News du mardi 31 Mars 2009

  Shark-surfer - Jamais vu ça nulle part (01:35).

  Monaco - Manif anti paradis fiscaux (11:40), que nous devons à Phillippe Maréchal, l'un des correspondants de latelibre.fr. On rapporte qu'il y avait presque autant de policiers et d'hélicos que de manifestants. C'était en décembre dernier.

  «Comme ça t’es pas capable de conter des menteries, de faire un faux rapport» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Au cours du procès au palais de Justice de Granby, en novembre et décembre 1999, et présidé par juge Reynald Fréchette, Cloutier témoigne des pressions qu’il a subies de collègues de travail. Ainsi le 9 janvier 1997, revenant au poste de Cowansville après un congé de cinq jours, il est reçu par le délégué syndical Boileau, entouré de six ou sept autres policiers, dont Deragon qui ne travaille pas ce soir-là.

Dès son entrée, Boileau et Deragon l’auraient invité dans un petit bureau adjacent. Le torse bombé, Boileau se serait approché tout près de son visage en lui disant, à sa grande stupeur : «Comme ça t’es pas capable de conter des menteries, de faire un faux rapport». Cloutier affirme que Boileau aurait insisté pour qu’il laisse à Deragon la rédaction du rapport sur l’arrestation de la fille de Brodeur. Devant son refus, Boileau aurait tranché en ces termes : «Ok, on ne peut pas se mettre dans le trouble pour en sauver un autre».

Par la suite, suivant Cloutier, l’atmosphère au poste n’est plus la même. Deragon ne lui parle plus, Brodeur, père de Sophie, lui voue une haine viscérale, les autres policiers l’évitent, lui font des remarques désobligeantes. L’un d’eux lui aurait bloqué le chemin à la sortie du poste, on aurait obstrué les serrures de son véhicule, loger des appels anonymes à son domicile.

Le délégué syndical Boileau aurait aussi mis son grain de sel, lui reprochant, alors qu’ils font équipe ensemble dans une enquête, en mars, de prendre trop de notes : «Tu écris toujours trop, comme dans le dossier de Sophie Brodeur».

Et juste avant que la Sûreté du Québec n’amorce une enquête interne, il l’aurait appelé, lui conseillant de ne rien dire, ni écrire, et de s’en tenir à son rapport original : «Deragon va faire de même, et Sophie Brodeur va s’en sortir.» Cloutier raconte qu’il était tellement fâché qu’il lui a lancé un paquet de jurons. Boileau l’aurait mis en garde qu’il «pourrait se retrouver seul comme les gars dans l’affaire Matticks». (Suite demain)

  «US qu’on s’en va?» - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Wall-Mart, considérée comme la plus grande chaîne de magasins de la planète, avec ses 4 500 unités disséminés dans neuf pays, ses 1,3 million employés et son chiffre d’affaires annuel de 250 milliards – chiffres de 2003 –, achète de plus en plus ses produits dans des pays du tiers monde.

Tom Duesterberg, président de l’Alliance des industriels américains (MAPI), accuse les grandes chaînes comme elle ou celle de Home Depot de faire «pression sur leurs fournisseurs pour qu’ils produisent en Chine, ou s’adressent directement à des producteurs chinois». Les accuse d’être à l’origine du mouvement de déménagement vers la Chine. (Véronique Dupont, Agence France-Presse – La Presse du 14 novembre 2003)

Très payant d’aller fabriquer les biens de consommation dans le tiers-monde. Notons qu’une succursale montréalaise de Eaton, rue Ste-Catherine-Ouest, à Montréal, offrait à l’été 1998 des chemises pour hommes à 135$ l’unité, et confectionnées... au Pakistan pour une bouchée de pain. Mais ce n’est pas le seul secteur de biens de consommation touché…

Selon la journaliste Stéphanie Grammond de La Presse, la Chine a grugé beaucoup d’emplois manufacturiers aux pays occidentaux. (Stéphanie Grammond – La Presse du 6 décembre 2003) Ce que l’on ne réalise pas encore, c’est que l’Inde, avec sa population scolarisée, commence à en ravir dans le domaine des services.

Vital Proulx, vice-président d’Actions internationales chez Natcan, au Canada, lui a dit qu’ «en Inde, la croissance se fait par les cerveaux, et non par les bras». Ainsi, dans la région de Bangalone on dénombre 150 000 ingénieurs en technologie de l’information, contre seulement 120 000 dans Silicon Valley, en Californie, USA. Et 260 000 finissants sortent de l’école chaque année. Le salaire d’un ingénieur fraîchement diplômé en Inde est d’environ 10 000$US, huit fois moins qu’un diplômé américain. «US qu’on s’en va?» demande Proulx. (Suite demain)

News du lundi 30 Mars 2009

  France Inter : débat sur le projet de loi Hadopi de Sarkozy - Entre Pascal Negre, pdg d'Universal Music France, et Françoise Benhamo, spécialiste de l'économie de la culture. Le débat (18:38) est alimenté par des appels téléphoniques.

À l'autre bout du fil, un type relate pirater, mais jamais n'achèterait de cd. En contre partie, ça lui fait découvrir des artistes. Et ses préférés, lorsqu'ils présentent des spectacles dans sa ville, il y assiste, donc achète un billet d'entrée. Negre commente : Je lui suggère d'aller sur le site de deezer où il pourra écouter gratuitement ses titres préférés.

Benhamo : La problématiques du piratage de titres, ce serait surtout un phénomène d'ados, qui n'ont pas les moyens d'en acheter en quantité. Negre réagit : L'abonnement exite. Notamment avec Orange et SFR, vous payez une certaine somme d'euros par mois et vous pouvez charger tout ce que vous voulez. Benhamo : Il faut généraliser ce système. On s'en sortira pas autrement.

PS : Nécessaire de protéger les droits d'auteurs, mais il y a la manière. Sarkozy, lui, adepte des solutions radicales, veut punir le pirate en lui coupant carrément la ligne donnant accès à l'Internet pendant un certain temps. On l'a vu, le Parlement européen a voté contre : le web est une importante source de connaissances diverses et on ne peut empêcher un citoyen d'y circuler. Pour un contexte plus élaboré, je vous réfère, voir plus bas, à la news du vendredi 27 mars titrée "La France de Sarkozy giflée par la liberté".

  Conséquences de la crise : patrons harcelant des employés pour les forcer à démissionner - Ça se passe en France, qui ne doit pas être une exception.

Selon Me Karine Martin-Staudohar (03:45), on cible surtout ceux qui coûtent trop chers à l'entreprise, dont des séniors. On utilise toutes sortes de moyens : surcharge de travail, isolement, humiliations, brimades, insultes, etc. On fait même appel à des gens de l'extérieur pour effectuer le sale boulot.

  Pas aisé pour un flic de dénoncer des collègues - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Plus haut, nous relations qu’en décembre 1999, au moment même où le ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard, annonçait sa réformette de la Sûreté du Québec, un procès faisait la une des médias : trois membres de ce corps policier avaient tenté de passer sous silence une accusation d’ivresse au volant impliquant la fille d’un de leurs collègues. Résumons-la en nous référant notamment à des articles du journaliste André Cédilot de La Presse. (André Cédilot – La Presse du 26 novembre et des 10, 20 et 23 décembre 1999)

Le premierjanvier 1997, Jean-François Cloutier et Pierre-Yves Deragon, tous deux du poste de Cowansville, dans les Cantons de l’Est, se rendent sur les lieux d’un accident, à Sutton. Sophie, fille de leur collègue Marcel Brodeur, est entrée en collision avec un autre véhicule, blessant trois de ses occupants. Cloutier reconnaît la voiture avant même de descendre de son auto-patrouille. Il constate que son haleine sent l’alcool, l’amène au poste, lui fait passer un alcootest. Son taux se situe entre 0.11 et 0.12, donc supérieur au taux interdit de .08.

À partir de ce moment, il subit d’énormes pressions. Son coéquipier n’est pas d’accord pour accuser la fille du collègue Brodeur. Pression aussi de ce dernier, qui lui téléphone, lui disant, courroucé : «Qu’est-ce que vous avez fait à ma fille, elle a un trou dans un genou et vous ne l’avez pas amenée à l’hôpital. Vous l’avez traitée comme une criminelle.» Il reçoit également sa visite au poste, Brodeur est frustré, agressif. Craignant les représailles de la confrérie, il panique, détruit sous ses yeux le certificat, le remplace par un faux de 0.08 et 0.07, et convenant mieux à Brodeur.

Peu après il se ravise, décide de maintenir sa dénonciation. Les pressions recommencent de plus belle. Mêle le délégué syndical Pierre Boileau se met de la partie, mais il refuse de céder. Le 24 avril 1997, il transmet son rapport au procureur de la Couronne de Cowansville. En décembre de la même année, le Sûreté du Québec enclenche une enquête interne. Sur le point d'être accusé d'entrave à la justice, Cloutier déballe toute l'histoire. Trois policiers sont alors accusés : Jean Deragon, son coéquipier du premier janvier 1997, ainsi que Marcel Brodeur et Pierre Boileau. (Suite demain)

  Des entreprises occidentales transfèrent des activités dans le tiers monde - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Regardons ce que cela donnait sur le terrain, au début des années 2000. D’après le Conseil régional de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) du Montréal Métropolitain, les méfaits de la mondialisation existent bel et bien. (Claude-V. Marsolais – La Presse du 8 juin 2001)

Des entreprises des pays occidentaux transfèrent dans le tiers monde des activités et font travailler des gens dans des conditions de misère. La FTQ cite des cas. Notamment dans l’industrie du vêtement où «Nike arrive au premier rang de l’exploitation.» Ses tenues de sport sont l’œuvre de travailleuses mexicaines et chinoises rémunérées 0,20¢US l’heure pour une journée de travail variant de 10 à 12 heures. Au printemps 2001, elle a congédié tous ceux qui avaient participé à un arrêt de travail.

Les chemises Wayne Gretzky, qui se vendent 24$, sont confectionnées par des Chinoises gagnant le même salaire horaire, et forcées de travailler 69 heures par semaines dans des enclaves fermées, sans possibilité de partir puisqu’on leur a retiré leurs pièces d’identité au moment de l’embauche.

Chemises et bermudas Tommy Hilfiger sont produits dans les îles Marianne du Nord par 50 000 femmes recrutées en Chine, qui doivent bosser 12 heures par jour, sept jours par semaine. Elles sont pratiquement prisonnières puisqu’on exige de celles voulant être rapatriées, le remboursement des frais de transport qui varient entre 2 000 et 7 000$.

Jeans et chandails Guess sont fabriqués dans les maquilladoras (entreprises) mexicaines. On y engage des femmes et des enfants au salaire de 4.50$US par jour. Les femmes, tenues de passer régulièrement des tests de grossesses, sont congédiées quand ils sont positifs.

Situés dans une zone de libre échange à la frontière mexicano-américaine, les maquilladoras comptent plus de 2000 entreprises, dont la majorité est américaine et qui oeuvrent dans plusieurs domaines (Gérard Verna, programme de maîtrise en gestion internationale, faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval, Québec, automne 2000) : automobile, informatique, chimie, pharmaceutique, etc. Les avantages de cette zone : proximité du marché nord américain, main d’œuvre abondante et bon marché, standards de santé, de sécurité au travail et d’environnement peu contraignants.

Juarez est la ville de la frontière qui accueille le plus de maquilladoras (Journal l’Humanité du 4 mars 2000) : 350 qui emploient plus de 250 000 personnes. Sur l’ensemble de la frontière, on recense 1,1 million de personnes qui y travaillent, un chiffre qui progresse au rythme de 10% chaque année. Le rapport des salaires, à travail identique, avec les États-Unis, où le salaire minimum est de 5.25 dollars l’heure, est d’un à cinq à un et huit selon les usines. D’après les estimations de divers militants syndicaux et associatifs de la ville, environ 10% des ouvrières ont moins de seize ans, l’âge légal pour travailler au Mexique. (Suite demain)

News du dimanche 29 Mars 2009

L'entrevue intégrale de DSK à l'émission "À vous de juger" est disponible – Enfin! se dit-on. Il en aura fallu du temps, l'entrevue sur france2 s'est tout de même déroulée jeudi et nous sommes dimanche.

DSK? Un raccourci de Dominique Strauss-Kahn, dg du Fonds Monétaire International (FMI). L'homme qui possède une vision mondiale de la crise financière va nous expliquer la situation d'A à Z en 1H35 minutes. De surcroît de la gauche, avec la conscience sociale conséquente, et super intéressant.

La durée de l'émission étant de 2H29, sa deuxième partie est notamment consacrée aux patrons qui encaissent des millions$ : dans la page s'affichant, la vidéo est au sommet de la colonne de droite.

Nous sommes tous touchés par la crise, alors faut savoir ce qui se passe et comment et dans quel état nous allons nous en sortir. Je vous fais grâce d'un contexte plus élaboré : plus bas, dans mes ACTUALITÉS, vendredi 27 mars, lisez l'article titré "Selon DSK, reprise possible de l'économie des 2010".

  En Suisse, paradis fiscal, des pauvres font les poubelles des grands marchés – Je vous ai déjà présenté une vidéo traitant de la classe moyenne de ce pays où près de 50% des citoyens ne sont pas assez riches pour arriver à joindre les deux bouts et pas assez pauvres pour être aidés par l'État. L'un des intervenants se demandait : où va l'argent?

Aujourd'hui, vous allez voir (vidéo 29:04) de vrais pauvres farfouiller dans des conteneurs à la recherche de denrées invendues et encore comestibles. On n'arrive pas à croire que la Suisse, le coffre-fort de la planète, soit dans l'incapacité de mieux traiter ses démunis. Un gouvernement trop près du capital et pas assez du social?

