News du dimanche 30 Novembre 2008
■ France
: la version de Sarkozy... – ...sur
les états généraux de la presse. Au début d'octobre dernier, il a
dévoilé lors d'une allocution les grandes lignes de ce chantier.
Pourquoi en parler ici? La presse en général est confrontée, à
quelques nuances près, à la même problématique. Savoir ce qu'on
propose ailleurs peut aider dans le choix de ce qui doit être fait
ici et ne pas l'être. En décembre, les responsables de ces états généraux
devraient déposer leur rapport et formuler des
recommandations.
Aperçu en vrac de
l'allocution de Sarkozy...
Partout dans le monde
développé la presse écrite fait face au triple impact de la
révolution numérique
: culture de l’instantané, de la gratuité, transformation du
marché publicitaire. En résulte une presse
en situation de crise : baisse de la diffusion, des recettes
publicitaires, effondrement du marché des annonces, hausse des
salaires et matières premières. L'enjeu : nécessité de préserver
les conditions d’une presse autonome, celle offrant
une info générale sur l'état de la société et du monde,
contribuant à l'éducation citoyenne. Créer aussi de nouveaux
quotidiens, développer le pluralisme, la libre communication des
idées, opinions, analyses et investigations.
Aide
financière de l'État faisant partie de la réflexion, celui-ci
devant s'interroger sur les objectifs et l'efficacité de la presse.
Il ne saurait se limiter à la réallocation sans changement d'ordre
structurel. Réfléchir également sur la formation initiale et
continue, la responsabilité, droits et devoirs des rédactions,
confiance des lecteurs, statut et déontologie des journalistes,
rémunération et droits d'auteurs. Tous les sujets sur la table,
jusqu'au plus sensibles : indépendance, crédibilité, etc.
Vidéo
de l'allocution sur le site du président de la république
Colonne
du centre, le texte en format PDF (9 pages)
■ Canada
: la crise...politique – Sur
le web québécois, beaucoup de monde ne parle que de ça. Il est
déjà arrivé dans le passé, bien que rarement, qu'une coalition de
partis politiques de l'opposition détenant la majorité des votes
remplacent un gouvernement minoritaire. Le premier ministre ultra
conservateur Stephen Harper ne s'attendait pas à ce scénario,
serait sur le bord de la panique, écrit-on, aurait perdu de son
arrogance. Il n'est pas exagéré de qualifier ainsi cet homme, les
exemples abondent.
Notamment ses décisions
à l'encontre des femmes. Andrée
Côté, responsable des droits des femmes au sein de l'Alliance
de la fonction publique du Canada, en a dressé la liste dans une
opinion publiée par le quotidien Le Devoir...
Janvier
2006, abolition du financement pour les garderies. Ce service
facilite l'intégration des femmes sur le marché du travail, n'ayant
pas à défrayer des coûts disproportionnés pour la garde des
enfants. Quelques mois plus tard, refus d'appliquer les
recommandations du Groupe de travail relatif à l'équité salariale,
etc.
Portrait de la crise
politique par Maurice
Godin
journaliste de
Radio-Canada
■ Croisade d'une
citoyenne contre des bd – (Suite
tome 3
de L'Étau Policier) Étalons
une autre histoire de bd rapportée par La Presse. Une citoyenne en a
été le détonateur. En août 2000, elle a porté plainte après
avoir vu, à la biblio de Hull –
aujourd’hui Gatineau –,
des bd qu’elle jugeait offensantes pour les femmes.
Son
directeur, Denis Boyer, a répliqué quelque temps plus tard que
certaines bd pour adultes comportent la mention «pour
lecteurs avertis»
et ne peuvent pas être empruntées par des usagers de moins de 16
ans. «Nous
n’avons jamais eu de matériel pornographique sur nos rayons»,
précise-t-il. La requête de la citoyenne n’en poursuit pas moins
sont petit bonhomme de chemin, des avis et pétitions circulent pour
et contre une politique contrôlant l’emprunt de ces livres, et
recommandée par la Commission permanente de la culture de Hull.
Des
groupes, tel le Conseil du statut de la femme, sont consultés. On
leur soumet des livres comme preuve, notamment deux titres de la
collection La Vagabonde des limbes, deux aussi des séries Attila mon
amour et Les Griffes du marais. Denise Guilbeault, agente
d’information du Conseil du statut de la femme, avoue que ces bd
sont effectivement plutôt «hard»
et pas très flatteuses pour la femme : «Le
Conseil a appuyé (sic)
des
critères de sélection,
relate Guilbeault,
mais qu’on arrive à retirer des livres de Claire Bretécher en
conclusion, c’est un peu surprenant.»
Notons
que le Conseil du statut de la femme a «appuyé»,
donc accepté de se mêler de ce qui ne le regarde pas. Quand on
appuie, on prend fait et cause, on défend. On peut se demander
pourquoi des membres de notre élite bien-pensante ont sollicité
l’imprimatur de ce nouvel évêché, organisme de droite. Le
solliciter, c’est reconnaître son autorité et sa compétence en
la matière. On le verra plus loin, il contribue à l’infantilisation
de la femme, l’espèce la plus protégée de cette province.
Finalement,
en septembre 2001, la Ville de Hull adoptait une nouvelle
réglementation. Par la suite, plusieurs lettres de citoyens inquiets
dénonçant le retrait des livres parvenaient au directeur de la
biblio. À la fin du mois de décembre suivant, la Ville de Hull
allait être fusionnée à celle de Gatineau, alors on
s’interrogeait : la nouvelle politique des bd suivrait-elle?
Boyer
assurait que plusieurs groupes étaient déjà prêts à dénoncer le
règlement, dont l’Union nationale des écrivains du Québec
(UNEQ). Il craignait que ce mouvement prenne de l’ampleur.
Racontait que depuis, des biblios de villes environnantes avaient
reçu toutes sortes de requêtes, l’une visant à retirer des
rayons les populaires Dragon Ball puisque ces livres seraient «une
incitation à la pédophilie».
Quelque
temps après, nous en apprenions davantage dans une chronique de la
journaliste Nathalie Petrowski de La Presse. (Nathalie Petrowski –
La Presse du 6 décembre 2001) La responsable de ce gâchis? Roseline
Brien, une citoyenne de Hull qui, depuis un an, menait tambour
battant son petit lobby personnel auprès des députés, des
ministres et des médias à coup de lettres ouvertes et de tracts
distribués sur les parvis d’églises et dans les stationnements de
centres commerciaux, relate la journaliste.
La
dame n’était obsédée que par les bédés pour adultes,
qualifiées par elle d’obscènes, de pornographiques et de
dégradantes pour les femmes. Elle exigeait que ces instruments de
propagande misogyne soient retirés de la biblio et jetés aux
poubelles.
Sa
croisade a porté fruits, constate la journaliste. Elles ont été
retirées des rayons, corsetées dans des cahiers à anneaux et
isolées derrière le comptoir de la cuisine des employés. On ne
parle pas ici d’un volume, précise la journaliste, mais de 180
dont des classiques comme Agrippine et Les Mères de Bretécher,
Pervers pépères de Gotlib, Le Gros Dégueulasse de Reiser, etc.
La
censure émanant d’un service public comme une biblio est
dangereuse, souligne-t-elle. L’État n’a pas à nous dire quoi
lire, ni quand. Il n’a pas à chercher à nous protéger de nous –
ni même à se substituer à notre rôle de parents. Et surtout, sous
prétexte qu’une dame ne comprend rien à l’humour tordu de
Bretécher, l’État n’a pas à en priver une population entière
pour lui faire plaisir.
Il
s’agit d’un dangereux précédent. Désormais, n’importe qui
pourra partir en croisade pour faire mettre sous verrous un livre
qu’il juge offensant. À ce rythme-là, prévient-elle, les biblios
québécoises vont devenir
d’immenses comptoirs douaniers avec vue imprenable sur des livres
cadenassés. Les seules bd qui résisteront à la vague seront celles
de Caillou, destinées aux enfants. (Suite demain)
■ En 1994,
«on envisageait même
la création d’une armée» – (Suite du tome
2 de L'Étau Policier) Exagère-t-on, lorsque on désigne la
Sûreté du Québec sous le nom de «police nationale»? Non.
Sans en faire l’historique, rappelons quelques étapes. Ce qui nous
permettra de voir que les gouvernements péquistes successifs de
Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et Bernard Landry ont fait preuve
de prudence, y allant d’un petit pas officiel à la fois. On
n’annonce pas de bute en blanc la création d’une police
nationale, nécessaire de préparer lentement les esprits, éviter
les réactions émotives.
Cependant, on était
autrement plus actif derrière les portes closes du bureau du
ministre péquiste de la Sécurité publique : Serge Ménard a
occupé la fonction à trois reprises. Retenons pour l’heure son
premier passage à ce ministère, qui s’étend du 26 septembre 1994
au 29 janvier 1996 : Robert Perreault lui succèdera.
Dans son rapport, la
Commission Poitras écrit qu’avec l’arrivée des péquistes au
pouvoir, à l’automne 1994, nul doute qu’une certaine fébrilité
dut s’emparer de l’institution (la Sûreté du Québec). À
l’époque, «on envisageait même la création d’une armée»,
lit-on.
(Rapport de la Commission
d’enquête chargée de faire enquête sur la Sûreté du Québec –
Les Publications du Québec, 1998 – La Commission, sous la
présidence du juge Lawrence A. Poitras, a œuvré pendant plus de
deux ans. Les notes sténographiques des 192 jours d’audiences
publiques sont rassemblées dans plus de 55 000 pages. La preuve
accumulée représente 65 000 pages. Sans compter les mémoires
des participants et groupes intéressés. Le rapport de l’enquête
est un résumé en cinq volumes totalisant plus de 2 000 pages
et deux disques compacts.)
(NDLR : Lors de mon
enquête dans le petit village policier de Lac Bouchette, j’ai vu
deux policiers de la Sûreté du Québec vêtus d’un uniforme
identique à celui que portaient, dans les années cinquante, les
soldats de l’armée canadienne. L’écusson accolé à l’épaule
était celui de ce corps policier.)
La Commission Poitras
signale que la Sûreté du Québec se voyait sans doute appelée à
une mission de plus haut niveau, plus englobante et plus exigeante
aussi. De cette fièvre pourtant, et de l’appel vers la qualité
qui aurait pu l’accompagner, bien peu est demeuré car, rapidement,
«le vent de la rationalisation souffla» et la nécessité de
s’imposer face aux sûretés municipales dans les MRC a mobilisé
les énergies.
Les
auteurs du rapport Poitras font la distinction entre le mandat
légal défini dans la Loi sur la police et le mandat précis et
conjoncturel qui peut et doit évoluer au sein de la Sûreté du
Québec. Ainsi, l’arrivée d’un nouveau gouvernement (celui de
Jacques Parizeau), d’un nouveau ministre de la Sécurité publique
(Serge Ménard), en septembre 1994, et une fois acquis le départ du
dg précédent (Robert Lavigne), l’on se mit à la recherche d’un
candidat (Serge Barbeau) qui pouvait imprimer une nouvelle marque à
la Sûreté du Québec en répondant initialement à deux
impératifs : établir le cadre d’une «police nationale»
(NDLR : Formulation citée telle quelle dans le rapport
Poitras.) et la moderniser sur le modèle de la police de proximité
en l’arrimant à la réforme de l’administration régionale et
municipales d’alors.
(NDLR : Une des
premières décisions majeures de Ménard fut de procéder à la
nomination de Barbeau. Le pouvoir politique, peu importe sa couleur,
ne nomme pas n’importe qui à cette fonction. Il est l’équivalent
d’un sous-ministre, alors un lien de confiance doit l’unir au
ministre.) Il s’agit bien là, précisent les auteurs du rapport
Poitras, du terme («police nationale») qui est employé à
cette époque dans les réunions de l’État-major de la Sûreté du
Québec. (Suite demain)
News du samedi 29 Novembre 2008
■ Québec :
concentration et convergence des médias.... – ...ont
des impacts sur la qualité, la diversité et l'intégrité de
l'information. L'affaire n'est pas nouvelle. Plusieurs chercheurs et
observateurs le disent depuis longtemps.
Ce qui ne semble pas
avoir ému, à l'époque, le Conseil de la radiodiffusion et des
télécommunications canadiennes (CRTC).
Pendant des années il a accordé des licences à des entreprises
sans trop s'en préoccuper. Il ne s'intéressait qu'à la survie et
au développement des médias. Lorsqu'il a enfin compris, il a réagi
mais15 ans trop tard : concentration et convergence étaient choses
faites. À cause du principe des droits acquis, seule une loi
rétroactive pourrait nous sortir de ce guêpier.
Un livre publié
récemment risque de raviver la plaie : Marc-François Bernier –
Journalistes au pays de la convergence – Presse de l'Université
Laval. L'auteur a mené une vaste enquête auprès de journalistes
de Quebecor
(Pierre Karl Péladeau), Gesca
(filiale de Power Corporation du Canada appartenant à la famille
Paul Desmarais) et de la Société Radio-Canada (Société
de l'État canadien). Dans son résumé, on peut lire... Pour la
première fois, nous pouvons dresser le portrait des opinions et des
attitudes des journalistes professionnels qui oeuvrent dans les
grands conglomérats médiatiques du Québec.
Autocensure,
auto-promotion, détournement de la mission de service public du
journalisme afin de satisfaire la soif de profit des actionnaires,
malaise, voire détresse professionnelle. Il ressort de cette
radiographie que les journalistes aimeraient faire un meilleur
travail, mais qu'ils sont souvent empêchés, non par les lois, les
annonceurs ou la partisannerie politique, mais par leur propre
entreprise de presse.
Le quotidien Le
Devoir rapporte que chez Quebecor, plus que chez Gesca ou qu'à
Radio-Canada, on estimait que les opinions et les intérêts des
propriétaires de leur média sont reflétés régulièrement dans la
couverture des nouvelles.
Résumé
du livre de Marc-François Bernier
Biographie de l'auteur et
Table des matières
■ Censure policière
de bd – (Suite
tome 3 de
L'Étau Policier) Quels
sont les mécanismes faisant nous lier de façon stable à une
personne? Il y a quelques théories sur le sujet. L’un d’elles,
incontournable, est fondé sur la satisfaction de nos désirs et de
nos besoins, écrit Alberoni. Si un être nous procure du plaisir, en
particulier du plaisir érotique, nous avons tendance à rechercher
sa présence. Le plaisir renforce notre lien avec lui et la
frustration l’affaiblit.
Il se réfère à Freud
qui considérait que le plaisir sexuel est le plus intense des
plaisirs, qu’il est par conséquent en situation de créer les
liens les plus forts. Chaque expérience positive, chaque orgasme,
renforce le besoin de l’autre. Si l’expérience du plaisir
renouvelé est bilatérale, un lien durable peut s’instaurer entre
les deux partenaires, un lien susceptible de résister aux plus
graves frustrations.
Dans les ingrédients de
la sauce sexuelle que Durand énumérait plus haut, elle incluait la
pornographie. (Nathalie Durand –
La Presse du 25 novembre 1999) Combien savent que l’escouade des
moeurs de la police de l’île de Montréal s’intéresse aussi aux
bandes dessinées pornos? Oui, les bd !
Dans une de ses
chroniques, Stanley Péan, critique littéraire de La Presse,
raconte, en février 2000, que des policiers de cette escouade ont
demandé à Diffusion du Livre Mirabel de retirer du marché La
Métamorphose de Lucius, publié par les Humanoïdes associés, du
bédéiste italien Milo Manara, une adaptation érotico mythologique
de L’Ane d’or d’Apulée. (Stanley Péan –
La Presse du 13 février 2000)
Selon Jean Tardif, que
Péan cite, c’est à la suite d’une plainte anonyme que des
policiers se sont présentés aux bureaux du distributeur, ont
demandé à voir l’album et exigé par la suite son retrait du
marché. Pour éviter toute tracasserie judiciaire, Tardif, qui
disait n’avoir jamais vécu pareille situation en vingt ans, s’est
plié au diktat des policiers outrés par la «bestialité»
du récit, pourtant inspiré d’un texte classique grec.
Péan se dit étonné que
la police puisse proscrire une bd alors que la plus minable tabagie
du coin offre des revues autrement plus salaces. Il se demande en
quel honneur la tâche de séparer le bon grain de l’ivraie
reviendrait-elle à des policiers. Cela dit, Péan, «au
risque de me voir inculpé pour grossière indécence»,
précise-t-il, propose ensuite aux lecteurs quelques ouvrages «osés»
qui feraient de superbes cadeaux (la Saint-Valentin approchait),
«à
condition de les trouver en librairie avant leur saisie par nos
valeureux agents de la paix !»
Il
leur suggère entre autres le Dictionnaire des fantasmes et
perversions (Bibliothèque Blanche). «Avec
ses 700 entrées agrémentées de citations littéraires, cette
ouvrage constitue assurément une véritable bible des pratiques
érotiques inusitées. Si bien,
ajoute-il, que j’ai
presque envie d’en offrir un exemplaire aux agents de l’escouade
des moeurs de la police montréalaise.»
(Suite demain)
■ 4
réformes liées au projet d’indépendance des péquistes – (Suite tome
2 de L'Étau Policier) Un thème s’impose de toute évidence,
et de toute nécessité aussi : tous ces chambardements
étaient-ils motivés par le projet d’indépendance des trois
gouvernements du parti québécois (péquistes) successifs :
Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et Bernard Landry?
Avant d’approfondir
cette question, essayons de voir à quelle enseigne politique loge
l’auteur de ces lignes. La démocratie est la seule idéologie à
laquelle j’adhère : une bonne ou une mauvaise idée, peu
importe l’obédience politique de son auteur, doit être reçue
pour ce qu’elle est, bonne ou mauvaise.
Tout
aussi important, je rappelle que c’est tout à fait par hasard que
j’ai décidé de mener une enquête journalistique dans
l’underground policier. Je n’ai pas décidé d’enquêter sur le
gouvernement péquiste de Lucien Bouchard, ni celui de Bernard
Landry. Je n’y suis pour rien s’ils étaient au pouvoir à ce
moment-là, j’aurais agi de la même façon sous n’importe quel
autre.
Et
encore, il m’en faudra du temps avant de relier le projet
d’indépendance du pouvoir péquiste à la répression policière
clandestine. Dans les faits, environ quatre ans. Plus exactement
après deux ans et demi d’enquête sur l’île de Montréal et
environ deux ans à Lac Bouchette : en tout et partout, mon
enquête s’est étalée sur une période de six années et demie,
de janvier 1997 à l’été 2003.
Plusieurs
événements ont contribué à ma conscientisation. Le comportement
du ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard, à
l’issue de l’affaire Matticks, où des policiers de la Sûreté
du Québec ont fabriqué quatre preuves : le ministre a posé
les gestes qu’il fallait pour éclabousser le moins possible sa
«police
nationale».
Sa réaction aux recommandations de la Commission Poitras qui avait
enquêté sur ces illégalités : le même ministre, afin
d’amadouer sa police nationale, a présenté une réformette de la
Sûreté du Québec, alors qu’une réforme majeure s’imposait.
J’en reparlerai plus loin en long et en large.
Se soudent à cela, les
interventions émotives de péquistes, dont celles de Lucien Bouchard
et Serge Ménard, et bloquistes, dont celles de Gilles Duceppe et
Yvan Loubier («On n’en a rien à foutre» des droits de la
personne), lors du débat sur le projet de loi fédérale antigang
C-24 : ceux-ci exigeaient le recourt à la clause dérogatoire
de la Charte canadienne des droits et libertés.
S’y soude aussi
l’application de quatre réformes, toutes liées au projet
d’indépendance du gouvernement péquiste et imposées aux citoyens
et menées aux pas de charge : fusions municipales,
régionalisation des corps policiers, agrandissement du territoire de
la Sûreté du Québec, élargissement de la police communautaire
bidon à la grandeur du Québec. Ont également contribué à ma
conscientisation, des procès verbaux de l’état major et documents
corporatifs de la Sûreté du Québec publiés par la Commission
Poitras. Cette mise au point faite, entamons le sujet franchement.
Au
sujet des fusions municipales… l’opinion du député péquiste
Jean-Pierre Charbonneau est particulièrement révélatrice (Vincent
Marissal – La Presse du 14 juin 2003) : «(…) elles
découlent de pratiques autoritaires de notre gouvernement. Nous
avons eu des attitudes inacceptables, comme d’être arrogants. Nous
avions des pratiques de gens qui disent : voici ce qui est bon
pour vous et vous devriez y adhérer. De toute façon, vous n’avez
pas grand-chose à dire. (…) Le
gouvernement a dit : ça fait 30 ans qu’on en parle, il faut
en finir. Mais on n’en a jamais parlé dans la campagne électorale
(de 1998) et M.
(Lucien) Bouchard
(premier ministre) avait dit non à
Pierre Bourque (maire de Montréal) au
début. Soudainement, sans que l’on sache pourquoi, c’est devenu
urgent de les faire.»
Posons
la question : durant cette même campagne électorale, les
candidats péquistes avaient-ils parlé aux électeurs de la
régionalisation des corps policiers, de l’importance que prendrait
la Sûreté du Québec et de l’extension de la police communautaire
bidon au quatre coins du Québec? Vous qui savez, à vous de
répondre. (Suite demain)
News du vendredi 28 Novembre 2008
■ La belle neige est
arrivée... – ...avec
son lot d'adeptes du ski extrême. Ils dévalent à toute vitesse des
pentes raides parsemées d'obstacles, zigzaguent dans des paysages
sublimes. Plongent aussi dans le vide... Souplesse, adrénaline et
air pur. Apocalypse
Snow (04:36).
■ Balkan Beat Box – Ambiance
de la fête païenne, bon rythme, ça tape des mains, chante,
enchante et une belle danseuse du ventre ondule. Chokatif pour Filles
d'Isabelle et Chevaliers de Colomb, mais ils n'ont qu'à regarder
ailleurs, ces momies. Et que ça
swing ! (04:08)
■ Il
y a un usage public et un usage privé de la raison – Si vous êtes
policier, par exemple, vous avez le droit d'être contre ce qu'on
vous fait faire, mais en tant que fonctionnaire vous avez le devoir
d'obéir. Idem pour le prêtre. Rien ne l'empêche de trouver que ce
qu'il enseigne est une sottise, mais il n'a pas le droit de
l'enseigner. Bref, vous avez le droit de réfléchir, mais gardez ça
pour vous.
Le philosophe français
Michel
Onfray estime que cette schizophrénie est dangereuse. Dans les
classes de philo, on enseigne les philosophes qui font le moins de
bruit. C'est plus compatible avec le système. Voilà pourquoi
Descartes, Platon, etc. On enseigne pas à être insoumis, à
désobéir, être libertin, sensualiste, athée, matérialiste. Ce
pourquoi les penseurs rebelles disent, attendez, c'est pas ça le
monde.
Toute philosophie
n'enseignant pas la désobéissance est une menace. Nécessaire
d'apprendre à distinguer légalité et moralité. Les lois
antisémites étaient légales, en 1940, mais n'étaient pas morales.
Les gens pensent que la légalité, dans le mesure où elle procède
d'une souveraineté, qu'elle est légitime, donc morale. Ce n'est pas
toujours le cas.
Des opinions publiées
dans Le Devoir :
Droits de l'homme et
liberté
de conscience
Les raisons de la laïcité
ouverte
Réponse au pluralisme
démocratique
■ 32 petites
secondes.... – …suffisent
pour...
■ La «luxerious
California sex commune» – (Suite tome
3 de L'Étau Policier) En juillet 2001, nous assisterons à un
changement de cap étonnant. Dans une cause identique, impliquant
Denis Chesnel et sa fille Brigitte, promoteurs d’un club
échangiste, le juge Denis Boisvert de la Cour municipale de Montréal
reconnaîtra que l’échangisme est légal au Canada s’il est
pratiqué par des groupes de dix personnes ou moins, dans un contexte
extrêmement privé, comme dans une résidence particulière.
(Charles-Albert Ramsay – La Presse du 5
juillet 2003)
Il se référera au «critère de tolérance de la
société canadienne», c’est-à-dire que au delà de dix
participants, c’est une «orgie», et les orgies sont
illégales. (NDLR : D’où lui vient cette certitude? Le
critère de tolérance a-t-il fait l'objet d'un sondage? Il ne le
précise pas.)
Chesnel sera jugé
coupable, parce qu’ils étaient un peu plus nombreux. Me Bernard
Corbeil, son avocat, sera tout de même satisfait: «L’adéquation
systématique entre un club échangiste et une maison de débauche ne
tient plus.» Chesnel, de son côté, fera part de son intention
de poursuivre ses activités : «L’échangisme est de plus
en plus populaire et accepté par la population. On ne m’empêchera
pas de continuer d’être échangiste.»
Le sociologue Alberoni
écrit que Talese a laissé une documentation détaillée de
l’idéologie et de la pratique du collectif de Sandstone, aux
États-Unis, fondé par John Williamson. (Francesco Alberoni –
L’érotisme – Éditions Ramsay) (Gay
Talese – La femme du voisin –
Éditions Presse-Pocket) Formé à
l’origine de couples d’amis qui vivaient dans la promiscuité
sexuelle, le collectif s’est développé en tant que communauté
thérapeutique et utopique grâce à la venue d’intellectuels et de
sexologues.
Chaque
soir, à Sandstone, une orgie avait lieu, dotée d’une fonction
libératrice. Qui fréquentaient cette «luxerious
California sex commune»?
Des couples désireux de sortir de la banalité de la chambre
conjugale, des femmes divorcées et qui n’étaient pas encore
prêtes pour un nouveau mariage, des femmes à l’énergie érotique
débordante mais qui auraient eu peur d’aborder un homme en pleine
rue, des féministes comme Sally Binford, archéologue réputée, et
des sexologues comme Alex Comfort. Ce dernier publia en 1972 The Joy
of Sex, livre qui scandalisa bien du monde mais n’en fut pas moins
traduit en 20 langues et vendu à plus de 8 millions d’exemplaires.
Selon Alberoni, chaque
individu est différent et c’est cette différence que nous voulons
capter. L’érotisme comporte et comportera toujours une dialectique
profonde entre pluralité et unité, entre promiscuité et unicité.
L’unicité requiert la multiplicité, elle en a besoin pour
s’enrichir. Si elle s’installe dans la répétition, dans
l’habitude, le devoir, la discipline, c’est la mort de
l’érotisme. Il se transforme alors en ennui et en dégoût. Sans
la multiplicité, sans le possible, sans la séduction, sans l’excès,
il ne saurait y avoir érotisme.
C’est pourquoi les
femmes désirent plaire à tous les hommes, explique-t-il. Qu’elles
veulent être désirées par tous, pour pouvoir choisir l’élu. Que
les hommes sont fascinés par la beauté qu’ils découvrent en
chaque femme, qu’ils voudraient avoir toutes les femmes du monde.
Mais le triomphe de l’érotisme, son expansion souveraine,
l’érotisation du monde, ne surviennent que lorsque cette
multiplicité infinie se concentre sur une personne, comme les mille
stimuli visuels dans le foyer de la rétine. (Suite demain)
■ Pouvoir
et police créent à la fois offre et demande – (Suite tome
2 de L'Étau Policier) Et ce n’était pas terminé parce que
«notre police nationale», la Sûreté du Québec,
n’arrêtait pas de prendre du volume. D’un tour de vis à
l’autre, les mâchoires de l’Étau policier serraient de plus en
plus fort. En février 2001, le ministre péquiste Serge Ménard
obtenait le feu vert du Conseil du Trésor pour embaucher, au cours
des trois années suivantes, 150 nouveaux agents et 9 cadres, une
opération qui coûterait 15M$, disait-il. (Martin Pelchat et
Jean-Paul Charbonneau – La Presse des 8
février, 3 et 4 avril 2001 ) Officiellement, l’objectif visait à
regarnir sa police des autoroutes.
De plus, la Sûreté du
Québec devait, entre 2001 et 2004, embaucher 1 000 policiers
pour combler les départs à la retraite et «renforcer certains
créneaux d’activités». Ce même mois, Ménard souhaitait
embaucher 70 enquêteurs supplémentaires.
Sans compter les policiers
additionnels issus de l’intégration des corps policiers municipaux
au sein de la Sûreté du Québec, faisait observer le journaliste
Martin Pelchat de La Presse, qui parlait d’ «embauches
massives». Si l’on se fie aux chiffres officiels de Ménard,
les effectifs de la Sûreté du Québec, à la suite de l’intégration
des municipaux, ne représentaient plus 29 mais 33% de tous les corps
policiers du Québec. Si l’on se fie…
Comment savoir avec
certitude aussi que les 150 et les 9 cadres destinés aux autoroutes
seraient véritablement affectés à cette activité? Que sur les
1 000 autres embauches, combien iraient «renforcer
certains créneaux d’activités»,
combien prendraient leur retraite et, de ces retraités, combien
travailleraient occasionnellement pour la Sûreté du Québec? Sans
compter tous les autres déjà à la retraite… Le ministre,
monosyllabique comme d’habitude, ne l’a pas précisé.
L'enflammé était porté
dans sa démesure par des sondages de la… Sûreté du Québec
effectués auprès de la population qu’elle dessert, démontrant
les préoccupations majeures de cette dernière : conduite
imprudente et vitesse excessive (préoccupent 79% de la population),
trafic et consommation de drogues dans les rues, écoles et bars
(75%), vandalisme (64%), vols par effraction (62%), violence
familiale (56%), violence dans les écoles (55%) et les enfants
maltraités (52%).
Pas un mot de la Sûreté
du Québec sur l’origine véritable du sentiment d’insécurité.
En somme, encore des sondages biaisés puisque la Société civile
n’est pas informée de ce que la Sûreté du Québec cache derrière
son écran de fumée. Pire, elle est sondée par celle-là même qui
la désinforme à l’année longue.
Ce ministre pouvait dire
n’importe quoi, impossible d’en vérifier la véracité. En
somme, la tactique consistait à jouer avec les chiffres, minimaliser
les coûts et maximaliser l’insécurité. Et, après avoir bien
fait peur à la population, la consulter par sondages. Pouvoir et
police sont passés maîtres dans l’art de créer à la fois
l’offre et la demande. (Suite demain)
News du jeudi 27 Novembre 2008
■ Le off des états
généraux de la presse – Lundi
soir 24 novembre dernier, Médiapart et Reporters sans frontières
tenaient, au Théâtre National de la Colline, à Paris, une soirée
consacrée à la défense de la presse libre et indépendante.
Pourquoi ce
remue-méninges? le président Sarkozy est en train de remodeler, à
son image et ressemblance, un peu comme dieu aurait créé Adam et
Ève, l'ensemble des systèmes d'information dans le pays. La très
grande majorité des journalistes ont refusé d'y participer, ne
voulant pas cautionner, par leur présence, la réforme que le
pouvoir mijote derrière des portes closes.
La soirée de lundi avait
pour but de faire entendre les nombreuses voix absentes du débat
formaté par Sarkozy, dont des lecteurs, journalistes, intellectuels,
etc. Elle a été diffusée à direct sur le site web de mediapart.fr. Je l'ai
écouté au complet. Événement exceptionnel. Il y a eu des moments
très forts.
Notamment, la lecture
d'Anouk Grinber et de François Marthoure de textes de Victor Hugo,
Albert Londres, Paul Krugman, Paul Ricoeur, Albert Camus, Hannah
Arend, entre autres auteur.
Ce n'est pas tous les
jours que des journalistes et des intellectuels montent au créneau
pour défendre la liberté de presse. Je ne pense pas que vous
regretterez d'avoir visionné cet extrait
vidéo (15:10) de la soirée. Car peu importe le pays occidental
où vous habitez, les médias traditionnels que vous fréquentez ne
vous disent pas tout. Il y a définitivement de l'information qui ne
circule pas. Éminemment dangereux pour la survie de la démocratie.
■ «Société
canadienne fictive, idéalisée par les juges» – (Suite du tome
3 de L'Étau Policier) Autre exemple de la répression sexuelle à
l’encontre de citoyens et citoyennes majeurs et vaccinés, et
consentants en plus.
En décembre 1999, une
vingtaine de policiers de l’escouade de la moralité de l’île de
Montréal effectuent une autre descente, cette fois dans une...
maison privée de Montréal-Nord où se réunissait un club
échangiste : la ville du maire Yves Ryan, qui occupait ses fonctions
depuis 37 ans, en plus d’être également membre de l’exécutif
de la Communauté urbaine de Montréal (CUM) et de sa commission
régissant les activités… de ce corps policier. (Raymond Gervais –
La Presse du 6 décembre 1999)
Suivant la police, chaque
participant devait débourser 50$ pour entrer à l’intérieur de la
maison… de débauche. Elle serait intervenue à la suite de
plaintes reçus de la part de voisins : bruit, bagarres, va-et-vient.
Nous n’en connaissons pas la suite.
Dans une lettre publiée
par La Presse en novembre 1999, Nathalie Durand, alors étudiante en
criminologie à l’Université de Montréal, soutient que le
fondement de l’intervention légale en matière d’échangisme
tire sa source d’un concept poreux du discours juridique (Nathalie
Durand – La Presse du 25 novembre 1999) :
la norme de tolérance de la société canadienne. «Institutionnalisé
par la Cour suprême du Canada en 1962, il nous est habituellement
servi, précise-t-elle, à la sauce sexuelle : prostitution,
obscénité, pornographie, danses érotiques, actes indécents et,
depuis peu, échangisme.»
L’analyse de Durand
porte sur l’échangisme. Donnons en l’essentiel. Cette fameuse
norme est applicable de façon uniforme à la grandeur du pays.
L’ennui, c’est qu’elle ne peut pas être établie, peu importe
l’outil méthodologique utilisé, à cause des difficultés que
pose l’échantillonnage auprès de la population canadienne.
