News du jeudi 31 Décembre 2009

  Une gamine qui a du cran et du talent – C'est l'histoire d'une élève qui téléphone à son prof qui, pour la punir, lui a dit de copier 200 fois : "Je ne vais pas rigoler quand mon professeur a le dos tourné". Elle dit en avoir parlé à son père qui a trouvé ça complètement débile : vidéo du "Coup de fil" (04:52). Marion Valgresy a été choisie pour jouer ce rôle. Elle est vraiment convaincue et convaincante. Le maiking-of (13:43) est intéressant à voir également.

■  Esther – Court métrage d'une ado tannée (11:19) de se faire chier par tout un chacun : "ils se prennent tous pour mes parents".

■  Canada-Afghanistan : 5 canadiens tués – Quatre soldats et une journaliste, Michelle Lang du quotidien Calgary Herald, lors d'une patrouille dans la ville de Kandahar. De plus, cinq personnes ont subi des blessures, dont 4 soldats.

Michèle Ouimet, journaliste aguerrie du quotidien La Presse, à Montréal, est allée plusieurs fois en Afghanistan. À lire son "Requiem pour une journaliste", on constate qu'il est moins risqué de faire cavalier seul que circuler dans un tank. Elle se souvient encore de sa peur au ventre...

■  Painchaud, président du syndicat des policiers de Montréal : la police de quartier est une fumisterie, un flirt avec les politiciens - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Les Montréalais n'ont pas fini pour autant d'investir encore et encore dans la «cadillac» policière, et très loin s'en faut.

En mars 2001, le successeur de Simoneau à la présidence de la Fraternité des policiers de l'île de Montréal, Georges Painchaud, fulminait contre la police de quartier (André Cédilot -- La Presse des 27 mars 2001 et 20 février 2002)... «C'est un échec, une fumisterie, une opération de séduction, un flirt avec les politicien. (...) En réalité, explicite-t-il un peu plus, la police de quartier a été créée pour plaire aux élus municipaux. C'est une police bien plus proche des politiciens que des citoyens.»

Ça, on le savait. Ce qu'on ne savait pas, par contre, c'est qu'on n'arrive pas à s'expliquer, pour citer Painchaud, comment «(...) on soit passé du jour au lendemain d'un projet de 14 mégapostes, sous l'ancien directeur Alain Saint-Germain, à 49 petits postes, avec Jacques Duchesneau, son successeur». Painchaud entendait faire pression afin d'en réduire le nombre «à 27 ou 28». Voyons la suite.

Décembre 2002, Michel Sarrazin, le dg de la police, confirme (Sébastien Rodrigue -- La Presse 5 décembre 2002) : «Oui, on envisage la fermeture de postes», entre 8 et 10. Février 2003, les auteurs de la nouvelle réforme laissent tomber un autre voile.... Là, on ne parle plus seulement que de la fermeture de postes de quartier. (Sébastien Rodrigue -- La Presse du 28 février 2003) Un groupe de travail mandaté par le dg de la Ville de Montréal, à l'époque Guy Coulombe, propose de faire appel à des agences de sécurité privée, qui opèreraient sous la responsabilité de la police de Montréal. 

(NDLR : Ainsi qu'on l'a vu plus haut, du temps où il était dg de la Sûreté du Québec, le citoyen Coulombe avait signé un document intitulé Orientations et plan d'action de la Sûreté du Québec où il faisait l'éloge du concept de la police communautaire.) (Commission Poitras, CD no. 2, Divulg 210PDF, La police de proximité dans les MRC sur la voie du succès, document no. 1, page 138) (Suite demain)

■  Un civil de la Sûreté du Québec essayant d'ouvrir ma porte sans y parvenir : «Voyons, tabarnark, y'é tu mort à matin !» - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Nos conversations étaient pour le moins déprimantes, car il se plaignait continuellement de sa situation de mis à pied.

Du nombre de chèques de chômage qu'il lui restait à retirer avant de tomber sur le bien-être social, de sa camionnette qu'il devrait mettre sur des blocs parce qu'il n'avait plus les moyens de payer ses assurances, de l'obligation qu'il aurait d'aller chercher un job en Ontario si l'employeur ne le rappelait pas, des ragots circulant au sujet de la scierie, etc.

Pénible, à la longue, d'entrer dans son jeu, quand vous savez que le gars est un civil et qu'à chaque fois qu'il ouvre la bouche, c'est pour mentir. Dans une situation semblable, essayez donc aussi de remonter le morale de quelqu'un. Je m'y suis essayé, mais le cœur n'y était pas : pas aisée, l'hypocrisie, quand vous n'êtes pas doué pour la chose.

J'en étais venu à la conclusion qu'il me serinait les mêmes sornettes simplement pour m'écœurer. C'était de la déstabilisation quotidienne et à deux volets. Brasser continuellement du noir pour que la personne ciblée en vienne à ne plus rien espérer de ce coin de pays, et à perdre peu à peu sa vision optimiste de la vie, peut-être aussi de la vie tout court.

C'est-à-dire à se découvrir des bobos et les gratter jusqu'au sang. La saison était bien choisie, nous étions en hiver. Au Lac Saint-Jean, ils sont longs et froids, les tempêtes nombreuses, la neige abondante. Sans doute ignorait-il que je ne suis pas du genre à se gratter, et suis un nordique, adore l'hiver à la campagne. (Suite demain)

News du mercredi 30 Décembre 2009

  Comment prévenir le cancer – Pas de recettes miracles. Cependant il est possible de réduire le risque d'en avoir un. Trois éléments importants : poids corporel, alimentation et activité physique. Quelles sont les sources du cancer? Multiples, impossible d'en faire le tour au complet.

La pollution en est une, dépendant de sa source. Et les produits chimiques qui sont partout, même là où on l'ignore. Aucune étude n'a été faite pour mesurer les effets combinés de toutes les petites parties par million que l'on peut absorber sans danger, nous affirme-t-on avec aplomb. On se sent un peu beaucoup impuissant à s'en protéger.

Sur le site de la "Fondation mondiale de recherche contre le cancer", qui me semble bien documenté et sérieux dans sa démarche, vous aurez réponses à plusieurs de vos questions. Au sommet de la page, trois thématiques à explorer : "La recherche scientifique", "Comment prévenir le cancer" et "S'informer".

  Montréal : les usagers avaient-ils à ce point peur de la criminalité qu'ils préféraient plus de police et moins de transport ? - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Cependant, au début de 2002, le visage de l'île change. Les 28 municipalités de l'île sont fusionnées à Montréal, et Gérald Tremblay, qui a défait les troupes de Bourque au mois de novembre précédant, est le maire de la nouvelle Ville de Montréal, de qui relève désormais la police.

La Communauté urbaine de Montréal (CUM) est remplacée par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), et Danyluk, qui n'a guère le choix, quitte ses fonctions. Pour sa part, la Société de transport de la CUM (STCUM) est remplacée par la Société de transport de Montréal (STM), qui hérite d'un gros problème : réparer les pots cassés du tandem Bourque-Danyluk. En janvier 2002, son budget passe de 699M$ à 725M$, en hausse de 4%. (Éric Trottier -- La Presse du 5 décembre 2001) La STM annonce son intention d'investir 713M$ au cours des trois années suivantes, notamment pour rénover le métro (324M$), acquérir 380 nouveaux autobus (176M$) et remplacer son système de perception (103M$). Tout est à la hausse, incluant... les tarifs.

Le directeur général de la STM, Jacques Fortin : «Finies les compressions, clame-t-il. Notre budget devrait nous permettre d'injecter 10M$ de plus dans les services aux usagers. Ça va se traduire par des ajouts d'autobus et de rames de métro là où le service est à la hausse.» Il estime être en mesure d'ajouter 65 000 heures à son service d'autobus, au cours de 2002. Idem de celui du métro. Même le service du transport... adapté-- destiné aux handicapés physiques nécessitant un transport spécialisé -- augmentera ses déplacements de 3%.

Cependant, bien qu'il s'agissait d'une amélioration, on était loin de combler le trou béant laissé par les compression majeures des années 1990 : la défunte STCUM avait notamment supprimé 500 000 heures de service d'autobus. De plus, la STM est confrontée à deux problèmes : la hausse du prix du carburant, qui a coûté 10M$, et des problèmes mécaniques qui entraînent la mise au rancart de dizaines de vieux autobus, causant de multiples problèmes aux heures d'affluence. Ce qui doit toutefois être corrigé, prévoit-on, par l'arrivée de 75 autobus neufs et de 225 autres prévus pour 2002.

Résumons-nous. Tandis qu'on coupait dans le transport en commun pour doter l'île de Montréal d'une police «de luxe», et de surcroît pseudo communautaire et d'avantage répressive, de petits salariés, des chômeurs et des pauvres, dans la rue, exposés aux intempéries et au froid l'hiver, attendaient des autobus qui prenaient du temps à se pointer le nez, quand ils s'y pointaient car des circuits avaient été abandonnés. Et les handicapés physiques attendaient l'arrivée du transport spécialisé, quand il était... disponible.

