News du jeudi 30 Avril 2009
■ Une valeur en détresse – Pire que les montagnes russes. Il y'a pas de rails, alors c'est
le free
for all (03:29).
■ USA : l'immense inventaire immobilier caché des banques – Le journaliste Mike Whitney, collaborateur de globalresearch.ca,
rapporte que selon une étude récente effectuée par Realty Trac
dans quatre États américains, seulement 30% des maisons saisies
sont remises en vente. Le reste est identifié par l'industrie sous
le nom d'inventaire caché. À l'échelle du pays : 600 000 maisons,
dont 80 000 en Californie.
Les
banques ne peuvent les mettre sur le marché parce que les prix
dégringoleraient davantage. Afin de dissimuler leurs pertes, elles
refinanceraient donc des hypothèques sur une base mensuelle. Par
ailleurs, depuis la levée au mois de mars du moratoire d'Obama
imposé sur les saisies, une énorme vague se profile à l'horizon.
On prévoit que d'ici la fin de l'année, 2,1 millions de maisons
seront perdues, qui viendront s'additionner aux 1,7 million de 2008.
Le prix de l'immobilier n'a donc pas fini de chuter.
Le
journaliste parle d'un autre 4 trillions de dollars de pertes pour
l'ensemble des propriétaires de maison, avec les conséquences qu'on
imagine : moins d'épargne pour la retraite, moins de dépenses et
une diminution du niveau de vie. Le plan de sauvetage de 75 milliards
d'Obama ne stoppera pas le tsunami qui s'en vient. Tous les secteurs
en seront affectés. Il va draguer une bonne partie de l'économie en
général, les actions en bourse aussi. Les autres pays de l'Occident
en seront-ils affectés?
■ Le totalitarisme de la régie des alcools du Québec - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Dans un autre article où il interroge Me
Robert La Haye,
qui représente plusieurs bars de danseuses, le journaliste Boisvert
nous fait découvrir un deuxième aspect de la question. (Yves
Boisvert --
La Presse du 4 juin 1999) En déclarant l'article 77 inopérant, la
Cour prive la police d'un important outil de travail. C'est qu'il
lui était plus facile de prouver la fraternisation entre le
personnel et le client d'un bar que de prouver les attouchements
interdits.
D'après
Réjean
Pothel,
président de l'Association des bars de spectacles du Québec, dont
le journaliste Alain Bisson de La Presse rapporte l'opinion, «ce
jugement-là aurait dû être prononcé il y a 25 ans, mais vaux
mieux tard que jamais.»
Pothel qualifie «d'oppressive»
les interventions policières dans les bars de danseuses, sous le
seul prétexte que le personnel fraternisait avec les clients. Pour
les tenanciers de bars, les conséquences pouvaient être
catastrophiques.
Redonnons
la parole à Me
La Haye,
interviewé par Boisvert : «En
plus, la loi provinciale fait en sorte que le propriétaire du bar
est présumé coupable;
il doit aller s'expliquer à
la Régie
(des alcools, des courses et des jeux) si
on a constaté de la fraternisation et il peut voir son permis
suspendu ou révoqué. Mais
une suspension de permis de trois mois, c'est la faillite bien
souvent.(...)
La
régie se sert beaucoup de cette disposition.
»
Complétons
d'un dernier cas impliquant
cette même Régie.
Décembre 1999, le juge
Jean-Jacques Croteau
de la Cour supérieure la rappelle à l'ordre. (Stéphanie Bérubé
--
La Presse du 8 mars 2000) Elle avait suspendu le permis d'alcool aux
propriétaires de la Marina de Repentigny et du restaurant Aux
Vieux-Varennes sans
que... ceux-ci ne puissent faire valoir préalablement leur point de
vue.
Décision de la Cour : ces procédures de la
Régie contreviennent à la Charte des droits et libertés.
Les cas du genre foisonnent. Examinons encore de plus près la façon
de faire de la Régie, entre autres tribunal administratif du Québec. Le
journaliste Boisvert a interviewé, en février 2000, Me
Simon Venne,
qui connaît bien ses us et coutumes, y ayant maintes fois défendu
les droits de propriétaire de bars. (Yves Boisvert --
La Presse du 26 février 2000) Il lui raconte qu'un jour elle avait
convoqué l'un de ses clients, dont
elle s'apprêtait à retirer le permis d'alcool.
Décorum
et atmosphère étaient relaxes.
Les deux régisseurs ne siégeaient pas d'une plateforme surélevée,
comme dans n'importe quel tribunal, mais au même niveau de plancher
que le propriétaire du bar. Ils ne l'avaient pas convoqué à une
«audience»,
mais à une «rencontre».
On ne parlait pas de la «preuve»
dans une «cause»,
mais d' «informations»
au sujet d'une «affaire».
Me Venne s'était même fait rappeler à l'ordre quand il s'était un
peu emporté. On lui avait dit qu'il n'assistait pas à une
«audience»,
mais à une «rencontre
amicale».
Suivant les propos de Me
Venne,
«il
ne manquait que le café et le cognac!»
Et le journaliste d'écrire : «La
justice cool, la mise en faillite dans une atmosphère vachement
décontractée, quoi.»
La
décision de la Régie est prise d'avance, relate le journaliste : le
tenancier est présumé coupable... mais une «rencontre»
est offerte. Ce
n'est pas assez, a statué le juge. Quand
des droits aussi importants sont en jeu, les personnes visées
doivent au moins être entendues.
Ce
maquillage des formes judiciaires n'est pas innocent,
d'après Boisvert. Notamment dans le cas d'une décision où le
fonctionnaire dispose de toute la discrétion nécessaire pour
appliquer une loi, il y a peu de chance que la Cour supérieure
puisse intervenir. Il fait observer que la stratégie ici consiste
donc à transformer la Régie en organisme purement administratif. La
déjudiciarisation totale vient couper l'herbe sous le pied aux
contestations ultérieures. (Suite
demain)
■ Ville de Laval, près de Montréal : l'Urgence sociale, décapitée de son responsable, passe aux mains de la police, avec la complicité du maire Gilles Vaillancourt - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Cinq mois après, en septembre 1999, l'affaire
rebondit au cours d'une réunion des membres du conseil municipal de
Laval. (Jean-Paul Charbonneau --
La Presse du 9 septembre 1999)
C'est que, entre-temps, le
responsable de l'Urgence sociale, Jean-Guy Dupéré, a pris... sa
retraite(NDLR :
Retraite forcée ou volontaire?)
et que les
élus ont confié l'administration de l'organisme à leur corps
policier.
Désormais les citoyens ayant besoin d'aide doivent s'adresser à la
police.
Ce
n'est pas tout :
une nouvelle directive stipule qu'une personne ne
peut obtenir d'aide alimentaire
si elle a un revenu. Le bs est-il considéré comme tel? Des
travailleuses sociales et autres intervenants
auprès de Lavallois en difficulté font part aux élus municipaux de
leurs inquiétudes. Ils
s'opposent à la nouvelle mesure touchant... l'aide alimentaire.
Puis,
il
y a la confidentialité des dossiers...
Posons la question : la police résistera-t-elle à la tentation
d'introduire ces renseignements dans sa mégabanque informatisée? Il
m'étonnerait beaucoup que ce ne soit pas déjà fait.
Ces
intervenant craignent aussi que,
à la suite du transfert de l'organisme, les
services offerts disparaissent graduellement,
que le budget alloué au dépannage social soit coupé en
conséquence. S'interrogent
enfin sur le volet répressif de la police,
précisant que la clientèle est souvent constituée de marginaux.
Le
maire
Gilles Vaillancourt
leur fait part que la possibilité de confier la direction de
l'Urgence sociale à
une personne ne relevant pas de la police
est à l'étude. Pour ce qui est du budget, il soutient que ce
service est l'un des seuls à voir ses crédits augmenter.
De son
côté, Benoît
Fradet,
membre du comité exécutif de Laval, indique qu'il interviendra
auprès de
la Régie régionale de la santé et des services sociaux,
dont il occupe la vice-présidence, afin
qu'elle supporte l'Urgence sociale.
Telle était la situation en ce mois de septembre 1999. (Suite
demain)
News du mercredi 29 Avril 2009
■ Plus de 6 milliards d'Autres - Gigantesque projet de Yann Arthus-Bertrand, l'ambassadeur de l'ONU
en environnement : 5 ans de tournage, 75 pays, 5 000 courtes
entrevues, 40 questions.
Entre
autres : Qu'est-ce que l'amour pour vous? Qu'aimeriez-vous changer
dans votre vie? Votre plus grande joie? Votre tout premier souvenir?
Votre plus grande peur? Que croyez-vous qu'il y ait après la mort?
Croyez-vous en dieu? Avez-vous un message à partager? Quel est,
selon vous, le sens de la vie? Vous pouvez témoigner
en ligne.
Le
message de l'un des participants du tiers-monde : «Imagine, toi et
moi, on s'apprécie, tu viens d'un autre pays, tu ne me connais pas,
je ne te connais pas, on discute sans se mentir. Si je t'apprécie,
je te donne une vache, et aussi d'autres choses, et on devient amis.
Si on n'a pas d'amis, comment on peu faire tout seul?» Un bon
aperçu du résultat (09:14), le tout sous-titré en français.
■ Le gouvernement du Québec utilisait un moyen détourné pour légiférer en matière criminelle, pourtant une juridiction exclusivement fédérale - (Suite tome 3
de L'Étau Policier) Il
faut toujours être sur ses gardes quand le pouvoir affirme adopter
telle ou telle mesure pour protéger le citoyen. Il
arrive,
plus souvent qu'on le pense, que
ses intentions cachées soient d'une toute autre nature,
ou qu'avec le temps elle soit utilisée à d'autres fins.
Ainsi,
ce cas concret où la
police de l'île de Montréal a agi dans l'illégalité
: les autres corps policiers municipaux et la Sûreté du Québec
procèdent ainsi du reste. Début juin 1999, la
Cour d'appel du Québec acquitte trois danseuses du cabaret Show Girl
de l'accusation d'avoir fraternisé avec des clients.
(Yves Boisvert -
La Presse du 3 juin 1999) Les trois juges statuent que cet
interdit porte atteinte à la liberté d'expression,
donc à la Charte canadienne des droits et libertés, car il
restreint la communication entre le client et l'employée,
c'est-à-dire la danseuse.
Important
de savoir, ainsi que l'explicite le journaliste Yves Boisvert de La
Presse, qu'ici, on ne parle pas de la danse contact, alors illégale.
Strictement
de l'article 77 de la Loi sur les permis d'alcool du Québec
interdisant au personnel d'un bar de «se
mêler aux clients, de boire ou de danser avec eux ou de prendre
place à la même table ou au même comptoir qu'eux.»
À l'origine, ce fameux règlement visait un seul objectif : en
limitant les rapports entre clients et le personnel d'un bar, on
voulait éviter que ce dernier les incite à boire pour faire plus
d'argent.
C'est
sur ce point que les juges ont articulé leur décision. Ils
précisent que le
groupe qu'on veut protéger,
les clients de bars, ne
sont pas particulièrement vulnérables
et c'est peut-être faire preuve d'un paternalisme déplacé que de
limiter leurs rapports personnels avec les employés. Il
existe d'autres règlements pour les protéger de l'ivresse,
comme l'étiquetage honnête des boissons ou l'interdiction de servir
de l'alcool à un client trop ivre. Cette limitation à leur libre
expression «brime
leur droit à une participation significative dans la société»,
n'est donc pas jugée raisonnable et est déclarée inopérante.
Notons
que le gouvernement Québec appliquait cet article 77 seulement dans
les bars de danseuses nues.
L'avocat
des trois danseuses inculpées illégalement, Me
Julius Grey,
a relaté au journaliste qu'il
utilisait ce moyen détourné pour légiférer en matière
criminelle, pourtant une juridiction exclusivement fédérale.
Autre commentaire de Me Grey (Alain Bisson -
La Presse du 3 juin 1999) : «Pour
la Cour d'appel, la liberté d'expression est à ce point
fondamentale que la loi doit être interprétée de façon large et
généreuse. Le seul fait de craindre que la fraternisation puisse
conduire à une infraction n'est pas un motif pour limiter la liberté
d'expression. S'asseoir et parler
avec quelqu'un est un droit fondamental.»
(Suite
demain)
■ L'inspecteur chef Pierre Brien, de la police de Laval, a caché le coté répressif de son travail - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Citons
un autre cas. À
Laval,
la pseudo police communautaire «s'intéresse»
également de très près aux
organismes sociaux.
Un article de la journaliste Isabelle Hachey de La Presse, publié en
avril 1999, porte à penser qu'elle était en train de mettre en
place ses pions pour
resserrer éventuellement les boulons du social.
(Isabelle Hachey --
La Presse du 16 avril 1999)
La
journaliste nous informe en effet que le Service
d'urgence sociale de Laval,
un organisme unique faisant l'envie des municipalités voisines
depuis 25 ans, signale-t-elle, sera
démantelé et placé sous la gouverne de ce corps policier.
Commentant l'événement en devenir, le Dr Roger Leduc, psychiatre à
l'hôpital du Sacré-Coeur, à Montréal, et responsable des troubles
psychotiques de citoyens du secteur ouest de Laval, parle d' «une
perte inestimable»,
d'«une
incongruité absolument incroyable».
Concrètement,
cela signifie que les travailleurs sociaux de ce service, destiné à
des Lavallois en détresse, devront
opérer à l'intérieur même des postes de police.
(NDLR : Avec la bénédiction du maire de l'endroit, Gilles
Vaillancourt,
et de la majorité des membres du conseil municipal.)
Voilà
qui inquiètent vivement plusieurs groupes communautaires, rapporte
la journaliste, qui cite Louise
Bélanger,
travailleuse sociale à la Cité de la Santé : «C'est
le fonctionnement, la philosophie de ce service qui est en péril».
Une grande partie des plus démunis n'oseront
pas se présenter dans un poste de police pour demander de l'aide,
déplore-t-elle. (NDLR : D'autant qu'ils
font déjà l'objet de répression policière partout dans l'espace
public,
autant à Laval qu'ailleurs.) Sans compter que la confidentialité
des dossiers des intervenants risquent d'être compromise.
L'inspecteur
chef Pierre
Brien,
de
la police de Laval,
assure, de son côté, que les dossiers des patients ne seront pas
entreposés dans les postes de police, afin d'éviter que «les
plus zélés»
ne soient tentés d'y fouiller. Il dénonce en outre cette «campagne
de désinformation.
(...)
Je
trouve bien dommage, déclare-t-il,
qu'au moment où la police tente de
s'ouvrir sur la communauté,
cette même communauté, ou une partie, rejette complètement
l'initiative. Elle ne veut même pas en entendre parler.
(...) On
souhaite qu'il se crée une synergie entre les travailleurs sociaux
et les policiers pour travailler plus près des problèmes dans les
quartiers.»
Louise
Bélanger
n'est cependant guère rassurée : «On
soupçonne la police de vouloir redorer son blason. Ça fait bon chic
bon genre de dire qu'il y aura des intervenants sociaux dans les
postes
(de police) de
quartier. Mais si les intervenants ont leurs mandats des policiers,
ce n'est plus du tout la même chose. Je
suis travailleuse sociale, je ne fais pas de la répression.»
