News du lundi 28 Février 2011
■ Kadhafi
n'a pas pu retirer près d'1 milliard d'euros en Angleterre
– Il s'en est fallu de peu pour qu'il l'encaisse,
car le gouvernement britannique n'avait gelé ses avoirs qu'hier,
dimanche 27 février. Et ce, dès le lendemain (samedi 26) de la
décision du Conseil de sécurité de l'ONU d'imposer des sanctions
au dictateur, dont le gel. Efficace, cette décision, en tout cas
cette fois-ci.
■ Le libyen Kadhafi
en... 1969
– Il
vient de réussir son coup d'État, un journaliste l'interroge. Il
prônait "la révolution des peuples", exactement ce que
comptent faire ses opposants d'aujourd'hui. Comme bien d'autres pays
arabes, ils cherchent à se libérer de leur tyran. Ça vaut le coup
d'œil. Une vidéo
en anglais d'il y a 42 ans et très bien conservée.
■ Début
de nuit, ici, au Québec
– Moment idéal pour la belle zizique : vidéo
(51:49), "One
Shot Not".
Vous
allez aimer ça.
■ Un
chien m'avait
attrapé de ses
dents par le fond
de culotte et tiré, y faisant même un petit trou -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) J'avais
alors réalisé que c'était un panier de crabes, et souhaitais en
savoir davantage. Alors dans les jours qui avaient suivi mon
aménagement dans un appart, j'étais allé, à quelques occasions,
rendre visite à mon ex-logeuse. Ainsi, cette fois où trois
étrangers étaient en train de souper : une femme d'une
quarantaine d'années, qui m'exhibait généreusement sa croupe, un
jeune homme et une jeune fille.
Elle
m'avait présenté la femme comme étant la conjointe du propriétaire
de la maison d'en face, celle de l'intersection, et propriétaire
aussi de la petite scierie, m'avait-elle précisé. Ajoutant que
madame était la mère du jeune homme, et la jeune fille, l'épouse
de ce dernier, tous deux de passage dans le village. À une autre
visite, autre tablée. Là, mon ex-logeuse m'avait présenté
notamment l'époux de madame qui, m'avait-elle précisé, avait vendu
sa petite scierie et s'apprêtait à emménager dans un village près
d'Alma.
Par
la suite, on avait fait le nécessaire pour me signifier que mes
visites n'y étaient pas appréciées. Les déstabilisations se
multipliaient, dont certaines étaient appuyées par l'intervention
d'un chien que je n'avais jamais vu, et visiblement dressé pour
intimider une cible : mon ex-logeuse n'en avait pas.
Nous étions
dans la cuisine et quand je me levais de ma chaise, il se dirigeait
vers moi, la démarche chaloupée, les yeux un peu fous, je craignais
qu'il m'attaque. À
une occasion, lui tournant le dos, il m'avait attrapé de ses dents
par le fond de culotte et tiré, y faisant même un petit trou, sans
me mordre cependant. Il appartenait, prétendait mon ex-logeuse, au
jeune couple de passage dans la maison d'en face, propriété de
l'ex-proprio de la petite scierie, me répétait-elle.
La
petite scierie lui avait-elle vraiment appartenu? Plus tard, un
représentant syndical me confiera : «Lui, je le connais, il
reste jamais longtemps à la même place.» Tout était faux, dans ce
scénario monté par la Sûreté du Québec : faux jeune couple,
faux parents, faux proprio. Ils habitaient cette même maison située
à l'intersection où le nom des rues avaient été intervertis, vous
vous rappelez? Celle derrière laquelle se trouvait la
petite-maison-aux-écrans, la civils-femme-de-ménage? Scénario
confirmé du reste par des incidents...
Alors
que je sortais de chez mon ex-logeuse, j'avais entendu le claquement
d'une porte, levé la tête : de l'autre côté de la rue, sur
la pelouse, la présumée épouse du jeune homme. Elle avait fait
deux pas accélérés, comme si allait bondir dans ma direction,
pendant que le même chien me gratifiait d'un aboiement.
Un seul,
précédé d'un roulement dans la gorge, et reconnaissable entre
mille autres. À deux reprises, après le couché du soleil,
l'entendrai passer en trombe sur la pierre concassée longeant le mur
extérieur de mon appart et lâcher, juste devant la porte, son
aboiement caractéristique. (Suite
demain)
■ Démission
ou retraite anticipée de policiers fautifs les immunisent contre les
sanctions -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) La
retraite prématurée de policiers fautifs permet d'éviter les
sanctions. La Commission Poitras a constaté que les policiers de la
Sûreté du Québec soupçonnés d'avoir commis une infraction
criminelle ne font pas tous l'objet d'une enquête interne. En
certaines occasions, ses dirigeants, bien que rapidement informés de
tous les détails, s'abstiennent de commander une enquête criminelle
pourtant requise, optant plutôt pour une affectation administrative.
La
Commission a étudié tous les dossiers disciplinaires de l'année
1994, et découvert que 25 avaient pris leur retraite avant la fin du
processus. Démission volontaire ou recours prématuré à la
retraite permettent de se soustraire aux conséquences de leurs
gestes. Peut-on y voir une certaine forme d'impunité? s'interroge la
Commission.
Dirigeants
de la Sûreté du Québec et de corps policiers municipaux du Québec
ne sont pas les seuls de la planète à faire preuve de laxisme, de
complaisance, ainsi que le rapporte Me Patrick J. Knoll, qui a
effectué une étude sur les pays occidentaux, portant notamment sur
ce sujet. (Patrick J. Knoll, professeur de droit à la Faculté de
droit de l'Université de Calgary, Canada --
Regard sur les affaires internes, Les Perspectives internationales,
25 août 1997 --
Commission Poitras)
Aux
États-Unis, certains policiers --
«Gypsy Cops» --
sont passés maître en la matière. Démission ou retraite anticipée
les immunisent contre les sanctions. Celles-ci n'étant pas inscrites
dans leur dossier, ils peuvent ensuite offrir leurs services à
d'autres corps policiers, qui n'ont aucune raison de s'en méfier.
«Certains
services de police consentent à suspendre ou à retirer des
accusations criminelles ou disciplinaires si l'agent sous enquête
décide ou accepte de démissionner volontairement.»
Me
Knoll est d'avis que «si
l'objet du litige porte sur des allégations d'inconduite grave ou de
criminalité dénoncés par des citoyens, on doit alors recourir à
une approche différente. Le service de police ou la division des
Affaires internes ne doit, en aucun cas, tenter de négocier en
offrant de ne pas porter d'accusation criminelle en échange d'une
démission volontaire.»
La Commission Junger et Whitehead, qui a menée une enquête sur la
police métropolitaine de Toronto, a condamné ces ententes, mais
seulement dans les cas où des citoyens ont été victimes de
l'arbitraire policier. (Pourquoi cette distinction?)
Pour
sa part, la Commission Poitras s'oppose, dans le cas du policier
possédant plusieurs années d'ancienneté, à ce qu'on retarde
indûment le processus disciplinaire pour lui permettre de se retirer
sans avoir été jugé et condamné. Elle recommande au ministère
québécois de la Justice qu'à la retraite, la plainte soit
maintenue.
Recommande aussi de protéger les avocats de la Couronne
de toute ingérence dans le traitement des plaintes criminelles à
l'encontre de policiers. Le ministère devrait informer la population
des mesures prises, afin de l'assurer qu'aucune tractation douteuse
ne protègera des policiers auteurs de crimes. (Suite
demain)
News du dimanche 27 Février 2011
■ Facebook
– Pousse un peu trop fort sur la censure : vidéo
(01:28).
■ Québec-Leclercville
: la fuite de gaz de schiste persiste – Depuis plus de deux mois la compagnie Talisman
Énergie n'arrive pas à la colmater, ce qui pourrait prendre encore
plusieurs semaines, nous informe-t-on. Stéphane Perreault, son
porte-parole : «Il y a différents endroits où on doit intervenir».
(NDLR : Est-ce à dire qu'il y a plusieurs fuites? Semble bien. On
parlait d'une seule jusqu'à présent. Aucun journaliste n'a fait
enquête à ce sujet).
«Dans
certains cas, dit-il, on parle d'une profondeur de 1 300 pieds,
par exemple. C'est une opération qui prend un certain temps». (NDLR
: Notons que l'exploitation du gaz de schiste s'effectue à
l'horizontal, c'est à dire au fin fond du puits, foré à la
vertical, dans ce cas-ci à 1 300 pieds de la surface. Ce qui complique la
tâche. Fracturer le béton qu'on y avait déposé et en réinjecter.)
■ France-gaz
de schiste
– Première grande manifestation à ce sujet, hier. À
Villeneuve-de-Berg, village
d'environ 3 000 habitants. Même le maire Claude Pradal est contre
son exploitation. Leurs craintes sont exactement celles des opposants
québécois. Justement, l'un de ceux-ci y participait : Pierre
Batellier, membre du Regroupement
citoyen "Mobilisation gaz de schiste" de
Saint-Marc-sur-Richelieu : vidéo
(02:01) + photo
(cliquez dessus pour l'agrandir) et un article.
■ Conseil
de sécurité de l'ONU : montée en puissance à l'encontre de
Kadhafi
– Il a adopté hier samedi des sanctions : demande d'une enquête à
la Cour pénale internationale (CPI), embargo sur les armes,
interdiction de voyager, gel des avoirs, etc. Ce qui implique que les pays membres de l'ONU passeront à l'acte.
Se
référant au Chapitre V11 de la Charte des Nations Unies, les
membres du Conseil exigent qu'il soit immédiatement mis fin à la
violence et demande que des mesures soient prises pour satisfaire les
revendications légitimes de la population : texte
intégral de l'ONU en français + deux communiqués de presse en anglais du Conseil de sécurité : un
et deux.
■ Lac
Bouchette, petit État policier de la Sûreté du Québec : un autre
chien m'attaque -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Milieu
de juin 2000, un autre chien s'attaque à moi, alors que je grimpe à
vélo la grande côte située à l'une des extrémités de la rue
Principale. Elle est assez raide, j'avance lentement.
À
la hauteur d'une résidence, l'agressif arrive en trombe et bondit
sur moi sans avertissement. Tout se passe à la vitesse de l'éclair.
J'exécute en catastrophe un demi-tour pour éviter la charge, pas le
temps de vérifier si un véhicule monte ou descend la côte, et
entreprends illico la descente. S'il y avait eu un véhicule, il
m'aurait frappé. Je suis furieux. La propriétaire de ce chien est
l'une des deux femmes qui s'étaient amenées au journal D'un Lac à
l'autre, à Lac Bouchette, et avaient exigé que je leur cède une
page et demi du numéro de décembre 1999. Pas la conjointe du civil,
l'autre.
Dès
le lendemain, je vais porter plainte à l'Hôtel de Ville. Explique à
la préposée de la réception l'objet de ma visite. Elle me dit de
composer le 911, que c'est la responsabilité de... la Sûreté du
Québec. Pas question, que je rétorque. En ce cas, enchaîne-t-elle,
adressez-vous au secrétaire-trésorier, m'indiquant de la main son
bureau, juste à côté.
Je
le connais bien, ce type. À l'automne 1999, alors que j'étais
bénévolement responsable du journal local, je lui téléphonais
pour compléter les infos du procès-verbal de la réunion du conseil
municipal. À Chaque fois, j'étais vraiment étonné de la rudesse
de sa voix, affûtée comme la lame d'un couteau. Il ne parlait pas,
il jappait. Assez intimidant, merci!
Alors,
j'entre dans son bureau, lui relate l'agression canine, précise que
là, j'ai l'intention d'aller au fond des choses, car c'est la
deuxième plainte contre un proprio de chien que je loge auprès de
lui. Ma détermination le fait roussir un brin.
Pendant que je
l'observe, il farfouille maladroitement sur le dessus d'une pile de
papier posée sur sa table de travail, silencieux, cherche à se
donner une contenance, ne sait pas trop comment réagir. Pour être
franc, je le sens coincé. Finalement, il me dit qu'il va téléphoner
à la dame. L'homme qui jappait s'est adouci : un ou deux ans
plus tard, il quittera ses fonctions.
Ma
détermination n'est pas feinte. C'est que des flashes se bousculent
dans ma tête et permettant de comprendre enfin ce qui se passe, car
il se passe bel et bien de quoi. L'année précédente, à la fin de
juin 1999, quand j'avais quitté Montréal pour m'installer
définitivement au village, j'avais habité une semaine dans une
résidence privée, dans l'attente d'un appart. J'y avais fait
l'objet de déstabilisations policières, dans la cuisine parmi les
casseroles.
Ma
logeuse, ainsi que je l'ai déjà relaté, hébergeait à l'occasion
un civil : celui qui a fort probablement dupliqué les
disquettes contenant ce livre. Un midi, alors que nous étions à la
table, il avait pris place en face de moi et passé son temps à
bouger de la tête, de façon caricaturée. La reculait d'un coup sec
ou la penchait sur le côté en me dévisageant. Complice, ma logeuse
m'avait servi un bol de soupe presque vide, l'équivalent de deux ou
trois cuillerées. (Suite
demain)
■ Certains
policiers
nourrissent les médias d'informations attentatoires à la
présomption d'innocence -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Autre
cas de désinformation des médias par la Sûreté du Québec :
l'opération Brigade au poste de police de Chambly, le premier
septembre 1994, que nous avons traitée en partie plus haut. Ici, la
désinformation se niche notamment dans les motifs allégués dans
les mandats de perquisition.
Le
juge Pierre Verdon, dans son rapport sur cette affaire, fait
remarquer que la Sûreté du Québec avait «mis
le paquet
(...).
(Rapport d'enquête du juge Pierre Verdon sur l'intervention de la
Sûreté du Québec, premier septembre 1994, au poste police de
Chambly --
Québec, premier septembre 1995) En
s'employant à tout relier à un vaste système de corruption et
d'association avec des groupes criminels, qui aurait sévi au sein du
corps de police de Chambly, elle a réussi à donner un portrait
vraisemblablement alarmiste de la réalité».
Environ
trois semaines après ce raid, la Fédération des policiers
municipaux du Québec (FPMQ) dressait ce bilan, lors d'un point de
presse : «La
Sûreté du Québec a abreuvé les médias d'une multitude
d'allégations, imputant aux policiers de Chambly une panoplie de
délits très graves : trafic de stupéfiants, contrebande de
cigarettes, trafic d'alcool, tenir une maison de débauche, trafic de
stéroïdes, fraude à la CSST
(Commission de la santé et de la sécurité au travail),
recel, loterie illégale, fausse déclaration d'impôt, vente
d'information du centre de renseignements policiers.
«Pour
colorer le tout, on a dit qu'une partouze avait eu lieu au poste de
police, ce qui est faux, que quatre policiers avaient assisté aux
noces de la fille d'un chef de la mafia montréalaise, ou d'un caïd
de la Rive-Sud, ce qui est faux. On a dit que les policiers de
Chambly fermaient les yeux sur le trafic de la drogue, ce qui est
faux. (...)
La Sûreté
du Québec s'est livrée à une campagne de salissage inimaginable.»
«Curieusement»,
signale la Commission Poitras, les médias étaient sur place dès le
début de l'opération. Selon elle, aucun dossier d'enquête
disciplinaire n'a été ouvert en sein de ce corps policier pour
déterminer la source des fausses informations publiées par les
médias ni même pour s'enquérir des circonstances pouvant expliquer
leur présence.
Gaétan
Rivest, l'ex-policier de la Sûreté du Québec, l'a longuement
entretenue de l'utilisation que ce corps policier fait des médias
dans la conduite de ses enquêtes : «Certains
policiers nourrissent les médias d'informations attentatoires à la
présomption d'innocence dans le but de mousser un complément
d'enquête ou de diminuer l'accusé.»
Ses propos confirmaient l'une des conclusions du Groupe de travail
présidé par le juge Guérin et portant sur l'administration de la
justice en matière criminelle. (Suite
demain)
News du samedi 26 Février 2011
■ Le
Conseil de sécurité de l'ONU traitera du cas Kadhafi
– La réunion se déroulera ce soir samedi. Différentes options
seront étudiées afin de mettre un terme à la violence, notamment
le gel de ses avoirs à l'étranger, restriction de l'espace aérien
: vidéo
(01:31).
■ Dessins
: la soif du pouvoir -
Deux présidents au lieu d'un
: chanceux, va ; pauvreté extrême, richesse extrême
; la
clé
qui donne accès à tout ; le désespoir, c'est t'OFF
; contenant sans
contenu.
■ Influence
de la mutation des Arabes sur des Occidentaux
– Les premiers aspirent à la démocratie, au risque de leur vie,
les seconds se demandent s'ils en on vraiment une. Vivons-nous dans
une oligarchie
politico-économique? Un prince (premier ministre) et quelques
courtisans, les seuls à savoir ce qui est bon pour le peuple.
■ Des
drones américains aux frontières canadiennes ?
- Semble bien, selon ce que rapporte le quotidien Le Devoir. Et les
mêmes avions
sans pilote qu'on utilise en Irak et en Afghanistan. Cependant, ils
n'empièteraient pas le territoire canadien. Pas nécessaire, ils peuvent
capter des images à une distance de 40 km. Inquiétude
il y a, notamment à la Ligue québécoise des droits et libertés.
■ Un
chien de la Sûreté du Québec pour m'empêcher de circuler
librement dans l'espace public -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Un
matin, prenant mon courage à deux mains, je décide de lui faire
face. Je tiens dans la main droite une branche d'aune, du même côté
que la maison. Rusé, il m'attaque cette fois sur la gauche. Je crie
au propriétaire d'appeler son maudit chien. En périphérie,
j'entrevois une femme, près de la roulotte, qui l'appelle, mais
d'une voix si faiblarde et peu convaincante qu'il ne l'entend même
pas.
En
fin d'après-midi, madame est debout devant la roulotte, presque au
garde-à-vous, me souriant, sans chien aux alentours. Attitude et
sourire caricaturés, pour bien me faire sentir qu'elle se foute
carrément de ma gueule. Elle m'attendait, de toute évidence. À
cause de la présence d'arbres et d'un bâtiment, son champ de vision
est d'environ 500 pieds. M'a-t-elle aperçu au moment où elle
s'adonnait à jeter un œil à la fenêtre de la roulotte? L'avait-on
averti de mon arrivée?
Après
quelques jours de répit où j'ai pu circuler sans problème, il
m'agresse à deux autres occasions. Lors de l'une d'elles,
curieusement, il vient à ma rencontre alors que je commence à peine
à gravir la colline et que la maison n'est pas encore visible. Il se
contente d'abord de courir dans le champ bordant le chemin et de
japper pour ensuite passer à l'offensive quand j'arrive à la
hauteur de la maison. Il est 8 ou 9h00 du matin.
De
l'intérieure de la roulotte, me parvient la même voix faiblarde
l'appelant. Cette fois, elle ensommeillée en plus. Un appel
l'encourageant quasiment à poursuivre son attaque. Je réussis à
lui échapper. Vers la fin de l'après-midi, quand j'emprunterai le
chemin à l'inverse, mon agresseur n'y sera pas. Pendant un certain
temps, j'aurai la paix. Jusqu'à la cinquième et dernière
agression. (Suite
demain)
■ Désinformer
les médias afin de protéger l'image de la Sûreté du Québec -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Les
cas où la police manipule les médias pullulent. La Commission
Poitras en explore quelques uns, dont celui-ci. C'est l'histoire du
policier de la Sûreté du Québec, Lacasse, affecté à la salle
d'exhibitions, l'endroit où la police range tous les éléments de
preuves de ses enquêtes, dont les saisies de drogues. En
septembre 1994, Lacasse est pris en flagrant délit de vol de
cocaïne, accusé et arrêté.
La Commission cite un article de la
journaliste Stéphanie Alaire du Journal de Montréal et rapportant
les propos que lui a tenus un responsable des relations avec les
médias (Stéphane Alaire --
Journal de Montréal du 3 septembre 1994) : «Lacasse
aurait été pincé à sa toute première tentative de vol de drogue,
croit le sergent Robert Poëti
(de la Sûreté du Québec).
Ce dernier indique qu'un système de sécurité comportant des
caméras et des procédures strictes protègent la salle des pièces
à conviction à Partenais.»
Première
tentative de vol, disait le sergent Poëti à la journaliste.
Pourtant l'enquête a révélé que Lacasse en avait subtilisée
régulièrement pendant une période d'environ neuf mois. Caméras et
procédures strictes, affirmait-il aussi à la journaliste. La
Commission Poitras souligne que les informations de Poëti sur ces
mesures de sécurité contredisent celles portées à sa connaissance
lors de ses travaux sur l'affaire Matticks.
Ainsi,
elle a cherché à comprendre comment l'enveloppe contenant les
quatre télécopies litigieuses (les quatre preuves fabriquées qui
ont fait avorter le procès contre le clan Matticks) avaient bien pu
être ouverte à la salle d'exhibitions, sans que la Sûreté du
Québec ne soit en mesure de savoir ni quand, ni par qui. (Suite
demain)
News du vendredi 25 Février 2011
■ Libye
– Les insurgés ont atteint aujourd'hui des rues de Tripoli, la
capitale : vidéo
(01:01). Kadhafi acculé au pied du mur? + vidéo
(00:51), il adresse la parole à de ses partisans + dessins : pétrole ou
pactole? ; la fuite inattendue
; regard d'un tyran
; couleur à la mode
de ce temps-ci ; SOS.
■ Quotidien
Le Monde
– Julian Assange risque un procès politique
pour une affaire de mœurs (Jusqu'à présent, aucune accusation n'a été portée contre lui) + Il a beaucoup d'amis dans le monde, dont ses six
+ Si la Suède l'extradait à la demande des USA , qui cherchent à
l'inculper pour avoir diffusé via WikiLeaks des documents
diplomatiques confidentiels, ces deux pays perdraient beaucoup d'amis
dans le monde.
■ La
biographie de Julian Assange en librairie depuis hier, en français
– Le titre? Underground, 348 pages, 20 euros et publiée aux
Éditions des Équateurs : cliquez
sur la page couverture pour avoir accès à des infos. Dans la
présentation du livre on s'interroge... Comment un Australien (fondateur de WikiLeaks)
surdoué est-il devenu un héros universel, énigmatique et
controversé? Quels évènements l'ont-ils conduit à être le
champion du piratage, un dissident au nom de la liberté
d'expression? Une déclaration de guerre contre les États, les
grandes entreprises, toutes les oligarchies et formes d'autorité.
■ Graves
atteintes aux
droits fondamentaux lors du G20, Toronto, juin 2010 - Deux
groupes de droits civils dévoileront leur rapport lundi 28 février
2011, 11h, salle de conférence
de presse Charles-Lynch (130S), Édifice du centre, Colline
parlementaire, à Ottawa. Il s'agit de l'Association canadienne des
libertés civiles (ACLC) et du Syndicat national des employés et
employées généraux (SNEGSP).
Rapport
résultant d'audiences tenues en novembre dernier auxquelles plus de
60 citoyens ont participé : manifestants pacifiques, journalistes,
passants et d'autres y ont partagé des histoires exécrables de
violences policières, de menaces, de mauvais traitements et de
détentions illégales. Les deux organismes ajoutent au rapport des
recommandations visant à protéger désormais les droits
constitutionnels.
■ Lac
Bouchette : la Sûreté du Québec utilise clandestinement des chiens
pour empêcher les piétons de circuler dans l'espace public -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Abordons
un autre volet de la répression clandestines des civils de la Sûreté
du Québec à mon encontre. Pour le moins ahurissant, celui-là,
réellement.
Avant mon arrivée au journal local D'un Lac à l'autre,
de Lac Bouchette, et après mon départ de celui-ci, la Sûreté du
Québec a tenté de m'empêcher de circuler à pied et à vélo dans
le village en utilisant notamment des chiens dressés à l'attaque.
Quand j'en étais l'éditeur délégué et le journaliste, elle ne
pouvait utiliser ces méthodes à mon encontre, car il y avait risque
que j'en fasse échos dans ses pages.
Pondérons
tout de même : des chiens dressés à feindre l'agression physique.
Dressage présumé puisque je n'ai jamais été mordu. Le problème
est que vous ignorez qu'il n'y aura pas morsures et l'attaque est à
ce point convaincante que vous pensez qu'ils vont vous manger tout
rond. Il me faudra plus d'un an avant de comprendre que la répression
policière se cachait derrière les violences canines. Répète-t-on
le pour ne pas l'oublier : la meilleure répression est toujours
celle que le citoyen ne voit pas. Comme vous allez voir, l'affaire
est sérieuse.
Début
mai 2000, j'ai eu à composer avec un obstacle majeur, en bordure de
la forêt, près de chez moi : un chien enragé d'une race bâtarde
et aussi gros qu'un berger allemand. Je ne m'y attendais pas parce
que ne l'y avais pas vu auparavant. Alors j'ai la frousse de ma vie
quand il surgit soudainement de l'arrière d'une maison et fonce à
vive allure sur moi, grognant, les canines sorties et cherchant à me
mordre la cheville.
Je
réussis à l'esquiver en sprintant et composant du mieux que je peux
avec nids de poules et cailloux. Fort heureusement, l'endroit est
suivi d'une pente, que je dévale en moins de deux. Dans
l'après-midi, me faut repasser devant la maison pour revenir chez
moi. Cette fois, suis armé d'un branche d'arbre, alors quand il se
rue sur moi, suis un peu mieux préparé à l'affronter.
N'empêche.
J'ai peur des gros chiens agressifs. Impossible de téléphoner au
proprio de l'animal. J'en ignore le nom, des gens de mon entourage
également. C'est que cette maison, isolée et située au sommet
d'une colline, est en rénovation, les samedis et dimanches. Le reste
de la semaine, une parente, amie ou conjointe habite entre-temps dans
une petite roulotte. Pas question d'aller frapper à sa porte pour
m'enquérir du nom du proprio...
Vais-je y retourner ou pas?
Finalement, je me dis que je vais tout même pas me priver des
plaisirs de cette belle forêt, tout près de mon domicile, à cause
d'un chien qui ne sait pas vivre. (Suite
demain)
■ Brisson
: la Sûreté du Québec cherchait-elle à dompter les médias ? -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) La
police, quelle qu'elle soit, désinforme souvent les médias. Quand
l'affaire Matticks s'est enclenchée, en 1995, la Sûreté du Québec
a mis au point une stratégie de communication afin d'«atténuer
les effets du message actuellement très négatif des médias
écrits»,
rapporte l'anthropologue Brisson. (Geneviève Brisson, anthropologue
--
Analyse de la littérature corporative de la Sûreté du Québec,
juillet 1998 --
Étude présentée à la Commission Poitras)
Celle-ci
se réfère notamment à des documents corporatifs produits par ce
corps policier, dont celui intitulé Stratégie de la Sûreté du
Québec 1996, dont elle cite quelques passages : «La
stratégie se résume à démontrer que les dirigeants de la Sûreté
du Québec ont la situation bien en main et qu'il y a une volonté
d'apporter les correctifs nécessaires pour éviter que les faits
amenés à la connaissance du public se reproduisent de nouveau».
Les
médias font alors l'objet d'une attention particulière. «La
Sûreté du Québec cherchait-elle à les dompter?»
se demande Brisson. «Ces
relations de presse considèrent trois groupes d'intervenants, soit :
les journalistes qui influencent l'opinion publique, les journalistes
qui sont des alliés (sic)
de la
Sûreté du Québec et les experts qui sont invités par les médias
à analyser la situation. Ces contacts utiles permettent alors de
faciliter les communications avec les médias».