Il serait instructif de demander à ces usagers s'ils avaient à ce point peur de la criminalité qu'ils préféraient plus de police et moins de transport en commun. Voilà qui projette l'image d'un pouvoir politique davantage intéressé à leur contrôle et nettoyage sociaux et à leur exclusion qu'à leur bien-être. Le tout décidé derrière des portes closes, sans consultation préalable des premiers concernés, les usagers. (Suite demain)

■  J'ouvre la porte à un civil de la Sûreté du Québec et, sans dire un mot, il se dirige aux toilettes pour pisser - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Depuis que je lui avais adressé la parole et invité à prendre un café à mon domicile, tout en sachant pertinemment bien qui il était, il s'était rapidement considéré comme chez lui. Par deux fois, après lui avoir ouvert la porte, il était entrée sans me regarder, ni dire bonjour ni rien et s'était carrément dirigé aux toilettes pour pisser, et d'un pas lourd et décidé. Ça me déplaisait.

À cette époque, frayant depuis près de trois ans dans l'underground policier, je savais très bien où il voulait en venir : m'imposer graduellement son emprise psychologique. Il lui était même arrivé de laver sa camionnette devant ma porte, alors qu'il demeure sur l'autre façade de l'édifice, au rez-de-chaussée tout comme moi, et qu'il aurait pu procéder devant son propre appart. Il avait rempli sa chaudière dans l'évier de ma cuisine et, le lavage terminé, y avait vidé son eau sale. Je lui avais donné un vieux chiffon pour qu'il fasse reluire sa carrosserie... Ç'a l'avait un peu surpris.

L'homme est assez impressionnant physiquement, et rit rarement. Il a la carrure d'un lutteur, pas celle de l'athlète tout en muscles, celle du gros routier trop bien nourri. Et marche les bras légèrement écartés, et pesamment, j'insiste, le haut du corps incliné comme s'il s'apprêtait à bondir sur vous.

Au cours d'une de ses premières visites à mon domicile, il m'avait fait une petite démonstration de force. J'étais assis sur une chaise droite de la cuisine, lui debout en face de moi, les avant-bras à demi repliés, approchant et éloignant l'une de l'autre ses mains entrouvertes, dans un mouvement ressemblant à une prise d'étranglement.

À une autre occasion, il avait le crâne rasé et soulevait de temps en autre sa casquette pour que je vois bien l'allure féroce que ça lui donnait. Je lui avait signalé qu'en ajoutant des tatouages, il aurait l'air d'un vrai Hell's Angel. Ma remarque l'avait fait tiquer, un peu blessé même. Un tendre jouant au dur? (Suite demain)

News du mardi 29 Décembre 2009

  La crise de 1929 avait du bon – Elle ne touchait que le territoire des USA (06:14). Malheureusement, celle que nous vivons aujourd'hui vient de ce pays et, cette fois, tout le monde de la planète est atteint. Et injustice impensable, ce sont les citoyens qui paient la facture : hausses des impôts et des taxes municipales, augmentation des TVA (chaque fois que vous effectuerez des achats, vous verserez votre obole pour réparer des dégâts dont vous n'êtes responsable), coupures dans les services, services gratuits maintenant payants, etc.

Manifestement, nos élus refusent de taxer les transactions financières des vrais coupables : banquiers et boursiers. Et les policiers en civil et en uniforme continuent à s'invertir massivement dans les quartiers pauvres, alors que la vraie criminalité est dans les banques et les bourses. Que faudra-t-il donc faire pour que tout ce beau monde comprenne que le problème n'est pas là, mais ailleurs?

  Québec : quelques témoignages sur la crise économique – La réalisatrice québécoise Hélène Choquette a photographié et interrogé des gens pour savoir comment ils se débrouillent en ces temps difficiles. Cinq vidéos : Sarah-Pierre a appris à naviguer de crise en crise (03:42) ; vaut mieux vivre modestement et heureux que de s'endetter (03:30) ; des planteurs d'arbres qui espèrent être admissibles à l'assurance-emploi (02:17) ; Daniel cherche en vain un job (03:50) ; la coupure dans le fonds de pension de Réal (03:13).

  La France et ses nuits festives – Désormais, les discos fermeront à 7h du matin. Auparavant, les heures variaient. Au Québec, ce n'est pas demain la veille qu'on permettra aux citoyens de festoyer aussi longtemps dans une boîte. Et Montréal la nuit? Oubliez ça.

La police veille au grain. Elle ne fait qu'appliquer la loi des élus du Parlement de la province de Québec. Ceux-ci légifèrent sur tout ce qui peut constituer une source de désordre. Et là où la police considère que loi il devrait y avoir, elle applique la sienne, clandestinement, illégalement.

  Les USA responsables de la chute financière du Canada – Selon la firme Dale Orr Economic Insight (son site), la perte de la valeur des exportations vers ce voisin américain en est à l'origine : article en français.

PS : Voilà une bonne leçon à retenir chez les hommes d'affaires canadiens. Depuis toujours, il leur était plus facile d'y vendre leurs produits : proximité de la frontière, même langue et, majoritairement, même culture. Avant la crise que nous traversons, plus de 80% des exportations canadiennes étaient destinées aux Américains. Guère le choix, maintenant, ils devront apprendre à les diversifier. Pas bon du tout de mettre tous ses sous dans la même tirelire.

  Montréal, milieu des années 1990 : Danyluk investissait sans arrêt dans sa police luxueuse et coupait partout dans le transport en commun - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Pendant que la Communauté urbaine de Montréal (CUM) investissait sans arrêt dans sa police et que des municipalités membres consacraient, sur leur territoire respectif, «des ressources supérieures à la moyenne en matière de sécurité publique», la même CUM effectuait de larges coupures dans les budgets de la Société de transport de la CUM (STCUM) : Danyluk l'avait aussi dépouillée de son surplus budgétaire de 23M$ de 1998 et agrippé au passage les sommes perçues auprès des sociétés de transport de Laval et de la Rive-Sud pour payer sa police.

À partir de 1995, année marquant le début des coupures budgétaires, le transport en commun a subi en effet «une véritable saignée», rapporte La Presse du 16 décembre 1998. Se référant à un document de la STCUM, le journaliste nous apprend que 789 postes avaient été abolis, soit 10% des effectifs. Combiné à une réduction de 50% du temps supplémentaire, cela correspondait à 1 100 postes, soit 13% des effectifs.

De plus, la contribution des municipalités à la STCUM avait également diminué, passant de 48,4%, en 1992, à 38%, environ six ans plus tard, un recul de plus de 10%. Celle des usagers, dont on peut supposer qu'un grand nombre n'ont pas les moyens d'avoir une auto, avait, quant à elle, augmenté depuis 1992, passant de 43 à 52%.

Les coupures dans le transport en commun influaient directement sur la fréquence du service : moins d'argent, moins de service. D'après le document, la Société de transport avait dû abandonner, année après année, certains services d'autobus et réduire la fréquence du métro. Le kilométrage annuel autobus-métro avait diminué de 10%.

À la fin du printemps 2001, dans le cadre d'une commission parlementaire, à Québec, le président du conseil d'administration de la STCUM, Pierre-Yves Melançon, identifie la période de 1994 à 1998 «à des années d'asphyxie» où le service a diminué de 13%. (Martin Pelchat -- La Presse du 2 juin 2001) Dans La Presse, on rappelle qu'à Montréal, durant le règne du maire Pierre Bourque (et à la CUM, durant celui de la présidente Danyluk), entre 1994 et 2001, on avait délaissé le transport en commun. (Suite demain)

■  Un civll de la Sûreté du Québec cherche à tramer avec moi un petit complot - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Afin de relater un autre volet de mon enquête, je reviens à 1999 et en explique brièvement le contexte. Cette année-là, Louisiana Pacific avait fait l'acquisition de la scierie de Lac Bouchette. Elle souhaitait amender le Contrat d'approvisionnement et d'aménagement forestier (CAAF) que détenait la petite scierie du village.

Ce qui ne se réaliserait pas en un claquement de doigts, car il fallait l'autorisation du ministère québécois des Ressources naturelles et, ultimement, si la conjoncture se politisait dans la municipalité, du ministre péquiste Jacques Brassard lui-même : pour être franc, pas grand-chose se politise ici. L'entreprise avait donc amorcé des négociations avec le ministère.

Mais au début de l'hiver 1999-2000, elles n'avaient toujours pas abouties, et un civil de la Sûreté du Québec, qui partageait le même édifice à logements que moi, déployait de gros efforts pour me faire dire ce que les travailleurs de la scierie, incluant la vingtaine de mis à pied temporairement, devaient faire pour les accélérer. Voyant que je n'avais rien à proposer, il avait suggéré que ceux-ci devraient manifester avec des pancartes et dénoncer leur employeur.