À
l'appui de la travailleuse sociale Bélanger précisons que lorsque
la police dit vouloir
«s'ouvrir
sur la communauté»,
ainsi que l'affirme l'inspecteur chef Brien, il y a lieu de décoder
cette formulation si l'on veut se rapprocher de la réalité bien
concrète des faits. Un corps policier est par définition un
organisme hermétique et répressif.
Il a une mission à remplir et se doit de l'envelopper du secret
absolu, et
davantage quand il s'agit d'empiétements aux droits fondamentaux.
Alors,
c'est
un euphémisme
que de prétendre qu'il s'ouvre aux autres, sa
mission consistant d'abord et avant tout de faire en sorte que ce
soient plutôt les autres qui s'ouvrent à lui, que cela plaise ou
non.
Telle est la vérité.
Les
appréhensions de Bélanger sont donc raisonnables. Confirmons ses
propos : oui,
et sans aucune hésitation, il y aura de la répression policière.
Ce corps policier, comme ceux de partout ailleurs au Québec,
incluant les territoires où opère la Sûreté du Québec, n'arrête
pas d'agrandir sa toile où de plus en plus de citoyens s'engluent
les pattes.
En outre, on peut s'attendre à ce que les
dissidents, comme Louise Bélanger,
seront écartés, et selon la méthode policière usuelle décrite
dans ces pages. La
police neutralise toujours ceux s'opposant à son orthodoxie.
(Suite demain)
News du mardi 28 Avril 2009
■ Working on a Dream – Bruce Springsteen
(03:44). L'émotion est là. Il vieillit bien, ce mec.
■ La grippe porcine – La meilleure source d'information demeure l'Organisation mondiale
de la Santé (OMS), un organisme de l'ONU : ce qu'il faut savoir
+ l'ONU en état d'alerte
+ comment repérer
quelqu'un atteint de la grippe porcine.
■ Un rap de la diversité culturelle - Le
rap, j'aime bien, mais les bonnes pièces sont tellement rares. La
couleur musicale varie si peu d'une à l'autre. Vrai, que les paroles
importent plus que tout le reste, que le genre est une bonne tribune
où exprimer librement sa révolte. Encore faut-il que la qualité
des textes vaillent le coup, ce qui n'est pas toujours évident.
D'autant que vous n'avez
pas toujours le goût d'entendre ce qui ne va pas dans le monde. À
cela s'ajoute le fait que les situations dénoncées se ressemblent
toutes, à quelques nuances près, et sont répétées par la très
grande majorité des rappeurs. Le discours perd de son impact, de
l'audience. Pas facile de se distinguer des autres. Eminem a réussi
ce tour de force, notamment avec MOSH, un rap anti-Bush
particulièrement sublime.
Il
y en a aussi qui se tirent très bien d'affaire, même s'ils ne sont
pas de grandes stars, en tout cas pas encore. Le groupe Hydra, par
exemple, qui est très articulé et engagé socialement. Un amalgame
du rap classique et de musique arabe : clip d'Hydra : Muafia
(04:26). Biographie d'Hydra
+ Son engament
social + Ses amis.
■ Les policiers Pierre Bergeron et Lynda De Laplante ont violé à peu près toutes les dispositions législatives relatives à leur devoir de discrétion - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) À
l'été 1999, deux membres de la police de Brossard, Pierre
Bergeron,
détective de son état, et Lynda
De Laplante,
responsable des relations publiques, convient des journalistes,
photographes et cameramen à une descente policière au
Motel Best Western où ils soupçonnent plusieurs personnes de se
livrer à la prostitution.
(Presse canadienne et Hugue Dumas -
La Presse des 30 janvier et 13 mars 2002)
Un
peu avant minuit, une quarantaine de policiers font irruption dans la
suite nuptiale du motel, transformé, aux
dires de la police,
en maison de débauche. Ils passent les menottes à 9 femmes et 20
hommes. Photographes
et équipes de télévision sont sur place et captent tout.
Le lendemain, à la télé, certains reporters, pendant que les
images de la descente défilent sur l'écran, parlent d'un réseau de
prostitution. Plusieurs
des personnes arrêtées s'y voient, partiellement vêtues ou
carrément nues.
Deux quotidiens montréalais publient des photos de quelques
personnes présentes au motel ce soir-là. L'un titre ainsi son
article : La
police met fin aux partouzes à 100$.
Par
la suite, certaines de
ces personnes,
hommes et femmes, portent
plainte
auprès du Comité de déontologie, et relatent, aux audiences, que
leur
vie a été bouleversée :
«On
s'est fait accuser de prostitution, moi et les autres femmes qui
étions là.» Selon
un autre témoignage : «Ma
vie avec mon entourage ne sera plus jamais la même et ma santé
mentale en mange un méchant coup. Il
y a des membres de ma famille qui ne me parlent plus. On m'a traitée
de prostituée.»
En
janvier 2002, Me
Gilles Mignault,
du Comité de déontologie, rend son verdict. Les
policiers Bergeron et De Laplante ont eu tort d'inviter les médias à
assister à la descente. «En
permettant qu'on filme des personnes présentes et en parlant
publiquement de prostitution avant
le dépôt des accusations,
en laissant entendre que les personnes présentes sur les lieux
pouvaient être accusées de cette infraction criminelle, les
policiers n'ont sûrement pas respecté l'autorité de la loiet
des tribunaux et n'ont pas collaboré à l'administration de la
justice».
Il
estime que «l'agent
De
Laplante
et le détective Bergeron
savaient
ou auraient dû savoir qu'ils s'apprêtaient à
violer à peu près toutes les dispositions législatives relatives à
leur devoir de discrétion,
à la confidentialité des renseignements obtenus dans l'exercice de
leurs fonctions et aux protections accordées, entres autres par les
Chartes, au respect de la vie privé».
Les deux policiers sont chacun condamnés
à 21 jours de suspension, sans salaire.
Cependant,
le
dossier n'est pas clos.
Cinq des participants, dont trois femmes, intentent, en juin 2002, en
Cour supérieure, des poursuites en dommage de près de 150 000$
-- 30 000$ pour chaque plaignant - contre la Ville de Longueuil
(entre-temps, Brossard y avait été fusionnée) et ses policiers
Bergeron et De Laplante. (Rodolphe Morissette -
Journal de Montréal du 15 juin 2002) Ils invoquent le fait que la
police avait convoqué d'avance la presse, soulignent
qu'elle a ainsi porté atteinte à leur droit fondamentaux et
enfreint la Loi sur la police.
Plus
explicitement, les requérants plaident qu'il ne s'agissait pas d'un
«réseau
de prostitution»,
ainsi que l'affirmait la police, mais
plutôt d'«adultes
libérés qui se réunissaient pour vivre une sexualité différente,
communément appelée échangisme».
De telles pratiques policières ne
cherchent qu'à humilier,
allèguent-ils. Enfin, les règles des services policiers prévoient
la confidentialité de tels renseignements, notamment avant que des
accusations soient portées. On ignore la suite. (Suite demain)
■ C'est dans le sous-sol de la démocratie que l'on découvre le visage à deux faces du pouvoir politique - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Au
fait, les
gouvernements péquistes successifs,
qui détenaient le pouvoir au moment de mon enquête, luttaient-ils
contre la pauvreté ou contre les pauvres?
D'après ce que j'ai vu sur le terrain, ils
faisaient simultanément les deux,
quoi qu'il soit impossible d'évaluer s'ils s'investissaient plus
dans l'une que dans l'autre.
Politiquement,
ils ne pouvaient s'abstenir de lutter contre la pauvreté, ils
auraient braqué contre eux beaucoup d'électeurs. Honnêtement,
je ne crois pas qu'ils seraient passés à l'acte s'ils
en avaient eu la possibilité. Mais
serrer la vis aux pauvres, ça oui, ils l'ont fait.
Ce
n'est pas dans son discours que transparaît son intolérance
vis-à-vis les vitres cassées, mais
dans les actes législatifs et réglementaires
de toutes sortes qu'il met de l'avant, ainsi que le
rôle qu'il attribue en catimini à sa police en civil.
Il
s'agit carrément de répression.
C'est dans le sous-sol de la démocratie que
l'on découvre le vrai visage du pouvoir.
Comment réagir à ce comportement néolibéraliste? Faire appel à
la tolérance n'est pas la riposte indiquée. Quand on tolère, on
n'aime pas trop.
Jesus
Jimenez Orte,
président du conseil d'administration de la Ligue des droits et
libertés, section de Québec, perçoit une autre connotation
négative (Jesus Jimenez Orte --
Revue Notre-Dame de décembre 2000) : «On
peut l'associer à une sorte de condescendance.
Une sorte de paternalisme où la personne tolérante occupe une place
privilégiée par rapport à ceux et celles qu'elle tolère». Cette
attitude laisse croire que l'on détient la vérité.
«La
véritable tolérance n'a rien à voir avec la condescendance. Elle
concerne plutôt le respect des droits fondamentaux,
ceux qui figurent dans la Déclaration universelle des droits de
l'homme»,
explicite-t-il. (NDLR : On accède au site Web de l'UNESCO,
organisme de l'ONU, en utilisant les mots clés Déclaration
universelle des droits de l'homme.) Entre autres, le droit à la
sécurité sociale, au travail, à la santé, à l'éducation. «Ces
principes garantissent à tous les membres de la famille humaine un
seuil au-delà duquel on ne saurait passer sans porter atteinte à la
dignité.»
(Suite demain)
News du lundi 27 Avril 2009
■ La démocratie islamiste (intégriste) – La scène qui suit se déroule, sauf erreur, en 2007 ou 2008, à
Londres. Manifestation d'Abu Izzadeen, qui circule en auto, micro à
la bouche. Le haut-parleur projette sa voix dans toutes les
directions. Des piétons s'immobilisent. Son message...
«Voter aux prochaines
élections, c'est agir en mécréant (Petit Robert : qui ne professe
pas la foi considérée comme vraie). Quiconque soutient les
mécréants, qu'ils soient travaillistes, démocrates libéraux,
conservateurs ou de la coalition "Respect" devient un
mécréant comme eux. Quiconque s'allie à ces infidèles est un
mécréant. (...) Alors ayez peur d'Allah et ne votez pas pour un
mécréant. (…) Les musulmans ne votent pour personne, les
musulmans ne réclament que (il récite la profession de foi
musulmane). Nous avons notre propre charia et notre propre religion.
(…) Nous ne suivons personne en dehors du message de Mahomet.»
Un
policier intervient, lui demande poliment de stationner son véhicule,
d'arrêter de parler au micro, qu'il veut s'entretenir avec lui. Sans
refuser, il n'en poursuit pas moins son discours, alors... Vidéo
sous-titrée en français (03:26) + Dessin.
■ Une journée dans la vie de Marie-Madeleine – Ce film de Serge Bilé, qui sort en France mercredi 29 avril,
traite de la vie et la sexualité dans les couvents. Témoignages de
cinq ex-religieuses, recueillis en France, en Italie, au Congo et en
Martinique, qui s'expriment sans tabou.
Il
relate également la vie tragique de Sœur Sourire, auteur d'un très
grand succès en 1963 : Dominique,
nique, nique (02:56), autre version ici
(03:14). Le premier cas connu d'une homosexualité assumée par une
nonne.
Elle avait d'ailleurs quitté son couvent pour aller vivre
avec une femme tout en continuant d'interpréter des chansons contre
le machisme des prêtres et pour la pilule contraceptive, ce qui lui
attireront les foudres de l'église. Le 29 mars 1985, ruinée et
spoliée par son couvent, elle se suicidera avec sa compagne.
Un
extrait
du film (02:30) + Site de
Serge Bilé + En savoir
plus sur cet auteur.
■ Jacques Gagnon de la Sûreté du Québec : 3 coups de poing à la figure à quelqu'un qui a maugréé - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Pendant
une vérification de routine, dans le secteur de St-Évariste, sur le
territoire de la MRC de Beauce-Sartigan, le policier
Jacques Gagnon de la Sûreté du Québec
intercepte le véhicule d'un dénommé Lecours, un handicapé
physique. (Presse canadienne -
La Presse du 23 février 2001)
Deuxième
interception de la journée, alors il maugrée. Ça
déplaît à Gagnon, qui lui assène trois coups de poings à la
figure.
Février
2001, le Comité
de déontologie
ne tient pas compte dans sa décision du handicape de la victime, car
rien n'indique que Gagnon
s'en était aperçu. «Gestes
gratuits»,
statue le comité. «Il
n'y a eu aucune sorte de provocation de la part de M. Lecours».
Gagnon
devra «comprendre
que de tels gestes sont inadmissibles, que la personne soit saine ou
handicapée, jeune ou âgée, calme ou arrogante».
Il est suspendu pendant 15
jours sans solde.
(Suite
demain)
■ Pour le pauvre, rien de pire que le mépris des autres et la marginalisation policière - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Ne
soyons pas chiche à l'endroit des pauvres. Ils ont déjà si peu
comparé à ce que vous avez, amis lecteurs. Ils ne méritent pas ça.
Quand
un citoyen perd son autonomie financière, c'est très souvent un
drame pour lui.
Comme ce le serait pour vous-même si jamais vous perdiez votre
emploi et n'arriviez plus à retourner sur le marché du travail :
du
reste, le même sort nous attend tous quand nous atteignons un
certain âge.
Plusieurs
sociologues le disent :
la représentation que le pauvre se fait de lui-même dépend pour
une large part des images que lui renvoient le milieu délabré et
l'entourage humain où il vit, images
qu'il intériorise et l'infériorise.
Le pauvre a besoin d'être valorisé. On doit le porter sur la main,
lui donner ce qu'il y a de mieux, lui insuffler de l'énergie, et
non le mépriser en lui donnant du dessous de gamme et en faisant
appel à la police-balais pour le marginaliser.
Rien
de pire en effet que le mépris des autres et la marginalisation à
laquelle se livre la police en civil et ses collabos. Cela lui
siphonne une bonne partie de ses énergies. Tout citoyen retire de
l'intégration à un groupe un sentiment d'appartenance et d'estime
de soi. L'en faire exclure par la police lui inflige une intense
souffrance psychologique : la répression policière, on le sait
maintenant, est orientée selon la classe sociale. Surtout quand
c'est le seul groupe auquel il était intégré.
Le
pauvre a autant besoin d'appartenance que de revenus. L'éjecter
de la société est l'équivalent de mettre un couvercle sur sa vie.
Et comme s'il n'en avait pas déjà suffisamment sur le dos, voilà
que s'implante l'étatisation du communautaire, la mise au pas du
pauvre, la dépendance zéro vis-à-vis l'aide alimentaire.
(Suite demain)
News du dimanche 26 Avril 2009
■ One Nation under Siege – Une analyse fouillée de témoins et spécialistes des 8 années
de règne de W. Bush (01H27). Une réalisation de William Lewis,
disponible en anglais seulement. À visionner sur l'écran Google,
dans la colonne de droite. Affiche
du film + Une Statue de la Liberté déçue.
