News du jeudi 31 Mars 2011

  Images - Obama survole la Libye ; son avenir est ; l'escabeau ; le vieillard et ses domestiques ; sans avenir ; gentil toutou ; pas s'éloigner sans la maison ; pas vraiment l'endroit.

  Libye – Une diapo, notamment une photo de petits enfants nous fait prendre conscience qu'eux aussi sont coincés dans cette bataille contre le tyran Kadhafi. Je serais pas étonné que cette photo fasse du bruit sur le web. En tout cas, je le souhaite.

  Montréal : quelques milliers d'étudiants dans la rue – À cela s'ajoute environ les 50 000 qui ont fait la grève des cours aujourd'hui un peu partout au Québec. La raison est bien connue : la hausse des coûts de la scolarité. Dans son dernier budget, le ministre des Finances Raymond Bachand, du gouvernement de Jean Charest, a prévu une augmentation de 325$ chaque année pendant 5 ans à compter de 2012. Au total, la contribution de l'étudiant passera de 2168 à 3793$ : vidéo (05:19), entrevue avec Louis-Phillipe Savoie, président de la Fédération étudiante universitaire du Québec + article et photos.

  Révolte arabe – La longue marche parsemée d'embuches vers la liberté sur fond cadencé de la "Conquest of paradise", œuvre magistrale du Grec Vangelis : vidéo (04:53) très émouvante.

  Japon-Nuage radioactif – The New York Times rapporte que des traces d'iode radioactif ont été trouvées dans des échantillons de lait à Spokane, dans l'État de Washington, USA.

  L'un de mes chauffeurs prétendait être un civil de la Sûreté du Québec - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) N'ayant pas d'auto, je peux compter sur trois personnes quand je dois aller à l'extérieur du village de Lac Bouchette. Deux sont de bonne foi, le troisième, pas une miette. Sous des apparences doucereuses, ce Chevalier de Colomb (CdeC) est un collabo pur et dur de la Sûreté du Québec. Il se prétend civil de ce corps policier, mais «faut pas le dire à personne», m'a-t-il déjà averti.

Je ne l'ai jamais cru, pas assez allumé pour le métier. Mais fanatique de la police, de l'ordre et du conformisme, et CdeC, cela ne fait pas l'ombre d'un doute. Et à tout crin, participant aux patrouilles dans les rues du village, à des déstabilisations aussi, espionnant, on peut le présumer sans se tromper, les gens qu'il transporte. Je le connais depuis plus de quatre ans, un maudit bon gars, qui ne rate jamais l'occasion cependant de me désinformer.

J'ai remarqué que lorsqu'il me dit du mal de quelqu'un, et c'est imparable, il s'agit d'un civil. Il fait de gros efforts pour étoffer sa fausse identité. Il me confiera notamment que l'un de mes voisins est un homo. Ainsi, lui en accoler l'étiquette visait à égratigner un peu sa réputation. Un homo ne peut pas être dans la police, pensera-t-on.

Il déblatérera aussi contre le faux ado, celui qui, en ma présence, si vous vous souvenez bien, avait été interpellé un peu rudement par un civil, au point d'être sur le bord des larmes. Mon chauffeur-collabo me le décrira comme un jeune malfaisant qui a déjà pillé un jardin un soir, et qui prend de la drogue.

Dans l'édifice où j'habite, le mini quartier général de la Sûreté du Québec, j'ai vu de temps à autre ce dernier en sortir ou entrer. Un jour, il est apparu à la fenêtre d'un appart de l'étage, arborant une fausse petite moustache et un faux collier de barbe. Au même instant, au rez-de-chaussée, juste en dessous, l'homme-au-toutou sortait sur la galerie, affichant la fameuse coupe iroquoise, la soft, une petite moustache noire à la Chaplin complétait le déguisement. Synchronismes.

À une autre occasion, ai aperçu Faux-Ado, sur le terrain voisin, jouant au ballon, vêtu d'un tee-shirt... rouge, s'est même tourné dans ma direction pour que je lise bien l'inscription : FBI, en lettres blanches. L'instant d'après, la mini partie de soccer prenait fin. Scénario qui m'était de toute évidence destiné. Pas de doute : il travaille pour la police.

En outre, ai souvent vu mon chauffeur utiliser les mêmes techniques policières que ceux qui me harcèlent ou cherchent à m'intimider quand je circule à vélo : coups de klaxon, grosses gueules, gestes d'impatience de la main indiquant à la cible de dégager. À l'été 2002, entre autres, lors des travaux routiers sur la 155, à la hauteur du village voisin, St-François-de-Salle.

Il avait ainsi harcelé une jeune femme préposée à la circulation, passait son temps, quand nous traversions ce secteur en construction, à pester contre elle. Après quelque temps, j'avais remarqué le faciès un peu effrayé de la jeune femme. Il avait aussi procédé de cette façon avec un coéquipier de celle-ci, un homme dans la cinquantaine qui, visiblement, était étonné de ses simagrées. (Suite demain)

  En 2002, manif à Montréal contre les abus policiers : 371 citoyens passent la nuit en prison - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Mars 2002. Dans une centaine de villes de l'Occident se tiennent différents événements visant à protester contre les abus de pouvoir des forces de l'ordre dans le monde : théâtre, émissions, fêtes, marches. À Montréal, le MAJ et les COBP participent à cette mobilisation internationale, organisent une marche.

Le lendemain, le journaliste Karim Benessaieh de La Presse rapporte que la manifestation a quelque peu dérapé dans le centre-ville de Montréal. Des manifestants se sont d'abord signalés en barbouillant de peinture des devantures de boutiques, à l'angle des rues de Maisonneuve et St-Laurent. Plus loin, c'est le quartier général de la police, à l'angle des rues St-Urbain et Ste-Catherine, qui a subi leurs foudres : des voitures de police stationnées endommagées, six fenêtres fracassées. (Karim Benessaieh -- La Presse du 16 mars 2002)

Constatant les dégâts, la police les somme de se disperser. Quelques 150 protestataires font fi de l'ordre, se dirigent vers la rue St-Antoine. L'escouade anti-émeute, qui les attend plus loin, rue St-Laurent, les encercle et enfourne tous, sans qu'aucun ne résiste, dans des fourgons cellulaires. On ne signale aucun blessé.

Dans le fouillis d'objets qu'ils auraient laissé tomber au moment de leur encerclement, les policiers trouvent plusieurs frondes, des billes d'acier, des masques à gaz, des boules de billard et des ballons remplis de peinture. Les policiers, explique le commandant André Durocher (le même qui appliquait le "Code criminel" de la police plutôt que celui du législateur), ont d'abord tenté de connaître le trajet de la manifestation. «Nous ne voulions pas les arrêter, mais c'était simplement pour les protéger : ils se mettaient en danger en traversant des intersections. Nous avons reçu aucune collaboration de leur part.»

Trois ou quatre jours après, nous apprenons que le nombre d'arrestations était beaucoup plus considérable. Éric Trottier de La Presse rapporte que des voix commencent à s'élever mettant en doute le bien-fondé de l'opération policière qui a permis d'arrêter... 371 manifestants (Éric Trottier -- La Presse du 20 mars 2002) : 268 adultes et 103 ados avaient passé la nuit en prison puis été relâchés après avoir été accusés d'attroupement illégal, de port d'armes prohibées et d'une douzaine d'autres méfaits. En une heure, la police avait bien failli battre le record de 463 arrestations établi au cours de la ZLÉA tenu au printemps 2001.

«Le nombre m'apparaît énorme», déclare Robert Laramée, membre de la Commission de la sécurité publique de la Ville de Montréal, organisme responsable de la police. Il fait part de son intention de demander des comptes à la direction du service. «Il est évident qu'on ne peut accepter des gestes de saccage ou de barbouillage, mais je me demande tout de même pourquoi la police n'a pu faire la différence entre saccageurs et ceux qui voulaient manifester pacifiquement.»

De son côté, le maire Gérald Tremblay, qui est nul en matière policière, se dit satisfait de l'opération policière : «Pour le moment (...) l'information que j'ai, c'est que les policiers ont fait un travail assez exceptionnel pour circonscrire les jeunes et s'assurer qu'il y ait le moins de dommages possibles à la propriété privée(Suite demain)

News du mercredi 30 Mars 2011

  Gaz de schiste : Québec s'occupe peu de la Loi sur le développement durable et des recommandations de 2009-2010 - Cela étant, il ne permet pas l'atteinte d'un juste équilibre entre les intérêts de la société québécoise, des communautés locales et de l'industrie. Constat du Rapport 2010-2911 (36 pages) du Commissaire au développement durable, Jean Cing-Mars, rapport intégré à celui du vérificateur général du Québec Renaud Lachance : les recommandations sont au chapitre 3 + d'autres infos sur le site gouvernemental du vérificateur.

Deux ministres sont indirectement pointés du doigt : Nathalie Normandeau des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) et Pierre Arcand du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP). Mise en place tardive de mécanismes gouvernementaux de participation des citoyens, contrôles insuffisants par les ministères.

Le Commissaire signale qu'à la fin de ses travaux, très peu d’inspections avaient été faites par le MRNF et le MDDEP aux étapes critiques des activités, soit lors des travaux de forage ou de complétion, afin d’assurer la protection de l’environnement de même que la santé et la sécurité des personnes.

PS : Improvisation ministérielle, sans préparation ni connaissances de cette industrie. À les entendre parler, surtout Normandeau, la population n'avait rien à craindre, le gouvernement du premier ministre Jean Charest s'occupait de tout. Et les citoyens qui rouspétaient avaient torts. Allez, tassez-vous, laissez nous passer avec nos gros sabots.

  Un jour sur quatre... - Un Québécois perd la vie au travail. Ça n'a pas de sens. Vous voulez d'autres chiffres? Toutes les six minutes, un Québécois est blessé ou mutilé au travail. Plus de 90 000 accidents du travail par année. Drames humains, vies brisées, familles anéanties, coûts sociaux gigantesques, perte d'expertise pour des milliers d'entreprises. La source de ces chiffres? La Commission de la santé et de la sécurité au travail du Québec (CSST), qui a lancé hier une campagne : vidéo (01:02) + site de la CSST.

  Japon-nuage radioactif – À Orsay et Vésinet, deux communes de la région parisienne, la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) a détecté, après analyse en laboratoire, des traces anormales d'iode 131, un élément radioactif.

  Japon : jusqu'à présent, des nuages radioactifs semblent se succéder – L'un après l'autre. La carte géographique animée de Comprehensive Nuclear-Test-Ban Treaty Organisation (CTBTO) le démontrerait. Celle que j'ai diffusée sur cette page dimanche dernier couvrait la période du 12 au 24 mars. La nouvelle s'étale du 12 au 27 mars : la carte est actualisée régulièrement, donc les dates progressent. La couleur jaune indique "aktuelle detektion".

Je rappelle que CTBTO demeure le seul organisme capable de détecter partout dans le monde la présence de particules radioactives dans l'atmosphère. Il a été mis en place en 1996 dans le cadre du traité d'interdiction totale des essais nucléaires. Normal qu'il sache ce qui se passe au Japon.

  Interdiction subliminale par vase, trous et peur de l'ours interposés - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Sept février 2002, début de l'après-midi, je vais à l'épicerie de Lac Bouchette. Sur la rue Principale, je ralentie à l'intersection de la Route de l'Ermitage, une wagonnette s'en vient, lui donne la priorité, mais son conducteur s'est arrêté et ne semble pas vouloir en profiter.

Alors, j'accélère un peu pour ne pas le faire patienter trop longtemps, ne peut aller vite à cause de la neige et de la glace. Au moment où j'entreprends de passer devant son pare-choc, monsieur décide d'avancer à un pied de ma jambe. Je m'arrête, suis devant lui, il s'excuse, fait signe qu'il ne m'avait pas vu. Pas vu? Nous sommes les deux seuls véhicules à l'intersection. Je le dévisage un moment.

Je m'apprête à repartir, une auto rouge vin, dissimulée derrière, dans un angle mort, surgit et se place parallèlement à la wagonnette. J'identifie illico son proprio : un conseiller municipal impliqué dans la répression policière. Il s'étire le cou à gauche et à droite pour s'assurer que la voie est libre, et tourne sur Principale. À l'autre coin de l'intersection, juste en face, une autre spécialiste de la répression souterraine. Trois coïncidences...

Dix sept mai de la même année, excursion à vélo dans la forêt. Alors que j'escalade une côte abrupte, une camionnette surgit de l'autre versant. Tiens, de la visite. Je fais signe au conducteur, il s'arrête, on cause une bonne demi heure. À cet endroit, il est traversé par un gazoduc de Gas Métropolitain. Le type me demande : «T'as quand même pas l'intention de revenir (au village) après (ta randonnée) par là (le chemin du gazoduc)?» Non, que je réponds. Dans la formulation et le ton, je perçois une interdiction d'y circuler.

Du reste, m'explique-t-il, s'est vaseux et plein de trous. C'est aussi un endroit très fréquenté par les ours. Il y en a tellement, me raconte-t-il, qu'il lui est arrivé d'y stationner sa camionnette, d'attendre, pas longtemps, mains jointes derrière la nuque, geste à l'appui, pour en voir quatre ou cinq sortir de la forêt.

L'interdiction subliminale par vase, trous et peur de l'ours interposés. On se laisse là-dessus. Sur le chemin du retour, une camionnette me croise. À l'arrière, trois jeunes adultes debout, accoudés sur le toit de la cabine. L'un me crie : «La police s'en vient.» (Suite demain)

  Le ministre péquiste Serge Ménard faisait passer de l'intimidation policière comme étant des mesures humanitaires - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Ces manifestants sont-ils justifiés de s'inquiéter de la Zone du libre-échange des deux Amériques (ZLÉA)? Nécessaire de soulever la question, compte tenu du contexte. La globalisation économique recèle de nombreux avantages mais n'en comporte pas moins certains risques.

Compréhensible que des citoyens le manifestent publiquement. Ils estiment, en gros, qu'il s'agit d'un accord destiné essentiellement à aider les grandes entreprises à se développer au détriment de l'environnement et des droits des travailleurs et des citoyens. (Marie-Claude Lortie -- La Presse du 9 mars 2001)

D'autres points de vue circulent aussi, ainsi celui de Dorin, ex-ambassadeur de la France, «le libéralisme économique et l'ouverture des marchés mondiaux qui en découle devaient tous nous apporter (Bernard Dorin -- Appelez-moi Excellence -- Éditions Stanké, 2001) : la prospérité, la santé, la liberté, le bonheur... En fait, que constatons-nous? Que si, statistiquement, les économies européennes (...) se sont développées depuis vingt ans, les maux des sociétés occidentales se sont accrus dans de bien plus grandes proportions : drogue, prostitution, chômage et surtout crime organisé et corruption.

«Notre tort est de ne prendre en compte que les statistiques de la croissance sans considérer les misères qui les accompagnent. Nos villes n'ont jamais connu autant de sans-logis et de mendiants qu'aujourd'hui. C'est là un fait que chacun peut constater, simplement en empruntant le métro parisien, et le fait, pour les maires de certaines villes de prohiber la mendicité ne s'attaque pas à la cause du mal mais seulement à ses effets visuels», constate-t-il.

La ZLEA préoccupe également l'écrivain brésilien Paulo Coelho, mais pour d'autres raisons ayant tout à avoir notamment avec la discipline marchande. Il se dit horrifié par l'idée d'une culture homogène faite à la mesure de tous. (Juan Arias -- Conversations avec Paulo Coelho -- Éditions Anne Carrière, 1999 pour la version française)

«J'ai peur d'un Dieu standard, dogmatiquement valable pour tous, non personnel, qui remplacerait ce que la conscience de chaque être humain peut découvrir. La culture et la religion doivent être l'expression de l'âme individuelle. (...) Le grand danger du marché global consiste à produire une culture qui serait un contrôle universel des esprits. De là à un nouveau nazisme, il n'y a qu'un pas», craint-il. On le voit, à ces témoignages, que les craintes de ces jeunes ne sont pas toutes infondées, qu'ils ont raisons de se manifester.

Finalement, en février 2001, en prévision du Sommet de la ZLÉA qui doit se tenir à Québec une couple de mois plus tard, la Ligue des droits et libertés du Québec forme un comité de surveillance des libertés publiques, constitué principalement d'avocats, de juristes et d'intervenants communautaires, et présidé par Me Julius Grey. (Pascale Breton -- La Presse du 14 février 2001) Son mandat : surveiller les actions des corps policiers, informer et interpeller les autorités publiques sur les libertés des manifestants.

Des poursuites pourraient être intentées devant les tribunaux, s'il s'avérait que des droits ont été brimés. En outre, le comité demande à Amnistie internationale, à la Fédération internationale des Ligues des droits de l'homme ainsi qu'à Human Rights Watch d'y déléguer une mission d'observateurs. Le ministre péquiste de la Sécurité publique Serge Ménard déplore aussitôt que «des mesures prises pour des raisons humanitaires (sic) aient été interprétées par certains comme des mesures d'intimidation». (Paul Roy -- La Presse du 15 février 2001) Nous y reviendrons.

C'est dans ce contexte qu'il faut insérer la déclaration pacifiste du commandant André Durocher de la police de l'île de Montréal. Il l'a faite environ un mois avant la tenue de la ZLEA. De toute évidence, il était au courant des déclarations de la Ligue des droits et libertés, etc. Le pouvoir politique avait-il passé aussi un message à l'hiérarchie policière de l'île de Montréal? On ne le saura jamais de façon certaine, ce qui n'empêche pas de plus que le penser. (Suite demain)

News du mardi 29 Mars 2011

  Canada : 4 associations de femmes s'opposent au fractionnement des revenus familiaux du PCC - Une proposition du parti progressite-concervateur (PCC) de Sephen Harper, qui, selon les 4, incitera les femmes à rester à la maison : Fédération des femmes du Québec (FFQ), Conseil d'intervention pour l'accès des femmes au travail (CIAFT), Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ) et Mouvement RebELLEs + un événement à venir et un slogan.

L'un des arguments des 4... Le cas d'un couple dont le conjoint gagne 40 000$ par année et la conjointe travaille à temps partiel pour un revenu annuel de 15 000$. Avec deux enfants dans un service de garde hors Québec, un couple peut aisément y consacrer 12 000$ par année.

Avec la réduction d’impôt promise par le PCC, le couple pourrait conclure que la conjointe devrait cesser de travailler afin de dépenser moins en services de garde et, comme le revenu familial serait divisé par deux (20 000$ chacun), de bénéficier d’un retour d’impôt supplémentaire. Cela fait en sorte que la conjointe deviendrait économiquement dépendante de son conjoint.

  Québec : la laïcité, un pas de plus vers l'égalité des sexes - Christiane Pelchat, présidente du Conseil du statut de la femme (CSF), un organisme para-gouvernemental, a rendu public hier un document de 161 pages démontrant que la laïcité qui prévaut actuellement au Québec en est une par défaut. Deux recommandations... 1) Affirmer l'interculturalisme dans une loi qui ferait notamment état des valeurs communes du Québec, dont la laïcité et l'égalité entre les sexes ; 2) Déclarer que le Québec rejette la "laïcité ouverte".

Le CSF estime que la séparation de l'État et de la religion, quelle qu'elle soit, constitue une valeur collective fondamentale. La situation actuelle nuit à la cause des femmes en raison du statut subordonné que leur réservent les religions. Nuit également à la liberté de conscience et de religion : vidéo (04:56), au milieux de la page qui s'affiche + entrevue avec Pelchat (12:51) à l'émission radio de Dutrizac + entrevue radio aussi (08:21) à l'émission de Désautels + site du CSF.

  Canada : Ottawa impose la censure à ses représentants en Afghanistan – Élections générales obligent...

PS : Il est clair qu'on ne pas tout dire pendant une campagne électorale. Bâillon du droit de savoir. Petit Robert : morceau d'étoffe qu'on met entre les mâchoires de quelqu'un pour l'empêcher de parler, de crier. Et "Ottawa", c'est qui pensez-vous?

  Banque du Canada : mieux vaut prévenir que guérir, cela peut aider aussi à mieux guérir – En résumé, c'est le message qu'a transmis Jean Boivin, sous-gouverneur de la Banque du Canada, lors d'une allocution prononcée hier le 28 mars. Rien de mieux que la crise financière de 2008 pour rafraichir les mémoires et indiquer ce qu'il reste à faire pour rétablir la prospérité. Ce qu'il fait à l'aide de 9 graphiques comparatifs d'un cycle à l'autre, données trimestrielles, dans les pages de 8 à 12 du document qu'il vient de rendre public.

Voyons les thèmes abordés : Une baisse du produit intérieur brute (PIB) réel abrupte mais d'une plus courte durée ; Des pertes d'emploi moins importantes ; PIB réel, les USA éternuent, le Canada attrape le rhume ; Baisse historique des exportations réelles ; Plongeons des investissements fixes réels des entreprises ; Baisse de l'activité économique au Canada plus faible mais comparable à celle des USA ; Endettement des ménages élevé ; Parts du marché américain : le Canada perd, le Mexique gagne ; Moins d'investissement en machines et matériel au Canada qu'aux USA.

PS : Le sous-gouverneur de la Banque du Canada Boivin dit dans son allocution : «Nous devons nous attaquer sérieusement aux enjeux importants auxquels nous sommes confrontés». Fin de la citation. Le Canada est actuellement plongé dans des élections générales. Le premier ministre Stephen Harper sollicite un autre mandat. Voilà plusieurs sujets qui pourraient être soulevés d'ici le scrutin du 2 mai prochain.

  Journal de Montréal – Après un lock-out de 2 ans et 1 mois (25 mois), décrété par Pierre Karl Péladeau, président-directeur général de Quebecor, les journalistes ont accepté hier le protocole de retour au travail. Certains espèrent pouvoir continuer de travailler sur le site ruefontrenac, crée à la suite du décret du tout puissant Péladeau fils.

PS : Pendant toute la durée de ce conflit, le journal de Montréal a été publié quotidiennement. Le Code du travail stipule que, pour être considéré comme un briseur de grève, la personne doit être sur les lieux de l'entreprise. L'informatique a bulldosé cette donne. Elle permet d'envoyer des articles par courriels sans être sur place.

Dans le cas d'un lock-out, le rapport de force s'en trouve socialement déséquilibré. L'éditeur d'un journal peut éterniser un conflit, avoir ses grévistes à l'usure. Il s'en fout, lui, l'argent entre quand même dans le tiroir-caisse : le site ruefrontenac n'est pas rentable. Injustice néolibérale intolérable au sein d'une démocratie.

  Lac Bouchette : l'impression de vivre dans un de ces États policiers de cauchemar - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Se pose aussi toute la question de la participation citoyenne à la pseudo police communautaire de Lac Bouchette. Volontaire ou obligatoire? Que fera le commerçant, par exemple, si l'un de ses employés refuse d'entrer dans la milice policière, ou de participer occasionnellement, dans son établissement et ailleurs, à des activités de répression clandestines?

Ce citoyen est-il désigné comme un rebelle à l'ordre établi par la Sûreté du Québec? Suscite-t-il l'opprobre de celle-ci et de ses miliciens, au point de devenir l'équivalent d'un lépreux qu'on rejette, éjecte? Et le commerçant, est-il également obligé? Oui, et de cela j'en suis également convaincu. Un pouvoir politique devient immorale quand il exige que des citoyens participent à son système de répression.

Virage à 180 degrés, cependant, il faudra un peu de temps tout de même pour que chaque rouage de la machine répressive ralentisse la cadence. Neuf janvier 2002, vers 18h, rue Principale, je roule en direction de la biblio. Dans la grande côte, j'ai droit au pas de parade... à la soviétique.

Une civile de la Sûreté du Québec dans la quarantaine, le pas haut, balançant les bras, le tout exécuté au ralenti : les bras à gauche, la jambe droite levée, les bras à droite, la jambe gauche levée. Marche martiale! Dans l'ex-empire de l'URSS, on entendait les bottes frapper le pavé, en face du Kremlin. De l'autre côté, un voisin riverain, qui s'apprête à monter dans sa camionnette, intrigué, s'est immobilisé pour la regarder passer. Tout un spectacle. Veut-elle me signifier sa capacité de se défendre si jamais je l'attaquais?

J'avais déjà été témoin de démonstrations de force du genre, de la part de deux de ses collègues féminines. Chez l'une, c'est le mouvement des bras. Tête légèrement penchée sur le côté, regard dérobé, le bras droite amorce un arc, main ouverte. Le geste est d'abord lent puis vif avant de s'immobiliser une fraction de seconde et s'abattre sur une cible invisible, comme au karaté, puis l'autre bras entreprend la même trajectoire. L'effet saccadé fait penser à l'automate. Chez l'autre, c'est le déplacement de la jambe qui est mécanisé. L'effet est visible seulement quand elle revient à son point de départ, avec une étonnante vélocité.

Des chorégraphies exécutées au quart de tour. Spectacle bien rôdé, les interprètes ne sont pas des débutantes gauches et hésitantes. L'impression de robots bien programmés, aveugles et sourds. Intimidant, réellement! Et en même temps vous avez aussi cette impression de vivre dans un de ces États policiers de cauchemar. Comment en sommes-nous venus là! (Suite demain)

  Allmand : «Les citoyens ont le droit de manifester librement sans faire l'objet d'intimidation» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Environ un an plus tard, en mars 2001, encore une manif dénonçant la mort de Lizotte. Dans le cadre de la Journée internationale contre la brutalité policière, 150 personnes, à l'invitation des COBP, pour la plupart des jeunes, défilent dans la rue, font un arrêt au Shed Café, où la victime a été agressée par deux policiers de l'île de Montréal, puis devant le quartier général de ce corps policier. (Pascale Breton -- La Presse du 16 mars 2001)

Le mot d'ordre est le pacifisme, relate la journaliste Pascale Breton de La Presse, qui cite un manifestant : «On est tanné d'en prendre. Il y a de la violence policière ici, mais aussi partout sur la planète et c'est avec des mouvements de masse qu'on va faire changer les choses. On ne veut pas de violence, mais on ne se cache pas que plusieurs participants (à la manif) ont une très grosse colère en eux contre ce qui se passe».

Celui-ci refuse de décliner son identité de peur d'être repéré par les policiers si son nom était cité dans les médias. D'autres, note le journaliste, se montrent agressifs envers les représentants des médias, particulièrement les cameramen, craignant que des images vidéo d'eux soient ensuite utilisées par des policiers. Quelques uns tentent d'ailleurs d'obstruer les lentilles des caméras.

Prenons connaissance aussi de cette importante déclaration du commandant André Durocher de la police de l'île de Montréal, car elle permettra de débusquer une anguille sous roche : «Tout s'est bien déroulé. Nous adoptons toujours la même stratégie, soit de laisser les gens manifester lorsqu'ils le font de la bonne façon, sans violence», déclare-t-il.

Ce n'est pas tous les jours que l'on entend un tel discours de la part d'un membre d'un corps policier. Utile de bien le situer dans son contexte, pour connaître la raison de ce changement de cap surprenant : cette manif s'était déroulée le mois précédant la tenue du Sommet sur la Zone du libre-échange des deux Amériques (ZLÉA) d'avril 2001, à Québec.

On se souvient que le ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard, homme de droite, avait annoncé sa décision de vider la prison d'Orsainville pour faire place aux éventuels manifestants qui y seraient arrêtés.

Inquiet d'entendre ces propos, le président de la Ligue des droits et libertés du Québec, André Paradis, était intervenu dans les médias afin que Ménard ne songe pas seulement à emprisonner des citoyens. (Presse canadienne, Pascale Breton et Paul Roy -- La Presse des 3 novembre et 30 décembre 2000 et des 14 et 15 février 2001) Il lui reprochait de créer l'impression que manifester est un geste illégal et non un droit, soutenait que le public a le droit de manifester librement lors du Sommet.

Il signalait que les forces policières ont un parti pris en faveur de l'ordre, aux dépens des libertés publiques. «Les policiers doivent faire en sorte que l'espace pour exercer son droit public soit respecté et que la liberté d'expression soit là ». Rappelait leurs méthodes souvent abusives utilisées pour disperser les manifestants, ainsi à Montréal, au cours du sommet du G-20, de septembre 2000, où des policiers à cheval, avaient chargé la foule. (NDLR : Époque où la police de l'île de Montréal relevait de la Communauté urbaine de Montréal et de sa présidente Vera Danyluk, femme de droite.)

Recommandait aussi au ministre de garder ses distances face aux corps policiers, signalant que les interventions policières musclées au sommet de l'APEC (Coopération économique Asie-Pacifique), à Vancouver, avaient donné lieu à des accusations d'ingérence politique. (NDLR : Du gouvernement fédéral libéral de Jean Chrétien, événement qu'on élaborera plus loin.) Paradis se referait aussi aux autres grandes réunions sur la mondialisation tenues à Seattle et à Prague, où les droits des manifestants avaient été systématiquement brimés.

Le président du Centre international des droits de la personne et du développement économique, et ex-solliciteur général du Canada, ministère de toutes les polices du pays, Warren Allmand, était lui aussi préoccupé, associait la décision du ministre Ménard à de la «provocation». (Presse canadienne -- La Presse du 3 novembre 2000)

«Les forces de l'ordre ne devrait pas présumer à l'avance du comportement des manifestants avant même que ceux-ci ne mettent les pieds dans la Vieille Capitale (Québec), écrivait-il dans un communiqué de presse. L'expérience a démontré que la grande majorité des citoyens expriment leur opinion de manière pacifique. Les citoyens ont le droit de manifester librement sans faire l'objet d'intimidation.» (Suite demain)

News du lundi 28 Mars 2011

  Japon-aujourd'hui 28 mars – Déclaration de Yukiya Amano, directeur général de l'International Atomic Energy Agency (IAEA) : "La situation reste très grave, elle reste très préoccupante. (…) Je propose qu'une conférence de l'IAEA sur la sûreté nucléaire de haut niveau se tienne à Vienne avant l'été".

Ce lundi 28 mars, une autre manifestation d'environ 300 personnes à Tokyo, une aussi à Séoul, en Corée du Sud : vidéo (00:59) + site de l'IAEA, en anglais. Suivez les événements en direct sur Aljazeera, colonne de droite, ou sur ses blogs, qui est une répétition de ce que vous avez manqué en direct via satellite.

  Japon – Hier à Tokyo près de 200 citoyens ont manifesté dans la rue. Ils demandent l'arrêt du nucléaire dans archipel : vidéo (00:45) du 27 mars. Le 15, un citoyen, réfugié avec d'autres dans une petit pièce, avait déclaré que l'énergie nucléaire est terrifiante, plus encore qu'un tsunami : vidéo (01:45).

  Hubert Reeves propose des débats sur le nucléaire – Sur son site, l'astrophysicien signale que les nuages radioactifs n'ont pas de frontières. Des débats s'imposent dans tous les pays possesseurs de centrales ou projetant d'en construire. À l'exemple de l'aviation civile, l'application universelle des conclusions de ces débats est la seule solution réaliste.

J'ai lu quelque part cette autre déclaration de Reeves... Le nucléaire exige une sécurité sans faille. C'est une technologie pour les anges. Trop dangereuse pour les humains.

  Lac Bouchette : les fanatiques de l'ordre et du conformisme découvrent la face cachée de leur collaboration étroite avec la Sûreté du Québec - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) En cette fin d'année 2001, suis un peu las de cette enquête. Les comportements des civils et de leurs collabos deviennent répétitifs, ne m'apprennent plus rien que je ne sache déjà. C'est comme visionner toujours le même vieux film.

Cela dit sans prétendre tout savoir, absolument tout. Le temps me semble quand même venu de lâcher un peu de lest, juste pour voir. Je vais faire une confidence à Snowbird. Je l'ai ciblé parce que je le soupçonne d'être, dans le petit village, l'un des principaux rouages de la participation citoyenne à la fameuse cause de la prévention. Chemin de la Montagne, je le vois au loin, s'en vient d'un bon pas.

Cet après-midi-là, je décide de l'entretenir brièvement des atteintes à la dignité de la personne, innombrables dans le village de Lac Bouchette, auxquels se livrent les civils de la Sûreté du Québec et leurs collabos. Lui laisse faussement comprendre que j'ai été témoin d'infractions du genre commises à l'encontre de citoyens du village, ou de confidences que certains m'ont faites, sans lui préciser que je parle spécifiquement de celles dont j'ai été la cible.

Autant de civils et de collabos ne le sillonnent tout de même pas uniquement pour surveiller et déstabiliser le journaliste que je suis. Tous les autres symptômes sont là, et solidement enracinés : climat de gravité ambiante, stéréotypes, rues désertes, citoyens confinés à leur résidence, etc.

En l'espace d'une dizaine de jours, le résultat sera spectaculaire. Mes yeux écarquillés n'arriveront pas à le croire. C'est fou comme on fera désormais preuve de respect à mon égard. Du jamais vu, jusqu'à ce moment-là. Fini les grosses gueules de mes oppresseurs, les regards noirs et autres mimiques. Finis les gestes m'indiquant de dégager, finies les paroles faussement mielleuses, et j'en passe, la liste est trop longue.

