News du lundi 30 Novembre 2009

  Une experte de l'ONU dénonce l'interdiction de construire de nouveaux minarets en Suisse – Asma Jahangir considère qu'il s'agit d'une discrimination claire à l'égard de la communauté musulmane. Elle équivaut à une restriction disproportionnée sur la liberté de manifester sa religion. Selon elle, le vote majoritaire des Suisses nous rappelle qu'aucune société n'est à l'abri de l'intolérance religieuse. Signale que ce pays avait ratifié le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dont le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion.

PS : En Occident, la peur de l'islam totalitaire est une réalité. Voir mes news d'hier dimanche, manchette "Référendum : 57,5% des Suisses contre la prolifération de minarets".

  L'itinérance : tel que promis, Québec déposera-t-il son plan d'action "avant les grands froids" ? - Hier dimanche, conférence de presse du Réseau Solidarité Itinérance du Québec (RSIQ) qui s'inquiète du mutisme de la ministre déléguée aux Services sociaux Lise Thériault. La Commission parlementaire a déposé son rapport sur la situation le 4 novembre dernier. L'Organisme attend la suite. L'hiver s'en vient à grands pas.

Il est appuyé par le bâtonnier sortant du Barreau du Québec, Me Gérald R. Tremblay : "Le Barreau est préoccupé par la problématique de l'itinérance. Cette façon de donner continuellement des amendes aux sans-abri est ridicule et contre-productive. La justice sans compassion mène à l'injustice".

  Le ministre péquiste Ménard et des événements arrivant à points nommés – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Un autre événement survient, un mois et demi plus tard : menaces de mort rapportées le 22 janvier 2001, et cet autre, le 5 mars.

Deux policiers de l'escouade mixte de la Sûreté du Québec suivent une voiture occupée par deux Evil Ones, groupe affilié aux Hell's Angels. (Marie Allard -- La Presse du 5 mars 2001) Sur la route 116, à la hauteur de Ste-Madeleine, une auto surgit derrière eux, et l'homme au volant «a tenté de les faire sortir de la route en utilisant différentes manoeuvres dangereuses». Les policiers appellent aussitôt du renfort et les deux Evil Ones sont arrêtés.

Difficile de croire que ces deux policiers faisaient de la filature à bord d'une auto-patrouille de la Sûreté du Québec, une activité qui est par définition discrète. Et que les deux Evil Ones se seraient attaqués délibérément à une auto-patrouille. Donc, il s'agissait fort probablement d'un véhicule banalisé. Ordinairement, quand la police se déplace à bord d'un véhicule n'arborant pas ses couleurs, elle ne porte pas l'uniforme non plus.

Ce conducteur était-il sur les lieux pour assurer la protection de ses comparses, a-t-il pensé que la voiture qui suivait ceux-ci était occupée par des membres d'un gang criminel adverse? Questions sans réponses, car on ne sait pas ce qu'il est advenu des deux gangsters. Ça n'enlève pas au geste sa nature criminelle, mais s'il l'ignorait, il reste qu'on ne peut plus parler d'une attaque visant spécifiquement deux policiers.

Le ministre Ménard n'en tire pas moins profit, là encore, pour faire la promotion d'une véritable loi antigang, impliquant le recours à la clause dérogatoire de la Charte fédérale des droits et libertés. Parlant des motards, il déclare qu'«ils n'ont aucune discipline, et plusieurs sont prêts à prendre des risques inédits jusqu'à maintenant, dans le but de se signaler à l'attention des chefs des organisations. C'est très inquiétant», s'alarme-t-il.

Le contexte politique prévalant alors à Ottawa vaut d'être rappelé : octobre-novembre 2000, élections générales au Canada desquelles les libéraux de Jean Chrétien sortent vainqueurs. Anne McLellan retrouve son poste de ministre de la Justice et, en avril 2001, dépose son projet de loi antigang C-24. Constatons qu'il est des événements arrivant à points nommés. (Suite demain)

  Je deviens responsable du journal local du village de Lac Bouchette : d'Un Lac à l'Autre - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Se pose la question : par où commencer? Ce n'est pas en demeurant claquemuré chez moi que je découvrirai le milieu. Au contraire, je dois me mêler à la population.

Deux mois après mon arrivée, à la suggestion d'un citoyen auquel j'avais fait part de mon expérience en journalisme, infographisme et éditique, j'offre bénévolement mes services au responsable du journal communautaire local D'un lac à l'autre, un mensuel publié dix fois l'an et distribué gratuitement à 600 exemplaires. J'en deviens à la fois l'éditeur délégué et le journaliste attitré. J'en éditerai quatre numéros : septembre, octobre, novembre et décembre 1999.

Ce job de bénévole m'ouvre aussi toutes les portes, et d'un seul coup. Difficile de trouve meilleur poste d'observation. Je veux faire la comparaison entre un village rural et la Cité policière, entre une police provinciale (la Sûreté du Québec) et une police municipale (corps policier de l'île de Montréal).

Cela vaut le coût puisque les deux entités sont aux antipodes l'une de l'autre : 1, 370 citoyens versus un million (c'était Montréal d'avant la fusion municipale de janvier 2002), le grand calme rural versus l'intensitéd'une grande Cité, la criminalité rurale versus la criminalité urbaine, etc. En milieu rural, toutes proportions gardées, la police en civil est-elle aussi omniprésente qu'à Montréal? Ses activités de filature, d'infiltration et de déstabilisation sont-elles les mêmes? Plein de points d'interrogations se bousculent dans ma tête. (Suite demain)

News du dimanche 29 Novembre 2009

  Rien de superficiel, ici – Dans la page s'affichant, 5 thèmes à développer : Mode (Chapitre 1), Culture (2), Voyage (3), Vidéo game (4) et Art (5). J'ai opté pour le "chapitre 2", qui traite de la "Culture". Belle richesse humaine à découvrir.

Les gens s'expriment franchement dans leur définition de l'audace (André, artiste, roi de la nuit), du caractère (Ara Starck, peintre), de la création (India Mahdavi, architecte d'intérieur et designer), du désir (Barbara Schulz, actrice), de l'élégance dans la vie (Clémence Poésy, actrice), l'héritage (Enki Bilal, dessinateur et scénariste de bd, réalisateur), l'unique (Claire Castillon, écrivaine), du vertige (Angelin Preljocaj, chorégraphe), du visionnaire (Noé Duchaufour-Lawrance, architecte d'intérieur).

  Référendum : 57,5% des Suisses contre la prolifération de minarets – Une initiative de plusieurs dirigeants du Parti populaire suisse (SVP), le plus important du pays. Déclaration de l'un des parrains de la consultation, Walter Wobmann : "Nous voulons seulement mettre un terme à une islamisation plus importante de la Suisse, je veux parler de l'islam politique. Les gens peuvent pratiquer leur religion, aucun problème là-dessus. Nous voulons éviter d'autres évolutions : les minarets, l'appel à la prière, la charia".

  Le policier Audy, ex-sous-ministre à la Sécurité publique, est d'accord avec le ministre de la... Sécurité publique - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Ce que nous savons de l'implantation de la carte policière de Ménard, c'est ce qu'en ont rapporté les médias. Au Saguenay-Lac-St-Jean, où j'habite depuis la fin de juin 1999, elle n'a fait l'objet d'aucun débat public. Compréhensible : comment débattre d'une question quand on en ignore les enjeux véritables?

Dans cette région, la réforme Ménard s'enclenche vraiment quand le ministre décrète, au début de 2001, ainsi que le rapporte l'Étoile du Lac, un hebdo régional, que des villes comme Roberval, St-Félicien et Dolbeau-Mistassini ne disposent pas d'un bassin de population suffisant pour garder leur corps de police municipale, que la Sûreté du Québec devra prendre le relais. (l'Étoile du Lac du 21 janvier 2001)

Coïncidence, ce même mois de janvier, six policiers de Granby et du Canton font l'objet de... menaces de mort. (Presse canadienne -- La Presse du 22 janvier 2001) Le ministre Ménard attrape l'événement au vol, soutient se sentir «réconforté» dans sa volonté de réaliser la refonte de la carte policière. «C'est l'exemple d'un corps de police local qui n'est pas capable d'affronter la menace du crime organisé», déclare-t-il : d'après la Presse canadienne, ses effectifs à la suite de la réforme passeraient de 50 à 85. Le ministre se garde bien de parler des escouades régionales mixtes contre le crime organisé alors implantées partout au Québec.

Il saisit aussi l'occasion pour rappeler la nécessité d'une loi fédérale antigang plus musclée, «le plus vite possible», pour donner plus de pouvoirs aux policiers : «Il faut une véritable loi antigang qui fasse un crime du seul fait d'appartenir à un gang.» Ménard préconise l'utilisation de la clause dérogatoire de la Charte canadienne des droits et libertés, mais le gouvernement fédéral s'y refusera.

Deux jours après, le responsable de l'Association des directeurs de police du Québec (ADPQ), Lorrain Audy, endosse ses propos. (Jean-Paul Charbonneau -- La Presse du 24 janvier 2001) Pour lutter efficacement contre le crime organisé, il faut trois ingrédients : la mise en place de la carte policière (la régionalisation), le maintien des escouades régionales mixtes (contre le crime organisé) et une véritable loi antigang. «La carte policière va conduire à des regroupements de corps policiers, ce qui va permettre d'augmenter leurs ressources humaines et une meilleure transmission des renseignements criminels (...)».

Audy, souligne le journaliste Jean-Paul Charbonneau de La Presse, est un ex-sous-ministre associé au ministère québécois de la... Sécurité publique et ex-membre de l'état-major de la police de l'île de Montréal. (Suite demain)

  Je quitte Montréal et m'installe dans le petit village de Lac Bouchette - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Fin juin 1999, je quitte la Cité policière pour m'installer définitivement à Lac Bouchette, au Lac-Saint-Jean. Deux ans et demi déjà que j'ai ouvert ce chantier. Je sens en moi l'urgence de le terminer au plus vite. À Montréal, la tâche serait insurmontable. L'air y est devenu irrespirable, peur aussi de dérapages, crainte de plus en plus présente.

