News du lundi 30 Novembre 2009
■ Une experte de
l'ONU dénonce l'interdiction de construire de nouveaux minarets en
Suisse – Asma Jahangir
considère qu'il s'agit d'une discrimination claire à l'égard de la
communauté musulmane. Elle équivaut à une restriction
disproportionnée sur la liberté de manifester sa religion. Selon
elle, le vote majoritaire des Suisses nous rappelle qu'aucune société
n'est à l'abri de l'intolérance religieuse. Signale que ce pays
avait ratifié le Pacte international relatif aux droits civils et
politiques, dont le droit à la liberté de pensée, de conscience et
de religion.
PS : En Occident,
la peur de l'islam totalitaire est une réalité. Voir mes news
d'hier dimanche, manchette "Référendum
: 57,5% des Suisses contre la prolifération de minarets".
■ L'itinérance
: tel que promis, Québec déposera-t-il son plan d'action "avant
les grands froids"
?
- Hier dimanche, conférence
de presse du Réseau Solidarité Itinérance du Québec (RSIQ) qui
s'inquiète du mutisme de la ministre déléguée aux Services
sociaux Lise Thériault. La Commission parlementaire a déposé son
rapport sur la situation le 4 novembre dernier. L'Organisme attend la
suite. L'hiver s'en vient à grands pas.
Il
est appuyé par le bâtonnier sortant du Barreau du Québec, Me
Gérald R. Tremblay : "Le
Barreau est préoccupé par la problématique de l'itinérance. Cette
façon de donner continuellement des amendes aux sans-abri est
ridicule et contre-productive. La justice sans compassion mène à
l'injustice".
■ Le ministre
péquiste Ménard et des événements arrivant à points nommés –
(Suite tome 2 de L'Étau Policier) Un
autre événement survient, un mois et demi plus tard : menaces
de mort rapportées le 22 janvier 2001, et cet autre, le 5 mars.
Deux
policiers
de l'escouade mixte de la Sûreté du Québec suivent une voiture
occupée par deux
Evil Ones,
groupe affilié aux Hell's Angels. (Marie Allard --
La Presse du 5 mars 2001) Sur la route 116, à la hauteur de
Ste-Madeleine, une
auto surgit derrière eux,
et l'homme au volant «a
tenté de les faire sortir de la route en utilisant différentes
manoeuvres dangereuses».
Les policiers appellent aussitôt du renfort et les
deux Evil Ones sont arrêtés.
Difficile
de croire que ces deux policiers faisaient de la filature à bord
d'une auto-patrouille de la Sûreté du Québec, une activité
qui est par définition discrète. Et que les deux Evil Ones se
seraient attaqués délibérément à une auto-patrouille. Donc,
il s'agissait fort probablement d'un véhicule banalisé.
Ordinairement, quand la police se déplace à bord d'un véhicule
n'arborant pas ses couleurs, elle ne porte pas l'uniforme non
plus.
Ce
conducteur était-il sur les lieux pour assurer la protection de
ses comparses, a-t-il pensé que la voiture qui suivait ceux-ci
était occupée par des membres d'un gang criminel adverse?
Questions sans réponses, car on ne sait pas ce qu'il est advenu des
deux gangsters. Ça n'enlève pas au geste sa nature criminelle, mais
s'il l'ignorait, il reste qu'on ne peut plus parler d'une attaque
visant spécifiquement deux policiers.
Le
ministre Ménard n'en tire pas moins profit,
là encore, pour faire la promotion d'une véritable loi
antigang,
impliquant le recours à la clause dérogatoire de la Charte fédérale
des droits et libertés. Parlant des motards, il déclare qu'«ils
n'ont aucune discipline,
et plusieurs sont prêts à prendre des risques inédits jusqu'à
maintenant, dans le but de se signaler à l'attention des chefs des
organisations. C'est
très inquiétant»,
s'alarme-t-il.
Le
contexte politique prévalant alors à Ottawa vaut d'être
rappelé :
octobre-novembre 2000, élections
générales au Canada
desquelles les libéraux de Jean Chrétien sortent vainqueurs. Anne
McLellan retrouve son poste de ministre de la Justice et, en avril
2001, dépose son projet de loi antigang C-24. Constatons
qu'il est des événements arrivant à points nommés. (Suite
demain)
■ Je deviens
responsable du journal local du village de Lac Bouchette : d'Un Lac à
l'Autre - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Se
pose la question : par où commencer? Ce n'est pas en demeurant
claquemuré chez moi que je découvrirai le milieu. Au contraire, je
dois me mêler à la population.
Deux mois après mon arrivée, à la suggestion d'un citoyen auquel
j'avais fait part de mon expérience en journalisme, infographisme et
éditique, j'offre
bénévolement mes services
au responsable du journal communautaire local D'un lac à l'autre, un
mensuel
publié dix fois l'an et distribué gratuitement à 600 exemplaires.
J'en deviens à la fois l'éditeur délégué et le journaliste
attitré. J'en éditerai quatre
numéros :
septembre, octobre, novembre et décembre 1999.
Ce
job de bénévole m'ouvre aussi toutes les portes, et
d'un seul coup.
Difficile de trouve meilleur poste d'observation. Je veux faire la
comparaison entre
un village rural et la Cité policière,
entre une police provinciale (la Sûreté du Québec) et une police
municipale (corps policier de l'île de Montréal).
Cela
vaut le coût puisque les deux entités sont aux antipodes l'une de
l'autre : 1,
370 citoyens versus un million
(c'était Montréal d'avant la fusion municipale de janvier 2002), le
grand calme
rural versus l'intensitéd'une
grande Cité,
la criminalité
rurale versus la criminalité urbaine,
etc. En milieu rural, toutes proportions gardées, la
police en civil est-elle aussi omniprésente qu'à Montréal?
Ses activités de filature, d'infiltration et de déstabilisation
sont-elles les mêmes? Plein
de points d'interrogations se bousculent dans ma tête. (Suite
demain)
News du dimanche 29 Novembre 2009
■ Rien
de superficiel, ici – Dans la page
s'affichant, 5 thèmes à développer : Mode (Chapitre 1), Culture
(2), Voyage (3), Vidéo game (4) et Art (5). J'ai opté pour le
"chapitre
2",
qui traite de la "Culture".
Belle richesse humaine à découvrir.
Les gens
s'expriment franchement dans leur définition de l'audace (André,
artiste, roi de la nuit), du caractère (Ara Starck, peintre), de la
création (India Mahdavi, architecte d'intérieur et designer), du
désir (Barbara Schulz, actrice), de l'élégance dans la vie
(Clémence Poésy, actrice), l'héritage (Enki Bilal, dessinateur et
scénariste de bd, réalisateur), l'unique (Claire Castillon,
écrivaine), du vertige (Angelin Preljocaj, chorégraphe), du
visionnaire (Noé Duchaufour-Lawrance, architecte d'intérieur).
■ Référendum
: 57,5% des Suisses contre la prolifération de minarets
– Une initiative de plusieurs dirigeants du Parti populaire suisse
(SVP), le plus important du pays. Déclaration de l'un des parrains
de la consultation, Walter Wobmann
: "Nous
voulons seulement mettre un terme à une islamisation plus importante
de la Suisse, je veux parler de l'islam politique. Les gens peuvent
pratiquer leur religion, aucun problème là-dessus. Nous voulons
éviter d'autres évolutions : les minarets, l'appel à la prière,
la charia".
■ Le
policier Audy, ex-sous-ministre à la Sécurité publique, est
d'accord avec le ministre de la... Sécurité publique -
(Suite tome
2 de
L'Étau Policier) Ce
que nous savons de l'implantation de la carte policière de Ménard,
c'est ce qu'en ont rapporté les médias. Au Saguenay-Lac-St-Jean, où
j'habite depuis la fin de juin 1999, elle
n'a fait l'objet d'aucun débat public.
Compréhensible : comment
débattre d'une question quand on en ignore les enjeux véritables?
Dans
cette région, la
réforme Ménard
s'enclenche vraiment quand le ministre décrète, au début de 2001,
ainsi que le rapporte l'Étoile du Lac, un hebdo régional, que des
villes comme Roberval, St-Félicien et Dolbeau-Mistassini ne
disposent pas d'un bassin de population suffisant pour garder leur
corps de police municipale, que
la Sûreté du Québec devra prendre le relais.
(l'Étoile du Lac du 21 janvier 2001)
Coïncidence,
ce même mois de janvier, six policiers de Granby et du Canton font
l'objet de... menaces
de mort.
(Presse canadienne --
La Presse du 22 janvier 2001) Le ministre Ménard attrape l'événement
au vol, soutient se sentir «réconforté»
dans sa volonté de réaliser la refonte de la carte policière.
«C'est
l'exemple d'un corps de police local qui
n'est pas capable d'affronter la menace du crime organisé»,
déclare-t-il : d'après la Presse canadienne, ses effectifs à
la suite de la réforme passeraient de 50 à 85. Le
ministre se garde bien de parler
des escouades régionales mixtes contre le crime organisé alors
implantées partout au Québec.
Il
saisit aussi l'occasion pour rappeler la nécessité d'une loi
fédérale antigang
plus musclée,
«le
plus vite possible»,
pour donner plus de pouvoirs aux policiers : «Il
faut une véritable loi antigang qui fasse un crime du seul fait
d'appartenir à un gang.»
Ménard préconise l'utilisation de
la clause dérogatoire
de la Charte canadienne des droits et libertés, mais le gouvernement
fédéral s'y
refusera.
Deux
jours après, le responsable de l'Association des directeurs de
police du Québec (ADPQ), Lorrain
Audy,
endosse ses propos. (Jean-Paul Charbonneau --
La Presse du 24 janvier 2001) Pour lutter efficacement contre le
crime organisé, il faut trois ingrédients : la mise en place de la
carte policière (la régionalisation), le
maintien des escouades régionales mixtes
(contre le crime organisé) et une véritable loi antigang. «La
carte policière va conduire à des regroupements de corps policiers,
ce qui va permettre d'augmenter leurs ressources humaines et une
meilleure transmission des renseignements criminels
(...)».
Audy,
souligne
le journaliste Jean-Paul Charbonneau
de La Presse, est un ex-sous-ministre associé au ministère
québécois de la... Sécurité publique et ex-membre
de l'état-major de la police de l'île de Montréal.
(Suite
demain)
■ Je
quitte Montréal et m'installe dans le petit village de Lac
Bouchette -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Fin
juin 1999, je quitte la Cité policière pour m'installer
définitivement à Lac
Bouchette,
au Lac-Saint-Jean. Deux ans et demi déjà que j'ai ouvert ce
chantier. Je sens en moi l'urgence de le terminer au plus vite. À
Montréal, la tâche serait insurmontable.
