News du mercredi 31 Décembre 2008
■ La
preuve... – ...que
le terrorisme est potentiellement partout : Big
Brother Blues (01:00), de Benjamin Choisnard et Charly Dupois.
■ «L’inéluctable
mort et son cortège de maux... sans remède» – (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Explicitons. Jacques Desautels, un universitaire
québécois spécialisé en littérature grecque et auteurs de
quelques ouvrages, écrit que, dans l’univers de la Grèce antique,
il y a des astres, une terre, des mers, mais
aussi des dieux et, en face d’eux, livrés à leur angoisse,
réduits à n’être que des éphémères (de courte durée), des
hommes, pour qui la première vertu sera toujours de savoir accepter
leur condition de mortels.
(Jacques Desautels –
Dieux et mythes de la Grèce ancienne –
Éditions Les Presses de l’Université Laval)
Les Grecs définiront
l’homme comme un être de lutte à qui son désir de connaître,
son intelligence, sa ruse, ses amours mêmes assureront la victoire.
L’homme inventera des dieux et des héros pour apaiser son
inquiétude, certes, mais
son véritable défi sera de vaincre la mort par tous les moyens,
«l’inéluctable
mort et son cortège de maux qui collent sans remède à la condition
humaine»,
explicite plus encore Desautels.
C’est
sur ce fond d’angoisse cosmique et sur cette foi en l’homme que
les poètes de l’antiquité ont tissé pour leurs semblables les
modèles de ce que doivent être la sagesse, la vertu, la vie.
Desautels dit que leur histoire des dieux et des héros est l’oeuvre
la plus poétique et la plus universelle parmi celles que nous ont
données les deux derniers millénaires.
Depuis lors, chaque époque
a vu les hommes puiser dans la mythologie grecque, cet intarissable
bassin, et s’y retrouver tels qu’en eux-mêmes ils sont. «Même
nous,
constate-t-il,
avec notre lassitude de modernes trop sophistiqués et notre
quotidien souvent un peu lourd, ne sommes-nous pas heureux à
l’occasion de retrouver chez eux un refuge de félicité, de nous
retremper dans cette simplicité perdue et cette
naïve espérance qui accompagne le simple fait d’être né
humain?»
Qui
sont Dionysos et Apollon, ces dieux de la mythologie grec auxquels se
référait Nietzsche? Desautels éclaire notre lanterne. Marginal,
Dionysos
le sera à beaucoup d’égards. Et le vin deviendra la substance par
excellence de son action.
Il
va prôner l’irrationnel pour une société presque trop
rationnelle, la libération dans un monde clos, l’adhésion
individuelle au divin alors même que la religion se veut collective.
Il
initiera des adeptes à la communication avec le sacré, dans une
forme d’extase et de communion où l’individu sera appelé à
sortir de lui-même. Dionysos sans cesse remet en question les
principes et les fondements de la société.
À
commencer par le plus fondamental, celui qui met entre les dieux et
les hommes une barrière infranchissable que ces derniers se doivent
de respecter. De tous les dieux du Panthéon grec, Dionysos est le
seul à être né d’une simple mortelle.
Pour
ce qui est d’Apollon, il est, indéniablement, l’un des
plus importants parmi les dieux de l’Olympe. Desautels le décrit
comme un dieu grec à son état pur, un dieu qui serait caractérisé
par son sang-froid, sa rationalité, sa clarté, son éclat : dieu
de l’ordre grec, purificateur, législateur et protecteur des
hommes, poète et oraculaire, etc.
Mais aussi archer qui sème la
mort brutale et la peste. C’est à lui qu’on attribue la mort
subite des jeunes gens ou celle qui résulte des épidémies qui
frappent villes et armées. Il participe autant des puissances de la
vie que celles de la mort.
Le
sociologue Morin traite aussi de l’angoisse des humains. (Edgar
Morin –
Pour sortir du vingtième siècle –
Éditions Fernand Nathan) Il dit qu’espoir et désespoir, sont deux
termes antagonistes mais en même temps alternatifs et
complémentaires. «Freud
l’avait bien vu au terme de son étude géniale, Malaise dans la
civilisation : le
moment est venu pour qu’Eros trouve de nouvelles forces dans sa
lutte contre son non moins éternel ennemi, l’angoisse. Le moment
est venu pour que l’amour rende à nouveau vivantes et humaines ses
formidables énergies détournées ou pétrifiées»,
clame Morin.
C’est
effectivement une renaissance d’amour, un épanouissement d’amour
qui, en même temps qu’un renouvellement de curiosité devant la
réouverture du mystère du monde et un renouveau d’intelligence
pour considérer l’aventure humaine, nous permettront d’affronter
l’angoisse sans en être submergés. Morin écrit que si on ne peut
la chasser et l’évacuer, on peut l’affronter.
Nous
le pourrons si nous vivons plus fortement la vie, si nous savons
mieux aimer, jouir, penser.Alors
l’angoisse cessera de nous dégrader et nous cesserons de nous
droguer à overdose contre elle. Nous
devons apprendre à convivre et travailler avec elle. Voilà le défi
de l’homme moderne, conclut Morin. (Suite demain)
■ «Les
Canadiens ne savent pas à quel point ils sont surveillés» – (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Elmer MacKay, ex-membre du gouvernement
conservateur de Brian Mulroney, au Canada, croyait, en octobre 1998,
que la Gendarmerie
royale du Canada
avait mis son téléphone sur table d’écoute. (Presse canadienne –
La Presse du 13 octobre 1998)
«Je
ne suis pas paranoïaque,
avait-il confié au quotidien Ottawa Citizen.
Mais je ne suis pas prêt à parier qu’ils ne sont pas en train
d’écouter notre conversation. Et
de toute façon, qui s’en soucie?
(...) les
Canadiens ne savent pas à quel point ils sont surveillés et à quel
point leur entreprise est du domaine public».
MacKay est particulièrement bien placé pour émettre ce
commentaire, puisqu’il avait occupé, au milieu des années 1980,
la fonction de Solliciteur général, donc celle du patron de toutes
les polices canadiennes.
Rien
ne semble arrêter le “progrès”, comme le démontre cette autre
affaire, américaine celle-là. L’histoire révélant que tout ce
qui est bon pour les États-Unis l’est également pour le Canada,
il se prête bien à notre propos.
En octobre 1998, la Commission
fédérale des communications (FCC) s’est dite favorable à ce que
les fabricants modifient techniquement les cellulaires afin de
permettre au FBI de localiser les utilisateurs. (Associated Press –
La Presse du 23 octobre 1998) Dans ce pays, ils étaient cette
année-là près de 70 millions. (NDLR :
Notez la date –
octobre 1998 –,
donc bien avant les actes terroristes du 11 septembre 2001.)
L’objectif
visé est de suivre à la trace revendeurs de drogue, terroristes et
ravisseurs. Officiellement,
la ritournelle est immanquablement la même. Alors qu’officieusement,
la police fait considérablement plus que ce qu’elle prétend
vouloir faire. Le problème n’est pas la lutte contre la
criminalité ou le terrorisme, le problème c’est qu’aucun
organisme neutre et fiable ne vérifie, sur une base quotidienne, si
la police opère vraiment à l’intérieur du cadre légal de la
loi. C’est ça, le problème, et il est de taille.
Heureusement,
certaines associations américaines n’étaient pas dupes,
veillaient au grain, bien qu’on ne sache pas qu’elles aient
obtenu gain de cause : on
ne saurait en dire autant de nos organisme québécois défendant
droits et libertés
qui, le plus souvent, interviennent seulement après coup, mais pas
toujours et loin de là, pour tenter de recoller tant bien que mal
des pots cassés.
Elles
craignaient, et avec raison, qu’on utilise également ces
modifications techniques à d’autres fins. Me James Dempsey, avocat
du Centre pour la démocratie et la technologie, y voyait une menace
aux libertés individuelles, à la vie privée. Il est vrai que toute
écoute policière devait recevoir préalablement l’aval de la
justice. Devait
préalablement... Quel euphémisme !
L’Internet
aussi est sous haute surveillance… L’espionnage des
communications téléphoniques sur le Web, ou par Messenger
interposés, existe bel et bien. (VoIP :
l’espionnage des conversations inquiètent –
Cyberpresse
du 15 juin 2006)
En
Russie, pour citer ce pays parmi d’autres, les Services de
renseignements épient les usagers de l’Internet. (Serguei
Shargorodsky, Associated Press –
La Presse du 25 février 2000) Le correspondant de l’Associated
Press à Moscou, Serguei Shargorodsky, écrit que le FSB (ex-KGB) a
contraint, au début de 2000, bon nombre des 350 fournisseurs d’accès
russes à installer des équipements de surveillance dans leurs
ordinateurs. Ils permettent d’acheminer le trafic électronique
jusqu’au siège local des services de sécurité.
Certains s’y
étaient refusés. L’un
d’eux, Nail Mourjakanov, opérant dans le sud de Volvograd, avait
vu sa principale ligne de communication coupée et été menacé
d’amendes par le gouvernement. Cependant il avait gagné en justice
contre le FSB, à l’automne 1999. Selon les associations de défense
des droits de l’homme, cette confrontation avait suffi à persuader
plus d’un fournisseurs d’accès réticents. On
peut penser que depuis, ce pays a probablement modifier sa loi pour
les y contraindre. (Suite
demain)
News du mardi 30 Décembre 2008
■ La
volonté de jouissance, la source du bonheur – (Suite tome
3
de L'Étau Policier) De nombreux auteurs le démontrent : l'ordre
social, c'est surtout le travail et la consommation des biens de la
société marchande.
Celui qui ne travaille pas, le chômeur, le bénéficiaire de l'aide
sociale, bref, toutes les vitres cassées du mobilier urbain ou
rural, menacent cet ordre. On peut même y ajouter les personnes
âgées qui, étant à la retraite, ne travaillent pas non plus.
Selon
certains, il faut travailler pour détourner ses énergies, les mener
à des fins socialement acceptables, culturellement tolérées. Quand
on travaille, on n’a pas de mauvaises pensées, n’est-ce-pas?
Pris dans le quotidien de la consommation et de l'endettement, encore
emprisonnés dans le qu'en-dira-t-on et des tabous, le moule sociale
et la répression policio-sexuelle, l'homme et la femme n'ont guère
d'autres préoccupations que de vivoter : métro-boulot-loto-cocoo
(ning)-dodo.
Comment instaurer la
liberté dans ce vaste Disneyland qu’est devenu l’espace public?
Philosophie et histoire aident à explorer certaines pistes. Onfray
cite Ludwig Feuerbach, un philosophe. ( Michel Onfray –
L'art de jouir –
Éditions Grasset & Fasquelle ) En 1864, il a ouvert une brèche
dans l'histoire des idées.
Il
écrivait que si l'essence de l'homme est la sensibilité, toutes les
philosophies, toutes les religions, toutes les institutions
contredisant ce principe ne sont pas seulement erronées, elles sont
aussi fondamentalement corruptrices.
Onfray résume ainsi son concept philosophique.
C’est
en rendant les hommes heureux et les femmes heureuses qu’on les
améliore. Pour y parvenir, il faut aller aux sources de tous les
bonheurs, de toutes les joies, c’est-à-dire aux sens, tous les
sens. Feuerbach soutenait que la négation des sens est la source de
toutes les folies, les méchancetés et les maladies qui peuplent la
vie humaine. Il disait que tous les hommes et les femmes sont bons
dans la joie, méchants dans la tristesse.
Chez
Feuerbach, il n’y a pas de hiérarchie parmi les cinq sens : «Obéis
aux sens! Là où commencent les sens cessent la religion et la
philosophie, mais en échange t'est donnée la vérité simple et
nue.»
C'est par les sens que s'infiltre le monde, que se fait la jonction
entre l'extérieur et l'intérieur. La
volonté de jouissance dont il parle associe plaisir et noblesse,
affirmation et santé, liberté et excellence.
Onfray
nous entraîne brièvement dans le champ magnétique de Nietzsche.
(Friedrich Nietzsche –
Oeuvres philosophiques complètes –
Tome 4, Aurore : pensées sur les préjugés moraux –
Éditions Mercure de France) Il suggérait de se mettre en quête
d'un grand “Oui” et d'un grand “Non”. L'hédoniste dira “Oui”
à la vie, à la jubilation, à la jouissance, au plaisir, au
bonheur, à la joie, à la satisfaction, à l'agréable. Il dira
“Non” à la peine, à la douleur, au renoncement, à la
frustration, au désagréable. En un mot, consentir à la vie et à
la santé qui parcourt les corps.
Nietzsche
parle d'une chair en paix avec elle-même et avec le monde, le seul
monde qui soit. Une
chair capable d'érotisme et de gastronomie, d'esthétique et de
musique, de sensations tactiles et olfactives. Une chair en harmonie
avec le réel, qui n'aille pas contre lui, mais dans son sens, «qui
obéisse aux injonctions de Dionysos plutôt qu'aux interdits
d'Apollon».
Avec le plaisir comme fil conducteur de l'éthique, l'homme n'est
plus artiste, il est lui-même œuvre d'art.
Que
voilà un bel idéal et, plus largement, un beau projet de société!
On reconnaît bien là le sujet dont parle le sociologue Touraine. Le
sexe n’a rien de commun avec la fange, la porcherie, contrairement
à ce que pensent ceux décidant de nos loisirs sexuels. Ils
s’y connaissent dans l’art d’interdire, salir et réprimer la
vitalité. Ils y investissent plus d’énergie et d’argent que
dans la lutte contre les gangs criminalisés, obsédés qu’ils sont
par la chose.
Ces
fanatiques de la pureté oublient ou ignorent ou feignent d’ignorer
que le cul, c’est aussi un peu de baume sur des angoisses bien
humaines : difficultés de la vie, réels ou appréhendées, peur de
la maladie, de la souffrance, de la mort, angoisses métaphysiques
aussi.
Pascal
se disait effrayé par le silence éternel de ces espaces infinis.
D’aussi
loin qu’on remonte l’histoire, les humains ont toujours été
tourmentés de la sorte. Ils étouffent, ont besoin d’air. Le sexe
est l’équivalent d’une oasis, bien que ce ne soit pas la seule.
(Suite demain)
■ «Surveillance
électronique : le pire destructeur de la vie privée» – (Suite tome
2
de L'Étau Policier) La Commission Poitra établit un parallèle
pertinent avec les mandats de perquisitions.
En 1983, une étude de
la Commission de réforme du droit du Canada avait conclu que «58.9%
des mandats de perquisition examinés étaient invalides. À
Montréal, le taux était de 83%».
En 1994, le juge Casey Hill a réalisé une étude semblable, mais de
moindre envergure. Il a constaté que 39%
des mandats examinés dans son échantillon étaient invalides.
Et
la Commission Poitras de commenter : «Il
y a donc lieu de mettre en garde contre l’illusion (sic)
du
contrôle judiciaire.»
Ces études établissent qu’il est donc nécessaire d’être
prudent. «Il
ne fait pas de doute qu’un mécanisme de révision et de contrôle
de qualité interne des affidavits et des autorisations d’écoute
électronique, s’inspirant du type de vérification réalisée lors
de l’étude de la Commission de réforme du droit du Canada, serait
souhaitable à la Sûreté du Québec»,
recommande-t-elle.
Dans
son rapport, la Commission Poitras cite le juge Douglas, de la Cour
suprême des États-Unis : «La
surveillance électronique est le pire destructeur de la vie privée».
(Propos du juge Douglas, de la Cour suprême des États-Unis, dans sa
dissidence relative à l’affaire United States v. White, 401 U.S.
745 –
1971, repris par le juge LaForest dans R.c. Duarte –
1990)
Elle cite également la Commission de réforme du droit du
Canada : «L’autorisation
(d’intercepter
les communications privées)
agit à la manière d’un énorme aspirateur électronique qui avale
sans discrimination les communications pertinentes et celles qui ne
le sont pas».
(Commission de réforme du droit du Canada –
La surveillance électronique, document de travail 47 –
1986)
Selon
la Commission, c’est pour ces raisons que la Cour suprême du
Canada a décidé, dans le cadre de l’interprétation de l’article
8 de la Charte canadienne, qu’il y a lieu d’établir «un
équilibre raisonnable entre le droit des particuliers d’être
laissés tranquilles et le droit de l’État de porter atteinte à
la vie privée pour s’acquitter de ses responsabilités en matière
d’application des lois».
(R.c. Duarte –
1990) À
la lecture de certains passages du rapport Poitras, on constate que
cet«équilibre
raisonnable» n’existe pas.
À ce sujet, la
Commission a comparé les données des rapports annuels du procureur
général de l’Ontario avec celui du Québec. Elle a constaté que
le nombre de demandes (refusées et autorisées) d’écoute
électronique est
nettement supérieur dans la province de Québec
qu’en Ontario, pourtant plus populeuse que la première. De plus,
au Québec «il
y a moins de poursuites lors desquelles les communications privées,
révélées par une autorisation, ont été produites en preuve ou
qui ont entraîné une condamnation».
Dans le tableau 19 de son
rapport, elle indique le nombre total de demandes d’autorisation
présentées et autorisées en vertu de l’article 185 du Code
criminel. On y apprend que de 1990 et 1996 inclusivement, «la
Sûreté du Québec a procédé à 1 411 opérations d’écoute
électronique contre 593 à la police provinciale de l’Ontario».
Autres cas : «En
1995, 1996 et 1997, la Sûreté du Québec a présenté 83%, 72% et
58% de toutes les demandes québécoises en vertu de ce même article
du Code criminel.»
Il s’agissait dans ce dernier cas de citoyens ayant accepté que
leurs communications soient interceptées.
Dans
les dossiers portant notamment sur des crimes économiques et des
offres de pots-de-vin, le policier n’a pas, en vertu du Code
criminel, à suivre la filière habituelle, c’est-à-dire passer
par l’intermédiaire d’un mandataire, il obtient le feu vert d’un
avocat de la Couronne. La Commission relate que certains problèmes
ont été vécus à l’égard de ce type de demandes : dans
certains cas, l’avocat de la Couronne ne pouvait pas s’assurer de
leur bien-fondé.
Elle
cite à ce sujet le procureur chef des substituts du procureur
général du district de Montréal, Me André Vincent : «On
était placé encore une fois devant le fait accompli, de dire : on
a des résultats d’écoute, sauf qu’on n’a pas les motifs qui
sont sous-jacents à ça.»
Il semble que par la suite la situation ait changé. Cependant,
les policiers n’auraient pas accueillis «avec
une complète ouverture»
les corrections apportées. Éclairants,
ces propos de la Commission… (Suite demain)
News du lundi 29 Décembre 2008
■ Je
parie que... – ...que
vous n'avez jamais vu un ordi aussi petit, si petit que c'en
est drôle, très. Peter Serafinowics de la chaîne BBC2 le
présente comme étant un nouveau produit Apple : le Mactini (01:37).
■ De
belles toiles... – …
d'artistes activistes. Si vous aimez le genre débraillé, vous allez
dévorer des yeux tout ce qui va défiler sur l'écran
de votre ordi (08:16). Il y a itou des trucs intéressants de Buenos
Aires, genre politiquement incorrect : terrorismo
poetico (04:05)...
■ Canada-Afghanistan
: depuis l'hiver 2006... – …
360 soldats de l'armée canadienne ont été blessés. On ignore
combien l'ont été entre 2002 et 2005. La
Presse Canadienne rapporte que ceux qui ont perdu un membre ou qui ont souffert
de blessures horribles
occasionnées par shrapnel (obus remplis de balles) ont surpassé le
nombre de soldats tués au combat, dans une proportion de trois pour
un.
PS : Enfin, des chiffres
sortent... Mais il en aura fallu du temps pour qu'ils soient
accessibles, et encore on n'a pas les chiffres des années
antérieures. Cachottier, le gouvernement conservateur de Stephen
Harper.
Il ne dit pas non plus s'il y a des blessés qui, après
avoir été hospitalisés pendant un certain nombre de semaines ou de
mois, sont morts des suites de leurs blessures. Et le cas échéant,
pourquoi ils n'ont pas été déclarés et ajoutés à la liste des
autres, ceux tués sur le terrain. Je trouve éminemment injuste
qu'on puisse perdre la vie pour une cause sans que personne ne le
sache, sauf la famille. Oui, éminemment injuste!
Car
j'arrive toujours pas à croire que tous les blessés hospitalisés
s'en sortent. Je vois cela comme les accidents de la route, tuant sur
le coup ou plus tard sur un lit d'hôpital.
■ Sans
vie privée, pas de droits, que des abus – (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Cependant, l’article, passablement complet,
compte tenu de l’espace disponible, n’aborde pas la question de
la personne âgée, homme ou femme, faisant de l’œil à de jeunes
adultes ou âgés d’une trentaine d’années ou davantage. Sujet
tabou.
La pratique, en raison du décalage d’âges, est encore
considérée dans notre société comme scandaleuse. On
exige, et obtient, qu’une vieille personne soit insensible à la
beauté du corps, féminin ou masculin.
Rendu à un certain âge, celui qui ose doit être contrôlé et, si
besoin, nettoyé socialement. C’est considéré comme du désordre
public.
Vieillir
dans l’abstinence sexuelle, on appelle ça vieillir élégamment.
Quel
euphémisme n’invente-t-on pas pour cacher la répression sexuelle,
et culpabiliser inutilement le citoyen.
Nous voilà en présence d’un autre maître mot panzer. Sans vie
privée, il n’y a pas de démocratie. Pas étonnant que
l’arbitraire sévisse en maints autres domaines, ainsi que le
démontre éloquemment la suite.
Ces
articles des journalistes Lacroix (sept. 1999) et Allard (sept.
2001), ainsi que ceux publiés par le journal La Voix de l’Est,
auront peut-être contribué à paver la voie d’une réforme qui
s’imposait de toute urgence. Car à la fin 2001, la Commission des
droits de la personne du Québec dévoile «discrètement»
un important rapport sur l’exploitation des personnes âgées.
(Alexandre Sirois –
La Presse du 7 décembre 2001) L’année précédente, elle avait
tenu des audiences, reçu 117 mémoires, rencontré quelque 50
groupes et organismes.
Son
président, Pierre Marois, parle de «situations
d’horreur.
(…)
les
gens nous ont fait part de préoccupations et de problématiques qui
débordent la stricte discrimination pour atteindre des notions
d’abus.
(…) Des
Abus qui recoupent ou sont sur le point de recouper des droits
fondamentaux (…) :
droit à l’intégrité, à la vie privée, à la sécurité, à
l’égalité, etc.»
Certaines recommandations ciblent des situations particulières
fréquemment dénoncées, comme les ratés des CHSLD : des
personnes âgées ayant de la difficulté à manger sont gavées,
d’autres doivent porter des culottes d’incontinence parce qu’on
n’a plus le temps de les conduire aux toilettes.
Pour
le président Marois, c’est la société en entier qui doit se
remettre en question. «Nous
parlons très peu de la place des aînés dans notre société et des
moyens que nous pouvons et devons mettre en œuvre afin d’assurer
la pleine participation sociale des personnes âgées»,
déplore-t-il.
La
Commission met l’accent sur le besoin d’une campagne
d’information et de sensibilisation des personnes âgées et de
ceux intervenant auprès d’eux, car beaucoup des uns et des autres
ignorent l’abc des droits et libertés. Suggère au Collège des
médecins et à l’Ordre des infirmières d’offrir des séances de
formation visant à assurer le respect des droits des personnes
âgées. S’engage à nommer un commissaire spécial pour celles-ci.
(Normand Delisle, Presse canadienne –
La Presse du 8 décembre 2001)
Dès
le lendemain du dépôt du rapport, le ministre péquiste de la
Santé, Rémy Trudel, reconnaît, à l’Assemblée nationale, que la
Commission fait des constats «tristes,
troublants, et qui appellent des interventions rapides».
Répétons-le :
quand il n’y a pas de vie privée, il n’y a plus de démocratie
et les abus se multiplient en d’autres domaines.
Notons
que cette situation prévalait depuis toujours et on se demande bien
comment il se fait que la police en civil et ses collabos, qui ont
également infiltré ces endroits, n’avaient pas alerté le
pouvoir. Le
rôle de la police ne consiste-t-il pas à défendre et promouvoir
aussi les droits fondamentaux?
N’en doutez pas, les civils, et leurs collabos, y sont bel et bien
présents, tant au sein même du personnel ou qu’à titre de
bénévoles : je pourrais même dévoiler les nom de l’un de
ces endroits et de quelques uns-es de ces infiltrés-es. Sachant
qu’ils sont déjà, entre autres, dans les hôpitaux et les écoles,
qu’ils entrent dans les maisons privées, vous pensez qu’ils vont
se gêner? Qu’y font-ils ?
Bien que je n’ai aucun
cas concret sous la main, il n’est pas déraisonnable de penser
qu’ils font leur job : essayer de tirer les vers du nez de
résidents sur leur passé, leur parenté, leur connaissances. Bref,
monter ou enrichir des dossiers de renseignements sur tout un chacun.
Rien de plus aisé, surtout quand vous êtes en présence d’une
personne âgée un peu confuse, ou sous l’effet de médicaments.
Plus que probable qu’ils s’adonnent aussi aux contrôle et
nettoyage sociaux. Et, à l’occasion, à la répression sexuelle
du petit vieux zieutant un peu trop ou essayant de séduire une
petite vieille ou un membre du personnel féminin, ou feuilletant des
magazines pornos. Signalons qu’à Lac Bouchette, au local des
personnes du troisième âge, “rue Principale”, les hommes ne
sont pas admis lorsque des femmes font de l’exercice physique en
groupe.
Ajoutons
ce dernier volet : les loisirs autres que sexuels. Que fait-on
aussi pour animer ces résidents de foyers pour personnes âgées?
D’après
ce que j’ai constaté dans l’un d’eux, pas grand-chose, mis à
part la télé dans une salle communautaire aussi intime qu’une
cafétéria et… le jeu de sacs de sable, appelé aussi jeu de
poches. Passionnant !
L’endroit auquel je me réfère ne doit pas être le seul de son
espèce au Québec, et d’ailleurs.
Rien
ne semble fait pour leur permettre de visionner des films sur DVD ou
de naviguer en toute liberté sur le Web et couler des jours un peu
plus heureux. Encore faudrait-il équiper de lecteurs DVD et
d’ordinateurs ces milieux aseptisés à l’os. Quand
on est jeune, on se désintéresse de ces questions, on ignore qu’un
jour on subira le même sort.
Voilà de quoi suggérer quelques idées à ceux gérant tous ces
lieux de passage conduisant au cimetière. (Suite demain)
■ L'écoute
: autant
de “lois” que de corps policiers? – (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Laperrière et Patenaude ne s’inquiètent pas
seulement du fait que les corps policiers font un usage très répandu
des caméras, ainsi cette citation : «Est-il
normal que la législation soit muette quant à la
vidéosurveillance?»
Ils sont également préoccupés de l’utilisation, très
répandue,
qu’ils font de l’écoute électronique. Le recours abusif de ces
techniques semble les troubler. Selon eux, les autorisations
accordées aux policiers à ce sujet sont vingt
fois plus élevées au Canada qu’aux États-Unis,
chiffre de 1994.
Renchérissons
à leur propos, en rappelant qu’avec le cellulaire, nul besoin
d’installer une bretelle d’écoute sur une ligne téléphonique,
le balayeur d’ondes suffit. Combien
se préoccupent d’obtenir une autorisation avant de procéder?
Et l’écoute sur le téléphone branché à un fil, quelle est la
politique des entreprises assurant ce service? Se donnent-elles la
peine de vérifier si toutes les bretelles d’écoute décelées ici
et là, au hasard notamment de réparations effectuées par de leurs
employés, sont justifiées par des mandats de cours?
Dans
le cas de Bell Canada, on sait que celle-ci a confié l’installation
téléphonique à domicile aux électriciens travaillant à leur
compte, dont certains sont des flics en civil… Les pires sont
les téléphones publics, des lignes dormantes, attendant qu’un
poisson morde.