Dès mon arrivée, plein d'indices m'indiquent que la matière journalistique n'y manque pas : petit village tricoté serré, comportements stéréotypés, climat de gravité ambiante, rues désertes. Le Québec uniculturel et unidimensionnel, et catho aussi. Je jubile. L'occasion, tout à fait inattendue, d'enquêter dans un autre milieu. J'ignore que j'en aurais encore pour... quatre autres années. La moisson sera riche, considérablement plus qu'à Montréal.

Dans une petite municipalité rurale, ai-je constaté sur le terrain, l'effet sociétal de la pseudo police communautaire est encore plus palpable que dans une grande Cité. Plus visible aussi, la présence de la police en civil et, il faut bien le dire, de certains élus municipaux, d'employés et de pompiers volontaires jouant à la police en civil, sans omettre les collabos.

À cette échelle réduite de 1 370 habitants, on en vient assez rapidement à se connaître les uns les autres, sinon personnellement à tout le moins de visu, avec nom, adresse, numéros de téléphone et de la plaque minéralogique, et occupation... Ici, je le découvrirai au cours des années qui suivront, c'est la police communautaire dans sa forme probablement la plus achevée. Le village ne disposant pas de son propre corps policier, nous traiterons donc de la police en civil de la Sûreté du Québec (SQ). (Suite demain)

News du samedi 28 Novembre 2009

  Comment se débrouille-t-on en ces temps de crise économique? - L'échelle sociale est constituée de plusieurs barreaux. Plus vous tombez de haut, plus ça fait mal. On peut cependant amortir les chocs en tenant compte de certaines bonnes idées circulant sur le web.

Dès que j'y trouve des infos significatives à ce sujet, je vous en fais part aussitôt. Par exemple hier j'ai publié deux textes sur les coûts du logement aux USA : j'attire surtout votre attention sur "Take Back the Land", celui du quartier pauvre de Miami, que je vous invite à lire plus bas.

Aujourd'hui, suis tombé pile sur un reportage (01H) de l'émission "Temps Présent" de la télévision-suisse-romane (TSR) traitant de la débrouille de citoyens en ces temps difficiles. Savoir où couper dans les dépenses, faire preuve d'astuces pour rebondir, améliorer sa communication avec les autres, partager, en profiter même pour changer de vie, etc. L'approche humaine est au centre de ce docu. La deuxième partie de l'heure porte sur de nouveaux rituels de célébration du mariage où la religion est totalement absente. 

  La vente à rabais des services de la Sûreté du Québec, le coup fourré du ministre péquiste Serge Ménard aux municipalités - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) En février 2001, bâton et carotte donnent déjà des résultats. La MRC de Vaudreuil-Soulanges est la première, officieusement en tout cas, à se plier aux exigences du ministre Ménard. Même en fusionnant les cinq corps de police opérant sur son territoire, elle ne peut offrir un service aussi complet à un prix aussi bas que celui de la Sûreté du Québec. Les membres de la MRC optent donc pour l'intégration.

Ce même mois, dans la MRC de Montcalm, le président de la Fraternité des policiers de la Régie de police de Montcalm, Guillaume Vezeau, la... recommande. Le reste du territoire est déjà desservi par la Sûreté du Québec. Les policiers municipaux, toutes municipalités confondues, le souhaitent également car salaires, conditions de travail et possibilités d'avancement y sont largement supérieurs. Le ministre l'a bien compris puisqu'il ouvre les portes à ceux qui accepteront de changer d'uniforme, et à leur directeur, le poste de lieutenant.

La grande vente à rabais des services de la Sûreté du Québec fait tiquer la Fédération des policiers municipaux du Québec (FPMQ) du président Prud'Homme. (Jean-Paul Charbonneau -- La Presse du 10 avril 2001) Ainsi, elle n'a pas aimé qu'à Rouyn-Noranda, en Abitibi, Ménard parle d'économies d'1,5M$ aux municipalités qui accepteraient de joindre les rangs de la Sûreté du Québec.

Autre exemple : «À Sorel-Tracy, selon la FPMQ, les maraudeurs (sic) de la Sûreté du Québec avancent des économies d'1M$. (...) Nous nous sommes toujours objectés au système de rabais consenti pour les services de la Sûreté du Québec, déclare Prud'Homme, parce qu'il crée une compétition déloyale et une situation injuste pour les municipalités qui maintiennent un corps de police municipale.»

La FPMQ recommande «que les services de la Sûreté du Québec soient facturés à cent pour cent des coûts et que l'État verse aux villes qui maintiennent un corps de police (municipal) une contribution équivalente». (Suite demain)

  L'underground policier n'a pas les mains très propres - (Suite tome1de L'Étau Policier) Au rez-de-chaussée de la démocratie, le citoyen non initié n'entend que le discours légaliste, ne voit que la vitrine d'hommes et de femmes à l'uniforme impeccablement propre et pressé, apparemment au-dessus de tout soupçon. L'air de braves petits scouts de Baden Powell et de petites guides toujours prêts à aider l'aïeul et l'aveugle à traverser la rue.

Seulement voilà, au fil des semaines et des mois d'enquête sur le terrain apparaissent des fissures qui finissent par faire réaliser qu'au sous-sol, l'underground policier n'a pas les mains très propres. Aucune preuve directe mais une convergences de faits et de recoupements irréfutables. Le pire n'est pas toujours sûr.

Casamayor fait une description réaliste de l'approche du pouvoir et de ses civils en matière de répression. (Louis Casamayor -- La Police -- Gallimard) Il dit que les sanglantes répressions des temps barbares ne sont pas des effets policiers. «C'est, au contraire, les sociétés lisses dont la surface n'est pas plus agitée que celle d'un étang qui révèlent la puissance de l'emprise policière. La meilleure répression est celle qui ne se voit pas.»

Je l'ai souvent constaté sur le terrain. Vrai, qu'on ne la voit pas. Vrai qu'elle laisse des traces indélébiles nous indiquant son omniprésence : climat de gravité ambiante et stéréotypes. C'est comme entrer dans une maison et constater que les enfants filent doux. Vous n'avez pas besoin d'être témoin de la rigueur disciplinaire des parents pour comprendre ce qui s'y passe. Normal dans une société libre? Non, mais inévitable quand des activités policières sont enveloppées du secret absolu, et leurs auteurs assurés de l'impunité. Dans ce contexte, la liberté est une figure théorique.

À l'époque de mon enquête dans la Cité policière, qui s'est étalée de décembre 1996 à la fin de juin 1999, les civils de l'île de Montréal étaient les camions balais des membres du Comité exécutif de la Communauté urbaine de Montréal (CUM), du Comité exécutif de la Ville de Montréal et du Conseil des ministres du gouvernement du Québec. Vera Danyluk régnait à la présidence de la CUM, Pierre Bourque à la mairie de Montréal, le péquiste Lucien Bouchard au sommet de la hiérarchie politique au Québec, et Serge Ménard régnait au ministère de la Sécurité publique.

Avant l'arrivée des péquistes au pouvoir, on ne peut exclure l'hypothèse que les libéraux aient utilisés les mêmes méthodes. Le pouvoir politique n'étant jamais visé par la critique, ce sont encore et toujours les policiers qui écopent, mais n'en exécutant pas moins les tâches qu'on leur demande d'accomplir. (Suite demain)

News du vendredi 27 Novembre 2009

  Y'a pas que la misère en ce monde, heureusement ! – On dénonce puis après on s'amuse, chaque chose en son temps. Bon clip (03:31) de Christophe Willem : Heartbox.

  USA (suite) - Raquel Rolnik, rapporteuse spéciale de l'ONU, affirme que les prix des logements aux USA demeurent trop élevés pour beaucoup d'Américains. Incapable de payer à la fois loyer du mois et prêt immobilier en cette période de crise économique, ils risquent de se retrouver sans toit. Le nombre de sans abris ne cesse d'augmenter.

Elle a dévoilé son rapport après avoir visité plusieurs grandes villes, dont New York, Chicago, Washington, Nouvelle-Orléans, Los Angeles, ainsi que des réserves amérindiennes.

  Take Back the Land - Dans l'un des plus pauvres quartiers de Miami, un petit groupe de citoyens identifié de ce nom, a réussi à loger des familles sans abri dans dix maisons saisies par des banques. Sans le consentement de ces dernières et sous les regards de policiers qui n'osent pas intervenir. Selon l'un des membres du groupe, rapporte Olivier Cyran du Monde Diplomatique, "la police sait que le quartier est derrière nous et provoquer une émeute n'est pas sa priorité du jour".

  Méli-Mélo - Des terroristes, pas de doute ; No future : sarkopunk sympa ; la liberté dans le fond de l'océan ; ce qui semble être un refus de l'immigration ; quelques trucs anti-pubs ; nouveaux modèles de radars ; graffitis de Rouen, France ; homme à la fenêtre ; muraille peinte ; plusieurs photos intéressantes + plus bas dans la page, sous "Related Posts", beaucoup d'autres sous les trois images.

  Le ministre Ménard offre aux municipalités les services de la Sûreté du Québec à un prix hors compétition - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Environ deux semaines après, Ménard présente enfin sa nouvelle carte policière. Le corps policier de l'île de Montréal ne sera toutefois par touché par la réforme. (Jean-Paul Charbonneau et Martin Pelchat -- La Presse du 20 décembre 2000 et des 20 et 25 février 2001) (Document de consultation ministérielle sur l'organisation policière au Québec -- Vers une nouvelle carte policière -- Ministère de la Sécurité publique -- Décembre 2000)

Il impose de nouveaux services de base en fonction de l'importance de la population des agglomérations, ce qui en forcera plusieurs à fusionner leurs corps policiers ou à recourir... à la Sûreté du Québec. Il soumet «une hypothèse» où les agglomérations urbaines de moins de 30 000 habitants seraient «réservées» à la Sûreté du Québec et celles de plus de 50 000 aux policiers municipaux. De fait, le ministre ne soumettra pas, il imposera, à la fois directement et indirectement.

