichant, entrevue vidéo sous-titrée en français avec deux de ses membres.

PS : L'ex-premier ministre de ce pays, Tony Blair, qui était un partisan inconditionnel des politiques guerrières et liberticides de W. Bush, dont la guerre en Irak engagée sur de fausses preuves (Blair a participé aux mensonges), domine actuellement la course à la présidence de l'Union européenne (UE). Il y de quoi s'inquiéter de l'avenir de ses 460 millions d'habitants. L'image de l'UE mérite mieux que ça. Suis étonné que sa candidature ne soulève pas un tollé. Les gens ont la mémoire courte.

  Marijuana à des fins thérapeutiques et chasse à un homme soupçonné d'avoir arrosé 27 plants illicites garnissant son salon - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Juillet 2001, le gouvernement fédéral libéral de Jean Chrétien pose un premier geste : il légalise la marijuana à des fins thérapeutiques. Astuce politique pour éviter la montée aux barricades des purs et durs? Probable qu'il y ait un peu de ça, peut-être même un peu plus. Préalable à la légalisation à des fins récréatives? Ça, on ne saurait encore le dire.

Les médecins pourront prescrire la substance, cependant plusieurs hésitent. Certes, ils ont entendu parler des mérites du produit mais ignorent tout de sa valeur scientifique, de la posologie qu'ils devront recommander, de la compatibilité avec d'autres médicaments, etc. Pour ajouter à la confusion, l'État ne leur indique pas le nom d'un fournisseur de marijuana où les patients peuvent s'approvisionner. Ce flou juridique suscite des craintes chez les médecins.

L'éditorialiste Mario Roy de La Presse décrit l'imbroglio prévalant. (Mario Roy -- La Presse du 6 juillet 2001) Il signale qu'à l'instant précis où le ministre fédéral libéral de la Santé, Allan Rock, annonçait que les grands malades dûment mis en carte par son ministère pourraient fumer de la marijuana, la police détruisait une plantation de cannabis au Nouveau-Brunswick, appréhendait un petit revendeur de pot de Trois-Rivières et faisait la chasse à un homme de Gatineau soupçonné d'avoir arrosé les 27 plants illicites garnissant son salon...

«Le principe de réalité est incontournable, constate-t-il : hier, aujourd'hui et demain, l'État s'est jeté, se jette et se jettera dans des situations inextricables, kafkaïennes, à chaque fois qu'il s'est mêlé, se mêle et se mêlera de codifier la morale. Et de réprimer (...) ce qu'on désigne comme les crimes sans victimes -- et qui sont plus justement encore des crimes à victimes consentantes. Les drogues douces, l'alcool, le tabac, le jeu, la prostitution entrent tous dans cette catégorie. (...)

«Si, en matière de drogues douces, la raison penche en faveur de la légalisation, la société, par contre, n'est peut-être pas encore prête à faire le saut. Il faudra donc vivre pendant un temps sur cette marge de manœuvre en l'élargissant même dans toute la mesure du possible. Car il ne faut pas oublier que la police et la justice constituent les bras les plus répressifs de l'État. Et qu'elles peuvent causer bien des dégâts pour des raisons qui paraîtront futiles dans une ou deux décennies.» (Suite demain)

  George est le civil le plus hiérarchisé que j'aie connu - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Le plus hiérarchisé de tous les civils de la police de la Ville de Montréal que j'ai connus est sans aucun doute George, un pseudo retraité, homme réfléchi, modèle technocrate, fin causeur, yeux brillants dans un visage triangulaire, dos un peu voûté, à moins que ce ne soit une musculature haltérophilique.

Plus hiérarchisé pour deux raisons. Il était toujours le centre d'attraction des autres civils. En sa présence, ceux-ci parlaient peu, comme des élèves en présence de leur prof. C'est George qui tenait le plancher.

De plus, contrairement aux autres, il me cachait à peine son appartenance à la police. Son grade le lui permettait-il? Cela n'en demeurait pas moins dans le domaine du non dit. N'ai jamais abordé le sujet, de crainte qu'il ne se refroidisse et ne réponde plus à mes questions. Il est le seul avec qui j'ai pu, à quelques très rares occasions, parler un tout petit peu de son métier.

