News du jeudi 30 Avril 2009

  Une valeur en détresse – Pire que les montagnes russes. Il y'a pas de rails, alors c'est le free for all (03:29).

  USA : l'immense inventaire immobilier caché des banques – Le journaliste Mike Whitney, collaborateur de globalresearch.ca, rapporte que selon une étude récente effectuée par Realty Trac dans quatre États américains, seulement 30% des maisons saisies sont remises en vente. Le reste est identifié par l'industrie sous le nom d'inventaire caché. À l'échelle du pays : 600 000 maisons, dont 80 000 en Californie.

Les banques ne peuvent les mettre sur le marché parce que les prix dégringoleraient davantage. Afin de dissimuler leurs pertes, elles refinanceraient donc des hypothèques sur une base mensuelle. Par ailleurs, depuis la levée au mois de mars du moratoire d'Obama imposé sur les saisies, une énorme vague se profile à l'horizon. On prévoit que d'ici la fin de l'année, 2,1 millions de maisons seront perdues, qui viendront s'additionner aux 1,7 million de 2008. Le prix de l'immobilier n'a donc pas fini de chuter.

Le journaliste parle d'un autre 4 trillions de dollars de pertes pour l'ensemble des propriétaires de maison, avec les conséquences qu'on imagine : moins d'épargne pour la retraite, moins de dépenses et une diminution du niveau de vie. Le plan de sauvetage de 75 milliards d'Obama ne stoppera pas le tsunami qui s'en vient. Tous les secteurs en seront affectés. Il va draguer une bonne partie de l'économie en général, les actions en bourse aussi. Les autres pays de l'Occident en seront-ils affectés?

  Le totalitarisme de la régie des alcools du Québec - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Dans un autre article où il interroge Me Robert La Haye, qui représente plusieurs bars de danseuses, le journaliste Boisvert nous fait découvrir un deuxième aspect de la question. (Yves Boisvert -- La Presse du 4 juin 1999) En déclarant l'article 77 inopérant, la Cour prive la police d'un important outil de travail. C'est qu'il lui était plus facile de prouver la fraternisation entre le personnel et le client d'un bar que de prouver les attouchements interdits.

D'après Réjean Pothel, président de l'Association des bars de spectacles du Québec, dont le journaliste Alain Bisson de La Presse rapporte l'opinion, «ce jugement-là aurait dû être prononcé il y a 25 ans, mais vaux mieux tard que jamais.» Pothel qualifie «d'oppressive» les interventions policières dans les bars de danseuses, sous le seul prétexte que le personnel fraternisait avec les clients. Pour les tenanciers de bars, les conséquences pouvaient être catastrophiques.

Redonnons la parole à Me La Haye, interviewé par Boisvert : «En plus, la loi provinciale fait en sorte que le propriétaire du bar est présumé coupable; il doit aller s'expliquer à la Régie (des alcools, des courses et des jeux) si on a constaté de la fraternisation et il peut voir son permis suspendu ou révoqué. Mais une suspension de permis de trois mois, c'est la faillite bien souvent.(...) La régie se sert beaucoup de cette disposition. »

Complétons d'un dernier cas impliquant cette même Régie. Décembre 1999, le juge Jean-Jacques Croteau de la Cour supérieure la rappelle à l'ordre. (Stéphanie Bérubé -- La Presse du 8 mars 2000) Elle avait suspendu le permis d'alcool aux propriétaires de la Marina de Repentigny et du restaurant Aux Vieux-Varennes sans que... ceux-ci ne puissent faire valoir préalablement leur point de vue. Décision de la Cour : ces procédures de la Régie contreviennent à la Charte des droits et libertés.

Les cas du genre foisonnent. Examinons encore de plus près la façon de faire de la Régie, entre autres tribunal administratif du Québec. Le journaliste Boisvert a interviewé, en février 2000, Me Simon Venne, qui connaît bien ses us et coutumes, y ayant maintes fois défendu les droits de propriétaire de bars. (Yves Boisvert -- La Presse du 26 février 2000) Il lui raconte qu'un jour elle avait convoqué l'un de ses clients, dont elle s'apprêtait à retirer le permis d'alcool.

Décorum et atmosphère étaient relaxes. Les deux régisseurs ne siégeaient pas d'une plateforme surélevée, comme dans n'importe quel tribunal, mais au même niveau de plancher que le propriétaire du bar. Ils ne l'avaient pas convoqué à une «audience», mais à une «rencontre». On ne parlait pas de la «preuve» dans une «cause», mais d' «informations» au sujet d'une «affaire».

Me Venne s'était même fait rappeler à l'ordre quand il s'était un peu emporté. On lui avait dit qu'il n'assistait pas à une «audience», mais à une «rencontre amicale». Suivant les propos de Me Venne, «il ne manquait que le café et le cognac!» Et le journaliste d'écrire : «La justice cool, la mise en faillite dans une atmosphère vachement décontractée, quoi.»

La décision de la Régie est prise d'avance, relate le journaliste : le tenancier est présumé coupable... mais une «rencontre» est offerte. Ce n'est pas assez, a statué le juge. Quand des droits aussi importants sont en jeu, les personnes visées doivent au moins être entendues.

Ce maquillage des formes judiciaires n'est pas innocent, d'après Boisvert. Notamment dans le cas d'une décision où le fonctionnaire dispose de toute la discrétion nécessaire pour appliquer une loi, il y a peu de chance que la Cour supérieure puisse intervenir. Il fait observer que la stratégie ici consiste donc à transformer la Régie en organisme purement administratif. La déjudiciarisation totale vient couper l'herbe sous le pied aux contestations ultérieures. (Suite demain)

  Ville de Laval, près de Montréal : l'Urgence sociale, décapitée de son responsable, passe aux mains de la police, avec la complicité du maire Gilles Vaillancourt - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Cinq mois après, en septembre 1999, l'affaire rebondit au cours d'une réunion des membres du conseil municipal de Laval. (Jean-Paul Charbonneau -- La Presse du 9 septembre 1999)

C'est que, entre-temps, le responsable de l'Urgence sociale, Jean-Guy Dupéré, a pris... sa retraite(NDLR : Retraite forcée ou volontaire?) et que les élus ont confié l'administration de l'organisme à leur corps policier. Désormais les citoyens ayant besoin d'aide doivent s'adresser à la police.

Ce n'est pas tout : une nouvelle directive stipule qu'une personne ne peut obtenir d'aide alimentaire si elle a un revenu. Le bs est-il considéré comme tel? Des travailleuses sociales et autres intervenants auprès de Lavallois en difficulté font part aux élus municipaux de leurs inquiétudes. Ils s'opposent à la nouvelle mesure touchant... l'aide alimentaire.

Puis, il y a la confidentialité des dossiers... Posons la question : la police résistera-t-elle à la tentation d'introduire ces renseignements dans sa mégabanque informatisée? Il m'étonnerait beaucoup que ce ne soit pas déjà fait.

Ces intervenant craignent aussi que, à la suite du transfert de l'organisme, les services offerts disparaissent graduellement, que le budget alloué au dépannage social soit coupé en conséquence. S'interrogent enfin sur le volet répressif de la police, précisant que la clientèle est souvent constituée de marginaux.

Le maire Gilles Vaillancourt leur fait part que la possibilité de confier la direction de l'Urgence sociale à une personne ne relevant pas de la police est à l'étude. Pour ce qui est du budget, il soutient que ce service est l'un des seuls à voir ses crédits augmenter.

De son côté, Benoît Fradet, membre du comité exécutif de Laval, indique qu'il interviendra auprès de la Régie régionale de la santé et des services sociaux, dont il occupe la vice-présidence, afin qu'elle supporte l'Urgence sociale. Telle était la situation en ce mois de septembre 1999. (Suite demain)

News du mercredi 29 Avril 2009

  Plus de 6 milliards d'Autres - Gigantesque projet de Yann Arthus-Bertrand, l'ambassadeur de l'ONU en environnement : 5 ans de tournage, 75 pays, 5 000 courtes entrevues, 40 questions.

Entre autres : Qu'est-ce que l'amour pour vous? Qu'aimeriez-vous changer dans votre vie? Votre plus grande joie? Votre tout premier souvenir? Votre plus grande peur? Que croyez-vous qu'il y ait après la mort? Croyez-vous en dieu? Avez-vous un message à partager? Quel est, selon vous, le sens de la vie? Vous pouvez témoigner en ligne.

Le message de l'un des participants du tiers-monde : «Imagine, toi et moi, on s'apprécie, tu viens d'un autre pays, tu ne me connais pas, je ne te connais pas, on discute sans se mentir. Si je t'apprécie, je te donne une vache, et aussi d'autres choses, et on devient amis. Si on n'a pas d'amis, comment on peu faire tout seul?» Un bon aperçu du résultat (09:14), le tout sous-titré en français.

  Le gouvernement du Québec utilisait un moyen détourné pour légiférer en matière criminelle, pourtant une juridiction exclusivement fédérale - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Il faut toujours être sur ses gardes quand le pouvoir affirme adopter telle ou telle mesure pour protéger le citoyen. Il arrive, plus souvent qu'on le pense, que ses intentions cachées soient d'une toute autre nature, ou qu'avec le temps elle soit utilisée à d'autres fins.

Ainsi, ce cas concret où la police de l'île de Montréal a agi dans l'illégalité : les autres corps policiers municipaux et la Sûreté du Québec procèdent ainsi du reste. Début juin 1999, la Cour d'appel du Québec acquitte trois danseuses du cabaret Show Girl de l'accusation d'avoir fraternisé avec des clients. (Yves Boisvert - La Presse du 3 juin 1999) Les trois juges statuent que cet interdit porte atteinte à la liberté d'expression, donc à la Charte canadienne des droits et libertés, car il restreint la communication entre le client et l'employée, c'est-à-dire la danseuse.

Important de savoir, ainsi que l'explicite le journaliste Yves Boisvert de La Presse, qu'ici, on ne parle pas de la danse contact, alors illégale. Strictement de l'article 77 de la Loi sur les permis d'alcool du Québec interdisant au personnel d'un bar de «se mêler aux clients, de boire ou de danser avec eux ou de prendre place à la même table ou au même comptoir qu'eux.» À l'origine, ce fameux règlement visait un seul objectif : en limitant les rapports entre clients et le personnel d'un bar, on voulait éviter que ce dernier les incite à boire pour faire plus d'argent.

C'est sur ce point que les juges ont articulé leur décision. Ils précisent que le groupe qu'on veut protéger, les clients de bars, ne sont pas particulièrement vulnérables et c'est peut-être faire preuve d'un paternalisme déplacé que de limiter leurs rapports personnels avec les employés. Il existe d'autres règlements pour les protéger de l'ivresse, comme l'étiquetage honnête des boissons ou l'interdiction de servir de l'alcool à un client trop ivre. Cette limitation à leur libre expression «brime leur droit à une participation significative dans la société», n'est donc pas jugée raisonnable et est déclarée inopérante. Notons que le gouvernement Québec appliquait cet article 77 seulement dans les bars de danseuses nues.

L'avocat des trois danseuses inculpées illégalement, Me Julius Grey, a relaté au journaliste qu'il utilisait ce moyen détourné pour légiférer en matière criminelle, pourtant une juridiction exclusivement fédérale. Autre commentaire de Me Grey (Alain Bisson - La Presse du 3 juin 1999) : «Pour la Cour d'appel, la liberté d'expression est à ce point fondamentale que la loi doit être interprétée de façon large et généreuse. Le seul fait de craindre que la fraternisation puisse conduire à une infraction n'est pas un motif pour limiter la liberté d'expression. S'asseoir et parler avec quelqu'un est un droit fondamental.» (Suite demain)

  L'inspecteur chef Pierre Brien, de la police de Laval, a caché le coté répressif de son travail - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Citons un autre cas. À Laval, la pseudo police communautaire «s'intéresse» également de très près aux organismes sociaux. Un article de la journaliste Isabelle Hachey de La Presse, publié en avril 1999, porte à penser qu'elle était en train de mettre en place ses pions pour resserrer éventuellement les boulons du social. (Isabelle Hachey -- La Presse du 16 avril 1999)

La journaliste nous informe en effet que le Service d'urgence sociale de Laval, un organisme unique faisant l'envie des municipalités voisines depuis 25 ans, signale-t-elle, sera démantelé et placé sous la gouverne de ce corps policier. Commentant l'événement en devenir, le Dr Roger Leduc, psychiatre à l'hôpital du Sacré-Coeur, à Montréal, et responsable des troubles psychotiques de citoyens du secteur ouest de Laval, parle d' «une perte inestimable», d'«une incongruité absolument incroyable».

Concrètement, cela signifie que les travailleurs sociaux de ce service, destiné à des Lavallois en détresse, devront opérer à l'intérieur même des postes de police. (NDLR : Avec la bénédiction du maire de l'endroit, Gilles Vaillancourt, et de la majorité des membres du conseil municipal.)

Voilà qui inquiètent vivement plusieurs groupes communautaires, rapporte la journaliste, qui cite Louise Bélanger, travailleuse sociale à la Cité de la Santé : «C'est le fonctionnement, la philosophie de ce service qui est en péril». Une grande partie des plus démunis n'oseront pas se présenter dans un poste de police pour demander de l'aide, déplore-t-elle. (NDLR : D'autant qu'ils font déjà l'objet de répression policière partout dans l'espace public, autant à Laval qu'ailleurs.) Sans compter que la confidentialité des dossiers des intervenants risquent d'être compromise.

L'inspecteur chef Pierre Brien, de la police de Laval, assure, de son côté, que les dossiers des patients ne seront pas entreposés dans les postes de police, afin d'éviter que «les plus zélés» ne soient tentés d'y fouiller. Il dénonce en outre cette «campagne de désinformation. (...) Je trouve bien dommage, déclare-t-il, qu'au moment où la police tente de s'ouvrir sur la communauté, cette même communauté, ou une partie, rejette complètement l'initiative. Elle ne veut même pas en entendre parler. (...) On souhaite qu'il se crée une synergie entre les travailleurs sociaux et les policiers pour travailler plus près des problèmes dans les quartiers.»

Louise Bélanger n'est cependant guère rassurée : «On soupçonne la police de vouloir redorer son blason. Ça fait bon chic bon genre de dire qu'il y aura des intervenants sociaux dans les postes (de police) de quartier. Mais si les intervenants ont leurs mandats des policiers, ce n'est plus du tout la même chose. Je suis travailleuse sociale, je ne fais pas de la répression.»