En outre, celles dont la population se situe dans la médiane 30 000-50 000 auraient le choix de recourir à la Sûreté du Québec ou créer leur propre corps de police unifié. Ménard fait siens les arguments de l'Association des directeurs de police du Québec (ADPQ) voulant que les regroupements permettront une amélioration des services et une lutte plus efficace contre... le crime organisé.

À Rouyn-Noranda, une agglomération médiane, le ministre fait miroiter une économie d'échelle d'1M$ ou d'1,5M$, on ne sait trop. C'est que, en plus d'imposer des services policiers trop coûteux, donc inabordables, il en profite pour proposer aux municipalités sa Sûreté du Québec à un prix hors compétition : 30 cents du 100$ d'évaluation, alors qu'en milieux municipal il en coûte 35 cents et plus. Au départ, l'entente avec chaque municipalité acceptant de liquider son corps policier pour céder la place à la Sûreté du Québec porte sur dix ans, elle serait par la suite renouvelée à tous les cinq ans.

Un tarif dont on peut prédire sans se tromper qu'il ira à la hausse au cours des années qui suivront. Les maires, croyant réaliser des économies, doivent bien s'en douter un peu mais l'échéance est si lointaine que ça ne vaut pas la peine d'en faire un plat tout de suite. Leurs successeurs composeront avec la situation quand ils y seront. (Suite demain)

  Étant toujours encadré par des civils, des citoyens m'ont pris pour l'un des leurs - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) La deuxième fois, c'était rue Ste-Catherine-Est. Devant moi, à une trentaine de pieds, un homme marchait en parlant seul un peu fort, sans pour autant crier, une radio portative à la main, off. Ses propos étaient incohérents, mais il n'avait pas l'air menaçant. Probablement un ex-psychiatrisé.

Au même moment, un civil -- qui d'autre? -- m'a dépassé, à grandes enjambées, et l'a rudement apostrophé, lui ordonnant à deux ou trois reprises, brutalement, de se taire. L'homme s'est tu, et immobilisé. Quand je suis arrivé à sa hauteur, nos regards se sont croisés. Y ai vu la même souffrance que dans celui de l'homme en rose.

La toute dernière s'est déroulée à la cafétéria du Comité social Centre-Sud. Norbert et moi prenions place à la même table, sur le même banc. Un barbu, un peu échevelé, s'est amené avec son cabaret et pris place à une table proche de la nôtre. Relevant la tête vers nous, il a vu Norbert, et l'expression de son visage a subitement changé. M'a ensuite regardé. Même souffrance que chez les deux autres.

Le plus désolant, c'est que, ayant toujours été infiltré ou encadré par des civils, ces usagers m'ont pris pour l'un des leurs. M'en suis rendu compte quand, à deux occasions, j'ai croisé l'homme. Il marchait la tête haute, le regard droit devant lui, feignait de ne pas m'avoir vu. Je sentais très bien qu'il se comportait comme si j'en avais été un, marchait, je dirais, les fesses serrées. Je crois que si je lui avais demandé ses pièces d'identité, il me les aurait montrées sans discuter.

Quand vous connaissez bien le rôle du civil, vous en venez à établir des parallèles. Sachant qu'il ne peut tolérer un homme tout de rose vêtu ou parlant seul un peu fort, vous vous demandez, quand vous remarquez certains piétons à l'allure un peu bizarroïde, s'ils feront long feu dans l'espace public.

Ainsi cet homme-sandwich croisé sur Ontario-Est. Le message qu'il affichait était d'une incohérence consommée, tant dans le texte que la disposition de l'argumentation. Il était planté à une intersection, essayait malhabilement de se donner une contenance en sifflotant. Il n'adressait pas la parole aux piétons, mais les regardait dans les yeux, sans tout de même trop insister. Dévisager le piéton constitue déjà de facto une entorse à la rectitude politique. (Suite demain)

News du jeudi 26 Novembre 2009

  Un requin énorme – Vidéo amusante (00:34).

  40 minutes avec DSK du FMI – Hier mercredi 25 novembre, "Le Grand Journal" de canalplus.fr, l'une des meilleures émissions d'actualité en France et d'ailleurs dans le monde, recevait Dominique Strauss-Kahn (DSK), directeur général du Fonds Monétaire International (FMI).

Brièvement, le bilan qu'il fait de la situation actuelle. Il constate beaucoup de confusion quand on parle de la crise. Il y a la crise financière, on l'a vu, des banques ont fermé. Celle-là, DSK croit qu'elle est terminée, le risque d'un retour est faible.

Et il y a la crise économique, celle-là n'est pas encore derrière nous. On commence à trouver de la croissance, mais le chômage va continuer d'augmenter jusqu'à l'été prochain, estime-t-il. Décalage aussi : le rythme de redressement n'est pas le même dans tous les pays. Resteront les conséquences sociales lourdes, qu'il n'a pas identifiées. Ça, on va les porter pendant assez longtemps, prédit-il.

Une vidéo en trois parties, le temps de quelques pubs. La première (13:11) : il traite essentiellement des deux crises : financière et économique. La deuxième (20:46 – cliquez sur le même écran), on le tâte pour savoir s'il présentera sa candidature aux élections présidentielles de 2012 en France.

L'approche est subtile, insistante, ceux qui l'interrogent le voudraient tellement comme candidat, très drôle aussi, vous verrez. Habilement, il revient à son sujet : économie et finance. S'ajoute à ça des éléments humoristiques. Pour la dernière partie, cliquez plus bas, à droite, sur l'image "Partie 3" : DSK n'intervient qu'à la fin, fait part de son inquiétude sur le réchauffement climatique.

Grande star de l'économie, les médias se l'arrachent. L'homme, politiquement de gauche, connait son sujet sur le bout des doigts, a le débit rapide, s'exprime bien et en des mots accessibles et compris de tous, n'hésitant pas à utiliser la métaphore pour illustrer son propos. En plus, sympa. Vous allez passer de bons moments avec lui.

PS : Une question ne lui a pas été posée : les effets potentiels de la grippe porcine (H1N1) sur les plans financier et économique. Un malheur à la fois...

  Fin 2000, le premier ministre péquiste Bouchard met en place ce qu'il faut pour laver et essorer tous les Québécois - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Alors que la réforme policière s'en vient au pas de charge, une autre prend son élan. En décembre 2000, après avoir suspendu les règles de procédure et imposé le bâillon à l'opposition, le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard adopte la loi 170 créant les nouvelles villes de Montréal, Longueuil, Hull-Gatineau, Québec et Lévis. On fusionnera, que cela plaise ou non.

En tout, une soixantaine de municipalités seront groupées en cinq grandes agglomérations urbaines. (Martin Pelchat -- La Presse des 20 et 23 décembre 2000) Et on ne s'arrêtera pas là, se promet le premier ministre Bouchard : «On va le faire dans la région de Sherbrooke, de Trois-Rivières, du Saguenay-Lac-St-Jean, le Bas-du-Fleuve. Il faut faire l'opération partout. On a 1 400 municipalités au Québec.»

En outre, Québec n'entend pas faire la sourde oreille à celles qui n'y seront pas obligées. L'opération sera menée rondement par la ministre péquiste des Affaires municipales, Louise Harel, qui l'a dit clairement : «les municipalités sont les créatures du gouvernement.» Prud'homme, président de la Fédération des policiers municipaux du Québec, doit être content d'entendre ces propos. (Martin Pelchat - La Presse du 9 décembre 1999)

Simultanément, ce même mois, une troisième réforme est annoncée : l'implantation à la grandeur du Québec du concept de la police communautaire. Le journaliste Jean-Paul Charbonneau de La Presse assiste, à Laval, à la présentation du document "Vers une police communautaire", publié par le ministère péquiste de la Sécurité publique. (Jean-Paul Charbonneau -- La Presse du 8 décembre 2000) On y indique que le moment (fusions municipales et policières) est particulièrement opportun, pour les corps policiers (municipaux) qui ne l'ont pas encore fait, d'entreprendre le virage proposé

«En effet, est-il précisé, la réforme des services policiers, qui s'amorcera sous peu, entraînera une réorganisation de leurs activités. Les autorités policière doivent donc saisir cette occasion pour procéder à la réforme de leurs organisations, avec l'objectif d'implanter résolument(sic) les principes de l'approche communautaire.»

Notons que les Bouchard, Ménard, Larose, Prud'Homme, Simoneau et Gariépy, pour ne nommer qu'eux, se gardent bien de préciser que dans un Québec quadrillé mur à mur par les flics en civil, appuyés tactiquement par leurs collabos, sans omettre agents et agentes de sécurité en civil sévissant en milieu de travail et dans les centres commerciaux, la télésurveillance et les mégabanques informatisées, le gouvernement péquiste, et ceux qui lui succèderont, pourra tout à loisir affiner davantage la momification de tous les Québécois.

Du reste, tous vivent déjà sous l'oeil suspicieux de Big Brother et Big Sister, et de leurs petits frères et petites soeurs, les collabos. Mais en serrant davantage l'étau, qu'ils s'approchent davantage de l'État policier, peu leur importe, à ces élus et présidents-policiers. Le gouvernement Bouchard veut laver et essorer la société civile et est disposé à concéder à ces derniers ce qu'ils veulent, en autant qu'ils poursuivent, avec une efficacité accrue, le travail clandestin qu'il attend d'eux. (Suite demain)

  Accueil Bonneau, longues tables, chape de plomb, stalag, pauvres mangeant, silencieux et soumis - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Le regard de l'autre peut aider à repérer le citoyen conscient d'avoir été déstabilisé par des civils. La perception n'est visible que lorsque la victime rencontre inopinément, en votre présence, l'un de ses tortionnaires ou de ses collègues, car elle ressent alors de nouveau sa souffrance. Comme la femme violée du reste, dont la blessure psychique s'avive, par exemple dans une cour de justice, quand elle est confrontée à son tortionnaire.

