News du samedi 28 Février 2009

  Petit État dans l'État se prenant pour dieu le père (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Une machine réticente à se faire ausculter? Dans son rapport 2002-2003, le Conseil de surveillance des activités de la Sûreté du Québec (SQ) écrira qu’«il n’est pas aisé d’apprécier une organisation opérationnelle de plus de 7 000 employés, dont la majeure partie est constituée d’agents de la paix répartie sur le vaste territoire du Québec(son rapport annuel est accessible sur le site Web du ministère de la Sécurité public : www.msp.gouv.qc.ca).Au surplus, indiquent ses auteurs, l’inconfort (sic) de la Sûreté (du Québec) à l’égard du principe même de la création du Conseil et l’analyse des activités d’une organisation, dont la mission a pour effet de l’entourer d’une aire de discrétion nécessaire à l’accomplissement de ses responsabilités, sont autant d’éléments contribuant à rehausser le niveau de complexité de la mission du Conseil.»

Par ailleurs, le quotidien Le Soleil obtiendra quatre avis rédigés en 2002 et 2003 par le Conseil de surveillance. Ce corps policier, écrira l’organisme, tarde à corriger les lacunes en matière d’affaires internes et de gestion des enquêtes criminelles soulevée par la Commission Poitras (Le Soleil – La Presse du 8 juillet 2004) : absence d’évaluation du personnel d’enquête, manque de vision du rôle fondamental des technologies de l’information, structure d’enquête floue et imprécise.

Selon le Conseil de surveillance, le flou et l’imprécision des enquêtes «rendent bien difficile une gestion des personnes et des opérations selon les principes de gestion qui doivent normalement être mis en œuvre dans les services publics imputables»

Notons que le ministère de la Sécurité publique avait refusé de transmettre les documents au journaliste, mais changera d’avis après une première audition devant la Commission d’accès à l’information du Québec.

Le journaliste Martin Pelchat de La Presse rapporte aussi les commentaires du criminologue André Normandeau qui, bien que reconnaissant les mérites de Corbo, aurait souhaité que Me Bernard Roy soit nommé au sein du conseil : «Il aurait été une sorte de conscience pour le suivi de la Commission Poitras.»

En outre, il doute que les moyens mis à la disposition du Conseil de surveillance lui permettront de jouer son rôle adéquatement. Il se demande comment, avec un budget 500 000$ par an, celui-ci pourra opposer à la Sûreté du Québec, dotée d’un budget de 400M$ (chiffre énoncé en février 2001), des dossiers étoffés. «Ça ne fait ni sérieux ni rigoureux», juge-t-il. Il aurait fallu doter le conseil d’une équipe de cinq à six recherchistes. Or, elle ne comptera que sur un seul employé à plein temps, le dg Sylvain Ayotte.

«Il ne faut pas se contenter d’écouter les directeurs(Florent Gagné et ses successeurs) ou M. Cannavino(président de l’Association des policiers provinciaux du Québec), qui vont vous dire que tout va bien, etc.»

(NDLR : Dans son rapport 2002-2003, le Conseil de surveillance indiquera disposer de quatre employés, dont un cadre.) (Suite demain)

  Les sans-abri, des animaux domestiques bien dressés (Suite tome 2 de L'Étau Policier) On voit un peu plus clairement le cercle infernal où vivent ces citoyens : errance, absence de soutien social, mendicité – pas de bs parce que pas de domicile fixe –, soupes populaire, centres d’hébergement, et la répression policière, en uniforme et en civil, comme bonus.

Les centres d’hébergement ne leur sont accessibles qu’à l’heure des repas et la nuit pour dormir. Le reste du temps, ils flânent parce qu’ils n’ont pas d’endroits où aller. Si on leur en offrait, ils s’y rendraient au lieu de s’épuiser à marcher sans fin et sans but… Et c’est d’avantage le cas quand il pleut ou l’hiver, quand il fait froid.

Il y a nécessité, obligation même, de prévoir de ces lieux où ils pourraient regarder la télé, visionner des films, surfer sur le Web, jouer au billard, etc. Des gymnases aussi où ils participeraient à des jeux d’équipes, des piscines, etc. : remarquez qu’il en existe déjà, mais les sans-abri n’y sont pas admis.

Meilleure condition physique, meilleur tonus aussi, par conséquent plus aptes à envisager des solutions pour améliorer leurs conditions de vie et se construire un meilleur avenir. Des lieux gratuits, sur présentation d’une carte de sans-abri. Voilà ce que devrait faire une Société civile se préoccupant, pas seulement du bonheur de chacun de ses membres, mais en faire aussi des citoyens à part entière. Largement préférable à la répression policière.

Ces faits démontrent l’intérêt que le Québec porte à cette catégorie de citoyens. En somme, la désinstitutionalisation sans le minimum vital d’argent pour vivre. La liberté, oui, mais accompagnée de la misère noire. Les have not, c’est bien connu, subissent leur sort sans s’époumoner ni même murmurer sur la place publique ou dans les médias.

La police en civil veille à ce qu’ils l’acceptent sans mot dire. Ils sont devenus avec le temps, le temps faisant tout accepter à la longue, des citoyens aussi dociles que des animaux domestiques bien dressés. Ce n’est cependant pas le cas de certaines jeunes vitres cassées du système. Effectivement, une petite minorité est consciente de la situation qui lui est imposée : subir et fermer sa gueule. (Suite demain)

News du vendredi 27 Février 2009

  Montréal tiendra des consultations sur le sentiment sécurité... ...des jeunes dans l'espace publique, les 11, 12 et 25 mars prochains. Y sont conviés les citoyens de 12 à 30 ans. Une initiative de Claude Dauphin, présidents du comité exécutif de la Ville de Montréal et de la commission de la sécurité publique, responsable des activités de la police. Et initiée conjointement avec le Conseil jeunesse de la Ville.

Outre la question première, d'autres leur seront posées. Par exemple, quelles sont les caractéristiques d’un espace public sécuritaire? Que penser des attroupements dans les espaces publics? Les organisateurs accueilleront également les suggestions et recommandations des jeunes, etc.

Heureuse initiative? Non. Parce que le sentiment de sécurité englobe forcément l'insécurité, un sentiment à manipuler avec des pincettes en se bouchant le nez. Car il y a de tout là-dedans.

Mathieu, se référant au sociologue Lagrange, explique que ceux qui ont réfléchi sur la complexité de l’âme humaine connaissent les phénomènes de «déplacement» des sentiments, qu’on appelle aussi des «transferts». (Jean-Luc Mathieu L’insécurité Éditions Que sais-je?) (Hugues Lagrange Réponses à l’insécurité Grenoble CERAT) Le support apparent d’un sentiment, d’un ressentiment, n’est pas celui qui en est véritablement à l’origine. Ce mécanisme entre en jeu lorsqu’on questionne des personnes sur leur insécurité.

Il cite Lagrange : «On peut voir dans l’altération des liens sociaux, dans le bouleversement des équilibres démographiques et économiques, les déterminations d’un mal-vivre, d’un sentiment de frustration et d’incertitude à l’égard de l’avenir qui, par un transfert sur cette catégorie d’actes universellement condamnés que sont les crimes, produit dans l’esprit public une réalité nouvelle : le sentiment de sécurité». Il se produit un renversement dans l’ordre des facteurs. Le sentiment d’inquiétude naît d’une dégradation générale des liens sociaux, précède les «fixations» sur des éléments précis.

«Ce sentiment est alors la matrice de peurs spécifiques d’être cambriolé, d’être agressé et non une expression synthétique, décentrée, issue de ces appréhensions éparses. La donnée psychologique est première, elle cherche des objets adéquats dans lesquels s’incarner, prenant alors l’apparence de peurs particulières.»

PS : Les élus ne connaissent probablement pas les racines profondes de l'insécurité. Ignorent, probablement aussi, qu'une consultation du genre permet, plus souvent qu'autrement, de justifier des mesures répressives injustifiées.

Sans omettre un fait connu et reconnu par ceux qui sont au courant : gros à parier que des civils et des collabos, déguisés en citoyens responsables, participeront à ces consultations et décriront une situation plus inquiétante qu'elle ne l'est en réalité.

  Attiser la paranoïa... ...Le démagogue sème la peur partout sur son passage, à des fins de domination politique. Il est le pire ennemi de la démocratie. Civils et collabos sont passés maîtres en la matière.

Le chanteur français Charlelie Couture, sans vouloir lui prêter des intentions, me semble dénoncer tout de même un peu la situation : Appel à l’aide (Touchez à rien, la musique s'enclenche d'elle-même).

  La SQ, une machine réticente à se faire ausculter (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Reprenons le fil d’Ariane… En février 2001, le ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard, dévoile le nom des membres du Conseil de surveillance sur les activités de la Sûreté du Québec (SQ), qu’il identifie comme étant «notre police nationale».

Claude Corbo, ex-recteur de l’UQÀM et auteur de quelques ouvrages sur la police, en est nommé président. (Martin Pelchat – La Presse des 20 et 21 février 2001) Les autres sont Clément Godbout, ex-président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Gretta Chambers, ex-chancelière de l’Université McGill, Jacques Pigeon, ex-sous-ministre des Communications, et Me Jean-Pierre Lussier, ex-procureur de la commission Keable sur les agissements illégaux de la GRC lors de la crise d’octobre 1970. Sylvain Ayotte en est désigné directeur général.

Rapportant les propos que lui a tenus Me Bernard Roy, ex-procureur en chef de la Commission Poitras, le journaliste Martin Pelchat de La Presse écrit que le Conseil de surveillance aura fort à faire pour changer la culture prévalant à la Sûreté du Québec.

Tout en se disant encouragé par le calibre des personnes choisies pour y siéger, Me Roy se dit d’avis que celles-ci «risquent de se faire endormir ou enterrer sous la bureaucratie et la paperasse par une machine réticente à se faire ausculter». Un risque d’autant plus grand que le Conseil de surveillance mis de l’avant par Québec «est loin du chien de garde (Conseil de contrôle)» réclamé par la Commission Poitras. (Suite demain)

  Aucune compassion des élus à l'égard des sans-abri (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Ce ne sont pas les seules composantes du problème : des provinces imposent aussi des pénalités aux bénéficiaires d’aide sociale qui, pour arriver à joindre les deux bouts, partageant leur logement. Au Québec, la coupe varient entre 50 et 100$ par mois.

Le maire Tremblay annonce qu’«il y a un engagement au cours de la prochaine année d’éliminer éventuellement la pénalité pour cohabitation». Ce qui deviendra une réalité au début de juillet suivant dans les municipalités où le taux de logements disponibles se situe en dessous d’1,5%. (Karim Benessaieh – La Presse du 26 juin 2002) La décision est prise par la ministre péquiste de la Solidarité sociale, Linda Goupil.

Cependant, des conditions sont imposées : faire la preuve qu’ils doivent en partager l’occupation ou ne peuvent s’en trouver à cause de la pénurie, déménager dans un des territoires désignés et ne pas avoir abandonné le leur volontairement.

Bien qu’il ait été impossible d’assurer le suivi de tous ces projets, reconnaissons qu’en ce mois de janvier 2002, le maire Tremblay a pris le dossier à bras-le-corps.

Autre entrefilet significatif de la compassion des élus provinciaux à l’endroit des sans domiciles fixes : ceux-ci n’avaient accès à aucune prestation d’aide sociale. L’un d’eux avait intenté des poursuites. Coïncidence, mars 2002, le Tribunal administratif du Québec statue que cette façon de faire est «démesurée». (Karim Benessaieh La Presse du 28 mars 2002) Il ordonne au gouvernement du Québec de revoir l’application de sa Loi sur le soutien du revenu. Ce citoyen récupérera tout l’argent dont il a été privé.

Son avocat, Me William De Merchant, précise néanmoins que la rétroactivité ne s’appliquera pas aux autres sans-abri qui, pour la plupart, ont subi le même sort, estime-t-il.

Denis Lévesque, de Projet Genèse : «La pratique des bureaux d’aide sociale à cet égard est injuste, non fondée sur la loi et elle prive de leur droit à un revenu de subsistance les personnes mêmes qui en ont le plus besoin». L’organisme demande que ceux-ci puissent obtenir leurs prestations directement du bureau d’aide sociale. (Suite demain)

News du jeudi 26 Février 2009

  Après l'affaire UBS, la Suisse se cherche une parade Hier, elle a nommé une délégation qui a pour mandat, selon la Tribune de Genève, d'élaborer une stratégie et défendre l'avenir de sa place financière. Elle passera en revue les questions financières, fiscales et celle du secret bancaire. Cacher des revenus du fisc n'est pas un délit dans ce pays.

Ce même jour, lors d'un très bref point de presse, Hans-Rudolf Merz (vidéo 01:47), président de la confédération, a notamment répondu aux accusations de la passivité de l'État dans l'affaire de la Banque UBS et des pressions des USA : UBS aidait sur place des Américains à frauder le fisc.

Par ailleurs, la Tribune de Genève demande à ses lecteur de participer à son forum... Comment régler la crise USA contre UBS?Que doit faire la Suisse? Élargir son entraide judiciaire? Défendre bec et ongles le secret le secret bancaire? Changer sa norme pénale et déclarer la soustraction fiscale punissable?

Un dénommé Kaklon y pose une question : Pourquoi garder un système qui ne protège que des gens malhonnêtes? On ne peut pas vouloir profiter de la société dans laquelle on vit sans y participer. C'est plutôt égoïste. Furax, pour sa part, écrit : Les USA et l'Europe veulent donner des leçons au monde entier. Kad, quant à lui : Quoi qu'il arrive, le secret bancaire doit être maintenu.

La Suisse se protège, mais ne protège pas les autres. Ainsi cette nouvelle de romandie.com, qui rapportait mercredi que les douaniers suisses sont intervenus 1176 fois en 2008 pour des affaires de marchandises contrefaites ou piratées, contre 460 fois l'année précédente. La hausse est attribuable à l'entrée en vigueur de la révision du droits des marques et des designs.

La crise économique sévit aussi dans ce paradis fiscal, elle s'avère plus aiguë que prévu. Notamment ses exportations horlogères, qui accusent un recul de 20 à 30%.

En passant, vous saviez que monaco célèbre son 40ème anniversaire? Pas le paradis fiscal, la montre suisse monaco. Pourquoi avoir choisi ce nom? Son fabricant en cherchait un qui séduirait un public chic et haut-de-gamme, un public habitué aux endroits comme Monte-Carlo qui, à l’époque des années Grace Kelly, étaient très en vogue.

PS : La loi et l'ordre, c'est sérieux dans ce pays. Pour vous donner une petite idée, visionnez, dans mes ARCHIVES-VIDÉOS, celle portant sur l'assermentation de nouvelles recrues policières.

  Le pouvoir s'est donné ce qu'il refuse aux citoyens (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Dès le lendemain, le ministre péquiste Serge Ménard rebondit dans l’actualité (Rollande Parent, la Presse canadienne – La Presse du 3 mars 2000) : «M. Normandeau dit que le ministre a peur que les policiers disent qu’il a une maitresse ou qu’il a déjà pris un coup un soir, alors que je ne conduis plus», rétorque-t-il visiblement agacé, fait remarquer la journaliste Parent de la Presse Canadienne.

Ménard explique que, depuis une vingtaine d’années, les officiers de la Sûreté du Québec n’assurent plus la protection des ministres. «Le service de protection des personnalités politiques est un corps distinct qui est dans une unité distincte de celle des policiers de la Sûreté du Québec, qui a une direction distincte et qui relève directement du ministère de la Sécurité publique. (...) C’est un peu fort de dire qu’on a peur alors qu’on propose d’établir pour les policiers la règle de la dénonciation et de l’obligation de collaborer avec les enquêteurs».

Si l’on interprète bien les propos du ministre, le pouvoir s’est donné ce qu’il refuse à la Société civile, bien que l’on ignore si cela a été réalisé sous un gouvernement péquiste ou libéral : un peu l’équivalent d’une «police des polices». Il est clair que le pouvoir a davantage confiance en son propre corps policier qu’en celui de la Sûreté du Québec, par exemple.

Ce corps distinct des autres du Québec, obéissant directement aux ordres du ministre de la Sécurité publique, est-il confiné à cette seule et unique activité, la protection des ministres? Normalement, le responsable de ces policiers devrait rendre des comptes une fois l’an à l’Assemblée nationale. La transparence permet d’éviter bien… des abus.