■ L'histoire d'un gars qui a besoin de vibrer – Être bien dans sa peau, plus important dans la
vie que le boulot-métro-dodo : Signs (12:12).
■ Le policier Alain Daoust de la SQ assène un coup de lampe de poche à un citoyen menotté, qui perd deux incisives - (Suite tome
3 de
L'Étau Policier) Lors
d'un barrage routier, à St-Agathe-des-Monts, en avril 1997, le
caporal
Alain Daoust,
du poste de
la Sûreté du Québec (SQ)
des Laurentides, constate que l'un des cinq occupants d'un véhicule,
en liberté provisoire et tenu de ne pas fréquenter des personnes
ayant des antécédents judiciaires, n'a pas rempli son
engagement (Presse canadienne --
La Presse du 1ier mars 2001) : le
conducteur en possède.
Il est alors arrêté et conduit au poste de police. En chemin, le
caporal Daoust
repousse le citoyen menotté en le frappant au visage avec sa lampe
de poche.
Ce dernier y perd
deux incisives
supérieures.
Me
Jacques Monette,
du Comité de déontologie, qualifie de «très
grave»
le geste de Daoust. «La
réaction du policier a été nettement excessive et abusive.
(...) Il
est vrai que le citoyen
(menotté...) en
question était peu coopératif mais la
violence du geste posé par le caporal Daoust est hors de proportion
dans les circonstances.
Est-il besoin de rappeler que l'on
ne peut porter atteinte à l'intégrité physique d'une personne que
dans un cas d'absolue nécessité?»
Le
caporal Daoust
est déclaré inhabile à exercer la fonction d'agent de la paix pour
une période de trois ans.
Comme il arrive souvent en milieu policier, Daoust ayant pris sa
retraite, il ne peut faire l'objet d'autre sanction. (Suite
demain)
■ Stigmatiser les pauvres et les soumettre à l'arsenal répressif de la police en civil et de ses collabos - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Voilà
de quoi faire tomber bien des préjugés. D'un,
que riches
ou pauvres,
nous sommes tous dépendants de nos trois repas par jour.
De
deux,
que le pouvoir politique tente d'associer la nécessité d'une aide
alimentaire à une dépendance alimentaire, façon
à la fois subtile et vicieuse de culpabiliser le pauvre sans
avoir l'air de le faire, de lui couper les vivres aussi pour le
forcer à retourner sur le marché du travail. Remarquez
qu'il ne le dit pas et ne le fait pas lui-même,
d'autres s'en occupent à sa place, la
police en civil notamment.
De ce message, il ressort que le
pauvre est coupable de sa pauvreté.
Le pouvoir est justifié de l'aider encore moins, sans
perdre de plumes.
Éventuellement, il aura beau jeu de dire qu'il n'y a pas autant de
pauvres qu'on le prétend puisque
parmi eux on compte de faux pauvres :
des cervelles
d'oiseaux,
aurait
dit le premier ministre péquiste Bernard Landry,
devant quelques témoins, et se référant aux repas gratuits servis
dans des écoles. Et de trois, que nous sommes en plein discours
néolibéral.
La
dépendance alimentaire zéro les
stigmatise,
et sans vouloir verser dans le misérabilisme, rend
leur pauvreté encore plus lourde à porter.
Elle vient s'ajouter à
l'arsenal répressif de la police.
Autrement dit, et ce n'est pas rien : le
gouvernement du Québec s'est littéralement approprié ces
organismes sur lesquels des pauvres comptent pour adoucir un tant soi
peu leurs difficultés économiques et se socialiser.
Le
plus dramatique, c'est que ces organismes ne réagissent pas toujours
par un contre discours. On
comprend pourquoi quand on sait que le pouvoir, en les étatisant par
subventions interposées, les a muselés. En
acceptant de troquer leur liberté de parole contre des subventions,
ces dirigeants d'organismes démontrent, le moins que l'on puisse
dire, que les
racines de leur conscience sociale ne sont pas très ramifiées.
(Suite demain)
News du samedi 25 Avril 2009
■ Amnesty International – Les 100 premiers jours d'Obama à la présidence des USA. Amnesty :
We don't expect the impossible, titre
de sa vidéo (02:18 – affichez plein écran), sommet de la
colonne du centre. Explorez le site... De toutes évidence
l'organisme mise beaucoup sur le successeur de W. Bush.
PS
:
Un peu idyllique, cette vidéo. Il n'en demeure pas moins que depuis
son arrivée au pouvoir des choses ont changé, dont certaines
figurant sur la liste d'Amnesty.
■ La Parisienne libérée – Portrait d'une chanteuse engagée et hors
du commun : vidéo (03:21). Elle traite de l'actualité. Ça coïncide bien avec ce qui précède.
■ (Hadopi) et Big Brother – Mercredi dernier, mise en garde de Tim Berners-Lee, l'un des fondateurs
du web : il y a risque qu'Internet devienne une immense machine
de surveillance de ses usagers.
PS
:
Dans sa déclaration, il ne fait aucun lien avec le projet hadopi de
Sarkozy. Tout de même, notons qu'elle tombe à point nommé.
■ Le projet de loi hadopi de Sarkozy court-circuite les tribunaux – Hadopi? Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la
protection des droits (d'auteurs) sur internet. Cette voie rapide de
Sarkozy permettra, si elle est adoptée ces jours-ci, de couper la
connexion internet au contrevenant.
Alors
que l'Union européenne, dont la France est membre, a statué que le
web est un support indispensable à l'exercice des libertés
d'expression et d'information : l'un des droits de l'homme de l'ONU.
Il est question de l'amender de façon à ce que seuls les tribunaux
puissent juger les pirates.
Selon
challenges.fr,
les majors américains du disque ont livré leurs batailles devant la
justice et poursuivi quelque 35 000 personnes depuis 2003. Autre
article : Quant la ministre française de la culture Christine
Albanel
défie les droits de l'homme + une invitation
à manifester aujourd'hui à Paris.
PS
:
Le projet de Sarkozy n'est rien d'autre qu'une porte d'entrée à la
surveillance totale du web. Cet homme est dangereux. À éviter et ne pas inviter.
■ Daniel Caron de la Sûreté du Québec administre à une femme trois coups de poing au visage - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Une
citoyenne, fortement
intoxiquée,
tombe en panne sur l'autoroute métropolitaine, dans l'île de
Montréal. Elle
est arrêtée
et mise en cellule au poste Montréal-Métro, à St-Laurent.
Constatant
son état hystérique, le policier Daniel
Caron de la Sûreté du Québec
appelle l'ambulance. (Rollande Parent, Presse canadienne -
La Presse du 25 août 2002) Alors que deux collègues tentent de
l'immobiliser, le policier Caron
entre dans la cellule et lui administre trois coups poing au visage.
En résulte un hématome. C'est l'ambulancier qui dénonce le geste
de violence.
Me
Richard W. Iuticone,
président du Comité de déontologie, juge, en août 2002, comme
facteur aggravant le fait que Caron ait toujours nié être entré
dans la cellule. Il qualifie son geste «d'une
gravité extrême et d'une inutilité absolue»
et précise qu'il avait «perdu
le contrôle d'une situation stressante».
Il
le condamne à 20
jours de suspension sans solde.
Des accusations
criminelles de voies de fait
sont également portées contre lui, mais il
est acquitté
parce que le principal témoin, l'ambulancier, n'a
pu affirmer avec certitude
que Caron était bel et bien l'agresseur. (Suite
demain)
■ Les denrées gratuites permettent à des pauvres d'investir dans la recherche d'un job - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Il
importe de savoir que lorsque le pauvre a le strict minimum pour
vivre, les
denrées alimentaires prennent à ses yeux une valeur émotionnelle.
Il craint continuellement d'en manquer. Ce n'est pas parce qu'il a
obtenu quelque part un repas gratuit ou un sac de denrées permettant
de subsister trois ou quatre jours, rarement plus, qu'il
ne se préoccupe plus de ce qu'il mangera le lendemain :
au rythme de trois repas par jour, les denrées s'épuisent
rapidement.
Et
il n'a jamais la certitude que la fois suivante on lui en redonnera.
En outre, il lui est pratiquement impossible
de se constituer une réserve,
car contrairement à ce que l'on croit, il ne peut solliciter
plusieurs endroits à la fois. On
le repère assez rapidement.
Il demeure donc continuellement en état de pénurie alimentaire
appréhendée.
Certains
clament qu'il faut apprendre au pauvre à pêcher et non lui donner
du poisson. D'accord, mais cela soulève un gros point
d'interrogation : et
la canne à pêche, elle, qui va la payer?
Ici, on parle du bas de gamme et du strict nécessaire. C'est un fait
que beaucoup ignore, car il faut être passé par là pour le savoir.
Sacs de denrées ou repas gratuits leur facilitent un peu plus la
vie.
En
outre, ils
permettent à des pauvres d'utiliser à d'autres fins l'argent ainsi
économisé.
À préparer leur retour sur le marché du travail, investir dans
l'achat
de vêtements présentables,
d'un ou d'outils indispensables, notamment
en informatique,
investir aussi dans le transport
en commun,
autant d'éléments augmentant
les chances d'emploi.
De cela, on ne parle jamais.
Quand
on sait qu'avec l'aide social, les pauvres ne disposent d'aucune
marge de manœuvre, quel
mal y a-t-il donc
à recourir aux sacs de denrées et repas gratuits? Pourquoi se
gêneraient-ils? Pourquoi
les en empêcherait-on?
De
plus, au cours de mon enquête de deux ans et demi à Montréal, j'ai
fréquenté des soupes populaires et des restos communautaires et je
n'ai jamais
rencontré un usager ayant un emploi.
Sauf ceux en ayant décrochés un et continuant d'y aller dans
l'attente de la première paie. Et aussi
histoire d'assurer leurs arrières au-ca-z-où leur
patron jugeait qu'ils ne font pas l'affaire.
Quand vous avez un job
stable, vous
ne fréquentez plus ces endroits,
à moins d'être seul et de chercher à se socialiser, ou d'être un
policier ou une policière en civil ou l'un de ses collabos. Vous
avez le cash pour remplir armoires et frigo de denrées fraîches et
succulentes. (Suite
demain)
News du vendredi 24 Avril 2009
■ La police française accusée de commettre de graves violations des droits humains – Selon Amnesty International, ces violations visent des minorités
ethniques et rarement sont-elles traduites en justice. Les
allégations d'homicides illégaux, de passages à tabac, d'insultes
racistes ou de recours à une force excessive donnent rarement lieu à
l'ouverture d'enquêtes véritables.
Les procédures
d'enquêtes relatives aux plaintes déposées contre des policiers
français ne sont pas à la hauteur des normes requises par le droit
international. Les victimes ou témoins de mauvais traitements sont
en outre de plus en plus souvent inculpés d'"outrage" ou
de "rébellion".
Vidéo
(06:33 - agrandir pleine page) au sommet de la colonne du centre :
Impunité
des policiers en France. Le rapport
d'Amnesty International (46 pages) : Des policiers au-dessus des
lois.
■ La France brûle – clip engagé de Marijane Miracle, qui n'a
pas dû plaire au pouvoir politique : ni le titre, ni le contenu.
■ Singapore – Catégorie des vidéos
créatives (03:34), sortant du moule clip classique. Les
innovateurs n'ont pas fini de nous en faire voir de toutes les
couleurs (03:34).
■ Détention d'une jeune femme «complètement
injustifiée et inadmissible» - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Le
24 juin 1998, les agents Richard
Roy et Denis Lapointe, de la police de St-Basile-le-Grand,
appréhendent Manon
Nancy Tremblay
pour du tapage à la suite d'une dispute avec un ami. (La Presse du 6
septembre 2001) Après lui avoir passé les menottes, les
policiers la blessent à un coude puis la sortent à moitié nue de
la résidence de sa mère.
Au
poste de police, on
l'empêche d'appeler un avocat.
Et, parce qu'elle a craché au visage de l'un d'eux, on
l'asperge de poivre de Cayenne
et la laisse, pendant 16 ou 17 heures, sans
soins et sans eau
dans une cellule : l'eau permet d'en atténuer les douleurs
occasionnées aux yeux.
Dans
sa décision rendue le 15 mai 2001, Me
Richard W. Iuticone,
du Comité de déontologie, qualifie cette façon d'agir de «gratuite
et démesurée»,
ajoutant que la détention de la jeune femme était «complètement
injustifiée et inadmissible».
Ils l'avaient en outre brutalisée
et arrêtée sans mandat.
Roy et Lapointe sont suspendus sans salaire pendant 32
et 23 jours
respectivement. Un troisième policier, Robert
Mercier,
qui avait entre-temps quitté ses fonctions, est jugé
inhabile à porter l'uniforme pendant deux ans.
(NDLR : On ignore de quoi il était accusé) (Suite
demain)
■ La police s'intéresse à la dépendance alimentaire des pauvres plutôt qu'aux nombreux scandales financiers - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Les
enfants pauvres ne sont pas les seules cibles. La direction du corps
policier de l'île de Montréal encourage
aussi ses policiers et policières en uniforme
à donner de leur temps aux organismes des quartiers qui en font la
demande. (La Police de quartier -
Ensemble pour mieux servir -
Communauté urbaine de Montréal et Police de la CUM, 1996)
Pourquoi
ces policiers alors que leurs collègues en civil y sont déjà,
et massivement? Acteurs d'une opération de relations publiques?
L'uniforme
passe bien dans les médias.
Le quotidien La Presse a déjà publié la photo d'une policière en
uniforme assurant, large
sourire sympa affiché, comme on n'en voit jamais,
le service à l'une des tables d'un resto communautaire. Ce
qui inquiète, ce n'est certes pas la beauté du geste, mais ce qu'on
dissimule derrière.
Ainsi
qu'on peut le lire dans le livre de Normandeau,
deux
policiers de l'île de Montréal sont membres du conseil
d'administration
de l'organisme sans but lucratif La
Corbeille,
une banque alimentaire desservant le quartier Bordeaux-Cartierville,
à Montréal. (André Normandeau -
Une police professionnelle de type communautaire -
Éditions du Méridien ) L'un
en est le vice-président, l'autre, l'un des administrateurs. Ils
sont deux des quatre signataires de l'un des rapports dont fait état
Normandeau. Ils s'y identifient d'ailleurs comme appartenant à ce
corps policier.
On y apprend également qu'au Magasin
Partage,
autre organisme sans but lucratif, de leurs
collègues policiers et policières veillent à ce que les clients
réguliers ne développent pas une dépendance vis-à-vis... l'aide
alimentaire.
Cette
mesure est-elle appliquée dans les autres soupes populaires et
restos communautaires du Québec? Quant on sait que la police en
civil est infiltrée dans tous les organismes communautaires, on
peut imaginer les situations arbitraires que cela occasionne.
Préoccupant, pour le moins.