On m'ignorera, tout en continuant de s'intéresser à moi mais discrètement et de loin. L'attitude des citoyens collabos, surtout, s'en trouvera, et littéralement, culbutée, bien que subsisteront encore quelques entourloupes, quoi que légères comparées à celles d'avant. Graduellement, ils seront aussi moins nombreux à patrouiller les rues. Le démocrate que je suis est fier de son coup. Soudain, je les trouve un peu moins laids.

Ce qui semble avoir touché Snowbird, c'est de lui avoir signalé que, dans le village, on porte atteinte à la dignité de la personne. Cette formulation a atteint ma cible en plein centre. Me suis alors rendu compte, pour la seconde fois au cours de mon enquête, que la formulation "atteinte aux droits fondamentaux" est trop abstraite pour que les gens cliquent. En utilisant un exemple concret, le message passe comme une tonne de brique.

Preuve comme quoi j'avais bien choisi mon homme. Il l'a transmis aux autres, aussi sûr que deux et deux font quatre. Pas seulement ça. Lui-même cessera ses provocations. Dans les semaines précédent son départ pour le Sud, je ne le verrai pratiquement plus dans l'espace public, et les très rares fois où cela arrivera, il m'ignorera totalement. J'insiste : tous les civils et leurs collabos.

Ces derniers, comme s'ils faisaient la découverte d'un autre monde, celui des droits et libertés, dont le droit à la dignité. Certains disparaîtront de la circulation, d'autres réapparaîtront peu après, détournant la tête lors de mon passage, ou la baissant avec le petit air gêné de ceux qui savent que vous savez. Conscientisés sur les illégalités auxquelles, sans doute sans le savoir, ils se livraient. Certains auront aussi un peu peur, ça se sentira. Peur de représailles, peur de poursuites judiciaires.

Les fanatiques de l'ordre et du conformisme viennent de découvrir la face cachée de leur collaboration étroite et quotidienne avec la police. La Sûreté du Québec les en avait-elle informés avant de les enrôler dans sa milice? Non, et j'en suis convaincu. Il ne fait aucun doute qu'elle leur avait enseigné ces tactiques policières illégales, ils ne pouvaient les avoir apprises d'eux-mêmes. Du reste les civils les utilisent régulièrement. (Suite demain)

  Justifier une intervention policière injustifiée, et ternir la réputation de citoyens s'opposant à la brutalité policière - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Janvier 2000. Au cours d'une manifestation, une centaine de citoyens expriment leur colère relativement à la mort de Jean-Pierre Lizotte survenue à la suite d'une intervention de la police de l'île de Montréal, affaire que nous aborderons plus loin. Y participent, des membres du Mouvement Action Justice (MAJ ), de la Ligue des Noirs du Québec (LNQ) et des Citoyen-ne-s opposé-e-s à la brutalité policière (COBP). (Marie-Claude Girard -- La Presse du 23 janvier 2000)

La journaliste Marie-Claude Girard de La Presse rapporte cette déclaration d'Alexandre Popovic des COBP : «On est ici pour demander justice.» D'après lui, le cas Lizotte n'est pas un phénomène isolé. «Les grosses places à fric» ont commencé à occuper la rue Saint-Laurent, faisant des sans-abri des indésirables.

«Pour un seul cas de mort d'homme aux mains de la police, il y a des centaines, sinon des milliers d'autres cas de harcèlement, d'intimidation et d'arrestation de sans-abri, de squeeggees ou d'individus à l'allure trop marginale pour côtoyer d'aussi près les espaces fliqués et friqués.» La manif est ponctuée d'actes de vandalisme, malgré les appels au calme d'Yves Manseau du MAJ et Dan Philip de la LNQ.

Deux mois s'écoulent puis survient une autre manif contre la mort de Lizotte. Ce jour-là, des «punks masqués» font voler en éclats des vitrines d'un restaurant McDonald et des vitres du poste 19 de la police. D'après Philippe Caron-Boutin, l'un des manifestants interrogés par la journaliste Girard, ces punks «ont disparu dans la brume» sans être arrêtés. (Marie-Claude Girard -- La Presse du 17 mars 2000) La police a procédé à l'arrestation de 112 manifestants mais apparemment aucun de ces «punks masqués» n'étaient du lot. Qui étaient-ils?

D'après Manseau du MAJ, qui a dénoncé cette violence, il s'agit de groupuscules qui se sont infiltrés parmi les manifestants. Pour sa part, un membre des COBP, un dénommé Jules, croit que ce sont des gens qui subissent quotidiennement la répression policière. «Ce ne sont pas des agitateurs professionnels mais des gens qui connaissent les habitudes de la police». M. Cooper, nom d'un autre participant, croit que, sans être liés aux COBP, c'en sont peut-être des sympathisants. D'après lui, ce serait des jeunes de la rue, des pauvres, des étudiants appartenant à des mouvements radicaux.

Autre fait important et fort possiblement lié à ce qui précède. Le mois suivant, en avril 2000, un dénommé Alexandre Paradis, qui menace de faire exploser un poste de police, est arrêté et inculpé. Après sa comparution, le 10 avril, il recouvre sa liberté, mais se retrouve de nouveau derrière les barreaux, cette fois pour trafic de drogue. Peu après, le lieutenant Michel Bonneville, de la section des incendies criminels, informe les médias que Paradis est membre des COBP. (Nadine Filion -- La Presse du 19 avril 2000)

Or cet organisme nie qu'il soit l'un des siens, dit croire à une campagne de salissage. Tout comme Manseau du MAJ, qui pense qu'on cherche à discréditer la critique légitime de l'action policière. Ce livre confère aux propos de Manseau et des COBP une très haute vraisemblance. De toute évidence, militer contre la brutalité policière n'est pas l'activité idéale pour tisser des liens d'amitié avec la police. Si vous militez au sein d'un organisme dénonçant la violence faite aux femmes, il y a plus de chance que la police vous appuie. Mais la violence policière... ce n'est pas pareille, voyez-vous.

Les COBP n'en étaient pas à leur première manif. Ils n'ont rien d'un mouvement clandestin, n'importe qui pouvant y adhérer, ponctuellement, selon les événements. L'équivalent d'une auberge, ça entre, ça sort. Qui dit manif, dit réunions de ses organisateurs, distribution de tracts et coups de fil pour mobiliser les troupes. Cela se fait aussi de vive voix, au hasard de rencontres dans les restos, au cégep, à l'université.

Le jeune militant, et c'est de son âge, est un idéaliste à tout crin, souvent bavard et gueulard, n'hésite pas à émettre des opinions pointues, ignorant que des oreilles sont déployées, aux écoutes... Bref, difficile de croire que la police en civil n'avait pas déjà repéré les COBP : soulignons au passage que lors de ses audiences publiques, la Commission Poitras avait accordé à cet organisme le statut d'intervenant.

On en vient alors à l'hypothèse, toute aussi valable que les précédentes, et nous en ferons une démonstration plus pointue dans quelques paragraphes : de jeunes, noyautés par la police, se livrant au vandalisme ou à la violence au moment où celle-ci l'a choisi. Préparer des foyers de tension pour ensuite les activer et discréditer un groupe revendicateur. Genre de bombe à retardement que l'on fait exploser au moment opportun.

La police fait d'une pierre deux coups. Si les manifestants défilent pacifiquement, elle justifie une intervention policière injustifiée, et ternit la réputation de citoyens s'opposant à la brutalité policière. Passe en même temps le message médiatique que ce n'est pas une bonne idée de manifester sous cette bannière. Historiquement, il est prouvé que la police, peu importe le pays, cherche toujours à dénigrer ceux qui la dénonce. En procédant ainsi, elle gagne sur tous les tableaux. (Suite demain)

News du dimanche 27 Mars 2011

  Grandes photos – Plusieurs dans des quartiers délabrés où vivent des pauvres + sueur ; garage ; bonne idée ; combat ; escaliers de sauvetage ; main tendue.

  Comprehensive Nuclear-Test-Ban Treaty Organisation (CTBTO) sait tout – Il est le seul organisme capable de détecter partout dans le monde la présence de particules radioactives dans l'atmosphère. On comprend pourquoi lorsqu'on sait qu'il a été mis en place en 1996 dans le cadre du traité d’interdiction totale des essais nucléaires.

Cela étant, il sait ce qui se passe au Japon. En témoigne sa carte géographique animée. Elle permet de suivre à la trace, chaque jour de la période du 12 au 24 mars derniers, le nuage radioactif : sur la carte, chaque jour est traité séparément, alors la date du jour change. Indique, à l'aide de points jaunes, les pays touchés ainsi que le niveau de radioactivité : vidéo (22:35), CTBTO utilise le top en technologie, en anglais + vidéo (15:58), une inspection, en anglais + site de CTBTO.

  L'autre face du Japon – Des correspondants du quotidien Le Monde ont fait enquête sur les lieux et révèlent des choses puantes à se pincer le nez.

  Changer les heures de mes routines à vélo permet de vérifier si les rencontres sont fortuites ou non - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Les faits abondent mais je ne peux faire état de tous. Quelques uns en vrac... Point d'interrogation tracé sur le miroir, au-dessus du lavabo de ma chambre de bain, à l'aide d'un savon, preuve évidente qu'on avait profité de mon absence pour s'introduire illégalement chez moi, ce qui n'était pas nouveau.

Autre exemple : été 2002, j'avais placé deux documents sous mon matelas, un de chaque côté du lit. À mon retour, j'ai trouvé l'un sous un oreiller. Civils toussant ou grommelant je ne sais quoi au moment de passer devant ma porte. C'est notamment le cas de celui distribuant l'hebdo l'Étoile du Lac. Généralement parce que, la veille ou le jour même, j'ai dit un mot de trop ou posé un geste qui déplaisait à ces messieurs dames.

Été précédent, revenant d'une randonné à vélo, j'aperçois un civil, qui ne demeure pas dans l'immeuble où j'habite, dans mon espace de stationnement. Il m'attend pour jaser. Lui indique carrément qu'il n'a pas d'affaire ici, que je suis chez moi, comme lui-même sur son terrain privé. Il s'en va d'un pas rapide, tête penchée, grommelant : « Tabarnak, y'est rough à matin (c'était l'après-midi, vers 16h30).» «Ça va être comme ça désormais!» que je lui lance.

Snowbird est un vieux monsieur à sa retraite, respectable et respecté. La profession qu'il a exercée toute sa vie faisait de lui un candidat idéal comme collabo clandestin de la Sûreté du Québec. Voyons le à l'action sur le terrain. Fin de novembre 2001, Chemin de la Montagne, on se croise. Il lève le bras droit en guise de salutation, s'apparentant à l'hitlérienne.

Samedi 1e décembre 2001, même rue, il marche d'un pas pressé, comme d'habitude, mais cette fois on sent en quelque part une certaine urgence. Il lève le bras droit pour me saluer. Lui lance : «Les coïncidences font bien les choses, hein?» «Oui», cela dit en levant de nouveau son bras. Message explicite : on finira bien par te sortir de l'espace public. La veille, je l'y avais rencontré vers 14h. Aujourd'hui, il est environ 15h30. J'ai retardé mon départ de chez moi pour vérifier si je l'y verrais. Changer les heures de mes routines permet de voir si les rencontres sont fortuites ou non. Expérience concluante.

Les deux patrouilleuses de l'escouade cyclistes ont remisé leur bécane, hiver obligeant, et effectuent leur ronde à pied. Les vois, un jour ou deux après Snowbird, sur la route de l'Ermitage. «Salut, les filles!», que je leur dis au passage. Je me fais aussitôt répondre par l'une d'elles : «Tiens, un brave!» Oups, pardon! Il arrive souvent que quelqu'un utilise une expression et que, peu après, vous établissiez le lien avec une autre personne.

Le lendemain Snowbird apparaît dans le paysage. Brandissant le bras, index et majeur en V, il me crie au passage : «Bonjour, mon brave!» Je retiens un sourire. Il est suivi de l'homme-au-chien-renifleur. Je le salue, il reste un peu interdit. À l'épicerie, encore Snowbird, les coudes appuyés sur le dessus de la caisse du comptoir de la quincaillerie. Il m'observe, cherche à m'intimider. Je n'hésite pas : «Salut, mon brave!» Il répond, sans conviction.

Dans la rue, même l'aïeul s'y met. Je ne réponds pas à ses salutations venimeuses, alors il insiste. Me retourne et le traite d'harceleur. Il proteste, je n'en fais pas de cas. À l'épicerie, il me rejoint dans une allée, veut savoir pourquoi je ne lui parle pas, imitant l'autre dont j'ai déjà parlé : encore un lien. Lui dis ne pas être intéressé. Il en remet, lui signifie de me laisser tranquille. Voyant que je commence à élever le ton, il quitte les lieux.

Le lendemain, il est encore là, dans une allée où je dois forcément passer, jouant au client absorbé à examiner des articles sur une tablette. Une allée plus loin, encore lui, cette fois poussant un panier...vide. À peine quelques pouces séparent nos paniers lorsqu'on se croise. Regard fixé droit devant lui, il tente, d'un petit coup sec, de réduire un peu l'espace, je tasse illico légèrement le mien pour éviter l'accrochage.

Ce même après-midi-là, deux conducteurs de camionnette, dont l'homme-au-chien-renifleur, essaient de capter mon regard. J'entrevois leur tête pratiquement insérée entre volant et pare-brise, les yeux ronds comme des pièces d'un dollar, la mine réprobatrice. (Suite demain)

  Les droits des citoyens continuellement bafoués par la police - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) En juillet 1996, la police de l'île de Montréal dresse des constats d'infraction à 70 usagers de la place Émilie-Gamelin, coin Berry-Ste-Catherine, sous prétexte qu'un règlement municipal interdit la fréquentation des parcs entre minuit et six heure du matin. (Marc Thibodeau -- La Presse du 30 juillet 1999).

Sept d'entre eux, dont David Kavanaght, en contestent la légalité devant la Cour municipale de Montréal. Cependant, faudra attendre une couple d'années avant que justice soit rendue... Les tribunaux prennent du temps à rétablir les droits dans cette province, ce pays.

Le juge Gérard Duguay leur donne en effet raison : cet endroit est désigné par les propres règlements de la ville comme une place publique et non un parc. La police n'avait donc pas le droit d'émettre des constats d'infraction et faire évacuer les lieux.

David Kavanaght adresse ensuite une demande de recours collectif. Il veut que tous les citoyens qui, à partir de juillet 1996, date d'ouverture de cette place publique, ont été arrêtées ou détenues et citées en justice sous ce prétexte reçoivent une compensation financière de la part de la police et de son employeur, la Ville de Montréal : on ignore ce qu'elle en est advenue.

Le journaliste Marc Thibodeau de La Presse écrit que depuis ce jugement, la police n'y dresse plus de constats d'infraction, «de manière à favoriser le dialogue», lui précise un porte-parole policier. Notons-le : pas parce que la police se doit de respecter la loi comme tout le monde, mais «de manière à favoriser le dialogue». Ce même porte-parole n'a pas été en mesure de dire au journaliste combien de faux constats d'infraction du genre la police avait émis depuis l'ouverture de cette place publique. Et ceux qui avaient payé des amendes, ont-ils été remboursés?

Décembre 1997, une centaine de membres du Comité des sans-emploi de Montréal-Centre tiennent une manif de protestation contre la faim et la pauvreté. (Yves Boisvert et Pascale Breton -- La Presse du 26 septembre 1998 et des 15 et 29 novembre 2000) Elle se déroule en face de l'Hôtel Reine Elizabeth, boulevard René-Lévesque-Ouest.

Certains d'eux entrent dans l'édifice et font une razzia de denrées au resto Le Montréalais. La police arrête 107 manifestants. Me Julius Grey fera déclarer inconstitutionnel l'article du Code criminel sur cet «attroupement illégal», dont elle s'était servie contre les manifestants. Toutefois, la razzia de denrées au resto était illégale. Le droit à la protection et la jouissance de ses biens est aussi fondamental que la liberté de manifester son ras le bol sur la place publique.

Autre cas, celui-là puisé dans une lettre publiée par La Presse de décembre 1999. (Pierre-Marc Boyer -- La Presse du 10 décembre 1999) Son auteur, Pierre-Marc Boyer de Montréal, y relate un incident qui s'est déroulé à l'extérieur de l'Université du Québec à Montréal (UQÀM), rue Ste-Catherine, le 24 novembre 1999. Le contexte : une dizaine d'étudiants manifestaient contre le contrat d'exclusivité accordé à Coca-Cola par l'institution.

Citons ces passages de la lettre de Boyer : «Or, quelle ne fut pas leur surprise de voir les forces policières les arrêter. Ils ont donc voulu rentrer à l'intérieur de l'université, (mais) sous l'ordre des autorités uqamiennes, les portes avaient été verrouillées. Pris en souricière, les manifestants ont dû passer quelques heures en prison. (...)

«Peu importe le point de vue, dans une démocratie, chacun a le droit de manifester publiquement, plaide Boyer. C'est un droit. Ce droit a été brimé. Et la collusion entre les autorités universitaires et la police a provoqué quelque chose d'inquiétant : les forces policières ont bel et bien réprimé des étudiants pacifiques, déplore-t-il. Elles ont servi d'outil de répression. En conséquence, conclut-il, des excuses publiques devraient être faites aux étudiants en cause, car la démocratie a été violée». UQÀM et police n'ont pas répliqué à la lettre de Boyer. (Suite demain)

News du samedi 26 Mars 2011

  France : l'achat de détecteurs Geiger a augmenté – En raison des craintes suscitées par le passage du nuage radioactif venu du Japon le 23 mars dernier : le même nuage a survolé le Canada et la population n'en pas été informée. On veut se rendre compte par soi-même du vrai niveau de radioactivité. Ce qui indique une certaine méfiance des renseignements officiels.

Le Geiger est un instrument de mesure très efficace pour détecter les particules radioactives : article sur les ventes en France + l'échelle des radiations + niveau de radioactivité dans certains pays et villes + niveau au Canada + où trouver des détecteurs de gaz de schiste et de méthane, j'indique un endroit sans spécifier d'aller là plutôt qu'ailleurs.

  Triomphe de la lumière sur la grande noirceur - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Le 29 novembre 2001, au milieu de l'après-midi, je repositionne mon arbre de Noël, installe deux jeux de lumières de 25 ampoules chacun. En l'espace d'un peu plus d'1 heure, j'aperçois 3 civils dans mon environnement immédiat.

L'un, dès ma sortie de l'appart. C'est l'homme-au-toutou. Depuis quelque temps, ses apparitions sont synchro aux miennes. Deux autres suivent, défilant derrière moi, à quelques minutes d'intervalle. Dont celui qui a fait tomber l'arbre : «Ça commence à ressembler à Noël», me lance-t-il. Une neige abondante tombe, il fait doux : «C'est magnifique», que je réponds. Et cet autre, encore un locataire de l'édifice où j'habite, qui me fait sursauter : «C'est les grosses décorations!» Je n'en fais pas de cas, continue de m'affairer.

Un 4e se manifeste, lui, en frappant sur quelque chose, genre boum-boum-boum, l'avertissement subliminal caractéristique. Je l'entends mais ne le vois pas, me déplace, l'homme est sur sa galerie, frappe sur le rebord d'une fenêtre. C'est le nouveau proprio de la maison voisine. Auparavant, il demeurait sur la Route de l'Ermitage, près du lac.

D'après l'un de ses fils, l'ex-proprio et son père...ont échangé leur maison : ces échanges entre flics m'intriguent. Je l'ai souvent vu patrouiller à pied ou en auto. Un après-midi, entre autres, marchant rue Principale accompagné d'une collabo, calepin et crayon à la main. À l'été 2001, l'avais vu sortir de chez lui, fouillant nerveusement dans la poche arrière de ses jeans, affairé au point où je lui avais demandé s'il partait en patrouille, ma question l'avais saisi : «Heuheu... oui!», une réponse sèche.

Quelques semaines après, je déneige mon entrée. Il sort de son domicile, me salue, je lui demande à brûle pour point s'il est un civil. «Nooonnn!» fait-il le bec arrondi, il travaille pour un organisme sans but lucratif de Ville de Saguenay. En avril 2002, il s'y installera : cédera-t-il sa maison à un autre civil d'ici? Oui. La "conjointe" du nouveau proprio fait du "bénévolat" à l'aréna municipale.

Tous deux partent régulièrement en patrouille, surtout le soir : ils répondent aux appels de collègues, préposés aux écrans, qui les informent qu'un véhicule ou un piéton circule dans l'espace public. Parfois je les vois partir, parfois les entends seulement : portières qui claquent, bref vrombissement du moteur, que j'identifie aussitôt, suivi de la marche arrière, d'un arrêt et de l'accélération en direction de la 155. Et notre homme habitant désormais Ville de Saguenay, occupe-t-il la maison d'un collègue muté dans une autre ville?

Huit décembre 2001, vers 16h30, je reviens de ma randonnée un peu fatigué et frigorifié, rentre le vélo dans l'appart, branche l'arbre de Noël, et m'allonge sur le divan. Une trentaine de minutes après, un bruit provenant de l'appart voisin me réveille. Me fais un café et ouvre la porte prendre une bonne bouffée d'air frais, regarde à droite, constate une zone sombre au centre de l'arbre, m'approche : des d'ampoules ont disparu.

Les remplace aussitôt, ce qui me permet de faire le compte : sur 50 ampoules, il en manque 14 et 3 autres sont brûlées. Comme elles sont voisines les unes des autres, j'en déduis qu'elles ont sans doute été endommagées à coups de chiquenaudes. M'étais prémuni contre cet autre sabotage de la Sûreté du Québec, en avais acheté 25 de plus.

Une semaine s'écoule et ça recommence. Quatre cette fois, en visse de nouvelles. Après, une autre se volatilise. Nous voilà rendu à 22. Pas de problème, les gars. Suis prêt à me réapprovisionner de 25 autres, veux simplement voir jusqu'où vous pouvez aller. Symboliquement, c'est aussi le triomphe de la lumière sur la grande noirceur. (Suite demain)

  Le commandant Mario Plante avoue que le citoyen doit être arrêté avant de lui demander son identité - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le 5 octobre de cette même année 2001, le party rave annuel Black and Blue se tient au Stade olympique, à Montréal. L'organisateur, encore les Productions 514, est soumis, la veille de l'événement, au "Code criminel" concocté par le même corps policier de la ville de Montréal (Judith Lachapelle -- La Presse du 6 octobre 2001)

Si l'opération se déroule comme durant d'autres événements tenus cet été, écrit la journaliste Judith Lachapelle de La Presse, ceux qui se feront coincer avec de petites quantités de substances suspectes -- légales ou pas! signale-t-elle -- auront peut-être l'impression d'être traités comme des criminels, même s'ils ne sont pas mis en état d'arrestation.

Gardiens de sécurité et policiers ne disposent pas sur place de l'équipement requis pour identifier les substances saisies, a admis le commandant Mario Plante. Mais les policiers ont le droit de mettre en état d'arrestation un individu s'ils ont des raisons de croire qu'il s'agit bien de stupéfiants.

La journaliste s'est entretenue avec quatre raveurs qui, depuis l'imposition du "Code criminel" de la police, ont été pris avec des substances «suspectes». Ils ont été interrogés, ont dû décliner leur identité et accepter de se faire photographier, sans jamais être mis en état d'arrestation. Deux possédaient de petites quantités de drogue pour leur consommation personnelle, les deux autres affirment qu'ils avaient des substances légales.

Ainsi, lors de la Fête Rave Cream, durant le week-end de la fête du travail, au stade du Maurier, à Montréal, des gardiens ont trouvé sur Stéphane Brisebois un médicament contre la congestion des sinus. «Il s'agissait d'une marque européenne, que les policiers ne connaissaient pas», raconte-t-il. Un autre avait en sa possession des gélules d'échinacée qu'il avait achetées à la pharmacie. Les quatre raveurs jurent qu'on ne leur a jamais lu leurs droits, jamais expliqué pourquoi ils étaient là.

D'après l'avocat Denis Barette, ces raveurs n'étaient pas obligés de répondre aux questions : «Demander l'identité est une chose, les obliger à répondre en est une autre. Ce n'est pas une infraction de ne pas répondre». Me Julius Grey soutient, de son côté, qu'«à partir du moment où un individu se sent coincé par les forces de l'ordre, il faut lui dire quels sont ses droits». Finalement, le commandant Mario Plante avoue que ces raveurs auraient dû être formellement mis en état d'arrestation avant qu'on ne leur demande de révéler leur identité. 

Les raves, des lieux de perdition? Lisons cette lettre d'une lectrice de La Presse, Annie Boisseau, une Montréalaise. (Annie Boisseau -- La Presse du 7 octobre 2002) Elle réagissait à un article de ce quotidien, publié le 27 septembre 2002 et portant la manchette "Viagra et ecstasy font dans le rave-partie?"

«Je commence à être exaspérés par l'image que nous renvoient les médias du très controversé milieu des raves, écrit-elle. À en croire la télé et les journaux, ce n'est qu'un monde de perdition noyé dans l'abus de drogues et de sexe. (...) Le monde des raves est aussi vaste que celui de bars, donne-t-elle comme comparaison : il y a des endroits où les gens sont très soûls et gelés sur la coke ou sur le PCP, mais il existe aussi des bars où l'on sirote tranquillement un bon verre de porto avec beaucoup de classe.

«Je rave depuis sept ans (...). Lors des raves auxquels je choisis d'aller danser, les gens ne consomment pas de Viagra! Ils ne sont pas nécessairement là pour se geler à mort ou faire la partouze : ils sont là pour DANSER! Pourquoi les médias conventionnels (sic) évoquent-ils si rarement la richesse de la musique électronique à Montréal? Pourquoi ne parle-t-on jamais de la haute qualité de danseurs et danseuses non professionnels que l'on retrouve fréquemment dans les raves et les after-hours, des formidables danseurs de breakdance, de la présence foisonnante d'une exploration multimédia jeune et rafraîchissante, de l'absence quasi totale de violence?»

Boisseau ne sait probablement pas que c'est la police qui transmet ces informations aux médias, qui prennent pour du cash tout ce qu'elle leur dit, sans faire aucune enquête. Donc que ce ne sont pas ces derniers qui donnent aux raves cette réputation biaisée. Ce qui permet à la police de développer du pouvoir, d'étendre et alourdir son emprise psychologique. (Suite demain)

News du vendredi 25 Mars 2011

  Canada-des élections générales : le gouvernement minoritaire de Stephen Harper défait – Le tout est survenu aujourd'hui lorsque les libéraux, appuyés par les autres partis de l'opposition, ont déposé une motion de censure à la suite d'un verdict d'outrage au Parlement relativement à des coûts cachés d'une série de programmes. Harper a été battu : 156 votes contre 145.

  Québec-gaz de schiste : que faire du puits du village de La Présentation ? - L'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) s'inquiète et s'interroge, des citoyens aussi. Depuis janvier dernier, l'entreprise Canbriam n'arrive pas à mettre fin à la fuite qui circule dans le sous-sol et menace une nappe phréatique.

La ministre des Ressources naturelles et de la Faune Nathalie Normandeau annonçait récemment qu'il devra être fermé. L' AQLPA est d'accord, mais il y a des préalables... La nappe phréatique est-elle atteinte, y a-t-il aussi des fuites de méthane? Fermer le puits mettra-t-il fin à la contamination? Canbriam sera-t-elle tenu responsable? Qui payera la facture et assurera le suivi lorsqu'elle aura quitté les lieux? Un rapport complet sera-t-il rendu public?

Ce puits situé près Saint-Hyacinthe n'est pas le seul dossier problématique. L'AQLPA rapporte que de nombreux autres, dont celui de Leclercville, connaissent des difficultés et elle se demande qu'elle en est la situation globale.

■  Groupe Monofocus Degringo : vidéo (06:11). Expérimentale, déjantée, excellent beat...

  Japon-nucléaire-situation – Bien que les données datent un peu, les tableaux que vous allez voir conservent encore leurs pertinences du fait qu'ils sont bien illustrés et couvrent vraiment l'ensemble des effets de la radioactivité sur tout le territoire nippon : tableau 1, la centrale de Fukushima (23 mars) + tableau 2, les principales sources de contamination radioactive (23 mars) + tableau 3, la situation dans le pays (21 mars). Et si vous voulez en savoir d'avantage, le site de franceculture, où les infos abondent littéralement, dont des entrevues et reportages radios. Une couverture journalistique complète.

  Libye : l'OTAN désormais responsable du contrôle de la zone d'exclusion aérienne en territoire libyen – la décision a été prise hier soir jeudi par les 28 pays membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN). Cependant, les frappes au sol continueraient d'être menées par les pays de la coalition, plusieurs de ceux-ci n'étant pas membres de l'organisme : vidéo (01:07) + conférence de presse d'Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l'OTAN + article.

  Autres illégalités clandestines de la Sûreté du Québec à mon encontre, un corps policier qui respecte rien - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Dans ma cours, ce n'est pas non plus le calme plat... Novembre 2001, emprunt d'une petite hache pour aller couper mon arbre de Noël dans la forêt tout proche, que je fixe ensuite sur mon vélo.

Le type me demande de la déposer dans son véhicule lorsque j'en aurai terminée, ne veut pas que je la lui rapporte sur son lieu de travail : «Ç'aurait trop l'air d'un massacre à la hache.» Pourtant, à la quincaillerie du village de Lac Bouchette où il travaille, on en trouve autrement plus impressionnantes, certaines ressemblent même à celles utilisées par les pompiers pour éventrer une porte en moins de deux. Prévention...

En soirée, alors que j'installe mon arbre de Noël près du mur, deux civils se dirigent vers la maison en retrait de la 155, j'entends l'un dire à l'autre : «On va y voler.»

Depuis trois semaines, ce même mois, je ne reçois plus l'hebdo régional l'Étoile du Lac. Il est distribué gratuitement, porte à porte, par Publisac. Une autre situation conflictuelle concoctée par des civils de la Sûreté du Québec : souvent, la distribution est effectuée par certains d'eux, ce qui leur permet de violer l'espace privée des citoyens. Je décide de piquer celui d'un civil demeurant dans l'édifice.

L'un de ses collègues d'une maison avoisinante, au fond d'un cul-de-sac, me voit de sa fenêtre. Impossible de sortir de chez soi sans être capté par une caméra extérieure. M'étais plaint deux fois auprès de l'hebdo, en vain. Je rejoins la responsable de la distribution locale, me promet de s'en occuper. Cet incident est clos mais d'autres surviennent. La police passe sont temps à allumer des petits feux.

Le 25 novembre, un dimanche, 17h15. J'entends des pas sur le chemin de pierre concassée longeant une partie du mur extérieur de mon appart, suivi de l'affaissement de quelque chose frottant légèrement au passage le cadre de la porte.

Allume la lumière extérieure, ouvre, la tête de mon arbre de Noël est à mes pieds, sur la dalle de béton, près du seuil : les ampoules n'avaient pas encore été installées. C'est vrai qu'il vente, mais il est rachitique, l'arbre, adossé au mur et retenu à la verticale par deux piquets enfoncés de biais dans la terre, qui n'est pas encore gelée, à coups de tête de hache, et reliés au tronc avec de la corde. On a arraché l'un des piquets.

Et puis, il y a les pas intrigants entendu peu avant. J'enfile un vêtement chaud, tourne le coin de l'édifice, une ombre se profile derrière le store fermé de la buanderie, l'endroit étant éclairé. M'immobilise à vingt pieds, attend un moment, la porte s'ouvre, l'ombre sort : c'est le flic qui disait «On va y voler». On se dévisage sans dire un mot puis je vais jeter un œil à l'autre coin.

À l'extrémité de la longue galerie, longeant la façade de l'édifice, l'arbre du civil n'a pas été touché, seul un petit support doté de trois pieds le tient debout. Pourtant, le vent souffle plus fort de ce côté, le plus exposé, où passe la 155, un vaste espace dégagé d'arbres. (Suite demain)

  Que la police en uniforme pose des gestes illégaux, donne un tout petit-petit-petit aperçu de ce que se permet la police en civil - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) En juillet 2001, lors du rave Oasis tenu au Centre Molson, des gardiens de sécurité fouillent tous les participants, incluant portefeuilles et souliers, sous la supervision de policiers de l'île de Montréal. (Pascale Breton -- La Presse du 31 juillet 2001)

Au mois de mai précédent, la police a rencontré le promoteur, les Productions 514, et exigé que chaque personne se prête à cette fouille sous peine d'expulsion. Ce mois de juillet, de la drogue est saisie, des participants sont expulsés, mais, mis à part deux revendeurs, personne n'est arrêtée.

Prenons connaissance de l'opinion de la criminologue Marie-Andrée Bertrand : «Il n'y pas eu d'arrestations parce que ces fouilles sont illégales, affirme-t-elle. Elles ne tiendraient pas devant la Cour». Se référant à la Charte des droits et libertés, elle indique que son article 8 interdit les fouilles, perquisitions et saisies abusives, et que, selon le Code criminel, seul un juge peut donner le pouvoir aux policiers d'effectuer une perquisition, sauf s'il s'agit de loteries, maisons de jeux et prostitution.

