News du jeudi 31 Mars 2011
■ Images
-
Obama survole
la Libye ; son avenir est là
; l'escabeau
; le vieillard et ses domestiques
; sans
avenir ; gentil
toutou ; pas s'éloigner sans
la maison ; pas
vraiment l'endroit.
■ Libye
– Une diapo, notamment une photo de petits enfants
nous fait prendre conscience qu'eux aussi sont coincés dans cette
bataille contre le tyran Kadhafi. Je serais pas étonné que cette
photo fasse du bruit sur le web. En tout cas, je le souhaite.
■ Montréal
: quelques milliers d'étudiants dans la rue
– À cela s'ajoute environ les 50 000 qui ont fait la grève des
cours aujourd'hui un peu partout au Québec. La raison est bien
connue : la hausse des coûts de la scolarité. Dans son dernier
budget, le ministre des Finances Raymond Bachand, du gouvernement de
Jean Charest, a prévu une augmentation de 325$ chaque année pendant
5 ans à compter de 2012. Au total, la contribution de l'étudiant
passera de 2168 à 3793$ : vidéo
(05:19), entrevue avec Louis-Phillipe Savoie, président de la
Fédération étudiante universitaire du Québec + article et photos.
■ Révolte
arabe
– La longue marche parsemée d'embuches vers la liberté sur fond
cadencé de la "Conquest
of paradise",
œuvre magistrale du Grec Vangelis : vidéo
(04:53) très émouvante.
■ Japon-Nuage
radioactif
– The New York Times rapporte que des traces d'iode radioactif ont
été trouvées dans des échantillons de lait
à Spokane, dans l'État de Washington, USA.
■ L'un
de mes chauffeurs prétendait être un civil de la Sûreté du Québec
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) N'ayant
pas d'auto, je peux compter sur trois personnes quand je dois aller à
l'extérieur du village de Lac Bouchette. Deux sont de bonne foi, le
troisième, pas une miette. Sous des apparences doucereuses, ce
Chevalier de Colomb (CdeC) est un collabo pur et dur de la Sûreté
du Québec. Il se prétend civil de ce corps policier, mais «faut
pas le dire à personne», m'a-t-il déjà averti.
Je
ne l'ai jamais cru, pas assez allumé pour le métier. Mais fanatique
de la police, de l'ordre et du conformisme, et CdeC, cela ne fait pas
l'ombre d'un doute. Et à tout crin, participant aux patrouilles dans
les rues du village, à des déstabilisations aussi, espionnant, on
peut le présumer sans se tromper, les gens qu'il transporte. Je le
connais depuis plus de quatre ans, un maudit bon gars, qui ne rate
jamais l'occasion cependant de me désinformer.
J'ai
remarqué que lorsqu'il me dit du mal de quelqu'un, et c'est
imparable, il s'agit d'un civil. Il fait de gros efforts pour étoffer
sa fausse identité. Il me confiera notamment que l'un de mes voisins
est un homo. Ainsi, lui en accoler l'étiquette visait à égratigner
un peu sa réputation. Un homo ne peut pas être dans la police,
pensera-t-on.
Il
déblatérera aussi contre le faux ado, celui qui, en ma présence,
si vous vous souvenez bien, avait été interpellé un peu rudement
par un civil, au point d'être sur le bord des larmes. Mon
chauffeur-collabo me le décrira comme un jeune malfaisant qui a déjà
pillé un jardin un soir, et qui prend de la drogue.
Dans
l'édifice où j'habite, le mini quartier général de la Sûreté du
Québec, j'ai vu de temps à autre ce dernier en sortir ou entrer. Un
jour, il est apparu à la fenêtre d'un appart de l'étage, arborant
une fausse petite moustache et un faux collier de barbe. Au même
instant, au rez-de-chaussée, juste en dessous, l'homme-au-toutou
sortait sur la galerie, affichant la fameuse coupe iroquoise, la
soft, une petite moustache noire à la Chaplin complétait le
déguisement. Synchronismes.
À
une autre occasion, ai aperçu Faux-Ado, sur le terrain voisin,
jouant au ballon, vêtu d'un tee-shirt... rouge, s'est même tourné
dans ma direction pour que je lise bien l'inscription : FBI, en
lettres blanches. L'instant d'après, la mini partie de soccer
prenait fin. Scénario qui m'était de toute évidence destiné. Pas
de doute : il travaille pour la police.
En
outre, ai souvent vu mon chauffeur utiliser les mêmes techniques
policières que ceux qui me harcèlent ou cherchent à m'intimider
quand je circule à vélo : coups de klaxon, grosses gueules,
gestes d'impatience de la main indiquant à la cible de dégager. À
l'été 2002, entre autres, lors des travaux routiers sur la 155, à
la hauteur du village voisin, St-François-de-Salle.
Il
avait ainsi harcelé une jeune femme préposée à la circulation,
passait son temps, quand nous traversions ce secteur en construction,
à pester contre elle. Après quelque temps, j'avais remarqué le
faciès un peu effrayé de la jeune femme. Il avait aussi procédé
de cette façon avec un coéquipier de celle-ci, un homme dans la
cinquantaine qui, visiblement, était étonné de ses simagrées. (Suite
demain)
■ En
2002, manif à Montréal contre les abus policiers : 371 citoyens
passent la nuit en prison
- (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Mars
2002. Dans une centaine de villes de l'Occident se tiennent
différents événements visant à protester contre les abus de
pouvoir des forces de l'ordre dans le monde : théâtre,
émissions, fêtes, marches. À Montréal, le MAJ et les COBP
participent à cette mobilisation internationale, organisent une
marche.
Le
lendemain, le journaliste Karim Benessaieh de La Presse rapporte que
la manifestation a quelque peu dérapé dans le centre-ville de
Montréal. Des manifestants se sont d'abord signalés en barbouillant
de peinture des devantures de boutiques, à l'angle des rues de
Maisonneuve et St-Laurent. Plus loin, c'est le quartier général de
la police, à l'angle des rues St-Urbain et Ste-Catherine, qui a subi
leurs foudres : des voitures de police stationnées endommagées,
six fenêtres fracassées. (Karim Benessaieh --
La Presse du 16 mars 2002)
Constatant
les dégâts, la police les somme de se disperser. Quelques 150
protestataires font fi de l'ordre, se dirigent vers la rue
St-Antoine. L'escouade anti-émeute, qui les attend plus loin, rue
St-Laurent, les encercle et enfourne tous, sans qu'aucun ne résiste,
dans des fourgons cellulaires. On ne signale aucun blessé.
Dans
le fouillis d'objets qu'ils auraient laissé tomber au moment de leur
encerclement, les policiers trouvent plusieurs frondes, des billes
d'acier, des masques à gaz, des boules de billard et des ballons
remplis de peinture. Les policiers, explique le commandant André
Durocher (le même qui appliquait le "Code criminel" de la
police plutôt que celui du législateur), ont d'abord tenté de
connaître le trajet de la manifestation. «Nous
ne voulions pas les arrêter, mais c'était simplement pour les
protéger : ils se mettaient en danger en traversant des
intersections. Nous avons reçu aucune collaboration de leur part.»
Trois
ou quatre jours après, nous apprenons que le nombre d'arrestations
était beaucoup plus considérable. Éric Trottier de La Presse
rapporte que des voix commencent à s'élever mettant en doute le
bien-fondé de l'opération policière qui a permis d'arrêter... 371
manifestants (Éric Trottier --
La Presse du 20 mars 2002) : 268 adultes et 103 ados avaient passé
la nuit en prison puis été relâchés après avoir été accusés
d'attroupement illégal, de port d'armes prohibées et d'une douzaine
d'autres méfaits. En une heure, la police avait bien failli battre
le record de 463 arrestations établi au cours de la ZLÉA tenu au
printemps 2001.
«Le
nombre m'apparaît énorme»,
déclare Robert Laramée, membre de la Commission de la sécurité
publique de la Ville de Montréal, organisme responsable de la
police. Il fait part de son intention de demander des comptes à la
direction du service. «Il
est évident qu'on ne peut accepter des gestes de saccage ou de
barbouillage, mais je me demande tout de même pourquoi la police n'a
pu faire la différence entre saccageurs et ceux qui voulaient
manifester pacifiquement.»
De
son côté, le maire Gérald Tremblay, qui est nul en matière
policière, se dit satisfait de l'opération policière : «Pour
le moment
(...) l'information
que j'ai, c'est que les policiers ont fait un travail assez
exceptionnel pour circonscrire les jeunes et s'assurer qu'il y ait le
moins de dommages possibles à la propriété privée.»(Suite
demain)
News du mercredi 30 Mars 2011
■ Gaz
de schiste : Québec s'occupe peu de la Loi sur le développement
durable et des recommandations de 2009-2010
- Cela étant, il ne permet pas l'atteinte d'un juste équilibre
entre les intérêts de la société québécoise, des communautés
locales et de l'industrie. Constat du Rapport
2010-2911 (36 pages) du Commissaire au développement durable, Jean Cing-Mars, rapport
intégré à celui du vérificateur général du Québec Renaud
Lachance : les recommandations sont au chapitre 3 +
d'autres infos sur le site
gouvernemental du vérificateur.
Deux
ministres sont indirectement pointés du doigt : Nathalie Normandeau
des Ressources
naturelles et de la Faune (MRNF) et Pierre Arcand
du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP). Mise
en place tardive de mécanismes gouvernementaux de participation des
citoyens, contrôles
insuffisants par les ministères.
Le Commissaire signale qu'à la fin de ses travaux, très
peu d’inspections avaient été faites par le MRNF et le MDDEP aux
étapes critiques des activités, soit lors des travaux de forage ou
de complétion, afin d’assurer la protection de l’environnement
de même que la santé et la sécurité des personnes.
PS
:
Improvisation ministérielle, sans préparation ni connaissances de cette industrie. À les entendre parler, surtout
Normandeau, la population n'avait rien à craindre, le gouvernement
du premier ministre Jean Charest s'occupait de tout. Et les citoyens qui rouspétaient avaient torts. Allez, tassez-vous, laissez nous passer avec nos gros sabots.
■ Un
jour sur quatre...
- Un Québécois perd la vie au travail. Ça n'a pas de sens.
Vous voulez d'autres chiffres? Toutes les six minutes, un Québécois
est blessé ou mutilé au travail. Plus de 90 000 accidents du
travail par année. Drames humains, vies brisées, familles
anéanties, coûts sociaux gigantesques, perte d'expertise pour des
milliers d'entreprises. La source de ces chiffres? La Commission de
la santé et de la sécurité au travail du Québec (CSST), qui a
lancé hier une campagne : vidéo
(01:02) + site
de la CSST.
■ Japon-nuage
radioactif
– À Orsay et Vésinet, deux communes de la région parisienne, la
Commission de recherche et d'information indépendantes sur la
radioactivité (Criirad) a détecté, après analyse en laboratoire,
des traces anormales
d'iode 131, un élément radioactif.
■ Japon
: jusqu'à présent, des nuages radioactifs semblent se succéder
– L'un après l'autre. La carte géographique animée
de Comprehensive
Nuclear-Test-Ban Treaty Organisation (CTBTO) le démontrerait. Celle
que j'ai diffusée sur cette page dimanche dernier couvrait la
période du 12 au 24 mars. La nouvelle s'étale du 12 au 27 mars : la carte est actualisée régulièrement, donc les dates progressent. La
couleur jaune indique "aktuelle
detektion".
Je
rappelle que CTBTO demeure le
seul organisme capable de détecter partout dans le monde la présence
de particules radioactives dans l'atmosphère. Il a été mis en
place en 1996 dans le cadre du traité d'interdiction totale des
essais nucléaires. Normal qu'il sache ce qui se passe au Japon.
■ Interdiction subliminale par vase,
trous et peur de
l'ours interposés
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Sept
février 2002, début de l'après-midi, je vais à l'épicerie de Lac
Bouchette. Sur la rue Principale, je ralentie à l'intersection de la
Route de l'Ermitage, une wagonnette s'en vient, lui donne la
priorité, mais son conducteur s'est arrêté et ne semble pas
vouloir en profiter.
Alors,
j'accélère un peu pour ne pas le faire patienter trop longtemps, ne
peut aller vite à cause de la neige et de la glace. Au moment où
j'entreprends de passer devant son pare-choc, monsieur décide
d'avancer à un pied de ma jambe. Je m'arrête, suis devant lui, il
s'excuse, fait signe qu'il ne m'avait pas vu. Pas vu? Nous sommes les
deux seuls véhicules à l'intersection. Je le dévisage un moment.
Je
m'apprête à repartir, une auto rouge vin, dissimulée derrière,
dans un angle mort, surgit et se place parallèlement à la
wagonnette. J'identifie illico son proprio : un conseiller
municipal impliqué dans la répression policière. Il s'étire le
cou à gauche et à droite pour s'assurer que la voie est libre, et
tourne sur Principale. À l'autre coin de l'intersection, juste en
face, une autre spécialiste de la répression souterraine. Trois
coïncidences...
Dix
sept mai de la même année, excursion à vélo dans la forêt. Alors
que j'escalade une côte abrupte, une camionnette surgit de l'autre
versant. Tiens, de la visite. Je fais signe au conducteur, il
s'arrête, on cause une bonne demi heure. À cet endroit, il est
traversé par un gazoduc de Gas Métropolitain. Le type me demande :
«T'as quand même pas l'intention de revenir (au village) après (ta
randonnée) par là (le chemin du gazoduc)?» Non, que je réponds.
Dans la formulation et le ton, je perçois une interdiction d'y
circuler.
Du
reste, m'explique-t-il, s'est vaseux et plein de trous. C'est aussi
un endroit très fréquenté par les ours. Il y en a tellement, me
raconte-t-il, qu'il lui est arrivé d'y stationner sa camionnette,
d'attendre, pas longtemps, mains jointes derrière la nuque, geste à
l'appui, pour en voir quatre ou cinq sortir de la forêt.
L'interdiction
subliminale par vase, trous et peur de l'ours interposés. On se
laisse là-dessus. Sur le chemin du retour, une camionnette me
croise. À l'arrière, trois jeunes adultes debout, accoudés sur le
toit de la cabine. L'un me crie : «La police s'en vient.»
(Suite
demain)
■ Le
ministre péquiste Serge Ménard faisait passer de l'intimidation
policière comme étant des mesures humanitaires -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Ces
manifestants sont-ils justifiés de s'inquiéter de la Zone du
libre-échange des deux Amériques (ZLÉA)? Nécessaire de soulever
la question, compte tenu du contexte. La globalisation économique
recèle de nombreux avantages mais n'en comporte pas moins certains
risques.
Compréhensible que des citoyens le manifestent
publiquement. Ils estiment, en gros, qu'il s'agit d'un accord destiné
essentiellement à aider les grandes entreprises à se développer au
détriment de l'environnement et des droits des travailleurs et des
citoyens. (Marie-Claude Lortie --
La Presse du 9 mars 2001)
D'autres
points de vue circulent aussi, ainsi celui de Dorin, ex-ambassadeur
de la France, «le
libéralisme économique et l'ouverture des marchés mondiaux qui en
découle devaient tous nous apporter (Bernard
Dorin --
Appelez-moi Excellence --
Éditions Stanké, 2001) :
la prospérité, la santé, la liberté, le bonheur... En fait, que
constatons-nous? Que si, statistiquement, les économies européennes
(...) se
sont développées depuis vingt ans, les maux des sociétés
occidentales se sont accrus dans de bien plus grandes proportions :
drogue, prostitution, chômage et surtout crime organisé et
corruption.
«Notre
tort est de ne prendre en compte que les statistiques de la
croissance sans considérer les misères qui les accompagnent. Nos
villes n'ont jamais connu
autant de sans-logis et de mendiants qu'aujourd'hui. C'est là un
fait que chacun peut constater, simplement en empruntant le métro
parisien, et le fait, pour les maires de certaines villes de prohiber
la mendicité ne s'attaque pas à la cause du mal mais seulement à
ses effets visuels»,
constate-t-il.
La
ZLEA préoccupe également l'écrivain brésilien Paulo Coelho, mais
pour d'autres raisons ayant tout à avoir notamment avec la
discipline marchande. Il se dit horrifié par l'idée d'une culture
homogène faite à la mesure de tous. (Juan Arias --
Conversations avec Paulo Coelho --
Éditions Anne Carrière, 1999 pour la version française)
«J'ai
peur d'un Dieu standard, dogmatiquement valable pour tous, non
personnel, qui remplacerait ce que la conscience de chaque être
humain peut découvrir. La culture et la religion doivent être
l'expression de l'âme individuelle.
(...) Le
grand danger du marché global consiste à produire une culture qui
serait un contrôle universel des esprits. De là à un nouveau
nazisme, il n'y a qu'un pas»,
craint-il. On le voit, à ces témoignages, que les craintes de ces
jeunes ne sont pas toutes infondées, qu'ils ont raisons de se
manifester.
Finalement,
en février 2001, en prévision du Sommet de la ZLÉA qui doit se
tenir à Québec une couple de mois plus tard, la Ligue des droits et
libertés du Québec forme un comité de surveillance des libertés
publiques, constitué principalement d'avocats, de juristes et
d'intervenants communautaires, et présidé par Me Julius Grey.
(Pascale Breton --
La Presse du 14 février 2001) Son mandat : surveiller les
actions des corps policiers, informer et interpeller les autorités
publiques sur les libertés des manifestants.
Des
poursuites pourraient être intentées devant les tribunaux, s'il
s'avérait que des droits ont été brimés. En outre, le comité
demande à Amnistie internationale, à la Fédération internationale
des Ligues des droits de l'homme ainsi qu'à Human Rights Watch d'y
déléguer une mission d'observateurs. Le ministre péquiste de la
Sécurité publique Serge Ménard déplore aussitôt que «des
mesures prises pour des raisons humanitaires
(sic) aient
été interprétées par certains comme des mesures d'intimidation».
(Paul Roy --
La Presse du 15 février 2001) Nous y reviendrons.
C'est
dans ce contexte qu'il faut insérer la déclaration pacifiste du
commandant André Durocher de la police de l'île de Montréal. Il
l'a faite environ un mois avant la tenue de la ZLEA. De toute
évidence, il était au courant des déclarations de la Ligue des
droits et libertés, etc. Le pouvoir politique avait-il passé aussi
un message à l'hiérarchie policière de l'île de Montréal? On ne
le saura jamais de façon certaine, ce qui n'empêche pas de plus que
le penser. (Suite
demain)
News du mardi 29 Mars 2011
■ Canada
: 4 associations de femmes s'opposent au fractionnement des revenus
familiaux du PCC
- Une proposition du parti progressite-concervateur (PCC) de Sephen
Harper, qui, selon les 4, incitera les femmes à rester à la maison
: Fédération des femmes du Québec (FFQ),
Conseil d'intervention pour l'accès des femmes au travail (CIAFT),
Fédération des associations de familles monoparentales et
recomposées du Québec (FAFMRQ)
et Mouvement
RebELLEs +
un événement
à venir et un slogan.
L'un des arguments des 4... Le
cas d'un couple dont
le conjoint gagne 40 000$ par année et la conjointe travaille à
temps partiel pour un revenu annuel de 15 000$. Avec deux
enfants dans un service de garde hors Québec, un couple peut
aisément y consacrer 12 000$ par année.
Avec
la réduction d’impôt promise par le PCC, le couple pourrait
conclure que la conjointe devrait cesser de travailler afin de
dépenser moins en services de garde et, comme le revenu familial
serait divisé par deux (20 000$ chacun), de bénéficier d’un
retour d’impôt supplémentaire. Cela fait en sorte que la
conjointe deviendrait économiquement dépendante de son conjoint.
■ Québec
: la laïcité, un pas de plus vers l'égalité des sexes
- Christiane
Pelchat, présidente du Conseil du statut de la femme (CSF), un
organisme para-gouvernemental, a rendu public hier un document
de 161 pages démontrant que la laïcité qui prévaut actuellement
au Québec en est une par défaut. Deux recommandations... 1)
Affirmer l'interculturalisme dans une loi qui ferait notamment état
des valeurs communes du Québec, dont la laïcité et l'égalité
entre les sexes ; 2) Déclarer que le Québec rejette la "laïcité
ouverte".
Le
CSF estime que la séparation de l'État et de la religion, quelle
qu'elle soit, constitue une valeur collective fondamentale. La
situation actuelle nuit à la cause des femmes en raison du statut
subordonné que leur réservent les religions. Nuit également à la
liberté de conscience et de religion : vidéo
(04:56), au milieux de la page qui s'affiche + entrevue avec Pelchat
(12:51) à l'émission radio de Dutrizac + entrevue
radio aussi (08:21) à l'émission de Désautels + site
du CSF.
■ Canada : Ottawa
impose la censure à ses représentants en Afghanistan
– Élections générales obligent...
PS
:
Il est clair qu'on ne pas tout dire pendant une campagne électorale. Bâillon du droit de savoir. Petit Robert : morceau d'étoffe qu'on
met entre les mâchoires de quelqu'un pour l'empêcher de parler, de crier. Et
"Ottawa",
c'est qui pensez-vous?
■ Banque
du Canada : mieux vaut prévenir que guérir, cela peut aider aussi à
mieux guérir
– En résumé, c'est le message qu'a transmis Jean Boivin,
sous-gouverneur de la Banque du Canada, lors d'une allocution
prononcée hier le 28 mars. Rien de mieux que la crise financière de
2008 pour rafraichir les mémoires et indiquer ce qu'il reste à
faire pour rétablir la prospérité. Ce qu'il fait à l'aide de 9
graphiques comparatifs d'un cycle à l'autre, données
trimestrielles, dans les pages de 8 à 12 du document
qu'il vient de rendre public.
Voyons
les thèmes abordés : Une baisse du produit intérieur brute (PIB)
réel abrupte mais d'une plus courte durée ; Des pertes d'emploi
moins importantes ; PIB réel, les USA éternuent, le Canada attrape
le rhume ; Baisse historique des exportations réelles ; Plongeons
des investissements fixes réels des entreprises ; Baisse de
l'activité économique au Canada plus faible mais comparable à
celle des USA ; Endettement des ménages élevé ; Parts du marché
américain : le Canada perd, le Mexique gagne ; Moins
d'investissement en machines et matériel au Canada qu'aux USA.
PS
:
Le sous-gouverneur de la Banque du Canada Boivin dit dans son
allocution : «Nous
devons nous attaquer sérieusement aux enjeux importants auxquels
nous sommes confrontés». Fin de la citation. Le
Canada est actuellement plongé dans des élections générales. Le
premier ministre Stephen Harper sollicite un autre mandat. Voilà
plusieurs sujets qui pourraient être soulevés d'ici le scrutin du 2
mai prochain.
■ Journal
de Montréal
– Après un lock-out de 2 ans et 1 mois (25
mois), décrété par Pierre Karl Péladeau, président-directeur
général de Quebecor,
les journalistes ont accepté hier le protocole de retour au travail.
Certains espèrent pouvoir continuer de travailler sur le site
ruefontrenac, crée à la
suite du décret du tout puissant Péladeau fils.
PS
:
Pendant toute la durée de ce conflit, le journal de Montréal a été
publié quotidiennement. Le Code du travail stipule que, pour être
considéré comme un briseur de grève, la personne doit être sur
les lieux de l'entreprise. L'informatique a bulldosé cette donne.
Elle permet d'envoyer des articles par courriels sans être sur
place.
Dans
le cas d'un lock-out, le rapport de force s'en trouve socialement
déséquilibré. L'éditeur d'un journal peut éterniser un conflit,
avoir ses grévistes à l'usure. Il s'en fout, lui, l'argent entre
quand même dans le tiroir-caisse : le site ruefrontenac n'est pas rentable. Injustice néolibérale
intolérable au sein d'une démocratie.
■ Lac
Bouchette : l'impression de vivre dans un de ces États policiers de
cauchemar -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Se
pose aussi toute la question de la participation citoyenne à la
pseudo police communautaire de Lac Bouchette. Volontaire ou
obligatoire? Que fera le commerçant, par exemple, si l'un de ses
employés refuse d'entrer dans la milice policière, ou de participer
occasionnellement, dans son établissement et ailleurs, à des
activités de répression clandestines?
Ce
citoyen est-il désigné comme un rebelle à l'ordre établi par la
Sûreté du Québec? Suscite-t-il l'opprobre de celle-ci et de ses
miliciens, au point de devenir l'équivalent d'un lépreux qu'on
rejette, éjecte? Et le commerçant, est-il également obligé? Oui,
et de cela j'en suis également convaincu. Un pouvoir politique
devient immorale quand il exige que des citoyens participent à son
système de répression.
Virage
à 180 degrés, cependant, il faudra un peu de temps tout de même
pour que chaque rouage de la machine répressive ralentisse la
cadence. Neuf janvier 2002, vers 18h, rue Principale, je roule en
direction de la biblio. Dans la grande côte, j'ai droit au pas de
parade... à la soviétique.
Une civile de la Sûreté du Québec dans la quarantaine, le pas
haut, balançant les bras, le tout exécuté au ralenti : les
bras à gauche, la jambe droite levée, les bras à droite, la jambe
gauche levée. Marche martiale! Dans l'ex-empire de l'URSS, on
entendait les bottes frapper le pavé, en face du Kremlin. De l'autre
côté, un voisin riverain, qui s'apprête à monter dans sa
camionnette, intrigué, s'est immobilisé pour la regarder passer.
Tout un spectacle. Veut-elle me signifier sa capacité de se défendre
si jamais je l'attaquais?
J'avais
déjà été témoin de démonstrations de force du genre, de la part
de deux de ses collègues féminines. Chez l'une, c'est le mouvement
des bras. Tête légèrement penchée sur le côté, regard dérobé,
le bras droite amorce un arc, main ouverte. Le geste est d'abord lent
puis vif avant de s'immobiliser une fraction de seconde et s'abattre
sur une cible invisible, comme au karaté, puis l'autre bras
entreprend la même trajectoire. L'effet saccadé fait penser à
l'automate. Chez
l'autre, c'est le déplacement de la jambe qui est mécanisé.
L'effet est visible seulement quand elle revient à son point de
départ, avec une étonnante vélocité.
Des
chorégraphies exécutées au quart de tour. Spectacle bien rôdé,
les interprètes ne sont pas des débutantes gauches et hésitantes.
L'impression de robots bien programmés, aveugles et sourds.
Intimidant, réellement! Et en même temps vous avez aussi cette
impression de vivre dans un de ces États policiers de cauchemar.
Comment en sommes-nous venus là! (Suite
demain)
■ Allmand
: «Les
citoyens ont le droit de manifester librement sans faire l'objet
d'intimidation» -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Environ
un an plus tard, en mars 2001, encore une manif dénonçant la mort
de Lizotte. Dans le cadre de la Journée internationale contre la
brutalité policière, 150 personnes, à l'invitation des COBP, pour
la plupart des jeunes, défilent dans la rue, font un arrêt au Shed
Café, où la victime a été agressée par deux policiers de l'île
de Montréal, puis devant le quartier général de ce corps policier.
(Pascale Breton --
La Presse du 16 mars 2001)
Le
mot d'ordre est le pacifisme, relate la journaliste Pascale Breton de
La Presse, qui cite un manifestant : «On
est tanné d'en prendre. Il y a de la violence policière ici, mais
aussi partout sur la planète et c'est avec des mouvements de masse
qu'on va faire changer les choses. On ne veut pas de violence, mais
on ne se cache pas que plusieurs participants
(à la manif) ont
une très grosse colère en eux contre ce qui se passe».
Celui-ci
refuse de décliner son identité de peur d'être repéré par les
policiers si son nom était cité dans les médias. D'autres, note le
journaliste, se montrent agressifs envers les représentants des
médias, particulièrement les cameramen, craignant que des images
vidéo d'eux soient ensuite utilisées par des policiers. Quelques
uns tentent d'ailleurs d'obstruer les lentilles des caméras.
Prenons
connaissance aussi de cette importante déclaration du commandant
André Durocher de la police de l'île de Montréal, car elle
permettra de débusquer une anguille sous roche : «Tout
s'est bien déroulé. Nous adoptons toujours la même stratégie,
soit de laisser les gens manifester lorsqu'ils le font de la bonne
façon, sans violence»,
déclare-t-il.
Ce
n'est pas tous les jours que l'on entend un tel discours de la part
d'un membre d'un corps policier. Utile de bien le situer dans son
contexte, pour connaître la raison de ce changement de cap
surprenant : cette manif s'était déroulée le mois précédant la
tenue du Sommet sur la Zone du libre-échange des deux Amériques
(ZLÉA) d'avril 2001, à Québec.
On
se souvient que le ministre péquiste de la Sécurité publique,
Serge Ménard, homme de droite, avait annoncé sa décision de vider
la prison d'Orsainville pour faire place aux éventuels manifestants
qui y seraient arrêtés.
Inquiet d'entendre ces propos, le président
de la Ligue des droits et libertés du Québec, André Paradis, était
intervenu dans les médias afin que Ménard ne songe pas seulement à
emprisonner des citoyens. (Presse canadienne, Pascale Breton et Paul
Roy --
La Presse des 3 novembre et 30 décembre 2000 et des 14 et 15 février
2001) Il lui reprochait de créer l'impression que manifester est un
geste illégal et non un droit, soutenait que le public a le droit de
manifester librement lors du Sommet.
Il
signalait que les forces policières ont un parti pris en faveur de
l'ordre, aux dépens des libertés publiques. «Les
policiers doivent faire en sorte que l'espace pour exercer son droit
public soit respecté et que la liberté d'expression soit là
». Rappelait leurs méthodes souvent abusives utilisées pour
disperser les manifestants, ainsi à Montréal, au cours du sommet du
G-20, de septembre 2000, où des policiers à cheval, avaient chargé
la foule. (NDLR : Époque où la police de l'île de Montréal
relevait de la Communauté urbaine de Montréal et de sa présidente
Vera Danyluk, femme de droite.)
Recommandait
aussi au ministre de garder ses distances face aux corps policiers,
signalant que les interventions policières musclées au sommet de
l'APEC (Coopération économique Asie-Pacifique), à Vancouver,
avaient donné lieu à des accusations d'ingérence politique.
(NDLR : Du gouvernement fédéral libéral de Jean Chrétien,
événement qu'on élaborera plus loin.) Paradis se referait aussi
aux autres grandes réunions sur la mondialisation tenues à Seattle
et à Prague, où les droits des manifestants avaient été
systématiquement brimés.
Le
président du Centre international des droits de la personne et du
développement économique, et ex-solliciteur général du Canada,
ministère de toutes les polices du pays, Warren Allmand, était lui
aussi préoccupé, associait la décision du ministre Ménard à de
la «provocation».
(Presse canadienne --
La Presse du 3 novembre 2000)
«Les
forces de l'ordre ne devrait pas présumer à l'avance du
comportement des manifestants avant même que ceux-ci ne mettent les
pieds dans la Vieille Capitale
(Québec),
écrivait-il dans un communiqué de presse.
L'expérience a démontré que la grande majorité des citoyens
expriment leur opinion de manière pacifique. Les citoyens ont le
droit de manifester librement sans faire l'objet d'intimidation.»
(Suite
demain)
News du lundi 28 Mars 2011
■ Japon-aujourd'hui
28 mars
– Déclaration de Yukiya Amano, directeur général de
l'International Atomic Energy Agency (IAEA) :
"La
situation reste très grave, elle reste très préoccupante. (…) Je
propose qu'une conférence de l'IAEA sur la sûreté nucléaire de
haut niveau se tienne à Vienne avant l'été".
Ce lundi 28 mars, une autre manifestation d'environ 300 personnes à
Tokyo, une aussi à Séoul, en Corée du Sud : vidéo
(00:59) + site de l'IAEA, en
anglais. Suivez
les événements en direct sur Aljazeera, colonne de droite, ou sur
ses blogs, qui est une
répétition de ce que vous avez manqué en direct via satellite.
■ Japon
– Hier à Tokyo près de 200 citoyens ont manifesté dans la rue.
Ils demandent l'arrêt du nucléaire dans archipel : vidéo
(00:45) du 27 mars. Le
15, un citoyen, réfugié avec d'autres dans une petit pièce, avait
déclaré que l'énergie nucléaire est terrifiante, plus encore
qu'un tsunami : vidéo
(01:45).
■ Hubert
Reeves propose des débats sur le nucléaire
– Sur son site,
l'astrophysicien signale que les nuages radioactifs n'ont pas de
frontières. Des débats s'imposent dans tous les pays possesseurs de
centrales ou projetant d'en construire. À l'exemple de l'aviation
civile, l'application universelle des conclusions de ces débats est
la seule solution réaliste.
J'ai
lu quelque part cette autre déclaration de Reeves... Le nucléaire
exige une sécurité sans faille. C'est une technologie pour les
anges. Trop dangereuse pour les humains.
■ Lac
Bouchette : les fanatiques de l'ordre et du conformisme découvrent
la face cachée de leur collaboration étroite avec la Sûreté du
Québec -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) En
cette fin d'année 2001, suis un peu las de cette enquête. Les
comportements des civils et de leurs collabos deviennent répétitifs,
ne m'apprennent plus rien que je ne sache déjà. C'est comme
visionner toujours le même vieux film.
Cela
dit sans prétendre tout savoir, absolument tout. Le temps me semble
quand même venu de lâcher un peu de lest, juste pour voir. Je vais
faire une confidence à Snowbird. Je l'ai ciblé parce que je le
soupçonne d'être, dans le petit village, l'un des principaux
rouages de la participation citoyenne à la fameuse cause de la
prévention. Chemin de la Montagne, je le vois au loin, s'en vient
d'un bon pas.
Cet
après-midi-là, je décide de l'entretenir brièvement des atteintes
à la dignité de la personne, innombrables dans le village de Lac
Bouchette, auxquels se livrent les civils de la Sûreté du Québec
et leurs collabos. Lui laisse faussement comprendre que j'ai été
témoin d'infractions du genre commises à l'encontre de citoyens du
village, ou de confidences que certains m'ont faites, sans lui
préciser que je parle spécifiquement de celles dont j'ai été la
cible.
Autant de civils et de collabos ne le sillonnent tout de même
pas uniquement pour surveiller et déstabiliser le journaliste que je
suis. Tous les autres symptômes sont là, et solidement enracinés :
climat de gravité ambiante, stéréotypes, rues désertes, citoyens
confinés à leur résidence, etc.
En
l'espace d'une dizaine de jours, le résultat sera spectaculaire. Mes
yeux écarquillés n'arriveront pas à le croire. C'est fou comme on
fera désormais preuve de respect à mon égard. Du jamais vu,
jusqu'à ce moment-là. Fini les grosses gueules de mes oppresseurs,
les regards noirs et autres mimiques. Finis les gestes m'indiquant de
dégager, finies les paroles faussement mielleuses, et j'en passe, la
liste est trop longue.
