News du dimanche 28 Février 2010

  La régulation des marchés financiers avance-t-elle? - Oui, mais on en est aux négociations entre pays. Obama a fait des propositions à l'Union européenne (UE), qui seront étudiées en avril par les 27 pays membres. Michel Barnier, Commissaire français désigné récemment au Marché intérieur et aux services financiers au sein de l'UE, multiplie les rencontres à l'étranger. Le G20, pour sa part, se réunira en juin au Canada.

Deux déclarations du Commissaire Barnier : "Je trouve très important que dans le cadre du mandat de la feuille de route du G20, il y ait des deux côtés de l'Atlantique le même volontarisme". Et cette autre, émise lors d'une entrevue (6 pages) peu avant d'être nommé à cette fonction : "Aucun acteur financier ne sera à l'écart de la régulation". Faudra attendre la fin pour voir le contenu du contenant, la régulation.

  Carnivore vampirise les messages électroniques - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) Le courrier électronique n'est pas plus sécuritaire que tout le reste. En juillet 2000, Carnivore, le système d'espionnage utilisé par le FBI, faisait des vagues aux États-Unis et en Europe. (D. Ian Hopper, Associated Press -- La Presse du 15 juillet 2000)

D'après le journaliste D. Ian Hopper de l'Associated Press, les agents fédéraux américains installent chez les fournisseurs d'accès à l'Internet un boîtier noir leur permettant de scanner des millions de messages afin de repérer, à l'aide de mots clés, d'éventuels courriels suspects. Un fournisseur qui en refusait l'installation de crainte d'être poursuivi en justice par ses clients a perdu sa cause devant les tribunaux. Son avocat, Me Robert Corn-Revere, estime que la législation américaine doit être revue et corrigée.

Pour sa part, l'American Civil Liberties Union (ACLU), continuellement sur la barricade, a dénoncé les pratiques policières abusives devant la sous-commission de la Chambre des représentants chargée de la protection des citoyens. Elle soutient que Carnivore empiète les droits des fournisseurs d'accès et de leurs clients parce que, avant de décider de copier ou non les messages, il relève leur contenu ainsi que l'identité des expéditeurs et destinataires.

Son perspicace directeur adjoint, Barry Steinhardt, soutient que les citoyens ne doivent pas croire ceux leur affirmant qu'il est utilisé seulement contre des suspects : «On devrait interdire aux représentants de la loi d'installer tout système leur permettant d'intercepter les communications d'autres personnes que leurs cibles.» (Suite demain)

  Propos diffamatoire de mon chauffeur, Chevalier de Colomb et collabo de la police - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) En outre, ai souvent vu mon chauffeur utiliser les mêmes techniques policières que ceux qui me harcèlent ou cherchent à m'intimider quand je circule à vélo : coups de klaxon, grosses gueules, gestes d'impatience de la main indiquant à la cible de dégager.

À l'été 2002, entre autres, lors des travaux routiers sur la 155, à la hauteur du village voisin, St-François-de-Salle, il avait ainsi harcelé une jeune femme préposée à la circulation, passait son temps, quand nous traversions ce secteur en construction, à pester contre elle. Après quelque temps, j'avais remarqué le faciès un peu effrayé de la jeune femme. Il avait aussi procédé de cette façon avec un coéquipier de celle-ci, un homme dans la cinquantaine qui, visiblement, était étonné de ses simagrées.

Autre fait démontrant le genre de saloperies que le collabo propage délibérément. Brièvement le contexte. Au début de 2002, le ministre péquiste des Transports, Guy Chevrette, relate à l'animateur de l'émission Arcand, diffusée par TVA, que durant la campagne électorale de 1989, alors qu'il était chef du Parti québécois, une avocate lui avait offert un pot-de-vin de 500 000$ afin qu'il s'oppose à l'étatisation des loteries vidéo. (Pascale Breton -- La Presse du 24 janvier 2002)

C'était l'un des éléments du programme électorale du gouvernement libéral sortant. Il visait à neutraliser le crime organisé qui avait souvent la mainmise sur le jeu de hasard. Chevrette, qui était accompagné d'un adjoint, avait refusé et donné deux minutes à l'avocate pour quitter les lieux.

Quelque mois après, mon chauffeur-collabo m'informe avoir entendu, dans une de ces émissions réveil matin de la télé québécoise, un avocat raconter à l'animateur que Chevrette, contrairement à sa déclaration, avait accepté le pot-de-vin de 500 000$. Le collabo ne se souvient pas à quel canal il a capté ces propos ni des noms de l'animateur et de l'émission.

J'ai toujours considéré Chevrette comme un politicien intègre. Alors, je suis vraiment tétanisé par cette nouvelle, n'arrive pas à le croire. D'autant plus que dans les médias que j'écoute et lis aucun n'a fait écho de ce rebondissement. Une nouvelle de cette importance y aurait fait la manchette pendant des jours. J'en viens rapidement à la conclusion que c'est carrément de la diffamation. L'avertis de faire attention. Me rétorque, ton de la voix et geste impatients : «Je travaille avec la police!» (Suite demain)

News du samedi 27 Février 2010

  Ne laissez jamais seul votre ordi dans un atelier de réparation, imposez votre présence - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) L'internaute peut-il se protéger des intrusions dans sa vie privée? Par exemple, les mots de passe protégeant ordinateurs et fichiers, sécuritaires, indéchiffrables? Difficile de croire que la police laisserait un logiciel spécialisé dans l'indéchiffrable circuler sans en avoir obtenu la clé de son éditeur.

Il en est fort probablement ainsi du logiciel PGP (pretty good privacy) conçu par Philippe Zimmerman, reconnu comme étant le plus sécuritaire de tous. Il n'existe «actuellement» aucune façon d'en décoder un message. Possible que ce ne soit plus le cas aujourd'hui, les technologies de l'information, on le sait, évoluent rapidement. Rappelons que lorsque quelqu'un s'infiltre dans un ordinateur, son propriétaire risque l'espionnage, la mise hors service des systèmes, la perte des données et l'infection par virus informatiques.

Il est bon de savoir que la police en civil a infiltré des commerces d'équipements électroniques. C'est davantage le cas d'ateliers de réparation où les clients déposent en toute confiance leur ordi défectueux, et passent le reprendre le lendemain ou plus tard. Ceux-ci devraient prendre rendez-vous et exiger de rester sur place pendant la réparation. Pour la police, les fichiers informatiques, c'est de l'or en barre.

Étant infiltrée partout, directement ou indirectement grâce à des collabos, vraisemblablede penser qu'elle a également pied à terre au sein de fournisseurs de l'Internet, tels Bell Sympatico, Vidéotron, etc. Et sans même que les dirigeants, cadres et autres employés de ces entreprises ne soient au courant.

Elle peut ainsi épier à loisirs des internautes et, dans les scénarios les moins pires, semer en cours de route un tas d'embûches à ceux cherchant à atteindre des sites Web qu'elle n'apprécie pas, ou pour d'autres raisons, en ralentissant la vitesse de la navigation ou en utilisant à répétition le fameuse formulation  "Impossible d'afficher la page". Dans les pires, elle peut introduire virus et chevaux de Troie et faire crasher des ordinateurs.(Suite demain)

  Un chauffeur Chevalier de Colomb et collabo à l'os - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) N'ayant pas d'auto, je peux compter sur trois personnes quand je dois aller à l'extérieur du village. Deux sont de bonne foi, le troisième, pas une miette. Sous des apparences doucereuses, ce Chevalier de Colomb (CdeC) est un collabo pur et dur de la Sûreté du Québec. Il se prétend civil de ce corps policier, mais «faut pas le dire à personne», m'a-t-il déjà averti.

Je ne l'ai jamais cru, pas assez allumé pour le métier. Mais fanatique de la police, de l'ordre et du conformisme, et Chevalier de Colomb, cela ne fait pas l'ombre d'un doute. Et à tout crin, participant aux patrouilles dans les rues du village, à des déstabilisations aussi, espionnant, on peut le présumer sans se tromper, les gens qu'il transporte. Je le connais depuis plus de quatre ans, un maudit bon gars, qui ne rate jamais l'occasion cependant de me désinformer.

J'ai remarqué que lorsqu'il me dit du mal de quelqu'un, et c'est imparable, il s'agit d'un civil. Il fait de gros efforts pour étoffer sa fausse identité. Il me confiera notamment que l'un de mes voisins est un homo. Ainsi, lui en accoler l'étiquette visait à égratigner un peu sa réputation. Un homo ne peut pas être dans la police, pensera-t-on.

Il déblatérera aussi contre le faux ado, celui qui, en ma présence, si vous vous souvenez bien, avait été interpellé un peu rudement par un civil, au point d'être sur le bord des larmes. Mon chauffeur-collabo me le décrira comme un jeune malfaisant qui a déjà pillé un jardin un soir, et qui prend de la drogue.

