News du dimanche 30 Novembre 2008

France : la version de Sarkozy......sur les états généraux de la presse. Au début d'octobre dernier, il a dévoilé lors d'une allocution les grandes lignes de ce chantier. Pourquoi en parler ici? La presse en général est confrontée, à quelques nuances près, à la même problématique. Savoir ce qu'on propose ailleurs peut aider dans le choix de ce qui doit être fait ici et ne pas l'être. En décembre, les responsables de ces états généraux devraient déposer leur rapport et formuler des recommandations.

Aperçu en vrac de l'allocution de Sarkozy...
Partout dans le monde développé la presse écrite fait face au triple impact de la révolution numérique : culture de l’instantané, de la gratuité, transformation du marché publicitaire. En résulte une presse en situation de crise : baisse de la diffusion, des recettes publicitaires, effondrement du marché des annonces, hausse des salaires et matières premières. L'enjeu : nécessité de préserver les conditions d’une presse autonome, celle offrant une info générale sur l'état de la société et du monde, contribuant à l'éducation citoyenne. Créer aussi de nouveaux quotidiens, développer le pluralisme, la libre communication des idées, opinions, analyses et investigations.

Aide financière de l'État faisant partie de la réflexion, celui-ci devant s'interroger sur les objectifs et l'efficacité de la presse. Il ne saurait se limiter à la réallocation sans changement d'ordre structurel. Réfléchir également sur la formation initiale et continue, la responsabilité, droits et devoirs des rédactions, confiance des lecteurs, statut et déontologie des journalistes, rémunération et droits d'auteurs. Tous les sujets sur la table, jusqu'au plus sensibles : indépendance, crédibilité, etc.

Vidéo de l'allocution sur le site du président de la république
Colonne du centre, le texte en format PDF (9 pages)

Canada : la crise...politiqueSur le web québécois, beaucoup de monde ne parle que de ça. Il est déjà arrivé dans le passé, bien que rarement, qu'une coalition de partis politiques de l'opposition détenant la majorité des votes remplacent un gouvernement minoritaire. Le premier ministre ultra conservateur Stephen Harper ne s'attendait pas à ce scénario, serait sur le bord de la panique, écrit-on, aurait perdu de son arrogance. Il n'est pas exagéré de qualifier ainsi cet homme, les exemples abondent.

Notamment ses décisions à l'encontre des femmes. Andrée Côté, responsable des droits des femmes au sein de l'Alliance de la fonction publique du Canada, en a dressé la liste dans une opinion publiée par le quotidien Le Devoir...

Janvier 2006, abolition du financement pour les garderies. Ce service facilite l'intégration des femmes sur le marché du travail, n'ayant pas à défrayer des coûts disproportionnés pour la garde des enfants. Quelques mois plus tard, refus d'appliquer les recommandations du Groupe de travail relatif à l'équité salariale, etc.

Portrait de la crise politique par Maurice Godin
journaliste de Radio-Canada

Croisade d'une citoyenne contre des bd (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Étalons une autre histoire de bd rapportée par La Presse. Une citoyenne en a été le détonateur. En août 2000, elle a porté plainte après avoir vu, à la biblio de Hull aujourd’hui Gatineau , des bd qu’elle jugeait offensantes pour les femmes.

Son directeur, Denis Boyer, a répliqué quelque temps plus tard que certaines bd pour adultes comportent la mention «pour lecteurs avertis» et ne peuvent pas être empruntées par des usagers de moins de 16 ans. «Nous n’avons jamais eu de matériel pornographique sur nos rayons», précise-t-il. La requête de la citoyenne n’en poursuit pas moins sont petit bonhomme de chemin, des avis et pétitions circulent pour et contre une politique contrôlant l’emprunt de ces livres, et recommandée par la Commission permanente de la culture de Hull.

Des groupes, tel le Conseil du statut de la femme, sont consultés. On leur soumet des livres comme preuve, notamment deux titres de la collection La Vagabonde des limbes, deux aussi des séries Attila mon amour et Les Griffes du marais. Denise Guilbeault, agente d’information du Conseil du statut de la femme, avoue que ces bd sont effectivement plutôt «hard» et pas très flatteuses pour la femme : «Le Conseil a appuyé (sic) des critères de sélection, relate Guilbeault, mais qu’on arrive à retirer des livres de Claire Bretécher en conclusion, c’est un peu surprenant.»

Notons que le Conseil du statut de la femme a «appuyé», donc accepté de se mêler de ce qui ne le regarde pas. Quand on appuie, on prend fait et cause, on défend. On peut se demander pourquoi des membres de notre élite bien-pensante ont sollicité l’imprimatur de ce nouvel évêché, organisme de droite. Le solliciter, c’est reconnaître son autorité et sa compétence en la matière. On le verra plus loin, il contribue à l’infantilisation de la femme, l’espèce la plus protégée de cette province.

Finalement, en septembre 2001, la Ville de Hull adoptait une nouvelle réglementation. Par la suite, plusieurs lettres de citoyens inquiets dénonçant le retrait des livres parvenaient au directeur de la biblio. À la fin du mois de décembre suivant, la Ville de Hull allait être fusionnée à celle de Gatineau, alors on s’interrogeait : la nouvelle politique des bd suivrait-elle?

Boyer assurait que plusieurs groupes étaient déjà prêts à dénoncer le règlement, dont l’Union nationale des écrivains du Québec (UNEQ). Il craignait que ce mouvement prenne de l’ampleur. Racontait que depuis, des biblios de villes environnantes avaient reçu toutes sortes de requêtes, l’une visant à retirer des rayons les populaires Dragon Ball puisque ces livres seraient «une incitation à la pédophilie».

Quelque temps après, nous en apprenions davantage dans une chronique de la journaliste Nathalie Petrowski de La Presse. (Nathalie Petrowski La Presse du 6 décembre 2001) La responsable de ce gâchis? Roseline Brien, une citoyenne de Hull qui, depuis un an, menait tambour battant son petit lobby personnel auprès des députés, des ministres et des médias à coup de lettres ouvertes et de tracts distribués sur les parvis d’églises et dans les stationnements de centres commerciaux, relate la journaliste.

La dame n’était obsédée que par les bédés pour adultes, qualifiées par elle d’obscènes, de pornographiques et de dégradantes pour les femmes. Elle exigeait que ces instruments de propagande misogyne soient retirés de la biblio et jetés aux poubelles.

Sa croisade a porté fruits, constate la journaliste. Elles ont été retirées des rayons, corsetées dans des cahiers à anneaux et isolées derrière le comptoir de la cuisine des employés. On ne parle pas ici d’un volume, précise la journaliste, mais de 180 dont des classiques comme Agrippine et Les Mères de Bretécher, Pervers pépères de Gotlib, Le Gros Dégueulasse de Reiser, etc.

La censure émanant d’un service public comme une biblio est dangereuse, souligne-t-elle. L’État n’a pas à nous dire quoi lire, ni quand. Il n’a pas à chercher à nous protéger de nous ni même à se substituer à notre rôle de parents. Et surtout, sous prétexte qu’une dame ne comprend rien à l’humour tordu de Bretécher, l’État n’a pas à en priver une population entière pour lui faire plaisir.

Il s’agit d’un dangereux précédent. Désormais, n’importe qui pourra partir en croisade pour faire mettre sous verrous un livre qu’il juge offensant. À ce rythme-là, prévient-elle, les biblios québécoises vont devenir d’immenses comptoirs douaniers avec vue imprenable sur des livres cadenassés. Les seules bd qui résisteront à la vague seront celles de Caillou, destinées aux enfants. (Suite demain)

En 1994, «on envisageait même la création d’une armée» – (Suite du tome 2 de L'Étau Policier) Exagère-t-on, lorsque on désigne la Sûreté du Québec sous le nom de «police nationale»? Non. Sans en faire l’historique, rappelons quelques étapes. Ce qui nous permettra de voir que les gouvernements péquistes successifs de Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et Bernard Landry ont fait preuve de prudence, y allant d’un petit pas officiel à la fois. On n’annonce pas de bute en blanc la création d’une police nationale, nécessaire de préparer lentement les esprits, éviter les réactions émotives.

Cependant, on était autrement plus actif derrière les portes closes du bureau du ministre péquiste de la Sécurité publique : Serge Ménard a occupé la fonction à trois reprises. Retenons pour l’heure son premier passage à ce ministère, qui s’étend du 26 septembre 1994 au 29 janvier 1996 : Robert Perreault lui succèdera.

Dans son rapport, la Commission Poitras écrit qu’avec l’arrivée des péquistes au pouvoir, à l’automne 1994, nul doute qu’une certaine fébrilité dut s’emparer de l’institution (la Sûreté du Québec). À l’époque, «on envisageait même la création d’une armée», lit-on.

(Rapport de la Commission d’enquête chargée de faire enquête sur la Sûreté du Québec – Les Publications du Québec, 1998 – La Commission, sous la présidence du juge Lawrence A. Poitras, a œuvré pendant plus de deux ans. Les notes sténographiques des 192 jours d’audiences publiques sont rassemblées dans plus de 55 000 pages. La preuve accumulée représente 65 000 pages. Sans compter les mémoires des participants et groupes intéressés. Le rapport de l’enquête est un résumé en cinq volumes totalisant plus de 2 000 pages et deux disques compacts.)

(NDLR : Lors de mon enquête dans le petit village policier de Lac Bouchette, j’ai vu deux policiers de la Sûreté du Québec vêtus d’un uniforme identique à celui que portaient, dans les années cinquante, les soldats de l’armée canadienne. L’écusson accolé à l’épaule était celui de ce corps policier.)

La Commission Poitras signale que la Sûreté du Québec se voyait sans doute appelée à une mission de plus haut niveau, plus englobante et plus exigeante aussi. De cette fièvre pourtant, et de l’appel vers la qualité qui aurait pu l’accompagner, bien peu est demeuré car, rapidement, «le vent de la rationalisation souffla» et la nécessité de s’imposer face aux sûretés municipales dans les MRC a mobilisé les énergies.

Les auteurs du rapport Poitras font la distinction entre le mandat légal défini dans la Loi sur la police et le mandat précis et conjoncturel qui peut et doit évoluer au sein de la Sûreté du Québec. Ainsi, l’arrivée d’un nouveau gouvernement (celui de Jacques Parizeau), d’un nouveau ministre de la Sécurité publique (Serge Ménard), en septembre 1994, et une fois acquis le départ du dg précédent (Robert Lavigne), l’on se mit à la recherche d’un candidat (Serge Barbeau) qui pouvait imprimer une nouvelle marque à la Sûreté du Québec en répondant initialement à deux impératifs : établir le cadre d’une «police nationale» (NDLR : Formulation citée telle quelle dans le rapport Poitras.) et la moderniser sur le modèle de la police de proximité en l’arrimant à la réforme de l’administration régionale et municipales d’alors.

(NDLR : Une des premières décisions majeures de Ménard fut de procéder à la nomination de Barbeau. Le pouvoir politique, peu importe sa couleur, ne nomme pas n’importe qui à cette fonction. Il est l’équivalent d’un sous-ministre, alors un lien de confiance doit l’unir au ministre.) Il s’agit bien là, précisent les auteurs du rapport Poitras, du terme («police nationale») qui est employé à cette époque dans les réunions de l’État-major de la Sûreté du Québec. (Suite demain)

News du samedi 29 Novembre 2008

Québec : concentration et convergence des médias.......ont des impacts sur la qualité, la diversité et l'intégrité de l'information. L'affaire n'est pas nouvelle. Plusieurs chercheurs et observateurs le disent depuis longtemps.

Ce qui ne semble pas avoir ému, à l'époque, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). Pendant des années il a accordé des licences à des entreprises sans trop s'en préoccuper. Il ne s'intéressait qu'à la survie et au développement des médias. Lorsqu'il a enfin compris, il a réagi mais15 ans trop tard : concentration et convergence étaient choses faites. À cause du principe des droits acquis, seule une loi rétroactive pourrait nous sortir de ce guêpier.

Un livre publié récemment risque de raviver la plaie : Marc-François Bernier – Journalistes au pays de la convergence – Presse de l'Université Laval. L'auteur a mené une vaste enquête auprès de journalistes de Quebecor (Pierre Karl Péladeau), Gesca (filiale de Power Corporation du Canada appartenant à la famille Paul Desmarais) et de la Société Radio-Canada (Société de l'État canadien). Dans son résumé, on peut lire... Pour la première fois, nous pouvons dresser le portrait des opinions et des attitudes des journalistes professionnels qui oeuvrent dans les grands conglomérats médiatiques du Québec.

Autocensure, auto-promotion, détournement de la mission de service public du journalisme afin de satisfaire la soif de profit des actionnaires, malaise, voire détresse professionnelle. Il ressort de cette radiographie que les journalistes aimeraient faire un meilleur travail, mais qu'ils sont souvent empêchés, non par les lois, les annonceurs ou la partisannerie politique, mais par leur propre entreprise de presse.

Le quotidien Le Devoir rapporte que chez Quebecor, plus que chez Gesca ou qu'à Radio-Canada, on estimait que les opinions et les intérêts des propriétaires de leur média sont reflétés régulièrement dans la couverture des nouvelles.

Résumé du livre de Marc-François Bernier
Biographie de l'auteur et Table des matières

Censure policière de bd (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Quels sont les mécanismes faisant nous lier de façon stable à une personne? Il y a quelques théories sur le sujet. L’un d’elles, incontournable, est fondé sur la satisfaction de nos désirs et de nos besoins, écrit Alberoni. Si un être nous procure du plaisir, en particulier du plaisir érotique, nous avons tendance à rechercher sa présence. Le plaisir renforce notre lien avec lui et la frustration l’affaiblit.

Il se réfère à Freud qui considérait que le plaisir sexuel est le plus intense des plaisirs, qu’il est par conséquent en situation de créer les liens les plus forts. Chaque expérience positive, chaque orgasme, renforce le besoin de l’autre. Si l’expérience du plaisir renouvelé est bilatérale, un lien durable peut s’instaurer entre les deux partenaires, un lien susceptible de résister aux plus graves frustrations.

Dans les ingrédients de la sauce sexuelle que Durand énumérait plus haut, elle incluait la pornographie. (Nathalie Durand La Presse du 25 novembre 1999) Combien savent que l’escouade des moeurs de la police de l’île de Montréal s’intéresse aussi aux bandes dessinées pornos? Oui, les bd !

Dans une de ses chroniques, Stanley Péan, critique littéraire de La Presse, raconte, en février 2000, que des policiers de cette escouade ont demandé à Diffusion du Livre Mirabel de retirer du marché La Métamorphose de Lucius, publié par les Humanoïdes associés, du bédéiste italien Milo Manara, une adaptation érotico mythologique de L’Ane d’or d’Apulée. (Stanley Péan La Presse du 13 février 2000)

Selon Jean Tardif, que Péan cite, c’est à la suite d’une plainte anonyme que des policiers se sont présentés aux bureaux du distributeur, ont demandé à voir l’album et exigé par la suite son retrait du marché. Pour éviter toute tracasserie judiciaire, Tardif, qui disait n’avoir jamais vécu pareille situation en vingt ans, s’est plié au diktat des policiers outrés par la «bestialité» du récit, pourtant inspiré d’un texte classique grec.

Péan se dit étonné que la police puisse proscrire une bd alors que la plus minable tabagie du coin offre des revues autrement plus salaces. Il se demande en quel honneur la tâche de séparer le bon grain de l’ivraie reviendrait-elle à des policiers. Cela dit, Péan, «au risque de me voir inculpé pour grossière indécence», précise-t-il, propose ensuite aux lecteurs quelques ouvrages «osés» qui feraient de superbes cadeaux (la Saint-Valentin approchait), «à condition de les trouver en librairie avant leur saisie par nos valeureux agents de la paix !»

Il leur suggère entre autres le Dictionnaire des fantasmes et perversions (Bibliothèque Blanche). «Avec ses 700 entrées agrémentées de citations littéraires, cette ouvrage constitue assurément une véritable bible des pratiques érotiques inusitées. Si bien, ajoute-il, que j’ai presque envie d’en offrir un exemplaire aux agents de l’escouade des moeurs de la police montréalaise.» (Suite demain)

4 réformes liées au projet d’indépendance des péquistes – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Un thème s’impose de toute évidence, et de toute nécessité aussi : tous ces chambardements étaient-ils motivés par le projet d’indépendance des trois gouvernements du parti québécois (péquistes) successifs : Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et Bernard Landry?

Avant d’approfondir cette question, essayons de voir à quelle enseigne politique loge l’auteur de ces lignes. La démocratie est la seule idéologie à laquelle j’adhère : une bonne ou une mauvaise idée, peu importe l’obédience politique de son auteur, doit être reçue pour ce qu’elle est, bonne ou mauvaise.

Tout aussi important, je rappelle que c’est tout à fait par hasard que j’ai décidé de mener une enquête journalistique dans l’underground policier. Je n’ai pas décidé d’enquêter sur le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard, ni celui de Bernard Landry. Je n’y suis pour rien s’ils étaient au pouvoir à ce moment-là, j’aurais agi de la même façon sous n’importe quel autre.

Et encore, il m’en faudra du temps avant de relier le projet d’indépendance du pouvoir péquiste à la répression policière clandestine. Dans les faits, environ quatre ans. Plus exactement après deux ans et demi d’enquête sur l’île de Montréal et environ deux ans à Lac Bouchette : en tout et partout, mon enquête s’est étalée sur une période de six années et demie, de janvier 1997 à l’été 2003.

Plusieurs événements ont contribué à ma conscientisation. Le comportement du ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard, à l’issue de l’affaire Matticks, où des policiers de la Sûreté du Québec ont fabriqué quatre preuves : le ministre a posé les gestes qu’il fallait pour éclabousser le moins possible sa «police nationale».

Sa réaction aux recommandations de la Commission Poitras qui avait enquêté sur ces illégalités : le même ministre, afin d’amadouer sa police nationale, a présenté une réformette de la Sûreté du Québec, alors qu’une réforme majeure s’imposait. J’en reparlerai plus loin en long et en large.

Se soudent à cela, les interventions émotives de péquistes, dont celles de Lucien Bouchard et Serge Ménard, et bloquistes, dont celles de Gilles Duceppe et Yvan Loubier («On n’en a rien à foutre» des droits de la personne), lors du débat sur le projet de loi fédérale antigang C-24 : ceux-ci exigeaient le recourt à la clause dérogatoire de la Charte canadienne des droits et libertés.

S’y soude aussi l’application de quatre réformes, toutes liées au projet d’indépendance du gouvernement péquiste et imposées aux citoyens et menées aux pas de charge : fusions municipales, régionalisation des corps policiers, agrandissement du territoire de la Sûreté du Québec, élargissement de la police communautaire bidon à la grandeur du Québec. Ont également contribué à ma conscientisation, des procès verbaux de l’état major et documents corporatifs de la Sûreté du Québec publiés par la Commission Poitras. Cette mise au point faite, entamons le sujet franchement.

Au sujet des fusions municipales… l’opinion du député péquiste Jean-Pierre Charbonneau est particulièrement révélatrice (Vincent Marissal – La Presse du 14 juin 2003) : «(…) elles découlent de pratiques autoritaires de notre gouvernement. Nous avons eu des attitudes inacceptables, comme d’être arrogants. Nous avions des pratiques de gens qui disent : voici ce qui est bon pour vous et vous devriez y adhérer. De toute façon, vous n’avez pas grand-chose à dire. (…) Le gouvernement a dit : ça fait 30 ans qu’on en parle, il faut en finir. Mais on n’en a jamais parlé dans la campagne électorale (de 1998) et M. (Lucien) Bouchard (premier ministre) avait dit non à Pierre Bourque (maire de Montréal) au début. Soudainement, sans que l’on sache pourquoi, c’est devenu urgent de les faire.»

Posons la question : durant cette même campagne électorale, les candidats péquistes avaient-ils parlé aux électeurs de la régionalisation des corps policiers, de l’importance que prendrait la Sûreté du Québec et de l’extension de la police communautaire bidon au quatre coins du Québec? Vous qui savez, à vous de répondre. (Suite demain)

News du vendredi 28 Novembre 2008

La belle neige est arrivée......avec son lot d'adeptes du ski extrême. Ils dévalent à toute vitesse des pentes raides parsemées d'obstacles, zigzaguent dans des paysages sublimes. Plongent aussi dans le vide... Souplesse, adrénaline et air pur. Apocalypse Snow (04:36).

Balkan Beat BoxAmbiance de la fête païenne, bon rythme, ça tape des mains, chante, enchante et une belle danseuse du ventre ondule. Chokatif pour Filles d'Isabelle et Chevaliers de Colomb, mais ils n'ont qu'à regarder ailleurs, ces momies. Et que ça swing ! (04:08)

Il y a un usage public et un usage privé de la raison – Si vous êtes policier, par exemple, vous avez le droit d'être contre ce qu'on vous fait faire, mais en tant que fonctionnaire vous avez le devoir d'obéir. Idem pour le prêtre. Rien ne l'empêche de trouver que ce qu'il enseigne est une sottise, mais il n'a pas le droit de l'enseigner. Bref, vous avez le droit de réfléchir, mais gardez ça pour vous.

Le philosophe français Michel Onfray estime que cette schizophrénie est dangereuse. Dans les classes de philo, on enseigne les philosophes qui font le moins de bruit. C'est plus compatible avec le système. Voilà pourquoi Descartes, Platon, etc. On enseigne pas à être insoumis, à désobéir, être libertin, sensualiste, athée, matérialiste. Ce pourquoi les penseurs rebelles disent, attendez, c'est pas ça le monde.

Toute philosophie n'enseignant pas la désobéissance est une menace. Nécessaire d'apprendre à distinguer légalité et moralité. Les lois antisémites étaient légales, en 1940, mais n'étaient pas morales. Les gens pensent que la légalité, dans le mesure où elle procède d'une souveraineté, qu'elle est légitime, donc morale. Ce n'est pas toujours le cas.

Des opinions publiées dans Le Devoir :
Droits de l'homme et liberté de conscience
Les raisons de la laïcité ouverte
Réponse au pluralisme démocratique

32 petites secondes.... suffisent pour...

La «luxerious California sex commune» – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) En juillet 2001, nous assisterons à un changement de cap étonnant. Dans une cause identique, impliquant Denis Chesnel et sa fille Brigitte, promoteurs d’un club échangiste, le juge Denis Boisvert de la Cour municipale de Montréal reconnaîtra que l’échangisme est légal au Canada s’il est pratiqué par des groupes de dix personnes ou moins, dans un contexte extrêmement privé, comme dans une résidence particulière. (Charles-Albert Ramsay La Presse du 5 juillet 2003)

Il se référera au «critère de tolérance de la société canadienne», c’est-à-dire que au delà de dix participants, c’est une «orgie», et les orgies sont illégales. (NDLR : D’où lui vient cette certitude? Le critère de tolérance a-t-il fait l'objet d'un sondage? Il ne le précise pas.)

Chesnel sera jugé coupable, parce qu’ils étaient un peu plus nombreux. Me Bernard Corbeil, son avocat, sera tout de même satisfait: «L’adéquation systématique entre un club échangiste et une maison de débauche ne tient plus.» Chesnel, de son côté, fera part de son intention de poursuivre ses activités : «L’échangisme est de plus en plus populaire et accepté par la population. On ne m’empêchera pas de continuer d’être échangiste.»

Le sociologue Alberoni écrit que Talese a laissé une documentation détaillée de l’idéologie et de la pratique du collectif de Sandstone, aux États-Unis, fondé par John Williamson. (Francesco Alberoni L’érotisme Éditions Ramsay) (Gay Talese La femme du voisin Éditions Presse-Pocket) Formé à l’origine de couples d’amis qui vivaient dans la promiscuité sexuelle, le collectif s’est développé en tant que communauté thérapeutique et utopique grâce à la venue d’intellectuels et de sexologues.

Chaque soir, à Sandstone, une orgie avait lieu, dotée d’une fonction libératrice. Qui fréquentaient cette «luxerious California sex commune»? Des couples désireux de sortir de la banalité de la chambre conjugale, des femmes divorcées et qui n’étaient pas encore prêtes pour un nouveau mariage, des femmes à l’énergie érotique débordante mais qui auraient eu peur d’aborder un homme en pleine rue, des féministes comme Sally Binford, archéologue réputée, et des sexologues comme Alex Comfort. Ce dernier publia en 1972 The Joy of Sex, livre qui scandalisa bien du monde mais n’en fut pas moins traduit en 20 langues et vendu à plus de 8 millions d’exemplaires.

Selon Alberoni, chaque individu est différent et c’est cette différence que nous voulons capter. L’érotisme comporte et comportera toujours une dialectique profonde entre pluralité et unité, entre promiscuité et unicité. L’unicité requiert la multiplicité, elle en a besoin pour s’enrichir. Si elle s’installe dans la répétition, dans l’habitude, le devoir, la discipline, c’est la mort de l’érotisme. Il se transforme alors en ennui et en dégoût. Sans la multiplicité, sans le possible, sans la séduction, sans l’excès, il ne saurait y avoir érotisme.

C’est pourquoi les femmes désirent plaire à tous les hommes, explique-t-il. Qu’elles veulent être désirées par tous, pour pouvoir choisir l’élu. Que les hommes sont fascinés par la beauté qu’ils découvrent en chaque femme, qu’ils voudraient avoir toutes les femmes du monde. Mais le triomphe de l’érotisme, son expansion souveraine, l’érotisation du monde, ne surviennent que lorsque cette multiplicité infinie se concentre sur une personne, comme les mille stimuli visuels dans le foyer de la rétine. (Suite demain)

Pouvoir et police créent à la fois offre et demande – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Et ce n’était pas terminé parce que «notre police nationale», la Sûreté du Québec, n’arrêtait pas de prendre du volume. D’un tour de vis à l’autre, les mâchoires de l’Étau policier serraient de plus en plus fort. En février 2001, le ministre péquiste Serge Ménard obtenait le feu vert du Conseil du Trésor pour embaucher, au cours des trois années suivantes, 150 nouveaux agents et 9 cadres, une opération qui coûterait 15M$, disait-il. (Martin Pelchat et Jean-Paul Charbonneau La Presse des 8 février, 3 et 4 avril 2001 ) Officiellement, l’objectif visait à regarnir sa police des autoroutes.

De plus, la Sûreté du Québec devait, entre 2001 et 2004, embaucher 1 000 policiers pour combler les départs à la retraite et «renforcer certains créneaux d’activités». Ce même mois, Ménard souhaitait embaucher 70 enquêteurs supplémentaires.

Sans compter les policiers additionnels issus de l’intégration des corps policiers municipaux au sein de la Sûreté du Québec, faisait observer le journaliste Martin Pelchat de La Presse, qui parlait d’ «embauches massives». Si l’on se fie aux chiffres officiels de Ménard, les effectifs de la Sûreté du Québec, à la suite de l’intégration des municipaux, ne représentaient plus 29 mais 33% de tous les corps policiers du Québec. Si l’on se fie…

Comment savoir avec certitude aussi que les 150 et les 9 cadres destinés aux autoroutes seraient véritablement affectés à cette activité? Que sur les 1 000 autres embauches, combien iraient «renforcer certains créneaux d’activités», combien prendraient leur retraite et, de ces retraités, combien travailleraient occasionnellement pour la Sûreté du Québec? Sans compter tous les autres déjà à la retraite… Le ministre, monosyllabique comme d’habitude, ne l’a pas précisé.

L'enflammé était porté dans sa démesure par des sondages de la… Sûreté du Québec effectués auprès de la population qu’elle dessert, démontrant les préoccupations majeures de cette dernière : conduite imprudente et vitesse excessive (préoccupent 79% de la population), trafic et consommation de drogues dans les rues, écoles et bars (75%), vandalisme (64%), vols par effraction (62%), violence familiale (56%), violence dans les écoles (55%) et les enfants maltraités (52%).

Pas un mot de la Sûreté du Québec sur l’origine véritable du sentiment d’insécurité. En somme, encore des sondages biaisés puisque la Société civile n’est pas informée de ce que la Sûreté du Québec cache derrière son écran de fumée. Pire, elle est sondée par celle-là même qui la désinforme à l’année longue.

Ce ministre pouvait dire n’importe quoi, impossible d’en vérifier la véracité. En somme, la tactique consistait à jouer avec les chiffres, minimaliser les coûts et maximaliser l’insécurité. Et, après avoir bien fait peur à la population, la consulter par sondages. Pouvoir et police sont passés maîtres dans l’art de créer à la fois l’offre et la demande. (Suite demain)

News du jeudi 27 Novembre 2008

Le off des états généraux de la presse Lundi soir 24 novembre dernier, Médiapart et Reporters sans frontières tenaient, au Théâtre National de la Colline, à Paris, une soirée consacrée à la défense de la presse libre et indépendante.

Pourquoi ce remue-méninges? le président Sarkozy est en train de remodeler, à son image et ressemblance, un peu comme dieu aurait créé Adam et Ève, l'ensemble des systèmes d'information dans le pays. La très grande majorité des journalistes ont refusé d'y participer, ne voulant pas cautionner, par leur présence, la réforme que le pouvoir mijote derrière des portes closes.

La soirée de lundi avait pour but de faire entendre les nombreuses voix absentes du débat formaté par Sarkozy, dont des lecteurs, journalistes, intellectuels, etc. Elle a été diffusée à direct sur le site web de mediapart.fr. Je l'ai écouté au complet. Événement exceptionnel. Il y a eu des moments très forts.

Notamment, la lecture d'Anouk Grinber et de François Marthoure de textes de Victor Hugo, Albert Londres, Paul Krugman, Paul Ricoeur, Albert Camus, Hannah Arend, entre autres auteur.

Ce n'est pas tous les jours que des journalistes et des intellectuels montent au créneau pour défendre la liberté de presse. Je ne pense pas que vous regretterez d'avoir visionné cet extrait vidéo (15:10) de la soirée. Car peu importe le pays occidental où vous habitez, les médias traditionnels que vous fréquentez ne vous disent pas tout. Il y a définitivement de l'information qui ne circule pas. Éminemment dangereux pour la survie de la démocratie.

«Société canadienne fictive, idéalisée par les juges» – (Suite du tome 3 de L'Étau Policier) Autre exemple de la répression sexuelle à l’encontre de citoyens et citoyennes majeurs et vaccinés, et consentants en plus.

En décembre 1999, une vingtaine de policiers de l’escouade de la moralité de l’île de Montréal effectuent une autre descente, cette fois dans une... maison privée de Montréal-Nord où se réunissait un club échangiste : la ville du maire Yves Ryan, qui occupait ses fonctions depuis 37 ans, en plus d’être également membre de l’exécutif de la Communauté urbaine de Montréal (CUM) et de sa commission régissant les activités… de ce corps policier. (Raymond Gervais La Presse du 6 décembre 1999)

Suivant la police, chaque participant devait débourser 50$ pour entrer à l’intérieur de la maison… de débauche. Elle serait intervenue à la suite de plaintes reçus de la part de voisins : bruit, bagarres, va-et-vient. Nous n’en connaissons pas la suite.

Dans une lettre publiée par La Presse en novembre 1999, Nathalie Durand, alors étudiante en criminologie à l’Université de Montréal, soutient que le fondement de l’intervention légale en matière d’échangisme tire sa source d’un concept poreux du discours juridique (Nathalie Durand La Presse du 25 novembre 1999) : la norme de tolérance de la société canadienne. «Institutionnalisé par la Cour suprême du Canada en 1962, il nous est habituellement servi, précise-t-elle, à la sauce sexuelle : prostitution, obscénité, pornographie, danses érotiques, actes indécents et, depuis peu, échangisme.»

L’analyse de Durand porte sur l’échangisme. Donnons en l’essentiel. Cette fameuse norme est applicable de façon uniforme à la grandeur du pays. L’ennui, c’est qu’elle ne peut pas être établie, peu importe l’outil méthodologique utilisé, à cause des difficultés que pose l’échantillonnage auprès de la population canadienne.

Comment en obtenir un qui soit représentatif, tienne compte de toutes les composantes de la société? Pluraliste, ne l’oublions pas. À supposer que cela soit possible, comment élaborer un questionnaire qui sera compris de la même manière par tous? À partir de quel seuil pourrait-on conclure qu’une publication X ou un comportement Y n’est pas toléré par la société canadienne? 50 % + 1? Ou deux tiers des personnes sondées représentant au moins 50 % de la population?

