News du mercredi 31 Mars 2010

  Québec-budget 2010-2011 (2) – Après le premier coup d'œil d'hier, regardons ça de plus près. Afin d'atteindre le plus vite possible l'équilibre budgétaire, le gouvernement libéral de Jean Charest multiplie notamment les taxes, les coupures de services et dans l'embauche de fonctionnaires. Pour le moment, pas de création de richesse, on s'en occupera après.

Le prix de l'équilibre budgétaire. Le gouvernement "contribue" à hauteur de 62% (soit 6,9 milliards$), les contribuables 31% (3,5 milliards$), les entreprise 7% (800 millions$ – Alors que les contribuables paieront 4 fois plus. Le ministre québécois des Finances Raymond Bachand : les entreprises créent des emplois dont le Québec a besoin pour remplir ses coffres)

L'émission RDI Économie (vidéo 37:22) de Radio-Canada, diffusée hier soir à 18h20, nous fait un portrait complet de la situation : elle est ponctuées de pubs, pas le choix, faut faire avec. Les invités de l'animateur et journaliste Gérald Fillion : François Dupuis, vice-président et économiste en chef au Mouvement Desjardins, Stéphane Leblanc, fiscaliste chez Ernst & Young et le ministre des Finances Bachand.

  Wilson et Kelling et le modus operandi policier dans les quartiers - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) Les deux criminologues américains Wilson et Kelling nous donnent une toute petite idée du modus operandi policier, en nous entraînant dans une ronde policière. (André Normandeau -- Une police professionnelle de type communautaire -- Éditions du Méridien) Ils voulaient vérifier quelle était la définition de la loi et l'ordre que des policiers appliquaient sur le terrain.

Leur enquête s'est déroulée à Newark, dans l'État du New Jersey, au milieu des années 1970. Même si elle date un peu, ce témoignage conserve encore toute sa fraîcheur. Les méthodes policières n'ont pas changé : plus ça change, plus c'est pareil. De fait, deux éléments s'y sont greffés. Dans les années 1990, les nouvelles technologies de l'information, dont les mégabanques informatisées, et le fameux concept de la prétendue police communautaire. S'en est suivi une véritable mutation qui a décuplé, je ne sais par quel coefficient mais il est important, la capacité de la police de mâter la population, individu par individu.

Pour ces policiers, les habitants du quartier où ils patrouillaient se divisaient en deux catégories : les habitués (les «braves gens» et les «déviants») et les étrangers. Le rôle des policiers consistaient à surveiller ces derniers, tout en s'assurant que les habitués «peu recommandables» observent un certain nombre de règles tacites -- c'est-à-dire non-écrites, non-dites.

Ils considéraient les étrangers du secteur, sinon avec appréhension, en tout cas avec suspicion. Si une dispute éclatait entre un client et un commerçant, ils partaient du principe que le patron avait raison, surtout quand le client était un étranger. S'en trouvait-il un à traîner dans la rue? Ils lui demandait notamment ce qui motivait sa présence. Quand les réponses étaient jugées insatisfaisantes, ils lui intimaient l'ordre de dégager. Ceux qui ne respectaient pas les règles informelles -- non-écrites, non-dites -- se faisaient arrêter pour vagabondage. (NDLR : Notons que, aux yeux de l'autorité policière, un suspect est souvent un coupable contre lequel elle n'a aucune preuve matérielle.) (Suite demain)

  Pourquoi donc autant de civils dans le petit village de Lac Bouchette ? - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Comment expliquer l'omniprésence de tant de civils dans ce petit village de 1 370 citoyens? En 2002, ses prévisions budgétaires indiquaient que la sécurité publique -- la Sûreté du Québec -- coûterait aux citoyens 114 938$, contre 110 638$ l'année précédente. Même pas de quoi défrayer en totalité le salaire de 3 civils gagnant annuellement au minimum 45 000$. Pourtant, ils sont autrement plus nombreux, et de très loin. Qu'est-ce à dire?

Examinons deux hypothèses. Suivant les circonstances, la Sûreté du Québec ajouterait, à ses frais et à l'insu des municipalités qu'elle dessert, des effectifs en civil. Selon l'autre, Lac Bouchette, porte d'entrée et de sortie de la région du Lac St-Jean via la 155, nécessiterait plus de surveillance.

Enfin, cette info, que je tiens d'un civil : le village serait aussi un endroit stratégique où des civils, après avoir effectué leur quart de travail dans des villages et petites villes de la région, se replieraient chaque jour dans les maisons, apparts et chalets qu'ils y occupent, assurés de l'anonymat le plus complet. Village dortoir pour eux, en somme.

Manne inestimable pour les locateurs. J'en connais deux qui sont au courant, je comprends leur... fanatisme pour la police. Idem de certains commerçants. Pour eux, ces civils sont monétairement plus intéressants que les propriétaires de chalets demeurant à Ville de Saguenay, par exemple, et qu'ils voient seulement l'été, et encore davantage la fin de semaine que les autres jours. Alors que les civils sont ici à l'année longue, gagnent de bons salaires, achètent de l'épicerie, de l'essence, etc. Bon pour les tiroirs-caisses, et puissant stimulant pour la discipline marchande.

Un inspecteur de la municipalité de Lac Bouchette m'a déjà dit que les gens s'imaginent, parce que vivant dans un petit village et qu'on y trouve moins de policiers -- en uniforme -- qu'ailleurs, qu'ils peuvent se permettre de prendre à la légère lois et règlements. D'où la nécessité de leur serrer la vis, présumais-je de son propos. La Sûreté du Québec serait-elle plus sévère en milieu rural qu'urbain?

Une chose est certaine, il lui est beaucoup plus facile de noyauter une petite population homogène que le patchwork culturel d'une grande Cité. Une autre ne l'est pas moins : si elle avait la capacité de tailler comme une haie de cèdres tout ce qui dépasse en milieu fortement urbanisé, elle n'hésiterait pas. C'est dans sa nature. Dans ce milieu rural, nous sommes quelque part entre l'Étau policier et l'État policier. La situation y est donc plus grave qu'à Montréal. (Suite demain)

News du mardi 30 Mars 2010

  Québec-budget 2010-2011 : le citoyen paiera une bonne partie de la facture des crises financière, économique et sociale (1) – Premier coup d'œil, budget dévoilé aujourd'hui mardi... Des augmentations à la pelle, même l'assurance-santé est touchée : le citoyen déboursera une taxe annuelle qui atteindra 200$ en 2012. Par contre, on hausse les impôts des salariés du secteur financier. Déficit zéro prévu en 2013-2014 : "prévu".

Quant aux déficits budgétaires accumulés, un total de 161 milliards$, ce n'est pas demain la veille qu'ils s'évaporeront. À eux seuls, les intérêts de cette dette culmineront à 7,8 milliards, contre 6,9 l'année budgétaire précédente, sur des revenus anticipés de 65,9 milliards. Seulement les intérêts, pas le remboursement de la dette. Dans ce cas-ci, les crises n'y sont pour rien, les vrais responsables sont les députés du gouvernement du Québec, toutes couleurs politiques confondues : libéraux et péquistes.

Bref résumé du budget : dans la page qui s'affiche, colonne de gauche, cliquez sur les titres "Sortir du rouge", "Vos impôts et taxes", "Les entreprises", "Santé", "Villes et régions", "Éducation et sports", "Environnement" et "Culture". Dans la colonne du centre de la page, des tableaux. Commentaires sur le budget + Même page sous l'écran, apprenez en plus, faites clic sur les titres "Les plus récents", "Émissions", "Réactions" (notamment celles de l'opposition) et "Reportages".

  Ne pas acheter n'importe quoi pour protéger fichiers et données informatiques – Sinon, vous risquez d'avoir de très mauvaises surprises. C'est que la durée de vie et la qualité varient selon les produits. Après seulement quelques années fichiers et données peuvent disparaître sur le support choisi, s'effacer complètement. D'autres précautions sont à prendre aussi. Il est question, ici, de CD, DVD et même de disques durs.

Pour tout savoir dans le détail, je vous réfère au laboratoire national de métrologie et d'essais (LNE). Un organisme français qui a pour mission de répondre aux besoins de mesures et d'essais de l'industrie, principalement dans les domaines des matériaux, des machines et de la physique.

Trois documents à lire : "Le numérique éphémère (6 pages)", "Le disque optique numérique de confiance (2)" et "Recommandations pour la préservation à long (2) terme des données". Et si vous voulez creuser davantage, cette page remplie d'études. Après avoir lu ça, vous n'achèterez plus la salade qu'on veut vous vendre.

  Beaucoup de monde veut la fibre optique de Google – Son projet de très haut débit à 1Gbit/seconde fait rêver, même saliver. Google est à le recherche de sites pour expérimenter un réseau. Afin d'attirer son attention, Topeka, une ville américaine du Kansas, a même changé son nom temporairement pour celui de Google : document officiel à l'appui sur son site.

  Rencontre au Canada des pays riverains de l'Océan Arctique – Elle a eu lieu au début de la semaine à Chelsea, au Québec, et réunissait 5 pays (texte) : outre le Canada, États-Unis, Russie, Norvège et Danemark. L'absence de représentants du Nunavut (carte géo), de l'Islande, de la suède et de la Finlande a été remarquée.

L'enjeu est important, car dans le Grand Nord les glaces fondent et devraient ouvrir, on ne sait quand, un passages navigable entre les océans Atlantique Nord et Pacifique via le Détroit de Béring : le Canal de Panama serait forcément moins fréquenté. Autre enjeu, les ressources naturelles : pétrole, gaz, poisson.

  Soyons clairs : des normes sociales vont de soi, mais la plupart relèvent carrément de l'intolérance et sont illégales - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) L'intolérance est en tête de liste de l'ordre du jour. Là où opèrent des commerçants, ce sont eux qui décident en partie de ce que sera la discipline dans les rues de notre Cité policière, Montréal, et celles du petit village policier de Lac Bouchette, entre autres endroits.

