News du jeudi 31 Décembre 2009
■ Une
gamine qui a du cran et du talent
– C'est l'histoire d'une élève qui téléphone à son prof qui,
pour la punir, lui a dit de copier 200 fois : "Je
ne vais pas rigoler quand mon professeur a le dos tourné".
Elle dit en avoir parlé à son père qui a trouvé ça complètement
débile : vidéo du "Coup
de fil"
(04:52). Marion Valgresy a été choisie pour jouer ce rôle. Elle
est vraiment convaincue et convaincante. Le maiking-of
(13:43) est intéressant à voir également.
■ Esther
– Court métrage d'une ado tannée
(11:19) de se faire chier par tout un chacun : "ils
se prennent tous pour mes parents".
■ Canada-Afghanistan
: 5 canadiens tués
– Quatre soldats et une journaliste, Michelle Lang du quotidien
Calgary Herald, lors d'une patrouille dans la ville de Kandahar.
De plus, cinq personnes ont subi des blessures, dont 4 soldats.
Michèle
Ouimet,
journaliste aguerrie du quotidien La Presse, à Montréal, est allée
plusieurs fois en Afghanistan. À lire son "Requiem
pour une journaliste",
on constate qu'il est moins risqué de faire cavalier seul que
circuler dans un tank. Elle se souvient encore de sa peur au
ventre...
■ Painchaud,
président du syndicat des policiers de Montréal : la police de
quartier est une fumisterie, un flirt avec les politiciens
- (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Les Montréalais n'ont pas fini pour autant
d'investir encore et encore dans la «cadillac»
policière, et très loin s'en faut.
En mars 2001, le successeur de
Simoneau à la présidence de la Fraternité des policiers de l'île
de Montréal, Georges
Painchaud,
fulminait contre la
police de quartier
(André Cédilot --
La Presse des 27 mars 2001 et 20 février 2002)... «C'est
un échec, une
fumisterie,
une opération de séduction, un
flirt avec les politicien.
(...)
En
réalité, explicite-t-il
un peu plus,
la police de quartier a été créée pour plaire aux élus
municipaux. C'est
une police bien plus proche des politiciens que des citoyens.»
Ça,
on le savait. Ce qu'on ne savait pas, par contre, c'est qu'on
n'arrive pas à s'expliquer, pour
citer Painchaud,
comment «(...) on
soit passé du jour au lendemain d'un projet de 14
mégapostes,
sous l'ancien directeur Alain Saint-Germain, à
49 petits postes,
avec Jacques
Duchesneau,
son successeur».
Painchaud entendait faire pression afin d'en réduire le nombre «à
27 ou 28».
Voyons la suite.
Décembre
2002, Michel
Sarrazin,
le dg de la police, confirme (Sébastien Rodrigue --
La Presse 5 décembre 2002) : «Oui,
on envisage la fermeture de postes»,
entre 8 et 10. Février 2003, les auteurs de la nouvelle réforme
laissent tomber un autre voile.... Là, on ne parle plus seulement
que de
la fermeture de postes de quartier.
(Sébastien Rodrigue --
La Presse du 28 février 2003) Un
groupe de travail mandaté par le dg de la Ville de Montréal, à
l'époque Guy
Coulombe,
propose de faire appel à des
agences de sécurité privée,
qui opèreraient sous la responsabilité de la police de
Montréal.
(NDLR : Ainsi qu'on l'a vu plus haut, du temps
où il était dg de la Sûreté du Québec, le
citoyen Coulombe
avait
signé un document intitulé Orientations et plan d'action de la
Sûreté du Québec
où il faisait l'éloge du concept
de la police communautaire.)
(Commission
Poitras, CD no. 2, Divulg
210PDF, La police de proximité dans les MRC sur la voie du succès,
document no. 1, page 138) (Suite
demain)
■ Un
civil de la Sûreté du Québec essayant d'ouvrir ma porte sans y
parvenir : «Voyons,
tabarnark, y'é tu mort à matin !»
- (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Nos conversations étaient pour le moins
déprimantes,
car il se plaignait continuellement de
sa situation de mis à pied.
Du nombre de chèques
de chômage
qu'il lui restait à retirer avant de tomber sur le bien-être
social,
de sa camionnette qu'il devrait mettre sur des blocs parce qu'il
n'avait plus les moyens de
payer ses assurances,
de l'obligation qu'il aurait d'aller
chercher un job en Ontario
si l'employeur ne le rappelait pas, des
ragots
circulant au sujet de la scierie, etc.
Pénible,
à la longue, d'entrer dans son jeu, quand vous savez que le gars est
un civil et qu'à chaque fois qu'il ouvre la bouche, c'est
pour mentir.
Dans une situation semblable, essayez donc aussi de remonter le
morale de quelqu'un. Je m'y suis essayé, mais
le cœur n'y était pas
: pas aisée, l'hypocrisie, quand vous n'êtes pas doué pour la
chose.
J'en
étais venu à la conclusion qu'il me serinait les mêmes sornettes
simplement pour m'écœurer. C'était de la déstabilisation
quotidienne et à deux volets. Brasser continuellement du noir
pour que la personne ciblée en vienne à ne plus rien espérer de
ce coin de pays, et à perdre peu à peu sa vision optimiste
de la vie, peut-être aussi de la vie tout court.
C'est-à-dire
à se découvrir des bobos et les gratter jusqu'au sang. La saison
était bien choisie, nous étions en hiver. Au Lac Saint-Jean, ils
sont longs et froids, les tempêtes nombreuses, la neige abondante.
Sans doute ignorait-il que je
ne suis pas du genre à se gratter,
et suis un nordique, adore
l'hiver à
la campagne. (Suite
demain)
News du mercredi 30 Décembre 2009
■ Comment
prévenir le cancer
– Pas de recettes miracles. Cependant il est possible de réduire
le risque d'en avoir un. Trois éléments importants : poids
corporel, alimentation et activité physique. Quelles sont les
sources du cancer? Multiples, impossible d'en faire le tour au
complet.
La
pollution en est une, dépendant de sa source. Et les produits
chimiques qui sont partout, même là où on l'ignore. Aucune étude
n'a été faite pour mesurer les effets combinés de toutes les
petites parties par million que l'on peut absorber sans danger, nous affirme-t-on avec aplomb. On se sent un peu beaucoup impuissant à s'en
protéger.
Sur
le site de la "Fondation
mondiale de recherche contre le cancer",
qui me semble bien documenté et sérieux dans sa démarche, vous
aurez réponses à plusieurs de vos questions. Au sommet de la page,
trois thématiques à explorer : "La
recherche scientifique",
"Comment
prévenir le cancer"
et "S'informer".
■ Montréal
: les usagers avaient-ils à ce point peur de la criminalité qu'ils
préféraient plus de police et moins de transport ?
- (Suite tome
2 de
L'Étau Policier) Cependant, au début de 2002, le
visage de l'île change.
Les 28 municipalités de l'île sont
fusionnées à Montréal,
et Gérald
Tremblay,
qui a défait les troupes de Bourque au mois de novembre précédant,
est le maire de la nouvelle Ville de Montréal, de qui
relève désormais la police.
La
Communauté urbaine de Montréal (CUM)
est remplacée par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM),
et Danyluk,
qui n'a guère le choix, quitte ses fonctions. Pour sa part, la
Société de transport de la CUM (STCUM)
est remplacée par la Société de transport de Montréal (STM),
qui hérite d'un gros problème : réparer les pots cassés du
tandem Bourque-Danyluk.
En janvier 2002, son budget passe de 699M$ à 725M$, en hausse de
4%.
(Éric Trottier --
La Presse du 5 décembre 2001) La STM annonce son intention
d'investir 713M$ au cours des trois années suivantes, notamment pour
rénover
le métro
(324M$), acquérir
380 nouveaux autobus
(176M$) et remplacer son système
de perception
(103M$). Tout est à la hausse, incluant... les
tarifs.
Le
directeur général de la STM, Jacques
Fortin :
«Finies
les compressions,
clame-t-il.
Notre budget devrait nous permettre d'injecter 10M$ de plus dans les
services aux usagers. Ça va se traduire par des ajouts d'autobus et
de rames de métro là où le service est à la hausse.»
Il estime être en mesure d'ajouter 65 000 heures à son service
d'autobus, au cours de 2002. Idem de celui du métro. Même
le service du transport... adapté--
destiné aux handicapés physiques nécessitant un transport
spécialisé --
augmentera ses
déplacements de 3%.
Cependant,
bien qu'il s'agissait d'une amélioration, on était loin de
combler le trou béant
laissé par les compression majeures des années 1990 : la
défunte STCUM avait notamment supprimé 500
000 heures
de service d'autobus. De plus, la STM est confrontée à deux
problèmes : la hausse du prix du carburant, qui a coûté 10M$,
et des problèmes mécaniques qui entraînent la mise
au rancart de dizaines de vieux autobus,
causant de multiples problèmes aux heures d'affluence. Ce qui doit
toutefois être corrigé, prévoit-on, par l'arrivée de 75 autobus
neufs et de 225 autres prévus pour 2002.
Résumons-nous.
Tandis qu'on coupait dans le transport en commun pour doter l'île de
Montréal d'une police «de
luxe»,
et de surcroît pseudo
communautaire
et d'avantage répressive, de petits
salariés,
des chômeurs
et des pauvres,
dans la rue, exposés aux intempéries et au froid l'hiver,
attendaient des autobus qui prenaient du temps à se pointer le nez,
quand
ils s'y pointaient
car des circuits avaient été abandonnés. Et les handicapés
physiques
attendaient l'arrivée du transport spécialisé, quand il était...
disponible.