Lors
de l’enquête de la Commission Poitras, la
police de l’île de Montréal a déposé un document daté du 17
juin 1998 où elle fait notamment état de sa politique «en
matière d’écoute électronique» :
cette enquête ne portait pas sur ce corps policier, mais la Sûreté
du Québec. (Commission Poitras, DC 1, dossier 2, item 628e, titre :
Sujets à être abordés lors du témoignage de M. Richard McGinnis,
assistant-directeur, SPCUM –
Police de l’île de Montréal –
pages 14-15) Ce qui nous permet d’en savoir un peu plus… Cette
politique s’articule en trois segments.
En
ce qui touche les domiciles privées,
«pas de modalité», indique le document.
(NDLR : Dans le Petit Robert, on explique qu’une modalité est
une disposition d’un acte juridique qui en retarde, en limite les
effets : ex. condition, terme. «Pas
de modalité»
signifierait donc que rien ne retarde ou limite les effets de
l’écoute électronique clandestine.)
Dans
le cas des personnes non visées par l’écoute, c’est-à-dire
«partout
où on ne peut pas prévoir qui va utiliser le téléphone»,
par exemples : téléphones publics, bureaux, bars, commerces,
précise-t-on, «lorsque
ce n’est pas le sujet
(faisant l’objet d’une enquête policière) qui
fait ou reçoit l’appel, on ferme l’enregistrement».
Mais continue-t-on d’écouter? Le document ne l’indique pas.
Dernier des trois
segments : la
police de l’île de Montréal enregistre, sans les écouter, les
conversations «privilégiées»
entre les citoyens accusés d’une infraction et leur avocat, ou un
notaire, ou un employé de ces professionnels.
Elle informe l’enquêteur que l’inculpé à parlé au téléphone
avec son avocat. «L’enregistrement
reste sur le master –
si en cours d’enquête on constate que le professionnel est partie
à l’infraction, on va chercher des conversations et on les
écoute.»
À la Sûreté du Québec,
selon le témoignage de Mario Rancourt, alors responsable de la
Division de la surveillance électronique, les conversation
avocat-client peuvent être écoutées aussi longtemps qu’elles ne
sont pas identifiées comme étant «privilégiées».
Lorsqu’elles le sont, l’analyste consigne cette qualification et
cesse de l’écouter, cependant l’enregistrement de l’échange
se poursuit.
La
Commission estime que cet aspect devrait être remis en question.
L’enregistrement étant une interception au sens du Code criminel
(article 183), il n’est sans doute pas permis par la Charte
canadienne des droits et libertés d’enregistrer les conversations
privilégiées avocat-client.
Au
Québec, en milieu policier, les approches diffèrent. (NDLR :
Le respect de la loi semble varier d’un corps policier à l’autre.
Autant de “lois” que de corps policiers?) Les questions qui se
posent sont de savoir ce qui doit être enregistré ou écouté, et
par qui.
La Commission estime qu’on «doit
maximiser la protection accordée à ce type de conversations et
mettre en place les politiques qui sont susceptibles de minimiser le
plus possible les intrusions dans ce type de conversations».
(Suite demain)
News du dimanche 28 Décembre 2008
■ Pas
facile de louer un appartement à Paris – Les
propriétaires exigent un tas de références, font enquête sur la
capacité de payer du futur locataire, demandent des dépôts au
cas-z-où, enquête auprès de la police et des employeurs, etc.
Les auteurs français de
l'émission Groland, qui diffusent des sketchs à l'humour trash et
sur un ton très ironique et cynique à la chaîne de télévision
française Canal+, ont produit une vidéo (02:35) à ce sujet. Ils y
stigmatisent ces proprios qui en demandent trop aux candidats
postulant comme locataires. Groland
va très loin... Alors, avis à ceux se scandalisant de peu.
■ Peut-on
exporter la démocratie par les armes? – La
question avait été posée à Samuel Huntington, prof d'Havard
décédé il y a quelques jours.
Sa réponse : «Ni
par la violence, ni par quelque moyen que ce soit. La démocratie
doit naître du terroir où ses graines ont été semées. Dans un de
mes livres précédents, La
troisième voie,
j'ai étudié la transition d'une trentaine de pays d'Europe centrale
ou d'Amérique latine des années 1970 aux années 1990. Tous avaient
eu, dans le passé, l'expérience de la démocratie et partageaient
les valeurs occidentales. Ce n'était pas le cas de l'ex-URSS. La
tâche sera plus difficile encore en Irak et dans les pays arabes,
qui ont tendance à résister à la démocratisation.»
■ Canada-Afghanistan
: 2 autres soldats canadiens tués – Selon
le lieutenant colonel Jay Janzen, de l'armée canadienne, attribuable
à l'explosion d'une bombe dans le district de Panjwayi, au sud de
la province de Kandahar. Et nous voilà rendu à 106
depuis notre implication dans la guerre contre ce pays.
■ Un
gars engueule et traite de salope... – ...une
préposée en train de rédiger une contravention pour stationnement
illégal. Bon
punch à la fin du dessin animé (01:11).
■ Répression
sexuelle
dans les foyers de personnes âgées – (Suite tome
3 de
L'Étau Policier) Des faits démontrent, en septembre 1999, que la
situation n’est guère plus rose dans des maisons d’hébergement.
Selon l’Institut de la statistique du Québec, la province
comptait, au début de juillet 2000, plus d’1,2 million de
personnes âgées de 65 à 100 ans.
Combien
jouissent de la liberté sexuelle? On ne le sait pas. Ce que l’on
sait par contre, c’est que le sexe n’y est pas bien vu. Jusqu’à
quel âge peut-on faire l’amour? a demandé Marie Allard de La
Presse à Denise Badeau, professeur de sexologie à l’Université
du Québec à Montréal (UQÀM) (Marie Allard –
La Presse du 29 septembre 2001) : «Jusqu’à
ce que les yeux se ferment pour toujours.»
Mais
comment faire l’amour quand, en institution, les intervenants nient
le besoin d’intimité des vieux, qui y sont infantilisés? Étalons
des beaux cas d’hygiénisme social.
La
journaliste rapporte les propos d’Yves Gineste, directeur de
l’Institut Gineste-Marescotti, un centre de formation en
méthodologie de soins, et enseignant depuis une vingtaine d’années
dans des maisons de retraite de quelques pays (Silence, on frappe…
De la maltraitance à la bientraitance des personnes âgées –
Éditions Animagine –
Ouvrage collectif sous la direction d’Yves Gineste, 2004) :
«Je
me suis souvent trouvé face à des équipes de soins qui refusent la
sexualité des personnes âgées. J’ai régulièrement entendu le
personnel des foyers d’accueil dire qu’après 70 ans, la
sexualité, c’est malsain, c’est sale, c’est vieux.»
Dolorès
Pleau, psychologue au département de géronto-psychiatrie de
l’hôpital Louis-Hippolyte-LaFontaine, à Montréal, confirme que
des
employés les trouvent pervers ou les traitent de «vieux
cochons» :
«Les
institutions ont organisé leur aménagement selon cette
philosophie.»
Denise Badeau du même département a déjà vu, dans un centre
d’accueil, un homme se faire enlever, par un employé, un paquet de
cartes illustrées de photos de femmes nues, qui lui a dit : «Vous
n’avez pas besoin de ça, vous.»
Sur
100 cas étudié par Gineste, en France, il a constaté que le
personnel ne frappe pas avant d’entrer dans une chambre. Ce geste
élémentaire de politesse, frapper et attendre une réponse avant
d’ouvrir, car un couple de vieux peut être surpris au lit, ne fait
pas parti des coutumes des foyers de vieillards et centres
hospitaliers de soins de longue durée. Badeau abonde : «On
entre chez les gens comme dans un moulin. C’est comme si les
institutions étaient le lieu de vie des intervenants
(sic),
avant d’être celui des bénéficiaires.»
Jean
Carette, professeur au département de travail social de l’UQÀM :
«Le
couple n’a pas sa place en maison de retraite. C’est un drame
(…).
C’est dur à avaler
(…).
L’ambiance,
l’organisation de la vie, la répartition des hommes et des femmes
dans des ailes différentes, les problèmes de validité, tout ça
fait que le centre d’accueil, c’est la mort. Tandis que la
sexualité, c’est la vie! Le centre d’accueil est un
entrepôt où vous classez les objets, et non pas un endroit où l’on
donne accès au luxe qu’est la sexualité.»
Toute
règle générale comporte ses exceptions, appelons ça de
l’arbitraire positif, laissé au bon vouloir de quelques uns.
Raymond Minger, directeur de centre de Genève, en Suisse, a confié
au journal La Voix de l’Est avoir «déjà
visité une maison de retraite, au Danemark, où il y avait des
casettes pornos à la réception, avec des petites plaquettes Ne pas
déranger».
Et
au Québec? Bernard Fournelle, ex-directeur du centre hospitalier de
soins de longue durée (CHSLD) Horace-Boivin
de Granby, a raconté au même journal avoir déjà permis des
rencontres entre une prostituée et un patient dans un hôtel.
Pour
sa part, Badeau a entendu parler d’un endroit où un appartement
est prévu pour les personnes voulant se rencontrer dans l’intimité.
«C’est
une bonne idée, mais elle a ses limites, puisque les gens doivent
réserver cette chambre, en demander la clé, indiquer sur la porte
qu’elle est occupée… Ce qui fait que l’intimité de la
personne, que l’on voulait sauvegarder, est plutôt bafouée. »
Y a-t-il une solution? lui demande la journaliste. «La
seule façon de faire
(…),
c’est de considérer sa chambre comme son lieu de vie,
suggère-t-elle.
On doit y aller en visiteur, en s’annonçant, en avertissant qu’on
a tel ou tel soin à faire. On ne se pointe pas n’importe quand
chez les gens !»
(Suite demain)
■ Une
police friande de petits secrets à saveur sexuelle – (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Que ce soit en cette matière ou en toute autre,
l’affaire est sérieuse. Nécessaire de rappeler le climat
d’insécurité généralisé dans lequel nous baignons tous
maintenant.
Ackermann, Dulong et Jeudy affirment que, dans un
contexte du genre, tous les pièges sont possibles : l’insécurité
est une arme des pouvoirs, elle est objet suprême de la
manipulation, elle permet de légitimer les dispositifs de
préservation, les mesures de contrôle.
(Werner Ackermann, Renaud Dulong et Henri-Pierre Jeudy –
Imaginaires de l’Insécurité –
Librairie des Méridiens)
«On
pourrait croire ainsi à une extraordinaire orchestration d’une
dynamique de la relation entre la sécurité et l’insécurité qui
domine toutes
(sic) les
activités de la vie quotidienne et toutes
(resic) les
stratégies d’ordre politique et économique.»
On
peut parler de la désubjectivation des processus de contrôle, ayant
comme horizon une exclusion générale de la société.
Les trois auteurs parlent de «l’arbitraire
fantastique des stratégies de défense, de préservation».
Laperrière et Patenaude,
dans leur ouvrage publié en… 1994, se réfèrent à Big Brother
d’Orwell… (Traité des problèmes sociaux –
Institut québécois de recherche sur la culture –
Ouvrage collectif sous la direction de Fernand Dumont, Simon Langlois
et Yves Martin, 1 164 pages, 1994) (George Orwell –
1984 –
Éditions Gallimard)
Le héros de son roman
était sous surveillance constante, néanmoins il avait une
échappatoire : tant qu’il ne matérialisait pas sa pensée, tant
qu’il réussissait à garder le secret de ses idées, il était à
l’abri de la riposte du pouvoir.
«De
nos jours, ce dernier refuge de l’individualité est accessible,
avertissent-ils.
Ces informations les plus intimes
(sic) qu’on
peut tirer d’une personne sont ensuite susceptibles d’être
enregistrées pour des périodes très longues, diffusées, et de
servir à des décisions mal fondées, discriminatoires, et
illégitimement ou exagérément pénalisantes pour les intéressées.»
Informations
les plus intimes? Illustrons. Dans le dossier informatisé du
citoyen, la police ne fait pas qu’indiquer tout ce que nous avons
énuméré jusqu’à présent, mais aussi ses petites
fantaisies et fantasmes sexuels.
La police en civil, spécialisée aussi en matière de répression
sexuelle clandestine illégales, est particulièrement friande de ce
genre de renseignements. Connaître les petits secrets de tous et de
toutes, lui permet de les utiliser, lorsque nécessaire.
Par
exemple, en le lui faisant savoir par des allusions directes – elle
en informe de ses collabos – ou indirectes, afin d’imposer son
emprise psychologique. Elle
utilise beaucoup cette peur du qu’en-dira-t-on pour mater des
citoyens et citoyennes.
Si madame est une adepte du gomichéou de l’homme
gonflable
et monsieur
du porte-jarretelles ou de la poupée gonflable,
probable que la police le sache. Big Brother et Big Sister étant
partout, aidés qu’ils sont de leurs collabos, dans ce cas-ci, des
vendeurs de ces objets affriolants.
Le
dossier sur les activités souterraines de la police en civil est
particulièrement lourd. Il est constitué de faits irréfutables,
mais aussi, il faut bien le dire, de gros soupçons, issus de six
années et demie d’enquête sur le terrain, de la consultation d’un
nombre considérable d’ouvrages de toutes sortes. Et
même si je n’enquête plus, je continue d’en découvrir.
Le
fait que les élus, dans leur très grande majorité, sont nuls en
matière de tactiques policières et qu’aucun organisme sérieux et
neutre ne contrôle ses activités, n’améliorent pas le portrait
de la situation. Se
dégage la nette impression que la police a la bride sur le cou,
libre de faire ce qu’elle veut, sans rendre de compte à quiconque.
Assurée de l’impunité du pas-vu-pas-pris.
Si
le nombre de flagrants délits est infinitésimal, c’est
directement attribuable à l’invisibilité de la police en civil,
et non pas parce qu’elle ne porte qu’occasionnellement atteintes
aux droits et libertés. Celles-ci
sont pratiques courantes, quotidiennes.
(Suite demain)
News du samedi 27 Décembre 2008
■ L'Afghanistan
et le choc des civilisations – Le
décès récent de Samuel Huntington, à l'âge de 81 ans, ramène
sur le tapis son livre publié en 1996 : Le choc des civilisations,
Éditions Odile Jacob.
L'auteur n'était pas un néophyte en la
matière, ayant été directeur de
l'Institut des études stratégiques d'Harward et membre du Conseil
nationale de sécurité au sein de l'administration Carter. Ce qui
donne beaucoup de crédibilité à son livre.
Et
permet d'appréhender le défi colossal des pays occidentaux (USA,
Royaume-Uni, France, Canada, etc.) cherchant à intégrer de force la
démocratie dans la culture des Talibans, en Afghanistan. Utopie!
Dans
son livre, on apprend que jusqu'à présent, l'Occident s'était
opposé à chacune des autres civilisations. Cependant, les
techniques et la mondialisation ont changé la donne. Chaque
civilisation se trouve désormais confrontée à l'ensemble des
autres civilisations.
La rivalité entre les différentes puissances
n'est plus une idéologie opposant le libéralisme au collectivisme,
mais une opposition entre des civilisations, des modes de pensée
différents reposant sur le fait religieux.
De
nos jours, les peuples se
réfèrent aux ancêtres, à la religion, la langue, l'histoire, aux
valeurs, coutumes et institutions. Et la reconnaissance identitaire
ne s'effectue pas par une accumulation de traits communs, mais par
une opposition aux autres : «Je
suis Occidental parce que je ne suis pas musulman, confucéen,
hindou, etc.»
Bref, ce sont des blocs possédant une unité religieuse qui domine
les relations entre les pays.
Résumé
du livre de Samuel Huntington
Format PDF de 9 pages
En page 7 : Répartition
des civilisations selon Huntington
En savoir davantage sur
l'auteur
■ Afghanistan
: 104e soldat canadien tué – Trois
autres ont été blessés, ce vendredi
27 décembre. Une bombe artisanale, à l'ouest de la ville de
Kandahar. On ignore encore leur identité.
■ «De
tout temps, le puritanisme n’a jamais libéré aucune femme» – (Suite tome 3
de L'Étau Policier) Juin 1999, le journaliste Franco Nuovo
n’en revenait tout simplement pas que des lecteurs aient crié au
scandale à la suite de la publication de la photo, en page une du
Journal de Montréal, d’«une petite fille toute nue sur l’herbe
verte, dans un parc ; une fillette qui, pour lutter contre la
canicule, avait enlevé sa robe. (Franco Nuovo –
Journal de Montréal du 11 juin 1999) Elle la tenait à la main en
affichant un sourire de bonheur et de jolies foufounes rondes. (…)
Des lecteurs y ont vu un appel, un encouragement à la
pédophilie».
Il
rapporte quelques uns de leurs commentaires. «Il
y a 15 000 pédophiles de plus au Québec qui auront une photo de
plus à leur collection. Je pense qu’il existe d’autres façons
pour démontrer qu’il fait chaud en été.»
Un autre lecteur soutient que «les
pédophiles n’ont plus besoin de s’inscrire à l’Internet car
le Journal
(de Montréal) fournit
des photos. J’espère, continue ce lecteur, que la DPJ
(Direction de la protection de la jeunesse) fera
une enquête».
Nuovo mentionne cette autre réflexion : «Encore une fois les
pédophiles sont bien servis. Vous devriez penser deux fois avant de
publier des (pages unes) aussi provocantes».
Des
commentaires du genre, son quotidien en a reçu «plein
comme ça».
Et le journaliste de s’interroger : «Maintenant,
est-ce que quelqu’un peut me dire ce qui se passe? (...)
sommes-nous
en train de devenir à ce point coucou, à ce point malades, qu’on
n’arrive plus à faire la distinction entre innocence et
perversité?»
Répondons à sa question
par une autre : parmi ces lecteurs mécontents qui ont téléphoné
ou écrit, se trouvait-il des policiers et policières anonymes? La
police, en uniforme et en civil, ne lésine pas sur les moyens pour
soulever des désapprobations… communautaires.
La question
prend tout son sens aussi du fait que, depuis l’adoption de la loi
fédérale interdisant la pornographie infantile, la possession de
photos d’enfants ou d’ados nus, même celle d’une fillette qui
a enlevé sa robe pour lutter contre la canicule, peut être jugées
comme suspectes. Les médias ont fait état de quelques cas déjà
démontrant que, pour un père ou une mère, il est plutôt risqué
de se faire photographier lavant son enfant, ou le faisant rire aux
éclats en lui embrassant le ventre. Le studio photo développant le
film peut alerter la police.
Nuovo dénonce une
autre source de pollution de l’air sociétal québécois,
qu’il tire de la chronique sportive de son collègue Bertrand
Raymond. Le coureur automobile Tagliani aurait bien aimé s’impliquer
dans le dernier téléthon Enfant Soleil, monter sur scène, pour que
les gamins voient un pilote de course automobiles de près. «Eh
ben! il ne peut pas, parce que, paraît-il, il est commandité par
Player’s ; parce qu’il est associé à une compagnie de clopes.»
En 2003, Montréal
perdait sa course en formule 1, parce que des représentants du
gouvernement fédéral libéral de Jean Chrétien exigeaient le
retrait de toutes publicités sur la cigarette à la télé. Il est
vrai qu’elle l’a récupérée par la suite, mais l’anecdote
démontre qu’il préférait en priver des citoyens plutôt que
d’amender en conséquence sa loi anti-tabac.
Hautement
sacrilège, ceux-ci en auraient vues sur leur écran.
Pourtant ces compétitions, peu importe le lieu où elles se
tiennent, ne durent qu’une seule journée et sont accessibles aux
Canadiens sur les grandes chaînes de la télé américaine. Et ce ne
sont pas les seules occasions où les Canadiens y voient des pubs sur
la cigarette. Le
Canada devrait-il censurer aussi ces émissions provenant de
l’étranger?
La consoeur de Nuovo,
Marie Plourde du Journal de Montréal, qui n’a pas l’habitude non
plus de plier l’échine devant le conformisme, riposte également,
cependant contre une autre affaire qui a soulevé, elle aussi, une
mini désapprobation… communautaire chez certains-nes de la droite,
au printemps 1999 (Marie Plourde –
Journal de Montréal du 11 juin 1999) : la pub du brasseur de la Old
Milwaukee mettant en vedette la playmate Karen McDougal, tout en
poitrine et en jambes, mais tout de même habillée, où elle
présente «une bouteille de bière franchement phallique»
sur un plateau d’argent, décrit la journaliste.
Elle y voit «un
clin d’oeil à l’époque des pitounes de calendrier».
Des voix se sont aussitôt élevées «pour faire entendre
de vieux discours poussiéreux, plus rétrogrades encore que l’époque
caricaturée dans la publicité.»
Elle soulève aussi un
argument on ne peut plus significatif. Si on avait utilisé un homme
en string au lieu de la playmate, elle doute que la pub aurait
soulevé le même tollé : «Aurait-on
dit qu’il s’agit là d’un homme objet? Que c’est une
utilisation non pertinente du corps de l’homme?
(...) Oui,
les pitounes comme Karen McDougal avec des grosses boules
artificielles existent encore et c’est bien tant mieux.
(...) Et
puis, de tout temps, le puritanisme n’a jamais libéré aucune
femme, il a toutefois amené la répression.
Alors,
écrit-elle sur le ton de celle portant un toast,
une bonne bière à la santé des pitounes qui s’assument!»
Fondamentale, cette
dernière remarque de Plourde au sujet du puritanisme. Par
bonheur, il y a encore des journalistes courageux. Trinquons à la
santé de toutes ces femmes qui osent, et de ces journalistes
défendant la liberté d’expression.
Au
Québec, entre autres provinces, qu’une chanteuse dégage trop de
sensualité à leur goût, et aussitôt de ces cerbères
interviennent, ouvertement ou dans l’ombre et le secret. Ainsi ce
panneau réclame géant à la sortie du pont Jacques-Cartier, à
Montréal, où, à la fin de l’hiver 1999, la chanteuse québécoise
Marie-Chantal Toupin annonçait de façon inusitée la sortie d’un
disque. Vêtue d’une camisole moulante, elle réclamait qu’on la
regarde droit dans les yeux. Tacca,
qui avait mis au point cette campagne publicitaire, avait reçu un
appel téléphonique d’un ou d’une de ces cerbères menaçant d’y
mettre le feu si cette pub n’y était pas enlevée.
Suffit
que la voix de quelques senseurs s’élève pour qu’aussitôt
médias et majorité silencieuse plient l’échine. On l’a bien vu
dans ce cas, car, au lieu de persister et signer, l’agence a choisi
de se conformer à ce diktat. Alors
que, au contraire, on ne doit jamais reculer devant l’intolérance.
«Moi,
j’assume le marketing et tout ce qui est arrivé avant. Je ne renie
rien. Au contraire, j’en suis fière»,
déclarait Toupin en la fin d’août 2001. (Presse
canadienne –
La Presse du 30 août 2001) (Suite demain)
■ Des
civils peuvent utiliser de vos infos intimes
00H00
– (Suite tome 2
de L'Étau Policier) De fait, on peut
avancer sans se tromper que bientôt à peu près toutes les
activités humaines seront examinées sous la loupe. Les Québécois
ne sont pas plus à l’abris de cette intrusion massive dans leur
vie que les citoyens du reste de la planète.
Ainsi, en avril 2001, la
Commission d’accès à l’information du Québec (CAIQ) et le
Centre de bioéthique de l’Institut de recherches cliniques de
Montréal estimaient que l’utilisation des nouvelles technologie de
l’information dans le système québécois de la santé et
l’informatisation grandissante des dossiers des patients peuvent
poser des problèmes de protection de la vie privée. (François
Berger – La Presse du 28 avril 2001)
Les
deux organismes ont constaté leur entrée progressive dans les
hôpitaux et les autres établissements de santé. Ils considèrent
que ces technologies, appelées à se développer rapidement au cours
des prochaines années, soulignaient-ils, «doivent être bien
utilisées dans le secteur crucial de la fourniture des soins de
santé et des services sociaux».
Nécessaire de rappeler
que le ministère québécois de la Santé introduira d’ici 2011 de
nouveaux outils informatisés comme la «carte
à puce»,
le dossier patient partageable, l’entrepôt de données, la
biométrie et la télémédecine, ainsi que l’a recommandé en
janvier 2001 la Commission d’étude sur les services de santé,
présidée par Michel Clair. En outre, le réseau public utilisera
aussi de plus en plus l’Internet et il est même question de créer
un «portail
santé»
québécois sur le Web.
Qu’en sera-t-il de
cette éventuelle carte à puce du Régime d’Assurance-maladie du
Québec (RAMQ)? Le ministre péquiste de la Santé, Rémy Trudel, a
déposé à l’Assemblée nationale, en décembre 2001, son
avant-projet de loi qui en encadrera l’utilisation. (Katia Gagnon
et Denis Lessard –
La Presse des 10, 19 et 20 décembre 2001)
La
CAIQ avait cependant des réserves, sans doute motivée par le passé
peu rassurant du gouvernement en la matière. Elle
soulignait le double mandat de la RAMQ, à la fois dépositaire de
cette masse d’informations nominatives et assureur public. Notait
aussi que pas moins de 17 catégories d’employés du réseau de la
santé y auront accès.
De son côté, le
ministre assurait que la protection des renseignements personnels
sera étanche : «(...) (Cette carte) n’a aucun
objectif de contrôle, c’est strictement un instrument clinique, un
outil pour permettre aux médecins de mieux travailler avec leurs
patients». Le patient pourrait refuser en tout ou en partie au
médecin l’accès à des informations en apparence anodines :
groupe sanguin, présence d’allergies, interventions chirurgicales
passées et médicaments prescrits. Il pourrait aussi lui demander
de ne pas ajouter des détails qu’il ne souhaite pas voir figurer
dans son dossier.
Il
est bien évident que le cadre légal qui régirait un tel fichier
devrait être serré, écrit l’éditorialiste Katia Gagnon de La
Presse. Tout couplage devrait être interdit. Un organisme «chien
de garde»
pourrait faire rapport annuellement sur la gestion du fichier. Elle
sera bien utile, cette carte, on ne peut le nier. Qu’est-ce que ça
change? se demande finalement l’éditorialiste, puisque la RAMQ
possède déjà dans son mégafichier l’historique des trente
dernières années de toutes nos consultations dans le réseau de la
santé.
Répondons
à la question. De un, on n’explique pas comment le patient s’y
prendrait pour verrouiller les interdits qu’il impose au médecin.
De deux, que l’interdiction du couplage du dossier est quasi
impossible. Car le médecin ne dit pas tout à son patient. Pas le
temps, d’autres personnes attendent dans la salle d’à côté.
Pas seulement pour cette raison. Si le patient est atteint de cette
catégorie de cancers où les chances de survie sont nulles, par
exemple, il ne lui apprendra pas tout de suite, lui donnera l’espoir
de le vaincre, attendra les résultats des traitements.
Possible
que sa communication avec la mégabanque de la RAMQ sera plus
explicite. Sans omettre les commentaires à caractère psychologique
et social, qu’il n’oserait jamais formuler à son patient, car il
risquerait de perdre un client. Voilà un immense terrain permettant
d’en savoir beaucoup plus sur celui-ci, et de porter des jugements.
Quand le médecin renseigne la RAMQ sur l’état de santé de ses
patients jusqu’où peut-il aller sans enfreindre son serment de
confidentialité ?
Écoutons David
Loukidelis, Commissaire à la protection de la vie privée de la
Colombie-Britannique. Parlait-il spécifiquement du projet québécois
de la carte à puce ou d’un projet semblable en phase d’élaboration
dans sa province? Je l’ignore, mais son point de vue mérite d’être
entendu (Dene Moore, Presse canadienne –
La Presse du 27 décembre 2001) : «Je crois que
plusieurs gens seraient surpris de voir la quantité de leurs
renseignements médicaux personnels qui sont classés
électroniquement ou accessibles.» Il soutient qu’il
doit y avoir un débat sur l’accès à ces renseignements. «Je
crois que le gouvernement devrait amorcer un dialogue à ce sujet et
ce n’est pas ce qui se passe actuellement.»