À l'appui de la travailleuse sociale Bélanger précisons que lorsque la police dit vouloir «s'ouvrir sur la communauté», ainsi que l'affirme l'inspecteur chef Brien, il y a lieu de décoder cette formulation si l'on veut se rapprocher de la réalité bien concrète des faits. Un corps policier est par définition un organisme hermétique et répressif. Il a une mission à remplir et se doit de l'envelopper du secret absolu, et davantage quand il s'agit d'empiétements aux droits fondamentaux.

Alors, c'est un euphémisme que de prétendre qu'il s'ouvre aux autres, sa mission consistant d'abord et avant tout de faire en sorte que ce soient plutôt les autres qui s'ouvrent à lui, que cela plaise ou non. Telle est la vérité.

Les appréhensions de Bélanger sont donc raisonnables. Confirmons ses propos : oui, et sans aucune hésitation, il y aura de la répression policière. Ce corps policier, comme ceux de partout ailleurs au Québec, incluant les territoires où opère la Sûreté du Québec, n'arrête pas d'agrandir sa toile où de plus en plus de citoyens s'engluent les pattes.

En outre, on peut s'attendre à ce que les dissidents, comme Louise Bélanger, seront écartés, et selon la méthode policière usuelle décrite dans ces pages. La police neutralise toujours ceux s'opposant à son orthodoxie. (Suite demain)

News du mardi 28 Avril 2009

  Working on a Dream – Bruce Springsteen (03:44). L'émotion est là. Il vieillit bien, ce mec.

  La grippe porcine – La meilleure source d'information demeure l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), un organisme de l'ONU : ce qu'il faut savoir + l'ONU en état d'alerte + comment repérer quelqu'un atteint de la grippe porcine.

  Un rap de la diversité culturelle - Le rap, j'aime bien, mais les bonnes pièces sont tellement rares. La couleur musicale varie si peu d'une à l'autre. Vrai, que les paroles importent plus que tout le reste, que le genre est une bonne tribune où exprimer librement sa révolte. Encore faut-il que la qualité des textes vaillent le coup, ce qui n'est pas toujours évident.

D'autant que vous n'avez pas toujours le goût d'entendre ce qui ne va pas dans le monde. À cela s'ajoute le fait que les situations dénoncées se ressemblent toutes, à quelques nuances près, et sont répétées par la très grande majorité des rappeurs. Le discours perd de son impact, de l'audience. Pas facile de se distinguer des autres. Eminem a réussi ce tour de force, notamment avec MOSH, un rap anti-Bush particulièrement sublime.

Il y en a aussi qui se tirent très bien d'affaire, même s'ils ne sont pas de grandes stars, en tout cas pas encore. Le groupe Hydra, par exemple, qui est très articulé et engagé socialement. Un amalgame du rap classique et de musique arabe : clip d'Hydra : Muafia (04:26). Biographie d'Hydra + Son engament social + Ses amis.

  Les policiers Pierre Bergeron et Lynda De Laplante ont violé à peu près toutes les dispositions législatives relatives à leur devoir de discrétion - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) À l'été 1999, deux membres de la police de Brossard, Pierre Bergeron, détective de son état, et Lynda De Laplante, responsable des relations publiques, convient des journalistes, photographes et cameramen à une descente policière au Motel Best Western où ils soupçonnent plusieurs personnes de se livrer à la prostitution. (Presse canadienne et Hugue Dumas - La Presse des 30 janvier et 13 mars 2002)

Un peu avant minuit, une quarantaine de policiers font irruption dans la suite nuptiale du motel, transformé, aux dires de la police, en maison de débauche. Ils passent les menottes à 9 femmes et 20 hommes. Photographes et équipes de télévision sont sur place et captent tout.

Le lendemain, à la télé, certains reporters, pendant que les images de la descente défilent sur l'écran, parlent d'un réseau de prostitution. Plusieurs des personnes arrêtées s'y voient, partiellement vêtues ou carrément nues. Deux quotidiens montréalais publient des photos de quelques personnes présentes au motel ce soir-là. L'un titre ainsi son article : La police met fin aux partouzes à 100$.

Par la suite, certaines de ces personnes, hommes et femmes, portent plainte auprès du Comité de déontologie, et relatent, aux audiences, que leur vie a été bouleversée : «On s'est fait accuser de prostitution, moi et les autres femmes qui étions là.» Selon un autre témoignage : «Ma vie avec mon entourage ne sera plus jamais la même et ma santé mentale en mange un méchant coup. Il y a des membres de ma famille qui ne me parlent plus. On m'a traitée de prostituée.»

En janvier 2002, Me Gilles Mignault, du Comité de déontologie, rend son verdict. Les policiers Bergeron et De Laplante ont eu tort d'inviter les médias à assister à la descente. «En permettant qu'on filme des personnes présentes et en parlant publiquement de prostitution avant le dépôt des accusations, en laissant entendre que les personnes présentes sur les lieux pouvaient être accusées de cette infraction criminelle, les policiers n'ont sûrement pas respecté l'autorité de la loiet des tribunaux et n'ont pas collaboré à l'administration de la justice».

Il estime que «l'agent De Laplante et le détective Bergeron savaient ou auraient dû savoir qu'ils s'apprêtaient à violer à peu près toutes les dispositions législatives relatives à leur devoir de discrétion, à la confidentialité des renseignements obtenus dans l'exercice de leurs fonctions et aux protections accordées, entres autres par les Chartes, au respect de la vie privé». Les deux policiers sont chacun condamnés à 21 jours de suspension, sans salaire.

Cependant, le dossier n'est pas clos. Cinq des participants, dont trois femmes, intentent, en juin 2002, en Cour supérieure, des poursuites en dommage de près de 150 000$ -- 30 000$ pour chaque plaignant - contre la Ville de Longueuil (entre-temps, Brossard y avait été fusionnée) et ses policiers Bergeron et De Laplante. (Rodolphe Morissette - Journal de Montréal du 15 juin 2002) Ils invoquent le fait que la police avait convoqué d'avance la presse, soulignent qu'elle a ainsi porté atteinte à leur droit fondamentaux et enfreint la Loi sur la police.

Plus explicitement, les requérants plaident qu'il ne s'agissait pas d'un «réseau de prostitution», ainsi que l'affirmait la police, mais plutôt d'«adultes libérés qui se réunissaient pour vivre une sexualité différente, communément appelée échangisme». De telles pratiques policières ne cherchent qu'à humilier, allèguent-ils. Enfin, les règles des services policiers prévoient la confidentialité de tels renseignements, notamment avant que des accusations soient portées. On ignore la suite. (Suite demain)

  C'est dans le sous-sol de la démocratie que l'on découvre le visage à deux faces du pouvoir politique - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Au fait, les gouvernements péquistes successifs, qui détenaient le pouvoir au moment de mon enquête, luttaient-ils contre la pauvreté ou contre les pauvres? D'après ce que j'ai vu sur le terrain, ils faisaient simultanément les deux, quoi qu'il soit impossible d'évaluer s'ils s'investissaient plus dans l'une que dans l'autre.

Politiquement, ils ne pouvaient s'abstenir de lutter contre la pauvreté, ils auraient braqué contre eux beaucoup d'électeurs. Honnêtement, je ne crois pas qu'ils seraient passés à l'acte s'ils en avaient eu la possibilité. Mais serrer la vis aux pauvres, ça oui, ils l'ont fait.

Ce n'est pas dans son discours que transparaît son intolérance vis-à-vis les vitres cassées, mais dans les actes législatifs et réglementaires de toutes sortes qu'il met de l'avant, ainsi que le rôle qu'il attribue en catimini à sa police en civil. Il s'agit carrément de répression. C'est dans le sous-sol de la démocratie que l'on découvre le vrai visage du pouvoir. Comment réagir à ce comportement néolibéraliste? Faire appel à la tolérance n'est pas la riposte indiquée. Quand on tolère, on n'aime pas trop.

Jesus Jimenez Orte, président du conseil d'administration de la Ligue des droits et libertés, section de Québec, perçoit une autre connotation négative (Jesus Jimenez Orte -- Revue Notre-Dame de décembre 2000) : «On peut l'associer à une sorte de condescendance. Une sorte de paternalisme où la personne tolérante occupe une place privilégiée par rapport à ceux et celles qu'elle tolère». Cette attitude laisse croire que l'on détient la vérité.

«La véritable tolérance n'a rien à voir avec la condescendance. Elle concerne plutôt le respect des droits fondamentaux, ceux qui figurent dans la Déclaration universelle des droits de l'homme», explicite-t-il. (NDLR : On accède au site Web de l'UNESCO, organisme de l'ONU, en utilisant les mots clés Déclaration universelle des droits de l'homme.) Entre autres, le droit à la sécurité sociale, au travail, à la santé, à l'éducation. «Ces principes garantissent à tous les membres de la famille humaine un seuil au-delà duquel on ne saurait passer sans porter atteinte à la dignité.» (Suite demain)

News du lundi 27 Avril 2009

  La démocratie islamiste (intégriste) – La scène qui suit se déroule, sauf erreur, en 2007 ou 2008, à Londres. Manifestation d'Abu Izzadeen, qui circule en auto, micro à la bouche. Le haut-parleur projette sa voix dans toutes les directions. Des piétons s'immobilisent. Son message...

«Voter aux prochaines élections, c'est agir en mécréant (Petit Robert : qui ne professe pas la foi considérée comme vraie). Quiconque soutient les mécréants, qu'ils soient travaillistes, démocrates libéraux, conservateurs ou de la coalition "Respect" devient un mécréant comme eux. Quiconque s'allie à ces infidèles est un mécréant. (...) Alors ayez peur d'Allah et ne votez pas pour un mécréant. (…) Les musulmans ne votent pour personne, les musulmans ne réclament que (il récite la profession de foi musulmane). Nous avons notre propre charia et notre propre religion. (…) Nous ne suivons personne en dehors du message de Mahomet.»

Un policier intervient, lui demande poliment de stationner son véhicule, d'arrêter de parler au micro, qu'il veut s'entretenir avec lui. Sans refuser, il n'en poursuit pas moins son discours, alors... Vidéo sous-titrée en français (03:26) + Dessin.

  Une journée dans la vie de Marie-Madeleine – Ce film de Serge Bilé, qui sort en France mercredi 29 avril, traite de la vie et la sexualité dans les couvents. Témoignages de cinq ex-religieuses, recueillis en France, en Italie, au Congo et en Martinique, qui s'expriment sans tabou.

Il relate également la vie tragique de Sœur Sourire, auteur d'un très grand succès en 1963 : Dominique, nique, nique (02:56), autre version ici (03:14). Le premier cas connu d'une homosexualité assumée par une nonne.

Elle avait d'ailleurs quitté son couvent pour aller vivre avec une femme tout en continuant d'interpréter des chansons contre le machisme des prêtres et pour la pilule contraceptive, ce qui lui attireront les foudres de l'église. Le 29 mars 1985, ruinée et spoliée par son couvent, elle se suicidera avec sa compagne.

Un extrait du film (02:30) + Site de Serge Bilé + En savoir plus sur cet auteur.

  Jacques Gagnon de la Sûreté du Québec : 3 coups de poing à la figure à quelqu'un qui a maugréé - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Pendant une vérification de routine, dans le secteur de St-Évariste, sur le territoire de la MRC de Beauce-Sartigan, le policier Jacques Gagnon de la Sûreté du Québec intercepte le véhicule d'un dénommé Lecours, un handicapé physique. (Presse canadienne - La Presse du 23 février 2001)

Deuxième interception de la journée, alors il maugrée. Ça déplaît à Gagnon, qui lui assène trois coups de poings à la figure.

Février 2001, le Comité de déontologie ne tient pas compte dans sa décision du handicape de la victime, car rien n'indique que Gagnon s'en était aperçu. «Gestes gratuits», statue le comité. «Il n'y a eu aucune sorte de provocation de la part de M. Lecours». Gagnon devra «comprendre que de tels gestes sont inadmissibles, que la personne soit saine ou handicapée, jeune ou âgée, calme ou arrogante». Il est suspendu pendant 15 jours sans solde. (Suite demain)

  Pour le pauvre, rien de pire que le mépris des autres et la marginalisation policière - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Ne soyons pas chiche à l'endroit des pauvres. Ils ont déjà si peu comparé à ce que vous avez, amis lecteurs. Ils ne méritent pas ça.

Quand un citoyen perd son autonomie financière, c'est très souvent un drame pour lui. Comme ce le serait pour vous-même si jamais vous perdiez votre emploi et n'arriviez plus à retourner sur le marché du travail : du reste, le même sort nous attend tous quand nous atteignons un certain âge.

Plusieurs sociologues le disent : la représentation que le pauvre se fait de lui-même dépend pour une large part des images que lui renvoient le milieu délabré et l'entourage humain où il vit, images qu'il intériorise et l'infériorise. Le pauvre a besoin d'être valorisé. On doit le porter sur la main, lui donner ce qu'il y a de mieux, lui insuffler de l'énergie, et non le mépriser en lui donnant du dessous de gamme et en faisant appel à la police-balais pour le marginaliser.

Rien de pire en effet que le mépris des autres et la marginalisation à laquelle se livre la police en civil et ses collabos. Cela lui siphonne une bonne partie de ses énergies. Tout citoyen retire de l'intégration à un groupe un sentiment d'appartenance et d'estime de soi. L'en faire exclure par la police lui inflige une intense souffrance psychologique : la répression policière, on le sait maintenant, est orientée selon la classe sociale. Surtout quand c'est le seul groupe auquel il était intégré.

Le pauvre a autant besoin d'appartenance que de revenus. L'éjecter de la société est l'équivalent de mettre un couvercle sur sa vie. Et comme s'il n'en avait pas déjà suffisamment sur le dos, voilà que s'implante l'étatisation du communautaire, la mise au pas du pauvre, la dépendance zéro vis-à-vis l'aide alimentaire. (Suite demain)

News du dimanche 26 Avril 2009

  One Nation under Siege – Une analyse fouillée de témoins et spécialistes des 8 années de règne de W. Bush (01H27). Une réalisation de William Lewis, disponible en anglais seulement. À visionner sur l'écran Google, dans la colonne de droite. Affiche du film + Une Statue de la Liberté déçue.