Une fois qu'on a compris ça, on sait ce que signifient très exactement ordre social, contrôle social, nettoyage social et conformisme. Ou ce que veulent dire plus explicitement pouvoir et pseudo police communautaire quand ils prétendent vouloir créer une meilleure qualité de vie dans les quartiers.

Soyons clairs : toute société génère des normes sociales. Plusieurs de celles-ci vont de soi, font partie de nos rapports quotidiens avec les autres citoyens. Dans un monde civilisé, le respect et l'adhésion à certains comportements ou attitudes s'imposent au bon sens. Par contre, d'autres sont carrément arbitraires, empiètent les droits des citoyens, relèvent de la morale bourgeoise, de la rectitude politique.

Lorsque le pouvoir en a bien imprégné le tissu social de son village, de sa municipalité, de sa municipalité régionale de Comté (MRC) ou de «Montréal, ma Ville!» --la Ville de qui, au fait?--, ses composantes acquièrent une force comparable à celle de la loi, sans pourtant n'avoir jamais été adoptées légalement, ni fait l'objet d'un débat public. Cela n'empêche pas la police et ses collabos de les utiliser et de polluer l'air sociétal. (Suite demain)

  Ce livre fera ciller les yeux de citoyens du petit village policier de Lac Bouchette - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Dans la partie de ce récit où je traite de mon enquête à Montréal, je souligne la difficulté de prouver ce que j'avance. La problématique demeure la même en milieu rural. Au départ, tout semble correct mais au fur et à mesure que semaines et mois s'écoulent, vous percevez des choses : espace public désert, climat imprégné de gravité ambiante, stéréotypes, etc.

C'est comme entrer dans une maison, que je donne à titre de comparaison, et découvrir que les enfants ne sont pas conquérants mais soumis. Nul besoin d'être témoin de la sévérité des parents pour savoir ce qui s'y passe. Parce que la discipline parentale, justement, a laissé ses empreintes indélébiles sur leurs comportements.

Explicitons le cas des enfants et ados du petit village policier de Lac Bouchette. Graduellement, la police de l'ombre et du silence, et ses collabos, sensibilisera subliminalement leurs parents du danger potentiel d'être heurté par un véhicule : la densité du trafic de la rue Principale, on le comprendra, n'a absolument rien à avoir avec celle de la rue Ste-Catherine, à Montréal.

On citera au passage le cas d'un enfant qui, la veille encore, a bien failli être blessé par une voiture. Ce qui peut être vrai, comme ce peut ne pas l'être non plus. Il est de la nature même de la prévention de faire dans la démesure, même de mentir... On amplifiera le danger potentiel pour les en convaincre.

Puis le soir, quand le soleil se couche, des ados peuvent être tentés de faire des mauvais coups, incités à fumer de la marijuana et, qui sait? Peut-être même agressés par des pédophiles. Cela dit nonchalamment, et répété à chaque occasion.

Si l'avertissement sous-entendu ne suffit pas, on utilisera d'autres tactiques clandestines qui sauront bien atteindre le but visé. Les sortir de l'espace public, eux aussi, sans que personne ne se doute une fraction de seconde que civils et collabos sont derrière ça. Ni vu, ni connu. C'est ainsi que le maître mot prévention est perverti et devient panzer.

Dans ces pages, je traite seulement de la circulation à pied et à vélo : en passant, je n'ai jamais rencontré un cycliste dans la forêt, ni un piéton! J'ignore tout à fait de quelle façon civils et collabos opèrent à l'endroit de ceux se déplaçant au volant ou aux guidons de leur véhicule motorisé. Compte tenu du contexte, je suis convaincu que ce va-et-vient doit être circonscrit également.

Enfin, il serait prétentieux de ma part d'affirmer que j'étais la seule et unique cible de tous ces flics et collabos dont j'ai parlé dans ce récit. Ce livre fera ciller bien des yeux, des citoyens du village, ou d'ailleurs, découvriront qu'eux aussi ont été ou sont encore des cibles. (Suite demain)

News du lundi 29 Mars 2010

  Une campagne brésilienne sur le respect – Des droits des écoliers, hommes gay, lesbiennes, séropositifs, professionnel(e)s du sexe, réfugiés, transsexuelles, travesties, consommateurs drogues : vidéo (00:30) sous-titrée en anglais + texte en français.

  52 pays imposent encore des restrictions aux séropositifs de l'étranger – En réunion hier à Bangkok, les parlementaires du monde entier en ont réclamé la levée. Ils encouragent ces pays à soutenir les lois protégeant ces citoyens de la discrimination. Theo-Ben Gurirab, président de l'Union parlementaire : «En imposant des restrictions au voyage et au déplacement de ces personnes, nous les privons inutilement de leur dignité et de droits égaux».

  Début de la fin d'un tabou ? - Un site sur le web pour femme mûre cherchant jeune homme. Dans nos sociétés, ç'a toujours été mal vu, pointé du doigt. Discrimination, parce que l'homme âgé peut roucouler sans problème avec une jeune femme. Allez y, mesdames, n'hésitez pas une seconde. Et à ceux qui vous feront des remarques, répondez : Fuck Off!!!!!!!!

  Attention... au Canada les taux hypothécaires résidentiels commencent à grimper – Ce n'est pas la Banque du Canada (BC) qui en est à l'origine, son taux directeur demeurant à 0,25% depuis près d'un an. Inéluctablement, il va augmenter, lui aussi, à l'été, prévoit-on. Ce sont les deux plus grandes banques du pays : Royale du Canada (son communiqué de presse sur newswire) et Toronto-Dominion qui ont pris le devant de la BC, la Laurentienne a suivi : article.

En janvier dernier, la BC avait averti (David Wolf, site de la BC) que les coûts de l'hypothèque, à ce moment-là dans des creux historiques, allaient augmenter éventuellement et, forcément, l'endettement des ménages aussi. Pas impossible qu'au milieu de 2012, près d'un ménage canadien sur dix atteigne un ratio le rendant vulnérable aux chocs économiques.

S'y ajouterait des problèmes plus vastes touchant d'autres prêts à la consommation, comme ceux des cartes de crédit. Il serait forcé aussi d'éliminer d'autres dépenses pour réduire son niveau d'endettement.

PS : Feu vert pour l'achat d'une maison, si vous aimez vous serrer la ceinture. Feu rouge, si vous aimez pas ça.

  "Bienvenue à Plaisantville" - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) Les ados jouant à se battre entre eux ou se poursuivant dans la rue, comportement normal à cet âge, sont aussi des citoyens à surveiller de près. L'insolence ou le je-m'en-foutisme de l'ado est perçu comme une volonté d'affrontement, une insoumission à l'autorité. Des ados qui, croyant vivre dans une société libre et tolérante, commettent l'erreur d'exprimer cette liberté avec désinvolture, parfois l'index pointé vers le haut.

Plus concrètement, l'ado est accusé de l'écart qu'il creuse par rapport à l'adulte, de la relativisation qu'il effectue d'un ensemble de normes tenues comme «obligatoires», inutilement contraignantes, et inscrites dans aucune loi. Ces normes servent à la reproduction d'un mythe justifiant la position des adultes à l'égard des jeunes.

Cependant, l'injure suprême pour la police, c'est d'être rebelle, de résister à son ordre établi, refuser de plier l'échine sous son joug, rouspéter et argumenter à propos de tout et de rien, être renfrognés, etc. Cette conception obtuse de l'ordre est déclinée en sous-types et sous-sous-types... qui viennent s'ajouter à la liste.

Tous ces comportements font parti d'un autre mot fourre-tout : les «désordres quotidiens» portant atteinte «à la qualité de vie des citoyens». Un autre mot les désigne : l'incivilité. Ils sont perçus comme une rupture de l'ordre social minimal en deçà duquel, paraît-il, la vie en commun ne serait plus possible. La police en civil accorde la priorité à la résolution de ce qu'elle considère comme des problèmes, qui de fait n'en sont pas, et s'y investit massivement. Tout cela, n'a rien à voir avec la criminalité, quoi qu'elle en dise, tout à voir avec les films Bienvenue à Plaisantville et Show Truman. (Suite demain)

  «Les gens ont été enfermés tout l'hiver, c'est normal» qu'ils circulent dans la rue - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) À l'hiver 2002-2003, je n'ai pas fait de randonnées à vélo. Je voulais éviter de revivre les engelures de l'hiver précédent. Alors, je l'enfourchais seulement pour aller faire une petite épicerie, une ou deux fois par mois, quand il faisait doux. Je pouvais m'y réchauffer, et revenir chez moi sans problème.

À l'occasion, il m'arrivait de voir un ou deux piétons, pas plus, la plupart du temps des flics en civil et des collabos. J'ignore s'il y en avait lorsqu'il faisait froid. Cet hiver-là, la température oscillant assez souvent entre -20 et -40 Celsius, je crois que les gens sortaient peu. Par conséquent, je ne peux pas vraiment témoigner de la présence citoyenne dans les rues cette saison-là.

Ma première vraie randonnée de l'hiver s'est déroulée le samedi 15 mars 2003. Le soleil brille, le thermomètre indique près de 10 degrés au-dessus de zéro. Je roule la rue Principale sur toute sa longueur et, en revenant, m'arrête à l'épicerie. Lorsque j'en sors, je croise une collabo, qui me salue. Pendant que je place mes trucs dans le panier du vélo, je la vois en ressortir et entends peu après : «Les gens ont été enfermés tout l'hiver, c'est normal (qu'ils sortent de leur domicile, le beau temps venu)». Me retourne, c'est elle qui vient de parler.

La vitre de sa portière est baissée, une femme dans la trentaine, debout près de l'auto, est légèrement penchée vers elle, semble argumenter : «Ben voyons donc, c'est normal!» lui rétorque-t-elle le ton un peu irrité. J'en déduis que la jeune femme, que je ne connais pas -- une civile de la Sûreté du Québec? --, lui a signalé la présence de piétons et de véhicules sur le rue Principale, qu'elle s'en inquiète. Pourtant, sur cette artère de près de quelques kilomètres, j'ai vu trois femmes à pied, dont deux collabos, et environ six véhicules, certains conduits par des civils. (Suite demain)

News du dimanche 28 Mars 2010

  All the Président's pens - Mardi 23 mars, Obama signait la loi sur la réforme de la santé. Sur la vidéo, on le voyait changer de plume à chaque signature. Certains ont peut-être pensé... qu'il y avait plus d'encre dans les plumes. La raison est toute autre : vidéo (02:42).

