News du samedi 30 Avril 2011
■ Élections-Canada
: des sondages
– Je vous communique cette information sous toutes réserves.
Sur le web on est bombardé de sondages de toutes sortes. Au Canada,
on n'a pas encore jugé bon d'adopter une loi établissant des règles
afin d'éviter les manipulations, c'est davantage le cas en période
électorale. Alors, à bon entendeur, salut.
■ Élections-Canada
: le prince Stephen Harper
– Un article du journaliste Vincent Marissal
du quotidien La Presse qui en dit long sur son comportement à
l'égard des médias. À lire tout de suite.
PS
:
Cet article tombe pile avec celui que je viens d'écrire ci-dessous.
■ Élections-Canada
: voter, ça donne quoi ?
- Quand on sait que le chef du parti élu au pouvoir règnera comme
un prince entouré de quelques courtisans? Que tous les députés
membres de son parti devront voter, sans mot dire publiquement, en
faveur de chaque projet de loi imposé par cette oligarchie? Où est
la démocratie?
Elle
sera là le jour où les députés au pouvoir et ceux de l'opposition
pourront s'exprimer librement. Suis parfaitement conscient que chaque
élection est importante, qu'il y a toujours des enjeux. N'empêche...
Je rêve du jour où la grande majorité des électeurs feront la
grève du vote pour que la démocratie devienne une réalité
tangible, au Parlement du Canada et celui de l'Assemblée nationale
du Québec. Et pourquoi pas? Ailleurs dans le monde aussi.
Lorsque
les députés se retrouveront seuls ou presque, tant dans
l'opposition qu'au pouvoir, ils perdront leur légitimité, n'auront
pas le choix, devront mettre fin à l'oligarchie. Et ceux du pouvoir
qui profiteraient du momentum pour massacrer la démocratie,
feraient face à beaucoup de manifestations à travers le Canada.
C'est le seul langage que les assoiffés de pouvoirs comprennent. Une
révolution pacifique en devenir, donc.
■ La
police communautaire, une mystification machiavélique -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Le
Canada n'est pas le seul pays à avoir adopté le concept de la
police communautaire, formulation englobant, entre autres, la police
de quartier et la police de proximité. Des pays occidentaux aussi,
dont les États-Unis, la France, etc.
Au
Québec, l'une des provinces du Canada, la nouvelle approche a permis
aux policiers de reconstruire la société à leur image et
ressemblance, un peu comme Dieu aurait créé Adam et Ève.
Clandestinement, sans débat démocratique au sein de la population.
Ce sont les flics qui ont décidé ce qui était bon pour les
citoyens. Pas les élus, qui sont pour la plupart nuls en matière
policière, mais les flics, qui se prennent pour Dieu le père. Il y
a fort à parier que partout dans le monde où l'approche a été
appliquée sur le terrain les résultats ont été les mêmes. Les
policiers sont des fonctionnaires grassement payés par les citoyens
pour faire respecter la loi et non pour l'enfreindre.
Le
concept communautaire est particulièrement nébuleux. Car nous
sommes en présence de l'équivalent d'un mystère de la même nature
que celui de la Ste-Trinité : Dieu le père, son Fils et le
Saint Esprit... La police communautaire comporte aussi trois niveaux.
De un, la police luttant contre la criminalité : on imagine
difficilement les citoyens collabos de la police acceptant de servir
de chaire à saucisse dans sa chasse aux criminels.
De
deux, la police dont l'action est axée sur la résolution de
problèmes, qui n'ont rien à voir avec la criminalité, tout à voir
avec les contrôles et nettoyages sociaux des citoyens honnêtes. Et
de trois, la police socio-communautaire, qui assure la liaison auprès
des groupes sociaux plus vulnérables en ce qui a trait au risque de
victimisation et au sentiment de sécurité.
Celle-ci ratissant
large, de bout en bout, toute la population est finalement atteinte
de l'hypothèse. Les trois devraient être amalgamés ensemble alors
que chacun travaille seul, sans tenir compte de ce que font les deux
autres.
Le
mystère s'épaissit du fait qu'aucun corps policier ne fonctionne
intégralement selon les règles du fameux modèle. Et lorsque
celui-ci est alambiqué, peut-on encore lui accoler l'étiquette de
communautaire? Non, car le concept, alambiqué ou non, n'est rien
d'autre qu'une opération de relations publiques, plus précisément
de la police traditionnelle déguisée en police communautaire.