Dans l'édifice où j'habite, le mini quartier général de la Sûreté du Québec, j'ai vu de temps à autre ce dernier en sortir ou entrer. Un jour, il est apparu à la fenêtre d'un appart de l'étage, arborant une fausse petite moustache et un faux collier de barbe. Au même instant, au rez-de-chaussée, juste en dessous, l'homme-au-toutou sortait sur la galerie, affichant la fameuse coupe iroquoise, la soft, une petite moustache noire à la Chaplin complétait le déguisement. Synchronismes.

À une autre occasion, ai aperçu Faux-Ado, sur le terrain voisin, jouant au ballon, vêtu d'un tee-shirt... rouge, s'est même tourné dans ma direction pour que je lise bien l'inscription : FBI, en lettres blanches. L'instant d'après, la mini partie de soccer prenait fin. Scénario qui m'était de toute évidence destiné. Pas de doute : il travaille pour la police. (Suite demain)

News du vendredi 26 Février 2010

  Regardons ailleurs – Notre monde n'est pas très beau à voir par les temps qui courent. Que diriez-vous d'une descente à skis? L'hiver achève, profitez-en pendant qu'il est encore là (02:37).

  Fête nationale du 14 juillet – Trop militarisé, ce pays (07:35)? Où est la fête?

  La France de Sarkozy déshumanise le droit pénal (3)– Dans mes news du jeudi 25 février 2010, j'écris que la loi de Sarkozy sur la rétention de sécurité nous fait entrer dans le labyrinthe angoissant de Kafka. À ceux qui n'ont pas lu ce livre, voici un texte où on tente d'interpréter la métaphore utilisée par Kafka.

  La France de Sarkozy déshumanise le droit pénal (2) – Afin d'apporter un éclairage panoramique des méfaits de sa loi de 2008 relative à la rétention de sécurité, je vous propose une "Journée d'étude sur les politiques sécuritaires" tenue le 8 juin 2009 et organisée notamment par Mireille Delmas-Marty, juriste, titulaire de la chaire "Études juridiques comparatives et internationalisation du droit" au Collège de France et membre de l'Institut.

J'en ai traité très brièvement dans cette page de mes "ACTUALITÉS", voir les News du jeudi 25 février 2010, manchette "La France de Sarkozy déshumanise le droit pénal (1)", sauf qu'ici on va vraiment au fin fond des choses.

Ce 8 juin 2009, la juge Delmas-Marty ouvrait le débat en ces termes... "(…) La réalité des dangers, on ne peut pas nier que le monde est dangereux, et l'incertitude des réponses. Est-ce que les réponses sont les bonnes réponses? Pas sûr. Allons-nous vers des sociétés de la peur? Ou allons nous, et où allons nous, parce que l'un peut conduire à l'autre, vers une communauté distante. Autrement dit, plus brutalement, nos descendants seront-ils voués à construire toujours de nouveaux murs ou à lancer des ponts, des passerelles?"

(NDLR : L'avenir du pénal sera-t-il basé sur la dangerosité, qui nécessite aucune preuve, ou la culpabilité établie à la fin d'un procès tenu en bonne et due forme par un juge?)

Liste des conférenciers, à vous de choisir les thèmes vous intéressant, selon moi ils le sont tous : sur les écrans qui s'affichent, on a accès au son, pas aux images, la seule présente étant celle de ce qui me semble être "Le Penseur de Rodin". J'insiste : l'idéal est de tout écouter afin d'avoir une vision vraiment en profondeur de la situation (cliquez sur les hyperliens) :

Jean-Louis Halpérin : Ambivalence des doctrines pénales modernes ; Carlos Petit : L'impact de l'École positiviste italienne sur la doctrine américaine du 19e au début du 20e siècle ; Jean Danet : Les politiques sécuritaires à la lumière de la doctrine de défense sociale nouvelle ; Genviève Giudicelli-Delage : Droit pénal de la dangerosité, droit pénal de l'ennemi ; Julien Cantegreil : La doctrine américaine de l'ennemi combattant illégal ; Laurent Mucchielli : Identifier, contenir et mettre à l'écart : le retour du discours sécuritaire et de ses prétentions scientifiques ; Bernard Harcourt : La genèse de la rationalité actuarielle aux États-Unis au 19e et 20e siècles ; Christine Lazergue : Comment sortir de l'impasse? ; Bernard Manin : Comment sortir de l'impasse?

  Officieusement la police en fait considérablement plus que ce qu'elle prétend vouloir faire - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) Rien ne semble arrêter le "progrès", comme le démontre cette autre affaire, américaine celle-là. L'histoire révélant que tout ce qui est bon pour les États-Unis l'est également pour le Canada, il se prête bien à notre propos.

En octobre 1998, la Commission fédérale des communications (FCC) s'est dite favorable à ce que les fabricants modifient techniquement les cellulaires afin de permettre au FBI de localiser les utilisateurs. (Associated Press -- La Presse du 23 octobre 1998) Dans ce pays, ils étaient cette année-là près de 70 millions. (NDLR : Notez la date -- octobre 1998 --, donc bien avant les actes terroristes du 11 septembre 2001.)

L'objectif visé est de suivre à la trace revendeurs de drogue, terroristes et ravisseurs. Officiellement, la ritournelle est immanquablement la même. Alors qu'officieusement, la police fait considérablement plus que ce qu'elle prétend vouloir faire. Le problème n'est pas la lutte contre la criminalité ou le terrorisme, le problème c'est qu'aucun organisme neutre et fiable ne vérifie, sur une base quotidienne, si la police opère vraiment à l'intérieur du cadre légal de la loi. C'est ça, le problème, et il est de taille.

Heureusement, certaines associations américaines n'étaient pas dupes, veillaient au grain, bien qu'on ne sache pas qu'elles aient obtenu gain de cause : on ne saurait en dire autant de nos organisme québécois défendant droits et libertés qui, le plus souvent, interviennent seulement après coup, mais pas toujours et loin de là, pour tenter de recoller tant bien que mal des pots cassés.

Elles craignaient, et avec raison, qu'on utilise également ces modifications techniques à d'autres fins. Me James Dempsey, avocat du Centre pour la démocratie et la technologie, y voyait une menace aux libertés individuelles, à la vie privée. Il est vrai que toute écoute policière devait recevoir préalablement l'aval de la justice. Devait préalablement... Quel euphémisme!

L'Internet aussi est sous haute surveillance... L'espionnage des communications téléphoniques sur le Web, ou par Messenger interposés, existe bel et bien. (VoIP : l'espionnage des conversations inquiètent -- Cyberpresse du 15 juin 2006) (Suite demain)

  Un inconnu me crie : «La police s'en vient» - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Sept février 2003, début de l'après-midi, je vais à l'épicerie. Sur Principale, je ralentie à l'intersection de la Route de l'Ermitage, une wagonnette s'en vient, lui donne la priorité, mais son conducteur s'est arrêté et ne semble pas vouloir en profiter. Alors, j'accélère un peu pour ne pas le faire patienter trop longtemps, ne peut aller vite à cause de la neige et de la glace.

Au moment où j'entreprends de passer devant son pare-choc, monsieur décide d'avancer à un pied de ma jambe. Je m'arrête, suis devant lui, il s'excuse, fait signe qu'il ne m'avait pas vu. Pas vu? Nous sommes les deux seuls véhicules à l'intersection. Je le dévisage un moment. Je m'apprête à repartir, une auto rouge vin, dissimulée derrière, dans un angle mort, surgit et se place parallèlement à la wagonnette.

J'identifie illico son proprio : un conseiller municipal impliqué dans la répression policière. Il s'étire le cou à gauche et à droite pour s'assurer que la voie est libre, et tourne sur Principale. À l'autre coin de l'intersection, juste en face, une autre spécialiste de la répression souterraine. Trois coïncidences...

Dix sept mai, excursion à vélo dans la forêt. Alors que j'escalade une côte abrupte, une camionnette surgit de l'autre versant. Tiens, de la visite. Je fais signe au conducteur, il s'arrête, on cause une bonne demi heure. À cet endroit, il est traversé par un gazoduc de Gas Métropolitain. Le type me demande : «T'as quand même pas l'intention de revenir (au village) après (ta randonnée) par là (le chemin du gazoduc)?» Non. Dans la formulation et le ton, je perçois une interdiction d'y circuler.

Du reste, m'explique-t-il, s'est vaseux et plein de trous. C'est aussi un endroit très fréquenté par les ours. Il y en a tellement, me raconte-t-il, qu'il lui est arrivé d'y stationner sa camionnette, d'attendre, pas longtemps, mains jointes derrière la nuque, geste à l'appui, pour en voir quatre ou cinq sortir de la forêt. L'interdiction subliminale par vase, trous et peur de l'ours interposés. On se laisse là-dessus.

