News du dimanche 28 Février 2010
■ La
régulation des marchés financiers avance-t-elle? -
Oui, mais on en est aux négociations entre pays. Obama a fait des
propositions à l'Union européenne (UE), qui seront étudiées en
avril par les 27 pays membres. Michel Barnier, Commissaire français
désigné récemment au Marché intérieur et aux services financiers
au sein de l'UE, multiplie les rencontres à l'étranger.
Le G20, pour sa part, se réunira en juin au Canada.
Deux
déclarations du Commissaire Barnier : "Je trouve très
important que dans le cadre du mandat de la feuille de route du G20,
il y ait des deux côtés de l'Atlantique le même volontarisme".
Et cette autre, émise lors d'une entrevue
(6 pages) peu avant d'être nommé à cette fonction : "Aucun
acteur financier ne sera à l'écart de la régulation".
Faudra attendre la fin pour voir le contenu du contenant, la
régulation.
■ Carnivore
vampirise les messages électroniques
- (Suite tome
2
de l'Étau Policier) Le
courrier électronique n'est pas plus sécuritaire que tout le reste.
En juillet 2000, Carnivore,
le système d'espionnage utilisé par le FBI,
faisait des vagues aux États-Unis et en Europe. (D. Ian Hopper,
Associated Press --
La Presse du 15 juillet 2000)
D'après
le journaliste D.
Ian Hopper
de l'Associated Press, les agents fédéraux américains installent
chez les fournisseurs d'accès à l'Internet un boîtier
noir
leur permettant de scanner des millions de messages afin de repérer,
à l'aide de mots clés, d'éventuels
courriels suspects.
Un fournisseur qui en refusait l'installation de crainte d'être
poursuivi en justice par ses clients a perdu sa cause devant les
tribunaux. Son avocat, Me
Robert Corn-Revere,
estime que la législation américaine doit être revue
et corrigée.
Pour
sa part, l'American
Civil Liberties Union
(ACLU), continuellement sur la barricade, a
dénoncé les pratiques policières abusives
devant la sous-commission de la Chambre des représentants chargée
de la protection des citoyens. Elle soutient que Carnivore empiète
les droits
des fournisseurs d'accès et de leurs clients parce que, avant de
décider de copier ou non les messages, il relève leur contenu ainsi
que l'identité des expéditeurs et destinataires.
Son
perspicace directeur adjoint, Barry
Steinhardt,
soutient que les citoyens ne
doivent pas croire ceux
leur affirmant qu'il est utilisé seulement contre des suspects : «On
devrait interdire aux représentants de la loi d'installer tout
système leur permettant d'intercepter les communications d'autres
personnes que leurs cibles.»
(Suite
demain)
■ Propos
diffamatoire de mon chauffeur, Chevalier de Colomb et collabo de la
police
- (Suite tome
1
de l'Étau Policier) En
outre, ai souvent vu
mon chauffeur
utiliser les mêmes techniques policières que ceux qui me harcèlent
ou cherchent à m'intimider quand je circule à vélo : coups de
klaxon,
grosses gueules,
gestes d'impatience de la main
indiquant à la cible de dégager.
À
l'été 2002, entre autres, lors des travaux routiers sur la 155, à
la hauteur du village voisin, St-François-de-Salle, il avait ainsi
harcelé
une jeune femme
préposée à la circulation, passait son temps, quand nous
traversions ce secteur en construction, à pester contre elle. Après
quelque temps, j'avais remarqué le faciès un
peu effrayé
de la jeune femme. Il avait aussi procédé de cette façon avec un
coéquipier de celle-ci, un homme dans la cinquantaine qui,
visiblement, était étonné de ses simagrées.
Autre
fait démontrant le genre de saloperies
que le collabo
propage délibérément. Brièvement le contexte. Au début de 2002,
le ministre péquiste des Transports, Guy
Chevrette,
relate à l'animateur de l'émission Arcand, diffusée par TVA, que
durant la campagne électorale de 1989, alors qu'il était chef du
Parti québécois, une avocate lui avait offert un pot-de-vin de 500
000$ afin
qu'il s'oppose à l'étatisation des loteries vidéo. (Pascale Breton
--
La Presse du 24 janvier 2002)
C'était
l'un des éléments du programme électorale du gouvernement libéral
sortant. Il visait à neutraliser
le crime organisé qui avait souvent la mainmise
sur le jeu de hasard. Chevrette, qui était accompagné d'un adjoint,
avait refusé et donné deux minutes à l'avocate pour quitter les
lieux.
Quelque
mois après, mon chauffeur-collabo
m'informe avoir entendu, dans une de ces émissions réveil matin de
la télé québécoise, un avocat raconter à l'animateur que
Chevrette, contrairement à sa déclaration, avait
accepté le pot-de-vin
de 500 000$. Le collabo ne se souvient pas à quel canal il a capté
ces propos ni des noms de l'animateur et de l'émission.
J'ai
toujours considéré Chevrette comme un politicien intègre.
Alors, je suis vraiment tétanisé par cette nouvelle, n'arrive pas à
le croire. D'autant plus que dans les médias que j'écoute et lis
aucun n'a fait écho de ce rebondissement. Une nouvelle de cette
importance y aurait fait la manchette pendant des jours. J'en viens
rapidement à la conclusion que c'est carrément de la diffamation.
L'avertis de faire attention. Me rétorque, ton de la voix et geste
impatients : «Je
travaille avec la police!»
(Suite
demain)
News du samedi 27 Février 2010
■ Ne
laissez jamais seul votre ordi dans un atelier de réparation,
imposez votre présence -
(Suite tome
2
de l'Étau Policier) L'internaute
peut-il se protéger des intrusions dans sa vie privée? Par exemple,
les mots de passe protégeant ordinateurs et fichiers,
sécuritaires, indéchiffrables? Difficile
de croire que la police laisserait un logiciel spécialisé
dans l'indéchiffrable circuler sans en avoir obtenu la
clé de son éditeur.
Il
en est fort probablement ainsi du logiciel PGP (pretty good privacy)
conçu par Philippe Zimmerman,
reconnu comme étant le plus sécuritaire de tous. Il n'existe
«actuellement»
aucune façon d'en décoder un message. Possible
que ce ne soit plus le cas aujourd'hui,
les technologies de l'information, on le sait, évoluent rapidement.
Rappelons que lorsque quelqu'un s'infiltre dans un ordinateur, son
propriétaire risque l'espionnage, la mise hors service des systèmes,
la perte des données et l'infection par virus informatiques.
Il
est bon de savoir que la police en civil a
infiltré des commerces d'équipements électroniques.
C'est davantage le cas d'ateliers
de réparation
où les clients déposent en
toute confiance
leur ordi défectueux, et passent le reprendre le lendemain ou plus
tard. Ceux-ci devraient prendre rendez-vous et exiger
de rester sur place pendant la réparation.
Pour la police, les fichiers informatiques, c'est de l'or en barre.
Étant
infiltrée partout, directement ou indirectement grâce à des
collabos, vraisemblablede
penser
qu'elle a également pied à terre au sein de fournisseurs de
l'Internet, tels Bell
Sympatico,
Vidéotron,
etc. Et sans même que les dirigeants, cadres et autres employés de
ces entreprises ne
soient au courant.
Elle
peut ainsi épier à loisirs des internautes et, dans les scénarios
les moins pires, semer en cours de route un tas d'embûches à ceux
cherchant à atteindre des sites Web qu'elle n'apprécie pas, ou pour
d'autres raisons, en ralentissant la vitesse de la navigation ou en
utilisant à répétition le fameuse formulation "Impossible
d'afficher la page". Dans les pires, elle peut introduire virus
et chevaux de Troie et faire crasher des ordinateurs.(Suite
demain)
■ Un
chauffeur Chevalier de Colomb et collabo à l'os -
(Suite tome
1
de l'Étau Policier) N'ayant
pas d'auto, je peux compter sur trois personnes quand je dois aller à
l'extérieur du village. Deux sont de bonne foi, le troisième, pas
une miette.
Sous des apparences doucereuses, ce Chevalier
de Colomb
(CdeC) est un collabo pur et dur de la Sûreté
du Québec.
Il se prétend civil de ce corps policier, mais «faut
pas le dire à personne»,
m'a-t-il déjà averti.
Je
ne l'ai jamais cru, pas assez allumé pour le métier. Mais fanatique
de la police, de l'ordre et du conformisme, et Chevalier de Colomb, cela ne fait pas
l'ombre d'un doute. Et
à tout crin,
participant aux patrouilles dans les rues du village, à des
déstabilisations aussi, espionnant, on peut le présumer sans se
tromper, les gens qu'il transporte. Je le connais depuis plus
de quatre ans,
un maudit bon gars, qui ne rate jamais l'occasion cependant de me
désinformer.
J'ai
remarqué que lorsqu'il me dit du mal de quelqu'un, et
c'est imparable,
il s'agit d'un civil. Il fait de gros efforts pour étoffer sa fausse
identité. Il me confiera notamment que l'un de mes voisins est un
homo.
Ainsi, lui en accoler l'étiquette visait à égratigner un peu sa
réputation. Un homo ne peut pas être dans
la police,
pensera-t-on.
Il déblatérera aussi contre le
faux ado,
celui qui, en ma présence, si vous vous souvenez bien, avait été
interpellé un peu rudement par un civil, au point d'être sur le
bord des larmes. Mon chauffeur-collabo me le décrira comme un
jeune malfaisant
qui a déjà pillé un jardin un soir, et qui prend de la drogue.