L'air y est devenu irrespirable, peur aussi de dérapages, crainte
de plus en plus présente.
Dès
mon arrivée, plein d'indices m'indiquent que la
matière journalistique n'y manque pas :
petit village tricoté serré, comportements stéréotypés, climat
de gravité ambiante, rues désertes. Le Québec uniculturel et
unidimensionnel, et catho aussi. Je jubile. L'occasion, tout à fait
inattendue, d'enquêter dans un autre milieu. J'ignore que j'en
aurais encore pour... quatre autres années. La
moisson sera riche,
considérablement plus qu'à Montréal.
Dans
une petite municipalité rurale, ai-je constaté sur le terrain,
l'effet sociétal de la pseudo police communautaire est
encore plus palpable
que dans une grande Cité. Plus
visible aussi,
la présence de la police en civil et, il faut bien le dire, de
certains élus municipaux, d'employés et de pompiers volontaires
jouant
à la police en civil,
sans omettre les collabos.
À
cette échelle réduite de 1
370 habitants,
on en vient assez rapidement à se connaître les uns les autres,
sinon personnellement à tout le moins de visu, avec nom,
adresse,
numéros de téléphone
et de la plaque
minéralogique, et occupation...
Ici, je le découvrirai au cours des années qui suivront, c'est la
police communautaire dans sa forme probablement la
plus achevée.
Le village ne disposant pas de son propre corps policier, nous
traiterons donc de
la police en civil de la Sûreté du Québec
(SQ). (Suite
demain)
News du samedi 28 Novembre 2009
■ Comment
se débrouille-t-on en ces temps de crise économique?
- L'échelle sociale est constituée de plusieurs barreaux. Plus vous
tombez de haut, plus ça fait mal. On peut cependant amortir les
chocs en tenant compte de certaines bonnes idées circulant sur le
web.
Dès
que j'y trouve des infos significatives à ce sujet, je vous en fais
part aussitôt. Par exemple hier j'ai publié deux textes sur les
coûts du logement aux USA : j'attire surtout votre attention sur
"Take
Back the Land",
celui du quartier pauvre de Miami, que je vous invite à lire plus
bas.
Aujourd'hui,
suis tombé pile sur un reportage
(01H) de l'émission "Temps
Présent"
de la télévision-suisse-romane (TSR) traitant de la débrouille de
citoyens en ces temps difficiles. Savoir où couper dans les
dépenses, faire preuve d'astuces pour rebondir, améliorer sa
communication avec les autres, partager, en profiter même pour
changer de vie, etc. L'approche humaine est au centre de ce docu. La deuxième partie de l'heure porte sur de nouveaux rituels de célébration du mariage où la religion est totalement absente.
■ La
vente à rabais des services de la Sûreté du Québec, le coup
fourré du ministre péquiste Serge Ménard aux municipalités -
(Suite tome
2
de L'Étau Policier) En février 2001, bâton
et carotte
donnent déjà des résultats. La MRC de Vaudreuil-Soulanges est
la première,
officieusement en tout cas, à se plier aux
exigences du ministre Ménard.
Même en fusionnant les cinq corps de police opérant sur son
territoire, elle
ne peut offrir un service aussi complet à un prix aussi bas
que celui de la Sûreté du Québec. Les membres de la MRC optent
donc pour l'intégration.
Ce
même mois, dans la MRC de Montcalm, le président de la Fraternité
des policiers de la Régie de police de Montcalm, Guillaume
Vezeau,
la... recommande. Le reste du territoire est déjà desservi par la
Sûreté du Québec. Les policiers municipaux, toutes municipalités
confondues, le souhaitent également car salaires,
conditions de travail
et possibilités
d'avancement
y sont largement supérieurs. Le
ministre
l'a bien compris puisqu'il ouvre
les portes
à ceux qui accepteront de changer d'uniforme, et à leur directeur,
le poste
de lieutenant.
La
grande vente à rabais
des services de la Sûreté du Québec fait tiquer la Fédération
des policiers municipaux du Québec (FPMQ) du président Prud'Homme.
(Jean-Paul Charbonneau --
La Presse du 10 avril 2001) Ainsi, elle n'a pas aimé qu'à
Rouyn-Noranda, en Abitibi, Ménard
parle d'économies d'1,5M$
aux municipalités qui accepteraient de joindre les rangs de la
Sûreté du Québec.
Autre
exemple : «À
Sorel-Tracy,
selon la FPMQ,
les
maraudeurs
(sic) de
la Sûreté du Québec
avancent des économies d'1M$.
(...) Nous
nous sommes toujours objectés au système de rabais consenti pour
les services de la Sûreté du Québec,
déclare Prud'Homme,
parce qu'il crée une
compétition déloyale
et une
situation injuste
pour les municipalités qui maintiennent un corps de police
municipale.»
La
FPMQ recommande «que
les services de la Sûreté du Québec soient facturés à
cent pour cent des coûts
et que l'État verse aux villes qui maintiennent un corps de police
(municipal) une
contribution équivalente».
(Suite demain)
■ L'underground
policier n'a pas les mains très propres -
(Suite tome1de L'Étau Policier) Au
rez-de-chaussée de la démocratie, le
citoyen non initié
n'entend que le discours légaliste, ne voit que la vitrine d'hommes
et de femmes à l'uniforme impeccablement propre et pressé,
apparemment au-dessus de tout soupçon. L'air de braves petits
scouts
de Baden Powell et de petites
guides
toujours prêts à aider l'aïeul et l'aveugle à traverser la rue.
Seulement
voilà, au fil des semaines et des mois d'enquête sur le terrain
apparaissent
des fissures
qui finissent par faire réaliser qu'au sous-sol, l'underground
policier n'a pas les mains très propres.
Aucune preuve directe mais une convergences de faits et de
recoupements irréfutables. Le pire n'est pas toujours sûr.
Casamayor
fait une description réaliste de l'approche du pouvoir et de ses
civils en matière de répression. (Louis Casamayor --
La Police --
Gallimard) Il dit que les sanglantes répressions des temps barbares
ne sont pas des effets policiers. «C'est, au contraire, les
sociétés lisses
dont la surface n'est pas plus agitée que celle d'un étang qui
révèlent la puissance de l'emprise policière.
La meilleure répression est celle qui ne se voit pas.»
Je
l'ai souvent constaté sur le terrain. Vrai, qu'on ne la voit pas.
Vrai
qu'elle laisse des traces indélébiles
nous indiquant son omniprésence : climat de gravité ambiante et
stéréotypes. C'est comme entrer dans une maison et constater
que les enfants filent doux.
Vous n'avez pas besoin d'être témoin de la rigueur disciplinaire
des parents pour comprendre ce qui s'y passe. Normal dans une société
libre? Non, mais inévitable
quand
des activités policières sont enveloppées du secret absolu, et
leurs auteurs assurés de l'impunité. Dans ce contexte, la
liberté est une figure théorique.
À
l'époque de mon enquête dans la Cité
policière,
qui s'est étalée de décembre 1996 à la fin de juin 1999, les
civils de l'île de Montréal étaient les camions balais des membres
du Comité exécutif de la Communauté urbaine de Montréal (CUM), du
Comité exécutif de la Ville de Montréal et du Conseil des
ministres du gouvernement du Québec. Vera
Danyluk
régnait à la présidence de la CUM, Pierre
Bourque
à la mairie de Montréal, le péquiste Lucien
Bouchard
au sommet de la hiérarchie politique au Québec, et Serge
Ménard
régnait au ministère de la Sécurité publique.
Avant
l'arrivée des péquistes au pouvoir, on
ne peut exclure l'hypothèse
que les libéraux aient utilisés les mêmes méthodes. Le pouvoir
politique n'étant jamais visé par la critique, ce sont encore et
toujours les policiers qui écopent, mais
n'en exécutant pas moins les tâches qu'on leur demande d'accomplir.
(Suite
demain)
News du vendredi 27 Novembre 2009
■ Y'a
pas que la misère en ce monde, heureusement ! –
On dénonce puis après on s'amuse, chaque chose en son temps. Bon
clip
(03:31) de Christophe Willem : Heartbox.
■ USA
(suite) - Raquel Rolnik,
rapporteuse spéciale de l'ONU, affirme que les prix des logements
aux USA demeurent trop élevés pour beaucoup d'Américains.
Incapable de payer à la fois loyer du mois et prêt immobilier en
cette période de crise économique, ils risquent de se retrouver
sans toit. Le nombre de sans abris ne cesse d'augmenter.
Elle a
dévoilé son rapport après avoir visité plusieurs grandes villes,
dont New York, Chicago, Washington, Nouvelle-Orléans, Los Angeles,
ainsi que des réserves amérindiennes.
■ Take
Back the Land
- Dans l'un des plus pauvres quartiers de Miami, un petit groupe de
citoyens identifié de ce nom, a réussi à loger des familles sans
abri dans dix maisons saisies par des banques. Sans le consentement
de ces dernières et sous les regards de policiers qui n'osent pas
intervenir. Selon l'un des membres du groupe, rapporte Olivier Cyran
du Monde Diplomatique, "la police sait que le quartier est
derrière nous et provoquer une émeute n'est pas sa priorité du
jour".
■ Méli-Mélo
-
Des terroristes, pas
de doute ; No future : sarkopunk
sympa ; la liberté dans le fond de l'océan
; ce qui semble être un refus
de l'immigration ; quelques trucs
anti-pubs ; nouveaux modèles
de radars ; graffitis de Rouen,
France ; homme à la fenêtre
; muraille
peinte ; plusieurs photos intéressantes
+ plus bas dans la page, sous "Related Posts", beaucoup
d'autres sous les trois images.
■ Le
ministre Ménard offre aux municipalités les services de la Sûreté
du Québec à un prix hors compétition
- (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Environ
deux semaines après, Ménard
présente enfin sa nouvelle carte policière.
Le corps policier de l'île de Montréal ne sera toutefois par touché
par la réforme. (Jean-Paul Charbonneau et Martin Pelchat --
La Presse du 20 décembre 2000 et des 20 et 25 février 2001)
(Document de consultation ministérielle sur l'organisation policière
au Québec --
Vers une nouvelle carte policière --
Ministère de la Sécurité publique --
Décembre 2000)
Il
impose de nouveaux services de base en
fonction de l'importance de la population
des agglomérations, ce qui en forcera plusieurs à fusionner leurs
corps policiers ou à recourir... à la Sûreté
du Québec.