  L'histoire d'un gars qui a besoin de vibrer – Être bien dans sa peau, plus important dans la vie que le boulot-métro-dodo : Signs (12:12).

  Le policier Alain Daoust de la SQ assène un coup de lampe de poche à un citoyen menotté, qui perd deux incisives - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Lors d'un barrage routier, à St-Agathe-des-Monts, en avril 1997, le caporal Alain Daoust, du poste de la Sûreté du Québec (SQ) des Laurentides, constate que l'un des cinq occupants d'un véhicule, en liberté provisoire et tenu de ne pas fréquenter des personnes ayant des antécédents judiciaires, n'a pas rempli son engagement (Presse canadienne -- La Presse du 1ier mars 2001) : le conducteur en possède.

Il est alors arrêté et conduit au poste de police. En chemin, le caporal Daoust repousse le citoyen menotté en le frappant au visage avec sa lampe de poche. Ce dernier y perd deux incisives supérieures.

Me Jacques Monette, du Comité de déontologie, qualifie de «très grave» le geste de Daoust. «La réaction du policier a été nettement excessive et abusive. (...) Il est vrai que le citoyen (menotté...) en question était peu coopératif mais la violence du geste posé par le caporal Daoust est hors de proportion dans les circonstances. Est-il besoin de rappeler que l'on ne peut porter atteinte à l'intégrité physique d'une personne que dans un cas d'absolue nécessité?»

Le caporal Daoust est déclaré inhabile à exercer la fonction d'agent de la paix pour une période de trois ans. Comme il arrive souvent en milieu policier, Daoust ayant pris sa retraite, il ne peut faire l'objet d'autre sanction. (Suite demain)

  Stigmatiser les pauvres et les soumettre à l'arsenal répressif de la police en civil et de ses collabos - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Voilà de quoi faire tomber bien des préjugés. D'un, que riches ou pauvres, nous sommes tous dépendants de nos trois repas par jour.

De deux, que le pouvoir politique tente d'associer la nécessité d'une aide alimentaire à une dépendance alimentaire, façon à la fois subtile et vicieuse de culpabiliser le pauvre sans avoir l'air de le faire, de lui couper les vivres aussi pour le forcer à retourner sur le marché du travail. Remarquez qu'il ne le dit pas et ne le fait pas lui-même, d'autres s'en occupent à sa place, la police en civil notamment.

De ce message, il ressort que le pauvre est coupable de sa pauvreté. Le pouvoir est justifié de l'aider encore moins, sans perdre de plumes. Éventuellement, il aura beau jeu de dire qu'il n'y a pas autant de pauvres qu'on le prétend puisque parmi eux on compte de faux pauvres : des cervelles d'oiseaux, aurait dit le premier ministre péquiste Bernard Landry, devant quelques témoins, et se référant aux repas gratuits servis dans des écoles. Et de trois, que nous sommes en plein discours néolibéral.

La dépendance alimentaire zéro les stigmatise, et sans vouloir verser dans le misérabilisme, rend leur pauvreté encore plus lourde à porter. Elle vient s'ajouter à l'arsenal répressif de la police. Autrement dit, et ce n'est pas rien : le gouvernement du Québec s'est littéralement approprié ces organismes sur lesquels des pauvres comptent pour adoucir un tant soi peu leurs difficultés économiques et se socialiser.

Le plus dramatique, c'est que ces organismes ne réagissent pas toujours par un contre discours. On comprend pourquoi quand on sait que le pouvoir, en les étatisant par subventions interposées, les a muselés. En acceptant de troquer leur liberté de parole contre des subventions, ces dirigeants d'organismes démontrent, le moins que l'on puisse dire, que les racines de leur conscience sociale ne sont pas très ramifiées. (Suite demain)

News du samedi 25 Avril 2009

  Amnesty International – Les 100 premiers jours d'Obama à la présidence des USA. Amnesty : We don't expect the impossible, titre de sa vidéo (02:18 – affichez plein écran), sommet de la colonne du centre. Explorez le site... De toutes évidence l'organisme mise beaucoup sur le successeur de W. Bush.

PS : Un peu idyllique, cette vidéo. Il n'en demeure pas moins que depuis son arrivée au pouvoir des choses ont changé, dont certaines figurant sur la liste d'Amnesty.

  La Parisienne libérée – Portrait d'une chanteuse engagée et hors du commun : vidéo (03:21). Elle traite de l'actualité. Ça coïncide bien avec ce qui précède.

  (Hadopi) et Big Brother – Mercredi dernier, mise en garde de Tim Berners-Lee, l'un des fondateurs du web : il y a risque qu'Internet devienne une immense machine de surveillance de ses usagers.

PS : Dans sa déclaration, il ne fait aucun lien avec le projet hadopi de Sarkozy. Tout de même, notons qu'elle tombe à point nommé.

  Le projet de loi hadopi de Sarkozy court-circuite les tribunaux – Hadopi? Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits (d'auteurs) sur internet. Cette voie rapide de Sarkozy permettra, si elle est adoptée ces jours-ci, de couper la connexion internet au contrevenant.

Alors que l'Union européenne, dont la France est membre, a statué que le web est un support indispensable à l'exercice des libertés d'expression et d'information : l'un des droits de l'homme de l'ONU. Il est question de l'amender de façon à ce que seuls les tribunaux puissent juger les pirates.

Selon challenges.fr, les majors américains du disque ont livré leurs batailles devant la justice et poursuivi quelque 35 000 personnes depuis 2003. Autre article : Quant la ministre française de la culture Christine Albanel défie les droits de l'homme + une invitation à manifester aujourd'hui à Paris.

PS : Le projet de Sarkozy n'est rien d'autre qu'une porte d'entrée à la surveillance totale du web. Cet homme est dangereux. À éviter et ne pas inviter.

  Daniel Caron de la Sûreté du Québec administre à une femme trois coups de poing au visage - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Une citoyenne, fortement intoxiquée, tombe en panne sur l'autoroute métropolitaine, dans l'île de Montréal. Elle est arrêtée et mise en cellule au poste Montréal-Métro, à St-Laurent.

Constatant son état hystérique, le policier Daniel Caron de la Sûreté du Québec appelle l'ambulance. (Rollande Parent, Presse canadienne - La Presse du 25 août 2002) Alors que deux collègues tentent de l'immobiliser, le policier Caron entre dans la cellule et lui administre trois coups poing au visage. En résulte un hématome. C'est l'ambulancier qui dénonce le geste de violence.

Me Richard W. Iuticone, président du Comité de déontologie, juge, en août 2002, comme facteur aggravant le fait que Caron ait toujours nié être entré dans la cellule. Il qualifie son geste «d'une gravité extrême et d'une inutilité absolue» et précise qu'il avait «perdu le contrôle d'une situation stressante».

Il le condamne à 20 jours de suspension sans solde. Des accusations criminelles de voies de fait sont également portées contre lui, mais il est acquitté parce que le principal témoin, l'ambulancier, n'a pu affirmer avec certitude que Caron était bel et bien l'agresseur. (Suite demain)

  Les denrées gratuites permettent à des pauvres d'investir dans la recherche d'un job - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Il importe de savoir que lorsque le pauvre a le strict minimum pour vivre, les denrées alimentaires prennent à ses yeux une valeur émotionnelle. Il craint continuellement d'en manquer. Ce n'est pas parce qu'il a obtenu quelque part un repas gratuit ou un sac de denrées permettant de subsister trois ou quatre jours, rarement plus, qu'il ne se préoccupe plus de ce qu'il mangera le lendemain : au rythme de trois repas par jour, les denrées s'épuisent rapidement.

Et il n'a jamais la certitude que la fois suivante on lui en redonnera. En outre, il lui est pratiquement impossible de se constituer une réserve, car contrairement à ce que l'on croit, il ne peut solliciter plusieurs endroits à la fois. On le repère assez rapidement. Il demeure donc continuellement en état de pénurie alimentaire appréhendée.

Certains clament qu'il faut apprendre au pauvre à pêcher et non lui donner du poisson. D'accord, mais cela soulève un gros point d'interrogation : et la canne à pêche, elle, qui va la payer? Ici, on parle du bas de gamme et du strict nécessaire. C'est un fait que beaucoup ignore, car il faut être passé par là pour le savoir. Sacs de denrées ou repas gratuits leur facilitent un peu plus la vie.

En outre, ils permettent à des pauvres d'utiliser à d'autres fins l'argent ainsi économisé. À préparer leur retour sur le marché du travail, investir dans l'achat de vêtements présentables, d'un ou d'outils indispensables, notamment en informatique, investir aussi dans le transport en commun, autant d'éléments augmentant les chances d'emploi. De cela, on ne parle jamais.

Quand on sait qu'avec l'aide social, les pauvres ne disposent d'aucune marge de manœuvre, quel mal y a-t-il donc à recourir aux sacs de denrées et repas gratuits? Pourquoi se gêneraient-ils? Pourquoi les en empêcherait-on?

De plus, au cours de mon enquête de deux ans et demi à Montréal, j'ai fréquenté des soupes populaires et des restos communautaires et je n'ai jamais rencontré un usager ayant un emploi. Sauf ceux en ayant décrochés un et continuant d'y aller dans l'attente de la première paie. Et aussi histoire d'assurer leurs arrières au-ca-z-où leur patron jugeait qu'ils ne font pas l'affaire.

Quand vous avez un job stable, vous ne fréquentez plus ces endroits, à moins d'être seul et de chercher à se socialiser, ou d'être un policier ou une policière en civil ou l'un de ses collabos. Vous avez le cash pour remplir armoires et frigo de denrées fraîches et succulentes. (Suite demain)

News du vendredi 24 Avril 2009

  La police française accusée de commettre de graves violations des droits humains – Selon Amnesty International, ces violations visent des minorités ethniques et rarement sont-elles traduites en justice. Les allégations d'homicides illégaux, de passages à tabac, d'insultes racistes ou de recours à une force excessive donnent rarement lieu à l'ouverture d'enquêtes véritables.

Les procédures d'enquêtes relatives aux plaintes déposées contre des policiers français ne sont pas à la hauteur des normes requises par le droit international. Les victimes ou témoins de mauvais traitements sont en outre de plus en plus souvent inculpés d'"outrage" ou de "rébellion".

Vidéo (06:33 - agrandir pleine page) au sommet de la colonne du centre : Impunité des policiers en France. Le rapport d'Amnesty International (46 pages) : Des policiers au-dessus des lois.

  La France brûle – clip engagé de Marijane Miracle, qui n'a pas dû plaire au pouvoir politique : ni le titre, ni le contenu.

  Singapore – Catégorie des vidéos créatives (03:34), sortant du moule clip classique. Les innovateurs n'ont pas fini de nous en faire voir de toutes les couleurs (03:34).

  Détention d'une jeune femme «complètement injustifiée et inadmissible» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le 24 juin 1998, les agents Richard Roy et Denis Lapointe, de la police de St-Basile-le-Grand, appréhendent Manon Nancy Tremblay pour du tapage à la suite d'une dispute avec un ami. (La Presse du 6 septembre 2001) Après lui avoir passé les menottes, les policiers la blessent à un coude puis la sortent à moitié nue de la résidence de sa mère.

Au poste de police, on l'empêche d'appeler un avocat. Et, parce qu'elle a craché au visage de l'un d'eux, on l'asperge de poivre de Cayenne et la laisse, pendant 16 ou 17 heures, sans soins et sans eau dans une cellule : l'eau permet d'en atténuer les douleurs occasionnées aux yeux.

Dans sa décision rendue le 15 mai 2001, Me Richard W. Iuticone, du Comité de déontologie, qualifie cette façon d'agir de «gratuite et démesurée», ajoutant que la détention de la jeune femme était «complètement injustifiée et inadmissible». Ils l'avaient en outre brutalisée et arrêtée sans mandat.

Roy et Lapointe sont suspendus sans salaire pendant 32 et 23 jours respectivement. Un troisième policier, Robert Mercier, qui avait entre-temps quitté ses fonctions, est jugé inhabile à porter l'uniforme pendant deux ans. (NDLR : On ignore de quoi il était accusé) (Suite demain)

  La police s'intéresse à la dépendance alimentaire des pauvres plutôt qu'aux nombreux scandales financiers - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Les enfants pauvres ne sont pas les seules cibles. La direction du corps policier de l'île de Montréal encourage aussi ses policiers et policières en uniforme à donner de leur temps aux organismes des quartiers qui en font la demande. (La Police de quartier - Ensemble pour mieux servir - Communauté urbaine de Montréal et Police de la CUM, 1996)

Pourquoi ces policiers alors que leurs collègues en civil y sont déjà, et massivement? Acteurs d'une opération de relations publiques? L'uniforme passe bien dans les médias. Le quotidien La Presse a déjà publié la photo d'une policière en uniforme assurant, large sourire sympa affiché, comme on n'en voit jamais, le service à l'une des tables d'un resto communautaire. Ce qui inquiète, ce n'est certes pas la beauté du geste, mais ce qu'on dissimule derrière.

Ainsi qu'on peut le lire dans le livre de Normandeau, deux policiers de l'île de Montréal sont membres du conseil d'administration de l'organisme sans but lucratif La Corbeille, une banque alimentaire desservant le quartier Bordeaux-Cartierville, à Montréal. (André Normandeau - Une police professionnelle de type communautaire - Éditions du Méridien ) L'un en est le vice-président, l'autre, l'un des administrateurs. Ils sont deux des quatre signataires de l'un des rapports dont fait état Normandeau. Ils s'y identifient d'ailleurs comme appartenant à ce corps policier.

On y apprend également qu'au Magasin Partage, autre organisme sans but lucratif, de leurs collègues policiers et policières veillent à ce que les clients réguliers ne développent pas une dépendance vis-à-vis... l'aide alimentaire.

Cette mesure est-elle appliquée dans les autres soupes populaires et restos communautaires du Québec? Quant on sait que la police en civil est infiltrée dans tous les organismes communautaires, on peut imaginer les situations arbitraires que cela occasionne. Préoccupant, pour le moins.