D'autant
plus que Normandeau
et Leighton
prévoyaient, dans leur document de 1990, que les
policiers s'intégreront davantage à la vie sociale et politique des
collectivités locales,
en tant que membres. (André Normandeau et Barry Leighton -
Une vision de l'avenir de la police au Canada : Police-défi 2000 -
Direction de la police et de la sécurité, Secrétariat du Ministère
du Solliciteur général du Canada, 1990)
Leur
participation ne sera limitée que lorsqu'il y aura conflit
d'intérêts direct avec leurs activités policières,
écrivaient-ils. Les flics en uniforme "oeuvrant" en milieu
communautaire et
appliquant la tolérance zéro vis-à-vis la dépendance alimentaire
du pauvre ont déjà les deux pieds dans le conflit d'intérêts.
Sans compter les civils, invisibles ceux-là.
Lorraine
Doucet,
coordonnatrice du Phare, un organisme communautaire implanté dans
l'est de la Ville de Montréal, parmi les HLM Marie-Victorin, ne
croit pas qu'il s'y trouve des fraudeurs et des profiteurs. «Loin
d'abuser, les gens sont souvent mal à l'aise de réclamer un panier
de Noël ou un repas chaud»,
a-t-elle constaté. (Martha Gagnon -
La Presse du 14 décembre 2001)
Elle insiste pour dire qu'elle
travaille avec «des
familles et pas
avec des facteurs de risque».
Une expression, souvent utilisée par des technocrates, dont elle a
horreur. «Notre
action est avant tout basée sur le respect. On ne juge personne.
Arrêtons de chercher des fraudeurs et des profiteurs. S'il y en a
ici, croyez-moi, ils sont rares. Peut-être
sont-ils plus nombreux dans les grosses multinationales.»
(
NDLR : Dans un autre chapitre, nous avons parlé de ces
dernières. Les nombreux scandales financiers en milieu
boursier démontrent amplement que des entreprises ne sont pas
blanches comme neige, et loin s'en faut. Et que la
police municipale et provinciale n'y intervient pas, préfère lutter
notamment contre la... dépendance alimentaire des pauvres.)
(Suite
demain)
News du jeudi 23 Avril 2009
■ Mini-spectacle
vert – Moins spectaculaire que celui de Greenpeace (que vous pouvez voir
plus bas dans cette page), mais pas moins efficace, et rigolo en
plus (01:07).
■ Des graffiteurs traitent les flics de Montréal d'assassins – Le quotidien La
Presse fait écho de graffitis qu'on verrait un peu partout dans
la métropole, et signés de l'adresse d'un site
web où figure une longue liste de citoyens tués par des membres
de ce corps policier.
■ Prendre soin de notre petite toupie – Greenpeace
(03:00) est vraiment partout. Cet ORG possède l'art de frapper les
imaginations. Il joue un rôle utile dans le monde. Y'a pas meilleure
raison d'être.
■ Les avocats de la couronne sont plus compréhensifs lorsqu'un crime est commis par un policier - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) À la fin de janvier 1999, un
policier éducateur de la section d'aide à la jeunesse de la police
de l'île de Montréal,Jean-Marc
Saint-Hilaire,
50 ans, est traduit devant le juge Jean Beaulieu de la Cour du
Québec, au palais de justice de Saint-Jérôme (Jean-Paul
Charbonneau --
La Presse du 29 janvier 1999) : il
a fumé de la marijuana avec une
«écolière»
(une ado?).
Il a aussi admis en avoir eu en sa possession lors
d'une autre rencontre,
à son domicile de Terrebonne, cette
fois-là en présence d'autres adolescentes.
Expliquant
au juge que le policier avait
dû prendre sa... retraite
après 28 ans de service et subi une cure de désintoxication,
l'avocat
de la Couronne, Me Jean-Pierre Boyer, demande et obtient que le
tribunal lui accorde l'absolution inconditionnelle.
Saint-Hilaire était un ex-membre de l'escouade
moralité et drogue de ce corps policier.
(Suite
demain)
■ Les interventions «musclées» du psy Richard Tremblay - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Revenons
à l'article du journaliste Diotte, qui a demandé au psychologue
Tremblay
s'il était possible de renverser la vapeur. «Oui»,
à
condition d'intervenir auprès des enfants avant l'âge de 10 ans
ainsi qu'auprès de leurs parents.
«Dans
notre recherche, nous avons séparé deux groupes de délinquants en
devenir,
relate-t-il.
L'un a été suivi par des psychologues et intervenants sociaux alors
que l'autre a été laissé à lui-même. Les résultats sont
éloquent.»
Dans
le groupe des jeunes suivis par des professionnels, seulement
24% ont fait partie d'un gang de rue entre 14 et 16 ans.
Dans l'autre groupe, c'était
deux fois plus.
Les jeunes qui ont bénéficié d'un encadrement ont moins fait
l'objet d'arrestations policières et ils ont été plus nombreux à
terminer leur cinquième secondaire.
«Ces
résultats prometteurs sont le fruit d'une intervention
musclée
(resic)»,
répète-t-il.
Il faut rencontrer les parents, les enfants et les professeurs
plusieurs
fois par mois
(...).
Il est évident que l'on ne peut combattre la délinquance avec des
rencontres sporadiques entre psychologues et enfants problématiques.»
Le
comportement des pauvres de plus en plus examiné à la loupe, du
berceau à la mort finalement,
par la police en civil et ses collabos, dont des psychologues, bien
entendu tous des intervenants éminemment objectifs dans leur analyse
des problèmes et des remèdes "musclés"
nécessaires
à la salubrité de la Société civile.
Ce
doit être bon pour la société puisque des "experts"
le disent, des
psy,
qui ne connaissent probablement rien d'autre que leur profession.
Tous nuls en matière policière. La
police aussi,
qui cherche continuellement à
développer du pouvoir.
Totalement objectifs, les psy? Pas tout à fait, car se dissimule
là-dessous aussi un... autre objectif : cela
créera de l'emploi pour les psys
n'arrivant pas à gagner leur croûte. Il faut bien penser à
eux, n'est-ce-pas : certains sont pères de famille... Et
où logent-ils politiquement, à droite ou à gauche?
(Suite demain)
News du mercredi 22 Avril 2009
■ Des organismes engagés - En 2007, deux semaines avant les élections présidentielles en
France, des organismes ont lancé un clip d'appel au vote et à
l'engagement : Confédération
Étudiante, ACLEFEU,
Ni Putes Ni Soumises,
AFEV, etc. Deux ans plus tard,
leur message est encore d'actualité. Oui, aller voter, mais les
lendemains du vote sont tout aussi importants.
Réconfortant
d'entendre ces jeunes adultes s'exprimer sur l'avenir de la
démocratie, quelques citations :
tous ensemble on se doit de construire une société
qui nous ressemble ; nous ne souhaitons pas être seulement des
destinataires de politiques publiques, mais acteurs du devenir de
notre société ; les valeurs démocratiques, nous devons les vivre
au quotidien ; refuser d'être stigmatisés ou catalogués, combattre
l'ignorance, le replis sur soi et la haine de l'autre qui s'installe
; nous devons être présents au quotidien, mobilisés pour faire en
sorte que la légalité, la laïcité et la démocratie aient un sens
pour tous et pour toutes ; le combat continuera après
les élections (03:47).
■ Fin 1960 et début 1970 – Que
reste-t-il de cette envie exprimée et féroce (parfois) de
changer la société? De cette effervescence où tout nous semblait
possible? Plus rien. Les gouvernements qui se sont succédés par la
suite ont fait en sorte qu'une telle liberté, car pour eux c'était
trop, soit formatée. En douce, sans nous en informer.
En
cette décennie 2000, les grandes cités, comme Montréal, sont devenues des Étaux
Policiers (impossible de contrôler autant de monde), et milieux
semi-ruraux et ruraux, comme Lac Bouchette, des États Policiers (peu peuplés, faciles à
noyauter).
■ Le racisme au Canada - Un exemple des témoignages que vous allez entendre. Clip
"Combattre le racisme au travail" (15:20). Ici, un cas
d'harcellement : "c...d'Indien" ; une conversation était
un "pow-wow" ; sa femme une "squaw" ; etc.
C'était des adultes, ils ne voyaient aucun mal à ça. Il a porté
plainte, demandé des excuses. La direction a voulu étouffer
l'affaire. Il ne s'attendait pas à rencontrer tant de haine. Même
de la part de la direction. On lui disait qu'il était trop sensible,
qu'il exagérait, était le seul (à se plaindre).
Toutes
les vidéos ont été tournées en 2006, sauf une en 2004 : La tête
de l'emploi (14:10) ; Bout d'essai
(06:56), tournée en 2004 ; Réussir...À
quel prix? (10:49) ; Une femme
de tête (14:27) ; Un "Voice
Job" (09:35).
■ Le verdict d'un chien renifleur de drogue, l'équivalent d'une décision de la Cour suprême du Canada - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Restons
dans le monde canin, en traitant cette fois de l'escouade des chiens
renifleurs... de drogues.
Dans la partie récit de ce livre, je
relate avoir été reniflé
par le chien d'un collabo ...écornifleur et
celui d'une
policière en civil de la Sûreté du Québec, à Lac Bouchette.
Il arrive aussi que la police opère au grand jour, c'est-à-dire
vêtue de l'uniforme. Occasionnellement ou souvent? L'incident s'est
produit dans la
capitale canadienne,
Ottawa, en Ontario, mais rien ne garantit que cela n'arrive pas au
Québec.
Au
printemps 2002, la police de la Ville d'Ottawa, accompagnée d'un
chien policier renifleur, mène
une fouille impromptue à l'école secondaire St. Metthew d'Orléans,
ville de la banlieue. (Presse canadienne --
La Presse du 28 mars 2002) La
brave bête dépiste une odeur de marijuana
sur le manteau de Christopher Laurin, âgé de 15 ans, qui est
ensuite escorté jusqu'au bureau de la directrice, où il est
interrogé, et ses effets personnels de nouveau fouillés.
Pourtant,
il n'avait sur lui aucune drogue. La directrice de
l'établissement scolaire reconnaît être incapable de déceler
l'odeur de marijuana sur sa veste de ski. Police et personnel de
l'école affirment à l'ado que les chiens dressés à cette fin
peuvent retracer cette odeur sur des vêtements jusqu'à trois mois
après que la marijuana ait été consommée. La direction le
renvoie à la maison, le suspend pendant deux jours.
Le
verdict du chien est sans appel, en somme l'équivalent d'une
décision de la Cour suprême du Canada. Lors d'un procès, l'expert explique au juge le pourquoi de ses conclusions. Pas le chien, il jappe et personne ne comprend ce qu'il dit. Dans le cas nous intéressant, la police devient juge et tranche : coupable. Et voilà notre ado suspendu. Lynchage.
Son
père, Michel Laurin, réagit avec colère.
«(...) Il
n'a rien fait de mal. Et s'il avait laissé son manteau dans la
voiture de quelqu'un, et que cette personne avait un joint? Je sais
qu'ils veulent faire la bonne chose, mais une suspension pour un
manteau? Je
n'arrive pas à croire les implications que cela pourrait avoir».
Son
fils non plus ne comprend pas :
«Pourquoi
suis-je suspendu? Je ne peux la sentir
(la marijuana), personne
d'autre n'y arrive, mais le chien a décelé une trace,
rapporte-t-il,
incrédule.
Ce n'est pas comme si j'empestais le pot. Est-ce que j'avais de la
drogue sur moi? Non. Je n'avais même pas sur moi quelque chose
pouvant avoir un lien avec la drogue. Je
ne suis pas en colère contre l'école, mais je n'ai violé aucun
règlement, alors que je devrais pas être suspendu.»
La
police a-t-elle le droit
de s'amener dans une école, ou ailleurs, et de passer des citoyens
sous le nez d'un renifleur? Personne ne semble avoir contesté cette
façon de faire. Il semble qu'ici, nous soyons en présence d'un cas
où la
police a agit à l'aveuglette, sans allégation ou présomption
préalable.
Cette histoire ressemble à une partie de pêche. (Suite
demain)
■ Le psy Richard Tremblay associe faussement pauvreté et criminalité - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) À
l'été 2002, un autre fait indiquait que cette nouvelle forme de
répression était appuyée par certains psychologues québécois. En
témoignent les propos du psychologue Richard
Tremblay,
directeur du Centre d'excellence pour le développement des jeunes
enfants (CEDJE), qui préconise «une
intervention musclée
(sic)» auprès
des enfants de moins dix ans.
(Simon Diotte --
La Presse du 31 juillet 2002)
Il
relate au journaliste Simon Diotte de La Presse qu'une étude,
effectuée par lui-même
et des collègues de l'Université de Montréal,
démontre qu'il est possible de savoir, dès
la maternelle,
ceux qui deviendront plus tard des délinquants par la simple
observation de leur niveau d'agressivité. Elle a porté sur un
millier d'enfants et d'ados de 4 à 17 ans «issus
des milieux défavorisés de Montréal».
Notons
qu'ici, leurs
auteurs associent pauvreté et criminalité
alors que des études nous ont dit plus haut que ce
phénomène s'étend également à l'ensemble de la société,
autant chez les nantis que les pauvres. Que retient-on de l'enquête
de Tremblay et ses collègues auprès de pauvres?
Que
les enfants ayant un niveau d'agressivité plus élevé dès
l'âge préscolaire
sont davantage susceptibles de faire partie d'un gang
de rue
à l'adolescence. «Les
futurs délinquants sont facilement indentifiables dans
un groupe dès l'âge de 4 à 5 ans. Ils affichent des comportements
antisociaux qui s'accentueront avec l'âge»,
explique Tremblay.
Il
faut faire attention
quand on parle de gangs de rue, car il ne s'agit pas toujours, et
très loin s'en faut, de jeunes criminalisés. Normal
que des jeunes se tiennent ensemble.
Comme les adultes, eux
aussi ont besoin de se socialiser,
de développer des habilités. On
connaît déjà la volonté politicienne et policière de sortir les
jeunes de la rue,
sous le faux prétexte que la rue est mauvaise pour eux, alors
qu'elle constitue un lieu d'apprentissage nécessaire à la vie
sociétale.
La
formulation "gang de rue" est un autre de ces maîtres mots
panzer dans lequel on met à peu près n'importe quoi,
incluant du politiquement et du puritainement incorrects. Du reste,
il est bien connu qu'il suffit que des jeunes se groupent ensemble
pour susciter la suspicion du pouvoir et de sa police.
Enfin, il faut
se souvenir que la
police en civil et ses collabos,
et c'est particulièrement le cas en milieu rural, a
littéralement vidé l'espace public de tous les citoyens
(enfants, ados et adultes) n'ayant aucune raison de s'y trouver :
à pied, à vélo. En bref, l'État et la police veulent reconstruire
la socialité, mais à leur image et ressemblance, alors que les
citoyens sont les seuls aptes à le faire.
Pas surprenant que des enfants, ados et adultes se rebiffent,
refusent
d'entrer dans le moule.
Cette
répression policière à l'encontre des jeunes, notamment, porte un
nom : l'éclatement
de la société.
Nous aurons l'occasion d'expliciter plus loin, mais pour le moment
contentons nous de savoir que, dans
la chasse aux boucs émissaires,
selon Dulong,
l'ado est loin d'être innocent. (R. Dulong --
L'autodéfense --
Librairie des Méridiens) La
place symbolique qu'il occupe en fait une cible susceptible de
prendre sur lui beaucoup de fautes,
celles des criminels et des délinquants, et aussi tout ce qu'on
déplore de la société d'aujourd'hui.