Il soumet «une
hypothèse»
où les agglomérations urbaines de moins de 30 000 habitants
seraient «réservées»
à la Sûreté du Québec et celles de plus de 50 000 aux policiers
municipaux. De fait, le ministre ne soumettra pas, il
imposera,
à la fois directement et indirectement.
En
outre, celles dont la population se situe dans la médiane 30 000-50
000 auraient
le choix
de recourir à la Sûreté du Québec ou créer leur propre corps de
police unifié. Ménard fait siens les arguments de l'Association des
directeurs de police du Québec (ADPQ) voulant que les regroupements
permettront une amélioration des services et une lutte plus efficace
contre... le crime organisé.
À
Rouyn-Noranda,
une agglomération médiane, le ministre fait
miroiter une économie d'échelle
d'1M$ ou d'1,5M$, on ne sait trop. C'est que, en plus d'imposer des
services policiers trop
coûteux,
donc inabordables, il en profite pour proposer aux municipalités sa
Sûreté du Québec à
un prix hors compétition :
30 cents du 100$ d'évaluation, alors qu'en milieux municipal il en
coûte 35
cents et plus.
Au
départ, l'entente avec chaque municipalité acceptant de liquider
son corps policier pour céder la place à la Sûreté du Québec
porte sur dix ans, elle serait par la suite renouvelée à tous les
cinq ans.
Un
tarif dont on peut prédire sans se tromper qu'il
ira à la hausse au cours des années qui suivront.
Les maires, croyant réaliser des économies, doivent
bien s'en douter un peu
mais l'échéance est si lointaine que ça ne vaut pas la peine d'en
faire un plat tout de suite. Leurs
successeurs composeront avec la situation quand ils y seront.
(Suite
demain)
■ Étant
toujours encadré par des civils, des citoyens m'ont pris pour l'un
des leurs
- (Suite tome
1
de L'Étau Policier) La
deuxième fois, c'était rue Ste-Catherine-Est. Devant moi, à une
trentaine de pieds, un
homme marchait en parlant seul un peu fort,
sans pour autant crier, une radio portative à la main, off. Ses
propos étaient incohérents, mais il n'avait pas l'air menaçant.
Probablement un ex-psychiatrisé.
Au
même moment, un civil -- qui
d'autre?
-- m'a dépassé, à grandes enjambées, et l'a rudement apostrophé,
lui ordonnant à deux ou trois reprises, brutalement, de se taire.
L'homme
s'est tu,
et immobilisé. Quand je suis arrivé à sa hauteur, nos regards se
sont croisés. Y ai vu la
même souffrance
que dans celui de l'homme en rose.
La
toute dernière s'est déroulée à la cafétéria du Comité
social Centre-Sud. Norbert et moi prenions place à la
même table, sur le même banc. Un barbu, un peu échevelé,
s'est amené avec son cabaret et pris place à une table proche de la
nôtre. Relevant la tête vers nous, il a vu Norbert, et l'expression
de son visage a subitement changé. M'a ensuite regardé. Même
souffrance que chez les deux autres.
Le
plus désolant, c'est que, ayant toujours été infiltré ou encadré
par des civils, ces usagers m'ont pris pour l'un des leurs.
M'en suis rendu compte quand, à deux occasions, j'ai croisé
l'homme. Il marchait la tête haute, le regard droit devant lui,
feignait de ne pas m'avoir vu. Je sentais très bien qu'il se
comportait comme si j'en avais été un, marchait, je dirais, les
fesses serrées. Je crois que si je lui avais demandé ses pièces
d'identité, il me les aurait montrées sans discuter.
Quand
vous connaissez bien le rôle du civil, vous
en venez à établir des parallèles.
Sachant qu'il ne peut tolérer un homme tout de rose vêtu ou parlant
seul un peu fort, vous vous demandez, quand vous remarquez certains
piétons à l'allure un peu bizarroïde, s'ils
feront long feu dans l'espace public.
Ainsi
cet homme-sandwich
croisé sur Ontario-Est. Le message qu'il affichait était d'une
incohérence consommée,
tant dans le texte que la disposition de l'argumentation. Il était
planté à une intersection, essayait malhabilement de se donner une
contenance en
sifflotant.
Il n'adressait pas la parole aux piétons, mais les regardait dans
les yeux, sans tout de même trop insister. Dévisager le piéton
constitue
déjà de facto une entorse à la rectitude politique.
(Suite
demain)
News du jeudi 26 Novembre 2009
■ Un
requin énorme
– Vidéo amusante
(00:34).
■ 40
minutes avec DSK du FMI
– Hier mercredi 25 novembre, "Le Grand Journal" de
canalplus.fr, l'une des meilleures émissions d'actualité en France
et d'ailleurs dans le monde, recevait Dominique Strauss-Kahn (DSK),
directeur général du Fonds Monétaire International (FMI).
Brièvement,
le bilan qu'il fait de la situation actuelle. Il constate beaucoup de
confusion quand on parle de la crise. Il y a la crise financière, on
l'a vu, des banques ont fermé. Celle-là, DSK croit qu'elle est
terminée, le risque d'un retour est faible.
Et
il y a la crise économique, celle-là n'est pas encore derrière
nous. On commence à trouver de la croissance, mais le chômage va
continuer d'augmenter jusqu'à l'été prochain, estime-t-il.
Décalage aussi : le rythme de redressement n'est pas le même dans
tous les pays. Resteront les conséquences sociales lourdes, qu'il
n'a pas identifiées. Ça, on va les porter pendant assez longtemps,
prédit-il.
Une
vidéo en trois
parties, le temps de quelques pubs. La première (13:11) : il traite
essentiellement des deux crises : financière et économique. La
deuxième (20:46 – cliquez sur le même écran), on le tâte pour
savoir s'il présentera sa candidature aux élections présidentielles
de 2012 en France.
L'approche
est subtile, insistante, ceux qui l'interrogent le voudraient
tellement comme candidat, très drôle aussi, vous verrez.
Habilement, il revient à son sujet : économie et finance. S'ajoute
à ça des éléments humoristiques. Pour la dernière partie,
cliquez plus bas, à droite, sur l'image "Partie
3"
: DSK n'intervient qu'à la fin, fait part de son inquiétude sur le
réchauffement climatique.
Grande
star de l'économie, les médias se l'arrachent. L'homme,
politiquement de gauche, connait son sujet sur le bout des doigts, a
le débit rapide, s'exprime bien et en des mots accessibles et
compris de tous, n'hésitant pas à utiliser la métaphore pour illustrer
son propos. En plus, sympa. Vous allez passer de bons moments avec
lui.
PS
:
Une question ne lui a pas été posée : les effets potentiels de la
grippe porcine (H1N1) sur les plans financier et économique. Un malheur à la fois...
■ Fin
2000, le premier ministre péquiste Bouchard met en place ce qu'il
faut pour laver et essorer tous les Québécois
- (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Alors
que la réforme policière s'en vient au pas de charge, une
autre prend son élan.
En décembre 2000, après avoir suspendu les règles de procédure et
imposé le bâillon à l'opposition, le gouvernement
péquiste de Lucien Bouchard
adopte la loi 170 créant les nouvelles villes de Montréal,
Longueuil, Hull-Gatineau, Québec et Lévis. On
fusionnera, que cela plaise ou non.
En
tout, une soixantaine de municipalités seront groupées en cinq
grandes agglomérations urbaines. (Martin Pelchat --
La Presse des 20 et 23 décembre 2000) Et on ne s'arrêtera pas là,
se promet le premier ministre Bouchard : «On
va le faire dans la région de Sherbrooke, de Trois-Rivières, du
Saguenay-Lac-St-Jean, le Bas-du-Fleuve. Il faut faire l'opération
partout.
On a 1 400 municipalités au Québec.»
En
outre, Québec n'entend pas faire la sourde oreille à
celles qui n'y seront pas obligées.
L'opération sera menée rondement par la ministre péquiste des
Affaires municipales, Louise
Harel,
qui l'a dit clairement : «les
municipalités sont les créatures du gouvernement.»
Prud'homme, président de la Fédération des policiers municipaux du
Québec, doit être content d'entendre ces propos. (Martin Pelchat -
La Presse du 9 décembre 1999)
Simultanément,
ce même mois, une
troisième réforme est annoncée :
l'implantation à la grandeur du Québec du concept de la police
communautaire. Le journaliste Jean-Paul Charbonneau de La Presse
assiste, à Laval, à la présentation du document "Vers
une police communautaire",
publié par le ministère péquiste de la Sécurité publique.
(Jean-Paul Charbonneau --
La Presse du 8 décembre 2000) On y indique que le moment (fusions
municipales et policières) est particulièrement opportun, pour les
corps policiers (municipaux) qui ne l'ont pas encore fait,
d'entreprendre
le virage proposé.
«En
effet,
est-il précisé,
la réforme des services policiers, qui s'amorcera sous peu,
entraînera une réorganisation de leurs activités. Les autorités
policière doivent donc saisir cette occasion pour procéder à la
réforme de leurs organisations, avec l'objectif d'implanter
résolument(sic)
les
principes de l'approche communautaire.»
Notons
que les Bouchard,
Ménard, Larose, Prud'Homme, Simoneau et Gariépy,
pour ne nommer qu'eux, se gardent bien de préciser que dans un
Québec quadrillé mur à mur par les flics en civil, appuyés
tactiquement par leurs collabos, sans omettre agents et agentes de
sécurité en civil sévissant en milieu de travail et dans les
centres commerciaux, la télésurveillance et les mégabanques
informatisées, le gouvernement péquiste, et ceux qui lui
succèderont, pourra
tout à loisir affiner davantage la momification de tous les
Québécois.
Du
reste, tous vivent déjà sous l'oeil suspicieux de Big Brother et
Big Sister, et de leurs petits frères et petites soeurs, les
collabos. Mais en serrant davantage l'étau, qu'ils
s'approchent davantage de l'État policier,
peu leur importe, à ces élus et présidents-policiers. Le
gouvernement Bouchard veut laver et essorer la société civile
et est disposé à concéder à ces derniers ce qu'ils veulent, en
autant qu'ils poursuivent, avec une efficacité accrue, le travail
clandestin qu'il attend d'eux. (Suite
demain)
■ Accueil
Bonneau, longues tables, chape de plomb, stalag, pauvres mangeant,
silencieux et soumis
- (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Le
regard de l'autre peut aider à repérer le citoyen conscient d'avoir
été déstabilisé par des civils. La
perception n'est visible
que lorsque la victime rencontre inopinément, en votre présence,
l'un de ses tortionnaires ou de ses collègues, car elle
ressent alors de nouveau sa souffrance.
Comme la femme violée du reste, dont
la blessure psychique s'avive,
par exemple dans une cour de justice, quand elle est confrontée à
son tortionnaire.