Reste cette grande
inconnue pour le commun des mortels : la police –
municipale, provinciale et fédérale – a déjà accès à toutes
les mégabanques gouvernementales, tant provinciales que fédérales.
Y compris les informations personnelles en matière de santé
physique, psychologique et sociale.
Si vous avez déjà fait un
burnout, avez suivi ou suivez une thérapie, avez avorté, êtes
atteint d’une maladie sexuelle honteuse –
sida, hépatite, etc. –, êtes homo ou
hétéro, pratiquez la pénétration annale avec ou sans condom,
voulez ou avez changé de sexe, prenez des médicaments prescrits par
votre médecin et susceptibles de développer une dépendance, avez
le cœur fragile, les artères en piteux état, etc., la police en
civil le sait déjà, ou peut facilement le savoir.
En outre, il est un fait
confirmé (voir L’Étau Policier, tome 1) que la police en civil
est même présente dans des hôpitaux, des salles d’urgence, des
cliniques privées, etc. Autant de renseignements utiles lui
permettant de peaufiner davantage votre profil psychosocial. Si la
police en civil juge opportun de vous assagir ou éjecter de la
société, elle peut les retourner contre vous. De la même manière
qu’elle exploite ou peut exploiter la tendance du citoyen à piquer
des colères. (Suite demain)
News du vendredi 26 Décembre 2008
■ Chansons
fortes, puissantes...
16H27
– ...Du groupe français Noir
Désir
Sur les 8 titres
disponibles, je suggère :
Gagnants/Perdants
Si rien ne bouge
Des visages, des figures
Les écorchés
Dans la page s'affichant,
un jukebox
Sans vidéo, seulement du
son
Le
site de Noir Désir
■ Des
oeufs refusant de devenir hommelette – (Suite tome
3
de L'Étau Policier) L’écrivain
américain Crichton soutient que lorsque la femme possède son propre
univers (culture, intelligence, etc.), elle n’est pas inhibée et
n’a pas la sensation d’être comme un objet. Et ceux qui la
considèrent comme un objet, c’est leur problème, pas le sien.
(Michael Crichton –
Harcèlement –
Éditions Robert Laffont)
Mais
l'extrême
droite policière
a peur de la femme libre, peur maladive de la puissance libératrice
et créatrice du sexe féminin. (Bernard Cohen –
Tu ne jouiras point : le retour des puritains –
Éditions Albin Michel) De la vraie dynamite pouvant faire voler en
éclats la société conformiste.
La
femme est donc dépossédée du pouvoir qu'elle a de se défendre
elle-même d'un regard inopportun, et des autres pouvoirs qui
devraient être les siens, et placée sous haute surveillance. Une
vision malsaine de la vie sert d'écran de fumée, propagée par la
police et les
féministes de l'extrême droite,
oeuvrant notamment au Conseil du statut de la femme, au sein même du
giron politique québécois.
Alors,
on assiste, sans que personne ne proteste, au renforcement de la
distinction et du clivage des sexes. Ce n'est pas sans rappeler, mais
sous une forme différente, les stéréotypes d'une certaine époque
où l'homme ouvrait la porte aux dames, les aidait à enlever leur
manteau, poussait la chaise
derrière elles, etc.
«L’égalité
des sexes, ça veut dire qu’il n’y a pas de privilèges
particuliers, écrit
Crichton.
Ça veut dire qu’il faut traiter tout le monde de la même façon.
Quand on a accorde à une femme un statut particulier, on lui accorde
un traitement de faveur. Il n’y a plus alors d’égalité des
sexes.»
Françoise Giroux dit qu’il faut veiller à ce que la femme ne
fasse pas l’objet d’une «discrimination
positive» à l’américaine qui ferait d’elle «une
espèce protégée».
(Françoise Giroux –
Les Françaises –
Éditions Fayard) La
femme, un oiseau exotique qu’il faut garder en cage. Et surtout, ne
pas lui apprendre à voler de ses propres ailes. Trop dangereux ! Et
pas mal plus que les Hell’s Angels.
Où
que vous alliez à Montréal, à Roberval ou à Lac Bouchette, ou
ailleurs au Québec, il importe que vous adoptiez le regard
puritainement correct. Un conseil d'ami, que je puise dans un ouvrage
dont j’ai perdu les références et actualise en fonction du thème
de ce chapitre : utilisez
le regard neutre.
Il est tout à fait conforme au dogme. Avec lui, pas de problème,
vous pouvez balayer votre ligne d'horizon à volonté.
Continuellement en mouvement, il ne s'arrête jamais nulle part et
est vide de sens pour les autres. Vous ne transmettez aucun message,
ne ressentez aucune émotion.
À
déconseiller les modes visuels qui en quelques malheureuses secondes
donnent vraiment l'impression que vous ne voyez pas sans voir,
autrement dit que vous regardez véritablement tout en donnant
l'impression que vous n'en faites rien. Vous suivez?Par
exemple le regard fixe qui permet de capturer clandestinement des
images floues en périphérie.
Cela dit, il n'est pas
interdit s'il se pose sur un point indiscutablement neutre : murs,
plafonds, boiseries –
sans être des oeuvres d’art, certaines sont très ouvragées –,
poignées de porte, etc. Mais at-ten-tion : à la condition que rien,
absolument rien n'indique qu'il y ait observation.
Si
l'escadron du puritainement correct de la police en civil et des
agents-tes en civil des agences de la sécurité privée soupçonnent
l'existence d'un double jeu, d'une tactique honteuse de capture
secrète d'images, vous êtes cuit.
Dans
la rue, vous pouvez toujours vous rabattre sur les vitrines de
magasins de la société marchande. Soit dit entre nous, la vitrine
fraîchement lavée au Windex reflète comme un miroir les femmes
défilant derrière soi. Les verres fumés opaques permettent aussi
de voir sans être pris en flagrant délit de regards furtifs :
d’ailleurs plusieurs policiers et policières en civil en portent.
De fait, c'est le
regard réflexe qui est le pire de tous, le plus sacrilège. Il est
attiré sans que la tête ait son mot à dire, irrésistiblement.
Hélas ! la conscience intervient seulement après coup pour en
régler la durée, une ou deux secondes. Souvent, il est déjà trop
tard parce que l'escadron vous aura déjà repéré.
Il
interviendra tambour battant et procédera manu militari à votre
rééducation policio-sexuelle. On ne badine pas avec la morale
perverse et malsaine de la bourgeoisie. Morale qui casse beaucoup
d’oeufs sans ne jamais faire d’omelette. Par bonheur, il y en
aura toujours de ces oeufs qui refuseront de devenir hommelette ou
une femmelette.
Sans
compter que le coup d'oeil n'est pas forcément ni toujours
concupiscent ou libidineux. Car il est attiré aussi par le trop
laid, dont les poitrines obus et les croupes éléphantesques, ou
simplement par quelque autre curiosité : pantalon trop cintré,
couleur, tache à l’arrière, etc. Sans oublier les personnes
atteintes d’anxiété sociale, qui se sentent souvent épiés.
Dans
une caricature de Fortin-St-Jean de La Presse, on assiste à une
conversation entre deux copines de travail (Fortin-St-Jean –
La Presse du 7 janvier 2002) : «Je
suis certaine que les gars du bureau me dévorent des yeux quand j’ai
le dos tourné.»
«Qu’est-ce
qui te fais dire ça?»
lui demande l’autre. «Quand
je me retourne brusquement, ils ont toujours l’air absorbé par
leur travaille.»
«T’as
raison. C’est louche…»
Pourtant
le regard, ai-je lu quelque part, joue un rôle central dans les
échanges sociaux et le système de la connaissance. Il est normal et
très sain que les gens se regardent. Aucune loi ne l’interdit du
reste. Le législateur tenterait-il de le censurer qu'il se
trouverait avec un joli tollé sur les bras.
L'homme et la femme,
c’est selon l’orientation sexuelle de chacun, sont attirés par
le trop beau : la femme zieute les beaux mecs, l’homme les
belles nanas. Sauf exception, nul ne s'en plaint. Tout au contraire,
la vue d'un joli minois, femme ou homme, met du soleil dans la vie.
Pour
l’escadron du puritanisme, regarder est à la fois un péché
mortel et potentiellement dangereux pour ces pauvres petites femmes
délicates et vulnérables parce que sans défense. De fait, civils,
collabos et agents de sécurité en civil exploitent à fond, et sans
vergogne, un très vieux conflit qu’a décrit un auteur dont le nom
m’échappe.
Celui de l'intolérance et ses victimes, et, à
l'extrême, du fanatisme et ses ravages. La
vieille histoire de l'inquisiteur scrutant le regard le plus anodin
pour détecter l'hérésie. Et celle du commissaire
marxiste-léniniste fabriquant des dissidents et des conspirateurs
afin d'étayer l'orthodoxie. Les
cas de puritanisme abondent. (Suite
demain)
■ Suivre
à la trace : sur la route et le web –
(Suite tome
2
de L'Étau Policier) À cela
s’ajoutent les appareils photos déclenchés par la vitesse d’une
voiture et capables de photographier les plaques d’immatriculation,
et les contraventions sont aussitôt expédiées par la poste.
(NDLR : Remplaceront-ils un jour le radar que la police utilise
manuellement?) Les défenseurs des libertés civiles craignaient leur
prolifération aux intersections, au cours des cinq années qui
allaient suivre, relate le journaliste Pelletier.
Dans
les faits, elle s’était déjà enclenchée, rapporte-t-il. Cette
technologie avait été implantée dans 57 villes et comtés urbains
de 13 États américains, ainsi que dans le District de Columbia.
D’autres grandes villes prévoyaient faire de même avant l’hiver
2000-2001 et des États envisageaient de légiférer pour en
autoriser l’usage.
Les partisans affirment que ces appareils ont
sauvé des centaines de vies et réduisent les accidents aux
intersections. Les opposants, comme
le leader républicain Dick Armey, y voient plutôt une invasion de
la vie privée et un moyen de remplir les coffres de l’État.
En quoi cette
technologie constitue-t-elle une invasion de la vie privée?
Les opposants ne semblent pas l’avoir explicité. C’est qu’elle
vient s’ajouter à la panoplies des mesures déjà en vigueur
permettant de surveiller les allés et venus des citoyens. Ainsi
qu’il en est des technologies de l’information, celle du radar
photo ne fait pas exception, elle évolue aussi. Ainsi, la France
devait en installer 50 en 2007 afin de contrôler d’autres types
d’infraction que la vitesse, comme le non-respect des feux rouges,
des stops et des interdistances (intervalle entre deux véhicules).
Bref, le jour n’est
pas loin, s’il n’est pas déjà là, où il sera possible de
suivre à la trace, grâce aux plaques minéralogiques, les
déplacements de ceux circulant sur les routes. Un peu à l’image
des internautes circulant sur l’autoroute électronique, le Web,
facilement identifiable à partir de leur adresse numérique IP. À
l’époque de la vieille Remington et des dossiers remisés dans des
classeurs métalliques, il était impossible de répertorier tous ces
renseignements. Avec l’informatique, ce n’est plus le cas.
Au
Québec, en 2001, le ministre péquiste du Transport ( MTQ ), Guy
Chevrette, a jonglé un certain temps avec un projet semblable :
j’ignore ce qu’il en est advenu. (Martin Pelchat –
La Presse du 5 septembre 2001) Devant les critiques qui subsistaient
à propos du radar photo – cinémomètre photo –, il se disait
prêt à réduire sensiblement la portée de son expérience pilote,
d’une durée de deux ans, et même à y renoncer si on lui
proposait d’autres solutions valables au problème grandissant de
la vitesse au volant, qui tue plus que l’alcool.
Il prévoyait
l’utilisation de quatre appareils en alternance dans 40 endroits
jugés à risque, où la surveillance policière est compliquée et
dangereuse. Il arguait qu’ils permettraient de réduire le bilan
routier d’1%, soit sept décès, 60 blessés graves et 400 blessés
légers. Le
Barreau du Québec soulevait la question du respect de la
confidentialité, le Protecteur du citoyen avait également réclamé
des changements au projet de loi. (Suite demain)
News du jeudi 25 Décembre 2008
■ A
Charlie Brown (Peanuts) Christmas – Le chien Snoopy
est dans les parages aussi, à mijoter, vous pensez bien, quelques
mauvais coups. Deux personnages célèbres du dessinateur Charles
Schultz, qui est connu partout dans le monde, surtout des adultes.
Pendant des années, j'ai lu cette bd dans le quotidien La Presse. À
mon grand regret, elle a cessé de la publier. Car on s'attache très vite aux personnages.
Vidéo
en anglais : (25:43)
■ La
criminalité... – …
s'étend
partout. Nul n'est en sécurité nulle part, ainsi ce fait
d'hiver.
■ Y'a
des clips qu'on aime réentendre – Osez
Joséphine, d'Alain Bashung, en est un. La guitariste qui
l'accompagne est tellement super qu'elle mériterait un doux
bizou sur la joue.
■ Je
reviens avec leTrio
Joubran – Vous
savez les trois frères palestiniens, que je vous ai présentés
hier? Il
y a une pièce que je veux absolument que vous écoutiez. C'est
le genre où il faut se rendre jusqu'à la fin pour apprécier au
max. Le titre, je l'ignore : il est écrit en arabe.
Sur
le site de YouTube où je vous amène, colonne de droite, auditionnez
aussi les Vidéos similaires
du trio. Vous allez y faire de belles découvertes.
■ Spectacle nocturne... – ...sapins
illuminés et choristes (02:25)
Pour davantage de magie,
visionnez plein écran
■ «J'amais vu quelqu’un qui aimât la vertu autant que le sexe» –
(Suite tome 3
de L'Étau Policier) Culpabiliser le citoyen...
c’est-à-dire plus explicitement créer artificiellement des
inhibitions pour qu’il s'automutile psychologiquement, ce qui fait
de lui son propre bourreau en même temps que sa victime. Pas
compliqué, pas fatiguant non plus, suffit que la police en civil et
ses collabos mettent clandestinement le mécanisme en marche.
Ensuite, ils n’ont plus qu’à se croiser les bras et vérifier
de temps à autre sa dégradation psychologique. Et si le mécanisme
tend à ralentir, à lui redonner un autre élan. C’est géniale,
comme technique, et ça fonctionne.
Cette arme répressive
remonte sans doute à la nuit des temps. Cependant, des psys et
des criminologues de notre époque, qui voulaient sans doute apporter
leur contribution à l’humanité, l’ont optimisée.
Certains
créent des armes bactériologiques, mais eux, ces psys et
criminologues au service de la répression policière ont affinée
cette arme psychologique qui, comme les mines antipersonnel,
continuent de fonctionner même quand la guerre psychologique est
terminée.
La morale puritaine se
résume à canaliser le désir, à le mettre en cage, constate Onfray
( Michel Onfray –
L'art de jouir –
Éditions Grasset & Fasquelle ) : «Dès
lors, le désir meurt domestiqué, comme l'animal qui paie sa
tranquillité d'une obésité d'autant plus fastueuse que sa
castration psychologique est ancienne».
Alors que, au contraire, il
faut introduire le sexe comme une détente saine et agréable,
libérer l’homme et la femme de tout sentiment de culpabilité.
Cohen, de son côté, décrit assez bien la problématique ( Bernard
Cohen –
Tu ne jouiras point : le retour des puritains –
Éditions Albin Michel ) : «Toute
la crispation hygiéniste se fondent sur la vérité non fondée
voulant que la femme est moins sexuée que l'homme ; et que le vrai
dépassement de soi se trouve dans le travail, en tant que création
de la valeur ajoutée. (…)
le puritanisme (...)
nous
interdit de partir vers ce “mieux” qui frémit dans toute pensée
libre depuis la nuit des temps».
La beauté érotique du
corps des femmes est, pour l’homme, comparable à la nature ou au
monde, écrit pour sa part Alberoni. (Francesco Alberoni –
L’érotisme – Éditions Ramsay) Elle
est source d’émerveillement continuel. L’homme a besoin de s’en
nourrir. Il se retourne sur elle en pleine rue. Les belles femmes
sont fières de leur beauté et jalouses lorsqu’elles croisent une
femme plus belle encore ou plus élégante.
En Chine, écrivait Lu
Xun, «les manches courtes des femmes (…)
font rêver aux bras nus, aux parties sexuelles, à la
mêlée des corps…» (Alain Peyrefitte –
La Chine s’est réveillée – Éditions
Fayard, 1996)
Céline appréciait
«la promiscuité érotique de belles femmes charnues pour
se refaire une âme. (Ferdinand Céline –
Voyage au bout de la nuit – Éditions
Gallimard) Le cinéma ne me suffisait plus, antidote bénin, sans
effet réel contre l’atrocité matérielle de l’usine (
c’était durant la deuxième grande guerre mondiale ). Il
fallait recourir pour durer encore, aux grands toniques débraillés,
aux drastiques vitaux. »
Confucius, pas con du
tout, aurait dit : «Je n’ai jamais vu quelqu’un qui
aimât la vertu autant que le sexe.»
Chez nos voisins
américains, le puritanisme atteint des proportions dépassant
l’entendement. Suffit d'un regard pour être poursuivi par les
ayatollahs et les mollahs du «puritainement correct».
Des milliers de mâles sont traumatisés par le regard de trop
qu'ils risquent de porter sur leurs collègues féminins. ( Magazine
Le Point – l’un des numéros de l’été
1998 )
Behr relate qu’un poster affiché à la cafétéria de
l’université de Princeton, aux États-Unis, qualifie de
harcèlement sexuel «tout comportement, toute activité
intimidante, hostile ou blessante –
ou considérée comme telle –
par la personne qui estime en être victime». ( Edward Behr –
Une Amérique qui fait peur – Éditions
Plon )
Les étudiants coupables de “harcèlement sexuel” sont
obligés de suivre des cours au département d’études féminines,
rapporte Behr. La rééducation politico-sexuelle ! En général,
leur crime est d’avoir regardé, avec un peu trop d’insistance,
des personnes de sexe féminin à la biblio, sans du reste leur
adresser la parole. Il dit que des Américains sont terrorisés par
les militants durs, prompts à détecter le puritainement incorrect.
Comme ce qui est bon pour
ce voisin frontalier l’est généralement aussi pour le Canada, ces
perversions de l’ordre moral bourgeois américain s’implantent de
plus en plus à Montréal, et sans doute ailleurs au pays,
l’équivalent d’un souillure s’épandant et polluant tout.
Rappelons l'affaire du
dépliant de TANDEM, un organisme de la Ville de Montréal, et
soulevée par Yves Coutu, président du Groupe d'entraide aux pères
et de soutien à l'enfance, association de pères divorcés. Il
dénonçait, en juin 1998, le fait que la surutilisation du mot
violence contribue à former des perceptions erronées. (Marie-Claude
Girard – La Presse du 20 juin 1998)
Il
s’en prenait à celui où on pouvait lire qu'un «regard
trop insistant qui oblige une femme à baisser les yeux ou à
s'éloigner, c'est une forme de violence.» Dans les
médias, à l’époque, c’est TANDEM qui avait écopé, cependant,
ainsi que nous l’avons vu, ce dépliant avait été conçu et
édité par la police de l’île de Montréal. (Suite
demain)
■ Big
Brother n’arrête pas d’étendre sa toile –
(Suite tome 2
de L'Étau Policier) Signalons qu’aux États-Unis de plus en
plus d’entreprises espionnent leurs employés au nom de la
productivité. (USA Today et Stephanie Armour –
La Presse du 30 avril 2003) Selon un sondage de l’American
Management Association, jamais il n’y a eu autant de surveillance,
lit-on dans La Presse d’avril 2003. Plus des trois quart des
grandes entreprises enregistrent et passent en revue les
communications et activités des employés sur les lieux de travail.
Richard Soloway,
président et chef de la direction de Napco Security Systems, qui
fabrique des dispositifs de sécurité à Amityville, dans
l’État de New York, le confirme : «Notre entreprise
existe depuis trente ans, et nous n’avons jamais vu une telle
augmentation de la surveillance des employés. Les compagnies veulent
accroître leur efficacité et garder un œil sur leur productivité.»
Des
employeurs ont recours à un éventail de tactiques. À Boca Raton,
en Floride, la société Humint Employment Services est devenue
pourvoyeur d’agents secrets en milieu de travail. Elle
fournit des «acteurs»
aux entreprises qui les présentent comme des employés nouvellement
embauchés. Des employeurs en utilisent aussi pour démasquer les
faux accidents de travail et autres abus. Niall
Cronnolly, président de Eagle Investigation Service, à Atlanta,
relate un cas : «Une
compagnie qui emploie des équipes de nuit nous a embauchés et nous
en avons filmé buvant de la bière sur les lieux de travail.»
Les
technologies courantes permettent aussi aux gestionnaires
d’enregistrer les frappes sur le clavier de l’ordinateur, les
courriels, les clavardages et bien plus. Pour Barry
Steinhart, de l’ACLU, à New York, ces pratiques suscitent des
préoccupations en matière de vie privée : «Chaque
geste, chaque mot prononcé est épié.»
De leur côté, les employeurs affirment que cette surveillance porte
fruit.
Aux États-Unis, les
défenseurs des libertés civiles s’inquiètent, écrit le
journaliste Réal Pelletier de La Presse, parce que malgré leurs
dénonciations de l’omniprésence des systèmes de surveillance,
Big Brother n’arrête pas d’étendre sa toile, s’incruste un
peu plus chaque jour dans la vie quotidienne des Américains.
(Réal Pelletier – La Presse du 7 mars
1999 et du 11 juin 2000)
En 2000, ils mettaient la
société en garde contre des appareils photos capables d’identifier
les visages, que les corps policiers prévoyaient installer dans des
endroits publics au cours des cinq années suivantes. C’est
Visionics, une compagnie du New Jersey, qui a lancé ce logiciel. Son
système Facelt peut en balayer 15 à la seconde, produit des photos
numérisées, mesure et compare électroniquement les ressemblances
avec ceux déjà emmagasinés dans les mégabanques policières.
Ces caméras ont été
mises à l’essai lors du Super Bowl, la finale du championnat de la
National Football Ligue organisée cette année-là à Tampa, en
Floride. L’ACLU en a dénoncé l’emploi (La Presse du 3 février
2001) : «Nous
ne pensons pas que le public comprenne ou accepte d’être soumis à
une identification informatisée par la police
», écrit aux autorités de Tampa, le directeur de l’ACLU pour la
Floride, Howard Simon.
(NDLR :
C’était au début de 2001, plus de sept mois avant les attentats
terroristes du 11 septembre en sol américain. J’invite le lecteur
à mémoriser cette date fatidique pour comparer ce qui se faisait
avant et se fait depuis et ainsi apprendre que la démesure policière
existait déjà.)
Il demande notamment de lui expliquer «comment
ces images allaient être utilisées, stockées et avec quelles
banques de données vont être comparés les visages numérisés des
milliers de fans et d’habitants de la ville. (…) Ces
personnes, souligne-t-il,
n’avaient aucune idée que leur visage seraient
(...) comparé
aux photos de criminels et terroristes».
L’organisme croit que les minorités raciales seront
particulièrement visées.
Par la suite, la police
faisait savoir que 19 criminels avaient été identifiés parmi les
spectateurs du Super Bowl, mais qu’elle était… trop occupée
avec la foule pour effectuer leur arrestation. Quelque temps après,
Tampa en a installé 36 dans son quartier de boîtes de nuit.
Virginia Beach entendait faire de même.
Pourquoi ces appareils
sophistiqués? Selon le journaliste Pelletier, les réponses
officielles sont les suivantes : le ministère américain de la
Justice (pour trouver les enfants disparus), le Pentagone (pour
identifier des ennemis politiques, même la nuit) et la National
Security Agency (pour l’espionnage). Tous trois investissent des
millions pour perfectionner cette technologie. Ses partisans
affirment que la pratique n’a rien d’illégale, puisque rues et
stades, par définition, sont des lieux publics.
D’autres s’inscrivent
en faux. Ainsi Grayson Barber, un avocat de Princeton, qui écrit
dans le New Jersey Law Journal qu’il «existe de fait un droit
constitutionnel à l’anonymat dans une rue publique». Il
mentionne à cet égard une décision de la Cour suprême des
États-Unis (Kolender c. Lawson) où les juges statuent que le
gouvernement n’a pas le droit d’exiger que les gens
s’identifient, «même s’ils flânent ou errent dans la rue».
(Suite demain)
News du mercredi 24 Décembre 2008
■ Trio
Joubran –
Composé de trois frères palestiniens.
Une pièce particulièrement réussie : Joubran
Oud (04:00).
Le
site du trio : d'autres clips vous y attendent à l'item VIDÉOS.
■ Joyeuses
fêtes ! –
Le plus beau cadeau qu'on puisse offrir : du
soleil dans la tête et le coeur à l'année longue (02:34).
■ Joyeux
Noël... –
...à W.
Bush!
■ Onfray
: «la
morale bourgeoise est une morale malsaine» –
(Suite tome 3
de L'Étau Policier) Utile de rappeler que dans les années
1940 la chasse aux sorcières du sénateur du Wisconsin, Joseph
McCarthy, avait crée un climat de crainte et de suspicion dont
la nature ressemble sur plus d’un plan à celui que nous
connaissons aujourd’hui.
La droite américaine ne chassait pas
que les communistes, mais aussi les libéraux. (Russell Miller –
L’histoire excessive de Playboy –
Éditions Albin Michel) Tous ceux qui s’éloignait du droit chemin
étaient immanquablement soupçonnés de subversion et de
conspiration contre l’État.
Cette atmosphère, écrit
le journaliste américain Russell Miller, n’encourageait guère les
directeurs de publications à prendre des risques. Par exemple, les
photos de nus se cantonnaient généralement aux magazines naturistes
et aux revues de photographie, qui en publiaient sous un prétexte
artistique. Les journaux destinés aux hommes s’aventuraient
rarement dans le dangereux domaine du sexe. La plupart limitaient
leurs intrusions aux récits héroïques, du genre de l’homme qui,
à lui seul, anéantit une armée.
On
évoquait rarement les femmes dans les articles, sauf pour les sauver
des griffes d’un ours terrifiant ou des tentacules d’une pieuvre
géante : aujourd’hui, l’homme a remplacé ces monstres. Au
cinéma, c’était pareil. Qui ne se souvient pas du gorille King
Kong, aussi grand que le plus haut des édifices new-yorkais et
tenant dans le creux de sa main une fille. La pauvre petite femme
fragile et vulnérable, que même une souris effrayait, était, et
demeure encore de nos jours, une espèce qu’on protégeait pour
mieux la contrôler.
En
publiant son premier Playboy, en novembre 1953, Hugh Hefner a
contribué à sortir l’Amérique de sa bigoterie. Par la suite,
beaucoup de magazines semblables ont vu le jour, sans omettre les
vidéos exhibant pas seulement des femmes nues, des hommes aussi,
dont plusieurs sont destinés à des homosexuels. On peut adresser
bien des reproches à Hefner, on ne peut lui ravir cette victoire sur
le puritanisme.
Ramenons Cohen. (Bernard
Cohen – Tu ne jouiras point :
le retour des puritains – Éditions
Albin Michel) Il soutient que l'Occident ne pense pas assez avec son
corps, ce que, selon lui, quelques philosophes commencent d’ailleurs
à déplorer. «Penser avec son corps ne signifie pas forcément
penser sans cesse à son corps», ajoute-t-il. On peut être
en effet gastronome ou mélomane averti sans passer ses journées à
s’empiffrer et écouter du Bach. La vie est un éventail de
plaisirs.
Onfray estime, quant à
lui, qu’«on s'évertue à travestir sous de nouvelles couleurs
les vieux habits de l'idéal ascétique des philosophes d'un autre
âge, tous passés maîtres dans l'art de retenir plutôt que
d'exciter le citoyen, et au besoin, de réprimer sa nature.
