News du mardi 31 Mars 2009
■ Shark-surfer - Jamais vu ça nulle
part (01:35).
■ Monaco - Manif anti paradis fiscaux (11:40), que nous devons à Phillippe
Maréchal, l'un des correspondants de latelibre.fr.
On rapporte qu'il y avait presque autant de policiers et d'hélicos
que de manifestants. C'était en décembre dernier.
■ «Comme ça t’es pas capable de conter des menteries, de faire un faux rapport» - (Suite tome
3 de
L'Étau Policier) Au
cours du procès au palais de Justice de Granby, en novembre et
décembre 1999, et présidé par juge Reynald Fréchette, Cloutier
témoigne des pressions qu’il a subies de collègues de travail.
Ainsi le 9 janvier 1997, revenant au poste de Cowansville après un
congé de cinq jours, il
est reçu par le délégué syndical Boileau, entouré de six ou sept
autres policiers,
dont Deragon qui ne travaille pas ce soir-là.
Dès
son entrée, Boileau
et Deragon l’auraient invité dans un petit bureau adjacent.
Le torse bombé, Boileau se serait approché tout près de son visage
en lui disant, à sa grande stupeur : «Comme
ça t’es pas capable de conter des menteries, de faire un faux
rapport».
Cloutier affirme que Boileau
aurait insisté pour qu’il laisse à Deragon la rédaction du
rapport sur
l’arrestation de la fille de Brodeur. Devant son refus, Boileau
aurait tranché en ces termes : «Ok,
on ne peut pas se mettre dans le trouble pour en sauver un autre».
Par
la suite,
suivant Cloutier, l’atmosphère
au poste n’est plus la même.
Deragon ne
lui parle plus,
Brodeur, père de Sophie, lui
voue une haine viscérale,
les autres policiers l’évitent,
lui font des remarques désobligeantes.
L’un d’eux lui aurait bloqué
le chemin
à la sortie du poste, on aurait obstrué
les serrures
de son véhicule, loger des appels
anonymes
à son domicile.
Le
délégué syndical Boileau
aurait aussi mis son grain de sel, lui reprochant, alors qu’ils
font équipe ensemble dans une enquête, en mars, de prendre trop de
notes : «Tu
écris toujours trop, comme dans le dossier de Sophie Brodeur».
Et juste avant que la Sûreté du Québec n’amorce une enquête
interne, il
l’aurait appelé,
lui conseillant de ne rien dire, ni écrire, et de s’en tenir à
son rapport original : «Deragon
va faire de même, et Sophie Brodeur va s’en sortir.»
Cloutier raconte qu’il était tellement fâché qu’il lui a lancé
un paquet de jurons. Boileau
l’aurait mis en garde
qu’il «pourrait
se retrouver seul comme les gars dans l’affaire Matticks».
(Suite
demain)
■ «US qu’on s’en va?» - (Suite tome
2 de
L'Étau Policier) Wall-Mart,
considérée comme la
plus grande chaîne de magasins de la planète,
avec ses 4 500 unités disséminés dans neuf pays, ses 1,3
million employés et son chiffre d’affaires annuel de 250 milliards
– chiffres de 2003 –, achète de plus en plus ses produits dans
des pays du tiers monde.
Tom
Duesterberg,
président de l’Alliance des industriels américains (MAPI),
accuse
les grandes chaînes
comme elle ou celle de Home Depot de faire «pression
sur leurs fournisseurs pour qu’ils produisent en Chine,
ou s’adressent directement à des producteurs chinois».
Les accuse d’être à l’origine du mouvement de
déménagement vers la Chine.
(Véronique Dupont, Agence France-Presse – La Presse du 14 novembre
2003)
Très
payant d’aller fabriquer les biens de consommation dans le
tiers-monde.
Notons qu’une succursale montréalaise de Eaton, rue
Ste-Catherine-Ouest, à Montréal, offrait à l’été 1998 des
chemises pour hommes à 135$
l’unité,
et confectionnées... au
Pakistan pour une bouchée de pain.
Mais ce n’est pas le seul secteur de biens de consommation touché…
Selon
la journaliste Stéphanie Grammond de La Presse, la
Chine a grugé beaucoup d’emplois manufacturiers aux pays
occidentaux. (Stéphanie
Grammond – La Presse du 6 décembre 2003) Ce
que l’on ne réalise pas encore,
c’est que l’Inde, avec sa population scolarisée, commence à en
ravir dans le domaine des services.
Vital
Proulx,
vice-président d’Actions internationales chez Natcan, au Canada,
lui a dit qu’ «en
Inde, la croissance se fait par les cerveaux, et non par les bras».
Ainsi, dans la région de Bangalone
on dénombre 150 000
ingénieurs
en technologie de l’information, contre seulement 120 000
dans Silicon
Valley,
en Californie, USA. Et 260 000
finissants sortent de l’école chaque année.
Le salaire d’un ingénieur fraîchement diplômé en Inde est
d’environ 10 000$US,
huit fois moins qu’un diplômé américain. «US
qu’on s’en va?»
demande Proulx. (Suite demain)
News du lundi 30 Mars 2009
■ France Inter : débat sur le projet de loi Hadopi de Sarkozy - Entre Pascal Negre, pdg d'Universal Music France, et Françoise
Benhamo, spécialiste de l'économie de la culture. Le
débat (18:38) est alimenté par des appels téléphoniques.
À l'autre bout
du fil, un type relate pirater, mais jamais n'achèterait de cd. En
contre partie, ça lui fait découvrir des artistes. Et ses préférés,
lorsqu'ils présentent des spectacles dans sa ville, il y assiste,
donc achète un billet d'entrée. Negre commente : Je lui suggère
d'aller sur le site de deezer où
il pourra écouter gratuitement ses titres préférés.
Benhamo
: La problématiques du piratage de titres, ce serait surtout un
phénomène d'ados, qui n'ont pas les moyens d'en acheter en
quantité. Negre réagit : L'abonnement exite. Notamment avec Orange
et SFR,
vous payez une certaine somme d'euros par mois et vous pouvez charger
tout ce que vous voulez. Benhamo : Il faut généraliser ce système.
On s'en sortira pas autrement.
PS
: Nécessaire de protéger les droits d'auteurs, mais il y a la
manière. Sarkozy, lui, adepte des solutions radicales, veut punir le
pirate en lui coupant carrément la ligne donnant accès à
l'Internet pendant un certain temps. On l'a vu, le Parlement européen
a voté contre : le web est une importante source de connaissances diverses et on ne peut empêcher
un citoyen d'y circuler. Pour un contexte plus élaboré, je vous
réfère, voir plus bas, à la news du vendredi 27 mars titrée "La
France de Sarkozy giflée par la liberté".
■ Conséquences de la crise : patrons harcelant des employés pour les forcer à démissionner - Ça se passe en France, qui ne doit pas être une exception.
Selon Me
Karine Martin-Staudohar (03:45), on cible surtout ceux qui
coûtent trop chers à l'entreprise, dont des
séniors. On utilise toutes sortes de moyens : surcharge de
travail, isolement, humiliations, brimades, insultes, etc. On fait même appel à des gens de l'extérieur pour effectuer le sale boulot.
■ Pas aisé pour un flic de dénoncer des collègues - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Plus
haut, nous relations qu’en décembre 1999, au moment même où le
ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard,
annonçait sa réformette de la Sûreté du Québec, un
procès faisait
la une des médias : trois membres de ce corps policier avaient tenté
de
passer sous silence une accusation d’ivresse au volant impliquant
la fille d’un de leurs collègues.
Résumons-la en nous référant notamment à des articles du
journaliste André Cédilot de La Presse. (André Cédilot – La
Presse du 26 novembre et des 10, 20 et 23 décembre 1999)
Le
premierjanvier
1997, Jean-François
Cloutier
et Pierre-Yves
Deragon,
tous deux du poste de Cowansville, dans les Cantons de l’Est, se
rendent sur les lieux d’un accident, à Sutton. Sophie,
fille de leur collègue Marcel Brodeur, est entrée en collision avec
un autre véhicule, blessant trois de ses occupants. Cloutier
reconnaît la voiture avant même de descendre de son
auto-patrouille. Il constate que son haleine sent l’alcool, l’amène
au poste, lui fait passer un alcootest. Son
taux se situe entre 0.11 et 0.12, donc supérieur au taux interdit de
.08.
À
partir de ce moment, il
subit d’énormes pressions.
Son
coéquipier n’est pas d’accord
pour accuser la fille du collègue Brodeur. Pression
aussi de ce dernier,
qui lui téléphone, lui disant, courroucé : «Qu’est-ce
que vous avez fait à ma fille, elle a un trou dans un genou et vous
ne l’avez pas amenée à l’hôpital. Vous l’avez traitée comme
une criminelle.»
Il reçoit également sa visite au poste, Brodeur est frustré,
agressif. Craignant
les représailles
de la confrérie, il panique, détruit sous ses yeux le certificat,
le
remplace par un faux de 0.08 et 0.07, et convenant mieux à Brodeur.
Peu
après il se ravise, décide de maintenir sa dénonciation. Les
pressions recommencent de plus belle. Mêle
le délégué syndical Pierre Boileau se met de la partie, mais il
refuse de céder. Le 24 avril 1997, il
transmet son rapport au procureur de la Couronne
de Cowansville. En décembre de la même année, le Sûreté du
Québec enclenche une enquête interne. Sur
le point d'être accusé d'entrave à la justice,
Cloutier déballe toute l'histoire. Trois
policiers sont alors accusés
: Jean Deragon, son coéquipier du premier janvier 1997, ainsi que
Marcel Brodeur et Pierre Boileau. (Suite demain)
■ Des entreprises occidentales transfèrent des activités dans le tiers monde - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Regardons
ce que cela donnait sur le terrain, au début des années 2000.
D’après le Conseil régional de la Fédération
des travailleurs du Québec
(FTQ) du Montréal Métropolitain, les méfaits de la mondialisation
existent
bel et bien.
(Claude-V. Marsolais – La Presse du 8 juin 2001)
Des
entreprises des pays occidentaux transfèrent
dans le tiers monde
des activités et font travailler des gens dans
des conditions de misère.
La FTQ cite des cas. Notamment dans
l’industrie du vêtement
où «Nike
arrive au premier rang de l’exploitation.»
Ses tenues de sport sont l’œuvre de travailleuses mexicaines et
chinoises rémunérées 0,20¢US l’heure pour une journée de
travail variant de 10 à 12 heures. Au printemps 2001, elle
a congédié tous ceux qui avaient participé à un arrêt de
travail.
Les
chemises Wayne
Gretzky,
qui se vendent 24$, sont confectionnées par des Chinoises gagnant le
même salaire horaire, et forcées de travailler 69
heures par semaines
dans des enclaves
fermées,
sans possibilité de partir puisqu’on
leur a retiré leurs pièces d’identité
au moment de l’embauche.
Chemises
et bermudas Tommy
Hilfiger
sont produits dans les îles Marianne du Nord par 50
000 femmes
recrutées en Chine, qui doivent bosser 12
heures
par jour, sept
jours
par semaine. Elles sont pratiquement
prisonnières
puisqu’on exige de celles voulant être rapatriées, le
remboursement des frais de transport qui varient entre 2 000 et 7
000$.
Jeans
et chandails Guess
sont fabriqués dans les
maquilladoras
(entreprises) mexicaines. On y engage des
femmes et des enfants
au salaire de 4.50$US par jour. Les femmes, tenues de passer
régulièrement des tests de grossesses, sont
congédiées quand ils sont positifs.
Situés
dans une zone de libre échange à
la frontière mexicano-américaine,
les maquilladoras comptent plus
de 2000 entreprises,
dont la majorité est américaine et qui
oeuvrent dans plusieurs domaines (Gérard
Verna, programme de maîtrise en gestion internationale, faculté des
sciences de l’administration de l’Université Laval, Québec,
automne 2000) : automobile, informatique, chimie, pharmaceutique,
etc. Les
avantages de cette zone :
proximité du marché nord américain, main d’œuvre abondante et
bon marché, standards de santé, de sécurité au travail et
d’environnement peu contraignants.
Juarez
est
la ville de la frontière qui accueille le plus de
maquilladoras (Journal l’Humanité du 4 mars 2000) : 350
qui emploient plus de 250 000 personnes.
Sur l’ensemble de la frontière, on recense 1,1
million de personnes qui
y travaillent, un chiffre qui progresse au rythme de 10%
chaque année.
Le rapport des salaires, à travail identique, avec les États-Unis,
où le salaire minimum est de 5.25 dollars l’heure, est d’un à
cinq à un et huit selon les usines. D’après les estimations de
divers militants syndicaux et associatifs de la ville, environ
10% des ouvrières ont moins de seize ans,
l’âge légal pour travailler au Mexique. (Suite demain)
News du dimanche 29 Mars 2009
■ L'entrevue intégrale de DSK à l'émission "À vous de juger" est disponible – Enfin! se dit-on. Il en aura fallu du temps, l'entrevue sur
france2 s'est tout de même déroulée jeudi et nous sommes dimanche.
DSK?
Un raccourci de Dominique Strauss-Kahn, dg du Fonds Monétaire
International (FMI). L'homme qui possède une vision mondiale de la
crise financière va nous
expliquer la situation d'A à Z en 1H35 minutes. De surcroît de la gauche, avec la
conscience sociale conséquente, et super intéressant.
La durée de l'émission étant de 2H29, sa deuxième partie est notamment consacrée aux patrons qui encaissent des millions$ : dans la page s'affichant, la vidéo est
au sommet de la colonne de droite.
Nous sommes tous touchés par la crise, alors faut savoir ce qui se passe et comment et dans quel état nous allons nous en sortir. Je vous fais
grâce d'un contexte plus élaboré : plus bas, dans mes ACTUALITÉS,
vendredi 27 mars, lisez l'article titré "Selon
DSK, reprise possible de l'économie des 2010".
■ En Suisse, paradis fiscal, des pauvres font les poubelles des grands marchés – Je vous ai déjà présenté une vidéo traitant de la classe
moyenne de ce pays où près de 50% des citoyens ne sont pas assez
riches pour arriver à joindre les deux bouts et pas assez pauvres
pour être aidés par l'État. L'un des intervenants se demandait :
où va l'argent?
Aujourd'hui,
vous allez voir (vidéo 29:04) de vrais
pauvres farfouiller dans des conteneurs à la recherche de
denrées invendues et encore comestibles. On n'arrive pas à croire
que la Suisse, le coffre-fort de la planète, soit dans l'incapacité
de mieux traiter ses démunis. Un gouvernement trop près du capital et pas assez du social?