Autre point. Difficile de croire que la connaissance de secrets d’alcôves, de petites combines électorales ou de contrats accordés à des amis suffisent à un syndicat policier pour tenir en laisse un ministre ou un gouvernement. Il faut beaucoup plus, considérablement plus. Glissons ici cette opportune citation de Casamayor (Louis Casamayor La Police Gallimard) : «On peut imaginer cent mille agents de police qui ne poseraient pas de problèmes, alors qu'un seul en poserait de terribles, par exemple s’il possédait les secrets du maître du pays. On pourrait alors se demander qui est le véritable maître. En fait, une société a plusieurs maîtres», constate Casamayor.

Contrôles et nettoyages sociaux auxquels se livre l’underground policier entrent plus vraisemblablement dans la catégorie des secrets du maître d’un pays, d’une province, d’une MRC, d’une municipalité. Pour les syndicats policiers, ce secret est l’équivalent d’une arme suffisamment dissuasive. Ce qui n’exclut pas secrets d’alcôves, petites combines électorales ou contrats accordés à des amis, remarquez bien, mais en d’autres occasions, par exemple lors d’une campagne électorale.

Redisons-le : la police en civil est une machine à rumeurs d’une efficacité redoutable, effrayante même. Elle est plus puissante que la démocratie. Facile d’écarter un candidat, dont on sait qu’il n’épouse pas l’orthodoxie policière, ou qu’il est un défenseur des droits et libertés. A-t-on déjà vu, au Québec, un parti politique, ou un candidat, inscrire à son programme électoral la problématique policière? Sans aucun doute y a-t-il plusieurs maîtres dans un pays, une province, une MRC, une municipalité. (Suite demain)

  HLM, les élus s’étaient soustraits à leurs obligations (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Le maire Tremblay alerte les élus afin qu’ils s’impliquent davantage dans le dossier : «On a fermé les yeux pendant des années, que ce soit les gouvernements fédéral et provincial ou l’administration municipale».

En attendant, il faut trouver un toit pour ces gens. (Marie-Claude Girard – La Presse du 9 janvier 2002) Le situation est difficile. Il s’engage à ce qu’il y ait des places en refuges. S’il y a débordement cet hiver 2002-2003, matériel et soutien additionnels seront disponibles.

«Il y a de plus en plus de familles monoparentales qui risquent à court terme de perdre leur logement. Des familles où il y a parfois trois ou quatre enfants», souligne-t-il. (…) On veut que ce soit une ville humaine, centrée sur le citoyen. (…) Ce n’est pas un problème de refuge un soir, ou d’un repas. C’est plus une question d’un logement social à prix abordable où les personnes vont avoir une certaine stabilité».

À Montréal, la rareté a provoqué une hausse des prix. ( Alexandre Sirois – La Presse du 8 janvier 2002 ) Pénurie de maisons de chambres aussi. (Louise Leduc – La Presse du 9 janvier 2002) Selon un rapport de la ville, entre 1977 et 1992, 48% des chambres de la métropole, soit 5 000, ont disparu.

Début 2002, un porte-parole de la ministre péquiste déléguée à la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, Nicole Léger, annonce la construction 6 500 unités à prix accessibles, dont 1 000 à Montréal. (Alexandre Sirois – La Presse du 8 janvier 2002) Sa collègue des Affaires municipales et de la Métropole, Louise Harel, en accorde 5 000 à la ville sur deux ans. (Marie-Claude Girard – La Presse du 15 janvier 2002)

Cependant, tous ne sont pas des HLM mais offerts à prix plus élevés. Si un HLM ne peut coûter plus de 25% du revenu des locataires, ceux qui seront construits se loueront environ 400$ par mois.

Selon Saillant du FRAPRU, il y a 12 635 ménages en attente de logements, et ce n’est que la pointe de l’iceberg, chiffre confirmé par Montréal. Puis, en avril 2002, l’administration municipale déniche 25 terrains où ériger un premier lot de 1 000. (Éric Trottier – La Presse du 16 avril 2002) Ils seront notamment mis à la disposition des organismes communautaires, qui pourront soumettre des projets d’immeubles. Première grande vague de construction de logements sociaux depuis le début des années 1990.

Comment la situation avait-elle pu se détériorer à ce point? Des élus s’étaient soustraits à leurs obligations. Le gouvernement fédéral libéral de Jean Chrétien s’était retiré du financement en 1994. En 1999, il avait débloqué finalement 300M$. (Louise Leduc La Presse du 22 octobre 2001)

Seulement voilà, près de deux ans plus tard, les organismes communautaires québécois n’avaient toujours pas reçu un seul sou noir, alors que les fonds somnolaient dans les coffres. Ce n’est que le premier décembre 2001 que les provinces et le fédéral signeront une entente. (Pierre April et Rollande Parent de la Presse canadienne La Presse des premier et 22 décembre 2001)

Pas le choix, les élus : la pénurie de logements à prix raisonnables faisaient la manchette régulièrement dans les médias. (Suite demain)

News du mercredi 25 Février 2009

  Le bas de laine des québécois a rétréci de 40 milliards$ La nouvelle a été dévoilée aujourd'hui par l'institution en question, la Caisse de dépôts et de placements du Québec. Qui en sont les déposants? Sept fonds, la presque totalité des fonds de retraite. L'actif net de 155,4 milliards$ en 2007 est passé à 120,1 en 2008.

Il y avait un peu de tout dans la lessiveuse dont, vous vous en doutez bien, du papier commercial adossé à des actifs (PCAA) : la vente de maisons à des gens n'ayant pas les moyens d'en acheter. Bref, le pire bilan de son histoire.

Point de presse du président par intérim de la Caisse de dépôts et de placements du Québec, Fernand Perreault (vidéo de 28:41) ; commentaires de Paul Larocque et Jean Lapierre (04:44) ; résumé du journaliste Alain Laforest (03:38) ; entrevue avec un ex-président de la Caisse de dépôt, Jean-Claude Scraire (03:01).

PS : Je vous invite à visionner la fiction de rue89 illustrant clairement cette autre sale affaire, celle des subprimes : la vente de maisons à des gents insolvables. Vous comprendrez tout. C'est là que la crise financière et économique que nous vivons aujourd'hui à pris son origine. L'effet domino a été dévastateur partout dans le monde. Dans les pays pauvres, les conséquences sont hallucinantes : selon l'ONU, entre 200 000 et 400 000 enfants de plus mourront de faim, entre autres, chaque année. Et si la crise perdure, ce chiffre passera à plus d'1 million. Peut-on accepter ça? Cent fois non!

  Des policiers faisant du chantage auprès d'élus? (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le criminologue André Normandeau a émis l’opinion, en mars 2000, que la timidité des réformes annoncées par le gouvernement du Québec ait quelque chose à voir avec des mesures de chantage exercées par des policiers. (Rollande Parent, la Presse canadienne – La Presse du 2 mars 2000) (NDLR : Cependant, il n’en fait pas clairement la démonstration, ce qui porte à penser qu’il en sait peut-être plus long qu’il en dit.)

Dans une entrevue accordée à la journaliste Rollande Parent de la Presse canadienne, Normandeau se dit «frappé» que sur tous les aspects, sauf celui de la formation policière, le projet de loi du ministre péquiste Serge Ménard ne tienne pas compte des différents rapports sur la police publiés au cours des dix années précédentes : Commissions Poitras, Bellemare, Gilbert, Guérin, Malouf, Verdon. «Il (le ministre Ménard) n’est pas allé très loin, compte tenu de toutes les recommandations faites.»

D’après Normandeau, il est possible que des policiers fassent du chantage, tant auprès des gouvernements fédéral, du Québec et de l’Ontario que de maires de municipalités. Le chantage viserait spécifiquement les élus responsables de la gestion de corps policiers : outre des maires, le solliciteur général du Canada et des ministres eux-mêmes.

À ce sujet, il se réfère à l’enquête sur l’avenir de la police au Canada qu’il a menée conjointement avec Barry Leighton, à la fin des années 1980, à la demande du solliciteur général du Canada de l’époque. (André Normandeau et Barry Leighton – Une vision de l'avenir de la police au Canada : Police-défi 2000 – Direction de la police et de la sécurité, Secrétariat du Ministère du Solliciteur général du Canada, 1990)

Normandeau relate avoir sillonné le pays, et effectué 600 entrevues : «Ce qui m’avait vraiment frappé était que les élus politiques, les maires des villes de plus de 50 000 habitants, ne consacraient que deux ou trois heures par année à la police et s’en tenaient aux questions budgétaires.» À Normandeau qui s’enquérait du pourquoi de cette réserve, des élus lui ont répondu : «Souvent les syndicats policiers nous disent de nous mêler de nos affaires.» (Suite demain)

  Incurie du Canada en matière de logements sociaux (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Cependant, Tremblay, lui, décide de s’en occuper, du dossier. Il rencontre deux des sans-abri qui y logeaient, dont Serge : «Je suis quand même satisfait parce que Pierre Bourque (l’ex-maire) ne nous a jamais rencontré». Il demande au nouveau maire de faire quelque chose pour augmenter le nombre de logements à prix abordables.

D’autres intervenants du milieu en confirment la pénurie. Le directeur général de la Old Brewery Mission, rue St-Laurent, à Montréal, Robert Warren, organisme offrant gîte et couvert à des itinérants, signale que le phénomène de sans-abri passant les nuits d’hiver à l’extérieur n’est pas nouveau.

Les sans-logis n’ont pas besoin de lits supplémentaires, dans les établissements comme le sien, mais de logements à la mesure de leurs moyens ainsi que des services médicaux, déclare-t-il. Près de la moitié de sa clientèle disparaîtrait s’il y en avait un nombre suffisant. D’autres le disent également, ainsi le FRAPRU, son porte-parole Saillant (Sébastien Rodrigue – La Presse du 7 janvier 2002) : il faut en construire au lieu de financer de plus en plus les refuges pour sans-abri.

Du côté de l’administration municipale, toutes les solutions sont envisagées, même l’utilisation de bâtiments municipaux pour les loger, confirme-t-on. Le maire Tremblay affirme le moment venu d’aider ces personnes puisque l’ «on a décidé comme société de fermer les institutions et de mettre les gens littéralement dans la rue». (NDLR : Allusion à la désinstitutionnalisation dans les hôpitaux psychiatriques.)

Saillant du FRAPRU apporte un élément neuf : «On paie aujourd’hui pour des gestes posés par le gouvernement du Canada depuis le début des années 1990. S’il avait gardé le même niveau d’investissement, il y aurait 50 000 logements sociaux de plus au Québec.» Il manque 11 000 logements à Montréal pour atteindre un seuil normal de 3% de logements vacants, signale-t-il.

Michel Magny, un sans-abri  : «Il faut placer les sans-abri dans des situations où ils prennent leurs responsabilités. Ça revalorise les gens et la solution ne repose pas dans les refuges». (Suite demain)

News du mardi 24 Février 2009

  Les subprimes, vous vous souvenez? Rue89 a réalisé une fiction (06:32) illustrant clairement chacune des étapes : acheteur potentiel d'une maison, courtier en prêts immobiliers, banquiers, Gros Malins de Wall Street, coquille aux Îles Caïmans (paradis fiscale), experts comptables complaisants... Résultat? Les victimes ciblées, notamment des fonds de retraite, perdent des milliards.

  Things Have Changed... ...L'une des plus belles tunes de Dylan (05:11).

  Paradis fiscaux, la grande évasion Frédéric Brunnquell est le réalisateur de ce documentaire (49:08). Dès le début, il donne la parole à François Fillon, premier ministre de France : «Suis à la tête d'un État qui est en faillite sur le plan financier. Suis à la tête d'un État qui est en déficit chronique depuis 15 ans. Suis à la tête d'un État qui n'a jamais voté un budget en équilibre depuis 25 ans.»

Et Brunnquell d'ajouter : «Et moi, je suis le citoyen de cette France en déficit depuis 20 ans. Pourtant, je paie mes impôts. Alors, je me demande où est passé l'argent qui nous manque si cruellement. J'ai cherché. Et j'ai découvert que tous les ans s'évadaient de France dans les paradis fiscaux 50 milliards d'euros, soit plus que le déficit budgétaire.»

PS : La sale affaire de la banque suisse UBS (lisez les news à ce sujet, plus bas dans cette page), provoquera peut-être un durcissement des États à l'égard des banques encourageant la fraude fiscale. Beaucoup de pays vivent la situation décrite par Brunnquell, pas seulement la France. Il s'est rendu dans plusieurs paradis fiscaux afin d'enquêter. Alors, il a plein de choses à nous faire découvrir. Un documentaire utile à la société.

  Se poser des questions pour la survie de la démocratie (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Une couple de mois après la publication du rapport Poitras, le journaliste André Cédilot de La Presse rapporte, en mars 1999, ces propos de Pierre Desmarais II, un ex-président de la Communauté urbaine de Montréal (CUM), qui, à l’époque, était responsable de la police de l’île de Montréal (André Cédilot – La Presse du 28 mars 1999) : «Les policiers sont compétents et sans doute les mieux préparés de tous les employés avec lesquels j’ai eu à négocier. Et ce n’est pas juste une image que je fais, ils portent des revolvers. Ils sont très, très puissants. (...) Quand ça ne marche pas à leur goût, ils descendent dans la rue. Deux milles policiers en uniforme, ça impressionne. On ne peut rien contre eux.»

Il a maintes fois dénoncé, dans le passé, «le trop grand pouvoir syndical» de ces policiers, précise le journaliste.

Autre problème : le journaliste raconte qu’après des années, l’ex-président de la CUM n’accepte toujours pas que ceux-ci aient le contrôle de leur richissime caisse de retraite de près de trois milliards de dollars (chiffre de mars 1999). «On contribue deux fois plus qu’eux au fonds de pension et ils en ont le contrôle. C’est pourtant l’argent des contribuables. C’est une anomalie inqualifiable», s’indigne Desmarais II.

À la fois éclairant et préoccupant, cet article du journaliste Cédilot. Ce «très très puissant syndicat des policiers de l’île de Montréal», et celui de la Sûreté du Québec, tout aussi omnipotent, donne-t-il parfois le mandat à certains de ses membres d’enquêter sur des élus gouvernementaux et municipaux? Sur leur vie privée et professionnelle, certes, mais aussi sur les motifs cachés de certaines législations et règlements qu’ils adoptent?

Nécessaire, pour la survie d'une démocratie, de se poser ces questions. Car la police en civil est une machine à rumeurs bien huilée, pouvant facilement couler certaines renseignements pour discréditer un ministre, un maire, et sans que personne ne sache qu’elle est là-dessous.

Après avoir enquêté six ans et demi dans l’underground policier, je n’écarte plus cette hypothèse : quelques flics en civil filant, infiltrant et déstabilisant des élus ou des candidats à une élection. Je ne l’écarte plus, mais j’hésitais à l’énoncer dans ces pages jusqu’au moment où... (Suite demain)

  Montréal : le triple saut arrière du maire Pierre Bourque (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Après trois inspections du centre Préfontaire, écrit le journaliste Yves Boisvert de La Presse, ne voilà-t-il pas que les inspecteurs découvrent enfin ce qu’ils cherchent (Yves Boisvert – La Presse du 8 septembre 2001) : une fissure quelque part dans l’édifice. Boisvert parle de «la recherche désespérée d’un prétexte d’expulsion pour ne pas avouer que Pierre Bourque a improvisé magistralement». Et démontrant que l’édifice n’est pas tout à fait sécuritaire…

Le maire Bourque parvient à ses fins : les jeunes sont obligés de quitter l’immeuble. À l’improvisation dont parle le journaliste, ajoutons le double langage, la mauvaise foi. Là où il aurait fallu faire preuve de compréhension, d’un peu de patience, surtout de tolérance, le pouvoir municipal a préféré charcuter plutôt que d’aider. Bourque a peut-être pensé que l’affaire était réglée, qu’on n’en entendrait plus parler. Ce n’était cependant pas la fin du commencement, mais que… le début.

Plus ou moins cinq mois après, nous sommes en plein hiver, au début de janvier 2002, la pénurie de logements à prix abordables refait surface. Des pompiers de Montréal, à la demande de la police, démolissent des cabanes en carton et bouts de planches érigées par des sans-abri sous un viaduc, à l’angle des rues Amherst et Notre-Dame. (Sébastien Rodrigue La Presse du 7 janvier 2002)

Des médias s’emparent de l’affaire. À partir de ce moment, le maire de la nouvelle Ville de Montréal, Gérald Tremblay, hérite d’un dossier que son prédécesseur Bourque a laissé en friche au cours des huit années où il a exercé le pouvoir : les villes de l’île de Montréal avaient fusionnées avec Montréal, d’où le nom de nouvelle Ville. (Suite demain)

News du lundi 23 Février 2009

  Lutte anti-terroristes : sans une action décisive immédiate... ...les atteintes portées au cadre des droits de l’homme pourraient avoir des conséquences irrémédiables. Telle est l'une des conclusions d'un Comité créé par la Commission internationale de juristes (CIJ), basée à Genève, enfin d'examiner l'impact global des mesures anti-terroristes et leur compatibilité avec les droits de l'homme.