Comment en obtenir un qui
soit représentatif, tienne compte de toutes les composantes de la
société? Pluraliste, ne l’oublions pas. À supposer que cela soit
possible, comment élaborer un questionnaire qui sera compris de la
même manière par tous? À partir de quel seuil pourrait-on conclure
qu’une publication X ou un comportement Y n’est pas toléré par
la société canadienne? 50 % + 1? Ou deux tiers des personnes
sondées représentant au moins 50 % de la population?
Durand soulève un autre
point. La preuve que la norme a été outrepassée n’a pas à
répondre aux règles usuelles de la preuve et l’avocat de la
Couronne n’a pas à en faire la démonstration hors de toute doute
raisonnable. Il appartient aux juges, et à eux seuls, de prendre le
pouls moral de la société canadienne, de décider si elle a été
outrepassée.
«Société canadienne
fictive, idéalisée par les juges», constate finalement Durand.
Une norme fictive, mais n’en demeurant pas moins bien réelle dans
ses conséquences. Les citoyens trouvés coupables ou non en
subissent l’impact dans leur vie personnelle et publique. «Dans
une société pluraliste comme la nôtre, signale-t-elle, cette
proposition est difficilement tenable.»
Elle s’interroge : «Les
valeurs fondamentales de la société canadienne sont-elles à ce
point en péril pour que nous acceptions, contribuables et citoyens,
que l’arsenal de l’État soit utilisé aux fins d’arrêter,
d’accuser et de condamner des hommes et des femmes pour des gestes
dont la nature criminelle est plus que discutable?» Se pose
aussi la question de l’utilisation des fonds publics en contexte de
raréfaction des ressources.
Selon elle, qu’on soit
d’accord ou non avec l’échangisme, la décision dans l’affaire
L’Orage, parmi bien d’autres affaires similaires, crée un
dangereux précédent et ouvre la porte à une intervention accrue de
l’État dans toutes les sphères, soient-elles publiques ou
privées. Elle se dit d’avis qu’il ne devrait pas revenir aux
juges seuls de mesurer l’état de la moralité au Canada. (Suite
demain)
■ Combien de
personnes surveillent les Québécois? – (Suite tome
2 de L'Étau Policier) Constatons à lumière de toutes ces
informations, qu’il semble ne plus rester grand chose des belles
promesses qui prévalaient quelques deux ans auparavant, au printemps
2001. Danyluk et Bourque ne sont plus là, d’autres les ont
remplacés. En somme, plus ça change, plus c’est pareil.
Et ailleurs en province,
des dirigeants de commissions de transport locales criaient famine,
réclamaient des subventions au gouvernement du Québec. Dans ces
autres villes, sans être aussi corsetées financièrement que celle
de Montréal, la situation ne s’annonçait pas trop facile.
On
parlait, pour l’ensemble des sociétés de transport en commun du
Québec, d’un manque à gagner, en 2004, de près de 90M$. Parmi
celles-ci : Trois-Rivières, Lévis, Saguenay, Gatineau,
Longueuil et Québec. Avait-on, là aussi, trop investi dans la
police… communautaire? Continuait-on à le faire ? Alors, les
économies d’échelle du ministre péquiste Serge Ménard…
Au Québec, les
contribuables investissent combien annuellement dans les forces
policières? D’après le criminologue André Normandeau, la
province comptait, en février 2001, près de 14 000 policiers,
entraînant des coûts annuels de près d’1 milliard et demi de
dollars (André Normandeau – La Presse
du 24 février 2001) : 3 764 policiers à la Sûreté du Québec, 4
157 à la police de l’île de Montréal, 4 859 dans les autres
corps policiers municipaux, 956 à la division québécoise de la
Gendarmerie royale du Canada.
Sans oublier les 4 000 employés
«civils» au sein des corps policiers et les 21 000 personnes
travaillant pour des agences de sécurité privée : Secur,
Pinkerton, Garda, etc. En tout et partout… 38 736, chiffre
n’incluant pas les collabos, dont des commerçants que les
citoyens-clients enrichissent de leurs achats.
En ce qui concerne la
Sûreté du Québec et les corps policiers municipaux du Québec, les
chiffres de Normandeau ne correspondent plus à la réalité puisque
le ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard, a
imposé la régionalisation policière à l’issue de laquelle la
Sûreté du Québec sort gagnante et les corps policiers municipaux,
décimés, perdants.
Dans son rapport financier annuel 2001-2002,
accessible sur l’Internet (www.msp.gouv.qc.ca),
le ministre Ménard indique que la Sûreté du Québec comptait alors
5 484 employés, qu’elle avait coûté 508M$ et que son propre
ministère avait généré des dépenses de 411,5M$, soit en tout
920M$, dont 593,3M$ en salaire seulement.
Par contre, le Conseil du
surveillance des activités de la Sûreté du Québec, dans son
rapport 2002-2003, parle d’«une
organisation opérationnelle
(la Sûreté du Québec) de
plus de 7 000 employés, dont la majeure partie est constituée
d’agents de la paix répartis sur le vaste territoire du Québec».
(Conseil de surveillance –
Rapport 2002-2003 – page 7, paragraphe 2.3 : Le plan
stratégique 2002-2003)
Plus de 7 000 !?
J’incite le lecteur à visiter le site de l’organisme, accessible
via celui du ministère québécois de la Sécurité publique. (Suite demain)
News du mercredi 26 Novembre 2008
■ ONU : la Québécoise Louise Arbour... – ...ex-Haut
Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, est l'un des
quatre lauréats 2008 du prix des droits de l'homme. Les autres sont
Ramsey Clark, Carolyn Gomes et Denis Mukwege.
Ce prix est décerné
annuellement à des individus et à des organisations en
reconnaissance de leur contribution exceptionnelle à la protection
des libertés fondamentales. Ainsi Nelson Mandela, Amnesty
international, Jimmy Carter, Eleanor Roosevelt et Martin Luther King.
Lisez l'article sur le site
de l'ONU.
PS : Les dénonciations
de Louise Arbour, lorsqu'elle occupait la fonction à l'ONU,
n'étaient pas appréciées par le Canada du premier ministre
conservateur Stephen Harper, homme de droite perçu à l'ONU comme le
porte-parole du président républicain W. Bush, Washington, DC. Et
quand elle a décidé de ne pas postuler un autre mandat, elle a
reçu, de la part d'Harper, aucun remerciement pour le travail
accompli. Droite et liberté d'expression sont comme l'eau et le feu.
■ Obama semonce... – …
les dirigeants des banques utilisant des jets privés, les patrons
des trois grands groupes de l'industrie de l'automobile américains
se rendant à Washington en jets privés pour demander de l'aide,
etc. Jouissif
!
■ Drôles
de dessins sur la mort... – …
faites la page d'entrée de haut en bas. De
quoi rire et lire. Cutting Crew : (I Just)
Died in
your Arms tonight
■ Renversement
des rôles – Des
hommes à cravate et attaché-case se cherchent un
job (02:54), pendant que nos dirigeants remplissent le frigo de
ces nouveaux assistés sociaux que sont devenus les banquiers. Ainsi
Sarkozy, le cas que vous allez voir
(03:37).
■ Lien
entre deux clips – Foreigner
: I want to know
what love is
Tina Arena : Je
m'appelle Bagdad
Un
ex-porte-parole de W. Bush
dans un livre publié il
y a quelques mois :
La Maison-Blanche
coupable de propagande de guerre
avec la complicité
des médias
■ «Séances
de voyeurisme grâce à l’argent des contribuables» – (Suite tome
3 de L'Étau Policier) Au cours du procès du proprio de L’Orage,
en janvier 1999, Agnès Gruda de La Presse a publié un édito où
elle a dit franchement ce qu’elle pensait de cette intervention de
la police de l’île de Montréal. (Agnès Gruda –
La Presse du 30 janvier 1999) Elle écrit que celle-ci a déjà dans
le passé envoyé ses policières, déguisées en prostituées,
solliciter des clients dans la rue.
C’était absurde,
commente-t-elle. Cependant nos lois le sont aussi, puisqu’elles
autorisent la prostitution, mais interdisent sa mise en marché. Au
moins essayait-on alors de contrer une activité illégale. Dans le
cas de L’Orage, souligne-t-elle, aucune loi n’interdit aux
adultes consentants, aussi nombreux soient-ils, de faire ce qu’ils
veulent dans l’intimité de leur appartement.
Elle raconte que les
policiers ont mis des semaines à enquêter sur un lieu de rencontres
entre des adultes qui préfèrent faire ça à plusieurs que tout
seuls ou à deux. L’un des policiers (NDLR : Norbert?),
témoignant au procès, a jugé que les scènes filmées (NDLR :
…clandestinement…) étaient «de mauvais goût et peu
hygiéniques», parce qu’il n’y avait pas de douche.
L’éditorialiste
termine son papier en ces termes : «D’ici à ce que de
nouvelles lois réglementent le goût et l’hygiène personnelle, on
voit mal ce que la police faisait chez M. Labaye (proprio du Club
L’Orage) sinon se livrer à des séances de voyeurisme grâce à
l’argent des contribuables.» Notons que l’un de ces
policiers témoins avait avoué louer de temps à autre des films
pornographiques. Nombre de flics ne sont pas différents des autres
citoyens. Normal.
En juillet 1999, la juge
Louise Baribeau de la Cour municipale, saisie de cette affaire,
décrète qu’il s’agissait d’une maison de débauche, et que
faire l’amour en groupe, au vu et su de tous les autres membres et
invités, constitue un acte indécent. (Marie-Claude Malboeuf –
La Presse du 23 juillet 1999) Elle estime que le proprio Labaye ne
saurait se défendre en présentant le troisième étage de son club,
le seul où il autorisait les relations sexuelles, comme un lieu
privé. Elle voit mal comment on pourrait qualifier d’appartement
(privé) un troisième étage aussi dénudé, sans cloisons, sans
cuisine et doté d’un mini réfrigérateur débranché.
Selon elle, au cours de
leurs sept visites incognito, les policiers en civil y ont observé
un constant va-et-vient d’un étage à l’autre. Il n’était pas
très difficile de se qualifier pour devenir membre du club. Ceux-ci
étaient recrutés par des dépliants publicitaires et des annonces
dans les journaux. Puis,
à la fin de l’été 2000, soulignant qu’elle ne fait pas le
procès des échangistes, mais celui d’une maison de débauche, le
condamne à une amende de 2 500$. (Christiane Desjardins –
La Presse du 20 septembre 2000)
Les avocats de Labaye, Me
Robert La Haye et Me Josée Ferrari, soutiennent notamment que,
contrairement à une jurisprudence existante, la juge a erré en
droit en concluant au caractère public de l’endroit où avaient
lieu les activités visées par l’acte d’accusation. Pour sa
part, le proprio Labaye est convaincu que le jugement de la Cour
municipale de Montréal porte atteinte à ses libertés d’association
et d’expression, le qualifie de «grand pas en arrière pour la
société canadienne».
Toutefois l’affaire
n’était pas finie, puisque Labaye, qui avait déjà porté sa
condamnation en appel, fait de même pour l’amende. (Raymond
Gervais – La Presse du 21 août 1999)
Utile d’ajouter qu’à l’été 2004, la Cour d’appel rendra
deux décisions… contradictoires. (Chritianne
Desjardins – La Presse du 9 juillet 2004) Elle maintiendra
la condamnation de Labaye et, dans une cause
semblable, elle acquittera James Kouri du club Cœur à Corps.
Cela
revient à dire qu’il est socialement acceptable d’avoir des
échanges sexuels avec plusieurs partenaires dans un club, derrière
un rideau diaphane, mais que ça ne l’est pas d’en avoir derrière
des portes closes d’un autre club. Faudra que la Cour suprême
tranche. (Suite demain)
■ Les
citoyens paieront pour être davantage surveillés – (Suite tome
2 de L'Étau Policier) Où prendra-t-on l’argent pour financer
tous ces changements? Coupera-t-on encore une fois dans le transport
en commun? Le groupe de travail mandaté par Coulombe, l’ex-dg de
la Sûreté du Québec, vous pensez bien, a tout prévu …sur
papier : «Le comité soutient que les services accrus en
sécurité publique et les services supplémentaires doivent
s’autofinancer». L’application «plus musclée» de
certains règlements municipaux procurerait des revenus aux
arrondissements grâce aux constats d’infractions.
Avant la fusion
municipale, les services se finançaient ainsi, indique le rapport,
mais les recettes sont maintenant acheminées… au service des
finances de la nouvelle Ville de Montréal. Cela dit comme s’il
était impossible de les récupérer. Le groupe de travail recommande
d’ailleurs de lancer une étude sur le financement pour maintenir
ou créer des services de sécurité publique dans les
arrondissements.
De quels «services
supplémentaires» s’agit-il? Dans le rapport, on parle
d’«activités en sécurité publique choisies et offertes sur
une base volontaire par l’arrondissement pour satisfaire aux
besoins particuliers de la population». L’arrondissement
pourrait ainsi mandater un «fournisseur» afin de s’assurer
que les camions lourds respectent la signalisation, gérer le
stationnement, maintenir des périmètres de sécurité, mettre sur
pied des patrouilles cyclistes privées, s’occuper des citoyens
qui… laissent le gazon pousser trop longtemps ou des déchets
éparpillés.
La liste n’est pas
exhaustive, laissons au lecteur le soin d’y ajouter d’autres
éléments, car il y en aura, on peut être certain de ça.
Resserrement de l’Étau policier sur l’île, pas celle de Cuba,
celle de Montréal. Et ce sont les citoyens eux-mêmes qui paieront
pour être davantage surveillés de près et opprimés.
Coupera-t-on
encore dans le transport en commun? demandions-nous plus haut. Semble
que le pouvoir politique ait décidé cette fois de puiser l’argent
directement dans la poche des usagers.
Début
d’octobre 2003, la Société de transport de Montréal (STM)
prévoyait un déficit de 56M$ pour 2004. Elle jonglait avec
différents scénarios (Bruno Bisson –
La Presse des 1e et 2 octobre 2003) : augmentation de la carte
autobus-métro de 54 à 63$ (17% plus cher), avec moins de services ;
ou de 54 à 71$ (31,5%) ; on avait même évoqué la possibilité de
fermer… le métro durant les week-ends : peu probable qu’on
serait passé à l’acte car plusieurs usagers auraient vivement
protesté.
Le journaliste Bruno Bisson de La Presse avait mis la main
sur un document de la STM faisant état d’investissements
nécessaires avoisinant les 3 milliards de dollars au cours des 10
années suivantes, dont le remplacement des wagons du métro :
900M$.
Le directeur général du
Conseil régional de l’environnement de Montréal (CREM), Robert
Perreault, ex-ministre péquiste de la Sécurité publique (du 29
janvier 1996 au 25 août 1997), intervenait ensuite dans le débat.
Il reprochait au maire de
Montréal, Gérard Tremblay, son manque de vigueur, lui suggérait de
«prendre la défense des plus vulnérables de ses électeurs, qui
n’ont pas d’autres moyens pour se déplacer et qui risquent de
faire les frais d’une troisième augmentation de tarifs en un an».
Il sermonnait un peu aussi le président de la STM, Claude Dauphin,
pour son manque de fermeté : «(…) il doit dire au
gouvernement du Québec (formé alors du Parti libéral de Jean
Charest) qu’il refuse de présider au déclin définitif du
transport en commun à Montréal. »
L’ex-ministre péquiste
de la Sécurité publique n’a dit mot des coûts de sa «police
nationale (la Sûreté du Québec)» ni ceux de sa
prétendue police communautaire dont il était également un chaud
partisan. Nous y reviendrons. (Suite demain)
News du mardi 25 Novembre 2008
■ Tenues
vestimentaires anti-conformistes – Plusieurs
jeunes envahissent une scène, chacun vêtu d'une façon déjantée.
En regardant la vidéo
(25:00) me suis dit qu'ils ne feraient pas long feu sur la rue
Principale du petit village policier de Lac Bouchette, où je demeure
: d'autant qu'ils sont déjà exclus de l'espace public, s'ils ne
vont pas d'un point à un autre. Ou au centre commercial de Roberval,
que je fréquente à l'occasion.
Y'a pas meilleur test
pour vérifier si, dans un village ou une petite ville, les jeunes,
et pourquoi pas les petits vieux, sont libres ou pas de circuler
vêtus de la sorte. Entre vous et moi, ce n'est pourtant pas un
crime passible d'amende ou de prison. Civils et collabos y voient,
eux, de la provocation, une insulte au conformisme, l'index pointé
vers le haut. Bref, du désordre.
■ L'armée
canadienne distribue des médailles... – ...à
de ses soldats revenant de l'Afghanistan, dont deux blessés.
Événement couvert par un journaliste québécois du réseau LCN.
L'armée a parfaitement le droit de convoquer des journalistes.
Ceux-ci ont également celui de voir s'il n'y a pas un revers à ces
médailles.
Ce que nous voyons sur
cette vidéo
(01:57) n'est donc que le message officiel de l'armée canadienne. Et
le travail bâclé d'une chaîne de télévision se contentant de
cette version des faits. Show? Oui. Entre le tout cuit dans la bouche
(la becquée) et la recherche journalistique, il y a généralement
tout un monde. Ne manque aux journaliste et lecteur du téléjournal
de LCN que l'épinglette du drapeau canadien fixée au revers du
veston.
Que l'armée fournisse
aux médias la liste des blessés (nom, adresse et numéro de
téléphone), ou préférablement que les journalistes l'obtiennent
autrement, enquêtent auprès de ceux-ci, ensuite, et seulement
ensuite, on pourra se faire une opinion valable.
■ «Cité
découpée en morceaux, chacun épuré, normalisé» – (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Selon Jacobs, les préférences des utopistes,
«et
autres organisateurs des loisirs des autres»,
pour tel genre d’activité autorisé à l’exclusion de toutes les
autres sont plus que déplacées (Jane Jacobs –
Déclin et survie des grandes villes américaines –
Éditions Mardaga) : «elles
sont nuisibles à la ville».
Elle
étoffe son point de vue en citant Raskin : «(...) En
tant qu’humain, ce sont les êtres humains qui nous intéressent le
plus. En architecture, comme en littérature, ou au théâtre, c’est
la richesse infinie du destin de l’homme qui donne vie et couleur à
notre environnement.»
Cite
aussi James Boswell, qui vécut au XV1ième : «Je
me suis souvent amusé en pensant à quel point Londres peut
apparaître différente à des personnes différentes. Ceux dont
l’esprit borné ne s’intéresse qu’à un seul aspect des choses
vivent la ville uniquement sous cet aspect particulier, tandis que
l’honnête homme reste frappé par ce spectacle de la vie dans son
intégralité et sa diversité et ne se lasse pas de le contempler.»
Propos tenus il y a quelques siècles !
Elle
apporte enfin ce témoignage explicite de Paul J. Tillich, professeur
de théologie à Harvard : «De
par sa nature, la grande Cité fournit à ses habitants ce que seuls
les voyages pourraient leur apporter : ce qui est étrange. Comme ce
qui est étrange suscite des questions et va à l’encontre de ce
qui est traditionnel, cela tend à élever l’esprit humain vers la
connaissance. Rien ne le prouve mieux que les tentatives effectuées
par tous les pouvoirs totalitaires, quels qu’ils soient, pour tenir
leurs sujets à l’écart de tout ce qui est étrange. La grande
Cité se trouve découpée en morceaux, chacun d’entre eux est
scruté, épuré et normalisé. Le mystère de l’inconnu et
l’esprit critique des hommes sont tous deux bannis de la ville.»
Jacobs
ajoute que le simple fait que l’on vende des guides de grandes villes qui mettent tous l’accent sur la découverte de ce qui est
bizarre ou différent illustre parfaitement le propos du professeur
Tillich. «Une
Cité est capable d’apporter quelque chose à tout le monde si, et
seulement si, tout le monde contribue à sa création»,
écrit-elle.
Au
sujet des guides de grandes villes... J’ai assisté à la Cour
municipale de Montréal, au début de 1999, à l’une des audiences
du procès de Jean-Paul Labaye, propriétaire de L’Orage, club
d’échangistes. Il me faut rappeler que plusieurs mois auparavant,
la police y avait effectué une descente et porté des accusations
contre son proprio. Le jour même de la parution de cette nouvelle
dans La Presse, j’en avais touché un mot à un policier en civil,
Norbert, lui soulignant que, entre adultes consentants, les loisirs
sexuels du genre devraient être permis.
De
toute évidence, il ne partageait pas cette opinion. Il m’avait
confié être déjà allé à ce club et n’avoir pas apprécié le
spectacle, m’avait parlé, ton glacial et mine sévère à
l’appuie, du «sperme
qui te gicle de chaque côté du visage...».
J’en avais déduit, et j’en suis toujours convaincu, qu’il en
avait été l’un des policiers enquêteurs. De là ma présence à
cette audience de la Cour municipale. Je pensais l’y voir
témoigner, manque de pot, les témoins policiers avaient défilé la
veille de mon passage pour disparaître aussitôt. Ceut été la
preuve officielle qu’il était un flic en civil de l’île de
Montréal.
J’ai toutefois eu
l’occasion d’y rencontrer une journaliste affectée à la
couverture du procès. M’ayant appris qu’elle était Française,
j’en ai profité pour lui demander s’il y avait en France des
clubs d’échangistes. Elle m’a répondu qu’il y en avait
partout, que c’était permis. M’a raconté qu’on trouvait aussi
dans beaucoup de villes de ce pays des guides publiés spécifiquement
à l’intention des citoyens, des touristes, indiquant les bonnes
adresses, incluant la spécialité sexuelle de chacun de ces
endroits.
En les consultant, le
citoyen ou la citoyenne, peu importe son orientation sexuelle et ses
fantasmes, est certain de trouver exactement ce qu’il cherche,
d’assister ou participer à des rencontres. Bref, jouir de la vie
comme il l’entend. Personne n’oblige les gens que ces loisirs
scandalisent à fréquenter ces endroits. Au Canada, on préfère la
répression sexuelle.
Cela
n’empêche pas certains Canadiens de s’adonner à l’échangisme,
clandestinement ou aux yeux de tout le monde. D’ailleurs, grâce à
l’Internet, de plus en plus participent à des échanges de
partenaires sexuels, sans discrimination de classes sociales. (La
Presse canadienne –
La Presse du premier février 1999) Ils sont devenus davantage un
style de vie qu’une simplement affaire à caractère sexuel, lit-on
dans une dépêche de la Presse canadienne datée de février 1999.
Au
Canada, au début de 1999, on comptait plus d’une douzaine de clubs
échangistes indépendants, dont au moins six à Toronto. Une
quinzaine d’autres auraient été affiliés à une association
américaine basée à Los Angeles. Les gens vont dans ces clubs pour
danser et tenter de séduire. Parfois, les rencontres vont plus loin,
mais pas toujours, signale-t-on. Il y a une bonne part de voyeurisme
dans ce genre de loisirs sexuels. D’exhibitionnisme aussi. Des gens
aiment voir, d’autre être vus. Où est le mal? (Suite
demain)
■ Police de quartier
: «fumisterie», «flirt avec les
politiciens» – (Suite tome
2 de L'Étau Policier) Les Montréalais n’ont pas fini pour
autant d’investir encore et encore dans la «cadillac»
policière, et très loin s’en faut. En mars 2001, le successeur de
Simoneau à la présidence de la Fraternité des policiers de l’île
de Montréal, Georges Painchaud, fulminait contre la police de
quartier (André Cédilot – La Presse des
27 mars 2001 et 20 février 2002) : «C’est un échec, une
fumisterie, une opération de séduction, un flirt avec les
politicien. (...) En réalité, explicite-t-il un peu
plus, la police de quartier a été créée pour plaire aux élus
municipaux. C’est une police bien plus proche des politiciens que
des citoyens.» Ça, on le savait.
Ce qu’on ne savait pas,
par contre, c’est qu’on n’arrive pas à s’expliquer, pour
citer Painchaud, comment «(...) on soit passé du jour au
lendemain d’un projet de 14 mégapostes, sous l’ancien directeur
Alain Saint-Germain, à 49 petits postes, avec Jacques Duchesneau,
son successeur». Painchaud entendait faire pression afin d’en
réduire le nombre «à 27 ou 28». Voyons la suite.
Décembre 2002, Michel
Sarrazin, le dg de la police, confirme (Sébastien Rodrigue –
La Presse 5 décembre 2002) : «Oui, on envisage la fermeture
de postes», entre 8 et 10. Février 2003, les auteurs de la
nouvelle réforme laissent tomber un autre voile.... Là, on ne parle
plus seulement que de la fermeture de postes de quartier. Un groupe
de travail mandaté par le dg de la Ville de Montréal, à l’époque
Guy Coulombe, propose de faire appel à des agences de sécurité
privée, qui opèreraient sous la responsabilité de la police de
Montréal.
(NDLR : Ainsi qu’on
l’a vu plus haut, du temps où il était dg de la Sûreté du
Québec, le citoyen Coulombe avait signé un
document intitulé Orientations et plan d’action de la Sûreté du
Québec où il faisait l’éloge du concept de la police
communautaire.) (Commission Poitras, CD no. 2,
Divulg 210PDF, La police de proximité dans
les MRC sur la voie du succès, document no. 1, page 138) (Sébastien
Rodrigue – La Presse du 28 février 2003)
Des
92 activités répertoriées, 55 seraient confiées aux agences, qui
offriraient, en outre, des services de sécurité supplémentaires ;
les 37 autres seraient réservées à la police. Rien de neuf là
puisque avant la fusion des municipalités de l’île de
Montréal, 19 sur 29 d’entre elles, selon le rapport, utilisaient
déjà de ces forces privées parallèles, à temps plein ou partiel.
Ce qu’il y a de nouveau, c’est que ces municipalités fusionnées,
intégrées désormais dans des arrondissements, en auraient toutes.
(NDLR : La nouvelle Ville de Montréal a été subdivisée en
arrondissements plutôt qu’en quartiers.) Autre nouveauté :
chaque arrondissement pourrait aussi faire appel aux forces de
l’ordre à titre de… fournisseur.
Moins
d’une semaine après, nous sommes en mars, le journaliste Sébastien
Rodrigue de La Presse rapporte que la police de quartier, «lancée
en grande pompe et à grands frais en 1997»,
connaîtra une cure minceur cette année. (Sébastien Rodrigue - La
Presse 5 mars 2003) Dix postes de quartier sur 49 seraient
«sacrifiés».
Que fera-t-on des dix édifices les abritant ? Ils deviendront des
«comptoirs
administratifs».
(NDLR : Euphémisme cherchant à dissimuler le gâchis financier
attribuable à ce changement de cap.) Car le corps policier ne peut
s’en défaire, à cause des baux, certains expirant le 1e janvier
2007, d’autres l’année suivante. «Impossible
de savoir ce qu’ils deviendront après la fin des baux»,
signale le journaliste. (Suite demain)
News du lundi 24 Novembre 2008
■ En France, les
états généraux de la presse... – ...
lancés en octobre dernier par le président Sarkozy ont incité Reporters
sans frontières (RSF) et Médiapart à s'impliquer. Aujourd'hui
lundi 24 novembre, tous deux tiendront à cet effet un grand forum
afin de voir ce qu'il y a lieu de faire pour que la presse soit libre
et indépendante. Des témoins, entre autres, expliciteront, sur
scène ou en vidéo, la difficulté à exercer leur métier.
Selon RSF, cette
rencontre s'impose, alors que l'Élysée, par ses "états
généraux de la presse", entend remodeler l'ensemble des
systèmes d'information. D'où l'urgence de faire entendre d'autres
voix : lecteurs, journalistes, blogueurs et intellectuels,
aujourd'hui largement absents de la procédure en cours.
On connaîtra les
résultats de cette consultation demain mardi. Cependant, l'événement
sera retransmis en direct à partir de 20H00 (heure de France) sur
les sites mediapart.fr et
rsf.org.
Entre-temps, visionnez la
vidéo de
RPS où certains intervenants suggèrent des changements
nécessaires. Elle est précédée d'un texte expliquant davantage le
contexte. Sur le site de mediapart.fr,
lisez aussi l'article sur l'urgence de défendre la liberté de
l'information.
■ USA : crise
immobilière, quel gâchis ! – Jusqu'à
présent, 3 millions de citoyens américains auraient été expulsés
de leur maison : j'ignore si le chiffre est actualisé. Tout ça
parce que les vendeurs embellissaient leur solvabilité, que les
banques prêtaient sans aucune vérification et refilaient ensuite
ces prêts toxiques à d'autres.
Vendeurs et banquiers
faisaient du pognon pendant que les nouveaux propriétaires tiraient
le diable par la queue pour respecter chaque mois leur engagement
hypothécaire. Expulsés, ils sont dans la rue sans savoir où ils
vont aller, ont perdu la maison ainsi que tout l'argent versé
mensuellement, mois après mois, année après année. Capitalisme sans-cœur. Une
vidéo (02:37) qui en dit long...
■ Au
Canada, des citoyens ont faim – Selon
l'Association des banques alimentaires Canada (ABAC), la faim y est
dans une large mesure un problème occulté. De nombreux citoyens
sont tout simplement inconscients du fait qu'un très grand nombre
d'hommes, de femmes et d'enfants se couchent souvent sur leur faim.
Pourquoi des citoyens
ont-ils faim au Canada? À cause du taux punitif des prestations
d'aide sociale, des salaires très bas, du travail à temps partiel
ou temporaire, d'un revenu de pension insuffisant, du manque de
couverture par l'assurance-emploi, d'obstacles à la participation de
la main-d'oeuvre (faible niveau d'alphabétisation, mauvaise santé
physique ou mentale, problèmes de comportements, etc.), parce qu'on
est étudiants, itinérants, etc.
L'insécurité
alimentaire est présente dans toutes les provinces et territoires du
pays. 720 000, sur une population de près de 32 millions, reçoivent
chaque mois de l'aide d'une banque alimentaire. On a des raisons de
croire qu'ils seraient plus nombreux, l'organisme national
n'intervenant pas partout. La preuve en est que j'ai travaillé
bénévolement dans un resto communautaire, à Montréal, et jamais
a-t-on demandé de l'aide à l'ABAC. On ignorait même son existence.
En 2006, l'ABAC a
acheminé à ses membres plus de 8,5 millions de livres de dons
provenant de l'industrie alimentaire. De leur côté, les membres,
grâce au bénévolat, recueillent et distribuent chaque année
environ 150 millions de livres d'aliments. Le réseau a la capacité
de satisfaire en partie le besoin national en aide alimentaire
d'urgence, en offrant des provisions couvrant d'une journée à une
semaine par mois.
Ce contexte étant,
banques alimentaires, fondations communautaires et un large réseau
de bénévoles ont du mal à satisfaire les besoins des personnes
abandonnées par (l'État). L'ABAC soutient que les gouvernements
doivent faire plus pour aider ces personnes à se sortir de la
pauvreté, les incitent à agir immédiatement.
PS : La crise financière
mondiale risque d'alourdir la problématique. Faudra attendre le
rapport de 2008 de l'ABAC, qui devrait sortir d'ici peu, pour avoir
un portrait actualisé de la situation.
Bilan
– Faim 2007 – pdf de 47 pages
Site
de l'ABAC à explorer
■ Comment
contribuer à
défragmenter la société – (Suite tome
3 de L'Étau Policier) En avril 2000, la Chambre des communes, à
Ottawa, a adopté la loi fédérale sur les conjoints de même sexe.
(Presse canadienne – La Presse du 12
avril 2000) Elle octroie à ceux-ci les mêmes avantages sociaux et
fiscaux qu’aux couples hétérosexuels. La loi canadienne ne leur
accorde pas cependant le statut d’époux : ce n’est qu’en
juin 2005 que le mariage entre personnes du même sexe sera autorisé.
Pressé par la Cour suprême, le gouvernement canadien devait tout de
même changer 68 lois pour accorder les mêmes droits et devoirs à
tous les couples stables (Marie-Claude Malboeuf –
La Presse du 16 juillet 2000)
Deux ans plus tard,
Québec permettait aux homosexuels de s’unir civilement, leur
conférant ainsi les mêmes droits qu’aux couples hétérosexuels.
(Mathieu Boivin, la Presse canadienne –
La Presse du 8 juin 2002) «Il faut avoir une bonne dose de
courage pour aller dans ce genre de législation-là, mais on
reconnaît quelque chose de fondamental dans notre société :
tous les individus sont égaux en droit», déclarait le ministre
péquiste de la Justice, Paul Bégin.
Les progrès réalisés
par nos concitoyens gais et lesbiennes démontrent qu’on n’obtient
rien sans combat. Leur mouvement de libération a par conséquent
valeur de symbole. En affirmant leur liberté, ils sont devenus de
ces sujets dont parle Touraine, car ils contribuent à défragmenter
la société et à l’émergence d’une démocratie de libération.
Le combat de Québécoises
pour l’égalité des sexes, dont l’équité salariale, en est un
autre cas exemplaire. Également celui de cette étudiante
montréalaise, dont j’ai malheureusement oublié le nom, qui a
refusé de se plier au diktat de la direction de l’école
secondaire Marguerite-de-Lajemmerais, à Montréal, préférant
changer d’école plutôt que d’enlever le bleu dont elle avait
coloré une de ses mèches.
Ainsi en est-il aussi de
la défense du droit de circuler librement dans l’espace public. Au
cours de l’été 1998, un groupe de citoyens non identifié a
placardé des affiches en différents endroits de la rue St-Laurent,
à Montréal, invitant la population du secteur à se réapproprier
l’espace public.
Il les conviait à un
«Festival pour tout le monde, à but antilukratif parce que les
parcs sont pour tout le monde, la bouffe est pour tout le monde, la
musik appartient à tout le monde, tout le monde devrait être libre.
C'est pas seulement ceux qui ont de l'argent qui peuvent organiser
des événements. Apportez instrument de musique et bouffe pour un
pic-nic. Il y aura jongleurs, échange et troc et table d'info +
invités surprises.»
L’événement devait se dérouler à la
Place Pasteur, rue St-Denis, près de Ste-Catherine. Ayant vu l’affiche
quelques jours après, j’ignore s’il a eu lieu. Et le cas
échéant, s’il y avait foule... Probablement pas, le citoyen est
peu conscientisé à la nécessité de se réapproprier l’espace
public.