■ L'importance de la capote – Devrait-on utiliser le
latin pour que le clergé catho comprenne? Question rigolote de
streetreporters (01:12).
■ L'Alberta inclurait dans sa charte les droits des homos – L'ex-premier ministre de cette province canadienne, Ralph Klein,
s'y opposait. Michael Phair, ex-conseiller municipal et homo de son
état, raconte qu'en 1992, de ses collègues craignaient de
travailler avec lui.
La
reconnaissance serait cependant symbolique puisque le Canada a adopté
une loi à cette fin il y a une dizaine d'années. N'empêche que la
nouvelle mérite d'être diffusée car elle illustre bien la
mentalité prévalant dans cette province, qui évolue à la vitesse
d'un escargot. Reportage vidéo de Radio-Canada
(01:35) : l'écran prend quelques secondes avant de s'animer.
On
est moins scrupuleux, dans cette province, sur le désastre
écologique qu'entraîne l'exploitation des sables bitumineux.
■ Échec de Sarko à l'UE – Malheureusement pour lui, heureusement pour les Français,
l'accès à l'Internet n'est pas une simple "commodité",
ainsi qu'il le prétendait. Selon
l'Union européenne (UE), il est un droit inaliénable. Depuis, il
ferait des cauchemars
la nuit : caricature de clubic. (Voir plus bas la news de vendredi 27
mars : La France de Sarkozy giflée par la liberté)
Dans
ce pays de l'UMP (Union pour un mouvement populaire), parti politique
de droite, y a-t-il d'autres droits qu'on considère comme des
commodités? Oui : on y resserre régulièrement les mâchoires de
l'étau policier. Le démontre, notamment, le document publié par le
parti socialiste
: colonne du centre, plus bas, cliquez sur La France en libertés
surveillées, la République en danger.
Toutefois, à lire en
conservant son sens critique. On a pas le choix de s'y référer
parce qu'à ce jour, il n'existe pas, à ma connaissance en tout cas,
un ouvrage aussi complet traitant de la situation.
■ Alain Landry, policier de Laval, suspendu 60 jours sans solde - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) En
juillet 2000, Alain
Landry de
la police
de Laval
écope d’une suspension
de 60 jours sans solde
du Comité de déontologie, décision entérinée par la suite par le
juge Claude Pothier de la Cour du Québec. (Marcel Laroche – La
Presse du 20 juillet 2000)
Il
avait consulté la mégabanque informatisée du Centre de
renseignement policier du Québec (CRPQ) afin
d’y chercher des éléments incriminants à l’encontre d’Yves
McKenzie,
un citoyen qui devait témoigner contre lui devant
le Comité de déontologie
dans une histoire de saisie d’armes. Utilisation
du CRPQ à des fins personnelles,
en somme.
Scrutant
le dossier de McKenzie, Landry
découvre qu’il est recherché pour bris de probation.
Il alerte
des collègues
de l’île de Montréal, les informe que McKenzie, le plaignant dans
une cause à son encontre, fait l’objet d’un mandat
d’arrestation. Ceux-ci
l’arrêtent alors qu’il s’apprête justement à témoigner...
devant le comité.
Cependant, ils
doivent le relâcher une demi-heure après,
le mandat contre McKenzie avait été annulé quelques semaines
auparavant. (Suite
demain)
■ On a hypervalorisé l’économie, l’isolant des objectifs sociaux - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Mathieu
constate, pour sa part, que la politique de la ville concerne des
quartiers dont les caractéristiques socio-économiques expriment,
sous diverses formes, la misère, dans une
société qui exclut à tout va tous ceux dont l’économie
performante n’a pas besoin.
(Jean-Luc Mathieu – L’insécurité – Éditions Que sais-je?)
D’après
lui, les sociétés occidentales ont hypervalorisé
l’économie, l’isolant des objectifs sociaux.
La croissance, du moins telle qu’elle a été pratiquée jusqu’ici
(dans les années 1990), est
incapable de résoudre les problèmes du chômage et de l’exclusion.
Il faudrait un taux parfaitement irréaliste, pour espérer créer
des emplois en nombre suffisant. D’autant que dans
une société informatisée,
la
croissance détruit des emplois.
Elle devrait être respectueuse des attentes humaines.
La pauvreté met en
évidence les dysfonctionnements de notre société. On ne peut
se contenter d’une solidarité qui vient au secours des pauvres,
écrit-il. D’où la nécessité de construire une économie
mondiale plus solidaire. De restaurer les liens sociaux et
redonner une finalité humaine au monde en devenir. Elle implique
une renaissance de la démocratie.
L’intégration sociale doit
être la priorité pour la société, passer avant
l’augmentation de la richesse matérielle, avant la
préservation des chasses gardées. L’intégration par l’emploi
principalement, mais aussi par la valorisation du travail non
salarié, par la richesse des liens sociaux. L’auteur
suggère notamment le travail partagé. (NDLR : Au Québec, du
temps du premier ministre péquiste Lucien Bouchard, une tentative du
genre a échouée.) L’intégration qui fait que chacun a un nom.
Mathieu
soutient que le
capitalisme mondialisé,
en organisant la dérégulation et la compétition généralisée,
est
la principale cause de l’insécurité.
(NDLR : Au Québec, les chantres de la pseudo police
communautaire prétendent
que c’est la criminalité.)
La
libération des échangespeut
avoir et a eu des effets bénéfiques
pour certaines catégories sociales dans certains pays. Elle
peut générer aussi
des effets néfastes pour d’autres et des majoritairement
destructeurs sur des sociétés entières.
Le
libre-échange a servi à justifier une guerre généralisée des
grands groupes capitalistes
qui l’ont utilisé pour étendre et accroître leur puissance. Ils
ont développé leurs capacités de production notamment
dans le tiers monde,
là où elles permettaient de
produire le moins cher possible.
Pour fournir des biens à prix compétitif aux citoyens (des pays
occidentaux) réduits...
à leur fonction hypertrophiée de consommateurs.
On a donc détruit des capacités de productions et des emplois
partout
où leur aptitude à faire face à la concurrence disparaissait ou
s’amoindrissait.
(Suite demain)
News du samedi 28 Mars 2009
■ Pas fiables, les Affaires publiques de la SQ – (Suite
tome
3
de L'Étau Policier) Un
flic est beaucoup plus qu’un VIP (Very Important Person) car
sa fonction comporte une liste impressionnante d’avantages
auxquels le citoyen n’a pas droit. Voyons un exemple pigé dans le
rapport Poitras.
Le
cadre de l’action : la tempête de verglas de 1998, et les
innombrables pannes d’électricité qui s’ensuivent. Une
résidente de Franklin, Line
Monette, dénonce son voisin, l’agent Martel de la Sûreté du
Québec (SQ) :
il a tiré profit de l’autorité que lui confère sa fonction pour
convaincre Hydro-Québec de rebrancher sa résidence en priorité.
Le
quotidien La Presse s’empare de l’affaire. Deux articles du
journaliste Marc Thibodeau chapeautés des manchettes : Un
policier de la Sûreté du Québec est accusé d’avoir été
privilégié par Hydro (4 février 1998) ; dès le lendemain :
Le
flic rebranché avant sa voisine n’a rien à se reprocher,
conclut la Sûreté du Québec. Le caporal Richard
Bourdon
déclare : «Pour
nous, le dossier est clos».
Le lieutenant Robert
Poëti,
responsable du poste de Montréal-Métro de la Sûreté du Québec,
chargé de l’enquête, explique qu’il a été rebranché avant
ses voisins parce
que les employés d’Hydro-Québec,
qu’il escortait, étaient
rendus dans son secteur.
Qu’en
était-il vraiment de cette histoire? Pour le savoir, les
commissaires de la Commission Poitras ont interrogé Paul Quirion,
responsable des Affaires internes de ce corps policier. «(…) ça
m’a frappé particulièrement (que
Martel a été blanchi en moins de 24 heures),
parce que la position dans les médias écrits, je sais pas si
c’était la position réelle qui a été transmise par nos gens des
affaires publiques, quant à moi, ç’avait
aucun rapport avec la réalité.
«(…)
j’ai
rétabli les faits auprès du directeur des communications et du
directeur général, en leur disant : “(…)
ce
qui a été publié dans le journal, ça correspond pas à la
situation. La situation, c’est qu’il y a
(…) une
enquête qui a débuté, puis le portrait va arriver bientôt.”
Pourquoi ç’a été diffusé ? (…)
si
c’est ça, le message qui a été diffusé, d’après moi, c’est
une erreur.
«(…)
Souvent
le message qui est véhiculé par nos gens des Affaires publiques
n’est pas nécessairement ce qui est reproduit.
(…) Souvent,
pour avoir vécu maints événements de nature opérationnelle, ou
pour être impliqué dans des dossiers qui font la manchette
régulièrement, des dossiers d’affaires internes, quand on lit les
médias écrits le lendemain matin, on
a la grande déception de voir que ç’a aucun rapport avec
l’enquête
qu’on conduit ou l’information qu’on a, nous autres, dans le
dossier. Et
des fois ça contribue
(…) à
améliorer notre image
(celle de la Sûreté du Québec),
généralement (…).»
De
deux choses l’une, conclut la Commission, ou bien la transmission
interne de l’information a été inadéquate entre le responsable
de l’enquête et le service des relations publiques, ou bien le
porte-parole a donné aux médias sa propre opinion de l’affaire,
ce que la directive de la Sûreté du Québec proscrit.
Dans
les milieux policiers, il est fréquent que l’on cherche à faire
porter par les médias, au moins en partie, la responsabilité des
inexactitudes des informations diffusées. À la vue des documents
examinés, la
Commission pense que la source d’inexactitude se situe plutôt à
l’interne
(de la Sûreté du Québec) : de
policiers, autorisés ou non à le faire.
(Suite
demain)
■ La société libérale porte en elle le ghetto – (Suite
tome
2
de L'Étau Policier) Selon
le sociologue Touraine,
le propre d'une société libérale est que ceux
qui n'y entrent pas deviennent inassimilables.
(Citoyenneté et urbanité – Éditions Esprit – Ouvrage
collectif, dont Alain Touraine) La société libérale porte en elle
le ghetto. Aujourd'hui, vous êtes très clairement in ou out. Parce
que si
vous avez un handicap
(chômage, manque d'argent, manque d'instruction ou manque de
relations, trois éléments fondamentaux, selon lui) vous
en avez probablement d'autres.
Et
comme le peloton va de plus en plus vite, vous ne le rattraperez pas.
Bref,
pour emprunter sa métaphore, un
marathon
: en avant, des
stars
qui attirent l'attention du public ; au centre, un peloton qui court
de plus en plus vite ; à l'arrière, ceux
qui,
mal nourris, mal équipés, victimes de claquages ou de crises
cardiaques, sont
exclus de la course.
Donzelot
et Roman,
eux, parlent d’un
décrochage de la partie modernisée de la société
qui s’opère sans utilisation de la partie inadaptée ni correction
à cet égard. (Face à l’exclusion – Éditions Esprit –
Ouvrage collectif, dont la participation de Donzelot) (Joël Roman –
Le déplacement de la question sociale – Éditions Esprit) Ils
estiment que c’est même cette
indifférence
qui suscite
la violence.
L’exclusion est la forme la plus radicale de l’anormalité.
De
son côté, Roché
affirme que les théories néolibérales se développent parce
que la politique s’éloigne des problèmes de la vie quotidienne.
(Sebastian Roché – Le sentiment d’insécurité – Éditions
PUF) (Suite demain)
News du vendredi 27 Mars 2009
■ Multiplication des capotes – Caricature
d'un pape dépassé par les événements.
■ Obama innove en matière de communication – Hier jeudi, il a tenu un chat vidéo en direct avec de ses
concitoyens. NetEco rapporte que plus de 104 000 questions lui
auraient été adressées par 92 000 internautes. Notamment sur
l'éventuel légalisation de la marijuana pour... stimuler
l'économie. Évidemment, il n'a pu répondre à toutes.
Cette
expérience démontre son vif intérêt à l'utilisation du
numérique. Et surtout, à ce qu'il me semble, son besoin d'informer
pas seulement avec les journalistes, les citoyens aussi. Sera-t-il le
premier président de ce pays à agir de la sorte? L'avenir le dira.
Si tel était le cas, il deviendrait un modèle à imiter par les
autres dirigeants d'États, grands et petits.
La
vidéo (01H13:49) que vous allez voir est sur le site de la Maison
Blanche, dans la salle où s'est tenu le chat en direct : agrandissez
l'écran, haute définition. Impressionnant, on est pas habitué à
un président
aussi volubile et proche du citoyen.
■ La France de Sarkozy giflée par la liberté – Les droits fondamentaux doivent aussi s'appliquer sur l'Internet.
Par une large majorité, le Parlement européen a statué, hier
jeudi, que l'accès à l'Internet n'a pas à être bloqué par un
État ou une société privée. En garantir l'accès équivaut à
garantir l'accès à l'éducation.
La
Charte des droits fondamentaux de l'Union
européenne (UE) ne mentionne pas directement l'accès à
l'Internet, mais le "droit à la liberté d'expression".
Ce droit comprend "la liberté d'opinion et la liberté de
recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il
puisse y avoir ingérence d'autorités publiques, et sans
considération de frontières".
Sarkozy,
on le sait, veut imposer en France son projet de loi Hadopi qui le
suspendrait provisoirement dans le cas de téléchargements répétés
sur les réseaux P2P. À la suite de ce vote à l'UE, s'il persistait
malgré tout, il se trouverait en contradiction avec le droit
européen.
PS : Mise en garde aux cyberflics de l'Occident, dont ceux de la Sûreté du Québec : vous n'avez le droit de saboter par exemple un site sans un mandat émis par un juge. Si vous vous faites pincer, vous êtes cuits.
■ Selon DSK, reprise possible de l'économie dès 2010 – Dominique Strauss-Kahn (DSK), dg du Fond monétaire
international, l'a déclaré hier à l'émission "À
vous de juger",
de france2 : autre texte ici.
Il
y met cependant une condition : que les banques fassent le grand
nettoyage des produits toxiques. Il y en aurait pour 2 300 milliards
: est-ce que DSK parlait seulement de l'Occident ou de la planète?
Cet assainissement du système financier aura pour effet de
décongeler le crédit. Le tout se décidera lors de la tenue du G20,
les 2 et 3 avril prochains, à Londres.