On
m'ignorera, tout en continuant de s'intéresser à moi mais
discrètement et de loin. L'attitude des citoyens collabos, surtout,
s'en trouvera, et littéralement, culbutée, bien que subsisteront
encore quelques entourloupes, quoi que légères comparées à celles
d'avant. Graduellement, ils seront aussi moins nombreux à
patrouiller les rues. Le démocrate que je suis est fier de son coup.
Soudain, je les trouve un peu moins laids.
Ce
qui semble avoir touché Snowbird, c'est de lui avoir signalé que,
dans le village, on porte atteinte à la dignité de la personne.
Cette formulation a atteint ma cible en plein centre. Me suis alors
rendu compte, pour la seconde fois au cours de mon enquête, que la
formulation "atteinte aux droits fondamentaux" est trop
abstraite pour que les gens cliquent. En utilisant un exemple
concret, le message passe comme une tonne de brique.
Preuve
comme quoi j'avais bien choisi mon homme. Il l'a transmis aux autres,
aussi sûr que deux et deux font quatre. Pas seulement ça. Lui-même
cessera ses provocations. Dans les semaines précédent son départ
pour le Sud, je ne le verrai pratiquement plus dans l'espace public,
et les très rares fois où cela arrivera, il m'ignorera totalement.
J'insiste : tous les civils et leurs collabos.
Ces
derniers, comme s'ils faisaient la découverte d'un autre monde,
celui des droits et libertés, dont le droit à la dignité. Certains
disparaîtront de la circulation, d'autres réapparaîtront peu
après, détournant la tête lors de mon passage, ou la baissant avec
le petit air gêné de ceux qui savent que vous savez. Conscientisés
sur les illégalités auxquelles, sans doute sans le savoir, ils se
livraient. Certains auront aussi un peu peur, ça se sentira. Peur de
représailles, peur de poursuites judiciaires.
Les
fanatiques de l'ordre et du conformisme viennent de découvrir la
face cachée de leur collaboration étroite et quotidienne avec la
police. La Sûreté du Québec les en avait-elle informés avant de
les enrôler dans sa milice? Non, et j'en suis convaincu. Il ne fait
aucun doute qu'elle leur avait enseigné ces tactiques policières
illégales, ils ne pouvaient les avoir apprises d'eux-mêmes. Du
reste les civils les utilisent régulièrement. (Suite
demain)
■ Justifier une
intervention policière
injustifiée, et ternir la réputation
de citoyens s'opposant
à la brutalité
policière -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Janvier
2000. Au cours d'une manifestation, une centaine de citoyens
expriment leur colère relativement à la mort de Jean-Pierre Lizotte
survenue à la suite d'une intervention de la police de l'île de
Montréal, affaire que nous aborderons plus loin. Y participent, des
membres du Mouvement Action Justice (MAJ ), de la Ligue des Noirs du
Québec (LNQ) et des Citoyen-ne-s opposé-e-s à la brutalité
policière (COBP). (Marie-Claude Girard --
La Presse du 23 janvier 2000)
La
journaliste Marie-Claude Girard de La Presse rapporte cette
déclaration d'Alexandre Popovic des COBP : «On
est ici pour demander justice.»
D'après lui, le cas Lizotte n'est pas un phénomène isolé. «Les
grosses places à fric»
ont commencé à occuper la rue Saint-Laurent, faisant des sans-abri
des indésirables.
«Pour
un seul cas de mort d'homme aux mains de la police, il y a des
centaines, sinon des milliers d'autres cas de harcèlement,
d'intimidation et d'arrestation de sans-abri, de squeeggees ou
d'individus à l'allure trop marginale pour côtoyer d'aussi près
les espaces fliqués et friqués.»
La manif est ponctuée d'actes de vandalisme, malgré les appels au
calme d'Yves Manseau du MAJ et Dan Philip de la LNQ.
Deux
mois s'écoulent puis survient une autre manif contre la mort de
Lizotte. Ce jour-là, des «punks
masqués»
font voler en éclats des vitrines d'un restaurant McDonald et des
vitres du poste 19 de la police. D'après Philippe Caron-Boutin, l'un
des manifestants interrogés par la journaliste Girard, ces punks
«ont
disparu dans la brume»
sans être arrêtés. (Marie-Claude Girard --
La Presse du 17 mars 2000) La police a procédé à l'arrestation de
112 manifestants mais apparemment aucun de ces «punks
masqués»
n'étaient du lot. Qui étaient-ils?
D'après
Manseau du MAJ, qui a dénoncé cette violence, il s'agit de
groupuscules qui se sont infiltrés parmi les manifestants. Pour sa
part, un membre des COBP, un dénommé Jules, croit que ce sont des
gens qui subissent quotidiennement la répression policière. «Ce
ne sont pas des agitateurs professionnels mais des gens qui
connaissent les habitudes de la police».
M. Cooper, nom d'un autre participant, croit que, sans être liés
aux COBP, c'en sont peut-être des sympathisants. D'après lui, ce
serait des jeunes de la rue, des pauvres, des étudiants appartenant
à des mouvements radicaux.
Autre
fait important et fort possiblement lié à ce qui précède. Le mois
suivant, en avril 2000, un dénommé Alexandre Paradis, qui menace de
faire exploser un poste de police, est arrêté et inculpé. Après
sa comparution, le 10 avril, il recouvre sa liberté, mais se
retrouve de nouveau derrière les barreaux, cette fois pour trafic de
drogue. Peu après, le lieutenant Michel Bonneville, de la section
des incendies criminels, informe les médias que Paradis est membre
des COBP. (Nadine Filion --
La Presse du 19 avril 2000)
Or
cet organisme nie qu'il soit l'un des siens, dit croire à une
campagne de salissage. Tout comme Manseau du MAJ, qui pense qu'on
cherche à discréditer la critique légitime de l'action policière.
Ce livre confère aux propos de Manseau et des COBP une très haute
vraisemblance. De toute évidence, militer contre la brutalité
policière n'est pas l'activité idéale pour tisser des liens
d'amitié avec la police. Si vous militez au sein d'un organisme
dénonçant la violence faite aux femmes, il y a plus de chance que
la police vous appuie. Mais la violence policière... ce n'est pas
pareille, voyez-vous.
Les
COBP n'en étaient pas à leur première manif. Ils n'ont rien d'un
mouvement clandestin, n'importe qui pouvant y adhérer,
ponctuellement, selon les événements. L'équivalent d'une auberge,
ça entre, ça sort. Qui dit manif, dit réunions de ses
organisateurs, distribution de tracts et coups de fil pour mobiliser
les troupes. Cela se fait aussi de vive voix, au hasard de rencontres
dans les restos, au cégep, à l'université.
Le
jeune militant, et c'est de son âge, est un idéaliste à tout crin,
souvent bavard et gueulard, n'hésite pas à émettre des opinions
pointues, ignorant que des oreilles sont déployées, aux écoutes...
Bref, difficile de croire que la police en civil n'avait pas déjà
repéré les COBP : soulignons au passage que lors de ses
audiences publiques, la Commission Poitras avait accordé à cet
organisme le statut d'intervenant.
On
en vient alors à l'hypothèse, toute aussi valable que les
précédentes, et nous en ferons une démonstration plus pointue dans
quelques paragraphes : de jeunes, noyautés par la police, se livrant
au vandalisme ou à la violence au moment où celle-ci l'a choisi.
Préparer des foyers de tension pour ensuite les activer et
discréditer un groupe revendicateur. Genre de bombe à retardement
que l'on fait exploser au moment opportun.
La
police fait d'une pierre deux coups. Si les manifestants défilent
pacifiquement, elle justifie une intervention policière injustifiée,
et ternit la réputation de citoyens s'opposant à la brutalité
policière. Passe en même temps le message médiatique que ce n'est
pas une bonne idée de manifester sous cette bannière.
Historiquement, il est prouvé que la police, peu importe le pays,
cherche toujours à dénigrer ceux qui la dénonce. En procédant
ainsi, elle gagne sur tous les tableaux. (Suite
demain)
News du dimanche 27 Mars 2011
■ Grandes
photos
– Plusieurs dans des quartiers délabrés
où vivent des pauvres +
sueur ; garage
; bonne idée
; combat
; escaliers
de sauvetage ; main tendue.
■ Comprehensive
Nuclear-Test-Ban Treaty Organisation (CTBTO) sait tout
– Il est le seul organisme capable de détecter partout dans le
monde la présence de particules radioactives dans l'atmosphère. On
comprend pourquoi lorsqu'on sait qu'il a été mis en place en 1996
dans le cadre du traité d’interdiction totale des essais
nucléaires.
Cela étant,
il sait ce qui se passe au Japon. En témoigne sa carte géographique
animée. Elle
permet de suivre à la trace, chaque jour de la période du 12 au 24
mars derniers, le nuage radioactif : sur la carte, chaque jour est
traité séparément, alors la date du jour change. Indique, à
l'aide de points jaunes, les pays touchés ainsi que le niveau de
radioactivité : vidéo (22:35), CTBTO utilise le top en technologie, en anglais +
vidéo
(15:58), une inspection, en anglais + site
de CTBTO.
■ L'autre
face du Japon
– Des correspondants du quotidien Le Monde
ont fait enquête sur les lieux et révèlent des choses puantes à
se pincer le nez.
■ Changer
les heures de mes routines à vélo permet de vérifier si les
rencontres sont fortuites ou non
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Les
faits abondent mais je ne peux faire état de tous. Quelques uns en
vrac... Point d'interrogation tracé sur le miroir, au-dessus du
lavabo de ma chambre de bain, à l'aide d'un savon, preuve évidente
qu'on avait profité de mon absence pour s'introduire illégalement
chez moi, ce qui n'était pas nouveau.
Autre
exemple : été 2002, j'avais placé deux documents sous mon
matelas, un de chaque côté du lit. À mon retour, j'ai trouvé l'un
sous un oreiller. Civils toussant ou grommelant je ne sais quoi au
moment de passer devant ma porte. C'est notamment le cas de celui
distribuant l'hebdo l'Étoile du Lac. Généralement parce que, la
veille ou le jour même, j'ai dit un mot de trop ou posé un geste
qui déplaisait à ces messieurs dames.
Été
précédent, revenant d'une randonné à vélo, j'aperçois un civil,
qui ne demeure pas dans l'immeuble où j'habite, dans mon espace de
stationnement. Il m'attend pour jaser. Lui indique carrément qu'il
n'a pas d'affaire ici, que je suis chez moi, comme lui-même sur son
terrain privé. Il s'en va d'un pas rapide, tête penchée,
grommelant : « Tabarnak, y'est rough à matin (c'était
l'après-midi, vers 16h30).» «Ça va être comme ça désormais!»
que je lui lance.
Snowbird
est un vieux monsieur à sa retraite, respectable et respecté. La
profession qu'il a exercée toute sa vie faisait de lui un candidat
idéal comme collabo clandestin de la Sûreté du Québec. Voyons le
à l'action sur le terrain. Fin de novembre 2001, Chemin de la
Montagne, on se croise. Il lève le bras droit en guise de
salutation, s'apparentant à l'hitlérienne.
Samedi
1e décembre 2001, même rue, il marche d'un pas pressé, comme
d'habitude, mais cette fois on sent en quelque part une certaine
urgence. Il lève le bras droit pour me saluer. Lui lance : «Les
coïncidences font bien les choses, hein?» «Oui», cela dit en
levant de nouveau son bras. Message explicite : on finira bien
par te sortir de l'espace public. La veille, je l'y avais rencontré
vers 14h. Aujourd'hui, il est environ 15h30. J'ai retardé mon départ
de chez moi pour vérifier si je l'y verrais. Changer les heures de
mes routines permet de voir si les rencontres sont fortuites ou non.
Expérience concluante.
Les
deux patrouilleuses de l'escouade cyclistes ont remisé leur bécane,
hiver obligeant, et effectuent leur ronde à pied. Les vois, un jour
ou deux après Snowbird, sur la route de l'Ermitage. «Salut,
les filles!», que je leur dis au passage. Je me fais aussitôt
répondre par l'une d'elles : «Tiens, un brave!» Oups,
pardon! Il arrive souvent que quelqu'un utilise une expression et
que, peu après, vous établissiez le lien avec une autre personne.
Le
lendemain Snowbird apparaît dans le paysage. Brandissant le bras,
index et majeur en V, il me crie au passage : «Bonjour,
mon brave!» Je retiens un sourire. Il est suivi de
l'homme-au-chien-renifleur. Je le salue, il reste un peu interdit. À
l'épicerie, encore Snowbird, les coudes appuyés sur le dessus de la
caisse du comptoir de la quincaillerie. Il m'observe, cherche à
m'intimider. Je n'hésite pas : «Salut, mon brave!» Il répond,
sans conviction.
Dans
la rue, même l'aïeul s'y met. Je ne réponds pas à ses salutations
venimeuses, alors il insiste. Me retourne et le traite d'harceleur.
Il proteste, je n'en fais pas de cas. À l'épicerie, il me rejoint
dans une allée, veut savoir pourquoi je ne lui parle pas, imitant
l'autre dont j'ai déjà parlé : encore un lien. Lui dis ne pas
être intéressé. Il en remet, lui signifie de me laisser
tranquille. Voyant que je commence à élever le ton, il quitte les
lieux.
Le
lendemain, il est encore là, dans une allée où je dois forcément
passer, jouant au client absorbé à examiner des articles sur une
tablette. Une allée plus loin, encore lui, cette fois poussant un
panier...vide. À peine quelques pouces séparent nos paniers
lorsqu'on se croise. Regard fixé droit devant lui, il tente, d'un
petit coup sec, de réduire un peu l'espace, je tasse illico
légèrement le mien pour éviter l'accrochage.
Ce
même après-midi-là, deux conducteurs de camionnette, dont
l'homme-au-chien-renifleur, essaient de capter mon regard.
J'entrevois leur tête pratiquement insérée entre volant et
pare-brise, les yeux ronds comme des pièces d'un dollar, la mine
réprobatrice. (Suite
demain)
■ Les
droits des citoyens continuellement bafoués par la police
- (Suite tome 3 de L'Étau Policier) En
juillet 1996, la police de l'île de Montréal dresse des constats
d'infraction à 70 usagers de la place Émilie-Gamelin, coin
Berry-Ste-Catherine, sous prétexte qu'un règlement municipal
interdit la fréquentation des parcs entre minuit et six heure du
matin. (Marc Thibodeau --
La Presse du 30 juillet 1999).
Sept d'entre eux, dont David
Kavanaght, en contestent la légalité devant la Cour municipale de
Montréal. Cependant, faudra attendre une couple d'années avant que
justice soit rendue... Les tribunaux prennent du temps à rétablir
les droits dans cette province, ce pays.
Le
juge Gérard Duguay leur donne en effet raison : cet endroit est
désigné par les propres règlements de la ville comme une place
publique et non un parc. La police n'avait donc pas le droit
d'émettre des constats d'infraction et faire évacuer les lieux.
David Kavanaght adresse ensuite une demande de recours collectif. Il
veut que tous les citoyens qui, à partir de juillet 1996, date
d'ouverture de cette place publique, ont été arrêtées ou détenues
et citées en justice sous ce prétexte reçoivent une compensation
financière de la part de la police et de son employeur, la Ville de
Montréal : on ignore ce qu'elle en est advenue.
Le
journaliste Marc Thibodeau de La Presse écrit que depuis ce
jugement, la police n'y dresse plus de constats d'infraction, «de
manière à favoriser le dialogue»,
lui précise un porte-parole policier. Notons-le : pas parce que la
police se doit de respecter la loi comme tout le monde, mais «de
manière à favoriser le dialogue».
Ce même porte-parole n'a pas été en mesure de dire au journaliste
combien de faux constats d'infraction du genre la police avait émis
depuis l'ouverture de cette place publique. Et ceux qui avaient payé
des amendes, ont-ils été remboursés?
Décembre
1997, une centaine de membres du Comité des sans-emploi de
Montréal-Centre tiennent une manif de protestation contre la faim et
la pauvreté. (Yves Boisvert et Pascale Breton --
La Presse du 26 septembre 1998 et des 15 et 29 novembre 2000) Elle se
déroule en face de l'Hôtel Reine Elizabeth, boulevard
René-Lévesque-Ouest.
Certains
d'eux entrent dans l'édifice et font une razzia de denrées au resto
Le Montréalais. La police arrête 107 manifestants. Me Julius Grey
fera déclarer inconstitutionnel l'article du Code criminel sur cet
«attroupement
illégal»,
dont elle s'était servie contre les manifestants. Toutefois, la
razzia de denrées au resto était illégale. Le droit à la
protection et la jouissance de ses biens est aussi fondamental que la
liberté de manifester son ras le bol sur la place publique.
Autre
cas, celui-là puisé dans une lettre publiée par La Presse de
décembre 1999. (Pierre-Marc Boyer --
La Presse du 10 décembre 1999) Son auteur, Pierre-Marc Boyer de
Montréal, y relate un incident qui s'est déroulé à l'extérieur
de l'Université du Québec à Montréal (UQÀM), rue Ste-Catherine,
le 24 novembre 1999. Le contexte : une dizaine d'étudiants
manifestaient contre le contrat d'exclusivité accordé à Coca-Cola
par l'institution.
Citons
ces passages de la lettre de Boyer : «Or,
quelle ne fut pas leur surprise de voir les forces policières les
arrêter. Ils ont donc voulu rentrer à l'intérieur de l'université,
(mais) sous
l'ordre des autorités uqamiennes, les portes avaient été
verrouillées. Pris en souricière, les manifestants ont dû passer
quelques heures en prison. (...)
«Peu
importe le point de vue, dans une démocratie, chacun a le droit de
manifester publiquement,
plaide Boyer. C'est un droit. Ce droit a été brimé. Et la
collusion entre les autorités universitaires et la police a provoqué
quelque chose d'inquiétant : les forces policières ont bel et bien
réprimé des étudiants pacifiques, déplore-t-il.
Elles ont servi d'outil de répression. En conséquence,
conclut-il,
des excuses publiques devraient être faites aux étudiants en cause,
car la démocratie a été violée».
UQÀM et police n'ont pas répliqué à la lettre de Boyer. (Suite
demain)
News du samedi 26 Mars 2011
■ France
: l'achat de détecteurs Geiger a augmenté
– En raison des craintes suscitées par le passage du nuage
radioactif venu du Japon le 23 mars dernier : le même nuage a
survolé le Canada et la population n'en pas été informée. On veut
se rendre compte par soi-même du vrai niveau de radioactivité. Ce
qui indique une certaine méfiance des renseignements officiels.
Le
Geiger
est un instrument de mesure très efficace pour détecter les
particules radioactives : article sur les ventes
en France + l'échelle
des radiations + niveau de radioactivité
dans certains pays et villes + niveau au Canada + où trouver des détecteurs
de gaz de schiste
et de méthane, j'indique un endroit sans spécifier d'aller là
plutôt qu'ailleurs.
■ Triomphe
de la lumière sur la grande noirceur
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Le
29 novembre 2001, au milieu de l'après-midi, je repositionne mon
arbre de Noël, installe deux jeux de lumières de 25 ampoules
chacun. En l'espace d'un peu plus d'1 heure, j'aperçois 3 civils
dans mon environnement immédiat.
L'un,
dès ma sortie de l'appart. C'est l'homme-au-toutou. Depuis quelque
temps, ses apparitions sont synchro aux miennes. Deux autres suivent,
défilant derrière moi, à quelques minutes d'intervalle. Dont celui
qui a fait tomber l'arbre : «Ça commence à ressembler à
Noël», me lance-t-il. Une neige abondante tombe, il fait
doux : «C'est magnifique», que je réponds. Et cet autre,
encore un locataire de l'édifice où j'habite, qui me fait
sursauter : «C'est les grosses décorations!» Je n'en
fais pas de cas, continue de m'affairer.
Un
4e se manifeste, lui, en frappant sur quelque chose, genre
boum-boum-boum, l'avertissement subliminal caractéristique. Je
l'entends mais ne le vois pas, me déplace, l'homme est sur sa
galerie, frappe sur le rebord d'une fenêtre. C'est le nouveau
proprio de la maison voisine. Auparavant, il demeurait sur la Route
de l'Ermitage, près du lac.
D'après
l'un de ses fils, l'ex-proprio et son père...ont échangé leur
maison : ces échanges entre flics m'intriguent. Je l'ai souvent
vu patrouiller à pied ou en auto. Un après-midi, entre autres,
marchant rue Principale accompagné d'une collabo, calepin et crayon
à la main. À l'été 2001, l'avais vu sortir de chez lui, fouillant
nerveusement dans la poche arrière de ses jeans, affairé au point
où je lui avais demandé s'il partait en patrouille, ma question
l'avais saisi : «Heuheu... oui!», une réponse sèche.
Quelques
semaines après, je déneige mon entrée. Il sort de son domicile, me
salue, je lui demande à brûle pour point s'il est un civil.
«Nooonnn!» fait-il le bec arrondi, il travaille pour un organisme
sans but lucratif de Ville de Saguenay. En avril 2002, il s'y
installera : cédera-t-il sa maison à un autre civil d'ici?
Oui. La "conjointe" du nouveau proprio fait du "bénévolat"
à l'aréna municipale.
Tous
deux partent régulièrement en patrouille, surtout le soir :
ils répondent aux appels de collègues, préposés aux écrans, qui
les informent qu'un véhicule ou un piéton circule dans l'espace
public. Parfois je les vois partir, parfois les entends seulement :
portières qui claquent, bref vrombissement du moteur, que
j'identifie aussitôt, suivi de la marche arrière, d'un arrêt et de
l'accélération en direction de la 155. Et notre homme habitant
désormais Ville de Saguenay, occupe-t-il la maison d'un collègue
muté dans une autre ville?
Huit
décembre 2001, vers 16h30, je reviens de ma randonnée un peu
fatigué et frigorifié, rentre le vélo dans l'appart, branche
l'arbre de Noël, et m'allonge sur le divan. Une trentaine de minutes
après, un bruit provenant de l'appart voisin me réveille. Me fais
un café et ouvre la porte prendre une bonne bouffée d'air frais,
regarde à droite, constate une zone sombre au centre de l'arbre,
m'approche : des d'ampoules ont disparu.
Les
remplace aussitôt, ce qui me permet de faire le compte : sur 50
ampoules, il en manque 14 et 3 autres sont brûlées. Comme elles
sont voisines les unes des autres, j'en déduis qu'elles ont sans
doute été endommagées à coups de chiquenaudes. M'étais prémuni
contre cet autre sabotage de la Sûreté du Québec, en avais acheté
25 de plus.
Une
semaine s'écoule et ça recommence. Quatre cette fois, en visse de
nouvelles. Après, une autre se volatilise. Nous voilà rendu à 22.
Pas de problème, les gars. Suis prêt à me réapprovisionner de 25
autres, veux simplement voir jusqu'où vous pouvez aller.
Symboliquement, c'est aussi le triomphe de la lumière sur la grande
noirceur. (Suite
demain)
■ Le
commandant Mario Plante avoue que le citoyen doit être arrêté
avant de lui demander son identité
- (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le
5 octobre de cette même année 2001, le party rave annuel Black and
Blue se tient au Stade olympique, à Montréal. L'organisateur,
encore les Productions 514, est soumis, la veille de l'événement,
au "Code criminel" concocté par le même corps policier de
la ville de Montréal (Judith Lachapelle --
La Presse du 6 octobre 2001)
Si
l'opération se déroule comme durant d'autres événements tenus cet
été, écrit la journaliste Judith Lachapelle de La Presse, ceux qui
se feront coincer avec de petites quantités de substances suspectes
--
légales ou pas! signale-t-elle --
auront peut-être l'impression d'être traités comme des criminels,
même s'ils ne sont pas mis en état d'arrestation.
Gardiens de
sécurité et policiers ne disposent pas sur place de l'équipement
requis pour identifier les substances saisies, a admis le commandant
Mario Plante. Mais les policiers ont le droit de mettre en état
d'arrestation un individu s'ils ont des raisons de croire qu'il
s'agit bien de stupéfiants.
La
journaliste s'est entretenue avec quatre raveurs qui, depuis
l'imposition du "Code criminel" de la police, ont été
pris avec des substances «suspectes».
Ils ont été interrogés, ont dû décliner leur identité et
accepter de se faire photographier, sans jamais être mis en état
d'arrestation. Deux possédaient de petites quantités de drogue pour
leur consommation personnelle, les deux autres affirment qu'ils
avaient des substances légales.
Ainsi,
lors de la Fête Rave Cream, durant le week-end de la fête du
travail, au stade du Maurier, à Montréal, des gardiens ont trouvé
sur Stéphane Brisebois un médicament contre la congestion des
sinus. «Il
s'agissait d'une marque européenne, que les policiers ne
connaissaient pas»,
raconte-t-il. Un autre avait en sa possession des gélules
d'échinacée qu'il avait achetées à la pharmacie. Les quatre
raveurs jurent qu'on ne leur a jamais lu leurs droits, jamais
expliqué pourquoi ils étaient là.
D'après
l'avocat Denis Barette, ces raveurs n'étaient pas obligés de
répondre aux questions : «Demander
l'identité est une chose, les obliger à répondre en est une autre.
Ce n'est pas une infraction de ne pas répondre».
Me Julius Grey soutient, de son côté, qu'«à
partir du moment où un individu se sent coincé par les forces de
l'ordre, il faut lui dire quels sont ses droits».
Finalement, le commandant Mario Plante avoue que ces raveurs auraient
dû être formellement mis en état d'arrestation avant qu'on ne leur
demande de révéler leur identité.
Les
raves, des lieux de perdition? Lisons cette lettre d'une lectrice de
La Presse, Annie Boisseau, une Montréalaise. (Annie Boisseau --
La Presse du 7 octobre 2002) Elle réagissait à un article de ce
quotidien, publié le 27 septembre 2002 et portant la
manchette "Viagra et ecstasy font dans le rave-partie?"
«Je
commence à être exaspérés par l'image que nous renvoient les
médias du très controversé milieu des raves, écrit-elle.
À en croire la télé et les journaux, ce n'est qu'un monde de
perdition noyé dans l'abus de drogues et de sexe.
(...) Le
monde des raves est aussi vaste que celui de bars, donne-t-elle
comme comparaison : il
y a des endroits où les gens sont très soûls et gelés sur la
coke ou sur le PCP, mais il existe aussi des bars où l'on sirote
tranquillement un bon verre de porto avec beaucoup de classe.
«Je
rave depuis sept ans (...). Lors
des raves auxquels je choisis d'aller danser, les gens ne consomment
pas de Viagra! Ils ne sont pas nécessairement là pour se geler à
mort ou faire la partouze : ils sont là pour DANSER! Pourquoi
les médias conventionnels (sic)
évoquent-ils
si rarement la richesse de la musique électronique à Montréal?
Pourquoi ne parle-t-on jamais de la haute qualité de danseurs et
danseuses non professionnels que l'on retrouve fréquemment dans les
raves et les after-hours, des formidables danseurs de breakdance, de
la présence foisonnante d'une exploration multimédia jeune et
rafraîchissante, de l'absence quasi totale de violence?»
Boisseau
ne sait probablement pas que c'est la police qui transmet ces
informations aux médias, qui prennent pour du cash tout ce qu'elle
leur dit, sans faire aucune enquête. Donc que ce ne sont pas ces
derniers qui donnent aux raves cette réputation biaisée. Ce qui
permet à la police de développer du pouvoir, d'étendre et alourdir
son emprise psychologique. (Suite
demain)
News du vendredi 25 Mars 2011
■ Canada-des
élections générales : le gouvernement minoritaire de Stephen
Harper défait
– Le tout est survenu aujourd'hui lorsque les libéraux, appuyés par les
autres partis de l'opposition, ont déposé une motion de censure à
la suite d'un verdict d'outrage au Parlement relativement à des
coûts cachés d'une série de programmes. Harper a été battu
: 156 votes contre 145.
■ Québec-gaz
de schiste : que faire du puits du village de La Présentation ?
- L'Association québécoise de lutte contre la pollution
atmosphérique (AQLPA) s'inquiète et s'interroge, des citoyens aussi. Depuis janvier
dernier, l'entreprise Canbriam n'arrive pas à mettre fin à la
fuite qui circule dans le sous-sol et menace une nappe phréatique.
La
ministre des Ressources naturelles et de la Faune Nathalie Normandeau
annonçait récemment qu'il devra être fermé. L' AQLPA
est d'accord, mais il y a des préalables... La nappe phréatique
est-elle atteinte, y a-t-il aussi des fuites de méthane? Fermer le
puits mettra-t-il fin à la contamination? Canbriam
sera-t-elle tenu responsable? Qui payera la facture et assurera le
suivi lorsqu'elle aura quitté les lieux?
Un rapport complet sera-t-il rendu public?
Ce
puits situé près Saint-Hyacinthe n'est pas le seul dossier
problématique. L'AQLPA
rapporte que de nombreux autres, dont celui de Leclercville,
connaissent
des difficultés et elle se demande qu'elle en est la situation globale.
■ Groupe
Monofocus – Degringo
: vidéo
(06:11). Expérimentale,
déjantée, excellent beat...
■ Japon-nucléaire-situation
– Bien que les données datent un peu, les tableaux que vous allez
voir conservent encore leurs pertinences du fait qu'ils sont bien
illustrés et couvrent vraiment l'ensemble des effets de la
radioactivité sur tout le territoire nippon : tableau
1, la centrale de Fukushima (23 mars) + tableau
2, les principales sources de contamination radioactive (23 mars)
+ tableau
3, la situation dans le pays (21 mars). Et si vous voulez en
savoir d'avantage, le
site
de franceculture, où les infos abondent
littéralement, dont des entrevues et reportages radios. Une
couverture journalistique complète.
■ Libye
: l'OTAN désormais responsable du contrôle de la zone d'exclusion
aérienne en territoire libyen
– la décision a été prise hier soir jeudi par les 28 pays
membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN).
Cependant,
les frappes au sol continueraient d'être menées par les pays de la
coalition, plusieurs de ceux-ci n'étant pas membres de l'organisme :
vidéo
(01:07) + conférence de presse d'Anders Fogh Rasmussen,
secrétaire général de l'OTAN + article.
■ Autres
illégalités clandestines de la Sûreté du Québec à mon encontre,
un corps policier qui respecte rien
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Dans
ma cours, ce n'est pas non plus le calme plat... Novembre 2001,
emprunt d'une petite hache pour aller couper mon arbre de Noël dans
la forêt tout proche, que je fixe ensuite sur mon vélo.
Le
type me demande de la déposer dans son véhicule lorsque j'en aurai
terminée, ne veut pas que je la lui rapporte sur son lieu de
travail : «Ç'aurait trop l'air d'un massacre à la hache.» Pourtant, à la quincaillerie du village de Lac Bouchette où il travaille, on en trouve
autrement plus impressionnantes, certaines ressemblent même à
celles utilisées par les pompiers pour éventrer une porte en moins
de deux. Prévention...
En soirée, alors que j'installe mon arbre de
Noël près du mur, deux civils se dirigent vers la maison en retrait
de la 155, j'entends l'un dire à l'autre : «On va y voler.»
Depuis
trois semaines, ce même mois, je ne reçois plus l'hebdo régional
l'Étoile du Lac. Il est distribué gratuitement, porte à porte, par
Publisac. Une autre situation conflictuelle concoctée par des civils
de la Sûreté du Québec : souvent, la distribution est
effectuée par certains d'eux, ce qui leur permet de violer l'espace
privée des citoyens. Je décide de piquer celui d'un civil demeurant
dans l'édifice.
L'un
de ses collègues d'une maison avoisinante, au fond d'un cul-de-sac,
me voit de sa fenêtre. Impossible de sortir de chez soi sans être
capté par une caméra extérieure. M'étais plaint deux fois auprès
de l'hebdo, en vain. Je rejoins la responsable de la distribution
locale, me promet de s'en occuper. Cet incident est clos mais
d'autres surviennent. La police passe sont temps à allumer des
petits feux.
Le
25 novembre, un dimanche, 17h15. J'entends des pas sur le chemin de
pierre concassée longeant une partie du mur extérieur de mon appart, suivi de
l'affaissement de quelque chose frottant légèrement au passage le
cadre de la porte.
Allume la lumière extérieure, ouvre, la tête de
mon arbre de Noël est à mes pieds, sur la dalle de béton, près du
seuil : les ampoules n'avaient pas encore été installées. C'est
vrai qu'il vente, mais il est rachitique, l'arbre, adossé au mur et
retenu à la verticale par deux piquets enfoncés de biais dans la
terre, qui n'est pas encore gelée, à coups de tête de hache, et
reliés au tronc avec de la corde. On a arraché l'un des piquets.
Et
puis, il y a les pas intrigants entendu peu avant. J'enfile un
vêtement chaud, tourne le coin de l'édifice, une ombre se profile
derrière le store fermé de la buanderie, l'endroit étant éclairé.
M'immobilise à vingt pieds, attend un moment, la porte s'ouvre,
l'ombre sort : c'est le flic qui disait «On va y voler».
On se dévisage sans dire un mot puis je vais jeter un œil à
l'autre coin.
À l'extrémité de la longue galerie, longeant la
façade de l'édifice, l'arbre du civil n'a pas été touché, seul
un petit support doté de trois pieds le tient debout. Pourtant, le
vent souffle plus fort de ce côté, le plus exposé, où passe la
155, un vaste espace dégagé d'arbres. (Suite
demain)
■ Que
la police en uniforme pose des gestes illégaux, donne un tout
petit-petit-petit aperçu de ce que se permet la police en civil
- (Suite tome 3 de L'Étau Policier) En
juillet 2001, lors du rave Oasis tenu au Centre Molson, des gardiens
de sécurité fouillent tous les participants, incluant portefeuilles
et souliers, sous la supervision de policiers de l'île de Montréal.
(Pascale Breton --
La Presse du 31 juillet 2001)
Au mois de mai précédent, la police a
rencontré le promoteur, les Productions 514, et exigé que chaque
personne se prête à cette fouille sous peine d'expulsion. Ce mois
de juillet, de la drogue est saisie, des participants sont expulsés,
mais, mis à part deux revendeurs, personne n'est arrêtée.
Prenons
connaissance de l'opinion de la criminologue Marie-Andrée Bertrand :
«Il n'y
pas eu d'arrestations parce que ces fouilles sont illégales,
affirme-t-elle.
Elles ne tiendraient pas devant la Cour».
Se référant à la Charte des droits et libertés, elle indique que
son article 8 interdit les fouilles, perquisitions et saisies
abusives, et que, selon le Code criminel, seul un juge peut donner le
pouvoir aux policiers d'effectuer une perquisition, sauf s'il s'agit
de loteries, maisons de jeux et prostitution.