D'autant plus que Normandeau et Leighton prévoyaient, dans leur document de 1990, que les policiers s'intégreront davantage à la vie sociale et politique des collectivités locales, en tant que membres. (André Normandeau et Barry Leighton - Une vision de l'avenir de la police au Canada : Police-défi 2000 - Direction de la police et de la sécurité, Secrétariat du Ministère du Solliciteur général du Canada, 1990)

Leur participation ne sera limitée que lorsqu'il y aura conflit d'intérêts direct avec leurs activités policières, écrivaient-ils. Les flics en uniforme "oeuvrant" en milieu communautaire et appliquant la tolérance zéro vis-à-vis la dépendance alimentaire du pauvre ont déjà les deux pieds dans le conflit d'intérêts. Sans compter les civils, invisibles ceux-là.

Lorraine Doucet, coordonnatrice du Phare, un organisme communautaire implanté dans l'est de la Ville de Montréal, parmi les HLM Marie-Victorin, ne croit pas qu'il s'y trouve des fraudeurs et des profiteurs. «Loin d'abuser, les gens sont souvent mal à l'aise de réclamer un panier de Noël ou un repas chaud», a-t-elle constaté. (Martha Gagnon - La Presse du 14 décembre 2001)

Elle insiste pour dire qu'elle travaille avec «des familles et pas avec des facteurs de risque». Une expression, souvent utilisée par des technocrates, dont elle a horreur. «Notre action est avant tout basée sur le respect. On ne juge personne. Arrêtons de chercher des fraudeurs et des profiteurs. S'il y en a ici, croyez-moi, ils sont rares. Peut-être sont-ils plus nombreux dans les grosses multinationales.»

( NDLR : Dans un autre chapitre, nous avons parlé de ces dernières. Les nombreux scandales financiers en milieu boursier démontrent amplement que des entreprises ne sont pas blanches comme neige, et loin s'en faut. Et que la police municipale et provinciale n'y intervient pas, préfère lutter notamment contre la... dépendance alimentaire des pauvres.) (Suite demain)

News du jeudi 23 Avril 2009

  Mini-spectacle vert – Moins spectaculaire que celui de Greenpeace (que vous pouvez voir plus bas dans cette page), mais pas moins efficace, et rigolo en plus (01:07).

  Des graffiteurs traitent les flics de Montréal d'assassins – Le quotidien La Presse fait écho de graffitis qu'on verrait un peu partout dans la métropole, et signés de l'adresse d'un site web où figure une longue liste de citoyens tués par des membres de ce corps policier.

  Prendre soin de notre petite toupieGreenpeace (03:00) est vraiment partout. Cet ORG possède l'art de frapper les imaginations. Il joue un rôle utile dans le monde. Y'a pas meilleure raison d'être.

  Les avocats de la couronne sont plus compréhensifs lorsqu'un crime est commis par un policier - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) À la fin de janvier 1999, un policier éducateur de la section d'aide à la jeunesse de la police de l'île de Montréal,Jean-Marc Saint-Hilaire, 50 ans, est traduit devant le juge Jean Beaulieu de la Cour du Québec, au palais de justice de Saint-Jérôme (Jean-Paul Charbonneau -- La Presse du 29 janvier 1999) : il a fumé de la marijuana avec une «écolière» (une ado?).

Il a aussi admis en avoir eu en sa possession lors d'une autre rencontre, à son domicile de Terrebonne, cette fois-là en présence d'autres adolescentes.

Expliquant au juge que le policier avait dû prendre sa... retraite après 28 ans de service et subi une cure de désintoxication, l'avocat de la Couronne, Me Jean-Pierre Boyer, demande et obtient que le tribunal lui accorde l'absolution inconditionnelle. Saint-Hilaire était un ex-membre de l'escouade moralité et drogue de ce corps policier. (Suite demain)

  Les interventions «musclées» du psy Richard Tremblay - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Revenons à l'article du journaliste Diotte, qui a demandé au psychologue Tremblay s'il était possible de renverser la vapeur. «Oui», à condition d'intervenir auprès des enfants avant l'âge de 10 ans ainsi qu'auprès de leurs parents. «Dans notre recherche, nous avons séparé deux groupes de délinquants en devenir, relate-t-il. L'un a été suivi par des psychologues et intervenants sociaux alors que l'autre a été laissé à lui-même. Les résultats sont éloquent.»

Dans le groupe des jeunes suivis par des professionnels, seulement 24% ont fait partie d'un gang de rue entre 14 et 16 ans. Dans l'autre groupe, c'était deux fois plus. Les jeunes qui ont bénéficié d'un encadrement ont moins fait l'objet d'arrestations policières et ils ont été plus nombreux à terminer leur cinquième secondaire.

«Ces résultats prometteurs sont le fruit d'une intervention musclée (resic)», répète-t-il. Il faut rencontrer les parents, les enfants et les professeurs plusieurs fois par mois (...). Il est évident que l'on ne peut combattre la délinquance avec des rencontres sporadiques entre psychologues et enfants problématiques.»

Le comportement des pauvres de plus en plus examiné à la loupe, du berceau à la mort finalement, par la police en civil et ses collabos, dont des psychologues, bien entendu tous des intervenants éminemment objectifs dans leur analyse des problèmes et des remèdes "musclés" nécessaires à la salubrité de la Société civile.

Ce doit être bon pour la société puisque des "experts" le disent, des psy, qui ne connaissent probablement rien d'autre que leur profession. Tous nuls en matière policière. La police aussi, qui cherche continuellement à développer du pouvoir.

Totalement objectifs, les psy? Pas tout à fait, car se dissimule là-dessous aussi un... autre objectif : cela créera de l'emploi pour les psys n'arrivant pas à gagner leur croûte. Il faut bien penser à eux, n'est-ce-pas : certains sont pères de famille... Et où logent-ils politiquement, à droite ou à gauche? (Suite demain)

News du mercredi 22 Avril 2009

  Des organismes engagés - En 2007, deux semaines avant les élections présidentielles en France, des organismes ont lancé un clip d'appel au vote et à l'engagement : Confédération Étudiante, ACLEFEU, Ni Putes Ni Soumises, AFEV, etc. Deux ans plus tard, leur message est encore d'actualité. Oui, aller voter, mais les lendemains du vote sont tout aussi importants.

Réconfortant d'entendre ces jeunes adultes s'exprimer sur l'avenir de la démocratie, quelques citations :

tous ensemble on se doit de construire une société qui nous ressemble ; nous ne souhaitons pas être seulement des destinataires de politiques publiques, mais acteurs du devenir de notre société ; les valeurs démocratiques, nous devons les vivre au quotidien ; refuser d'être stigmatisés ou catalogués, combattre l'ignorance, le replis sur soi et la haine de l'autre qui s'installe ; nous devons être présents au quotidien, mobilisés pour faire en sorte que la légalité, la laïcité et la démocratie aient un sens pour tous et pour toutes ; le combat continuera après les élections (03:47).

  Fin 1960 et début 1970Que reste-t-il de cette envie exprimée et féroce (parfois) de changer la société? De cette effervescence où tout nous semblait possible? Plus rien. Les gouvernements qui se sont succédés par la suite ont fait en sorte qu'une telle liberté, car pour eux c'était trop, soit formatée. En douce, sans nous en informer.

En cette décennie 2000, les grandes cités, comme Montréal, sont devenues des Étaux Policiers (impossible de contrôler autant de monde), et milieux semi-ruraux et ruraux, comme Lac Bouchette, des États Policiers (peu peuplés, faciles à noyauter).

  Le racisme au Canada - Un exemple des témoignages que vous allez entendre. Clip "Combattre le racisme au travail" (15:20). Ici, un cas d'harcellement : "c...d'Indien" ; une conversation était un "pow-wow" ; sa femme une "squaw" ; etc. C'était des adultes, ils ne voyaient aucun mal à ça. Il a porté plainte, demandé des excuses. La direction a voulu étouffer l'affaire. Il ne s'attendait pas à rencontrer tant de haine. Même de la part de la direction. On lui disait qu'il était trop sensible, qu'il exagérait, était le seul (à se plaindre).

Toutes les vidéos ont été tournées en 2006, sauf une en 2004 : La tête de l'emploi (14:10) ; Bout d'essai (06:56), tournée en 2004 ; Réussir...À quel prix? (10:49) ; Une femme de tête (14:27) ; Un "Voice Job" (09:35).

  Le verdict d'un chien renifleur de drogue, l'équivalent d'une décision de la Cour suprême du Canada - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Restons dans le monde canin, en traitant cette fois de l'escouade des chiens renifleurs... de drogues.

Dans la partie récit de ce livre, je relate avoir été reniflé par le chien d'un collabo ...écornifleur et celui d'une policière en civil de la Sûreté du Québec, à Lac Bouchette. Il arrive aussi que la police opère au grand jour, c'est-à-dire vêtue de l'uniforme. Occasionnellement ou souvent? L'incident s'est produit dans la capitale canadienne, Ottawa, en Ontario, mais rien ne garantit que cela n'arrive pas au Québec.

Au printemps 2002, la police de la Ville d'Ottawa, accompagnée d'un chien policier renifleur, mène une fouille impromptue à l'école secondaire St. Metthew d'Orléans, ville de la banlieue. (Presse canadienne -- La Presse du 28 mars 2002) La brave bête dépiste une odeur de marijuana sur le manteau de Christopher Laurin, âgé de 15 ans, qui est ensuite escorté jusqu'au bureau de la directrice, où il est interrogé, et ses effets personnels de nouveau fouillés.

Pourtant, il n'avait sur lui aucune drogue. La directrice de l'établissement scolaire reconnaît être incapable de déceler l'odeur de marijuana sur sa veste de ski. Police et personnel de l'école affirment à l'ado que les chiens dressés à cette fin peuvent retracer cette odeur sur des vêtements jusqu'à trois mois après que la marijuana ait été consommée. La direction le renvoie à la maison, le suspend pendant deux jours.

Le verdict du chien est sans appel, en somme l'équivalent d'une décision de la Cour suprême du Canada. Lors d'un procès, l'expert explique au juge le pourquoi de ses conclusions. Pas le chien, il jappe et personne ne comprend ce qu'il dit. Dans le cas nous intéressant, la police devient juge et tranche : coupable. Et voilà notre ado suspendu. Lynchage.

Son père, Michel Laurin, réagit avec colère. «(...) Il n'a rien fait de mal. Et s'il avait laissé son manteau dans la voiture de quelqu'un, et que cette personne avait un joint? Je sais qu'ils veulent faire la bonne chose, mais une suspension pour un manteau? Je n'arrive pas à croire les implications que cela pourrait avoir».

Son fils non plus ne comprend pas : «Pourquoi suis-je suspendu? Je ne peux la sentir (la marijuana), personne d'autre n'y arrive, mais le chien a décelé une trace, rapporte-t-il, incrédule. Ce n'est pas comme si j'empestais le pot. Est-ce que j'avais de la drogue sur moi? Non. Je n'avais même pas sur moi quelque chose pouvant avoir un lien avec la drogue. Je ne suis pas en colère contre l'école, mais je n'ai violé aucun règlement, alors que je devrais pas être suspendu.»

La police a-t-elle le droit de s'amener dans une école, ou ailleurs, et de passer des citoyens sous le nez d'un renifleur? Personne ne semble avoir contesté cette façon de faire. Il semble qu'ici, nous soyons en présence d'un cas où la police a agit à l'aveuglette, sans allégation ou présomption préalable. Cette histoire ressemble à une partie de pêche. (Suite demain)

  Le psy Richard Tremblay associe faussement pauvreté et criminalité - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) À l'été 2002, un autre fait indiquait que cette nouvelle forme de répression était appuyée par certains psychologues québécois. En témoignent les propos du psychologue Richard Tremblay, directeur du Centre d'excellence pour le développement des jeunes enfants (CEDJE), qui préconise «une intervention musclée (sic)» auprès des enfants de moins dix ans. (Simon Diotte -- La Presse du 31 juillet 2002)

Il relate au journaliste Simon Diotte de La Presse qu'une étude, effectuée par lui-même et des collègues de l'Université de Montréal, démontre qu'il est possible de savoir, dès la maternelle, ceux qui deviendront plus tard des délinquants par la simple observation de leur niveau d'agressivité. Elle a porté sur un millier d'enfants et d'ados de 4 à 17 ans «issus des milieux défavorisés de Montréal».

Notons qu'ici, leurs auteurs associent pauvreté et criminalité alors que des études nous ont dit plus haut que ce phénomène s'étend également à l'ensemble de la société, autant chez les nantis que les pauvres. Que retient-on de l'enquête de Tremblay et ses collègues auprès de pauvres?

Que les enfants ayant un niveau d'agressivité plus élevé dès l'âge préscolaire sont davantage susceptibles de faire partie d'un gang de rue à l'adolescence. «Les futurs délinquants sont facilement indentifiables dans un groupe dès l'âge de 4 à 5 ans. Ils affichent des comportements antisociaux qui s'accentueront avec l'âge», explique Tremblay.

Il faut faire attention quand on parle de gangs de rue, car il ne s'agit pas toujours, et très loin s'en faut, de jeunes criminalisés. Normal que des jeunes se tiennent ensemble. Comme les adultes, eux aussi ont besoin de se socialiser, de développer des habilités. On connaît déjà la volonté politicienne et policière de sortir les jeunes de la rue, sous le faux prétexte que la rue est mauvaise pour eux, alors qu'elle constitue un lieu d'apprentissage nécessaire à la vie sociétale.

La formulation "gang de rue" est un autre de ces maîtres mots panzer dans lequel on met à peu près n'importe quoi, incluant du politiquement et du puritainement incorrects. Du reste, il est bien connu qu'il suffit que des jeunes se groupent ensemble pour susciter la suspicion du pouvoir et de sa police.

Enfin, il faut se souvenir que la police en civil et ses collabos, et c'est particulièrement le cas en milieu rural, a littéralement vidé l'espace public de tous les citoyens (enfants, ados et adultes) n'ayant aucune raison de s'y trouver : à pied, à vélo. En bref, l'État et la police veulent reconstruire la socialité, mais à leur image et ressemblance, alors que les citoyens sont les seuls aptes à le faire. Pas surprenant que des enfants, ados et adultes se rebiffent, refusent d'entrer dans le moule.