■ Des policiers punis ne purgent pas leur sentence au complet - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Qui
savait que les policiers écopant de journées de suspension
du Comité de déontologie payaient leur dette à la Société civile
en puisant dans leur banque individuelle de journées de congés
payés accumulés ou de vacances annuelles, ou ne
purgeaient pas leur sentence au complet?
Personne, sauf les intéressés eux-mêmes, leurs supérieurs
hiérarchiques, dont les directeurs des corps policiers. Des
responsables du Comité de déontologie et des membres du pouvoir
politique, eux, étaient-ils au courant?
L’affaire
est sortie du sac en avril 1998. (Christiane Desjardins –
La Presse du 8 juin 2001) Le contexte : un
journaliste de Radio-Canada,
dont j’ignore malheureusement le nom, révèle
que
deux policiers de l’île de Montréal, Michel
Vadeboncoeur
et André
Lapointe,
impliqués dans la mort de Richard
Barnabé,
sont retournés au travail bien
avant que leurs jours de suspension sans traitement soient écoulés.
À la suite de ce reportage, le commissaire à la déontologie fait
enquête et conteste en Cour supérieure le traitement (de faveur)
dont les deux policiers ont bénéficié. N’a
pas le choix,
le commissaire, l’affaire
a été… médiatisée.
En juin 2001, le juge
Jean Crépeau stipule
que le «directeur
d’un corps policier n’a pas le pouvoir
de réduire le nombre de journées de suspension sans traitement d’un
policier, en partie ou en totalité, pour les remplacer par un nombre
équivalent de journées de vacances ou de congés.»
Il précise que la
pratique est largement répandue au sein des corps policiers,
particulièrement à la police de l’île de Montréal. Il
ajoute que le commissaire à la déontologie
lui-même a «toujours
fermé les yeux ou ignoré
qu’une telle pratique existait, ou omis de s’informer sur
l’application des sanctions.
(…) La
loi doit s’appliquer à tous et dans la même mesure».
Depuis l’implantation
du Comité de déontologie, combien de policiers et policières que
l’on croyait suspendus sans solde étaient de fait en congé ou
vacance payés? Pendant une décennie, on a leurré la population.
Le
même
phénomène existe à la Gendarmerie royale du Canada.
Novembre 1998, la Presse canadienne rapporte le propos d’un
enquêteur, François
Lavigne,
qui affirme avoir été contraint
à maintes reprises de réécrire ses rapports,
et d’en modifier les conclusions, lorsqu’il
avait été établi que de ses policiers avaient commis une faute.
L’ex-avocat général de la Commission des plaintes contre ce corps
policier, Me
Pierre-Yves Delage,
confirme
que le processus avait été entaché. Les ordres émanaient de
Bertrand
Giroux,
décédé en septembre 1997. (Suite
demain)
■ Le pouvoir suscite chez ceux qui le détiennent une certaine extase - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Pour
sa part, Bonnemaison
a identifié au moins deux
carences
(Gilbert Bonnemaison – La sécurité en libertés – Éditions
Syros : l'incapacité
croissante des dispositifs sociaux à
gérer les problèmes
qui leur sont soumis ; les travailleurs
sociaux
à qui l'on reproche leur repli sur le secret professionnel et «leur
discours psychologisant».
Apportons
aussi ce constat de Defrance,
un pédagogue (Bernard Defrance – La violence à l'école –
Éditions Syros) : «Et
quand
cette socialité se reconstitue,
tout est fait du côté des pouvoirs pour en entraver le
développement.»
On met ensemble des gens de sorte qu'ils ne soient pas ensemble. Le
logement social est d'abord pensé
comme un moyen privilégié d'hygiène
sociale,
de normalisation
des comportements,
de discipline
des mœurs,
selon les valeurs
héritées de la bourgeoisie.
Defrance est l’un des nombreux auteurs à poser ce diagnostique.
Comment
expliciter
davantage les interventions clandestines et illégales du pouvoir,
bref, son
étrange froideur?
Certains auteurs, dont Lasierra
et Lauret,
croient que cette absence
de générosité,
ce défaut de solidarité humaine, semblent
caractériser la psychologie de ceux qui détiennent le pouvoir.
(Lasierra R. et Lauret JC – La torture et les pouvoirs – Éditions
Ballano)
Tout
indique en effet que le pouvoir
suscite chez ceux qui le détiennent une certaine extase.
Comme la vitesse, qui excite et soûle, et qui blesse et tue aussi.
Des citoyens élevés à de hautes fonctions ministérielles après
avoir été élus pour des raisons autres que celles qui nous les
avaient fait choisir parmi les candidats en lice.
Détournement à des fins idéologiques.
On
dit qu’aucune société ne peut survivre sans un idéal. Respect
des droits et non-violence physique et psychologique de l’État et
de sa police en est un plus que valable.
(Suite demain)
News du jeudi 26 Mars 2009
■ BD érotiques – Rien de choquatif, que du normal. La liberté
d'expression, c'est aussi ça. Colonne de droite, plusieurs pages
sur lesquelles faut cliquer.
■ Éteindre nos lumières le 28 mars à 20H30 ? - Afin de permettre à la planète de souffler un peu? Une campagne
circule sur le web à cet effet. Suis pas d'accord.
Qu'est-ce
qu'on va nous demander ensuite? De chauffer moins l'hiver, de porter
gilet de laine, bottes et mitaines? Réduire nos heures de navigation
sur le web? Prendre notre douche à l'eau glacée? Limiter le temps
de cuisson des aliments? Trop
d'écolos dans le paysage se comportent comme des curés et des
petits vicaires hyper nerveux.
Il existe de mauvaises habitudes de
vie plus importantes à remettre en question pour lutter efficacement
contre le changement climatique. Adopter au plus vite l'énergie
solaire et l'auto électrique, notamment.
■ Un pays aux Palestiniens ? – Obama
le veut, mais en est-il capable? Ou est-ce rêver en couleur sur
écran IMAX? Pendant qu'on attend la suite, Rafah, Gaza : deux
fillettes palestiniennes sur le balcon de la maison où elles
demeurent.
■ Liste noire de la délinquance policière : une mise en garde s'impose - (Suite tome
3 de
L'Étau Policier) Cette
introduction à la liste noire de la délinquance de la police en
uniforme étant complétée, le
lecteur néophyte sera un peu mieux en mesure de démêler le vrai du
faux des méfaits policiers qui suivent.
Nous procéderons crescendo, depuis les cas anodins jusqu’à ceux
donnant froid dans le dos. Les cas sélectionnés méritent d’être
connus.
Dès
le départ, une
mise en garde s’impose.
Dans les cas qui suivent, je fais peu état des policiers de la
Sûreté du Québec et surtout des policiers municipaux des villes et
villages aux populations réduites, incluant ceux relevant de MRC.
C’est
que tous ces flics travaillent surtout en civil. Les citoyens,
ignorant leurs présence et méfaits, ne peuvent par conséquent
porter des plaintes contre eux.
Cela
étant, la
police de l’île de Montréal, où plus d’agents circulent en
uniforme, et de surcroît concentrés sur un territoire réduit, peut
sembler plus délinquante que celle des autres corps policiers,
dilués dans le reste du territoire du Québec.
Alors, avertissement à retenir…(Suite
demain)
■ En matière sociale, le pouvoir combat ce qu'il ne contrôle pas - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Les
sociologues Gaulejac,
Bonetti et Fraisse soutiennent
que l’ampleur des problèmes posés nécessite
la création de nouveaux modes de gestion du développement social.
(V. de Gaulejac, M. Bonetti, J. Fraisse – L'ingénierie sociale –
Édition Syros) En France, d’après eux, ceux des organismes
sociaux restent traditionnels,
inadaptés
malgré la lucidité de certains responsables. Ils font état des
corporatismes
qui, bien qu'en recul, restent prégnants et tendent
à neutraliser les efforts accomplis.
Pour
ces trois auteurs, l'ingénierie
sociale semble la voie de l'avenir.
Les résultats d'actions entreprises, ont-ils constaté sur le
terrain, sont souvent tangibles : baisse des taux d'échec scolaire,
insertion sociale et professionnelle.
À
les lire, on réalise tout de même qu'il n'est pas aisé d'installer
toute cette tuyauterie sociale. Plusieurs
conditions doivent être réunies.
Nécessaire et urgent, par exemple, que les élus comprennent que les
politiques menées actuellement sont frileuses, inefficaces.
Les
auteurs attribuent en partie, eux aussi, le déclin des mouvements
sociaux et la destruction du tissu social, «à
la suspicion des responsables politiques et institutionnels à
l'égard des formes d'organisation collective qu'ils combattent quand
ils ne sont pas sûrs de pouvoir les contrôler».
Or
l'ingénierie sociale vise justement à reconstituer
les réseaux de solidarité,
à soutenir
l'organisation collective des citoyens,
à promouvoir
de nouveaux leaders
représentant les exclus. Autant d'actions qui, écrivent-ils, se
heurtent fréquemment à l'emprise des responsables politiques :
«Quant
ceux-ci désertent les quartiers en crise, ils n'admettent pas pour
autant que d'autres acteurs s’y substituent à eux»,
ont-ils constaté. (Suite demain)
News du mercredi 25 Mars 2009
■ Paris : les travailleuses du sexe ont désormais une plateforme pour défendre leurs droits - Elles ont mis sur pied le Syndicat du travail sexuel (STRASS).
On parle d'un événement historique. Ce qui était une utopie est
devenue une réalité : on compte déjà une centaine de membres.
Un
syndicat c'est le pouvoir de nous réapproprier la parole sur
nous-mêmes, explique Nikita, et de faire pression sur les
institutions et les politiques. Selon une autre intervenante,
aujourd'hui, nous sommes là pour dire : nous voulons des droits.
Nous vivons évidemment dans une zone de non-droit où règne une
violence extraordinaire. Sans vacances, sans retraite. Citant le
proxénétisme, le trafic des êtres humaines et la prostitution
enfantine, elle ajoute : C'est à nous de nous emparer de ces thèmes
et de lutter contre.
Pour
mieux comprendre la problématique du non-droit, quelques sites à
visiter : droits et
prostitution, les putes.org,
entrevue lors de la Pute
Pride 2007.
■ Après
le troc, l'achat en groupes
– L'idée n'est pas nouvelle, sauf qu'ici il s'agit d'une poignée
de citoyens et non d'une organisation de plusieurs centaines de
consommateurs négociant le prix de produits. Lorsque cinq ou dix
personnes se présentent en même temps chez un commerçant pour
acheter le même produit, il est plus facile d'obtenir un rabais
qu'une personne seule.
Auparavant,
un Français, qui courrait les soldes, a décidé d'utiliser cette
tactique. Ça
marche (02:30), mais pas partout. Autre vidéo (08:36) où on
traite du Système
D : pouvoir d'achat, achetez groupes. Il y a même un site
web où on recrute des clients potentiels. Et ce n'est sans doute
que le début.
■ À la retraite d'un policier, la plainte contre lui devrait être maintenue - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Aux
États-Unis, certains policiers – «Gypsy Cops» – sont passés
maître en la matière. Démission
ou retraite anticipée les immunisent contre les sanctions. Celles-ci
n’étant pas inscrites dans leur dossier, ils peuvent ensuite
offrir leurs services à d’autres corps policiers, qui n’ont
aucune raison de s’en méfier.
«Certains
services de police consentent à suspendre ou à retirer des
accusations criminelles ou disciplinaires si
l’agent sous enquête décide ou accepte de démissionner
volontairement.»
Me
Knoll
est d’avis que «si
l’objet du litige porte sur des allégations d’inconduite grave
ou de criminalité dénoncés par des citoyens, on doit alors
recourir à une approche différente. Le
service de police ou la division des Affaires internes ne doit, en
aucun cas, tenter de négocier en offrant de ne pas porter
d’accusation criminelle en échange d’une démission volontaire.»
La
Commission
Junger et Whitehead,
qui a menée une enquête sur la police métropolitaine de Toronto, a
condamné ces ententes,
mais seulement dans les cas où des citoyens ont été victimes de
l’arbitraire policier. (Pourquoi cette distinction?)
Pour
sa part, la Commission
Poitras s’oppose,
dans le cas du policier possédant plusieurs années d’ancienneté,
à
ce qu’on retarde indûment le processus disciplinaire pour lui
permettre de se retirer sans avoir été jugé et condamné.
Elle
recommande au ministère québécois de la Justice qu’à
la retraite, la plainte soit maintenue.
Recommande aussi de
protéger les avocats de la Couronne de toute ingérence
dans le traitement des plaintes criminelles à l’encontre de
policiers. Le
ministère devrait informer la population des mesures prises,
afin de l’assurer qu’aucune tractation douteuse ne protègera des
policiers auteurs de crimes. (Suite
demain)
■ On ne peut plus se contenter du statu quo des OSBL - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) La
principale caractéristique d’un organisme sans but lucratif
(OSBL), à tout le moins de ceux servant des repas aux pauvres, ou
leur distribuant des sacs de denrées ou les hébergeant, devrait
être le fonctionnement démocratique.
Ce sont ses
usagés
qui devraient
élire les membres du conseil d’administration.
Vis-à-vis la loi, les usagers devraient en être de facto les
membres, en constituer l’assemblée générale.
Responsabiliser, c’est
aussi favoriser l’intégration au sein du conseil d’administration.
Les pauvres doivent en venir à la gestion de l’OSBL qu’ils
fréquentent. Mettre fin au dirigisme de droit divin et à son
corollaire, la discipline intimidante et dévalorisante. Les
usagers, d’abord et avant tout. Sans eux, il n’y a plus
d’organismes qui tiennent.
Les pauvres sont les
seuls à pouvoir régler leur problème, n’ont pas besoin
d’intermédiaires pour penser et décider à leur place. La Société
civile ne peut plus se contenter d’OSBL dont la mission première
est d’assurer la pérennité du statut quo et du conformisme.
Étonnant,
tout de même, que cela n’ait pas encore été fait. Nuançons : à
la fois oui et non, car les dirigeants de ces organismes tiennent
mordicus au pouvoir. Ce sont eux qui les ont créés, ces organismes,
qui en détiennent les lettres patentes de l’Inspecteur générale
des institutions financières du Québec.
Alors,
ils en sont les seuls maîtres à bord, après...
le pouvoir et sa police dont ils sont les instruments,
à peu près partout où ils opèrent. Ils peuvent même en fermer
définitivement les portes. Sans
préalablement consulter les usagers
pour voir s’ils n’auraient pas des idées de sauvetage à
proposer. En somme, sans
se soucier de ce qu’ils deviendront.