Il
s'agit de limiter ou de sélectionner les renseignements diffusés,
«de
contrôler l'information lors de situations critiques en pratiquant
la discrétion maîtrisée».
Les tribunaux auront à se pencher sur les faits, donc peuvent être
influencés par les médias, d'où cette règle de la Sûreté du
Québec, que Brisson écrit en lettres majuscules...
«Le
contexte juridique en cause nous oblige à commenter, avec une très
grande prudence, les événements, et ce, même si l'interprétation
qui en est tirée n'est pas toujours exacte (sic)
». (NDLR : La police diabolise, avant procès, des citoyens
accusés. Par contre, lorsqu'un policier est accusé d'une
illégalité, elle se garde bien de porter atteinte à sa présomption
d'innocence.)
Un
regard externe trop pénétrant n'est pas souhaité. Il est perçu
comme une menace pour les dirigeants parce que des choix de gestion
peuvent faire l'objet de critique dans les médias. Brisson cite cet
autre passage d'un document de ce corps policier...
«Lorsqu'il
est démontré (à
la suite d'un procès, une commission d'enquête, ou autre)
que certaines pratiques de la Sûreté du Québec ont été
irrégulières dans un dossier précis et ont eu pour effet de faire
avorter les procédures judiciaires ou de porter préjudice à des
citoyens, la Sûreté du Québec se doit de reconnaître la faute
professionnelle».
Là
aussi, cependant, il faut mesurer le contenu de la déclaration :
«Le
message doit être rassurant : relativiser la faute
professionnelle».
Brisson rapporte que la réussite de ces moyens est importante :
le travail peut devenir difficile, voire impossible quand la
réputation de l'organisation est sévèrement attaquée. (Suite
demain)
News du jeudi 24 Février 2011
■ Sérieux
avertissement de
l'ONU à Kadhafi
– Hier, le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a
eu un entretient téléphonique de 40 minutes avec le président
Kadhafi, qui n'a pas été aisé. Par la suite, Ki-moon a déclaré
que la violence en Libye doit cesser. Ceux qui font brutalement couler le
sang d'innocents doivent être punis : vidéo
(01:48) de la déclaration de Ki-moon + texte.
Il a salué les messages forts et sans équivoques envoyés
respectivement par le Conseil de sécurité de l'ONU et la Ligue des
États arabes : pas de violence et respect des droits de l'homme.
■ Allemagne
nudiste et Pologne
vertueuse
- Les deux sont membres de l'Union européenne, conséquemment ses
habitants peuvent circuler librement partout. Cependant, une nouvelle
frontière est née, celle du bien et du mal : vidéo
(02:44).
■ Julian
Assange – Décision aujourd'hui du juge Howard Riddle, d'un tribunal
britannique : "Je
dois ordonner l'extradition de M. Assange vers la Suède".
L'un de ses avocat, Geoffrey Robertson,
a aussitôt réagi : "Nous
allons faire appel".
Aucune accusation n'a encore été portée contre le fondateur de
WikiLeaks. La Suède veut simplement l'interroger relativement à
deux présumés viols.
■ L'information
à son meilleur
– Particulièrement sur la révolte des peuples arabes : Aljazeera,
en anglais. Toutes les infos en direct via satellite, et accessible,
instantanément, d'un seul clic dans ma colonne de droite + son site
sur le web, à explorer de fond en comble. Ailleurs, vous ne
trouverez pas un média aussi complet que celui-là.
■ Libye
– Des mercenaires africains, embauchés par Kadhafi, massacrés
après avoir eux-mêmes massacrés des manifestants : vidéo
(04:14) + avertissement
: vous risquez d'être très ému. Je la diffuse afin de montrer
jusqu'où peuvent aller des citoyens opprimés depuis des années
lorsqu'ils tentent de renverser une dictature. Dans la foule,
plusieurs n'étaient pas d'accord : "Non,
ne faites pas ça (…). Nous ne pouvons pas faire comme eux".
■ Des
civils de la Sûreté du Québec écoutaient-ils mes appels
téléphoniques ? -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Peut-on
ajouter à la vidéo-surveillance, l'écoute téléphonique? Je ne
sais pas mais... Jeudi 4 octobre 2001, midi trente, je vais
téléphoner à la cabine de Bell, située à l'extérieur de la
station d'essence de la 155, n'ayant plus le téléphone à mon
domicile depuis quelques années. Je l'utilise rarement plus d'une
fois par mois, mais ces derniers temps j'ai quelques appels urgents à
loger et souvent quelqu'un me précède de quelques minutes.
Un
homme descend d'un véhicule et y entre juste au moment où j'arrive.
Je trouve ça louche. À cause des synchronismes, bien sûr, mais
aussi de leur attitude. Pendant qu'ils conversent au téléphone, ils
sont tourné vers moi et me regarde, parfois ils sortent de la cabine
en affichant un petit sourire. Habituellement, je me tiens à l'écart
pour laisser l'usager converser en toute intimité.
Cependant, ce
jour-là, je veux essayer de savoir ce qui en est vraiment, alors je
m'installe juste à côté des portes battantes de la cabine,
l'oreille bien déployée. «Est-ce
que le rassemblement est fait?» demande-t-il à son interlocuteur à
l'autre bout du fil : en matière d'écoute téléphonique, le
mot «rassemblement» fait-il parti du jargon policier? Il se racle
la gorge et, pendant une bonne minute, semble attendre que l'autre
ait vérifié et répondu à sa question.
Puis,
il dit ne pouvoir parler longtemps, quelqu'un (moi) attend pour
téléphoner et raccroche. En sortant, il me dit : «Je vous
laisse le téléphone, il est tout chaud.» Je m'y installe, observe
la wagonnette à bord de laquelle il monte. Sur le pare-choc avant,
une plaque portant le numéro 00-000. Plaque-message? Par la suite,
ces synchronismes prendront fin. Cherchait-on à me signifier que
même mes conversations téléphoniques étaient sous écoute?
Jouait-on à me le faire croire ou l'étaient-elles vraiment? Plus tard j'en aurai la conviction. (Suite
demain)
■ La
solidarité malsaine entre les policiers et les corps policiers -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) La
police ne peut s'autopolicer, c'est-à-dire porter deux chapeaux en
même temps. La «solidarité
malsaine»
de policiers à l'endroit d'un ou de collègues accusés est
fréquente. La Commission Poitras cite deux articles du journaliste
Serge Labrosse du Journal de Montréal, publiés les 9 et 10 février
1994.
Le
journaliste rapportait l'arrestation de trois policiers de la Sûreté
du Québec pour brutalité et de leur comparution «entourés
de collègues policiers».
Et de la «protection
spéciale du corps policier lui-même»
dont a bénéficié la policière, qui a pu quitter le palais de
justice par la sortie des juges, ce que le journaliste qualifiait de
«traitement
de faveur. (...)
Chacun
sait en effet qu'aucun accusé, si incommodé soit-il par la présence
des médias, n'est autorisé à quitter la salle d'audience en
empruntant la sortie des juges,
écrit-il.
«L'incident
d'hier suscite d'autant plus de questionnement que la Sûreté du
Québec a décidé de mener elle-même l'enquête criminelle sur les
gestes de violence reprochés à ses policiers de Candiac, plutôt
que de confier cette tâche à un autre corps policier, comme elle
aurait pu le faire par souci de transparence.»
Cette
«solidarité
malsaine»
prévaut également chez les officiers de la Sûreté du Québec,
qui, eux, ne sont pas syndiqués. (Véronique Béguet, Geneviève
Brisson et Sophie Morisset, anthropologues --
Analyse du discours policiers lors de témoignages devant la
Commission, juillet 1998 --
Étude présentée à la Commission Poitras)
La
Commission se réfère à l'une des trois anthropologues dont elle
avait retenu les services, Geneviève Brisson, qui a analysé les
témoignages rendus au cours de ses audiences par 21 policiers de la
Sûreté du Québec. (Geneviève Brisson, anthropologue --
Analyse de la littérature corporative de la Sûreté du Québec,
juillet 1998 --
Étude présentée à la Commission Poitras)
Les
officiers et, jusqu'à un certain point, d'autres supérieurs
hiérarchiques, sont habituellement impliqués dans les opérations
policières. Les pressions issues de la solidarité peuvent donc
aussi être ressenties par le gestionnaire, qui adopte alors les
mêmes comportements que ses subalternes. Ne pas fermer les yeux sur
les illégalités, se traduit trop souvent par l'expulsion du groupe.
L'anthropologue écrit que «(...) le
policier craint que, en défiant la loi du silence, il ne pourra pas
compter sur ses collègues policiers lorsque sa vie sera en danger.»
Dans
un document synthèse, les trois anthropologues, outre Brisson,
Véronique Béguet et Sophie Morisset, soutiennent «que le policier
commettant une erreur paye pour. Il va avoir les droits qui lui sont
reconnus contractuellement, point. Le reste, il va faire face à la
musique, aux procédures judiciaires (...)». Elles n'en soulignent
pas moins des variations dans le traitement des policiers accusés
d'infractions ou d'actes criminels.
«Certaines
procédures comme la prise d'empreintes digitales et de photographies
ont été aménagées de manière à garantir la plus grande
discrétion aux policiers qui les subissaient. Notons que cette
mesure est venue en réaction à une autre, plus favorable aux
policiers encore, qui visaient à faire photos et prise d'empreintes
ailleurs que dans le lieu habituel.
«Dans
une autre situation, on a arrêté un policier au bureau plutôt que
d'aller chez lui, dans sa famille. Il a pu dormir à son bureau
plutôt qu'avec les autres détenus avant de comparaître le
lendemain.»
Difficile de s'autopolicer quand un même corps est à la fois sa
police et son juge, «deux
chapeaux»
pouvant mener à des conflits d'intérêts. (Suite
demain)
News du mercredi 23 Février 2011
■ Les
chevaux sauvages du Danube
– Ils sont 4 000, vivent dans le Delta du fleuve, en Roumanie. Une
réserve naturelle protégée par le gouvernement. On songe à les
exterminer parce qu'ils broutent, galopent ici et là, laissent des
empreintes, etc. Un vétérinaire s'y oppose, ils ne font pas tant de
dégât que ça et il aime les voir libres : vidéo
(11:12).
■ Libye
: les plus récentes nouvelles
– Seule la région de Tripoli, la capitale, resterait aux mains de
Kadhafi : vidéo
(01:07) + cartes
géographique des révoltes au Maghreb et au Moyen-Orient mise à
jour hier, 22 février, et permettant de mieux saisir l'importance
des révolutions arabes + article où on parle de tentatives de
fuites de proches
de Kadhafi vers d'autres pays.
■ La
petite-maison-aux-écrans et un faux incendie -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Six
mois plus tard, nous sommes à l'été 2001, d'autres indices
viennent s'empiler sur ceux que je possède déjà. Tout commence par
le tintement d'une cloche. Une dizaine de minutes s'écoulent, puis
cette fois un bref coup de sirène retentit. Que se passe-t-il?
J'ouvre
la porte, du seuil j'aperçois le camion à incendie de la
municipalité stationné devant la petite-maison-aux-écrans. Pas de
boyaux d'arrosage, ni flamme, ni fumée. Me demande aussi pourquoi la
sirène? Ça ne ressemble tellement pas à un incendie que j'en
déduis qu'il va plutôt y avoir un petit défilé dans les rues du
village et, ainsi que cela est arrivé une fois, que le lieu sert de
point de ralliement de véhicules.
Au
printemps 2002, on entreprend la démolition de la petite
maison-aux-écrans qui, selon la rumeur, aurait été endommagée par
le feu. Suis étonné. Ses résidents sont des voisins, seules une
pelouse et la petite rue nous séparent. J'en suis même assez proche
pour identifier qui y entre ou en sort. S'il y avait eu incendie, je
le saurais. Grosse envie d'aller visiter le chantier de démolition.
Elle est démontée planche par planche. Deux ouvriers s'y affairent,
déposent les matériaux dans un container.
Je
patiente deux jours puis... «Est-ce qu'on peut visiter?» Oui, me
dit l'un des deux responsables des travaux. Ce n'est pas long que des
civils s'amènent sur les lieux. Trois, pas d'un seul coup, les
arrivées espacées de deux ou trois minutes. Légèrement en
retrait, ils m'observent, silencieux, avec une curiosité manifeste,
semblent se demander : "Qu'est-ce qu'il fait ici, lui?"
Premier
constat : aucune odeur de fumée à l'intérieur, pas d'endroits
calcinés, pas de suie. Deuxième constat : une maison de trois
petites pièces et seule la partie arrière est dotée d'une cave, où
est installé le système de chauffage, me dit-on : pratiquement
l'équivalent d'un petit chalet. Constate aussi qu'on a commencé à
enlever le revêtement des murs intérieurs.
Près
de la porte d'entrée, trois tubes, sorte de chemises fabriqués d'un
matériau flexible, de couleur beige, dans lesquels on introduit
plusieurs fils électriques. Identiques au fil à découvert, à la
surface du sol, près de ma porte, et dont j'ai parlé plus tôt. Les
tubes sont côte à côte, pendouillent, mais les fils n'y sont plus.
Était-ce ceux qui reliaient les caméras aux écrans? Un îlot
compte plusieurs caméras, ce qui implique autant de fils pour
acheminer images et sons jusqu'aux écrans : à l'été 2003,
une résidence sera érigée sur les lieux. La
petite-maison-aux-écrans était surveillée à l'extérieur par un
chien qui assez souvent aboyait et hurlait. Quand il commençait, il
n'arrêtait plus, ça pouvait durer des heures. (Suite
demain)
■ Cas
typique d'un comportement inacceptable en matière d'interrogatoire -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) La
Commission Poitras, pour revenir à l'affaire du corps policier de
Chambly, n'hésite pas à qualifier cette vaste entreprise de recours
abusif au pouvoir d'arrestation et de détention ayant pour but de
recueillir des éléments de preuve contre des suspects. S'interroge
sur la faiblesse du travail d'enquête, préalable à une
arrestation, des escouades de la Sûreté du Québec.
Signale
qu'il existe, chez les policiers, une perception fondée sur
l'expérience, à l'effet que les enquêteurs de ce corps policier
ont «l'obligation»
d'obtenir des déclarations incriminantes. Elle se base sur les
témoignages de Richard Renaud, directeur de la police de la Ville de
Québec ; de Richard McGinnis, assistant directeur responsable du
Bureau des enquêtes criminelles au sein de la police de l'île de
Montréal ; et de Gaétan Rivest, ex-policier de la Sûreté du
Québec.
La
Commission, au cours de ses audiences, permettait aux citoyens
d'émettre des griefs à l'encontre de la Sûreté du Québec. Elle a
pu ainsi prendre connaissance d'un autre cas, survenu lui aussi en
1994. La plaignante, conjointe d'un accusé dans une affaire de vol
qualifié, avait déposé une plainte auprès du Comité de
déontologie contre des enquêteurs de la Sûreté du Québec. «Le
policier
(...) m'a
dit que je devais les suivre comme témoin».
Violation
aussi de son droit à l'avocat, interdiction d'en contacter un par
téléphone, un enquêteur le lui enlève des mains : «Tu
appelleras un avocat quand on aura fini avec toi».
Intimidation par des menaces d'accusations de complicité et de
plusieurs vols, d'une peine de prison, de ne plus revoir sa fille
avant longtemps.
Enquêteur lui dictant le contenu d'une déclaration.
Se refusant d'écrire et d'avouer qu'elle est au courant que son ami
a participé à un vol, ce qu'elle nie du reste, on la bouscule, la
harcèle. Interrogatoire de six ou sept heures. La commissaire
adjointe à la déontologie policière... rejettera la plainte pour
insuffisance de preuve.
La
Commission précise que le modus operandi dénoncé par la plaignante
ressemble trop à d'autres affaires pour ne pas y voir un certain
fondement. C'est le cas typique d'un comportement inacceptable en
matière d'interrogatoire, que la personne soit arrêtée, détenue,
suspecte ou simplement rencontrée «pour
interrogatoire».
En outre, elle qualifie d'odieuse la pratique de la Sûreté du
Québec à l'encontre de femmes ayant de jeunes enfants. Ses méthodes
discrédites non seulement la Sûreté du Québec mais tous les corps
policiers et l'ensemble du système judiciaire (Suite
demain)
News du mardi 22 Février 2011
■ Des
images libyennes –
“I will not leave this place until I achieve one the two highest
levels : martyrhood or victory”
; how does this smell
Gaddafi? ; sang
dans le sablier ; grand besoin d'aide
financière ; attaque à l'homme détesté
; homme-sandwich
; encore lui
; yes
we can ; 42 photos
de la révolte arabe.
■ Libye,
des ambassadeurs du pays changent de camp
– En France, à l'UNESCO, organisme de l'ONU basée à Paris, en
Inde et même à Washington
où Ali Aujali a déclaré : "Les
gens se font tuer de manière brutale, et le peuple est désarmé
alors que le régime a toutes sortes d'armes et utilise les chars
contre les gens".
■ Un
noyau de dominants règne sur le peuple
– Sommes-nous en dictature? Non. Sommes-nous en démocratie? Non
plus. Des questions qu'on pose dans la présentation du livre d'Hervé
Kempf, économiste : "L'oligarchie
ça suffit, vive la démocratie",
aux Éditions du Seuil.
Pour sa part, Alain
Cotta, journaliste et auteur du "Règne
des oligarchies",
aux Éditions Plon,
traite des névrosés de l'argent, du pouvoir et de la gloire. Ces
deux auteurs participent à un débat intense où plane un brin de
révolte : vidéo-1
(18:02) + vidéo-2
(11:19).
PS
:
Petit Robert, définition de l'oligarchie... "Régime
politique dans lequel la souveraineté appartient à un petit groupe
de personnes, à une classe restreinte et privilégiée".
■ Ça
vous est-il déjà arrivé ?
- Vous naviguez et tout à coup la ligne internet coupe. Vous essayez
d'y retourner, n'y arrivez pas. Coup de fil à un employé de votre
fournisseur : vidéo
(03:44) humoristique.
■ Transparence
étant, doit-on encadrer légalement les sondages ?
- En France, les sénateurs ont adopté unanimement une loi à cet
effet. Il en existait déjà une mais elle remontait à plusieurs
années et ne répondait plus aux besoins actuels.
La nouvelle loi
oblige les instituts de sondage à rendre publiques les questions
qu'ils ont posées aux citoyens, l'ordre dans lequel elles l'ont été
et l'analyse expliquant les facteurs correctifs qu'ils ont appliqués
aux réponses : vidéo-débat
(06:44), le sénateur Jean-Pierre Sueur explique le pourquoi de cette
démarche.
■ La
prévention policière est pavée de mauvaises intentions -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) En
soirée, je sors prendre ma marche. À la petite-maison-aux-écrans,
même constat : cette fois, l'homme, encore devant sa télé,
sait que je m'en viens car il fixe déjà la fenêtre au moment de
mon passage. Quand je repasse, quelques minutes après, le store de
la fenêtre a été fermé.
De
l'autre côté de la rue, de la fenêtre de la cuisine d'une
résidence, j'aperçois une femme se plier en deux pour m'exhiber sa
croupe : je connais le truc, on me l'a tellement fait à
Montréal. Connais bien aussi la dame : c'est l'une des deux
membres de l'escouade cycliste. Je précise qu'en aucun moment ne me
suis-je immobilisé devant la fenêtre. Cependant, marchant très
lentement, à cause d'artères partiellement bouchées dans les
jambes, j'ai amplement eu le temps d'en visionner suffisamment pour
comprendre.
Le
soir suivant, une femme y promène un gros chien beige, sans laisse.
Connaissant les us et coutumes des civils et l'utilisation qu'ils
font des chiens dressés à l'attaque, ainsi qu'on le verra plus
loin, j'emprunte un autre trajet pour ne pas rencontrer le gros
toutou, en marchant sur un petit bout de la route 155. Devant un
autre édifice à logements, une femme déneige le toit de son auto.
De nouveau le boum-boum-boum!
À mon retour, je vois la
civile-femme-de-ménage, qui demeure à l'intersection, sortir de la
petite-maison-aux-écrans. Sortie synchronisée? Je vais à sa
rencontre, nous causons une dizaine de minutes. Suis convaincu que
c'est elle qui s'est penchée derrière le divan pour se dérober à
mon regard. Par
la suite, je ne prendrai plus de marche, craignant l'agression, d'un
homme ou d'un chien. La prévention policière est pavée de
mauvaises intentions. Et l'intensité de mon courage varie...
Peu
après, je nettoie mon entrée, le même gars que plus haut me rejoue
le scénario. Il vient de descendre du première étage de l'immeuble
et enlève la neige du toit de son véhicule. Il insiste un peu trop.
Je décide de faire de même avec ma pelle, m'acharne sur des plaques
de glace qui ont adhéré à l'asphalte, frappe fort, l'enterre
littéralement. Lui tient tête assez longtemps pour qu'il comprenne
que j'ai décodé son message, et qu'il décroche. Tout un concert.
Autres
liens. Le civil, le même qui m'avait confié que des employés de la
scierie ne veulent pas travailler, a remplacé son vieux chien par un
jeune qui passe son temps à me japper après quant je traverse le
terrain de stationnement, en face de son appart.
Et l'homme-au-toutou
a recommencé son petit manège. Il amène son chien se soulager en
face de ma porte d'entrée, à quelques pieds. Lorsque j'ai aperçu
le petit cadeau, j'ai pris ma pelle et suis allé le déposer sur la
galerie, en face de sa porte. J'ai été tranquille pendant quelques
jours, pensais l'affaire entendue et définitivement réglée, mais
ç'a recommencé. (Suite
demain)
■ Les
droits des policiers sont aussi importants que ceux des citoyens -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) La
Fédération des policiers municipaux du Québec (FPMQ), à laquelle
appartiennent les membres du corps de police de Chambly, apporte
d'autres éléments.
La conjointe d'un policier qui était vêtue
d'un simple t-shirt et d'une petite culotte a dû s'habiller devant 4
ou 5 policiers dans sa chambre, pourtant, elle n'était pas en état
d'arrestation. Une autre conjointe a dû prendre sa douche devant une
policière de la Sûreté du Québec : difficile de prétendre
qu'elle était libre de ses mouvements. Aucun appel téléphonique ne
fut permis.
Ce
n'est que sur l'heure du midi que quelques-uns furent autorisés à
téléphoner. Certains firent l'objet de menaces et d'intimidation :
«Tu
vas coucher à
(la prison de) Tanguay
ce soir, tu ne verras pas ton fils avant huit ans»,
«ta
carrière est en jeu».
On a même convaincu la conjointe d'un policier que celui-ci la
trompait, on espérait ainsi qu'elle l'incriminerait. Elle en fut
perturbée au point où, durant l'interrogatoire, elle se demandait
comment elle pourrait arriver financièrement seule avec son fils de
deux ans. L'un d'eux a voulu quitter les lieux sur l'heure du midi,
on a menacé de le... mettre en état d'arrestation.
Le
juge Verdon note que l'enquête de cinq mois de la Sûreté du Québec
avait produit des résultats probants contre des citoyens suspects
mais rien à l'encontre de policiers de Chambly. «Malgré
l'importance des moyens mis en œuvre, seuls avaient été découverts
quelques écarts et certains éléments susceptibles d'alimenter les
soupçons».
Il se pose la question : «Qu'espérait-on
obtenir d'une opération du genre...? (...)
Pour
simplifier, disons qu'à la Sûreté du Québec, on réalisait que
l'enquête n'avait pas donné les résultats escomptés et on voyait
dans cette opération la dernière chance d'en obtenir.»
Voyons
en le bilan final... En tout et partout, 6 policiers de Chambly
furent accusés. Deux, de complot et trafic d'une drogue à usage
contrôlé : ils furent libérés des accusations. Deux,
d'infractions relatives à la fraude : ils furent acquittés.
Un, de 25 chefs d'accusation dans le cadre de la Loi sur les boissons
alcooliques : il fut libéré. Un seul a été déclaré
coupable, de possession d'une arme à autorisation restreinte,
ailleurs qu'à l'endroit indiqué : le tribunal lui accorda une
absolution inconditionnelle.
(NDLR :
Ici, un bémol s'impose, des avocats de la Couronne font souvent
preuve de complaisance lorsqu'un flic est accusé d'un méfait.) La
Commission Poitras n'a pas enquêté cette affaire, s'inspire du
rapport du juge Verdon.
Certains argueront que la police de Chambly a
été victime de techniques policières qu'elle utilise probablement
elle-même à l'encontre de citoyens. C'est oublier que les droits
sont universels et que ceux des flics sont aussi importants que ceux
des citoyens. (Suite
demain)
News du lundi 21 Février 2011
■ Les
révoltes tunisienne et égyptienne
- Reportage en bande dessinée de Chappatte,
l'un des rares du métier, sinon le seul, à relater ce genre
d'événement. Intéressant, ça vaut le coup d'œil.
■ La
Libye, le pays arabe dont on parle le plus sur le Net
– Jusqu'à présent on dénombrerait plus de 300 morts, les
chiffres varient, sans compter les blessés. Benghazi
(carte
géo), la deuxième ville en importance, plus de 700 000 habitants sur les 6,1 millions pour l'ensemble le pays, serait aux mains des insurgés : vidéo
(02:13) +
vidéo
(01:05) +
tout ce que vous avez manqué jusqu'ici : des articles et vidéos sur les blogs
d'Aljazeera. À suivre de près via satellite sur le site d'Aljazeera,
en anglais, dans la colonne de droite de ma page d'accueil.
■ Lac
Bouchette : les images des caméras cachées visionnées
dans-la-petite-maison-aux-écrans -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Venons
en à la petite-maison-aux-écrans située à l'arrière de la
résidence de la civile-femme-de-ménage. Pour diverses raisons, il y
avait plus d'un an qu'elle titillait ma curiosité. Tout comme la
belle résidence du coin de l'intersection, elle avait changé de
main trois fois en l'espace d'un an et demi. Je soupçonnais ses
résidents d'être le point central d'une activité particulière.
Elle
était suffisamment près de chez moi pour en épier les allés et
venues de l'une des fenêtres de ma cuisine-salon. J'y avais constaté
un achalandage inhabituel de véhicules. Certains jours, quatre
étaient stationnés dans l'entrée. Et de manière ordonnée --
disciplinée --, en deux lignes parallèles : deux au fond de
l'entrée, les deux autres juste derrière. Formant un tout, comme
quatre pièces d'un puzzle imbriquées les unes contre les autres.
Va-et-vient
de piétons aussi. Des résidents des maisons avoisinantes, dont la
civile-femme-de-ménage, et des locataires de l'immeuble où
j'habite, dont l'homme-au-toutou. Trop de visiteurs pour une aussi
petite maison d'un seul étage. Je m'interrogeais : y
visionnait-on les images captées par les caméras extérieures -- et
intérieures -- disséminées dans l'îlot de mon secteur?
Un
soir de décembre 2000, j'ai pris une marche sur cette petite rue
liée à la 155. Mon doute est confirmé dans les minutes qui
suivent. Comme il fait noir et que le store vertical n'est pas fermé,
j'aperçois un homme assis devant une télé, face à une fenêtre
donnant sur la petite rue : un civil, que je connais bien et qui
demeure ailleurs dans le village.