Un après-midi, alors que tous les usagers de la cafétéria sont partis, je tente d'aborder avec lui la question de la mauvaise foi colossale des civils à l'endroit des citoyens qu'ils infiltrent. Sujet délicat. J'amorce la discussion en disant que moi, je suis de bonne foi et m'attends à ce que... (mon interlocuteur le soit aussi, simple question de respect)... Anticipant ce qui s'en vient, il ne me laisse pas compléter.

Quand tu soulèves une question un peu embarrassante pour un civil, soit qu'il te coupe la parole ou s'en aille, sans avoir l'air de fuir, lentement, l'esprit ailleurs, comme si tu n'étais déjà plus là. George ne fuit pas, bien que le sujet l'embête un peu. Je tente de l'aider : peut-on parler de mauvaise foi entre guillemets? Il semble voir dans mon approche un peu de malice de ma part. Mon propos l'agace, je n'ose pas insister. (Suite demain)

News du dimanche 11 Octobre 2009

  Nouvelle technique de vol – Elle était connue depuis plusieurs années mais rarement utilisée. L'internet y étant fort probablement pour quelque chose, toujours est-il que les adeptes se multiplient. Le principe de base est le même que celui de l'écureuil-volant.

S'agit d'enfiler une WingSuit, fixer un parachute à son dos et vous voilà prêt à sauter dans le vide depuis le sommet d'une très haute montagne ou d'un avion. Vous ne tombez plus dans le vide, vous planez. Des mouvements du corps permettent d'accélérer ou ralentir : saut d'une montagne (05:48) ; sauts d'un avion (07:32) ; un cas d'exception, dit-on : Terje Haakonsen, 32 ans, a descendu, en snowboard (03:46), une montagne de 7 601 pieds (2 316 mètres), en Alaska, près de Valdez.

  Naissance d'un éléphanteau - Sous nos yeux (06:03)! Bigrement impressionnant, émouvant aussi, quand on a jamais assisté à un événement semblable. Lorsqu'enfin l'éléphanteau tombe sur le sol, on admire le savoir-faire de la femelle. Elle le bouscule pour qu'il commence à respirer, l'éloigner aussi des eaux et du sang qui coulent et l'obliger à se dresser sur les pattes. Elle tient vraiment à ce qu'il vive.

  En 2001, le Canada prévoit que sida et hépatite C, en raison de l'absence de seringues neuves, coûteront des milliards de dollars - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Mai 2001, ébahissement total : un galonné de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Robert Lesser, à l'occasion d'une conférence nationale sur l'hépatite C tenue à Montréal, suggère au gouvernement canadien d'installer des lieux sûrs à l'intention des consommateurs d'héroïne et de cocaïne afin de réduire les risques de propagation du VIH-sida et de l'hépatite C. (Dennis Bueckert, Presse canadienne -- La Presse du 5 mai 2001)

Certains pays, dont l'Allemagne et la Suisse, le font déjà, pendant qu'aux États-Unis l'approche coercitive prévaut. Au Canada, signale Lesser, on dénombre déjà un certain nombre de lieux d'injections «non officiels». Les autorités policières ferment en général les yeux, bien que ces lieux soient illégaux.

De son côté, le ministère fédéral de la Santé évalue que plus de la moitié des quelque 125 000 consommateurs de drogues injectables que compte le Canada sont atteints d'hépatite C. Il prédit que, au cours des six années suivantes, les cas de VIH-sida attribuables à l'injection de drogue entraîneront des coûts d'environ 8,7 milliards de dollars et que ceux reliés au traitement des victimes d'hépatite C seront encore plus élevés. (Suite demain)

  Je menace un civil de lui écraser mon sandwich dans la face - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Au cours de la conversation qui suit, Louis, le troisième homme, m'apprend qu'il est gardien de sécurité. Les bras m'en tombent, sans le laisser trop paraître. Toute une nouvelle! Parce que ce gars-là, je le connais très bien. Pendant plusieurs mois, on a fait du bénévolat ensemble au resto Bouffe-Héberge.