Durand soulève un autre point. La preuve que la norme a été outrepassée n’a pas à répondre aux règles usuelles de la preuve et l’avocat de la Couronne n’a pas à en faire la démonstration hors de toute doute raisonnable. Il appartient aux juges, et à eux seuls, de prendre le pouls moral de la société canadienne, de décider si elle a été outrepassée.

«Société canadienne fictive, idéalisée par les juges», constate finalement Durand. Une norme fictive, mais n’en demeurant pas moins bien réelle dans ses conséquences. Les citoyens trouvés coupables ou non en subissent l’impact dans leur vie personnelle et publique. «Dans une société pluraliste comme la nôtre, signale-t-elle, cette proposition est difficilement tenable.»

Elle s’interroge : «Les valeurs fondamentales de la société canadienne sont-elles à ce point en péril pour que nous acceptions, contribuables et citoyens, que l’arsenal de l’État soit utilisé aux fins d’arrêter, d’accuser et de condamner des hommes et des femmes pour des gestes dont la nature criminelle est plus que discutable?» Se pose aussi la question de l’utilisation des fonds publics en contexte de raréfaction des ressources.

Selon elle, qu’on soit d’accord ou non avec l’échangisme, la décision dans l’affaire L’Orage, parmi bien d’autres affaires similaires, crée un dangereux précédent et ouvre la porte à une intervention accrue de l’État dans toutes les sphères, soient-elles publiques ou privées. Elle se dit d’avis qu’il ne devrait pas revenir aux juges seuls de mesurer l’état de la moralité au Canada. (Suite demain)

Combien de personnes surveillent les Québécois? – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Constatons à lumière de toutes ces informations, qu’il semble ne plus rester grand chose des belles promesses qui prévalaient quelques deux ans auparavant, au printemps 2001. Danyluk et Bourque ne sont plus là, d’autres les ont remplacés. En somme, plus ça change, plus c’est pareil.

Et ailleurs en province, des dirigeants de commissions de transport locales criaient famine, réclamaient des subventions au gouvernement du Québec. Dans ces autres villes, sans être aussi corsetées financièrement que celle de Montréal, la situation ne s’annonçait pas trop facile.

On parlait, pour l’ensemble des sociétés de transport en commun du Québec, d’un manque à gagner, en 2004, de près de 90M$. Parmi celles-ci : Trois-Rivières, Lévis, Saguenay, Gatineau, Longueuil et Québec. Avait-on, là aussi, trop investi dans la police… communautaire? Continuait-on à le faire ? Alors, les économies d’échelle du ministre péquiste Serge Ménard…

Au Québec, les contribuables investissent combien annuellement dans les forces policières? D’après le criminologue André Normandeau, la province comptait, en février 2001, près de 14 000 policiers, entraînant des coûts annuels de près d’1 milliard et demi de dollars (André Normandeau La Presse du 24 février 2001) : 3 764 policiers à la Sûreté du Québec, 4 157 à la police de l’île de Montréal, 4 859 dans les autres corps policiers municipaux, 956 à la division québécoise de la Gendarmerie royale du Canada.

Sans oublier les 4 000 employés «civils» au sein des corps policiers et les 21 000 personnes travaillant pour des agences de sécurité privée : Secur, Pinkerton, Garda, etc. En tout et partout… 38 736, chiffre n’incluant pas les collabos, dont des commerçants que les citoyens-clients enrichissent de leurs achats.

En ce qui concerne la Sûreté du Québec et les corps policiers municipaux du Québec, les chiffres de Normandeau ne correspondent plus à la réalité puisque le ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard, a imposé la régionalisation policière à l’issue de laquelle la Sûreté du Québec sort gagnante et les corps policiers municipaux, décimés, perdants.

Dans son rapport financier annuel 2001-2002, accessible sur l’Internet (www.msp.gouv.qc.ca), le ministre Ménard indique que la Sûreté du Québec comptait alors 5 484 employés, qu’elle avait coûté 508M$ et que son propre ministère avait généré des dépenses de 411,5M$, soit en tout 920M$, dont 593,3M$ en salaire seulement.

Par contre, le Conseil du surveillance des activités de la Sûreté du Québec, dans son rapport 2002-2003, parle d’«une organisation opérationnelle (la Sûreté du Québec) de plus de 7 000 employés, dont la majeure partie est constituée d’agents de la paix répartis sur le vaste territoire du Québec». (Conseil de surveillance Rapport 2002-2003 – page 7, paragraphe 2.3 : Le plan stratégique 2002-2003)

Plus de 7 000 !? J’incite le lecteur à visiter le site de l’organisme, accessible via celui du ministère québécois de la Sécurité publique. (Suite demain)

News du mercredi 26 Novembre 2008

ONU : la Québécoise Louise Arbour......ex-Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, est l'un des quatre lauréats 2008 du prix des droits de l'homme. Les autres sont Ramsey Clark, Carolyn Gomes et Denis Mukwege.

Ce prix est décerné annuellement à des individus et à des organisations en reconnaissance de leur contribution exceptionnelle à la protection des libertés fondamentales. Ainsi Nelson Mandela, Amnesty international, Jimmy Carter, Eleanor Roosevelt et Martin Luther King. Lisez l'article sur le site de l'ONU.

PS : Les dénonciations de Louise Arbour, lorsqu'elle occupait la fonction à l'ONU, n'étaient pas appréciées par le Canada du premier ministre conservateur Stephen Harper, homme de droite perçu à l'ONU comme le porte-parole du président républicain W. Bush, Washington, DC. Et quand elle a décidé de ne pas postuler un autre mandat, elle a reçu, de la part d'Harper, aucun remerciement pour le travail accompli. Droite et liberté d'expression sont comme l'eau et le feu.

Obama semonce...… les dirigeants des banques utilisant des jets privés, les patrons des trois grands groupes de l'industrie de l'automobile américains se rendant à Washington en jets privés pour demander de l'aide, etc. Jouissif !

Drôles de dessins sur la mort...… faites la page d'entrée de haut en bas. De quoi rire et lire. Cutting Crew : (I Just) Died in your Arms tonight

Renversement des rôlesDes hommes à cravate et attaché-case se cherchent un job (02:54), pendant que nos dirigeants remplissent le frigo de ces nouveaux assistés sociaux que sont devenus les banquiers. Ainsi Sarkozy, le cas que vous allez voir (03:37).

Lien entre deux clipsForeigner : I want to know what love is
Tina Arena : Je m'appelle Bagdad

Un ex-porte-parole de W. Bush
dans un livre publié il y a quelques mois :
La Maison-Blanche coupable de propagande de guerre
avec la complicité des médias

«Séances de voyeurisme grâce à l’argent des contribuables» – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Au cours du procès du proprio de L’Orage, en janvier 1999, Agnès Gruda de La Presse a publié un édito où elle a dit franchement ce qu’elle pensait de cette intervention de la police de l’île de Montréal. (Agnès Gruda La Presse du 30 janvier 1999) Elle écrit que celle-ci a déjà dans le passé envoyé ses policières, déguisées en prostituées, solliciter des clients dans la rue.

C’était absurde, commente-t-elle. Cependant nos lois le sont aussi, puisqu’elles autorisent la prostitution, mais interdisent sa mise en marché. Au moins essayait-on alors de contrer une activité illégale. Dans le cas de L’Orage, souligne-t-elle, aucune loi n’interdit aux adultes consentants, aussi nombreux soient-ils, de faire ce qu’ils veulent dans l’intimité de leur appartement.

Elle raconte que les policiers ont mis des semaines à enquêter sur un lieu de rencontres entre des adultes qui préfèrent faire ça à plusieurs que tout seuls ou à deux. L’un des policiers (NDLR : Norbert?), témoignant au procès, a jugé que les scènes filmées (NDLR : …clandestinement…) étaient «de mauvais goût et peu hygiéniques», parce qu’il n’y avait pas de douche.

L’éditorialiste termine son papier en ces termes : «D’ici à ce que de nouvelles lois réglementent le goût et l’hygiène personnelle, on voit mal ce que la police faisait chez M. Labaye (proprio du Club L’Orage) sinon se livrer à des séances de voyeurisme grâce à l’argent des contribuables.» Notons que l’un de ces policiers témoins avait avoué louer de temps à autre des films pornographiques. Nombre de flics ne sont pas différents des autres citoyens. Normal.

En juillet 1999, la juge Louise Baribeau de la Cour municipale, saisie de cette affaire, décrète qu’il s’agissait d’une maison de débauche, et que faire l’amour en groupe, au vu et su de tous les autres membres et invités, constitue un acte indécent. (Marie-Claude Malboeuf La Presse du 23 juillet 1999) Elle estime que le proprio Labaye ne saurait se défendre en présentant le troisième étage de son club, le seul où il autorisait les relations sexuelles, comme un lieu privé. Elle voit mal comment on pourrait qualifier d’appartement (privé) un troisième étage aussi dénudé, sans cloisons, sans cuisine et doté d’un mini réfrigérateur débranché.

Selon elle, au cours de leurs sept visites incognito, les policiers en civil y ont observé un constant va-et-vient d’un étage à l’autre. Il n’était pas très difficile de se qualifier pour devenir membre du club. Ceux-ci étaient recrutés par des dépliants publicitaires et des annonces dans les journaux. Puis, à la fin de l’été 2000, soulignant qu’elle ne fait pas le procès des échangistes, mais celui d’une maison de débauche, le condamne à une amende de 2 500$. (Christiane Desjardins La Presse du 20 septembre 2000)

Les avocats de Labaye, Me Robert La Haye et Me Josée Ferrari, soutiennent notamment que, contrairement à une jurisprudence existante, la juge a erré en droit en concluant au caractère public de l’endroit où avaient lieu les activités visées par l’acte d’accusation. Pour sa part, le proprio Labaye est convaincu que le jugement de la Cour municipale de Montréal porte atteinte à ses libertés d’association et d’expression, le qualifie de «grand pas en arrière pour la société canadienne».

Toutefois l’affaire n’était pas finie, puisque Labaye, qui avait déjà porté sa condamnation en appel, fait de même pour l’amende. (Raymond Gervais La Presse du 21 août 1999) Utile d’ajouter qu’à l’été 2004, la Cour d’appel rendra deux décisions… contradictoires. (Chritianne Desjardins – La Presse du 9 juillet 2004) Elle maintiendra la condamnation de Labaye et, dans une cause semblable, elle acquittera James Kouri du club Cœur à Corps.

Cela revient à dire qu’il est socialement acceptable d’avoir des échanges sexuels avec plusieurs partenaires dans un club, derrière un rideau diaphane, mais que ça ne l’est pas d’en avoir derrière des portes closes d’un autre club. Faudra que la Cour suprême tranche. (Suite demain)

Les citoyens paieront pour être davantage surveillés – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Où prendra-t-on l’argent pour financer tous ces changements? Coupera-t-on encore une fois dans le transport en commun? Le groupe de travail mandaté par Coulombe, l’ex-dg de la Sûreté du Québec, vous pensez bien, a tout prévu …sur papier : «Le comité soutient que les services accrus en sécurité publique et les services supplémentaires doivent s’autofinancer». L’application «plus musclée» de certains règlements municipaux procurerait des revenus aux arrondissements grâce aux constats d’infractions.

Avant la fusion municipale, les services se finançaient ainsi, indique le rapport, mais les recettes sont maintenant acheminées… au service des finances de la nouvelle Ville de Montréal. Cela dit comme s’il était impossible de les récupérer. Le groupe de travail recommande d’ailleurs de lancer une étude sur le financement pour maintenir ou créer des services de sécurité publique dans les arrondissements.

De quels «services supplémentaires» s’agit-il? Dans le rapport, on parle d’«activités en sécurité publique choisies et offertes sur une base volontaire par l’arrondissement pour satisfaire aux besoins particuliers de la population». L’arrondissement pourrait ainsi mandater un «fournisseur» afin de s’assurer que les camions lourds respectent la signalisation, gérer le stationnement, maintenir des périmètres de sécurité, mettre sur pied des patrouilles cyclistes privées, s’occuper des citoyens qui… laissent le gazon pousser trop longtemps ou des déchets éparpillés.

La liste n’est pas exhaustive, laissons au lecteur le soin d’y ajouter d’autres éléments, car il y en aura, on peut être certain de ça. Resserrement de l’Étau policier sur l’île, pas celle de Cuba, celle de Montréal. Et ce sont les citoyens eux-mêmes qui paieront pour être davantage surveillés de près et opprimés.

Coupera-t-on encore dans le transport en commun? demandions-nous plus haut. Semble que le pouvoir politique ait décidé cette fois de puiser l’argent directement dans la poche des usagers.

Début d’octobre 2003, la Société de transport de Montréal (STM) prévoyait un déficit de 56M$ pour 2004. Elle jonglait avec différents scénarios (Bruno Bisson La Presse des 1e et 2 octobre 2003) : augmentation de la carte autobus-métro de 54 à 63$ (17% plus cher), avec moins de services ; ou de 54 à 71$ (31,5%) ; on avait même évoqué la possibilité de fermer… le métro durant les week-ends : peu probable qu’on serait passé à l’acte car plusieurs usagers auraient vivement protesté.

Le journaliste Bruno Bisson de La Presse avait mis la main sur un document de la STM faisant état d’investissements nécessaires avoisinant les 3 milliards de dollars au cours des 10 années suivantes, dont le remplacement des wagons du métro : 900M$.

Le directeur général du Conseil régional de l’environnement de Montréal (CREM), Robert Perreault, ex-ministre péquiste de la Sécurité publique (du 29 janvier 1996 au 25 août 1997), intervenait ensuite dans le débat.

Il reprochait au maire de Montréal, Gérard Tremblay, son manque de vigueur, lui suggérait de «prendre la défense des plus vulnérables de ses électeurs, qui n’ont pas d’autres moyens pour se déplacer et qui risquent de faire les frais d’une troisième augmentation de tarifs en un an». Il sermonnait un peu aussi le président de la STM, Claude Dauphin, pour son manque de fermeté : «(…) il doit dire au gouvernement du Québec (formé alors du Parti libéral de Jean Charest) qu’il refuse de présider au déclin définitif du transport en commun à Montréal. »

L’ex-ministre péquiste de la Sécurité publique n’a dit mot des coûts de sa «police nationale (la Sûreté du Québec)» ni ceux de sa prétendue police communautaire dont il était également un chaud partisan. Nous y reviendrons. (Suite demain)

News du mardi 25 Novembre 2008

Tenues vestimentaires anti-conformistesPlusieurs jeunes envahissent une scène, chacun vêtu d'une façon déjantée. En regardant la vidéo (25:00) me suis dit qu'ils ne feraient pas long feu sur la rue Principale du petit village policier de Lac Bouchette, où je demeure : d'autant qu'ils sont déjà exclus de l'espace public, s'ils ne vont pas d'un point à un autre. Ou au centre commercial de Roberval, que je fréquente à l'occasion.

Y'a pas meilleur test pour vérifier si, dans un village ou une petite ville, les jeunes, et pourquoi pas les petits vieux, sont libres ou pas de circuler vêtus de la sorte. Entre vous et moi, ce n'est pourtant pas un crime passible d'amende ou de prison. Civils et collabos y voient, eux, de la provocation, une insulte au conformisme, l'index pointé vers le haut. Bref, du désordre.

L'armée canadienne distribue des médailles......à de ses soldats revenant de l'Afghanistan, dont deux blessés. Événement couvert par un journaliste québécois du réseau LCN. L'armée a parfaitement le droit de convoquer des journalistes. Ceux-ci ont également celui de voir s'il n'y a pas un revers à ces médailles.

Ce que nous voyons sur cette vidéo (01:57) n'est donc que le message officiel de l'armée canadienne. Et le travail bâclé d'une chaîne de télévision se contentant de cette version des faits. Show? Oui. Entre le tout cuit dans la bouche (la becquée) et la recherche journalistique, il y a généralement tout un monde. Ne manque aux journaliste et lecteur du téléjournal de LCN que l'épinglette du drapeau canadien fixée au revers du veston.

Que l'armée fournisse aux médias la liste des blessés (nom, adresse et numéro de téléphone), ou préférablement que les journalistes l'obtiennent autrement, enquêtent auprès de ceux-ci, ensuite, et seulement ensuite, on pourra se faire une opinion valable.

«Cité découpée en morceaux, chacun épuré, normalisé» – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Selon Jacobs, les préférences des utopistes, «et autres organisateurs des loisirs des autres», pour tel genre d’activité autorisé à l’exclusion de toutes les autres sont plus que déplacées (Jane Jacobs Déclin et survie des grandes villes américaines Éditions Mardaga) : «elles sont nuisibles à la ville».

Elle étoffe son point de vue en citant Raskin : «(...) En tant qu’humain, ce sont les êtres humains qui nous intéressent le plus. En architecture, comme en littérature, ou au théâtre, c’est la richesse infinie du destin de l’homme qui donne vie et couleur à notre environnement.»

Cite aussi James Boswell, qui vécut au XV1ième : «Je me suis souvent amusé en pensant à quel point Londres peut apparaître différente à des personnes différentes. Ceux dont l’esprit borné ne s’intéresse qu’à un seul aspect des choses vivent la ville uniquement sous cet aspect particulier, tandis que l’honnête homme reste frappé par ce spectacle de la vie dans son intégralité et sa diversité et ne se lasse pas de le contempler.» Propos tenus il y a quelques siècles !

Elle apporte enfin ce témoignage explicite de Paul J. Tillich, professeur de théologie à Harvard : «De par sa nature, la grande Cité fournit à ses habitants ce que seuls les voyages pourraient leur apporter : ce qui est étrange. Comme ce qui est étrange suscite des questions et va à l’encontre de ce qui est traditionnel, cela tend à élever l’esprit humain vers la connaissance. Rien ne le prouve mieux que les tentatives effectuées par tous les pouvoirs totalitaires, quels qu’ils soient, pour tenir leurs sujets à l’écart de tout ce qui est étrange. La grande Cité se trouve découpée en morceaux, chacun d’entre eux est scruté, épuré et normalisé. Le mystère de l’inconnu et l’esprit critique des hommes sont tous deux bannis de la ville.»

Jacobs ajoute que le simple fait que l’on vende des guides de grandes villes qui mettent tous l’accent sur la découverte de ce qui est bizarre ou différent illustre parfaitement le propos du professeur Tillich. «Une Cité est capable d’apporter quelque chose à tout le monde si, et seulement si, tout le monde contribue à sa création», écrit-elle.

Au sujet des guides de grandes villes... J’ai assisté à la Cour municipale de Montréal, au début de 1999, à l’une des audiences du procès de Jean-Paul Labaye, propriétaire de L’Orage, club d’échangistes. Il me faut rappeler que plusieurs mois auparavant, la police y avait effectué une descente et porté des accusations contre son proprio. Le jour même de la parution de cette nouvelle dans La Presse, j’en avais touché un mot à un policier en civil, Norbert, lui soulignant que, entre adultes consentants, les loisirs sexuels du genre devraient être permis.

De toute évidence, il ne partageait pas cette opinion. Il m’avait confié être déjà allé à ce club et n’avoir pas apprécié le spectacle, m’avait parlé, ton glacial et mine sévère à l’appuie, du «sperme qui te gicle de chaque côté du visage...».

J’en avais déduit, et j’en suis toujours convaincu, qu’il en avait été l’un des policiers enquêteurs. De là ma présence à cette audience de la Cour municipale. Je pensais l’y voir témoigner, manque de pot, les témoins policiers avaient défilé la veille de mon passage pour disparaître aussitôt. Ceut été la preuve officielle qu’il était un flic en civil de l’île de Montréal.

J’ai toutefois eu l’occasion d’y rencontrer une journaliste affectée à la couverture du procès. M’ayant appris qu’elle était Française, j’en ai profité pour lui demander s’il y avait en France des clubs d’échangistes. Elle m’a répondu qu’il y en avait partout, que c’était permis. M’a raconté qu’on trouvait aussi dans beaucoup de villes de ce pays des guides publiés spécifiquement à l’intention des citoyens, des touristes, indiquant les bonnes adresses, incluant la spécialité sexuelle de chacun de ces endroits.

En les consultant, le citoyen ou la citoyenne, peu importe son orientation sexuelle et ses fantasmes, est certain de trouver exactement ce qu’il cherche, d’assister ou participer à des rencontres. Bref, jouir de la vie comme il l’entend. Personne n’oblige les gens que ces loisirs scandalisent à fréquenter ces endroits. Au Canada, on préfère la répression sexuelle.

Cela n’empêche pas certains Canadiens de s’adonner à l’échangisme, clandestinement ou aux yeux de tout le monde. D’ailleurs, grâce à l’Internet, de plus en plus participent à des échanges de partenaires sexuels, sans discrimination de classes sociales. (La Presse canadienne La Presse du premier février 1999) Ils sont devenus davantage un style de vie qu’une simplement affaire à caractère sexuel, lit-on dans une dépêche de la Presse canadienne datée de février 1999.

Au Canada, au début de 1999, on comptait plus d’une douzaine de clubs échangistes indépendants, dont au moins six à Toronto. Une quinzaine d’autres auraient été affiliés à une association américaine basée à Los Angeles. Les gens vont dans ces clubs pour danser et tenter de séduire. Parfois, les rencontres vont plus loin, mais pas toujours, signale-t-on. Il y a une bonne part de voyeurisme dans ce genre de loisirs sexuels. D’exhibitionnisme aussi. Des gens aiment voir, d’autre être vus. Où est le mal? (Suite demain)

Police de quartier : «fumisterie», «flirt avec les politiciens» – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Les Montréalais n’ont pas fini pour autant d’investir encore et encore dans la «cadillac» policière, et très loin s’en faut. En mars 2001, le successeur de Simoneau à la présidence de la Fraternité des policiers de l’île de Montréal, Georges Painchaud, fulminait contre la police de quartier (André Cédilot La Presse des 27 mars 2001 et 20 février 2002) : «C’est un échec, une fumisterie, une opération de séduction, un flirt avec les politicien. (...) En réalité, explicite-t-il un peu plus, la police de quartier a été créée pour plaire aux élus municipaux. C’est une police bien plus proche des politiciens que des citoyens.» Ça, on le savait.

Ce qu’on ne savait pas, par contre, c’est qu’on n’arrive pas à s’expliquer, pour citer Painchaud, comment «(...) on soit passé du jour au lendemain d’un projet de 14 mégapostes, sous l’ancien directeur Alain Saint-Germain, à 49 petits postes, avec Jacques Duchesneau, son successeur». Painchaud entendait faire pression afin d’en réduire le nombre «à 27 ou 28». Voyons la suite.

Décembre 2002, Michel Sarrazin, le dg de la police, confirme (Sébastien Rodrigue La Presse 5 décembre 2002) : «Oui, on envisage la fermeture de postes», entre 8 et 10. Février 2003, les auteurs de la nouvelle réforme laissent tomber un autre voile.... Là, on ne parle plus seulement que de la fermeture de postes de quartier. Un groupe de travail mandaté par le dg de la Ville de Montréal, à l’époque Guy Coulombe, propose de faire appel à des agences de sécurité privée, qui opèreraient sous la responsabilité de la police de Montréal.

(NDLR : Ainsi qu’on l’a vu plus haut, du temps où il était dg de la Sûreté du Québec, le citoyen Coulombe avait signé un document intitulé Orientations et plan d’action de la Sûreté du Québec où il faisait l’éloge du concept de la police communautaire.) (Commission Poitras, CD no. 2, Divulg 210PDF, La police de proximité dans les MRC sur la voie du succès, document no. 1, page 138) (Sébastien Rodrigue La Presse du 28 février 2003)

Des 92 activités répertoriées, 55 seraient confiées aux agences, qui offriraient, en outre, des services de sécurité supplémentaires ; les 37 autres seraient réservées à la police. Rien de neuf là puisque avant la fusion des municipalités de l’île de Montréal, 19 sur 29 d’entre elles, selon le rapport, utilisaient déjà de ces forces privées parallèles, à temps plein ou partiel.

Ce qu’il y a de nouveau, c’est que ces municipalités fusionnées, intégrées désormais dans des arrondissements, en auraient toutes. (NDLR : La nouvelle Ville de Montréal a été subdivisée en arrondissements plutôt qu’en quartiers.) Autre nouveauté : chaque arrondissement pourrait aussi faire appel aux forces de l’ordre à titre de… fournisseur.

Moins d’une semaine après, nous sommes en mars, le journaliste Sébastien Rodrigue de La Presse rapporte que la police de quartier, «lancée en grande pompe et à grands frais en 1997», connaîtra une cure minceur cette année. (Sébastien Rodrigue - La Presse 5 mars 2003) Dix postes de quartier sur 49 seraient «sacrifiés».

Que fera-t-on des dix édifices les abritant ? Ils deviendront des «comptoirs administratifs». (NDLR : Euphémisme cherchant à dissimuler le gâchis financier attribuable à ce changement de cap.) Car le corps policier ne peut s’en défaire, à cause des baux, certains expirant le 1e janvier 2007, d’autres l’année suivante. «Impossible de savoir ce qu’ils deviendront après la fin des baux», signale le journaliste. (Suite demain)

News du lundi 24 Novembre 2008

En France, les états généraux de la presse...... lancés en octobre dernier par le président Sarkozy ont incité Reporters sans frontières (RSF) et Médiapart à s'impliquer. Aujourd'hui lundi 24 novembre, tous deux tiendront à cet effet un grand forum afin de voir ce qu'il y a lieu de faire pour que la presse soit libre et indépendante. Des témoins, entre autres, expliciteront, sur scène ou en vidéo, la difficulté à exercer leur métier.

Selon RSF, cette rencontre s'impose, alors que l'Élysée, par ses "états généraux de la presse", entend remodeler l'ensemble des systèmes d'information. D'où l'urgence de faire entendre d'autres voix : lecteurs, journalistes, blogueurs et intellectuels, aujourd'hui largement absents de la procédure en cours.

On connaîtra les résultats de cette consultation demain mardi. Cependant, l'événement sera retransmis en direct à partir de 20H00 (heure de France) sur les sites mediapart.fr et rsf.org.

Entre-temps, visionnez la vidéo de RPS où certains intervenants suggèrent des changements nécessaires. Elle est précédée d'un texte expliquant davantage le contexte. Sur le site de mediapart.fr, lisez aussi l'article sur l'urgence de défendre la liberté de l'information.

USA : crise immobilière, quel gâchis !Jusqu'à présent, 3 millions de citoyens américains auraient été expulsés de leur maison : j'ignore si le chiffre est actualisé. Tout ça parce que les vendeurs embellissaient leur solvabilité, que les banques prêtaient sans aucune vérification et refilaient ensuite ces prêts toxiques à d'autres.

Vendeurs et banquiers faisaient du pognon pendant que les nouveaux propriétaires tiraient le diable par la queue pour respecter chaque mois leur engagement hypothécaire. Expulsés, ils sont dans la rue sans savoir où ils vont aller, ont perdu la maison ainsi que tout l'argent versé mensuellement, mois après mois, année après année. Capitalisme sans-cœur. Une vidéo (02:37) qui en dit long...

Au Canada, des citoyens ont faim – Selon l'Association des banques alimentaires Canada (ABAC), la faim y est dans une large mesure un problème occulté. De nombreux citoyens sont tout simplement inconscients du fait qu'un très grand nombre d'hommes, de femmes et d'enfants se couchent souvent sur leur faim.

Pourquoi des citoyens ont-ils faim au Canada? À cause du taux punitif des prestations d'aide sociale, des salaires très bas, du travail à temps partiel ou temporaire, d'un revenu de pension insuffisant, du manque de couverture par l'assurance-emploi, d'obstacles à la participation de la main-d'oeuvre (faible niveau d'alphabétisation, mauvaise santé physique ou mentale, problèmes de comportements, etc.), parce qu'on est étudiants, itinérants, etc.

L'insécurité alimentaire est présente dans toutes les provinces et territoires du pays. 720 000, sur une population de près de 32 millions, reçoivent chaque mois de l'aide d'une banque alimentaire. On a des raisons de croire qu'ils seraient plus nombreux, l'organisme national n'intervenant pas partout. La preuve en est que j'ai travaillé bénévolement dans un resto communautaire, à Montréal, et jamais a-t-on demandé de l'aide à l'ABAC. On ignorait même son existence.

En 2006, l'ABAC a acheminé à ses membres plus de 8,5 millions de livres de dons provenant de l'industrie alimentaire. De leur côté, les membres, grâce au bénévolat, recueillent et distribuent chaque année environ 150 millions de livres d'aliments. Le réseau a la capacité de satisfaire en partie le besoin national en aide alimentaire d'urgence, en offrant des provisions couvrant d'une journée à une semaine par mois.

Ce contexte étant, banques alimentaires, fondations communautaires et un large réseau de bénévoles ont du mal à satisfaire les besoins des personnes abandonnées par (l'État). L'ABAC soutient que les gouvernements doivent faire plus pour aider ces personnes à se sortir de la pauvreté, les incitent à agir immédiatement.

PS : La crise financière mondiale risque d'alourdir la problématique. Faudra attendre le rapport de 2008 de l'ABAC, qui devrait sortir d'ici peu, pour avoir un portrait actualisé de la situation.

Bilan – Faim 2007 – pdf de 47 pages
Site de l'ABAC
à explorer

Comment contribuer à défragmenter la société – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) En avril 2000, la Chambre des communes, à Ottawa, a adopté la loi fédérale sur les conjoints de même sexe. (Presse canadienne La Presse du 12 avril 2000) Elle octroie à ceux-ci les mêmes avantages sociaux et fiscaux qu’aux couples hétérosexuels. La loi canadienne ne leur accorde pas cependant le statut d’époux : ce n’est qu’en juin 2005 que le mariage entre personnes du même sexe sera autorisé. Pressé par la Cour suprême, le gouvernement canadien devait tout de même changer 68 lois pour accorder les mêmes droits et devoirs à tous les couples stables (Marie-Claude Malboeuf La Presse du 16 juillet 2000)

Deux ans plus tard, Québec permettait aux homosexuels de s’unir civilement, leur conférant ainsi les mêmes droits qu’aux couples hétérosexuels. (Mathieu Boivin, la Presse canadienne La Presse du 8 juin 2002) «Il faut avoir une bonne dose de courage pour aller dans ce genre de législation-là, mais on reconnaît quelque chose de fondamental dans notre société : tous les individus sont égaux en droit», déclarait le ministre péquiste de la Justice, Paul Bégin.

Les progrès réalisés par nos concitoyens gais et lesbiennes démontrent qu’on n’obtient rien sans combat. Leur mouvement de libération a par conséquent valeur de symbole. En affirmant leur liberté, ils sont devenus de ces sujets dont parle Touraine, car ils contribuent à défragmenter la société et à l’émergence d’une démocratie de libération.

Le combat de Québécoises pour l’égalité des sexes, dont l’équité salariale, en est un autre cas exemplaire. Également celui de cette étudiante montréalaise, dont j’ai malheureusement oublié le nom, qui a refusé de se plier au diktat de la direction de l’école secondaire Marguerite-de-Lajemmerais, à Montréal, préférant changer d’école plutôt que d’enlever le bleu dont elle avait coloré une de ses mèches.

Ainsi en est-il aussi de la défense du droit de circuler librement dans l’espace public. Au cours de l’été 1998, un groupe de citoyens non identifié a placardé des affiches en différents endroits de la rue St-Laurent, à Montréal, invitant la population du secteur à se réapproprier l’espace public.

Il les conviait à un «Festival pour tout le monde, à but antilukratif parce que les parcs sont pour tout le monde, la bouffe est pour tout le monde, la musik appartient à tout le monde, tout le monde devrait être libre. C'est pas seulement ceux qui ont de l'argent qui peuvent organiser des événements. Apportez instrument de musique et bouffe pour un pic-nic. Il y aura jongleurs, échange et troc et table d'info + invités surprises.»