J'ai
la conviction qu'il m'a d'abord vu sur son écran, avant de tourner
la tête pour adresser quelques mots à une femme, debout derrière
le divan où il prenait place. Celle-ci s'est aussitôt penchée,
comme si elle ramassait quelque chose sur le plancher, m'empêchant
ainsi de voir son visage. Suis convaincu qu'il l'informait que je le
fixais parce qu'ensuite, il m'a regardé, par dessus sa télé.
Sur
le chemin du retour, l'homme-au-toutou apparaît dans le paysage. Il
s'en vient dans ma direction, sur le même versant, je remarque son
air sévère. Pas de salutations, ni de sa part ni de la mienne.
Poussé par la curiosité, j'entreprends une deuxième fois le même
trajet. Le vois revenir, il penche légèrement la tête sur le côté
opposé. Lorsque je fais le chemin à l'inverse, il a disparu.
Le
lendemain après-midi, j'observe d'autres réactions. Je vais à
l'épicerie, descends de mon vélo pour le parquer, une camionnette
de la municipalité arrive sur le terrain de stationnement. Un
employé, que je sais associé à la répression souterraine, affiche
un certain mécontentement. Quand j'enfourche peu après mon vélo
pour revenir chez moi, un inconnu me dit, sans chercher à faire le
drôle, le ton de sa voix a tout de l'avertissement : «Va falloir te
mettre des chaînes!».
Remarque
ambiguë. Comprendre quoi? Mettre des chaînes aux pneus de mon vélo
ou à moi? À l'édifice où je demeure, un type, que je vois pour la
première fois, enlève la neige sur le toit de son véhicule, le
frappe pas mal fort de sa brosse. Ça fait boum-boum-boum!
Avertissement de rester à la maison? Affirmatif. (Suite
demain)
■
1995
: arrestations illégales de la Sûreté du Québec au poste de
police de Chambly -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Des
policiers procèdent à des arrestations illégales, maquillées en
«rencontres
pour interrogatoire».
À ce propos, l'opération de la Sûreté du Québec au poste de
police de la municipalité de Chambly, le premier septembre 1994, est
révélatrice.
Elle visait le démantèlement de réseaux de
trafiquants de drogues et la mise à jour d'activités illégales
attribuées à certains policiers de cette municipalité. (Rapport
d'enquête du juge Pierre Verdon sur l'intervention de la Sûreté du
Québec, le premier septembre 1994, au poste police de Chambly --
Québec, premier septembre 1995)
Voyons
les faits. Trois policiers de Chambly sont arrêtés. On dénombre
aussi 61 témoins ou suspects potentiels : 40 citoyens, 17
policiers ou ex-policiers de Chambly et 4 secrétaires ou
ex-secrétaires. La plupart sont transportés à des locaux de
l'armée canadienne, à Longue-Pointe, où ils font l'objet, selon la
formule consacrée, de «rencontres
pour interrogatoire».
Comment qualifier cette méthode, sur le plan juridique, alors
qu'aucun d'eux n'est en état d'arrestation? s'interroge la
Commission Poitras. Le
juge Pierre Verdon, qui a enquêté sur toute cette histoire, ne
l'explique pas dans son rapport, en raison des procédures
criminelles, civiles et déontologiques engagées à l'époque.
Cependant, il dresse la liste des conditions auxquelles ils ont été
assujettis...
Interpellation
sans préavis, à six heures du matin ; information transmise par des
policiers de la Sûreté du Québec sur l'urgence et la gravité de
la situation ; dans bien des cas, surveillance des personnes avant le
départ de leur domicile ; incitation à ne pas communiquer avec
quiconque ; utilisation exclusive des véhicules de la Sûreté du
Québec pour les conduire au lieu de l'interrogatoire et, dans la
plupart des cas, sans indiquer où on les amène..
Et une fois sur
place, chaque personne escortée aux salles où se tiennent les
interrogatoires, salles réduites et closes ; omission de leur
préciser au préalable le but réel de l'interrogatoire et de
fournir une information fiable sur ce qui se passe ; surveillance
continuelle des personnes ; absence de possibilité apparente de
communiquer ; incertitude entretenue quant à la durée de
l'interrogatoire ; prétextes pour retarder ou refuser que la
personne puisse quitter les lieux ; etc.
Dans
ses commentaires, le juge Verdon s'étonne du témoignage des
responsables de la Sûreté du Québec qui prétendaient que seules
les personnes arrêtées (3 policiers) étaient détenues. Il est
d'avis que «les
pouvoirs et devoirs d'un policier qui interpelle une personne, ne
serait-ce que pour l'interroger, sont soumis à des règles
juridiques qu'il ne peut ignorer, en dépit de leur complexité ou de
leur évolution dans le temps».
(Suite
demain)
News du dimanche 20 Février 2011
■ Bernard
Madoff : Banks
«Had to Know» of fraud
– Ces banques et hedge funds ne pouvaient pas ne pas savoir, a-t-il
déclaré dans un article
du New York Times. Complicité tacite? S'agit de sa première
entrevue depuis qu'il a été condamné à 150 ans de prison à le
suite d'une fraude de plus de 40 milliards de dollars. De fait, il
avait créé une chaîne de Ponzi.
■ Tunisie
: "Sésame,
ouvre toi !" – Hier la télé tunisienne a dévoilé le trésor de
l'ex-président Ben Ali. Il était caché dans son palais, notamment
derrière une fausse bibliothèque. Ce n'est probablement qu'une
parcelle de ses avoirs, le reste, qui pourrait atteindre les 70
milliards, serait dans des banques britannique et suisse : vidéo
(00:46).
■ Animation
: Mighty Antlers
– Un homme roule à grande vitesse et accélère lorsqu'il voit
quelqu'un au milieu de la route : vidéo
(04:39).
■ Lac
Bouchette : dès qu'un préposé aux écrans voit quelqu'un dans
l'espace public, il dépêche un collègue sur les lieux - (Suite
tome 1 de L'Étau Policier) À Lac Bpuchette, la
superficie des îlots varie selon la concentration de citoyens. Dans
sa partie urbanisée, le nombre de civils est forcément plus élevé
que dans ses parties rurales et forestières.
Bien
que ces deux dernières soient autrement plus vastes que le secteur
urbanisé, les caméras doivent être moins nombreuses, du fait qu'il
y a moins de voies de circulation qu'au cœur du village. S'agit la
plupart du temps de chemins de terre ponctués de rares
embranchements. Quelques caméras installées en des points
stratégiques suffisent pour suivre le cheminement de ceux les
empruntant. Les civils préposés aux écrans doivent être en nombre
inférieur aussi.
Dès
que l'un des civils affectés à un îlot aperçoit un citoyen ou un
véhicule sur l'un de ses écrans, il fait rapport, et on dépêche
immédiatement sur les lieux un collègue, au volant d'un véhicule
ou à pied, dépendamment des lieux et circonstances. S'agissant d'un
village où tout le monde se connaît, il est par conséquent
possible d'identifier citoyens et véhicules sur les écrans. La
nature de l'intervention du patrouilleur variera selon la réputation
dont jouit chaque piéton ou conducteur. Tout ce quadrillage n'exclut
pas la présence d'un mini poste de police, d'où émaneraient les
ordres, logé aussi dans un appart ou une maison privée.
J'ai
souvent constaté, lorsque j'allais acheter du tabac ou des denrées
à une certaine station de service située sur la 155 --
compte tenu du nombre de civils y travaillant, suis porté à penser
qu'elle serait même exploitée par la Sûreté du Québec --,
le soir après souper, qu'un véhicule, venant d'une direction
opposée, m'y précédait de quelques minutes. À un tiers de
kilomètre de là, je voyais le conducteur s'y stationner et entrer.
Quand
j'arrivais, l'homme ou la femme jasait avec le ou la préposé à la
clientèle, manifestement au courant de l'identité d'emprunt du
civil. Il achetait rarement quelque chose et, quand il le faisait, il
s'organisait pour quitter après moi. Sur le chemin du retour, l'y
voyait en sortir. Avait-il vraiment effectué un achat? J'en serais
étonné. Comment savait-il que j'allais à cet endroit? La police
m'avait vu sur des écrans me préparer, sortir de chez moi et rouler
sur la 155. Connaissant bien mes routines, elle savait que je m'y
rendais et l'y avait dépêché. (Suite
demain)
■ Un
policier ayant abusé de ses pouvoir porte souvent contre le citoyen
des accusations infondées - (Suite
tome 3 de L'Étau Policier) La police se protège d'accusations d'inconduites en accusant le citoyen
d'une faute qu'il n'a pas commise. Selon Me Patrick J. Knoll,
professeur à la Faculté de droit de l'Université de Calgary,
Canada, et dont la recherche porte sur les pays occidentaux, il
arrive «fréquemment»
qu'un policier ayant abusé de ses pouvoirs lors d'une rencontre ou
de l'arrestation d'un citoyen porte contre celui-ci une ou des
accusations infondées.
(Me Knoll cite Uildriks et Mastrigt). (Patrick
J. Knoll, professeur à la Faculté de droit de l'Université de
Calgary, Canada --
Regard sur les affaires internes, les Perspectives internationales --
Commission Poitras)
Parmi
les délits de maquillage les plus courants, Me Knoll cite la
résistance à l'arrestation, les voies de fait sur la personne du
policier et le tapage, d'où le degré de force utilisé, nécessaire
dans les circonstances, arguera le policier (Me Knoll cite Mollen,
Perez). La logique aberrante derrière cette tactique, c'est
l'établissement d'une défense qui confère un sceau de légitimité
à l'inconduite du policier impliqué (Me Knoll cite Perez)
Le
maquillage des faits est une activité pernicieuse et malhonnête. Il
s'agit là, rapporte Me Knoll, d'une faute beaucoup plus grave qu'une
simple tentative d'éviter une inculpation d'inconduite. Car cette
activité illicite implique une ou de fausses mises en accusation
sous serment, un éventuel parjure lors d'un procès et en règle
générale, un délit d'entrave à la justice. Elle place le citoyen
dans une position précaire et constitue un abus flagrant d'autorité
(Me Knoll cite Perez).
Me
Knoll signale qu'«à
plusieurs occasions»,
des enquêteurs des Affaires internes de corps policiers ont cherché
à attaquer les allégations d'inconduite contre des agents en
soumettant les citoyens plaignants à une enquête et à un examen
contre-indiqué (Me Knoll cite Wood, Uildriks et Mastrigt, Landau,
Freckelton). Cette pratique peut revêtir plusieurs formes.
Une
première approche consiste à faire grand cas de leurs condamnations
antérieures, et n'ayant aucun lien avec l'objet de l'enquête. Dans
la deuxième, on essaie de déterrer dans leur passé des antécédents
de maladie mentale. La troisième, on s'emploie à détruire leur
crédibilité en les diffamant par le biais d'entrevues avec
d'anciennes connaissances. Attaques aussi de leur moralité et
inclinations sociales, afin de les stigmatiser (Me Knoll cite Wood,
Uildriks et Mastrigt, Landau, Freckelton). On va même jusqu'à se
pencher sur leur passé sexuel (Me Knoll cite Sunahara). (Suite
demain)
News du samedi 19 Février 2011
■ Une
entrevue décontractée, ponctuée aussi de moments de révolte –
L'invité, Bruno Gaccio, hauteur humoristique, ex-metteur en scène
des Guignols de l'info (leur site).
Il vient de sortir son premier livre :
"La
Révolution? - On s'r'appelle"
(Éditions Descartes
et Cie, plus bas dans la page).
L'animatrice, Pascale Clark (photo),
aime bien fouiller dans la tête de ceux et celles qu'elle rencontre.
Elle se permet des familiarités, mais ça passe bien. Sa dernière
question, posée à Gaccio et reliée à son livre : «Est-ce
que le thé (…) vous fait vraiment bander?»
Gaccio : «(rire)
Servez
moi un thé et vous verrez»
+ vidéo
(25:06).
■ Dessin
– L'héritier.
■ Autre coup
dans le ventre que nous devons au
monde financier –
On s'en doutait, remarquez, mais à l'époque on ne connaissait pas le fond de
l'affaire. De
2005 à 2008, la banque américaine Goldman Sachs et Wall Street ont
spéculé sur le marché du blé, sans être inquiétés par qui que
ce soit. Pendant que la bulle des prix grossissait sans arrêt et
qu'ils encaissaient le pactole, ils ont accru de 250 millions le
nombre d'affamés dans le monde, soit en tout et partout plus d'1
milliard.
En
2008, il y a eu des émeutes de la faim dans plus de 30 pays. Le prix
du blé était 10 fois plus élevé que le prix habituel. Le chiffre
le plus effroyable de l'histoire de l'humanité, rapporte le
journaliste Frederick Kaufman, du Harper's Magazine, qui a fait
enquête : vidéo
sous-titrée en français (14:32), interview de Kaufman à l'Émission
Democracy Now + document
de 8 pages en anglais de Kaufman.
■ Lac
Bouchette : les îlots de la vidéo-surveillance clandestine de la
Sûreté du Québec -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Environ dix minutes après, quand
j'arrive devant l'édifice où je réside, j'assiste à un
va-et-vient jamais vu. Une civile sort d'un appart, me regarde avec
insistance et s'installe au volant de son auto, sans démarrer et
partir. Arrive aussitôt une auto qui se parque le long de la façade
de l'édifice, suivie l'instant d'après d'une camionnette qui
s'immobilise en parallèle. Son conducteur baisse la vitre côté
passager, se penche pour parler au type de l'auto.
Pendant
ce temps, le passager de ce dernier suit mon déplacement, le cou
tordu pour me voir arriver de l'arrière du véhicule et qui se
détord pour suivre ma progression. Tournant le coin de l'édifice,
le moteur de la camionnette du civil baraqué, stationnée le nez
devant sa porte d'entrée, ronronne, sans personne à bord. Ronronne
aussi le véhicule vide d'un voisin tout proche. Avertissement de
faire attention à ce que je dis.
Mon
interprétation de ces événements, parmi d'autres que je vais
étaler dans ces pages, est que dans ce petit village rurale, et je
ne crois pas que ce soit spécifique à Lac Bouchette, on emploie les
mêmes méthodes de quadrillage que dans la Cité policière,
Montréal. Le village, au territoire immense (919 kilomètres carrés)
et peu peuplé (1 370 citoyens), est fort probablement divisé
en îlots, chacun comptant une maison privée où un civil surveille
les allés et venus des citoyens sur des écrans.
Il
est un fait avéré que, selon le concept de la pseudo police
communautaire, la police en civil doit créer des îlots de
surveillance -- de vidéo-surveillance -- partout, et s'y enraciner
pendant des années afin de connaître en profondeur les us et
coutumes de chaque citoyen. Cependant, comme il y a plusieurs îlots
de vidéo-surveillance, cela implique plusieurs caméras et écrans.
Cela
étant, la vidéo-surveillance ne peut être concentrée dans une
seule maison privée. Le nombre d'écrans à visionner nécessiterait
la concentration sur les lieux de plusieurs civils : sans
compter le nombre de pieds de fil que cela impliquerait pour y
acheminer les images. En résulterait un va-et-vient, et pas
seulement à la fin d'un quart de travail. Des gens qui y entrent et
en sortent, partant en patrouille au volant d'un véhicule banalisé
ou en revenant. Tout cela risquerait d'attiser la curiosité des
voisins et des passants.
Obligation
donc que le préposé à la vidéo-surveillance habite la maison ou
l'appart de l'îlot où il est affecté, et soit le seul à y vivre,
ou avec une fausse compagne, ou un faux compagnon. En ajoutant un
enfant au faux couple, et faisant de madame une femme de ménage et
de monsieur un chômeur ou un bs, on est certain de bluffer tout le
monde. (Suite demain)
■ Des
exemples perfides de policiers de la Sûreté du Québec visant à
protéger un collègue impliqué dans une bavure -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) D'après la Commission Poitras,
l'inquiétude des coroners est plus que justifiée. Elle rappelle le
témoignage fait devant elle par Gaétan Rivest, ex-policier de la
Sûreté du Québec, qui avait lui-même participé à ce type
d'enquêtes, à l'effet que, dans de telles circonstances, la prise
des déclarations des policiers, «c'était
tout arrangé».
Rivest
a expliqué aux commissaires comment «on»
pouvait volontairement omettre la mise en garde (que tout ce que vous
déclarerez sera retenu contre vous...) ou la rater pour écarter de
la preuve de la déclaration obtenue ou mener l'interrogatoire de
sorte que les questions posées permettent aux policiers interrogés
de ne pas s'incriminer.
Il
a aussi mentionné qu'«on»
n'isolait pas la personne (le policier) directement impliquée comme
«on»
le ferait en d'autres circonstances et qu'«on»
laissait les représentants syndicaux discuter avec les autres
policiers pour fabriquer un scénario disculpant les policiers
impliqués.
Ces
«exemples
perfides»,
note la Commission Poitras, trouvent, au moins en partie, écho dans
le témoignage de l'avocat de la Couronne en chef de Montréal, Me
André Vincent. Tout en signalant que ce type d'enquêtes est
généralement bien fait par la Sûreté du Québec, il citait deux
cas où la poursuite, après avoir autorisé la plainte, découvrit
en cours de procédure que les policiers s'étaient consultés pour
partager leurs versions avant que les enquêteurs ne les interrogent.
(Suite
demain)
News du vendredi 18 Février 2011
■ Québec
: sauvetage d'un phoque le 1e fév. 2011
- Il
était prisonnier du Bassin de la Prairie, près du Fleuve
St-Laurent. L'eau n'y étant pas salée, la glace avait trop d'épaisseur, ne pouvait pas plonger pour aller se nourrir : vidéo
(08:23) +
carte
géo.
■ Domaine
de la
santé
- Le robot y a-t-il un avenir? Le futur a besoin d'humains : vidéo
(00:40).
■ Canada
: l'endettement des familles en progression continue
– Les faits, selon l'Institut Vanier de la famille... En 1990,
l'endettement moyen s'élevait à 56 800$, un ratio de 93%. En 2010,
le cap des 100 000$ a été atteint et représente maintenant une
hausse réelle de 78%. Au fur et à mesure que la ratio monte,
l'épargne diminue. !990, elle était de 8 000$, un taux de 13%.
Vingt temps plus tard, la moyenne par ménage n'est que de 2 500$,
une chute de 4,2%.
Katherine
Scott
de l'Institut : "(…)
Tandis que les divers ordres de gouvernement préparent leur budget
pour l'année à venir et (envisagent de) sabrer les programmes afin
de réduire le déficit, ils doivent être conscients que la santé
financière des familles canadiennes demeure précaire".
■ Le
Choc des civilisations n'aura pas lieu
– C’est au contraire un puissant mouvement de convergence qui se
profile à présent à l’échelle planétaire. Le monde musulman
n'échappe pas à la règle. Comment arrive-t-on à une telle
conclusion?
En
analysant la hausse du niveau d’alphabétisation des hommes et des
femmes, la baisse de la fécondité, l'érosion de l’endogamie (se
marier dans sa propre tribu). Ils sont le levier d'une mutation en
profondeur des structures familiales. Les réactions négatives au
changement sont moins des obstacles à la modernisation que les
symptômes de son accélération.
Emmanuel
Todd, politologue, démographe, historien, sociologue et essayiste,
et Youssef Courbage, démographe, avaient prévu les révolutions qui
se développent présentement dans les pays arabes. En 2007,
dans leur livre "Le
rendez-vous des civilisations",
publié aux Éditions du Seuil : vidéo
(16:31), entrevue avec Todd.
■
La
distinction entre révolution et manifestation
– L'émission radio "Les
pieds sur terre"
diffusée le l4 février dernier sur France Culture. Place Tahrir,
Caire, où des paroles opprimées depuis des années, remplacent la
peur intérieure : reportage
(28:00).
■ Les
caméras cachées de la Sûreté du Québec dans le petit village de
Lac Bouchette -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier)
Provoquer délibérément des situations donne évidemment les mêmes
résultats. Ainsi sortir de son domicile, l'été, vers 4h30 du
matin, alors que le soleil commence à peine à se lever, suscite
certaines réactions chez ceux qui me surveillent 24h sur 24h. J'en
ai fait le constat un de ces petits matins où je voulais tester leur
vigilance.
Suis
sorti, ai fait un demi tour de l'immeuble, me suis placé juste sur
le coin de la façade, les yeux braqués sur la résidence qu'occupe
un civil, située en retrait de la 155. L'instant d'après, monsieur
-- le même qui disait : «Y'é toujours tout seul» --
apparaissait dans sa grande baie vitrée. Ai refait le test à
quelques reprises, et chaque fois monsieur ou le résident d'une
autre maison s'y pointait. La présence de caméras est confirmée
par bien d'autres faits.
Dès
l'automne 1999, je savais déjà qu'au village on s'adonnait à la
télésurveillance. Le contraire m'eut étonné grandement, puisque
c'est la norme maintenant dans notre société policée mur à mur.
Cependant, il est impossible de les repérer, en plus d'être
miniaturisées, elles sont bien cachées et, on peut le penser,
camouflées sous la forme d'autres objets.
Étoffons
d'un autre... écran. Dimanche 6 janvier 2002... J'arrête à une
station de service, sur la 155, acheter l'hebdo Progrès-Dimanche.
En profite pour faire, à l'une des préposées au comptoir, un petit
topo de ce que j'ai découvert dans le village. Me voyant
soudainement sur l'écran fixée près du plafond, m'informe si tout
ce que j'ai dit a été enregistré. Ne s'y attendant pas, elle se
crispe un peu, m'adresse un très léger signe de tête affirmatif.
Remettez-vous la vidéocassette à la police ? Là, la réponse est
moins claire. C'est que la demoiselle est de plus en plus tendue. Je
n'insiste pas. A-t-elle dit oui, a-t-elle dit non ? J'opte pour noui.
J'en
aurais une autre à lui poser, mais ce serait la mettre dans
l'embarras : image et son captés ici sont-ils transmis
directement, en temps réel, dans une maison privée servant de
centre de visionnement et d'écoute dans cet îlot? D'après moi,
affirmatif. Alors, j'en profite pour faire une petite intervention
télé, à la manière d'un animateur vedette, le ton un peu baveux,
mais poli et joyeux. M'adresse directement à la police à l'écoute,
me présente comme étant la star de l'information, l'invite à venir
chez moi si elle désire plus de détails. (Suite
demain)
■ Des
coroners dénoncent la partialité
lorsqu'un corps policier doit enquêter un autre corps policier -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Les
enquêtes internes sur des policiers fautifs sont souvent suspectées
de partialité.
En 1996 et 1997, rapporte la Commission Poitras, le
ministère de la Sécurité publique dénombrait, à partir de
statistiques du Bureau du coroner, 30 (trente!) décès survenus au
cour d'interventions policières, dont 25 imputés à des corps
policiers municipaux. (La Commission Poitras cite une lettre de
Florent Gagné, alors sous-ministre à la Sécurité publique, datée
du 10 septembre 1998 et adressée à Me Denis Coulombe.)
À
maintes reprises, des coroners ont constaté des problèmes
d'apparence de partialité dans les enquêtes policières portant sur
des décès, qu'elles aient été menées par des collègues du corps
policier impliqué ou appartenant à un autre corps policier. La
Commission base notamment son argumentation sur le Rapport du coroner
Pierre Trahan relatif à la mort de Jorge Chavaria Reyes, le 22
novembre 1990. (Pierre Trahan --
Rapport d'enquête du coroner, 19 avril 1993)
Trahan
y cite, dans un premier temps, un autre coroner, Me Harvey W.
Yarosky, qui avait enquêté sur la mort de Marcellus François,
abattu par un policier de l'île de Montréal le 3 juillet 1991 : «À
la fin de l'enquête,
écrit Me Harvey,
plusieurs procureurs ont soulevé la question de l'appréhension
raisonnable de partialité lorqu'un corps policier doit enquêter un
autre corps policier comme ce fut le cas ici. Celle-ci est d'autant
plus justifiée lorsque les corps policiers impliqués entretiennent
entre eux des relations sur une base régulière et elle est
accentuée par le fait que, de temps à autre, chaque corps policier
devra enquêter les membres de l'autre corps policier.
«Il
s'agit là d'une question sérieuse,
souligne Me Harvey.
L'opinion publique se doit d'avoir pleine confiance dans
l'indépendance et l'impartialité de telles enquêtes. En fait,
c'est exactement pour cette raison que la province de l'Ontario a
décidé de mettre sur pied un Special Investigation Unit, une
escouade indépendante de tout autre corps policier, présidé par un
juge à la retraite, relevant du bureau du Solliciteur général et
ne devant faire rapport qu'au Procureur général de la province.»
Et
le coroner Trahan de faire ensuite état de sa propre expérience :
«Au
cours des quatre enquêtes faisant l'objet du présent rapport, j'ai
eu à faire face aux mêmes remarques et principalement au cours de
l'enquête à Québec. En effet, il est évident que plusieurs
personnes ne sont pas satisfaites de la présente politique et elles
n'hésitent pas à nous le faire sentir. (...)
En
attendant de trouver une solution réellement valable, nous devons
nous assurer de l'impartialité des acteurs, car toute la crédibilité
des enquêtes en découle.»
La
Commission Poitras se réfère également au rapport de la coroner
Sourour, qui avait présidé l'enquête sur la mort de Trevor Kelly,
survenue le premier janvier 1993. Elle aussi suggère le modèle
ontarien : «Devant
la problématique largement soulevée et répétée dans les milieux
publics (...)»
(Suite
demain)
News du jeudi 17 Février 2011
■ Égypte
– Le bonheur intégral chanté par de ses habitants : probablement
le clip
(04:03) planétaire de l'année 2011.
■ Ben
Ali est dans le coma
– Le président déchu de la Tunisie a été transporté d'urgence
à l'hôpital de Djedda, en Arabie Saoudite où il avait trouvé
refuge. L'info est sur le site de Nicolas Beau,
un ex-du quotidien Le Monde, de Libération et du Canard Enchainé,
ce qui donne beaucoup de crédibilité à son scoop : vidéo
(01:28), entrevue avec le journaliste Beau.
■ Où
en sont les citoyens arabes dans leur combat pour la démocratie ?
– Une carte interactive
de Google permet de le savoir : une photo
qui en dit long. Elle identifie quotidiennement les
endroits chaux. Vous pouvez aussi donner votre avis relativement à
la carte et rédiger un commentaire.
■ Québec
: Jean Charest n'enlèvera pas le crucifix de l'Assemblée nationale
– Contexte... Récemment le Tribunal québécois des droits de la
personne a statué que le maire de Saguenay Jean Tremblay devait
cesser de réciter la prière au début de chaque réunion du conseil
municipal et faire disparaître tous symboles religieux à
l'intérieur de l'Hôtel-de-ville. Par la suite, on a appris
que le premier ministre Charest ne touchera pas au crucifix de
l'Assemblée nationale.
PS
:
Et la neutralité des édifices gouvernementaux vis-à-vis les religions?
■ Greenpeace-France
– Sensibiliser, mobiliser, agir : vidéo
(02:56).