  Le skieur Kaj Zackrisson vainqueur cette année de l'Xtrême de Verbier - La compétition, qui a eu lieu le 23 mars, consiste à descendre hors piste le Bec-des-Rosses (photo), situé en Suisse, depuis le sommet, à une altitude de 3,222 mètres (l'Everest culmine à 8,848, ce qui donne une idée de l'exploit).

À cause de ses pentes raides de plus de 50 degrés, l'endroit est peu fréquenté, sauf par quelques bons skieurs. Une descente en lacets pour éviter les obstacles et lorsque survient le cul-de-sac, le saut dans le vide avec l'espoir d'un appui solide plusieurs mètres plus bas : vidéo (02:40) tournée à bord d'un hélico.

  Entre autres tactiques, marcher en sautillant, comme si on avait des ressorts collés aux semelles, permet de repérer des civil et collabos - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) Commettre une infraction au code des bonnes manières constitue aussi une "déviance" : faire preuve d'insolence ou d'impolitesse en public, s'engueuler, faire des colères, proférer des insultes, etc. Se manifester bruyamment chez soi ou dans la rue : claquer des portes, crier, faire jouer de la musique un peu fort, brailler des chansons folles à tue-tête ou pas, etc.

Également le fait pour un homme de porter les cheveux jusqu'aux épaules, ou noués en queue de cheval, ou ébouriffés. Et pour les deux sexes, une coupe bizarroïde, teindre une mèche ou toute la chevelure d'une ou plusieurs couleur interdites, être vêtu de manière voyante et criarde, un peu excentrique.

À éviter vêtements roses pour homme, des shorts trop courts ou trop longs -- plus près des chevilles que des genoux --, ou le fond de culotte trop bas, vêtements aux coupes vieillottes, couleurs démodées, tenue napoléonienne. Idem des vêtements en désordre, ouverts ou mal fermés. Que voilà une liberté d'allure excessive. N'est pas recommandé non plus d'avoir des vêtements troués ou sales, des chaussures boueuses ou des espadrilles ou bottes délacés.

Ainsi en est-il de ceux qui se lèvent tard régulièrement, courent les cafés et les bars, et se couchent au levé du soleil sans n'avoir rien foutu de leur dix doigts. Des sans énergie, plus intéressés aux jouissances de la vie qu'au travail, des bons à tout faire et propres à rien qui, avachis à des bars terrasses ou des restos aux grandes baies vitrées, n'arrêtent pas de regarder passer les femmes sur le trottoir, les yeux fixés sur les seins se balançant librement sous la blousse et la croupe moulée dans un pantalon ou short serré. On n'aime pas tenues et démarches sexées.

Idem les petits vauriens, les blancs-becs qui plastronnent, les moches, les petits morveux, ceux qui cherchent à attirer l'attention, se dandinent en déambulant comme s'ils avaient des ressorts collés aux semelles. Sautiller ainsi, c'est déjà afficher une certaine autonomie, potentiellement dangereux pour l'ordre établi. La police, hypersensible, peut aussi l'interpréter comme un affront à son autorité. (Suite demain)

  Petit village policier de Lac Bouchette : civils et collabos éjectent illégalement piétons et cyclistes de l'espace public - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Dans un feuillet d'information de l'Hôtel de Ville de Lac Bouchette distribué aux citoyens par Poste Canada, au printemps 2001, on invitait les jeunes à faire preuve de prudence et à bien s'amuser. Dans le journal D'un Lac à l'Autre aussi du reste, qui infiltré par la Sûreté du Québec. Dans les semaines suivantes, les rares jeunes qui s'étaient aventurés dans la rue avaient peu à peu disparu, comme par magie.

Dans un feuillet similaire, posté l'année suivante, on peut notamment lire : «Hé les jeunes, prudence dans la rue! N'oubliez pas que les automobiles ont priorité. Beaucoup font du patin, de la planche à roulettes ou de la trottinette dans les rues sans se soucier de la circulation automobile! y lit-on encore. Ce n'est pas aux autos de se tasser mais bien vous ! Merci et amusez-vous bien!» conclut son auteur.

Décodons le message de la municipalité. Sont-ils «beaucoup»? Non, on peut même les compter sur les doigts d'une seule main. Et lorsque on les y voit, c'est généralement après le souper, pendant une heure ou deux, et encore, pas souvent. Dans la liste énumérée, notons une absence significative : on a omis le vélo... À la fin du paragraphe, l'invitation «amusez-vous bien!» est trompeuse.

Sans affirmer que l'auteur de ces feuillets, ou la municipalité, agit en totale "osmose" avec la police et ses collabos, le fait demeure que les jeunes, à l'image des adultes du reste, sont absents de l'espace public. (Suite demain)

News du samedi 27 Mars 2010

  Stephen Harper du Canada a mis la main sur Droits et Démocratie – Cette organisme (DeD) a été créée en 1988 par le Parlement canadien afin de promouvoir au pays et à l'étranger les droits humains et les droits démocratiques. Cependant, depuis près d'un an une crise entache gravement sa réputation et fait craindre pour son avenir.

Il y a quelques jours, la nomination de Gérard Latulippe au poste de président a fait déborder le verre. Le fait est que Latulippe soutient des opinions qui remettent en question l'abolition de la peine de mort, l'égalité des droits gais et des lesbiennes et l'immigration arabo-musulmane. Opinions en contradictions avec la mission de DeD.

Quant aux membres du conseil d'administration de l'organisme, il a des antécédents inquiétants : critique parce qu'aucun employé est d'origine juive ; accusations sans fondement à l'encontre de B'Tselem et Al Haq, deux organisations dont l'engagement en faveur des droits en Israël et dans les territoires palestiniens occupés est reconnu sur le plan international ; fermeture du bureau européen de DeD, sous prétexte que le Conseil des droits de l'homme de l'ONU est biaisés (injuste) à l'égard d'Israël.

Toutes ces infos et d'autres sont disponibles dans un manifeste publié sur le site d'Amnistie internationale Canada, section francophone : dans la page s'affichant, colonne du centre, cliquez sur "Déclaration pour le retour à l'indépendance politique de Droits et Démocratie" + Bon nombre de domaines où le Canada aurait dû prendre des initiatives, pdf de 27 pages + Manif hier vendredi d'une quarantaine d'organisations, dont la Ligue des droits et libertés et Amnistie internationale. Elles réclament un autre conseil d'administration au sein de DeD qui sera indépendant du gouvernement conservateur d'Harper + site de Radio-Canada, entrevue radio (06:05) avec André Paradis président d'Amnistie internationale, section canadienne francophone (AICF).

  Un peu de technoSeptember, une chanteuse suédoise (03:25) : Cry for You!

  Dont' talk to robocop – Pourquoi? En 41 petites secondes, vous allez le savoir.

  Dépaysement – Tout est plaisant dans cette vidéo (05:22), elle nous fait vivre de beaux moments.

  Les temps des épidémies – Marijane Miracle (vidéo 03:43 + son site), une chanteuse française, chasses tous les virus. L'une des très, très rares artistes francofuns à faire preuve d'autant de créativité dans ces clips, à la limite même parfois du politiquement incorrect. Salut à toi, Marijane!

  Le vaste monde de l'arbitraire du non-dit, du non-écrit - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) Qui sont les autres "déviants"? Pour avoir enquêté pendant six ans et demis dans l'underground policier québécois et avoir vu et senti bien des choses, je sais que le vocable désigne beaucoup de citoyens. Beaucoup... Toutefois, l'expérience sur le terrain ne suffisait pas à répondre complètement à cette question. Il a fallu cueillir quelques bribes ici et là, au hasard des ouvrages lus.

Pouvoir politique et police mettent dans ce vocable fourre-tout les citoyens qui ne sont pas des criminels mais dont les comportements dérangent par rapport à leurs attentes sociales. Ils les considèrent comme des pièces mal usinées, qu'il faut rééduquer et éjecter de la société s'ils persistent à faire de travers ce qu'ils pourraient faire comme il faut. Là, nous entrons plus profondément dans le vaste monde de l'arbitraire, c'est-à-dire de la rectitude politique, du puritainement correct et de toutes formulations semblables.

C'est ainsi que des comportements n'ayant rien à voir avec l'infraction d'une loi, et normaux dans une société tolérante, sont officieusement prohibés. Officieusement, car cela reste dans le domaine du non-dit, du non-écrit nulle part. On comprendra que ceux qui nous gouvernent, gendarment et surveillent ne peuvent le claironner sur les toits parce que beaucoup de citoyens s'objecteraient à cette discrimination sociale et spatiale.

Ces "déviants" sont surtout ceux qui, pour diverses raisons, ont été écartés ou se sont écartés d'eux-mêmes du droit chemin, notamment celui du néolibéralisme : citoyens au salaire minimum, travailleurs occasionnels, chômeurs, assistés sociaux, familles monoparentales, ados, squeegees, punks, handicapés, ex-psychiatrisés, alcoolos, drogués, etc. Si vous appartenez à l'une de ces catégories, un rien suffira pour vous attirer le regard de policiers en civils, de gardiens en civil de la sécurité privée et de citoyens-mouchards. (Suite demain)

  Les promeneurs, civils et collabos finissent toujours par les avoir à l'usure - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Il est clair que la présence du vélocipède que je suis constituait un mauvais exemple pour les citoyens du village. Car, dès la fin de l'été 2000, elle avait donné l'idée à deux d'entre eux de pratiquer aussi ce sport de plein air, de temps à autre, et leur nombre risquait peut-être d'augmenter.