Il
serait instructif de demander à ces usagers s'ils avaient à
ce point peur de la criminalité
qu'ils préféraient plus de police et moins de transport en commun.
Voilà qui projette l'image d'un pouvoir politique davantage
intéressé à leur contrôle et nettoyage sociaux et à leur
exclusion qu'à
leur bien-être.
Le tout décidé derrière
des portes closes,
sans consultation préalable des premiers concernés, les usagers.
(Suite demain)
■ J'ouvre
la porte à un civil de la Sûreté du Québec et, sans dire un mot,
il se dirige aux toilettes pour pisser
- (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Depuis que je lui avais adressé la parole et
invité à prendre un café à mon domicile, tout en sachant
pertinemment bien qui
il était,
il s'était rapidement considéré comme chez lui. Par deux fois,
après lui avoir ouvert la porte, il était entrée sans
me regarder,
ni dire bonjour ni rien et s'était carrément dirigé aux
toilettes pour pisser,
et d'un pas lourd et décidé. Ça me déplaisait.
À
cette époque,
frayant depuis près de trois ans dans l'underground policier, je
savais très bien où il voulait en venir : m'imposer graduellement
son emprise
psychologique.
Il lui était même arrivé de laver sa camionnette devant ma porte,
alors qu'il demeure sur l'autre façade de l'édifice, au
rez-de-chaussée tout comme moi, et qu'il aurait pu procéder devant
son propre appart. Il avait rempli sa chaudière dans l'évier de ma
cuisine et, le lavage terminé, y
avait vidé son eau sale.
Je lui avais donné un
vieux chiffon
pour qu'il fasse reluire sa carrosserie... Ç'a l'avait un
peu surpris.
L'homme
est assez impressionnant physiquement, et rit rarement. Il a la
carrure d'un lutteur, pas celle de l'athlète tout en muscles, celle
du gros routier trop bien nourri.
Et marche les bras légèrement écartés, et pesamment, j'insiste,
le haut du corps incliné comme s'il s'apprêtait à
bondir sur vous.
Au
cours d'une de ses premières visites à mon domicile, il m'avait
fait une petite démonstration
de force.
J'étais assis sur une chaise droite de la cuisine, lui debout en
face de moi, les avant-bras à demi repliés, approchant et éloignant
l'une de l'autre ses mains entrouvertes, dans un mouvement
ressemblant à
une prise d'étranglement.
À
une autre occasion, il avait le
crâne rasé
et soulevait de temps en autre sa casquette pour que je vois bien
l'allure
féroce
que ça lui donnait. Je lui avait signalé qu'en ajoutant des
tatouages, il
aurait l'air d'un vrai Hell's Angel.
Ma remarque l'avait fait tiquer, un peu blessé même. Un tendre
jouant au dur? (Suite demain)
News du mardi 29 Décembre 2009
■ La
crise de 1929 avait du bon
– Elle ne touchait que le territoire des USA
(06:14). Malheureusement, celle que nous vivons aujourd'hui vient de
ce pays et, cette fois, tout le monde de la planète est atteint. Et
injustice impensable, ce sont les citoyens qui paient la facture :
hausses des impôts et des taxes municipales, augmentation des TVA
(chaque fois que vous effectuerez des achats, vous verserez votre
obole pour réparer des dégâts dont vous n'êtes responsable),
coupures dans les services, services gratuits maintenant payants,
etc.
Manifestement,
nos élus refusent de taxer les transactions financières des vrais
coupables : banquiers et boursiers. Et les policiers en civil et en
uniforme continuent à s'invertir massivement dans les quartiers
pauvres, alors que la vraie criminalité est dans les banques et les
bourses. Que faudra-t-il donc faire pour que tout ce beau monde
comprenne que le problème n'est pas là, mais ailleurs?
■ Québec
: quelques témoignages sur la crise économique
– La réalisatrice québécoise Hélène Choquette a photographié
et interrogé des gens pour savoir comment ils se débrouillent en
ces temps difficiles. Cinq vidéos : Sarah-Pierre a appris
à naviguer de crise en crise (03:42) ; vaut mieux vivre modestement
et heureux que de s'endetter (03:30)
;
des planteurs d'arbres qui espèrent être admissibles
à l'assurance-emploi (02:17)
;
Daniel cherche
en vain un job (03:50)
;
la coupure
dans le fonds de pension de Réal (03:13).
■ La
France et ses nuits festives
– Désormais, les discos fermeront à 7h
du matin. Auparavant, les heures variaient. Au Québec, ce n'est pas
demain la veille qu'on permettra aux citoyens de festoyer aussi
longtemps dans une boîte. Et Montréal la nuit? Oubliez ça.
La
police veille au grain. Elle ne fait qu'appliquer la loi des élus du
Parlement de la province de Québec. Ceux-ci légifèrent sur tout ce
qui peut constituer une source de désordre. Et là où la police
considère que loi il devrait y avoir, elle applique la sienne,
clandestinement, illégalement.
■ Les
USA responsables de la chute financière du Canada
– Selon la firme Dale Orr Economic Insight (son site),
la perte de la valeur des exportations vers ce voisin américain en
est à l'origine : article
en français.
PS
:
Voilà une bonne leçon à retenir chez les hommes d'affaires
canadiens. Depuis toujours, il leur était plus facile d'y vendre
leurs produits : proximité de la frontière, même langue et,
majoritairement, même culture. Avant la crise que nous traversons,
plus de 80% des exportations canadiennes étaient destinées aux
Américains. Guère le choix, maintenant, ils devront apprendre à
les diversifier. Pas bon du tout de mettre tous ses sous dans la même
tirelire.
■ Montréal, milieu des années 1990 : Danyluk investissait sans arrêt dans sa
police luxueuse et coupait partout dans le transport en commun -
(Suite tome
2
de L'Étau Policier) Pendant que la Communauté urbaine de Montréal
(CUM) investissait
sans arrêt dans sa police
et que des municipalités membres consacraient, sur leur territoire
respectif, «des
ressources supérieures à la moyenne en matière de sécurité
publique»,
la même CUM effectuait de larges coupures dans
les budgets de la Société de transport de la CUM
(STCUM) : Danyluk
l'avait aussi dépouillée de son surplus budgétaire de 23M$ de 1998
et agrippé au passage les sommes perçues auprès des sociétés de
transport de Laval et de la Rive-Sud pour payer sa police.
À
partir de 1995, année marquant le début des coupures budgétaires,
le transport en commun a subi en effet «une
véritable saignée»,
rapporte La Presse du 16 décembre 1998. Se référant à un document
de la STCUM, le journaliste nous apprend que 789 postes avaient été
abolis, soit 10%
des effectifs. Combiné à une réduction de 50%
du temps supplémentaire, cela correspondait à 1 100 postes, soit
13% des
effectifs.
De
plus, la contribution des municipalités à la STCUM avait également
diminué, passant de
48,4%, en
1992, à
38%,
environ six ans plus tard, un recul de plus de 10%.
Celle des usagers, dont on peut supposer qu'un grand nombre n'ont pas
les moyens d'avoir
une auto,
avait, quant à elle, augmenté depuis 1992, passant de 43
à 52%.
Les
coupures dans le transport en commun influaient directement sur la
fréquence du service : moins
d'argent, moins de service.
D'après le document, la Société de transport avait dû abandonner,
année après année, certains services d'autobus et
réduire la fréquence du métro.
Le kilométrage annuel autobus-métro
avait diminué de 10%.
À
la fin du printemps 2001, dans le cadre d'une commission
parlementaire, à Québec, le président du conseil d'administration
de la STCUM, Pierre-Yves
Melançon,
identifie la période de 1994 à 1998 «à
des années d'asphyxie»
où le service a diminué de 13%.
(Martin Pelchat --
La Presse du 2 juin 2001) Dans La Presse, on rappelle qu'à
Montréal, durant le règne du maire
Pierre Bourque
(et à la CUM, durant celui de la présidente Danyluk), entre 1994 et 2001, on
avait délaissé le transport en commun.
(Suite demain)
■ Un
civll de la Sûreté du Québec cherche à tramer avec moi un petit
complot -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Afin de relater un autre volet de mon enquête,
je reviens à 1999 et en explique brièvement le contexte. Cette
année-là, Louisiana
Pacific
avait fait l'acquisition de la scierie de Lac Bouchette. Elle
souhaitait amender le Contrat d'approvisionnement et d'aménagement
forestier (CAAF)
que détenait la petite scierie du village.
Ce
qui ne se réaliserait pas en un claquement de doigts, car il fallait
l'autorisation du ministère québécois des Ressources naturelles
et, ultimement, si la conjoncture se politisait dans la municipalité,
du ministre péquiste Jacques
Brassard lui-même :
pour être franc, pas
grand-chose se politise ici.
L'entreprise avait donc amorcé des négociations avec le ministère.
Mais
au début de l'hiver 1999-2000, elles n'avaient toujours pas
abouties, et un
civil de la Sûreté du Québec,
qui partageait le même édifice à logements que moi, déployait
de gros efforts pour me faire dire
ce que les travailleurs de la scierie, incluant la vingtaine de mis à
pied temporairement, devaient faire pour les accélérer. Voyant que
je n'avais rien à proposer, il avait suggéré que ceux-ci devraient
manifester avec des pancartes et dénoncer
leur employeur.