Sur le chemin du retour, une camionnette me croise. À l'arrière, trois jeunes adultes debout, accoudés sur le toit de la cabine. L'un me crie : «La police s'en vient.» (Suite demain)

News du jeudi 25 Février 2010

  La transformation de Détroit - Dans les années 1970, cette Cité a été abandonnée à son sort quand son industrie, fortement concurrencée par les aciéries coréennes et les voitures japonaises s'est effondrée. Sa population d'1,8 million est alors passée à 900 000. De 2000 à 2006, le déclin se poursuivait (-3,4%). Cependant, le cauchemar urbain d'autrefois a commencé à se transformer petit à petit.

Dans un documentaire (26:33 – sous-titré en français) produit quelque part à la fin des années 2000, des citoyens de l'endroit témoignent. Rancœur : "Se faire voler son argent par des compagnies comme Enron, Silverado, par les banques..." Désolation : "Des gens perdent leur maison, ne peuvent plus garder leurs animaux. Du coup, des chiens, des chats à moitié sauvages traînent par-ci par là". Espoir : "Je sais vivre par mes propres moyens, donc dans un environnement comme ça. Je bossais pour une grosse compagnie électronique. Maintenant, je me tiens le plus loin possible du monde de l'entreprise".

De grosse ville industrielle, elle devient plus rurale. Elle commence à refleurir. Avec tous ces terrains abandonnés, il est possible aujourd'hui de produire la majeure partie de sa nourriture. À cause de la crise, qui s'étend à tout le Michigan, les gens ont besoin de trouver de nouvelles sources de revenus. Alors, on les encourage à utiliser l'agriculture pour s'auto-suffire. On aide les "urban gardeners" en leur fournissant transplants, terreau, graines et compost.

Comme pendant la grande dépression des années 1930, fait remarquer l'un, vous avez (ici) des gens qui vendent des pommes et des crayons dans les rues. À l'époque, les habitants de Détroit faisaient pousser des légumes dans leur jardin, faisaient du troc avec les voisins, créant une sorte d'économie plus locale. L'argent n'était plus le vecteur principal de leur vie.

C'est un peu comme si nous étions débarrassés des problèmes économiques. Il y a comme une sorte de libération à tout perdre. Parler ainsi, "c'est peut-être un peu fort, nous n'avons pas tout perdu à Détroit".

  La France de Sarkozy déshumanise le droit pénal (1) – Sa Loi de 2008 sur la rétention de sûreté avait effrayé Mireille Delmas-Marty (15:34), juriste, titulaire de la chaire "Études juridiques comparatives et internationalisation du droit" au Collège de France et membre de l'Institut. Elle avait par la suite effectué une recherche et écrit un livre sur le sujet, qui vient tout juste de sortir : "Libertés et sûreté dans un monde dangereux", Éditions du Seuil.

Sous l'alibi du terrorisme, les responsables politiques se trouvent libérés, symboliquement et juridiquement, de l'obligation de respecter les limites propres à l'État de droit.

Cette loi manifeste une volonté de "contrôle social total". Elle permet de maintenir incarcéré un citoyen qui a purgé sa peine, sur la seule base de sa dangerosité. Et de renouveler indéfiniment chaque année l'incarcération jusqu'à la perpétuité. En Allemagne, où une loi du genre est en vigueur, un homme qui avait été condamné à une peine de 5 ans de prison est toujours incarcéré 24 ans plus tard.

Alors que le droit pénal est fondé sur une infraction, la dangerosité est un concept qui n'est pas défini. On pourrait scientifiquement établir, non seulement un diagnostic mais un pronostic à l'effet que telle personne va récidiver.

Comment en sommes-nous arrivé là? C'est le tournant du 11 septembre 2001. Les législations américaines, du temps de W. Bush, ont entrainé en cascades des mesures analogues dans le monde entier. La Cour des droits de l'homme de l'Union européenne a lancé un avertissement : "Attention de ne pas détruire la démocratie sous prétexte de la défendre".

PS : Cette loi de Sarkozy nous fait entrer dans le labyrinthe angoissant de Kafka. Jusqu'où ira-t-il dans son délire paranoïaque et déshumanisant? Et surtout : d'autres pays occidentaux lui emboîteront-ils le pas? Le copier-coller y est devenu presque la norme. Voilà de quoi s'inquiéter.

  1998, déclaration de l'ex-ministre MacKay : Les Canadiens ne savent pas à quel point ils sont surveillés - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) À la lecture de certains passages du rapport Poitras, on constate que cet «équilibre raisonnable» n'existe pas.

À ce sujet, la Commission a comparé les données des rapports annuels du procureur général de l'Ontario avec celui du Québec. Elle a constaté que le nombre de demandes (refusées et autorisées) d'écoute électronique est nettement supérieur dans la province de Québec qu'en Ontario, pourtant plus populeuse que la première. De plus, au Québec «il y a moins de poursuites lors desquelles les communications privées, révélées par une autorisation, ont été produites en preuve ou qui ont entraîné une condamnation».

Dans le tableau 19 de son rapport, elle indique le nombre total de demandes d'autorisation présentées et autorisées en vertu de l'article 185 du Code criminel. On y apprend que de 1990 et 1996 inclusivement, «la Sûreté du Québec a procédé à 1 411 opérations d'écoute électronique contre 593 à la police provinciale de l'Ontario».

Autres cas : «En 1995, 1996 et 1997, la Sûreté du Québec a présenté 83%, 72% et 58% de toutes les demandes québécoises en vertu de ce même article du Code criminel.» Il s'agissait dans ce dernier cas de citoyens ayant accepté que leurs communications soient interceptées.

Dans les dossiers portant notamment sur des crimes économiques et des offres de pots-de-vin, le policier n'a pas, en vertu du Code criminel, à suivre la filière habituelle, c'est-à-dire passer par l'intermédiaire d'un mandataire, il obtient le feu vert d'un avocat de la Couronne. La Commission relate que certains problèmes ont été vécus à l'égard de ce type de demandes : dans certains cas, l'avocat de la Couronne ne pouvait pas s'assurer de leur bien-fondé.

Elle cite à ce sujet le procureur chef des substituts du procureur général du district de Montréal, Me André Vincent : «On était placé encore une fois devant le fait accompli, de dire : on a des résultats d'écoute, sauf qu'on n'a pas les motifs qui sont sous-jacents à ça.» Il semble que par la suite la situation ait changé. Cependant, les policiers n'auraient pas accueillis «avec une complète ouverture» les corrections apportées. Éclairants, ces propos de la Commission...

Elmer MacKay, ex-membre du gouvernement conservateur de Brian Mulroney, au Canada, croyait, en octobre 1998, que la Gendarmerie royale du Canada avait mis son téléphone sur table d'écoute. (Presse canadienne -- La Presse du 13 octobre 1998) «Je ne suis pas paranoïaque, avait-il confié au quotidien Ottawa Citizen. Mais je ne suis pas prêt à parier qu'ils ne sont pas en train d'écouter notre conversation. Et de toute façon, qui s'en soucie? (...) les Canadiens ne savent pas à quel point ils sont surveillés et à quel point leur entreprise est du domaine public».

MacKay est particulièrement bien placé pour émettre ce commentaire, puisqu'il avait occupé, au milieu des années 1980, la fonction de Solliciteur général, donc celle du patron de toutes les polices canadiennes. (Suite demain)

  L'impression de vivre dans un de ces États policiers de cauchemar : comment en sommes-nous venus là ? - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Virage à 180 degrés, cependant, il faudra un peu de temps tout de même pour que chaque rouage de la machine répressive ralentisse la cadence. Neuf janvier 2002, vers 18h, rue Principale, je roule en direction de la biblio. Dans la grande côte, j'ai droit au pas de parade... à la soviétique.

Une civile dans la quarantaine descend la grande côte, le pas haut, balançant les bras ensemble, le tout exécuté au ralenti : les bras à gauche, la jambe droite levée, les bras à droite, la jambe gauche levée. Marche martiale! Dans l'ex-empire de l'URSS, on entendait les bottes frapper le pavé, en face du Kremlin. De l'autre côté, un voisin riverain, qui s'apprête à monter dans sa camionnette, intrigué, s'est immobilisé pour la regarder passer. Tout un spectacle. Veut-elle me signifier sa capacité de se défendre si jamais je l'attaquais?

J'avais déjà été témoin de démonstrations de force du genre, de la part de deux de ses collègues féminines. Chez l'une, c'est le mouvement des bras. Tête légèrement penchée sur le côté, regard dérobé, le bras droite amorce un arc, main ouverte. Le geste est d'abord lent puis vif avant de s'immobiliser une fraction de seconde et s'abattre sur une cible invisible, comme au karaté, puis l'autre bras entreprend la même trajectoire. L'effet saccadé fait penser à l'automate. Chez l'autre, c'est le déplacement de la jambe qui est mécanisé. L'effet est visible seulement quand elle revient à son point de départ, avec une étonnante vélocité.