Vous voyez ça d'ici? Le journaliste du journal local, moi en l'occurrence, tramant avec un civil un petit complot pour mettre l'entreprise au pied du mur : j'étais alors responsable D'un Lac à l'autre. Lui-même se prétendait l'un de ces mis à pied, me jouait la comédie du travailleur révolté de cette situation qui s'éternisait, avec l'air découragé et le ton de la voix appropriés.

Je lui avais fait remarquer que, étant journaliste, je ne pouvais lui donner de conseils techniques. J'avais néanmoins précisé qu'en utilisant la méthode qu'il proposait, il y avait risque que l'employeur, se voyant abandonné par ses propres employés, réagisse en en fermant définitivement les portes. (Suite demain)

News du lundi 28 Décembre 2009

  Grippe porcine (H1N1), une question en suspend : à qui la devons-nous? - Elle semble avoir atteint son sommet, et même ralentir dans certains pays. Depuis des mois on ne parle que de ça et de la vaccination. Il n'y a pas eu panique, mais inquiétude, oui.

Le moment est peut-être venu de se poser la question, si on ne veut pas que ça recommence dans un an ou deux. C'est ce que propose au documentaire (43:09) de la télévision suisse romande. Elle a remonté le temps jusqu'au point de départ de la pandémie, avril 2009 : le petit village de La Gloria, situé dans l'État de Veracruz, au Mexique.

"Avant, on était pauvre, mais heureux, raconte un Mexicain. Maintenant, on est assailli par des maladies qu'on arrive pas à soigner". Le ton est donné, l'enquête s'amorce. "Au début, ils l'ont appelé la grippe porcine, dit un autre. Ensuite, ils ont changé son nom pour un autre plus... diplomatique".

À La Gloria, plusieurs citoyens atteints attribuent la grippe à des déjections porcines d'une ferme de Smithfield Foods, qui en possède d'autres dans la région. Une centaine de fermes du genre sont en opération dans l'État de Veracruz et ailleurs au Mexique. Mutation économique et virus sont liés, apprend-on. Ce qui implique une destruction de l'environnement et de la santé "bien plus importante qu'on veut nous faire croire".

PS : Il est un autre fait dont on doit tenir compte... De grandes entreprises quittent l'Occident pour des pays où les règlements environnementaux se limitent à peu ou à rien du tout. Main d'œuvre moins chère aussi, pas de syndicats, pas de fonds de pension et un directeur qui peut vous sacrer dehors sans explication. Capitalisme sans conscience sociale, roi et maître partout où il s'amène avec ses gros sabots dans les pays en développement ou du tiers monde. Exactement la même putréfaction que les crises financière, économique et sociale.

■  La défunte CUM n'était pas à court d'idées pour enrichir davantage son luxueux corps policier - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Individuellement des municipalités fournissaient également de l'équipement au poste de police situé sur leur territoire respectif. En février 1999, trois villes de la partie ouest de l'île de Montréal -- Côte-Saint-Luc, Hampstead et Montréal-Ouest -- devaient doter le leur de caméras vidéo, à 10 000$ l'unité, et dans le cas de deux d'entre-elles, y ajouter des voitures. (Éric Trottier -- La Presse du 4 février 1999)

Le journaliste Éric Trottier de La Presse nous apprenait qu'il ne s'agissait pas d'une première puisque, depuis janvier 1998, une politique de commandites permet aux municipalités membres de la Communauté urbaine de Montréal (CUM) de munir leur poste de police d'équipements spéciaux.

Il relatait que «plusieurs villes», généralement les plus riches, avaient aussi acquis dans le passé des vélocimètres, des vélos, etc. Cinq municipalités avaient fait l'acquisition, en 1997, de deux voitures supplémentaires pour contrôler la vitesse des automobilistes. L'année d'avant, trois autres avaient assumé la location d'une auto-patrouille additionnelle. Des bagatelles, arguera-t-on, quoiqu'on ne sache pas tout non plus, mais n'en illustrant pas moins la propension.

Autre élément digne de mention : la police désirait tarifer les services d'ordre qu'elle assume à l'occasion de grands événements à but lucratif -- festivals, concerts rock ou matchs de hockey --. (Martin Pelchat -- La Presse du 29 septembre 1998) En vertu du principe de l'utilisateur payeur, autre formulation faisant mouche à tout coup.

On pourrait penser qu'après tout ce qui précède, avoir fait le tour de la problématique. Détrompons-nous. En page 68 du document de la CUM sur la police de quartier, on apprend que le corps policier devrait songer à développer des sources de revenus. (La Police de quartier -- Ensemble pour mieux servir -- Communauté urbaine de Montréal et Police de la CUM, 1996)

«Chaque quartier est entouré d'organismes qui ont un intérêt vital à ce qu'elle dispose des moyens nécessaires pour accomplir sa mission efficacement». Elle devrait donc explorer les pistes suivantes, suggère-t-on : développer un partenariat avec le secteur privé pour obtenir des dons, des commandites ou des subventions, établir des échanges de services avec des organismes sans but lucratif, notamment la collecte de fonds pour l'achat d'équipements.

La défunte CUM, qui n'était pas à court d'idées, proposait aussi à son corps policier d'utiliser au maximum les dispositions légales afin de récupérer de l'argent et de la vente de biens saisis à l'issu d'enquêtes criminelles. (André Cédilot -- La Presse du 20 mars 1999) Cette pratique perdure encore de nos jours, pas seulement sur l'île de Montréal, partout au Québec. Comme la police dispose déjà d'un budget annuel, ne serait-il pas plus équitable que ces billets de banque soient plutôt remis directement aux municipalités? Après tout, ce sont les citoyens de celles-ci qui en assument tous les coûts, notamment de celle de l'île de Montréal, une «police de luxe». Cela étant, pourquoi les lui laisserait-on? Pour qu'elle devienne encore plus luxueuse?

Complétons le bouquet par cette citation de la page 55 du même document de l'ex-CUM : on suggérait à la police d'«établir un système de bénévoles accrédités qui accompliront certaines activités d'ordre administratif ou de soutien (...)». Il s'agissait de l'une des méthodes que l'organisme régional préconisait «pour favoriser le rapprochement entre la population locale et les policiers du quartier». On ignore jusqu'à quel point cette mesure a été appliquée. (Suite demain)

  J'y suis, j'y reste ! - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) L'année suivante, je reçois par la poste un carton publicitaire de la Corporation du Manoir Notre-Dame de Roberval, une résidence pour retraités, située sur le bord du lac St-Jean. On y mentionne que les personnes âgées y mènent une belle vie, qu'on se charge de leur ancien bail.

C'était le 25 mars 2003, quelques jours avant le renouvellement automatique du mien. Le 1e juillet, j'entreprendrai ma cinquième année dans mon appart... dont l'édifice continue d'être le mini quartier général de la de civils de la Sûreté du Québec. Pas question de quitter cet appart. Ils ne me sortiront pas de là : j'y suis, j'y reste.

Dernier épisode... entre Noël et le Jour de l'An 2004. Depuis une couple de semaines, un voisin flic a encore entrepris de me faire passer des nuits blanches. Je patiente, patiente, puis arrive un moment où je m'éclate en faisant tout un boucan, sors même dehors, tourne le coin, le véhicule du nouveau locataire de l'appart qu'occupait le baraqué est stationné devant sa porte. Pas de lumière à l'intérieur, à l'appart de l'autre coin non plus.

Reviens sur mes pas, le baraqué, que je croyais parti depuis quatre ou cinq mois, m'attends, me saisie de ses deux mains par le gilet, m'entraîne à l'intérieur, ferme la porte, me secoue, criant et répétant sans arrêt : «C'est quoi ton problème?» Menace de me frapper, j'ai vraiment peur qu'il passe à l'acte, mais ne lui résiste pas. Tente une ou deux explications mais décousues tellement ça brasse. Il dit ne pas comprendre mon attitude : «Un gars intelligent, journaliste en plus!»

J'en profite pour lui dire de faire attention, n'ai plus le cœur d'un jeune homme, lui demande de me laisser souffler un peu. Il baisse le ton, se calme, me lâche. Lui explique calmement la situation : quelqu'un me fait sursauter pendant mon sommeil, potentiellement dangereux pour le cœur. Signale que si le bruit recommence, je vais aller à la Régie.

Je réussie à le convaincre que ce n'est pas moi le problème parce qu'avant de partir, il me dit : «Je ne sais plus quoi penser!» «Bonne année quand même», que je lui lance. «À toi aussi!» répond-il. Finalement, je ne crois pas qu'il m'aurait frappé. Visiblement, il n'était pas au courant que l'un de ses collègues s'adonnait à ce petit jeu. Je peux enfin dormir tranquille. (Suite demain)

News du dimanche 27 Décembre 2009

  Les droits de l'homme – Nouvelle illustration (04:13). Version pour nos amis arabes.