Par contre, seuls ceux en ayant vécues, eux aussi, arrivent à l'y lire. Des déstabilisations à répétition, c'est comme avoir déjà été marqué au fer rouge : on se souvient longtemps de la brûlure du fer chauffé à blanc. À trois occasions, j'ai été témoins de rencontres semblables. J'ai alors croisé des regards émouvants. J'y ai vu souffrance, tristesse, lassitude, soumission.

La première fois, c'était à l'Accueil Bonneau, quelque part en avril 1998. Comme dans un stalag, les pauvres occupaient les longues tables et mangeaient, silencieux, soumis. Climat d'ambiance très palpables, ai-je remarqué certains jours. Dans les soupes populaires, j'ai découvert une tristesse humaine inédite pour moi. Difficile de faire abstraction de ce que Norbert m'a déjà confié, un matin où justement le chape de plomb y était particulièrement perceptible, enveloppante, pesante : «Dans une prison, c'est comme ça». Allusion explicite à la discipline policière, c'est-à-dire aux contrôles et nettoyages sociaux.

Norbert et moi étions assis côte à côte. M'indiquant du menton un type qui occupait une table presque en face de nous, il m'a dit, avec le ton et le visage encore marqués de mépris et d'irritation : «Ce gars-là avait l'habitude avant de s'habiller en rose». Ce qui me laissait croire que la police l'avait convaincu... de ne plus s'exhiber de la sorte en public.

Au même instant, l'homme, dans la trentaine, qui m'est apparu doux et paisible, a regardé Norbert. J'ai vu sa souffrance. J'ai la conviction qu'il le connaissait, qu'il savait qu'on parlait de lui et qu'on parlait de ça. Pendant quelques secondes, j'ai vraiment haï Norbert et tous ses semblables. Me suis retenu à deux mains pour ne pas lui dire ses quatre vérités. J'avais là sous les yeux un bel exemple d'un nettoyage social réussi. Notre homme en rose avait été momifié par la police, cela sautait aux yeux. (Suite demain)

News du mercredi 25 Novembre 2009

  Résister à ceux portant atteintes aux droits – C'est le message que transmet le documentaire de Gilles Perret, sortie en salles et DVD ce mois de novembre avec le soutien de la Ligue française des droits de l'Homme : "Walter, retour en résistance".

Walter n'est pas un personnage de fiction, il existe. Walter Bassan, 82 ans, vit en Haute-Savoie, France. N'a jamais oublié sa déportation au camp de concentration de Dachau, ni la leçon qu'il en a tirée. Deux questions sont soulevées... Qu'avons-nous fait des idéaux du Conseil national de la résistance de cette époque? Résister se conjugue-t-il au présent?

Le documentaire, qui traite de l'actualité de ces années 2000, répond oui, au quotidien. Et, signale-t-on dans le synopsis (vidéo 03:09) : "N'en déplaise à Bernard Accoyer, président de l'Assemblée Nationale (en France), qui met en garde le réalisateur Gilles Perret contre toutes tentatives d'amalgames..." + réactions de médias + d'autres vidéos ici.

PS : La Sûreté du Québec poursuit son harcèlement à mon égard, depuis l'app 7. Mon texte sur la sortie de ce documentaire lui déplaît.

  Ajouter un peu de beauté à la misère noireVidéo (04:54) tournée dans des quartiers pauvres non identifiés.

  Canada : le député conservateur Gerald Keddy traite des chômeurs de «bâtards de bons à rien» - Ce membre du gouvernement canadien de Stephen Harper, un homme de droite, s'est par la suite excusé de ses propos irrespectueux : vidéo Radio-Canada (01:35) + article.

PS : Au moment précis où je me préparais à charger cette nouvelle sur mon site, ce mercredi matin 25 novembre à 04H50, j'ai eu droit à l'équivalent d'un bref coup de klaxon venant de l'app 7, où habite une flic de la Sûreté du Québec déguisée en locataire. Et un peu plus tard, à 05H10, de plusieurs légers coups de poings dans le mur venant cette fois de l'app 5, d'un autre flic de la Sûreté du Québec.

Suis en sandwich entre ces deux appartements. Les censeurs policiers n'arrêtent pas de me harceler. Pour ajouter au contexte, voir article d'hier, plus bas dans cette page, manchette "Encore une tentative de la Sûreté du Québec de me censurer".

  Gravel dénonce la propension de certains membres de la Sûreté du Québec à se comporter comme s'il s'agissait d'un État dans l'État - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Juillet 2000, le vice-président de l'Association des directeurs de police du Québec (ADPQ), Jean-Pierre Gariépy, intervient, propose de réduire le nombre de corps policiers à quelques dizaines. (Martin Pelchat - La Presse du 19 juillet 2000) «On est passé de 185 services en 1991 à 135. Mais là, ça prend un coup de barre, un virage pour repositionner les organisations policières. (...) Je ne dis pas qu'on va freiner les coûts, mais on va freiner l'augmentation des coûts.»

Toutefois, l'Union des municipalités du Québec (UMQ) ne déborde pas d'enthousiasme. Ainsi Jacques Brisebois, maire de Mont-Laurier et responsable du dossier de la sécurité publique au sein du conseil d'administration de l'UMQ : «On ne peut empêcher les gens de réfléchir, mais ce sont des employés municipaux (allusion aux policiers favorables à la fusion des corps de police). Ce ne sera pas à eux de prendre des décisions mais aux élus municipaux.»

Pour sa part, l'éditorialiste de La Presse, Pierre Gravel, relate que, dans le passé, on a déjà failli succomber à la tentation de confondre des concepts liés à la nature même du travail de la police avec des notions essentiellement symboliques visant, par exemple, à doter le Québec d'une police dite «nationale» comme on en trouve dans tous les États souverains. (Pierre Gravel -- La Presse du 22 juillet 2000)

En oubliant que la meilleure protection contre les dangers découlant d'une organisation policière trop puissante se situe dans un partage des pouvoirs et juridictions entre plusieurs instances susceptibles de faire contrepoids aux appétits démesurés de l'une ou l'autre d'entre elles.

Il ajoute qu'à la lumière de ce qu'on pu apprendre, les années précédentes, sur la mentalité qui prévaut au sein de la Sûreté du Québec et la nette propension de certains de ses membres à se comporter comme s'il s'agissait d'un État dans l'État, on est bien forcé de se dire qu'on l'a échappé belle. L'éditorialiste souscrit à l'approche plus prudente, d'après lui, des trois tiers : Sûreté du Québec, police de l'île de Montréal et les corps policiers municipaux, intermunicipaux et régionaux. (Suite demain)

  Revel : «Il y a des côtés positifs en toute chose, y compris dans le nazisme» - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Tout cela étant, il m'est tout de même arrivé, au hasard de repas, de soulever discrètement auprès de quelques usagers la présence de civils. Cela a suffit pour susciter certains commentaires, très brefs.

Me souviens particulièrement de l'un d'eux, un gars dans la trentaine. Il m'a chuchoté, la tête penchée vers moi, soulevant les épaules d'un air où résignation et déception étaient palpables : «Ils sont dans tous les organismes!». Une remarque que j'ai bien dû entendre à sept ou huit occasions, dont la variante : «Il y en a partout!»

Il y a aussi cette employée à qui j'avais fait remarquer que la cafétéria du Comité social Centre-Sud où elle travaillait était infiltrée par des civils, que de ses collègues de travail, employés ou bénévoles, en étaient aussi. Elle m'avait spontanément rétorqué qu'elle le savait. Sa réponse m'avait franchement étonné. Moi qui la croyais incapable de percevoir ces choses. S'en rendant compte, elle avait ajouté, un peu vexée : «On n'est pas fou, on voit ce qui se passe!»

Par contre d'autres usagers l'ignoraient ou semblaient indifférents. L'un, les yeux ronds, surpris de mon propos, n'a dit mot. D'autres m'ont écouté silencieusement pour embrayer, à la première occasion, sur un autre sujet de conversation. Enfin, il y a cette femme qui m'a affirmé ne rien craindre de la police puisqu'elle n'avait rien à se reprocher.

Cette opinion reflète sans doute celle de la majorité de la population. De toute évidence, il y a là tout un monde invisible à faire découvrir. Revel écrit qu'il y a des «côtés positifs» en toute chose, y compris dans le nazisme. (Jean-François Revel -- La tentation totalitaire -- Éditions Robert Laffont) Tous les systèmes ont des qualités et des défauts. La question est de savoir à partir duquel il est le plus concevable et possible de construire une société meilleure. (Suite demain)

News du mardi 24 Novembre 2009

  Rom Houben : 23 ans dans un coma qui n'en était pas un – Il y a trois ans, de nouvelles analyses menées par l'Université de Liège par le dr Steven Laureys ont démontré qu'il était en fait pleinement conscient de ce qui se passait autour de lui. Depuis, il l'a initié à l'informatique et peut écrire des courriels. Rom Houben : "Je criais, mais on ne pouvait m'entendre".

Selon le dr Laureys, ce cas serait loin d'être le seul : 41% des patients en état de conscience minimale sont diagnostiqués de manière erronée comme étant végétatif. Voilà de quoi relancer le débat sur l'opportunité de mettre fin à la vie de personnes plongées dans le coma depuis des années et dont on estime qu'elles ne recouvriront jamais leurs facultés. La nouvelle n'est sortie qu'hier lundi : textes un et deux.

PS : Sur le web, certains comparent cette histoire à celle du soldat américain Joe Bonham survenue en 1917, en France. Atteint par un obus, il perd ses quatre membres, devient sourd, aveugle et muet. L'écrivain et réalisateur Dalton Trumbo en a fait un livre et un film : "Johnny s'en va-t-en guerre".

Emprisonné dans son corps, de ce qui lui en reste, et incapable de communiquer. Vit de flashbacks ainsi que vous allez le voir dans l'extrait du film (09:48). Notamment, il cours derrière la femme qu'il aime mais n'arrive pas à la rejoindre. Assiste à une fête de Noël, veut y participer, mais ce n'est qu'un souvenir. Il n'y est pas présent en temps réel, s'en rend compte et se retire lentement de la pièce où on festoie.