Des chorégraphies exécutées au quart de tour. Spectacle bien rôdé, les interprètes ne sont pas des débutantes gauches et hésitantes. L'impression de robots bien programmés, aveugles et sourds. Intimidant, réellement ! Et en même temps vous avez aussi cette impression de vivre dans un de ces États policiers de cauchemar. Comme en sommes-nous venus là! (Suite demain)

News du mercredi 24 Février 2010

  Des économistes avaient prédit l'arrivée des crises actuelles – Ils se demandaient si l'on pouvait réellement faire confiance aux marchés. Cependant, leurs propos étaient à contre-courant et ils étaient incapables de se faire entendre face à une complaisance largement répandue. On prétendait que "le capitalisme est un système parfait ou presque parfait". Et les chercheurs qui trahissaient leur scepticisme étaient dissuadés de poursuivre une carrière universitaire. La pensée unique.

Un article de l'économiste américain James K. Galbraith (page 6 du document en français) permet de prendre connaissance de leurs travaux qu'il désigne comme comme étant le cadre conceptuel d'une nouvelle régulation financière. Il traite notamment de la recherche de Dean Baker.

Dès 2002, ce dernier écrivait : "Si les prix des logements redeviennent conformes au niveau général des prix, comme cela s'est toujours produit par le passé, 2 000 milliards de dollars partiront en fumée, rendant encore plus grave la récession. L'éclatement de la bulle immobilière compromettra également la survie de Fannie Mae et Freddie Mac et de nombreuses autres institutions financières". C'est exactement ça qui est arrivé.

  La surveillance électronique, un énorme aspirateur qui avale communications pertinentes et celles qui ne le sont pas - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) La Commission Poitras établit un parallèle pertinent entre l'écoute téléphonique et les mandats de perquisitions.

En 1983, une étude de la Commission de réforme du droit du Canada avait conclu que «58.9% des mandats de perquisition examinés étaient invalides. À Montréal, le taux était de 83%». En 1994, le juge Casey Hill a réalisé une étude semblable, mais de moindre envergure. Il a constaté que 39% des mandats examinés dans son échantillon étaient invalides.

Et la Commission Poitras de commenter : «Il y a donc lieu de mettre en garde contre l'illusion (sic) du contrôle judiciaire.» Ces études établissent qu'il est donc nécessaire d'être prudent. «Il ne fait pas de doute qu'un mécanisme de révision et de contrôle de qualité interne des affidavits et des autorisations d'écoute électronique, s'inspirant du type de vérification réalisée lors de l'étude de la Commission de réforme du droit du Canada, serait souhaitable à la Sûreté du Québec», recommande-t-elle.

Dans son rapport, la Commission Poitras cite le juge Douglas, de la Cour suprême des États-Unis : «La surveillance électronique est le pire destructeur de la vie privée». (Propos du juge Douglas de la Cour suprême des États-Unis, dans sa dissidence relative à l'affaire United States v. White, 401 U.S. 745 -- 1971, repris par le juge LaForest dans R.c. Duarte -- 1990)

Elle cite également la Commission de réforme du droit du Canada : «L'autorisation (d'intercepter les communications privées) agit à la manière d'un énorme aspirateur électronique qui avale sans discrimination les communications pertinentes et celles qui ne le sont pas». (Commission de réforme du droit du Canada -- La surveillance électronique, document de travail 47 -- 1986)

Selon la Commission, c'est pour ces raisons que la Cour suprême du Canada a décidé, dans le cadre de l'interprétation de l'article 8 de la Charte canadienne, qu'il y a lieu d'établir «un équilibre raisonnable entre le droit des particuliers d'être laissés tranquilles et le droit de l'État de porter atteinte à la vie privée pour s'acquitter de ses responsabilités en matière d'application des lois». (R.c. Duarte -- 1990) (Suite demain)

  La Sûreté du Québec avait enseigné à ses collabos de Lac Bouchette ses tactiques clandestines illégales - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Ce qui semble avoir touché Snowbird, c'est de lui avoir signalé que, dans le village, on porte atteinte à la dignité de la personne. Cette formulation a atteint ma cible en plein centre. Me suis alors rendu compte, pour la seconde fois au cours de mon enquête, que la formulation "atteinte aux droits fondamentaux" est trop abstraite pour que les gens cliquent. En utilisant un exemple concret, le message passe comme une tonne de brique.

Preuve comme quoi j'avais bien choisi mon homme. Il l'a transmis aux autres, aussi sûr que deux et deux font quatre. Pas seulement ça. Lui-même cessera ses provocations. Dans les semaines précédent son départ pour le Sud, je ne le verrai pratiquement plus dans l'espace public, et les très rares fois où cela arrivera, il m'ignorera totalement. J'insiste : tous les civils et leurs collabos.

Ces derniers, comme s'ils faisaient la découverte d'un autre monde, celui des droits et libertés, dont le droit à la dignité. Certains disparaîtront de la circulation, d'autres réapparaîtront peu après, détournant la tête lors de mon passage, ou la baissant avec le petit air gêné de ceux qui savent que vous savez. Conscientisés sur les illégalités auxquelles, sans doute sans le savoir, ils se livraient. Certains auront aussi un peu peur, ça se sentira. Peur de représailles, peur de poursuites judiciaires. Les fanatiques de l'ordre et du conformisme viennent de découvrir la face cachée de leur collaboration étroite et quotidienne avec la police.

La Sûreté du Québec les en avait-elle informés avant de les enrôler dans sa milice? Non, et j'en suis convaincu. Il ne fait aucun doute qu'elle leur avait enseigné ces tactiques policières illégales, ils ne pouvaient les avoir apprises d'eux-mêmes. Du reste les civils les utilisent régulièrement. Se pose aussi toute la question de la participation citoyenne à la pseudo police communautaire. Volontaire ou obligatoire?

Que fera le commerçant, par exemple, si l'un de ses employés refuse d'entrer dans la milice policière, ou de participer occasionnellement, dans son établissement et ailleurs, à des activités de répression clandestines? Ce citoyen est-il désigné comme un rebelle à l'ordre établi par la police? Suscite-t-il l'opprobre de celle-ci et de ses miliciens, au point de devenir l'équivalent d'un lépreux qu'on rejette, éjecte?

Et le commerçant, est-il également obligé? Oui, et de cela j'en suis également convaincu. Un pouvoir politique devient immoral quand il exige que des citoyens participent à son système de répression. (Suite demain)

News du mardi 23 Février 2010

  Québec : 152 municipalités en décrépitudes Dans un reportage de l'émission Kilomètre zéro (22:58), diffusée sur telequebec, on répond à la question "Comment sauver ces villages? En offrant des services à la population".

Grosses-Roches, en Gaspésie, est la plus mal en point : 432 habitants, chiffre de 2009, contre 457 en 2001 ; jobs inexistants, chômage, population vieillissante (âge moyen près de 50 ans), école qui chaque année risque de fermer faute de suffisamment d'écoliers, absence de lieux de rencontres.

À Ste-Angèle-de-Prémont (695 habitants, âge moyen 48 ans, taux de chômage de 12%), on ne désespère pas : «Le mot "pas capable" n'est pas dans mon dictionnaire», dit une intervenante. Différents projets ont été concrétisés. À Saint-Édouard, des gens ont décidé de ne pas attendre que les choses se règlent d'elles-mêmes. Ils ont créé une coopérative qui est à l'origine de trois réussites : resto, petite épicerie et station d'essence. Selon une autre : «Les services amènent le monde et le monde amène le monde».

PS : Il faut bien le redire et rere... Les milieux rural et semi-rural sont de petits États Policiers. Pour la police en civil et ses collabos, il est facile de noyauter et contrôler ces endroits peu peuplés, ce qui est impossible dans une grande cité comme Montréal, par exemple : trop de monde.

En y empêchant les citoyens de circuler librement dans l'espace public, surtout les jeunes, civils et collabos en incitent à aller voir ailleurs si la vie n'est pas meilleure. Je me demande ce que nos élus provinciaux et fédéraux attendent pour y restaurer la démocratie... et la prospérité : tant que cela n'aura pas été fait, n'y allez pas, vous risquez de dépérir à vue d'oeil. La liberté est créatrice, la répression clandestine illégale destructrice.

  La Sûreté du Québec écoute les conversations téléphoniques entre avocat-client - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) Lors de l'enquête de la Commission Poitras, la police de l'île de Montréal a déposé un document daté du 17 juin 1998 où elle fait notamment état de sa politique «en matière d'écoute électronique» : cette enquête ne portait pas sur ce corps policier, mais la Sûreté du Québec. (Commission Poitras, DC 1, dossier 2, item 628, titre : Sujets à être abordés lors du témoignage de M. Richard McGinnis, assistant-directeur, SPCUM -- Police de l'île de Montréal -- pages 14-15) Ce qui nous permet d'en savoir un peu plus... Cette politique s'articule en trois segments.