L’événement devait se dérouler à la Place Pasteur, rue St-Denis, près de Ste-Catherine. Ayant vu l’affiche quelques jours après, j’ignore s’il a eu lieu. Et le cas échéant, s’il y avait foule... Probablement pas, le citoyen est peu conscientisé à la nécessité de se réapproprier l’espace public.

La démocratie fait un gain chaque fois qu’un individu ou un groupe d’individus s’affirment comme sujets. À ne jamais oublier! (Suite demain)

Plus de police, moins de transport en commun (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Cependant, au début de 2002, le visage de l’île change. Les 28 municipalités sont fusionnées à Montréal, et Gérald Tremblay, qui a défait les troupes de Bourque au mois de novembre précédant, est le maire de la nouvelle Ville de Montréal, de qui relève désormais la police. La Communauté urbaine de Montréal (CUM) est remplacée par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), et Danyluk, qui n’a guère le choix, quitte ses fonctions.

Pour sa part, la Société de transport de la CUM (STCUM) est remplacée par la Société de transport de Montréal (STM), qui hérite d’un gros problème : réparer les pots cassés du tandem Bourque-Danyluk. En janvier 2002, son budget passe de 699M$ à 725M$, en hausse de 4%. (Éric Trottier La Presse du 5 décembre 2001) La STM annonce son intention d’investir 713M$ au cours des trois années suivantes, notamment pour rénover le métro (324M$), acquérir 380 nouveaux autobus (176M$) et remplacer son système de perception (103M$). Tout est à la hausse, incluant… les tarifs.

Le directeur général de la STM, Jacques Fortin : «Finies les compressions, clame-t-il. Notre budget devrait nous permettre d’injecter 10M$ de plus dans les services aux usagers. Ça va se traduire par des ajouts d’autobus et de rames de métro là où le service est à la hausse.» Il estime être en mesure d’ajouter 65 000 heures à son service d’autobus, au cours de 2002. Idem de celui du métro. Même le service du transport… adapté destiné aux handicapés physiques nécessitant un transport spécialisé augmentera ses déplacements de 3%.

Cependant, bien qu’il s’agissait d’une amélioration, on était loin de combler le trou béant laissé par les compression majeures des années 1990 : la défunte STCUM avait notamment supprimé 500 000 heures de service d’autobus. De plus, la STM est confrontée à deux problèmes : la hausse du prix du carburant, qui a coûté 10M$, et des problèmes mécaniques qui entraînent la mise au rancart de dizaines de vieux autobus, causant de multiples problèmes aux heures d’affluence. Ce qui doit toutefois être corrigé, prévoit-on, par l’arrivée de 75 autobus neufs et de 225 autres prévus pour 2002.

Résumons-nous. Tandis qu’on coupait dans le transport en commun pour doter l’île de Montréal d’une police «de luxe», et de surcroît pseudo communautaire et d’avantage répressive, de petits salariés, des chômeurs et des pauvres, dans la rue, exposés aux intempéries et au froid l’hiver, attendaient des autobus qui prenaient du temps à se pointer le nez, quand ils s’y pointaient car des circuits avaient été abandonnés. Et les handicapés physiques attendaient l’arrivée du transport spécialisé, quand il était… disponible.

Il aurait été instructif de demander à ces usagers s’ils avaient à ce point peur de la criminalité qu’ils préféraient plus de police et moins de transport en commun. Voilà qui projette l’image d’un pouvoir politique davantage intéressé à leur contrôle et nettoyage sociaux et à leur exclusion qu’à leur bien-être. Le tout décidé derrière des portes closes, sans consultation préalable des premiers concernés, les usagers. (Suite demain)

News du dimanche 23 Novembre 2008

Dernier G20 : personne n'a présenté la main à Bush... ...Il n'a pas présenté la sienne non plus. Il devait s'y attendre. L'air penaud, baissant la tête, la relevant, l'air de celui n'en croyant pas ses yeux. La chancelière de l'Allemagne Angela Merkel l'ignore totalement.

Le déclin d'un puissant qui, pendant ses 8 années à la présidence, a mené le monde au pas de charge. L'aigle républicain a perdu sa superbe. Cela n'est rien comparé au sort que lui réserve l'histoire et, qui sait, peut-être même les tribunaux. Une vidéo qui dit tout.

Le condom, plus dangereux que le sida? – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) On le fait aussi en milieu scolaire, quoi que l’approche diffère. La journaliste Marie-Claude Malboeuf de La Presse nous apprend, en mars 2000, qu’après les machines à condoms, c’est l’homosexualité chez les ados dont ne veulent pas entendre parler les écoles de Montréal. (Marie-Claude Malboeuf La Presse du 25 mars 2000) Même si les recherches montrent que les jeunes gays se suicident et décrochent infiniment plus que les autres. Et même si c’est en classe qu’ils vivent souvent leurs plus graves tourments.

Elle cite notamment François Béchard de la ligne d’aide Gai-Écoute : «Depuis des années, on essaie de percer dans les écoles. Mais on se bute à une forteresse.» En 1998 et 1999, l’organisme a contacté 600 écoles secondaires, cégeps et universités pour les inciter à offrir aux étudiants ses dépliants et inscrire le numéro de sa ligne téléphonique d’aide à l’agenda ou au bottin étudiants. À peine un établissement sur six a répondu à sa lettre. «Montréal, c’est la pire place, signale Béchard. Presque aucune école n’a réagi.»

En novembre 2000, le centre téléphonique Gai-Écoute recevait une subvention supplémentaire et renouvelable de 70 000$ par année de Gilles Baril, ministre péquiste délégué à la Santé, aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse. (Sylvain Larocque La Presse du 12 novembre 2000) Depuis, Gai-Écoute couvre tout le Québec et est accessible de 11h à 23h, à la ligne sans frais 1-888-505-1010. «Pour un ado, découvrir qu’il est gai c’est déjà une tragédie parce que ce n’est pas un choix», rappelle un porte-parole de l’organisme.

En mai 2001, la Commission scolaire de Montréal donnait le feu vert aux distributrices de condoms, décision qui ne relevait plus cependant d’elle mais du directeur… de chacune des écoles secondaires. (Michèle Ouimet La Presse du 26 mai 2001 ) Comme on peut s’attendre à ce que des directeurs maintiendraient le feu rouge, interrogeons-nous. Le condom dans les écoles, plus dangereux que le sida? Le tabou sur l’homosexualité, plus important que la souffrance psychologique et le suicide?

Pas toujours facile de vivre sa différence et de la faire accepter par les autres... Jeanne Demers, une lesbienne, livre un témoignage émouvant dans une lettre publiée par La Presse ce même mois de juillet 2000. (Jeanne Demers La Presse du 16 juillet 2000) « Pourquoi devrais-je rester dans l’ombre? Parce que je suis différente? La nature est multitude et différence. Pourquoi ce besoin de toujours compartimenter, cataloguer, étiqueter? Je suis unique comme chacun.»

Faisant allusion aux ravages causés par la discrimination et la peur-du-qu’en-dira-t-on, surtout en milieu de travail, elle s’interroge : «Car qui a peur de qui? Est-ce que mon bonheur dépend à ce point de l’autre? Ce dernier a-t-il vraiment le pouvoir de m’empêcher d’être heureuse? Car, ne vous y trompez pas, nous parlons bien du bonheur. Vivre avec notre identité gaie, c’est choisir d’être heureuse, explique-t-elle. (…)

«Je n’ai pas choisi d’être gaie, mais j’ai choisi de le vivre pleinement. Et ma vie a pris un tout autre sens lorsque j’ai rencontré ma compagne. J’apprends à chaque jour comme il est bon de vivre avec une personne aimée, comme il est bon de partager. Je sais, pour nous le faire dire souvent, combien nous sommes rayonnantes, les yeux brillants et l’air épanoui. D’où croyez-vous que vient cette irradiation, sinon du bonheur? Il est sain et naturel. (...) Nous voici rendus à l’an 2000. Dites-moi au nom de quoi ou de qui je me priverais du bonheur?» (Suite demain)

L'«asphyxie» du transport en commun (Suite tome 2 de L'Étau Policier) On pourrait penser qu’après tout ce qui précède, avoir fait le tour de la problématique. Détrompons-nous.

En page 68 du document de la CUM sur la police de quartier, on apprend que le corps policier devrait songer à développer des sources de revenus. (La Police de quartier Ensemble pour mieux servir Communauté urbaine de Montréal et Police de la CUM, 1996) «Chaque quartier est entouré d’organismes qui ont un intérêt vital à ce qu’elle dispose des moyens nécessaires pour accomplir sa mission efficacement».

Elle devrait donc explorer les pistes suivantes, suggère-t-on : développer un partenariat avec le secteur privé pour obtenir des dons, des commandites ou des subventions, établir des échanges de services avec des organismes sans but lucratif, notamment la collecte de fonds pour l’achat d’équipements.

La défunte CUM, qui n’était pas à court d’idées, proposait aussi à son corps policier d’utiliser au maximum les dispositions légales afin de récupérer de l’argent et de la vente de biens saisis à l’issu d’enquêtes criminelles. Cette pratique perdure encore de nos jours, pas seulement sur l’île de Montréal, partout au Québec.

Comme la police dispose déjà d’un budget annuel, ne serait-il pas plus équitable que ces billets de banque soient plutôt remis directement aux municipalités? Après tout, ce sont les citoyens de celles-ci qui en assument tous les coûts, notamment de celle de l’île de Montréal, une «police de luxe». ( André Cédilot La Presse du 20 mars 1999 ) Cela étant, pourquoi les lui laisserait-on ? Pour qu’elle devienne encore plus luxueuse ?

Complétons le bouquet par cette citation de la page 55 du même document de l’ex-CUM : on suggérait à la police d’«établir un système de bénévoles accrédités qui accompliront certaines activités d’ordre administratif ou de soutien (...)». Il s’agissait de l’une des méthodes que l’organisme régional préconisait «pour favoriser le rapprochement entre la population locale et les policiers du quartier». On ignore jusqu’à quel point cette mesure a été appliquée.

Pendant que la CUM investissait sans arrêt dans sa police et que des municipalités membres consacraient, sur leur territoire respectif, «des ressources supérieures à la moyenne en matière de sécurité publique», la même CUM effectuait de larges coupures dans les budgets de la Société de transport de la CUM (STCUM) : Danyluk l’avait aussi dépouillée de son surplus budgétaire de 23M $ de 1998 et agrippé au passage les sommes perçues auprès des sociétés de transport de Laval et de la Rive-Sud pour payer sa police.

À partir de 1995, année marquant le début des coupures budgétaires, le transport en commun a subi en effet «une véritable saignée», rapporte La Presse du 16 décembre 1998. Se référant à un document de la STCUM, le journaliste nous apprend que 789 postes avaient été abolis, soit 10% des effectifs. Combiné à une réduction de 50% du temps supplémentaire, cela correspondait à 1 100 postes, soit 13% des effectifs.

De plus, la contribution des municipalités à la STCUM avait également diminué, passant de 48,4%, en 1992, à 38%, environ six ans plus tard, un recul de plus de 10%. Celle des usagers, dont on peut supposer qu’un grand nombre n’ont pas les moyens d’avoir une auto, avait, quant à elle, augmenté depuis 1992, passant de 43 à 52%.

Les coupures dans le transport en commun influaient directement sur la fréquence du service : moins d’argent, moins de service. D’après le document, la Société de transport avait dû abandonner, année après année, certains services d’autobus et réduire la fréquence du métro. Le kilométrage annuel autobus-métro avait diminué de 10%.

À la fin du printemps 2001, dans le cadre d’une commission parlementaire, à Québec, le président du conseil d’administration de la STCUM, Pierre-Yves Melançon, identifie la période de 1994 à 1998 «à des années d’asphyxie» où le service a diminué de 13%. (Martin Pelchat La Presse du 2 juin 2001) Dans La Presse, on rappelle qu’à Montréal, durant le règne du maire Pierre Bourque (et à la CUM, durant celui de la présidente Danyluk), entre 1994 et 2001, on avait délaissé le transport en commun. (Suite demain)

News du samedi 22 Novembre 2008

Canada : Afghanistan (encore?) Oui, et aussi souvent que nécessaire. Les citoyens canadiens, qui paient la facture salée de cette guerre via leurs impôts, ont parfaitement le droit de savoir ce qui s'y passe. Dans une société libre, on ne fait pas de cachettes, on dit tout.

J'y reviens parce que je me pose des questions. Quand est-ce qu'un soldat canadien rapatrié écrira-t-il un livre sur ce qu'il a vécu en Afghanistan? En est-il empêché parce qu'il a porté serment de ne rien dire ou pour d'autres raisons?

Si l'un d'eux passait à l'acte, son livre ferait tout un tabac au pays et à l'étranger. S'agit pas de dévoiler des stratégies militaires, seulement de traiter du vécu sur le terrain et d'émettre différentes opinions. C'est tout. Et s'il arrivait quelque chose à son auteur, suis convaincu que ça buzzerait pas mal fort sur le web, en faveur de la liberté d'expression.

Osez, ainsi que l'a fait l'ex-général canadien Roméo Dallaire dans un tout autre contexte : le génocide rwandais.

Livre d'un pilote de chasse français : Rafale en AfghanistanCapitaine Romain était en mission à Kandahar, territoire où l'armée canadienne opère, entre autres armées. Chaque jour, il écrivait quelques pages de ce qu'il voyait et vivait. De retour dans son pays, il a décidé de publier.

J'en ai découvert l'existence sur le site Secret Défense. Site et livre (passionnant, selon ceux qui l'on lu), fortement recommandés aux journalistes canadiens n'ayant rien à dire (pondre) au sujet de cette guerre (secrète, parce que le gouvernement du conservateur Stephen Harper et ses soldats nous cachent tout). Idem du blog du capitaine Romain.

Obama, à 60 minutes......l'émission phare de CBS. Détermination de changer les rapports entre le président et la population et d'apporter aussi d'autres changements. Sincérité, convivialité, vraiment sympa... Dans le bas du premier écran, deux autres vidéos, cette fois accompagné de sa conjointe. Obama, c'est l'espoir d'un monde meilleur, normal que j'en parle un peu à l'occasion. N'oubliez pas d'agrandir les écrans...

Canada : le gros mensonge de Stephen HarperLe 16 septembre dernier, en pleine campagne électorale, Stephen Harper s'était engagé à ne pas plonger le pays dans l'ornière des déficits si son parti était réélu le 14 octobre, journée du vote. (Hugo de Grandpré – La Presse du 16 septembre 2008)

Dans ce même article, il réitérait son engagement à l'effet qu'un gouvernement conservateur ne ferait pas de déficit s'il était reporté au pouvoir. Citation d'Harper : «Nous avons fait des prévisions et nous avons fait notre plateforme pour assurer que nous allons avoir des budgets avec des surplus».

Le 14 octobre, les conservateurs d'Harper prennent le pouvoir. Deux mois et quelques jours s'écoulent puis la promesse devient un gros mensonge. Les faits sont là... Le 20 novembre, Harper, dans son discours du trône, écrit : «(...) en ces temps extraordinaires de ralentissement mondial, il serait malavisé de s'engager à déposer à tout prix un budget équilibré à cour terme (...)» (Joël-Denis Bellavance – La Presse du 20 novembre 2008)

Le lendemain, nous apprenons que deux déficits sont prévus : de 3,9 milliards$ en 2009-2010 et de 11,4 milliards$ en 2010-2011. (Joël-Denis Bellavance – La Presse du 21 novembre 2008)

PS : Est-ce que les coûts de la guerre du Canada en Afghanistan pèsent lourds dans la balance? Harper n'en a pas parlé. Impossible de connaître les vrais chiffres, qui sont éparpillés un peu partout, notamment dans différents ministères : quelque part entre 18 et 28 milliards$? Harper ne semble avoir donné aucune directive visant à centraliser la comptabilité. L'aiguille dans la meule de foin, pas meilleure cachette. Absence de transparence.

Mater, en misant sur la peur-du-qu’en-dira-t-on – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Dans une ville, soutient Jacobs, il est indispensable de voir coexister des pôles d’attraction, depuis les bars jusqu’aux… centres paroissiaux, prend-elle le soin de préciser, et bien d’autres éléments encore, suscités par des inclinations, des aspirations et des intérêts différents. (Jane Jacobs Déclin et survie des grandes villes américaines Éditions Mardaga) Indispensable pour une Cité de compter parmi ses citoyens des gens aux goûts et penchants les plus divers. C’est de diversité dont parle Jacobs, et son énoncé s’applique partout, dans n’importe quel milieu urbain et rural.

Sur ce plan, on peut dire qu’à Montréal, le Village Gay-Lesbien est le résultat d’un victoire historique. La désapprobation sociale n’était pas facile à déboulonner, car ils s’attaquaient à un tabou sexuel. En plus d’être rejetés par la société, ils étaient réprimés par la police. Pour eux, c’était carrément l’enfer. Ils ont combattu l’intolérance. Bataille longue, exigeant courage, détermination, impliquant de la souffrance aussi, beaucoup de souffrance. Ils ont finalement pris leur place dans la société. Victoire attribuable aussi à la solidarité dont ils ont fait preuve. Et chaque année, à Montréal, ils célèbrent cette conquête en défilant fièrement dans la rue, sans aucun complexe.

La police a longtemps misé sur leur peur-du-qu’en-dira-t-on pour les mâter. Se faisant, elle mettait à vif leur souffrance. Certains diront : tout cela est du passé, la police les respecte maintenant. Ramener le passé à l’ordre du jour permet d’illustrer les bassesses dont elle est capable.

De préciser aussi qu’il est loin d’être certain qu’elle les respecte partout. Alors que des Montréalais semblent plus ouverts combien sont-ils? , c’est loin d’être le cas dans le monde rural où les citoyens sont généralement homophobes.

Quand la police en civil veut geler la vie d’un récalcitrant au conformisme, l’une de ses fameuses règles non écrites, vous pensez qu’elle hésitera à faire courir le bruit que monsieur est homo ou madame lesbienne? C’est bien la méconnaître, car elle est en grande partie responsable de l’éclatement de la Société civile. Le ou la stigmatiser par le bouche-à-oreille suffira, dans bien des cas, à lui enfoncer la tête entre les épaules. On n’a qu’à regarder la manière dont elle traite encore de nos jours travestis-es et transsexuels-les.

Dans un article de La Presse, un travesti fréquentant la rue Ontario, dans Hochelaga-Maisonneuve, racontait s’être fait dire qu’il était laid par des policiers de l’île de Montréal. Ils ne tolèrent pas un homme habillé en rose, alors on imagine sans peine leur pilosité se dresser face à un travesti. À leurs yeux, ce n’est plus un citoyen mais un gugusse dont ils peuvent écorcher la dignité sans rencontrer la moindre résistance.

L’écrivain cubain Reinaldo Arenas, esprit trop libre et trop gay pour le régime castriste qui l’emprisonna et le poussa à l’exil, déclarait, peu après son arrivée aux États-Unis : «La différence entre le communisme et le capitalisme, c’est que si on te donne un coup de pied au cul, tu dois applaudir si tu es dans un régime communiste et tu peux crier si tu es dans un pays capitaliste». (Agence France-Presse La Presse du 5 septembre 2000) Et la police, de Cuba ou d’ailleurs, n’est pas la seule à jouer sur les «déviances», surtout dans le vaste monde de la sexualité. (Suite demain)

Coûts faramineux de la pseudo police communautaire – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Du temps de la Communauté urbaine de Montréal (CUM), le discours public de l’élite politique de l’île de Montréal était à ce point empaqueté que les citoyens croyaient que les coûts de la police augmentaient si peu, d’année en année, que ça ne valait pas la peine de déchirer sa chemise sur la place publique. C’est en tout cas l’impression qui se dégageait des propos usuels de la présidente Danyluk.

Celle-ci omettait de dire qu’individuellement des municipalités membres de la CUM investissaient à la fois dans la police et des forces parallèles, soit en faisant appel aux services d’agences de sécurité privée ou en embauchant des gardiens de sécurité, qui devenaient de facto des employés municipaux, et aussi en achetant des équipements.

Déjà en 1990, Normandeau et Leighton constataient que des municipalités membres de la CUM consacraient «des ressources supérieures à la moyenne en matière de sécurité publique». (André Normandeau et Barry Leighton Une vision de l'avenir de la police au Canada : Police-défi 2000 Direction de la police et de la sécurité, Secrétariat du Ministère du Solliciteur général du Canada, 1990)

Ils ne les identifiaient pas, ne fournissaient aucun chiffre. Une chose est sûre : le citoyen de chacune d’elles en défrayait la note. Dans les faits, il payait simultanément à deux endroits : à la CUM pour les services de sa police et à sa municipalité pour le surplus de protection dont cette dernière s’était dotée. Et lorsque les élus de l’île ont décidé, au milieu des années 1990, d’implanter la pseudo police communautaire sur tout ce territoire, davantage encore qu’avant.

Car il avait fallu ajouter des postes de police à ceux existant déjà pour atteindre le chiffre magique de 49. Avec la multiplication du personnel clérical – citoyens-cléricaux ou policiers déguisés en citoyens-cléricaux? – et l’achat d’équipements que cela entraînait.

Combien de postes avaient été logés dans des édifices qu’il avait fallu louer ou acheter et rénover pour les rendre plus fonctionnels? Combien avaient été spécifiquement construits à cette fin ? Des municipalités en avaient par ailleurs défrayé les coûts de construction (et de rénovation aussi?) sur leur territoire respectif. Ainsi la Ville d’Outremont qui, en décembre 1998, prévoyait investir 1,8M$ dans le futur poste de police de l’avenue Van Horne. (Éric Trottier La Presse du 15 décembre 1998) Le maire Jérôme Unterberg tenait des propos lénifiant, affirmant que tout allait être financé par la vente d’actifs de la municipalité et qu’il ne coûterait pas un sou à ses concitoyens.

Quant on vend des actifs d’une municipalité, on vend quoi au juste? Des biens que la ville a achetés, notamment des terrains. Et avec l’argent de qui? Ce peut être aussi des biens saisis pour non paiement de taxes, que la ville peut ensuite revendre avec profits. Alors prétendre qu’il n’en coûterait rien au citoyen était faux.

Individuellement des municipalités fournissaient également de l’équipement au poste de police situé sur leur territoire respectif. En février 1999, trois villes de la partie ouest de l’île de Montréal – Côte-Saint-Luc, Hampstead et Montréal-Ouest – devaient doter le leur de caméras vidéo, à 10 000$ l’unité, et dans le cas de deux d’entre-elles, y ajouter des voitures. (Éric Trottier La Presse du 4 février 1999) Le journaliste Éric Trottier de La Presse nous apprenait qu’il ne s’agissait pas d’une première puisque, depuis janvier 1998, une politique de commandites permet aux municipalités membres de la CUM de munir leur poste de police d’équipements spéciaux.

Il relatait que «plusieurs villes», généralement les plus riches, avaient aussi acquis dans le passé des vélocimètres, des vélos, etc. Cinq municipalités avaient fait l’acquisition, en 1997, de deux voitures supplémentaires pour contrôler la vitesse des automobilistes. L’année d’avant, trois autres avaient assumé la location d’une auto-patrouille additionnelle. Des bagatelles, arguera-t-on, quoiqu’on ne sache pas tout non plus, mais n’en illustrant pas moins la propension.

Autre élément digne de mention : la police désirait tarifer les services d’ordre qu’elle assume à l’occasion de grands événements à but lucratif – festivals, concerts rock ou matchs de hockey –. (Martin Pelchat La Presse du 29 septembre 1998) En vertu du principe de l’utilisateur payeur, autre formulation faisant mouche à tout coup. (Suite demain)

News du vendredi 21 Novembre 2008

Film Nineteen Eighty-Four (1984)Une adaptation (01H50) en anglais du roman 1984 de George Orwell. Faites la connaissance de Big Brother. Acteurs : John Hurt,Suzanne Hamilton, Richard Burton, Cyrill Cusack, Gregor Fisher et Andrew Wilde.

Une tour new-yorkaise......comme en voit probablement nulle part ailleurs : diapo.

Combattre la division de la société en bons et méchants – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Selon le sociologue Morin, la société n’est pas unidimensionnelle, elle est multidimensionnelle. (Edgar Morin Pour sortir du vingtième siècle Éditions Fernand Nathan) Plus une société est complexe, plus elle comporte en elle des potentialités de désordres, antagonismes, conflits, plus elle comporte en même temps, ajoute-t-il, des potentialités d’innovations, de stratégies, de réponses aux forces de désagrégation, plus elle devrait comporter en elle, pour compenser sa fragilité organique, la communication fraternisante qui transforme le désordre en liberté.

Il soutient que c’est la politique qui a le plus besoin de complexité. Elle produit des idées de plus en plus simplifiantes pour des sociétés de plus en plus complexes. En rationalisant, on simplifie, on réduit la société en une seule dimension, on sort la réalité du réel, on entre dans la pensée mutilée. Or, celle-ci n’est pas inoffensive, explique-t-il. Elle débouche tôt ou tard sur des actions aveugles qui rétroagissent sur la réalité sociale, et conduisent à des actions mutilantes qui charcutent, tranchent et retranchent dans le vif du tissu social et de la souffrance humaine. Il faut combattre la vision manichéenne divisant la société en deux, les bons d’un côté, les méchants de l’autre, clame-t-il.

Morin parle de maladies de la raison. La raison arrache l’humain à l’animalité, l’éclaire de sa lumière. La rationalité instrumentale culmine à Auschwitz. Tout progrès se joue à la frontière de l’indiscutable et du discutable et s’effectue par la mise en discussion de l’indiscutable. D’où l’extrême vigilance dont le citoyen doit faire preuve à l’égard des intimidations officielles qui frappent l’idée neuve parce que déviante.

Selon lui, il faut veiller à la libre expression de la déviance. «Nous avons besoin des pensées, non seulement auxquelles nous sommes en désaccord, mais aussi avec lesquelles nous sommes en totale discorde. Nous avons besoin de déviants, de marginaux, d’exclus. Ils nous sont beaucoup plus nécessaires que les inclus et intégrés», écrit-il.

Les innovations/créations constituent des déviances. Les nouvelles tendances bourgeonnent toujours de façon marginale, se développent en ruinant les anciennes structures, cultures, institutions. Le capitalisme, cite-t-il à titre d’exemple, n’est pas né frontalement du développement des forces productrices du monde féodal. Comme l’a montré Baechler, relate Morin, il est tout d’abord apparu en parasite et s’est développé, corrompant et décomposant la société.

La liberté d’entreprendre et de consommer des biens et services demeurent les points de départ incontournables de toute démocratie. Les communistes, quand ils prenaient le pouvoir quelque part, le premier geste qu’ils posaient consistait à éliminer l’entreprise privée. L'économie de marché, c'est la liberté tout azimut.

La rationalisation a toutefois eu un effet excessivement pervers. L’approche disciplinaire de la société marchande s'est propagée à l’espace public, avec la complicité du pouvoir et de sa police, contribuant ainsi à caricaturer les rapports entre les citoyens. Tant et si bien que le citoyen a été programmé comme s’il était un ordinateur, de façon à ce qu’il réagisse par automatismes, sans que sa volonté ne participe à quoi que ce soit dans la décision.

Quand un pouvoir orthodoxe est très pénétré d’idées à la fois utopiques et puritaines sur la façon dont le citoyen doit se comporter dans sa vie de tous les jours, il introduit dans la réglementation des concepts moraux relevant de la vie privée et n’ayant rien à voir avec la gestion d’un État, d’une province, d’une grande Cité, d’une ville, d’un village. (Suite demain)

Police riche et transport en commun pauvre – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Ce que relate le journaliste représente quelques photos de l’histoire policière, néanmoins des plus révélatrices. Toutefois, en suivant son évolution sur plusieurs années, on trouve de quoi remplir d’instantanés un gros album. Sur l’île de Montréal par exemple, à l’époque de l’ex-Communauté urbaine de Montréal (CUM) et de la Société de transport de la CUM (STCUM), le pouvoir politique préférait-il, toutes proportions gardées, investir davantage dans sa soi-disant police communautaire que dans le transport en commun? On le sait, autobus et métro sont surtout le moyen de transport des petits salariés, des chômeurs et des pauvres.

Transportons-nous au mois de septembre 1998. La CUM est à élaborer son budget de l’année 1999. Il lui manque une soixantaine de millions de dollars pour atteindre l’équilibre. Selon le journaliste Éric Trottier de La Presse, 25 de ces millions manquants avaient été investis dans les hausses salariales des policiers, l’implantation des postes de police de quartier et le déménagement du quartier général. (Éric Trottier La Presse du 10 septembre 1998) Il tenait cette info du maire de Saint-Léonard et président de la commission de l’administration et des finances de la CUM, Frank Zampino.

Deux mois et demi plus tard, l’Agence métropolitaine de transport (AMT) révèle que «la CUM utilise des sommes perçues auprès des sociétés de transport de Laval et de la Rive-Sud pour payer sa police». (André Noël La Presse du 26 novembre 1998) Gaétan Turbide, directeur général de la Société de transport de Laval (STL), confirme au journaliste André Noël de La Presse la justesses des calculs de l’AMT : «Nous avons alerté le gouvernement à ce sujet dans le passé». Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, corrobore : «Il est scandaleux que les citoyens de Laval contribuent à la police de Montréal en croyant soutenir le transport en commun». Même son de cloche à la Société de transport de la Rive-Sud de Montréal (STRSM).

De son côté, Vera Danyluk, présidente de la CUM, nie tout : «C’est totalement faux. Il est vrai que nous avons baissé nos contributions à la STCUM et augmenté le budget de la police, mais l’argent ne venait pas de la banlieue». Quatre témoins versus Danyluk, qui a tout de même avoué avoir investi moins dans le transport et davantage dans sa police.

Plus ou moins trois mois après, début mars 1999, la journaliste Michèle Ouimet de La Presse nous informe que la police de l’île de Montréal hérite de la part du lion dans le budget 1999 de la CUM, soit près de 395M$, en hausse de 2,4%. (Michèle Ouimet La Presse du 3 mars 1999) Dans le programme triennal d’immobilisation, elle note qu’elle décroche, là encore, la grosse part du gâteau, soit plus de 60% du total. Sur des immobilisations de 61,5M$, en 1999, la police obtient, énumère-t-elle : 13,4M$ (construction, acquisition et aménagement d’immeubles), 12,5M$ (police de quartier et changements technologiques), 6,1M$ (acquisition de véhicules), 2,3M$ (relocalisation de l’identification judiciaire) et 1,8M$ (équipements de communications).

Le mois suivant, deux maires déclarent au journaliste Éric Trottier de La Presse que la police de l’île de Montréal coûte cher. (Éric Trottier – La Presse du 7 avril 1999) Luis Miranda, maire d’Anjou : «(...) ma ville paye plus de 9M$ par année pour le service de police de la CUM. À ce prix-là, nous avons 40 policiers. À Boucherville, ils ont 60 policiers et ça leur coûte deux fois moins, 4,5M$.» Le maire de Brossard, Paul Leduc, le dit aussi : «Pour nous, à Brossard, c’est évident que le SPCUM (police de l’île de Montréal) est trop gros, trop puissant, trop coûteux. Nous n’aurions aucun avantage à intégrer notre corps de police avec celui-là.»

À la fin 1999, l’ex-CUM dévoile son budget, cette fois pour l’année 2000. Le journaliste Trottier constate que ce corps policier, comme toujours, précise-t-il, obtient la grosse part du gâteau. (Éric Trottier La Presse du 10 novembre 1999) Dix jours après, il rapporte que Michel Sarrazin, le dg de la police, souhaite ajouter un étage à l’édifice abritant le Centre opérationnel Est, situé à St-Léonard, une dépense d’1,5M$. (Éric Trottier La Presse du 20 novembre 1999) Pourtant, ainsi que le fait remarquer le journaliste, il vient à peine d’être construit au coût de 7,5M$. Il n’a même pas encore été inauguré.

Il rapporte que sa requête choque plusieurs maires du Comité exécutif de la CUM. Certains estiment avoir été, «une fois de plus», placés devant un fait accompli. «On se demande pourquoi le deuxième étage n’a pas été pensé au moment de la construction de l’édifice (…)», s’interroge Yves Ryan, maire de Montréal-Nord et vice-président de la Commission de la sécurité publique.