Pourtant, ces dirigeants vivent de la générosité publique et
gouvernementale. Cet
argent n’est pas le leur,
mais celui de la Société civile. (Suite demain)
News du mardi 24 Mars 2009
■ Jeunesse lève-toi – Texte et musique : Damien
Saez (04:46). Vous pouvez opter pour la vidéo où les
paroles défilent sur l'écran. Un auteur-interprète et
instrumentiste français. En savoir plus sur
lui.
■ Co-développement : Françaises à la rescousse de Sénégalaises - Début janvier 2009, deux représentantes du collectif "Chez
Nous",
de Breil, en France, sont allées au village de Tianiaf, au Sénégal,
afin d'aider un collectif de femmes de l'endroit à réaliser un
jardin maraîcher.
Elles sont arrivées sur les lieux avec tout
l'équipement nécessaire : brouette, arrosoir, pelle, semences...
Sur la vidéo (05:49), le résultat du travail accompli + reggae
superbe.
■ Siné
Hebdo – La Une du journal français mal
élevé.
■ Détroit, Michigan, USA : un cauchemar urbain – Amplifié par la crise récente des subprimes, parce que cela avait
commencé bien avant. Plus précisément quand son industrie,
fortement concurrencée par les aciéries coréennes et les voitures
japonaises, s'était effondrée. Sa population avait alors périclité
d'un million.
Certains comparent Détroit à ce qu'on voit dans le
film de science-fiction réalisé par Ridley Scott en 1982 : Blade
Runner. D'un côté, les nantis super protégés, de l'autre, les
pauvres.
Voyons
de quoi elle a l'air aujourd'hui. Le photographe Kevin Bauman
nous en donne un petit aperçu en nous présentant près de 100
photos de maisons abandonnées. Elles ne semblent pas avoir été
prises au cœur même de la Cité déchue, mais en périphérie.
■ Le G20 d'avril, à Londres, ne règlerait pas tout - Selon bakchich,
seuls les petits fraudeurs du fisc seraient ciblés, pas les
multinationales. On estime que les petites banques suisses gèrent
80% des fortunes non déclarées. Les grandes banques privées,
autour de 60%.
■ SQ : démission ou retraite prématurée permettant d'éviter les sanctions - (Suite
tome
3
de L'Étau Policier) La
retraite prématurée de policiers fautifs permet d’éviter les
sanctions. La Commission
Poitras
a constaté que les
policiers de la Sûreté du Québec (SQ)
soupçonnés d’avoir commis une infraction criminelle ne
font pas tous l’objet d’une enquête interne.
En certaines occasions, ses
dirigeants,
bien que rapidement informés de tous les détails, s’abstiennent
de commander une enquête criminelle pourtant requise,
optant plutôt pour une affectation administrative.
La
Commission a étudié tous les dossiers disciplinaires de l’année
1994, et découvert que 25
avaient pris leur retraite avant la fin du processus.
Démission volontaire ou recours prématuré à la
retraite permettent de se soustraire aux conséquences de leurs
gestes.
Peut-on
y voir une certaine forme d’impunité?
s’interroge la Commission.
Dirigeants
de la Sûreté du Québec et de corps policiers municipaux du Québec
ne
sont pas les seuls de la planète à faire preuve de laxisme, de
complaisance,
ainsi que le rapporte Me
Patrick J. Knoll,
qui a effectué une étude sur les pays occidentaux, portant
notamment sur ce sujet. (Patrick J. Knoll, professeur de droit à la
Faculté de droit de l’Université de Calgary, Canada – Regard
sur les affaires internes, Les Perspectives internationales, 25 août
1997 – Commission Poitras) (Suite
demain)
■ Impliquer les pauvres dans des projets valorisants - (Suite
tome
2
de L'Étau Policier) Obligation
et urgence il y a de donner
la parole aux pauvres.
Et commencer là où ils sont, notamment dans les
organismes sans but lucratif
(OSBL) qu’ils
fréquentent déjà
: Accueil Bonneau, Maison du Père, Armée du salut, Jeunesse au
Soleil, Maison des amis du Plateau Mont-Royal, Comité social
Centre-Sud, etc., tous ayant pignon sur rue à Montréal.
Elle
est là, la véritable dépendance des pauvres.
Elle n’est pas dans l’aide alimentaire, mais dans
leur soumission inconditionnelle
à ses dirigeants et l’acceptation
du statut quo.
Les OSBL devront ajouter cet élément à leur programme : donner la
parole aux pauvres, les resocialiser.
Remplir
l’estomac,
même de denrées mal apprêtées et parfois peu comestibles, et
souvent faibles en valeur nutritive, ne
suffit pas.
Donner un poisson, oui, mais en même temps une canne à pêche.
Ainsi devrait-il en être des organismes du genre œuvrant partout
dans le monde occidental. Leur
donner la parole, les placer en situation de responsabilité, mais de
quelle façon?
Si
l’on prend le cas de la Maison
des amis
du Plateau Mont-Royal, par exemple en
tenant chaque semaine une réunion
où les usagers évalueront la qualité des services offerts, leur
situation personnelle et collective, élaboreront des solutions pour
l’améliorer : en 1998, j’ai constaté que cet
endroit est la pire des tables
des soupes populaires et restos communautaires. La réunion annoncée
à l’avance et tenue sur les lieux même, immédiatement après le
repas. Le droit de parole suppose aussi celui
de dire vraiment ce que l’on pense, sans représailles éventuelles,
directes ou indirectes.
Organiser
également des activités,
notamment des loisirs,
monter et donner des spectacles
dont les usagers seront à la fois maîtres d'œuvre et acteurs, et
auxquels
la population serait invitée.
En ajoutant un prix d’entrée à ceux qui ont les moyens de payer,
l’organisme aurait accès à une source de revenu additionnelle.
Bref, les
impliquer dans des projets valorisants.
(Suite demain)
News du lundi 23 Mars 2009
■ France : tribunal de l'enfance – Une émission diffusée sur Public Sénat,
une chaîne française d'information politique. Thème : La justice
des mineurs. Animateur : Benoît
Duquesne (43:00). Intervenants : Marie
Receveur, juge pour enfants ; Jean-Pierre Rosenczveig, président
du tribunal pour enfants à Bobigny et auteur d'un livre sur le sujet
(Pourquoi je suis devenu juge pour enfants, Éditions Bayard)
; Jean-François Launay, responsable de la communication à la
protection judiciaire de la jeunesse ; Adrien Rivollier, réalisateur
du documentaire Au
tribunal de l'enfance. Plusieurs extraits du film sont présentés
lors de l'émission.
Par
exemple cette confession d'un petit garçon. Il pense que son papa
l'a oublié. Le juge pour enfants l'interroge dans son cabinet : Et
tu trouves ça dur? Réponse : Oui. T'es en mesure de dire à ton
papa que tu as besoin de lui? Non, réponds le gamin. Pourquoi? Long
silence, sans réponse. Être juge pour enfants, un job dur sur le
plan émotionnel. Près de 50% abandonnent la fonction après 2 ans
et demi ou moins.
L'animateur
Duquesne : la société, elle évolue comment? Réponse d'un juge :
La famille n'est pas morte. Avant, c'était des parents absents, des
parents maltraitants. Aujourd'hui, il y a de plus en plus de parents
en souffrance, qui font souffrir leurs gosses. Hautement en
souffrance et qui n'en sont pas toujours conscients.
Avant, c'était
sur des conflits éducatifs, des conflits de valeurs. Dans les années
1970, un père avait dit au juge : vous n'avez pas le droit
d'intervenir, ma fille m'appartient jusqu'à l'âge de 21 ans.
Maintenant, c'est des parents qui n'arrive pas à gérer leur vie, à
imposer leur autorité parentale.
On
traite aussi, vers la fin, de la réforme pénale des mineurs, des
changements que le gouvernement français apportera à la loi de 1945
: encore en chantier, mais soulevant déjà beaucoup d'inquiétude,
notamment à l'UNICEF
France
(Lisez plus bas mon article du samedi 21 mars).
Question de
l'animateur : est-ce que la loi sera plus répressive qu'avant?
L'amendement de 2007 a changé des choses, lui dit le fonctionnaire
Launey, sans répondre à sa question. La réforme établira un âge
à partir duquel le mineur sera considéré comme étant responsable
de ses actes. (NDLR : On parle de...13 ans)
■ Africa – Pauvre Africa
!
■ Même l'ONUSIDA intervient dans un communiqué - Mais sans faire allusion à la déclaration du pape. «La
prévention est le fondement de la riposte au sida. Les préservatifs
sont une composante essentielle
et font partie intégrante de programmes complets de prévention et
de soins, et il faut accélérer leur promotion». Encore beaucoup plus d'infos
ici.
■ Les évêques du Québec appuient le pape anti-capote – Louis Dicaire,
évêque auxiliaire au diocèse de St-Jean-Longueuil, attribue le
tollé contre la déclaration du pape à la libéralisation des
mœurs sexuelles qui est presque devenue une religion en Europe et en
Amérique du Nord.
PS
: J'y vois un certain lien de parenté avec les témoins de Jéhovah
interdisant la transfusion sanguine. Seule différence, l'église
catho n'excommunie pas de ses ouailles utilisant le condom. N'empêche
qu'en les influençant, elle contribue à propager le sida.
L'église
a toujours eu des problèmes avec le sexe. Elle est contrôlée par
des hommes célibataires vivant dans un
autre monde que le nôtre. Et en contacte téléphonique
quotidien avec dieu le père.
■ Les informations attentatoires à la présomption d’innocence de la Sûreté du Québec - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Autre
cas de désinformation des médias par la Sûreté du Québec :
l’opération
Brigade au poste de police de Chambly,
le premier septembre 1994, que nous avons traitée en partie plus
haut.
Ici,
la
désinformation se niche notamment dans les motifs allégués dans
les mandats de perquisition.
Le juge
Pierre Verdon,
dans son rapport sur cette affaire, fait remarquer que la
Sûreté du Québec
(SQ) avait «mis
le paquet
(…).
(Rapport d’enquête du juge Pierre Verdon sur l’intervention de
la SQ, premier septembre 1994, au poste police de Chambly – Québec,
premier septembre 1995) En
s’employant à tout relier à un vaste système de corruption et
d’association avec des groupes criminels, qui aurait sévi au sein
du corps de police de Chambly, elle
a réussi à donner un portrait vraisemblablement alarmiste de la
réalité».
Environ
trois semaines après ce raid, la Fédération
des policiers municipaux du Québec
(FPMQ) dressait ce bilan, lors d’un point de presse : «La
Sûreté du Québec a abreuvé les médias d’une multitude
d’allégations,
imputant aux policiers de Chambly une panoplie de
délits très graves :
trafic de stupéfiants, contrebande de cigarettes, trafic d’alcool,
tenir une maison de débauche, trafic de stéroïdes, fraude à la
CSST
(Commission de la santé et de la sécurité au travail),
recel, loterie illégale, fausse déclaration d’impôt, vente
d’information du centre de renseignements policiers.
«Pour
colorer le tout, on a dit qu’une partouze avait eu lieu au poste de
police, ce
qui est faux,
que quatre policiers avaient assisté aux noces de la fille d’un
chef de la mafia montréalaise, ou d’un caïd de la Rive-Sud, ce
qui est faux.
On a dit que les policiers de Chambly fermaient les yeux sur le
trafic de la drogue, ce
qui est faux.
(…)
La
Sûreté du Québec s’est livrée à une campagne
de salissage inimaginable.»
«Curieusement»,
signale
la Commission Poitras,
les médias étaient sur place dès le début de l’opération.
Selon elle, aucun
dossier d’enquête disciplinaire n’a été ouvert
en sein de ce corps policier pour
déterminer la source des fausses informations
publiées par les médias ni même pour s’enquérir des
circonstances pouvant expliquer leur présence.
Gaétan
Rivest,
l’ex-policier de la Sûreté du Québec, l’a longuement
entretenue de l’utilisation que ce corps policier fait des médias
dans la conduite de ses enquêtes : «Certains
policiers nourrissent les médias d’informations attentatoires à
la présomption d’innocence dans le but de mousser un complément
d’enquête ou de diminuer l’accusé.»
Ses propos confirmaient l’une des conclusions du Groupe de travail
présidé par le juge Guérin et portant sur l’administration de la
justice en matière criminelle. (Suite
demain)
■ Donner la parole aux populations exclues et dominées - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Explorons
davantage le sujet en puisant dans le bouquin des sociologues
français de Gaulejac,
Bonetti
et Fraisse.
(V. de Gaulejac, M. Bonetti, J. Fraisse – L'ingénierie sociale –
Édition Syros)
Ils ont constaté que «les
populations exclues ou dominées»
ne
peuvent pas exprimer leurs problèmes et leurs revendications dans
des formes classiques,
par exemple à l’occasion de débats publics ou d’un échange de
vive voix avec les représentants du pouvoir. Trop souvent, les
travailleurs sociaux ou les représentants des
associations peu représentatives s'expriment en leur lieu et place.
D'où leur conviction de
la nécessité de créer de nouveaux dispositifs de communication où
leur parole peut s'affirmer, et faire en sorte que les responsables
d'institutions l’entendent, en tiennent compte. En aidant les
exclus à s’exprimer sur la place publique, du même coup on les
aide à rompre leur isolement, à dépasser leurs conflits
internes et à se constituer comme force collective.
Les auteurs estiment que
les manifestations de violence et le vandalisme seraient les
moyens d'expression et de communication dont disposent ces
populations lorsqu'elles ne peuvent se faire entendre autrement.
La réaction des institutions à ces manifestations, qui,
explicitent-ils, ne s'intéressent à ces populations que lorsque
leur bruit trouble la léthargie sociale, en fournit une
confirmation flagrante. (Suite demain)
News du dimanche 22 Mars 2009
■ L'État nous regarde par le trou de la serrure – Un bon
débat (23:04) autour d'un livre (Par le trou de la serrure,
éditions Fayard) de Marcella Iacub, juriste, chercheur et auteur. L'État s'est immiscé dans la vie privée et les comportements
sexuels pour mieux les gouverner et les réprimer. Iacub défend le
droit à la prostitution, le mariage gay, la procréation
artificielle.