«Pour qu'un policier ait le droit d'intercepter une personne qu'il soupçonne être en possession de drogue, il faut que cette personne ait commis un délit sous ses yeux», ajoute-t-elle.

L'avocat Julius Grey, reconnu comme un spécialiste en matière des droits de la personne, abonde un peu dans le même sens : «Les policiers ont le droit de fouiller une personne s'ils ont de bonnes raisons, mais de là à organiser une fouille systématique, il y a une marge. Ils sont probablement allés trop loin.»

Du banc des accusés, le porte-parole de la police, le commandant André Durocher, persiste et signe : «C'est légal, puisque les gens sont consentants (sic). C'est un événement privé et s'ils ne sont pas d'accord, ils restent à la maison. Ce sont des agents de sécurité qui assurent les fouilles. Tout s'est déroulé selon le protocole d'entente en vigueur.»

Le protocole de Durocher a-t-il préséance sur la loi? Veinards comme nous sommes, disposerions-nous de deux Codes criminels? Celui adopté par les citoyens que nous élisons au Parlement spécifiquement à cette fin et celui traficoté par la police que nous embauchons pour le faire respecter.

Durocher parle du «consentement» des gens. Oui, mais extorqué : tu te soumets à la fouille ou tu n'entres pas dans la salle. Et la police se sert du paravent d'une agence de sécurité, responsable des fouilles, pour dissimuler son activité illégale.

Et pourquoi l'organisateur de l'événement, Productions 514, s'est-il soumis à ce diktat? Vraisemblablement parce qu'elle ne voulait pas se mettre la police à dos. Faut du coffre pour lui opposer un refus. L'entreprise craignait-elle des représailles? Que la police en uniforme se permette de poser des gestes illégaux au vu et au su de tout le monde, donne un tout petit aperçu de ce qui se passe chez la police... en civil. (Suite demain)

News du jeudi 24 Mars 2011

  Canada : la réforme du gouvernement Harper en matière criminelle alourdira le système judiciaire – Dans la plupart des cas, les projets de lois présentés, ces trois dernières années, n'étaient pas enracinés dans des besoins réels ni documentés de données provenant du système judiciaire. Ils semblaient soutenir une idéologie, a constaté le bâtonnier du Québec Me Gilles Ouimet. Il y a aussi le fait que l'application de ces lois coûtent cher aux contribuables.

La justice a besoin de ressources humaines et financières. L'ajout de lois qui durcissent celles déjà en vigueurs, alors que le taux de criminalité est à la baisse, ne fait qu'engorger le processus, compliquer les débats devant les tribunaux, signale-t-il. En outre, modifier à la pièce le Code criminel est imprudent, chaque nouvelle loi vient éroder un aspect fondamental : le pouvoir décisionnel de la magistrature. Selon Me Ouimet, c'est très inquiétant parce que la souplesse de la procédure est compromise.

  Un civil me racontant avoir commis des méfaits, ne pas aimer la police, en avoir déjà pas mal déculotté un... - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Examinons quelques autres tactiques pratiquées sur le terrain. Important de savoir que ceux qui patrouillent à pied sont presque toujours des femmes. Pourquoi? Parce que la présence d'une femme dans la rue est plus rassurante que celle d'un homme. Et qu'il y a moins de risques qu'une femme soit identifiée par des citoyens comme étant une civile. Tout le monde sait ça, Big Sister n'existe pas.

J'ai remarqué que, assez souvent, elles passent d'un endroit à un autre avec une telle rapidité que vous en venez à soupçonner l'intervention d'un véhicule fantôme. L'hiver la preuve s'étale sous vos yeux. Suffit simplement de revenir là où vous les aviez rencontrées pour remarquer l'empreinte de pneus dans la neige, des piétinements sur place et la fin de toute trace piétonne.

Quand vous quittez la partie urbanisée du village de Lac Bouchette pour rouler sur la 155 ou des chemins sillonnant la forêt, là les citoyens sont presque aussi rares que les extraterrestres. Un après-midi de l'été 2001. Un homme coupe l'herbe en face de sa maison, en bordure de la route régionale. L'endroit est magnifique, il fait beau et chaud, le ciel est bleu, et c'est le premier bipède que je vois en liberté depuis quelques jours. Tentant en maudit!

M'approche et, après les salutations d'usage, lui fais un petit topo de la présence policière dans le petit village. Un truc que j'utilise parfois pour savoir à qui j'ai affaire. Ne dis pas tout, dévoile deux ou trois petits secrets policiers, toujours les mêmes. Si c'est un civil ou un collabo, sa réaction sera différente du vrai citoyen, qui n'est ni l'un ni l'autre.

Tiens, tiens, il m'apprend avoir commis des méfaits dans le passé, ne pas aimer la police, avoir déjà «pas mal déculotté (battu)» un policier, vouloir «le tuer mais ne pouvoir le faire pour le moment parce qu'il a été muté dans une autre région», n'a aucune idée où, se promet de passer à l'acte un jour, même s'il doit attendre «7 ans». Je lui conseille amicalement de ne pas agir de la sorte. Son fils aussi, enchaîne-t-il, a commis des infractions à la loi, a la police sur le dos qui a l'intention «de faire (de son cas) un exemple».

Au moment de se quitter, car une armoire à glace s'est approchée de lui et semble solliciter sa présence en un autre lieu, il me donne un conseil, le répète même : «T'as juste à ne pas t'en occuper (de la police).» Du fils, il est passé à moi, se rappelant tout à coup que je lui avais raconté que depuis le début de mon enquête, j'étais filé, infiltré et déstabilisé par la police.

Et son discours? Débité en l'espace de quelques minutes, sans haine, avec le ton de la voix de celui parlant météo. Vous connaissez quelqu'un qui vous a déjà déballé, comme ça, spontanément, à vous qui êtes un pur inconnu, son passé criminel, sa détermination d'assassiner un flic? (Suite demain)

  Une Régie des alcools qui respecte pas la loi et peut mètre en faillite n'importe qui - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Complétons d'un dernier cas impliquant cette même Régie des alcools, des courses et des jeux. Décembre 1999, le juge Jean-Jacques Croteau de la Cour supérieure la rappelle à l'ordre. (Stéphanie Bérubé -- La Presse du 8 mars 2000)

Elle avait suspendu le permis d'alcool aux propriétaires de la Marina de Repentigny et du restaurant Aux Vieux-Varennes sans que... ceux-ci ne puissent faire valoir préalablement leur point de vue. Décision de la Cour : ces procédures de la Régie contreviennent à la Charte des droits et libertés. Les cas du genre foisonnent.

Examinons encore de plus près la façon de faire de la Régie, entre autres tribunal administratif du Québec. Le journaliste Boisvert a interviewé, en février 2000, Me Simon Venne, qui connaît bien ses us et coutumes, y ayant maintes fois défendu les droits de propriétaire de bars. (Yves Boisvert -- La Presse du 26 février 2000)

Il lui raconte qu'un jour elle avait convoqué l'un de ses clients, dont elle s'apprêtait à retirer le permis d'alcool. Décorum et atmosphère étaient relaxes. Les deux régisseurs ne siégeaient pas d'une plateforme surélevée, comme dans n'importe quel tribunal, mais au même niveau de plancher que le propriétaire du bar.

Ils ne l'avaient pas convoqué à une «audience», mais à une «rencontre». On ne parlait pas de la «preuve» dans une «cause», mais d'«informations» au sujet d'une «affaire». Me Venne s'était même fait rappeler à l'ordre quand il s'était un peu emporté. On lui avait dit qu'il n'assistait pas à une «audience», mais à une «rencontre amicale». Suivant les propos de Me Venne, «il ne manquait que le café et le cognac!» Et le journaliste d'écrire : «La justice cool, la mise en faillite dans une atmosphère vachement décontractée, quoi

La décision de la Régie est prise d'avance, relate le journaliste : le tenancier est présumé coupable... mais une «rencontre» est offerte. Ce n'est pas assez, a statué le juge. Quand des droits aussi importants sont en jeu, les personnes visées doivent au moins être entendues. Ce maquillage des formes judiciaires n'est pas innocent, d'après Boisvert.

Notamment dans le cas d'une décision où le fonctionnaire dispose de toute la discrétion nécessaire pour appliquer une loi, il y a peu de chance que la Cour supérieure puisse intervenir. Il fait observer que la stratégie ici consiste donc à transformer la Régie en organisme purement administratif. La déjudiciarisation totale vient couper l'herbe sous le pied aux contestations ultérieures. (Suite demain)

News du mercredi 23 Mars 2011

  France : nuage radioactif venant du Japon – Il y est attendu aujourd'hui, et l'Institut de radioprotection et de la sûreté nucléaire (IRSN) ainsi que l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) n'arrêtent pas de rassurer la population sur ses effets infimes. Lisez cet article, vous verrez.

PS : Ce genre de nuage se dilue, c'est-à-dire perd des particules radioactives qui tombent sur le sol, en fonction de la distance qu'il parcoure. Avant de traverser l'Atlantique et d'arriver en France aujourd'hui, le même nuage radioactif a survolé l'Amérique du Nord, dont le Canada (et le Québec), ses particules étaient plus nombreuses et le niveau de radioactivité forcément plus élevé.

Pourtant, Canadiens et Québécois n'ont pas été informés de son passage. Journaliste, je l'ai appris hier tout à fait par hasard en naviguant sur le site de l'IRSN. Manifestement, des fonctionnaires canadiens n'ont pas fait leur job. Par contre, lorsque qu'une tempête de neige s'en vient, ils l'annoncent et tous les médias en parlent, on ne lit et n'attend que ça à journée longue. Traitement de faveur pour le nucléaire, censure?

  Québec : encore une fuite de gaz de schiste qu'on n'arrive pas à colmater – Depuis janvier, la compagnie Canbriam est confrontée à un phénomène nouveau, dans le secteur de Saint-Hyacinthe : la fuite circule dans le sous-sol et menace une nappe phréatique.

  Japon-Fukushima – La radioactivité de la centrale nucléaire numéro 2 atteint son plus haut niveau depuis le séisme.

■  Japon : un nuage radioactif a survolé l'Amérique du Nord (suite) Il provenait des rejets des réacteurs nucléaires accidentés de la centrale de Fukushima et se déplaçait, tout en se diluant, dans les courants atmosphériques de l'hémisphère nord. C'est que rapporte l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (ISRN), un organisme scientifique français.

Dans la journée du vendredi 18 mars, le panache a recouvert la plus grande partie de l'Amérique du Nord et le nord-est de la Sibérie. Il est passé ensuite sur l'Atlantique Nord et pourrait atteindre la France métropolitaine le 23 ou 24 mars. L'ISRN précise que, sur le territoire français, les concentrations attendues de césium 137 dans l'air sont extrêmement faibles. Trop pour être détectées par ses 170 balises d'alerte.

PS : C'est le même article d'hier, j'y ajoute une animation explicite de l'ISRN : dans le bas de la page, à gauche, cliquez sur la flèche pour la lancer. Plus la couleur est foncée, plus la dose de radioactivité est forte. On voit le nuage radioactif partir du Japon, traverser l'Océan Pacifique, survoler les USA, le Canada, dont le Québec, l'Océan Atlantique et atteindre l'Europe. L'ISRN protège et informe la France. Question : qui protège et informe l'Amérique du Nord?

  Confirmation officielle de l'existence des policiers en civil et qu'ils sont là pour agresser les citoyens - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Pour compléter ce portrait, quittons ces établissements et circulons à vélo sur quelques artères du village de Lac Bouchette. Un jour, j'ai entendu une civile, qui faisait de la patrouille à pied, s'enquérir auprès d'une collègue en auto, qui s'était immobilisée à sa hauteur, devant l'église, sur l'autre versant de la rue Principale : «Comment ça se fait que toutes les polices sont sorties?»

Seule bribe que j'ai pue capter au passage. Je n'en croyais pas mes oreilles. Première fois, depuis le début de mon enquête, que j'avais la confirmation officielle de l'existence de l'underground policier. Aucun doute : elle parlait des civils parce que des flics en uniforme, on n'en voit qu'un seul, occasionnellement.

Et encore, il ne patrouille pas dans les rues du village, ne fait que le traverser au volant d'une auto-patrouille de la Sûreté du Québec. L'impression que ensuite il traverse le village voisin, St-François-de-Salle. C'est un acte de présence, rien d'autre. Ce corps policier n'a pas le choix, des citoyens, ne voyant jamais d'uniformes, pourraient se plaindre d'être... mal desservis.

Beaucoup plus tard, au printemps 2003, Snowbird me confirmera également, sans détour, la présence de civils dans le village. Le contexte : encore un chien, policier celui-là, qui se lancera à ma poursuite, m'obligeant à fuir en rebroussant chemin. Je verrai alors Snowbird en grande conversation avec un hypocrite passionné, qui me voyant arrivé, essoufflé, trouvera le moyen de sourire de ma mésaventure.

Les accuserai de complicité, traiterai Snowbird de débile, parlerai d'atteinte à la dignité. «Où ça?», me demandera-t-il la mine déconfite. «Ça fait quatre ans que j'enquête sur vous autres, je vous connais.» Snowbird rétorquera : «On est tous des polices, on agresse. Là, c'est toi qui m'agresses.»

Sa répartie me surprendra, car mon enquête sur eux est journalistique. En outre, je persiste à ne pas croire qu'ils sont des civils, mais seulement assermentés comme agents, sans la formation inhérente à la fonction. Et cerise sur le sundy : nous avons la confirmation qu'ils sont là pour agresser clandestinement et illégalement les citoyens.

Une randonnée à vélo, un dimanche de décembre 2001, donne une idée de cette présence clandestine dans le petit village. Devant le Motel Lac Bouchette, rue Principale, juste avant de descendre la grande côte, une civile patrouille à pied, on se salue mutuellement. Dans la partie déserte de la Route de l'Ermitage, en voilà une autre -- celle qui m'avait lancé : «Oh Yeah!» --, elle me salue, ne lui réponds pas.

Chemin de la Montagne, à la hauteur du Centre Vacances Nature, deux du coups : une femme, avec son chien blanc tacheté de noir, accompagnée d'un homme, l'un de mes voisins. Là, on m'a concocté une petite provocation. Je les croise et, quelques pieds plus loin, amorce un virage pour revenir à mon domicile, à l'endroit où je le fais habituellement.

Oups! Madame, et monsieur lui emboîte le pas, décide de prendre sa petite marche dans la direction opposée, je l'évite de peu d'un petit coup de guidons. La police connaît mes routines, savait où je tournais pour entreprendre le chemin de retour à mon domicile. Les deux civils m'attendaient à ce point précis.

Sur la 155, devant la station de service, en voilà une autre, elle est au volant d'une auto. Dans un tout petit resto de la 155, elle m'a déjà... préparé et servi trois hot-dogs, avec café. Descendant la grande côte précédant la voie ferrée, je vois, à ma gauche, en contrebas, deux ados marchant sur Principale, dont l'un à côté de son vélo. Eux, ils me préparent une petite arrivée synchro. Continuons de rouler.

Devant l'édifice où je demeure, un civil entre dans un appart. Me dirige vers l'arrière et quand j'arrive à ma porte... les deux ados s'adonnent à passer dans la cour voisine. J'avais une bonne longueur d'avance sur eux. Pour me rattraper, il leur a fallu sprinter ou monter à deux sur le vélo.

Petit détail significatif : ce sont les fils du civil qui faisait tandem avec madame, dans l'entrée du Camp Vacances Natures. À part ces flics et fils d'un flic, n'ai vu aucun citoyen circuler à pied. Pourtant, il faisait beau ce dimanche-là. (Suite demain)

  Des interdits illégaux et utilisés à d'autres fins - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Il faut toujours être sur ses gardes quand le pouvoir affirme adopter telle ou telle mesure pour protéger le citoyen. Il arrive, plus souvent qu'on le pense, que ses intentions cachées soient d'une toute autre nature, ou qu'avec le temps elle soit utilisée à d'autres fins. Ainsi, ce cas concret où la police de l'île de Montréal a agi dans l'illégalité : les autres corps policiers municipaux et la Sûreté du Québec procèdent ainsi du reste.

Début juin 1999, la Cour d'appel du Québec acquitte trois danseuses du cabaret Show Girl de l'accusation d'avoir fraternisé avec des clients. (Yves Boisvert -- La Presse du 3 juin 1999) Les trois juges statuent que cet interdit porte atteinte à la liberté d'expression, donc à la Charte canadienne des droits et libertés, car il restreint la communication entre le client et l'employée, c'est-à-dire la danseuse.

Important de savoir, ainsi que l'explicite le journaliste Yves Boisvert de La Presse, qu'ici, on ne parle pas de la danse contact, alors illégale. Strictement de l'article 77 de la Loi sur les permis d'alcool du Québec interdisant au personnel d'un bar de «se mêler aux clients, de boire ou de danser avec eux ou de prendre place à la même table ou au même comptoir qu'eux.» À l'origine, ce fameux règlement visait un seul objectif : en limitant les rapports entre clients et le personnel d'un bar, on voulait éviter que ce dernier les incite à boire pour faire plus d'argent.

C'est sur ce point que les juges ont articulé leur décision. Ils précisent que le groupe qu'on veut protéger, les clients de bars, ne sont pas particulièrement vulnérables et c'est peut-être faire preuve d'un paternalisme déplacé que de limiter leurs rapports personnels avec les employés. Il existe d'autres règlements pour les protéger de l'ivresse, comme l'étiquetage honnête des boissons ou l'interdiction de servir de l'alcool à un client trop ivre.

Cette limitation à leur libre expression «brime leur droit à une participation significative dans la société», n'est donc pas jugée raisonnable et est déclarée inopérante. Notons que le gouvernement Québec appliquait cet article 77 seulement dans les bars de danseuses nues.

L'avocat des trois danseuses inculpées illégalement, Me Julius Grey, a relaté au journaliste qu'il utilisait ce moyen détourné pour légiférer en matière criminelle, pourtant une juridiction exclusivement fédérale. Autre commentaire de Me Grey (Alain Bisson -- La Presse du 3 juin 1999) : «Pour la Cour d'appel, la liberté d'expression est à ce point fondamentale que la loi doit être interprétée de façon large et généreuse. Le seul fait de craindre que la fraternisation puisse conduire à une infraction n'est pas un motif pour limiter la liberté d'expression. S'asseoir et parler avec quelqu'un est un droit fondamental.»

Dans un autre article où il interroge Me Robert La Haye, qui représente plusieurs bars de danseuses, le journaliste Boisvert nous fait découvrir un deuxième aspect de la question. (Yves Boisvert -- La Presse du 4 juin 1999) En déclarant l'article 77 inopérant, la Cour prive la police d'un important outil de travail. C'est qu'il lui était plus facile de prouver la fraternisation entre le personnel et le client d'un bar que de prouver les attouchements interdits.

D'après Réjean Pothel, président de l'Association des bars de spectacles du Québec, dont le journaliste Alain Bisson de La Presse rapporte l'opinion, «ce jugement-là aurait dû être prononcé il y a 25 ans, mais vaux mieux tard que jamais.» Pothel qualifie «d'oppressive» les interventions policières dans les bars de danseuses, sous le seul prétexte que le personnel fraternisait avec les clients. Pour les tenanciers de bars, les conséquences pouvaient être catastrophiques.

Redonnons la parole à Me La Haye, interviewé par Boisvert : «En plus, la loi provinciale fait en sorte que le propriétaire du bar est présumé coupable ; il doit aller s'expliquer à la Régie (des alcools, des courses et des jeux) si on a constaté de la fraternisation et il peut voir son permis suspendu ou révoqué. Mais une suspension de permis de trois mois, c'est la faillite bien souvent. (...) La régie se sert beaucoup de cette disposition.» (Suite demain)

News du mardi 22 Mars 2011

  Libye-Débat diffusé aujourd'hui – L'intervention aérienne de la coalition internationale comporte-t-elle des risques? Des innocents tués, Kadhafi qui s'accroche, risque d'enlisement, etc.

Les invités de l'émission suisse "Infrarouge" : Hasni Abidi (Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen), Alexandre Vautravers (prof Webster University, rédacteur de la Revue militaire suisse), Marcel A. Boisard (ex-sous-secrétaire général de l'ONU), Paolo Gilardi (porte-parole de la gauche anti-capitaliste), Abir Oreibi, Zainah Mussa, Kamal Mussa, Étienne Blanc (député-maire UMP, Union pour le mouvement populaire, parti de Sarkozy) : vidéo (1h).

  Japon : un nuage radioactif a survolé l'Amérique du Nord – Il provenait des rejets des réacteurs nucléaires accidentés de la centrale de Fukushima et se déplaçait, tout en se diluant, dans les courants atmosphériques de l'hémisphère nord. C'est que rapporte l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (ISRN), un organisme scientifique français.

Dans la journée du vendredi 18 mars, le panache a recouvert la plus grande partie de l'Amérique du Nord et le nord-est de la Sibérie. Il est passé ensuite sur l'Atlantique Nord et pourrait atteindre la France métropolitaine le 23 ou 24 mars. L'ISRN précise que, sur le territoire français, les concentrations attendues de césium 137 dans l'air sont extrêmement faibles. Trop pour être détectées par ses 170 balises d'alerte.

PS : L'ISRN protège et informe la France. Question : qui protège et informe l'Amérique du Nord, dont fait parti le Canada?

  Haïti : les élections de dimanche dernier, un succès – Gaillot Dorsinvil, Président du Conseil Électoral Provisoire (CEP), dévoilera les résultats "préliminaires" du deuxième tour le 31 mars. Les deux candidats à la présidence, Mirlande Manigat et Michel Martelly, ont promis de ne pas revendiquer la victoire ni de tenir de rassemblements avant cette date.

Ce qui doit tranquilliser certains qui craignent des violences entre les partisans des deux camps. Il n'empêche que les résultats "définitifs" ne seront connus que le... 16 avril, une autre période d'attente : article d'haitilibre.com + la raison d'être de ce site.

  Le Canada de Stephen Harper : ingérence politique dans le processus d'accès à l'information – Premier Rapport spécial (58 pages) d'une série de trois de la commissaire à l'information, Suzanne Legault (son site web) : les deux derniers traiteront plus largement de l'ingérence systémique. Elle y traite d'un cas en particulier et, en page 23, met en ligne ses recommandations.

L'accès à l'information est une composante essentielle de la démocratie, signale-t-elle, car c'est l'un des moyens par lesquels les citoyens peuvent obliger leurs gouvernements à rendre des comptes. L'ingérence politique affaiblit cette obligation. L'information transmise doit être objective, pas partisane.

Le cas particulier... Plainte d'un journaliste auprès de la commissaire. Résultat de l'enquête de celle-ci. Le personnel avait décidé d'envoyer au journaliste par la poste le rapport au complet sur les biens immobiliers gouvernementaux 2007-2008. Un membre du personnel politique de la ministre des Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (TPSGC) s'était livré à de l'ingérence en entravant le droit d'accès.

Il avait retiré de l'enveloppe le document et demandé au personnel d'en divulguer qu'un seul chapitre. 82 jours plus tard, bien au-delà du délai de réponse réglementaire de 30 jours, le journaliste recevait un seul chapitre sur 15. Après avoir fait deux autres tentatives, il obtenait finalement le rapport au complet.

Les employés de cabinets ministériels n'ont pas le pouvoir de prendre des décisions en vertu de la Loi sur l'accès à l'information ou de donner des directives à des fonctionnaires d'une institution, souligne la commissaire. Ces derniers doivent prêter assistance aux auteurs des demandes afin que les renseignement leur soient communiqués en temps utile ainsi que le veut la loi.

Elle fait aussi état de son incapacité d'assurer que des infractions du genre fassent l'objet d'une enquête criminelle, recommande un examen des articles de la loi.

  Boîte de conserve écrasée du talon - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Fin d'hiver 2002-2003. Suis à la caisse de l'épicerie du village de Lac Bouchette, le volume des achats dépasse largement la capacité du panier de mon vélo, alors je demande qu'on me les livre à domicile. Parmi elles, des boîtes de conserve. Je les examine toujours pour éviter celles qui sont bossées. Un employé, habituellement préposé à la quincaillerie, se charge de placer le tout dans des boîtes de carton, sur lesquelles il inscrit mon adresse.

Après la livraison, je constate qu'une boîte de petits pois Le Sieur de 398 ml est enfoncée en son centre, quasiment pliée en deux. J'examine la boîte de carton qui la contenait, elle n'est pas endommagée. De plus, le carton est épais et rigide.

La fois suivante, je remets la boîte de conserve écrasée -- probablement du talon -- à celui qui a fait la livraison, lui dis clairement qu'il s'agit d'un petit sabotage soit de la part de l'homme qui avait déposé les denrées dans les boîtes ou du livreur, c'est-à-dire lui. Par la suite, le premier modifiera son comportement à mon endroit, m'évitera. Le verrai aussi patrouillant au volant d'un véhicule, qui n'est pas le sien, le nez chaussé de fausses lunettes ajustées à la vue, à monture noire, penchant la tête du côté opposé pour éviter que je l'identifie.

La plupart du temps, je vais à l'épicerie vers la fin de l'après-midi. On connaît bien mon train-train quasi quotidien. Cependant, il m'est arrivé de vérifier si la présence policière et collaboratrice étaient la même aux autres heures de la journée. Alors, je m'y présentais à l'improviste, les jeudis ou vendredis soirs où les clients sont beaucoup plus nombreux.

Je les y retrouvais ainsi que d'autres que j'avais repérés depuis belle lurette. Pour tout dire, l'achalandage suscitait la curiosité de plus de civils de la Sûreté du Québec et collabos, et ma présence gênait quelques uns. Je voyais certains-nes en grande conversation avec de vrais clients, agglutinés dans le secteur de la caisse, pendant qu'une ou deux autres, le panier rempli à ras bord, faisaient et refaisaient les allées sans passer à la caisse, abordant au passage un client ou cliente pour faire un brin de causette.

Les dépanneurs (mini-épiceries) sont des endroits où des clients parfois se vident un peu le cœur : cependant, le lieu où ils se livrent le plus demeure indéniablement le salon de coiffure. Dans le village, l'un des dépanneurs est l'équivalent d'un mini poste de police. Son proprio s'est investi corps et âme dans la prévention. L'une de ses employées, à la caisse, est d'ailleurs une civile de la Sûreté du Québec. C'est elle qui m'a fait passer le test du chien renifleur.

À cet établissement, souvent un civil est présent, mise à part, quand elle est de service, celle y travaillant. Assez régulièrement, il utilise, pour justifier sa présence, l'alibi de la loterie. Il est là, hésitant devant l'assortiment complet de billets de loterie de toutes sortes étalé sous le plastique transparent posé sur le comptoir. Ou se met aussitôt à piocher sur une grille de la 6/49.

L'astuce lui permet de gagner du temps, de continuer d'être là et d'écouter ce que vous avez à dire pendant que la caissière ou le proprio essayera de savoir ce qui se passe dans votre vie. Et d'y rester quand vous avez quitté les lieux. Et de refaire son spectacle, je présume, quand quelqu'un d'autre s'y présente. Avec le temps, ç'a fini par faire clic dans votre tête : ces gens achètent beaucoup trop de billets de loterie pour que ce soit vrai. (Suite demain)

  Coup de lampe de poche à la figure, perte de deux dents - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Lors d'un barrage routier, à St-Agathe-des-Monts, en avril 1997, le caporal Alain Daoust, du poste de la Sûreté du Québec des Laurentides, constate que l'un des cinq occupants d'un véhicule, en liberté provisoire et tenu de ne pas fréquenter des personnes ayant des antécédents judiciaires, n'a pas rempli son engagement (Presse canadienne -- La Presse du 1ier mars 2001) : le conducteur en possède. Il est alors arrêté et conduit au poste de police. En chemin, le caporal Daoust repousse le citoyen menotté en le frappant au visage avec sa lampe de poche. Ce dernier y perd deux incisives supérieures.

Me Jacques Monette, du Comité de déontologie, qualifie de «très grave» le geste de Daoust. «La réaction du policier a été nettement excessive et abusive. (...) Il est vrai que le citoyen (menotté...) en question était peu coopératif mais la violence du geste posé par le caporal Daoust est hors de proportion dans les circonstances. Est-il besoin de rappeler que l'on ne peut porter atteinte à l'intégrité physique d'une personne que dans un cas d'absolue nécessité?» Le caporal Daoust est déclaré inhabile à exercer la fonction d'agent de la paix pour une période de trois ans. Comme il arrive souvent en milieu policier, Daoust ayant pris sa retraite, il ne peut faire l'objet d'autre sanction.

Pendant une vérification de routine, dans le secteur de St-Évariste, sur le territoire de la MRC de Beauce-Sartigan, le policier Jacques Gagnon de la Sûreté du Québec intercepte le véhicule d'un dénommé Lecours, un handicapé physique. (Presse canadienne -- La Presse du 23 février 2001) Deuxième interception de la journée, alors il maugrée. Ça déplaît au policier, qui lui assène trois coups de poings à la figure.

Février 2001, le Comité de déontologie ne tient pas compte dans sa décision du handicape de la victime, car rien n'indique que Gagnon s'en était aperçu. «Gestes gratuits», statue le comité. «Il n'y a eu aucune sorte de provocation de la part de M. Lecours». Gagnon devra «comprendre que de tels gestes sont inadmissibles, que la personne soit saine ou handicapée, jeune ou âgée, calme ou arrogante». Il est suspendu pendant 15 jours sans solde.

À l'été 1999, deux membres de la police de Brossard, Pierre Bergeron, détective de son état, et Lynda De Laplante, responsable des relations publiques, convient des journalistes, photographes et cameramen à une descente policière au Motel Best Western où ils soupçonnent plusieurs personnes de se livrer à la prostitution. (Presse canadienne et Hugue Dumas -- La Presse des 30 janvier et 13 mars 2002)

Un peu avant minuit, une quarantaine de policiers font irruption dans la suite nuptiale du motel, transformé, aux dires de la police, en maison de débauche. Ils passent les menottes à 9 femmes et 20 hommes. Photographes et équipes de télévision sont sur place et captent tout. Le lendemain, à la télé, certains reporters, pendant que les images de la descente défilent sur l'écran, parlent d'un réseau de prostitution.

Plusieurs des personnes arrêtées s'y voient, partiellement vêtues ou carrément nues. Deux quotidiens montréalais publient des photos de quelques personnes présentes au motel ce soir-là. L'un titre ainsi son article : La police met fin aux partouzes à 100$.

Par la suite, certaines de ces personnes, hommes et femmes, portent plainte auprès du Comité de déontologie, et relatent, aux audiences, que leur vie a été bouleversée : «On s'est fait accuser de prostitution, moi et les autres femmes qui étions là.» Selon un autre témoignage : «Ma vie avec mon entourage ne sera plus jamais la même et ma santé mentale en mange un méchant coup. Il y a des membres de ma famille qui ne me parlent plus. On m'a traitée de prostituée.»

En janvier 2002, Me Gilles Mignault, du Comité de déontologie, rend son verdict. Les policiers Bergeron et De Laplante ont eu tort d'inviter les médias à assister à la descente. «En permettant qu'on filme des personnes présentes et en parlant publiquement de prostitution avant le dépôt des accusations, en laissant entendre que les personnes présentes sur les lieux pouvaient être accusées de cette infraction criminelle, les policiers n'ont sûrement pas respecté l'autorité de la loi et des tribunaux et n'ont pas collaboré à l'administration de la justice».

Il estime que «l'agent De Laplante et le détective Bergeron savaient ou auraient dû savoir qu'ils s'apprêtaient à violer à peu près toutes les dispositions législatives relatives à leur devoir de discrétion, à la confidentialité des renseignements obtenus dans l'exercice de leurs fonctions et aux protections accordées, entres autres par les Chartes, au respect de la vie privé». Les deux policiers sont chacun condamnés à 21 jours de suspension, sans salaire.

Cependant, le dossier n'est pas clos. Cinq des participants, dont trois femmes, intentent, en juin 2002, en Cour supérieure, des poursuites en dommage de près de 150 000$ -- 30 000$ pour chaque plaignant -- contre la Ville de Longueuil (entre-temps, Brossard y avait été fusionnée) et ses policiers Bergeron et De Laplante. (Rodolphe Morissette -- Journal de Montréal du 15 juin 2002) Ils invoquent le fait que la police avait convoqué d'avance la presse, soulignent qu'elle a ainsi porté atteinte à leur droit fondamentaux et enfreint la Loi sur la police.

Plus explicitement, les requérants plaident qu'il ne s'agissait pas d'un «réseau de prostitution», ainsi que l'affirmait la police, mais plutôt d'«adultes libérés qui se réunissaient pour vivre une sexualité différente, communément appelée échangisme». De telles pratiques policières ne cherchent qu'à humilier, allèguent-ils. Enfin, les règles des services policiers prévoient la confidentialité de tels renseignements, notamment avant que des accusations soient portées. On ignore la suite. (Suite demain)

News du lundi 21 Mars 2011

  Diversité comme dans divertissement "Vis-à-vis", un spectacle de la Compagnie Stylistik, chorégraphie et interprétation : Clarisse Veaux et Abdou N'Gom, deux danseurs issus du hip hop : vidéo (05:51) + site de Stylistik. Super bon!