Parallèlement, je remarquais aussi qu'il y avait quelques piétons, des adultes, qui prenaient des marches de santé lorsque la température s'y prêtait, sur la Route de l'Ermitage, dans le secteur des Lacs Bouchette et Ouiatchouan, se rendaient parfois jusqu'à l'Ermitage et au Centre Vacances Nature. Peut-être y circulaient-ils les années précédentes, ne saurais l'affirmer, ayant emménagé dans le village à l'été 1999. Cependant à la lumière de tout ce précède et suit, j'en doute fortement.

À l'automne 2000 et à l'hiver 2000-2001, bien que j'étais redevenu le seul à faire du vélo, je croisais de plus en plus de piétons dans ce secteur, la fin d'semaine, dans les premières heures de l'après-midi, quand le soleil brillait de tout son éclat et que le temps était doux. La Route de l'Ermitage était leur lieu préféré. Il commençait à y avoir un peu de monde. Ce n'était pas la foule, mais on constatait un va-et-vient évident.

Certains m'interpellaient pour causer un brin, parfois c'était moi qui les abordais. Des marcheurs étaient infiltrés, me contentais de le constater sans les en informer, m'en suis du reste toujours abstenu. D'autres, qui ne l'étaient pas, saluaient des flics et des collabos, sans se douter de leur double identité.

Au printemps 2001, quand le beau temps a fait son apparition et que les feuilles des arbres ont commencé à bourgeonner, j'ai compté une couple de cyclistes de plus que l'année d'avant, dont un vieux monsieur. Mais ne les y voyais que de temps à autre, et encore pas tous le même jour. Déjà, à ce moment-là, les marcheurs étaient devenus plus nombreux dans ce secteur. Au fur et à mesure que l'été avançait, le nombre croissait, particulièrement le soir après le souper. J'en voyais régulièrement, même l'après-midi.

Puis, à l'automne, suis redevenu le seul cycliste de la place, alors que quelques marcheurs persistaient encore. À l'hiver 2001-2002, ces derniers avaient complètement disparu du paysage, incluant des moines de l'Ermitage St-Antoine que je rencontrais pratiquement à chacune de mes randonnées. À deux d'entre eux, j'avais souligné la présence de civils, l'un m'avait dit : «Nous, on veut pas se mêler de ça.» L'autre m'avait lancé, crié même, le ton hargneux : «C'est des chiens!» J'en avait été estomaqué! Ne les y ai plus revus par la suite.

Printemps, été et automne 2003, ce sera le désert, des rues vides à perte de vue. Seuls quelques véhicules et piétons circuleront, la plupart du temps des civils et des chemises noires de leur escouade. Ils avaient fort probablement incité ces citoyens à rester à leur domicile, selon les tactiques usuelles : petites remarques anodines, sous-entendus, réitérés à chaque fois, et autant de fois que nécessaires. Civils et collabos savent très bien qu'ils finissent toujours par les avoir à l'usure. La fin du début d'osmose. (NDLR : Pourtant, c'est seulement dans le cadre d'une loi que civils et collabos peuvent sortir quelqu'un de l'espace public) (Suite demain)

News du vendredi 26 Mars 2010

  Canada : un autre cas de la brutalité policière injustifiée, inutile – Dans un bar de danseuses nues, à Montréal, on voit sur vidéo (elle est dans la même page que l'article) un policier ventripotent (indice permettant de le repérer) saisir une danseuse et la jeter par terre.

PS : Je parle d'un autre cas parce que mercredi 24 mars (voir plus bas), j'ai fait état d'un événement du genre survenu à Victoria, Colombie-Britannique (Canada). Là aussi, il a eu vidéo : elle est affichée dans la colonne de droite, le robocop à la chemise jaune, membre de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

  La pilule contraceptive dans les pays du tiers monde réduirait de 70% le taux de mortalité – Un rapport de l'Institut Guttmacher (sur son site, document de 4 pages en français), organisme spécialisé en matière de santé reproductive. Il précise en outre qu'elle éliminerait les deux tiers des grossesses non désirées et 75% des avortements à risques. Enfin, une meilleure planification familiale dans le monde permettrait aux pays riches d'économiser des milliards$. L'ONU soutient la démarche de Guttmacher.

PS : Le pape de l'église catho, en communication téléphonique directe avec dieu qui lui dit quoi faire, s'oppose déjà au condom. Il va passer quelques nuits blanches en prenant connaissance de cette nouvelle. Suggérons lui de relaxer, de respirer profondément, que ce n'est pas de ses affaires.

  USA : Après la réforme de la santé, entente avec la Russie sur la limitation d'ogives nucléaires – Deux succès coup sur coup d'Obama. Le nouveau traité de désarmement nucléaire sera signé le 8 avril prochain, à Prague, et soumis au Sénat américain et la Douma russe, ce qui ne devrait pas causer problème. Résumé de l'entente + un traité historique.

PS : Jusqu'à présent le parcours d'Obama est plus stimulant que celui de W. Bush, et de ses autres prédécesseurs. L'impression de faire des premiers pas dans une nouvelle ère.

  Care Bears on Fire – Everybody Else (02:01). Une musique interprétée par des enfants. Les sous-estimez pas, vous allez être surpris. En plus, ils ont un petit air baveux.

  Tout de même surprenant que les criminologues n'aillent jamais jusqu'aux véritables racines du sentiment d'insécurité - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) Susan Estrich, de la Faculté de droit de Harvard, aux États-Unis, a rassemblé, selon Wilson et Kelling, une série «impressionnante» d'études portant sur la peur urbaine. Ceux-ci rapportent quelques uns de ses travaux de recherche.

À Portland, dans l'Oregon, des adultes ont affirmé à Estrich changer de trottoir à la seule vue d'un groupe de jeunes. À Baltimore, la moitié des interviewés lui ont dit traverser la rue pour éviter un jeune à l'air bizarre. À des résidents d'un grand ensemble auxquels elle demandait d'identifier l'endroit le plus dangereux, ils lui ont désigné celui où des jeunes se rassemblent pour boire un coup et jouer de la musique, «bien qu'aucun acte de délinquance n'y ait jamais été commis», souligne-t-elle.

Dans les quartiers de Boston, la peur la plus vive a été exprimée par des habitants de bâtiments où le chahut et l'impolitesse, «et non la délinquance», précise-t-elle encore, sont monnaie courante. Wilson et Kelling reconnaissent que l'observateur extérieur ne dispose pas d'éléments suffisants pour décider si l'angoisse aujourd'hui endémique dans les grandes villes dépend de la véritable «criminalité» ou du simple sentiment que la rue n'est pas sûre, qu'elle est le lieu de rencontres déplaisantes ou inquiétantes.

Tout de même surprenant que les criminologues n'aillent jamais jusqu'aux véritables racines du sentiment d'insécurité. Selon Lagrange, ce sentiment naît d'une dégradation générale des liens sociaux, précède les fixations sur des éléments précis. (Hugues Lagrange -- Réponses à l'insécurité -- Grenoble CERAT)

«Ce sentiment est alors la matrice de peurs spécifiques -- d'être cambriolé, d'être agressé -- et non une expression synthétique, décentrées, issue de ces appréhensions éparses. La donnée psychologique est première, elle cherche des objets adéquats dans lesquels s'incarner, prenant alors l'apparence de peurs particulières»

Ajoutons à son propos que les citoyens, et de nombreuses études le démontrent, sont davantage préoccupés des aléas de la vie que de la criminalité. Cependant, quand ça ne va pas, on cherche un bouc émissaire pour évacuer un peu d'adrénaline. (J'en fais la démonstration dans L'Étau Policier, tome 1).

Plus explicitement, de quoi parle-t-on, entre autres? De l'endettement des ménages, qui constitue la plus grande source d'insécurité. (Étude du Conseil canadien de développement social -- L'indice de sécurité personnel -- 2002) (Gilles Toupin -- La Presse du 15 juillet 2002) Beaucoup de gens utilisent leur marge de crédit pour joindre les deux bouts. La taille des hypothèques fait le plus mal : en 1984, elle rognait 38% de leur revenu disponible, en 2002, elle en bouffe 67,9%. Des tendances du marché du travail aussi, de l'accès aux soins de santé, etc.

Cependant, le sentiment d'insécurité émane en très grande partie du pouvoir politique et de sa police qui, utilisant le discours de la peur, multiplient les divisions au sein de la Société civile pour mieux régner. De la violence médiatique non relativisée également, de l'anxieux social souffrant d'une hypertrophie du système de défense, de l'intolérant, qui est de fait un inadapté social incapable de composer intelligemment et démocratiquement avec le pluralisme. (Suite demain)

  Le mensuel "D'un Lac à l'Autre", de Lac Bouchette, noyauté pas la Sûreté du Québec - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Comme par hasard, ce même mois de juin 2003, Hugues Létourneau, policier de la Sûreté du Québec, traite notamment des dangers de la bicyclette, dans sa chronique du journal "D'un Lac à l'Autre", destiné exclusivement aux citoyens du petit village policier de Lac Bouchette.

Il aborde le sujet en ces termes : «Saviez-vous que dans 60% des accidents impliquant une automobile et un cycliste, c'est le cycliste qui est responsable?» Il enchaîne en indiquant les précautions à prendre... S'il m'arrivait de quoi, des citoyens diraient que j'ai fait parti du... 60%. Je m'interroge aussi : pourquoi cette mise en garde alors que je suis le seul à y faire du vélo?

Lundi le 23 juin... Au milieu d'une grande côte du Chemin de la Montagne, la roue arrière s'enlise dans le gravier mou, je mets le pied à terre pour ne pas tomber avec le vélo. Une vieille voiture surgit dans le bas. J'entends qu'elle passe pour poursuivre ma montée. Son conducteur s'arrête un bref instant pour me lancer : «Je te souhaite un bon voyage!», et repart aussitôt, les mains sur le dessus du volant.

Oups! Il porte des gants de laine... rouge vif. Ce n'est vraiment pas la saison. Par contre, cette couleur me transmet toujours le même message, celle du sang. Je n'en poursuis pas moins ma route, ma caméra à portée de la main, sait-on jamais... Par la suite, je circulerai de moins en moins souvent à vélo. À l'automne, je le rangerai définitivement. Trop risqué! De toute façon, mon enquête est terminée. (Suite demain)

News du jeudi 25 Mars 2010

  Financial Crisis – En 45 secondes.