«Pour
qu'un policier ait le droit d'intercepter une personne qu'il
soupçonne être en possession de drogue, il faut que cette personne
ait commis un délit sous ses yeux»,
ajoute-t-elle.
L'avocat
Julius Grey, reconnu comme un spécialiste en matière des droits de
la personne, abonde un peu dans le même sens : «Les
policiers ont le droit de fouiller une personne s'ils ont de bonnes
raisons, mais de là à organiser une fouille systématique, il y a
une marge. Ils sont probablement allés trop loin.»
Du
banc des accusés, le porte-parole de la police, le commandant André
Durocher, persiste et signe : «C'est
légal, puisque les gens sont consentants (sic).
C'est un événement privé et s'ils ne sont pas d'accord, ils
restent à la maison. Ce sont des agents de sécurité qui assurent
les fouilles. Tout s'est déroulé selon le protocole d'entente en
vigueur.»
Le
protocole de Durocher a-t-il préséance sur la loi? Veinards comme
nous sommes, disposerions-nous de deux Codes criminels? Celui adopté
par les citoyens que nous élisons au Parlement spécifiquement à
cette fin et celui traficoté par la police que nous embauchons pour
le faire respecter.
Durocher parle du «consentement»
des gens. Oui, mais extorqué : tu te soumets à la fouille ou
tu n'entres pas dans la salle. Et la police se sert du paravent d'une
agence de sécurité, responsable des fouilles, pour dissimuler son
activité illégale.
Et
pourquoi l'organisateur de l'événement, Productions 514, s'est-il
soumis à ce diktat? Vraisemblablement parce qu'elle ne voulait pas
se mettre la police à dos. Faut du coffre pour lui opposer un refus.
L'entreprise craignait-elle des représailles? Que la police en
uniforme se permette de poser des gestes illégaux au vu et au su de
tout le monde, donne un tout petit aperçu de ce qui se passe chez la
police... en civil. (Suite
demain)
News du jeudi 24 Mars 2011
■ Canada
: la réforme du gouvernement Harper en matière criminelle alourdira
le système judiciaire
– Dans la plupart des cas, les projets de lois présentés, ces
trois dernières années, n'étaient pas enracinés dans des besoins
réels ni documentés de données provenant du système judiciaire.
Ils semblaient soutenir une idéologie, a constaté le bâtonnier du
Québec Me
Gilles Ouimet.
Il y a aussi le fait que l'application de
ces lois coûtent cher aux contribuables.
La
justice a besoin de ressources humaines et financières. L'ajout de
lois qui durcissent celles déjà en vigueurs, alors que le taux de
criminalité est à la baisse, ne fait qu'engorger le processus,
compliquer les débats devant les tribunaux, signale-t-il. En outre,
modifier à la pièce le Code criminel est imprudent, chaque nouvelle
loi vient éroder un aspect fondamental : le pouvoir décisionnel de
la magistrature. Selon Me Ouimet, c'est très inquiétant parce que
la souplesse de la procédure est compromise.
■ Un
civil me racontant avoir commis des méfaits, ne pas aimer la police, en
avoir déjà pas mal déculotté un...
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Examinons
quelques autres tactiques pratiquées sur le terrain. Important de
savoir que ceux qui patrouillent à pied sont presque toujours des
femmes. Pourquoi? Parce que la présence d'une femme dans la rue est
plus rassurante que celle d'un homme. Et qu'il y a moins de risques
qu'une femme soit identifiée par des citoyens comme étant une
civile. Tout le monde sait ça, Big Sister n'existe pas.
J'ai
remarqué que, assez souvent, elles passent d'un endroit à un autre
avec une telle rapidité que vous en venez à soupçonner
l'intervention d'un véhicule fantôme. L'hiver la preuve s'étale
sous vos yeux. Suffit simplement de revenir là où vous les aviez
rencontrées pour remarquer l'empreinte de pneus dans la neige, des
piétinements sur place et la fin de toute trace piétonne.
Quand
vous quittez la partie urbanisée du village de Lac Bouchette pour
rouler sur la 155 ou des chemins sillonnant la forêt, là les
citoyens sont presque aussi rares que les extraterrestres. Un
après-midi de l'été 2001. Un homme coupe l'herbe en face de sa
maison, en bordure de la route régionale. L'endroit est magnifique,
il fait beau et chaud, le ciel est bleu, et c'est le premier bipède
que je vois en liberté depuis quelques jours. Tentant en maudit!
M'approche et, après les salutations d'usage, lui fais un petit topo
de la présence policière dans le petit village. Un truc que
j'utilise parfois pour savoir à qui j'ai affaire. Ne dis pas tout,
dévoile deux ou trois petits secrets policiers, toujours les mêmes.
Si c'est un civil ou un collabo, sa réaction sera différente du
vrai citoyen, qui n'est ni l'un ni l'autre.
Tiens,
tiens, il m'apprend avoir commis des méfaits dans le passé, ne pas
aimer la police, avoir déjà «pas mal déculotté (battu)»
un policier, vouloir «le tuer mais ne pouvoir le faire pour le
moment parce qu'il a été muté dans une autre région», n'a aucune
idée où, se promet de passer à l'acte un jour, même s'il doit
attendre «7 ans». Je lui conseille amicalement de ne pas agir de la
sorte. Son fils aussi, enchaîne-t-il, a commis des infractions à la
loi, a la police sur le dos qui a l'intention «de faire (de son cas)
un exemple».
Au
moment de se quitter, car une armoire à glace s'est approchée de
lui et semble solliciter sa présence en un autre lieu, il me donne
un conseil, le répète même : «T'as juste à ne pas t'en
occuper (de la police).» Du fils, il est passé à moi, se rappelant
tout à coup que je lui avais raconté que depuis le début de mon
enquête, j'étais filé, infiltré et déstabilisé par la police.
Et son discours? Débité en l'espace de quelques minutes, sans
haine, avec le ton de la voix de celui parlant météo. Vous
connaissez quelqu'un qui vous a déjà déballé, comme ça,
spontanément, à vous qui êtes un pur inconnu, son passé criminel,
sa détermination d'assassiner un flic? (Suite
demain)
■ Une
Régie des alcools qui respecte pas la loi et peut mètre en faillite
n'importe qui
- (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Complétons
d'un dernier cas impliquant cette même Régie des alcools, des
courses et des jeux. Décembre 1999, le juge Jean-Jacques Croteau de
la Cour supérieure la rappelle à l'ordre. (Stéphanie Bérubé --
La Presse du 8 mars 2000)
Elle avait suspendu le permis d'alcool aux
propriétaires de la Marina de Repentigny et du restaurant Aux
Vieux-Varennes sans que... ceux-ci ne puissent faire valoir
préalablement leur point de vue. Décision de la Cour : ces
procédures de la Régie contreviennent à la Charte des droits et
libertés. Les cas du genre foisonnent.
Examinons
encore de plus près la façon de faire de la Régie, entre autres
tribunal administratif du Québec. Le
journaliste Boisvert a interviewé, en février 2000, Me Simon Venne,
qui connaît bien ses us et coutumes, y ayant maintes fois défendu
les droits de propriétaire de bars. (Yves Boisvert --
La Presse du 26 février 2000)
Il
lui raconte qu'un jour elle avait convoqué l'un de ses clients, dont
elle s'apprêtait à retirer le permis d'alcool. Décorum et
atmosphère étaient relaxes. Les deux régisseurs ne siégeaient pas
d'une plateforme surélevée, comme dans n'importe quel tribunal,
mais au même niveau de plancher que le propriétaire du bar.
Ils
ne l'avaient pas convoqué à une «audience»,
mais à une «rencontre».
On ne parlait pas de la «preuve»
dans une «cause»,
mais d'«informations»
au sujet d'une «affaire».
Me Venne s'était même fait rappeler à l'ordre quand il s'était un
peu emporté. On lui avait dit qu'il n'assistait pas à une
«audience»,
mais à une «rencontre
amicale».
Suivant les propos de Me Venne, «il
ne manquait que le café et le cognac!»
Et le journaliste d'écrire : «La
justice cool, la mise en faillite dans une atmosphère vachement
décontractée, quoi.»
La
décision de la Régie est prise d'avance, relate le journaliste : le
tenancier est présumé coupable... mais une «rencontre»
est offerte. Ce n'est pas assez, a statué le juge. Quand des droits
aussi importants sont en jeu, les personnes visées doivent au moins
être entendues. Ce maquillage des formes judiciaires n'est pas
innocent, d'après Boisvert.
Notamment
dans le cas d'une décision où le fonctionnaire dispose de toute la
discrétion nécessaire pour appliquer une loi, il y a peu de chance
que la Cour supérieure puisse intervenir. Il fait observer que la
stratégie ici consiste donc à transformer la Régie en organisme
purement administratif. La déjudiciarisation totale vient couper
l'herbe sous le pied aux contestations ultérieures. (Suite
demain)
News du mercredi 23 Mars 2011
■ France
: nuage radioactif venant du Japon
– Il y est attendu aujourd'hui, et l'Institut de radioprotection et
de la sûreté nucléaire (IRSN) ainsi que l'Autorité de sûreté
nucléaire (ASN) n'arrêtent pas de rassurer la population sur ses
effets infimes. Lisez cet article,
vous verrez.
PS
:
Ce genre de nuage se dilue, c'est-à-dire perd des particules radioactives qui
tombent sur le sol, en fonction de la distance qu'il parcoure. Avant
de traverser l'Atlantique et d'arriver en France aujourd'hui, le même
nuage radioactif a survolé l'Amérique du Nord, dont le Canada (et
le Québec), ses particules étaient plus nombreuses et le niveau de
radioactivité forcément plus élevé.
Pourtant,
Canadiens et Québécois n'ont pas été informés de son passage.
Journaliste, je l'ai appris hier tout à fait par hasard en naviguant
sur le site de l'IRSN. Manifestement, des fonctionnaires canadiens
n'ont pas fait leur job. Par contre, lorsque qu'une tempête de neige
s'en vient, ils l'annoncent et tous les médias en parlent, on ne lit
et n'attend que ça à journée longue. Traitement
de faveur pour le nucléaire, censure?
■ Québec
: encore une fuite de gaz de schiste qu'on n'arrive pas à colmater
– Depuis janvier, la compagnie Canbriam
est confrontée à un phénomène nouveau, dans le secteur de
Saint-Hyacinthe : la fuite circule dans le sous-sol et menace une
nappe phréatique.
■ Japon-Fukushima
– La radioactivité de la centrale nucléaire numéro 2 atteint son
plus
haut niveau depuis le séisme.
■ Japon
: un nuage radioactif a survolé l'Amérique du Nord (suite) – Il
provenait des
rejets des réacteurs nucléaires accidentés de la centrale de
Fukushima et se déplaçait, tout en se diluant, dans les courants
atmosphériques de l'hémisphère nord. C'est que rapporte l'Institut
de radioprotection et de sûreté nucléaire (ISRN),
un organisme scientifique français.
Dans
la journée du vendredi 18 mars, le panache a recouvert la plus
grande partie de l'Amérique du Nord et le nord-est de la Sibérie.
Il est passé ensuite sur l'Atlantique Nord et pourrait atteindre la
France métropolitaine le 23 ou 24 mars. L'ISRN précise que, sur le
territoire français, les concentrations attendues de césium
137 dans l'air sont extrêmement faibles. Trop pour être
détectées par ses 170 balises d'alerte.
PS
: C'est
le même article d'hier, j'y ajoute une animation
explicite de l'ISRN : dans le bas de la page, à gauche, cliquez sur la flèche
pour la lancer. Plus la couleur est foncée, plus la dose de radioactivité est forte. On voit le nuage radioactif partir du Japon,
traverser l'Océan Pacifique, survoler les USA, le Canada, dont le
Québec, l'Océan Atlantique et atteindre l'Europe. L'ISRN
protège et informe la France. Question : qui protège et informe
l'Amérique du Nord?
■ Confirmation
officielle de l'existence des policiers en civil et qu'ils sont là
pour agresser les citoyens
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Pour
compléter ce portrait, quittons ces établissements et circulons à
vélo sur quelques artères du village de Lac Bouchette. Un jour,
j'ai entendu une civile, qui faisait de la patrouille à pied,
s'enquérir auprès d'une collègue en auto, qui s'était immobilisée
à sa hauteur, devant l'église, sur l'autre versant de la rue
Principale : «Comment ça se fait que toutes les polices
sont sorties?»
Seule
bribe que j'ai pue capter au passage. Je n'en croyais pas mes
oreilles. Première fois, depuis le début de mon enquête, que
j'avais la confirmation officielle de l'existence de l'underground
policier. Aucun doute : elle parlait des civils parce que des
flics en uniforme, on n'en voit qu'un seul, occasionnellement.
Et
encore, il ne patrouille pas dans les rues du village, ne fait que le
traverser au volant d'une auto-patrouille de la Sûreté du Québec.
L'impression que ensuite il traverse le village voisin,
St-François-de-Salle. C'est un acte de présence, rien d'autre. Ce
corps policier n'a pas le choix, des citoyens, ne voyant jamais
d'uniformes, pourraient se plaindre d'être... mal desservis.
Beaucoup
plus tard, au printemps 2003, Snowbird me confirmera également, sans
détour, la présence de civils dans le village. Le contexte :
encore un chien, policier celui-là, qui se lancera à ma poursuite,
m'obligeant à fuir en rebroussant chemin. Je verrai alors Snowbird
en grande conversation avec un hypocrite passionné, qui me voyant
arrivé, essoufflé, trouvera le moyen de sourire de ma mésaventure.
Les
accuserai de complicité, traiterai Snowbird de débile, parlerai
d'atteinte à la dignité. «Où ça?», me demandera-t-il la mine
déconfite. «Ça fait quatre ans que j'enquête sur vous autres, je
vous connais.» Snowbird rétorquera : «On est tous des
polices, on agresse. Là, c'est toi qui m'agresses.»
Sa
répartie me surprendra, car mon enquête sur eux est journalistique.
En outre, je persiste à ne pas croire qu'ils sont des civils, mais
seulement assermentés comme agents, sans la formation inhérente à
la fonction. Et cerise sur le sundy : nous avons la confirmation
qu'ils sont là pour agresser clandestinement et illégalement les
citoyens.
Une
randonnée à vélo, un dimanche de décembre 2001, donne une idée
de cette présence clandestine dans le petit village. Devant le Motel
Lac Bouchette, rue Principale, juste avant de descendre la grande
côte, une civile patrouille à pied, on se salue mutuellement. Dans
la partie déserte de la Route de l'Ermitage, en voilà une autre --
celle qui m'avait lancé : «Oh Yeah!» --, elle me salue,
ne lui réponds pas.
Chemin
de la Montagne, à la hauteur du Centre Vacances Nature, deux du
coups : une femme, avec son chien blanc tacheté de noir,
accompagnée d'un homme, l'un de mes voisins. Là, on m'a concocté
une petite provocation. Je les croise et, quelques pieds plus loin,
amorce un virage pour revenir à mon domicile, à l'endroit où je le
fais habituellement.
Oups! Madame, et monsieur lui emboîte le pas,
décide de prendre sa petite marche dans la direction opposée, je
l'évite de peu d'un petit coup de guidons. La police connaît mes
routines, savait où je tournais pour entreprendre le chemin de
retour à mon domicile. Les deux civils m'attendaient à ce point
précis.
Sur
la 155, devant la station de service, en voilà une autre, elle est
au volant d'une auto. Dans un tout petit resto de la 155, elle m'a
déjà... préparé et servi trois hot-dogs, avec café. Descendant
la grande côte précédant la voie ferrée, je vois, à ma gauche,
en contrebas, deux ados marchant sur Principale, dont l'un à côté
de son vélo. Eux, ils me préparent une petite arrivée synchro.
Continuons de rouler.
Devant
l'édifice où je demeure, un civil entre dans un appart. Me dirige
vers l'arrière et quand j'arrive à ma porte... les deux ados
s'adonnent à passer dans la cour voisine. J'avais une bonne longueur
d'avance sur eux. Pour me rattraper, il leur a fallu sprinter ou
monter à deux sur le vélo.
Petit détail significatif : ce
sont les fils du civil qui faisait tandem avec madame, dans l'entrée
du Camp Vacances Natures. À part ces flics et fils d'un flic, n'ai
vu aucun citoyen circuler à pied. Pourtant, il faisait beau ce
dimanche-là. (Suite
demain)
■ Des
interdits illégaux et utilisés à d'autres fins
- (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Il
faut toujours être sur ses gardes quand le pouvoir affirme adopter
telle ou telle mesure pour protéger le citoyen. Il arrive, plus
souvent qu'on le pense, que ses intentions cachées soient d'une
toute autre nature, ou qu'avec le temps elle soit utilisée à
d'autres fins. Ainsi, ce cas concret où la police de l'île de
Montréal a agi dans l'illégalité : les autres corps policiers
municipaux et la Sûreté du Québec procèdent ainsi du reste.
Début
juin 1999, la Cour d'appel du Québec acquitte trois danseuses du
cabaret Show Girl de l'accusation d'avoir fraternisé avec des
clients. (Yves
Boisvert --
La Presse du 3 juin 1999) Les trois juges statuent que cet interdit
porte atteinte à la liberté d'expression, donc à la Charte
canadienne des droits et libertés, car il restreint la communication
entre le client et l'employée, c'est-à-dire la danseuse.
Important
de savoir, ainsi que l'explicite le journaliste Yves Boisvert de La
Presse, qu'ici, on ne parle pas de la danse contact, alors illégale.
Strictement de l'article 77 de la Loi sur les permis d'alcool du
Québec interdisant au personnel d'un bar de «se
mêler aux clients, de boire ou de danser avec eux ou de prendre
place à la même table ou au même comptoir qu'eux.»
À l'origine, ce fameux règlement visait un seul objectif : en
limitant les rapports entre clients et le personnel d'un bar, on
voulait éviter que ce dernier les incite à boire pour faire plus
d'argent.
C'est
sur ce point que les juges ont articulé leur décision. Ils
précisent que le groupe qu'on veut protéger, les clients de bars,
ne sont pas particulièrement vulnérables et c'est peut-être faire
preuve d'un paternalisme déplacé que de limiter leurs rapports
personnels avec les employés. Il existe d'autres règlements pour
les protéger de l'ivresse, comme l'étiquetage honnête des boissons
ou l'interdiction de servir de l'alcool à un client trop ivre.
Cette
limitation à leur libre expression «brime
leur droit à une participation significative dans la société»,
n'est donc pas jugée raisonnable et est déclarée inopérante.
Notons que le gouvernement Québec appliquait cet article 77
seulement dans les bars de danseuses nues.
L'avocat
des trois danseuses inculpées illégalement, Me Julius Grey, a
relaté au journaliste qu'il utilisait ce moyen détourné pour
légiférer en matière criminelle, pourtant une juridiction
exclusivement fédérale. Autre commentaire de Me Grey (Alain
Bisson --
La Presse du 3 juin 1999) : «Pour
la Cour d'appel, la liberté d'expression est à ce point
fondamentale que la loi doit être interprétée de façon large et
généreuse. Le seul fait de craindre que la fraternisation puisse
conduire à une infraction n'est pas un motif pour limiter la liberté
d'expression. S'asseoir et parler avec quelqu'un est un droit
fondamental.»
Dans
un autre article où il interroge Me Robert La Haye, qui représente
plusieurs bars de danseuses, le journaliste Boisvert nous fait
découvrir un deuxième aspect de la question. (Yves Boisvert --
La Presse du 4 juin 1999) En déclarant l'article 77 inopérant, la
Cour prive la police d'un important outil de travail. C'est qu'il lui
était plus facile de prouver la fraternisation entre le personnel et
le client d'un bar que de prouver les attouchements interdits.
D'après
Réjean Pothel, président de l'Association des bars de spectacles du
Québec, dont le journaliste Alain Bisson de La Presse rapporte
l'opinion, «ce
jugement-là aurait dû être prononcé il y a 25 ans, mais vaux
mieux tard que jamais.»
Pothel qualifie «d'oppressive»
les interventions policières dans les bars de danseuses, sous le
seul prétexte que le personnel fraternisait avec les clients. Pour
les tenanciers de bars, les conséquences pouvaient être
catastrophiques.
Redonnons
la parole à Me La Haye, interviewé par Boisvert : «En
plus, la loi provinciale fait en sorte que le propriétaire du bar
est présumé coupable ; il doit aller s'expliquer à la Régie
(des alcools, des courses et des jeux) si
on a constaté de la fraternisation et il peut voir son permis
suspendu ou révoqué. Mais une suspension de permis de trois mois,
c'est la faillite bien souvent.
(...) La
régie se sert beaucoup de cette disposition.»
(Suite demain)
News du mardi 22 Mars 2011
■ Libye-Débat diffusé aujourd'hui
– L'intervention aérienne de la coalition internationale
comporte-t-elle des risques? Des innocents tués, Kadhafi qui
s'accroche, risque d'enlisement, etc.
Les
invités de l'émission suisse "Infrarouge"
:
Hasni Abidi (Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et
méditerranéen), Alexandre Vautravers (prof Webster University,
rédacteur de la Revue militaire suisse), Marcel A. Boisard
(ex-sous-secrétaire général de l'ONU), Paolo Gilardi (porte-parole
de la gauche anti-capitaliste), Abir Oreibi, Zainah Mussa, Kamal
Mussa, Étienne Blanc (député-maire UMP, Union pour le mouvement
populaire, parti de Sarkozy) : vidéo
(1h).
■ Japon
: un nuage radioactif a survolé l'Amérique du Nord
– Il provenait
des rejets des réacteurs nucléaires accidentés de la centrale de
Fukushima et se déplaçait, tout en se diluant, dans les courants
atmosphériques de l'hémisphère nord. C'est que rapporte l'Institut
de radioprotection et de sûreté nucléaire (ISRN),
un organisme scientifique français.
Dans
la journée du vendredi 18 mars, le panache a recouvert la plus
grande partie de l'Amérique du Nord et le nord-est de la Sibérie.
Il est passé ensuite sur l'Atlantique Nord et pourrait atteindre la
France métropolitaine le 23 ou 24 mars. L'ISRN précise que, sur le
territoire français, les concentrations attendues de césium
137 dans l'air sont extrêmement faibles. Trop pour être
détectées par ses 170 balises d'alerte.
PS
:
L'ISRN protège et informe la France. Question : qui protège et
informe l'Amérique du Nord, dont fait parti le Canada?
■ Haïti
: les élections de dimanche dernier, un succès
– Gaillot Dorsinvil, Président du Conseil Électoral Provisoire
(CEP), dévoilera les résultats "préliminaires"
du deuxième tour le 31 mars. Les deux candidats à la présidence,
Mirlande
Manigat et Michel Martelly, ont
promis de ne pas revendiquer la victoire ni de tenir de
rassemblements avant cette date.
Ce qui doit tranquilliser certains
qui craignent des violences entre les partisans des deux camps. Il
n'empêche que les résultats "définitifs"
ne seront connus que le... 16 avril, une autre période d'attente :
article d'haitilibre.com
+ la raison d'être de ce site.
■ Le
Canada de Stephen Harper : ingérence politique dans le processus
d'accès à l'information
– Premier Rapport
spécial (58 pages) d'une série de trois de la commissaire à
l'information, Suzanne Legault (son site
web) : les deux derniers traiteront plus largement de l'ingérence
systémique. Elle y traite d'un cas en particulier et, en page 23,
met en ligne ses recommandations.
L'accès
à l'information est une composante essentielle de la démocratie,
signale-t-elle, car c'est l'un des moyens par lesquels les citoyens
peuvent obliger leurs gouvernements à rendre des comptes.
L'ingérence politique affaiblit cette obligation. L'information
transmise doit être objective, pas partisane.
Le
cas particulier... Plainte d'un journaliste auprès de la
commissaire. Résultat de l'enquête de celle-ci. Le personnel avait
décidé d'envoyer au journaliste par la poste le rapport au complet
sur les biens immobiliers gouvernementaux 2007-2008. Un membre du
personnel politique de la ministre des Travaux publics et Services
gouvernementaux Canada (TPSGC) s'était livré à de l'ingérence en
entravant le droit d'accès.
Il
avait retiré de l'enveloppe le document et demandé au personnel
d'en divulguer qu'un seul chapitre. 82 jours plus tard, bien au-delà
du délai de réponse réglementaire de 30 jours, le journaliste
recevait un seul chapitre sur 15. Après avoir fait deux autres
tentatives, il obtenait finalement le rapport au complet.
Les
employés de cabinets ministériels n'ont pas le pouvoir de prendre
des décisions en vertu de la Loi sur l'accès à l'information ou de
donner des directives à des fonctionnaires d'une institution,
souligne la commissaire. Ces derniers doivent prêter assistance aux
auteurs des demandes afin que les renseignement leur soient
communiqués en temps utile ainsi que le veut la loi.
Elle fait aussi
état de son incapacité d'assurer que des infractions du genre
fassent l'objet d'une enquête criminelle, recommande un examen des
articles de la loi.
■ Boîte
de conserve écrasée du talon
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Fin
d'hiver 2002-2003. Suis à la caisse de l'épicerie du village de Lac
Bouchette, le volume des achats dépasse largement la capacité du
panier de mon vélo, alors je demande qu'on me les livre à domicile.
Parmi elles, des boîtes de conserve. Je les examine toujours pour
éviter celles qui sont bossées. Un employé, habituellement préposé
à la quincaillerie, se charge de placer le tout dans des boîtes de
carton, sur lesquelles il inscrit mon adresse.
Après
la livraison, je constate qu'une boîte de petits pois Le Sieur de
398 ml est enfoncée en son centre, quasiment pliée en deux.
J'examine la boîte de carton qui la contenait, elle n'est pas
endommagée. De plus, le carton est épais et rigide.
La fois
suivante, je remets la boîte de conserve écrasée --
probablement du talon --
à celui qui a fait la livraison, lui dis clairement qu'il s'agit
d'un petit sabotage soit de la part de l'homme qui avait déposé les
denrées dans les boîtes ou du livreur, c'est-à-dire lui. Par la
suite, le premier modifiera son comportement à mon endroit,
m'évitera. Le verrai aussi patrouillant au volant d'un véhicule,
qui n'est pas le sien, le nez chaussé de fausses lunettes ajustées
à la vue, à monture noire, penchant la tête du côté opposé pour
éviter que je l'identifie.
La
plupart du temps, je vais à l'épicerie vers la fin de l'après-midi.
On connaît bien mon train-train quasi quotidien. Cependant, il m'est
arrivé de vérifier si la présence policière et collaboratrice
étaient la même aux autres heures de la journée. Alors, je m'y
présentais à l'improviste, les jeudis ou vendredis soirs où les
clients sont beaucoup plus nombreux.
Je
les y retrouvais ainsi que d'autres que j'avais repérés depuis
belle lurette. Pour tout dire, l'achalandage suscitait la curiosité
de plus de civils de la Sûreté du Québec et collabos, et ma
présence gênait quelques uns. Je voyais certains-nes en grande
conversation avec de vrais clients, agglutinés dans le secteur de la
caisse, pendant qu'une ou deux autres, le panier rempli à ras bord,
faisaient et refaisaient les allées sans passer à la caisse,
abordant au passage un client ou cliente pour faire un brin de
causette.
Les
dépanneurs (mini-épiceries) sont des endroits où des clients
parfois se vident un peu le cœur : cependant, le lieu où ils
se livrent le plus demeure indéniablement le salon de coiffure. Dans
le village, l'un des dépanneurs est l'équivalent d'un mini poste de
police. Son proprio s'est investi corps et âme dans la prévention.
L'une de ses employées, à la caisse, est d'ailleurs une civile de
la Sûreté du Québec. C'est elle qui m'a fait passer le test du
chien renifleur.
À
cet établissement, souvent un civil est présent, mise à part,
quand elle est de service, celle y travaillant. Assez régulièrement,
il utilise, pour justifier sa présence, l'alibi de la loterie. Il
est là, hésitant devant l'assortiment complet de billets de loterie
de toutes sortes étalé sous le plastique transparent posé sur le
comptoir. Ou
se met aussitôt à piocher sur une grille de la 6/49.
L'astuce
lui permet de gagner du temps, de continuer d'être là et d'écouter
ce que vous avez à dire pendant que la caissière ou le proprio
essayera de savoir ce qui se passe dans votre vie. Et d'y rester
quand vous avez quitté les lieux. Et de refaire son spectacle, je
présume, quand quelqu'un d'autre s'y présente. Avec le temps, ç'a
fini par faire clic dans votre tête : ces gens achètent
beaucoup trop de billets de loterie pour que ce soit vrai. (Suite
demain)
■ Coup
de lampe de poche à la figure, perte de deux dents
- (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Lors
d'un barrage routier, à St-Agathe-des-Monts, en avril 1997, le
caporal Alain Daoust, du poste de la Sûreté du Québec des
Laurentides, constate que l'un des cinq occupants d'un véhicule, en
liberté provisoire et tenu de ne pas fréquenter des personnes ayant
des antécédents judiciaires, n'a pas rempli son engagement (Presse
canadienne --
La Presse du 1ier mars 2001) : le conducteur en possède. Il est
alors arrêté et conduit au poste de police. En chemin, le caporal
Daoust repousse le citoyen menotté en le frappant au visage avec sa
lampe de poche. Ce dernier y perd deux incisives supérieures.
Me
Jacques Monette, du Comité de déontologie, qualifie de «très
grave»
le geste de Daoust. «La
réaction du policier a été nettement excessive et abusive.
(...) Il
est vrai que le citoyen
(menotté...) en
question était peu coopératif mais la violence du geste posé par
le caporal Daoust est hors de proportion dans les circonstances.
Est-il besoin de rappeler que l'on ne peut porter atteinte à
l'intégrité physique d'une personne que dans un cas d'absolue
nécessité?» Le
caporal Daoust est déclaré inhabile à exercer la fonction d'agent
de la paix pour une période de trois ans. Comme il arrive souvent en
milieu policier, Daoust ayant pris sa retraite, il ne peut faire
l'objet d'autre sanction.
Pendant
une vérification de routine, dans le secteur de St-Évariste, sur le
territoire de la MRC de Beauce-Sartigan, le policier Jacques Gagnon
de la Sûreté du Québec intercepte le véhicule d'un dénommé
Lecours, un handicapé physique. (Presse canadienne --
La Presse du 23 février 2001) Deuxième interception de la journée,
alors il maugrée. Ça déplaît au policier, qui lui assène trois
coups de poings à la figure.
Février
2001, le Comité de déontologie ne tient pas compte dans sa décision
du handicape de la victime, car rien n'indique que Gagnon s'en était
aperçu. «Gestes
gratuits»,
statue le comité. «Il
n'y a eu aucune sorte de provocation de la part de M. Lecours».
Gagnon devra «comprendre
que de tels gestes sont inadmissibles, que la personne soit saine ou
handicapée, jeune ou âgée, calme ou arrogante».
Il est suspendu pendant 15 jours sans solde.
À
l'été 1999, deux membres de la police de Brossard, Pierre Bergeron,
détective de son état, et Lynda De Laplante, responsable des
relations publiques, convient des journalistes, photographes et
cameramen à une descente policière au Motel Best Western où ils
soupçonnent plusieurs personnes de se livrer à la prostitution.
(Presse canadienne et Hugue Dumas --
La Presse des 30 janvier et 13 mars 2002)
Un
peu avant minuit, une quarantaine de policiers font irruption dans la
suite nuptiale du motel, transformé, aux dires de la police, en
maison de débauche. Ils passent les menottes à 9 femmes et 20
hommes. Photographes et équipes de télévision sont sur place et
captent tout. Le lendemain, à la télé, certains reporters, pendant
que les images de la descente défilent sur l'écran, parlent d'un
réseau de prostitution.
Plusieurs des personnes arrêtées s'y
voient, partiellement vêtues ou carrément nues. Deux quotidiens
montréalais publient des photos de quelques personnes présentes au
motel ce soir-là. L'un titre ainsi son article : La police met
fin aux partouzes à 100$.
Par
la suite, certaines de ces personnes, hommes et femmes, portent
plainte auprès du Comité de déontologie, et relatent, aux
audiences, que leur vie a été bouleversée : «On
s'est fait accuser de prostitution, moi et les autres femmes qui
étions là.» Selon
un autre témoignage : «Ma
vie avec mon entourage ne sera plus jamais la même et ma santé
mentale en mange un méchant coup. Il y a des membres de ma famille
qui ne me parlent plus. On m'a traitée de prostituée.»
En
janvier 2002, Me Gilles Mignault, du Comité de déontologie, rend
son verdict. Les policiers Bergeron et De Laplante ont eu tort
d'inviter les médias à assister à la descente. «En
permettant qu'on filme des personnes présentes et en parlant
publiquement de prostitution avant le dépôt des accusations, en
laissant entendre que les personnes présentes sur les lieux
pouvaient être accusées de cette infraction criminelle, les
policiers n'ont sûrement pas respecté l'autorité de la loi et des
tribunaux et n'ont pas collaboré à l'administration de la justice».
Il
estime que
«l'agent
De Laplante et le détective Bergeron savaient ou auraient dû savoir
qu'ils s'apprêtaient à violer à peu près toutes les dispositions
législatives relatives à leur devoir de discrétion, à la
confidentialité des renseignements obtenus dans l'exercice de leurs
fonctions et aux protections accordées, entres autres par les
Chartes, au respect de la vie privé».
Les deux policiers sont chacun condamnés à 21 jours de suspension,
sans salaire.
Cependant,
le dossier n'est pas clos. Cinq des participants, dont trois femmes,
intentent, en juin 2002, en Cour supérieure, des poursuites en
dommage de près de 150 000$ -- 30 000$ pour chaque
plaignant -- contre la Ville de Longueuil (entre-temps, Brossard y
avait été fusionnée) et ses policiers Bergeron et De Laplante.
(Rodolphe Morissette --
Journal de Montréal du 15 juin 2002) Ils invoquent le fait que la
police avait convoqué d'avance la presse, soulignent qu'elle a ainsi
porté atteinte à leur droit fondamentaux et enfreint la Loi sur la
police.
Plus
explicitement, les requérants plaident qu'il ne s'agissait pas d'un
«réseau
de prostitution»,
ainsi que l'affirmait la police, mais plutôt d'«adultes
libérés qui se réunissaient pour vivre une sexualité différente,
communément appelée échangisme».