Dans ma tête, j'essaie de faire le point. Certains éléments de réponses me viendront sur le coup, d'autres plus tard. Cela suppose que la police en aurait embauché un pour l'infiltrer. Mais pourquoi quand on sait qu'il fourmillait déjà de civils, dont certains y faisaient même du bénévolat. Louis, gardien de sécurité? Les ficelles sont trop grosses. Évidemment, il ne peut m'avouer être un civil, cela ne se dit pas. Et pourquoi maintenant et en présence des deux autres civils?

L'impression que Louis joue le rôle de celui ayant été témoin de méfaits. Impression devenant certitude quand il ajoute que le président du resto était un gars facilement influençable, avec l'air de dire que je l'avais influencé, sans préciser en quoi et en quelle circonstance, ou si c'était en bien ou en mal. Le dit-il pour me passer le message qu'il est au courant d'illégalités que j'aurais commises alors que j'y faisais du bénévolat? Sa remarque fielleuse m'irrite au point où je menace de lui écraser mon sandwich dans la face.

La complicité entre eux est évidente, Louis sait que ses deux vis-à-vis sont des civils. Je me rends bien compte que leur petite mise en scène n'est rien d'autre qu'une tactique de harcèlement et d'intimidation. Tous ces petits coups d'épingle finissent par laisser des marques psychiques. Ça vous empoisonne l'existence et incite à ne plus jamais remettre les pieds à un endroit. (Suite demain)

News du samedi 10 Octobre 2009

  Dr René Frydman : l'irrésistible monsieur bébé - L'histoire d'un pionnier diffusée sur france5.fr : vidéo (51:55) gratuite jusqu'au 23 octobre 09. Dès le début, vous allez assister à une césarienne et la sortie d'un bébé à l'aide des mains. Ensuite, faire la connaissance d'un homme un peu plus grand que nature.

  Pour ne pas se laisser berner : des clés essentielles au développement du sens critique – Vous les trouverez dans le livre d'un prof de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), Normand Baillargeon : "Petit cours d'autodéfense intellectuelle", Éditions Lux, collection de Liberté – 2005. À lire au plus vite...

L'information et son accès sont des données politiques cruciales. Il écrit qu'il n'est pas nécessaire d'avoir un diplôme universitaire pour être un septique. L'idéal que vise la démocratisation du scepticisme est au fond celui-ci : chacun devrait posséder des outils de base qui permettent d'évaluer rigoureusement et constructivement des propositions qui se donnent comme vraies.

L'auteur n'est pas tellement étonné que dans nos sociétés un important moyen de contrôle et de marginalisation du public ait recours au contrôle de l'information et à ce qu'il est juste d'appeler la propagande. Tout citoyen devrait donc être conscient de l'existence de ces institutions vouées au façonnement de l'opinion : média, firmes de relation publique, agences de publicité et ainsi de suite.

Dans une démocratie, chacun est gouvernant en puissance et appelé à se prononcer sur les affaires concernant le bien commun. Chacun peut faire entendre sa voix et peut, en droit, prendre part aux débats et aux discussions qui ont constamment cours sur un nombre de sujets et questions et qui débouchent, après délibération, sur des décisions et des actions.

Lorsque la pensée critique est absente, la figure idéale du citoyen informé cède la place au citoyen endoctriné, ignorant de données cruciales concernant le monde dans lequel il vit et exclu du débat politique. De participant, il devient spectateur et la démocratie un mirage. L'auteur pense que notre situation est, hélas, bien proche de celle-là. Ce phénomène est récurrent dans l'histoire des démocraties.

J'ajoute à ce préambule d'autres sources d'information : gratuitement, un excellent résumé du livre en format pdf (36 pages – dans la table des matières, cliquez sur le thème vous intéressant pour y avoir accès) + entrevue radio (17:54) avec l'auteur en septembre 2005 à l'émission "Indicatif présent" de Radio-Canada animée par Marie-France Bazzo + entrevue vidéo (04:27).

  Marijuana légalisée, ne resterait plus dans le monde que 36 millions d'adeptes de drogues dures - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Mi janvier 2001, la Belgique annonce qu'à l'été suivant, la possession pour usage personnel et la consommation du cannabis seront dépénalisées. (Agence France-Presse -- La Presse du 20 janvier 2001) Sauf en cas de «consommation problématique» et de «nuisance sociale».