  USA-Manif : Daniel Ellsberg arrêté par la police – Célèbre depuis qu'il avait rendu public, en 1971, des documents confidentiels lors de la guerre du Vietnam, il participait hier dimanche à une manif pacifique de soutien au soldat américain Bradley Manning. Ce dernier est soupçonné d'avoir transmis à WikiLeaks des documents top secrets. Ellsberg, 72 ans : "Je pense qu'il a agit avec honneur en exposant les mauvaises choses que nous faisons". Lire l'article sur le site du Washington Post.

  Libye-Yémen – À Tripoli, un bâtiment administratif dans le complexe résidentiel de Kadhafi a été bombardé et détruit : vidéo (01:16). Par ailleurs, au Yémen, le principal chef tribal, Cheikh Sadek al-Ahmar, a demandé au président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, de se retirer. Des dirigeants de l'armée se sont ralliés à la population. À suivre aujourd'hui sur Aljazeera, colonne de droite + 276 grandes photos du New York Times prises le 14 mars, donc avant l'intervention en Libye de la coalition internationale.

  Mes passages à la caisse de l'épicerie et les interventions de civils de la Sûreté du Québec - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Examinons maintenant comment la police opère lorsque je me présente à la caisse. Généralement, un civil, mais plus souvent une femme qu'un homme, manœuvre pour se placer juste derrière moi, avec, pour faire plus vrai, un ou deux articles dans les bras. Cela lui permet d'assister à mes échanges avec la caissière, juger de mon comportement et voir ce que j'achète.

Possible de mettre un peu de sable dans l'engrenage. C'est-à-dire? Lui offrir de passer avant vous... La plupart du temps, il ou elle accepte, paie, quitte les lieux, et revient après votre départ remettre les articles et se faire rembourser. Je n'en ai jamais été témoin, mais c'est de cette façon que ça se passe. Les civils ne sont pas là pour acheter, mais contrôler et nettoyer socialement. Ils procèdent ainsi régulièrement. Les préposés à la caisse le savent, sont habitués.

La police crée aussi de faux embouteillages à la caisse. Du grand art! Un civil, qui fera en sorte d'arriver juste avant vous dans la ligne d'attente, se dirigera, peu après, comme par hasard, vers la caisse de la quincaillerie où un employé vient justement de prendre place : l'épicerie est doublé d'une quincaillerie. Tentant d'en faire autant, s'il y a une file devant vous, dont de faux clients, des civils, bien sûr, et des collabos.

Alors vous succomberez pour vous rendre compte ensuite que l'employé, après avoir mis les articles du "client" dans un sac, quittera d'un pas rapide les lieux, en vous ignorant totalement, et disparaître au fin fond de l'entrepôt. Vous voilà le bec à l'eau, pas le choix, vous retournez dans la ligne d'attente de la caisse de l'épicerie qui, entre-temps, s'est allongée. Façon subtile de vous signifier qu'on ne veut pas vous servir, que vous devriez peut être aller faire votre marché ailleurs.

Un jour, j'ai manifesté ma désapprobation. Une civile, grande et corpulente, le panier passablement rempli, offre à un collègue de passer avant elle : elle a participé à un faux embouteillage au magasin IGA, à Roberval. Suis juste derrière, et il n'y a personne d'autre que nous deux. Monsieur accepte et sort de l'allée où il se dissimulait, avec quelques articles dans les bras. C'est gentil de céder sa place à un autre, mais elle aurait pu m'en parler avant. En d'autres circonstances, ça ne me dérangerait pas, bien au contraire.

Mais conscient du petit scénario policier dont je suis la cible, je proteste, signale à l'homme de faire comme moi, de se mettre en ligne. «Hein?» me fait-il en se tournant. «T'as pas compris?» «Hein ?», me répète-t-il. J'ajoute que, moi, j'ai compris (que c'est un petit scénario policier, et qu'il est un flic). Une employée, craignant sans doute que le ton monte, s'installe devant une autre caisse et me fait signe. Par la suite, l'homme cherchera à m'intimider, lors de rencontres "fortuites", notamment à Roberval. À l'épicerie, on ne me fera plus le coup. (Suite demain)

  Un flic administre à une femme trois coups de poing à la figure - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) À la fin de janvier 1999, un policier éducateur de la section d'aide à la jeunesse de la police de l'île de Montréal, Jean-Marc Saint-Hilaire, 50 ans, est traduit devant le juge Jean Beaulieu de la Cour du Québec, au palais de justice de Saint-Jérôme (Jean-Paul Charbonneau -- La Presse du 29 janvier 1999) : il a fumé de la marijuana avec une «écolière» (une ado?). Il a aussi admis en avoir eu en sa possession lors d'une autre rencontre, à son domicile de Terrebonne, cette fois-là en présence d'autres adolescentes.

Expliquant au juge que le policier avait dû prendre sa... retraite après 28 ans de service et subi une cure de désintoxication, l'avocat de la Couronne, Me Jean-Pierre Boyer, demande et obtient que le tribunal lui accorde l'absolution inconditionnelle. Saint-Hilaire était un ex-membre de l'escouade moralité et drogue de ce corps policier.

Le 24 juin 1998, les agents Richard Roy et Denis Lapointe, de la police de St-Basile-le-Grand, appréhendent Manon Nancy Tremblay pour du tapage à la suite d'une dispute avec un ami. (La Presse du 6 septembre 2001) Après lui avoir passé les menottes, les policiers la blessent à un coude puis la sortent à moitié nue de la résidence de sa mère. Au poste de police, on l'empêche d'appeler un avocat.

Et, parce qu'elle a craché au visage de l'un d'eux, on l'asperge de poivre de Cayenne et la laisse, pendant 16 ou 17 heures, sans soins et sans eau dans une cellule : l'eau permet d'en atténuer les douleurs occasionnées aux yeux.

Dans sa décision rendue le 15 mai 2001, Me Richard W. Luticone, du Comité de déontologie, qualifie cette façon d'agir de «gratuite et démesurée», ajoutant que la détention de la jeune femme était «complètement injustifiée et inadmissible». Ils l'avaient en outre brutalisée et arrêtée sans mandat.

Roy et Lapointe sont suspendus sans salaire pendant 32 et 23 jours respectivement. Un troisième policier, Robert Mercier, qui avait entre-temps quitté ses fonctions, est jugé inhabile à porter l'uniforme pendant deux ans.

Autre cas... Une citoyenne, fortement intoxiquée, tombe en panne sur l'autoroute métropolitaine, dans l'île de Montréal. Elle est arrêtée et mise en cellule au poste Montréal-Métro, à St-Laurent. Constatant son état hystérique, le policier Daniel Caron de la Sûreté du Québec appelle l'ambulance. (Rollande Parent, Presse canadienne -- La Presse du 25 août 2002)

Alors que deux collègues tentent de l'immobiliser, le policier Caron entre dans la cellule et lui administre trois coups poing au visage. En résulte un hématome. C'est l'ambulancier qui dénonce le geste de violence.

Me Richard W. Luticone, président du Comité de déontologie, juge, en août 2002, comme facteur aggravant le fait que Caron ait toujours nié être entré dans la cellule. Il qualifie son geste «d'une gravité extrême et d'une inutilité absolue» et précise qu'il avait «perdu le contrôle d'une situation stressante». Il le condamne à 20 jours de suspension sans solde.

Des accusations criminelles de voies de fait sont également portées contre lui, mais il est acquitté parce que le principal témoin, l'ambulancier, n'a pu affirmer avec certitude que Caron était bel et bien l'agresseur. (Suite demain)

News du dimanche 20 Mars 2011

  Libye – Selon un insurgé, la ville de «Benghazi est (désormais) vraiment sécurisée» : vidéo (00:59).

  Melting-pot - Des trucs pour passer inaperçu dans la rue : un, deux, trois, quatre + le sultan Qabous d'Oman, homme-sandwich : bardé de décorations ; désapointement ; faire l'amour, pas la guerre ; c'est pas nouveau ; liberté et avenir ; nuage avec des yeux rouges ; oups! trop tard ; cohabiter avec ses semblables ; rentre ton ventre.

■  Faut-il imposer des centrales nucléaires à la population ou la consulter ? - Les événements qui se déroulent au Japon, incitent des citoyens à s'interroger. Ainsi que le signale Yvan Blot, la démocratie directe ne semble pas changer grand-chose aux décisions politiques de continuer ou d'abandonner le nucléaire.

■  La visioconférence, prochaine révolution de la communication sur internet – Toute la mécanique est là, selon Onel Trouillot, dg d'Opinews, qui serait, sinon le seul, l'un des premiers sites à permettre aux internautes d'animer des débats sur tous les sujets les concernant ou intéressant : ordis portables équipés de webcams, téléphones portables proposant deux caméras, diminution des coûts de la bande passante, haut débit en développement mondial.

Les besoins aussi, sont là. Trouillot remarque, lors d'une entrevue, qu'il est de plus en plus difficile de suivre un débat sur internet : répétitions des commentaires, perte de l'idée du départ, passage rapide aux oubliettes parce que remplacé par les nouveaux, pollution des forums, l'auteur de l'article critiqué répondant que très peu aux commentaires, etc.

PS : Dans un avenir assez proche les grands médias ne seront plus les seuls à tenir des débats, les citoyens auront aussi leurs mots à dire. Le Net ouvre de plus en plus de portes, démocratise.

■  «Big Foot» - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Autre petite péripétie, dont je ne dévoilerai pas le contexte parce que des gens du village de Lac Bouchette pourrait repérer facilement l'homme. J'ai taquiné amicalement une personne qui m'a littéralement planté verbalement : «Je va (sic) te donner un coup de pied. Je va frapper si fort que je va avoir le pied tout enflé.» J'en suis resté bouche bée, je voulais le faire rire, pas le mettre en rogne. Habituellement, sans être volubile, il est de commerce agréable.

Quelques jours après, je vois une camionnette Ford, brune et orange, d'allure commerciale mais d'un genre particulier que je n'ai jamais vu nulle part. Un bande orangée d'environ deux pieds de large passe sous les fenêtres des portières et fait le tour du véhicule. Sur les côtés, pas de nom de commerce, d'adresse et numéro de téléphone, seulement l'expression «Big Foot», peinte en grosses lettres noires, près des portières. Pensez-vous qu'on peut établir le lien entre la menace de me donner un bon coup de pied et «Big Foot»?

Environ un mois s'écoule, je l'aperçois de nouveau, elle est stationnée dans l'entrée d'une maison dont je connais les activités souterraines auxquelles se livre l'occupant. Je prends deux photos. En a-t-il été témoin derrière sa fenêtre ou m'a-t-on vu le faire sur un écran pour le lui rapporter par la suite?

Toujours est-il qu'environ trois semaines après, alors que je suis à l'épicerie, l'homme en question s'approche, me demande : «Pourquoi tu me parles pas?» Je poursuis mon chemin sans lui prêter attention. À la caisse, il remet ça. Il est dans une allée : «Psitt! Viens ici!», me souffle-t-il, il insiste, de guerre lasse j'y vais. «Qu'est-ce que je t'ai fait?», le répète, veut savoir. Muet comme une carpe, je retourne à la caisse. Je le vois jamais, ce mec-là, comment puis-je le saluer, lui parler?

À l'extérieur, au moment où j'enfourche mon vélo, le revoilà : «Pourquoi tu m'en veux?» Lui brosse rapidement le tableau : «J'en veux à personne. Je communique seulement avec les gens de bonne foi. Toi, je te considère comme étant de mauvaise foi.» Coup de pédale, pendant que derrière je l'entends marmonner. Civil ou collabo? Civil, je ne sais pas, collabo, pas de doute. (Suite demain)

■  Le verdict du chien renifleur de drogue, l'équivalent d'une décision de la Cour suprême du Canada ? - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Restons dans le monde canin, en traitant cette fois de l'escouade des chiens renifleurs... de drogues. Dans la partie récit de ce livre, je relate avoir été reniflé par le chien d'un collabo ...écornifleur et celui d'une policière en civil de la Sûreté du Québec.

Il arrive aussi que la police opère au grand jour, c'est-à-dire vêtue de l'uniforme. Occasionnellement ou souvent? L'incident s'est produit dans la capitale canadienne, Ottawa, en Ontario, mais rien ne garantit que cela n'arrive pas au Québec.

Au printemps 2002, la police de la Ville d'Ottawa, accompagnée d'un chien policier renifleur, mène une fouille impromptue à l'école secondaire St. Metthew d'Orléans, ville de la banlieue. (Presse canadienne -- La Presse du 28 mars 2002) La brave bête dépiste une odeur de marijuana sur le manteau de Christopher Laurin, âgé de 15 ans, qui est ensuite escorté jusqu'au bureau de la directrice, où il est interrogé, et ses effets personnels de nouveau fouillés.

Pourtant, il n'avait sur lui aucune drogue. La directrice de l'établissement scolaire reconnaît être incapable de déceler l'odeur de marijuana sur sa veste de ski. Police et personnel de l'école affirment à l'ado que les chiens dressés à cette fin peuvent retracer cette odeur sur des vêtements jusqu'à trois mois après que la marijuana ait été consommée. La direction le renvoie à la maison, le suspend pendant deux jours. Le verdict du chien est sans appel, en somme l'équivalent d'une décision de la Cour suprême du Canada.

Son père, Michel Laurin, réagit avec colère. «(...) Il n'a rien fait de mal. Et s'il avait laissé son manteau dans la voiture de quelqu'un, et que cette personne avait un joint? Je sais qu'ils veulent faire la bonne chose, mais une suspension pour un manteau? Je n'arrive pas à croire les implications que cela pourrait avoir».

Son fils non plus ne comprend pas : «Pourquoi suis-je suspendu? Je ne peux la sentir (la marijuana), personne d'autre n'y arrive, mais le chien a décelé une trace, rapporte-t-il, incrédule. Ce n'est pas comme si j'empestais le pot. Est-ce que j'avais de la drogue sur moi? Non. Je n'avais même pas sur moi quelque chose pouvant avoir un lien avec la drogue. Je ne suis pas en colère contre l'école, mais je n'ai violé aucun règlement, alors que je devrais pas être suspendu.»

La police a-t-elle le droit de s'amener dans une école, ou ailleurs, et de passer des citoyens sous le nez d'un renifleur? Personne ne semble avoir contesté cette façon de faire. Il semble qu'ici, nous soyons en présence d'un cas où la police a agit à l'aveuglette, sans allégation ou présomption préalable. Cette histoire ressemble à une partie de pêche. (Suite demain)

News du samedi 19 Mars 2011

■  Québec-budget : premier ministre Jean Charest, l'illusionniste patenté - Tous partis politiques confondus, combien de fois les Québécois ont-ils entendu le discours de l'équilibre budgétaire éventuel? Et à la fin de chaque année, combien de fois ont-ils constaté que les élus au pouvoir avaient encore dépassé les bornes financières?

Examinons le cas de Jean Charest, qui achève son septennat. Il a été élu la première fois à cette fonction en avril 2003. De 2003 à 2004, la dette accumulée du Québec est passée de 111,3 milliards à 114,7 ; 2004-2005 (116,5), 2005-2006 (118,3), 2006-2007(122,6), 2007-2008 (125,9), 2008-2009 (129,9 - années du krach financier mondial), 2009-2010 (136,8), 2010-2011 (142,8). Plus de 66% de la dette brute sont des dépenses d'épiceries : source.

Tous les pays démocratiques avec un fort déficit ont un symptôme en commun... Des politiciens qui ont géré pour gagner la faveur populaire et satisfaire les groupes d'intérêts sans voir les conséquences économiques à moyen et long terme : source + 8 000 000 000$ de plus siphonnés dans les poches des Québécois.

  Japon : trace d'iode radioactif dans l'eau du robinet – Six villes sont touchées, dont Tokyo.

  Libye, aujourd'hui : destruction de plusieurs blindés libyens par des avions français – Ils étaient près de Benghazi, une ville détenue par les insurgés. L'objectif est de protéger les civils. L'intervention permise par le Conseil de sécurité de l'ONU est basée sur la résolution adoptée en 1973 par l'organisme : vidéo (01:54), Jean-Bernard Cadier, spécialiste en la matière, explique + article, des missiles américains ont détruits des sites anti-aériens libyens + suivre les événements sur aljazeera, colonne de droite, tout est là.

  Ultimatum à Kadhafi – Le dictateur libyen semble acculé au pied du mur, si l'on tient compte de la décision prise par le Conseil de sécurité de l'ONU tard dans la soirée du jeudi 17 mars : vidéo (01:41). On ne pensait pas que l'intervention serait aussi rapide.

  Épicerie de Lac Bouchette : des civils de la Sûreté du Québec déguisés en clients - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Février 2002. À l'épicerie du village de Lac Bouchette, un homme me fait remarquer la présence «de belles femmes ici». Justement, il y en a une derrière moi, dans la cinquantaine, avec son panier, attendant que je libère le chemin.

Dans l'allée suivante, suis bloqué par trois "clients" poussant des paniers : le même homme, qui est cette fois devant moi, la même femme, qui est maintenant à mon côté, et une autre, juste derrière. Suis encadré, impossible d'avancer ou reculer. Seul un hélico pourrait me sortir de là... Comment m'en extraire? J'opte de faire allusion à leur métier : «Il faudrait un agent de la circulation ici», dis-je tout haut. En un rien de temps, ils se volatilisent tous, comme des pigeons effrayés par un bruit.

Le jour suivant, j'aperçois au fond d'une allée un civil que je connais. C'est l'homme-au-labrador-chasseur-de-canards. Vêtu de son habit de motoneigiste, casque protecteur sur la tête, il est immobile, pieds écartés, mains sur les hanches, me dévisage quelques instants avant de disparaître dans le département de la ferronnerie.

Deux allées plus loin, un autre surgit tout au bout. Me dit bonjour, me contente de plisser le front et faire le gros bec. Policier? M'a déjà confié avoir travaillé à Nicolet... Ça l'a rendu suspect à mes yeux, car c'est dans cette municipalité que l'Institut de police du Québec a pignon sur rue.

Il utilise parfois la démarche martiale et certains gestes typiques du policier patrouilleur en uniforme. Sait comment descendre d'un véhicule -- d'une auto-patrouille --, en fermer en douceur la portière, juste ce qu'il faut pour qu'elle claque un peu, passer la main droite derrière son dos pour vérifier si sa paire de menottes est toujours là, et m'a, à quelques reprises, harcelé, tout de même modérément.

2001. Au bout d'une allée, un flic en civil surgit, vêtu d'un blouson noir, me bloque le passage, s'attend de toute évidence à ce que je libère le chemin. «No sir!», que je me dis. J'avance un peu plus et lui enfonce lentement mon panier dans le ventre : «C'est dans cette direction que je vais!», cela dit en poussant encore un peu plus. Il n'insiste pas, s'écarte, passe à côté, me gratifie d'une petite tape dans le dos, ajoute qu'il voulait seulement «blaguer». Je pourrais riposter : "Une blague? Moi, je pense que c'est plutôt de la provocation", mais à quoi bon. (Suite demain)

  Les policiers, n'étant pas avocats, commettent des fautes sans le savoir - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Mars 1999, un étudiant se dirige vers le Cégep de Lanaudière pour participer, en soirée, à une manif organisée par l'association des étudiants. (Rollande Parent, Presse canadienne -- La Presse du 6 février 2002) L'apercevant, l'agent Jean Trudelle, de la police de Joliette, l'avise qu'il est fermé et le presse de quitter les lieux.

Il refuse, l'agent Trudelle le met en état d'arrestation, lui passe les menottes en utilisant une force excessive et le conduit au poste où il est mis en cellule. Peu après, l'agent le photographie à deux reprises. L'étudiant écope de deux accusations : refus d'obéir et s'être trouvé dans un endroit public alors qu'il est fermé. Infractions dont il sera acquitté, l'agent Trudelle ne s'étant pas présenté à la Cour municipale.

Ensuite l'affaire aboutit au Comité de déontologie. Me Richard Luticone relève deux entorses déontologiques : force excessive lors de l'arrestation, l'agent Trudelle lui a écrasé la main avec son pied et l'a remis debout d'une manière inappropriée. En outre, il n'avait pas le droit de prendre sa photo, l'arrestation ayant été effectuée en vertu d'un règlement municipal et non du Code criminel.

À ce sujet, Me Luticone a été étonné d'apprendre des collègues de Trudel, des agents Barette, Chaput, Turbide et du lieutenant Rondeau, tous du corps policier de Joliette, qu'il était pratique courante de photographier systématiquement les personnes arrêtées. «L'ignorance d'une règle de droit constitue une faute déontologique parce qu'elle relève de l'incompétence grossière ou de la mauvaise foi», statue Me Luticone, qui devait rendre sa sentence dans les semaines suivantes.

Autre cas de la même eau : août 2002, les policiers Benoît Beaulieu et Yves Tancrède, ce dernier sergent et directeur du poste de la Sûreté du Québec, à St-Esprit, dans la municipalité régionale de comté (MRC) de Montcalm, photographient un mineur et prélèvent ses empreintes digitales parce qu'ils le soupçonnent de vol alors qu'il n'est pas inculpé. (Presse canadienne -- La Presse du 7 août 2002)

Me Jean-Marie Blais, du Comité de déontologie, estime que l'agent Beaulieu a enfreint les dispositions de la Loi sur les jeunes contrevenants, rapporte la Presse canadienne. «Le comité est d'avis qu'il s'agit d'une faute lourde que ne saurait excuser la bonne foi ou l'absence de malice de l'agent Beaulieu non plus que la caution subséquente toute autant fautive du sergent Tancrède». On n'en connaît pas la suite...

Martine Gendron, une policière de Montréal, avait utilisé un... chien contre un citoyen. Elle voulait prêter main-forte à des collègues aux prises avec un homme ayant consommé de l'alcool, tenant des propos amers et susceptible de s'en prendre à son ex-conjointe, dont il était séparé depuis peu. (Presse canadienne -- La Presse des 16 février et 22 mars 2002)

Me Gilles Arsenault du Comité de déontologie juge «drastique, inutile et disproportionnée» l'intervention de la policière, avec sa chienne Betz. Il conclut qu'«en donnant du lest à son animal pour qu'il atteigne le citoyen, la policière Gendron, maître-chien depuis 1998, savait qu'une morsure en résulterait». Son pantalon en avait été déchiré, mais sans «aucune séquelle physique», signale-t-il.

Et que Gendron, policière de dix ans d'expérience, a eu recours à une force plus grande que nécessaire. Il met en doute le bien-fondé du recours à un chien dans ce type d'intervention, la condamne à une suspension sans solde d'une journée. (Suite demain)

News du vendredi 18 Mars 2011

  Les moutons noirs de la spéculation – Les prix mondiaux de denrées alimentaires atteignent des niveaux records, rapporte-t-on. Les spéculateurs y sont pour quelque chose. Certains disent qu'il y a beaucoup d'autres marchés où ils peuvent opérer, qu'ils n'ont pas besoin de celui des denrées pour faire de l'argent. D'autant plus que les prix sont moins équitables dans les pays en développement : vidéo (08:30).

PS : Il est largement démontré aussi que de ces moutons noirs achètent par exemple de grosses quantités de blé afin de créer artificiellement une pénurie et faire augmenter les prix. Il y a quelques années des émeutes de la faim ont eu lieux dans plusieurs pays africains. On se demande ce que les États occidentaux attendent pour intervenir. Conflit d'intérêts, ici : plus les prix sont élevés, plus les spéculateurs paient des impôts.

  Québec-budget : hausse de 1 625$ des frais scolaires étalée sur 5 ans – La pire atteinte à l'accessibilité aux études depuis les vingt dernières années, une attaque envers la génération actuelle et la classe moyenne, dénonce Louis-Philippe Savoie, président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ).

Elle empêchera de milliers de jeunes de la classe moyenne à poursuivre leurs études. La mobilisation étudiante va s'intensifier. Le président Léo Bureau-Blouin de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) l'affirme également : communiqué de presse des deux fédérations + article + des députés libéraux à l'époque où ils étaient étudiants avaient bénéficié de tarifs largement inférieurs à ceux d'aujourd'hui.

Plan budgétaire 2011-2012 du gouvernement du Québec (536 pages) + discours du budget du ministre libéral des Finances Raymond Bachant prononcé à l'Assemblée nationale (56 pages) + site du ministre Bachant où d'autres infos sont disponibles.

PS : Revenons sur la hausse de 1 625$ des frais scolaires étalée sur 5 ans... L'argument massue des néolibéraux de Jean Charest (un ex-député et ministre du gouvernement progressiste conservateur du Canada de Brian Mulroney) : les tarifs sont plus élevés dans la plupart des autres provinces. Le principe gravement menacé ici : tous les citoyens doivent avoir accès à l'éducation. Pas seulement une question de justice sociale, d'un avenir plus riche aussi, et sur tous plans, pour le Québec.

On n'a pas à s'inquiéter du nucléaire – Tout est sous contrôle, la preuve : vidéo (02:03).

  Libye – Un rappel, la nouvelle étant d'une grande importance. En fin de soirée hier jeudi le Conseil de sécurité de l'ONU a autorisé une zone d'exclusion aérienne sur le territoire de ce pays : vidéo (00:18), avertissement de Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU + plusieurs pays ont déjà indiqué en quoi consistera leur participation.

  Une petite épicerie collaboratrice et policière à l'os - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Jetons un œil sur les établissements commerciaux, peu nombreux dans le village de Lac Bouchette, et faisant l'objet d'une surveillance continuelle de la part des civils et de leurs collabos. J'étale les faits en vrac, sans tenir compte de la chronologie, sauf exceptions, les agglomérant selon des thèmes.

Quand je pars en randonnée en vélo de montagne, ordinairement ils me doublent ou me croisent. Dans un petit village, on ne peut varier à l'infini les trajets. Connaissant bien mes routines et mon itinéraire de plusieurs kilomètres, ils disposent de tout le temps nécessaire pour me concocter des rencontres "fortuites", bien entendu, et mettre au point de petits scénarios sympas. L'épicerie du village est toujours la dernière étape avant le retour à mon domicile. Allons y enquêter.

2 avril 2001. Une employée me bloque le passage, dans l'allée longeant les réfrigérateurs des produits laitiers. Ce n'est pas une première et, curieusement, elle est la seule à s'adonner à ce petit jeu. Madame place des litres de lait dans l'un des frigos ouverts. Devant, elle a stationné le chariot qu'elle utilise pour le transport des produits depuis l'entrepôt jusqu'à l'épicerie. J'arrive avec mon panier. Elle a déposé sur le plancher, à côté du chariot, une caisse de lait vide de couleur... rouge. Elle feint de ne pas me voir. Elle travaille avec minutie, se recule un brin pour s'assurer que tout est bien aligné.

Je lui dis qu'elle fait exprès de me bloquer le passage, et que ce n'est pas la première fois. Elle se tourne vers moi et enlève aussitôt la caisse de lait. Je passe, l'entend rétorquer dans mon dos : «C'est pas vrai (que je fais exprès)». Me retourne et insiste : «Oui, c'est vrai». Elle n'ose pas me regarder dans les yeux, son visage a roussi.

Le surlendemain, elle est dans une allée, en train de regarnir des tablettes. Lorsque je m'en approche, elle fait soudainement tout un tintamarre avec de gros récipients métalliques vides. Ça fait pif-paf-boum, ça sent la violence à plein nez.

Et juste au moment où je vais doubler son chariot, elle amorce un mouvement comme si elle voulait me couper le chemin, mais ce n'est qu'une feinte, m'obligeant tout de même d'arrêter puis d'accélérer pour libérer rapidement le passage. Pendant un certain temps, madame me saluera d'un «bonjour, monsieur Martel», le ton emprunté et la voix forte, en sachant très bien que je ne lui rendrai pas la pareille. Provocation et atteinte à la dignité. (Suite demain)

  Un flic en uniforme fâché d'une impolitesse d'un bambin de 5 ans fait tout un show - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Juin 2000. Le policier Luc Bernard, de la police de Longueuil, s'en prend à un enfant de cinq ans, dans une cours d'école. (Rollande Parent, Presse canadienne -- La Presse du 23 mars 2002) Un cas probablement rarissime. Le gamin s'est permis une impolitesse à son égard. Fâché et parlant fort, il l'empoigne et, malgré ses pleurs, l'entraîne contre son gré vers le bureau de la direction de l'institution.

À grands cris, il insiste pour parler à la direction, soutient que l'enfant a été impoli avec lui. Une secrétaire juge préférable d'amener l'enfant dans une autre pièce, mais Bernard les y rejoint, fait état de son grief, avec acharnement.

Finalement, la directrice le rencontre, lui demande de ne plus intervenir auprès des enfants de l'école, lui dit que, même s'il est policier, ce n'est pas de son ressort, mais celui de la direction de l'école. C'était la deuxième fois que Bernard s'y pointait : trois semaines auparavant, il avait exhibé son insigne de policier... aux enfants qui tardaient à se placer correctement en rang.

Devant le Comité de déontologie, Bernard, qui compte 10 ans de service, reconnaît ses torts. Aveu qui lui vaut illico le retrait de plaintes portées contre lui (NDLR : Un gros traitement de faveur) : abus d'autorité, intimidation du personnel de l'école et d'un enfant de cinq ans. Me Richard Luticone du comité n'en retient qu'une seule, celle d'avoir fait référence à sa fonction de policier d'une manière inappropriée. Sentence : suspension de deux jours sans traitement.

Le cas suivant a été puisé dans la lettre d'une lectrice de La Presse qui en a été témoin en avril 2002 : Suzanne Perron. (Suzanne Perron -- La Presse du 28 avril 2002) À lire attentivement car, même s'il est question ici de policiers en uniforme, cette lettre illustre parfaitement bien les sabotages clandestins de la police en civil. Seule différence, les victimes ignorent que cette dernière est derrière ça.

«Aujourd'hui, vers 18h30, à l'angle des rues St-Denis et Sherbrooke (à Montréal), relate-t-elle, j'ai vu deux policiers (de l'île de Montréal) qui venaient d'interpeller un squeegee (nom désignant ceux lavant le pare-brise d'autos, aux intersection, pour se faire quelques sous), briser sauvagement ses outils de travail. À l'aide de leurs pieds, les policiers arrachaient en souriant les lames éponges des bâtons auxquels elles étaient fixées, sous les protestations bien faibles du squeegee.

Peut-être cet individu avait-il effectivement commis une infraction. Alors, qu'on l'arrête, qu'on lui colle une amende ou qu'on applique la sanction prévue. Mais si l'on souscrit à la mesure arbitraire dont j'ai été témoin, poussons la logique plus loin et essayons d'imaginer les sanctions que risquent d'encourir les coupables des délits suivants.

«Un cycliste qui enfreint le code de la route : la police lui "pète" ses broches de vélo? Une personne arrêtée pour conduite en état d'ébriété : on lui "pète" ses pneus pour l'empêcher de récidiver ou on lui coupe ses cartes de crédit en morceaux pour qu'elle ne retourne pas boire? Un voyeur qui se fait pincer dans les toilettes des femmes : on lui casse ses lunettes pour qu'il ne soit pas tenté de recommencer? Une femme au volant, distraite par une émission de radio, qui omet de faire un arrêt obligatoire : on arrache l'antenne de son auto pour lui donner une leçon?

«Peut-être que je n'aurais pas dû écrire cette lettre, s'inquiète-t-elle, avec copie aux autorités policières, et l'acheminer par courrier électronique. Tout à coup qu'on viendrait me "péter" mon ordinateur ou bien arracher ma connexion Internet(Suite demain)

News du jeudi 17 Mars 2011

  Libye – Le Conseil de sécurité de l'ONU autorise une zone d'exclusion aérienne.

  Libye-insurgés – 18 photos d'amertume.

  Québec : des frais illégaux facturés aux patients et le gouvernement Charest ferme les yeux – La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), son président Gaétan Barrette : «Il s'agit d'un dossier qui aurait dû et pu être réglé depuis déjà quatre ans».

En octobre 2007, la FMSQ et la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ), sous mandat du ministère de la Santé et des Services sociaux, ont fait enquête et produit un rapport recommandant au gouvernement (Charest) de s'attaquer de manière urgente à cette question. Rien a été fait jusqu'à présent : article + communiqué de presse + site de la FMSQ.

PS : Ces frais illégaux viennent s'additionner aux tarifs imposés déjà aux patients par le premier ministre Jean Charest. En n'intervenant pas, ça lui permet d'économiser de l'argent sur le dos des patients. Comment qualifier cette façon de faire? C'est de l'hypocrisie.

Ce gouvernement néolibéral n'arrête pas d'agresser sans scrupule des citoyens : éolienne, gaz de schiste, coût élevé de l'éducation, etc. Il ne fait rien non plus pour protéger les citoyens des agressions psychologiques et physiques illégales de la police en civil. Qui ne dit mot, est lui-même un agresseur.