De telles pratiques policières ne cherchent qu'à humilier,
allèguent-ils. Enfin, les règles des services policiers prévoient
la confidentialité de tels renseignements, notamment avant que des
accusations soient portées. On ignore la suite. (Suite
demain)
News du lundi 21 Mars 2011
■ Diversité
comme dans divertissement
– "Vis-à-vis",
un spectacle de la Compagnie Stylistik, chorégraphie et
interprétation : Clarisse Veaux et Abdou N'Gom, deux danseurs issus
du hip hop : vidéo
(05:51) + site
de Stylistik. Super bon!
■ USA-Manif
: Daniel Ellsberg arrêté par la police
– Célèbre depuis qu'il avait rendu public, en 1971, des documents
confidentiels
lors de la guerre du Vietnam, il participait hier dimanche à une
manif pacifique de soutien au soldat américain Bradley Manning. Ce
dernier est soupçonné d'avoir transmis à WikiLeaks des documents
top secrets. Ellsberg,
72 ans : "Je
pense qu'il a agit avec honneur en exposant les mauvaises choses que
nous faisons". Lire
l'article sur le site
du Washington Post.
■ Libye-Yémen
– À Tripoli, un bâtiment administratif dans le complexe
résidentiel de Kadhafi a été bombardé et détruit : vidéo
(01:16). Par ailleurs, au Yémen,
le principal chef tribal, Cheikh Sadek al-Ahmar, a demandé au
président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, de se retirer. Des
dirigeants de l'armée se sont ralliés à la population. À suivre
aujourd'hui sur Aljazeera, colonne de droite +
276 grandes photos du New York Times prises le 14 mars, donc avant
l'intervention en Libye de la coalition internationale.
■ Mes
passages à la caisse de l'épicerie et les interventions de civils
de la Sûreté du Québec
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Examinons
maintenant comment la police opère lorsque je me présente à la
caisse. Généralement, un civil, mais plus souvent une femme qu'un
homme, manœuvre pour se placer juste derrière moi, avec, pour faire
plus vrai, un ou deux articles dans les bras. Cela lui permet
d'assister à mes échanges avec la caissière, juger de mon
comportement et voir ce que j'achète.
Possible
de mettre un peu de sable dans l'engrenage. C'est-à-dire? Lui offrir
de passer avant vous... La plupart du temps, il ou elle accepte,
paie, quitte les lieux, et revient après votre départ remettre les
articles et se faire rembourser. Je n'en ai jamais été témoin,
mais c'est de cette façon que ça se passe. Les civils ne sont pas
là pour acheter, mais contrôler et nettoyer socialement. Ils
procèdent ainsi régulièrement. Les préposés à la caisse le
savent, sont habitués.
La
police crée aussi de faux embouteillages à la caisse. Du grand art!
Un civil, qui fera en sorte d'arriver juste avant vous dans la ligne
d'attente, se dirigera, peu après, comme par hasard, vers la caisse
de la quincaillerie où un employé vient justement de prendre
place : l'épicerie est doublé d'une quincaillerie. Tentant
d'en faire autant, s'il y a une file devant vous, dont de faux
clients, des civils, bien sûr, et des collabos.
Alors
vous succomberez pour vous rendre compte ensuite que l'employé,
après avoir mis les articles du "client" dans un sac,
quittera d'un pas rapide les lieux, en vous ignorant totalement, et
disparaître au fin fond de l'entrepôt. Vous voilà le bec à l'eau,
pas le choix, vous retournez dans la ligne d'attente de la caisse de
l'épicerie qui, entre-temps, s'est allongée. Façon subtile de vous signifier
qu'on ne veut pas vous servir, que vous devriez peut être aller
faire votre marché ailleurs.
Un
jour, j'ai manifesté ma désapprobation. Une civile, grande et
corpulente, le panier passablement rempli, offre à un collègue de
passer avant elle : elle a participé à un faux embouteillage au
magasin IGA, à Roberval. Suis juste derrière, et il n'y a personne d'autre que
nous deux. Monsieur accepte et sort de l'allée où il se
dissimulait, avec quelques articles dans les bras. C'est gentil de
céder sa place à un autre, mais elle aurait pu m'en parler avant.
En d'autres circonstances, ça ne me dérangerait pas, bien au
contraire.
Mais
conscient du petit scénario policier dont je suis la cible, je
proteste, signale à l'homme de faire comme moi, de se mettre en
ligne. «Hein?» me fait-il en se tournant. «T'as pas compris?»
«Hein ?», me répète-t-il. J'ajoute que, moi, j'ai compris (que
c'est un petit scénario policier, et qu'il est un flic). Une
employée, craignant sans doute que le ton monte, s'installe devant
une autre caisse et me fait signe. Par la suite, l'homme cherchera à
m'intimider, lors de rencontres "fortuites", notamment à
Roberval. À l'épicerie, on ne me fera plus le coup. (Suite
demain)
■ Un
flic administre à une femme trois coups de poing à la figure
- (Suite tome 3 de L'Étau Policier) À
la fin de janvier 1999, un policier éducateur de la section d'aide à
la jeunesse de la police de l'île de Montréal, Jean-Marc
Saint-Hilaire, 50 ans, est traduit devant le juge Jean Beaulieu de la
Cour du Québec, au palais de justice de Saint-Jérôme (Jean-Paul
Charbonneau --
La Presse du 29 janvier 1999) : il a fumé de la marijuana avec
une «écolière»
(une ado?). Il a aussi admis en avoir eu en sa possession lors d'une
autre rencontre, à son domicile de Terrebonne, cette fois-là en
présence d'autres adolescentes.
Expliquant
au juge que le policier avait dû prendre sa... retraite après 28
ans de service et subi une cure de désintoxication, l'avocat de la
Couronne, Me Jean-Pierre Boyer, demande et obtient que le tribunal
lui accorde l'absolution inconditionnelle. Saint-Hilaire était un
ex-membre de l'escouade moralité et drogue de ce corps policier.
Le
24 juin 1998, les agents Richard Roy et Denis Lapointe, de la police
de St-Basile-le-Grand, appréhendent Manon Nancy Tremblay pour du
tapage à la suite d'une dispute avec un ami. (La Presse du 6
septembre 2001) Après lui avoir passé les menottes, les policiers
la blessent à un coude puis la sortent à moitié nue de la
résidence de sa mère. Au poste de police, on l'empêche d'appeler
un avocat.
Et, parce qu'elle a craché au visage de l'un d'eux, on
l'asperge de poivre de Cayenne et la laisse, pendant 16 ou 17 heures,
sans soins et sans eau dans une cellule : l'eau permet d'en
atténuer les douleurs occasionnées aux yeux.
Dans
sa décision rendue le 15 mai 2001, Me Richard W. Luticone, du Comité
de déontologie, qualifie cette façon d'agir de «gratuite
et démesurée»,
ajoutant que la détention de la jeune femme était «complètement
injustifiée et inadmissible».
Ils l'avaient en outre brutalisée et arrêtée sans mandat.
Roy et
Lapointe sont suspendus sans salaire pendant 32 et 23 jours
respectivement. Un troisième policier, Robert Mercier, qui avait
entre-temps quitté ses fonctions, est jugé inhabile à porter
l'uniforme pendant deux ans.
Autre
cas... Une citoyenne, fortement intoxiquée, tombe en panne sur
l'autoroute métropolitaine, dans l'île de Montréal. Elle est
arrêtée et mise en cellule au poste Montréal-Métro, à
St-Laurent. Constatant son état hystérique, le policier Daniel
Caron de la Sûreté du Québec appelle l'ambulance. (Rollande
Parent, Presse canadienne --
La Presse du 25 août 2002)
Alors
que deux collègues tentent de l'immobiliser, le policier Caron entre
dans la cellule et lui administre trois coups poing au visage. En
résulte un hématome. C'est l'ambulancier qui dénonce le geste de
violence.
Me Richard W. Luticone, président du Comité de
déontologie, juge, en août 2002, comme facteur aggravant le fait
que Caron ait toujours nié être entré dans la cellule. Il qualifie
son geste «d'une
gravité extrême et d'une inutilité absolue»
et précise qu'il avait «perdu
le contrôle d'une situation stressante».
Il le condamne à 20 jours de suspension sans solde.
Des
accusations criminelles de voies de fait sont également portées
contre lui, mais il est acquitté parce que le principal témoin,
l'ambulancier, n'a pu affirmer avec certitude que Caron était bel et
bien l'agresseur. (Suite
demain)
News du dimanche 20 Mars 2011
■ Libye
– Selon un insurgé, la ville de «Benghazi est (désormais) vraiment
sécurisée» : vidéo (00:59).
■ Melting-pot -
Des trucs pour passer inaperçu dans la rue : un,
deux,
trois,
quatre
+ le sultan Qabous d'Oman, homme-sandwich
: bardé de décorations ; désapointement
; faire l'amour,
pas la guerre ; c'est pas nouveau
; liberté
et avenir ; nuage avec des yeux
rouges ; oups!
trop tard ; cohabiter avec ses semblables
; rentre ton ventre.
■ Faut-il
imposer des centrales nucléaires à la population ou la consulter ?
- Les événements qui se déroulent au Japon, incitent des citoyens
à s'interroger. Ainsi que le signale Yvan Blot,
la démocratie directe ne semble pas changer grand-chose aux
décisions politiques de continuer ou d'abandonner le nucléaire.
■ La
visioconférence, prochaine révolution de la communication sur
internet
– Toute la mécanique est là, selon Onel Trouillot, dg d'Opinews,
qui serait, sinon le seul, l'un des premiers sites à permettre aux
internautes d'animer des débats sur tous les sujets les concernant
ou intéressant : ordis portables équipés de webcams, téléphones
portables proposant deux caméras, diminution des coûts de la bande
passante, haut débit en développement mondial.
Les
besoins aussi, sont là. Trouillot remarque, lors d'une entrevue,
qu'il est de plus en plus difficile de suivre un débat sur internet
: répétitions des commentaires, perte de l'idée du départ,
passage rapide aux oubliettes parce que remplacé par les nouveaux,
pollution des forums, l'auteur de l'article critiqué répondant que
très peu aux commentaires, etc.
PS
:
Dans un avenir assez proche les grands médias ne seront plus les
seuls à tenir des débats, les citoyens auront aussi leurs mots à
dire. Le Net ouvre de plus en plus de portes, démocratise.
■ «Big
Foot» -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Autre
petite péripétie, dont je ne dévoilerai pas le contexte parce que
des gens du village de Lac Bouchette pourrait repérer facilement
l'homme. J'ai taquiné amicalement une personne qui m'a littéralement
planté verbalement : «Je va (sic) te donner un coup de
pied. Je va frapper si fort que je va avoir le pied tout enflé.»
J'en suis resté bouche bée, je voulais le faire rire, pas le mettre
en rogne. Habituellement, sans être volubile, il est de commerce
agréable.
Quelques
jours après, je vois une camionnette Ford, brune et orange, d'allure
commerciale mais d'un genre particulier que je n'ai jamais vu nulle
part. Un bande orangée d'environ deux pieds de large passe sous les
fenêtres des portières et fait le tour du véhicule. Sur les côtés,
pas de nom de commerce, d'adresse et numéro de téléphone,
seulement l'expression «Big Foot», peinte en grosses lettres
noires, près des portières. Pensez-vous qu'on peut établir le lien
entre la menace de me donner un bon coup de pied et «Big Foot»?
Environ
un mois s'écoule, je l'aperçois de nouveau, elle est stationnée
dans l'entrée d'une maison dont je connais les activités
souterraines auxquelles se livre l'occupant. Je prends deux photos.
En a-t-il été témoin derrière sa fenêtre ou m'a-t-on vu le faire
sur un écran pour le lui rapporter par la suite?
Toujours
est-il qu'environ trois semaines après, alors que je suis à
l'épicerie, l'homme en question s'approche, me demande : «Pourquoi
tu me parles pas?» Je poursuis mon chemin sans lui prêter
attention. À la caisse, il remet ça. Il est dans une allée :
«Psitt! Viens ici!», me souffle-t-il, il insiste, de guerre lasse
j'y vais. «Qu'est-ce que je t'ai fait?», le répète, veut savoir.
Muet comme une carpe, je retourne à la caisse. Je le vois jamais, ce mec-là, comment puis-je le saluer, lui parler?
À
l'extérieur, au moment où j'enfourche mon vélo, le revoilà :
«Pourquoi tu m'en veux?» Lui brosse rapidement le tableau :
«J'en veux à personne. Je communique seulement avec les gens de
bonne foi. Toi, je te considère comme étant de mauvaise foi.» Coup
de pédale, pendant que derrière je l'entends marmonner. Civil ou
collabo? Civil, je ne sais pas, collabo, pas de doute. (Suite
demain)
■ Le
verdict du chien renifleur de drogue, l'équivalent d'une décision
de la Cour suprême du Canada ? -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Restons
dans le monde canin, en traitant cette fois de l'escouade des chiens
renifleurs... de drogues. Dans la partie récit de ce livre, je
relate avoir été reniflé par le chien d'un collabo ...écornifleur
et celui d'une policière en civil de la Sûreté du Québec.
Il
arrive aussi que la police opère au grand jour, c'est-à-dire vêtue
de l'uniforme. Occasionnellement ou souvent? L'incident s'est produit
dans la capitale canadienne, Ottawa, en Ontario, mais rien ne
garantit que cela n'arrive pas au Québec.
Au
printemps 2002, la police de la Ville d'Ottawa, accompagnée d'un
chien policier renifleur, mène une fouille impromptue à l'école
secondaire St. Metthew d'Orléans, ville de la banlieue. (Presse
canadienne --
La Presse du 28 mars 2002) La brave bête dépiste une odeur de
marijuana sur le manteau de Christopher Laurin, âgé de 15 ans, qui
est ensuite escorté jusqu'au bureau de la directrice, où il est
interrogé, et ses effets personnels de nouveau fouillés.
Pourtant,
il n'avait sur lui aucune drogue. La directrice de l'établissement
scolaire reconnaît être incapable de déceler l'odeur de marijuana
sur sa veste de ski. Police et personnel de l'école affirment à
l'ado que les chiens dressés à cette fin peuvent retracer cette
odeur sur des vêtements jusqu'à trois mois après que la marijuana
ait été consommée. La direction le renvoie à la maison, le
suspend pendant deux jours. Le verdict du chien est sans appel, en
somme l'équivalent d'une décision de la Cour suprême du Canada.
Son
père, Michel Laurin, réagit avec colère. «(...) Il
n'a rien fait de mal. Et s'il avait laissé son manteau dans la
voiture de quelqu'un, et que cette personne avait un joint? Je sais
qu'ils veulent faire la bonne chose, mais une suspension pour un
manteau? Je n'arrive pas à croire les implications que cela pourrait
avoir».
Son
fils non plus ne comprend pas : «Pourquoi
suis-je suspendu? Je ne peux la sentir
(la marijuana), personne
d'autre n'y arrive, mais le chien a décelé une trace,
rapporte-t-il,
incrédule.
Ce n'est pas comme si j'empestais le pot. Est-ce que j'avais de la
drogue sur moi? Non. Je n'avais même pas sur moi quelque chose
pouvant avoir un lien avec la drogue. Je ne suis pas en colère
contre l'école, mais je n'ai violé aucun règlement, alors que je
devrais pas être suspendu.»
La
police a-t-elle le droit de s'amener dans une école, ou ailleurs, et
de passer des citoyens sous le nez d'un renifleur? Personne ne semble
avoir contesté cette façon de faire. Il semble qu'ici, nous soyons
en présence d'un cas où la police a agit à l'aveuglette, sans
allégation ou présomption préalable. Cette histoire ressemble à
une partie de pêche. (Suite
demain)
News du samedi 19 Mars 2011
■ Québec-budget
: premier ministre Jean Charest, l'illusionniste patenté -
Tous partis politiques confondus, combien de fois les Québécois
ont-ils entendu le discours de l'équilibre budgétaire éventuel? Et
à la fin de chaque année, combien de fois ont-ils constaté que les
élus au pouvoir avaient encore dépassé les bornes financières?
Examinons
le cas de Jean Charest, qui achève son septennat. Il a été élu la
première fois à cette fonction en avril 2003. De 2003 à 2004, la
dette accumulée du Québec est passée de 111,3 milliards à 114,7 ;
2004-2005 (116,5), 2005-2006 (118,3), 2006-2007(122,6), 2007-2008
(125,9), 2008-2009 (129,9 - années du krach financier mondial),
2009-2010 (136,8), 2010-2011 (142,8). Plus de 66% de la dette brute
sont des dépenses d'épiceries : source.
Tous
les pays démocratiques avec un fort déficit ont un symptôme en
commun... Des politiciens qui ont géré pour gagner la faveur
populaire et satisfaire les groupes d'intérêts sans voir les
conséquences économiques à moyen et long terme : source
+ 8 000 000 000$ de plus siphonnés
dans les poches des Québécois.
■ Japon
: trace d'iode radioactif dans l'eau du robinet
– Six villes sont touchées, dont Tokyo.
■ Libye,
aujourd'hui : destruction de plusieurs blindés libyens par des
avions français
– Ils étaient près de Benghazi, une ville détenue par les insurgés.
L'objectif est de protéger les civils. L'intervention permise par le
Conseil de sécurité de l'ONU est basée sur la résolution adoptée
en 1973 par l'organisme : vidéo
(01:54), Jean-Bernard Cadier, spécialiste en la matière, explique +
article,
des missiles américains ont détruits des sites anti-aériens
libyens + suivre les événements sur aljazeera, colonne de droite, tout est là.
■ Ultimatum
à Kadhafi
– Le dictateur libyen semble acculé au pied du mur, si l'on tient
compte de la décision prise par le Conseil de sécurité de l'ONU tard dans la soirée du
jeudi 17 mars : vidéo
(01:41). On ne pensait pas que l'intervention serait aussi rapide.
■ Épicerie
de Lac Bouchette : des civils de la Sûreté du Québec déguisés en
clients -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Février
2002. À l'épicerie du village de Lac Bouchette, un homme me fait
remarquer la présence «de belles femmes ici». Justement, il y en a
une derrière moi, dans la cinquantaine, avec son panier, attendant
que je libère le chemin.
Dans
l'allée suivante, suis bloqué par trois "clients"
poussant des paniers : le même homme, qui est cette fois devant
moi, la même femme, qui est maintenant à mon côté, et une autre,
juste derrière. Suis encadré, impossible d'avancer ou reculer. Seul
un hélico pourrait me sortir de là... Comment m'en extraire? J'opte
de faire allusion à leur métier : «Il faudrait un agent de la
circulation ici», dis-je tout haut. En un rien de temps, ils se
volatilisent tous, comme des pigeons effrayés par un bruit.
Le
jour suivant, j'aperçois au fond d'une allée un civil que je
connais. C'est l'homme-au-labrador-chasseur-de-canards. Vêtu de son
habit de motoneigiste, casque protecteur sur la tête, il est
immobile, pieds écartés, mains sur les hanches, me dévisage
quelques instants avant de disparaître dans le département de la
ferronnerie.
Deux
allées plus loin, un autre surgit tout au bout. Me dit bonjour, me
contente de plisser le front et faire le gros bec. Policier? M'a déjà
confié avoir travaillé à Nicolet... Ça l'a rendu suspect à mes
yeux, car c'est dans cette municipalité que l'Institut de police du
Québec a pignon sur rue.
Il utilise parfois la démarche martiale et
certains gestes typiques du policier patrouilleur en uniforme. Sait
comment descendre d'un véhicule -- d'une auto-patrouille --, en
fermer en douceur la portière, juste ce qu'il faut pour qu'elle
claque un peu, passer la main droite derrière son dos pour vérifier
si sa paire de menottes est toujours là, et m'a, à quelques
reprises, harcelé, tout de même modérément.
2001. Au bout d'une allée, un flic en civil surgit, vêtu d'un
blouson noir, me bloque le passage, s'attend de toute évidence à ce
que je libère le chemin. «No sir!», que je me dis. J'avance un peu
plus et lui enfonce lentement mon panier dans le ventre : «C'est
dans cette direction que je vais!», cela dit en poussant encore un
peu plus. Il n'insiste pas, s'écarte, passe à côté, me gratifie
d'une petite tape dans le dos, ajoute qu'il voulait seulement
«blaguer». Je pourrais riposter : "Une blague? Moi, je
pense que c'est plutôt de la provocation", mais à quoi bon.
(Suite demain)
■ Les
policiers, n'étant pas avocats, commettent des fautes sans le savoir -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Mars
1999, un étudiant se dirige vers le Cégep de Lanaudière pour
participer, en soirée, à une manif organisée par l'association des
étudiants. (Rollande Parent, Presse canadienne --
La Presse du 6 février 2002) L'apercevant, l'agent Jean Trudelle, de
la police de Joliette, l'avise qu'il est fermé et le presse de
quitter les lieux.
Il
refuse, l'agent Trudelle le met en état d'arrestation, lui passe les
menottes en utilisant une force excessive et le conduit au poste où
il est mis en cellule. Peu après, l'agent le photographie à deux
reprises. L'étudiant écope de deux accusations : refus d'obéir
et s'être trouvé dans un endroit public alors qu'il est fermé.
Infractions dont il sera acquitté, l'agent Trudelle ne s'étant pas
présenté à la Cour municipale.
Ensuite
l'affaire aboutit au Comité de déontologie. Me Richard Luticone
relève deux entorses déontologiques : force excessive lors de
l'arrestation, l'agent Trudelle lui a écrasé la main avec son pied
et l'a remis debout d'une manière inappropriée. En outre, il
n'avait pas le droit de prendre sa photo, l'arrestation ayant été
effectuée en vertu d'un règlement municipal et non du Code
criminel.
À
ce sujet, Me Luticone a été étonné d'apprendre des collègues de
Trudel, des agents Barette, Chaput, Turbide et du lieutenant Rondeau,
tous du corps policier de Joliette, qu'il était pratique courante de
photographier systématiquement les personnes arrêtées.
«L'ignorance
d'une règle de droit constitue une faute déontologique parce
qu'elle relève de l'incompétence grossière ou de la mauvaise foi»,
statue Me Luticone, qui devait rendre sa sentence dans les semaines
suivantes.
Autre
cas de la même eau : août 2002, les policiers Benoît Beaulieu
et Yves Tancrède, ce dernier sergent et directeur du poste de la
Sûreté du Québec, à St-Esprit, dans la municipalité régionale
de comté (MRC) de Montcalm, photographient un mineur et prélèvent
ses empreintes digitales parce qu'ils le soupçonnent de vol alors
qu'il n'est pas inculpé. (Presse canadienne --
La Presse du 7 août 2002)
Me
Jean-Marie Blais, du Comité de déontologie, estime que l'agent
Beaulieu a enfreint les dispositions de la Loi sur les jeunes
contrevenants, rapporte la Presse canadienne. «Le
comité est d'avis qu'il s'agit d'une faute lourde que ne saurait
excuser la bonne foi ou l'absence de malice de l'agent Beaulieu non
plus que la caution subséquente toute autant fautive du sergent
Tancrède».
On n'en connaît pas la suite...
Martine
Gendron, une policière de Montréal, avait utilisé un... chien
contre un citoyen. Elle voulait prêter main-forte à des collègues
aux prises avec un homme ayant consommé de l'alcool, tenant des
propos amers et susceptible de s'en prendre à son ex-conjointe, dont
il était séparé depuis peu. (Presse canadienne --
La Presse des 16 février et 22 mars 2002)
Me
Gilles Arsenault du Comité de déontologie juge «drastique,
inutile et disproportionnée»
l'intervention de la policière, avec sa chienne Betz. Il conclut
qu'«en
donnant du lest à son animal pour qu'il atteigne le citoyen, la
policière Gendron, maître-chien depuis 1998, savait qu'une morsure
en résulterait».
Son pantalon en avait été déchiré, mais sans «aucune
séquelle physique»,
signale-t-il.
Et que Gendron, policière de dix ans d'expérience, a
eu recours à une force plus grande que nécessaire. Il met en doute
le bien-fondé du recours à un chien dans ce type d'intervention, la
condamne à une suspension sans solde d'une journée. (Suite
demain)
News du vendredi 18 Mars 2011
■ Les
moutons noirs de la spéculation
– Les prix mondiaux de denrées alimentaires atteignent des niveaux
records, rapporte-t-on. Les spéculateurs y sont pour quelque chose.
Certains disent qu'il
y a beaucoup d'autres marchés où ils peuvent opérer, qu'ils n'ont
pas besoin de celui des denrées pour faire de l'argent. D'autant
plus que les prix sont moins équitables dans les pays en
développement : vidéo
(08:30).
PS
:
Il est largement démontré aussi que de ces moutons noirs achètent
par exemple de grosses quantités de blé afin de créer
artificiellement une pénurie et faire augmenter les prix. Il y a
quelques années des émeutes de la faim ont eu lieux dans plusieurs
pays africains. On se demande ce que les États occidentaux attendent
pour intervenir. Conflit d'intérêts, ici : plus les prix sont
élevés, plus les spéculateurs paient des impôts.
■ Québec-budget
: hausse de 1 625$ des frais scolaires étalée sur 5 ans
– La pire atteinte à l'accessibilité aux études depuis les vingt
dernières années, une attaque envers la génération actuelle et la
classe moyenne, dénonce Louis-Philippe Savoie, président de la
Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ).
Elle
empêchera de milliers de jeunes de la classe moyenne à poursuivre
leurs études. La mobilisation étudiante va s'intensifier. Le
président Léo Bureau-Blouin de la
Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) l'affirme
également : communiqué
de presse des deux fédérations + article
+ des
députés libéraux à l'époque où ils étaient étudiants avaient
bénéficié
de tarifs largement inférieurs à ceux d'aujourd'hui.
Plan
budgétaire 2011-2012 du gouvernement du Québec (536 pages) +
discours
du budget du ministre libéral des Finances Raymond Bachant prononcé
à l'Assemblée nationale (56 pages) + site
du ministre Bachant où d'autres infos sont disponibles.
PS
:
Revenons sur la hausse de 1 625$ des frais scolaires étalée sur 5 ans... L'argument massue des néolibéraux de Jean Charest (un ex-député
et ministre du gouvernement progressiste conservateur du Canada de
Brian Mulroney) : les tarifs sont plus élevés dans la plupart des
autres provinces. Le principe gravement menacé ici : tous les
citoyens doivent avoir accès à l'éducation. Pas seulement une
question de justice sociale, d'un avenir plus riche aussi, et sur
tous plans, pour le Québec.
■ On
n'a pas à s'inquiéter du nucléaire
– Tout est sous contrôle, la preuve : vidéo
(02:03).
■ Libye
– Un rappel, la nouvelle étant d'une grande importance. En fin de
soirée hier jeudi le Conseil de sécurité de l'ONU a autorisé
une zone d'exclusion aérienne sur le territoire de ce pays :
vidéo
(00:18), avertissement de Ban Ki-moon, secrétaire général de
l'ONU +
plusieurs pays ont déjà indiqué en quoi
consistera leur participation.
■ Une
petite épicerie collaboratrice et policière à l'os
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Jetons
un œil sur les établissements commerciaux, peu nombreux dans le
village de Lac Bouchette, et faisant l'objet d'une surveillance
continuelle de la part des civils et de leurs collabos. J'étale les
faits en vrac, sans tenir compte de la chronologie, sauf exceptions,
les agglomérant selon des thèmes.
Quand
je pars en randonnée en vélo de montagne, ordinairement ils me doublent ou me croisent.
Dans un petit village, on ne peut varier à l'infini les trajets.
Connaissant bien mes routines et mon itinéraire de plusieurs
kilomètres, ils disposent de tout le temps nécessaire pour me
concocter des rencontres "fortuites", bien entendu, et
mettre au point de petits scénarios sympas. L'épicerie du village
est toujours la dernière étape avant le retour à mon domicile.
Allons y enquêter.
2
avril 2001. Une employée me bloque le passage, dans l'allée
longeant les réfrigérateurs des produits laitiers. Ce n'est pas une
première et, curieusement, elle est la seule à s'adonner à ce
petit jeu. Madame place des litres de lait dans l'un des frigos
ouverts. Devant, elle a stationné le chariot qu'elle utilise pour le
transport des produits depuis l'entrepôt jusqu'à l'épicerie.
J'arrive avec mon panier. Elle a déposé sur le plancher, à côté
du chariot, une caisse de lait vide de couleur... rouge. Elle feint
de ne pas me voir. Elle travaille avec minutie, se recule un brin
pour s'assurer que tout est bien aligné.
Je
lui dis qu'elle fait exprès de me bloquer le passage, et que ce
n'est pas la première fois. Elle se tourne vers moi et enlève
aussitôt la caisse de lait. Je passe, l'entend rétorquer dans mon
dos : «C'est pas vrai (que je fais exprès)». Me retourne et
insiste : «Oui, c'est vrai». Elle n'ose pas me regarder
dans les yeux, son visage a roussi.
Le
surlendemain, elle est dans une allée, en train de regarnir des
tablettes. Lorsque je m'en approche, elle fait soudainement tout
un tintamarre avec de gros récipients métalliques vides. Ça fait
pif-paf-boum, ça sent la violence à plein nez.
Et juste au moment
où je vais doubler son chariot, elle amorce un mouvement comme si
elle voulait me couper le chemin, mais ce n'est qu'une feinte,
m'obligeant tout de même d'arrêter puis d'accélérer pour libérer
rapidement le passage. Pendant un certain temps, madame me saluera
d'un «bonjour, monsieur Martel», le ton emprunté et la voix forte,
en sachant très bien que je ne lui rendrai pas la pareille.
Provocation et atteinte à la dignité. (Suite
demain)
■ Un
flic en uniforme fâché d'une impolitesse d'un bambin de 5 ans fait
tout un show
- (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Juin
2000. Le policier Luc Bernard, de la police de Longueuil, s'en prend
à un enfant de cinq ans, dans une cours d'école. (Rollande Parent,
Presse canadienne --
La Presse du 23 mars 2002) Un cas probablement rarissime. Le gamin
s'est permis une impolitesse à son égard. Fâché et parlant fort,
il l'empoigne et, malgré ses pleurs, l'entraîne contre son gré
vers le bureau de la direction de l'institution.
À
grands cris, il insiste pour parler à la direction, soutient que
l'enfant a été impoli avec lui. Une secrétaire juge préférable
d'amener l'enfant dans une autre pièce, mais Bernard les y rejoint,
fait état de son grief, avec acharnement.
Finalement, la directrice
le rencontre, lui demande de ne plus intervenir auprès des enfants
de l'école, lui dit que, même s'il est policier, ce n'est pas de
son ressort, mais celui de la direction de l'école. C'était la
deuxième fois que Bernard s'y pointait : trois semaines
auparavant, il avait exhibé son insigne de policier... aux enfants
qui tardaient à se placer correctement en rang.
Devant
le Comité de déontologie, Bernard, qui compte 10 ans de service,
reconnaît ses torts. Aveu qui lui vaut illico le retrait de plaintes
portées contre lui (NDLR : Un gros traitement de faveur) : abus
d'autorité, intimidation du personnel de l'école et d'un enfant de
cinq ans. Me Richard Luticone du comité n'en retient qu'une seule,
celle d'avoir fait référence à sa fonction de policier d'une
manière inappropriée. Sentence : suspension de deux jours sans
traitement.
Le
cas suivant a été puisé dans la lettre d'une lectrice de La Presse
qui en a été témoin en avril 2002 : Suzanne Perron. (Suzanne
Perron --
La Presse du 28 avril 2002) À lire attentivement car, même s'il est
question ici de policiers en uniforme, cette lettre illustre
parfaitement bien les sabotages clandestins de la police en civil.
Seule différence, les victimes ignorent que cette dernière est
derrière ça.
«Aujourd'hui,
vers 18h30, à l'angle des rues St-Denis et Sherbrooke (à Montréal),
relate-t-elle, j'ai vu deux policiers (de l'île de Montréal) qui
venaient d'interpeller un squeegee (nom désignant ceux lavant le
pare-brise d'autos, aux intersection, pour se faire quelques sous),
briser sauvagement ses outils de travail. À l'aide de leurs pieds,
les policiers arrachaient en souriant les lames éponges des bâtons
auxquels elles étaient fixées, sous les protestations bien faibles
du squeegee.
Peut-être
cet individu avait-il effectivement commis une infraction. Alors,
qu'on l'arrête, qu'on lui colle une amende ou qu'on applique la
sanction prévue. Mais si l'on souscrit à la mesure arbitraire dont
j'ai été témoin, poussons la logique plus loin et essayons
d'imaginer les sanctions que risquent d'encourir les coupables des
délits suivants.
«Un
cycliste qui enfreint le code de la route : la police lui "pète"
ses
broches de vélo?
Une personne arrêtée pour conduite en état d'ébriété : on
lui "pète"
ses
pneus pour l'empêcher de récidiver ou on lui coupe ses cartes de
crédit en morceaux pour qu'elle ne retourne pas boire? Un voyeur qui
se fait pincer dans les toilettes des femmes : on lui casse ses
lunettes pour qu'il ne soit pas tenté de recommencer?
Une femme au volant, distraite par une émission de radio, qui omet
de faire un arrêt obligatoire : on arrache
l'antenne de son auto pour lui donner une leçon?
«Peut-être
que je n'aurais pas dû écrire cette lettre,
s'inquiète-t-elle,
avec copie aux autorités policières, et l'acheminer par courrier
électronique. Tout à coup qu'on viendrait me "péter"
mon
ordinateur ou bien arracher ma connexion Internet?»
(Suite
demain)
News du jeudi 17 Mars 2011
■ Libye
– Le Conseil de sécurité de l'ONU autorise
une zone d'exclusion aérienne.
■ Libye-insurgés
– 18 photos d'amertume.
■ Québec
: des frais illégaux facturés aux patients et le gouvernement
Charest ferme les yeux
– La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ),
son président Gaétan Barrette : «Il s'agit d'un dossier qui aurait
dû et pu être réglé depuis déjà quatre ans».
En octobre 2007,
la FMSQ et la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ), sous
mandat du ministère de la Santé et des Services sociaux, ont fait
enquête et produit un rapport recommandant au gouvernement (Charest)
de s'attaquer de manière urgente à cette question. Rien a été
fait jusqu'à présent : article
+ communiqué
de presse + site
de la FMSQ.
PS
:
Ces frais illégaux viennent s'additionner aux tarifs imposés déjà aux
patients par le premier ministre Jean Charest. En n'intervenant pas,
ça lui permet d'économiser de l'argent sur le dos des patients. Comment qualifier cette
façon de faire? C'est de l'hypocrisie.
Ce gouvernement néolibéral
n'arrête pas d'agresser sans scrupule des citoyens : éolienne, gaz
de schiste, coût élevé de l'éducation, etc. Il ne fait rien non
plus pour protéger les citoyens des agressions psychologiques et
physiques illégales de la police en civil. Qui ne dit mot, est
lui-même un agresseur.
