News du mercredi 31 Décembre 2008

La preuve......que le terrorisme est potentiellement partout : Big Brother Blues (01:00), de Benjamin Choisnard et Charly Dupois.

«L’inéluctable mort et son cortège de maux... sans remède» – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Explicitons. Jacques Desautels, un universitaire québécois spécialisé en littérature grecque et auteurs de quelques ouvrages, écrit que, dans l’univers de la Grèce antique, il y a des astres, une terre, des mers, mais aussi des dieux et, en face d’eux, livrés à leur angoisse, réduits à n’être que des éphémères (de courte durée), des hommes, pour qui la première vertu sera toujours de savoir accepter leur condition de mortels. (Jacques Desautels Dieux et mythes de la Grèce ancienne Éditions Les Presses de l’Université Laval)

Les Grecs définiront l’homme comme un être de lutte à qui son désir de connaître, son intelligence, sa ruse, ses amours mêmes assureront la victoire. L’homme inventera des dieux et des héros pour apaiser son inquiétude, certes, mais son véritable défi sera de vaincre la mort par tous les moyens, «l’inéluctable mort et son cortège de maux qui collent sans remède à la condition humaine», explicite plus encore Desautels.

C’est sur ce fond d’angoisse cosmique et sur cette foi en l’homme que les poètes de l’antiquité ont tissé pour leurs semblables les modèles de ce que doivent être la sagesse, la vertu, la vie. Desautels dit que leur histoire des dieux et des héros est l’oeuvre la plus poétique et la plus universelle parmi celles que nous ont données les deux derniers millénaires.

Depuis lors, chaque époque a vu les hommes puiser dans la mythologie grecque, cet intarissable bassin, et s’y retrouver tels qu’en eux-mêmes ils sont. «Même nous, constate-t-il, avec notre lassitude de modernes trop sophistiqués et notre quotidien souvent un peu lourd, ne sommes-nous pas heureux à l’occasion de retrouver chez eux un refuge de félicité, de nous retremper dans cette simplicité perdue et cette naïve espérance qui accompagne le simple fait d’être né humain?»

Qui sont Dionysos et Apollon, ces dieux de la mythologie grec auxquels se référait Nietzsche? Desautels éclaire notre lanterne. Marginal, Dionysos le sera à beaucoup d’égards. Et le vin deviendra la substance par excellence de son action.

Il va prôner l’irrationnel pour une société presque trop rationnelle, la libération dans un monde clos, l’adhésion individuelle au divin alors même que la religion se veut collective. Il initiera des adeptes à la communication avec le sacré, dans une forme d’extase et de communion où l’individu sera appelé à sortir de lui-même. Dionysos sans cesse remet en question les principes et les fondements de la société.

À commencer par le plus fondamental, celui qui met entre les dieux et les hommes une barrière infranchissable que ces derniers se doivent de respecter. De tous les dieux du Panthéon grec, Dionysos est le seul à être né d’une simple mortelle.

Pour ce qui est d’Apollon, il est, indéniablement, l’un des plus importants parmi les dieux de l’Olympe. Desautels le décrit comme un dieu grec à son état pur, un dieu qui serait caractérisé par son sang-froid, sa rationalité, sa clarté, son éclat : dieu de l’ordre grec, purificateur, législateur et protecteur des hommes, poète et oraculaire, etc.

Mais aussi archer qui sème la mort brutale et la peste. C’est à lui qu’on attribue la mort subite des jeunes gens ou celle qui résulte des épidémies qui frappent villes et armées. Il participe autant des puissances de la vie que celles de la mort.

Le sociologue Morin traite aussi de l’angoisse des humains. (Edgar Morin Pour sortir du vingtième siècle Éditions Fernand Nathan) Il dit qu’espoir et désespoir, sont deux termes antagonistes mais en même temps alternatifs et complémentaires. «Freud l’avait bien vu au terme de son étude géniale, Malaise dans la civilisation : le moment est venu pour qu’Eros trouve de nouvelles forces dans sa lutte contre son non moins éternel ennemi, l’angoisse. Le moment est venu pour que l’amour rende à nouveau vivantes et humaines ses formidables énergies détournées ou pétrifiées», clame Morin.

C’est effectivement une renaissance d’amour, un épanouissement d’amour qui, en même temps qu’un renouvellement de curiosité devant la réouverture du mystère du monde et un renouveau d’intelligence pour considérer l’aventure humaine, nous permettront d’affronter l’angoisse sans en être submergés. Morin écrit que si on ne peut la chasser et l’évacuer, on peut l’affronter.

Nous le pourrons si nous vivons plus fortement la vie, si nous savons mieux aimer, jouir, penser.Alors l’angoisse cessera de nous dégrader et nous cesserons de nous droguer à overdose contre elle. Nous devons apprendre à convivre et travailler avec elle. Voilà le défi de l’homme moderne, conclut Morin. (Suite demain)

«Les Canadiens ne savent pas à quel point ils sont surveillés» – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Elmer MacKay, ex-membre du gouvernement conservateur de Brian Mulroney, au Canada, croyait, en octobre 1998, que la Gendarmerie royale du Canada avait mis son téléphone sur table d’écoute. (Presse canadienne La Presse du 13 octobre 1998)

«Je ne suis pas paranoïaque, avait-il confié au quotidien Ottawa Citizen. Mais je ne suis pas prêt à parier qu’ils ne sont pas en train d’écouter notre conversation. Et de toute façon, qui s’en soucie? (...) les Canadiens ne savent pas à quel point ils sont surveillés et à quel point leur entreprise est du domaine public». MacKay est particulièrement bien placé pour émettre ce commentaire, puisqu’il avait occupé, au milieu des années 1980, la fonction de Solliciteur général, donc celle du patron de toutes les polices canadiennes.

Rien ne semble arrêter le “progrès”, comme le démontre cette autre affaire, américaine celle-là. L’histoire révélant que tout ce qui est bon pour les États-Unis l’est également pour le Canada, il se prête bien à notre propos.

En octobre 1998, la Commission fédérale des communications (FCC) s’est dite favorable à ce que les fabricants modifient techniquement les cellulaires afin de permettre au FBI de localiser les utilisateurs. (Associated Press La Presse du 23 octobre 1998) Dans ce pays, ils étaient cette année-là près de 70 millions. (NDLR : Notez la date octobre 1998 , donc bien avant les actes terroristes du 11 septembre 2001.)

L’objectif visé est de suivre à la trace revendeurs de drogue, terroristes et ravisseurs. Officiellement, la ritournelle est immanquablement la même. Alors qu’officieusement, la police fait considérablement plus que ce qu’elle prétend vouloir faire. Le problème n’est pas la lutte contre la criminalité ou le terrorisme, le problème c’est qu’aucun organisme neutre et fiable ne vérifie, sur une base quotidienne, si la police opère vraiment à l’intérieur du cadre légal de la loi. C’est ça, le problème, et il est de taille.

Heureusement, certaines associations américaines n’étaient pas dupes, veillaient au grain, bien qu’on ne sache pas qu’elles aient obtenu gain de cause : on ne saurait en dire autant de nos organisme québécois défendant droits et libertés qui, le plus souvent, interviennent seulement après coup, mais pas toujours et loin de là, pour tenter de recoller tant bien que mal des pots cassés.

Elles craignaient, et avec raison, qu’on utilise également ces modifications techniques à d’autres fins. Me James Dempsey, avocat du Centre pour la démocratie et la technologie, y voyait une menace aux libertés individuelles, à la vie privée. Il est vrai que toute écoute policière devait recevoir préalablement l’aval de la justice. Devait préalablement... Quel euphémisme !

L’Internet aussi est sous haute surveillance… L’espionnage des communications téléphoniques sur le Web, ou par Messenger interposés, existe bel et bien. (VoIP : l’espionnage des conversations inquiètent Cyberpresse du 15 juin 2006)

En Russie, pour citer ce pays parmi d’autres, les Services de renseignements épient les usagers de l’Internet. (Serguei Shargorodsky, Associated Press La Presse du 25 février 2000) Le correspondant de l’Associated Press à Moscou, Serguei Shargorodsky, écrit que le FSB (ex-KGB) a contraint, au début de 2000, bon nombre des 350 fournisseurs d’accès russes à installer des équipements de surveillance dans leurs ordinateurs. Ils permettent d’acheminer le trafic électronique jusqu’au siège local des services de sécurité.

Certains s’y étaient refusés. L’un d’eux, Nail Mourjakanov, opérant dans le sud de Volvograd, avait vu sa principale ligne de communication coupée et été menacé d’amendes par le gouvernement. Cependant il avait gagné en justice contre le FSB, à l’automne 1999. Selon les associations de défense des droits de l’homme, cette confrontation avait suffi à persuader plus d’un fournisseurs d’accès réticents. On peut penser que depuis, ce pays a probablement modifier sa loi pour les y contraindre. (Suite demain)

News du mardi 30 Décembre 2008

La volonté de jouissance, la source du bonheur – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) De nombreux auteurs le démontrent : l'ordre social, c'est surtout le travail et la consommation des biens de la société marchande. Celui qui ne travaille pas, le chômeur, le bénéficiaire de l'aide sociale, bref, toutes les vitres cassées du mobilier urbain ou rural, menacent cet ordre. On peut même y ajouter les personnes âgées qui, étant à la retraite, ne travaillent pas non plus.

Selon certains, il faut travailler pour détourner ses énergies, les mener à des fins socialement acceptables, culturellement tolérées. Quand on travaille, on n’a pas de mauvaises pensées, n’est-ce-pas? Pris dans le quotidien de la consommation et de l'endettement, encore emprisonnés dans le qu'en-dira-t-on et des tabous, le moule sociale et la répression policio-sexuelle, l'homme et la femme n'ont guère d'autres préoccupations que de vivoter : métro-boulot-loto-cocoo (ning)-dodo.

Comment instaurer la liberté dans ce vaste Disneyland qu’est devenu l’espace public? Philosophie et histoire aident à explorer certaines pistes. Onfray cite Ludwig Feuerbach, un philosophe. ( Michel Onfray L'art de jouir Éditions Grasset & Fasquelle ) En 1864, il a ouvert une brèche dans l'histoire des idées.

Il écrivait que si l'essence de l'homme est la sensibilité, toutes les philosophies, toutes les religions, toutes les institutions contredisant ce principe ne sont pas seulement erronées, elles sont aussi fondamentalement corruptrices. Onfray résume ainsi son concept philosophique.

C’est en rendant les hommes heureux et les femmes heureuses qu’on les améliore. Pour y parvenir, il faut aller aux sources de tous les bonheurs, de toutes les joies, c’est-à-dire aux sens, tous les sens. Feuerbach soutenait que la négation des sens est la source de toutes les folies, les méchancetés et les maladies qui peuplent la vie humaine. Il disait que tous les hommes et les femmes sont bons dans la joie, méchants dans la tristesse.

Chez Feuerbach, il n’y a pas de hiérarchie parmi les cinq sens : «Obéis aux sens! Là où commencent les sens cessent la religion et la philosophie, mais en échange t'est donnée la vérité simple et nue.» C'est par les sens que s'infiltre le monde, que se fait la jonction entre l'extérieur et l'intérieur. La volonté de jouissance dont il parle associe plaisir et noblesse, affirmation et santé, liberté et excellence.

Onfray nous entraîne brièvement dans le champ magnétique de Nietzsche. (Friedrich Nietzsche Oeuvres philosophiques complètes Tome 4, Aurore : pensées sur les préjugés moraux Éditions Mercure de France) Il suggérait de se mettre en quête d'un grand “Oui” et d'un grand “Non”. L'hédoniste dira “Oui” à la vie, à la jubilation, à la jouissance, au plaisir, au bonheur, à la joie, à la satisfaction, à l'agréable. Il dira “Non” à la peine, à la douleur, au renoncement, à la frustration, au désagréable. En un mot, consentir à la vie et à la santé qui parcourt les corps.

Nietzsche parle d'une chair en paix avec elle-même et avec le monde, le seul monde qui soit. Une chair capable d'érotisme et de gastronomie, d'esthétique et de musique, de sensations tactiles et olfactives. Une chair en harmonie avec le réel, qui n'aille pas contre lui, mais dans son sens, «qui obéisse aux injonctions de Dionysos plutôt qu'aux interdits d'Apollon». Avec le plaisir comme fil conducteur de l'éthique, l'homme n'est plus artiste, il est lui-même œuvre d'art.

Que voilà un bel idéal et, plus largement, un beau projet de société! On reconnaît bien là le sujet dont parle le sociologue Touraine. Le sexe n’a rien de commun avec la fange, la porcherie, contrairement à ce que pensent ceux décidant de nos loisirs sexuels. Ils s’y connaissent dans l’art d’interdire, salir et réprimer la vitalité. Ils y investissent plus d’énergie et d’argent que dans la lutte contre les gangs criminalisés, obsédés qu’ils sont par la chose.

Ces fanatiques de la pureté oublient ou ignorent ou feignent d’ignorer que le cul, c’est aussi un peu de baume sur des angoisses bien humaines : difficultés de la vie, réels ou appréhendées, peur de la maladie, de la souffrance, de la mort, angoisses métaphysiques aussi.

Pascal se disait effrayé par le silence éternel de ces espaces infinis. D’aussi loin qu’on remonte l’histoire, les humains ont toujours été tourmentés de la sorte. Ils étouffent, ont besoin d’air. Le sexe est l’équivalent d’une oasis, bien que ce ne soit pas la seule. (Suite demain)

«Surveillance électronique : le pire destructeur de la vie privée» – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) La Commission Poitra établit un parallèle pertinent avec les mandats de perquisitions.

En 1983, une étude de la Commission de réforme du droit du Canada avait conclu que «58.9% des mandats de perquisition examinés étaient invalides. À Montréal, le taux était de 83%». En 1994, le juge Casey Hill a réalisé une étude semblable, mais de moindre envergure. Il a constaté que 39% des mandats examinés dans son échantillon étaient invalides.

Et la Commission Poitras de commenter : «Il y a donc lieu de mettre en garde contre l’illusion (sic) du contrôle judiciaire.» Ces études établissent qu’il est donc nécessaire d’être prudent. «Il ne fait pas de doute qu’un mécanisme de révision et de contrôle de qualité interne des affidavits et des autorisations d’écoute électronique, s’inspirant du type de vérification réalisée lors de l’étude de la Commission de réforme du droit du Canada, serait souhaitable à la Sûreté du Québec», recommande-t-elle.

Dans son rapport, la Commission Poitras cite le juge Douglas, de la Cour suprême des États-Unis : «La surveillance électronique est le pire destructeur de la vie privée». (Propos du juge Douglas, de la Cour suprême des États-Unis, dans sa dissidence relative à l’affaire United States v. White, 401 U.S. 745 1971, repris par le juge LaForest dans R.c. Duarte 1990)

Elle cite également la Commission de réforme du droit du Canada : «L’autorisation (d’intercepter les communications privées) agit à la manière d’un énorme aspirateur électronique qui avale sans discrimination les communications pertinentes et celles qui ne le sont pas». (Commission de réforme du droit du Canada La surveillance électronique, document de travail 47 1986)

Selon la Commission, c’est pour ces raisons que la Cour suprême du Canada a décidé, dans le cadre de l’interprétation de l’article 8 de la Charte canadienne, qu’il y a lieu d’établir «un équilibre raisonnable entre le droit des particuliers d’être laissés tranquilles et le droit de l’État de porter atteinte à la vie privée pour s’acquitter de ses responsabilités en matière d’application des lois». (R.c. Duarte 1990) À la lecture de certains passages du rapport Poitras, on constate que cet«équilibre raisonnable» n’existe pas.

À ce sujet, la Commission a comparé les données des rapports annuels du procureur général de l’Ontario avec celui du Québec. Elle a constaté que le nombre de demandes (refusées et autorisées) d’écoute électronique est nettement supérieur dans la province de Québec qu’en Ontario, pourtant plus populeuse que la première. De plus, au Québec «il y a moins de poursuites lors desquelles les communications privées, révélées par une autorisation, ont été produites en preuve ou qui ont entraîné une condamnation».

Dans le tableau 19 de son rapport, elle indique le nombre total de demandes d’autorisation présentées et autorisées en vertu de l’article 185 du Code criminel. On y apprend que de 1990 et 1996 inclusivement, «la Sûreté du Québec a procédé à 1 411 opérations d’écoute électronique contre 593 à la police provinciale de l’Ontario».

Autres cas : «En 1995, 1996 et 1997, la Sûreté du Québec a présenté 83%, 72% et 58% de toutes les demandes québécoises en vertu de ce même article du Code criminel.» Il s’agissait dans ce dernier cas de citoyens ayant accepté que leurs communications soient interceptées.

Dans les dossiers portant notamment sur des crimes économiques et des offres de pots-de-vin, le policier n’a pas, en vertu du Code criminel, à suivre la filière habituelle, c’est-à-dire passer par l’intermédiaire d’un mandataire, il obtient le feu vert d’un avocat de la Couronne. La Commission relate que certains problèmes ont été vécus à l’égard de ce type de demandes : dans certains cas, l’avocat de la Couronne ne pouvait pas s’assurer de leur bien-fondé.

Elle cite à ce sujet le procureur chef des substituts du procureur général du district de Montréal, Me André Vincent : «On était placé encore une fois devant le fait accompli, de dire : on a des résultats d’écoute, sauf qu’on n’a pas les motifs qui sont sous-jacents à ça.» Il semble que par la suite la situation ait changé. Cependant, les policiers n’auraient pas accueillis «avec une complète ouverture» les corrections apportées. Éclairants, ces propos de la Commission… (Suite demain)

News du lundi 29 Décembre 2008

  Je parie que......que vous n'avez jamais vu un ordi aussi petit, si petit que c'en est drôle, très. Peter Serafinowics de la chaîne BBC2 le présente comme étant un nouveau produit Apple : le Mactini (01:37).

  De belles toiles...… d'artistes activistes. Si vous aimez le genre débraillé, vous allez dévorer des yeux tout ce qui va défiler sur l'écran de votre ordi (08:16). Il y a itou des trucs intéressants de Buenos Aires, genre politiquement incorrect : terrorismo poetico (04:05)...

Canada-Afghanistan : depuis l'hiver 2006...… 360 soldats de l'armée canadienne ont été blessés. On ignore combien l'ont été entre 2002 et 2005. La Presse Canadienne rapporte que ceux qui ont perdu un membre ou qui ont souffert de blessures horribles occasionnées par shrapnel (obus remplis de balles) ont surpassé le nombre de soldats tués au combat, dans une proportion de trois pour un.

PS : Enfin, des chiffres sortent... Mais il en aura fallu du temps pour qu'ils soient accessibles, et encore on n'a pas les chiffres des années antérieures. Cachottier, le gouvernement conservateur de Stephen Harper.

Il ne dit pas non plus s'il y a des blessés qui, après avoir été hospitalisés pendant un certain nombre de semaines ou de mois, sont morts des suites de leurs blessures. Et le cas échéant, pourquoi ils n'ont pas été déclarés et ajoutés à la liste des autres, ceux tués sur le terrain. Je trouve éminemment injuste qu'on puisse perdre la vie pour une cause sans que personne ne le sache, sauf la famille. Oui, éminemment injuste!

Car j'arrive toujours pas à croire que tous les blessés hospitalisés s'en sortent. Je vois cela comme les accidents de la route, tuant sur le coup ou plus tard sur un lit d'hôpital.

Sans vie privée, pas de droits, que des abus – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Cependant, l’article, passablement complet, compte tenu de l’espace disponible, n’aborde pas la question de la personne âgée, homme ou femme, faisant de l’œil à de jeunes adultes ou âgés d’une trentaine d’années ou davantage. Sujet tabou.

La pratique, en raison du décalage d’âges, est encore considérée dans notre société comme scandaleuse. On exige, et obtient, qu’une vieille personne soit insensible à la beauté du corps, féminin ou masculin. Rendu à un certain âge, celui qui ose doit être contrôlé et, si besoin, nettoyé socialement. C’est considéré comme du désordre public.

Vieillir dans l’abstinence sexuelle, on appelle ça vieillir élégamment. Quel euphémisme n’invente-t-on pas pour cacher la répression sexuelle, et culpabiliser inutilement le citoyen. Nous voilà en présence d’un autre maître mot panzer. Sans vie privée, il n’y a pas de démocratie. Pas étonnant que l’arbitraire sévisse en maints autres domaines, ainsi que le démontre éloquemment la suite.

Ces articles des journalistes Lacroix (sept. 1999) et Allard (sept. 2001), ainsi que ceux publiés par le journal La Voix de l’Est, auront peut-être contribué à paver la voie d’une réforme qui s’imposait de toute urgence. Car à la fin 2001, la Commission des droits de la personne du Québec dévoile «discrètement» un important rapport sur l’exploitation des personnes âgées. (Alexandre Sirois La Presse du 7 décembre 2001) L’année précédente, elle avait tenu des audiences, reçu 117 mémoires, rencontré quelque 50 groupes et organismes.

Son président, Pierre Marois, parle de «situations d’horreur. (…) les gens nous ont fait part de préoccupations et de problématiques qui débordent la stricte discrimination pour atteindre des notions d’abus. (…) Des Abus qui recoupent ou sont sur le point de recouper des droits fondamentaux (…) : droit à l’intégrité, à la vie privée, à la sécurité, à l’égalité, etc.» Certaines recommandations ciblent des situations particulières fréquemment dénoncées, comme les ratés des CHSLD : des personnes âgées ayant de la difficulté à manger sont gavées, d’autres doivent porter des culottes d’incontinence parce qu’on n’a plus le temps de les conduire aux toilettes.

Pour le président Marois, c’est la société en entier qui doit se remettre en question. «Nous parlons très peu de la place des aînés dans notre société et des moyens que nous pouvons et devons mettre en œuvre afin d’assurer la pleine participation sociale des personnes âgées», déplore-t-il.

La Commission met l’accent sur le besoin d’une campagne d’information et de sensibilisation des personnes âgées et de ceux intervenant auprès d’eux, car beaucoup des uns et des autres ignorent l’abc des droits et libertés. Suggère au Collège des médecins et à l’Ordre des infirmières d’offrir des séances de formation visant à assurer le respect des droits des personnes âgées. S’engage à nommer un commissaire spécial pour celles-ci. (Normand Delisle, Presse canadienne La Presse du 8 décembre 2001)

Dès le lendemain du dépôt du rapport, le ministre péquiste de la Santé, Rémy Trudel, reconnaît, à l’Assemblée nationale, que la Commission fait des constats «tristes, troublants, et qui appellent des interventions rapides». Répétons-le : quand il n’y a pas de vie privée, il n’y a plus de démocratie et les abus se multiplient en d’autres domaines.

Notons que cette situation prévalait depuis toujours et on se demande bien comment il se fait que la police en civil et ses collabos, qui ont également infiltré ces endroits, n’avaient pas alerté le pouvoir. Le rôle de la police ne consiste-t-il pas à défendre et promouvoir aussi les droits fondamentaux?

N’en doutez pas, les civils, et leurs collabos, y sont bel et bien présents, tant au sein même du personnel ou qu’à titre de bénévoles : je pourrais même dévoiler les nom de l’un de ces endroits et de quelques uns-es de ces infiltrés-es. Sachant qu’ils sont déjà, entre autres, dans les hôpitaux et les écoles, qu’ils entrent dans les maisons privées, vous pensez qu’ils vont se gêner? Qu’y font-ils ?

Bien que je n’ai aucun cas concret sous la main, il n’est pas déraisonnable de penser qu’ils font leur job : essayer de tirer les vers du nez de résidents sur leur passé, leur parenté, leur connaissances. Bref, monter ou enrichir des dossiers de renseignements sur tout un chacun. Rien de plus aisé, surtout quand vous êtes en présence d’une personne âgée un peu confuse, ou sous l’effet de médicaments.

Plus que probable qu’ils s’adonnent aussi aux contrôle et nettoyage sociaux. Et, à l’occasion, à la répression sexuelle du petit vieux zieutant un peu trop ou essayant de séduire une petite vieille ou un membre du personnel féminin, ou feuilletant des magazines pornos. Signalons qu’à Lac Bouchette, au local des personnes du troisième âge, “rue Principale”, les hommes ne sont pas admis lorsque des femmes font de l’exercice physique en groupe.

Ajoutons ce dernier volet : les loisirs autres que sexuels. Que fait-on aussi pour animer ces résidents de foyers pour personnes âgées? D’après ce que j’ai constaté dans l’un d’eux, pas grand-chose, mis à part la télé dans une salle communautaire aussi intime qu’une cafétéria et… le jeu de sacs de sable, appelé aussi jeu de poches. Passionnant ! L’endroit auquel je me réfère ne doit pas être le seul de son espèce au Québec, et d’ailleurs.

Rien ne semble fait pour leur permettre de visionner des films sur DVD ou de naviguer en toute liberté sur le Web et couler des jours un peu plus heureux. Encore faudrait-il équiper de lecteurs DVD et d’ordinateurs ces milieux aseptisés à l’os. Quand on est jeune, on se désintéresse de ces questions, on ignore qu’un jour on subira le même sort. Voilà de quoi suggérer quelques idées à ceux gérant tous ces lieux de passage conduisant au cimetière. (Suite demain)

  L'écoute : autant de “lois” que de corps policiers? – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Laperrière et Patenaude ne s’inquiètent pas seulement du fait que les corps policiers font un usage très répandu des caméras, ainsi cette citation : «Est-il normal que la législation soit muette quant à la vidéosurveillance?»

Ils sont également préoccupés de l’utilisation, très répandue, qu’ils font de l’écoute électronique. Le recours abusif de ces techniques semble les troubler. Selon eux, les autorisations accordées aux policiers à ce sujet sont vingt fois plus élevées au Canada qu’aux États-Unis, chiffre de 1994.

Renchérissons à leur propos, en rappelant qu’avec le cellulaire, nul besoin d’installer une bretelle d’écoute sur une ligne téléphonique, le balayeur d’ondes suffit. Combien se préoccupent d’obtenir une autorisation avant de procéder? Et l’écoute sur le téléphone branché à un fil, quelle est la politique des entreprises assurant ce service? Se donnent-elles la peine de vérifier si toutes les bretelles d’écoute décelées ici et là, au hasard notamment de réparations effectuées par de leurs employés, sont justifiées par des mandats de cours?

Dans le cas de Bell Canada, on sait que celle-ci a confié l’installation téléphonique à domicile aux électriciens travaillant à leur compte, dont certains sont des flics en civil… Les pires sont les téléphones publics, des lignes dormantes, attendant qu’un poisson morde.