Ce Comité était composé de 8 juristes internationaux, dont Arthur Chaskalson, ancien juge en chef d’Afrique du Sud, président du comité ; et Mary Robinson, ancien Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme et ancienne Présidente de l’Irlande. Son enquête internationale, la plus complète et la plus importante jamais réalisée, précise-t-on, a nécessité seize audiences couvrant plus de quarante pays, dont le Canada, étalées sur une période de trois ans.

Audiences publiques et privées, aussi bien avec des victimes de violences terroristes que des personnes dont les droits ont été bafoués à la suite de l’application de mesures visant à lutter contre le terrorisme. Ils ont également entendu des dirigeants politiques importants, des représentants des gouvernements, des organisations non gouvernementales, des juges, des avocats, des journalistes et des membres d'agences de renseignement et de sécurité.

Dans leur rapport (version en français, 14 pages), ils soulignent la nécessité absolue d'adapter des lois, politiques et pratiques en matière de lutte contre le terrorisme conformément aux normes internationales relatives aux droits de l'homme. Sans une action décisive immédiate, les atteintes portées au cadre des droits de l’homme pourraient avoir des conséquences irrémédiables.

Selon eux, certains États ont entrepris de lutter contre le terrorisme en adoptant à la hâte une série de mesures remettant en cause les valeurs consacrées par les normes juridiques internationales soigneusement élaborées depuis la deuxième guerre mondiale.

Ils ont été surpris de constater que peu d’attention avait été accordée aux conséquences à long terme que ce type de mesures avaient entraînées dans certains pays, notamment en Amérique du Sud. Il est urgent que les États s’engagent à l’échelle nationale et internationale à développer une stratégie globale de lutte contre le terrorisme, en interdisant le recours à la torture et toute autre forme de violation des droits de l’homme.

  Québec : les citoyens se libèrent de plus en plus... …de l'information des médias traditionnels, grâce à l'Internet. Un sondage de branchez-vous.com démontre que la télé l'emporte encore comme première source d'information (41% des adultes québécois branchés sur l'Internet), mais que l'internet occupe la deuxième place (30%), précédant les journaux (19%) et la radio (10%) : sondage décortiqué.

Lisez également l'intéressante analyse de Paul Cauchon du quotidien Le Devoir.

  Tant qu’à rêver, rêvons en couleur, sur écran IMAX (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Ces flics en civil risqueraient d’être traduits devant un Comité de déontologie ou, plus grave, devant une véritable cour de justice puis... condamnés, et leurs victimes dédommagées. À la limite, il pourrait même arriver qu’un avocat de la Couronne, refusant de jouer le jeu classique, parce que plus épris de justice que la plupart de ses collègues – les avocats de la Couronne sont nommés par le pouvoir –, remonte la hiérarchie policière, d’où justement émanent les ordres.

On devine aisément le tohu-bohu qui en résulterait si le directeur d’un corps policier ou son entourage était accusé d’avoir ordonné ou toléré que son personnel se livrent systématiquement à des atteintes aux droits fondamentaux.

Tant qu’à rêver, rêvons en couleur, sur écran IMAX. Imaginons ce directeur de police ou son entourage dévoilant à la cour qu’il obéissait ainsi aux directives du maire du petit village ou de la Cité, ou du préfet de la MRC, ou du ministre québécois de la Sécurité publique ou de l’un de ses bras droits de la fonction publique. Maire, préfet, ministre ou fonctionnaire devant répondre de leurs actes devant un tribunal, trouvés coupable, déchus de leurs fonctions et condamnés à des amendes.

À la limite, là aussi, on peut même aller jusqu’au premier ministre dirigeant cette province, ce pays. Le pouvoir se sent donc directement menacé. On comprend un peu mieux le dilemme du pouvoir, dans ce cas-ci péquiste, de surcroît indépendantiste : la Sûreté du Québec sera bien utile le jour de l’indépendance venue.

Le pouvoir sait que s’il veut continuer de façonner la Société civile à son image et sa ressemblance, il se doit de les ménager. Les ménager, c’est en même temps s’assurer de les avoir de son bord, et du même coup les museler.

De leur côté, policiers et agents de sécurité savent que ces activités souterraines qu’exigent le pouvoir, sans compter celles qu’ils initient eux-mêmes, comportent leur cortège d’horreurs. Ils sont bien placés pour être au parfum, puisqu’ils en sont eux-mêmes les exécutants. Si l’un d’eux décidait de parler, il dévoilerait bien des choses.

Le pouvoir émerge de la connaissance. Quand vous connaissez les petits secrets de certains élus, vous les tenez dans le creux de votre main. Ainsi les policiers de l’île de Montréal, lorsque mécontents des offres salariales, qui refusent de porter l’uniforme. Allusion subtile aux activités clandestines des civils. On comprend mieux pourquoi le pouvoir politique craint les gros syndicats policiers, dont le «très, très puissant syndicat des policiers de l’île de Montréal». (Suite demain)

  «Le politique est une chose, le légal en est une autre» (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Ces ados et adultes démunis ont aussi des supporteurs. René Charest, du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal : «Ce que ces jeunes-là ont fait en un mois(sensibiliser la population à la pénurie de logements à prix accessibles), ça prend habituellement six, sept mois et même des années pour le faire. Les squatteurs avaient commencé à s’organiser sérieusement. La ville, de son côté, n’a fait que chercher les éléments qui lui permettraient de les expulser. C’est déloyal.»

Arthur Sandborn, président du Conseil central de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) : «Depuis quelques semaines, ces jeunes y ont cru, ils se sont organisés, (…) ils avaient décidé de donner une chance au système auquel ils ne croient pas et là, pour des raisons bêtement électoralistes, ils se font dire que ça ne marche plus.»

«La police sera prête à intervenir quand nous aurons découvert une infraction majeure», avoue ensuite le maire Bourque. Sans quoi, Montréal devra procéder comme tout propriétaire aux prises avec un locataire indésirable. Ce qu’il omet de dire, c’est qu’il a réclamé l’intervention de la police mais a essuyé un refus.

Le président de la Fraternité des policiers de l’île de Montréal, Georges Painchaud, s’en réjouit. (Martin Pelchat La Presse du 7 septembre 2001) Il incite le directeur de ce corps policier, Michel Sarrazin, à ne pas céder aux pressions politiques. «On ne peut pas et là-dessus il faut féliciter la direction demander au Service de police de régler des problèmes qui, à la source, sont d’ordre politique, déclare Painchaud. Si on commence à faire ça, les gens auraient raison de dire qu’on s’en va vers un État policier.»

Painchaud étale le fond de sa pensée : «La police est là pour intervenir lorsqu’une intervention est nécessaire. Il faut qu’il y ait infraction aux règlements, au Code de la route, ou criminel. On ne peut pas intervenir pour faire plaisir à l’homme politique ou à une certaine presse (…). La police doit obligatoirement montrer sa neutralité. Et je pense qu’actuellement, le service réussit bien (…) À date, le constat a été fait : il n’y a pas d’infraction.» Painchaud voit même «une première» dans cette position prudente. «Et j’espère que ce n’est qu’un début, souhaite-t-il. Ça devrait rassurer la population de voir que la police a pris le concept que le politique, c’est une chose, et que le légal en est une autre. Et le légal doit être complètement neutre.»

Il fait bon d’entendre Painchaud, policier de surcroît, énoncer ce principe universel. Évidemment, il aurait pu saisir l’occasion pour divulguer le travail souterrain de la police en civil, mais ne lui en demandons pas trop. (Suite demain)

News du dimanche 22 Février 2009

  Le paradis fiscal suisse perd de sa superbe La sale affaire de la banque suisse UBS est loin d'être terminée. Bakshich.info, en plus de faire un tour d'horizon de la situation en Europe, raconte, dans le détail, comment des enquêteurs USA s'y sont pris pour épingler des représentants d'UBS, qui aidait des Américains à frauder le fisc.

Lefigaro.fr publie, pour sa part, une entrevue avec un avocat helvétique, spécialiste du droit bancaire, qui qualifie de violente la pression américaine exercé sur cette institution bancaire.

PS : Dénoncer la violence des méthodes américaines, mais taire celle des fraudeurs fiscaux à l'égard des citoyens privés de ressources dont ils pourraient profiter. Notamment en matière sociale. Aux USA seulement, la perte annuelle est estimée à 100 milliards. Delà la nécessité pour les gouvernements de faire en sorte que les investissements profitent à l'intérêt public, et non pas seulement à des intérêts égoïstes.

  Comment l'argent vient-il à manquer? Isaac Isitan, l'auteur de la vidéo (55:56) que je vous propose, décortique les mécanismes de création et de régulation du contrôle monétaire à l'échelle nationale et internationale.

Son terrain d'investigation : Argentine (pas chanceux, les habitants de ce pays), Turquie et L'État de New York. Il traite des initiatives communautaires alternatives et de réseaux parallèles de troc, deux stratégies de survie. Ce documentaire démontre la débrouillardise dont sont capables des citoyens déterminés à se prendre en main, de s'en sortir.

  De la démocratie, oui, mais pas trop, juste un peu (Suite tome 3 de L'Étau Policier) En un mot comme en un million, le pouvoir tient comme à la prunelle de ses yeux aux contrôles et nettoyages sociaux des vitres cassées, parmi autres couches de la population. La police aussi du reste, qui veut laver socialement plus blanc que le plus puissant détersif. Le pouvoir craint comme la peste l’osmose entre citoyens, l’émergence de revendications sociales et, à la limite, l’émergence d’une démocratie de libération. Il veut bien de la démocratie, mais pas trop, juste un peu.

Hautement dangereuse, la démocratie. Car il risquerait de ne plus être le seul à mener à coups de clairons et de roulements de tambour l’agenda politique, obligé qu’il serait de tenir compte dorénavant des revendications des différents groupes de la Société civile. Revendications publiques risquant de perturber son mandat, ternir son image de bon gouvernement et peut-être même mettre en péril sa réélection, ou un troisième référendum sur l’indépendance du Québec.

Disons aussi qu’il arrive souvent qu’un pouvoir soit convaincu que les bonnes solutions ne peuvent émaner que de lui. Quoi qu’il arrive qu’il ait raison de le penser, certaines étant déraisonnables. Sa survie dépend donc en partie des contrôles et nettoyages sociaux.

Ce sont les policiers en civil, et leurs nombreux collabos, qui s’occupent de ce job, tant de la Sûreté du Québec que de la police de l’île de Montréal et des autres corps policiers municipaux et régionaux du Québec : sans omettre les agents et, ne soyons pas sexiste, agentes de sécurité privée en civil. Sans eux, il n’y aurait personne pour passer le balai au rez-de-chaussée. Que la cave ne soit pas très propre importe peu ou prou, du moment que l’espace public reluise comme un sou neuf.

En outre, le pouvoir péquiste n’est pas sans savoir que les purs et durs de l’ordre et du conformisme, plus précisément des membres des états-majors policiers, certains grands commis de l’État et universitaires bardés de diplômes mais ne connaissant strictement rien d’autre que leur propre discipline, n’apprécieraient pas du tout que des citoyens y surprennent des leurs en flagrant délit d’atteintes aux droits fondamentaux. Car les trompettes médiatiques ne manqueraient pas de retentir. Éminemment explosif. (Suite demain)

  Des civils avaient-ils ameuté des citoyens du secteur? (Suite tome 2 de L'Étau Policier) François Saillant, coordonnateur du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), attire l’attention sur la pénurie de logements locatifs, croit que le dossier viendra hanter la nouvelle administration au lendemain des élections municipales de 4 novembre 2001.

Gérald Tremblay, alors candidat à la mairie et chef de l’Union des citoyens de l’île de Montréal (UCIM), et qui ne sait pas encore qu’il sera élu et héritera du dossier, intervient lui aussi : «Pierre Bourque a capitulé devant un certain nombre de personnes et récompensé la désobéissance civile.»

De même que Michèle Ouimet, éditorialiste de La Presse, qui estime que la ville a créé un dangereux précédent. (Michèle Ouimet – La Presse du 3 août 2001) Elle n’en reconnaît pas moins la crise du logement sévissant alors dans la métropole. Plus de 8 500 personnes sont inscrites sur les listes d’attente des HLM, certaines depuis plus de cinq ans, et la moitié d’entre elles gagnent moins de 9 000$ par année, souligne-t-elle. Mais Pierre Bourque continue de «balayer le problème sous le tapis», écrit-elle.

Environ un mois après, nous sommes à la fin d’août, Bourque adresse plusieurs reproches à ces jeunes : le projet d’une coopérative n’avance pas, ils ne contrôlent pas les entrées et sorties de l’édifice, il s’y commet des actes de vandalisme, on y interdit l’accès à des employés municipaux, et en fin de liste, craignant que certains ne profitent de la situation en occupant les lieux sans «réels problèmes d’habitation», il leur donne trois jours pour évacuer les lieux. (Silvia Galipeau La Presse du 1e septembre 2001) De qui Bourque tient certains de ces renseignements, pensez-vous?

De son côté, Goulet proteste, les jeunes ne sont pas demeurés inactifs. Ils ont mis sur pied une cuisine collective, un compost, une petite ferme, et projettent d’ouvrir une garderie, une biblio et une imprimerie. Et si la coopérative n’a pas encore progressé, c’est qu’elle prend du temps à monter.

Elle relate que la ville a d’abord donné de six mois à deux ans au groupe pour s’organiser, «avant de faire volte-face et exiger qu’on mette sur pied le projet en un semaine. Ils sont vraiment de mauvaise foi», soupire-t-elle. Elle raconte qu’«on n’a jamais eu le temps d’expliquer notre projet, car ils nous ont annoncé dès le début que nous avions (trois jours) pour quitter les lieux. Leur décision était prise avant même de nous rencontrer

Bourque, alors en campagne électorale municipale, se sent un peu obligé d’annoncer qu’il ne demandera pas à la police de les évincer, qu’il utilisera des moyens légaux. (Éric Trottier – La Presse du 5 septembre 2001) Il ordonne à des inspecteurs et pompiers de s’assurer que l’immeuble occupé répond à toutes les normes de sécurité. Rue Rachel, une trentaine (?!) de voitures de police se tiennent aux abords de l’immeuble.

Des voisins n’hésitent pas à invectiver leurs nouveaux voisins : «Décrissez donc ! On ne veut pas d’crottés dans notre quartier!» Bien que La Presse ne le mentionne pas, il est possible que la police en civil avait entrepris son travail de sape souterrain, en ameutant discrètement des citoyens du secteur. Et qu’il se trouvait peut-être des civils parmi les citoyens du quartier qui les engueulaient pour qu’ils vident les lieux. (Suite demain)

News du samedi 21 Février 2009

  Autre paradis fiscal : la Principauté de Monaco Robinson écrit qu'à Monaco, une femme peut porter ses bijoux sans crainte. (Jeffrey Robinson – Rainier et Grâce – Éditions Accropole, 1989) Tout cela est voulu, et le Prince Rainier tient à ce qu’il en soit toujours ainsi. «Nous avons des caméras vidéo dans les endroits clés de la Principauté, à l’angle des rues, dans les ascenseurs, lui confie Rainier. C’est un moyen très dissuasif, et nous étendons le système. Il faut voir la vérité en face, si quelqu’un se sait filmé, il ne va pas faire grand-chose, car la police est de l’autre côté.»

Robinson lui soulignant que ces caméras ont déclenché des tollés de «Non à Big Brother!», Rainier s’insurge : «C’est injuste. Nous ne sommes pas un État policier. J’ai entendu les gens le dire, mais je ne suis pas d’accord. Qu’est-ce que c’est un État policier? s’interroge-t-il. Un endroit où la police se mêle de votre vie, de vos paroles et de vos façons de penser. Ce n’est pas le cas ici. Il n’y a aucune limitation aux libertés individuelles.

«Notre police est une force de dissuasion. La plupart des hommes sont en civil. Nous formons une petite communauté et tout le monde se connaît. Il y a de grands déséquilibres dans le monde. Certaines personnes ont honte de faire preuve d’autorité et de discipline. Pour moi, ce ne sont pas des menaces à la liberté. Sans autorité et sans discipline, c’est l’anarchie. Et cela, c’est la vraie menace à la liberté.»

PS : La population de Monaco est constituée en partie de citoyens qui ont quitté leur pays d’origine pour se protéger du fisc : est citoyen celui y possédant un appartement et y vivant six mois par année. Grâce à sa police, ses caméras et autres technologies de l’information, Monaco protège leurs biens. Normal, dira-t-on. Oui, et parfaitement, parce que nul n’a le droit de voler le bien d’autrui.