Vous
voyez ça d'ici? Le journaliste du journal local, moi
en l'occurrence,
tramant avec un civil un petit complot pour mettre l'entreprise
au pied du mur :
j'étais alors responsable D'un
Lac à l'autre.
Lui-même se prétendait l'un de ces mis à pied, me jouait la
comédie du travailleur révolté
de cette situation qui s'éternisait, avec l'air découragé et le
ton de la voix appropriés.
Je lui avais fait remarquer que, étant
journaliste, je
ne pouvais lui donner de conseils techniques.
J'avais néanmoins précisé qu'en utilisant la méthode qu'il
proposait, il y avait risque que l'employeur, se voyant abandonné
par ses propres employés, réagisse en en
fermant définitivement les portes.
(Suite demain)
News du lundi 28 Décembre 2009
■ Grippe
porcine (H1N1), une question en suspend : à qui la devons-nous?
- Elle semble avoir atteint son sommet, et même ralentir dans
certains pays. Depuis des mois on ne parle que de ça et de la
vaccination. Il n'y a pas eu panique, mais inquiétude, oui.
Le
moment est peut-être venu de se poser la question, si on ne veut pas
que ça recommence dans un an ou deux. C'est ce que propose au
documentaire
(43:09) de la télévision suisse romande. Elle a remonté le temps
jusqu'au point de départ de la pandémie, avril 2009 : le petit
village de La Gloria, situé dans l'État de Veracruz,
au Mexique.
"Avant,
on était pauvre, mais heureux, raconte un Mexicain. Maintenant, on
est assailli par des maladies qu'on arrive pas à soigner".
Le ton est donné, l'enquête s'amorce. "Au
début, ils l'ont appelé la grippe porcine, dit un autre. Ensuite,
ils ont changé son nom pour un autre plus... diplomatique".
À
La Gloria, plusieurs citoyens atteints attribuent la grippe à des
déjections porcines d'une ferme de Smithfield Foods, qui en possède
d'autres dans la région. Une centaine de fermes du genre sont en
opération dans l'État de Veracruz et ailleurs au Mexique. Mutation
économique et virus sont liés, apprend-on. Ce qui implique une
destruction de l'environnement et de la santé "bien
plus importante qu'on veut nous faire croire".
PS
:
Il est un autre fait dont on doit tenir compte... De grandes
entreprises quittent l'Occident pour des pays où les règlements
environnementaux se limitent à peu ou à rien du tout. Main d'œuvre
moins chère aussi, pas de syndicats, pas de fonds de pension et un
directeur qui peut vous sacrer dehors sans explication. Capitalisme
sans conscience sociale, roi et maître partout où il s'amène avec
ses gros sabots dans les pays en développement ou du tiers monde. Exactement la
même putréfaction que les crises financière, économique et
sociale.
■ La
défunte CUM n'était pas à court d'idées pour enrichir davantage
son luxueux corps policier
- (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Individuellement des municipalités
fournissaient
également de l'équipement
au poste de police situé sur leur territoire respectif. En février
1999, trois
villes
de la partie ouest de l'île de Montréal -- Côte-Saint-Luc,
Hampstead et Montréal-Ouest -- devaient doter le leur de caméras
vidéo,
à 10 000$ l'unité, et dans le cas de deux d'entre-elles, y ajouter
des voitures.
(Éric Trottier --
La Presse du 4 février 1999)
Le journaliste Éric Trottier de La
Presse nous apprenait qu'il ne s'agissait pas d'une
première
puisque, depuis janvier 1998, une politique de commandites permet aux
municipalités membres de la Communauté urbaine de Montréal (CUM)
de munir leur poste de police d'équipements spéciaux.
Il
relatait que «plusieurs
villes»,
généralement les plus riches, avaient aussi acquis dans le passé
des vélocimètres, des vélos, etc. Cinq municipalités avaient fait
l'acquisition, en 1997, de deux voitures supplémentaires pour
contrôler la vitesse des automobilistes. L'année d'avant, trois
autres avaient assumé la location d'une auto-patrouille
additionnelle. Des bagatelles, arguera-t-on, quoiqu'on ne sache pas
tout non plus, mais n'en
illustrant pas moins la propension.
Autre
élément digne de mention : la
police désirait tarifer
les services d'ordre qu'elle assume à l'occasion de grands
événements à but lucratif -- festivals, concerts rock ou matchs de
hockey --. (Martin Pelchat --
La Presse du 29 septembre 1998) En vertu du principe de l'utilisateur
payeur, autre formulation faisant mouche à tout coup.
On
pourrait penser qu'après tout ce qui précède, avoir fait le tour
de la problématique. Détrompons-nous.
En page 68 du document de la CUM sur la police de quartier, on
apprend que le corps policier devrait songer à développer des
sources de revenus. (La Police de quartier --
Ensemble pour mieux servir --
Communauté urbaine de Montréal et Police de la CUM, 1996)
«Chaque
quartier est entouré d'organismes
qui ont un intérêt vital à ce qu'elle dispose des moyens
nécessaires pour accomplir sa mission efficacement».
Elle devrait donc explorer les pistes suivantes, suggère-t-on :
développer un
partenariat avec le secteur privé
pour obtenir des dons, des commandites ou des subventions, établir
des échanges de services avec des
organismes sans but lucratif,
notamment la collecte de fonds pour l'achat d'équipements.
La
défunte CUM, qui
n'était pas à court d'idées,
proposait aussi à son corps policier d'utiliser au maximum les
dispositions légales afin de récupérer de l'argent
et de la vente de biens saisis
à l'issu d'enquêtes criminelles. (André Cédilot --
La Presse du 20 mars 1999) Cette pratique perdure encore de nos
jours, pas seulement sur l'île de Montréal, partout au Québec.
Comme la police dispose déjà d'un budget annuel, ne serait-il pas
plus équitable que ces billets de banque soient plutôt remis
directement aux municipalités?
Après tout, ce sont les citoyens de celles-ci qui en assument tous
les coûts, notamment de celle de l'île de Montréal, une «police
de luxe».
Cela étant, pourquoi les lui laisserait-on? Pour
qu'elle devienne encore plus luxueuse?
Complétons
le bouquet par cette citation de la page 55 du même document de
l'ex-CUM : on suggérait à la police d'«établir
un système de
bénévoles accrédités
qui accompliront certaines activités d'ordre administratif ou de
soutien
(...)». Il s'agissait de l'une des méthodes que l'organisme
régional préconisait «pour
favoriser le rapprochement
entre la population locale et les policiers du quartier».
On ignore jusqu'à quel point cette mesure a été appliquée. (Suite
demain)
■ J'y
suis, j'y reste !
- (Suite tome
1
de L'Étau Policier) L'année suivante, je reçois par la poste un
carton publicitaire de la Corporation du Manoir Notre-Dame de
Roberval, une
résidence pour retraités,
située sur le bord du lac St-Jean. On y mentionne que les personnes
âgées y mènent une belle vie, qu'on se charge de leur ancien bail.
C'était
le 25 mars 2003, quelques jours avant le renouvellement automatique
du mien. Le 1e juillet, j'entreprendrai ma cinquième
année
dans mon appart... dont l'édifice continue d'être le mini quartier
général de la de civils
de la Sûreté du Québec.
Pas question de quitter cet appart. Ils ne me sortiront pas de là :
j'y
suis, j'y reste.
Dernier
épisode... entre Noël et le Jour de l'An 2004. Depuis une
couple de semaines, un voisin flic a encore entrepris de me faire
passer des nuits blanches. Je patiente, patiente, puis arrive
un moment où je m'éclate en faisant tout un boucan, sors
même dehors, tourne le coin, le véhicule du nouveau locataire de
l'appart qu'occupait le baraqué est stationné devant sa porte. Pas
de lumière à l'intérieur, à l'appart de l'autre coin non plus.
Reviens
sur mes pas, le baraqué, que je croyais parti depuis quatre
ou cinq mois, m'attends, me saisie de ses deux mains par le
gilet, m'entraîne à l'intérieur, ferme la porte, me secoue,
criant et répétant sans arrêt : «C'est quoi ton
problème?» Menace de me frapper, j'ai vraiment peur qu'il passe
à l'acte, mais ne lui résiste pas. Tente une ou deux explications
mais décousues tellement ça brasse. Il dit ne pas comprendre
mon attitude : «Un gars intelligent, journaliste en plus!»
J'en
profite pour lui dire de faire attention, n'ai plus le cœur d'un
jeune homme, lui demande de me
laisser souffler un peu.
Il baisse le ton, se calme, me lâche. Lui explique calmement
la situation :
quelqu'un me fait sursauter pendant mon sommeil, potentiellement
dangereux pour le cœur. Signale que si le bruit recommence, je vais
aller à la Régie.
Je
réussie à le convaincre que ce n'est pas moi le problème parce
qu'avant de partir, il me dit : «Je
ne sais plus quoi penser!»
«Bonne
année quand même»,
que je lui lance. «À
toi aussi!»
répond-il. Finalement, je ne crois pas qu'il m'aurait frappé.
Visiblement, il n'était pas au courant que l'un de ses collègues
s'adonnait à ce petit jeu. Je peux enfin dormir tranquille. (Suite
demain)
News du dimanche 27 Décembre 2009
■ Les
droits de l'homme
– Nouvelle illustration
(04:13). Version pour nos amis arabes.