En ce qui touche les domiciles privées, «pas de modalité», indique le document. (NDLR : Dans le Petit Robert, on explique qu'une modalité est une disposition d'un acte juridique qui en retarde, en limite les effets : ex. condition, terme. «Pas de modalité» signifierait donc que rien ne retarde ou limite les effets de l'écoute électronique clandestine.)

Dans le cas des personnes non visées par l'écoute, c'est-à-dire «partout où on ne peut pas prévoir qui va utiliser le téléphone», par exemples : téléphones publics, bureaux, bars, commerces, précise-t-on, «lorsque ce n'est pas le sujet (faisant l'objet d'une enquête policière) qui fait ou reçoit l'appel, on ferme l'enregistrement». Mais continue-t-on d'écouter? Le document ne l'indique pas.

Dernier des trois segments : la police de l'île de Montréal enregistre, sans les écouter, les conversations «privilégiées» entre les citoyens accusés d'une infraction et leur avocat, ou un notaire, ou un employé de ces professionnels. Elle informe l'enquêteur que l'inculpé à parlé au téléphone avec son avocat. «L'enregistrement reste sur le master-- si en cours d'enquête on constate que le professionnel est partie à l'infraction, on va chercher des conversations et on les écoute.»

À la Sûreté du Québec, selon le témoignage de Mario Rancourt, alors responsable de la Division de la surveillance électronique, les conversations avocat-client peuvent être écoutées aussi longtemps qu'elles ne sont pas identifiées comme étant «privilégiées». Lorsqu'elles le sont, l'analyste consigne cette qualification et cesse de l'écouter, cependant l'enregistrement de l'échange se poursuit.

La Commission estime que cet aspect devrait être remis en question. L'enregistrement étant une interception au sens du Code criminel (article 183), il n'est sans doute pas permis par la Charte canadienne des droits et libertés d'enregistrer les conversations privilégiées avocat-client. Au Québec, en milieu policier, les approches diffèrent. (NDLR : Le respect de la loi semble varier d'un corps policier à l'autre. Autant de "lois" que de corps policiers?)

Les questions qui se posent sont de savoir ce qui doit être enregistré ou écouté, et par qui. La Commission estime qu'on «doit maximiser la protection accordée à ce type de conversations et mettre en place les politiques qui sont susceptibles de minimiser le plus possible les intrusions dans ce type de conversations». (Suite demain)

  Soudain, je trouve civils et collabos un peu moins laids - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) En cette fin d'année 2001, suis un peu las de cette enquête. Les comportements des civils et de leurs collabos deviennent répétitifs, ne m'apprennent plus rien que je ne sache déjà. C'est comme visionner toujours le même vieux film. Cela dit sans prétendre tout savoir, absolument tout.

Le temps me semble quand même venu de lâcher un peu de lest, juste pour voir. Je vais faire une confidence à Snowbird. Je l'ai ciblé parce que je le soupçonne d'être, dans le petit village, l'un des principaux rouages de la participation citoyenne à la fameuse cause de la prévention. Chemin de la Montagne, je le vois au loin, s'en vient d'un bon pas.

Cet après-midi-là, je décide de l'entretenir brièvement des atteintes à la dignité de la personne, innombrables dans le village, auxquels se livrent les civils de la Sûreté du Québec et leurs collabos. Lui laisse faussement comprendre que j'ai été témoin d'infractions du genre commises à l'encontre de citoyens du village, ou de confidences que certains m'ont faites, sans lui préciser que je parle spécifiquement de celles dont j'ai été la cible.

Autant de civils et de collabos ne le sillonnent tout de même pas uniquement pour surveiller et déstabiliser le journaliste que je suis. Tous les autres symptômes sont là, et solidement enracinés : climat de gravité ambiante, stéréotypes, rues désertes, citoyens confinés à leur résidence, etc.

En l'espace d'une dizaine de jours, le résultat sera spectaculaire. Mes yeux écarquillés n'arriveront pas à le croire. C'est fou comme on fera désormais preuve de respect à mon égard. Du jamais vu, jusqu'à ce moment-là. Finies les grosses gueules de mes oppresseurs, les regards noirs et autres mimiques, finis les gestes m'indiquant de dégager, finies les paroles faussement mielleuses, et j'en passe, la liste est trop longue. On m'ignorera, tout en continuant de s'intéresser à moi mais discrètement et de loin.

L'attitude des citoyens collabos, surtout, s'en trouvera, et littéralement, culbutée, bien que subsisteront encore quelques entourloupes, quoi que légères comparées à celles d'avant. Graduellement, ils seront aussi moins nombreux à patrouiller les rues. Le démocrate que je suis est fier de son coup. Soudain, je les trouve un peu moins laids. (Suite demain)

News du lundi 22 Février 2010

  Un petit copain – D'un genre plutôt rare (03:06).

  Vaincre la souffrance au travail en lui donnant un sens – Boris Cyrulnik (56:01), psychiatre et auteurs de nombreux livres, apporte une contribution majeure à un débat portant sur "Les controverses du progrès". Comment expliquer que les technos aient mis fin à la paisibilité en milieu de travail, que la souffrance, dans sa dimension insupportable, ne cesse de progresser?

Sa réponse : si la souffrance génère une satisfaction, elle n'est plus perçue comme telle, exactement comme un sportif qui s'entraîne. Il cite le cas d'Espagnols vivant en France. Ils prennent des tranquillisants. Lorsqu'ils vont à Barcelone, ils arrêtent d'en prendre. L'un d'eux lui a expliqué que dès qu'il arrive, il a une fête à préparer. Aussitôt, le sens qu'il donne à sa souffrance est transformé. Deux mots clés : il est entouré, prépare la fête, il y a un projet d'existence. Après il est crevé mais dors bien et peut recommencer.

Selon Cyrulnik, on a perdu ce mécanisme équilibrateur de se rencontrer, danser, faire le pitre et se disputer. Internet nous montre des choses qui se passent ailleurs. Grâce aux technos, on améliore nos communications virtuelles de manière stupéfiante, certes, mais pas nos relations dans le réel. On vit dans un monde de représentations qui nous coupent de la réalité sensible, devient de plus en plus seul derrière l'écran d'un ordi d'une entreprise. Alors, on déclenche un mécanisme angoissant sans contrôle possible.

On est entré dans un système pervers où l'homme devient soumis à la machine, détruisant ainsi ce qui assurait sa santé psychologique. Il n'y a pas de progrès sans effets secondaires. On ne peut pas renoncer au progrès, il faut en corriger les méfaits. La solution est dans la culture du quotidien. L'outil doit être au service de la personne et du groupe social.

  Bell Canada a confié l'installation téléphonique à domicile aux électriciens travaillant à leur compte, parmi lesquels des... civils - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) Le dossier sur les activités souterraines de la police en civil est particulièrement lourd. Il est constitué de faits irréfutables, mais aussi, il faut bien le dire, de gros soupçons issus de six années et demie d'enquête sur le terrain, de la consultation d'un nombre considérable d'ouvrages de toutes sortes. Et même si je n'enquête plus, je continue d'en découvrir

Le fait que les élus, dans leur très grande majorité, sont nuls en matière de tactiques policières et qu'aucun organisme sérieux et neutre ne contrôle ses activités, n'améliorent pas le portrait de la situation. Se dégage la nette impression que la police a la bride sur le cou, libre de faire ce qu'elle veut, sans rendre de compte à quiconque. Assurée de l'impunité du pas-vu-pas-pris. Si le nombre de flagrants délits est infinitésimal, c'est directement attribuable à l'invisibilité de la police en civil, et non pas parce qu'elle ne porte qu'occasionnellement atteintes aux droits et libertés. Celles-ci sont pratiques courantes, quotidiennes.

Laperrière et Patenaude ne s'inquiètent pas seulement du fait que les corps policiers font un usage très répandu des caméras, ainsi cette citation : «Est-il normal que la législation soit muette quant à la vidéosurveillance?» Ils sont également préoccupés de l'utilisation, très répandue, qu'ils font de l'écoute électronique. Le recours abusif de ces techniques semble les troubler. Selon eux, les autorisations accordées aux policiers à ce sujet sont vingt fois plus élevées au Canada qu'aux États-Unis, chiffre de 1994.

Renchérissons à leur propos, en rappelant qu'avec le cellulaire, nul besoin d'installer une bretelle d'écoute sur une ligne téléphonique, le balayeur d'ondes suffit. Combien se préoccupent d'obtenir une autorisation avant de procéder? Et l'écoute sur le téléphone branché à un fil, quelle est la politique des entreprises assurant ce service?