Il
est de bon ton de s'en proclamer dans les médias et auprès des
citoyens. C'est excellent pour l'image publique. Et cela permet à la
police, dans sa version classique et agressive, de lever une armée
de dirigeants d'entreprises, d'organismes et de citoyens-mouchards de
droite pour s'introduire davantage dans la vie privée des citoyens.
(Suite
demain)
■ Des
avocats de la Couronne plus près de la police que de la loi -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le
pouvoir politique résiste longtemps aux pressions de la Société
civile avant de décréter une enquête publique sur la police. Il
attend toujours de ne plus avoir le choix.
Quand enfin il se décide,
il nomme lui-même ceux qui la mèneront et les confine dans un
mandat étroit les empêchant d'aller trop loin, et fait ce que bon
lui plaît de leurs recommandations. Il craint de braquer sa police
et qu'elle ne lave plus aussi blanc les citoyens. Craint également
que la sacro-sainte image de la police soit démolie et qu'elle perde
de sa légitimité aux yeux de la population.
Le
laxisme de certains avocats de la Couronne et juges de paix, lui,
a-t-il déjà fait l'objet d'une enquête publique, portant
exclusivement là-dessus s'entend? À ma connaissance, non. Là, ce
que le pouvoir redoute, c'est que la crédibilité du système
judiciaire soit entachée. Là aussi il en désigne les personnes.
Mais
il y a plus : il a peur que ses interventions clandestines
soient étalées au grand jour et qu'il ne lui soit plus possible
d'agir illégalement à sa guise. Son comportement est identique à
celui de la police, qui préfère taire certaines affaires pour en
assurer la pérennité, sous prétexte de scorer plus souvent. Quand
un système, judiciaire ou policier, se met publiquement à nu, on a
toutes les raisons de croire qu'on peut s'y fier. Dans le cas
contraire, on en a autant de s'en méfier.
Une
certaine promiscuité, car c'est bien de cela dont il s'agit, a été
mise en relief par la Commission Poitras. Reconnaissons le courage de
ses commissaires, car ils ont osé marcher quelques pas de l'autre
côté du Rubicon.
Ainsi, elle a fait le constat que, malgré
l'expertise développée par les enquêteurs des Affaires internes de
la Sûreté du Québec, on perçoit «une
certaine retenue de leur part et de la part des procureurs
(avocats de la Couronne) lorsque
vient le temps de porter des accusations à l'endroit de policiers.
(...)
certains
dossiers ont été présentés à des substitut du procureur
(avocats de la Couronne) qui
ont refusé de porter des accusations, laissant aux autorités
(policières)
l'obligation de sévir.»
(Suite
demain)
News du vendredi 29 Avril 2011
■ Outlandish
– After every rainfall must come a rainbow : vidéo
(03:45).
■ Hier
28, à Montréal : lancement de la campagne "Échec
aux paradis fiscaux"
– Plusieurs organisations syndicales, étudiantes et civiles
invitent les citoyens québécois à expédier une carte postale ou
virtuelle au ministre des finances Raymond Bachand, du gouvernement
libéral de Jean Charest, lui demandant de mettre fin à cette
injustice.
Alors
que des entreprises et personnes fortunées déposeront, cette année
encore, leurs revenus dans des paradis fiscaux, les autres
contribuables verseront plus que leur dû en impôt provincial pour
compenser les sommes escamotées.
La
coalition représentant ces organismes rappelle que le 5 janvier
2010, le ministre canadien du Revenu Jean-Pierre Blackburn déclarait
qu'en 2009 des sommes totalisant 146 milliards avaient été déposées
par des Canadiens dans des abris fiscaux. Une augmentation
substantielle par rapport aux 88 milliards de 2003.
Notez
que la coalition n'indique aucune référence. Toutefois, dans le bas
de la page de son communiqué
de presse, elle fournit la liste de tous les organismes qu'elle
représente. Parmi eux, le Mouvement d'éducation et de défense des
actionnaires (MÉDAC), que préside Claude Béland,
ex-président du Mouvement des Caisses Desjardins.
■ Québec
: la réaction aux taux élevés notamment de la mortalité au
travail prend de l'ampleur
- La Commission de la santé et de la sécurité du travail du Québec
(CSST)
fait état de 213 morts en 2010 contre 185 l'année précédente : 94
d'un accident du travail, 119 d'une maladie professionnelle. Durant
cette même année 2010, 92 112 travailleurs ont souffert de l'un ou
de l'autre. Au total, au cours des dix dernières années, 1 915
Québécois ont perdu la vie. On ne parle pas de statistiques ici
mais d'êtres humains.