La démocratie fait un gain chaque fois qu’un individu ou
un groupe d’individus s’affirment comme sujets. À ne jamais
oublier! (Suite demain)
■ Plus de police,
moins de transport en commun –
(Suite tome 2
de L'Étau Policier) Cependant, au début de 2002, le visage
de l’île change. Les 28 municipalités sont fusionnées à
Montréal, et Gérald Tremblay, qui a défait les troupes de Bourque
au mois de novembre précédant, est le maire de la nouvelle Ville de
Montréal, de qui relève désormais la police. La Communauté
urbaine de Montréal (CUM) est remplacée par la Communauté
métropolitaine de Montréal (CMM), et Danyluk, qui n’a guère le
choix, quitte ses fonctions.
Pour sa part, la Société
de transport de la CUM (STCUM) est remplacée par la Société de
transport de Montréal (STM), qui hérite d’un gros problème :
réparer les pots cassés du tandem Bourque-Danyluk. En janvier 2002,
son budget passe de 699M$ à 725M$, en hausse de 4%. (Éric Trottier
– La Presse du 5 décembre 2001) La STM
annonce son intention d’investir 713M$ au cours des trois années
suivantes, notamment pour rénover le métro (324M$), acquérir 380
nouveaux autobus (176M$) et remplacer son système de perception
(103M$). Tout est à la hausse, incluant… les tarifs.
Le directeur général de
la STM, Jacques Fortin : «Finies
les compressions,
clame-t-il.
Notre budget devrait nous permettre d’injecter 10M$ de plus dans
les services aux usagers. Ça va se traduire par des ajouts d’autobus
et de rames de métro là où le service est à la hausse.»
Il estime être en mesure d’ajouter 65 000 heures à son service
d’autobus, au cours de 2002. Idem de celui du métro. Même le
service du transport… adapté –
destiné aux handicapés physiques nécessitant un transport
spécialisé –
augmentera
ses déplacements de 3%.
Cependant, bien qu’il
s’agissait d’une amélioration, on était loin de combler le trou
béant laissé par les compression majeures des années 1990 :
la défunte STCUM avait notamment supprimé 500 000 heures de service
d’autobus. De plus, la STM est confrontée à deux problèmes :
la hausse du prix du carburant, qui a coûté 10M$, et des problèmes
mécaniques qui entraînent la mise au rancart de dizaines de vieux
autobus, causant de multiples problèmes aux heures d’affluence. Ce
qui doit toutefois être corrigé, prévoit-on, par l’arrivée de
75 autobus neufs et de 225 autres prévus pour 2002.
Résumons-nous. Tandis
qu’on coupait dans le transport en commun pour doter l’île de
Montréal d’une police «de luxe», et de surcroît pseudo
communautaire et d’avantage répressive, de petits salariés, des
chômeurs et des pauvres, dans la rue, exposés aux intempéries et
au froid l’hiver, attendaient des autobus qui prenaient du temps à
se pointer le nez, quand ils s’y pointaient car des circuits
avaient été abandonnés. Et les handicapés physiques attendaient
l’arrivée du transport spécialisé, quand il était…
disponible.
Il aurait été
instructif de demander à ces usagers s’ils avaient à ce point
peur de la criminalité qu’ils préféraient plus de police et
moins de transport en commun. Voilà qui projette l’image d’un
pouvoir politique davantage intéressé à leur contrôle et
nettoyage sociaux et à leur exclusion qu’à leur bien-être. Le
tout décidé derrière des portes closes, sans consultation
préalable des premiers concernés, les usagers. (Suite demain)
News du dimanche 23 Novembre 2008
■ Dernier G20 :
personne n'a présenté la main à Bush... – ...Il n'a pas présenté la
sienne non plus. Il devait s'y attendre. L'air penaud, baissant la
tête, la relevant, l'air de celui n'en croyant pas ses yeux. La
chancelière de l'Allemagne Angela Merkel l'ignore totalement.
Le déclin d'un puissant
qui, pendant ses 8 années à la présidence, a mené le monde au pas
de charge. L'aigle républicain a perdu sa superbe. Cela n'est rien
comparé au sort que lui réserve l'histoire et, qui sait, peut-être
même les tribunaux. Une
vidéo qui dit tout.
■ Le condom, plus
dangereux que le sida? – (Suite tome
3 de L'Étau Policier) On le fait aussi en milieu scolaire, quoi
que l’approche diffère. La journaliste Marie-Claude Malboeuf de La
Presse nous apprend, en mars 2000, qu’après les machines à
condoms, c’est l’homosexualité chez les ados dont ne veulent pas
entendre parler les écoles de Montréal. (Marie-Claude Malboeuf –
La Presse du 25 mars 2000) Même si les recherches montrent que les
jeunes gays se suicident et décrochent infiniment plus que les
autres. Et même si c’est en classe qu’ils vivent souvent leurs
plus graves tourments.
Elle cite notamment
François Béchard de la ligne d’aide Gai-Écoute : «Depuis des
années, on essaie de percer dans les écoles. Mais on se bute à une
forteresse.» En 1998 et 1999, l’organisme a contacté 600
écoles secondaires, cégeps et universités pour les inciter à
offrir aux étudiants ses dépliants et inscrire le numéro de sa
ligne téléphonique d’aide à l’agenda ou au bottin étudiants.
À peine un établissement sur six a répondu à sa lettre.
«Montréal, c’est la pire place, signale Béchard.
Presque aucune école n’a réagi.»
En novembre 2000, le
centre téléphonique Gai-Écoute recevait une subvention
supplémentaire et renouvelable de 70 000$ par année de Gilles
Baril, ministre péquiste délégué à la Santé, aux Services
sociaux et à la Protection de la jeunesse. (Sylvain Larocque –
La Presse du 12 novembre 2000) Depuis, Gai-Écoute couvre tout le
Québec et est accessible de 11h à 23h, à la ligne sans frais
1-888-505-1010. «Pour un ado, découvrir qu’il est gai c’est
déjà une tragédie parce que ce n’est pas un choix»,
rappelle un porte-parole de l’organisme.
En mai 2001, la
Commission scolaire de Montréal donnait le feu vert aux
distributrices de condoms, décision qui ne relevait plus cependant
d’elle mais du directeur… de chacune des écoles secondaires.
(Michèle Ouimet – La Presse du 26 mai
2001 ) Comme on peut s’attendre à ce que des directeurs
maintiendraient le feu rouge, interrogeons-nous. Le condom dans les
écoles, plus dangereux que le sida? Le tabou sur l’homosexualité,
plus important que la souffrance psychologique et le suicide?
Pas toujours facile de
vivre sa différence et de la faire accepter par les autres... Jeanne
Demers, une lesbienne, livre un témoignage émouvant dans une lettre
publiée par La Presse ce même mois de juillet 2000. (Jeanne Demers
– La Presse du 16 juillet 2000) «
Pourquoi devrais-je rester dans l’ombre? Parce que je suis
différente? La nature est multitude et différence. Pourquoi ce
besoin de toujours compartimenter, cataloguer, étiqueter? Je suis
unique comme chacun.»
Faisant allusion aux
ravages causés par la discrimination et la peur-du-qu’en-dira-t-on,
surtout en milieu de travail, elle s’interroge : «Car qui a
peur de qui? Est-ce que mon bonheur dépend à ce point de l’autre?
Ce dernier a-t-il vraiment le pouvoir de m’empêcher d’être
heureuse? Car, ne vous y trompez pas, nous parlons bien du bonheur.
Vivre avec notre identité gaie, c’est choisir d’être heureuse,
explique-t-elle. (…)
«Je n’ai pas choisi
d’être gaie, mais j’ai choisi de le vivre pleinement. Et ma vie
a pris un tout autre sens lorsque j’ai rencontré ma compagne.
J’apprends à chaque jour comme il est bon de vivre avec une
personne aimée, comme il est bon de partager. Je sais, pour nous le
faire dire souvent, combien nous sommes rayonnantes, les yeux
brillants et l’air épanoui. D’où croyez-vous que vient
cette irradiation, sinon du bonheur? Il est sain et naturel.
(...) Nous voici rendus à l’an 2000. Dites-moi au nom de quoi
ou de qui je me priverais du bonheur?» (Suite demain)
■ L'«asphyxie» du transport en commun –
(Suite tome 2
de L'Étau Policier) On pourrait penser qu’après tout ce
qui précède, avoir fait le tour de la problématique.
Détrompons-nous.
En page 68 du document de
la CUM sur la police de quartier, on apprend que le corps policier
devrait songer à développer des sources de revenus. (La Police de
quartier – Ensemble pour mieux servir –
Communauté urbaine de Montréal et Police de la CUM, 1996) «Chaque
quartier est entouré d’organismes qui ont un intérêt vital à ce
qu’elle dispose des moyens nécessaires pour accomplir sa mission
efficacement».
Elle devrait donc
explorer les pistes suivantes, suggère-t-on : développer un
partenariat avec le secteur privé pour obtenir des dons, des
commandites ou des subventions, établir des échanges de services
avec des organismes sans but lucratif, notamment la collecte de fonds
pour l’achat d’équipements.
La défunte CUM, qui
n’était pas à court d’idées, proposait aussi à son corps
policier d’utiliser au maximum les dispositions légales afin de
récupérer de l’argent et de la vente de biens saisis à l’issu
d’enquêtes criminelles. Cette pratique perdure encore de nos
jours, pas seulement sur l’île de Montréal, partout au Québec.
Comme la police dispose
déjà d’un budget annuel, ne serait-il pas plus équitable que ces
billets de banque soient plutôt remis directement aux municipalités?
Après tout, ce sont les citoyens de celles-ci qui en assument tous
les coûts, notamment de celle de l’île de Montréal, une «police
de luxe». ( André Cédilot – La Presse
du 20 mars 1999 ) Cela étant, pourquoi les lui laisserait-on ? Pour
qu’elle devienne encore plus luxueuse ?
Complétons le bouquet
par cette citation de la page 55 du même document de l’ex-CUM :
on suggérait à la police d’«établir un système de bénévoles
accrédités qui accompliront certaines activités d’ordre
administratif ou de soutien (...)». Il s’agissait de l’une
des méthodes que l’organisme régional préconisait «pour
favoriser le rapprochement entre la population locale et les
policiers du quartier». On ignore jusqu’à quel point cette
mesure a été appliquée.
Pendant que la CUM
investissait sans arrêt dans sa police et que des municipalités
membres consacraient, sur leur territoire respectif, «des
ressources supérieures à la moyenne en matière de sécurité
publique»,
la même CUM effectuait de larges coupures dans les budgets de la
Société de transport de la CUM (STCUM) : Danyluk l’avait aussi
dépouillée de son surplus budgétaire de 23M $ de 1998 et agrippé
au passage les sommes perçues auprès des sociétés de transport de
Laval et de la Rive-Sud pour payer sa police.
À partir de 1995, année
marquant le début des coupures budgétaires, le transport en commun
a subi en effet «une véritable saignée», rapporte La
Presse du 16 décembre 1998. Se référant à un document de la
STCUM, le journaliste nous apprend que 789 postes avaient été
abolis, soit 10% des effectifs. Combiné à une réduction de 50% du
temps supplémentaire, cela correspondait à 1 100 postes, soit 13%
des effectifs.
De plus, la contribution
des municipalités à la STCUM avait également diminué, passant de
48,4%, en 1992, à 38%, environ six ans plus tard, un recul de plus
de 10%. Celle des usagers, dont on peut supposer qu’un grand nombre
n’ont pas les moyens d’avoir une auto, avait, quant à elle,
augmenté depuis 1992, passant de 43 à 52%.
Les coupures dans le
transport en commun influaient directement sur la fréquence du
service : moins d’argent, moins de service. D’après le
document, la Société de transport avait dû abandonner, année
après année, certains services d’autobus et réduire la fréquence
du métro. Le kilométrage annuel autobus-métro avait diminué de
10%.
À la fin du printemps
2001, dans le cadre d’une commission parlementaire, à Québec, le
président du conseil d’administration de la STCUM, Pierre-Yves
Melançon, identifie la période de 1994 à 1998 «à des années
d’asphyxie» où le service a diminué de 13%. (Martin Pelchat
– La Presse du 2 juin 2001) Dans La
Presse, on rappelle qu’à Montréal, durant le règne du maire
Pierre Bourque (et à la CUM, durant celui de la présidente
Danyluk), entre 1994 et 2001, on avait délaissé le transport en
commun. (Suite demain)
News du samedi 22 Novembre 2008
■ Canada :
Afghanistan (encore?) –
Oui, et aussi souvent que nécessaire. Les citoyens canadiens, qui
paient la facture salée de cette guerre via leurs impôts, ont
parfaitement le droit de savoir ce qui s'y passe. Dans une société
libre, on ne fait pas de cachettes, on dit tout.
J'y
reviens parce que je me pose des questions. Quand est-ce qu'un soldat
canadien rapatrié écrira-t-il un livre sur ce qu'il a vécu en
Afghanistan? En est-il empêché parce qu'il a porté serment de ne
rien dire ou pour d'autres raisons?
Si
l'un d'eux passait à l'acte, son livre ferait tout un tabac au pays
et à l'étranger. S'agit pas de dévoiler des stratégies
militaires, seulement de traiter du vécu sur le terrain et d'émettre
différentes opinions. C'est tout. Et s'il arrivait quelque chose à
son auteur, suis convaincu que ça buzzerait pas mal fort sur le web,
en faveur de la liberté d'expression.
Osez, ainsi que l'a fait
l'ex-général canadien Roméo Dallaire dans un tout autre contexte :
le génocide rwandais.
■ Livre d'un pilote
de chasse français : Rafale en Afghanistan – Capitaine
Romain était en mission à Kandahar, territoire où l'armée
canadienne opère, entre autres armées. Chaque jour, il écrivait
quelques pages de ce qu'il voyait et vivait. De retour dans son pays,
il a décidé de publier.
J'en ai découvert l'existence sur le site
Secret
Défense. Site et livre (passionnant, selon ceux qui l'on lu),
fortement recommandés aux journalistes canadiens n'ayant rien à
dire (pondre) au sujet de cette guerre (secrète, parce que le
gouvernement du conservateur Stephen Harper et ses soldats nous cachent tout).
Idem du blog du
capitaine Romain.
■ Obama, à 60
minutes... – ...l'émission
phare de CBS. Détermination
de changer les rapports entre le président et la population et
d'apporter aussi d'autres changements. Sincérité, convivialité, vraiment
sympa... Dans le bas du premier écran, deux autres vidéos, cette
fois accompagné de sa conjointe. Obama, c'est l'espoir d'un monde
meilleur, normal que j'en parle un peu à l'occasion. N'oubliez pas
d'agrandir les écrans...
■ Canada
: le gros mensonge de Stephen Harper – Le
16 septembre dernier, en pleine campagne électorale, Stephen Harper
s'était engagé à ne pas plonger le pays dans l'ornière des
déficits si son parti était réélu le 14 octobre, journée du
vote. (Hugo de Grandpré – La Presse du 16 septembre 2008)
Dans ce même article, il réitérait
son engagement à l'effet qu'un gouvernement conservateur ne ferait
pas de déficit s'il était reporté au pouvoir. Citation d'Harper :
«Nous avons fait des prévisions
et nous avons fait notre plateforme pour assurer que nous
allons avoir des budgets avec des surplus».
Le 14 octobre, les conservateurs
d'Harper prennent le pouvoir. Deux mois et quelques jours s'écoulent
puis la promesse devient un gros mensonge. Les faits sont là... Le
20 novembre, Harper, dans son discours
du trône, écrit : «(...) en ces temps extraordinaires de
ralentissement mondial, il serait malavisé de s'engager à déposer
à tout prix un budget équilibré à cour terme (...)»
(Joël-Denis Bellavance – La Presse du 20 novembre 2008)
Le lendemain, nous
apprenons que deux
déficits sont prévus : de 3,9 milliards$ en 2009-2010 et de
11,4 milliards$ en 2010-2011. (Joël-Denis Bellavance – La Presse
du 21 novembre 2008)
PS : Est-ce que les coûts
de la guerre du Canada en Afghanistan pèsent lourds dans la balance?
Harper n'en a pas parlé. Impossible de connaître les vrais
chiffres, qui sont éparpillés un peu partout, notamment dans
différents ministères : quelque part entre 18 et 28 milliards$? Harper ne semble avoir donné aucune
directive visant à centraliser la comptabilité. L'aiguille dans la
meule de foin, pas meilleure cachette. Absence de transparence.
■ Mater,
en misant sur
la peur-du-qu’en-dira-t-on – (Suite tome 3
de L'Étau Policier) Dans une ville, soutient Jacobs, il est
indispensable de voir coexister des pôles d’attraction, depuis les
bars jusqu’aux… centres paroissiaux, prend-elle le soin de
préciser, et bien d’autres éléments encore, suscités par des
inclinations, des aspirations et des intérêts différents. (Jane
Jacobs – Déclin et survie des grandes
villes américaines – Éditions Mardaga)
Indispensable pour une Cité de compter parmi ses citoyens des gens
aux goûts et penchants les plus divers. C’est de diversité dont
parle Jacobs, et son énoncé s’applique partout, dans n’importe
quel milieu urbain et rural.
Sur ce plan, on peut dire
qu’à Montréal, le Village Gay-Lesbien est le résultat d’un
victoire historique. La désapprobation sociale n’était pas facile
à déboulonner, car ils s’attaquaient à un tabou sexuel. En plus
d’être rejetés par la société, ils étaient réprimés par la
police. Pour eux, c’était carrément l’enfer. Ils ont combattu
l’intolérance. Bataille longue, exigeant courage, détermination,
impliquant de la souffrance aussi, beaucoup de souffrance. Ils ont
finalement pris leur place dans la société. Victoire attribuable
aussi à la solidarité dont ils ont fait preuve. Et chaque année, à
Montréal, ils célèbrent cette conquête en défilant fièrement
dans la rue, sans aucun complexe.
La police a longtemps
misé sur leur peur-du-qu’en-dira-t-on pour les mâter. Se faisant,
elle mettait à vif leur souffrance. Certains diront : tout cela
est du passé, la police les respecte maintenant. Ramener le passé à
l’ordre du jour permet d’illustrer les bassesses dont elle est
capable.
De préciser aussi qu’il
est loin d’être certain qu’elle les respecte partout. Alors que
des Montréalais semblent plus ouverts –
combien sont-ils? –, c’est loin d’être
le cas dans le monde rural où les citoyens sont généralement
homophobes.
Quand la police en civil
veut geler la vie d’un récalcitrant au conformisme, l’une de ses
fameuses règles non écrites, vous pensez qu’elle hésitera à
faire courir le bruit que monsieur est homo ou madame lesbienne?
C’est bien la méconnaître, car elle est en grande partie
responsable de l’éclatement de la Société civile. Le ou la
stigmatiser par le bouche-à-oreille suffira, dans bien des cas, à
lui enfoncer la tête entre les épaules. On n’a qu’à regarder
la manière dont elle traite encore de nos jours travestis-es et
transsexuels-les.
Dans un article de La
Presse, un travesti fréquentant la rue Ontario, dans
Hochelaga-Maisonneuve, racontait s’être fait dire qu’il était
laid par des policiers de l’île de Montréal. Ils ne tolèrent pas
un homme habillé en rose, alors on imagine sans peine leur pilosité
se dresser face à un travesti. À leurs yeux, ce n’est plus un
citoyen mais un gugusse dont ils peuvent écorcher la dignité sans
rencontrer la moindre résistance.
L’écrivain cubain
Reinaldo Arenas, esprit trop libre et trop gay pour le régime
castriste qui l’emprisonna et le poussa à l’exil, déclarait,
peu après son arrivée aux États-Unis : «La différence
entre le communisme et le capitalisme, c’est que si on te donne un
coup de pied au cul, tu dois applaudir si tu es dans un régime
communiste et tu peux crier si tu es dans un pays capitaliste».
(Agence France-Presse – La Presse du 5
septembre 2000) Et la police, de Cuba ou d’ailleurs, n’est pas la
seule à jouer sur les «déviances», surtout dans le vaste
monde de la sexualité. (Suite demain)
■ Coûts faramineux
de la pseudo police communautaire – (Suite tome
2 de L'Étau Policier) Du temps de la Communauté urbaine de
Montréal (CUM), le discours public de l’élite politique de l’île
de Montréal était à ce point empaqueté que les citoyens croyaient
que les coûts de la police augmentaient si peu, d’année en année,
que ça ne valait pas la peine de déchirer sa chemise sur la place
publique. C’est en tout cas l’impression qui se dégageait des
propos usuels de la présidente Danyluk.
Celle-ci omettait de dire
qu’individuellement des municipalités membres de la CUM
investissaient à la fois dans la police et des forces parallèles,
soit en faisant appel aux services d’agences de sécurité privée
ou en embauchant des gardiens de sécurité, qui devenaient de facto
des employés municipaux, et aussi en achetant des équipements.
Déjà en 1990,
Normandeau et Leighton constataient que des municipalités membres de
la CUM consacraient «des
ressources supérieures à la moyenne en matière de sécurité
publique».
(André Normandeau et Barry Leighton –
Une vision de l'avenir de la police au Canada : Police-défi 2000 –
Direction de la police et de la sécurité, Secrétariat du Ministère
du Solliciteur général du Canada, 1990)
Ils ne les identifiaient
pas, ne fournissaient aucun chiffre. Une chose est sûre : le citoyen
de chacune d’elles en défrayait la note. Dans les faits, il payait
simultanément à deux endroits : à la CUM pour les services de sa
police et à sa municipalité pour le surplus de protection dont
cette dernière s’était dotée. Et lorsque les élus de l’île
ont décidé, au milieu des années 1990, d’implanter la pseudo
police communautaire sur tout ce territoire, davantage encore
qu’avant.
Car il avait fallu
ajouter des postes de police à ceux existant déjà pour atteindre
le chiffre magique de 49. Avec la multiplication du personnel
clérical – citoyens-cléricaux ou policiers déguisés en
citoyens-cléricaux? – et l’achat d’équipements que cela
entraînait.
Combien de postes avaient
été logés dans des édifices qu’il avait fallu louer ou acheter
et rénover pour les rendre plus fonctionnels? Combien avaient été
spécifiquement construits à cette fin ? Des municipalités en
avaient par ailleurs défrayé les coûts de construction (et de
rénovation aussi?) sur leur territoire respectif. Ainsi la Ville
d’Outremont qui, en décembre 1998, prévoyait investir 1,8M$ dans
le futur poste de police de l’avenue Van Horne. (Éric Trottier –
La Presse du 15 décembre 1998) Le maire Jérôme Unterberg tenait
des propos lénifiant, affirmant que tout allait être financé par
la vente d’actifs de la municipalité et qu’il ne coûterait pas
un sou à ses concitoyens.
Quant on vend des actifs
d’une municipalité, on vend quoi au juste? Des biens que la ville
a achetés, notamment des terrains. Et avec l’argent de qui? Ce
peut être aussi des biens saisis pour non paiement de taxes, que la
ville peut ensuite revendre avec profits. Alors prétendre qu’il
n’en coûterait rien au citoyen était faux.
Individuellement des
municipalités fournissaient également de l’équipement au poste
de police situé sur leur territoire respectif. En février 1999,
trois villes de la partie ouest de l’île de Montréal –
Côte-Saint-Luc, Hampstead et Montréal-Ouest – devaient doter le
leur de caméras vidéo, à 10 000$ l’unité, et dans le cas de
deux d’entre-elles, y ajouter des voitures. (Éric Trottier –
La Presse du 4 février 1999) Le journaliste Éric Trottier de La
Presse nous apprenait qu’il ne s’agissait pas d’une première
puisque, depuis janvier 1998, une politique de commandites permet aux
municipalités membres de la CUM de munir leur poste de police
d’équipements spéciaux.
Il relatait que
«plusieurs
villes»,
généralement les plus riches, avaient aussi acquis dans le passé
des vélocimètres, des vélos, etc. Cinq municipalités avaient fait
l’acquisition, en 1997, de deux voitures supplémentaires pour
contrôler la vitesse des automobilistes. L’année d’avant, trois
autres avaient assumé la location d’une auto-patrouille
additionnelle. Des
bagatelles, arguera-t-on, quoiqu’on ne sache pas tout non plus,
mais n’en illustrant pas moins la propension.
Autre élément digne de mention :
la police désirait tarifer les services d’ordre qu’elle assume à
l’occasion de grands événements à but lucratif – festivals,
concerts rock ou matchs de hockey –. (Martin Pelchat –
La Presse du 29 septembre 1998) En vertu du principe de l’utilisateur
payeur, autre formulation faisant mouche à tout coup. (Suite demain)
News du vendredi 21 Novembre 2008
■ Film Nineteen
Eighty-Four (1984) – Une
adaptation (01H50) en anglais du roman 1984 de George Orwell.
Faites la connaissance de Big Brother. Acteurs : John Hurt,Suzanne Hamilton, Richard Burton, Cyrill Cusack,
Gregor Fisher et Andrew Wilde.
■ Une tour
new-yorkaise... – ...comme
en voit probablement nulle part ailleurs : diapo.
■ Combattre la
division de la société en bons et méchants – (Suite tome
3 de L'Étau Policier) Selon le sociologue Morin, la société
n’est pas unidimensionnelle, elle est multidimensionnelle. (Edgar
Morin – Pour sortir du vingtième siècle
– Éditions Fernand Nathan) Plus une
société est complexe, plus elle comporte en elle des potentialités
de désordres, antagonismes, conflits, plus elle comporte en même
temps, ajoute-t-il, des potentialités d’innovations, de
stratégies, de réponses aux forces de désagrégation, plus elle
devrait comporter en elle, pour compenser sa fragilité organique, la
communication fraternisante qui transforme le désordre en liberté.
Il
soutient que c’est la politique qui a le plus besoin de complexité.
Elle produit des idées de plus en plus simplifiantes pour des
sociétés de plus en plus complexes. En rationalisant, on simplifie,
on réduit la société en une seule dimension, on sort la réalité
du réel, on entre dans la pensée mutilée. Or, celle-ci n’est pas
inoffensive, explique-t-il. Elle débouche tôt ou tard sur des
actions aveugles qui rétroagissent sur la réalité sociale, et
conduisent à des actions mutilantes qui charcutent, tranchent et
retranchent dans le vif du tissu social et de la souffrance humaine.
Il faut combattre la vision manichéenne divisant la société en
deux, les bons d’un côté, les méchants de l’autre, clame-t-il.
Morin
parle de maladies de la raison. La raison arrache l’humain à
l’animalité, l’éclaire de sa lumière. La rationalité
instrumentale culmine à Auschwitz. Tout progrès se joue à la
frontière de l’indiscutable et du discutable et s’effectue par
la mise en discussion de l’indiscutable. D’où l’extrême
vigilance dont le citoyen doit faire preuve à l’égard des
intimidations officielles qui frappent l’idée neuve parce que
déviante.
Selon
lui, il faut veiller à la libre expression de la déviance. «Nous
avons besoin des pensées, non seulement auxquelles nous sommes en
désaccord, mais aussi avec lesquelles nous sommes en totale
discorde. Nous avons besoin de déviants, de marginaux, d’exclus.
Ils nous sont beaucoup plus nécessaires que les inclus et intégrés»,
écrit-il.
Les
innovations/créations constituent des déviances. Les nouvelles
tendances bourgeonnent toujours de façon marginale, se développent
en ruinant les anciennes structures, cultures, institutions. Le
capitalisme, cite-t-il à titre d’exemple, n’est pas né
frontalement du développement des forces productrices du monde
féodal. Comme l’a montré Baechler, relate Morin, il est tout
d’abord apparu en parasite et s’est développé, corrompant et
décomposant la société.
La
liberté d’entreprendre et de consommer des biens et services
demeurent les points de départ incontournables de toute démocratie.
Les communistes, quand ils prenaient le pouvoir quelque part, le
premier geste qu’ils posaient consistait à éliminer l’entreprise
privée. L'économie de marché, c'est la liberté tout azimut.
La
rationalisation a toutefois eu un effet excessivement pervers.
L’approche disciplinaire de la société marchande s'est propagée
à l’espace public, avec la complicité du pouvoir et de sa police,
contribuant ainsi à caricaturer les rapports entre les citoyens.
Tant et si bien que le citoyen a été programmé comme s’il était
un ordinateur, de façon à ce qu’il réagisse par automatismes,
sans que sa volonté ne participe à quoi que ce soit dans la
décision.
Quand
un pouvoir orthodoxe est très pénétré d’idées à la fois
utopiques et puritaines sur la façon dont le citoyen doit se
comporter dans sa vie de tous les jours, il introduit dans la
réglementation des concepts moraux relevant de la vie privée et
n’ayant rien à voir avec la gestion d’un État, d’une
province, d’une grande Cité, d’une ville, d’un village. (Suite
demain)
■ Police riche et transport en commun pauvre – (Suite tome
2 de L'Étau Policier) Ce que relate le journaliste représente
quelques photos de l’histoire policière, néanmoins des plus
révélatrices. Toutefois, en suivant son évolution sur plusieurs
années, on trouve de quoi remplir d’instantanés un gros album.
Sur l’île de Montréal par exemple, à l’époque de
l’ex-Communauté urbaine de Montréal (CUM) et de la Société de
transport de la CUM (STCUM), le pouvoir politique préférait-il,
toutes proportions gardées, investir davantage dans sa soi-disant
police communautaire que dans le transport en commun? On le sait,
autobus et métro sont surtout le moyen de transport des petits
salariés, des chômeurs et des pauvres.
Transportons-nous au mois
de septembre 1998. La CUM est à élaborer son budget de l’année
1999. Il lui manque une soixantaine de millions de dollars pour
atteindre l’équilibre. Selon le journaliste Éric Trottier de La
Presse, 25 de ces millions manquants avaient été investis dans les
hausses salariales des policiers, l’implantation des postes de
police de quartier et le déménagement du quartier général. (Éric
Trottier – La Presse du 10 septembre
1998) Il tenait cette info du maire de Saint-Léonard et président
de la commission de l’administration et des finances de la CUM,
Frank Zampino.
Deux mois et demi plus
tard, l’Agence métropolitaine de transport (AMT) révèle que «la
CUM utilise des sommes perçues auprès des sociétés de transport
de Laval et de la Rive-Sud pour payer sa police».
(André Noël –
La Presse du 26 novembre 1998) Gaétan Turbide, directeur général
de la Société de transport de Laval (STL), confirme au journaliste
André Noël de La Presse la justesses des calculs de l’AMT : «Nous
avons alerté le gouvernement à ce sujet dans le passé».
Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, corrobore : «Il
est scandaleux que les citoyens de Laval contribuent à la police de
Montréal en croyant soutenir le transport en commun».
Même son de cloche à la Société de transport de la Rive-Sud de
Montréal (STRSM).
De son côté, Vera
Danyluk, présidente de la CUM, nie tout : «C’est
totalement faux. Il est vrai que nous avons baissé nos contributions
à la STCUM et augmenté le budget de la police, mais l’argent ne
venait pas de la banlieue».
Quatre témoins versus Danyluk, qui a tout de même avoué avoir
investi moins dans le transport et davantage dans sa police.
Plus
ou moins trois mois après, début mars 1999, la journaliste Michèle
Ouimet de La Presse nous informe que la police de l’île de
Montréal hérite de la part du lion dans le budget 1999 de la CUM,
soit près de 395M$, en hausse de 2,4%. (Michèle Ouimet –
La Presse du 3 mars 1999) Dans le programme triennal
d’immobilisation, elle note qu’elle décroche, là encore, la
grosse part du gâteau, soit plus de 60% du total. Sur des
immobilisations de 61,5M$, en 1999, la police obtient, énumère-t-elle
: 13,4M$ (construction, acquisition et aménagement d’immeubles),
12,5M$ (police de quartier et changements technologiques), 6,1M$
(acquisition de véhicules), 2,3M$ (relocalisation de
l’identification judiciaire) et 1,8M$ (équipements de
communications).
Le mois suivant, deux
maires déclarent au journaliste Éric Trottier de La Presse que la
police de l’île de Montréal coûte cher. (Éric Trottier – La
Presse du 7 avril 1999) Luis Miranda, maire d’Anjou : «(...) ma
ville paye plus de 9M$ par année pour le service de police de la
CUM. À ce prix-là, nous avons 40 policiers. À Boucherville, ils
ont 60 policiers et ça leur coûte deux fois moins, 4,5M$.» Le
maire de Brossard, Paul Leduc, le dit aussi : «Pour nous, à
Brossard, c’est évident que le SPCUM (police de l’île de
Montréal) est trop gros, trop puissant, trop coûteux. Nous
n’aurions aucun avantage à intégrer notre corps de police avec
celui-là.»
À la fin 1999, l’ex-CUM
dévoile son budget, cette fois pour l’année 2000. Le journaliste
Trottier constate que ce corps policier, comme toujours,
précise-t-il, obtient la grosse part du gâteau. (Éric Trottier – La Presse du 10 novembre 1999) Dix jours après, il rapporte que
Michel Sarrazin, le dg de la police, souhaite ajouter un étage à
l’édifice abritant le Centre opérationnel Est, situé à
St-Léonard, une dépense d’1,5M$. (Éric Trottier –
La Presse du 20 novembre 1999) Pourtant, ainsi que le fait remarquer
le journaliste, il vient à peine d’être construit au coût de
7,5M$. Il n’a même pas encore été inauguré.
Il rapporte que sa
requête choque plusieurs maires du Comité exécutif de la CUM.
Certains estiment avoir été, «une fois de plus», placés
devant un fait accompli. «On se demande pourquoi le deuxième
étage n’a pas été pensé au moment de la construction de
l’édifice (…)», s’interroge Yves Ryan, maire de
Montréal-Nord et vice-président de la Commission de la sécurité
publique.