D’après lui, cette nouvelle exigence ressemble à ce qui s’est passé lors de l’achat du nouveau quartier général, quelque temps auparavant, quand Sarrazin a demandé, après coup, l’augmentation du nombre d’espaces de stationnement, une dépense additionnelle de 3,5M$. Ryan : «Étaient-ils obligés de nous parler des stationnements après l’achat? Certains trouvent que c’est le même pattern qui revient.» Sans compter les 60 véhicules achetés mais ne correspondant pas aux besoins : leur habitacle trop étroit les rendaient inconfortables. (Suite demain)

News du jeudi 20 Novembre 2008

Oups ! – Monsieur X : "Excusez-moi mais vous êtes en train d'uriner sur ma voiture." Monsieur XX : "Scusez-moi… Elle ressemble à la mienne qu'est là bas… Bon… J'peux finir ?" (Source linternaute)

SDF (suite)Deux articles de france-soir.fr que des difficultés "techniques" m'ont empêché d'intégrer au texte précédent... Je tiens à vous les présenter parce qu'ils illustrent bien l'enfer vécu par ces have not, dont peu d'élus et de citoyens se préoccupent.

Et que la pseudo police communautaire, notamment celle de Montréal, opprime sans arrêt en leur collant des contraventions. Sauf-conduit les menant directement en prison parce qu'ils n'ont pas les moyens de les payer. Donc, communautaire que de nom, parce que sans conscience sociale.

France : depuis 2002......1 200 sans domicile fixe (SDF) sont décédés dans la rue : âge moyen, 48 ans, espérance de vie nationale, 80. C'est ce qu'ont appris les membres du Collectif Les Morts de la rue, laissant entendre que la liste pourrait être plus longue.

L'objectif de ce Collectif, lit-on sur son site, est de faire savoir que beaucoup de personnes qui vivent ou ont vécu à la rue en meurent. Mettre en oeuvre et développer aussi les moyens et actions nécessaires : pour la recherche, la réflexion et la dénonciation des causes souvent violentes ; pour des funérailles dignes de la personne humaine ; pour l'accompagnement des personnes en deuil, sans distinction sociale, raciale, politique ni religieuse. Aucune personne de la rue ne doit être oubliée une deuxième fois, dans sa mort.

À l'automne 2007, l'organisme a effectué une mini enquête. Il s'en dégage que des citoyens sont souvent désemparés, ne sachant que faire. Et d'autre part, que les SDF parlent tous de leur solitude, du manque de regards et de considération de l'entourage, jusqu'à s'en laisser mourir. Un dépliant a été distribué afin d'en sensibiliser des citoyens et intervenants.

Autres actions du Collectif
Liste des morts de la rue

PS : Les grands médias québécois traitent très rarement des SDF morts dans la rue, à Montréal. Jamais de liste annuel des décès. Si une star mourrait de froid dans la rue, on nous en parlerait pendant des semaines, pas un SDF. Un SDF? C'est quoi ça?

Le SDF réprimé de tout bord tout côté – C'est ce que nous apprend le mémoire du Barreau du Québec déposé, en octobre dernier, à la Commission des Affaires sociales portant sur le sans domicile fixe (SDF) et mise de l'avant par le gouvernement libéral de Jean Charest.

Selon le Barreau, sûreté et intégrité du SDF compromises de façon dramatique dans plusieurs cas. Organismes d'aide exerçant un pouvoir discrétionnaire, le SDF doit décrire ses conditions de vie à différents intervenants : dignité et vie privée affectées. En raison de sa situation, victime d'exclusion dans certains services publics. La perte de ses cartes d'identité, attribuable à sa désorganisation, lui ferme d'autres portes.

Approche pénale et judiciaire porte atteinte aux droits et libertés du SDF, qui peine à les défendre. L'accusation d’incivilité serait une forme inutile de répression généralisée. Celle fondée sur l’individu, ses droits et ses besoins serait beaucoup plus appropriée. Nombre considérable de constats d'infraction émis en vertu de lois québécoises, de règlements municipaux et de la Société de transports de Montréal. Inquiétude du Barreau.

Pratiques discriminatoires, certaines infractions verbalisées qu'au SDF : traversée aux endroits interdits, utilisation des bancs de parc, de murets de béton, flânage, entrave à la circulation. Le SDF peut recevoir plusieurs constats d'infraction en quelques minutes. Recours généralisé à l’emprisonnement pour non paiement d’amendes. Le SDF dans 72 % des cas. De plus, criminalisation et judiciarisation coûteuses. Inefficace aussi, soit que le SDF revienne sur place ou se déplace. Ce n'est pas ce qu'on appelle répondre à ses immenses besoins.

Intégrer les éléments éclatés de la réalité sociale – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Touraine condamne la priorité que la société moderne tend à accorder aux objets sur la liberté et les relations sociales. (Alain Touraine Qu'est-ce que la démocratie ? Éditions Fayard) «Une démocratie ne peut se limiter à ce niveau le plus bas de fonctionnement d’une société», déplore-t-il. Le sociologue parle d'«une décomposition extrême de la vie sociale qui laisse sans contrepoids la domination de la société par les forces centrales de gestion et réduit le citoyen à la défense d'une identité menacée».

Notons que Touraine ne condamne pas pour autant la société de consommation, absolument pas, soutient même qu’elle joue un rôle positif en détruisant les barrières culturelles et sociales qui sont autant d'obstacles à la démocratie. Ce qu'il condamne, c'est la préséance, redisons-le, des biens de consommation sur les humains. Ne s’agit donc pas de tamiser les lumières de la société marchande, tout bonnement d’allumer celles de la liberté et de la socialisation. La société en retirerait de grands bénéfices, sociaux et économiques. Pourquoi maintiendrait-on tout un pan de la socialité dans la grande noirceur d’une tempête de verglas?

Il appartient dorénavant à chaque citoyen d’éclairer son milieu. Selon la formulation utilisée par Touraine, le citoyen doit devenir un sujet. Le sujet affirme sa volonté d'être acteur du changement et pas seulement consommateur. Il y a peu, on croyait encore qu'il fallait sacrifier ses intérêts personnels pour être un bon citoyen. C'est presque le contraire qu'il faut dire aujourd'hui, précise-t-il.

Ceux dont le comportement se réduit à une participation passive à la consommation forment la masse d'appui des dominants. Seuls ceux qui sont des sujets peuvent opposer un principe de résistance à la domination des systèmes. Le sujet est centré sur lui-même et non plus sur la société. Il est défini par sa liberté et non plus par ses rôles.

D’après Touraine, l’individu ne se comporte pas comme un sujet quand il s'identifie à la volonté générale ou quand il est le héros d'une communauté. Car il est séparé de lui-même par des situations organisationnelles et institutionnelles chargées d'obstacles à la formation d'une expérience qu’il pourrait ensuite s'échanger avec d'autres.

Dans ce système de domination, le rapport de l'individu avec lui-même est plus fondamental que les rapports des individus entre eux parce qu'il se heurte à la dépendance vécue. Le sociologue est d’avis que chaque individu travaillant à intégrer les éléments éclatés de la réalité sociale aide à reconstruire une société démocratique. L’exemple des femmes libérées et celui des homosexuels et lesbiennes illustrent bien ce dont traite Touraine, nous le verrons. (Suite demain)

L'économie d'échelle du ministre Serge Ménard – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Examinons un autre volet de la réforme policière : le coût de l’idéologie de la peur propagée par la police, le pouvoir et les médias. Au début des grandes réformes péquistes, en juin 1999, le ministre Serge Ménard, traitant de la réorganisation policière, arguait les économies d’échelle… «L’ensemble des contribuables paie alors moins cher pour les services de police et ils sont de meilleure qualité et d’une plus grande efficacité.» (Normand Delisle La Presse du 16 juin 1999)

Cet argument atteint sa cible à tout coup. Vrai, que les services de la Sûreté du Québec coûtaient moins cher : 30 cents du 100$ d’évaluation contre 35 cents et plus pour un corps policier municipal.

Cependant l’économie n’était qu’apparente puisque le ministre offrait à rabais les services de sa Sûreté du Québec pour appâter les élus municipaux. Il ne pouvait exiger le vrai tarif parce qu’ils risquaient de se braquer et sa réforme, avorter. Alors, il a puisé dans les coffres du gouvernement en attendant qu’ils oublient sa promesse ou ne puissent plus défaire ce qui avait été fait.

Qui les garnit, ses coffres? Les citoyens de leurs impôts. Alors, ceux qui croyaient économiser en optant pour ce corps policier, dans les faits, défrayaient déjà le plein prix. Son approche était en outre biaisée du fait qu’il n’offrait pas, en contre partie, une subvention équivalente aux municipalités désirant conserver leur corps policier municipal. Jolie boucle ! L’expérience démontre amplement que, en de nombreux domaines, l’économie d’échelle est un leurre, une mystification.

En juillet 2000, le journaliste Martin Pelchat de La Presse écrivait qu’avant de procéder à des fusions de corps policiers, le ministre Ménard aurait avantage à méditer l’histoire de la création de la police de l’île de Montréal. (Martin Pelchat La Presse du 22 juillet 2000) Après la mise sur pied de la Communauté urbaine de Montréal ( CUM ), au début des années 1970, l’intégration de ces corps policiers allait de soi, sur papier... Un an plus tard, elle débouchait sur un déficit de 10M$ et menait la CUM, l’année suivante, vers un trou de 97M$. (NDLR : Tous les chiffres énoncés sont en dollars de l’époque.)

Selon les procès-verbaux du Conseil des ministres du temps auxquels le journaliste a eu accès, Montréal avait engagé trop de policiers, dont un bon nombre remplissaient des fonctions qui auraient pu être exécutées par des fonctionnaires nécessitant des salaires moins élevés. (NDLR : Une entourloupette que la police utilise couramment pour dissimuler des policiers et faire croire que ses effectifs sont moins nombreux qu’on le prétend.)

D’autres ratés étaient à l’origine de la situation : budgets des corps policiers sous évalués de 25M$, contrôle budgétaire insatisfaisant, qui avait entraîné un dérèglement dans l’accroissement des coûts ; conditions de travail les plus coûteuses, celles de Montréal avaient fait tache d’encre : des améliorations avaient été consenties aux policiers dans le cadre des négociations. Sans omettre un régime de retraite qui risquait de coûter cher. (Suite demain)

News du mercredi 19 Novembre 2008

Humour érotiqueAllemagne vs Pologne

Un jeune qui nous parle......dans le blanc des yeux, sans ménagement, du réchauffement de la planète. Le ton un peu baveux, il nous averti qu'il ne s'agit pas de l'avenir, mais de son avenir à lui... Il nous réprimande, nous les adultes. Convaincu et convainquant, le petit morveux. Géniale, cette vidéo de Greenpeace (02:20).

Obama : un documentaire suscitant beaucoup d'espoirVoir W Bush quitter la Maison Blanche, ce qui sera chose faite le 20 janvier prochain, soulage bien du monde (ouf!). Savoir que son successeur est non seulement un Noir, mais aussi un homme dynamique, convaincu de l'urgence et de la nécessité d'apporter des changements, disons le franchement : depuis qu'il est là, on se sent mieux.

Le documentaire de 2 heures (en anglais) que vous allez voir est d'une qualité exceptionnelle, en contenu et contenant. Après ce visionnement, vous connaîtrez beaucoup mieux Obama. Produit par l'émission Frontline, de la grande chaîne de télévision américaine (The Public Broadcasting Service – PBS), il est réparti en 10 chapitres : agrandissez l'écran. À la fin de chacun, vous cliquez sur la flèche rouge à droite.

Castagnetta : non assistance à personne en danger?Alessandra Castagnet­ta : «Je me sens comme une soeur de quelqu'un qui pourrait être avec nous, maintenant. Mais il est mort. Pourtant, il n'a rien fait de mal. Ce n'était pas un terroriste, un criminel, un mafieux. Il était étudiant.»

Pour le contexte de cette affaire, lisez, un peu plus bas, l'article publié hier dans mes ACTUALITÉS à 00H46.

Néo-individualisme : renaissance de la démocratie? – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) De son côté, Lipovertsky, pour y revenir, voit bien que la ville moderne est plus froide, plus fonctionnelle, plus anonyme, que la ville traditionnelle italienne par exemple, où existe une «chaude communauté, où tout le monde se connaît, où le foyer et la rue communiquent». (Citoyenneté et urbanité Éditions Esprit Ouvrage collectif)

L’une des rares socialités qui demeurent, d’après lui, est celle des bandes de jeunes, mais tendant vers la marginalité. C'est hélas, croit-il, ce qui risque de se développer avec le chômage, la société duale, la ségrégation des quartiers, le racisme. On voit se multiplier de nouvelles formes d'agressivité, d'intolérance, de sectarisme chez des minorités plus ou moins fortes, plus ou moins déclassées.

Lipovetsky constate une grande fragilisation des sujets, un sentiment de plus en plus répandu de stress et de vide, de solitude, de repli sur soi, de dépression, de difficulté à vivre et à communiquer. Il se demande si le néo-individualisme saura aussi relever les défis de l'intégration sociale et de la ville de demain.

Le sociologue n’en a pas moins écrit que la logique disciplinaire et coercitive tend à disparaître. Elle devrait également disparaître de l'urbain, trop fondé sur les mythes de l'homogénéité, du fonctionnel, de l'hygiénisme. Peut-on affirmer que l'espace privé constitue une menace pour l'espace public ? Autrement dit : l’épanouissement du néo-individualiste dans l’espace privé finira-t-il par peser de tout son poids dans les urnes électorales ?

Si cette hypothèse se concrétisait, cela constituerait bien évidemment un phénomène de démocratisation exceptionnel, et peut-être unique dans l'histoire moderne de nos sociétés occidentales. À tout le moins, est-il logique de croire que, la démocratisation de la démocratie aidant, le citoyen s'en laisserait un peu moins imposer par ceux auxquels il doit cet espace public où il vit sous haute surveillance et momifié par les stéréotypes du conformisme. Un véritable mur de Berlin sépare les deux espaces. C’est l’espace public qui doit s’ouvrir davantage au citoyen. Cependant, de là à croire qu’il deviendra une copie conforme de l’autre...

L’analyse que nous faisons de la situation, le pouvoir et la police doivent bien la faire, eux aussi. À l’image du banlieusard ayant peur du cyclone urbain, se sentent-ils également menacés par un éventuel débordement de cette nouvelle démocratie dans l’espace public, ou de la démocratie de libération dont parle Touraine? Logique de le penser parce que cela éroderait forcément leur emprise psychologique démesurée sur la population.

Dans cette perspective, l'implantation de la prétendue police communautaire au Québec, entre autres endroits en occident, écran de fumée derrière lequel la police en civil et ses collabos se dissimulent pour couper les bourgeons de la démocratie en devenir, en serait une manifestation.

L’ignorance des élus en matière sociologique et policière constitue un très grave problème d’intérêt public parce qu’ils s’en prennent à une population formée de citoyens normaux et paisibles, et non plus seulement à des rétifs ou d’inaptes à toute socialisation. Notre Société civile a mal à ses droits et libertés. (Suite demain)

Des élèves référés à la police par des profs ! – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) En février 2002, Alexandre Gauthier du même hebdo rapportait une entrevue réalisée avec la policière Hélène Nepton, responsable des relations publiques à la Sûreté du Québec. (Alexandre Gauthier l’Étoile du Lac du 9 février 2002) Celle-ci traçait le portrait de la situation dans les écoles du Québec.

Suivant ses propos, violence, taxage et drogue y augmentent sans cesse, d’où la nécessité, rapportait le journaliste, du Programme d’intervention en milieu scolaire (PIMS) de la Sûreté du Québec, qui, après avoir démarré lentement, la décennie précédente, c’est soudainement accéléré en 2001 pour s’étendre à 139 écoles secondaires du Québec. (NDLR : Notons l’année de l’accélération, l’une de celles des grandes réformes péquistes, alors que Serge Ménard était au volant de la Sécurité publique. Coïncidence sans doute!)

Nepton explique au journaliste qu’il y a bien sûr le volet préventif, mais le programme va plus loin en mettant l’accent «sur la répression». Un policier est affecté à chaque établissement scolaire qui en fait la demande. Il peut être appelé à rencontrer des jeunes qui se font prendre, par exemple, en possession de drogues. D’autres peuvent «simplement se confier (sic) à ce policier ou leur être référés par des professeurs ou directeurs. (…) Il n’est pas question de procéder à une chasse aux sorcières», rassure-t-elle.

Si le PIMS a fait ses preuves, il est impossible d’identifier cependant un taux de réussite précis, avoue-t-elle. Mais lorsqu’on sait que «12% des ados ont admis avoir touché à la drogue, pourcentage qui grimpe à 40% (sic) après 18 ans, on comprend que les besoins sont là». D’où viennent ces chiffres ? Le journaliste ne le dit pas. De la Sûreté du Québec ?

Cette rationalisation extrême a de quoi troubler tout citoyen soucieux de ses droits et libertés. Surtout en milieu scolaire, où commissaires, directions d’écoles et profs sont souvent des inconditionnels de la police. Ils n’ont pas le choix… Essayez donc, juste pour voir, de dire non à la police. (Suite demain)

News du mardi 18 Novembre 2008

Le peintre espagnol Miquel Barcelo...... a restauré "la salle du Conseil des droits de l'homme et de l'alliance des civilisations" de l'ONU à Genève. Ainsi qu'on l'indique dans la légende d'une des photos, le plafond de la voûte est parsemé de stalactites colorées, qui ont nécessité l'utilisation de 35 000 kilos de peinture. De toute beauté.

Elle a été inaugurée aujourd'hui par le roi Juan Carlos d'Espagne en présence du secrétaire général de l'ONU Ban Li-moon, qui y voit un symbole du multilatéralisme. (NDLR : Un secret bien gardé : fin 2008, des éléments de l'oeuvre se sont effondrés sous l'effet de la chaleur. Chuttt! Faut pas le dire.)

Le peintre au travail, sur un échafaudage près du plafond
L'oeuvre gigantesque dans sa forme définitive
Une photo
sous un autre aspect
Cliquez dessus pour l'agrandir
L'édifice prestigieux où elle se trouve
Plus sur Miquel Barcelo

De riches canadiens incités......à mettre leur fortune à l'abri du fisc dans des paradis fiscaux. Une banquière du groupe UBS a effectué plusieurs voyages au pays afin d'obtenir des dépôts : 5,6 milliards de dollars gérés depuis Zurich, en Suisse, en date d'octobre 2005. Ce fait, entre autres, a été déposé en preuve à l'encontre de Raoul Weil, ex-dirigeant d'UBS, accusé cette semaine aux États-Unis d'avoir détourné ainsi 20 milliards.

Le groupe suisse UBS est présent dans 50 pays, dont au Canada. Il a des bureaux à Montréal, Toronto, Calgary et Vancouver. Il serait le plus gros gestionnaire de fortunes au monde. (Sources : The Globe & Mail et RCI).

Québec : Castagnetta victime d'un problème systémiqueDans son rapport, le coroner Jean Brochu relate l'événement. L'affaire commence dans une épicerie de la Ville de Québec, en septembre 2007. Claudio Castagnetta, 34 ans, est pieds nus, tient des propos incohérents, dérange la clientèle. Des policiers lui demande de circuler, sans succès. Tentent de l'immobiliser mais, bien que non violent, oppose une forte résistance. On utilise le taser, sans résultat. S'en suivent force physique et menottes.

Mis en cellule, il crie et émet des bruits étranges. Transféré dans une cellule du Palais de Justice, lèche les murs, vomit, s'asperge le visage avec l'eau de la cuvette des toilettes, a chaud, présente des troubles d'équilibre. Trop confus pour comparaître devant le juge.

Au moment de le ramener au poste de police, il s'affaisse et semble pris d'une crise convulsive. Pendant son transfert, se frappe la tête sur les parois du grillage du fourgon cellulaire. On lui installe un casque de hockey avec visière pour éviter qu'il se blesse. À son arrivée au centre de détention, est inerte, sent l'urine, respire fort et râle. À l'infirmerie, on décide de l'amener à l'hôpital. Est comateux, son état se détériore rapidement et décède le lendemain.

La question : pourquoi avoir attendu si longtemps avant de le conduire à l'hôpital? Réponse du coroner Brochu... Les intervenants auraient dû s'apercevoir que la victime n'était pas dans un état normal, avait besoin de soins médicaux immédiats. Un problème systémique soulevé par plusieurs coroner au fils des années, selon lui.

Rapport et recommandations du coroner Brochu
Éditorial de Brigitte Breton du quotidien Le Soleil

PS : Apprendre à valoriser la vie, se soucier des autres...

Désintégration des liens sociaux – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Dans un article publié par la Revue Notre-Dame, le chercheur Éric Laplante y voit également du progrès. (Éric Laplante Revue Notre-Dame d’octobre 1999) Se référant au philosophe canadien Charles Taylor, il se dit d’avis que l’individualisme permettrait aux personnes de vivre davantage selon leurs convictions, d’être plus authentiques, et donc d’apporter une contribution plus importante à la vie en société. Il devrait nous enseigner que personne n’est inutile. Chacun, dans sa différence, peut faire profiter le collectif.

Pour sa part, Thériault, professeur titulaire à la faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa, fait observer que cet individualisme s’est exacerbé au cours des vingt ou trente dernières années. (J-Yvon Thériault Revue Notre-Dame de septembre 1999) Les gens se perçoivent de plus en plus comme individus et pensent individus. Mais l’individualisme peut déboucher sur une autre façon d’être en société. Ce qui est proposé à l’homme moderne, c’est un projet exaltant, s’exclame-t-il.

Désormais, il faut vivre ensemble non pas parce qu’on est de la même famille, de la même tradition, de la même religion ou qu’on a le même style de vie mais parce qu’on décide de vivre en société avec des gens différents de soi. C’est le grand enjeu de nos sociétés contemporaines : apprendre à vivre avec les autres parce qu’on est convaincu qu’il y a avantage à s’unir à eux.

Le risque d’éclatement social demeure, reconnaît tout de même Thériault. Mais en même temps, il est convaincu qu’on peut construire la société que nous voulons et non subir celle qui nous est imposée par la tradition. Il y a un côté ombre : la dissolution possible du lien social. Un côté lumière aussi : la possibilité, pour la première fois dans l’histoire, de faire une société telle que nous l’entendons, explique-t-il. La citoyenneté est alors, d’une certaine façon, un projet emballant qui ne peut pas exister sans un certain individualisme.

Voilà des témoignages qui feront jubiler tout lecteur épris de liberté et de démocratie. Cependant, cette exubérance s’effondre de quelques bémols quand on lit le sociologue Touraine, qui est plutôt inquiet. (Alain Touraine Qu'est-ce que la démocratie ? Éditions Fayard) La démocratie est menacée à la fois par l'imposition de valeurs, normes et pratiques communes, et par un différencialisme et un individualisme extrêmes qui abandonnent la vie sociale aux mains des appareils de gestion et des mécanismes du marché, écrit-il. Conclusion de Touraine : la société a besoin d’une « démocratie de libération ».

D’autres aussi sont préoccupés. Le néo-individualisme est en partie à l’origine d’un mal dont souffrent la grande Cité ou le petit village : la désintégration des liens sociaux. Toffler constate, lui également, qu’il y a un prix à payer pour jouir de cette liberté dans l’espace privé, et ce prix, c’est la solitude, malheureusement, déplore-t-il. (Richard Martineau L’Actualité d’août 1999) Il n’y a jamais eu autant de personnes seules que maintenant, juge-t-il. (Suite demain)

Une maison de dressage sans le nom – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Qu’un organisme s’investisse dans les loisirs des jeunes, vraiment rien à reprocher là à quiconque, bien au contraire, si ce n’est la philosophie sous-jacente, l’encadrement… par des civils et des collabos, et sans que la chose ne soit sue, ce qui n’est tout de même pas rien. Et l’autre encadrement, visible celui-là : la clôture encerclant le terrain et l’établissement, sauf sa façade. Ce n’est donc pas seulement un terrain de jeu, mais l’équivalent d’une maison de dressage ou de rééducation sans le nom, et à l’insu des citoyens.

Sans en généraliser la pratique partout au Québec, là où il y a des maisons des jeunes, car il faudrait enquêter pour le savoir, on peut y voir une action concertée visant à parquer les jeunes en un seul endroit sur des territoires municipaux. Des zones fermées et protégées, en quelque sorte, à l’abris de la drogue, de la criminalité en tout genre et censurer tout ce qui n’est pas politiquement et puritainement acceptables dans nos petites villes et villages, qui sont déjà aseptisés à l’os.

Redisons-le : pour les sortir de la rue, où pourtant ils ont le droit de circuler en toute liberté. La police en civil de la Sûreté du Québec, entre autres corps policiers, et ses collabos savent comment s’y prendre pour décourager le citoyen ( enfant, ado et adulte ) circulant dans l’espace public sans autres buts que celui de profiter du beau temps, humer du bon air pur, voir un peu de monde, faire du lèche-vitrine, se balader à vélo, etc. Pour ensuite les confiner aux établissements commerciaux, municipaux, gouvernementaux et paragouvernementaux.

 Dans le cas des ados, il suffit de peu pour qu’un gardien de sécurité les expulse. Surtout ne pas se déplacer en gang : on le sait, les jeunes qui se tiennent ensemble sont tous des criminels, potentiels ou avérés. Ils doivent se comporter comme des adultes, et non comme les enfants et ados qu’ils sont. Tout le monde étant concentré en ces endroits, et non éparpillé dans les rues à faire on ne sait quoi, cela facilite à la police en civil ses opérations de contrôles et nettoyages sociaux, et de rééducation clandestine illégales pouvant aller jusqu’aux déstabilisations psychologiques, aux éjections, et provoquer même des suicides…

À l’été 2004, la coordonnatrice Annie Lapointe quittera Roberval pour des raisons personnelles. Paula Saint-Pierre lui succèdera et déclarera peu après que «(…) la Maison des jeunes de Roberval était malade». (Jean-François Bonneau – L’Étoile du Lac du 17 juillet 2004) Selon elle, des améliorations majeures sont nécessaires, notamment à la cantine. Elle parlera d’ «émotions personnelles après les réunions du personnel. Cela ne peut que faire du bien à tous, et donner une meilleure image à l’organisme.» Selon le journaliste Jean-François Bonneau de l’Étoile du Lac, elle souhaite «redorer l’image de la Maison des jeunes». À ce sujet, elle signalera qu’aucun parent ne siège au sein du conseil d’administration. Il s’est manifestement passé quelque chose.

Notons que, par la suite, un magasin Maxi sera érigé dans le secteur, ce qui obligera l’organisme d’emménager dans un autre local. La municipalité s’occupera désormais de deux de ses activités : skate-parc et basket-ball. Le 19 mars 2005, l’Étoile du lac rapportera que Paula Saint-Pierre a été congédiée et que l’organisme a fermé ses portes pour une période indéfinie, par manque de financement. On espérait combler le trou budgétaire en sollicitant la population. Fin de l’été 2006, on annonçait la construction d’un local destiné à l’organisme. (Suite demain)

News du lundi 17 Novembre 2008

«Voyons voir où en sont les États......dans leur lutte contre les paradis fiscaux»...

Le néo-individualisme consolide la démocratie – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le sociologue Lipovetsky nous fait une description de ce qu’est devenu la socialité, plus explicitement du néo-individualisme, cependant sans faire référence aux forces de l’ordre et du conformisme. (Citoyenneté et urbanité Éditions Esprit Ouvrage collectif, dont Gilles Lipovetsky)

Lorsqu'il s'agit de rencontres de masse, comme dans le cas du métro, elle est vécue comme promiscuité. Dans d'autres cas, on va là où il y a du monde, et la foule devient elle-même événement. Les individus se retrouvent en fonction de leur trajectoire personnelle. La ville n'est plus qu'une agglomération de logements privés où l'on vit à part, prend sa voiture pour aller travailler, partir en week-end. En contrepartie, il semble qu’il n’y ait pas lieu d’être trop pessimiste. Le sociologue y voit en effet de nombreux avantages.

Car la fragmentation sociale ne signifie pas que chacun soit replié sur lui-même, constate-t-il. Des formes de communautés se reconstituent mais sur des principes individualistes. L'essor de l'associatif illustre ce phénomène, avec le désir d'être intégré à des groupes sociaux, sans engagement plein ni contrainte lourde, plus par plaisir que par devoir.

Désormais, l'individu s'absorbe de plus en plus dans son espace privé. L'aspiration au bonheur, à la jouissance privée, génère l'exigence de dépendre moins des autres, d'être davantage maître de soi-même, de décider la conduite de sa propre vie. Lipovetsky dit qu’on voit se développer un individualisme libéral, la tolérance du plus grand nombre en matière de mode de vie, éducation, religion, politique, sexualité, apparence vestimentaire.

Il en résulte, d’après lui, un type d'individualité à tendance flexible. On assiste au déracinement des normes et des comportements traditionnels, à l'effondrement des idéologies révolutionnaires et nationales. Partout, la logique disciplinaire et coercitive tend à disparaître. Il devrait en être ainsi de l'urbain, trop fondé sur les mythes de l'homogénéité, du fonctionnel, de l'hygiénisme, pense Lipovetsky. Nous ne vivons pas seulement le moment de la consolidation de l'ordre démocratique, celui aussi de la réhabilitation de l'économie de marché et de l'entreprise.

Quelques soient les inquiétudes que peut faire naître le néo-individualisme, il a eu le mérite, nous apprend-il, de nous réconcilier avec les institutions et l'économie libérale, de rendre possible le dépassement des frontières nationales, de relever les défis d'une démocratie élargie et d'une responsabilité collective de l'avenir de la planète.

Cette progression se manifeste-t-elle simultanément partout ? L’auteur ne le spécifie pas. Ainsi qu’il en est de toute évolution, on peut penser que certains endroits de l’Occident sont plus avancés alors que d’autres traînent la patte. Par exemple, dans les milieux ruraux et les banlieues où les résidents n’ont pas souvent l’occasion de se colleter au pluralisme.

Alvin Toffler, auteur du best-seller Le Choc du futur, publié en 1970, valide en quelque sorte l’analyse de Lipovetsky (Richard Martineau L’Actualité d’août 1999) : l’individualisme s’est démocratisé. Les gens ne sont plus prisonniers de leur communauté, ils sont ouverts sur le monde, a-t-il confié, à l’été 1999, au journaliste Richard Martineau de L’Actualité et rédacteur en chef de l’hebdo montréalais VOIR. Dans le monde postindustriel, celui de la troisième vague, chaque individu a une personnalité distincte, unique.

Martineau lui a demandé si le nouveau média Internet révolutionnera la vie démocratique. Sa réponse : «Sans aucun doute». Et Toffler d’expliquer notamment qu’au cours des prochaines années notre système politique subira une transformation majeure. Nous sommes un peu comme les citoyens français à la veille de la Révolution. Avant 1789, l’élite se disait investie d’un droit divin, et la hiérarchie sociale était très rigide. Les tenants de la Révolution ont réussi à changer tout cela.

«De la même façon, nous nous acheminons vers un système qui laissera encore plus de place aux citoyens. La structure des gouvernements, le processus électoral, tout va changer. Ce sera le début d’un temps nouveau», prédit-il. (Suite demain)

Sortir les jeunes de la rue, contre leur gré – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) En 2002, le journaliste Alexandre Gauthier de l’Étoile du Lac signait deux articles pour le moins explicites et portant sur les jeunes de la rue. (Alexandre Gauthier l’Étoile du Lac du 17 août 2002) Ainsi, celui du mois d’août : «Vous avez remarqué que les jeunes flânent(sic) de moins en moins à Roberval? Soyez rassurés, vous n’avez pas la berlue! La plupart des ados qui traînaient(resic) autrefois dans les rues à la recherche d’une activité utilisent maintenant les nouvelles installations de loisirs de la Maison des jeunes de Roberval (SOBBS).»

Dans celui de décembre, il rapporte que, devenue indispensable (sic) pour tout territoire se préoccupant du sort de ses jeunes, la pratique du travailleur de rue fait un retour à Roberval tout en s’implantant à St-Félicien. (Alexandre Gauthier l’Étoile du Lac du 7 décembre 2002) «Cette heureuse (resic) initiative, on la doit à un organisme appelé, avec justesse, Association ProXimité Jeunesse de la MRC du Domaine-du-Roy», précise-t-il. (NDLR : Un lien avec la police de proximité ?)