PS
: En visionnant ce débat, j'ai illico fait le lien avec ce qu'on vit
au Québec, province du Canada. Et constaté, pour la nième fois,
qu'en France ça discute fort à la télé sur un paquet de sujets,
alors qu'ici c'est le calme plat. On entendrait une mouche
voler...zzzz
■ Le budget du comité de surveillance des activités de la GRC réduit de moitié? - Selon
la Presse
canadienne, cette Commission des plaintes du public (CPP)
contre la Gendarmerie royale du Canada (GRC) serait obligée de
réduire certaines de ses activités.
PS
: Si le premier ministre conservateur Stephen Harper passe à l'acte,
il démontrera le peu d'intérêt qu'il porte à la protection des
citoyens canadiens contre les illégalités de ce corps policier. Un
dossier à suivre de très près.
■ Les grosses menteries aux médias du sergent Robert Poëti de la SQ - (Suite
tome
3
de L'Étau Policier) Les
cas où la police manipule les médias pullulent.
La Commission
Poitras
en explore quelques uns, dont celui-ci. C’est l’histoire du
policier de la Sûreté
du Québec (SQ),
Lacasse, affecté à la salle d’exhibitions, l’endroit où la
police range tous les éléments de preuves de ses enquêtes, dont
les saisies de drogues. En septembre 1994, Lacasse
est pris en flagrant délit de vol de cocaïne,
accusé et arrêté.
La
Commission cite
un article
de la journaliste Stéphanie Alaire du Journal
de Montréal
et rapportant les propos que lui a tenus un responsable des relations
avec les médias (Stéphane Alaire – Journal de Montréal du 3
septembre 1994) : «Lacasse
aurait été pincé à sa toute première tentative de vol de drogue,
croit le sergent Robert Poëti
(de la Sûreté du Québec).
Ce dernier indique qu’un
système de sécurité
comportant des caméras et des procédures strictes protègent
la salle
des pièces à conviction à Partenais.»
Première
tentative de vol, disait
le sergent Poëti
à la journaliste. Pourtant l’enquête
a révélé que Lacasse en avait subtilisé régulièrement pendant
une période d’environ neuf mois.
Caméras
et procédures strictes,
affirmait-il aussi à la journaliste. La Commission Poitras souligne
que
les informations de Poëti sur ces mesures de sécurité contredisent
celles portées à sa connaissance
lors de ses travaux sur l’affaire Matticks.
Ainsi,
elle
a cherché à comprendre comment l’enveloppe
contenant les quatre télécopies litigieuses (les quatre preuves
fabriquées qui ont fait avorter le procès contre le clan Matticks)
avait
bien pu être ouverte à la salle d’exhibitions, sans que la Sûreté
du Québec ne soit en mesure de savoir ni quand, ni par qui.
(Suite
demain)
■ On ne naît pas avec la solidarité citoyenne, elle s’apprend - (Suite
tome
2
de L'Étau Policier) Comment
conscientiser le citoyen à la nécessité de défendre ses droits et
ceux des autres? Le Conseil
supérieur de l’éducation,
organisme canadien, dans son rapport annuel d’octobre 1998, se dit
d’avis que l’éducation
à la citoyenneté devrait se faire
depuis l’école
élémentaire
jusqu’à l’Université,
ainsi que via les instances
municipales,
syndicales,
politiques
et sociales.
(Lia Lévesque, Presse canadienne – La Presse du 28 octobre 1998)
Il
résume ce qu’il y aurait lieu d’apprendre,
rapporte la journaliste Lia Lévesque de la Presse canadienne : la
tolérance, à s’engager socialement, exercer un jugement critique,
prendre publiquement la parole, accepter les différences, travailler
en groupe, voilà autant de façons d’éduquer à la citoyenneté.
«La
pleine citoyenneté ne peut plus être considérée sans référence
aux problèmes marquant fondamentalement le rapport qu’entretiennent
les individus les uns avec les autres et avec l’État»,
soutient le Conseil.
Selon
le chercheur
Anctil,
il faut promouvoir, encourager, soutenir la
participation et l’exercice des responsabilités.
(Hervé Anctil – Revue Notre-Dame de septembre 1999) Cependant, cet
exercice doit toujours être un acte volontaire, jamais imposé.
Autrement, il deviendrait oppressif et perdrait son essence même.
«C’est
bien là, encore, la base de la vie démocratique, le premier rempart
contre les atteintes aux droits de l’individu et contre les écarts
toujours possibles de dirigeants mégalomanes,
explique Anctil.
C’est aussi, encore et toujours, l’une
des façons les plus accessibles et les plus nobles de poser sa
pierre dans l’édifice du monde.
C’est cette citoyenneté complexe et généreuse qui donne vie à
la démocratie. Les
gouvernements doivent voir à mettre en place les conditions
pour que tous et chacun dans la société, sans exception, soient en
mesure d’exercer leurs responsabilités de citoyens, pour soutenir
la participation civique.»
Thériault,
professeur titulaire à la faculté des sciences sociales de
l’Université d’Ottawa, va dans le même sens. (J-Yvon Thériault
–
Revue Notre-Dame de septembre 1999) L’enjeu
de la citoyenneté moderne est de créer un espace politique qui
réunit des gens différents.
Il y a de plus
en plus de gens
qui, loin de s’intégrer différemment à la société, en sont
tout simplement exclus.
À ce moment-là, on a une société où les
gens vivent dans des univers différents.
Comment dès lors peuvent-ils se
sentir solidaires,
comment peuvent-ils appartenir
à une même communauté politique?
s’interroge l’auteur.
«Aujourd’hui,
il peut y avoir exclusion pure et simple. Entre le patron et
l’ouvrier, il
y a le syndicat.
Entre le chômeur et l’économie dominante, il
n’y a rien.
Les exclus n’ont plus de lieu de parole. Ils
sont en déficit de citoyenneté.»
De nos jours, il y a de projet possible de société que si on en
discute publiquement. La citoyenneté ne va plus de soi. Elle doit
être un contrat social librement accepté. Et cela suppose une
parole publique suffisante, selon lui. On naît avec la solidarité
familiale. On
ne naît pas avec la solidarité citoyenne. La citoyenneté
s’apprend.
Elle se construit par la participation active des citoyens dans le
domaine politique et dans la Société civile. (Suite demain)
News du samedi 21 Mars 2009
■ ONU : journée internationale contre le racisme - L'article 1
de la Déclaration universelle des droits de l'homme : tous les êtres
humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ban
Ki-moon,
secrétaire générale de l'ONU : «Il
nous faut ensemble redoubler d'efforts pour mettre un terme à la
discrimination raciale et à la xénophobie, où qu'elles se
présentent»
Voyons
un bel exemple local à imiter. Hier, plus de 1300 personnes ont
défilées dans des rues de Val-d'Or,
au Québec. Une initiative du Centre d'amitié autochtone de
l'endroit. Point culminant d'une 9e semaine annuelle de sensibilisation à
l'élimination de la discrimination raciale.
Comme
par le passé, signale Édith
Cloutier, directrice générale du Centre, le milieu scolaire a
répondu massivement à l’invitation. La participation de centaines
de jeunes à ce rassemblement, laisse présager du meilleur pour
l’avenir de la ville. La lutte à la discrimination raciale
nécessite un travail constant de la part de chacun.
Selon
elle, Val-d'Or continue d'être une référence au plan national en
cette matière. Elle est l'une des rares villes de cette taille à
mener avec succès une campagne de cette envergure. Toutes
proportions gardées, une manifestation de cette ampleur équivaudrait
à déplacer plus de 75 000 personnes à Montréal dans un grand
mouvement pacifique, et même festif, de solidarité.
■ Confirmation de mon propos - Dans la news précédente, j'écris que Rachida Dati fait
exactement ce que lui demande Nicolas Sarkozy. Et que la réforme
pénale à l'encontre des mineurs vient
de lui (00:53) et non d'elle.
■ Alerte d'UNICEF France : tendance plus répressive à l'encontre des mineurs – Une mise en garde du Fond des Nations unies pour l'enfance (UNICEF : United Nations Children's Emergency Fund) à
l'égard de la gardienne des Sceaux, en France, Rachida Dati, qui a
dévoilé récemment les grandes lignes de la réforme pénale des
mineurs.
La
démarche de l'UNICEF France repose sur deux volets. Depuis 2 ans,
ainsi qu'on peut le lire sur son site, l'organisme se mobilise pour
exiger le respect d'une justice spécifique et adaptée aux enfants,
en tenant compte de la Convention internationale des droits de
l'enfant. Lors du deuxième volet, il a eu des entretiens vidéos avec 34 experts et personnalités.
C'est
notamment à la suite des opinions émises que l'organisme a décidé
d'alerter les Français des risques de dérives vers une tendance
plus répressive de la justice des mineurs : «Pour
l'UNICEF, quel que soit son crime, un enfant délinquant c'est
d'abord un enfant en danger. La justice se doit de le protéger.»
Plusieurs
vidéos pour comprendre cet important dossier. D'abord, celle de
l'UNICEF
(00:45), qui est une réaction au projet de la réforme pénale.
Ensuite, celles des 34
experts et personnalités. Sous les photos, la liste : suffit de
cliquer sur un nom pour avoir accès à l'opinion vidéo d'un
intervenant.
PS
: Pointer du doigt la ministre Dati n'est pas viser la bonne cible.
Car son rôle, ainsi qu'elle l'a déclaré récemment lors d'une
entrevue vidéo, consiste à faire exactement ce que Nicolas Sarkozy
lui demande. Le durcissement de la loi à l'encontre des enfants
vient donc de lui.
Pourquoi protéger les enfants de France, alors qu'on habite au Québec? Qui nous dit que dans quelques années, de nos gouvernants, poussés dans le dos par la police, ne décideront pas de s'inspirer du modèle français? Je rappelle qu'à la fin de 1990 et au début des années 2000, le ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard (un démagogue pure laine), s'est largement inspiré du concept français de la police communautaire pour implanter la sienne au Québec.
■ Afghanistan-Canada – 4 soldats canadiens ont été tués hier
vendredi. Ce qui porte à
116
le nombre de victimes jusqu'à
présent au sein de l'armée canadienne.
■ Les journalistes qui sont les alliés de la Sûreté du Québec - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) La
police, quelle qu’elle soit, désinforme souvent les médias. Quand
l’affaire Matticks s’est enclenchée, en 1995, la Sûreté du
Québec a mis au point une stratégie de communication afin d’
«atténuer
les effets du message actuellement très négatif des médias
écrits»,
rapporte l’anthropologue
Brisson.
(Geneviève Brisson, anthropologue – Analyse de la littérature
corporative de la Sûreté du Québec, juillet 1998 – Étude
présentée à la Commission Poitras)
Celle-ci
se réfère notamment à des documents corporatifs produits par ce
corps policier, dont celui intitulé Stratégie de la Sûreté du
Québec 1996. Elle cite quelques passages : «La
stratégie se résume à démontrer que les dirigeants de la Sûreté
du Québec ont la situation bien en main et qu’il y a une volonté
d’apporter les correctifs nécessaires pour éviter que les faits
amenés à la connaissance du public se reproduisent de nouveau».
Les
médias
font alors l’objet d’une attention particulière. «La
Sûreté du Québec cherchait-elle à les dompter?»
se demande Brisson.
«Ces
relations de presse considèrent trois
groupes d’intervenants,
soit : les journalistes qui
influencent l’opinion publique,
les journalistes qui
sont des alliés (sic)
de
la Sûreté du Québec
et les experts qui
sont invités par les médias
à analyser la situation. Ces contacts utiles permettent alors de
faciliter les communications avec les médias ».
Il
s’agit de limiter ou de sélectionner les renseignements diffusés,
«de
contrôler l’information lors
de situations critiques en
pratiquant la discrétion maîtrisée».
Les tribunaux auront à se pencher sur les faits, donc
peuvent être influencés par les médias,
d’où cette règle de la Sûreté du Québec, que Brisson
écrit en lettres majuscules :
«Le
contexte juridique en cause nous oblige à commenter, avec une très
grande prudence, les événements, et
ce, même si l’interprétation qui en est tirée n’est pas
toujours exacte (sic)».
(NDLR : La police diabolise, avant procès, des citoyens
accusés. Par contre, lorsqu’un policier est accusé d’une
illégalité, elle se garde bien de porter atteinte à sa présomption
d’innocence.)
Un
regard externe trop pénétrant n’est pas souhaité. Il
est perçu comme une menace pour les dirigeants parce que des choix
de gestion peuvent faire l’objet de critique dans les médias. Elle
cite cet
autre passage d’un document
de ce corps policier : «Lorsqu’il
est démontré (à la suite d’un procès, une commission d’enquête,
ou autre) que certaines pratiques de la Sûreté du Québec ont été
irrégulières dans un dossier précis et ont eu pour effet de faire
avorter les procédures judiciaires ou de porter préjudice à des
citoyens, la
Sûreté du Québec se doit de reconnaître la faute
professionnelle ».
Là aussi, cependant, il faut mesurer le contenu de la déclaration :
«Le
message doit être rassurant : relativiser la faute
professionnelle».
Brisson
rapporte que la réussite de ces moyens est importante : le
travail peut devenir difficile, voire impossible quand la réputation
de l’organisation est sévèrement attaquée. (Suite
demain)
■ Silence et anonymat sont le pire ennemi du citoyen dont les droits sont bafoués - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Me
Irwin Cotler,
ex-professeur de droit à l’Université McGill, et ministre fédéral
libéral de la Justice, relatait
que le Russe Andreï Sakharov,
quant il avait été libéré, disait (Yves Boisvert – La Presse du
13 décembre 2003) : «Je
ne sais pas ce qui fait avancer les droits de l’homme, mais ce
n’est certainement pas le silence.»
Et Me Cotler d’ajouter : «Nous
sommes tous, où que nous soyons, garants du destin de chacun.»
Celui-ci
est reconnu comme un défenseur des droits de l’homme. Spécialisé
en droit de la personne sur le scène internationale, il a défendu
d’anciens prisonniers d’opinion. Outre Sakharov,
de l’Académie des sciences de l’ex-URSS, au milieu des années
1960, Nelson
Mandela,
de l’Afrique du Sud, Jacobo
Timmerman,
de l’Amérique latine, et Muchtar
Pakahan,
de l’Asie. Sa nomination ministérielle, en décembre 2003, a
fait bien des heureux,
selon le journaliste Yves Boisvert de La Presse.
Le
pire ennemi des citoyens dont les droits sont bafoués, c’est le
silence et l’anonymat.