■  Indonésie : une sculpture d'Obama est tombée et a été endommagée - Le créateur de l'œuvre a colmaté les brèches comme il a pu.

  C'est sérieux, le soccer – Rage de vaincre et beaucoup d'énergie pure. Rien d'autre. Oups! (03:54) j'allais oublier les spectateurs. Des milliers et des milliers dans ce stade de Rio de Janeiro. Se changer les idées, oublier ses problèmes. On a tous besoin de ça. Reconnaissons que c'est un beau sport aussi.

■  Québec : choc culturel au bord de la mer Arctique – L'Inuite Elisapie Isaac avait quitté Salluit, un village situé sur le territoire de Nunavik, dans le grand nord québécois, pour aller vivre à Montréal. Après un certain temps, elle y est retournée pour revoir les siens et tourner une vidéo (27:51) dans le village voisin, Kangiqsujuaq. Modernité et traditions y cohabitent. Les jeunes adultes aspirent à migrer vers le Sud, l'équivalent d'un Eldorado. Elle s'inquiète de l'avenir de sa culture. D'où le titre de son documentaire : Si le temps le permet.

■  Années 1990 : des municipalités membres de la CUM consacraient «des ressources supérieures à la moyenne en matière de sécurité publique» - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Du temps de la Communauté urbaine de Montréal (CUM), le discours public de l'élite politique de l'île de Montréal était à ce point empaqueté que les citoyens croyaient que les coûts de la police augmentaient si peu, d'année en année, que ça ne valait pas la peine de déchirer sa chemise sur la place publique. C'est en tout cas l'impression qui se dégageait des propos usuels de la présidente Danyluk.

Celle-ci omettait de dire qu'individuellement des municipalités membres de la CUM investissaient à la fois dans la police et des forces parallèles, soit en faisant appel aux services d'agences de sécurité privée ou en embauchant des gardiens de sécurité, qui devenaient de facto des employés municipaux, et aussi en achetant des équipements.

Déjà en 1990, Normandeau et Leighton constataient que des municipalités membres de la CUM consacraient «des ressources supérieures à la moyenne en matière de sécurité publique». (André Normandeau et Barry Leighton -- Une vision de l'avenir de la police au Canada : Police-défi 2000 -- Direction de la police et de la sécurité, Secrétariat du Ministère du Solliciteur général du Canada, 1990) Ils ne les identifiaient pas, ne fournissaient aucun chiffre.

Une chose est sûre : le citoyen de chacune d'elles en défrayait la note. Dans les faits, il payait simultanément à deux endroits : à la CUM pour les services de sa police et à sa municipalité pour le surplus de protection dont cette dernière s'était dotée. Et lorsque les élus de l'île ont décidé, au milieu des années 1990, d'implanter la pseudo police communautaire sur tout ce territoire, davantage encore qu'avant.

Car il avait fallu ajouter des postes de police à ceux existant déjà pour atteindre le chiffre magique de 49. Avec la multiplication du personnel clérical -- citoyens-cléricaux ou policiers déguisés en citoyens-cléricaux? -- et l'achat d'équipements que cela entraînait. Combien de postes avaient été logés dans des édifices qu'il avait fallu louer ou acheter et rénover pour les rendre plus fonctionnels? Combien avaient été spécifiquement construits à cette fin? Des municipalités en avaient par ailleurs défrayé les coûts de construction (et de rénovation aussi?) sur leur territoire respectif.

Ainsi la Ville d'Outremont qui, en décembre 1998, prévoyait investir 1,8M$ dans le futur poste de police de l'avenue Van Horne. (Éric Trottier -- La Presse du 15 décembre 1998) Le maire Jérôme Unterberg tenait des propos lénifiant, affirmant que tout allait être financé par la vente d'actifs de la municipalité et qu'il ne coûterait pas un sou à ses concitoyens.

Quant on vend des actifs d'une municipalité, on vend quoi au juste? Des biens que la ville a achetés, notamment des terrains. Et avec l'argent de qui? Ce peut être aussi des biens saisis pour non paiement de taxes, que la ville peut ensuite revendre avec profits. Alors prétendre qu'il n'en coûterait rien au citoyen était faux. (Suite demain)

  «T'es pas ben aimé à Lac Bouchette, tu devrais sacrer le camp ailleurs!» - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Autre épisode du scénario, un mois et demi plus tard, un collabo de la Sûreté du Québec, aux guidons d'un VTT, vient me provoquer sur mon espace de stationnement, devant ma porte. Il a d'abord passé lentement.

Habituellement quand un conducteur de VTT fait de même, je sors, lui indique qu'il est sur un terrain privé, pour éviter que d'autres empruntent éventuellement ce raccourci, avec le bruit et l'odeur de l'essence que cela implique : utiles, les renseignements accumulés à votre sujet. Me préparant à partir, m'en suis pas occupé.

Le constatant, il a fait le tour de l'immeuble et s'est immobilisé quelques instants, afin de me laisser le temps de réagir. Ensuite, il a amorcé son approche, défilant lentement devant ma porte, une deuxième fois. J'ouvre, il se retourne aussitôt, s'arrête et lance, agressif, en relevant le menton : «Que c'est que tu veux, toé?» Il coupe le moteur, répète sa question. J'ai envie de lui signaler qu'il n'habite pas l'immeuble, qu'il est sur un terrain privé, mais voyant qu'il cherche la provocation, rétorque que j'ai le droit de le regarder.

«Ouais! cela dit sur le ton de celui un peu déçu de votre attitude pacifique. Puis à part ça, enchaîne-t-il, t'es pas ben aimé à Lac Bouchette. Tu devrais sacrer le camp ailleurs.» «Ah ça...», que je riposte sans terminer ma phrase et en refermant la porte. Le moment ne me semblait pas bien choisi de lui expliquer que ceux qui ne m'aiment pas, au village, ce sont les flics en civil de la Sûreté du Québec et leurs collabos, dont des Chevaliers de Colomb et des Filles d'Isabelle, deux organismes cathos.

Environ un mois après, une jeune femme, que j'aime bien, cherche à me convaincre d'emménager dans le village voisin, St-François-de-Salle. Elle se livre d'abord à une sortie en règle contre des citoyens de Lac Bouchette qui, s'indigne-t-elle, passent leur temps à déblatérer contre tout un chacun, qu'il n'y a pas moyen de faire quelque chose sans que ça se sache. Elle même, me confie-t-elle, est la cible de ragots. Bref, elle ne peut les supporter plus longtemps et a décidé de quitter la place.

Ensuite, elle m'incite à faire de même, me ventant les qualités des résidents du village voisin, du bon monde, gentil, sociable. Tout le contraire de Lac Bouchette, m'assure-t-elle. Je repousse sa suggestion, sans lui en donner les vraies raisons. (Suite demain)

News du samedi 26 Décembre 2009

  Plantu chez Bazzo – Le premier est l'un des meilleurs dessinateurs politiques en France : son site + allez me préparer un café + Bush + j'ai encore grossi. Marie-France Bazzo, la meilleure animatrice du Québec, notamment en matière socio-politique. Elle a animé pendant plus de 10 ans l'émission radiophonique à thématique sociale "Indicatif Présent", à Radio-Canada. Depuis quelques années, elle produit elle-même son émission diffusée sur téléquébec : bazzo.tv.

Donc, Plantu l'invité spécial de Bazzo, qui accueille également d'autres personnes : politologue, journalistes, auteur de livres engagés, etc. Différents événements sont abordés, dont le référendum tenu en Suisse, il y a peu, interdisant la construction de nouveaux minarets ; le sommet de Copenhague sur le climat, une rétrospective de la décennie des années 2000 et on se pose la question : dans quel monde entrons-nous? Des sujets intéressants ponctués de transitions : vidéo (01H12).

■  Années 1999 et 2000 : l'escalade des coûts de Michel Sarrazin, dg de la police de Montréal - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Plus ou moins trois mois après, début mars 1999, la journaliste Michèle Ouimet de La Presse nous informe que la police de l'île de Montréal hérite de la part du lion dans le budget 1999 de la CUM, soit près de 395M$, en hausse de 2,4%. (Michèle Ouimet -- La Presse du 3 mars 1999)

Dans le programme triennal d'immobilisation, elle note qu'elle décroche, là encore, la grosse part du gâteau, soit plus de 60% du total. Sur des immobilisations de 61,5M$, en 1999, la police obtient, énumère-t-elle : 13,4M$ (construction, acquisition et aménagement d'immeubles), 12,5M$ (police de quartier et changements technologiques), 6,1M$ (acquisition de véhicules), 2,3M$ (relocalisation de l'identification judiciaire) et 1,8M$ (équipements de communications).