Cependant, constatons qu’on ferme les yeux sur les délits fiscaux de ces Monégasques. Mais il y a pire. Ce paradis fiscale (Monaco compte une trentaine de banques, chiffre de 1986) n’encourage pas seulement le blanchiment de l’argent “propre” mais aussi de l’argent “sale” généré par des activités illicites : secret bancaire, là aussi.

Mais de cela, on ne se préoccupe pas, du moment que le petit État d’opérette attire des riches de ce monde et que madame ne risque pas de se faire voler ses bijoux, c’est tout ce qui compte.

  Moins de démocratie jusqu'à ce jour lointain, imprévisible (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Il y a aussi le braquage potentiel des policiers dans l’hypothèse où le gouvernement du Québec les assujettissait à une police des polices. Justifiée, cette crainte du ministre? Jusqu’à un certain point, oui. Historiquement, les pouvoirs ont toujours plié l’échine devant la police. Alors, celle-ci a développé un réflexion conditionné : elle n’a qu’à se braquer pour obtenir ce qu’elle veut, ou une bonne partie.

Dans les faits, ce que nous disait le ministre péquiste Serge Ménard, c’est qu’il fallait se contenter de moins démocratie d’ici à ce qu’un jour, imprévisible et lointain, sa réformette produise les fruits espérés. Au Chili, après la réinstauration de la démocratie, le pouvoir y allait sur la pointe des pieds pour ne pas braquer l’armée du généralissime Pinochet.

Cependant, le Québec n’est pas le Chili et sa police n’est pas une armée. Alors, ce qui était justifié dans ce pays, les pas feutrés du gouvernement péquiste de Lucien Bouchard ne l’étaient pas. Excessivement rare qu’un premier ministre essaie, à tout le moins, de mettre la police au pas. À ma connaissance, le président François Mitterrand de la France est le seul.

Autre point : la formation des recrues policières via la création d’une École nationale de la police. Le ministre compte sur l’arrivée d’une nouvelle génération d’effectifs pour contrer la «culture de la déviance». Je ne crois pas au succès de cette mesure. Les recrues formées par cette école seront rapidement converties par l'extrême droite policière déjà en place de l’efficacité des bonnes vieilles méthodes illégales.

Pour que la mesure du ministre ait des chances de réussite, il aurait fallu imposer le recyclage des directeurs des corps policiers et leur état-major. Les policiers sont comme du «tapioca», ils prennent la saveur que veut bien le chef de police. (Patrick J. Knoll Regard sur les affaires internes, les Perspectives internationales Rapport présenté à la Commission d’enquête Poitras sur des illégalités de la Sûreté du Québec)

C’est le cas pour les enquêtes internes, ce l’est aussi, selon moi, dans celui des rapports entre le policier en civil et le citoyen. Chaque directeur, accédant à la fonction, devrait s’engager à respecter les droits et libertés.

Le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard, et il n’était pas le premier, a démontré qu’il ne désirait pas investir dans la démocratie. La police en étant pourtant l’un des rouages les plus importants, pourquoi alors ce refus?Les motifs se trouvent dans ce livre. Suffit d’avoir exploré l’underground policier pour s’apercevoir que notre société est démocratique au rez-de-chaussée (police en uniforme), et encore s’agit-il d’une démocratie électorale aux quatre ans, quoi que actualisée tout de même quotidiennement par les médias, et policière dans son sous-sol (police en civil).

Le rez-de-chaussée est la vitrine que le pouvoir exhibe aux yeux des citoyens : regardez comme nos policiers sont beaux, bien habillés, propres et professionnels. Il croit que les citoyens n’ont pas à savoir ce qui se passe au sous-sol. Sans doute pense-t-il que cela ne les regarde pas, même s’ils en sont directement affectés, bien sûr sans le savoir.

On voit tout de suite le danger que représente par exemple un Conseil de contrôle permanent constitué de citoyens. Tout à coup que de ses membres y descendraient et découvriraient le bric-à-brac y régnant. (Suite demain)

  Squat par manque de logements à prix abordables (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Par ailleurs, l’allusion de Poirier à la «destruction des abris de fortune» est fondée. Examinons un cas, parmi d’autres, mais très particulier car il enclenchera une série d’événements imprévus. Ici, nous allons voir ce qui arrive lorsque le pouvoir, par désintérêt de la chose ou autrement, néglige de construire suffisamment de logements à prix modiques pour abriter des pauvres.

À l’été 2001, des ados et de jeunes adultes, qui éprouvent de la difficulté à dénicher des logements à la mesure de leurs moyens financiers, protestent en squattant la maison Louis-H-Lafontaine, rue Overdale, à Montréal. (Pascale Breton, Catherine Gauthier, Laura-Julie Perreault et Alexandre Vigneault – La Presse des 1e, 2 et 3 août 2001)

«Les logements sociaux, il en manque déjà et les listes (d’attente) sont interminables, soutient la porte-parole du Comité des sans-emploi et des squatteurs, Marie-Claude Goulet, 22 ans, une étudiante en médecine. Les gens de la rue sont considérés comme des marginaux et n’y ont pas accès.»

La maison Louis-H-Lafontaine devient vite un point de chute social, pour les squatteurs, mais aussi leurs amis, des étudiants universitaires, des militants antimondialisation, des punks, etc. Ils sont entre 150 et 200 et forment un mélange hétérogène de «militants radicaux» et de véritables sans-abri, ces derniers estimés à une cinquantaine.

Peu après, son proprio demande à la police de les en expulser. Le maire Pierre Bourque rencontre six délégués des squatteurs, leur indique clairement qu’ils devront quitter les lieux, s’engage à reloger promptement ceux qui en auront besoin et charge le Service de l’habitation de la ville de trouver un immeuble où ils pourront éventuellement former une coopérative.

Par la suite, il tient parole, leur offre le Centre Préfontaine, une immense bâtisse de quatre étages, ex-centre de désintoxication appartenant à la ville, angle Rachel et Préfontaine, et inoccupé depuis quatre ans. Les squatteurs passent au vote et accepte. Bourque se dit satisfait de ce «dénouement heureux». Les squatteurs crient victoire. «On a posé nos conditions, raconte Marie-Claude Goulet. On a demandé l’autogestion, la gratuité, pas de comptes (d’électricité) ni de loyers, l’amnistie de tous les squatteurs, et on a gagné.»

Des jeunes n’en affirment pas moins que leur intervention dans ce dossier n’est pas finie. «Il faut continuer à lutter et ne plus accepter les injustices et l’oppression dans notre société», clame Goulet. Voilà une déclaration de nature à inquiéter le pouvoir… qui, on le sait, s’émeut de peu.

Dans leurs nouveaux locaux, ils tiennent une longue réunion, mettent sur pied une dizaine de comités chargés de tâches spécifiques : rénovation, entretien, alimentation, liaisons extérieures, etc. Selon Goulet, il est question de mettre des locaux à la disposition de groupes communautaires non subventionnés ou de… «groupes politiques», afin qu’ils puissent y tenir réunions et assemblées. «Ce lieu et ce projet permettent à des gens de reprendre leur vie en main», affirme-t-elle. Sauf que personne ne peut dire combien de temps ils pourront y demeurer. Le maire Bourque parle déjà d’une solution «temporaire»…

Le contexte politique de cette histoire est important : Montréal est en campagne électorale municipale. Bourque sollicite un troisième mandat, et ces vitres cassées ne font pas l’unanimité. Des citoyens sont en effet choqués de les avoir comme voisins, dont l’une s’est plainte d’avoir été dérangée par le bruit d’une fête tenue au cours de la nuit. Comme quelques autres du secteur, elle craint pour la quiétude du quartier et ne comprend pas pourquoi on les loge gratuitement, en leur payant l’électricité. Des représentants des jeunes rassurent les résidents inquiets.

Quelque temps après, nous apprendrons, dans une chronique de la journaliste Nathalie Petrowski de La Presse, que le centre Préfontaine est situé au milieu d’une zone industrielle, entre un Canadian Tire et un immense jardin communautaire. (Nathalie Petrowski – La Presse du 6 septembre 2001) Les premiers voisins sont à trois coins de rue et peuvent difficilement être dérangés par leur musique, écrit-elle. (Suite demain)

News du vendredi 20 Février 2009

  La sale affaire de la banque suisse UBS s'amplifie (suite) Contexte, en bref... Il y a quelques jours, la justice américaine a condamné UBS à une amende de 780 millions pour avoir aidé des Américains à cacher des comptes bancaires au fisc. D'après l'entente, la banque suisse s'était engagée à dévoiler l'identité de 250 comptes de ses riches clients américains. (Pour la suite, lisez plus bas dans cette page mon texte et les hyperliens du jeudi 19 février, 04H01, titré : La banque suisse UBS épinglée par les USA)

Passons maintenant à ce qu'il y a de neuf aujourd'hui dans cet important dossier. L'express.fr rapporte que le ministère américain de la Justice a porté plainte au civil devant un juge fédéral de Miami, Floride, afin d'exiger que la banque suisse UBS livre des informations sur... 52 000 comptes secrets détenus par des Américains : ici, on ne parle plus de 250 comptes...

En outre, les réactions des journaux suisses s'amplifient également : «méthodes de gangster», «coup de Trafalgar», «(Washington) est prêt à user de tous les moyens pour parvenir à ses fins», «Capitulation», «Impuissance».

PS : La Suisse, indéniablement le coffre-fort de la planète. Lorsqu'une masse de capitaux aussi volumineuse est concentrée sur un aussi petit territoire, en plus peu peuplé, ce ne sont plus les élus qui décident, mais le capital. Remarquez, il règne en maître partout sur la planète, le capital, mais ça doit être encore pire dans un pays comme celui-là. Le poids de l'argent pèse lourd.

Les banquiers et gros clients de l'étranger bénéficiant d'un statut de résidents doivent intervenir là où ils le jugement nécessaire, directement ou indirectement, c'est-à-dire par hommes de paille interposés. Au sein même du cockpit de l'État, bien sûr, c'est l'abc de la navigation sécuritaire dans le vaste monde de la finance.

À des niveaux stratégiques inférieures aussi, notamment en faisant en sorte de limiter les dépenses publiques, par exemple en matière sociale. Dans les médias aussi, c'est inévitable : les réactions d'aujourd'hui des journaux suisses en témoignent.

J'ai diffusé sur mon site, il y a déjà quelques mois, un reportage vidéo sur la classe moyenne de ce pays, qui représenterait presque la moitié de la population. Celle-ci regroupe les citoyens pas assez à l'aise pour vivre sans se soucier du lendemain et pas assez pauvres pour obtenir de l'aide social. Dans le reportage, on fait état du fait qu'ils n'arrivent pas à joindre les deux bouts.

Certains intervenants se demandent même où va l'argent. L'impression de citoyens ayant perdu le contrôle démocratique de leur pays. Contrairement à la...légende, la Suisse est beaucoup moins neutre qu'elle le prétend.

  Campagne contre l'exclusion et la discrimination Voyons ce qui arrive lorsque la société est divisée par classes, par catégories. Vidéo (04:01) réalisée par des élèves de l'école nationale supérieure des arts décoratifs (ENSAD), en France.

  Une truc infaillible... ...pour s'évader de prison. Mode d'emploi en 32 secondes.

  Extrémisme religieux, désespoir de croyances perdant pied? Dieu (créationnisme) et Darwin. Les religions ont toujours manifesté de la méfiance à l'égard de la raison, écrit Zawgyi : visitez également son site. Heureux celui qui croit sans avoir vu! Ainsi sont posés les jalons d’une idéologie fondée sur la foi et sur la passion, interdisant toute rationalisation, toute réflexion, toute remise en cause.

Absolutisme auquel se refuserait tout scientifique, se souvenant que tout postulat n’est vrai que tant qu’il n’a pas été réfuté, précise-t-il. A l’inverse des religions, méfiantes face à l’intelligence, pourtant divine si nous avons été faits à Son image, non? Un peu de logique, que Diable ! Ainsi continuent-elles à en appeler à nos sentiments, pour le meilleur et souvent pour le pire.

  Faut pas compter sur la police pour faire le ménage (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Et celui de l’éditorialiste Pierre Gravel de La Presse (Pierre Gravel – La Presse du 23 décembre 1999) : «Il est indéniable qu’on est ici bien loin du retentissant coup de force contre la Sûreté du Québec auquel on aurait pu s’attendre. Voire même espérer. Surtout après le coûteux et difficile exercice qui, à la suite de l’inimaginable gâchis révélé par l’affaire Matticks, a eu pour effet de projeter une lumière brutale sur la gravité des problèmes structurels, des mentalités tordues et des agissements répréhensibles qui sont devenus typiques de certains de ses services. Plus spécifiquement ceux des enquêtes criminelles et de la discipline interne.»

Faisant le constat que la réforme du ministre péquiste Serge Ménard n’a pas suscité une opposition hargneuse de la part des policiers, Gravel pense que le ministre a peut-être préféré miser sur le fait que le temps jouera en faveur des changements qu’il reconnaît nécessaires, sans provoquer, dans l’immédiat, des secousses qui rendraient l’appareil policier encore plus difficile à contrôler. D’où cette priorité accordée à la formation de futurs policiers.

Le ministre demande un acte de foi. Seul l’avenir indiquera qui, du ministre ou des membres de la Commission Poitras, a eu raison. Gravel se croise les doigts en espérant que, dans quelques années, une nouvelle commission d’enquête ne sera pas nécessaire.

Avant d’aller plus loin, passons au tamis les argumentsque le ministre Ménard a servi aux médias pour justifier sa décision de ne pas implanter une «police des polices». L’un veut que le nombre d’allégations annuelles contre des policiers, environ 350, représente un pourcentage bien inférieur à celui prévalant au sein de la population en général. Le ministre, qui ne pouvait pas ne pas savoir, oubliait de chiffrer les innombrables atteintes aux droits fondamentaux commises par la police en civil et ses collabos et dont on n’entend jamais parler.

En affirmant en outre qu’une police des polices coûterait trop cher, il associait un coût à la démocratie. Que le gouvernement élimine quelques éléphants blancs. Du reste, et contrairement à ce que le ministre prétend, il suffit de peu de moyens pour lutter contre la délinquance policière. L’idéale est une ligne sans frais et sécurisée… donnant directement accès à un Conseil de contrôle, du genre de celui recommandé par la Commission Poitras.

Ailleurs, on procède autrement, mais de façon moins efficace, puisque les appels sont dirigés vers des policiers : faut pas compter sur eux pour faire le grand ménage. Ainsi, des services de police ont doté de lignes ouvertes leur division des Affaires internes, mises à la disposition des citoyens, témoins ou victimes de méfaits policiers, et à des policiers désirant dénoncer les inconduites de collègues : la Commission de New York chargée de combattre la corruption policière, la Police métropolitaine de Londres et le Service de police de la Nouvelles-Galles du Sud. (Patrick J. Knoll, professeur de droit à l’Université de Calgary, Canada Regard sur les affaires internes, Les Perspectives internationales, 25 août 1997 Commission Poitras) Ils ne sont pas tenus de s’identifier et leur voix n’est pas enregistrée.

Dans sa réformette, le ministre a choisi de ne pas l’appliquer.Par contre, le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard a mis à la disposition des non-fumeurs une ligne délation sans frais pour s’assurer que sa loi anti-tabac soit respectée. Le pouvoir politique développe beaucoup d’ingéniosité pour mâter le citoyen. Comme il a besoin de sa police pour faire ce job, on comprendra qu’il ne puisse lui appliquer la même médecine. (Suite demain)

  Le sans-abri est un citoyen et a des droits (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Rares sont les universitaires se préoccupant, en tout cas publiquement, des droits de ces vitres cassées. Mario Poirier est l’un d’eux. (Mario Poirier – La Presse du 14 janvier 2002) Psychologue clinicien depuis une vingtaine d’années, il a principalement œuvré dans les milieux communautaire du centre-ville de Montréal. En 2002, il était professeur agrégé de psychologie à l’Université du Québec et membre du Collectif de recherche en itinérance.

Dans une lettre publiée par La Presse, il prend leur défense, se dit d’avis que si on veut aider les sans-logis, il faut pourtant bien prendre conscience des velléités de contrôle social entourant cette forme de marginalité. Réaliser que (chacun) est également un citoyen et ne demande pas nécessairement tous les changements qu’on aimerait lui imposer.

«Comme citoyen, il a bien le droit d’utiliser les espaces publics, de déambuler dans les rues, de s’asseoir dans les parcs et, pourquoi pas, de piquer à l’occasion un petit somme sur un banc, de parler aux passants ou de s’asseoir quiètement dans un restaurant pour prendre un café. Comme citoyen, il a des droits, une réalité qu’on peut avoir tendance à oublier, en la masquant par une analyse sommaire, superficielle (…), fait-il observer.