Dans
l'édifice où j'habite, le mini
quartier général
de la Sûreté du Québec, j'ai vu de temps à autre ce dernier en
sortir ou entrer. Un jour, il est apparu à la fenêtre d'un appart
de l'étage, arborant une fausse
petite moustache et un faux
collier de barbe. Au même instant, au rez-de-chaussée, juste en
dessous, l'homme-au-toutou
sortait sur la galerie, affichant la fameuse coupe
iroquoise,
la soft, une petite moustache noire à
la Chaplin
complétait le déguisement. Synchronismes.
À
une autre occasion, ai aperçu Faux-Ado,
sur le terrain voisin, jouant au ballon, vêtu d'un tee-shirt...
rouge, s'est même tourné dans ma direction pour que je lise bien
l'inscription : FBI,
en lettres blanches. L'instant d'après, la mini partie de soccer
prenait fin. Scénario
qui m'était de toute évidence destiné. Pas
de doute : il travaille pour la police. (Suite
demain)
News du vendredi 26 Février 2010
■ Regardons
ailleurs
– Notre monde n'est pas très beau à voir par les temps qui
courent. Que diriez-vous d'une descente à skis? L'hiver
achève, profitez-en pendant qu'il est encore
là (02:37).
■ Fête
nationale du 14 juillet
– Trop militarisé, ce pays
(07:35)? Où est la fête?
■ La
France de Sarkozy déshumanise le droit pénal (3)–
Dans mes news du jeudi 25 février 2010, j'écris que la loi de
Sarkozy sur la rétention de sécurité nous fait entrer dans le
labyrinthe angoissant de Kafka. À ceux qui n'ont pas lu ce livre,
voici un texte où on tente d'interpréter la métaphore
utilisée par Kafka.
■ La
France de Sarkozy déshumanise le droit pénal (2) –
Afin d'apporter un éclairage panoramique des méfaits de sa loi de
2008 relative à la rétention de sécurité, je vous propose une
"Journée
d'étude sur les politiques sécuritaires"
tenue le 8 juin 2009 et organisée notamment par Mireille
Delmas-Marty, juriste,
titulaire de la chaire "Études juridiques comparatives et
internationalisation du droit" au Collège de France et membre
de l'Institut.
J'en ai traité très brièvement dans cette page de
mes "ACTUALITÉS",
voir les News du jeudi 25 février 2010, manchette "La
France de Sarkozy déshumanise le droit pénal (1)",
sauf qu'ici on va vraiment au fin fond des choses.
Ce
8 juin 2009, la juge Delmas-Marty
ouvrait le débat en ces termes... "(…)
La
réalité des dangers, on ne peut pas nier que le monde est
dangereux, et l'incertitude des réponses. Est-ce que les réponses
sont les bonnes réponses? Pas sûr. Allons-nous vers des sociétés
de la peur? Ou allons nous, et où allons nous, parce que l'un peut
conduire à l'autre, vers une communauté distante. Autrement dit,
plus brutalement, nos descendants seront-ils voués à construire
toujours de nouveaux murs ou à lancer des ponts, des passerelles?"
(NDLR : L'avenir du pénal sera-t-il basé sur la dangerosité, qui
nécessite aucune preuve, ou la culpabilité établie à la fin d'un
procès tenu en bonne et due forme par un juge?)
Liste
des conférenciers, à vous de choisir les thèmes vous intéressant,
selon moi ils le sont tous : sur les écrans qui s'affichent, on a
accès au son, pas aux images, la seule présente étant celle de ce
qui me semble être "Le
Penseur de Rodin".
J'insiste : l'idéal est de tout écouter afin d'avoir une vision
vraiment en profondeur de la situation (cliquez sur les hyperliens) :
Jean-Louis
Halpérin
: Ambivalence des doctrines pénales modernes ; Carlos Petit
: L'impact de l'École positiviste italienne sur la doctrine
américaine du 19e au début du 20e siècle ; Jean Danet
: Les politiques sécuritaires à la lumière de la doctrine de
défense sociale nouvelle ; Genviève Giudicelli-Delage
: Droit pénal de la dangerosité, droit pénal de l'ennemi ; Julien
Cantegreil
: La doctrine américaine de l'ennemi combattant illégal ; Laurent
Mucchielli
: Identifier, contenir et mettre à l'écart : le retour du discours
sécuritaire et de ses prétentions scientifiques ; Bernard Harcourt
: La genèse de la rationalité actuarielle aux États-Unis au 19e et
20e siècles ; Christine Lazergue
: Comment sortir de l'impasse? ; Bernard Manin
: Comment sortir de l'impasse?
■ Officieusement
la police en fait considérablement plus que ce qu'elle prétend
vouloir faire
- (Suite tome
2
de l'Étau Policier) Rien ne semble arrêter le "progrès",
comme le démontre cette autre affaire, américaine celle-là.
L'histoire révélant que tout ce qui est bon pour les États-Unis
l'est
également pour le Canada,
il se prête bien à notre propos.
En octobre 1998, la Commission
fédérale des communications (FCC)
s'est dite favorable à ce que les fabricants modifient techniquement
les cellulaires afin de permettre au FBI
de localiser les utilisateurs. (Associated Press --
La Presse du 23 octobre 1998) Dans ce pays, ils étaient cette
année-là près de 70 millions. (NDLR : Notez la date --
octobre 1998 --,
donc bien avant les actes terroristes du 11 septembre 2001.)
L'objectif
visé est de suivre à la trace revendeurs de drogue, terroristes et
ravisseurs. Officiellement,
la ritournelle est immanquablement la même. Alors qu'officieusement,
la police fait considérablement plus
que ce qu'elle prétend vouloir faire.
Le problème n'est pas la lutte contre la criminalité ou le
terrorisme, le problème c'est qu'aucun organisme neutre et fiable ne
vérifie, sur une base quotidienne, si la police opère vraiment à
l'intérieur du cadre légal de la loi. C'est
ça, le problème, et il est de taille.
Heureusement,
certaines
associations américaines n'étaient pas dupes,
veillaient au grain, bien qu'on ne sache pas qu'elles aient obtenu
gain de cause : on ne saurait en dire autant de nos organisme
québécois défendant droits et libertés qui, le plus souvent,
interviennent seulement après coup, mais pas toujours et loin de là,
pour tenter de recoller tant bien que mal des pots cassés.
Elles
craignaient, et
avec raison,
qu'on utilise également ces modifications techniques à d'autres
fins. Me
James Dempsey,
avocat du Centre pour la démocratie et la technologie, y voyait une
menace
aux libertés individuelles, à la vie privée. Il est vrai que toute
écoute policière devait recevoir préalablement l'aval de la
justice. Devait préalablement... Quel
euphémisme!
L'Internet aussi est sous haute surveillance... L'espionnage des
communications téléphoniques sur le Web, ou par Messenger
interposés, existe
bel et bien.
(VoIP : l'espionnage des conversations inquiètent --
Cyberpresse
du 15 juin 2006) (Suite demain)
■ Un
inconnu me crie : «La
police s'en vient»
- (Suite tome
1
de l'Étau Policier) Sept février 2003, début de l'après-midi, je
vais à l'épicerie. Sur Principale, je ralentie à l'intersection de
la Route de l'Ermitage, une wagonnette s'en vient, lui
donne la priorité,
mais son conducteur s'est arrêté et ne semble pas vouloir en
profiter. Alors, j'accélère
un peu pour ne pas le faire patienter trop longtemps,
ne peut aller vite à cause de la neige et de la glace.
Au
moment où j'entreprends de passer devant son pare-choc, monsieur
décide d'avancer à un
pied de ma jambe.
Je m'arrête, suis devant lui, il s'excuse, fait signe qu'il ne
m'avait pas vu. Pas vu? Nous
sommes les deux seuls véhicules à l'intersection. Je
le dévisage un moment. Je m'apprête à repartir, une auto rouge
vin, dissimulée derrière, dans un angle mort, surgit et se place
parallèlement à la wagonnette.
J'identifie illico son proprio :
un
conseiller municipal impliqué dans la répression policière.
Il s'étire le cou à gauche et à droite pour s'assurer que la voie
est libre, et tourne sur Principale. À l'autre coin de
l'intersection, juste en face, une autre spécialiste de la
répression souterraine. Trois
coïncidences...
Dix
sept mai, excursion à vélo dans la forêt. Alors que j'escalade une
côte abrupte, une camionnette surgit de l'autre versant. Tiens, de
la visite. Je fais signe au conducteur, il s'arrête, on cause une
bonne demi heure. À cet endroit, il est traversé par un gazoduc de
Gas Métropolitain. Le type me demande : «T'as
quand même pas l'intention de revenir
(au village) après (ta randonnée) par là (le chemin du gazoduc)?»
Non. Dans la formulation et le ton, je perçois une interdiction d'y
circuler.
Du
reste, m'explique-t-il, s'est vaseux et plein de trous. C'est aussi
un endroit très
fréquenté par les ours.
Il y en a tellement, me raconte-t-il, qu'il lui est arrivé d'y
stationner sa camionnette, d'attendre, pas longtemps, mains jointes
derrière la nuque, geste à l'appui, pour en voir quatre
ou cinq sortir de la forêt.