■ Haïti
: dimanche 20 mars, second tour des présidentielles
– Deux candidats : Mirlande Manigat et Michel Martelly.
Ce dernier a remplacé Jude Célestin, candidat du président sortant
René Préval, à la suite de recommandations tant des USA que de la
Commission
interaméricaine des droits de l'homme (CIDH). Préval, faut-il le
rappeler, a été dépassé par les événements, certes majeurs :
séisme, tsunami et choléra. On lui reproche de ne pas avoir été à
la hauteur. L'espoir d'une véritable reconstruction d'une bonne
partie du pays repose désormais sur les épaules du candidat qui
sera élu dimanche.
■ Libye,
situation aujourd'hui – Sur
la carte géographique
du quotidien britannique The Guardian : cubes verts, territoire
occupé par Kadhafi ; cubes rouges, par les insurgés, qui sont en
difficultés ; cubes noirs, incertitude de situation. Aux endroits
indiqués sur la carte par le mot "zoom", cliquez dessus
pour avoir accès à des images de Google Earth. Pour retourner sur
la carte, cliquez sur "Back to main map", dans le bas de la
page, à gauche.
■ Japon-tsunami
– Plusieurs grandes photos. Les dégâts vus de près, sur le
terrain. L'impression d'être dans un dépotoir,
une décharge. Faudra beaucoup de temps pour tout nettoyer.
■ Lac
Bouchette : tactiques vicieuses de la Sûreté du Québec pour
m'inciter à ne plus fréquenter la biblio -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Par
la suite, deux civiles et une collabo à tout crin ont pris le
relais. Elles y faisaient déjà du "bénévolat", mais
rarement les trois en même temps, alternant leur présence, une ou
deux à la fois. Le triumvirat dispose désormais des coudées
franches. C'est-à-dire?
Tirer
les vers du nez des usagers, peaufiner le profil de chacun à partir
des livres qu'ils empruntent, harceler au passage quelques
anticonformistes ou rebelles à l'ordre tel qu'établi par ceux et
celles qui ne veulent que notre bien, et qui vont l'avoir. Décider
également qui sera in ou out de la petite biblio. Les connais des
pieds à la tête. Elles patrouillent dans les rues du village,
circulent dans les allées de l'épicerie aussi, on les croise
parfois au Carrefour Jeannois, centre commercial de Roberval.
À
la biblio, l'une des civiles m'accueillait toujours le visage fermé
comme une boîte de conserve, nos rapports étaient d'une incroyable
pesanteur. À trois occasions différentes, quand je lui avais
présenté ma carte de la biblio pour l'enregistrement sur l'ordi des
livres empruntés, elle avait tendu la main, mais ne l'avait pas
prise, la laissant tomber.
Lors de mon avant dernier passage à la
biblio, au milieu de l'été 2002, sa collègue m'a demandé, le bec
bien arrondi : «Vous n'avez pas eu trop chhhaaauuud?» Un
«chaud» long, étiré à la limite de son élastique... Oui, il
avait fait chaud au cours de la journée, mais pas tant que ça. Lui
ai demandé si elle cherchait à m'intimider. Elle en est restée
bouche bée. J'ai ajouté que je connaissais bien son travail
caché...
Pendant
les deux années où j'ai fréquenté la biblio, la responsable
m'avait permis de placer mon vélo dans le petit vestibule. Le
laisser à l'extérieur, dans la grande cours déserte, éloignée de
la rue, me semblait un peu risqué : je craignais les sabotages
policiers. Lorsque le triumvirat policier s'est emparé du pouvoir,
on y a déposé une chaise de bureau. Peu après, on l'a remplacée
par un gros bac de recyclage.
Tactique sournoise, car si elles
m'avaient demandé de ne plus l'y mettre, j'aurais obéi sans
discuter. J'ai bien senti en quelque part que ce n'était pas le vélo
que l'on poussait de plus en plus vers la porte de sortie. La biblio
ne m'apportant plus rien de neuf, j'ai cessé de la fréquenter. Le
triumvirat occupait toute la place, j'ignore s'il y œuvre encore...
bénévolement.
Revenons
sur la température caniculaire pour mieux en comprendre le double
sens... Belle journée d'août 2001, Chemin de la Montagne, deux
femmes en civil appartenant à la Sûreté du Québec. L'une me
demande : «Vous trouvez pas qu'il fait un peu chhhaaauuud?»
Traduisons le jargon policier : à voir autant de civils vous
surveiller, vous ne commencez pas à avoir un peu peur? Relaxe, je
m'exclame : «C'est superbement beau!» Et sa collègue de
réagir par un «Oh Yeah!» retentissant. Plus loin, rue
Principale, un jeune civil, particulièrement agressif, se pavane à
vélo. Il porte un tee-shirt orange, avec un message dans le dos où
on peut notamment lire : «Yeah me... Good luck man.» Je
fais le lien avec le «Oh Yeah!» de sa consœur.
Une
couple de mois auparavant, il m'avait doublé, dans la partie déserte
de la Route de l'Ermitage, en face de la plage municipale, pédalant
comme un dingue pour ensuite virer à pratiquement 180 degrés 100
pieds plus loin, un pied à terre, et revenir et répéter sa
démonstration de force. On cherche l'effet de la cape rouge face au
taureau, avec l'espoir qu'il se ruera dedans, toutes cornes en avant,
la fumée fusant du museau. La provocation policière, c'est
exactement ça.
Ce type habite un édifice à logements, sur
Principale, tout près de l'épicerie, et du même côté de la rue.
L'ai vu, l'été, se mêler aux autres locataires qui profitaient du
beau temps sur les galeries, la petite pelouse... Endroits propices
aux confidences (Suite
demain)
■ L'arbitraire
policier au quotidien -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Mars
1999, un étudiant entre dans un resto de Montréal, achète un café,
s'installe à une table et entreprend de réviser un examen quand le
gérant de l'endroit l'invite à la libérer et d'aller s'asseoir à
une autre où se trouve déjà un client. (Rollande Parent, Presse
canadienne --
La Presse du 6 février 2002) Il refuse, le gérant compose le 911.
Trois
policiers s'amènent, dont le sergent Martin Dea. Malgré les
demandes répétées du citoyen, Dea refuse de s'identifier. Le
citoyen réclame avec insistance un rapport d'expulsion pour porter
plainte au service à la clientèle du resto. Les policiers
l'informent qu'ils n'en rédigent jamais dans une affaire civile
comme celle-là. Il se présente par la suite au poste de police afin
de discuter de ce dernier point. Le sergent Dea l'empêche d'y
entrer.
Décision
de Me Jacques Monette du Comité de déontologie : «Lorsqu'une
personne demande à un policier de s'identifier, il appartient à
celui-ci de s'assurer que la personne est en mesure de comprendre
facilement son nom. (...)
même
s'il démontrait de l'entêtement, rien ne permettait au sergent Dea
de lui interdire l'accès au poste de police.
(...)» Dea devait connaître sa sanction quelques semaines plus
tard.
Août
2001, Dominique Lavoie et Harry St-Surin de la police de l'île de
Montréal sont suspendus sans traitement pour deux jours par le
Comité de déontologie (Marcel Laroche --
La Presse du 1ier août 2001) : ils avaient expulsé violemment deux
citoyens d'un poste de police, en les traînant littéralement sur le
sol.
Le
président du comité juge qu'ils ont eu recours à une force plus
grande que nécessaire, voire déraisonnable. Il rappelle à
l'ensemble des policiers que si la loi leur donne de très grands
pouvoirs, elle leur impose également des normes de conduite qu'ils
ne peuvent transgresser sans en subir les conséquences. On ignore la
sentence des deux policiers... communautaires ou de proximités ou de
quartiers, faites votre choix.
La
scène suivante se déroule à l'automne 1998, sur le territoire de
la police de l'île de Montréal. Un citoyen gare son véhicule à un
endroit réservé aux pompiers. (Rollande Parent, Presse canadienne
--
La Presse des 6 février 23 mars 2002) Arrivent les policiers
Jean-François Bigras et Patrick Faucher, qui lui remettent une
contravention.
Et comme il n'a pas verrouillé sa portière, ils lui
en donnent une deuxième. Et ajoutent aussi deux avis de 48 heures
parce qu'il n'a pas en sa possession une preuve d'assurance et que
son silencieux ne répond pas aux normes. Le citoyen signale qu'il a
les documents requis -- preuve d'assurance -- dans son véhicule,
mais le policier Bigras lui dit qu'il est trop tard, les avis sont
déjà rédigés.
Frustré,
le citoyen quitte les lieux en faisant crisser ses pneus. Les flics
le rattrapent, lui en décernent une autre et entreprennent de
fouiller son véhicule. Bigras l'avertit : «Tiens-toi
tranquille, ton char y est pas dur à reconnaître et on sait où
tu restes
(...)». Le citoyen reproche au policier de lui faire des menaces, ce
dernier réplique : «Ce
n'est pas une menace, c'est une promesse.»
Bigras demande même au citoyen, qui travaille dans une agence de
sécurité, ce que penserait son patron s'il était mis au courant de
la situation. Une dizaine de jours plus tard, revoilà les mêmes
deux flics. Autre constat d'infraction, cette fois parce que les
vitres de son véhicule sont teintées.
Le
citoyen porte plainte au Comité de déontologie. Me Richard Luticone
juge que les deux policiers ont adopté une attitude par trop
provocatrice et que Bigras a abusé de son autorité, tenté
d'intimider le citoyen. Bigras et Faucher sont respectivement
suspendus 4 et 3 jours sans solde.
Au début de ce même mois de
mars, Faucher avait été réprimandé dans une autre cause. Il avait
remis deux contraventions à... ce même citoyen, accompagnant son
geste... d'un mouvement du bassin jugé indécent, tout en le
dévisageant. Ce citoyen a-t-il récupéré l'argent de toutes ces
contraventions? L'histoire ne le dit pas. (Suite
demain)
News du mercredi 16 Mars 2011
■ Émission
d'aujourd'hui de "Démocraty Now" – Les
principales news internationales en anglais. Du lundi au vendredi,
des nouvelles fraîches de cette émission réputée. On y traite de
sujets ignorés ou insuffisamment traités par les médias de masse :
en savoir davantage
+ ses news du jour : vidéo
(59:05) + faites un don.
■ Japon-nucléaire
– Une infographie
interactive qui aide beaucoup à la compréhension de ce qui se passe
dans le complexe des six centrales nucléaires de Fukushima Dai-Ichi
+ petit lexique
du nucléaire + il n'est pas
question à cette heure de parler d'une contamination planétaire +
dans la centrale de Fukushima, la solitude des "pompiers"
du nucléaire + réfléchir au nucléaires, sans
tabou ni sectarisme.
■ Libye,
situation aujourd'hui – Sur
la carte
géographique du quotidien britannique The Guardian : cubes verts,
territoire occupé par Kadhafi ; cubes rouges, par les insurgés, qui
sont en difficultés. Aux endroits indiqués sur la carte par le mot
"zoom",
cliquez dessus pour avoir accès à des images de Google Earth. Pour
retourner sur la carte, cliquez sur "Back
to main map",
dans le bas de la page, à gauche.
■ Japon-nucléaire
: le gouvernement avait envisagé ce qui s'est produit
– Et depuis plusieurs années, c'est-à-dire l'effet domino :
séisme de force majeur, tsunami et fusion du cœur d'une centrale
nucléaire. Il estimait que cela pourrait se produire avant 30 ans.
En
juillet 2007,
un tremblement de terre de magnitude 6,8 s'était produit dans la
région de Niigata. Ce qui avait provoqué plusieurs incidents
sérieux dans l'une des plus grandes centrales nucléaires du monde,
celle Kashiwazaki-Kariwa. Le sismologue Katsuhito Ishibashi de
l'Université nationale de Kobe, au Japon, était l'un des principaux
conseillers du gouvernement sur la sécurité nucléaire. Il avait
déclaré que jamais le monde n'avait été aussi proche d'une telle
catastrophe.
Il
avait renouvelé ses appels de fermer immédiatement cinq anciennes
centrales à Hamaoka construites directement au-dessus d'une faille
géologiquement active. Il n'était pas le seul à le dire, des
collègues aussi. Selon eux, il était pratiquement impossible
d'assurer la sécurité d'une centrale sur un tel site. Mais on
répondait que le bâti était conforme aux normes gouvernementales
de l'époque : magnitude de 6,5.
PS
:
La source de cette information est wikipedia. Hâtez-vous d'y aller
parce que la suppression de cette page fait l'objet d'un débat et
risque d'être supprimée. Bien que ce ne soit pas une source
bétonnée, je publie cette article quand même parce que l'un des
meilleurs média français sur le web en traite, sa source est cependant différente de la mienne : médiapart. Je recommande aussi d'aller sur le site du Journal
Nature, dont le nom est mentionné sur wikipedia.
■ Japon,
après tout ce qu'on sait déjà...
- Voilà qu'on apprend maintenant que le volcan japonais Shinmoe a
repris ses activités : vidéo
(00:38) +
info sur le
volcan.
■ Deux
lionnes affectueuses
– Il n'y a pas que de mauvaises nouvelles : vidéo
(01:35).
■ Le
petit village de Lac Bouchette, l'équivalent d'un État policier
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) À
Lac Bouchette, tout est infiltré mur à mur. Outre les commerces,
les associations et autres organismes sans but lucratif, dont le
Centre Vacance Nature, un centre de plein air. À l'hiver 2000-2001,
j'y faisais régulièrement un arrêt pour me réchauffer, boire un
café et fumer une cigarette. À cet endroit, l'infiltration est
verticale, du conseil d'administration au personnel : oui, des
civils et des collabos y travaillent.
Infiltrés
aussi, les HLM, le Foyer Lac Bouchette --
un foyer de personnes âgées --,
l'Ermitage St-Antoine. Infiltrés également, la fonction publique
municipale et le conseil municipal? Chose certaine, ils sont à peu
près tous des collabos : deux conseillers participent à des
patrouilles. Lors d'une élection municipale, l'un des candidats
défaits, qui se présentait à ce poste pour la première fois,
était un civil de la Sûreté du Québec. Infiltrées également
l'aréna et la biblio municipale.
J'ai fréquentée cette dernière
régulièrement pendant environ deux ans, en moyenne une fois par
semaine. Attardons-nous y un peu. En
milieu rurale, la biblio régionale du Saguenay-Lac-St-Jean alimente,
à tous les deux ou trois mois, la biblio locale. Celle-ci lui
retourne une centaine de livres, la régionale les lui remplace.
Cette dernière choisirait les titres. Cependant, entre les
rotations, l'usager peut, par l'entremise de la biblio locale, en
commander à la régionale.
Quelque
part au cours de l'hiver 2001-2002, le nombre des livres
socio-politiques provenant de la biblio régionale a diminué,
diminué... Au point où plus aucune nouveauté ne présentait
quelque intérêt à mes yeux. Même qu'on a sauté une rotation.
Bien sûr, j'aurai pu commander des titres, mais cela impliquait
presque un mois d'attente, des fois d'avantage, et n'en obtenais
qu'un sur dix. Avait-on créé artificiellement une disette,
cherchait-on indirectement à m'expulser de la biblio? Je le crois.
Puis
au printemps, une bénévole avec laquelle je me sentais quelques
atomes crochus, a cessé d'y travailler. Au début, je m'inquiétais
de son absence, mais on me rétorquait, un peu vexé ou agacé : «Avec
nous, est-ce que ça va faire pareil?» Je n'insistais pas. Puis un
jour, on m'a enfin avoué qu'elle n'y travaillait plus.
Par la suite,
j'ai su d'un proche de la biblio qu'elle avait quitté parce qu'elle
ne s'y sentais plus tout à fait la bienvenue. Éjectée en douce?
J'y avais d'ailleurs déjà été témoin d'un malaise entre elle et
une civile. J'en ignore la raison, mais il était évident que la
bénévole n'appréciait pas ce qu'elle lui demandait de faire. Je la
sentais visiblement irritée. (Suite
demain)
■ Racisme
policier à l'encontre de collègues d'autres ethnies
- (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Raciste,
la police de l'île de Montréal? Mylène Jaccoud, professeur de
criminologie à l'Université de Montréal, a mené une enquête sur
ce sujet, qu'elle a dévoilée en mars 2002. (Silvia Galipeau --
La Presse du 21 mars 2002)
Elle révèle que si ce corps policier
embauche des Noirs, des Chinois, des Italiens ou autres membres de
communautés minoritaires, c'est avant tout pour des raisons
utilitaristes. Elle a fait cette découverte en épluchant de ses
documents portant sur sa politique d'embauche de minorités
ethnoculturelles et visibles.
Énumère quelques uns des motifs évoqués : l'efficacité
(pour mieux connaître les communautés, précise-t-elle), le
contrôle (mieux infiltrer les communautés), la prévention (réduire
les tensions entre certaines communautés et la police). Jaccoud
évoque aussi l'effet de relations publiques de sa politique
d'embauche, de même que psychologique (soutient aux autres policiers
membres de communautés minoritaires).
Elle
a complété sa recherche en interrogeant 47 policiers membres de
communautés visibles et constaté que la majorité (68%) ne se
disent pas victimes de racisme. Cependant, plusieurs se sont montrés
réticents à dénoncer les blagues dont ils font l'objet, y voyant
davantage l'empreinte de la «culture
policière»
que celle du racisme. Les autres, au contraire, ont trouvé assez ou
très difficile leur intégration, signalant leur isolement, le
manque de soutien, la suspicion, les méfaits et les insultes dont
ils sont la cible.
Ils
ont avoué se faire traiter de «mangeurs
de vidanges»,
ou de «voleurs
de jobs»
par de leurs collègues. Les Italiens sont perçus comme des
«mafiosi»,
les Arabes, des «conducteurs
de chameaux».
Comment réagissent-ils, ces policiers Noirs, Chinois, Italiens,
etc.? La criminologue mentionne trois stratégies possibles : la
résistance (choisie par une minorité d'entre eux, souligne-t-elle),
la résignation, le retrait ou la fuite (changer de partenaire, de
poste de police, etc.) ou encore la conformité active à
l'institution (pour mieux se faire accepter, certains de ces
policiers font de l'excès de zèle).
Peu
après, lettre d'un lecteur de La Presse, Jimmy The Vinyh Pham (Jimmy
The Vinyh Pham --
La Presse du 30 mars 2002) : «En
lisant l'article (...)
je me rends
compte que la discrimination raciale existe là où on le soupçonne
le moins. Est-ce que le rôle de la police n'est pas de servir et de
protéger les citoyens et de faire régner la justice? Au sein même
de la police, il y a des policiers de communautés visibles qui se
sentent victimes de racisme et qui trouvent éprouvante leur
intégration.
«Alors,
pour des citoyens comme moi, qui ne sont pas des Québécois "purs",
je trouve cela très inquiétant pour ma sécurité. En effet, si ces
policiers n'obtiennent même pas le respect de la part de leurs
compatriotes de race blanche, comment ces derniers vont-ils traiter
les citoyens des minorités visibles?
Certes, il y a eu beaucoup d'amélioration pour éliminer le racisme,
mais c'est loin d'être suffisant
(...) il
est très important de rappeler l'importance de l'égalité de
l'homme, peu importe la couleur de sa peau».
(Suite
demain)
News du mardi 15 Mars 2011
■ Gouvernement
du Québec : dépôt du budget jeudi 17 mars
– Des citoyens ont des messages à transmettre au premier ministre
Jean Charest : vidéo
(04:30) +
le manifeste de citoyens
: "Casser
l'intransigeance du gouvernement Charest" + communiqué
de presse du ministre québécois des Finances et du Revenu Raymond
Bachand.
■ Nucléaire
: on s'est trompé d'ennemi
– On croyait que les terroristes étaient les plus susceptibles de
passer à l'acte. L'expérience japonaise prouve que c'est la nature
: article.
PS
:
Ne nous trompons pas, la nature a rien à voir avec ça... Les vrais
coupables (terroristes) sont les néolibéraux qui, tout en le
sachant très bien, ont construit des centrales nucléaires dans des
zones d'activité sismique.
C'est de la même veine que le krach
financier de 2008, qui a mis la planète sur l'cul (les citoyens en
paient encore la facture), l'explosion de la plate-forme de BP dans le Golfe
du Mexique et la marée noir qui a suivi, l'extraction du gaz de schiste qui peut libérer des matières radioactives, etc. Le rêve de devenir riche ou encore plus riche aveugle une certaine catégorie d'hommes d'affaires, qui manque de jugement et de conscience sociale.
■ Protection
contre la radioactivité :
l'iode
– Selon le site doctissimo.fr, la radioactivité se présente
notamment sous forme d'iode radioactif, qui va atteindre les
personnes à proximité de la zone de contamination. Cet iode à
tendance à se fixer sur la thyroïde, ce qui augmente
considérablement le risque de cancer de cette glande. L'ingestion
rapide de comprimés d'iode le diminue.
■ Libye
– Kadhafi gagnerait la guerre civile : article,
le président américain Obama le penserait aussi + la carte
géographique d'aujourd'hui mardi 15 mars démontre que son armée progresse : cubes
verts, territoire occupé par Kadhafi ; cubes rouges, par les
insurgés ; cubes noirs, l'incertitude de la situation +
vidéo
(02:13).
■ Japon
– La situation hier, 14 mars : vidéo
(02:32) +
une autre vidéo
(00:37), le témoignage d'une personne sur place, et un article.
■ La
police est
passée maître dans l'art de créer à la fois l'offre et la demande
-
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) En
outre, mes connaissances en matière policière n'ont aucune commune
mesure avec celles des citoyens. J'enquête sur les activités
clandestines de l'underground policier depuis plusieurs années,
normal que je sois plus informé qu'eux.
À
cela se greffent toutes mes années en journalisme, où j'ai appris
bien des choses. Je sais aussi que, pour nombre d'entre eux, la
police a une valeur émotionnelle. L'argument massue : le
citoyen qui n'a rien à se reprocher n'a pas peur de la police. Quoi
rétorquer à ça? Comme disait l'autre : raisonner de manière
rationnelle avec des gens qui ne le sont pas, et sur des questions
qui ne le sont pas non plus, ça donne rien.
Les
rares occasions où je me suis vraiment ouvert la trappe, j'ai
néanmoins constaté qu'ils cliquaient lorsque je leur disais que les
civils et leurs collabos entrent même dans les maisons privées. Une
femme m'a lancé, en se soulevant de sa chaise pour éviter un faux
plis à sa robe et se croiser la jambe : «Ben là, par
exemple!»
Elle était sur sa galerie, on s'était salué, la
connaissant de vu, m'étais arrêté un moment pour en jaser et
essayer de connaître le fond de sa pensée. Jusqu'à ce moment, elle
n'avait pas réagi à mes propos. À partir de là, je crois qu'elle
a commencé à comprendre de quoi il s'agissait exactement.
Les
citoyens de Lac Bouchette doivent bien l'entendre, eux aussi, ce
battage à fond de caisses. Peut-on avancer que la très grande
majorité en ignorent la véritable signification? Je le crois. Au
village, ceux qui ont l'air un peu voyou et bagarreur sont de fait
des civils, jeunes et vieux.
Ce sont des leurres qu'ils lancent à
droite et à gauche pour attirer ceux qui seraient tentés de
commettre un petit vol, une petite fraude ou autres petites entorses
à la loi, mais d'abord et surtout pour réprimer clandestinement les
citoyens portant atteinte aux politiquement et puritainement corrects
et sortir de l'espace publique ceux y circulant sans raison.
Ils
ont également une autre mission... Ne sachant pas qu'ils sont des
flics, la population doit penser que se sont des gens qui ne font pas
grand chose de leurs dix doigts, décrochent de temps à autre de
petits emplois d'une journée ou deux, et probablement criminalisés
et peu recommandables.
Sans
omettre un fait capital : la police en civil propage de fausses
rumeurs sur leurs collègues déguisés en bons en rien ou en voyous,
qui sont ensuite reprises et colportées par des collabos. Un village
n'est pas une grande Cité, alors ce n'est pas long qu'elles trouvent
écho au sein de la population. Quelques collabos très proche de la
police savent que ce sont des mensonges, mais n'en continuent pas
moins leur beau travail.
Ainsi
ce chauffeur de taxi clandestin, qui passe son temps à me dire du
mal de certains civils, sciemment, dans le but évident d'étoffer
leur fausse identité. Combien de fois l'ai-je entendu me dire qu'un
tel, c'est un homo ; que tel autre ne travaille pas, n'arrête pas de
boire et se droguer ; que tel autre encore vend de la drogue et a
déjà fait de la prison ; que telle femme, c'est une putain ; que
cette autre, c'est une divorcée qui se laisse mener par le bout du
nez par son fils, un inadapté social qui ne va pas à l'école, et
que sa maison est remplie de chats ; etc. La liste est longue... En
somme, du monde qu'il faut éviter et fuir, car potentiellement
dangereux.
Peut-on
trouver mieux pour mousser la prévention contre la criminalité,
inciter les citoyens à se ranger derrière la police? Celle-ci est
passée maître dans l'art de devenir indispensable à leurs yeux, en
créant à la fois l'offre et la demande. Peut-elle aller jusqu'à
monter de toutes pièces de faux actes criminels? J'en suis
convaincu, bien que dans le petit village je n'en aie pas été
témoin, ni à Montréal du reste.
De
toute façon, ces coups fourrés, à moins d'une chance inouïe, vous
ne pouvez en être témoin. Ils sont soigneusement planifiés et
suffisamment compartimentés pour que vous n'y voyiez que du feu. Il
n'empêche que deux incidents, qui m'ont été rapportés, me portent
à croire que la police en civil en était peut-être à l'origine :
des civils se disant victimes de... faux vols. (Suite
demain)
■ Me
Monette : il
y a des conséquences graves à porter sciemment une accusation sans
justification -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) En
juillet 1996, Tracy-Carol Dorion compose le 911 et loge une plainte
contre son conjoint pour voies de fait. (Paul Roy --
La Presse du 8 juillet 1999)
Deux policiers de l'île de Montréal
arrivent chez elle : Robert Wayland et Éric Charbonneau. Pendant que
la citoyenne, sur la banquette arrière de l'auto-patrouille, rédige
sa déclaration, l'un d'eux interroge la banque informatisée du
Centre de renseignement policier du Québec (CRPQ), découvre qu'elle
fait l'objet de mandats d'arrestation pour contraventions impayées
totalisant 342$.
On
lui passe les menottes et l'amène au poste de police numéro 33. À
deux reprises, en cours de route, elle s'enquiert du montant de sa
dette, n'obtient aucune réponse. Au poste, la policière Nathalie
Viau la fouille, en présence de deux collègues masculins. La
citoyenne s'informe si leur présence est nécessaire, réponse
affirmative de Viau. Le soir même, Dorion paie les amendes et
recouvre la liberté.
Elle
porte plainte au Comité de déontologie. Wayland et Charbonneau sont
réprimandés pour l'avoir menottée sans justification, et suspendus
une journée sans solde parce qu'ils ont refusé de répondre à ses
questions sur les contraventions impayées. Quant à la policière
Viau, elle écope d'une journée sans solde parce qu'elle a procédé
à la fouille devant deux collègues. Et le responsable du poste ce
soir-là, François Lessard, qui a permis à ceux-ci d'y assister,
est suspendu deux jours sans salaire.
Premier
février 2000. Le policier Sylvain Benoît de l'île de Montréal est
sanctionné de 21 jours ouvrables par le Comité de déontologie.
(Rollande Parent, la Presse canadienne --
La Presse du premier février 2000) : il avait rédigé un faux
rapport.
Benoît avait intercepté un automobiliste pour lui demander
ses papiers. Celui-ci ayant souligné qu'il agissait ainsi parce
qu'il est un Noir et au volant d'une Ferrari, Benoît lui avait
conseillé de ne pas jouer à la victime sinon il allait lui faire
voir du noir. Il lui avait ensuite remis une contravention indiquant
que son attestation d'assurance était périmée, ce qui était faux.
Me
Jacques Monette, président du Comité de déontologie : «Un
tel comportement ne peut d'aucune façon être toléré de la part
d'un policier. L'agent Benoît a non seulement manqué à son serment
d'office mais sa conduite mine la crédibilité de tout le système
judiciaire. (...) Tout
policier doit comprendre qu'il y a des conséquences graves à porter
sciemment une accusation sans justification.»
(Suite demain)
News du lundi 14 Mars 2011
■ Japon-nucléaire-radioactivité
– Quelques sites à visiter... Sur YouTube,
la chaîne vidéos en anglais de l'Agence internationale de l'énergie
atomique (Iternational Atomic Energy Agency – IAEA) + l'IAEA est un
organisme international autonome, sous l'égide de l'ONU, en
français. Son directeur général est un japonais
: Yukiya Amano + historique des événements
actualisés,
en français : dans le bas de la page, voir lundi 14 mars 2011,
demain mardi il y aura un 15 mars, et ainsi de suite.
PS
:
Nous sommes tous concernés, directement. Les nuages radioactifs sont
propulsés par le vent, peuvent franchir n'importe quelle frontière.
Partout où ils passent, des particules s'en détachent et tombent
sur le sol ou la mer.
■ Japon
: la France n'exclut plus l'hypothèse d'une catastrophe nucléaire
– Déclaration aujourd'hui d'Éric Besson,
ministre chargé notamment de l'énergie.
■ Le
droit de savoir - Je suis présentement censuré sur le web par la Sûreté du
Québec. Le petit état dans l'État. À suivre...
■ Japon
: le niveau de radioactivité augmente
– Après l'explosion samedi dans la centrale nucléaire numéro
1, deux
explosions ont retenti à la centrale 3, tôt ce lundi matin. Et la
fusion du réacteur de la centrale 2 n'est pas écartée. Suivez les
événements sur Aljazeera, colonne de droite.
■ Gaza,
du temps du couvre-feu
– Un documentaire de Tahani Rached réalisé en 2004, l'armée
israélienne occupait encore le territoire : vidéo
(1h:19). Les Palestiniens disposaient de peu de temps pour faire leur
marché, ensuite n'avaient plus le droit de circuler librement dans
l'espace public, étaient confinés à domicile.
Rencontre avec un
mère de famille arabe, Soraida, qui relate son impuissance, ses
frustrations, sa révolte, sa résistance et ses petites vengeances
contre l'occupant : «Lorsque nous sommes écrasés, comment ne pas
perdre notre humanité?» (NDLR : Il y a des liens locaux à faire avec ce
que vous vivez, à vous de les découvrir)
■ Des
grosses gueules au volant qui n'ont rien de rassurantes -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) En
plus des VTT, le village de Lac Bouchette compte une couple de
voitures dont la radio est ouverte au max. S'en dégage une certaine
agressivité, car on entend que les grosses batteries, pas la
musique, et à fond la caisse.
Elles circulent à différents
moments de la journée, plus particulièrement le printemps et l'été
quand il fait beau, un peu moins à la fin de l'automne et presque
pas l'hiver, sauf durant les fêtes de fin d'année.
Dans
la soirée du mercredi soir 26 décembre 2001, entre 20h et 21h, je
l'entendais distinctement de mon appart, pourtant situé à l'arrière
de l'édifice devant lequel passe la 155. Je les avais remarqué dès
mon arrivée au petit village, à l'été 1999. Cependant, ce n'est
que deux ans plus tard, à l'été 2001, que j'en ai vraiment saisi
la dimension psychologique. Dans ce genre d'enquête, la vérité
prend du temps à s'étaler de tout son long.
Cet
après-midi-là, j'avais été la cible d'une attention particulière
de la part de civils de la Sûreté du Québec et de leurs collabos.
Le déclic s'est fait sur la Route de l'Ermitage. À environ 800
pieds devant moi, j'ai aperçu ces deux véhicules stationnés en
parallèle, dans le secteur inhabité et désert séparant les lacs
Bouchette et Ouiatchouan, près de la plage. Même à cette distance,
j'entendais distinctement le rythme lourd des batteries. J'ai alors
craint l'agression physique.
Leur
conducteur, je les connaissais, n'étaient pas d'humeur à
plaisanter. Un moment, j'ai songé à rebrousser chemin. Mais j'avais
le droit de circuler, et il ne pouvait être question de céder au
totalitarisme policier. Prudent, je m'étais mis à rouler de l'autre
côté de la route. C'est ainsi que, maîtrisant ma trouille en
respirant profondément pour ralentir les battements du cœur, j'ai
réussi à passer nonchalamment devant eux.
Par
la suite, lorsque j'entendrai ce boum-boum-boum, il aura une toute
autre signification, associée à la violence policière,
psychologique et physique. C'est de fait l'équivalent d'un
couvre-feu, 24h sur 24. Il est parfois accompagné d'accélérations
inquiétantes, de crissements de pneus. La tactique est paramilitaire, ressemble sur certains points à celle utilisée par les Israéliens dans la Bande de Gaza.
Les grosses gueules au volant
n'ont rien de rassurantes. Cette démonstration de force, car c'en
est une, joue le même rôle que les VTT. C'est l'avertissement de la
police en civil de dégager... mais seulement pour ceux sachant
décoder ses messages subliminaux.
Combien
sont-ils, ceux qui savent? Je l'ignore. Faudrait interroger des
citoyens. Je n'ose pas. Ici, suis coincé exactement comme je l'étais
lors de mon enquête à Montréal. Peur de tomber sur un collabo ou
un flic que je n'ai pas encore repéré. Comportement obligé si l'on
veut éviter les dérapages musclés de la police en civil.
Interroger des citoyens entrait dans la catégorie des choses à ne
pas faire, surtout pas. De toute façon, ils me coupent de tout
contact extérieur. (Suite
demain)
■ Le
train-train des illégalités policières en uniforme -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Treize
mars 2002, l'agent Paul Imbeault de la police de l'île de Montréal,
accompagné d'un collègue, vient de disperser une vingtaine de
jeunes qui se bousculaient à la sortie de la station de métro
Villa-Maria. (Rollande Parent, Presse canadienne --
La Presse du 13 mars 2002) Il invite ensuite les gens à circuler.
Voyant
un mineur se diriger vers un téléphone, Imbeault l'enjoint de
prendre le métro. Il doit joindre sa mère, insiste. Devant son
refus d'obtempérer, Imbeault le pousse alors qu'ils se trouvent dans
un escalier, lui remet un constat d'infraction et demande ses papier,
il répond n'en pas avoir. Le policier tâte la poche arrière de son
pantalon, fouille son sac à dos, à la recherche d'un nom ou d'une
adresse.
Une
plainte est déposée. Me Gilles Mignault, du Comité de déontologie,
considère que c'est à tort que celui-ci a utilisé la force,
procédé à une fouille et à la perquisition de son sac à dos.