«Il faut soutenir considérablement les droits civiques des sans-abriset leur accès à la parole publique et aux lieux où leurs problèmes sont politiquement discutés : ferait-on des politiques pour les femmes et les jeunes sans les femmes et les jeunes? Comment se fait-il qu’on ne leur demande jamais ce qu’ils pensent de la destruction des abris de fortune de leurs pairs ou ce qu’ils proposent pour améliorer concrètement leur condition de vie? (…)

«En conclusion, n’est-il pas temps que nous réfléchissions tous à la façon que nous pourrions avoir de dépasser ces deux bornes de nos réactions ataviques face à leur marginalité : nos bouffées soudaines et délirantes de charité (à Noël) (…) suivies par nos fantaisie ou nos comportements de harcèlement punitif et de contrôle social. On donne d’une main et on frappe de l’autre!

«Peut-on contenir ces dérapages spontanés et penser à plus long terme? Respecter la personne au-delà de son vagabondage? Faire place à une approche où le clochard ne serait plus perçu comme un corps vide de sens à entreposer pour son propre bien, ni non plus comme une menace ambulante qui fait tache dans notre société si bien policée?»

Poirier touche là un point capital de l’ensemble de la problématique issue de la répression policière. Si on veut avoir une bonne idée de la façon dont le pouvoir et sa police en civil traitent l’ensemble des citoyens, il suffit d’examiner un tant soi peu tout ce qui est déjà visible à l’œil nu : traitement et «déjudiciarisation» des ados, traitement des sans-abri, traitement des malades psychiatriques, dont nous parlerons dans un moment, traitement des prisonniers, qu’on abordera aussi, etc. La liste est longue.

C’est à partir de ce qui est visible que l’on découvre peu à peu l’invisible : les innombrables interventions illégales et inutilement mutilantes de la police en civil et de ses collabos. Conclusion : le pouvoir et sa police ne se comportent pas mieux à l’endroit de l’ensemble des citoyens.

Delà, encore une fois, l’importance de défendre les droits de tout le monde, incluant ceux des sans-abri. Les défendre, c’est en même temps sauvegarder les nôtres. Va-t-on enfin, et une fois pour toutes, comprendre le principe de l’universalité des droits? (Suite demain)

News du jeudi 19 Février 2009

  À Radio-Canada.ca... – ...suivez en direct la visite du président Obama au Canada.

  La banque suisse UBS épinglée par les USA Elle a été condamnée à verser 780 millions de dollars à la justice américaine dans une affaire d'évasion fiscale. UBS a reconnu avoir aidé des contribuables américains à cacher des comptes bancaires au fisc. On parle ici de 19 000 comptes totalisant 18 milliards de dollars. Elle s'est engagée à dévoiler l'identité de 250 de ses riches clients américains.

Deux articles : france24 et letemps, journal suisse.

PS : La nouvelle est d'importance majeure du fait que la Suisse est considérée comme l'un des paradis fiscaux. L'Allemagne, son voisin frontalier, l'a identifiée publiquement comme telle, il y a quelque temps.

Elle l'a accusée de ne rien faire sur le plan législatif (ex. encadrer le secret bancaire) pour empêcher que des banquiers suisses encouragent la fraude fiscale, en sollicitant notamment des Allemands fortunés, désirant fuir leur responsabilité sociale. Et des dirigeants de pays pauvres en Afrique, qui accumulent des fortunes?

Cette condamnation, un signal fort aux nombreux autres paradis fiscaux? Avant de conclure, préférable d'attendre la suite.

  Sûreté du Québec : police politique des péquistes – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Un citoyen luttant contre la brutalité policière doutait aussi de la volonté du ministre d’y faire le ménage. Ce même mois de février 1999, Yves Manseau, président du Mouvement Action Justice (MAJ) déclarait (Christiane Desjardins – La Presse du 1e février 1999) : «Il (le ministre péquiste Serge Ménard) fait partie du problème aussi, signalait-il. Il était au courant depuis longtemps de ce qui s’y passe, mais c’est l’affaire Matticks qui l’a obligé d’agir. Il faut être vigilant, car la réforme sera introduite par ceux-là mêmes qui ont préféré maintenir le statu quo jusqu’ici.»

Manseau, qui tenait une conférence de presse conjointe avec Dan Philip, président de la Ligue des Noirs du Québec, insistait sur la création rapide d’organismes civils chargés de la surveillance des institutions policières.

Quelques jours plus tôt, il y avait eu aussi cette déclaration du président de la Fédération des policiers municipaux du Québec, Yves Prud’Homme, l’un des très rares flics à faire allusion aux intentions politiques cachées et reliées au projet d’indépendance du gouvernement péquiste et de son ministre de la Sécurité publique :  «Pour que le ministre de la Sécurité publique puisse garder son indépendance, il ne doit pas être le patron de la Sûreté du Québec.» (Jean-Paul Charbonneau La Presse du 30 janvier 1999)

Ce ministre, membre du gouvernement du Québec, est responsable de toutes les mesures d’urgence et de la sécurité de la population du Québec, expliquait-il. «C’est ce même gouvernement qui accorde les budgets de la Sûreté du Québec et qui veut en faire sa police nationale (sic). Comment voulez-vous que le ministre de la Sécurité publique n’ait pas de parti pris quand vient le temps de prendre position sur une demande de la direction de ce corps policier?»

Prud’Homme soutenait que «le ministre de la Sécurité publique s’occupe particulièrement de la Sûreté du Québec au détriment des autres corps policiers», municipaux ceux-là. En février 2002, vers la fin de l’implantation de la carte policière en sol québécois, il l’accusait d’avoir manqué à sa promesse de maintenir les effectifs à peu près égaux entre la Sûreté du Québec, la police de l’île de Montréal et les autres corps policiers municipaux de la province. (André Cédilot – La Presse du 6 février 2002) «Ça devait être un tiers, un tiers, un tiers», rappelait-il. (...) le gouvernement est en train de sacrifier la plus belle réforme des 30 dernières années pour se créer une police d’État (sic)».

Important de ramener ce que déclarait Tony Cannavino, président de l’Association des policiers provinciaux du Québec (APPQ) en novembre 1999. Il craignait «le retour à une police politique» parce que le ministre se donnait à son avis trop de pouvoirs sur le Conseil de surveillance. Cannavino aurait préféré qu’ils soient plutôt attribués aux élus d’une commission parlementaire.

Peu auparavant, Cannavino avait fait cette autre déclaration (Martin Pelchat – La Presse du 27 novembre 1999) : «Le fait de garder (le Conseil de surveillance) sous la gouverne du ministre (Ménard), ça donne l’impression d’une police politique. (...) Il faut garder une distance entre le politique et l’organisation policière». (Suite demain)

  Les sans-abri ont besoin de logements, pas de répression – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Un autre lecteur de La Presse se manifeste en février 2004 : Bernard St-Jacques, organisateur communautaire pour le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM). (Bernard St-Jacques – La Presse du 2 février 2004)

Il signale que, dans le plan de réorganisation des 49 postes de quartier de la police de l’île de Montréal, il est, entre autres, question de mettre l’emphase sur la petite criminalité. «Le plan d’optimisation, explique-t-il, prévoit ajouter 26 codes d’appels, vous savez ces codes mentionnés lors des communications entre une centrale et les patrouilleurs suite à l’appel d’un client? Le problème est que, parmi ceux-ci, on identifie carrément le vagabondage, la mendicité, la prostitution et le regroupement de jeunes comme étant des actes d’incivilités.»

Résumons son argumentation. Le vagabondage est autant, sinon plus, le fait de facteurs structurels pauvreté, exclusion sociale… que de causes individuelles. L’itinérant est trop souvent amené à survivre dans de piètres conditions et subir bon nombre de problématiques, comme la judiciarisation. Mendicité, prostitution et rassemblement de jeunes de la rue procèdent du même principe.

«Le fait d’associer ouvertement le vagabondage à un acte d’incivilité constitue un dangereux précédent, d’autant plus qu’il envoie un message clair à monsieur et madame tout le monde voulant que (ces personnes) soient malfaisantes et dangereuses.» St-Jacques propose d’essayer de comprendre avant de préjuger et de criminaliser.

La mendicité est effectivement une autre dimension de la problématique. Rien de tout à fait neuf là. Retournons à 1998. À Montréal, cette année-là, si on ne l’interdit pas, on ne l’accepte pas partout, en tout cas pas dans le Vieux-Montréal touristique, et désormais de moins en moins dans le centre-ville, semble bien.

Plusieurs villes canadiennes l’interdisent d’ailleurs par le biais de règlements municipaux, dont Ottawa, Sudbury, Kingston, Charlottetown, Vancouver et Winnipeg. (Presse canadienne – La Presse du 3 septembre 1998) Leur maire a chassé de leur centre-ville les sans-abri et jeunes de la rue, ce que s’apprêtaient à faire, à l’été 2000, “Montréal ma ville” et sa police, avec l’aide notamment du YMCA. La Ville de qui, dites-vous? Le slogan publicitaire ne le mentionne pas.

Or, toutes ces municipalités violent la Charte canadienne des droits et libertés, estime l’auteur d’une étude, Arthur Schafer, directeur du Centre d’éthique professionnelle et appliquée de l’Université du Manitoba. Schafer, dont la Presse canadienne relate les propos, est d’avis que demander de l’argent aux passants est aussi valable que de mener une collecte de fonds par téléphone.

D’après lui, les deux cas, sans-abri et jeunes de la rue, relèvent de la liberté d’expression. Il soutient aussi que les mendiants ont le droit de tenter de gagner leur vie en quêtant. «La criminalisation de la mendicité (...) s’attaque aussi à leur dignité et à leur fierté, à leur droit de s’épanouir au contact des autres citoyens.»

Ces villes canadiennes, dont Montréal, se sont-elle inspirées par hasard du modèle américain? Richard Hétu de La Presse croit que les sans-abri de New York ne devraient pas s’ennuyer de Rudolph Giuliani, qui en a été le maire de 1993 à 2001. (Richard Hétu – La Presse du 29 janvier 2002) C’est du moins l’avis de la National Coalition for the Homeless, organisme basé à Washington, qui a publié un rapport sur la situation des sans-abri dans 80 villes américaines. (Le journaliste cite Illegal to be Homeless : The Criminalization of Homelessnes in the United States.)

Selon Donald Whitehead, directeur de la coalition, New York fait partie de celles qui ont choisi de «criminaliser» le problème des sans-abri au cours des dernières années. «Celle-ci ainsi que San Franciso et Atlanta sont considérées comme les plus cruelles à ce chapitre. (La problématique) ne disparaîtra pas en mettant des gens derrière des barreaux, estime-t-il. Nous devons nous attaquer aux causes systémiques et considérer de vraies solutions. Le poids de la pauvreté ne doit pas être exacerbé par la criminalisation des pauvres.» La solution? «Il faut des logements abordables, des soins de santé pour tous et des salaires décents.» Whitehead met le doigt en plein dessus, nous le verrons. (Suite demain)

News du mercredi 18 Février 2009

  Crise mondiale : Strauss-Kahn du FMI guère optimiste Hier sur France Inter (vidéo 09:53), Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds Monétaire International (FMI), a apporté un point de vue différent de celui que nous sérine le gouvernement canadien. C'est que le premier ministre, le conservateur Stephen Harper, parle de la situation du Canada sans vraiment traiter de la cohésion existant entre les pays relativement aux mesures prises par chacun pour juguler la crise économique.

Hors, il s'avère, selon Strauss-Kahn, que les pays, et sans viser nommément le Canada, ne font pas tout ce qu'ils devraient pour atteindre cet objectif. Incohérence il y a. Ainsi qu'il l'explique, les dirigeants des pays tiennent des sommets (les G7, la semaine dernière, et 20, qui se tiendra en avril prochain), bien sûr, mais après chacun retourne dans son patelin et fait ce qu'il veut. Seulement voilà, la crise économique est d'envergure mondiale.

La toile de fond de cette entrevue a trait au fait que les pays exportent et importent, qu'ils sont économiquement dépendants les uns les autres.

Pour le Canada, par exemple, cela signifie que si le volume de ses exportations n'arrête pas de diminuer, il y aura davantage de mises à pieds dans les entreprises canadiennes et même des fermetures. Donc, davantage de chômage au pays, donc diminution simultanée de la consommation de biens et services. Inversement, les pays exportant au Canada, notamment, exporteront moins, avec les mêmes conséquences.

Tout comme dans un orchestre symphonique de plus d'une centaine de musiciens, chacun a une partition à jouer, sans fausses notes.

PS : Au début de l'entrevue, Strauss-Kahn fait une remarque sur les propos tenus par un humoriste un peu plus tôt portant sur son adultère : sa relation avec une employée du FMI.

  Une Sûreté du Québec au-dessus de la loi – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) L’éditorialiste Pierre Gravel de La Presse est l’un des rares à avoir pressenti, peut-être même plus que pressentir, les événements. Puisons dans trois de ses éditoriaux, publiés en décembre 1998 et janvier et février 1999. (Pierre Gravel – La Presse de 24 décembre 1998 et des 18 janvier et 6 février 1999)

Établissons le contexte. Ce mois de décembre 1998, le premier ministre péquiste Lucien Bouchard avait redonné à Serge Ménard le volant du ministère de la Sécurité publique. Le prédécesseur de Bouchard, Jacques Parizeau, le lui avait déjà confié la première fois en 1994. Ménard était-il vraiment l’homme le plus apte à sortir le véhicule de la Sûreté du Québec du fossé où il s’était enlisé? L’éditorialiste Gravel s’interrogeait.

Sa nomination «fait bien des heureux», constatait Gravel, à commencer par le principal intéressé (Ménard), qui espérait un retour à ce ministère où il se sent particulièrement à l’aise. L’éditorialiste s’inquiétait de la «mentalité» régnant au sein de ce corps policier, de son sentiment «d’être au dessus de la loi et, surtout, de n’avoir de compte à rendre à personne».

Il rappelait que c’est Ménard lui-même qui, le décrivant comme l’homme de la situation, avait nommé Barbeau à sa direction. (NDLR : Dans un article publié le 30 janvier 1999, le journaliste André Cédilot de La Presse écrit que la Commission Poitras a reproché à Barbeau d’avoir manqué de leadership et de jugement.)

«Quand on sait, se remémorait Gravel, qu’il y a à peine deux mois le même ministre se disait convaincu de l’inopportunité d’une telle commission d’enquête en raison de ses coûts et du risque qu’elle distribue des blâmes aux personnes impliquées et blesse l’organisation (la Sûreté du Québec), on ne peut que se poser des questions. Et se dire que le vrai défi qui attend M. Ménard ne sera évidemment pas de se faire accepter par ce corps policier. Mais de démontrer qu’il sera en mesure non pas de le couvrir, mais d’en devenir le vrai patron pour en achever la transformation en profondeur qui vient à peine de commencer.»

Et lorsque Ménard déclarait qu’il lui faudrait un peu plus de temps que prévu pour présenter sa réforme, l’éditorialiste Gravel donnait la chance au coureur : «Par contre, à la lumière des nombreuses manœuvres dilatoires que plusieurs membres de la Sûreté du Québec ont utilisées pour paralyser les travaux de la commission (Poitras) et même, ces jours derniers, pour tenter d’empêcher la diffusion du rapport, on a le droit de s’interroger quant au sort qui l’attend. Surtout à la lumière de ce qu’on sait de l’opinion fort négative de ce ministre (Ménard) sur ce type d’enquête. Et de son inquiétude quant à l’effet éventuel de ce document sur l’image et le moral de la Sûreté du Québec».

L’éditorialiste signalait que bien des gens du corps policier avaient été soulagés en voyant Ménard retrouver son poste à la Sécurité publique. 

Au début de février 1999, Gravel revenait à la charge, écrivait qu’apparemment, Ménard, qui avait une copie du rapport depuis un mois, semblait l’ «avoir encore de travers dans la gorge. (Pierre Gravel - La Presse du 6 février 1999) Au point d’avoir été jusqu’ici incapable d’en dire autre chose que des banalités tout en promettant des commentaires plus détaillés… plus tard!» (Suite demain)

  «Mon crisse, je t’avais dit que je voulais plus te voir-là» – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Qu’elle est la version de la police? La commandante Johanne Paquin, du poste 21, aurait affirmé que les policiers ne remettent des contraventions aux marginaux du carré St-Louis et des environs que lorsqu’ils commettent des incivilités. Jeter sa cendre par terre, en est-ce une? La question ne lui pas été posée.