(Michel Onfray – L'art de jouir –
Éditions Grasset & Fasquelle) (…) Le désir, qui n'est
rien d'autre que l'expression de la nature, plutôt que d'être
encouragé, promu, est détruit et méprisé, dit Onfray.
On opte encore, de nos jours, pour l'arsenal répressif et
castrateur, générateur de la haine de soi.»
Selon
lui, «la morale bourgeoise est une morale malsaine. Plus elle
fait la guerre à l’instinct, plus l’instinct s’adonne à des
retours sournois.» L’auteur parle de mensonge sur la réalité
concrète de la vie, de duperie monumentale sur le jeu des tendances.
Retenir plutôt que
d’exciter… Dans La Presse de décembre 2001, Télé-Québec
annonçait, dans le cadre d’une série d’émissions sur les
dysfonctions sexuelles, le volet portant sur “La compulsion
sexuelle –
J’peux pas me retenir”. (La Presse du 16 décembre 2001)
On y
lisait que le sexe peut créer une compulsion, «une
dépendance
(sic),
au même titre que la drogue et le jeu».
Les victimes de ce trouble ont avec leur sexualité un rapport
douloureux. Qu’il s’agisse de sexualité inhabituelle
(fétichisme, voyeurisme, exhibitionnisme), solitaire ou plus
classique, ces «patients»
se décrivent comme étant pris dans un engrenage dont ils ne peuvent
plus sortir.
On lisait aussi que la
compulsivité sexuelle est un motif de consultation de plus en plus
répandu chez les gens provenant de tous les milieux sociaux et
culturels, et de toute orientation sexuelle, bien que les femmes en
soient moins souvent atteintes que les hommes. Elle peut être longue
à traiter, signalait-elle dans sa pub. Par contre, après avoir
renoncé à ses conduites sexuelles excessives, la personne en
thérapie aura accès progressivement à une vie émotionnelle plus
riche et sera libérée des contraintes internes qui la tenaient
prisonnière.
Les citoyens dont
parle Télé-Québec ne sont pas des «patients»,
leurs rapports douloureux avec la sexualité émanent de la
culpabilité, de rien d’autre, et entretenue par nos donneurs de
leçons. La descente de la police de l’île de Montréal au
Club L’Orage et sa Guerre Sainte contre la sollicitation à des
fins sexuelles, parmi bien d’autres de ses croisades, s’inscrivent
dans cette trajectoire.
Les corps policiers
répriment tout ce qui n'est pas conforme à la norme de petits
potentats locaux, régionaux – préfets de MRC –, provinciaux et
nationaux. Que le citoyen facilement scandalisé ne se fasse surtout
pas de bile inutilement, car la police en civil a vraiment tout sous
contrôle. Elle s’est engouffrée dans chaque coin et recoin de
la société, utilise continuellement des événements comme d’un
levier, pour prendre de la hauteur.
Alors qu’il y a des
choses autrement plus outrageantes que la prostitution, entre autres.
Sur ce plan, brutalité et répression policières sont au sommet
de la liste. Elle a notamment besoin des bonnes mœurs pour
assurer sa mainmise sur la société. Sa force d’inhibition
infantilise le citoyen. On comprend pourquoi Éros peine à
s’émanciper au Québec. (Suite
demain)
■ Caméras
cachées à Montréal, Lac Bouchette, etc. –
(Suite tome 2
de L'Étau Policier) Au cours de mon enquête, j’ai acquis
la conviction de la présence de caméras cachées dans les rues de
Montréal, et pas seulement là, à Lac Bouchette aussi, et
vraisemblablement partout ailleurs au Québec. Bien entendu, on le
cache à la population. Les élus de ces agglomérations le
permettent-ils à la police? Oui, quoique plus probable que plusieurs
de ceux-ci l’ignorent. La police, cachottière de nature, ne
leur dit pas tout, loin de là.
Les maires, peu importe
l’endroit où ils exercent leurs fonctions, participent activement
aux activités policières, sans savoir ce que la police cache
derrière l’écran de fumée de la prévention. On peut même
avancer qu’ils n’ont guère le choix s’ils veulent être
réélus, la police en civil veillant au maintient de son orthodoxie.
Lorsque vous apercevez un
camion d’Hydro-Québec – surtout celle-ci, parce que société
d’État –, de Bell Canada ou d’un câblodistributeur stationné
près d’un poteau de téléphone, pas sûr du tout que la personne
s’affairant à son sommet soit un employé de l’une ou l’autre
de ces entreprises : je
pointe du doigt particulièrement la Sûreté du Québec.
Peut-être même à l’insu de ces dernières, et sans utiliser leur
équipement : je n’écarte pas l’hypothèse que la police
soit équipée de véhicules identiques à ceux de ces entreprises.
La police en civil
déploie beaucoup d’ingéniosité dans ses activités clandestines.
Combien y en a-t-il, de ces caméras, et où sont-elles ? Certaines
équipées de zooms permettant de voir au-delà des fenêtres des
résidences privées?
Faudra le demander au maire de votre ville ou
village. Et s’il est au courant, probable qu’il cherchera à en
minimiser l’importance ou maximiser les dangers auxquels la
criminalité expose les citoyens. D’où
la nécessité, vous comprendrez, de «protéger
les personnes âgées»,
«les
femmes»,
«nos
enfants»,
etc. : la liste est longue.
Dans un autre contexte,
des agences de sécurité privée, des employeurs et certains
organismes gouvernementaux procèdent ainsi également. En 1998, la
Confédération des syndicats nationaux (CSN) a porté plainte contre
la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST)
auprès de la Commission des droits de la personne et des droits de
la jeunesse. (Claude-V. Marsolais – La
Presse des 13 et 14 mai 1999) Elle se plaignait que la CSST utilise
des agences de sécurité ou des détectives privés pour suivre les
allées et venues de travailleurs accidentés et enregistrer sur
bande vidéo leurs activités.
Un salarié avait même
été vidéofilmé dans sa chambre à coucher pendant qu’il faisait
l’amour avec sa conjointe : d’après Trefflé Lacombe,
président de la CSST, cette initiative émanait d’un employeur,
pas de son organisme. Dans l’avis qu’elle a rendu en mai 1999, la
Commission des droits estimait que la filature généralisée de
salariés absents pour des raisons de santé ou une surveillance
faite au hasard représentent des atteintes inacceptables au droit à
la vie privée. L’employeur ou la CSST doit assumer le fardeau de
la preuve et le déclenchement d’une procédure de surveillance,
s’appuyer sur des motifs précis, graves et concordants et non sur
de simples impressions.
Puis à la fin d’août
1999, la Cour d’appel du Québec reconnaissait aux employeurs le
droit d’utiliser la surveillance vidéo de leurs employés s’ils
ont des motifs sérieux et respectent certaines limites. (Yves
Boisvert –
La Presse du 1e septembre 1999) Selon le journaliste Yves Boisvert de
La Presse, elle confirmait le congédiement d’un employé qui avait
simulé une incapacité attribuable à un accident de travail.
Le journaliste
mentionne au passage que le tribunal, dans un jugement unanime, se
garde bien toutefois de régler les nombreux problèmes de respect de
la vie privée liés à la télésurveillance.
Par contre, elle est d’accord pour dire qu’il y a des limites à
son utilisation, ajoute-t-il. La dignité du travailleur doit être
respectée. Si l’employeur a des motifs raisonnables de croire
qu’il se fait frauder, si la surveillance est nécessaire pour
prouver la fraude et si elle est menée de la façon «la
moins intrusive possible»,
elle est légale.
À la suite de cette
décision, la CSN a demandé à la ministre péquiste de la Justice,
Linda Goupil, de mettre en place un mécanisme judiciaire ou quasi
judiciaire pour recevoir les demandes de filature et les autoriser
«dans les seuls cas de critiques sévères». Elle réclamait
que la personne ayant fait l’objet de filature en soit informée et
qu’elle ait accès aux rapports d’enquêtes et renseignements
vidéos. Elle insistait également pour que les filatures effectuées
sans autorisation soient déclarées illégales et passibles de
sanctions importantes.
Soulignons qu’au 14 avril 2003, date des
élections générales au Québec, où les péquistes ont perdu le
pouvoir aux mains des libéraux, donc plus de trois ans et demi plus
tard, rien ne semblait avoir été fait. (Suite demain)
News du mardi 23 Décembre 2008
■ L'importance
de l'AFP... –
… L'Agence France-Presse (AFP) est d'envergure internationale. Elle
alimente quotidiennement des milliers de médias à travers le monde,
dont ceux du pays où j'habite, le Canada.
Si le président Sarkozy affaiblit ou
supprime son statut unique, vous et moi, qui tenons à une
information de qualité professionnelle, risquons d'avoir accès à
une information tronquée.
De ne pas tout savoir non plus sur ce qui
se passe dans ce pays, le pouvoir français jugeant que ç'entacherait
son image à l'étranger. Idem de ce qui se passe à l'extérieur de
ses frontières, ce même pouvoir jugeant que cela nuirait à ses
intérêts sur les plans diplomatique, commercial, etc.
Tout cela pour démontrer
l'importance de la pétition en faveur du statut unique, dont je
parle dans l'article précédent. Moi, je l'ai signée au nom du
droit de savoir. Signez là, si
vous croyez que la cause est valable.
■ Indépendance
et survie de l'AFP menacées –
Le Syndicat général des journalistes rapporte qu'en octobre
dernier, les représentants de l'État français au sein du conseil
d'administration de l'AFP (Agence France-Presse) ont donné mandat au
PDF, Pierre Louette, de proposer une «modernisation»
de son statut, évoquant la possibilité de créer un «actionnariat
stable».
Ce statut unique, défini
par une loi de 1957, est destiné à garantir son indépendance
structurelle à l'égard des pouvoirs publics et de tout autre
groupement idéologique, politique ou économique.
À l'AFP on craint le
pire. D'autant plus que, selon le Syndicat
général, elle a récemment fait l'objet «d'attaques sans
précédent» de la part de certains hommes politiques proches du
pouvoir en France.
Une
pétition (SOS) a été lancée sur le web
afin d'assurer la survie
de son statut unique
■ In
Africa... – Women
are Heroes (06:17)
■ La
guerre du Canada en Afghanistan – Photos
des soldats
de l'armée canadienne tués jusqu'à présent. Malheureusement,
on ne dispose pas de celles des grands blessés morts au cours de
leur hospitalisation. Je possède aucune preuve qu'il y en a, mais le
contraire de ce que j'avance m'étonnerait grandement. C'est une info
que l'armée canadienne ne fournit pas aux médias.
■ Québec : attaques
vicieuses du Conseil
du statut de la femme – (Suite tome
3 de L'Étau Policier) Aussi pertinentes que les autres, ces deux
dernières questions. La journaliste Martine Rioux de La Presse
relate que, lors d’une conférence du Centre justice et foi et
portant sur le féminisme, au début de mars 2000, Christine Savary a
pris la défense des hommes et a failli se faire lancer des tomates à
la figure. (Martine Rioux – La Presse du
7 mars 2000)
«Je n’en croyais par mes oreilles,
a-t-elle raconté à la journaliste. J’ai été
malheureusement étonnée de constater que le discours féministe
radical était toujours très présent. On nous bassine encore avec
la violence faites aux femmes alors qu’on évacue complètement les
effets dévastateurs de la violence psychologique exercée par les
femmes sur les hommes. (...) Plus on crie fort,
plus on creuse le fossé entre hommes et femmes, laissant les enfants
complètement perdus entre les deux. »
Elle dit
souhaiter que les hommes dénoncent la violence (psychologique) dont
ils sont aussi victimes. Selon elle, plusieurs hommes feraient des
tentatives de suicide ou des dépressions majeures.
Autre cas… Dans son
numéro d’octobre 2000, la Gazette des femmes, qui est l’organe
officiel du Conseil québécois du statut de la femme, un organisme
relevant du ministère de la Justice, décernait le prix Déméritas
aux journalistes sportifs qui avaient couvert les Internationaux de
tennis féminin de Montréal. (Presse canadienne –
La Presse du 27 octobre 2000) «Tout ce qui grouille et
scribouille n’avait de cesse que de se gausser des moues
suggestives d’Anna Kournikova, cette joueuse russe qui tire des
revenus publicitaires de 15M$ de sa blonde plastique»,
déplorait la Gazette des femmes.
Elle regrettait que l’on
ait préféré mettre aussi l’accent sur «le soutien-gorge
suggestif d’une joueuse sans nous montrer un bel échange de coups
ou une belle montée au filet». Le journaliste de la Presse
canadienne qui rapporte cette nouvelle n’a malheureusement pas
identifié les donneuses de leçons à qui nous devons ce puritanisme
étriqué et sournoisement maquillé en lutte contre l’iniquité et
le sexisme dont font l’objet les femmes.
Dénoncer iniquité et
sexisme est nécessaire et utile à l’évolution de notre société.
Par
contre reprocher aux journalistes sportifs d’avoir fait état de la
«blonde
plastique»
de Kournikova et s’être attardés à son «soutien-gorge
suggestif»,
c’est carrément faire dans la répression sexuelle.
Car là, le
Conseil du statut de la femme s’attaque vicieusement à la liberté
de presse et à la liberté d’expression. Il cherche à
culpabiliser les médias, à soulever à leur encontre une
désapprobation... communautaire qui les incitera à s’autocensurer.
Cela s’appelle aussi de l’intimidation.
Quand le Conseil du
statut de la femme se sert de l’iniquité et du sexisme pour faire
de la répression sexuelle, il pervertit les vocables, en fait des
maîtres mots panzers.
Ceux et celles qui s’enferment dans des systèmes périmés ne sont
plus que des idéologues. C’est ce même organisme, plus
précisément sa présidente par intérim d’alors, Thérèse
Mailloux, qui, dans l’affaire Rozon, proposait l’approche
«concentrationnaire».
En outre, l’accusation
d’avoir focaliser sur «le soutien-gorge suggestif d’une
joueuse sans nous montrer un bel échange de coups ou une belle
montée au filet» ne résiste pas à l’analyse des faits. Ceux
lisant régulièrement La Presse savent très bien que les
journalistes traitent abondamment des performances des joueuses de
tennis... qui performent.
Par exemple, de celles des soeurs
Serena et Venus Williams, «des joueuses coriaces et des
personnalités très fortes» ; de Martina Hingis, de Monica
Seles, de Lindsay Davenport, etc. Sans négliger toutes ces autres
s’illustrant dans d’autres activités sportives : Mélanie
Turgeon, Geneviève Jeanson, Lyne Bessette, Caroline Brunet, Anne
Montminy, etc. Ce quotidien valorise continuellement les femmes se
distinguant dans une discipline sportive. Une belle performance n’a
pas de sexe.
Il est aussi un fait
avéré que des femmes aiment pratiquement autant les beaux joueurs
de tennis que des hommes les belles joueuses. L’engouement pour le
tennis n’est pas asexué, écrit la journaliste Rima Elkouri de La
Presse. (Rima Elkouri – La Presse du 3
août 2001) Citant une étude marketing commandée par les
organisateurs du Masters tennis Canada, elle rapporte qu’aux
Internationaux de tennis masculin de 1999, 48% des spectateurs
présents étaient des spectatrices.
En 2000, au tournoi
féminin, 65% des spectateurs étaient des hommes : «Aux
matches d’Anna Kournikova, par exemple, on a noté une présence
masculine plus importante», note Alain Beaupré, directeur des
services à la clientèle chez Tennis Canada, étude de la maison de
sondage Léger & Léger à l’appui.
C’est sans fausse honte
que les organisateurs mettent de l’avant non seulement les talents
athlétiques des joueurs, mais aussi leurs attributs physiques : «Si
on fait la même chose avec les filles, on est taxé de sexisme,
constate Eugène Lapierre, directeur du Masters tennis
Canada. Du côté des gars, on ne se gêne pas. Oui, ce sont
de beaux gars. Ça fait partie du spectacle.» (Suite demain)
■ Le
«droit
à la vie privée sur la place publique n’existe pas» – (Suite tome
2 de L'Étau Policier) Revenons de ce côté-ci de l’Atlantique
pour voir comment on fait les choses... à New York. Appétissante,
la Grosse Pomme, cependant il y a des... caméras dedans. Le
chroniqueur Réal Pelletier de La Presse, se basant sur des articles
publiés dans la presse américaine, nous avise, en janvier 1999, que
«la fameuse toile que tissait Orwell prend tranquillement forme
et les défenseurs des libertés en Occident tardent à réagir».
(Réal Pelletier – La Presse du 3 janvier
1999) (George Orwell – 1984 –
Éditions Gallimard)
Il mentionne le cas de
cette grande Cité, où la plus importante association de défense
des libertés civiles de ce pays, l’American Civil Liberties Union
(ACLU), dénonce l’imposant réseau de caméras installées par
celle-ci dans les lieux publics. En ce début de 1999, on en avait
dénombrées 2 380, chiffre jugé conservateur, fait observer le
journaliste. Le secteur privé n’est pas en reste puisqu’il en a
installées 2 000.
De toutes ces caméras, près de 2 000 sont fixes,
juchées sur des toits, dans des entrées d’immeubles ou soudées à
des réverbères alors que 400 sont mobiles, munies de zooms
capables de voir au-delà des fenêtres et dans les fonds de cours.
Il cite le directeur de la police new-yorkaise, Howard Safir, qui
affirme que le «droit à la vie privée sur la place
publique n’existe pas».
Dans deux autres de ses
chroniques, le journaliste aborde le cas de la Grande-Bretagne, se
rapporte au Sundy Times de Londres (mars 1999) selon lequel les
Britanniques seraient les champions toutes catégories en matière de
télésurveillance. (Réal Pelletier –
La Presse du 7 mars 1999 et du 11 juin 2000) Ainsi qu’au Los
Angeles Times (juin 2000), qui évalue le nombre de caméras entre 1
et 1,5 million, soit 12 fois plus qu’aux États-Unis. Vestiges de
l’époque Thatcher? s’interroge-t-il.
Ces caméras ont pour
fonction de réduire la criminalité, mais en même temps, elles
procurent plein de renseignements sur les moindres allées et venues
du citoyen,
constituant une atteinte à sa vie privée, signale-t-il. Certaines
peuvent capter quotidiennement son image dans la rue, dans le métro
surtout, au travail, au resto, etc. Dans certaines villes anglaises,
votre photo est prise toutes les cinq minutes par ces appareils.
En septembre 2006, on
pouvait lire dans Cyberpresse que le centre-ville de Middlesbrough,
située dans le nord-est de l’Angleterre, est désormais doté de
sept caméras de vidéosurveillance et d’un haut-parleur. Ainsi,
des employés municipaux peuvent sermonner directement tous
contrevenants aux règlements depuis la centrale, qui est reliée au
commissariat local.
Par exemple, si un citoyen jette un papier sur
le sol, une voix lui demande : «La personne en
blouson vert pourrait-elle ramasser ce qu’elle a jeté?»
Le conseiller municipal Barry Coppinger, qui donne cet exemple pour
en expliquer l’utilité, estime que cela constitue «une espèce
d’humiliation publique, mais signifie que les gens ne
recommenceront plus». D’après lui, les résultats sont
encourageants. En Grande-Bretagne, Middlesbrough est l’une des
villes possédant le réseau le plus dense de caméras de
surveillance.
Au
Canada, le Commissaire fédéral à la protection de la vie privée,
George Radwanski, a intenté, en juin 2002, une poursuite contre la
Gendarmerie
royale du Canada
afin de faire cesser la vidéosurveillance des rues de Kelowna, en
Colombie-Britannique, une pratique autorisée par des autorités
municipales. (Presse canadienne –
La Presse du 22 juin 2002) Il en a contesté la constitutionnalité
devant la Cour suprême de cette province.
«La
vidéo surveillance policière dans les villes est à la mode
(sic),
a-t-il déclaré.
C’est une grave violation de notre droit à la vie privée, et de
notre droit à fréquenter des rues et des endroits publics sans être
systématiquement observés par la police. (…)
Rien
ne prouve que la vidéo surveillance policière permette de prévenir
la criminalité.»
En
juin 2003, le tribunal rend sa décision : le commissaire
Radwanski ne dispose pas des pouvoirs requis pour intenter une telle
poursuite, statue-t-elle. (Presse canadienne –
La Presse du 5 juillet 2003) Ce dernier porte la cause en appel.
Cependant, le mois suivant, Radwanski… quitte sa fonction, et son
successeur, Robert Marleau, abandonne la poursuite : «Bien
que nous nous questionnons toujours sur la présence de caméras de
surveillance (…),
nous croyons que cette poursuite n’est pas une bonne façon
d’utiliser des fonds publics»,
déclare-t-il.
(Suite demain)
PS : Radwanski avait été accusé en justice d'avoir effectué des dépenses injustifiées. Au début de 2009, il a été acquitté. Les accusations de la Gendarmerie royale du Canada avaient-elle été motivées par...l'événement dont je traite plus haut? Radwanski, par ailleurs, a fait du bon boulot lors de son mandat. Par contre, on n'entend pas souvent parler de son successeur Marleau.
News du lundi 22 Décembre 2008
■ Zéro
tolérance – Un film de
Michka Saäl. Elle se pose des
questions : comment se fait-il que malgré études, réformes, police
de quartier, égalité à l'emploi, partenariat, embauche de civils
spécialistes...que les relations entre policiers et groupes
minoritaires restent si mauvaises?
Un
aperçu des témoignages de ce documentaire produit par l'Office
national du film (ONF), organisme canadien. Porter plainte,
mais à qui? Auprès du policier qui le harcèle? Autre témoin : mon
pote à moi, il s'est fait taper par des policiers, a porté plainte,
avait une fracture à la jambe. Au bout de deux ou trois ans, ça
rien donné.
Maurice Chalom, conseiller en relations
interculturelles, Service de police de la ville de Montréal (SPVM) :
Une voie de fait commise par un policier sur un jeune et rien de fait
par la suite, là, ça veut dire qu'on est dans une dictature, que la
police peut faire ce qu'elle veut. Je peux pas accepter ça. Les
témoignages que vous me donnez aujourd'hui, je les ai entendu il y a
12 ans dans d'autres secteurs.
Autre intervenant...
Certains flics (NDLR : flics en uniformes) sont corrects, mais
d'autres (NDLR : en uniforme) nous font sentir qu'ils ont le pouvoir
parce qu'ils ont la loi de leur côté. Un travailleur de rue...Je
pense qu'ils ont une autre préoccupation que d'améliorer le
système. Le jour où je vais ouvrir mon journal et apprendre que 3
policiers ont été suspendus de façon définitive pour cause de
mauvais traitements physiques ou pour racisme à l'égard de l'un de
leur collègue Noir, le jour où je vais lire ça, je vais me dire :
là, il se passe de quoi.
Zéro
tolérance (01H16)
PS : Encore une fois,
l'éternel problème : on ne traite que de la police en uniforme. Les
témoins semblent ignorer l'existence de la police en civil. Si celle
portant l'uniforme peut se permettre tout ce qu'on y décrit, et au
grand jour, imaginez ce qui doit se passer dans le sous-sol, là où
sévit celle en civil, qui est assurée de l'impunité absolue...
■ Un
détecteur de mensonge... pour le téléphone – Au
Royaume-Uni, c'est Tony Blair, du temps où il était premier
ministre, qui en a autorisé l'utilisation dans un projet pilote. Son
successeur Brown compte en généraliser la pratique.
L'objectif :
détecter au téléphone si le citoyen réclamant par exemple une
allocation de logement ment ou pas sur la précarité de sa
situation. C'est un ordi qui décide si le ton de la voix sonne faux.
S'il ment, le fonctionnaire entend un bip dans son écouteur. Lisez
l'article...
PS : La nouvelle techno
aurait été bien utile lorsque Blair a confirmé la présence
d'armes à destruction massive en Irak. Des journalistes auraient pu
l'interroger au téléphone et constater aux nombreux bip-bip-bip-bip
qu'il mentait effrontément. Bon, ils auront tout de même l'occasion
de se reprendre avec Brown et n'importe quel autre élu.
■ Infantiliser la femme pour mieux la dominer – (Suite tome
3 de L'Étau Policier) La journaliste Nathalie Petrowsky de La
Presse soulève un autre point de vu. (Nathalie Petrowsky –
La Presse du 16 mars 1999) Elle accuse les mouvements de femmes de
verser plus facilement dans la victimisation que dans la
responsabilisation. Porter plainte, écrit-elle, c’est inviter les
femmes à réagir après le fait, plutôt qu’avant. Or, après,
c’est toujours tard. Avant par contre, c’est encore le temps de
sauver sa peau.
Si les mouvements de femmes avaient vraiment à
coeur la cause de leurs congénères, avant de les inviter à porter
plainte, elles les inviteraient à se protéger, à faire attention,
à ne pas suivre n’importe quel imbécile dans sa chambre, leur
suggère-elle.
Lise Lacoursière, dans
une lettre publiée dans ce quotidien, aborde également cet aspect.
(Lise Lacoursière –
La Presse du 17 mars 1999) S’adressant à la “victime”,
Lacoursière exprime l’opinion qu’elle avait aussi une part de
responsabilité. «À
vingt ans, on doit être apte à juger nos actes et être conséquente
avec ceux-ci. Que faisiez-vous dans la chambre de M. Rozon?
Pensiez-vous réellement que la conversation se limiterait au
“contrat”? Voyons, mademoiselle!» Sans excuser le geste de Rozon, Lacoursière estime que la croupière
aurait du rester derrière sa table de black jack.
Tout comme Petrowsky et
Lacoursière reconnaissons que monter dans la chambre, ou
l’automobile, d’un gars un peu grisé ou soûl comporte certains
risques. Des règles de sécurité s’imposent, si l’on veut
éviter les accidents. Ce qui n’exclue pas, remarquez bien, la
responsabilité du conducteur. On peut se demander également
pourquoi ces groupuscules féministes partisans de «l’approche
concentrationnaire» n’ajoutent pas le volet
prévention à leur discours idéologique.
La réponse est toute
simple : cela entrouvre la porte à une certaine autonomie de celles
qu’elles disent vouloir protéger. Ces féministes risqueraient
d’éroder l’emprise psychologique qu’elles exercent sur la
femme, la population et le pouvoir. Perdraient d’autant de belles
occasions d’intervenir sur la place publique pour imposer leurs
diktats à toute la société.
Autrement dit, et à la limite,
elles n’auraient plus leur raison d’être, la femme devenant
autonome, en tout cas en cette matière. À l’image du pouvoir et
de la police, elles usent et abusent du discours de la peur pour
dominer la femme. Appelons cela de l’infantilisation.
La
philosophe française Élisabeth Badinter, auteur du livre Fausse
Route, déplore la radicalisation du féminisme en Amérique du Nord.
Dans une entrevue accordée à Katia Chapoutier de La Presse, elle
dit qu’elles ont commencé à dévier de leurs objectifs principaux
lorsqu’elles se sont focalisées sur la femme victime sexuelle de
l’homme. (Katia Chapoutier –
La Presse du 14 juin 2003) «En
étendant constamment le champ des violences sexuelles, et en
appelant à une répression toujours plus grande de la sexualité
masculine, elles ont tracé l’image de la femme victime, une enfant
(sic) impuissante,
et en creux, celle de l’homme bourreau ».
La
journaliste lui a demandé en quoi cela est-il si dangereux. «Le
séparatisme,
a-t-elle répondu.
Ce
que je trouve le plus dangereux, c’est la représentation de
l’homme comme le prédateur, exploiteur, agresseur.
C’est un discours constamment tenu. L’oppression des femmes étant
ancrée selon elles
(les féministes radicales) dans
la sexualité, la représentation qui se dégage des hommes est une
caricature du genre masculin qui implique évidemment une séparation
des sexes. L’homme est l’ennemi de la femme. C’est incompatible
avec mon propre féminisme.» Désignons
la tactique de son nom véritable : diviser pour mieux régner.
Le
pouvoir subventionne ces groupes féministes. On peut penser qu’il
doit veiller à y placer des femmes fidèles à son orthodoxie ou à
tout le moins refuser de subventionner les groupements qui, rejetant
son paternalisme débilitant, promeuvent plutôt une approche
responsabilisant la femme. C’est de cette façon qu’il procède
au sein des organismes communautaires sans but lucratif, on l’a vu.