Le mois suivant, deux maires déclarent au journaliste Éric Trottier de La Presse que la police de l'île de Montréal coûte cher. (Éric Trottier -- La Presse du 7 avril 1999) Luis Miranda, maire d'Anjou : «(...) ma ville paye plus de 9M$ par année pour le service de police de la CUM. À ce prix-là, nous avons 40 policiers. À Boucherville, ils ont 60 policiers et ça leur coûte deux fois moins, 4,5M$.» Le maire de Brossard, Paul Leduc, le dit aussi : «Pour nous, à Brossard, c'est évident que le SPCUM (police de l'île de Montréal) est trop gros, trop puissant, trop coûteux. Nous n'aurions aucun avantage à intégrer notre corps de police avec celui-là.»

À la fin 1999, l'ex-CUM dévoile son budget, cette fois pour l'année 2000. Le journaliste Trottier constate que ce corps policier, comme toujours, précise-t-il, obtient la grosse part du gâteau. (Éric Trottier -- La Presse du 10 novembre 1999) Dix jours après, il rapporte que Michel Sarrazin, le dg de la police, souhaite ajouter un étage à l'édifice abritant le Centre opérationnel Est, situé à St-Léonard, une dépense d'1,5M$. (Éric Trottier -- La Presse du 20 novembre 1999) Pourtant, ainsi que le fait remarquer le journaliste, il vient à peine d'être construit au coût de 7,5M$. Il n'a même pas encore été inauguré.

Il relate que sa requête choque plusieurs maires du Comité exécutif de la CUM. Certains estiment avoir été, «une fois de plus», placés devant un fait accompli. «On se demande pourquoi le deuxième étage n'a pas été pensé au moment de la construction de l'édifice (...)», s'interroge Yves Ryan, maire de Montréal-Nord et vice-président de la Commission de la sécurité publique.

D'après lui, cette nouvelle exigence ressemble à ce qui s'est passé lors de l'achat du nouveau quartier général, quelque temps auparavant, quand Sarrazin a demandé, après coup, l'augmentation du nombre d'espaces de stationnement, une dépense additionnelle de 3,5M$. Ryan : «Étaient-ils obligés de nous parler des stationnements après l'achat? Certains trouvent que c'est le même pattern qui revient.» Sans compter les 60 véhicules achetés mais ne correspondant pas aux besoins : leur habitacle trop étroit les rendaient inconfortables. (Suite demain)

  Tout ce que vous dites et faites, dans le petit village policier de Lac Bouchette, tombent dans l'oreille d'un civil ou d'un collabo - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Cherchait-on à m'évincer du mini quartier général de la Sûreté du Québec? Aucun doute. Parce que après le scénario a connu des suites pour le moins inattendues.

Vers la fin de juin 2002, sur le Chemin de l'écluse, j'aperçois, devant une petite maison située sur une rive du Lac-des-Commissaires, un amoncellement de vêtements usagés et d'objets divers. Le secteur, plus forestier que rural, est désert, vraiment pas l'endroit pour commercer. M'arrêtes, l'un des trois vendeurs, une aïeule, me signale que je fais beaucoup de vélo, le répète même. Tiens, tiens, les choses se précisent. Sous-entend-elle que je ne devrais plus circuler à vélo? «Non, non, non!», proteste-elle, le ton haut perché, feignant d'être surprise que j'ose lui prêter cette intention.

Ensuite, on m'informe que la petite maison est à louer, à un prix très abordable. Sans le leur dire, je souhaite éventuellement louer, acheter ou bâtir un petit chalet sur le bord de ce beau grand lac. La petite maison est tout à fait conforme à mon rêve. Mes interlocuteurs doivent bien le savoir, l'ayant déjà confié à quelques citoyens.

Tout ce que vous dites et faites, dans ce petit village policier, tombent, et c'est imparable, dans l'oreille d'un civil ou d'un collabo. Signalons encore l'utilité des renseignements que la police emmagasine à votre sujet dans sa mégabanque informatisée... Histoire de rappeler au lecteur de quoi sont faits les renseignements cueillis ici et là et à quoi ils servent ou peuvent servir.

On me fait visiter les lieux, me fait sentir un peu l'urgence de louer. Le proprio, de passage seulement et devant retourner chez lui, en Abitibi, dans quelques jours, m'écrit ses nom et numéro de téléphone sur un bout de papier. Peu après, il me relance chez moi, veut connaître ma décision.

J'explique que le moment est prématuré, que je suis lié à un bail, que je devrais verser l'équivalent de trois mois de loyer pour me libérer. Il me propose d'annoncer mon départ au proprio, de continuer d'y loger et, à l'échéance de ces trois mois, d'aménager ensuite dans sa petite maison, que son bail entrera en vigueur seulement à ce moment-là. Non, je ne suis pas prêt, l'an prochain peut-être. En profite pour lui demander de me rappeler le nom de l'aïeule, qui était présente à la vente de garage. Il me dit ne pas... la connaître.

Pas intéressé, cependant pour d'autres raisons que celle que je lui donne. Le secteur n'est pas pourvu d'aqueduc. Je serais donc dépendant du puit artésien d'un voisin, un Chevalier de Colomb collabo de la police, probablement même plus que collabo. En outre, comme le propriétaire ne demeure pas dans le secteur, il déléguerait ses responsabilités à une voisine qui habite pas loin de là, elle aussi une collabo.

J'imagine sans peine que ces deux-là utiliseraient leur alibi respectif pour y venir faire un petit tour de temps à autre, s'informer de-ci, de-ça, soulever les couvercles de mes chaudrons pour voir ce que je mijote. Ce serait m'exposer aussi à des situations conflictuelles créées artificiellement pour m'empoisonner l'existence. (Suite demain)

News du vendredi 25 Décembre 2009

■  L'hiver est la saison des courses de chiens huskys – Il y en a au Québec, dans d'autres provinces du Canada et au Yukon aussi. Aux USA, l'endroit idéal est l'Alaska. Avant de participer à ces compétitions, le musher (dérivé de mot "mush", en français "marche"), conducteur du traineau, doit entrainer ses chiens. Les préparer à franchir 300 kilomètres en... 48 heures. La longueur des courses varie, le nombre de chiens d'un attelage itou. Ils peuvent être six ou une quizaine.

Deux vidéos : Alaska (05:34) et Yukon (03:5) + photos : course en Alaska ; des huskys blancs comme les ours polaires ; skieur tiré par un chien ; une dizaine de chiens tirant un traineau avec 3 personnes comme passagers.

PS : Décembre 1999, j'avais organisé un défilé du Père Noël à Lac Bouchette. Je voulais ajouter un attelage de chiens : il y en a dans la région. Après en avoir discuté avec un musher, j'ai compris que ça n'avait pas de sens, les chiens ne peuvent pas marcher au pas, ils courent. Ils se seraient détachés du défilé en moins de deux. En passant, les Inuits (Esquimaux) utilisent comme moyen de transport la motoneige, presque plus les chiens.

  Montréal, années 1990 : toutes proportions gardées, on investissait davantage dans la police que le transport en commun - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Ce que relate le journaliste représente quelques photos de l'histoire policière, néanmoins des plus révélatrices.

Toutefois, en suivant son évolution sur plusieurs années, on trouve de quoi remplir d'instantanés un gros album. Sur l'île de Montréal par exemple, à l'époque de l'ex-Communauté urbaine de Montréal (CUM) et de la Société de transport de la CUM (STCUM), le pouvoir politique préférait-il, toutes proportions gardées, investir davantage dans sa soi-disant police communautaire que dans le transport en commun? On le sait, autobus et métro sont surtout le moyen de transport des petits salariés, des chômeurs et des pauvres.

Transportons-nous au mois de septembre 1998. La CUM est à élaborer son budget de l'année 1999. Il lui manque une soixantaine de millions de dollars pour atteindre l'équilibre. Selon le journaliste Éric Trottier de La Presse, 25 de ces millions manquants avaient été investis dans les hausses salariales des policiers, l'implantation des postes de police de quartier et le déménagement du quartier général. (Éric Trottier -- La Presse du 10 septembre 1998) Il tenait cette info du maire de Saint-Léonard et président de la commission de l'administration et des finances de la CUM, Frank Zampino.

Deux mois et demi plus tard, l'Agence métropolitaine de transport (AMT) révèle que «la CUM utilise des sommes perçues auprès des sociétés de transport de Laval et de la Rive-Sud pour payer sa police». (André Noël -- La Presse du 26 novembre 1998) Gaétan Turbide, directeur général de la Société de transport de Laval (STL), confirme au journaliste André Noël de La Presse la justesses des calculs de l'AMT : «Nous avons alerté le gouvernement à ce sujet dans le passé». Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, corrobore : «Il est scandaleux que les citoyens de Laval contribuent à la police de Montréal en croyant soutenir le transport en commun». Même son de cloche à la Société de transport de la Rive-Sud de Montréal (STRSM).