Sa déclaration a fait tiquer Pierre Rivard qui, dans une lettre à La Presse, relate passer deux fois par jour dans ce secteur et n’en avoir jamais été témoin, ni de harcèlement, ni d’agressivité de la part de marginaux. (Pierre Rivard – La Presse du 8 décembre 2003) Il ne dit pas qu’il n’y en a jamais, il dit n’en avoir jamais été témoin. Et compte tenu du nombre de fois qu’il circule dans le coin, il doute que les incivilités soient généralisées.

Par contre, il a été témoin à quelques reprises de la façon pour le moins cavalière avec laquelle les policiers du poste 21 interpellent les marginaux : «Mon crisse, je t’avais dit que je ne voulais plus te voir-là.» ; ou encore : «T’en veux-tu encore, des tickets?» ; etc.

Il raconte qu’un midi, il prenait place sur un banc lorsque deux marginaux sont venus s’y asseoir. Deux policières arrivent peu après, l’une interpelle l’une d’eux vulgairement, menace de lui donner un ticket pour «flânage» s’il ne quitte pas les lieux.

Rivard, l’auteur de la lettre, intervient, lui fait observer qu’elle devrait commencer par lui, puisqu’il est arrivé avant eux, et que s’ils flânent, lui aussi flâne. Les policières l’ignorent, les deux marginaux ne disent rien, ne bougent pas.

Une policière leur demandent leurs papiers, sort stylo et carnet de contraventions. Rivard remet sa carte d’affaires à l’un des marginaux, lui précise : «Si vous avez une contravention, appelez-moi, j’irai témoigner en votre faveur et je dénoncerai la discrimination dont vous êtes victimes.» Une policière menace de l’arrêter pour entrave au travail de la police, Rivard la met au défi de le faire.

Finalement, l’une dit à l’autre : «Allons-nous en, on reviendra plus tard.» Et Rivard d’expliquer parce qu’il y avait un témoin gênant, vestonné et cravaté, lui. (Suite demain)

News du mardi 17 Février 2009

  Un pur joyau du cinéma burlesque – Tordant...vous n'avez pas idée comment! La vidéo (06:51), à voir absolument, met en scène Buster (casse-cou) Keaton, un humoriste américain mondialement connu dans les années 1960 et antérieures. Il y vit une série d'aventures inimaginables. On le voit pris dans un ouragan où les maisons s'écroulent autour de lui. S'accrocher à un arbre, mais le vent le déracine et voilà notre clown partit dans les airs.

À l'époque du tournage (1928), les effets spéciaux dont on dispose de nos jours n'existaient, on se demande bien comment le réalisateur du film a pu créer tout ce chaos.

  France : les Enfoirés continuent... ...de recueillir de l'argent pour les Restos du Coeur. Et ça dure depuis 1986. À chaque année, des artistes y participent avec plaisir. Ç'a commencé du temps de l'humoriste et acteur Coluche, de célèbre mémoire, qui est le fondateur de ces restos : aujourd'hui, on en dénombre au-delà de 110.

Anecdote... «L'histoire a commencé avec l'arrivée de Coluche dans ma loge», relate Jean-Jacques Goldman. Coluche : «Salut, il nous faudrait une chanson pour les Restos du Coeur, un truc qui cartone, toi tu sais faire.» Goldman : «Quant?» Coluche : «La semaine prochaine.» Goldman : «Tout était déjà là : la force de Coluche, la force de l'idée, la séduction des deux, et l'impossible qui se fait. Et tout est encore là. Intact. Sauf lui.» Coluche forme ensuite la première bande d'Enfoirés : Goldman, Montand, Baye, Platini et Drucker.

Écoutez «le truc qui cartone»: vidéo (04:06), vous en trouverez plusieurs autres dans cette page. Site des Enfoirés, l'histoire des Enfoirés et celle des Restos du Coeur.

  2 mondes : la justice policière et la justice citoyenne – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le 10 avril 2002, le ministre péquiste Serge Ménard, muté entre-temps à la tête du ministère péquiste des Transports, s’étonne du jugement Flynn, répète à quelques reprises qu’il n’a fait que dire la vérité, ce qui allait de soi devant une commission d’enquête. (Pascale Breton et André Duchesne – La Presse du 12 avril 2002)

«J’étais sous serment en répondant aux questions. Et comme tout autre témoin, j’avais à dire toute la vérité. On s’attend d’un témoin à ce qu’il soit sincère et franc». Il soutient n’avoir qu’exercer son devoir de ministre et n’avoir émis aucune déclaration publique. «Entre la sincérité et la candeur, on passe par la franchise», souligne-t-il en allusion aux propos du juge Flynn.

De son côté, l’association des policiers provinciaux du Québec (APPQ) est ravie du verdict. (Hugue Dumas La Presse du 12 avril 2002) Son président Tony Cannavino : «Ça devenait difficile pour les membres du Comité de déontologie de garder leur impartialité. C’est leur patron qui renouvelle leur mandat. Et leur patron tient des propos sans équivoque devant la Commission Poitras. Ça les place donc dans une situation inconfortable.»

Le commentaire le plus pertinent, on le doit à l’avocat de l’APPQ, Robert Castiglio : «Le gouvernement a pris de gros risques en commandant une enquête publique alors que d’autres procédures étaient en marche parallèlement. (…) C’était risqué. La Charte est claire : tout citoyen a droit de voir sa cause entendue par un tribunal impartial et indépendant. Le problème avec une commission d’enquête, c’est qu’on permet à des témoins d’émettre des opinions et des états d’âme, ce qui n’est pas possible devant un tribunal. Le ministre a été piégé par le fonctionnement de la commission d’enquête.»

Ajoutons ce commentaire d’André Normandeau, qui se dit déçu de l’arrêt des procédures : «Avec les preuves accumulées, je jugeais que le comité (de déontologie) pouvait faire son travail jusqu’au bout.» Le public, d’après lui, pourrait maintenant garder une image négative du système de justice qui ne traite pas les policiers comme des «citoyens ordinaires».

Complétons avec ce commentaire de l’éditorialiste de La Presse, Pierre Gravel (Pierre Gravel – La Presse du 14 avril 2002) : «On aurait dû s’en douter. (…) Depuis la fabrication de preuves par des policiers jusqu’à l’abandon de procédures judiciaires en passant par des manœuvres d’intimidation, des acquittements surprenants ou la multiplication des démarches dilatoires ou de contestation de jugements, on aura eu droit à presque toutes les péripéties d’un excellent scénario pour un film d’horreur

Des journalistes ont demandé au ministre péquiste de la Justice, Paul Bégin, si le jugement Flynn ne laisse pas entendre que des propos tenus lors d’une commission d’enquête peuvent être retenus contre la personne qui les tient. Il a refusé de répondre, évoquant l’impossibilité de commenter une cause toujours devant la cour. (NDLR : songeait-il à contester la décision?) (Gilles Normand – La Presse du 17 mai 2002)

Fameuse! cette question des journalistes. Qu’avaient-ils d’autre en tête exactement? Ce passage du jugement Flynn où, traitant de la déclaration du ministre, il écrit que celui-ci a répondu avec «sincérité et même une certaine candeur (sic)» aux questions de la commission Poitras?

Les journalistes ont-ils soupçonné que les propos du ministre visaient peut-être à tuer dans l’œuf toutes poursuites intentées contre des policiers de la Sûreté du Québec? (Suite demain)

  Montréal : des jeunes sans-abri très en forme – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Voyons ce que cela donne sur le terrain. Depuis 2000, apprend-on en novembre 2003, la police de l’île de Montréal sévit contre les sans-abri. En plus des interventions clandestines, une activité répressive où elle excelle, elle leur distribue des contraventions. En près de trois ans, les résultats sont édifiants, au point où une trentaine d’organismes d’aide aux sans-abri lancent l’opération “Droits devant”, allusion probable aux droits et libertés.

Ils ont répertorié 700 contraventions démontrant, selon eux, qu’ils sont harcelés par la police. (Louise Leduc – La Presse du 26 novembre 2003) Ainsi, traverser un chemin public ailleurs qu’à l’intersection : 27$ d’amende. «Piéton ne s’étant pas conformé au feu de circulation alors qu’il n’y a pas de feu de piéton» : 37$. «Jetersur le sol du domaine public des cendres (de cigarettes?)» : 85$.

Tellement incroyable, cette dernière infraction, que je la rapporte avec hésitation : j’ai vainement tenté d’obtenir des infos à ce sujet auprès de l’un de ces organismes. Cependant, il est un fait que la police n’a pas contesté publiquement ce passage de l’article.

Une initiative de la police? Non, c’est la Ville de Montréal qui a décidé de «serrer la vis», de l’aveu même du conseiller municipal Peter Yeomans, membre du Comité exécutif et responsable du corps policier. Ce n’est pas du harcèlement, insiste-t-il, mais un équilibre à trouver entre les droits de chacun, particulièrement à l’encontre des quelque 500 squeegees à Montréal.

«Plusieurs personnes, et notamment les femmes, se sentent agressées par eux quand, en fin de journée, ils sont plus agressifs parce qu’ils n’ont pas récolté l’argent qu’ils espéraient, explique Yeoman, qui ajoute : il faut dire que leur apparence, aussi, a de quoi choquer (sic). (…) Il ne faut pas laisser ce monde-là dehors à n’avoir aucun objectif de vie. Je ne veux pas prêcher, mais je ne veux pas voir ces vies être gaspillées.»

Émouvante rhétorique : Montréal, on le voit, adore aussi les jeunes, et s’en occupe. Et de qui Yeomans tient-il ses renseignements, pensez-vous? Et quelles sont ces femmes qui se sentent agressées et combien sont-elles? Y a-t-il parmi elles des anxieuses sociales, des intolérantes et des… policières en civil?

Et les squeegees, eux, qu’en pensent-ils. Des réponses à ces questions permettraient de vérifier si la mesure extrémiste est justifiée. Il semble bien que les médias n’aient pas fait enquête à ce sujet… Un oubli sans doute.

Comment les organismes participant à l’opération “Droits devant” ont-ils répertorié ces 700 contraventions? France Labelle, directrice du Refuge des jeunes, explique, au cours d’un point de presse, en recevoir chaque mois des piles dont l’organisme ne sait comment en disposer puisque la plupart des “contrevenants” n’ont fait qu’y passer : «Et c’est souvent quand ils sont sur la bonne voie, qu’ils ont une adresse et se sont trouvé un travail que ces contraventions impayées reviennent les hanter. (…). Comment se fait-il qu’un jeune de la rue est si vite accusé de flâner alors que d’autres citoyens peuvent attendre quelqu’un 30 ou 45 minutes sans être embêtés? Quelle est la frontière entre attendre et flâner?»

Écoutons aussi le commentaire de Dan Bigras, l’un des très rares artistes québécois à se préoccuper du sort fait aux jeunes, qui parraine, depuis plusieurs années, l’organisme de Labelle: «En tout cas, ça donne des jeunes très en forme, qui courent tout le temps, ironise-t-il. Ils doivent fuir les Hell’s (Angels), la mafia, les pédophiles, la police. Ils n’ont le droit d’être nulle part.» (Suite demain)

News du lundi 16 Février 2009

  L'une des meilleures chansons... ...du web depuis quelque temps. À chaque fois que je l'écoute, j'ouvre mes haut-parleurs au max. Elle nous sort de la routine musicale. Duffy : Mercy (03:47).

  Argument solide : l'impartialité du TAQ – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Une autre question demeure suspendue entre ciel et terre : pourquoi avoir attendu près de trois ans avant d’utiliser les propos du ministre Ménard devant la Commission Poitras? Témoignage de Ménard en mai 1997, contestation des accusés en mars 2000.

Les avocats des policiers n’avaient pas jugés utile d’apporter cet argument massue. C’est seulement lors de ce procès devant le juge Flynn qu’ils ont axé leur défense dans cette direction. Ce dernier avait du reste qualifié de tardive leur requête. Le représentant du procureur général du Québec et celui du Comité de déontologie aussi, qui avaient signalé que les avocats de la partie adverse, et les policiers eux-mêmes, étaient au courant depuis belle lurette des propos du ministre «devenus subitement litigieux» : la plupart avaient participé activement aux audiences de la Commission Poitras.

Les avocats des policiers avaient prévu une parade pour contrer cet argument. Ils avaient déposé devant le juge des déclarations assermentées où ils s’en expliquaient. Oui, ils étaient au courant de la déclaration du ministre. Non, ils ne s’en sont pas servis. Pourquoi? Parce qu’ils ne la croyaient pas pertinente à leur cause.

C’est seulement en janvier 2000 qu’ils ont tout compris, lorsque la Cour supérieure avait statué que les «juges» de tribunaux administratifs du Québec ne disposaient pas des conditions minimales de travail pour rendre des décision impartiales. «C’est là qu’on a décidé d’attaquer l’indépendance du Comité de déontologie policière», avait plaidé Me Gérald Soulière devant le juge Flynn. Par la suite, avec son collègue Daniel Fabien, avait-il relaté, il avait fait le tri des déclarations les plus utiles pour la cour.

Ces avocats de la défense se référaient vraisemblablement à la décision, en décembre 1999, du juge André Rochon, de la Cour supérieure, dans l’affaire du Tribunal administratif du Québec (TAQ), et confirmé en septembre 2001, près de deux ans plus tard, par les juges de la Cour d’appel du Québec André Brassard, René Dussault et Marie Deschamps (Yves Boisvert et Christiane Desjardins – La Presse des 17 et 18 décembre 1999 et du 7 septembre 2001) : le TAQ n’offre pas aux citoyens luttant contre le gouvernement la garantie d’une justice impartiale, pour les mêmes raisons élaborées plus haut.

D’après le professeur Yves Ouellette, une sommité en la matière au Canada, selon La Presse : «(...) (Le TAQ) c’est une tentative sournoise d’occulter les tribunaux de droit commun, comme la Cour supérieure. Ces immenses pouvoirs sont donnés à des gens qui sont au fond des fonctionnaires.» (Suite demain)

  Montréal : un YMCA impliqué dans la répression – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Le sort réservé aux jeunes n’est pas tellement différent de celui des adultes éclopés de la vie. Eux aussi sont des sans voix, des sans pouvoir, des «have not». La police, en uniforme et en civil, veille à les contenir le plus loin possible des espaces publics les plus achalandés ou à les maintenir dans leur espace privé respectif. Exagération?

Début 1999, la Ville de Montréal investit 60 000$ dans une campagne de publicité pour amadouer les commerçants du Marché Bonsecours, dans le Vieux-Montréal, qui protestent contre la venue de sans-abri dans leurs établissements. (Gilles Gauthier – La Presse du 26 janvier 1999) Geste d’une grande noblesse de la part des élus, sommes-nous portés à penser, mais la suite de l’article nous fait changer d’avis.

On empêchera la clientèle de l’Accueil Bonneau, soupe populaire située dans le même secteur, de se mêler aux touristes. Cela illustre bien la ségrégation spatiale dont on parle. Nous sommes là en présence d’un cas type d’atteinte au droit de circuler librement au Canada. De toute évidence, les sans-abri n’ont pas le look requis.

Autre fait. La Société de développement commercial (SDC) du centre-ville de Montréal lançait à la fin de l’été 2000 son plan d’action pour revitaliser le centre-ville, améliorer le mobilier urbain, l’aménagement, la sécurité et la propreté. (Mathieu Perreault La Presse du 12 septembre 2000) Des rues propres jusqu’en décembre et moins de sans-abri, rapporte le journaliste Mathieu Perreault de La Presse.

Deux travailleurs sociaux supervisés par le YMCA essaieront de convaincre les sans-abri d’aller dormir et mendier ailleurs qu’au centre-ville. C’est qu’en juin, un sondage sur les perceptions du centre-ville a révélé «qu’ils constituent un irritant… (…) Les places d’affaires ont aussi des problèmes à traiter avec les itinérants», déclare le directeur général de la SDC, Maurice Boucher. Une photo accompagne l’article : le maire Pierre Bourque, sourire affiché, serrant la main de Boucher.

YMCA (Young Men’s Christian Association)? Voilà un acronyme nous rappelant certains faits. Sheila Laursen, directrice des programmes communautaires au YMCA, est membre du comité des aviseurs du poste 20 de la pseudo police communautaire de l’île de Montréal.

Environ huit mois plus tôt, en janvier 2000, dans une lettre cosignée, les membres de ce comité avaient protesté contre un article de la journaliste Isabelle Hachey de La Presse faisant état de la hausse importante de la répression policière envers les sans-abri. Ils avaient qualifié l’article d’alarmiste et ne correspondant pas à leur réalité.