■  Haïti : dimanche 20 mars, second tour des présidentielles – Deux candidats : Mirlande Manigat et Michel Martelly. Ce dernier a remplacé Jude Célestin, candidat du président sortant René Préval, à la suite de recommandations tant des USA que de la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH). Préval, faut-il le rappeler, a été dépassé par les événements, certes majeurs : séisme, tsunami et choléra. On lui reproche de ne pas avoir été à la hauteur. L'espoir d'une véritable reconstruction d'une bonne partie du pays repose désormais sur les épaules du candidat qui sera élu dimanche.

■  Libye, situation aujourd'hui Sur la carte géographique du quotidien britannique The Guardian : cubes verts, territoire occupé par Kadhafi ; cubes rouges, par les insurgés, qui sont en difficultés ; cubes noirs, incertitude de situation. Aux endroits indiqués sur la carte par le mot "zoom", cliquez dessus pour avoir accès à des images de Google Earth. Pour retourner sur la carte, cliquez sur "Back to main map", dans le bas de la page, à gauche.

  Japon-tsunami – Plusieurs grandes photos. Les dégâts vus de près, sur le terrain. L'impression d'être dans un dépotoir, une décharge. Faudra beaucoup de temps pour tout nettoyer.

■  Lac Bouchette : tactiques vicieuses de la Sûreté du Québec pour m'inciter à ne plus fréquenter la biblio - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Par la suite, deux civiles et une collabo à tout crin ont pris le relais. Elles y faisaient déjà du "bénévolat", mais rarement les trois en même temps, alternant leur présence, une ou deux à la fois. Le triumvirat dispose désormais des coudées franches. C'est-à-dire?

Tirer les vers du nez des usagers, peaufiner le profil de chacun à partir des livres qu'ils empruntent, harceler au passage quelques anticonformistes ou rebelles à l'ordre tel qu'établi par ceux et celles qui ne veulent que notre bien, et qui vont l'avoir. Décider également qui sera in ou out de la petite biblio. Les connais des pieds à la tête. Elles patrouillent dans les rues du village, circulent dans les allées de l'épicerie aussi, on les croise parfois au Carrefour Jeannois, centre commercial de Roberval.

À la biblio, l'une des civiles m'accueillait toujours le visage fermé comme une boîte de conserve, nos rapports étaient d'une incroyable pesanteur. À trois occasions différentes, quand je lui avais présenté ma carte de la biblio pour l'enregistrement sur l'ordi des livres empruntés, elle avait tendu la main, mais ne l'avait pas prise, la laissant tomber.

Lors de mon avant dernier passage à la biblio, au milieu de l'été 2002, sa collègue m'a demandé, le bec bien arrondi : «Vous n'avez pas eu trop chhhaaauuud?» Un «chaud» long, étiré à la limite de son élastique... Oui, il avait fait chaud au cours de la journée, mais pas tant que ça. Lui ai demandé si elle cherchait à m'intimider. Elle en est restée bouche bée. J'ai ajouté que je connaissais bien son travail caché...

Pendant les deux années où j'ai fréquenté la biblio, la responsable m'avait permis de placer mon vélo dans le petit vestibule. Le laisser à l'extérieur, dans la grande cours déserte, éloignée de la rue, me semblait un peu risqué : je craignais les sabotages policiers. Lorsque le triumvirat policier s'est emparé du pouvoir, on y a déposé une chaise de bureau. Peu après, on l'a remplacée par un gros bac de recyclage.

Tactique sournoise, car si elles m'avaient demandé de ne plus l'y mettre, j'aurais obéi sans discuter. J'ai bien senti en quelque part que ce n'était pas le vélo que l'on poussait de plus en plus vers la porte de sortie. La biblio ne m'apportant plus rien de neuf, j'ai cessé de la fréquenter. Le triumvirat occupait toute la place, j'ignore s'il y œuvre encore... bénévolement.

Revenons sur la température caniculaire pour mieux en comprendre le double sens... Belle journée d'août 2001, Chemin de la Montagne, deux femmes en civil appartenant à la Sûreté du Québec. L'une me demande : «Vous trouvez pas qu'il fait un peu chhhaaauuud?»

Traduisons le jargon policier : à voir autant de civils vous surveiller, vous ne commencez pas à avoir un peu peur? Relaxe, je m'exclame : «C'est superbement beau!» Et sa collègue de réagir par un «Oh Yeah!» retentissant. Plus loin, rue Principale, un jeune civil, particulièrement agressif, se pavane à vélo. Il porte un tee-shirt orange, avec un message dans le dos où on peut notamment lire : «Yeah me... Good luck man.» Je fais le lien avec le «Oh Yeah!» de sa consœur.

Une couple de mois auparavant, il m'avait doublé, dans la partie déserte de la Route de l'Ermitage, en face de la plage municipale, pédalant comme un dingue pour ensuite virer à pratiquement 180 degrés 100 pieds plus loin, un pied à terre, et revenir et répéter sa démonstration de force. On cherche l'effet de la cape rouge face au taureau, avec l'espoir qu'il se ruera dedans, toutes cornes en avant, la fumée fusant du museau. La provocation policière, c'est exactement ça.

Ce type habite un édifice à logements, sur Principale, tout près de l'épicerie, et du même côté de la rue. L'ai vu, l'été, se mêler aux autres locataires qui profitaient du beau temps sur les galeries, la petite pelouse... Endroits propices aux confidences (Suite demain)

■  L'arbitraire policier au quotidien - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Mars 1999, un étudiant entre dans un resto de Montréal, achète un café, s'installe à une table et entreprend de réviser un examen quand le gérant de l'endroit l'invite à la libérer et d'aller s'asseoir à une autre où se trouve déjà un client. (Rollande Parent, Presse canadienne -- La Presse du 6 février 2002) Il refuse, le gérant compose le 911.

Trois policiers s'amènent, dont le sergent Martin Dea. Malgré les demandes répétées du citoyen, Dea refuse de s'identifier. Le citoyen réclame avec insistance un rapport d'expulsion pour porter plainte au service à la clientèle du resto. Les policiers l'informent qu'ils n'en rédigent jamais dans une affaire civile comme celle-là. Il se présente par la suite au poste de police afin de discuter de ce dernier point. Le sergent Dea l'empêche d'y entrer.

Décision de Me Jacques Monette du Comité de déontologie : «Lorsqu'une personne demande à un policier de s'identifier, il appartient à celui-ci de s'assurer que la personne est en mesure de comprendre facilement son nom. (...) même s'il démontrait de l'entêtement, rien ne permettait au sergent Dea de lui interdire l'accès au poste de police. (...)» Dea devait connaître sa sanction quelques semaines plus tard.

Août 2001, Dominique Lavoie et Harry St-Surin de la police de l'île de Montréal sont suspendus sans traitement pour deux jours par le Comité de déontologie (Marcel Laroche -- La Presse du 1ier août 2001) : ils avaient expulsé violemment deux citoyens d'un poste de police, en les traînant littéralement sur le sol.

Le président du comité juge qu'ils ont eu recours à une force plus grande que nécessaire, voire déraisonnable. Il rappelle à l'ensemble des policiers que si la loi leur donne de très grands pouvoirs, elle leur impose également des normes de conduite qu'ils ne peuvent transgresser sans en subir les conséquences. On ignore la sentence des deux policiers... communautaires ou de proximités ou de quartiers, faites votre choix.

La scène suivante se déroule à l'automne 1998, sur le territoire de la police de l'île de Montréal. Un citoyen gare son véhicule à un endroit réservé aux pompiers. (Rollande Parent, Presse canadienne -- La Presse des 6 février 23 mars 2002) Arrivent les policiers Jean-François Bigras et Patrick Faucher, qui lui remettent une contravention.

Et comme il n'a pas verrouillé sa portière, ils lui en donnent une deuxième. Et ajoutent aussi deux avis de 48 heures parce qu'il n'a pas en sa possession une preuve d'assurance et que son silencieux ne répond pas aux normes. Le citoyen signale qu'il a les documents requis -- preuve d'assurance -- dans son véhicule, mais le policier Bigras lui dit qu'il est trop tard, les avis sont déjà rédigés.

Frustré, le citoyen quitte les lieux en faisant crisser ses pneus. Les flics le rattrapent, lui en décernent une autre et entreprennent de fouiller son véhicule. Bigras l'avertit : «Tiens-toi tranquille, ton char y est pas dur à reconnaître et on sait où tu restes (...)». Le citoyen reproche au policier de lui faire des menaces, ce dernier réplique : «Ce n'est pas une menace, c'est une promesse.»

Bigras demande même au citoyen, qui travaille dans une agence de sécurité, ce que penserait son patron s'il était mis au courant de la situation. Une dizaine de jours plus tard, revoilà les mêmes deux flics. Autre constat d'infraction, cette fois parce que les vitres de son véhicule sont teintées.

Le citoyen porte plainte au Comité de déontologie. Me Richard Luticone juge que les deux policiers ont adopté une attitude par trop provocatrice et que Bigras a abusé de son autorité, tenté d'intimider le citoyen. Bigras et Faucher sont respectivement suspendus 4 et 3 jours sans solde.

Au début de ce même mois de mars, Faucher avait été réprimandé dans une autre cause. Il avait remis deux contraventions à... ce même citoyen, accompagnant son geste... d'un mouvement du bassin jugé indécent, tout en le dévisageant. Ce citoyen a-t-il récupéré l'argent de toutes ces contraventions? L'histoire ne le dit pas. (Suite demain)

News du mercredi 16 Mars 2011

■  Émission d'aujourd'hui de "Démocraty Now" Les principales news internationales en anglais. Du lundi au vendredi, des nouvelles fraîches de cette émission réputée. On y traite de sujets ignorés ou insuffisamment traités par les médias de masse : en savoir davantage + ses news du jour : vidéo (59:05) + faites un don.

  Japon-nucléaire – Une infographie interactive qui aide beaucoup à la compréhension de ce qui se passe dans le complexe des six centrales nucléaires de Fukushima Dai-Ichi + petit lexique du nucléaire + il n'est pas question à cette heure de parler d'une contamination planétaire + dans la centrale de Fukushima, la solitude des "pompiers" du nucléaire + réfléchir au nucléaires, sans tabou ni sectarisme.

■  Libye, situation aujourd'hui Sur la carte géographique du quotidien britannique The Guardian : cubes verts, territoire occupé par Kadhafi ; cubes rouges, par les insurgés, qui sont en difficultés. Aux endroits indiqués sur la carte par le mot "zoom", cliquez dessus pour avoir accès à des images de Google Earth. Pour retourner sur la carte, cliquez sur "Back to main map", dans le bas de la page, à gauche.

  Japon-nucléaire : le gouvernement avait envisagé ce qui s'est produit – Et depuis plusieurs années, c'est-à-dire l'effet domino : séisme de force majeur, tsunami et fusion du cœur d'une centrale nucléaire. Il estimait que cela pourrait se produire avant 30 ans.

En juillet 2007, un tremblement de terre de magnitude 6,8 s'était produit dans la région de Niigata. Ce qui avait provoqué plusieurs incidents sérieux dans l'une des plus grandes centrales nucléaires du monde, celle Kashiwazaki-Kariwa. Le sismologue Katsuhito Ishibashi de l'Université nationale de Kobe, au Japon, était l'un des principaux conseillers du gouvernement sur la sécurité nucléaire. Il avait déclaré que jamais le monde n'avait été aussi proche d'une telle catastrophe.

Il avait renouvelé ses appels de fermer immédiatement cinq anciennes centrales à Hamaoka construites directement au-dessus d'une faille géologiquement active. Il n'était pas le seul à le dire, des collègues aussi. Selon eux, il était pratiquement impossible d'assurer la sécurité d'une centrale sur un tel site. Mais on répondait que le bâti était conforme aux normes gouvernementales de l'époque : magnitude de 6,5.

PS : La source de cette information est wikipedia. Hâtez-vous d'y aller parce que la suppression de cette page fait l'objet d'un débat et risque d'être supprimée. Bien que ce ne soit pas une source bétonnée, je publie cette article quand même parce que l'un des meilleurs média français sur le web en traite, sa source est cependant différente de la mienne : médiapart. Je recommande aussi d'aller sur le site du Journal Nature, dont le nom est mentionné sur wikipedia.

  Japon, après tout ce qu'on sait déjà... - Voilà qu'on apprend maintenant que le volcan japonais Shinmoe a repris ses activités : vidéo (00:38) + info sur le volcan.

  Deux lionnes affectueuses – Il n'y a pas que de mauvaises nouvelles : vidéo (01:35).

  Le petit village de Lac Bouchette, l'équivalent d'un État policier - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) À Lac Bouchette, tout est infiltré mur à mur. Outre les commerces, les associations et autres organismes sans but lucratif, dont le Centre Vacance Nature, un centre de plein air. À l'hiver 2000-2001, j'y faisais régulièrement un arrêt pour me réchauffer, boire un café et fumer une cigarette. À cet endroit, l'infiltration est verticale, du conseil d'administration au personnel : oui, des civils et des collabos y travaillent.

Infiltrés aussi, les HLM, le Foyer Lac Bouchette -- un foyer de personnes âgées --, l'Ermitage St-Antoine. Infiltrés également, la fonction publique municipale et le conseil municipal? Chose certaine, ils sont à peu près tous des collabos : deux conseillers participent à des patrouilles. Lors d'une élection municipale, l'un des candidats défaits, qui se présentait à ce poste pour la première fois, était un civil de la Sûreté du Québec. Infiltrées également l'aréna et la biblio municipale.

J'ai fréquentée cette dernière régulièrement pendant environ deux ans, en moyenne une fois par semaine. Attardons-nous y un peu. En milieu rurale, la biblio régionale du Saguenay-Lac-St-Jean alimente, à tous les deux ou trois mois, la biblio locale. Celle-ci lui retourne une centaine de livres, la régionale les lui remplace. Cette dernière choisirait les titres. Cependant, entre les rotations, l'usager peut, par l'entremise de la biblio locale, en commander à la régionale.

Quelque part au cours de l'hiver 2001-2002, le nombre des livres socio-politiques provenant de la biblio régionale a diminué, diminué... Au point où plus aucune nouveauté ne présentait quelque intérêt à mes yeux. Même qu'on a sauté une rotation. Bien sûr, j'aurai pu commander des titres, mais cela impliquait presque un mois d'attente, des fois d'avantage, et n'en obtenais qu'un sur dix. Avait-on créé artificiellement une disette, cherchait-on indirectement à m'expulser de la biblio? Je le crois.

Puis au printemps, une bénévole avec laquelle je me sentais quelques atomes crochus, a cessé d'y travailler. Au début, je m'inquiétais de son absence, mais on me rétorquait, un peu vexé ou agacé : «Avec nous, est-ce que ça va faire pareil?» Je n'insistais pas. Puis un jour, on m'a enfin avoué qu'elle n'y travaillait plus.

Par la suite, j'ai su d'un proche de la biblio qu'elle avait quitté parce qu'elle ne s'y sentais plus tout à fait la bienvenue. Éjectée en douce? J'y avais d'ailleurs déjà été témoin d'un malaise entre elle et une civile. J'en ignore la raison, mais il était évident que la bénévole n'appréciait pas ce qu'elle lui demandait de faire. Je la sentais visiblement irritée. (Suite demain)

  Racisme policier à l'encontre de collègues d'autres ethnies - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Raciste, la police de l'île de Montréal? Mylène Jaccoud, professeur de criminologie à l'Université de Montréal, a mené une enquête sur ce sujet, qu'elle a dévoilée en mars 2002. (Silvia Galipeau -- La Presse du 21 mars 2002)

Elle révèle que si ce corps policier embauche des Noirs, des Chinois, des Italiens ou autres membres de communautés minoritaires, c'est avant tout pour des raisons utilitaristes. Elle a fait cette découverte en épluchant de ses documents portant sur sa politique d'embauche de minorités ethnoculturelles et visibles.

Énumère quelques uns des motifs évoqués : l'efficacité (pour mieux connaître les communautés, précise-t-elle), le contrôle (mieux infiltrer les communautés), la prévention (réduire les tensions entre certaines communautés et la police). Jaccoud évoque aussi l'effet de relations publiques de sa politique d'embauche, de même que psychologique (soutient aux autres policiers membres de communautés minoritaires).

Elle a complété sa recherche en interrogeant 47 policiers membres de communautés visibles et constaté que la majorité (68%) ne se disent pas victimes de racisme. Cependant, plusieurs se sont montrés réticents à dénoncer les blagues dont ils font l'objet, y voyant davantage l'empreinte de la «culture policière» que celle du racisme. Les autres, au contraire, ont trouvé assez ou très difficile leur intégration, signalant leur isolement, le manque de soutien, la suspicion, les méfaits et les insultes dont ils sont la cible.

Ils ont avoué se faire traiter de «mangeurs de vidanges», ou de «voleurs de jobs» par de leurs collègues. Les Italiens sont perçus comme des «mafiosi», les Arabes, des «conducteurs de chameaux». Comment réagissent-ils, ces policiers Noirs, Chinois, Italiens, etc.? La criminologue mentionne trois stratégies possibles : la résistance (choisie par une minorité d'entre eux, souligne-t-elle), la résignation, le retrait ou la fuite (changer de partenaire, de poste de police, etc.) ou encore la conformité active à l'institution (pour mieux se faire accepter, certains de ces policiers font de l'excès de zèle).

Peu après, lettre d'un lecteur de La Presse, Jimmy The Vinyh Pham (Jimmy The Vinyh Pham -- La Presse du 30 mars 2002) : «En lisant l'article (...) je me rends compte que la discrimination raciale existe là où on le soupçonne le moins. Est-ce que le rôle de la police n'est pas de servir et de protéger les citoyens et de faire régner la justice? Au sein même de la police, il y a des policiers de communautés visibles qui se sentent victimes de racisme et qui trouvent éprouvante leur intégration.

«Alors, pour des citoyens comme moi, qui ne sont pas des Québécois "purs", je trouve cela très inquiétant pour ma sécurité. En effet, si ces policiers n'obtiennent même pas le respect de la part de leurs compatriotes de race blanche, comment ces derniers vont-ils traiter les citoyens des minorités visibles? Certes, il y a eu beaucoup d'amélioration pour éliminer le racisme, mais c'est loin d'être suffisant (...) il est très important de rappeler l'importance de l'égalité de l'homme, peu importe la couleur de sa peau». (Suite demain)

News du mardi 15 Mars 2011

  Gouvernement du Québec : dépôt du budget jeudi 17 mars – Des citoyens ont des messages à transmettre au premier ministre Jean Charest : vidéo (04:30) + le manifeste de citoyens : "Casser l'intransigeance du gouvernement Charest" + communiqué de presse du ministre québécois des Finances et du Revenu Raymond Bachand.

  Nucléaire : on s'est trompé d'ennemi – On croyait que les terroristes étaient les plus susceptibles de passer à l'acte. L'expérience japonaise prouve que c'est la nature : article.

PS : Ne nous trompons pas, la nature a rien à voir avec ça... Les vrais coupables (terroristes) sont les néolibéraux qui, tout en le sachant très bien, ont construit des centrales nucléaires dans des zones d'activité sismique.

C'est de la même veine que le krach financier de 2008, qui a mis la planète sur l'cul (les citoyens en paient encore la facture), l'explosion de la plate-forme de BP dans le Golfe du Mexique et la marée noir qui a suivi, l'extraction du gaz de schiste qui peut libérer des matières radioactives, etc. Le rêve de devenir riche ou encore plus riche aveugle une certaine catégorie d'hommes d'affaires, qui manque de jugement et de conscience sociale.

  Protection contre la radioactivité : l'iode – Selon le site doctissimo.fr, la radioactivité se présente notamment sous forme d'iode radioactif, qui va atteindre les personnes à proximité de la zone de contamination. Cet iode à tendance à se fixer sur la thyroïde, ce qui augmente considérablement le risque de cancer de cette glande. L'ingestion rapide de comprimés d'iode le diminue.

  Libye – Kadhafi gagnerait la guerre civile : article, le président américain Obama le penserait aussi + la carte géographique d'aujourd'hui mardi 15 mars démontre que son armée progresse : cubes verts, territoire occupé par Kadhafi ; cubes rouges, par les insurgés ; cubes noirs, l'incertitude de la situation + vidéo (02:13).

  Japon – La situation hier, 14 mars : vidéo (02:32) + une autre vidéo (00:37), le témoignage d'une personne sur place, et un article.

■  La police est passée maître dans l'art de créer à la fois l'offre et la demande - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) En outre, mes connaissances en matière policière n'ont aucune commune mesure avec celles des citoyens. J'enquête sur les activités clandestines de l'underground policier depuis plusieurs années, normal que je sois plus informé qu'eux.

À cela se greffent toutes mes années en journalisme, où j'ai appris bien des choses. Je sais aussi que, pour nombre d'entre eux, la police a une valeur émotionnelle. L'argument massue : le citoyen qui n'a rien à se reprocher n'a pas peur de la police. Quoi rétorquer à ça? Comme disait l'autre : raisonner de manière rationnelle avec des gens qui ne le sont pas, et sur des questions qui ne le sont pas non plus, ça donne rien.

Les rares occasions où je me suis vraiment ouvert la trappe, j'ai néanmoins constaté qu'ils cliquaient lorsque je leur disais que les civils et leurs collabos entrent même dans les maisons privées. Une femme m'a lancé, en se soulevant de sa chaise pour éviter un faux plis à sa robe et se croiser la jambe : «Ben là, par exemple!»

Elle était sur sa galerie, on s'était salué, la connaissant de vu, m'étais arrêté un moment pour en jaser et essayer de connaître le fond de sa pensée. Jusqu'à ce moment, elle n'avait pas réagi à mes propos. À partir de là, je crois qu'elle a commencé à comprendre de quoi il s'agissait exactement.

Les citoyens de Lac Bouchette doivent bien l'entendre, eux aussi, ce battage à fond de caisses. Peut-on avancer que la très grande majorité en ignorent la véritable signification? Je le crois. Au village, ceux qui ont l'air un peu voyou et bagarreur sont de fait des civils, jeunes et vieux.

Ce sont des leurres qu'ils lancent à droite et à gauche pour attirer ceux qui seraient tentés de commettre un petit vol, une petite fraude ou autres petites entorses à la loi, mais d'abord et surtout pour réprimer clandestinement les citoyens portant atteinte aux politiquement et puritainement corrects et sortir de l'espace publique ceux y circulant sans raison.

Ils ont également une autre mission... Ne sachant pas qu'ils sont des flics, la population doit penser que se sont des gens qui ne font pas grand chose de leurs dix doigts, décrochent de temps à autre de petits emplois d'une journée ou deux, et probablement criminalisés et peu recommandables.

Sans omettre un fait capital : la police en civil propage de fausses rumeurs sur leurs collègues déguisés en bons en rien ou en voyous, qui sont ensuite reprises et colportées par des collabos. Un village n'est pas une grande Cité, alors ce n'est pas long qu'elles trouvent écho au sein de la population. Quelques collabos très proche de la police savent que ce sont des mensonges, mais n'en continuent pas moins leur beau travail.

Ainsi ce chauffeur de taxi clandestin, qui passe son temps à me dire du mal de certains civils, sciemment, dans le but évident d'étoffer leur fausse identité. Combien de fois l'ai-je entendu me dire qu'un tel, c'est un homo ; que tel autre ne travaille pas, n'arrête pas de boire et se droguer ; que tel autre encore vend de la drogue et a déjà fait de la prison ; que telle femme, c'est une putain ; que cette autre, c'est une divorcée qui se laisse mener par le bout du nez par son fils, un inadapté social qui ne va pas à l'école, et que sa maison est remplie de chats ; etc. La liste est longue... En somme, du monde qu'il faut éviter et fuir, car potentiellement dangereux.

Peut-on trouver mieux pour mousser la prévention contre la criminalité, inciter les citoyens à se ranger derrière la police? Celle-ci est passée maître dans l'art de devenir indispensable à leurs yeux, en créant à la fois l'offre et la demande. Peut-elle aller jusqu'à monter de toutes pièces de faux actes criminels? J'en suis convaincu, bien que dans le petit village je n'en aie pas été témoin, ni à Montréal du reste.

De toute façon, ces coups fourrés, à moins d'une chance inouïe, vous ne pouvez en être témoin. Ils sont soigneusement planifiés et suffisamment compartimentés pour que vous n'y voyiez que du feu. Il n'empêche que deux incidents, qui m'ont été rapportés, me portent à croire que la police en civil en était peut-être à l'origine : des civils se disant victimes de... faux vols. (Suite demain)

■  Me Monette : il y a des conséquences graves à porter sciemment une accusation sans justification - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) En juillet 1996, Tracy-Carol Dorion compose le 911 et loge une plainte contre son conjoint pour voies de fait. (Paul Roy -- La Presse du 8 juillet 1999)

Deux policiers de l'île de Montréal arrivent chez elle : Robert Wayland et Éric Charbonneau. Pendant que la citoyenne, sur la banquette arrière de l'auto-patrouille, rédige sa déclaration, l'un d'eux interroge la banque informatisée du Centre de renseignement policier du Québec (CRPQ), découvre qu'elle fait l'objet de mandats d'arrestation pour contraventions impayées totalisant 342$.

On lui passe les menottes et l'amène au poste de police numéro 33. À deux reprises, en cours de route, elle s'enquiert du montant de sa dette, n'obtient aucune réponse. Au poste, la policière Nathalie Viau la fouille, en présence de deux collègues masculins. La citoyenne s'informe si leur présence est nécessaire, réponse affirmative de Viau. Le soir même, Dorion paie les amendes et recouvre la liberté.

Elle porte plainte au Comité de déontologie. Wayland et Charbonneau sont réprimandés pour l'avoir menottée sans justification, et suspendus une journée sans solde parce qu'ils ont refusé de répondre à ses questions sur les contraventions impayées. Quant à la policière Viau, elle écope d'une journée sans solde parce qu'elle a procédé à la fouille devant deux collègues. Et le responsable du poste ce soir-là, François Lessard, qui a permis à ceux-ci d'y assister, est suspendu deux jours sans salaire.

Premier février 2000. Le policier Sylvain Benoît de l'île de Montréal est sanctionné de 21 jours ouvrables par le Comité de déontologie. (Rollande Parent, la Presse canadienne -- La Presse du premier février 2000) : il avait rédigé un faux rapport.

Benoît avait intercepté un automobiliste pour lui demander ses papiers. Celui-ci ayant souligné qu'il agissait ainsi parce qu'il est un Noir et au volant d'une Ferrari, Benoît lui avait conseillé de ne pas jouer à la victime sinon il allait lui faire voir du noir. Il lui avait ensuite remis une contravention indiquant que son attestation d'assurance était périmée, ce qui était faux.

Me Jacques Monette, président du Comité de déontologie : «Un tel comportement ne peut d'aucune façon être toléré de la part d'un policier. L'agent Benoît a non seulement manqué à son serment d'office mais sa conduite mine la crédibilité de tout le système judiciaire. (...) Tout policier doit comprendre qu'il y a des conséquences graves à porter sciemment une accusation sans justification.» (Suite demain)

News du lundi 14 Mars 2011

■  Japon-nucléaire-radioactivité – Quelques sites à visiter... Sur YouTube, la chaîne vidéos en anglais de l'Agence internationale de l'énergie atomique (Iternational Atomic Energy Agency – IAEA) + l'IAEA est un organisme international autonome, sous l'égide de l'ONU, en français. Son directeur général est un japonais : Yukiya Amano + historique des événements actualisés, en français : dans le bas de la page, voir lundi 14 mars 2011, demain mardi il y aura un 15 mars, et ainsi de suite.

PS : Nous sommes tous concernés, directement. Les nuages radioactifs sont propulsés par le vent, peuvent franchir n'importe quelle frontière. Partout où ils passent, des particules s'en détachent et tombent sur le sol ou la mer.

  Japon : la France n'exclut plus l'hypothèse d'une catastrophe nucléaire – Déclaration aujourd'hui d'Éric Besson, ministre chargé notamment de l'énergie.

  Le droit de savoir - Je suis présentement censuré sur le web par la Sûreté du Québec. Le petit état dans l'État. À suivre...

  Japon : le niveau de radioactivité augmente – Après l'explosion samedi dans la centrale nucléaire numéro 1, deux explosions ont retenti à la centrale 3, tôt ce lundi matin. Et la fusion du réacteur de la centrale 2 n'est pas écartée. Suivez les événements sur Aljazeera, colonne de droite.

  Gaza, du temps du couvre-feu – Un documentaire de Tahani Rached réalisé en 2004, l'armée israélienne occupait encore le territoire : vidéo (1h:19). Les Palestiniens disposaient de peu de temps pour faire leur marché, ensuite n'avaient plus le droit de circuler librement dans l'espace public, étaient confinés à domicile.

Rencontre avec un mère de famille arabe, Soraida, qui relate son impuissance, ses frustrations, sa révolte, sa résistance et ses petites vengeances contre l'occupant : «Lorsque nous sommes écrasés, comment ne pas perdre notre humanité?» (NDLR : Il y a des liens locaux à faire avec ce que vous vivez, à vous de les découvrir)

  Des grosses gueules au volant qui n'ont rien de rassurantes - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) En plus des VTT, le village de Lac Bouchette compte une couple de voitures dont la radio est ouverte au max. S'en dégage une certaine agressivité, car on entend que les grosses batteries, pas la musique, et à fond la caisse.

Elles circulent à différents moments de la journée, plus particulièrement le printemps et l'été quand il fait beau, un peu moins à la fin de l'automne et presque pas l'hiver, sauf durant les fêtes de fin d'année.

Dans la soirée du mercredi soir 26 décembre 2001, entre 20h et 21h, je l'entendais distinctement de mon appart, pourtant situé à l'arrière de l'édifice devant lequel passe la 155. Je les avais remarqué dès mon arrivée au petit village, à l'été 1999. Cependant, ce n'est que deux ans plus tard, à l'été 2001, que j'en ai vraiment saisi la dimension psychologique. Dans ce genre d'enquête, la vérité prend du temps à s'étaler de tout son long.

Cet après-midi-là, j'avais été la cible d'une attention particulière de la part de civils de la Sûreté du Québec et de leurs collabos. Le déclic s'est fait sur la Route de l'Ermitage. À environ 800 pieds devant moi, j'ai aperçu ces deux véhicules stationnés en parallèle, dans le secteur inhabité et désert séparant les lacs Bouchette et Ouiatchouan, près de la plage. Même à cette distance, j'entendais distinctement le rythme lourd des batteries. J'ai alors craint l'agression physique.

Leur conducteur, je les connaissais, n'étaient pas d'humeur à plaisanter. Un moment, j'ai songé à rebrousser chemin. Mais j'avais le droit de circuler, et il ne pouvait être question de céder au totalitarisme policier. Prudent, je m'étais mis à rouler de l'autre côté de la route. C'est ainsi que, maîtrisant ma trouille en respirant profondément pour ralentir les battements du cœur, j'ai réussi à passer nonchalamment devant eux.

Par la suite, lorsque j'entendrai ce boum-boum-boum, il aura une toute autre signification, associée à la violence policière, psychologique et physique. C'est de fait l'équivalent d'un couvre-feu, 24h sur 24. Il est parfois accompagné d'accélérations inquiétantes, de crissements de pneus. La tactique est paramilitaire, ressemble sur certains points à celle utilisée par les Israéliens dans la Bande de Gaza.

Les grosses gueules au volant n'ont rien de rassurantes. Cette démonstration de force, car c'en est une, joue le même rôle que les VTT. C'est l'avertissement de la police en civil de dégager... mais seulement pour ceux sachant décoder ses messages subliminaux.

Combien sont-ils, ceux qui savent? Je l'ignore. Faudrait interroger des citoyens. Je n'ose pas. Ici, suis coincé exactement comme je l'étais lors de mon enquête à Montréal. Peur de tomber sur un collabo ou un flic que je n'ai pas encore repéré. Comportement obligé si l'on veut éviter les dérapages musclés de la police en civil. Interroger des citoyens entrait dans la catégorie des choses à ne pas faire, surtout pas. De toute façon, ils me coupent de tout contact extérieur. (Suite demain)

  Le train-train des illégalités policières en uniforme - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Treize mars 2002, l'agent Paul Imbeault de la police de l'île de Montréal, accompagné d'un collègue, vient de disperser une vingtaine de jeunes qui se bousculaient à la sortie de la station de métro Villa-Maria. (Rollande Parent, Presse canadienne -- La Presse du 13 mars 2002) Il invite ensuite les gens à circuler.

Voyant un mineur se diriger vers un téléphone, Imbeault l'enjoint de prendre le métro. Il doit joindre sa mère, insiste. Devant son refus d'obtempérer, Imbeault le pousse alors qu'ils se trouvent dans un escalier, lui remet un constat d'infraction et demande ses papier, il répond n'en pas avoir. Le policier tâte la poche arrière de son pantalon, fouille son sac à dos, à la recherche d'un nom ou d'une adresse.

Une plainte est déposée. Me Gilles Mignault, du Comité de déontologie, considère que c'est à tort que celui-ci a utilisé la force, procédé à une fouille et à la perquisition de son sac à dos. Rien ne lui permettait d'intervenir de la sorte, l'ado n'ayant commis aucune infraction.