Se donnent-elles la peine de vérifier si toutes les bretelles d'écoute décelées ici et là, au hasard notamment de réparations effectuées par de leurs employés, sont justifiées par des mandats de cours? Dans le cas de Bell Canada, on sait que celle-ci a confié l'installation téléphonique à domicile aux électriciens travaillant à leur compte, dont des flics... Les pires sont les téléphones publics, des lignes dormantes, attendant qu'un poisson morde. (Suite demain)

  Une expression à suivre : tiens, un brave ! - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Les deux patrouilleuses de l'escouade cyclistes ont remisé leur bécane, hiver obligeant, et effectuent leur ronde à pied. Les vois, un jour ou deux après Snowbird, sur la route de l'Ermitage. «Salut, les filles!», que je leur dis au passage. Je me fais aussitôt répondre par l'une d'elles : «Tiens, un brave!» Oups, pardon! Il arrive souvent que quelqu'un utilise une expression et que, peu après, vous établissiez le lien avec une autre personne.

Le lendemain Snowbird apparaît dans le paysage. Brandissant le bras, index et majeur en V (V comme dans victoire), il me crie au passage : «Bonjour, mon brave!» Je retiens un sourire. Il est suivi de l'homme-au-chien-renifleur. Je le salue, il reste un peu interdit. À l'épicerie, encore Snowbird, les coudes appuyés sur le dessus de la caisse du comptoir de la quincaillerie. Il m'observe, cherche à m'intimider. Je n'hésite pas : «Salut, mon brave!» Il répond, sans conviction.

Dans la rue, même l'aïeul s'y met. Je ne réponds pas à ses salutations venimeuses, alors il insiste. Me retourne et le traite d'harceleur. Il proteste, je n'en fais pas de cas. À l'épicerie, il me rejoint dans une allée, veut savoir pourquoi je ne lui parle pas, imitant l'autre dont j'ai déjà parlé  : encore un lien. Lui dis ne pas être intéressé. Il en remet, lui signifie de me laisser tranquille. Voyant que je commence à élever le ton, il quitte les lieux.

Le lendemain, il est encore là, dans une allée où je dois forcément passer, jouant au client absorbé à examiner des articles sur une tablette. Une allée plus loin, encore lui, cette fois poussant un panier... vide. À peine quelques pouces séparent nos paniers lorsqu'on se croise. Regard fixé droit devant lui, il tente, d'un petit coup sec, de réduire un peu l'espace, je tasse illico légèrement le mien pour éviter l'accrochage.

Ce même après-midi-là, deux conducteurs de camionnette, dont l'homme-au-chien-renifleur, le petit épicier à la retraite, essaient de capter mon regard. J'entrevois leur tête pratiquement insérée entre volant et pare-brise, les yeux ronds comme des pièces d'un dollar, la mine réprobatrice. (Suite demain)

News du dimanche 21 Février 2010

  Berlin 2009 : Carnaval et culture "Je vais prendre ta douleur", chante Camille. Ça commence en douceur, puis tout le monde embarque (03:21).

  Désenchantement des électeurs : il faut donner à la démocratie une définition plus large – Dans son livre "Pourquoi nous n'aimons pas la démocratie" et publié récemment aux Éditions du Seuil, Myriam Revault d'Allonnes (15:46), philosophe et prof aux Universités à l’École pratique des hautes études, en France, explique que la démocratie est un enjeu vide qu'il faut remplir.

Elle ne se limite pas à l'électif. Le pouvoir n'est pas quelque chose qui s'abat uniquement dans haut. Il est aussi une rencontre avec le désir qui vient d'en bas. Les promesses (électorales) sont souvent perçues comme non tenues. Ce n'est pas seulement non plus un système procédural mais aussi une manière de vivre ensemble.

Aujourd'hui, le conflit, notion capitale au sein d'une démocratie, n'est pas suffisamment accepté. Pourtant, c'est ce qui fait sa grandeur. Toutes les tentatives d'homogénéisation pour essayer de le résorber visent à l'affaiblir.

Elle cite le cas du débat sur l'identité nationale, qui vient à peine de prendre fin en France. En voulant la fixer une fois pour toutes, on allait à l'encontre du fondement même de la démocratie, qui implique le débat permanent. Car l'identité nationale est une notion en évolution. On ne peut pas la figer dans le temps. Elle engage aussi le rapport à soi et celui vis-à-vis des autres. (NDLR : au Québec, les péquistes veulent la définir)

PS : À la fin de décembre dernier, le premier ministre canadien Stephen Harper a fermé les portes du Parlement jusqu'au début de mars qui vient. Deux mois sans aucun débat, alors que la démocratie en a besoin pour survivre. Le gouvernement du Canada n'est pas une grande entreprise privée chapeautée d'un pdg élu par des actionnaires.

  Les civils sont friands de renseignements relatifs aux petites fantaisies et fantasmes sexuels des citoyens - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) Que ce soit en cette matière ou en toute autre, l'affaire est sérieuse. Nécessaire de rappeler le climat d'insécurité généralisé dans lequel nous baignons tous maintenant.

Ackermann, Dulong et Jeudy affirment que, dans un contexte du genre, tous les pièges sont possibles : l'insécurité est une arme des pouvoirs, elle est objet suprême de la manipulation, elle permet de légitimer les dispositifs de préservation, les mesures de contrôle. (Werner Ackermann, Renaud Dulong et Henri-Pierre Jeudy -- Imaginaires de l'Insécurité -- Librairie des Méridiens)

«On pourrait croire ainsi à une extraordinaire orchestration d'une dynamique de la relation entre la sécurité et l'insécurité qui domine toutes (sic) les activités de la vie quotidienne et toutes (resic) les stratégies d'ordre politique et économique.» On peut parler de la désubjectivation des processus de contrôle, ayant comme horizon une exclusion générale de la société. Les trois auteurs parlent de «l'arbitraire fantastique des stratégies de défense, de préservation ».

Laperrière et Patenaude, dans leur ouvrage publié en... 1994, se réfèrent à Big Brother d'Orwell... (Traité des problèmes sociaux -- Institut québécois de recherche sur la culture -- Ouvrage collectif sous la direction de Fernand Dumont, Simon Langlois et Yves Martin, 1 164 pages, 1994 ) (George Orwell -- 1984 -- Éditions Gallimard) Le héros de son roman était sous surveillance constante, néanmoins il avait une échappatoire : tant qu'il ne matérialisait pas sa pensée, tant qu'il réussissait à garder le secret de ses idées, il était à l'abri de la riposte du pouvoir.

«De nos jours, ce dernier refuge de l'individualité est accessible, avertissent-ils. Ces informations les plus intimes (sic) qu'on peut tirer d'une personne sont ensuite susceptibles d'être enregistrées pour des périodes très longues, diffusées, et de servir à des décisions mal fondées, discriminatoires, et illégitimement ou exagérément pénalisantes pour les intéressées.»

Informations les plus intimes? Illustrons. Dans le dossier informatisé du citoyen, la police ne fait pas qu'indiquer tout ce que nous avons énuméré jusqu'à présent, mais aussi ses petites fantaisies et fantasmes sexuels. La police en civil, spécialisée aussi en matière de répression sexuelle clandestine illégales, est particulièrement friande de ce genre de renseignements.

Connaître les petits secrets de tous et de toutes, lui permet de les utiliser, lorsque nécessaire. Par exemple, en le lui faisant savoir par des allusions directes -- elle en informe de ses collabos -- ou indirectes, afin d'imposer son emprise psychologique. Elle utilise beaucoup cette peur du qu'en-dira-t-on pour mater des citoyens et citoyennes.

Si madame est une adepte du godemiché ou de l'homme gonflable et monsieur du porte-jarretelles ou de la poupée gonflable, probable que la police le sache. Big Brother et Big Sister étant partout, aidés qu'ils sont de leurs collabos, dans ce cas-ci, des vendeurs de ces objets affriolants. (Suite demain)

  «Tabarnak, y'est rough à matin !» - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Les faits abondent mais je ne peux faire état de tous. Quelques uns en vrac... Point d'interrogation tracé sur le miroir, au-dessus du lavabo de ma chambre de bain, à l'aide d'un savon, preuve évidente qu'on avait profité de mon absence pour s'introduire illégalement chez moi, ce qui n'était pas nouveau.

Autre exemple : été 2002, j'avais placé deux documents sous mon matelas, un de chaque côté du lit. À mon retour, j'ai trouvé l'un sous un oreiller. Civils toussant ou grommelant je ne sais quoi au moment de passer devant ma porte. C'est notamment le cas de celui distribuant l'hebdo l'Étoile du Lac. Généralement parce que, la veille ou le jour même, j'ai dit un mot de trop ou posé un geste qui déplaisait à ces messieurs dames.