Parce
qu'il y a des délinquants parmi les jeunes, on s'imagine que la
plupart des jeunes en sont. C'est particulièrement le cas si l'un
est trop vivant, un peu débraillé et effronté : on en a peur.
Un raccourci terrible. Dulong
parle de la «haine
sécuritaire».
(Suite demain)
News du mardi 21 Avril 2009
■ Petit chef-d'œuvre émouvant ! - Shed Your Love... J'adore
cette vidéo (03:26). Lisez les commentaires sous l'écran.
■ Le Chic Resto-Pop – Un organisme communautaire d'économie sociale et d'insertion,
dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal. Y suis allé
souvent à la fin des années 1990, lors de mon enquête
journalistique sur les activités clandestines illégales de la
police en civil.
À l'époque, on avait un repas bien apprêté et
succulent pour seulement 2$, assiette bien garnie. La meilleure table
du monde communautaire montréalais. Dans le grand sous-sol d'une
église, parfois plein à craquer. On pouvait s'isoler dans un coin
avec des amis-amies, bouffer, rigoler et discuter pendant des heures.
J'en garde un bon souvenir.
Indispensable
un organisme du genre dans une grande cité. La vidéo
(1H25) que je vous propose correspond tout à fait à ce que j'ai vu.
Afin de peaufiner vos connaissances en matière sociale, d'autres
sources : docu
en format PDF de l'Université du Québec à Montréal et Université
Concordia (51 pages) expliquant le rôle du Chic Resto-Pop et un
article
pertinent : le Chic Resto-Blues.
■ Une utilisation drastique, inutile et disproportionnée d'un chien - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) LapolicièreMartineGendron
de Montréal avait utilisé un... chien contre un citoyen.
Elle voulait prêter main-forte à des collègues aux prises avec un
homme ayant consommé de l'alcool, tenant des propos amers et
susceptible de s'en prendre à son ex-conjointe, dont il était
séparé depuis peu. (Presse canadienne --
La Presse des 16 février et 22 mars 2002)
Me
Gilles Arsenault
du Comité de déontologie juge «drastique,
inutile et disproportionnée»
l'intervention de la policière, avec sa
chienne Betz.
Il conclut qu' «en
donnant du lest à son animal pour qu'il atteigne le citoyen,
la policière Gendron, maître-chien depuis 1998, savait
qu'une morsure en résulterait».
Son pantalon en avait été déchiré, mais sans «aucune
séquelle physique»,
signale-t-il.
Et
que Gendron, policière de dix ans d'expérience, a eu recours à une
force plus grande que nécessaire. Il
met en doute le bien-fondé du recours à un chien dans ce type
d'intervention,
la condamne à une suspension sans solde d'une journée. (Suite
demain)
■ Pour el comandante Michel Doucet de la police de Montréal, un suspect est un coupable - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) En
France,
dans les écoles, selon Roché,
on constitue un dossier scolaire tandis que «la
direction des affaires sanitaires et sociale fiche
(sic) les
enfants et les familles à risques».
(Sebastian Roché --
Insécurité et libertés --
Édition du Seuil)
Étant
établi que le gouvernement péquiste, dont son ministre de la
Sécurité publique, Serge
Ménard,
entretenait
des liens avec la police française,
qui le conseillait en matière de police communautaire et de
cueillette de renseignements, il y a lieu de s'interroger. Les
comportements des écoliers et étudiants québécois figurent-ils
désormais dans les mégabanques policières?
Qu'arrive-t-il à ceux
rouspétant contre le politiquement et puritainement corrects ou
refusant de s'y plier?
Questions doublement justifiée en raison du contenu de ce livre.
On
sait désormais que la tenu
vestimentaire excentrique,
la coloration des cheveux d'une couleur
interdite,
le nombril
à l'air
des filles, le fond
de culotte trop bas des garçons
sont des moins en moins tolérés. Qu'il suffit de peu pour que
l'enfant ou l'ados soit
suspendu
une journée ou expulsé
de l'école
s'il refuse de s'amender.
La
suite des événements est concluante. En février 2001, environ huit
mois après le lancement du programme
des ministres péquistes Marois-Léger-Baril, l'affaire prenait de
l'envergure.
Le journaliste André Cédilot de La Presse rapportait que la
police de l'île de Montréal était à mettre au point,
de concert avec tous les organismes d'aide à la jeunesse, un
«ambitieux
projet»
dans le but de s'attaquer à la «racine
profonde»
des problèmes de délinquance chez les jeunes. (André Cédilot --
La Presse du 15 février 2001)
Le
commandant Michel Doucet,
coordonnateur du dossier jeunesse au sein de ce corps policier, lui
faisait part de sa détermination
de travailler en réseau avec les écoles,
les centres
d'accueil,
la Direction
de la protection de la jeunesse, les avocats,
le tribunal
de la jeunesse
et, à la limite, de souligner Cédilot, les services
sociaux
et la santé
: « Il
nous faut un portrait complet du jeune. Au fond, le suspect(sic)
est
parfois une pauvre victime»,
a déclaré le policier
Doucet.
Signalons
qu'un
«suspect»,
tant qu'il n'a pas été trouvé coupable par un juge, n'est
pas un délinquant.
Que la
prévention,
le maître mot panzer, implique
une liste longue comme le bras de comportements non punissables par
la loi.
Et que le tout se fera sous l'égide de fonctionnaires du
gouvernement péquiste, de la police en civil et des
collabos fanatiques de la police, de l'ordre et du conformisme :
l'auteur ne veut pas s'acharner sur ces gens, mais les faits sont là,
incontournables, et se succédant en plus à un rythme incroyable.
Tout
indique que ces nouvelles mesure sont
implantées à l'échelle du Québec.
Ces gens, après avoir infiltrés chômeur,
assistés
sociaux
et autres
«déviants»
-
les vitres cassées -,
organismes communautaires, etc., s'infiltrent
désormais,
et de plus en plus, au
sein des familles,
notamment via le programme Police-jeunesse. (Suite demain)
News du lundi 20 Avril 2009
■ Tournage caméscope sans prétention – Du tout de suite et maintenant, sans décorum. L'idéal! Visite
d'une expo de toiles érotiques. Vous verrez pas grand-chose, le
cinéaste n'avait de s'yeux que sur la belle femme qu'il
interrogeait (08:58). Il l'aurait bien invitée à prendre le thé
chez lui. Qui n'aurait pas agit de même à sa place, hein? Allez,
levez les mains que je les compte avec ma calculatrice.
■ Prise au piège – Attention à ce que vous diffusez sur le oueb : vidéos, photos,
textes. Ça peut potentiellement vous retomber sur
le nez au moment où vous avez tout oublié et ne vous y
attendez pas.
■ Policiers Benoît Beaulieu et Yves Tancrède de la SQ : photo et empreintes d'un mineur qui n'est pas inculpé - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Mars
1999, un étudiant se dirige vers le Cégep de Lanaudière pour
participer, en soirée, à une manif organisée par l'association des
étudiants. (Rollande Parent, Presse canadienne --
La Presse du 6 février 2002)
L'apercevant,
l'agent Jean
Trudelle,
de
la police de Joliette,
l'avise qu'il est fermé et le presse de quitter les lieux. Il
refuse, l'agent
Trudelle le met en état d'arrestation,
lui passe les menottes en utilisant une force excessive et le conduit
au poste où il est mis en cellule. Peu après, l'agent
le photographie à deux reprises.
L'étudiant écope de deux accusations : refus d'obéir et
s'être trouvé dans un endroit public alors qu'il est fermé.
Infractions dont il sera acquitté, l'agent Trudelle ne s'étant pas
présenté à la Cour municipale.
Ensuite
l'affaire aboutit au Comité de déontologie. Me
Richard Luticone
relève deux entorses déontologiques : force
excessive
lors de l'arrestation, l'agent Trudelle lui
a écrasé la main avec son pied et l'a remis debout d'une manière
inappropriée.
En outre, il
n'avait pas le droit de prendre sa photo,
l'arrestation ayant été effectuée en vertu d'un règlement
municipal et
non du Code criminel.
À
ce sujet, Me
Iuticone a été étonné
d'apprendre des collègues de Trudel : des agents Barette,
Chaput, Turbide et du lieutenant Rondeau, tous du corps policier de
Joliette, qu'il était pratique courante de photographier
systématiquement les personnes arrêtées. «L'ignorance
d'une règle de droit constitue une faute déontologique parce
qu'elle relève de l'incompétence grossière ou de la mauvaise foi»,
statue Me Iuticone, qui devait rendre sa sentence dans les semaines
suivantes.
Autre
cas de la même eau : août 2002, les
policiers Benoît Beaulieu et Yves Tancrède,
ce dernier sergent et directeur du poste de la Sûreté
du Québec (SQ),
à St-Esprit, dans la municipalité régionale de comté (MRC) de
Montcalm, photographient un
mineur
et prélèvent ses empreintes digitales parce
qu'ils le soupçonnent de vol alors qu'il n'est pas inculpé.
(Presse canadienne --
La Presse du 7 août 2002)
Me
Jean-Marie Blais,
du Comité de déontologie, estime que l'agent Beaulieu
a enfreint les dispositions de la Loi sur les jeunes contrevenants,
rapporte la Presse canadienne. «Le
comité est d'avis qu'il s'agit d'une faute
lourde
que ne saurait excuser la bonne foi ou l'absence de malice de l'agent
Beaulieu non plus que la caution subséquente toute autant fautive du
sergent Tancrède ».
On n'en connaît pas la suite... (Suite
demain)
■ La répression du ministre péquiste de l'Éducation, Sylvain Simard - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Reste
les autres volets du programme de prévention du chercheur Olds,
qu'énumère Frank
Vitario,
professeur de l'École de psychoéducation de l'Université de
Montréal : consommation d'alcool,
tabagisme
et décrochage
scolaire, etc. Sonet
cetaera à la fin indique
que la liste est incomplète.
La
consommation d'alcool? La
police en civil épure déjà bars et brasseries.
Le tabagisme? On le verra en détail plus bas, le
gouvernement péquistea
mené sa campagne anti-tabac
à coups de clairons et de roulements de tambours, avec à la clé
ses
inspecteurs
et sa... ligne
téléphonique délation
sans frais à l'intention des non-fumeurs.
Le
décrochage scolaire? La
police en civil s'en occupe aussi,
je l'affirme sans cas concret sous la main mais le contraire
m'étonnerait grandement, en raison de ce qui suit, notamment. Le
contexte : des
ados travaillant occasionnellement après leurs heures de classe.
À l'été 2002, la Commission
scolaire des Laurentides
embauchait une personne ressource pour «sensibiliser
les employeurs»
afin qu'ils diminuent leur nombre d'heures de travail et les
encouragent à poursuivre leurs études. (Jean-Paul Charbonneau --
La Presse du 24 août 2002)
Intervention
suivie ensuite par celle du ministre
péquiste de l'Éducation,
Sylvain
Simard,
qui a évoqué la possibilité de mettre en place des mécanismes
pour «encadrer
plus sévèrement(sic)
le
travail chez les élèves dusecondaire»
(Tristan Péloquin --
La Presse du 28 octobre 2002) : «Nous
travaillons de près avec les chambres de commerce pour assurer une
prise de conscience du milieu des affaires»,
a déclaré le ministre. On a vu plus haut que ces
interventions n'étaient rien d'autre que de la répression.
À cela s'ajoute la
présence permanente de policiers dans des écoles.
(Suite demain)
News du dimanche 19 Avril 2009
■ Grève générale éventuelle au Paradis fiscal de Monaco ? - Paradis patronal, pas Paradis salarial, lit-on dans un article.
Plus de 1 500 manifestants, sur les 32 800 habitants (chiffre de
2008) de ce minuscule pays de 2kms carrés. Un porte-parole syndical
parle d'un événement historique.
Slogans de quelques bannières et
pancartes : Recul social : 30 ans. Ça suffit ! ; En lutte pour se
réapproprier le fruits de notre travail ; Pour un droit du travail
protecteur ; De meilleurs prestations sociales ; etc. Courte Vidéo
(00:59) + 18 photos
en diapo, cliquez sur la première + article.
Crise économique et réputation des Paradis fiscaux étant, est-ce que les oubliés d'autres de ces territoires, notamment la Suisse où la classe moyenne a du mal à
joindre les deux bouts, descendront aussi dans la rue? Finalement, ces citoyens feraient-ils ce que n'a pas fait le G20 au début d'avril?
■ Consommons-nous trop ? - Il appartient à chacun de consommer comme il
l'entend (14:34).
■ Témoignage authentique d'un ex-policier français : sans casque ni bouclier (fin) – La 5e et dernière vidéo de ses confidences est dans la colonne de
droite. Si vous avez manqué les précédentes, allez dans mes
Archives-Vidéos, elles sont numérotées d'1 à 5. Pour en savoir
encore plus, rendez vous sur la vidéobase,
prenez connaissance du contexte de l'histoire et cliquez sur les
hyperliens.
■ La loi policière : essayons d'imaginer les sanctions que risquent d'encourir les coupables des délits suivants - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Le cas suivant a été puisé dans la lettre d'une lectrice de La
Presse qui en a été témoin en avril 2002 : Suzanne
Perron.
(Suzanne Perron --
La Presse du 28 avril 2002)
À lire attentivement car, même s'il est
question ici de policiers en uniforme, cette lettre illustre
parfaitement bien les sabotages clandestins de la police en civil.
Seule différence, les victimes ignorent que cette dernière est
derrière ça.
«Aujourd'hui,
vers 18h30, à l'angle des rues St-Denis et Sherbrooke (à
Montréal), relate-t-elle, j'ai vu deux policiers (de
l'île de Montréal) qui venaient d'interpeller un squeegee
(nom désignant ceux lavant le pare-brise d'autos, aux intersection,
pour se faire quelques sous), briser sauvagement ses outils de
travail. À l'aide de leurs pieds, les policiers arrachaient en
souriant les lames éponges des bâtons auxquels elles étaient
fixées, sous les protestations bien faibles du squeegee.
Peut-être
cet individu avait-il effectivement commis une infraction. Alors,
qu'on l'arrête, qu'on lui colle une amende ou qu'on
applique la sanction prévue. Mais si l'on souscrit à la mesure
arbitraire dont j'ai été témoin, poussons la logique plus loin
et essayons d'imaginer les sanctions que risquent d'encourir les
coupables des délits suivants.
«Un
cycliste qui enfreint le code de la route : la
police lui "pète" ses broches de vélo?
Une personne arrêtée pour conduite en état d'ébriété : on
lui "pète" ses pneus
pour l'empêcher de récidiver ou on
lui coupe ses cartes de crédit en morceaux
pour qu'elle ne retourne pas boire? Un voyeur qui se fait pincer dans
les toilettes des femmes : on
lui casse ses lunettes
pour qu'il ne soit pas tenté de recommencer? Une femme au volant,
distraite par une émission de radio, qui omet de faire un arrêt
obligatoire : on arrache
l'antenne de son auto
pour lui donner une leçon?