L'interdiction subliminale
par vase, trous et peur de l'ours interposés. On se laisse
là-dessus.
Sur le chemin du retour, une camionnette me croise. À
l'arrière, trois jeunes adultes debout, accoudés sur le toit de la
cabine. L'un me crie : «La police s'en vient.» (Suite
demain)
News du jeudi 25 Février 2010
■ La
transformation de Détroit -
Dans
les années 1970, cette Cité a été abandonnée à son sort quand
son industrie, fortement concurrencée par les aciéries coréennes
et les voitures japonaises s'est effondrée. Sa population d'1,8
million est alors passée à 900 000. De 2000 à 2006, le déclin se
poursuivait (-3,4%). Cependant, le cauchemar urbain d'autrefois a
commencé à se transformer petit à petit.
Dans
un documentaire (26:33 –
sous-titré en français) produit quelque part à la fin des années
2000, des citoyens de l'endroit témoignent. Rancœur : "Se
faire voler son argent par des compagnies comme Enron, Silverado, par
les banques..."
Désolation : "Des gens
perdent leur maison, ne peuvent plus garder leurs animaux. Du coup,
des chiens, des chats à moitié sauvages traînent par-ci par là".
Espoir : "Je
sais vivre par mes propres moyens, donc dans un environnement comme
ça. Je bossais pour une grosse compagnie électronique. Maintenant,
je me tiens le plus loin possible du monde de l'entreprise".
De
grosse ville industrielle, elle devient plus rurale. Elle commence à
refleurir. Avec tous ces terrains abandonnés, il est possible
aujourd'hui de produire la majeure partie de sa nourriture. À cause
de la crise, qui s'étend à tout le Michigan, les gens ont besoin de
trouver de nouvelles sources de revenus. Alors, on les encourage à
utiliser l'agriculture pour s'auto-suffire. On aide les "urban
gardeners"
en leur fournissant transplants, terreau, graines et compost.
Comme
pendant la grande dépression des années 1930, fait remarquer l'un,
vous avez (ici) des gens qui vendent des pommes et des crayons dans
les rues. À l'époque, les habitants de Détroit faisaient pousser
des légumes dans leur jardin, faisaient du troc avec les voisins,
créant une sorte d'économie plus locale. L'argent n'était plus le
vecteur principal de leur vie.
C'est un peu comme si nous étions
débarrassés des problèmes économiques. Il y a comme une sorte de
libération à tout perdre. Parler ainsi, "c'est peut-être un
peu fort, nous n'avons pas tout perdu à Détroit".
■ La
France de Sarkozy déshumanise le droit pénal (1) –
Sa Loi de 2008 sur la rétention de sûreté avait effrayé Mireille Delmas-Marty
(15:34), juriste, titulaire de la chaire "Études
juridiques comparatives et internationalisation du droit"
au Collège de France et membre de l'Institut. Elle avait par la suite effectué une recherche et écrit un livre
sur le sujet, qui vient tout juste de sortir : "Libertés et sûreté dans un monde dangereux",
Éditions du Seuil.
Sous l'alibi du terrorisme, les responsables
politiques se trouvent libérés, symboliquement et juridiquement, de
l'obligation de respecter les limites propres à l'État de droit.
Cette
loi manifeste une volonté de "contrôle social total".
Elle permet de maintenir incarcéré un citoyen qui a purgé sa
peine, sur la seule base de sa dangerosité. Et de renouveler
indéfiniment chaque année l'incarcération jusqu'à la perpétuité.
En Allemagne, où une loi du genre est en vigueur, un homme qui avait
été condamné à une peine de 5 ans de prison est toujours
incarcéré 24 ans plus tard.
Alors
que le droit pénal est fondé sur une infraction, la dangerosité
est un concept qui n'est pas défini. On pourrait scientifiquement
établir, non seulement un diagnostic mais un pronostic à l'effet
que telle personne va récidiver.
Comment
en sommes-nous arrivé là? C'est le tournant du 11 septembre 2001.
Les législations américaines, du temps de W. Bush, ont entrainé en
cascades des mesures analogues dans le monde entier. La Cour des
droits de l'homme de l'Union européenne a lancé un avertissement :
"Attention
de ne pas détruire la démocratie sous prétexte de la défendre".
PS
:
Cette loi de Sarkozy nous fait entrer dans le labyrinthe angoissant
de Kafka. Jusqu'où ira-t-il dans son délire paranoïaque et déshumanisant? Et surtout
: d'autres pays occidentaux lui emboîteront-ils le pas? Le
copier-coller y est devenu presque la norme. Voilà de quoi s'inquiéter.
■ 1998,
déclaration de l'ex-ministre MacKay : Les Canadiens ne savent pas à
quel point ils sont surveillés -
(Suite tome
2
de l'Étau Policier) À
la lecture de certains passages du rapport Poitras, on constate que
cet «équilibre
raisonnable»
n'existe
pas.
À ce sujet, la Commission a comparé les données des rapports
annuels du procureur général de l'Ontario
avec celui du Québec.
Elle a constaté que le nombre de demandes (refusées et autorisées)
d'écoute
électronique
est nettement supérieur dans la province de Québec qu'en Ontario,
pourtant
plus populeuse que la première.
De plus, au Québec «il
y a moins de poursuites
lors desquelles les communications privées, révélées par une
autorisation, ont été produites en preuve ou qui ont entraîné une
condamnation».
Dans
le tableau 19 de son rapport, elle indique le nombre total de
demandes d'autorisation présentées et autorisées en vertu de
l'article 185 du Code criminel. On y apprend que de 1990 et 1996
inclusivement, «la
Sûreté du Québec a procédé à 1 411
opérations d'écoute électronique contre 593
à
la police provinciale de l'Ontario».
Autres cas : «En
1995, 1996 et 1997, la Sûreté
du Québec a présenté 83%, 72% et 58%
de toutes les demandes québécoises en vertu de ce même article du
Code criminel.»
Il s'agissait dans ce dernier cas de citoyens ayant accepté que
leurs communications soient interceptées.
Dans
les dossiers portant notamment sur des crimes
économiques
et des offres
de pots-de-vin,
le policier n'a pas, en vertu du Code criminel, à suivre la filière
habituelle, c'est-à-dire passer par l'intermédiaire d'un
mandataire, il obtient le feu vert d'un
avocat de la Couronne.
La Commission relate que certains problèmes ont été vécus à
l'égard de ce type de demandes : dans certains cas, l'avocat de
la Couronne ne pouvait pas s'assurer de leur bien-fondé.
Elle
cite à ce sujet le procureur chef des substituts du procureur
général du district de Montréal, Me
André Vincent :
«On
était placé encore une fois devant le fait accompli,
de dire : on a des résultats d'écoute, sauf qu'on n'a pas
les motifs qui sont sous-jacents à ça.»
Il semble que par la suite la situation ait changé. Cependant, les
policiers n'auraient pas accueillis «avec
une complète ouverture»
les corrections apportées. Éclairants, ces propos de la
Commission...
Elmer
MacKay,
ex-membre du gouvernement conservateur de Brian Mulroney, au Canada,
croyait, en octobre 1998, que la Gendarmerie
royale du Canada
avait mis son téléphone sur table d'écoute. (Presse canadienne --
La Presse du 13 octobre 1998) «Je
ne suis pas paranoïaque,
avait-il confié au quotidien Ottawa Citizen. Mais je ne suis pas
prêt à parier qu'ils ne sont pas en train d'écouter notre
conversation. Et de toute façon, qui
s'en soucie?
(...) les
Canadiens ne savent pas à quel point ils sont surveillés
et à quel point leur entreprise est du domaine public».
MacKay est particulièrement bien placé pour émettre ce
commentaire, puisqu'il avait occupé, au milieu des années 1980, la
fonction de Solliciteur général, donc celle
du patron de toutes les polices canadiennes.
(Suite
demain)
■ L'impression
de vivre dans un de ces États policiers de cauchemar : comment en
sommes-nous venus là ? -
(Suite tome
1
de l'Étau Policier) Virage
à 180 degrés, cependant, il faudra un peu de temps tout de même
pour que chaque rouage de la machine répressive ralentisse
la cadence.
Neuf janvier 2002, vers 18h, rue Principale, je roule en direction de
la biblio. Dans la grande côte, j'ai droit au pas de parade... à la
soviétique.
Une
civile
dans la quarantaine descend la grande côte, le pas haut, balançant
les bras ensemble, le
tout exécuté au ralenti :
les bras à gauche, la jambe droite levée, les bras à droite, la
jambe gauche levée. Marche martiale! Dans
l'ex-empire de l'URSS,
on entendait les bottes frapper le pavé, en face du Kremlin. De
l'autre côté, un
voisin riverain,
qui s'apprête à monter dans sa camionnette, intrigué, s'est
immobilisé pour la regarder passer. Tout
un spectacle.
Veut-elle me signifier sa capacité de se défendre si jamais je
l'attaquais?
J'avais
déjà été témoin de démonstrations de force du genre, de la part
de deux de ses collègues féminines. Chez l'une, c'est le mouvement
des bras. Tête légèrement penchée sur le côté, regard dérobé,
le
bras droite amorce un arc,
main ouverte. Le geste est d'abord lent puis vif avant de
s'immobiliser une fraction de seconde et s'abattre sur une cible
invisible, comme
au karaté,
puis l'autre bras entreprend la même trajectoire. L'effet saccadé
fait penser à l'automate. Chez
l'autre, c'est le déplacement de la jambe qui est mécanisé.