D’après lui, cette
nouvelle exigence ressemble à ce qui s’est passé lors de l’achat
du nouveau quartier général, quelque temps auparavant, quand
Sarrazin a demandé, après coup, l’augmentation du nombre
d’espaces de stationnement, une dépense additionnelle de 3,5M$.
Ryan : «Étaient-ils obligés de nous parler des
stationnements après l’achat? Certains trouvent que c’est le
même pattern qui revient.» Sans compter les 60 véhicules
achetés mais ne correspondant pas aux besoins : leur habitacle trop
étroit les rendaient inconfortables. (Suite demain)
News du jeudi 20 Novembre 2008
■ Oups ! – Monsieur X
: "Excusez-moi
mais vous êtes en train d'uriner sur ma voiture." Monsieur
XX : "Scusez-moi…
Elle ressemble à la mienne qu'est là bas… Bon… J'peux finir ?" (Source linternaute)
■ SDF (suite) – Deux
articles de france-soir.fr
que des difficultés "techniques" m'ont empêché
d'intégrer au texte précédent... Je tiens à vous les présenter
parce qu'ils illustrent bien l'enfer vécu par ces have not, dont peu
d'élus et de citoyens se préoccupent.
Et que la pseudo police
communautaire,
notamment celle de Montréal, opprime sans arrêt en leur collant des
contraventions. Sauf-conduit les menant directement en prison parce
qu'ils n'ont pas les moyens de les payer. Donc, communautaire que de
nom, parce que sans conscience sociale.
■ France : depuis
2002... – ...1
200
sans domicile fixe (SDF) sont décédés dans la rue : âge moyen, 48
ans, espérance de vie nationale, 80. C'est ce qu'ont appris les
membres du Collectif Les Morts de la rue, laissant entendre que la
liste pourrait être plus longue.
L'objectif
de ce Collectif, lit-on sur son
site, est de faire savoir que beaucoup de personnes qui vivent ou
ont vécu à la rue en meurent. Mettre en oeuvre et développer aussi
les moyens et actions nécessaires : pour la recherche, la réflexion
et la dénonciation des causes souvent violentes ; pour des
funérailles dignes de la personne humaine ; pour l'accompagnement
des personnes en deuil, sans distinction sociale, raciale, politique
ni religieuse. Aucune personne de la rue ne doit être oubliée une
deuxième fois, dans sa mort.
À l'automne 2007,
l'organisme a effectué une mini
enquête. Il s'en dégage que des citoyens sont souvent
désemparés, ne sachant que faire. Et d'autre part, que les SDF
parlent tous de leur solitude, du manque de regards et de
considération de l'entourage, jusqu'à s'en laisser mourir. Un
dépliant a été distribué afin d'en sensibiliser des citoyens et
intervenants.
Autres
actions du Collectif
Liste
des morts de la rue
PS : Les grands médias
québécois traitent très rarement des SDF morts dans la rue, à
Montréal. Jamais de liste annuel des décès. Si une star mourrait
de froid dans la rue, on nous en parlerait pendant des semaines, pas
un SDF. Un SDF? C'est quoi ça?
■ Le SDF réprimé
de tout bord tout côté – C'est ce que nous apprend le mémoire
du Barreau du Québec déposé, en octobre dernier, à la
Commission des Affaires sociales portant sur le sans domicile fixe
(SDF) et mise de l'avant par le gouvernement libéral de Jean
Charest.
Selon le Barreau, sûreté et
intégrité du SDF compromises de façon dramatique dans plusieurs
cas. Organismes d'aide exerçant un pouvoir discrétionnaire, le SDF
doit décrire ses conditions de vie à différents intervenants :
dignité et vie privée affectées. En raison de sa situation,
victime d'exclusion dans certains services publics. La perte de ses
cartes d'identité, attribuable à sa désorganisation, lui ferme
d'autres portes.
Approche
pénale et judiciaire porte atteinte aux droits et libertés du SDF,
qui peine à les défendre. L'accusation d’incivilité serait une
forme inutile de répression généralisée. Celle fondée sur
l’individu, ses droits et ses besoins serait beaucoup plus
appropriée. Nombre considérable de constats d'infraction émis en
vertu de lois québécoises, de règlements municipaux et de la
Société de transports de Montréal. Inquiétude du Barreau.
Pratiques
discriminatoires, certaines infractions verbalisées qu'au SDF :
traversée aux endroits interdits, utilisation des bancs de parc, de
murets de béton, flânage, entrave à la circulation. Le SDF peut
recevoir plusieurs constats d'infraction en quelques minutes. Recours
généralisé à l’emprisonnement pour non paiement d’amendes. Le
SDF dans 72 % des cas. De plus, criminalisation et judiciarisation
coûteuses. Inefficace
aussi, soit que le SDF revienne sur place ou se déplace. Ce n'est
pas ce qu'on appelle répondre à ses immenses besoins.
■ Intégrer
les éléments éclatés de la réalité sociale – (Suite tome
3 de L'Étau Policier) Touraine condamne la priorité que la
société moderne tend à accorder aux objets sur la liberté et les
relations sociales. (Alain Touraine –
Qu'est-ce que la démocratie ? – Éditions
Fayard) «Une démocratie ne peut se limiter à ce niveau le plus
bas de fonctionnement d’une société», déplore-t-il. Le
sociologue parle d'«une décomposition extrême de la vie sociale
qui laisse sans contrepoids la domination de la société par les
forces centrales de gestion et réduit le citoyen à la défense
d'une identité menacée».
Notons que Touraine ne
condamne pas pour autant la société de consommation, absolument
pas, soutient même qu’elle joue un rôle positif en détruisant
les barrières culturelles et sociales qui sont autant d'obstacles à
la démocratie. Ce qu'il condamne, c'est la préséance, redisons-le,
des biens de consommation sur les humains. Ne s’agit donc pas de
tamiser les lumières de la société marchande, tout bonnement
d’allumer celles de la liberté et de la socialisation. La société
en retirerait de grands bénéfices, sociaux et économiques.
Pourquoi maintiendrait-on tout un pan de la socialité dans la grande
noirceur d’une tempête de verglas?
Il appartient dorénavant
à chaque citoyen d’éclairer son milieu. Selon la formulation
utilisée par Touraine, le citoyen doit devenir un sujet. Le sujet
affirme sa volonté d'être acteur du changement et pas seulement
consommateur. Il y a peu, on croyait encore qu'il fallait sacrifier
ses intérêts personnels pour être un bon citoyen. C'est presque le
contraire qu'il faut dire aujourd'hui, précise-t-il.
Ceux dont le
comportement se réduit à une participation passive à la
consommation forment la masse d'appui des dominants. Seuls ceux qui
sont des sujets peuvent opposer un principe de résistance à la
domination des systèmes. Le sujet est centré sur lui-même et non
plus sur la société. Il est défini par sa liberté et non plus par
ses rôles.
D’après Touraine,
l’individu ne se comporte pas comme un sujet quand il s'identifie à
la volonté générale ou quand il est le héros d'une communauté.
Car il est séparé de lui-même par des situations
organisationnelles et institutionnelles chargées d'obstacles à la
formation d'une expérience qu’il pourrait ensuite s'échanger avec
d'autres.
Dans ce système de
domination, le rapport de l'individu avec lui-même est plus
fondamental que les rapports des individus entre eux parce qu'il se
heurte à la dépendance vécue. Le sociologue est d’avis que
chaque individu travaillant à intégrer les éléments éclatés de
la réalité sociale aide à reconstruire une société démocratique.
L’exemple des femmes libérées et celui des homosexuels et
lesbiennes illustrent bien ce dont traite Touraine, nous le verrons.
(Suite demain)
■ L'économie
d'échelle du ministre Serge Ménard – (Suite tome
2 de L'Étau Policier) Examinons un autre
volet de la réforme policière : le coût de l’idéologie
de la peur propagée par la police, le pouvoir et les médias. Au
début des grandes réformes péquistes, en juin 1999, le ministre
Serge Ménard, traitant de la réorganisation policière, arguait les
économies d’échelle… «L’ensemble des contribuables
paie alors moins cher pour les services de police et ils sont de
meilleure qualité et d’une plus grande efficacité.» (Normand
Delisle – La Presse du 16 juin 1999)
Cet
argument atteint sa cible à tout coup. Vrai, que les services de la
Sûreté du Québec coûtaient moins cher : 30 cents du 100$
d’évaluation contre 35 cents et plus pour un corps policier
municipal.
Cependant l’économie
n’était qu’apparente puisque le ministre offrait à rabais les
services de sa Sûreté du Québec pour appâter les élus
municipaux. Il ne pouvait exiger le vrai tarif parce qu’ils
risquaient de se braquer et sa réforme, avorter. Alors, il a puisé
dans les coffres du gouvernement en attendant qu’ils oublient sa
promesse ou ne puissent plus défaire ce qui avait été fait.
Qui les garnit, ses
coffres? Les citoyens de leurs impôts. Alors, ceux qui croyaient
économiser en optant pour ce corps policier, dans les faits,
défrayaient déjà le plein prix. Son approche était en outre
biaisée du fait qu’il n’offrait pas, en contre partie, une
subvention équivalente aux municipalités désirant conserver leur
corps policier municipal. Jolie boucle ! L’expérience démontre
amplement que, en de nombreux domaines, l’économie d’échelle
est un leurre, une mystification.
En
juillet 2000, le journaliste Martin Pelchat de La Presse écrivait
qu’avant de procéder à des fusions de corps policiers, le
ministre Ménard aurait avantage à méditer l’histoire de la
création de la police de l’île de Montréal. (Martin Pelchat –
La Presse du 22 juillet 2000) Après la mise sur pied de la
Communauté urbaine de Montréal ( CUM ), au début des années 1970,
l’intégration de ces corps policiers allait de soi, sur papier...
Un an plus tard, elle débouchait sur un déficit de 10M$ et menait
la CUM, l’année suivante, vers un trou de 97M$. (NDLR : Tous
les chiffres énoncés sont en dollars de l’époque.)
Selon les procès-verbaux
du Conseil des ministres du temps auxquels le journaliste a eu accès,
Montréal avait engagé trop de policiers, dont un bon nombre
remplissaient des fonctions qui auraient pu être exécutées par des
fonctionnaires nécessitant des salaires moins élevés. (NDLR :
Une entourloupette que la police utilise couramment pour dissimuler
des policiers et faire croire que ses effectifs sont moins nombreux
qu’on le prétend.)
D’autres ratés étaient
à l’origine de la situation : budgets des corps policiers sous
évalués de 25M$, contrôle budgétaire insatisfaisant, qui avait
entraîné un dérèglement dans l’accroissement des coûts ;
conditions de travail les plus coûteuses, celles de Montréal
avaient fait tache d’encre : des améliorations avaient été
consenties aux policiers dans le cadre des négociations. Sans
omettre un régime de retraite qui risquait de coûter cher. (Suite
demain)
News du mercredi 19 Novembre 2008
■ Humour érotique – Allemagne
vs Pologne
■ Un jeune qui nous
parle... – ...dans
le blanc des yeux, sans ménagement, du réchauffement de la planète.
Le ton un peu baveux, il nous averti qu'il ne s'agit pas de l'avenir,
mais de son avenir à lui... Il nous réprimande, nous les adultes.
Convaincu et convainquant, le petit morveux. Géniale,
cette vidéo de Greenpeace (02:20).
■ Obama : un
documentaire suscitant beaucoup d'espoir – Voir
W Bush quitter la Maison Blanche, ce qui sera chose faite le 20
janvier prochain, soulage bien du monde (ouf!). Savoir que son
successeur est non seulement un Noir, mais aussi un homme dynamique,
convaincu de l'urgence et de la nécessité d'apporter des
changements, disons le franchement : depuis qu'il est là, on se sent
mieux.
Le documentaire
de 2 heures (en anglais) que vous allez voir est d'une qualité
exceptionnelle, en contenu et contenant. Après ce visionnement, vous
connaîtrez beaucoup mieux Obama. Produit par l'émission Frontline,
de la grande chaîne de télévision américaine (The Public
Broadcasting Service – PBS), il est réparti en 10 chapitres :
agrandissez l'écran. À la fin de chacun, vous cliquez sur la flèche
rouge à droite.
■ Castagnetta : non
assistance à personne en danger? – Alessandra
Castagnetta : «Je
me sens comme une soeur de quelqu'un qui pourrait être avec nous,
maintenant. Mais il est mort. Pourtant, il n'a rien fait de mal. Ce
n'était pas un terroriste, un criminel, un mafieux. Il était
étudiant.»
Pour
le contexte de cette affaire, lisez, un peu plus bas, l'article publié hier
dans mes ACTUALITÉS à 00H46.
■ Néo-individualisme : renaissance de la démocratie? – (Suite tome
3
de L'Étau Policier) De son côté, Lipovertsky, pour y revenir, voit
bien que la ville moderne est plus froide, plus fonctionnelle, plus
anonyme, que la ville traditionnelle italienne par exemple, où
existe une «chaude
communauté, où tout le monde se connaît, où le foyer et la rue
communiquent».
(Citoyenneté et urbanité –
Éditions Esprit –
Ouvrage collectif)
L’une
des rares socialités qui demeurent, d’après lui, est celle des
bandes de jeunes, mais tendant vers la marginalité. C'est hélas,
croit-il, ce qui risque de se développer avec le chômage, la
société duale, la ségrégation des quartiers, le racisme. On voit
se multiplier de nouvelles formes d'agressivité, d'intolérance, de
sectarisme chez des minorités plus ou moins fortes, plus ou moins
déclassées.
Lipovetsky
constate une grande fragilisation des sujets, un sentiment de plus en
plus répandu de stress et de vide, de solitude, de repli sur soi, de
dépression, de difficulté à vivre et à communiquer. Il se demande
si le néo-individualisme saura aussi relever les défis de
l'intégration sociale et de la ville de demain.
Le sociologue n’en a
pas moins écrit que la logique disciplinaire et coercitive tend à
disparaître. Elle devrait également disparaître de l'urbain, trop
fondé sur les mythes de l'homogénéité, du fonctionnel, de
l'hygiénisme. Peut-on affirmer que l'espace privé constitue une
menace pour l'espace public ? Autrement dit : l’épanouissement du
néo-individualiste dans l’espace privé finira-t-il par peser de
tout son poids dans les urnes électorales ?
Si cette hypothèse se
concrétisait, cela constituerait bien évidemment un phénomène de
démocratisation exceptionnel, et peut-être unique dans l'histoire
moderne de nos sociétés occidentales. À tout le moins, est-il
logique de croire que, la démocratisation de la démocratie aidant,
le citoyen s'en laisserait un peu moins imposer par ceux auxquels il
doit cet espace public où il vit sous haute surveillance et momifié
par les stéréotypes du conformisme. Un véritable mur de Berlin
sépare les deux espaces. C’est l’espace public qui doit s’ouvrir
davantage au citoyen. Cependant, de là à croire qu’il deviendra
une copie conforme de l’autre...
L’analyse que nous
faisons de la situation, le pouvoir et la police doivent bien la
faire, eux aussi. À l’image du banlieusard ayant peur du cyclone
urbain, se sentent-ils également menacés par un éventuel
débordement de cette nouvelle démocratie dans l’espace public, ou
de la démocratie de libération dont parle Touraine? Logique de le
penser parce que cela éroderait forcément leur emprise
psychologique démesurée sur la population.
Dans cette perspective,
l'implantation de la prétendue police communautaire au Québec,
entre autres endroits en occident, écran de fumée derrière lequel
la police en civil et ses collabos se dissimulent pour couper les
bourgeons de la démocratie en devenir, en serait une manifestation.
L’ignorance
des élus en matière sociologique et policière constitue un très
grave problème d’intérêt public parce qu’ils s’en prennent à
une population formée de citoyens normaux et paisibles, et non plus
seulement à des rétifs ou d’inaptes à toute socialisation. Notre
Société civile a mal à ses droits et libertés. (Suite
demain)
■ Des élèves
référés à la police par des profs ! – (Suite tome
2 de L'Étau Policier) En février 2002, Alexandre Gauthier du
même hebdo rapportait une entrevue réalisée avec la policière
Hélène Nepton, responsable des relations publiques à la Sûreté
du Québec. (Alexandre Gauthier –
l’Étoile du Lac du 9 février 2002) Celle-ci traçait le portrait
de la situation dans les écoles du Québec.
Suivant ses propos,
violence, taxage et drogue y augmentent sans cesse, d’où la
nécessité, rapportait le journaliste, du Programme d’intervention
en milieu scolaire (PIMS) de la Sûreté du Québec, qui, après
avoir démarré lentement, la décennie précédente, c’est
soudainement accéléré en 2001 pour s’étendre à 139 écoles
secondaires du Québec. (NDLR : Notons l’année de
l’accélération, l’une de celles des grandes réformes
péquistes, alors que Serge Ménard était au volant de la Sécurité
publique. Coïncidence sans doute!)
Nepton
explique au journaliste qu’il y a bien sûr le volet préventif,
mais le programme va plus loin en mettant l’accent «sur
la répression».
Un policier est affecté à chaque établissement scolaire qui en
fait la demande. Il peut être appelé à rencontrer des jeunes qui
se font prendre, par exemple, en possession de drogues. D’autres
peuvent «simplement
se confier
(sic) à
ce policier ou leur être référés par des professeurs ou
directeurs. (…) Il
n’est pas question de procéder à une chasse aux sorcières»,
rassure-t-elle.
Si
le PIMS a fait ses preuves, il est impossible d’identifier
cependant un taux de réussite précis, avoue-t-elle. Mais lorsqu’on
sait que «12%
des ados ont admis avoir touché à la drogue, pourcentage qui grimpe
à 40% (sic)
après
18 ans, on comprend que les besoins sont là».
D’où viennent ces chiffres ? Le journaliste ne le dit pas. De la
Sûreté du Québec ?
Cette
rationalisation extrême a de quoi troubler tout citoyen soucieux de
ses droits et libertés. Surtout en milieu scolaire, où
commissaires, directions d’écoles et profs sont souvent des
inconditionnels de la police. Ils n’ont pas le choix… Essayez
donc, juste pour voir, de dire non à la police. (Suite demain)
News du mardi 18 Novembre 2008
■ Le peintre
espagnol Miquel Barcelo... – ...
a restauré "la salle du Conseil des droits de l'homme et de
l'alliance des civilisations" de l'ONU à Genève. Ainsi qu'on
l'indique dans la légende d'une des photos, le plafond de la voûte
est parsemé de stalactites colorées, qui ont nécessité
l'utilisation de 35 000 kilos de peinture. De toute beauté.
Elle a été inaugurée
aujourd'hui par le roi Juan Carlos d'Espagne en présence du
secrétaire général de l'ONU Ban Li-moon, qui y voit un symbole du
multilatéralisme. (NDLR : Un secret bien gardé : fin 2008, des éléments de l'oeuvre se sont effondrés sous l'effet de la chaleur. Chuttt! Faut pas le dire.)
Le
peintre au travail, sur un échafaudage près du plafond
L'oeuvre
gigantesque dans sa forme définitive
Une
photo sous un autre aspect
Cliquez dessus pour
l'agrandir
L'édifice
prestigieux où elle se trouve
Plus
sur Miquel Barcelo
■ De riches
canadiens incités... – ...à
mettre leur fortune à l'abri du fisc dans des paradis fiscaux. Une
banquière du groupe UBS a effectué plusieurs voyages au pays afin
d'obtenir des dépôts : 5,6 milliards de dollars gérés depuis
Zurich, en Suisse, en date d'octobre 2005. Ce fait, entre autres, a
été déposé en preuve à l'encontre de Raoul Weil, ex-dirigeant
d'UBS, accusé cette semaine aux États-Unis d'avoir détourné ainsi
20 milliards.
Le
groupe suisse UBS est présent dans 50 pays, dont au Canada. Il a des
bureaux à Montréal, Toronto, Calgary et Vancouver. Il serait le
plus gros gestionnaire de fortunes au monde. (Sources : The Globe &
Mail et RCI).
■ Québec :
Castagnetta victime d'un problème systémique – Dans
son rapport, le coroner Jean Brochu relate l'événement. L'affaire
commence dans une épicerie de la Ville de Québec, en septembre
2007. Claudio Castagnetta, 34 ans, est pieds nus, tient des propos
incohérents, dérange la clientèle. Des policiers lui demande de
circuler, sans succès. Tentent de l'immobiliser mais, bien que non
violent, oppose une forte résistance. On utilise le taser, sans
résultat. S'en suivent force physique et menottes.
Mis en cellule, il crie
et émet des bruits étranges. Transféré dans une cellule du Palais
de Justice, lèche les murs, vomit, s'asperge le visage avec l'eau de
la cuvette des toilettes, a chaud, présente des troubles
d'équilibre. Trop confus pour comparaître devant le juge.
Au moment de le ramener
au poste de police, il s'affaisse et semble pris d'une crise
convulsive. Pendant son transfert, se frappe la tête sur les parois
du grillage du fourgon cellulaire. On lui installe un casque de
hockey avec visière pour éviter qu'il se blesse. À son arrivée au
centre de détention, est inerte, sent l'urine, respire fort et râle.
À l'infirmerie, on décide de l'amener à l'hôpital. Est comateux,
son état se détériore rapidement et décède le lendemain.
La
question : pourquoi avoir attendu si longtemps avant de le conduire à
l'hôpital? Réponse du coroner Brochu... Les intervenants auraient
dû s'apercevoir que la victime n'était pas dans un état normal,
avait besoin de soins médicaux immédiats. Un problème systémique
soulevé par plusieurs coroner au fils des années, selon lui.
Rapport
et recommandations
du coroner Brochu
Éditorial
de Brigitte Breton du quotidien Le Soleil
PS : Apprendre à
valoriser la vie, se soucier des autres...
■ Désintégration
des liens sociaux – (Suite tome
3 de L'Étau Policier) Dans un article publié par la Revue
Notre-Dame, le chercheur Éric Laplante y voit également du progrès.
(Éric Laplante – Revue Notre-Dame
d’octobre 1999) Se référant au philosophe canadien Charles
Taylor, il se dit d’avis que l’individualisme permettrait aux
personnes de vivre davantage selon leurs convictions, d’être plus
authentiques, et donc d’apporter une contribution plus importante à
la vie en société. Il devrait nous enseigner que personne n’est
inutile. Chacun, dans sa différence, peut faire profiter le
collectif.
Pour sa part, Thériault,
professeur titulaire à la faculté des sciences sociales de
l’Université d’Ottawa, fait observer que cet individualisme
s’est exacerbé au cours des vingt ou trente dernières années.
(J-Yvon Thériault – Revue Notre-Dame de
septembre 1999) Les gens se perçoivent de plus en plus comme
individus et pensent individus. Mais l’individualisme peut
déboucher sur une autre façon d’être en société. Ce qui est
proposé à l’homme moderne, c’est un projet exaltant,
s’exclame-t-il.
Désormais, il faut vivre
ensemble non pas parce qu’on est de la même famille, de la même
tradition, de la même religion ou qu’on a le même style de vie
mais parce qu’on décide de vivre en société avec des gens
différents de soi. C’est le grand enjeu de nos sociétés
contemporaines : apprendre à vivre avec les autres parce qu’on est
convaincu qu’il y a avantage à s’unir à eux.
Le risque d’éclatement
social demeure, reconnaît tout de même Thériault. Mais en même
temps, il est convaincu qu’on peut construire la société que nous
voulons et non subir celle qui nous est imposée par la tradition. Il
y a un côté ombre : la dissolution possible du lien social. Un
côté lumière aussi : la possibilité, pour la première fois
dans l’histoire, de faire une société telle que nous l’entendons,
explique-t-il. La citoyenneté est alors, d’une certaine façon, un
projet emballant qui ne peut pas exister sans un certain
individualisme.
Voilà des témoignages
qui feront jubiler tout lecteur épris de liberté et de démocratie.
Cependant, cette exubérance s’effondre de quelques bémols quand
on lit le sociologue Touraine, qui est plutôt inquiet. (Alain
Touraine – Qu'est-ce que la démocratie ?
– Éditions Fayard) La démocratie est
menacée à la fois par l'imposition de valeurs, normes et pratiques
communes, et par un différencialisme et un individualisme extrêmes
qui abandonnent la vie sociale aux mains des appareils de gestion et
des mécanismes du marché, écrit-il. Conclusion de Touraine : la
société a besoin d’une « démocratie de libération ».
D’autres aussi sont
préoccupés. Le néo-individualisme est en partie à l’origine
d’un mal dont souffrent la grande Cité ou le petit village : la
désintégration des liens sociaux. Toffler constate, lui également,
qu’il y a un prix à payer pour jouir de cette liberté dans
l’espace privé, et ce prix, c’est la solitude, malheureusement,
déplore-t-il. (Richard Martineau –
L’Actualité d’août 1999) Il n’y a jamais eu autant de
personnes seules que maintenant, juge-t-il. (Suite demain)
■ Une
maison de dressage sans le nom – (Suite tome
2 de L'Étau Policier) Qu’un organisme s’investisse dans les
loisirs des jeunes, vraiment rien à reprocher là à quiconque, bien
au contraire, si ce n’est la philosophie sous-jacente, l’encadrement… par des civils et des collabos, et sans que la
chose ne soit sue, ce qui n’est tout de même pas rien. Et l’autre
encadrement, visible celui-là : la clôture encerclant le
terrain et l’établissement, sauf sa façade. Ce n’est donc pas
seulement un terrain de jeu, mais l’équivalent d’une maison de
dressage ou de rééducation sans le nom, et à l’insu des
citoyens.
Sans en généraliser la
pratique partout au Québec, là où il y a des maisons des jeunes,
car il faudrait enquêter pour le savoir, on peut y voir une action
concertée visant à parquer les jeunes en un seul endroit sur des
territoires municipaux. Des zones fermées et protégées, en quelque
sorte, à l’abris de la drogue, de la criminalité en tout genre et
censurer tout ce qui n’est pas politiquement et puritainement
acceptables dans nos petites villes et villages, qui sont déjà
aseptisés à l’os.
Redisons-le :
pour les sortir de la rue, où pourtant ils ont le droit de circuler
en toute liberté. La police en civil de la Sûreté du Québec,
entre autres corps policiers, et ses collabos savent comment s’y
prendre pour décourager le citoyen ( enfant, ado et adulte )
circulant dans l’espace public sans autres buts que celui de
profiter du beau temps, humer du bon air pur, voir un peu de monde,
faire du lèche-vitrine, se balader à vélo, etc. Pour ensuite les
confiner aux établissements commerciaux, municipaux, gouvernementaux
et paragouvernementaux.
Dans
le cas des ados, il suffit de peu pour qu’un gardien de sécurité
les expulse. Surtout ne pas se déplacer en gang : on le sait,
les jeunes qui se tiennent ensemble sont tous des criminels,
potentiels ou avérés. Ils doivent se comporter comme des adultes,
et non comme les enfants et ados qu’ils sont. Tout le monde étant
concentré en ces endroits, et non éparpillé dans les rues à faire
on ne sait quoi, cela facilite à la police en civil ses opérations
de contrôles et nettoyages sociaux, et de rééducation clandestine
illégales pouvant aller jusqu’aux déstabilisations
psychologiques, aux éjections, et provoquer même des suicides…
À
l’été 2004, la coordonnatrice Annie Lapointe quittera Roberval
pour des raisons personnelles. Paula Saint-Pierre lui succèdera et
déclarera peu après que «(…) la
Maison des jeunes de Roberval était malade».
(Jean-François Bonneau – L’Étoile du Lac du 17 juillet 2004)
Selon elle, des améliorations majeures sont nécessaires, notamment
à la cantine. Elle parlera d’ «émotions
personnelles après les réunions du personnel. Cela ne peut que
faire du bien à tous, et donner une meilleure image à l’organisme.»
Selon le journaliste Jean-François Bonneau de l’Étoile du Lac,
elle souhaite «redorer l’image de la
Maison des jeunes». À ce sujet, elle
signalera qu’aucun parent ne siège au sein du conseil
d’administration. Il s’est manifestement passé quelque chose.
Notons
que, par la suite, un magasin Maxi sera érigé dans le secteur, ce
qui obligera l’organisme d’emménager dans un autre local. La
municipalité s’occupera désormais de deux de ses activités :
skate-parc et basket-ball. Le 19 mars 2005, l’Étoile du lac
rapportera que Paula Saint-Pierre a été congédiée et que
l’organisme a fermé ses portes pour une période indéfinie, par
manque de financement. On espérait combler le trou budgétaire en
sollicitant la population. Fin de l’été 2006, on annonçait la
construction d’un local destiné à l’organisme. (Suite demain)
News du lundi 17 Novembre 2008
■ «Voyons
voir où en sont les États... – ...dans
leur lutte contre les
paradis fiscaux»...
■ Le
néo-individualisme consolide la démocratie – (Suite tome
3 de L'Étau Policier) Le sociologue Lipovetsky nous fait une
description de ce qu’est devenu la socialité, plus explicitement
du néo-individualisme, cependant sans faire référence aux forces
de l’ordre et du conformisme. (Citoyenneté et urbanité –
Éditions Esprit – Ouvrage collectif,
dont Gilles Lipovetsky)
Lorsqu'il
s'agit de rencontres de masse, comme dans le cas du métro, elle est
vécue comme promiscuité. Dans d'autres cas, on va là où il y a du
monde, et la foule devient elle-même événement. Les individus se
retrouvent en fonction de leur trajectoire personnelle. La ville
n'est plus qu'une agglomération de logements privés où l'on vit à
part, prend sa voiture pour aller travailler, partir en week-end. En
contrepartie, il semble qu’il n’y ait pas lieu d’être trop
pessimiste. Le sociologue y voit en effet de nombreux avantages.
Car la fragmentation
sociale ne signifie pas que chacun soit replié sur lui-même,
constate-t-il. Des formes de communautés se reconstituent mais sur
des principes individualistes. L'essor de l'associatif illustre ce
phénomène, avec le désir d'être intégré à des groupes sociaux,
sans engagement plein ni contrainte lourde, plus par plaisir que par
devoir.
Désormais, l'individu
s'absorbe de plus en plus dans son espace privé. L'aspiration au
bonheur, à la jouissance privée, génère l'exigence de dépendre
moins des autres, d'être davantage maître de soi-même, de décider
la conduite de sa propre vie. Lipovetsky dit qu’on voit se
développer un individualisme libéral, la tolérance du plus grand
nombre en matière de mode de vie, éducation, religion, politique,
sexualité, apparence vestimentaire.
Il en résulte, d’après
lui, un type d'individualité à tendance flexible. On assiste au
déracinement des normes et des comportements traditionnels, à
l'effondrement des idéologies révolutionnaires et nationales.
Partout, la logique disciplinaire et coercitive tend à disparaître.
Il devrait en être ainsi de l'urbain, trop fondé sur les mythes de
l'homogénéité, du fonctionnel, de l'hygiénisme, pense Lipovetsky.
Nous ne vivons pas seulement le moment de la consolidation de l'ordre
démocratique, celui aussi de la réhabilitation de l'économie de
marché et de l'entreprise.
Quelques soient les
inquiétudes que peut faire naître le néo-individualisme, il a eu
le mérite, nous apprend-il, de nous réconcilier avec les
institutions et l'économie libérale, de rendre possible le
dépassement des frontières nationales, de relever les défis d'une
démocratie élargie et d'une responsabilité collective de l'avenir
de la planète.
Cette progression se
manifeste-t-elle simultanément partout ? L’auteur ne le spécifie
pas. Ainsi qu’il en est de toute évolution, on peut penser que
certains endroits de l’Occident sont plus avancés alors que
d’autres traînent la patte. Par exemple, dans les milieux ruraux
et les banlieues où les résidents n’ont pas souvent l’occasion
de se colleter au pluralisme.
Alvin Toffler, auteur du
best-seller Le Choc du futur, publié en 1970, valide en quelque
sorte l’analyse de Lipovetsky (Richard Martineau –
L’Actualité d’août 1999) : l’individualisme s’est
démocratisé. Les gens ne sont plus prisonniers de leur communauté,
ils sont ouverts sur le monde, a-t-il confié, à l’été 1999, au
journaliste Richard Martineau de L’Actualité et rédacteur en chef
de l’hebdo montréalais VOIR. Dans le monde postindustriel, celui
de la troisième vague, chaque individu a une personnalité
distincte, unique.
Martineau lui a demandé
si le nouveau média Internet révolutionnera la vie démocratique.
Sa réponse : «Sans aucun doute». Et Toffler d’expliquer
notamment qu’au cours des prochaines années notre système
politique subira une transformation majeure. Nous sommes un peu comme
les citoyens français à la veille de la Révolution. Avant 1789,
l’élite se disait investie d’un droit divin, et la hiérarchie
sociale était très rigide. Les tenants de la Révolution ont réussi
à changer tout cela.
«De la même façon,
nous nous acheminons vers un système qui laissera encore plus de
place aux citoyens. La structure des gouvernements, le processus
électoral, tout va changer. Ce sera le début d’un temps nouveau»,
prédit-il. (Suite demain)
■ Sortir les jeunes
de la rue, contre leur gré – (Suite tome
2 de L'Étau Policier) En 2002, le journaliste Alexandre Gauthier
de l’Étoile du Lac signait deux articles pour le moins explicites
et portant sur les jeunes de la rue. (Alexandre Gauthier –
l’Étoile du Lac du 17 août 2002) Ainsi, celui du mois d’août :
«Vous avez remarqué que les jeunes flânent(sic) de moins en moins à Roberval? Soyez rassurés, vous
n’avez pas la berlue! La plupart des ados qui traînaient(resic) autrefois dans les rues à la recherche d’une
activité utilisent maintenant les nouvelles installations de loisirs
de la Maison des jeunes de Roberval (SOBBS).»