Il est par conséquent capital d’informer la population de leur
situation. «Même
si l’on sait comme il est facile, pour quelqu’un dont les droits
sont respectés, de ne pas voir les persécutions dont souffrent ses
semblables.»
Pour le moins déconcertante, «cette
extraordinaire indifférence des gens, avant d’être persécutés à
leur tour, pour les victimes, même quand il s’agit de personnes
qu’ils connaissent bien».
Ces
propos, que je cite de mémoire, les ai puisés dans un livre écrit
par l’ex-président des États-Unis, Jimmy
Carter,
le premier dirigeant de ce pays à faire la promotion des droits de
l’homme alors qu’il en occupait la fonction, et probablement le
premier aussi dans le monde Occidentale. Il écrit qu’une
Société civile libre
«n’a
pas meilleur argument, ou arme, que son attachement à la défense
des droits fondamentaux. Elle
se doit de tirer tout le parti possible de cet avantage».
(Suite demain)
News du vendredi 20 Mars 2009
■ Les dommages reliés à la construction d'un barrage hydroélectrique – Quoi qu'on en dise, ce n'est pas une énergie totalement propre
car elle cause d'importants dommages dans les territoires ciblés,
culturels et environnementaux. Avec l'arrivée du solaire, on en
construira vraisemblablement de moins en moins.
Dans
un petit documentaire
de 12:58, des Cris de la Baie
James, province de Québec, Canada, racontent comment la
construction de barrages sur la rivière La
Grande a affecté le territoire où ils habitent et leur mode de
vie.
Il s'agissait d'un chantier d'une envergure incroyable. Au
Québec, à l'époque, c'était le projet du siècle : cliquez sur le
dernier hyperlien, vous verrez.
■ Le troc, un avenir en ces temps de crise économique? - Les échanges d'objets, je ne sais pas s'ils sont courants en
Occident, mais cela arrive. Je te tonne mon divan usagé et tu me
donne les quatre chaises de ton sous-sol dont tu ne te sers plus.
On
se souvient encore du mec qui avait commencé par troquer sur le web
je ne sais plus quoi - était-ce une épingle? - et qui, en finale,
avait obtenu une maison. Si ce cas est authentique, la maison devait
être plus proche de la petite cabane que du château.
Dans
un pub gastronomique du Norfolk, région de Londres, les clients
peuvent échanger leur nourriture contre quelques pintes de bière.
Ainsi ce
pêcheur qui vient de prendre deux belles truites (02:47).
Quand
l'argent vient à manquer, les gens apprennent à se débrouiller du
mieux qu'ils peuvent. Isaac
Isitan, l'auteur de cette vidéo
(55:56), traite
des initiatives communautaires alternatives et de réseaux parallèles
de troc, deux stratégies de survie. Son
terrain d'investigation : Argentine, Turquie et L'État de New York.
En
Argentine (03:03), le troc est populaire, cela remonte
probablement bien avant la crise économique que ce pays a connu au
début des années 2000. En
Russie, il ferait un retour en force (05:32).
■ Pour adultes avertis seulement – Porno...
Autre photo scandaleuse,
sans condom en plus.
■ Le policier défiant la loi du silence peut mettre sa vie en danger - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Cette
«solidarité
malsaine»
prévaut également chez les officiers de la Sûreté du Québec,
qui, eux, ne sont pas syndiqués. (Véronique Béguet, Geneviève
Brisson et Sophie Morisset, anthropologues – Analyse du discours
policiers lors de témoignages devant la Commission, juillet 1998 –
Étude présentée à la Commission Poitras)
La
Commission Poitras se réfère à l’une
des trois anthropologues
dont elle avait retenu les services, Geneviève
Brisson,
qui a analysé les témoignages rendus au cours de ses audiences par
21 policiers de la Sûreté du Québec. (Geneviève Brisson,
anthropologue – Analyse de la littérature corporative de la Sûreté
du Québec, juillet 1998 – Étude présentée à la Commission
Poitras)
Les
officiers et, jusqu’à un certain point, d’autres supérieurs
hiérarchiques, sont habituellement impliqués dans les opérations
policières. Les pressions issues de la solidarité peuvent donc
aussi être ressenties par le gestionnaire, qui adopte
alors les mêmes comportements que ses subalternes.
Ne pas fermer les yeux sur les illégalités, se
traduit trop souvent par l’expulsion du groupe.
L’anthropologue écrit que «(…) le
policier craint que, en défiant la loi du silence, il ne pourra pas
compter sur ses collègues policiers lorsque sa vie sera en danger. »
Dans
un document synthèse, les trois anthropologues, outre Brisson,
Véronique Béguet et Sophie Morisset, soutiennent «que
le policier commettant une erreur paye pour.
Il va avoir les droits qui lui sont reconnus contractuellement,
point. Le reste, il va faire face à la musique, aux procédures
judiciaires (…)».
Elles
n’en soulignent pas moins des variations dans le traitement
des policiers accusés d’infractions ou d’actes criminels.
«Certaines
procédures comme la prise d’empreintes digitales et de
photographies ont
été aménagées de manière à garantir la plus grande discrétion
aux policiers qui
les subissaient. Notons que cette mesure est venue en réaction à
une autre, plus favorable aux policiers encore, qui visaient à faire
photos et prise d’empreintes ailleurs que dans le lieu habituel.
Dans une autre situation, on
a arrêté un policier au bureau plutôt que d’aller chez lui, dans
sa famille. Il a pu dormir à son bureau plutôt qu’avec les autres
détenus avant de comparaître le lendemain.»
Difficile
de s’autopolicer
quand un même corps est à la fois sa police et son juge, «deux
chapeaux»
pouvant mener à des conflits d’intérêts. (Suite
demain)
■ Chaque année, les citoyens doivent faire publiquement le point sur la démocratie - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Brillante
idée d’avoir souligné ces deux anniversaires. Mais à développer,
car on
ne peut se satisfaire de petites cérémonies à tous les quart de
siècle,
monopolisées en plus par le pouvoir
politique,
et de ses
belles déclarations la main sur le coeur.
Il
serait salutaire qu’une
fois l’an, les citoyens,
donc la Société civile exclusivement, dressent
le bilan de la situation
en matière de droits et libertés conférés par les Chartes
canadienne et québécoise, au
cours d’assises auxquelles la population serait conviée,
et couvertes mur à mur par les médias.
Bilan
annuel des
cas où les deux Chartes ont triomphé du totalitarisme
dans les différentes activités humaines, en insistant
particulièrement sur celles du pouvoir politique et de sa police.
Bilan annuel aussi des
cas où il a continué de sévir ou commencé d’émerger et
proliférer en toute quiétude
dans d’autres aspects de notre vie de tous les jours. Les
auteurs des entorses
aux Chartes dûment identifiés
et dénoncés sur la place publique,
l’objectif étant de monter à leur encontre des désapprobations...
communautaires. Redonnons au vocable sa noblesse.
Assises
annuelles suivies d’un
défilé où les citoyens,
peu importe leur statut social et tenue vestimentaire, reprendraient
pacifiquement possession de l’espace public, qui leur appartient du
reste :
de l’attaché-case à l’homme en rose ou portant la tenue
napoléonienne, en passant par la prostituée, l’ado à la coupe
mohawk, les psychiatrisés, etc.
Et pourquoi pas? Portant
des pancartes affichant la photo de ceux et celles,
flics ou citoyens, hommes et femmes, qui
se sont livrés aux atteintes les plus outrageantes au cours de
l’année écoulée.
Les
Chartes, plus en on parlera, plus elles seront respectées. Grand
temps que les citoyens s’occupent enfin de leurs propres affaires.
On
n’est jamais mieux servi que par soi-même.
Retournons aussi contre
le pouvoir et sa police déviante
leur fameux maître mot panzer : la prévention. En vertu de
quel principe “démocratique” devrait-on s’empêcher de
prévenir ce volet de la criminalité policière et étatique? (Suite
demain)
News du jeudi 19 Mars 2009
■ De ce temps-ci, beaucoup de manifs en France - Dans un certain défilé, un participant a été créatif
dans sa dénonciation. Une allusion à ce qu'a déjà dit Sarkozy à un agressif qui ne voulait pas lui serrer la main. Je la comprends pas parce que le con, c'était l'agressif, pas Sarko.
■ L'état du cancer au Canada - Selon RCI, qui se réfère à Statistique Canada, ces 10 dernières
années 695 000 Canadiens ont été atteints d'un cancer invasif.
Trônent au sommet de la liste et dans l'ordre suivant : ceux du
sein, de la prostate, du côlon et du rectum, du poumon et de la
vessie. Il y en aurait de plus en plus.
PS
: Encore la cigarette, j'imagine. Le trou dans la couche d'ozone
aussi, n'est-ce-pas? J'utilise cette amorce parce que pendant des
années et des années, la Société canadienne du cancer a tenu
campagne contre la cigarette, en cachant sous le tapis la soupe
chimique dans laquelle nous mijotons tous : monoxyde de carbone,
produits chimiques toxiques partout, même dans l'alimentation. Pas
un mot non plus sur le Canada qui laissait entrer au pays, sans les
analyser, des produits potentiellement dangereux pour la santé.
Cette société a perdu toute crédibilité.
La
cigarette bouc-émissaire, l'écran de fumée cachant tout le reste.
Au Québec, le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard a même
créé, au début des années 2000, une ligne téléphonique délation
sans frais, incluant sa police antitabac, pour épingler les fumeurs. Les stigmatiser, mais laisser
la bride sur le cou aux fabricants de produits toxiques, notamment.
■ La solidarité malsaine entre policiers est fréquente - (Suite
tome 3
de L'Étau Policier) La
police ne peut s’autopolicer, c’est-à-dire
porter deux chapeaux en même temps.
La «solidarité
malsaine»
de policiers à l’endroit d’un ou de collègues accusés est
fréquente.
La
Commission
Poitras
cite deux articles du journaliste Serge
Labrosse
du Journal de Montréal, publiés les 9 et 10 février 1994, traitant
de l’arrestation
de trois policiers de la Sûreté du Québec pour brutalité
et de leur comparution «entourés
de collègues policiers».
Et
de la «protection
spéciale du corps policier lui-même»
dont a bénéficié la policière, qui
a pu quitter le palais de justice par la sortie des juges,
ce que le journaliste qualifiait de «traitement
de faveur. (…)
Chacun
sait en effet qu’aucun accusé, si incommodé soit-il par la
présence des médias, n’est autorisé à quitter la salle
d’audience en empruntant la sortie des juges,
écrit-il.
«L’incident
d’hier suscite d’autant plus de questionnement que la
Sûreté du Québec a décidé de mener elle-même l’enquête
criminelle
sur les gestes de violence reprochés à ses policiers de Candiac,
plutôt que de confier cette tâche à un autre corps policier, comme
elle aurait pu le faire par souci de transparence.»
(Suite demain)
■ Taisez-vous ou changez de métier, personne ne vous a obligé à devenir policier - (Suite
tome 2
de L'Étau Policier) La
journaliste cite deux avocats de la défense. Me
Gilles Ouimet,
selon qui les policiers exagèrent : «S’ils
crient, c’est qu’ils n’aiment pas rendre des comptes.
Il y a peut-être eu des dérapages, mais c’est normal dans un
processus évolutif. Ce sont des cas isolés.»
Et
Me
Guy Cournoyer,
qui estime que «les
gens oublient que leur enfant pourrait être en cause. Quand un
monsieur de Westmount arrive avec son fils qui s’est
fait traiter comme un dangereux bandit parce qu’il fumait un joint,
il trouve soudain que la Charte, c’est la plus belle chose du
monde.
(…) C’est
sûr qu’elle n’a pas été administrée à doses homéopathiques.
(…) Mais,
le pire est passé. Au début, le droit à l’avocat, c’était la
fin du monde, ça se plaidait sans arrêt. Maintenant, on n’en
entend plus parler parce que les policiers savent ce qu’ils ont à
faire.»
Témoignages
aussi de deux avocats de la Couronne. Me
Jean Lecours :
«Les
policiers ont compris qu’ils devaient rester dans la légalité en
tout temps. Quand
on fait bien son travail, on n’a pas peur de la Charte.»
Et Me
Yvan Desrosiers :
«S’il
y a une violation
(des droits de l’accusé),
il faut que la réparation profite à l’accusé puisque c’est son
droit à lui qui est violé. C’est
le prix à payer pour ne pas vivre, à long terme, dans une société
à la Big Brother.»
Les
propos de l’inspecteur
chef Gagnon
démontre qu’il ne faut pas se bercer d’illusions… Les
policiers ne sont jamais contents,
ils en veulent toujours plus, passent
leur temps à râler dans les médias.
Par exemple, ils voulaient avoir une nouvelle loi antigang, ils l’ont
eue, malgré les pouvoirs considérables qu’ils possédaient déjà :
la liste de ces pouvoirs est longue, sans
oublier celle de leurs illégalités clandestines.
Et depuis qu’ils ont pris connaissance des trois ou quatre projets
de loi antiterrorisme du gouvernement fédéral libéral de Jean
Chrétien, ils préfèrent son contenu à celui de la Loi antigang
C-24.
Après
avoir lu ce livre, des citoyens rétorqueront peut-être aux
policiers davantage portés vers l’approche totalitaire que
démocratique : “Taisez-vous
et faites le job que vous avez choisi et pour lequel la Société
civile vous paie grassement. Et si vous n’êtes pas satisfaits du
cadre légal à l’intérieur duquel vous devez enquêter, changez
de métier. Personne ne vous a obligés à devenir policier.”
Rapportons
deux autres opinions rafraîchissantes... Celle d’Honoré
Gevaudan,
un flic français (Honoré Gevaudan – Flic : ou les vérités de la
police – Éditions JC Lattès) : «(…) Tant
pis si les enquêtes sont plus ardues et les résultats moins
efficaces ! Il
vaut mieux que le peuple se moque en riant des insuccès de ses flics
plutôt qu'il admire en frissonnant leurs terribles infaillibilités
et leurs angoissantes perfections.»
Et
celle-ci de je ne sais plus quel auteur : «Pourtant,
il n’y a rien de ridicule dans le fait que la police rate certaines
opérations ou des enquêtes. Il est de loin préférable qu’elle
en rate que de toutes les réussir, car
une police qui réussit tout ce qu’elle entreprend fait peur.»
Le
problème, c’est qu’elle
fait déjà peur.
Seuls ceux ayant vu la police en civil à l’œuvre sur le terrain
savent
exactement le danger qu’elle représente pour la démocratie.