  L'importance de la capote – Devrait-on utiliser le latin pour que le clergé catho comprenne? Question rigolote de streetreporters (01:12).

  L'Alberta inclurait dans sa charte les droits des homos – L'ex-premier ministre de cette province canadienne, Ralph Klein, s'y opposait. Michael Phair, ex-conseiller municipal et homo de son état, raconte qu'en 1992, de ses collègues craignaient de travailler avec lui.

La reconnaissance serait cependant symbolique puisque le Canada a adopté une loi à cette fin il y a une dizaine d'années. N'empêche que la nouvelle mérite d'être diffusée car elle illustre bien la mentalité prévalant dans cette province, qui évolue à la vitesse d'un escargot. Reportage vidéo de Radio-Canada (01:35) : l'écran prend quelques secondes avant de s'animer.

On est moins scrupuleux, dans cette province, sur le désastre écologique qu'entraîne l'exploitation des sables bitumineux.

  Échec de Sarko à l'UE – Malheureusement pour lui, heureusement pour les Français, l'accès à l'Internet n'est pas une simple "commodité", ainsi qu'il le prétendait. Selon l'Union européenne (UE), il est un droit inaliénable. Depuis, il ferait des cauchemars la nuit : caricature de clubic. (Voir plus bas la news de vendredi 27 mars : La France de Sarkozy giflée par la liberté)

Dans ce pays de l'UMP (Union pour un mouvement populaire), parti politique de droite, y a-t-il d'autres droits qu'on considère comme des commodités? Oui : on y resserre régulièrement les mâchoires de l'étau policier. Le démontre, notamment, le document publié par le parti socialiste : colonne du centre, plus bas, cliquez sur La France en libertés surveillées, la République en danger.

Toutefois, à lire en conservant son sens critique. On a pas le choix de s'y référer parce qu'à ce jour, il n'existe pas, à ma connaissance en tout cas, un ouvrage aussi complet traitant de la situation.

  Alain Landry, policier de Laval, suspendu 60 jours sans solde - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) En juillet 2000, Alain Landry de la police de Laval écope d’une suspension de 60 jours sans solde du Comité de déontologie, décision entérinée par la suite par le juge Claude Pothier de la Cour du Québec. (Marcel Laroche – La Presse du 20 juillet 2000)

Il avait consulté la mégabanque informatisée du Centre de renseignement policier du Québec (CRPQ) afin d’y chercher des éléments incriminants à l’encontre d’Yves McKenzie, un citoyen qui devait témoigner contre lui devant le Comité de déontologie dans une histoire de saisie d’armes. Utilisation du CRPQ à des fins personnelles, en somme.

Scrutant le dossier de McKenzie, Landry découvre qu’il est recherché pour bris de probation. Il alerte des collègues de l’île de Montréal, les informe que McKenzie, le plaignant dans une cause à son encontre, fait l’objet d’un mandat d’arrestation. Ceux-ci l’arrêtent alors qu’il s’apprête justement à témoigner... devant le comité. Cependant, ils doivent le relâcher une demi-heure après, le mandat contre McKenzie avait été annulé quelques semaines auparavant. (Suite demain)

  On a hypervalorisé l’économie, l’isolant des objectifs sociaux - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Mathieu constate, pour sa part, que la politique de la ville concerne des quartiers dont les caractéristiques socio-économiques expriment, sous diverses formes, la misère, dans une société qui exclut à tout va tous ceux dont l’économie performante n’a pas besoin. (Jean-Luc Mathieu – L’insécurité – Éditions Que sais-je?)

D’après lui, les sociétés occidentales ont hypervalorisé l’économie, l’isolant des objectifs sociaux. La croissance, du moins telle qu’elle a été pratiquée jusqu’ici (dans les années 1990), est incapable de résoudre les problèmes du chômage et de l’exclusion. Il faudrait un taux parfaitement irréaliste, pour espérer créer des emplois en nombre suffisant. D’autant que dans une société informatisée, la croissance détruit des emplois. Elle devrait être respectueuse des attentes humaines.

La pauvreté met en évidence les dysfonctionnements de notre société. On ne peut se contenter d’une solidarité qui vient au secours des pauvres, écrit-il. D’où la nécessité de construire une économie mondiale plus solidaire. De restaurer les liens sociaux et redonner une finalité humaine au monde en devenir. Elle implique une renaissance de la démocratie.

L’intégration sociale doit être la priorité pour la société, passer avant l’augmentation de la richesse matérielle, avant la préservation des chasses gardées. L’intégration par l’emploi principalement, mais aussi par la valorisation du travail non salarié, par la richesse des liens sociaux. L’auteur suggère notamment le travail partagé. (NDLR : Au Québec, du temps du premier ministre péquiste Lucien Bouchard, une tentative du genre a échouée.) L’intégration qui fait que chacun a un nom.

Mathieu soutient que le capitalisme mondialisé, en organisant la dérégulation et la compétition généralisée, est la principale cause de l’insécurité. (NDLR : Au Québec, les chantres de la pseudo police communautaire prétendent que c’est la criminalité.) La libération des échangespeut avoir et a eu des effets bénéfiques pour certaines catégories sociales dans certains pays. Elle peut générer aussi des effets néfastes pour d’autres et des majoritairement destructeurs sur des sociétés entières.

Le libre-échange a servi à justifier une guerre généralisée des grands groupes capitalistes qui l’ont utilisé pour étendre et accroître leur puissance. Ils ont développé leurs capacités de production notamment dans le tiers monde, là où elles permettaient de produire le moins cher possible. Pour fournir des biens à prix compétitif aux citoyens (des pays occidentaux) réduits... à leur fonction hypertrophiée de consommateurs. On a donc détruit des capacités de productions et des emplois partout où leur aptitude à faire face à la concurrence disparaissait ou s’amoindrissait. (Suite demain)

News du samedi 28 Mars 2009

  Pas fiables, les Affaires publiques de la SQ (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Un flic est beaucoup plus qu’un VIP (Very Important Person) car sa fonction comporte une liste impressionnante d’avantages auxquels le citoyen n’a pas droit. Voyons un exemple pigé dans le rapport Poitras.

Le cadre de l’action : la tempête de verglas de 1998, et les innombrables pannes d’électricité qui s’ensuivent. Une résidente de Franklin, Line Monette, dénonce son voisin, l’agent Martel de la Sûreté du Québec (SQ) : il a tiré profit de l’autorité que lui confère sa fonction pour convaincre Hydro-Québec de rebrancher sa résidence en priorité.

Le quotidien La Presse s’empare de l’affaire. Deux articles du journaliste Marc Thibodeau chapeautés des manchettes : Un policier de la Sûreté du Québec est accusé d’avoir été privilégié par Hydro (4 février 1998) ; dès le lendemain : Le flic rebranché avant sa voisine n’a rien à se reprocher, conclut la Sûreté du Québec. Le caporal Richard Bourdon déclare : «Pour nous, le dossier est clos».

Le lieutenant Robert Poëti, responsable du poste de Montréal-Métro de la Sûreté du Québec, chargé de l’enquête, explique qu’il a été rebranché avant ses voisins parce que les employés d’Hydro-Québec, qu’il escortait, étaient rendus dans son secteur.

Qu’en était-il vraiment de cette histoire? Pour le savoir, les commissaires de la Commission Poitras ont interrogé Paul Quirion, responsable des Affaires internes de ce corps policier. «(…) ça m’a frappé particulièrement (que Martel a été blanchi en moins de 24 heures), parce que la position dans les médias écrits, je sais pas si c’était la position réelle qui a été transmise par nos gens des affaires publiques, quant à moi, ç’avait aucun rapport avec la réalité.

«(…) j’ai rétabli les faits auprès du directeur des communications et du directeur général, en leur disant : “(…) ce qui a été publié dans le journal, ça correspond pas à la situation. La situation, c’est qu’il y a (…) une enquête qui a débuté, puis le portrait va arriver bientôt.” Pourquoi ç’a été diffusé ? (…) si c’est ça, le message qui a été diffusé, d’après moi, c’est une erreur.

«(…) Souvent le message qui est véhiculé par nos gens des Affaires publiques n’est pas nécessairement ce qui est reproduit. (…) Souvent, pour avoir vécu maints événements de nature opérationnelle, ou pour être impliqué dans des dossiers qui font la manchette régulièrement, des dossiers d’affaires internes, quand on lit les médias écrits le lendemain matin, on a la grande déception de voir que ç’a aucun rapport avec l’enquête qu’on conduit ou l’information qu’on a, nous autres, dans le dossier. Et des fois ça contribue (…) à améliorer notre image (celle de la Sûreté du Québec), généralement (…).»

De deux choses l’une, conclut la Commission, ou bien la transmission interne de l’information a été inadéquate entre le responsable de l’enquête et le service des relations publiques, ou bien le porte-parole a donné aux médias sa propre opinion de l’affaire, ce que la directive de la Sûreté du Québec proscrit.

Dans les milieux policiers, il est fréquent que l’on cherche à faire porter par les médias, au moins en partie, la responsabilité des inexactitudes des informations diffusées. À la vue des documents examinés, la Commission pense que la source d’inexactitude se situe plutôt à l’interne (de la Sûreté du Québec) : de policiers, autorisés ou non à le faire. (Suite demain)

  La société libérale porte en elle le ghetto (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Selon le sociologue Touraine, le propre d'une société libérale est que ceux qui n'y entrent pas deviennent inassimilables. (Citoyenneté et urbanité – Éditions Esprit – Ouvrage collectif, dont Alain Touraine) La société libérale porte en elle le ghetto. Aujourd'hui, vous êtes très clairement in ou out. Parce que si vous avez un handicap (chômage, manque d'argent, manque d'instruction ou manque de relations, trois éléments fondamentaux, selon lui) vous en avez probablement d'autres.

Et comme le peloton va de plus en plus vite, vous ne le rattraperez pas. Bref, pour emprunter sa métaphore, un marathon : en avant, des stars qui attirent l'attention du public ; au centre, un peloton qui court de plus en plus vite ; à l'arrière, ceux qui, mal nourris, mal équipés, victimes de claquages ou de crises cardiaques, sont exclus de la course.

Donzelot et Roman, eux, parlent d’un décrochage de la partie modernisée de la société qui s’opère sans utilisation de la partie inadaptée ni correction à cet égard. (Face à l’exclusion – Éditions Esprit – Ouvrage collectif, dont la participation de Donzelot) (Joël Roman – Le déplacement de la question sociale – Éditions Esprit) Ils estiment que c’est même cette indifférence qui suscite la violence. L’exclusion est la forme la plus radicale de l’anormalité.

De son côté, Roché affirme que les théories néolibérales se développent parce que la politique s’éloigne des problèmes de la vie quotidienne. (Sebastian Roché – Le sentiment d’insécurité – Éditions PUF) (Suite demain)

News du vendredi 27 Mars 2009

  Multiplication des capotesCaricature d'un pape dépassé par les événements.

  Obama innove en matière de communication – Hier jeudi, il a tenu un chat vidéo en direct avec de ses concitoyens. NetEco rapporte que plus de 104 000 questions lui auraient été adressées par 92 000 internautes. Notamment sur l'éventuel légalisation de la marijuana pour... stimuler l'économie. Évidemment, il n'a pu répondre à toutes.

Cette expérience démontre son vif intérêt à l'utilisation du numérique. Et surtout, à ce qu'il me semble, son besoin d'informer pas seulement avec les journalistes, les citoyens aussi. Sera-t-il le premier président de ce pays à agir de la sorte? L'avenir le dira. Si tel était le cas, il deviendrait un modèle à imiter par les autres dirigeants d'États, grands et petits.

La vidéo (01H13:49) que vous allez voir est sur le site de la Maison Blanche, dans la salle où s'est tenu le chat en direct : agrandissez l'écran, haute définition. Impressionnant, on est pas habitué à un président aussi volubile et proche du citoyen.

  La France de Sarkozy giflée par la liberté – Les droits fondamentaux doivent aussi s'appliquer sur l'Internet. Par une large majorité, le Parlement européen a statué, hier jeudi, que l'accès à l'Internet n'a pas à être bloqué par un État ou une société privée. En garantir l'accès équivaut à garantir l'accès à l'éducation.

La Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne (UE) ne mentionne pas directement l'accès à l'Internet, mais le "droit à la liberté d'expression". Ce droit comprend "la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques, et sans considération de frontières".

Sarkozy, on le sait, veut imposer en France son projet de loi Hadopi qui le suspendrait provisoirement dans le cas de téléchargements répétés sur les réseaux P2P. À la suite de ce vote à l'UE, s'il persistait malgré tout, il se trouverait en contradiction avec le droit européen.

PS : Mise en garde aux cyberflics de l'Occident, dont ceux de la Sûreté du Québec : vous n'avez le droit de saboter par exemple un site sans un mandat émis par un juge. Si vous vous faites pincer, vous êtes cuits.

  Selon DSK, reprise possible de l'économie dès 2010 – Dominique Strauss-Kahn (DSK), dg du Fond monétaire international, l'a déclaré hier à l'émission "À vous de juger", de france2 : autre texte ici.

Il y met cependant une condition : que les banques fassent le grand nettoyage des produits toxiques. Il y en aurait pour 2 300 milliards : est-ce que DSK parlait seulement de l'Occident ou de la planète? Cet assainissement du système financier aura pour effet de décongeler le crédit. Le tout se décidera lors de la tenue du G20, les 2 et 3 avril prochains, à Londres.