Lors de l’enquête de la Commission Poitras, la police de l’île de Montréal a déposé un document daté du 17 juin 1998 où elle fait notamment état de sa politique «en matière d’écoute électronique» : cette enquête ne portait pas sur ce corps policier, mais la Sûreté du Québec. (Commission Poitras, DC 1, dossier 2, item 628e, titre : Sujets à être abordés lors du témoignage de M. Richard McGinnis, assistant-directeur, SPCUM Police de l’île de Montréal pages 14-15) Ce qui nous permet d’en savoir un peu plus… Cette politique s’articule en trois segments.

En ce qui touche les domiciles privées, «pas de modalité», indique le document. (NDLR : Dans le Petit Robert, on explique qu’une modalité est une disposition d’un acte juridique qui en retarde, en limite les effets : ex. condition, terme. «Pas de modalité» signifierait donc que rien ne retarde ou limite les effets de l’écoute électronique clandestine.)

Dans le cas des personnes non visées par l’écoute, c’est-à-dire «partout où on ne peut pas prévoir qui va utiliser le téléphone», par exemples : téléphones publics, bureaux, bars, commerces, précise-t-on, «lorsque ce n’est pas le sujet (faisant l’objet d’une enquête policière) qui fait ou reçoit l’appel, on ferme l’enregistrement». Mais continue-t-on d’écouter? Le document ne l’indique pas.

Dernier des trois segments : la police de l’île de Montréal enregistre, sans les écouter, les conversations «privilégiées» entre les citoyens accusés d’une infraction et leur avocat, ou un notaire, ou un employé de ces professionnels. Elle informe l’enquêteur que l’inculpé à parlé au téléphone avec son avocat. «L’enregistrement reste sur le master si en cours d’enquête on constate que le professionnel est partie à l’infraction, on va chercher des conversations et on les écoute.»

À la Sûreté du Québec, selon le témoignage de Mario Rancourt, alors responsable de la Division de la surveillance électronique, les conversation avocat-client peuvent être écoutées aussi longtemps qu’elles ne sont pas identifiées comme étant «privilégiées». Lorsqu’elles le sont, l’analyste consigne cette qualification et cesse de l’écouter, cependant l’enregistrement de l’échange se poursuit.

La Commission estime que cet aspect devrait être remis en question. L’enregistrement étant une interception au sens du Code criminel (article 183), il n’est sans doute pas permis par la Charte canadienne des droits et libertés d’enregistrer les conversations privilégiées avocat-client.

Au Québec, en milieu policier, les approches diffèrent. (NDLR : Le respect de la loi semble varier d’un corps policier à l’autre. Autant de “lois” que de corps policiers?) Les questions qui se posent sont de savoir ce qui doit être enregistré ou écouté, et par qui.

La Commission estime qu’on «doit maximiser la protection accordée à ce type de conversations et mettre en place les politiques qui sont susceptibles de minimiser le plus possible les intrusions dans ce type de conversations». (Suite demain)

News du dimanche 28 Décembre 2008

  Pas facile de louer un appartement à ParisLes propriétaires exigent un tas de références, font enquête sur la capacité de payer du futur locataire, demandent des dépôts au cas-z-où, enquête auprès de la police et des employeurs, etc.

Les auteurs français de l'émission Groland, qui diffusent des sketchs à l'humour trash et sur un ton très ironique et cynique à la chaîne de télévision française Canal+, ont produit une vidéo (02:35) à ce sujet. Ils y stigmatisent ces proprios qui en demandent trop aux candidats postulant comme locataires. Groland va très loin... Alors, avis à ceux se scandalisant de peu.

  Peut-on exporter la démocratie par les armes?La question avait été posée à Samuel Huntington, prof d'Havard décédé il y a quelques jours.

Sa réponse : «
Ni par la violence, ni par quelque moyen que ce soit. La démocratie doit naître du terroir où ses graines ont été semées. Dans un de mes livres précédents, La troisième voie, j'ai étudié la transition d'une trentaine de pays d'Europe centrale ou d'Amérique latine des années 1970 aux années 1990. Tous avaient eu, dans le passé, l'expérience de la démocratie et partageaient les valeurs occidentales. Ce n'était pas le cas de l'ex-URSS. La tâche sera plus difficile encore en Irak et dans les pays arabes, qui ont tendance à résister à la démocratisation.»

Canada-Afghanistan : 2 autres soldats canadiens tuésSelon le lieutenant colonel Jay Janzen, de l'armée canadienne, attribuable à l'explosion d'une bombe dans le district de Panjwayi, au sud de la province de Kandahar. Et nous voilà rendu à 106 depuis notre implication dans la guerre contre ce pays.

 Un gars engueule et traite de salope... – ...une préposée en train de rédiger une contravention pour stationnement illégal. Bon punch à la fin du dessin animé (01:11).

Répression sexuelle dans les foyers de personnes âgées – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Des faits démontrent, en septembre 1999, que la situation n’est guère plus rose dans des maisons d’hébergement. Selon l’Institut de la statistique du Québec, la province comptait, au début de juillet 2000, plus d’1,2 million de personnes âgées de 65 à 100 ans.

Combien jouissent de la liberté sexuelle? On ne le sait pas. Ce que l’on sait par contre, c’est que le sexe n’y est pas bien vu. Jusqu’à quel âge peut-on faire l’amour? a demandé Marie Allard de La Presse à Denise Badeau, professeur de sexologie à l’Université du Québec à Montréal (UQÀM) (Marie Allard La Presse du 29 septembre 2001) : «Jusqu’à ce que les yeux se ferment pour toujours.»

Mais comment faire l’amour quand, en institution, les intervenants nient le besoin d’intimité des vieux, qui y sont infantilisés? Étalons des beaux cas d’hygiénisme social.

La journaliste rapporte les propos d’Yves Gineste, directeur de l’Institut Gineste-Marescotti, un centre de formation en méthodologie de soins, et enseignant depuis une vingtaine d’années dans des maisons de retraite de quelques pays (Silence, on frappe… De la maltraitance à la bientraitance des personnes âgées Éditions Animagine – Ouvrage collectif sous la direction d’Yves Gineste, 2004) : «Je me suis souvent trouvé face à des équipes de soins qui refusent la sexualité des personnes âgées. J’ai régulièrement entendu le personnel des foyers d’accueil dire qu’après 70 ans, la sexualité, c’est malsain, c’est sale, c’est vieux.»

Dolorès Pleau, psychologue au département de géronto-psychiatrie de l’hôpital Louis-Hippolyte-LaFontaine, à Montréal, confirme que des employés les trouvent pervers ou les traitent de «vieux cochons» : «Les institutions ont organisé leur aménagement selon cette philosophie.» Denise Badeau du même département a déjà vu, dans un centre d’accueil, un homme se faire enlever, par un employé, un paquet de cartes illustrées de photos de femmes nues, qui lui a dit : «Vous n’avez pas besoin de ça, vous.»

Sur 100 cas étudié par Gineste, en France, il a constaté que le personnel ne frappe pas avant d’entrer dans une chambre. Ce geste élémentaire de politesse, frapper et attendre une réponse avant d’ouvrir, car un couple de vieux peut être surpris au lit, ne fait pas parti des coutumes des foyers de vieillards et centres hospitaliers de soins de longue durée. Badeau abonde : «On entre chez les gens comme dans un moulin. C’est comme si les institutions étaient le lieu de vie des intervenants (sic), avant d’être celui des bénéficiaires.»

Jean Carette, professeur au département de travail social de l’UQÀM : «Le couple n’a pas sa place en maison de retraite. C’est un drame (…). C’est dur à avaler (…). L’ambiance, l’organisation de la vie, la répartition des hommes et des femmes dans des ailes différentes, les problèmes de validité, tout ça fait que le centre d’accueil, c’est la mort. Tandis que la sexualité, c’est la vie! Le centre d’accueil est un entrepôt où vous classez les objets, et non pas un endroit où l’on donne accès au luxe qu’est la sexualité.»

Toute règle générale comporte ses exceptions, appelons ça de l’arbitraire positif, laissé au bon vouloir de quelques uns. Raymond Minger, directeur de centre de Genève, en Suisse, a confié au journal La Voix de l’Est avoir «déjà visité une maison de retraite, au Danemark, où il y avait des casettes pornos à la réception, avec des petites plaquettes Ne pas déranger».

Et au Québec? Bernard Fournelle, ex-directeur du centre hospitalier de soins de longue durée (CHSLD) Horace-Boivin de Granby, a raconté au même journal avoir déjà permis des rencontres entre une prostituée et un patient dans un hôtel.

Pour sa part, Badeau a entendu parler d’un endroit où un appartement est prévu pour les personnes voulant se rencontrer dans l’intimité. «C’est une bonne idée, mais elle a ses limites, puisque les gens doivent réserver cette chambre, en demander la clé, indiquer sur la porte qu’elle est occupée… Ce qui fait que l’intimité de la personne, que l’on voulait sauvegarder, est plutôt bafouée. »

Y a-t-il une solution? lui demande la journaliste. «La seule façon de faire (…), c’est de considérer sa chambre comme son lieu de vie, suggère-t-elle. On doit y aller en visiteur, en s’annonçant, en avertissant qu’on a tel ou tel soin à faire. On ne se pointe pas n’importe quand chez les gens !» (Suite demain)

Une police friande de petits secrets à saveur sexuelle – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Que ce soit en cette matière ou en toute autre, l’affaire est sérieuse. Nécessaire de rappeler le climat d’insécurité généralisé dans lequel nous baignons tous maintenant.

Ackermann, Dulong et Jeudy affirment que, dans un contexte du genre, tous les pièges sont possibles : l’insécurité est une arme des pouvoirs, elle est objet suprême de la manipulation, elle permet de légitimer les dispositifs de préservation, les mesures de contrôle. (Werner Ackermann, Renaud Dulong et Henri-Pierre Jeudy Imaginaires de l’Insécurité Librairie des Méridiens)

«On pourrait croire ainsi à une extraordinaire orchestration d’une dynamique de la relation entre la sécurité et l’insécurité qui domine toutes (sic) les activités de la vie quotidienne et toutes (resic) les stratégies d’ordre politique et économique.» On peut parler de la désubjectivation des processus de contrôle, ayant comme horizon une exclusion générale de la société. Les trois auteurs parlent de «l’arbitraire fantastique des stratégies de défense, de préservation».

Laperrière et Patenaude, dans leur ouvrage publié en… 1994, se réfèrent à Big Brother d’Orwell… (Traité des problèmes sociaux Institut québécois de recherche sur la culture Ouvrage collectif sous la direction de Fernand Dumont, Simon Langlois et Yves Martin, 1 164 pages, 1994) (George Orwell 1984 Éditions Gallimard)

Le héros de son roman était sous surveillance constante, néanmoins il avait une échappatoire : tant qu’il ne matérialisait pas sa pensée, tant qu’il réussissait à garder le secret de ses idées, il était à l’abri de la riposte du pouvoir.

«De nos jours, ce dernier refuge de l’individualité est accessible, avertissent-ils. Ces informations les plus intimes (sic) qu’on peut tirer d’une personne sont ensuite susceptibles d’être enregistrées pour des périodes très longues, diffusées, et de servir à des décisions mal fondées, discriminatoires, et illégitimement ou exagérément pénalisantes pour les intéressées.»

Informations les plus intimes? Illustrons. Dans le dossier informatisé du citoyen, la police ne fait pas qu’indiquer tout ce que nous avons énuméré jusqu’à présent, mais aussi ses petites fantaisies et fantasmes sexuels. La police en civil, spécialisée aussi en matière de répression sexuelle clandestine illégales, est particulièrement friande de ce genre de renseignements. Connaître les petits secrets de tous et de toutes, lui permet de les utiliser, lorsque nécessaire.

Par exemple, en le lui faisant savoir par des allusions directes – elle en informe de ses collabos – ou indirectes, afin d’imposer son emprise psychologique. Elle utilise beaucoup cette peur du qu’en-dira-t-on pour mater des citoyens et citoyennes.

Si madame est une adepte du gomichéou de l’homme gonflable et monsieur du porte-jarretelles ou de la poupée gonflable, probable que la police le sache. Big Brother et Big Sister étant partout, aidés qu’ils sont de leurs collabos, dans ce cas-ci, des vendeurs de ces objets affriolants.

Le dossier sur les activités souterraines de la police en civil est particulièrement lourd. Il est constitué de faits irréfutables, mais aussi, il faut bien le dire, de gros soupçons, issus de six années et demie d’enquête sur le terrain, de la consultation d’un nombre considérable d’ouvrages de toutes sortes. Et même si je n’enquête plus, je continue d’en découvrir.

Le fait que les élus, dans leur très grande majorité, sont nuls en matière de tactiques policières et qu’aucun organisme sérieux et neutre ne contrôle ses activités, n’améliorent pas le portrait de la situation. Se dégage la nette impression que la police a la bride sur le cou, libre de faire ce qu’elle veut, sans rendre de compte à quiconque. Assurée de l’impunité du pas-vu-pas-pris.

Si le nombre de flagrants délits est infinitésimal, c’est directement attribuable à l’invisibilité de la police en civil, et non pas parce qu’elle ne porte qu’occasionnellement atteintes aux droits et libertés. Celles-ci sont pratiques courantes, quotidiennes. (Suite demain)

News du samedi 27 Décembre 2008

L'Afghanistan et le choc des civilisationsLe décès récent de Samuel Huntington, à l'âge de 81 ans, ramène sur le tapis son livre publié en 1996 : Le choc des civilisations, Éditions Odile Jacob.

L'auteur n'était pas un néophyte en la matière, ayant été directeur de l'Institut des études stratégiques d'Harward et membre du Conseil nationale de sécurité au sein de l'administration Carter. Ce qui donne beaucoup de crédibilité à son livre.

Et permet d'appréhender le défi colossal des pays occidentaux (USA, Royaume-Uni, France, Canada, etc.) cherchant à intégrer de force la démocratie dans la culture des Talibans, en Afghanistan. Utopie!

Dans son livre, on apprend que jusqu'à présent, l'Occident s'était opposé à chacune des autres civilisations. Cependant, les techniques et la mondialisation ont changé la donne. Chaque civilisation se trouve désormais confrontée à l'ensemble des autres civilisations.

La rivalité entre les différentes puissances n'est plus une idéologie opposant le libéralisme au collectivisme, mais une opposition entre des civilisations, des modes de pensée différents reposant sur le fait religieux.

De nos jours, les peuples se réfèrent aux ancêtres, à la religion, la langue, l'histoire, aux valeurs, coutumes et institutions. Et la reconnaissance identitaire ne s'effectue pas par une accumulation de traits communs, mais par une opposition aux autres : «Je suis Occidental parce que je ne suis pas musulman, confucéen, hindou, etc.» Bref, ce sont des blocs possédant une unité religieuse qui domine les relations entre les pays.

Résumé du livre de Samuel Huntington
Format PDF de 9 pages
En page 7 : Répartition des civilisations selon Huntington

En savoir davantage sur l'auteur

Afghanistan : 104e soldat canadien tuéTrois autres ont été blessés, ce vendredi 27 décembre. Une bombe artisanale, à l'ouest de la ville de Kandahar. On ignore encore leur identité.

«De tout temps, le puritanisme n’a jamais libéré aucune femme» – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Juin 1999, le journaliste Franco Nuovo n’en revenait tout simplement pas que des lecteurs aient crié au scandale à la suite de la publication de la photo, en page une du Journal de Montréal, d’«une petite fille toute nue sur l’herbe verte, dans un parc ; une fillette qui, pour lutter contre la canicule, avait enlevé sa robe. (Franco Nuovo Journal de Montréal du 11 juin 1999) Elle la tenait à la main en affichant un sourire de bonheur et de jolies foufounes rondes. (…) Des lecteurs y ont vu un appel, un encouragement à la pédophilie».

Il rapporte quelques uns de leurs commentaires. «Il y a 15 000 pédophiles de plus au Québec qui auront une photo de plus à leur collection. Je pense qu’il existe d’autres façons pour démontrer qu’il fait chaud en été.»

Un autre lecteur soutient que «les pédophiles n’ont plus besoin de s’inscrire à l’Internet car le Journal (de Montréal) fournit des photos. J’espère, continue ce lecteur, que la DPJ (Direction de la protection de la jeunesse) fera une enquête». Nuovo mentionne cette autre réflexion : «Encore une fois les pédophiles sont bien servis. Vous devriez penser deux fois avant de publier des (pages unes) aussi provocantes».

Des commentaires du genre, son quotidien en a reçu «plein comme ça». Et le journaliste de s’interroger : «Maintenant, est-ce que quelqu’un peut me dire ce qui se passe? (...) sommes-nous en train de devenir à ce point coucou, à ce point malades, qu’on n’arrive plus à faire la distinction entre innocence et perversité

Répondons à sa question par une autre : parmi ces lecteurs mécontents qui ont téléphoné ou écrit, se trouvait-il des policiers et policières anonymes? La police, en uniforme et en civil, ne lésine pas sur les moyens pour soulever des désapprobations… communautaires.

La question prend tout son sens aussi du fait que, depuis l’adoption de la loi fédérale interdisant la pornographie infantile, la possession de photos d’enfants ou d’ados nus, même celle d’une fillette qui a enlevé sa robe pour lutter contre la canicule, peut être jugées comme suspectes. Les médias ont fait état de quelques cas déjà démontrant que, pour un père ou une mère, il est plutôt risqué de se faire photographier lavant son enfant, ou le faisant rire aux éclats en lui embrassant le ventre. Le studio photo développant le film peut alerter la police.

Nuovo dénonce une autre source de pollution de l’air sociétal québécois, qu’il tire de la chronique sportive de son collègue Bertrand Raymond. Le coureur automobile Tagliani aurait bien aimé s’impliquer dans le dernier téléthon Enfant Soleil, monter sur scène, pour que les gamins voient un pilote de course automobiles de près. «Eh ben! il ne peut pas, parce que, paraît-il, il est commandité par Player’s ; parce qu’il est associé à une compagnie de clopes.»

En 2003, Montréal perdait sa course en formule 1, parce que des représentants du gouvernement fédéral libéral de Jean Chrétien exigeaient le retrait de toutes publicités sur la cigarette à la télé. Il est vrai qu’elle l’a récupérée par la suite, mais l’anecdote démontre qu’il préférait en priver des citoyens plutôt que d’amender en conséquence sa loi anti-tabac.

Hautement sacrilège, ceux-ci en auraient vues sur leur écran. Pourtant ces compétitions, peu importe le lieu où elles se tiennent, ne durent qu’une seule journée et sont accessibles aux Canadiens sur les grandes chaînes de la télé américaine. Et ce ne sont pas les seules occasions où les Canadiens y voient des pubs sur la cigarette. Le Canada devrait-il censurer aussi ces émissions provenant de l’étranger?

La consoeur de Nuovo, Marie Plourde du Journal de Montréal, qui n’a pas l’habitude non plus de plier l’échine devant le conformisme, riposte également, cependant contre une autre affaire qui a soulevé, elle aussi, une mini désapprobation… communautaire chez certains-nes de la droite, au printemps 1999 (Marie Plourde Journal de Montréal du 11 juin 1999) : la pub du brasseur de la Old Milwaukee mettant en vedette la playmate Karen McDougal, tout en poitrine et en jambes, mais tout de même habillée, où elle présente «une bouteille de bière franchement phallique» sur un plateau d’argent, décrit la journaliste.

Elle y voit «un clin d’oeil à l’époque des pitounes de calendrier». Des voix se sont aussitôt élevées «pour faire entendre de vieux discours poussiéreux, plus rétrogrades encore que l’époque caricaturée dans la publicité.»

Elle soulève aussi un argument on ne peut plus significatif. Si on avait utilisé un homme en string au lieu de la playmate, elle doute que la pub aurait soulevé le même tollé : «Aurait-on dit qu’il s’agit là d’un homme objet? Que c’est une utilisation non pertinente du corps de l’homme? (...) Oui, les pitounes comme Karen McDougal avec des grosses boules artificielles existent encore et c’est bien tant mieux. (...) Et puis, de tout temps, le puritanisme n’a jamais libéré aucune femme, il a toutefois amené la répression. Alors, écrit-elle sur le ton de celle portant un toast, une bonne bière à la santé des pitounes qui s’assument!»

Fondamentale, cette dernière remarque de Plourde au sujet du puritanisme. Par bonheur, il y a encore des journalistes courageux. Trinquons à la santé de toutes ces femmes qui osent, et de ces journalistes défendant la liberté d’expression.

Au Québec, entre autres provinces, qu’une chanteuse dégage trop de sensualité à leur goût, et aussitôt de ces cerbères interviennent, ouvertement ou dans l’ombre et le secret. Ainsi ce panneau réclame géant à la sortie du pont Jacques-Cartier, à Montréal, où, à la fin de l’hiver 1999, la chanteuse québécoise Marie-Chantal Toupin annonçait de façon inusitée la sortie d’un disque. Vêtue d’une camisole moulante, elle réclamait qu’on la regarde droit dans les yeux. Tacca, qui avait mis au point cette campagne publicitaire, avait reçu un appel téléphonique d’un ou d’une de ces cerbères menaçant d’y mettre le feu si cette pub n’y était pas enlevée.

Suffit que la voix de quelques senseurs s’élève pour qu’aussitôt médias et majorité silencieuse plient l’échine. On l’a bien vu dans ce cas, car, au lieu de persister et signer, l’agence a choisi de se conformer à ce diktat. Alors que, au contraire, on ne doit jamais reculer devant l’intolérance. «Moi, j’assume le marketing et tout ce qui est arrivé avant. Je ne renie rien. Au contraire, j’en suis fière», déclarait Toupin en la fin d’août 2001. (Presse canadienne La Presse du 30 août 2001) (Suite demain)

Des civils peuvent utiliser de vos infos intimes

00H00 – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) De fait, on peut avancer sans se tromper que bientôt à peu près toutes les activités humaines seront examinées sous la loupe. Les Québécois ne sont pas plus à l’abris de cette intrusion massive dans leur vie que les citoyens du reste de la planète.

Ainsi, en avril 2001, la Commission d’accès à l’information du Québec (CAIQ) et le Centre de bioéthique de l’Institut de recherches cliniques de Montréal estimaient que l’utilisation des nouvelles technologie de l’information dans le système québécois de la santé et l’informatisation grandissante des dossiers des patients peuvent poser des problèmes de protection de la vie privée. (François Berger La Presse du 28 avril 2001)

Les deux organismes ont constaté leur entrée progressive dans les hôpitaux et les autres établissements de santé. Ils considèrent que ces technologies, appelées à se développer rapidement au cours des prochaines années, soulignaient-ils, «doivent être bien utilisées dans le secteur crucial de la fourniture des soins de santé et des services sociaux».

Nécessaire de rappeler que le ministère québécois de la Santé introduira d’ici 2011 de nouveaux outils informatisés comme la «carte à puce», le dossier patient partageable, l’entrepôt de données, la biométrie et la télémédecine, ainsi que l’a recommandé en janvier 2001 la Commission d’étude sur les services de santé, présidée par Michel Clair. En outre, le réseau public utilisera aussi de plus en plus l’Internet et il est même question de créer un «portail santé» québécois sur le Web.

Qu’en sera-t-il de cette éventuelle carte à puce du Régime d’Assurance-maladie du Québec (RAMQ)? Le ministre péquiste de la Santé, Rémy Trudel, a déposé à l’Assemblée nationale, en décembre 2001, son avant-projet de loi qui en encadrera l’utilisation. (Katia Gagnon et Denis Lessard La Presse des 10, 19 et 20 décembre 2001)

La CAIQ avait cependant des réserves, sans doute motivée par le passé peu rassurant du gouvernement en la matière. Elle soulignait le double mandat de la RAMQ, à la fois dépositaire de cette masse d’informations nominatives et assureur public. Notait aussi que pas moins de 17 catégories d’employés du réseau de la santé y auront accès.

De son côté, le ministre assurait que la protection des renseignements personnels sera étanche : «(...) (Cette carte) n’a aucun objectif de contrôle, c’est strictement un instrument clinique, un outil pour permettre aux médecins de mieux travailler avec leurs patients». Le patient pourrait refuser en tout ou en partie au médecin l’accès à des informations en apparence anodines : groupe sanguin, présence d’allergies, interventions chirurgicales passées et médicaments prescrits. Il pourrait aussi lui demander de ne pas ajouter des détails qu’il ne souhaite pas voir figurer dans son dossier.

Il est bien évident que le cadre légal qui régirait un tel fichier devrait être serré, écrit l’éditorialiste Katia Gagnon de La Presse. Tout couplage devrait être interdit. Un organisme «chien de garde» pourrait faire rapport annuellement sur la gestion du fichier. Elle sera bien utile, cette carte, on ne peut le nier. Qu’est-ce que ça change? se demande finalement l’éditorialiste, puisque la RAMQ possède déjà dans son mégafichier l’historique des trente dernières années de toutes nos consultations dans le réseau de la santé.

Répondons à la question. De un, on n’explique pas comment le patient s’y prendrait pour verrouiller les interdits qu’il impose au médecin. De deux, que l’interdiction du couplage du dossier est quasi impossible. Car le médecin ne dit pas tout à son patient. Pas le temps, d’autres personnes attendent dans la salle d’à côté. Pas seulement pour cette raison. Si le patient est atteint de cette catégorie de cancers où les chances de survie sont nulles, par exemple, il ne lui apprendra pas tout de suite, lui donnera l’espoir de le vaincre, attendra les résultats des traitements.

Possible que sa communication avec la mégabanque de la RAMQ sera plus explicite. Sans omettre les commentaires à caractère psychologique et social, qu’il n’oserait jamais formuler à son patient, car il risquerait de perdre un client. Voilà un immense terrain permettant d’en savoir beaucoup plus sur celui-ci, et de porter des jugements. Quand le médecin renseigne la RAMQ sur l’état de santé de ses patients jusqu’où peut-il aller sans enfreindre son serment de confidentialité ?

Écoutons David Loukidelis, Commissaire à la protection de la vie privée de la Colombie-Britannique. Parlait-il spécifiquement du projet québécois de la carte à puce ou d’un projet semblable en phase d’élaboration dans sa province? Je l’ignore, mais son point de vue mérite d’être entendu (Dene Moore, Presse canadienne La Presse du 27 décembre 2001) : «Je crois que plusieurs gens seraient surpris de voir la quantité de leurs renseignements médicaux personnels qui sont classés électroniquement ou accessibles.» Il soutient qu’il doit y avoir un débat sur l’accès à ces renseignements. «Je crois que le gouvernement devrait amorcer un dialogue à ce sujet et ce n’est pas ce qui se passe actuellement.»