  Barreau du Québec : des lois sur la santé mentale doivent être revues et corrigées – Le Rapport du Barreau, un Ordre professionnel groupant 23 000 avocats, a été dévoilé hier mercredi 24 mars. L'organisme demande au gouvernement libéral de Jean Charest des modifications en droit civil et droit criminel : multiplicité de juridictions, lacunes sur le plan des traitements et de l'application de certaines lois et codes existants, manque de formation et de sensibilisation d'avocats et juges.

En droit civil, il recommande, entre autres, d'uniformiser principes et procédures dans les cas suivants : garde en établissement, autorisation de traitement, régime de protection, remplacement des représentants légaux et mandataires. De modifier aussi la loi de façon à ce que la personne soit représenté par un avocat lorsque sont mise en cause, devant un juge, inviolabilité, intégrité, sécurité, autonomie ou liberté.

En droit criminel, et notamment, d'enregistrer sur vidéo toutes les déclarations extrajudiciaires lors d'interrogatoires par des policiers. D'accroître la formation des avocats et juges afin que ceux-ci s'en tiennent à ce que doit contenir le rapport d'évaluation de la personne, par exemple de ne pas traiter de sa responsabilité criminelle. De privilégier la mise en liberté pour que l'évaluation mentale soit effectuée à l'externe ou en milieu hospitalier. Et lorsqu'un accusé est déclaré non responsable, de favoriser décision et modalités les moins sévères et les moins privatives de liberté.

Le communiqué de presse du Barreau + le Rapport intégral : dans la page qui s'affiche, colonne du centre, élément daté du 24 mars 2010, titre "Rapport du Groupe de travail sur la santé mentale et la justice", cliquez sur Rapport 258ko (Adobe Reader 9.3 est nécessaire).

  Les non-dits des criminologues cachent les activités illégales de la police en civil - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) Les criminologues américains Wilson et Kelling déplorent qu'on a tendance à oublier cette autre peur, celle d'être dérangé par des individus au comportement "déviant".

«Il ne s'agit pas forcément ici de personnes violentes, ni de délinquants, mais plutôt d'individus louches, à la conduite imprévisible : mendiants, ivrognes, drogués, adolescents turbulents, prostituées, désoeuvrés de tout poil, handicapés mentaux (sic), etc.» Skogan y ajoute les jeunes faisant de l'école buissonnière. (André Normandeau -- Une police professionnelle de type communautaire -- Éditions du Méridien)

De trois déviants, nous voilà rendu à dix, incluant des handicapés mentaux. L'et caetera à la fin de l'énumération des deux criminologues indique qu'ils l'ont écourtée, donc qu'il y a d'autres groupes. Est-ce parce que, bien connue du milieu de la criminologie, il n'était pas utile de la reproduire au complet? La vraie raison réside dans le fait qu'ils ne pouvaient en dresser la liste au complet sans révéler du même coup un important volet du rôle caché que joue d'abord et avant tout la police en civil. 

La population ne doit pas en être informée car il est beaucoup d'éléments inavouables qui ne manqueraient pas de la faire sursauter d'indignation. Règle générale, les criminologues se taisent donc à ce sujet. Ils ne sont pas libres de dévoiler ce qu'ils savent parce que leurs principaux employeurs se recrutent surtout chez les membres du pouvoir, de la police et des titulaires de départements universitaires.

Dans ces milieux, on l'accepterait plutôt mal. Alors, ils utilisent un langage très référencé, pas toujours facile à décrypter pour le non-initié, parce que laissant place à des non-dits difficiles à capter. (Suite demain)

  2003, Lac Bouchette : Il me devient de plus en plus risqué de circuler à vélo - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Ce même mois de juin 2003, ma situation se dégrade. La Sûreté du Québec sait que la rédaction de ce livre (que je diviserai en trois tomes plus tard) achève, et ses manœuvres deviennent particulièrement dangereuses.

Ainsi, ce scénario qui se déroule rue Principale, à Lac Bouchette. Sur ma gauche, le conducteur d'une automobile, stationnée devant la Caisse populaire, se met en marche et accélère subitement, effectue un virage rapide de 90 degrés à droite, traverse la rue, me coupe le chemin de sept ou huit pieds et va se parquer devant la clinique médicale, située à l'arrière de deux maisons. Tout se passe très vite.

En face de moi, je remarque qu'une automobile s'en vient, mais elle est encore loin et roule si lentement que j'ai l'impression qu'elle va s'immobiliser. La manœuvre n'était vraiment pas justifiée. L'équivalent d'une cascade, c'est plus que suspecte. Je rebrousse chemin, emprunte l'une des entrées résidentielles. Surprise, deux femmes dans la cinquantaine, obèses, en descendent. Me dirige vers elles, toutes deux penchent la tête, puis j'entends dans mon dos l'une dire à l'autre : «J'ai manqué de le frapper.»

Ce même après-midi, sur la route de l'Écluse, alors que je progresse en direction du village, je vois venir au loin, dans un secteur où le terrain est plat et la route bordée de champs, une petite voiture noire. Son conducteur roule à vive allure.

Dans une courbe, il déborde sur une partie de la voie inverse et, sans redresser son bolide, il arrive vers moi en me gratifiant au passage d'un petit coup de volant dans ma direction, mais sans conséquence. Monsieur a le crâne rasé frais, son coco est blanc et non bronzé, et porte en plus de grosses lunettes opaques lui cachant une partie du visage : je le reconnais, sais même où il habite.

Suivent, à quelques minutes d'intervalle, deux autres véhicules. Dans l'un, un homme joue du poing droit et du torse comme s'il accompagnait le rythme d'une chanson. Dans l'autre, une femme me salue, de cette main levée typique de l'arrêt stop. Sur la 155, un véhicule tirant une roulotte me frôle de près. (Suite demain)

News du mercredi 24 Mars 2010

  Canada : un cas de la brutalité policière injustifiée, inutile – La scène se passe à Victoria, ville de la Colombie-Britannique, dans la nuit de samedi à dimanche les 20 et 21 mars. Les deux citoyens sont par terre (00:56), ce qui n'empêche pas les coups de pied dans les côtes et coups de genou dans le dos. Dans la vidéo, il y a un policier en civil. À vous de le découvrir.

  Natalia Oreiro – Tu Veneno (03:08).

  Un curriculum vitae (CV) sur vidéo plutôt qu'une version papier – Fameuse de bonne idée pour dénicher un job, pensez-pas? Un atout majeur si votre vidéo est de qualité. Apprenez-en plus sur le site respectmag : c'est pas une pub mais un article rédigé par un journaliste.

  Haïti : l'Occident engagé dans sa reconstruction – Hier mardi avait lieux en Martinique la "Conférence internationale des villes et régions du monde pour Haïti". L'objectif était de préparer la Conférence des donateurs du 31 mars prochain à New York. Il a été convenu d'établir une coopération décentralisée, en passant le moins possible par les États, mais plutôt de ville à ville et de régions. Près de 200 personnes venant de 30 pays y ont participé : texte sur la rencontre en Martinique + Haïti Press Network situé à Pétion-Ville, une commune de la banlieue de Port-au-Prince (info@haitipressnetwork.com).

  Les blanchisseurs policiers en civil lavent, javellisent, essorent, amidonnent et repassent au fer rouge les citoyens - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) Les propos des deux criminologues américains permettent d'enrichir nos connaissances. Nous savons désormais qui le pouvoir et sa police désignent sans les nommer lorsqu'ils parlent des «déviants» : l'ivrogne, l'ado tapageur, le mendiant. Cependant, ceux-ci constituent seulement quelques éléments de la liste de ceux qui dérangent.

En outre, il y a une phrase de Wilson et Kelling valant d'être relue, elle contient un autre élément d'information qu'on ne peut négliger : «Parce qu'ils ont peur, les gens s'évitent, affaiblissant ainsi les contrôles sociaux.» À quoi les deux criminologues font-ils allusion? C'est que moins les gens sortent de leur domicile, moins ils sont accessibles aux policiers et policières en civil et à leurs collabos cherchant à les infiltrer pour leur soutirer et accumuler des renseignements dans les mégabanques informatisées sur eux-mêmes et leur entourage.

Cet énoncé de Wilson et Kelling était sans doute fondé il y a quelques décennies, mais ce n'est plus tout à fait le cas maintenant. De nos jours, il n'est plus tout à fait nécessaire de circuler dans la rue pour être javellisé, essoré, asséché, amidonné et enfin repassé par les blanchisseurs policiers en civil, car ceux-ci, appuyés par leurs collabos et les gardiens en civil de la sécurité privée, ont infiltré les endroits où le citoyen gagne sa vie et consomme des biens et services : centres commerciaux, boutiques, salons de coiffure, restos, bars, lieux de spectacles, etc.

Mieux, même plus besoin de sortir de chez soi, parce qu'ils assurent désormais le service à domicile, déguisés en toutes sortes de personnages et sous différents prétextes : vendeurs itinérants, livreurs, etc. Sans omettre des voisins, des connaissances, des amis, que l'on invite chez soi, ou qui s'invitent eux-mêmes, sans que l'on sache que certains sont soit des civils, soit de leurs collabos. Si vous n'êtes pas sensibilisés à ces intrusions, vous n'y verrez que du feu. (Suite demain)

  2003, autre sabotage de la Sûreté du Québec : disparition de phrases, modifications de formulations dans mon livre - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Autres faits. Je suis parfois tenaillé par cette petite peur qui me fait craindre qu'on endommage ou me vole les disquettes que je porte sur moi. Alors, depuis l'acquisition de mon premier IBM compatible, en février 2001, je laisse mes fichiers sur le disque dur lorsque je quitte mon domicile. J'utilise des codes complexes pour avoir accès au logiciel système de l'ordi et à chacun des fichiers, ce qui était impossible sur mon vieux MacIntosh.