De son côté, Vera Danyluk, présidente de la CUM, nie tout : «C'est totalement faux. Il est vrai que nous avons baissé nos contributions à la STCUM et augmenté le budget de la police, mais l'argent ne venait pas de la banlieue». Quatre témoins versus Danyluk, qui a tout de même avoué avoir investi moins dans le transport et davantage dans sa police. (Suite demain)

  Menace d'un coup poing sur «l'aïeul» par un flic en civil de la Sûreté du Québec - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) En mai, le bal reprend. Là, le bruit vient de l'appart du flic bien baraqué.

M'habille en vitesse, sonne à sa porte, lui crie par sa fenêtre entrouverte «debout là-dedans», marche jusqu'à la façade de l'édifice, regarde par la baie vitrée de l'autre appart, n'y vois pas âme qui vive, reviens sur mes pas, le baraqué est devant sa porte, en slip, m'intercepte au passage d'un solide coup d'index à l'épaule, on se retrouve nez à nez, m'avertit, déterminé mais sans une once d'agressivité, que si je lui fais encore «une coche» du genre, il va me mettre son poing sur «l'aïeul» : référence à ce que j'avais dit au vieil harceleur?

Lui signale, la voix un peu blanche, qu'on était bien depuis quelque temps, les nuits étaient calmes, que s'est-il passé pour que la situation se dégrade? Il me suggère d'en parler au proprio au lieu de réagir ainsi que je le fais, me rappelle que la prochaine «coche», j'aurai son poing sur «l'aïeul». S'écoulent quelques semaines, et je récidive, sans sortir de mon appart. Ils ont sans doute compris que je n'avais pas l'intention de les laisser faire.

Il est vrai que je ronfle. Eux aussi, je les entends parfois, et ne les ai jamais réveillés pour qu'ils cessent leurs ronrons. Dans un édifice à logements, plus ou moins bien insonorisé, ça fait un peu parti des bruits normaux de la nuit. S'ils désirent le silence intégrale, ils ne devraient surtout pas y habiter. On s'habitue aussi aux ronflements occasionnels d'un voisin. On peut le réveiller une fois durant la nuit et se rendormir jusqu'au matin. Lorsqu'on dort, on n'entend pas l'autre.

Cependant, procéder de façon systématique à toutes les heures, là, on ne parle plus de la même affaire. D'autant que cela se produit quand j'ai brouillé les eaux vaseuses de la police en civil au cours de la journée précédente. Il s'agit carrément de harcèlement, qui vient s'ajouter à la répression clandestine des civils de la Sûreté du Québec et de leurs collabos quand je circule à vélo ou vais faire une petite épicerie. (Suite demain)

News du jeudi 24 Décembre 2009

  Le temps dégringole ! - L'été vient à peine de nous quitter que déjà le Père Noël arrive.

■  Ane BrunThe Dancer (05:13). Il y a quelque chose de profond dans cette chanson.

  La fausse promesse de la fameuse économie d'échelle - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) En juillet 2000, le journaliste Martin Pelchat de La Presse écrivait qu'avant de procéder à des fusions de corps policiers, le ministre Serge Ménard aurait avantage à méditer l'histoire de la création de la police de l'île de Montréal. (Martin Pelchat -- La Presse du 22 juillet 2000)

Après la mise sur pied de la Communauté urbaine de Montréal (CUM), au début des années 1970, l'intégration de ces corps policiers allait de soi, sur papier... Un an plus tard, elle débouchait sur un déficit de10M$ et menait la CUM, l'année suivante, vers un trou de 97M$. (NDLR : Tous les chiffres énoncés sont en dollars de l'époque.)

Selon les procès-verbaux du Conseil des ministres du temps auxquels le journaliste a eu accès, Montréal avait engagé trop de policiers, dont un bon nombre remplissaient des fonctions qui auraient pu être exécutées par des fonctionnaires nécessitant des salaires moins élevés. (NDLR : Une entourloupe que la police utilise couramment pour dissimuler des policiers et faire croire que ses effectifs sont moins nombreux qu'on le prétend.)

D'autres ratés étaient à l'origine de la situation : budgets des corps policiers sous évalués de 25M$, contrôle budgétaire insatisfaisant, qui avait entraîné un dérèglement dans l'accroissement des coûts, conditions de travail les plus coûteuses, celles de Montréal avaient fait tache d'encre : des améliorations avaient été consenties aux policiers dans le cadre des négociations. Sans omettre un régime de retraite qui risquait de coûter cher. (Suite demain)

■  De nouveau la guéguerre par la bruit - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Un mois s'écoule, puis, le 14 novembre, c'est de nouveau la guéguerre par la bruit, je crie à tue-tête : «Si je ne dors pas, vous ne dormirez pas non plus!» Je frappe fort sur les murs, fais tomber une chaise, ferme à répétition la porte de ma chambre avec fracas, leur gueule des insultes, les traite de fascistes, les accuse de me faire délibérément sursauter durant mon sommeil pour que je fasse un infarctus, de chercher à me tuer.

J'entends quelqu'un me crier, à travers la cloison, des menaces. Je l'envoie carrément chier, à deux trois reprises. Les invite même à venir chez moi, pas pour se battre, pour se faire engueuler comme ça ne leur est jamais arrivé de leur vie. Après quelques minutes de ce vacarme, je me calme, me contente de leur crier de temps à autre : «Allez, debout les gars, c'est l'heure de se lever. Tout le monde dehors, on va aller faire du jogging : une, deux, une, deux...». Il doit être 2 ou 3 heure du matin. M'attendais à des réactions immédiates mais elles ne se manifesteront qu'en soirée.

Je déneige mes entrée et place de stationnement. Le locataire d'un appart apparaît dans le décor, un quadragénaire bien barraqué. Il me reproche mon tapage de la nuit précédente, me menace : «Quand je suis à bout, je peux être très violent.» Ne me laisse pas impressionné, même si j'ai un peu la trouille, le gars a les yeux brumeux, l'endroit est éclairé mais ça ne remplace pas la lumière du jour, et nous sommes à l'arrière de l'édifice, invisibles aux voisins qui s'adonneraient à regarder à leur fenêtre.

Je rétorque aussitôt : «Les menaces, ça ne marche pas avec moi.» Il baisse un peu le ton, me raconte en avoir touché un mot à un ami policier de la Sûreté du Québec qui lui a dit de l'appeler la prochaine fois, qu'il allait intervenir. Je trouve qu'il en met trop, car je lis très bien la partie de poker en cours. En combattant le bruit par le bruit, j'ai trouvé la bonne parade pour réduire à tout le moins leurs activités nocturnes. En jouant à la victime, alors que lui et ses collègues sont de fait les tortionnaires, ils cherchent à me réduire au silence pour pouvoir continuer à me harceler la nuit.

«Ça va faire, la police!» que je me dis : «Es-tu un policier en civil?» Il penche la tête sur le côté gauche, sans répondre. Je reformule la question, un court silence de plomb tombe entre nous. Lui demande de me regarder dans les yeux : «Si t'en étais un, me le dirais-tu?» Il penche encore la tête, j'insiste pour qu'il me regarde dans les yeux. Les siens sont vitreux. La question semble pas mal l'embêter, ne sait comment réagir. Penche la tête puis la redresse : «Non».

En profite pour lui dire que je ne suis pas antipolice, mais démocrate, que sans la police... Il ne me laisse pas finir : «Ce serait la jungle! La jungle!», cela dit d'un ton convaincu, appuyé de coups de tête et le haut du corps penché vers l'avant. Lui signale que je n'accepte pas les empiétements aux droits, sans plus élaborer, moment et lieu n'étant pas propices à une sortie en règle.

Ensuite, l'échange bifurque sur la faune sauvage : ours polaire, ours noir, loup, renard... Pendant pas loin d'une heure. Me laisse l'impression d'un bon gars, finalement. Violent, je ne le pense pas, même si physiquement il a tout ce qu'il faut. (Suite demain)

News du mercredi 23 Décembre 2009

  Dans plusieurs régions du Québec des journalistes sont bâillonnés – C'est la conclusion d'une enquête effectuée par Kilomètre Zéro (22:58), une émission de Téléquébec. Ici, on parle de petites villes où tout le monde se connait, et non des grands centres urbains de la province canadienne. L'auto censure est la meilleure façon pour un journaliste d'y survivre. Autre évidence : plus un hebdo est indépendant des annonceurs, plus il est libre.

Le constat est là... Des médias sont chassés de conseils municipaux. On fait état d'un journaliste d'un hebdo des Hautes-Laurentides qui a été expulsé de l'Hôtel-de-Ville par la police. Il avait pris des photos lors d'une réunion du conseil municipal. Pourtant, la Cour supérieure du Québec a déjà statué, dans les années 1980, qu'une municipalité n'a pas le droit de l'interdire aux journalistes, ni celui de filmer.