Sans
doute serait-il instructif de tracer le profil psychosocial des
dirigeantes de ces mouvements de femmes. D’autres questions valent
d’être soulevées. Ainsi, quelle
est la représentativité de ces groupuscules
: coquilles vides, à moitié vides, ou pleines? Quel pourcentage des
membres de ceux-ci participe aux élections de leur exécutif?
Des
policières en civil et des fanatiques de la police, de l’ordre et
du conformisme s’y sont-elles infiltrées? Combien d’irréductibles
catholiques s’y sont-elles faites également une niche? Les
féministes tolérantes y ont-elles droit de cité?
(Suite demain)
■ La
surveillance a commencé bien avant le 11-9-01 – (Suite tome
2 de L'Étau Policier) Et en France, est-ce du pareille au même?
C’est fort probablement pire qu’au Canada. Roché se demande
même, un brin ironique (Sebastian Roché –
Insécurité et libertés – Édition du
Seuil) : «Comment l’insécurité urbaine est-elle possible,
quand nous sommes si bien observés?»
Des voix se font entendre
pour dire qu’Orwell n’est pas du passé, un contrôle social
diffus mais efficace menaçant les libertés individuelles est
annoncé, rapporte-t-il. La surveillance y est omniprésente. Il dit
que la technologie de l’informatique a permis de répertorier les
individus. Dans ce pays d’ailleurs, le fichage commence dès la
naissance.
Suivons le guide... À la
maternité, le bébé est inscrit au répertoire de l’INSEE –
il gardera son numéro d’identification toute sa vie, la Sécurité
sociale et l’employeur l’exigeront, signale Roché –
et au fichier de l’état civil. À l’école, on constitue un
dossier scolaire tandis que «la
direction des affaires sanitaires et sociale fiche les enfants et les
familles à risques».
Puis, c’est le fichier du service national, du permis de conduire,
des assurances, de la taxe d’habitation, du fisc, des services
commerciaux, de gestion du personnel, etc.
Et grâce aux cartes de
crédit, on peut suivre les usagers dans le moindre de leurs
déplacements –
retrait d’argent, achat, déjeuner, plein d’essence, péage, etc.
–,
connaître leur niveau de vie, leur style de consommation, le lieu de
leurs vacances. De
plus, des millions de Français sont fichés à leur insu par la
police à l’occasion d’un contrôle d’identité.
D’après Hamon et
Marchand, toutes sortes de renseignements sont stockées dans le
fichier central informatisé des polices françaises. (Alain Hamon et
Jean-Charles Marchand – P...comme police
– Éditions Alain Moreau) Ceux relatifs
aux activités des criminels, bien sûr, mais également des
renseignements d'hommes publics et de citoyens sur les origines
raciales, opinions politiques, philosophiques, religieuses,
syndicales, les moyens d’existence, les fréquentations, la
propension à la boisson, etc.
Des renseignements sont collectés
grâce aux voisins, aux concierges, aux employeurs ou à l'occasion
de démarches administratives ou de contrôles d'identité. Et
le fichier central est constamment enrichi de renseignements frais.
Pour l'ensemble du territoire français, à titre d'exemple, Hamon et
Marchand évaluent le nombre de fiches entre 200 et 250 millions.
Est-ce tout? Non.
Roché nous apprend aussi
qu’au pays de la liberté-égalité-fraternité, des maires ont
mis toute leur commune en cartes, comme à Dinan, avant que la
Commission nationale informatique et liberté (CNIL) ne les fasse
détruire. (Sebastian Roché – Insécurité
et libertés – Édition du Seuil)
L’Office HLM de la Ville de Paris a été assigné en justice
pour avoir demandé à ses gardiens d’immeubles de compiler des
informations concernant la tenue et la moralité des locataires.
En 1992, le maire de Lambersart, commune de la banlieue de Lille, a
décidé de mettre ses habitants sous la surveillance permanente de
quinze caméras reliées au commissariat. (Roché cite Le Canard
enchaîné du 11 mars 1992) En 1993, la commune de Levallois-Perret
en installait une centaine, toutes exploitées par la police
municipale.
Tout cela était opérationnel bien avant les actes
terroristes de septembre 2001, aux États-Unis, et une bonne partie
de tout ce qui suit aussi. (Suite demain)
News du dimanche 21 Décembre 2008
■ Noël
est tout proche – Les
maisons illuminées le soir ajoutent un
peu de gaieté dans les rues inanimées des villages et
banlieues.
Durant les fêtes, une
pièce est de mise
Bien que les messies, on
n'en veuille plus
il en est un qu'on aime,
celui d'Händel : Hallelujah
(04:18)
■ Vous
voulez spéculer sur le marché boursier? – Rien
de plus simple. Dans une vidéo (04:30), on va vous expliquer comment
procéder. Vous ne comprendrez rien du charabia de l'expert que vous
entendrez. Pas grave, puisqu'il s'agit d'une parodie d'un groupe
d'humoristes français, les Inconnus. Alors, ici, faut pas
s'inquiéter, faut
rigoler.
■ «ici,
ça va? Là, je peux?» – (Suite tome
3 de L'Étau Policier) La journaliste Lysianne Gagnon de La
Presse donne l’heure juste dans l’affaire Rozon. (Lysianne Gagnon
– La Presse du 4 mars 1999) La victime
l’a accompagné à sa chambre au beau milieu d’un party
d’humoristes où l’alcool et diverses drogues circulaient
abondamment.
Il n’y a pas eu
viol, bien que ce mot ait disparu du vocabulaire juridique canadien
au profit de l’expression «agression sexuelle»
qui, dénonce-t-elle, recouvre n’importe quoi, du baiser volé et
de la main baladeuse à la pénétration anale forcée accompagnée
de menaces de mort. (NDLR : Mesure extrémiste que nous
devons au gouvernement conservateur de Brian Mulrony.)
«M. Rozon
s’est peut-être conduit en goujat, mais enfin, fait-elle
remarquer, rares sont les femmes, dans notre société permissive,
à qui le même genre d’aventure n’est pas arrivé. C’est fort
désagréable, mais en général, on n’en garde pas un traumatisme
impérissable.»
Elle estime que Rozon a largement payé son du.
Il a été arrêté, photographié menottes aux poings, sa réputation
démolie, sa carrière considérablement entravée. Elle dit que la
punition doit correspondre au crime. «Dans ce cas-ci, elle a été
démesurée.»
Selon elle, la même
clémence devrait s’appliquer à nombre d’autres soi-disant
«criminels»
dont la faute ne mérite pas un dossier judiciaire à vie. La
journaliste est d’avis que les jugements en matière sexuelle de la
Cour suprême du Canada (mais hélas ! ils reflètent la lettre de
la loi, ajoute-t-elle) sont «de
plus en plus surréalistes».
Évoque le cas de Steve
Ewanchuk, qui
n’a pas violé sa victime.
Avant qu’il tente, geste à l’appui, d’avoir une relation
sexuelle, la victime lui avait massé le dos et s’était laissée
masser par lui. Par la suite, elle avait quitté les lieux librement.
Dans ce cas, la Cour suprême a annulé deux verdicts d’acquittement
rendues par des tribunaux antérieurs.
Elle mentionne aussi
celui de l’Ontarien Franklin Brooks jugé coupable d’agression
sexuelle et condamné à 22 mois de prison. Qu’avait-il fait
exactement? Après une soirée bien arrosée, la “victime” l’a
invité à dormir chez elle, dans son propre lit, un lit simple,
note la journaliste. Elle s’est dévêtue devant lui et ils se
sont endormis enlacés.
Au cours de la nuit, elle s’est
réveillée et rendue compte que son compagnon voulait aller plus
loin. Au moment de partir, il avait glissé sa main sous sa blouse
pendant un baiser passionné. Elle avait repoussé sa main, les deux
s’étaient quitté bons amis. Ce sont ses parents qui ont intenté
la poursuite, après qu’elle leur eut raconté le drame…
Si Ewanchuk risque dix
ans de prison pour des avances non désirées, que faire des vrais
violeurs? s’interroge la journaliste. Les emprisonner à vie? Mais
alors, que faire des meurtriers? Ramener la peine de mort?
Elle qualifie de grave le fait que la Cour suprême confirme la
constitutionnalité d’une
loi confondant viol et attouchement, forçant de plus l’accusé à
faire la preuve de son innocence alors que dans notre système
juridique ce fardeau relève de l’accusateur.
Elle met en évidence le
ridicule de la situation, l’obligation de demander l’autorisation
à chaque étape de la conquête sexuelle : «ici,
ça va? Là, je peux?
(…) Devant
les tribunaux canadiens, qui ne dit mot ne consent pas. Il ne manque
plus que le formulaire officiel du contrat d’accouplement», conclut-elle. Renchérissons à ses propos, ne prenons pas de
chances, suggérons plutôt la présence d’un témoin assermenté,
préférablement une féministe radicale pour plus de sûreté.
Dans un autre article où
elle traite de «l’idéologie des droits : le nouveau visage du
Canada», la journaliste écrit que le féminisme a eu d’autant
plus d’impact qu’il s’est parfois conjugué, notamment dans les
jugements de l’érotisme et/ou la pornographie, au courant
traditionnel du puritanisme. (Lysianne Gagnon –
La Presse du 28 août 1999) L’un des derniers jugements de la Cour
suprême, celui de l’affaire Ewanchuk, se lit comme un communiqué,
pas particulièrement subtil, fait-elle observer, d’une
organisation féministe des années 1970.
Selon Me Jean-Claude
Hébert, un criminaliste québécois, «(...) l’envoi
au goulag de tous les agresseurs sexuels confondus relève davantage
de l’approche concentrationnaire que de la réprobation sociale ».
(Me Jean-Claude Hébert – La Presse du 19
mars 1999) Il répliquait en ces termes à Thérèse Mailloux, alors
présidente par intérim du Conseil québécois du statut de la
femme, qui, dans la foulée de l’affaire Rozon, proposait de gommer
le pouvoir de discrétion du tribunal lors de l’imposition d’une
sentence. (Me Hébert cite Le Devoir du 16 mars 1999)
Il considère comme
fondamental ce principe d’équité, d’ailleurs gravé dans le
Code criminel. «La liberté est trop précieuse pour
que l’État puisse y porter atteinte par des lois d’exception et
des régimes d’exclusion. Aussi faillible que puisse être la
justice administrée (au cas par cas) (...),
mieux vaut l’imperfection de la discrétion mal administrée que le
caractère autoritaire et inflexible d’une loi d’airain appliquée
d’office, écrit-il. Dans un cas, l’erreur
manifeste peut être corrigée ; pas dans l’autre cas.»
(Suite demain)
■ La
police
échappe toujours à l'évaluation externe – (Suite tome
2 de L'Étau Policier) Laperrière et Patenaude se disaient
d’avis, en 1994, que c’est la diffusion incontrôlée des
renseignements personnels qui pose les menaces les plus grandes à la
protection de la vie privée. (Traité des problèmes sociaux –
Institut québécois de recherche sur la culture –
Ouvrage collectif sous la direction de Fernand Dumont, Simon Langlois
et Yves Martin, 1 164 pages, 1994)
Ils mentionnaient le cas
du secteur public où on ne compte plus les exceptions législatives
permettant aux administrations de se dispenser du consentement des
individus pour diffuser des renseignements personnels à leur sujet,
ou pour en collecter auprès de tiers à l’insu des personnes
concernées et sans garantie de fiabilité.
Ils s’inquiétaient
du fait que les législations, au lieu de restreindre, encadrent et
même officialisent la prolifération des moyens de surveillance
étatique et quelquefois privée.
Voyons ce qu’en pense
Laplante. (Laurent Laplante –
La police et les valeurs démocratiques –
Institut québécois de recherche sur la culture) Il estime que la
curiosité policière doit s'arrêter quelque part et respecter
certaines limites. S'il
fallait que la police lance à tous vents les informations qu'elle
possède sur chacun de nous, l'existence se déroulerait sous le
signe de la suspicion et de l'insécurité.
Le laconisme policier peut aussi constituer une épée de Damoclès.
Lui aussi doit avoir des limites. Reste à savoir comment et où les
établir.
Attendre pour stocker
l'information que le crime soit commis, c'est augmenter les risques
que court la société, stériliser d'avance d'innombrables enquêtes,
faire le jeu des criminels, analyse-t-il. En revanche, n'est-ce pas
nier la présomption d'innocence que de recueillir de l'information
sur celui qui n'a encore rien fait? se demande Laplante.
Où
s'arrête la curiosité légitime et féconde? Où
commence la curiosité morbide et illégale? Laplante
met notamment en relief le danger qu’il y a de systématiser le
soupçon, de faire déboucher le souci d'être renseigné sur la
recherche boulimique d'informations par nature confidentielle et qui
devrait le rester.
Il
raconte que, dans le passé, des non policiers ont eu l’occasion de
compulser des renseignements recueillis par des services policiers.
D’abord en 1976, quand le Centre québécois d’analyse et de
documentation a été démembré. Ils ont constaté que cueillette,
classification et analyse des renseignements étaient, au mieux,
nébuleux. Au point où ils hésitaient entre le rire et la
dépression.
Ensuite en 1981, quand la Commission Keable a déposé
son rapport sur des opérations policières en territoire québécois.
Cette fois, c’était plus sérieux, rapporte Laplante : les
renseignements comportaient de flagrantes omissions et de nombreuses
inexactitudes.
Même si celui qui
examine les dossiers policiers n'est jamais certain qu'on lui a tout
montré, Laplante ajoute que laissés à eux-mêmes, les services
policiers ont plus d'appétit pour l'information que de discernement
pour la trier. Plusieurs
des traditions policières échappent toujours à l'évaluation
externe,
signale-t-il avec justesse.
Nul ne sait de science certaine si la
police détruit vraiment les renseignements, empreintes digitales
comprises, obtenus dans une enquête aboutissant à un non-lieu. On
ne parvient pas non plus à une certitude rassurante au sujet des
informations que transmet le public et qui ne se rattachent pourtant
à aucun crime. «Sont-elles
scrupuleusement détruites ou survivent-elles au cas où?»,
se demande-t-il.
Dans les milieux
policiers, estime-t-il, on ne semble pas savoir quels renseignements
sont vraiment pertinents, ce qui indique, à son avis, une carence en
formation technique. On semble aussi ignorer que certaines
informations ne doivent pas être recueillies, là, c'est la
formation éthique des policiers qui suscite l'inquiétude.
Voilà
qui devrait alerter l'autorité hiérarchique, mais plus encore le
pouvoir civil, sur le fait que les policiers ignorent ou, pire
encore, choisissent d'ignorer les limites imposées par la Loi aux
intrusions policières. Il y a là atteinte aux libertés
fondamentales, juge Laplante.
Celui-ci ayant publié son livre
avant le lancement du concept de la pseudo police communautaire et de
son maître mot panzer, la prévention, il serait intéressant de
savoir ce qu’il en pense aujourd’hui. (Suite demain)
News du samedi 20 Décembre 2008
■ Québec
: film sur Dédé, sortie en mars 09 – Reste
à voir s'il sera à la hauteur. Sur la bande
annonce, en tout cas, ç'a l'air à brasser par mal fort. Ce qui
était dans la nature de ce jeune homme exceptionnel. Oui,
exceptionnel.
Qui était Dédé? Pour
ceux ne l'ayant pas connu, voir plus bas l'extrait du tome 3
de L'Étau Policier, mercredi 17 décembre, titre : Le suicide de
Dédé Fortin.
■ Canada-crise
: confirmation de déficits successifs... – ...totalisant
au moins 30 milliards.
Deux autres médias le
démontrant :
d'abord radio-canada.ca
– ensuite ledevoir.ca
La belle promesse
électorale de surplus budgétaires d'Harper
s'est volatilisée.
Fallait pas dire la vérité tout de suite
fallait attendre d'être
élu... Manipulation extrême.
■ Desserrons
sa ceinture... – ...Élodie
Frégé : clip (03:25). PS
: J'assume ma responsabilité de contrôle parental : interdit
aux Fd'I et CdC de Lac Bouchette.
■ Canada-crise
: 4 déficits successifs totalisant 30 milliards? – Le
ministre conservateur des Finances, Jim Flaherty, a déclaré
mercredi que le gouvernement fédéral va accuser un déficit
budgétaire au cours de l'exercice financier 2009-2010. Le ministre
en a fait l'annonce, sans donner de chiffres, à l'issue d'un sommet
avec ses homologues des provinces, à Saskatoon. Mais selon les
prévisions de son ministère, ce déficit devrait être de l'ordre
de 5,9 milliards de dollars.
Le
16 septembre dernier, en pleine campagne électorale, Stephen Harper
s'était engagé à ne pas plonger le pays dans l'ornière des
déficits si son parti était réélu le 14 octobre, journée du
vote. (Hugo de Grandpré – La Presse du 16 septembre 2008) Dans
ce même article, il réitérait son engagement à l'effet qu'un
gouvernement conservateur ne ferait pas de déficit s'il était
reporté au pouvoir. Citation d'Harper : «Nous
avons fait des prévisions et nous avons fait notre plateforme pour
assurer que nous
allons avoir des budgets avec des surplus».
PS
: Et le coût de la guerre d'Harper en Afghanistan? Au total, le
chiffre varie entre 18 et 28 milliards. On n'en sait pas plus, faute
de transparence de sa part. Les Canadiens vont devoir se serrer
la ceinture : un clip de Mémo
(05:08).
■ La
perspective du scalpel ou de la corde fait son effet – (Suite tome
3 de L'Étau Policier) Certains auteurs avouent ne pas aimer les
puritains. Cohen est l’un de ceux-là, et ne se gêne pas
d’ailleurs à les qualifier de décadents : à cause du coût
social du puritanisme, explique-t-il. (Bernard Cohen –
Tu ne jouiras point : Le retour des
puritains – Éditions Albin Michel)
Remarque pertinente de Cohen.
Combien nous coûte en
effet le puritanisme, individuellement et collectivement, ainsi
qu’économiquement? À combien peut-on chiffrer aussi le coût
de certains petits bonheurs de la vie dont des citoyens sont privés
par ces donneurs de leçons que sont le pouvoir, sa police et ses
collabos?
Cohen regrette aussi la
transformation du féminisme militant en force de l'ordre moral. Il
dit qu’il ne faut pas craindre de dénoncer le terrorisme
idéologique de certaines féministes accréditant la thèse de la
femme systématiquement agressée, méprisée, déconsidérée et
victime de l’oppression masculine. Le discours axé sur le sexe
n’aide en rien les centaines de milliers de femmes, pour la plupart
venant des milieux défavorisée, qui sont notamment victimes
d’iniquité.
Nos politiciens ont
une peur bleue des pures et dures de la droite féministe du Québec.
Il n’y a rien qu’ils ne redoutent autant que d’être émasculés
ou lynchés symboliquement par elles sur la place publique. Cela
explique pourquoi elles l’emportent presque toujours dans leurs
revendications. Ils en ont à ce point peur qu’ils ont créé le
Conseil du statut de la femme.
Elles agissent désormais
en catimini, car aujourd’hui elles fonctionnent comme les
lobbyistes. La perspective du scalpel ou de la corde fait
généralement son effet. Elles profitent également de la lassitude
et du manque de militantisme de la majorité silencieuse, de sa
propension historique à se soumettre sans mot dire à leurs diktats.
Reconnaissons que c’est un discours dont s’accommodent très
bien les élus de droite, tous sexes confondus.
En matière sexuelle, le
Canada est en train de devenir aussi pire que les États-Unis.
L’affaire Gilbert Rozon, idéateur du Festival Juste pour rire, le
démontre assez bien. L’absolution inconditionnelle que lui a
accordé le juge Pierre Béliveau, en mars 1999, a soulevé beaucoup
de vagues. Rozon, on s’en souvient, a avoué avoir “assailli”
(pas violée) une jeune croupière de casino. Il a été condamné à
une amende et des travaux compensatoires. Comme ce jugement
l’empêchait d’entrer aux États-Unis où il doit souvent
travailler, il a demandé et obtenu de la Cour l’absolution
inconditionnelle.
Cette décision a suscité des interventions
politiques de la part des représentantes d’une quinzaine de
groupes de femmes de droite. Elles ont demandé au
politique de faire pression sur le procureur en chef de la Couronne,
à Longueuil, Me Michel Breton, pour qu’il interjette appel.
(Rollande Parent, Presse canadienne –
La Presse du 13 mars 1999)
Elles
ont en effet plaidé leur cause auprès de la ministre péquiste de
la Justice et ministre... de la Condition féminine, Linda Goupil.
D’après
une dépêche de la Presse canadienne, ces groupes de femmes n’ont
rien épargné pour convaincre la Justice d’en appeler. (Presse
canadienne –
La Presse du 23 mars 1999)
Michèle Roy,
porte-parole du Centre d’aide et de lutte contre les agressions à
caractère sexuel a déclaré, en conférence de presse, que
l’intérêt public est en jeu à cause «du
message qu’envoie le jugement de la Cour supérieure à la société
par rapport à la violence faite aux femmes et aux agressions
sexuelles.
(...) À
partir du moment où cet homme reconnaît un crime, au minimum qu’il
ait un casier judiciaire.»
Finalement, la ministre
Goupil décide de ne pas contester la décision du juge (Martin
Pelchat – La Presse du 23 mars 1999)
: «J’aurais bien souhaité (sic),
mais il n’y en avait pas (de motif ). (…) Ma
responsabilité ministérielle m’oblige à ne prendre une décision
qu’en fonction de la règle de droit, dit-elle. Aucune
pression sociale ou politique ne doit entraver cette décision.»
La présidente de la
Fédération des femmes du Québec, Françoise David, et Michelle
Roy, du Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte
contre les agressions à caractère sexuel, entre autres
intervenantes, n’avait pas l’air satisfait de la décision de la
ministre. (Presse canadienne – La Presse
du 23 mars 1999)
Cela se voit du reste sur la photo publiée dans La
Presse (photographe Alain Roberge – La
Presse) : David a la mine déconfite, de même que
Marie-Hélène Houle, dont on ignore l’organisme auquel elle
appartient, et Roy, qui s’adresse à un journaliste. Par contre,
d’autres femmes oeuvrant au sein de groupes d’aide se disaient
«déçues mais non catastrophées».
(Suite demain)
■ En
Occident, Big
Brother, c'est la police, pas l'État – (Suite tome
2 de L'Étau Policier) En avril 2000, Comeau démissionne de la
présidence de la CAIQ, poste qu’il occupait depuis octobre 1990.
Le journaliste Normand Delisle de la Presse canadienne signale
qu’aucune raison n’a été invoquée pour expliquer son départ,
qu’il qualifie de brusque. (Normand Delisle, la Presse canadienne –
La Presse du 13 avril 2000)
Il signale que
l’organisme a connu, depuis 1998, plusieurs soubresauts importants.
Outre l’enquête qu’il a effectuée sur des fuites de
renseignements confidentiels survenues au ministère (péquiste) du
Revenu, enquête qui devait avorter, le journaliste cite d’autres
entorses à la loi.
En 1997, un employé de la CAIQ avait révélé
que des renseignements personnels et confidentiels pouvaient être
obtenus contre rémunération par certaines agences privées (NDLR :
Agences de sécurité ?). Pour des sommes variant entre 40 et
200$, n’importe qui pouvait se procurer le rapport d’impôt, le
dossier de santé ou le dossier de police de n’importe quel citoyen
québécois.
Nécessaire
de savoir aussi qu’en vertu de la Loi québécoise sur la
protection des renseignements personnels dans le secteur privé, les
entreprise peuvent communiquer le dossier d’un employé sans
obtenir le consentement de celui-ci. (Voir le dépliant La loi sur la
protection des renseignements personnels dans le secteur privé ; La
vie privée, ça se respecte ! –
Gouvernement du Québec) Notamment à une personne chargée de
prévenir, détecter ou réprimer le crime. Quand
on sait que la police veut tout savoir sur chacun des citoyens, rien
ne garantit qu’elle n’intervient que pour ces seuls motifs.
Juillet 2000, Me Jennifer
Stoddard, nommée par le gouvernement, succède à Comeau à la
présidence de la CAIQ. Le journaliste Pierre April de la Presse
canadienne rapporte ses propos (Pierre April, Presse canadienne –
La Presse du 20 juillet 2000) : «Je tiens mon mandat et les
prérogatives de mes fonctions de la loi et des grands principes
constitutionnels sur les droits fondamentaux des Québécois et
lorsque j’aurai de bonnes raisons, après étude, de croire que le
droit à la vie privée est mis en péril par une initiative privée
ou publique, je n’hésiterai pas à intervenir.»
Elle affirme qu’elle
participera au besoin à un débat public qui le remettrait en cause.
Se dit prête à exercer son droit de parole pour rassurer les gens :
«Je suis très ouverte à une telle idée. Je pense qu’ils
protègent leurs droits dans la mesure où ils sont informés sur la
façon de le faire. À l’ère des technologies avancées, il
devient de moins en moins évident pour le commun des mortels de
savoir comment protéger sa vie privée.»
Revenons aux mégabanques
policières, car elles sont autrement plus menaçantes pour les
droits et libertés des citoyens. Car,
d’après mon enquête de six années et demi dans l’underground
policier, Big
Brother et Big Sister, c’est surtout la police en civil, ce n’est
pas un gouvernement, fédéral ou provincial.
Certes,
dans un État autoritaire, ou une province, le pouvoir utilise ses
lois et sa police pour opprimer le citoyen. Cependant, les
renseignements qu’il accumule ne portent que sur ses relations avec
celui-ci, ce qui est déjà beaucoup remarquez bien, mais bien peu
comparer à ce que la police en civil, ses collabos et les agents et
agentes de sécurité en civil soutirent quotidiennement du citoyen :
chaque corps policier possède sa mégabanque, qu’il actualise au
jour le jour.
En
plus d’avoir accès aux renseignements que l’État détient sur
chacun, la police en civil va en chercher d’autres sur le terrain
qu’on ne retrouvent pas dans les mégabanques gouvernementales.
Mieux outillée que l’État, elle pénètre au fin fond de
l’intimité du citoyen. Bref, elle en sait considérablement plus
sur celui-ci que l’État.
Au
fait, combien de renseignements détient-elle sur chacun des
Québécois? Connaissant sa boulimie, le nombre doit être largement
supérieur, très largement… aux 2 000 que la mégabanque
fédérale du DRHC contenait sur chacun des Canadiens.
Pourquoi épier la
population? Pour répondre à cette question, référons-nous à un
document de l’ex-Communauté urbaine de Montréal publié en 1996
(La Police de quartier –
Ensemble pour mieux servir –
Communauté urbaine de Montréal et Police de la CUM, 1996) : le rôle
de la police de quartier est de «définir
le profil de chaque quartier, les particularités locales et les
caractéristiques de la population».
Un autre extrait mérite
une citation en règle : «L’élément
fondamental dans le fonctionnement même d’une organisation
policière est de connaître le territoire desservi, connaître les
gens qui y vivent, comment ils pensent (sic) et
être en relation avec eux quotidiennement (NDLR :
et être habillé en civil)».
Les nombreux contacts que les policiers établissent avec les
citoyens créent inévitablement un sentiment de confiance mutuelle,
«propice
à l’échange d’informations»,
condition de base pour la réalisation des nombreuses activités
policières...
En 1997, un enquêteur de
la Commission d’accès à l’information du Québec ( CAIQ ),
Bernard Dionne, s’est intéressé au mégafichier du Centre de
renseignements des policiers du Québec (CRPQ) (André Noël –
La Presse du 17 décembre 2000) Qu’a-t-il trouvé? «(…) des
renseignements nominatifs sur les plaignants, témoins pertinents,
suspects, victimes, prévenus, les bien volés, le contrôle des
armes à feu, les permis d’alcool, permis des agences de sécurité,
etc. Le CRPQ contient environ six millions de dossiers», notait
Dionne. En 1996, on y avait dénombré 61 millions de transactions et
consultations.