Les
impacts sur les familles et les vies brisées à la suite d'un
accident du travail, Kimberley Labrecque en connaît long sur le
sujet. En 2007, son mari a perdu la vie enseveli dans une tranchée.
Depuis, elle est déterminée à tout faire pour que d'autres
familles n'aient pas à traverser une telle épreuve. Témoignage
d'une mère qui a dû annoncer à ses deux enfants que «papa est
mort et reviendra plus». Aujourd'hui, elle est membre du Conseil
d'administration de la CSST : vidéo
(05:49).
L'an
dernier, l'Assemblée nationale du Québec, sous le gouvernement
libéral de Jean Charest, a décrété le 28 avril "Jour
commémoratif des personnes décédées ou blessée au travail".
Hier, ce 28 avril, les participants à des cortèges funèbres
étaient peu nombreux, compréhensible cette commémoration est
encore trop récente pour être connue du grand public : photos une,
deux
et trois.
Cependant, sur le web, les réactions sont multiples : trois
syndicats, FTQ, CSN
et CSD,
etc.
■ À
Lac Bouchette, l'Esprit Saint de la prévention souffle en tornade -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Les
moyens employés par la police, encore une fois universels,
s'apparentent du reste à ceux mis en œuvre par l'église
catholique, à l'époque du catholicisme triomphant, pour diffuser et
faire accepter ses prescriptions.
L'accent était mis, selon ce que
j'ai lu quelque part, sur le comment, sur les stratégies, sur les
rapports sociaux et les collaborations entre les individus et les
groupes pour occuper les lieux de pouvoir et partager les tribunes où
enseigner et inculquer de nouveaux comportements, de nouvelles
habitudes.
Seule
différence, aujourd'hui la police dispose de technologies de
l'information autrement plus performantes que celles de l'église
d'autrefois. Civils et collabos sont particulièrement envahissants,
ils ont littéralement encadrée la population. Comme l'église du
temps, pouvoir et police ont mis en place une pédagogie de la peur.
Le moteur de la vie est pratiquement devenu la peur de la
criminalité. Du temps de l'église claironnante, la peur de l'enfer
jouait le même rôle.
À
Lac Bouchette, l'Esprit Saint de la prévention souffle en tornade.
C'est l'équivalent d'une religion, d'où la métaphore. La police,
on peut le penser, a commencé par l'évangélisation des leaders
locaux, dont des élus, qui ont entraîné à leur suite des
commerçants ainsi que des citoyens et citoyennes dans la même foi
au maître mot panzer.
Si
le citoyen tient à son rang social, son emploi, sa petite
entreprise, il se doit d'adhérer à la nouvelle croyance. Autrement,
il serait considéré comme un hérétique et, selon les rites
policiers d'usage, éjecté de la société. C'est particulièrement
le cas quand vous connaissez beaucoup de petits secrets policiers, et
continuez d'en découvrir d'autres. Nécessaire d'isoler l'initié
que je suis pour éviter qu'il ne contamine des citoyens.
Tout
faire pour qu'il ne se sente pas bien dans la société et s'enferme
à double tour chez lui, n'en sorte plus, comme un ours mal léché,
aux poils hérissés. Les Grands Prêtres savent tout, ils sont
partout, on ne voit qu'eux et leurs fidèles. La nouvelle foi y régit
désormais tous les aspects de la vie quotidienne. La prévention,
devenue religion monopolistique, mérite le même sort que le
cléricalisme d'avant les années 1960.
En
raison des activités de plein air potentielles de sa forêt
environnante, le village détient un atout touristique majeur. Je
rappelle n'avoir rencontré aucun cycliste dans la partie forestière
du village, ni aucun piéton du reste. Mais, dira-t-on, des
cyclotouristes étrangers circuleraient dans les rues du village,
s'épivarderaient un peu partout dans la nature à faire on ne sait
pas trop quoi de politiquement ou puritainement incorrect ou
carrément d'illégal.
Apporteraient
anticonformisme, femmes courtement vêtues, mœurs légères,
désordre et criminalité : tapage nocturne, alcool, drogue,
vol, viol, etc. Les plus menacés seraient, bien entendu, «les
femmes», «les personnes âgées» et surtout «nos enfants».