■ Indonésie
: une sculpture d'Obama est tombée et a été endommagée
- Le créateur de l'œuvre
a colmaté les brèches comme il a pu.
■ C'est
sérieux, le soccer –
Rage de vaincre et beaucoup d'énergie pure. Rien d'autre. Oups!
(03:54) j'allais oublier les spectateurs. Des milliers et des
milliers dans ce stade de Rio de Janeiro. Se changer les idées,
oublier ses problèmes. On a tous besoin de ça. Reconnaissons que
c'est un beau sport aussi.
■ Québec
: choc culturel au bord de la mer Arctique
– L'Inuite Elisapie Isaac avait quitté Salluit,
un village situé sur le territoire de Nunavik,
dans le grand nord québécois, pour aller vivre à Montréal. Après
un certain temps, elle y est retournée pour revoir les siens et
tourner une vidéo
(27:51) dans le village voisin, Kangiqsujuaq.
Modernité et traditions y cohabitent. Les jeunes adultes aspirent à
migrer vers le Sud, l'équivalent d'un Eldorado. Elle s'inquiète de
l'avenir de sa culture. D'où le titre de son documentaire : Si le
temps le permet.
■ Années
1990 : des municipalités membres de la CUM consacraient «des
ressources supérieures à
la moyenne en matière de sécurité publique»
-
(Suite tome
2 de
L'Étau Policier) Du temps de la Communauté urbaine de Montréal
(CUM), le discours public de l'élite politique de l'île de Montréal
était à
ce point empaqueté que
les citoyens croyaient que les coûts de la police augmentaient si
peu, d'année en année, que ça ne valait pas la peine de déchirer
sa chemise
sur la place publique. C'est en tout cas l'impression qui se
dégageait des propos usuels de la présidente Danyluk.
Celle-ci
omettait de dire qu'individuellement des municipalités membres de la
CUM investissaient à la fois dans la police
et des forces
parallèles,
soit en faisant appel aux services d'agences de sécurité privée ou
en embauchant des gardiens de sécurité, qui devenaient de facto des
employés municipaux, et aussi en achetant
des équipements.
Déjà
en 1990, Normandeau
et Leighton
constataient que des municipalités membres de la CUM consacraient
«des
ressources supérieures
à la moyenne en matière de sécurité publique».
(André Normandeau et Barry Leighton --
Une vision de l'avenir de la police au Canada : Police-défi 2000 --
Direction de la police et de la sécurité, Secrétariat du Ministère
du Solliciteur général du Canada, 1990) Ils ne les identifiaient
pas, ne fournissaient aucun chiffre.
Une
chose est sûre : le
citoyen de chacune d'elles en défrayait la note.
Dans les faits, il payait simultanément à deux
endroits
: à la CUM pour les services de sa police et à sa municipalité
pour le surplus de protection dont cette dernière s'était dotée.
Et lorsque les élus de l'île ont décidé, au milieu des années
1990, d'implanter la pseudo
police communautaire sur tout ce territoire,
davantage encore qu'avant.
Car
il avait fallu ajouter des postes de police à ceux existant déjà
pour atteindre le chiffre magique de 49. Avec la multiplication du
personnel clérical -- citoyens-cléricaux ou policiers
déguisés en citoyens-cléricaux?
-- et l'achat d'équipements que cela entraînait. Combien de postes
avaient été logés dans des édifices qu'il avait fallu louer
ou
acheter
et rénover
pour les rendre plus fonctionnels? Combien avaient été
spécifiquement construits
à cette fin?
Des municipalités en avaient par ailleurs défrayé les coûts de
construction (et de rénovation aussi?) sur leur territoire
respectif.
Ainsi
la Ville
d'Outremont
qui, en décembre 1998, prévoyait investir 1,8M$
dans le futur poste de police de l'avenue Van Horne. (Éric Trottier
--
La Presse du 15 décembre 1998) Le maire Jérôme
Unterberg
tenait des propos lénifiant, affirmant que tout allait être financé
par la vente d'actifs de la municipalité et qu'il ne
coûterait pas un sou à ses concitoyens.
Quant
on vend des actifs d'une municipalité, on vend quoi au juste? Des
biens que la ville a
achetés,
notamment des terrains. Et
avec l'argent de qui?
Ce peut être aussi des biens saisis pour non paiement de taxes, que
la ville peut ensuite revendre avec profits. Alors prétendre qu'il
n'en coûterait rien au citoyen était
faux.
(Suite demain)
■ «T'es
pas ben aimé à Lac Bouchette, tu devrais sacrer le camp ailleurs!»
-
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Autre épisode du scénario, un mois et demi
plus tard, un
collabo de la Sûreté du Québec,
aux guidons d'un VTT, vient me provoquer sur mon espace de
stationnement, devant ma porte. Il a d'abord passé lentement.
Habituellement quand un conducteur de VTT fait de même, je sors, lui
indique qu'il est sur un terrain privé, pour éviter que d'autres
empruntent éventuellement ce raccourci, avec le bruit et l'odeur de
l'essence que cela implique : utiles, les renseignements
accumulés à votre sujet. Me préparant à partir, m'en suis pas
occupé.
Le
constatant, il a fait le tour de l'immeuble et s'est immobilisé
quelques instants, afin de me laisser le temps de réagir. Ensuite,
il a amorcé son approche, défilant
lentement devant ma porte, une deuxième fois.
J'ouvre, il se retourne aussitôt, s'arrête et lance, agressif, en
relevant le menton : «Que
c'est que tu veux, toé?»
Il coupe le moteur, répète sa question. J'ai envie de lui signaler
qu'il n'habite pas l'immeuble, qu'il est sur un terrain privé, mais
voyant qu'il cherche la provocation, rétorque que j'ai le droit
de le regarder.
«Ouais!
cela dit sur le ton de celui un peu déçu de votre attitude
pacifique. Puis à part ça, enchaîne-t-il, t'es pas ben aimé à
Lac Bouchette. Tu
devrais sacrer le camp ailleurs.»
«Ah ça...», que je riposte sans terminer ma phrase et en refermant
la porte. Le moment ne me semblait pas bien choisi de lui expliquer
que ceux
qui ne m'aiment pas,
au village, ce sont les flics en civil de la Sûreté
du Québec
et leurs collabos,
dont des Chevaliers
de Colomb
et des Filles
d'Isabelle,
deux organismes cathos.
Environ
un mois après, une jeune femme, que j'aime bien, cherche à me
convaincre d'emménager dans le village voisin, St-François-de-Salle.
Elle se livre d'abord à une sortie en règle contre des
citoyens de Lac Bouchette
qui, s'indigne-t-elle, passent leur temps à
déblatérer
contre tout un chacun, qu'il n'y a pas moyen de faire quelque chose
sans
que ça se sache.
Elle même, me confie-t-elle, est
la cible de ragots.
Bref, elle ne peut les supporter plus longtemps et a décidé de
quitter la place.
Ensuite, elle m'incite à faire de même, me
ventant les
qualités
des résidents du village voisin, du bon monde, gentil, sociable.
Tout
le contraire de Lac Bouchette,
m'assure-t-elle. Je repousse sa suggestion, sans lui en donner les
vraies raisons. (Suite demain)
News du samedi 26 Décembre 2009
■ Plantu
chez Bazzo
– Le premier est l'un des meilleurs dessinateurs politiques en
France : son site + allez me
préparer un café
+ Bush
+ j'ai encore grossi.
Marie-France Bazzo, la meilleure animatrice du Québec, notamment en
matière socio-politique. Elle
a animé pendant plus de 10 ans l'émission radiophonique à
thématique sociale "Indicatif Présent", à Radio-Canada.
Depuis quelques années, elle produit elle-même son émission
diffusée sur téléquébec : bazzo.tv.
Donc,
Plantu l'invité spécial de Bazzo, qui accueille également d'autres
personnes : politologue, journalistes, auteur de livres engagés,
etc. Différents événements sont abordés, dont le référendum
tenu en Suisse, il y a peu, interdisant la construction de nouveaux
minarets ; le sommet de Copenhague sur le climat, une rétrospective
de la décennie des années 2000 et on se pose la question : dans
quel monde entrons-nous? Des sujets intéressants ponctués
de transitions : vidéo
(01H12).
■ Années
1999 et 2000 : l'escalade
des coûts de Michel Sarrazin, dg de la police de Montréal -
(Suite tome
2
de L'Étau Policier) Plus ou moins trois mois après, début mars
1999, la journaliste Michèle Ouimet de La Presse nous informe que la
police de l'île de Montréal hérite de
la part du lion dans le budget
1999 de la CUM, soit près de 395M$, en hausse de 2,4%. (Michèle
Ouimet --
La Presse du 3 mars 1999)
Dans
le programme triennal d'immobilisation, elle note qu'elle décroche,
là
encore,
la grosse part du gâteau, soit plus de 60%
du total. Sur des immobilisations de 61,5M$, en 1999, la police
obtient, énumère-t-elle : 13,4M$
(construction, acquisition et aménagement d'immeubles), 12,5M$
(police de quartier et changements technologiques), 6,1M$
(acquisition de véhicules), 2,3M$
(relocalisation de l'identification judiciaire) et 1,8M$
(équipements de communications).