Reste cette grande inconnue pour le commun des mortels : la police – municipale, provinciale et fédérale – a déjà accès à toutes les mégabanques gouvernementales, tant provinciales que fédérales. Y compris les informations personnelles en matière de santé physique, psychologique et sociale.

Si vous avez déjà fait un burnout, avez suivi ou suivez une thérapie, avez avorté, êtes atteint d’une maladie sexuelle honteuse sida, hépatite, etc. , êtes homo ou hétéro, pratiquez la pénétration annale avec ou sans condom, voulez ou avez changé de sexe, prenez des médicaments prescrits par votre médecin et susceptibles de développer une dépendance, avez le cœur fragile, les artères en piteux état, etc., la police en civil le sait déjà, ou peut facilement le savoir.

En outre, il est un fait confirmé (voir L’Étau Policier, tome 1) que la police en civil est même présente dans des hôpitaux, des salles d’urgence, des cliniques privées, etc. Autant de renseignements utiles lui permettant de peaufiner davantage votre profil psychosocial. Si la police en civil juge opportun de vous assagir ou éjecter de la société, elle peut les retourner contre vous. De la même manière qu’elle exploite ou peut exploiter la tendance du citoyen à piquer des colères. (Suite demain)

News du vendredi 26 Décembre 2008

Chansons fortes, puissantes...

16H27 – ...Du groupe français Noir Désir

Sur les 8 titres disponibles, je suggère :
Gagnants/Perdants
Si rien ne bouge
Des visages, des figures
Les écorchés

Dans la page s'affichant, un jukebox
Sans vidéo, seulement du son

Le site de Noir Désir

Des oeufs refusant de devenir hommelette – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) L’écrivain américain Crichton soutient que lorsque la femme possède son propre univers (culture, intelligence, etc.), elle n’est pas inhibée et n’a pas la sensation d’être comme un objet. Et ceux qui la considèrent comme un objet, c’est leur problème, pas le sien. (Michael Crichton Harcèlement Éditions Robert Laffont)

Mais l'extrême droite policière a peur de la femme libre, peur maladive de la puissance libératrice et créatrice du sexe féminin. (Bernard Cohen Tu ne jouiras point : le retour des puritains Éditions Albin Michel) De la vraie dynamite pouvant faire voler en éclats la société conformiste.

La femme est donc dépossédée du pouvoir qu'elle a de se défendre elle-même d'un regard inopportun, et des autres pouvoirs qui devraient être les siens, et placée sous haute surveillance. Une vision malsaine de la vie sert d'écran de fumée, propagée par la police et les féministes de l'extrême droite, oeuvrant notamment au Conseil du statut de la femme, au sein même du giron politique québécois.

Alors, on assiste, sans que personne ne proteste, au renforcement de la distinction et du clivage des sexes. Ce n'est pas sans rappeler, mais sous une forme différente, les stéréotypes d'une certaine époque où l'homme ouvrait la porte aux dames, les aidait à enlever leur manteau, poussait la chaise derrière elles, etc.

«L’égalité des sexes, ça veut dire qu’il n’y a pas de privilèges particuliers, écrit Crichton. Ça veut dire qu’il faut traiter tout le monde de la même façon. Quand on a accorde à une femme un statut particulier, on lui accorde un traitement de faveur. Il n’y a plus alors d’égalité des sexes.»

Françoise Giroux dit qu’il faut veiller à ce que la femme ne fasse pas l’objet d’une «discrimination positive» à l’américaine qui ferait d’elle «une espèce protégée». (Françoise Giroux Les Françaises Éditions Fayard) La femme, un oiseau exotique qu’il faut garder en cage. Et surtout, ne pas lui apprendre à voler de ses propres ailes. Trop dangereux ! Et pas mal plus que les Hell’s Angels.

Où que vous alliez à Montréal, à Roberval ou à Lac Bouchette, ou ailleurs au Québec, il importe que vous adoptiez le regard puritainement correct. Un conseil d'ami, que je puise dans un ouvrage dont j’ai perdu les références et actualise en fonction du thème de ce chapitre : utilisez le regard neutre. Il est tout à fait conforme au dogme. Avec lui, pas de problème, vous pouvez balayer votre ligne d'horizon à volonté. Continuellement en mouvement, il ne s'arrête jamais nulle part et est vide de sens pour les autres. Vous ne transmettez aucun message, ne ressentez aucune émotion.

À déconseiller les modes visuels qui en quelques malheureuses secondes donnent vraiment l'impression que vous ne voyez pas sans voir, autrement dit que vous regardez véritablement tout en donnant l'impression que vous n'en faites rien. Vous suivez?Par exemple le regard fixe qui permet de capturer clandestinement des images floues en périphérie.

Cela dit, il n'est pas interdit s'il se pose sur un point indiscutablement neutre : murs, plafonds, boiseries sans être des oeuvres d’art, certaines sont très ouvragées , poignées de porte, etc. Mais at-ten-tion : à la condition que rien, absolument rien n'indique qu'il y ait observation.

Si l'escadron du puritainement correct de la police en civil et des agents-tes en civil des agences de la sécurité privée soupçonnent l'existence d'un double jeu, d'une tactique honteuse de capture secrète d'images, vous êtes cuit.

Dans la rue, vous pouvez toujours vous rabattre sur les vitrines de magasins de la société marchande. Soit dit entre nous, la vitrine fraîchement lavée au Windex reflète comme un miroir les femmes défilant derrière soi. Les verres fumés opaques permettent aussi de voir sans être pris en flagrant délit de regards furtifs : d’ailleurs plusieurs policiers et policières en civil en portent.

De fait, c'est le regard réflexe qui est le pire de tous, le plus sacrilège. Il est attiré sans que la tête ait son mot à dire, irrésistiblement. Hélas ! la conscience intervient seulement après coup pour en régler la durée, une ou deux secondes. Souvent, il est déjà trop tard parce que l'escadron vous aura déjà repéré.

Il interviendra tambour battant et procédera manu militari à votre rééducation policio-sexuelle. On ne badine pas avec la morale perverse et malsaine de la bourgeoisie. Morale qui casse beaucoup d’oeufs sans ne jamais faire d’omelette. Par bonheur, il y en aura toujours de ces oeufs qui refuseront de devenir hommelette ou une femmelette.

Sans compter que le coup d'oeil n'est pas forcément ni toujours concupiscent ou libidineux. Car il est attiré aussi par le trop laid, dont les poitrines obus et les croupes éléphantesques, ou simplement par quelque autre curiosité : pantalon trop cintré, couleur, tache à l’arrière, etc. Sans oublier les personnes atteintes d’anxiété sociale, qui se sentent souvent épiés.

Dans une caricature de Fortin-St-Jean de La Presse, on assiste à une conversation entre deux copines de travail (Fortin-St-Jean La Presse du 7 janvier 2002) : «Je suis certaine que les gars du bureau me dévorent des yeux quand j’ai le dos tourné.» «Qu’est-ce qui te fais dire ça?» lui demande l’autre. «Quand je me retourne brusquement, ils ont toujours l’air absorbé par leur travaille.» «T’as raison. C’est louche…»

Pourtant le regard, ai-je lu quelque part, joue un rôle central dans les échanges sociaux et le système de la connaissance. Il est normal et très sain que les gens se regardent. Aucune loi ne l’interdit du reste. Le législateur tenterait-il de le censurer qu'il se trouverait avec un joli tollé sur les bras.

L'homme et la femme, c’est selon l’orientation sexuelle de chacun, sont attirés par le trop beau : la femme zieute les beaux mecs, l’homme les belles nanas. Sauf exception, nul ne s'en plaint. Tout au contraire, la vue d'un joli minois, femme ou homme, met du soleil dans la vie.

Pour l’escadron du puritanisme, regarder est à la fois un péché mortel et potentiellement dangereux pour ces pauvres petites femmes délicates et vulnérables parce que sans défense. De fait, civils, collabos et agents de sécurité en civil exploitent à fond, et sans vergogne, un très vieux conflit qu’a décrit un auteur dont le nom m’échappe.

Celui de l'intolérance et ses victimes, et, à l'extrême, du fanatisme et ses ravages. La vieille histoire de l'inquisiteur scrutant le regard le plus anodin pour détecter l'hérésie. Et celle du commissaire marxiste-léniniste fabriquant des dissidents et des conspirateurs afin d'étayer l'orthodoxie. Les cas de puritanisme abondent. (Suite demain)

Suivre à la trace : sur la route et le web (Suite tome 2 de L'Étau Policier) À cela s’ajoutent les appareils photos déclenchés par la vitesse d’une voiture et capables de photographier les plaques d’immatriculation, et les contraventions sont aussitôt expédiées par la poste. (NDLR : Remplaceront-ils un jour le radar que la police utilise manuellement?) Les défenseurs des libertés civiles craignaient leur prolifération aux intersections, au cours des cinq années qui allaient suivre, relate le journaliste Pelletier.

Dans les faits, elle s’était déjà enclenchée, rapporte-t-il. Cette technologie avait été implantée dans 57 villes et comtés urbains de 13 États américains, ainsi que dans le District de Columbia. D’autres grandes villes prévoyaient faire de même avant l’hiver 2000-2001 et des États envisageaient de légiférer pour en autoriser l’usage.

Les partisans affirment que ces appareils ont sauvé des centaines de vies et réduisent les accidents aux intersections. Les opposants, comme le leader républicain Dick Armey, y voient plutôt une invasion de la vie privée et un moyen de remplir les coffres de l’État.

En quoi cette technologie constitue-t-elle une invasion de la vie privée? Les opposants ne semblent pas l’avoir explicité. C’est qu’elle vient s’ajouter à la panoplies des mesures déjà en vigueur permettant de surveiller les allés et venus des citoyens. Ainsi qu’il en est des technologies de l’information, celle du radar photo ne fait pas exception, elle évolue aussi. Ainsi, la France devait en installer 50 en 2007 afin de contrôler d’autres types d’infraction que la vitesse, comme le non-respect des feux rouges, des stops et des interdistances (intervalle entre deux véhicules).

Bref, le jour n’est pas loin, s’il n’est pas déjà là, où il sera possible de suivre à la trace, grâce aux plaques minéralogiques, les déplacements de ceux circulant sur les routes. Un peu à l’image des internautes circulant sur l’autoroute électronique, le Web, facilement identifiable à partir de leur adresse numérique IP. À l’époque de la vieille Remington et des dossiers remisés dans des classeurs métalliques, il était impossible de répertorier tous ces renseignements. Avec l’informatique, ce n’est plus le cas.

Au Québec, en 2001, le ministre péquiste du Transport ( MTQ ), Guy Chevrette, a jonglé un certain temps avec un projet semblable : j’ignore ce qu’il en est advenu. (Martin Pelchat La Presse du 5 septembre 2001) Devant les critiques qui subsistaient à propos du radar photo – cinémomètre photo –, il se disait prêt à réduire sensiblement la portée de son expérience pilote, d’une durée de deux ans, et même à y renoncer si on lui proposait d’autres solutions valables au problème grandissant de la vitesse au volant, qui tue plus que l’alcool.

Il prévoyait l’utilisation de quatre appareils en alternance dans 40 endroits jugés à risque, où la surveillance policière est compliquée et dangereuse. Il arguait qu’ils permettraient de réduire le bilan routier d’1%, soit sept décès, 60 blessés graves et 400 blessés légers. Le Barreau du Québec soulevait la question du respect de la confidentialité, le Protecteur du citoyen avait également réclamé des changements au projet de loi. (Suite demain)

News du jeudi 25 Décembre 2008

A Charlie Brown (Peanuts) Christmas Le chien Snoopy est dans les parages aussi, à mijoter, vous pensez bien, quelques mauvais coups. Deux personnages célèbres du dessinateur Charles Schultz, qui est connu partout dans le monde, surtout des adultes. Pendant des années, j'ai lu cette bd dans le quotidien La Presse. À mon grand regret, elle a cessé de la publier. Car on s'attache très vite aux personnages.

Vidéo en anglais : (25:43)

La criminalité...s'étend partout. Nul n'est en sécurité nulle part, ainsi ce fait d'hiver.

Y'a des clips qu'on aime réentendreOsez Joséphine, d'Alain Bashung, en est un. La guitariste qui l'accompagne est tellement super qu'elle mériterait un doux bizou sur la joue.

Je reviens avec leTrio Joubran Vous savez les trois frères palestiniens, que je vous ai présentés hier? Il y a une pièce que je veux absolument que vous écoutiez. C'est le genre où il faut se rendre jusqu'à la fin pour apprécier au max. Le titre, je l'ignore : il est écrit en arabe.

Sur le site de YouTube où je vous amène, colonne de droite, auditionnez aussi les Vidéos similaires du trio. Vous allez y faire de belles découvertes.

Spectacle nocturne......sapins illuminés et choristes (02:25)
Pour davantage de magie, visionnez plein écran

«J'amais vu quelqu’un qui aimât la vertu autant que le sexe» (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Culpabiliser le citoyen... c’est-à-dire plus explicitement créer artificiellement des inhibitions pour qu’il s'automutile psychologiquement, ce qui fait de lui son propre bourreau en même temps que sa victime. Pas compliqué, pas fatiguant non plus, suffit que la police en civil et ses collabos mettent clandestinement le mécanisme en marche.

Ensuite, ils n’ont plus qu’à se croiser les bras et vérifier de temps à autre sa dégradation psychologique. Et si le mécanisme tend à ralentir, à lui redonner un autre élan. C’est géniale, comme technique, et ça fonctionne.

Cette arme répressive remonte sans doute à la nuit des temps. Cependant, des psys et des criminologues de notre époque, qui voulaient sans doute apporter leur contribution à l’humanité, l’ont optimisée.

Certains créent des armes bactériologiques, mais eux, ces psys et criminologues au service de la répression policière ont affinée cette arme psychologique qui, comme les mines antipersonnel, continuent de fonctionner même quand la guerre psychologique est terminée.

La morale puritaine se résume à canaliser le désir, à le mettre en cage, constate Onfray ( Michel Onfray L'art de jouir Éditions Grasset & Fasquelle ) : «Dès lors, le désir meurt domestiqué, comme l'animal qui paie sa tranquillité d'une obésité d'autant plus fastueuse que sa castration psychologique est ancienne». Alors que, au contraire, il faut introduire le sexe comme une détente saine et agréable, libérer l’homme et la femme de tout sentiment de culpabilité.

Cohen, de son côté, décrit assez bien la problématique ( Bernard Cohen Tu ne jouiras point : le retour des puritains Éditions Albin Michel ) : «Toute la crispation hygiéniste se fondent sur la vérité non fondée voulant que la femme est moins sexuée que l'homme ; et que le vrai dépassement de soi se trouve dans le travail, en tant que création de la valeur ajoutée. (…) le puritanisme (...) nous interdit de partir vers ce “mieux” qui frémit dans toute pensée libre depuis la nuit des temps».

La beauté érotique du corps des femmes est, pour l’homme, comparable à la nature ou au monde, écrit pour sa part Alberoni. (Francesco Alberoni L’érotisme Éditions Ramsay) Elle est source d’émerveillement continuel. L’homme a besoin de s’en nourrir. Il se retourne sur elle en pleine rue. Les belles femmes sont fières de leur beauté et jalouses lorsqu’elles croisent une femme plus belle encore ou plus élégante.

En Chine, écrivait Lu Xun, «les manches courtes des femmes (…) font rêver aux bras nus, aux parties sexuelles, à la mêlée des corps…» (Alain Peyrefitte La Chine s’est réveillée Éditions Fayard, 1996)

Céline appréciait «la promiscuité érotique de belles femmes charnues pour se refaire une âme. (Ferdinand Céline Voyage au bout de la nuit Éditions Gallimard) Le cinéma ne me suffisait plus, antidote bénin, sans effet réel contre l’atrocité matérielle de l’usine ( c’était durant la deuxième grande guerre mondiale ). Il fallait recourir pour durer encore, aux grands toniques débraillés, aux drastiques vitaux. »

Confucius, pas con du tout, aurait dit : «Je n’ai jamais vu quelqu’un qui aimât la vertu autant que le sexe

Chez nos voisins américains, le puritanisme atteint des proportions dépassant l’entendement. Suffit d'un regard pour être poursuivi par les ayatollahs et les mollahs du «puritainement correct». Des milliers de mâles sont traumatisés par le regard de trop qu'ils risquent de porter sur leurs collègues féminins. ( Magazine Le Point l’un des numéros de l’été 1998 )

Behr relate qu’un poster affiché à la cafétéria de l’université de Princeton, aux États-Unis, qualifie de harcèlement sexuel «tout comportement, toute activité intimidante, hostile ou blessante ou considérée comme telle par la personne qui estime en être victime». ( Edward Behr Une Amérique qui fait peur Éditions Plon )

Les étudiants coupables de “harcèlement sexuel” sont obligés de suivre des cours au département d’études féminines, rapporte Behr. La rééducation politico-sexuelle ! En général, leur crime est d’avoir regardé, avec un peu trop d’insistance, des personnes de sexe féminin à la biblio, sans du reste leur adresser la parole. Il dit que des Américains sont terrorisés par les militants durs, prompts à détecter le puritainement incorrect.

Comme ce qui est bon pour ce voisin frontalier l’est généralement aussi pour le Canada, ces perversions de l’ordre moral bourgeois américain s’implantent de plus en plus à Montréal, et sans doute ailleurs au pays, l’équivalent d’un souillure s’épandant et polluant tout.

Rappelons l'affaire du dépliant de TANDEM, un organisme de la Ville de Montréal, et soulevée par Yves Coutu, président du Groupe d'entraide aux pères et de soutien à l'enfance, association de pères divorcés. Il dénonçait, en juin 1998, le fait que la surutilisation du mot violence contribue à former des perceptions erronées. (Marie-Claude Girard La Presse du 20 juin 1998)

Il s’en prenait à celui où on pouvait lire qu'un «regard trop insistant qui oblige une femme à baisser les yeux ou à s'éloigner, c'est une forme de violence.» Dans les médias, à l’époque, c’est TANDEM qui avait écopé, cependant, ainsi que nous l’avons vu, ce dépliant avait été conçu et édité par la police de l’île de Montréal. (Suite demain)

Big Brother n’arrête pas d’étendre sa toile (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Signalons qu’aux États-Unis de plus en plus d’entreprises espionnent leurs employés au nom de la productivité. (USA Today et Stephanie Armour La Presse du 30 avril 2003) Selon un sondage de l’American Management Association, jamais il n’y a eu autant de surveillance, lit-on dans La Presse d’avril 2003. Plus des trois quart des grandes entreprises enregistrent et passent en revue les communications et activités des employés sur les lieux de travail.

Richard Soloway, président et chef de la direction de Napco Security Systems, qui fabrique des dispositifs de sécurité à Amityville, dans l’État de New York, le confirme : «Notre entreprise existe depuis trente ans, et nous n’avons jamais vu une telle augmentation de la surveillance des employés. Les compagnies veulent accroître leur efficacité et garder un œil sur leur productivité.»

Des employeurs ont recours à un éventail de tactiques. À Boca Raton, en Floride, la société Humint Employment Services est devenue pourvoyeur d’agents secrets en milieu de travail. Elle fournit des «acteurs» aux entreprises qui les présentent comme des employés nouvellement embauchés. Des employeurs en utilisent aussi pour démasquer les faux accidents de travail et autres abus. Niall Cronnolly, président de Eagle Investigation Service, à Atlanta, relate un cas : «Une compagnie qui emploie des équipes de nuit nous a embauchés et nous en avons filmé buvant de la bière sur les lieux de travail.»

Les technologies courantes permettent aussi aux gestionnaires d’enregistrer les frappes sur le clavier de l’ordinateur, les courriels, les clavardages et bien plus. Pour Barry Steinhart, de l’ACLU, à New York, ces pratiques suscitent des préoccupations en matière de vie privée : «Chaque geste, chaque mot prononcé est épié.» De leur côté, les employeurs affirment que cette surveillance porte fruit.

Aux États-Unis, les défenseurs des libertés civiles s’inquiètent, écrit le journaliste Réal Pelletier de La Presse, parce que malgré leurs dénonciations de l’omniprésence des systèmes de surveillance, Big Brother n’arrête pas d’étendre sa toile, s’incruste un peu plus chaque jour dans la vie quotidienne des Américains. (Réal Pelletier La Presse du 7 mars 1999 et du 11 juin 2000)

En 2000, ils mettaient la société en garde contre des appareils photos capables d’identifier les visages, que les corps policiers prévoyaient installer dans des endroits publics au cours des cinq années suivantes. C’est Visionics, une compagnie du New Jersey, qui a lancé ce logiciel. Son système Facelt peut en balayer 15 à la seconde, produit des photos numérisées, mesure et compare électroniquement les ressemblances avec ceux déjà emmagasinés dans les mégabanques policières.

Ces caméras ont été mises à l’essai lors du Super Bowl, la finale du championnat de la National Football Ligue organisée cette année-là à Tampa, en Floride. L’ACLU en a dénoncé l’emploi (La Presse du 3 février 2001) : «Nous ne pensons pas que le public comprenne ou accepte d’être soumis à une identification informatisée par la police », écrit aux autorités de Tampa, le directeur de l’ACLU pour la Floride, Howard Simon.

(NDLR : C’était au début de 2001, plus de sept mois avant les attentats terroristes du 11 septembre en sol américain. J’invite le lecteur à mémoriser cette date fatidique pour comparer ce qui se faisait avant et se fait depuis et ainsi apprendre que la démesure policière existait déjà.)

Il demande notamment de lui expliquer «comment ces images allaient être utilisées, stockées et avec quelles banques de données vont être comparés les visages numérisés des milliers de fans et d’habitants de la ville. (…) Ces personnes, souligne-t-il, n’avaient aucune idée que leur visage seraient (...) comparé aux photos de criminels et terroristes». L’organisme croit que les minorités raciales seront particulièrement visées.

Par la suite, la police faisait savoir que 19 criminels avaient été identifiés parmi les spectateurs du Super Bowl, mais qu’elle était… trop occupée avec la foule pour effectuer leur arrestation. Quelque temps après, Tampa en a installé 36 dans son quartier de boîtes de nuit. Virginia Beach entendait faire de même.

Pourquoi ces appareils sophistiqués? Selon le journaliste Pelletier, les réponses officielles sont les suivantes : le ministère américain de la Justice (pour trouver les enfants disparus), le Pentagone (pour identifier des ennemis politiques, même la nuit) et la National Security Agency (pour l’espionnage). Tous trois investissent des millions pour perfectionner cette technologie. Ses partisans affirment que la pratique n’a rien d’illégale, puisque rues et stades, par définition, sont des lieux publics.

D’autres s’inscrivent en faux. Ainsi Grayson Barber, un avocat de Princeton, qui écrit dans le New Jersey Law Journal qu’il «existe de fait un droit constitutionnel à l’anonymat dans une rue publique». Il mentionne à cet égard une décision de la Cour suprême des États-Unis (Kolender c. Lawson) où les juges statuent que le gouvernement n’a pas le droit d’exiger que les gens s’identifient, «même s’ils flânent ou errent dans la rue». (Suite demain)

News du mercredi 24 Décembre 2008

Trio Joubran Composé de trois frères palestiniens. Une pièce particulièrement réussie : Joubran Oud (04:00).

Le site du trio : d'autres clips vous y attendent à l'item VIDÉOS.

Joyeuses fêtes !  – Le plus beau cadeau qu'on puisse offrir : du soleil dans la tête et le coeur à l'année longue (02:34).

Joyeux Noël... ...à W. Bush!

Onfray : «la morale bourgeoise est une morale malsaine» (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Utile de rappeler que dans les années 1940 la chasse aux sorcières du sénateur du Wisconsin, Joseph McCarthy, avait crée un climat de crainte et de suspicion dont la nature ressemble sur plus d’un plan à celui que nous connaissons aujourd’hui.

La droite américaine ne chassait pas que les communistes, mais aussi les libéraux. (Russell Miller L’histoire excessive de Playboy Éditions Albin Michel) Tous ceux qui s’éloignait du droit chemin étaient immanquablement soupçonnés de subversion et de conspiration contre l’État.

Cette atmosphère, écrit le journaliste américain Russell Miller, n’encourageait guère les directeurs de publications à prendre des risques. Par exemple, les photos de nus se cantonnaient généralement aux magazines naturistes et aux revues de photographie, qui en publiaient sous un prétexte artistique. Les journaux destinés aux hommes s’aventuraient rarement dans le dangereux domaine du sexe. La plupart limitaient leurs intrusions aux récits héroïques, du genre de l’homme qui, à lui seul, anéantit une armée.

On évoquait rarement les femmes dans les articles, sauf pour les sauver des griffes d’un ours terrifiant ou des tentacules d’une pieuvre géante : aujourd’hui, l’homme a remplacé ces monstres. Au cinéma, c’était pareil. Qui ne se souvient pas du gorille King Kong, aussi grand que le plus haut des édifices new-yorkais et tenant dans le creux de sa main une fille. La pauvre petite femme fragile et vulnérable, que même une souris effrayait, était, et demeure encore de nos jours, une espèce qu’on protégeait pour mieux la contrôler.

En publiant son premier Playboy, en novembre 1953, Hugh Hefner a contribué à sortir l’Amérique de sa bigoterie. Par la suite, beaucoup de magazines semblables ont vu le jour, sans omettre les vidéos exhibant pas seulement des femmes nues, des hommes aussi, dont plusieurs sont destinés à des homosexuels. On peut adresser bien des reproches à Hefner, on ne peut lui ravir cette victoire sur le puritanisme.

Ramenons Cohen. (Bernard Cohen Tu ne jouiras point : le retour des puritains Éditions Albin Michel) Il soutient que l'Occident ne pense pas assez avec son corps, ce que, selon lui, quelques philosophes commencent d’ailleurs à déplorer. «Penser avec son corps ne signifie pas forcément penser sans cesse à son corps», ajoute-t-il. On peut être en effet gastronome ou mélomane averti sans passer ses journées à s’empiffrer et écouter du Bach. La vie est un éventail de plaisirs.