Rien ne lui permettait d'intervenir de la sorte, l'ado n'ayant commis
aucune infraction.
«Cette
intervention injustifiée de l'agent Imbeault brime donc les droits
légitimes d'une personne pouvant se trouver dans le métro sans être
importunée par quiconque et surtout par un policier agissant sans
raison valable»,
écrit-il. Le policier devait être sanctionné au cours des semaines
suivantes.
Avril
1999, une locataire des Habitations Desjardins téléphone à la
police de l'île de Montréal pour signaler le vol d'une bague. Elle
dit soupçonner l'un des trois hommes préposés au nettoyage du
système de ventilation de l'immeuble à logements. (Presse
canadienne --
Journal de Québec du 21 août 2002) La policière Christiane
Dompierre procède à leur arrestation et, aidée d'un collègue,
passe les menottes à l'un d'eux. Ensuite, ce dernier effectue une
fouille à nu mais en vain. Quelques jours après, la locataire
retrouve sa bague.
Août
2002, Me Richard W. Luticone, du Comité de déontologie, déclare
que la fouille à nu est «envahissante et
humiliante»
et qu'elle constitue une violation de la Charte des droits et
libertés, lorsqu'elle est effectuée abusivement, comme ce fut le
cas. Si les circonstances en avaient nécessité une, il aurait fallu
procéder au poste de police, pas dans l'appartement de la
plaignante. Facteur atténuant, le policier avait procédé seul,
dans un local fermé, et un suspect à la fois.
Me
Iuticone impose à la policière Dompierre trois jours sans
traitement, parce que c'est elle qui l'avait ordonnée sans motif
valable, et la réprimande pour avoir aussi menotté l'un des trois
hommes, également sans motif. Il «n'était
pas agressif et ne représentait aucun danger pour les policiers»,
écrit Me Iuticone. À son collègue, Mohamed El Faf, un blâme lui
avait été adressé précédemment après qu'il eut reconnu avoir
manqué de jugement en procédant sans droit à la fouille à nu.
(Suite
demain)
News du dimanche 13 Mars 2011
■ Japon-tsunami
: photos satellites
– Elles ont été prises avant et après, ce qui permet d'évaluer
les dégâts : vidéo
(00:42), vous allez voir notamment ce que sont devenues de belles
villes, de beaux paysages.
■ "Le Capital" de
Karl Marx en BD
– L'histoire
d'un marchant de fromage qui devient capitaliste, traduite en
français. Son auteur, un japonais, explique certains rouages de la
doctrine.
■ Le
Japon cache-t-il les vrais chiffres des fuites radioactives ?
- La ministre française de l'Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet
déplore l'insuffisance des infos transmises par les autorités
japonaises : article
+ Notons au passage que le directeur général de l'International
atomic energy agency (IAEA) est un japonais
: Yukiya Amano.
■ Japon-tsunami
– Des séquences chocs, survie impossible : vidéo
(01:54).
■ Japon-nucléaire
: l'inquiétude s'intensifie –
Après l'explosion dans la centrale numéro 1 et les risques que celle
portant le numéro 3 subisse le même sort, également de Fukushima,
une autre a des problèmes de fonctionnement : vidéo
(01:53) + article.
■ Libye,
situation d'aujourd'hui – Sur
la carte
géographique du quotidien britannique The Guardian, en un clin d'œil
: cubes verts, territoire occupé par Kadhafi ; cubes rouges, par les
insurgés. Aux endroits indiqués sur la carte par le mot "zoom",
cliquez dessus pour avoir accès à des images de Google Earth. Pour
retourner sur la carte, cliquez sur "Back
to main map",
dans le bas de la page, à gauche.
■ Un
rappel
– Le meilleur média pour suivre de près les événements mondiaux
demeure sans conteste Aljazeera, qui diffuse en anglais nuit et jour
via satellite. C'est vraiment là que tout se passe, et très souvent
en direct (live). Ses correspondants et commentateurs sont partout et
ultra compétents. Depuis le séisme au Japon, ils sont sur les
lieux, suivent de près les dangers du nucléaire, d'autres
s'occupent de l'insurrection dans des pays arabes, etc. C'est un
roulement continu. En visionnant plein écran, on a l'impression
d'avoir la planète devant les yeux.
■ Un
civil de la Sûreté du Québec fait pivoter rageusement sur place sa
motoneige -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Autre
épisode de l'anecdote. Nous sommes en janvier 2002, je remarque
devant la maison une femme, qui fait régulièrement de la patrouille
à pied dans le village, et un homme de six pieds, près d'une
motoneige.
De loin, je le vois de dos et, au fur et à mesure de ma
progression dans sa direction, il pivote légèrement de manière à
ce que je ne vois toujours que son dos. Bien sûr, pour m'empêcher
de mémoriser, sinon son visage, en tout cas son profil.
Pas
grave, je le reconnais quand même. C'est le civil de la Sûreté du
Québec qui était dans la petite-maison-aux-écrans lorsque je suis
passé devant et qui m'a regardé par-dessus sa télé. Qui lançait
à ma poursuite le chien hargneux, sur la 155, l'homme pratiquant son
golf, l'homme au coupe-herbe sous une pluie fine. Ça vous revient ?
Sur
le chemin du retour, quand je repasse devant, l'homme me fait une
petite démonstration de son savoir : il fait pivoter sur place
à vive allure son engin rageur, imitant en cela le VTT. Le lien est
fait, j'ai trouvé la base d'attache. On a dû la changer de place
depuis, parce que la maison porte désormais son numéro civique.
Au
printemps 2002, j'aurai droit à un autre spectacle du genre, quoique
moins violent, parce que sans cabrioles, mais pas moins hurlant. Deux
VTT me doublent à haute vitesse sur la Route de l'Ermitage, près de
l'intersection du Chemin de la Montagne. Sachant qu'ils vont revenir,
leur objectif étant de m'intimider, je m'arrête, sors ma caméra et
attends.
Quand
ils ne sont plus qu'à une vingtaine de pieds, je clique de face,
pivote d'un demi tour et reclique, de dos ce coup-là. Plus loin, ils
sont immobilisés côte à côte. L'un des conducteurs me demande si
j'ai pris des photos. «Oui», que je répond sans m'arrêter.
«Pourquoi?» «Pour le plaisir.» (Suite demain)
■ Le
Comité de déontologie policière n'est pas encore à l'heure de la
glasnost -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Mars
2001, Mongeau, devenu entre-temps président du Mouvement Action
Justice (MAJ), obtient également gain de cause devant le Comité de
déontologie.
Me Jean-Marie Blais (Presse canadienne --
La Presse du 22 mars 2001) : «Si
l'arrestation et la détention de M. Mongeau constituaient
manifestement un abus d'autorité, c'est le fait de porter contre lui
des accusations n'ayant aucun fondement qui démontre que l'agent
Rivard a agi avant tout pour tenter de justifier une arrestation
illégale, sachant qu'en ce faisant, il ne pouvait que nuire à un
individu qui ne voulait pas collaborer. (...)
«cette
faute revêt un degré de gravité élevé puisque M. Mongeau,
convaincu de son innocence et faisant fi des conseils d'un avocat qui
lui proposait une négociation de plaidoyer, a dû se défendre seul
devant les instances pénales parce qu'il voulait que le tribunal
confirme, par un acquittement, que rien ne pouvait lui être
reproché.»
Le
policier Rivard devait recevoir sa sentence ultérieurement mais on
n'en a plus entendu parler par la suite. Il faut expliquer que le
Comité de déontologie, avant de rendre ses décisions, laisse
généralement s'écouler des mois et, dans des cas particulièrement
délicats, l'attente peut s'étaler entre quelques années et
plusieurs.
Alors,
les journaliste, souvent débordés, renoncent ou oublient, après un
certain temps, de vérifier où est rendu l'escargot dans sa
progression. Une lenteur favorisant l'opacité plutôt que la
transparence dont doivent faire preuve les tribunaux, peu importe
leur juridiction. Et minant sérieusement la crédibilité du système
aux yeux de la population.
signalons
qu'on accède au site Web du Comité de déontologie en passant par
celui du ministère de la Sécurité publique – Il était à cette
adresse à lors de mon enquête... www.msp.gouv.ca
--, ce qui démontre on ne peut mieux sa proximité (promiscuité?)
avec le pouvoir. En outre, son rapport annuel n'est pas disponible
chez Publication Québec.
Du
reste, il est bourrés de statistiques, utiles certes, mais
insuffisantes, car on n'y fait qu'un «résumé
de quelques décisions d'intérêt»
sans identifier victimes et tortionnaires. Alors qu'il y aurait lieu
d'expliciter clairement le contexte de chacun des dossiers traités
au cours de l'année écoulée, d'indiquer le nom de la victime,
celui aussi du ou des flics impliqués et le corps policier auxquels
ils appartiennent, leurs antécédents, la progression des
procédures.
Et pourquoi pas? D'ajouter les photos récentes des
policiers trouvés coupables de méfaits, que les médias pourraient
ensuite repiquer et diffuser, puis archiver. La glasnost, quoi.
(Suite
demain)
News du samedi 12 Mars 2011
■ Québec
: début de la nuit du 13 mars, changement d'heure
– On avance, on recule pas. Et on change la pile de son avertisseur
de fumée.
■ Japon-explosion
dans une centrale nucléaire : l'IAEA confirme
– Les autorités japonaises ont informé l'Agence internationale
pour l'énergie atomique (International atomic energy agency - IAEA)
de l'explosion aujourd'hui à la centrale nucléaire de Fukushima :
site
de l'IAEA + le
directeur général de l'IAEA est un japonais
: Yukiya Amano + vidéo
(00:25) de l'explosion dans la centrale nucléaire numéro 1. Une
autre, identifié sous le chiffre 3, risquerait le même sort + texte
de l'ONU + Fukushima,
une préfecture groupant 13 villes.
■ Depuis
150 ans le niveau de la mer augmente peu à peu : comment protéger
les côtes ?
- Rien de bien inquiétant pour le moment, mais on constate que le
phénomène s'accélère. La question se pose particulièrement dans
des pays du Sud où le niveau est proche de celui de la mer. En
somme, il s'agit de trouver le moyen d'éviter catastrophes et
migration climatique.
Deux
invités français d'Universitéscience.tv pour en traiter... Fernand
Verger, spécialiste de la géomorphologie littorale et conseiller
scientifique au Conservatoire du littoral ; et Vincent Renard,
économiste et directeur de recherche au CNRS (laboratoire
d'économétrie de l'École polytechnique) : vidéo
(26:00).
■ Libye,
situation hier vendredi diffusée cette nuit – Sur
la carte
géographique du quotidien britannique The Guardian, en un clin d'œil
: cubes verts, territoire occupé par Kadhafi ; cubes rouges, par les
insurgés. Aux endroits indiqués sur la carte par le mot "zoom",
cliquez dessus pour avoir accès à des images de Google Earth. Pour
retourner sur la carte, cliquez sur "Back
to main map",
dans le bas de la page, à gauche.
■ Japon-séisme
: explosion dans une centrale nucléaire
– Elle est survenue ce matin. Selon le président de l'autorité de
sûreté du nucléaire (SN) en France, André-Claude Lacoste, la
situation est grave : vidéo
(01:27).
PS
:
Le Japon est l'un des pays au monde où les séismes sont les plus
fréquents. La preuve en est que les édifices ont été construits
de façon à résister aux chocs sous-terrains et que la population
est habituée d'en subir.
Cela étant, ce n'est vraiment pas
l'endroit idéal pour développer du nucléaire. Pourtant, on
dénombre 55 centrales dans ce pays. L'équivalent de construire sa maison sur le sommet d'un volcan...endormi. L'un des nombreux effets du
néolibéralisme mondial.
■ Je
découvre l'endroit où deux civils de la Sûreté du Québec cachent
leur VTT -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) À
la limite de la partie urbanisée du village de Lac Bouchette, les
scénarios diffèrent. Ainsi, ce jour où deux VTT roulaient dans ma
direction à une vitesse agressive, violente, rugissante. L'un des
conducteurs a ralenti et cabré son véhicule comme un cheval, ne se
déplaçant plus que sur les deux roues arrière, s'amusant ensuite à
tourner en rond en soulevant beaucoup de poussière. L'autre a monté
sur le trottoir.
Je
n'en revenais pas, me suis arrêté pour bien les observer, jusqu'à
ce qu'ils disparaissent dans une rue transversale. Impossible de les
identifier, à cause du casque protecteur et l'absence de plaque
d'immatriculation. Ce n'était pas la première fois que l'on me
faisait une démonstration de force de la sorte. À deux reprises, je
les avais suivis pour savoir où ils remisaient leur VTT. Un vélo
est moins rapide qu'un véhicule motorisé, ce n'était pas long que
je les perdais de vue. Ce jour-là, cependant, j'ai la certitude de
les trouver. N'attendant plus les moteurs, leur base d'attache ne
doit pas être bien loin.
Décrivons
ce secteur, pour la compréhension de la suite. Sur la Route de
l'Ermitage (imaginons
une tige à la verticale),
entre la rue Principale et le pont, une seule rue débouche sur cette
artère, c'est la rue du Lac (ajoutons
à la tige verticale une branche à l'horizontale).
Lorsque vous êtes un peu éloigné de cette intersection et voyez un
véhicule tourner, vous en déduisez qu'il a pris la rue du Lac.
Cependant,
vous pouvez être induit en erreur par une illusion d'optique, car le
conducteur peut s'être engagé dans une entrée, entre deux maison,
pour se stationner à l'arrière. C'est précisément ce qui est
arrivé, ce jour-là, mais, ne le sachant pas encore, je tourne sur
la rue du Lac : pas de VTT à l'horizon.
Cette
rue s'étire sur une assez bonne distance, ils ne pouvaient l'avoir
parcourue avant mon arrivée. Tournant la tête à gauche, j'aperçois
alors, à ma grande satisfaction, dois-je avouer, la porte sur rail
d'un petit garage se fermer rapidement. Ne l'oublions pas :
j'étais sur la rue du Lac (la
branche à l'horizontal)
qui permet de voir les cours arrière des maisons dont la façade
donne sur l'autre rue, la Route de l'Ermitage (la
tige à la verticale).
Un homme fait les cents pas devant la porte du bâtiment, sur le côté
gauche un chien blanc attaché. Une femme, un chien en laisse, sort
de la maison voisine : je la connais bien, elle patrouille dans
les rues du village et est infiltrée un peu partout.
Je
ne crois pas que l'homme m'aurait permis de regarder à l'une des
fenêtres, encore moins d'entrer dans le garage. Me donnait
l'impression d'être là justement pour m'empêcher d'approcher si
jamais l'envie me prenait. Une sentinelle en quelque sorte. Les
engins et leur chauffard devaient être à l'intérieur.
Je
décide de ne pas pousser ma chance plus loin, pour le moment. Ce
secteur fait partie de mon itinéraire habituel, j'aurai amplement
l'occasion d'examiner ça de plus près. Les jours suivants, je
constaterai que la maison ne porte pas de numéro civique. Au cours
d'une autre randonnée, j'emprunterai le chemin d'entrée et roulerai
jusqu'à l'arrière de la maison, le chien de garde se mettra à
japper, n'insisterai pas. Tout cela se déroulait en
septembre-octobre 2001. (Suite
demain)
■ Juge
Mailloux : «Le
rôle des policiers est de protéger les citoyens, non de les
harceler»
-
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Début
1998, Réjean Mongeau, musicien et curateur à la faculté de musique
de l'Université McGill, marche, accompagné d'un ami, sur l'emprise
nord du pont Jacques-Cartier, en direction d'une station de métro, à
Montréal, quand une auto-patrouille arrive. Jean-François Rivard
lui demande d'où il vient. Mongeau refuse de répondre, lui signale
n'avoir commis aucune infraction.
«M'a
t'en faire un chef d'accusation. Intrusion de nuit sur un terrain
privé»,
rétorque Rivard. Ensuite,
il le fouille, insiste pour obtenir son adresse, Mongeau refuse, le
défie de l'amener au poste, le policier le prend au mot : mis
en cellule et libération trois heures après, sur engagement de
comparaître devant un juge sous les accusations de flânage et
d'entrave au travail d'un policier parce qu'il a refusé de répondre
à ses questions.
En
avril, à la Cour municipale de Montréal, l'avocat de la Couronne ne
présente aucune preuve de flânage et le juge balaie l'accusation
d'entrave, l'acquitte. Mongeau s'adresse ensuite à la Cour du Québec
pour obtenir réparation. Le juge Paul Mailloux reconnaît, en
décembre 2000, que la victime a subi des inconvénients à cause de
cette arrestation illégale (Christiane Desjardins --
La Presse du 22 décembre 2000)
«Le
rôle des policiers est de protéger les citoyens, non de les
harceler»,
écrit-il. Il condamne l'agent Rivard à lui verser 2 000$ en
dommages moraux et exemplaires pour l'avoir fouillé, arrêté et
détenu illégalement, et la Communauté urbaine de Montréal à
4 000$. L'affaire n'est cependant par terminée... (Suite
demain)
News du vendredi 11 Mars 2011
■ Japon-séisme
: fuite possible d'une centrale nucléaire - Plus de 40 000 habitants ont été évacués dans un cercle de 3 à 10
kilomètres de la centrale afin de les protéger d'une explosion
éventuelle : une deuxième centrale serait affectée. Ce soir, on remarque que le niveau de radioactivité
dans le secteur est 1 000 fois supérieur à la normale : vidéo (01:08) +
carte
des centrales nucléaires au Japon + carte
plus grande du pays.
PS
:
Le Japon est l'un des pays au monde où il y a annuellement le plus de
séismes. C'est vraiment pas l'endroit idéal pour construire des
centrales nucléaires.
■ Japon-séisme-centrales
nucléaires
– Il y a eu quelques inquiétudes et 6 000 citoyens ont été
évacués dans un rayon de 3 kilomètres d'une centrale : vidéo
(01:05).
■ Google
se mobilise pour le Japon
– Si vous cherchez une personne vivant ou de passage dans ce pays,
n'hésitez pas d'aller sur le site
qu'une équipe de ce moteur de recherche a crée pour répondre, à
l'aide d'hyperliens, à beaucoup de vos question. Vous pouvez
inscrire le nom de la personne, fournir des infos via ce site. Deux
lignes téléphoniques sont disponibles pour livrer des messages et en
écouter. Des renseignements en temps réel le sont aussi, en anglais
et japonais. Belle initiative : bravo!
■ Hier
et aujourd'hui : Japon-séisme-tsunami
– Vidéo (04:40) + d'autres vidéos sur les
blogs
d'Aljazeera et de courts articles en anglais + 11 grandes photos.
Avec ça, vous avez ce qu'il faut pour tout savoir ce qui se passe
jusqu'à maintenant. La suite, on la connaît pas encore.
■ Libye,
situation aujourd'hui – Sur
la carte
géographique du quotidien britannique The Guardian, en un clin
d'œil : cubes verts, territoire occupé par Kadhafi ; cubes rouges,
par les insurgés. Aux endroits indiqués sur la carte par le mot
"zoom",
cliquez dessus pour avoir accès à des images de Google Earth. Pour
retourner sur la carte, cliquez sur "Back
to main map",
dans le bas de la page, à gauche.
■ USA
: lutte anti-syndicale de l'État du Wisconsin à l'encontre de
fonctionnaires
– Son gouverneur Scott Walker, un républicain, tente de vider de
leur substance les négociations de conventions collectives. Depuis
deux semaines des milliers de fonctionnaires manifestent devant le
parlement à Madison, la capitale. Certains affirment qu'il s'agit du
conflit le plus important de ces trente dernières années aux
États-Unis.
Michael
Moore s'y est rendu et adressé à eux, son intervention vaut d'être
entendue : vidéo
(29:51) + texte
+ infos sur Moore,
pour ceux qui ne le connaissent pas encore + infos sur le Wisconsin.
■ Un
nouveau venu dans le petit monde de la diffusion de fuites
– Mediapart, l'un des
meilleurs sites du journalisme français, vient tout juste de créer
son www.frenchleaks.fr.
Encore un petit monde, cependant appelé à se développer de plus en
plus. Hier, on annonçait le lancement officiel, au Québec, de www.quebecleaks.org/.
Un
"gros
pétard mouillé?",
ai-je lu quelque part. Donnons la chance au coureur. On peut pas tout
avoir dès les premiers jours. Ç'a été le cas au tout début de WikiLeaks,
de son fondateur Julian Assange. L'Égypte à le sien
aussi : http://www.facebook.com/AmnDawlaLeaks?sk=wall.
Il y en d'autres, j'ai pas fait l'inventaire. La transparence s'en
vient. Nécessité oblige, parce qu'on peut pas compter sur les
médias traditionnels pour faire ce job.
■ Des
VTT rageurs, intimidation de la Sûreté du Québec -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier)
La Sûreté du Québec n'utilise pas que des chiens pour empêcher
les piétons de circuler dans la village de Lac Bouchette et les
chemins forestiers.
Quand j'entendais des coups de freins suivis
d'accélérations et de crissements de pneus rageurs d'un véhicule
au moment où il me doublait ou croisait, que je voyais des VTT, sans
plaque d'immatriculation, effectuer des cabrioles : rouler sur
les roues arrière, virer dans un angle serré en faisant poivrer du
gravier sur l'asphalte, circuler sur le trottoir. Ou que j'étais
confronté à des VTT circulant à très grande vitesse, la plupart
du temps c'était l'œuvre de civils de ce corps policier.
Les
faits que je vais relater se sont produits à la limite de la partie
urbanisée du village, dans une portion de la Route de l'Ermitage et
deux chemins de gravier déserts, sans témoin, et en pleine forêt :
Chemin de la Montagne et Chemin du Barrage.
Dans cette partie boisée,
pas d'acrobaties, dont j'ai quelques fois fait l'objet. Seulement de
la haute vitesse potentiellement dangereuse pour le cycliste que je
suis. Ç'arrivait au moment où je ne m'y attendais pas, bien que ça
coïncidait, infailliblement, avec des confidences de nature
policière que j'avais faites la veille à un ou deux citoyens. En
somme, un avertissement sérieux de me la fermer, sinon...
Un
jour, j'entreprends, sur le Chemin de la Montagne, la montée de deux
côtes passablement raides et qui se suivent. Soudain surgit de
l'autre versant un VTT rageur, j'ai tout juste le temps de me ranger
sur le côté. Habituellement, je les entendais venir de loin, mais
pas cette fois. La manœuvre d'intimation était bien synchronisée.
Décrivons
les lieux pour mieux la comprendre. Après la première côte,
s'enchaînent un palier plat d'une couple de centaine de pieds, puis
une courbe et une deuxième côte. On peut penser que le conducteur
du VTT s'était immobilisé au sommet de la 2e côte, moteur au
ralenti, attendant qu'un collègue lui signale mon arrivée au pied
de la 1e côte, pour ensuite dévaler sans bruit la 2e côte, prendre
la courbe et, après avoir subitement accéléré sur le palier plat,
surgir devant moi à une vitesse infernale.
Des
deux chemins forestiers cités, celui du Barrage est le plus étroit,
une voie au lieu de deux, par conséquent le plus risqué. J'évalue
le niveau de dangerosité au bruit du moteur. S'il ne fait que
vroum-vroum, pas de problème. Par contre, si je l'entend rugir au
loin, je juge bon de descendre du vélo et me ranger sur le côté,
le dos collé aux broussailles : il n'y a pas d'accotement.
Le
bolide n'en passe pas moins comme un coup de vent devant moi,
m'enveloppe dans un nuage de poussière. À une occasion, j'ai eu la
mauvaise idée de lui indiquer de la main de ne pas aller si vite.
Monsieur n'a pas aimé, m'a serré de plus près encore, simulé même
un petit coup de guidons dans ma direction pour m'effrayer, sans
toutefois modifier sa trajectoire. J'étais furieux. (Suite
demain)
■ Arrêté
pour avoir vendu des pamphlets -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Dans
une chronique de janvier 2001, Yves Boisvert de La Presse raconte
l'histoire de Gérard Giroux, 46 ans. (Yves Boisvert --
La Presse du 24 janvier 2001) Mars 2000, la police de l'île de
Montréal l'arrête, coin Prince-Arthur-St-Laurent, pour avoir vendu
du matériel publicitaire sans permis -- règlement... abrogé cinq
ans auparavant, en 1996, signale le journaliste -- et flâné en se
tenant immobile sur la place publique.
Un
peu anar, un peu poète, Giroux écrit des pamphlets, les édite et
vend sur la rue. Il n'a pas de dossier judiciaire. Il possède une
maîtrise en muséologie, mais, en ce mois de mars, il est sur l'aide
sociale depuis trois ans. Boisvert rapporte que «ça,
d'ailleurs, le policier le lui a dit : il n'aime pas les "bs",
encore moins les Acadiens (Giroux
vient du Nouveau-Brunswick)». Il porte les cheveux noués en queue
de cheval -- «Certains
policiers n'aiment les queues de cheval»,
rapporte-t-il.
Et
le journaliste de compléter son papier en ces termes... «En
plus d'avoir été écœuré injustement pour avoir exercer sa plus
légitime liberté d'expression, on le traîne en cour sous de faux
prétextes et on a le culot de maintenir l'accusation passe-partout
de "flânage",
parce que distincte de l'autre! Il ne faut pas rêver : personne ne
présentera d'excuses à M. Giroux. Peut-on au moins lui accorder un
peu de justice?»
(Suite
demain)
News du jeudi 10 Mars 2011
■ Québec-gaz-de-schiste
– Le ministère de l'environnement a informé, une journée d'avance,
l'exploitant d'un puits d'une "visite
surprise".
■ USA
: l'Ilinois met fin à la peine de mort
– Cet État est le 17e sur 50 à décréter l'abolition dans ce pays. Gouverneur Pat Quinn
: "Depuis
1977, l'Illinois a sorti 20 personnes du couloir de la mort, dont 7
ont été disculpées. C'est un record qui doit nous faire
réfléchir".
PS
: La
peine capitale est en faite le refus d'un recours judiciaire potentiel.
■ Canada
: le comportement du Monarque de droit divin Stephen Harper
– Peter Milliken, président de la Chambre des communes, l'a jugé
coupable hier de ne pas respecter la suprématie du Parlement.
L'opposition a le droit de savoir, notamment, le coût véritable des
systèmes judiciaire et carcéral découlant des projets de loi en
matière de justice. Troisième
réprimande en un an que lui adresse le président Milliken.
PS
: Son Altesse Stephen Harper
assistera au mariage du prince William, en avril, à l'abbaye de
Westminster à Londres.
■ Un
autre citoyen collabo qui participe clandestinement à des activités
policières -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Un
membre de la petite élite marchande du village de Lac Bouchette,
aujourd'hui à sa retraite, participe activement à la prévention,
je veux dire sur le terrain... Fort probablement Chevalier de Colomb,
puisque je l'ai déjà vu effectuer de petits travaux de réparation
sur un mur extérieur de l'église.
Même
été 2001, Chemin de la Montagne. Il s'en vient dans ma direction,
sur l'autre versant de la chaussée. Comme d'habitude son gros chien
l'accompagne. Je vais l'y rejoindre. Pendant que nous discutons de
choses et d'autres, j'assiste au même scénario que plus haut. Seule
différence, il ne contrôlera pas le sac fixé à mes guidons --
parce que ayant déjà été contrôlé ? -- mais celui que je porte
à la taille, contre le ventre, et contenant les disquettes de ce
livre.
Il
est sous mon imper jaune dont j'ai remonté la fermeture éclaire,
donc invisible. Le collabo sait qu'il est là, dessous, autrement il
n'aurait pas pris la tête son gros toutou et en diriger le museau en
plein dessus. S'ensuivent des frictions énergiques à l'encolure.
Résultat négatif : pas de drogue, pas de réaction du chien.
Un
autre collabo à l'épaisse chevelure blanche s'amène, c'est
Snowbird. Il s'arrête, s'assied sur ses talons devant le chien,
frotte vigoureusement... son encolure, tout en me jetant un œil,
sans dire un mot. Il savait ce qui s'était passé l'instant d'avant.
Son petit scénario visait à me transmettre subliminalement le
message que c'est une démonstration d'affection à l'endroit d'un
animal, rien d'autre.
Je
décide alors de leur faire savoir que je connais leur petit truc.
Environ une semaine après, lorsque j'aborde Snowbird dans le même
secteur, lui signale que des civils de la Sûreté du Québec utilise
des chiens renifleurs, en explique brièvement le modus operendi,
sans toutefois préciser que j'en ai été l'objet ni mentionner le
nom de la civile et de l'ex-commerçant.
Va-t-il
répéter mon propos à ce dernier, qui est l'un de ses voisins? Le
cas échéant, le déclic se fera dans sa tête, se dira :
"Martel était donc conscient de ce que je faisais!" Oui,
il le lui dira, car celui-ci changera d'attitude à mon endroit. Pour
être bien certain de mon affaire j'adopterai deux tactiques.
La
première. Il est de l'autre côté de la rue, et, sans dire un mot
ni même le saluer, je lui adresse un long sourire complice, bouche
grand ouverte, pour bien lui faire sentir que je sais et ne lui en
tiens pas rigueur. Cet homme, qui pourtant m'a toujours apparu sévère
et réservé, me gratifie alors du premier sourire depuis que je le
connais. Un large, insistant, épanoui, un peu plus il se plierait en
deux et se taperait la cuisse. Il savait que j'étais au courant.
Deuxième tactique. Cette fois, elle consiste à ne pas le regarder,
ni le saluer. Là, il change du tout au tout, je le sens inquiet.
À
une autre occasion, il marche avec sa conjointe. Il a le visage
défait, a vraiment l'air atterré, démoli. Ne l'ai jamais vu dans
un tel état. Il doit craindre que je propage l'info dans le village.
Heureusement, il retombe assez rapidement sur ses pieds car les
semaines suivantes, je le sens agressif, cherchant à
m'impressionner, ce qu'il n'avait jamais fait auparavant. (Suite
demain)
■ Des
policiers... voleurs -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) En
1998, Dianfeng Wang est arrêté pour une agression armée et des
menaces contre un Montréalais. (Yves Boisvert --
La Presse du 28 avril 1999) Au moment de son incarcération, il
remet, selon la procédure usuelle, les objets personnels qu'il porte
sur lui, dont 7 300$ en yens et une montre Rossini. Libéré par la
suite sous caution, il veut récupérer ses biens, mais ils ont
disparu, idem de la vidéocassette de la caméra installée à
l'endroit où sont entreposés ces objets, seul témoin du vol.
Peu
après, on découvre que l'auteur du méfait est le sergent Mario
Dugas, de la police de l'île de Montréal. Son procès devait avoir
lieu le 27 avril 1999, toutefois l'avocat de Dugas obtient que son
client se présente la veille devant le juge Bernard Grenier, de la
Cour du Québec. En tenant l'audience une journée plus tôt que
prévue, a-t-on voulu déjouer les journalistes qui s'intéressaient
peut-être à ce cas, avec photographes et cameramen? Dugas avoue sa
culpabilité, écope de trois mois de prison avec sursis et de 100
heures de travaux communautaires. (Yves Boisvert --
La Presse du 5 octobre 1999)
Ce
qui étonne vraiment dans ce cas, c'est qu'il aurait perdu également
tout droit à sa pension, mesure d'une cruauté aussi inutile
qu'intolérable. La démesure est toujours inacceptable, que la
victime soit flic ou citoyen. D'autant qu'il avait démissionné de
la police et que le Comité de déontologie lui avait interdit
d'exercer la fonction de gardien de la paix pendant cinq ans. (La
Presse canadienne --
La Presse du 2 septembre 1999)
Un
cas s'y apparentant : mai 1999, André Quilicot du même corps
policier est jugé coupable d'un vol de 60 000$, argent
provenant de la perception d'amendes. Il s'engage à rembourser, et
prend sa retraite. (Christiane Desjardins --
La Presse du 13 novembre 2001) (NDLR : volez autant d'argent et
soyez assuré d'aller en prison.)
Cependant des blessures subies
ultérieurement dans un accident l'empêchent de gagner sa vie et sa
pension de retraité, après 25 ans de services, ne lui permet plus
de respecter son engagement. Il n'a versé que 10 000$. Novembre
2001, le juge le condamne à trois mois de prison. La ville...
songeait à le poursuivre pour récupérer son argent. (Suite
demain)
News du mercredi 9 Mars 2011
■ Une
députée islandaise apporte son soutient à quebecLeaks
– Birgitta Jonsdottir
: «J'encourage vraiment ça. Il devrait avoir davantage de ces
sites, plus locaux. (…) Plus il y en aura, mieux ce sera, parce que
ça deviendra plus difficile de s'y attaquer».
■ Le
lancement officiel de quebecLeaks a eu lieu aujourd'hui
– Dans un communiqué de presse diffusé sur son site
(http://www.quebecleaks.org/),
Luc Lefebvre, co-fondateur et porte-parole, annonce que la population
québécoise pourra désormais soumettre des documents sensibles,
exclusifs et authentiques de façon entièrement sécurisée et
anonyme.
L'équipe
du site souhaite donner aux Québécois des outils pouvant permettre
d'améliorer l'accès à l'information. Le Québec, signale Lefebvre,
souffre d'un manque de transparence et d'éthique ainsi que d'une
sclérose sur les plans politique et institutionnel. Les lois
canadiennes et québécoises d'accès à l'information, de par les
contraintes qu'elles posent au travail journalistique, finissent trop
souvent par nuire au droit du public à l'information.
■ Le
raz-de-marée arabe
– Une révolution contre l'intégrisme. Une marche citoyenne
massive vers l'universalité des valeurs de liberté et de laïcité.
Elle frappe aussi aux portes de l'Occident. Toute forme d'extrémisme
doit être combattue, ici et ailleurs. Un texte
libérateur de Nadia Hamour, historienne, et Mohammed Abdi,
ex-conseiller spécial au secrétariat d'État français.
PS
:
Le monde est en train de changer sous nos yeux et ceux qui nous
gouvernent n'ont pas encore compris que l'oligarchie ne sera plus
bientôt qu'un mauvais souvenir.
■ Libye
– Sur
la carte
géographique du quotidien britannique The Guardian, la situation
aujourd'hui en un clin d'œil : cubes verts, territoire occupé par
Kadhafi ; cubes rouges, par les insurgés. Aux endroits indiqués sur
la carte par le mot "zoom",
cliquez dessus pour avoir accès à des images de Google Earth. Pour
retourner sur la carte, cliquez sur "Back
to main map",
dans le bas de la page, à gauche.
■ Greenpeace
– Une invitation à participer à le construction du nouveau
"Rainbow
Warrior"
: vidéo. À la fin, cliquez sur la page qui s'affiche.