À Roxton Falls, la journaliste Ariane Faribeault a été mise à l'index par le maire Jean-Marie Laplante. À St-Jérôme, depuis que la journaliste Nathalie Deraspe a écrit un article qui a déplu, le maire Marc Gascon ne retourne plus ses appels et toute demande d'entrevue est esquivée. Deraspe : "On marche constamment sur des œufs. Les maires voudraient qu'ont soient des agents de liaison (et non des journalistes). On nous dit : vous avez tout dans le communiqué (qu'on vous a remis). Mais les communiqués, les maires disent ce qu'ils veulent nous dire (laissant entendre par là qu'une entrevue permet souvent d'aller chercher d'autres éléments d'info)".

Commentaire pertinent de Bernard Généreux, président de la Fédération québécoise des municipalités : "Moi, je pense que ceux (les élus) qui sont tentés par le bâillon ont probablement un problème avec la démocratie. Si comme élu, on n'a pas (l'étoffe) pour accepter ça, il y a des élections à l'automne, c'est peut-être le temps de penser à faire autre chose".

  Cour suprême du Canada : pas de condamnation en diffamation si le journaliste a agi de façon responsable Avant cette décision unanime des juges, le journaliste ne pouvait pas dévoiler des faits s'il n'était pas absolument certain que c'était la vérité. Les médias, incluant les blogues, peuvent être protégés désormais contre de telles poursuites, même si certains faits publiés sont faux, en présentant une défense de "communication responsable".

Extrait du jugement... "Il faut éviter que les poursuites ou les menaces de poursuites en diffamation servent d'armes permettant aux riches et aux puissants d'entraver la diffusion d'information et le débat essentiel à une société libre". Cette décision est reliée à des condamnations contre deux quotidiens ontariens : le Toronto Star (condamné à 1,5 million$) et l'Ottawa Citizen (125,000$). Ces deux procès devront être repris.

Reportage de Radio-Canada sur le jugement (02:23) et commentaires de Brian Myles, président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) + d'autres réactions (01:56) + entrevue avec Marc-François Bernier (04:06), prof de journalisme à l'Université d'Ottawa + article.

  L'un des gros mensonges du ministre péquiste Serge Ménard - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Examinons un autre volet de la réforme policière : le coût de l'idéologie de la peur propagée par la police, le pouvoir et les médias. Au début des grandes réformes péquistes, en juin 1999, le ministre péquiste de la Sécurité publique Serge Ménard, traitant de la réorganisation policière, arguait les économies d'échelle... «L'ensemble des contribuables paie alors moins cher pour les services de police et ils sont de meilleure qualité et d'une plus grande efficacité.» (Normand Delisle -- La Presse du 16 juin 1999)

Cet argument atteint sa cible à tout coup. Vrai, que les services de la Sûreté du Québec coûtaient moins cher : 30 cents du 100$ d'évaluation contre 35 cents et plus pour un corps policier municipal. Cependant l'économie n'était qu'apparente puisque le ministre offrait à rabais les services de sa Sûreté du Québec pour appâter les élus municipaux. Il ne pouvait exiger le vrai tarif parce qu'ils risquaient de se braquer et sa réforme, avorter.

Alors, il a puisé dans les coffres du gouvernement en attendant qu'ils oublient sa promesse ou ne puissent plus défaire ce qui avait été fait. Qui les garnit, ses coffres? Les citoyens de leurs impôts. Alors, ceux qui croyaient économiser en optant pour ce corps policier, dans les faits, défrayaient déjà le plein prix.

Son approche était en outre biaisée du fait qu'il n'offrait pas, en contre partie, une subvention équivalente aux municipalités désirant conserver leur corps policier municipal. Jolie boucle! L'expérience démontre amplement que, en de nombreux domaines, l'économie d'échelle est un leurre, une mystification. Carrément un mensonge! (Suite demain)

  Un civil de la Sûreté du Québec, la cinquantaine ventripotente, aux yeux bulbeux comme ceux d'une grenouille - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Le dimanche 14 octobre 2001, 8 heure du matin, après une nuit mouvementée où j'ai utilisé cette tactique (combattre le bruit par le bruit), suis juché sur une chaise, lave l'extérieur de mes fenêtres et porte.

Une voix furieuse me fait sursauter. Un type, que je n'ai jamais vu auparavant, gros et grand, la cinquantaine ventripotente et des yeux bulbeux comme ceux d'une grenouille, se dirige vers moi d'un pas précipité, faisant monter et descendre ses épaules.

Il se prétend locataire de l'appart voisin, veut savoir qui fait du bruit la nuit, mettre la main sur le «coupable», donne l'impression de vouloir lui régler son compte, dit avoir le droit de dormir en paix la nuit, payer son loyer, être sur le bs (l'aide sociale) ... Oups! Suspect, quelqu'un qui vous dit être sur le bs alors que vous ne lui avez pas demandé. Je ne connais pas de pauvre se servant de ce statut comme d'une référence, on le cache, trop honteux. De toute façon, ce n'est pas lui qui habite cet appart, mais un flic plus jeune et bien barraqué.

Je lui fais face, riposte que les menaces n'ont pas d'emprises sur moi, son ton s'adoucit : «Non, non (je ne te menace pas)». Je décline prénom et nom, veux connaître les siens, il refuse, revient à la charge avec son loyer et son bs, veut le «coupable». Le réfère à mon tortionnaire.

Là il veut savoir ce qu'il fait dans la vie, lui dis l'ignorer, il insiste. Il me testait probablement pour vérifier si j'étais du genre à dévoiler, à un pur inconnu comme lui, la véritable identité d'un civil. M'en abstiens, ça ne m'apparaît pas le moment idéal. Les choses en restent là, et je peux par la suite compter sur des nuits de sommeil complètes. (Suite demain)

News du mardi 22 Décembre 2009

  Méli-Mélo - Défense de sauter ; le Père Noël est mort : faites vous en pas, il y en a des milliers et des milliers d'autres ; le Père Noël est un alcoolo ; neige noire ; même le Père Noël n'est pas en sécurité. La Sûreté du Québec a donc raison : tout peut arriver à n'importe qui n'importe quand, d'où la prévention ; concours de beauté en Arabie Saoudite ; l'architecture à l'origine d'un accident ; suis certain que vous ne saviez pas ça ; un Israélien sans défense attaqué par un Palestinien ; rencontre inattendue ; le déneigement ; les dieux vivent tous dans le même paradis ; l'astuce consiste à rebondir.

  Des codes bancaires secrets de HSBC aux mains du fisc français – Comment cela a-t-il été possible? Hervé Falciani, informaticien, était membre du personnel de HSBC, une banque privée suisse. Il a été congédié après avoir pénétré dans le système informatique et découvert des cas de fraudes fiscales.

Sincère dans sa démarche, rapporte-t-on, il a dévoilé au fisc français la façon dont il avait procédé pour décoder des comptes bancaires de clients, dont des citoyens français. C'est ainsi que des fonctionnaires du fisc, en utilisant sa méthode, ont pu dresser une liste comportant des dizaine de milliers de comptes secrets, qu'ils ont ensuite transmis au ministère de la Justice : "Intérêt supérieur de l'État", précise-t-on. Dimanche 13 décembre dernier, Falciani a rompu le silence en accordant une entrevue à la télé française : vidéo (04:25).

HSBC est présente partout dans le monde. Au Canada, ses clients peuvent utiliser sans frais les guichets automatiques de la Banque de Montréal (BMO) : voir sur format pdf l'entente entre les deux institutions bancaires, page 4, colonne de droite, lire sous "Guichets automatiques d'autres établissements financiers". Elle ne serait présente que dans les provinces de l'Alberta (pétrole) et de la Saskatchewan (Canada) : voir cartographie de Google. Elle possède deux sites au Canada : accueil + centre financier, dans les deux cas, cliquez sur langue française au sommet des pages.

  En milieu scolaire directeurs et profs n'ont pas le choix : ils doivent dire oui à la police - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) En février 2002, Alexandre Gauthier du même hebdo rapportait une entrevue réalisée avec la policière Hélène Nepton, responsable des relations publiques à la Sûreté du Québec. (Alexandre Gauthier -- l'Étoile du Lac du 9 février 2002) Celle-ci traçait le portrait de la situation dans les écoles du Québec.

Suivant ses propos, violence, taxage et drogue y augmentent sans cesse, d'où la nécessité, rapportait le journaliste, du "Programme d'intervention en milieu scolaire" (PIMS) de la Sûreté du Québec. Après avoir démarré lentement, la décennie précédente, s'est soudainement accéléré en 2001 pour s'étendre à 139 écoles secondaires du Québec. (NDLR : Notons l'année de l'accélération, l'une de celles des grandes réformes péquistes, alors que Serge Ménard était au volant de la Sécurité publique. Coïncidence sans doute!)

Nepton explique au journaliste qu'il y a bien sûr le volet préventif, mais le programme va plus loin en mettant l'accent «sur la répression». Un policier est affecté à chaque établissement scolaire qui en fait la demande. Il peut être appelé à rencontrer des jeunes qui se font prendre, par exemple, en possession de drogues. D'autres peuvent «simplement se confier (sic) à ce policier ou leur être référés par des professeurs ou directeurs. (...) Il n'est pas question de procéder à une chasse aux sorcières», rassure-t-elle.