  Des policiers punis ne purgent pas leur sentence au complet - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Qui savait que les policiers écopant de journées de suspension du Comité de déontologie payaient leur dette à la Société civile en puisant dans leur banque individuelle de journées de congés payés accumulés ou de vacances annuelles, ou ne purgeaient pas leur sentence au complet?

Personne, sauf les intéressés eux-mêmes, leurs supérieurs hiérarchiques, dont les directeurs des corps policiers. Des responsables du Comité de déontologie et des membres du pouvoir politique, eux, étaient-ils au courant?

L’affaire est sortie du sac en avril 1998. (Christiane Desjardins La Presse du 8 juin 2001) Le contexte : un journaliste de Radio-Canada, dont j’ignore malheureusement le nom, révèle que deux policiers de l’île de Montréal, Michel Vadeboncoeur et André Lapointe, impliqués dans la mort de Richard Barnabé, sont retournés au travail bien avant que leurs jours de suspension sans traitement soient écoulés.

À la suite de ce reportage, le commissaire à la déontologie fait enquête et conteste en Cour supérieure le traitement (de faveur) dont les deux policiers ont bénéficié. N’a pas le choix, le commissaire, l’affaire a été… médiatisée.

En juin 2001, le juge Jean Crépeau stipule que le «directeur d’un corps policier n’a pas le pouvoir de réduire le nombre de journées de suspension sans traitement d’un policier, en partie ou en totalité, pour les remplacer par un nombre équivalent de journées de vacances ou de congés.» Il précise que la pratique est largement répandue au sein des corps policiers, particulièrement à la police de l’île de Montréal. Il ajoute que le commissaire à la déontologie lui-même a «toujours fermé les yeux ou ignoré qu’une telle pratique existait, ou omis de s’informer sur l’application des sanctions. (…) La loi doit s’appliquer à tous et dans la même mesure».

Depuis l’implantation du Comité de déontologie, combien de policiers et policières que l’on croyait suspendus sans solde étaient de fait en congé ou vacance payés? Pendant une décennie, on a leurré la population.

Le même phénomène existe à la Gendarmerie royale du Canada. Novembre 1998, la Presse canadienne rapporte le propos d’un enquêteur, François Lavigne, qui affirme avoir été contraint à maintes reprises de réécrire ses rapports, et d’en modifier les conclusions, lorsqu’il avait été établi que de ses policiers avaient commis une faute. L’ex-avocat général de la Commission des plaintes contre ce corps policier, Me Pierre-Yves Delage, confirme que le processus avait été entaché. Les ordres émanaient de Bertrand Giroux, décédé en septembre 1997. (Suite demain)

  Le pouvoir suscite chez ceux qui le détiennent une certaine extase - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Pour sa part, Bonnemaison a identifié au moins deux carences (Gilbert Bonnemaison – La sécurité en libertés – Éditions Syros : l'incapacité croissante des dispositifs sociaux à gérer les problèmes qui leur sont soumis ; les travailleurs sociaux à qui l'on reproche leur repli sur le secret professionnel et «leur discours psychologisant».

Apportons aussi ce constat de Defrance, un pédagogue (Bernard Defrance – La violence à l'école – Éditions Syros) : «Et quand cette socialité se reconstitue, tout est fait du côté des pouvoirs pour en entraver le développement.» On met ensemble des gens de sorte qu'ils ne soient pas ensemble. Le logement social est d'abord pensé comme un moyen privilégié d'hygiène sociale, de normalisation des comportements, de discipline des mœurs, selon les valeurs héritées de la bourgeoisie. Defrance est l’un des nombreux auteurs à poser ce diagnostique.

Comment expliciter davantage les interventions clandestines et illégales du pouvoir, bref, son étrange froideur? Certains auteurs, dont Lasierra et Lauret, croient que cette absence de générosité, ce défaut de solidarité humaine, semblent caractériser la psychologie de ceux qui détiennent le pouvoir. (Lasierra R. et Lauret JC – La torture et les pouvoirs – Éditions Ballano)

Tout indique en effet que le pouvoir suscite chez ceux qui le détiennent une certaine extase. Comme la vitesse, qui excite et soûle, et qui blesse et tue aussi. Des citoyens élevés à de hautes fonctions ministérielles après avoir été élus pour des raisons autres que celles qui nous les avaient fait choisir parmi les candidats en lice. Détournement à des fins idéologiques.

On dit qu’aucune société ne peut survivre sans un idéal. Respect des droits et non-violence physique et psychologique de l’État et de sa police en est un plus que valable. (Suite demain)

News du jeudi 26 Mars 2009

  BD érotiques – Rien de choquatif, que du normal. La liberté d'expression, c'est aussi ça. Colonne de droite, plusieurs pages sur lesquelles faut cliquer.

  Éteindre nos lumières le 28 mars à 20H30 ? - Afin de permettre à la planète de souffler un peu? Une campagne circule sur le web à cet effet. Suis pas d'accord.

Qu'est-ce qu'on va nous demander ensuite? De chauffer moins l'hiver, de porter gilet de laine, bottes et mitaines? Réduire nos heures de navigation sur le web? Prendre notre douche à l'eau glacée? Limiter le temps de cuisson des aliments? Trop d'écolos dans le paysage se comportent comme des curés et des petits vicaires hyper nerveux.

Il existe de mauvaises habitudes de vie plus importantes à remettre en question pour lutter efficacement contre le changement climatique. Adopter au plus vite l'énergie solaire et l'auto électrique, notamment.

  Un pays aux Palestiniens ?Obama le veut, mais en est-il capable? Ou est-ce rêver en couleur sur écran IMAX? Pendant qu'on attend la suite, Rafah, Gaza : deux fillettes palestiniennes sur le balcon de la maison où elles demeurent.

  Liste noire de la délinquance policière : une mise en garde s'impose - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Cette introduction à la liste noire de la délinquance de la police en uniforme étant complétée, le lecteur néophyte sera un peu mieux en mesure de démêler le vrai du faux des méfaits policiers qui suivent. Nous procéderons crescendo, depuis les cas anodins jusqu’à ceux donnant froid dans le dos. Les cas sélectionnés méritent d’être connus.

Dès le départ, une mise en garde s’impose. Dans les cas qui suivent, je fais peu état des policiers de la Sûreté du Québec et surtout des policiers municipaux des villes et villages aux populations réduites, incluant ceux relevant de MRC. C’est que tous ces flics travaillent surtout en civil. Les citoyens, ignorant leurs présence et méfaits, ne peuvent par conséquent porter des plaintes contre eux.

Cela étant, la police de l’île de Montréal, où plus d’agents circulent en uniforme, et de surcroît concentrés sur un territoire réduit, peut sembler plus délinquante que celle des autres corps policiers, dilués dans le reste du territoire du Québec. Alors, avertissement à retenir…(Suite demain)

  En matière sociale, le pouvoir combat ce qu'il ne contrôle pas - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Les sociologues Gaulejac, Bonetti et Fraisse soutiennent que l’ampleur des problèmes posés nécessite la création de nouveaux modes de gestion du développement social. (V. de Gaulejac, M. Bonetti, J. Fraisse – L'ingénierie sociale – Édition Syros) En France, d’après eux, ceux des organismes sociaux restent traditionnels, inadaptés malgré la lucidité de certains responsables. Ils font état des corporatismes qui, bien qu'en recul, restent prégnants et tendent à neutraliser les efforts accomplis.

Pour ces trois auteurs, l'ingénierie sociale semble la voie de l'avenir. Les résultats d'actions entreprises, ont-ils constaté sur le terrain, sont souvent tangibles : baisse des taux d'échec scolaire, insertion sociale et professionnelle.

À les lire, on réalise tout de même qu'il n'est pas aisé d'installer toute cette tuyauterie sociale. Plusieurs conditions doivent être réunies. Nécessaire et urgent, par exemple, que les élus comprennent que les politiques menées actuellement sont frileuses, inefficaces.

Les auteurs attribuent en partie, eux aussi, le déclin des mouvements sociaux et la destruction du tissu social, «à la suspicion des responsables politiques et institutionnels à l'égard des formes d'organisation collective qu'ils combattent quand ils ne sont pas sûrs de pouvoir les contrôler».

Or l'ingénierie sociale vise justement à reconstituer les réseaux de solidarité, à soutenir l'organisation collective des citoyens, à promouvoir de nouveaux leaders représentant les exclus. Autant d'actions qui, écrivent-ils, se heurtent fréquemment à l'emprise des responsables politiques : «Quant ceux-ci désertent les quartiers en crise, ils n'admettent pas pour autant que d'autres acteurs s’y substituent à eux», ont-ils constaté. (Suite demain)

News du mercredi 25 Mars 2009

  Paris : les travailleuses du sexe ont désormais une plateforme pour défendre leurs droits - Elles ont mis sur pied le Syndicat du travail sexuel (STRASS). On parle d'un événement historique. Ce qui était une utopie est devenue une réalité : on compte déjà une centaine de membres.

Un syndicat c'est le pouvoir de nous réapproprier la parole sur nous-mêmes, explique Nikita, et de faire pression sur les institutions et les politiques. Selon une autre intervenante, aujourd'hui, nous sommes là pour dire : nous voulons des droits. Nous vivons évidemment dans une zone de non-droit où règne une violence extraordinaire. Sans vacances, sans retraite. Citant le proxénétisme, le trafic des êtres humaines et la prostitution enfantine, elle ajoute : C'est à nous de nous emparer de ces thèmes et de lutter contre.

Pour mieux comprendre la problématique du non-droit, quelques sites à visiter : droits et prostitution, les putes.org, entrevue lors de la Pute Pride 2007.

  Après le troc, l'achat en groupes – L'idée n'est pas nouvelle, sauf qu'ici il s'agit d'une poignée de citoyens et non d'une organisation de plusieurs centaines de consommateurs négociant le prix de produits. Lorsque cinq ou dix personnes se présentent en même temps chez un commerçant pour acheter le même produit, il est plus facile d'obtenir un rabais qu'une personne seule.

Auparavant, un Français, qui courrait les soldes, a décidé d'utiliser cette tactique. Ça marche (02:30), mais pas partout. Autre vidéo (08:36) où on traite du Système D : pouvoir d'achat, achetez groupes. Il y a même un site web où on recrute des clients potentiels. Et ce n'est sans doute que le début.

  À la retraite d'un policier, la plainte contre lui devrait être maintenue - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Aux États-Unis, certains policiers – «Gypsy Cops» – sont passés maître en la matière. Démission ou retraite anticipée les immunisent contre les sanctions. Celles-ci n’étant pas inscrites dans leur dossier, ils peuvent ensuite offrir leurs services à d’autres corps policiers, qui n’ont aucune raison de s’en méfier.

«Certains services de police consentent à suspendre ou à retirer des accusations criminelles ou disciplinaires si l’agent sous enquête décide ou accepte de démissionner volontairement.» Me Knoll est d’avis que «si l’objet du litige porte sur des allégations d’inconduite grave ou de criminalité dénoncés par des citoyens, on doit alors recourir à une approche différente. Le service de police ou la division des Affaires internes ne doit, en aucun cas, tenter de négocier en offrant de ne pas porter d’accusation criminelle en échange d’une démission volontaire.»

La Commission Junger et Whitehead, qui a menée une enquête sur la police métropolitaine de Toronto, a condamné ces ententes, mais seulement dans les cas où des citoyens ont été victimes de l’arbitraire policier. (Pourquoi cette distinction?)

Pour sa part, la Commission Poitras s’oppose, dans le cas du policier possédant plusieurs années d’ancienneté, à ce qu’on retarde indûment le processus disciplinaire pour lui permettre de se retirer sans avoir été jugé et condamné.

Elle recommande au ministère québécois de la Justice qu’à la retraite, la plainte soit maintenue. Recommande aussi de protéger les avocats de la Couronne de toute ingérence dans le traitement des plaintes criminelles à l’encontre de policiers. Le ministère devrait informer la population des mesures prises, afin de l’assurer qu’aucune tractation douteuse ne protègera des policiers auteurs de crimes. (Suite demain)

  On ne peut plus se contenter du statu quo des OSBL - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) La principale caractéristique d’un organisme sans but lucratif (OSBL), à tout le moins de ceux servant des repas aux pauvres, ou leur distribuant des sacs de denrées ou les hébergeant, devrait être le fonctionnement démocratique. Ce sont ses usagés qui devraient élire les membres du conseil d’administration. Vis-à-vis la loi, les usagers devraient en être de facto les membres, en constituer l’assemblée générale.

Responsabiliser, c’est aussi favoriser l’intégration au sein du conseil d’administration. Les pauvres doivent en venir à la gestion de l’OSBL qu’ils fréquentent. Mettre fin au dirigisme de droit divin et à son corollaire, la discipline intimidante et dévalorisante. Les usagers, d’abord et avant tout. Sans eux, il n’y a plus d’organismes qui tiennent.

Les pauvres sont les seuls à pouvoir régler leur problème, n’ont pas besoin d’intermédiaires pour penser et décider à leur place. La Société civile ne peut plus se contenter d’OSBL dont la mission première est d’assurer la pérennité du statut quo et du conformisme.

Étonnant, tout de même, que cela n’ait pas encore été fait. Nuançons : à la fois oui et non, car les dirigeants de ces organismes tiennent mordicus au pouvoir. Ce sont eux qui les ont créés, ces organismes, qui en détiennent les lettres patentes de l’Inspecteur générale des institutions financières du Québec.