Onfray estime, quant à lui, qu’«on s'évertue à travestir sous de nouvelles couleurs les vieux habits de l'idéal ascétique des philosophes d'un autre âge, tous passés maîtres dans l'art de retenir plutôt que d'exciter le citoyen, et au besoin, de réprimer sa nature. (Michel Onfray L'art de jouir Éditions Grasset & Fasquelle) (…) Le désir, qui n'est rien d'autre que l'expression de la nature, plutôt que d'être encouragé, promu, est détruit et méprisé, dit Onfray. On opte encore, de nos jours, pour l'arsenal répressif et castrateur, générateur de la haine de soi.»

Selon lui, «la morale bourgeoise est une morale malsaine. Plus elle fait la guerre à l’instinct, plus l’instinct s’adonne à des retours sournois.» L’auteur parle de mensonge sur la réalité concrète de la vie, de duperie monumentale sur le jeu des tendances.

Retenir plutôt que d’exciter… Dans La Presse de décembre 2001, Télé-Québec annonçait, dans le cadre d’une série d’émissions sur les dysfonctions sexuelles, le volet portant sur “La compulsion sexuelle J’peux pas me retenir”. (La Presse du 16 décembre 2001)

On y lisait que le sexe peut créer une compulsion, «une dépendance (sic), au même titre que la drogue et le jeu». Les victimes de ce trouble ont avec leur sexualité un rapport douloureux. Qu’il s’agisse de sexualité inhabituelle (fétichisme, voyeurisme, exhibitionnisme), solitaire ou plus classique, ces «patients» se décrivent comme étant pris dans un engrenage dont ils ne peuvent plus sortir.

On lisait aussi que la compulsivité sexuelle est un motif de consultation de plus en plus répandu chez les gens provenant de tous les milieux sociaux et culturels, et de toute orientation sexuelle, bien que les femmes en soient moins souvent atteintes que les hommes. Elle peut être longue à traiter, signalait-elle dans sa pub. Par contre, après avoir renoncé à ses conduites sexuelles excessives, la personne en thérapie aura accès progressivement à une vie émotionnelle plus riche et sera libérée des contraintes internes qui la tenaient prisonnière.

Les citoyens dont parle Télé-Québec ne sont pas des «patients», leurs rapports douloureux avec la sexualité émanent de la culpabilité, de rien d’autre, et entretenue par nos donneurs de leçons. La descente de la police de l’île de Montréal au Club L’Orage et sa Guerre Sainte contre la sollicitation à des fins sexuelles, parmi bien d’autres de ses croisades, s’inscrivent dans cette trajectoire.

Les corps policiers répriment tout ce qui n'est pas conforme à la norme de petits potentats locaux, régionaux – préfets de MRC –, provinciaux et nationaux. Que le citoyen facilement scandalisé ne se fasse surtout pas de bile inutilement, car la police en civil a vraiment tout sous contrôle. Elle s’est engouffrée dans chaque coin et recoin de la société, utilise continuellement des événements comme d’un levier, pour prendre de la hauteur.

Alors qu’il y a des choses autrement plus outrageantes que la prostitution, entre autres. Sur ce plan, brutalité et répression policières sont au sommet de la liste. Elle a notamment besoin des bonnes mœurs pour assurer sa mainmise sur la société. Sa force d’inhibition infantilise le citoyen. On comprend pourquoi Éros peine à s’émanciper au Québec. (Suite demain)

Caméras cachées à Montréal, Lac Bouchette, etc. (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Au cours de mon enquête, j’ai acquis la conviction de la présence de caméras cachées dans les rues de Montréal, et pas seulement là, à Lac Bouchette aussi, et vraisemblablement partout ailleurs au Québec. Bien entendu, on le cache à la population. Les élus de ces agglomérations le permettent-ils à la police? Oui, quoique plus probable que plusieurs de ceux-ci l’ignorent. La police, cachottière de nature, ne leur dit pas tout, loin de là.

Les maires, peu importe l’endroit où ils exercent leurs fonctions, participent activement aux activités policières, sans savoir ce que la police cache derrière l’écran de fumée de la prévention. On peut même avancer qu’ils n’ont guère le choix s’ils veulent être réélus, la police en civil veillant au maintient de son orthodoxie.

Lorsque vous apercevez un camion d’Hydro-Québec – surtout celle-ci, parce que société d’État –, de Bell Canada ou d’un câblodistributeur stationné près d’un poteau de téléphone, pas sûr du tout que la personne s’affairant à son sommet soit un employé de l’une ou l’autre de ces entreprises : je pointe du doigt particulièrement la Sûreté du Québec. Peut-être même à l’insu de ces dernières, et sans utiliser leur équipement : je n’écarte pas l’hypothèse que la police soit équipée de véhicules identiques à ceux de ces entreprises.

La police en civil déploie beaucoup d’ingéniosité dans ses activités clandestines. Combien y en a-t-il, de ces caméras, et où sont-elles ? Certaines équipées de zooms permettant de voir au-delà des fenêtres des résidences privées?

Faudra le demander au maire de votre ville ou village. Et s’il est au courant, probable qu’il cherchera à en minimiser l’importance ou maximiser les dangers auxquels la criminalité expose les citoyens. D’où la nécessité, vous comprendrez, de «protéger les personnes âgées», «les femmes», «nos enfants», etc. : la liste est longue.

Dans un autre contexte, des agences de sécurité privée, des employeurs et certains organismes gouvernementaux procèdent ainsi également. En 1998, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) a porté plainte contre la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) auprès de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. (Claude-V. Marsolais La Presse des 13 et 14 mai 1999) Elle se plaignait que la CSST utilise des agences de sécurité ou des détectives privés pour suivre les allées et venues de travailleurs accidentés et enregistrer sur bande vidéo leurs activités.

Un salarié avait même été vidéofilmé dans sa chambre à coucher pendant qu’il faisait l’amour avec sa conjointe : d’après Trefflé Lacombe, président de la CSST, cette initiative émanait d’un employeur, pas de son organisme. Dans l’avis qu’elle a rendu en mai 1999, la Commission des droits estimait que la filature généralisée de salariés absents pour des raisons de santé ou une surveillance faite au hasard représentent des atteintes inacceptables au droit à la vie privée. L’employeur ou la CSST doit assumer le fardeau de la preuve et le déclenchement d’une procédure de surveillance, s’appuyer sur des motifs précis, graves et concordants et non sur de simples impressions.

Puis à la fin d’août 1999, la Cour d’appel du Québec reconnaissait aux employeurs le droit d’utiliser la surveillance vidéo de leurs employés s’ils ont des motifs sérieux et respectent certaines limites. (Yves Boisvert La Presse du 1e septembre 1999) Selon le journaliste Yves Boisvert de La Presse, elle confirmait le congédiement d’un employé qui avait simulé une incapacité attribuable à un accident de travail.

Le journaliste mentionne au passage que le tribunal, dans un jugement unanime, se garde bien toutefois de régler les nombreux problèmes de respect de la vie privée liés à la télésurveillance. Par contre, elle est d’accord pour dire qu’il y a des limites à son utilisation, ajoute-t-il. La dignité du travailleur doit être respectée. Si l’employeur a des motifs raisonnables de croire qu’il se fait frauder, si la surveillance est nécessaire pour prouver la fraude et si elle est menée de la façon «la moins intrusive possible», elle est légale.

À la suite de cette décision, la CSN a demandé à la ministre péquiste de la Justice, Linda Goupil, de mettre en place un mécanisme judiciaire ou quasi judiciaire pour recevoir les demandes de filature et les autoriser «dans les seuls cas de critiques sévères». Elle réclamait que la personne ayant fait l’objet de filature en soit informée et qu’elle ait accès aux rapports d’enquêtes et renseignements vidéos. Elle insistait également pour que les filatures effectuées sans autorisation soient déclarées illégales et passibles de sanctions importantes.

Soulignons qu’au 14 avril 2003, date des élections générales au Québec, où les péquistes ont perdu le pouvoir aux mains des libéraux, donc plus de trois ans et demi plus tard, rien ne semblait avoir été fait. (Suite demain)

News du mardi 23 Décembre 2008

L'importance de l'AFP... … L'Agence France-Presse (AFP) est d'envergure internationale. Elle alimente quotidiennement des milliers de médias à travers le monde, dont ceux du pays où j'habite, le Canada.

Si le président Sarkozy affaiblit ou supprime son statut unique, vous et moi, qui tenons à une information de qualité professionnelle, risquons d'avoir accès à une information tronquée.

De ne pas tout savoir non plus sur ce qui se passe dans ce pays, le pouvoir français jugeant que ç'entacherait son image à l'étranger. Idem de ce qui se passe à l'extérieur de ses frontières, ce même pouvoir jugeant que cela nuirait à ses intérêts sur les plans diplomatique, commercial, etc.

Tout cela pour démontrer l'importance de la pétition en faveur du statut unique, dont je parle dans l'article précédent. Moi, je l'ai signée au nom du droit de savoir. Signez là, si vous croyez que la cause est valable.

Indépendance et survie de l'AFP menacées Le Syndicat général des journalistes rapporte qu'en octobre dernier, les représentants de l'État français au sein du conseil d'administration de l'AFP (Agence France-Presse) ont donné mandat au PDF, Pierre Louette, de proposer une «modernisation» de son statut, évoquant la possibilité de créer un «actionnariat stable».

Ce statut unique, défini par une loi de 1957, est destiné à garantir son indépendance structurelle à l'égard des pouvoirs publics et de tout autre groupement idéologique, politique ou économique.

À l'AFP on craint le pire. D'autant plus que, selon le Syndicat général, elle a récemment fait l'objet «d'attaques sans précédent» de la part de certains hommes politiques proches du pouvoir en France.

Une pétition (SOS) a été lancée sur le web
afin d'assurer la survie de son statut unique

In Africa...Women are Heroes (06:17)

La guerre du Canada en AfghanistanPhotos des soldats de l'armée canadienne tués jusqu'à présent. Malheureusement, on ne dispose pas de celles des grands blessés morts au cours de leur hospitalisation. Je possède aucune preuve qu'il y en a, mais le contraire de ce que j'avance m'étonnerait grandement. C'est une info que l'armée canadienne ne fournit pas aux médias.

Québec : attaques vicieuses du Conseil du statut de la femme – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Aussi pertinentes que les autres, ces deux dernières questions. La journaliste Martine Rioux de La Presse relate que, lors d’une conférence du Centre justice et foi et portant sur le féminisme, au début de mars 2000, Christine Savary a pris la défense des hommes et a failli se faire lancer des tomates à la figure. (Martine Rioux La Presse du 7 mars 2000)

«Je n’en croyais par mes oreilles, a-t-elle raconté à la journaliste. J’ai été malheureusement étonnée de constater que le discours féministe radical était toujours très présent. On nous bassine encore avec la violence faites aux femmes alors qu’on évacue complètement les effets dévastateurs de la violence psychologique exercée par les femmes sur les hommes. (...) Plus on crie fort, plus on creuse le fossé entre hommes et femmes, laissant les enfants complètement perdus entre les deux. »

Elle dit souhaiter que les hommes dénoncent la violence (psychologique) dont ils sont aussi victimes. Selon elle, plusieurs hommes feraient des tentatives de suicide ou des dépressions majeures.

Autre cas… Dans son numéro d’octobre 2000, la Gazette des femmes, qui est l’organe officiel du Conseil québécois du statut de la femme, un organisme relevant du ministère de la Justice, décernait le prix Déméritas aux journalistes sportifs qui avaient couvert les Internationaux de tennis féminin de Montréal. (Presse canadienne La Presse du 27 octobre 2000) «Tout ce qui grouille et scribouille n’avait de cesse que de se gausser des moues suggestives d’Anna Kournikova, cette joueuse russe qui tire des revenus publicitaires de 15M$ de sa blonde plastique», déplorait la Gazette des femmes.

Elle regrettait que l’on ait préféré mettre aussi l’accent sur «le soutien-gorge suggestif d’une joueuse sans nous montrer un bel échange de coups ou une belle montée au filet». Le journaliste de la Presse canadienne qui rapporte cette nouvelle n’a malheureusement pas identifié les donneuses de leçons à qui nous devons ce puritanisme étriqué et sournoisement maquillé en lutte contre l’iniquité et le sexisme dont font l’objet les femmes.

Dénoncer iniquité et sexisme est nécessaire et utile à l’évolution de notre société. Par contre reprocher aux journalistes sportifs d’avoir fait état de la «blonde plastique» de Kournikova et s’être attardés à son «soutien-gorge suggestif», c’est carrément faire dans la répression sexuelle.

Car là, le Conseil du statut de la femme s’attaque vicieusement à la liberté de presse et à la liberté d’expression. Il cherche à culpabiliser les médias, à soulever à leur encontre une désapprobation... communautaire qui les incitera à s’autocensurer. Cela s’appelle aussi de l’intimidation.

Quand le Conseil du statut de la femme se sert de l’iniquité et du sexisme pour faire de la répression sexuelle, il pervertit les vocables, en fait des maîtres mots panzers.

Ceux et celles qui s’enferment dans des systèmes périmés ne sont plus que des idéologues. C’est ce même organisme, plus précisément sa présidente par intérim d’alors, Thérèse Mailloux, qui, dans l’affaire Rozon, proposait l’approche «concentrationnaire».

En outre, l’accusation d’avoir focaliser sur «le soutien-gorge suggestif d’une joueuse sans nous montrer un bel échange de coups ou une belle montée au filet» ne résiste pas à l’analyse des faits. Ceux lisant régulièrement La Presse savent très bien que les journalistes traitent abondamment des performances des joueuses de tennis... qui performent.

Par exemple, de celles des soeurs Serena et Venus Williams, «des joueuses coriaces et des personnalités très fortes» ; de Martina Hingis, de Monica Seles, de Lindsay Davenport, etc. Sans négliger toutes ces autres s’illustrant dans d’autres activités sportives : Mélanie Turgeon, Geneviève Jeanson, Lyne Bessette, Caroline Brunet, Anne Montminy, etc. Ce quotidien valorise continuellement les femmes se distinguant dans une discipline sportive. Une belle performance n’a pas de sexe.

Il est aussi un fait avéré que des femmes aiment pratiquement autant les beaux joueurs de tennis que des hommes les belles joueuses. L’engouement pour le tennis n’est pas asexué, écrit la journaliste Rima Elkouri de La Presse. (Rima Elkouri La Presse du 3 août 2001) Citant une étude marketing commandée par les organisateurs du Masters tennis Canada, elle rapporte qu’aux Internationaux de tennis masculin de 1999, 48% des spectateurs présents étaient des spectatrices.

En 2000, au tournoi féminin, 65% des spectateurs étaient des hommes : «Aux matches d’Anna Kournikova, par exemple, on a noté une présence masculine plus importante», note Alain Beaupré, directeur des services à la clientèle chez Tennis Canada, étude de la maison de sondage Léger & Léger à l’appui.

C’est sans fausse honte que les organisateurs mettent de l’avant non seulement les talents athlétiques des joueurs, mais aussi leurs attributs physiques : «Si on fait la même chose avec les filles, on est taxé de sexisme, constate Eugène Lapierre, directeur du Masters tennis Canada. Du côté des gars, on ne se gêne pas. Oui, ce sont de beaux gars. Ça fait partie du spectacle.» (Suite demain)

Le «droit à la vie privée sur la place publique n’existe pas» – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Revenons de ce côté-ci de l’Atlantique pour voir comment on fait les choses... à New York. Appétissante, la Grosse Pomme, cependant il y a des... caméras dedans. Le chroniqueur Réal Pelletier de La Presse, se basant sur des articles publiés dans la presse américaine, nous avise, en janvier 1999, que «la fameuse toile que tissait Orwell prend tranquillement forme et les défenseurs des libertés en Occident tardent à réagir». (Réal Pelletier La Presse du 3 janvier 1999) (George Orwell 1984 Éditions Gallimard)

Il mentionne le cas de cette grande Cité, où la plus importante association de défense des libertés civiles de ce pays, l’American Civil Liberties Union (ACLU), dénonce l’imposant réseau de caméras installées par celle-ci dans les lieux publics. En ce début de 1999, on en avait dénombrées 2 380, chiffre jugé conservateur, fait observer le journaliste. Le secteur privé n’est pas en reste puisqu’il en a installées 2 000.

De toutes ces caméras, près de 2 000 sont fixes, juchées sur des toits, dans des entrées d’immeubles ou soudées à des réverbères alors que 400 sont mobiles, munies de zooms capables de voir au-delà des fenêtres et dans les fonds de cours. Il cite le directeur de la police new-yorkaise, Howard Safir, qui affirme que le «droit à la vie privée sur la place publique n’existe pas».

Dans deux autres de ses chroniques, le journaliste aborde le cas de la Grande-Bretagne, se rapporte au Sundy Times de Londres (mars 1999) selon lequel les Britanniques seraient les champions toutes catégories en matière de télésurveillance. (Réal Pelletier La Presse du 7 mars 1999 et du 11 juin 2000) Ainsi qu’au Los Angeles Times (juin 2000), qui évalue le nombre de caméras entre 1 et 1,5 million, soit 12 fois plus qu’aux États-Unis. Vestiges de l’époque Thatcher? s’interroge-t-il.

Ces caméras ont pour fonction de réduire la criminalité, mais en même temps, elles procurent plein de renseignements sur les moindres allées et venues du citoyen, constituant une atteinte à sa vie privée, signale-t-il. Certaines peuvent capter quotidiennement son image dans la rue, dans le métro surtout, au travail, au resto, etc. Dans certaines villes anglaises, votre photo est prise toutes les cinq minutes par ces appareils.

En septembre 2006, on pouvait lire dans Cyberpresse que le centre-ville de Middlesbrough, située dans le nord-est de l’Angleterre, est désormais doté de sept caméras de vidéosurveillance et d’un haut-parleur. Ainsi, des employés municipaux peuvent sermonner directement tous contrevenants aux règlements depuis la centrale, qui est reliée au commissariat local.

Par exemple, si un citoyen jette un papier sur le sol, une voix lui demande : «La personne en blouson vert pourrait-elle ramasser ce qu’elle a jeté?» Le conseiller municipal Barry Coppinger, qui donne cet exemple pour en expliquer l’utilité, estime que cela constitue «une espèce d’humiliation publique, mais signifie que les gens ne recommenceront plus». D’après lui, les résultats sont encourageants. En Grande-Bretagne, Middlesbrough est l’une des villes possédant le réseau le plus dense de caméras de surveillance.

Au Canada, le Commissaire fédéral à la protection de la vie privée, George Radwanski, a intenté, en juin 2002, une poursuite contre la Gendarmerie royale du Canada afin de faire cesser la vidéosurveillance des rues de Kelowna, en Colombie-Britannique, une pratique autorisée par des autorités municipales. (Presse canadienne La Presse du 22 juin 2002) Il en a contesté la constitutionnalité devant la Cour suprême de cette province.

«La vidéo surveillance policière dans les villes est à la mode (sic), a-t-il déclaré. C’est une grave violation de notre droit à la vie privée, et de notre droit à fréquenter des rues et des endroits publics sans être systématiquement observés par la police. (…) Rien ne prouve que la vidéo surveillance policière permette de prévenir la criminalité.»

En juin 2003, le tribunal rend sa décision : le commissaire Radwanski ne dispose pas des pouvoirs requis pour intenter une telle poursuite, statue-t-elle. (Presse canadienne La Presse du 5 juillet 2003) Ce dernier porte la cause en appel.

Cependant, le mois suivant, Radwanski… quitte sa fonction, et son successeur, Robert Marleau, abandonne la poursuite : «Bien que nous nous questionnons toujours sur la présence de caméras de surveillance (…), nous croyons que cette poursuite n’est pas une bonne façon d’utiliser des fonds publics», déclare-t-il. (Suite demain)

PS : Radwanski avait été accusé en justice d'avoir effectué des dépenses injustifiées. Au début de 2009, il a été acquitté. Les accusations de la Gendarmerie royale du Canada avaient-elle été motivées par...l'événement dont je traite plus haut? Radwanski, par ailleurs, a fait du bon boulot lors de son mandat. Par contre, on n'entend pas souvent parler de son successeur Marleau.

 

News du lundi 22 Décembre 2008

Zéro tolérance – Un film de Michka Saäl. Elle se pose des questions : comment se fait-il que malgré études, réformes, police de quartier, égalité à l'emploi, partenariat, embauche de civils spécialistes...que les relations entre policiers et groupes minoritaires restent si mauvaises?

Un aperçu des témoignages de ce documentaire produit par l'Office national du film (ONF), organisme canadien. Porter plainte, mais à qui? Auprès du policier qui le harcèle? Autre témoin : mon pote à moi, il s'est fait taper par des policiers, a porté plainte, avait une fracture à la jambe. Au bout de deux ou trois ans, ça rien donné.

Maurice Chalom, conseiller en relations interculturelles, Service de police de la ville de Montréal (SPVM) : Une voie de fait commise par un policier sur un jeune et rien de fait par la suite, là, ça veut dire qu'on est dans une dictature, que la police peut faire ce qu'elle veut. Je peux pas accepter ça. Les témoignages que vous me donnez aujourd'hui, je les ai entendu il y a 12 ans dans d'autres secteurs.

Autre intervenant... Certains flics (NDLR : flics en uniformes) sont corrects, mais d'autres (NDLR : en uniforme) nous font sentir qu'ils ont le pouvoir parce qu'ils ont la loi de leur côté. Un travailleur de rue...Je pense qu'ils ont une autre préoccupation que d'améliorer le système. Le jour où je vais ouvrir mon journal et apprendre que 3 policiers ont été suspendus de façon définitive pour cause de mauvais traitements physiques ou pour racisme à l'égard de l'un de leur collègue Noir, le jour où je vais lire ça, je vais me dire : là, il se passe de quoi.

Zéro tolérance (01H16)

PS : Encore une fois, l'éternel problème : on ne traite que de la police en uniforme. Les témoins semblent ignorer l'existence de la police en civil. Si celle portant l'uniforme peut se permettre tout ce qu'on y décrit, et au grand jour, imaginez ce qui doit se passer dans le sous-sol, là où sévit celle en civil, qui est assurée de l'impunité absolue...

Un détecteur de mensonge... pour le téléphoneAu Royaume-Uni, c'est Tony Blair, du temps où il était premier ministre, qui en a autorisé l'utilisation dans un projet pilote. Son successeur Brown compte en généraliser la pratique.

L'objectif : détecter au téléphone si le citoyen réclamant par exemple une allocation de logement ment ou pas sur la précarité de sa situation. C'est un ordi qui décide si le ton de la voix sonne faux. S'il ment, le fonctionnaire entend un bip dans son écouteur. Lisez l'article...

PS : La nouvelle techno aurait été bien utile lorsque Blair a confirmé la présence d'armes à destruction massive en Irak. Des journalistes auraient pu l'interroger au téléphone et constater aux nombreux bip-bip-bip-bip qu'il mentait effrontément. Bon, ils auront tout de même l'occasion de se reprendre avec Brown et n'importe quel autre élu.

Infantiliser la femme pour mieux la dominer – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) La journaliste Nathalie Petrowsky de La Presse soulève un autre point de vu. (Nathalie Petrowsky La Presse du 16 mars 1999) Elle accuse les mouvements de femmes de verser plus facilement dans la victimisation que dans la responsabilisation. Porter plainte, écrit-elle, c’est inviter les femmes à réagir après le fait, plutôt qu’avant. Or, après, c’est toujours tard. Avant par contre, c’est encore le temps de sauver sa peau.

Si les mouvements de femmes avaient vraiment à coeur la cause de leurs congénères, avant de les inviter à porter plainte, elles les inviteraient à se protéger, à faire attention, à ne pas suivre n’importe quel imbécile dans sa chambre, leur suggère-elle.

Lise Lacoursière, dans une lettre publiée dans ce quotidien, aborde également cet aspect. (Lise Lacoursière La Presse du 17 mars 1999) S’adressant à la “victime”, Lacoursière exprime l’opinion qu’elle avait aussi une part de responsabilité. «À vingt ans, on doit être apte à juger nos actes et être conséquente avec ceux-ci. Que faisiez-vous dans la chambre de M. Rozon? Pensiez-vous réellement que la conversation se limiterait au “contrat”? Voyons, mademoiselle!» Sans excuser le geste de Rozon, Lacoursière estime que la croupière aurait du rester derrière sa table de black jack.

Tout comme Petrowsky et Lacoursière reconnaissons que monter dans la chambre, ou l’automobile, d’un gars un peu grisé ou soûl comporte certains risques. Des règles de sécurité s’imposent, si l’on veut éviter les accidents. Ce qui n’exclue pas, remarquez bien, la responsabilité du conducteur. On peut se demander également pourquoi ces groupuscules féministes partisans de «l’approche concentrationnaire» n’ajoutent pas le volet prévention à leur discours idéologique.

La réponse est toute simple : cela entrouvre la porte à une certaine autonomie de celles qu’elles disent vouloir protéger. Ces féministes risqueraient d’éroder l’emprise psychologique qu’elles exercent sur la femme, la population et le pouvoir. Perdraient d’autant de belles occasions d’intervenir sur la place publique pour imposer leurs diktats à toute la société.

Autrement dit, et à la limite, elles n’auraient plus leur raison d’être, la femme devenant autonome, en tout cas en cette matière. À l’image du pouvoir et de la police, elles usent et abusent du discours de la peur pour dominer la femme. Appelons cela de l’infantilisation.

La philosophe française Élisabeth Badinter, auteur du livre Fausse Route, déplore la radicalisation du féminisme en Amérique du Nord. Dans une entrevue accordée à Katia Chapoutier de La Presse, elle dit qu’elles ont commencé à dévier de leurs objectifs principaux lorsqu’elles se sont focalisées sur la femme victime sexuelle de l’homme. (Katia Chapoutier La Presse du 14 juin 2003) «En étendant constamment le champ des violences sexuelles, et en appelant à une répression toujours plus grande de la sexualité masculine, elles ont tracé l’image de la femme victime, une enfant (sic) impuissante, et en creux, celle de l’homme bourreau ».

La journaliste lui a demandé en quoi cela est-il si dangereux. «Le séparatisme, a-t-elle répondu. Ce que je trouve le plus dangereux, c’est la représentation de l’homme comme le prédateur, exploiteur, agresseur. C’est un discours constamment tenu. L’oppression des femmes étant ancrée selon elles (les féministes radicales) dans la sexualité, la représentation qui se dégage des hommes est une caricature du genre masculin qui implique évidemment une séparation des sexes. L’homme est l’ennemi de la femme. C’est incompatible avec mon propre féminisme.» Désignons la tactique de son nom véritable : diviser pour mieux régner.