Cette répression policière à l'encontre des jeunes, notamment, porte un nom : l'éclatement de la société. Nous aurons l'occasion d'expliciter plus loin, mais pour le moment contentons nous de savoir que, dans la chasse aux boucs émissaires, selon Dulong, l'ado est loin d'être innocent. (R. Dulong -- L'autodéfense -- Librairie des Méridiens) La place symbolique qu'il occupe en fait une cible susceptible de prendre sur lui beaucoup de fautes, celles des criminels et des délinquants, et aussi tout ce qu'on déplore de la société d'aujourd'hui.

Parce qu'il y a des délinquants parmi les jeunes, on s'imagine que la plupart des jeunes en sont. C'est particulièrement le cas si l'un est trop vivant, un peu débraillé et effronté : on en a peur. Un raccourci terrible. Dulong parle de la «haine sécuritaire». (Suite demain)

News du mardi 21 Avril 2009

  Petit chef-d'œuvre émouvant ! - Shed Your Love... J'adore cette vidéo (03:26). Lisez les commentaires sous l'écran.

  Le Chic Resto-Pop – Un organisme communautaire d'économie sociale et d'insertion, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal. Y suis allé souvent à la fin des années 1990, lors de mon enquête journalistique sur les activités clandestines illégales de la police en civil.

À l'époque, on avait un repas bien apprêté et succulent pour seulement 2$, assiette bien garnie. La meilleure table du monde communautaire montréalais. Dans le grand sous-sol d'une église, parfois plein à craquer. On pouvait s'isoler dans un coin avec des amis-amies, bouffer, rigoler et discuter pendant des heures. J'en garde un bon souvenir.

Indispensable un organisme du genre dans une grande cité. La vidéo (1H25) que je vous propose correspond tout à fait à ce que j'ai vu. Afin de peaufiner vos connaissances en matière sociale, d'autres sources : docu en format PDF de l'Université du Québec à Montréal et Université Concordia (51 pages) expliquant le rôle du Chic Resto-Pop et un article pertinent : le Chic Resto-Blues.

  Une utilisation drastique, inutile et disproportionnée d'un chien - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) LapolicièreMartineGendron de Montréal avait utilisé un... chien contre un citoyen. Elle voulait prêter main-forte à des collègues aux prises avec un homme ayant consommé de l'alcool, tenant des propos amers et susceptible de s'en prendre à son ex-conjointe, dont il était séparé depuis peu. (Presse canadienne -- La Presse des 16 février et 22 mars 2002)

Me Gilles Arsenault du Comité de déontologie juge «drastique, inutile et disproportionnée» l'intervention de la policière, avec sa chienne Betz. Il conclut qu' «en donnant du lest à son animal pour qu'il atteigne le citoyen, la policière Gendron, maître-chien depuis 1998, savait qu'une morsure en résulterait». Son pantalon en avait été déchiré, mais sans «aucune séquelle physique», signale-t-il.

Et que Gendron, policière de dix ans d'expérience, a eu recours à une force plus grande que nécessaire. Il met en doute le bien-fondé du recours à un chien dans ce type d'intervention, la condamne à une suspension sans solde d'une journée. (Suite demain)

  Pour el comandante Michel Doucet de la police de Montréal, un suspect est un coupable - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) En France, dans les écoles, selon Roché, on constitue un dossier scolaire tandis que «la direction des affaires sanitaires et sociale fiche (sic) les enfants et les familles à risques». (Sebastian Roché -- Insécurité et libertés -- Édition du Seuil)

Étant établi que le gouvernement péquiste, dont son ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard, entretenait des liens avec la police française, qui le conseillait en matière de police communautaire et de cueillette de renseignements, il y a lieu de s'interroger. Les comportements des écoliers et étudiants québécois figurent-ils désormais dans les mégabanques policières? Qu'arrive-t-il à ceux rouspétant contre le politiquement et puritainement corrects ou refusant de s'y plier? Questions doublement justifiée en raison du contenu de ce livre.

On sait désormais que la tenu vestimentaire excentrique, la coloration des cheveux d'une couleur interdite, le nombril à l'air des filles, le fond de culotte trop bas des garçons sont des moins en moins tolérés. Qu'il suffit de peu pour que l'enfant ou l'ados soit suspendu une journée ou expulsé de l'école s'il refuse de s'amender.

La suite des événements est concluante. En février 2001, environ huit mois après le lancement du programme des ministres péquistes Marois-Léger-Baril, l'affaire prenait de l'envergure. Le journaliste André Cédilot de La Presse rapportait que la police de l'île de Montréal était à mettre au point, de concert avec tous les organismes d'aide à la jeunesse, un «ambitieux projet» dans le but de s'attaquer à la «racine profonde» des problèmes de délinquance chez les jeunes. (André Cédilot -- La Presse du 15 février 2001)

Le commandant Michel Doucet, coordonnateur du dossier jeunesse au sein de ce corps policier, lui faisait part de sa détermination de travailler en réseau avec les écoles, les centres d'accueil, la Direction de la protection de la jeunesse, les avocats, le tribunal de la jeunesse et, à la limite, de souligner Cédilot, les services sociaux et la santé : « Il nous faut un portrait complet du jeune. Au fond, le suspect(sic) est parfois une pauvre victime», a déclaré le policier Doucet.

Signalons qu'un «suspect», tant qu'il n'a pas été trouvé coupable par un juge, n'est pas un délinquant. Que la prévention, le maître mot panzer, implique une liste longue comme le bras de comportements non punissables par la loi. Et que le tout se fera sous l'égide de fonctionnaires du gouvernement péquiste, de la police en civil et des collabos fanatiques de la police, de l'ordre et du conformisme : l'auteur ne veut pas s'acharner sur ces gens, mais les faits sont là, incontournables, et se succédant en plus à un rythme incroyable.

Tout indique que ces nouvelles mesure sont implantées à l'échelle du Québec. Ces gens, après avoir infiltrés chômeur, assistés sociaux et autres «déviants» - les vitres cassées -, organismes communautaires, etc., s'infiltrent désormais, et de plus en plus, au sein des familles, notamment via le programme Police-jeunesse. (Suite demain)

News du lundi 20 Avril 2009

  Tournage caméscope sans prétention – Du tout de suite et maintenant, sans décorum. L'idéal! Visite d'une expo de toiles érotiques. Vous verrez pas grand-chose, le cinéaste n'avait de s'yeux que sur la belle femme qu'il interrogeait (08:58). Il l'aurait bien invitée à prendre le thé chez lui. Qui n'aurait pas agit de même à sa place, hein? Allez, levez les mains que je les compte avec ma calculatrice.

  Prise au piège – Attention à ce que vous diffusez sur le oueb : vidéos, photos, textes. Ça peut potentiellement vous retomber sur le nez au moment où vous avez tout oublié et ne vous y attendez pas.

  Policiers Benoît Beaulieu et Yves Tancrède de la SQ : photo et empreintes d'un mineur qui n'est pas inculpé - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Mars 1999, un étudiant se dirige vers le Cégep de Lanaudière pour participer, en soirée, à une manif organisée par l'association des étudiants. (Rollande Parent, Presse canadienne -- La Presse du 6 février 2002)

L'apercevant, l'agent Jean Trudelle, de la police de Joliette, l'avise qu'il est fermé et le presse de quitter les lieux. Il refuse, l'agent Trudelle le met en état d'arrestation, lui passe les menottes en utilisant une force excessive et le conduit au poste où il est mis en cellule. Peu après, l'agent le photographie à deux reprises. L'étudiant écope de deux accusations : refus d'obéir et s'être trouvé dans un endroit public alors qu'il est fermé. Infractions dont il sera acquitté, l'agent Trudelle ne s'étant pas présenté à la Cour municipale.

Ensuite l'affaire aboutit au Comité de déontologie. Me Richard Luticone relève deux entorses déontologiques : force excessive lors de l'arrestation, l'agent Trudelle lui a écrasé la main avec son pied et l'a remis debout d'une manière inappropriée. En outre, il n'avait pas le droit de prendre sa photo, l'arrestation ayant été effectuée en vertu d'un règlement municipal et non du Code criminel.

À ce sujet, Me Iuticone a été étonné d'apprendre des collègues de Trudel : des agents Barette, Chaput, Turbide et du lieutenant Rondeau, tous du corps policier de Joliette, qu'il était pratique courante de photographier systématiquement les personnes arrêtées. «L'ignorance d'une règle de droit constitue une faute déontologique parce qu'elle relève de l'incompétence grossière ou de la mauvaise foi», statue Me Iuticone, qui devait rendre sa sentence dans les semaines suivantes.

Autre cas de la même eau : août 2002, les policiers Benoît Beaulieu et Yves Tancrède, ce dernier sergent et directeur du poste de la Sûreté du Québec (SQ), à St-Esprit, dans la municipalité régionale de comté (MRC) de Montcalm, photographient un mineur et prélèvent ses empreintes digitales parce qu'ils le soupçonnent de vol alors qu'il n'est pas inculpé. (Presse canadienne -- La Presse du 7 août 2002)

Me Jean-Marie Blais, du Comité de déontologie, estime que l'agent Beaulieu a enfreint les dispositions de la Loi sur les jeunes contrevenants, rapporte la Presse canadienne. «Le comité est d'avis qu'il s'agit d'une faute lourde que ne saurait excuser la bonne foi ou l'absence de malice de l'agent Beaulieu non plus que la caution subséquente toute autant fautive du sergent Tancrède ». On n'en connaît pas la suite... (Suite demain)

  La répression du ministre péquiste de l'Éducation, Sylvain Simard - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Reste les autres volets du programme de prévention du chercheur Olds, qu'énumère Frank Vitario, professeur de l'École de psychoéducation de l'Université de Montréal : consommation d'alcool, tabagisme et décrochage scolaire, etc. Sonet cetaera à la fin indique que la liste est incomplète.

La consommation d'alcool? La police en civil épure déjà bars et brasseries. Le tabagisme? On le verra en détail plus bas, le gouvernement péquistea mené sa campagne anti-tabac à coups de clairons et de roulements de tambours, avec à la clé ses inspecteurs et sa... ligne téléphonique délation sans frais à l'intention des non-fumeurs.

Le décrochage scolaire? La police en civil s'en occupe aussi, je l'affirme sans cas concret sous la main mais le contraire m'étonnerait grandement, en raison de ce qui suit, notamment. Le contexte : des ados travaillant occasionnellement après leurs heures de classe. À l'été 2002, la Commission scolaire des Laurentides embauchait une personne ressource pour «sensibiliser les employeurs» afin qu'ils diminuent leur nombre d'heures de travail et les encouragent à poursuivre leurs études. (Jean-Paul Charbonneau -- La Presse du 24 août 2002)

Intervention suivie ensuite par celle du ministre péquiste de l'Éducation, Sylvain Simard, qui a évoqué la possibilité de mettre en place des mécanismes pour «encadrer plus sévèrement(sic) le travail chez les élèves dusecondaire» (Tristan Péloquin -- La Presse du 28 octobre 2002) : «Nous travaillons de près avec les chambres de commerce pour assurer une prise de conscience du milieu des affaires», a déclaré le ministre. On a vu plus haut que ces interventions n'étaient rien d'autre que de la répression. À cela s'ajoute la présence permanente de policiers dans des écoles. (Suite demain)

News du dimanche 19 Avril 2009

  Grève générale éventuelle au Paradis fiscal de Monaco ? - Paradis patronal, pas Paradis salarial, lit-on dans un article. Plus de 1 500 manifestants, sur les 32 800 habitants (chiffre de 2008) de ce minuscule pays de 2kms carrés. Un porte-parole syndical parle d'un événement historique.

Slogans de quelques bannières et pancartes : Recul social : 30 ans. Ça suffit ! ; En lutte pour se réapproprier le fruits de notre travail ; Pour un droit du travail protecteur ; De meilleurs prestations sociales ; etc. Courte Vidéo (00:59) + 18 photos en diapo, cliquez sur la première + article.

Crise économique et réputation des Paradis fiscaux étant, est-ce que les oubliés d'autres de ces territoires, notamment la Suisse où la classe moyenne a du mal à joindre les deux bouts, descendront aussi dans la rue? Finalement, ces citoyens feraient-ils ce que n'a pas fait le G20 au début d'avril?

  Consommons-nous trop ? - Il appartient à chacun de consommer comme il l'entend (14:34).

  Témoignage authentique d'un ex-policier français : sans casque ni bouclier (fin) – La 5e et dernière vidéo de ses confidences est dans la colonne de droite. Si vous avez manqué les précédentes, allez dans mes Archives-Vidéos, elles sont numérotées d'1 à 5. Pour en savoir encore plus, rendez vous sur la vidéobase, prenez connaissance du contexte de l'histoire et cliquez sur les hyperliens.

  La loi policière : essayons d'imaginer les sanctions que risquent d'encourir les coupables des délits suivants - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le cas suivant a été puisé dans la lettre d'une lectrice de La Presse qui en a été témoin en avril 2002 : Suzanne Perron. (Suzanne Perron -- La Presse du 28 avril 2002)

À lire attentivement car, même s'il est question ici de policiers en uniforme, cette lettre illustre parfaitement bien les sabotages clandestins de la police en civil. Seule différence, les victimes ignorent que cette dernière est derrière ça.

«Aujourd'hui, vers 18h30, à l'angle des rues St-Denis et Sherbrooke (à Montréal), relate-t-elle, j'ai vu deux policiers (de l'île de Montréal) qui venaient d'interpeller un squeegee (nom désignant ceux lavant le pare-brise d'autos, aux intersection, pour se faire quelques sous), briser sauvagement ses outils de travail. À l'aide de leurs pieds, les policiers arrachaient en souriant les lames éponges des bâtons auxquels elles étaient fixées, sous les protestations bien faibles du squeegee.

Peut-être cet individu avait-il effectivement commis une infraction. Alors, qu'on l'arrête, qu'on lui colle une amende ou qu'on applique la sanction prévue. Mais si l'on souscrit à la mesure arbitraire dont j'ai été témoin, poussons la logique plus loin et essayons d'imaginer les sanctions que risquent d'encourir les coupables des délits suivants.

«Un cycliste qui enfreint le code de la route : la police lui "pète" ses broches de vélo? Une personne arrêtée pour conduite en état d'ébriété : on lui "pète" ses pneus pour l'empêcher de récidiver ou on lui coupe ses cartes de crédit en morceaux pour qu'elle ne retourne pas boire? Un voyeur qui se fait pincer dans les toilettes des femmes : on lui casse ses lunettes pour qu'il ne soit pas tenté de recommencer? Une femme au volant, distraite par une émission de radio, qui omet de faire un arrêt obligatoire : on arrache l'antenne de son auto pour lui donner une leçon?