Financer par différents partenaires, dont le Fonds Jeunesse Québec, deux travailleuses de rue, Nadia Larouche et Claudia Bélanger, ont été engagées ainsi qu’une coordonnatrice, Sandra Vachon. De fait, les travailleuses de rue étaient déjà à l’œuvre aux deux principaux pôles de la MRC depuis le mois de septembre précédent, avec leur sac à dos de couleur violet.

Selon celles-ci, les téléavertisseurs commençaient à sonner régulièrement. (NDLR : D’où venaient ces appels, pensez-vous ? De patrouilleurs de la police en civil ou de ses collabos ayant repéré, dans l’espace public, un ou quelques ados.) «L’adaptation est un peu plus difficile pour les jeunes Félicinois (de la Ville de St-Félicien) qui n’avaient jamais vu de travailleur de rue auparavant. (…) Il y a eu du défrichage (NDLR : Émondage ?) à effectuer», racontait Bélanger.

De son côté, la coordonnatrice Vachon révélait que l’organisme cherchait à développer un réseau d’aidants naturels dans les municipalités rurales de la Municipalité régionale de comté du Domaire-du-Roy (MRC). Déjà, à Ste-Hedwidge, un comité de parents avait été formé et se réunissait mensuellement pour faire le point et trouver des pistes d’intervention. Une «formule prometteuse», d’après elle, que l’on tentait de reproduire dans les autres municipalités. Le cas de Lac Bouchette était le plus avancé où le réseau devait être fonctionnel après les fêtes, estimait-elle.

Le 14 février 2004, L’Étoile du Lac nous apprendra la fin de ce travail de rue, les subventions n’ayant pas été totalement renouvelées. Ces travailleuses ne sont de fait qu’une façade derrière laquelle les civils et leurs collabos se dissimulent pour porter atteinte aux droits de ces jeunes.

On le voit, c’est sérieux ! Vraiment trop de jeunes dans ces rues… désertes. Ici, nous avons la confirmation que ceux-ci ont été “invités” à quitter la rue, pourtant espace public où ils ont, à l’instar des autres citoyens, le droit de circuler «librement» partout au Canada. Cette liberté est du reste inscrite noir sur blanc dans la Charte canadienne des droits et libertés.

Soulignons que sortir les jeunes de la rue, contre leur gré, pour limiter leurs déplacements en les confinant dans les maisons des jeunes, entre autres, n’est pas une bonne idée. Car ils ont besoin des contacts de la rue pour explorer et découvrir la société telle qu’elle est, et se socialiser comme ils l’entendent, pas nécessairement comme on le veut, et à leur rythme.

Cependant, il faut reconnaître que les responsables de la Maison des jeunes et la Ville de Roberval ont fourni de gros efforts, pendant deux années consécutives, afin d’offrir aux jeunes un terrain où pratiquer à volonté planche à roulettes et basket-ball. Infrastructures érigées avec les moyens du bord et de l’argent glané à droite et à gauche, en tout 45 000$.

Le conseil municipal, pour revenir au journaliste de l’Étoile du Lac, a notamment installé une clôture ainsi que «des lampadaires qui éclairent le site en soirée, facilitant la surveillance (sic) des responsables sur place jusqu’à 23h». (Alexandre Gauthier l’Étoile du Lac du 17 août 2002 ) «Ça vous tente de les essayer ? lance-t-il aux jeunes lecteurs de l’hebdo. Sachez qu’il est possible de le faire du lundi au vendredi jusqu’à 23h. Trois responsables se chargent de la surveillance (resic).»

Le tout imposé illégalement et clandestinement par el comandante Michel Boudreault de la Sûreté du Québec, responsable du territoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean, et avec la bénédiction de ses supérieurs. Vital de le souligner parce que, et encore je ne parle que cette région, toutes les atteintes aux droits et libertés viennent de lui. Il est temps d'identifier clairement ces fonctionnaires embauchés pour faire respecter la loi, mais ne la respectant pas eux-mêmes. (Suite demain)

News du dimanche 16 Novembre 2008

Faut savoir frapper à la bonne porteCaricature de Nono

L'Islam, une religion totalitaireVous en doutez? Visionnez la vidéo (03:25) du discours rageur de l'imam Abu Ozadeen : que les mécréants aillent en enfer... (plus bas dans la page s'affichant, pas l'enfer, la vidéo) L'événement se déroule à Londres. À la fin, la police intervient.

Canada : congrès conservateur anti-démocratiqueLes 2000 délégués du parti conservateur du premier ministre Stephen Harper tiennent leur deuxième congrès. Comme par hasard, ils se réunissent 1 mois après les élections générales. Cela aurait dû être fait avant celles-ci, pas après. Car les délégués ajoutent en quelque sorte des éléments au programme électoral d'Harper.

RCI rapporte en effet que les délégués ont voté majoritairement samedi, en faveur d'une résolution pour inciter le gouvernement canadien à prévoir des peines additionnelles lorsque l'agression d'une femme enceinte entraîne la mort ou des blessures à l'enfant à naître. C'est une résolution qui reprend essentiellement les éléments d'un projet de loi très controversé, qui avait été mis de côté, quelques jours avant le déclenchement de la campagne électorale.

Parmi les autres propositions adoptées, signale RCI, il y en a une qui suggère d'octroyer le statut de contrevenant dangereux et de condamner à la prison à vie tout individu reconnu coupable d'une troisième infraction violente grave, d'une infraction liée au crime organisé, d'un acte de terrorisme ou d'une infraction grave liée au trafic de drogue.

PS : C'est une atteinte à la démocratie. Dégueulasse!

Tailler les citoyens comme des arbustes décoratifs – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Cependant, c’est en amont que bouillonne et tourbillonne la fureur urbaine, à l’intérieur même de la citadelle du crime et de la sexualité chauffée à blanc. C’est donc là qu’ils doivent intervenir, s’ils veulent éviter que tous les maux dont elle est infectée ne contaminent leur espace vital.

Comment? En imposant ordre et conformisme bourgeois eu sein même de la Cité. Tailler les citadins comme ils taillent leur haie de cèdres ou leurs arbustes décoratifs, faire en sorte qu’aucune feuille ou brindille ne se distinguent des autres. Ou comme le décrit Jacobs : trier soigneusement tous ces urbains qu’il est impossible de distinguer les uns des autres tellement ils sont nombreux, et ensuite les caser à droite et à gauche, le plus gentiment et calmement possible, comme dans une ferme avicole. Ajoutons à ses propos : et ceux n’ayant rien à foutre dans les rues devraient rester sagement à la maison ou dans leur cour.

Dit plus explicitement, cela consiste à agir loin des trompettes médiatiques, derrière les portes capitonnées de cuir de l’ex-Communauté urbaine de Montréal (CUM), là où siégeaient tous les maires de la banlieue de l’île de Montréal. L’ordre morale servait de catalyseur et la police en civil, de gardienne de l’orthodoxie bourgeoise.

Ces gens, bien sûr, aspiraient à plus de police et de gardiens de sécurité, plus de répression et d’exclusions. Quelques dirigeants de banlieues en portaient l’étendard, sans l’afficher ouvertement. Tous les maires y adhéraient, dont certains, sinon plusieurs, peut-on présumer, sans trop savoir ce que se cachait derrière tout ça. Depuis la fusion de ces banlieues à la Ville de Montréal, au début de 2002, des banlieusards siègent désormais au sein de cette nouvelle ville et disposent désormais d’un plus grand pouvoir d’intervention qu’avant.

Illustrons tout ce contexte d’une anecdote. Au début des années 1980, j’ai travaillé deux ans dans l’Ouest canadien pour le Téléjournal de Radio-Canada. Quelques membres de la bourgeoisie francophone de petites villes et villages des provinces du Manitoba et de la Saskatchewan me parlaient avec mépris de Calgary, certains d’eux la comparaient même à «Sodome et Gomorrhe».

C’était l’époque du boom pétrolier. Les Arabes avaient haussé le prix de leur pétrole à des sommets jamais vus. Des hommes d’affaires de l’Ouest canadien avaient réagi en exploitant les sables bitumineux du nord de la province d'Alberta et des gisements pétrolifères de la Mer de Beaufort. L’argent coulait à flot et, en caricaturant, on pourrait dire que les gratte-ciel poussaient comme de la mauvaise herbe, de même que le taux de divorce du reste.

Alors, des francophones catholiques pratiquant craignaient que ce virus, avec son cortège de loisirs sexuels, vienne contaminer les familles. Pour s’en protéger, ils avaient monté en épingle une désapprobation sociale à l’encontre de Galgary comme on élève un mur pour endiguer des eaux envahissantes et polluées. Ils la méprisaient comme un évangéliste a horreur du péché.

Mais dans cette Cité, même en ces temps de forte croissance économique, vie sociale et vie nocturne n’y émergeaient pas pour autant, étouffées qu’elles étaient depuis toujours par le puritanisme et le conformisme des trois provinces des Prairies : Manitoba, Saskatchewan et Alberta. D’ailleurs, cette austérité des moeurs se prolonge dans les prairies américaines, à moins que ce ne soit l’inverse.

Ce n’est pas pour rien que les petites communautés francophones y éprouvent des difficultés à conserver leurs citoyens les plus dynamiques. On peut dire de même des anglophones, car les Prairies sont peu peuplées. La vie attire la vie, l’ennui la fait fuir.

Ainsi en est-il des milieux ruraux québécois où la police en civil et ses collabos gèlent tout, instaurent la non-vie, au nom de la prévention, le maître mot panzer : couper des arbres pour éviter les feux de forêt et en émonder d’autres. Ce qui a eu pour effet de réduire considérablement la communication entre espace privé-espace public, et faire fuir bien des citoyens. (Suite demain)

Infiltration de la SQ dans des maisons des jeunes – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Au Saguenay-Lac-St-Jean, la Sûreté du Québec (SQ) subventionne certaines activités, plus particulièrement celles destinées aux jeunes. En août 2002, elle a ainsi remis «un beau» chèque de 1 500$ à la Maison des jeunes de Chambord. (l’Étoile du Lac du 10 août 2002)

Photo à l’appui où figurent, de gauche à droite, le commandant du district Saguenay-Lac-St-Jean de la Sûreté du Québec, el comandante Michel Boudreault, le conseiller municipal Gérard Savard, la responsable de la Maison des jeunes L’Entre-Parenthèse, Lili Gagnon, la chargée de projets, Josée Fortin, et… le dg de la Sûreté du Québec, Florent Gagné. Aux yeux de la police provinciale, les Maisons des jeunes jouent un rôle important. Regardons ça.

En mai 1997, le dg de la Sûreté du Québec, poste occupé alors par le citoyen Guy Coulombe, signait un document préliminaire intitulé Orientations et plan d’action de la Sûreté du Québec. (Commission Poitras, CD no. 2, Divulg 210PDF, La police de proximité dans les MRC sur la voie du succès, document no. 1, page 138) On y traitait du concept de la police de proximité, notamment.

On peut y lire que grâce à leur intégration dans la communauté, les policiers sont en mesure de travailler plus efficacement en partenariat avec les élus, les citoyens, les services municipaux, les organismes communautaires et les organisations scolaires dans la résolution des problèmes de sécurité publique locale. Ainsi, de ces échanges découlent des bénéfices communs.

Par exemple, «des activités telles que la présence policière quotidienne (sic) dans une école secondaire, une invitation aux policiers de rencontrer des jeunes de la Maison des Jeunes (resic), une conférence sur la prévention en sécurité nautique ou plus de présence et de prévention dans les rues de la municipalité permettent donc un rapprochement qui facilite d’une part, le travail des policiers qui peuvent, par la suite, orienter leurs actions en fonction des vrais problèmes et d’autre part, qui favorise l’échange avec la communauté qui a alors le sentiment d’être intégrée dans le processus de résolution de problèmes

Au Québec, en 2000-2001, on dénombrait 304 de ces maisons des jeunes : plusieurs possèdent un site Web, suffit d’utiliser les mots clés Maison des jeunes pour y avoir accès. (Jean-François Bonneau l’Étoile du Lac 1e mars 2003) Au Lac St-Jean, on en trouve à peu près partout : 14 sont inscrites dans l’annuaire téléphonique de Bell. Un peu moins, semble-t-il, dans l’autre partie de la région, le Saguenay. Probablement parce que les infrastructures récréatives et sportives y sont plus nombreuses qu’en milieu rural. Portant toutes le même nom : maison des jeunes… généralement suivi du nom de la municipalité.

Un document intitulé Les maisons des Jeunes au Québec, états de développement et perspectives de soutien et de financement, donne une idée de la “mission” de ceux les dirigeant (Jean-François Bonneau l’Étoile du Lac du 1e mars 2003) : « Investir auprès des jeunes permet de faire réaliser à la société des économies au regard des frais engendrés par les recours aux services curatifs, le décrochage scolaire et/ou social, l’inaptitude au travail, le non-respect des différences chez les pairs, le sexisme qui mène à la violence conjugale et les mauvaises habitudes de consommation», y lit-on.

Ces organismes sans but lucratif sont subventionnés en partie par le gouvernement du Québec, dans le cadre de son Programme de soutien aux organismes communautaires. Ainsi, en 2000-2001, elles avaient reçu, en moyenne, une somme de 53 486$. Cependant, au Saguenay-Lac-St-Jean, la subvention avait été moins élevée. Les dirigeants de celle de Roberval – connu aussi sous le nom de la Maison SOBBS, acronyme de skate, ordinateur, basket, billard et social –, qui n’avaient eu droit qu’à 40 000$, s’en plaignaient, estimaient qu’elle nécessitait un soutien minimal de 85 000$.

Suivant les propos d’Annie Lapointe, sa coordonnatrice, «ces maisons contribuent à prévenir les maux de société». Le temps passé à trouver des solutions aux problèmes générés par le sous financement est une embûche à «l’expérimentation d’activités de stimulation, de séances d’information jeunesse ou de développement de projets à long terme». Elle en concluait donc que «le financement précaire a des impacts plus graves que les gens auraient tendance à croire à première vue».

En outre, le ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard, semblait également disposer d’un budget à cette fin, apparemment fruits du partage de l’argent et des biens saisis dans les milieux criminalisés. Ainsi, au mois d’octobre 2001, la Maison des jeunes de Roberval recevait de sa part 10 000$. (Alexandre Gauthier l’Étoile du Lac du 7 octobre 2001)

La subvention devait servir au lancement d’un projet appelé Le taxage, un crime grave. Afin d’en informer les jeunes, assurément, mais aussi d’effectuer un sondage auprès d’eux pour en évaluer l’ampleur. Notons qu’ici, à l’image du maître mot panzer, la prévention, on ne semble pas sûr que le problème existe ou pas. Sondage réalisé, en outre, par ceux-là mêmes propageant le discours de la peur.

Dans le bas de vignette d’une photo de l’Étoile du Lac, on indique qu’à l’été 2001, des représentants de cette Maison des jeunes avaient sensibilisé la population aux dangers de la cigarette. Ils avaient conçu à cet effet un kiosque appelé La Cig-Arrête, en collaboration avec la Gang Allumée. Le kiosque avait été ensuite installé pendant la saison estivale au Carrefour Jeannois, le centre commercial de Roberval. Une campagne antitabac menée par des jeunes, mais… sous l’impulsion, peut-on penser, des animateurs…

On le voit, le danger, notamment, ne vient pas seulement des motards, de la drogue, des pédophiles, du taxage, car la cigarette aussi nous menace. (Suite demain)

News du samedi 15 Novembre 2008

Une société est libre lorsqu'on ne lui cache rienC'est ce qui nous différencie d'une dictature ou d'un système totalitaire. D'où l'importance, dans un pays démocratique, que toutes les décisions (municipales, régionales, provinciales et nationales) soient prises publiquement, sans exception.

Ainsi, les citoyens doivent savoir quels élus sont à l'origine de la répression souterraine et illégale dont la population est la cible. Capital, ce savoir, car il permet à ces citoyens de se défaire d'eux lors des élections suivantes, de les remplacer par d'autres respectant les droits et libertés. Lorsque les décisions sont prises en cachette, derrière des portes closes, la démocratie est court-circuitée sans que les citoyens ne le sachent.

Un cas probant... Lors de mon enquête dans le petit village policier de Lac Bouchette, au Québec, j'ai constaté que deux conseillers municipaux participaient activement à la répression clandestines illégales de la Sûreté du Québec. Ne le sachant pas, comment les citoyens pouvaient-ils, en propageant l'info et votant contre eux, se débarrasser de ces deux élus?

Constaté aussi, lors d'une élection municipale dans ce village, que l'un des candidat, qui se présentait pour la première fois, était un flic en civil de la Sûreté du Québec (SQ). Heureusement, il n'avait pas été élu. Il travaillait au Centre Vacances Nature du village. Question : un corps policier, entre autres la SQ, a-t-il le droit de présenter lors d'une élection des candidats déguisés en citoyens?

Autre point : la séparation des pouvoirs n'est pas respectée. Ainsi que l'illustre la promiscuité policiers-conseillers municipaux, la pseudo police communautaire (ou de quartier ou de proximité, etc.) enfonce les barrières séparant les pouvoirs. Je réfère le lecteur à l'extrait d'aujourd'hui du tome 2 de L'Étau Policier (voir plus bas) et portant, entre autres, sur la subdivision du territoire de la ville de Roberval en îlots de surveillance.

Les intolérants sont des inadaptés sociaux (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Umberto Eco, philosophe et romancier, définit en quelques mots ce qu’est l’intolérance, parce que c’est de cela dont on parle finalement : «On n’aime pas ceux qui sont différents de nous, parce qu’ils ont une couleur différente de peau, parce qu’ils parlent une langue que nous ne comprenons pas, parce qu’ils mangent des grenouilles, des chiens, des singes, du porc, de l’ail, parce qu’ils se font tatouer...» (L’intolérance Éditions Grasset Ouvrage collectif d’écrivains, de philosophes, d’Historiens et de journalistes qui participaient au Forum international sur l’Intolérance en mars 1997, à La Sorbonne : Weisel, Ricoeur, de Romilly, Eco, Le Goff, Soyinka, Semprun, etc.).

Allons plus loin que Eco, disons franchement que les intolérants sont de fait des inadaptés sociaux. Le pire, c’est qu’ils utilisent tous les moyens pour imposer à la population leur vision pathologique de la vie.

Comme leur petite ville, ou village, se développe, des banlieusards croisent de plus en plus d’oiseaux de tous chants et couleurs. Dans quelques unes de leurs rues le trafic est plus dense, de nouveaux établissements commerciaux surgissent de temps à autre, la construction domiciliaire bulldoze le sol, éventre des rues pour la tuyauterie, transporte des matériaux, cogne du marteau.

Des résidents se retrouvent avec de nouveaux voisins qui ont un peu de blé mais pas leur culture. Des étrangers élevant parfois trois ou quatre enfants bien vivants et un chien bâtard qui vient parfois faire sa crotte sur leur beau gazon. Cependant, il y a bien plus pénible : ces nouveaux voisins leur sourient, les saluent. Y a-t-il plus souffrant que de répondre à la convivialité d’un voisin n’appartenant pas à sa classe?

La présence de plus en plus rapprochée de la grande Cité les inquiète aussi. Cette vitalité urbaine est décidément trop exubérante pour ceux qui avaient délibérément choisi la presque campagne. Leur choix de vie et habitat sont menacés par cette masse grouillante de vie, indisciplinée et capable des pires horreurs. Comment échapper à cet environnement oppressant ? Que faire pour sauver ce à quoi ils tiennent mordicus ?

Alors que certains plient bagages devant l’ampleur de la menace appréhendée, d’autres s’y refusent, décident d’endiguer, de civiliser ces barbares de la vie moderne.

En aval, les citadins venant s’installer dans leur patelin sont graduellement mis au pas, c’est-à-dire normalisés, formalisés, moulés, tant par l’urbanisme aseptisé que la réglementation municipale. L’ordre morale veille et procède, clandestinement, à la rééducation des rebelles lorsque nécessaire. (Suite demain)

Roberval : un flic de la SQ élu conseiller municipal – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) On l’a dit, chaque secteur est doté d’un «parrain», secondé d’un conseiller municipal. Zoomons sur le secteur six. L’aspect intéressant ici, c’est que le «parrain» affecté à cet îlot est aidé dans sa tâche par le conseiller municipal Gilles Veilleux. Qui est-il ?

Le journaliste Gauthier le dit dans un de ses articles : «L’homme politique connaît bien les rouages de la police car il a fait carrière dans ce domaine.» Au cours de la campagne électorale de novembre 2000, il l’avait présenté aux lecteurs de l’hebdo, ainsi qu’il avait procédé du reste avec tous les autres candidats. (Alexandre Gauthier l’Étoile du Lac du 5 novembre 2000)

«Gilles Veilleux n’aura pas la chance de profiter de sa retraite s’il est élu au siège numéro 2 dimanche, écrivait-il. Ce policier de 51 ans quittera la Sûreté du Québec (SQ), après 31 années de service. C’est à la suite de l’annonce de sa retraite que des gens lui ont suggéré de se lancer en politique municipale. C’est finalement l’offre de Denis Lebel, candidat à la mairie, qui lui a donné le goût de faire le grand saut. (NDLR : …Il est connu que plusieurs retraités policiers travaillent comme surnuméraires pour la police…)

Traitant de son programme électoral, le journaliste rapportait que «Gilles Veilleux demeure prudent dans le dossier des fusions (municipales). (…) Cependant, au sujet des corps policiers, il croit qu’un regroupement est inévitable». Le candidat Veilleux, qui ne pouvait s’aventurer d’afficher la solution qu’il préférait, précisait néanmoins que Fédération des policiers municipaux du Québec et Sûreté du Québec avaient soumis des projets de regroupements pour la région : « Les deux alternatives sont très près l’une de l’autre. (…) Le ministère tranchera».

Veilleux souhaite travailler à la sécurité de la population, continuait le journaliste, autant celle des personnes âgées que des jeunes. Il est interpellé par les problèmes que vivent les jeunes, veut y faire diminuer le commerce de la drogue : «À Roberval comme ailleurs, soutient le candidat, nous subissons la présence des motards criminalisés. Il faut être vigilant».

Le soir des élections de novembre 2000, les candidats de l’équipe de Denis Lebel raflent tous les postes de conseillers et Lebel, homme à la barbe noire, déluré et franchement sympathique, devient maire de Roberval : il avait occupé les années précédentes le poste de directeur général de l’Ermitage St-Antoine, à Lac Bouchette.

À la première réunion du conseil municipal, le nouveau maire distribue les dossiers dont chacun aura la responsabilité. Veilleux devient responsable de ceux de l’urbanisme et de la mise en valeur du territoire. (Alexandre Gauthier l’Étoile du Lac du 19 novembre 2000) Et, au début de 2002, quand Roberval sabordera son corps policier municipal pour céder la place à la Sûreté du Québec, Veilleux deviendra le conseiller municipal ressource du «parrain» du secteur six. (Suite demain)

PS : Dans ce cas-ci, la séparation des pouvoirs entre le législateur (les membres du conseil municipal) et la police n'existe pas. La promiscuité entre ces deux pouvoirs est une menace à la démocratie. Elle génère des conflits d'intérêts.

News du vendredi 14 Novembre 2008

Taxi solaire 1 euro pour parcourir 100km. Je vous laisse découvrir le reste. D'abord la vidéo (01:58), ensuite le texte d'info, juste à côté.

France : un squatte raté Des citoyens croyaient faussement que les locaux abandonnés appartenaient à l'État, ils ont dû les évacuer. Sont redevenus des sans toit.

Pourtant, dans les villes de 100 000 habitants et plus on dénombre, au pif, des centaines de bâtiments inoccupés depuis des années. Qu'est-ce qui empêche donc les dirigeants de ces villes d'en utiliser certains à des fins d'hébergement temporaire? L'absence de conscience sociale?

Pour revenir au squatte raté, des entrevues (04:12) effectuées sur les lieux donnent un aperçu des situations difficiles que vivent ceux qui en ont été évincés.

Débranchez Big Brother – J'ajoute le nom de Big Sister, car les citoyens ont l'impression qu'il n'y a que des hommes chez les civils, ceux ne portant pas l'uniforme policier. Erreur colossale : y'a autant de femmes que d'hommes, sinon plus. Comment expliquer ça? La réponse est dans la première phrase : les citoyens ont l'impression qu'il n'y a que des hommes... Donc, la femme n'est jamais soupçonnée d'en être une, civile.

J'aime bien cette vidéo que vous allez voir. 03:16 d'images et de musique sensas et spectaculaires... Prenez la décision d'agir contre la pensée unique : débranchez Big Brother, encouragez vos connaissances à en faire autant. La télé formate, le Net plus ultra libère.

Des barrières à la promiscuité, aux contacts sociaux – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Il est un fait que la banlieue – ainsi que la petite ville et le village en milieu rural – est l’antithèse de la grande Cité. Elle a toujours vécu repliée sur elle-même et son rythme est tout autre. Elle est bucolique et homogène alors que la vraie grande Cité est devrait être... hétérogène, hétérodoxe, païenne, bigarrée, puritainement incorrect, anticonformiste, etc. C’est ce qui fait d’ailleurs tout son charme.

Jacobs dit de la banlieue qu’elle est constituée d’herbe et d’air pur et de pas grand-chose d’autre. (Jane Jacobs Déclin et survie des grandes villes américaines Éditions Mardaga) On y vénère effectivement les espaces verts et fleuris : du gazon, beaucoup de gazon, parfois une haie, un ou deux arbustes, une rocaille. Des espaces inanimés parce que inhabités, spécifie Jacobs. De toute façon, ils n’ont pas été mis là pour socialiser les banlieusards, la densité résidentielle ne le permettant pas. Ce sont plutôt des barrières à la promiscuité, aux contacts sociaux. On n’y trouve pas de vie sociale au sens urbain du mot.

Entre voisins, on se salue bien de la main à l’occasion, parfois on cause quelques minutes par dessus la clôture ou la haie de cèdres, rarement plus. Quand le banlieusard sort de chez lui, s’il ne monte pas dans son auto pour se rendre à son travail, faire du shopping dans de vastes centres commerciaux de la périphérie ou s’adonner à ses loisirs préférés, c’est pour s’activer autour de la maison.

Généralement obsédé par la propreté, il tond et arrose copieusement d’eau filtrée son gazon, et parfois d’un produit chimique pour qu’il soit aussi vert que celui de ses voisins. Taille ses arbustes de façon à ce que rien ne dépasse. Se fait bronzer près de sa piscine et, le soir venu, s’occupe de la cuisson de ses steaks sur charbon de bois, etc. La vie s’y déroule au ralentie, comme à la campagne. Rien à voir avec la vie urbaine.

Seulement voilà qu’à certains endroits, la menace gronde sans discontinuer à l’horizon. La zone tampon qui, il y a peu encore, protégeait la banlieue de la fureur urbaine, a disparu. Les quarante ans et plus racontent qu’il y a 15 ou 20 ans, tel secteur là-bas et tel autre situés plus loin, à la ceinture de la banlieue, aujourd’hui densément peuplés de citadins, étaient parsemés de terres agricoles et de bocages. Des banlieues ont été également englouties par l’ogresse, d’autres, dangereusement encerclées, sont menacées du même sort.

Ces banlieusards réalisent depuis longtemps que leur environnement n’est plus ce qu’il était. Aujourd’hui, il est de plus en plus envahie de citadins différents d’eux sur les plans culturel et économique. Ils n’apprécient pas du tout cette présence.

Habituellement de la classe moyenne, ils redoutent les contacts avec ceux appartenant à une classe sociale inférieure à la leur. Jacobs dit qu’ils ont développé un peu une mentalité d’assiégés, sans doute motivée, avance-t-elle, par le sentiment d’insécurité ou la xénophobie. En banlieue, relate-t-elle, on dit que les humains sont charmants en petit nombre et odieux quand ils sont trop nombreux.

Car pour l’authentique banlieusard, la grande ville est sale, la densification de la population indésirable. Pour lui, la foule est par définition menaçante. Jacobs apporte un point de vue intéressant. Elle dit que dans une grande ville, il est normal d’être tolérant et d’accepter qu’il y ait de grandes différences entre ses voisins et soi-même. Ce comportement est tout à fait inconnu dans les banlieues ou les quasi-banlieues, car leurs habitants n’ont pas l’habitude de côtoyer quotidiennement la diversité de la grande ville.

Alors, ils sont remplis de suspicion et de préjugés à l’encontre du citadin, qu’ils considèrent comme un étranger potentiellement dangereux, se sentent agressés, entretiennent des peurs irraisonnées. Peur des Noirs, des Asiatiques, des Arabes, de l’exubérance des ados, des chômeurs et des bs, des mendiants, des itinérants, des handicapés mentaux, du sexe et de la sensualité, des homos, de la famille monoparentale, etc. Il y a aussi les édifices en béton, qui dégagent une certaine agressivité, écrasent.

Jacquier écrit qu’aux États-Unis, le comportement de la majorité des banlieusards est sensiblement différent de celui des citadins (Claude Jacquier Les quartiers américains, rêve et cauchemar Éditions L’Harmattan) : ils sont notamment extrêmement sensibles aux problèmes de criminalité de toutes sortes et favorables à la peine de mort. (Suite demain)

Tout le monde à la fenêtre, nul n'est en sécurité – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Dans ses articles, le journaliste Gauthier énumérait quelques uns des programmes de prévention de la Sûreté du Québec. Des intervenants de rue aux directions d’écoles, en passant par les parents, ils s’adressent à une vaste clientèle, indique-t-il. (NDLR : Ne vous bousculez pas, il y en a pour tout le monde.)

Pour les élèves de l’école primaire, le programme Je réfléchis avant d’agir. On y aborde la sécurité routière, «la méfiance envers les inconnus» ainsi que la sécurité lors d’événements comme l’Halloween. Pour les ados du secondaire, Cool pour vrai. «Bien entendu, les thèmes ne sont pas les mêmes chez les ados qui sont confrontés à des crimes… disons un peu plus sérieux», explicite le journaliste. Alors, on y traite de la violence sous toutes ses formes ainsi que les différents genres de méfaits : taxage, alcool, drogue et même la navigation en toute sécurité sur l’Internet.

Les aînés, constituant aujourd’hui plus de 10% de la population, ne sont pas oubliés par la Sûreté du Québec, signale-t-il. Le but du programme Vieillir en liberté et en toute sécurité vise à prévenir les crimes, les situations à risques et accroître le sentiment de sécurité des aînés qui n’échappent pas au phénomène de violence et d’abus : mauvais traitements, crimes, blessures diverses dont des chutes, consommation de médicaments, etc.

(NDLR : Nous avons ici un exemple de l’intrusion de la Sûreté du Québec dans certaines activités préventives ne la concernant pas, et qui devraient relever d’un médecin traitant et d’employés de CLSC. En outre, plusieurs enquêtes démontrent que les personnes âgées sont les moins susceptibles d’être victimes d’actes criminels, et que le sentiment d’insécurité est attribuable à bien d’autres facteurs que la criminalité, dont la police qui fait peur aux citoyens avec sa prévention, le maître mot panzer.)

De tous les programmes de ce corps policier décrit par le journaliste, Bon voisin Bon œil est sans aucun doute le plus envahissant pour le citoyen. Non seulement des voisins sauront qui entrent chez lui et en sort mais certains d’eux lui rendront visite pour savoir ce qu’il mijote dans ses chaudrons, et communiqueront ensuite ces renseignements à la Sûreté du Québec.

Dans son article, l’amorce du journalistique Gauthier prend la forme de questions. «Les vols par effraction touchent votre quartier? Vous en avez assez? Vous souhaitez faire quelque chose pour y mettre fin? (Ce) programme communautaire est fait pour vous. En (collaborant) avec votre service de police, vous deviendrez ainsi directement responsable de l’amélioration de votre qualité de vie et (de votre) sentiment de sécurité ainsi que celui de vos voisins. (…) le programme démontrera l’importance de l’entraide et de la surveillance mutuelle des résidences avoisinantes. En plus de briser l’isolement de certains résidants (sic), (ce programme) sensibilise les citoyens face à l’importance de signaler, avec précision, tout individu ou situation suspecte aux forces de l’ordre.»