Par
contre, seuls
ceux en ayant vécues,
eux aussi, arrivent
à l'y lire.
Des déstabilisations à répétition, c'est
comme avoir déjà été marqué au fer rouge
: on se souvient longtemps de la brûlure du fer chauffé à blanc. À
trois occasions,
j'ai été témoins de rencontres semblables. J'ai
alors croisé des regards émouvants.
J'y ai vu souffrance, tristesse, lassitude, soumission.
La
première fois, c'était à l'Accueil Bonneau, quelque part en
avril 1998. Comme dans un stalag, les pauvres occupaient les
longues tables et mangeaient, silencieux, soumis. Climat
d'ambiance très palpables, ai-je remarqué certains jours. Dans les
soupes populaires, j'ai découvert une tristesse humaine inédite
pour moi. Difficile de faire abstraction de ce que Norbert
m'a déjà confié, un matin où justement le chape de plomb y était
particulièrement perceptible, enveloppante, pesante : «Dans une
prison, c'est comme ça». Allusion explicite à la discipline
policière, c'est-à-dire aux contrôles et nettoyages sociaux.
Norbert
et moi étions assis côte à côte. M'indiquant du menton un type
qui occupait une table presque en face de nous, il m'a dit, avec le
ton et le visage encore marqués de mépris et d'irritation : «Ce
gars-là avait l'habitude avant de s'habiller en rose».
Ce qui me laissait croire que la police l'avait convaincu... de ne
plus s'exhiber de la sorte en public.
Au
même instant, l'homme,
dans la trentaine, qui m'est apparu doux et paisible, a
regardé Norbert.
J'ai vu sa
souffrance.
J'ai la conviction qu'il le connaissait, qu'il savait qu'on parlait
de lui et qu'on parlait de ça. Pendant quelques secondes, j'ai
vraiment haï Norbert et tous ses semblables.
Me suis retenu à deux mains pour ne pas lui dire ses quatre vérités.
J'avais là sous les yeux un bel exemple d'un nettoyage social
réussi. Notre homme en rose avait été momifié
par la police,
cela sautait aux yeux. (Suite
demain)
News du mercredi 25 Novembre 2009
■ Résister
à ceux portant atteintes aux droits
– C'est le message que transmet le documentaire de Gilles Perret,
sortie en salles et DVD ce mois de novembre avec le soutien de la
Ligue française des droits de l'Homme : "Walter, retour en
résistance".
Walter
n'est pas un personnage de fiction, il existe. Walter Bassan, 82 ans,
vit en Haute-Savoie, France. N'a jamais oublié sa déportation au
camp de concentration de Dachau, ni la leçon qu'il en a tirée. Deux
questions sont soulevées... Qu'avons-nous fait des idéaux du
Conseil national de la résistance de cette époque? Résister se
conjugue-t-il au présent?
Le
documentaire, qui traite de l'actualité de ces années 2000, répond
oui, au quotidien. Et, signale-t-on dans le synopsis (vidéo
03:09) : "N'en déplaise à Bernard Accoyer, président de
l'Assemblée Nationale (en France), qui met en garde le réalisateur
Gilles Perret contre toutes tentatives d'amalgames..." +
réactions
de médias + d'autres vidéos ici.
PS
:
La Sûreté du Québec poursuit son harcèlement à mon égard,
depuis l'app 7. Mon texte sur la sortie de ce documentaire lui
déplaît.
■ Ajouter un
peu de beauté à la misère noire
– Vidéo (04:54)
tournée dans des quartiers pauvres non identifiés.
■ Canada
: le député conservateur Gerald Keddy traite des chômeurs de
«bâtards
de bons à rien» -
Ce membre du gouvernement canadien de Stephen Harper, un homme
de droite, s'est par la suite excusé de ses propos irrespectueux :
vidéo
Radio-Canada (01:35) + article.
PS
:
Au moment précis où je me préparais à charger cette nouvelle sur
mon site, ce mercredi matin 25 novembre à 04H50, j'ai eu droit à
l'équivalent d'un bref coup de klaxon venant de l'app 7, où habite
une flic de la Sûreté du Québec déguisée en locataire. Et un peu
plus tard, à 05H10, de plusieurs légers coups de poings dans le mur
venant cette fois de l'app 5, d'un autre flic de la Sûreté du
Québec.
Suis en sandwich entre ces deux appartements. Les censeurs policiers
n'arrêtent pas de me harceler. Pour ajouter au contexte, voir article
d'hier, plus bas dans cette page, manchette "Encore
une tentative de la Sûreté du Québec de me censurer".
■ Gravel
dénonce la propension de certains membres de la Sûreté du Québec
à se comporter comme s'il s'agissait d'un État dans l'État -
(Suite tome
2
de L'Étau Policier) Juillet 2000, le vice-président de
l'Association des directeurs de police du Québec (ADPQ), Jean-Pierre
Gariépy,
intervient, propose de réduire le nombre de corps policiers à
quelques dizaines. (Martin Pelchat - La Presse du 19 juillet 2000)
«On
est passé de 185 services en 1991 à 135. Mais là, ça prend un
coup de barre, un virage pour repositionner les organisations
policières. (...)
Je
ne dis pas qu'on va freiner les coûts, mais on va freiner
l'augmentation des coûts.»
Toutefois,
l'Union des municipalités du Québec (UMQ) ne déborde pas
d'enthousiasme. Ainsi Jacques
Brisebois,
maire de Mont-Laurier et responsable du dossier de la sécurité
publique au sein du conseil d'administration de l'UMQ : «On
ne peut empêcher les gens de réfléchir, mais ce sont des employés
municipaux
(allusion aux policiers favorables à la fusion des corps de police).
Ce
ne sera pas à eux de
prendre des décisions mais
aux élus municipaux.»
Pour
sa part, l'éditorialiste de La Presse, Pierre
Gravel,
relate que, dans le passé, on a déjà failli succomber à la
tentation de confondre des concepts liés à la nature même du
travail de la police avec des notions
essentiellement symboliques
visant, par exemple, à doter
le Québec d'une police dite «nationale»
comme on en trouve dans tous les États souverains. (Pierre Gravel
--
La Presse du 22 juillet 2000)
En
oubliant que la meilleure protection contre les
dangers découlant d'une organisation policière trop puissante
se situe dans un partage des pouvoirs et juridictions entre plusieurs
instances susceptibles de faire
contrepoids aux appétits démesurés de l'une ou l'autre d'entre
elles.
Il
ajoute qu'à la lumière de ce qu'on pu apprendre, les années
précédentes, sur la
mentalité qui prévaut au sein de la Sûreté du Québec
et la nette propension de certains de ses membres à
se comporter comme s'il s'agissait d'un État dans l'État,
on est bien forcé de se dire qu'on l'a échappé belle.
L'éditorialiste
souscrit à l'approche plus prudente,
d'après lui, des
trois tiers
: Sûreté du Québec, police de l'île de Montréal et les corps
policiers municipaux, intermunicipaux et régionaux. (Suite demain)
■ Revel
: «Il
y a des côtés positifs en toute chose, y compris dans le nazisme» -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Tout
cela étant, il m'est tout de même arrivé, au hasard de repas, de
soulever discrètement auprès de quelques usagers la présence de
civils. Cela a suffit pour susciter certains commentaires, très
brefs.
Me souviens particulièrement de l'un d'eux, un gars dans la
trentaine. Il m'a chuchoté, la tête penchée vers moi, soulevant
les épaules d'un air où résignation et déception étaient
palpables : «Ils
sont dans tous les organismes!».
Une remarque que j'ai bien dû entendre à sept ou huit occasions,
dont la variante : «Il
y en a partout!»
Il
y a aussi cette employée à qui j'avais fait remarquer que la
cafétéria
du Comité social Centre-Sud
où elle travaillait était infiltrée par des civils, que de ses
collègues de travail, employés ou bénévoles, en étaient aussi.
Elle
m'avait spontanément rétorqué qu'elle le savait. Sa
réponse m'avait franchement étonné. Moi qui la croyais incapable
de percevoir ces choses. S'en rendant compte, elle avait ajouté, un
peu vexée
: «On
n'est pas fou, on voit ce qui se passe!»
Par
contre d'autres usagers l'ignoraient ou semblaient indifférents.
L'un, les yeux ronds, surpris de mon propos, n'a dit mot. D'autres
m'ont écouté silencieusement pour embrayer, à la première
occasion, sur un autre sujet de conversation. Enfin, il y a cette
femme qui m'a affirmé ne
rien craindre de la police puisqu'elle n'avait rien à se reprocher.
Cette
opinion reflète sans doute celle
de la majorité de la population.
De toute évidence, il y a là tout un monde invisible à faire
découvrir. Revel
écrit qu'il y a des «côtés
positifs»
en toute chose, y
compris dans le nazisme.
(Jean-François Revel --
La tentation totalitaire --
Éditions Robert Laffont) Tous les systèmes ont des qualités et des
défauts. La question est de savoir à partir duquel il
est le plus concevable et possible de construire une société
meilleure.
(Suite
demain)
News du mardi 24 Novembre 2009
■ Rom
Houben : 23 ans dans un coma qui n'en était pas un
– Il y a trois ans, de nouvelles analyses menées par l'Université
de Liège par le dr Steven Laureys ont démontré qu'il était en
fait pleinement conscient de ce qui se passait autour de lui. Depuis,
il l'a initié à l'informatique et peut écrire des courriels. Rom
Houben : "Je criais, mais on ne pouvait m'entendre".
Selon
le dr Laureys, ce cas serait loin d'être le seul : 41% des patients
en état de conscience minimale sont diagnostiqués de manière
erronée comme étant végétatif. Voilà de quoi relancer le débat
sur l'opportunité de mettre fin à la vie de personnes plongées
dans le coma depuis des années et dont on estime qu'elles ne
recouvriront jamais leurs facultés. La nouvelle n'est sortie qu'hier
lundi : textes un
et deux.
PS
: Sur le web, certains comparent cette histoire à celle du soldat américain
Joe Bonham survenue en 1917, en France. Atteint par un obus, il perd
ses quatre membres, devient sourd, aveugle et muet. L'écrivain et
réalisateur Dalton Trumbo en a fait un livre et un film : "Johnny
s'en va-t-en guerre".
Emprisonné
dans son corps, de ce qui lui en reste, et incapable de communiquer.
Vit de flashbacks ainsi que vous allez le voir dans l'extrait
du film (09:48). Notamment, il cours derrière la femme qu'il aime
mais n'arrive pas à la rejoindre. Assiste à une fête de Noël, veut y participer, mais ce n'est qu'un souvenir. Il n'y est pas
présent en temps réel, s'en rend compte et se retire lentement de
la pièce où on festoie.