«Cette intervention injustifiée de l'agent Imbeault brime donc les droits légitimes d'une personne pouvant se trouver dans le métro sans être importunée par quiconque et surtout par un policier agissant sans raison valable», écrit-il. Le policier devait être sanctionné au cours des semaines suivantes.

Avril 1999, une locataire des Habitations Desjardins téléphone à la police de l'île de Montréal pour signaler le vol d'une bague. Elle dit soupçonner l'un des trois hommes préposés au nettoyage du système de ventilation de l'immeuble à logements. (Presse canadienne -- Journal de Québec du 21 août 2002) La policière Christiane Dompierre procède à leur arrestation et, aidée d'un collègue, passe les menottes à l'un d'eux. Ensuite, ce dernier effectue une fouille à nu mais en vain. Quelques jours après, la locataire retrouve sa bague.

Août 2002, Me Richard W. Luticone, du Comité de déontologie, déclare que la fouille à nu est «envahissante et humiliante» et qu'elle constitue une violation de la Charte des droits et libertés, lorsqu'elle est effectuée abusivement, comme ce fut le cas. Si les circonstances en avaient nécessité une, il aurait fallu procéder au poste de police, pas dans l'appartement de la plaignante. Facteur atténuant, le policier avait procédé seul, dans un local fermé, et un suspect à la fois.

Me Iuticone impose à la policière Dompierre trois jours sans traitement, parce que c'est elle qui l'avait ordonnée sans motif valable, et la réprimande pour avoir aussi menotté l'un des trois hommes, également sans motif. Il «n'était pas agressif et ne représentait aucun danger pour les policiers», écrit Me Iuticone. À son collègue, Mohamed El Faf, un blâme lui avait été adressé précédemment après qu'il eut reconnu avoir manqué de jugement en procédant sans droit à la fouille à nu. (Suite demain)

News du dimanche 13 Mars 2011

■  Japon-tsunami : photos satellites – Elles ont été prises avant et après, ce qui permet d'évaluer les dégâts : vidéo (00:42), vous allez voir notamment ce que sont devenues de belles villes, de beaux paysages.

■  "Le Capital" de Karl Marx en BDL'histoire d'un marchant de fromage qui devient capitaliste, traduite en français. Son auteur, un japonais, explique certains rouages de la doctrine.

■  Le Japon cache-t-il les vrais chiffres des fuites radioactives ? - La ministre française de l'Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet déplore l'insuffisance des infos transmises par les autorités japonaises : article + Notons au passage que le directeur général de l'International atomic energy agency (IAEA) est un japonais : Yukiya Amano.

■  Japon-tsunami – Des séquences chocs, survie impossible : vidéo (01:54).

  Japon-nucléaire : l'inquiétude s'intensifie – Après l'explosion dans la centrale numéro 1 et les risques que celle portant le numéro 3 subisse le même sort, également de Fukushima, une autre a des problèmes de fonctionnement : vidéo (01:53) + article.

■  Libye, situation d'aujourd'hui Sur la carte géographique du quotidien britannique The Guardian, en un clin d'œil : cubes verts, territoire occupé par Kadhafi ; cubes rouges, par les insurgés. Aux endroits indiqués sur la carte par le mot "zoom", cliquez dessus pour avoir accès à des images de Google Earth. Pour retourner sur la carte, cliquez sur "Back to main map", dans le bas de la page, à gauche.

  Un rappel – Le meilleur média pour suivre de près les événements mondiaux demeure sans conteste Aljazeera, qui diffuse en anglais nuit et jour via satellite. C'est vraiment là que tout se passe, et très souvent en direct (live). Ses correspondants et commentateurs sont partout et ultra compétents. Depuis le séisme au Japon, ils sont sur les lieux, suivent de près les dangers du nucléaire, d'autres s'occupent de l'insurrection dans des pays arabes, etc. C'est un roulement continu. En visionnant plein écran, on a l'impression d'avoir la planète devant les yeux.

  Un civil de la Sûreté du Québec fait pivoter rageusement sur place sa motoneige - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Autre épisode de l'anecdote. Nous sommes en janvier 2002, je remarque devant la maison une femme, qui fait régulièrement de la patrouille à pied dans le village, et un homme de six pieds, près d'une motoneige.

De loin, je le vois de dos et, au fur et à mesure de ma progression dans sa direction, il pivote légèrement de manière à ce que je ne vois toujours que son dos. Bien sûr, pour m'empêcher de mémoriser, sinon son visage, en tout cas son profil.

Pas grave, je le reconnais quand même. C'est le civil de la Sûreté du Québec qui était dans la petite-maison-aux-écrans lorsque je suis passé devant et qui m'a regardé par-dessus sa télé. Qui lançait à ma poursuite le chien hargneux, sur la 155, l'homme pratiquant son golf, l'homme au coupe-herbe sous une pluie fine. Ça vous revient ?

Sur le chemin du retour, quand je repasse devant, l'homme me fait une petite démonstration de son savoir : il fait pivoter sur place à vive allure son engin rageur, imitant en cela le VTT. Le lien est fait, j'ai trouvé la base d'attache. On a dû la changer de place depuis, parce que la maison porte désormais son numéro civique.

Au printemps 2002, j'aurai droit à un autre spectacle du genre, quoique moins violent, parce que sans cabrioles, mais pas moins hurlant. Deux VTT me doublent à haute vitesse sur la Route de l'Ermitage, près de l'intersection du Chemin de la Montagne. Sachant qu'ils vont revenir, leur objectif étant de m'intimider, je m'arrête, sors ma caméra et attends.

Quand ils ne sont plus qu'à une vingtaine de pieds, je clique de face, pivote d'un demi tour et reclique, de dos ce coup-là. Plus loin, ils sont immobilisés côte à côte. L'un des conducteurs me demande si j'ai pris des photos. «Oui», que je répond sans m'arrêter. «Pourquoi?» «Pour le plaisir.» (Suite demain)

  Le Comité de déontologie policière n'est pas encore à l'heure de la glasnost - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Mars 2001, Mongeau, devenu entre-temps président du Mouvement Action Justice (MAJ), obtient également gain de cause devant le Comité de déontologie.

Me Jean-Marie Blais (Presse canadienne -- La Presse du 22 mars 2001) : «Si l'arrestation et la détention de M. Mongeau constituaient manifestement un abus d'autorité, c'est le fait de porter contre lui des accusations n'ayant aucun fondement qui démontre que l'agent Rivard a agi avant tout pour tenter de justifier une arrestation illégale, sachant qu'en ce faisant, il ne pouvait que nuire à un individu qui ne voulait pas collaborer. (...)

«cette faute revêt un degré de gravité élevé puisque M. Mongeau, convaincu de son innocence et faisant fi des conseils d'un avocat qui lui proposait une négociation de plaidoyer, a dû se défendre seul devant les instances pénales parce qu'il voulait que le tribunal confirme, par un acquittement, que rien ne pouvait lui être reproché.»

Le policier Rivard devait recevoir sa sentence ultérieurement mais on n'en a plus entendu parler par la suite. Il faut expliquer que le Comité de déontologie, avant de rendre ses décisions, laisse généralement s'écouler des mois et, dans des cas particulièrement délicats, l'attente peut s'étaler entre quelques années et plusieurs.

Alors, les journaliste, souvent débordés, renoncent ou oublient, après un certain temps, de vérifier où est rendu l'escargot dans sa progression. Une lenteur favorisant l'opacité plutôt que la transparence dont doivent faire preuve les tribunaux, peu importe leur juridiction. Et minant sérieusement la crédibilité du système aux yeux de la population.

signalons qu'on accède au site Web du Comité de déontologie en passant par celui du ministère de la Sécurité publique – Il était à cette adresse à lors de mon enquête... www.msp.gouv.ca --, ce qui démontre on ne peut mieux sa proximité (promiscuité?) avec le pouvoir. En outre, son rapport annuel n'est pas disponible chez Publication Québec.

Du reste, il est bourrés de statistiques, utiles certes, mais insuffisantes, car on n'y fait qu'un «résumé de quelques décisions d'intérêt» sans identifier victimes et tortionnaires. Alors qu'il y aurait lieu d'expliciter clairement le contexte de chacun des dossiers traités au cours de l'année écoulée, d'indiquer le nom de la victime, celui aussi du ou des flics impliqués et le corps policier auxquels ils appartiennent, leurs antécédents, la progression des procédures.

Et pourquoi pas? D'ajouter les photos récentes des policiers trouvés coupables de méfaits, que les médias pourraient ensuite repiquer et diffuser, puis archiver. La glasnost, quoi. (Suite demain)

News du samedi 12 Mars 2011

  Québec : début de la nuit du 13 mars, changement d'heure – On avance, on recule pas. Et on change la pile de son avertisseur de fumée.

  Japon-explosion dans une centrale nucléaire : l'IAEA confirme – Les autorités japonaises ont informé l'Agence internationale pour l'énergie atomique (International atomic energy agency - IAEA) de l'explosion aujourd'hui à la centrale nucléaire de Fukushima : site de l'IAEA + le directeur général de l'IAEA est un japonais : Yukiya Amano + vidéo (00:25) de l'explosion dans la centrale nucléaire numéro 1. Une autre, identifié sous le chiffre 3, risquerait le même sort + texte de l'ONU + Fukushima, une préfecture groupant 13 villes.

  Depuis 150 ans le niveau de la mer augmente peu à peu : comment protéger les côtes ? - Rien de bien inquiétant pour le moment, mais on constate que le phénomène s'accélère. La question se pose particulièrement dans des pays du Sud où le niveau est proche de celui de la mer. En somme, il s'agit de trouver le moyen d'éviter catastrophes et migration climatique.

Deux invités français d'Universitéscience.tv pour en traiter... Fernand Verger, spécialiste de la géomorphologie littorale et conseiller scientifique au Conservatoire du littoral ; et Vincent Renard, économiste et directeur de recherche au CNRS (laboratoire d'économétrie de l'École polytechnique) : vidéo (26:00).

■  Libye, situation hier vendredi diffusée cette nuit Sur la carte géographique du quotidien britannique The Guardian, en un clin d'œil : cubes verts, territoire occupé par Kadhafi ; cubes rouges, par les insurgés. Aux endroits indiqués sur la carte par le mot "zoom", cliquez dessus pour avoir accès à des images de Google Earth. Pour retourner sur la carte, cliquez sur "Back to main map", dans le bas de la page, à gauche.

  Japon-séisme : explosion dans une centrale nucléaire – Elle est survenue ce matin. Selon le président de l'autorité de sûreté du nucléaire (SN) en France, André-Claude Lacoste, la situation est grave : vidéo (01:27).

PS : Le Japon est l'un des pays au monde où les séismes sont les plus fréquents. La preuve en est que les édifices ont été construits de façon à résister aux chocs sous-terrains et que la population est habituée d'en subir.

Cela étant, ce n'est vraiment pas l'endroit idéal pour développer du nucléaire. Pourtant, on dénombre 55 centrales dans ce pays. L'équivalent de construire sa maison sur le sommet d'un volcan...endormi. L'un des nombreux effets du néolibéralisme mondial.

■  Je découvre l'endroit où deux civils de la Sûreté du Québec cachent leur VTT - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) À la limite de la partie urbanisée du village de Lac Bouchette, les scénarios diffèrent. Ainsi, ce jour où deux VTT roulaient dans ma direction à une vitesse agressive, violente, rugissante. L'un des conducteurs a ralenti et cabré son véhicule comme un cheval, ne se déplaçant plus que sur les deux roues arrière, s'amusant ensuite à tourner en rond en soulevant beaucoup de poussière. L'autre a monté sur le trottoir.

Je n'en revenais pas, me suis arrêté pour bien les observer, jusqu'à ce qu'ils disparaissent dans une rue transversale. Impossible de les identifier, à cause du casque protecteur et l'absence de plaque d'immatriculation. Ce n'était pas la première fois que l'on me faisait une démonstration de force de la sorte. À deux reprises, je les avais suivis pour savoir où ils remisaient leur VTT. Un vélo est moins rapide qu'un véhicule motorisé, ce n'était pas long que je les perdais de vue. Ce jour-là, cependant, j'ai la certitude de les trouver. N'attendant plus les moteurs, leur base d'attache ne doit pas être bien loin.

Décrivons ce secteur, pour la compréhension de la suite. Sur la Route de l'Ermitage (imaginons une tige à la verticale), entre la rue Principale et le pont, une seule rue débouche sur cette artère, c'est la rue du Lac (ajoutons à la tige verticale une branche à l'horizontale). Lorsque vous êtes un peu éloigné de cette intersection et voyez un véhicule tourner, vous en déduisez qu'il a pris la rue du Lac.

Cependant, vous pouvez être induit en erreur par une illusion d'optique, car le conducteur peut s'être engagé dans une entrée, entre deux maison, pour se stationner à l'arrière. C'est précisément ce qui est arrivé, ce jour-là, mais, ne le sachant pas encore, je tourne sur la rue du Lac : pas de VTT à l'horizon.

Cette rue s'étire sur une assez bonne distance, ils ne pouvaient l'avoir parcourue avant mon arrivée. Tournant la tête à gauche, j'aperçois alors, à ma grande satisfaction, dois-je avouer, la porte sur rail d'un petit garage se fermer rapidement. Ne l'oublions pas : j'étais sur la rue du Lac (la branche à l'horizontal) qui permet de voir les cours arrière des maisons dont la façade donne sur l'autre rue, la Route de l'Ermitage (la tige à la verticale). Un homme fait les cents pas devant la porte du bâtiment, sur le côté gauche un chien blanc attaché. Une femme, un chien en laisse, sort de la maison voisine : je la connais bien, elle patrouille dans les rues du village et est infiltrée un peu partout.

Je ne crois pas que l'homme m'aurait permis de regarder à l'une des fenêtres, encore moins d'entrer dans le garage. Me donnait l'impression d'être là justement pour m'empêcher d'approcher si jamais l'envie me prenait. Une sentinelle en quelque sorte. Les engins et leur chauffard devaient être à l'intérieur.

Je décide de ne pas pousser ma chance plus loin, pour le moment. Ce secteur fait partie de mon itinéraire habituel, j'aurai amplement l'occasion d'examiner ça de plus près. Les jours suivants, je constaterai que la maison ne porte pas de numéro civique. Au cours d'une autre randonnée, j'emprunterai le chemin d'entrée et roulerai jusqu'à l'arrière de la maison, le chien de garde se mettra à japper, n'insisterai pas. Tout cela se déroulait en septembre-octobre 2001. (Suite demain)

■  Juge Mailloux : «Le rôle des policiers est de protéger les citoyens, non de les harceler» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Début 1998, Réjean Mongeau, musicien et curateur à la faculté de musique de l'Université McGill, marche, accompagné d'un ami, sur l'emprise nord du pont Jacques-Cartier, en direction d'une station de métro, à Montréal, quand une auto-patrouille arrive. Jean-François Rivard lui demande d'où il vient. Mongeau refuse de répondre, lui signale n'avoir commis aucune infraction.

«M'a t'en faire un chef d'accusation. Intrusion de nuit sur un terrain privé», rétorque Rivard. Ensuite, il le fouille, insiste pour obtenir son adresse, Mongeau refuse, le défie de l'amener au poste, le policier le prend au mot : mis en cellule et libération trois heures après, sur engagement de comparaître devant un juge sous les accusations de flânage et d'entrave au travail d'un policier parce qu'il a refusé de répondre à ses questions.

En avril, à la Cour municipale de Montréal, l'avocat de la Couronne ne présente aucune preuve de flânage et le juge balaie l'accusation d'entrave, l'acquitte. Mongeau s'adresse ensuite à la Cour du Québec pour obtenir réparation. Le juge Paul Mailloux reconnaît, en décembre 2000, que la victime a subi des inconvénients à cause de cette arrestation illégale (Christiane Desjardins -- La Presse du 22 décembre 2000)

«Le rôle des policiers est de protéger les citoyens, non de les harceler», écrit-il. Il condamne l'agent Rivard à lui verser 2 000$ en dommages moraux et exemplaires pour l'avoir fouillé, arrêté et détenu illégalement, et la Communauté urbaine de Montréal à 4 000$. L'affaire n'est cependant par terminée... (Suite demain)

News du vendredi 11 Mars 2011

■  Japon-séisme : fuite possible d'une centrale nucléaire - Plus de 40 000 habitants ont été évacués dans un cercle de 3 à 10 kilomètres de la centrale afin de les protéger d'une explosion éventuelle : une deuxième centrale serait affectée. Ce soir, on remarque que le niveau de radioactivité dans le secteur est 1 000 fois supérieur à la normale : vidéo (01:08) + carte des centrales nucléaires au Japon + carte plus grande du pays.

PS : Le Japon est l'un des pays au monde où il y a annuellement le plus de séismes. C'est vraiment pas l'endroit idéal pour construire des centrales nucléaires.

  Japon-séisme-centrales nucléaires – Il y a eu quelques inquiétudes et 6 000 citoyens ont été évacués dans un rayon de 3 kilomètres d'une centrale : vidéo (01:05).

  Google se mobilise pour le Japon – Si vous cherchez une personne vivant ou de passage dans ce pays, n'hésitez pas d'aller sur le site qu'une équipe de ce moteur de recherche a crée pour répondre, à l'aide d'hyperliens, à beaucoup de vos question. Vous pouvez inscrire le nom de la personne, fournir des infos via ce site. Deux lignes téléphoniques sont disponibles pour livrer des messages et en écouter. Des renseignements en temps réel le sont aussi, en anglais et japonais. Belle initiative : bravo!

  Hier et aujourd'hui : Japon-séisme-tsunamiVidéo (04:40) + d'autres vidéos sur les blogs d'Aljazeera et de courts articles en anglais + 11 grandes photos. Avec ça, vous avez ce qu'il faut pour tout savoir ce qui se passe jusqu'à maintenant. La suite, on la connaît pas encore.

■  Libye, situation aujourd'hui Sur la carte géographique du quotidien britannique The Guardian, en un clin d'œil : cubes verts, territoire occupé par Kadhafi ; cubes rouges, par les insurgés. Aux endroits indiqués sur la carte par le mot "zoom", cliquez dessus pour avoir accès à des images de Google Earth. Pour retourner sur la carte, cliquez sur "Back to main map", dans le bas de la page, à gauche.

  USA : lutte anti-syndicale de l'État du Wisconsin à l'encontre de fonctionnaires – Son gouverneur Scott Walker, un républicain, tente de vider de leur substance les négociations de conventions collectives. Depuis deux semaines des milliers de fonctionnaires manifestent devant le parlement à Madison, la capitale. Certains affirment qu'il s'agit du conflit le plus important de ces trente dernières années aux États-Unis.

Michael Moore s'y est rendu et adressé à eux, son intervention vaut d'être entendue : vidéo (29:51) + texte + infos sur Moore, pour ceux qui ne le connaissent pas encore + infos sur le Wisconsin.

  Un nouveau venu dans le petit monde de la diffusion de fuitesMediapart, l'un des meilleurs sites du journalisme français, vient tout juste de créer son www.frenchleaks.fr. Encore un petit monde, cependant appelé à se développer de plus en plus. Hier, on annonçait le lancement officiel, au Québec, de www.quebecleaks.org/.

Un "gros pétard mouillé?", ai-je lu quelque part. Donnons la chance au coureur. On peut pas tout avoir dès les premiers jours. Ç'a été le cas au tout début de WikiLeaks, de son fondateur Julian Assange. L'Égypte à le sien aussi : http://www.facebook.com/AmnDawlaLeaks?sk=wall. Il y en d'autres, j'ai pas fait l'inventaire. La transparence s'en vient. Nécessité oblige, parce qu'on peut pas compter sur les médias traditionnels pour faire ce job.

  Des VTT rageurs, intimidation de la Sûreté du Québec - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) La Sûreté du Québec n'utilise pas que des chiens pour empêcher les piétons de circuler dans la village de Lac Bouchette et les chemins forestiers.

Quand j'entendais des coups de freins suivis d'accélérations et de crissements de pneus rageurs d'un véhicule au moment où il me doublait ou croisait, que je voyais des VTT, sans plaque d'immatriculation, effectuer des cabrioles : rouler sur les roues arrière, virer dans un angle serré en faisant poivrer du gravier sur l'asphalte, circuler sur le trottoir. Ou que j'étais confronté à des VTT circulant à très grande vitesse, la plupart du temps c'était l'œuvre de civils de ce corps policier.

Les faits que je vais relater se sont produits à la limite de la partie urbanisée du village, dans une portion de la Route de l'Ermitage et deux chemins de gravier déserts, sans témoin, et en pleine forêt : Chemin de la Montagne et Chemin du Barrage.

Dans cette partie boisée, pas d'acrobaties, dont j'ai quelques fois fait l'objet. Seulement de la haute vitesse potentiellement dangereuse pour le cycliste que je suis. Ç'arrivait au moment où je ne m'y attendais pas, bien que ça coïncidait, infailliblement, avec des confidences de nature policière que j'avais faites la veille à un ou deux citoyens. En somme, un avertissement sérieux de me la fermer, sinon...

Un jour, j'entreprends, sur le Chemin de la Montagne, la montée de deux côtes passablement raides et qui se suivent. Soudain surgit de l'autre versant un VTT rageur, j'ai tout juste le temps de me ranger sur le côté. Habituellement, je les entendais venir de loin, mais pas cette fois. La manœuvre d'intimation était bien synchronisée.

Décrivons les lieux pour mieux la comprendre. Après la première côte, s'enchaînent un palier plat d'une couple de centaine de pieds, puis une courbe et une deuxième côte. On peut penser que le conducteur du VTT s'était immobilisé au sommet de la 2e côte, moteur au ralenti, attendant qu'un collègue lui signale mon arrivée au pied de la 1e côte, pour ensuite dévaler sans bruit la 2e côte, prendre la courbe et, après avoir subitement accéléré sur le palier plat, surgir devant moi à une vitesse infernale.

Des deux chemins forestiers cités, celui du Barrage est le plus étroit, une voie au lieu de deux, par conséquent le plus risqué. J'évalue le niveau de dangerosité au bruit du moteur. S'il ne fait que vroum-vroum, pas de problème. Par contre, si je l'entend rugir au loin, je juge bon de descendre du vélo et me ranger sur le côté, le dos collé aux broussailles : il n'y a pas d'accotement.

Le bolide n'en passe pas moins comme un coup de vent devant moi, m'enveloppe dans un nuage de poussière. À une occasion, j'ai eu la mauvaise idée de lui indiquer de la main de ne pas aller si vite. Monsieur n'a pas aimé, m'a serré de plus près encore, simulé même un petit coup de guidons dans ma direction pour m'effrayer, sans toutefois modifier sa trajectoire. J'étais furieux. (Suite demain)

  Arrêté pour avoir vendu des pamphlets - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Dans une chronique de janvier 2001, Yves Boisvert de La Presse raconte l'histoire de Gérard Giroux, 46 ans. (Yves Boisvert -- La Presse du 24 janvier 2001) Mars 2000, la police de l'île de Montréal l'arrête, coin Prince-Arthur-St-Laurent, pour avoir vendu du matériel publicitaire sans permis -- règlement... abrogé cinq ans auparavant, en 1996, signale le journaliste -- et flâné en se tenant immobile sur la place publique.

Un peu anar, un peu poète, Giroux écrit des pamphlets, les édite et vend sur la rue. Il n'a pas de dossier judiciaire. Il possède une maîtrise en muséologie, mais, en ce mois de mars, il est sur l'aide sociale depuis trois ans. Boisvert rapporte que «ça, d'ailleurs, le policier le lui a dit : il n'aime pas les "bs", encore moins les Acadiens (Giroux vient du Nouveau-Brunswick)». Il porte les cheveux noués en queue de cheval -- «Certains policiers n'aiment les queues de cheval», rapporte-t-il.

Et le journaliste de compléter son papier en ces termes... «En plus d'avoir été écœuré injustement pour avoir exercer sa plus légitime liberté d'expression, on le traîne en cour sous de faux prétextes et on a le culot de maintenir l'accusation passe-partout de "flânage", parce que distincte de l'autre! Il ne faut pas rêver : personne ne présentera d'excuses à M. Giroux. Peut-on au moins lui accorder un peu de justice?» (Suite demain)

News du jeudi 10 Mars 2011

■  Québec-gaz-de-schiste – Le ministère de l'environnement a informé, une journée d'avance, l'exploitant d'un puits d'une "visite surprise".

■  USA : l'Ilinois met fin à la peine de mort – Cet État est le 17e sur 50 à décréter l'abolition dans ce pays. Gouverneur Pat Quinn : "Depuis 1977, l'Illinois a sorti 20 personnes du couloir de la mort, dont 7 ont été disculpées. C'est un record qui doit nous faire réfléchir".

PS : La peine capitale est en faite le refus d'un recours judiciaire potentiel.

  Canada : le comportement du Monarque de droit divin Stephen Harper – Peter Milliken, président de la Chambre des communes, l'a jugé coupable hier de ne pas respecter la suprématie du Parlement. L'opposition a le droit de savoir, notamment, le coût véritable des systèmes judiciaire et carcéral découlant des projets de loi en matière de justice. Troisième réprimande en un an que lui adresse le président Milliken.

PS : Son Altesse Stephen Harper assistera au mariage du prince William, en avril, à l'abbaye de Westminster à Londres.

  Un autre citoyen collabo qui participe clandestinement à des activités policières - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Un membre de la petite élite marchande du village de Lac Bouchette, aujourd'hui à sa retraite, participe activement à la prévention, je veux dire sur le terrain... Fort probablement Chevalier de Colomb, puisque je l'ai déjà vu effectuer de petits travaux de réparation sur un mur extérieur de l'église.

Même été 2001, Chemin de la Montagne. Il s'en vient dans ma direction, sur l'autre versant de la chaussée. Comme d'habitude son gros chien l'accompagne. Je vais l'y rejoindre. Pendant que nous discutons de choses et d'autres, j'assiste au même scénario que plus haut. Seule différence, il ne contrôlera pas le sac fixé à mes guidons -- parce que ayant déjà été contrôlé ? -- mais celui que je porte à la taille, contre le ventre, et contenant les disquettes de ce livre.

Il est sous mon imper jaune dont j'ai remonté la fermeture éclaire, donc invisible. Le collabo sait qu'il est là, dessous, autrement il n'aurait pas pris la tête son gros toutou et en diriger le museau en plein dessus. S'ensuivent des frictions énergiques à l'encolure. Résultat négatif : pas de drogue, pas de réaction du chien.

Un autre collabo à l'épaisse chevelure blanche s'amène, c'est Snowbird. Il s'arrête, s'assied sur ses talons devant le chien, frotte vigoureusement... son encolure, tout en me jetant un œil, sans dire un mot. Il savait ce qui s'était passé l'instant d'avant. Son petit scénario visait à me transmettre subliminalement le message que c'est une démonstration d'affection à l'endroit d'un animal, rien d'autre.

Je décide alors de leur faire savoir que je connais leur petit truc. Environ une semaine après, lorsque j'aborde Snowbird dans le même secteur, lui signale que des civils de la Sûreté du Québec utilise des chiens renifleurs, en explique brièvement le modus operendi, sans toutefois préciser que j'en ai été l'objet ni mentionner le nom de la civile et de l'ex-commerçant.

Va-t-il répéter mon propos à ce dernier, qui est l'un de ses voisins? Le cas échéant, le déclic se fera dans sa tête, se dira : "Martel était donc conscient de ce que je faisais!" Oui, il le lui dira, car celui-ci changera d'attitude à mon endroit. Pour être bien certain de mon affaire j'adopterai deux tactiques.

La première. Il est de l'autre côté de la rue, et, sans dire un mot ni même le saluer, je lui adresse un long sourire complice, bouche grand ouverte, pour bien lui faire sentir que je sais et ne lui en tiens pas rigueur. Cet homme, qui pourtant m'a toujours apparu sévère et réservé, me gratifie alors du premier sourire depuis que je le connais. Un large, insistant, épanoui, un peu plus il se plierait en deux et se taperait la cuisse. Il savait que j'étais au courant. Deuxième tactique. Cette fois, elle consiste à ne pas le regarder, ni le saluer. Là, il change du tout au tout, je le sens inquiet.

À une autre occasion, il marche avec sa conjointe. Il a le visage défait, a vraiment l'air atterré, démoli. Ne l'ai jamais vu dans un tel état. Il doit craindre que je propage l'info dans le village. Heureusement, il retombe assez rapidement sur ses pieds car les semaines suivantes, je le sens agressif, cherchant à m'impressionner, ce qu'il n'avait jamais fait auparavant. (Suite demain)

  Des policiers... voleurs - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) En 1998, Dianfeng Wang est arrêté pour une agression armée et des menaces contre un Montréalais. (Yves Boisvert -- La Presse du 28 avril 1999) Au moment de son incarcération, il remet, selon la procédure usuelle, les objets personnels qu'il porte sur lui, dont 7 300$ en yens et une montre Rossini. Libéré par la suite sous caution, il veut récupérer ses biens, mais ils ont disparu, idem de la vidéocassette de la caméra installée à l'endroit où sont entreposés ces objets, seul témoin du vol.

Peu après, on découvre que l'auteur du méfait est le sergent Mario Dugas, de la police de l'île de Montréal. Son procès devait avoir lieu le 27 avril 1999, toutefois l'avocat de Dugas obtient que son client se présente la veille devant le juge Bernard Grenier, de la Cour du Québec. En tenant l'audience une journée plus tôt que prévue, a-t-on voulu déjouer les journalistes qui s'intéressaient peut-être à ce cas, avec photographes et cameramen? Dugas avoue sa culpabilité, écope de trois mois de prison avec sursis et de 100 heures de travaux communautaires. (Yves Boisvert -- La Presse du 5 octobre 1999)

Ce qui étonne vraiment dans ce cas, c'est qu'il aurait perdu également tout droit à sa pension, mesure d'une cruauté aussi inutile qu'intolérable. La démesure est toujours inacceptable, que la victime soit flic ou citoyen. D'autant qu'il avait démissionné de la police et que le Comité de déontologie lui avait interdit d'exercer la fonction de gardien de la paix pendant cinq ans. (La Presse canadienne -- La Presse du 2 septembre 1999)

Un cas s'y apparentant : mai 1999, André Quilicot du même corps policier est jugé coupable d'un vol de 60 000$, argent provenant de la perception d'amendes. Il s'engage à rembourser, et prend sa retraite. (Christiane Desjardins -- La Presse du 13 novembre 2001) (NDLR : volez autant d'argent et soyez assuré d'aller en prison.)

Cependant des blessures subies ultérieurement dans un accident l'empêchent de gagner sa vie et sa pension de retraité, après 25 ans de services, ne lui permet plus de respecter son engagement. Il n'a versé que 10 000$. Novembre 2001, le juge le condamne à trois mois de prison. La ville... songeait à le poursuivre pour récupérer son argent. (Suite demain)

News du mercredi 9 Mars 2011

■  Une députée islandaise apporte son soutient à quebecLeaks – Birgitta Jonsdottir : «J'encourage vraiment ça. Il devrait avoir davantage de ces sites, plus locaux. (…) Plus il y en aura, mieux ce sera, parce que ça deviendra plus difficile de s'y attaquer».

■  Le lancement officiel de quebecLeaks a eu lieu aujourd'hui – Dans un communiqué de presse diffusé sur son site (http://www.quebecleaks.org/), Luc Lefebvre, co-fondateur et porte-parole, annonce que la population québécoise pourra désormais soumettre des documents sensibles, exclusifs et authentiques de façon entièrement sécurisée et anonyme.

L'équipe du site souhaite donner aux Québécois des outils pouvant permettre d'améliorer l'accès à l'information. Le Québec, signale Lefebvre, souffre d'un manque de transparence et d'éthique ainsi que d'une sclérose sur les plans politique et institutionnel. Les lois canadiennes et québécoises d'accès à l'information, de par les contraintes qu'elles posent au travail journalistique, finissent trop souvent par nuire au droit du public à l'information.

■  Le raz-de-marée arabe – Une révolution contre l'intégrisme. Une marche citoyenne massive vers l'universalité des valeurs de liberté et de laïcité. Elle frappe aussi aux portes de l'Occident. Toute forme d'extrémisme doit être combattue, ici et ailleurs. Un texte libérateur de Nadia Hamour, historienne, et Mohammed Abdi, ex-conseiller spécial au secrétariat d'État français.

PS : Le monde est en train de changer sous nos yeux et ceux qui nous gouvernent n'ont pas encore compris que l'oligarchie ne sera plus bientôt qu'un mauvais souvenir.

■  Libye Sur la carte géographique du quotidien britannique The Guardian, la situation aujourd'hui en un clin d'œil : cubes verts, territoire occupé par Kadhafi ; cubes rouges, par les insurgés. Aux endroits indiqués sur la carte par le mot "zoom", cliquez dessus pour avoir accès à des images de Google Earth. Pour retourner sur la carte, cliquez sur "Back to main map", dans le bas de la page, à gauche.

  Greenpeace – Une invitation à participer à le construction du nouveau "Rainbow Warrior" : vidéo. À la fin, cliquez sur la page qui s'affiche.