Si le PIMS a fait ses preuves, il est impossible d'identifier cependant un taux de réussite précis, avoue-t-elle. Mais lorsqu'on sait que «12% des ados ont admis avoir touché à la drogue, pourcentage qui grimpe à 40% (sic) après 18 ans, on comprend que les besoins sont là». D'où viennent ces chiffres? Le journaliste ne le dit pas. De la Sûreté du Québec?

Cette rationalisation extrême a de quoi troubler tout citoyen soucieux de ses droits et libertés. Surtout en milieu scolaire, où commissaires, directions d'écoles et profs sont souvent des inconditionnels de la police. Ils n'ont pas le choix... Essayez donc, juste pour voir, de dire non à la police. (Suite demain)

  Pas facile de circuler à vélo, pas facile non plus de dormir la nuit - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Au cours de cette période-là, ce n'était pas non plus le calme plat à mon appart. Trois voisins, tous des civils, ont un mur mitoyen avec ma... chambre. Tout au long de mon enquête, j'ai pu vérifier une bonne vingtaine de fois que je dors bien la nuit seulement quand je ne remue pas les eaux dormantes policières.

Découvrir une activité clandestine de la Sûreté du Québec, révéler ou faire allusion à un de ses petits secrets, imposer ma présence en certains endroits, prendre des photos de personnes et lieux sensibles, m'assurent de passer quelques nuits blanches. L'objectif est de faire en sorte que je dorme le jour plutôt que la nuit. Comme ça, je ne les dérangerai plus, car je resterai chez moi au lieu d'aller et venir à vélo dans la village.

Au cours de mes deux premières années à Lac Bouchette, je n'ai eu qu'un seul préfet de discipline du genre. Ce civil, le même qui s'amusait à me couper le chemin et que j'avais relancé jusqu'à son appart, était affecté au quart de nuit. Exagération? Non, il était méthodique dans sa façon de procéder, quasiment à toutes les heures jusqu'au petit matin, il ne me lâchait pas. Utilisait un répertoire varié de bruits distincts. Ça faisait boum sur le mur, ou clac, ou clic ou tsoum, etc., quand il frappait sur je ne sais quoi ou utilisait un instrument quelconque.

Au début, vous vous préparez mentalement, réussissez à demeurer zen : «Frappes tant que tu veux, mon gars, tu me sortiras pas de mon sommeil!» Pas longtemps parce qu'il revenait à la charge, redoublait d'ardeur, s'acharnait.

Rapidement, vous développez un réflexe conditionné : à quoi bon se rendormir puisque il remettra ça dans une heure. Pas bon pour le cœur non plus : un boum ou un bruit sec, CLAC! et vous voilà réveillé en sursaut, décharge électrique au cerveau. Mon tortionnaire aurait été sans doute ravi que je fasse un burnout, devienne gaga ou suicidaire, ou que je claque un bon infarctus.

À la longue, je finirai pas trouver deux moyens de m'en protéger. D'abord la radio branchée sur un poste envahi de parasites, un bruit neutre et constant, sans bla-bla ni musique. Votre tortionnaire comprend vite qu'il devra frapper plus fort, et réveiller des collègues de travail. Se tranquillise un temps puis reprend du service, finit parfois par venir vous chercher dans votre sommeil. Alors là, vous décidez de combattre le bruit par la bruit, et la sainte paix revient. (Suite demain)

News du lundi 21 Décembre 2009

  L'endettement, un casse-tête pour le Père Noël – J'utilise la manchette de François Pouliot, un spécialiste de la Bourse (NDLR : La bourse où la vie?) et des questions financières. Selon lui, le Père Noël est le plus important manufacturier de la planète, mais il hésite à augmenter sa cadence de production.

  Low RisingClip (04:46) de l'Irlandais Glen Hansard, chanteur, compositeur, guitariste et acteur. Traverse de mauvais temps au sein d'un couple.

  Les "Maisons des jeunes", l'équivalent d'organismes de dressage et de rééducation sans le nom - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Cependant, il faut reconnaître que les responsables de la "Maison des jeunes" et la Ville de Roberval ont fourni de gros efforts, pendant deux années consécutives, afin d'offrir aux jeunes un terrain où pratiquer à volonté planche à roulettes et basket-ball. Infrastructures érigées avec les moyens du bord et de l'argent glané à droite et à gauche, en tout 45 000$.

Le conseil municipal, pour revenir au journaliste de l'Étoile du Lac, a notamment installé une clôture ainsi que «des lampadaires qui éclairent le site en soirée, facilitant la surveillance (sic) des responsables sur place jusqu'à 23h». (Alexandre Gauthier -- l'Étoile du Lac du 17 août 2002) «Ça vous tente de les essayer? lance-t-il aux jeunes lecteurs de l'hebdo. Sachez qu'il est possible de le faire du lundi au vendredi jusqu'à 23h. Trois responsables se chargent de la surveillance (resic).»

Qu'un organisme s'investisse dans les loisirs des jeunes, vraiment rien à reprocher là à quiconque, bien au contraire, si ce n'est la philosophie sous-jacente, l'encadrement... par des civils et des collabos, et sans que la chose ne soit sue, ce qui n'est tout de même pas rien. Et l'autre encadrement, visible celui-là : la clôture encerclant le terrain et l'établissement, sauf sa façade. Ce n'est donc pas seulement un terrain de jeu, mais l'équivalent d'une maison de dressage ou de rééducation sans le nom, et à l'insu des citoyens.

Sans en généraliser la pratique partout au Québec, là où il y a des "Maisons des jeunes", car il faudrait enquêter pour le savoir, on peut y voir une action concertée visant à parquer les jeunes en un seul endroit sur des territoires municipaux. Des zones fermées et protégées, en quelque sorte, à l'abri de la drogue, de la criminalité en tout genre et censurer tout ce qui n'est pas politiquement et puritainement acceptables dans nos petites villes et villages, qui sont déjà aseptisés à l'os.

Redisons-le : pour les sortir de la rue, où, pourtant, ils ont le droit de circuler en toute liberté. La police en civil de la Sûreté du Québec, entre autres corps policiers, et ses collabossavent comment s'y prendre pour décourager le citoyen (enfant, ado et adulte) circulant dans l'espace public sans autres buts que celui de profiter du beau temps, humer du bon air pur, voir un peu de monde, faire du lèche-vitrine, se balader à vélo, etc. Pour ensuite les confiner aux établissements gouvernementaux, paragouvernementaux, municipaux et commerciaux.

Dans le cas des ados, il suffit de peu pour qu'un gardien de sécurité les expulse. Surtout ne pas se déplacer en gang : on le sait, les jeunes qui se tiennent ensemble sont tous des criminels, potentiels ou avérés. Ils doivent se comporter comme des adultes, et non comme les enfants et ados qu'ils sont. Tout le monde étant concentré en ces endroits, et non éparpillé dans les rues à faire on ne sait quoi, cela facilite à la police en civil ses opérations de contrôles et nettoyages sociaux, et de rééducation clandestine illégales pouvant aller jusqu'aux déstabilisations psychologiques, aux éjections, et provoquer même des suicides...

À l'été 2004, la coordonnatrice Annie Lapointe quittera Roberval pour des raisons personnelles. Paula Saint-Pierre lui succèdera et déclarera peu après que «(...) la "Maison des jeunes" de Roberval était malade». (Jean-François Bonneau -- L'Étoile du Lac du 17 juillet 2004) Selon elle, des améliorations majeures sont nécessaires, notamment à la cantine. Elle parlera d' «émotions personnelles après les réunions du personnel. Cela ne peut que faire du bien à tous, et donner une meilleure image à l'organisme.» Selon le journaliste Jean-François Bonneau de l'Étoile du Lac, elle souhaite «redorer l'image de la "Maison des jeunes"». À ce sujet, elle signalera qu'aucun parent ne siège au sein du conseil d'administration.

Il s'est manifestement passé quelque chose. Notons que, par la suite, un magasin Maxi sera érigé dans le secteur, ce qui obligera l'organisme d'emménager dans un autre local. La municipalité s'occupera désormais de deux de ses activités : skate-parc et basket-ball. Le 19 mars 2005, l'Étoile du lac rapportera que Paula Saint-Pierre a été congédiée et que l'organisme a fermé ses portes pour une période indéfinie, par manque de financement. On espérait combler le trou budgétaire en sollicitant la population. Fin de l'été 2006, on annonçait la construction d'un local destiné à l'organisme. (Suite demain)

  J'ai la trouille, mais refuse de plier l'échine devant le totalitarisme de la Sûreté du Québec - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Arrive le mercredi 2 mai. Vais-je ou pas aller à vélo? Potentiellement risqué. Oui, mais le droit de circuler librement au Canada,