■ Quand
je pars de chez moi, les civils sont déjà prêts à faire leur boulot -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Examinons
d'autres indices. Un jour j'ai vu, entre le mur extérieur de
l'appart de ce civil et la clôture du voisin, là où le terrain est
recouvert de pierre concassée, à environ quinze de pieds à côté
de ma porte, un tube thermo-rétrécissant beige et pliable dans
lequel on introduit un ou plusieurs fils électriques, soit pour les
grouper ensemble ou les protéger, et qui, je le présume, reliait
cet appart à la maison voisine.
J'ignore comme cela s'était
produit, mais le fil était partiellement à découvert. Il a fallu
quelques semaines avant que quelqu'un s'en aperçoive et le recouvre
de pierre concassée. Je passais régulièrement dessus, à vélo,
sans laisser voir que je l'avais vu.
En
outre, un soir de l'automne 2003, passant devant la fenêtre de
l'appart du flic baraqué, celui qui menaçait de me donner un coup
poing sur «l'aïeul», j'ai vu, dans la toute petite cuisine de ce
deux et demi, la silhouette d'une femme assise dos à la fenêtre,
devant un écran qui n'affichait aucune image : le baraqué y
vivait seul...
Silhouette
et scintillement de l'écran bien visibles parce que la lumière
était éteinte à l'intérieur. Une femme? À cause de sa chevelure,
abondante, et de sa main droite, doigts bien écartés, effilés
comme ceux d'une femme, et index placé à la verticale devant
l'écran. Je pense qu'elle venait d'appuyer sur une touche du clavier
de son ordinateur pour faire disparaître ce qu'elle visionnait.
Un
ordinateur? Sa tête était à un pied de l'écran, quand on regarde
la télé, on s'en tient loin. De nos jours, les images captées par
les caméras entrent directement dans l'ordi. Le lendemain, le store
vertical était fermé, comme il l'est toujours du reste.
Ajoutons
d'autres éléments à l'argumentation : les synchronismes
constatés en d'innombrables occasions sont particulièrement
convaincants. Avant même que je pointe le nez dehors, des civils
savent que je m'apprête à quitter mon domicile. J'ai à peine
déposé mon vélo de montagne à l'extérieur que simultanément
j'entends une portière claquer, un moteur démarrer et un véhicule
reculer ou faire un demi cercle pour emprunter la 155. Parfois, je
les vois aussi.
Quand
ce n'est pas la camionnette d'un locataire habitant l'immeuble, c'est
la voiture stationnée devant la maison de l'un de mes voisins. Mes
sorties font la plus part du temps l'objet d'une mobilisation
policière. Il arrive même que ce soit manifesté de telle sorte que
je capte cinq sur cinq qu'on m'a à l'œil. Que peu importe où
j'irai et à qui je parlerai, ils le sauront, que je ne pourrai
jamais leur échapper. Bref, quand je pars de chez moi, ils sont déjà
près à faire leur boulot. (Suite
demain)
■ Commission Poitras : les policiers se situent au-dessus de la Charte canadienne des droits et
libertés -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) L'ex-dg
de la Sûreté du Québec, Serge Barbeau, l'a du reste confirmé à
la Commission Poitras. Interrogé par Me Louise Viau, il a reconnu
que «ces
problématiques-là se posent encore aujourd'hui.
«J'ai assisté
récemment à un symposium organisé par le Barreau avec le service
du contentieux du SPCUM (police
de l'île de Montréal) et
il y a eu des interventions de policiers qui, encore aujourd'hui, en
questionnent le bien-fondé (De
la charte canadienne des droits et libertés),
remettent en question tout le déroulement de l'appareil judiciaire.
(...) cette
résistance-là des policiers face aux nouvelles obligations, je
pense que c'est dans la culture policière et c'est pas propre à la
Sûreté du Québec, elle (n'y)
est
pas plus grande
(que) dans
les autres services de police.»
Près
de 20 ans après l'adoption de la Charte canadienne, en 1982, la
police en est donc encore, en cette fin des années 1998, date du
dépôt du Rapport Poitras, à promouvoir une vision des droits
fondamentaux comme autant d'obstacles, toujours grandissants, à son
travail, niant ainsi leur valeur.
Discours donnant l'impression à la
Commission «que
les enquêteurs se placent dans une position prioritaire au droit,
eux qui sont pourtant chargés d'en assurer le respect!
(...) Ce
faisant, ce discours corrobore la perception, largement répandue,
que les policiers se situent "au-dessus" de la loi.»
Dans
les milieux policiers, les problèmes liés à la violation des
droits fondamentaux se traduisent notamment par l'exclusion de la
preuve lors de procès ou encore, «et
plus radicalement,
ajoute la Commission Poitras, par
le refus
(sic) de
la part d'avocats de la Couronne d'intenter des poursuites »...
Jacques
Letendre, inspecteur-chef à la Direction de l'éthique
professionnelle de la Sûreté du Québec, a manifesté son
inquiétude devant la Commission au sujet des pratiques y ayant
cours. Il a relaté le cas d'une poursuite en automobile, la nuit,
qui se termine près d'un boisé, où s'enfuit le suspect. Les
policiers l'y rejoignent, l'un d'eux lui administre deux coups de
poing.
Quelque
temps après, un policier témoin rapporte l'agression à son patron.
S'ensuit aussitôt une campagne de dénigrement à son encontre menée
par des collègues. Et Letendre de dire : «Ceux
qui dénoncent certaines choses de même (...)
il
faut qu'ils se préparent à faire face à la musique après ça.»
Pas un cas unique, ni une histoire du passé, car toujours
d'actualité. (Suite
demain)
News du mercredi 16 Février 2011
■ Québec-nomination
des juges : le premier ministre Charest conserve son véto
– Le ministre de la Justice Jean-Marc Fournier a déclaré
aujourd'hui que ses recommandations à la magistrature continueront
d'être soumises non seulement au Conseil des ministres, mais aussi
au premier ministre Jean Charest : vidéo
(18:13) + article
+ justification
de Charest.
PS
:
La déclaration de Charest nous laisse songeur... Doit-on y voir un
aveu tardif? Avant la création de la Commission d'enquête
Bastarache sur la nomination des juges, il avait trouvé normal que
le premier ministre prenne connaissance, dans son bureau, des
candidats à la magistrature choisis par son ministre de la Justice.
La dernière étape avant l'adoption par le conseil des ministres.
Aujourd'hui mercredi 16 février 2011, il confirme, en quelque sorte,
son droit de véto. D'où la question : avait-il vraiment dit toute la vérité, rien que la vérité et seulement la vérité
lors de son témoignage devant la Commission Bastarache? Un très gros doute subsiste, très difficile à avaler. Au point où la confiance en cet homme s'effrite de plus en plus.
■ Argentine
: pas facile de sortir de la crise de... 2001
– Beaucoup y avaient perdu leur emploi. La moitié de la population
n'aurait pas assez d'argent pour bénéficier du stricte nécessaire.
Et l'économie est souvent l'équivalent des montagnes russes. La
faim est constante, surtout dans les bidons-villes. Des enfants
errent à la recherche de sous, de quoi manger. Certains sont menacés
par le développement urbain. Dans les beaux quartiers, on regarde
ces gens de travers.
Des
femmes ont appris à se débrouiller pour nourrir la famille, en
créant notamment des coopératives. Les hommes, il semble qu'il
faille pas trop compter sur eux. Le machisme est encore présent dans
la culture. Des femmes en sont forcément imprégnées, donc
acceptent l'inégalité, l'injustice, sans trop rouspéter. Pendant
qu'ils font la grasse matinée, elles se lèvent tôt, cherchent à
sortir de la misère : vidéo
(22:32) +
un pays souvent
frappé par des crises économiques, néolibéralisme étant.
■ La
liberté de presse dans le monde en 2011
– Reporters sans frontières (RSF) l'actualise chaque année en
utilisant un code couleur : blanc (situation bonne), jaune (plutôt
bonne), orange (problèmes sensibles), etc. Les données ont été
dévoilées le 1e février dernier : carte géo,
cliquez au sommet pour l'agrandir + d'autres infos,
colonne de gauche de le page s'affichant, dans le bas.
■ J'entends
des gens entrer dans l'appart et se diriger d'un pas rapide en
direction du mur mitoyen -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Seulement
voilà, les mois s'écoulent, et... ma petite peur s'émousse. Je
décide donc d'aller voir ce qu'il y a l'autre côté de ce maudit
miroir. Je constate qu'il est fixé au mur à ses quatre coins.
J'essaie de scier la colle d'un des coins, sans y parvenir. Pourtant,
le couteau que j'utilise est l'équivalent d'une petite scie. S'agit
donc de métal. Celui-ci coupe le bois, pas le métal. Ce qui me
porte à croire que chacun des coins est peut-être boulonné
derrière la feuille composée de plâtre.
Comme
je peux librement déplacer la longue lame partout ailleurs, j'essaie
de repérer un obstacle quelconque : le rebord d'une petite
ouverture dans le mur, sait-on jamais. Au risque de le casser, je
force doucement le miroir mais il ne casse pas, il plie légèrement.
J'en conclue qu'un mince feuille de métal est collée à son endos,
sauf au centre où on a dû prévoir une ouverture par où m'épier.
Finalement, je laisse tomber. À l'aide d'une barre à clous j'y
parviendrais, mais pas sans endommager sérieusement le mur. Mes
tentatives n'ont duré que quelques minutes, celles qui suivent sont
significatives...
J'entends
des gens entrer dans l'appart et se diriger d'un pas rapide en
direction du mur mitoyen, là où se trouve la chambre. Je décèle
une précipitation, une urgence. Un dialogue s'engage entre deux
hommes, je prête oreille sans parvenir à comprendre distinctement.
Je reconnais le timbre de voix particulier de celui qui avait dit
«Y'é toujours tout seul».
Pendant
que l'autre enlève quelque chose du mur mitoyen, des frottements
contre la cloison l'indiquent clairement -- un gros fil? --, il
cherche à le convaincre à voix basse de je ne sais quoi, sans
réussir puisque l'autre proteste d'une voix assez forte, au point où
son interlocuteur semble lui dire de baisser le ton. Aussitôt, l'un
d'eux met en marche le système de ventilation de la chambre de bain,
et je n'entends plus que le bruit du moteur. (Suite
demain)
■ Commission
Poitras : la police n'a pas été créée pour lutter contre les lois
mais pour les appliquer -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Selon
la Commission Poitras, les corps policiers du Québec considèrent la
Charte canadienne des droits et libertés comme un carcan, une
véritable menace à leur travail : elle note qu'à la Sûreté
du Québec, on n'a rien fait pour atténuer cette perception.
Explicitons.
C'est
que la Charte facilite les recours judiciaires de la part du citoyen,
alors forcément des policiers chauds partisans des tactiques
illégales sont sanctionnés, notamment par la Cour suprême. Mais
pour dix policiers légèrement sanctionnés, combien d'autres n'ont
pas été pris en flagrant délit? Un nombre incalculable.
Le
citoyen ne sait pas que la police en civil et ses collabos l'épient,
s'immiscent dans sa vie privée, l'orientent, au besoin le poussent,
le bousculent, se livrent à du sabotage, lui font perdre son emploi
ou l'empêchent d'en trouver un, l'agressent psychologiquement et
physiquement. Ne le sachant pas, comment peut-il porter des
accusations contre ses tortionnaires?
Un
fait est incontournable : la Charte fait évoluer le droit.
Cependant, des citoyens épris de justice estiment que l'évolution
est trop lente, que le combat entre le droit et le totalitarisme
policier est sans fin. Tandis que d'autres disent que la Charte
protège les criminels. De leur côté, les corps policiers, et nous
revenons ici à la Commission Poitras, postulent «en
choeur»
que le droit évolue trop vite, sans se rendre compte que son
évolution implique une redéfinition de leur mission.
«Après
tout,
fait remarquer la Commission,
les forces policières n'ont pas été créées pour lutter contre
les lois mais bien pour les appliquer. Les policiers ne peuvent donc
se complaire dans une attitude réactive pour ne pas dire
réactionnaire (sic).
Les valeurs de la Charte sont à affirmer. Les corps policiers
doivent les promouvoir.»
La
Commission cite ce passage de l'étude de Normandeau et
Leighton (André Normandeau et Barry Leighton --
Une vision de l'avenir de la police au Canada : Police-défi 2000 --
Direction de la police et de la sécurité, Secrétariat du Ministère
du Solliciteur général du Canada, 1990) : «Bien
que la plupart des professionnels de la police proclament
publiquement leur appui à la Charte en principe, elle est en
pratique considérée comme une entrave aux pouvoirs de la police.»
(Suite
demain)
News du mardi 15 Février 2011
■ La
soif de démocratie gagnerait l'Algérie
– Cela ressort d'une émission de Berbère Télévision, qui
diffuse depuis Montreuil, en Île-de-France, notamment par satellite
en Afrique du Nord. Et ce qui étonne vraiment, compte tenu du
contexte politique, la vidéo que vous allez visionner, je l'ai
trouvée sur le site... d'El Watan, un journal d'Algérie : vidéo
(1H:08 – sur le site de Dailymotion), où on explique clairement la
situation + ou la même vidéo sur le site
d'El Watan, voir colonne du centre, plus bas + tout
savoir sur El Watan.
Créé
en 1990 par 20 journaliste, El Watan premier journal indépendant du
matin édité dans ce pays, lieu de débat et de réflexion pour les
intellectuels. Au cours de ces années 90, suspendu à plusieurs
reprises, harcèlement politico judiciaire constant. Son directeur
poursuivi pour plus d'une centaine d'affaires et plusieurs fois
condamné à des peines de prison. El Watan résiste grâce à sa
solide réputation.
■ Sur vidéo, le
quotidien de citoyens du monde
– Au Festival du film de Berlin,
qui se tient du 10 au 20 février, on a présenté un film où des
internautes dévoilent un moment de leur vie intime. Un appel avait
été lancé sur le web, il a été bien reçu, plus de 80 000 ont
participé, selon le coréalisateur de ce projet : vidéo
(01:45), qui est juste un aperçu.
■ La
vie à sac
– C'est celle de ceux qui ont rien, se déplacent avec des sacs,
couchent un peu partout à l'extérieur, même l'hiver. C'est pas ce
qu'on appelle vivre, mais survivre. En somme, pour bien des gens dépourvus d'une conscience sociale, des
chiens errants. Un documentaire
de Médecin du monde.
Promenez
la flèche de votre souri sur tout ce qu'il y a sur l'écran devant
vous, même dans le bas. Lorsqu'elle se transforme en une main,
cliquez. Continuez de cheminer ainsi, à découvrir ce monde de la
misère noire. À la fin de votre périple, faites un don,
au sommet de la page s'affichant, à droite.
■ Hk
& Les Saltimbanks
– "On
lâche rien"
: vidéo
(04:43). "Tant
qu'y a d'la lutte, y a d'l'espoir".
■ Depuis
la crise de 2008, les néophytes ne savent plus où investir
- À qui faire confiance? Chat échaudé craint l'eau froide.
"Sauver
votre argent!"
est un
petit guide financier destiné aux inexpérimentés écrit par Marc
Fiorentino et publié aux Éditions Laffont.
L'auteur y énumère plusieurs précautions à prendre pour éviter
le pire : vidéo
(01:09) + Fiorentino, un ex-prof à l'École supérieure des
sciences économiques et commerciales (ESSEC)
+ en savoir davantage
à son sujet.
■ Fracasser
le miroir comportait un risque -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) À
un autre moment, alors que je causais avec l'homme-au-toutou -- du
temps où il était le bienvenu chez moi... --, assis à la table de
la cuisine, j'avais perçu du coin de l'œil une lueur, brève mais
vive, jaillir du centre du miroir. Elle ne pouvait provenir de mes
deux fenêtres, qui n'ont rien de panoramiques et dont les stores
sont partiellement fermés. Le peu de lumière extérieure entrant
dans l'appart se reflétant sur l'écran de mon ordinateur, je
travaille un peu dans la pénombre, une lampe allumée sur le bureau.
De
toute façon, les fenêtres ne font pas face au miroir, mais à un
des murs latéraux. Je crois qu'on avait fait un test pour vérifier
si j'étais conscient du double jeu du miroir. Comme j'avais feint de
n'avoir rien vu et poursuivi la conversation sans trébucher sur les
mots, on en avait probablement déduit qu'on pouvait continuer de
m'observer sans risque.
Il
y a aussi cet indice, parmi d'autres, tout aussi révélateur à mes
yeux. Une nuit, un abcès à une dent m'avait empêché de dormir.
C'était l'hiver et le froid vif l'avait titillé. Rien dans ma
pharmacie pour neutraliser la douleur. Et à cette heure, le seul
endroit où j'aurais pu en acheter était bien entendu fermé.
Surprise! Deux jours après, la réceptionniste-comptable du journal
communautaire où je travaillais a fait allusion à des maux de
dents, sans spécifiquement parler du mien, mais d'un air
suffisamment entendu pour que j'en saisisse l'à-propos. Tactique
policière, ainsi qu'on l'a déjà vue, consistant à démontrer à
celui que l'on cherche à intimider qu'on sait tout ce qu'il fait,
même en pleine nuit quand il est seul chez lui.
Certains
jours, j'en avais marre d'entendre ces pas s'acheminer vers le mur
mitoyen et les longs silences qui s'ensuivaient, avec cette
impression très nette d'être observé de l'autre côté du miroir.
Est venu un moment où j'ai pensé l'enlever pour voir ce qu'il y a
derrière. Cependant il était trop solidement fixé pour que j'y
parvienne. L'idée m'a traversé l'esprit de le fracasser.
J'hésitais.
Les prendre en flagrant délit d'espionnage comportait un risque.
Comment réagiraient-ils? Les activités clandestines de la police,
et davantage de ce genre que bien d'autres, doivent demeurer
secrètes. J'en avais donc abandonné l'idée, jugeant aussi plus
sage finalement qu'ils ignorent que j'étais au courant du petit jeux
auquel ils se livraient. (Suite demain)
■ Liste
non exhaustive de la délinquance policière -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) La
liste des méfaits que nous allons voir est incomplète du fait que
nous rapporterons seulement ceux commis par la police en uniforme,
pas ceux de la police en civil. Pourquoi? Parce que mis à part ce
que nous avons vu jusqu'à présent et verrons d'ici la fin de ce
livre, nous ne savons rien d'autre sur la police en civil.
Remarquez
que c'est déjà pas si mal. Pour la très grande majorité des
lecteurs, et nombre de journalistes et membres du pouvoir, c'est de
l'inédit, car ceux qui savent leur ont toujours caché ces activités
clandestines. Il n'empêche que nous ne savons pas tout, en
soupçonnons... de beaucoup plus graves.
Violence
policière, physique et psychologique, et atteintes aux droits et
libertés sont incontestablement beaucoup plus présentes dans cette
partie cachée du travail policier. La loi du pas-vu-pas-pris règne.
Impossible de répertorier tous les actes illégaux de ce monde de
l'ombre et du secret. Impossible.
Seules
les victimes pourraient en témoigner. Autant dire personne parce que
celles-ci, sauf rarissimes exceptions, ignorent que la police en
civil est à l'origine d'agressions physiques ou psychologiques dont
elles ont été la cible. Pas surprenant non plus que la police en
uniforme commette des bavures. Celle-ci sait que les règles du jeux
n'y sont pas les mêmes qu'à la surface. La contamination virale
vient de l'underground policier.
Afin
que le lecteur se fasse une opinion éclairée, qu'il sache déceler
le vrai du faux, un minimum de connaissances est requis. C'est
pourquoi, en tout premier lieu, nous traiterons des problématiques
suivantes : la police considère la Charte canadienne des droits
et libertés comme un carcan ; les enquêtes internes sur des
policiers fautifs ont souvent apparence de partialité, par exemple
lorsqu'un citoyen décède au cours ou à la suite d'une opération
policière...
...la police se protège souvent d'accusations
d'inconduites en accusant le citoyen d'une faute qu'il n'a pas
commise ; la
police procède à des arrestations illégales et déguisées en
«rencontres
pour interrogatoire» ;
la police ne peut s'autopolicer, c'est-à-dire porter deux chapeaux
en même temps ; la police, quelle qu'elle soit, désinforme souvent
les médias ; la retraite prématurée de policiers fautifs permet
d'éviter les sanctions.
Cela fait, nous enchaînerons avec un
échantillonnage représentatif de la délinquance de la police en
uniforme. Depuis des cas bénins, tout de même symptomatiques,
jusqu'à ceux donnant des sueurs froides dans le dos. (Suite
demain)
News du lundi 14 Février 2011
■ Les
marchands de peur
– Titre d'un nouvel ouvrage de Mathieu Rigouste, un chercheur en
sciences sociales de l'Université Paris-VIII. La peur est un outil
politique fondamental pour les classes dominantes, lit-on dans
l'introduction des Éditions Libertalia.
Transformée
en marchandise, elle constitue le secteur d'activité d'idéologues
organisés pour vendre ces produits aux gouvernements et aux
complexes industriels.
L'auteur
a mené une longue enquête sur ce réseau. Il décortique les
mécanismes de la domination sécuritaire, fournit au lecteur cartes
et outils permettant d'attaquer la dimension idéologique des
sociétés de contrôle. "L'Ennemi
intérieur",
son premier livre publié en 2009 par les Éditions La
Découverte, mérite vraiment d'être lu aussi : vidéo
(40:00).
■ Dessins
de la révolution arabe –
Villa
sur le bord de la mer ; mauvais
souvenir du couvre-feu ; justice du tyran
; poignée de mains entre voisins
; la rage qui bouleverse tout
sur son passage ; Obama
; lobbyistes
; décision à prendre au sommet
; liberté à l'américaine
; funérailles politiquement corrects.
■ «Pourquoi
voulez-vous savoir ça, vous ?» -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Il
y avait d'autres indices. L'année précédente, début juillet 1999,
à peu près une semaine avant que j'occupe cet édifice, j'avais
visité cet appart voisin, sans autre motif que la simple curiosité,
car j'avais remarqué qu'on y faisait des travaux. La porte étant
ouverte, j'y étais entré et avais marché jusqu'au fond, là où se
trouve la chambre.
Mon
arrivée imprévue avait visiblement surpris les deux "ouvriers"
en train d'effectuer des travaux de plâtrage. Ils avaient figé,
m'observant sans dire un mot. J'avais trouvé leur attitude un peu
étrange, sans plus. Au printemps 2001, il était de nouveau rénové.
Deux rénovations en moins de deux ans, pendant que les autres
apparts n'en subiront aucune.
La
police fait appel à un menuisier et un plâtrier, toujours les
mêmes. Aisé pour eux de nicher une caméra derrière un miroir sans
tain donnant sur ma cuisine ou d'en effacer les traces quand le
voisin, de l'autre côté, s'est rendu compte de quelque chose. Des
flics? Peu probable qu'on utilise de simples collabos pour effectuer
ce genre de travaux éminemment clandestins.
Depuis
le début de cette deuxième rénovation, on faisait beaucoup de
vacarme. Mais bon, je me disais que ce n'était qu'un mauvais moment
à passer. Jusqu'au jour où c'est devenu carrément infernal.
L'impression d'être dans une caisse de résonance sur laquelle on
s'acharnait à frapper frénétiquement sans discontinuer. Vacarme
qui m'était destiné? Plus que plausible.
Je
voulais savoir si les travaux dureraient encore longtemps. J'espérais
aussi que le locataire, nouvellement arrivé, me permettrait de
visiter les lieux et, surtout, d'accéder à la fameuse chambre. Toc,
toc, toc dans la fenêtre de la porte, un jeune homme sympa m'ouvre,
je m'identifie, explique la situation. Non, il n'en a plus que pour
un jour ou deux, et oui, je peux jeter un oeil.
Au
fond, la porte de la chambre est ouverte. «Puis-je...?»
«Certainement.» Murs impeccables, frais peints. Bureau et grand
miroir adossés au mur mitoyen. Grande envie d'examiner le mur
derrière le miroir, mais, manque de cran, n'ose pas. «Miroir fixé
au bureau ou au mur?» «Au bureau», me répond-il.
Puis, après
une pause, la voix légèrement irritée, un peu haut perchée : «Mais
pourquoi voulez-vous savoir ça, vous?» «Juste pour savoir», que je réponds. Il
se rend compte de sa maladresse, tente de corriger l'impression qu'il
me laisse, devient ultra gentil et quand je m'apprête à le quitter,
serre chaleureusement la main à «Monsieur Martel».
À quelques
occasions, j'ai constaté que le civil pris en quasi flagrant délit
retombe vite sur ses pieds en agissant de la sorte. Cela embrouille
votre sens critique, mais pas longtemps parce que quand le brouillard
s'est dissipé, vous retrouvez votre lucidité pour découvrir la
feinte. (Suite
demain)
■ Laplante
compare un corps policier à une centrale nucléaire -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le
citoyen a-t-il raison de s'inquiéter, si tant est que ce soit le
cas, de la présence policière? Laplante utilise une formulation
humoristique. (Laurent Laplante --
La police et les valeurs démocratiques --
Institut québécois de recherche sur la culture)
«Oui,
mais un type d'inquiétude particulier. Pas l'inquiétude qui saisit
brutalement à la gorge ceux qui voient l'avalanche rouler vers eux,
mais cette inquiétude qui empêche les voisins d'une centrale
nucléaire pourtant jugée sécuritaire et utile de ne jamais se
détendre complètement. Pas de crise de nerf, mais une constante
vigilance».
Laplante tenait ces propos avant l'avènement de la pseudo police
communautaire et du développement accéléré, et tous azimuts, des
nouvelles technologies de l'information. Depuis, la situation n'a pas
cessée de se dégrader.
Certains
argueront qu'en Occident c'est tout de même pas mal mieux qu'au
tiers monde, non? C'est vrai. Cependant, ce n'est pas parce que c'est
pire ailleurs qu'ici on devrait se satisfaire de ce qu'on a. La
démocratie n'est pas et ne sera jamais un bien acquis
définitivement. Sa survie exige un combat quotidien.
La peaufiner,
car elle est loin d'avoir atteinte ses limites, est encore plus ardu.
Du reste, le contenu de ce livre, et des deux
précédents, démontre amplement que notre Société civile a grand
besoin d'«une démocratie
de libération»,
formulation que j'emprunte au sociologue français Touraine. (Alain
Touraine --
Qu'est-ce que la démocratie ? --
Éditions Fayard)
Ce
n'est pas pour rien que Laplante compare un corps policier à une
centrale nucléaire. Le spectre va de la centrale sécuritaire à
celle de Tchernobyl. Entre ses extrémités, on trouve un peu de
tout. Je présume qu'il en existe de sécuritaires, sans y croire
vraiment, car tout ce qui est soustrait au regard critique des
médias, les chiens de garde de la démocratie, génère
immanquablement des abus de pouvoir de toutes natures.
Sans
qu'on le sache, ces centrales dégagent aussi des vapeurs
radioactives, empoissonnant l'existence d'honnêtes citoyens,
polluant la vie sociétale, la vie démocratique. Cependant,
gardons-nous bien de généraliser, les policiers n'étant pas tous
des délinquants. Gardons-nous...