«Peut-être que je n'aurais pas dû écrire cette lettre, s'inquiète-t-elle, avec copie aux autorités policières, et l'acheminer par courrier électronique. Tout à coup qu'on viendrait me "péter" mon ordinateur ou bien arracher ma connexion Internet?» (Suite demain)

  Questions d'éthique, de droits de la personne et de stigmatisation - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) L'automne suivant, Marc Le Blanc, professeur titulaire à l'École de psychoéducation et à l'École de criminologie de l'Université de Montréal, soutiendra, pour sa part, que «la prédiction est une science imprécise». (Marc Le Blanc -- La Presse du 30 octobre 2000) Il l'écrira noir sur blanc dans une lettre publiée par La Presse.

Les données de recherches indiquent que toutes les mères célibataires ne donnent pas naissance à des ados délinquants et que «la très grande majorité des délinquants n'avaient pas une jeune mère célibataire». Il s'agit d'un facteur de risque important, il ne s'agit pas d'une cause de violence. Selon lui, beaucoup d'autres facteurs proviennent de la famille, de l'école, des amis.

Pourquoi mettre l'accent seulement sur les habitudes de vie de la mère à la naissance? s'interrogera-t-il. «Privilégier les jeunes mères soulève une question d'éthique, sans référer à celles des droits de la personne (sic) et de la stigmatisation. La très grande majorité des enfants qui sont à risque de devenir des délinquants ne se verraient pas offrir une intervention. Quelle discrimination! Ce choix est soutenable s'il est possible de démontrer que les délinquants persistants avaient tous une jeune mère célibataire. Nous attendons cette démonstration».

Retenons la question des droits de la personne soulevée par Le Blanc... Le trio ministériel péquiste Marois-Léger-Baril n'a pas dit si leurs fonctionnaires informeraient la mère, avant de s'introduire au sein de la cellule familial, espace on ne peut plus privé, qu'elle serait libre d'accepter ou refuser cette intrusion.

Remettrait-on à la mère une brochure explicative des droits et libertés conférés par les deux Chartes, fédérale et provinciale? Il est permis d'en douter, et fortement. Et encore moins le numéro de téléphone qui permettrait à la mère de s'informer de ses droits auprès de la Ligue québécoise des droits et libertés, ou de demander à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse d'enquêter et ensuite d'intenter des poursuites contre l'État envahisseur.

Et, après avoir dit oui à l'intrusion, pourrait-elle revenir sur sa décision, si elle jugeait que les fonctionnaires de l'État dépassent les bornes, ou pour toute autre raison? Sans être obligée d'argumenter son choix? Et sans coupure d'aide sociale ou autre, sans tracasserie administrative, ni intervention souterraine de la police en civil, ni ostracisme?

Il était impossible de vérifier occasionnellement sur le terrain si l'adhésion à ce programme péquiste se faisait sur une base volontaire, respectait les droits des personnes ciblées. Car on ignorait l'identité de ces familles monoparentales. Comme il n'était pas souhaitable que celle-ci soit étalée sur la place publique par le pouvoir, car cela les aurait stigmatisées davantage, les trois ministres péquistes disposaient par conséquent de toute la liberté pour agir. De fait, seules les familles monoparentales, individuellement, pouvaient alerter les médias.

Officieusement, le pouvoir, tout comme sa police, fait toujours beaucoup plus que ce qu'il prétend officiellement faire. C'était vraiment un programme de «prévention» à suivre de très près, mais faute de moyens cela n'a pas été le cas. Compte tenu de ce qu'on a vu jusqu'à présent et verra, la remarque n'a rien d'excessive. (Suite demain)

News du samedi 18 Avril 2009

  Portrait of a weird society – Soirée thématique, étrange (22:23) : halloween, modèles vivants : baroque, gothique, XXIe, médiéviste, orientaliste, romantique trash, glamour, pin up, nu ou costumé, personne transformée en zombie par les maquilleuses, etc. Dans un décors de velours, satin rouge et noir. Présence nombreuse de dessinateurs, photographes, poètes...

Toutes les conditions réunies pour vivre différemment pendant... quelques heures, qui valent la peine d'être vécues : sortir du moule. Weird? Réponse ici.

  Des étudiants heureux ! - L'événement se déroule en 2006. Promus à l'École nationale supérieure des Mines de St-Étienne, en France, ils présentent un bon petit spectacle (05:47) pour célébrer ça.

  Témoignage d'un ex-policier français : sans casque ni bouclier – Il a été aux affaires judiciaires pendant 20 ans. Il n'est pas identifié. Quelques uns des sujets qu'il aborde : manipulation de l'opinion publique relativement à la délinquance et aux statistiques ; la politique du chiffre (des statistiques) ; les conséquences sociales de cette politique ; les dirigeants de la police considèrent la fonction comme un instrument de pouvoir ; il est plus dangereux de désobéir à son chef qu'à la loi ; etc.

Dans la colonne de droite, 4 vidéos de ses confidences : faute d'espace, une cinquième sera disponible seulement demain. Il y a quelques répétitions mais aussi des ajouts intéressants, d'où l'importance de les visionner au complet. Commencez par la première, en haut, et poursuivez avec la deuxième et ainsi de suite.

Tout ce qu'il dévoile était déjà écrit noir sur blanc dans mes livres L'Étau Policier (tomes 1, 2 et 3) depuis le milieu de 2003, mais qu'aucun éditeur n'a voulu publier, par manque de couilles. Tout le monde plie l'échine devant la police, incluant nos élus. Ce qui explique pourquoi elle est plus puissante que la démocratie.

  Power trip du policier Luc Bernard de Longueuil à l'encontre d'un bambin - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Juin 2000. Le policier Luc Bernard, de la police de Longueuil, s'en prend à un enfant de cinq ans, dans une cours d'école. (Rollande Parent, Presse canadienne -- La Presse du 23 mars 2002) Un cas probablement rarissime.

Il s'est permis une impolitesse à son égard. Fâché et parlant fort, il l'empoigne et, malgré ses pleurs, l'entraîne contre son gré vers le bureau de la direction de l'institution. À grands cris, il insiste pour parler à la direction, soutient que l'enfant a été impoli avec lui. Une secrétaire juge préférable d'amener l'enfant dans une autre pièce, mais Bernard les y rejoint, fait état de son grief, avec acharnement.

Finalement, la directrice le rencontre, lui demande de ne plus intervenir auprès des enfants de l'école, lui dit que, même s'il est policier, ce n'est pas de son ressort, mais celui de la direction de l'école. C'était la deuxième fois que Bernard s'y pointait : trois semaines auparavant, il avait exhibé son insigne de policier... aux enfants qui tardaient à se placer correctement en rang.

Devant le Comité de déontologie, Bernard, qui compte 10 ans de service, reconnaît ses torts. Aveu qui lui vaut illico le retrait de plaintes portées contre lui : abus d'autorité, intimidation du personnel de l'école et d'un enfant de cinq ans. Me Richard Iuticone du comité n'en retient qu'une seule, celle d'avoir fait référence à sa fonction de policier d'une manière inappropriée. Sentence : suspension de deux jours sans traitement. (Suite demain)

  Introduction illégale du gouvernement péquiste de Lucien Bouchard dans les familles - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Revenons à la décision du gouvernement péquiste de Lucien Bouchard de s'attaquer à la délinquance juvénile «dès le berceau»... Trois de ses ministres en ont dévoilé les grandes lignes lors d'une rencontre de presse : Pauline Marois, de la Santé, et ses deux ministres délégués, Nicole Léger et Gilles Baril. «Les bambin seront étroitement suivis (sic) par une armée de professionnels dès leur naissance jusqu'à leur entrée à l'école.»

Trois cents professionnels (300) seront formés à cette fin. On leur offrira un appui massif, avec suivi à domicile : pédiatres, infirmières, éducateurs spécialisés et intervenants sociaux. On offrira aussi de l'aide aux parents afin d'intégrer le marché du travail, de retourner sur les bancs d'école, ou encore de se débarrasser de leur dépendance à la drogue ou à l'alcool.

Écoutons le ministre Baril : «Les jeunes parents que nous voulons rejoindre, souvent des mères seules, ont une histoire marquées de consommation de services sociaux. Ils vivent des problèmes de toxicomanie, de santé mentale, de violence conjugale ou familiale. Ils sont pauvres, sous-scolarisés et affichent un niveau de détresse psychologique alarmant.»

Thierry Aubin, son attaché de presse, est plus loquace : «C'est un programme très vaste, dont l'ampleur dépasse celle de tous les autres programmes de prévention (sic) instaurés auparavant au Québec. (...) Essentiellement, on vise à identifier des troubles de comportement pour ensuite développer des moyens permettant de les corriger : capacité de l'enfant à maintenir une discussion, apprendre la défaite, attendre son tour pour parler ou encore écouter les autres, etc.» 

Pour plusieurs raisons - milieu pauvre, manque d'informations, problèmes personnels, etc., explique-t-il -, les mères adolescentes ont parfois des difficultés à transmettre ces habilités sociales à leurs enfants. Et de dire l'attaché de presse Aubin : «(...) plus on intervient tôt, meilleures sont les chances de dépister les troubles de comportement. Il nous faut agir en amont».

D'où ce programme prend-il son origine, croyez-vous? Il a été développé par le chercheur David Olds, du University of Colorado Health Sciences Center, aux États-Unis. Celui-ci en a présenté les grandes lignes à l'occasion d'un congrès de la Society for Prevention Research, organisme américain voué à la création et à l'évaluation de programmes de prévention dans différents domaines : tabagisme, consommation d'alcool, délinquance, violence, décrochage scolaire, sida, etc.

Prêtons oreille aux propos de Frank Vitario, professeur de l'École de psychoéducation de l'Université de Montréal, que cite La Presse : «De tous les programmes de prévention existant dans le monde, celui de M. Olds est l'un des dix ayant répondu à tous les critères d'excellence fixés par la société».

Commentons au passage cette assertion de Vitario. On parle beaucoup au nom de la Société civile, sans savoir vraiment ce qu'elle pense ou penserait si elle était mise au parfum de ce que cachent certaines mesures gouvernementales. Ces «critères d'excellences» n'ont-ils pas été plutôt fixés par l'État régulateur? (Suite demain)

News du vendredi 17 Avril 2009

  Une fiction – Vidéo réussie sur tous les points. On aimerait atteindre un jour ce niveau de qualité. Faut être conscient que ce n'est pas à la portée de tout le monde, modestie oblige. Le reportage journalistique nécessite moins de créativité. L'événement n'est pas fictif, les faits sont réels. Lorsqu'on entre dans le monde de l'imaginaire, cependant, c'est une autre histoire. Le thème traité : les rencontres virtuelles. Dans la fenêtre, plusieurs caméras s'affichent, cliquez sur la rouge. Après cette vidéo, naviguez sur le site : il y en a d'autres.

  Pourquoi le monologue d'Eve Ensler sur le vagin ? - Vous savez cette pièce de théâtre, dont j'ai parlé récemment, qu'elle a créée en 1996, un pilier du féminisme, dit-on ? Depuis qu'elle a connu un grand succès à Broadway, elle continue de circuler en maints endroit dans le monde. Inscrivez le titre "Monologue du vagin" dans la fenêtre du moteur de recherche google et vous verrez le nombre de pages qui s'affichent.

Le pourquoi de la question, l'auteur Eve Ensler y répond elle-même... «Je dis vagin parce que j'ai lu les statistiques. Partout dans le monde les vagins endurent des mauvais traitements. 500 000 femmes violées chaque années aux seuls États-Unis, 100, 000, 000 de femmes dans le monde ayant subi des mutilations génitales, violences sexuelles contre des petites filles, persécution des lesbiennes, harcèlement sexuel, terrorisme à l'encontre de la liberté de reproduction, et ainsi de suite... Je dis VAGIN parce que je veux que cessent des mauvais traitements et je sais qu'ils ne cesseront pas tant que nous ne reconnaîtrons pas le fait qu'ils continuent.»

Alors, ça n'a rien à voir, ni de près ni de loin, avec la pornographie. Visionnez cet extrait de la pièce (07:50) et cet autre (01:51), vous verrez.

  Les policiers Jean-François Bigras et Patrick Faucher de Montréal, des malfaisants hors pair - (Suite tome 3 de L'Étau Policier)  La scène suivante se déroule à l'automne 1998, sur le territoire de la police de l'île de Montréal. Un citoyen gare son véhicule à un endroit réservé aux pompiers. (Rollande Parent, Presse canadienne -- La Presse des 6 février 23 mars 2002)

Arrivent les policiers Jean-François Bigras et Patrick Faucher, qui lui remettent une contravention. Et comme il n'a pas verrouillé sa portière, ils lui en donnent une deuxième. Et ajoutent aussi deux avis de 48 heures parce qu'il n'a pas en sa possession une preuve d'assurance et que son silencieux ne répond pas aux normes. Le citoyen signale qu'il a les documents requis -- preuve d'assurance -- dans son véhicule, mais le policier Bigras lui dit qu'il est trop tard, les avis sont déjà rédigés.

Frustré, le citoyen quitte les lieux en faisant crisser ses pneus. Les flics le rattrapent, lui en décernent une autre et entreprennent de fouiller son véhicule. Bigras l'arvertit : «Tiens-toi tranquille, ton char y est pas dur à reconnaître et on sait où tu restes(...)». Le citoyen reproche au policier de lui faire des menaces, ce dernier réplique : «Ce n'est pas une menace, c'est une promesse.» Bigras demande même au citoyen, qui travaille dans une agence de sécurité, ce que penserait son patron s'il était mis au courant de la situation. Une dizaine de jours plus tard, revoilà les mêmes deux flics. Autre constat d'infraction, cette fois parce que les vitres de son véhicule sont teintées.

Le citoyen porte plainte au Comité de déontologie. Me Richard Iuticone juge que les deux policiers ont adopté une attitude par trop provocatrice et que Bigras a abusé de son autorité, tenté d'intimider le citoyen. Bigras et Faucher sont respectivement suspendus 4 et 3 jours sans solde.