■ Citoyens
écornifleurs et chiens renifleurs -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Les
anecdotes canines abondent. Retenons en deux dernières, elles
tranchent sur toutes les autres. Vous savez désormais qu'il y a des
citoyens écornifleurs, dont de petits commerçants, des livreurs et
des vendeurs itinérants itou!
Mais
saviez-vous que la police en civil de la Sûreté du Québec utilise
des chiens... renifleurs, sans même que les reniflés ne s'en
rendent compte? Septembre 2001, Chemin du Barrage, je marche à côté
de mon vélo. Me proviennent d'une couple de centaine de pieds plus
loin en avant des éclats de rires et cris de femmes. Ne les vois
pas, des broussailles m'en empêchent.
Quand
je suis sur le point d'arriver à leur hauteur, elles en sortent,
comme par hasard, et se dirigent vers moi. Trois femmes accompagnées
d'un chien. Je les reconnais. Deux travaillent chez un dépanneur,
l'équivalent d'un mini poste de police : une civile et une
collabo, qui cohabite avec un homme, également collabo. La
troisième, sans doute une collabo aussi, a déjà travaillé comme
cuisinière au Centre Vacances Nature.
La
civile s'arrête à une dizaine de pieds, en plein milieu du chemin,
pieds écartés, mains sur les hanches, menton relevé, l'attitude de
celle cherchant à vous impressionner. Elle avance, se place de
l'autre côté du vélo, nous entamons une conversation décousue.
Son chien arrive, va l'y rejoindre.
Elle
l'empoigne par l'encolure et dirige sa tête vers le sac sport
accroché aux guidons de mon vélo où j'enfourne un petit lunch, des
cigarettes et ma caméra jetable. Le chien y dépose son museau. De
ses deux mains, elle frotte vigoureusement son encolure. Quelques
mots encore et le trio s'en va. Je viens d'être contrôlé par un
chien renifleur. Si j'avais eu de la drogue dans mon sac, il aurait
réagi et j'étais fait. Le trio ne sait pas que je sais. (Suite
demain)
■ Privilèges
policiers et justice à deux faces -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Un
an plus tard, Cantin, revient à la charge. Dressant le bilan de
toute cette histoire, il s'interroge (Philippe Cantin --
La Presse du 10 septembre 1999) : «Et
les policiers, eux?
Dans leur coin, ils sourient sûrement. Leur implication dans ce
scandale est évidente.
(...) En
mai
(1999),
ils ont tous plaidé non coupable à un acte d'accusation
disciplinaire.
«Un
comité interne jugera de leur conduite. Il siégera à huis clos et
ses membres seront des policiers cadres. Pour la transparence, faudra
évidemment repasser. (...)
De
plus, aucun policier ne sera accusé d'avoir instauré le système,
la plus grave des fautes. Le seul à qui cette infraction aurait pu
être reprochée est désormais à la retraite. (...)
Il
n'y a pas à dire, dans la vie, certaines échéances arrivent au bon
moment.»
Les
10 cadres du Service circulation et transport avaient contesté leur
congédiement devant la Commission municipale du Québec (CMQ).
Mi-septembre 2000, les commissaires Jocelyne Ouellette et Pierre-D.
Girard de la CMQ statuent que non seulement ils n'ont pas participé
au système de vignettes mais rien n'indique qu'ils étaient au
courant, et ordonnent leur réintégration avec plein salaire.
(Sylvain Larocque, Alexandre Sirois et Éric Trottier --
La Presse des 13 et 14 septembre 2000)
Ils
adressent des reproches. À la directrice du Service des travaux
publics, Johanne Falcon, qui a traité les cadres comme de «vulgaires
criminels déjà condamnés»
et omis de suivre les règles de justice naturelle. Sa décision
avait été prise avant même de les rencontrer. Elle n'avait aucune
preuve de leur participation à l'affaire des vignettes. Au Comité
exécutif de la ville aussi, qui a précipité ses décisions. Enfin,
ils déplorent que le maire Pierre Bourque ait fait des déclarations
publiques sur le scandale sans en connaître les faits véritables.
Ce
mois de septembre, l'éditorialiste Pierre Gravel de La Presse écrit
que, ce dossier étant maintenant clos, il «reste
encore à voir ce qu'il adviendra de ceux qui ont été les
instigateurs et les bénéficiaires de ce régime de faveurs,
c'est-à-dire les 134 policiers
(NDLR : Au début, Sarazin avait parlé de 117) dont
le sort est présentement entre les mains des responsables de la
discipline interne
(de la police de l'île de Montréal). (Pierre Gravel --
La Presse du 18 septembre 2000)
«Même
si on ne peut que déplorer l'aspect confidentiel de ces procédures
qui, dans un dossier semblable, devraient offrir les mêmes garanties
de rigueur qu'un procès public, on est bien forcé d'attendre la fin
de l'exercice. En espérant que les sanctions qui s'imposent seront
prises.»
Début
2001, suivant un article du journaliste Pascale Breton de La Presse,
149 policiers sont impliqués (et non 134 ou 117). (Pascale Breton --
La Presse du 10 janvier 2001) Là-dessus, 15 ont pris leur retraite.
Aucune mesure disciplinaire ne sera prise à leur encontre, la police
perdant, de ce fait, toute juridiction, lui dit le commandant André
Durocher, de la police de l'île de Montréal. Sur les 134 restant,
plusieurs ont été sanctionnés l'année précédente, mais on
ignore encore le nombre et la nature des sanctions.
Une
quarantaine, qui «(refusent) d'en
parler»,
selon Durocher, sont dans l'attente d'un jugement, et 16 griefs du
syndicat des policiers sont à l'étude. Il indique que «le
processus est long»
et promet de faire «un
bilan complet lorsque tout sera terminé».
On a jamais su la suite. (Suite
demain)
News du mardi 8 Mars 2011
■ Québec
: le rapport du BAPE sur l'exploitation de gaz de schiste est
maintenant disponible
– La recommandation la plus importante du Bureau des audiences
publiques sur l'environnement (BAPE) à laquelle semble adhérer le
gouvernement libéral de Jean Charest, dont Pierre
Arcand, ministre du Développement durable, de l'Environnement et des
Parcs...
Une
évaluation environnementale stratégique sera amorcée, elle
pourrait durer deux ans. Entre temps, l'exploration de ce gaz sera
pour l'essentiel interrompue. Seuls les travaux permettant
d'accroitre les connaissances scientifiques seront permis : rapport
intégral (336 pages).
PS
:
Faudra attendre le contenu de la nouvelle réglementation pour savoir
ce qu'il en sera vraiment sur le terrain. À suivre de près... Journaliste depuis près d'un demi siècle, je ne crois plus aux belles déclarations politiciennes, seulement à la loi en vigueur.
■ Libye,
situation mardi 8 mars – Sur
la carte
géographique du quotidien britannique The Guardian, la situation aujourd'hui en un clin d'œil : cubes verts, territoire occupé
par Kadhafi ; cubes rouges, par les insurgés. Aux endroits indiqués
sur la carte par le mot "zoom",
cliquez dessus pour avoir accès à des images de Google Earth. Pour
retourner sur la carte, cliquez sur "Back
to main map",
dans le bas de la page, à gauche.
■ 8
mars, avez-vous oublié ?
- Journée internationale de la femme, et Google
la célèbre aussi. Il vous invite à y participer
partout dans le monde, suivez le guide : vidéo
(01:28) +
Fédération
des femmes du Québec.
■ Lac
Bouchette, le petit village des chiens -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier)
Été 2001, rue Principale, je dévale une pente. Au moment pile où
j'arrive devant une maison, la porte s'ouvre brusquement, un très
gros chien beige, à la gueule proportionnelle, surgit tout à coup
sur la galerie fermée et se met à japper après moi, semble vouloir
en enjamber le garde-fou.
Je sursaute, pense, inquiet, qu'il va se
lancer à ma poursuite. Ne le voyant pas derrière, je m'immobilise
plus bas, rebrousse chemin, prudemment, et vois une femme le faire
entrer. Bien synchronisé.
En
octobre, c'est un boxer qui en sort. Dans l'embrasure de la porte,
j'entrevois quelque chose que je n'arrive pas à distinguer.
L'intérieur de la maison est sombre. Est-ce l'œil bien rond et noir
d'un adulte qui me fixe ou... la gueule d'un fusil qu'on pointe dans
ma direction? M'arrête un peu plus loin, le chien est déjà en
bordure de la rue, ne semble pas agressif, ne jappe pas. «Deux, ça
suffit!», que je me dis. Le lendemain, je prends des photos, de
l'autre versant de la rue. Ç'a été la fin de cette forme
d'intimidation : ma caméra inquiète mes agresseurs.
Sur
la 155, se trouve un îlot de trois maisons. J'y ai remarqué, une
dizaine de fois, une femme et un homme qui prenaient place dans une
balançoire sur la galerie de la première maison. Plusieurs autos
étaient parfois stationnées sur le côté. Dès le début, j'ai
soupçonné ces gens de surveiller les véhicules circulant sur la
155.
Un
après-midi, alors que j'arrive dans le secteur, la femme,
m'apercevant, prend son cellulaire --
le vieux modèle beige, donc prêté par la Sûreté du Québec --,
le colle à l'oreille. Fait-elle un appel, ou en simule-t-elle un,
pour informer la police de mon passage?
À une autre occasion,
j'entends une femme, invisible derrière la moustiquaire de la porte,
répéter deux fois à son chien, à voix basse :
«Attaques...non!» Encore un autre à la carrure athlétique. Il est
assis sur la pelouse devant la galerie, me zieute, ne semble pas
intéressé à ma cheville. (Suite
demain)
■ Un
corps policier enquêtant sur lui-même, à la fois juge et partie -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Enquête
également du côté policier, mais sous l'égide du dg Sarrazin de
la police de Montréal, et derrière des portes fermées : un
policier enquêtant sur des collègues appartenant au même corps
policier que lui.
Le chef du parti municipal le Rassemblement des
citoyens de Montréal (RCM), Michel Prescott, soulève la question de
la crédibilité de l'enquête avant même qu'elle ne débute,
demande qu'elle soit menée par... la Sûreté du Québec, «puisqu'il
s'avère que certains membres de la police de l'île de Montréal ont
participé au système de vignettes».
Mais
le ministre péquiste de la Sécurité publique, Pierre Bélanger --
il a occupé la fonction du 25 août 1997 au 15 décembre 1998 --,
fait fi des sérieuses présomptions pesant sur plusieurs policiers,
soutenant même que leur implication ne repose que sur des
«allégations».
Euphémisme de taille puisque la police elle-même confirmait qu'au
moins une centaine de véhicules personnels de ses membres étaient
munis de la vignette. Pourtant, peu de temps auparavant, quand il
avait appris le scandale, le même ministre avait réagi en ces
termes : «Il
en va de toute la crédibilité du système de perception des amendes
au niveau de la Ville de Montréal. C'est quelque chose
d'excessivement préoccupant.»
Voyons
les résultats préliminaires de cette enquête. Le dg Sarrazin
annonce que 117 policiers seront accusés devant leur comité de
discipline dont 16 officiers. Contrairement aux dix cadres du Service
circulation et transport de la ville congédiés sur le champ, tous
les policiers impliqués demeurent en poste.
En
outre, le processus promet d'être long : préparation des dossiers,
suivie de l'approbation de Sarrazin et du service des Affaires
juridiques, nomination des membres du comité de discipline, audition
de chacune des causes. Ensuite, Sarrazin (le juge en chef du tribunal
policier) doit confirmer, annuler ou modifier les sanctions.
De
leur côté, les policiers impliqués peuvent ultérieurement
enclencher une procédure de grief. La Presse cite un fonctionnaire
anonyme de la ville : de Montréal : «Aussi
bien dire que toute l'affaire sera oubliée».
D'autant que Sarrazin a plaidé pour une certaine clémence devant
des membres du Comité exécutif de la Communauté urbaine de
Montréal (CUM), souligne-t-il : à cette époque, CUM et
présidente Vera Danyluk étaient encore dans le paysage. La grande
majorité des fautifs subiraient des réprimandes mineures, si jamais
c'était le cas.
Pendant
ce temps, dans les médias québécois, les commentaires tombent
drus, mais le pouvoir péquiste ne bouge pas, confiant, a-t-on raison
de penser, que la tempête se calmera, que dans quelques semaines ils
auront tout oublié. Ainsi, le chroniqueur Philippe Cantin de La
Presse, qui dénonce le fait qu'«au
lieu de verser quelques dollars chaque jour pour garer leur voiture
personnelle, ainsi que le font des milliers de Montréalais, des
policiers, convaincus que leur métier devait être source de
privilège, se sont autoproclamés VIP, rien de moins!
(Philippe Cantin --
La Presse du 23 septembre 1998)
«Et
on demande maintenant à leurs collègues d'analyser la véracité de
ces informations, de déterminer si ces policiers ont réellement
intimidé des préposés au stationnement leur ayant collé une
contravention. Malgré ce manque évident de transparence, le dg
Michel Sarrazin estime son personnel en mesure de mener adéquatement
le dossier. Le gouvernement
(péquiste de Lucien) Bouchard
l'appuie.
(...) Personne
n'apprécie qu'en raison de leur boulot, des gens soient au-dessus
des lois.»
(Suite
demain)
News du lundi 7 Mars 2011
■ Libye
– Sur
une carte
géographique du quotidien britannique The Guardian, la situation de
ce lundi 7 mars en un clin d'œil : cubes verts, territoire occupé
par Kadhafi ; cubes rouges, par les insurgés. Aux endroits
indiqués sur la carte par le mot "zoom",
cliquez dessus pour avoir accès à des images de Google Earth. Pour
retourner sur la carte, cliquez sur "Back
to main map",
dans le bas de la page, à gauche.
■ Quebecleaks
a déjà quelques ennemis
– Un groupe de blogueurs du Parti libéral du Québec de Jean
Charest tente de le salir. Cependant, Quebecleaks, un WikiLeaks à la
québécoise, est prêt à en subir les coups, selon un porte-parole
du site, qui précise «(…) nous ne sommes que partisans de la
transparence» : entrevue
du journaliste Vincent Fortier de journalmétro.com avec «Noam
Chomsky», un
pseudonyme
qui en dit long + une adresse à propager
(http://www.quebecleaks.org/).
PS
:
Si certains mettent des bâtons dans les roues de Quebecleaks, faudra
défendre bec et ongles le site et son équipe. Cette province a
grandement besoin de changements majeurs, et seule la transparence en
ouvrira les portes.
■ Sans
le savoir, les groupies de la police font pas de la prévention mais
bel et bien du renseignement -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Dans
le petit village policier de Lac Bouchette, j'ai découvert un tas de
petits secrets des civils de la Sûreté du Québec et de leurs
collabos. Exemples.
Au
cours de ma randonnée à vélo, quand sur mon passage des chiens me
jappent après, que quelques portes claquent, que certains,
dissimulés derrière leur maison, frappent un bon coup sur du métal,
ce sont là des signes évidents que l'underground policier n'a pas
du tout digéré les propos que j'ai tenus, ou l'attitude adoptée,
la veille ou l'avant-veille.
En
ai même vu un, un peu en retrait dans l'entrée de sa cour, faire
rugir sa tronçonneuse, l'extrémité de l'engin pointé dans ma
direction. Sa conjointe, à ses côtés, elle aussi une collabo,
avait enfilé son capuchon pour cacher son visage : trop tard,
madame, j'ai eu le temps de vous identifier.
Les
collabos collectent sur le terrain une myriade de petits détails sur
la vie privée de tout un chacun, et n'ayant rien à voir avec la
criminalité. C'est du renseignement qu'ils font. Sans le savoir, ils
aident Big Brother et Big Sister dans leur tâche. Chaque fois que je
pars en randonnée, je m'imagine les voir et les entendre quand je
passe devant leur résidence.
Le
ou la groupie de la police téléphonant à un ou une autre groupie
pour l'informer qu'il vient tout juste de me voir à sa fenêtre, de
me surveiller à la sienne où je devrais passer dans quelques
minutes : selon moi, la police, cachottière comme je la
connais, ne les a sûrement pas informés-es de la présence des
caméras extérieures.
Bien sûr ce n'est quand même pas tout le
village de Lac Bouchette à la fenêtre, ils sont tout au plus une trentaine environ,
incluant des petits commerçants et de leurs employés. (Suite
demain)
■ Le
Policier de Montréal De Luca furieux qu'on ait glissé derrière
l'essuie glace de sa voiture personnelle une contravention -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) L'usage
des vignettes débute dans les années 1970, à l'ancien poste de
police 25 du boulevard Maisonneuve, à Montréal. Il est rapidement
étendu à tous les postes de l'île. Un ex-lieutenant-détective de
l'escouade des crimes contre la personne l'a implantée, avec l'aide
d'un préposé au stationnement.
Des
membres de ce service affirment toutefois que ce sont d'abord des
policiers qui ont fait pression : «(...) on
n'avait pas le choix. Si on s'avisait à distribuer une contravention
à un policier, ou même à sa femme, on pouvait être certain qu'on
allait se faire écœurer pendant des semaines.» Ils craignaient aussi de ne pas être rapidement secourus s'ils
étaient agressés par des automobilistes mécontents des
contraventions qu'ils venaient de leur remettre.
Interrogé à cet
effet, le directeur général (dg) du corps policier Michel Sarrazin
n'écarte pas la possibilité que, lors de la transition du poste 25
à la voie publique, des policiers aient pu ainsi leur forcer la
main. Seulement
lors de la transition, monsieur le dg? Semble bien que non, si l'on
se réfère au procès-verbal d'une décision du Comité de
déontologie rendue en 1996, date largement postérieure à la
transition dont vous parlez, en fait d'une dizaine d'années.
Examinons ce cas rapporté par le journaliste André Noël de La
Presse.
La
scène se déroule en septembre 1994, près du marché Jean-Talon, à
Montréal. Deux acteurs : le policier Vincenzo De Luca et le préposé
au stationnement Jean-Marc Larocque. Celui-ci glisse une
contravention derrière l'essuie glace d'une Mazda 626, véhicule
personnel de De Luca. Ce dernier se présente au bureau des préposés
au stationnement, veut la faire annuler, exhibe son insigne policier.
On lui répond ne pouvoir le faire.
Il
n'abandonne pas, réussit à savoir qui la lui a collée, demande
ensuite à des préposés au stationnement où il peut le trouver. Un
jour où Larocque quitte son travail, De Luca le suit, joue du
klaxon. Trois jours après, il revient au bureau des proposés, au
volant d'une auto-patrouille, veut lui parler mais il est absent.
Le
lendemain, ce dernier travaille dans le secteur du marché
Jean-Talon. Arrive De Luca, au volant d'une auto-patrouille. Il lui
pose des questions, le tutoie, s'affiche comme ayant une réputation
de chien, menace de l'arrêter. S'ensuit une plainte au Comité de
déontologie, puis la suspension du policier pendant trois jours sans
salaire.
Des
préposés affirment qu'il ne s'agissait pas d'un cas isolé.
François Hamelin, l'arbitre municipal chargé d'entendre le grief
des préposés au stationnement suspendus pour trois mois, leur donne
raison. (Michèle Ouimet --
La Presse du 11 septembre 1999) Les policiers, en harcelant ceux qui
osaient leur coller des contraventions, ont contribué à maintenir
le système de vignettes pendant des années.
Il
confirme qu'ils pouvaient se venger en prenant leur temps avant de
répondre à un appel à l'aide d'un préposé qui avait été
bousculé par un citoyen furieux d'en recevoir une. C'est donc pour
acheter la paix et éviter les relations conflictuelles avec les
policiers qu'ils ont perpétué le système de vignettes. Notons que
cela n'a pas empêché ces préposés de profiter de l'aubaine aussi.
(Suite
demain)
News du dimanche 6 Mars 2011
■ Mardi
8 mars : Journée internationale de la femme
– À cette occasion la Fédération des femmes du Québec (FFQ)
lance un appel à la solidarité à toutes les québécoises pour
dire "NON
à la taxe santé!"
du premier ministre Jean Charest. Invitation leur est faite de casser
la croûte pour casser la logique "utilisateur-payeur".
Les
femmes sont globalement plus pauvres que les hommes parce qu'elles
gagnent en moyenne 30% de moins qu'eux : programme
prévu pour cette journée. «Soyez-y!
Parce que nous sommes toujours en action pour le respect de nos
droits!»
■ La
neutralité du Net menacée ?
– En Occident, certains gouvernements procèdent au rythme d'une
petite bouchée à la fois. Rien encore de vraiment inquiétant, mais
quand on sait que l'appétit vient en mangeant...
Rappelez-vous du
début de la vidéo-surveillance. De quelques une ici et là, il y a
10 ans, regardez où nous en sommes aujourd'hui. Il y en a partout et
certains trouvent que c'est pas encore assez. Sans compter les
caméras cachées, comme celle de l'article précédent : vidéo
(08:51).
■ Un
préposé aux informations
– Les gens s'adressent à lui mais comprennent pas ce qu'il dit :
une vidéo
(03:29) qui vous fera rire aux larmes.
■ G20-Toronto-juin
2010 : réponse à saveur totalitaire du Canada de Stephen Harper
– Plutôt que de procéder à l'arrestation d'individus au
comportement belliqueux, les policiers ont préféré disperser la
foule et mettre en détention préventive toute personne qui s'y
refusait. Tel est l'argument que le Canada a servi à la Commission
interaméricaine des droits de l'homme (CIDH)
relativement aux violations des droits des citoyens qui manifestaient
paisiblement.
Outrée
par cette réponse, la Ligue des droits et libertés du Québec
(LDLQ) revient à la
charge, cette fois pas seulement auprès de la CIDH, mais aussi du
Comité
des droits de l'homme de l'ONU et du Rapporteur
spécial de l'ONU sur la liberté d'expression. Elle exige que le
Canada décrète une enquête publique et indépendante. Elle est
supportée dans sa démarche par la Fédération internationale des
ligues des droits de l'homme (FIDH)
et la Clinique internationale de défense des droits humains de
l'UQÀM (CIDDHU).
■ Un
chien de la Sûreté du Québec dissimulé dans les joncs, en bordure
de la route, attend mon arrivée -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Deux
jours après, la Sûreté du Québec remet ça. L'action se déroule
sur la 155, devant cette maison où habite le chien qui parfois me
pourchasse. Sur la pelouse, à cent pieds de la route, un homme
pratique son golf. Je me dis qu'il va se tenir tranquille, son maître
est là. Ben non, ça recommence. Fâché, je lui crie de surveiller
son «maudit de chien». «Hein?»
M'arrête, le lui répète, puis je dépose mon vélo sur
l'accotement et lance quelques pierres à
la bête.
Le
jour suivant, l'homme vient à peine de descendre de sa camionnette,
près de la maison, que le chien s'élance dans ma direction. Lui
crie de le rappeler, semble n'avoir pas compris. Environ 400 pieds
nous séparent, et, pendant qu'il marche vers moi, je m'arrête et
lance des roches à l'animal. En colère, il me somme d'arrêter,
accélère le pas visiblement pour s'en prendre à moi.
Je
ne bouge pas, lui fais même signe de la main de s'en venir. La
situation est si ridicule que je doute qu'il passe à l'acte, s'il
est le moindrement intelligent. Quand il arrive, il chasse la bête,
qui est à cinq pieds, menaçante, m'exhibant ses canines. Je tente
de lui expliquer la situation, il ne veut rien savoir et s'en
retourne.
Peu
après, le civil de la Sûreté du Québec utilisera un autre
scénario, celui du maître sortant de la maison et du chien qui en
profite pour se faufiler et courir vers moi. En raison de la distance
nous séparant, j'aurai amplement le temps d'embrayer à une vitesse
supérieure et m'éloigner rapidement des lieux.
Autre
tentative d'agression peu après. Cependant, ce jour-là, j'ai trouvé
une parade pour m'en prémunir. Au lieu de rouler dos au trafic, je
roule sur l'autre versant de la route. Là, ce ne sera plus moi qui
risquerai d'être frappé par un véhicule, mais son chien si jamais
il décide de venir m'y rejoindre.
Au
loin, je vois monsieur sortir de la maison, tenant quelque chose à
la main. Voilà une autre apparition dans le paysage suffisamment
synchro pour ne pas penser à la présence de caméras cachées.
J'entends le bruit d'un petit moteur. Un coupe-herbe! Alors que le
ciel, grisâtre d'un horizon à l'autre, est à l'orage et qu'une
petite pluie fine tombe déjà.
J'examine attentivement les lieux,
pas de chien. J'ignore qu'il est dissimulé dans les joncs, en
bordure de la route, et attend mon arrivée pour bondir. Cependant,
il n'ira pas loin, n'osera pas la traverser. (Suite
demain)
■ Brisson
: les règles légales de base sont modifiées par les policiers pour
des policiers -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Autre
traitement de faveur dont la police se gratifie : la vignette
VIP (Very Important Person), impliquant des policiers de l'île de
Montréal. Apposée sur un coin de l'immatriculation de leur véhicule
personnel, elle indiquait aux agents de stationnement du Service
circulation et transport de la Ville de Montréal de ne pas émettre
de contravention à son propriétaire.
Synthétisons
l'événement à l'aide de nombreux articles parus dans La Presse.
(Christiane Desjardins, Gilles Gauthier, André Noël, Martin
Pelchat, Marc Thibodeau et Éric Trottier --
La Presse des 14, 15, 16, 17, 22, 24 et 25 septembre, des premier et
2 octobre et du 28 novembre 1998) Signalons au départ que ce corps
policier n'est pas le seul à s'octroyer ce genre de privilèges.
Dans
le rapport de la Commission Poitras, l'anthropologue Geneviève
Brisson écrit qu'en matière légale, il existerait un «double
standard»,
c'est-à-dire une loi pour le citoyen et une autre pour le policier :
«Les
règles de base sont modifiées par les policiers pour des
policiers».
Brisson cite le rapport diagnostic produit en 1996 par la Sûreté du
Québec.
On
y apprend que «le
code de sécurité routière ne semble pas s'appliquer aux policiers»
et rares sont ceux écopant de contraventions. Le fait que tout se
passe «entre
policiers»
et «qu'on
sait qu'il n'y aura pas de conséquences»
serait la cause de ces comportements. Cependant, il s'avère
dommageables pour la crédibilité de la police, rapporte Brisson :
«Il n'est
pas étonnant que le citoyen ordinaire croit les policiers incapables
de respecter les règles puisque ceux-ci les interprètent fort
librement quand elles concernent la confrérie».
À
Montréal, le scandale de la vignette VIP éclate au milieu de
septembre 1998, en pleine campagne électorale municipale. Le
candidat Pierre Bourque, maire sortant, congédie illico les dix
cadres municipaux responsables de ce service et suspend pour trois
mois des subalternes chargés de l'attribution des contraventions qui
ont avoué ou été pris en défaut. Qui
avait droit à la vignette?
Apparemment,
plus d'une centaine de policiers et quelque 200 préposés au
stationnement. Difficile de croire que ces derniers étaient plus
nombreux que les premiers... Même des conseillers municipaux, des
fonctionnaires appartenant à d'autres services de la Ville de
Montréal, dont des pompiers, et des ambulanciers en ont eues. Des
journalistes itou.
Ici, on ne parle pas de véhicules publics, comme
des autos-patrouille, des camions à incendie et des ambulances, mais
strictement de véhicules personnels. Les vignettes de la Fraternité
des policiers de l'île de Montréal servaient également à éviter
des constats d'infraction. (Suite
demain)
News du samedi 5 Mars 2011
■ Les
dernières heures de Kadhafi ?
- Les médias traitent surtout du combat de Kadhafi, de celui des
insurgés et des réactions des États, dont les USA. Par contre, les
analyses sont rares, à compter presque sur le bout des doigts.
En
voici une élargissant cette horizon, quatre invités : Mathieu
Guidère, auteur du livre "Les
nouveaux terroristes",
aux Éditions Autrement
; Hasni Abidi, politologue et directeur du Centre d'études et de
recherches sur le monde arabe et méditerranéen, à Genève, Suisse
; Roland Coutanceau, psychiatre et criminologue ; et Jean-Dominique
Merchet, directeur adjoint de la rédaction de Marianne : vidéo
(1h) diffusée le 1e mars dernier.
■ Les
tests d'ADN sont-ils vraiment infaillibles ?
- Alice Andreoli, biologiste et spécialisée en journalisme
scientifique à l'École internationale d'études avancées de
Trieste, Italie, répond à cette question dans son livre
"L'histoire
controversée du TEST ADN",
Éditions Belin.
Une histoire de négligences, d'arnaques en blouse blanche,
d'enquêteurs malhonnêtes, de preuves retenues à tort infaillibles,
de lumière et d'ombre : vidéo
(02:06)... TV Université science en fait la promotion, ce qui
démontre son importance.
■ Encore
un autre chien de la Sûreté du Québec cherchant à m'empêcher de
circuler librement dans l'espace public -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Entre-temps,
début septembre, Route de l'Écluse, suis la cible d'une autre
tentative d'intimidation, cette fois de la part d'une civile. Elle a
reculé sa camionnette bleue métallique, flambant neuve, dans
l'entrée d'une vieille maison en rénovation.
Elle
est accroupie dans une petite remorque rouge, s'affairant à je ne
sais quoi, et, au moment où j'arrive, l'entends dire «wa» --
signal d'attaque? --, aussitôt un gros chien noir, vraiment
impressionnant, que je n'avais pas vu, surgit de l'arrière du
véhicule en grognant et bondit dans ma direction. Pendant une
fraction de seconde, je me dis que cette fois, ça y est, je vais y
goûter. Mais il ne va pas loin, une laisse l'immobilise d'un coup
sec, le cabre sur ses pattes arrières.
Lendemain,
la camionnette bleue est stationnée le long de la façade de la
maison. Sur le chemin du retour, madame est debout derrière la
petite remorque, attachant un tissu... rouge à l'un des vieux
madriers qui en débordent. M'arrête, le temps d'une photo.
J'applique ici la technique d'Hirigoyen, dont j'ai parlé plus haut,
et consistant à faire savoir à mes agresseurs que je ne les
laisserai pas faire. (Marie-France Hirigoyen --
Le harcèlement moral --
Éditions Syros)
Un peu plus loin, autre arrêt, car je présume
qu'elle s'apprête à partir et va probablement emprunter la même
route pavée. La voilà qui arrive, deux autres photos : de
madame au volant, souriante, et de la plaque d'immatriculation.
À
l'épicerie du petit village policier de Lac Bouchette, je constate
qu'on n'a pas apprécié. Un conseiller municipal, impliqué
jusqu'aux oreilles dans la répression policière souterraine et
illégale à l'encontre de citoyens, me salue d'un petit
«bonjour monsieur», salutation sèche, formulée le bec
arrondi et tout plissé : les citoyens votant pour lui ignorent
probablement tout de ces activités clandestines ... Habituellement,
il me tutoie, mais là il veut me signifier sa désapprobation.
(Suite
demain)
■ Il
est loin d'être facile, pour un honnête policier, de franchir le
mur du silence -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le
22 décembre 2000 le jury rend un verdict de culpabilité d'entrave à
la justice et d'usage de faux contre Deragon et Brodeur, et innocente
le délégué syndical Boileau. Le juge Reynald Fréchette, estimant
que l'entrave à la justice est un crime très grave pour un
policier, condamne Deragon et Brodeur à respectivement 12 et 9 mois
de prison. (André Cédilot --
La Presse du 23 juin 2000)
Selon
le juge, les deux policiers ont manqué à leur serment d'office
d'agir avec honnêteté et justice. Tous deux décident d'en appeler
du jugement. Par la suite, Brodeur reviendra sur sa décision et se
présentera au centre de détention de Sherbrooke pour subir sa
peine. (Rollande Parent, Presse canadienne --
La Presse du 24 octobre 2000)
Dans
ses conclusions du procès, le journaliste Cédilot signale que cet
événement a fait aussi mal à la réputation de la Sûreté du
Québec que l'imposante enquête de la Commission Poitras qui a coûté
20M$. (André Cédilot --
La Presse du 24 décembre 1999) D'un rare intérêt, il a démontré
sans l'ombre d'un doute que le malaise minant la Sûreté du Québec
est beaucoup plus profond que le pensent ses hauts dirigeants et le
gouvernement.
On
ne le retrouve pas seulement chez les enquêteurs des escouades
d'élite, ainsi que l'a constaté la Commission Poitras, mais
également dans les petits postes à travers la province. L'esprit de
clan y est à ce point ancré, précise-t-il, que Cloutier a été
pris de panique quand il a reconnu sur les lieux de l'accident la
voiture de la fille de Brodeur. Comme quoi ses dirigeants ont encore
du pain sur la planche, et pour longtemps, conclut-il.
Reste
Cloutier, principal témoin à charge de la Couronne. Deux
accusations de fabrication de faux avaient été portées contre lui.
En juin 2000, il avoue sa culpabilité devant le juge Lucien Roy. (La
Presse du 28 juin 2000) En juillet, le juge lui accorde, sans aucune
hésitation, l'absolution inconditionnelle. (Christiane Desjardins --
La Presse du 15 juillet 2000) C'est dans l'intérêt de l'accusé et
ça ne nuit aucunement à l'intérêt public, déclare-t-il.
À
l'automne de la même année, le Comité de déontologie le suspend
sans traitement pendant huit jours. (Rollande Parent, Presse
canadienne --
La Presse du 24 octobre 2000) À la Cour du Québec où il loge
appel, il s'en tire d'un simple avertissement. (Marie-Claude Malboeuf
--
La Presse du 19 juillet 2001)
Enfin,
en novembre 2000, à Granby, le juge Paul-Marcel Bellavance libère
Sophie Brodeur des accusations portées contre elle parce qu'il
estime déraisonnable qu'elle subisse un procès 46 mois après
l'accident à Sutton. (André Cédilot --
La Presse du 22 décembre 2000) Il tient compte aussi du fait que,
dans ce dossier, son père a été condamné à neuf mois de prison.
Le
procureur chef de la Couronne de Longueuil, Me Claude Chartrand,
conteste le jugement mais, en avril 2003, la Cour d'appel maintient
la décision du juge Bellavance. (La Presse du 12 avril 2003) En mars
2003, la Cour d'appel siègera pour entendre Deragon, et confirmera
la sentence. Mars 2004, la Cour suprême du Canada fera de même.