Le
mois suivant, deux maires déclarent au journaliste Éric Trottier de
La Presse que la police de l'île de Montréal coûte cher. (Éric
Trottier --
La Presse du 7 avril 1999) Luis
Miranda,
maire d'Anjou : «(...) ma
ville paye plus de 9M$ par année pour le service de police de la
CUM. À ce prix-là, nous avons 40 policiers. À Boucherville, ils
ont 60 policiers et ça
leur coûte deux fois moins,
4,5M$.»
Le maire de Brossard, Paul
Leduc, le
dit aussi : «Pour
nous, à Brossard, c'est évident que le SPCUM
(police de l'île de Montréal) est
trop
gros, trop puissant, trop coûteux.
Nous n'aurions aucun avantage à intégrer notre corps de police avec
celui-là.»
À
la fin 1999, l'ex-CUM dévoile son budget, cette fois pour l'année
2000. Le journaliste Trottier constate que ce corps policier, comme
toujours,
précise-t-il, obtient la grosse part du gâteau. (Éric Trottier -- La Presse du 10 novembre 1999) Dix jours après, il rapporte que
Michel
Sarrazin,
le dg de la police, souhaite ajouter
un étage
à l'édifice abritant le Centre opérationnel Est, situé à
St-Léonard, une dépense d'1,5M$. (Éric Trottier --
La Presse du 20 novembre 1999) Pourtant, ainsi que le fait remarquer
le journaliste, il
vient à peine d'être construit au coût de 7,5M$.
Il n'a même pas encore été inauguré.
Il relate que sa requête choque plusieurs maires du Comité exécutif
de la CUM. Certains estiment avoir été, «une
fois de plus»,
placés devant un fait accompli. «On
se demande pourquoi le deuxième étage n'a pas été pensé au
moment de la construction de l'édifice (...)»,
s'interroge Yves
Ryan,
maire de Montréal-Nord et vice-président de la Commission de la
sécurité publique.
D'après
lui, cette nouvelle exigence ressemble à ce qui s'est passé lors de
l'achat du nouveau quartier général, quelque temps auparavant,
quand Sarrazin a demandé, après
coup,
l'augmentation du nombre d'espaces de stationnement, une dépense
additionnelle de 3,5M$.
Ryan : «Étaient-ils obligés de nous parler des stationnements
après l'achat? Certains trouvent que c'est
le même pattern qui revient.»
Sans compter les 60 véhicules achetés mais ne correspondant pas aux
besoins : leur habitacle trop
étroit
les rendaient inconfortables. (Suite demain)
■ Tout
ce que vous dites et faites, dans le petit village policier de Lac Bouchette, tombent dans l'oreille d'un civil ou d'un collabo -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Cherchait-on à m'évincer du mini quartier
général de la Sûreté du Québec? Aucun
doute. Parce
que après le scénario a connu des suites pour le moins inattendues.
Vers la fin de juin 2002, sur le Chemin de l'écluse, j'aperçois,
devant une petite maison située sur une rive du
Lac-des-Commissaires, un
amoncellement de vêtements usagés et d'objets divers.
Le secteur, plus forestier que rural, est désert, vraiment pas
l'endroit pour
commercer.
M'arrêtes, l'un des trois vendeurs, une aïeule, me signale que je
fais beaucoup de vélo,
le répète même. Tiens, tiens, les choses se précisent.
Sous-entend-elle que je ne devrais plus circuler à vélo? «Non,
non, non!»,
proteste-elle, le ton haut perché, feignant d'être surprise que
j'ose lui prêter cette intention.
Ensuite,
on m'informe que la petite maison est à louer, à un prix
très abordable. Sans le leur dire, je souhaite éventuellement
louer, acheter ou bâtir un petit chalet sur le bord de ce beau grand
lac. La petite maison est tout à fait conforme à mon rêve.
Mes interlocuteurs doivent bien le savoir, l'ayant déjà confié à
quelques citoyens.
Tout ce que vous dites et faites, dans ce petit
village policier, tombent, et c'est imparable, dans l'oreille d'un
civil ou d'un collabo. Signalons encore l'utilité des
renseignements que la police emmagasine à votre sujet dans sa
mégabanque informatisée... Histoire de rappeler au lecteur de quoi
sont faits les renseignements cueillis ici et là et à quoi ils
servent ou peuvent servir.
On
me fait visiter les lieux, me fait sentir un peu l'urgence
de louer.
Le proprio, de passage seulement et devant retourner chez lui, en
Abitibi, dans quelques jours, m'écrit ses nom et numéro de
téléphone sur un bout de papier. Peu après, il
me relance chez moi,
veut connaître ma décision.
J'explique que le moment est prématuré,
que je suis lié à un bail, que je devrais verser l'équivalent de
trois mois de loyer pour me libérer. Il me propose d'annoncer mon
départ au proprio, de continuer d'y loger et, à l'échéance de ces
trois mois, d'aménager ensuite dans sa petite maison, que son bail
entrera en vigueur seulement à ce moment-là. Non,
je ne suis pas prêt,
l'an prochain peut-être. En profite pour lui demander de me rappeler
le nom de l'aïeule, qui était présente à la vente de garage. Il
me dit ne pas... la connaître.
Pas
intéressé, cependant pour
d'autres raisons
que celle que je lui donne. Le secteur n'est pas pourvu d'aqueduc. Je
serais donc dépendant du puit artésien d'un voisin, un Chevalier
de Colomb collabo de la police,
probablement même plus que collabo. En outre, comme le propriétaire
ne demeure pas dans le secteur, il déléguerait ses responsabilités
à une voisine qui habite pas loin de là, elle
aussi une collabo.
J'imagine sans peine que ces deux-là utiliseraient leur alibi
respectif pour
y venir faire un petit tour de temps à autre,
s'informer de-ci, de-ça, soulever les couvercles de mes chaudrons
pour voir ce que je mijote. Ce serait m'exposer aussi à des
situations conflictuelles créées artificiellement pour
m'empoisonner l'existence.
(Suite demain)
News du vendredi 25 Décembre 2009
■ L'hiver
est la saison des courses de chiens huskys
– Il y en a au Québec, dans d'autres provinces du Canada et au
Yukon aussi. Aux USA, l'endroit idéal est l'Alaska. Avant de
participer à ces compétitions, le musher (dérivé de mot "mush",
en français "marche"), conducteur du traineau, doit
entrainer ses chiens. Les préparer à franchir 300 kilomètres en...
48 heures. La longueur des courses varie, le nombre de chiens d'un
attelage itou. Ils peuvent être six ou une quizaine.
Deux vidéos :
Alaska
(05:34) et Yukon
(03:5) + photos : course en Alaska
; des huskys blancs
comme les ours polaires ; skieur tiré par un chien
; une dizaine de chiens tirant un traineau avec 3 personnes comme
passagers.
PS
:
Décembre 1999, j'avais organisé un défilé du Père Noël à Lac
Bouchette. Je voulais ajouter un attelage de chiens : il y en a dans
la région. Après en avoir discuté avec un musher, j'ai compris que
ça n'avait pas de sens, les chiens ne peuvent pas marcher au pas,
ils courent. Ils se seraient détachés du défilé en moins de deux.
En passant, les Inuits (Esquimaux) utilisent comme moyen de transport
la motoneige, presque plus les chiens.
■ Montréal,
années 1990 : toutes proportions gardées, on investissait davantage
dans la police que le transport en commun - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Ce que relate le journaliste représente
quelques
photos de l'histoire policière,
néanmoins des plus révélatrices.
Toutefois, en suivant son
évolution sur plusieurs années, on trouve de quoi remplir
d'instantanés un
gros album.
Sur l'île de Montréal par exemple, à l'époque de l'ex-Communauté
urbaine de Montréal (CUM) et de la Société de transport de la CUM
(STCUM), le pouvoir politique préférait-il, toutes proportions
gardées, investir
davantage dans sa soi-disant police communautaire que dans le
transport en commun?
On le sait, autobus et métro sont surtout le moyen de transport des
petits salariés, des chômeurs et des pauvres.
Transportons-nous
au mois de septembre 1998. La CUM est à élaborer son
budget de l'année 1999.
Il lui manque une soixantaine de millions de dollars pour atteindre
l'équilibre.
Selon le journaliste Éric Trottier de La Presse, 25
de ces millions manquants avaient été investis dans les hausses
salariales des policiers, l'implantation
des postes de police de quartier et le déménagement du quartier
général.
(Éric Trottier --
La Presse du 10 septembre 1998) Il tenait cette info du maire de
Saint-Léonard et président de la commission de l'administration et
des finances de la CUM, Frank
Zampino.
Deux
mois et demi plus tard, l'Agence métropolitaine de transport (AMT)
révèle que «la
CUM utilise
des sommes perçues auprès des sociétés de transport de Laval et
de la Rive-Sud pour
payer sa police».
(André Noël --
La Presse du 26 novembre 1998) Gaétan
Turbide,
directeur général de la Société de transport de Laval (STL),
confirme au journaliste André Noël de La Presse la justesses des
calculs de l'AMT : «Nous
avons alerté le gouvernement à ce sujet dans le passé».
Le maire de Laval, Gilles
Vaillancourt,
corrobore : «Il
est scandaleux que les citoyens de Laval contribuent à la police de
Montréal en croyant soutenir le transport en commun».
Même son de cloche à la Société de transport de la Rive-Sud de
Montréal (STRSM).
De
son côté, Vera
Danyluk,
présidente de la CUM, nie tout : «C'est
totalement faux. Il
est vrai que nous avons baissé nos contributions à la STCUM et
augmenté le budget de la police,
mais l'argent ne venait pas de la banlieue».