Le pouvoir subventionne ces groupes féministes. On peut penser qu’il doit veiller à y placer des femmes fidèles à son orthodoxie ou à tout le moins refuser de subventionner les groupements qui, rejetant son paternalisme débilitant, promeuvent plutôt une approche responsabilisant la femme. C’est de cette façon qu’il procède au sein des organismes communautaires sans but lucratif, on l’a vu.

Sans doute serait-il instructif de tracer le profil psychosocial des dirigeantes de ces mouvements de femmes. D’autres questions valent d’être soulevées. Ainsi, quelle est la représentativité de ces groupuscules : coquilles vides, à moitié vides, ou pleines? Quel pourcentage des membres de ceux-ci participe aux élections de leur exécutif?

Des policières en civil et des fanatiques de la police, de l’ordre et du conformisme s’y sont-elles infiltrées? Combien d’irréductibles catholiques s’y sont-elles faites également une niche? Les féministes tolérantes y ont-elles droit de cité? (Suite demain)

La surveillance a commencé bien avant le 11-9-01 – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Et en France, est-ce du pareille au même? C’est fort probablement pire qu’au Canada. Roché se demande même, un brin ironique (Sebastian Roché Insécurité et libertés Édition du Seuil) : «Comment l’insécurité urbaine est-elle possible, quand nous sommes si bien observés?»

Des voix se font entendre pour dire qu’Orwell n’est pas du passé, un contrôle social diffus mais efficace menaçant les libertés individuelles est annoncé, rapporte-t-il. La surveillance y est omniprésente. Il dit que la technologie de l’informatique a permis de répertorier les individus. Dans ce pays d’ailleurs, le fichage commence dès la naissance.

Suivons le guide... À la maternité, le bébé est inscrit au répertoire de l’INSEE il gardera son numéro d’identification toute sa vie, la Sécurité sociale et l’employeur l’exigeront, signale Roché et au fichier de l’état civil. À l’école, on constitue un dossier scolaire tandis que «la direction des affaires sanitaires et sociale fiche les enfants et les familles à risques». Puis, c’est le fichier du service national, du permis de conduire, des assurances, de la taxe d’habitation, du fisc, des services commerciaux, de gestion du personnel, etc.

Et grâce aux cartes de crédit, on peut suivre les usagers dans le moindre de leurs déplacements retrait d’argent, achat, déjeuner, plein d’essence, péage, etc. , connaître leur niveau de vie, leur style de consommation, le lieu de leurs vacances. De plus, des millions de Français sont fichés à leur insu par la police à l’occasion d’un contrôle d’identité.

D’après Hamon et Marchand, toutes sortes de renseignements sont stockées dans le fichier central informatisé des polices françaises. (Alain Hamon et Jean-Charles Marchand P...comme police Éditions Alain Moreau) Ceux relatifs aux activités des criminels, bien sûr, mais également des renseignements d'hommes publics et de citoyens sur les origines raciales, opinions politiques, philosophiques, religieuses, syndicales, les moyens d’existence, les fréquentations, la propension à la boisson, etc.

Des renseignements sont collectés grâce aux voisins, aux concierges, aux employeurs ou à l'occasion de démarches administratives ou de contrôles d'identité. Et le fichier central est constamment enrichi de renseignements frais. Pour l'ensemble du territoire français, à titre d'exemple, Hamon et Marchand évaluent le nombre de fiches entre 200 et 250 millions. Est-ce tout? Non.

Roché nous apprend aussi qu’au pays de la liberté-égalité-fraternité, des maires ont mis toute leur commune en cartes, comme à Dinan, avant que la Commission nationale informatique et liberté (CNIL) ne les fasse détruire. (Sebastian Roché Insécurité et libertés Édition du Seuil) L’Office HLM de la Ville de Paris a été assigné en justice pour avoir demandé à ses gardiens d’immeubles de compiler des informations concernant la tenue et la moralité des locataires.

En 1992, le maire de Lambersart, commune de la banlieue de Lille, a décidé de mettre ses habitants sous la surveillance permanente de quinze caméras reliées au commissariat. (Roché cite Le Canard enchaîné du 11 mars 1992) En 1993, la commune de Levallois-Perret en installait une centaine, toutes exploitées par la police municipale.

Tout cela était opérationnel bien avant les actes terroristes de septembre 2001, aux États-Unis, et une bonne partie de tout ce qui suit aussi. (Suite demain)

News du dimanche 21 Décembre 2008

Noël est tout procheLes maisons illuminées le soir ajoutent un peu de gaieté dans les rues inanimées des villages et banlieues.

Durant les fêtes, une pièce est de mise
Bien que les messies, on n'en veuille plus
il en est un qu'on aime, celui d'Händel : Hallelujah (04:18)

Vous voulez spéculer sur le marché boursier?Rien de plus simple. Dans une vidéo (04:30), on va vous expliquer comment procéder. Vous ne comprendrez rien du charabia de l'expert que vous entendrez. Pas grave, puisqu'il s'agit d'une parodie d'un groupe d'humoristes français, les Inconnus. Alors, ici, faut pas s'inquiéter, faut rigoler.

«ici, ça va? Là, je peux?» – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) La journaliste Lysianne Gagnon de La Presse donne l’heure juste dans l’affaire Rozon. (Lysianne Gagnon La Presse du 4 mars 1999) La victime l’a accompagné à sa chambre au beau milieu d’un party d’humoristes où l’alcool et diverses drogues circulaient abondamment.

Il n’y a pas eu viol, bien que ce mot ait disparu du vocabulaire juridique canadien au profit de l’expression «agression sexuelle» qui, dénonce-t-elle, recouvre n’importe quoi, du baiser volé et de la main baladeuse à la pénétration anale forcée accompagnée de menaces de mort. (NDLR : Mesure extrémiste que nous devons au gouvernement conservateur de Brian Mulrony.)

«M. Rozon s’est peut-être conduit en goujat, mais enfin, fait-elle remarquer, rares sont les femmes, dans notre société permissive, à qui le même genre d’aventure n’est pas arrivé. C’est fort désagréable, mais en général, on n’en garde pas un traumatisme impérissable.»

Elle estime que Rozon a largement payé son du. Il a été arrêté, photographié menottes aux poings, sa réputation démolie, sa carrière considérablement entravée. Elle dit que la punition doit correspondre au crime. «Dans ce cas-ci, elle a été démesurée.»

Selon elle, la même clémence devrait s’appliquer à nombre d’autres soi-disant «criminels» dont la faute ne mérite pas un dossier judiciaire à vie. La journaliste est d’avis que les jugements en matière sexuelle de la Cour suprême du Canada (mais hélas ! ils reflètent la lettre de la loi, ajoute-t-elle) sont «de plus en plus surréalistes».

Évoque le cas de Steve Ewanchuk, qui n’a pas violé sa victime. Avant qu’il tente, geste à l’appui, d’avoir une relation sexuelle, la victime lui avait massé le dos et s’était laissée masser par lui. Par la suite, elle avait quitté les lieux librement. Dans ce cas, la Cour suprême a annulé deux verdicts d’acquittement rendues par des tribunaux antérieurs.

Elle mentionne aussi celui de l’Ontarien Franklin Brooks jugé coupable d’agression sexuelle et condamné à 22 mois de prison. Qu’avait-il fait exactement? Après une soirée bien arrosée, la “victime” l’a invité à dormir chez elle, dans son propre lit, un lit simple, note la journaliste. Elle s’est dévêtue devant lui et ils se sont endormis enlacés.

Au cours de la nuit, elle s’est réveillée et rendue compte que son compagnon voulait aller plus loin. Au moment de partir, il avait glissé sa main sous sa blouse pendant un baiser passionné. Elle avait repoussé sa main, les deux s’étaient quitté bons amis. Ce sont ses parents qui ont intenté la poursuite, après qu’elle leur eut raconté le drame…

Si Ewanchuk risque dix ans de prison pour des avances non désirées, que faire des vrais violeurs? s’interroge la journaliste. Les emprisonner à vie? Mais alors, que faire des meurtriers? Ramener la peine de mort? Elle qualifie de grave le fait que la Cour suprême confirme la constitutionnalité d’une loi confondant viol et attouchement, forçant de plus l’accusé à faire la preuve de son innocence alors que dans notre système juridique ce fardeau relève de l’accusateur.

Elle met en évidence le ridicule de la situation, l’obligation de demander l’autorisation à chaque étape de la conquête sexuelle : «ici, ça va? Là, je peux? (…) Devant les tribunaux canadiens, qui ne dit mot ne consent pas. Il ne manque plus que le formulaire officiel du contrat d’accouplement», conclut-elle. Renchérissons à ses propos, ne prenons pas de chances, suggérons plutôt la présence d’un témoin assermenté, préférablement une féministe radicale pour plus de sûreté.

Dans un autre article où elle traite de «l’idéologie des droits : le nouveau visage du Canada», la journaliste écrit que le féminisme a eu d’autant plus d’impact qu’il s’est parfois conjugué, notamment dans les jugements de l’érotisme et/ou la pornographie, au courant traditionnel du puritanisme. (Lysianne Gagnon La Presse du 28 août 1999) L’un des derniers jugements de la Cour suprême, celui de l’affaire Ewanchuk, se lit comme un communiqué, pas particulièrement subtil, fait-elle observer, d’une organisation féministe des années 1970.

Selon Me Jean-Claude Hébert, un criminaliste québécois, «(...) l’envoi au goulag de tous les agresseurs sexuels confondus relève davantage de l’approche concentrationnaire que de la réprobation sociale ». (Me Jean-Claude Hébert La Presse du 19 mars 1999) Il répliquait en ces termes à Thérèse Mailloux, alors présidente par intérim du Conseil québécois du statut de la femme, qui, dans la foulée de l’affaire Rozon, proposait de gommer le pouvoir de discrétion du tribunal lors de l’imposition d’une sentence. (Me Hébert cite Le Devoir du 16 mars 1999)

Il considère comme fondamental ce principe d’équité, d’ailleurs gravé dans le Code criminel. «La liberté est trop précieuse pour que l’État puisse y porter atteinte par des lois d’exception et des régimes d’exclusion. Aussi faillible que puisse être la justice administrée (au cas par cas) (...), mieux vaut l’imperfection de la discrétion mal administrée que le caractère autoritaire et inflexible d’une loi d’airain appliquée d’office, écrit-il. Dans un cas, l’erreur manifeste peut être corrigée ; pas dans l’autre cas.» (Suite demain)

La police échappe toujours à l'évaluation externe – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Laperrière et Patenaude se disaient d’avis, en 1994, que c’est la diffusion incontrôlée des renseignements personnels qui pose les menaces les plus grandes à la protection de la vie privée. (Traité des problèmes sociaux Institut québécois de recherche sur la culture Ouvrage collectif sous la direction de Fernand Dumont, Simon Langlois et Yves Martin, 1 164 pages, 1994)

Ils mentionnaient le cas du secteur public où on ne compte plus les exceptions législatives permettant aux administrations de se dispenser du consentement des individus pour diffuser des renseignements personnels à leur sujet, ou pour en collecter auprès de tiers à l’insu des personnes concernées et sans garantie de fiabilité.

Ils s’inquiétaient du fait que les législations, au lieu de restreindre, encadrent et même officialisent la prolifération des moyens de surveillance étatique et quelquefois privée.

Voyons ce qu’en pense Laplante. (Laurent Laplante La police et les valeurs démocratiques Institut québécois de recherche sur la culture) Il estime que la curiosité policière doit s'arrêter quelque part et respecter certaines limites. S'il fallait que la police lance à tous vents les informations qu'elle possède sur chacun de nous, l'existence se déroulerait sous le signe de la suspicion et de l'insécurité. Le laconisme policier peut aussi constituer une épée de Damoclès. Lui aussi doit avoir des limites. Reste à savoir comment et où les établir.

Attendre pour stocker l'information que le crime soit commis, c'est augmenter les risques que court la société, stériliser d'avance d'innombrables enquêtes, faire le jeu des criminels, analyse-t-il. En revanche, n'est-ce pas nier la présomption d'innocence que de recueillir de l'information sur celui qui n'a encore rien fait? se demande Laplante.

Où s'arrête la curiosité légitime et féconde? Où commence la curiosité morbide et illégale? Laplante met notamment en relief le danger qu’il y a de systématiser le soupçon, de faire déboucher le souci d'être renseigné sur la recherche boulimique d'informations par nature confidentielle et qui devrait le rester.

Il raconte que, dans le passé, des non policiers ont eu l’occasion de compulser des renseignements recueillis par des services policiers. D’abord en 1976, quand le Centre québécois d’analyse et de documentation a été démembré. Ils ont constaté que cueillette, classification et analyse des renseignements étaient, au mieux, nébuleux. Au point où ils hésitaient entre le rire et la dépression.

Ensuite en 1981, quand la Commission Keable a déposé son rapport sur des opérations policières en territoire québécois. Cette fois, c’était plus sérieux, rapporte Laplante : les renseignements comportaient de flagrantes omissions et de nombreuses inexactitudes.

Même si celui qui examine les dossiers policiers n'est jamais certain qu'on lui a tout montré, Laplante ajoute que laissés à eux-mêmes, les services policiers ont plus d'appétit pour l'information que de discernement pour la trier. Plusieurs des traditions policières échappent toujours à l'évaluation externe, signale-t-il avec justesse.

Nul ne sait de science certaine si la police détruit vraiment les renseignements, empreintes digitales comprises, obtenus dans une enquête aboutissant à un non-lieu. On ne parvient pas non plus à une certitude rassurante au sujet des informations que transmet le public et qui ne se rattachent pourtant à aucun crime. «Sont-elles scrupuleusement détruites ou survivent-elles au cas où?», se demande-t-il.

Dans les milieux policiers, estime-t-il, on ne semble pas savoir quels renseignements sont vraiment pertinents, ce qui indique, à son avis, une carence en formation technique. On semble aussi ignorer que certaines informations ne doivent pas être recueillies, là, c'est la formation éthique des policiers qui suscite l'inquiétude.

Voilà qui devrait alerter l'autorité hiérarchique, mais plus encore le pouvoir civil, sur le fait que les policiers ignorent ou, pire encore, choisissent d'ignorer les limites imposées par la Loi aux intrusions policières. Il y a là atteinte aux libertés fondamentales, juge Laplante.

Celui-ci ayant publié son livre avant le lancement du concept de la pseudo police communautaire et de son maître mot panzer, la prévention, il serait intéressant de savoir ce qu’il en pense aujourd’hui. (Suite demain)

News du samedi 20 Décembre 2008

Québec : film sur Dédé, sortie en mars 09Reste à voir s'il sera à la hauteur. Sur la bande annonce, en tout cas, ç'a l'air à brasser par mal fort. Ce qui était dans la nature de ce jeune homme exceptionnel. Oui, exceptionnel.

Qui était Dédé? Pour ceux ne l'ayant pas connu, voir plus bas l'extrait du tome 3 de L'Étau Policier, mercredi 17 décembre, titre : Le suicide de Dédé Fortin.

Canada-crise : confirmation de déficits successifs......totalisant au moins 30 milliards.

Deux autres médias le démontrant :
d'abord radio-canada.ca – ensuite ledevoir.ca
La belle promesse électorale de surplus budgétaires d'Harper
s'est volatilisée. Fallait pas dire la vérité tout de suite
fallait attendre d'être élu... Manipulation extrême.

Desserrons sa ceinture......Élodie Frégé : clip (03:25). PS : J'assume ma responsabilité de contrôle parental : interdit aux Fd'I et CdC de Lac Bouchette.

Canada-crise : 4 déficits successifs totalisant 30 milliards?Le ministre conservateur des Finances, Jim Flaherty, a déclaré mercredi que le gouvernement fédéral va accuser un déficit budgétaire au cours de l'exercice financier 2009-2010. Le ministre en a fait l'annonce, sans donner de chiffres, à l'issue d'un sommet avec ses homologues des provinces, à Saskatoon. Mais selon les prévisions de son ministère, ce déficit devrait être de l'ordre de 5,9 milliards de dollars.

Le 16 septembre dernier, en pleine campagne électorale, Stephen Harper s'était engagé à ne pas plonger le pays dans l'ornière des déficits si son parti était réélu le 14 octobre, journée du vote. (Hugo de Grandpré – La Presse du 16 septembre 2008) Dans ce même article, il réitérait son engagement à l'effet qu'un gouvernement conservateur ne ferait pas de déficit s'il était reporté au pouvoir. Citation d'Harper : «Nous avons fait des prévisions et nous avons fait notre plateforme pour assurer que nous allons avoir des budgets avec des surplus».

PS : Et le coût de la guerre d'Harper en Afghanistan? Au total, le chiffre varie entre 18 et 28 milliards. On n'en sait pas plus, faute de transparence de sa part. Les Canadiens vont devoir se serrer la ceinture : un clip de Mémo (05:08).

La perspective du scalpel ou de la corde fait son effet – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Certains auteurs avouent ne pas aimer les puritains. Cohen est l’un de ceux-là, et ne se gêne pas d’ailleurs à les qualifier de décadents : à cause du coût social du puritanisme, explique-t-il. (Bernard Cohen Tu ne jouiras point : Le retour des puritains Éditions Albin Michel) Remarque pertinente de Cohen.

Combien nous coûte en effet le puritanisme, individuellement et collectivement, ainsi qu’économiquement? À combien peut-on chiffrer aussi le coût de certains petits bonheurs de la vie dont des citoyens sont privés par ces donneurs de leçons que sont le pouvoir, sa police et ses collabos?

Cohen regrette aussi la transformation du féminisme militant en force de l'ordre moral. Il dit qu’il ne faut pas craindre de dénoncer le terrorisme idéologique de certaines féministes accréditant la thèse de la femme systématiquement agressée, méprisée, déconsidérée et victime de l’oppression masculine. Le discours axé sur le sexe n’aide en rien les centaines de milliers de femmes, pour la plupart venant des milieux défavorisée, qui sont notamment victimes d’iniquité.

Nos politiciens ont une peur bleue des pures et dures de la droite féministe du Québec. Il n’y a rien qu’ils ne redoutent autant que d’être émasculés ou lynchés symboliquement par elles sur la place publique. Cela explique pourquoi elles l’emportent presque toujours dans leurs revendications. Ils en ont à ce point peur qu’ils ont créé le Conseil du statut de la femme.

Elles agissent désormais en catimini, car aujourd’hui elles fonctionnent comme les lobbyistes. La perspective du scalpel ou de la corde fait généralement son effet. Elles profitent également de la lassitude et du manque de militantisme de la majorité silencieuse, de sa propension historique à se soumettre sans mot dire à leurs diktats. Reconnaissons que c’est un discours dont s’accommodent très bien les élus de droite, tous sexes confondus.

En matière sexuelle, le Canada est en train de devenir aussi pire que les États-Unis. L’affaire Gilbert Rozon, idéateur du Festival Juste pour rire, le démontre assez bien. L’absolution inconditionnelle que lui a accordé le juge Pierre Béliveau, en mars 1999, a soulevé beaucoup de vagues. Rozon, on s’en souvient, a avoué avoir assailli (pas violée) une jeune croupière de casino. Il a été condamné à une amende et des travaux compensatoires. Comme ce jugement l’empêchait d’entrer aux États-Unis où il doit souvent travailler, il a demandé et obtenu de la Cour l’absolution inconditionnelle.

Cette décision a suscité des interventions politiques de la part des représentantes d’une quinzaine de groupes de femmes de droite. Elles ont demandé au politique de faire pression sur le procureur en chef de la Couronne, à Longueuil, Me Michel Breton, pour qu’il interjette appel. (Rollande Parent, Presse canadienne La Presse du 13 mars 1999)

Elles ont en effet plaidé leur cause auprès de la ministre péquiste de la Justice et ministre... de la Condition féminine, Linda Goupil. D’après une dépêche de la Presse canadienne, ces groupes de femmes n’ont rien épargné pour convaincre la Justice d’en appeler. (Presse canadienne La Presse du 23 mars 1999)

Michèle Roy, porte-parole du Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel a déclaré, en conférence de presse, que l’intérêt public est en jeu à cause «du message qu’envoie le jugement de la Cour supérieure à la société par rapport à la violence faite aux femmes et aux agressions sexuelles. (...) À partir du moment où cet homme reconnaît un crime, au minimum qu’il ait un casier judiciaire.»

Finalement, la ministre Goupil décide de ne pas contester la décision du juge (Martin Pelchat La Presse du 23 mars 1999) : «J’aurais bien souhaité (sic), mais il n’y en avait pas (de motif ). (…) Ma responsabilité ministérielle m’oblige à ne prendre une décision qu’en fonction de la règle de droit, dit-elle. Aucune pression sociale ou politique ne doit entraver cette décision.»

La présidente de la Fédération des femmes du Québec, Françoise David, et Michelle Roy, du Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, entre autres intervenantes, n’avait pas l’air satisfait de la décision de la ministre. (Presse canadienne La Presse du 23 mars 1999)

Cela se voit du reste sur la photo publiée dans La Presse (photographe Alain Roberge La Presse) : David a la mine déconfite, de même que Marie-Hélène Houle, dont on ignore l’organisme auquel elle appartient, et Roy, qui s’adresse à un journaliste. Par contre, d’autres femmes oeuvrant au sein de groupes d’aide se disaient «déçues mais non catastrophées». (Suite demain)

En Occident, Big Brother, c'est la police, pas l'État – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) En avril 2000, Comeau démissionne de la présidence de la CAIQ, poste qu’il occupait depuis octobre 1990. Le journaliste Normand Delisle de la Presse canadienne signale qu’aucune raison n’a été invoquée pour expliquer son départ, qu’il qualifie de brusque. (Normand Delisle, la Presse canadienne La Presse du 13 avril 2000)

Il signale que l’organisme a connu, depuis 1998, plusieurs soubresauts importants. Outre l’enquête qu’il a effectuée sur des fuites de renseignements confidentiels survenues au ministère (péquiste) du Revenu, enquête qui devait avorter, le journaliste cite d’autres entorses à la loi.

En 1997, un employé de la CAIQ avait révélé que des renseignements personnels et confidentiels pouvaient être obtenus contre rémunération par certaines agences privées (NDLR : Agences de sécurité ?). Pour des sommes variant entre 40 et 200$, n’importe qui pouvait se procurer le rapport d’impôt, le dossier de santé ou le dossier de police de n’importe quel citoyen québécois.

Nécessaire de savoir aussi qu’en vertu de la Loi québécoise sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé, les entreprise peuvent communiquer le dossier d’un employé sans obtenir le consentement de celui-ci. (Voir le dépliant La loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé ; La vie privée, ça se respecte ! Gouvernement du Québec) Notamment à une personne chargée de prévenir, détecter ou réprimer le crime. Quand on sait que la police veut tout savoir sur chacun des citoyens, rien ne garantit qu’elle n’intervient que pour ces seuls motifs.

Juillet 2000, Me Jennifer Stoddard, nommée par le gouvernement, succède à Comeau à la présidence de la CAIQ. Le journaliste Pierre April de la Presse canadienne rapporte ses propos (Pierre April, Presse canadienne La Presse du 20 juillet 2000) : «Je tiens mon mandat et les prérogatives de mes fonctions de la loi et des grands principes constitutionnels sur les droits fondamentaux des Québécois et lorsque j’aurai de bonnes raisons, après étude, de croire que le droit à la vie privée est mis en péril par une initiative privée ou publique, je n’hésiterai pas à intervenir.»

Elle affirme qu’elle participera au besoin à un débat public qui le remettrait en cause. Se dit prête à exercer son droit de parole pour rassurer les gens : «Je suis très ouverte à une telle idée. Je pense qu’ils protègent leurs droits dans la mesure où ils sont informés sur la façon de le faire. À l’ère des technologies avancées, il devient de moins en moins évident pour le commun des mortels de savoir comment protéger sa vie privée.»

Revenons aux mégabanques policières, car elles sont autrement plus menaçantes pour les droits et libertés des citoyens. Car, d’après mon enquête de six années et demi dans l’underground policier, Big Brother et Big Sister, c’est surtout la police en civil, ce n’est pas un gouvernement, fédéral ou provincial.

Certes, dans un État autoritaire, ou une province, le pouvoir utilise ses lois et sa police pour opprimer le citoyen. Cependant, les renseignements qu’il accumule ne portent que sur ses relations avec celui-ci, ce qui est déjà beaucoup remarquez bien, mais bien peu comparer à ce que la police en civil, ses collabos et les agents et agentes de sécurité en civil soutirent quotidiennement du citoyen : chaque corps policier possède sa mégabanque, qu’il actualise au jour le jour.

En plus d’avoir accès aux renseignements que l’État détient sur chacun, la police en civil va en chercher d’autres sur le terrain qu’on ne retrouvent pas dans les mégabanques gouvernementales. Mieux outillée que l’État, elle pénètre au fin fond de l’intimité du citoyen. Bref, elle en sait considérablement plus sur celui-ci que l’État.

Au fait, combien de renseignements détient-elle sur chacun des Québécois? Connaissant sa boulimie, le nombre doit être largement supérieur, très largement… aux 2 000 que la mégabanque fédérale du DRHC contenait sur chacun des Canadiens.

Pourquoi épier la population? Pour répondre à cette question, référons-nous à un document de l’ex-Communauté urbaine de Montréal publié en 1996 (La Police de quartier Ensemble pour mieux servir Communauté urbaine de Montréal et Police de la CUM, 1996) : le rôle de la police de quartier est de «définir le profil de chaque quartier, les particularités locales et les caractéristiques de la population».

Un autre extrait mérite une citation en règle : «L’élément fondamental dans le fonctionnement même d’une organisation policière est de connaître le territoire desservi, connaître les gens qui y vivent, comment ils pensent (sic) et être en relation avec eux quotidiennement (NDLR : et être habillé en civil)». Les nombreux contacts que les policiers établissent avec les citoyens créent inévitablement un sentiment de confiance mutuelle, «propice à l’échange d’informations», condition de base pour la réalisation des nombreuses activités policières...

En 1997, un enquêteur de la Commission d’accès à l’information du Québec ( CAIQ ), Bernard Dionne, s’est intéressé au mégafichier du Centre de renseignements des policiers du Québec (CRPQ) (André Noël La Presse du 17 décembre 2000) Qu’a-t-il trouvé? «(…) des renseignements nominatifs sur les plaignants, témoins pertinents, suspects, victimes, prévenus, les bien volés, le contrôle des armes à feu, les permis d’alcool, permis des agences de sécurité, etc. Le CRPQ contient environ six millions de dossiers», notait Dionne. En 1996, on y avait dénombré 61 millions de transactions et consultations.