La ministre belge de la Santé, Magda Aelvoet, déclare à l'issue d'une réunion du conseil des ministres : «Mieux vaut prévenir que guérir, mieux vaut guérir que punir». Pendant ce temps au Canada, les témoignages en faveur du cannabis s'accumulent peu à peu.

Ainsi, le député bloquiste de Rosemont-Petite-Patrie, Bernard Bigras, qui, ce même mois-là, souhaite que le Canada mette en place un projet pilote semblable (à celui de la Belgique) «dans un avenir rapproché». (Sylvain Larocque -- La Presse du 21 janvier 2001) Selon lui, la prévention «est bien meilleure conseillère que la répression policière» menée à grands frais depuis des décennies.

Mentionnons aussi le témoignage d'Eugene Oscapella, de la Canadian Foundation for Drug Policy : «Je ne vois pas comment quelqu'un, aujourd'hui, peut sérieusement affirmer quepoursuivre des gens pour possession simple de marijuana est bénéfique pour la société. Il s'agit d'une perte d'argent inutile, d'un détournement des ressources policières et d'une diminution des libertés civiles.»

C'est moins d'une semaine après que sont dévoilés les chiffres du Programme des Nations unies pour le contrôle international des drogues (PNUCID), organisme de l'ONU, portant sur le nombre de consommateurs de drogue dans le monde, et dont nous avons fait état plus haut (Agence France-Presse -- La Presse du 27 janvier 2001) : sur plus de 6,4 milliards d'habitants, seulement 180 millions consomment de la drogue, dont 144 millions du cannabis.

Cette drogue douce légalisée, ne resterait plus dans le paysage que 36 millions d'adeptes de drogues dures. La population mondiale progressant de 76 millions chaque année, le pourcentage du nombre d'usagers de la drogue s'en trouve par conséquente réduit.

Ces chiffres, à eux seuls, expliquent tout (NDLR : Expliquent que pouvoir et police se servent de ce faux alibi pour justifier le contrôle et le nettoyage social de la population. En fait, c'est de l'intimidation) En janvier 2001, le rapport du PNUCID était à cette adresse, sur son site web, mais n'y est plus. (http://www.unodc.org/unodc/en/world_drug_report_2000.hmtl). (Suite demain)

  Seule fois où j'ai vu ces hommes-là rire d'aussi bon cœur - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Le jour suivant, je me rends au bureau de Travail-Québec renouveler ma demande d'aide sociale. Cela fait, je me dirige ensuite vers la cafétéria. Il est environ 13h30. Les usagers sont partis. À part du personnel de la cuisine occupé à nettoyer le comptoir, frotter poêle et tables chauffantes Steinless, il y a, assis à la même table, George, le galonné, Norbert et Louis.

Je me dirige directo vers leur table, cabaret en mains, lançant de loin à Norbert, à la blague, et même deux fois plutôt qu'une : «Tiens, mon tortionnaire!». Il sourit. Au moment où je m'apprête à m'asseoir à leur table, Norbert me dit, l'oeil suspicieux, les lèvres arrondies : «Micro, micro?». Pense-t-il que j'ai enregistré la scène de la veille?

Sa remarque me fait réaliser aussi qu'il n'avait alors pas dit un seul mot, l'affrontement était muet, tout était dans la mimique de ses yeux. Ou pense-t-il que je m'apprête à enregistrer la conversation que nous allons avoir? Lui retourne la balle : «Micro, micro?», dis-je, en passant la main sous la table. Les choses en restent là.

Leur raconte ensuite d'où j'arrive, ce que j'y suis allé faire, parle de mon livret de banque : Avec les 57$ qui me restent, fais-je remarquer, la fille de l'aide sociale a dû trouver que j'avais pas beaucoup d'argent. Là, il m'en reste encore moins parce qu'avant de venir ici, j'ai retiré 20$ au guichet automatique».