L'effet est visible seulement quand elle revient à son point de
départ, avec une étonnante vélocité.
Des
chorégraphies exécutées au quart de tour. Spectacle bien rôdé,
les interprètes ne sont pas des débutantes gauches et hésitantes.
L'impression de
robots bien programmés,
aveugles et sourds. Intimidant, réellement ! Et en même temps vous
avez aussi cette impression de vivre dans un de ces États policiers
de cauchemar. Comme
en sommes-nous venus là! (Suite
demain)
News du mercredi 24 Février 2010
■ Des
économistes avaient prédit l'arrivée des crises actuelles –
Ils se demandaient si l'on pouvait réellement faire confiance aux
marchés. Cependant, leurs propos étaient à contre-courant et ils
étaient incapables de se faire entendre face à une complaisance
largement répandue. On prétendait que "le
capitalisme est un système parfait ou presque parfait".
Et les
chercheurs qui trahissaient leur scepticisme étaient dissuadés de
poursuivre une carrière universitaire. La pensée unique.
Un
article de l'économiste américain James K. Galbraith
(page 6 du document en français) permet de prendre connaissance de leurs travaux
qu'il désigne comme comme étant le cadre conceptuel d'une nouvelle
régulation financière. Il traite notamment de la recherche de Dean
Baker.
Dès 2002, ce dernier écrivait : "Si
les prix des logements redeviennent conformes au niveau général des
prix, comme cela s'est toujours produit par le passé, 2 000
milliards de dollars partiront en fumée, rendant encore plus grave
la récession. L'éclatement de la bulle immobilière compromettra
également la survie de Fannie Mae et Freddie Mac et de nombreuses
autres institutions financières". C'est exactement ça qui est arrivé.
■ La
surveillance électronique, un énorme aspirateur qui avale
communications pertinentes et celles qui ne le sont pas -
(Suite tome
2
de l'Étau Policier) La Commission Poitras
établit un parallèle pertinent entre l'écoute téléphonique et
les mandats de perquisitions.
En 1983, une étude de la Commission de
réforme du droit du Canada avait conclu que «58.9%
des mandats de perquisition examinés étaient invalides.
À Montréal, le taux était de 83%».
En 1994, le juge Casey
Hill
a réalisé une étude semblable, mais de moindre envergure. Il a
constaté que 39%
des mandats examinés dans son échantillon étaient invalides.
Et
la Commission Poitras de commenter : «Il
y a donc lieu de mettre en garde contre l'illusion (sic)
du
contrôle judiciaire.»
Ces études établissent qu'il est donc nécessaire d'être prudent.
«Il
ne fait pas de doute
qu'un mécanisme de révision et de contrôle de qualité interne des
affidavits et des autorisations d'écoute électronique, s'inspirant
du type de vérification réalisée lors de l'étude de la Commission
de réforme du droit du Canada, serait
souhaitable à la Sûreté du Québec»,
recommande-t-elle.
Dans
son rapport, la Commission Poitras cite le juge Douglas,
de la Cour suprême des États-Unis : «La
surveillance électronique est
le pire destructeur de la vie privée».
(Propos du juge Douglas de la Cour suprême des États-Unis, dans sa
dissidence relative à l'affaire United States v. White, 401 U.S. 745
--
1971, repris par le juge LaForest dans R.c. Duarte --
1990)
Elle
cite également la Commission de réforme du droit du Canada :
«L'autorisation
(d'intercepter les communications privées) agit
à la manière d'un
énorme aspirateur électronique
qui avale sans discrimination les communications pertinentes et
celles qui ne le sont pas».
(Commission de réforme du droit du Canada --
La surveillance électronique, document de travail 47 --
1986)
Selon
la Commission, c'est pour ces raisons que la Cour suprême du Canada
a décidé, dans le cadre de l'interprétation de l'article 8 de la
Charte canadienne, qu'il y a lieu d'établir «un
équilibre raisonnable
entre le droit des particuliers d'être laissés
tranquilles
et le droit de l'État de porter atteinte à la vie privée pour
s'acquitter de ses responsabilités en matière d'application des
lois».
(R.c. Duarte --
1990) (Suite
demain)
■ La
Sûreté du Québec avait enseigné à ses collabos de Lac Bouchette
ses tactiques clandestines illégales -
(Suite tome
1
de l'Étau Policier) Ce
qui semble avoir touché Snowbird,
c'est de lui avoir signalé que, dans le village, on
porte atteinte à la dignité de la personne.
Cette formulation a atteint ma cible en plein centre. Me suis alors
rendu compte, pour la seconde fois au cours de mon enquête, que la
formulation "atteinte aux droits fondamentaux" est trop
abstraite
pour que les gens cliquent. En utilisant un exemple concret, le
message passe comme une tonne de brique.
Preuve
comme quoi j'avais bien choisi mon homme. Il l'a transmis aux autres,
aussi sûr que deux et deux font quatre. Pas seulement ça. Lui-même
cessera ses provocations. Dans les semaines précédent son départ
pour le Sud, je ne le verrai pratiquement plus dans
l'espace public,
et les très rares fois où cela arrivera, il
m'ignorera totalement.
J'insiste : tous
les civils et leurs collabos.
Ces
derniers, comme s'ils faisaient la découverte d'un autre monde,
celui des droits et libertés, dont le droit à la dignité. Certains
disparaîtront de la circulation, d'autres réapparaîtront peu
après, détournant la tête lors de mon passage, ou la baissant avec
le petit air gêné de ceux qui savent que vous savez.
Conscientisés sur les illégalités auxquelles, sans doute sans le
savoir, ils se livraient. Certains auront aussi un peu peur, ça se
sentira. Peur de représailles, peur de poursuites judiciaires.
Les fanatiques de l'ordre et du conformisme viennent de découvrir la
face cachée de leur collaboration étroite et quotidienne avec
la police.
La
Sûreté du Québec les en avait-elle informés avant de les
enrôler dans sa milice? Non, et j'en suis convaincu. Il ne fait
aucun doute qu'elle leur avait enseigné ces tactiques
policières illégales, ils ne pouvaient les avoir apprises
d'eux-mêmes. Du reste les civils les utilisent régulièrement. Se
pose aussi toute la question de la participation
citoyenne
à la pseudo police communautaire. Volontaire
ou obligatoire?
Que
fera le commerçant, par exemple, si l'un de ses employés refuse
d'entrer dans la milice policière, ou de participer
occasionnellement, dans son établissement et ailleurs, à des
activités de répression clandestines? Ce citoyen est-il désigné
comme un
rebelle
à l'ordre établi par la police? Suscite-t-il l'opprobre de celle-ci
et de ses miliciens, au point de devenir l'équivalent d'un
lépreux qu'on rejette, éjecte?
Et le commerçant, est-il également obligé? Oui,
et de cela j'en suis également convaincu. Un pouvoir
politique
devient immoral quand il exige que des
citoyens participent à son système de répression.
(Suite
demain)
News du mardi 23 Février 2010
■ Québec
: 152 municipalités en décrépitudes – Dans
un reportage de l'émission Kilomètre zéro
(22:58), diffusée sur telequebec, on répond à la question "Comment
sauver ces villages? En offrant des services à la population".
Grosses-Roches, en Gaspésie, est la plus mal en point : 432
habitants, chiffre de 2009, contre 457 en 2001 ; jobs inexistants,
chômage, population vieillissante (âge moyen près de 50 ans),
école qui chaque année risque de fermer faute de suffisamment
d'écoliers, absence de lieux de rencontres.
À
Ste-Angèle-de-Prémont (695 habitants, âge moyen 48 ans, taux de
chômage de 12%), on ne désespère pas : «Le
mot "pas
capable"
n'est pas dans mon dictionnaire»,
dit une intervenante. Différents projets ont été concrétisés. À
Saint-Édouard, des gens ont décidé de ne pas attendre que les
choses se règlent d'elles-mêmes. Ils ont créé une coopérative
qui est à l'origine de trois réussites : resto, petite épicerie et
station d'essence. Selon une autre : «Les
services amènent le monde et le monde amène le monde».
PS
: Il
faut bien le redire et rere... Les milieux rural et semi-rural sont de petits États Policiers. Pour la police en civil et ses collabos, il
est facile de noyauter et contrôler ces endroits peu peuplés, ce
qui est impossible dans une grande cité comme Montréal, par exemple
: trop de monde.
En y empêchant les citoyens de circuler librement
dans l'espace public, surtout les jeunes, civils et collabos en
incitent à aller voir ailleurs si la vie n'est pas meilleure. Je me
demande ce que nos élus provinciaux et fédéraux attendent pour y
restaurer la démocratie... et la prospérité : tant que cela n'aura pas été fait, n'y allez pas, vous risquez de dépérir à vue d'oeil. La liberté est
créatrice, la répression clandestine illégale destructrice.
■ La Sûreté
du Québec écoute les conversations téléphoniques entre
avocat-client -
(Suite tome
2
de l'Étau Policier) Lors
de l'enquête de la Commission Poitras, la
police de l'île de Montréal
a déposé un document daté du 17 juin 1998 où elle fait notamment
état de sa politique «en
matière d'écoute électronique» :
cette enquête ne portait pas sur ce corps policier, mais la Sûreté
du Québec. (Commission Poitras, DC 1, dossier 2, item 628, titre :
Sujets à être abordés lors du témoignage de M. Richard McGinnis,
assistant-directeur, SPCUM --
Police de l'île de Montréal --
pages 14-15) Ce qui nous permet d'en savoir un peu plus... Cette
politique s'articule en trois segments.