Dans celui de décembre,
il rapporte que, devenue indispensable (sic) pour tout
territoire se préoccupant du sort de ses jeunes, la pratique du
travailleur de rue fait un retour à Roberval tout en s’implantant
à St-Félicien. (Alexandre Gauthier –
l’Étoile du Lac du 7 décembre 2002) «Cette heureuse
(resic) initiative, on la doit à un organisme appelé, avec
justesse, Association ProXimité Jeunesse de la MRC du
Domaine-du-Roy», précise-t-il. (NDLR : Un lien avec la
police de proximité ?)
Financer
par différents partenaires, dont le Fonds Jeunesse Québec, deux
travailleuses de rue, Nadia Larouche et Claudia Bélanger, ont été
engagées ainsi qu’une coordonnatrice, Sandra Vachon. De fait, les
travailleuses de rue étaient déjà à l’œuvre aux deux
principaux pôles de la MRC depuis le mois de septembre précédent,
avec leur sac à dos de couleur violet.
Selon celles-ci, les
téléavertisseurs
commençaient à sonner régulièrement. (NDLR : D’où
venaient ces appels, pensez-vous ? De patrouilleurs de la police en
civil ou de ses collabos ayant repéré, dans l’espace public, un
ou quelques ados.) «L’adaptation
est un peu plus difficile pour les jeunes Félicinois (de
la Ville de St-Félicien) qui
n’avaient jamais vu de travailleur de rue auparavant. (…)
Il y a
eu du défrichage (NDLR :
Émondage ?) à
effectuer»,
racontait Bélanger.
De
son côté, la coordonnatrice Vachon révélait que l’organisme
cherchait à développer un réseau d’aidants naturels dans les
municipalités rurales de la Municipalité régionale de comté du
Domaire-du-Roy (MRC). Déjà, à Ste-Hedwidge, un comité de parents
avait été formé et se réunissait mensuellement pour faire le
point et trouver des pistes d’intervention. Une «formule
prometteuse»,
d’après elle, que l’on tentait de reproduire dans les autres
municipalités. Le cas de Lac Bouchette était le plus avancé où le
réseau devait être fonctionnel après les fêtes, estimait-elle.
Le
14 février 2004, L’Étoile du Lac nous apprendra la fin de ce
travail de rue, les subventions n’ayant pas été totalement
renouvelées. Ces travailleuses ne sont de fait qu’une façade
derrière laquelle les civils et leurs collabos se dissimulent pour
porter atteinte aux droits de ces jeunes.
On le voit, c’est
sérieux ! Vraiment trop de jeunes dans ces rues… désertes. Ici,
nous avons la confirmation que ceux-ci ont été “invités” à
quitter la rue, pourtant espace public où ils ont, à l’instar des
autres citoyens, le droit de circuler «librement» partout au
Canada. Cette liberté est du reste inscrite noir sur blanc dans la
Charte canadienne des droits et libertés.
Soulignons que sortir les
jeunes de la rue, contre leur gré, pour limiter leurs déplacements
en les confinant dans les maisons des jeunes, entre autres, n’est
pas une bonne idée. Car ils ont besoin des contacts de la rue pour
explorer et découvrir la société telle qu’elle est, et se
socialiser comme ils l’entendent, pas nécessairement comme on le
veut, et à leur rythme.
Cependant, il faut
reconnaître que les responsables de la Maison des jeunes et la Ville
de Roberval ont fourni de gros efforts, pendant deux années
consécutives, afin d’offrir aux jeunes un terrain où pratiquer à
volonté planche à roulettes et basket-ball. Infrastructures érigées
avec les moyens du bord et de l’argent glané à droite et à
gauche, en tout 45 000$.
Le
conseil municipal, pour revenir au journaliste de l’Étoile du Lac,
a notamment installé une clôture ainsi que «des
lampadaires qui éclairent le site en soirée, facilitant la
surveillance
(sic) des
responsables sur place jusqu’à 23h».
(Alexandre Gauthier –
l’Étoile du Lac du 17 août 2002 ) «Ça
vous tente de les essayer ?
lance-t-il aux jeunes lecteurs de l’hebdo.
Sachez qu’il est possible de le faire du lundi au vendredi jusqu’à
23h. Trois
responsables
se chargent de la surveillance
(resic).»
Le
tout imposé illégalement et clandestinement par el
comandante Michel
Boudreault de la Sûreté du Québec, responsable du territoire du
Saguenay-Lac-Saint-Jean, et avec la bénédiction de ses supérieurs.
Vital de le souligner parce que, et encore je ne parle que cette
région, toutes les atteintes aux droits et libertés viennent de
lui. Il est temps d'identifier clairement ces fonctionnaires
embauchés pour faire respecter la loi, mais ne la respectant pas
eux-mêmes. (Suite
demain)
News du dimanche 16 Novembre 2008
■ Faut savoir
frapper à la bonne porte – Caricature
de Nono
■ L'Islam, une
religion totalitaire – Vous
en doutez? Visionnez la vidéo (03:25) du discours
rageur de l'imam Abu Ozadeen : que les mécréants aillent en
enfer... (plus bas dans la page s'affichant, pas l'enfer, la vidéo)
L'événement se déroule à Londres. À la fin, la police
intervient.
■ Canada : congrès
conservateur anti-démocratique – Les
2000 délégués du parti conservateur du premier ministre Stephen
Harper tiennent leur deuxième congrès. Comme par hasard, ils se
réunissent 1 mois après les élections générales. Cela aurait dû
être fait avant celles-ci, pas après. Car les délégués ajoutent
en quelque sorte des éléments au programme électoral d'Harper.
RCI rapporte en effet que
les délégués ont
voté majoritairement samedi, en faveur d'une résolution pour
inciter le gouvernement canadien à prévoir des peines
additionnelles lorsque l'agression d'une femme enceinte entraîne la
mort ou des blessures à l'enfant à naître. C'est une résolution
qui reprend essentiellement les éléments d'un projet de loi très
controversé, qui avait été mis de côté, quelques jours avant le
déclenchement de la campagne électorale.
Parmi
les autres propositions adoptées, signale RCI, il y en a une qui
suggère d'octroyer le statut de contrevenant dangereux et de
condamner à la prison à vie tout individu reconnu coupable d'une
troisième infraction violente grave, d'une infraction liée au crime
organisé, d'un acte de terrorisme ou d'une infraction grave liée au
trafic de drogue.
PS
: C'est une atteinte à la démocratie. Dégueulasse!
■ Tailler
les citoyens comme des arbustes décoratifs – (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Cependant, c’est en amont que bouillonne et
tourbillonne la fureur urbaine, à l’intérieur même de la
citadelle du crime et de la sexualité chauffée à blanc. C’est
donc là qu’ils doivent intervenir, s’ils veulent éviter que
tous les maux dont elle est infectée ne contaminent leur espace
vital.
Comment? En imposant ordre et conformisme bourgeois eu sein même de la
Cité. Tailler les citadins comme ils taillent leur haie de cèdres
ou leurs arbustes décoratifs, faire en sorte qu’aucune feuille ou
brindille ne se distinguent des autres. Ou comme le décrit Jacobs :
trier soigneusement tous ces urbains qu’il est impossible de
distinguer les uns des autres tellement ils sont nombreux, et ensuite
les caser à droite et à gauche, le plus gentiment et calmement
possible, comme dans une ferme avicole. Ajoutons à ses propos :
et ceux n’ayant rien à foutre dans les rues devraient rester
sagement à la maison ou dans leur cour.
Dit plus explicitement,
cela consiste à agir loin des trompettes médiatiques, derrière les
portes capitonnées de cuir de l’ex-Communauté urbaine de Montréal
(CUM), là où siégeaient tous les maires de la banlieue de l’île
de Montréal. L’ordre morale servait de catalyseur et la police en
civil, de gardienne de l’orthodoxie bourgeoise.
Ces gens, bien sûr,
aspiraient à plus de police et de gardiens de sécurité, plus de
répression et d’exclusions. Quelques dirigeants de banlieues en
portaient l’étendard, sans l’afficher ouvertement. Tous les
maires y adhéraient, dont certains, sinon plusieurs, peut-on
présumer, sans trop savoir ce que se cachait derrière tout ça.
Depuis la fusion de ces banlieues à la Ville de Montréal, au début
de 2002, des banlieusards siègent désormais au sein de cette
nouvelle ville et disposent désormais d’un plus grand pouvoir
d’intervention qu’avant.
Illustrons tout ce
contexte d’une anecdote. Au début des années 1980, j’ai
travaillé deux ans dans l’Ouest canadien pour le Téléjournal de
Radio-Canada. Quelques membres de la bourgeoisie francophone de
petites villes et villages des provinces du Manitoba et de la
Saskatchewan me parlaient avec mépris de Calgary, certains d’eux
la comparaient même à «Sodome
et Gomorrhe».
C’était l’époque du
boom pétrolier. Les Arabes avaient haussé le prix de leur pétrole
à des sommets jamais vus. Des hommes d’affaires de l’Ouest
canadien avaient réagi en exploitant les sables bitumineux du nord
de la province d'Alberta et des gisements pétrolifères de la Mer de
Beaufort. L’argent coulait à flot et, en caricaturant, on pourrait
dire que les gratte-ciel poussaient comme de la mauvaise herbe, de
même que le taux de divorce du reste.
Alors, des francophones
catholiques pratiquant craignaient que ce virus, avec son cortège de
loisirs sexuels, vienne contaminer les familles. Pour s’en
protéger, ils avaient monté en épingle une désapprobation sociale
à l’encontre de Galgary comme on élève un mur pour endiguer des
eaux envahissantes et polluées. Ils la méprisaient comme un
évangéliste a horreur du péché.
Mais
dans cette Cité, même en ces temps de forte croissance économique,
vie sociale et vie nocturne n’y émergeaient pas pour autant,
étouffées qu’elles étaient depuis toujours par le puritanisme et
le conformisme des trois provinces des Prairies : Manitoba,
Saskatchewan et Alberta. D’ailleurs, cette austérité des moeurs
se prolonge dans les prairies américaines, à moins que ce ne soit
l’inverse.
Ce
n’est pas pour rien que les petites communautés francophones y
éprouvent des difficultés à conserver leurs citoyens les plus
dynamiques. On peut dire de même des anglophones, car les Prairies
sont peu peuplées. La vie attire la vie, l’ennui la fait fuir.
Ainsi
en est-il des milieux ruraux québécois où la police en civil et
ses collabos gèlent tout, instaurent la non-vie, au nom de la
prévention, le maître mot panzer : couper des arbres pour
éviter les feux de forêt et en émonder d’autres. Ce qui a eu
pour effet de réduire considérablement la communication entre
espace privé-espace public, et faire fuir bien des citoyens. (Suite
demain)
■ Infiltration de la
SQ dans des maisons des jeunes – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Au Saguenay-Lac-St-Jean, la
Sûreté du Québec (SQ) subventionne certaines activités, plus
particulièrement celles destinées aux jeunes. En août 2002, elle a
ainsi remis «un
beau»
chèque de 1 500$ à la Maison des jeunes de Chambord. (l’Étoile
du Lac du 10 août 2002)
Photo à l’appui où figurent, de gauche à
droite, le commandant du district Saguenay-Lac-St-Jean de la Sûreté
du Québec, el
comandante Michel
Boudreault, le conseiller municipal Gérard Savard, la responsable de
la Maison des jeunes L’Entre-Parenthèse, Lili Gagnon, la chargée
de projets, Josée Fortin, et… le dg de la Sûreté du Québec,
Florent Gagné. Aux yeux de la police provinciale, les Maisons des
jeunes jouent un rôle important. Regardons ça.
En
mai 1997, le dg de la Sûreté
du Québec,
poste occupé alors par le citoyen Guy Coulombe, signait un document
préliminaire intitulé Orientations et plan d’action de la Sûreté
du Québec. (Commission Poitras, CD no. 2, Divulg
210PDF, La police de proximité dans les MRC sur la voie du succès,
document no. 1, page 138) On y traitait du concept de la police de
proximité, notamment.
On
peut y lire que grâce à leur intégration dans la communauté, les
policiers sont en mesure de travailler plus efficacement en
partenariat avec les élus, les citoyens, les services municipaux,
les organismes communautaires et les organisations scolaires dans la
résolution des problèmes de sécurité publique locale. Ainsi, de
ces échanges découlent des bénéfices communs.
Par
exemple, «des
activités telles que la présence policière quotidienne
(sic) dans
une école secondaire, une invitation aux policiers de rencontrer des
jeunes de la Maison des Jeunes
(resic),
une conférence sur la prévention en sécurité nautique ou plus de
présence et de prévention dans les rues de la municipalité
permettent donc un rapprochement qui facilite d’une part, le
travail des policiers qui peuvent, par la suite, orienter leurs
actions en fonction des vrais problèmes et d’autre part, qui
favorise l’échange avec la communauté qui a alors le sentiment
d’être intégrée dans le processus de résolution de problèmes.»
Au Québec, en 2000-2001,
on dénombrait 304 de ces maisons des jeunes : plusieurs
possèdent un site Web, suffit d’utiliser les mots clés Maison des
jeunes pour y avoir accès. (Jean-François Bonneau –
l’Étoile du Lac 1e
mars 2003) Au Lac St-Jean, on en trouve à peu près partout :
14 sont inscrites dans l’annuaire téléphonique de Bell. Un peu
moins, semble-t-il, dans l’autre partie de la région, le Saguenay.
Probablement parce que les infrastructures récréatives et sportives
y sont plus nombreuses qu’en milieu rural. Portant toutes le même
nom : maison des jeunes… généralement suivi du nom de la
municipalité.
Un document intitulé Les
maisons des Jeunes au Québec, états de développement et
perspectives de soutien et de financement, donne une idée de la
“mission” de ceux les dirigeant (Jean-François Bonneau –
l’Étoile du Lac du 1e
mars 2003) : « Investir
auprès des jeunes permet de faire réaliser à la société des
économies au regard des frais engendrés par les recours aux
services curatifs, le décrochage scolaire et/ou social, l’inaptitude
au travail, le non-respect des différences chez les pairs, le
sexisme qui mène à la violence conjugale et les mauvaises habitudes
de consommation»,
y lit-on.
Ces
organismes sans but lucratif sont subventionnés en partie par le
gouvernement du Québec, dans le cadre de son Programme de soutien
aux organismes communautaires. Ainsi, en 2000-2001, elles avaient
reçu, en moyenne, une somme de 53 486$. Cependant, au
Saguenay-Lac-St-Jean, la subvention avait été moins élevée. Les
dirigeants de celle de Roberval – connu aussi sous le nom de la
Maison SOBBS, acronyme de skate, ordinateur, basket, billard et
social –, qui n’avaient eu droit qu’à 40 000$, s’en
plaignaient, estimaient qu’elle nécessitait un soutien minimal de
85 000$.
Suivant
les propos d’Annie Lapointe, sa coordonnatrice, «ces
maisons contribuent à prévenir les maux de société».
Le temps passé à trouver des solutions aux problèmes générés
par le sous financement est une embûche à «l’expérimentation
d’activités de stimulation, de séances d’information jeunesse
ou de développement de projets à long terme».
Elle en concluait donc que «le
financement précaire a des impacts plus graves que les gens auraient
tendance à croire à première vue».
En
outre, le ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard,
semblait également disposer d’un budget à cette fin, apparemment
fruits du partage de l’argent et des biens saisis dans les milieux
criminalisés. Ainsi, au mois d’octobre 2001, la Maison des jeunes
de Roberval recevait de sa part 10 000$. (Alexandre Gauthier –
l’Étoile du Lac du 7 octobre 2001)
La subvention devait servir au
lancement d’un projet appelé Le taxage, un crime grave. Afin d’en
informer les jeunes, assurément, mais aussi d’effectuer un sondage
auprès d’eux pour en évaluer l’ampleur. Notons qu’ici, à
l’image du maître mot panzer, la prévention, on ne semble pas sûr
que le problème existe ou pas. Sondage réalisé, en outre, par
ceux-là mêmes propageant le discours de la peur.
Dans le bas de vignette
d’une photo de l’Étoile du Lac, on indique qu’à l’été
2001, des représentants de cette Maison des jeunes avaient
sensibilisé la population aux dangers de la cigarette. Ils avaient
conçu à cet effet un kiosque appelé La Cig-Arrête, en
collaboration avec la Gang Allumée. Le kiosque avait été ensuite
installé pendant la saison estivale au Carrefour Jeannois, le centre
commercial de Roberval. Une campagne antitabac menée par des jeunes,
mais… sous l’impulsion, peut-on penser, des animateurs…
On le
voit, le danger, notamment, ne vient pas seulement des motards, de la
drogue, des pédophiles, du taxage, car la cigarette aussi nous
menace. (Suite demain)
News du samedi 15 Novembre 2008
■ Une société est
libre lorsqu'on ne lui cache rien – C'est
ce qui nous différencie d'une dictature ou d'un système
totalitaire. D'où l'importance, dans un pays démocratique, que
toutes les décisions (municipales, régionales, provinciales et
nationales) soient prises publiquement, sans exception.
Ainsi, les citoyens
doivent savoir quels élus sont à l'origine de la répression
souterraine et illégale dont la population est la cible. Capital, ce savoir, car
il permet à ces citoyens de se défaire d'eux lors des élections
suivantes, de les remplacer par d'autres respectant les droits et
libertés. Lorsque les décisions sont prises en cachette, derrière
des portes closes, la démocratie est court-circuitée sans que les
citoyens ne le sachent.
Un cas probant... Lors de
mon enquête dans le petit village policier de Lac Bouchette, au
Québec, j'ai constaté que deux conseillers municipaux participaient
activement à la répression clandestines illégales de la Sûreté
du Québec. Ne le sachant pas, comment les citoyens pouvaient-ils, en
propageant l'info et votant contre eux, se débarrasser de ces deux
élus?
Constaté aussi, lors
d'une élection municipale dans ce village, que l'un des candidat,
qui se présentait pour la première fois, était un flic en civil de
la Sûreté du Québec (SQ). Heureusement, il n'avait pas été élu.
Il travaillait au Centre Vacances Nature du village. Question : un
corps policier, entre autres la SQ, a-t-il le droit de présenter
lors d'une élection des candidats déguisés en citoyens?
Autre point : la
séparation des pouvoirs n'est pas respectée. Ainsi que l'illustre
la promiscuité policiers-conseillers municipaux, la pseudo police
communautaire (ou de quartier ou de proximité, etc.) enfonce les
barrières séparant les pouvoirs. Je réfère le lecteur à
l'extrait d'aujourd'hui du tome 2 de L'Étau Policier (voir
plus bas) et portant, entre autres, sur la subdivision du territoire
de la ville de Roberval en îlots de surveillance.
■ Les intolérants
sont des inadaptés sociaux –
(Suite tome 3
de L'Étau Policier) Umberto Eco, philosophe et romancier,
définit en quelques mots ce qu’est l’intolérance, parce que
c’est de cela dont on parle finalement : «On n’aime pas ceux
qui sont différents de nous, parce qu’ils ont une couleur
différente de peau, parce qu’ils parlent une langue que nous ne
comprenons pas, parce qu’ils mangent des grenouilles, des chiens,
des singes, du porc, de l’ail, parce qu’ils se font tatouer...»
(L’intolérance – Éditions Grasset –
Ouvrage collectif d’écrivains, de philosophes, d’Historiens et
de journalistes qui participaient au Forum international sur
l’Intolérance en mars 1997, à La Sorbonne : Weisel, Ricoeur, de
Romilly, Eco, Le Goff, Soyinka, Semprun, etc.).
Allons plus loin que Eco,
disons franchement que les intolérants sont de fait des inadaptés
sociaux. Le pire, c’est qu’ils utilisent tous les moyens pour
imposer à la population leur vision pathologique de la vie.
Comme leur petite ville,
ou village, se développe, des banlieusards croisent de plus en plus
d’oiseaux de tous chants et couleurs. Dans quelques unes de leurs
rues le trafic est plus dense, de nouveaux établissements
commerciaux surgissent de temps à autre, la construction
domiciliaire bulldoze le sol, éventre des rues pour la tuyauterie,
transporte des matériaux, cogne du marteau.
Des résidents se
retrouvent avec de nouveaux voisins qui ont un peu de blé mais pas
leur culture. Des étrangers élevant parfois trois ou quatre enfants
bien vivants et un chien bâtard qui vient parfois faire sa crotte
sur leur beau gazon. Cependant, il y a bien plus pénible : ces
nouveaux voisins leur sourient, les saluent. Y a-t-il plus souffrant
que de répondre à la convivialité d’un voisin n’appartenant
pas à sa classe?
La présence de plus en
plus rapprochée de la grande Cité les inquiète aussi. Cette
vitalité urbaine est décidément trop exubérante pour ceux qui
avaient délibérément choisi la presque campagne. Leur choix de vie
et habitat sont menacés par cette masse grouillante de vie,
indisciplinée et capable des pires horreurs. Comment échapper à
cet environnement oppressant ? Que faire pour sauver ce à quoi ils
tiennent mordicus ?
Alors que certains plient bagages devant
l’ampleur de la menace appréhendée, d’autres s’y refusent,
décident d’endiguer, de civiliser ces barbares de la vie moderne.
En aval, les citadins
venant s’installer dans leur patelin sont graduellement mis au pas,
c’est-à-dire normalisés, formalisés, moulés, tant par
l’urbanisme aseptisé que la réglementation municipale. L’ordre
morale veille et procède, clandestinement, à la rééducation des
rebelles lorsque nécessaire. (Suite demain)
■ Roberval : un flic
de la SQ élu conseiller municipal – (Suite tome
2 de L'Étau Policier) On l’a dit, chaque secteur est doté
d’un «parrain», secondé d’un conseiller municipal.
Zoomons sur le secteur six. L’aspect intéressant ici, c’est que
le «parrain» affecté à cet îlot est aidé dans sa tâche
par le conseiller municipal Gilles Veilleux. Qui est-il ?
Le journaliste Gauthier
le dit dans un de ses articles : «L’homme politique
connaît bien les rouages de la police car il a fait carrière dans
ce domaine.» Au cours de la campagne électorale de novembre
2000, il l’avait présenté aux lecteurs de l’hebdo, ainsi qu’il
avait procédé du reste avec tous les autres candidats. (Alexandre
Gauthier – l’Étoile du Lac du 5
novembre 2000)
«Gilles Veilleux
n’aura pas la chance de profiter de sa retraite s’il est élu au
siège numéro 2 dimanche, écrivait-il. Ce policier de 51 ans
quittera la Sûreté du Québec (SQ), après 31 années de
service. C’est à la suite de l’annonce de sa retraite que
des gens lui ont suggéré de se lancer en politique municipale.
C’est finalement l’offre de Denis Lebel, candidat à la mairie,
qui lui a donné le goût de faire le grand saut. (NDLR :
…Il est connu que plusieurs retraités policiers travaillent comme
surnuméraires pour la police…)
Traitant
de son programme électoral, le journaliste rapportait que «Gilles
Veilleux demeure prudent dans le dossier des fusions (municipales). (…) Cependant,
au sujet des corps policiers, il croit qu’un regroupement est
inévitable».
Le candidat Veilleux, qui ne pouvait s’aventurer d’afficher la
solution qu’il préférait, précisait néanmoins que Fédération
des policiers municipaux du Québec et Sûreté du Québec avaient
soumis des projets de regroupements pour la région : « Les
deux alternatives sont très près l’une de l’autre. (…)
Le
ministère tranchera».
Veilleux
souhaite travailler à la sécurité de la population, continuait le
journaliste, autant celle des personnes âgées que des jeunes. Il
est interpellé par les problèmes que vivent les jeunes, veut y
faire diminuer le commerce de la drogue : «À
Roberval comme ailleurs,
soutient le candidat,
nous subissons la présence des motards criminalisés. Il faut être
vigilant».
Le soir des élections de
novembre 2000, les candidats de l’équipe de Denis Lebel raflent
tous les postes de conseillers et Lebel, homme à la barbe noire,
déluré et franchement sympathique, devient maire de Roberval :
il avait occupé les années précédentes le poste de directeur
général de l’Ermitage St-Antoine, à Lac Bouchette.
À la première réunion
du conseil municipal, le nouveau maire distribue les dossiers dont
chacun aura la responsabilité. Veilleux devient responsable de ceux
de l’urbanisme et de la mise en valeur du territoire. (Alexandre
Gauthier – l’Étoile du Lac du 19
novembre 2000) Et, au début de 2002, quand Roberval sabordera son
corps policier municipal pour céder la place à la Sûreté du
Québec, Veilleux deviendra le conseiller municipal ressource du
«parrain» du secteur six. (Suite demain)
PS : Dans ce cas-ci, la séparation des pouvoirs entre le législateur (les membres du conseil municipal) et la police n'existe pas. La promiscuité entre ces deux pouvoirs est une menace à la démocratie. Elle génère des conflits d'intérêts.
News du vendredi 14 Novembre 2008
■ Taxi solaire –
1 euro pour parcourir 100km. Je vous laisse découvrir le reste.
D'abord la
vidéo (01:58), ensuite le texte d'info, juste à côté.
■ France : un
squatte raté –
Des citoyens croyaient faussement que les locaux abandonnés
appartenaient à l'État, ils ont dû les évacuer. Sont redevenus
des sans toit.
Pourtant, dans les villes de 100 000 habitants et plus
on dénombre, au pif, des centaines de bâtiments inoccupés depuis
des années. Qu'est-ce qui empêche donc les dirigeants de ces
villes d'en utiliser certains à des fins d'hébergement temporaire?
L'absence de conscience sociale?
Pour revenir au squatte
raté, des
entrevues (04:12) effectuées sur les lieux donnent un aperçu
des situations difficiles que vivent ceux qui en ont été évincés.
■ Débranchez
Big Brother – J'ajoute
le nom de Big Sister, car les citoyens ont l'impression qu'il n'y a
que des hommes chez les civils, ceux ne portant pas l'uniforme
policier. Erreur colossale : y'a autant de femmes que d'hommes, sinon
plus. Comment expliquer ça? La réponse est dans la première phrase
: les citoyens ont l'impression qu'il n'y a que des hommes... Donc,
la femme n'est jamais soupçonnée d'en être une, civile.
J'aime bien cette vidéo
que vous allez voir. 03:16 d'images et de musique sensas et
spectaculaires... Prenez la décision d'agir contre la pensée unique
: débranchez
Big Brother, encouragez vos connaissances à en faire autant. La
télé formate, le Net plus ultra libère.
■ Des
barrières à la promiscuité, aux contacts sociaux – (Suite tome
3 de L'Étau Policier) Il est un fait que la banlieue –
ainsi que la petite ville et le village en milieu rural – est
l’antithèse de la grande Cité. Elle a toujours vécu repliée sur
elle-même et son rythme est tout autre. Elle est bucolique et
homogène alors que la vraie grande Cité est –
devrait être... – hétérogène,
hétérodoxe, païenne, bigarrée, puritainement incorrect,
anticonformiste, etc. C’est ce qui fait d’ailleurs tout son
charme.
Jacobs dit de la banlieue
qu’elle est constituée d’herbe et d’air pur et de pas
grand-chose d’autre. (Jane Jacobs –
Déclin et survie des grandes villes américaines –
Éditions Mardaga) On y vénère effectivement les espaces verts et
fleuris : du gazon, beaucoup de gazon, parfois une haie, un ou
deux arbustes, une rocaille. Des espaces inanimés parce que
inhabités, spécifie Jacobs. De toute façon, ils n’ont pas été
mis là pour socialiser les banlieusards, la densité résidentielle
ne le permettant pas. Ce sont plutôt des barrières à la
promiscuité, aux contacts sociaux. On n’y trouve pas de vie
sociale au sens urbain du mot.
Entre voisins, on se
salue bien de la main à l’occasion, parfois on cause quelques
minutes par dessus la clôture ou la haie de cèdres, rarement plus.
Quand le banlieusard sort de chez lui, s’il ne monte pas dans son
auto pour se rendre à son travail, faire du shopping dans de vastes
centres commerciaux de la périphérie ou s’adonner à ses loisirs
préférés, c’est pour s’activer autour de la maison.
Généralement obsédé par la propreté, il tond et arrose
copieusement d’eau filtrée son gazon, et parfois d’un produit
chimique pour qu’il soit aussi vert que celui de ses voisins.
Taille ses arbustes de façon à ce que rien ne dépasse. Se fait
bronzer près de sa piscine et, le soir venu, s’occupe de la
cuisson de ses steaks sur charbon de bois, etc. La vie s’y déroule
au ralentie, comme à la campagne. Rien à voir avec la vie urbaine.
Seulement voilà qu’à
certains endroits, la menace gronde sans discontinuer à l’horizon.
La zone tampon qui, il y a peu encore, protégeait la banlieue de la
fureur urbaine, a disparu. Les quarante ans et plus racontent qu’il
y a 15 ou 20 ans, tel secteur là-bas et tel autre situés plus loin,
à la ceinture de la banlieue, aujourd’hui densément peuplés de
citadins, étaient parsemés de terres agricoles et de bocages. Des
banlieues ont été également englouties par l’ogresse, d’autres,
dangereusement encerclées, sont menacées du même sort.
Ces banlieusards
réalisent depuis longtemps que leur environnement n’est plus ce
qu’il était. Aujourd’hui, il est de plus en plus envahie de
citadins différents d’eux sur les plans culturel et économique.
Ils n’apprécient pas du tout cette présence.
Habituellement de la
classe moyenne, ils redoutent les contacts avec ceux appartenant à
une classe sociale inférieure à la leur. Jacobs dit qu’ils ont
développé un peu une mentalité d’assiégés, sans doute motivée,
avance-t-elle, par le sentiment d’insécurité ou la xénophobie.
En banlieue, relate-t-elle, on dit que les humains sont charmants en
petit nombre et odieux quand ils sont trop nombreux.
Car pour l’authentique
banlieusard, la grande ville est sale, la densification de la
population indésirable. Pour lui, la foule est par définition
menaçante. Jacobs apporte un point de vue intéressant. Elle dit que
dans une grande ville, il est normal d’être tolérant et
d’accepter qu’il y ait de grandes différences entre ses voisins
et soi-même. Ce comportement est tout à fait inconnu dans les
banlieues ou les quasi-banlieues, car leurs habitants n’ont pas
l’habitude de côtoyer quotidiennement la diversité de la grande
ville.
Alors, ils sont remplis
de suspicion et de préjugés à l’encontre du citadin, qu’ils
considèrent comme un étranger potentiellement dangereux, se sentent
agressés, entretiennent des peurs irraisonnées. Peur des Noirs, des
Asiatiques, des Arabes, de l’exubérance des ados, des chômeurs et
des bs, des mendiants, des itinérants, des handicapés mentaux, du
sexe et de la sensualité, des homos, de la famille monoparentale,
etc. Il y a aussi les édifices en béton, qui dégagent une certaine
agressivité, écrasent.
Jacquier écrit qu’aux
États-Unis, le comportement de la majorité des banlieusards est
sensiblement différent de celui des citadins (Claude Jacquier –
Les quartiers américains, rêve et cauchemar –
Éditions L’Harmattan) : ils sont notamment extrêmement sensibles
aux problèmes de criminalité de toutes sortes et favorables à la
peine de mort. (Suite demain)
■ Tout le monde à
la fenêtre, nul n'est en sécurité – (Suite tome
2 de L'Étau Policier) Dans ses articles, le journaliste Gauthier
énumérait quelques uns des programmes de prévention de la Sûreté
du Québec. Des intervenants de rue aux directions d’écoles, en
passant par les parents, ils s’adressent à une vaste clientèle,
indique-t-il. (NDLR : Ne vous bousculez pas, il y en a pour tout
le monde.)
Pour les élèves de
l’école primaire, le programme Je réfléchis avant d’agir. On y
aborde la sécurité routière, «la méfiance envers les
inconnus» ainsi que la sécurité lors d’événements comme
l’Halloween. Pour les ados du secondaire, Cool pour vrai. «Bien
entendu, les thèmes ne sont pas les mêmes chez les ados qui sont
confrontés à des crimes… disons un peu plus sérieux»,
explicite le journaliste. Alors, on y traite de la violence sous
toutes ses formes ainsi que les différents genres de méfaits :
taxage, alcool, drogue et même la navigation en toute sécurité sur
l’Internet.
Les aînés, constituant
aujourd’hui plus de 10% de la population, ne sont pas oubliés par
la Sûreté du Québec, signale-t-il. Le but du programme Vieillir en
liberté et en toute sécurité vise à prévenir les crimes, les
situations à risques et accroître le sentiment de sécurité des
aînés qui n’échappent pas au phénomène de violence et d’abus :
mauvais traitements, crimes, blessures diverses dont des chutes,
consommation de médicaments, etc.
(NDLR : Nous avons
ici un exemple de l’intrusion de la Sûreté du Québec dans
certaines activités préventives ne la concernant pas, et qui
devraient relever d’un médecin traitant et d’employés de CLSC.
En outre, plusieurs enquêtes démontrent que les personnes âgées
sont les moins susceptibles d’être victimes d’actes criminels,
et que le sentiment d’insécurité est attribuable à bien d’autres
facteurs que la criminalité, dont la police qui fait peur aux
citoyens avec sa prévention, le maître mot panzer.)
De tous les programmes de
ce corps policier décrit par le journaliste, Bon voisin Bon œil est
sans aucun doute le plus envahissant pour le citoyen. Non seulement
des voisins sauront qui entrent chez lui et en sort mais certains
d’eux lui rendront visite pour savoir ce qu’il mijote dans ses
chaudrons, et communiqueront ensuite ces renseignements à la Sûreté
du Québec.
Dans son article,
l’amorce du journalistique Gauthier prend la forme de questions.
«Les vols par effraction touchent votre quartier? Vous en avez
assez? Vous souhaitez faire quelque chose pour y mettre fin? (Ce)
programme communautaire est fait pour vous. En (collaborant)
avec votre service de police, vous deviendrez ainsi directement
responsable de l’amélioration de votre qualité de vie et (de
votre) sentiment de sécurité ainsi que celui de vos voisins.