Au début des années 80, suis allé voir le film. J'étais sorti de là complètement sonné, ko! L'horreur intégrale, mais aussi accompagnée de cette image fugitive de la générosité d'une infirmière lui faisant une fellation. Bref moment de tendresse dans l'enfer.

  Encore une tentative de la Sûreté du Québec de me censurer – Je me réfère à mon journal quotidien d'aujourd'hui mardi 24 novembre 09, 00H56. Je songe sérieusement à le diffuser intégralement sur mon site. Ça vous aiderait à faire des recoupements.

Beaucoup de difficultés à mettre en page l'extrait du tome 2 de L'Étau Policier, d'où le retard à le charger sur mon site. Impossible de justifier une ligne à l'intérieur d'un paragraphe, il y a un écart entre elle et celles au-dessus. J'ai rechargé le logiciel de traitement de texte, mais l'espace rebelle est encore là. Suis obligé de réécrire mot à mot le paragraphe. Impossible aussi de mettre en caractères gras une formulation.

Sabotage de la Sûreté du Québec confirmé par un bruit venant de l'app 7, dont la locataire, une flic en civile, partage avec moi un mur mitoyen qui n'est pas insonorisé. Ce n'est pas nouveau, il en est très très souvent ainsi lorsque j'écris des choses qui dérangent les censeurs dirigeants ce corps policier de la province de Québec. L'adresse de l'app 7? La voici au complet : 125, app 7, Édifice Raymond Desjardins, Route 155, Lac Bouchette, région Saguenay-Lac-St-Jean, province de Québec, Canada - G0W1V0.

Qu'est-ce que j'avais écrit qui leur avait fait dresser les poils sur les bras? Juste avant d'alimenter mon site des tomes 1 et 2 de L'Étau Policier, j'avais ajouté un paragraphe à un article d'hier lundi, voir manchette "Le 20e de la Convention internationale des droits de l'enfant (CIDE)", dernier paragraphe de mon PS. À la fin, je traite nos élus de "gang de minables". Petit Robert : un minable est un médiocre, qui fait pas son job correctement. Ce n'est pas une insulte, mais un constat vérifiable. Je persiste et signe : "gang de minables".

  Prud'homme, président du syndicat policier, se mêle de fusions municipales - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) En décembre, Prud'Homme presse le gouvernement Lucien Bouchard d'obliger plusieurs municipalités du Québec à fusionner. ( Martin Pelchat -- La Presse du 9 décembre 1999 ) Pourquoi donc le président du syndicat policier se mêle-t-il de fusions municipales?

«Actuellement, plusieurs organisations policières sont en manque de ressources, d'équipements indispensables afin d'assurer un minimum de service à la population, déclare-t-il. ( Martin Pelchat -- La Presse du 9 décembre 1999 ) Communications inadéquates, équipement désuet, personnel insuffisant, autant de facteurs qui peuvent compromettre la qualité des services à la population. ( ... ) Le gouvernement Bouchard doit démontrer comme il l'a promis lors de la dernière campagne électorale sa ferme intention de gouverner. «Il doit afficher son leadership en établissant un plan de match obligeant (sic) les municipalités à fusionner.»

En outre, aux maires affirmant que les salaires des policiers municipaux rendent les fusions désavantageuses. Prud'Homme réplique qu'il n'est pas question de profiter des regroupements pour réduire leurs conditions de travail. Déjà, on voit rétrécir la fameuse économie d'échelle... du ministre Ménard. Citons un cas, parmi d'autres où celle-ci n'était pas au rendez-vous.

Début février 2000, les municipalités de Salaberry-de-Valleyfield et de Beauharnois du sud-ouest de Montréal se retirent de la Régie intermunicipale de police des Riverains qui dessert cinq municipalité totalisant 50 000 citoyens, et formée en avril 1998. (Martha Gagnon – La Presse du 1e février 2000) Le maire de Beauharnois, Michel Quévillon, explique qu'«on est incapable de s'entendre sur la façon d'éponger le déficit d'1,5 million et de gérer le service de police (…) C'est devenu invivable». Il affirme que le regroupement avait été réalisé selon des estimations irréalistes.

«Il semble qu'on ait présenté des chiffres beaucoup trop bas pour réussir à vendre une régie à des villes qui étaient réticentes. Est-ce qu'il y avait un plan A et un plan B? S'interroge-t-il. Chose certaine, on constate aujourd'hui que la régie ne peut pas fonctionner avec un budget de 6 millions. Il faut 8 millions et plus. (…) Beauharnois devait économiser 250 000$ avec le regroupement, mais ce n'est plus possible avec le déficit. Nous nous retrouvons avec un service moindre, qui coûte aussi cher et sur lequel nous n'avons pas de contrôle. (Suite demain)

  Lorsque la police dit connaître un individu, pour les journalistes c'est l'équivalent d'un verdict de culpabilité - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Plus aisé de dénicher des témoignages de citoyens ayant fait l'objet de déstabilisations. Mais pas donné non plus, parce que la presque totalité des citoyens ignorent l'existence de ces tactiques policières.

J'ai essayé d'en repérer dans des restos communautaires. Je devais aussi agir avec prudence. Je ne pouvais pas aller d'une table à l'autre, le demander à tout un chacun. Au cours de mon enquête, je n'ai pu agir en toute liberté, les civils m'avaient à l'œil, savaient que je savais qui ils étaient et ce qu'ils faisaient, savaient tout autant qui j'étais.

Du reste, je ne crois pas que les citoyens n'ayant rien à se reprocher et conscients d'avoir été la cible de civils se bousculeraient pour raconter ce qu'ils ont vécu. Pour plusieurs raisons, dont la crainte de représailles, justifiée ou non. Affronter les médias n'est pas facile non plus. Vraiment pas bon pour le citoyen d'avoir susciter la curiosité policière. La peur-du-qu'en-dira-t-on est un puissant empêchement. Qu'en penseront journalistes traditionnels et entourage immédiat? Selon le préjugé favorable dont jouit la police et voulant que celle-ci ne s'intéresse jamais à quelqu'un sans de bonnes raisons. D'avantage vrai s'il est une vitre cassée.

Suffit que la victime défende maladroitement son cas pour qu'une petite souillure transparaisse dans le compte-rendu. Et risquant de s'agrandir si la police affirme aux journalistes connaître l'individu. À elle seule, cette affirmation équivaut, aux yeux du journaliste traditionnel et du citoyen, à un verdict de culpabilité. Attitude normale, quand on a perdu son sens critique vis-à-vis la police.

Pourtant, c'est une exécution sommaire. Coupable de quoi, monsieur l'agent? devrait demander le journaliste. Vous dites que votre enquête n'est pas encore terminée? Quand vous aurez une preuve, portez une accusation et si l'infraction vaut la peine, j'assisterai au procès. Voilà de quelle façon le journaliste devrait procéder. (Suite demain)

News du lundi 23 Novembre 2009

  Le 20e de la Convention internationale des droits de l'enfant (CIDE) – L'UNICEF veut éviter que ce soit l'affaire d'une seule journée et que le lendemain de l'anniversaire on en parle plus. Tout au cours de cette année du 20e, elle va créer des événements afin de conscientiser les citoyens de son importance : vidéo 00:36.

PS : C'est dans les pays occidentaux que le travail devrait débuter. Ceux-ci sont vraiment les seuls à pouvoir aider les pays en développement et pays pauvres. Qui prendra l'initiative de distribuer la CIDE (texte intégral) dans les écoles? Procéder ainsi pour la Charte (texte intégral) des droits de l'Homme de l'ONU? Une seule solution : pousser dans le dos nos élus locaux, régionaux et nationaux, en vertu du droit des enfants de savoir.

Ne vous faites pas trop d'illusions : les élus s'en foutent royalement. Ils sont du reste à l'origine de l'érosion des droits. L'affirmation n'est pas gratuite. Ils ne font strictement rien pour obliger les civils de la police à respecter ceux des citoyens. STRICTEMENT RIEN! Au Québec comme ailleurs. Posez la question à notre ministre québécois de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, et au premier ministre Jean Charest.

Ils ne peuvent pas ne pas savoir. Il y a environ deux ans, j'ai transmis par courriels l'adresse de mon site L'Étau Policier et un bref résumé de la situation à tous les députés du Parlement du Québec, incluant les ministres et le premier ministre, ainsi qu'aux députés québécois du Parlement du Canada, incluant itou les ministres et le premier ministre. Ils le savent. Qui ne dit mot consent. Gang de minables!

  Les policiers présidents syndicaux Prud'Homme et Simoneau s'entendent sur le partage du territoire - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Opportun de signaler que deux ans et quelque plus tard, soit le 1e janvier 2002, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) remplacerait la Communauté urbaine de Montréal (CUM), responsable de la police. Que la CMM engloberait 105 municipalités de la grande région métropolitaine de Montréal.

Outre les 29 de l'île de Montréal, territoire jusqu'alors desservi par la CUM, elle absorberait également les 76 situées en périphérie immédiate, sur les Rives-Nord et Sud du fleuve St-Laurent. À ce moment-là, on ignorait que la police ne relèverait pas de cette nouvelle structure régionale mais de la nouvelle Ville de Montréal, qui naîtrait, elle aussi à cette même date, de la fusion des 29 municipalités de l'île.

Alors Prud'Homme craint que le territoire desservi par la police de la CUM soit étendu à ces 76 autres municipalités de la future CMM. Il risquerait de perdre des corps policier municipaux membres de sa fédération. On comprend qu'il ne veuille pas de ce «monstre», en tout cas pas tout de suite. Il propose plutôt une régionalisation des services de police à plus petite échelle, sur les deux rives et à l'intérieur d'une même municipalité régionale de comté (MRC), «(...) avant même de tenter d'étendre les tentacules de la CUM», précise-t-il.