En
ce qui touche les domiciles privées, «pas
de modalité»,
indique le document. (NDLR : Dans le Petit Robert, on explique
qu'une modalité est une disposition d'un acte juridique qui en
retarde, en limite les effets : ex. condition, terme. «Pas
de modalité»
signifierait
donc que
rien ne retarde ou limite les effets de l'écoute électronique
clandestine.)
Dans le cas des personnes non visées par l'écoute,
c'est-à-dire «partout
où on ne peut pas prévoir qui va utiliser le téléphone»,
par exemples : téléphones publics, bureaux, bars, commerces,
précise-t-on, «lorsque
ce n'est pas le sujet
(faisant l'objet d'une enquête policière) qui
fait ou reçoit l'appel, on
ferme l'enregistrement».
Mais continue-t-on d'écouter? Le document ne l'indique pas.
Dernier
des trois segments : la police de l'île de Montréal
enregistre, sans les écouter, les conversations «privilégiées»
entre les citoyens accusés d'une infraction et leur
avocat,
ou un notaire, ou un employé de ces professionnels. Elle informe
l'enquêteur que l'inculpé à parlé au téléphone avec son avocat.
«L'enregistrement
reste sur le master--
si en cours d'enquête on constate que le professionnel est partie à
l'infraction, on va chercher des conversations et on les écoute.»
À
la Sûreté
du Québec,
selon le témoignage de Mario
Rancourt,
alors responsable de la Division de la surveillance électronique,
les conversations avocat-client
peuvent être écoutées aussi longtemps qu'elles ne sont pas
identifiées comme étant «privilégiées».
Lorsqu'elles le sont, l'analyste consigne cette qualification et
cesse de l'écouter, cependant l'enregistrement de l'échange se
poursuit.
La
Commission estime que cet aspect devrait être remis
en question.
L'enregistrement étant une interception au
sens du Code criminel
(article 183), il n'est sans doute pas
permis
par la Charte canadienne des droits et libertés d'enregistrer les
conversations privilégiées avocat-client. Au Québec, en milieu
policier, les approches diffèrent. (NDLR : Le respect de la loi
semble varier d'un corps policier à l'autre. Autant de "lois"
que de corps policiers?)
Les questions qui se posent sont de savoir
ce qui doit être enregistré ou écouté, et par qui. La Commission
estime qu'on «doit
maximiser la protection accordée à ce type de conversations et
mettre en place les politiques qui sont susceptibles de
minimiser le plus possible les intrusions dans ce type de
conversations».
(Suite
demain)
■ Soudain,
je trouve civils et collabos un peu moins laids -
(Suite tome
1
de l'Étau Policier) En
cette fin d'année 2001, suis
un peu las
de cette enquête. Les comportements des civils et de leurs collabos
deviennent répétitifs, ne m'apprennent plus rien que je ne sache
déjà. C'est
comme visionner toujours le même vieux film.
Cela dit sans prétendre tout savoir, absolument tout.
Le
temps me semble quand même venu de lâcher un peu de lest, juste
pour voir. Je vais faire une confidence à Snowbird.
Je l'ai ciblé parce que je le soupçonne d'être, dans le petit
village, l'un
des principaux rouages
de la participation citoyenne à la fameuse cause de la prévention.
Chemin de la Montagne, je le vois au loin, s'en vient d'un bon pas.
Cet
après-midi-là, je décide de l'entretenir brièvement des atteintes
à la dignité de la personne, innombrables
dans le village,
auxquels se livrent les civils de la Sûreté du Québec et leurs
collabos. Lui laisse faussement comprendre que j'ai été témoin
d'infractions du genre commises à l'encontre de citoyens du village,
ou de confidences que certains m'ont faites, sans lui préciser que
je parle spécifiquement de celles dont j'ai été la cible.
Autant
de civils et de collabos ne le sillonnent tout de même pas
uniquement
pour surveiller et déstabiliser le journaliste que je suis.
Tous les autres symptômes sont là, et solidement
enracinés :
climat de gravité ambiante, stéréotypes, rues désertes, citoyens
confinés à leur résidence, etc.
En
l'espace d'une dizaine de jours, le
résultat sera spectaculaire.
Mes yeux écarquillés n'arriveront pas à le croire. C'est fou comme
on fera désormais preuve de respect à
mon égard.
Du jamais vu, jusqu'à ce moment-là. Finies les grosses
gueules
de mes oppresseurs, les regards
noirs
et autres mimiques, finis les gestes m'indiquant de
dégager,
finies les paroles faussement
mielleuses,
et j'en passe, la liste est trop longue. On m'ignorera, tout en
continuant de s'intéresser à moi mais discrètement et de loin.
L'attitude
des citoyens collabos, surtout, s'en trouvera, et littéralement,
culbutée,
bien que subsisteront encore quelques entourloupes, quoi que légères
comparées à celles d'avant. Graduellement, ils seront aussi moins
nombreux à patrouiller les rues. Le démocrate que je suis est fier
de son coup. Soudain,
je les trouve un peu moins laids. (Suite
demain)
News du lundi 22 Février 2010
■ Un
petit copain
– D'un genre plutôt rare
(03:06).
■ Vaincre
la souffrance au travail en lui donnant un sens
– Boris Cyrulnik
(56:01), psychiatre et auteurs de nombreux livres, apporte une
contribution majeure à un débat portant sur "Les
controverses du progrès". Comment
expliquer que les technos aient mis fin à la paisibilité en milieu
de travail, que la souffrance, dans sa dimension insupportable, ne
cesse de progresser?
Sa
réponse : si la souffrance génère une satisfaction, elle n'est
plus perçue comme telle, exactement comme un sportif qui s'entraîne.
Il cite le cas d'Espagnols vivant en France. Ils prennent des
tranquillisants. Lorsqu'ils vont à Barcelone, ils arrêtent d'en
prendre. L'un d'eux lui a expliqué que dès qu'il arrive, il a une
fête à préparer. Aussitôt, le sens qu'il donne à sa souffrance
est transformé. Deux mots clés : il est entouré, prépare la fête,
il y a un projet d'existence. Après il est crevé mais dors bien et
peut recommencer.
Selon
Cyrulnik, on a perdu ce mécanisme équilibrateur de se rencontrer,
danser, faire le pitre et se disputer. Internet nous montre des
choses qui se passent ailleurs. Grâce aux technos, on améliore nos
communications virtuelles de manière stupéfiante, certes, mais pas
nos relations dans le réel. On vit dans un monde de représentations
qui nous coupent de la réalité sensible, devient de plus en plus
seul derrière l'écran d'un ordi d'une entreprise. Alors, on
déclenche un mécanisme angoissant sans contrôle possible.
On
est entré dans un système pervers où l'homme devient soumis à la
machine, détruisant ainsi ce qui assurait sa santé psychologique.
Il n'y a pas de progrès sans effets secondaires. On ne peut pas
renoncer au progrès, il faut en corriger les méfaits. La solution
est dans la culture du quotidien. L'outil doit être au service de
la personne et du groupe social.
■ Bell
Canada a confié l'installation téléphonique à domicile aux
électriciens travaillant à leur compte, parmi lesquels des...
civils -
(Suite tome
2
de l'Étau Policier) Le
dossier sur les activités souterraines de la police en civil est
particulièrement
lourd.
Il est constitué de faits irréfutables, mais aussi, il
faut bien le dire,
de gros soupçons issus de six années et demie d'enquête sur le
terrain, de la consultation d'un nombre considérable d'ouvrages de
toutes sortes. Et même si je n'enquête plus, je
continue d'en découvrir.
Le
fait que les
élus,
dans leur très grande majorité, sont
nuls
en matière de tactiques policières et qu'aucun
organisme sérieux et neutre
ne contrôle ses activités, n'améliorent pas le portrait de la
situation. Se dégage la nette impression que la
police a la bride sur le cou,
libre de faire ce qu'elle veut, sans rendre de compte à quiconque.
Assurée
de l'impunité du pas-vu-pas-pris.
Si le nombre de flagrants délits est infinitésimal, c'est
directement attribuable à l'invisibilité de la police en civil, et
non pas parce qu'elle ne porte qu'occasionnellement atteintes aux
droits et libertés. Celles-ci sont pratiques courantes,
quotidiennes.
Laperrière
et Patenaude
ne s'inquiètent pas seulement du fait que les corps policiers font
un usage très répandu des caméras, ainsi cette citation :
«Est-il
normal que la législation soit
muette quant à la vidéosurveillance?»
Ils sont également préoccupés de l'utilisation, très répandue,
qu'ils font de
l'écoute électronique.
Le recours abusif de ces techniques semble les troubler. Selon eux,
les autorisations accordées aux policiers à ce sujet sont vingt
fois plus élevées au Canada
qu'aux États-Unis, chiffre de 1994.
Renchérissons
à leur propos, en rappelant qu'avec le cellulaire, nul besoin
d'installer une bretelle d'écoute sur une ligne téléphonique, le
balayeur d'ondes suffit.
Combien se préoccupent d'obtenir une autorisation avant de procéder?