Ici, se pose la question à savoir si Dionne a eu le temps de tout voir. Analyser le contenu d’une mégabanque ne peut être le job d’un seul homme et une affaire de quelques semaines ou mois. Ce devrait faire l’objet d’une surveillance continuelle. Se pose aussi celle à savoir si on lui a tout montré. On peut en douter, et fortement.

Des auteurs ont déjà signalé la réticence des responsables de ces mégabanques à s’ouvrir aux enquêteurs. Dionne avait-il annoncé sa visite quelques jours auparavant? Si oui, ça problématise davantage la situation. (Suite demain)

News du vendredi 19 Décembre 2008

La drogue en France : une approche humanitaire?Roselyne Bachelot, Ministre française de la Santé, veut apprendre aux toxicomanes à se droguer correctement, afin de réduire les risques. Lisez l'article sur come4news.

PS : Osez Bachelot! Sans la répression débile, le sida et l'hépatite ne se seraient jamais développés aussi rapidement : le pape ne fait pas mieux en interdisant le condom. Sans la répression débile, il n'y aurait jamais eu autant de morts. Un vrai charnier! Faudra bien un jour ouvrir ce dossier, pointer du doigt l'extrême droite policière, notamment.

J'en traite longuement dans le tome 3 de L'Étau Policier. Alors, je sais de quoi je parle. Ce chapitre de mon livre sera publié bientôt sur mon site.

60 pays demandent la dépénalisation de l'homosexualitéLe terme englobe, outre homosexuels et lesbiennes, les transgenres et transsexuels. Navi Pillay, la Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, a dit déplorer que trop de pays continuent de criminaliser les relations sexuelles entre adultes consentants de même sexe.

Ils doivent être traités de la même manière que tout le monde. L'idée que tous les êtres humains sont égaux mais que certains sont plus égaux que d'autres n'est pas acceptable.

Elle a rappelé que 10 États ont toujours des lois punissant de mort toute activité homosexuelle. Nombre de ces lois, comme celles de l'apartheid (en Afrique du Sud) qui criminalisaient les relations sexuelles entre adultes consentants de races différentes, sont des reliques d'un passé colonial et considérées de plus en plus comme anachroniques et en contradiction avec le droit international et les valeurs traditionnels de dignité, d'inclusion et de respect de tous.

L’immense tragédie de notre société aseptisée à l'os – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Les municipalités rurales ont besoin de petites rues marchandes, comme il en existe dans les vieux pays. En juillet 2000, le journaliste Jean-Paul Soulié de La Presse revenait de la région Riviera Côte d’Azur, en France, et nous en mettait plein la vue et plein la gueule aussi. (Jean-Paul Soulié La Presse du 15 juillet 2000)

Parlant des marchés de Provence... «Ici, pas de centre commercial pour touristes, comme à Brossard ou Laval, mais des rues marchandes la rue d’Antibes, à Cannes, ou la rue Ménadier. (...) Mais les marchés sont beaucoup plus sympa. Les touristes y côtoient les vrais Provençaux, venus acheter du poisson frais. (...) À Nice, le marché en plein air est un régal. Les produits, bien sûr, mais surtout la bouffe pas chère, un peu partout, surtout chez Thérésa. Pas n’importe qui, la dame. Et du vocabulaire. Elle vous vend pour presque rien, et ils sont gros, ses “pan bagna”, un gros sandwich rond (...).»

Évidemment, ces Provençaux sont favorisés par le climat exceptionnel, la proximité de la Méditerranée, par l’histoire et la culture aussi, autrement plus riches qu’ici. En outre, ce coin de pays est densément peuplé et très fréquenté par les touristes. En France, ce genre d’endroits conviviaux abondent, et pas seulement dans le Midi.

N’empêche qu’au Québec, on devrait faire preuve de suffisamment de créativité, surtout dans les petites municipalités et villages, pour produire autres choses que des centres commerciaux beiges et des rues commerciales aussi aguichantes qu’une piste de 747.

Pour Jacobs, le véritable quartier, c’est la rue et son environnement. (Jane Jacobs Déclin et survie des grandes villes américaines Éditions Mardaga ) C’est là que tout se joue. Pas dans le quartier, mais dans la rue, les petits commerces.

Seul endroit où le citoyen peut tisser des réseaux de bonnes volontés pour faciliter la vie quotidienne, entretenir la confiance mutuelle et permettre le recours à autrui en cas de nécessité, aider à l’insertion des enfants dans une vie citadine où ne règnent pas l’indifférence et l’intolérance. Jacobs voit la rue comme un spectacle continuel où bouillonne la vie.

Interprétons son propos : pas la vie stéréotypée marchant les fesses serrées. Le pouvoir fait tout pour culpabiliser les citoyens de toutes sortes de manières, en partie probablement parce qu’il est lui-même rongé par la culpabilité. Pas cette vie, non, même cent fois non, mais l’autre, la seule et unique émergeant de l’authenticité, se foutant royalement des puritains et de leur vision désincarnée de la vie. Comme l’ont fait les homos, seule façon de rebâtir la vie sociale.

Le citoyen et la citoyenne ne sont pas des robots. La vie n’est pas une interminable chaîne de montage du genre de celle que l’on voit dans le film de Chaplin, Les temps modernes, où comportements, gestes et tout le reste sont mécanisés. Quand on serre des boulons à l’année longue, on finit par ne plus savoir pourquoi on le fait. Elle est là aussi, l’immense tragédie de notre société aseptisée.

Ceux qui ont vu les films Bienvenue à Pleasantville ou Show Trumen comprendront les lignes qui précèdent. Quant aux autres, ils devraient se dépêcher d’en acquérir les vidéos-cassettes. Ils ne manqueront pas de faire la comparaison entre la vie caricaturale qu’on y décrit et très probablement la leur.

Dans Show Trumende Peter Weir, le personnage principal est le jouet d’une machination inouïe, à l’image de celle qu’a manigancée le pouvoir à l’encontre des citoyens, avec son underground policier, ses faux citoyens, faussement conviviaux, faussement tristounets quand vous n’allez pas bien, etc. Un monde invisible que le pouvoir cache à la population. Je n’en dévoilerai pas le punch, genre d’uppercut qu’on reçoit en plein sur le nez à la toute fin, pour ne pas priver le lecteur du plaisir de la découverte.

Sachez tout de même que, bien qu’on n’y traite pas de la police en civil, on ne peut éviter d’établir le lien. Et un lien très solide. Au point où on se demande finalement si ce n’est pas ce message subliminal que le réalisateur Weir a voulu transmettre aux cinéphiles.

Le sociologue Morin a le sentiment qu’il y a corrélation politique entre la capacité de mentir et la capacité d’opprimer. (Edgar Morin Pour sortir du vingtième siècle Éditions Fernand Nathan) Je partage ce sentiment. Les citoyens se font une image de la police à partir du peu qu’ils connaissent d’elle : dans l’antiquité, les Grecs croyaient que la terre était un disque plat.

Quant au film Bienvenue à Pleasantville, le critique cinématographique Marc-André Lussier de La Presse le résume en une phrase : «Le réalisateur Gary Ross fait un beau pied de nez à tous ces gens de droite obsédés par le retour aux valeurs traditionnelles de l’Amérique». (Marc-André Lussier La Presse du 24 octobre 1998)

Le contexte du film, sorti en octobre 1998 : deux ados délurés et libérés, frère et soeur, qui se retrouvent subitement dans les années 1950, à Pleasantville, petite municipalité de banlieue où les stéréotypes règnent en maître, et... tout est encore en noir et blanc, comme à la télé de l’époque. Nos deux jeunes voyageurs dans le temps y colorent rapidement moeurs et paysages, mettent tous ses habitants à l’heure des années 1990.

Ross s’attaque, sans avoir l’air de le faire, à des thèmes d’actualité, qu’énumère Lussier : intolérance, paranoïa, délation et répression sexuelle. À chaque fois que nos voyageurs “contaminent” les moeurs d’un habitant de Pleasantville, celui-ci et son environnement passent du noir et blanc à la quadrichromie.

Lussier dit que Ross fait preuve d’un humour formidable, relate cette scène où notre ménagère momifiée de ces années-là, seule dans sa baignoire, découvre, pour la première fois, semble-t-il, le plaisir sexuel. Son visage, en noir et blanc, se colore peu à peu... de même que la pièce qu’elle occupe. (Suite demain)

Le mégafichier du gouvernement péquiste – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Et qu’en était-il aussi du mégafichier que le gouvernement péquiste avait entrepris de créer?

Rappelons qu’au milieu des années 1990, le directeur du bureau de l’état civil, Me Guy Lavigne, avait été mandaté par Québec pour réunir dans une banque informatisée tous les actes de naissance, de mariage et de décès, en remontant d’aussi loin que… 1621 jusqu’à nos jours. (NDLR : Recensement des Québécois de souche mis de l’avant par le gouvernement péquiste du temps?) (François Berger La Presse du 1e mars 1999) L’objectif : faire la gestion de l’identité québécoise.

En mars 1999, Me Lavigne avait également commencé à puiser des renseignements dans des banques informatisées gouvernementales. Il avait conclu à cette fin une entente avec la Régie des rentes et l’Assurance maladie. Éventuellement devaient s’y ajouter les renseignements de la Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST).

Ce début de couplage de fichiers inquiète déjà des citoyens, écrivait le journaliste François Berger de La Presse. En lisant son article, daté de mars 1999, il saute aux yeux qu’ils l’ont été peut-être davantage quand ils ont appris que plus la concrétisation de ce programme avance, plus l’appétit des responsables de cette banque informatisée grandit.

Le journaliste nous apprenait en effet que Me Lavigne s’était fixé comme objectif de créer un «mégafichier» qui contiendrait d’autres renseignements sur eux, par exemple les changements d’adresses. Et qu’il pourrait être transformé éventuellement en fichier central du gouvernement. Il admettait d’ailleurs que «nous nous poserons la question d’une gestion centrale d’ici quelques mois».

Un préalable à l’émission éventuelle d’une carte certifiant que son détenteur est un citoyen québécois? Certains craignaient, signale le journaliste, que, même facultative, celle-ci devienne avec le temps l’équivalent d’un passeport intérieur. L’éventuel «mégafichier» ne constituait pas l’unique source de préoccupations.

Dans son rapport annuel 1998-99, le président de la Commission d’accès à l’information du Québec (CAIQ), Paul-André Comeau, constatait que, même si la démarche est «globalement bien amorcée», le bilan du gouvernement du Québec dans le domaine de la protection des renseignements personnels demeurait «mitigé et hésitant». (Martin Pelchat La Presse du 25 juin 1999)

Comeau jugeait que les initiatives menées par la CAIQ dans plus d’une centaine de ministères et organismes au cours de l’année précédente étaient «lourdes d’enseignements et d’interrogations».

Il est vrai que le ministre péquiste des Relations avec les citoyens et de l’Immigration, Robert Perreault, s’était engagé à moderniser les lois d’accès.

Cependant, Comeau rappelait que les dernières modifications remontent à plus de dix ans, alors que le législateur, à l’époque, s’était fixé comme objectif de les actualiser à tous les cinq ans. Retard démontrant l’intérêt que le pouvoir politique portait à la chose. Se posait aussi la question de l’éventuelle modernisation : une loi véritablement étanche, ou laissant encore quelques trous béants?

Dans son rapport annuel, Comeau écrivait que la dernière année (1998-1999), fertile en incidents majeurs, avaient également démontré «l’emprise» du secteur privé sur les renseignements personnels : «C’est évidemment autour de l’Internet et des nouvelles technologies d’information que se sont greffés incidents, malaises et accrocs. Que l’on songe aux dossiers des détenteurs de la carte Air Miles dévoilés à l’internaute le moindrement habile.»

La CAIQ avait notamment rendu l’avis qui devait entraîner la démission de la ministre péquiste du Revenu, Rita Dionne-Marsolais, dans l’affaire d’un sondage mené illégalement auprès des bénéficiaires du régime de perception des pensions alimentaires, rappelle le journaliste Martin Pelchat de La Presse.

Pour sa part, sa collègue Katia Gagnon fait mention, en juillet 1999, d’un rapport spécial de la CAIQ indiquant que les échanges de renseignements confidentiels entre ministères et organismes gouvernementaux ne respectaient pas toujours la vie privée des citoyens, «accrocs contraire aux exigences».

Elle cite des cas. Le ministère (péquiste) des Transports avait transmis des données confidentielles provenant du fichier de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) à une firme privée de sondages. (Katia Gagnon La Presse du 2 juillet 1999) Les nom, adresse et classe de permis de conduire de quelque 7 000 citoyens avait été dévoilés à cette firme non identifiée, pour fins d’enquête.

Le ministère n’avait pas veillé à ce que ces renseignements ne soient utilisés qu’aux fins pour lesquelles ils étaient destinées. Et, après son enquête, la firme ne les avait pas détruits.

En outre, le ministère péquiste de l’Emploi avait également échangé des renseignements avec la SAAQ. La CAIQ les avait tous les deux sommés d’y mettre un terme. Ce même ministère avait communiqué à la Régie des rentes du Québec des renseignements personnels touchant 28 000 Québécois, sans préalablement obtenir leur consentement.

Notons qu’en janvier 2001, selon l’éditorialiste Mario Roy du quotidien La Presse, la SAAQ avait exprimé l’intention de créer par croisement de données des dossiers plus complets sur les conducteurs, même ceux qui n’ont jamais été condamnés au criminel ou dont le permis n’a jamais été suspendu. ( Mario Roy La Presse du 8 juin 2001 ) «Disons que, sans tout de suite évoquer Big Brother, l’affaire aurait besoin d’un certain nombre d’éclaircissements avant de paraître acceptable!», jugeait l’éditorialiste.

Autre cas rapporté par la journaliste Gagnon, celui du Bureau de la statistique du Québec qui avait fourni au ministère (péquiste) de la Santé les prénom et mois de naissance d’enfants dans le cadre d’une recherche visant à identifier les facteurs de difficultés d’adaptation chez les enfants. (Katia Gagnon La Presse du 2 juillet 1999)

Ce transfert de données n’ayant pas été autorisé par la CAIQ, celle-ci avait demandé et obtenu que le chercheur détruise les données ainsi recueillies. Mais comment pouvait-elle être vraiment certaine que cela avait été fait? Il est si facile de copier-coller un fichier. Dans un autre chapitre, on traitera de cette affaire… particulièrement préoccupante. (Suite demain)

News du jeudi 18 Décembre 2008

En France, en ce troisième millénaireCe que vous allez voir n'est pas de la science-fiction, selon les auteurs. Une vidéo (03:39) risquant de faire des ravages.

À cela, ajoutons la vidéo tournée (04:57) dans un centre de rétention administratif, où s'entassent des immigrés clandestins, dans l'attente d'être expulsés. Liberté, égalité, fraternité, prétendez-vous? Un pays à le droit de retourner chez eux des clandestins, mais il y a la manière.

Autre cas... La Ligue des Droits de l'Homme considère qu'il est urgent de réagir contre des dérives de plus en plus inacceptables de pratiques judiciaires et policières qui deviennent incompatibles avec l'État de droit.

PS : Ce n'est pas le seul cas en l'espèce, en Occident s'entend. Ce qui se passe généralement dans les prisons n’est rien d’autres que de la torture camouflée. (Lasierra R. et Lauret JC La torture et les pouvoirs Éditions Ballano)

Il existe au moins un cas d’exception : Bernadette Van Dam, directrice d’une prison pour femmes à Heerhugowaard, dans les Pays-Bas. Elle veille à minimiser les dégâts chez celles perdant leur liberté. (Bernadette Van Dam La Presse du 29 juillet 2000) «Ici, les femmes peuvent retrouver leur amour-propre, dit-elle. Leurs enfants souffrent moins. La façon dont on traite les prisonniers est un reflet de la façon dont la société traite ses citoyens.» Cette dernière phrase vaut la peine d’être retenue.

Les super-héros du siècle dernier......téléportés dans le passé. Ainsi que l'explique 20minutes.fr, s'agit d'un concours lancé le 8 décembre par le site work1000. On demandait aux internautes d'intégrer, via Photoshop, des héros de notre époque dans des tableaux de grands maîtres, exemple : le Joker dans une toile de Rembrandt.

Allez y, ça vaut la peine. Pour tout voir, dans la bas de la page cliquez sur le chiffre 2 et ainsi de suite.

Passer sa vie à faire tourner des ballons sur son nez? Fuck!

00H15 – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Regardons en de près les conséquences. À Roberval, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, ma ville natale, le boulevard Saint-Joseph, rue commerciale depuis la fondation de la municipalité jusqu’aux milieu des années 1980, est aujourd’hui déserte. J’y suis retournée après une absence d’une vingtaine d’années. J’ai été étonné de la monotonie se dégageant de cette autre “rue Principale”. Le coeur du centre-ville ne palpite plus. Pourtant, tous les espoirs étaient permis.

Que s’est-il donc passé pour que cette artère bourdonnante d’activités distille aujourd’hui l’ennuie? Non, il n’y a pas eu d’ouragan, quoi que ce serait bien utile maintenant : ça permettrait de construire à neuf, et autrement.

D’abord, il y a le commerce qui s’est transplanté sur le boul. Marcotte, et pratiquement en périphérie de l’ex-centre-ville. Celui-ci est de fait une section de la route régionale 169, aussi large et fréquentée que le sont les artères du genre, avec le trafic de poids lourds en prime. Il y a des trottoirs de chaque côté, mais ce n’est pas vraiment l’endroit où se promener à pied et musarder en faisant du lèche-vitrines.

De toute façon, les commerces sont loin des trottoirs et leurs proprios ne se préoccupent pas de monter des vitrines attirant l’oeil. Puis il y a le vent, qui souffle fort sur cette artère dépourvue d’arbre. À éviter l’automne quand il pleut, et d’avantage l’hiver. Aussi accueillante qu’une piste d’atterrissage de 747.

Ensuite, on a construit en périphérie de cette municipalité de 12 000 habitants un centre commercial. Dans une rue commerçante conviviale, il y a toujours place à d’autres micro commerces, souvent différents. Pas dans un centre commercial, qui la plus part du temps n’attire que d’autres centres commerciaux n’abritant que des boutiques dépersonnalisées, eux aussi, par l’uniformisation. Une grosse boite d’un seul étage et ceinturée d’un vaste terrain de stationnement.

Ce Disneyland fait l’affaire de plusieurs citoyens, qui cherchent davantage à consommer qu’à socialiser. L’équivalent d’un aérogare, point de passage obligé. Remarquez que aller au Disneyland World californien avec les enfants une fois par année peut être amusant, mais ce n’est pas la vraie vie. On ne peut pas passer son existence à faire tourner des ballons sur son nez, comme le phoque de Beau Dommage. C’est dans ce sens-là que transformer l’espace public en Disneyland est une catastrophe sociétale. Où est la vraie vie?

Il fait aussi l’affaire des civils et de leurs collabos. C’est que l’ “architecture” a l’avantage d’être plus sécuritaire, aux yeux de la police, que des petites rues commerçantes pleines de recoins d’où peut surgir à tout moment, sait-on jamais, un violeur de femmes ou de petits enfants, un cinglé assoiffé de sang, où peut se dissimuler aussi un vendeur de drogue. Dans une petite ville, le centre commercial facilite la tâche aux civils.

Tout étant concentré sous un même toit, ils n’ont pas à se déplacer, font leur job illégal à l’abris du froid l’hiver, des intempéries et, en temps de canicule, à l’air climatisé. Plus facile aussi d’éjecter un citoyen de la société, suffit simplement de l’en sortir. Il pourra toujours arpenter les rues désertes, mais pas longtemps parce qu’il sera continuellement harcelé par ceux-ci et finira par se confiner chez lui.

La problématique des centres commerciaux n’a rien de simple. Car, dans une société libre, on ne peut empêcher une entreprise de grouper des commerces sous un même toit. Un plan de zonage peut en interdire l’érection dans certains secteurs, pas partout. Un problème insoluble, semble-t-il, et devant lequel des citoyens, préoccupés par la question, se sentent impuissants. Pourtant, ces consommateurs pourraient interférer en encourageant les petits commerces encore debout. Mais c’est oublier que le clinquant les attire davantage.

Néanmoins on ne peut s’empêcher de constater comment l’osmose prend du temps à se reconstituer quand, pour une raison ou une autre, elle a disparu quelque part. D’autant que la police en civil veille à ce qu’elle ne se reconstitue pas. Fragile, l’osmose. Elle a besoin d’un terreau propice pour germer et se développer. (Suite demain)

Big Brother se fait hara-kiri

00H00 – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Peu après, Big Brother se fait hara-kiri, pour utiliser l’expression du journaliste Vincent Marissal de La Presse. (Vincent Marissal La Presse du 30 mai 2000) Le gouvernement Chrétien décide de démanteler le mégafichier. Du coup, de faire observer le journaliste, ce qui, quelques jours plutôt, était essentiel au bon fonctionnement du gouvernement, est soudainement devenu un «risque pour la vie privée», selon les propres termes du DRHC : «Le problème, reconnaît alors Daniel Lavoie, c’est que nous avions toutes les données en notre possession et que nous pouvions les manipuler avec un programme informatique.»

Et le journaliste de rappeler que la ministre Stewart et le premier ministre Chrétien affirmaient haut et fort que les Canadiens n’avaient pas à craindre de l’existence de cette immense banque de données capables, illustre-t-il, et sur simple commande informatique, de tracer un portrait fiscal et social extrêmement détaillé de chaque individu. Le ministre Cauchon clamait même à la Chambre des Communes que l’opposition «criait au loup et essayait de faire peur à la population».

La mégabanque est démantelée en présence de représentants du commissaire Phillips. Désormais, les échanges d’informations seront possibles seulement cas par cas et les renseignements personnels devront être détruits une fois la recherche terminée. De plus, tout nouveau programme d’échange de renseignements devra être approuvé par celui-ci. Le DRHC s’est engagé à établir un cadre législatif sévère, comprenant des pénalités, afin d’en policer l’usage par ses fonctionnaires.

Et qu’adviendrait-il des renseignements de ce mégafichier ayant fort probablement servi à enrichir les mégabanques informatisées de la Gendarmerie royale du Canada, du Service canadien du renseignement de sécurité et des corps policiers du Québec, dont la Sûreté du Québec et la police de l’île de Montréal? Les détruirait-on aussi? Incluant tous ces autres renseignements que la police accumule sur les honnêtes citoyens? Les médias n’ont pas posé la question. Pour le moment, elles s’en sortaient saines et sauves. Elles n’étaient pas les seules, on le verra.

Le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard n’avait pas manqué de réagir, au plus fort de la tempête médiatique. Son ministre des Relations avec les citoyens, et ex-ministre de la Sécurité publique, Robert Perreault, avait déclaré que Québec ne fiche pas ses citoyens à leur insu, n’a pas l’intention de le faire, et si la mégabanque fédérale contient des informations sur des Québécois, elles devraient être détruites. Il avait souligné que le fait qu’un gouvernement dispose d’informations sur ses citoyens ne constitue pas un problème : «C’est nécessaire pour l’application des lois, pour rendre service aux citoyens ». Ces informations, avait-il poursuivi, sont recueillies à des fins spécifiques et doivent être utilisées aux fins pour lesquelles elles ont été recueillies : «On ne peut pas se permettre d’additionner toutes ces informations et constituer un mégafichier.»

Notons que le ministre s’était bien gardé de dire mot de la police québécoise qui, elle, fiche les citoyens. (Suite demain)

News du mercredi 17 Décembre 2008

Vidéo de L'Étau Policier – C'est une première (02:46), d'autres suivront bientôt. Si la Sûreté du Québec n'utilise pas le sabotage pour m'en empêcher. Et n'éloigne pas de moi des collaborateurs possédant des connaissances technos que je n'ai pas. Si jamais cela arrive, je vous mettrais au parfum.

Ils ne sont pas nombreux les journalistes de part le monde qui, comme moi, connaissent sur le bout des doigts les activités illégales et clandestines de la police en civil et ses collabos. En fait, sur le web, j'en ai pas encore trouvé un ayant enquêté ainsi que je l'ai fait.

Je ne dis pas cela pour me venter, simplement pour souligner jusqu'à quel point ces infos sensibles sur la police sont une denrée extrêmement rares.


Enquête d'AI : Le taser peut tuer et favorise les abusSelon Administie Internationale (AI), depuis 2001, plus de 330 personnes seraient mortes aux USA après avoir reçu des décharges de pistolets Taser par des policiers.

Dans la plupart des cas, les coroners ont attribué ces décès à d'autres causes telles qu'une consommation de drogue ou une mauvaise santé. Cependant, dans une quarantaine d'autres, ils ont conclu que le Taser faisait partie des facteurs à l'origine de la mort. L'organisme demande aux États du monde entier de suspendre son utilisation ou de le restreindre aux situations où des vies sont en danger.

Rapport (résumé) d'Amnistie Internationale
Format PDF, 8 pages, en français et accompagné de photos

Entrevue sur LCN : vidéo (03:47)
Anne Sainte-Marie, porte-parole d'AI

Le taser est une arme dangereuse
Le fait que son fabriquant affirmait que l'arme
n'était pas létale, a créé une banalisation de son utilisation
et les corps policiers se sont mis à l'utiliser à tort et à travers
Sur 98 autopsies, 90% des victimes étaient désarmées
ne représentaient pas une menace

Au Canada, les députés de l'opposition
Souhaitent (ou réclament?) que la Gendarmerie royale du Canada
cesse d'utiliser le taser

Le suicide de Dédé Fortin (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le Disneyland, et ses victimes... Le suicide en mai 2000 de Dédé Fortin, leader du groupe des Colocs, en a ébranlé plus d’un : dans La Presse de janvier 2001, on écrivait qu’il avait déjà rencontré un psychologue, et même tenté de le revoir le jour même de son suicide, mais que celui-ci ne pouvait le recevoir qu’à une date ultérieure. L’auteur compositeur était un des rares artistes engagés sinon le seul que comptait alors le Québec.

Car Dédé n’était pas que de party, il célébrait aussi la mort, la perte de l’amour et toutes les injustices de ce monde tout croche, écrit le journaliste Jean-Christophe Laurence de La Presse. (Jean-Christophe Laurence La Presse du 12 mai 2000) Il ajoute que sous des dehors insouciants et festifs se profilait un poète sensible à la réalité qui l’entourait, doté d’une rare humanité et d’une grande conscience sociale.