On aura beau apporter tous les
bémols en majeur qu'on voudra, il reste tout de même qu'on ne peut
s'empêcher de s'interroger. Sont-ils nombreux à désobéir à des
ordres illégaux? La police est comme l'armée, les ordres sont
donnés pour... être exécutés. (Suite
demain)
News du dimanche 13 Février 2011
■ Capitalisme
sauvage de la pétrolière Shell dans le delta du Niger (2)
– Une suite logique de l'article ci-dessous... Corruption du
pouvoir politique du Nigéria, destruction de l'environnement,
retombées de petites miettes pour les paysans, de moins en moins de
poissons pour se nourrir, rivières polluées par le pétrole,
pollution de l'air par des torches aussi.
Bref, Shell est aussi pire
que
BP dans le Golfe du Mexique. D'autant plus qu'il y a un demi siècle
que cela a commencé. Vidéo
divisée en thématiques, sous l'écran, en commençant par la
gauche. Définition du mots "delta", Petit Robert... Dépôt d'alluvions émergeant à l'embouchure d'un fleuve et la divisant en bras de plus en plus ramifiés.
■ Ce
que vivent présentement des Arabes nous approche d'eux (1)
– Des occidentaux ouvrent les yeux, chacun se dit : je savais pas
qu'ils aspiraient à vivre libres et heureux et que des dictateurs
les en empêchaient. Le média arabe Aljazeera y est pour beaucoup
dans cette ouverture occidentale.
Constatent
aussi, étonnés, que les terroristes arabes ne sont qu'une toute
petite parcelle de ce monde de mille et une nuits. Finalement, que la
haine vient de la peur, créée artificiellement par ceux qui nous
gouvernent, afin de s'approprier des richesses naturelles des autres.
Guerre économique, capitalisme sauvage : vidéo
(02:44).
■ Des
femmes adeptes du judo
– L'un des profs dit que ce n'est pas une question de force
physique mais de techniques : cette vidéo
(02:44) vous apprendra quelques trucs. Si votre copain ne veut pas
laver la vaisselle, vous saurez quoi faire.
■ Dessin
et vidéo – Un
égyptien demande à un français : elle est comment
ta démocratie? + vidéo
(03:23), président Bouteflika, un algérien de trop dans ce pays.
■ Québec
: un maire imposait illégalement prière, crucifix et statue du
sacré-cœur
– Le maire en question, Jean Tremblay, de la ville de Saguenay,
récitait une prière au début de chaque réunion du conseil. Alain
Simoneau, un citoyen, a logé une plainte devant le Tribunal des
droits de la personne, et obtenu gain de cause : la ville a porté
atteinte à la liberté de conscience et de religion du plaignant +
vidéo
(02:17) + article.
PS
:
Depuis le début de cette affaire, je soupçonne le maire Tremblay
d'être membre des Chevaliers
de Colomb, la vieille garde de l'église catho, qui cherchent à
imposer clandestinement leur morale. Ils sont supportés par leur
pendant : les Filles d'Ysabelles. Dans mon petit village de Lac
Bouchette, ces deux groupes de la droite religieuse interviennent
partout et sans que la population ne le sache. Possible que l'Opus
Dei soit également impliquée.
■ Situation
en Algérie
– Le combat contre le régime répressif en place ne fait que
commencer : vidéo
(02:27). Et ce, après la chute des gouvernement tunisien et
égyptien. Suivez les événements sur AlJazeera, dans le colonne de
droite. On en parle de plus en plus. Largement préférable de voir
ça en direct via satellite que de lire un article écrit par un
journaliste qui n'est pas sur les lieux. Mon rôle consiste à lancer des alertes sur mon site pour que vous alliez voir ce qui se passe.
■ M'épiait-on
de l'autre côté du miroir ?
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Ce
décor trompe-l'œil étant planté, explorons d'autres coulisses. Au
cours de mes trois premières années au village de Lac Bouchette,
l'un des apparts voisins du mien servait de lieu de réunions à des
civils. Pour faciliter la compréhension de ce qui va suivre,
décrivons en sommairement la configuration.
S'agissant de deux
apparts l'un à côté de l'autre, un mur mitoyen les sépare. D'un
côté la chambre du locataire voisin, le civil, de l'autre ma
cuisine, et contre lequel sont placés poêle, armoires, évier et
frigo. Ce même mur mitoyen sépare aussi notre chambre de bain
respective.
La
minceur de la cloison me permettait de capter parfois des bribes de
conversations. Certains soirs, le brouhaha m'indiquait qu'ils étaient
quatre ou cinq, peut-être davantage. J'y ai souvent constaté la
présence d'autant de véhicules stationnés en face de la porte
d'entrée. Me suis même permis une couple de photos.
Quelqu'un a dû
voir la lumière de ma caméra flasher parce que peu après un flash
illuminait la fenêtre de ma cuisine. Comment avaient-ils su que
c'était moi? J'avais agi dans la noirceur et sans témoin. Caméras
extérieures? Oui, mais invisibles.
En
collant l'oreille contre la cloison, j'attrapais un mot par-ci
par-là, mais jamais assez cependant pour savoir de quoi ils
discutaient exactement. Alors, j'ai très vite mis fin à cette
activité. Malgré cela, au fil des semaines et des mois, des mots
prononcés d'une voix plus forte s'étaient nettement détachés des
autres, du brouhaha et des bruits de pas aussi. Peu à peu, ils ont
pris l'habitude, quand ils discutaient entre eux, de mettre en marche
le ventilateur de la chambre de bain, voisine de la mienne. Le ronron
du moteur couvrait les éclats de voix, cependant il leur arrivait de
temps à autre de l'oublier...
Un
jour, j'entends de l'autre côté du mur, là où est située la
chambre, la voix d'un homme dire : «Y'é toujours tout seul.» J'ai
la conviction qu'il parle de moi. Je reconnais aussi le timbre de
voix particulier du civil habitant la maison située tout près, en
retrait de la 155. Parfois, j'identifiais aussi celles de
l'homme-au-toutou-qui-faisait-vous-savez-quoi et de quelques autres
que je connaissais bien.
Je
n'avais pas été sans remarquer que souvent j'entendais quelqu'un
entrer dans l'appart et des pas suffisamment audibles pour en suivre
la progression jusqu'à la cloison mitoyenne. N'en étant pas les
locataires, que faisaient-ils donc dans cette chambre? Au-dessus de
mon évier, il y avait un grand miroir, de deux pieds de large par
près d'un pied et demi de haut. Le bruit de ces pas était assez
éloquent, leur progression suivie d'un silence une fois arrivés au
pied du mur, pour penser que peut-être de l'autre coté du miroir
m'épiait-on. (Suite
demain)
■ Le
pouvoir a besoin de la police pour façonner la société civile à
son image, alors il la protège
- (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le
gouvernement péquiste de Lucien Bouchard n'est pas sans savoir que
les purs et durs de l'ordre et du conformisme, plus précisément des
membres des états-majors policiers, n'apprécieraient pas du tout
que des citoyens, membres du comité surveillance des activités
policières, surprennent des leurs en flagrant délit d'atteintes aux
droits fondamentaux. Car les trompettes médiatiques ne manqueraient
pas de retentir. Éminemment explosif.
Ces
flics en civil risqueraient d'être traduits devant un Comité de
déontologie ou, plus grave, devant une véritable cour de justice
puis... condamnés, et leurs victimes dédommagées. À la limite, il
pourrait même arriver qu'un avocat de la Couronne, refusant de jouer
le jeu classique, parce que plus épris de justice que la plupart de
ses collègues -- les avocats de la Couronne sont nommés par le
pouvoir --, remonte la hiérarchie policière, d'où justement
émanent les ordres. On devine aisément le tohu-bohu qui en
résulterait si le directeur d'un corps policier ou son entourage
était accusé d'avoir ordonné ou toléré que son personnel se
livrent systématiquement à des atteintes aux droits fondamentaux.
Tant
qu'à rêver, rêvons en couleur, sur écran IMAX. Imaginons ce
directeur de police ou son entourage dévoilant à la cour qu'il
obéissait ainsi aux directives du maire du petit village ou de la
Cité, ou du préfet de la Municipalité Régionale de Comté (MRC),
ou du ministre québécois de la Sécurité publique ou de l'un de
ses bras droits de la fonction publique.
Maire, préfet, ministre ou
fonctionnaire devant répondre de leurs actes devant un tribunal,
trouvés coupable, déchus de leurs fonctions et condamnés à des
amendes. À la limite, on peut même aller jusqu'au premier ministre
dirigeant cette province, ce pays. Le pouvoir se sent donc
directement menacé. On comprend un peu mieux le dilemme du pouvoir,
dans ce cas-ci péquiste, de surcroît indépendantiste : la
Sûreté du Québec sera bien utile le jour de l'indépendance venue.
Le
pouvoir sait que s'il veut continuer de façonner la Société civile
à son image et sa ressemblance, il se doit de les ménager. Les
ménager, c'est en même temps s'assurer de les avoir de son bord, et
du même coup les museler. De leur côté, policiers et agents de
sécurité savent que ces activités souterraines qu'exigent le
pouvoir, sans compter celles qu'ils initient eux-mêmes, comportent
leur cortège d'horreurs. Ils sont bien placés pour être au parfum,
puisqu'ils en sont eux-mêmes les exécutants. Si l'un d'eux décidait
de parler, il dévoilerait bien des choses.
Le
pouvoir émerge de la connaissance. Quand
vous connaissez les petits secrets de certains élus, vous les tenez
dans le creux de votre main. Ainsi les policiers de l'île de
Montréal, lorsque mécontents des offres salariales, qui refusent de
porter l'uniforme. Allusion subtile aux activités clandestines des
civils. On comprend mieux pourquoi le pouvoir politique craint les
gros syndicats policiers, dont le «très,
très puissant syndicat des policiers de l'île de Montréal».
(Suite
demain)
News du samedi 12 Février 2011
■ La
Suisse ne veut plus être le coffre-fort des dictateurs
– Surtout quand ils ont perdu le pouvoir... Un bon article de Rémi
Carayol sur le site jeuneafrique.
■ Dessin
arabe
– La suite
de la série... En Algérie, où le président Bouteflika a interdit
les manifestations et placé des milliers de policiers partout?
Suivez l'actualité sur AlJazeera, à droite, sur ma page d'accueil.
On en parle de temps à autre, du Yemen aussi où il y a des manifs.
■ Innovation majeure au Malawi
– Le gouvernement va interdire les gaz intestinaux dans l'espace
public : vidéo
(00:59), plus bas dans la page s'affichant.
PS
:
L'industrie québécoise du gaz de schiste devrait s'intéresser à cette autre
ressource naturelle. Il y a sûrement de l'argent à faire là, sans...trop déranger les citoyens.
■ World
Press : photo gagnante 2010
– On a retenu celle de la photographe Sud-africaine Jodi Bieber.
Une Afghane défigurée
par son conjoint parce qu'elle avait quitté la maison + vidéo
(04:35), entrevue en anglais avec Bieber.
■ Julian
Assange
– À la Cour britannique, les audiences sur son extradition en
Suède ont pris fin hier vendredi. Le verdict sera prononcé le 24
février : vidéo
(00:50).
■ Égypte
: la couverture exceptionnelle du média arabe Aljazeera
– Il a fait vivre une révolution citoyenne au monde entier via
satellite, en direct, 24h/24, avec une équipe de journalistes et de
reporters bien rodée, connaissant à fond leurs sujets, interrogeant
des spécialistes hors pair et en anglais, svp. Du jamais vu jusqu'à
jusqu'à présent.
CNN,
la voix de l'Amérique, a perdu le monopole de la parole. Ce média
est dépassé de plusieurs longueurs par un puissant concurrent,
arabe de surcroit. Pour beaucoup de médias occidentaux de moindre
calibre, anglais et français, Aljazeera est devenu LA source d'info.
Pendant la révolte de 18 jours, pas vu nulle part l'influence de
CNN. Déjà, la vision de la planète a changé, en mieux. Il est
très clair que les arabes ont des choses à nous apprendre. La
démocratie en sort gagnante.
■ Obama,
USA
– "L'Égypte
ne sera plus la même"
: vidéo
(02:40), sa déclaration traduite en français.
■ Famille
de l'ex-dictateur Moubarak : gel du compte bancaire suisse
– Le ministère suisse des Affaires étrangères l'a annoncé hier
vendredi. On veut éviter tout risque de détournement de biens
appartenant à l'État égyptien. L'ordonnance gouvernementale vise
toutes les banques du pays qui détiendraient des comptes de la
famille. Les chiffres varient sur l'importance de la fortune de
Moubarak entre 2,4 et...70 milliards. Une partie de cette somme a été
également déposée dans une banque britannique : sites romandie,
figaro
et nouvelobs.
■ Les
civils font preuve de beaucoup d'imagination pour brouiller les
pistes et ne pas être repérés
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Au
début de l'hiver qui suit, une jeune femme accompagnée de son
bambin vient chez-moi m'informer qu'en l'absence de mon proprio, qui
hiberne dans le Sud, elle s'occupera des locataires de l'édifice.
Elle m'apprend avoir acheté la maison située à l'intersection et
vendu celle qu'elle occupait avant et sise juste à l'arrière :
la petite maison-aux-écrans. Elle se prétend femme de ménage. Au
fil de la conversation, j'apprends qu'elle s'est séparée de son
chum, même s'ils continuent de vivre ensemble, sans partager le même
lit, me précise-t-elle.
Puis,
elle disparaît de la circulation, après avoir cédé, paraît-il,
sa belle résidence à une autre femme qui, elle aussi, est mère
d'un enfant et se dit femme de ménage... Ce n'est pas long que je
découvre que cette dernière, même si parfois elle porte les
cheveux aplatis et huileux de celle qui a trop transpiré à laver
plafonds, murs et planchers, est plutôt spécialisée dans le
nettoyage... sociale.
Cependant,
quand on regarde la maison, toute en brique avec piscine hors terre à
l'arrière, et que j'ai eu l'occasion l'été d'avant de visiter,
assez somptueux merci, on se demande comment une femme de ménage
peut arriver à joindre les deux bouts : mensualités, taxes
municipales et scolaires, électricité, chauffage, sans oublier
l'auto. -- Plus loin, on verra que lorsqu'un civil quitte un endroit,
il «échange» sa maison avec celle d'un collègue --
Officiellement, elle y vit avec son chum et son enfant.
Officieusement,
il s'agit plutôt, et de nombreux faits le démontrent, d'un policier
et d'une policière en civil jouant à faire semblant de vivre en
couple. Ils se servent de ce faux statut pour étoffer leur identité
d'emprunt. Brillante, cette couverture, qu'ils ne sont pas les seuls
à utiliser du reste. Difficile de concevoir qu'un couple, avec ou
sans enfant, soient des flics.
À
l'été 2000, cette deuxième femme de ménage me confiera, elle
aussi, s'être séparée de son chum, un peu trop renfermé à son
goût. Et l'automne 2001 venu, elle m'apprendra que son remplaçant
l'a quittée. Certains policiers ne restent pas longtemps en place,
alors, il faut bien inventer des histoires... cousues de fils blancs.
Autre
indice. La maison est à l'intersection de la route régionale 155 et
d'une petite rue, mais on y a interverti les panneaux de
signalisation. La petite rue porte celui de la 155, et vice-versa.
Dans l'annuaire téléphonique, l'adresse officielle indique la 155,
qui passe d'ailleurs devant la façade de la maison, là où se
trouve la porte d'entrée principale : le téléphone est
enregistré au nom de la civile.
Cependant le numéro civique est
affiché à la porte secondaire latérale donnant sur le partie rue.
De quoi mêler un bon moment le quidam cherchant cette adresse. Les
civils font preuve de beaucoup d'imagination pour brouiller les
pistes et ne pas être repérés. (Suite
demain)
■ Aux
yeux du pouvoir politique, la démocratie est aussi explosive que le
terrorisme
- (Suite tome 3 de L'Étau Policier) En
un mot comme en un million, le gouvernement péquiste de Lucien
Bouchard tient comme à la prunelle de ses yeux aux contrôles et
nettoyages sociaux des vitres cassées, parmi autres couches de la
population. La police aussi du reste, qui veut laver socialement plus
blanc que le plus puissant détersif.
Le
pouvoir craint comme la peste l'osmose entre citoyens, l'émergence
de revendications sociales et, à la limite, l'émergence d'une
démocratie de libération. Il veut bien de la démocratie, mais pas
trop, juste un peu. Hautement
dangereuse, la démocratie. Car il risquerait de ne plus être le
seul à mener à coups de clairons et de roulements de tambour
l'agenda politique, obligé qu'il serait de tenir compte dorénavant
des revendications des différents groupes de la Société civile.
Revendications
publiques risquant de perturber son mandat, ternir son image de bon
gouvernement et peut-être même mettre en péril sa réélection, ou
un troisième référendum sur l'indépendance du Québec. Disons
aussi qu'il arrive souvent qu'un pouvoir soit convaincu que les
bonnes solutions ne peuvent émaner que de lui. Quoi qu'il arrive
qu'il ait raison de le penser, certaines étant déraisonnables. Sa
survie dépend donc en partie des contrôles et nettoyages sociaux.
Ce
sont les policiers en civil, et leurs nombreux collabos, qui
s'occupent de ce job, tant de la Sûreté du Québec que de la police
de l'île de Montréal et des autres corps policiers municipaux et
régionaux du Québec : sans omettre les agents et, ne soyons
pas sexiste, agentes de sécurité en civil. Sans eux, il n'y aurait
personne pour passer le balai au rez-de-chaussée. Que
la cave ne soit pas très propre importe peu ou prou, du moment que
l'espace public reluise comme un sou neuf.
En
outre, le pouvoir péquiste n'est pas sans savoir que les purs et
durs de l'ordre et du conformisme, plus précisément des membres des
états-majors policiers, certains grands commis de l'État et
universitaires bardés de diplômes mais ne connaissant strictement
rien d'autre que leur propre discipline, n'apprécieraient pas du
tout que des citoyens y surprennent des leurs en flagrant délit
d'atteintes aux droits fondamentaux. Car les trompettes médiatiques
ne manqueraient pas de retentir. Éminemment explosif. (Suite
demain)
News du vendredi 11 Février 2011
■ Dessin
égyptien -
Le sphinx
Moubarak s'enfonce dans les sables du désert.
■ Égypte
– Les millions de manifestants ont eu raison de Honis Moubarak : il
a définitivement quitté
le pouvoir. La
nouvelle vient tout juste d'être annoncée. Suivez l'événement en direct via satellite sur
le site d'Aljazeera, dans la colonne de droite de ma page d'accueil. Les manifestants sont fous de joie.
PS
:
Prochaine étape, récupération des avoirs considérables accumulés
au cours de sa présidence de 30 années? C'est probablement déjà
fait. Ils seront bien utiles à la relance de l'économie du pays et
à l'amélioration des conditions de vie des citoyens. Selon
des informations du Guardian,
quotidien britannique reconnu pour son professionnalisme, sa fortune
serait de l'ordre de 40 à 70 milliards de dollars. Soit autant,
voire plus que Carlos Slim et Bill Gate. Cette fortune est à l'abri
des intempéries dans des banques britannique et suisse.
■ Camera
City
– Un documentaire d'Olivier Zanetta et Christophe Rigaud portant
notamment sur le développement de la vidéo surveillance. Ils ont
enquêté à Nice, Toulouse et Amiens, trois villes de France qui se
sont équipées pour couvrir le plus d'espace possible.
Au
début des années 2000, elle se multipliait de plus en plus au point
où les médias en parlaient régulièrement. L'inertie de la
population et l'ennui des médias d'avoir à répéter la même
rengaine a fini par avoir raison d'eux. Le docu, très intéressant,
fait aussi le bilan de la situation. On y interroge des élus,
policiers, sociologues et membres de la Ligue des droits de l'homme :
vidéo
(55:02).
■ Description
des lieux où je demeure - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Cet édifice où j'habite compte dix apparts. Les neuf autres sont occupés par des civils de la Sûreté du Québec. Évidemment, aucune auto-patrouille stationnée en face des apparts, surtout pas, mais des camionnettes, avec double bonbonnes pour la soudure, à l'arrière, ou un canot, ou une petite cargaison de matériaux de construction, entre autres. Pour mieux illusionner le commun des mortels. Quelques autos aussi, rien de luxueux.
Il y aussi des civils qui habitent près de l'édifice, sur ce même côté de la route 155. Ils occupent cinq maisons : pour éviter que des citoyens d'ici ne les identifient, suis obligé de mêler un peu la géographie du secteur. D'un
côté de l'édifice, il y a celle située en retrait de la route, où
un civil vit seul.
De l'autre côté, à l'intersection, un faux
couple flic et un enfant, celui de la civile. À l'arrière de leur
résidence, en bordure d'une rue débouchant sur la 155, une petite
maison est utilisée à des fins de télésurveillance, activité que
je décrirai dans quelques paragraphes et désignerai sous le nom de
la petite-maison-aux-écrans.
Juste
en face, un flic, sa conjointe et un enfant. Dans cette rue, on y
dénombre également deux autres maisons. Deux frères habitent l'une
d'elles, collabos à tout crin, dont l'un jouant au cerveau lent :
je crois que l'un d'eux est flic, sans en être certain à cent pour
cent. À quelques centaines de pieds de là, une vieille cambuse, le
toit vallonné, sert de lieux de rencontres. Et de cinq.
Les
civils ne sont pas tous doués pour le mensonge. Leurs histoires sont
souvent mal ficelées. Suffisamment pour qu'on constate que le paquet
contient autre chose que ce qu'ils prétendent. Entrons sur la pointe
des pieds dans la maison située à l'intersection. Celle-ci a toute
une histoire récente derrière elle.
En
l'espace d'un an et demi, en l999 et 2000, elle a changé de main
trois fois. À l'été 1999, quand je suis arrivé à Lac Bouchette,
elle était à vendre, son proprio, qu'on prétendait -- faussement,
on le verra -- également proprio de la petite scierie, quittait le
village pour un autre, paraît-il, près d'Alma. (Suite
demain)
■ Commission
Poitras : le pm péquiste Lucien Bouchard a démontré qu'il ne
désirait pas investir dans la démocratie -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Autre
point : la formation des recrues policières via la création
d'une École nationale de la police.
Le
ministre compte sur l'arrivée d'une nouvelle génération
d'effectifs pour contrer la «culture
de la déviance».
Je ne crois pas au succès de cette mesure. Les recrues formées par
cette école seront rapidement converties par la droite policière
déjà en place de l'efficacité des bonnes vieilles méthodes
illégales.
Pour
que la mesure du ministre ait des chances de réussite, il aurait
fallu imposer le recyclage des directeurs des corps policiers et leur
état-major. Les policiers sont comme du «tapioca», ils prennent la
saveur que veut bien le chef de police. (Patrick J. Knoll --
Regard sur les affaires internes, les Perspectives internationales --
Rapport présenté à la Commission d'enquête Poitras sur des
illégalités de la Sûreté du Québec) C'est le cas pour les
enquêtes internes, ce l'est aussi, selon moi, dans celui des
rapports entre le policier en civil et le citoyen. Chaque directeur,
accédant à la fonction, devrait s'engager à respecter les droits
et libertés.
Le
gouvernement péquiste de Lucien Bouchard, et il n'était pas le
premier, a démontré qu'il ne désirait pas investir dans la
démocratie. La police en étant pourtant l'un des rouages les plus
importants, pourquoi alors ce refus? Les motifs se trouvent dans ce
livre.
Suffit d'avoir exploré l'underground policier pour
s'apercevoir que notre société est démocratique au rez-de-chaussée
(police en uniforme), et encore s'agit-il d'une démocratie
électorale aux quatre ans, quoi que actualisée tout de même
quotidiennement par les médias, et policière dans son sous-sol
(police en civil).
Le
rez-de-chaussée est la vitrine que le pouvoir exhibe aux yeux des
citoyens : regardez comme nos policiers sont beaux, bien
habillés, propres et professionnels. Il croit que les citoyens n'ont
pas à savoir ce qui se passe au sous-sol. Sans doute pense-t-il que
cela ne les regarde pas, même s'ils en sont directement affectés,
bien sûr sans le savoir.
On voit tout de suite le danger que
représente par exemple un Conseil de contrôle permanent constitué
de citoyens spécialisés dans différents domaines. Tout à coup que
de ses membres y descendraient et découvriraient le bric-à-brac y
régnant. (Suite
demain)
News du jeudi 10 Février 2011
■ Égypte (2)
: le président Moubarak ne démissionne pas
– Il ne fait que transmettre une partie de son pouvoir au vice-président
Omar Suleiman. C'est ce qui ressort du discourt qu'il a prononcé
à la télé en milieu d'après-midi, heure du Québec. Des
journalistes arabes s'interrogent sur la suite des événements,
parce que les manifestants, près d'un million rassemblés au centre
de la capitale, ont vivement protesté contre sa décision.
■ Égypte (1)
: démission du président Moubarak ?
- La rumeur circule, car il doit s'adresser à la Nation ce soir, à
la télé : vidéo
(02:34) + article
en français de la Canadian Press : l'armée aurait déjà annoncé
qu'il satisferait toutes les demandes des manifestants qui exigent
sont départ.
Dans ma page d'accueil, colonne de droite, cliquez sur
ALJAZEERA, un média arabe planétaire, vous pourrez suivre en direct les événements via satellite : la langue arabe est traduite en anglais. Agrandissez l'écran, c'est impressionnant. Il n'y a
pas d'autres endroits que celui-là pour vraiment tout savoir. Ce média professionnel a des tentacules partout dans le monde.
■ Égypte-dessins
– Dialogue
(plus bas dans la page) et réconciliation.
■ Égypte
: la famille du président Hosni Moubarak riche à craquer
- Selon des informations du Guardian,
quotidien britannique reconnu pour son professionnalisme, sa fortune
serait de l'ordre de 40 à 70 milliards de dollars. Soit autant,
voire plus que Carlos Slim et Bill Gate. Cette fortune est à l'abri des intempéries dans des banques britannique et suisse.
■ Un virage
aussi brusque qu'inattendu - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Le
civil de la de la Sureté du Québec, pensait-il vraiment que je ne
pourrais jamais me libérer de son emprise psychologique, que je l'avais
vu tisser, laborieusement, d'un café à l'autre, mensonge après mensonge?
Que, sachant qui il était, jamais au grand jamais je n'oserais refuser
d'ouvrir ma porte à un représentant de l'ordre et du conformisme? S'il
le pensait, et je crois que c'était le cas, il s'est trompé pesamment.
Le
virage a été aussi brusque qu'inattendu. Ne jugeant pas nécessaire
de lui signifier qu'il n'était plus le bienvenu chez moi, j'ai
choisi de le lui faire sentir en ne répondant plus quand il sonnait
à ma porte. Pendant
plus d'une semaine, il a donc sonné, certains jours à deux
reprises. Puis, un bon matin, il a mis paquet, sonnant, frappant,
secouant vigoureusement et longuement la porte, vociférant :
«Voyons, tabarnark, y'é tu mort à matin!»
J'ai
patienté, patienté... puis j'ai décidé de l'apostropher. J'étais
chez moi, n'étais pas obligé de lui ouvrir, si je me comportais de
la même façon en forçant sa porte, il ne l'accepterait pas. Après
l'avoir un peu savonné, l'ai invité à entrer, lui ai offert un
café, son dernier mais sans le lui dire. Dans les jours qui avaient
suivi, il avait été plus poli, ne sonnait qu'une fois puis
retournait à son appart. Peu à peu, les sonneries s'étaient
espacées, il avait tout de même fallu une bonne semaine pour
qu'elles cessent complètement.