Au
début des années 80, suis allé voir le film. J'étais sorti de là
complètement sonné, ko! L'horreur intégrale, mais aussi
accompagnée de cette image fugitive de la générosité d'une
infirmière lui faisant une fellation. Bref moment de tendresse dans
l'enfer.
■ Encore
une tentative de la Sûreté du Québec de me censurer –
Je me réfère à mon journal quotidien d'aujourd'hui mardi 24
novembre 09, 00H56. Je songe sérieusement à le diffuser
intégralement sur mon site. Ça vous aiderait à faire des
recoupements.
Beaucoup
de difficultés à mettre en page l'extrait du tome 2 de L'Étau
Policier, d'où le retard à le charger sur mon site. Impossible de
justifier une ligne à l'intérieur d'un paragraphe, il y a un écart
entre elle et celles au-dessus. J'ai rechargé le logiciel de
traitement de texte, mais l'espace rebelle est encore là. Suis
obligé de réécrire mot à mot le paragraphe. Impossible aussi de
mettre en caractères gras une formulation.
Sabotage
de la Sûreté du Québec confirmé par un bruit venant de l'app 7,
dont la locataire, une flic en civile, partage avec moi un mur
mitoyen qui n'est pas insonorisé. Ce n'est pas nouveau, il en est
très très souvent ainsi lorsque j'écris des choses qui dérangent
les censeurs dirigeants ce corps policier de la province de Québec.
L'adresse de l'app 7? La voici au complet : 125, app 7, Édifice
Raymond Desjardins, Route 155, Lac Bouchette, région
Saguenay-Lac-St-Jean, province de Québec, Canada - G0W1V0.
Qu'est-ce
que j'avais écrit qui leur avait fait dresser les poils sur les
bras? Juste avant d'alimenter mon site des tomes 1 et 2 de L'Étau
Policier, j'avais ajouté un paragraphe à un article d'hier lundi,
voir manchette "Le
20e de la Convention internationale des droits de l'enfant (CIDE)",
dernier paragraphe de mon PS. À la fin, je traite nos élus de "gang
de minables". Petit Robert : un minable est un médiocre, qui
fait pas son job correctement. Ce n'est pas une insulte, mais un
constat vérifiable. Je persiste et signe : "gang de minables".
■ Prud'homme,
président du syndicat policier, se mêle de fusions municipales -
(Suite tome
2 de
L'Étau Policier) En décembre, Prud'Homme presse le gouvernement
Lucien Bouchard d'obliger plusieurs municipalités du Québec à
fusionner. ( Martin Pelchat --
La Presse du 9 décembre 1999 ) Pourquoi
donc le président du syndicat policier se mêle-t-il de fusions
municipales?
«Actuellement,
plusieurs organisations policières sont en manque de ressources,
d'équipements indispensables afin d'assurer un minimum de service à
la population, déclare-t-il.
( Martin Pelchat --
La Presse du 9 décembre 1999 ) Communications
inadéquates, équipement désuet, personnel insuffisant, autant de
facteurs qui peuvent compromettre la qualité des services à la
population.
( ... ) Le
gouvernement Bouchard doit démontrer comme il l'a promis lors de la
dernière campagne électorale sa ferme intention de gouverner. «Il
doit afficher son leadership en établissant un
plan de
match obligeant
(sic) les
municipalités à fusionner.»
En
outre, aux maires affirmant que les salaires des policiers municipaux
rendent
les fusions désavantageuses.
Prud'Homme réplique qu'il n'est pas question de profiter des
regroupements pour réduire leurs conditions de travail. Déjà, on
voit rétrécir la fameuse économie d'échelle... du ministre
Ménard. Citons un cas, parmi d'autres où celle-ci n'était pas au
rendez-vous.
Début
février 2000, les municipalités de Salaberry-de-Valleyfield
et de Beauharnois
du sud-ouest de Montréal se retirent de la Régie intermunicipale de
police des Riverains qui dessert cinq municipalité totalisant 50 000
citoyens, et formée en avril 1998. (Martha Gagnon – La Presse du
1e février 2000) Le maire de Beauharnois, Michel
Quévillon,
explique qu'«on est incapable de s'entendre sur la façon d'éponger
le déficit d'1,5 million et de gérer le service de police (…)
C'est devenu invivable». Il affirme que le regroupement avait été
réalisé selon
des estimations irréalistes.
«Il
semble qu'on ait présenté des chiffres beaucoup trop bas pour
réussir à
vendre une régie à des villes qui étaient réticentes.
Est-ce qu'il y avait un plan
A et un plan B?
S'interroge-t-il. Chose certaine, on constate aujourd'hui que la
régie ne peut pas fonctionner avec un budget de 6 millions. Il faut
8 millions et plus. (…) Beauharnois devait économiser 250
000$
avec le regroupement, mais ce n'est plus possible avec le déficit.
Nous nous retrouvons avec un service moindre, qui coûte aussi cher
et sur
lequel nous n'avons pas de contrôle.
(Suite demain)
■ Lorsque
la police dit connaître un individu, pour les journalistes c'est
l'équivalent d'un verdict de culpabilité -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Plus
aisé de dénicher des témoignages de citoyens ayant fait l'objet de
déstabilisations. Mais
pas donné non plus,
parce que la presque totalité des citoyens ignorent l'existence de
ces tactiques policières.
J'ai essayé d'en repérer dans des restos
communautaires. Je devais aussi agir avec prudence. Je ne pouvais pas
aller d'une table à l'autre, le demander à tout un chacun. Au
cours de mon enquête, je n'ai pu agir en toute liberté,
les civils m'avaient à l'œil, savaient que je savais qui ils
étaient et ce qu'ils faisaient, savaient tout autant qui j'étais.
Du
reste, je ne crois pas que les citoyens n'ayant rien à se reprocher
et conscients d'avoir été la cible de civils se bousculeraient
pour raconter ce qu'ils ont vécu. Pour plusieurs raisons, dont la
crainte de représailles, justifiée ou non. Affronter les médias
n'est pas facile non plus. Vraiment pas bon pour le citoyen
d'avoir susciter la curiosité policière. La
peur-du-qu'en-dira-t-on est un puissant empêchement. Qu'en penseront
journalistes traditionnels et entourage immédiat? Selon le
préjugé favorable dont jouit la police et voulant que celle-ci ne
s'intéresse jamais à quelqu'un sans de bonnes raisons.
D'avantage vrai s'il est une vitre cassée.
Suffit
que la victime défende maladroitement son cas pour qu'une
petite souillure transparaisse dans le compte-rendu.
Et risquant de s'agrandir si la police affirme aux journalistes
connaître
l'individu.
À elle seule, cette affirmation équivaut, aux yeux du journaliste
traditionnel et du citoyen, à
un verdict de culpabilité.
Attitude normale, quand on a perdu son sens critique vis-à-vis la
police.
Pourtant,
c'est
une exécution sommaire.
Coupable de quoi, monsieur l'agent? devrait demander le journaliste.
Vous dites que votre enquête n'est pas encore terminée? Quand vous
aurez une preuve, portez une accusation et si l'infraction vaut la
peine, j'assisterai au procès. Voilà
de quelle façon le journaliste devrait procéder.
(Suite
demain)
News du lundi 23 Novembre 2009
■ Le
20e de la Convention internationale des droits de l'enfant (CIDE) –
L'UNICEF veut éviter que ce soit l'affaire d'une seule journée et
que le lendemain de l'anniversaire on en parle plus. Tout au cours de
cette année du 20e, elle va créer des événements afin de
conscientiser les citoyens de son importance : vidéo
00:36.
PS
: C'est dans les pays occidentaux que le travail devrait débuter.
Ceux-ci sont vraiment les seuls à pouvoir aider les pays en
développement et pays pauvres. Qui prendra l'initiative de
distribuer la CIDE
(texte intégral) dans les écoles? Procéder ainsi pour la Charte
(texte intégral) des droits de l'Homme de l'ONU? Une seule solution
: pousser dans le dos nos élus locaux, régionaux et nationaux, en
vertu du droit des enfants de savoir.
Ne
vous faites pas trop d'illusions : les élus s'en foutent royalement.
Ils sont du reste à l'origine de l'érosion des droits.
L'affirmation n'est pas gratuite. Ils ne font strictement rien pour
obliger les civils de la police à respecter ceux des citoyens.
STRICTEMENT RIEN! Au Québec comme ailleurs. Posez la question à
notre ministre québécois de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, et au premier ministre Jean Charest.
Ils ne peuvent pas ne pas savoir. Il y a environ deux ans, j'ai transmis par courriels l'adresse de mon site L'Étau Policier et un bref résumé de la situation à tous les députés du Parlement du Québec, incluant les ministres et le premier ministre, ainsi qu'aux députés québécois du Parlement du Canada, incluant itou les ministres et le premier ministre. Ils le savent. Qui ne dit mot consent. Gang de minables!
■ Les
policiers présidents syndicaux Prud'Homme
et Simoneau s'entendent sur le partage du territoire - (Suite
tome
2
de L'Étau Policier) Opportun de signaler que deux ans et quelque
plus tard, soit le 1e
janvier 2002,
la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM)
remplacerait la Communauté urbaine de Montréal (CUM),
responsable de
la police.
Que la CMM engloberait 105
municipalités
de la grande région métropolitaine de Montréal.
Outre
les 29 de l'île de Montréal, territoire jusqu'alors desservi par la
CUM, elle absorberait également les 76
situées en périphérie immédiate,
sur les Rives-Nord et Sud du fleuve St-Laurent. À ce moment-là, on
ignorait que la police ne relèverait pas de cette nouvelle structure
régionale mais
de la nouvelle Ville de Montréal,
qui naîtrait, elle aussi à cette même date, de la fusion des 29
municipalités de l'île.
Alors
Prud'Homme craint
que le territoire desservi par la police de la CUM soit étendu à
ces 76 autres municipalités de la future CMM. Il risquerait de
perdre des corps policier municipaux membres
de sa fédération.
On comprend qu'il ne veuille pas de ce «monstre»,
en tout cas pas tout de suite. Il propose plutôt
une régionalisation des services de police à plus petite échelle,
sur les deux rives et à l'intérieur d'une même municipalité
régionale de comté (MRC), «(...) avant
même de tenter d'étendre les tentacules de la CUM»,
précise-t-il.