Et l'écoute sur le téléphone branché à un fil, quelle est la
politique des
entreprises assurant ce service?
Se
donnent-elles la peine de vérifier si toutes les bretelles d'écoute
décelées ici et là, au hasard notamment de réparations effectuées
par de leurs employés, sont justifiées par des
mandats de cours?
Dans le cas de Bell
Canada,
on sait que celle-ci a confié l'installation téléphonique à
domicile aux électriciens travaillant à leur compte, dont
des flics...
Les pires sont les téléphones publics, des lignes dormantes,
attendant
qu'un poisson morde.
(Suite
demain)
■ Une
expression à suivre : tiens, un brave ! -
(Suite tome
1
de l'Étau Policier) Les
deux patrouilleuses de l'escouade cyclistes ont remisé leur bécane,
hiver obligeant, et effectuent leur ronde à pied. Les vois, un jour
ou deux après Snowbird, sur la route de l'Ermitage. «Salut,
les filles!»,
que je leur dis au passage. Je me fais aussitôt répondre par l'une
d'elles : «Tiens,
un brave!»
Oups, pardon! Il arrive souvent que quelqu'un utilise une expression
et que, peu après, vous établissiez le lien avec une autre
personne.
Le
lendemain Snowbird
apparaît dans le paysage. Brandissant le bras, index
et majeur en V
(V comme dans victoire), il me crie au passage : «Bonjour,
mon brave!»
Je retiens un sourire. Il est suivi de l'homme-au-chien-renifleur. Je
le salue, il reste un peu interdit. À l'épicerie, encore Snowbird,
les coudes appuyés sur le dessus de la caisse du comptoir de la
quincaillerie. Il m'observe, cherche à m'intimider. Je n'hésite pas
: «Salut,
mon brave!»
Il répond, sans conviction.
Dans
la rue, même l'aïeul s'y met. Je ne réponds pas à ses salutations
venimeuses, alors il insiste. Me retourne et le traite d'harceleur.
Il proteste, je n'en fais pas de cas. À l'épicerie, il me rejoint
dans une allée, veut savoir pourquoi je ne lui parle pas, imitant
l'autre dont j'ai déjà parlé : encore
un lien.
Lui dis ne pas être intéressé. Il en remet, lui signifie de me
laisser tranquille. Voyant que je commence à élever le ton, il
quitte les lieux.
Le
lendemain, il est encore là, dans une allée où je dois forcément
passer, jouant au client absorbé à examiner des articles sur une
tablette. Une allée plus loin, encore
lui,
cette fois poussant un panier... vide. À peine quelques pouces
séparent nos paniers lorsqu'on se croise. Regard fixé droit devant
lui, il tente, d'un petit coup sec, de
réduire un peu l'espace,
je tasse illico légèrement le mien pour éviter l'accrochage.
Ce
même après-midi-là, deux conducteurs de camionnette, dont
l'homme-au-chien-renifleur, le
petit épicier à la retraite,
essaient de capter mon regard. J'entrevois leur tête pratiquement
insérée entre
volant et pare-brise,
les yeux
ronds
comme des pièces d'un dollar, la mine réprobatrice. (Suite
demain)
News du dimanche 21 Février 2010
■ Berlin
2009 : Carnaval et culture –
"Je
vais prendre ta douleur",
chante Camille. Ça commence en douceur, puis tout le monde embarque
(03:21).
■ Désenchantement
des électeurs : il faut donner à la démocratie une définition
plus large –
Dans son livre "Pourquoi
nous n'aimons pas la démocratie"
et publié
récemment aux Éditions du Seuil, Myriam
Revault d'Allonnes
(15:46), philosophe et prof aux Universités à l’École pratique
des hautes études, en France, explique que la démocratie est un
enjeu vide qu'il faut remplir.
Elle
ne se limite pas à l'électif. Le pouvoir n'est pas quelque chose
qui s'abat uniquement dans haut. Il est aussi une
rencontre avec le désir qui vient d'en bas. Les
promesses (électorales) sont souvent perçues comme non tenues. Ce
n'est
pas seulement non plus un système procédural mais aussi une manière
de vivre ensemble.
Aujourd'hui,
le conflit, notion capitale au sein d'une démocratie, n'est pas
suffisamment accepté. Pourtant, c'est ce qui fait sa grandeur.
Toutes les tentatives d'homogénéisation pour essayer de le résorber
visent à l'affaiblir.
Elle cite le cas du débat sur l'identité
nationale, qui vient à peine de prendre fin en France. En voulant la
fixer une fois pour toutes, on allait à l'encontre du fondement même
de la démocratie, qui implique le débat permanent. Car l'identité
nationale est une notion en évolution. On ne peut pas la figer dans le temps. Elle engage aussi le rapport
à soi et celui vis-à-vis des autres. (NDLR : au Québec, les péquistes
veulent la définir)
PS
:
À la fin de décembre dernier, le premier ministre canadien Stephen
Harper a fermé les portes du Parlement jusqu'au début de mars qui
vient. Deux mois sans aucun débat, alors que la démocratie en a
besoin pour survivre. Le gouvernement du Canada n'est pas une grande entreprise privée chapeautée d'un pdg élu par des actionnaires.
■ Les
civils sont friands de renseignements relatifs aux petites
fantaisies et fantasmes sexuels des citoyens -
(Suite tome
2
de l'Étau Policier) Que
ce soit en cette matière ou en toute autre, l'affaire est sérieuse.
Nécessaire de rappeler le climat d'insécurité généralisé dans
lequel nous baignons tous maintenant.
Ackermann,
Dulong
et
Jeudy
affirment que, dans un contexte du genre, tous
les pièges sont possibles
: l'insécurité est une arme des pouvoirs, elle est objet suprême
de la manipulation, elle permet de légitimer les dispositifs de
préservation, les mesures de contrôle. (Werner Ackermann, Renaud
Dulong et Henri-Pierre Jeudy --
Imaginaires de l'Insécurité --
Librairie des Méridiens)
«On
pourrait croire ainsi à une extraordinaire orchestration d'une
dynamique de la relation entre la sécurité et l'insécurité qui
domine
toutes
(sic) les
activités de la vie quotidienne
et toutes
(resic) les
stratégies d'ordre politique et économique.»
On peut parler de la désubjectivation des processus de contrôle,
ayant comme horizon une
exclusion générale de la société.
Les trois auteurs parlent de «l'arbitraire
fantastique des stratégies de défense, de préservation
».
Laperrière
et Patenaude,
dans leur ouvrage publié en... 1994, se réfèrent à Big
Brother d'Orwell...
(Traité des problèmes sociaux --
Institut québécois de recherche sur la culture --
Ouvrage collectif sous la direction de Fernand Dumont, Simon Langlois
et Yves Martin, 1 164 pages, 1994 ) (George Orwell --
1984 --
Éditions Gallimard) Le héros de son roman était sous surveillance
constante, néanmoins il avait une échappatoire : tant qu'il ne
matérialisait pas sa pensée, tant qu'il réussissait à garder le
secret de ses idées, il
était à l'abri de la riposte du pouvoir.
«De
nos jours, ce dernier refuge de l'individualité est
accessible,
avertissent-ils.
Ces informations les plus intimes
(sic) qu'on
peut tirer d'une personne sont ensuite susceptibles d'être
enregistrées pour des périodes très longues, diffusées,
et de servir à des décisions mal
fondées,
discriminatoires,
et illégitimement
ou exagérément
pénalisantes pour les intéressées.»
Informations
les plus intimes? Illustrons. Dans le dossier informatisé du
citoyen, la police ne fait pas qu'indiquer tout ce que nous avons
énuméré jusqu'à présent, mais aussi ses petites
fantaisies et fantasmes sexuels.
La police en civil, spécialisée aussi en matière de répression
sexuelle
clandestine illégales, est particulièrement friande
de ce genre de renseignements.
Connaître
les petits secrets de tous et de toutes, lui
permet de les utiliser,
lorsque nécessaire. Par exemple, en le lui faisant savoir par des
allusions directes -- elle en informe de ses collabos -- ou
indirectes, afin d'imposer son emprise psychologique. Elle utilise
beaucoup cette peur
du qu'en-dira-t-on
pour mater des citoyens et citoyennes.
Si
madame est une adepte du godemiché
ou de l'homme gonflable
et monsieur du porte-jarretelles
ou de la poupée gonflable,
probable que la police le sache. Big Brother et Big Sister étant
partout, aidés qu'ils sont de leurs collabos, dans ce cas-ci, des
vendeurs
de ces objets affriolants.
(Suite
demain)
■ «Tabarnak,
y'est rough à matin !» -
(Suite tome
1
de l'Étau Policier) Les
faits abondent mais je ne peux faire état de tous. Quelques uns en
vrac... Point
d'interrogation
tracé sur le miroir, au-dessus du lavabo de ma chambre de bain, à
l'aide d'un savon, preuve évidente qu'on avait profité de mon
absence pour s'introduire illégalement
chez moi, ce qui n'était pas nouveau.
Autre
exemple : été 2002, j'avais placé deux documents sous mon
matelas, un de chaque côté du lit. À mon retour, j'ai trouvé l'un
sous
un oreiller.
Civils toussant ou grommelant je ne sais quoi au moment de passer
devant ma porte. C'est notamment le cas de celui distribuant l'hebdo
l'Étoile du Lac.