Été précédent, revenant d'une randonné à vélo, j'aperçois un civil, qui ne demeure pas dans l'immeuble, dans mon espace de stationnement. Il m'attend pour jaser. Lui indique carrément qu'il n'a pas d'affaire ici, que je suis chez moi, comme lui-même sur son terrain privé. Il s'en va d'un pas rapide, tête penchée, grommelant : «Tabarnak, y'est rough à matin (c'était l'après-midi, vers 16h30).» «Ça va être comme ça désormais!» que je lui lance.

Snowbird est un vieux monsieur à sa retraite, respectable et respecté. La profession qu'il a exercée toute sa vie faisait de lui un candidat idéal comme collabo clandestin de la Sûreté du Québec. Voyons le à l'action sur le terrain. Fin de novembre 2001, Chemin de la Montagne, on se croise. Il lève le bras droit en guise de salutation, s'apparentant à l'hitlérienne.

Samedi 1e décembre, même rue, il marche d'un pas pressé, comme d'habitude, mais cette fois on sent en quelque part une certaine urgence. Il lève le bras droit pour me saluer. Lui lance : «Les coïncidences font bien les choses, hein?» «Oui», cela dit en levant de nouveau son bras. Message explicite : on finira bien par te sortir de l'espace public.

La veille, je l'y avais rencontré vers 14h. Aujourd'hui, il est environ 15h30. J'ai retardé mon départ de chez moi pour vérifier si je l'y verrais. Changer les heures de mes routines permet de voir si les rencontres sont fortuites ou non. Tactique concluante. (Suite demain)

News du samedi 20 Février 2010

  Magnifico ! – Night By Night (03:50). Vous allez avoir envie de danser jusqu'au petit matin...

  Porcs et joueurs à la roulette – Quelle est la différence? Il y en a pas. Se ruer aux mangeoires et se rouler dans la boue ou créer des châteaux de cartes (bulles) dans les casinos, c'est du pareil au même. Deux vidéos produites par une association (plusieurs autres sur le site, dont les archives) qui serait proche d'Obama : porcs (00:30) + joueurs à la roulette (00:30).

  Vivre tassés dans un tout petit appart - Faire l'amour pendant que les parents dorment.

  La police sait ou peut tout savoir à votre sujet, incluant votre santé physique, psychologique et sociale - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) Écoutons David Loukidelis, Commissaire à la protection de la vie privée de la Colombie-Britannique. Parlait-il spécifiquement du projet québécois de la carte à puce ou d'un projet semblable en phase d'élaboration dans sa province? Je l'ignore, mais son point de vue mérite d'être entendu (Dene Moore, Presse canadienne -- La Presse du 27 décembre 2001)

«Je crois que plusieurs gens seraient surpris de voir la quantité de leurs renseignements médicaux personnels qui sont classés électroniquement ou accessibles.» Il soutient qu'il doit y avoir un débat sur l'accès à ces renseignements. «Je crois que le gouvernement devrait amorcer un dialogue à ce sujet et ce n'est pas ce qui se passe actuellement.»

Reste cette grande inconnue pour le commun des mortels : la police (municipale, provinciale et fédérale) a déjà accès à toutes les mégabanques gouvernementales, tant provinciales que fédérales. Y compris les informations personnelles en matière de santé physique, psychologique et sociale.

Si vous avez déjà fait un burnout, avez suivi ou suivez une thérapie, avez avorté, êtes atteint d'une maladie sexuelle honteuse (sida, hépatite, etc.), êtes homo ou hétéro, pratiquez la pénétration annale avec ou sans condom, voulez ou avez changé de sexe, prenez des médicaments prescrits par votre médecin et susceptibles de développer une dépendance, avez le coeur fragil, les artères en piteux état, etc., la police en civil le sait déjà, ou peut facilement le savoir.

En outre, il est un fait confirmé (voir L'Étau Policier, tome 1) que la police en civil est même présente dans des hôpitaux, des salles d'urgence, des cliniques privées, etc. Autant de renseignements utiles lui permettant de peaufiner davantage votre profil psychosocial. Si la police en civil juge opportun de vous assagir ou éjecter de la société, elle peut les retourner contre vous. De la même manière qu'elle exploite ou peut exploiter la tendance du citoyen à piquer des colères. (Suite demain)

  Triomphe de la lumière sur la grande noirceur - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Le 29 novembre 2001, au milieu de l'après-midi, je le repositionne, installe deux jeux de lumières de 25 ampoules chacun. En l'espace d'un peu plus d'1 heure, j'aperçois 3 civils dans mon environnement immédiat. L'un, dès ma sortie de l'appart. C'est l'homme-au-toutou. Depuis quelque temps, ses apparitions sont synchro aux miennes.

Deux autres suivent, défilant derrière moi, à quelques minutes d'intervalle. Dont celui qui a fait tomber l'arbre : «Ça commence à ressembler à Noël», me lance-t-il. Une neige abondante tombe, il fait doux : «C'est magnifique», que je réponds. Et cet autre, encore un locataire de l'édifice, qui me fait sursauter : «C'est les grosses décorations!» Je n'en fais pas de cas, continue de m'affairer.

Un 4e se manifeste, lui, en frappant sur quelque chose, genre boum-boum-boum, l'avertissement subliminal caractéristique. Je l'entends mais ne le vois pas, me déplace, l'homme est sur sa galerie, frappe sur le rebord d'une fenêtre. C'est le nouveau proprio de la maison voisine. Auparavant, il demeurait sur la Route de l'Ermitage, près du lac. D'après l'un de ses fils, l'ex-proprio et son père... ont échangé leur maison : ces échanges entre flics m'intriguent.

Je l'ai souvent vu patrouiller à pied ou en auto. Un après-midi, entre autres, marchant rue Principale accompagné d'une collabo, calepin et crayon à la main. À l'été 2001, l'avais vu sortir de chez lui, fouillant nerveusement dans la poche arrière de ses jeans, affairé au point où je lui avais demandé s'il partait en patrouille, ma question l'avais saisi : «Heuheu... oui!», une réponse sèche.

Quelques semaines après, je déneige mon entrée. Il sort de son domicile, me salue, je lui demande à brûle pour point s'il est un civil. «Nooonnn!» fait-il le bec arrondi, il travaille pour un organisme sans but lucratif de Ville de Saguenay. En avril 2002, il s'y installera : cédera-t-il sa maison à un autre civil d'ici? Oui. La "conjointe" du nouveau proprio fait du "bénévolat" à l'aréna municipale. Tous deux partent régulièrement en patrouille, surtout le soir : ils répondent aux appels de collègues, préposés aux écrans, qui les informent qu'un véhicule ou un piéton circule dans l'espace public.

Parfois je les vois partir, parfois les entends seulement : portières qui claquent, bref vrombissement du moteur, que j'identifie aussitôt, suivi de la marche arrière, d'un arrêt et de l'accélération en direction de la 155. Et notre homme habitant désormais Ville de Saguenay, occupe-t-il la maison d'un collègue muté dans une autre ville?

Huit décembre 2001, vers 16h30, je reviens de ma randonnée un peu fatigué et frigorifié, rentre le vélo dans l'appart, branche l'arbre de Noël, et m'allonge sur le divan. Une trentaine de minutes après, un bruit provenant de l'appart voisin me réveille.

Me fais un café et ouvre la porte prendre une bonne bouffée d'air frais, regarde à droite, constate une zone sombre au centre de l'arbre, m'approche : des d'ampoules ont disparu. Les remplace aussitôt, ce qui me permet de faire le compte : sur 50 ampoules, il en manque 14 et 3 autres sont brûlées. Comme elles sont voisines les unes des autres, j'en déduis qu'elles ont sans doute été endommagées à coups de chiquenaudes.

M'étais prémuni contre cet autre sabotage de la Sûreté du Québec, en avais acheté 25 de plus. Une semaine s'écoule et ça recommence. Quatre cette fois, en visse de nouvelles. Après, une autre se volatilise. Nous voilà rendu à 22. Pas de problème, les gars. Suis prêt à me réapprovisionner de 25 autres, veux simplement voir jusqu'où vous pouvez aller. Symboliquement, c'est aussi le triomphe de la lumière sur la grande noirceur. (Suite demain)

News du vendredi 19 Février 2010

  Dagenais, président du syndicat des policiers de la Sûreté du Québec, attaque la compétence de la Protectrice du citoyen en matière policière – Selon ce que rapporte Radio-Canada, le chef syndical Jean-Guy Dagenais soutient que Raymonde Saint-Germain, Protectrice du citoyen, n'a aucune expérience des affaires policières.

C'est la conclusion qu'il tire après avoir lu son rapport où elle recommande que les enquêtes sur des incidents graves impliquant des policiers soient confiées à un organisme indépendant. Car après enquête, elle fait le constat et déplore le manque d'indépendance, l'impartialité dans le processus actuel et l'absence de réglementation.