De
son côté, Alain
Simoneau,
président de la Fraternité des policiers de l'île de Montréal,
n'est pas réfractaire à l'idée d'un «superservice
policier»
à l'échelle des 105 municipalités (les 29 de l'île de Montréal +
les 76 des Rives-Nord et Sud). Cependant, il
favorise préalablement,
lui aussi, une régionalisation sur chacune des rives du fleuve.
Ensuite, on
verra bien ce qu'il y aura lieu de faire.
Et
la lutte contre la Sûreté du Québec? Prud'Homme
soupçonne celle-ci
de vouloir s'arroger la responsabilité des services spécialisés,
en ne laissant que la gendarmerie aux policiers regroupés sous le
chapeau de la future CMM : «On
va se taper les billets
(de contravention) pendant
qu'ils
(les policiers de la Sûreté du Québec) vont
se taper le meilleur,
les enquêtes, etc. On
va se battre contre ça et pas à peu près!»
(Suite demain)
■ Le
citoyen peut être témoin d'une déstabilisation psychologique, si
les conditions sont réunies - (Suite
tome
1
de L'Étau Policier) On
l'a vu, le travail policier repose sur trois
tactiques fondamentales
: filature, infiltration et déstabilisation. On peut être témoin
d'une filature, cependant cela nécessite un soutien logistique. Plus
facile d'être témoin d'une infiltration.
Quand on a appris à dépister des civils, on s'en rend compte
lorsque ils ont infiltré un citoyen ou un groupe de citoyens.
Difficile
par contre d'être témoin d'une déstabilisation, et davantage d'en
connaître les différentes étapes et la finalité. Les
déstabilisateurs veillent à ce que l'agression psychologique ne
soit vue ou perçue par personne.
À moins d'être dans le secret des dieux, c'est-à-dire citoyen
collabo.
Remarquez que même là, il est loin d'être certain que la police
vous dira tout. C'est
qu'elle est cachottière,
la police.
Cela
dit, il peut arriver qu'on soupçonne qu'une déstabilisation soit
en marche. Il faut cependant que les conditions soient réunies.
Avoir repéré des civils et ceux-ci l'ignorer, autrement jamais
ils ne procèderont en votre présence. Voyons quelques unes de
ces séquences auxquelles on peut assister.
Si
un civil dénigre en
votre présence un citoyen, cherche à l'abaisser devant les autres,
ou
attise sa colère,
vous êtes justifié de penser qu'il tente de le déstabiliser, avec
une désapprobation
communautaire à la clé.
Ce peut-être aussi l'œuvre d'un citoyen
collabo
ou quelqu'un n'ayant rien à voir avec la police mais
connaissant la tactique.
Au fil des jours et des semaines, en l'observant discrètement, vous
assisterez à sa
dégradation psychologique.
Vous ne saurez jamais ce qui s'est passé avant ni après
: la cible finit toujours par être éjectée de l'espace public,
c'est-à-dire sortir de chez elle de moins en moins. (Suite
demain)
News du dimanche 22 Novembre 2009
■ France
– La 5e édition du Festival international du clip indépendant
(site de l'organisme) se
tiendra à Paris du 25 au 29 novembre. La promotion vidéo
(00:30) de l'organisme est un petit chef-d'œuvre, qui mériterait
bien un prix.
■ New
York 2008
– Une vidéo parfaite en son
genre (04:20) : en bas de l'écran, lisez les réactions élogieuses
des participants au forum. Vicente Sahuc, son auteur, a choisi comme
fond musical un hit de U2
: Numb (04:25). Le message est explicite : don't, don't, don't et
encore et encore don't... Une belle réussite, vraiment.
■ Le
monde de la finance et ses requins mangeurs d'hommes
– William K. Black
(texte en anglais) du Roosevelt Institute, aux USA, qui a participé
à l'époque de la présidence de Clinton au redressement des Caisses
d'Épargnes après leur faillite, pose la question : quelle est la
fonction du secteur financier au sein de la société? Réponse : il
n'est qu'un outil au service de ceux qui produisent de véritables
outils, et non une fin en soi.
Or,
à l'heure actuelle, cinq déficiences fatales du secteur financier
ont donné naissance à un monstre qui saigne l'économie réelle,
répand la fraude et la corruption, menace la démocratie et provoque
des crises récurrentes, de plus en plus intenses.
■ Gros
mensonge du ministre québécois Serge Ménard : la régionalisation
des corps policiers permettra de faire des économies -
(Suite tome
2
de L'Étau Policier) Le printemps 1999 est le point
de départ de la régionalisation des corps policiers.
En mai, le journaliste Jean-Paul Charbonneau de La Presse rapporte
que le ministre
Ménard
se dit prêt à faire adopter une loi s'il se bute à une opposition
incontournable des élus municipaux. (Jean-Paul Charbonneau --
La Presse du 15 mai 1999)
Au Québec, au cours des 13 années
précédentes, le nombre de corps de police municipale a été réduit
de 190 à 134. Si la régionalisation se concrétise, il
n'en restera plus qu'une soixantaine.
En
juin, Normand Delisle du même quotidien écrit que le ministre
péquiste Ménard en est «un
chaud partisan».
(Normand Delisle --
La Presse du 16 juin 1999) Il y a des économies à faire, selon le
ministre... «L'ensemble
des contribuables paie alors moins cher (sic) pour
les services de police et ils sont de meilleure qualité et d'une
plus grande efficacité».
Qu'en
pensent les présidents de l'Association des directeurs de police et
pompiers du Québec (ADPPQ), Jean-Pierre
Larose,
et de la Fédération des policiers municipaux du Québec (FPMQ),
Yves
Prud'Homme,
ex-président de la Fraternité des policiers de l'île de Montréal?
Ils sont d'accord, même plus, ravis.
On
comprend pourquoi
: «En
étant plus gros, un corps de police va avoir besoin de plus
d'enquêteurs et de spécialistes, ce qui permettrait plus
d'avancement aux policiers»,
avait déclaré Prud'Homme le mois de mai précédent. (Jean-Paul
Charbonneau --
La Presse du 6 mai 1999)
Cependant,
une petite guéguerre
intersyndicale se profile déjà à l'horizon
au sujet du partage du Québec. La FPMQ --
2 500 membres --
est en effet en lutte contre
la Sûreté du Québec
et, jusqu'à un certain point, éventuellement, contre la
police de l'île de Montréal
aussi.
Le journaliste Martin Pelchat de La Presse nous apprend, en
septembre 1999, que la ministre péquiste des Affaires municipales et
de la Métropole, Louise
Harel,
trouvera sur son chemin FPMQ et Prud'Homme, si elle veut faire de la
police de l'île de Montréal le
seul corps policier des municipalités membres de sa future
superstructure régionale.
(Martin Pelchat --
La Presse du 1e septembre 1999) (Suite demain)
■ Le
rôle central des civils : nettoyage social et cueillette de
renseignements personnels sur tout un chacun - (Suite
tome
1
de L'Étau Policier) Impossible
de dire si des civiles vont même jusqu'à danser aux tables de
clients. Peu
probable.
Ce dernier job est plus vraisemblablement dévolu, entre autres, à
des étudiantes en techniques policières et des danseuses
mouchardes. Ces dernières, collaboratrices volontaires
ou obligées,
pour de multiple raisons.
Ce
peut-être le cas, par exemple, de celle gagnant bien sa vie comme
danseuse mais n'en
continuant pas moins de retirer de l'aide sociale.
Fraude découverte par la police, et servant ensuite de monnaie
d'échange : on
ferme les yeux si tu collabore avec nous.
Pas grand choix, autrement elle risque d'être accusée, condamnée à
une amende et devoir rembourser les chèques encaissés illégalement.
En plus d'hériter d'un dossier judiciaire.
Y
vend-on de la drogue, dans ces restos, ces brasseries, ces bars? N'y
ai jamais été témoin de transactions.
En tout cas, rien de visible, d'après mes observations. Mais la
drogue,
et toutes les autres formes de criminalité, ne
constitue pas,
loin s'en faut, l'activité
majeure des civils.
Leur rôle central étant d'établir l'identité de tous les
citoyens, d'enrichir leur profil psychosocial en recueillant tous
renseignements personnels à leur sujet et de procéder au nettoyage
social, notamment
de ceux résistant à la normalisation.
Tous
fichés dans la mégabanque informatisé de la police? En
caricaturant un peu beaucoup on pourrait dire que seuls
les nouveaux nés ne le sont pas encore.
Sans aucun doute l'un des rares désavantages de l'arrivée de
l'informatique dans nos vies. Et il est de taille. (Suite
demain)
News du samedi 21 Novembre 2009
■ Grippe
porcine (H1N1) : mutation du virus en Norvège –
La nouvelle a été dévoilée
hier vendredi par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) : cette
info est disponible en anglais sur son site.
Cependant, la variante resterait sensible aux antiviraux, selon le
site doctissimo.fr
: les vaccins pourraient donc la contrer.
■ Pas
peur du vide ?
– Ok, accompagnez
les
: l'une des meilleures vidéos du web de ces dernières années
(09:53).
■ Rêves
d'enfants
– Un reportage intéressant d'ARTE.fr : à 18 enfants de 9 pays on
a demandé "Quel
est ton rêve?"
Nassim, 10 ans, d'Afghanistan, veut devenir président. La meilleure intervention, vraiment, est celle d'Aminata, 11 ans, de la Mauritanie. Les
entrevues, sous-titrées en français, durent une minute ou moins.
Dans la page qui s'affiche, un peu plus bas, cliquez sur la première
image, celle d'Aminata.
Pour entendre la suivante, cliquez sur "Xfermer",
coin droite en bas de l'écran, et ainsi de suite.
■ Montréal
: la police de quartier imposée sans débat de fond, seulement
quelques phrases stéréotypées du pouvoir péquiste -
(Suite tome
2
de L'Étau Policier) J'invite le lecteur à lire mon premier livre,
L'Étau Policier, tome 1. J'y
relate en détail mon enquête sur le terrain, ce qui lui permettra
de découvrir les multiples activités clandestines et illégales de
la police en civil et de ses collabos.
J'y
traite aussi, entre autres, de la police de quartier, qui est une
vaste opération de relations publiques
visant à infiltrer tous les citoyens, de l'idéologie de la peur
ainsi que de l'agitation policière et politicienne en vu d'obtenir
des lois plus sévères. Ce premier tome aide
à la compréhension de celui-ci,
tome 2, où j'aborde d'autres aspects de mon enquête.
À
la même époque où se déroulait l'agitation policière et
politicienne décrite dans le premier livre, le Québec, sous
l'impulsion des gouvernements péquistes successifs de Lucien
Bouchard et de Bernard Landry, consolidait sans relâche
son étau policier. Les réformes étaient majeures : fusions
municipales, régionalisation des corps policiers, intégration
de policiers municipaux au sein de la Sûreté du Québec,
agrandissement du territoire de celle-ci, élargissement de
la police communautaire bidon à la grandeur de la province.