Quatre témoins versus Danyluk, qui a tout de même avoué avoir
investi moins dans le transport et davantage dans sa police.
(Suite demain)
■ Menace
d'un coup poing sur «l'aïeul» par
un flic en civil de la Sûreté du Québec - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) En mai, le
bal reprend.
Là, le bruit vient de l'appart du flic bien baraqué.
M'habille en
vitesse, sonne à sa porte, lui crie par sa fenêtre entrouverte
«debout
là-dedans»,
marche jusqu'à la façade de l'édifice, regarde par la baie vitrée
de l'autre appart, n'y vois pas âme qui vive, reviens sur mes pas,
le
baraqué est devant sa porte,
en slip, m'intercepte au passage d'un solide coup
d'index à l'épaule,
on se retrouve nez
à nez,
m'avertit, déterminé mais sans une once d'agressivité, que si je
lui fais encore «une
coche»
du genre, il va me mettre son poing sur «l'aïeul» :
référence à ce que j'avais dit au vieil harceleur?
Lui
signale, la voix un peu blanche, qu'on était bien depuis quelque
temps, les nuits étaient calmes, que s'est-il passé pour que la
situation se dégrade? Il me suggère d'en parler au
proprio
au lieu de réagir ainsi que je le fais, me rappelle que la prochaine
«coche», j'aurai son poing sur «l'aïeul».
S'écoulent quelques semaines, et je récidive, sans sortir de mon
appart. Ils ont sans doute compris que je n'avais pas l'intention de
les laisser faire.
Il
est vrai que je ronfle. Eux aussi, je les entends parfois, et ne les
ai jamais réveillés pour qu'ils
cessent leurs ronrons.
Dans un édifice à logements, plus
ou moins bien insonorisé,
ça fait un peu parti des bruits normaux de la nuit. S'ils désirent
le silence intégrale, ils ne devraient surtout pas y habiter. On
s'habitue aussi aux ronflements occasionnels d'un voisin. On peut le
réveiller une fois durant la nuit et se rendormir jusqu'au matin.
Lorsqu'on
dort, on n'entend pas l'autre.
Cependant,
procéder de façon systématique à toutes les heures, là, on
ne parle plus de la même affaire.
D'autant que cela se produit quand j'ai brouillé les eaux vaseuses
de la police en civil au cours de la journée précédente. Il s'agit
carrément de harcèlement, qui vient s'ajouter à
la répression clandestine des civils de la Sûreté du Québec et de
leurs collabos
quand je circule à vélo ou vais faire une petite épicerie. (Suite
demain)
News du jeudi 24 Décembre 2009
■ Le
temps dégringole !
- L'été vient à peine de nous quitter que déjà le Père Noël
arrive.
■ Ane
Brun
– The
Dancer (05:13). Il y a quelque chose de profond dans cette
chanson.
■ La
fausse promesse de la fameuse économie d'échelle
- (Suite tome
2
de L'Étau Policier) En juillet 2000, le journaliste Martin Pelchat
de La Presse écrivait qu'avant de procéder à des fusions de corps
policiers, le
ministre Serge Ménard
aurait avantage à méditer l'histoire de la création de la police
de l'île de Montréal. (Martin Pelchat --
La Presse du 22 juillet 2000)
Après
la mise sur pied de la Communauté urbaine de Montréal (CUM), au
début des années 1970, l'intégration
de ces corps policiers allait de soi,
sur papier... Un
an plus tard,
elle débouchait sur un déficit
de10M$
et menait la CUM, l'année suivante, vers un
trou de 97M$.
(NDLR : Tous les chiffres énoncés sont en dollars de
l'époque.)
Selon
les procès-verbaux du Conseil des ministres du temps auxquels le
journaliste a eu accès, Montréal avait engagé trop
de policiers,
dont un bon nombre remplissaient des fonctions qui auraient pu être
exécutées par des
fonctionnaires nécessitant des salaires moins élevés.
(NDLR : Une entourloupe que la police utilise couramment pour
dissimuler des policiers et faire croire que ses effectifs sont moins
nombreux qu'on le prétend.)
D'autres
ratés étaient à l'origine de la situation
: budgets des corps policiers sous évalués de 25M$, contrôle
budgétaire insatisfaisant, qui avait entraîné un dérèglement
dans l'accroissement des coûts, conditions de travail les plus
coûteuses, celles de Montréal avaient fait tache d'encre : des
améliorations avaient été consenties aux policiers dans le cadre
des négociations. Sans omettre un régime de retraite qui
risquait de coûter cher.
(Suite demain)
■ De
nouveau la guéguerre par la bruit -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Un mois s'écoule, puis, le 14 novembre, c'est
de
nouveau la guéguerre
par la bruit, je crie à tue-tête : «Si
je ne dors pas, vous ne dormirez pas non plus!»
Je frappe fort sur les murs, fais tomber une chaise, ferme à
répétition la porte de ma chambre avec fracas, leur
gueule des insultes,
les traite de fascistes, les accuse de me faire délibérément
sursauter durant mon sommeil pour que je fasse un infarctus, de
chercher à me tuer.
J'entends
quelqu'un me crier, à travers la cloison, des menaces. Je
l'envoie carrément chier,
à deux trois reprises. Les invite même à venir chez moi, pas pour
se battre, pour se faire engueuler comme ça ne leur est jamais
arrivé de leur vie. Après quelques minutes de ce vacarme, je me
calme, me contente de leur crier de temps à autre :
«Allez,
debout les gars,
c'est l'heure de se lever. Tout le monde dehors, on
va aller faire du jogging :
une, deux, une, deux...». Il
doit être 2 ou 3 heure du matin.
M'attendais à des réactions immédiates mais elles ne se
manifesteront qu'en soirée.
Je
déneige mes entrée et place de stationnement. Le locataire d'un
appart apparaît dans le décor, un
quadragénaire bien barraqué.
Il me reproche mon tapage de la nuit précédente, me menace : «Quand
je suis à bout, je
peux être très violent.»
Ne me laisse pas impressionné, même si j'ai un peu la trouille, le
gars a les yeux brumeux, l'endroit est éclairé mais ça ne remplace
pas la lumière du jour, et nous sommes à l'arrière de l'édifice,
invisibles aux voisins qui s'adonneraient à regarder à leur
fenêtre.
Je
rétorque aussitôt : «Les
menaces, ça ne marche pas avec moi.»
Il baisse un peu le ton, me raconte en avoir touché un mot à un
ami policier de la Sûreté du Québec
qui lui a dit de l'appeler la prochaine fois, qu'il allait
intervenir. Je trouve qu'il en met trop, car
je lis très bien la partie de poker en cours.
En combattant le bruit par le bruit, j'ai trouvé la bonne parade
pour réduire à tout le moins leurs activités nocturnes. En jouant
à la victime, alors que lui et ses collègues sont de fait les
tortionnaires, ils
cherchent à me réduire au silence pour pouvoir continuer à me
harceler la nuit.
«Ça
va faire, la police!» que je me dis : «Es-tu
un policier en civil?»
Il penche la tête sur le côté gauche, sans
répondre.
Je reformule la question, un court silence de plomb tombe entre nous.
Lui demande de me regarder dans les yeux : «Si
t'en étais un, me le dirais-tu?»
Il penche encore la tête, j'insiste pour qu'il me regarde dans les
yeux. Les siens sont vitreux. La question semble pas mal l'embêter,
ne sait comment réagir. Penche la tête puis la redresse :
«Non».
En
profite pour lui dire que je ne suis pas antipolice, mais démocrate,
que sans la police... Il ne me laisse pas finir : «Ce
serait la jungle! La jungle!»,
cela dit d'un ton convaincu, appuyé de coups de tête et le haut du
corps penché vers l'avant. Lui signale que je n'accepte pas les
empiétements aux droits, sans plus élaborer, moment et lieu n'étant
pas propices à une sortie en règle.
Ensuite,
l'échange bifurque sur la faune sauvage :
ours polaire, ours noir, loup, renard... Pendant pas loin d'une
heure. Me
laisse l'impression d'un bon gars, finalement.
Violent, je ne le pense pas, même si physiquement il a tout ce qu'il
faut. (Suite demain)
News du mercredi 23 Décembre 2009
■ Dans
plusieurs régions du Québec des journalistes sont bâillonnés
– C'est la conclusion d'une enquête effectuée par Kilomètre
Zéro (22:58), une émission de Téléquébec. Ici, on parle de
petites villes où tout le monde se connait, et non des grands
centres urbains de la province canadienne. L'auto censure est la
meilleure façon pour un journaliste d'y survivre. Autre évidence :
plus un hebdo est indépendant des annonceurs, plus il est libre.
Le
constat est là... Des médias sont chassés de conseils municipaux.
On fait état d'un journaliste d'un hebdo des Hautes-Laurentides qui
a été expulsé de l'Hôtel-de-Ville par la police. Il avait pris
des photos lors d'une réunion du conseil municipal. Pourtant, la
Cour supérieure du Québec a déjà statué, dans les années 1980,
qu'une municipalité n'a pas le droit de l'interdire aux
journalistes, ni celui de filmer.