De son côté, Alain Simoneau, président de la Fraternité des policiers de l'île de Montréal, n'est pas réfractaire à l'idée d'un «superservice policier» à l'échelle des 105 municipalités (les 29 de l'île de Montréal + les 76 des Rives-Nord et Sud). Cependant, il favorise préalablement, lui aussi, une régionalisation sur chacune des rives du fleuve. Ensuite, on verra bien ce qu'il y aura lieu de faire.

Et la lutte contre la Sûreté du Québec? Prud'Homme soupçonne celle-ci de vouloir s'arroger la responsabilité des services spécialisés, en ne laissant que la gendarmerie aux policiers regroupés sous le chapeau de la future CMM : «On va se taper les billets (de contravention) pendant qu'ils (les policiers de la Sûreté du Québec) vont se taper le meilleur, les enquêtes, etc. On va se battre contre ça et pas à peu près!» (Suite demain)

  Le citoyen peut être témoin d'une déstabilisation psychologique, si les conditions sont réunies - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) On l'a vu, le travail policier repose sur trois tactiques fondamentales : filature, infiltration et déstabilisation. On peut être témoin d'une filature, cependant cela nécessite un soutien logistique. Plus facile d'être témoin d'une infiltration. Quand on a appris à dépister des civils, on s'en rend compte lorsque ils ont infiltré un citoyen ou un groupe de citoyens.

Difficile par contre d'être témoin d'une déstabilisation, et davantage d'en connaître les différentes étapes et la finalité. Les déstabilisateurs veillent à ce que l'agression psychologique ne soit vue ou perçue par personne. À moins d'être dans le secret des dieux, c'est-à-dire citoyen collabo. Remarquez que même là, il est loin d'être certain que la police vous dira tout. C'est qu'elle est cachottière, la police.

Cela dit, il peut arriver qu'on soupçonne qu'une déstabilisation soit en marche. Il faut cependant que les conditions soient réunies. Avoir repéré des civils et ceux-ci l'ignorer, autrement jamais ils ne procèderont en votre présence. Voyons quelques unes de ces séquences auxquelles on peut assister.

Si un civil dénigre en votre présence un citoyen, cherche à l'abaisser devant les autres, ou attise sa colère, vous êtes justifié de penser qu'il tente de le déstabiliser, avec une désapprobation communautaire à la clé. Ce peut-être aussi l'œuvre d'un citoyen collabo ou quelqu'un n'ayant rien à voir avec la police mais connaissant la tactique. Au fil des jours et des semaines, en l'observant discrètement, vous assisterez à sa dégradation psychologique.

Vous ne saurez jamais ce qui s'est passé avant ni après : la cible finit toujours par être éjectée de l'espace public, c'est-à-dire sortir de chez elle de moins en moins. (Suite demain)

News du dimanche 22 Novembre 2009

  France – La 5e édition du Festival international du clip indépendant (site de l'organisme) se tiendra à Paris du 25 au 29 novembre. La promotion vidéo (00:30) de l'organisme est un petit chef-d'œuvre, qui mériterait bien un prix.

  New York 2008 – Une vidéo parfaite en son genre (04:20) : en bas de l'écran, lisez les réactions élogieuses des participants au forum. Vicente Sahuc, son auteur, a choisi comme fond musical un hit de U2 : Numb (04:25). Le message est explicite : don't, don't, don't et encore et encore don't... Une belle réussite, vraiment.

  Le monde de la finance et ses requins mangeurs d'hommes – William K. Black (texte en anglais) du Roosevelt Institute, aux USA, qui a participé à l'époque de la présidence de Clinton au redressement des Caisses d'Épargnes après leur faillite, pose la question : quelle est la fonction du secteur financier au sein de la société? Réponse : il n'est qu'un outil au service de ceux qui produisent de véritables outils, et non une fin en soi.

Or, à l'heure actuelle, cinq déficiences fatales du secteur financier ont donné naissance à un monstre qui saigne l'économie réelle, répand la fraude et la corruption, menace la démocratie et provoque des crises récurrentes, de plus en plus intenses.

  Gros mensonge du ministre québécois Serge Ménard : la régionalisation des corps policiers permettra de faire des économies - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Le printemps 1999 est le point de départ de la régionalisation des corps policiers. En mai, le journaliste Jean-Paul Charbonneau de La Presse rapporte que le ministre Ménard se dit prêt à faire adopter une loi s'il se bute à une opposition incontournable des élus municipaux. (Jean-Paul Charbonneau -- La Presse du 15 mai 1999)

Au Québec, au cours des 13 années précédentes, le nombre de corps de police municipale a été réduit de 190 à 134. Si la régionalisation se concrétise, il n'en restera plus qu'une soixantaine.

En juin, Normand Delisle du même quotidien écrit que le ministre péquiste Ménard en est «un chaud partisan». (Normand Delisle -- La Presse du 16 juin 1999) Il y a des économies à faire, selon le ministre... «L'ensemble des contribuables paie alors moins cher (sic) pour les services de police et ils sont de meilleure qualité et d'une plus grande efficacité».

Qu'en pensent les présidents de l'Association des directeurs de police et pompiers du Québec (ADPPQ), Jean-Pierre Larose, et de la Fédération des policiers municipaux du Québec (FPMQ), Yves Prud'Homme, ex-président de la Fraternité des policiers de l'île de Montréal? Ils sont d'accord, même plus, ravis.

On comprend pourquoi : «En étant plus gros, un corps de police va avoir besoin de plus d'enquêteurs et de spécialistes, ce qui permettrait plus d'avancement aux policiers», avait déclaré Prud'Homme le mois de mai précédent. (Jean-Paul Charbonneau -- La Presse du 6 mai 1999)

Cependant, une petite guéguerre intersyndicale se profile déjà à l'horizon au sujet du partage du Québec. La FPMQ -- 2 500 membres -- est en effet en lutte contre la Sûreté du Québec et, jusqu'à un certain point, éventuellement, contre la police de l'île de Montréal aussi.

Le journaliste Martin Pelchat de La Presse nous apprend, en septembre 1999, que la ministre péquiste des Affaires municipales et de la Métropole, Louise Harel, trouvera sur son chemin FPMQ et Prud'Homme, si elle veut faire de la police de l'île de Montréal le seul corps policier des municipalités membres de sa future superstructure régionale. (Martin Pelchat -- La Presse du 1e septembre 1999) (Suite demain)

  Le rôle central des civils : nettoyage social et cueillette de renseignements personnels sur tout un chacun - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Impossible de dire si des civiles vont même jusqu'à danser aux tables de clients. Peu probable. Ce dernier job est plus vraisemblablement dévolu, entre autres, à des étudiantes en techniques policières et des danseuses mouchardes. Ces dernières, collaboratrices volontaires ou obligées, pour de multiple raisons.

Ce peut-être le cas, par exemple, de celle gagnant bien sa vie comme danseuse mais n'en continuant pas moins de retirer de l'aide sociale. Fraude découverte par la police, et servant ensuite de monnaie d'échange : on ferme les yeux si tu collabore avec nous. Pas grand choix, autrement elle risque d'être accusée, condamnée à une amende et devoir rembourser les chèques encaissés illégalement. En plus d'hériter d'un dossier judiciaire.

Y vend-on de la drogue, dans ces restos, ces brasseries, ces bars? N'y ai jamais été témoin de transactions. En tout cas, rien de visible, d'après mes observations. Mais la drogue, et toutes les autres formes de criminalité, ne constitue pas, loin s'en faut, l'activité majeure des civils. Leur rôle central étant d'établir l'identité de tous les citoyens, d'enrichir leur profil psychosocial en recueillant tous renseignements personnels à leur sujet et de procéder au nettoyage social, notamment de ceux résistant à la normalisation.

Tous fichés dans la mégabanque informatisé de la police? En caricaturant un peu beaucoup on pourrait dire que seuls les nouveaux nés ne le sont pas encore. Sans aucun doute l'un des rares désavantages de l'arrivée de l'informatique dans nos vies. Et il est de taille. (Suite demain)

News du samedi 21 Novembre 2009

  Grippe porcine (H1N1) : mutation du virus en Norvège – La nouvelle a été dévoilée hier vendredi par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) : cette info est disponible en anglais sur son site. Cependant, la variante resterait sensible aux antiviraux, selon le site doctissimo.fr : les vaccins pourraient donc la contrer.

  Pas peur du vide ? – Ok, accompagnez les : l'une des meilleures vidéos du web de ces dernières années (09:53).

  Rêves d'enfants – Un reportage intéressant d'ARTE.fr : à 18 enfants de 9 pays on a demandé "Quel est ton rêve?" Nassim, 10 ans, d'Afghanistan, veut devenir président. La meilleure intervention, vraiment, est celle d'Aminata, 11 ans, de la Mauritanie. Les entrevues, sous-titrées en français, durent une minute ou moins.

Dans la page qui s'affiche, un peu plus bas, cliquez sur la première image, celle d'Aminata. Pour entendre la suivante, cliquez sur "Xfermer", coin droite en bas de l'écran, et ainsi de suite.

  Montréal : la police de quartier imposée sans débat de fond, seulement quelques phrases stéréotypées du pouvoir péquiste - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) J'invite le lecteur à lire mon premier livre, L'Étau Policier, tome 1. J'y relate en détail mon enquête sur le terrain, ce qui lui permettra de découvrir les multiples activités clandestines et illégales de la police en civil et de ses collabos.

J'y traite aussi, entre autres, de la police de quartier, qui est une vaste opération de relations publiques visant à infiltrer tous les citoyens, de l'idéologie de la peur ainsi que de l'agitation policière et politicienne en vu d'obtenir des lois plus sévères. Ce premier tome aide à la compréhension de celui-ci, tome 2, où j'aborde d'autres aspects de mon enquête.

À la même époque où se déroulait l'agitation policière et politicienne décrite dans le premier livre, le Québec, sous l'impulsion des gouvernements péquistes successifs de Lucien Bouchard et de Bernard Landry, consolidait sans relâche son étau policier. Les réformes étaient majeures : fusions municipales, régionalisation des corps policiers, intégration de policiers municipaux au sein de la Sûreté du Québec, agrandissement du territoire de celle-ci, élargissement de la police communautaire bidon à la grandeur de la province.