Depuis
quelques années le soit disant modèle communautaire était déjà
appliqué, notamment à la police intermunicipale de l'île de
Montréal et à la Sûreté du Québec, mais, là, on l'épandait
partout, telle une tache d'huile. Toutes ces réformes menées
simultanément, et imposées de gré ou de force.
En
outre, elles étaient intimement
liées entre-elles.
Les fusions municipales préparaient le terrain des trois autres, de
nature policière celles-là. Le gouvernement péquiste procédait
sans dire à la population de quoi il s'agissait exactement. Pas
de débat de fond,
seulement quelques phrases stéréotypées,
énoncées de temps à autre : lutter contre le crime organisé, la
drogue, etc. Tout comme Vera
Danyluk,
présidente de l'ex-Communauté urbaine de Montréal (CUM), l'avait
fait avant lui quand, au milieu des années 1990, elle avait annoncé
que la nouvelle approche policière serait la norme sur l'île de
Montréal.
Prêtons
oreille à cette déclaration du ministre péquiste de la Sécurité
publique, Serge
Ménard,
émise en mai 1999 : «(...) le
concept de la police communautaire devrait satisfaire les gens
complètement».
( Jean-Paul Charbonneau --
La Presse du 7 mai 1999 ) Le
tout bâclé en une seule phrase.
Le citoyen en arrive à se dire que ce ne peut être que bon pour lui
puisque le pouvoir politique, la
police et même certains savants criminologues le disent.
(Suite demain)
■ Il
faut se méfier de l'oreille traînante des serveurs et serveuses -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Cette
brasserie n'est pas la seule a faire l'objet d'une haute
surveillance, tous les autres bars du
centre-ville de Montréal aussi,
quoique la police ait un faible pour les bars et les brasseries où
il y a beaucoup d'osmose. L'alcool délie les langues, les clients
communiquent davantage entre eux, souvent à hautes décibels.
Endroit
idéal pour écouter les conversations,
épier les comportements du citoyen, infiltrer et sans aucun doute
déstabiliser aussi certains d'entre eux, en y éloignant ceux ayant
tendance à se soûler. Les civils y font la cueillette de beaucoup
plus de renseignements que dans
un bar de danseuses nues,
par exemple, où chaque client est isolé et silencieux, occupé
qu'il est à se
rincer l'œil et à fantasmer dans son slip.
Retenez
ceci : dans la partie est-ouest du centre-ville, celle que je connais
le mieux, les
civils sont partout.
Ils y sont comme clients, certains-nes...
servent
occasionnellement aux tables ou au comptoir de restos et de bars. Ils
ont probablement reçu une formation en restauration et tenue de bar
leur permettant, avec la
complicité obligée
du patron de la boîte, de remplacer un employé pour mieux
s'approcher et entendre les conversations ou déstabiliser certains
clients. Ils
peuvent aussi avoir été embauchés sans
que leur patron ne sache qu'ils sont de la police.
Il
faut se méfier de l'oreille traînante des serveurs et serveuses.
Ces gens, on les regardes à peine, ne s'en méfie pas, mais par leur
situation stratégique sont -- parfois ou souvent? -- de
connivence avec la police ou carrément policiers.
(Suite
demain)
News du vendredi 20 Novembre 2009
■ Aujourd'hui, 20e
anniversaire de la Convention sur les droits de l'enfant –
De tous les droits humains, ce traité (texte intégral)
est le plus largement accepté : 193 pays l'ont ratifié. Toutefois,
l'application sur le terrain reste encore un énorme défi, signale
Ban Ki-moon,
secrétaire général de l'ONU.
Des
millions d'enfants meurent encore avant leur cinquième anniversaire
de causes largement évitables. Des millions d'autres n'ont pas accès
à de l'eau potable, de la nourriture appropriée, l'éducation et
sont victimes de violences et d'exploitation. À l'occasion du 20e,
l'UNICEF publie une édition spéciale
de son rapport sur la situation des enfants.
■ Pigeon
impossible – Excellente
animation
(06:15) : scénario, montage. On a hâte de voir la suite, donc
suspense. En +, c'est drôle.
■ Le
premier ministre belge Herman Van Rompuy élu hier président de l'UE
– Tony Blair, l'ex-premier ministre de la Grande-Bretagne, a mordu
la poussière. Sa guerre illégale avec W. Bush en Irak justifiée
par un mensonge sur les armes à destruction massive ne l'a pas aidé
: les membres de l'ONU s'y étaient opposés. Selon challenges.fr,
Blair aurait symbolisé une conception "plus puissante" de
cette importante fonction au sommet de l'Union européenne (UE).
PS
:
L'expression "plus puissante" me semble être une allusion
polie à sa soif immodérée de pouvoir : pourtant membre du Labour à
l'époque, un parti de centre-gauche. S'en dégage un message : les
colonialistes ne sont pas les bienvenus. Croisons les doigts en
espérant que les chefs d'États utilisant inconsidérément la
violence, législative ou autres, pourront de moins en moins se
refaire une virginité après leur mandat et avoir accès à des leviers socio-politiques, quels qu'ils soient. Avis aux fous du volant.
■ Un
beau projet de société : devenir le premier État occidental
non-violent sur le plan législatif -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) En matière de répression policière, le
pouvoir américain, et c'est d'avantage le cas quand
des républicains sont au volant,
n'est surtout pas un modèle à copier-coller.
Adopter l'approche
humanitaire
et sanitaire
dans la lutte contre la drogue, cela ne signifie nullement que le
Canada cesserait de combattre les narcotrafiquants.
Il n'en continuerait pas moins à les pourchasser,
les traduire devant les tribunaux, les condamner à des peines de
prison, à confisquer leurs biens et comptes bancaires.
Devenir
le premier État non-violent du monde occidental, sur le plan
législatif, voilà un beau projet de société. Dans un
tel contexte, il y aurait tout lieu d'être fier de figurer sur la
liste de dirigeants américains, qui ont déclaré la guerre à
leur Société civile. Il faudra préalablement mettre notre
police en civil au pas, notamment en lui interdisant de semer
la peur au sein de la population.
Je
signale que la très grande majorité de la répression policière
clandestine illégale décrite dans ce livre était déjà en
place bien
avant la date fatidique du 11 septembre 2001,
ayant débuté mon enquête journalistique quatre ans et demi
avant... (Fin du tome 3).
■ Un
clown un peu beaucoup guilleret -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Autre
fait illustrant cette fois la discipline que les civils imposent aux
citoyens sans
que ceux-ci n'imaginent une seconde qu'elle est d'origine policière.
Celui impliquant un client un peu beaucoup guilleret, s'amusant à
jouer le clown, et qui
m'a bien fait rigoler.
Il
couchait sa copine sur la table de billard et s'allongeait
sur elle
pour l'embrasser goulûment, sans se préoccuper des boules affolées
roulant dans toutes les directions. À une autre occasion, alors
qu'il n'avait qu'à frapper en douceur la blanche pour en loger une
dans la poche, tout près, il a trouvé le moyen de faire
passer la blanche au-dessus et l'y entrer.
Un civil, assis tout près, une bière à la main, n'a pu s'empêcher
d'incliner la tête en la secouant légèrement, étonné de la
prouesse.
Peu
après, il avait jeté sa
queue de billard sur le plancher de terrazo.
Une policière en civil lui
avait crié sur un ton agressif de ménager l'équipement.
La remarque avait blessé l'ego de notre homme qui, ignorant sans
aucun doute que cette cliente était une flic, voulait aller lui dire
deux mots dans le mufle.
Heureusement, sa complice avait réussi à l'en dissuader, mais
de peine et de misère,
s'interposant devant lui à deux reprises pour l'en empêcher.
Si
l'homme était allé l'enguirlander, ses
collègues masculins sur place seraient probablement intervenus pour
la défendre.
Il y aurait peut-être eu une bagarre, parce que notre
homme semblait déterminé,
bagarre qu'ils auraient évidemment gagnée. Et notre homme n'aurait
jamais su que
ses vainqueurs étaient des flics.
(Suite
demain)
News du jeudi 19 Novembre 2009
■ Méli-Mélo
-
Greenpeace
; Chine : en vie malgré
tout ; l'agenda
du pape ; apparition miraculeuse
; fin de la crise, début
du chômage ; parité...
; grève et crève
; encerclez un chat
pour l'empêcher de sortir : cliquez sur les cercles verts ; intimité
fiminine
; combat sans
merci ; des illustrations à l'infini ou
presque : cliquez sur les noms des deux colonnes de gauche ; train
train quotidien
; les États
des USA.
■ La
condamnation à la peine de mort est un refus d'ouvrir la porte à un
appel potentiel -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) Cependant, le dossier est loin d'être clos. Car
il y a, entre autres, les décisions de la Cour suprême des
États-Unis, qui
préoccupent.
En 1972,
elle abolie la peine de mort. Quatre ans plus tard, elle revient sur
sa décision : «La
peine de mort est conforme à la constitution»,
déclare-t-elle.
En
1989,
elle statue qu'elle peut être appliquée aux mineurs de
16 ans et plus et aux déficients intellectuels.
Dernier épisode en date de 2002 :
elle déclare illégale l'exécution des
déficients mentaux.
Nécessaire de rappeler que les membres de cette cour son nommé par
le pouvoir. D'où le pas en avant, le pas en arrière. Il n'empêche
que le
débat semble lancé,
car une dizaine d'autres États américains étudiaient, en 2003, la
question d'un moratoire. Sans compter que le nombre de condamnations
à mort était à
la baisse.
À suivre.
«Même
Bush,
ex-gouverneur du Texas, capitale de la peine de mort, ne
peut défendre l'idée d'exécuter des innocents»,
de commenter le journaliste Richard Hétu de La Presse. Notons qu'un
porte-parole la Maison-Blanche a déclaré que le président W. Bush
«est
favorable à la peine de mort pour les crimes violents et odieux, et
pense qu'en fin de compte elle
permet de sauver des vies innocentes».
(NDLR : Prendre le risque d'exécuter des innocents...pour sauver des
vies innocentes.)
On
le voit, l'emprisonnement
à perpétuité ne suffit pas,
ce pouvoir politique préfère tuer. Le pire c'est que l'appel
en justice est impossible lorsque la personne a été exécutée :
trop
tard.
Ça revient à dire que le juge condamnant à la peine capitale
refuse
d'ouvrir la porte à un appel potentiel.