Ne
pouvant plus venir m'intimider chez moi, il a changé de tactique. Il
a pris l'habitude d'amener son chien, un gentil petit toutou noir,
faire son pipi-caca dans le secteur qui m'est alloué au lieu
d'utiliser le sien. Il y amenait son chien, souvent matin et soir,
suffisamment proche de ma porte pour que je l'entende lui parler à
voix basse, avec douceur : «Envoye ! envoye ! (fais ton pipi-caca)»
et, le toutou, après avoir déposé son petit cadeau... «Viens-t-en
là, viens-t-en, envoye! envoye!»
Il
est arrivé une fois que son chien urine juste à côté de ma porte,
dans le banc de neige. Au printemps 2000, il y avait dans mon secteur
des excréments en différents endroits. Le civil a même poussé la
note, pour bien s'assurer que j'en décoderais la signification, en
plaçant trois petits tas trop bien alignés et à la même distance
l'un de l'autre pour être l'effet du hasard. Au cours d'une guerre
psychologique, pour atteindre la cible en plein front, la répression
policière doit être bien visible. (Suite
demain)
■ Le
pouvoir développe beaucoup d'ingéniosité pour mâter le citoyen,
alors que pour la police... -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Ailleurs,
on procède autrement, mais de façon moins efficace, puisque les
appels sont dirigés vers des policiers : faut pas compter sur
eux pour faire le grand ménage.
Ainsi, des services de police ont
doté de lignes ouvertes leur division des Affaires internes, mises à
la disposition des citoyens, témoins ou victimes de méfaits
policiers, et à des policiers désirant dénoncer les inconduites de
collègues...
La
Commission de New York chargée de combattre la corruption policière,
la Police métropolitaine de Londres et le Service de police de la
Nouvelles-Galles du Sud. (Patrick J. Knoll, professeur de droit à
l'Université de Calgary, Canada --
Regard sur les affaires internes, Les Perspectives internationales,
25 août 1997 --
Commission Poitras) Ils ne sont pas tenus de s'identifier et leur
voix n'est pas enregistrée.
Dans
sa réformette, le ministre péquiste de la Sécurité publique Serge
Ménard a choisi d'appliquer aucune de ces mesures. Par contre, le
gouvernement péquiste de Lucien Bouchard a mis à la disposition des
non-fumeurs une ligne délation sans frais pour s'assurer que sa loi
anti-tabac soit respectée. Le pouvoir politique développe beaucoup
d'ingéniosité pour mâter le citoyen. Comme il a besoin de sa
police pour faire ce job, on comprendra qu'il ne puisse lui appliquer
la même médecine.
Il
y a aussi le braquage potentiel des policiers dans l'hypothèse où
le gouvernement du Québec les assujettissait à une police des
polices. Justifiée, cette crainte du ministre? Jusqu'à un certain
point, oui. Historiquement, les pouvoirs ont toujours plié l'échine
devant la police.
Alors, celle-ci a développé un réflexion
conditionné : elle n'a qu'à se braquer pour obtenir ce qu'elle
veut, ou une bonne partie. Dans les faits, ce que nous disait le
ministre Ménard, c'est qu'il fallait se contenter de moins
démocratie d'ici à ce qu'un jour, imprévisible et lointain, sa
réformette produise les fruits espérés.
Au
Chili, après la réinstauration de la démocratie, le pouvoir y
allait sur la pointe des pieds pour ne pas braquer l'armée du
généralissime Pinochet. Cependant, le Québec n'est pas le Chili et
sa police n'est pas une armée. Alors, ce qui était justifié dans
ce pays, les pas feutrés du gouvernement péquiste de Lucien
Bouchard ne l'étaient pas.
Excessivement rare qu'un premier ministre
essaie, à tout le moins, de mettre la police au pas. À ma
connaissance, le président François Mitterrand de la France est le
seul. (Suite
demain)
News du mercredi 9 Février 2011
■ Des
émules québécoises de WikiLeaks
– La semaine prochaine, le site
quebecleaks sera opérationnel sur le web. C'est tout ce qu'on sait
pour le moment. Voilà une nouvelle qui ne fera pas l'affaire de ceux
qui gouvernent aux parlements de Québec et d'Ottawa, où nichent, là
comme ailleurs, des cachotiers. La démocratie s'en vient à grands pas et partout dans le monde. Que nous devons à qui? À l'internet, sacrebleu!
Pure
coïncidence, j'ai pris connaissance aujourd'hui d'un livre portant
justement sur l'absence de transparence dans les administrations
publiques : Yves Boisvert
– L'instutionnalisation de l'éthique gouvernementale : Quelle
place pour l'éthique? – Éditions Presse de l'Université du
Québec. Boiverts est prof à l'Université de l'administration
publique (ENAP).
■ Julian
Assange
– La poursuite du débat judiciaire sur l'extradition en Suède du fondateur
de WikiLeaks est interrompue, reprendra à Londres vendredi 11
février : vidéo
(01:07).
■ Arabesque
pharaonique
– "Dégage-toi
toi-même",
une interprétation d'Emeline
Becuwe : vidéo
(02:29).
■ La
guerre à Paris du photo-reporter Patrick Chauvel –
Il superpose des photos prises lors de conflits armés à des
édifices parisiens, y compris la Tour Eiffel. Il suggère aux gens
de se mettre dans la peau d'Afghans, autre autres. Et d'imaginer ce
qu'ils penseraient si cela se déroulait à Paris. «La paix, c'est
pas un état naturel, dit-il. La paix, ça se fabrique, ça se tient,
c'est des hommes qui protègent la paix, c'est des lois» : vidéo
(01:47).
■ Canada
: les nouveaux tarifs du CRTC limiteront la navigation sur le Net
– Si ils étaient appliqués. Car le gouvernement de Stephen
Harper, devant la levée de boucliers de nombreux citoyens, a demandé
au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications
canadiennes (CRTC) de revoir sa décision. Et en attendant que cela
soit fait, le CRTC l'a reportée à 60 jours, dont quelques uns sont
déjà écoulés.
La
neutralité du Net et le droit d'y naviguer librement à des tarifs
accessibles à tous sont incontournables. On peut même affirmer que
le Net appartient d'abord et avant tout aux citoyens, et non pas à
Bell Canada et autres grandes entreprises de télécommunications
cherchant à se remplir les poches et celles de leurs actionnaires.
La
levée de boucliers des citoyens est réelle. Une pétition lancée
par le site OpenMédia le démontre amplement. Dans la nuit de
mercredi 9 février, 420, 320
internautes canadiens l'avaient signée, les chiffres sont plus bas
dans la page s'affichant : "Je
suis contre la facturation à l'utilisation. Je dis NON au compteur!"
Et ce n'est pas fini : voir la version en français
de la pétition + Le
CRTC consulte les usagers du Net. Dans un premier temps, un texte
explicatif de l'organisme. Dans un deuxième, le formulaire
en français à remplir. Dans le bas de la page, à droite, cliquez
sur "Suivant".
■ Le
civil avait le crâne rasé et soulevait sa casquette de temps à
autre pour que je vois son allure féroce - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) L'homme
est assez impressionnant physiquement et rit rarement. Il a la carrure
d'un lutteur, pas celle de l'athlète tout en muscles, celle du gros
routier trop bien nourri. Et marche les bras légèrement écartés, et
pesamment, j'insiste, le haut du corps incliné comme s'il s'apprêtait à
bondir sur vous.
Au
cours d'une de ses premières visites à mon domicile, il m'avait
fait une petite démonstration de force. J'étais assis sur une
chaise droite de la cuisine, lui debout en face de moi, les
avant-bras à demi repliés, approchant et éloignant l'une de
l'autre ses mains entrouvertes, dans un mouvement ressemblant à une
prise d'étranglement. .
À
une autre occasion, il avait le crâne rasé et soulevait de temps en
autre sa casquette pour que je vois bien l'allure féroce que ça lui
donnait. Je lui avait signalé qu'en ajoutant des tatouages, il
aurait l'air d'un vrai Hell's Angel. Ma remarque l'avait fait tiquer,
un peu blessé même. Un tendre jouant au dur?
Nos
conversations étaient pour le moins déprimantes, car il se
plaignait continuellement de sa situation de mis à pied. Du nombre
de chèques de chômage qu'il lui restait à retirer avant de tomber
sur le bien-être social, de sa camionnette qu'il devrait mettre sur
des blocs parce qu'il n'avait plus les moyens de payer ses
assurances, de l'obligation qu'il aurait d'aller chercher un job en
Ontario si l'employeur ne le rappelait pas, des ragots circulant au
sujet de la scierie, etc.
Pénible,
à la longue, d'entrer dans son jeu, quand vous savez que le gars est
un civil et qu'à chaque fois qu'il ouvre la bouche, c'est pour
mentir. Dans une situation semblable, essayez donc aussi de remonter
le morale de quelqu'un. Je m'y suis essayé, mais le cœur n'y était
pas : pas aisée, l'hypocrisie, quand vous n'êtes pas doué pour la
chose.
J'en
étais venu à la conclusion qu'il me serinait les mêmes sornettes
simplement pour m'écœurer. C'était de la déstabilisation
quotidienne et à deux volets. Brasser continuellement du noir pour
que la personne ciblée en vienne à ne plus rien espérer de ce coin
de pays, et à perdre peu à peu sa vision optimiste de la vie,
peut-être aussi de la vie tout court.
C'est-à-dire
à se découvrir des bobos et les gratter jusqu'au sang. La saison
était bien choisie, nous étions en hiver. Au Lac Saint-Jean, ils
sont longs et froids, les tempêtes nombreuses, la neige abondante.
Sans doute ignorait-il que je ne suis pas du genre à se gratter, et
suis un nordique, adore l'hiver à la campagne. (Suite
demain)
■ Il
suffit de peu pour lutter contre la délinquance policière - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Les
commentaires aussi de l'éditorialiste Pierre Gravel de La Presse
relatifs à la réformette du ministre péquiste de la Sécurité publique
Serge Ménard (Pierre Gravel -- La Presse du 23 décembre 1999)...
«Il
est indéniable qu'on est ici bien loin du retentissant coup de force
contre la Sûreté du Québec auquel on aurait pu s'attendre. Voire même
espérer. Surtout
après le coûteux et difficile exercice qui, à la suite de
l'inimaginable gâchis révélé par l'affaire Matticks, a eu pour effet de
projeter une lumière brutale sur la gravité des problèmes structurels,
des mentalités tordues et des agissement répréhensibles qui sont devenus
typiques de certains de ses services. Plus spécifiquement ceux des
enquêtes criminelles et de la discipline interne.»
Faisant le constat que la réforme du ministre Ménard n'a pas suscité une
opposition hargneuse de la part des policiers, Gravel pense que le
ministre a peut-être préféré miser sur le fait que le temps
jouera en faveur des changements qu'il reconnaît nécessaires, sans
provoquer, dans l'immédiat, des secousses qui rendraient l'appareil
policier encore plus difficile à contrôler.
D'où cette priorité
accordée à la formation de futurs policiers. Le ministre demande un
acte de foi. Seul l'avenir indiquera qui, du ministre ou des membres
de la Commission Poitras, a eu raison. Gravel se croise les doigts en
espérant que, dans quelques années, une nouvelle commission
d'enquête ne sera pas nécessaire.
Avant
d'aller plus loin, passons au tamis les arguments que
le ministre Ménard a servi aux médias pour justifier sa décision
de ne pas implanter une «police
des polices».
L'un veut que le nombre d'allégations annuelles contre des
policiers, environ 350, représente un pourcentage bien inférieur à
celui prévalant au sein de la population en général. Le ministre,
qui ne pouvait pas ne pas savoir, oubliait de chiffrer les
innombrables atteintes aux droits fondamentaux commises par la police
en civil et ses collabos et dont on n'entend jamais parler.
En
affirmant en outre qu'une police des polices coûterait trop cher, il
associait un coût à la démocratie. Que le gouvernement élimine
quelques éléphants blancs. Du reste, et contrairement à ce que le
ministre prétend, il suffit de peu de moyens pour lutter contre la
délinquance policière. L'idéale est une ligne sans frais et
sécurisée... donnant directement accès à un Conseil de contrôle,
du genre de celui recommandé par la Commission Poitras. (Suite
demain)
News du mardi 8 Février 2011
■ Québec
: les avocats de la Couronne en grève
– L'Association des procureurs aux poursuites criminelles et
pénales (DPCP) a fait savoir aux autorités qu'elle entend exercer
légalement son droit de grève à compter de ce mardi 8 février. En
tout, on parle de 1 450 avocats. Les parties ont convenu de maintenir
les services essentiels. Les membres de la DPCP font beaucoup
d'heures supplémentaires mais ne sont rémunérés que pour 35h par
semaine. Ils sont moins bien payés que dans les autres provinces du
Canada : communiqué
de presse + manifestation
d'une centaine de grévistes.
■ C
politique, la meilleur émission en France
– Nicolas Demorand, son animateur, interroge Christine Lagarde,
ministre française de l'Économie, des Finances et de l'Industrie :
vidéo
(1h10) + tout
savoir d'elle. Une grande dame du monde de la finance, internationalement
reconnue pour sa compétence.
Le moment fort de ses répliques : son
combat mené contre la crise financière de 2008 jusqu'à ce jour. On
y présente aussi trois brefs reportages : hausse de la TVA,
conditions de travail dans la fonction publique et l'économie
allemande, un modèle à copier-coller.
PS
:
Au Québec, ça n'existe pas, une émission du genre. À la télé,
et je vise tout particulièrement celle de Radio-Canada
qui devrait donner l'exemple, on se contente du quotidien. Petits
reportages de moins de 2 minutes, petites entrevues aussi courte avec
un ministre à la langue de bois, et puis voilà. Next...
Un
peu beaucoup le travail à la chaîne. Le même produit qu'on
multiplie indéfiniment. Ce n'est pas avec cette mécanique qu'on
informe le citoyen en profondeur. Tous les politiciens ont des
comptes à rendre aux électeurs. Et ça, c'est le job du
journaliste, mais encore faut-il lui en donner les moyens. Ça,
c'est le job de chaque dirigeant de télé.
■ Un
civil de la Sûreté du Québec suggérait que des travailleurs mis à
pied temporairement manifestent avec des pancartes -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Afin
de relater un autre volet de mon enquête, je reviens à 1999 et en
explique brièvement le contexte. Cette année-là, Louisiana Pacific
avait fait l'acquisition de la scierie de Lac Bouchette. Elle
souhaitait amender le Contrat d'approvisionnement et d'aménagement
forestier (CAAF) que détenait la petite scierie du village.
Ce
qui ne se réaliserait pas en un claquement de doigts, car il fallait
l'autorisation du ministère québécois des Ressources naturelles
et, ultimement, si la conjoncture se politisait dans la municipalité,
du ministre péquiste Jacques Brassard lui-même : pour être
franc, pas grand-chose se politise ici. L'entreprise avait donc
amorcé des négociations avec le ministère.
Mais
au début de l'hiver 1999-2000, elles n'avaient toujours pas abouti,
et un civil de la Sûreté du Québec, qui partageait le même
édifice à logements que moi, déployait de gros efforts pour me
faire dire ce que les travailleurs de la scierie, incluant la
vingtaine de mis à pied temporairement, devaient faire pour les
accélérer.
Voyant que je n'avais rien à proposer, il avait suggéré
que ceux-ci devraient manifester avec des pancartes et dénoncer leur
employeur. Vous voyez ça d'ici? Le journaliste du journal local, moi
en l'occurrence, tramant avec un civil un petit complot pour mettre
l'entreprise au pied du mur : j'étais alors responsable D'un
Lac à l'autre de Lac Bouchette.
Lui-même
se prétendait l'un de ces mis à pied, me jouait la comédie du
travailleur révolté de cette situation qui s'éternisait, avec
l'air découragé et le ton de la voix appropriés. Je lui avais fait
remarquer que, étant journaliste, je ne pouvais lui donner de
conseils techniques. J'avais néanmoins précisé qu'en utilisant la
méthode qu'il proposait, il y avait risque que l'employeur, se
voyant abandonné par ses propres employés, réagisse en en fermant
définitivement les portes.
Depuis
que je lui avais adressé la parole et invité à prendre un café à
mon domicile, tout en sachant pertinemment bien qui il était, il
s'était rapidement considéré comme chez lui. Par deux fois, après
lui avoir ouvert la porte, il était entrée sans me regarder, ni
dire bonjour ni rien et s'était carrément dirigé aux toilettes
pour pisser, et d'un pas lourd et décidé. Ça me déplaisait.
À
cette époque, frayant depuis près de trois ans dans l'underground
policier, je savais très bien où il voulait en venir : m'imposer
graduellement son emprise psychologique. Il lui était même arrivé
de laver sa camionnette devant ma porte, alors qu'il demeure sur
l'autre façade de l'édifice, au rez-de-chaussée tout comme moi, et
qu'il aurait pu procéder devant son propre appart. Il avait rempli
sa chaudière dans l'évier de ma cuisine et, le lavage terminé, y
avait vidé son eau sale. Je lui avais donné un vieux chiffon pour
qu'il fasse reluire sa carrosserie... Ç'a l'avait un peu surpris.
(Suite
demain)
■ Les intentions politiques cachées et
reliées au projet d'indépendance du Québec du gouvernement péquiste -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Un citoyen, luttant contre la
brutalité policière, doutait aussi de la volonté du ministre péquiste de
la Sécurité publique Serge Ménard d'y faire le ménage. Ce même mois de
février 1999, Yves Manseau, président du Mouvement Action Justice (MAJ),
déclarait (Christiane Desjardins -- La Presse du 1e février 1999)...
«Il
(Ménard) fait
partie du problème aussi,
signalait-il.
Il était au courant depuis longtemps de ce qui s'y passe, mais c'est
l'affaire Matticks qui l'a obligé d'agir. Il faut être vigilant,
car la réforme sera introduite par ceux-là mêmes qui ont préféré
maintenir le statu quo jusqu'ici.»
Manseau, qui tenait une conférence de presse conjointe avec Dan
Philip, président de la Ligue des Noirs du Québec, insistait sur la
création rapide d'organismes civils chargés de la surveillance des
institutions policières.
Quelques
jours plus tôt, il y avait eu aussi cette déclaration du président
de la Fédération des policiers municipaux du Québec, Yves
Prud'Homme, l'un des très rares flics à faire allusion aux
intentions politiques cachées et reliées au projet d'indépendance
du gouvernement péquiste et de son ministre de la Sécurité
publique : «Pour
que le ministre de la Sécurité publique puisse garder son
indépendance, il ne doit pas être le patron de la Sûreté du
Québec.»
(Jean-Paul Charbonneau --
La Presse du 30 janvier 1999)
Ce
ministre, membre du gouvernement du Québec, est responsable de
toutes les mesures d'urgence et de la sécurité de la population du
Québec, expliquait-il. «C'est
ce même gouvernement qui accorde les budgets de la Sûreté du
Québec et qui veut en faire sa police nationale
(sic).
Comment voulez-vous que le ministre de la Sécurité publique n'ait
pas de parti pris quand vient le temps de prendre position sur une
demande de la direction de ce corps policier?»
Prud'Homme
soutenait que «le
ministre de la Sécurité publique s'occupe particulièrement de la
Sûreté du Québec au détriment des autres corps policiers»,
municipaux ceux-là. En février 2002, vers la fin de l'implantation
de la carte policière en sol québécois, il l'accusait d'avoir
manqué à sa promesse de maintenir les effectifs à peu près égaux
entre la Sûreté du Québec, la police de l'île de Montréal et les
autres corps policiers municipaux de la province. (André Cédilot --
La Presse du 6 février 2002) «Ça
devait être un tiers, un tiers, un tiers»,
rappelait-il.
(...)
le
gouvernement est en train de sacrifier la plus belle réforme des 30
dernières années pour se créer une police d'État
(sic)».
Important
de ramener ce que déclarait Tony Cannavino, président de
l'Association des policiers provinciaux du Québec (APPQ) en novembre
1999. Il craignait «le
retour à une police politique»
parce que le ministre se donnait à son avis trop de pouvoirs sur le
Conseil de surveillance. Cannavino aurait préféré qu'ils soient
plutôt attribués aux élus d'une commission parlementaire.
Peu
auparavant, Cannavino avait fait cette autre déclaration (Martin
Pelchat --
La Presse du 27 novembre 1999) : «Le
fait de garder
(le Conseil de surveillance) sous
la gouverne du ministre
(Ménard),
ça donne l'impression d'une police politique. (...)
Il
faut garder une distance entre le politique et l'organisation
policière».
(Suite
demain)
News du lundi 7 Février 2011
■ Les
Cowboys Fringants
– Plus rien : vidéo
(03:37), un excellent groupe québécois.
■ Julian
Assange : comparution sur son extradition en Suède
– Le tout a débuté aujourd'hui, à Londres, et se poursuivra
demain. Si le tribunal l'accordait, les avocats du fondateur de
WikiLeaks iraient en appel : vidéo
(01:26) + la
firme d'avocat défendant Julian
Assange + les arguments.
■ Égypte
– Président Moubarak éjecté : vidéo
(01:15) burlesque où on lui fait jouer son propre rôle et dire
n'importe quoi. En langue arabe sous-titrée en français. Celle-ci
(02:07) est plus articulée, l'arabe traduite en anglais.
■ Des
australiens n'ont vraiment pas de chance
– Début janvier, des inondations : plus de 30 morts. Les 2 et 3
février, un cyclone de force majeure : près de 4 milliards de
dégât. Le 6 février, des pluies torrentielles. Depuis hier, un
vaste incendie de forêt pour le moment incontrôlable : environ 40
maisons détruites.
Heureusement, ces mauvais coups de la nature
n'affectent que de petits territoires : vidéo
(02:05), "No
Comment",
comme on dit maintenant sur le web lorsque ce n'est pas un reportage
avec journaliste au micro + vidéo
(01:05). Des changements climatiques qui font réfléchir!
■ J'y
suis, j'y reste ! - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Autre épisode, un mois et demi plus tard, un collabo de la Sûreté du Québec, aux aux
guidons d'un VTT, vient me provoquer sur mon espace de stationnement,
devant ma porte. Il a d'abord passé lentement.
Habituellement, quand un
conducteur d'un VTT fait de même, je sors, lui indique qu'il est dans un
espace privée, pour éviter que d'autres empruntent ce raccourci, avec le
bruit et l'odeur de l'essence que cela implique : utiles, les
renseignements accumulés à votre sujet. Me préparant à partir,
m'en suis pas occupé. Le constatant, il a fait le tour de l'édifice et
s'est immobilisé quelques instants afin de me laisser le temps de
réagir. Ensuite, il a amorcé son approche, défilant lentement devant ma
porte.
J'ouvre,
il se retourne aussitôt, s'arrête et lance, agressif, en relevant
le menton : «Que c'est que tu veux, toé?» Il coupe le
moteur, répète sa question. J'ai envie de lui signaler qu'il
n'habite pas l'immeuble, qu'il est sur un terrain privé, mais voyant
qu'il cherche la provocation, rétorque que j'ai le droit de le
regarder. «Ouais! cela dit sur le ton de celui un peu déçu de
votre attitude pacifique. Puis à part ça, enchaîne-t-il, t'es pas
bien aimé à Lac Bouchette. Tu devrais sacrer le camp ailleurs.» «Ah
ça...», que je riposte sans terminer ma phrase et en refermant la
porte. Le moment ne me semblait pas bien choisi de lui expliquer que
ceux qui ne m'aiment pas, au village, ce sont les civil de la Sûreté
du Québec et leurs collabos.
Environ
un mois après, une jeune femme, que j'aime bien, cherche à me
convaincre d'emménager dans le village voisin, St-François-de-Salle.
Elle se livre d'abord à une sortie en règle contre des citoyens de
Lac Bouchette qui, s'indigne-t-elle, passent leur temps à déblatérer
contre tout un chacun, qu'il n'y a pas moyen de faire quelque chose
sans que ça se sache. Elle même, me confie-t-elle, est la cible de
ragots. Bref, elle ne peut les supporter plus longtemps et a décidé
de quitter la place. Ensuite, elle m'incite à faire de même, me
ventant les qualités des résidents du village voisin, du bon monde,
gentil, sociable. Tout le contraire de Lac Bouchette,
m'assure-t-elle. Je repousse sa suggestion, sans lui en donner les
vraies raisons.
L'année
suivante, je reçois par la poste un carton publicitaire de la
Corporation du Manoir Notre-Dame de Roberval, une résidence pour
retraités, située sur le bord du lac St-Jean. On y mentionne que
les personnes âgées y mènent une belle vie, qu'on se charge de
leur ancien bail. C'était le 25 mars 2003, quelques jours avant le
renouvellement automatique du mien. Le 1e juillet, j'entreprendrai ma
cinquième année dans mon appart... dont l'édifice continue d'être
le mini quartier général de civils de la Sûreté du Québec. Pas
question de quitter cet appart. Ils ne me sortiront pas de là :
j'y suis, j'y reste. (Suite
demain)
■ Ménard,
l'homme le plus apte à redresser la Sûreté du Québec ? - (Suite
tome 3 de L'Étau Policier) L'éditorialiste Pierre Gravel de La Presse
est l'un des rares à avoir pressenti, peut-être plus que pressentir, les
événements. Puisons dans trois de ses éditoriaux, publiés en décembre
1998 et des 18 janvier et 6 février 1999. (Pierre Gravel -- La Presse
des 24 décembre 1998, 18 janvier et février 1999) Établissons le
contexte.
Ce
mois de décembre 1998, le premier ministre péquiste Lucien Bouchard
avait redonné à Serge Ménard le volant du ministère de la
Sécurité publique. Le prédécesseur de Bouchard, Jacques Parizeau,
le lui avait déjà confié la première fois en 1994. Ménard
était-il vraiment l'homme le plus apte à sortir le véhicule de la
Sûreté du Québec du fossé où il s'était enlisé?
L'éditorialiste Gravel s'interrogeait.
Sa
nomination «fait
bien des heureux»,
constatait Gravel, à commencer par le principal intéressé
(Ménard), qui espérait un retour à ce ministère où il se sent
particulièrement
à l'aise. L'éditorialiste s'inquiétait de la «mentalité»
régnant au sein de ce corps policier, de son sentiment «d'être
au dessus
de la loi et, surtout, de n'avoir de compte à rendre à personne».
Il rappelait que c'est Ménard lui-même qui, le décrivant comme
l'homme de la situation, avait nommé Barbeau à sa direction.
(NDLR : Dans un article publié le 30 janvier 1999, le
journaliste André Cédilot de La Presse écrit que la Commission
Poitras a reproché à Barbeau d'avoir manqué de leadership et de
jugement.)
«Quand
on sait,
se remémorait Gravel,
qu'il y a à peine deux mois le même ministre se disait convaincu de
l'inopportunité d'une telle commission d'enquête en raison de ses
coûts et du risque qu'elle distribue des blâmes aux personnes
impliquées et blesse l'organisation
(la Sûreté du Québec),
on ne peut que se poser des questions. Et se dire que le vrai défi
qui attend M. Ménard ne sera évidemment pas de se faire accepter
par ce corps policier. Mais de démontrer qu'il sera en mesure non
pas de le couvrir, mais d'en devenir le vrai patron pour en achever
la transformation en profondeur qui vient à peine de commencer.»