■  Citoyens écornifleurs et chiens renifleurs - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Les anecdotes canines abondent. Retenons en deux dernières, elles tranchent sur toutes les autres. Vous savez désormais qu'il y a des citoyens écornifleurs, dont de petits commerçants, des livreurs et des vendeurs itinérants itou!

Mais saviez-vous que la police en civil de la Sûreté du Québec utilise des chiens... renifleurs, sans même que les reniflés ne s'en rendent compte? Septembre 2001, Chemin du Barrage, je marche à côté de mon vélo. Me proviennent d'une couple de centaine de pieds plus loin en avant des éclats de rires et cris de femmes. Ne les vois pas, des broussailles m'en empêchent.

Quand je suis sur le point d'arriver à leur hauteur, elles en sortent, comme par hasard, et se dirigent vers moi. Trois femmes accompagnées d'un chien. Je les reconnais. Deux travaillent chez un dépanneur, l'équivalent d'un mini poste de police : une civile et une collabo, qui cohabite avec un homme, également collabo. La troisième, sans doute une collabo aussi, a déjà travaillé comme cuisinière au Centre Vacances Nature.

La civile s'arrête à une dizaine de pieds, en plein milieu du chemin, pieds écartés, mains sur les hanches, menton relevé, l'attitude de celle cherchant à vous impressionner. Elle avance, se place de l'autre côté du vélo, nous entamons une conversation décousue. Son chien arrive, va l'y rejoindre.

Elle l'empoigne par l'encolure et dirige sa tête vers le sac sport accroché aux guidons de mon vélo où j'enfourne un petit lunch, des cigarettes et ma caméra jetable. Le chien y dépose son museau. De ses deux mains, elle frotte vigoureusement son encolure. Quelques mots encore et le trio s'en va. Je viens d'être contrôlé par un chien renifleur. Si j'avais eu de la drogue dans mon sac, il aurait réagi et j'étais fait. Le trio ne sait pas que je sais. (Suite demain)

■  Privilèges policiers et justice à deux faces - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Un an plus tard, Cantin, revient à la charge. Dressant le bilan de toute cette histoire, il s'interroge (Philippe Cantin -- La Presse du 10 septembre 1999) : «Et les policiers, eux? Dans leur coin, ils sourient sûrement. Leur implication dans ce scandale est évidente. (...) En mai (1999), ils ont tous plaidé non coupable à un acte d'accusation disciplinaire.

«Un comité interne jugera de leur conduite. Il siégera à huis clos et ses membres seront des policiers cadres. Pour la transparence, faudra évidemment repasser. (...) De plus, aucun policier ne sera accusé d'avoir instauré le système, la plus grave des fautes. Le seul à qui cette infraction aurait pu être reprochée est désormais à la retraite. (...) Il n'y a pas à dire, dans la vie, certaines échéances arrivent au bon moment.»

Les 10 cadres du Service circulation et transport avaient contesté leur congédiement devant la Commission municipale du Québec (CMQ). Mi-septembre 2000, les commissaires Jocelyne Ouellette et Pierre-D. Girard de la CMQ statuent que non seulement ils n'ont pas participé au système de vignettes mais rien n'indique qu'ils étaient au courant, et ordonnent leur réintégration avec plein salaire. (Sylvain Larocque, Alexandre Sirois et Éric Trottier -- La Presse des 13 et 14 septembre 2000)

Ils adressent des reproches. À la directrice du Service des travaux publics, Johanne Falcon, qui a traité les cadres comme de «vulgaires criminels déjà condamnés» et omis de suivre les règles de justice naturelle. Sa décision avait été prise avant même de les rencontrer. Elle n'avait aucune preuve de leur participation à l'affaire des vignettes. Au Comité exécutif de la ville aussi, qui a précipité ses décisions. Enfin, ils déplorent que le maire Pierre Bourque ait fait des déclarations publiques sur le scandale sans en connaître les faits véritables.

Ce mois de septembre, l'éditorialiste Pierre Gravel de La Presse écrit que, ce dossier étant maintenant clos, il «reste encore à voir ce qu'il adviendra de ceux qui ont été les instigateurs et les bénéficiaires de ce régime de faveurs, c'est-à-dire les 134 policiers (NDLR : Au début, Sarazin avait parlé de 117) dont le sort est présentement entre les mains des responsables de la discipline interne (de la police de l'île de Montréal). (Pierre Gravel -- La Presse du 18 septembre 2000)

«Même si on ne peut que déplorer l'aspect confidentiel de ces procédures qui, dans un dossier semblable, devraient offrir les mêmes garanties de rigueur qu'un procès public, on est bien forcé d'attendre la fin de l'exercice. En espérant que les sanctions qui s'imposent seront prises.»

Début 2001, suivant un article du journaliste Pascale Breton de La Presse, 149 policiers sont impliqués (et non 134 ou 117). (Pascale Breton -- La Presse du 10 janvier 2001) Là-dessus, 15 ont pris leur retraite. Aucune mesure disciplinaire ne sera prise à leur encontre, la police perdant, de ce fait, toute juridiction, lui dit le commandant André Durocher, de la police de l'île de Montréal. Sur les 134 restant, plusieurs ont été sanctionnés l'année précédente, mais on ignore encore le nombre et la nature des sanctions.

Une quarantaine, qui «(refusent) d'en parler», selon Durocher, sont dans l'attente d'un jugement, et 16 griefs du syndicat des policiers sont à l'étude. Il indique que «le processus est long» et promet de faire «un bilan complet lorsque tout sera terminé». On a jamais su la suite. (Suite demain)

News du mardi 8 Mars 2011

  Québec : le rapport du BAPE sur l'exploitation de gaz de schiste est maintenant disponible – La recommandation la plus importante du Bureau des audiences publiques sur l'environnement (BAPE) à laquelle semble adhérer le gouvernement libéral de Jean Charest, dont Pierre Arcand, ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs...

Une évaluation environnementale stratégique sera amorcée, elle pourrait durer deux ans. Entre temps, l'exploration de ce gaz sera pour l'essentiel interrompue. Seuls les travaux permettant d'accroitre les connaissances scientifiques seront permis : rapport intégral (336 pages).

PS : Faudra attendre le contenu de la nouvelle réglementation pour savoir ce qu'il en sera vraiment sur le terrain. À suivre de près... Journaliste depuis près d'un demi siècle, je ne crois plus aux belles déclarations politiciennes, seulement à la loi en vigueur.

■  Libye, situation mardi 8 mars Sur la carte géographique du quotidien britannique The Guardian, la situation aujourd'hui en un clin d'œil : cubes verts, territoire occupé par Kadhafi ; cubes rouges, par les insurgés. Aux endroits indiqués sur la carte par le mot "zoom", cliquez dessus pour avoir accès à des images de Google Earth. Pour retourner sur la carte, cliquez sur "Back to main map", dans le bas de la page, à gauche.

  8 mars, avez-vous oublié ? - Journée internationale de la femme, et Google la célèbre aussi. Il vous invite à y participer partout dans le monde, suivez le guide : vidéo (01:28) + Fédération des femmes du Québec.

■  Lac Bouchette, le petit village des chiens - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Été 2001, rue Principale, je dévale une pente. Au moment pile où j'arrive devant une maison, la porte s'ouvre brusquement, un très gros chien beige, à la gueule proportionnelle, surgit tout à coup sur la galerie fermée et se met à japper après moi, semble vouloir en enjamber le garde-fou.

Je sursaute, pense, inquiet, qu'il va se lancer à ma poursuite. Ne le voyant pas derrière, je m'immobilise plus bas, rebrousse chemin, prudemment, et vois une femme le faire entrer. Bien synchronisé.

En octobre, c'est un boxer qui en sort. Dans l'embrasure de la porte, j'entrevois quelque chose que je n'arrive pas à distinguer. L'intérieur de la maison est sombre. Est-ce l'œil bien rond et noir d'un adulte qui me fixe ou... la gueule d'un fusil qu'on pointe dans ma direction? M'arrête un peu plus loin, le chien est déjà en bordure de la rue, ne semble pas agressif, ne jappe pas. «Deux, ça suffit!», que je me dis. Le lendemain, je prends des photos, de l'autre versant de la rue. Ç'a été la fin de cette forme d'intimidation : ma caméra inquiète mes agresseurs.

Sur la 155, se trouve un îlot de trois maisons. J'y ai remarqué, une dizaine de fois, une femme et un homme qui prenaient place dans une balançoire sur la galerie de la première maison. Plusieurs autos étaient parfois stationnées sur le côté. Dès le début, j'ai soupçonné ces gens de surveiller les véhicules circulant sur la 155.

Un après-midi, alors que j'arrive dans le secteur, la femme, m'apercevant, prend son cellulaire -- le vieux modèle beige, donc prêté par la Sûreté du Québec --, le colle à l'oreille. Fait-elle un appel, ou en simule-t-elle un, pour informer la police de mon passage?

À une autre occasion, j'entends une femme, invisible derrière la moustiquaire de la porte, répéter deux fois à son chien, à voix basse : «Attaques...non!» Encore un autre à la carrure athlétique. Il est assis sur la pelouse devant la galerie, me zieute, ne semble pas intéressé à ma cheville. (Suite demain)

  Un corps policier enquêtant sur lui-même, à la fois juge et partie - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Enquête également du côté policier, mais sous l'égide du dg Sarrazin de la police de Montréal, et derrière des portes fermées : un policier enquêtant sur des collègues appartenant au même corps policier que lui.

Le chef du parti municipal le Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM), Michel Prescott, soulève la question de la crédibilité de l'enquête avant même qu'elle ne débute, demande qu'elle soit menée par... la Sûreté du Québec, «puisqu'il s'avère que certains membres de la police de l'île de Montréal ont participé au système de vignettes».

Mais le ministre péquiste de la Sécurité publique, Pierre Bélanger -- il a occupé la fonction du 25 août 1997 au 15 décembre 1998 --, fait fi des sérieuses présomptions pesant sur plusieurs policiers, soutenant même que leur implication ne repose que sur des «allégations».

Euphémisme de taille puisque la police elle-même confirmait qu'au moins une centaine de véhicules personnels de ses membres étaient munis de la vignette. Pourtant, peu de temps auparavant, quand il avait appris le scandale, le même ministre avait réagi en ces termes : «Il en va de toute la crédibilité du système de perception des amendes au niveau de la Ville de Montréal. C'est quelque chose d'excessivement préoccupant.»

Voyons les résultats préliminaires de cette enquête. Le dg Sarrazin annonce que 117 policiers seront accusés devant leur comité de discipline dont 16 officiers. Contrairement aux dix cadres du Service circulation et transport de la ville congédiés sur le champ, tous les policiers impliqués demeurent en poste.

En outre, le processus promet d'être long : préparation des dossiers, suivie de l'approbation de Sarrazin et du service des Affaires juridiques, nomination des membres du comité de discipline, audition de chacune des causes. Ensuite, Sarrazin (le juge en chef du tribunal policier) doit confirmer, annuler ou modifier les sanctions.

De leur côté, les policiers impliqués peuvent ultérieurement enclencher une procédure de grief. La Presse cite un fonctionnaire anonyme de la ville : de Montréal : «Aussi bien dire que toute l'affaire sera oubliée». D'autant que Sarrazin a plaidé pour une certaine clémence devant des membres du Comité exécutif de la Communauté urbaine de Montréal (CUM), souligne-t-il : à cette époque, CUM et présidente Vera Danyluk étaient encore dans le paysage. La grande majorité des fautifs subiraient des réprimandes mineures, si jamais c'était le cas.

Pendant ce temps, dans les médias québécois, les commentaires tombent drus, mais le pouvoir péquiste ne bouge pas, confiant, a-t-on raison de penser, que la tempête se calmera, que dans quelques semaines ils auront tout oublié. Ainsi, le chroniqueur Philippe Cantin de La Presse, qui dénonce le fait qu'«au lieu de verser quelques dollars chaque jour pour garer leur voiture personnelle, ainsi que le font des milliers de Montréalais, des policiers, convaincus que leur métier devait être source de privilège, se sont autoproclamés VIP, rien de moins! (Philippe Cantin -- La Presse du 23 septembre 1998)

«Et on demande maintenant à leurs collègues d'analyser la véracité de ces informations, de déterminer si ces policiers ont réellement intimidé des préposés au stationnement leur ayant collé une contravention. Malgré ce manque évident de transparence, le dg Michel Sarrazin estime son personnel en mesure de mener adéquatement le dossier. Le gouvernement (péquiste de Lucien) Bouchard l'appuie. (...) Personne n'apprécie qu'en raison de leur boulot, des gens soient au-dessus des lois.» (Suite demain)

News du lundi 7 Mars 2011

■  Libye Sur une carte géographique du quotidien britannique The Guardian, la situation de ce lundi 7 mars en un clin d'œil : cubes verts, territoire occupé par Kadhafi ; cubes rouges, par les insurgés. Aux endroits indiqués sur la carte par le mot "zoom", cliquez dessus pour avoir accès à des images de Google Earth. Pour retourner sur la carte, cliquez sur "Back to main map", dans le bas de la page, à gauche.

  Quebecleaks a déjà quelques ennemis – Un groupe de blogueurs du Parti libéral du Québec de Jean Charest tente de le salir. Cependant, Quebecleaks, un WikiLeaks à la québécoise, est prêt à en subir les coups, selon un porte-parole du site, qui précise «(…) nous ne sommes que partisans de la transparence» : entrevue du journaliste Vincent Fortier de journalmétro.com avec «Noam Chomsky», un pseudonyme qui en dit long + une adresse à propager (http://www.quebecleaks.org/).

PS : Si certains mettent des bâtons dans les roues de Quebecleaks, faudra défendre bec et ongles le site et son équipe. Cette province a grandement besoin de changements majeurs, et seule la transparence en ouvrira les portes.

  Sans le savoir, les groupies de la police font pas de la prévention mais bel et bien du renseignement - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Dans le petit village policier de Lac Bouchette, j'ai découvert un tas de petits secrets des civils de la Sûreté du Québec et de leurs collabos. Exemples.

Au cours de ma randonnée à vélo, quand sur mon passage des chiens me jappent après, que quelques portes claquent, que certains, dissimulés derrière leur maison, frappent un bon coup sur du métal, ce sont là des signes évidents que l'underground policier n'a pas du tout digéré les propos que j'ai tenus, ou l'attitude adoptée, la veille ou l'avant-veille.

En ai même vu un, un peu en retrait dans l'entrée de sa cour, faire rugir sa tronçonneuse, l'extrémité de l'engin pointé dans ma direction. Sa conjointe, à ses côtés, elle aussi une collabo, avait enfilé son capuchon pour cacher son visage : trop tard, madame, j'ai eu le temps de vous identifier.

Les collabos collectent sur le terrain une myriade de petits détails sur la vie privée de tout un chacun, et n'ayant rien à voir avec la criminalité. C'est du renseignement qu'ils font. Sans le savoir, ils aident Big Brother et Big Sister dans leur tâche. Chaque fois que je pars en randonnée, je m'imagine les voir et les entendre quand je passe devant leur résidence.

Le ou la groupie de la police téléphonant à un ou une autre groupie pour l'informer qu'il vient tout juste de me voir à sa fenêtre, de me surveiller à la sienne où je devrais passer dans quelques minutes : selon moi, la police, cachottière comme je la connais, ne les a sûrement pas informés-es de la présence des caméras extérieures.

Bien sûr ce n'est quand même pas tout le village de Lac Bouchette à la fenêtre, ils sont tout au plus une trentaine environ, incluant des petits commerçants et de leurs employés. (Suite demain)

  Le Policier de Montréal De Luca furieux qu'on ait glissé derrière l'essuie glace de sa voiture personnelle une contravention - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) L'usage des vignettes débute dans les années 1970, à l'ancien poste de police 25 du boulevard Maisonneuve, à Montréal. Il est rapidement étendu à tous les postes de l'île. Un ex-lieutenant-détective de l'escouade des crimes contre la personne l'a implantée, avec l'aide d'un préposé au stationnement.

Des membres de ce service affirment toutefois que ce sont d'abord des policiers qui ont fait pression : «(...) on n'avait pas le choix. Si on s'avisait à distribuer une contravention à un policier, ou même à sa femme, on pouvait être certain qu'on allait se faire écœurer pendant des semaines.» Ils craignaient aussi de ne pas être rapidement secourus s'ils étaient agressés par des automobilistes mécontents des contraventions qu'ils venaient de leur remettre.

Interrogé à cet effet, le directeur général (dg) du corps policier Michel Sarrazin n'écarte pas la possibilité que, lors de la transition du poste 25 à la voie publique, des policiers aient pu ainsi leur forcer la main. Seulement lors de la transition, monsieur le dg? Semble bien que non, si l'on se réfère au procès-verbal d'une décision du Comité de déontologie rendue en 1996, date largement postérieure à la transition dont vous parlez, en fait d'une dizaine d'années. Examinons ce cas rapporté par le journaliste André Noël de La Presse.

La scène se déroule en septembre 1994, près du marché Jean-Talon, à Montréal. Deux acteurs : le policier Vincenzo De Luca et le préposé au stationnement Jean-Marc Larocque. Celui-ci glisse une contravention derrière l'essuie glace d'une Mazda 626, véhicule personnel de De Luca. Ce dernier se présente au bureau des préposés au stationnement, veut la faire annuler, exhibe son insigne policier. On lui répond ne pouvoir le faire.

Il n'abandonne pas, réussit à savoir qui la lui a collée, demande ensuite à des préposés au stationnement où il peut le trouver. Un jour où Larocque quitte son travail, De Luca le suit, joue du klaxon. Trois jours après, il revient au bureau des proposés, au volant d'une auto-patrouille, veut lui parler mais il est absent.

Le lendemain, ce dernier travaille dans le secteur du marché Jean-Talon. Arrive De Luca, au volant d'une auto-patrouille. Il lui pose des questions, le tutoie, s'affiche comme ayant une réputation de chien, menace de l'arrêter. S'ensuit une plainte au Comité de déontologie, puis la suspension du policier pendant trois jours sans salaire.

Des préposés affirment qu'il ne s'agissait pas d'un cas isolé. François Hamelin, l'arbitre municipal chargé d'entendre le grief des préposés au stationnement suspendus pour trois mois, leur donne raison. (Michèle Ouimet -- La Presse du 11 septembre 1999) Les policiers, en harcelant ceux qui osaient leur coller des contraventions, ont contribué à maintenir le système de vignettes pendant des années.

Il confirme qu'ils pouvaient se venger en prenant leur temps avant de répondre à un appel à l'aide d'un préposé qui avait été bousculé par un citoyen furieux d'en recevoir une. C'est donc pour acheter la paix et éviter les relations conflictuelles avec les policiers qu'ils ont perpétué le système de vignettes. Notons que cela n'a pas empêché ces préposés de profiter de l'aubaine aussi. (Suite demain)

News du dimanche 6 Mars 2011

  Mardi 8 mars : Journée internationale de la femme – À cette occasion la Fédération des femmes du Québec (FFQ) lance un appel à la solidarité à toutes les québécoises pour dire "NON à la taxe santé!" du premier ministre Jean Charest. Invitation leur est faite de casser la croûte pour casser la logique "utilisateur-payeur".

Les femmes sont globalement plus pauvres que les hommes parce qu'elles gagnent en moyenne 30% de moins qu'eux : programme prévu pour cette journée. «Soyez-y! Parce que nous sommes toujours en action pour le respect de nos droits!»

  La neutralité du Net menacée ? – En Occident, certains gouvernements procèdent au rythme d'une petite bouchée à la fois. Rien encore de vraiment inquiétant, mais quand on sait que l'appétit vient en mangeant...

Rappelez-vous du début de la vidéo-surveillance. De quelques une ici et là, il y a 10 ans, regardez où nous en sommes aujourd'hui. Il y en a partout et certains trouvent que c'est pas encore assez. Sans compter les caméras cachées, comme celle de l'article précédent : vidéo (08:51).

  Un préposé aux informations – Les gens s'adressent à lui mais comprennent pas ce qu'il dit : une vidéo (03:29) qui vous fera rire aux larmes.

  G20-Toronto-juin 2010 : réponse à saveur totalitaire du Canada de Stephen Harper – Plutôt que de procéder à l'arrestation d'individus au comportement belliqueux, les policiers ont préféré disperser la foule et mettre en détention préventive toute personne qui s'y refusait. Tel est l'argument que le Canada a servi à la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) relativement aux violations des droits des citoyens qui manifestaient paisiblement.

Outrée par cette réponse, la Ligue des droits et libertés du Québec (LDLQ) revient à la charge, cette fois pas seulement auprès de la CIDH, mais aussi du Comité des droits de l'homme de l'ONU et du Rapporteur spécial de l'ONU sur la liberté d'expression. Elle exige que le Canada décrète une enquête publique et indépendante. Elle est supportée dans sa démarche par la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) et la Clinique internationale de défense des droits humains de l'UQÀM (CIDDHU).

  Un chien de la Sûreté du Québec dissimulé dans les joncs, en bordure de la route, attend mon arrivée - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Deux jours après, la Sûreté du Québec remet ça. L'action se déroule sur la 155, devant cette maison où habite le chien qui parfois me pourchasse. Sur la pelouse, à cent pieds de la route, un homme pratique son golf. Je me dis qu'il va se tenir tranquille, son maître est là. Ben non, ça recommence. Fâché, je lui crie de surveiller son «maudit de chien». «Hein?» M'arrête, le lui répète, puis je dépose mon vélo sur l'accotement et lance quelques pierres à la bête.

Le jour suivant, l'homme vient à peine de descendre de sa camionnette, près de la maison, que le chien s'élance dans ma direction. Lui crie de le rappeler, semble n'avoir pas compris. Environ 400 pieds nous séparent, et, pendant qu'il marche vers moi, je m'arrête et lance des roches à l'animal. En colère, il me somme d'arrêter, accélère le pas visiblement pour s'en prendre à moi.

Je ne bouge pas, lui fais même signe de la main de s'en venir. La situation est si ridicule que je doute qu'il passe à l'acte, s'il est le moindrement intelligent. Quand il arrive, il chasse la bête, qui est à cinq pieds, menaçante, m'exhibant ses canines. Je tente de lui expliquer la situation, il ne veut rien savoir et s'en retourne.

Peu après, le civil de la Sûreté du Québec utilisera un autre scénario, celui du maître sortant de la maison et du chien qui en profite pour se faufiler et courir vers moi. En raison de la distance nous séparant, j'aurai amplement le temps d'embrayer à une vitesse supérieure et m'éloigner rapidement des lieux.

Autre tentative d'agression peu après. Cependant, ce jour-là, j'ai trouvé une parade pour m'en prémunir. Au lieu de rouler dos au trafic, je roule sur l'autre versant de la route. Là, ce ne sera plus moi qui risquerai d'être frappé par un véhicule, mais son chien si jamais il décide de venir m'y rejoindre.

Au loin, je vois monsieur sortir de la maison, tenant quelque chose à la main. Voilà une autre apparition dans le paysage suffisamment synchro pour ne pas penser à la présence de caméras cachées. J'entends le bruit d'un petit moteur. Un coupe-herbe! Alors que le ciel, grisâtre d'un horizon à l'autre, est à l'orage et qu'une petite pluie fine tombe déjà.

J'examine attentivement les lieux, pas de chien. J'ignore qu'il est dissimulé dans les joncs, en bordure de la route, et attend mon arrivée pour bondir. Cependant, il n'ira pas loin, n'osera pas la traverser. (Suite demain)

  Brisson : les règles légales de base sont modifiées par les policiers pour des policiers - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Autre traitement de faveur dont la police se gratifie : la vignette VIP (Very Important Person), impliquant des policiers de l'île de Montréal. Apposée sur un coin de l'immatriculation de leur véhicule personnel, elle indiquait aux agents de stationnement du Service circulation et transport de la Ville de Montréal de ne pas émettre de contravention à son propriétaire.

Synthétisons l'événement à l'aide de nombreux articles parus dans La Presse. (Christiane Desjardins, Gilles Gauthier, André Noël, Martin Pelchat, Marc Thibodeau et Éric Trottier -- La Presse des 14, 15, 16, 17, 22, 24 et 25 septembre, des premier et 2 octobre et du 28 novembre 1998) Signalons au départ que ce corps policier n'est pas le seul à s'octroyer ce genre de privilèges.

Dans le rapport de la Commission Poitras, l'anthropologue Geneviève Brisson écrit qu'en matière légale, il existerait un «double standard», c'est-à-dire une loi pour le citoyen et une autre pour le policier : «Les règles de base sont modifiées par les policiers pour des policiers». Brisson cite le rapport diagnostic produit en 1996 par la Sûreté du Québec.

On y apprend que «le code de sécurité routière ne semble pas s'appliquer aux policiers» et rares sont ceux écopant de contraventions. Le fait que tout se passe «entre policiers» et «qu'on sait qu'il n'y aura pas de conséquences» serait la cause de ces comportements. Cependant, il s'avère dommageables pour la crédibilité de la police, rapporte Brisson : «Il n'est pas étonnant que le citoyen ordinaire croit les policiers incapables de respecter les règles puisque ceux-ci les interprètent fort librement quand elles concernent la confrérie».

À Montréal, le scandale de la vignette VIP éclate au milieu de septembre 1998, en pleine campagne électorale municipale. Le candidat Pierre Bourque, maire sortant, congédie illico les dix cadres municipaux responsables de ce service et suspend pour trois mois des subalternes chargés de l'attribution des contraventions qui ont avoué ou été pris en défaut. Qui avait droit à la vignette?

Apparemment, plus d'une centaine de policiers et quelque 200 préposés au stationnement. Difficile de croire que ces derniers étaient plus nombreux que les premiers... Même des conseillers municipaux, des fonctionnaires appartenant à d'autres services de la Ville de Montréal, dont des pompiers, et des ambulanciers en ont eues. Des journalistes itou.

Ici, on ne parle pas de véhicules publics, comme des autos-patrouille, des camions à incendie et des ambulances, mais strictement de véhicules personnels. Les vignettes de la Fraternité des policiers de l'île de Montréal servaient également à éviter des constats d'infraction. (Suite demain)

News du samedi 5 Mars 2011

■  Les dernières heures de Kadhafi ? - Les médias traitent surtout du combat de Kadhafi, de celui des insurgés et des réactions des États, dont les USA. Par contre, les analyses sont rares, à compter presque sur le bout des doigts.

En voici une élargissant cette horizon, quatre invités : Mathieu Guidère, auteur du livre "Les nouveaux terroristes", aux Éditions Autrement ; Hasni Abidi, politologue et directeur du Centre d'études et de recherches sur le monde arabe et méditerranéen, à Genève, Suisse ; Roland Coutanceau, psychiatre et criminologue ; et Jean-Dominique Merchet, directeur adjoint de la rédaction de Marianne : vidéo (1h) diffusée le 1e mars dernier.

  Les tests d'ADN sont-ils vraiment infaillibles ? - Alice Andreoli, biologiste et spécialisée en journalisme scientifique à l'École internationale d'études avancées de Trieste, Italie, répond à cette question dans son livre "L'histoire controversée du TEST ADN", Éditions Belin. Une histoire de négligences, d'arnaques en blouse blanche, d'enquêteurs malhonnêtes, de preuves retenues à tort infaillibles, de lumière et d'ombre : vidéo (02:06)... TV Université science en fait la promotion, ce qui démontre son importance.

  Encore un autre chien de la Sûreté du Québec cherchant à m'empêcher de circuler librement dans l'espace public - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Entre-temps, début septembre, Route de l'Écluse, suis la cible d'une autre tentative d'intimidation, cette fois de la part d'une civile. Elle a reculé sa camionnette bleue métallique, flambant neuve, dans l'entrée d'une vieille maison en rénovation.

Elle est accroupie dans une petite remorque rouge, s'affairant à je ne sais quoi, et, au moment où j'arrive, l'entends dire «wa» -- signal d'attaque? --, aussitôt un gros chien noir, vraiment impressionnant, que je n'avais pas vu, surgit de l'arrière du véhicule en grognant et bondit dans ma direction. Pendant une fraction de seconde, je me dis que cette fois, ça y est, je vais y goûter. Mais il ne va pas loin, une laisse l'immobilise d'un coup sec, le cabre sur ses pattes arrières.

Lendemain, la camionnette bleue est stationnée le long de la façade de la maison. Sur le chemin du retour, madame est debout derrière la petite remorque, attachant un tissu... rouge à l'un des vieux madriers qui en débordent. M'arrête, le temps d'une photo. J'applique ici la technique d'Hirigoyen, dont j'ai parlé plus haut, et consistant à faire savoir à mes agresseurs que je ne les laisserai pas faire. (Marie-France Hirigoyen -- Le harcèlement moral -- Éditions Syros)

Un peu plus loin, autre arrêt, car je présume qu'elle s'apprête à partir et va probablement emprunter la même route pavée. La voilà qui arrive, deux autres photos : de madame au volant, souriante, et de la plaque d'immatriculation.

À l'épicerie du petit village policier de Lac Bouchette, je constate qu'on n'a pas apprécié. Un conseiller municipal, impliqué jusqu'aux oreilles dans la répression policière souterraine et illégale à l'encontre de citoyens, me salue d'un petit «bonjour monsieur», salutation sèche, formulée le bec arrondi et tout plissé : les citoyens votant pour lui ignorent probablement tout de ces activités clandestines ... Habituellement, il me tutoie, mais là il veut me signifier sa désapprobation. (Suite demain)

■  Il est loin d'être facile, pour un honnête policier, de franchir le mur du silence - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le 22 décembre 2000 le jury rend un verdict de culpabilité d'entrave à la justice et d'usage de faux contre Deragon et Brodeur, et innocente le délégué syndical Boileau. Le juge Reynald Fréchette, estimant que l'entrave à la justice est un crime très grave pour un policier, condamne Deragon et Brodeur à respectivement 12 et 9 mois de prison. (André Cédilot -- La Presse du 23 juin 2000)

Selon le juge, les deux policiers ont manqué à leur serment d'office d'agir avec honnêteté et justice. Tous deux décident d'en appeler du jugement. Par la suite, Brodeur reviendra sur sa décision et se présentera au centre de détention de Sherbrooke pour subir sa peine. (Rollande Parent, Presse canadienne -- La Presse du 24 octobre 2000)

Dans ses conclusions du procès, le journaliste Cédilot signale que cet événement a fait aussi mal à la réputation de la Sûreté du Québec que l'imposante enquête de la Commission Poitras qui a coûté 20M$. (André Cédilot -- La Presse du 24 décembre 1999) D'un rare intérêt, il a démontré sans l'ombre d'un doute que le malaise minant la Sûreté du Québec est beaucoup plus profond que le pensent ses hauts dirigeants et le gouvernement.

On ne le retrouve pas seulement chez les enquêteurs des escouades d'élite, ainsi que l'a constaté la Commission Poitras, mais également dans les petits postes à travers la province. L'esprit de clan y est à ce point ancré, précise-t-il, que Cloutier a été pris de panique quand il a reconnu sur les lieux de l'accident la voiture de la fille de Brodeur. Comme quoi ses dirigeants ont encore du pain sur la planche, et pour longtemps, conclut-il.

Reste Cloutier, principal témoin à charge de la Couronne. Deux accusations de fabrication de faux avaient été portées contre lui. En juin 2000, il avoue sa culpabilité devant le juge Lucien Roy. (La Presse du 28 juin 2000) En juillet, le juge lui accorde, sans aucune hésitation, l'absolution inconditionnelle. (Christiane Desjardins -- La Presse du 15 juillet 2000) C'est dans l'intérêt de l'accusé et ça ne nuit aucunement à l'intérêt public, déclare-t-il.

À l'automne de la même année, le Comité de déontologie le suspend sans traitement pendant huit jours. (Rollande Parent, Presse canadienne -- La Presse du 24 octobre 2000) À la Cour du Québec où il loge appel, il s'en tire d'un simple avertissement. (Marie-Claude Malboeuf -- La Presse du 19 juillet 2001)

Enfin, en novembre 2000, à Granby, le juge Paul-Marcel Bellavance libère Sophie Brodeur des accusations portées contre elle parce qu'il estime déraisonnable qu'elle subisse un procès 46 mois après l'accident à Sutton. (André Cédilot -- La Presse du 22 décembre 2000) Il tient compte aussi du fait que, dans ce dossier, son père a été condamné à neuf mois de prison.

Le procureur chef de la Couronne de Longueuil, Me Claude Chartrand, conteste le jugement mais, en avril 2003, la Cour d'appel maintient la décision du juge Bellavance. (La Presse du 12 avril 2003) En mars 2003, la Cour d'appel siègera pour entendre Deragon, et confirmera la sentence. Mars 2004, la Cour suprême du Canada fera de même. Deragon devra purger sa peine. (Stéphanie Decelles, La Voix de l'Est -- La Presse du 5 mars 2004)

On parle de changer en profondeur la culture policière, la reconnaissance du courage de ceux qui osent parler y contribuera. Car il est loin d'être facile, pour un honnête policier, de franchir le mur du silence. (Suite demain)

News du vendredi 4 Mars 2011

■  Le site Quebecleaks est opérationnel depuis le 16 février – Anonymat assuré à tous ceux disposant de documents dont la démocratie à vraiment besoin pour projeter de la lumière crue dans les nombreux coins sombres de la société. Surtout chez ceux qui sont au volant de l'État ou d'un corps policier : l'adresse du site (http://www.quebecleaks.org/) + si vous hésitez à participer de crainte d'être repéré, lisez la déclaration de sécurité.