PS : Médias et blogueurs du web doivent supporter la démarche de la Protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain. Elle possède une compétence dont le flic Dagenais est dépourvu : les droits et libertés. Posons la question : Dagenais a-t-il déjà porté atteinte aux droits et libertés? Permettez que je réponde : tous les flics, surtout les civils, y portent atteinte régulièrement, quotidiennement. Dagenais serait-il une exception? Si oui, il y aurait lieu qu'on demande la création d'un Prix Nobel des droits et libertés afin qu'on puisse poser sa candidature.

  Deux combattantes pour la liberté des musulmanes : Dounia et Lylia Bouzar – Elles ont publié en janvier "La République ou la burqa, les services publics face à l'islam manipulé" (image de la page couverture), aux Éditions Albin Michel (résumé du livre sur son site), contribuant ainsi au débat en France relatif à l'interdiction de la burqua. Plus de 1 000 femmes la porteraient dans ce pays. Ce nombre augmente-t-il année après année?

Deux entrevues permettent de comprendre un peu mieux la problématique, qui prévaut dans plusieurs pays occidentaux : au Québec, certains préconisent les "accommodements raisonnables". Une sur France Culture (14:31), où Dounia Bouzar, anthropologue musulmane, explicite clairement son origine. L'autre sur le site lejourduseigneur (06:14), où elle dénonce les fausses interprétations du Coran que font les dirigeants musulmans au nom de dieu (ils se prennent pour dieu). Leur rêve de toute puissance, selon elle, génère la violence. La question est posée : "Dieu aime-t-il la guerre ou la paix?"

Pour compléter ce bref tour d'horizon, un film (38:25) sur Bagdad de 2006 illustrant que l'interprétation du Coran diffère chez des pratiquantes. Sous l'écran, lisez le texte de présentation. On peut notamment y lire : "Many Iraqi women remember Saddam's era as the good old days". Les deux éléments sont en anglais, par contre dans le film les intervenants possèdent un anglais rudimentaire, donc facilement compréhensible. Les bons documentaires nous forcent à mieux maîtriser cette langue, et il en est très bien ainsi.

  Une carte à puce inquiétant la CAIQ - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) Qu'en sera-t-il de cette éventuelle carte à puce du Régime d'Assurance-maladie du Québec (RAMQ)? Le ministre péquiste de la Santé, Rémy Trudel, a déposé à l'Assemblée nationale, en décembre 2001, son avant-projet de loi qui en encadrera l'utilisation. (Katia Gagnon et Denis Lessard -- La Presse des 10, 19 et 20 décembre 2001) La Commission d'accès à l'information du Québec (CAIQ) avait cependant des réserves, sans doute motivée par le passé peu rassurant du gouvernement en la matière.

Elle soulignait le double mandat de la RAMQ, à la fois dépositaire de cette masse d'informations nominatives et assureur public. Notait aussi que pas moins de 17 catégories d'employés du réseau de la santé y auront accès. De son côté, le ministre assurait que la protection des renseignements personnels sera étanche : «(...) (Cette carte) n'a aucun objectif de contrôle, c'est strictement un instrument clinique, un outil pour permettre aux médecins de mieux travailler avec leurs patients».

Le patient pourrait refuser en tout ou en partie au médecin l'accès à des informations en apparence anodines : groupe sanguin, présence d'allergies, interventions chirurgicales passées et médicaments prescrits. Il pourrait aussi lui demander de ne pas ajouter des détails qu'il ne souhaite pas voir figurer dans son dossier.

Il est bien évident que le cadre légal qui régirait un tel fichier devrait être serré, écrit l'éditorialiste Katia Gagnon de La Presse. Tout couplage devrait être interdit. Un organisme «chien de garde» pourrait faire rapport annuellement sur la gestion du fichier. Elle sera bien utile, cette carte, on ne peut le nier. Qu'est-ce que ça change? se demande finalement l'éditorialiste, puisque la RAMQ possède déjà dans son mégafichier l'historique des trente dernières années de toutes nos consultations dans le réseau de la santé.

Répondons à la question. De un, on n'explique pas comment le patient s'y prendrait pour verrouiller les interdits qu'il impose au médecin. De deux, que l'interdiction du couplage du dossier est quasi impossible. Car le médecin ne dit pas tout à son patient. Pas le temps, d'autres personnes attendent dans la salle d'à côté. Pas seulement pour cette raison.

Si le patient est atteint de cette catégorie de cancers où les chances de survie sont nulles, par exemple, il ne lui apprendra pas tout de suite, lui donnera l'espoir de le vaincre, attendra les résultats des traitements. Possible que sa communication avec la mégabanque de la RAMQ sera plus explicite.

Sans omettre les commentaires à caractère psychologique et social, qu'il n'oserait jamais formuler à son patient, car il risquerait de perdre un client. Voilà un immense terrain permettant d'en savoir beaucoup plus sur celui-ci, et de porter des jugements. Quand le médecin renseigne la RAMQ sur l'état de santé de ses patients jusqu'où peut-il aller sans enfreindre son serment de confidentialité? (Suite demain)

  Un civil de la Sûreté du Québec fait tomber mon arbre de Noël - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Dans ma cours, ce n'est pas non plus le calme plat... Novembre 2001, emprunt d'une petite hache pour aller couper mon arbre de Noël dans la forêt tout proche, que je fixe ensuite sur mon vélo. Le type me demande de la déposer dans son véhicule lorsque j'en aurai terminée, ne veut pas que je la lui rapporte sur son lieu de travail : «Ç'aurait trop l'air d'un massacre à la hache.»

Pourtant, à la quincaillerie où il travaille, on en trouve d'autrement plus impressionnantes, certaines ressemblent même à celles utilisées par les pompiers pour éventrer une porte en moins de deux. Prévention... En soirée, alors que j'installe mon arbre près du mur, deux civils se dirigent vers la maison en retrait de la 155, j'entends l'un dire à l'autre : «On va y voler.»

Depuis trois semaines, ce même mois, je ne reçois plus l'hebdo régional l'Étoile du Lac. Il est distribué gratuitement, porte à porte, par Publisac. Une autre situation conflictuelle concoctée par des civils de la Sûreté du Québec : souvent, la distribution est effectuée par certains d'eux, ce qui leur permet de violer l'espace privée des citoyens.

Je décide de piquer celui d'un civil demeurant dans l'édifice. L'un de ses collègues d'une maison avoisinante, au fond d'un cul-de-sac, me voit de sa fenêtre. Impossible de sortir de chez soi sans être capté par une caméra extérieure. M'étais plaint deux fois auprès de l'hebdo, en vain. Je rejoins la responsable de la distribution locale, me promet de s'en occuper. Cet incident est clos mais d'autres surviennent. La Sûreté du Québec passe sont temps à allumer des petits feux.

Le 25 novembre, un dimanche, 17h15. J'entends des pas sur le chemin de pierre concassée longeant une partie du mur extérieur, suivi de l'affaissement de quelque chose frottant légèrement au passage le cadre de la porte. Allume la lumière extérieure, ouvre, la tête de mon arbre de Noël est à mes pieds, sur la dalle de béton, près du seuil : les ampoules n'avaient pas encore été installées.

C'est vrai qu'il vente, mais il est rachitique, l'arbre, adossé au mur et retenu à la verticale par deux piquets enfoncés de biais dans la terre, qui n'est pas encore gelée, à coups de tête de hache, et reliés au tronc avec de la corde. On a arraché l'un des piquets.

Et puis, il y a les pas intrigants entendu peu avant. J'enfile un vêtement chaud, tourne le coin de l'édifice, une ombre se profile derrière le store de la buanderie, celle-ci étant éclairée. M'immobilise à vingt pieds, attend un moment, la porte s'ouvre, l'ombre sort : c'est le flic qui disait «On va y voler». On se dévisage sans dire un mot puis je vais jeter un œil à l'autre coin.

À l'extrémité de la longue galerie, longeant la façade de l'édifice, l'arbre du civil n'a pas été touché, seul un petit support doté de trois pieds le tient debout. Pourtant, le vent souffle plus fort de ce côté, le plus exposé, où passe la 155, un vaste espace dégagé d'arbres. (Suite demain)

News du jeudi 18 Février 2010

  Parc national de Yosemite, en Californie – L'un des plus beaux et des plus fréquentés aux USA (04:03).

  Un chef d'œuvre – On se demande quel truc l'auteur a utilisé pour les filmer d'aussi près (03:01).

■  Le journalisme d'enquête qu'on aime - Florence Aubenas (10:01), après avoir obtenu un congé sabbatique du Nouvel Observateur, un quotidien français, a enquêté pendant 6 mois dans le monde du travail des précaires.

On ne dit plus "je cherche du travail