Alors, ils en sont les seuls maîtres à bord, après... le pouvoir et sa police dont ils sont les instruments, à peu près partout où ils opèrent. Ils peuvent même en fermer définitivement les portes. Sans préalablement consulter les usagers pour voir s’ils n’auraient pas des idées de sauvetage à proposer. En somme, sans se soucier de ce qu’ils deviendront. Pourtant, ces dirigeants vivent de la générosité publique et gouvernementale. Cet argent n’est pas le leur, mais celui de la Société civile. (Suite demain)

News du mardi 24 Mars 2009

  Jeunesse lève-toi – Texte et musique : Damien Saez (04:46). Vous pouvez opter pour la vidéo où les paroles défilent sur l'écran. Un auteur-interprète et instrumentiste français. En savoir plus sur lui.

  Co-développement : Françaises à la rescousse de Sénégalaises - Début janvier 2009, deux représentantes du collectif "Chez Nous", de Breil, en France, sont allées au village de Tianiaf, au Sénégal, afin d'aider un collectif de femmes de l'endroit à réaliser un jardin maraîcher.

Elles sont arrivées sur les lieux avec tout l'équipement nécessaire : brouette, arrosoir, pelle, semences... Sur la vidéo (05:49), le résultat du travail accompli + reggae superbe.

  Siné Hebdo – La Une du journal français mal élevé.

  Détroit, Michigan, USA : un cauchemar urbain – Amplifié par la crise récente des subprimes, parce que cela avait commencé bien avant. Plus précisément quand son industrie, fortement concurrencée par les aciéries coréennes et les voitures japonaises, s'était effondrée. Sa population avait alors périclité d'un million.

Certains comparent Détroit à ce qu'on voit dans le film de science-fiction réalisé par Ridley Scott en 1982 : Blade Runner. D'un côté, les nantis super protégés, de l'autre, les pauvres.

Voyons de quoi elle a l'air aujourd'hui. Le photographe Kevin Bauman nous en donne un petit aperçu en nous présentant près de 100 photos de maisons abandonnées. Elles ne semblent pas avoir été prises au cœur même de la Cité déchue, mais en périphérie.

  Le G20 d'avril, à Londres, ne règlerait pas tout - Selon bakchich, seuls les petits fraudeurs du fisc seraient ciblés, pas les multinationales. On estime que les petites banques suisses gèrent 80% des fortunes non déclarées. Les grandes banques privées, autour de 60%.

  SQ : démission ou retraite prématurée permettant d'éviter les sanctions - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) La retraite prématurée de policiers fautifs permet d’éviter les sanctions. La Commission Poitras a constaté que les policiers de la Sûreté du Québec (SQ) soupçonnés d’avoir commis une infraction criminelle ne font pas tous l’objet d’une enquête interne. En certaines occasions, ses dirigeants, bien que rapidement informés de tous les détails, s’abstiennent de commander une enquête criminelle pourtant requise, optant plutôt pour une affectation administrative.

La Commission a étudié tous les dossiers disciplinaires de l’année 1994, et découvert que 25 avaient pris leur retraite avant la fin du processus. Démission volontaire ou recours prématuré à la retraite permettent de se soustraire aux conséquences de leurs gestes. Peut-on y voir une certaine forme d’impunité? s’interroge la Commission.

Dirigeants de la Sûreté du Québec et de corps policiers municipaux du Québec ne sont pas les seuls de la planète à faire preuve de laxisme, de complaisance, ainsi que le rapporte Me Patrick J. Knoll, qui a effectué une étude sur les pays occidentaux, portant notamment sur ce sujet. (Patrick J. Knoll, professeur de droit à la Faculté de droit de l’Université de Calgary, Canada – Regard sur les affaires internes, Les Perspectives internationales, 25 août 1997 – Commission Poitras) (Suite demain)

  Impliquer les pauvres dans des projets valorisants - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Obligation et urgence il y a de donner la parole aux pauvres. Et commencer là où ils sont, notamment dans les organismes sans but lucratif (OSBL) qu’ils fréquentent déjà : Accueil Bonneau, Maison du Père, Armée du salut, Jeunesse au Soleil, Maison des amis du Plateau Mont-Royal, Comité social Centre-Sud, etc., tous ayant pignon sur rue à Montréal.

Elle est là, la véritable dépendance des pauvres. Elle n’est pas dans l’aide alimentaire, mais dans leur soumission inconditionnelle à ses dirigeants et l’acceptation du statut quo. Les OSBL devront ajouter cet élément à leur programme : donner la parole aux pauvres, les resocialiser.

Remplir l’estomac, même de denrées mal apprêtées et parfois peu comestibles, et souvent faibles en valeur nutritive, ne suffit pas. Donner un poisson, oui, mais en même temps une canne à pêche. Ainsi devrait-il en être des organismes du genre œuvrant partout dans le monde occidental. Leur donner la parole, les placer en situation de responsabilité, mais de quelle façon?

Si l’on prend le cas de la Maison des amis du Plateau Mont-Royal, par exemple en tenant chaque semaine une réunion où les usagers évalueront la qualité des services offerts, leur situation personnelle et collective, élaboreront des solutions pour l’améliorer : en 1998, j’ai constaté que cet endroit est la pire des tables des soupes populaires et restos communautaires. La réunion annoncée à l’avance et tenue sur les lieux même, immédiatement après le repas. Le droit de parole suppose aussi celui de dire vraiment ce que l’on pense, sans représailles éventuelles, directes ou indirectes.

Organiser également des activités, notamment des loisirs, monter et donner des spectacles dont les usagers seront à la fois maîtres d'œuvre et acteurs, et auxquels la population serait invitée. En ajoutant un prix d’entrée à ceux qui ont les moyens de payer, l’organisme aurait accès à une source de revenu additionnelle. Bref, les impliquer dans des projets valorisants. (Suite demain)

News du lundi 23 Mars 2009

  France : tribunal de l'enfance – Une émission diffusée sur Public Sénat, une chaîne française d'information politique. Thème : La justice des mineurs. Animateur : Benoît Duquesne (43:00). Intervenants : Marie Receveur, juge pour enfants ; Jean-Pierre Rosenczveig, président du tribunal pour enfants à Bobigny et auteur d'un livre sur le sujet (Pourquoi je suis devenu juge pour enfants, Éditions Bayard) ; Jean-François Launay, responsable de la communication à la protection judiciaire de la jeunesse ; Adrien Rivollier, réalisateur du documentaire Au tribunal de l'enfance. Plusieurs extraits du film sont présentés lors de l'émission.

Par exemple cette confession d'un petit garçon. Il pense que son papa l'a oublié. Le juge pour enfants l'interroge dans son cabinet : Et tu trouves ça dur? Réponse : Oui. T'es en mesure de dire à ton papa que tu as besoin de lui? Non, réponds le gamin. Pourquoi? Long silence, sans réponse. Être juge pour enfants, un job dur sur le plan émotionnel. Près de 50% abandonnent la fonction après 2 ans et demi ou moins.

L'animateur Duquesne : la société, elle évolue comment? Réponse d'un juge : La famille n'est pas morte. Avant, c'était des parents absents, des parents maltraitants. Aujourd'hui, il y a de plus en plus de parents en souffrance, qui font souffrir leurs gosses. Hautement en souffrance et qui n'en sont pas toujours conscients.

Avant, c'était sur des conflits éducatifs, des conflits de valeurs. Dans les années 1970, un père avait dit au juge : vous n'avez pas le droit d'intervenir, ma fille m'appartient jusqu'à l'âge de 21 ans. Maintenant, c'est des parents qui n'arrive pas à gérer leur vie, à imposer leur autorité parentale.

On traite aussi, vers la fin, de la réforme pénale des mineurs, des changements que le gouvernement français apportera à la loi de 1945 : encore en chantier, mais soulevant déjà beaucoup d'inquiétude, notamment à l'UNICEF France (Lisez plus bas mon article du samedi 21 mars).

Question de l'animateur : est-ce que la loi sera plus répressive qu'avant? L'amendement de 2007 a changé des choses, lui dit le fonctionnaire Launey, sans répondre à sa question. La réforme établira un âge à partir duquel le mineur sera considéré comme étant responsable de ses actes. (NDLR : On parle de...13 ans)

  Africa – Pauvre Africa !

  Même l'ONUSIDA intervient dans un communiqué - Mais sans faire allusion à la déclaration du pape. «La prévention est le fondement de la riposte au sida. Les préservatifs sont une composante essentielle et font partie intégrante de programmes complets de prévention et de soins, et il faut accélérer leur promotion». Encore beaucoup plus d'infos ici.

  Les évêques du Québec appuient le pape anti-capote – Louis Dicaire, évêque auxiliaire au diocèse de St-Jean-Longueuil, attribue le tollé contre la déclaration du pape à la libéralisation des mœurs sexuelles qui est presque devenue une religion en Europe et en Amérique du Nord.

PS : J'y vois un certain lien de parenté avec les témoins de Jéhovah interdisant la transfusion sanguine. Seule différence, l'église catho n'excommunie pas de ses ouailles utilisant le condom. N'empêche qu'en les influençant, elle contribue à propager le sida.

L'église a toujours eu des problèmes avec le sexe. Elle est contrôlée par des hommes célibataires vivant dans un autre monde que le nôtre. Et en contacte téléphonique quotidien avec dieu le père.

  Les informations attentatoires à la présomption d’innocence de la Sûreté du Québec - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Autre cas de désinformation des médias par la Sûreté du Québec : l’opération Brigade au poste de police de Chambly, le premier septembre 1994, que nous avons traitée en partie plus haut.

Ici, la désinformation se niche notamment dans les motifs allégués dans les mandats de perquisition. Le juge Pierre Verdon, dans son rapport sur cette affaire, fait remarquer que la Sûreté du Québec (SQ) avait «mis le paquet (…). (Rapport d’enquête du juge Pierre Verdon sur l’intervention de la SQ, premier septembre 1994, au poste police de Chambly – Québec, premier septembre 1995) En s’employant à tout relier à un vaste système de corruption et d’association avec des groupes criminels, qui aurait sévi au sein du corps de police de Chambly, elle a réussi à donner un portrait vraisemblablement alarmiste de la réalité».

Environ trois semaines après ce raid, la Fédération des policiers municipaux du Québec (FPMQ) dressait ce bilan, lors d’un point de presse : «La Sûreté du Québec a abreuvé les médias d’une multitude d’allégations, imputant aux policiers de Chambly une panoplie de délits très graves : trafic de stupéfiants, contrebande de cigarettes, trafic d’alcool, tenir une maison de débauche, trafic de stéroïdes, fraude à la CSST (Commission de la santé et de la sécurité au travail), recel, loterie illégale, fausse déclaration d’impôt, vente d’information du centre de renseignements policiers.

«Pour colorer le tout, on a dit qu’une partouze avait eu lieu au poste de police, ce qui est faux, que quatre policiers avaient assisté aux noces de la fille d’un chef de la mafia montréalaise, ou d’un caïd de la Rive-Sud, ce qui est faux. On a dit que les policiers de Chambly fermaient les yeux sur le trafic de la drogue, ce qui est faux. (…) La Sûreté du Québec s’est livrée à une campagne de salissage inimaginable.»

«Curieusement», signale la Commission Poitras, les médias étaient sur place dès le début de l’opération. Selon elle, aucun dossier d’enquête disciplinaire n’a été ouvert en sein de ce corps policier pour déterminer la source des fausses informations publiées par les médias ni même pour s’enquérir des circonstances pouvant expliquer leur présence.

Gaétan Rivest, l’ex-policier de la Sûreté du Québec, l’a longuement entretenue de l’utilisation que ce corps policier fait des médias dans la conduite de ses enquêtes : «Certains policiers nourrissent les médias d’informations attentatoires à la présomption d’innocence dans le but de mousser un complément d’enquête ou de diminuer l’accusé.» Ses propos confirmaient l’une des conclusions du Groupe de travail présidé par le juge Guérin et portant sur l’administration de la justice en matière criminelle. (Suite demain)

  Donner la parole aux populations exclues et dominées - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Explorons davantage le sujet en puisant dans le bouquin des sociologues français de Gaulejac, Bonetti et Fraisse. (V. de Gaulejac, M. Bonetti, J. Fraisse – L'ingénierie sociale – Édition Syros)

Ils ont constaté que «les populations exclues ou dominées» ne peuvent pas exprimer leurs problèmes et leurs revendications dans des formes classiques, par exemple à l’occasion de débats publics ou d’un échange de vive voix avec les représentants du pouvoir. Trop souvent, les travailleurs sociaux ou les représentants des associations peu représentatives s'expriment en leur lieu et place.

D'où leur conviction de la nécessité de créer de nouveaux dispositifs de communication où leur parole peut s'affirmer, et faire en sorte que les responsables d'institutions l’entendent, en tiennent compte. En aidant les exclus à s’exprimer sur la place publique, du même coup on les aide à rompre leur isolement, à dépasser leurs conflits internes et à se constituer comme force collective.

Les auteurs estiment que les manifestations de violence et le vandalisme seraient les moyens d'expression et de communication dont disposent ces populations lorsqu'elles ne peuvent se faire entendre autrement. La réaction des institutions à ces manifestations, qui, explicitent-ils, ne s'intéressent à ces populations que lorsque leur bruit trouble la léthargie sociale, en fournit une confirmation flagrante. (Suite demain)

News du dimanche 22 Mars 2009

  L'État nous regarde par le trou de la serrure – Un bon débat (23:04) autour d'un livre (Par le trou de la serrure, éditions Fayard) de Marcella Iacub, juriste, chercheur et auteur. L'État s'est immiscé dans la vie privée et les comportements sexuels pour mieux les gouverner et les réprimer. Iacub défend le droit à la prostitution, le mariage gay, la procréation artificielle.