«Peut-être
que je n'aurais pas dû écrire cette lettre,
s'inquiète-t-elle,
avec copie aux autorités policières, et l'acheminer par courrier
électronique. Tout
à coup qu'on viendrait me "péter" mon ordinateur ou bien
arracher ma connexion Internet?»
(Suite demain)
■ Questions d'éthique, de droits de la personne et de stigmatisation - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) L'automne
suivant, Marc
Le Blanc,
professeur titulaire à l'École de psychoéducation et à l'École
de criminologie de l'Université de Montréal, soutiendra, pour sa
part, que «la
prédiction est une science imprécise».
(Marc Le Blanc --
La Presse du 30 octobre 2000) Il l'écrira noir sur blanc dans une
lettre publiée par La Presse.
Les
données de recherches indiquent
que toutes les mères célibataires ne donnent pas naissance à des
ados délinquants et que «la
très grande majorité des délinquants n'avaient pas une jeune mère
célibataire».
Il s'agit d'un facteur de risque important, il ne s'agit pas d'une
cause de violence. Selon lui, beaucoup d'autres facteurs proviennent
de la famille, de l'école, des amis.
Pourquoi
mettre l'accent seulement sur les habitudes de vie de la mère à la
naissance? s'interrogera-t-il. «Privilégier
les jeunes mères soulève une question d'éthique, sans référer à
celles des droits de la personne
(sic) et
de la stigmatisation.
La très grande majorité des enfants qui sont à risque de devenir
des délinquants ne se verraient pas offrir une intervention. Quelle
discrimination! Ce
choix est soutenable s'il est possible de démontrer que les
délinquants persistants avaient tous une jeune mère célibataire.
Nous attendons cette démonstration».
Retenons
la question des droits de la personne soulevée par Le Blanc...
Le trio ministériel péquiste Marois-Léger-Baril n'a pas dit
si leurs fonctionnaires informeraient la mère, avant de
s'introduire au sein de la cellule familial, espace on ne peut plus
privé, qu'elle serait libre d'accepter ou refuser cette
intrusion.
Remettrait-on
à la mère une brochure explicative des droits et libertés conférés
par les deux Chartes, fédérale et provinciale? Il est permis
d'en douter, et fortement. Et encore moins le numéro de téléphone
qui permettrait à la mère de s'informer de ses droits auprès de la
Ligue québécoise des droits et libertés, ou de demander à la
Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse
d'enquêter et ensuite d'intenter des poursuites contre l'État
envahisseur.
Et,
après avoir dit oui à l'intrusion, pourrait-elle revenir sur sa
décision, si elle jugeait que les fonctionnaires de l'État
dépassent les bornes, ou pour toute autre raison? Sans être obligée
d'argumenter son choix? Et sans coupure d'aide sociale ou autre, sans
tracasserie administrative, ni intervention souterraine de la
police en civil, ni ostracisme?
Il
était impossible de vérifier occasionnellement sur le terrain si
l'adhésion à ce programme péquiste se faisait sur une base
volontaire, respectait les droits des personnes ciblées. Car on
ignorait l'identité de ces familles monoparentales. Comme il n'était
pas souhaitable que celle-ci soit étalée sur la place publique par
le pouvoir, car cela les aurait stigmatisées davantage, les trois
ministres péquistes disposaient par conséquent de toute la liberté
pour agir. De fait, seules les familles monoparentales,
individuellement, pouvaient alerter les médias.
Officieusement,
le pouvoir, tout comme sa police, fait toujours beaucoup plus que ce
qu'il prétend officiellement faire. C'était vraiment un
programme de «prévention» à suivre de très près, mais
faute de moyens cela n'a pas été le cas. Compte tenu de ce qu'on a
vu jusqu'à présent et verra, la remarque n'a rien d'excessive.
(Suite demain)
News du samedi 18 Avril 2009
■ Portrait of a weird society – Soirée thématique, étrange
(22:23) : halloween, modèles vivants : baroque, gothique, XXIe,
médiéviste, orientaliste, romantique trash, glamour, pin up, nu ou
costumé, personne transformée en zombie par les maquilleuses, etc.
Dans un décors de velours, satin rouge et noir. Présence nombreuse
de dessinateurs, photographes, poètes...
Toutes les conditions
réunies pour vivre différemment pendant... quelques heures, qui
valent la peine d'être vécues : sortir du moule. Weird? Réponse
ici.
■ Des étudiants heureux ! - L'événement se déroule en 2006. Promus à l'École nationale
supérieure des Mines de St-Étienne, en France, ils présentent un bon
petit spectacle
(05:47) pour célébrer ça.
■ Témoignage d'un ex-policier français : sans casque ni bouclier – Il a été aux affaires judiciaires pendant 20 ans. Il n'est pas
identifié. Quelques uns des sujets
qu'il aborde : manipulation de l'opinion publique relativement à
la délinquance et aux statistiques ; la politique du chiffre (des
statistiques) ; les conséquences sociales de cette politique ; les
dirigeants de la police considèrent la fonction comme un instrument
de pouvoir ; il est plus dangereux de désobéir à son chef qu'à la
loi ; etc.
Dans
la colonne de droite, 4 vidéos de ses confidences : faute d'espace,
une cinquième sera disponible seulement demain. Il y a quelques
répétitions mais aussi des ajouts intéressants, d'où l'importance
de les visionner au complet. Commencez par la première, en haut, et
poursuivez avec la deuxième et ainsi de suite.
Tout
ce qu'il dévoile était déjà écrit noir sur blanc dans mes livres
L'Étau Policier (tomes 1, 2 et 3) depuis le milieu de 2003, mais
qu'aucun éditeur n'a voulu publier, par manque de couilles. Tout le
monde plie l'échine devant la police, incluant nos élus. Ce qui
explique pourquoi elle est plus puissante que la démocratie.
■ Power trip du policier Luc Bernard de Longueuil à l'encontre d'un bambin - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Juin
2000. Le
policier Luc Bernard,
de la police de Longueuil, s'en
prend à un enfant de cinq ans,
dans une cours d'école. (Rollande Parent, Presse canadienne --
La Presse du 23 mars 2002) Un cas probablement rarissime.
Il s'est permis une impolitesse à son égard. Fâché
et parlant fort,
il l'empoigne
et, malgré
ses pleurs,
l'entraîne contre
son gré
vers le bureau de la direction de l'institution. À
grands cris,
il insiste pour parler à la direction, soutient que l'enfant a été
impoli avec lui. Une secrétaire juge préférable d'amener l'enfant
dans une autre pièce, mais
Bernard les y rejoint,
fait état de son grief, avec acharnement.
Finalement,
la directrice le rencontre, lui demande de ne plus intervenir auprès
des enfants de l'école, lui
dit que, même s'il est policier, ce n'est pas de son ressort,
mais celui de la direction de l'école. C'était la deuxième fois
que Bernard s'y pointait : trois
semaines auparavant, il avait exhibé son insigne de policier... aux
enfants qui tardaient à se placer correctement en rang.
Devant
le Comité
de déontologie,
Bernard, qui compte 10 ans de service, reconnaît ses torts. Aveu
qui lui vaut illico le retrait de plaintes portées contre lui :
abus d'autorité, intimidation du personnel de l'école et d'un
enfant de cinq ans. Me
Richard Iuticone
du comité n'en retient qu'une seule, celle d'avoir fait référence
à sa fonction de policier d'une manière inappropriée. Sentence :
suspension de deux jours sans traitement. (Suite
demain)
■ Introduction illégale du gouvernement péquiste de Lucien Bouchard dans les
familles - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Revenons
à la décision du gouvernement péquiste de Lucien
Bouchard
de s'attaquer à la délinquance juvénile «dès
le berceau»...
Trois de ses ministres en ont dévoilé les grandes lignes lors d'une
rencontre de presse : Pauline
Marois,
de la Santé, et ses deux ministres délégués, Nicole
Léger
et Gilles
Baril.
«Les
bambin seront étroitement suivis
(sic) par
une armée de professionnels dès leur naissance jusqu'à leur entrée
à l'école.»
Trois
cents professionnels (300)
seront formés à cette fin. On leur offrira un appui massif, avec
suivi à domicile : pédiatres, infirmières, éducateurs
spécialisés et intervenants sociaux. On offrira aussi de l'aide aux
parents afin d'intégrer
le marché du travail,
de retourner
sur les bancs d'école,
ou encore de se débarrasser de leur dépendance à la drogue
ou à l'alcool.
Écoutons
le ministre Baril
:
«Les
jeunes parents que nous voulons rejoindre, souvent des mères seules,
ont
une histoire marquées de consommation de services sociaux.
Ils vivent des problèmes de toxicomanie, de santé mentale, de
violence conjugale ou familiale. Ils sont pauvres, sous-scolarisés
et affichent un niveau de détresse psychologique alarmant.»
Thierry
Aubin,
son attaché de presse, est plus loquace : «C'est
un programme très vaste, dont
l'ampleur dépasse celle de tous les autres programmes de prévention
(sic) instaurés
auparavant au Québec.
(...) Essentiellement,
on vise à
identifier des troubles de comportement
pour ensuite développer des moyens permettant de les corriger :
capacité
de l'enfant à maintenir une discussion, apprendre la défaite,
attendre son tour pour parler ou encore écouter les autres, etc.»
Pour
plusieurs raisons -
milieu pauvre, manque d'informations, problèmes personnels, etc.,
explique-t-il -,
les mères adolescentes ont parfois des difficultés à transmettre
ces habilités sociales à leurs enfants. Et de dire l'attaché de
presse Aubin : «(...) plus
on intervient tôt, meilleures sont les chances de dépister les
troubles de comportement. Il
nous faut agir en amont».
D'où
ce programme prend-il son origine, croyez-vous? Il a été développé
par le chercheur David Olds, du University of Colorado Health
Sciences Center, aux États-Unis. Celui-ci en a présenté les
grandes lignes à l'occasion d'un congrès de la Society for
Prevention Research, organisme américain voué à la création et à
l'évaluation de programmes de prévention dans différents domaines
: tabagisme, consommation d'alcool, délinquance,
violence, décrochage scolaire, sida, etc.
Prêtons
oreille aux propos de Frank
Vitario,
professeur de l'École de psychoéducation de l'Université de
Montréal, que cite La Presse : «De
tous les programmes de prévention existant dans le monde, celui de
M. Olds est l'un des dix ayant
répondu à tous les critères d'excellence fixés par la société».
Commentons
au passage cette assertion de Vitario. On
parle beaucoup au nom de la Société civile, sans savoir vraiment ce
qu'elle pense ou penserait si elle était mise au parfum de ce que
cachent certaines mesures gouvernementales.
Ces «critères
d'excellences»
n'ont-ils
pas été plutôt fixés par l'État régulateur?
(Suite demain)
News du vendredi 17 Avril 2009
■ Une fiction – Vidéo réussie sur tous les points. On aimerait atteindre un
jour ce niveau de qualité. Faut être conscient que ce n'est pas à
la portée de tout le monde, modestie oblige. Le reportage
journalistique nécessite moins de créativité. L'événement n'est
pas fictif, les faits sont réels. Lorsqu'on entre dans le monde de
l'imaginaire, cependant, c'est une autre histoire. Le
thème traité : les rencontres virtuelles. Dans la fenêtre,
plusieurs caméras s'affichent, cliquez sur la
rouge. Après cette vidéo, naviguez sur le site : il y en a
d'autres.
■ Pourquoi le monologue d'Eve Ensler sur le vagin ? - Vous savez cette pièce de théâtre, dont j'ai parlé récemment,
qu'elle a créée en 1996, un pilier du féminisme,
dit-on ? Depuis qu'elle a connu un grand succès à Broadway, elle
continue de circuler en maints endroit dans le monde. Inscrivez le
titre "Monologue du vagin" dans la fenêtre du moteur de
recherche google et vous verrez le nombre de pages qui s'affichent.
Le
pourquoi de la question, l'auteur Eve Ensler y répond elle-même...
«Je dis vagin parce que j'ai
lu les statistiques. Partout dans le monde les vagins endurent des
mauvais traitements. 500 000 femmes violées chaque années aux seuls
États-Unis, 100, 000, 000 de femmes dans le monde ayant subi des
mutilations génitales, violences sexuelles contre des petites
filles, persécution des lesbiennes, harcèlement sexuel, terrorisme
à l'encontre de la liberté de reproduction, et ainsi de suite... Je
dis VAGIN parce que je veux que cessent des mauvais traitements et je
sais qu'ils ne cesseront pas tant que nous ne reconnaîtrons pas le
fait qu'ils continuent.»
Alors,
ça n'a rien à voir, ni de près ni de loin, avec la pornographie.
Visionnez cet
extrait de la pièce (07:50) et cet
autre (01:51), vous verrez.
■ Les policiers Jean-François Bigras et Patrick Faucher de Montréal, des
malfaisants hors pair - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) La
scène suivante se déroule à l'automne 1998, sur le territoire de
la police de l'île de Montréal. Un citoyen gare son véhicule à un
endroit réservé aux pompiers. (Rollande Parent, Presse canadienne
--
La Presse des 6 février 23 mars 2002)
Arrivent les
policiers Jean-François Bigras et Patrick Faucher,
qui lui remettent une
contravention.
Et comme il n'a pas verrouillé sa portière, ils lui en donnent une
deuxième.
Et ajoutent aussi deux
avis de 48 heures
parce qu'il n'a pas en sa possession une preuve d'assurance et que
son silencieux ne répond pas aux normes. Le
citoyen signale qu'il a les documents requis
-- preuve d'assurance -- dans son véhicule, mais le
policier Bigras lui dit qu'il est trop tard,
les avis sont déjà rédigés.
Frustré,
le citoyen quitte les lieux en faisant crisser ses pneus. Les flics
le rattrapent, lui
en décernent une autre
et entreprennent de fouiller son véhicule. Bigras
l'arvertit : «Tiens-toi
tranquille, ton char y est pas dur à reconnaître et on sait où
tu restes(...)».
Le citoyen reproche au policier de lui faire des menaces, ce dernier
réplique : «Ce
n'est pas une menace, c'est une promesse.»
Bigras
demande même au citoyen, qui travaille dans une agence de sécurité,
ce
que penserait son patron s'il était mis au courant de la situation.
Une dizaine de jours plus tard, revoilà les mêmes deux flics. Autre
constat d'infraction,
cette fois parce que les vitres de son véhicule sont teintées.
Le
citoyen porte plainte au Comité de déontologie. Me
Richard Iuticone
juge que les deux policiers ont adopté une attitude par trop
provocatrice et que Bigras
a abusé de son autorité, tenté d'intimider le citoyen.
Bigras et Faucher sont respectivement suspendus 4 et 3 jours sans
solde.
Au début de ce même mois de mars, Faucher avait été
réprimandé dans une autre cause. Il avait remis deux contraventions
à... ce même citoyen, accompagnant son geste... d'un
mouvement du bassin jugé indécent,
tout en le dévisageant. Ce citoyen a-t-il récupéré l'argent de
toutes ces contraventions ? L'histoire ne le dit pas. (Suite
demain)
■ En 2000, le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard s'est attaqué à la délinquance juvénile «dès le berceau» - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) En
outre, l'État se substitue de plus en plus au chef de famille, nous
informe Rosanvallon.