(…) le programme démontrera l’importance de l’entraide et
de la surveillance mutuelle des résidences avoisinantes. En plus de
briser l’isolement de certains résidants (sic), (ce
programme) sensibilise les citoyens face à l’importance de
signaler, avec précision, tout individu ou situation suspecte aux
forces de l’ordre.»
Tout le monde à la
fenêtre, quoi. Nul n’est en sécurité, même à son domicile. De fait, il s'agit carrément d'intimidation.
(Suite demain)
News du jeudi 13 Novembre 2008
■ Voir le dessous... – ...sans
se pencher.
■ Les
Yes Men : le canular de l'année – Ils
ont publié hier un faux New Work Times et distribué gratuitement dans la
rue. En page une : «La guerre en Irak est finie», «Bush inculpé
de haute trahison». Lisez la suite dans Le
Figaro.
Copie
de la page une du faux New Work Times
Deux
vidéos sur les réactions de lecteur
Yes Men? Voyez
les à l'oeuvre : tordant!
Vidéo tournée à Paris
(08:42)
Vidéos
d'autres de leurs coups pendables
■ Une urbanisation élitiste déclinée en sous-types – (Suite tome
3 de L'Étau Policier) D’après Jacquier, ce sont les banlieues
qui, depuis de nombreuses années, bénéficient des gains de
population américaine vivant au détriment des centres-villes.
(Claude Jacquier – Les quartiers
américains, rêve et cauchemar –
Éditions L’Harmattan) Elles sont la terre d’élection des
populations les plus riches et de la classe moyenne alors que les
centres-villes sont les territoires de «l’assignation à
résidence (sic) des populations à faibles ressources et des
minorités ethniques».
En 1986, 144
centres-villes américains pouvaient être considérés comme étant
en crise. Jacquier parle d’une trentaine de millions d’habitants,
dont plus de 70% vivent dans des quartiers en très sérieuse
difficulté.
La ville américaine a
été conçue sur le principe de la ségrégation sociale avec une
réglementation urbaine prévue pour protéger les valeurs foncières
et immobilières de certaines zones contre les risques de
dévalorisation qu’entraînerait l’arrivée de communautés
«indésirables».
Par exemple, en interdisant la construction de logements…
collectifs, de HLM. (NDLR : On l’a vu, des villes du Québec
n’ont pas construit de HLM.)
Cette conception élitiste
de l’urbanisation a ensuite été déclinée en sous-types urbains
qui, de proche en proche, analyse Jacquier, ont généré une
ségrégation de l’espace et son appropriation sélective par
certaines communautés. Généré aussi l’étalement urbain et son
corollaire : densité trop faible pour le transport urbain en commun,
moyen de transport des pauvres.
Un
sondage SOM publié en juin 2000, dans le cadre d’une série
d’articles du journaliste André Pratte de La Presse, révèle
qu’au Québec la très grande majorité des francophones vivent
dans des villes de dimension moyenne et de petites villes de régions
semi rurales ou de banlieue. SOM démontre aussi que des citoyens
optent pour la banlieue d’abord pour la tranquillité, la sécurité
et par individualisme, taxes et prix des maisons venant en dernier
lieux.
La journaliste Lysianne
Gagnon du même quotidien reconnaît qu’il s’agit là de valeurs
parfaitement légitimes, mais assurément conservatrices, et qui
s’intensifient à la seconde génération. (Lysianne Gagnon –
La Presse du 20 juin 2000)
Suivant son propos, il est d’ailleurs
significatif que les banlieusards qui vivent en dehors de l’île de
Montréal veuillent encore plus de tranquillité, encore plus de
sécurité et encore plus d’espace, la moitié d’entre eux
(contre 26% des Montréalais) aspirant à vivre à la campagne. «On
voit d’ici les conséquences politiques à long terme,
écrit-elle. Cet électorat sera naturellement enclin à vouloir
réprimer la criminalité plus sévèrement, à se méfier des
étrangers et des fauteurs de trouble (…).» (Suite
demain)
■ Roberval : des
civils chauffeurs de taxi – (Suite tome
2 de L'Étau Policier) Il y a le secteur trois qui, bien que
fortement résidentiel, comprend quelques institutions telles que le
Centre résidentiel communautaire et l’Hôtel-Dieu (l’hôpital).
Le journaliste Gauthier écrit «que le taux de criminalité y a
grimpé légèrement au fil des années, surtout depuis que
l’établissement hospitalier a été transformé en vaste
chantier.»
Le secteur quatre est
aussi un endroit où «l’achalandage est fort important, ce qui
a un impact sur la couverture policière»: Cité étudiante,
Institut La Chesnaie, Centre sportif Benoît-Lévesque, bar Panasso
ainsi que quelques commerces.
Le secteur cinq «grouille
jour et nuit (sic) car on y trouve le Palais de Justice
(NDLR : Fermé le soir et la nuit), le siège social de la
Commission scolaire du Pays-des-Bleuets (NDLR : Plus souvent
qu’autrement fermée le soir), une école primaire (NDLR :
idem), une bibliothèque (NDLR : Ouverte le soir, pas la
nuit), des institutions financières (NDLR : fermées le
soir, sauf le vendredi, et la nuit) et des bars (NDLR : Un bar
et un resto ouverts jusqu’à 3 heures du matin)».
Enfin, il y a le secteur
six, «(…) reconnu pour être très achalandé en raison,
notamment, de la présence du Carrefour Jeannois et de la résidence
pour personnes âgées l’Émeraude».
À
lire ces articles, on reste avec l’impression que l’activité y
est intense, mais ce n’est absolument pas le cas. Les rues sont
désertées par les piétons et les cyclistes, au point où s’y
déplacer à pied est quelque peu suspect. Au cours de votre
itinéraire, dépendant de la distance parcourue, vous ferez
ponctuellement l’objet de contrôles visuels de civils, hommes et
femmes, au volant de différents véhicules banalisés.
Parcourir un
long trajet à pied, ainsi marcher le boulevard St-Joseph de bout en
bout, une affaire de pas loin d’un kilomètre, vous assure de
croiser, par hasard, quelques faux piétons.
Si
vous êtes un ado, la surveillance policière sera encore plus
serrée. Comme à Lac Bouchette, là aussi on procède à l’éjection
de citoyens de l’espace public n’ayant aucune raison de s’y
trouver. Ça semble être maintenant la norme partout au Québec.
Les citoyens se déplacent
surtout en véhicules. Si vous appelez un taxi, possible que vous
tombiez sur un chauffeur qui essaiera de vous tirer les vers du nez.
Là vous saurez que le gars au volant est un civil.
La grande majorité des
véhicules privés et commerciaux circulent sur le boulevard
Marcotte, un segment de la route régionale 169, sorte de voie rapide
permettant d’éviter les dédales des petites rues et arrêts aux
intersections, et de passer d’un point à un autre sans perdre de
temps.
En tout et partout,
quatre établissements connaissent un certain achalandage. Le
Carrefour Jeannois, un centre commercial, le seul de la place, qui
est tenu sous haute surveillance par les employés en civil d’une
agence de sécurité privée, des civils de la Sûreté du Québec et
des collabos, dont des commerçants. L’Hôtel-Dieu, pendant les
heures de visites, la Cité étudiante, surtout aux heures de classe,
et finalement le Centre sportif Benoît-Lévesque, surtout le soir et
la fin de semaine. (Suite demain)
News du mercredi 12 Novembre 2008
■ Jacob Holdt, un
photographe engagé – Il
se définit comme étant un témoin, un militant, plutôt qu'un
photographe. Il a toute une expérience
de vie derrière lui. Aux USA, il a vécu dans des ghettos, sur
des territoires de gangs, vu des dealers et toxicomanes, à même été
agressé. Pour survivre et acheter des films, il a vendu de son sang
: sang blanc plus cher que celui d'un Noir. Connu des membres du Ku
Klux Klan, été témoin de la haine, de la discrimination.
Cliquez sur les photos
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d'entrée des have not
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de la misère noire.
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d'accueil de son site
■ Plus de 18 000
Gated Communities aux USA – (Suite tome
3 de L'Étau Policier) Villes jetables aussi. Détroit a été
abandonnée à son sort, relate-t-il, quand son industrie, fortement
concurrencée par les aciéries coréennes et les voitures
japonaises, s’est effondrée. Sa population a périclité de plus
d’un million.
Cette Cité est devenu un cauchemar urbain, comme dans
le film Blade Runner. Les nantis y nichent dans des gratte-ciel,
protégés de la lie par des gardiens de sécurité et des gadgets
électroniques sophistiqués. La ségrégation spatiale, plaie béante
de la fracture sociétale, y est à la fois bien visible et
douloureuse, selon lui.
Depuis le début des
années 1960, il existe aussi au pays de notre Oncle Sam des Gated
Communities destinés aux couples de retraités, sorte de quartiers
protégés encerclés d’une clôture et dotés d’une guérite
surveillée par des gardiens de sécurité. (Laurier Cloutier et
Laura-Julie Perreault – La Presse du
premier décembre 2003)
Selon une étude effectuée par Renaud Le
Goix, du Centre national de recherche scientifique à Paris, en 2003
on en dénombre plus de 18 000 aux États-Unis. Le chercheur
signale que «ces quartiers instituent un mode de vie qui
contribue à l’accentuation des ségrégations et reflètent à
l’extrême la fragmentation sociale et politique des villes».
Au Québec, fin décembre
2003, le Groupe Dufourd se proposait d’en ériger un premier, à
Ste-Julie, ville de 30 000 habitants. Projet d’envergure :
terrain de 60 hectares, de 500 à 600 unités résidentielles, un
investissement de 250M$. Ne manquait plus que l’autorisation de la
ville.
François Saillant, du
FRAPRU, prévoyait que le projet provoquerait une levée de boucliers
des organismes de défense des droits de la personne. «Ce genre
de projet est scandaleux ! Ces quartiers protégés sont des ghettos
de riches dans lesquels les gens s’enferment pour se protéger des
classes populaires. Selon moi, ce genre de communauté ne se justifie
d’aucune manière. C’est basé sur la croyance que la société
est dangereuse et qu’il faut s’en couper alors que les
statistiques montrent que le taux de criminalité n’est pas en
hausse.»
Déclaration
aussi du ministre libéral des Affaires municipales, Jean-Marc
Fournier (Presse canadienne – La Presse du 3 décembre 2003) :
«Je ne crois pas qu’ériger des murs
entre les citoyens nous amène à avoir une société inclusive.»
Aux
dernières nouvelles, en octobre 2004, l’entreprise poursuivait ses
démarches visant à obtenir le dézonnage requis, selon le maire
Yvon Major. J'ignore où il en est aujourd'hui, ce projet. (Suite
demain)
■ Quel
a été le rôle des «maraudeurs»
de la SQ? – (Suite tome
2 de L'Étau Policier) À la fin de 2002, le bilan définitif et
officiel de la nouvelle carte policière demeurait encore inconnu. On
n’en saura pas plus au cours de 2003, le rouleau compresseur étant
passé, il n’est plus nécessaire de se justifier. Le ministre
péquiste Serge Ménard n’avait pas cru bon d’en informer la
population.
Se posait pareillement la
question du rôle clandestin joué par la police en civil de la
Sûreté du Québec (SQ), avant et pendant la régionalisation
policière. Naïf de croire que ces «maraudeurs» – dixit
Yves Prud’Homme, président de la Fédération des policiers
municipaux du Québec – aient assisté au spectacle sans jouer leur
partition musicale. En quoi aurait-elle consisté, sa prestation?
Redisons-le, pour ne pas l’oublier : la police en civil est
dorénavant une donne dont le citoyen doit tenir absolument compte.
La Ville de Roberval, au
Saguenay-Lac-St-Jean, relevant désormais de la Sûreté du Québec,
allons voir sur le terrain la façon dont cette dernière y a
implanté sa soi-disant police de proximité, dite d’approche
communautaire. Rien de mieux qu’un bon cas terre-à-terre pour
avoir une idée de ce qui s’est probablement passé ailleurs au
Québec.
Au début de 2002, le
journaliste Alexandre Gauthier de l’Étoile du Lac, l’hebdo
régional, signait une série d’articles particulièrement
révélateurs de l’infrastructure policière et citoyenne mise en
place. (Alexandre Gauthier – l’Étoile
du Lac des 16 et 23 février et des 2 et 9 mars 2002) Nous allons
traiter plus spécifiquement du quadrillage des îlots de quartier.
Elle en a subdivisé le territoire en six secteurs (îlots), chacun
doté d’un «parrain», c’est-à-dire d’un policier de
la Sûreté du Québec, qui est secondé notamment d’un conseiller
municipal. Nous en retiendrons quatre, histoire de montrer jusqu’où
peut aller ce corps policier dans son discours de la peur, au sein de
cette petite ville de 10 903 citoyens, où le calme plat règne
à longueur d’année. (Suite demain)
News du mardi 11 Novembre 2008
■ Don't write me
off... – ...COS
I'M 90. Clip d'un groupe britannique, dont les membres
sont du troisième et quatrième âges. Le doyen a 101 ans. Al, le
chanteur principal, 90. À la fin de la vidéo (03:40), on a
droit à l'index pointé vers le haut. Ça me plaît, ce message. The
Zimmer : My Generation Oldest rock band. Et que ça saute!
Plus
d'infos sur le groupe The
Zimmers
■ La surveillance
dans le monde – On
parle de la surveillance au sens large du terme. Les données de 2007
auxquelles je vous réfère ont été établies par Privacy
International, un site défendant les droits et libertés. Un travail
considérable car l'organisme traite de tous les pays, ce qui n'est
pas rien.
En allant sur son site,
on a accès, d'entrée, à une mappemonde
colorée. La couleur indique le niveau de surveillance. Les pires
pays sont, dans l'ordre, colorés en noir (endémique), rose (vaste)
et rouge (systémique). Suivent, plus bas, la méthodologie utilisée
et des infos sur chacun, en anglais : cliquez sur le nom d'un pays
pour accéder à son dossier.
Voyons ce que cela donne
sur le terrain... Le 11 octobre dernier, jour d'action
internationale, il y a eu des manifs en faveur de la liberté dans 37
pays. Ainsi que le rapporte agoravox,
elles avaient notamment pour but de protester contre la nouvelle
politique de l'Union Européenne relative à la rétention des
données de communications électroniques (RDCE).
Autre
texte très documenté
Vidéo
(05:17) de la manif qui s'est déroulée à Berlin
environ 70 000 citoyens y
auraient participé
Le
site de Privacy International
PS : Lorsque je prends
connaissance d'une recherche du genre, une question me revient
toujours à l'esprit : ses auteurs sont-ils au courant des activités
clandestines illégales de la police en civil? J'en doute fortement.
Selon moi, la situation est plus grave que celle décrite par Privacy
International. J'en ai pour preuve que, sur la mappemonde de
l'organisme, le Canada, mon pays, est coloré en jaune. Une couleur
désignant une surveillance modérée.
Suis pas d'accord avec
cette désignation parce que, selon moi, il se situe quelque part
entre l'Étau policier et l'État policier. Cela varie selon
l'importance de la population d'une agglomération. Dans une grande
ville comme Montréal, plus d'un million d'habitants, il est
impossible à un corps policier de contrôler tous les citoyens.
Alors que dans un milieu semi rural et rural, les civils et leurs
collabos noyautent aisément tout le monde. Il est là, l'État
policier, pas à Montréal.
■ À CityWalk règne
une exclusion indirecte,
efficace – (Suite tome
3 de L'Étau Policier) Dans la partie d’un ouvrage où il
traite des quartiers résidentiels urbains, Roché, après avoir
analysé le fait qu’aujourd’hui les liens sociaux n’ont plus le
temps de se fabriquer à l’ancienne, en vient à la conclusion
qu’«on aboutit peu à peu à la formation de quartiers
résidentiels fonctionnels, et à leur corollaire, la ségrégation
spatiale. (Sebastian Roché – Le
sentiment d’insécurité – Éditions
PUF) Celle-ci traduit le refus de vivre avec n’importe quel
autrui».
Ces gens dont parle le
chercheur ne sont pas différents de ceux dont il est question ici,
au contraire, ils en font partie intégrante. Cette situation
illustre en partie ce qu’est la ségrégation spatiale, et plus
concrètement à l’encontre de ces indésirables que sont les
vitres cassées, qu’on ne veut surtout pas avoir comme concitoyens,
encore moins comme voisins. En somme, une forme déguisée
d’apartheid : les vitres cassées sont en quelque sorte des nègres
blancs.
Explorons le phénomène.
Voyons la forme qu’elle prend chez le sympathique Oncle Sam qui,
ayant le nez fourré partout, est devenu un peu beaucoup celui aussi
des citoyens de la planète. Peut-être pourra-t-on en tirer une
leçon.
Le journaliste Edward
Behr raconte qu’à Los Angeles, l’architecte américain John
Jerde a créé le complexe commercial CityWalk, prolongement des
Studios Universal. (Edward Behr –
Une Amérique qui fait peur –
Éditions Plon) Un ensemble de rues piétonnières, avec restos,
magasins, cinémas.
CityWalk est la copie conforme miniaturisée et
aseptisée d’une ville idéale qui n’a jamais vraiment existé
que dans l’imagination de son créateur, constate le journaliste.
Un endroit exceptionnellement protégé, nous dépeint-il, où règne
une exclusion indirecte, efficace : parking obligatoire et cher, pas
de transport en commun –
15 minutes de marche pour s’y rendre et une côte escarpée à
monter –,
gardes armés en évidence, etc.
Les critiques reprochent
à Jerde d’avoir délibérément exclu de CityWalk tout ce qui
pourrait nuire au commerce : les pauvres, les clochards, tous ceux ne
pouvant se permettre de faire leur shopping dans des boutiques
luxueuses. Les nantis évitent ainsi le moindre contact physique avec
la sous-classe des inemployables. Behr dit qu’il se dégage de
cette succession de magasins et de restos terriblement kitsch un
relent de Disneyland, mais aussi un côté «boutiques
hors taxes ennuyeux».
Il signale que CityWalk a
déjà ses émules dans d’autres villes, et même sa base
idéologique : l’enclave, microcosme parfaitement aseptisé, permet
de tout contrôler. Il a constaté le même phénomène dans un autre
secteur de Los Angeles où un vaste quartier d’affaires a été
luxueusement aménagé : gratte-ciel dernier cri, restos, magasins et
hôtels de luxe, tout le tra-la-la habituel. Behr est d’avis que
ces Cités dans la grande Cité sont mortes, totalement stériles et
artificielles, et qu’il y règne la peur obsessionnelle de
l’étranger, perçu comme colporteur de la violence.
Alors qu’en Europe,
d’après lui, on considère la Cité comme un lieu privilégié,
ses inconvénients –
densité, foule, criminalité –
comptant moins que le sens de l’histoire qu’elle incarne et
l’esprit créateur qu’elle inspire, aux États-Unis, les
quartiers de la grande Cité sont des objets de consommation. Dès
que des symptômes de vieillissement apparaissent, que quelques ratés
se produisent, le doute commence alors à s’installer peu à peu.
Le problème dans ce pays du New Deal, estime-t-il, c’est qu’on
n’investit pas dans des réparations coûteuses et de longue durée,
on préfère construire à neuf ailleurs. Les quartiers deviennent
jetables. (Suite demain)
■ La SQ : une police
du renseignement, pas de tickets – (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Mais
ce n’est pas tout car des pertes s’y empilent aussi. La
présidente de l’Association des greffes des cours municipales du
Québec, Sylvie Millette, indique qu’un relevé auprès de 35
municipalités démontre une baisse d’au moins 40% des revenus
parce que toutes les sommes perçues en paiement des contraventions
données sur une route traversant un village sont versées au
gouvernement provincial. Mais ça, peut-on présumer, les instances
municipales le savaient au départ.
Ce qu’on ne leur avait
pas dit, par contre, c’est que, de l’aveu même de Mario
Choquette, «la
Sûreté du Québec (SQ)
n’est pas une police à tickets».
Résultat : elle n’en distribue presque pas à ceux omettant
les arrêts obligatoires dans les rues de ces municipalités et ceux
faisant fi des règlements municipaux. Ordinairement, ces amendes
constituent une source de revenus pour celles-ci.
Mais comme il y en
a peu, la perte est évaluée à près de 60%, selon la présidente
Millette. En certains endroits, le pourcentage est plus élevé. Dans
la Municipalité régionale de comté (MRC) de Vaudreuil-Soulanges,
précise-t-elle, le nombre de contraventions payées à la Cour
municipale a chuté de 66%. À Ste-Agathe, on évalue à 95% en moins
le nombre de contraventions qui seront payées à la cour municipale.
Explicitons
les propos de Millette et Choquette. La très grande majorité des
membres de la Sûreté du Québec, au pif on peut avancer au moins
80%, sont des flics en civil, ne portent par conséquent pas
l’uniforme. On imagine difficilement un civil au volant de sa
vieille camionnette, à l’arrière de laquelle il a installé un
canot pour mieux cacher sa véritable identité, faire signe à un
automobiliste de s’immobiliser en bordure de la rue, et aller lui
coller une contravention.
C’est de fait une police spécialisée
dans le renseignement : Big Brother et Big Sister, et leur
ribambelle de petits frères et petites sœurs, leurs collabos. Ce
qui revient à dire que la Sûreté du Québec ne sera jamais une
police à tickets.
Autre récrimination :
toutes les MRC desservies par la Sûreté du Québec, à l’exception
de deux, refusent de signer le protocole d’entente de 10 ans,
principalement parce qu’elles n’ont pas les effectifs promis pour
assurer de façon adéquate la sécurité sur leur territoire.
D’après Choquette, l’écart sera comblé dans quelques années
par les 260 patrouilleurs en trop, alors que l’entente avec le
syndicat permettra de les réaffecter. «Seulement à Sept-Îles,
nous avons 18 policiers en surplus depuis l’intégration»,
signale-t-il.
Ajoutons à sa
déclaration que les dirigeants de ces MRC ne savent pas qu’elle
est bel et bien là, la police, mais invisible puisqu’en civil…
Choquette ne peut pas leur dévoiler, c’est un secret qui doit
rester bien caché. (Suite demain)
News du lundi 10 Novembre 2008
■ Mini concert... – ...en
marchant au milieu de la rue. Au début, le guitariste est seul. Puis
des passants (?) choristes se joignent à lui. Pas besoin de
connaître les paroles de la chanson, les lalalalala...suffisent. Une
Vidéo
(05:12) sympa.
■ 3 foires d'art
contemporain tenues à Paris – Pas
moins de 2000 artistes y exposent leurs œuvres : sculptures
monumentales, toiles et autres formes d'expressions. La
vidéo (06:37) nous en met plein la vue.
■ La démocratie
participative – Nous sommes en octobre 2006, en France. Une délégation de
Roubaix participe, à Dijon, à des ateliers organisés par
l'Association pour la démocratie et l'éducation locale et sociale
(ADELS). Des participants relatent les points soulevés.
La
vidéo (01H55), plus bas dans la page : un site à explorer
Au début, pendant
quelques secondes, il n'y a pas de son
Bref aperçu... Ateliers
portant sur la démocratie participative et les instances de
décision. Comité de quartier composé
de bénévoles. Son rôle : établir le lien entre gens du quartier,
associations et élus municipaux. Dire ce qui va et ne va pas et ce
qu'on peut faire pour améliorer la situation.
Priorité,
les exclus : illettrés, timides, citoyens n'osant pas trop
s'investir de peur de ne pas posséder autant de savoir que les
autres. Les jeunes ont aussi un mot à dire, faut leur laisser
un espace. Consulter en matière de
santé, culture, logement, etc. Nous, on va les voir ou eux viennent
nous voir. Ce qui nous permet d'être plus près de la population et
de l'écouter. Besoins des citoyens ensuite transmis à la mairie, le
centre des décisions où on fait le tri de ce qui sera accepté ou
pas.
En
savoir plus sur Roubaix
En
savoir plus sur Dijon
D'autres
vidéos sur la participation citoyenne
■ Canada : la
démocratie en péril – Dans
une opinion publiée aujourd'hui dans le quotidien Le
Devoir, Roméo Bouchard relate avoir constaté, lors d'un récent
forum dans le Bas-St-Laurent,
la colère des gens à l'égard des partis politiques. Selon eux, ils
faussent totalement la démocratie et la représentation, au point de
leur enlever le goût de participer à des élections.
Bouchard, coordonnateur
de la coalition pour un Québec des régions, écrit que le système
repose entièrement sur la ligne du parti majoritaire qui contrôle
tout : désignation du chef de l'État, fonctionnement du parlement
(pouvoir législatif), formation du conseil des ministres (pouvoir
exécutif). Les députés, élu la plupart du temps avec un faible
pourcentage de l'électorat, sont par conséquent bâillonnés,
empêchés de voter les lois qu'ils jugent nécessaire pour leurs
électeurs.
Situation aggravée du
fait que les partis définissent leur action en fonction des sondages
et des médias. Les campagnes électorales sont devenues des
spectacles d'hypocrisie, de stratégie, de propagande, de dénigrement
et d'opportunisme, centrées sur les chefs de partis de plus en plus
éloignés de la réalité des citoyens. Marketing, slogans vides et
intérêts partisans ont remplacé le projet politique.
Bref, les citoyens
participant au forum réclament qu'on leur donne les moyens de
s'autogouverner dans leur région, au lieu de voir leurs projets
bloqués par la dictature des partis politiques et de ministères
gouvernementaux qui s'obstinent à tout contrôler.
PS : Dans la manchette,
j'utilise le mot PÉRIL. À ce que décrit Roméo Bouchard, je ne
peux faire abstraction de l'Étau policier dans lequel nous vivons au
Canada. Premier ministre et ministre de la Sécurité publique
décident, sans consultation préalable du Parlement et de la
population, de l'ampleur de la répression dont les citoyens feront
l'objet. Et sans même se soucier de protéger ceux-ci des activités
clandestines illégales de la police en civil et de ses collabos.
■ Montréal-Nord,
l'une des villes «sans
coeur» – (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Tout
cela étant, des banlieusards ont dû sauter au plafond quand Pierre
Bourque, maire de Montréal, a préconisé, en mai 1999, la fusion
des 29 municipalités de l’île de Montréal. Il estime que la
croissance des villes de la banlieue s’est clairement faite au
détriment de Montréal. (Pierre Bourque –
La Presse du 27 mai 1999) Celle-ci continue encore de perdre
systématiquement une large partie de sa population jeune et
laborieuse au profit de la banlieue.
D’après lui, la
conséquence la plus dramatique du phénomène de l’étalement
urbain est la concentration de populations démunies à Montréal :
«Ne
nous trompons pas. Le débat que nous amorçons sur l’avenir de
Montréal en est également un sur la justice sociale. Voulons-nous
d’une société solidaire, capable de partage ?»
En août de cette
année-là, le Front d’action populaire en réaménagement urbain
(FRAPRU) démontre, chiffres à l’appui, que les villes riches de
la Communauté urbaine de Montréal (CUM) ne paient pas leur part
dans l’enveloppe budgétaire consacrée au logement social (Presse
canadienne –
La Presse du 21 août 1999) : habitations à loyer modique (HLM),
coopératives d’habitation et autres formes de logements
subventionnés destinés aux personnes à faible revenu.
Ainsi Montréal qui, à
l’époque, détenait 55% de la richesse foncière de la CUM,
déboursait 86,8% de la contribution des 29 villes membres de la CUM.
Dans un article de la Presse canadienne, le FRAPRU nomme 13 de ces
villes dépourvues de HLM : Mont-Royal, dont l’ex-mairesse, Vera
Danyluk, alors présidente de la CUM, était une chaude partisane de
la pseudo police communautaire ; Beaconsfield, Hampstead, Baie
d’Urfée, Côte St-Luc, etc.
D’autres villes,
possédant pourtant un bon pourcentage de ménages à faible revenu,
comme Saint-Léonard, Saint-Laurent ou Montréal-Nord,
dont Yves
Ryan
était le maire depuis 37 ans, refusent de participer au programme de
logement social, dénonce le porte-parole de FRAPRU, Pierre Gauvreau,
qui ne se gêne pas pour les traiter de «sans
coeur»
: Ryan était également membre de l’exécutif de la CUM et de sa
commission régissant les activités... policières sur l’île de
Montréal.
Ce déséquilibre n’était
pas spécifique à des villes de l’ex-CUM, l’organisme ayant
découvert une situation similaire à Québec, Hull et
Trois-Rivières, des villes plus anciennes qui ont développé des
HLM, pendant que, autour d’elles, des villes de banlieue ne font
pas toujours leur part.
Quelque temps après, la
ministre péquiste aux Affaires municipales et à la Métropole,
Louise Harel, déclare que les demandes du FRAPRU sont légitimes et
qu’elle y répondra favorablement. (Presse canadienne –
La Presse du 23 août 1999) Elle tiendra parole : le logement social
est l’une des compétences de la Communauté métropolitaine de
Montréal, organisme qui a remplacé la CUM, le premier janvier 2002.
(NDLR : La fusion des villes sises sur l’île de Montréal
n’était pas nécessaire à un meilleur partage de cette
responsabilité, s’agissait simplement de l’ajouter aux
compétences de la nouvelle structure régionale.) (Suite demain)
■ Le manque de
transparence du ministre Ménard –
(Suite tome 2
de L'Étau policier) Constatons que le ministre péquiste de la
Sécurité publique, Serge Ménard, est pas mal moins volubile sur
les coûts que la Sûreté du Québec devra assumer à la suite de
l’intégration des policiers municipaux. Par conséquent,
impossible de s’en faire une idée exacte. Car il y a les coûts
qu’on défraie une seule fois et ne reviennent plus dans les
budgets et états financiers, et d’autres qui se renouvellent à
chaque année, dont certains à la hausse : salaires des
nouvelles recrues de la Sûreté du Québec, équipements, etc.
En
février 2002, Prud’Homme, de la FPMQ, déclarait que la réforme
avait été sous-estimée de 15M$, passant ainsi à 90M$. (André
Cédilot –
La Presse du 6 février 2002) Toutefois, neuf mois plus tard, nous
sommes en novembre, Ménard vient de reprendre le volant de la
Sécurité publique, on parle d’un déficit budgétaire de 35M$.
(Jean-Paul Charbonneau –
La Presse des 16 et 21 novembre 2002) De 15M$, ce déficit serait
passé à 35? Faut-il ajouter 20M$ (35M$ - 15M$ = 20M$ ) au 90M$???
Le manque de transparence du ministre ne permet pas d'y voir clair.
D’où
vient ce déficit? Une partie de la réponse émane d’un dg adjoint
de la Sûreté du Québec, responsable du service des ressources
humaines, Mario Choquette, qui désigne la réforme comme étant «la
plus audacieuse
(sic) en
matière de sécurité publique que le Québec ait connue (
Jean-Paul Charbonneau –
La Presse des 16 et 21 novembre 2002) :
(…) Entre
14 et 15M$ de ce déficit est attribuable à la transition de
policiers municipaux à la Sûreté du Québec. Il a fallu changer
les armes, modifier les systèmes de communication, donner une
formation de deux semaines, etc.»,
énumère-t-il. Choquette se fait cependant rassurant : il
prétend que ces coûts vont… s’autofinancer à la longue, sans
préciser pourquoi.
La
Presse cite Prud’Homme, président de la FPMQ : «Lorsque
Normand Jutras est arrivé au ministère de la Sécurité publique,
je lui a fait parvenir une lettre où je le mettais notamment en
garde contre les coûts élevés engendrés par cette réforme. À
Shawinigan, l’intégration va coûter 3,2M$ au gouvernement. Cette
réforme a simplement dérapé et le gouvernement s’en rend compte
trop tard. Nous avions prévu tout ce qui arrive.»
(Suite demain)
News du dimanche 9 Novembre 2008
■ Obama... – ...espérons
qu'il sera bien protégé, que rien ne lui arrivera. Dans le passé,
d'autres ont voulu y construire une société meilleure. Martin
Luther King était l'un d'eux : I
have a dream... Vous l'entendrez seulement à la fin de la vidéo
(04:01). L'histoire américaine nous apprend que des leaders
charismatiques qui ont voulu y apporter des changements majeurs
n'ont pas fait longue route.
■ Matrix, version
comique – Un
monde virtuel où les êtres humains sont gardés
sous contrôle. De le monde réel, ce n'est pas de la
science-fiction. Avec tous ces civils et leurs collabos qui nous
épient et punissent, sans qu'on sache qu'ils sont derrière ça,
lorsqu'on sort du pacage clôturé où ils nous ont confinés. Ils
agissent dans la clandestinité, pas vus-pas-pris assuré. Courageux,
ces civils et collabos, n'est-ce-pas?
■ Caricature
tordante – Sarkozy
expliquant à son homologue allemande, Angela Merkel, carte
géographique à l'appui, de quelle façon il attaquera militairement
les paradis
fiscaux.
■ Vendée Globe : la
course a débuté aujourd'hui – Le
signal du départ de ce tour du monde à la voile a été donné
depuis Les
Sables d'Olonne, en France. Une épreuve sportive de très haute
niveau. Toutes les infos sur
ce site (adresse intégrale à conserver :
http://www.vendeeglobe.org/fr/)
: vidéos, photos et articles y sont déjà disponibles. Il en sera
ainsi chaque jour. Oui, du neuf chaque jour. Une course longue
haleine. Le gagnant n'accostera les quais de Les Sables d'Olonne que
dans environ trois mois. Et le dernier? On peut avancer quatre mois.
■ Obama ayant promis
de fermer Guantanamo... – …le
Canadien Omar Khadr a-t-il plus de chance d'être rapatrié au
Canada? Admnistie internationale-Canada le croit. Hier, à Joliette,
au Québec, l'organisme a tenu une
manif à cette fin.