PS : En visionnant ce débat, j'ai illico fait le lien avec ce qu'on vit au Québec, province du Canada. Et constaté, pour la nième fois, qu'en France ça discute fort à la télé sur un paquet de sujets, alors qu'ici c'est le calme plat. On entendrait une mouche voler...zzzz

  Le budget du comité de surveillance des activités de la GRC réduit de moitié? - Selon la Presse canadienne, cette Commission des plaintes du public (CPP) contre la Gendarmerie royale du Canada (GRC) serait obligée de réduire certaines de ses activités.

PS : Si le premier ministre conservateur Stephen Harper passe à l'acte, il démontrera le peu d'intérêt qu'il porte à la protection des citoyens canadiens contre les illégalités de ce corps policier. Un dossier à suivre de très près.

  Les grosses menteries aux médias du sergent Robert Poëti de la SQ - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Les cas où la police manipule les médias pullulent. La Commission Poitras en explore quelques uns, dont celui-ci. C’est l’histoire du policier de la Sûreté du Québec (SQ), Lacasse, affecté à la salle d’exhibitions, l’endroit où la police range tous les éléments de preuves de ses enquêtes, dont les saisies de drogues. En septembre 1994, Lacasse est pris en flagrant délit de vol de cocaïne, accusé et arrêté.

La Commission cite un article de la journaliste Stéphanie Alaire du Journal de Montréal et rapportant les propos que lui a tenus un responsable des relations avec les médias (Stéphane Alaire – Journal de Montréal du 3 septembre 1994) : «Lacasse aurait été pincé à sa toute première tentative de vol de drogue, croit le sergent Robert Poëti (de la Sûreté du Québec). Ce dernier indique qu’un système de sécurité comportant des caméras et des procédures strictes protègent la salle des pièces à conviction à Partenais

Première tentative de vol, disait le sergent Poëti à la journaliste. Pourtant l’enquête a révélé que Lacasse en avait subtilisé régulièrement pendant une période d’environ neuf mois. Caméras et procédures strictes, affirmait-il aussi à la journaliste. La Commission Poitras souligne que les informations de Poëti sur ces mesures de sécurité contredisent celles portées à sa connaissance lors de ses travaux sur l’affaire Matticks.

Ainsi, elle a cherché à comprendre comment l’enveloppe contenant les quatre télécopies litigieuses (les quatre preuves fabriquées qui ont fait avorter le procès contre le clan Matticks) avait bien pu être ouverte à la salle d’exhibitions, sans que la Sûreté du Québec ne soit en mesure de savoir ni quand, ni par qui. (Suite demain)

  On ne naît pas avec la solidarité citoyenne, elle s’apprend - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Comment conscientiser le citoyen à la nécessité de défendre ses droits et ceux des autres? Le Conseil supérieur de l’éducation, organisme canadien, dans son rapport annuel d’octobre 1998, se dit d’avis que l’éducation à la citoyenneté devrait se faire depuis l’école élémentaire jusqu’à l’Université, ainsi que via les instances municipales, syndicales, politiques et sociales. (Lia Lévesque, Presse canadienne – La Presse du 28 octobre 1998)

Il résume ce qu’il y aurait lieu d’apprendre, rapporte la journaliste Lia Lévesque de la Presse canadienne : la tolérance, à s’engager socialement, exercer un jugement critique, prendre publiquement la parole, accepter les différences, travailler en groupe, voilà autant de façons d’éduquer à la citoyenneté. «La pleine citoyenneté ne peut plus être considérée sans référence aux problèmes marquant fondamentalement le rapport qu’entretiennent les individus les uns avec les autres et avec l’État», soutient le Conseil.

Selon le chercheur Anctil, il faut promouvoir, encourager, soutenir la participation et l’exercice des responsabilités. (Hervé Anctil – Revue Notre-Dame de septembre 1999) Cependant, cet exercice doit toujours être un acte volontaire, jamais imposé. Autrement, il deviendrait oppressif et perdrait son essence même.

«C’est bien là, encore, la base de la vie démocratique, le premier rempart contre les atteintes aux droits de l’individu et contre les écarts toujours possibles de dirigeants mégalomanes, explique Anctil. C’est aussi, encore et toujours, l’une des façons les plus accessibles et les plus nobles de poser sa pierre dans l’édifice du monde. C’est cette citoyenneté complexe et généreuse qui donne vie à la démocratie. Les gouvernements doivent voir à mettre en place les conditions pour que tous et chacun dans la société, sans exception, soient en mesure d’exercer leurs responsabilités de citoyens, pour soutenir la participation civique.»

Thériault, professeur titulaire à la faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa, va dans le même sens. (J-Yvon Thériault Revue Notre-Dame de septembre 1999) L’enjeu de la citoyenneté moderne est de créer un espace politique qui réunit des gens différents. Il y a de plus en plus de gens qui, loin de s’intégrer différemment à la société, en sont tout simplement exclus. À ce moment-là, on a une société où les gens vivent dans des univers différents. Comment dès lors peuvent-ils se sentir solidaires, comment peuvent-ils appartenir à une même communauté politique? s’interroge l’auteur.

«Aujourd’hui, il peut y avoir exclusion pure et simple. Entre le patron et l’ouvrier, il y a le syndicat. Entre le chômeur et l’économie dominante, il n’y a rien. Les exclus n’ont plus de lieu de parole. Ils sont en déficit de citoyenneté.» De nos jours, il y a de projet possible de société que si on en discute publiquement. La citoyenneté ne va plus de soi. Elle doit être un contrat social librement accepté. Et cela suppose une parole publique suffisante, selon lui. On naît avec la solidarité familiale. On ne naît pas avec la solidarité citoyenne. La citoyenneté s’apprend. Elle se construit par la participation active des citoyens dans le domaine politique et dans la Société civile. (Suite demain)

News du samedi 21 Mars 2009

  ONU : journée internationale contre le racisme - L'article 1 de la Déclaration universelle des droits de l'homme : tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ban Ki-moon, secrétaire générale de l'ONU : «Il nous faut ensemble redoubler d'efforts pour mettre un terme à la discrimination raciale et à la xénophobie, où qu'elles se présentent»

Voyons un bel exemple local à imiter. Hier, plus de 1300 personnes ont défilées dans des rues de Val-d'Or, au Québec. Une initiative du Centre d'amitié autochtone de l'endroit. Point culminant d'une 9e semaine annuelle de sensibilisation à l'élimination de la discrimination raciale.

Comme par le passé, signale Édith Cloutier, directrice générale du Centre, le milieu scolaire a répondu massivement à l’invitation. La participation de centaines de jeunes à ce rassemblement, laisse présager du meilleur pour l’avenir de la ville. La lutte à la discrimination raciale nécessite un travail constant de la part de chacun.

Selon elle, Val-d'Or continue d'être une référence au plan national en cette matière. Elle est l'une des rares villes de cette taille à mener avec succès une campagne de cette envergure. Toutes proportions gardées, une manifestation de cette ampleur équivaudrait à déplacer plus de 75 000 personnes à Montréal dans un grand mouvement pacifique, et même festif, de solidarité.

  Confirmation de mon propos - Dans la news précédente, j'écris que Rachida Dati fait exactement ce que lui demande Nicolas Sarkozy. Et que la réforme pénale à l'encontre des mineurs vient de lui (00:53) et non d'elle.

  Alerte d'UNICEF France : tendance plus répressive à l'encontre des mineurs – Une mise en garde du Fond des Nations unies pour l'enfance (UNICEF : United Nations Children's Emergency Fund) à l'égard de la gardienne des Sceaux, en France, Rachida Dati, qui a dévoilé récemment les grandes lignes de la réforme pénale des mineurs.

La démarche de l'UNICEF France repose sur deux volets. Depuis 2 ans, ainsi qu'on peut le lire sur son site, l'organisme se mobilise pour exiger le respect d'une justice spécifique et adaptée aux enfants, en tenant compte de la Convention internationale des droits de l'enfant. Lors du deuxième volet, il a eu des entretiens vidéos avec 34 experts et personnalités.  

C'est notamment à la suite des opinions émises que l'organisme a décidé d'alerter les Français des risques de dérives vers une tendance plus répressive de la justice des mineurs : «Pour l'UNICEF, quel que soit son crime, un enfant délinquant c'est d'abord un enfant en danger. La justice se doit de le protéger.»

Plusieurs vidéos pour comprendre cet important dossier. D'abord, celle de l'UNICEF (00:45), qui est une réaction au projet de la réforme pénale. Ensuite, celles des 34 experts et personnalités. Sous les photos, la liste : suffit de cliquer sur un nom pour avoir accès à l'opinion vidéo d'un intervenant.

PS : Pointer du doigt la ministre Dati n'est pas viser la bonne cible. Car son rôle, ainsi qu'elle l'a déclaré récemment lors d'une entrevue vidéo, consiste à faire exactement ce que Nicolas Sarkozy lui demande. Le durcissement de la loi à l'encontre des enfants vient donc de lui.

Pourquoi protéger les enfants de France, alors qu'on habite au Québec? Qui nous dit que dans quelques années, de nos gouvernants, poussés dans le dos par la police, ne décideront pas de s'inspirer du modèle français? Je rappelle qu'à la fin de 1990 et au début des années 2000, le ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard (un démagogue pure laine), s'est largement inspiré du concept français de la police communautaire pour implanter la sienne au Québec.

  Afghanistan-Canada – 4 soldats canadiens ont été tués hier vendredi. Ce qui porte à 116 le nombre de victimes jusqu'à présent au sein de l'armée canadienne.

  Les journalistes qui sont les alliés de la Sûreté du Québec - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) La police, quelle qu’elle soit, désinforme souvent les médias. Quand l’affaire Matticks s’est enclenchée, en 1995, la Sûreté du Québec a mis au point une stratégie de communication afin d’ «atténuer les effets du message actuellement très négatif des médias écrits», rapporte l’anthropologue Brisson. (Geneviève Brisson, anthropologue – Analyse de la littérature corporative de la Sûreté du Québec, juillet 1998 – Étude présentée à la Commission Poitras)

Celle-ci se réfère notamment à des documents corporatifs produits par ce corps policier, dont celui intitulé Stratégie de la Sûreté du Québec 1996. Elle cite quelques passages : «La stratégie se résume à démontrer que les dirigeants de la Sûreté du Québec ont la situation bien en main et qu’il y a une volonté d’apporter les correctifs nécessaires pour éviter que les faits amenés à la connaissance du public se reproduisent de nouveau».

Les médias font alors l’objet d’une attention particulière. «La Sûreté du Québec cherchait-elle à les dompter?» se demande Brisson. «Ces relations de presse considèrent trois groupes d’intervenants, soit : les journalistes qui influencent l’opinion publique, les journalistes qui sont des alliés (sic) de la Sûreté du Québec et les experts qui sont invités par les médias à analyser la situation. Ces contacts utiles permettent alors de faciliter les communications avec les médias ».

Il s’agit de limiter ou de sélectionner les renseignements diffusés, «de contrôler l’information lors de situations critiques en pratiquant la discrétion maîtrisée». Les tribunaux auront à se pencher sur les faits, donc peuvent être influencés par les médias, d’où cette règle de la Sûreté du Québec, que Brisson écrit en lettres majuscules : «Le contexte juridique en cause nous oblige à commenter, avec une très grande prudence, les événements, et ce, même si l’interprétation qui en est tirée n’est pas toujours exacte (sic)».

(NDLR : La police diabolise, avant procès, des citoyens accusés. Par contre, lorsqu’un policier est accusé d’une illégalité, elle se garde bien de porter atteinte à sa présomption d’innocence.)

Un regard externe trop pénétrant n’est pas souhaité. Il est perçu comme une menace pour les dirigeants parce que des choix de gestion peuvent faire l’objet de critique dans les médias. Elle cite cet autre passage d’un document de ce corps policier : «Lorsqu’il est démontré (à la suite d’un procès, une commission d’enquête, ou autre) que certaines pratiques de la Sûreté du Québec ont été irrégulières dans un dossier précis et ont eu pour effet de faire avorter les procédures judiciaires ou de porter préjudice à des citoyens, la Sûreté du Québec se doit de reconnaître la faute professionnelle ». Là aussi, cependant, il faut mesurer le contenu de la déclaration : «Le message doit être rassurant : relativiser la faute professionnelle».

Brisson rapporte que la réussite de ces moyens est importante : le travail peut devenir difficile, voire impossible quand la réputation de l’organisation est sévèrement attaquée. (Suite demain)

  Silence et anonymat sont le pire ennemi du citoyen dont les droits sont bafoués - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Me Irwin Cotler, ex-professeur de droit à l’Université McGill, et ministre fédéral libéral de la Justice, relatait que le Russe Andreï Sakharov, quant il avait été libéré, disait (Yves Boisvert – La Presse du 13 décembre 2003) : «Je ne sais pas ce qui fait avancer les droits de l’homme, mais ce n’est certainement pas le silence.» Et Me Cotler d’ajouter : «Nous sommes tous, où que nous soyons, garants du destin de chacun.»

Celui-ci est reconnu comme un défenseur des droits de l’homme. Spécialisé en droit de la personne sur le scène internationale, il a défendu d’anciens prisonniers d’opinion. Outre Sakharov, de l’Académie des sciences de l’ex-URSS, au milieu des années 1960, Nelson Mandela, de l’Afrique du Sud, Jacobo Timmerman, de l’Amérique latine, et Muchtar Pakahan, de l’Asie. Sa nomination ministérielle, en décembre 2003, a fait bien des heureux, selon le journaliste Yves Boisvert de La Presse.