Et
lorsque Ménard déclarait qu'il lui faudrait un peu plus de temps
que prévu pour présenter sa réforme, l'éditorialiste Gravel
donnait la chance au coureur : «Par
contre, à la lumière des nombreuses manœuvres dilatoires que
plusieurs membres de la Sûreté du Québec ont utilisées pour
paralyser les travaux de la commission
(Poitras) et
même, ces jours derniers, pour tenter d'empêcher la diffusion du
rapport, on a le droit de s'interroger quant au sort qui l'attend.
Surtout à la lumière de ce qu'on sait de l'opinion fort négative
de ce ministre (Ménard)
sur
ce type d'enquête. Et de son inquiétude quant à l'effet éventuel
de ce document sur l'image et le moral de la Sûreté du Québec».
L'éditorialiste
signalait que bien des gens du corps policier avaient été soulagés
en voyant Ménard retrouver son poste à la Sécurité publique. Au
début de février 1999, Gravel revenait à la charge, écrivait
qu'apparemment, Ménard, qui avait une copie du rapport depuis un
mois, semblait l'«avoir
encore de travers dans la gorge.
(Pierre Gravel - La Presse du 6 février 1999) Au point d'avoir été
jusqu'ici incapable d'en dire autre chose que des banalités tout en
promettant des commentaires plus détaillés... plus tard!» (Suite
demain)
News du dimanche 6 Février 2011
■ Changement
en Tunisie
– Les citoyens peuvent maintenant circuler librement dans l'espace
public, ce qui leur était interdit avant. Remarquez, ils pouvaient
aller faire leur marché, allez travailler, mais pas se promener sans
but fixe. Les gens jouissent manifestement de ce droit. La séquence
dure seulement 1 minute 7. Le reste du documentaire est consacré au
Rwanda où, depuis quelques années, le gouvernement a investi dans
l'éducation et la santé : vidéo
(42:01).
PS
: Pour revenir à la Tunisie....faudra peut-être une petite révolution pacifique pour qu'il en soit
ainsi dans les villages ruraux du Québec, par exemple Lac Bouchette,
où policiers en civil et collabos font le nécessaire pour que vous
perdiez le goût de marcher librement dans l'espace public, pourtant
un droit inscrit dans la charte, et restiez sagement à la maison.
■ Québec
: le droit de mourir dans la dignité –
Une loi devrait être adoptée à ce sujet d'ici la fin de l'année.
Jeudi 15 février, les membres de la "Commission
spéciale de consultation de l'Assemblée nationale sur la question
de mourir dans la dignité"
poursuivront l'élaboration du rapport :
salle RC.171, 13h à 15h. Jusqu'à présent de très nombreux
mémoires ont été déposés lors des audiences qui ont débuté
l'an dernier.
Examinons concrètement de quelle façon on met un terme à une vie. La Suisse
semble le pays le plus tolérant en la matière, on accepte même les
étrangers. La loi ne condamne pas l'assistance au suicide s'il
n'existe pas de mobile égoïste.
Depuis 1999, l'Association
Exit Suisse Romande pratique chaque année plusieurs dizaines
d'assistances au suicide : vidéo
(1h), le choix de Jean, documentaire déconseillé aux moins de 16
ans + vidéo
(21:30), les limites complexes entre suicide, suicide assisté,
euthanasie, soins palliatifs
+ livre
contre l'acharnement thérapeutique et palliatif + l'euthanasie
au Canada.
■ Dans
le petit village, tout ce que vous dites et faites tombent
infailliblement dans l'oreille d'un civil ou d'un collabo - (Suite
tome 1 de L'Étau Policier) Cherchait-on à m'évincer du mini quartier
général de la Sûreté du Québec? Aucun doute. Parce que après le scénario
a connu des suites pour le moins inattendues.
Vers
la fin de juin 2002, sur le Chemin de l'écluse, j'aperçois, devant
une petite maison située sur une rive du Lac-des-Commissaires, un
amoncellement de vêtements usagés et d'objets divers. Le secteur,
plus forestier que rural, est désert,
vraiment pas l'endroit pour commercer. M'arrêtes, l'un des trois
vendeurs, une aïeule, me signale que je fais beaucoup de vélo, le répète même. Tiens, tiens, les choses se précisent.
Sous-entend-elle que je ne devrais plus circuler à vélo? «Non, non, non!»,
proteste-elle, le ton haut perché, feignant d'être surprise que
j'ose lui prêter cette intention.
Ensuite,
on m'informe que la petite maison est à louer, à un prix
très abordable. Sans le leur dire, je souhaite éventuellement
louer, acheter ou bâtir un petit chalet sur le bord de ce beau grand
lac. La petite maison est tout à fait conforme à mon rêve.
Mes interlocuteurs doivent bien le savoir, l'ayant déjà confié à quelques citoyens.
Tout
ce que vous dites et faites, dans ce petit village policier de Lac
Bouchette, tombent, et c'est imparable, dans l'oreille d'un
civil ou d'un collabo. Signalons encore l'utilité des renseignements que la police emmagasine à votre sujet dans sa mégabanque
informatisée... Histoire de rappeler au lecteur de quoi sont
faits les renseignements cueillis ici et là et à quoi ils
servent ou peuvent servir.
On
me fait visiter les lieux, me fait sentir un peu l'urgence de
louer. Le proprio, de passage seulement et devant retourner chez lui
en Abitibi dans quelques jours, m'écrit ses nom et numéro de
téléphone sur un bout de papier. Peu après, il me relance chez
moi, veut connaître ma décision. J'explique que le moment est prématuré, que je suis lié à un bail, que je devrais
verser l'équivalent de trois mois de loyer pour me libérer.
Il
me propose d'annoncer mon départ au proprio, de continuer d'y loger
et, à l'échéance de ces trois mois, d'aménager ensuite dans sa
petite maison, que son bail entrera en vigueur seulement à ce
moment-là. Non, je ne suis pas prêt, l'an prochain
peut-être. En profite pour lui demander de me rappeler le nom de
l'aïeule, qui était présente à la vente de garage. Il me dit ne pas... la connaître.
Pas
intéressé, cependant pour d'autres raisons que celle que je lui
donne. Le secteur n'est pas pourvu d'aqueduc. Je serais donc
dépendant du puits artésien d'un voisin, un Chevalier de Colomb collabo de la police, probablement même plus que collabo. En outre, comme le
propriétaire ne demeure pas dans le secteur, il déléguerait ses
responsabilités à une voisine qui habite pas loin de là, elle aussi une collabo.
J'imagine
sans peine que ces deux-là utiliseraient leur alibi respectif pour y venir faire un petit tour de temps à autre,
s'informer de-ci, de-ça, soulever les couvercles de mes chaudrons pour voir ce que je mijote. Ce serait
m'exposer aussi à des situations conflictuelles créées
artificiellement pour m'empoisonner l'existence. (Suite
demain)
■ Le ministre Ménard voulait-il tuer dans l'oeuf toutes poursuites intentées contre des policiers de la Sûreté du Québec ? - (Suite tome 3 de l'Étau Policier) Le 10 avril 2002,
le ministre péquiste Serge Ménard, muté entre-temps à la tête du
ministère péquiste des Transports, s'étonne du jugement Flynn, répète à
quelques reprises qu'il n'a fait que dire la vérité, ce qui allait de
soi devant une commission d'enquête. (Pascal Breton et André Duchesne --
La Presse du 12 avril 2002)
«J'étais
sous serment en répondant aux questions. Et comme tout autre témoin,
j'avais à dire toute la vérité. On s'attend d'un témoin à ce
qu'il soit sincère et franc».
Il soutient n'avoir qu'exercer son devoir de ministre et n'avoir émis aucune déclaration publique. «Entre
la sincérité et la candeur, on passe par la franchise»,
souligne-t-il en allusion aux propos du juge Flynn.
Le ministre Ménard voulait-il tuer dans l'oeuf toutes poursuites intentés contre des policiers de la Sûreté du Québec ? - (Suite tome 3 de l'Étau Policier) Le 10 avril 2002, le ministre péquiste Serge Ménard, muté entre-temps à la tête du ministère péquiste des Transports, s'étonne du jugement Flynn, répète à quelques reprises qu'il n'a fait que dire la vérité, ce qui allait de soi devant une commission d'enquête. (Pascal Breton et André Duchesne -- La Presse du 12 avril 2002)
De
son côté, l'association des policiers provinciaux du Québec (APPQ)
est ravie du verdict. (Hugue Dumas --
La Presse du 12 avril 2002) Son président Tony Cannavino:
«Ça
devenait difficile pour les membres du Comité de déontologie de garder leur impartialité. C'est leur patron qui renouvelle leur mandat. Et leur patron tient des propos sans équivoque devant
la Commission Poitras. Ça les place donc dans une situation
inconfortable.»
Le
commentaire le plus pertinent, on le doit à l'avocat de l'APPQ, Robert Castiglio:
«Le
gouvernement a pris de gros risques en commandant une enquête publique alors que d'autres procédures étaient en marche parallèlement.
(...) C'était
risqué. La Charte est claire : tout citoyen a droit de voir sa
cause entendue par un tribunal impartial et indépendant. Le problème avec une commission d'enquête, c'est
qu'on permet à des témoins d'émettre des opinions et des états
d'âme, ce qui n'est pas possible devant un tribunal. Le ministre a été piégé par le fonctionnement de la commission d'enquête. »
Ajoutons
ce commentaire d'André Normandeau,
qui se dit déçu de l'arrêt des procédures : «Avec
les preuves accumulées, je jugeais que le comité
(de déontologie) pouvait
faire son travail jusqu'au bout.»
Le public, d'après lui, pourrait maintenant garder une image négative du système de justice qui ne traite pas les policiers comme des
«citoyens ordinaires».
Complétons
avec ce commentaire de l'éditorialiste de La Presse, Pierre Gravel
(Pierre Gravel --
La Presse du 14 avril 2002) : «On
aurait dû s'en douter. (...) Depuis la fabrication de preuves par des policiers jusqu'à l'abandon de
procédures judiciaires en passant par des manœuvres d'intimidation,
des acquittements surprenants ou la multiplication des démarches
dilatoires ou de contestation de jugements, on aura eu droit à
presque toutes les péripéties d'un excellent scénario pour un film d'horreur.»
Des
journalistes ont demandé au ministre péquiste de la Justice, Paul Bégin,
si le jugement Flynn ne laisse pas entendre que des propos tenus lors
d'une commission d'enquête peuvent être retenus contre la personne qui les tient? Il a refusé de répondre, évoquant
l'impossibilité de commenter une cause toujours devant la
cour. (NDLR :
songeait-il à contester la décision?) (Gilles Normand --
La Presse du 17 mai 2002)
Fameuse!
cette question des journalistes. Qu'avaient-ils d'autre en tête
exactement? Ce passage du jugement Flynn où, traitant de la
déclaration du ministre, il écrit que celui-ci a répondu avec
«sincérité
et même une certaine candeur
(sic)» aux questions de la commission Poitras? Les journalistes
ont-ils soupçonné que les propos du ministre visaient peut-être à tuer dans l'œuf toutes poursuites intentées contre des policiers de la
Sûreté du Québec? (Suite
demain)
News du samedi 5 Février 2011
■ Totalitarisme
pop
- Marijane Miracle ne s'inquiète pas, car ils veulent notre bonheur
: vidéo
(02:44).
■ WikiLeaks,
Prix Nobel de la Paix 2011 ?
- Snorre
Valen, un parlementaire norvégien, en a soumis la candidature.
■ Québec
: l'amiante cancérigène du premier ministre Jean Charest
– On le sait, Charest veut participer à la réouverture de la mine
d'amiante Jeffrey d'Abestos en garantissant un prêt de 58 millions
de dollars. Il pose une seule condition : l'entreprise doit
se soucier de savoir si ses acheteurs de l'Inde se servent bien de
l'amiante de façon sécuritaire. Le Québec y exporte déjà 40 % de
sa production et souhaite la multiplier par dix. Un grand pays d'1,2 milliard d'habitants, ne l'oublions pas.
Mais il y a plus...
C'est
que l'amiante n'est pas seulement présent dans des édifices, dans
des maisons et logements aussi. Les matériaux et produits contenant
de l'amiante sont nombreux : isolation thermique et acoustique,
résistance mécanique, protection contre le feu, tuyauterie, ciment,
carton, plâtre, colle, peinture, résine et autres.
Lors
d'une usure anormale ou d'interventions dégradant le matériau
attribuables aux perçage,
ponçage, découpe, friction, le propriétaire ou locataire qui
procède à des réparations, prend des risques (dessin).
Les
fibres d'amiante sont constituées de filaments très fins et
fragiles, invisibles dans les poussières. Inhalés, ils se déposent dans les poumons et sont très
difficiles à éliminer par l’organisme. Bref, impossible de contrôler
ces activités dans un pays d'1,2 milliard d'habitants. Alors quoi?
Manipulation ministérielle.
En
France, en raison du caractère cancérigène des fibres de
l'amiante, ses usages ont été totalement interdits en 1997.
Cependant, elle n'en pas fini pour autant, loin delà : prenez
connaissance du Guide
français relatif à l'amiante (12 pages) + site
de l'Association nationale de défense des victimes de l'amiante
(ANDEVA) + site
de l'Association des accidentés de la vie (FNATH).
■ Québec-Gaz
de schiste : les 60 jours du premier ministre Jean Charest
– Le 28 février prochain, le Bureau d'audiences publiques sur
l'environnement (BAPE),
qui est lié au secret professionnel, remettra son rapport à
Charest. Il disposera de 60 jours avant de le rendre public.
Que
fera-t-il donc durant ces 60 jours? Étudier le rapport? Pourquoi ne
pas le faire en même temps que les citoyens? Ce privilège que la
loi régissant le BAPE accorde à Charest sent à plein nez l'absence
de transparence. Ouvre la porte à toutes les hypothèses.
Potentiellement, une source de désordre public aussi, quant on sait
qu'une bonne partie de la population s'oppose à l'exploitation du
gaz de schiste.
■ Police
de Houston, Texas
– Grave agression physique sur un ado de 16 ans : vidéo
(04:30).
PS
: Beaucoup trop de voyous de la droite et l'extrême droite dans la police, là et partout en Occident, incluant le Québec.
■ Un
tortionnaire de la Sûreté du Québec en civil m'empêche de dormir
la nuit
- (Suite tome
1
de L'Étau Policier)
Au cours de mes deux premières années à Lac
Bouchette,
je n'ai eu qu'un seul préfet de discipline
du genre, avec lequel je partageais un mur mitoyen. Ce civil, le même
qui s'amusait à me couper le chemin
et que j'avais relancé jusqu'à son appart, était affecté au quart
de nuit.
Exagération?
Non,
il était méthodique
dans sa façon de procéder, quasiment à toutes les heures jusqu'au
petit matin, il ne me lâchait pas. Utilisait un répertoire varié
de bruits distincts.
Ça faisait boum sur le mur, ou clac, ou clic ou tsoum, etc., quand
il frappait sur je ne sais quoi ou utilisait un instrument
quelconque. Au début, vous vous préparez mentalement,
réussissez à demeurer zen : «Frappes tant que tu veux, mon
gars, tu me sortiras pas de mon sommeil ! » Pas longtemps parce
qu'il revenait à la charge, redoublait d'ardeur, s'acharnait.
Rapidement,
vous développez un réflexe conditionné : à quoi bon se
rendormir puisque il remettra ça dans une heure. Pas bon pour
le cœur non plus : un boum ou un bruit sec, CLAC! et vous voilà
réveillé en sursaut, décharge électrique au cerveau. Mon
tortionnaire aurait été sans doute ravi que je fasse un burnout,
devienne gaga ou suicidaire, ou que je claque un bon infarctus.
À
la longue, je finirai pas trouver deux moyens de m'en protéger.
D'abord la radio branchée sur un poste envahi de parasites,
un bruit neutre et constant, sans bla-bla ni musique. Votre
tortionnaire comprend vite qu'il devra frapper plus fort, et
réveiller des collègues de travail. Se tranquillise un temps puis
reprend du service, finit parfois par venir vous chercher dans votre
sommeil. Alors là, vous décidez de combattre le bruit par la bruit,
et la sainte paix revient.
Le
dimanche 14 octobre 2001, 8 heure du matin, après une nuit
mouvementée
où j'ai utilisé cette tactique, suis juché sur une chaise, lave
l'extérieur de mes fenêtres et porte. Une voix furieuse
me fait sursauter. Un type, que je n'ai jamais
vu auparavant, gros et grand, la cinquantaine ventripotente et des
yeux bulbeux comme ceux d'une grenouille, se dirige vers moi d'un pas
précipité, faisant monter et descendre ses épaules.
Il
se prétend
locataire de l'appart voisin, veut savoir qui fait du bruit la nuit,
mettre la main sur le «coupable»,
donne l'impression de vouloir lui régler son compte, dit avoir le
droit de dormir en paix la nuit, payer son loyer, être sur le bs...
Oups! Suspect,
quelqu'un qui vous dit être sur le bs (bien-être social) alors que
vous ne lui avez pas demandé. Je ne connais pas de pauvre se servant
de ce statut comme d'une référence,
on le cache, trop honteux. De toute façon, ce n'est pas lui qui
habite cet appart, mais un flic plus jeune et bien barraqué.
Je lui fais face, riposte que les menaces n'ont pas d'emprise sur moi, son ton s'adoucit : «Non, non (je ne te menace pas)». Je décline prénom et nom, veux connaître les siens, il refuse, revient à la charge avec son loyer et son bs, veut le «coupable». Le réfère à mon tortionnaire. Là, il veut savoir ce qu'il fait dans la vie, lui dit l'ignorer, il insiste. Il me testait probablement pour vérifier si j'étais du genre à dévoiler, à un pur inconnu comme lui, la véritable identité d'un civil. M'en abstiens, ça ne m'apparaît par le moment idéal. Les choses en restent là, et je peux par la suite compter sur des nuits de sommeil complètes. (Suite demain)
■ Les
membres du tribunal administratif du Québec ne sont pas des juges
impartiaux, mais des fonctionnaires sous l'emprise du pouvoir
- (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Les
avocats des policiers n'avaient pas jugés utile
d'apporter cet argument massue : devant la Commission Poitras, le
ministre péquiste Serge
Ménard
avait fait fi du droit des policiers à la présomption d'innocence
avant jugement.
C'est
seulement lors de ce procès devant le juge
Flynn
qu'ils ont axé leur défense dans cette direction. Ce dernier avait
du reste qualifié de tardive
leur requête. Le représentant du procureur général du Québec et
celui du Comité de déontologie aussi,
qui avaient signalé que les avocats de la partie adverse, et les
policiers eux-mêmes, étaient au courant depuis belle lurette des
propos du ministre péquiste de la Sécurité publique Serge
Ménard
«devenus
subitement
litigieux» :
la plupart avaient participé activement aux audiences de la
Commission
Poitras.
Les
avocats des policiers avaient prévu une parade
pour contrer cet argument. Ils avaient déposé devant le juge des
déclarations assermentées où ils s'en expliquaient. Oui,
ils étaient au courant de la déclaration du ministre. Non,
ils ne s'en sont pas servis. Pourquoi? Parce qu'ils ne la croyaient
pas pertinente
à leur cause.
C'est
seulement en janvier 2000 qu'ils ont tout compris,
lorsque la Cour supérieure avait statué que les «juges»
de tribunaux administratifs du Québec ne disposaient pas des
conditions minimales
de travail pour rendre des décision impartiales.
«C'est là
qu'on a décidé d'attaquer l'indépendance
du Comité de déontologie policière»,
avait plaidé Me Gérald
Soulière
devant le juge Flynn. Par la suite, avec son collègue Daniel Fabien,
avait-il relaté, il avait fait le tri
des déclarations les plus utiles pour la cour.
Ces
avocats de la défense se référaient vraisemblablement
à la décision, en décembre 1999, du juge André
Rochon,
de la Cour supérieure, dans l'affaire du Tribunal administratif du
Québec (TAQ),
et confirmé en septembre 2001, près de deux ans plus tard, par les
juges de la Cour d'appel du Québec André Brassard,
René Dussault
et Marie Deschamps (Yves Boisvert et Christiane Desjardins --
La Presse des 17 et 18 décembre 1999 et du 7 septembre 2001) :
le TAQ n'offre pas aux citoyens luttant contre le gouvernement la
garantie
d'une justice impartiale,
pour les mêmes raisons élaborées plus haut.
D'après
le professeur Yves Ouellette,
une sommité en la matière au Canada, selon La Presse : «(...)
(Le TAQ) c'est une tentative sournoise
d'occulter les tribunaux de droit commun, comme la Cour supérieure.
Ces immenses
pouvoirs sont donnés à des gens qui sont au fond des
fonctionnaires.»
(Suite
demain)
News du vendredi 4 Février 2011
■ Devenu
pape, il ne peut plus donner ses (saints) organes
– Radio Vatican
l'a annoncé hier.
■ New
York Times
– La Maison Blanche discute avec les égyptiens d'une transition
immédiate : vidéo
(00:45) + article
du New York Times.
PS
:
L'heure de la vérité pour l'armée du pays : est-elle vraiment du
côté du peuple ou du pouvoir?
■ En
France, c'est souvent comme ça
– 21 janvier dernier, petite manif pacifique, à Anduze (Gard),
composée notamment d'élus et personnes âgées, présence de la
police aussi... : vidéo
(04.35) + article.
PS
:
La formation paramilitaire des policiers : devrait-on s'inspirer
plutôt de celle des casques bleus de l'ONU?
■ Émission
d'aujourd'hui de "Démocraty Now" – Les
principales news internationales en anglais de ce vendredi 4 février.
Du lundi au vendredi, des nouvelles fraîches de cette émission
réputée, lorsque disponible. Réputée parce que on y traite de
sujets ignorés ou insuffisamment traités par les médias de masse :
en savoir davantage
+ ses news du jour : vidéo
(59:05) + faites un don.
■ Twitter
et Google se portent au secours des égyptiens
– Le dictateur Moubarak a coupé l'internet sur son territoire. Il
fallait rétablir la communication virtuelle. Alors, les deux
entreprises américaines ont mis au point un service donnant accès à
twitter via le téléphone fixe. L'égyptien compose un numéro
particulier, livre son message qui est ensuite ajouté à la liste
des appels : écoutez
les messages identifiés sous le code #egypt.
■ Vivons-nous
trop vite ?
- Dans les grandes cités urbaines l'accélération des gens saute
aux yeux. Cependant,
certains refusent de céder au culte de la vitesse. La
"Société
pour la décélération du temps",
organisme autrichien, préconise le "slow-mouvement".
Dans
les Amériques du Nord et du Sud des universitaires, entrepreneurs,
thérapeutes, artistes, juristes, politiques sont persuadés que nos
modes de vie conditionnent l'avenir de l'homme et de la planète et
qu'il est urgent d'inverser le cours des choses. Tous disent avoir
ralenti et jugent urgent de repenser leur rapport avec le temps afin
de retrouver une vie heureuse qui a du sens. Le
sonneur de cloche, que vous allez voir, cherche à ralentir le rythme
de vie des piétons : vidéo
(04:59), sous l'écran un article à lire.
■ Je
fais attention à ma santé, ainsi qu'un civil de la Sûreté du
Québec me l'avait fortement recommandé -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Je sens le besoin impérieux d'investir un peu plus dans mon assurance santé... La répression souterraine de la police, quand vous l'exhibez au grand jour, elle volatilise. Me taire, c'est justement ce qu'il ne faut pas faire.
Alors, à chaque piéton que je vois, et en verrai trois, je fais un petit topo de la situation, insiste sur ma peur d'être agressé physiquement par des civils de la Sûreté du Québec ou victime d'un faux accident de la circulation. À l'un d'eux, une femme que je connais, je fais aussi part de ma crainte que la police profite de la nuit pour enfoncer la porte de mon domicile et s'en prendre à moi. (Tu as peur) «à ce point-là», me demande-t-elle? «Oui!» Je
demande à chacun de propager
l'info à leur entourage.
La police, qui a des oreilles partout
dans le petit village de Lac Bouchette, a dû recevoir le message 5
sur 5 puisque la situation revient à la normale dès lendemain,
et je peux effectuer mes randonnées sans crainte. J'ai tenu bon et
gagné. Cependant, je n'affiche pas l'arrogance d'un gagnant, n'étant
pas du genre.
Et n'en souffle mot à personne.
C'est la saison de la pêche, je juge plus sage de ne pas circuler
dans la forêt, par crainte d'y faire des rencontres indésirables.
Au
cours de cette période-là, ce n'était pas non plus le calme plat
à mon appart. Trois voisins, tous des civils,
ont un mur mitoyen avec ma... chambre. Tout au long de mon enquête,
j'ai pu vérifier une bonne vingtaine de fois que je dors bien la
nuit seulement
quand je ne remue pas les eaux dormantes
policières.
Découvrir une activité clandestine illégale
de la Sûreté du Québec, révéler ou faire allusion à un de ses
petits secrets, imposer ma présence
en certains endroits, prendre des photos
de personnes et lieux sensibles, m'assurent de passer quelques nuits
blanches.
L'objectif est de faire en sorte que je dorme le jour
plutôt que la nuit.
Comme ça, je ne les dérangerai plus, car je resterai chez moi au
lieu d'aller et venir à vélo de montagne dans la village. (Suite
demain)
■ Un
beau cas de ce qui arrive lorsque la séparation des pouvoirs est
inexistante -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) Le
10 avril 2002, un coup de tonnerre retentit dans l'actualité. Le
juge Bernard
Flynn,
de la Cour supérieure, met fin
aux procédures du Comité
de déontologie chargé d'enquêter sur les 8
policiers
de l'ancienne brigade du banditisme de la Sûreté
du Québec accusés
dans l'affaire Matticks (André Cédilot --
La Presse du 11 avril 2002) : Roger Primeau,
Lucien Landry,
Claude Charron,
Pierre Duclos,
Michel Patry,
Mario Morissette,
Laurent Laflamme
et Mario Simard (on a vu son cas plus haut).
Sa décision repose sur
deux
arguments. Il puise le premier dans un événement survenu quelques
années plus tôt, plus exactement les 28 et 29 mai 1997. Il a trait
à des propos
tenus par le ministre péquiste Serge
Ménard
alors qu'il témoignait devant la Commission
Poitras.
Qu'avait
donc dit le ministre? Dit qu'à la suite de l'avortement du procès
contre le clan Matticks, survenu le 15 juin 1995, et attribuable à
la fabrication
de quatre preuves par des membres de la Sûreté
du Québec,
il s'était engagé à découvrir et à punir les coupables. Ce
pourquoi il avait ordonné une enquête déontologique le mois de
juillet suivant.
Se
référant à un événement plus récent, l'acquittement
en juin 1996 des quatre policiers accusés d'en être les auteurs, il
avait dit qu'il ne l'acceptait pas, ne croyait absolument pas à la
défense de bonne foi évoquée par ceux-ci. Selon lui, les policiers
avaient bel et bien commis
un acte criminel : «Le
coupable est parmi le groupe, mais on ne sait pas lequel... Il y
avait eu de l'inconduite... J'avais la conviction qu'un acte
contraire à la déontologie avait été commis...».