Depuis quelques années le soit disant modèle communautaire était déjà appliqué, notamment à la police intermunicipale de l'île de Montréal et à la Sûreté du Québec, mais, là, on l'épandait partout, telle une tache d'huile. Toutes ces réformes menées simultanément, et imposées de gré ou de force.

En outre, elles étaient intimement liées entre-elles. Les fusions municipales préparaient le terrain des trois autres, de nature policière celles-là. Le gouvernement péquiste procédait sans dire à la population de quoi il s'agissait exactement. Pas de débat de fond, seulement quelques phrases stéréotypées, énoncées de temps à autre : lutter contre le crime organisé, la drogue, etc. Tout comme Vera Danyluk, présidente de l'ex-Communauté urbaine de Montréal (CUM), l'avait fait avant lui quand, au milieu des années 1990, elle avait annoncé que la nouvelle approche policière serait la norme sur l'île de Montréal.

Prêtons oreille à cette déclaration du ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard, émise en mai 1999 : «(...) le concept de la police communautaire devrait satisfaire les gens complètement». ( Jean-Paul Charbonneau -- La Presse du 7 mai 1999 ) Le tout bâclé en une seule phrase. Le citoyen en arrive à se dire que ce ne peut être que bon pour lui puisque le pouvoir politique, la police et même certains savants criminologues le disent. (Suite demain)

  Il faut se méfier de l'oreille traînante des serveurs et serveuses - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Cette brasserie n'est pas la seule a faire l'objet d'une haute surveillance, tous les autres bars du centre-ville de Montréal aussi, quoique la police ait un faible pour les bars et les brasseries où il y a beaucoup d'osmose. L'alcool délie les langues, les clients communiquent davantage entre eux, souvent à hautes décibels.

Endroit idéal pour écouter les conversations, épier les comportements du citoyen, infiltrer et sans aucun doute déstabiliser aussi certains d'entre eux, en y éloignant ceux ayant tendance à se soûler. Les civils y font la cueillette de beaucoup plus de renseignements que dans un bar de danseuses nues, par exemple, où chaque client est isolé et silencieux, occupé qu'il est à se rincer l'œil et à fantasmer dans son slip.

Retenez ceci : dans la partie est-ouest du centre-ville, celle que je connais le mieux, les civils sont partout. Ils y sont comme clients, certains-nes... servent occasionnellement aux tables ou au comptoir de restos et de bars. Ils ont probablement reçu une formation en restauration et tenue de bar leur permettant, avec la complicité obligée du patron de la boîte, de remplacer un employé pour mieux s'approcher et entendre les conversations ou déstabiliser certains clients. Ils peuvent aussi avoir été embauchés sans que leur patron ne sache qu'ils sont de la police.

Il faut se méfier de l'oreille traînante des serveurs et serveuses. Ces gens, on les regardes à peine, ne s'en méfie pas, mais par leur situation stratégique sont -- parfois ou souvent? -- de connivence avec la police ou carrément policiers. (Suite demain)

News du vendredi 20 Novembre 2009

  Aujourd'hui, 20e anniversaire de la Convention sur les droits de l'enfant – De tous les droits humains, ce traité (texte intégral) est le plus largement accepté : 193 pays l'ont ratifié. Toutefois, l'application sur le terrain reste encore un énorme défi, signale Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU.

Des millions d'enfants meurent encore avant leur cinquième anniversaire de causes largement évitables. Des millions d'autres n'ont pas accès à de l'eau potable, de la nourriture appropriée, l'éducation et sont victimes de violences et d'exploitation. À l'occasion du 20e, l'UNICEF publie une édition spéciale de son rapport sur la situation des enfants.

  Pigeon impossible Excellente animation (06:15) : scénario, montage. On a hâte de voir la suite, donc suspense. En +, c'est drôle.

  Le premier ministre belge Herman Van Rompuy élu hier président de l'UE – Tony Blair, l'ex-premier ministre de la Grande-Bretagne, a mordu la poussière. Sa guerre illégale avec W. Bush en Irak justifiée par un mensonge sur les armes à destruction massive ne l'a pas aidé : les membres de l'ONU s'y étaient opposés. Selon challenges.fr, Blair aurait symbolisé une conception "plus puissante" de cette importante fonction au sommet de l'Union européenne (UE).

PS : L'expression "plus puissante" me semble être une allusion polie à sa soif immodérée de pouvoir : pourtant membre du Labour à l'époque, un parti de centre-gauche. S'en dégage un message : les colonialistes ne sont pas les bienvenus. Croisons les doigts en espérant que les chefs d'États utilisant inconsidérément la violence, législative ou autres, pourront de moins en moins se refaire une virginité après leur mandat et avoir accès à des leviers socio-politiques, quels qu'ils soient. Avis aux fous du volant.

  Un beau projet de société : devenir le premier État occidental non-violent sur le plan législatif - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) En matière de répression policière, le pouvoir américain, et c'est d'avantage le cas quand des républicains sont au volant, n'est surtout pas un modèle à copier-coller.

Adopter l'approche humanitaire et sanitaire dans la lutte contre la drogue, cela ne signifie nullement que le Canada cesserait de combattre les narcotrafiquants. Il n'en continuerait pas moins à les pourchasser, les traduire devant les tribunaux, les condamner à des peines de prison, à confisquer leurs biens et comptes bancaires.

Devenir le premier État non-violent du monde occidental, sur le plan législatif, voilà un beau projet de société. Dans un tel contexte, il y aurait tout lieu d'être fier de figurer sur la liste de dirigeants américains, qui ont déclaré la guerre à leur Société civile. Il faudra préalablement mettre notre police en civil au pas, notamment en lui interdisant de semer la peur au sein de la population.

Je signale que la très grande majorité de la répression policière clandestine illégale décrite dans ce livre était déjà en place bien avant la date fatidique du 11 septembre 2001, ayant débuté mon enquête journalistique quatre ans et demi avant... (Fin du tome 3).

  Un clown un peu beaucoup guilleret - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Autre fait illustrant cette fois la discipline que les civils imposent aux citoyens sans que ceux-ci n'imaginent une seconde qu'elle est d'origine policière. Celui impliquant un client un peu beaucoup guilleret, s'amusant à jouer le clown, et qui m'a bien fait rigoler.

Il couchait sa copine sur la table de billard et s'allongeait sur elle pour l'embrasser goulûment, sans se préoccuper des boules affolées roulant dans toutes les directions. À une autre occasion, alors qu'il n'avait qu'à frapper en douceur la blanche pour en loger une dans la poche, tout près, il a trouvé le moyen de faire passer la blanche au-dessus et l'y entrer. Un civil, assis tout près, une bière à la main, n'a pu s'empêcher d'incliner la tête en la secouant légèrement, étonné de la prouesse.

Peu après, il avait jeté sa queue de billard sur le plancher de terrazo. Une policière en civil lui avait crié sur un ton agressif de ménager l'équipement. La remarque avait blessé l'ego de notre homme qui, ignorant sans aucun doute que cette cliente était une flic, voulait aller lui dire deux mots dans le mufle. Heureusement, sa complice avait réussi à l'en dissuader, mais de peine et de misère, s'interposant devant lui à deux reprises pour l'en empêcher.

Si l'homme était allé l'enguirlander, ses collègues masculins sur place seraient probablement intervenus pour la défendre. Il y aurait peut-être eu une bagarre, parce que notre homme semblait déterminé, bagarre qu'ils auraient évidemment gagnée. Et notre homme n'aurait jamais su que ses vainqueurs étaient des flics. (Suite demain)

News du jeudi 19 Novembre 2009

  Méli-Mélo - Greenpeace ; Chine : en vie malgré tout ; l'agenda du pape ; apparition miraculeuse ; fin de la crise, début du chômage ; parité... ; grève et crève ; encerclez un chat pour l'empêcher de sortir : cliquez sur les cercles verts ; intimité fiminine ; combat sans merci ; des illustrations à l'infini ou presque : cliquez sur les noms des deux colonnes de gauche ; train train quotidien ; les États des USA.

  La condamnation à la peine de mort est un refus d'ouvrir la porte à un appel potentiel - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Cependant, le dossier est loin d'être clos. Car il y a, entre autres, les décisions de la Cour suprême des États-Unis, qui préoccupent. En 1972, elle abolie la peine de mort. Quatre ans plus tard, elle revient sur sa décision : «La peine de mort est conforme à la constitution», déclare-t-elle.

En 1989, elle statue qu'elle peut être appliquée aux mineurs de 16 ans et plus et aux déficients intellectuels. Dernier épisode en date de 2002 : elle déclare illégale l'exécution des déficients mentaux. Nécessaire de rappeler que les membres de cette cour son nommé par le pouvoir. D'où le pas en avant, le pas en arrière. Il n'empêche que le débat semble lancé, car une dizaine d'autres États américains étudiaient, en 2003, la question d'un moratoire. Sans compter que le nombre de condamnations à mort était à la baisse. À suivre.

«Même Bush, ex-gouverneur du Texas, capitale de la peine de mort, ne peut défendre l'idée d'exécuter des innocents», de commenter le journaliste Richard Hétu de La Presse. Notons qu'un porte-parole la Maison-Blanche a déclaré que le président W. Bush «est favorable à la peine de mort pour les crimes violents et odieux, et pense qu'en fin de compte elle permet de sauver des vies innocentes». (NDLR : Prendre le risque d'exécuter des innocents...pour sauver des vies innocentes.)

On le voit, l'emprisonnement à perpétuité ne suffit pas, ce pouvoir politique préfère tuer. Le pire c'est que l'appel en justice est impossible lorsque la personne a été exécutée : trop tard. Ça revient à dire que le juge condamnant à la peine capitale refuse d'ouvrir la porte à un appel potentiel. (Suite demain)

  La civile se disant Belge, l'ai interrogée pour savoir si c'était vrai - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Pendant qu'elle entrait des balles dans les poches, nous échangions quelques mots. Elle se disait Belge. Lui ai demandé si elle était Wallonne ou Flamande. Elle a feint de ne pas avoir entendu et s'est dirigée de l'autre côté de la table mettre un peu de craie bleue sur le cap de sa baguette.