Généralement parce que, la veille ou le jour même, j'ai dit un mot
de trop ou posé un geste qui déplaisait à ces messieurs dames.
Été
précédent, revenant d'une randonné à vélo, j'aperçois un
civil, qui ne demeure pas dans l'immeuble, dans mon espace de
stationnement. Il m'attend pour jaser. Lui indique carrément
qu'il n'a pas d'affaire ici, que je suis chez moi, comme lui-même
sur son terrain privé. Il s'en va d'un pas rapide, tête penchée,
grommelant : «Tabarnak, y'est rough à matin (c'était
l'après-midi, vers 16h30).» «Ça va être comme ça désormais!»
que je lui lance.
Snowbird
est un vieux monsieur à sa retraite, respectable et respecté. La
profession qu'il a exercée toute sa vie faisait de lui un candidat
idéal comme collabo
clandestin de la Sûreté du Québec.
Voyons le à l'action sur le terrain. Fin de novembre 2001, Chemin de
la Montagne, on se croise. Il lève le bras droit en guise de
salutation, s'apparentant à l'hitlérienne.
Samedi
1e décembre, même rue, il marche d'un pas pressé, comme
d'habitude, mais cette fois on sent en quelque part une certaine
urgence. Il lève le bras droit pour me saluer. Lui lance : «Les
coïncidences font bien les choses, hein?»
«Oui»,
cela dit en levant de nouveau son bras. Message
explicite :
on finira bien par te sortir de l'espace public.
La veille, je l'y
avais rencontré vers 14h. Aujourd'hui, il est environ 15h30. J'ai
retardé mon départ de chez moi pour vérifier si je l'y verrais.
Changer les heures de mes routines permet de voir si les rencontres
sont fortuites ou non. Tactique
concluante. (Suite
demain)
News du samedi 20 Février 2010
■ Magnifico
!
– Night By Night (03:50).
Vous allez avoir envie de danser jusqu'au petit matin...
■ Porcs
et joueurs à la roulette
– Quelle est la différence? Il y en a pas. Se ruer aux mangeoires
et se rouler dans la boue ou créer des châteaux de cartes (bulles)
dans les casinos, c'est du pareil au même. Deux vidéos produites
par une association
(plusieurs autres sur le site, dont les archives) qui serait proche
d'Obama : porcs
(00:30) + joueurs à la roulette
(00:30).
■ Vivre
tassés dans un tout petit appart
- Faire l'amour pendant que les parents dorment.
■ La
police sait ou peut tout savoir à votre sujet, incluant votre santé
physique, psychologique et sociale -
(Suite tome
2
de l'Étau Policier) Écoutons
David
Loukidelis,
Commissaire à la protection de la vie privée de la
Colombie-Britannique. Parlait-il spécifiquement du projet québécois
de la carte à puce ou d'un projet semblable en phase d'élaboration
dans sa province? Je l'ignore, mais son point de vue mérite d'être
entendu (Dene Moore, Presse canadienne --
La Presse du 27 décembre 2001)
«Je
crois que plusieurs gens seraient surpris de voir la quantité de
leurs renseignements médicaux personnels qui sont classés
électroniquement ou accessibles.»
Il soutient qu'il doit y avoir un débat sur l'accès à ces
renseignements. «Je
crois que le gouvernement devrait amorcer un dialogue à ce sujet et
ce n'est pas ce qui se passe actuellement.»
Reste
cette grande inconnue pour le commun des mortels : la police
(municipale,
provinciale et fédérale)
a déjà accès à toutes les mégabanques gouvernementales, tant
provinciales que fédérales.
Y compris les informations personnelles en matière de
santé physique, psychologique et sociale.
Si vous avez déjà fait un burnout, avez suivi ou suivez une
thérapie, avez avorté, êtes atteint d'une maladie sexuelle
honteuse (sida,
hépatite, etc.), êtes homo ou hétéro, pratiquez la pénétration
annale avec ou sans condom, voulez ou avez changé de sexe, prenez
des médicaments prescrits par votre médecin et susceptibles de
développer une dépendance, avez le coeur fragil, les artères en
piteux état, etc., la
police en civil le sait déjà,
ou peut facilement le savoir.
En
outre, il est un fait confirmé (voir L'Étau Policier, tome 1) que
la
police en civil est même présente
dans des hôpitaux, des salles d'urgence, des cliniques privées,
etc. Autant de renseignements utiles lui permettant de peaufiner
davantage votre profil psychosocial. Si la police en civil juge
opportun de vous assagir ou éjecter de la société, elle
peut les retourner contre vous.
De la même manière qu'elle exploite ou peut exploiter la tendance
du citoyen à piquer
des colères.
(Suite
demain)
■ Triomphe
de la lumière sur la grande noirceur -
(Suite tome
1
de l'Étau Policier) Le
29 novembre 2001, au milieu de l'après-midi, je le repositionne,
installe deux jeux de lumières de 25 ampoules chacun. En l'espace
d'un peu plus d'1 heure, j'aperçois
3 civils
dans mon environnement immédiat. L'un, dès ma sortie de l'appart.
C'est l'homme-au-toutou. Depuis quelque temps, ses apparitions sont
synchro
aux miennes.
Deux autres suivent, défilant derrière moi, à quelques minutes
d'intervalle. Dont celui qui a fait tomber l'arbre : «Ça
commence à ressembler à Noël»,
me lance-t-il. Une neige abondante tombe, il fait doux : «C'est
magnifique»,
que je réponds. Et cet autre, encore un locataire de l'édifice, qui
me fait sursauter : «C'est
les grosses décorations!»
Je n'en fais pas de cas, continue de m'affairer.
Un
4e se manifeste, lui, en frappant sur quelque chose, genre
boum-boum-boum,
l'avertissement subliminal caractéristique. Je l'entends mais ne le
vois pas, me déplace, l'homme est sur sa galerie, frappe sur le
rebord d'une fenêtre. C'est le nouveau proprio de la maison voisine.
Auparavant, il demeurait sur la Route de l'Ermitage, près du lac.
D'après l'un de ses fils, l'ex-proprio et son père... ont
échangé leur maison :
ces échanges entre flics m'intriguent.
Je
l'ai souvent vu patrouiller à pied ou en auto. Un après-midi, entre
autres, marchant rue Principale accompagné d'une collabo, calepin
et crayon à la main.
À l'été 2001, l'avais vu sortir de chez lui, fouillant
nerveusement dans la poche arrière de ses jeans, affairé au point
où je lui avais demandé s'il partait en patrouille, ma question
l'avais saisi : «Heuheu...
oui!»,
une réponse sèche.
Quelques
semaines après, je déneige mon entrée. Il sort de son domicile, me
salue, je lui demande à brûle pour point s'il est un civil.
«Nooonnn!»
fait-il le bec arrondi, il travaille pour un organisme sans but
lucratif de Ville de Saguenay. En avril 2002, il s'y installera :
cédera-t-il sa maison à un autre civil d'ici? Oui.
La "conjointe"
du nouveau proprio fait du "bénévolat"
à l'aréna municipale. Tous deux partent régulièrement en
patrouille, surtout le soir : ils répondent aux appels de
collègues, préposés
aux écrans,
qui les informent qu'un véhicule ou un piéton circule dans l'espace
public.
Parfois
je les vois partir, parfois
les entends seulement :
portières qui claquent, bref vrombissement du moteur, que
j'identifie aussitôt, suivi de la marche arrière, d'un arrêt et de
l'accélération en direction de la 155. Et notre homme habitant
désormais Ville de Saguenay, occupe-t-il la maison d'un collègue
muté dans une autre ville?
Huit
décembre 2001, vers 16h30, je reviens de ma randonnée un peu
fatigué et frigorifié, rentre le vélo dans l'appart, branche
l'arbre de Noël, et m'allonge sur le divan. Une trentaine de minutes
après, un
bruit provenant de l'appart voisin me réveille.
Me fais un café et ouvre la porte prendre une bonne bouffée d'air
frais, regarde à droite, constate une zone sombre au centre de
l'arbre, m'approche : des d'ampoules ont disparu. Les remplace
aussitôt, ce qui me permet de faire le compte : sur 50
ampoules, il
en manque 14 et 3 autres sont brûlées.
Comme elles sont voisines les unes des autres, j'en déduis qu'elles
ont sans doute été endommagées à coups de chiquenaudes.
M'étais
prémuni contre cet autre sabotage
de la Sûreté du Québec,
en avais acheté 25 de plus. Une semaine s'écoule et ça recommence.
Quatre
cette fois, en visse de nouvelles. Après, une
autre se volatilise.
Nous voilà rendu à 22. Pas de problème, les
gars.
Suis prêt à me réapprovisionner de 25 autres, veux simplement voir
jusqu'où vous pouvez aller. Symboliquement,
c'est aussi le triomphe de la lumière sur la grande noirceur.
(Suite
demain)
News du vendredi 19 Février 2010
■ Dagenais,
président du syndicat des policiers de la Sûreté du Québec,
attaque la compétence de la Protectrice du citoyen en matière
policière –
Selon ce que rapporte Radio-Canada,
le chef syndical Jean-Guy Dagenais soutient que Raymonde
Saint-Germain, Protectrice du citoyen, n'a aucune expérience des
affaires policières.
C'est
la conclusion qu'il tire après avoir lu son rapport où elle
recommande que les enquêtes sur des incidents graves impliquant des
policiers soient confiées à un organisme indépendant. Car après
enquête, elle fait le constat et déplore le manque d'indépendance, l'impartialité dans le processus actuel et l'absence de
réglementation.