Par la suite, j'ai remarqué, à quelques occasions, des différences dans le nombre de kilos octets (ko) de certains des quatre fichiers de ce livre, tel qu'affiché dans Explorateur Windows. J'ai donc pris l'habitude de tenir un journal des ko de chaque fichiers, de les y actualiser après chaque séance de travail. Le 23 juin 2003, je constate que ma banque de données a dégringolé de 3113 ko à... 2273, une perte de 840. Cela a été fait pendant mon absence. Dans le fichier du livre, des phrases ont également disparu, alors que des formulations ont été trafiquées, voyons un aperçu de la liste...

Hell's Angels devient hell's Prêtres, hell's propagande, hell's finalisant, hell's spécialiste ; clan Matticks, clan Mattoirs ; Gérard St-Jean de la police de l'île de Montréal, Gérard discours ; Sergent Poëti de la Sûreté du Québec, sergent Phtisie de la Sûreté du Québec ; Pierre Cadieux, ex-solliciteur général du Canada, Pierre Québec ; Normandeau et Leighton deviennent substituts et Leighton, André substituts et Barry Leighton, surveillance et Leighton ; Vera Danyluk, présidente de la CUM, devient Vera de Lafontaine et Vera stops ; l'armée de citoyens mouchards, l'armée de apparemment ; Big Brother et Big Sister ont été trafiqués en prêtres Québec, prêtres Sister, à fait Brother et à fait filmer ; Big Sister devient Big à nez ; puritainement correct, santé correct ; quartier Centre-Sud, quartier Québec ; Lac Bouchette, Lac à côte, Lac Québec, Lac Prêtres, Lac criminologue et Lac chanteuse ; Lac St-Jean, Lac social ; etc.

Pour éviter d'autres sabotages, je ne laisse plus aucune trace du livre sur le disque dur quand je m'absente : en mai 2005, revenant d'un voyage à Roberval, je constaterai que tous les fichiers du livre, que j'avais pourtant jetés à la poubelle avant de partir, sont revenus dans Explorateur Windows. (Suite demain)

News du mardi 23 Mars 2010

  Élargissement de ma page d'accueil – Pas la choix, y'a beaucoup de bonnes vidéos que je pouvais pas diffuser dans la colonne de droite parce que l'embed était fixe à 480 pixels. À ça s'ajoute, forcément, un ascenseur horizontal dans le bas de la page, qu'utilisent déjà beaucoup de sites afin de donner un meilleur service aux visiteurs.

■  USA : moment historiqueObama a signé aujourd'hui mardi la loi sur la réforme de la santé adoptée dimanche. Après pratiquement un siècle de tentatives... «Nous avons gravé le principe essentiel selon lequel chacun devrait jouir d'une sécurité minimale lorsqu'il s'agit de sa couverture maladie».

PS : Je trouvais scandaleux qu'un pays, qui dilapide des centaines de milliards$ dans l'armement et des guerres, refuse d'accorder cette protection à des millions de ses citoyens. La réforme d'Obama améliore quelque peu l'image des USA. Il y a encore du boulot à faire... Faudra maintenant créer au plus vite l'État palestinien, se retirer de l'Afghanistan, abolir la peine de mort... Je ne parle pas de la réforme financière, puisque le projet de loi est prêt et sera bientôt débattu.

  Comment crypter vos e-mails – Pourquoi les crypter? L'e-mail est copié en cours de route. Exemple. Vous habitez à Paris 6e et envoyez un message à un copain de Paris 11e. Il sera copié 4 fois. Dans l'ordi de votre fournisseur d'accès à l'Internet (1 fois), son deuxième ordi (2), l'ordi du fournisseur de votre copain (3) et celui de ce dernier (4).

Et derrière chacun des quatre disques durs se cachent des entreprises commerciales, informaticiens curieux, administrations publiques diverses. Il est question ici de la vie privée, la vôtre et celle de votre destinataire. En outre, les avocats, huissiers, médecins, entre autres, sont tenus au secret professionnel. Il y a donc risque que des renseignements confidentiels soient lus par des personnes n'y ayant pas droit.

Sur le site que je vous propose, et où j'ai d'ailleurs pigé le nécessaire à l'intro ci-dessus, on explique dans le détail comment procéder et offre gratuitement le logiciel "Open Pretty Good Privacy", qui est bien connu : image d'un e-mail crypté.

■  L'Apocalypse Now de deux criminologues américains - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) Abordons la question des vitres cassées du mobilier urbain et rural. Formulation désignant les citoyens qui ne sont pas criminalisés mais dont les comportements et tenues vestimentaires déplaisent aux élus municipaux et gouvernementaux, aux policiers en civil, à leur collabos, dont plusieurs membres de la société marchande, et aux agents en civil de la sécurité privée. Analogie avec les vitres cassées d'une maison abandonnée, enlaidissant l'environnement. Nous verrons que ces cibles numérotées sont beaucoup plus nombreuses qu'on le croit généralement.

Selon les criminologues américains Wilson et Kelling, les comportements d'abandon mènent à l'effondrement des contrôles sociaux. (André Normandeau -- Une police professionnelle de type communautaire -- Éditions du Méridien)La vitre cassée qu'on ne remplace pas en est le point de départ.

Elle peut entraîner le bris d'autres vitres et ultimement transformer un quartier, en quelques années et même quelques mois, précisent-ils, «en une jungle terrifiante (sic), inhospitalière» : les adultes cesseront bientôt de réprimander leurs enfants turbulents, les familles quitteront l'endroit et seront remplacées par des personnes sans attaches, les adolescents se rassembleront devant la boutique du coin et refuseront de partir quand le propriétaire le leur demandera, des bagarres surviendront, les ordures s'accumuleront, des gens se mettront à boire en face de l'épicerie.

Puis les deux auteurs font allusion, sans ne jamais toutefois le désigner de son nom, au nettoyage social. «Parce qu'ils ont peur, les gens s'évitent, affaiblissant ainsi les contrôles sociaux. (...) de nombreux habitants auront le sentiment que la délinquance (...) connaît une augmentation, et modifieront leur comportement en conséquence : ils sortiront plus rarement et, lorsqu'ils seront à l'extérieur, resteront à l'écart des autres, se déplaçant l'œil aux aguets, le visage fermé, d'un pas pressé, appliquant le credo du "ne nous en mêlons pas".

«(...) Un citoyen qui a peur de l'ivrogne et de son odeur, qui s'effraie à la vue d'un adolescent tapageur et craint le mendiant importun, ne se contente pas d'exprimer son dégoût face à des comportements inconvenants. Il exprime également par là la sagesse populaire, somme toute exacte, précisent-ils, qui veut que la délinquance grave prospère sur l'impuissance à maîtriser les comportements déviants.»

Wilson et Kelling ne reconnaissent pas moins que ce scénario ne débouche pas inéluctablement sur la délinquance, ajoutant tout de même qu'il y a moins de risques que cela se produise dans les lieux où les contrôles informels sont possibles. (Suite demain)

  La Sûreté du Québec ne me lâche pas, comme mon ombre - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Jeudi deux octobre... Il me faut installer une prise téléphonique près de mon nouvel ordi. Je rejoins un électricien de l'extérieur du village, qui me promet de passer dans l'après-midi, mais ne vient pas.

En début de soirée, lui téléphone : il avait trop de travail. On fixe un rendez-vous pour le lendemain. Il me fait encore faux bond, m'enquiers de ce qui arrive : un appel d'urgence, un gars dont le système électrique a flanché, qui risquait de perdre toutes les denrées de son congélateur. Comme il ne peut venir en fin d'semaine, ça ira, me dit-il, à la semaine suivante.

J'en contacte aussitôt un autre. Il est prêt à venir en soirée, lui donne mon adresse, avec quelques points de repaires, dont le passage à niveau, à l'entrée du village. J'attends, j'attends.... il n'arrive toujours pas. Coup de fil : il n'a pas trouvé l'adresse, la lui redonne. «Ah ! c'est à Lac Bouchette, je pensais que c'était la traverse à niveau de Chambord.» Pourtant, j'avais bien mentionné le nom du village. Il se fait un peu tard, ne peut venir chez moi en soirée, ni en fin d'semaine. Finalement, il ne viendra que le lundi suivant.

Plutôt risqué, naviguer sur le Web sans pare-feu... Pas grave, tous les fichiers de ce livre sont dans l'autre ordi qui, lui, n'y est pas branché. Enquêter, signifie allez au fond des choses, n'est-ce-pas?J'allume, et c'est parti mon "cookie". En l'espace d'une semaine la situation se détériore sur mon écran.

Des pubs non sollicitées arrivent de tout bord tout côté, une véritable avalanche, clique sur une pour la faire disparaître, en arrive deux, trois, quatre, cinq autres. Elles s'accumulent à un rythme incroyable. Certains sites Web installent leur cookie dans mon disque dur. Les bogues se multiplient, gèlent l'écran, à deux reprises l'ordi s'éteint et redémarre tout seul. L'ordi est déconfiguré, plus rien ne marche.

Contacte la demoiselle-sous-influence, prends rendez-vous, lui signale qu'il va falloir recharger le logiciel système. Quand j'arrive à l'atelier, le technicien me traite à la dure. Il veut le reconfigurer, j'insiste pour qu'il recharge le logiciel système. Prétend que ce sera plus long, que nous sommes vendredi, qu'il doit rencontrer son fils en fin d'après-midi, et patati et patata! Il argumente pesamment, est impatient, ses gestes sont brusques. S'il le recharge, il doute que ce soit prêt à la fin de son quart de travail, qu'il me faudra peut-être revenir lundi : comme les électriciens plus haut...

Je ne vois pas où est le problème. Il est un peu plus de 13h, il a amplement le temps de faire le job. Finalement, il condescend, à reculons, n'arrête pas de marmonner. Une heure et demi après, c'est fait. Tout ce théâtre n'était rien d'autre qu'une déstabilisation psychologique. La Sûreté du Québec m'accompagne dans tout ce que je fais, ne me lâche pas, comme mon ombre. (Suite demain)

News du lundi 22 Mars 2010

  L'eau polluée tue des enfants – Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU : «Chaque jour dans le monde, deux millions de tonnes d'eaux usées et de déchets industriels et agricoles sont déversés, tandis qu'un enfant de moins de cinq ans meurt toutes les vingt secondes de maladies d'origine hydrique». L'eau souillée fait plus de victime dans le monde que toutes les formes de violence, y compris la guerre.