Ici, se pose la question
à savoir si Dionne a eu le temps de tout voir. Analyser le contenu
d’une mégabanque ne peut être le job d’un seul homme et une
affaire de quelques semaines ou mois. Ce devrait faire l’objet
d’une surveillance continuelle. Se pose aussi celle à savoir si on
lui a tout montré. On peut en douter, et fortement.
Des auteurs
ont déjà signalé la réticence des responsables de ces mégabanques
à s’ouvrir aux enquêteurs. Dionne avait-il annoncé sa visite
quelques jours auparavant? Si oui, ça problématise davantage la situation. (Suite demain)
News du vendredi 19 Décembre 2008
■ La
drogue en France : une approche humanitaire? – Roselyne
Bachelot, Ministre française de la Santé, veut apprendre aux
toxicomanes à se droguer correctement, afin de réduire les risques.
Lisez l'article sur come4news.
PS
: Osez Bachelot! Sans la répression débile, le sida et l'hépatite
ne se seraient jamais développés aussi rapidement : le pape ne fait
pas mieux en interdisant le condom. Sans la répression débile, il
n'y aurait jamais eu autant de morts. Un vrai charnier! Faudra bien
un jour ouvrir ce dossier, pointer
du doigt l'extrême droite policière,
notamment.
J'en traite longuement dans le tome
3 de L'Étau Policier.
Alors, je sais de quoi je parle. Ce chapitre de mon livre sera publié
bientôt sur mon site.
■ 60 pays demandent la dépénalisation de l'homosexualité – Le
terme englobe, outre homosexuels et lesbiennes, les transgenres et
transsexuels. Navi
Pillay, la Haut commissaire des Nations Unies aux droits de
l'homme, a dit déplorer que trop de pays continuent de criminaliser
les relations sexuelles entre adultes consentants de même sexe.
Ils doivent être traités
de la même manière que tout le monde. L'idée que tous les êtres
humains sont égaux mais que certains sont plus égaux que d'autres
n'est pas acceptable.
Elle a rappelé que 10
États ont toujours des lois punissant de mort toute activité
homosexuelle. Nombre de ces lois, comme celles de l'apartheid (en
Afrique du Sud) qui criminalisaient les relations sexuelles entre
adultes consentants de races différentes, sont des reliques d'un
passé colonial et considérées de plus en plus comme anachroniques
et en contradiction avec le droit international et les valeurs
traditionnels de dignité, d'inclusion et de respect de tous.
■ L’immense
tragédie de notre société aseptisée à l'os – (Suite tome 3
de L'Étau Policier) Les municipalités rurales ont besoin de petites
rues marchandes, comme il en existe dans les vieux pays. En juillet
2000, le journaliste Jean-Paul Soulié de La Presse revenait de la
région Riviera Côte d’Azur, en France, et nous en mettait plein
la vue et plein la gueule aussi. (Jean-Paul Soulié –
La Presse du 15 juillet 2000)
Parlant des marchés de Provence...
«Ici, pas de
centre commercial pour touristes, comme à Brossard ou Laval, mais
des rues marchandes –
la rue d’Antibes, à Cannes, ou la rue Ménadier. (...)
Mais les marchés
sont beaucoup plus sympa. Les touristes y côtoient les vrais
Provençaux, venus acheter du poisson frais.
(...) À Nice, le
marché en plein air est un régal. Les produits, bien sûr, mais
surtout la bouffe pas chère, un peu partout, surtout chez Thérésa.
Pas n’importe qui, la dame. Et du vocabulaire. Elle vous vend pour
presque rien, et ils sont gros, ses “pan bagna”, un gros sandwich
rond
(...).»
Évidemment,
ces Provençaux sont favorisés par le climat exceptionnel, la
proximité de la Méditerranée, par l’histoire et la culture
aussi, autrement plus riches qu’ici. En outre, ce coin de pays est
densément peuplé et très fréquenté par les touristes. En France,
ce genre d’endroits conviviaux abondent, et pas seulement dans le
Midi.
N’empêche qu’au Québec, on devrait faire preuve de
suffisamment de créativité, surtout dans les petites municipalités
et villages, pour produire autres choses que des centres commerciaux
beiges et des rues commerciales aussi aguichantes qu’une piste de
747.
Pour
Jacobs, le véritable quartier, c’est la rue et son environnement.
(Jane Jacobs –
Déclin et survie des grandes villes américaines –
Éditions Mardaga ) C’est
là que tout se joue. Pas dans le quartier, mais dans la rue, les
petits commerces.
Seul endroit où le citoyen peut tisser des réseaux de bonnes
volontés pour faciliter la vie quotidienne, entretenir la confiance
mutuelle et permettre le recours à autrui en cas de nécessité,
aider à l’insertion des enfants dans une vie citadine où ne
règnent pas l’indifférence et l’intolérance. Jacobs
voit la rue comme un spectacle continuel où bouillonne la vie.
Interprétons son propos : pas la vie stéréotypée marchant les
fesses serrées. Le pouvoir fait tout pour culpabiliser les citoyens
de toutes sortes de manières, en partie probablement parce qu’il
est lui-même rongé par la culpabilité. Pas
cette vie, non, même cent fois non, mais l’autre, la seule et
unique émergeant de l’authenticité, se foutant royalement des
puritains et de leur vision désincarnée de la vie. Comme l’ont
fait les homos, seule façon de rebâtir la vie sociale.
Le
citoyen et la citoyenne ne sont pas des robots. La vie n’est pas
une interminable chaîne de montage du genre de celle que l’on voit
dans le film de Chaplin, Les temps modernes, où comportements,
gestes et tout le reste sont mécanisés. Quand on serre des boulons
à l’année longue, on finit par ne plus savoir pourquoi on le
fait. Elle est là aussi, l’immense tragédie de notre société
aseptisée.
Ceux qui ont vu les films Bienvenue à Pleasantville
ou Show Trumen comprendront les lignes qui précèdent. Quant aux
autres, ils devraient se dépêcher d’en acquérir les
vidéos-cassettes. Ils ne manqueront pas de faire la comparaison
entre la vie caricaturale qu’on y décrit et très probablement la
leur.
Dans
Show
Trumende
Peter Weir, le
personnage principal est le jouet d’une machination inouïe, à
l’image de celle qu’a manigancée le pouvoir à l’encontre des
citoyens, avec son underground policier, ses faux citoyens,
faussement conviviaux, faussement tristounets quand vous n’allez
pas bien, etc.
Un monde invisible que le pouvoir cache à la population. Je n’en
dévoilerai pas le punch, genre d’uppercut qu’on reçoit en plein
sur le nez à la toute fin, pour ne pas priver le lecteur du plaisir
de la découverte.
Sachez
tout de même que, bien qu’on n’y traite pas de la police en
civil, on ne peut éviter d’établir le lien. Et un lien très
solide. Au point où on se demande finalement si ce n’est pas ce
message subliminal que le réalisateur Weir
a voulu transmettre aux cinéphiles.
Le
sociologue Morin a le sentiment qu’il y a corrélation politique
entre la capacité de mentir et la capacité d’opprimer.
(Edgar Morin –
Pour sortir du vingtième siècle –
Éditions Fernand Nathan) Je partage ce sentiment. Les
citoyens se font une image de la police à partir du peu qu’ils
connaissent d’elle : dans l’antiquité, les Grecs croyaient que
la terre était un disque plat.
Quant
au film Bienvenue à
Pleasantville,
le critique cinématographique Marc-André Lussier de La Presse le
résume en une phrase : «Le
réalisateur Gary Ross fait un beau pied de nez à tous ces gens de
droite obsédés par le retour aux valeurs traditionnelles de
l’Amérique».
(Marc-André Lussier –
La Presse du 24 octobre 1998)
Le contexte du film, sorti en octobre
1998 : deux ados délurés et libérés, frère et soeur, qui se
retrouvent subitement dans les années 1950, à Pleasantville, petite
municipalité de banlieue où les stéréotypes règnent en maître,
et... tout est encore en noir et blanc, comme à la télé de
l’époque. Nos deux jeunes voyageurs dans le temps y colorent
rapidement moeurs et paysages, mettent tous ses habitants à l’heure
des années 1990.
Ross
s’attaque, sans avoir l’air de le faire, à des thèmes
d’actualité, qu’énumère Lussier : intolérance, paranoïa,
délation et répression sexuelle. À chaque fois que nos voyageurs
“contaminent” les moeurs d’un habitant de Pleasantville,
celui-ci et son environnement passent du noir et blanc à la
quadrichromie.
Lussier
dit que Ross fait preuve d’un humour formidable, relate cette scène
où notre ménagère momifiée de ces années-là, seule dans sa
baignoire, découvre, pour la première fois, semble-t-il, le plaisir
sexuel. Son visage, en noir et blanc, se colore peu à peu... de même
que la pièce qu’elle occupe.
(Suite demain)
■ Le
mégafichier du gouvernement péquiste – (Suite tome
2 de L'Étau Policier) Et qu’en était-il aussi du mégafichier
que le gouvernement péquiste avait entrepris de créer?
Rappelons
qu’au milieu des années 1990, le directeur du bureau de l’état
civil, Me Guy Lavigne, avait été mandaté par Québec pour réunir
dans une banque informatisée tous les actes de naissance, de mariage
et de décès, en remontant d’aussi loin que… 1621 jusqu’à
nos jours. (NDLR : Recensement des Québécois de souche
mis de l’avant par le gouvernement péquiste du temps?)
(François Berger – La Presse du 1e mars
1999) L’objectif : faire la gestion de l’identité québécoise.
En mars 1999, Me Lavigne
avait également commencé à puiser des renseignements dans des
banques informatisées gouvernementales. Il avait conclu à cette fin
une entente avec la Régie des rentes et l’Assurance maladie.
Éventuellement devaient s’y ajouter les renseignements de la
Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST).
Ce début de couplage de
fichiers inquiète déjà des citoyens, écrivait le journaliste
François Berger de La Presse. En
lisant son article, daté de mars 1999, il saute aux yeux qu’ils
l’ont été peut-être davantage quand ils ont appris que plus la
concrétisation de ce programme avance, plus l’appétit des
responsables de cette banque informatisée grandit.
Le journaliste nous
apprenait en effet que Me Lavigne s’était fixé comme objectif de
créer un «mégafichier»
qui contiendrait d’autres renseignements sur eux, par exemple les
changements d’adresses. Et qu’il pourrait être transformé
éventuellement en fichier central du gouvernement. Il admettait
d’ailleurs que «nous
nous poserons la question d’une gestion centrale d’ici quelques
mois».
Un préalable à l’émission éventuelle d’une carte certifiant
que son détenteur est un citoyen québécois? Certains craignaient,
signale le journaliste, que, même facultative, celle-ci devienne
avec le temps l’équivalent d’un passeport intérieur. L’éventuel
«mégafichier»
ne constituait pas l’unique source de préoccupations.
Dans
son rapport annuel 1998-99, le président de la Commission d’accès
à l’information du Québec (CAIQ), Paul-André Comeau, constatait
que, même si la démarche est «globalement
bien amorcée»,
le bilan du gouvernement du Québec dans le domaine de la protection
des renseignements personnels demeurait «mitigé
et hésitant».
(Martin Pelchat –
La Presse du 25 juin 1999)
Comeau
jugeait que les initiatives menées par la CAIQ dans plus d’une
centaine de ministères et organismes au cours de l’année
précédente étaient «lourdes d’enseignements et
d’interrogations».
Il
est vrai que le ministre péquiste des Relations avec les citoyens et
de l’Immigration, Robert Perreault, s’était engagé à
moderniser les lois d’accès.
Cependant,
Comeau rappelait que les dernières modifications remontent à plus
de dix ans, alors que le législateur, à l’époque, s’était
fixé comme objectif de les actualiser à tous les cinq ans. Retard
démontrant l’intérêt que le pouvoir politique portait à la
chose. Se posait aussi la question de l’éventuelle modernisation :
une loi véritablement étanche, ou laissant encore quelques trous
béants?
Dans son rapport annuel,
Comeau écrivait que la dernière année (1998-1999), fertile
en incidents majeurs,
avaient également démontré «l’emprise»
du secteur privé sur les renseignements personnels : «C’est
évidemment autour de l’Internet et des nouvelles technologies
d’information que se sont greffés incidents, malaises et accrocs.
Que l’on songe aux dossiers des détenteurs de la carte Air Miles
dévoilés à l’internaute le moindrement habile.»
La CAIQ avait notamment rendu l’avis qui devait entraîner la
démission de la ministre péquiste du Revenu, Rita Dionne-Marsolais,
dans l’affaire d’un
sondage mené illégalement
auprès des bénéficiaires du régime de perception des pensions
alimentaires, rappelle le journaliste Martin Pelchat de La Presse.
Pour sa part, sa collègue
Katia Gagnon fait mention, en juillet 1999, d’un rapport spécial
de la CAIQ indiquant que les
échanges de renseignements confidentiels entre ministères et
organismes gouvernementaux ne respectaient pas toujours la vie privée
des citoyens,
«accrocs
contraire aux exigences».
Elle cite des cas. Le ministère (péquiste) des Transports avait
transmis des données confidentielles provenant du fichier de la
Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) à une firme
privée de sondages. (Katia Gagnon –
La Presse du 2 juillet 1999) Les nom, adresse et classe de permis de
conduire de quelque 7 000 citoyens avait été dévoilés à cette
firme non identifiée, pour fins d’enquête.
Le
ministère n’avait pas veillé à ce que ces renseignements ne
soient utilisés qu’aux fins pour lesquelles ils étaient
destinées. Et, après son enquête, la firme ne les avait pas
détruits.
En
outre, le ministère péquiste de l’Emploi avait également échangé
des renseignements avec la SAAQ. La CAIQ les avait tous les deux
sommés d’y mettre un terme. Ce
même ministère avait communiqué à la Régie des rentes du Québec
des renseignements personnels touchant 28 000 Québécois, sans
préalablement obtenir leur consentement.
Notons
qu’en janvier 2001, selon l’éditorialiste Mario Roy du quotidien
La Presse, la SAAQ
avait exprimé l’intention de créer par croisement de données des
dossiers plus complets sur les conducteurs, même ceux qui n’ont
jamais été condamnés au criminel ou dont le permis n’a jamais
été suspendu.
( Mario Roy –
La Presse du 8 juin 2001 ) «Disons
que, sans tout de suite évoquer Big Brother, l’affaire aurait
besoin d’un certain nombre d’éclaircissements avant de paraître
acceptable!»,
jugeait l’éditorialiste.
Autre
cas rapporté par la journaliste Gagnon, celui du Bureau de la
statistique du Québec qui avait fourni au ministère (péquiste) de
la Santé les prénom et mois de naissance d’enfants dans le cadre
d’une recherche visant à identifier les facteurs de difficultés
d’adaptation chez les enfants. (Katia Gagnon –
La Presse du 2 juillet 1999)
Ce
transfert de données n’ayant pas été autorisé par la CAIQ,
celle-ci avait demandé et obtenu que le chercheur détruise les
données ainsi recueillies. Mais comment pouvait-elle être vraiment
certaine que cela avait été fait? Il est si facile de copier-coller
un fichier. Dans un autre chapitre, on traitera de cette affaire…
particulièrement préoccupante.
(Suite demain)
News du jeudi 18 Décembre 2008
■ En
France, en ce troisième millénaire – Ce
que vous allez voir n'est pas de la science-fiction, selon les
auteurs. Une vidéo (03:39)
risquant
de faire des ravages.
À cela, ajoutons la
vidéo tournée (04:57) dans un centre
de rétention administratif, où s'entassent des immigrés
clandestins, dans l'attente d'être expulsés. Liberté, égalité,
fraternité, prétendez-vous? Un pays à le droit de retourner chez
eux des clandestins, mais il y a la manière.
Autre cas... La
Ligue des Droits de l'Homme considère qu'il est urgent de réagir
contre des dérives de plus en plus inacceptables de pratiques
judiciaires et policières qui deviennent incompatibles avec l'État
de droit.
PS : Ce n'est pas le seul
cas en l'espèce, en Occident s'entend. Ce
qui se passe généralement dans les prisons n’est rien d’autres
que de la torture camouflée. (Lasierra R. et Lauret JC –
La torture et les pouvoirs –
Éditions Ballano)
Il existe au moins un cas d’exception :
Bernadette Van Dam, directrice
d’une prison pour femmes à Heerhugowaard, dans les Pays-Bas. Elle
veille à minimiser les dégâts chez celles perdant leur liberté.
(Bernadette Van Dam –
La Presse du 29 juillet 2000) «Ici,
les femmes peuvent retrouver leur amour-propre,
dit-elle. Leurs enfants
souffrent moins. La
façon dont on traite les prisonniers est un reflet de la façon dont
la société traite ses citoyens.»
Cette dernière phrase vaut la peine d’être retenue.
■ Les
super-héros du siècle dernier... – ...téléportés
dans le passé. Ainsi que l'explique 20minutes.fr, s'agit d'un
concours lancé le 8 décembre par le site work1000. On demandait aux
internautes d'intégrer, via Photoshop, des héros de notre époque
dans des tableaux de grands maîtres, exemple : le Joker dans une
toile de Rembrandt.
Allez
y, ça vaut la peine. Pour tout voir, dans la bas de la page
cliquez sur le chiffre 2 et ainsi de suite.
■ Passer
sa vie à faire tourner des ballons sur son nez? Fuck!
00H15
– (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Regardons
en de près les conséquences. À Roberval, au
Saguenay-Lac-Saint-Jean, ma ville natale, le boulevard Saint-Joseph,
rue commerciale depuis la fondation de la municipalité jusqu’aux
milieu des années 1980, est aujourd’hui déserte. J’y suis
retournée après une absence d’une vingtaine d’années. J’ai
été étonné de la monotonie se dégageant de cette autre “rue
Principale”. Le coeur du centre-ville ne palpite plus. Pourtant,
tous les espoirs étaient permis.
Que s’est-il donc passé pour que
cette artère bourdonnante d’activités distille aujourd’hui
l’ennuie? Non, il n’y a pas eu d’ouragan, quoi que ce serait
bien utile maintenant : ça permettrait de construire à neuf, et
autrement.
D’abord, il y a le
commerce qui s’est transplanté sur le boul. Marcotte, et
pratiquement en périphérie de l’ex-centre-ville. Celui-ci est de
fait une section de la route régionale 169, aussi large et
fréquentée que le sont les artères du genre, avec le trafic de
poids lourds en prime. Il y a des trottoirs de chaque côté, mais ce
n’est pas vraiment l’endroit où se promener à pied et musarder
en faisant du lèche-vitrines.
De toute façon, les commerces sont
loin des trottoirs et leurs proprios ne se préoccupent pas de monter
des vitrines attirant l’oeil. Puis il y a le vent, qui souffle fort
sur cette artère dépourvue d’arbre. À éviter l’automne quand
il pleut, et d’avantage l’hiver. Aussi accueillante qu’une
piste d’atterrissage de 747.
Ensuite,
on a construit en périphérie de cette municipalité de 12 000
habitants un centre commercial. Dans une rue commerçante conviviale,
il y a toujours place à d’autres micro commerces, souvent
différents. Pas dans un centre commercial, qui la plus part du temps
n’attire que d’autres centres commerciaux n’abritant que des
boutiques dépersonnalisées, eux aussi, par l’uniformisation. Une
grosse boite d’un seul étage et ceinturée d’un vaste terrain de
stationnement.
Ce
Disneyland fait l’affaire de plusieurs citoyens, qui cherchent
davantage à consommer qu’à socialiser. L’équivalent d’un
aérogare, point de passage obligé. Remarquez que aller au
Disneyland World californien avec les enfants une fois par année
peut être amusant, mais ce n’est pas la vraie vie. On ne peut pas
passer son existence à faire tourner des ballons sur son nez, comme
le phoque de Beau Dommage. C’est dans ce sens-là que
transformer l’espace public en Disneyland est une catastrophe
sociétale. Où est la vraie vie?
Il
fait aussi l’affaire des civils et de leurs collabos. C’est
que l’ “architecture” a l’avantage d’être plus
sécuritaire, aux yeux de la police, que des petites rues
commerçantes pleines de recoins d’où peut surgir à tout moment,
sait-on jamais, un violeur de femmes ou de petits enfants, un cinglé
assoiffé de sang, où peut se dissimuler aussi un vendeur de drogue.
Dans une petite ville, le centre commercial facilite la tâche aux
civils.
Tout
étant concentré sous un même toit, ils n’ont pas à se déplacer,
font leur job illégal à l’abris du froid l’hiver, des
intempéries et, en temps de canicule, à l’air climatisé. Plus
facile aussi d’éjecter un citoyen de la société, suffit
simplement de l’en sortir. Il pourra toujours arpenter les rues
désertes, mais pas longtemps parce qu’il sera continuellement
harcelé par ceux-ci et finira par se confiner chez lui.
La problématique des
centres commerciaux n’a rien de simple. Car, dans une société
libre, on ne peut empêcher une entreprise de grouper des commerces
sous un même toit. Un plan de zonage peut en interdire l’érection
dans certains secteurs, pas partout. Un problème insoluble,
semble-t-il, et devant lequel des citoyens, préoccupés par la
question, se sentent impuissants. Pourtant, ces consommateurs
pourraient interférer en encourageant les petits commerces encore
debout. Mais c’est oublier que le clinquant les attire davantage.
Néanmoins on ne peut s’empêcher de constater comment l’osmose
prend du temps à se reconstituer quand, pour une raison ou une
autre, elle a disparu quelque part. D’autant que la police en civil
veille à ce qu’elle ne se reconstitue pas. Fragile, l’osmose.
Elle a besoin d’un terreau propice pour germer et se développer.
(Suite demain)
■ Big
Brother se fait hara-kiri
00H00
– (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Peu après, Big
Brother se fait hara-kiri, pour utiliser l’expression du
journaliste Vincent Marissal de La Presse. (Vincent Marissal –
La Presse du 30 mai 2000) Le gouvernement Chrétien décide de
démanteler le mégafichier. Du coup, de faire observer le
journaliste, ce qui, quelques jours plutôt, était essentiel au bon
fonctionnement du gouvernement, est soudainement devenu un «risque
pour la vie privée», selon les propres termes du
DRHC : «Le problème, reconnaît alors Daniel Lavoie,
c’est que nous avions toutes les données en notre possession et
que nous pouvions les manipuler avec un programme informatique.»
Et
le journaliste de rappeler que la ministre Stewart et le premier
ministre Chrétien affirmaient haut et fort que les Canadiens
n’avaient pas à craindre de l’existence de cette immense banque
de données capables, illustre-t-il, et sur simple commande
informatique, de tracer un portrait fiscal et social extrêmement
détaillé de chaque individu. Le ministre Cauchon clamait même à
la Chambre des Communes que l’opposition «criait au
loup et essayait de faire peur à la population».
La
mégabanque est démantelée en présence de représentants du
commissaire Phillips. Désormais, les échanges d’informations
seront possibles seulement cas par cas et les renseignements
personnels devront être détruits une fois la recherche terminée.
De plus, tout nouveau programme d’échange de renseignements devra
être approuvé par celui-ci. Le DRHC s’est engagé à établir un
cadre législatif sévère, comprenant des pénalités, afin d’en
policer l’usage par ses fonctionnaires.
Et
qu’adviendrait-il des renseignements de ce mégafichier ayant fort
probablement servi à enrichir les mégabanques informatisées de la
Gendarmerie royale du Canada, du Service canadien du renseignement de
sécurité et des corps policiers du Québec, dont la Sûreté du
Québec et la police de l’île de Montréal? Les détruirait-on
aussi? Incluant tous ces autres renseignements que la police accumule
sur les honnêtes citoyens? Les médias n’ont pas posé la
question. Pour le moment, elles s’en sortaient saines et sauves.
Elles n’étaient pas les seules, on le verra.
Le gouvernement péquiste
de Lucien Bouchard n’avait pas manqué de réagir, au plus fort de
la tempête médiatique. Son ministre des Relations avec les
citoyens, et ex-ministre de la Sécurité publique, Robert Perreault,
avait déclaré que Québec ne fiche pas ses citoyens à leur insu,
n’a pas l’intention de le faire, et si la mégabanque fédérale
contient des informations sur des Québécois, elles devraient être
détruites. Il avait souligné que le fait qu’un gouvernement
dispose d’informations sur ses citoyens ne constitue pas un
problème : «C’est
nécessaire pour l’application des lois, pour rendre service aux
citoyens
». Ces informations, avait-il poursuivi, sont recueillies à des
fins spécifiques et doivent être utilisées aux fins pour
lesquelles elles ont été recueillies : «On
ne peut pas se permettre d’additionner toutes ces informations et
constituer un mégafichier.»
Notons que le ministre
s’était bien gardé de dire mot de la police québécoise qui,
elle, fiche les citoyens. (Suite demain)
News du mercredi 17 Décembre 2008
■ Vidéo de L'Étau Policier – C'est une première
(02:46), d'autres suivront bientôt. Si la Sûreté du Québec n'utilise pas le sabotage pour m'en empêcher. Et n'éloigne pas de moi des collaborateurs possédant des connaissances technos que je n'ai pas. Si jamais cela arrive, je vous mettrais au parfum.
Ils ne sont pas nombreux les journalistes de part le monde qui, comme moi, connaissent sur le bout des doigts les activités illégales et clandestines de la police en civil et ses collabos. En fait, sur le web, j'en ai pas encore trouvé un ayant enquêté ainsi que je l'ai fait.
Je ne dis pas cela pour me venter, simplement pour souligner jusqu'à quel point ces infos sensibles sur la police sont une denrée extrêmement rares.
■ Enquête
d'AI : Le taser peut tuer et favorise les abus – Selon
Administie Internationale (AI), depuis
2001, plus de 330 personnes seraient mortes aux USA après avoir reçu
des décharges de pistolets Taser par des policiers.
Dans la plupart
des cas, les coroners ont attribué ces décès à d'autres causes
telles qu'une consommation de drogue ou une mauvaise santé.
Cependant, dans une quarantaine d'autres, ils ont conclu que le Taser
faisait partie des facteurs à l'origine de la mort. L'organisme
demande aux États du monde entier de suspendre son utilisation ou de
le restreindre aux situations où
des vies sont en danger.
Rapport
(résumé) d'Amnistie Internationale
Format
PDF, 8 pages, en français et accompagné de photos
Entrevue
sur LCN : vidéo
(03:47)
Anne
Sainte-Marie, porte-parole d'AI
Le taser est une arme
dangereuse
Le fait que son
fabriquant affirmait que l'arme
n'était pas létale, a
créé une banalisation de son utilisation
et les corps policiers se
sont mis à l'utiliser à tort et à travers
Sur 98 autopsies, 90% des
victimes étaient désarmées
ne représentaient pas
une menace
Au Canada, les
députés de l'opposition
Souhaitent (ou
réclament?) que la Gendarmerie royale du Canada
cesse d'utiliser le taser
■ Le
suicide de Dédé Fortin – (Suite
tome
3
de L'Étau Policier) Le
Disneyland, et ses victimes... Le suicide en mai 2000 de Dédé
Fortin, leader du groupe des Colocs, en a ébranlé plus d’un :
dans La Presse de janvier 2001, on écrivait qu’il avait déjà
rencontré un psychologue, et même tenté de le revoir le jour même
de son suicide, mais que celui-ci ne pouvait le recevoir qu’à une
date ultérieure. L’auteur compositeur était un des rares artistes
engagés sinon le seul que comptait alors le Québec.
Car
Dédé n’était pas que de party, il célébrait aussi la mort, la
perte de l’amour et toutes les injustices de ce monde tout croche,
écrit le journaliste Jean-Christophe Laurence de La Presse.
(Jean-Christophe Laurence –
La Presse du 12 mai 2000) Il ajoute que sous des dehors insouciants
et festifs se profilait un poète sensible à la réalité qui
l’entourait, doté d’une rare humanité et d’une grande
conscience sociale.