Au début de ce même mois de mars, Faucher avait été réprimandé dans une autre cause. Il avait remis deux contraventions à... ce même citoyen, accompagnant son geste... d'un mouvement du bassin jugé indécent, tout en le dévisageant. Ce citoyen a-t-il récupéré l'argent de toutes ces contraventions ? L'histoire ne le dit pas. (Suite demain)

  En 2000, le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard s'est attaqué à la délinquance juvénile «dès le berceau» - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) En outre, l'État se substitue de plus en plus au chef de famille, nous informe Rosanvallon. D'où toutes ces mesures que l'on regroupe aux États-Unis sous le vocable de Family Preservation. «Une attention plus grande est désormais portée à la compréhension des trajectoires des individus.»

Selon lui, l'évolution est très nette aux États-Unis, où de nombreux programmes sociaux ont pour objectif d'exercer une pression éducative ou même d'agir directement sur la forme de la structure familiale. Examinons un cas québécois, et encore on ne fera qu'entrebâiller la porte...

En juin 2000, La Presse nous apprenait que le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard s'attaquera à la délinquance juvénile «dès le berceau», grâce à un vaste programme de soutient préventif pour les enfants à risque, qui devait prendre son envol en avril 2001. (André Duchesne et Isabelle Hachey -- La Presse des 4 et 6 juin 2000) D'après les journalistes André Duchesne et Isabelle Hachey de ce quotidien, il permettra «d'encadrer de façon très soutenue» 3 000 jeunes familles en grandes difficultés économiques et sociales, toutes «ciblées» par le gouvernement du Québec.

Puisqu'on traite ici du ciblage de jeunes familles, ouvrons une parenthèse, avant d'aller plus loin. Car, de nos jours, ce ne peut se faire autrement que par l'entremise de mégabanques informatisées, mais il y a des règles à respecter. Dans le cas nous intéressant, ont-elles été rigoureusement appliquées? Un très gros doute subsiste.

Rappelons que dans un rapport spécial publié en 1999, le président de la Commission d'accès à l'information du Québec (CAIQ), Paul-André Comeau, démontrait que les échanges de renseignements confidentiels entre ministères et organismes gouvernementaux ne respectent pas toujours la vie privée des citoyens. (Katia Gagnon -- La Presse du 2 juillet 1999)

La journaliste Katia Gagnon de La Presse, s'y référant, soulignait notamment le cas du Bureau de la statistique du Québec qui avait fourni au ministère (péquiste) de la Santé... le prénom et le mois de naissance d'enfants dans le cadre d'une recherche visant à identifier les facteurs de difficultés d'adaptation chez les... enfants. Ce transfert de données n'ayant pas été autorisé par la CAIQ, celle-ci avait demandé et obtenu que le chercheur détruise celles ainsi recueillies.

Mais comment pouvait-elle être vraiment certaine que cela avait été fait? Dupliquer un disque informatique est l'enfance de l'art. Se peut-il que le ciblage de jeunes familles dont on parle plus haut ait été effectué, en parti ou en totalité, à l'aide de données recueillies illégalement? Fermons la parenthèse. (Suite demain)

News du jeudi 16 Avril 2009

  Karine Blais, 21 ans - La 117e victimes de la guerre canadienne en Afghanistan est de retour au Québec, sa terre natale (01:56).

  Résumé de l'histoire de l'assimilation forcée des Autochtones du Canada – Le tout s'est étalé sur plus d'un demi siècle, de 1930 à 1996. Des congrégations religieuses de l'église catho avaient construit un réseau de pensionnats destinés aux enfants autochtones : au Québec on en dénombrait 6.

L'objectif avoué était radical : il fallait «tuer l'Indien au cœur de l'enfant», le soustraire de «l'influence du wigwam», c'est-à-dire les déraciner et les intégrer à la civilisation blanche. Et souvent contre la volonté des parents. On estime qu'environ 100 000 enfants les ont fréquentés.

Au début des années 1990, des Autochtones ont commencé à rompre le silence sur cette époque, ce qui nous a permis d'apprendre bien des choses. Ils révèlent avoir été victimes de mauvais traitements et de violences dans les pensionnats, d'autres d'agressions sexuelles. Peu à peu, les langues se délient de l'autre côté de la barricade. En 1998, le gouvernement du Canada adresse des excuses aux peuples autochtones, met sur pied la Fondation de la guérison.

Face aux demandes de compensations financières, gouvernement et église catho tentent de délimiter leur part de responsabilité respective. Finalement, celle-ci accepte d'indemniser les Autochtones victimes de sévices dans les pensionnats. Cependant, faudra un jugement de la Cour suprême pour que le Canada, lui, dédommage les victimes d'agressions sexuelles. La communauté des Oblats de Marie immaculée (sic) de la province du Manitoba, croulant sous le poids des poursuites d'anciens pensionnaires, se placera sous la protection de la loi sur la faillite.

Puis, grande première au Canada, une victime réclame des compensations pour «génocide culturel». L'héritage de violences qui habitent les anciens pensionnaires se transmet de génération en génération. Des blessures psychologiques, qu'on tente de soigner dans la boisson ou les drogues.

Je sais, pour avoir habité près d'une réserve amérindienne pendant plusieurs années, qu'ils sont souvent victimes de discrimination de la part de blancs. La situation s'améliore en certains milieux, mais pas partout en même temps. Donc, choc culturel et racisme comme bonus, ou cerise sur le sunday, faites votre choix. Ils ont besoin de notre humanité et la plupart du temps, nous ne sommes pas là.

En tout, 13 clips d'archives, sur le site de Radio-Canada : 8 vidéos (la première vidéo est muette) et 5 radios, pour un total d'1H10. Par ailleurs, sur le site des Premières Nations du Québec et du Labrador, un site amérindien, une excellente vidéo en français sur ces événements. À visionner sans faute.

  Taser : poursuites judiciaires contre les agents de la GRC impliqués dans la mort de Robert Dziekanski ? - Radio-Canada rapporte que Wally Oppal, le procureur général de la Colombie-Britannique, province du Canada, a reconnu que la vidéo de la tragédie contredit les témoignages des quatre policiers de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui étaient intervenus en octobre 2007 à l'aéroport de Vancouver. Le Polonais, qui venait d'arriver au Canada, y avait été atteint de cinq décharges électriques.

  Le sergent Dea de Montréal empêche un citoyen d'entrer au poste de police - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Mars 1999, un étudiant entre dans un resto de Montréal, achète un café, s'installe à une table et entreprend de réviser un examen quand le gérant de l'endroit l'invite à la libérer et d'aller s'asseoir à une autre où se trouve déjà un client. (Rollande Parent, Presse canadienne -- La Presse du 6 février 2002) Il refuse, le gérant compose le 911.

Trois policiers s'amènent, dont le sergent Martin Dea. Malgré les demandes répétées du citoyen, Dea refuse de s'identifier. Le citoyen réclame avec insistance un rapport d'expulsion pour porter plainte au service à la clientèle du resto. Les policiers l'informent qu'ils n'en rédigent jamais dans une affaire civile comme celle-là. Il se présente par la suite au poste de police afin de discuter de ce dernier point. Le sergent Dea l'empêche d'y entrer.

Décision de Me Jacques Monette du Comité de déontologie : «Lorsqu'une personne demande à un policier de s'identifier, il appartient à celui-ci de s'assurer que la personne est en mesure de comprendre facilement son nom. (...) même s'il démontrait de l'entêtement, rien ne permettait au sergent Dea de lui interdire l'accès au poste de police. (...).» Dea devait connaître sa sanction quelques semaines plus tard.

Un cas où ont sort de force deux citoyens du poste de police. Août 2001, Dominique Lavoie et Harry St-Surin de la police de l'île de Montréal sont suspendus sans traitement pour deux jours par le Comité de déontologie (Marcel Laroche -- La Presse du 1ier août 2001) : ils avaient expulsé violemment deux citoyens d'un poste de police, en les traînant littéralement sur le sol.

Le président du comité de déontologie juge qu'ils ont eu recours à une force plus grande que nécessaire, voire déraisonnable. Il rappelle à l'ensemble des policiers que si la loi leur donne de très grands pouvoirs, elle leur impose également des normes de conduite qu'ils ne peuvent transgresser sans en subir les conséquences. On ignore la sentence des deux policiers... communautaires ou de proximités ou de quartiers, faites votre choix.(Suite demain)

  Une stratégie d'encadrement et de mise au pas des pauvres - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Cette façon contemporaine de gérer le social viendrait des États-Unis, d'après Rosanvallon. Cela a commencé au début des années 1980 lorsque les milieux conservateurs ont opposé «workfare» à «welfare». L'usage veut, en Occident en tout cas, que toute réforme politique majeure soit précédée de la publication de quelques ouvrages, ce qui permet au pouvoir de tester des idées, de mesurer le seuil de tolérance des personnes ciblées, et de conditionner ensuite l'opinion publique.

Le livre d'un universitaire républicain, Lawrence Mead, semblerait en avoir été l'événement enclencheur. (Beyond Entitlement. The Social Obligations of Citizenship) Mead y dénonce la permissivité de l'État providence. «Son analyse rejoint celles des philanthropes du XIXième siècle qui voyait dans la pauvreté la conséquence d'une conduite individuelle», précise Rosanvallon. D'où la proposition de lier les secours publics à une obligation de travail.

Appréhendé dans cette perspective, écrit-il, le «workfare» ne correspond qu'à une stratégie d'encadrement et de mise au pas des pauvres, et principalement parmi des jeunes. L'auteur étoffe son propos d'une citation de Mead : «Beaucoup de jeunes gens d'aujourd'hui, particulièrement en bas de la société, ne sont pas aussi bien socialisés par les adultes qu'ils ne l'étaient auparavant. Ils ne peuvent pas être intégrés dans la société à moins d'être transformés en travailleur disciplinés (sic) dont l'économie a besoin. C'est d'une certaine façon à l'État d'exercer cette fonction de socialisation.»

La mise au travail des bénéficiaires de l'État providence, proposée par Mead, procédait d'abord, selon Rosanvallon, d'une entreprise de moralisation, qui a eu des échos... Pour le Président Ronald Reagan, un républicain, ceux qui recevaient des secours publics devaient en échange fournir un travail. En 1993-94, le Président Bill Clinton, un démocrate, imposera un retour au travail après deux ans de welfare. (Suite demain)

News du mercredi 15 Avril 2009

  Yael Naïm - Too Long (04:26). La mise en scène est hors du commun et colorée.

  Si des policiers blancs ne respectent pas leurs collègues de couleur, comment vont-ils traiter les citoyens des minorités visibles? - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Raciste, la police de l'île de Montréal? Mylène Jaccoud, professeur de criminologie à l'Université de Montréal, a mené une enquête sur ce sujet, qu'elle a dévoilée en mars 2002. (Silvia Galipeau -- La Presse du 21 mars 2002)

Elle révèle que si ce corps policier embauche des Noirs, des Chinois, des Italiens ou autres membres de communautés minoritaires, c'est avant tout pour des raisons utilitaristes. Elle a fait cette découverte en épluchant de ses documents portant sur sa politique d'embauche de minorités ethnoculturelles et visibles.

Elle énumère quelques uns des motifs évoqués : l'efficacité (pour mieux connaître les communautés, précise-t-elle), le contrôle (mieux infiltrer les communautés), la prévention (réduire les tensions entre certaines communautés et la police). Jaccoud évoque aussi l'effet de relations publiques de sa politique d'embauche, de même que psychologique (soutient aux autres policiers membres de communautés minoritaires).

Elle a complété sa recherche en interrogeant 47 policiers membres de communautés visibles et constaté que la majorité (68%) ne se disent pas victimes de racisme. Cependant, plusieurs se sont montrés réticents à dénoncer les blagues dont ils font l'objet, y voyant davantage l'empreinte de la «culture policière» que celle du racisme.

Les autres, au contraire, ont trouvé assez ou très difficile leur intégration, signalant leur isolement, le manque de soutien, la suspicion, les méfaits et les insultes dont ils sont la cible. Ils ont avoué se faire traiter de «mangeurs de vidanges», ou de «voleurs de jobs» par de leurs collègues. Les Italiens sont perçus comme des «mafiosi», les Arabes, des «conducteurs de chameaux».

Comment réagissent-ils, ces policiers Noirs, Chinois, Italiens, etc? La criminologue mentionne trois stratégies possibles : la résistance (choisie par une minorité d'entre eux, souligne-t-elle), la résignation, le retrait ou la fuite (changer de partenaire, de poste de police, etc.) ou encore la conformité active à l'institution (pour mieux se faire accepter, certains de ces policiers font de l'excès de zèle).

Peu après, lettre d'un lecteur de La Presse, Jimmy The Vinyh Pham (Jimmy The Vinyh Pham -- La Presse du 30 mars 2002) : «En lisant l'article (...) je me rends compte que la discrimination raciale existe là où on le soupçonne le moins. Est-ce que le rôle de la police n'est pas de servir et de protéger les citoyens et de faire régner la justice? Au sein même de la police, il y a des policiers de communautés visibles qui se sentent victimes de racisme et qui trouvent éprouvante leur intégration.

«Alors, pour des citoyens comme moi, qui ne sont pas des Québécois " purs ", je trouve cela très inquiétant pour ma sécurité. En effet, si ces policiers n'obtiennent même pas le respect de la part de leurs compatriotes de race blanche, comment ces derniers vont-ils traiter les citoyens des minorités visibles? Certes, il y a eu beaucoup d'amélioration pour éliminer le racisme, mais c'est loin d'être suffisant (...) il est très important de rappeler l'importance de l'égalité de l'homme, peu importe la couleur de sa peau».(Suite demain)

  Le gros des effectifs des civils est investi dans les contrôles et nettoyages sociaux d'honnêtes citoyens, et particulièrement des pauvres - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) En France, il existe une formule similaire au programme québécois PARIE : le Revenu minimum d'insertion ( RMI ), qui introduit la notion de contrat. Il constitue un bon exemple de l'entrée dans ce que l'on pourrait appeler la nouvelle zone grise de l'État providence, signale Rosanvallon. (Pierre Rosanvallon -- La nouvelle question sociale -- Éditions du Seuil)

Que l'État devienne vecteur de réinsertion permettant aux individus de reconquérir leur indépendance et leur dignité, Rosanvallon n'a rien contre, et loin de là. Car ce n'est pas seulement le droit de vivre, mais le droit de vivre en société qui est ainsi affirmé. «À partir de là, on peut construire une nouvelle vision du social», affirme-t-il, visiblement ouvert à ce genre d'interventions. C'est contre les contraintes associées à cette réforme qu'il en a.