Voilà pourquoi la Société civile ne peut tout lui donner ce
qu’elle réclame régulièrement dans les médias. Il y a même
urgence
démocratique de lui retirer certains de ses pouvoirs.
(Suite demain)
News du mercredi 18 Mars 2009
■ Obama continue d'aller de l'avant - Les États-Unis se joindront aux 66 pays signataires de la
déclaration de l'ONU dépénalisant l'homosexualité.
W. Bush, son précédateur, s'y était opposé.
■ Monopoly - Avec l'argent des citoyens.
■ Mes Archives-Vidéos en ligne - Elles sont dans la colonne de droite, 4e écran. Cliquez dessus
pour y avoir accès. Chaque jour, de nouvelles vidéos s'ajouteront
au sommet de la liste, qui s'allongera régulièrement. Chacune est
accompagnée d'un texte d'introduction, ce qui vous aidera dans le
choix de celles que vous visionnerez.
■ Un flic de la SQ : «Tu appelleras un avocat quand on aura fini avec toi» - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) La
Commission Poitras, au cours de ses audiences, permettait aux
citoyens d’émettre des griefs
à l’encontre de la Sûreté du Québec (SQ).
Elle a pu ainsi prendre connaissance d’un autre cas, survenu lui
aussi en 1994.
La
plaignante,
conjointe d’un accusé dans une affaire de vol qualifié, avait
déposé une plainte auprès du Comité de déontologie contre des
enquêteurs de la Sûreté du Québec. «Le
policier
(…) m’a
dit que je devais les suivre comme témoin».
Violation aussi de son
droit à l’avocat,
interdiction d’en contacter un par téléphone, un enquêteur le
lui enlève des mains : «Tu
appelleras un avocat quand on aura fini avec toi».
Intimidation
par des menaces d’accusations de complicité et de plusieurs vols,
d’une peine de prison, de
ne plus revoir sa fille avant longtemps.
Enquêteur lui
dictant le contenu d’une déclaration.
Se refusant d’écrire et d’avouer qu’elle est au courant que
son ami a participé à un vol, ce qu’elle nie du reste, on
la bouscule, la harcèle.
Interrogatoire de six ou sept heures. La
commissaire adjointe à la déontologie policière… rejettera la
plainte pour insuffisance de preuve.
La
Commission précise que le modus operandi dénoncé par la plaignante
ressemble
trop à d’autres affaires pour ne pas y voir un certain fondement.
C’est le cas typique d’un comportement inacceptable en matière
d’interrogatoire, que la personne soit arrêtée,
détenue, suspecte ou simplement rencontrée «pour
interrogatoire».
En
outre,
elle qualifie d’odieuse la pratique de la Sûreté du Québec à
l’encontre de femmes ayant de jeunes enfants. Ses
méthodes discrédites non seulement la Sûreté du Québec mais tous
les corps policiers et l’ensemble du système judiciaire.
(Suite
demain)
■ Un flic se plaint qu'on donne primauté à la défense pleine et entière à des criminels - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Et
la Sûreté
du Québec,
comment s’y est-elle adaptée depuis l’affaire Matticks? La
journaliste écrit que malgré plusieurs demandes d’entrevues, la
direction n’a
pas cru bon répondre dans les délais prévus.
Elle
a tout de même obtenue le témoignage de l’inspecteur chef
Jean-Guy
Gagnon,
de la direction des enquêtes à la police de l’île de Montréal :
«Quand
on dépose des accusations,
relate-t-il,
on sait maintenant qu’il y aura deux
procès :
celui de l’accusé,
mais avant toute chose, celui du
policier.
On ne lui permet plus la moindre faute. Ça donne une arme redoutable
aux criminels. (…) La
défense
passe l’enquête au peigne fin. Elle
déchire sa toge pour la moindre erreur,
déplore-t-il.
«Les
policiers non plus ne veulent pas condamner un innocent. Mais à
force de donner
primauté à la défense pleine et entière
(sic) à
des criminels,
on oublie complètement leurs victimes et leurs futures victimes. (…)
Le
crime est plus attrayant que jamais pour les gros caïds, dit-il.
Ils savent qu’en se payant une batterie d’avocats, ils
sauront bien trouver une petite faille…»
L’inspecteur
chef Gagnon n’en
avoue pas moins
qu’elle oblige les policiers à plus de professionnalisme, à
présenter des dossiers plus complets. Mais… «(…) on
travaille davantage avec les procureurs au fil de l’enquête. Tout
est devenu super complexe. On
ne veut pas gaspiller deux ans de travail et plusieurs millions de
dollars sur une simple erreur de droit.»
L’inspecteur
chef ne semble pas apprécier que l’obligation d’obtenir un
mandat s’étende sans cesse, précise la journaliste. «On
a l’impression de participer à une course à obstacle dont les
règles sont constamment changées en chemin! Les policiers en
perdent leur latin. Ils s’égarent dans un labyrinthe juridique
sans cesse plus complexe alors qu’ils doivent souvent
(agir) vite,
protéger des vies».
La
journaliste rappelle que jadis,
la
Cour
acceptait à peu près n’importe quel élément de preuve
pertinent. Depuis
la Charte, elle en a jeté plusieurs au panier, y compris des aveux,
parce qu’ils n’avaient pas été obtenus dans le respect des
règles et que les accepter aurait terni l’image de la justice.
(Suite demain)
News du mardi 17 Mars 2009
■ La
statue de la liberté - Couper ce
qui dépasse
dans la société pour que tout, absolument tout, soit propre,
propre, propre. La vie, avec ses petites saletés, dévitalisée,
quoi.
■ Montréal, dimanche 15, la manif annuelle contre la brutalité policière - Ainsi qu'il en est le cas chaque année : tirs de projectiles
divers, incendies mineurs, vitrines de commerces fracassées,
arrestations, accusations,
etc.
Il
n'y a jamais de suivi journalistique de ces événements déplorables
et immatures. À qui le vandalisme profite-t-il? Qui sont-ils, ceux qui sont détenus et seront accusés?
Qui sont-ils, ceux qui ont été relâchés sans accusations? Toute
cette info, c'est la police qui la détient. Si enquête
journalistique il y avait, on serait peut-être surpris des
résultats.
Quelques
jours avant l'événement, un média avait interrogé 2 ou 3 citoyens
masqués qui avaient l'intention de participer à la manif. Leur
propos ressemblaient à de la provocation, étaient potentiellement
violents.
Le journaliste à tout pris pour du cash, sans même se
donner la peine de vérifier leur identité : en tout cas, il ne l'a
pas indiqué dans son article. Ce qu'il aurait pu faire en leur
assurant l'anonymat absolu. Ce genre de nouvelle ou de reportage ne
veut absolument rien dire. Ce n'est pas du journalisme. Ça manque
trop de profondeur.
Et
aujourd'hui mardi 17, que lit-on? Le président Yves Francoeur
du syndicat des policiers de Montréal en profite pour vendre sa
salade : l'interdiction du masque lors d'une manif. Un hasard tombant
pile.
■ Stay Up!!! - Deux petits vieux décident de profiter
de la vie (04:40).
À cet âge, on a encore des besoins impérieux, vous savez. Y'a pas
de mal à se
faire du bien. Et ceux que ça dérange, n'ont qu'à regarder
ailleurs s'ils y sont.
■ Obama en furie : AIG, que les USA ont remis à flot, verse de gros bonus - Outrage aux citoyens qui ont contribué, de leurs impôts, à son
sauvetage, déclare-t-il. Il compte tout faire pour l'en empêcher.
Lisez l'article en français de la Canadian
Press.
PS
: Ce n'est pas un cas unique, il y a eu des antécédents.
■ France - Célébration du soixantième anniversaire des droits
de l'homme : c'est pas Chapleau de La Presse qui signerait ce
genre de caricatures. Il y en d'autres également ici,
et sur plusieurs pages. Les caricaturistes français ne ménagent
personne, eux.
■ Scandale : Blanche Neige devenue punk - Regardez la danser
(02:26) avec les 7 Nains. Elle soulève même sa robe : on voit ses
chevilles. Une vraie dévergondée. Les mauvaises langues prétendent
qu'elle partage le même lit qu'eux. Mais ça faut pas le dire aux
enfants, hein?
■ Harper se crispe lorsqu'il doit ou entend parler des droits de la personne - Sur un ton humoristique, mais basé sur des faits réels, Jean-Simon
Gagné,
du quotidien Le Soleil, écrit... Vous dites «droits
de la personne»,
et les conservateurs (de Stephen Harper) voient déferler des hippies
gorgés de LSD. Vous dites «libertés
fondamentales»
et ils voient les hordes d'Attila le roi des Huns pillant tout sur
leur passage...
■ Les droits des flics sont aussi importants que ceux des citoyens - (Suite
tome
3
de L'Étau Policier) Le
juge Verdon
note que l’enquête de cinq mois de la Sûreté du Québec avait
produit des
résultats probants contre des citoyens
suspects mais
rien à l’encontre de policiers de Chambly.
«Malgré
l’importance des moyens mis en oeuvre, seuls avaient été
découverts quelques écarts et certains éléments susceptibles
d’alimenter les soupçons».
Il se pose la question : «Qu’espérait-on
obtenir d’une opération du genre…? (…)
Pour
simplifier, disons qu’à la Sûreté du Québec, on réalisait que
l’enquête n’avait pas donné les résultats escomptés et on
voyait dans cette opération la dernière chance d’en obtenir.»
Voyons
en le bilan final… En tout et partout, 6 policiers de
Chambly furent accusés. Deux, de complot et trafic d’une
drogue à usage contrôlé : ils furent libérés des
accusations. Deux, d’infractions relatives à la fraude :
ils furent acquittés. Un, de 25 chefs d’accusation dans le
cadre de la Loi sur les boissons alcooliques : il fut libéré.
Un seul a été déclaré coupable, de possession d’une arme
à autorisation restreinte, ailleurs qu’à l’endroit indiqué :
le tribunal lui accorda une absolution inconditionnelle.
(NDLR :
Ici, un bémol s’impose, des avocats de la Couronne font souvent
preuve de complaisance lorsqu’un flic est accusé d’un méfait.)
La Commission n’a pas enquêté cette affaire, s’inspire du
rapport du juge Verdon. Certains
argueront que la police de Chambly a été victime de techniques
policières qu’elle utilise probablement elle-même à l’encontre
de citoyens. C’est oublier que les droits sont universels et que
ceux des flics sont aussi importants que ceux des citoyens.
La
Commission, pour y revenir, n’hésite pas à qualifier cette vaste
entreprise de
recours abusif au pouvoir d’arrestation et de détention
ayant pour but de recueillir des éléments de preuve contre des
suspects. S’interroge sur la faiblesse du travail d’enquête,
préalable à une arrestation, des escouades de la Sûreté du
Québec.
Signale
qu’il existe, chez les policiers, une perception fondée sur
l’expérience, à l’effet que les
enquêteurs de ce corps policier ont «l’obligation»
d’obtenir des déclarations incriminantes.
Elle se base sur les témoignages de Richard
Renaud,
directeur de la police de la Ville de Québec ; de Richard
McGinnis,
assistant directeur responsable du Bureau des enquêtes criminelles
au sein de la police de l’île de Montréal ; et de Gaétan
Rivest,
ex-policier de la Sûreté du Québec. (Suite demain)
■ La Sûreté du Québec considère la Charte canadienne comme une entrave à son travail - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Au
cours de ce 20e
anniversaire, le quotidien La Presse a publié des articles
particulièrement éclairants… Certains se plaignent que la
Charte permet désormais aux juges de se substituer au législateur,
de faire la loi. (Marie-Claude Malboeuf –
La Presse du 13 avril 2002 )
Le
juge en chef de la Cour d’appel du Québec, Pierre
Michaud,
a mis les pendules à l’heure, rapporte la journaliste Marie-Claude
Malboeuf : «Les
juges
ne donnent pas leur opinion : ils ne
disent pas s’ils sont pour ou contre la loi, mais seulement si elle
est légale.
(…) Seuls
les tribunaux jouissent de l’indépendance véritable qui permet
d’affronter la controverse et l’impopularité, et de sanctionner
les
(atteintes aux) droits
et libertés des plus vulnérables».
Introduisons
aussi cette remarque de Philippe
Robert de Massy,
qui a longtemps œuvré à la Commission des droits de la personne et
des droits de la jeunesse (Charles Côté –
La Presse du 13 avril 2002) : «(La
Charte ) est la
loi des lois».
Sous la direction de la Cour suprême, les tribunaux ont précisé
dans quelles circonstances il est raisonnable pour un gouvernement
d’y porter atteinte, «dans
le cadre d’une société libre et démocratique».
Il faut, ont-ils dit, que l’atteinte soit raisonnable et
proportionnelle aux objectifs poursuivis.
Les
policiers, eux, émettent une tout autre opinion.
Ainsi cette citation du rapport de la Commission
Poitras
où les commissaires affirment que les policiers de la
Sûreté du Québec considèrent la Charte fédérale comme une
entrave à leur travail.
(NDLR : On peut en dire autant des policiers fédéraux et
municipaux.) Pourtant,
leur rôle est de promouvoir la loi, pas de la combattre,
signalent-ils avec justesse. L’article de la journaliste Malboeuf
confirme ce constat. Elle écrit que les policiers rêvaient de la
passer à la déchiqueteuse.
Les
avocats de la défense l’auraient
bien placardée à tous les coins de rues.
Vingt ans après son adoption, la tempête autour de la Charte
fédérale s’est un peu apaisée. Mais tandis que certains se
félicitent de vivre dans une «société
meilleure»,
d’autres
se demandent encore et toujours… à quel prix? (Suite
demain)
News du lundi 16 Mars 2009
■ Caricature - Le verre
de vin quotidien donnerait le cancer.
■ Des arrestations illégales de la Sûreté du Québec - (Suite tome
3 de
L'Étau Policier) Des
policiers procèdent à des
arrestations illégales, maquillées en «rencontres
pour interrogatoire».
À ce propos, l’opération
de la Sûreté du Québec
au poste de police de la municipalité de Chambly, le premier
septembre 1994, est
révélatrice.
Elle visait le démantèlement de réseaux de trafiquants de drogues
et la mise à jour d’activités illégales attribuées à certains
policiers de cette municipalité. (Rapport d’enquête du juge
Pierre Verdon sur l’intervention de la Sûreté du Québec , le
premier septembre 1994, au poste police de Chambly –
Québec, premier septembre 1995)
Voyons
les faits. Trois
policiers de Chambly sont arrêtés. On dénombre aussi 61 témoins
ou suspects potentiels : 40 citoyens, 17 policiers ou
ex-policiers de Chambly et 4 secrétaires ou ex-secrétaires. La
plupart sont transportés à des locaux de l’armée canadienne,
à Longue-Pointe, où ils font l’objet, selon la formule consacrée,
de «rencontres
pour interrogatoire».