PS : Quebecleaks, un WikiLeaks à la québécoise, sera un succès à la condition que son adresse web soit connue de tous, delà l'importance de la propager, de le visiter régulièrement et rapporter publiquement les fuites que vous y avez trouvées. Souhaitons qu'il devienne le vrai chien (pitbull) de garde de nos droits et libertés. Alors, si avez des trucs à diffuser, GO!

■  Libye - Sur une carte géographique du quotidien britannique The Guardian, la situation ce vendredi 4 mars en un clin d'œil : cubes verts, territoire occupé par Kadhafi ; cubes rouges, par les insurgés.

  Migrants tunisiens en Italie – Ils arrivent presqu'en masse sur la petit île italienne de Lampedusa. La population est passée de 6 000 à 11 000. Un résident dit ne pas pouvoir travailler, devoir rester à la maison pour protéger sa femme. Ces nouveaux venus circulent partout.

Pour leur part, ces derniers veulent travailler, parce que dans leur pays c'est la misère. Des autorités craignent que des libyens fassent de même éventuellement : vidéo (09:01). La révolution arabe a changé la donne migratoire dans quelques pays côtiers de l'Europe.

  Encore un autre chien de la Sûreté du Québec... décidément - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Chasse aux canards, disait le civil de la Sûreté du Québec. Me reviens à la mémoire deux événements survenus moins d'un mois plus tôt. Sur le Chemin du Barrage qui sillonne la forêt, trois coups de feu suivis d'environ 3 autres de moindres calibres m'accompagnent sur un bon kilomètre. Ils proviennent probablement d'une voie parallèle, pas loin de là.

À l'intersection du Chemin de la Montagne, tiens une collabo s'adonne à la marche rapide, semble-t-il. Brève conversation, et chacun poursuit son chemin. Un autre bang résonne tout près... Oups! Le surlendemain, même chemin, deux chasseurs sur un VTT, le passager a déposé son arme en travers de ses cuisses, la gueule du canon pointée dans ma direction, à la hauteur des jambes.

L'homme cache son visage, la tête tournée dans la direction opposée, est agrippé aux épaules du conducteur comme si le véhicule roulait à plein régime, alors que, au contraire, il se déplace au pas. Les deux occupants scrutent la forêt, à la recherche de... perdrix. Au cours de la même période quelqu'un m'y avait doublé au volant d'une voiture. Sa plaque d'immatriculation commençait par "210 ABA...". Une plaque-message, comme les autres qu'il m'arrive de voir.

Circuler à vélo sur la route régionale 155 exige plus de prudence que sur la rue Principale du village de Lac Bouchette ou un chemin forestier. À surveiller surtout les gros camions tirant deux remorques d'une vingtaine de roues chacune et transportant des troncs d'arbres destinés aux scieries.

À l'été 2002, un chien de grosseur moyenne, particulièrement hargneux, s'est lancé à quelques occasions à ma poursuite, près de l'intersection de la Route de l'Écluse. Rusé, il jappe seulement quand il n'est plus qu'à quelques pieds de ma cheville. Je sursaute, donne un coup de guidon vers le centre de la route pour éviter la morsure. C'est instinctif, pas le temps de penser au véhicule qui s'en vient peut-être derrière moi. Éminemment dangereux.

Après sa première agression, je m'en méfiais, gardais un œil vers la maison de ses maîtres, située à environ 500 pieds de la route, vérifiais s'il n'avait pas entrepris de traverser la grande pelouse, ventre à terre, pour venir m'attaquer. Cependant, les semaines s'écoulent sans récidive, ma vigilance s'assoupit jusqu'au jour où il me surprend de nouveau, je crampe ma roue, le réalise l'instant d'après, suis en beau maudit. Heureusement, aucun véhicule derrière.

La fois suivante, une camionnette, venant en sens inverse, me précède de peu, emprunte l'entrée jusqu'à la maison, au fin fond du terrain, s'y stationne sur le côté, et son conducteur n'est pas sitôt descendu que le chien se rue dans ma direction. J'ai la conviction que l'homme l'a incité à m'attaquer : le même civil de la petite-maison-aux-écrans. S'en suit une accalmie de quelques jours. (Suite demain)

  Policier Boileau : T'es pas capable de conter des menteries, de faire un faux rapport ? - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Au cours du procès au palais de Justice de Granby, en novembre et décembre 1999, et présidé par juge Reynald Fréchette, Cloutier témoigne des pressions qu'il a subies de collègues de travail.

Ainsi le 9 janvier 1997, revenant au poste de Cowansville après un congé de cinq jours, il est reçu par le délégué syndical Boileau, entouré de six ou sept autres policiers, dont Deragon qui ne travaille pas ce soir-là. Dès son entrée, Boileau et Deragon l'auraient invité dans un petit bureau adjacent.

Le torse bombé, Boileau se serait approché tout près de son visage en lui disant, à sa grande stupeur : «Comme ça t'es pas capable de conter des menteries, de faire un faux rapport». Cloutier affirme que Boileau aurait insisté pour qu'il laisse à Deragon la rédaction du rapport sur l'arrestation de la fille de Brodeur. Devant son refus, Boileau aurait tranché en ces termes : «Ok, on ne peut pas se mettre dans le trouble pour en sauver un autre».

Par la suite, suivant Cloutier, l'atmosphère au poste n'est plus la même. Deragon ne lui parle plus, Brodeur, père de Sophie, lui voue une haine viscérale, les autres policiers l'évitent, lui font des remarques désobligeantes. L'un d'eux lui aurait bloqué le chemin à la sortie du poste, on aurait obstrué les serrures de son véhicule, loger des appels anonymes à son domicile.

Le délégué syndical Boileau aurait aussi mis son grain de sel, lui reprochant, alors qu'ils font équipe ensemble dans une enquête, en mars, de prendre trop de notes : «Tu écris toujours trop, comme dans le dossier de Sophie Brodeur».

Et juste avant que la Sûreté du Québec n'amorce une enquête interne, il l'aurait appelé, lui conseillant de ne rien dire, ni écrire, et de s'en tenir à son rapport original : «Deragon va faire de même, et Sophie Brodeur va s'en sortir.» Cloutier raconte qu'il était tellement fâché qu'il lui a lancé un paquet de jurons. Boileau l'aurait mis en garde qu'il «pourrait se retrouver seul comme les gars dans l'affaire Matticks».

Le 9 décembre, c'est au tour du délégué syndical Boileau de témoigner. Au cours d'un contre-interrogatoire serré de l'avocate de la Couronne, Me Josée Grandchamp, il avoue donner toujours «la même consigne» aux policiers qui ont des problèmes : suspects ou simples témoins, quand ils sont interrogés par les enquêteurs des Affaires internes du corps policier, «de s'en tenir à leurs rapports et ne faire aucune déclaration».

Et Me Grandchamp de le relancer : «Mais si, par exemple, c'est un policier qui est témoin qu'un autre policier a les facultés affaiblies, insistant sur le fait qu'il s'agit d'un acte criminel, qu'est-ce que vous faites?» Boileau, visiblement embêté, note le journaliste : «J'ai jamais envisagé ça, mais je m'en tiens au même conseil de base. (...) Le travail d'un policier, c'est évidemment de déclarer tout crime», ajoutant que la fonction de délégué syndical n'est pas rémunérée et qu'il n'a pas suivi de cours de formation... sur quoi dire et ne pas dire aux policiers.

Plus tôt au cours de cette journée, Me Grandchamp avait fait admettre à l'agent Deragon que l'arrestation de la fille de Brodeur était légale, même s'il n'approuvait pas son collègue Cloutier. Il avait admis également que sa suggestion de ne pas lui faire subir d'alcooltest et de la reconduire chez elle, alors qu'elle était en état d'arrestation, auraient été non seulement exceptionnelle, illégale aussi. (Suite demain)

News du jeudi 3 Mars 2011

■  Kayak – Descendre des chutes, disparaître dans des gros bouillons : vidéo (04:30). On est loin du salon et de la télé, là.

  Diana Rutherford – Sympa, se prend pas pour le nombril du monde. Faites sa connaissance : vidéo (06:40) + vidéo (04:05), un reggae.

  Québec : SNC-Lavalin construit des prisons à la Libye de Kadhafi – Selon The Globe and Mail de Toronto, l'entreprise québécoise a obtenu un contrat de 275 millions + texte sur le site de SNC-Lavalin + son code de déontologie.

  Libye – Sur une carte géographique du quotidien britannique The Guardian, la situation ce jeudi 3 mars en un clin d'œil : cubes verts, territoire occupé par Kadhafi ; cubes rouges, par les insurgés.

  Les intimidations de la Sûreté du Québec par chiens interposés se poursuivent - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Le molosse occupe mes pensées. Dans un fossé, je déniche une branche cassée, l'émonde un peu, la place en travers des guidons, prêt à m'en servir. Quand j'arrive dans son secteur, il est là, trône au plein milieu du chemin, à environ 300 pieds du terrain de son maître.

Dès que j'apparais dans son champ de vision, il aboie trois fois, toutefois sans trop de conviction. Il se permet néanmoins quelques bonds dans ma direction, mais suis suffisamment loin pour avoir le temps de grimper dans un arbre s'il décidait d'attaquer.

Que faire? C'est le seul point de passage, autrement je devrai reprendre mon itinéraire à l'inverse pour revenir chez moi, me taper environ vingt kilomètres. Heureusement, une camionnette arrive, je fais signe, explique au conducteur la situation, il accepte de me prendre à bord avec le vélo, me fait franchir le no men's land.

Lundi 22 octobre. Je rencontre, à son domicile, un conseiller municipal, impliqué dans la répression clandestine. Lui explique la problématique, incluant mon enquête sur la police en civil, dis ne pas vouloir me plaindre à l'Hôtel de Ville, une employée m'ayant informé qu'il faut composer le 911, que la Sûreté du Québec est chargée de faire respecter ce règlement. Il me coupe la parole : «Non, non, dit-il et fait-il de la tête, c'est pas de même que ça marche». Il prend son cellulaire, rejoint, je crois, le nouveau secrétaire-trésorier de la municipalité, règle l'affaire en deux minutes.

Le lendemain, au point de passage Sureté du Québec, pas de trace du molosse, seulement quatre personnes travaillant fort à rassembler les feuilles mortes sur le terrain. Après une journée de relâche à cause de la pluie, j'y repasserai de nouveau. Pas âme qui vive, ni chien, et la cheminée ne fume plus. Les lieux sont redevenus ce qu'ils sont la plupart du temps, inhabités.

Peu après, dans cette même partie boisée du Chemin de la Montagne, un VTT arrive derrière moi. Son conducteur ralentit, un civil que je reconnais sous son casque protecteur. Il m'avertit de ne pas faire le saut, que son chien s'en vient derrière : «C'est pour la chasse aux canards», me crie-t-il, avant d'accélérer et disparaître dans une courbe.

Dans les secondes qui suivent, un beau labrador noir arrive au grand galop, à la poursuite de son maître. Ces chiens sont doux, n'en ai pas peur, d'autant que son attitude n'est pas agressive. Je crois l'épisode clos, n'y pense plus.Mais le vois revenir sur ses pas, ventre à terre encore. Cinq minutes s'écoulent, puis c'est encore lui, langue pendante, commence à être un peu essoufflé.

À la sortie d'une courbe, je l'aperçois, il marche au pas, nez au sol, va et vient d'un bord à l'autre du chemin, s'avance un peu dans la forêt, en ressort, avant de repartir de plus belle, cette fois dans ma direction. Ensuite, c'est le VTT, le civil s'informe si j'ai vu son chien, lui indique qu'il est à environ un quart de kilomètre plus haut, il me remercie et roule l'y rejoindre.

Au belvédère, je m'assieds pour griller une cigarette. Vroum, vroum, le VTT et le flic aux guidons! Salutations d'usages. Le chien ne l'accompagne pas. Et quand j'arrive à la hauteur de son chalet, le prétendu chasseur de canards scie du bois à la tronçonneuse.

Depuis le printemps 2001, je passe à cet endroit une vingtaine fois par mois et, immanquablement, monsieur se manifeste sur son terrain, effectuant de petits travaux ou sortant par hasard de son chalet, parfois me regarde, parfois me salue de la main, mais ne lui réponds pas : autant de coïncidences supposent la présence de caméras. Provocation policière, rien d'autre. Les autres proprios de chalet, je les vois rarement, mais pas lui, il est quasiment toujours là quand je passe. (Suite demain)

  Pressions de policiers pour que la fille d'un collègue ne soit pas accusée d'ivresse au volant - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) En juillet 2000, Alain Landry de la police de Laval écope d'une suspension de 60 jours sans solde du Comité de déontologie, décision entérinée par la suite par le juge Claude Pothier de la Cour du Québec. (Marcel Laroche -- La Presse du 20 juillet 2000)

Il avait consulté la mégabanque informatisée du Centre de renseignement policier du Québec (CRPQ) afin d'y chercher des éléments incriminants à l'encontre d'Yves McKenzie, un citoyen qui devait témoigner contre lui devant le Comité de déontologie dans une histoire de saisie d'armes. Utilisation du CRPQ à des fins personnelles, en somme.

Scrutant le dossier de McKenzie, Landry découvre qu'il est recherché pour bris de probation. Il alerte des collègues de l'île de Montréal, les informe que McKenzie, le plaignant dans une cause à son encontre, fait l'objet d'un mandat d'arrestation. Ceux-ci l'arrêtent alors qu'il s'apprête justement à témoigner... devant le comité. Cependant, ils doivent le relâcher une demi-heure après, le mandat contre McKenzie avait été annulé quelques semaines auparavant.

Plus haut, nous relations qu'en décembre 1999, au moment même où le ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard, annonçait sa réformette de la Sûreté du Québec, un procès faisait la une des médias : trois membres de ce corps policier avaient tenté de passer sous silence une accusation d'ivresse au volant impliquant la fille d'un de leurs collègues. Résumons-la en nous référant notamment à des articles du journaliste André Cédilot de La Presse. (André Cédilot -- La Presse du 26 novembre et des 10, 20 et 23 décembre 1999)

Le premier janvier 1997, Jean-François Cloutier et Pierre-Yves Deragon, tous deux du poste de Cowansville, dans les Cantons de l'Est, se rendent sur les lieux d'un accident, à Sutton. Sophie, fille de leur collègue Marcel Brodeur, est entrée en collision avec un autre véhicule, blessant trois de ses occupants. Cloutier reconnaît la voiture avant même de descendre de son auto-patrouille. Il constate que son haleine sent l'alcool, l'amène au poste, lui fait passer un alcootest. Son taux se situe entre 0.11 et 0.12, donc supérieur au taux interdit de .08.

À partir de ce moment, il subit d'énormes pressions. Son coéquipier n'est pas d'accord pour accuser la fille du collègue Brodeur. Pression aussi de ce dernier, qui lui téléphone, lui disant, courroucé : «Qu'est-ce que vous avez fait à ma fille, elle a un trou dans un genou et vous ne l'avez pas amenée à l'hôpital. Vous l'avez traitée comme une criminelle.» Il reçoit également sa visite au poste, Brodeur est frustré, agressif. Craignant les représailles de la confrérie, Cloutier panique, détruit sous ses yeux le certificat, le remplace par un faux de 0.08 et 0.07, et convenant mieux à Brodeur.

Peu après il se ravise, décide de maintenir sa dénonciation. Les pressions recommencent de plus belle. Même le délégué syncidal Pierre Boileau se met de la partie, mais il refuse de céder. Le 24 avril 1997, il transmet son rapport au procurer de la Couronne de Cowansville.

En décembre de la même année, la Sûreté du Québec enclenche une enquête interne. Sur le point d'être accusé d'entrave à la justice, Cloutier déballe toute l'histoire. Trois policier sont alors accusés d'entrave à la justice : Jean-Yves Deragon, son coéquipier du premier janvier 1997, ainsi que Marcel Brodeur et Pierre Boileau. (Suite demain)

News du mercredi 2 Mars 2011

  Libye – Sur une carte géographique du quotidien britannique The Guardian, la situation aujourd'hui en un clin d'œil : cubes verts, territoire occupé par Kadhafi ; cubes rouges, par les insurgés.

  Colorado, USA : pollution de l'air par des exploiteurs de gaz naturel – Impuissants face à la toute puissance de l'industrie, Floyd et Lisa Green ont décidé d'abandonner leur maison pour aller vivre ailleurs, attristés : vidéo d'il y a quelques jours (06:59).

■  New York Times – Carte géographique actualisée de 2003 à 2007 de la fonte des glaces au Pôle Nord + USA et Canada sont les champions du monde des émissions dans l'atmosphère d'oxyde de carbone (CO), gaz toxique. (NDLR : Victoire que nous devons au néolibéralisme, genre BP dans le Golfe du Mexique)

  Une harpie qui espionne les citoyens de Lac Bouchette, cheveux courts, bec pincé, regard sévère et plein de suspicion - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Examinons d'autres rencontres canines... Dix-neuf octobre 2001, Chemin de la Montagne, là où le gravier succède à l'asphalte, un chien noir se faufile dans les hautes herbes. Je ne le vois pas au complet, mais par contre je sais qu'il est gros et s'apprête à sortir du terrain d'un chalet pour me rejoindre. Le cri d'un femme le ramène à l'ordre, cette fois-ci... Une autre petite guéguerre souterraine de la Sûreté du Québec, par chien interposé, s'amorce.

Le lendemain, le chien part du fond du terrain pour se diriger rapidement vers moi d'un pas souple, sans courir. Haute sur pattes, la bête. Deux hommes, l'un accroupi, examine le dessous du chalet, pendant que l'autre, debout à ses côtés, l'observe. Je leur crie de surveiller le chien. Bref coup d'œil dans ma direction de l'homme debout qui, au lieu de l'appeler, se détourne et concentre son attention sur ce que l'autre est en train de faire.

S'écoulent quelques secondes avant qu'il ne siffle et que le chien ne s'immobilise. Dans l'intervalle, il a eu le temps de se rendre jusqu'à moi, à dix pieds, en plein milieu du chemin, me barrant le passage. Bête impressionnante, élancée, athlétique, oreilles taillées pointues, pas agressive, mais qui me toise pendant quelques secondes avant d'obéir à son maître.

Dimanche 21 octobre, Chemin de la Montagne. Je croise l'une des deux femmes de l'escouade cycliste citoyenne. Un peu plus loin, je fais ma halte habituelle au belvédère, endroit montagneux où je peux me remplir les yeux du panorama s'étendant à mes pieds, et griller une cigarette. Sa collègue surgit tout à coup, ne l'ai pas entendue venir, elle grimpe la côte à pied, vélo à son côté. Je redoute que le molosse me cause des difficultés, m'en confie à la collabo, qui me dit le trouver «ben tannant, ce chien-là».

L'a-t-elle vu quand elle est passée devant le chalet? Non, elle n'a pas passé à cet endroit-là, elle vient d'un peu en aval, me dit-elle, d'une maison bleue, blanche, verte. Vérification faite, aucune maison ou chalet n'est peint de ces couleurs dans le secteur. Je connais bien madame, elle demeure près de chez moi, dans la petite rue débouchant sur la 155, en face de l'ex-petite-maison-aux-écrans : la conjointe du civil. Et le chalet où résident les proprios du chien est un passage obligé. Bref, un mensonge gros comme une maison. Puis elle me lance, cette formulation typiquement policière : «C'est beau!», et part rejoindre sa copine.

Dans l'instant qui suit, une camionnette... rouge, couleur-message, se pointe le nez dans la courbe passant devant le belvédère où je suis assis sur une roche, et arrivant de la même direction que vient tout juste de prendre la collabo. Elle s'est pointé dans un silence intégral, comme la collabo plus tôt. L'homme au volant me salue de la tête, une femme l'accompagne.

En voilà deux autres impliqués dans la pseudo police communautaire. Ils habitent la même maison que la patrouilleuse en scooter, dont j'ai parlé plus haut. La passagère de la camionnette tourne la tête, s'étire le cou pour me regarder par la lunette arrière, puis la tourne dans l'autre direction, et jette un œil sur un chalet, situé à environ trois cents pieds en contrebas, sur le bord du Lac Bouchette. Une harpie qui espionne les citoyens, avec son chauffeur attitré, cheveux courts, bec pincé, regard sévère et plein de suspicion. (Suite demain)

  Quirion de la Sûreté du Québec : ne pas dire la vérité, des fois cela contribue à améliorer notre image - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Un flic est beaucoup plus qu'un VIP (Very Important Person) car sa fonction comporte une liste impressionnante d'avantages auxquels le citoyen n'a pas droit. Voyons un exemple pigé dans le rapport de la Commission Poitras. Le cadre de l'action : la tempête de verglas de 1998, et les innombrables pannes d'électricité qui s'ensuivent.

Une résidente de Franklin, Line Monette, dénonce son voisin, l'agent Martel de la Sûreté du Québec : il a tiré profit de l'autorité que lui confère sa fonction pour convaincre Hydro-Québec de rebrancher sa résidence en priorité. Le quotidien La Presse s'empare de l'affaire. Deux articles du journaliste Marc Thibodeau chapeautés des manchettes : Un policier de la Sûreté du Québec est accusé d'avoir été privilégié par Hydro (4 février 1998).

Dès le lendemain... Le policier rebranché avant sa voisine n'a rien à se reprocher, conclut la Sûreté du Québec. Le caporal Richard Bourdon déclare : «Pour nous, le dossier est clos». Le lieutenant Robert Poëti, responsable du poste de Montréal-Métro de la Sûreté du Québec, chargé de l'enquête, explique qu'il a été rebranché avant ses voisins parce que les employés d'Hydro-Québec, qu'il escortait, étaient rendus dans son secteur.

Qu'en était-il vraiment de cette histoire? Pour le savoir, les commissaires ont interrogé Paul Quirion, responsable des Affaires internes de ce corps policier. «(...) ça m'a frappé particulièrement (que Martel a été blanchi en moins de 24 heures), parce que la position dans les médias écrits, je sais pas si c'était la position réelle qui a été transmise par nos gens des affaires publiques, quant à moi, ç'avait aucun rapport avec la réalité. (...) j'ai rétabli les faits auprès du directeur des communications et du directeur général, en leur disant : "(...) ce qui a été publié dans le journal, ça correspond pas à la situation. La situation, c'est qu'il y a (...) une enquête qui a débuté, puis le portrait va arriver bientôt.

«Pourquoi ç'a été diffusé? (...) si c'est ça, le message qui a été diffusé, d'après moi, c'est une erreur. (...) Souvent le message qui est véhiculé par nos gens des Affaires publiques n'est pas nécessairement ce qui est reproduit. (...) Souvent, pour avoir vécu maints événements de nature opérationnelle, ou pour être impliqué dans des dossiers qui font la manchette régulièrement, des dossiers d'affaires internes, quand on lit les médias écrits le lendemain matin, on a la grande déception de voir que ç'a aucun rapport avec l'enquête qu'on conduit ou l'information qu'on a, nous autres, dans le dossier. Et des fois ça contribue (...) à améliorer notre image (celle de la Sûreté du Québec), généralement (...).»

De deux choses l'une, conclut la Commission, ou bien la transmission interne de l'information a été inadéquate entre le responsable de l'enquête et le service des relations publiques, ou bien le porte-parole a donné aux médias sa propre opinion de l'affaire, ce que la directive de la Sûreté du Québec proscrit.

Dans les milieux policiers, il est fréquent que l'on cherche à faire porter par les médias, au moins en partie, la responsabilité des inexactitudes des informations diffusées. À la vue des documents examinés, la Commission pense que la source d'inexactitude se situe plutôt à l'interne (de la Sûreté du Québec) : de policiers, autorisés ou non à le faire. (Suite demain)

News du mardi 1 Mars 2011

  New York Times-gaz de schiste : la fragmentation de la pierre peut libérer des éléments radioactifs – Au Québec, la nouvelle circule depuis une couple de jours. Cependant, on n'indique pas les ramifications de la source même de cette information. Le dossier est complexe, plus de 30 000 pages, mais pas hermétique lorsqu'on sait où se trouve l'essentiel.

Une animation, élément 6, vous allez comprendre lorsque vous y serez. On y lit ceci : "Most of the toxic wastewater refurns to the surface, sometimes with radioactive material at levels thousands of times greater than drinking water standards permit. Waste can be stored on site in a pit or in tanks, which can leak in many ways : pond berms, pipes, liners may fail. Heavy rain can cause ponds to overflow".

Une carte géographique interactive de la Pennsylvanie, USA. Explorez la avec la flèche de votre souri pour découvrir les sites d'exploitation où il existe entre autres du radium, élément radioactif de la famille de l'uranium. Et si vous voulez pousser votre recherche plus loin, l'endroit idéal est ce texte qui s'étale sur 5 pages et ponctué de plusieurs hyperliens. Notez que le New York Times a effectué une excellente recherche et s'est inspiré aussi des travaux de l'United States Environmental Protection Agency (EPA).

  Une invitation à la créativité – Dans la vidéo (03:20) on illustre avec plusieurs petits chef-d'œuvres. Sortir des sentiers battus lorsqu'on fait un tournage vidéo. Fuir comme la peste le conformisme.

  G20-Toronto-juin 2010 : Rapport sur le comportement totalitaire de la police Rapport conjoint de l'Association canadienne des libertés civiles (ACLC) et du Syndicat national des employées et employés généraux et du secteur public (SNEGSP).

Ils demande aux citoyens de prendre position en envoyant un courriel à Stephen Harper, premier ministre du Canada, et à Dalton McGuinty, premier ministre de la province d'Ontario : dans la page qui s'affiche, on indique les adresses courriels et postales.

Déclaration commune... Les Canadiens ont droit à des services de maintien de l’ordre public qui ne vont pas à l’encontre des valeurs constitutionnelles. Malheureusement, les opérations de sécurité et les agissements de certains policiers sont bien en deçà de cette norme, de sorte que la confiance à l’endroit des services de police a été sérieusement minée. Ils exhortent les fonctionnaires compétents à mettre en œuvre le plus tôt possible les recommandations.

Rapport intégral en français (61 pages) + début des témoignages (page 28) + début des 8 recommandations (page 52). Les deux organismes recommandent, notamment, une enquête publique conjointe fédérale-provinciale. Réclament également des modifications à la politique sur le maintien de l'ordre public et la formation dispensée aux policiers, objectif : faciliter les manifestations pacifiques. Le rôle d'infiltration de la police en civil doit être aussi examiné de façon à limiter ce qu'ils peuvent faire et ne pas faire.

■  Un autre chien de l'escouade canine de la Sûreté du Québec veut m'empêcher de circuler librement - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Au cours de ce même été 1999, un autre chien, dont la proprio demeure près de l'Hôtel de Ville, rue Principale, m'avait agressé à deux occasions, sans toutefois me mordre, alors que je me rendais à l'épicerie. À l'époque, je n'avais pas encore de vélo, me déplaçais à pied. Dans une situation semblable, on se sent pas mal plus vulnérable.

La dernière attaque avait été pour le moins inquiétante. Contrairement à la précédente, il ne s'était pas contenté de me suivre derrière en jappant et grognant. Là, il me faisait face, tentait de me faire rebrousser chemin. Il n'arrêtait pas de sauter à environ trois pieds devant moi, la gueule béante et baveuse, jappait, grognait, les canines toutes sorties. Effrayant, et assourdissant aussi, vraiment.

J'avais gardé mon calme, mais n'en menais pas large, continué d'avancer lentement, sans le regarder. L'incident s'était déroulé à quelques pas de la porte d'entrée du domicile de sa maîtresse. Suis convaincu que madame était chez elle et entendait ses jappement, mais elle n'était pas intervenue. Si elle avait été absente, elle ne l'aurait pas laissé circuler dans l'espace public.

Une semaine après, il avait fallu que je retourne dans le centre du village, faire un autre marché à l'épicerie. À pied! Malgré un ciel bleu sans nuage, j'avais apporté mon parapluie télescopique. Peu avant d'arriver au même endroit, le même chien agressif était apparu d'un coin de la maison, là où se trouve la porte latérale.

Venait-on tout juste de le faire sortir? Oui. Je crois qu'on savait que je m'en venais : utile la vidéo-surveillance. Il avait amorcé son approche sournoise, les oreilles couchées, l'air menaçant, pour me refaire son numéro. J'avais alors pointé le parapluie dans sa direction, appuyé sur le bouton, et l'avais utilisé comme bouclier. Étonné, son agressivité s'était muée en curiosité.

C'est à ce moment-là que j'étais allé à l'Hôtel de Ville loger une première plainte auprès du secrétaire-trésorier de la municipalité. Lorsque, l'été de l'année suivante, j'y suis retourné pour une deuxième, celle-là contre la proprio du chien qui m'avait attaqué dans la grande côte, ce fonctionnaire municipal devait bien se souvenir de ma démarche précédente...

Sauf que là, il réalisait que le déclic s'était fait dans ma tête, réalisait aussi ma détermination d'aller au fond des choses, d'où le léger empourprement, son visible embarras... Suis profondément convaincu qu'il était au courant que la Sûreté du Québec utilise des chiens pour empêcher des gens de circuler dans la village.

Entorse au règlement municipal interdisant, sous peine d'amendes, qu'un chien circule librement dans les rues. Faudra l'amender d'un alinéa pour légaliser les activités canines de ce corps policier. (Suite demain)

  Des policiers suspendus par le Comité Déontologie retournent au travail bien avant la fin de leur suspension - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Cette introduction à la liste noire de la délinquance de la police en uniforme étant complétée, le lecteur néophyte sera un peu mieux en mesure de démêler le vrai du faux des méfaits policiers qui suivent. Nous procéderons crescendo, depuis les cas anodins jusqu'à ceux donnant froid dans le dos. Les cas sélectionnés méritent d'être connus.

Dès le départ, une mise en garde s'impose. Dans les cas qui suivent, je fais peu état des policiers de la Sûreté du Québec et surtout des policiers municipaux des villes et villages aux populations réduites, incluant ceux relevant d'une Municipalité régionale de comté (MRC). C'est que tous ces flics travaillent surtout en civil. Les citoyens, ignorant leurs présence et méfaits, ne peuvent par conséquent porter des plaintes contre eux.

Cela étant, la police de l'île de Montréal, où plus d'agents circulent en uniforme, et de surcroît concentrés sur un territoire réduit, peut sembler plus délinquante que celle des autres corps policiers, dilués dans le reste du territoire du Québec. Alors, avertissement à retenir...

Qui savait que les policiers écopant de journées de suspension du Comité de déontologie payaient leur dette à la Société civile en puisant dans leur banque individuelle de journées de congés payés accumulés ou de vacances annuelles, ou ne purgeaient pas leur sentence au complet? Personne, sauf les intéressés eux-mêmes, leurs supérieurs hiérarchiques, dont les directeurs des corps policiers. Des responsables du Comité de déontologie et des membres du pouvoir politique, eux, étaient-ils au courant?

L'affaire est sortie du sac en avril 1998. (Christiane Desjardins -- La Presse du 8 juin 2001) Le contexte : un journaliste de Radio-Canada, dont j'ignore malheureusement le nom, révèle que deux policiers de l'île de Montréal, Michel Vadeboncoeur et André Lapointe, impliqués dans la mort de Richard Barnabé, sont retournés au travail bien avant que leurs jours de suspension sans traitement soient écoulés.

À la suite de ce reportage, le commissaire à la déontologie fait enquête et conteste en Cour supérieure le traitement (de faveur) dont les deux policiers ont bénéficié. N'a pas le choix, le commissaire, l'affaire a été... médiatisée.

En juin 2001, le juge Jean Crépeau stipule que le «directeur d'un corps policier n'a pas le pouvoir de réduire le nombre de journées de suspension sans traitement d'un policier, en partie ou en totalité, pour les remplacer par un nombre équivalent de journées de vacances ou de congés.»

Il précise que la pratique est largement répandue au sein des corps policiers, particulièrement à la police de l'île de Montréal. Il ajoute que le commissaire à la déontologie lui-même a «toujours fermé les yeux ou ignoré qu'une telle pratique existait, ou omis de s'informer sur l'application des sanctions. (...) La loi doit s'appliquer à tous et dans la même mesure».

Depuis l'implantation du Comité de déontologie, combien de policiers et policières que l'on croyait suspendus sans solde étaient de fait en congé ou vacance payés? Pendant une décennie, on a leurré la population.

Le même phénomène existe à la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Novembre 1998, la Presse canadienne rapporte le propos d'un enquêteur, François Lavigne, qui affirme avoir été contraint à maintes reprises de réécrire ses rapports, et d'en modifier les conclusions, lorsqu'il avait été établi que de ses policiers avaient commis une faute. L'ex-avocat général de la Commission des plaintes contre ce corps policier, Me Pierre-Yves Delage, confirme que le processus avait été entaché. Les ordres émanaient de Bertrand Giroux, décédé en septembre 1997. (Suite demain)