À
Roxton Falls, la journaliste Ariane Faribeault a été mise à
l'index par le maire Jean-Marie Laplante. À St-Jérôme, depuis que
la journaliste Nathalie Deraspe a écrit un article qui a déplu, le
maire Marc Gascon ne retourne plus ses appels et toute demande
d'entrevue est esquivée. Deraspe : "On
marche constamment sur des œufs. Les maires voudraient qu'ont soient
des agents de liaison (et non des journalistes). On nous dit : vous
avez tout dans le communiqué (qu'on vous a remis). Mais les
communiqués, les maires disent ce qu'ils veulent nous dire (laissant
entendre par là qu'une entrevue permet souvent d'aller chercher
d'autres éléments d'info)".
Commentaire
pertinent de Bernard Généreux, président de la Fédération
québécoise des municipalités : "Moi,
je pense que ceux (les élus) qui sont tentés par le bâillon ont
probablement un problème avec la démocratie. Si comme élu, on n'a
pas (l'étoffe) pour accepter ça, il y a des élections à
l'automne, c'est peut-être le temps de penser à faire autre chose".
■ Cour
suprême du Canada : pas de condamnation en diffamation si le
journaliste a agi de façon responsable –
Avant
cette décision unanime des juges, le journaliste ne pouvait pas
dévoiler des faits s'il n'était pas absolument certain que c'était
la vérité. Les médias, incluant les blogues, peuvent être
protégés désormais contre de telles poursuites, même si certains
faits publiés sont faux, en présentant une défense de
"communication responsable".
Extrait
du jugement... "Il faut éviter que les poursuites ou les
menaces de poursuites en diffamation servent d'armes permettant aux
riches et aux puissants d'entraver la diffusion d'information et le
débat essentiel à une société libre". Cette décision est
reliée à des condamnations contre deux quotidiens ontariens : le
Toronto Star (condamné à 1,5 million$) et l'Ottawa Citizen
(125,000$). Ces deux procès devront être repris.
Reportage
de Radio-Canada sur le jugement
(02:23) et commentaires de Brian Myles, président de la Fédération
professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) + d'autres
réactions
(01:56) + entrevue
avec Marc-François Bernier
(04:06), prof de journalisme à l'Université d'Ottawa + article.
■ L'un
des gros mensonges du ministre péquiste Serge Ménard
- (Suite tome
2 de
L'Étau Policier) Examinons
un autre volet de la réforme policière : le
coût de l'idéologie de la peur
propagée par la police, le pouvoir et les médias. Au
début des grandes réformes péquistes, en juin 1999, le ministre
péquiste de la Sécurité publique Serge
Ménard,
traitant de la réorganisation policière, arguait les économies
d'échelle... «L'ensemble
des contribuables paie alors moins
cher
pour les services de police et ils sont de meilleure qualité et
d'une plus grande efficacité.»
(Normand Delisle --
La Presse du 16 juin 1999)
Cet
argument atteint sa cible à tout coup. Vrai, que les services de la
Sûreté du Québec coûtaient moins cher : 30
cents du 100$ d'évaluation contre 35 cents et plus
pour un corps policier municipal. Cependant l'économie n'était
qu'apparente puisque le
ministre offrait à rabais
les services de sa Sûreté du Québec pour appâter les élus
municipaux. Il ne pouvait exiger le vrai tarif parce
qu'ils risquaient de se braquer et sa réforme, avorter.
Alors,
il a puisé dans les coffres du gouvernement en attendant qu'ils
oublient sa promesse ou ne puissent plus défaire ce qui avait été
fait. Qui les garnit, ses
coffres? Les citoyens de
leurs impôts. Alors, ceux qui croyaient économiser en optant pour
ce corps policier, dans les faits, défrayaient déjà le plein prix.
Son
approche était en outre
biaisée du fait qu'il
n'offrait pas, en contre partie, une
subvention équivalente aux
municipalités désirant conserver leur corps policier municipal.
Jolie boucle!
L'expérience démontre amplement que, en de nombreux domaines,
l'économie d'échelle est un leurre,
une mystification.
Carrément un mensonge! (Suite
demain)
■ Un
civil de la Sûreté du Québec, la cinquantaine ventripotente, aux
yeux bulbeux comme ceux d'une grenouille
- (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Le dimanche 14 octobre 2001, 8 heure du matin,
après
une nuit mouvementée
où j'ai utilisé cette tactique (combattre le bruit par le bruit),
suis juché sur une chaise, lave l'extérieur de mes fenêtres et
porte.
Une
voix furieuse
me fait sursauter. Un type, que je n'ai jamais vu auparavant, gros et
grand, la
cinquantaine ventripotente
et des yeux bulbeux comme ceux d'une grenouille, se dirige vers moi
d'un pas précipité, faisant monter et descendre ses
épaules.
Il
se prétend locataire de l'appart voisin, veut savoir qui fait du
bruit la nuit, mettre la main sur le «coupable»,
donne l'impression de vouloir lui régler son compte, dit avoir le
droit de dormir en paix la nuit, payer son loyer, être sur le bs
(l'aide sociale) ... Oups! Suspect,
quelqu'un qui vous dit être sur le bs alors que vous ne lui avez pas
demandé. Je ne connais pas de pauvre se servant de ce statut comme
d'une référence,
on le cache, trop honteux. De toute façon, ce n'est pas lui qui
habite cet appart, mais un flic plus jeune et bien barraqué.
Je
lui fais face, riposte que les menaces n'ont pas d'emprises sur moi,
son ton s'adoucit : «Non,
non
(je ne te menace pas)». Je décline prénom et nom, veux connaître
les siens, il
refuse,
revient à la charge avec son loyer et son bs, veut le «coupable».
Le réfère à mon tortionnaire.
Là il veut savoir ce qu'il fait
dans la vie, lui dis l'ignorer, il insiste. Il me testait
probablement pour vérifier si j'étais du genre à dévoiler, à un
pur inconnu comme lui, la véritable identité d'un civil. M'en
abstiens, ça
ne m'apparaît pas le moment idéal.
Les choses en restent là, et je peux par la suite compter sur des
nuits de sommeil complètes. (Suite demain)
News du mardi 22 Décembre 2009
■ Méli-Mélo
- Défense de sauter
; le Père Noël est mort
: faites vous en pas, il y en a des milliers et des milliers d'autres ; le Père Noël est un
alcoolo
; neige noire
; même le Père Noël n'est pas en sécurité. La Sûreté du Québec
a donc raison : tout peut arriver à n'importe qui n'importe quand,
d'où la prévention
; concours de beauté
en Arabie Saoudite ; l'architecture à l'origine d'un accident
; suis certain que vous ne saviez pas ça
; un Israélien sans défense attaqué par un Palestinien
; rencontre inattendue
; le déneigement
; les dieux vivent tous dans le même
paradis ; l'astuce consiste à rebondir.
■ Des
codes bancaires secrets de HSBC aux mains du fisc français –
Comment cela a-t-il été possible? Hervé Falciani, informaticien,
était membre du personnel de HSBC, une banque privée suisse. Il a
été congédié après avoir pénétré dans le système
informatique et découvert des cas de fraudes fiscales.
Sincère
dans sa démarche, rapporte-t-on, il a dévoilé au fisc français la
façon dont il avait procédé pour décoder des comptes bancaires de
clients, dont des citoyens français. C'est ainsi que des
fonctionnaires du fisc, en utilisant sa méthode, ont pu dresser une
liste comportant des dizaine de milliers de comptes secrets, qu'ils ont ensuite transmis
au ministère de la Justice : "Intérêt
supérieur de l'État",
précise-t-on.
Dimanche 13 décembre dernier, Falciani a rompu le silence en
accordant une entrevue à la télé française : vidéo
(04:25).
HSBC
est présente partout dans le monde. Au Canada, ses clients peuvent
utiliser sans frais les guichets automatiques de la Banque de
Montréal (BMO) : voir sur format pdf l'entente
entre les deux institutions bancaires, page 4, colonne de droite, lire
sous "Guichets
automatiques d'autres établissements financiers". Elle ne
serait présente que dans les provinces de l'Alberta (pétrole) et de
la Saskatchewan (Canada) : voir cartographie de Google.
Elle possède deux sites au Canada : accueil
+ centre financier, dans
les deux cas, cliquez sur langue française au sommet des pages.
■ En
milieu scolaire directeurs et profs n'ont pas le choix : ils doivent
dire oui à la police
- (Suite tome
2
de L'Étau Policier) En
février 2002, Alexandre
Gauthier
du même hebdo rapportait une entrevue réalisée avec la policière
Hélène
Nepton,
responsable des relations publiques à la Sûreté
du Québec.
(Alexandre Gauthier --
l'Étoile du Lac du 9 février 2002) Celle-ci traçait le portrait de
la situation dans les écoles du Québec.
Suivant
ses propos, violence, taxage et drogue y augmentent
sans cesse,
d'où la nécessité, rapportait le journaliste, du "Programme
d'intervention en milieu scolaire"
(PIMS) de la Sûreté du Québec. Après avoir démarré lentement,
la décennie précédente, s'est soudainement accéléré en 2001
pour s'étendre à 139
écoles
secondaires du Québec. (NDLR : Notons l'année de
l'accélération, l'une de celles des grandes réformes péquistes,
alors
que Serge Ménard était au volant de la Sécurité publique.
Coïncidence sans doute!)
Nepton
explique
au journaliste qu'il y a bien sûr le
volet préventif,
mais le programme va plus loin en mettant l'accent «sur
la répression».
Un policier est affecté à chaque établissement scolaire qui
en fait la demande.
Il peut être appelé à
rencontrer des jeunes
qui se font prendre, par exemple, en possession de drogues. D'autres
peuvent «simplement
se confier
(sic) à
ce policier
ou leur
être référés par des professeurs ou directeurs.