George dit ne pas me croire, que, de l'argent, j'en ai plein. Prétend m'avoir même déjà aperçu, une nuit, en train de creuser un trou dans le Parc Lafontaine pour l'y cacher. Je rétorque que moi, mon argent, je l'envoie en Suisse, (où j'ai un compte numéroté). Norbert, la voix entrecoupée d'éclats de rire, me lance, en secouant la tête : «Avec les suisses, hahaha! Avec les suisses, hahaha!». Lui, il fait allusion aux écureuils du Parc Lafontaine. Seule fois où j'ai vu ces hommes-là rire d'aussi bon cœur. (Suite demain)

News du vendredi 9 Octobre 2009

  Irrésistible, cette pub de Yahoo – Le dialogue est en chinois. On comprend tout quand même. Les images (06:43) traduisent pour nous un beau moment de la vie.

  La France, l'un des premiers pays à attaquer de front la souffrance au travail? - L'avenir le dira. Reconnaissons tout de même un premier pas prometteur du ministre français du Travail, Xavier Darcos.

Aujourd'hui vendredi, rapporte lepoint.fr, Darcos a demandé aux pdg de 2,500 entreprises de plus de 1,000 employés de trouver, en collaboration avec les syndicats, une solution au climat stressant en milieu de travail. Le 1e février 2010, il dévoilera sur l'Internet le nom des entreprises qui auront répondu à son appel et celui des récalcitrantes. Darcos : "La première sanction, c'est la transparence. (…) rien n'est exclu".

PS : Épingler publiquement l'image corporative des entreprises malveillantes à l'égard de leur personnel, voilà de quoi stresser les pdg sans cœur. Une médecine qui donne de bons résultats. On l'a vu dans l'affaire des suicides chez France Télécom (photo de son pdg).

Je constate aussi que depuis le début de la crise économique, que nous devons au monde de la finance (on s'en souviendra longtemps), la conscientisation des citoyens sur les méfaits du capitalisme brutal s'accélère. Vivre dans un monde meilleur, n'empêche pas les pdg de faire fortune et les actionnaires de toucher des dividendes. La violence psychologique n'a vraiment aucune raison d'être.

  Barack Obama : prix Nobel de la Paix – Il lui a été attribué aujourd'hui vendredi "pour ses efforts extraordinaires sur la scène internationale" : le communiqué de presse émis par le comité responsable des nominations des prix Nobel + photo. Le prix lui sera officiellement remis en décembre.

Quelques heures après l'annonce de sa nomination, il a prononcé une allocution (29:00) depuis la Maison blanche : traduction en français. Il a dit recevoir ce prix comme un appel à l'action pour que toutes les nations de ce monde puissent s'unir et relever ensemble les défis actuels, qui ne peuvent l'être par une seule nation. Voilà pourquoi son gouvernement cherche à ouvrir une nouvelle ère.

  Le Congrès musulman canadien demande au Canada de bannir burqa et niqab – Il estime qu'il n'y a rien dans le Coran qui oblige les femmes à se couvrir le visage dans l'espace public. Par ailleurs, la burqa (photo) est interdite à la Grande Mosquée de La Mecque, l'un des endroits les plus sacrés du monde musulman.

  La solution du commerce de la drogue par des gangs : légaliser et créer un cartel d'État - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Quelques mois après, trois chercheurs en économie concluent que, en matière de drogue, des mesures plus radicales pourraient être contreproductives (Silvia Galipeau -- La Presse du 27 décembre 2000) : Abdala Mansour et Nicolas Marceau, tous deux de l'Université du Québec à Montréal, et Steeve Mongrain, de l'Université Simon Fraser en Colombie-Britannique.

Ils illustrent leurs propos de deux cas : la croisade américaine contre le trafic d'opium entre les années 1970-1990 et l'intervention américaine en Colombie contre les deux plus gros cartels de cocaïne, Cali et Medellin.

Ils relatent que ces mesures n'ont pas permis d'éradiquer l'offre de stupéfiants, mais plutôt de l'augmenter davantage. Dans l'un de ces cas, l'offre d'opium a plus que quadruplé. Dans l'autre, la dissolution des deux cartels a entraîné la formation d'une multitude de petits gangs impliqués dans la production de cocaïne. Celle-ci a donc augmenté, tandis que l'industrie de la cocaïne passait d'une situation de duopole à un marché plus diversifié, constitué de 80 à 250 (?!) organisations, selon les estimations.