Le pire ennemi des citoyens dont les droits sont bafoués, c’est le silence et l’anonymat. Il est par conséquent capital d’informer la population de leur situation. «Même si l’on sait comme il est facile, pour quelqu’un dont les droits sont respectés, de ne pas voir les persécutions dont souffrent ses semblables.» Pour le moins déconcertante, «cette extraordinaire indifférence des gens, avant d’être persécutés à leur tour, pour les victimes, même quand il s’agit de personnes qu’ils connaissent bien».

Ces propos, que je cite de mémoire, les ai puisés dans un livre écrit par l’ex-président des États-Unis, Jimmy Carter, le premier dirigeant de ce pays à faire la promotion des droits de l’homme alors qu’il en occupait la fonction, et probablement le premier aussi dans le monde Occidentale. Il écrit qu’une Société civile libre «n’a pas meilleur argument, ou arme, que son attachement à la défense des droits fondamentaux. Elle se doit de tirer tout le parti possible de cet avantage». (Suite demain)

News du vendredi 20 Mars 2009

  Les dommages reliés à la construction d'un barrage hydroélectrique – Quoi qu'on en dise, ce n'est pas une énergie totalement propre car elle cause d'importants dommages dans les territoires ciblés, culturels et environnementaux. Avec l'arrivée du solaire, on en construira vraisemblablement de moins en moins.

Dans un petit documentaire de 12:58, des Cris de la Baie James, province de Québec, Canada, racontent comment la construction de barrages sur la rivière La Grande a affecté le territoire où ils habitent et leur mode de vie.

Il s'agissait d'un chantier d'une envergure incroyable. Au Québec, à l'époque, c'était le projet du siècle : cliquez sur le dernier hyperlien, vous verrez.

  Le troc, un avenir en ces temps de crise économique? - Les échanges d'objets, je ne sais pas s'ils sont courants en Occident, mais cela arrive. Je te tonne mon divan usagé et tu me donne les quatre chaises de ton sous-sol dont tu ne te sers plus.

On se souvient encore du mec qui avait commencé par troquer sur le web je ne sais plus quoi - était-ce une épingle? - et qui, en finale, avait obtenu une maison. Si ce cas est authentique, la maison devait être plus proche de la petite cabane que du château.

Dans un pub gastronomique du Norfolk, région de Londres, les clients peuvent échanger leur nourriture contre quelques pintes de bière. Ainsi ce pêcheur qui vient de prendre deux belles truites (02:47).

Quand l'argent vient à manquer, les gens apprennent à se débrouiller du mieux qu'ils peuvent. Isaac Isitan, l'auteur de cette vidéo (55:56), traite des initiatives communautaires alternatives et de réseaux parallèles de troc, deux stratégies de survie. Son terrain d'investigation : Argentine, Turquie et L'État de New York. En Argentine (03:03), le troc est populaire, cela remonte probablement bien avant la crise économique que ce pays a connu au début des années 2000. En Russie, il ferait un retour en force (05:32).

  Pour adultes avertis seulementPorno... Autre photo scandaleuse, sans condom en plus.

  Le policier défiant la loi du silence peut mettre sa vie en danger - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Cette «solidarité malsaine» prévaut également chez les officiers de la Sûreté du Québec, qui, eux, ne sont pas syndiqués. (Véronique Béguet, Geneviève Brisson et Sophie Morisset, anthropologues – Analyse du discours policiers lors de témoignages devant la Commission, juillet 1998 – Étude présentée à la Commission Poitras)

La Commission Poitras se réfère à l’une des trois anthropologues dont elle avait retenu les services, Geneviève Brisson, qui a analysé les témoignages rendus au cours de ses audiences par 21 policiers de la Sûreté du Québec. (Geneviève Brisson, anthropologue – Analyse de la littérature corporative de la Sûreté du Québec, juillet 1998 – Étude présentée à la Commission Poitras)

Les officiers et, jusqu’à un certain point, d’autres supérieurs hiérarchiques, sont habituellement impliqués dans les opérations policières. Les pressions issues de la solidarité peuvent donc aussi être ressenties par le gestionnaire, qui adopte alors les mêmes comportements que ses subalternes. Ne pas fermer les yeux sur les illégalités, se traduit trop souvent par l’expulsion du groupe. L’anthropologue écrit que «(…) le policier craint que, en défiant la loi du silence, il ne pourra pas compter sur ses collègues policiers lorsque sa vie sera en danger. »

Dans un document synthèse, les trois anthropologues, outre Brisson, Véronique Béguet et Sophie Morisset, soutiennent «que le policier commettant une erreur paye pour. Il va avoir les droits qui lui sont reconnus contractuellement, point. Le reste, il va faire face à la musique, aux procédures judiciaires (…)».

Elles n’en soulignent pas moins des variations dans le traitement des policiers accusés d’infractions ou d’actes criminels. «Certaines procédures comme la prise d’empreintes digitales et de photographies ont été aménagées de manière à garantir la plus grande discrétion aux policiers qui les subissaient. Notons que cette mesure est venue en réaction à une autre, plus favorable aux policiers encore, qui visaient à faire photos et prise d’empreintes ailleurs que dans le lieu habituel. Dans une autre situation, on a arrêté un policier au bureau plutôt que d’aller chez lui, dans sa famille. Il a pu dormir à son bureau plutôt qu’avec les autres détenus avant de comparaître le lendemain.»

Difficile de s’autopolicer quand un même corps est à la fois sa police et son juge, «deux chapeaux» pouvant mener à des conflits d’intérêts. (Suite demain)

  Chaque année, les citoyens doivent faire publiquement le point sur la démocratie - (Suite tome 2 de L'Étau Policier)  Brillante idée d’avoir souligné ces deux anniversaires. Mais à développer, car on ne peut se satisfaire de petites cérémonies à tous les quart de siècle, monopolisées en plus par le pouvoir politique, et de ses belles déclarations la main sur le coeur.

Il serait salutaire qu’une fois l’an, les citoyens, donc la Société civile exclusivement, dressent le bilan de la situation en matière de droits et libertés conférés par les Chartes canadienne et québécoise, au cours d’assises auxquelles la population serait conviée, et couvertes mur à mur par les médias.

Bilan annuel des cas où les deux Chartes ont triomphé du totalitarisme dans les différentes activités humaines, en insistant particulièrement sur celles du pouvoir politique et de sa police.

Bilan annuel aussi des cas où il a continué de sévir ou commencé d’émerger et proliférer en toute quiétude dans d’autres aspects de notre vie de tous les jours. Les auteurs des entorses aux Chartes dûment identifiés et dénoncés sur la place publique, l’objectif étant de monter à leur encontre des désapprobations... communautaires. Redonnons au vocable sa noblesse.

Assises annuelles suivies d’un défilé où les citoyens, peu importe leur statut social et tenue vestimentaire, reprendraient pacifiquement possession de l’espace public, qui leur appartient du reste : de l’attaché-case à l’homme en rose ou portant la tenue napoléonienne, en passant par la prostituée, l’ado à la coupe mohawk, les psychiatrisés, etc.

Et pourquoi pas? Portant des pancartes affichant la photo de ceux et celles, flics ou citoyens, hommes et femmes, qui se sont livrés aux atteintes les plus outrageantes au cours de l’année écoulée.

Les Chartes, plus en on parlera, plus elles seront respectées. Grand temps que les citoyens s’occupent enfin de leurs propres affaires. On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Retournons aussi contre le pouvoir et sa police déviante leur fameux maître mot panzer : la prévention. En vertu de quel principe “démocratique” devrait-on s’empêcher de prévenir ce volet de la criminalité policière et étatique? (Suite demain)

News du jeudi 19 Mars 2009

  De ce temps-ci, beaucoup de manifs en France - Dans un certain défilé, un participant a été créatif dans sa dénonciation. Une allusion à ce qu'a déjà dit Sarkozy à un agressif qui ne voulait pas lui serrer la main. Je la comprends pas parce que le con, c'était l'agressif, pas Sarko.

  L'état du cancer au Canada - Selon RCI, qui se réfère à Statistique Canada, ces 10 dernières années 695 000 Canadiens ont été atteints d'un cancer invasif. Trônent au sommet de la liste et dans l'ordre suivant : ceux du sein, de la prostate, du côlon et du rectum, du poumon et de la vessie. Il y en aurait de plus en plus.

PS : Encore la cigarette, j'imagine. Le trou dans la couche d'ozone aussi, n'est-ce-pas? J'utilise cette amorce parce que pendant des années et des années, la Société canadienne du cancer a tenu campagne contre la cigarette, en cachant sous le tapis la soupe chimique dans laquelle nous mijotons tous : monoxyde de carbone, produits chimiques toxiques partout, même dans l'alimentation. Pas un mot non plus sur le Canada qui laissait entrer au pays, sans les analyser, des produits potentiellement dangereux pour la santé. Cette société a perdu toute crédibilité.

La cigarette bouc-émissaire, l'écran de fumée cachant tout le reste. Au Québec, le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard a même créé, au début des années 2000, une ligne téléphonique délation sans frais, incluant sa police antitabac, pour épingler les fumeurs. Les stigmatiser, mais laisser la bride sur le cou aux fabricants de produits toxiques, notamment.

  La solidarité malsaine entre policiers est fréquente - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) La police ne peut s’autopolicer, c’est-à-dire porter deux chapeaux en même temps. La «solidarité malsaine» de policiers à l’endroit d’un ou de collègues accusés est fréquente.

La Commission Poitras cite deux articles du journaliste Serge Labrosse du Journal de Montréal, publiés les 9 et 10 février 1994, traitant de l’arrestation de trois policiers de la Sûreté du Québec pour brutalité et de leur comparution «entourés de collègues policiers».

Et de la «protection spéciale du corps policier lui-même» dont a bénéficié la policière, qui a pu quitter le palais de justice par la sortie des juges, ce que le journaliste qualifiait de «traitement de faveur. (…) Chacun sait en effet qu’aucun accusé, si incommodé soit-il par la présence des médias, n’est autorisé à quitter la salle d’audience en empruntant la sortie des juges, écrit-il.

«L’incident d’hier suscite d’autant plus de questionnement que la Sûreté du Québec a décidé de mener elle-même l’enquête criminelle sur les gestes de violence reprochés à ses policiers de Candiac, plutôt que de confier cette tâche à un autre corps policier, comme elle aurait pu le faire par souci de transparence.» (Suite demain)

  Taisez-vous ou changez de métier, personne ne vous a obligé à devenir policier - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) La journaliste cite deux avocats de la défense. Me Gilles Ouimet, selon qui les policiers exagèrent : «S’ils crient, c’est qu’ils n’aiment pas rendre des comptes. Il y a peut-être eu des dérapages, mais c’est normal dans un processus évolutif. Ce sont des cas isolés.»

Et Me Guy Cournoyer, qui estime que «les gens oublient que leur enfant pourrait être en cause. Quand un monsieur de Westmount arrive avec son fils qui s’est fait traiter comme un dangereux bandit parce qu’il fumait un joint, il trouve soudain que la Charte, c’est la plus belle chose du monde. (…) C’est sûr qu’elle n’a pas été administrée à doses homéopathiques. (…) Mais, le pire est passé. Au début, le droit à l’avocat, c’était la fin du monde, ça se plaidait sans arrêt. Maintenant, on n’en entend plus parler parce que les policiers savent ce qu’ils ont à faire.»

Témoignages aussi de deux avocats de la Couronne. Me Jean Lecours : «Les policiers ont compris qu’ils devaient rester dans la légalité en tout temps. Quand on fait bien son travail, on n’a pas peur de la Charte.» Et Me Yvan Desrosiers : «S’il y a une violation (des droits de l’accusé), il faut que la réparation profite à l’accusé puisque c’est son droit à lui qui est violé. C’est le prix à payer pour ne pas vivre, à long terme, dans une société à la Big Brother.»

Les propos de l’inspecteur chef Gagnon démontre qu’il ne faut pas se bercer d’illusions… Les policiers ne sont jamais contents, ils en veulent toujours plus, passent leur temps à râler dans les médias. Par exemple, ils voulaient avoir une nouvelle loi antigang, ils l’ont eue, malgré les pouvoirs considérables qu’ils possédaient déjà : la liste de ces pouvoirs est longue, sans oublier celle de leurs illégalités clandestines. Et depuis qu’ils ont pris connaissance des trois ou quatre projets de loi antiterrorisme du gouvernement fédéral libéral de Jean Chrétien, ils préfèrent son contenu à celui de la Loi antigang C-24.

Après avoir lu ce livre, des citoyens rétorqueront peut-être aux policiers davantage portés vers l’approche totalitaire que démocratique : “Taisez-vous et faites le job que vous avez choisi et pour lequel la Société civile vous paie grassement. Et si vous n’êtes pas satisfaits du cadre légal à l’intérieur duquel vous devez enquêter, changez de métier. Personne ne vous a obligés à devenir policier.

Rapportons deux autres opinions rafraîchissantes... Celle d’Honoré Gevaudan, un flic français (Honoré Gevaudan – Flic : ou les vérités de la police – Éditions JC Lattès) : «(…) Tant pis si les enquêtes sont plus ardues et les résultats moins efficaces ! Il vaut mieux que le peuple se moque en riant des insuccès de ses flics plutôt qu'il admire en frissonnant leurs terribles infaillibilités et leurs angoissantes perfections.»

Et celle-ci de je ne sais plus quel auteur : «Pourtant, il n’y a rien de ridicule dans le fait que la police rate certaines opérations ou des enquêtes. Il est de loin préférable qu’elle en rate que de toutes les réussir, car une police qui réussit tout ce qu’elle entreprend fait peur.»