Et ne voilà-t-il pas que deux travailleurs sociaux supervisés par un YMCA de la même ville essaieront de «convaincre» les sans-abri d’aller dormir et mendier ailleurs qu’au centre-ville...

«Convaincre», dites-vous? Comment se comportera-t-on à leur endroit s’ils persistent à vouloir y demeurer? Aucun doute : la police en civil prendra les choses en mains, suivant ses méthodes usuelles illégales. Aux atteintes au droit de circuler librement, s’ajouteront de multiples atteintes à la dignité. (Suite demain)

News du dimanche 15 Février 2009

  Crise économique : des millions de personnes encaissent......pas de l'argent, des coups. Selon la Banque mondiale, les dernières estimations de l'année en cours vont contraindre 46 millions de personnes de plus qu’on le pensait avant la crise à vivre avec moins de 1.25$ par jour. En outre, 53 autres millions devront se contenter de moins de 2.00$ par jour.

À ces chiffres il faut en ajouter entre 130 et 155 millions qui, en raison de l'augmentation des prix de l'alimentation et de l'énergie, ont sombré dans la pauvreté en 2008.

Et pour enjoliver le portrait, la plongée des taux de croissance économique entraînera des retards considérables dans la réduction de la mortalité infantile. (NDLR : On fait probablement allusion ici au fait qu'à cause de la décroissance, les pays occidentaux seront moins généreux à l'égard des pays pauvres)

Les premières estimations pour les années de 2009 à 2015 prévoient le décès probable de 200,000 à 400,000 enfants par an en moyenne et, si la crise perdure, un total de 1,4 à 2,8 millions d’enfants.

Pour plus de détails, allez sur le site de la Banque mondiale. Plus bas, dans la page s'affichant, un graphique illustrant la situation dans les pays les plus touchés par la crise économique et identifiés ainsi : pays où la croissance ralentit, pays menacés d'un haut niveau de pauvreté et pays vivant un haut niveau de pauvreté. Les pays les plus exposés au risque d’aggravation de la pauvreté se situent au centre du graphique.

PS : Les requins du capitalisme sauvage ont vraiment fait de quoi être fiers d'eux. Faudra pas oublier de les en remercier.

  La face cachée de la guerre Canada-AfghanistanJamais de photos prises sur le terrain nous montrant le vrai visage de la guerre : un soldat tué, ses compagnons effarés, ou blessé, qu'ils traitent sur place ou transportent tant bien que mal sur un terrain accidenté. Jamais. Ici, au Canada, on ne nous montre que les cercueils dissimulés sous des drapeaux et portés par des soldats tirés à quatre épingles, plis du pantalon bien droit.

Lors de la guerre des USA au Vietnam les photographes des agences de presse étaient sur le terrain. Presque que chaque jour les grands quotidiens et magazines publiaient de leurs photos.

Regardez-en quelques unes (cliquez dessus pour les agrandir). Demandez-vous pourquoi on vous cache ce visage de la guerre en Afghanistan. Pourquoi aussi il y a des soldats tués sur le terrain et que jamais de soldats blessés ne meurent dans les hôpitaux.

Des brancardiers transportent des blessés ; un soldat en aide un autre à s'extirper d'un terrain mouvant ; scène dramatique ; deux blessés qu'on transporte à bras-le-corps ; ils sont quatre à en dégager un ; sept se portent au secours de l'un d'eux ; agonisant dans les bras d'un ami. Si vous voulez en voir d'avantage, cliquez ici.

  USA : des athées sortent de l'ombre Ken Bronstein, président des New York City Atheists (NYCA) : «Nous sommes à un tournant de l'histoire du pays. Les athées font leur coming out. Je fais l'analogie avec la communauté homosexuelle (…) nous souffrons de la même discrimination.» Des athées ont même leur slogan : «Faites la grasse matinée le dimanche (NDLR :...au lieu d'aller à l'église?)».

Lisez l'article du journaliste Alexis Buisson de Rue89.

PS : Les citoyens ont le droit de pratiquer la religion de leur choix. Celle-ci, d'autre part, se doit de respecter les droits et libertés. À Lac Bouchette (province de Québec, Canada), dans ce petit village policier d'un peu plus de 1 300 habitants, et où j'habite, l'influence des Chevaliers de Colomb et des Filles d'Ysabelle, deux organismes de la droite catho, est énorme. Ils sont infiltrés un peu partout et de leurs membres sont des collabos de la police. Devrait-on y créer un organisme d'athées pour y établir un équilibre reflétant mieux la vie terrestre?

  Avortement des procédures déontologiques – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Sur ce plan, la suite et fin de l’affaire Matticks le prouve. Le 10 avril 2002, un coup de tonnerre retentit dans l’actualité.

Le juge Bernard Flynn, de la Cour supérieure, met fin aux procédures du Comité de déontologie chargé d’enquêter sur les 8 policiers de l’ancienne brigade du banditisme de la Sûreté du Québec accusés dans l’affaire Matticks (André Cédilot – La Presse du 11 avril 2002) : Roger Primeau, Lucien Landry, Claude Charron, Pierre Duclos, Michel Patry, Mario Morissette, Laurent Laflamme et Mario Simard (on a vu son cas plus haut).

Sa décision repose sur deux arguments. Il puise le premier dans un événement survenu quelques années plus tôt, plus exactement les 28 et 29 mai 1997. Il a trait à des propos tenus par le ministre péquiste Serge Ménard alors qu’il témoignait devant la Commission Poitras.

Qu’avait donc dit le ministre? Dit qu’à la suite de l’avortement du procès contre le clan Matticks, survenu le 15 juin 1995, et attribuable à la fabrication de quatre preuves par des membres de la Sûreté du Québec, il s’était engagé à découvrir et à punir les coupables. Ce pourquoi il avait ordonné une enquête déontologique le mois de juillet suivant.

Se référant à un événement plus récent, l’acquittement en juin 1996 des quatre policiers accusés d’en être les auteurs, il avait dit qu’il ne l’acceptait pas, ne croyait absolument pas à la défense de bonne foi évoquée par ceux-ci. Selon lui, les policiers avaient bel et bien commis un acte criminel : «Le coupable est parmi le groupe, mais on ne sait pas lequel… Il y avait eu de l’inconduite… J’avais la conviction qu’un acte contraire à la déontologie avait été commis…».

Cette déclaration du ministre Ménard démontre clairement, se dit d’avis le juge Flynn, que celui-ci avait déjà confirmé la culpabilité des policiers «et que c’est vraisemblablement la conclusion que tirerait de ces propos la personne désignée (Me Gilles Mignault) pour entendre l’affaire devant le Comité de déontologie».

Ses membres, nommés par le pouvoir, sont soumis à des renouvellements de contrat aux cinq ans, donc vulnérables aux pressions politiques. Par ses propos, le ministre a placé l’assesseur (Me Mignault) dans une situation pour le moins inconfortable.

Citant la jurisprudence, il rappelle que les lois se doivent de protéger le membre d’un tribunal administratif contre les sautes d’humeur de l’État, à plus forte raison quand il s’agit de décisions affectant certaines de ses politiques.

Et le juge d’expliciter que le ministre n’avait fait que répondre avec «sincérité et même une certaine candeur (sic) » aux questions des membres de la Commission Poitras. «On ne saurait lui en faire reproche», précise-t-il.

Le pire, c’est que le juge a raison, et totalement. Les policiers, comme tout accusé, ont droit à un tribunal neutre et au-dessus de tout soupçon. Finalement, on ne saura sans doute jamais qui, dans l’affaire Matticks, a fabriqué les quatre preuves. (Suite demain)

Tolérance zéro, contre les jeunes, en tout et partout – (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Développons un autre volet. Bien qu’invisible à l’œil non initié, le citoyen franchit un tourniquet quand il entre dans l’espace public pour aller travailler, consommer, s’amuser ou flâner. Ce tourniquet ne sépare pas que le bien du mal, mais aussi le beau du laid, ce qui se fait et ne se fait pas. Simple question d’esthétisme, d’hygiénisme.

Par exemple, si vous êtes un punk, il n’y a pas beaucoup d’endroits où vous êtes le bienvenu. La ségrégation spatiale est une réalité bien réelle. Signalons une intervention du politique. Le maire Pierre Bourque a cédé à l’UQÀM, en août 1999, la place Pasteur, rue St-Denis, à Montréal. (André Noël – La Presse du 12 août 1999) L’objectif : en chasser les jeunes marginaux qui s’y rassemblaient depuis des années.

Cet espace public étant devenu espace privé, l’UQÀM peut désormais les en éloigner sans coup férir, ce que ne pouvait faire la ville. Un cas éloquent d’entourloupes qu’utilisent des élus pour contourner l’un des droits de la Charte canadienne, celui de circuler librement dans l’espace public.

Jesus Jimenez Orte, président de la Ligue des droits et libertés, section de Québec, est d’avis que «les jeunes forment le groupe le plus visé actuellement par l’intolérance. (Jesus Jimenez Orte Revue Notre-Dame de décembre 2000) Les 12 à 18 ans, tout particulièrement. Les jeunes n’ont pas tellement d’endroits pour se faire entendre ni de lieux où aller.(...) On ne tolère même pas que les jeunes puissent flâner quand c’est l’un des droits fondamentaux de pouvoir circuler librement.»

Ces jeunes font peur et ils sont considérés comme dangereux, rapporte-t-il. On refuse donc qu’ils occupent les places de ville. Greffons à son propos qu’il en est ainsi dans les petites villages, comme Lac Bouchette, au Saguenay-Lac-St-Jean, et les petites villes, comme Roberval, située dans la même région.

Orte va plus loin : «La société québécoise est en train de commettre beaucoup d’erreurs par rapport à la jeunesse. Beaucoup de comportements antisociaux chez les jeunes sont les conséquences de manifestations d’intolérance. Pour ceux-ci, c’est la tolérance zéro en tout et partout. D’ailleurs, cette expression utilisée pour l’alcool est très représentative de ce qu’on peut tolérer et ne peut pas tolérer de leur part. (Cette intolérance) ne s’applique donc pas qu’à la consommation d’alcool.

«On est en train d’oublier les jeunes, d’hypothéquer leur futur. Sans qu’on s’en soit rendu compte, on a évacué de tous les grands débats la question de la relève, de l’éducation», déplore-t-il. (Suite demain)

News du samedi 14 Février 2009

  Cathos négationnistes... ...La peau des pauvres coûte moins chère que le vison, du caviar pour le chat, etc. Et dans le bas de la page, les ARCHIVES. D'autres caricatures classées selon des thèmes, genre : censure et sans reproche, éjaculation féroce, orgasmathique, et ainsi de suite. Régalez-vous!

  La recette pour être heureux, très heureuxSi vous êtes pas convaincu après avoir vu la vidéo (02:39), vous aurez au moins rit pendant le visionnement. C'est qu'on insiste vraiment beaucoup, trop...

  World Press Photo of the Year 2008 Mise en garde : des photos témoignent d'événements particulièrement barbares. Certains disent qu'il ne faut pas afficher les actes violents.

Je suis de ceux croyant, au contraire, qu'il est nécessaire de montrer la vie telle qu'elle est. Suis contre toute forme de puritanisme. Ne rien cacher, conscientise le citoyen, l'incite à juger et dénoncer des actes répréhensibles. Ne jamais fermer les yeux, mais le citoyen demeure libre de regarder ou pas.

Cliquez sur les photos, certaines donnent accès à plusieurs autres, que vous pouvez agrandir d'un clic.

  Droit divin du pouvoir de nommer des amis (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Lors du dévoilement du nom des membres du Conseil de surveillance, le ministre péquiste Serge Ménardavait parlé avec enthousiasme des «nombreux changement apportés par l’actuelle direction de la Sûreté du Québec» depuis le dévoilement du rapport Poitras, en janvier 1999. Pour sa part, son dg Florent Gagné se disait fier des progrès accomplis au cours des années précédentes.

Probablement en allusion à l’une ou l’autre de ces déclarations, Me Bernard Roy doute qu’en seulement deux ans, on y ait concrétisé la transformation souhaitée par la Commission Poitras. «La culture policière, c’est un peu comme le Titanic, on ne tourne pas le paquebot sur un 10 cents.» Et puis il y a ce commentaire de Normandeau : «Même s’ils disent qu’ils y ont fait des changements, ce sont des failles importantes que la Commission Poitras avait constatées. Ça ne se change pas du jour au lendemain.»

Autre élément particulièrement significatif : c’est le ministre Ménard lui-même qui a nommé les cinq membres du Conseil de surveillance,alors que la Commission Poitras recommandait que ses président et vice-président le soient par l’Assemblée nationale. «De façon à s’assurer que ces gens ne soient pas là comme faire-valoir, mais davantage pour s’assurer que les choses changent», commentait Me Roy, à l’issu du dévoilement de la réforme péquiste.

Ce gouvernement n’était pas le premier, ni le dernier, à s’arroger ce droit divin de nommer des citoyens à des postes aussi importants pour la survie de notre démocratie. Même si, dans le cas nous intéressant, le choix semble au-dessus de tout soupçon, nécessité il y a d’en interroger tout de même la pratique, profondément enracinée dans nos moeurs politiques, toutes juridictions confondues.

Ainsi le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), qui possède aussi son Comité de surveillance et dont ses membres ont pour mission de veiller à ce que ses activités demeurent à l’intérieur du cadre de la loi. En juin 1999, selon une dépêche de la Presse canadienne, le premier ministre fédéral libéral du Canada, Jean Chrétien, y nommait l’ex-premier ministre libéral du Nouveau-Brunswick Frank McKenna et l’ex-député réformiste Ray Speaker. (Presse canadienne – Journal de Montréal du 11 juin 1999)

Les droits des Canadiens seraient-ils mieux protégés si l’État attribuait cette fonction à un comité indépendant formé de juristes spécialisés notamment en droits fondamentaux, par exemple de la trempe de l’avocat montréalais Julius Grey? Oui, indéniablement. Ce n’est surtout pas la place de politiciens rompus aux règles prévalant dans les arcades du pouvoir, où les retours d’ascenseur sont monnaies courantes – le give and take –.

Ni du reste celle de citoyens ne connaissant strictement rien des méthodes usuelles prévalant dans les milieux du renseignement et contre-espionnage. Dans le livre Entrée clandestine du journaliste Andrew Mitrovica, publié par les Éditions Trait d’Union, il ressort que c’est le cas des membres du Comité de surveillances des activités du SCRS, le CSARS.

Les droits fondamentaux sont trop importants pour être laissés aux mains de ces derniers ou d’amis du pouvoir, quels qu’ils soient. N’en constatons pas moins que les membres du Comité de surveillance de la Sûreté du Québec choisis par le gouvernement péquiste jouissent tout de même d’une plus grande crédibilité que certains membres du Comité de surveillance du SCRS désignés par le premier ministre Chrétien.

Mais ainsi que le signalait l’éditorialiste Pierre Gravel de La Presse, dans un contexte analogue, la nomination des juges de la Cour suprême (Pierre Gravel – La Presse du 8 juillet 1999) : «Ce n’est pas la valeur ou la faiblesse d’une nomination qui confirme ou nie la dimension plus ou moins démocratique du processus qui y a mené. Autrement, on serait obligé de conclure qu’une dictature qui prendrait généralement de bonnes décisions devrait donc être considérée comme une forme de gouvernement acceptable.» (Suite demain)

  Disparité colossale dans le traitement des jeunes (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Après avoir pris connaissance de tout ce qui précède, sans compter ce qui suivra, on ne peut faire autrement que de remarquer la disparité colossale entre ce qui se passe sur le terrain versus l’indignation manifestée publiquement par le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard avant et après l’adoption de la Loi canadienne C-7 sur les jeunes contrevenants.

Appuyé par ce dernier, les bloquistes de Gilles Duceppe ont multiplié les interventions au Parlement canadien. (Joël-Denis Bellavance – La Presse du 14 décembre 2001, des 29 et 30 janvier, et des 5 et 6 février 2002)

Ne retenons qu’une de ces indignations, celle du ministre péquiste de la Justice, Paul Bégin, qualifiant la nouvelle loi fédérale de «désastre» (Presse canadienne – La Presse du 6 février 2002) : «C’est une journée très triste, déclare-t-il. (...) C’est une loi répressive qui considère les jeunes comme des bandits. Mettre un jeune en prison avec des criminels endurcis, c’est l’envoyer à l’école du crime.»

Cependant, pas un mot du ministre sur la répression de la police et de ses collabos, clandestine, illégale, quotidienne et charcutante que subissent des ados dans l’espace public québécois.