Deragon devra purger sa peine. (Stéphanie Decelles, La Voix de l'Est
--
La Presse du 5 mars 2004)
On
parle de changer en profondeur la culture policière, la
reconnaissance du courage de ceux qui osent parler y contribuera. Car
il est loin d'être facile, pour un honnête policier, de franchir le
mur du silence. (Suite
demain)
News du vendredi 4 Mars 2011
■ Le
site Quebecleaks est opérationnel depuis le 16 février
– Anonymat assuré à tous ceux disposant de documents dont la
démocratie à vraiment besoin pour projeter de la lumière crue dans
les nombreux coins sombres de la société. Surtout chez ceux qui
sont au volant de l'État ou d'un corps policier : l'adresse du site
(http://www.quebecleaks.org/)
+ si vous hésitez à participer de crainte d'être repéré, lisez
la déclaration
de sécurité.
PS
:
Quebecleaks, un WikiLeaks à la québécoise, sera un succès à la condition que son adresse web soit
connue de tous, delà l'importance de la propager, de le visiter
régulièrement et rapporter publiquement les fuites que vous y avez
trouvées. Souhaitons qu'il devienne le vrai chien (pitbull) de garde
de nos droits et libertés. Alors, si avez des trucs à diffuser, GO!
■ Libye - Sur une
carte géographique du quotidien britannique The Guardian, la situation ce vendredi 4
mars en un clin d'œil : cubes verts, territoire occupé par Kadhafi
; cubes rouges, par les insurgés.
■ Migrants
tunisiens en Italie
– Ils arrivent presqu'en masse sur la petit île italienne de
Lampedusa. La population est passée de 6 000 à 11 000. Un résident
dit ne pas pouvoir travailler, devoir rester à la maison pour
protéger sa femme. Ces nouveaux venus circulent partout.
Pour leur
part, ces derniers veulent travailler, parce que dans leur pays c'est
la misère. Des autorités craignent que des libyens fassent de même
éventuellement : vidéo
(09:01). La révolution arabe a changé la donne migratoire dans quelques pays côtiers de l'Europe.
■ Encore
un autre chien de la Sûreté du Québec... décidément -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Chasse
aux canards, disait le civil de la Sûreté du Québec. Me reviens à
la mémoire deux événements survenus moins d'un mois plus tôt. Sur
le Chemin du Barrage qui sillonne la forêt, trois coups de feu
suivis d'environ 3 autres de moindres calibres m'accompagnent sur un
bon kilomètre. Ils proviennent probablement d'une voie parallèle,
pas loin de là.
À
l'intersection du Chemin de la Montagne, tiens une collabo s'adonne à
la marche rapide, semble-t-il. Brève conversation, et chacun
poursuit son chemin. Un autre bang résonne tout près... Oups! Le
surlendemain, même chemin, deux chasseurs sur un VTT, le passager a
déposé son arme en travers de ses cuisses, la gueule du canon
pointée dans ma direction, à la hauteur des jambes.
L'homme
cache son visage, la tête tournée dans la direction opposée, est
agrippé aux épaules du conducteur comme si le véhicule roulait à
plein régime, alors que, au contraire, il se déplace au pas. Les
deux occupants scrutent la forêt, à la recherche de... perdrix. Au
cours de la même période quelqu'un m'y avait doublé au volant
d'une voiture. Sa plaque d'immatriculation commençait par "210
ABA...". Une plaque-message, comme les autres qu'il m'arrive de
voir.
Circuler
à vélo sur la route régionale 155 exige plus de prudence que sur
la rue Principale du village de Lac Bouchette ou un chemin forestier.
À surveiller surtout les gros camions tirant deux remorques d'une
vingtaine de roues chacune et transportant des troncs d'arbres
destinés aux scieries.
À
l'été 2002, un chien de grosseur moyenne, particulièrement
hargneux, s'est lancé à quelques occasions à ma poursuite, près
de l'intersection de la Route de l'Écluse. Rusé, il jappe seulement
quand il n'est plus qu'à quelques pieds de ma cheville. Je sursaute,
donne un coup de guidon vers le centre de la route pour éviter la
morsure. C'est instinctif, pas le temps de penser au véhicule qui
s'en vient peut-être derrière moi. Éminemment dangereux.
Après
sa première agression, je m'en méfiais, gardais un œil vers la
maison de ses maîtres, située à environ 500 pieds de la route,
vérifiais s'il n'avait pas entrepris de traverser la grande pelouse,
ventre à terre, pour venir m'attaquer. Cependant, les semaines
s'écoulent sans récidive, ma vigilance s'assoupit jusqu'au jour où
il me surprend de nouveau, je crampe ma roue, le réalise l'instant
d'après, suis en beau maudit. Heureusement, aucun véhicule
derrière.
La
fois suivante, une camionnette, venant en sens inverse, me précède
de peu, emprunte l'entrée jusqu'à la maison, au fin fond du
terrain, s'y stationne sur le côté, et son conducteur n'est pas
sitôt descendu que le chien se rue dans ma direction. J'ai la
conviction que l'homme l'a incité à m'attaquer : le même
civil de la petite-maison-aux-écrans. S'en suit une accalmie de
quelques jours. (Suite
demain)
■ Policier
Boileau : T'es
pas capable de conter des menteries, de faire un faux rapport ? -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Au
cours du procès au palais de Justice de Granby, en novembre et
décembre 1999, et présidé par juge Reynald Fréchette, Cloutier
témoigne des pressions qu'il a subies de collègues de travail.
Ainsi le 9 janvier 1997, revenant au poste de Cowansville après un
congé de cinq jours, il est reçu par le délégué syndical
Boileau, entouré de six ou sept autres policiers, dont Deragon qui
ne travaille pas ce soir-là. Dès son entrée, Boileau et Deragon
l'auraient invité dans un petit bureau adjacent.
Le
torse bombé, Boileau se serait approché tout près de son visage en
lui disant, à sa grande stupeur : «Comme
ça t'es pas capable de conter des menteries, de faire un faux
rapport».
Cloutier affirme que Boileau aurait insisté pour qu'il laisse à
Deragon la rédaction du rapport sur l'arrestation de la fille de
Brodeur. Devant son refus, Boileau aurait tranché en ces termes :
«Ok,
on ne peut pas se mettre dans le trouble pour en sauver un autre».
Par
la suite, suivant Cloutier, l'atmosphère au poste n'est plus la
même. Deragon ne lui parle plus, Brodeur, père de Sophie, lui voue
une haine viscérale, les autres policiers l'évitent, lui font des
remarques désobligeantes. L'un d'eux lui aurait bloqué le chemin à
la sortie du poste, on aurait obstrué les serrures de son véhicule,
loger des appels anonymes à son domicile.
Le délégué syndical
Boileau aurait aussi mis son grain de sel, lui reprochant, alors
qu'ils font équipe ensemble dans une enquête, en mars, de prendre
trop de notes : «Tu
écris toujours trop, comme dans le dossier de Sophie Brodeur».
Et
juste avant que la Sûreté du Québec n'amorce une enquête interne,
il l'aurait appelé, lui conseillant de ne rien dire, ni écrire, et
de s'en tenir à son rapport original : «Deragon
va faire de même, et Sophie Brodeur va s'en sortir.»
Cloutier raconte qu'il était tellement fâché qu'il lui a lancé un
paquet de jurons. Boileau l'aurait mis en garde qu'il «pourrait
se retrouver seul comme les gars dans l'affaire Matticks».
Le
9 décembre, c'est au tour du délégué syndical Boileau de
témoigner. Au cours d'un contre-interrogatoire serré de l'avocate
de la Couronne, Me Josée Grandchamp, il avoue donner toujours «la
même consigne»
aux policiers qui ont des problèmes : suspects ou simples témoins,
quand ils sont interrogés par les enquêteurs des Affaires internes
du corps policier, «de
s'en tenir à leurs rapports et ne faire aucune déclaration».
Et
Me Grandchamp de le relancer : «Mais
si, par exemple, c'est un policier qui est témoin qu'un autre
policier a les facultés affaiblies, insistant sur le fait qu'il
s'agit d'un acte criminel, qu'est-ce que vous faites?»
Boileau, visiblement embêté, note le journaliste : «J'ai
jamais envisagé ça, mais je m'en tiens au même conseil de base.
(...) Le
travail d'un policier, c'est évidemment de déclarer tout crime»,
ajoutant que la fonction de délégué syndical n'est pas rémunérée
et qu'il n'a pas suivi de cours de formation... sur quoi dire et ne
pas dire aux policiers.
Plus
tôt au cours de cette journée, Me Grandchamp avait fait admettre à
l'agent Deragon que l'arrestation de la fille de Brodeur était
légale, même s'il n'approuvait pas son collègue Cloutier. Il avait
admis également que sa suggestion de ne pas lui faire subir
d'alcooltest et de la reconduire chez elle, alors qu'elle était en
état d'arrestation, auraient été non seulement exceptionnelle,
illégale aussi. (Suite
demain)
News du jeudi 3 Mars 2011
■ Kayak
– Descendre des chutes, disparaître dans des gros bouillons :
vidéo
(04:30). On est loin du salon et de la télé, là.
■ Diana
Rutherford
– Sympa, se prend pas pour le nombril du monde. Faites
sa connaissance : vidéo
(06:40) + vidéo
(04:05), un reggae.
■ Québec
: SNC-Lavalin construit des prisons à la Libye de Kadhafi
– Selon The Globe and Mail de Toronto, l'entreprise québécoise
a obtenu un contrat de 275 millions + texte sur le site
de SNC-Lavalin + son code de déontologie.
■ Libye
– Sur une carte
géographique du quotidien britannique The Guardian, la situation ce jeudi 3 mars en un clin d'œil : cubes verts, territoire occupé par
Kadhafi ; cubes rouges, par les insurgés.
■ Les
intimidations de la Sûreté du Québec par chiens interposés se
poursuivent -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Le
molosse occupe mes pensées. Dans un fossé, je déniche une branche
cassée, l'émonde un peu, la place en travers des guidons, prêt à
m'en servir. Quand j'arrive dans son secteur, il est là, trône au
plein milieu du chemin, à environ 300 pieds du terrain de son
maître.
Dès
que j'apparais dans son champ de vision, il aboie trois fois,
toutefois sans trop de conviction. Il se permet néanmoins quelques
bonds dans ma direction, mais suis suffisamment loin pour avoir le
temps de grimper dans un arbre s'il décidait d'attaquer.
Que faire?
C'est le seul point de passage, autrement je devrai reprendre mon
itinéraire à l'inverse pour revenir chez moi, me taper environ
vingt kilomètres. Heureusement, une camionnette arrive, je fais
signe, explique au conducteur la situation, il accepte de me prendre
à bord avec le vélo, me fait franchir le no men's land.
Lundi
22 octobre. Je rencontre, à son domicile, un conseiller municipal,
impliqué dans la répression clandestine. Lui explique la
problématique, incluant mon enquête sur la police en civil, dis ne
pas vouloir me plaindre à l'Hôtel de Ville, une employée m'ayant
informé qu'il faut composer le 911, que la Sûreté du Québec est
chargée de faire respecter ce règlement. Il
me coupe la parole : «Non, non, dit-il et fait-il de la tête,
c'est pas de même que ça marche». Il prend son cellulaire,
rejoint, je crois, le nouveau secrétaire-trésorier de la
municipalité, règle l'affaire en deux minutes.
Le lendemain, au
point de passage Sureté du Québec, pas de trace du molosse,
seulement quatre personnes travaillant fort à rassembler les
feuilles mortes sur le terrain. Après une journée de relâche à
cause de la pluie, j'y repasserai de nouveau. Pas âme qui vive, ni
chien, et la cheminée ne fume plus. Les lieux sont redevenus ce
qu'ils sont la plupart du temps, inhabités.
Peu
après, dans cette même partie boisée du Chemin de la Montagne, un
VTT arrive derrière moi. Son conducteur ralentit, un civil que je
reconnais sous son casque protecteur. Il m'avertit de ne pas faire le
saut, que son chien s'en vient derrière : «C'est pour la
chasse aux canards», me crie-t-il, avant d'accélérer et
disparaître dans une courbe.
Dans les secondes qui suivent, un beau
labrador noir arrive au grand galop, à la poursuite de son maître.
Ces chiens sont doux, n'en ai pas peur, d'autant que son attitude
n'est pas agressive. Je crois l'épisode clos, n'y pense plus.Mais
le vois revenir sur ses pas, ventre à terre encore. Cinq minutes
s'écoulent, puis c'est encore lui, langue pendante, commence à être
un peu essoufflé.
À la sortie d'une courbe, je l'aperçois, il
marche au pas, nez au sol, va et vient d'un bord à l'autre du
chemin, s'avance un peu dans la forêt, en ressort, avant de repartir
de plus belle, cette fois dans ma direction. Ensuite, c'est le VTT,
le civil s'informe si j'ai vu son chien, lui indique qu'il est à
environ un quart de kilomètre plus haut, il me remercie et roule l'y
rejoindre.
Au
belvédère, je m'assieds pour griller une cigarette. Vroum, vroum,
le VTT et le flic aux guidons! Salutations d'usages. Le chien ne
l'accompagne pas. Et quand j'arrive à la hauteur de son chalet, le
prétendu chasseur de canards scie du bois à la tronçonneuse.
Depuis le printemps 2001, je passe à cet endroit une vingtaine fois
par mois et, immanquablement, monsieur se manifeste sur son terrain,
effectuant de petits travaux ou sortant par hasard de son chalet,
parfois me regarde, parfois me salue de la main, mais ne lui réponds
pas : autant de coïncidences supposent la présence de caméras.
Provocation policière, rien d'autre. Les autres proprios de chalet,
je les vois rarement, mais pas lui, il est quasiment toujours là
quand je passe. (Suite demain)
■ Pressions
de policiers pour que la fille d'un collègue ne soit pas accusée
d'ivresse au volant -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) En
juillet 2000, Alain Landry de la police de Laval écope d'une
suspension de 60 jours sans solde du Comité de déontologie,
décision entérinée par la suite par le juge Claude Pothier de la
Cour du Québec. (Marcel Laroche --
La Presse du 20 juillet 2000)
Il avait consulté la mégabanque
informatisée du Centre de renseignement policier du Québec (CRPQ)
afin d'y chercher des éléments incriminants à l'encontre d'Yves
McKenzie, un citoyen qui devait témoigner contre lui devant le
Comité de déontologie dans une histoire de saisie d'armes.
Utilisation du CRPQ à des fins personnelles, en somme.
Scrutant
le dossier de McKenzie, Landry découvre qu'il est recherché pour
bris de probation. Il alerte des collègues de l'île de Montréal,
les informe que McKenzie, le plaignant dans une cause à son
encontre, fait l'objet d'un mandat d'arrestation. Ceux-ci l'arrêtent
alors qu'il s'apprête justement à témoigner... devant le comité.
Cependant, ils doivent le relâcher une demi-heure après, le mandat
contre McKenzie avait été annulé quelques semaines auparavant.
Plus
haut, nous relations qu'en décembre 1999, au moment même où le
ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard,
annonçait sa réformette de la Sûreté du Québec, un procès
faisait la une des médias : trois membres de ce corps policier
avaient tenté de passer sous silence une accusation d'ivresse au
volant impliquant la fille d'un de leurs collègues. Résumons-la en
nous référant notamment à des articles du journaliste André
Cédilot de La Presse. (André Cédilot --
La Presse du 26 novembre et des 10, 20 et 23 décembre 1999)
Le
premier janvier
1997, Jean-François Cloutier et Pierre-Yves Deragon, tous deux du
poste de Cowansville, dans les Cantons de l'Est, se rendent sur les
lieux d'un accident, à Sutton. Sophie, fille de leur collègue
Marcel Brodeur, est entrée en collision avec un autre véhicule,
blessant trois de ses occupants. Cloutier reconnaît la voiture avant
même de descendre de son auto-patrouille. Il constate que son
haleine sent l'alcool, l'amène au poste, lui fait passer un
alcootest. Son taux se situe entre 0.11 et 0.12, donc supérieur au
taux interdit de .08.
À
partir de ce moment, il subit d'énormes pressions. Son coéquipier
n'est pas d'accord pour accuser la fille du collègue Brodeur.
Pression aussi de ce dernier, qui lui téléphone, lui disant,
courroucé : «Qu'est-ce
que vous avez fait à ma fille, elle a un trou dans un genou et vous
ne l'avez pas amenée à l'hôpital. Vous l'avez traitée comme une
criminelle.»
Il reçoit également sa visite au poste, Brodeur est frustré,
agressif. Craignant les représailles de la confrérie, Cloutier
panique, détruit sous ses yeux le certificat, le remplace par un
faux de 0.08 et 0.07, et convenant mieux à Brodeur.
Peu
après il se ravise, décide de maintenir sa dénonciation. Les
pressions recommencent de plus belle. Même le délégué syncidal
Pierre Boileau se met de la partie, mais il refuse de céder. Le 24
avril 1997, il transmet son rapport au procurer de la Couronne de
Cowansville.
En décembre de la même année, la Sûreté du Québec
enclenche une enquête interne. Sur le point d'être accusé
d'entrave à la justice, Cloutier déballe toute l'histoire. Trois
policier sont alors accusés d'entrave à la justice : Jean-Yves
Deragon, son coéquipier du premier janvier 1997, ainsi que Marcel
Brodeur et Pierre Boileau. (Suite demain)
News du mercredi 2 Mars 2011
■ Libye
– Sur une carte
géographique du quotidien britannique The Guardian, la situation
aujourd'hui en un clin d'œil : cubes verts, territoire occupé par
Kadhafi ; cubes rouges, par les insurgés.
■ Colorado,
USA : pollution de l'air par des exploiteurs de gaz naturel
– Impuissants face à la toute puissance de l'industrie, Floyd et
Lisa Green ont décidé d'abandonner leur maison pour aller vivre
ailleurs, attristés :
vidéo
d'il y a quelques jours (06:59).
■ New
York Times
– Carte géographique actualisée
de 2003 à 2007 de la fonte des glaces au Pôle Nord +
USA et Canada sont les champions
du monde des émissions dans l'atmosphère d'oxyde de carbone (CO), gaz toxique. (NDLR : Victoire que nous devons au néolibéralisme, genre BP dans le Golfe du Mexique)
■ Une
harpie qui espionne les citoyens de Lac Bouchette, cheveux courts,
bec pincé, regard sévère et plein de suspicion -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Examinons d'autres rencontres
canines... Dix-neuf octobre 2001, Chemin de la Montagne, là où le
gravier succède à l'asphalte, un chien noir se faufile dans les
hautes herbes. Je ne le vois pas au complet, mais par contre je sais
qu'il est gros et s'apprête à sortir du terrain d'un chalet pour me
rejoindre. Le cri d'un femme le ramène à l'ordre, cette fois-ci...
Une autre petite guéguerre souterraine de la Sûreté du Québec,
par chien interposé, s'amorce.
Le
lendemain, le chien part du fond du terrain pour se diriger
rapidement vers moi d'un pas souple, sans courir. Haute sur pattes,
la bête. Deux hommes, l'un accroupi, examine le dessous du chalet,
pendant que l'autre, debout à ses côtés, l'observe. Je leur crie
de surveiller le chien. Bref coup d'œil dans ma direction de l'homme
debout qui, au lieu de l'appeler, se détourne et concentre son
attention sur ce que l'autre est en train de faire.
S'écoulent
quelques secondes avant qu'il ne siffle et que le chien ne
s'immobilise. Dans l'intervalle, il a eu le temps de se rendre
jusqu'à moi, à dix pieds, en plein milieu du chemin, me barrant le
passage. Bête impressionnante, élancée, athlétique, oreilles
taillées pointues, pas agressive, mais qui me toise pendant quelques
secondes avant d'obéir à son maître.
Dimanche
21 octobre, Chemin de la Montagne. Je croise l'une des deux femmes de
l'escouade cycliste citoyenne. Un peu plus loin, je fais ma halte
habituelle au belvédère, endroit montagneux où je peux me remplir
les yeux du panorama s'étendant à mes pieds, et griller une
cigarette. Sa collègue surgit tout à coup, ne l'ai pas entendue
venir, elle grimpe la côte à pied, vélo à son côté. Je redoute
que le molosse me cause des difficultés, m'en confie à la collabo,
qui me dit le trouver «ben tannant, ce chien-là».
L'a-t-elle
vu quand elle est passée devant le chalet? Non, elle n'a pas passé
à cet endroit-là, elle vient d'un peu en aval, me dit-elle, d'une
maison bleue, blanche, verte. Vérification faite, aucune maison ou
chalet n'est peint de ces couleurs dans le secteur. Je connais bien
madame, elle demeure près de chez moi, dans la petite rue débouchant
sur la 155, en face de l'ex-petite-maison-aux-écrans : la
conjointe du civil. Et le chalet où résident les proprios du chien
est un passage obligé. Bref, un mensonge gros comme une maison. Puis
elle me lance, cette formulation typiquement policière : «C'est
beau!», et part rejoindre sa copine.
Dans
l'instant qui suit, une camionnette... rouge, couleur-message, se
pointe le nez dans la courbe passant devant le belvédère où je
suis assis sur une roche, et arrivant de la même direction que vient
tout juste de prendre la collabo. Elle s'est pointé dans un silence
intégral, comme la collabo plus tôt. L'homme au volant me salue de
la tête, une femme l'accompagne.
En
voilà deux autres impliqués dans la pseudo police communautaire.
Ils habitent la même maison que la patrouilleuse en scooter, dont
j'ai parlé plus haut. La passagère de la camionnette tourne la
tête, s'étire le cou pour me regarder par la lunette arrière, puis
la tourne dans l'autre direction, et jette un œil sur un chalet,
situé à environ trois cents pieds en contrebas, sur le bord du Lac
Bouchette. Une harpie qui espionne les citoyens, avec son chauffeur
attitré, cheveux courts, bec pincé, regard sévère et plein de
suspicion. (Suite demain)
■ Quirion
de la Sûreté du Québec : ne pas dire la vérité, des fois cela
contribue à améliorer notre image -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Un flic est beaucoup plus qu'un
VIP (Very Important Person) car sa fonction comporte une liste
impressionnante d'avantages auxquels le citoyen n'a pas droit. Voyons
un exemple pigé dans le rapport de la Commission Poitras. Le cadre
de l'action : la tempête de verglas de 1998, et les
innombrables pannes d'électricité qui s'ensuivent.
Une
résidente de Franklin, Line Monette, dénonce son voisin, l'agent
Martel de la Sûreté du Québec : il a tiré profit de
l'autorité que lui confère sa fonction pour convaincre Hydro-Québec
de rebrancher sa résidence en priorité. Le quotidien La Presse
s'empare de l'affaire. Deux articles du journaliste Marc Thibodeau
chapeautés des manchettes : Un policier de la Sûreté du
Québec est accusé d'avoir été privilégié par Hydro (4 février
1998).
Dès
le lendemain... Le policier rebranché avant sa voisine n'a rien à
se reprocher, conclut la Sûreté du Québec. Le caporal Richard
Bourdon déclare : «Pour
nous, le dossier est clos».
Le lieutenant Robert Poëti, responsable du poste de Montréal-Métro
de la Sûreté du Québec, chargé de l'enquête, explique qu'il a
été rebranché avant ses voisins parce que les employés
d'Hydro-Québec, qu'il escortait, étaient rendus dans son secteur.
Qu'en
était-il vraiment de cette histoire? Pour le savoir, les
commissaires ont interrogé Paul Quirion, responsable des Affaires
internes de ce corps policier. «(...) ça
m'a frappé particulièrement (que
Martel a été blanchi en moins de 24 heures),
parce que la position dans les médias écrits, je sais pas si
c'était la position réelle qui a été transmise par nos gens des
affaires publiques, quant à moi, ç'avait aucun rapport avec la
réalité. (...)
j'ai
rétabli les faits auprès du directeur des communications et du
directeur général, en leur disant : "(...)
ce
qui a été publié dans le journal, ça correspond pas à la
situation. La situation, c'est qu'il y a
(...) une
enquête qui a débuté, puis le portrait va arriver bientôt.
«Pourquoi
ç'a été diffusé? (...)
si
c'est ça, le message qui a été diffusé, d'après moi, c'est une
erreur. (...)
Souvent
le message qui est véhiculé par nos gens des Affaires publiques
n'est pas nécessairement ce qui est reproduit.
(...) Souvent,
pour avoir vécu maints événements de nature opérationnelle, ou
pour être impliqué dans des dossiers qui font la manchette
régulièrement, des dossiers d'affaires internes, quand on lit les
médias écrits le lendemain matin, on a la grande déception de voir
que ç'a aucun rapport avec l'enquête qu'on conduit ou l'information
qu'on a, nous autres, dans le dossier. Et des fois ça contribue
(...) à
améliorer notre image
(celle de la Sûreté du Québec),
généralement (...).»
De
deux choses l'une, conclut la Commission, ou bien la transmission
interne de l'information a été inadéquate entre le responsable de
l'enquête et le service des relations publiques, ou bien le
porte-parole a donné aux médias sa propre opinion de l'affaire, ce
que la directive de la Sûreté du Québec proscrit.
Dans les milieux
policiers, il est fréquent que l'on cherche à faire porter par les
médias, au moins en partie, la responsabilité des inexactitudes des
informations diffusées. À la vue des documents examinés, la
Commission pense que la source d'inexactitude se situe plutôt à
l'interne (de la Sûreté du Québec) : de policiers, autorisés
ou non à le faire. (Suite demain)
News du mardi 1 Mars 2011
■ New
York Times-gaz de schiste : la fragmentation de la pierre peut libérer des
éléments radioactifs
– Au Québec, la nouvelle circule depuis une couple de jours.
Cependant, on n'indique pas les ramifications de la source même de
cette information. Le dossier est complexe, plus de 30 000 pages,
mais pas hermétique lorsqu'on sait où se trouve l'essentiel.
Une
animation,
élément 6, vous allez comprendre lorsque vous y serez. On y lit
ceci : "Most
of the toxic wastewater refurns to the surface, sometimes with
radioactive material at levels thousands of times greater than
drinking water standards permit. Waste can be stored on site in a pit
or in tanks, which can leak in many ways : pond berms, pipes, liners
may fail. Heavy rain can cause ponds to overflow".
Une
carte
géographique interactive de la Pennsylvanie,
USA.
Explorez
la avec la flèche de votre souri pour découvrir les sites
d'exploitation où il existe entre autres du radium, élément radioactif de la
famille de l'uranium. Et si vous voulez pousser votre recherche plus
loin, l'endroit idéal est ce texte
qui s'étale sur 5 pages et ponctué de plusieurs hyperliens. Notez
que le New York Times a effectué une excellente recherche et s'est
inspiré aussi des travaux de l'United States Environmental
Protection Agency (EPA).
■ Une
invitation à la créativité
– Dans la vidéo
(03:20) on illustre avec plusieurs petits chef-d'œuvres. Sortir des
sentiers battus lorsqu'on fait un tournage vidéo. Fuir comme la
peste le conformisme.
■ G20-Toronto-juin
2010 : Rapport sur le comportement totalitaire de la police – Rapport
conjoint de l'Association canadienne des libertés civiles (ACLC) et
du Syndicat national des employées et employés généraux et du
secteur public (SNEGSP).
Ils
demande aux citoyens de prendre position en envoyant un courriel à
Stephen Harper, premier ministre du Canada, et à Dalton McGuinty,
premier ministre de la province d'Ontario : dans la page qui
s'affiche, on indique les
adresses courriels et postales.
Déclaration
commune... Les
Canadiens ont droit à des services de maintien de l’ordre public
qui ne vont pas à l’encontre des valeurs constitutionnelles.
Malheureusement, les opérations de sécurité et les agissements de
certains policiers sont bien en deçà de cette norme, de sorte que
la confiance à l’endroit des services de police a été
sérieusement minée. Ils exhortent les fonctionnaires compétents à
mettre en œuvre le plus tôt possible les recommandations.
Rapport
intégral en français (61 pages) + début des témoignages (page 28)
+ début des 8 recommandations (page 52). Les deux organismes
recommandent, notamment, une enquête publique conjointe
fédérale-provinciale. Réclament également des modifications à la
politique sur le maintien de l'ordre public et la formation dispensée
aux policiers, objectif : faciliter les manifestations pacifiques. Le
rôle d'infiltration de la police en civil doit être aussi examiné
de façon à limiter ce qu'ils peuvent faire et ne pas faire.
■ Un
autre chien de l'escouade canine de la Sûreté du Québec veut
m'empêcher de circuler librement -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Au
cours de ce même été 1999, un autre chien, dont la proprio demeure
près de l'Hôtel de Ville, rue Principale, m'avait agressé à deux
occasions, sans toutefois me mordre, alors que je me rendais à
l'épicerie. À l'époque, je n'avais pas encore de vélo, me
déplaçais à pied. Dans une situation semblable, on se sent pas mal
plus vulnérable.
La
dernière attaque avait été pour le moins inquiétante.
Contrairement à la précédente, il ne s'était pas contenté de me
suivre derrière en jappant et grognant. Là, il me faisait face,
tentait de me faire rebrousser chemin. Il n'arrêtait pas de sauter à
environ trois pieds devant moi, la gueule béante et baveuse,
jappait, grognait, les canines toutes sorties. Effrayant, et
assourdissant aussi, vraiment.
J'avais
gardé mon calme, mais n'en menais pas large, continué d'avancer
lentement, sans le regarder. L'incident s'était déroulé à
quelques pas de la porte d'entrée du domicile de sa maîtresse. Suis
convaincu que madame était chez elle et entendait ses jappement,
mais elle n'était pas intervenue. Si elle avait été absente, elle
ne l'aurait pas laissé circuler dans l'espace public.
Une
semaine après, il avait fallu que je retourne dans le centre du
village, faire un autre marché à l'épicerie. À pied! Malgré un
ciel bleu sans nuage, j'avais apporté mon parapluie télescopique.
Peu avant d'arriver au même endroit, le même chien agressif était
apparu d'un coin de la maison, là où se trouve la porte latérale.
Venait-on tout juste de le faire sortir? Oui. Je crois qu'on savait
que je m'en venais : utile la vidéo-surveillance. Il avait
amorcé son approche sournoise, les oreilles couchées, l'air
menaçant, pour me refaire son numéro. J'avais alors pointé le
parapluie dans sa direction, appuyé sur le bouton, et l'avais
utilisé comme bouclier. Étonné, son agressivité s'était muée en
curiosité.
C'est
à ce moment-là que j'étais allé à l'Hôtel de Ville loger une
première plainte auprès du secrétaire-trésorier de la
municipalité. Lorsque, l'été de l'année suivante, j'y suis
retourné pour une deuxième, celle-là contre la proprio du chien
qui m'avait attaqué dans la grande côte, ce fonctionnaire municipal
devait bien se souvenir de ma démarche précédente...
Sauf
que là, il réalisait que le déclic s'était fait dans ma tête,
réalisait aussi ma détermination d'aller au fond des choses, d'où
le léger empourprement, son visible embarras... Suis profondément
convaincu qu'il était au courant que la Sûreté du Québec utilise
des chiens pour empêcher des gens de circuler dans la village.
Entorse au règlement municipal interdisant, sous peine d'amendes,
qu'un chien circule librement dans les rues. Faudra l'amender d'un
alinéa pour légaliser les activités canines de ce corps policier.
(Suite
demain)
■ Des
policiers suspendus par le Comité Déontologie retournent au travail
bien avant la fin de leur suspension -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Cette
introduction à la liste noire de la délinquance de la police en
uniforme étant complétée, le lecteur néophyte sera un peu mieux
en mesure de démêler le vrai du faux des méfaits policiers qui
suivent. Nous procéderons crescendo, depuis les cas anodins jusqu'à
ceux donnant froid dans le dos. Les cas sélectionnés méritent
d'être connus.
Dès
le départ, une mise en garde s'impose. Dans les cas qui suivent, je
fais peu état des policiers de la Sûreté du Québec et surtout des
policiers municipaux des villes et villages aux populations réduites,
incluant ceux relevant d'une Municipalité régionale de comté (MRC).
C'est que tous ces flics travaillent surtout en civil. Les citoyens,
ignorant leurs présence et méfaits, ne peuvent par conséquent
porter des plaintes contre eux.
Cela étant, la police de l'île de
Montréal, où plus d'agents circulent en uniforme, et de surcroît
concentrés sur un territoire réduit, peut sembler plus délinquante
que celle des autres corps policiers, dilués dans le reste du
territoire du Québec. Alors, avertissement à retenir...
Qui
savait que les policiers écopant de journées de suspension du
Comité de déontologie payaient leur dette à la Société civile en
puisant dans leur banque individuelle de journées de congés payés
accumulés ou de vacances annuelles, ou ne purgeaient pas leur
sentence au complet? Personne, sauf les intéressés eux-mêmes,
leurs supérieurs hiérarchiques, dont les directeurs des corps
policiers. Des responsables du Comité de déontologie et des membres
du pouvoir politique, eux, étaient-ils au courant?
L'affaire
est sortie du sac en avril 1998. (Christiane Desjardins --
La Presse du 8 juin 2001) Le contexte : un journaliste de
Radio-Canada, dont j'ignore malheureusement le nom, révèle que deux
policiers de l'île de Montréal, Michel Vadeboncoeur et André
Lapointe, impliqués dans la mort de Richard Barnabé, sont retournés
au travail bien avant que leurs jours de suspension sans traitement
soient écoulés.
À la suite de ce reportage, le commissaire à la
déontologie fait enquête et conteste en Cour supérieure le
traitement (de faveur) dont les deux policiers ont bénéficié. N'a
pas le choix, le commissaire, l'affaire a été... médiatisée.
En
juin 2001, le juge Jean Crépeau stipule que le «directeur
d'un corps policier n'a pas le pouvoir de réduire le nombre de
journées de suspension sans traitement d'un policier, en partie ou
en totalité, pour les remplacer par un nombre équivalent de
journées de vacances ou de congés.»
Il précise que la pratique est largement répandue au sein des corps
policiers, particulièrement à la police de l'île de Montréal. Il
ajoute que le commissaire à la déontologie lui-même a «toujours
fermé les yeux ou ignoré qu'une telle pratique existait, ou omis de
s'informer sur l'application des sanctions.
(...) La
loi doit s'appliquer à tous et dans la même mesure».
Depuis
l'implantation du Comité de déontologie, combien de policiers et
policières que l'on croyait suspendus sans solde étaient de fait en
congé ou vacance payés? Pendant une décennie, on a leurré la
population.
Le
même phénomène existe à la Gendarmerie royale du Canada (GRC).
Novembre 1998, la Presse canadienne rapporte le propos d'un
enquêteur, François Lavigne, qui affirme avoir été contraint à
maintes reprises de réécrire ses rapports, et d'en modifier les
conclusions, lorsqu'il avait été établi que de ses policiers
avaient commis une faute. L'ex-avocat général de la Commission des
plaintes contre ce corps policier, Me Pierre-Yves Delage, confirme
que le processus avait été entaché. Les ordres émanaient de
Bertrand Giroux, décédé en septembre 1997. (Suite
demain)
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