PS
:
Médias et blogueurs du web doivent supporter la démarche de la
Protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain. Elle possède une compétence dont le flic Dagenais est dépourvu : les droits et
libertés. Posons la question : Dagenais a-t-il déjà porté
atteinte aux droits et libertés? Permettez que je réponde : tous
les flics, surtout les civils, y portent atteinte régulièrement,
quotidiennement. Dagenais serait-il une exception? Si oui, il y
aurait lieu qu'on demande la création d'un Prix Nobel des droits et
libertés afin qu'on puisse poser sa candidature.
■ Deux
combattantes pour la liberté des musulmanes : Dounia
et Lylia Bouzar
– Elles ont publié en janvier "La
République ou la burqa, les services publics face à l'islam manipulé"
(image
de la page couverture), aux Éditions Albin Michel (résumé du livre
sur son site),
contribuant ainsi au débat en France relatif à l'interdiction de la
burqua. Plus de 1 000 femmes la porteraient dans ce pays. Ce nombre
augmente-t-il année après année?
Deux
entrevues permettent de comprendre un peu mieux la problématique,
qui prévaut dans plusieurs pays occidentaux : au Québec, certains
préconisent les "accommodements raisonnables". Une sur
France Culture
(14:31), où Dounia Bouzar, anthropologue musulmane, explicite
clairement son origine. L'autre sur le site lejourduseigneur
(06:14), où elle dénonce les fausses interprétations du Coran que
font les dirigeants musulmans au nom de dieu (ils se prennent pour
dieu). Leur rêve de toute puissance, selon elle, génère la
violence. La question est posée : "Dieu aime-t-il
la guerre ou la paix?"
Pour
compléter ce bref tour d'horizon, un film (38:25) sur Bagdad de 2006 illustrant que l'interprétation du Coran diffère
chez des pratiquantes. Sous l'écran, lisez le texte de présentation.
On peut notamment y lire : "Many
Iraqi women remember Saddam's era as the good old days".
Les deux éléments sont en anglais, par contre dans le film les
intervenants possèdent un anglais rudimentaire, donc facilement
compréhensible. Les bons documentaires nous forcent à mieux maîtriser cette langue, et il en est très bien ainsi.
■ Une
carte à puce inquiétant la CAIQ -
(Suite tome
2
de l'Étau Policier) Qu'en
sera-t-il de cette éventuelle carte à puce du Régime
d'Assurance-maladie du Québec (RAMQ)? Le ministre péquiste de la
Santé, Rémy
Trudel,
a déposé à l'Assemblée nationale, en décembre 2001, son
avant-projet de loi qui en encadrera l'utilisation. (Katia Gagnon et
Denis Lessard --
La Presse des 10, 19 et 20 décembre 2001) La Commission d'accès à
l'information du Québec (CAIQ)
avait cependant des
réserves,
sans doute motivée par le passé peu rassurant du gouvernement en la
matière.
Elle
soulignait le double mandat de la RAMQ, à la fois dépositaire
de cette masse d'informations nominatives et assureur
public. Notait aussi que pas moins de 17
catégories
d'employés du réseau de la santé y auront accès. De son côté,
le ministre assurait que la protection des renseignements personnels
sera étanche :
«(...) (Cette carte) n'a
aucun objectif de
contrôle,
c'est strictement un instrument clinique, un outil pour permettre aux
médecins de mieux travailler avec leurs patients».
Le patient
pourrait refuser en tout ou en partie au médecin l'accès à des
informations en apparence anodines : groupe sanguin, présence
d'allergies, interventions chirurgicales passées et médicaments
prescrits. Il
pourrait aussi lui demander
de ne pas ajouter des détails qu'il ne souhaite pas voir figurer
dans son dossier.
Il
est bien évident que le cadre légal qui régirait un tel fichier
devrait être serré, écrit l'éditorialiste Katia Gagnon de La
Presse. Tout couplage devrait être interdit. Un organisme «chien
de garde»
pourrait faire rapport annuellement sur la gestion du fichier. Elle
sera bien utile, cette carte, on ne peut le nier. Qu'est-ce que ça
change? se demande finalement l'éditorialiste, puisque la RAMQ
possède déjà dans son mégafichier l'historique
des trente dernières années
de toutes nos consultations dans le réseau de la santé.
Répondons
à la question. De un, on n'explique pas comment le patient s'y
prendrait pour verrouiller
les interdits
qu'il impose au médecin. De deux, que l'interdiction du couplage du
dossier est quasi impossible. Car
le médecin ne dit pas tout à son patient. Pas
le temps, d'autres personnes attendent dans la salle d'à côté. Pas
seulement pour cette raison.
Si
le patient est atteint de cette catégorie de cancers où les chances
de survie sont nulles, par exemple, il ne lui apprendra pas tout de
suite, lui
donnera l'espoir de le vaincre,
attendra les résultats des traitements. Possible que sa
communication avec la mégabanque de la RAMQ sera plus explicite.
Sans omettre les commentaires à caractère psychologique
et social,
qu'il n'oserait jamais formuler à son patient, car il risquerait de
perdre un client. Voilà un immense terrain permettant d'en savoir
beaucoup plus sur celui-ci, et de
porter des jugements.
Quand le médecin renseigne la RAMQ sur l'état de santé de ses
patients jusqu'où peut-il aller sans
enfreindre
son serment de confidentialité? (Suite
demain)
■ Un
civil de la Sûreté du Québec fait tomber mon arbre de Noël -
(Suite tome
1
de l'Étau Policier) Dans
ma cours, ce n'est pas non plus le
calme plat...
Novembre 2001, emprunt d'une petite hache pour aller couper mon arbre
de Noël dans la forêt tout proche, que je fixe ensuite sur mon
vélo. Le type me demande de la déposer dans son véhicule lorsque
j'en aurai terminée, ne veut pas que je la lui rapporte sur son lieu
de travail : «Ç'aurait
trop l'air d'un massacre à la hache.»
Pourtant, à la quincaillerie où il travaille, on en trouve
d'autrement plus impressionnantes, certaines ressemblent même à
celles utilisées par les pompiers pour éventrer une porte en moins
de deux. Prévention...
En soirée, alors que j'installe mon arbre près du mur, deux civils
se dirigent vers la maison en retrait de la 155, j'entends l'un dire
à l'autre : «On
va y voler.»
Depuis
trois semaines, ce même mois, je ne reçois plus l'hebdo régional
l'Étoile du Lac. Il est distribué gratuitement, porte à porte, par
Publisac. Une autre situation conflictuelle concoctée par des
civils de la Sûreté du Québec : souvent, la distribution
est effectuée par certains d'eux, ce qui leur permet de violer
l'espace privée des citoyens.
Je
décide de piquer celui d'un civil demeurant dans l'édifice. L'un de
ses collègues d'une maison avoisinante, au fond d'un cul-de-sac, me
voit de sa fenêtre. Impossible de sortir de chez soi sans
être capté par une caméra extérieure. M'étais plaint deux
fois auprès de l'hebdo, en vain. Je rejoins la responsable de la
distribution locale, me promet de s'en occuper. Cet incident est clos
mais d'autres surviennent. La Sûreté du Québec passe sont temps
à allumer des petits feux.
Le
25 novembre, un dimanche, 17h15. J'entends des pas sur le chemin de
pierre concassée longeant une partie du mur extérieur, suivi de
l'affaissement de quelque chose frottant légèrement au passage le
cadre de la porte. Allume la lumière extérieure, ouvre, la
tête de mon arbre de Noël est à mes pieds,
sur la dalle de béton, près du seuil : les ampoules n'avaient pas
encore été installées.
C'est vrai qu'il vente, mais il est
rachitique, l'arbre, adossé au mur et retenu à la verticale par
deux
piquets enfoncés de biais dans la terre,
qui n'est pas encore gelée, à coups de tête de hache, et reliés
au tronc avec de la corde. On
a arraché l'un des piquets.
Et
puis, il y a les pas intrigants entendu peu avant. J'enfile un
vêtement chaud, tourne le coin de l'édifice, une ombre se profile
derrière le store de la buanderie, celle-ci étant éclairée.
M'immobilise à vingt pieds, attend un moment, la porte s'ouvre,
l'ombre
sort :
c'est le flic qui disait «On
va y voler».
On se dévisage sans dire un mot puis je vais jeter un œil à
l'autre coin.
À l'extrémité de la longue galerie, longeant la
façade de l'édifice, l'arbre du civil n'a pas été touché, seul
un petit support doté
de trois pieds le tient debout. Pourtant, le vent souffle plus fort
de ce côté, le plus exposé, où passe la 155, un vaste espace
dégagé d'arbres. (Suite
demain)
News du jeudi 18 Février 2010
■ Parc
national de Yosemite, en Californie –
L'un des plus beaux et des plus fréquentés aux USA
(04:03).
■ Un
chef d'œuvre –
On se demande quel truc l'auteur a utilisé pour les filmer d'aussi
près (03:01).
■ Le
journalisme d'enquête qu'on aime
- Florence Aubenas
(10:01), après avoir obtenu un congé sabbatique du Nouvel
Observateur, un quotidien français, a enquêté pendant 6 mois dans
le monde du travail des précaires.
On ne dit plus "je
cherche du travail |