■ Souveraineté
du Canada sur l'Arctique contestée – Le
Canada utilisera bientôt des sous-marins miniatures afin de
démontrer que la crête de Lomonossov
est le prolongement naturel du continent nord-américain. Pas le
choix, la Russie affirme qu'elle est une extension du plateau
continental au large de la Sibérie. L'an dernier, les membres d'une
expédition scientifique russe y avaient même planté un drapeau
(devinez lequel) au fond de l'océan. (Source RCI)
Ce n'est pas pour rien
que le premier ministre conservateur Stephen Harper a intégré
récemment au sein de son Conseil des ministres Leaona
Aglukkaq, une Inuite du territoire
de Nunavut, à titre de ministre de la Santé.
Les
côtes de cinq pays s'étendent jusqu'à l'Arctique :
Canada, États-Unis,
Danemark, Russie et Norvège
Géographie
de l'Arctique
Autre
enjeu de l'Arctique : pétrole et gaz naturel
Ce qui, en plus de la
navigation internationale dans le secteur
suffit à susciter bien
des convoitises
■ Fossé culturel
entre banlieusards et citadins
00H25
– (Tome
3
de L'Étau Policier) Ce bref tour d’horizon permet de cerner d’un
peu plus près la mentalité du banlieusard d’aujourd’hui, terme
englobant aussi le citoyen vivant en milieux semi rural et rural.
Dans le fond, il est très proche moralement et culturellement des
howardiens.
Deux mentalités s’opposent finalement : celle du
banlieusard versus celle du citadin. Les deux ne voient pas la
cohabitation citoyenne du même œil, et cela remonte à une époque
probablement largement antérieure à celle d’Howard. De fait, il
s’agit d’un très vieux conflit. L’histoire le démontre : le
citadin, plus libre, vit d’une façon que le banlieusard n’approuve
pas.
Cependant, gardons-nous
bien de généraliser. Tous les banlieusards ne pensent pas de même.
Il y en a qui ont choisi la banlieue parce que les taxes y sont moins
élevées qu’en ville. D’autres pour se rapprocher de leur
emploi, de parents ou d’amis ou des raisons n’ayant absolument
rien à voir avec le sujet que nous traitons.
Il y a aussi des
banlieusards vivant dans la grande Cité contre leur gré. Certaines
de ses zones grises sont d’anciennes banlieues où ils s’étaient
installés pour être plus près de la campagne que de la Cité. Il
existe enfin des citadins n’aimant pas la Cité, eux sont des
banlieusards qui s’ignorent. On peut se demander ce qu’ils y
font, s’ils n’y sont pas heureux.
Fouillons un peu plus,
apportons ce dernier exemple, celui-là tiré d’une série
d’articles de l’éditorialiste Agnès Gruda de La Presse sur Le
miracle polonais. (Agnès Gruda –
La Presse du 25 janvier 1999) Le contexte : fin de janvier 1999,
des Polonais craignent les conséquences de l’adhésion à l’Union
européenne.
Ce pays constitue un cas
opportun parce que, au moment de la publication de ce reportage, il y
avait environ une décennie qu’il s’était extirpé du giron de
l’URSS où, le moins que l’on puisse dire, liberté et modernité
n’étaient pas à l’agenda politique.
L’éditorialiste
a demandé à Adam Michnik, directeur du quotidien Gazeta Wyborcza,
sur quoi est fondée cette peur de l’Europe : «Les
intégristes catholiques ont peur que la Pologne soit contaminée par
la pornographie, le multiculturalisme, l’avortement, mais on craint
aussi la concurrence économique».
Notons
qu’en mars 2000, le président polonais Aleksander Kwasniewski
opposait son veto à une loi interdisant toute forme de pornographie
en Pologne, qu’avait adoptée la majorité catholique, notamment le
Parti national-chrétien au pouvoir. (Agence France-Presse –
La Presse du 28 mars 2000) Son leader, Marian Pilka, l’avait mis en
garde que son veto montrerait qu’il optait pour «la
démoralisation de la Pologne».
Le chef du Parti de L’Union pour la liberté, Jerzy Wierchowicz,
estimait quant à lui que la loi «n’entraînerait que la
naissance d’un marché noir de la production et de la diffusion de
la pornographie». (Suite
demain)
■ Et
revoilà l'enflammé reparti sur le chapeau des roues
00H00 – (Tome 2
de L'Étau Policier) Environ un mois après cette déclaration, voilà
que Serge Ménard lui succède à ce ministère. Probable que
l'humanité de Normand Jutras aura fait sourciller et dresser le poil
sur les bras de tenants de l’ordre et du conformisme. Qu’ils se
rassurent, Ménard, leur homme, est de retour. Inoxydable, ce
ministre. Puisqu’il cumulera la fonction avec celle des Transports,
on croise les doigts en espérant qu’il n’en fera pas trop, mais…
Dans les jours suivant
son retour, il ramène à son ministère Daniel Saint-Onge, reconnu
comme le principal architecte de la régionalisation policière, lui
décerne le titre de sous-ministre associé, et donne le mandat de
corriger le tir et finaliser la réforme. (Jean-Paul Charbonneau –
La Presse des 16 et 21 novembre 2002) Et revoilà le ministre reparti
sur le chapeau des roues. C’est que sa réforme «connaîtrait
des ratés», rapporte le journaliste Jean-Paul Charbonneau de La
Presse.
Une
couple de semaine après, nous sommes le 16 novembre, La Presse nous
informe d’un autre bilan. À la suite de la régionalisation,
800 000 résidants de la province, sur une population totale de
7,4 millions, qui étaient jusque là desservis par un corps policier
municipal le sont maintenant par la Sûreté du Québec. Près de
1 000 policiers ont enlevé leur uniforme pour enfiler celui de
ce corps policier.
Environ 4 jours plus tard, les chiffres diffèrent.
(Jean-Paul Charbonneau –
La Presse du 21 novembre 2002) Là, on parle de 1 250, dont 990
ont été affectés au même travail qu’ils effectuaient
auparavant. Cependant, le corps policier se retrouve avec un surplus
de personnel d’une cinquantaine d’officiers et de 260
agents, rapporte-t-on. Plus de flics que le travail l’exige?
Ce même mois de
novembre, Ménard l'enflammé lance une autre croisade, un impératif
si l’on veut galvaniser l’opinion publique : le taxage dans
les écoles (des élèves extorquant de l’argent). (Mario Cloutier
– La Presse 22 novembre 2002) «Un
jeune qui commence à taxer, s’il continue dans sa vie adulte, se
prépare une vie très triste, où il alternera entre la liberté et
le pénitencier», déclare l'enflammé. Pour combattre ce
«phénomène troublant», il annonce que des plans d’actions
seront donc mis en œuvre partout au Québec.
Tous les intervenants
seront mis à profit dans l’offensive péquiste : enseignants,
policiers, CLSC et 31 organismes communautaires. «C’est un
véritable but de prévention, justifie-t-il. (…) C’est
qu’il faut être conscient du phénomène et, quand on le voit
comme éducateur, (il faut) intervenir pour arrêter les
jeunes qui sont sur cette voie criminelle.» Le ministre
accompagne sa déclaration d’une étude – effectuée par qui? –
démontrant l’ampleur du drame, émaillée de nombreux chiffres.
(Suite demain)
News du samedi 8 Novembre 2008
■ Élections
générales au Québec – La
campagne se poursuit, le vote se tiendra le 8 décembre. Dans une
caricature d'YGRECK, un électeur, pas très au courant de
l'actualité, adresse une question
au premier ministre libéral sortant Jean Charest.
■ La vie de
quartier s'est refroidie – (Tome
3
de L'Étau Policier) Selon le sociologue Gilles Lipovetsky, le nouvel
urbanisme a fait éclater l'interpénétration du privé et du public
qui prévalait dans la ville traditionnelle. (Citoyenneté et
urbanité –
Éditions Esprit –
Ouvrage collectif)
Le zoning s’est imposé contre la promiscuité
des rues, on a vu s'édifier des grands ensembles-dortoirs, des
villes de banlieue où l'espace public s'est effacé lentement. La
vie de quartier, où autrefois les individus se connaissaient, se
rencontraient, s'est peu à peu éteinte. Lipovetsky fait le constat
que plus il y a bureaucratisation du monde, plus il y a
autonomisation des personnes.
Le vocable
«bureaucratisation»
utilisé par le sociologue me semble une façon polie de dire les
choses. Le fait est que, d’une part, le citoyen a fuit la
discipline du pouvoir et de la société marchande en se repliant
dans son espace privé, seul endroit où il pensait avoir la sainte
paix, enfin le croyait-il.
Et que, d’autre part, ce même pouvoir,
qui n’aime pas trop que les citoyens se parlent entre eux, les a
isolés davantage de leurs semblables en faisant appel à des
urbanistes et des architectes, émules enthousiastes des howardiens,
qui ont créé des milieux de vie où «les
poules pondeuses»,
métaphore que j’emprunte à Jacobs, pourraient caqueter tout à
leur aise sans déranger personne.
Dans une série de
portraits d’une dizaine d’architectes, d’ingénieurs, de
créateurs, d’artistes parmi les plus inventifs et les plus engagés
de notre temps, La Presse présentait à ses lecteurs, à l’été
2000, ceux qui bâtissent le futur. (La Presse du 26 août 2000)
La journaliste Maya
Kandel, de World Media, a demandé à Rem Koolhaas, architecte et
écrivain néerlandais mondialement connu, s’il aimerait concevoir
une ville entière, comme Le Corbusier ou Oscar Niemeyer avec
Brasilia, au Brésil. (Maya Kandel, World Media –
La Presse du 26 août 2000) «Non,
c’est un projet irréaliste,
a-t-il répondu.
D’ailleurs, il n’existe plus aujourd’hui d’autorité capable
de décider d’un projet pareil. Je le dis sans aucun regret, car il
y a quelque chose de malsain dans une architecture investie d’un
tel pouvoir. C’est aussi un projet impossible. La condition urbaine
repose sur la coexistence d’oppositions et une seule imagination ne
suffit pas pour incorporer de vraies contradictions.»
Prenons
connaissance aussi de l’approche des architectes suisses Jacques
Herzog et Pierre de Meuron : «Ce
qui compte beaucoup pour nous,
disent-ils, c’est
l’effet d’un bâtiment, mais aussi la sensualité qu’il dégage.
L’architecture s’adresse directement aux êtres humains, comme
une odeur ou une musique. Elle est aussi une sensation.»
Voyons également celle du paysagiste français Gilles Clément :
«L’avènement
de la pensée écologique nous montre que le meilleur se trouve dans
la vie, et dans la transmission de cette vie à travers un
écosystème.»
Nous sommes loin ici de l’architecture stalinienne, uniforme,
froide, sans âme, et répressive en plus. (Suite demain)
■ Deux chapeaux,
deux mesures – (Tome
2 de L'Étau Policier) Octobre 2002, remue-ménage au sein du
gouvernement péquiste de Bernard Landry, qui occupe la fonction de
premier ministre depuis la démission de Lucien Bouchard au début de
2001. Paul Bégin, ministre de la Justice, démissionne de ses
fonctions. (Denis Lessard – La Presse du
29 octobre 2002)
Par la suite La Presse
met la main sur une information cadrant bien avec la démesure
prévalant dans ces années-là : «Normand Jutras, ministre de la
Sécurité publique, sera nommé ministre de la Justice, un poste
qu’il cumulera avec ses fonctions actuelles.»
Dans cette même
édition, le journaliste Yves Boisvert réagit aussitôt : «Un
ministre ne doit pas être à la fois le patron de la police et le
patron des procureurs (les avocats de la Couronne) qui doivent
porter un jugement sur leur travail (des policiers).» (NDLR :
Aujourd'hui, ce 8 novembre 2008, Jacques Dupuis, du parti libéral de
Jean Charest, occupe les deux fonctions et personne ne rouspète,
sauf moi. Deux chapeaux, deux mesures)
Le
lendemain, le premier ministre Landry nomme Jutras à la Justice et…
Serge Ménard à la Sécurité publique, bien que celui-ci conservera
son poste de titulaire des Transports. (Pascale Breton –
La Presse du 30 octobre 2002) Troisième fois qu’il accède à la
Sécurité publique : sous le gouvernement Jacques Parizeau (du
26 septembre 1994 au 29 janvier 1996), sous celui de Lucien
Bouchard (du 15 décembre 1998 au 30 janvier 2002) et celui de
Bernard Landry (du 29 octobre 2002 au 29 avril 2003). À la
Sûreté du Québec, où il est… bien apprécié, on doit se
frotter les mains de satisfaction.
Pourquoi
ne pas avoir gardé Justras à la Sécurité publique et nommé
quelqu’un d’autre à la Justice ? On peut penser que son passage
à ce ministère aurait déplu à certains membres du pouvoir et de
la Sûreté du Québec. Homme plutôt modéré, à ce qu’il
semblait, il n’avait rien de l’excitation enfiévrée typique du
croisé, trait dominant chez son collègue Serge Ménard,
particulièrement en matière de répression de la Société civile.
Moins froid aussi, capable de compassion, donc plus humain.
On
l’avait constaté en septembre 2002, quand il avait commenté
l’étude effectuée par des chercheurs de la Société de
criminologie du Québec et portant sur la clientèle des prisons
québécoises. (Jean-Paul Charbonneau –
La Presse du 21 septembre 2002 ) Elle révélait qu’«en
grande partie»,
celle-ci était constituée de démunis. Ce qui l’avait le plus
frappé à sa lecture, avait-il confié aux médias, c’est de voir
comment ces personnes sont en détresse psychologique. Jutras
souhaitait leur réinsertion dans la société, conscient que cette
démarche nécessiterait l’intervention de plusieurs ministères…
(Suite demain)
News du vendredi 7 Novembre 2008
■ Les droit de
l'internaute désormais mieux protégés – Voyons
de quoi il s'agit. Il y a deux ans, un organisme a été mis sur pied
: Technologies de l'information et des communications (TIC), dont
Microsoft et Google sont notamment membres.
L'objectif était de
trouver une solution à une problématique universelle. Les sociétés
de ce secteur subissent partout dans le monde, incluant l'Occident,
des pressions croissantes d'États pour qu'elles appliquent des lois
et réglementations nationales. Le problème réside dans le fait
qu'elles peuvent contrevenir aux droits de l'homme, plus
explicitement à la liberté d'expression et à la vie privée :
censure et démarches pressantes pour l'obtention de renseignements
personnels.
Pendant deux ans, ses
membres se sont consultés afin de se doter d'un code de conduite.
Ils se sont inspirés de la Déclaration universelle des droits de
l'homme (DUDH), du Pacte international relatif aux droits civils et
politiques (ICCPR) et du Pacte international portant sur les droits
économiques, sociaux et culturels (ICESCR).
Grâce à cet outil,
chaque membre adoptera maintenant la même réponse à une même
situation lorsqu'il sera confronté à un État voulant porter
atteinte à ces droits. Auparavant, ces principes n'était pas
énoncés noir sur blanc. Ils n'étaient en quelque sorte que de
bonnes intentions laissées à la discrétion de chacun. Autre
nouveauté, en créant l'organisme TIC, ils ont du même coup créée
une solidarité entre eux. Le membre n'est plus seul face à un État.
Site
du groupe : accès à un résumé en français
les documents en anglais
seront bientôt traduits
Liste
des participants au TIC
PS : Je croise les doigts
en espérant qu'un jour prochain il sera possible de faire appel à
l'organisme TIC lorsqu'on aura de bonnes raisons de penser que l'État
ou sa police empiète nos droits, illégalement et clandestinement. Et que le nombre de ses membres augmentent.
■ 10 règles qu'on
peut appliquer...
07H00 –
...à des événements d'envergures graves ou de moindres envergures.
Ainsi, ce n'est jamais la faute de la police, toujours celle des
autres. Jamais la faute des directeurs et gardiens de prisons,
toujours celle des autres... Pour comprendre ce que je veux dire,
continuez de grimper
les échelons ici.
■ Un rappel... – ...je
vous ai déjà parlé du Vendée Globe, qui se tient à tous les
quatre ans. Je reviens à la charge, je ne veux pas que vous le
ratiez. Ce tour du monde à la voile, le Vendée Globe, débute
dimanche, le 9 novembre qui vient. La plus fascinante et passionnante
épreuve sportive, selon moi et bien d'autres. Une compétition sans
assistance, le skipper étant seul à bord. S'il lui arrive un pépin,
il doit se débrouiller ou abandonner.
Un petit aperçu de cet
événement exceptionnel... En 2004-2005, le gagnant de la course,
Vincent Riou, était arrivé au quai du départ après avoir navigué
pendant 87 jours et 10H47. Le dernier, après 126 jours et quelques
heures. Le trajet sillonne 4 océans, dont le pire, l'Indien. Il y a
aussi le Cap Horn à franchir, parfois des Icebergs, pas toujours
facile...
Les conditions atmosphériques varient souvent d'un
endroit à l'autre. Ça va du skipper pris dans la tempête et des
masses d'eau aussi hautes qu'une maison de trois étages à celui
piégé dans une zone calme, sans le moindre souffle de vent,
dérivant au lieu d'avancer.
Chaque jour, sur le site
du Vendée Globe vous avez accès à toutes les infos, y compris à
des vidéos. Chaque skipper est équipé d'une ou deux caméras
(intérieure et extérieure) et s'entretient régulièrement avec la
régie centrale.
L'adresse du site du
Vendée Globe ici. Je
vous souhaite beaucoup de plaisir et d'émotions...
■ Urbanisme aux
effets dévastateurs socialement – (Tome
3
de L'Étau Policier) L’architecte
européen Le Corbusier y a mis du sien aussi, avec ses maquettes
futuristes. Il proposait une synthèse de l’idéologie howardienne,
sauf que sa ville de rêve était composée surtout de gratte-ciel et
d’un grand parc occupant 95% de tout l’espace. Jacobs parle de
«citadelles
de l’iniquité».
Les citoyens à l’aise
habiteraient des immeubles luxueux moins hauts et entourés de courts
de tennis. Le tout enjolivé ici et là de restos et de salles de
spectacles. Tout comme les urbanistes de la Cité Jardin, Le
Corbusier enlevait les piétons des rues pour les mettre dans des
parcs. «Sa
ville ressemblait à un merveilleux jouet mécanique»,
raconte Jacobs. Une autre Cité utopique qui a exercé une immense
influence sur nos villes. «L’accueil
fut frénétique chez les architectes»,
écrit-elle.
En 1925, son insensé
Plan Voisin prévoyait de raser le Marais, un des plus beaux
quartiers de Paris, pour le remplacer par un parc d’où surgirait
d’immenses bâtiments de 200 mètres de haut. (Les 100 personnages
du XXe
siècle –
Éditions France Loisirs –
sous la direction de Frank Jamet)
En 1952, Le Corbusier a construit à
Marseille la Cité Radieuse. Vers la fin de sa vie, il éprouvera le
besoin de retrouver une forme d’habitation minimale pour mener une
vie de moine. Le Cabanon du Cap Martin répondra à cette exigence.
C’était une cellule de 3,66 mètres de côté et de 2,26 mètres
de hauteur. Ce cube est la quintessence de son art de vivre.
Jacobs écrit que ces
experts ont réussi à imposer ces notions comme critères d’un
«urbanisme
à visage humain»,
responsable sur le plan social et fonctionnel, et d’une grande
élévation d’esprit. Et comme tout ce qui est bon pour nos voisins
du sud l’est également pour les Canadiens que nous sommes, cet
urbanisme aseptisé a très vite franchi nos frontières.
Aujourd’hui, tout ce
qui donne une irrésistible envie de bâiller à la limite de la
capacité des mandibules risque fort d’être d’inspiration
howardienne. Toutes ces approches urbanistiques ont eu des effets
dévastateurs sur la socialité. Bien que l’hygiénisme social en a
été l’un des catalyseurs, il ne faut pas croire pour autant qu’au
début tout a été secrètement planifié par le pouvoir derrière
des portes closes. Ce nouvel urbanisme répondait également aux
aspirations de citoyens. (Suite demain)
■ Sûreté du Québec
: rêve péquiste d'une police nationale – (Tome 2
de L'Étau Policier) Ce mois de juillet 2002, l’éditorialiste Pierre
Gravel de La Presse revient sur l’importance de privilégier la
formule des trois tiers : Sûreté du Québec (corps policier de la
province de Québec), police de l’île de Montréal et les corps
policiers municipaux, intermunicipaux et régionaux. (Pierre Gravel –
La Presse du 18 juillet 2002)
Cite justement le cas de ces
municipalités demandant de confier le service de police à la Sûreté
du Québec. «Il faut souhaiter que (…) les autorités
répondront non à cette requête qui se comprend et s’explique
fort bien. Mais qui s’apparente à une démission face à une
responsabilité qu’on devrait continuer à assumer.»
Selon lui, Il restera
ensuite, et surtout, à faire quotidiennement la démonstration que
le jeu en valait la chandelle pour les citoyens ordinaires et non pas
d’abord pour ceux qui y voyaient une façon de régler un épineux
problème budgétaire.
«Ou encore un truc pour satisfaire une
vieille recherche instinctive de symboles collectifs. (…) Dans
la même veine, en effet, que la vieille guerre des drapeaux entre
Québec (province du Canada) et Ottawa (Ville où siège
le gouvernement du Canada), le rêve d’une police nationale
québécoise pouvant faire contrepoids à la GRC “canadian”
(Gendarmerie royale du Canada) a toujours naturellement fait
partie du grand projet souverainiste.» (Suite demain)
News du jeudi 6 Novembre 2008
■ Une voiture
fonctionnant à l'eau – Inventée
au Japon, un seul litre d'eau suffit pour qu'elle roule à 80km/h
pendant 1 heure. Avantage sur la voiture électrique : pas de
batteries à recharger. Qui
dit mieux? Vidéo 01:43
■ L'amiante chrysotile – Puisque le Canada se refuse, directement ou indirectement, d'inscrire ce
minéral cancérigène sur la liste de la Convention de Rotterdam, il
appartient maintenant aux pays ne voulant pas de cette merde sur leur
territoire d'en interdire
l'importation.
■ Un monde
anticonformiste réjouissant – Des
trucs auxquels vous ne
vous attendez pas. Par exemple cette citation de Vian, au sommet
de la page, qui vous fera rire, si vous êtes du genre relaxe, ou
crier au scandale, si vous êtes Fille d'Isabelle ou Chevalier de
Colomb. Cliquez sur la photo d'un artiste pour découvrir son art.
Lisez l'article l'accompagnant, colonne droite.
■ L'info se propage
à grande vitesse sur le web – Nous
sommes à l'heure de l'instantané. Personne ne s'en plaint, sauf des
victimes ne méritant pas d'avoir été ciblées. Trop tard, la
nouvelle a déjà fait le tour du monde. Inévitable, mais peu
nombreuses, compte tenu de la masse de la galaxie virtuelle. Nul ne
sait d'où part l'info malintentionnée. Parfois, on le découvre par
la suite. Parfois.
Que faire lorsque votre réputation est en jeu? Ou
qu'on vous espionne? Ou que, ou que? Il n'y pas vraiment de réponse.
Quelques
cas : 2 vidéos, partie 1 et 2, affichées au sommet de l'écran.
■ Urbanisme
stérilisé à l'os, sans impureté – (Tome
3 de
L'Étau Policier)D’autres
prirent la relève d’Howard, notamment Clarence Stein et Henri
Wright. Pour eux, la rue était mauvaise, les maisons devaient lui
tourner le dos et regarder vers l’arrière, la petite ville
projetée devait être isolée, comme une île.
Jacobs raconte
qu’ensuite, « ils
s’acharnèrent à coups redoublés sur la vieille ville jugée
responsable de tous les maux. Ces gens-là ne se gênaient pas pour
dire ouvertement qu’ils voulaient jeter la grande ville par dessus
bord »,
relate-t-elle.
Pour eux, c’était
Mégalopolis, une monstruosité. La partie centrale de New York, où
habitait Jacobs, était un «chaos
figé
(dixit Mumford)». La forme et l’apparence des villes n’étaient
rien d’autres qu’ «un
accident chaotique, résultat dû au hasard des lubies
contradictoires d’un grand nombre d’individus égocentriques et
malavisés
(Stein)».
Quant aux centres des grandes Cités, ils se réduisaient
à «des
lieux remplis de bruit, de saleté, de mendiants, de boutiques et
souvenirs et où la concurrence entre publicités criardes se donne
libre cours
(Bauer)». Le bon urbanisme, c’était l’urbanisme du projet.
Puis
sont arrivées les années 1930 et le président américain Herbert
Hoover (1929-1933). Il a fait le procès «des
turpitudes des cités et l’éloge des vertus morales attachées aux
maisons individuelles»,
aux petites villes et à l’herbe bien verte. Ensuite, son
successeur, Franklin Delano Roosevelt, a passé à l’acte en
implantant le New Deal. Le but était de contrer les conséquences de
la crise économique de 1929, mais ce n’en était pas le seul.
Jacobs
cite Rexford G. Tugwel, administrateur fédéral chargé du projet
des banlieues modèles de la Ceinture Verte, l’une des réalisations
du New Deal : «Mon
idée, c’est d’aller, juste à côté des centres urbains,
repérer des terrains bon marché, y bâtir des communautés se
suffisant à elles-mêmes et y attirer des habitants. Puis, je
retournerai dans les villes et j’y raserai les zones de taudis pour
les transformer en jardins publics.»
Et la journaliste de signaler que ces sommes considérables dépensées pour
l’étalement des banlieues et, parallèlement, ce manque de
capitaux dont souffrent les zones urbaines classées insalubres par
les urbanistes, «voilà
le résultat que nos sages gouvernants désiraient atteindre en notre
nom, leurs efforts ont été couronnés de succès : nous vivons
maintenant cette situation».
(Suite demain)
■ La SQ offrait ses
services à rabais – (Tome 2 de
L'Étau Policier) Milieu de juin 2002.
Le président Prud’Homme de la FPMQ, ayant appris que les 71
policiers de la nouvelle Ville de Shawinigan (née de la fusion
municipale) vont passer à la Sûreté du Québec (SQ, corps policier
de la province de Québec), s’en alarme, accuse le gouvernement
(péquiste) d’asséner le «coup
de grâce aux policiers municipaux».
(André Cédilot –
La Presse du 12 juin 2002)
«C’est
le début de la fin,
déplore-t-il. Sauf pour les
grands corps (policiers),
je suis convaincu que tous les autres services municipaux de police
vont disparaître à moyen terme.
(…) Après
Shawinigan, ce sera au tour de Drummondville et St-Hyacinthe de faire
de même». Selon lui, il
est inconcevable que le ministre péquiste Jutras autorise le
démantèlement des corps de police desservant les municipalités
fraîchement fusionnées et comptant plus de 50 000 habitants.
D’autant
plus choqué est-il que l’ex-ministre de la Sécurité publique,
Serge Ménard, avait promis l’année précédente, devant des
centaines de policiers réunis en congrès, qu’il opposerait son
veto à l’abolition des services de police dans ces municipalités
élargies.
Prud’Homme estime que la décision de Jutras ouvre la porte aux
autres. «On ne peut blâmer
les maires de profiter de subventions déguisées en confiant la
protection de leur territoire à la Sûreté du Québec.
(...) Ça crée une
concurrence déloyale, tout en incitant les municipalités qui
veulent garder leur corps de police à vouloir négocier à rabais
avec les syndicats».
Mentionne le cas Rimouski : «En
finançant sous la table le manque à gagner de la Sûreté du
Québec, le gouvernement maintient les iniquités envers les grands
centres urbains qu’il avait justement l’intention de corriger
avec la nouvelle carte policière».
(Suite demain)
News du mercredi 5 Novembre 2008
■ Itinérance
grandissante...
– ...de
membres des Premières Nations et d'Inuits en milieu urbain, au
Québec. Selon Édith Cloutier, directrice générale du Centre
d'amitié autochtone de Val-d'Or, c'est une réalité qui ne
touche plus uniquement les grandes villes. Dans un mémoire soumis à
la Commission québécoise des affaires sociales, elle relate ce qui
se passe.
Son
mémoire (23 pages, format pdf) est aussi captivant à lire qu'un
bon roman. Dans le sens qu'on y découvre une réalité sociale nous
faisant ouvrir grand les yeux : les Amérindiens sont pas les
bienvenus chez nous. On ne parle pas ici du métis, souvent
indissociable du blanc, mais de l'authentique indien. Jetons y un
bref coup coup d'œil.
À Val-d'Or, les résident
autochtones représentent 6.2% sur la population de plus 30 000
habitants, blanche à quasi totalité. La plus part cherchent une vie
meilleure pour eux et leurs enfants. Pas aisé de s'intégrer. Ils
vivent dans un système qui leur est étranger. Leur code de vie
n'est pas le même que celui d'une ville.
En résulte, préjugés,
manque de compréhension de leur culture de la part de blancs.
Racisme et discrimination sont le lot de plusieurs, dont beaucoup
s'interrogent sur leur identité et leurs propres valeurs. Écarts
socioéconomiques aussi, pauvreté (51% des jeunes), exclusion
sociale.
Val-d'Or, «Sin City»
(Ville du péché), référence
à ce qu'on y trouve : bar, machines à poker, alcool, drogue,
prostituées. Le temps d'un week-end ou période plus longue. Dans un
contexte social du genre, allez donc bâtir des ponts avec l'autre
qui vous est étranger.
Communiqué
de l'organisme, datée d'aujourd'hui (1page)
Situation
géographique
de Val-d'Or
Photo
de la rue
Principale de Val-d'Or
Plus
d'infos sur la petite ville minière de Val-d'Or
■ Les
Québécois... – ...iront
aux urnes le 8 décembre prochain. Actuellement, le parti libéral de
Jean
Charest doit partager le pouvoir avec deux autres partis
politiques. Vidéo de La Presse Canadienne (01:46).
■ L'allocution
du Président Obama... – ...prononcée en fin de soirée, hier, après son élection à
cette fonction. Vidéo
(16:53) traduite en français. Et des
photos de
la victoire d'Obama et de la défaite de McCain. Dans le bas de
chacune, une légende.
■ Un Éden...
«paternaliste
et autoritariste» – (Tome
3 de L'Étau Policier) La
banlieue est plus ou moins née à cette même époque, en
Angleterre, sous l’«inspiration»
d’Ebenezer Howard, un chroniqueur judiciaire, notons-le, qui s’est
intéressé à l’urbanisme. (Jane Jacobs –
Déclin et survie des grandes villes américaines –
Éditions Mardaga)
Pour lui, la ville était une injure à la nature
et le mal incarné, selon ce que rapporte la journaliste américaine
Jacobs. Alors pour sauver les citadins, il a cherché à tuer la
grande ville, en créant le concept de la Cité Jardin.
De la description qu’elle
en fait, on retient que cette petite ville autonome était surtout
destinée «aux
gens dociles qui n’avaient pas de projets personnels et à qui il
était égal de passer leur vie en compagnie d’autres gens n’en
ayant pas non plus».
Comme il est de règle dans les utopies, le droit d’avoir un projet
de quelque importance revenait aux seuls urbanistes officiels qui
pouvaient se livrer à leurs nobles travaux sans être gênés «par
des ignorants mal élevés».
Ville et ceinture verte
étaient soumises en permanence au contrôle de l’autorité
municipale, spéculation immobilière et modifications dans
l’affectation des terrains, interdites. Pourquoi? Pour en maintenir
à 30 000 le nombre de ses habitants. Il ressemblait à quoi, cet
Éden? À une ville de la province anglaise, dont le château et son
parc, dépeint Jacobs, étaient remplacés par des équipements
collectifs, avec quelques usines dissimulées derrière un rideau
d’arbres pour fournir du travail à la population.
Nouvel environnement,
nouvelle vie sociale, société politique et économique reconstruite
sur des bases «paternalistes
et autoritaristes».
Société immobile, en somme, et gouvernée par une nouvelle
aristocratie. Tout le contraire de l’urbanisme, au sens
démocratique du mot, voulant que la ville soit érigée selon le
goût de ses citoyens. (Suite demain)
■ Sûreté
du Québec, un État dans l'État – (Tome
2 de L'Étau Policier)
Milieu
de février 2002, cette déclaration du dg
de la Sûreté du Québec, Florent Gagné (André Cédilot –
La Presse du 15 février 2002) : «Il
faut que les gens comprennent qu’on s’éloigne de la police
municipale. On refait la police sur une base plus régionale. (…)
La
façon moderne de faire de la police, ça ne se résume pas à avoir
plus de policiers dans les rues. Ce n’est pas parce qu’on en voit
plus qu’on est plus en sécurité. D’un autre côté, on n’est
pas plus en danger si on n’en voit pas. »
Traduisons
la langue de bois du dg : même si on n’en voit pas, on est
quand même en sécurité à cause de la présence massive des civils
et de leurs nombreux collabos dont des commerçants, que les citoyens
enrichissent de leurs achats.
De
plus, il affirme qu’après la réforme, il ne restera plus que 55
services de police municipaux. «L’idéal
serait qu’il en reste seulement une quinzaine
(sic) d’ici
trois ans»,
dit-il. Là, les intentions du dg sont énoncées clairement.
Qu’adviendra-t-il de ceux qui subsisteront alors? On l’imagine
sans peine : encore quelques années et il n’en restera plus
aucun, si l’on fait exception des grands corps policiers municipaux
de l’île de Montréal, de Laval, de Longueuil et de la Ville de
Québec.
Éclairants,
les propos du dg. Ce mois de février-là, alors que la réforme est
à toutes fins utiles pratiquement complétée, il l'avoue
finalement. Élus municipaux et citoyens auraient probablement
souhaité en être informés dès le début. Possible que leur
réaction auraient été toute autre. Gagné – et son patron, le
ministre péquiste Serge Ménard – leur a caché cette information,
ne la sortant de sa manche qu’à la toute fin.