Le tollé péquiste et bloquiste porte sur l’âge des jeunes contrevenants. Selon eux, la nouvelle loi permettra aux tribunaux d’imposer aux ados de 14 ans et plus, au lieu de 16 ans et plus comme c’était le cas auparavant, des peines d’adultes lorsqu’ils sont trouvés coupables de crimes graves, dont le meurtre. La ministre fédérale libérale de la Justice, Anne McLellan, a affirmé que la loi laissera aux provinces le soin de décider de l’âge à partir duquel les peines pour adultes s’appliqueront.

De fait, un seul reproche peut être adressé à l’encontre de cette loi, entrée en vigueur en mars 2003 (Presse canadienne – La Presse du 31 mars 2003) : elle favorise l’inégalité des sentences d’une province à l’autre. L’ado vivant dans une province où sévit un gouvernement de droite risque d’être plus sévèrement puni. Deux poids, deux mesures, en somme, dans ce pays où la justice devrait être la même pour tous ses citoyens. (Suite demain)

News du vendredi 13 Février 2009

  Le Commissariat à la protection......de la vie privée du Canada a dévoilé, il y a quelques jours, les gagnants de son concours annuel de vidéos "Ma vie privée et moi" destiné aux jeunes canadiens de 12 à 18 ans. Toutes les vidéos sont disponibles ici.

Moi, je n'en retiens qu'une seule. Vous allez voir que le scénario est volontairement caricaturé pour que le citoyen comprenne de quoi il s'agit : un civil suivant un citoyen. Dans la vraie vie, le filateur ne talonne pas sa cible, il serait rapidement repéré, surtout dans une rue déserte, ce qui est le cas ici : la meilleure filature demeure l'infiltration de la cible.

Même si elle a été tournée par un jeune amateur, le message de la vidéo (01:48) passe bien. J'aime la dernière séquence : la cible filme son filateur... D'une grande simplicité, mais efficace.

  Canada : la GRC restreindra l'usage du taser Hier jeudi, le Commissaire de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), William Elliott, témoignant devant le comité de la sécurité publique de la Chambre des communes, à Ottawa, a reconnu que le taser peut tuer, particulièrement quand la personne est très agitée.

Il a indiqué que lorsqu'un suspect n'offrira qu'une faible résistance, les policiers n'utiliseront pas cette arme. Son usage sera limité aux cas où la vie d'un policier ou la sécurité publique seront menacées. (Source : RCI)

PS : La vie est une valeur universelle. Les corps policiers doivent la valoriser au maximum.

  La SQ, «une machine réticente à se faire ausculter» (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Reprenons le fil d’Ariane… En février 2001, le ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard, dévoile le nom des membres du Conseil de surveillance sur les activités de la Sûreté du Québec (SQ), qu’il identifie comme étant «notre police nationale».

Claude Corbo, ex-recteur de l’UQÀM et auteur de quelques ouvrages sur la police, en est nommé président. (Martin Pelchat – La Presse des 20 et 21 février 2001) Les autres sont Clément Godbout, ex-président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Gretta Chambers, ex-chancelière de l’Université McGill, Jacques Pigeon, ex-sous-ministre des Communications, et Me Jean-Pierre Lussier, ex-procureur de la commission Keable sur les agissements illégaux de la GRC lors de la crise d’octobre 1970. Sylvain Ayotte en est désigné directeur général.

Rapportant les propos que lui a tenus Me Bernard Roy, ex-procureur en chef de la Commission Poitras, le journaliste Martin Pelchat de La Presse écrit que le Conseil de surveillance aura fort à faire pour changer la culture prévalant à la Sûreté du Québec.

Tout en se disant encouragé par le calibre des personnes choisies pour y siéger, Me Roy se dit d’avis que celles-ci «risquent de se faire endormir ou enterrer sous la bureaucratie et la paperasse par une machine réticente à se faire ausculter». Un risque d’autant plus grand que le Conseil de surveillance mis de l’avant par Québec «est loin du chien de garde (Conseil de contrôle réclamé par la Commission Poitras.

Une machine réticente à se faire ausculter? Dans son rapport 2002-2003, le Conseil de surveillance des activités de la Sûreté du Québec écrira qu’«il n’est pas aisé d’apprécier une organisation opérationnelle de plus de 7 000 employés, dont la majeure partie est constituée d’agents de la paix répartie sur le vaste territoire du Québec(son rapport annuel est accessible sur le site Web du ministère de la Sécurité public : www.msp.gouv.qc.ca).

«Au surplus, indiquent ses auteurs, l’inconfort (sic) de la Sûreté (du Québec) à l’égard du principe même de la création du Conseil et l’analyse des activités d’une organisation, dont la mission a pour effet de l’entourer d’une aire de discrétion nécessaire à l’accomplissement de ses responsabilités, sont autant d’éléments contribuant à rehausser le niveau de complexité de la mission du Conseil

Par ailleurs, le quotidien Le Soleil obtiendra quatre avis rédigés en 2002 et 2003 par le Conseil de surveillance. Ce corps policier, écrira l’organisme, tarde à corriger les lacunes en matière d’affaires internes et de gestion des enquêtes criminelles soulevée par la Commission Poitras (Le Soleil – La Presse du 8 juillet 2004) : absence d’évaluation du personnel d’enquête, manque de vision du rôle fondamental des technologies de l’information, structure d’enquête floue et imprécise.

Selon le Conseil de surveillance, le flou et l’imprécision des enquêtes«rendent bien difficile une gestion des personnes et des opérations selon les principes de gestion qui doivent normalement être mis en œuvre dans les services publics imputables.»

Notons que le ministère de la Sécurité publique avait refusé de transmettre les documents au journaliste, mais changera d’avis après une première audition devant la Commission d’accès à l’information du Québec.

Le journaliste Martin Pelchat de La Presse rapporte aussi les commentaires du criminologue André Normandeau qui, bien que reconnaissant les mérites de Corbo, aurait souhaité que Me Bernard Roy soit nommé au sein du conseil : «Il aurait été une sorte de conscience pour le suivi de la Commission Poitras.»

En outre, il doute que les moyens mis à la disposition du Conseil de surveillance lui permettront de jouer son rôle adéquatement. Il se demande comment, avec un budget 500 000$ par an, celui-ci pourra opposer à la Sûreté du Québec, dotée d’un budget de 400M$ (chiffre énoncé en février 2001), des dossiers étoffés. «Ça ne fait ni sérieux ni rigoureux», juge-t-il. Il aurait fallu doter le conseil d’une équipe de cinq à six recherchistes. Or, elle ne comptera que sur un seul employé à plein temps, le dg Sylvain Ayotte.

«Il ne faut pas se contenter d’écouter les directeurs (Florent Gagné et ses successeurs) ou M. Cannavino (président de l’Association des policiers provinciaux du Québec), qui vont vous dire que tout va bien, etc.»

(NDLR : Dans son rapport 2002-2003, le Conseil de surveillance indiquera disposer de quatre employés, dont un cadre.) (Suite demain)

  Des policiers maltraitent des jeunes (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Examinons sur le terrain d’autres formes de répression dont sont victimes des jeunes vitres cassées. À l’été 2000, un policiers de l’île de Montréal, Mitchell Janhevich, est suspendu sans solde pendant trois jours par le Comité de déontologie. (Marcel Laroche – La Presse du 23 juillet 1999)

En avril 1998, il avait aspergé de poivre de Cayenne le visage d’un mineur menotté, mains derrière le dos, et placé sur la banquette arrière de l’auto-patrouille. Paraît-il qu’il s’apprêtait à cracher sur le policier qui avait procédé à son arrestation. Le commissaire du comité, Me Jacques Monette, souligne que le gaz doit être utilisé à bon escient, et non dans un mouvement d’impatience.

La procureur du commissaire, Me Danielle Simoneau, note l’absence de repentir du policier. L’avocat de Janhevich, Me Yves Clermont, plaide en effet que son client n’a pas à se repentir parce convaincu d’avoir agi de bonne foi.

Ce corps policier n’est pas le seul à manquer de respect à l’égard des jeunes, à les maltraiter, celui de Terrebonne aussi, entre autres. Dans un article daté de l’été 2000, le journaliste Bruno Bisson de La Presse écrit que la violence avec laquelle un policier a battu un ado de 16 ans et l’apathie de trois de ses collègues qui en ont été témoins sans intervenir, viennent de leur valoir des suspensions de 5 à 15 jours (Rollande Parent de la Presse canadienne, et Bruno Bisson La Presse des 29 juin et 2 août 2000) : Patrick Lepage, Rémi Labonté, Yves Laniel et Luc Richard.

Voyons les faits relatés par la journaliste Rollande Parent de la Presse canadienne. En début de soirée du 16 mars 1997, la victime et deux de ses amis se rendent dans la cour de l’école Esther-Blondin de Terrebonne rejoindre deux copains. Puis tout ce monde se met à bavarder, quelques uns allument un joint.

Des autos-patrouille arrivent, les jeunes se sauvent, le policier Patrick Lepage les rattrape, hume l’odeur de cannabis, décide de les fouiller, la victime s’y refuse. Lepage trouve deux petits sacs de plastique vides dans l’une de ses poches. Les policiers veulent savoir ce qu’ils contenaient, l’ado refuse de répondre.

Le ton monte, Lepage le couvre d’injures et, la fouille terminée, lui assène un petit coup sec dans le ventre. L’ado le repousse, Lepage le saisit à la gorge, l’ado le repousse encore, Lepage tombe à terre. Alors que deux collègues policiers maîtrisent l’ado, Lepage se relève, prend un élan de quelques pas et lui administre un violent coup de poing dans le ventre, l’ado en a le souffle coupé, la douleur le plie en deux, puis Lepage le jette au sol, lui passe les menottes.

Cependant, il n’en a pas terminé avec Lepage, loin de là, signale la journaliste. Menotté, il se retrouve sur la banquette arrière de l’auto-patrouille. On n’a pas jugé bon de boucler sa ceinture de sécurité et, en cours de route, Lepage applique brusquement les freins, l’ado est projeté contre la vitre séparant les deux banquettes.

Arrivé au poste, Lepage le sort de l’auto-patrouille en l’agrippant par les cheveux, l’amène au sous-sol dans un petit local, le projette sur le plancher, lui administre de nombreux coups de pieds aux jambes, le saisit par les cheveux pour qu’il le regarde et lui dit : «Check moé ben la face, tu vas t’en souvenir, mon hostie».

Selon Me Suzanne Lévesque, présidente du Comité de déontologie, Lepage avait serré l’ado à l’encolure, technique potentiellement dangereuse : «Nul doute ici que le rapport de force de trois policiers était nettement suffisant pour venir à bout de l’adolescent sans devoir appliquer une technique aussi risquée. (...) À la lumière de la preuve retenue, la façon dont l’agent Lepage s’est comporté, avec violence et vengeance, gratuitement et même délibérément, est totalement inadmissible.»

Elle note également qu’il est le seul policier à prétendre que le jeune était «visiblement sous l’effet de stupéfiants». Lepage est suspendu sans solde pour 15 jours.

Quant à Rémi Labonté, Yves Laniel et Luc Richard, ils ne sont pas intervenus pour calmer leur collègue. Elle souligne que «l’absence de conscience professionnelle dont ils ont fait preuve, en laissant agir leur confrère, est contraire à la norme de conduite qui impose aux policiers de se comporter de manière à préserver la confiance et la considération que requiert leur fonction». Reconnus coupables de complicité, tous trois écopent d’une suspension de 5 jours sans solde. (Suite demain)

News du jeudi 12 Février 2009

  Le doigt d'honneur à l'index !Ainsi que je le rapportais plus bas, la Commission de contrôle cinématographique de l'Ontario, l'une des provinces du Canada, vient d'ajouter le "doigt d'honneur" à sa liste officielle de comportements grossiers sur grand écran. Ce geste est décrit comme un simulacre d'érection dans son manuel traitant de l'évaluation de l'impact psychologique des films : article ici.

Doigt d'honneur aux censeurs ontariens : Vidéo (04:02). Pourquoi fait-on le doigt d'honneur? Bref historique : sur wikipédia et ici. Doigt d'honneur gonflable et parapluie (plus bas dans la page qui s'affiche) : on arrête pas le progrès. À certaines heures permis, lorsque les enfants sont couchés. Doigt d'honneur présidentiel...

Après le doigt d'honneur, les censeurs ontariens vont-ils s'en prendre au mot PHOQUE (03:02)? Lequel est le plus utilisé : Fuck, shit ou bullshit? La durée de la vidéo est de 27:18, alors lorsque vous en aurez suffisamment entendu, revenez ici. Petite leçon sur le mot anglais fuck (02:31).

  RadioHead – Enregistrement vidéo (52:19) dans leur propre studio. Un atelier de travail en désordre, des vieux jeans. Pas de chrome, authenticité assurée. Les deux premières tunes, surtout la deuxième, sont les meilleures, selon moi.

  Montréal : plusieurs avocats et la ligue des droits et libertés......s'opposent à la modification d'un règlement qui permettrait au maire Gérald Tremblay d'interdire le déguisement du visage lors d'une manif. Ils s'en prennent aussi à des articles de règlements en vigueur. Notamment l'attroupement de 3 personnes ou plus ayant un but commun et le fait de gêner la circulation d'un citoyen.

Dans une lettre publiée par le quotidien Le Devoir, ils considèrent que ces dispositions touchent à l'exercice de la liberté d'expression qui est pourtant au cœur d'une société démocratique.

D'ailleurs, selon eux, elles ont souvent été l'occasion d'abus de la part des policiers qui les ont utilisées pour effectuer des arrestations massives et préventives alors qu'aucun acte criminel n'était commis. Lors du G8 de 2002, ce fut le cas : arrestations de personnes dans un parc, avant même qu'elles ne manifestent. En 1999, arrestation dans une cour d'école de plusieurs enfants qui protestaient contre la cessation d'activités parascolaires.

Les auteurs de la lettre rappellent qu'à plusieurs reprises, la Cour suprême du Canada a affirmé que l'un des buts de la liberté d'expression est de protéger celle des groupes défavorisés et des minorités.

Les signataires de la lettre : Me Denis Barette, avocat la Ligue des droits et libertés ; Me Pierre Bosset, prof de droit public au département des sciences juridiques de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) ; Me Julius Grey ; Lucie Lemonde, prof au département des sciences juridiques de l'UQAM ; Dominique Peschard, président de la Ligue des droits et libertés ; Me Gilles Trudeau, président de l'Association des avocats de la défense de Montréal.

PS : Les manifs sont utiles à la société. Celles tenues partout dans le monde lors de G8, par exemple, démontrent hors de tout doute que la mondialisation n'a pas été qu'un bienfait, qu'elle a ouvert grand la porte au capitalisme sauvage.

Le projet de l’Accord multilatéral sur les investissements (AMI), élaboré par l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE), mettait en relief ce volet d’une mondialisation débridée : j'en traite longuement dans le tome 2 de L'Étau Policier. Les manifs dans le monde occidental, notamment à Montréal justement, contre le «SalAMI» auraient contribué à faire échouer l’accord.

Michel Freitag, sociologue à l'UQAM : «Les négociateurs étaient en train de commettre un acte de haute trahison vis-à-vis de leurs États propres (...). L’AMI ne créait que des obligations pour les États et que des droits pour les investisseurs (...). Toutes les constitutions allaient devenir désuètes». Les États auraient été obligés de «renforcer leur pouvoir répressif puisqu’ils se portaient responsables, auprès des multinationales, des troubles de leurs citoyens : grèves, manifestations (...). Ils auraient dû donner des compensations aux investisseurs.»

Et la crise financière mondiale que les citoyens sont condamnés à subir pendant des années? Encore les requins du capitalisme sauvage, clients assidus des paradis fiscaux.

  La police : une machine à rumeurs effrayante – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Autre point. Difficile de croire que la connaissance de secrets d’alcôves, de petites combines électorales ou de contrats accordés à des amis suffisent à un syndicat policier pour tenir en laisse un ministre ou un gouvernement. Il faut beaucoup plus, considérablement plus.

Glissons ici cette opportune citation de Casamayor (Louis Casamayor – La Police – Gallimard) : «On peut imaginer cent mille agents de police qui ne poseraient pas de problèmes, alors qu'un seul en poserait de terribles, par exemple s’il possédait les secrets du maître du pays. On pourrait alors se demander qui est le véritable maître. En fait, une société a plusieurs maîtres», constate Casamayor.

Contrôles et nettoyages sociaux auxquels se livre l’underground policier entre plus vraisemblablement dans la catégorie des secrets du maître d’un pays, d’une province, d’une MRC, d’une municipalité. Pour les syndicats policiers, ce secret est l’équivalent d’une arme suffisamment dissuasive.

Ce qui n’exclut pas secrets d’alcôves, petites combines électorales ou contrats accordés à des amis, remarquez bien, mais en d’autres occasions, par exemple lors d’une campagne électorale.