Pourquoi? demande la journaliste Silvia Galipeau de La Presse à l'un des trois chercheur, Marceau. Parce que l'objectif d'un gang criminel n'est pas différent de celui de n'importe quel entrepreneur : maximiser les profits. Comme dans toute activité économique, s'il y a un seul producteur, il y a monopole et, dans une situation du genre, les quantités offertes sont limitées et les prix élevés. Brisez le monopole et vous favoriserez l'émergence de la concurrence, l'augmentation de l'offre et la diminution des prix.

Alors que faire? interroge-t-elle. Comme pour l'alcool jadis, celui-ci ne voit qu'une seule solution : la légalisation et la création d'un «cartel d'État». L'astuce consiste à remplacer un monopole par un autre. Marceau reconnaît que l'idée n'est pas très populaire auprès de l'opinion publique, mais elle l'est encore moins auprès des gangs eux-mêmes. (Suite demain)

  Nobert est visiblement choqué que je l'aie déstabilisé - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Complètement désarçonné, Norbert se lève d'un bond, ne sait plus quoi dire, sinon répéter, en levant et baissant à quelques reprises les bras : «Non, non, non, non, non, non!». Ma colère l'a surpris. On dirait qu'il cherche à calmer le jeu, je ne sais trop. Un peu comme s'il avait peur des conséquences de mon emportement. Que des voisins de table se rendent compte, à la nature de mon propos, qu'il est un civil. Des mots peuvent les avoir fait tiquer : preuve, menottes, procès.

Ou soupçonne-t-il un piège de ma part? La présence peut-être d'un autre journaliste dans la cafétéria et les conséquences médiatiques? Il peut le penser car je n'ai réagi que lendemain, ce qui m'aurait laissé amplement de temps de le piéger. S'écoule une bonne minute avant qu'il ne retombe sur ses pieds. Il marche quelques pas en direction de la porte.

Puis il se retourne vivement et tout aussi vivement vient s'asseoir à ma table, en face de moi. Ce n'est plus le même homme. Il est visiblement choqué d'avoir été déstabilisé. Ses yeux sont mobiles, n'arrêtent pas d'aller de gauche à droite et l'inverse. Semble ramasser ses muscles avant de bondir sur moi. Avec tout le monde qu'il y a là, cela ferait beaucoup de témoins.

Je ne crois pas qu'il serait passé à l'acte, ce n'est pas un gars violent. Après tout, je ne l'ai pas insulté. Et puis ce n'est pas moi qui lui ai fait quelque chose mais lui, un civil duquel je devrais m'attendre à ce qu'il me respecte plutôt que le contraire. Finalement, nous nous calmons les nerfs. Je garde quand même pendant quelques secondes mon regard furibond, je le sais, j'ai les yeux qui chauffent. Autour, des usagers nous observent. (Suite demain)

News du jeudi 8 Octobre 2009

  Wall-Mart, un nouveau modèle du capitalisme mondial? - L'historien américain Nelson Lichtenstein a publié, en 2006, l'ouvrage collectif "Wal-Mart : The face of twenty-first century capitalism", traduit ensuite par les Éditions Les prairies ordinaires.

Il relate son développement dans la distribution américaine et identifie les facteurs de sa réussite. Partie de rien, l'entreprise est devenue un empire au sein du monde de la consommation : 6000 centres commerciaux (80% aux USA), près de 2 millions d'employés et un chiffre d'affaires de 300 milliards par année. Profits énormes, bilan social largement déficitaire (site en anglais + vidéo : bonne confrontation) sur plus d'un plant.

L'entreprise est devenue au fil des années une référence du monde des affaires : fabrication de produits dans les pays en développement afin de réduire les prix (chaque année, 230 000 containers traversent l'Atlantique) : colleter la concurrence au mur et encaisser encore plus de profits ; conditions de travail des employés réduites en deçà du salaire minimum ; exploitations d'immigrants, violation des lois sur le travail des enfants, discriminations cumulées, notamment contre les femmes. On est en présence ici d'un gros déficit social accumulé...