(...) Il
n'est pas question de procéder à une chasse aux sorcières»,
rassure-t-elle.
Si
le PIMS a fait ses preuves, il est impossible
d'identifier cependant
un taux de réussite précis, avoue-t-elle. Mais lorsqu'on sait que
«12%
des ados ont admis avoir touché à la drogue, pourcentage qui grimpe
à 40%
(sic)
après
18 ans,
on comprend que les besoins sont là».
D'où
viennent ces chiffres?
Le journaliste ne le dit pas. De la Sûreté du Québec?
Cette
rationalisation extrême a de quoi troubler tout citoyen soucieux de
ses droits et libertés. Surtout
en milieu scolaire,
où commissaires, directions d'écoles et profs sont souvent des
inconditionnels de la police. Ils
n'ont pas le choix...
Essayez donc, juste pour voir, de dire non à la police. (Suite
demain)
■ Pas
facile de circuler à vélo, pas facile non plus de dormir la nuit
- (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Au
cours de cette période-là, ce
n'était pas non plus le calme plat à mon appart.
Trois voisins, tous des civils, ont un mur mitoyen avec ma...
chambre. Tout au long de mon enquête, j'ai pu vérifier une bonne
vingtaine de fois que je dors bien la nuit seulement quand je ne
remue pas les eaux dormantes policières.
Découvrir
une activité clandestine
de la Sûreté du Québec, révéler
ou faire allusion
à un de ses petits secrets, imposer
ma présence
en certains endroits, prendre
des photos
de personnes et lieux sensibles, m'assurent de passer quelques
nuits blanches.
L'objectif est de faire en sorte que je dorme le jour plutôt que la
nuit. Comme ça, je ne les dérangerai plus, car je resterai chez moi
au
lieu d'aller et venir à vélo dans la village.
Au
cours de mes deux premières années à Lac Bouchette, je
n'ai eu qu'un seul préfet de discipline du genre.
Ce civil, le même qui s'amusait à me couper le chemin et que
j'avais relancé jusqu'à son appart, était
affecté au quart de nuit.
Exagération? Non, il était méthodique dans sa façon de procéder,
quasiment à toutes les heures jusqu'au petit matin, il ne me lâchait
pas. Utilisait
un répertoire varié de bruits distincts. Ça
faisait boum sur le mur, ou clac, ou clic ou tsoum, etc., quand il
frappait sur je ne sais quoi ou utilisait un instrument quelconque.
Au début, vous vous préparez mentalement, réussissez
à demeurer zen :
«Frappes tant que tu veux, mon gars, tu me sortiras pas de mon
sommeil!» Pas longtemps parce qu'il revenait à la charge,
redoublait d'ardeur, s'acharnait.
Rapidement,
vous développez un réflexe conditionné : à quoi bon se
rendormir puisque il remettra ça dans une heure. Pas bon pour le
cœur non plus : un boum ou un bruit sec, CLAC! et
vous voilà réveillé en sursaut,
décharge électrique au cerveau. Mon tortionnaire aurait été sans
doute ravi que je fasse un burnout, devienne gaga ou suicidaire, ou
que je claque un bon infarctus.
À
la longue, je finirai pas trouver deux moyens de m'en protéger.
D'abord la
radio branchée
sur un poste envahi de parasites, un bruit neutre et constant, sans
bla-bla ni musique. Votre tortionnaire comprend vite qu'il devra
frapper plus fort, et réveiller des collègues de travail. Se
tranquillise un temps puis reprend du service, finit parfois par
venir vous chercher dans votre sommeil. Alors
là, vous décidez de combattre le bruit par la bruit,
et la sainte paix revient. (Suite
demain)
News du lundi 21 Décembre 2009
■ L'endettement,
un casse-tête pour le Père Noël
– J'utilise la manchette de François Pouliot,
un spécialiste de la Bourse (NDLR : La bourse où la vie?) et des
questions financières. Selon lui, le Père Noël est le plus
important manufacturier de la planète, mais il hésite à augmenter sa
cadence de production.
■ Low
Rising
– Clip
(04:46) de l'Irlandais Glen Hansard, chanteur, compositeur,
guitariste et acteur. Traverse de mauvais temps au sein d'un couple.
■ Les
"Maisons des jeunes", l'équivalent d'organismes de
dressage et de rééducation sans le nom
- (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Cependant,
il faut reconnaître que les responsables de la "Maison
des jeunes"
et la Ville de Roberval ont
fourni de gros efforts,
pendant deux années consécutives, afin d'offrir aux jeunes un
terrain où pratiquer à volonté planche à roulettes et
basket-ball. Infrastructures érigées avec
les moyens du bord
et de l'argent glané à droite et à gauche, en tout 45 000$.
Le
conseil municipal, pour revenir au journaliste de l'Étoile du Lac, a
notamment installé une clôture ainsi que «des
lampadaires qui éclairent le site en soirée, facilitant
la surveillance
(sic) des
responsables sur place jusqu'à 23h».
(Alexandre Gauthier --
l'Étoile du Lac du 17 août 2002) «Ça
vous tente de les essayer?
lance-t-il aux jeunes lecteurs de l'hebdo.
Sachez qu'il est possible de le faire du lundi au vendredi jusqu'à
23h. Trois
responsables se chargent de la surveillance
(resic).»
Qu'un
organisme s'investisse dans les loisirs des jeunes, vraiment rien
à reprocher là à quiconque, bien au contraire, si ce n'est
la philosophie sous-jacente, l'encadrement... par des civils et
des collabos, et sans que la chose ne soit sue, ce qui n'est tout
de même pas rien. Et l'autre encadrement, visible celui-là :
la clôture encerclant le terrain et l'établissement, sauf sa
façade. Ce n'est donc pas seulement un terrain de jeu, mais
l'équivalent d'une maison de dressage ou de rééducation sans le
nom, et à l'insu des citoyens.
Sans
en généraliser la pratique partout au Québec, là où il y a des
"Maisons
des jeunes",
car il faudrait enquêter pour le savoir, on peut y voir une
action concertée visant à
parquer les jeunes en un seul endroit sur des territoires municipaux.
Des zones fermées et
protégées, en quelque
sorte, à l'abri de la drogue, de la criminalité en tout genre et
censurer tout ce qui n'est pas politiquement et puritainement
acceptables dans nos petites villes et villages, qui
sont déjà aseptisés à l'os.
Redisons-le :
pour les sortir de la rue, où, pourtant, ils
ont le droit de circuler en toute liberté.
La police en
civil
de la Sûreté du Québec, entre autres corps policiers, et ses
collabossavent
comment s'y prendre pour décourager le citoyen
(enfant, ado et adulte) circulant dans l'espace public sans autres
buts que celui de profiter du beau
temps,
humer du bon
air pur,
voir un peu de monde, faire du lèche-vitrine, se balader à vélo,
etc. Pour
ensuite les confiner
aux établissements gouvernementaux, paragouvernementaux, municipaux
et commerciaux.
Dans
le cas des ados, il suffit de peu pour qu'un gardien de
sécurité les expulse. Surtout ne pas se déplacer en gang :
on le sait, les jeunes qui se tiennent ensemble sont tous des
criminels, potentiels ou avérés. Ils doivent se comporter comme des
adultes, et non comme les enfants et ados qu'ils sont. Tout le
monde étant concentré en ces endroits, et non éparpillé dans les
rues à faire on ne sait quoi, cela facilite à la police en civil
ses opérations de contrôles et nettoyages sociaux, et de
rééducation clandestine illégales pouvant aller jusqu'aux
déstabilisations psychologiques, aux éjections, et provoquer
même des suicides...
À
l'été 2004, la coordonnatrice Annie
Lapointe
quittera Roberval pour des raisons personnelles. Paula
Saint-Pierre
lui succèdera et déclarera peu après que «(...) la
"Maison
des jeunes"
de Roberval était malade».
(Jean-François Bonneau -- L'Étoile du Lac du 17 juillet 2004) Selon
elle, des améliorations majeures sont nécessaires, notamment à la
cantine. Elle parlera d' «émotions
personnelles
après les réunions du personnel. Cela ne peut que faire du bien à
tous, et
donner une meilleure image à l'organisme.»
Selon le journaliste Jean-François Bonneau de l'Étoile du Lac, elle
souhaite «redorer
l'image de la "Maison
des jeunes"».
À ce sujet, elle signalera qu'aucun
parent
ne siège au sein du conseil d'administration.
Il
s'est manifestement passé
quelque chose.
Notons que, par la suite, un magasin Maxi sera érigé dans le
secteur, ce qui obligera l'organisme d'emménager dans un autre
local. La
municipalité
s'occupera désormais de deux de ses activités : skate-parc et
basket-ball. Le 19 mars 2005, l'Étoile du lac rapportera que Paula
Saint-Pierre a été congédiée
et que l'organisme a fermé ses portes pour une période indéfinie,
par manque de financement. On espérait combler le trou budgétaire
en sollicitant la population. Fin de l'été 2006, on
annonçait
la construction d'un local destiné à l'organisme. (Suite
demain)
■ J'ai
la trouille, mais refuse de plier l'échine devant le totalitarisme
de la Sûreté du Québec
- (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Arrive le mercredi 2 mai. Vais-je ou pas aller à
vélo? Potentiellement risqué. Oui, mais le
droit de circuler librement
au Canada, |