Dans plusieurs de ses chansons, Dédé y cause d’urbanisation sauvage, des laissés-pour-compte, des sans-abri, etc. Engagé pas seulement dans ses chansons. Son groupe n’hésitait pas à monter sur scène pour appuyer une cause : la lutte contre le sida et le SalAmi (organisme militant contre les méfaits de la mondialisation), l’aide à des personnes de l’âge d’or, la forêt boréale du poète abitibien Richard Desjardins.

Son dernier album, Dehors novembre, selon le journaliste Laurence, laisse filtrer le malaise profond d’un homme déçu par un monde de plus en plus déshumanisé. Il cite ce passage de l’une de ses chansons, Pissiômoins : «Baise-moi encore pour fuir le monde/ Des dominants, des dominés / Des herbivores, des carnivores / En parlant d’herbe roules en donc un / Qu’on redevienne l’instant d’un spliff / Des souverains improductifs».

Pour sa part, sa collègue Isabelle Hachey cite Laurent Saulnier, ex-critique musical de l’hebdo montréalais VOIR (Isabelle Hachey La Presse du 13 mai 2000) : «Si les jeunes s’identifiaient beaucoup à Dédé, c’est (...) parce qu’il avait un discours anticonformiste, anti-establishment. Quand il chantait “Passe-moi la puck pis j’vas en compter des buts”, en voulant dire “donne-moi une chance et je vais réussir”, il s’adressait directement aux jeunes, qui ont souvent des problèmes de chômage, de pauvreté, d’exclusion.»

La rue Principale, une autre chanson de Dédé, évoque le déclin sociétal d’un petit village du Saguenay-Lac-Saint-Jean (Normandin?) attribuable à la construction d’un centre commercial.

La journaliste Hachey en cite cette strophe : «Je ris au nez des vendeurs d’ordre/Des exploiteurs endimanchés/ Distributeurs de cochonneries/ Et de bonheurs préfabriqués.» Citons aussi cette autre (Paul Roy La Presse du 12 mai 2000) : «Dans ma p’tite ville, on était juste 4 000, pis la rue principale, a s’appelait Saint-Cyrille, la coop, le gaz bar, la caisse pop, le croque-mort, puis le magasin général, quand j’y r’pense ça m’fait assez mal, yé tombé une bombe su’a rue Principale, depuis qu’y ont construit le centre d’achats...»

Le journaliste Paul Roy de La Presse raconte qu’à l’été 1999, Dédé et ses Colocs, après avoir donné un spectacle à l’aréna de Normadin, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, s’étaient rendus au bar Le Clairon, rue Durocher. Guy Harvey, barman ce soir-là, lui a dit que Dédé était monté sur la scène et avait joué La rue Principale. «Le plancher voulait arracher. J’avais jamais vu une affaire de même!»

Le journaliste rapporte aussi le témoignage de Sonia Minier, qui était de la fête improvisée : «(...) Ç’avait brassé pas mal. La police était venue fermer la place... à 4h! Le monde voulait plus sortir. Dédé était là, il s’était mis à jouer de la musique à bouche.»

Dédé, on le voit, était conscient, non seulement de la situation socio-économique des jeunes, de la présence aussi des vendeurs d’ordre et du bonheur aseptisé. Dans sa chanson La rue Principale, il disait aussi qu’une bonne fois, il allait y retourner, au centre d’achats, avec un bulldozer, et que celui-ci allait passer un mauvais quart d’heure. Gravissimes propos !

La police en civil, homme ou femme, l’avait-elle infiltré? Raisonnable de le penser, parce qu’elle infiltre pour moins que ça. C’est même hautement vraisemblable. N’oublions pas que les jeunes, d’après Laurent Saulnier, s’identifiaient beaucoup à Dédé, parce qu’il tenait un discours anticonformiste, anti-establishment.

Les apparatchiks n’aiment pas les anticonformistes, et n’apprécient pas les plaisanteries du genre non plus. Ils y voient une atteinte à l’ordre, l’équivalent d’un sacrilège, d’un crime. Ils prennent tout au pied de la lettre. C’est l’assise même de la fameuse prévention du crime, ce maître mot panzer.

Selon le sociologue français Morin, la plaisanterie, comme le jeu et l’humour, font partie de la complexité et de la multidimensionnalité de la société et c’est défendre la complexité que la défendre. (Edgar Morin Pour sortir du vingtième siècle Éditions Fernand Nathan)

La journaliste Isabelle Hachey de La Presse nous fait entendre un témoignage éloquent, celui de la sociologue Madeleine Gauthier, directrice de l’Observatoire Jeunes et Société de l’INRS (Institut national de recherche scientifique) ( Isabelle Hachey La Presse du 13 mai 2000) : «Nos sociétés ont évolué de façon telle que tout devient de plus en plus anonyme, comme ce centre commercial qui peut appartenir à une compagnie américaine et qui a pris la place du petit magasin général. Les jeunes se retrouvent dans ce monde anonyme où les idéaux sont diffus, où l’univers des valeurs est réduit à une société commerçante, où l’important, c’est d’être un bon consommateur dans un centre d’achats.»

Il est un fait que la construction d’un centre commercial a plus d’impact dans une petite ville que dans une grande Cité : quoique érigez en deux rue Saint-Laurent, à Montréal, et les dommages sociétaux seront considérables. (Suite demain)

Du besoin d'«une opinion publique intraitable» (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Suivons pas à pas les réactions du pouvoir fédéral libéral à la suite de ses révélations. Le premier ministre Jean Chrétien et sa ministre du DRHC, Jane Stewart, soutiennent que les Canadiens n’ont rien à craindre, que «les renseignements sont codés et aucun nom ne circule». Un porte-parole de son ministère, Daniel Lavoie, précise que la mégabanque ne sert qu’à mener des recherches.

La ministre Stewart déclare que la Gendarmerie royale du Canada et le Service canadien du renseignement de sécurité du Canada (SCRS) «n’avaient pas un accès direct» à la mégabanque, mais «s’ilsfaisaient une demande d’information, ils devraient (sic) avoir en main un mandat de la cour».

Pour sa part, la conseillère juridique du Commissariat à la protection de la vie privée, Me Martine Nantel, soutient que la loi canadienne «ne les y oblige pas», il leur suffit de formuler leur demande par écrit.

Quant au ministre du Revenu, Martin Cauchon, et le solliciteur général, Lawrence MacAuley, le patron de toutes les polices au pays, ils donnent des réponses floues sur ces questions. Toutefois, la ministre de la Justice, Anne McLellan, admet... qu’il faudra revoir la loi pour l’adapter à l’ère informatique.

Commentant les propos du commissaire Phillips, Pierre Gravel, éditorialiste de La Presse, fait le constat suivant (Pierre Gravel La Presse du 18 mai 2000) : «Ceux qui croyaient encore pouvoir mener leur petite existence tranquille à l’abri de toute indiscrétion en seront quittes pour leurs illusions.» L’éditorialiste parle «d’un Big Brother auquel il est devenu pratiquement impossible de cacher quoi que ce soit (…) de la nécessité de reconnaître que le respect de la vie privée est un des éléments de base des libertés individuelles.

«D’où cette exigence absolue, propose-t-il, de fixer au plus tôt des paramètres précis à l’intérieur desquels toutes les ressources de la technologie demeureront un instrument au service des personnes. Et non un projecteur à la disposition des autorités pour cibler tel ou tel individu sans même être tenu de l’informer de la surveillance ou de la curiosité dont il est l’objet. (...) Pour encadrer cette propension administrative à l’accumulation automatique de toutes les données disponibles, il s’impose que tous les gouvernements adoptent un code de conduite. (...) Sans oublier, l’assurance absolue que tout citoyen pourra, à sa demande, être informé rapidement et sans tracasseries inutiles de la nature exacte et complète de toutes les informations qu’on détient sur lui»

Gravel soutient que seules les pressions d’«une opinion publique intraitable» pourront amener le gouvernement à admettre l’urgence de baliser ce phénomène pendant qu’il en est encore temps.

L’éditorialiste a tout à fait raison. Sauf qu’il y a un gros os : le citoyen n’est pas sensibilisé à cette question. Les virus informatiques, il connaît, les médias lui en parle régulièrement. Mais des dangers de la concentration de renseignements à son sujet dans une mégabanque gouvernementale ou policière, il les ignore car les médias n’en traitent pas.

Remarquez que le nom de Big Brother est souvent évoqué mais en des termes si vagues qu’aux yeux du citoyen tout cela est davantage près de la science-fiction que de la réalité quotidienne. Alors, il ne se sent pas vraiment menacé. On peut même avancer qu’il s’en fout comme de sa dernière chemise.

C’est seulement lorsque l’on lui soumet un cas concret, comme celui de la mégabanque fédérale, qu’il réalise que Big Brother, c’est sérieux. Et après en avoir été ému, il retourne à ses petites affaires et oublie tout. (Suite demain)

News du mardi 16 Décembre 2008

Décès de Horst TappertIl personnifiait l'Inspecteur Derrick dans une série de la télévision allemande. Je ne connaissais pas cet homme. L'amour qu'on ressent pour lui pique la curiosité, émeut.

On lui rend hommage dans une vidéo (02:59) en utilisant un extrait de l'un des épisodes de la série dont il était le personnage principal. Écoutez la chanteuse, inconnue, comme elle module bien son émotion. Touchant!

Hommages du parisien.fr
Plus d'info ici

La tension monte entre Sarkozy et des médiasRue89 a décidé de faire front commun avec plusieurs autres médias indépendants (Mediapart, Nouvel Observateur, Marianne, Inrockuptibles) contre des projets de la France portant atteinte au pluralisme de l'information.

Contre les projets suivants :
Sarkozy abolit l'indépendance de l'audiovisuel public
Se mêle de la presse écrite, organise et contrôle ses états généraux
Envisage d'assouplir l'anti-concentration dans les médias.

Article en traitant sur le site de Rue89
Le rôle de ce site sur le web : vidéo (01:22)

PS : L'intérêt de la publication de cette nouvelle sur mon site? Les dirigeants des pays occidentaux se copient-collent les uns, les autres. On l'a vu et pas fini de le voir dans tout ce qui touche la sécurité intérieure. Alors, ce qui se passe en France peut être importé par Stephen Harper, homme de droite gouvernant le Canada ou des premiers ministres de provinces de ce pays. Se prémunir des ouragans venant d'ailleurs.

Puis, je dois le dire : suis solidaire avec le combat de Rue89 et tous les autres y participant. J'encourage d'autres sites à faire de même, qu'ils soient de la France ou de n'importe où.

Lancez un soulier à BushUn jeu gratuit qui vient de faire son apparition sur le oueb. Une parodie de l'attaque dont il a été la cible, dimanche, en Irak : visionnez la vidéo plus bas dans mes ACTUALITÉS.

Zimbabwe... ...le président Robert Mugabe est dans la merde jusqu'au menton et ça continue de monter, monter...

Promotion de mon site sur YouTube C'est la première vidéo (02:46) que je produis, d'autres suivront bientôt. Je vous en informerai. Propagez l'info à votre entourage. La défense des droits et libertés, c'est d'abord et avant tout une responsabilité citoyenne. On n'est jamais mieux servi que par soi-même.

Aspire-t-on à moins de carton-pâte, à plus d’authenticité? (Suite tome 3 de L'Étau Policier) À Montréal, le Festival Juste pour rire nous a démontré, et de façon plus convaincante que jamais au cours de l’été 1999, l’importance de l’inusité dans une Cité. Pierre-Marc Johnson, président du Groupe Rozon, affirmait, et avec à-propos, que «le Festival a créé depuis deux ans de nouveaux standards de qualité d’animation dans la rue». (Suzanne Colpron La Presse du 27 juillet 1999)

Selon les organisateurs, c’est le joyeux délire du Circo de Bakusa, installé dans un parking de la rue Ontario, qui aura piqué la curiosité du public. Y a-t-il endroit plus beige qu’un parking, surtout dans la partie est de cette artère?

Mais pourtant, ainsi que le rapportait la journaliste Suzanne Colpron de La Presse, plus les jours passaient et plus la foule s’y faisait nombreuse, au point où la bande des ex-Organic Fresh Heroes de Montréal a dû limiter l’accès des lieux à certaines heures, pour des raisons de sécurité.

L’une de ses collègues, Marie-Ève Gérin, se référant notamment au souk, au défilé des jumeaux, aux magiciens, aux jongleurs et au Grand Bal, même si ce dernier, de toute évidence, ne passera pas à l’histoire, soulignait-elle, estimait que l’humour occupe toujours le haut du pavé, bien sûr, mais que... «l’inusité joue du coude avec vigueur». (Marie-Ève Gérin La Presse du 26 juillet 1999) Significative, cette distinction de la journaliste.

Le souk de la ruelle Joly constituait effectivement un autre bel exemple de l’anticonformisme. Citons le micro spectacle J’ai les boules de Nathalie Sicard, une jeune artiste. Elle y présentait cinq soutiens-gorge de fabrication artisanale, qui ne peuvent passer inaperçus, écrivait la journaliste Stéphanie Bérubé de La Presse. (Stéphanie Bérubé La Presse du 21 juillet 1999) Notamment sa célèbre brassière “Vénus de Boticelli” ornée de deux robinets desquels coulent des jets d’eau ; le “Tout chaud, tout froid”, un autre modèle, est surmonté de commandes contrôlant la température corporelle ; le “Touch-tone” est muni d’un clavier téléphonique à même le bonnet. La journaliste précisait que ses soutiens-gorge nouveau genre sont devenus objets de toutes les contemplations. La plupart de ces micro spectacles inusités étaient certes un peu amateur, mais aussi pas mal rigolos et divertissants, ajoutait-elle.

Il serait instructif que certains sociologues – ouverts au pluralisme – se penchent sur l’origine du succès de l’insolite, de l’étrange, de la belle insolence, et surtout de la... ruelle. Les organisateurs du Festival Juste pour rire, dont son concepteur Gilbert Rozon, ont touché en plein dans le mille. Des citoyens sont-ils las du Disneyland aseptisant et de son imparable pendant, les lumières scintillantes de la société marchande?Aspirent-ils à moins de carton-pâte, à plus d’authenticité? Sont-ils las, consciemment ou non, de la vie stéréotypée que leur impose la droite politique et policière?

S’ils pensent que la vraie vie a plus de chance de bourgeonner et d’éclore dans une ruelle que dans les artères les plus commerciales et hygiénisées de l’espace public montréalais, il y a sans doute là une symbolique méritant d’être explorée. Dans cette hypothèse, ces citoyens se sentiraient plus libres dans la ruelle pas très propre, symboliquement l’arrière cours de leur espace privé. Explorée et... même exploitée, si l’on veut reconstruire les liens sociaux en décrépitudes.

Sans vouloir piquer les bonnes idées des organisateurs du Festival, peut-on espérer qu’éventuellement certaines ruelles de quartiers seront transformées en souk tout l’été durant, espèce de bric-à-brac composé d’organisateurs de ventes de garage, d’amuseurs publics, de micro spectacles d’amateurs, d’artistes peintres, de caricaturistes, de vendeurs itinérants de hot-dogs, pizzas, crème glacée, limonade maison, barbe à papa, etc.? On le sait, certaines de ces activités, quand elles ne sont pas carrément interdites, sont souvent seulement tolérées, et sévèrement encadrées. Tolérer n’est pas aimer.

Mais il y aurait gros à parier que l'extrême droite policière en civil, et ses collabos, neutraliserait toute entorse au politiquement correct. On en vient à se demander à quoi bon réactiver la vraie vie, sachant que cette gardienne de l’orthodoxie politicienne passera derrière vous pour tout démolir au fur et à mesure, et sans que vous sachiez qu’elle est derrière ça. Se le demander, c’est en même temps réaliser que la vie doit toujours triompher de l’intolérance, de l’insignifiance. (Suite demain)

Canada : 2 000 renseignements sur chaque individu (Suite tome 2 de L'Étau Policier)Traitant des bases de données des mégabanques, Laperrière et Patenaude écrivaient «qu’elles permettent d’accumuler une quantité considérable de renseignements sur les citoyens, de les diffuser et de les utiliser de façon à réduire sensiblement leur vie privée, en y enregistrant les moindres détails de leur existence et en les comparant pour établir un double informationnel des individus, en même temps qu’un immense réseau de surveillance et de contrôle social».

Enquêtes sur l’identité des personnes (race, sexe, filiation et adoption, image), leurs choix existentiels (vie maritale, orientation sexuelle, avortement et contraception, éducation des enfants), leurs appartenances et opinions (politiques, religieuses, syndicales), leur état de santé, leur situation socio-économique (travail, logement, crédit), leurs antécédents (judiciaires, professionnels ou autres) et même leurs habitudes de vie (consommation, drogue), leurs fréquentations et leurs faits et gestes.

Le tout afin de repérer, sélectionner, comparer à des profils et avantager ou pénaliser les intéressés. Les auteurs mettaient la police au premier banc des accusés.

Ils complétaient ce tableau en ajoutant une info troublante : la puissance des ordinateurs et l’instantanéité des communications «en temps réel» laissent croire à leur infaillibilité. C’est-à-dire ? Que l’individu cherchant à se défendre contre une erreur introduite dans le système ou à en dénoncer le fonctionnement sera complètement disqualifié, jusqu’à en perdre son identité au profit de la «vérité» fabriquée par l’ordinateur, et de voir attaquer son jugement et sa conscience par des arguments scientifiques, techniques et organisationnels qu’on lui opposera comme incontestables.

Examinons un autre cas concrets, mais n’impliquant pas la police. En mai 2000, le Commissaire canadien à la protection de la vie privée, Bruce Phillips, dans son rapport annuel déposé à la Chambre des communes d’Ottawa, nous apprenait l’existence, au sein du ministère du Développement des ressources humaines du Canada (DRHC), d’une mégabanque informatisée. (Vincent Marissal, Paul Roy et Gilles Toupin La Presse des 17, 18, 19, 20 et 24 mai 2000)

Elle contenait des renseignements puisés, rapportait La Presse, à partir des déclarations de revenus, de la prestation fiscale pour enfants, des dossiers d’immigrants, des dossiers provinciaux du bien-être social, du programme de formation, des dossiers de l’assurance emploi, des relevés d’emploi. Renseignements aussi sur la scolarité, l’état civil, la langue, l’origine ethnique, le statut de citoyenneté, l’incapacités, les antécédents professionnels, et bien d’autres sources encore.

Le nombre et le détail des renseignements sur chaque individu sont aussi impressionnants qu’illimités, précisait le commissaire Phillips. Il estimait que la mégabanque contenait jusqu’à 2 000 éléments de renseignements sur chaque individu, et s’étalant sur vingt ans, soit 33 millions de dossiers sur autant de Canadiens, vivants ou décédés. Le DRHC envisageait même de ratisser encore plus large en récupérant des renseignements personnels à la Sécurité de la vieillesse, au Régime de pension du Canada, au Programmes des prêts aux étudiants et dans les filières provinciales de l’aide sociale.

Commissaire Phillips : «Cela me rend mal à l’aise de savoir que le gouvernement possède autant d’informations sur les Canadiens sans leur dire pourquoi on les recueille. (...) Les uns après les autres, les commissaires à la protection de la vie privée ont rassuré les Canadiens en leur disant que le gouvernement ne disposait d’aucun dossier unique sur eux. Nous avions tort, avouait-il avec franchise. (...) Les Canadiens devraient savoir pourquoi leurs renseignements sont recueillis, à quoi ils serviront, combien de temps ils seront conservés et à qui ils seront communiqués. (...) Je ne veux pas que les gens pensent qu’un agent du gouvernement les espionne par le trou de la serrure. Mais qu’ils comprennent que, à cause des ordinateurs, nous sommes dans une nouvelle ère, où il est possible de prendre un peu d’information sur chacun de nous dans différentes sources, de tous les mettre ensemble et de tracer un portrait très détaillé.»

Il insistait sur le fait qu’il n’avait aucune preuve que des fonctionnaires avaient utilisé frauduleusement les renseignements du fichier, «Mais, on n’est jamais à l’abri d’un fonctionnaire mal intentionné», ajoutait-il. (Suite demain)

News du lundi 15 Décembre 2008

400 culs et Kama-sousdrap Un blog intelligent sur l'érotisme à explorer, que je déconseille fortement aux Filles d'Isabelle et Chevaliers de Colomb de Lac Bouchette (Québec, Canada). Pourquoi? Parce que les sujets traités risquent de provoquer chez certains de ces cathos un infarctus du myocarde. Danger il y a aussi de succomber à la tentation, avec l'enfer au bout du tunnel. Alors, seuls les adultes athées, et fiers de l'être, consentants et vaccinés sont fortement invités.

Photos d'une expo à Barcelone : cliquez dessus pour les agrandir.

«Cesser de travailler, c'est mourir» Une belle leçon de vie de la part de quelqu'un qui a célébré il y a quelques jours son centenaire. Le cinéaste portugais Manoel de Oliveira, encore à l'oeuvre, en train de tourner, ce mois de décembre 2008, son 46 long-métrage. «Cesser de travailler, c'est mourir. Si on m'enlève le ciné, je meurs».

Vrai, que la personne âgée doit continuer à concevoir des projets et les réaliser. Il y a des petits vieux et petites vieilles qui, psychologiquement, sont moins âgés que bien des jeunes. Allez, pépés et mémés, n'arrêtez pas, foncez dans le tas.

Le métissage, un incontournable Une intervention vigoureuse à la télé française datant de l'an dernier, mais la problématique soulevée demeure et sera d'actualité encore longtemps, partout en Occident : l'acceptation de l'immigré, particulièrement de couleur. Écoutez (03:18) Julien Dray, du parti socialiste et porte-parole, à l'époque, de Ségolène Royal.

Quand un État perd son caractère démocratique (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Pour revenir à la répression sexuelle… Le sociologue français Touraine parle d' «idéaux autoritairement rationalistes», dit qu'«un gouvernement qui cherche à légitimer son action par des contraintes de la situation (par exemple, la lutte contre la criminalité et la prostitution, précise-t-il) perd son caractère démocratique». (Alain Touraine Qu'est-ce que la démocratie? Éditions Fayard) Il cite Isaiad Berlin : «Le rationalisme systématique est la source des utopies qui ont toujours été dangereuses pour la démocratie. À toutes les époques, elles ont posé l'existence d'une société parfaite, donc immobile.»

L’immobilité de la Société civile, que ce soit en matière sexuelle ou toute autre, émane de sa soumission à l’hygiénisation et de ce qui en découle, arbitraire et répression. On peut comparer ce comportement à une danse simpliste : les citoyens levant la jambe en même temps, pirouettant en même temps et faisant la révérence à l’unisson à ceux imposant le conformisme. Alors qu’on sait que dans une ville, peu importe sa dimension, le spectacle des rues ne devrait jamais être le même d’un endroit à l’autre et que chaque fois l’improvisation devrait prévaloir. (Jane Jacobs Déclin et survie des grandes villes américaines Éditions Mardaga)

En ce sens, on pourrait avancer jusqu’à un certain point que la vie quotidienne devrait être à l’image de la description que Chantal Pontbriand, directrice générale du Festival international de la nouvelle danse (FIND), nous fait de celle-ci, qui est inclusive et anticonformiste.

Elle dit que «(sa) caractéristique, c’est d’être en prise directe sur le réel, au moment et à l’endroit où nous vivons. (Aline Apostolska La Presse du 15 septembre 2001) Aujourd’hui, l’humanité questionne la nouvelle condition humaine (le spectacle, la science, l’altérité) et la danse participe à ce questionnement. Le FIND 2001 se situe donc à la croisée des chemins. (…) La danse québécoise, explique-t-elle, s’est construite par inclusion plutôt que par exclusion, la diversité et le refus de conformité l’ont toujours caractérisée.»

La Love Parade, à Berlin, dont c’était la 13e éditions en juillet 2001, a attirée 800 000, selon la police, un million, selon les organisateurs, de jeunes accros de musique techno venant de toute l’Allemagne, d’ailleurs en Europe et même du monde. (Ouerdya Aït-Abdelmalek La Presse du 22 juillet 2001)

Cheveux roses, violets ou verts, visages et corps pailletés, jupes courtes, shorts en moumoute allusion à la perruque qu’on peut enlever , certains vêtus du strict minimum : string et boa autour du cou, ils ont défilé en dansant sur l’avenue du 17 juin, qui longe le grand parc de Tiergarten, sous le slogan «Join the Love Republic».

On s’est jeté dans des bras inconnus, on a regardé toute cette peau nue qui s’exhibait, s’est enivré de son des basses et de la bière qui a coulé à flots. Un peu à l’écart du défilé, des curieux regardaient cette «jeunesse sans colère parader dans le calme et la bonne humeur». (Suite demain)

Les collabos ignorent qu'ils font du renseignement (Suite tome 2 de L'Étau Policier)En 1994, René Laperrière, du Département des sciences juridiques de l’Université du Québec à Montréal, et Pierre Patenaude, de la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke, s’inquiétaient que les nouvelles technologies de l’information décuplent la présence de Big Brother dans notre vie de tous les jours. (Traité des problèmes sociaux Institut québécois de recherche sur la culture Ouvrage collectif sous la direction de Fernand Dumont, Simon Langlois et Yves Martin, 1 164 pages, 1994)

Ils faisaient le constat que, les années précédentes, la question de la protection de la vie privée avaient pris beaucoup d’importance, en raison notamment de la mise au point de techniques de surveillance très raffinées et de l’extension considérable des technologies de l’information. Propos tenus en… 1994. Depuis, on sait le développement exponentiel que celles-ci ont connu. La situation est par conséquent beaucoup plus préoccupante en ce début du troisième millénaire.

Illustrons la en jetant un rapide coup d’oeil au déploiement de ce monde de l’ombre et du secret. D’abord, les technologies de surveillance : caméra – la plupart du temps cachée, ou ayant la forme d’un autre objet –, micro, écoute téléphonique et balayeur d’ondes, etc.

Ensuite le dispositif “humain” d’espionnage : policiers et policières en civil, agents et agentes en civil à l’emploi des agences de sécurité privée, citoyens collabos de la police pseudo communautaire : des dirigeants de petites, moyennes et grandes entreprises – coiffeurs-ses, petits épiciers et dépanneurs sont les pires, parce que plus près du citoyen-client –, des vendeurs et livreurs de biens et services à domicile, des concierges, des chauffeurs de taxi, des employés d’organismes gouvernementaux et paragouvernementaux, plusieurs organismes sans but lucratif, etc.