Tout le monde à la fenêtre, quoi. Nul n’est en sécurité, même à son domicile. De fait, il s'agit carrément d'intimidation. (Suite demain)

News du jeudi 13 Novembre 2008

Voir le dessous......sans se pencher.

Les Yes Men : le canular de l'annéeIls ont publié hier un faux New Work Times et distribué gratuitement dans la rue. En page une : «La guerre en Irak est finie», «Bush inculpé de haute trahison». Lisez la suite dans Le Figaro.

Copie de la page une du faux New Work Times
Deux vidéos
sur les réactions de lecteur
Yes Men? Voyez les à l'oeuvre : tordant!
Vidéo tournée à Paris (08:42)
Vidéos
d'autres de leurs coups pendables

Une urbanisation élitiste déclinée en sous-types – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) D’après Jacquier, ce sont les banlieues qui, depuis de nombreuses années, bénéficient des gains de population américaine vivant au détriment des centres-villes. (Claude Jacquier Les quartiers américains, rêve et cauchemar Éditions L’Harmattan) Elles sont la terre d’élection des populations les plus riches et de la classe moyenne alors que les centres-villes sont les territoires de «l’assignation à résidence (sic) des populations à faibles ressources et des minorités ethniques».

En 1986, 144 centres-villes américains pouvaient être considérés comme étant en crise. Jacquier parle d’une trentaine de millions d’habitants, dont plus de 70% vivent dans des quartiers en très sérieuse difficulté.

La ville américaine a été conçue sur le principe de la ségrégation sociale avec une réglementation urbaine prévue pour protéger les valeurs foncières et immobilières de certaines zones contre les risques de dévalorisation qu’entraînerait l’arrivée de communautés «indésirables». Par exemple, en interdisant la construction de logements… collectifs, de HLM. (NDLR : On l’a vu, des villes du Québec n’ont pas construit de HLM.)

Cette conception élitiste de l’urbanisation a ensuite été déclinée en sous-types urbains qui, de proche en proche, analyse Jacquier, ont généré une ségrégation de l’espace et son appropriation sélective par certaines communautés. Généré aussi l’étalement urbain et son corollaire : densité trop faible pour le transport urbain en commun, moyen de transport des pauvres.

Un sondage SOM publié en juin 2000, dans le cadre d’une série d’articles du journaliste André Pratte de La Presse, révèle qu’au Québec la très grande majorité des francophones vivent dans des villes de dimension moyenne et de petites villes de régions semi rurales ou de banlieue. SOM démontre aussi que des citoyens optent pour la banlieue d’abord pour la tranquillité, la sécurité et par individualisme, taxes et prix des maisons venant en dernier lieux.

La journaliste Lysianne Gagnon du même quotidien reconnaît qu’il s’agit là de valeurs parfaitement légitimes, mais assurément conservatrices, et qui s’intensifient à la seconde génération. (Lysianne Gagnon La Presse du 20 juin 2000)

Suivant son propos, il est d’ailleurs significatif que les banlieusards qui vivent en dehors de l’île de Montréal veuillent encore plus de tranquillité, encore plus de sécurité et encore plus d’espace, la moitié d’entre eux (contre 26% des Montréalais) aspirant à vivre à la campagne. «On voit d’ici les conséquences politiques à long terme, écrit-elle. Cet électorat sera naturellement enclin à vouloir réprimer la criminalité plus sévèrement, à se méfier des étrangers et des fauteurs de trouble (…).» (Suite demain)

Roberval : des civils chauffeurs de taxi – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Il y a le secteur trois qui, bien que fortement résidentiel, comprend quelques institutions telles que le Centre résidentiel communautaire et l’Hôtel-Dieu (l’hôpital). Le journaliste Gauthier écrit «que le taux de criminalité y a grimpé légèrement au fil des années, surtout depuis que l’établissement hospitalier a été transformé en vaste chantier.»

Le secteur quatre est aussi un endroit où «l’achalandage est fort important, ce qui a un impact sur la couverture policière»: Cité étudiante, Institut La Chesnaie, Centre sportif Benoît-Lévesque, bar Panasso ainsi que quelques commerces.

Le secteur cinq «grouille jour et nuit (sic) car on y trouve le Palais de Justice (NDLR : Fermé le soir et la nuit), le siège social de la Commission scolaire du Pays-des-Bleuets (NDLR : Plus souvent qu’autrement fermée le soir), une école primaire (NDLR : idem), une bibliothèque (NDLR : Ouverte le soir, pas la nuit), des institutions financières (NDLR : fermées le soir, sauf le vendredi, et la nuit) et des bars (NDLR : Un bar et un resto ouverts jusqu’à 3 heures du matin)».

Enfin, il y a le secteur six, «(…) reconnu pour être très achalandé en raison, notamment, de la présence du Carrefour Jeannois et de la résidence pour personnes âgées l’Émeraude».

À lire ces articles, on reste avec l’impression que l’activité y est intense, mais ce n’est absolument pas le cas. Les rues sont désertées par les piétons et les cyclistes, au point où s’y déplacer à pied est quelque peu suspect. Au cours de votre itinéraire, dépendant de la distance parcourue, vous ferez ponctuellement l’objet de contrôles visuels de civils, hommes et femmes, au volant de différents véhicules banalisés.

Parcourir un long trajet à pied, ainsi marcher le boulevard St-Joseph de bout en bout, une affaire de pas loin d’un kilomètre, vous assure de croiser, par hasard, quelques faux piétons.

Si vous êtes un ado, la surveillance policière sera encore plus serrée. Comme à Lac Bouchette, là aussi on procède à l’éjection de citoyens de l’espace public n’ayant aucune raison de s’y trouver. Ça semble être maintenant la norme partout au Québec.

Les citoyens se déplacent surtout en véhicules. Si vous appelez un taxi, possible que vous tombiez sur un chauffeur qui essaiera de vous tirer les vers du nez. Là vous saurez que le gars au volant est un civil.

La grande majorité des véhicules privés et commerciaux circulent sur le boulevard Marcotte, un segment de la route régionale 169, sorte de voie rapide permettant d’éviter les dédales des petites rues et arrêts aux intersections, et de passer d’un point à un autre sans perdre de temps.

En tout et partout, quatre établissements connaissent un certain achalandage. Le Carrefour Jeannois, un centre commercial, le seul de la place, qui est tenu sous haute surveillance par les employés en civil d’une agence de sécurité privée, des civils de la Sûreté du Québec et des collabos, dont des commerçants. L’Hôtel-Dieu, pendant les heures de visites, la Cité étudiante, surtout aux heures de classe, et finalement le Centre sportif Benoît-Lévesque, surtout le soir et la fin de semaine. (Suite demain)

News du mercredi 12 Novembre 2008

Jacob Holdt, un photographe engagéIl se définit comme étant un témoin, un militant, plutôt qu'un photographe. Il a toute une expérience de vie derrière lui. Aux USA, il a vécu dans des ghettos, sur des territoires de gangs, vu des dealers et toxicomanes, à même été agressé. Pour survivre et acheter des films, il a vendu de son sang : sang blanc plus cher que celui d'un Noir. Connu des membres du Ku Klux Klan, été témoin de la haine, de la discrimination.

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Plus de 18 000 Gated Communities aux USA – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Villes jetables aussi. Détroit a été abandonnée à son sort, relate-t-il, quand son industrie, fortement concurrencée par les aciéries coréennes et les voitures japonaises, s’est effondrée. Sa population a périclité de plus d’un million.

Cette Cité est devenu un cauchemar urbain, comme dans le film Blade Runner. Les nantis y nichent dans des gratte-ciel, protégés de la lie par des gardiens de sécurité et des gadgets électroniques sophistiqués. La ségrégation spatiale, plaie béante de la fracture sociétale, y est à la fois bien visible et douloureuse, selon lui.

Depuis le début des années 1960, il existe aussi au pays de notre Oncle Sam des Gated Communities destinés aux couples de retraités, sorte de quartiers protégés encerclés d’une clôture et dotés d’une guérite surveillée par des gardiens de sécurité. (Laurier Cloutier et Laura-Julie Perreault La Presse du premier décembre 2003)

Selon une étude effectuée par Renaud Le Goix, du Centre national de recherche scientifique à Paris, en 2003 on en dénombre plus de 18 000 aux États-Unis. Le chercheur signale que «ces quartiers instituent un mode de vie qui contribue à l’accentuation des ségrégations et reflètent à l’extrême la fragmentation sociale et politique des villes».

Au Québec, fin décembre 2003, le Groupe Dufourd se proposait d’en ériger un premier, à Ste-Julie, ville de 30 000 habitants. Projet d’envergure : terrain de 60 hectares, de 500 à 600 unités résidentielles, un investissement de 250M$. Ne manquait plus que l’autorisation de la ville.

François Saillant, du FRAPRU, prévoyait que le projet provoquerait une levée de boucliers des organismes de défense des droits de la personne. «Ce genre de projet est scandaleux ! Ces quartiers protégés sont des ghettos de riches dans lesquels les gens s’enferment pour se protéger des classes populaires. Selon moi, ce genre de communauté ne se justifie d’aucune manière. C’est basé sur la croyance que la société est dangereuse et qu’il faut s’en couper alors que les statistiques montrent que le taux de criminalité n’est pas en hausse.»

Déclaration aussi du ministre libéral des Affaires municipales, Jean-Marc Fournier (Presse canadienne – La Presse du 3 décembre 2003) : «Je ne crois pas qu’ériger des murs entre les citoyens nous amène à avoir une société inclusive.»

Aux dernières nouvelles, en octobre 2004, l’entreprise poursuivait ses démarches visant à obtenir le dézonnage requis, selon le maire Yvon Major. J'ignore où il en est aujourd'hui, ce projet. (Suite demain)

Quel a été le rôle des «maraudeurs» de la SQ? – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) À la fin de 2002, le bilan définitif et officiel de la nouvelle carte policière demeurait encore inconnu. On n’en saura pas plus au cours de 2003, le rouleau compresseur étant passé, il n’est plus nécessaire de se justifier. Le ministre péquiste Serge Ménard n’avait pas cru bon d’en informer la population.

Se posait pareillement la question du rôle clandestin joué par la police en civil de la Sûreté du Québec (SQ), avant et pendant la régionalisation policière. Naïf de croire que ces «maraudeurs» – dixit Yves Prud’Homme, président de la Fédération des policiers municipaux du Québec – aient assisté au spectacle sans jouer leur partition musicale. En quoi aurait-elle consisté, sa prestation? Redisons-le, pour ne pas l’oublier : la police en civil est dorénavant une donne dont le citoyen doit tenir absolument compte.

La Ville de Roberval, au Saguenay-Lac-St-Jean, relevant désormais de la Sûreté du Québec, allons voir sur le terrain la façon dont cette dernière y a implanté sa soi-disant police de proximité, dite d’approche communautaire. Rien de mieux qu’un bon cas terre-à-terre pour avoir une idée de ce qui s’est probablement passé ailleurs au Québec.

Au début de 2002, le journaliste Alexandre Gauthier de l’Étoile du Lac, l’hebdo régional, signait une série d’articles particulièrement révélateurs de l’infrastructure policière et citoyenne mise en place. (Alexandre Gauthier l’Étoile du Lac des 16 et 23 février et des 2 et 9 mars 2002) Nous allons traiter plus spécifiquement du quadrillage des îlots de quartier.

Elle en a subdivisé le territoire en six secteurs (îlots), chacun doté d’un «parrain», c’est-à-dire d’un policier de la Sûreté du Québec, qui est secondé notamment d’un conseiller municipal. Nous en retiendrons quatre, histoire de montrer jusqu’où peut aller ce corps policier dans son discours de la peur, au sein de cette petite ville de 10 903 citoyens, où le calme plat règne à longueur d’année. (Suite demain)

News du mardi 11 Novembre 2008

Don't write me off......COS I'M 90. Clip d'un groupe britannique, dont les membres sont du troisième et quatrième âges. Le doyen a 101 ans. Al, le chanteur principal, 90. À la fin de la vidéo (03:40), on a droit à l'index pointé vers le haut. Ça me plaît, ce message. The Zimmer : My Generation Oldest rock band. Et que ça saute!

Plus d'infos sur le groupe The Zimmers

La surveillance dans le mondeOn parle de la surveillance au sens large du terme. Les données de 2007 auxquelles je vous réfère ont été établies par Privacy International, un site défendant les droits et libertés. Un travail considérable car l'organisme traite de tous les pays, ce qui n'est pas rien.

En allant sur son site, on a accès, d'entrée, à une mappemonde colorée. La couleur indique le niveau de surveillance. Les pires pays sont, dans l'ordre, colorés en noir (endémique), rose (vaste) et rouge (systémique). Suivent, plus bas, la méthodologie utilisée et des infos sur chacun, en anglais : cliquez sur le nom d'un pays pour accéder à son dossier.

Voyons ce que cela donne sur le terrain... Le 11 octobre dernier, jour d'action internationale, il y a eu des manifs en faveur de la liberté dans 37 pays. Ainsi que le rapporte agoravox, elles avaient notamment pour but de protester contre la nouvelle politique de l'Union Européenne relative à la rétention des données de communications électroniques (RDCE).

Autre texte très documenté
Vidéo
(05:17) de la manif qui s'est déroulée à Berlin
environ 70 000 citoyens y auraient participé
Le site
de Privacy International

PS : Lorsque je prends connaissance d'une recherche du genre, une question me revient toujours à l'esprit : ses auteurs sont-ils au courant des activités clandestines illégales de la police en civil? J'en doute fortement. Selon moi, la situation est plus grave que celle décrite par Privacy International. J'en ai pour preuve que, sur la mappemonde de l'organisme, le Canada, mon pays, est coloré en jaune. Une couleur désignant une surveillance modérée.

Suis pas d'accord avec cette désignation parce que, selon moi, il se situe quelque part entre l'Étau policier et l'État policier. Cela varie selon l'importance de la population d'une agglomération. Dans une grande ville comme Montréal, plus d'un million d'habitants, il est impossible à un corps policier de contrôler tous les citoyens. Alors que dans un milieu semi rural et rural, les civils et leurs collabos noyautent aisément tout le monde. Il est là, l'État policier, pas à Montréal.

À CityWalk règne une exclusion indirecte, efficace – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Dans la partie d’un ouvrage où il traite des quartiers résidentiels urbains, Roché, après avoir analysé le fait qu’aujourd’hui les liens sociaux n’ont plus le temps de se fabriquer à l’ancienne, en vient à la conclusion qu’«on aboutit peu à peu à la formation de quartiers résidentiels fonctionnels, et à leur corollaire, la ségrégation spatiale. (Sebastian Roché Le sentiment d’insécurité Éditions PUF) Celle-ci traduit le refus de vivre avec n’importe quel autrui».

Ces gens dont parle le chercheur ne sont pas différents de ceux dont il est question ici, au contraire, ils en font partie intégrante. Cette situation illustre en partie ce qu’est la ségrégation spatiale, et plus concrètement à l’encontre de ces indésirables que sont les vitres cassées, qu’on ne veut surtout pas avoir comme concitoyens, encore moins comme voisins. En somme, une forme déguisée d’apartheid : les vitres cassées sont en quelque sorte des nègres blancs.

Explorons le phénomène. Voyons la forme qu’elle prend chez le sympathique Oncle Sam qui, ayant le nez fourré partout, est devenu un peu beaucoup celui aussi des citoyens de la planète. Peut-être pourra-t-on en tirer une leçon.

Le journaliste Edward Behr raconte qu’à Los Angeles, l’architecte américain John Jerde a créé le complexe commercial CityWalk, prolongement des Studios Universal. (Edward Behr Une Amérique qui fait peur Éditions Plon) Un ensemble de rues piétonnières, avec restos, magasins, cinémas.

CityWalk est la copie conforme miniaturisée et aseptisée d’une ville idéale qui n’a jamais vraiment existé que dans l’imagination de son créateur, constate le journaliste. Un endroit exceptionnellement protégé, nous dépeint-il, où règne une exclusion indirecte, efficace : parking obligatoire et cher, pas de transport en commun 15 minutes de marche pour s’y rendre et une côte escarpée à monter , gardes armés en évidence, etc.

Les critiques reprochent à Jerde d’avoir délibérément exclu de CityWalk tout ce qui pourrait nuire au commerce : les pauvres, les clochards, tous ceux ne pouvant se permettre de faire leur shopping dans des boutiques luxueuses. Les nantis évitent ainsi le moindre contact physique avec la sous-classe des inemployables. Behr dit qu’il se dégage de cette succession de magasins et de restos terriblement kitsch un relent de Disneyland, mais aussi un côté «boutiques hors taxes ennuyeux».

Il signale que CityWalk a déjà ses émules dans d’autres villes, et même sa base idéologique : l’enclave, microcosme parfaitement aseptisé, permet de tout contrôler. Il a constaté le même phénomène dans un autre secteur de Los Angeles où un vaste quartier d’affaires a été luxueusement aménagé : gratte-ciel dernier cri, restos, magasins et hôtels de luxe, tout le tra-la-la habituel. Behr est d’avis que ces Cités dans la grande Cité sont mortes, totalement stériles et artificielles, et qu’il y règne la peur obsessionnelle de l’étranger, perçu comme colporteur de la violence.

Alors qu’en Europe, d’après lui, on considère la Cité comme un lieu privilégié, ses inconvénients densité, foule, criminalité comptant moins que le sens de l’histoire qu’elle incarne et l’esprit créateur qu’elle inspire, aux États-Unis, les quartiers de la grande Cité sont des objets de consommation. Dès que des symptômes de vieillissement apparaissent, que quelques ratés se produisent, le doute commence alors à s’installer peu à peu. Le problème dans ce pays du New Deal, estime-t-il, c’est qu’on n’investit pas dans des réparations coûteuses et de longue durée, on préfère construire à neuf ailleurs. Les quartiers deviennent jetables. (Suite demain)

La SQ : une police du renseignement, pas de tickets – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Mais ce n’est pas tout car des pertes s’y empilent aussi. La présidente de l’Association des greffes des cours municipales du Québec, Sylvie Millette, indique qu’un relevé auprès de 35 municipalités démontre une baisse d’au moins 40% des revenus parce que toutes les sommes perçues en paiement des contraventions données sur une route traversant un village sont versées au gouvernement provincial. Mais ça, peut-on présumer, les instances municipales le savaient au départ.

Ce qu’on ne leur avait pas dit, par contre, c’est que, de l’aveu même de Mario Choquette, «la Sûreté du Québec (SQ) n’est pas une police à tickets». Résultat : elle n’en distribue presque pas à ceux omettant les arrêts obligatoires dans les rues de ces municipalités et ceux faisant fi des règlements municipaux. Ordinairement, ces amendes constituent une source de revenus pour celles-ci.

Mais comme il y en a peu, la perte est évaluée à près de 60%, selon la présidente Millette. En certains endroits, le pourcentage est plus élevé. Dans la Municipalité régionale de comté (MRC) de Vaudreuil-Soulanges, précise-t-elle, le nombre de contraventions payées à la Cour municipale a chuté de 66%. À Ste-Agathe, on évalue à 95% en moins le nombre de contraventions qui seront payées à la cour municipale.

Explicitons les propos de Millette et Choquette. La très grande majorité des membres de la Sûreté du Québec, au pif on peut avancer au moins 80%, sont des flics en civil, ne portent par conséquent pas l’uniforme. On imagine difficilement un civil au volant de sa vieille camionnette, à l’arrière de laquelle il a installé un canot pour mieux cacher sa véritable identité, faire signe à un automobiliste de s’immobiliser en bordure de la rue, et aller lui coller une contravention.

C’est de fait une police spécialisée dans le renseignement : Big Brother et Big Sister, et leur ribambelle de petits frères et petites sœurs, leurs collabos. Ce qui revient à dire que la Sûreté du Québec ne sera jamais une police à tickets.

Autre récrimination : toutes les MRC desservies par la Sûreté du Québec, à l’exception de deux, refusent de signer le protocole d’entente de 10 ans, principalement parce qu’elles n’ont pas les effectifs promis pour assurer de façon adéquate la sécurité sur leur territoire. D’après Choquette, l’écart sera comblé dans quelques années par les 260 patrouilleurs en trop, alors que l’entente avec le syndicat permettra de les réaffecter. «Seulement à Sept-Îles, nous avons 18 policiers en surplus depuis l’intégration», signale-t-il.

Ajoutons à sa déclaration que les dirigeants de ces MRC ne savent pas qu’elle est bel et bien là, la police, mais invisible puisqu’en civil… Choquette ne peut pas leur dévoiler, c’est un secret qui doit rester bien caché. (Suite demain)

News du lundi 10 Novembre 2008

Mini concert......en marchant au milieu de la rue. Au début, le guitariste est seul. Puis des passants (?) choristes se joignent à lui. Pas besoin de connaître les paroles de la chanson, les lalalalala...suffisent. Une Vidéo (05:12) sympa.

3 foires d'art contemporain tenues à ParisPas moins de 2000 artistes y exposent leurs œuvres : sculptures monumentales, toiles et autres formes d'expressions. La vidéo (06:37) nous en met plein la vue.

La démocratie participative – Nous sommes en octobre 2006, en France. Une délégation de Roubaix participe, à Dijon, à des ateliers organisés par l'Association pour la démocratie et l'éducation locale et sociale (ADELS). Des participants relatent les points soulevés.

La vidéo (01H55), plus bas dans la page : un site à explorer
Au début, pendant quelques secondes, il n'y a pas de son

Bref aperçu... Ateliers portant sur la démocratie participative et les instances de décision. Comité de quartier composé de bénévoles. Son rôle : établir le lien entre gens du quartier, associations et élus municipaux. Dire ce qui va et ne va pas et ce qu'on peut faire pour améliorer la situation.

Priorité, les exclus : illettrés, timides, citoyens n'osant pas trop s'investir de peur de ne pas posséder autant de savoir que les autres. Les jeunes ont aussi un mot à dire, faut leur laisser un espace. Consulter en matière de santé, culture, logement, etc. Nous, on va les voir ou eux viennent nous voir. Ce qui nous permet d'être plus près de la population et de l'écouter. Besoins des citoyens ensuite transmis à la mairie, le centre des décisions où on fait le tri de ce qui sera accepté ou pas.

En savoir plus sur Roubaix
En savoir plus
sur Dijon
D'autres vidéos
sur la participation citoyenne

Canada : la démocratie en périlDans une opinion publiée aujourd'hui dans le quotidien Le Devoir, Roméo Bouchard relate avoir constaté, lors d'un récent forum dans le Bas-St-Laurent, la colère des gens à l'égard des partis politiques. Selon eux, ils faussent totalement la démocratie et la représentation, au point de leur enlever le goût de participer à des élections.

Bouchard, coordonnateur de la coalition pour un Québec des régions, écrit que le système repose entièrement sur la ligne du parti majoritaire qui contrôle tout : désignation du chef de l'État, fonctionnement du parlement (pouvoir législatif), formation du conseil des ministres (pouvoir exécutif). Les députés, élu la plupart du temps avec un faible pourcentage de l'électorat, sont par conséquent bâillonnés, empêchés de voter les lois qu'ils jugent nécessaire pour leurs électeurs.

Situation aggravée du fait que les partis définissent leur action en fonction des sondages et des médias. Les campagnes électorales sont devenues des spectacles d'hypocrisie, de stratégie, de propagande, de dénigrement et d'opportunisme, centrées sur les chefs de partis de plus en plus éloignés de la réalité des citoyens. Marketing, slogans vides et intérêts partisans ont remplacé le projet politique.

Bref, les citoyens participant au forum réclament qu'on leur donne les moyens de s'autogouverner dans leur région, au lieu de voir leurs projets bloqués par la dictature des partis politiques et de ministères gouvernementaux qui s'obstinent à tout contrôler.

PS : Dans la manchette, j'utilise le mot PÉRIL. À ce que décrit Roméo Bouchard, je ne peux faire abstraction de l'Étau policier dans lequel nous vivons au Canada. Premier ministre et ministre de la Sécurité publique décident, sans consultation préalable du Parlement et de la population, de l'ampleur de la répression dont les citoyens feront l'objet. Et sans même se soucier de protéger ceux-ci des activités clandestines illégales de la police en civil et de ses collabos.

Montréal-Nord, l'une des villes «sans coeur» – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Tout cela étant, des banlieusards ont dû sauter au plafond quand Pierre Bourque, maire de Montréal, a préconisé, en mai 1999, la fusion des 29 municipalités de l’île de Montréal. Il estime que la croissance des villes de la banlieue s’est clairement faite au détriment de Montréal. (Pierre Bourque La Presse du 27 mai 1999) Celle-ci continue encore de perdre systématiquement une large partie de sa population jeune et laborieuse au profit de la banlieue.

D’après lui, la conséquence la plus dramatique du phénomène de l’étalement urbain est la concentration de populations démunies à Montréal : «Ne nous trompons pas. Le débat que nous amorçons sur l’avenir de Montréal en est également un sur la justice sociale. Voulons-nous d’une société solidaire, capable de partage ?»

En août de cette année-là, le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) démontre, chiffres à l’appui, que les villes riches de la Communauté urbaine de Montréal (CUM) ne paient pas leur part dans l’enveloppe budgétaire consacrée au logement social (Presse canadienne La Presse du 21 août 1999) : habitations à loyer modique (HLM), coopératives d’habitation et autres formes de logements subventionnés destinés aux personnes à faible revenu.

Ainsi Montréal qui, à l’époque, détenait 55% de la richesse foncière de la CUM, déboursait 86,8% de la contribution des 29 villes membres de la CUM. Dans un article de la Presse canadienne, le FRAPRU nomme 13 de ces villes dépourvues de HLM : Mont-Royal, dont l’ex-mairesse, Vera Danyluk, alors présidente de la CUM, était une chaude partisane de la pseudo police communautaire ; Beaconsfield, Hampstead, Baie d’Urfée, Côte St-Luc, etc.

D’autres villes, possédant pourtant un bon pourcentage de ménages à faible revenu, comme Saint-Léonard, Saint-Laurent ou Montréal-Nord, dont Yves Ryan était le maire depuis 37 ans, refusent de participer au programme de logement social, dénonce le porte-parole de FRAPRU, Pierre Gauvreau, qui ne se gêne pas pour les traiter de «sans coeur» : Ryan était également membre de l’exécutif de la CUM et de sa commission régissant les activités... policières sur l’île de Montréal.

Ce déséquilibre n’était pas spécifique à des villes de l’ex-CUM, l’organisme ayant découvert une situation similaire à Québec, Hull et Trois-Rivières, des villes plus anciennes qui ont développé des HLM, pendant que, autour d’elles, des villes de banlieue ne font pas toujours leur part.

Quelque temps après, la ministre péquiste aux Affaires municipales et à la Métropole, Louise Harel, déclare que les demandes du FRAPRU sont légitimes et qu’elle y répondra favorablement. (Presse canadienne La Presse du 23 août 1999) Elle tiendra parole : le logement social est l’une des compétences de la Communauté métropolitaine de Montréal, organisme qui a remplacé la CUM, le premier janvier 2002. (NDLR : La fusion des villes sises sur l’île de Montréal n’était pas nécessaire à un meilleur partage de cette responsabilité, s’agissait simplement de l’ajouter aux compétences de la nouvelle structure régionale.) (Suite demain)

Le manque de transparence du ministre Ménard (Suite tome 2 de L'Étau policier) Constatons que le ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard, est pas mal moins volubile sur les coûts que la Sûreté du Québec devra assumer à la suite de l’intégration des policiers municipaux. Par conséquent, impossible de s’en faire une idée exacte. Car il y a les coûts qu’on défraie une seule fois et ne reviennent plus dans les budgets et états financiers, et d’autres qui se renouvellent à chaque année, dont certains à la hausse : salaires des nouvelles recrues de la Sûreté du Québec, équipements, etc.

En février 2002, Prud’Homme, de la FPMQ, déclarait que la réforme avait été sous-estimée de 15M$, passant ainsi à 90M$. (André Cédilot La Presse du 6 février 2002) Toutefois, neuf mois plus tard, nous sommes en novembre, Ménard vient de reprendre le volant de la Sécurité publique, on parle d’un déficit budgétaire de 35M$. (Jean-Paul Charbonneau La Presse des 16 et 21 novembre 2002) De 15M$, ce déficit serait passé à 35? Faut-il ajouter 20M$ (35M$ - 15M$ = 20M$ ) au 90M$??? Le manque de transparence du ministre ne permet pas d'y voir clair.

D’où vient ce déficit? Une partie de la réponse émane d’un dg adjoint de la Sûreté du Québec, responsable du service des ressources humaines, Mario Choquette, qui désigne la réforme comme étant «la plus audacieuse (sic) en matière de sécurité publique que le Québec ait connue ( Jean-Paul Charbonneau La Presse des 16 et 21 novembre 2002) : (…) Entre 14 et 15M$ de ce déficit est attribuable à la transition de policiers municipaux à la Sûreté du Québec. Il a fallu changer les armes, modifier les systèmes de communication, donner une formation de deux semaines, etc.», énumère-t-il. Choquette se fait cependant rassurant : il prétend que ces coûts vont… s’autofinancer à la longue, sans préciser pourquoi.

La Presse cite Prud’Homme, président de la FPMQ : «Lorsque Normand Jutras est arrivé au ministère de la Sécurité publique, je lui a fait parvenir une lettre où je le mettais notamment en garde contre les coûts élevés engendrés par cette réforme. À Shawinigan, l’intégration va coûter 3,2M$ au gouvernement. Cette réforme a simplement dérapé et le gouvernement s’en rend compte trop tard. Nous avions prévu tout ce qui arrive.» (Suite demain)

News du dimanche 9 Novembre 2008

Obama......espérons qu'il sera bien protégé, que rien ne lui arrivera. Dans le passé, d'autres ont voulu y construire une société meilleure. Martin Luther King était l'un d'eux : I have a dream... Vous l'entendrez seulement à la fin de la vidéo (04:01). L'histoire américaine nous apprend que des leaders charismatiques qui ont voulu y apporter des changements majeurs n'ont pas fait longue route.

Matrix, version comiqueUn monde virtuel où les êtres humains sont gardés sous contrôle. De le monde réel, ce n'est pas de la science-fiction. Avec tous ces civils et leurs collabos qui nous épient et punissent, sans qu'on sache qu'ils sont derrière ça, lorsqu'on sort du pacage clôturé où ils nous ont confinés. Ils agissent dans la clandestinité, pas vus-pas-pris assuré. Courageux, ces civils et collabos, n'est-ce-pas?

Caricature tordanteSarkozy expliquant à son homologue allemande, Angela Merkel, carte géographique à l'appui, de quelle façon il attaquera militairement les paradis fiscaux.

Vendée Globe : la course a débuté aujourd'huiLe signal du départ de ce tour du monde à la voile a été donné depuis Les Sables d'Olonne, en France. Une épreuve sportive de très haute niveau. Toutes les infos sur ce site (adresse intégrale à conserver : http://www.vendeeglobe.org/fr/) : vidéos, photos et articles y sont déjà disponibles. Il en sera ainsi chaque jour. Oui, du neuf chaque jour. Une course longue haleine. Le gagnant n'accostera les quais de Les Sables d'Olonne que dans environ trois mois. Et le dernier? On peut avancer quatre mois.

Obama ayant promis de fermer Guantanamo...…le Canadien Omar Khadr a-t-il plus de chance d'être rapatrié au Canada? Admnistie internationale-Canada le croit. Hier, à Joliette, au Québec, l'organisme a tenu une manif à cette fin.

Souveraineté du Canada sur l'Arctique contestéeLe Canada utilisera bientôt des sous-marins miniatures afin de démontrer que la crête de Lomonossov est le prolongement naturel du continent nord-américain. Pas le choix, la Russie affirme qu'elle est une extension du plateau continental au large de la Sibérie. L'an dernier, les membres d'une expédition scientifique russe y avaient même planté un drapeau (devinez lequel) au fond de l'océan. (Source RCI)

Ce n'est pas pour rien que le premier ministre conservateur Stephen Harper a intégré récemment au sein de son Conseil des ministres Leaona Aglukkaq, une Inuite du territoire de Nunavut, à titre de ministre de la Santé.