De
son côté, l’éditorialiste Pierre Gravel de La Presse est
préoccupé par l’agrandissement
du territoire de la Sûreté du Québec… «Compte
tenu de l’histoire récente de ce corps policier, mise en relief
par le rapport Poitras à la suite de l’affaire Matticks (NDLR :
Des policiers avaient trafiqués quatre preuves pour obtenir la
condamnation de membres de ce groupe de criminels),
et de l’influence qu’y détient le syndicat
(…)
Et
comprendre l’inquiétude sur cette tendance vers la création de ce
qui pourrait bien redevenir cette espèce d’État dans l’État
(…)
Ets’il
est souhaitable et prudent que presque tout le monde confie son sort
à la Sûreté du Québec. » (
Pierre Gravel –
La Presse du 17 février 2002) (Suite demain)
News du mardi 4 Novembre 2008
■ Obama... – …élu président des USA!
standing
ovation!
■ Suivez
en direct les élections aux USA... – …en
cours actuellement sur Radio-Canada
International. L'émission est dynamique, avec des journalistes
un peu partout aux États-Unis. Et qui durera une bonne partie de la
nuit, heure du Québec. Au moment d'écrire ces lignes, Obama mène
largement. Je vous laisse là-dessus, je veux rien manquer de cette
émission super intéressante. Ciao!
Je vous donne l'adresse
intégrale au-cas-z-où
http://www.radio-canada.ca/audio-video/#urlMedia=http://www.radiocanada.ca/util/endirect/rdidirect.asx&pos=0
■ Bon,
prenons le temps souffler un peu – Concert
intime de Radio-Head
(52:19). Les premières chansons sont les meilleures, surtout
la deuxième.
■ Le
patriotisme, une menace à la liberté? – Tolstoï
: «Le
patriotisme, monsieur, est l’ultime ressource des vauriens».
Hervéconsidère
le patriotisme comme une superstition, bien plus dangereuse, brutale
et inhumaine que la religion. Frédéric
le Grand
: «La
religion est une escroquerie mais il faut l’entretenir pour les
masses.»
(NDLR : En est-il ainsi du patriotisme?)
Le
patriotisme réclame une allégeance totale au drapeau... Citation :
Nos cœurs se gonflent d’orgueil à la pensée que l’Amérique
deviendra la nation la plus puissante de la terre, et qu’elle
écrasera de son talon de fer les autres nations. Telle
est la logique du patriotisme. (NDLR : Les Américains ont détourné
à leurs fins le mot AMÉRIQUE, en font pourtant partie Canada et
Mexique.)
Emma
Goldman : texte sur la définition du patriotisme
Le patriotisme
américain, une autre planète
Patriot
Act, des USA
PS: Le
poète et écrivain cubain Padilla écrit que le mot «Histoire»
l’a séduit pendant un certain temps. (Heberto Padilla –
La mauvaise mémoire –
Éditions Lieu Commun) Il avoue même l’avoir fréquemment employé
dans ses poèmes.
«Je le
vois aujourd’hui comme le moyen le plus pervers d’utiliser un
alibi ou une justification,
lit-on dans l’un de ses ouvrages.
Albert Camus n’a peut-être pas pu laisser aux philosophes
professionnels une formulation rigoureuse de sa pensée,
continue-t-il,
mais ceux qui ont vu une révolution se faire à notre époque seront
d’accord avec lui lorsqu’il écrit que le grand principe des
tyrannies du vingtième siècle a été établi par Saint-Just
lorsqu’il a dit : Le patriote est celui qui soutient la République
en masse, quiconque la combattra dans le détail est un traître.»
PS : La
Société St-Jean-Baptiste de Montréal, organisme patriotique et
indépendantiste, a déjà lancé l’anathème à des députés
fédéraux. Ces derniers ont réagi en intentant une poursuite
judiciaire. Le juge a dit en quelque sorte à ces derniers de ne pas
compter sur son support dans leur combat politique. Il y a les
traîtres et les ethnies.
À
cet égard, le discours de Jacques Parizeau, alors premier ministre
péquiste, prononcé le soir du 30 octobre 1995, après la deuxième
défaite référendaire sur l’indépendance du Québec, est
particulièrement explicite.Parizeau : «Si
vous voulez, on va cesser de parler des francophones du Québec,
voulez-vous ? On va parler de nous
( NDLR : Les Québécois de souche…) à
60%. On a voté pour. (…)
C’est
vrai, c’est vrai qu’on a été battus, au fond, par quoi ? Par
l’argent puis des votes ethniques, essentiellement (…).
■ L'affaire
Mohamed Anas Bennis (suite) – Hier
lundi 3 novembre, à 09H55, j'ai rédigé un article à ce sujet. Lisez plus bas
la manchette : Qu'est-il
advenue de l'enquête... sur
Mohamed Anas Bennis, abattu de deux balles, en décembre 2005, par
Annick Bernier de la police de l'île de Montréal?
Par la suite,
j'ai posé la question au coroner responsable de l'enquête, Me
Catherine Rudel-Tessier. Voici sa réponse, que j'ai reçue
aujourd'hui...
«L'enquête prévue
pour la fin de septembre a été remise en raison d'une demande de la
part d'un des procureurs au dossier qui ne pouvait être présent aux
audiences. Elle est maintenant fixée au mois de mars 2009 (une salle
a été réservée au palais de justice de Montréal à compter du 25
mars).
«Par ailleurs, vous
n'êtes pas sans ignorer que la Cour supérieure est saisie d'une
requête de la Fraternité (syndicat) des policiers (de
Montréal) qui demande l'annulation de l'ordonnance d'enquête.
Celle-ci doit être entendue au fond en janvier prochain. Aucune
demande de sursis ne l'accompagne.»
Je vais suivre de près
cette histoire et vous informer sur mon site des développements qui
suivront.
■ Tout
est bon dans cette vidéo... – ...images et
musique. Frissons
assurés pendant près de 10 minutes.
■ La
raison de la mort de la ville conviviale – (Tome 3
de L'Étau Policier) Il existe un fossé culturel entre
le citoyen vivant en milieu rural ou en banlieue, d’une part, et
celui d’une grande Cité, d’autre part. Saisir cette réalité
permet d’en dévoiler une autre. Car elle explique un important
volet de la répression policière. Entrons dans le vif du sujet par
un rapide retour en arrière.
Michelle Perrot a analysé
la ville et ses faubourgs au XIXième siècle, sa conclusion
(Citoyenneté et urbanité –
Éditions Esprit –
Ouvrage collectif) : «La
mort de la ville conviviale est attribuable à l'enfermement dans la
famille et l'horizon étroit des intérêts privés.»
Elle soutient que les transformations de l'urbanisme ont participé à
l'avènement du néo-individualisme.
Après avoir lu son
ouvrage, on constate que la dualité espace public/espace privé
remonte en partie à l’émergence du libéralisme économique. Tout
s’est enclenché quand la société marchande est sortie de ses
ateliers pour envahir peu à peu l'espace public afin d'y vendre ses
produits. C’est alors qu’elle a commencé graduellement à
imposer au citoyen, dans l’espace public, sa propre vision de la
discipline, l’obligeant à se réfugier de plus en plus dans son
espace privé. (Suite demain)
■ Le mensonge d'el comandante
Michel Boudreault – (Suite tome
2 de L'Étau Policier) Début décembre 2001, au
Saguenay-Lac-St-Jean, dans la MRC Domaine-du-Roy, l’intégration
des municipaux est pratiquement terminée. Le commandant de ce
district, à la Sûreté du Québec, Michel Boudreault décrit la
situation ( Alexandre Gauthier – l’Étoile
du Lac du premier décembre 2001) : «Une fois tout le processus
complété, d’ici un mois, c’est-à-dire au début de janvier
2002, la Sûreté du Québec desservira au moins 95% des 52
municipalités de la région.»
Dans l’Étoile du Lac,
l’hebdo régional, une photo couleur occupe le tiers de la page une
: deux policiers en uniforme, dont Boudreault, encadrent un collègue
qui a enfilé pour la circonstance une tête d’ours, mais portant
l’uniforme de la Sûreté du Québec et la casquette. Cependant, il
n’affiche aucun sourire et son regard est tristounet. C’est
sérieux ! La criminalité menace ce milieu rural où il ne se passe
à peu près jamais rien. C’est dans une région peu populeuse
comme celle-ci, ou dans un petit village policier comme Lac
Bouchette, que l’on saisit toute la démesure de la prévention.
Ce
même mois, Boudreault entretient le journaliste Normand Boivin de
l’hebdo Progrès-Dimanche de la police de proximité, d’approche
communautaire. (Normand Boivin – Progrès-Dimanche du 2 décembre
2001) Il explique que la Sûreté du Québec entend se faire mieux
connaître de la population qu’elle dessert. Il rappelle qu’à ce
corps policier le virage du concept communautaire a été pris en…
1997, mais le rapprochement ne s’est pas fait encore complètement
«dans
la tête des populations»
desservies.
«La
police de proximité suppose qu’on les implique. C’est finie
(l’époque) où
la police venait une fois de temps en temps pour régler tout seul un
problème. La prise en charge se fait maintenant en collaboration
avec le
citoyen». Il souligne que peu de gens savent que chacune des
municipalités desservies par la Sûreté du Québec dispose d’un
patrouilleur «parrain»
attitré. «Les
élus les connaissent bien et souhaitent que la formule continue. (…)
Nous
voulons que les parrains viennent dans les municipalités expliquer
aux gens ce qu’est la police de proximité».
«C’est
finie
(l’époque) où
la police venait une fois de temps en temps pour régler tout seul un
problème»,
a bel et bien déclaré el comandante Boudreault. Il dit clairement
que lorsqu’il n’y a pas de problème, il n’y a pas de policier
(en uniforme) sur place. Il fait faussement croire que la population
de la petite ville ou village est alors sans protection aucune, d’où
la nécessité de la police communautaire, n’est-ce-pas ? Il n’a
pas dit toute la vérité, rien que la vérité… Car il sait très
bien que si la police en uniforme est absente, la police en civil et
ses collabos, eux, sont là. Il est évident que Boudreault ne peut
dévoiler cette présence dans le sous-sol de la démocratie.
Manipulation? Oui, et elle est grosse.
Le pouvoir péquiste sait
que les corps policiers municipaux n’adhèrent pas uniformément au
concept. Pour diverses raisons. En tête de liste, la détermination
varie de l’un à l’autre, la qualité des infrastructures
policière aussi et des maires ne sont pas chauds à l’idée non
plus d’y investir davantage de deniers publics. Se faire réélire
quand on a haussé les taxes municipales, ce n’est pas évident.
Certains doivent
probablement penser que la criminalité en milieu rural n’a rien de
commun avec celle d’une grande Cité, que le service de police de
la municipalité suffit amplement. En outre, les élus municipaux
sont nuls en matière policière, d’où une certaine mollesse qui
doit irriter le pouvoir péquiste. Seule une réforme menée d’une
poigne de fer par un ministre enflammé peut y parvenir. (Suite
demain)
News du lundi 3 Novembre 2008
■ Where
are you darling? – Je l'ai passée
déjà sur mon site, cette chanson, il y a de ça plusieurs mois.
Mais que voulez-vous, je m'en ennuie. J'adore la franco-colombienne
Maria Prada. Elle a le ton
et l'émotion de l'Amérique Latine.
■ Les
faux-monnayeurs – Un
texte drôle de Bernard
de Aldecoa. Il écrit qu'il y a un problème de fausse monnaie,
la monnaie signée par des faux-monnayeurs ayant pour garantie de la
fausse monnaie signée par d'autres faux-monnayeurs, tous se
prétendant banquiers.
■ Qu'est-il
advenu de l'enquête... – …sur
Mohamed Anas Bennis, abattu de deux balles, en décembre 2005, par
Annick Bernier de la police de l'île de Montréal?
Le Centre médias
alternatif du Québec (CMAQ) rapporte qu'à la fin d'août 2008, le
syndicat des policiers a intenté une poursuite judiciaire à
l'encontre de Me Catherine Rudel-Tessier, coroner de son état, et la
famille Bennis afin d'empêcher la
tenue de l'enquête, sous prétexte que toutes les réponses aux
questions de la famille auraient déjà été trouvées.
Cette
enquête avait été décrétée en juin 2008 par la coroner en chef,
le docteur Louise Nolet, lit-on dans un communiqué
du bureau du coroner. L'objectif était de faire toute la lumière
sur les circonstances du décès et de formuler, s'il y a lieu, des
recommandations pour une meilleure protection de la vie humaine. Dans
le communiqué, on indique que le lieu et la date des audiences
seront annoncés dès qu'ils seront connus.
Lisez
les articles sur CMAQ (dans le
bas de la page) et le site justice
pour Anas
PS : Je ne comprends pas
l'attitude du syndicat des policiers de Montréal. Pourquoi empêcher
la tenue de l'enquête? S'il n'a rien à cacher, le policier impliqué
sera blanchi. S'il n'y en a pas, le doute subsistera. On dira encore
que la police est au-dessus des lois. Et ce ne sera pas la première
ni la dernière fois. Qui mène au Québec, la justice ou la police?
■ USA,
les élections demain – Événement
ultra important, pas seulement pour les Américains, des citoyens des
autres pays également. Au Canada, les républicains ne sont pas trop
appréciés, exception faite de la droite conservatrice du premier
ministre Stephen Harper.
W.
Bush et son entourage immédiat y sont considérés comme des
emmerdeurs qui ont à maintes reprises fourré leur nez dans nos
chaudrons et fait du tordage de bras diplomatique. Ils nous tiennent
par les couilles : environ 80% de nos exportations sont destinées au
sympathique Oncle
Sam. Nos hommes d'affaire sont des paresseux, ils préfèrent
vendre chez notre voisin plutôt qu'ailleurs dans le monde. C'est moins
fatiguant.
Peut-on avancer que
beaucoup de terriens en ont ras-le-bol des républicains? Je le
crois. Des sondages indiquent que le démocrate Obama est en avance
sur son adversaire McCain. Le meilleur sondage n'en demeure pas moins
toutefois celui de la journée des urnes.
Des
photos de la campagne qui prend fin dans quelques heures.
■ Un
lance-roquettes dans le slip? – Passage
(03:11) devant un
détecteur.
■ Des
événements survenant à point nommé – (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Coïncidence,
ce même mois de janvier 2001, six policiers de Granby et du Canton
font l’objet de… menaces de mort. (Presse canadienne –
La Presse du 22 janvier 2001) Le ministre péquiste Serge Ménard
attrape l’événement au vol, soutient se sentir «réconforté»
dans sa volonté de réaliser la refonte de la carte policière.
«C’est
l’exemple d’un corps de police local qui n’est pas capable
d’affronter la menace du crime organisé»,
déclare-t-il.
Le
ministre se garde bien de parler des escouades régionales mixtes
contre le crime organisé alors implantées partout au Québec. Il
saisit aussi l’occasion pour rappeler la nécessité d’une loi
fédérale antigang plus musclée, «le
plus vite possible», pour donner plus de pouvoirs aux policiers : «Il
faut une véritable loi antigang qui fasse un crime du seul fait
d’appartenir à un gang.»
Ménard préconise l’utilisation de la clause dérogatoire de la
Charte canadienne des droits et libertés, mais le gouvernement
fédéral s’y refusera.
Deux
jours après, le responsable de l’Association des directeurs de
police du Québec ( ADPQ ), Lorrain Audy, endosse ses propos.
(Jean-Paul Charbonneau –
La Presse du 24 janvier 2001) Pour lutter efficacement contre le
crime organisé, il faut trois ingrédients : la mise en place de la
carte policière (la régionalisation), le maintien des escouades
régionales mixtes (contre le crime organisé) et une véritable loi
antigang. «La
carte policière va conduire à des regroupements de corps policiers,
ce qui va permettre d’augmenter leurs ressources humaines et une
meilleure transmission des renseignements criminels
( ... )».
Audy,
souligne le journaliste Jean-Paul Charbonneau de La Presse, est un
ex-sous-ministre associé au ministère québécois de la… Sécurité
publique et ex-membre de l’état-major de la police de l’île de
Montréal.
Un
autre événement survient, un mois et demi plus tard : menaces de
mort rapportées le 22 janvier 2001, et cet autre, le 5 mars. Deux
policiers de l’escouade mixte de la Sûreté du Québec suivent une
voiture occupée par deux Evil Ones, groupe affilié aux Hell’s
Angels. (Marie Allard –
La Presse du 5 mars 2001) Sur la route 116, à la hauteur de
Ste-Madeleine, une auto surgit derrière eux, et l’homme au volant
«a
tenté de les faire sortir de la route en utilisant différentes
manoeuvres dangereuses».
Les policiers appellent aussitôt du renfort et les deux Evil Ones
sont arrêtés.
Difficile
de croire que ces deux policiers faisaient de la filature à bord
d’une auto-patrouille de la Sûreté du Québec, une activité qui
est par définition discrète. Et que les deux Evil Ones se seraient
attaqués délibérément à une auto-patrouille. Donc, il s’agissait
fort probablement d’un véhicule banalisé. Ordinairement, quand la
police se déplace à bord d’un véhicule n’arborant pas ses
couleurs, elle ne porte pas l’uniforme non plus.
Ce
conducteur était-il sur les lieux pour assurer la protection de ses
comparses, a-t-il pensé que la voiture qui suivait ceux-ci était
occupée par des membres d’un gang criminel adverse? Questions sans
réponses, car on ne sait pas ce qu’il est advenu des deux
gangsters. Ça n’enlève pas au geste sa nature criminelle, mais
s’il l’ignorait, il reste qu’on ne peut plus parler d’une
attaque visant spécifiquement deux policiers.
Le
ministre Ménard n’en tire pas moins profit, là encore, pour faire
la promotion d’une véritable loi antigang, impliquant le recours à
la clause dérogatoire de la Charte fédérale des droits et
libertés. Parlant des motards, il déclare qu’ «ils
n’ont aucune discipline, et plusieurs sont prêts à prendre des
risques inédits jusqu’à maintenant, dans le but de se signaler à
l’attention des chefs des organisations. C’est très inquiétant»,
s’alarme-t-il.
Le
contexte politique prévalant alors à Ottawa vaut d’être rappelé
: octobre-novembre 2000, élections générales au Canada desquelles
les libéraux de Jean Chrétien sortent vainqueurs. Anne McLellan
retrouve son poste de ministre de la Justice et, en avril 2001,
dépose son projet de loi antigang C-24. Constatons qu’il est des
événements arrivant à point nommé. (Suite demain)
News du dimanche 2 Novembre 2008
■ Nils
Petter Molvaer : TLON – Je
reviens à mon article d'hier samedi. (Plus bas dans cette
page, visionnez les vidéos : La
France, à l'heure de Guantanamo)
C'est que je veux vous faire entendre, ou réentendre dans sa version
intégrale, la pièce musicale exceptionnelle, dont je parlais alors.
Mes remerciements à
Thomas Lacoste, le réalisateur français de l'excellent documentaire
Rétention de sûreté, qui m'a fourni les infos dont j'avais besoin
pour identifier et trouver sur le web la fameuse pièce musicale TLON
de Nils Petter Molvaer.
Elle arrive à point nommé dans son film, à
la toute fin. Après qu'on ait pris conscience du cauchemar
machiavélique du populiste Sarkorzy, TLON intensifie notre émotion,
notre indignation. Un documentaire des plus utiles à nos sociétés
démocrasouillées, car les États occidentaux ont tendance à se
copier-coller.
Nils
Petter Molvaer : TLON (07:52)
Dans la page s'affichant,
cliquez sur la flèche, à gauche
Nils Petter Molvær :
Trumpet, bass, samples
Eivind Aarset : guitar
treatments, talk box
Morten Molster : guitar
Rune Arnesen : drums
Ulf W. O. Holand :
samples
Si l'hyperlien ne
fonctionne pas, cliquez sur l'adresse ci-dessous
http://www.deezer.com/#music/result/all/nils%20petter%20molvaer%20%3A%20Tlon
Et si ça ne marche
toujours pas, allez à cette adresse (http://www.deezer.com) Dans la page s'affichant,
inscrivez dans le fenêtre... Nils Petter Molvaer : tlon
Et vous aurez enfin accès
à cette pièce musicale monumentale
Peu importe le pays où
vous habitez
Signez
la pétition pour l'abolition de la loi sur la rétention de
sûreté
Les films de Thomas
Lacoste
Une chanson qui est de
mise
En ces temps où la
droite propage la peur
Charlelie Couture : Appel
à l'aide
Et pour voir l'horreur
dans sa finalité
Une
bonne partie (01H11) du film Minority
Report de Steven Spielberg, en anglais
■ Caricatures – McCain
joue son va-tout...
Les banquiers prennent
des cours de pauvreté
La crise touche à sa fin
Suicides en prison
Fin des parachutes dorés
Risques limités pour les
banquiers français
On ne rigole pas avec la
sécurité...
L'offre raisonnable
d'emploi
L'armée recrute
À quoi sert un sénateur?
Du matériel en
Afghanistan
etc........
■ On
fusionnera, que ça plaise ou non – (Suite tome 2 de L'Étau Policier)
Alors
que la réforme policière s’en vient au pas de charge, une autre
prend son élan. En décembre 2000, après avoir suspendu les règles
de procédure et imposé le bâillon à l’opposition, le
gouvernement péquiste de Lucien Bouchard adopte la loi 170 créant
les nouvelles villes de Montréal, Longueuil, Hull-Gatineau, Québec
et Lévis. On fusionnera, que cela plaise ou non. En tout, une
soixantaine de municipalités seront groupées en cinq grandes
agglomérations urbaines. (Martin Pelchat –
La Presse des 20 et 23 décembre 2000)
Et
on ne s’arrêtera pas là, se promet le premier ministre Bouchard :
«On
va le faire dans la région de Sherbrooke, de Trois-Rivières, du
Saguenay-Lac-St-Jean, le Bas-du-Fleuve. Il faut faire l’opération
partout. On a 1 400 municipalités au Québec.»
En outre, Québec n’entend pas faire la sourde oreille à celles
qui n’y seront pas obligées.
L’opération sera menée rondement
par la ministre péquiste des Affaires municipales, Louise Harel, qui
l’a dit clairement : «les
municipalités sont les créatures du gouvernement.»
Prud’homme, président de la Fédération des policiers municipaux
du Québec, doit être content d’entendre ces propos. (Martin
Pelchat - La Presse du 9 décembre 1999)
Simultanément, ce même
mois, une troisième réforme est annoncée : l’implantation à
la grandeur du Québec du concept de la police communautaire. Le
journaliste Jean-Paul Charbonneau de La Presse assiste, à Laval, à
la présentation du document Vers une police communautaire, publié
par le ministère péquiste de la Sécurité publique. (Jean-Paul
Charbonneau –
La Presse du 8 décembre 2000 )
On y indique que le moment (fusions
municipales et policières) est particulièrement opportun, pour les
corps policiers ( municipaux ) qui ne l’ont pas encore fait,
d’entreprendre le virage proposé. «En
effet,
est-il précisé,
la réforme des services policiers, qui s’amorcera sous peu,
entraînera une réorganisation de leurs activités. Les autorités
policière doivent donc saisir cette occasion pour procéder à la
réforme de leurs organisations, avec l’objectif d’implanter
résolument (sic)
les
principes de l’approche communautaire.»
Notons
que les Bouchard, Ménard, Larose, Prud’Homme, Simoneau et Gariépy,
pour ne nommer qu’eux, se gardent bien de préciser que dans un
Québec quadrillé mur à mur par les flics en civil, appuyés
tactiquement par leurs collabos, sans omettre agents et agentes de
sécurité en civil sévissant en milieu de travail et dans les
centres commerciaux, la télésurveillance et les mégabanques
informatisées, le gouvernement péquiste, et ceux qui lui
succèderont, pourra tout à loisir affiner davantage la momification
de tous les Québécois.
Du
reste, tous vivent déjà sous l’oeil suspicieux de Big Brother et
Big Sister, et de leurs petits frères et petites sœurs, les
collabos. Mais en serrant davantage l’étau, qu’ils s’approchent
davantage de l’État policier, peu leur importe, à ces élus et
présidents-policiers. Le gouvernement Bouchard veut laver et essorer
la société civile et est disposé à concéder à ces derniers ce
qu’ils veulent, en autant qu’ils poursuivent, avec une efficacité
accrue, le travail clandestin qu’il attend d’eux. (Suite demain)
News du samedi 1 Novembre 2008
■ L'Observatoire
international des prisons... – …
est l'un des sites défendant les droits des détenus, en Occident.
Alors si vous voulez savoir quelles sont les conditions de vie en
milieu carcéral, c'est un endroit à
visiter. Dans les vidéos qui suivent, vous en apprendrez un
petit peu plus.
Vidéo
1, bande-annonce du film À Côté, de la réalisatrice Stéphane
Mercurio. Elle traite des épouses ou compagnes dont l'homme est
incarcéré à la prison de Rennes. Il sera à l'affiche le 29
octobre, en France.
Vidéo 2 (18:10)
Rétention de sûreté, une peine infinie. Vous l'avez peut-être
vue, elle est dans le lot de celles de l'article précédent.
Vidéo 3, Prisons hors la
loi. Quelques témoignages et l'intervention de personnes connues,
dont le chanteur français Julien Clerc, demandant l'application de
la loi accordant des droits aux détenus.
Vidéo 4, entrevue avec
un détenu libéré après sa peine, auteur d'un livre : La nuque
raide. Il relate que des détenus sortent de prison pires qu'ils y
étaient entrés, et que la majorité sortent cassés de cette
expérience.
PS : (Extrait du tome 2
de L'Étau Policier) Jeudy écrit que
si les détenus racontent souvent la manière dont ils sont avilis,
réduits à l’état de larve humaine, ils montrent bien comment le
retournement de la violence se réalise contre leur propre corps.
(Henri-Pierre Jeudy –
La peur et les média –
Éditions PUF) La peine de mort peut être abolie, mais il est alors
question de maintenir la perpétuité de la souffrance, celle-ci
venant remplacer la mort.
Jeudy
parle des auteurs d’actes de violence, mais le pouvoir et sa police
applique sa même violence aux citoyens non-violents. Ce qui se passe
généralement dans les prisons n’est rien d’autres que de la
torture camouflée. (Lasierra R. et Lauret JC –
La torture et les pouvoirs –
Éditions Ballano)
Il
existerait au moins un cas d’exception : Bernadette Van Dam,
directrice d’une prison pour femmes à Heerhugowaard, dans les
Pays-Bas. Elle veille à minimiser les dégâts chez celles perdant
leur liberté. (Bernadette Van Dam – La Presse du 29 juillet 2000)
«Ici,
les femmes peuvent retrouver leur amour-propre,
dit-elle.
Leurs enfants souffrent moins. La façon dont on traite les
prisonniers est un reflet de la façon dont la société traite ses
citoyens.»
Cette dernière phrase vaut la peine d’être retenue.
■ La
France, à l'heure de Guantanamo – Décalage
(dérapage) horaire attribuable à la loi sur la rétention de sûreté
mise en vigueur le 28 février 2008. Un vrai cauchemar, cette
législation de Nicolas Sarkozy, qui diminuera dans l'estime de bien
des gens de la planète lorsqu'ils seront mis au courant de ses
aboutissements. Le nom de Machiavel, Nicolas de son prénom, me vient
à l'esprit : la soif de pouvoir du populiste justifiant les moyens.
Les vidéos que vous
allez voir, nous expliquent tout. Ce ne sont pas des
monsieur-madame-tout-le-monde parlant de ce qu'ils ne connaissent
pas, disant n'importe quoi, lisez la liste ci-dessous...
Intervenants :
Emmanuelle Perreux,
prés. Syndicat de la magistrature et juge de l'application
des peines
Christian
Charrière-Bournazel, avocat et bâtonnier de Paris
Daniel Zagury,
psychiatre, expert à la Cour d'appel de Paris
Véronique Mao,
surveillante pénitentiaire et secrétaire national de l'Union
générale des surveillants pénitentiaires
Sophie Desbruyères,
conseillère d'insertion et probation
Jean Bérard,
historien et membre de l'Observatoire international des prisons
Claude-Olivier Doron,
philosophe
Jean-Pierre Boucher,
juge de l'application des peines au tribunal de grande instance de La
Rochelle
Vidéo
1 (18:13) – Toutes les vidéos
se suivent
Rétention de sûreté,
une peine infinie
Avec des séquences du film Minority Report de Steven
Spielberg
Comme si les droits de
l'homme étaient modulables, s'appliquaient de façon différente
suivant la catégorie des personnes. Tout à fait contraire d'un État
de droit : mêmes règles pour tous, mêmes droits et obligations.
Être impitoyable envers les misérables, clément envers les
puissants. Double langage, juges priés de s'y plier. Populisme pénal
(du politique), alors que la récidive en France est extrêmement
faible : 1%. Après sa peine, détenu transféré dans un centre de
rétention si présentant un risque. Dangerosité évaluée sans
critères objectifs. Prisons, des pourrissoirs où on tourne en
rond, désespéré, sans perspectives.
Vidéo 2 (18:19)
Psy détenant la clé des
oubliettes (les cellules). Diagnostic sujet à l'erreur, par excès
ou défaut. À court terme, risque d'un système générant plus de
récidive, de dégât dans les prisons et d'entrave à l'ensemble des
professionnels, qui n'oseront plus donner un avis. Danger de
paralysie. Besoin d'un bout de tunnel, porte de sortie, espoir,
sinon, haine entre détenus et à l'égard du personnel
pénitentiaire. Insertion devenue caduque depuis des années.
On nous
propose de retenir en prison des potentiels coupables d'un crime
qu'ils pourraient peut-être commettre. Syndicat des surveillants
pénitentiaires combattra les dérives totalitaires de ceux qui
veulent détenir arbitrairement celui qui a purgé sa peine.
Rétention créant l'incertitude quant à la fin de la peine. Comment
motiver une personne à se réhabiliter dans ce contexte? On oublie
que la peine prévient la récidive. Situation poudrière en devenir.
Rétention, réponse médiatique (du politique) à un fait divers.
Laisser les spécialistes en réadaptation faire leur travail, au
lieu d'adopter encore des lois.
Vidéo 3 (14:30)
Emmurés préférant en
finir que de se voir crever à petit feu, sans espoir. Prison, pas un
lieu de soin, le soignant décidant de la dangerosité, de la
rétention après la peine purgée. Relation bienveillante avec un
soignant, impossible. (NDLR : une subpeine, à l'image du capitalisme
sauvage) Absence de relations thérapeutiques et oppression totale.
Étude démontrant que sur 10 détenus en rétention, il s'en trouve
un seul de dangereux. Enfermements abusifs. Sans en omettre
l'élargissement éventuel, par exemple le chauffard et autres. Où
s'arrêtera l'abus?
Vidéo
4 (17:08)
Réformes
répressives restreignant les droits. Rétention remettant en cause
la quasi totalité des principes sur lesquels la justice pénale
était fondée. Dangerosité, notion subjective, scientifiquement
inexistante. Lien avec Guantanamo, enfermant des gens sans droit.
Régression catastrophique des droits de la défense, des libertés
publiques et de l'État de droit, tout simplement. Très grave. On
voudrait fabriquer des monstres, qu'on ne s'y prendrait pas
autrement. La mort sociale comme avenir. Improductif.
PS : À la fin de cette
dernière vidéo, prenez le temps de bien capter le message de la
création musicale exceptionnelle. Le mixage musique électronique et
instruments traditionnels ouvre des horizons vraiment inexplorés.
L'émotion est d'une telle intensité...
Signez
l'appel : la rétention de sûreté doit être abolie
Nicolas
Machiavel, la soif de pouvoir du populiste justifiant les moyens
Une bonne partie (01H11)
du film Minority
Report de Steven Spielberg, en anglais
■ La révolution péquiste contre les citoyens – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) J’invite le
lecteur à lire gratuitement mon premier livre, L’Étau Policier,
tome 1, dans la page d'accueil, la colonne de droite. J’y relate en
détail mon enquête sur le terrain, ce qui lui permettra de
découvrir les multiples activités clandestines et illégales de la
police en civil et de ses collabos. J’y traite aussi, entre autres,
de la police de quartier, qui est une vaste opération de relations
publiques visant à infiltrer tous les citoyens, de l’idéologie de
la peur ainsi que de l’agitation policière et politicienne en vu
d’obtenir des lois plus sévères. Ce premier tome aide à la
compréhension de celui-ci, tome 2, où j’aborde d’autres aspects
de mon enquête.
À la même époque où
se déroulait l’agitation policière et politicienne décrite dans
le premier livre, le Québec, sous l’impulsion des gouvernements
péquistes successifs de Lucien Bouchard et de Bernard Landry,
consolidait sans relâche son étau policier. Les réformes étaient
majeures : fusions municipales, régionalisation des corps policiers,
intégration de policiers municipaux au sein de la Sûreté du
Québec, agrandissement du territoire de celle-ci, élargissement de
la police communautaire bidon à la grandeur de la province.
Depuis quelques années
le soit disant modèle communautaire était déjà appliqué,
notamment à la police intermunicipale de l’île de Montréal et à
la Sûreté du Québec, mais, là, on l’épandait partout, telle
une tache d’huile. Toutes ces réformes menées simultanément, et
imposées de gré ou de force.
En outre, elles étaient
intimement liées entre-elles. Les fusions municipales préparaient
le terrain des trois autres, de nature policière celles-là. Le
gouvernement péquiste procédait sans dire à la population de quoi
il s’agissait exactement. Pas de débat de fond, seulement quelques
phrases stéréotypées, énoncées de temps à autre : lutter contre
le crime organisé, la drogue, etc.
Tout comme Vera Danyluk,
présidente de l’ex-Communauté urbaine de Montréal (CUM), l’avait
fait avant lui quand, au milieu des années 1990, elle avait annoncé
que la nouvelle approche policière serait la norme sur l’île de
Montréal. Prêtons oreille à cette déclaration du ministre
péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard, émise en mai
1999 : «(...) le concept de la police communautaire devrait
satisfaire les gens complètement». (Jean-Paul Charbonneau –
La Presse du 7 mai 1999) Le tout bâclé en une seule phrase.
Le
citoyen en arrive à se dire que ce ne peut être que bon pour lui
puisque le pouvoir politique, la police et même certains savants
criminologues le disent. (Suite demain)
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