Comment
qualifier cette méthode, sur le plan juridique, alors qu’aucun
d’eux n’est en état d’arrestation?
s’interroge la Commission Poitras.
Le
juge
Pierre Verdon,
qui a enquêté sur toute cette histoire, ne l’explique pas dans
son rapport, en raison des procédures criminelles, civiles et
déontologiques engagées à l’époque. Cependant, il
dresse la liste des conditions auxquelles ils ont été assujettis
:
interpellation
sans
préavis,
à six heures du matin ; information transmise par des policiers de
la Sûreté du Québec sur l’urgence et la gravité de la situation
; dans bien des cas, surveillance
des personnes avant le départ de leur domicile
; incitation à ne pas communiquer avec quiconque ; utilisation
exclusive des véhicules de la Sûreté du Québec pour les conduire
au lieu de l’interrogatoire et, dans la plupart des cas, sans
indiquer où on les amène ; et une fois sur place, chaque
personne escortée aux salles
où se tiennent les interrogatoires, salles réduites et closes ;
omission de leur préciser au préalable le but réel de
l’interrogatoire et de fournir une information fiable sur ce qui se
passe ; surveillance
continuelle des personnes
; absence de possibilité apparente de communiquer ; incertitude
entretenue quant à la durée de l’interrogatoire ; prétextes pour
retarder ou refuser que la personne puisse quitter les lieux ; etc.
Dans
ses commentaires, le juge
Verdon
s’étonne du témoignage des responsables de la Sûreté du Québec
qui prétendaient que seules les personnes arrêtées (3 policiers)
étaient détenues. Il est d’avis que «les
pouvoirs et devoirs d’un policier qui interpelle une personne,
ne serait-ce que pour l’interroger, sont
soumis à des règles juridiques qu’il ne peut ignorer,
en dépit de leur complexité ou de leur évolution dans le temps».
La
Fédération
des policiers municipaux du Québec
(FPMQ), à laquelle appartiennent les membres du corps de police de
Chambly, apporte
d’autres éléments.
La conjointe d’un policier qui était vêtue d’un simple t-shirt
et d’une petite culotte a dû s’habiller devant 4 ou 5 policiers
dans sa chambre, pourtant,
elle n’était pas en état d’arrestation.
Une autre conjointe a dû prendre sa douche devant une policière de
la Sûreté du Québec : difficile
de prétendre qu’elle était libre de ses mouvements.
Aucun appel téléphonique ne fut permis. Ce n’est que sur l’heure
du midi que quelques-uns furent autorisés à téléphoner.
Certains
firent l’objet de menaces et d’intimidation :
«Tu
vas coucher à
(la prison de) Tanguay
ce soir, tu ne verras pas ton fils avant huit ans»,
«ta
carrière est en jeu».
On
a même convaincu la conjointe d’un policier que celui-ci la
trompait,
on espérait ainsi qu’elle l’incriminerait. Elle en fut perturbée
au point où, durant l’interrogatoire, elle se demandait comment
elle pourrait arriver financièrement seule avec son fils de deux
ans. L’un d’eux a voulu quitter les lieux sur l’heure du midi,
on
a menacé de le… mettre en état d’arrestation.
(Suite demain)
■ Anniversaire de la Charte canadienne : aucun élu n'a demandé aux flics de la respecter - (Suite tome
2 de
L'Étau Policier) Près
de deux ans plus tard, le 15 avril 2002, le Canada célébrait les
vingt ans de sa propre Charte avec pas mal plus d’enthousiasme.
En
outre, Bloquistes
et péquistes,
deux partis indépendantistes, n’ont
pas voulu s’associer à l’événement.
C’eut été accepter du même coup le rapatriement de la
constitution par le gouvernement fédéral libéral de Trudeau en
1982 : la Charte a été intégrée à la constitution. On se
souvient que le Québec avait été la seule province à ne pas
signer l’entente sur son rapatriement. Bloquistes et Péquistes
avaient parfaitement le droit de refuser d’y participer.
Néanmoins,
ils
auraient dû s’y prendre autrement,
car ils n’ont pas dit aux Québécois ce qu’ils en pensaient.
Cela a créé un malaise parmi certains citoyens, qui firent une
autre lecture de leur refus, fondés ou non : bloquistes
et péquistes mettent-ils autant d’enthousiasme à défendre sur le
terrain la Charte canadienne que celle du Québec?
Question légitime, du fait que lors du débat sur la loi
antigang C-24,
en 2000 et 2001, ainsi qu’on la vu plus haut, ils
préconisaient le recours à sa clause dérogatoire.
Le
Canada avait conçu un programme étalé sur 12 mois afin de
souligner l’événement (Joël-Denis Bellavance –
La Presse du 13 avril 2002) : cérémonies,
documentaire
sur la Charte diffusé par la chaîne CPAC, débats
à la Chambre des communes, une vingtaine de conférences
prononcées à travers le pays et décrivant ses bienfaits. Le
ministre fédéral libéral de la Justice, Martin
Cauchon, avait fait distribuer dans des écoles 350 000
exemplaires d’une trousse d’information incluant notamment une
copie de la Charte.
( Alexandre Sirois –
La Presse du 18 avril 2002 )
À
quelques occasions, il s’est livré à de réconfortantes
déclarations publiques. On aurait aimé entendre aussi le
Solliciteur général du Canada, Lawrence McAuley, le grand patron de
toutes les polices du pays. Notons que personne,
incluant le premier ministre libéral Jean Chrétien lui-même, n’a
osé déclarer que le pays compte notamment sur une police
respectueuse des droits et libertés pour protéger et conserver les
acquis démocratiques.
Les
Canadiens apprécient-ils à sa juste valeur la Charte fédérale?
Semblerait bien, si l’on se fie à un sondage du Centre de
recherche et d’information sur le Canada effectué à la demande du
ministre Cauchon. Il démontre que 88%
des citoyens interrogés estiment qu’elle est une «bonne
chose pour le Canada»
et 72% qu’elle protège adéquatement les droits des Canadiens.
Ironiquement,
fait remarquer le journaliste Alexandre Sirois de La Presse dans son
article, c’est
au Québec,
qui n’a pas signé l’entente sur le rapatriement de la
constitution, où
l’on retrouve le taux d’appui le plus élevé au pays, soit 91%.
Ce pourcentage, rapporté par le journaliste, est franchement
étonnant.
Comment être vraiment certain de la valeur scientifique du sondage?
Car il est un fait avéré qu’une
minorité importante de citoyens ne l’apprécient pas.(Suite
demain)
News du dimanche 15 Mars 2009
■ Ottawa permet la pub athée dans les bus - Elle imite ainsi Montréal, Toronto et Calgary. Un seul refus
jusqu'à présent : Halifax. Lisez l'article de Radio-Canada.
PS
: Dans une pub du genre affichée dans des bus de Londres, on peut
lire : dieu n'existe probablement pas, cessez de vous inquiéter et
profitez de la vie. Est-ce manquer de respect à l'égard des
croyants? Non. On a droit à notre opinion et eux, à la leur.
Autrement on reviendrai au temps de Galilée
qui, parlant de la terre, disait : pourtant elle tourne.
■ L'ONU adresse un reproche au Canada dans l'affaire Maher Arar - En 2000, le Canadien Arar est arrêté aux USA à la suite de faux
renseignements transmis par la Gendarmerie royale du Canada (GRC),
qui le suspecte d'avoir un lien avec des terroristes. Déporté en
Syrie, il est emprisonné et torturé. À son retour au pays, une
commission d'enquête en rejette le bien fondé et le gouvernement
canadien doit lui verser un dédommagement d'environ 10 millions de
dollars.
Martin
Scheinin, rapporteur spécial de l'ONU sur la protection des droits
de l'homme, dénonce le partage d'informations entre service de
renseignement étrangers sans avoir prévu des moyens adéquats de
protection des droits de la personne.
En outre, toute sanction prise
à l'encontre d'un suspect ne devrait pas reposer sur la foi de
renseignements étrangers si la personne peut en contester la
crédibilité, l'exactitude et la fiabilité.
Enfin, il demande aux
pays alliés, dont le Canada, d'enquêter sur le rôle qu'ils ont
joué dans les cas de torture de suspects. Il leur recommande
d'adopter des mesures afin d'éviter la répétition de cas
semblables. (Source RCI)
■ Hier, Alain Bashung est décédé - On l'aimait tellement,
ce compositeur-interprète si différent des autres.
■ Comment le policier se protège d'accusations d'inconduites - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) La
police se protége d’accusations d’inconduites en
accusant le citoyen d’une faute qu’il n’a pas commise.
Selon Me Patrick
J. Knoll,
professeur à la Faculté de droit de l’Université de Calgary et
dont la recherche porte sur les pays occidentaux, il arrive
«fréquemment»
qu’un policier ayant abusé de ses pouvoirs lors d’une rencontre
ou de l’arrestation d’un citoyen porte
contre celui-ci une ou des accusations infondées
(Me Knoll cite Uildriks et Mastrigt). (Patrick J. Knoll, professeur à
la Faculté de droit de l’Université de Calgary, Canada -
Regard sur les affaires internes, les Perspectives internationales -
Commission Poitras)
Parmi
les délits de maquillage
les plus courants,
Me Knoll cite la résistance
à l’arrestation,
les voies
de fait sur
la personne du policier et le tapage, d’où le degré de force
utilisé, nécessaire dans les circonstances, arguera le policier (Me
Knoll cite Mollen, Perez). La logique
aberrante
derrière cette tactique, c’est l’établissement d’une défense
qui confère un sceau de légitimité
à l’inconduite du policier
impliqué (Me Knoll cite Perez).
Le
maquillage des faits est une activité pernicieuse
et malhonnête.
Il s’agit là, rapporte Me Knoll, d’une faute beaucoup plus grave
qu’une simple tentative d’éviter une inculpation d’inconduite.
Car cette activité illicite implique
une ou de fausses
mises en accusation
sous serment, un éventuel
parjure
lors d’un procès et en règle générale, un délit d’entrave
à la justice.
Elle place le citoyen dans une position précaire et constitue un
abus
flagrant d’autorité
(Me Knoll cite Perez).
Me
Knoll signale qu’«à
plusieurs occasions»,
des enquêteurs des Affaires internes de corps policiers ont cherché
à attaquer
les allégations d’inconduite contre des agents
en soumettant les citoyens plaignants à une enquête et à un examen
contre-indiqué (Me Knoll cite Wood, Uildriks et Mastrigt, Landau,
Freckelton). Cette pratique peut revêtir plusieurs
formes.
Une
première
approche consiste à faire grand cas de leurs condamnations
antérieures, et n’ayant aucun lien avec l’objet de l’enquête.
Dans la
deuxième,
on essaie de déterrer dans leur passé des antécédents de maladie
mentale. La
troisième,
on s’emploie à détruire leur crédibilité en les diffamant par
le biais d’entrevues avec d’anciennes connaissances. Attaques
aussi
de leur moralité et inclinations sociales, afin de les stigmatiser
(Me Knoll cite Wood, Uildriks et Mastrigt, Landau, Freckelton). On
va même jusqu’à se pencher sur leur passé sexuel
(Me Knoll cite Sunahara). (Suite
demain)
■ Droits et libertés : des gains qui demeurent fragiles - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) En
juin 2000, l’Assemblée nationale du Québec soulignait le
vingt-cinquième
anniversaire de la Charte québécoise
des droits et libertés, en présence de ceux à qui nous la devons,
dont le ministre libéral de la Justice du temps, Me Jérôme
Choquette,
alors membre du gouvernement Robert Bourassa. (Presse canadienne -
La Presse du 15 juin 2000) Elle a été adoptée à l’unanimité le
27
juin 1975.
Le
représentant de la Commission des droits de la personne et des
droits de la jeunesse, Me Claude
Filion,
estimait que ces
droits avaient progressé
depuis ce temps. (Presse canadienne -
La Presse du 26 juin 2000) Il affirmait, en outre, que les Québécois
avaient développé de
la tolérance,
bien que ces gains demeuraient fragiles. Ainsi, au cours de l’année
1999-2000, l’organisme avait reçu 883
plaintes
pour discrimination.
Le
pire,
de constater Me Filion, c’est que l’administration publique
et parapublique
était prise à partie dans 312 d’entre-elles, soit
35%.
Si les citoyens savaient ce qui se passe dans l’underground
policier du Québec, la
liste de plaintes
de Me Filion s’allongerait
pratiquement à l’infini.
(Suite demain)
News du samedi 14 Mars 2009
■ Festival des couleurs Célébration de l'arrivée du printemps
en Inde. Genre de fête où tout le monde s'amuse beaucoup dans la rue à
s'asperger d'eau colorée, se barbouiller le visage. 27 grandes photos dans la
même page. C'est à voir!
■ De vieux bâtiments délabrés, abandonnés... - …de
la saleté partout, des graffiteurs à l'œuvre, un cerf–volant, de
la musique, tout est un peu différent de ce qu'on voit
habituellement. D'où l'attrait pour cette
vidéo (03:54),
je dirais même son charme. Il y a un message aussi, comme tout est
en allemand... J'y comprends rien.
Autre
vidéo (05:47)
du même genre. Probable qu'il s'agit de citoyens sans logements,
squattant des édifices inhabités, dénonçant l'indifférence des
dirigeants à la situation, du système capitaliste aussi. On y voit
des flics en uniforme, des caméras...
■ Des coroners se plaignent de la partialité d'un corps policier lorsqu'il enquête sur un autre – (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Les
enquêtes internes sur des policiers fautifs sont
souvent suspectées de partialité.
En 1996 et 1997, rapporte la Commission Poitras, le ministère
québécois de la Sécurité publique dénombrait, à partir de
statistiques du Bureau du coroner, 30
(trente!) décès survenus au cour d’interventions policières,
dont 25 imputés à des corps policiers municipaux.
(La Commission Poitras cite une lettre de Florent Gagné, alors
sous-ministre à la Sécurité publique, datée du 10 septembre 1998
et adressée à Me Denis Coulombe.)
À
maintes reprises, des
coroners ont constaté des problèmes d’apparence de partialité
dans les enquêtes policières portant sur |