  Le point sur la grippe porcine au Canada (H1N1) – Le ministère canadien de la Santé estime que le virus est "féroce" et menace l'ensemble de la population : vidéo de Radio-Canada (01:52).

Par contre, si l'on se fie aux infos transmises par l'Agence de la santé publique du pays, la situation n'est pas dramatique, loin de là : quelques milliers de personnes y meurent de la grippe saisonnière chaque année. Ce 8 octobre 09, on dénombre jusqu'à présent 79 décès attribuables à la grippe porcine. La province de Québec est la plus touchée, 27 contre 24 en Ontario : plus d'infos sur le Québec.

Le Canada s'attend "fortement" à dépister de nouveaux cas, lit-on dans la rubrique "Questions fréquentes" dont cette autre : Pourquoi signale-t-on uniquement le nombre de décès et non le nombre de cas atteints de la maladie? Réponse... Au début, il était important de comprendre que le virus se répandait et le genre de maladie qu'il entraînait. C'est la raison pour laquelle nous avons procédé à des essais individuels de cas confirmés en laboratoire de la grippe causée par le virus H1N1 (grippe porcine).

(NDLR : Ce qui revient à dire qu'on ne dénombre plus les personnes atteintes, ce que recommandait du reste l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

  Les têtes à claques – Vous connaissez peut-être ce groupe d'humoristes québécois qui produit des clips d'animation. Qui sont-ils? Trois gars ordinaires qui veulent rester ordinaires. Dans la vidéo (07:39) que je vous propose, ils sont aux commandes d'un avion de ligne. Gros problème : un passager aurait caché dans une canette de jus de raisin une bombe atomique. Si vous aimez le genre, plusieurs clips sont accessibles sur leur site.

  Le sénateur canadien Nolin avoue avoir déjà fumé de la marijuana - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Les politiciens canadiens manquent-ils de courage? Nolin, le président du Comité sénatorial sur la drogue, soutient en mai 2000 que son statut de non élu lui donne toute la latitude nécessaire pour examiner sereinement la situation. (Presse canadienne -- La Presse du 1ier mai 2000)

«Les politiciens élus ont peur de se pencher sur certains dossiers qui peuvent heurter la sensibilité de leurs électeurs.» Nolin avoue avoir déjà fumé de la marijuana : «Selon certaines études, 25% de la population a essayé une drogue ou une autre et j'en fais sûrement partie.»

Il affirme que les contribuables en ont assez de voir l'État dilapider les deniers publics dans la répression des Canadiens inculpés de possession simple : environ 600 000 possèdent un casier judiciaire, parfois vieux de 40 ans. Les lois n'ont pas stoppé l'usage de stupéfiants, comme la prohibition de l'alcool aux États-Unis n'a pas empêché les gens de boire tout en permettant en outre aux malfaiteurs de s'enrichir : «Les montants générés par le trafic de la drogue sont gigantesques et finissent par être investis dans des activités légales».

À l'automne 2000, on constate que le débat focalise de plus en plus sur le cannabis. Et que certaines remises en question du dogme officiel viennent de milieux pour le moins inattendus : en tout cas, la détermination semble vaciller un peu... Le journaliste Vincent Marissal de La Presse rapporte que des agents de la Gendarmerie royale du Canada et de la Sûreté du Québec ont parfois l'impression de mener une bataille perdue d'avance. (Vincent Marissal -- La Presse du 6 octobre 2000)

Pour un champ de marijuana détruit en milieu rural québécois, il en surgit chaque année d'innombrables nouveaux. Et les personnes arrêtées dans ces raids ne sont le plus souvent que de petits exécutants très loin de la tête dirigeante des réseaux. De plus, la logistique de telles opérations est plutôt complexe et très coûteuse : le repérage se fait par hélico, duquel on transmet les coordonnées à une équipe d'agents au sol, qui intervient ensuite avec des véhicules tout-terrain et des camions. (Suite demain)

  Je dis à Norbert :«Si tu as une preuve contre moi, passes moi les menottes immédiatement» - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Au cours de mon enquête, il m'est arrivé de réagir émotivement.