«Cette
déclaration du ministre Ménard démontre clairement,
se
dit d'avis le juge Flynn,
que celui-ci avait déjà confirmé
la culpabilité des policiers et que c'est vraisemblablement
la conclusion que tirerait de ces propos la personne désignée
(Me
Gilles Mignault)
pour
entendre l'affaire devant le Comité
de déontologie ».
Ses membres, nommés
par le pouvoir, sont soumis
à des renouvellements de contrat aux cinq ans, donc vulnérables aux
pressions
politiques.
Par
ses propos, le ministre a placé l'assesseur (Me Mignault) dans une
situation pour le moins inconfortable.
Citant la jurisprudence, il rappelle que les lois se doivent de
protéger le membre d'un tribunal administratif contre les sautes
d'humeur
de l'État, à plus forte raison quand il s'agit de décisions
affectant certaines de ses politiques. Et le juge d'expliciter
que le ministre n'avait fait que répondre avec «sincérité
et même une certaine candeur
(sic)» aux questions des membres de la Commission Poitras. «On
ne saurait lui en faire reproche», précise-t-il.
Le
pire, c'est que le juge a raison, et totalement.
Les policiers, comme tout accusé, ont droit à un tribunal
neutre
et au-dessus de tout soupçon. Finalement, on ne saura sans doute
jamais
qui, dans l'affaire Matticks, a fabriqué
les quatre preuves. Une autre question demeure suspendue entre ciel
et terre : pourquoi avoir attendu près de trois
ans
avant d'utiliser les propos du ministre Ménard devant la Commission
Poitras? Témoignage de Ménard en mai 1997,
contestation des accusés en mars 2000.
(Suite
demain)
News du jeudi 3 Février 2011
■ Prendre
soin de son corps inclus également le cerveau
– On l'oublie souvent, le pauvre, pourtant sans lui, que
serions-nous? Plus précisément, on parle santé mentale. Que
faut-il donc faire pour que le cerveau soit heureux, en amour avec
nous? Les réponses : d'abord le texte
ensuite la vidéo
(01:00) +
le Guide
santé du gouvernement du Québec + objectifs de cet outil virtuel :
vidéo (05:42) entrevue avec
le dr Robert Perreault de l'Agence de la santé et des services
sociaux de Montréal
PS
:
Soit dit entre nous, le cul est aussi une petite mine d'or pour le cerveau.
■ Québec
: la CDEC aide gratuitement ceux cherchant un job –
La Corporation de développement économique communautaire (CDEC) est
motivée par son refus de l'exclusion et de la pauvreté, comme
système. Elle vise le développement des entreprises, la création
d'emplois et l'intégration sociale des personnes exclues. Plus
explicitement, elle au service de la collectivité. Au Québec, on
dénombre 14 CDEC. Définitivement, un site
à visiter.
■ Québec
: l'égalité entre femmes et hommes n'est pas atteinte -
Afin qu'elle devienne une égalité de fait, la "Commission
parlementaire des relations avec les citoyens"
du gouvernement de Jean Charest
tient des audiences publiques depuis le 29 janvier dernier. Plusieurs
organismes, dont la majorité regroupe des femmes, témoignent de la
situation et proposent des solutions.
Ainsi
le Barreau
du Québec, représentant tous les avocats et avocates de la
province, selon lequel les effets potentiellement discriminatoires de
la législation actuelle doivent être analysés et éventuellement
modifiés pour tenir compte de façon plus explicite des besoins des
femmes qui subissent des exclusions : handicapées, autochtones,
immigrantes ainsi que celles de scolarité modeste. Elles doivent
pouvoir bénéficier, au quotidien, de tous les droits fondamentaux :
toutes les infos sur les audiences tenues jusqu'à présent, dont des
vidéos, sont disponibles ici.
■ Lac
Bouchette : un véhicule menaçant se précipite dans ma direction -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier)
Le lendemain, le mardi 1e mai 2001, dans ma cour, je revois l'homme
qui m'avait averti de faire attention à ma santé.
Lui relate brièvement ce qui s'est déroulé la veille. Je sais
qu'il est un collabo assidu de la police, à cause notamment du
métier qu'il a exercé pendant des années, au point où il m'arrive
parfois de me demander s'il n'est pas flic, lui aussi : quelques
années plus tard, à la suite de plusieurs événements, j'aurai la
certitude qu'il est bel et bien un civil de la Sûreté du Québec.
J'en
profite pour lui signaler que j'agis dans un cadre légal,
que les civils de la Sûreté du Québec devraient procéder de même.
Il me demande pourquoi je lui dit ça, m'affirme et répète n'avoir
rien
à voir avec ces incidents. Lui signale qu'en raison de ce qui s'est
produit, son avertissement de la veille avait une connotation
particulière.
Il proteste encore, mais ne me rappelle pas moins d'y aller mollo
avec le vélo, «pour
ta santé».
Je n'insiste pas, désormais il sait que je sais.
Un
peu effarouché, j'enfourche tout même mon vélo. Mis à part
quelques conducteurs qui me font la grosse gueule, tout se déroule
assez bien. C'est en revenant chez moi que ça se gâte. Sur
la 155, une voiture sort rapidement d'une rue transversale. Ne l'ai
pas vue venir, l'édifice où je demeure obstruant mon champ de
vision. Ce coup, on me l'a déjà fait, mais là, j'ai vraiment peur
d'être heurté par le véhicule, la mise en scène est tellement
réaliste...
L'homme
au volant, le visage dissimulé derrière le pare-soleil, effectue un
virage si large qu'il vient presque me chercher de l'autre
côté de la route, en bordure du trottoir : c'est l'une des artères
du village où je juge plus sécuritaire de circuler face au trafic.
Le véhicule, menaçant, se précipite dans ma direction. Je
m'immobilise et d'un vigoureux coup de menton indique à l'homme d'en
reprendre le contrôle. Il applique les freins, le devant de l'auto
s'écrase, suivi d'un coup de volant et d'une accélération,
et passe à quelques pieds de moi. En soirée, je rumine, la peur me
tenaille.
Arrive
le mercredi 2 mai. Vais-je ou pas aller à vélo? Potentiellement
risqué. Oui, mais le droit
de circuler librement au Canada, y compris à Lac Bouchette? C'est
bien beau, les droits, cependant il y a des jours où je n'ai pas
vraiment envie de vérifier jusqu'où on peut aller trop loin.
J'hésite, longuement.
J'ai vraiment la trouille, puis décide d'y aller malgré tout. Ce
serait plier l'échine devant le totalitarisme
policier.
Je
croise des 4X4, deux conducteurs m'exhibent leurs canines,
un autre me crie quelque chose, mais passe trop vite pour saisir ce
qu'il dit. J'entends des pneus crisser,
des moteurs s'accélérer,
un autre klaxonner en me doublant. Je crains le pire.
Il y a aussi
cet autre qui transporte, sur la plateforme arrière de son camion,
des charpentes de bois, ressemblant à l'ossature d'un pignon de
maison, et dont les extrémités débordent largement l'un des côtés
latéraux. Je me dis qu'il pourrait facilement m'en frapper la nuque,
en me doublant. L'agression camouflée en accident. (Suite
demain)
■ Le
droit divin
d'un gouvernement de
procéder à des nominations -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) Autre
élément particulièrement significatif : c'est le ministre péquiste
de la Sécurité publique Serge
Ménard
lui-même qui a nommé
les cinq membres du Conseil
de surveillance, alors que la Commission
Poitras recommandait que ses président et vice-président le soient
par l'Assemblée
nationale.
«De
façon à s'assurer que ces gens ne soient pas là comme
faire-valoir,
mais davantage pour s'assurer que les choses changent»,
commentait Me
Roy,
à l'issu du dévoilement de la réforme péquiste.
Ce
gouvernement n'était pas le premier, ni le dernier, à s'arroger ce droit divin
de nommer des citoyens à des postes aussi importants pour la survie
de notre démocratie. Même si, dans le cas nous intéressant, le
choix semble au-dessus de tout soupçon, nécessité il y a d'en
interroger tout de même la pratique, profondément enracinée dans
nos mœurs
politiques, toutes juridictions confondues.
Ainsi
le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS),
qui possède aussi son Comité
de surveillance et dont ses membres ont pour mission de veiller à ce
que ses activités demeurent à l'intérieur
du cadre de la loi. En juin 1999, selon une dépêche de la Presse
canadienne, le premier ministre fédéral libéral du Canada, Jean
Chrétien,
y nommait l'ex-premier ministre libéral
du Nouveau-Brunswick Frank
McKenna et
l'ex-député réformiste Ray Speaker. (Presse canadienne --
Journal de Montréal du 11 juin 1999)
Les
droits des Canadiens seraient-ils mieux
protégés si l'État attribuait cette fonction à un comité
indépendant
formé de juristes spécialisés notamment en droits fondamentaux,
par exemple de la trempe de l'avocat montréalais Julius
Grey?
Oui, indéniablement.
Ce n'est surtout pas la place de politiciens
rompus aux règles prévalant dans les arcades du pouvoir, où les
retours d'ascenseur
sont monnaies courantes -- le give and take --. Ni du reste celle de
citoyens ne connaissant strictement rien
des méthodes usuelles prévalant dans les milieux du renseignement
et contre-espionnage. Dans le livre "Entrée
clandestine"
du journaliste Andrew Mitrovica, publié par les Éditions Trait
d'Union, il ressort que c'est le cas
des membres du Comité de surveillances des activités du SCRS, le
CSARS.
Les
droits fondamentaux sont trop importants
pour être laissés aux mains de ces derniers ou d'amis du pouvoir,
quels qu'ils soient. N'en constatons pas moins que les membres du
Comité de surveillance de la Sûreté du Québec choisis par le
gouvernement péquiste jouissent tout de même d'une plus grande
crédibilité que certains membres du Comité de surveillance du SCRS
désignés par le premier ministre Chrétien.
Mais
ainsi que le signalait l'éditorialiste Pierre Gravel de La Presse,
dans un contexte analogue, la nomination des juges
de la Cour suprême (Pierre Gravel --
La Presse du 8 juillet 1999) : «Ce
n'est pas la valeur ou la faiblesse d'une nomination qui confirme ou
nie la dimension plus
ou moins
démocratique du processus qui y a mené. Autrement, on serait obligé
de conclure qu'une dictature
qui prendrait généralement de bonnes décisions devrait donc être
considérée comme une forme de gouvernement acceptable.»
(Suite
demain)
News du mercredi 2 Février 2011
■ Québec
: le bilan de Robert Dutil
– Ministre libéral de la Sécurité publique, donc responsable de
la police, il a fait son bilan
comme député, dans la circonscription de Beauce-Sud : 115 projets
d'infrastructures régionales, soit près de 165 millions de dollars,
dont il a toutes les raisons d'être fier. Il n'a pas informé ses
électeurs de ses activités à titre de ministre responsable de la
police au Québec : voir la suite dans l'article ci-dessous.
■ Québec
: qu'est-il advenu du rapport relatif aux incidents impliquant des
policiers ? -
La Protectrice du citoyen Raymonde Saint-Germain l'a déposé à
l'Assemblée nationale du Québec le 15 février 2010, donc tout près
d'un an, et par la suite on en a plus entendu parlé. Pourtant, elle
signalait que «le statut quo n'est pas acceptable».
Elle
y faisait état de cinq constats concernant la procédure définie
par le ministre de la Sécurité publique (NDLR : Jacques
Dupuisoccupait
alors la fonction. Quant à Jean
Charest,
il est toujours premier
ministre) : absence de règles formelles et encadrement inadéquat ;
manque de transparence du processus et des résultats ; apparence de
partialité des enquêtes menées par des pairs (NDLR : Un corps
policier enquêtant sur un autre corps policier) ; doutes quant à
l'indépendance du processus d'enquête et lacunes dans la
surveillance et l'imputabilité des enquêtes.
Et
formulait huit recommandations inter-reliées afin de renforcer la
confiance de la population envers le travail des policiers et la
crédibilité des enquêtes les concernant : les huit recommandations dans
ce communiqué de presse (2 pages) + rapport intégral de
la Protectrice du citoyen intitulé "Pour un processus crédible,
transparent et impartial qui inspire confiance et respect" (123
pages).
Notons
que Jean-Marc
Fournier est maintenant ministre
de la Justice et ministre responsable de la Réforme des
institutions démocratiques et de l'Accès à l'information ; et
Robert
Dutil,
ministre de la Sécurité publique. Désormais, la question leur est
posée : qu'est-il advenu du rapport relatif aux incidents impliquant
des policiers?
■ Défiguration
du paysage -
Le projet de parcs éoliens à proximité du Mont-St-Michel, en
France, monastère construit au VIIIème siècle, pourrait être
exclu du patrimoine mondial de l'humanité par l'Organisation des
Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) :
article
+ photo.
PS
:
Je fais état de cette nouvelle pour démontrer, une autre fois, que
rien n'arrête la cupidité. Et encore, on n'a pas fini d'en voir des
vertes et des pas mûres avec l'avènement de l'exploitation du gaz
de schiste. Les plus touchés par la proximité des puits devront-ils
porter des masques à gaz? Je caricature à gros traits, bien sûre,
sans trop y croire.
■ Canada
: levée de boucliers contre la facturation à l'octet sur le Net
– Une décision
du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications
canadiennes (CRTC) à la suite de la demande notamment de Bell.
L'équivalent du compteur pour stationner l'automobile.
Hier, sur
twitter, le
premier ministre Stephen Harper a fait part de sa préoccupation :
«We're
very concerned about CRTC's decision on usage-based billing and its
impact on consumers. I've asked for a review of the decision». Il a
probablement réagi après avoir prit connaissance d'une pétition
lancée par OpenMedia, qui a recueilli jusqu'à ce jour 220 000
signatures + article.
■ Un civil de la Sûreté du Québec me menace : «Fais
attention à ta santé» -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Les
jours suivants, ma situation se dégrade sérieusement.
Le lundi 30 avril 2001, au moment où je quitte mon domicile, je
flaire une ambiance particulièrement malsaine.
Un voisin s'échine à fendre des bûches de bois sur un engin
mécanisé, un autre travaille avec un coupe-herbe à essence. Les
moteurs tournent, c'est la cacophonie.
Les deux hommes ont la mine sévère.
M'approche
de celui coupant l'herbe, lui fait remarquer, sourire aux lèvres,
que c'est un peu le branle-bas
de combat. La gravité empreinte au visage, il me dit : «Fais
attention à ta santé».
Je n'interprète pas son propos comme s'il m'avait dit : "Pour
un homme de ton âge, tu fais trop de vélo, fais attention à ta
santé." De fait, il me menace
d'être agressé physiquement.
En
cours de route, on me coupe le chemin à trois reprises. Au
moment où je vais passer devant le stationnement de l'épicerie du
village de Lac Bouchette, une femme y entre, je freine pour ne
pas heurter son véhicule. Plus loin, deux hommes à bord d'une
camionnette, tirant une petite remorque chargé de bois de poêle,
tournent pour prendre une rue, sans se préoccuper de ma
présence. Encore les freins. Peu après, les deux quidams
sortent subitement d'une petite entrée séparant deux maisons. Il
s'en faut de peu pour que j'aille m'écraser le nez contre la paroi
de la remorque.
Devant
la caisse pop, rue Principale, un policier en civil à pied me
crie : «Pourquoi tu vas pas faire du bicycle dans ta cours?»
Je connais bien ce vieil harceleur, j'ai appris à l'ignorer
totalement quand il m'adresse la parole. Un jour, il m'avait salué
d'un retentissant «bonjour, jeune homme!» J'en avais assez de son
insistance à mon égard, alors je lui avais lancé : «Comment va
l'aïeul? » Il avait bien saisi mon allusion à un autre mot
à la consonance semblable, car il avait mis fin à son petit manège
pendant quelque temps.
Dans
une autre rue du village, je remarque la présence de sept ou huit
véhicules devant la maison d'un notable
de la place. Quatre sont stationnés en double ligne juste en face,
un ou deux sont dans l'entrée et deux de l'autre côté de la rue.
La portière passager d'un 4x4 rouge
est même grand ouverte : cette couleur a une signification
particulière pour moi. La plupart appartiennent à des civils et des
collabos qui ne ratent jamais l'occasion de m'intimider.
Par
exemple, ce même après-midi-là et les jours précédents, leur
conducteur m'ont doublé ou croisé, certains en faisant crisser
leurs pneus ou klaxonnant.
Pour tout dire : la meute! Il y a de l'urgence dans l'air.
Jamais vu autant de véhicules devant cette résidence, je le sais,
pour y passer souvent. Rencontre au sommet dans la cuisine pour
trouver le moyen d'éjecter
le cycliste de l'espace public? (Suite
demain)
■ Rapport
2002-2003 : le Conseil de surveillance n'a pas réussi à
professionnaliser la Sûreté du Québec -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) Outre les commentaires négatifs
exprimés par le Conseil
de surveillance des activités de la Sûreté
du Québec
dans son rapport 2002-2003, il y a d'autres éléments peu connus ou
inconnus. Le
quotidien Le Soleil obtiendra quatre avis rédigés ces mêmes deux
années par le Conseil de surveillance.
Ce
corps policier, écrira l'organisme, tarde
à corriger les lacunes en matière d'affaires internes et de gestion
des enquêtes criminelles soulevée par la Commission
Poitras (Le Soleil -- La Presse du 8 juillet 2004) : absence
d'évaluation
du personnel d'enquête, manque de vision
du rôle fondamental des technologies de l'information, structure
d'enquête floue et imprécise.
Selon
le Conseil de surveillance, le flou
et l'imprécision des enquêtes «rendent
bien difficile
une gestion des personnes et des opérations selon les principes de
gestion qui doivent normalement
être mis en œuvre dans les services publics imputables.»
Notons que le ministère de la Sécurité publique avait refusé
de transmettre les documents au journaliste, mais changera
d'avis après une première audition devant la Commission d'accès à
l'information du Québec.
Le
journaliste Martin Pelchat de La Presse rapporte aussi les
commentaires du criminologue André
Normandeau
qui, bien que reconnaissant les mérites de Corbo,
aurait souhaité que Me
Bernard Roy
soit nommé au sein du conseil : «Il
aurait été une sorte de conscience pour le suivi de la Commission
Poitras.»
Par
ailleurs, il doute
que les moyens mis à la disposition du Conseil de surveillance lui
permettront de jouer son rôle adéquatement.
Il se demande comment, avec un budget
500 000$ par an, celui-ci pourra opposer à la Sûreté du Québec,
dotée d'un budget
de 400M$ (chiffre énoncé en février 2001), des dossiers étoffés.
«Ça ne
fait ni
sérieux ni
rigoureux»,
juge-t-il. Il aurait fallu doter
le conseil d'une équipe de cinq à six recherchistes. Or, elle ne
comptera que sur un seul employé à plein temps, le dg Sylvain
Ayotte.
«Il
ne faut pas se contenter d'écouter les directeurs
(Florent Gagné et ses successeurs) ou
M.
Cannavino (président
de l'Association des policiers provinciaux du Québec),
qui vont vous dire que tout
va bien,
etc. »
(NDLR :
Dans son rapport 2002-2003, le Conseil de surveillance indiquera
disposer de quatre employés, dont un cadre.)
Lors
du dévoilement du nom des membres du Conseil de surveillance, le
ministre péquiste Serge
Ménard
avait parlé avec enthousiasme
des «nombreux
changement apportés par l'actuelle direction de la Sûreté du
Québec»
depuis le dévoilement du rapport Poitras, en janvier 1999. Pour sa
part, son dg
Florent Gagné
se disait fier des progrès accomplis au cours des années
précédentes.
Probablement
en allusion à l'une ou l'autre de ces déclarations, Me
Bernard Roy
doute qu'en seulement deux ans, on y ait concrétisé la
transformation souhaitée par la Commission Poitras. «La
culture policière, c'est un peu comme le Titanic,
on ne tourne pas le paquebot sur un 10 cents.»
Et puis il y a ce commentaire de Normandeau
: «Même
s'ils disent qu'ils y ont fait des changements, ce sont des failles
importantes
que la Commission Poitras avait constatées. Ça ne se change pas du
jour au lendemain.»
(Suite
demain)
News du mardi 1 Février 2011
■ Égypte
- Aujourd'hui mardi, on s'attend à ce qu'1 million de citoyens
participent à la marche au Caire. Journée décisive, rapporte-on. Ils ont
l'appui de l'armée égyptienne : Vidéo
(01:15) + internet
coupé, on retourne aux plus anciennes écritures égyptiennes
; par ici la sortie
; message explicite d'un point d'intérogation
; gentil
militaire ; diapo
; fraternité entre
musulman et catholique ; fraternité suite
; calmer... la
faim des policiers et manifestants ; des militaires partisans
de la révolution.
■ La
passion
– C'est exactement ça,
rien d'autre.
■ Aljazeera
sur Youtube
– C'est fort probablement la chaîne d'information mondiale la plus
fréquentée depuis le début des événements dans des pays arabes.
Des occidentaux découvrent tout à coup que ce média est aussi
crédible que tous les autres, que ce n'est pas un instrument de
propagande d'Al Qaida, mouvement créé par des fondamentaliste.
Réalisent aussi qu'il connaît en profondeur les pays arabes,
contrairement par exemple à CNN,
la chaîne américaine.
En
2004, Webby Awards
a nommé le site comme étant l'un des cinq meilleurs, au même
niveau que ceux de BBC News et du National Geographic, notamment
(dans le bas de la page, voir "NEWS")
: Aljazeera sur Youtube
+ Al-Qaida + du
temps de W. Bush, les USA ont bombardé ses locaux
en Afghanistan et en Irak.
■ Le
civil de la Sûreté du Québec me
dit «viens
icitte !»,
je réponds «viens icitte, toé» -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) En
avril 2001, un inconnu
avait pris l'habitude de me saluer de façon caricaturale,
au volant d'une mini voiture bleu azuré équipée de deux antennes.
Il habitait depuis peu le même édifice à logements que moi. Je
voyais bien que son comportement n'était rien d'autre que de la
provocation.
Après
un certain temps, lui ai fait signe,
il s'est arrêté, lui ai dit que je ne le connaissait pas. Il a
prétendu le contraire, m'expliquant qu'on s'était déjà vu
sur le Chemin de la Montagne, à Lac
Bouchette,
où des billes de bois étaient empilées en attendant leur transport
dans une scierie. Me souvenais d'y avoir aperçu sept ou huit
travailleurs forestiers, mais sans
m'arrêter ni parler à quiconque.
M'ayant
confirmé qu'il demeurait dans le même édifice, lui ai souhaité la
bienvenue
au «quartier général de la police en civil de la Sûreté du
Québec». Les locataires sont tous des policiers en civil, lui ai-je
souligné, sauf moi, ajoutant que lui, je le ne savais pas
encore, que je le verrai bien au cours des prochaines semaines.
Le
lendemain, je passe comme d'habitude près de son appart, le vois
déposer à la hâte un gros sac de toile dans la valise de son
véhicule et, un peu plus loin, l'entends crier «tabarnak!».
Le gars, dans la jeune trentaine, environ six pieds, barbe de quatre
ou cinq jours, ne semble pas avoir froid aux yeux. Quelques
minutes après, il me double, me salue au passage, le regarde sans
lui retourner sa salutation. Il disparaît de l'horizon puis revient,
s'immobilise sur l'accotement de la rue, me lance «viens
icitte!», je réponds «viens icitte, toé».
Sort
précipitamment de son véhicule, s'approche d'un pas décidé.
Contre toute attente, il me dit vouloir... écrire un livre,
ne pas être très fort en rédaction et veut que je lui donne des
cours. Je décline. Puis il se place devant ma roue avant, les
pieds écartés, veut savoir pourquoi je pense qu'il est de la
police.
Lui rappelle ce que je lui ai dit la veille, ajoute que sa
prétention de me connaître, alors que ce n'est pas le cas,
est un truc que des civils utilisent occasionnellement. «As-tu
peur de la police?» Non, que je réponds. Lui raconte
avoir enquêté dans l'underground policier pendant quatre ans
et demi et que depuis celle-ci a pris une toute autre signification
à mes yeux.
Au
même moment, un ado
s'apprête à passer devant nous. Le flic l'interpelle, le ton de la
voix un peu rude.
Lui a-t-il demandé son nom ou exigé qu'il le salue? Je ne m'en
souviens plus. L'ado s'arrête un instant, affiche la lippe
de quelqu'un au bord des larmes, et poursuit son chemin. Je reproche
au flic de lui avoir fait peur, lui demande pourquoi il a fait ça.
«Chu
une police, respect!»,
me lance-t-il avant de retourner à son auto.
Y
repensant après coup, me suis dit que le respect n'est pas une
notion à sens unique,
que le flic se doit de respecter le citoyen s'il veux l'être lui
même. -- Plus tard, je découvrirai que l'ado est de fait un jeune
adulte paraissant beaucoup plus
jeune
que son âge, et travaillant pour la police. Celui-ci était donc le
deuxième personnage de cette mise
en scène. (Suite
demain)
■ Février
2001 : mise sur pied du Conseil de surveillance des activités de la
Sûreté du Québec -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) Reprenons
le fil d'Ariane... En février 2001, le ministre de la Sécurité
publique, Serge
Ménard,
dévoile le nom des membres du Conseil de surveillance
sur les activités de la Sûreté
du Québec,
qu'il identifie comme étant «notre
police nationale».
Claude
Corbo,
ex-recteur de l'UQÀM et auteur de quelques ouvrages sur la police,
en est nommé président. (Martin Pelchat --
La Presse des 20 et 21 février 2001)
Les
autres sont Clément
Godbout,
ex-président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ),
Gretta
Chambers,
ex-chancelière de l'Université McGill, Jacques
Pigeon,
ex-sous-ministre des Communications, et Me Jean-Pierre
Lussier,
ex-procureur de la commission Keable sur les agissements illégaux de
la Gendarmerie royale du Canada lors de la crise d'octobre 1970.
Sylvain
Ayotte
en est désigné directeur général.
Rapportant
les propos que lui a tenus Me Bernard Roy,
ex-procureur en chef de la Commission
Poitras, le journaliste Martin Pelchat de La Presse écrit que le
Conseil de surveillance aura fort
à faire
pour changer la culture prévalant à la Sûreté du Québec.
Tout en
se disant encouragé par le calibre des personnes choisies pour y
siéger, Me Roy se dit d'avis que celles-ci «risquent
de se faire endormir
ou enterrer
sous la bureaucratie et la paperasse par une machine réticente
à se faire ausculter».
Un risque d'autant plus grand que le Conseil de surveillance
mis de l'avant par Québec «est
loin
du chien de garde
(Conseil de contrôle)»
réclamé par la Commission Poitras.
Une
machine réticente à se faire ausculter? Dans son rapport 2002-2003,
le Conseil de surveillance des activités de la Sûreté du Québec
écrira qu'«il
n'est pas aisé
d'apprécier une organisation opérationnelle de plus de 7 000
employés, dont la majeure partie est constituée d'agents de la paix
répartie sur le vaste territoire du Québec.Au
surplus, indiquent
ses auteurs,
l'inconfort
(sic) de
la Sûreté
(du Québec) à
l'égard du principe même de la création du Conseil et l'analyse
des activités d'une organisation, dont la mission a pour effet de
l'entourer d'une aire de discrétion nécessaire à l'accomplissement
de ses responsabilités, sont autant d'éléments contribuant à
rehausser
le niveau de complexité de la mission du Conseil.»
(Suite
demain)
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