PS : En Afrique, notamment, des multinationales, dont des pétrolières, déversent leurs déchets industriels n'importe où, même dans les cours d'eau, qui se jettent dans d'autres et ainsi de suite.

  L'avenir d'Haïti – Ce pays n'est jamais parvenu jusqu'à présent à vraiment développer son industrie touristique, ainsi que l'a fait son voisin, la République Dominicaine. Pourtant, les attraits ne manquent pas, sauf qu'ils ne sont pas toujours faciles d'accès. Ainsi, ses plus belles plages... Reportage vidéo de Radio-Canada (06:15).

  Les pièces sonnantes et trébuchantes de nos députés canadiens - Ce 22 mars 2010, le salaire de base est de $157, 713 : le double pour le premier ministre. À cela s'ajoutent d'autres sources de revenus, notamment pour les dépenses, et des avantages. Si le député cumule en plus une deuxième fonction gouvernementale, alors là, ça grimpe. À lire : le «maquis» fédéral + la «grandepasse» de 2001 + l'évolution des salaires et avantages des députés de 1867 à 2009, source la bibliothèque du parlement.

  Hier, Obama a gagné : sa réforme sur la santé a été adoptée – Après un an de débats, de discours, de rencontre, etc. Grâce à lui, 32 millions d'Américains, qui n'avaient pas les moyens de se faire soigner, pourront bientôt se doter d'une assurance maladie. Obama : «Nous avons prouvé que nous sommes encore un peuple capable de grandes choses».

■  Découvrir l'underground policier, c'est perdre son innocence - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) Concluons en empruntant des néologismes de je ne sais plus qui... Il y a donc espoir que notre «démocrasouillée» ou «démocraviolée» par le pouvoir, la police en civil, ses collabos et les agents en civil de la sécurité privée retrouve un jour un peu de sa virginité.

Pour cela, il faudra que des citoyens étalent leur mécontentement sur... l'Internet, notamment ceux victime de l'arbitraire policier. Comment être certain que des cyberpoliciers ne bousilleront pas leur site Web? Se pose aussi cette question : qui lira ces témoignages? Car notre société est composée de citoyens qui veulent savoir et d'autres qui ne veulent rien savoir.

Au cours de mon enquête, une habituée de la cafétéria du Comité social Centre-Sud de Montréal m'a fait remarquer que celui n'ayant rien à se reprocher n'a rien à craindre de la police. Un citoyen de Lac Bouchette, au Saguenay-Lac-St-Jean, m'a fait le même commentaire. Je crois que beaucoup de citoyens pensent ainsi.

La réplique la plus étonnante de toutes est celle que m'a servie un préposé au service des ventes d'équipements informatiques, dans un boutique de la région du Saguenay-Lac-St-Jean. Quand je fréquente régulièrement un établissement commercial, je cherche toujours à établir un climat propice aux confidences. Mon but est notamment de dénicher des témoignages d'employés collaborant avec la police.

Pour les mettre dans l'ambiance, je brosse un petit topo de mon enquête. Ce préposé m'a lancé : «Oui mais, moi, si je n'ai pas envie de le savoir?» J'en suis resté bouche bée. Cela revenait à dire que des gens n'ont pas besoin de le savoir. Je n'ai pas argumenté. À quoi bon!

La vérité dérange-t-elle, effraie-t-elle? J'ai déjà écrit qu'il y a un prix à payer pour l'intelligence des choses : la perte de l'innocence. (NDLR : Il y a quelques mois, cette année 2010, une jeune femme à qui j'avais fait découvrir l'underground policier m'a par la suite informé qu'elle regrettait de savoir ça, qu'elle était bien avant, dans son innocence)

S'accroche-t-on à ses illusions comme le naufragé à sa bouée de sauvetage? On aurait donc la «démocraviolée» qu'on mérite? J'ose croire qu'après la lecture de ces pages, ceux pensant ainsi feront preuve de suffisamment de courage pour regarder la réalité bien en face. Pour qu'on passe enfin de la téléréalité et la société-réalité. (Suite demain)

  Une vendeuse sous l'influence de la Sûreté du Québec - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Début 2003, je décide de me procurer un exemplaire du Rapport de la Commission Poitras, publié en 1999 et portant sur des activités illégales de la Sûreté du Québec.

Avant de passer la commande à l'employée-sous-influence, prévenant le coup au cas où la Sûreté du Québec chercherait à me mettre des bâtons dans les roues, je téléphone à Publications Québec, qui m'assure en avoir une centaine en stock. M'indique qu'il compte 5 volumes, au delà de 2 770 pages et deux CD, m'en indique le prix, 85$.

Ensuite, je demande à l'employée-sous-influence de me le faire venir. Une semaine après, coup de fil pour vérifier que tout est correct. Elle me dit avoir commandé seulement le petit volume contenant les recommandations. Pourtant, c'est le rapport au complet que je lui avais commandé, lui en avait même indiqué le nombre de pages et le prix. À ma demande, elle rectifie le tir.

Quelque temps après, je la piège. Pour accéder aux 2 CD du rapport, il faut le logiciel Acrobat Reader 3.01. Il est du reste disponible sur le CD numéro 1, suffit de cliquer sur l'icône ACROREAD. Jouant à celui ni connaissant rien en la matière, me plains de ne pas arriver à les visionner sur mon écran.

Lui refile le CD numéro 1, elle l'insère dans son ordi, m'informe que le logiciel Acrobat est nécessaire. Je penche la tête vers son écran, l'icône du logiciel est là. Mais n'en continue pas moins de feindre l'ignorance. Son coût est de 450$, mais je peux l'obtenir gratuitement via l'Internet, me dit-elle. Petit problème : je ne suis pas encore branché.

Ensuite, je monte à l'étage, consulter un technicien. Me dit qu'il serait étonné que le logiciel ne soit pas sur l'un des CD, dans un cas semblable, ça va de soi. Lui, il m'a donné l'heure juste. À partir de ce moment, l'employée-sous-influence cherchera peu à peu à prendre ses distances. De mon côté, n'ai pas l'intention de la lâcher. Car elle peut encore m'apprendre bien des choses...

La Sûreté du Québec cherche à freiner mes ardeurs journalistiques... Début septembre 2003, je commande, à la demoiselle-sous-influence, un ordi. Ça m'en fera deux, le nouveau me servira exclusivement à la navigation sur l'Internet. Seule façon de protéger efficacement les fichiers du livre d'une contamination virale. Commande aussi un logiciel pare-feu-- Norton Personnal Firewall 2004 --, verse un acompte de 900$.

À la fin du mois, je passe prendre livraison de l'équipement. Le pare-feu... n'est pas arrivé. Elle me dit que sa version française n'est pas encore disponible, ce qui demandera quelque temps. De retour chez moi, j'ai l'idée de contacter deux autres fournisseurs de logiciels. À ma courte surprise, ils en ont la version française. Je pourrais y aller avec le chauffeur-collabo, mais je dois penser aussi à économiser mes sous. (Suite demain)

News du dimanche 21 Mars 2010

  À voir tout de suite – Un documentaire sur Haïti (37:00 + s'enchaine ensuite un reportage sur la drogue, qui n'a aucun lien avec Haïti) diffusé le 18 mars 2010 sur la télé-suisse-romane (TSR). Deux de ses journalistes, accompagnés des Haïtiens Charles Ridoré, sociologue, et de son fils Carl-Alex Ridoré, préfet du District de la Sarine, en Suisse, sont allés sur les lieux du séisme. Dès le début, un film du 12 janvier 2010, date du séisme, combats de coqs, des spectateurs font cercle, tout à coup....

  MXD, un artiste qui n'a pas la langue dans sa poche – À une émission récente de "Tard pour Bar", de la télé suisse-romane, il rabroue à quelques reprises l'animateur qui le présente, avant d'interpréter "I hate you", une tune (04:31) adaptée à son personnage et particulièrement réussie. Ceux et celles ayant du caractère sont plus intéressants que les autres, pensez pas?

■  L'internet : la fin du savoir conventionnel, fossilisé, bureaucratisé - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) L'écrivain brésilien Coelho considère que l'Internet, malgré tous les dangers qu'il comporte, peut contribuer à ce que tout le monde ait la possibilité de faire entendre sa voix, aussi discordante soit-elle. (Juan Arias -- Conversations avec Paulo Coelho -- Éditions Anne Carrière, 1999 pour la version française)

«Si les puissants ne le gâchent pas en se l'appropriant, je pense que cela peut devenir un formidable forum de débat universel, d'où personne ne se sentira exclu. Cela peut créer une saine anarchie, que ne pourront pas contrôler ceux qui détiennent le pouvoir mondial.»

Selon lui, «c'est contribuer à transformer ce que j'appelle l' "Académie", c'est-à-dire le savoir conventionnel, fossilisé, bureaucratisé, qui croit posséder la seule sagesse, le pouvoir des privilèges. Il faudra de nouveau lâcher la bride à la créativité, donner la parole à l'homme ordinaire ; considérer qu'il ne doit pas y avoir de privilèges du savoir qui se prévalent de leurs titres et mérites pour imposer leur culture aux autres.» Coelho atteint sa cible en plein cœur!

Michael Dertouzos aussi, qui est, lui, professeur de sciences informatiques et de génie électrique à Cambridge, au Massachusetts, aux États-Unis. (Les technologies de demain -- La Presse du 7 octobre 2000) Il croit que Big Brother est en péril parce que l'Internet rapproche déjà des millions de gens.

«Dans dix ans (en 2010), ils seront un milliard. Grâce à lui tout le monde peut faire entendre sa voix. Il a donc une grande influence "démocratisante". Et ce n'est pas la voix d'un seul magazine ou d'une seule chaîne de télévision. C'est exactement le contraire. Cela détruit le concept de Big Brother. Cette technologie particulière nous rend beaucoup plus aptes à être entendus et à entendre les autres. Vous avez bien vu la vitesse à laquelle le rapport Star sur le président Clinton (sa liaison avec une fonctionnaire) a circulé dans le monde!», illustre-t-il.