Le problème, c’est qu’elle fait déjà peur. Seuls ceux ayant vu la police en civil à l’œuvre sur le terrain savent exactement le danger qu’elle représente pour la démocratie. Voilà pourquoi la Société civile ne peut tout lui donner ce qu’elle réclame régulièrement dans les médias. Il y a même urgence démocratique de lui retirer certains de ses pouvoirs. (Suite demain)

News du mercredi 18 Mars 2009

  Obama continue d'aller de l'avant - Les États-Unis se joindront aux 66 pays signataires de la déclaration de l'ONU dépénalisant l'homosexualité. W. Bush, son précédateur, s'y était opposé.

  Monopoly - Avec l'argent des citoyens.

  Mes Archives-Vidéos en ligne - Elles sont dans la colonne de droite, 4e écran. Cliquez dessus pour y avoir accès. Chaque jour, de nouvelles vidéos s'ajouteront au sommet de la liste, qui s'allongera régulièrement. Chacune est accompagnée d'un texte d'introduction, ce qui vous aidera dans le choix de celles que vous visionnerez.

  Un flic de la SQ : «Tu appelleras un avocat quand on aura fini avec toi» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) La Commission Poitras, au cours de ses audiences, permettait aux citoyens d’émettre des griefs à l’encontre de la Sûreté du Québec (SQ). Elle a pu ainsi prendre connaissance d’un autre cas, survenu lui aussi en 1994.

La plaignante, conjointe d’un accusé dans une affaire de vol qualifié, avait déposé une plainte auprès du Comité de déontologie contre des enquêteurs de la Sûreté du Québec. «Le policier (…) m’a dit que je devais les suivre comme témoin». Violation aussi de son droit à l’avocat, interdiction d’en contacter un par téléphone, un enquêteur le lui enlève des mains : «Tu appelleras un avocat quand on aura fini avec toi».

Intimidation par des menaces d’accusations de complicité et de plusieurs vols, d’une peine de prison, de ne plus revoir sa fille avant longtemps. Enquêteur lui dictant le contenu d’une déclaration. Se refusant d’écrire et d’avouer qu’elle est au courant que son ami a participé à un vol, ce qu’elle nie du reste, on la bouscule, la harcèle. Interrogatoire de six ou sept heures. La commissaire adjointe à la déontologie policière… rejettera la plainte pour insuffisance de preuve.

La Commission précise que le modus operandi dénoncé par la plaignante ressemble trop à d’autres affaires pour ne pas y voir un certain fondement. C’est le cas typique d’un comportement inacceptable en matière d’interrogatoire, que la personne soit arrêtée, détenue, suspecte ou simplement rencontrée «pour interrogatoire».

En outre, elle qualifie d’odieuse la pratique de la Sûreté du Québec à l’encontre de femmes ayant de jeunes enfants. Ses méthodes discrédites non seulement la Sûreté du Québec mais tous les corps policiers et l’ensemble du système judiciaire. (Suite demain)

  Un flic se plaint qu'on donne primauté à la défense pleine et entière à des criminels - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Et la Sûreté du Québec, comment s’y est-elle adaptée depuis l’affaire Matticks? La journaliste écrit que malgré plusieurs demandes d’entrevues, la direction n’a pas cru bon répondre dans les délais prévus.

Elle a tout de même obtenue le témoignage de l’inspecteur chef Jean-Guy Gagnon, de la direction des enquêtes à la police de l’île de Montréal : «Quand on dépose des accusations, relate-t-il, on sait maintenant qu’il y aura deux procès : celui de l’accusé, mais avant toute chose, celui du policier. On ne lui permet plus la moindre faute. Ça donne une arme redoutable aux criminels. (…) La défense passe l’enquête au peigne fin. Elle déchire sa toge pour la moindre erreur, déplore-t-il.

«Les policiers non plus ne veulent pas condamner un innocent. Mais à force de donner primauté à la défense pleine et entière (sic) à des criminels, on oublie complètement leurs victimes et leurs futures victimes. (…) Le crime est plus attrayant que jamais pour les gros caïds, dit-il. Ils savent qu’en se payant une batterie d’avocats, ils sauront bien trouver une petite faille»

L’inspecteur chef Gagnon n’en avoue pas moins qu’elle oblige les policiers à plus de professionnalisme, à présenter des dossiers plus complets. Mais… «(…) on travaille davantage avec les procureurs au fil de l’enquête. Tout est devenu super complexe. On ne veut pas gaspiller deux ans de travail et plusieurs millions de dollars sur une simple erreur de droit.»

L’inspecteur chef ne semble pas apprécier que l’obligation d’obtenir un mandat s’étende sans cesse, précise la journaliste. «On a l’impression de participer à une course à obstacle dont les règles sont constamment changées en chemin! Les policiers en perdent leur latin. Ils s’égarent dans un labyrinthe juridique sans cesse plus complexe alors qu’ils doivent souvent (agir) vite, protéger des vies».

La journaliste rappelle que jadis, la Cour acceptait à peu près n’importe quel élément de preuve pertinent. Depuis la Charte, elle en a jeté plusieurs au panier, y compris des aveux, parce qu’ils n’avaient pas été obtenus dans le respect des règles et que les accepter aurait terni l’image de la justice. (Suite demain)

News du mardi 17 Mars 2009

  La statue de la liberté - Couper ce qui dépasse dans la société pour que tout, absolument tout, soit propre, propre, propre. La vie, avec ses petites saletés, dévitalisée, quoi.

  Montréal, dimanche 15, la manif annuelle contre la brutalité policière - Ainsi qu'il en est le cas chaque année : tirs de projectiles divers, incendies mineurs, vitrines de commerces fracassées, arrestations, accusations, etc.

Il n'y a jamais de suivi journalistique de ces événements déplorables et immatures. À qui le vandalisme profite-t-il? Qui sont-ils, ceux qui sont détenus et seront accusés? Qui sont-ils, ceux qui ont été relâchés sans accusations? Toute cette info, c'est la police qui la détient. Si enquête journalistique il y avait, on serait peut-être surpris des résultats.

Quelques jours avant l'événement, un média avait interrogé 2 ou 3 citoyens masqués qui avaient l'intention de participer à la manif. Leur propos ressemblaient à de la provocation, étaient potentiellement violents.

Le journaliste à tout pris pour du cash, sans même se donner la peine de vérifier leur identité : en tout cas, il ne l'a pas indiqué dans son article. Ce qu'il aurait pu faire en leur assurant l'anonymat absolu. Ce genre de nouvelle ou de reportage ne veut absolument rien dire. Ce n'est pas du journalisme. Ça manque trop de profondeur.

Et aujourd'hui mardi 17, que lit-on? Le président Yves Francoeur du syndicat des policiers de Montréal en profite pour vendre sa salade : l'interdiction du masque lors d'une manif. Un hasard tombant pile.

  Stay Up!!! - Deux petits vieux décident de profiter de la vie (04:40). À cet âge, on a encore des besoins impérieux, vous savez. Y'a pas de mal à se faire du bien. Et ceux que ça dérange, n'ont qu'à regarder ailleurs s'ils y sont.

  Obama en furie : AIG, que les USA ont remis à flot, verse de gros bonus - Outrage aux citoyens qui ont contribué, de leurs impôts, à son sauvetage, déclare-t-il. Il compte tout faire pour l'en empêcher. Lisez l'article en français de la Canadian Press.

PS : Ce n'est pas un cas unique, il y a eu des antécédents.

  France - Célébration du soixantième anniversaire des droits de l'homme : c'est pas Chapleau de La Presse qui signerait ce genre de caricatures. Il y en d'autres également ici, et sur plusieurs pages. Les caricaturistes français ne ménagent personne, eux.

  Scandale : Blanche Neige devenue punk - Regardez la danser (02:26) avec les 7 Nains. Elle soulève même sa robe : on voit ses chevilles. Une vraie dévergondée. Les mauvaises langues prétendent qu'elle partage le même lit qu'eux. Mais ça faut pas le dire aux enfants, hein?

  Harper se crispe lorsqu'il doit ou entend parler des droits de la personne - Sur un ton humoristique, mais basé sur des faits réels, Jean-Simon Gagné, du quotidien Le Soleil, écrit... Vous dites «droits de la personne», et les conservateurs (de Stephen Harper) voient déferler des hippies gorgés de LSD. Vous dites «libertés fondamentales» et ils voient les hordes d'Attila le roi des Huns pillant tout sur leur passage...

  Les droits des flics sont aussi importants que ceux des citoyens - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le juge Verdon note que l’enquête de cinq mois de la Sûreté du Québec avait produit des résultats probants contre des citoyens suspects mais rien à l’encontre de policiers de Chambly.

«Malgré l’importance des moyens mis en oeuvre, seuls avaient été découverts quelques écarts et certains éléments susceptibles d’alimenter les soupçons». Il se pose la question : «Qu’espérait-on obtenir d’une opération du genre…? (…) Pour simplifier, disons qu’à la Sûreté du Québec, on réalisait que l’enquête n’avait pas donné les résultats escomptés et on voyait dans cette opération la dernière chance d’en obtenir.»

Voyons en le bilan final… En tout et partout, 6 policiers de Chambly furent accusés. Deux, de complot et trafic d’une drogue à usage contrôlé : ils furent libérés des accusations. Deux, d’infractions relatives à la fraude : ils furent acquittés. Un, de 25 chefs d’accusation dans le cadre de la Loi sur les boissons alcooliques : il fut libéré. Un seul a été déclaré coupable, de possession d’une arme à autorisation restreinte, ailleurs qu’à l’endroit indiqué : le tribunal lui accorda une absolution inconditionnelle.

(NDLR : Ici, un bémol s’impose, des avocats de la Couronne font souvent preuve de complaisance lorsqu’un flic est accusé d’un méfait.) La Commission n’a pas enquêté cette affaire, s’inspire du rapport du juge Verdon. Certains argueront que la police de Chambly a été victime de techniques policières qu’elle utilise probablement elle-même à l’encontre de citoyens. C’est oublier que les droits sont universels et que ceux des flics sont aussi importants que ceux des citoyens.

La Commission, pour y revenir, n’hésite pas à qualifier cette vaste entreprise de recours abusif au pouvoir d’arrestation et de détention ayant pour but de recueillir des éléments de preuve contre des suspects. S’interroge sur la faiblesse du travail d’enquête, préalable à une arrestation, des escouades de la Sûreté du Québec.

Signale qu’il existe, chez les policiers, une perception fondée sur l’expérience, à l’effet que les enquêteurs de ce corps policier ont «l’obligation» d’obtenir des déclarations incriminantes. Elle se base sur les témoignages de Richard Renaud, directeur de la police de la Ville de Québec ; de Richard McGinnis, assistant directeur responsable du Bureau des enquêtes criminelles au sein de la police de l’île de Montréal ; et de Gaétan Rivest, ex-policier de la Sûreté du Québec. (Suite demain)

  La Sûreté du Québec considère la Charte canadienne comme une entrave à son travail - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Au cours de ce 20e anniversaire, le quotidien La Presse a publié des articles particulièrement éclairants… Certains se plaignent que la Charte permet désormais aux juges de se substituer au législateur, de faire la loi. (Marie-Claude Malboeuf La Presse du 13 avril 2002 )

Le juge en chef de la Cour d’appel du Québec, Pierre Michaud, a mis les pendules à l’heure, rapporte la journaliste Marie-Claude Malboeuf  : «Les juges ne donnent pas leur opinion : ils ne disent pas s’ils sont pour ou contre la loi, mais seulement si elle est légale. (…) Seuls les tribunaux jouissent de l’indépendance véritable qui permet d’affronter la controverse et l’impopularité, et de sanctionner les (atteintes aux) droits et libertés des plus vulnérables».

Introduisons aussi cette remarque de Philippe Robert de Massy, qui a longtemps œuvré à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (Charles Côté La Presse du 13 avril 2002) : «(La Charte ) est la loi des lois». Sous la direction de la Cour suprême, les tribunaux ont précisé dans quelles circonstances il est raisonnable pour un gouvernement d’y porter atteinte, «dans le cadre d’une société libre et démocratique». Il faut, ont-ils dit, que l’atteinte soit raisonnable et proportionnelle aux objectifs poursuivis.

Les policiers, eux, émettent une tout autre opinion. Ainsi cette citation du rapport de la Commission Poitras où les commissaires affirment que les policiers de la Sûreté du Québec considèrent la Charte fédérale comme une entrave à leur travail. (NDLR : On peut en dire autant des policiers fédéraux et municipaux.) Pourtant, leur rôle est de promouvoir la loi, pas de la combattre, signalent-ils avec justesse. L’article de la journaliste Malboeuf confirme ce constat. Elle écrit que les policiers rêvaient de la passer à la déchiqueteuse.

Les avocats de la défense l’auraient bien placardée à tous les coins de rues. Vingt ans après son adoption, la tempête autour de la Charte fédérale s’est un peu apaisée. Mais tandis que certains se félicitent de vivre dans une «société meilleure», d’autres se demandent encore et toujours… à quel prix? (Suite demain)

News du lundi 16 Mars 2009

  Caricature - Le verre de vin quotidien donnerait le cancer.

  Des arrestations illégales de la Sûreté du Québec - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Des policiers procèdent à des arrestations illégales, maquillées en «rencontres pour interrogatoire». À ce propos, l’opération de la Sûreté du Québec au poste de police de la municipalité de Chambly, le premier septembre 1994, est révélatrice.