(Suite demain)
■ La
civile se disant Belge, l'ai interrogée pour savoir si c'était vrai
-
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Pendant
qu'elle entrait des balles dans les poches, nous échangions quelques
mots. Elle
se disait Belge.
Lui ai demandé si elle était Wallonne ou Flamande. Elle
a feint de ne pas avoir entendu
et s'est dirigée de l'autre côté de la table mettre un peu de
craie bleue sur le cap de sa baguette.
Ai
répété ma question, en
montant un peu le volume.
Elle s'est approchée de moi, hésitante, ne
sachant trop quoi répondre.
Je lui ai tendu une perche : la question est trop politique? Oui,
m'a-t-elle fait de la tête, avec
empressement.
Elle craignait sans doute les autres questions qui auraient pu
suivre. Peut-être que ensuite j'aurais pu solliciter quelques
mots
wallons ou flamands, ou l'interroger sur le conflit politique
opposant ces deux groupes linguistiques.
Et
Bruxelles, est-ce
en Belgique?
Cela demandé sur le ton de celui qui ne sait pas et veut savoir? Là
encore, visiblement, elle
ne savait pas,
balançait la tête à gauche et à droite, sans dire un mot. Si ce
n'est pas en Belgique, alors
c'est une Cité indépendante,
un État? Autres balancements de la tête signifiant ni
oui ni non.
Continuant
de jouer à celui trouvant la géographie de ce coin d'Europe bien
compliquée, je lui demande si la Belgique fait partie des Pays-Bas.
Cette fois, elle connaissait
la réponse : non, les
Pays-Bas est un autre nom désignant la Hollande. Une
réponse sur trois, pour une Belge...
J'ai
ensuite demandé à son chum s'il était Belge : «Moé,
chu Québécois.» Lui ai
rétorqué de ne pas en dire davantage, que j'avais compris. «Ça te
suffit?» a-t-il ajouté. Oui, l'accent était authentiquement
québécois. Ils avaient peu après quitté les lieux, madame
en tête, d'un pas décidé
et, je dirais, un tantinet
intimidant. (Suite
demain)
News du mercredi 18 Novembre 2009
■ New
York
- Vous connaissez beaucoup d'endroits en Occident où un gars peut
jouer de la guitare dans la rue vêtu seulement d'un slip
(06:59)? Ici, dans le petit village policier de Lac Bouchette
(Québec), civils, collabos, Filles d'Isabelle et Chevaliers de
Colomb crieraient au scandale. Des policiers en uniforme de la Sûreté
du Québec l'arrêteraient pour cause de désordre. À Montréal
itou. Et ailleurs? Où commence donc le désordre? Il y a là tout un débat à lancer, car c'est une notion à géométrie variable.
Comment expliquer aussi que dans les endroits peu peuplés, notamment à Lac Bouchette, il est illégal de circuler plus de 3 personnes ensemble, alors que dans les grandes cités des groupes plus nombreux vont et viennent sans problème? Est-ce normal que dans un pays les lois ne soient pas les mêmes partout? Une justice à plusieurs vitesses, ce ne l'est pas, normale. Dans ce cas-ci, elle contribue à la prolifération de l'intolérance et porte atteinte au droit de circuler librement dans l'espace public.
■ Transparency
international : la corruption menace la reprise économique mondiale
–
La présidente de l'ONG allemande, Huguette Labelle, estime que
"l'argent corrompu ne doit pas pouvoir trouver de zones de
refuges", qu'"il est temps d'en finir avec les excuses".
Dans un communiqué de presse, elle signale l'urgence de combattre
corruption et secret bancaire afin de récupérer l'argent soustrait
par la mauvaise gouvernance.
En outre, fraudes, cartels
et autres pratiques de corruption affaiblissent la concurrence. Ils
contribuent à des pertes massives de ressources pour le
développement de tous les pays, spécialement les plus pauvres :
entre 1990 et 2005, les actions de plus de 283 cartels ont coûté
300, 000 milliards de surcoûts aux consommateurs (NDLR : 1 000
milliards = un billion).
Qui sont les pays
corrompus? Une dizaine de sondages effectués récemment par des ONGS
à la demande (?) de Transparency international permettent de voir un
peu plus clair dans ce dossier particulièrement lourd de pièces
sonnantes et trébuchantes. On a pu ainsi évaluer l'indice de la
corruption perçue dans 180 pays.
Deux graphiques : le bref
coup
d'oeil ou le détaillé
(promenez la flèche de votre souris sur le pays où vous habitez.
Les pays les mieux cotés, le maximum étant de 10 points, ont
presque les mains propres : la perfection n'est pas de ce monde...
perfectible. Plus vous descendez dans l'échelle, plus les mains sont
sales.) + texte de lexpress.fr
+ Agence France-Presse
(AFP) + site de Transparency.org,
en français.
PS
:
Les consommateurs sont ceux qui achètent. Donc, la source de
l'enrichissement des fraudeurs. Le secret bancaire évite à ces
derniers de payer de l'impôt. Alors, il n'y a pas de retour
notamment sur le plan social aux consommateurs...exploités. Jolie
boucle, n'est-ce-pas mon cher Watson? Mais nous sommes trop occupés dans les quartiers pauvres pour enquêter à ce sujet. Hier encore, un chômeur a volé une bouteille de jus d'orange de 2.25$ dans une épicerie. Il y a aussi des enfants qui volent des bonbons.
■ USA
: innocenté, le petit Porter est sauvé in extrémis de la peine de
mort (Suite
tome
3
de L'Étau Policier) - Selon Ryan, la peine de mort a diminué la
valeur de la vie humaine et de la dignité, «sans
qu'en retour on ait le bénéfice d'une justice rendue de façon
équitable, rapide et humaine».
La faiblesse du système la plus troublante : «Elle
est essentiellement infligée aux
faibles, aux pauvres, aux ignorants et contre les minorités
raciales».
Il explique que l'abolition de la peine de mort dans son État était
la
seule façon d'éviter
qu'une personne innocente soit exécutée.
Quelques
jours avant sa décision, il en avait gracié un certain nombre.
Quatre d'entre eux venaient chacun de passer plus de 10 ans en prison
pour des crimes qu'ils n'avaient pas commis. Ils ont dénoncé
la brutalité policière, certains affirmant que leurs aveux
avaient été obtenus sous la contrainte. Une enquête a été
ouverte sur les responsabilités éventuelles des policiers qui ont
procédé aux interrogatoires. On en ignore la suite.
C'est
l'histoire pathétique d'Anthony Porter,
survenue au début de son mandat de gouverneur, qui l'a d'abord
ébranlé.
Il était condamné à mort pour un double meurtre. Une équipe de
professeurs de droit et d'étudiants de l'Université Northwestern
prirent sa cause à cœur et réussirent à démontrer son innocence.
Il
fut sauvé in extremis. «Quarante-huit
heures plus tard, le petit Porter allait être conduit à la chambre
d'exécution où
l'État se préparait à le tuer,
de rappeler le gouverneur
Ryan,
et tout allait se faire de façon tellement antiseptique, et la
plupart d'entre nous n'y auraient accordé aucune attention... sauf
que Porter était innocent.»
(Suite demain)
■ Mouvements
des hanches olé, olé d'une civil sympa, boute-en-train -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Quittons
les restos, allons fureter un brin dans une
brasserie
fréquentée par des artistes et journalistes. J'y suis allé à une
dizaine d'occasions. Les civils m'y ont vite repéré, n'ont pas
apprécié de me retrouver encore une fois dans une autre de leurs
plates-bandes. L'ennui est qu'ils sont partout, alors
partout où je vais,
j'ai toujours les deux pieds dedans.
Comme
d'habitude, ils ont su faire le nécessaire pour m'inciter à
ne plus le fréquenter.
Je prenais place le long du mur, près de la table de billard.
Pendant que je lisait un quotidien en sirotant un verre de vin, un
civil a pris position pour viser une boule. L'ai aperçu avant qu'il
n'amorce le mouvement arrière de
sa queue de billard pour frapper la balle blanche.
Tout de même un peu risqué cette table, parce que trop près des
joueurs. N'empêche.
Quand
vous voulez y jouer au billard, vous devez ajouter votre nom sur un
petit tableau, à
la fin de la listes de ceux déjà inscrits.
Dès qu'une partie est terminée, on efface le nom en tête et on
passe au suivant. À quelques reprises, des joueurs, arrivés
après moi, ont inscrit le leur au-dessus du mien.
La première fois, suis intervenu amicalement. Puis
m'en suis abstenu,
m'étant aperçu que ces clients étaient de fait des civils, et
qu'ils faisaient exprès pour me compliquer un peu l'existence.
Est
venu un jour où j'ai décidé d'y mettre le holà. Suis
tombé pile sur une civile que je connaissais
pour l'avoir déjà vue en uniforme. Sur le coup, cependant, je ne
l'ai pas reconnue. Lui ai dit gentiment que si elle voulait jouer
avant moi, il
fallait me le demander.
M'a rétorqué qu'elle voulait faire une dernière partie avec son
copain avant de quitter les lieux. J'ai accepté.
Une
fille sympa, boute-en-train. Avant
de frapper une balle, elle esquissait parfois quelques
pas de danse,
quand la musique diffusée dans la salle s'y prêtait. C'était
particulièrement cocasse parce qu'elle les multipliait, à une
occasion elle avait même fait un tour complet de la table de billard
en dansant. Elle
cherchait à déconcentrer son adversaire.
D'ailleurs, c'est en la voyant danser que je
me suis rappelé d'elle.
C'était
lors d'une manif, peut-être un mois auparavant, au printemps 1999,
et reliée
aux garderies.
Quelques centaines de manifestantes s'étaient groupées en bordure
du Parc
Lafontaine,
dans l'attente du signal de départ du défilé. Les haut-parleurs
diffusaient une musique entraînante. Je l'avais vu près
d'une fourgonnette
de l'escouade tactique de la police, vêtue
de l'uniforme,
y aller de quelques mouvements des hanches un
peu olé, olé.
(Suite
demain)
News du mardi 17 Novembre 2009
■ Vengeance
d'une femme cocufiée par son mec – Montage vidéo (03:03)
innovateur, complètement cinglé et drôle.
■ En
2000 : «Aux
États-Unis, un politicien sauve des vies en faisant triompher la
justice»
- (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Peu de politiciens américains s'intéressent à
la question, sauf un qui a décidé un jour de 2000 que, à cause des
déficiences du système, ça n'avait pas de bon sens. «Aux
États-Unis, un politicien sauve des vies en faisant triompher la
justice»,
lit-on dans une chronique de Lysianne Gagnon de La Presse. Son nom :
George
Ryan, gouverneur... répu |