D'où toutes ces mesures que l'on regroupe aux États-Unis sous le
vocable de Family
Preservation.
«Une
attention plus grande est désormais portée à la compréhension des
trajectoires des individus.»
Selon lui, l'évolution est très nette aux États-Unis, où de
nombreux programmes sociaux ont pour objectif d'exercer une pression
éducative ou
même d'agir directement sur la forme de la structure familiale.
Examinons un cas québécois, et encore on ne fera qu'entrebâiller
la porte...
En
juin 2000, La Presse nous apprenait que le gouvernement
péquiste de Lucien Bouchard
s'attaquera à la délinquance juvénile «dès
le berceau»,
grâce à un vaste programme de soutient préventif pour les enfants
à risque, qui devait prendre son envol en avril 2001. (André
Duchesne et Isabelle Hachey --
La Presse des 4 et 6 juin 2000) D'après les journalistes André
Duchesne et Isabelle Hachey de ce quotidien, il permettra «d'encadrer
de façon très soutenue»
3 000 jeunes familles en grandes difficultés économiques et
sociales, toutes «ciblées»
par le gouvernement du Québec.
Puisqu'on
traite ici du ciblage de jeunes familles, ouvrons une parenthèse,
avant d'aller plus loin. Car, de nos jours, ce ne peut se faire
autrement que par l'entremise de
mégabanques informatisées,
mais il
y a des règles à respecter.
Dans le cas nous intéressant, ont-elles
été rigoureusement appliquées?
Un très gros doute subsiste.
Rappelons
que dans un rapport spécial publié en 1999, le président de la
Commission d'accès à l'information du Québec (CAIQ), Paul-André
Comeau,
démontrait que les échanges de renseignements confidentiels entre
ministères et organismes gouvernementaux ne
respectent pas toujours la vie privée des citoyens.
(Katia Gagnon --
La Presse du 2 juillet 1999)
La
journaliste Katia Gagnon de La Presse, s'y référant, soulignait
notamment le cas du Bureau
de la statistique du Québec
qui avait fourni au ministère
(péquiste) de la Santé...
le prénom et le mois de naissance d'enfants dans le cadre d'une
recherche visant à
identifier les facteurs de difficultés d'adaptation chez les...
enfants.
Ce transfert de données n'ayant pas été autorisé par la CAIQ,
celle-ci avait demandé et obtenu que le chercheur détruise celles
ainsi recueillies.
Mais
comment pouvait-elle être vraiment certaine que cela avait été
fait?
Dupliquer un disque informatique est l'enfance de l'art. Se
peut-il que le ciblage de jeunes familles dont on parle plus haut ait
été effectué, en parti ou en totalité, à l'aide de données
recueillies illégalement? Fermons
la parenthèse. (Suite demain)
News du jeudi 16 Avril 2009
■ Karine Blais, 21 ans - La 117e victimes de la guerre canadienne en Afghanistan est de
retour au Québec, sa
terre natale (01:56).
■ Résumé de l'histoire de l'assimilation forcée des Autochtones du Canada – Le tout s'est étalé sur plus d'un demi siècle, de 1930 à
1996. Des congrégations religieuses de l'église catho avaient
construit un réseau de pensionnats destinés aux enfants autochtones
: au Québec on en dénombrait 6.
L'objectif avoué était radical :
il fallait «tuer l'Indien au cœur de l'enfant», le soustraire de
«l'influence du wigwam»,
c'est-à-dire les déraciner et les intégrer à la civilisation
blanche. Et souvent contre la volonté des parents. On estime
qu'environ 100 000 enfants les ont fréquentés.
Au
début des années 1990, des Autochtones ont commencé à rompre le
silence sur cette époque, ce qui nous a permis d'apprendre bien des
choses. Ils révèlent avoir été victimes de mauvais traitements et
de violences dans les pensionnats, d'autres d'agressions sexuelles.
Peu à peu, les langues se délient de l'autre côté de la
barricade. En 1998, le gouvernement du Canada adresse des excuses aux
peuples autochtones, met sur pied la Fondation de la guérison.
Face
aux demandes de compensations financières, gouvernement et église
catho tentent de délimiter leur part de responsabilité respective.
Finalement, celle-ci accepte d'indemniser les Autochtones victimes
de sévices dans les pensionnats. Cependant, faudra un jugement de la
Cour suprême pour que le Canada, lui, dédommage les victimes
d'agressions sexuelles. La communauté des Oblats de Marie immaculée
(sic) de la province du Manitoba, croulant sous le poids des
poursuites d'anciens pensionnaires, se placera sous la protection de
la loi sur la faillite.
Puis,
grande première au Canada, une victime réclame des compensations
pour «génocide culturel».
L'héritage de violences qui habitent les anciens pensionnaires se
transmet de génération en génération. Des blessures
psychologiques, qu'on tente de soigner dans la boisson ou les
drogues.
Je
sais, pour avoir habité près d'une réserve amérindienne pendant
plusieurs années, qu'ils sont souvent victimes de discrimination de
la part de blancs. La situation s'améliore en certains milieux, mais
pas partout en même temps. Donc, choc culturel et racisme comme
bonus, ou cerise sur le sunday, faites votre choix. Ils ont besoin de
notre humanité et la plupart du temps, nous ne sommes pas là.
En
tout, 13 clips d'archives, sur le site
de Radio-Canada : 8 vidéos (la première vidéo est muette) et 5
radios, pour un total d'1H10. Par ailleurs, sur le site
des Premières Nations du Québec et du Labrador, un site
amérindien, une excellente vidéo en français sur ces événements.
À visionner sans faute.
■ Taser : poursuites judiciaires contre les agents de la GRC impliqués dans la mort de Robert Dziekanski ? - Radio-Canada
rapporte que Wally Oppal, le procureur général de la
Colombie-Britannique, province du Canada, a reconnu que la vidéo de
la tragédie contredit les témoignages des quatre policiers de la
Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui étaient intervenus en octobre
2007 à l'aéroport de Vancouver. Le Polonais, qui venait d'arriver
au Canada, y avait été atteint de cinq décharges électriques.
■ Le sergent Dea de Montréal empêche un citoyen d'entrer au poste de police - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Mars 1999, un étudiant entre dans
un resto de Montréal,
achète un café, s'installe à une table et entreprend de réviser
un examen quand le gérant de l'endroit l'invite à la libérer et
d'aller s'asseoir à une autre où se trouve déjà un client.
(Rollande Parent, Presse canadienne --
La Presse du 6 février 2002) Il
refuse, le gérant compose le 911.
Trois
policiers s'amènent, dont le
sergent Martin Dea.
Malgré les demandes répétées du citoyen, Dea
refuse de s'identifier.
Le citoyen réclame avec insistance un rapport d'expulsion pour
porter plainte au service à la clientèle du resto. Les policiers
l'informent qu'ils n'en rédigent jamais dans une affaire civile
comme celle-là. Il se présente par la suite au poste de police afin
de discuter de ce dernier point. Le
sergent Dea l'empêche d'y entrer.
Décision
de Me
Jacques Monette
du Comité de déontologie : «Lorsqu'une
personne demande à un policier de s'identifier, il
appartient à celui-ci de s'assurer que la personne est en mesure de
comprendre facilement son nom.
(...)
même
s'il démontrait de l'entêtement, rien
ne permettait au sergent Dea de lui interdire l'accès au poste de
police.
(...).» Dea devait connaître sa sanction quelques semaines plus
tard.
Un
cas où ont sort de force deux citoyens du poste de police. Août
2001, Dominique
Lavoie et Harry St-Surin de la police de l'île de Montréal
sont suspendus sans traitement pour deux jours par le Comité de
déontologie (Marcel Laroche --
La Presse du 1ier août 2001) : ils
avaient expulsé violemment deux citoyens d'un poste de police, en
les traînant littéralement sur le sol.
Le
président du comité de déontologie juge
qu'ils ont eu recours à une force plus grande que nécessaire, voire
déraisonnable.
Il rappelle à l'ensemble des policiers que si la loi leur donne de
très grands pouvoirs, elle
leur impose également des normes de conduite qu'ils ne peuvent
transgresser sans en subir les conséquences.
On ignore la sentence des deux policiers... communautaires ou de
proximités ou de quartiers, faites
votre choix.(Suite
demain)
■ Une stratégie d'encadrement et de mise au pas des pauvres - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Cette
façon contemporaine de gérer le social viendrait des
États-Unis,
d'après Rosanvallon.
Cela a commencé au début des années 1980 lorsque
les milieux conservateurs ont opposé
«workfare»
à «welfare».
L'usage veut, en Occident en tout cas, que toute réforme politique
majeure soit précédée de la publication de quelques ouvrages, ce
qui permet au pouvoir de tester des idées, de
mesurer le seuil de tolérance des personnes ciblées, et de
conditionner ensuite l'opinion publique.
Le
livre d'un universitaire républicain, Lawrence
Mead,
semblerait en avoir été l'événement enclencheur. (Beyond
Entitlement. The Social Obligations of Citizenship) Mead y dénonce
la permissivité de l'État providence. «Son
analyse rejoint celles des philanthropes du XIXième siècle qui
voyait dans la pauvreté la conséquence d'une conduite
individuelle»,
précise Rosanvallon. D'où la proposition de lier
les secours publics à une obligation de travail.
Appréhendé
dans cette perspective, écrit-il, le «workfare»
ne
correspond qu'à une stratégie d'encadrement et de mise au pas des
pauvres,
et principalement parmi des jeunes. L'auteur étoffe son propos d'une
citation de Mead
: «Beaucoup
de jeunes gens d'aujourd'hui, particulièrement en bas de la société,
ne sont pas aussi bien socialisés par les adultes qu'ils ne
l'étaient auparavant. Ils
ne peuvent pas être intégrés dans la société à moins d'être
transformés en travailleur disciplinés
(sic) dont
l'économie a besoin.
C'est d'une certaine façon à l'État d'exercer cette fonction de
socialisation.»
La
mise au travail des bénéficiaires de l'État providence, proposée
par Mead, procédait d'abord, selon Rosanvallon, d'une
entreprise de moralisation,
qui a eu des échos... Pour le Président Ronald
Reagan,
un républicain, ceux qui recevaient des secours publics devaient en
échange fournir un travail. En 1993-94, le Président Bill
Clinton,
un démocrate, imposera un retour au travail après deux ans de
welfare. (Suite demain)
News du mercredi 15 Avril 2009
■ Yael
Naïm
- Too Long (04:26). La mise en scène est hors
du commun et colorée.
■ Si des policiers blancs ne respectent pas leurs collègues de couleur, comment vont-ils traiter les citoyens des minorités visibles? - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Raciste,
la police de l'île de Montréal? Mylène
Jaccoud,
professeur de criminologie à l'Université de Montréal, a
mené une enquête sur ce sujet,
qu'elle a dévoilée en mars 2002. (Silvia Galipeau --
La Presse du 21 mars 2002)
Elle
révèle que si
ce corps policier embauche
des Noirs, des Chinois, des Italiens ou autres membres de communautés
minoritaires, c'est
avant tout pour des raisons utilitaristes.
Elle a fait cette découverte en épluchant de ses documents portant
sur sa politique d'embauche de minorités ethnoculturelles et
visibles.
Elle
énumère quelques uns des motifs évoqués : l'efficacité
(pour mieux connaître les communautés, précise-t-elle), le
contrôle
(mieux infiltrer les communautés), la prévention
(réduire les tensions entre certaines communautés et la police).
Jaccoud évoque aussi l'effet
de relations publiques
de sa politique d'embauche, de même que psychologique
(soutient aux autres policiers membres de communautés minoritaires).
Elle
a complété sa recherche en
interrogeant 47 policiers membres de communautés visibles
et constaté que la
majorité
(68%) ne se disent pas victimes de racisme. Cependant, plusieurs
se sont montrés réticents à dénoncer les blagues dont ils font
l'objet,
y voyant davantage l'empreinte de la «culture
policière»
que celle du racisme.
Les
autres,
au contraire, ont
trouvé assez ou très difficile leur intégration,
signalant leur isolement,
le manque
de soutien,
la suspicion,
les méfaits
et les insultes
dont ils sont la cible. Ils ont avoué se faire traiter de «mangeurs
de vidanges»,
ou de «voleurs
de jobs»
par de leurs collègues. Les Italiens sont perçus comme des
«mafiosi»,
les Arabes, des «conducteurs
de chameaux».
Comment
réagissent-ils, ces policiers Noirs, Chinois, Italiens, etc? La
criminologue mentionne trois stratégies possibles :
la résistance
(choisie par une minorité d'entre eux, souligne-t-elle), la
résignation,
le retrait
ou la fuite
(changer de partenaire, de poste de police, etc.) ou encore la
conformité active à l'institution (pour mieux se faire accepter,
certains de ces policiers font de l'excès
de zèle).
Peu
après, lettre d'un lecteur de La Presse, Jimmy
The Vinyh Pham
(Jimmy The Vinyh Pham --
La Presse du 30 mars 2002) : «En
lisant l'article
(...) je
me rends compte que la discrimination raciale existe là où on le
soupçonne le moins. Est-ce que le rôle de la police n'est pas de
servir et de protéger les citoyens et de faire régner la justice?
Au sein même de la police, il y a des policiers de communautés
visibles qui se sentent victimes de racisme et qui trouvent
éprouvante leur intégration.
«Alors,
pour des citoyens comme moi, qui ne sont pas des Québécois "
purs ", je
trouve cela très inquiétant pour ma sécurité.
En effet, si
ces policiers n'obtiennent même pas le respect de la part de leurs
compatriotes de race blanche, comment ces derniers vont-ils traiter
les citoyens des minorités visibles?
Certes, il y a eu beaucoup d'amélioration pour éliminer le racisme,
mais c'est loin d'être suffisant
(...) il
est très important de rappeler l'importance de l'égalité de
l'homme, peu importe la couleur de sa peau».(Suite
demain)
■ Le gros des effectifs des civils est investi dans les contrôles et nettoyages sociaux d'honnêtes citoyens, et particulièrement des pauvres - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) En
France, il existe une formule similaire au programme québécois
PARIE : le
Revenu minimum d'insertion ( RMI ),
qui introduit la notion de contrat. Il constitue un bon exemple de
l'entrée dans ce que l'on pourrait appeler la
nouvelle zone grise de l'État providence,
signale Rosanvallon.
(Pierre Rosanvallon --
La nouvelle question sociale --
Éditions du Seuil)
Que
l'État devienne vecteur de réinsertion permettant
aux individus de reconquérir leur indépendance et leur dignité,
Rosanvallon n'a rien contre, et loin de là. Car ce n'est pas
seulement le droit de vivre, mais le droit de vivre en société qui
est ainsi affirmé. «À
partir de là, on peut construire une nouvelle vision du social»,
affirme-t-il, visiblement ouvert à ce genre d'interventions. C'est
contre les contraintes associées à cette réforme qu'il en a.