Elle visait le démantèlement de réseaux de trafiquants de drogues et la mise à jour d’activités illégales attribuées à certains policiers de cette municipalité. (Rapport d’enquête du juge Pierre Verdon sur l’intervention de la Sûreté du Québec , le premier septembre 1994, au poste police de Chambly Québec, premier septembre 1995)

Voyons les faits. Trois policiers de Chambly sont arrêtés. On dénombre aussi 61 témoins ou suspects potentiels : 40 citoyens, 17 policiers ou ex-policiers de Chambly et 4 secrétaires ou ex-secrétaires. La plupart sont transportés à des locaux de l’armée canadienne, à Longue-Pointe, où ils font l’objet, selon la formule consacrée, de «rencontres pour interrogatoire». Comment qualifier cette méthode, sur le plan juridique, alors qu’aucun d’eux n’est en état d’arrestation? s’interroge la Commission Poitras.

Le juge Pierre Verdon, qui a enquêté sur toute cette histoire, ne l’explique pas dans son rapport, en raison des procédures criminelles, civiles et déontologiques engagées à l’époque. Cependant, il dresse la liste des conditions auxquelles ils ont été assujettis :

interpellation sans préavis, à six heures du matin ; information transmise par des policiers de la Sûreté du Québec sur l’urgence et la gravité de la situation ; dans bien des cas, surveillance des personnes avant le départ de leur domicile ; incitation à ne pas communiquer avec quiconque ; utilisation exclusive des véhicules de la Sûreté du Québec pour les conduire au lieu de l’interrogatoire et, dans la plupart des cas, sans indiquer où on les amène ; et une fois sur place, chaque personne escortée aux salles où se tiennent les interrogatoires, salles réduites et closes ; omission de leur préciser au préalable le but réel de l’interrogatoire et de fournir une information fiable sur ce qui se passe ; surveillance continuelle des personnes ; absence de possibilité apparente de communiquer ; incertitude entretenue quant à la durée de l’interrogatoire ; prétextes pour retarder ou refuser que la personne puisse quitter les lieux ; etc.

Dans ses commentaires, le juge Verdon s’étonne du témoignage des responsables de la Sûreté du Québec qui prétendaient que seules les personnes arrêtées (3 policiers) étaient détenues. Il est d’avis que «les pouvoirs et devoirs d’un policier qui interpelle une personne, ne serait-ce que pour l’interroger, sont soumis à des règles juridiques qu’il ne peut ignorer, en dépit de leur complexité ou de leur évolution dans le temps».

La Fédération des policiers municipaux du Québec (FPMQ), à laquelle appartiennent les membres du corps de police de Chambly, apporte d’autres éléments. La conjointe d’un policier qui était vêtue d’un simple t-shirt et d’une petite culotte a dû s’habiller devant 4 ou 5 policiers dans sa chambre, pourtant, elle n’était pas en état d’arrestation. Une autre conjointe a dû prendre sa douche devant une policière de la Sûreté du Québec : difficile de prétendre qu’elle était libre de ses mouvements. Aucun appel téléphonique ne fut permis. Ce n’est que sur l’heure du midi que quelques-uns furent autorisés à téléphoner.

Certains firent l’objet de menaces et d’intimidation : «Tu vas coucher à (la prison de) Tanguay ce soir, tu ne verras pas ton fils avant huit ans», «ta carrière est en jeu». On a même convaincu la conjointe d’un policier que celui-ci la trompait, on espérait ainsi qu’elle l’incriminerait. Elle en fut perturbée au point où, durant l’interrogatoire, elle se demandait comment elle pourrait arriver financièrement seule avec son fils de deux ans. L’un d’eux a voulu quitter les lieux sur l’heure du midi, on a menacé de le… mettre en état d’arrestation. (Suite demain)

  Anniversaire de la Charte canadienne : aucun élu n'a demandé aux flics de la respecter - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Près de deux ans plus tard, le 15 avril 2002, le Canada célébrait les vingt ans de sa propre Charte avec pas mal plus d’enthousiasme.

En outre, Bloquistes et péquistes, deux partis indépendantistes, n’ont pas voulu s’associer à l’événement. C’eut été accepter du même coup le rapatriement de la constitution par le gouvernement fédéral libéral de Trudeau en 1982 : la Charte a été intégrée à la constitution. On se souvient que le Québec avait été la seule province à ne pas signer l’entente sur son rapatriement. Bloquistes et Péquistes avaient parfaitement le droit de refuser d’y participer.

Néanmoins, ils auraient dû s’y prendre autrement, car ils n’ont pas dit aux Québécois ce qu’ils en pensaient. Cela a créé un malaise parmi certains citoyens, qui firent une autre lecture de leur refus, fondés ou non : bloquistes et péquistes mettent-ils autant d’enthousiasme à défendre sur le terrain la Charte canadienne que celle du Québec? Question légitime, du fait que lors du débat sur la loi antigang C-24, en 2000 et 2001, ainsi qu’on la vu plus haut, ils préconisaient le recours à sa clause dérogatoire.

Le Canada avait conçu un programme étalé sur 12 mois afin de souligner l’événement (Joël-Denis Bellavance La Presse du 13 avril 2002) : cérémonies, documentaire sur la Charte diffusé par la chaîne CPAC, débats à la Chambre des communes, une vingtaine de conférences prononcées à travers le pays et décrivant ses bienfaits. Le ministre fédéral libéral de la Justice, Martin Cauchon, avait fait distribuer dans des écoles 350 000 exemplaires d’une trousse d’information incluant notamment une copie de la Charte. ( Alexandre Sirois La Presse du 18 avril 2002 )

À quelques occasions, il s’est livré à de réconfortantes déclarations publiques. On aurait aimé entendre aussi le Solliciteur général du Canada, Lawrence McAuley, le grand patron de toutes les polices du pays. Notons que personne, incluant le premier ministre libéral Jean Chrétien lui-même, n’a osé déclarer que le pays compte notamment sur une police respectueuse des droits et libertés pour protéger et conserver les acquis démocratiques.

Les Canadiens apprécient-ils à sa juste valeur la Charte fédérale? Semblerait bien, si l’on se fie à un sondage du Centre de recherche et d’information sur le Canada effectué à la demande du ministre Cauchon. Il démontre que 88% des citoyens interrogés estiment qu’elle est une «bonne chose pour le Canada» et 72% qu’elle protège adéquatement les droits des Canadiens.

Ironiquement, fait remarquer le journaliste Alexandre Sirois de La Presse dans son article, c’est au Québec, qui n’a pas signé l’entente sur le rapatriement de la constitution, où l’on retrouve le taux d’appui le plus élevé au pays, soit 91%. Ce pourcentage, rapporté par le journaliste, est franchement étonnant. Comment être vraiment certain de la valeur scientifique du sondage? Car il est un fait avéré qu’une minorité importante de citoyens ne l’apprécient pas.(Suite demain)

News du dimanche 15 Mars 2009

  Ottawa permet la pub athée dans les bus - Elle imite ainsi Montréal, Toronto et Calgary. Un seul refus jusqu'à présent : Halifax. Lisez l'article de Radio-Canada.

PS : Dans une pub du genre affichée dans des bus de Londres, on peut lire : dieu n'existe probablement pas, cessez de vous inquiéter et profitez de la vie. Est-ce manquer de respect à l'égard des croyants? Non. On a droit à notre opinion et eux, à la leur. Autrement on reviendrai au temps de Galilée qui, parlant de la terre, disait : pourtant elle tourne.

  L'ONU adresse un reproche au Canada dans l'affaire Maher Arar - En 2000, le Canadien Arar est arrêté aux USA à la suite de faux renseignements transmis par la Gendarmerie royale du Canada (GRC), qui le suspecte d'avoir un lien avec des terroristes. Déporté en Syrie, il est emprisonné et torturé. À son retour au pays, une commission d'enquête en rejette le bien fondé et le gouvernement canadien doit lui verser un dédommagement d'environ 10 millions de dollars.

Martin Scheinin, rapporteur spécial de l'ONU sur la protection des droits de l'homme, dénonce le partage d'informations entre service de renseignement étrangers sans avoir prévu des moyens adéquats de protection des droits de la personne.

En outre, toute sanction prise à l'encontre d'un suspect ne devrait pas reposer sur la foi de renseignements étrangers si la personne peut en contester la crédibilité, l'exactitude et la fiabilité.

Enfin, il demande aux pays alliés, dont le Canada, d'enquêter sur le rôle qu'ils ont joué dans les cas de torture de suspects. Il leur recommande d'adopter des mesures afin d'éviter la répétition de cas semblables. (Source RCI)

  Hier, Alain Bashung est décédé - On l'aimait tellement, ce compositeur-interprète si différent des autres.

  Comment le policier se protège d'accusations d'inconduites - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) La police se protége d’accusations d’inconduites en accusant le citoyen d’une faute qu’il n’a pas commise.

Selon Me Patrick J. Knoll, professeur à la Faculté de droit de l’Université de Calgary et dont la recherche porte sur les pays occidentaux, il arrive «fréquemment» qu’un policier ayant abusé de ses pouvoirs lors d’une rencontre ou de l’arrestation d’un citoyen porte contre celui-ci une ou des accusations infondées (Me Knoll cite Uildriks et Mastrigt). (Patrick J. Knoll, professeur à la Faculté de droit de l’Université de Calgary, Canada - Regard sur les affaires internes, les Perspectives internationales - Commission Poitras)

Parmi les délits de maquillage les plus courants, Me Knoll cite la résistance à l’arrestation, les voies de fait sur la personne du policier et le tapage, d’où le degré de force utilisé, nécessaire dans les circonstances, arguera le policier (Me Knoll cite Mollen, Perez). La logique aberrante derrière cette tactique, c’est l’établissement d’une défense qui confère un sceau de légitimité à l’inconduite du policier impliqué (Me Knoll cite Perez).

Le maquillage des faits est une activité pernicieuse et malhonnête. Il s’agit là, rapporte Me Knoll, d’une faute beaucoup plus grave qu’une simple tentative d’éviter une inculpation d’inconduite. Car cette activité illicite implique une ou de fausses mises en accusation sous serment, un éventuel parjure lors d’un procès et en règle générale, un délit d’entrave à la justice. Elle place le citoyen dans une position précaire et constitue un abus flagrant d’autorité (Me Knoll cite Perez).

Me Knoll signale qu’«à plusieurs occasions», des enquêteurs des Affaires internes de corps policiers ont cherché à attaquer les allégations d’inconduite contre des agents en soumettant les citoyens plaignants à une enquête et à un examen contre-indiqué (Me Knoll cite Wood, Uildriks et Mastrigt, Landau, Freckelton). Cette pratique peut revêtir plusieurs formes.

Une première approche consiste à faire grand cas de leurs condamnations antérieures, et n’ayant aucun lien avec l’objet de l’enquête. Dans la deuxième, on essaie de déterrer dans leur passé des antécédents de maladie mentale. La troisième, on s’emploie à détruire leur crédibilité en les diffamant par le biais d’entrevues avec d’anciennes connaissances. Attaques aussi de leur moralité et inclinations sociales, afin de les stigmatiser (Me Knoll cite Wood, Uildriks et Mastrigt, Landau, Freckelton). On va même jusqu’à se pencher sur leur passé sexuel (Me Knoll cite Sunahara). (Suite demain)

  Droits et libertés : des gains qui demeurent fragiles - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) En juin 2000, l’Assemblée nationale du Québec soulignait le vingt-cinquième anniversaire de la Charte québécoise des droits et libertés, en présence de ceux à qui nous la devons, dont le ministre libéral de la Justice du temps, Me Jérôme Choquette, alors membre du gouvernement Robert Bourassa. (Presse canadienne - La Presse du 15 juin 2000) Elle a été adoptée à l’unanimité le 27 juin 1975.

Le représentant de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, Me Claude Filion, estimait que ces droits avaient progressé depuis ce temps. (Presse canadienne - La Presse du 26 juin 2000) Il affirmait, en outre, que les Québécois avaient développé de la tolérance, bien que ces gains demeuraient fragiles. Ainsi, au cours de l’année 1999-2000, l’organisme avait reçu 883 plaintes pour discrimination.

Le pire, de constater Me Filion, c’est que l’administration publique et parapublique était prise à partie dans 312 d’entre-elles, soit 35%. Si les citoyens savaient ce qui se passe dans l’underground policier du Québec, la liste de plaintes de Me Filion s’allongerait pratiquement à l’infini. (Suite demain)

News du samedi 14 Mars 2009

  Festival des couleurs – Célébration de l'arrivée du printemps en Inde. Genre de fête où tout le monde s'amuse beaucoup dans la rue à s'asperger d'eau colorée, se barbouiller le visage. 27 grandes photos dans la même page. C'est à voir!

  De vieux bâtiments délabrés, abandonnés... - …de la saleté partout, des graffiteurs à l'œuvre, un cerf–volant, de la musique, tout est un peu différent de ce qu'on voit habituellement. D'où l'attrait pour cette vidéo (03:54), je dirais même son charme. Il y a un message aussi, comme tout est en allemand...  J'y comprends rien.

Autre vidéo (05:47) du même genre. Probable qu'il s'agit de citoyens sans logements, squattant des édifices inhabités, dénonçant l'indifférence des dirigeants à la situation, du système capitaliste aussi. On y voit des flics en uniforme, des caméras...

  Des coroners se plaignent de la partialité d'un corps policier lorsqu'il enquête sur un autre – (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Les enquêtes internes sur des policiers fautifs sont souvent suspectées de partialité. En 1996 et 1997, rapporte la Commission Poitras, le ministère québécois de la Sécurité publique dénombrait, à partir de statistiques du Bureau du coroner, 30 (trente!) décès survenus au cour d’interventions policières, dont 25 imputés à des corps policiers municipaux. (La Commission Poitras cite une lettre de Florent Gagné, alors sous-ministre à la Sécurité publique, datée du 10 septembre 1998 et adressée à Me Denis Coulombe.)

À maintes reprises, des coroners ont constaté des problèmes d’apparence de partialité dans les enquêtes policières portant sur