Les côtes de cinq pays s'étendent jusqu'à l'Arctique :
Canada, États-Unis, Danemark, Russie et Norvège
Géographie
de l'Arctique

Autre enjeu de l'Arctique : pétrole et gaz naturel
Ce qui, en plus de la navigation internationale dans le secteur
suffit à susciter bien des convoitises

Fossé culturel entre banlieusards et citadins

00H25 – (Tome 3 de L'Étau Policier) Ce bref tour d’horizon permet de cerner d’un peu plus près la mentalité du banlieusard d’aujourd’hui, terme englobant aussi le citoyen vivant en milieux semi rural et rural. Dans le fond, il est très proche moralement et culturellement des howardiens.

Deux mentalités s’opposent finalement : celle du banlieusard versus celle du citadin. Les deux ne voient pas la cohabitation citoyenne du même œil, et cela remonte à une époque probablement largement antérieure à celle d’Howard. De fait, il s’agit d’un très vieux conflit. L’histoire le démontre : le citadin, plus libre, vit d’une façon que le banlieusard n’approuve pas.

Cependant, gardons-nous bien de généraliser. Tous les banlieusards ne pensent pas de même. Il y en a qui ont choisi la banlieue parce que les taxes y sont moins élevées qu’en ville. D’autres pour se rapprocher de leur emploi, de parents ou d’amis ou des raisons n’ayant absolument rien à voir avec le sujet que nous traitons.

Il y a aussi des banlieusards vivant dans la grande Cité contre leur gré. Certaines de ses zones grises sont d’anciennes banlieues où ils s’étaient installés pour être plus près de la campagne que de la Cité. Il existe enfin des citadins n’aimant pas la Cité, eux sont des banlieusards qui s’ignorent. On peut se demander ce qu’ils y font, s’ils n’y sont pas heureux.

Fouillons un peu plus, apportons ce dernier exemple, celui-là tiré d’une série d’articles de l’éditorialiste Agnès Gruda de La Presse sur Le miracle polonais. (Agnès Gruda La Presse du 25 janvier 1999) Le contexte : fin de janvier 1999, des Polonais craignent les conséquences de l’adhésion à l’Union européenne.

Ce pays constitue un cas opportun parce que, au moment de la publication de ce reportage, il y avait environ une décennie qu’il s’était extirpé du giron de l’URSS où, le moins que l’on puisse dire, liberté et modernité n’étaient pas à l’agenda politique.

L’éditorialiste a demandé à Adam Michnik, directeur du quotidien Gazeta Wyborcza, sur quoi est fondée cette peur de l’Europe : «Les intégristes catholiques ont peur que la Pologne soit contaminée par la pornographie, le multiculturalisme, l’avortement, mais on craint aussi la concurrence économique».

Notons qu’en mars 2000, le président polonais Aleksander Kwasniewski opposait son veto à une loi interdisant toute forme de pornographie en Pologne, qu’avait adoptée la majorité catholique, notamment le Parti national-chrétien au pouvoir. (Agence France-Presse La Presse du 28 mars 2000) Son leader, Marian Pilka, l’avait mis en garde que son veto montrerait qu’il optait pour «la démoralisation de la Pologne».

Le chef du Parti de L’Union pour la liberté, Jerzy Wierchowicz, estimait quant à lui que la loi «n’entraînerait que la naissance d’un marché noir de la production et de la diffusion de la pornographie». (Suite demain)

Et revoilà l'enflammé reparti sur le chapeau des roues

00H00 – (Tome 2 de L'Étau Policier) Environ un mois après cette déclaration, voilà que Serge Ménard lui succède à ce ministère. Probable que l'humanité de Normand Jutras aura fait sourciller et dresser le poil sur les bras de tenants de l’ordre et du conformisme. Qu’ils se rassurent, Ménard, leur homme, est de retour. Inoxydable, ce ministre. Puisqu’il cumulera la fonction avec celle des Transports, on croise les doigts en espérant qu’il n’en fera pas trop, mais…

Dans les jours suivant son retour, il ramène à son ministère Daniel Saint-Onge, reconnu comme le principal architecte de la régionalisation policière, lui décerne le titre de sous-ministre associé, et donne le mandat de corriger le tir et finaliser la réforme. (Jean-Paul Charbonneau La Presse des 16 et 21 novembre 2002) Et revoilà le ministre reparti sur le chapeau des roues. C’est que sa réforme «connaîtrait des ratés», rapporte le journaliste Jean-Paul Charbonneau de La Presse.

Une couple de semaine après, nous sommes le 16 novembre, La Presse nous informe d’un autre bilan. À la suite de la régionalisation, 800 000 résidants de la province, sur une population totale de 7,4 millions, qui étaient jusque là desservis par un corps policier municipal le sont maintenant par la Sûreté du Québec. Près de 1 000 policiers ont enlevé leur uniforme pour enfiler celui de ce corps policier.

Environ 4 jours plus tard, les chiffres diffèrent. (Jean-Paul Charbonneau La Presse du 21 novembre 2002) Là, on parle de 1 250, dont 990 ont été affectés au même travail qu’ils effectuaient auparavant. Cependant, le corps policier se retrouve avec un surplus de personnel d’une cinquantaine d’officiers et de 260 agents, rapporte-t-on. Plus de flics que le travail l’exige?

Ce même mois de novembre, Ménard l'enflammé lance une autre croisade, un impératif si l’on veut galvaniser l’opinion publique : le taxage dans les écoles (des élèves extorquant de l’argent). (Mario Cloutier La Presse 22 novembre 2002) «Un jeune qui commence à taxer, s’il continue dans sa vie adulte, se prépare une vie très triste, où il alternera entre la liberté et le pénitencier», déclare l'enflammé. Pour combattre ce «phénomène troublant», il annonce que des plans d’actions seront donc mis en œuvre partout au Québec.

Tous les intervenants seront mis à profit dans l’offensive péquiste : enseignants, policiers, CLSC et 31 organismes communautaires. «C’est un véritable but de prévention, justifie-t-il. (…) C’est qu’il faut être conscient du phénomène et, quand on le voit comme éducateur, (il faut) intervenir pour arrêter les jeunes qui sont sur cette voie criminelle.» Le ministre accompagne sa déclaration d’une étude – effectuée par qui? – démontrant l’ampleur du drame, émaillée de nombreux chiffres. (Suite demain)

News du samedi 8 Novembre 2008

Élections générales au QuébecLa campagne se poursuit, le vote se tiendra le 8 décembre. Dans une caricature d'YGRECK, un électeur, pas très au courant de l'actualité, adresse une question au premier ministre libéral sortant Jean Charest.

La vie de quartier s'est refroidie (Tome 3 de L'Étau Policier) Selon le sociologue Gilles Lipovetsky, le nouvel urbanisme a fait éclater l'interpénétration du privé et du public qui prévalait dans la ville traditionnelle. (Citoyenneté et urbanité Éditions Esprit Ouvrage collectif)

Le zoning s’est imposé contre la promiscuité des rues, on a vu s'édifier des grands ensembles-dortoirs, des villes de banlieue où l'espace public s'est effacé lentement. La vie de quartier, où autrefois les individus se connaissaient, se rencontraient, s'est peu à peu éteinte. Lipovetsky fait le constat que plus il y a bureaucratisation du monde, plus il y a autonomisation des personnes.

Le vocable «bureaucratisation» utilisé par le sociologue me semble une façon polie de dire les choses. Le fait est que, d’une part, le citoyen a fuit la discipline du pouvoir et de la société marchande en se repliant dans son espace privé, seul endroit où il pensait avoir la sainte paix, enfin le croyait-il.

Et que, d’autre part, ce même pouvoir, qui n’aime pas trop que les citoyens se parlent entre eux, les a isolés davantage de leurs semblables en faisant appel à des urbanistes et des architectes, émules enthousiastes des howardiens, qui ont créé des milieux de vie où «les poules pondeuses», métaphore que j’emprunte à Jacobs, pourraient caqueter tout à leur aise sans déranger personne.

Dans une série de portraits d’une dizaine d’architectes, d’ingénieurs, de créateurs, d’artistes parmi les plus inventifs et les plus engagés de notre temps, La Presse présentait à ses lecteurs, à l’été 2000, ceux qui bâtissent le futur. (La Presse du 26 août 2000)

La journaliste Maya Kandel, de World Media, a demandé à Rem Koolhaas, architecte et écrivain néerlandais mondialement connu, s’il aimerait concevoir une ville entière, comme Le Corbusier ou Oscar Niemeyer avec Brasilia, au Brésil. (Maya Kandel, World Media La Presse du 26 août 2000) «Non, c’est un projet irréaliste, a-t-il répondu. D’ailleurs, il n’existe plus aujourd’hui d’autorité capable de décider d’un projet pareil. Je le dis sans aucun regret, car il y a quelque chose de malsain dans une architecture investie d’un tel pouvoir. C’est aussi un projet impossible. La condition urbaine repose sur la coexistence d’oppositions et une seule imagination ne suffit pas pour incorporer de vraies contradictions.»

Prenons connaissance aussi de l’approche des architectes suisses Jacques Herzog et Pierre de Meuron : «Ce qui compte beaucoup pour nous, disent-ils, c’est l’effet d’un bâtiment, mais aussi la sensualité qu’il dégage. L’architecture s’adresse directement aux êtres humains, comme une odeur ou une musique. Elle est aussi une sensation.» Voyons également celle du paysagiste français Gilles Clément : «L’avènement de la pensée écologique nous montre que le meilleur se trouve dans la vie, et dans la transmission de cette vie à travers un écosystème.» Nous sommes loin ici de l’architecture stalinienne, uniforme, froide, sans âme, et répressive en plus. (Suite demain)

Deux chapeaux, deux mesures (Tome 2 de L'Étau Policier) Octobre 2002, remue-ménage au sein du gouvernement péquiste de Bernard Landry, qui occupe la fonction de premier ministre depuis la démission de Lucien Bouchard au début de 2001. Paul Bégin, ministre de la Justice, démissionne de ses fonctions. (Denis Lessard La Presse du 29 octobre 2002)

Par la suite La Presse met la main sur une information cadrant bien avec la démesure prévalant dans ces années-là : «Normand Jutras, ministre de la Sécurité publique, sera nommé ministre de la Justice, un poste qu’il cumulera avec ses fonctions actuelles.»

Dans cette même édition, le journaliste Yves Boisvert réagit aussitôt : «Un ministre ne doit pas être à la fois le patron de la police et le patron des procureurs (les avocats de la Couronne) qui doivent porter un jugement sur leur travail (des policiers).» (NDLR : Aujourd'hui, ce 8 novembre 2008, Jacques Dupuis, du parti libéral de Jean Charest, occupe les deux fonctions et personne ne rouspète, sauf moi. Deux chapeaux, deux mesures)

Le lendemain, le premier ministre Landry nomme Jutras à la Justice et… Serge Ménard à la Sécurité publique, bien que celui-ci conservera son poste de titulaire des Transports. (Pascale Breton La Presse du 30 octobre 2002) Troisième fois qu’il accède à la Sécurité publique : sous le gouvernement Jacques Parizeau (du 26 septembre 1994 au 29 janvier 1996), sous celui de Lucien Bouchard (du 15 décembre 1998 au 30 janvier 2002) et celui de Bernard Landry (du 29 octobre 2002 au 29 avril 2003). À la Sûreté du Québec, où il est… bien apprécié, on doit se frotter les mains de satisfaction.

Pourquoi ne pas avoir gardé Justras à la Sécurité publique et nommé quelqu’un d’autre à la Justice ? On peut penser que son passage à ce ministère aurait déplu à certains membres du pouvoir et de la Sûreté du Québec. Homme plutôt modéré, à ce qu’il semblait, il n’avait rien de l’excitation enfiévrée typique du croisé, trait dominant chez son collègue Serge Ménard, particulièrement en matière de répression de la Société civile. Moins froid aussi, capable de compassion, donc plus humain.

On l’avait constaté en septembre 2002, quand il avait commenté l’étude effectuée par des chercheurs de la Société de criminologie du Québec et portant sur la clientèle des prisons québécoises. (Jean-Paul Charbonneau La Presse du 21 septembre 2002 ) Elle révélait qu’«en grande partie», celle-ci était constituée de démunis. Ce qui l’avait le plus frappé à sa lecture, avait-il confié aux médias, c’est de voir comment ces personnes sont en détresse psychologique. Jutras souhaitait leur réinsertion dans la société, conscient que cette démarche nécessiterait l’intervention de plusieurs ministères… (Suite demain)

News du vendredi 7 Novembre 2008

Les droit de l'internaute désormais mieux protégés  – Voyons de quoi il s'agit. Il y a deux ans, un organisme a été mis sur pied : Technologies de l'information et des communications (TIC), dont Microsoft et Google sont notamment membres.

L'objectif était de trouver une solution à une problématique universelle. Les sociétés de ce secteur subissent partout dans le monde, incluant l'Occident, des pressions croissantes d'États pour qu'elles appliquent des lois et réglementations nationales. Le problème réside dans le fait qu'elles peuvent contrevenir aux droits de l'homme, plus explicitement à la liberté d'expression et à la vie privée : censure et démarches pressantes pour l'obtention de renseignements personnels.

Pendant deux ans, ses membres se sont consultés afin de se doter d'un code de conduite. Ils se sont inspirés de la Déclaration universelle des droits de l'homme (DUDH), du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (ICCPR) et du Pacte international portant sur les droits économiques, sociaux et culturels (ICESCR).

Grâce à cet outil, chaque membre adoptera maintenant la même réponse à une même situation lorsqu'il sera confronté à un État voulant porter atteinte à ces droits. Auparavant, ces principes n'était pas énoncés noir sur blanc. Ils n'étaient en quelque sorte que de bonnes intentions laissées à la discrétion de chacun. Autre nouveauté, en créant l'organisme TIC, ils ont du même coup créée une solidarité entre eux. Le membre n'est plus seul face à un État.

Site du groupe : accès à un résumé en français
les documents en anglais seront bientôt traduits
Liste des participants
au TIC

PS : Je croise les doigts en espérant qu'un jour prochain il sera possible de faire appel à l'organisme TIC lorsqu'on aura de bonnes raisons de penser que l'État ou sa police empiète nos droits, illégalement et clandestinement. Et que le nombre de ses membres augmentent.

10 règles qu'on peut appliquer...

07H00 – ...à des événements d'envergures graves ou de moindres envergures. Ainsi, ce n'est jamais la faute de la police, toujours celle des autres. Jamais la faute des directeurs et gardiens de prisons, toujours celle des autres... Pour comprendre ce que je veux dire, continuez de grimper les échelons ici.

Un rappel......je vous ai déjà parlé du Vendée Globe, qui se tient à tous les quatre ans. Je reviens à la charge, je ne veux pas que vous le ratiez. Ce tour du monde à la voile, le Vendée Globe, débute dimanche, le 9 novembre qui vient. La plus fascinante et passionnante épreuve sportive, selon moi et bien d'autres. Une compétition sans assistance, le skipper étant seul à bord. S'il lui arrive un pépin, il doit se débrouiller ou abandonner.

Un petit aperçu de cet événement exceptionnel... En 2004-2005, le gagnant de la course, Vincent Riou, était arrivé au quai du départ après avoir navigué pendant 87 jours et 10H47. Le dernier, après 126 jours et quelques heures. Le trajet sillonne 4 océans, dont le pire, l'Indien. Il y a aussi le Cap Horn à franchir, parfois des Icebergs, pas toujours facile...

Les conditions atmosphériques varient souvent d'un endroit à l'autre. Ça va du skipper pris dans la tempête et des masses d'eau aussi hautes qu'une maison de trois étages à celui piégé dans une zone calme, sans le moindre souffle de vent, dérivant au lieu d'avancer. 

Chaque jour, sur le site du Vendée Globe vous avez accès à toutes les infos, y compris à des vidéos. Chaque skipper est équipé d'une ou deux caméras (intérieure et extérieure) et s'entretient régulièrement avec la régie centrale.

L'adresse du site du Vendée Globe ici. Je vous souhaite beaucoup de plaisir et d'émotions...

Urbanisme aux effets dévastateurs socialement – (Tome 3 de L'Étau Policier) L’architecte européen Le Corbusier y a mis du sien aussi, avec ses maquettes futuristes. Il proposait une synthèse de l’idéologie howardienne, sauf que sa ville de rêve était composée surtout de gratte-ciel et d’un grand parc occupant 95% de tout l’espace. Jacobs parle de «citadelles de l’iniquité».

Les citoyens à l’aise habiteraient des immeubles luxueux moins hauts et entourés de courts de tennis. Le tout enjolivé ici et là de restos et de salles de spectacles. Tout comme les urbanistes de la Cité Jardin, Le Corbusier enlevait les piétons des rues pour les mettre dans des parcs. «Sa ville ressemblait à un merveilleux jouet mécanique», raconte Jacobs. Une autre Cité utopique qui a exercé une immense influence sur nos villes. «L’accueil fut frénétique chez les architectes», écrit-elle.

En 1925, son insensé Plan Voisin prévoyait de raser le Marais, un des plus beaux quartiers de Paris, pour le remplacer par un parc d’où surgirait d’immenses bâtiments de 200 mètres de haut. (Les 100 personnages du XXe siècle Éditions France Loisirs sous la direction de Frank Jamet)

En 1952, Le Corbusier a construit à Marseille la Cité Radieuse. Vers la fin de sa vie, il éprouvera le besoin de retrouver une forme d’habitation minimale pour mener une vie de moine. Le Cabanon du Cap Martin répondra à cette exigence. C’était une cellule de 3,66 mètres de côté et de 2,26 mètres de hauteur. Ce cube est la quintessence de son art de vivre.

Jacobs écrit que ces experts ont réussi à imposer ces notions comme critères d’un «urbanisme à visage humain», responsable sur le plan social et fonctionnel, et d’une grande élévation d’esprit. Et comme tout ce qui est bon pour nos voisins du sud l’est également pour les Canadiens que nous sommes, cet urbanisme aseptisé a très vite franchi nos frontières.

Aujourd’hui, tout ce qui donne une irrésistible envie de bâiller à la limite de la capacité des mandibules risque fort d’être d’inspiration howardienne. Toutes ces approches urbanistiques ont eu des effets dévastateurs sur la socialité. Bien que l’hygiénisme social en a été l’un des catalyseurs, il ne faut pas croire pour autant qu’au début tout a été secrètement planifié par le pouvoir derrière des portes closes. Ce nouvel urbanisme répondait également aux aspirations de citoyens. (Suite demain)

Sûreté du Québec : rêve péquiste d'une police nationale – (Tome 2 de L'Étau Policier) Ce mois de juillet 2002, l’éditorialiste Pierre Gravel de La Presse revient sur l’importance de privilégier la formule des trois tiers : Sûreté du Québec (corps policier de la province de Québec), police de l’île de Montréal et les corps policiers municipaux, intermunicipaux et régionaux. (Pierre Gravel La Presse du 18 juillet 2002)

Cite justement le cas de ces municipalités demandant de confier le service de police à la Sûreté du Québec. «Il faut souhaiter que (…) les autorités répondront non à cette requête qui se comprend et s’explique fort bien. Mais qui s’apparente à une démission face à une responsabilité qu’on devrait continuer à assumer.»

Selon lui, Il restera ensuite, et surtout, à faire quotidiennement la démonstration que le jeu en valait la chandelle pour les citoyens ordinaires et non pas d’abord pour ceux qui y voyaient une façon de régler un épineux problème budgétaire.

«Ou encore un truc pour satisfaire une vieille recherche instinctive de symboles collectifs. (…) Dans la même veine, en effet, que la vieille guerre des drapeaux entre Québec (province du Canada) et Ottawa (Ville où siège le gouvernement du Canada), le rêve d’une police nationale québécoise pouvant faire contrepoids à la GRC “canadian” (Gendarmerie royale du Canada) a toujours naturellement fait partie du grand projet souverainiste.» (Suite demain)

News du jeudi 6 Novembre 2008

Une voiture fonctionnant à l'eauInventée au Japon, un seul litre d'eau suffit pour qu'elle roule à 80km/h pendant 1 heure. Avantage sur la voiture électrique : pas de batteries à recharger. Qui dit mieux? Vidéo 01:43

L'amiante chrysotilePuisque le Canada se refuse, directement ou indirectement, d'inscrire ce minéral cancérigène sur la liste de la Convention de Rotterdam, il appartient maintenant aux pays ne voulant pas de cette merde sur leur territoire d'en interdire l'importation.

Un monde anticonformiste réjouissantDes trucs auxquels vous ne vous attendez pas. Par exemple cette citation de Vian, au sommet de la page, qui vous fera rire, si vous êtes du genre relaxe, ou crier au scandale, si vous êtes Fille d'Isabelle ou Chevalier de Colomb. Cliquez sur la photo d'un artiste pour découvrir son art. Lisez l'article l'accompagnant, colonne droite.

L'info se propage à grande vitesse sur le webNous sommes à l'heure de l'instantané. Personne ne s'en plaint, sauf des victimes ne méritant pas d'avoir été ciblées. Trop tard, la nouvelle a déjà fait le tour du monde. Inévitable, mais peu nombreuses, compte tenu de la masse de la galaxie virtuelle. Nul ne sait d'où part l'info malintentionnée. Parfois, on le découvre par la suite. Parfois.

Que faire lorsque votre réputation est en jeu? Ou qu'on vous espionne? Ou que, ou que? Il n'y pas vraiment de réponse. Quelques cas : 2 vidéos, partie 1 et 2, affichées au sommet de l'écran.

Urbanisme stérilisé à l'os, sans impureté – (Tome 3 de L'Étau Policier)D’autres prirent la relève d’Howard, notamment Clarence Stein et Henri Wright. Pour eux, la rue était mauvaise, les maisons devaient lui tourner le dos et regarder vers l’arrière, la petite ville projetée devait être isolée, comme une île.

Jacobs raconte qu’ensuite, « ils s’acharnèrent à coups redoublés sur la vieille ville jugée responsable de tous les maux. Ces gens-là ne se gênaient pas pour dire ouvertement qu’ils voulaient jeter la grande ville par dessus bord », relate-t-elle.

Pour eux, c’était Mégalopolis, une monstruosité. La partie centrale de New York, où habitait Jacobs, était un «chaos figé (dixit Mumford)». La forme et l’apparence des villes n’étaient rien d’autres qu’ «un accident chaotique, résultat dû au hasard des lubies contradictoires d’un grand nombre d’individus égocentriques et malavisés (Stein)».

Quant aux centres des grandes Cités, ils se réduisaient à «des lieux remplis de bruit, de saleté, de mendiants, de boutiques et souvenirs et où la concurrence entre publicités criardes se donne libre cours (Bauer)». Le bon urbanisme, c’était l’urbanisme du projet.

Puis sont arrivées les années 1930 et le président américain Herbert Hoover (1929-1933). Il a fait le procès «des turpitudes des cités et l’éloge des vertus morales attachées aux maisons individuelles», aux petites villes et à l’herbe bien verte. Ensuite, son successeur, Franklin Delano Roosevelt, a passé à l’acte en implantant le New Deal. Le but était de contrer les conséquences de la crise économique de 1929, mais ce n’en était pas le seul.

Jacobs cite Rexford G. Tugwel, administrateur fédéral chargé du projet des banlieues modèles de la Ceinture Verte, l’une des réalisations du New Deal : «Mon idée, c’est d’aller, juste à côté des centres urbains, repérer des terrains bon marché, y bâtir des communautés se suffisant à elles-mêmes et y attirer des habitants. Puis, je retournerai dans les villes et j’y raserai les zones de taudis pour les transformer en jardins publics.»

Et la journaliste de signaler que ces sommes considérables dépensées pour l’étalement des banlieues et, parallèlement, ce manque de capitaux dont souffrent les zones urbaines classées insalubres par les urbanistes, «voilà le résultat que nos sages gouvernants désiraient atteindre en notre nom, leurs efforts ont été couronnés de succès : nous vivons maintenant cette situation». (Suite demain)

La SQ offrait ses services à rabais – (Tome 2 de L'Étau Policier) Milieu de juin 2002. Le président Prud’Homme de la FPMQ, ayant appris que les 71 policiers de la nouvelle Ville de Shawinigan (née de la fusion municipale) vont passer à la Sûreté du Québec (SQ, corps policier de la province de Québec), s’en alarme, accuse le gouvernement (péquiste) d’asséner le «coup de grâce aux policiers municipaux». (André Cédilot La Presse du 12 juin 2002)

«C’est le début de la fin, déplore-t-il. Sauf pour les grands corps (policiers), je suis convaincu que tous les autres services municipaux de police vont disparaître à moyen terme. (…) Après Shawinigan, ce sera au tour de Drummondville et St-Hyacinthe de faire de même». Selon lui, il est inconcevable que le ministre péquiste Jutras autorise le démantèlement des corps de police desservant les municipalités fraîchement fusionnées et comptant plus de 50 000 habitants.

D’autant plus choqué est-il que l’ex-ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard, avait promis l’année précédente, devant des centaines de policiers réunis en congrès, qu’il opposerait son veto à l’abolition des services de police dans ces municipalités élargies.

Prud’Homme estime que la décision de Jutras ouvre la porte aux autres. «On ne peut blâmer les maires de profiter de subventions déguisées en confiant la protection de leur territoire à la Sûreté du Québec. (...) Ça crée une concurrence déloyale, tout en incitant les municipalités qui veulent garder leur corps de police à vouloir négocier à rabais avec les syndicats».

Mentionne le cas Rimouski : «En finançant sous la table le manque à gagner de la Sûreté du Québec, le gouvernement maintient les iniquités envers les grands centres urbains qu’il avait justement l’intention de corriger avec la nouvelle carte policière». (Suite demain)

News du mercredi 5 Novembre 2008

Itinérance grandissante... ...de membres des Premières Nations et d'Inuits en milieu urbain, au Québec. Selon Édith Cloutier, directrice générale du Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or, c'est une réalité qui ne touche plus uniquement les grandes villes. Dans un mémoire soumis à la Commission québécoise des affaires sociales, elle relate ce qui se passe.

Son mémoire (23 pages, format pdf) est aussi captivant à lire qu'un bon roman. Dans le sens qu'on y découvre une réalité sociale nous faisant ouvrir grand les yeux : les Amérindiens sont pas les bienvenus chez nous. On ne parle pas ici du métis, souvent indissociable du blanc, mais de l'authentique indien. Jetons y un bref coup coup d'œil.

À Val-d'Or, les résident autochtones représentent 6.2% sur la population de plus 30 000 habitants, blanche à quasi totalité. La plus part cherchent une vie meilleure pour eux et leurs enfants. Pas aisé de s'intégrer. Ils vivent dans un système qui leur est étranger. Leur code de vie n'est pas le même que celui d'une ville.

En résulte, préjugés, manque de compréhension de leur culture de la part de blancs. Racisme et discrimination sont le lot de plusieurs, dont beaucoup s'interrogent sur leur identité et leurs propres valeurs. Écarts socioéconomiques aussi, pauvreté (51% des jeunes), exclusion sociale.

Val-d'Or, «Sin City» (Ville du péché), référence à ce qu'on y trouve : bar, machines à poker, alcool, drogue, prostituées. Le temps d'un week-end ou période plus longue. Dans un contexte social du genre, allez donc bâtir des ponts avec l'autre qui vous est étranger.

Communiqué de l'organisme, datée d'aujourd'hui (1page)
Situation géographique de Val-d'Or
Photo de la rue Principale de Val-d'Or
Plus d'infos
sur la petite ville minière de Val-d'Or

Les Québécois......iront aux urnes le 8 décembre prochain. Actuellement, le parti libéral de Jean Charest doit partager le pouvoir avec deux autres partis politiques. Vidéo de La Presse Canadienne (01:46).

L'allocution du Président Obama... – ...prononcée en fin de soirée, hier, après son élection à cette fonction. Vidéo (16:53) traduite en français. Et des photos de la victoire d'Obama et de la défaite de McCain. Dans le bas de chacune, une légende.

Un Éden... «paternaliste et autoritariste» – (Tome 3 de L'Étau Policier) La banlieue est plus ou moins née à cette même époque, en Angleterre, sous l’«inspiration» d’Ebenezer Howard, un chroniqueur judiciaire, notons-le, qui s’est intéressé à l’urbanisme. (Jane Jacobs Déclin et survie des grandes villes américaines Éditions Mardaga)

Pour lui, la ville était une injure à la nature et le mal incarné, selon ce que rapporte la journaliste américaine Jacobs. Alors pour sauver les citadins, il a cherché à tuer la grande ville, en créant le concept de la Cité Jardin.

De la description qu’elle en fait, on retient que cette petite ville autonome était surtout destinée «aux gens dociles qui n’avaient pas de projets personnels et à qui il était égal de passer leur vie en compagnie d’autres gens n’en ayant pas non plus». Comme il est de règle dans les utopies, le droit d’avoir un projet de quelque importance revenait aux seuls urbanistes officiels qui pouvaient se livrer à leurs nobles travaux sans être gênés «par des ignorants mal élevés».

Ville et ceinture verte étaient soumises en permanence au contrôle de l’autorité municipale, spéculation immobilière et modifications dans l’affectation des terrains, interdites. Pourquoi? Pour en maintenir à 30 000 le nombre de ses habitants. Il ressemblait à quoi, cet Éden? À une ville de la province anglaise, dont le château et son parc, dépeint Jacobs, étaient remplacés par des équipements collectifs, avec quelques usines dissimulées derrière un rideau d’arbres pour fournir du travail à la population.

Nouvel environnement, nouvelle vie sociale, société politique et économique reconstruite sur des bases «paternalistes et autoritaristes». Société immobile, en somme, et gouvernée par une nouvelle aristocratie. Tout le contraire de l’urbanisme, au sens démocratique du mot, voulant que la ville soit érigée selon le goût de ses citoyens. (Suite demain)

Sûreté du Québec, un État dans l'État – (Tome 2 de L'Étau Policier) Milieu de février 2002, cette déclaration du dg de la Sûreté du Québec, Florent Gagné (André Cédilot La Presse du 15 février 2002) : «Il faut que les gens comprennent qu’on s’éloigne de la police municipale. On refait la police sur une base plus régionale. (…) La façon moderne de faire de la police, ça ne se résume pas à avoir plus de policiers dans les rues. Ce n’est pas parce qu’on en voit plus qu’on est plus en sécurité. D’un autre côté, on n’est pas plus en danger si on n’en voit pas. »

Traduisons la langue de bois du dg : même si on n’en voit pas, on est quand même en sécurité à cause de la présence massive des civils et de leurs nombreux collabos dont des commerçants, que les citoyens enrichissent de leurs achats.

De plus, il affirme qu’après la réforme, il ne restera plus que 55 services de police municipaux. «L’idéal serait qu’il en reste seulement une quinzaine (sic) d’ici trois ans», dit-il. Là, les intentions du dg sont énoncées clairement. Qu’adviendra-t-il de ceux qui subsisteront alors? On l’imagine sans peine : encore quelques années et il n’en restera plus aucun, si l’on fait exception des grands corps policiers municipaux de l’île de Montréal, de Laval, de Longueuil et de la Ville de Québec.

Éclairants, les propos du dg. Ce mois de février-là, alors que la réforme est à toutes fins utiles pratiquement complétée, il l'avoue finalement. Élus municipaux et citoyens auraient probablement souhaité en être informés dès le début. Possible que leur réaction auraient été toute autre. Gagné – et son patron, le ministre péquiste Serge Ménard – leur a caché cette information, ne la sortant de sa manche qu’à la toute fin.

De son côté, l’éditorialiste Pierre Gravel de La Presse est préoccupé par l’agrandissement du territoire de la Sûreté du Québec… «Compte tenu de l’histoire récente de ce corps policier, mise en relief par le rapport Poitras à la suite de l’affaire Matticks (NDLR : Des policiers avaient trafiqués quatre preuves pour obtenir la condamnation de membres de ce groupe de criminels), et de l’influence qu’y détient le syndicat (…) Et comprendre l’inquiétude sur cette tendance vers la création de ce qui pourrait bien redevenir cette espèce d’État dans l’État (…) Ets’il est souhaitable et prudent que presque tout le monde confie son sort à la Sûreté du Québec. » ( Pierre Gravel La Presse du 17 février 2002) (Suite demain)

News du mardi 4 Novembre 2008

Obama... – …élu président des USA! standing ovation!