Dans
plusieurs de ses chansons, Dédé y cause d’urbanisation sauvage,
des laissés-pour-compte, des sans-abri, etc. Engagé
pas seulement dans ses chansons. Son groupe n’hésitait pas à
monter sur scène pour appuyer une cause : la lutte contre le sida et
le SalAmi (organisme militant contre les méfaits de la
mondialisation),
l’aide à des personnes de l’âge d’or, la forêt boréale du
poète abitibien Richard Desjardins.
Son dernier album, Dehors
novembre, selon le journaliste Laurence, laisse filtrer le
malaise profond d’un homme déçu par un monde de plus en plus
déshumanisé. Il
cite ce passage de l’une de ses chansons, Pissiômoins : «Baise-moi
encore pour fuir le monde/
Des
dominants, des dominés
/ Des
herbivores, des carnivores
/ En
parlant d’herbe roules en donc un /
Qu’on
redevienne l’instant d’un spliff
/ Des
souverains improductifs».
Pour sa part, sa collègue
Isabelle Hachey cite Laurent Saulnier, ex-critique musical de l’hebdo
montréalais VOIR (Isabelle Hachey –
La Presse du 13 mai 2000) : «Si
les jeunes s’identifiaient beaucoup à Dédé, c’est
(...) parce
qu’il avait un discours anticonformiste, anti-establishment.
Quand il chantait “Passe-moi la puck pis j’vas en compter des
buts”, en voulant dire “donne-moi une chance et je vais réussir”,
il
s’adressait directement aux jeunes, qui ont souvent des problèmes
de chômage, de pauvreté, d’exclusion.»
La
rue Principale, une autre chanson de Dédé, évoque
le déclin sociétal d’un petit village du Saguenay-Lac-Saint-Jean
(Normandin?)
attribuable à la construction d’un centre commercial.
La journaliste Hachey en cite cette strophe : «Je
ris au nez des vendeurs d’ordre/Des
exploiteurs endimanchés/
Distributeurs
de cochonneries/
Et
de bonheurs préfabriqués.»
Citons aussi cette autre (Paul Roy –
La Presse du 12 mai 2000) : «Dans
ma p’tite ville, on était juste 4 000, pis la rue principale, a
s’appelait Saint-Cyrille, la coop, le gaz bar, la caisse pop, le
croque-mort, puis le magasin général, quand j’y r’pense ça
m’fait assez mal, yé tombé une bombe su’a rue Principale,
depuis qu’y ont construit le centre d’achats...»
Le
journaliste Paul Roy de La Presse raconte qu’à l’été 1999,
Dédé et ses Colocs, après avoir donné un spectacle à l’aréna
de Normadin, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, s’étaient rendus au bar
Le Clairon, rue Durocher. Guy Harvey, barman ce soir-là, lui a dit
que Dédé était monté sur la scène et avait joué La rue
Principale. «Le
plancher voulait arracher. J’avais jamais vu une affaire de même!»
Le journaliste rapporte aussi le témoignage de Sonia Minier, qui
était de la fête improvisée : «(...) Ç’avait
brassé pas mal. La police était venue fermer la place... à 4h! Le
monde voulait plus sortir. Dédé était là, il s’était mis à
jouer de la musique à bouche.»
Dédé,
on le voit, était conscient, non seulement de la situation
socio-économique des jeunes, de la présence aussi des vendeurs
d’ordre et du bonheur aseptisé. Dans
sa chanson La rue Principale, il disait aussi qu’une bonne fois, il
allait y retourner, au centre d’achats, avec un bulldozer, et que
celui-ci allait passer un mauvais quart d’heure. Gravissimes propos
!
La
police en civil, homme ou femme, l’avait-elle infiltré? Raisonnable
de le penser, parce qu’elle infiltre pour moins que ça. C’est
même hautement vraisemblable. N’oublions pas que les jeunes,
d’après Laurent Saulnier, s’identifiaient beaucoup à Dédé,
parce qu’il tenait un discours anticonformiste, anti-establishment.
Les
apparatchiks n’aiment pas les anticonformistes, et n’apprécient
pas les plaisanteries du genre non plus. Ils y voient une atteinte à
l’ordre, l’équivalent d’un sacrilège, d’un crime. Ils
prennent tout au pied de la lettre. C’est l’assise même de la
fameuse prévention du crime, ce maître mot panzer.
Selon
le sociologue français Morin, la plaisanterie, comme le jeu et
l’humour, font partie de la complexité et de la
multidimensionnalité de la société et c’est défendre la
complexité que la défendre. (Edgar Morin –
Pour sortir du vingtième siècle –
Éditions Fernand Nathan)
La
journaliste Isabelle Hachey de La Presse nous fait entendre un
témoignage éloquent, celui de la sociologue Madeleine Gauthier,
directrice de l’Observatoire Jeunes et Société de l’INRS
(Institut national de recherche scientifique) ( Isabelle Hachey –
La Presse du 13 mai 2000) : «Nos
sociétés ont évolué de façon telle que tout devient de plus en
plus anonyme, comme ce centre commercial qui peut appartenir à une
compagnie américaine et qui a pris la place du petit magasin
général. Les jeunes se retrouvent dans ce monde anonyme où les
idéaux sont diffus, où l’univers des valeurs est réduit à une
société commerçante, où l’important, c’est d’être un bon
consommateur dans un centre d’achats.»
Il
est un fait que la construction d’un centre commercial a plus
d’impact dans une petite ville que dans une grande Cité : quoique
érigez en deux rue Saint-Laurent, à Montréal, et les
dommages sociétaux seront considérables. (Suite
demain)
■ Du
besoin d'«une
opinion publique intraitable» – (Suite
tome
2
de L'Étau Policier) Suivons
pas à pas les réactions du pouvoir fédéral libéral à la suite
de ses révélations. Le premier ministre Jean Chrétien et sa
ministre du DRHC, Jane Stewart, soutiennent que les Canadiens n’ont
rien à craindre, que «les
renseignements sont codés et aucun nom ne circule».
Un porte-parole de son ministère, Daniel Lavoie, précise que la
mégabanque ne sert qu’à mener des recherches.
La
ministre Stewart déclare que la Gendarmerie royale du Canada et le
Service canadien du renseignement de sécurité du Canada (SCRS)
«n’avaient
pas un accès direct»
à la mégabanque, mais «s’ilsfaisaient
une demande d’information, ils devraient
(sic) avoir
en main un mandat de la cour».
Pour sa part, la conseillère juridique du Commissariat à la
protection de la vie privée, Me Martine Nantel, soutient que la loi
canadienne «ne
les y oblige pas»,
il leur suffit de formuler leur demande par écrit.
Quant au ministre
du Revenu, Martin Cauchon, et le solliciteur général, Lawrence
MacAuley, le patron de toutes les polices au pays, ils donnent des
réponses floues sur ces questions. Toutefois, la ministre de la
Justice, Anne McLellan, admet... qu’il faudra revoir la loi pour
l’adapter à l’ère informatique.
Commentant
les propos du commissaire Phillips, Pierre Gravel, éditorialiste de
La Presse, fait le constat suivant (Pierre Gravel –
La Presse du 18 mai 2000) : «Ceux
qui croyaient encore pouvoir mener leur petite existence tranquille à
l’abri de toute indiscrétion en seront quittes pour leurs
illusions.»
L’éditorialiste parle «d’un
Big Brother auquel il est devenu pratiquement impossible de cacher
quoi que ce soit
(…) de
la nécessité de reconnaître que le respect de la vie privée est
un des éléments de base des libertés individuelles.
«D’où
cette exigence absolue, propose-t-il,
de fixer au plus tôt des paramètres précis à l’intérieur
desquels toutes les ressources de la technologie demeureront un
instrument au service des personnes. Et non un projecteur à la
disposition des autorités pour cibler tel ou tel individu sans même
être tenu de l’informer de la surveillance ou de la curiosité
dont il est l’objet.
(...) Pour
encadrer cette propension administrative à l’accumulation
automatique de toutes les données disponibles, il s’impose que
tous les gouvernements adoptent un code de conduite.
(...) Sans
oublier, l’assurance absolue que tout citoyen pourra, à sa
demande, être informé rapidement et sans tracasseries inutiles de
la nature exacte et complète de toutes les informations qu’on
détient sur lui»
Gravel
soutient que seules les pressions d’«une
opinion publique intraitable»
pourront amener le gouvernement à admettre l’urgence de baliser ce
phénomène pendant qu’il en est encore temps.
L’éditorialiste a tout
à fait raison. Sauf qu’il y a un gros os : le citoyen n’est pas
sensibilisé à cette question. Les virus informatiques, il connaît,
les médias lui en parle régulièrement. Mais des dangers de la
concentration de renseignements à son sujet dans une mégabanque
gouvernementale ou policière, il les ignore car les médias n’en
traitent pas.
Remarquez que le nom de
Big Brother est souvent évoqué mais en des termes si vagues qu’aux
yeux du citoyen tout cela est davantage près de la science-fiction
que de la réalité quotidienne. Alors, il ne se sent pas vraiment
menacé. On peut même avancer qu’il s’en fout comme de sa
dernière chemise.
C’est
seulement lorsque l’on lui soumet un cas concret, comme celui de la
mégabanque fédérale, qu’il réalise que Big Brother, c’est
sérieux. Et après en avoir été ému, il retourne à ses petites
affaires et oublie tout. (Suite
demain)
News du mardi 16 Décembre 2008
■ Décès
de Horst Tappert – Il
personnifiait l'Inspecteur Derrick dans une série de la télévision
allemande. Je ne connaissais pas cet homme. L'amour qu'on ressent
pour lui pique la curiosité, émeut.
On lui rend hommage dans une vidéo
(02:59) en utilisant un extrait de l'un des épisodes de la série
dont il était le personnage principal. Écoutez
la chanteuse, inconnue, comme elle module bien son émotion.
Touchant!
Hommages du parisien.fr
Plus d'info ici
■ La
tension monte entre Sarkozy et des médias – Rue89
a décidé de faire front commun avec plusieurs autres médias
indépendants (Mediapart,
Nouvel
Observateur, Marianne,
Inrockuptibles) contre des
projets de la France portant atteinte au pluralisme de l'information.
Contre
les projets suivants :
Sarkozy abolit
l'indépendance de l'audiovisuel public
Se mêle de
la presse écrite, organise et contrôle ses états généraux
Envisage d'assouplir
l'anti-concentration dans les médias.
Article en traitant sur
le site de Rue89
Le rôle de ce site sur
le web : vidéo
(01:22)
PS : L'intérêt de la
publication de cette nouvelle sur mon site? Les dirigeants des pays
occidentaux se copient-collent les uns, les autres. On l'a vu et pas
fini de le voir dans tout ce qui touche la sécurité intérieure.
Alors, ce qui se passe en France peut être importé par Stephen
Harper, homme de droite gouvernant le Canada ou des premiers
ministres de provinces de ce pays. Se prémunir des ouragans venant
d'ailleurs.
Puis, je dois le dire : suis solidaire avec le combat de
Rue89 et tous les autres y participant. J'encourage d'autres sites à faire de même, qu'ils soient de la France ou de n'importe où.
■ Lancez
un soulier à Bush – Un jeu gratuit qui vient de
faire son apparition sur le oueb. Une parodie de l'attaque dont il a
été la cible, dimanche, en Irak : visionnez la vidéo plus bas dans
mes ACTUALITÉS.
■ Zimbabwe... – ...le
président Robert
Mugabe est dans la merde jusqu'au menton et ça continue de
monter, monter...
■ Promotion
de mon site sur YouTube – C'est
la première
vidéo (02:46)
que je produis, d'autres suivront bientôt. Je vous en informerai.
Propagez l'info à votre entourage. La défense des droits et
libertés, c'est d'abord et avant tout une responsabilité citoyenne.
On n'est jamais mieux servi que par soi-même.
■ Aspire-t-on
à moins de carton-pâte, à plus d’authenticité? – (Suite
tome
3
de L'Étau Policier) À Montréal, le Festival Juste pour rire nous a
démontré, et de façon plus convaincante que jamais au cours de
l’été 1999, l’importance de l’inusité dans une Cité.
Pierre-Marc Johnson, président du Groupe Rozon, affirmait, et avec
à-propos, que «le
Festival a créé depuis deux ans de nouveaux standards de qualité
d’animation dans la rue».
(Suzanne Colpron –
La Presse du 27 juillet 1999)
Selon les organisateurs, c’est le
joyeux délire du Circo de Bakusa, installé dans un parking de la
rue Ontario, qui aura piqué la curiosité du public. Y a-t-il
endroit plus beige qu’un parking, surtout dans la partie est de
cette artère?
Mais
pourtant, ainsi que le rapportait la journaliste Suzanne Colpron de
La Presse, plus les jours passaient et plus la foule s’y faisait
nombreuse, au point où la bande des ex-Organic Fresh Heroes de
Montréal a dû limiter l’accès des lieux à certaines heures,
pour des raisons de sécurité.
L’une de ses collègues, Marie-Ève
Gérin, se référant notamment au souk, au défilé des jumeaux, aux
magiciens, aux jongleurs et au Grand Bal, même si ce dernier, de
toute évidence, ne passera pas à l’histoire, soulignait-elle,
estimait que l’humour occupe toujours le haut du pavé, bien sûr,
mais que... «l’inusité
joue du coude avec vigueur».
(Marie-Ève Gérin –
La Presse du 26 juillet 1999) Significative, cette distinction de la
journaliste.
Le
souk de la ruelle Joly constituait effectivement un autre bel exemple
de l’anticonformisme. Citons le micro spectacle “J’ai
les boules”
de Nathalie Sicard, une jeune artiste. Elle y présentait cinq
soutiens-gorge de fabrication artisanale, qui ne peuvent passer
inaperçus, écrivait la journaliste Stéphanie Bérubé de La
Presse. (Stéphanie Bérubé –
La Presse du 21 juillet 1999) Notamment sa célèbre brassière
“Vénus
de Boticelli” ornée
de deux robinets desquels coulent des jets d’eau ; le “Tout
chaud, tout froid”,
un autre modèle, est surmonté de commandes contrôlant la
température corporelle ; le “Touch-tone”
est muni d’un clavier téléphonique à même le bonnet. La
journaliste précisait que ses
soutiens-gorge nouveau genre sont devenus objets de toutes les
contemplations.
La plupart de ces micro spectacles inusités étaient certes un peu
amateur, mais aussi pas mal rigolos et divertissants, ajoutait-elle.
Il
serait instructif que certains sociologues – ouverts au pluralisme
– se penchent sur l’origine du succès de l’insolite, de
l’étrange, de la belle insolence, et surtout de la... ruelle. Les
organisateurs du Festival Juste pour rire, dont son concepteur
Gilbert Rozon, ont touché en plein dans le mille. Des
citoyens sont-ils las du Disneyland aseptisant et de son imparable
pendant, les lumières scintillantes de la société marchande?Aspirent-ils
à moins de carton-pâte, à plus d’authenticité? Sont-ils las,
consciemment ou non, de la vie stéréotypée que leur impose la
droite politique et policière?
S’ils pensent que la vraie vie a plus de chance de bourgeonner et
d’éclore dans une ruelle que dans les artères les plus
commerciales et hygiénisées de l’espace public montréalais, il y
a sans doute là une symbolique méritant d’être explorée. Dans
cette hypothèse, ces citoyens se sentiraient plus libres dans la
ruelle pas très propre, symboliquement l’arrière cours de leur
espace privé.
Explorée et... même exploitée, si l’on veut reconstruire les
liens sociaux en décrépitudes.
Sans
vouloir piquer les bonnes idées des organisateurs du Festival,
peut-on espérer qu’éventuellement certaines ruelles de quartiers
seront transformées en souk tout l’été durant, espèce de
bric-à-brac composé d’organisateurs de ventes de garage,
d’amuseurs publics, de micro spectacles d’amateurs, d’artistes
peintres, de caricaturistes, de vendeurs itinérants de hot-dogs,
pizzas, crème glacée, limonade maison, barbe à papa, etc.? On le
sait, certaines de ces activités, quand elles ne sont pas carrément
interdites, sont souvent seulement tolérées, et sévèrement
encadrées. Tolérer n’est pas aimer.
Mais
il y aurait gros à parier que l'extrême droite policière en civil,
et ses collabos, neutraliserait toute entorse au politiquement
correct. On en vient à se demander à quoi bon réactiver la vraie
vie, sachant que cette gardienne de l’orthodoxie politicienne
passera derrière vous pour tout démolir au fur et à mesure, et
sans que vous sachiez qu’elle est derrière ça. Se le demander,
c’est en même temps réaliser que la vie doit toujours triompher
de l’intolérance, de l’insignifiance. (Suite
demain)
■ Canada
: 2
000 renseignements sur chaque individu – (Suite
tome
2
de L'Étau Policier)Traitant
des bases de données des mégabanques, Laperrière et Patenaude
écrivaient «qu’elles
permettent d’accumuler une quantité considérable de
renseignements sur les citoyens, de les diffuser et de les utiliser
de façon à réduire sensiblement leur vie privée, en y
enregistrant les moindres détails de leur existence et en les
comparant pour établir un double informationnel des individus, en
même temps qu’un immense réseau de surveillance et de contrôle
social».
Enquêtes
sur l’identité des personnes (race, sexe, filiation et adoption,
image), leurs choix existentiels (vie maritale, orientation sexuelle,
avortement et contraception, éducation des enfants), leurs
appartenances et opinions (politiques, religieuses, syndicales), leur
état de santé, leur situation socio-économique (travail, logement,
crédit), leurs antécédents (judiciaires, professionnels ou autres)
et même leurs habitudes de vie (consommation, drogue), leurs
fréquentations et leurs faits et gestes.
Le
tout afin de repérer, sélectionner, comparer à des profils et
avantager ou pénaliser les intéressés. Les auteurs mettaient la
police au premier banc des accusés.
Ils complétaient ce
tableau en ajoutant une info troublante : la puissance des
ordinateurs et l’instantanéité des communications «en
temps réel»
laissent croire à leur infaillibilité. C’est-à-dire ? Que
l’individu cherchant à se défendre contre une erreur introduite
dans le système ou à en dénoncer le fonctionnement sera
complètement
disqualifié, jusqu’à en perdre son identité au profit de la
«vérité»
fabriquée par l’ordinateur, et de voir attaquer son jugement et sa
conscience par des arguments scientifiques, techniques et
organisationnels qu’on lui opposera comme incontestables.
Examinons
un autre cas concrets, mais n’impliquant pas la police. En mai
2000, le Commissaire canadien à la protection de la vie privée,
Bruce Phillips, dans son rapport annuel déposé à la Chambre des
communes d’Ottawa, nous apprenait l’existence, au sein du
ministère du Développement des ressources humaines du Canada
(DRHC), d’une mégabanque informatisée. (Vincent Marissal, Paul
Roy et Gilles Toupin –
La Presse des 17, 18, 19, 20 et 24 mai 2000)
Elle contenait des
renseignements puisés, rapportait La Presse, à partir des
déclarations de revenus, de la prestation fiscale pour enfants, des
dossiers d’immigrants, des dossiers provinciaux du bien-être
social, du programme de formation, des dossiers de l’assurance
emploi, des relevés d’emploi. Renseignements aussi sur la
scolarité, l’état civil, la langue, l’origine ethnique, le
statut de citoyenneté, l’incapacités, les antécédents
professionnels, et bien d’autres sources encore.
Le nombre et le détail
des renseignements sur chaque individu sont aussi impressionnants
qu’illimités, précisait le commissaire Phillips. Il
estimait que la mégabanque contenait jusqu’à 2 000 éléments de
renseignements sur chaque individu, et s’étalant sur vingt ans,
soit 33 millions de dossiers sur autant de Canadiens, vivants ou
décédés. Le DRHC envisageait même de ratisser encore plus large
en récupérant des renseignements personnels à la Sécurité de la
vieillesse, au Régime de pension du Canada, au Programmes des prêts
aux étudiants et dans les filières provinciales de l’aide
sociale.
Commissaire
Phillips : «Cela
me rend mal à l’aise de savoir que le gouvernement possède autant
d’informations sur les Canadiens sans leur dire pourquoi on les
recueille. (...)
Les
uns après les autres, les commissaires à la protection de la vie
privée ont rassuré les Canadiens en leur disant que le gouvernement
ne disposait d’aucun dossier unique sur eux. Nous avions tort,
avouait-il avec franchise.
(...) Les
Canadiens devraient savoir pourquoi leurs renseignements sont
recueillis, à quoi ils serviront, combien de temps ils seront
conservés et à qui ils seront communiqués.
(...) Je
ne veux pas que les gens pensent qu’un agent du gouvernement les
espionne par le trou de la serrure. Mais qu’ils comprennent que, à
cause des ordinateurs, nous sommes dans une nouvelle ère, où il est
possible de prendre un peu d’information sur chacun de nous dans
différentes sources, de tous les mettre ensemble et de tracer un
portrait très détaillé.»
Il insistait sur le fait qu’il n’avait aucune preuve que des
fonctionnaires avaient utilisé frauduleusement les renseignements du
fichier, «Mais,
on n’est jamais à l’abri d’un fonctionnaire mal intentionné»,
ajoutait-il. (Suite demain)
News du lundi 15 Décembre 2008
■ 400
culs et Kama-sousdrap – Un
blog
intelligent sur l'érotisme à explorer, que je déconseille
fortement aux Filles d'Isabelle et Chevaliers de Colomb de Lac
Bouchette (Québec, Canada). Pourquoi? Parce que les sujets traités
risquent de provoquer chez certains de ces cathos un infarctus du
myocarde. Danger il y a aussi de succomber à la tentation, avec
l'enfer au bout du tunnel. Alors, seuls les adultes athées, et fiers
de l'être, consentants et vaccinés sont fortement invités.
Photos
d'une expo à Barcelone : cliquez dessus pour les agrandir.
■ «Cesser
de travailler, c'est mourir» – Une
belle leçon de vie de la part de quelqu'un qui a célébré il y a
quelques jours son centenaire. Le cinéaste portugais Manoel
de Oliveira, encore à l'oeuvre, en train de tourner, ce mois de
décembre 2008, son 46 long-métrage. «Cesser
de travailler, c'est mourir. Si on m'enlève le ciné, je meurs».
Vrai,
que la personne âgée doit continuer à concevoir des projets et les
réaliser. Il y a des petits vieux et petites vieilles qui,
psychologiquement, sont moins âgés que bien des jeunes. Allez,
pépés et mémés, n'arrêtez pas, foncez dans le tas.
■ Le
métissage, un incontournable – Une
intervention vigoureuse à la télé française datant de l'an
dernier, mais la problématique soulevée demeure et sera d'actualité
encore longtemps, partout en Occident : l'acceptation de l'immigré,
particulièrement de couleur. Écoutez
(03:18) Julien Dray, du parti socialiste et porte-parole, à
l'époque, de Ségolène Royal.
■ Quand
un État perd son caractère démocratique – (Suite
tome
3
de L'Étau Policier) Pour revenir à la répression sexuelle… Le
sociologue français Touraine parle d' «idéaux
autoritairement rationalistes»,
dit qu'«un
gouvernement qui cherche à légitimer son action par des contraintes
de la situation (par exemple, la lutte contre la criminalité et la
prostitution, précise-t-il)
perd
son caractère démocratique».
(Alain Touraine –
Qu'est-ce que la démocratie? –
Éditions Fayard) Il cite Isaiad Berlin : «Le
rationalisme systématique est la source des utopies qui ont toujours
été dangereuses pour la démocratie. À toutes les époques, elles
ont posé l'existence d'une société parfaite, donc immobile.»
L’immobilité de la
Société civile, que ce soit en matière sexuelle ou toute autre,
émane de sa soumission
à l’hygiénisation et de ce qui en découle, arbitraire et
répression.
On peut comparer ce comportement à une danse simpliste : les
citoyens levant la jambe en même temps, pirouettant en même temps
et faisant la révérence à l’unisson à ceux imposant le
conformisme. Alors qu’on sait que dans une ville, peu importe sa
dimension, le spectacle des rues ne devrait jamais être le même
d’un endroit à l’autre et que chaque fois l’improvisation
devrait prévaloir. (Jane Jacobs –
Déclin et survie des grandes villes américaines –
Éditions Mardaga)
En
ce sens, on pourrait avancer jusqu’à un certain point que la vie
quotidienne devrait être à l’image de la description que Chantal
Pontbriand, directrice générale du Festival international de la
nouvelle danse (FIND), nous fait de celle-ci, qui est inclusive et
anticonformiste.
Elle dit que «(sa) caractéristique,
c’est d’être en prise directe sur le réel, au moment et à
l’endroit où nous vivons. (Aline
Apostolska –
La Presse du 15 septembre 2001) Aujourd’hui,
l’humanité questionne la nouvelle condition humaine (le spectacle,
la science, l’altérité) et la danse participe à ce
questionnement.
Le FIND 2001 se situe donc à la croisée des chemins. (…) La
danse québécoise, explique-t-elle,
s’est construite par inclusion plutôt que par exclusion, la
diversité et le refus de conformité l’ont toujours caractérisée.»
La
Love Parade, à Berlin, dont c’était la 13e éditions en juillet
2001, a attirée 800 000, selon la police, un million, selon les
organisateurs, de jeunes accros de musique techno venant de toute
l’Allemagne, d’ailleurs en Europe et même du monde. (Ouerdya
Aït-Abdelmalek –
La Presse du 22 juillet 2001)
Cheveux
roses, violets ou verts, visages et corps pailletés, jupes courtes,
shorts en moumoute –
allusion à la perruque qu’on peut enlever –,
certains vêtus du strict minimum : string et boa autour du cou,
ils ont défilé en dansant sur l’avenue du 17 juin, qui longe le
grand parc de Tiergarten, sous le slogan «Join
the Love Republic».
On
s’est jeté dans des bras inconnus, on a regardé toute cette peau
nue qui s’exhibait, s’est enivré de son des basses et de la
bière qui a coulé à flots. Un peu à l’écart du défilé, des
curieux regardaient cette «jeunesse
sans colère parader dans le calme et la bonne humeur».
(Suite
demain)
■ Les
collabos ignorent qu'ils font du renseignement – (Suite
tome
2
de L'Étau Policier)En
1994, René Laperrière, du Département des sciences juridiques de
l’Université du Québec à Montréal, et Pierre Patenaude, de la
Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke, s’inquiétaient
que les nouvelles technologies de l’information décuplent la
présence de Big Brother dans notre vie de tous les jours. (Traité
des problèmes sociaux –
Institut québécois de recherche sur la culture –
Ouvrage collectif sous la direction de Fernand Dumont, Simon Langlois
et Yves Martin, 1 164 pages, 1994)
Ils
faisaient le constat que, les années précédentes, la question de
la protection de la vie privée avaient pris beaucoup d’importance,
en raison notamment de la mise au point de techniques de surveillance
très raffinées et de l’extension considérable des technologies
de l’information. Propos
tenus en… 1994.
Depuis, on sait le développement exponentiel que celles-ci ont
connu. La situation est par conséquent beaucoup plus préoccupante
en ce début du troisième millénaire.
Illustrons la en jetant
un rapide coup d’oeil au déploiement de ce monde de l’ombre et
du secret. D’abord, les technologies de surveillance : caméra
– la plupart du temps cachée, ou ayant la forme d’un autre objet
–, micro, écoute téléphonique et balayeur d’ondes, etc.
Ensuite le dispositif “humain” d’espionnage : policiers et
policières en civil, agents et agentes en civil à l’emploi des
agences de sécurité privée, citoyens collabos de la police pseudo
communautaire : des dirigeants de petites, moyennes et grandes
entreprises – coiffeurs-ses,
petits épiciers et dépanneurs sont les pires, parce que plus près
du citoyen-client
–, des vendeurs et livreurs de biens et services à domicile, des
concierges, des chauffeurs de taxi, des employés d’organismes
gouvernementaux et paragouvernementaux, plusieurs organismes sans but
lucratif, etc.