Ai répété ma question, en montant un peu le volume. Elle s'est approchée de moi, hésitante, ne sachant trop quoi répondre. Je lui ai tendu une perche : la question est trop politique? Oui, m'a-t-elle fait de la tête, avec empressement. Elle craignait sans doute les autres questions qui auraient pu suivre. Peut-être que ensuite j'aurais pu solliciter quelques mots wallons ou flamands, ou l'interroger sur le conflit politique opposant ces deux groupes linguistiques.

Et Bruxelles, est-ce en Belgique? Cela demandé sur le ton de celui qui ne sait pas et veut savoir? Là encore, visiblement, elle ne savait pas, balançait la tête à gauche et à droite, sans dire un mot. Si ce n'est pas en Belgique, alors c'est une Cité indépendante, un État? Autres balancements de la tête signifiant ni oui ni non. Continuant de jouer à celui trouvant la géographie de ce coin d'Europe bien compliquée, je lui demande si la Belgique fait partie des Pays-Bas. Cette fois, elle connaissait la réponse : non, les Pays-Bas est un autre nom désignant la Hollande. Une réponse sur trois, pour une Belge...

J'ai ensuite demandé à son chum s'il était Belge : «Moé, chu Québécois.» Lui ai rétorqué de ne pas en dire davantage, que j'avais compris. «Ça te suffit?» a-t-il ajouté. Oui, l'accent était authentiquement québécois. Ils avaient peu après quitté les lieux, madame en tête, d'un pas décidé et, je dirais, un tantinet intimidant. (Suite demain)

News du mercredi 18 Novembre 2009

  New York - Vous connaissez beaucoup d'endroits en Occident où un gars peut jouer de la guitare dans la rue vêtu seulement d'un slip (06:59)? Ici, dans le petit village policier de Lac Bouchette (Québec), civils, collabos, Filles d'Isabelle et Chevaliers de Colomb crieraient au scandale. Des policiers en uniforme de la Sûreté du Québec l'arrêteraient pour cause de désordre. À Montréal itou. Et ailleurs? Où commence donc le désordre? Il y a là tout un débat à lancer, car c'est une notion à géométrie variable.

Comment expliquer aussi que dans les endroits peu peuplés, notamment à Lac Bouchette, il est illégal de circuler plus de 3 personnes ensemble, alors que dans les grandes cités des groupes plus nombreux vont et viennent sans problème? Est-ce normal que dans un pays les lois ne soient pas les mêmes partout? Une justice à plusieurs vitesses, ce ne l'est pas, normale. Dans ce cas-ci, elle contribue à la prolifération de l'intolérance et porte atteinte au droit de circuler librement dans l'espace public. 

  Transparency international : la corruption menace la reprise économique mondiale – La présidente de l'ONG allemande, Huguette Labelle, estime que "l'argent corrompu ne doit pas pouvoir trouver de zones de refuges", qu'"il est temps d'en finir avec les excuses". Dans un communiqué de presse, elle signale l'urgence de combattre corruption et secret bancaire afin de récupérer l'argent soustrait par la mauvaise gouvernance.

En outre, fraudes, cartels et autres pratiques de corruption affaiblissent la concurrence. Ils contribuent à des pertes massives de ressources pour le développement de tous les pays, spécialement les plus pauvres : entre 1990 et 2005, les actions de plus de 283 cartels ont coûté 300, 000 milliards de surcoûts aux consommateurs (NDLR : 1 000 milliards = un billion).

Qui sont les pays corrompus? Une dizaine de sondages effectués récemment par des ONGS à la demande (?) de Transparency international permettent de voir un peu plus clair dans ce dossier particulièrement lourd de pièces sonnantes et trébuchantes. On a pu ainsi évaluer l'indice de la corruption perçue dans 180 pays.

Deux graphiques : le bref coup d'oeil ou le détaillé (promenez la flèche de votre souris sur le pays où vous habitez. Les pays les mieux cotés, le maximum étant de 10 points, ont presque les mains propres : la perfection n'est pas de ce monde... perfectible. Plus vous descendez dans l'échelle, plus les mains sont sales.) + texte de lexpress.fr + Agence France-Presse (AFP) + site de Transparency.org, en français.

PS : Les consommateurs sont ceux qui achètent. Donc, la source de l'enrichissement des fraudeurs. Le secret bancaire évite à ces derniers de payer de l'impôt. Alors, il n'y a pas de retour notamment sur le plan social aux consommateurs...exploités. Jolie boucle, n'est-ce-pas mon cher Watson? Mais nous sommes trop occupés dans les quartiers pauvres pour enquêter à ce sujet. Hier encore, un chômeur a volé une bouteille de jus d'orange de 2.25$ dans une épicerie. Il y a aussi des enfants qui volent des bonbons.

  USA : innocenté, le petit Porter est sauvé in extrémis de la peine de mort (Suite tome 3 de L'Étau Policier) - Selon Ryan, la peine de mort a diminué la valeur de la vie humaine et de la dignité, «sans qu'en retour on ait le bénéfice d'une justice rendue de façon équitable, rapide et humaine». La faiblesse du système la plus troublante : «Elle est essentiellement infligée aux faibles, aux pauvres, aux ignorants et contre les minorités raciales». Il explique que l'abolition de la peine de mort dans son État était la seule façon d'éviter qu'une personne innocente soit exécutée.

Quelques jours avant sa décision, il en avait gracié un certain nombre. Quatre d'entre eux venaient chacun de passer plus de 10 ans en prison pour des crimes qu'ils n'avaient pas commis. Ils ont dénoncé la brutalité policière, certains affirmant que leurs aveux avaient été obtenus sous la contrainte. Une enquête a été ouverte sur les responsabilités éventuelles des policiers qui ont procédé aux interrogatoires. On en ignore la suite.

C'est l'histoire pathétique d'Anthony Porter, survenue au début de son mandat de gouverneur, qui l'a d'abord ébranlé. Il était condamné à mort pour un double meurtre. Une équipe de professeurs de droit et d'étudiants de l'Université Northwestern prirent sa cause à cœur et réussirent à démontrer son innocence.

Il fut sauvé in extremis. «Quarante-huit heures plus tard, le petit Porter allait être conduit à la chambre d'exécution où l'État se préparait à le tuer, de rappeler le gouverneur Ryan, et tout allait se faire de façon tellement antiseptique, et la plupart d'entre nous n'y auraient accordé aucune attention... sauf que Porter était innocent.» (Suite demain)

  Mouvements des hanches olé, olé d'une civil sympa, boute-en-train - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Quittons les restos, allons fureter un brin dans une brasserie fréquentée par des artistes et journalistes. J'y suis allé à une dizaine d'occasions. Les civils m'y ont vite repéré, n'ont pas apprécié de me retrouver encore une fois dans une autre de leurs plates-bandes. L'ennui est qu'ils sont partout, alors partout où je vais, j'ai toujours les deux pieds dedans.

Comme d'habitude, ils ont su faire le nécessaire pour m'inciter à ne plus le fréquenter. Je prenais place le long du mur, près de la table de billard. Pendant que je lisait un quotidien en sirotant un verre de vin, un civil a pris position pour viser une boule. L'ai aperçu avant qu'il n'amorce le mouvement arrière de sa queue de billard pour frapper la balle blanche. Tout de même un peu risqué cette table, parce que trop près des joueurs. N'empêche.

Quand vous voulez y jouer au billard, vous devez ajouter votre nom sur un petit tableau, à la fin de la listes de ceux déjà inscrits. Dès qu'une partie est terminée, on efface le nom en tête et on passe au suivant. À quelques reprises, des joueurs, arrivés après moi, ont inscrit le leur au-dessus du mien. La première fois, suis intervenu amicalement. Puis m'en suis abstenu, m'étant aperçu que ces clients étaient de fait des civils, et qu'ils faisaient exprès pour me compliquer un peu l'existence.

Est venu un jour où j'ai décidé d'y mettre le holà. Suis tombé pile sur une civile que je connaissais pour l'avoir déjà vue en uniforme. Sur le coup, cependant, je ne l'ai pas reconnue. Lui ai dit gentiment que si elle voulait jouer avant moi, il fallait me le demander. M'a rétorqué qu'elle voulait faire une dernière partie avec son copain avant de quitter les lieux. J'ai accepté.

Une fille sympa, boute-en-train. Avant de frapper une balle, elle esquissait parfois quelques pas de danse, quand la musique diffusée dans la salle s'y prêtait. C'était particulièrement cocasse parce qu'elle les multipliait, à une occasion elle avait même fait un tour complet de la table de billard en dansant. Elle cherchait à déconcentrer son adversaire. D'ailleurs, c'est en la voyant danser que je me suis rappelé d'elle.

C'était lors d'une manif, peut-être un mois auparavant, au printemps 1999, et reliée aux garderies. Quelques centaines de manifestantes s'étaient groupées en bordure du Parc Lafontaine, dans l'attente du signal de départ du défilé. Les haut-parleurs diffusaient une musique entraînante. Je l'avais vu près d'une fourgonnette de l'escouade tactique de la police, vêtue de l'uniforme, y aller de quelques mouvements des hanches un peu olé, olé. (Suite demain)

News du mardi 17 Novembre 2009

  Vengeance d'une femme cocufiée par son mec – Montage vidéo (03:03) innovateur, complètement cinglé et drôle.

  En 2000 : «Aux États-Unis, un politicien sauve des vies en faisant triompher la justice» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Peu de politiciens américains s'intéressent à la question, sauf un qui a décidé un jour de 2000 que, à cause des déficiences du système, ça n'avait pas de bon sens. «Aux États-Unis, un politicien sauve des vies en faisant triompher la justice», lit-on dans une chronique de Lysianne Gagnon de La Presse. Son nom : George Ryan, gouverneur... répu