Suivez en direct les élections aux USA...…en cours actuellement sur Radio-Canada International. L'émission est dynamique, avec des journalistes un peu partout aux États-Unis. Et qui durera une bonne partie de la nuit, heure du Québec. Au moment d'écrire ces lignes, Obama mène largement. Je vous laisse là-dessus, je veux rien manquer de cette émission super intéressante. Ciao!

Je vous donne l'adresse intégrale au-cas-z-où

http://www.radio-canada.ca/audio-video/#urlMedia=http://www.radiocanada.ca/util/endirect/rdidirect.asx&pos=0

Bon, prenons le temps souffler un peuConcert intime de Radio-Head (52:19). Les premières chansons sont les meilleures, surtout la deuxième.

Le patriotisme, une menace à la liberté?Tolstoï : «Le patriotisme, monsieur, est l’ultime ressource des vauriens». Hervéconsidère le patriotisme comme une superstition, bien plus dangereuse, brutale et inhumaine que la religion. Frédéric le Grand : «La religion est une escroquerie mais il faut l’entretenir pour les masses.» (NDLR : En est-il ainsi du patriotisme?)

Le patriotisme réclame une allégeance totale au drapeau... Citation : Nos cœurs se gonflent d’orgueil à la pensée que l’Amérique deviendra la nation la plus puissante de la terre, et qu’elle écrasera de son talon de fer les autres nations. Telle est la logique du patriotisme. (NDLR : Les Américains ont détourné à leurs fins le mot AMÉRIQUE, en font pourtant partie Canada et Mexique.)

Emma Goldman : texte sur la définition du patriotisme
Le patriotisme américain, une autre planète
Patriot Act
, des USA

PS: Le poète et écrivain cubain Padilla écrit que le mot «Histoire» l’a séduit pendant un certain temps. (Heberto Padilla La mauvaise mémoire Éditions Lieu Commun) Il avoue même l’avoir fréquemment employé dans ses poèmes.

«Je le vois aujourd’hui comme le moyen le plus pervers d’utiliser un alibi ou une justification, lit-on dans l’un de ses ouvrages. Albert Camus n’a peut-être pas pu laisser aux philosophes professionnels une formulation rigoureuse de sa pensée, continue-t-il, mais ceux qui ont vu une révolution se faire à notre époque seront d’accord avec lui lorsqu’il écrit que le grand principe des tyrannies du vingtième siècle a été établi par Saint-Just lorsqu’il a dit : Le patriote est celui qui soutient la République en masse, quiconque la combattra dans le détail est un traître.»

PS : La Société St-Jean-Baptiste de Montréal, organisme patriotique et indépendantiste, a déjà lancé l’anathème à des députés fédéraux. Ces derniers ont réagi en intentant une poursuite judiciaire. Le juge a dit en quelque sorte à ces derniers de ne pas compter sur son support dans leur combat politique. Il y a les traîtres et les ethnies.

À cet égard, le discours de Jacques Parizeau, alors premier ministre péquiste, prononcé le soir du 30 octobre 1995, après la deuxième défaite référendaire sur l’indépendance du Québec, est particulièrement explicite.Parizeau : «Si vous voulez, on va cesser de parler des francophones du Québec, voulez-vous ? On va parler de nous ( NDLR : Les Québécois de souche…) à 60%. On a voté pour. (…) C’est vrai, c’est vrai qu’on a été battus, au fond, par quoi ? Par l’argent puis des votes ethniques, essentiellement (…).

L'affaire Mohamed Anas Bennis (suite)Hier lundi 3 novembre, à 09H55, j'ai rédigé un article à ce sujet. Lisez plus bas la manchette : Qu'est-il advenue de l'enquête... sur Mohamed Anas Bennis, abattu de deux balles, en décembre 2005, par Annick Bernier de la police de l'île de Montréal?

Par la suite, j'ai posé la question au coroner responsable de l'enquête, Me Catherine Rudel-Tessier. Voici sa réponse, que j'ai reçue aujourd'hui...

«L'enquête prévue pour la fin de septembre a été remise en raison d'une demande de la part d'un des procureurs au dossier qui ne pouvait être présent aux audiences. Elle est maintenant fixée au mois de mars 2009 (une salle a été réservée au palais de justice de Montréal à compter du 25 mars).

«Par ailleurs, vous n'êtes pas sans ignorer que la Cour supérieure est saisie d'une requête de la Fraternité (syndicat) des policiers (de Montréal) qui demande l'annulation de l'ordonnance d'enquête. Celle-ci doit être entendue au fond en janvier prochain. Aucune demande de sursis ne l'accompagne.»

Je vais suivre de près cette histoire et vous informer sur mon site des développements qui suivront.

Tout est bon dans cette vidéo... – ...images et musique. Frissons assurés pendant près de 10 minutes.

La raison de la mort de la ville conviviale – (Tome 3 de L'Étau Policier) Il existe un fossé culturel entre le citoyen vivant en milieu rural ou en banlieue, d’une part, et celui d’une grande Cité, d’autre part. Saisir cette réalité permet d’en dévoiler une autre. Car elle explique un important volet de la répression policière. Entrons dans le vif du sujet par un rapide retour en arrière.

Michelle Perrot a analysé la ville et ses faubourgs au XIXième siècle, sa conclusion (Citoyenneté et urbanité Éditions Esprit Ouvrage collectif) : «La mort de la ville conviviale est attribuable à l'enfermement dans la famille et l'horizon étroit des intérêts privés.» Elle soutient que les transformations de l'urbanisme ont participé à l'avènement du néo-individualisme.

Après avoir lu son ouvrage, on constate que la dualité espace public/espace privé remonte en partie à l’émergence du libéralisme économique. Tout s’est enclenché quand la société marchande est sortie de ses ateliers pour envahir peu à peu l'espace public afin d'y vendre ses produits. C’est alors qu’elle a commencé graduellement à imposer au citoyen, dans l’espace public, sa propre vision de la discipline, l’obligeant à se réfugier de plus en plus dans son espace privé. (Suite demain)

Le mensonge d'el comandante Michel Boudreault – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Début décembre 2001, au Saguenay-Lac-St-Jean, dans la MRC Domaine-du-Roy, l’intégration des municipaux est pratiquement terminée. Le commandant de ce district, à la Sûreté du Québec, Michel Boudreault décrit la situation ( Alexandre Gauthier l’Étoile du Lac du premier décembre 2001) : «Une fois tout le processus complété, d’ici un mois, c’est-à-dire au début de janvier 2002, la Sûreté du Québec desservira au moins 95% des 52 municipalités de la région.»

Dans l’Étoile du Lac, l’hebdo régional, une photo couleur occupe le tiers de la page une : deux policiers en uniforme, dont Boudreault, encadrent un collègue qui a enfilé pour la circonstance une tête d’ours, mais portant l’uniforme de la Sûreté du Québec et la casquette. Cependant, il n’affiche aucun sourire et son regard est tristounet. C’est sérieux ! La criminalité menace ce milieu rural où il ne se passe à peu près jamais rien. C’est dans une région peu populeuse comme celle-ci, ou dans un petit village policier comme Lac Bouchette, que l’on saisit toute la démesure de la prévention.

Ce même mois, Boudreault entretient le journaliste Normand Boivin de l’hebdo Progrès-Dimanche de la police de proximité, d’approche communautaire. (Normand Boivin – Progrès-Dimanche du 2 décembre 2001) Il explique que la Sûreté du Québec entend se faire mieux connaître de la population qu’elle dessert. Il rappelle qu’à ce corps policier le virage du concept communautaire a été pris en… 1997, mais le rapprochement ne s’est pas fait encore complètement «dans la tête des populations» desservies.

«La police de proximité suppose qu’on les implique. C’est finie (l’époque) où la police venait une fois de temps en temps pour régler tout seul un problème. La prise en charge se fait maintenant en collaboration avec le citoyen». Il souligne que peu de gens savent que chacune des municipalités desservies par la Sûreté du Québec dispose d’un patrouilleur «parrain» attitré. «Les élus les connaissent bien et souhaitent que la formule continue. (…) Nous voulons que les parrains viennent dans les municipalités expliquer aux gens ce qu’est la police de proximité».

«C’est finie (l’époque) où la police venait une fois de temps en temps pour régler tout seul un problème», a bel et bien déclaré el comandante Boudreault. Il dit clairement que lorsqu’il n’y a pas de problème, il n’y a pas de policier (en uniforme) sur place. Il fait faussement croire que la population de la petite ville ou village est alors sans protection aucune, d’où la nécessité de la police communautaire, n’est-ce-pas ? Il n’a pas dit toute la vérité, rien que la vérité… Car il sait très bien que si la police en uniforme est absente, la police en civil et ses collabos, eux, sont là. Il est évident que Boudreault ne peut dévoiler cette présence dans le sous-sol de la démocratie. Manipulation? Oui, et elle est grosse.

Le pouvoir péquiste sait que les corps policiers municipaux n’adhèrent pas uniformément au concept. Pour diverses raisons. En tête de liste, la détermination varie de l’un à l’autre, la qualité des infrastructures policière aussi et des maires ne sont pas chauds à l’idée non plus d’y investir davantage de deniers publics. Se faire réélire quand on a haussé les taxes municipales, ce n’est pas évident.

Certains doivent probablement penser que la criminalité en milieu rural n’a rien de commun avec celle d’une grande Cité, que le service de police de la municipalité suffit amplement. En outre, les élus municipaux sont nuls en matière policière, d’où une certaine mollesse qui doit irriter le pouvoir péquiste. Seule une réforme menée d’une poigne de fer par un ministre enflammé peut y parvenir. (Suite demain)

News du lundi 3 Novembre 2008

Where are you darling? – Je l'ai passée déjà sur mon site, cette chanson, il y a de ça plusieurs mois. Mais que voulez-vous, je m'en ennuie. J'adore la franco-colombienne Maria Prada. Elle a le ton et l'émotion de l'Amérique Latine.

Les faux-monnayeursUn texte drôle de Bernard de Aldecoa. Il écrit qu'il y a un problème de fausse monnaie, la monnaie signée par des faux-monnayeurs ayant pour garantie de la fausse monnaie signée par d'autres faux-monnayeurs, tous se prétendant banquiers.

Qu'est-il advenu de l'enquête...…sur Mohamed Anas Bennis, abattu de deux balles, en décembre 2005, par Annick Bernier de la police de l'île de Montréal?

Le Centre médias alternatif du Québec (CMAQ) rapporte qu'à la fin d'août 2008, le syndicat des policiers a intenté une poursuite judiciaire à l'encontre de Me Catherine Rudel-Tessier, coroner de son état, et la famille Bennis afin d'empêcher la tenue de l'enquête, sous prétexte que toutes les réponses aux questions de la famille auraient déjà été trouvées.

Cette enquête avait été décrétée en juin 2008 par la coroner en chef, le docteur Louise Nolet, lit-on dans un communiqué du bureau du coroner. L'objectif était de faire toute la lumière sur les circonstances du décès et de formuler, s'il y a lieu, des recommandations pour une meilleure protection de la vie humaine. Dans le communiqué, on indique que le lieu et la date des audiences seront annoncés dès qu'ils seront connus.

Lisez les articles sur CMAQ (dans le bas de la page) et le site justice pour Anas

PS : Je ne comprends pas l'attitude du syndicat des policiers de Montréal. Pourquoi empêcher la tenue de l'enquête? S'il n'a rien à cacher, le policier impliqué sera blanchi. S'il n'y en a pas, le doute subsistera. On dira encore que la police est au-dessus des lois. Et ce ne sera pas la première ni la dernière fois. Qui mène au Québec, la justice ou la police?

USA, les élections demainÉvénement ultra important, pas seulement pour les Américains, des citoyens des autres pays également. Au Canada, les républicains ne sont pas trop appréciés, exception faite de la droite conservatrice du premier ministre Stephen Harper.

W. Bush et son entourage immédiat y sont considérés comme des emmerdeurs qui ont à maintes reprises fourré leur nez dans nos chaudrons et fait du tordage de bras diplomatique. Ils nous tiennent par les couilles : environ 80% de nos exportations sont destinées au sympathique Oncle Sam. Nos hommes d'affaire sont des paresseux, ils préfèrent vendre chez notre voisin plutôt qu'ailleurs dans le monde. C'est moins fatiguant.

Peut-on avancer que beaucoup de terriens en ont ras-le-bol des républicains? Je le crois. Des sondages indiquent que le démocrate Obama est en avance sur son adversaire McCain. Le meilleur sondage n'en demeure pas moins toutefois celui de la journée des urnes.

Des photos de la campagne qui prend fin dans quelques heures.

Un lance-roquettes dans le slip?Passage (03:11) devant un détecteur.

Des événements survenant à point nommé – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Coïncidence, ce même mois de janvier 2001, six policiers de Granby et du Canton font l’objet de… menaces de mort. (Presse canadienne La Presse du 22 janvier 2001) Le ministre péquiste Serge Ménard attrape l’événement au vol, soutient se sentir «réconforté» dans sa volonté de réaliser la refonte de la carte policière. «C’est l’exemple d’un corps de police local qui n’est pas capable d’affronter la menace du crime organisé», déclare-t-il.

Le ministre se garde bien de parler des escouades régionales mixtes contre le crime organisé alors implantées partout au Québec. Il saisit aussi l’occasion pour rappeler la nécessité d’une loi fédérale antigang plus musclée, «le plus vite possible», pour donner plus de pouvoirs aux policiers : «Il faut une véritable loi antigang qui fasse un crime du seul fait d’appartenir à un gang.» Ménard préconise l’utilisation de la clause dérogatoire de la Charte canadienne des droits et libertés, mais le gouvernement fédéral s’y refusera.

Deux jours après, le responsable de l’Association des directeurs de police du Québec ( ADPQ ), Lorrain Audy, endosse ses propos. (Jean-Paul Charbonneau La Presse du 24 janvier 2001) Pour lutter efficacement contre le crime organisé, il faut trois ingrédients : la mise en place de la carte policière (la régionalisation), le maintien des escouades régionales mixtes (contre le crime organisé) et une véritable loi antigang. «La carte policière va conduire à des regroupements de corps policiers, ce qui va permettre d’augmenter leurs ressources humaines et une meilleure transmission des renseignements criminels ( ... )».

Audy, souligne le journaliste Jean-Paul Charbonneau de La Presse, est un ex-sous-ministre associé au ministère québécois de la… Sécurité publique et ex-membre de l’état-major de la police de l’île de Montréal.

Un autre événement survient, un mois et demi plus tard : menaces de mort rapportées le 22 janvier 2001, et cet autre, le 5 mars. Deux policiers de l’escouade mixte de la Sûreté du Québec suivent une voiture occupée par deux Evil Ones, groupe affilié aux Hell’s Angels. (Marie Allard La Presse du 5 mars 2001) Sur la route 116, à la hauteur de Ste-Madeleine, une auto surgit derrière eux, et l’homme au volant «a tenté de les faire sortir de la route en utilisant différentes manoeuvres dangereuses». Les policiers appellent aussitôt du renfort et les deux Evil Ones sont arrêtés.

Difficile de croire que ces deux policiers faisaient de la filature à bord d’une auto-patrouille de la Sûreté du Québec, une activité qui est par définition discrète. Et que les deux Evil Ones se seraient attaqués délibérément à une auto-patrouille. Donc, il s’agissait fort probablement d’un véhicule banalisé. Ordinairement, quand la police se déplace à bord d’un véhicule n’arborant pas ses couleurs, elle ne porte pas l’uniforme non plus.

Ce conducteur était-il sur les lieux pour assurer la protection de ses comparses, a-t-il pensé que la voiture qui suivait ceux-ci était occupée par des membres d’un gang criminel adverse? Questions sans réponses, car on ne sait pas ce qu’il est advenu des deux gangsters. Ça n’enlève pas au geste sa nature criminelle, mais s’il l’ignorait, il reste qu’on ne peut plus parler d’une attaque visant spécifiquement deux policiers.

Le ministre Ménard n’en tire pas moins profit, là encore, pour faire la promotion d’une véritable loi antigang, impliquant le recours à la clause dérogatoire de la Charte fédérale des droits et libertés. Parlant des motards, il déclare qu’ «ils n’ont aucune discipline, et plusieurs sont prêts à prendre des risques inédits jusqu’à maintenant, dans le but de se signaler à l’attention des chefs des organisations. C’est très inquiétant», s’alarme-t-il.

Le contexte politique prévalant alors à Ottawa vaut d’être rappelé : octobre-novembre 2000, élections générales au Canada desquelles les libéraux de Jean Chrétien sortent vainqueurs. Anne McLellan retrouve son poste de ministre de la Justice et, en avril 2001, dépose son projet de loi antigang C-24. Constatons qu’il est des événements arrivant à point nommé. (Suite demain)

News du dimanche 2 Novembre 2008

Nils Petter Molvaer : TLONJe reviens à mon article d'hier samedi. (Plus bas dans cette page, visionnez les vidéos : La France, à l'heure de Guantanamo) C'est que je veux vous faire entendre, ou réentendre dans sa version intégrale, la pièce musicale exceptionnelle, dont je parlais alors.

Mes remerciements à Thomas Lacoste, le réalisateur français de l'excellent documentaire Rétention de sûreté, qui m'a fourni les infos dont j'avais besoin pour identifier et trouver sur le web la fameuse pièce musicale TLON de Nils Petter Molvaer.

Elle arrive à point nommé dans son film, à la toute fin. Après qu'on ait pris conscience du cauchemar machiavélique du populiste Sarkorzy, TLON intensifie notre émotion, notre indignation. Un documentaire des plus utiles à nos sociétés démocrasouillées, car les États occidentaux ont tendance à se copier-coller.

Nils Petter Molvaer : TLON (07:52)
Dans la page s'affichant, cliquez sur la flèche, à gauche
Nils Petter Molvær : Trumpet, bass, samples
Eivind Aarset : guitar treatments, talk box
Morten Molster : guitar
Rune Arnesen : drums
Ulf W. O. Holand : samples

Si l'hyperlien ne fonctionne pas, cliquez sur l'adresse ci-dessous
http://www.deezer.com/#music/result/all/nils%20petter%20molvaer%20%3A%20Tlon

Et si ça ne marche toujours pas, allez à cette adresse (http://www.deezer.com) Dans la page s'affichant, inscrivez dans le fenêtre... Nils Petter Molvaer : tlon
Et vous aurez enfin accès à cette pièce musicale monumentale

Peu importe le pays où vous habitez
Signez la pétition
pour l'abolition de la loi sur la rétention de sûreté

Les films de Thomas Lacoste

Une chanson qui est de mise
En ces temps où la droite propage la peur
Charlelie Couture : Appel à l'aide

Et pour voir l'horreur dans sa finalité
Une bonne partie (01H11) du film Minority Report de Steven Spielberg, en anglais

CaricaturesMcCain joue son va-tout...
Les banquiers prennent des cours de pauvreté
La crise touche à sa fin
Suicides en prison
Fin des parachutes dorés
Risques limités pour les banquiers français
On ne rigole pas avec la sécurité...
L'offre raisonnable d'emploi
L'armée recrute
À quoi sert un sénateur?
Du matériel en Afghanistan
etc........

On fusionnera, que ça plaise ou non – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Alors que la réforme policière s’en vient au pas de charge, une autre prend son élan. En décembre 2000, après avoir suspendu les règles de procédure et imposé le bâillon à l’opposition, le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard adopte la loi 170 créant les nouvelles villes de Montréal, Longueuil, Hull-Gatineau, Québec et Lévis. On fusionnera, que cela plaise ou non. En tout, une soixantaine de municipalités seront groupées en cinq grandes agglomérations urbaines. (Martin Pelchat La Presse des 20 et 23 décembre 2000)

Et on ne s’arrêtera pas là, se promet le premier ministre Bouchard : «On va le faire dans la région de Sherbrooke, de Trois-Rivières, du Saguenay-Lac-St-Jean, le Bas-du-Fleuve. Il faut faire l’opération partout. On a 1 400 municipalités au Québec.» En outre, Québec n’entend pas faire la sourde oreille à celles qui n’y seront pas obligées.

L’opération sera menée rondement par la ministre péquiste des Affaires municipales, Louise Harel, qui l’a dit clairement : «les municipalités sont les créatures du gouvernement.» Prud’homme, président de la Fédération des policiers municipaux du Québec, doit être content d’entendre ces propos. (Martin Pelchat - La Presse du 9 décembre 1999)

Simultanément, ce même mois, une troisième réforme est annoncée : l’implantation à la grandeur du Québec du concept de la police communautaire. Le journaliste Jean-Paul Charbonneau de La Presse assiste, à Laval, à la présentation du document Vers une police communautaire, publié par le ministère péquiste de la Sécurité publique. (Jean-Paul Charbonneau La Presse du 8 décembre 2000 )

On y indique que le moment (fusions municipales et policières) est particulièrement opportun, pour les corps policiers ( municipaux ) qui ne l’ont pas encore fait, d’entreprendre le virage proposé. «En effet, est-il précisé, la réforme des services policiers, qui s’amorcera sous peu, entraînera une réorganisation de leurs activités. Les autorités policière doivent donc saisir cette occasion pour procéder à la réforme de leurs organisations, avec l’objectif d’implanter résolument (sic) les principes de l’approche communautaire.»

Notons que les Bouchard, Ménard, Larose, Prud’Homme, Simoneau et Gariépy, pour ne nommer qu’eux, se gardent bien de préciser que dans un Québec quadrillé mur à mur par les flics en civil, appuyés tactiquement par leurs collabos, sans omettre agents et agentes de sécurité en civil sévissant en milieu de travail et dans les centres commerciaux, la télésurveillance et les mégabanques informatisées, le gouvernement péquiste, et ceux qui lui succèderont, pourra tout à loisir affiner davantage la momification de tous les Québécois.

Du reste, tous vivent déjà sous l’oeil suspicieux de Big Brother et Big Sister, et de leurs petits frères et petites sœurs, les collabos. Mais en serrant davantage l’étau, qu’ils s’approchent davantage de l’État policier, peu leur importe, à ces élus et présidents-policiers. Le gouvernement Bouchard veut laver et essorer la société civile et est disposé à concéder à ces derniers ce qu’ils veulent, en autant qu’ils poursuivent, avec une efficacité accrue, le travail clandestin qu’il attend d’eux. (Suite demain)

News du samedi 1 Novembre 2008

L'Observatoire international des prisons...… est l'un des sites défendant les droits des détenus, en Occident. Alors si vous voulez savoir quelles sont les conditions de vie en milieu carcéral, c'est un endroit à visiter. Dans les vidéos qui suivent, vous en apprendrez un petit peu plus.

Vidéo 1, bande-annonce du film À Côté, de la réalisatrice Stéphane Mercurio. Elle traite des épouses ou compagnes dont l'homme est incarcéré à la prison de Rennes. Il sera à l'affiche le 29 octobre, en France.

Vidéo 2 (18:10) Rétention de sûreté, une peine infinie. Vous l'avez peut-être vue, elle est dans le lot de celles de l'article précédent.

Vidéo 3, Prisons hors la loi. Quelques témoignages et l'intervention de personnes connues, dont le chanteur français Julien Clerc, demandant l'application de la loi accordant des droits aux détenus.

Vidéo 4, entrevue avec un détenu libéré après sa peine, auteur d'un livre : La nuque raide. Il relate que des détenus sortent de prison pires qu'ils y étaient entrés, et que la majorité sortent cassés de cette expérience.

PS : (Extrait du tome 2 de L'Étau Policier) Jeudy écrit que si les détenus racontent souvent la manière dont ils sont avilis, réduits à l’état de larve humaine, ils montrent bien comment le retournement de la violence se réalise contre leur propre corps. (Henri-Pierre Jeudy La peur et les média Éditions PUF) La peine de mort peut être abolie, mais il est alors question de maintenir la perpétuité de la souffrance, celle-ci venant remplacer la mort.

Jeudy parle des auteurs d’actes de violence, mais le pouvoir et sa police applique sa même violence aux citoyens non-violents. Ce qui se passe généralement dans les prisons n’est rien d’autres que de la torture camouflée. (Lasierra R. et Lauret JC La torture et les pouvoirs Éditions Ballano)

Il existerait au moins un cas d’exception : Bernadette Van Dam, directrice d’une prison pour femmes à Heerhugowaard, dans les Pays-Bas. Elle veille à minimiser les dégâts chez celles perdant leur liberté. (Bernadette Van Dam – La Presse du 29 juillet 2000) «Ici, les femmes peuvent retrouver leur amour-propre, dit-elle. Leurs enfants souffrent moins. La façon dont on traite les prisonniers est un reflet de la façon dont la société traite ses citoyens.» Cette dernière phrase vaut la peine d’être retenue.

La France, à l'heure de Guantanamo – Décalage (dérapage) horaire attribuable à la loi sur la rétention de sûreté mise en vigueur le 28 février 2008. Un vrai cauchemar, cette législation de Nicolas Sarkozy, qui diminuera dans l'estime de bien des gens de la planète lorsqu'ils seront mis au courant de ses aboutissements. Le nom de Machiavel, Nicolas de son prénom, me vient à l'esprit : la soif de pouvoir du populiste justifiant les moyens.

Les vidéos que vous allez voir, nous expliquent tout. Ce ne sont pas des monsieur-madame-tout-le-monde parlant de ce qu'ils ne connaissent pas, disant n'importe quoi, lisez la liste ci-dessous...

Intervenants :
Emmanuelle Perreux
, prés. Syndicat de la magistrature et juge de l'application des peines
Christian Charrière-Bournazel
, avocat et bâtonnier de Paris
Daniel Zagury
, psychiatre, expert à la Cour d'appel de Paris
Véronique Mao
, surveillante pénitentiaire et secrétaire national de l'Union générale des surveillants pénitentiaires
Sophie Desbruyères
, conseillère d'insertion et probation
Jean Bérard
, historien et membre de l'Observatoire international des prisons
Claude-Olivier Doron
, philosophe
Jean-Pierre Boucher
, juge de l'application des peines au tribunal de grande instance de La Rochelle

Vidéo 1 (18:13) – Toutes les vidéos se suivent
Rétention de sûreté, une peine infinie
Avec des séquences du film Minority Report de Steven Spielberg
Comme si les droits de l'homme étaient modulables, s'appliquaient de façon différente suivant la catégorie des personnes. Tout à fait contraire d'un État de droit : mêmes règles pour tous, mêmes droits et obligations. Être impitoyable envers les misérables, clément envers les puissants. Double langage, juges priés de s'y plier. Populisme pénal (du politique), alors que la récidive en France est extrêmement faible : 1%. Après sa peine, détenu transféré dans un centre de rétention si présentant un risque. Dangerosité évaluée sans critères objectifs. Prisons, des pourrissoirs où on tourne en rond, désespéré, sans perspectives.

Vidéo 2 (18:19)
Psy détenant la clé des oubliettes (les cellules). Diagnostic sujet à l'erreur, par excès ou défaut. À court terme, risque d'un système générant plus de récidive, de dégât dans les prisons et d'entrave à l'ensemble des professionnels, qui n'oseront plus donner un avis. Danger de paralysie. Besoin d'un bout de tunnel, porte de sortie, espoir, sinon, haine entre détenus et à l'égard du personnel pénitentiaire. Insertion devenue caduque depuis des années.

On nous propose de retenir en prison des potentiels coupables d'un crime qu'ils pourraient peut-être commettre. Syndicat des surveillants pénitentiaires combattra les dérives totalitaires de ceux qui veulent détenir arbitrairement celui qui a purgé sa peine. Rétention créant l'incertitude quant à la fin de la peine. Comment motiver une personne à se réhabiliter dans ce contexte? On oublie que la peine prévient la récidive. Situation poudrière en devenir. Rétention, réponse médiatique (du politique) à un fait divers. Laisser les spécialistes en réadaptation faire leur travail, au lieu d'adopter encore des lois.

Vidéo 3 (14:30)
Emmurés préférant en finir que de se voir crever à petit feu, sans espoir. Prison, pas un lieu de soin, le soignant décidant de la dangerosité, de la rétention après la peine purgée. Relation bienveillante avec un soignant, impossible. (NDLR : une subpeine, à l'image du capitalisme sauvage) Absence de relations thérapeutiques et oppression totale. Étude démontrant que sur 10 détenus en rétention, il s'en trouve un seul de dangereux. Enfermements abusifs. Sans en omettre l'élargissement éventuel, par exemple le chauffard et autres. Où s'arrêtera l'abus?

Vidéo 4 (17:08)
Réformes répressives restreignant les droits. Rétention remettant en cause la quasi totalité des principes sur lesquels la justice pénale était fondée. Dangerosité, notion subjective, scientifiquement inexistante. Lien avec Guantanamo, enfermant des gens sans droit. Régression catastrophique des droits de la défense, des libertés publiques et de l'État de droit, tout simplement. Très grave. On voudrait fabriquer des monstres, qu'on ne s'y prendrait pas autrement. La mort sociale comme avenir. Improductif.

PS : À la fin de cette dernière vidéo, prenez le temps de bien capter le message de la création musicale exceptionnelle. Le mixage musique électronique et instruments traditionnels ouvre des horizons vraiment inexplorés. L'émotion est d'une telle intensité...

Signez l'appel : la rétention de sûreté doit être abolie
Nicolas Machiavel
, la soif de pouvoir du populiste justifiant les moyens
Une bonne partie (01H11) du film Minority Report de Steven Spielberg, en anglais

La révolution péquiste contre les citoyens  – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) J’invite le lecteur à lire gratuitement mon premier livre, L’Étau Policier, tome 1, dans la page d'accueil, la colonne de droite. J’y relate en détail mon enquête sur le terrain, ce qui lui permettra de découvrir les multiples activités clandestines et illégales de la police en civil et de ses collabos. J’y traite aussi, entre autres, de la police de quartier, qui est une vaste opération de relations publiques visant à infiltrer tous les citoyens, de l’idéologie de la peur ainsi que de l’agitation policière et politicienne en vu d’obtenir des lois plus sévères. Ce premier tome aide à la compréhension de celui-ci, tome 2, où j’aborde d’autres aspects de mon enquête.

À la même époque où se déroulait l’agitation policière et politicienne décrite dans le premier livre, le Québec, sous l’impulsion des gouvernements péquistes successifs de Lucien Bouchard et de Bernard Landry, consolidait sans relâche son étau policier. Les réformes étaient majeures : fusions municipales, régionalisation des corps policiers, intégration de policiers municipaux au sein de la Sûreté du Québec, agrandissement du territoire de celle-ci, élargissement de la police communautaire bidon à la grandeur de la province.

Depuis quelques années le soit disant modèle communautaire était déjà appliqué, notamment à la police intermunicipale de l’île de Montréal et à la Sûreté du Québec, mais, là, on l’épandait partout, telle une tache d’huile. Toutes ces réformes menées simultanément, et imposées de gré ou de force.

En outre, elles étaient intimement liées entre-elles. Les fusions municipales préparaient le terrain des trois autres, de nature policière celles-là. Le gouvernement péquiste procédait sans dire à la population de quoi il s’agissait exactement. Pas de débat de fond, seulement quelques phrases stéréotypées, énoncées de temps à autre : lutter contre le crime organisé, la drogue, etc.

Tout comme Vera Danyluk, présidente de l’ex-Communauté urbaine de Montréal (CUM), l’avait fait avant lui quand, au milieu des années 1990, elle avait annoncé que la nouvelle approche policière serait la norme sur l’île de Montréal. Prêtons oreille à cette déclaration du ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard, émise en mai 1999 : «(...) le concept de la police communautaire devrait satisfaire les gens complètement». (Jean-Paul Charbonneau La Presse du 7 mai 1999) Le tout bâclé en une seule phrase.

Le citoyen en arrive à se dire que ce ne peut être que bon pour lui puisque le pouvoir politique, la police et même certains savants criminologues le disent. (Suite demain)