Il nourrit l'espoir qu'après avoir connu trois révolutions -- agraire basée sur la charrue, industrielle basée sur le moteur et informatique basée sur l'ordinateur -- nous arrêtions d'avoir des révolutions basées sur des objets. «J'aimerais que nous ayons une quatrième révolution, dans laquelle nous essayons de comprendre la plus précieuse ressource que nous possédions : nous-même.» (Suite demain)

■  Truc policier archi usé : le pur inconnu prétendent avoir fréquenté la même classe que vous quand vous étiez tout petit - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Voyons d'autres péripéties. Pendant plus d'un an, j'ai fréquenté régulièrement, au rythme d'une fois par mois, un établissement spécialisé dans l'équipement informatique et situé dans une ville du Lac St-Jean que je ne nommerai pas afin de protéger l'identité de deux employés. J'avais besoin de plusieurs équipements, dont j'ai fait l'acquisition au fil de mes visites.

Dès le début, on m'a référé à la préposée à l'informatique. Nos rencontres se déroulaient dans son bureau. Au cours de la première, je lui avait fait un petit topo sur ma recherche journalistique. Je savais que la Sûreté du Québec ne manquerait pas de l'infiltrer et l'embrigader. Alors, je tenais à ce que cette employée sache qui j'étais vraiment.

Comme de fait, après quelques visites, une voix de stentor retentit : «Salut Jacques Martel!» Je lève la tête, m'approche, dis ne pas le connaître, lui prétend qu'on a fréquenté autrefois la même école, à Roberval. La tactique du civil prétendant vous connaître, un truc archi usé. Chez mon fournisseur, ce jour-là, il est à photocopier, me dit-il, des contrats d'un club collectif d'acheteurs des billets de loterie.

L'y reverrai par la suite, et à chaque fois j'aurai droit à son «Salut, Jacques Martel!» Un jour, sa salutation est pratiquement tonitruante, il est au fond du magasin. Du tac au tac je rétorque par un «Salut, Jacques Martel!», lui demande son nom, ne me donne que son prénom, Henri, un peu décontenancé par ma réplique. Dans l'heure qui suit, on se croise dans un centre commercial, il cherche à m'intimider du regard.

L'employée, désormais enrôlée par la Sûreté du Québec, cherchait à en savoir davantage sur mon enquête journalistique. Parfois ses questions étaient bien ciblées, ainsi lorsque elle m'avait notamment demandé si j'avais déniché un éditeur. Moi, je ne voulais plus en parler, le lui ai même dit. Elle a alors modifié son approche.

En plus d'équipements, j'achetais aussi des livres. Un jour, ç'avait été celui du journaliste torontois Mitrovica sur le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS). (Andrew Mitrovica -- Entrées clandestines -- Éditions Trait d'Union) Un mois après, de retour dans son bureau, elle me demande si je l'ai lu, je rétorque ne pas vouloir faire de commentaires sur son contenu, offre cependant de le lui prêter, ce qu'elle accepte. (Suite demain)

News du samedi 20 Mars 2010

■  Depuis quelques années, on projette sur la face d'édifices des lumières et effets – Dans la vidéo (03:06) que je vous propose, on réalise que la technique se développe, devient très attrayante, même spectaculaire et sociale au max, car beaucoup de citoyens y participent, des jeunes comme des vieux.

On explique en quelques étapes comment procéder, malheureusement ça ne suffit pas à monter un beau projet du genre. Alors, j'ajoute, en vous souhaitant bonne chance, des adresses web (en anglais) où vous pourrez peut-être obtenir plus de détails techniques + 129 photos.

  Étude du CREMIS : La police de Montréal pratique le profilage racial – L'étude du Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales et les discriminations (CREMIS) démontre que les policiers sont portés à interpeller plus souvent les jeunes Noirs que les Blancs de leur âge. Dans les quartiers où les Noirs sont moins nombreux, le risque est plus grand.

Le CREMIS (son site) fait partie intégrante du centre affilié universitaire : Centre de santé et de services sociaux Jeanne-Mance, Université de Montréal (UM) et Université du Québec à Montréal (UQAM) + le résumé de l'enquête en format pdf, voir titre "La mauvaise conseillère", de la page 7 à 14 inclusivement + reportage vidéo (02:00) + entrevue vidéo (07:52) avec les deux chercheurs du CREMIS : Lionel Bernard et Christophe McAll + texte.

PS : Le phénomène n'est pas nouveau et implique bien des corps policiers de l'Occident. Cependant, nécessaire de le rappeler si l'on veut que les réflexes conditionnés des policiers changent au positif. Le fameux "point zéro" (voulant que tout le monde soit coupable) qu'on enseigne dans les écoles de formation policière n'aide pas.

■  Solution aux crises : séparer banques de dépôt et marchés financiers Il y a eu et il y aura des crises financière, économique et sociale tant et aussi longtemps que cette cloison ne sera pas mise en place. Actuellement, selon l'économiste français André Orléan (entrevue), directeur au Centre national de recherche scientifique (CNRS), ce cloisonnement n'étant pas effectif, le monde financier est homogène. Alors quant arrive la crise financière et son effet domino, c'est tout le système qui s'écroule.

Les banques de dépôt, qui ont subi des pertes à cause de leurs activités financières, resserrent à l'étranglement le crédit. N'accordant presque plus de prêts aux entreprises et aux citoyens, la consommation des biens et services culbute dans le vide : ralentissement de la production, fermetures d'usines, délocalisations, chômage, etc.

Sa proposition est de passer de l'homogène et l'hétérogène. Le mur (pare-feu) empêcherait les banques de dépôt de s'effondrer et, conséquemment, le crédit continuerait de circuler. Est-ce possible d'implanter cette réforme? Orléan fait le lien avec l'écologie : «Triez nos détritus peut apparaître comme une contrainte mais elle peut être acceptée si l’on explique que le climat pourrait pâtir du fait qu’on ne le fasse pas. Donc, là vous voyez bien comment ça peut marcher.»

PS : Dans une bonne partie de mon texte, j'interprète librement les propos d'Orléan.

  Entre 60 canaux télé où on décide ce que vous allez voir et 150 millions de sites sur le web, le choix n'est pas difficile à faire - (Suite tome 2 de l'Étau Policier) Tout ce qui précède étant, on comprend alors un peu mieux la mini excitation causée par la mise en marché du cellulaire capable de prendre des photos. Exception faite des touristes, rarement les gens traînent-ils sur eux une caméra. Avec ce nouveau gadget, la situation risque de changer du tout au tout.

Hautement dangereux pour la police en civil, car elle s'expose d'être photographiée par de ces utilisateurs. Déjà, elle n'aime pas que des gens flânent dans l'espace public parce qu'elle craint, notamment, que de ses collègues en civil soient repérés. S'il fallait en plus que ces flâneurs s'équipent de cellulaires-caméras...

Elle n'a rien inventé, au fond, la compagnie de production néerlandaise, Endemol, qui a lancé Big Brother, commercialisé l'émission dans 27 pays, et généré un chiffre d'affaires, en 2001, d'1,3 milliard$ pour un profit d'environ 120M$, d'après des chiffres que la journaliste Emmanuelle Garneau de La Presse a puisés dans le magazine Capital. (Emmanuelle Garnaud -- La Presse du 15 août 2001) Tout était déjà là, car son émission s'insère dans la mouvance de l'Internet, qui a démocratisé l'information. Reconnaissons lui tout de même le mérite d'être de son temps.

À l'heure du Web, notre télé a pris un sérieux coup de vieux. Soixante canaux de télévision à domicile ne pèsent pas bien lourds devant près de 150 millions de sites disponibles sur le Web, dont 50 millions de blogs recensés en juillet 2006. (Source : site Web du magazine 01men) L'internaute à l'embarras du choix, contrairement au téléspectateur, qui est captif de ceux qui décident ce qu'il verra et... ne verra pas.

Autre exemple de cette démocratisation de l'information. Le quotidien La Presse, notamment, a ajusté sa montre à l'heure de l'Internet. Jamais n'y a-t-on vu autant d'interaction entre l'éditeur et le lecteur. On l'y sollicite quotidiennement pour obtenir son opinion sur différents sujets, débat plein d'idées. Dès le lendemain de l'événement, le lecteur, et la police déguisée en citoyen préoccupé, y exprime déjà son point de vue à coups de courriels.

Ce qui rend ce quotidien autrement plus intéressant et près des préoccupations du lecteur que du temps pas si lointain où il n'était pas facile d'y faire publier une lettre. L'attente s'étalait sur 3 ou 4 semaines, alors que l'événement était tombé dans l'oubli. Quand elle était publiée, car si vous n'étiez pas un personnage connu ou abordiez un sujet délicat, les chances d'être lu rétrécissaient jusqu'au goulot d'étranglement.

L'Internet est un puissant aiguillon... Il force les médias traditionnels à se démocratiser, s'ils ne veulent pas voir le nombre de leurs lecteurs, auditeurs et téléspectateurs diminuer, diminuer... (Suite demain)

  Une télécommande qu'on cache dans le creux de la main permet d'activer à distance le système anti-vol à l'entrée des commerces - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Ai venu un temps où j'en ai eu assez de cette répression clandestine. À l'employé cherchant à m'en mettre le tort sur le dos, me suis identifié comme étant journaliste, lui ai parlé brièvement de mon enquête dans l'underground policier de la Sûreté du Québec, qui me harcelait continuellement de mille et une façons, parlé du livre.

Ai émis l'hypothèse qu'on déclenchait délibérément le système, à distance, pour me harceler. Il a nié que cela soit possible : plus tard, sur le Web, je visionnerai une vidéo où une gardienne de sécurité portant l'uniforme déclenche le bip-bip à distance à l'aide d'une télécommande qu'elle tient dans le creux de sa main.

Le dernier épisode s'est déroulé le 27 septembre 2002. Là, j'ai parlé cl