Où vont tous ces
renseignements recueillis sur le terrain? Dans
des ordinateurs équipés de logiciels super performants, plus
précisément dans les mégabanques informatisées de la police. On
peut y accumuler des quantités phénoménales de renseignements sur
chaque citoyen, rendant possible la constitution de bases de données
multifonctionnelles.
De
fait, le dispositif “humain” joue deux rôles : la
cueillette des renseignements et la répression sur le terrain à
partir de ces renseignements. On
sait maintenant en quoi consiste les activités clandestines
illégales des civils, et les atteintes aux droits qu’elles
impliquent.
Les
collabos de la police, qui y participent, l’ignorent sans doute
mais ce qu’ils font d’abord et surtout, c’est du renseignement.
Ils contribuent ainsi à décupler la présence de Big Brother et Big
Sister au sein de la Société civile. Dans le Québec rural, parce
que moins populeux et plus homogène, la situation est plus grave
qu’en milieu fortement urbanisé.
Afin de savoir de quoi on
parle, signalons quelques exemples bien concrets, vécus lors de mon
enquête effectuée à Lac Bouchette de juillet 1999 à juin 2003.
Ils illustrent bien quelque unes de ces circonstances où un collabo
fait la cueillette d’un renseignement et le transmet ensuite à la
police, et l’utilisation que celle-ci peut en faire.
Je demeure dans le petit
village policier de Lac Bouchette. Une fois par mois, je me rendais à
Roberval, située à une quarantaine de kilomètres, y effectuer des
achats et visiter de la parenté. Comme je n’ai pas de véhicule,
j’utilisais entre autres les services d’un chauffeur de taxi
clandestin du village. Pas chérant, le gars : il se contentait
de moins du tiers du prix qu’exige un taxi possédant un permis.
Lorsque je l’informais
que tel jour, à telle heure, je devais me rendre au Carrefour
Jeannois – un centre commercial de Roberval – ou que j’avais
rendez-vous avec tel dentiste ou tel oculiste, il
en informait la Sûreté du Québec. Elle disposait ainsi de tout le
temps nécessaire pour me préparer de petites déstabilisations
sympas, mettre au parfum le proprio ou un employé des établissement
où je devais aller. L’accueil y était moins convivial, et j’y
étais la cible d’entourloupettes.
Au
magasin, le système
antivol retentissait à mon entrée et à ma sortie
; à la clinique, pendant qu’on me détartrait les dents, l’eau
me coulait dans cou ;
chez l’oculiste, on me remettait un
étui trop petit pour les lunettes que je venais d’acheter.
Dans une cafétéria, où j’allais à l’occasion, il arrivait,
entre autres faits, que la serveuse dépose négligemment sur le
comptoir, le visage
teinté de mépris, un smoke-meat froid, dur comme une semelle de
bottes et pas mangeable.
À une autre occasion, l’une des employées criait à sa consoeur,
qui est dans la cuisine : «Y
as-tu vu la face?»,
alors que j’étais le seul au comptoir.
Tout faire pour que le citoyen, refusant d’entrer dans le moule de
la pseudo police communautaire, ne se sente pas bien dans la société.
Voilà
ce qu’on appelle notamment du renseignement. La police s’en sert
pour imposer son emprise psychologique sur chacun des citoyens. C’est
de cette façon qu'elle et ses collabos implantent les stéréotypes
au sein de la société et contribuent à la destruction du tissu
social. Les
cas cités sont insignifiants, bien que significatifs, mais ce n’est
qu’un prélude à ce qui va suivre... (Suite demain)
News du dimanche 14 Décembre 2008
■ Bush
attaqué en Irak... – ...lors
d'une conférence de presse aujourd'hui à Bagdad. Un
journaliste lui a lancé ses souliers, un à la fois, mais sans
l'atteindre, criant : «C'est
un baiser d'adieu, espèce de chien!» Bush a
pris cela à la légère : «Tout
ce que je peux vous dire, c'est que c'était une pointure 43.»
Lisez
l'article à ce sujet sur le site de La
Presse Canadienne.
■ Tous
surveillés clandestinement – Nécessité
de prendre conscience de ce qui se passe. Autrement, la démocratie
va continuer de s'effondrer à l'image des deux tours new-yorkaises.
Plus elle se dégrade, plus il devient facile d'en détruire d'autres
éléments fondamentaux. L'effet domino, étage par étage.
Car
le système mis en place va au delà de la lutte contre le
terrorisme, un
alibi utilisé par la droite policière
pour étendre sa surveillance à tous : les concepteurs des technos
liberticides... ne sont jamais identifiés et mis en cause.
Ainsi
que le dira un intervenant dans la
vidéo que vous allez voir (1H54),
il est parfaitement normal qu'un État cherche à poursuivre et
éventuellement condamner les auteurs d'infractions. En revanche,
l'État (NDLR
: les civils et leur collabos, dont ceux de la Sûreté du Québec)
n'a pas à surveiller l'ensemble des comportements des citoyens en
dehors de toutes enquêtes judiciaires.
Dès
le début le présentateur pose la question : «Pourquoi
acceptons-nous sans maudire (mot
dire?) d'être
surveillés, épiés dans nos moindres faits et gestes? Ouvrez grand
les yeux sur des vérités qui dérangent, ne les détournez pas. Car
il s'agit de nos libertés individuelles et il en va de notre
démocratie, ni plus, ni moins.»
■ Canada-Afghanistan
: 3 autres soldats tués – Nous
voilà rendu à 103 pertes humaines, au sein de l'armée
canadienne... C'est arrivé hier samedi. Déplorable, vraiment.
J'entends déjà, et ça ne devrait pas tarder, le premier ministre
conservateur, Stephen Harper, un homme de droite, faire l'éloge du
courage de nos soldats et offrir aux familles consternées ses
sympathies.
Ceux qui envoient des citoyens à la guerre n'y vont
jamais, eux. Suggérons à Harper d'accompagner pendant un mois des
patrouilleurs de l'armée canadienne, sur le terrain, en Afghanistan.
■ Secouer
le carcan moral imposé à la prostitution – (Suite
tome
3
de L'Étau Policier) Au
Canada, Colette Parent, du Département de criminologie de
l’Université d’Ottawa, fait parti de ceux affirmant qu’il faut
repenser la problématique du commerce des services sexuels en
reconnaissant la nécessité de secouer
le carcan moral qui en a étroitement circonscrit jusqu’ici les
analyses.
(Traité des problèmes sociaux –
Institut québécois de recherche sur la culture –
Ouvrage collectif sous la direction de Fernand Dumont, Simon Langlois
et Yves Martin, 1 164 pages, 1994) Il est essentiel de refuser toute
condamnation a priori de la prostitution et des prostituées,
écrivait-elle en 1994.
Une nouvelle approche
exige que le chercheur auquel on fera appel pour étudier la question
explicite sans ambiguïté ses propres normes morales et sa
conception de la sexualité. Quand on sait que croyances et
comportements des chercheurs façonnent les résultats de recherche,
on comprend combien ce prérequis puisse s’avérer essentiel pour
dépasser les limites auxquelles on s’est trop souvent buté
jusqu’ici, argumente-t-elle.
Elle propose de redéfinir
la problématique à partir des femmes pratiquant le métier. «Dans
notre lutte contre les différentes formes d’oppression des femmes,
écrit-elle,
il nous apparaît essentiel
(…) de
(ne pas) les
réduire au statut de victimes, incapables de comprendre et gérer
leur vie. Et nous ne saurions négliger toute la question du
contrôle, pénal et autre, de ces pratiques qui suscitent beaucoup
de débats et marquent fortement le quotidien de ces femmes.»
Cantin valide cette
approche. (Serge Cantin –
Traité des problèmes sociaux –
Institut québécois de recherche sur la culture –
Synthèse de l’ouvrage collectif sous la direction de Fernand
Dumont, Simon Langlois et Yves Martin) Les analyses existantes
tendent à minimiser l'aspect relationnel inhérent au commerce des
services sexuels. Oublient que le droit fait lui-même partie
intégrante de la construction du problème.
Enfin, refusant le
statut de victimes et voyant dans l'État
la source première des problèmes reliés à leur travail,
ces femmes vont revendiquer la liberté de choisir le métier de la
prostitution en même temps que celui de définir
leur sexualité en dehors du discours traditionnel moralisateur comme
du discours féministe lui-même,
qui entérine une définition étroite de la sexualité associée à
l'amour. C'est à partir de leur monde et en récusant toute approche
moralisatrice et stigmatisante qu’il sera possible d’améliorer
leur sort.
On ne mentionne jamais
le rôle indispensable que les prostituées jouent dans la société.
Elles apportent un peu de chaleur humaine, notamment aux personnes
âgées qui le désirent, à ceux frigorifiés par des aléas de la
vie, ou incapables de conquêtes, parce que trop timides ou laids ou
atteint d’un handicap physique, d’une pathologie mentale. Les
bienfaits du toucher corporel, à caractère sexuel ou non, sont
connus et reconnus. Il existe du reste des masséothérapeutes
assurant ce service, dans ce dernier cas non sexuel, bien entendu. Il
n’y rien de plus humain et nécessaire que le sexe.
L’écrivain
britannique VS Naipaul, prix Nobel de littérature 2001, a exprimé,
dans un entretien diffusé à la Radio suédoise et repris par la
suite par la radio américaine NPR, «sa
gratitude»
envers les prostituées qu’il fréquentait à une certaine
époque. (Agence France-Presse –
La Presse du 1e novembre 2001) Absorbé par son travail, il manquait
de temps pour courtiser une femme.
Naipaul
admet s’être régulièrement réfugié dans leurs bras :
«Elles
offrent du réconfort et je leur sais gré d’avoir été là quand
j’avais besoin de leurs services.
(…) Si
vous voulez séduire une femme et que votre mariage n’est pas
heureux dans tous ses aspects, vous ne pouvez pas décider comme cela
de courtiser, cela demande des jours, des semaines, cela implique de
renoncer au travail.»
Les prostitués «m’ont
donné une sorte de soulagement sexuel que je ne trouvais pas
ailleurs dans ma vie».
Il
a affirmé n’en tirer aucune honte. (Suite
demain)
■ De
mémoire de journaliste, du jamais vu – (Suite
tome
2
de L'Étau Policier) Au
sujet de ce scrutin du 14 avril 2003… La veille, Jean Charest, chef
du parti libéral du Québec, déclare que le gouvernement (péquiste)
intervient trop dans la vie des citoyens. Le
lendemain soir, les libéraux remplacent les péquistes au pouvoir.
En juin, dans son discours d’ouverture
de la trente-septième Législature, au Parlement de Québec, le
nouveau premier ministre Charest fait une déclaration pour le moins
surprenante (Journal des débats de l’Assemblée nationale, 4
juin 2003, Vol. 38 no 1) : «Le
respect des citoyens et de la démocratie est une autre préoccupation
qui transcende les grands dossiers, qui imprégnera l’ensemble de
nos décisions. La démocratie, faut-il le rappeler, n’est pas une
option de notre véhicule collectif. Ce n’est pas un toit ouvrant
dont on se sert lorsqu’il fait beau et que l’on ferme lorsqu’il
pleut. Nous
respecterons la démocratie beau temps, mauvais temps. (…) Nous
allons faire de notre démocratie (…)
l’une
des plus avant-gardiste du monde.»
Il annonce un projet global de réforme des institutions
démocratiques. «Les
Québécois seront plus prospères, plus libres (sic).
(…) Cet
État croira dans la primauté des libertés individuelles (resic).»
Les
jours suivants, des interventions de membres du gouvernement Charest,
à l’Assemblée nationale, étonneront tout autant. Benoît
Gauthier, ministre libéral des Relations intergouvernementales et
aux Affaires autochtones, expliquant la philosophie libérale,
parlera de «préserver
les libertés individuelles».
(Journal des débats de l’Assemblée nationale, 5 juin 2003, Vol.
38 no 2)
Sa
collègue, Margaret F. Delisle, whip adjointe du gouvernement, plus
incisive, dénoncera le gouvernement péquiste précédent, son
«autoritarisme
à outrance»,
son «interventionnisme
démesurée dans toutes les facettes (sic)
de
la vie quotidienne des citoyens et citoyennes
(…) comme
si le gouvernement (lui)
appartenait,
comme si le Québec
(lui) appartenait,
comme si les structures (lui)
appartenaient.»
(Journal
des débats de l’Assemblée nationale, 6 juin 2003, Vol. 38 no 3)
De
mémoire de journaliste, du jamais vu. Charest, Gauthier et Delisle
savaient-il ce qui se passait dans le sous-sol de la démocratie ?
Leurs déclarations, parmi d’autres, portent à le penser. Seul le
temps dira si ce gouvernement libéral respectera son engagement.
(Suite demain)
PS
: (Dimanche 14 décembre 2008) À ma connaissance, Charest
n'a pas fait grand-chose.
Publiquement, s'entend. Possible qu'il soit intervenu en coulisse,
mais ça, je ne vais pas consulter une boule de cristal pour essayer
de le savoir. Il
a même commis au moins une bévue monumentale, en permettant à
Jacques Dupuis de cumuler les fonctions de ministre de la Sécurité
publique et de ministre de la Justice, l'équivalent de l'eau et du
feu.
Dupuis
porte deux chapeaux, et ce n'est pas la première fois que je le
signale : «Un
ministre ne doit pas être à la fois le patron de la police
(c'est-à-dire
ministre de la Sécurité publique)
et
le patron des procureurs
(c'est-à-dire
ministre de la Justice de qui relèvent les
procureurs de la Couronne)
qui
doivent porter un jugement sur leur travail (le
travaildes
policiers).»
(Dixit Yves Boisvert –
La Presse de novembre 2002)
Dans ce mélange des genres, il n'y a pas
de séparation de pouvoirs. Et
la confiance des citoyens à l'égard de la justice continue de
piquer dangereusement du nez. (Suite demain)
News du samedi 13 Décembre 2008
■ Robert
Dziekanski : le taser pas coupable – La
mort du Polonais était survenue à l'aéroport de Vancouver, au
Canada, en octobre 2007. La vidéo d'un témoin avait fait le tour du
monde. La justice canadienne a tranché : son décès n'avait pas été
causé par le Taser.
Une
autopsie a démontré des signes d'alcoolisme chronique. Les
procureurs du ministère public ont soutenu qu'il était peut-être
sous les effets de sevrage alcoolique, de déshydratation ou
d'hystérie. Un pathologiste a dit
croire que ces
facteurs ont pu causer un délire
qui a contribué à provoquer un arrêt cardiaque. (Source RCI)
PS
: Peut-être...ces
facteurs ont pu... En viendra-t-on à
dire un jour qu'un citoyen atteint d'une balle à la poitrine est
mort lors de son opération parce qu'il était en sevrage alcoolique
ou déshydraté et que le policier ne peut en être tenue
responsable? Revoyons la vidéo
de la tragédie (05:56).
■ La
radio de demain serait à Barcelone – Et
on la trouverait sur le site
idcatfm. J'ai lu ça quelque part sur le web, avant hier, en
début de nuit. Suis allé voir ce qui en était, ai écouté, ça
m'a plu. Finalement, j'ai travaillé jusqu'au petit matin avec ces
sons nouveaux en sourdine. Musiciens et chanteurs de nombreux pays y
sont à l'antenne 24h sur 24.
Ça m'a reposé de la
radio de chez moi, où les ondes sont réservées aux stars du
milieu, qu'on repasse sans cesse : pour être franc, je ne l'écoute
plus depuis très longtemps. La moisson est plus riche à l'extérieur
de mes petites frontières.
Cela
écrit en sachant qu'il est nécessaire de protéger sa culture. Nos
artistes, ce doit être le cas aussi des vôtres, n'ont pas encore
réussi à exporter leur talent ailleurs que dans la francofunie. Et
encore, tout est concentré en un seul lieu : Paris.
■ JO
de 2000 en Australie, mine d'or pour les prostituées –
(Suite tome
3 de
L'Étau Policier) En
matière de prostitution, le
Canada accuse un retard considérable sur nombre de pays européens.
Ainsi, aux Pays-Bas,
où elle n’a jamais été illégale. (Michèle Ouimet –
La Presse du 12 septembre 2000)
En 1988, relate la journaliste
Michèle Ouimet de La Presse, elle a officiellement été reconnue
comme une profession. Les prostituées paient d’ailleurs des impôts
depuis 1996. Elles ne sont pas obligées de s’enregistrer auprès
de la police, ni de subir des examens médicaux. Depuis le premier
octobre 2000, les bordels sont légalisés, après avoir été
interdit pendant 88 ans. Mais, précise-t-elle, cela ne change pas
grand-chose puisqu’ils étaient déjà largement tolérés.
En
Suisse,
pays on ne peut plus conservateur, tout est légal : prostitution,
bordels, sollicitation, proxénétisme. Les prostituées exercent une
profession, paient des impôts. Plusieurs femmes préfèrent
travailler dans des salons de massage et des bars où les clients ont
légalement le droit de les embrasser et les caresser. À Genève
seulement, note la journaliste, il existe 116 salons de massage et
une quarantaine de bars, sans oublier cabarets et saunas.
Le Danemark,
pour sa part, a légalisé la prostitution en mars 1999. (Agence
France-Presse –
La Presse du 6 mars 1999) La nouvelle loi contient des dispositions
réprimant celle des mineurs et le trafic de prostituées provenant
des pays de l’Est et d’Asie.
Et l’Allemagne,
en août de la même année, s’apprêtait à légiférer.
(Associated Press –
La Presse du 7 août 1999) La ministre de la famille Christine
Bergmann devait présenter un projet de loi à cet effet en 2000. On
y définit la prostitution comme une activité légale mais...
immorale. L’Associated Press cite une déclaration de la ministre
faite au quotidien allemand Maerkische Allgemeine : «Comme
ça, les prostituées pourront prétendre à une couverture sociale.»
La ministre souhaite en outre que celles-ci puissent poursuivre en
justice les clients partant sans payer.
À
la fin de l’été 2000, les prostituées de toute l’Australie
convergeaient vers Sydney, la tenue des Jeux olympiques (JO)
promettant des affaires «faramineuses»,
selon des professionnels du sexe de la métropole australienne où
cette industrie est légalisée. (Agence France-Presse –
La Presse du 2 septembre 2000) Marie McMahon, directrice du Programme
social destiné aux employés de l’industrie du sexe (SWOP),
reconnu par le gouvernement, estimait que ce secteur allait tourner à
plein régime durant les Jeux.
«Les
bordels et les services de call girls auront un potentiel de l’ordre
de 150 000 clients supplémentaires,
a-t-elle confié à l’Agence France-Presse.
Les quelques 10 000 personnes qui, selon les estimations, travaillent
dans l’industrie du sexe dans l’État des Nouvelles Galles du
sud, ne pourront répondre à la demande.»
On comptait du reste sur les prostituées de l’étranger pour
satisfaire la clientèle.
On facilitait également
la vie aux touristes à la recherche d’endroits leur convenant. Le
SWOP avait publié un dépliant sur le fonctionnement de l’industrie
du sexe à Sydney. Il devait être disponible dans les bars, les
hôtels et les quartiers où la majorité des lieux de divertissement
sexuel ont pignon sur rue. En outre, 13 des pages jaunes de
l’annuaire de la ville devaient être aussi consacrées à ces
établissements spécialisés, dont le Salon Kitty, spécialisé dans
le fétichisme et les pratiques sado-masochistes.
Faut
voir cette dernière pratique comme une pièce de théâtre, où
chaque participant, adulte consentant et vacciné, joue un rôle, et
où tout est simulé. Ce n’est pas la vraie vie mais du fantasme.
De fait, la pratique a tout de la thérapie, permettant de libérer
des émotions bloquées, notamment par l’éducation familiale et
sociétale. Qui n’aime pas, n’y va pas.
(Suite demain)
■ Citoyens
matés, terrain prêt à accueillir le nouvel État –
(Suite tome
2 de
L'Étau Policier) Que
les trois gouvernement péquistes successifs aient renforcé les
moyens policiers, arguera-t-on, ce n’est pas un cas unique en
Occident, qui est balayée par une montée de la droite politique et
policière. C’est très juste. Indépendance ou pas, pouvoir
politique, toutes bannières confondues, et police font des gains.
La Sûreté du Québec
assurant le service de police dans de plus en plus de municipalités,
et ce corps policier relevant du Gouvernement de la province de
Québec, existe le danger réel que ce dernier influe, à l’insu
des élus municipaux, sur la façon dont leur territoire sont
policées.
Dans cette optique, le ministre québécois de la Sécurité
publique, peu importe encore une fois sa couleur politique, a de plus
en plus d’emprise sur les citoyens de ces municipalités, et les
élus de ces dernières, de moins en moins : l’émergence de
petits potentats locaux et régionaux – préfets de MRC – est
tout aussi préoccupante.
Donc,
pas un cas isolé, le Québec, bien qu’il reste que le contexte
différait à cause du projet d’indépendance. Par leurs réformes,
les péquistes faisaient la démonstration de leur pouvoir. Un
avertissement subliminal
que le Jour-1, les récalcitrants devront éviter de brouiller l’eau.
Ils les en préparaient psychologiquement.
Par
les fusions municipale, les déracinaient, par la régionalisation
policière, étendaient l’emprise de la police nationale sur eux,
par l’implantation de la police communautaire bidon, élevaient la
notion de la loi et l’ordre à un niveau jamais vu dans cette
province. En quelque sorte, des bouleversements dans leur vie stable,
préparant les esprits au cataclysme politique en devenir. Les
citoyens étant désormais matés, le terrain était prêt à
accueillir le nouvel État.
Manifestement,
nous étions en
présence d’une volonté de puissance.
Pas celle du citoyen tentant de se réaliser globalement sans rien
imposer à ses semblables, mais celle d’un noyau d’individus
détenant le pouvoir politique et multipliant les gestes pour
assujettir la Société civile. Plus le mensonge était gros, plus la
population y croyait. Créer la confusion, démoraliser pour ensuite
présenter un plan permettant de redresser la situation. Le pouvoir
comptait là-dessus pour se donner une plus grande marge de
manoeuvre. Gouvernement démocratique?
Sous le titre Pour une
meilleure démocratie, le journaliste Vincent Marissal de La Presse
écrit, le 23 novembre 2002, qu’on a tendance parfois à oublier
que Bernard Landry n’a pas été élu premier ministre du Québec.
Il a pris la place de Lucien Bouchard, qui avait lui-même assuré la
relève de Jacques Parizeau dans le mandat précédent.
Le
journaliste s’est livré à un petit calcul révélateur. Le
Parti québécois est au pouvoir depuis septembre 1994, soit 101 mois
(ce 23 novembre 2002).
Sur ces 101 mois, Lucien Bouchard a été premier ministre désigné
(NDLR : … c’est-à-dire nommé par le Parti québécois,
mais pas élu premier ministre par la majorité des citoyens.)
pendant 32 mois ; Bernard Landry (ce mois de novembre 2002) était
désigné depuis 20 mois. C’est donc dire que les deux
gouvernements du Parti québécois ont eu un premier ministre désigné
52 mois sur 101 mois de pouvoir.
Sans
oublier que le gouvernement péquiste a remporté les élections en
1998 avec moins de votes que l’opposition officielle. (NDLR :
Selon l’éditorialiste André Pratte de La Presse, les péquistes
ont obtenu à peine plus de 40% du vote populaire aux élections de
1994 et 1998.) (André Pratte –
La Presse du 17 août 2004 ) «Ça
ne fait pas des mandats forts»,
constate le journaliste Marissal.
Les
élections générales se dérouleront le 14 avril 2003, près de
cinq mois après son article : voilà d’autres mois à
additionner. Ce
qui n’a pas empêché ces gouvernements péquistes successifs de
bulldozer sans vergogne la Société civile. Des démocrates? (Suite
demain)
News du vendredi 12 Décembre 2008
■ La
face cachée...de la Une – Madame
la juge, qui chante très bien, interroge le terroriste. Elle sait
tout à son sujet. «Le
procureur constate qu'il y a dans ton garage des tuteurs à tomates.
C'est pour les sabotages? (…)
T'étais le premier leader d'un mouvement anarchiste»,
l'accuse-t-elle aussi en hochant de la tête, petit sourire en coin
de celle à qui on ne cache rien. Un clip musical politiquement
bien pensé (03:14).
■ Une
bonne leçon aux journalistes traditionnels – Le
magazine français Respect secoue les ghettos, peut-on lire au sommet
de sa page d'accueil. Il a été fondé il y a 5 ans afin de répondre
à une réalité : le métissage de la France et la fracture
citoyenne en résultant. On s'y regarde d'une manière passive, voir
défensive, sans réaliser que cette diversité apporte un plus, une
force. De là l'envie d'en traiter, mais pas n'importe comment.
L'approche
des journalistes du magazine diffère énormément de la
traditionnelle. Leur objectif est de sortir du présumé respect, de
la posture du journaliste classique. Alors, ils font appel à des
gens attirés par la dynamique du magazine, qui sont pas
journalistes, mais possèdent de l'expérience dans différents
domaines : social, culturel, etc.
On parvient ainsi à créer une
équipe de 30 personnes. Lorsque vient le moment de traiter d'un
dossier, chacune y participe de ses idées et en sollicitant l'aide
de son réseau. C'est en confrontant toute cette masse d'information
que le sujet sera différent de ce qu'offre habituellement les
médias.
Une
intervenante de la vidéo
(52:24)
que vous allez voir, explique que si moi, journaliste, avec ma petite
expérience, prétendant tout savoir, je vais sur le terrain faire un
papier, il va correspondre à ce que j'ai en tête. Respectmag
fonctionne autrement. Les enquêtes peuvent s'étendre sur trois
semaines. En cours de route on peu réaliser qu'on se trompe, qu'il
faut revoir le dossier au complet. Accorder plus d'espace à un
élément, en ajouter un autre, en supprimer un parce que c'est un
faux problème. On travaille en étant continuellement à l'écoute
du terrain.
Donc,
ça prend du temps, résume-t-elle. C'est extrêmement déstabilisant,
on se dit qu'on va jamais y arriver... Parce que nos idées
préconçues volent en miettes, que le terrain nous prouve autre
chose. Et c'est ça, Respectmag. «Parce
que je sais que j'ai un présupposé sur l'autre, que je peux avoir
une vision formatée sur un problème de la société, j'accepte une
remise en question de tout ce que j'ai recueilli.»
Visitez
le site de Respectmag
■ Harper
étant au pouvoir, le statu quo demeure – (Suite
tome
3 de
L'Étau Policier) Dans
un rapport dévoilé à l’été 2001, le comité du Bloc québécois
propose de décriminaliser (pas légaliser) la prostitution de rue,
de l’interdire en milieu résidentiel et de la restreindre à des
zones désignées. (Lia Lévesque, Presse canadienne –
La Presse du 30 juin 2001)
Formé l’année précédente, il est
notamment composé des députés fédéraux Réal Ménard et de sa
collègue, Caroline St-Hilaire. Ils ont entendu une centaine de
témoins, des groupes communautaires, représentants des citoyens,
professionnels et autres. Leurs consultations ont été focalisées
sur Montréal, Québec et Longueuil. Au moment du dévoilement du
rapport, le caucus des députés bloquistes, n’en ayant pas étudié
le contenu, n’a pas pris... position.
Le député Ménard
n’estime pas moins que «cette
question-là est condamnée à être à l’agenda politique. On ne
pourra pas faire l’économie d’un débat. Le temps est venu de la
soulever».
Vers la fin de ce même été 2001, les jeunes péquistes, réunis à
Rimouski pour leur congrès annuel, recommandent à la quasi
unanimité que le gouvernement du Québec ne poursuive plus les
prostitués mais plutôt leur permettre de recevoir leurs clients
dans des endroits sûrs, par exemple des maisons closes.
(Marie-Claude Malboeuf –
La Presse du 19 août 2001)
De
son côté, la présidente de la Fédération des femmes du Québec
(FFQ), Diane Lavallée, dévoile, un an plus tard, un rapport sur la
prostitution. (Michèle Ouimet |