Dans
tous les cas de figure, l'attribution du RMI est subordonnée
à la prise en compte du comportement individuel,
à une forme de contrôle des comportements. Peut-on
encore parler de droit dans ces conditions?
se demande Rosanvallon. Au sens juridique strict, ce
n'est pas le cas.
Un droit est en effet par essence d'application
universelle et inconditionnelle,
écrit-il.
Tant que les droits sociaux sont appréhendés en termes
juridiques traditionnels d'accès automatique et inconditionnel à
des allocations, «toute
individualisation constitue un recul».
L'individualisation associée ici, ne l'oublions pas, à la prise en
compte du comportement individuel. Voilà une autre formulation clé
à garder précieusement en mémoire. Plus exactement, de quoi
parle-t-on au juste?
Rosanvallon
dit que quiconque a participé à une des commissions locales
d'insertion qui décident de l'attribution ou de la cessation du
versement du RMI aux allocataires ne
peut manquer d'en être frappé
: «On
semble parfois transporté au XIXième siècle dans l'enceinte d'un
bureau de bienfaisance, lorsqu'il s'agissait de distinguer les bons
et les mauvais pauvres.»
La tentation du contrôle social des exclus devient réelle, a-t-il
constaté.
Pour
nous placer dans le moule de l'époque, Rosanvallon rappelle que dans
ces années-là, la tradition charitable de l'Ancien Régime français
associait l'exercice d'un certain devoir de solidarité à une mise
sous tutelle des pauvres. «Les
politiques sociales étaientalors
indissociablement charitables et policières(sic),
la prise en charge des individus s'accompagnant nécessairement de
leur enrégimentement.»
En
Angleterre,
l'assistance n'apparaissait justifiable que
si elle ôtait leur autonomie à ceux qui en bénéficiaient.
Si
l'efficacité des politiques sociales impose de considérer les
individus dans leur singularité, ne
risque-t-on pas
en retour, s'interroge Rosanvallon, de
transformer l'État providence en instance de gestion et de contrôle
des comportements?
D'après lui, la question est dorénavant posée.
La
prise en compte des spécificités individuelles implique en effet,
d'une façon ou d'une autre, qu'elles
soient évaluées,
donc soumises
à une forme de jugement.
«C'est
pour cette raison que la nouvelle approche du social en termes de
droit procédural risque de renvoyer pour une part à une figure
archaïque : celle
de la classification des pauvres en fonction de leur mérite.»
Enchérissons
aux propos de l'auteur, en soulignant qu'à Cuba, l'un des rares pays
communistes à subsister, l'État providence assure des biens
matériels en
contrepartie de la soumission inconditionnelle.
Précisons que, de nos jours, la connaissance accrue des interactions
sociales, grâce
aux mégabanques informatisées tant gouvernementales que policières,
permet de mieux mesurer désormais le poids de l'action de chaque
citoyen.
Tout
ce qui précède démontre encore une fois, et très nettement, que
le rôle de la police en civil ne se limite pas à pourchasser les
criminels.
De fait, le
gros de ses effectifs est investi dans les contrôles et nettoyages
sociaux d'honnêtes citoyens, et particulièrement des pauvres.
(Suite
demain)
News du mardi 14 Avril 2009
■ Étudiants et rareté d'apparts à prix raisonnables – Dans le reportage que je vous propose, on parle de la France mais
ou pourrait cibler bien d'autres pays. Situation est que des
étudiants, et autres précaires, n'ont d'autres choix que de
squatter des habitations et immeubles inhabités. À Paris, 136 000
logements seraient inoccupés depuis plus de 2 ans!?
L'auteur
de ce reportage
(14:35), membre de l'équipe télélibre.fr, fait témoigner une
dizaine d'étudiants vivant dans ce contexte. Ils occupent, eux, un
immeuble appartenant au CROUS
(Centre régional des œuvres universitaires et scolaires de Paris),
et fermé depuis 2004. Cet organisme aide les étudiants à se loger.
Sur les sites d'étudiants
et de jeudi-noir
(03:12) également.
Cependant,
semble bien que ce ne soit pas suffisant. La preuve en est que la
télé de France4
a présenté récemment le docu de près d'1 heure "Un toit pour
moi", de John-Paul Lepers : vidéo accessible seulement à ceux
habitant le territoire français.
■ Citation trouvée sur le web – Je la dédie aux petits élus, civils et collabos frénétiques :
La liberté de tout dire n'a d'ennemis que ceux qui veulent se
réserver la liberté de tout faire.
■ Afghanistan : 117e soldat canadien tué – Une très jeune femme, 21
ans. Karine Blais était dans ce pays depuis deux semaines à
peine. Quatre soldats ont par ailleurs subi des blessures lors de
l'explosion. Toujours le même scénario
: véhicule ayant roulé sur une bombe artisanale.
■ Le policier Sylvain Benoît de Montréal sanctionné pour accusation sans justification - (Suite
tome
3
de L'Étau Policier) Premier
février 2000. Le policier Sylvain
Benoît
de l'île de Montréal est sanctionné
de 21 jours ouvrables par le Comité de déontologie. (Rollande
Parent, la Presse canadienne --
La Presse du premier février 2000) : il
avait rédigé un faux rapport.
Benoît
avait intercepté un automobiliste pour lui demander ses papiers.
Celui-ci ayant souligné qu'il agissait ainsi parce qu'il est un
Noir
et au volant d'une Ferrari,
Benoît lui avait
conseillé de ne pas jouer à la victime sinon il allait lui faire
voir du noir.
Il lui avait ensuite remis une contravention indiquant que son
attestation d'assurance était périmée, ce
qui était faux.
Me
Jacques Monette,
président du Comité de déontologie : «Un
tel comportement ne peut d'aucune façon être toléré de la part
d'un policier. L'agent Benoît a non seulement manqué à son serment
d'office mais sa
conduite mine la crédibilité de tout le système judiciaire.
(...) Tout
policier doit comprendre qu'il
y a des conséquences graves à porter sciemment une accusation sans
justification.»
(Suite
demain)
■ Il y a dans nos sociétés providentes un glissement de la solidarité citoyenne à la solidarité charitable - (Suite
tome
2
de L'Étau Policier) La
journaliste Marie-Claude Malboeuf du même quotidien constate, en
décembre 2000, l'absence
de jeunes lors d'une manifestation tenue
dans l'est de Montréal, devant les
bureaux de la ministre péquiste du Travail, Diane Lemieux, pour
protester contre ces nouvelles mesures.
(Marie-Claude Malboeuf --
La Presse du 7 décembre 2000) Seuls une trentaine d'intervenants et
de pauvres y participent.
Isabel
Gauthier,
du Regroupement des organisations communautaires autonomes jeunesse
du Québec, explique pourquoi : «Les
jeunes ne sont pas tous prêts à revendiquer devant les médias,
mais il
faut protester avant qu'on les ancre davantage dans la pauvreté.
(...)
Ils
ne pourront pas survivre si on coupe leur chèque. Leur
revenu est déjà en deçà du seuil de pauvreté.»
Pour
Anne
Saint-Pierre,
du Carrefour-Jeunesse d'Hochelaga, organisme aidant des jeunes
d'Hochelaga-Maisonneuve, un quartier montréalais, les nouvelles
règles vont démotiver ceux qui veulent s'en sortir et pousser les
autres à se marginaliser davantage. «La
coercition fait que les gens se braquent,
qu'ils résistent. Ce n'est pas une stratégie de changement.
On va
se réjouir d'apprendre que moins de jeunes ont recours à l'aide
sociale quand, en fait, ils(ceux
refusant le parcours obligatoire) vont
se retrouver dans la rue ou à faire des montages de survie
: la débrouille, la drogue, les vols. Ils vont s'éloigner encore
plus des endroits où on peut les aider.»
Dans
son article, la journaliste ajoute, se référant probablement aux
propos de cette intervenante, qu'il est «bien
plus efficace de travailler avec des jeunes qui ont choisi d'être là
et avec qui on peut établir une relation de confiance».
La preuve en est, d'après elle, que, entre septembre 1999 et
septembre 2000, 62%
des jeunes ayant participé à un projet-pilote ont accepté de faire
quelque chose.
Parmi eux, 87%
sont allés jusqu'au bout.
Elle
faisait peut-être allusion au programme Solidarité sociale du
ministre péquiste André Boisclair, successeur de Louise Harel, qui,
on peut le penser, avait été précédé d'un test sur le terrain
basé sur le volontariat. (Sylvain Larocque --
La Presse du 22 août 2000)
Thériault,
professeur titulaire à la faculté des sciences sociales de
l'Université d'Ottawa, estime que le rapetissement de l'État
providence n'a pas les mêmes conséquences pour les uns et pour les
autres. (J-Yvon Thériault --
Revue Notre-Dame de septembre 1999) Les
riches s'en tirent toujours, mais les pauvres écopent.
Ce sont tous les citoyens qui tirent avantage de la démocratie et
qui doivent y participer. Et cela
doit se traduire par un certain universalisme. Autrement,
le Montréalais pourrait refuser de payer pour les routes en Gaspésie
et dire : "Quand j'irai là, qu'on m'impose un péage." Il
y a une particularisation des services qui ne va pas dans le sens de
la citoyenneté.
Thériault
dit aussi, et sans viser nommément le gouvernement du Québec, que
l'État
providence ne pratique pas une politique de charité.
Il n'y a pas pour lui de bons et de mauvais pauvres. Il
y a des citoyens qui ont accès à un patrimoine collectif.
Or, il y a actuellement, même aux yeux de l'État providence, un
recul du caractère universel de la citoyenneté.
Il s'adresse de plus en plus à des populations «ciblées»
et davantage dans le besoin.
«Il
y a dans nos sociétés providentes un glissement de la solidarité
citoyenne à la solidarité charitable.
Et cela est lourd de conséquence pour l'idée même de citoyenneté»,
conclut-il. L'auteur nous entrouvre la porte à ce que nous allons
découvrir maintenant. (Suite demain)
News du lundi 13 Avril 2009
■ Monologue du vagin – Qui n'a pas entendu
parler de cette pièce de théâtre d'Ève Ensler, créée en 1996?
Un grand succès à Broadway, puis dans le monde entier. Cette œuvre
est considérée comme un pilier du féminisme, lit-on sur wikipédia.
Elle a été à l'affiche également à Montréal. Ne l'ai jamais vue. Je trouvais le titre un peu abscons.
C'est à regret que je vous annonce que je me suis trompé. C'est du
bel humour, à preuve cet extrait vidéo délicieux...
(01:39).
■ Canada : des retraités sur le marché du travail – L'émission Enquête de la télé de Radio-Canada nous apprend qu'1
retraité sur 4 retourne au travail dès la fin de la première
année, dont 40% pour des raisons financières. Les autres, peut-être
pour se payer des petites folies, se valoriser, relever des défis.
L'enquête vidéo (08:08) remontant au mois d'octobre 2007, fort probable
qu'à cause de l'avènement de la crise économique, l'année suivante, il
faudrait ajouter cet élément à la liste des pourquoi.
Ce qui fait l'affaire d'entreprises : personnes
âgées fiables et possédant de l'expérience. Toutefois, les
salaires laissent (parfois ou souvent?) à désirer.
Remarques...
Après une pub de 10 secondes, faut en attendre 10 autres avant que
le reportage commence. Enfin, il y a un deuxième volet, mais il
n'est pas disponible.
■ Bordeaux, France : le zèle policier surveillé par Citoyens-Justice-Police (CJP) – Il s'agit d'une Commission nationale ayant pour mission
d’enquêter sur les rapports entre les citoyens et les forces de
sécurité, sur le contrôle et le traitement de ces rapports par
l’institution judiciaire. En sont membres : la Ligue des droits de
l’Homme-France (LDH), responsable de la coordination, le Mouvement
contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), le
Syndicat des avocats de France (SAF) ainsi que le Syndicat de la
magistrature (SM).
Une
antenne de CJP a été créée à Bordeaux afin d'entendre des
citoyens témoins d'un dangereux
durcissement des méthodes policières, notamment à l'encontre
de cyclistes : récemment, une autre antenne du genre a été mise
sur pied à Limoges,
à 220 km au nord-est de Bordeaux.
■ Deux policiers de Montréal voyeurs - (Suite
tome
3 de
L'Étau Policier) En
juillet 1996, Tracy-Carol
Dorion
compose le 911 et loge une plainte contre son conjoint pour voies de
fait. (Paul Roy --
La Presse du 8 juillet 1999) Deux policiers de l'île de Montréal
arrivent chez elle : Robert
Wayland et Éric Charbonneau.
Pendant
que la citoyenne, sur la banquette arrière de l'auto-patrouille,
rédige sa déclaration, l'un d'eux interroge la banque informatisée
du Centre de renseignement policier du Québec (CRPQ), découvre
qu'elle fait l'objet de mandats d'arrestation pour contraventions
impayées totalisant 342$.
On
lui passe les menottes et l'amène au poste de police numéro 33. À
deux reprises, en cours de route, elle s'enquiert du montant de sa
dette, n'obtient aucune réponse. Au poste, la
policière Nathalie Viau la fouille,
en
présence de deux collègues masculins.
La citoyenne s'informe si leur présence est nécessaire, réponse
affirmative de Viau.
Le soir même, Dorion paie les amendes et recouvre la liberté.
Elle
porte plainte au Comité de déontologie. Wayland
et Charbonneau sont réprimandés pour l'avoir menottée sans
justification,
et suspendus une journée sans solde parce qu'ils ont refusé de
répondre à ses questions sur les contraventions impayées. Quant à
la
policière Viau,
elle écope d'une journée sans solde parce qu'elle a procédé à la
fouille devant deux collègues. Et le responsable du poste ce
soir-là, François
Lessard,
qui a permis à ceux-ci d'y assister, est suspendu deux jours sans
salaire. (Suite
demain)
■ Des assistaux sociaux obligés d'adhérer à un Contrat social - (Suite
tome
2
de L'Étau Policier) La
journaliste Boivin
écrit que le gouvernement du Québec a instauré un
contrat social avec les assistés sociaux
considérés parties au travail. (Louise Boivin et Mark Fortier --
L'Économie sociale -
L'Avenir d'une illusion -- Éditions Fides) Il
a ciblé les jeunes de 18-24 ans et les femmes chefs de familles
monoparentales.
Ce
contrat n'en est pas vraiment un, car dans les faits, les
personnes assistées sociales n'ont pas le choix d'y adhérer,
fait-elle observer. Elles
sont contraintes de participer
à un «parcours
individualisés vers l'insertion, la formation et l'emploi»,
le
programme PARIE.
La journaliste a vu juste : en avril 2000, le ministre péquiste
de la Solidarité sociale, André
Boisclair,
annonçait que le gouvernement suivra de beaucoup plus près les
démarches des bénéficiaires de l'aide social pour réintégrer le
marché du travail. (Denis Lessard --
La Presse du 14 avril 2000) Ceux
qui refuseront un emploi verront leur chèque de bien-être social
amputé de 75$ par mois :
leur prédécesseurs au pouvoir, les l |