Où vont tous ces renseignements recueillis sur le terrain? Dans des ordinateurs équipés de logiciels super performants, plus précisément dans les mégabanques informatisées de la police. On peut y accumuler des quantités phénoménales de renseignements sur chaque citoyen, rendant possible la constitution de bases de données multifonctionnelles.

De fait, le dispositif “humain” joue deux rôles : la cueillette des renseignements et la répression sur le terrain à partir de ces renseignements. On sait maintenant en quoi consiste les activités clandestines illégales des civils, et les atteintes aux droits qu’elles impliquent.

Les collabos de la police, qui y participent, l’ignorent sans doute mais ce qu’ils font d’abord et surtout, c’est du renseignement. Ils contribuent ainsi à décupler la présence de Big Brother et Big Sister au sein de la Société civile. Dans le Québec rural, parce que moins populeux et plus homogène, la situation est plus grave qu’en milieu fortement urbanisé.

Afin de savoir de quoi on parle, signalons quelques exemples bien concrets, vécus lors de mon enquête effectuée à Lac Bouchette de juillet 1999 à juin 2003. Ils illustrent bien quelque unes de ces circonstances où un collabo fait la cueillette d’un renseignement et le transmet ensuite à la police, et l’utilisation que celle-ci peut en faire.

Je demeure dans le petit village policier de Lac Bouchette. Une fois par mois, je me rendais à Roberval, située à une quarantaine de kilomètres, y effectuer des achats et visiter de la parenté. Comme je n’ai pas de véhicule, j’utilisais entre autres les services d’un chauffeur de taxi clandestin du village. Pas chérant, le gars : il se contentait de moins du tiers du prix qu’exige un taxi possédant un permis.

Lorsque je l’informais que tel jour, à telle heure, je devais me rendre au Carrefour Jeannois – un centre commercial de Roberval – ou que j’avais rendez-vous avec tel dentiste ou tel oculiste, il en informait la Sûreté du Québec. Elle disposait ainsi de tout le temps nécessaire pour me préparer de petites déstabilisations sympas, mettre au parfum le proprio ou un employé des établissement où je devais aller. L’accueil y était moins convivial, et j’y étais la cible d’entourloupettes.

Au magasin, le système antivol retentissait à mon entrée et à ma sortie ; à la clinique, pendant qu’on me détartrait les dents, l’eau me coulait dans cou ; chez l’oculiste, on me remettait un étui trop petit pour les lunettes que je venais d’acheter.

Dans une cafétéria, où j’allais à l’occasion, il arrivait, entre autres faits, que la serveuse dépose négligemment sur le comptoir, le visage teinté de mépris, un smoke-meat froid, dur comme une semelle de bottes et pas mangeable. À une autre occasion, l’une des employées criait à sa consoeur, qui est dans la cuisine : «Y as-tu vu la face?», alors que j’étais le seul au comptoir. Tout faire pour que le citoyen, refusant d’entrer dans le moule de la pseudo police communautaire, ne se sente pas bien dans la société.

Voilà ce qu’on appelle notamment du renseignement. La police s’en sert pour imposer son emprise psychologique sur chacun des citoyens. C’est de cette façon qu'elle et ses collabos implantent les stéréotypes au sein de la société et contribuent à la destruction du tissu social. Les cas cités sont insignifiants, bien que significatifs, mais ce n’est qu’un prélude à ce qui va suivre... (Suite demain)

News du dimanche 14 Décembre 2008

Bush attaqué en Irak... ...lors d'une conférence de presse aujourd'hui à Bagdad. Un journaliste lui a lancé ses souliers, un à la fois, mais sans l'atteindre, criant : «C'est un baiser d'adieu, espèce de chien!» Bush a pris cela à la légère : «Tout ce que je peux vous dire, c'est que c'était une pointure 43.»

Lisez l'article à ce sujet sur le site de La Presse Canadienne.

Tous surveillés clandestinement Nécessité de prendre conscience de ce qui se passe. Autrement, la démocratie va continuer de s'effondrer à l'image des deux tours new-yorkaises. Plus elle se dégrade, plus il devient facile d'en détruire d'autres éléments fondamentaux. L'effet domino, étage par étage.

Car le système mis en place va au delà de la lutte contre le terrorisme, un alibi utilisé par la droite policière pour étendre sa surveillance à tous : les concepteurs des technos liberticides... ne sont jamais identifiés et mis en cause.

Ainsi que le dira un intervenant dans la vidéo que vous allez voir (1H54), il est parfaitement normal qu'un État cherche à poursuivre et éventuellement condamner les auteurs d'infractions. En revanche, l'État (NDLR : les civils et leur collabos, dont ceux de la Sûreté du Québec) n'a pas à surveiller l'ensemble des comportements des citoyens en dehors de toutes enquêtes judiciaires.

Dès le début le présentateur pose la question : «Pourquoi acceptons-nous sans maudire (mot dire?) d'être surveillés, épiés dans nos moindres faits et gestes? Ouvrez grand les yeux sur des vérités qui dérangent, ne les détournez pas. Car il s'agit de nos libertés individuelles et il en va de notre démocratie, ni plus, ni moins.»

Canada-Afghanistan : 3 autres soldats tués Nous voilà rendu à 103 pertes humaines, au sein de l'armée canadienne... C'est arrivé hier samedi. Déplorable, vraiment.

J'entends déjà, et ça ne devrait pas tarder, le premier ministre conservateur, Stephen Harper, un homme de droite, faire l'éloge du courage de nos soldats et offrir aux familles consternées ses sympathies.

Ceux qui envoient des citoyens à la guerre n'y vont jamais, eux. Suggérons à Harper d'accompagner pendant un mois des patrouilleurs de l'armée canadienne, sur le terrain, en Afghanistan.

Secouer le carcan moral imposé à la prostitution(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Au Canada, Colette Parent, du Département de criminologie de l’Université d’Ottawa, fait parti de ceux affirmant qu’il faut repenser la problématique du commerce des services sexuels en reconnaissant la nécessité de secouer le carcan moral qui en a étroitement circonscrit jusqu’ici les analyses. (Traité des problèmes sociaux Institut québécois de recherche sur la culture Ouvrage collectif sous la direction de Fernand Dumont, Simon Langlois et Yves Martin, 1 164 pages, 1994) Il est essentiel de refuser toute condamnation a priori de la prostitution et des prostituées, écrivait-elle en 1994.

Une nouvelle approche exige que le chercheur auquel on fera appel pour étudier la question explicite sans ambiguïté ses propres normes morales et sa conception de la sexualité. Quand on sait que croyances et comportements des chercheurs façonnent les résultats de recherche, on comprend combien ce prérequis puisse s’avérer essentiel pour dépasser les limites auxquelles on s’est trop souvent buté jusqu’ici, argumente-t-elle.

Elle propose de redéfinir la problématique à partir des femmes pratiquant le métier. «Dans notre lutte contre les différentes formes d’oppression des femmes, écrit-elle, il nous apparaît essentiel (…) de (ne pas) les réduire au statut de victimes, incapables de comprendre et gérer leur vie. Et nous ne saurions négliger toute la question du contrôle, pénal et autre, de ces pratiques qui suscitent beaucoup de débats et marquent fortement le quotidien de ces femmes.»

Cantin valide cette approche. (Serge Cantin Traité des problèmes sociaux Institut québécois de recherche sur la culture Synthèse de l’ouvrage collectif sous la direction de Fernand Dumont, Simon Langlois et Yves Martin) Les analyses existantes tendent à minimiser l'aspect relationnel inhérent au commerce des services sexuels. Oublient que le droit fait lui-même partie intégrante de la construction du problème.

Enfin, refusant le statut de victimes et voyant dans l'État la source première des problèmes reliés à leur travail, ces femmes vont revendiquer la liberté de choisir le métier de la prostitution en même temps que celui de définir leur sexualité en dehors du discours traditionnel moralisateur comme du discours féministe lui-même, qui entérine une définition étroite de la sexualité associée à l'amour. C'est à partir de leur monde et en récusant toute approche moralisatrice et stigmatisante qu’il sera possible d’améliorer leur sort.

On ne mentionne jamais le rôle indispensable que les prostituées jouent dans la société. Elles apportent un peu de chaleur humaine, notamment aux personnes âgées qui le désirent, à ceux frigorifiés par des aléas de la vie, ou incapables de conquêtes, parce que trop timides ou laids ou atteint d’un handicap physique, d’une pathologie mentale. Les bienfaits du toucher corporel, à caractère sexuel ou non, sont connus et reconnus. Il existe du reste des masséothérapeutes assurant ce service, dans ce dernier cas non sexuel, bien entendu. Il n’y rien de plus humain et nécessaire que le sexe.

L’écrivain britannique VS Naipaul, prix Nobel de littérature 2001, a exprimé, dans un entretien diffusé à la Radio suédoise et repris par la suite par la radio américaine NPR, «sa gratitude» envers les prostituées qu’il fréquentait à une certaine époque. (Agence France-Presse La Presse du 1e novembre 2001) Absorbé par son travail, il manquait de temps pour courtiser une femme.

Naipaul admet s’être régulièrement réfugié dans leurs bras : «Elles offrent du réconfort et je leur sais gré d’avoir été là quand j’avais besoin de leurs services. (…) Si vous voulez séduire une femme et que votre mariage n’est pas heureux dans tous ses aspects, vous ne pouvez pas décider comme cela de courtiser, cela demande des jours, des semaines, cela implique de renoncer au travail.» Les prostitués «m’ont donné une sorte de soulagement sexuel que je ne trouvais pas ailleurs dans ma vie». Il a affirmé n’en tirer aucune honte. (Suite demain)

De mémoire de journaliste, du jamais vu (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Au sujet de ce scrutin du 14 avril 2003… La veille, Jean Charest, chef du parti libéral du Québec, déclare que le gouvernement (péquiste) intervient trop dans la vie des citoyens. Le lendemain soir, les libéraux remplacent les péquistes au pouvoir.

En juin, dans son discours d’ouverture de la trente-septième Législature, au Parlement de Québec, le nouveau premier ministre Charest fait une déclaration pour le moins surprenante (Journal des débats de l’Assemblée nationale, 4 juin 2003, Vol. 38 no 1) : «Le respect des citoyens et de la démocratie est une autre préoccupation qui transcende les grands dossiers, qui imprégnera l’ensemble de nos décisions. La démocratie, faut-il le rappeler, n’est pas une option de notre véhicule collectif. Ce n’est pas un toit ouvrant dont on se sert lorsqu’il fait beau et que l’on ferme lorsqu’il pleut. Nous respecterons la démocratie beau temps, mauvais temps. (…) Nous allons faire de notre démocratie (…) l’une des plus avant-gardiste du monde.»

Il annonce un projet global de réforme des institutions démocratiques. «Les Québécois seront plus prospères, plus libres (sic). (…) Cet État croira dans la primauté des libertés individuelles (resic).»

Les jours suivants, des interventions de membres du gouvernement Charest, à l’Assemblée nationale, étonneront tout autant. Benoît Gauthier, ministre libéral des Relations intergouvernementales et aux Affaires autochtones, expliquant la philosophie libérale, parlera de «préserver les libertés individuelles». (Journal des débats de l’Assemblée nationale, 5 juin 2003, Vol. 38 no 2)

Sa collègue, Margaret F. Delisle, whip adjointe du gouvernement, plus incisive, dénoncera le gouvernement péquiste précédent, son «autoritarisme à outrance», son «interventionnisme démesurée dans toutes les facettes (sic) de la vie quotidienne des citoyens et citoyennes (…) comme si le gouvernement (lui) appartenait, comme si le Québec (lui) appartenait, comme si les structures (lui) appartenaient.» (Journal des débats de l’Assemblée nationale, 6 juin 2003, Vol. 38 no 3)

De mémoire de journaliste, du jamais vu. Charest, Gauthier et Delisle savaient-il ce qui se passait dans le sous-sol de la démocratie ? Leurs déclarations, parmi d’autres, portent à le penser. Seul le temps dira si ce gouvernement libéral respectera son engagement. (Suite demain)

PS : (Dimanche 14 décembre 2008) À ma connaissance, Charest n'a pas fait grand-chose. Publiquement, s'entend. Possible qu'il soit intervenu en coulisse, mais ça, je ne vais pas consulter une boule de cristal pour essayer de le savoir. Il a même commis au moins une bévue monumentale, en permettant à Jacques Dupuis de cumuler les fonctions de ministre de la Sécurité publique et de ministre de la Justice, l'équivalent de l'eau et du feu.

Dupuis porte deux chapeaux, et ce n'est pas la première fois que je le signale : «Un ministre ne doit pas être à la fois le patron de la police (c'est-à-dire ministre de la Sécurité publique) et le patron des procureurs (c'est-à-dire ministre de la Justice de qui relèvent les procureurs de la Couronne) qui doivent porter un jugement sur leur travail (le travaildes policiers).» (Dixit Yves Boisvert La Presse de novembre 2002)

Dans ce mélange des genres, il n'y a pas de séparation de pouvoirs. Et la confiance des citoyens à l'égard de la justice continue de piquer dangereusement du nez. (Suite demain)

News du samedi 13 Décembre 2008

Robert Dziekanski : le taser pas coupable La mort du Polonais était survenue à l'aéroport de Vancouver, au Canada, en octobre 2007. La vidéo d'un témoin avait fait le tour du monde. La justice canadienne a tranché : son décès n'avait pas été causé par le Taser.

Une autopsie a démontré des signes d'alcoolisme chronique. Les procureurs du ministère public ont soutenu qu'il était peut-être sous les effets de sevrage alcoolique, de déshydratation ou d'hystérie. Un pathologiste a dit croire que ces facteurs ont pu causer un délire qui a contribué à provoquer un arrêt cardiaque. (Source RCI)

PS : Peut-être...ces facteurs ont pu... En viendra-t-on à dire un jour qu'un citoyen atteint d'une balle à la poitrine est mort lors de son opération parce qu'il était en sevrage alcoolique ou déshydraté et que le policier ne peut en être tenue responsable? Revoyons la vidéo de la tragédie (05:56).

La radio de demain serait à BarceloneEt on la trouverait sur le site idcatfm. J'ai lu ça quelque part sur le web, avant hier, en début de nuit. Suis allé voir ce qui en était, ai écouté, ça m'a plu. Finalement, j'ai travaillé jusqu'au petit matin avec ces sons nouveaux en sourdine. Musiciens et chanteurs de nombreux pays y sont à l'antenne 24h sur 24.

Ça m'a reposé de la radio de chez moi, où les ondes sont réservées aux stars du milieu, qu'on repasse sans cesse : pour être franc, je ne l'écoute plus depuis très longtemps. La moisson est plus riche à l'extérieur de mes petites frontières.

Cela écrit en sachant qu'il est nécessaire de protéger sa culture. Nos artistes, ce doit être le cas aussi des vôtres, n'ont pas encore réussi à exporter leur talent ailleurs que dans la francofunie. Et encore, tout est concentré en un seul lieu : Paris.

JO de 2000 en Australie, mine d'or pour les prostituées (Suite tome 3 de L'Étau Policier) En matière de prostitution, le Canada accuse un retard considérable sur nombre de pays européens. Ainsi, aux Pays-Bas, où elle n’a jamais été illégale. (Michèle Ouimet La Presse du 12 septembre 2000)

En 1988, relate la journaliste Michèle Ouimet de La Presse, elle a officiellement été reconnue comme une profession. Les prostituées paient d’ailleurs des impôts depuis 1996. Elles ne sont pas obligées de s’enregistrer auprès de la police, ni de subir des examens médicaux. Depuis le premier octobre 2000, les bordels sont légalisés, après avoir été interdit pendant 88 ans. Mais, précise-t-elle, cela ne change pas grand-chose puisqu’ils étaient déjà largement tolérés.

En Suisse, pays on ne peut plus conservateur, tout est légal : prostitution, bordels, sollicitation, proxénétisme. Les prostituées exercent une profession, paient des impôts. Plusieurs femmes préfèrent travailler dans des salons de massage et des bars où les clients ont légalement le droit de les embrasser et les caresser. À Genève seulement, note la journaliste, il existe 116 salons de massage et une quarantaine de bars, sans oublier cabarets et saunas.

Le Danemark, pour sa part, a légalisé la prostitution en mars 1999. (Agence France-Presse La Presse du 6 mars 1999) La nouvelle loi contient des dispositions réprimant celle des mineurs et le trafic de prostituées provenant des pays de l’Est et d’Asie.

Et l’Allemagne, en août de la même année, s’apprêtait à légiférer. (Associated Press La Presse du 7 août 1999) La ministre de la famille Christine Bergmann devait présenter un projet de loi à cet effet en 2000. On y définit la prostitution comme une activité légale mais... immorale. L’Associated Press cite une déclaration de la ministre faite au quotidien allemand Maerkische Allgemeine : «Comme ça, les prostituées pourront prétendre à une couverture sociale.» La ministre souhaite en outre que celles-ci puissent poursuivre en justice les clients partant sans payer.

À la fin de l’été 2000, les prostituées de toute l’Australie convergeaient vers Sydney, la tenue des Jeux olympiques (JO) promettant des affaires «faramineuses», selon des professionnels du sexe de la métropole australienne où cette industrie est légalisée. (Agence France-Presse La Presse du 2 septembre 2000) Marie McMahon, directrice du Programme social destiné aux employés de l’industrie du sexe (SWOP), reconnu par le gouvernement, estimait que ce secteur allait tourner à plein régime durant les Jeux.

«Les bordels et les services de call girls auront un potentiel de l’ordre de 150 000 clients supplémentaires, a-t-elle confié à l’Agence France-Presse. Les quelques 10 000 personnes qui, selon les estimations, travaillent dans l’industrie du sexe dans l’État des Nouvelles Galles du sud, ne pourront répondre à la demande.» On comptait du reste sur les prostituées de l’étranger pour satisfaire la clientèle.

On facilitait également la vie aux touristes à la recherche d’endroits leur convenant. Le SWOP avait publié un dépliant sur le fonctionnement de l’industrie du sexe à Sydney. Il devait être disponible dans les bars, les hôtels et les quartiers où la majorité des lieux de divertissement sexuel ont pignon sur rue. En outre, 13 des pages jaunes de l’annuaire de la ville devaient être aussi consacrées à ces établissements spécialisés, dont le Salon Kitty, spécialisé dans le fétichisme et les pratiques sado-masochistes.

Faut voir cette dernière pratique comme une pièce de théâtre, où chaque participant, adulte consentant et vacciné, joue un rôle, et où tout est simulé. Ce n’est pas la vraie vie mais du fantasme. De fait, la pratique a tout de la thérapie, permettant de libérer des émotions bloquées, notamment par l’éducation familiale et sociétale. Qui n’aime pas, n’y va pas. (Suite demain)

Citoyens matés, terrain prêt à accueillir le nouvel État (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Que les trois gouvernement péquistes successifs aient renforcé les moyens policiers, arguera-t-on, ce n’est pas un cas unique en Occident, qui est balayée par une montée de la droite politique et policière. C’est très juste. Indépendance ou pas, pouvoir politique, toutes bannières confondues, et police font des gains.

La Sûreté du Québec assurant le service de police dans de plus en plus de municipalités, et ce corps policier relevant du Gouvernement de la province de Québec, existe le danger réel que ce dernier influe, à l’insu des élus municipaux, sur la façon dont leur territoire sont policées.

Dans cette optique, le ministre québécois de la Sécurité publique, peu importe encore une fois sa couleur politique, a de plus en plus d’emprise sur les citoyens de ces municipalités, et les élus de ces dernières, de moins en moins : l’émergence de petits potentats locaux et régionaux – préfets de MRC – est tout aussi préoccupante.

Donc, pas un cas isolé, le Québec, bien qu’il reste que le contexte différait à cause du projet d’indépendance. Par leurs réformes, les péquistes faisaient la démonstration de leur pouvoir. Un avertissement subliminal que le Jour-1, les récalcitrants devront éviter de brouiller l’eau. Ils les en préparaient psychologiquement.

Par les fusions municipale, les déracinaient, par la régionalisation policière, étendaient l’emprise de la police nationale sur eux, par l’implantation de la police communautaire bidon, élevaient la notion de la loi et l’ordre à un niveau jamais vu dans cette province. En quelque sorte, des bouleversements dans leur vie stable, préparant les esprits au cataclysme politique en devenir. Les citoyens étant désormais matés, le terrain était prêt à accueillir le nouvel État.

Manifestement, nous étions en présence d’une volonté de puissance. Pas celle du citoyen tentant de se réaliser globalement sans rien imposer à ses semblables, mais celle d’un noyau d’individus détenant le pouvoir politique et multipliant les gestes pour assujettir la Société civile. Plus le mensonge était gros, plus la population y croyait. Créer la confusion, démoraliser pour ensuite présenter un plan permettant de redresser la situation. Le pouvoir comptait là-dessus pour se donner une plus grande marge de manoeuvre. Gouvernement démocratique?

Sous le titre Pour une meilleure démocratie, le journaliste Vincent Marissal de La Presse écrit, le 23 novembre 2002, qu’on a tendance parfois à oublier que Bernard Landry n’a pas été élu premier ministre du Québec. Il a pris la place de Lucien Bouchard, qui avait lui-même assuré la relève de Jacques Parizeau dans le mandat précédent.

Le journaliste s’est livré à un petit calcul révélateur. Le Parti québécois est au pouvoir depuis septembre 1994, soit 101 mois (ce 23 novembre 2002). Sur ces 101 mois, Lucien Bouchard a été premier ministre désigné (NDLR : … c’est-à-dire nommé par le Parti québécois, mais pas élu premier ministre par la majorité des citoyens.) pendant 32 mois ; Bernard Landry (ce mois de novembre 2002) était désigné depuis 20 mois. C’est donc dire que les deux gouvernements du Parti québécois ont eu un premier ministre désigné 52 mois sur 101 mois de pouvoir.

Sans oublier que le gouvernement péquiste a remporté les élections en 1998 avec moins de votes que l’opposition officielle. (NDLR : Selon l’éditorialiste André Pratte de La Presse, les péquistes ont obtenu à peine plus de 40% du vote populaire aux élections de 1994 et 1998.) (André Pratte La Presse du 17 août 2004 ) «Ça ne fait pas des mandats forts», constate le journaliste Marissal.

Les élections générales se dérouleront le 14 avril 2003, près de cinq mois après son article : voilà d’autres mois à additionner. Ce qui n’a pas empêché ces gouvernements péquistes successifs de bulldozer sans vergogne la Société civile. Des démocrates? (Suite demain)

News du vendredi 12 Décembre 2008

La face cachée...de la Une Madame la juge, qui chante très bien, interroge le terroriste. Elle sait tout à son sujet. «Le procureur constate qu'il y a dans ton garage des tuteurs à tomates. C'est pour les sabotages? (…) T'étais le premier leader d'un mouvement anarchiste», l'accuse-t-elle aussi en hochant de la tête, petit sourire en coin de celle à qui on ne cache rien. Un clip musical politiquement bien pensé (03:14).

Une bonne leçon aux journalistes traditionnels Le magazine français Respect secoue les ghettos, peut-on lire au sommet de sa page d'accueil. Il a été fondé il y a 5 ans afin de répondre à une réalité : le métissage de la France et la fracture citoyenne en résultant. On s'y regarde d'une manière passive, voir défensive, sans réaliser que cette diversité apporte un plus, une force. De là l'envie d'en traiter, mais pas n'importe comment.

L'approche des journalistes du magazine diffère énormément de la traditionnelle. Leur objectif est de sortir du présumé respect, de la posture du journaliste classique. Alors, ils font appel à des gens attirés par la dynamique du magazine, qui sont pas journalistes, mais possèdent de l'expérience dans différents domaines : social, culturel, etc.

On parvient ainsi à créer une équipe de 30 personnes. Lorsque vient le moment de traiter d'un dossier, chacune y participe de ses idées et en sollicitant l'aide de son réseau. C'est en confrontant toute cette masse d'information que le sujet sera différent de ce qu'offre habituellement les médias.

Une intervenante de la vidéo (52:24) que vous allez voir, explique que si moi, journaliste, avec ma petite expérience, prétendant tout savoir, je vais sur le terrain faire un papier, il va correspondre à ce que j'ai en tête. Respectmag fonctionne autrement. Les enquêtes peuvent s'étendre sur trois semaines. En cours de route on peu réaliser qu'on se trompe, qu'il faut revoir le dossier au complet. Accorder plus d'espace à un élément, en ajouter un autre, en supprimer un parce que c'est un faux problème. On travaille en étant continuellement à l'écoute du terrain.

Donc, ça prend du temps, résume-t-elle. C'est extrêmement déstabilisant, on se dit qu'on va jamais y arriver... Parce que nos idées préconçues volent en miettes, que le terrain nous prouve autre chose. Et c'est ça, Respectmag. «Parce que je sais que j'ai un présupposé sur l'autre, que je peux avoir une vision formatée sur un problème de la société, j'accepte une remise en question de tout ce que j'ai recueilli.»

Visitez le site de Respectmag

Harper étant au pouvoir, le statu quo demeure (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Dans un rapport dévoilé à l’été 2001, le comité du Bloc québécois propose de décriminaliser (pas légaliser) la prostitution de rue, de l’interdire en milieu résidentiel et de la restreindre à des zones désignées. (Lia Lévesque, Presse canadienne La Presse du 30 juin 2001)

Formé l’année précédente, il est notamment composé des députés fédéraux Réal Ménard et de sa collègue, Caroline St-Hilaire. Ils ont entendu une centaine de témoins, des groupes communautaires, représentants des citoyens, professionnels et autres. Leurs consultations ont été focalisées sur Montréal, Québec et Longueuil. Au moment du dévoilement du rapport, le caucus des députés bloquistes, n’en ayant pas étudié le contenu, n’a pas pris... position.

Le député Ménard n’estime pas moins que «cette question-là est condamnée à être à l’agenda politique. On ne pourra pas faire l’économie d’un débat. Le temps est venu de la soulever». Vers la fin de ce même été 2001, les jeunes péquistes, réunis à Rimouski pour leur congrès annuel, recommandent à la quasi unanimité que le gouvernement du Québec ne poursuive plus les prostitués mais plutôt leur permettre de recevoir leurs clients dans des endroits sûrs, par exemple des maisons closes. (Marie-Claude Malboeuf La Presse du 19 août 2001)

De son côté, la présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), Diane Lavallée, dévoile, un an plus tard, un rapport sur la prostitution. (Michèle Ouimet