Dans tous les cas de figure, l'attribution du RMI est subordonnée à la prise en compte du comportement individuel, à une forme de contrôle des comportements. Peut-on encore parler de droit dans ces conditions? se demande Rosanvallon. Au sens juridique strict, ce n'est pas le cas. Un droit est en effet par essence d'application universelle et inconditionnelle, écrit-il.

Tant que les droits sociaux sont appréhendés en termes juridiques traditionnels d'accès automatique et inconditionnel à des allocations, «toute individualisation constitue un recul». L'individualisation associée ici, ne l'oublions pas, à la prise en compte du comportement individuel. Voilà une autre formulation clé à garder précieusement en mémoire. Plus exactement, de quoi parle-t-on au juste?

Rosanvallon dit que quiconque a participé à une des commissions locales d'insertion qui décident de l'attribution ou de la cessation du versement du RMI aux allocataires ne peut manquer d'en être frappé : «On semble parfois transporté au XIXième siècle dans l'enceinte d'un bureau de bienfaisance, lorsqu'il s'agissait de distinguer les bons et les mauvais pauvres.» La tentation du contrôle social des exclus devient réelle, a-t-il constaté.

Pour nous placer dans le moule de l'époque, Rosanvallon rappelle que dans ces années-là, la tradition charitable de l'Ancien Régime français associait l'exercice d'un certain devoir de solidarité à une mise sous tutelle des pauvres. «Les politiques sociales étaientalors indissociablement charitables et policières(sic), la prise en charge des individus s'accompagnant nécessairement de leur enrégimentement.» En Angleterre, l'assistance n'apparaissait justifiable que si elle ôtait leur autonomie à ceux qui en bénéficiaient.

Si l'efficacité des politiques sociales impose de considérer les individus dans leur singularité, ne risque-t-on pas en retour, s'interroge Rosanvallon, de transformer l'État providence en instance de gestion et de contrôle des comportements? D'après lui, la question est dorénavant posée.

La prise en compte des spécificités individuelles implique en effet, d'une façon ou d'une autre, qu'elles soient évaluées, donc soumises à une forme de jugement. «C'est pour cette raison que la nouvelle approche du social en termes de droit procédural risque de renvoyer pour une part à une figure archaïque : celle de la classification des pauvres en fonction de leur mérite.»

Enchérissons aux propos de l'auteur, en soulignant qu'à Cuba, l'un des rares pays communistes à subsister, l'État providence assure des biens matériels en contrepartie de la soumission inconditionnelle. Précisons que, de nos jours, la connaissance accrue des interactions sociales, grâce aux mégabanques informatisées tant gouvernementales que policières, permet de mieux mesurer désormais le poids de l'action de chaque citoyen.

Tout ce qui précède démontre encore une fois, et très nettement, que le rôle de la police en civil ne se limite pas à pourchasser les criminels. De fait, le gros de ses effectifs est investi dans les contrôles et nettoyages sociaux d'honnêtes citoyens, et particulièrement des pauvres. (Suite demain)

News du mardi 14 Avril 2009

  Étudiants et rareté d'apparts à prix raisonnables – Dans le reportage que je vous propose, on parle de la France mais ou pourrait cibler bien d'autres pays. Situation est que des étudiants, et autres précaires, n'ont d'autres choix que de squatter des habitations et immeubles inhabités. À Paris, 136 000 logements seraient inoccupés depuis plus de 2 ans!?

L'auteur de ce reportage (14:35), membre de l'équipe télélibre.fr, fait témoigner une dizaine d'étudiants vivant dans ce contexte. Ils occupent, eux, un immeuble appartenant au CROUS (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires de Paris), et fermé depuis 2004. Cet organisme aide les étudiants à se loger. Sur les sites d'étudiants et de jeudi-noir (03:12) également.

Cependant, semble bien que ce ne soit pas suffisant. La preuve en est que la télé de France4 a présenté récemment le docu de près d'1 heure "Un toit pour moi", de John-Paul Lepers : vidéo accessible seulement à ceux habitant le territoire français.

  Citation trouvée sur le web – Je la dédie aux petits élus, civils et collabos frénétiques : La liberté de tout dire n'a d'ennemis que ceux qui veulent se réserver la liberté de tout faire.

  Afghanistan : 117e soldat canadien tué – Une très jeune femme, 21 ans. Karine Blais était dans ce pays depuis deux semaines à peine. Quatre soldats ont par ailleurs subi des blessures lors de l'explosion. Toujours le même scénario : véhicule ayant roulé sur une bombe artisanale.

  Le policier Sylvain Benoît de Montréal sanctionné pour accusation sans justification - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Premier février 2000. Le policier Sylvain Benoît de l'île de Montréal est sanctionné de 21 jours ouvrables par le Comité de déontologie. (Rollande Parent, la Presse canadienne -- La Presse du premier février 2000) : il avait rédigé un faux rapport.

Benoît avait intercepté un automobiliste pour lui demander ses papiers. Celui-ci ayant souligné qu'il agissait ainsi parce qu'il est un Noir et au volant d'une Ferrari, Benoît lui avait conseillé de ne pas jouer à la victime sinon il allait lui faire voir du noir. Il lui avait ensuite remis une contravention indiquant que son attestation d'assurance était périmée, ce qui était faux.

Me Jacques Monette, président du Comité de déontologie : «Un tel comportement ne peut d'aucune façon être toléré de la part d'un policier. L'agent Benoît a non seulement manqué à son serment d'office mais sa conduite mine la crédibilité de tout le système judiciaire. (...) Tout policier doit comprendre qu'il y a des conséquences graves à porter sciemment une accusation sans justification.» (Suite demain)

  Il y a dans nos sociétés providentes un glissement de la solidarité citoyenne à la solidarité charitable - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) La journaliste Marie-Claude Malboeuf du même quotidien constate, en décembre 2000, l'absence de jeunes lors d'une manifestation tenue dans l'est de Montréal, devant les bureaux de la ministre péquiste du Travail, Diane Lemieux, pour protester contre ces nouvelles mesures. (Marie-Claude Malboeuf -- La Presse du 7 décembre 2000) Seuls une trentaine d'intervenants et de pauvres y participent.

Isabel Gauthier, du Regroupement des organisations communautaires autonomes jeunesse du Québec, explique pourquoi : «Les jeunes ne sont pas tous prêts à revendiquer devant les médias, mais il faut protester avant qu'on les ancre davantage dans la pauvreté. (...) Ils ne pourront pas survivre si on coupe leur chèque. Leur revenu est déjà en deçà du seuil de pauvreté.»

Pour Anne Saint-Pierre, du Carrefour-Jeunesse d'Hochelaga, organisme aidant des jeunes d'Hochelaga-Maisonneuve, un quartier montréalais, les nouvelles règles vont démotiver ceux qui veulent s'en sortir et pousser les autres à se marginaliser davantage. «La coercition fait que les gens se braquent, qu'ils résistent. Ce n'est pas une stratégie de changement.

On va se réjouir d'apprendre que moins de jeunes ont recours à l'aide sociale quand, en fait, ils(ceux refusant le parcours obligatoire) vont se retrouver dans la rue ou à faire des montages de survie : la débrouille, la drogue, les vols. Ils vont s'éloigner encore plus des endroits où on peut les aider.»

Dans son article, la journaliste ajoute, se référant probablement aux propos de cette intervenante, qu'il est «bien plus efficace de travailler avec des jeunes qui ont choisi d'être là et avec qui on peut établir une relation de confiance». La preuve en est, d'après elle, que, entre septembre 1999 et septembre 2000, 62% des jeunes ayant participé à un projet-pilote ont accepté de faire quelque chose. Parmi eux, 87% sont allés jusqu'au bout.

Elle faisait peut-être allusion au programme Solidarité sociale du ministre péquiste André Boisclair, successeur de Louise Harel, qui, on peut le penser, avait été précédé d'un test sur le terrain basé sur le volontariat. (Sylvain Larocque -- La Presse du 22 août 2000)

Thériault, professeur titulaire à la faculté des sciences sociales de l'Université d'Ottawa, estime que le rapetissement de l'État providence n'a pas les mêmes conséquences pour les uns et pour les autres. (J-Yvon Thériault -- Revue Notre-Dame de septembre 1999) Les riches s'en tirent toujours, mais les pauvres écopent.

Ce sont tous les citoyens qui tirent avantage de la démocratie et qui doivent y participer. Et cela doit se traduire par un certain universalisme. Autrement, le Montréalais pourrait refuser de payer pour les routes en Gaspésie et dire : "Quand j'irai là, qu'on m'impose un péage." Il y a une particularisation des services qui ne va pas dans le sens de la citoyenneté.

Thériault dit aussi, et sans viser nommément le gouvernement du Québec, que l'État providence ne pratique pas une politique de charité. Il n'y a pas pour lui de bons et de mauvais pauvres. Il y a des citoyens qui ont accès à un patrimoine collectif. Or, il y a actuellement, même aux yeux de l'État providence, un recul du caractère universel de la citoyenneté. Il s'adresse de plus en plus à des populations «ciblées» et davantage dans le besoin.

«Il y a dans nos sociétés providentes un glissement de la solidarité citoyenne à la solidarité charitable. Et cela est lourd de conséquence pour l'idée même de citoyenneté», conclut-il. L'auteur nous entrouvre la porte à ce que nous allons découvrir maintenant. (Suite demain)

News du lundi 13 Avril 2009

  Monologue du vagin – Qui n'a pas entendu parler de cette pièce de théâtre d'Ève Ensler, créée en 1996? Un grand succès à Broadway, puis dans le monde entier. Cette œuvre est considérée comme un pilier du féminisme, lit-on sur wikipédia.

Elle a été à l'affiche également à Montréal. Ne l'ai jamais vue. Je trouvais le titre un peu abscons. C'est à regret que je vous annonce que je me suis trompé. C'est du bel humour, à preuve cet extrait vidéo délicieux... (01:39).

  Canada : des retraités sur le marché du travail – L'émission Enquête de la télé de Radio-Canada nous apprend qu'1 retraité sur 4 retourne au travail dès la fin de la première année, dont 40% pour des raisons financières. Les autres, peut-être pour se payer des petites folies, se valoriser, relever des défis.

L'enquête vidéo (08:08) remontant au mois d'octobre 2007, fort probable qu'à cause de l'avènement de la crise économique, l'année suivante, il faudrait ajouter cet élément à la liste des pourquoi.

Ce qui fait l'affaire d'entreprises : personnes âgées fiables et possédant de l'expérience. Toutefois, les salaires laissent (parfois ou souvent?) à désirer.

Remarques... Après une pub de 10 secondes, faut en attendre 10 autres avant que le reportage commence. Enfin, il y a un deuxième volet, mais il n'est pas disponible.

  Bordeaux, France : le zèle policier surveillé par Citoyens-Justice-Police (CJP) – Il s'agit d'une Commission nationale ayant pour mission d’enquêter sur les rapports entre les citoyens et les forces de sécurité, sur le contrôle et le traitement de ces rapports par l’institution judiciaire. En sont membres : la Ligue des droits de l’Homme-France (LDH), responsable de la coordination, le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), le Syndicat des avocats de France (SAF) ainsi que le Syndicat de la magistrature (SM).

Une antenne de CJP a été créée à Bordeaux afin d'entendre des citoyens témoins d'un dangereux durcissement des méthodes policières, notamment à l'encontre de cyclistes : récemment, une autre antenne du genre a été mise sur pied à Limoges, à 220 km au nord-est de Bordeaux.

  Deux policiers de Montréal voyeurs - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) En juillet 1996, Tracy-Carol Dorion compose le 911 et loge une plainte contre son conjoint pour voies de fait. (Paul Roy -- La Presse du 8 juillet 1999) Deux policiers de l'île de Montréal arrivent chez elle : Robert Wayland et Éric Charbonneau.

Pendant que la citoyenne, sur la banquette arrière de l'auto-patrouille, rédige sa déclaration, l'un d'eux interroge la banque informatisée du Centre de renseignement policier du Québec (CRPQ), découvre qu'elle fait l'objet de mandats d'arrestation pour contraventions impayées totalisant 342$.

On lui passe les menottes et l'amène au poste de police numéro 33. À deux reprises, en cours de route, elle s'enquiert du montant de sa dette, n'obtient aucune réponse. Au poste, la policière Nathalie Viau la fouille, en présence de deux collègues masculins. La citoyenne s'informe si leur présence est nécessaire, réponse affirmative de Viau. Le soir même, Dorion paie les amendes et recouvre la liberté.

Elle porte plainte au Comité de déontologie. Wayland et Charbonneau sont réprimandés pour l'avoir menottée sans justification, et suspendus une journée sans solde parce qu'ils ont refusé de répondre à ses questions sur les contraventions impayées. Quant à la policière Viau, elle écope d'une journée sans solde parce qu'elle a procédé à la fouille devant deux collègues. Et le responsable du poste ce soir-là, François Lessard, qui a permis à ceux-ci d'y assister, est suspendu deux jours sans salaire. (Suite demain)

  Des assistaux sociaux obligés d'adhérer à un Contrat social - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) La journaliste Boivin écrit que le gouvernement du Québec a instauré un contrat social avec les assistés sociaux considérés parties au travail. (Louise Boivin et Mark Fortier -- L'Économie sociale - L'Avenir d'une illusion -- Éditions Fides) Il a ciblé les jeunes de 18-24 ans et les femmes chefs de familles monoparentales.

Ce contrat n'en est pas vraiment un, car dans les faits, les personnes assistées sociales n'ont pas le choix d'y adhérer, fait-elle observer. Elles sont contraintes de participer à un «parcours individualisés vers l'insertion, la formation et l'emploi», le programme PARIE.

La journaliste a vu juste : en avril 2000, le ministre péquiste de la Solidarité sociale, André Boisclair, annonçait que le gouvernement suivra de beaucoup plus près les démarches des bénéficiaires de l'aide social pour réintégrer le marché du travail. (Denis Lessard -- La Presse du 14 avril 2000) Ceux qui refuseront un emploi verront leur chèque de bien-être social amputé de 75$ par mois : leur prédécesseurs au pouvoir, les l