Le village est un lieu tranquille, on veut qu'il le demeure,
dira-t-on encore. Prévention... La prohibition de la vie animée.
En
somme, l'opération ne consiste pas seulement à couper les arbres
pour éviter les feux de forêt, à empêcher aussi la repousse.
C'est-à-dire? Autant d'étrangers circulant dans le village
inciteraient des citoyens à faire de même. Ce serait aussi
distraire la population de sa mission première : la prévention.
Elle
découvrirait qu'il y a plus important dans la vie que la lutte
quotidienne contre la criminalité : l'osmose. Davantage libre,
elle deviendrait plus indifférente à l'ordre et au conformisme. La
police, de son côté, éprouverait de la difficulté à maintenir la
cohésion au sein de sa milice citoyenne, dont des membres ne
garderaient plus autant qu'avant l'œil et l'oreille aux aguets, à
l'exception peut-être des Chevaliers de Colomb et Filles d'Isabelle.
Son emprise psychologique s'en trouverait dangereusement menacée.
Petit
village englouti dans un grand bâillement d'ennuis. Charcuté, il ne
reste plus du tissus social que des lambeaux. La vie sociétale est
presque aussi aseptisée qu'une salle de chirurgie. Dans ma tête
défilent des images des films Bienvenue à Plaisanville et Show
Truman. Les jeunes ont besoin de tourbillonner dans la spirale de la
vie, avec ses virus et petites saletés, alors qu'ici, ils ne lèvent
pas de terre, au point où c'en est scandaleux.
Conséquemment,
ils quittent les régions rurales pour la grande ville, mais ignorent
que, là aussi, bien qu'ils y trouveront davantage de possibilités
d'emplois et d'intensité culturelle, ils n'en seront pas moins
contrôlés et nettoyés socialement. Nous voilà confronté à la
dure réalité de l'Étau policier dans lequel nous vivons désormais.
Le Québec n'est pas un cas unique, la problématique, redisons le,
étant universelle. (Suite
demain)
■ Une
affaire qu'on aurait jamais sue, n'avait été du journaliste Yves
Boisvert de La Presse -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Peut-on
comparer alors avec celles de la police de Los Angeles dont nous
venons de parler? Tiens, mieux encore : avec celles de la police
de Toronto peut-être? Qui a l'avantage d'être un corps policier du
Canada, par conséquent plus près de nous. (NDLR : Rappelons-nous le comportement de ce même corps policier lors du G20 à Toronto, en juin 2010)
La Presse n'a pas
effectué une couverture mur à mur de l'affaire torontoise, très
loin s'en faut : dans celle de Los Angeles, on a eu droit à
tout au plus une couple d'articles. Ce quotidien, qui dépêche
pourtant des journalistes aux quatre coins de la planète, n'a pas
jugé bon d'en affecter un à Toronto pour couvrir cet événement.
Craignait-on que les yeux du lecteur cillent et ses neurones
établissent des liens avec la Sûreté du Québec ?
Lecteur
assidu de ce quotidien depuis ma tendre enfance, j'ai vraiment saisi
toute l'ampleur de ce scandale en prenant connaissance d'un article
du journaliste Yves Boisvert. Sans son papier, je n'en aurais rien
su. C'est à Boisvert, avocat de surcroît, que nous devons, à cause
de ses très nombreuses chroniques sur les activités policières, cette grande bouffée
d'air frais dans ce monde renfermé et vermoulu de la couverture
journalistique des faits divers policiers et judiciaires. Celle
traitant de la police de Toronto date du mois d'août 2001. (Yves
Boisvert --
La Presse du 18 août 2000) Il y relate les événements, et fait
quelques... comparaisons.
«Au
cours de 2001, un gros scandale de corruption éclatait à la police
de Toronto. Treize policiers accusés de vol, fraude, parjure et
trafic. La Couronne obligée de retirer les accusation dans 115
procès portant sur le trafic de stupéfiants, résultats des
enquêtes des treize.»
Le journaliste Boisvert rappelle que, «comme
à la Sûreté du Québec dont des policiers ont trafiqué des
preuves lors du procès des frères Matticks, des policiers de
Toronto ont menti à la cour pour aider leur preuve. Et ainsi que ce
fut le cas à la Sûreté du Québec, le syndicat des policiers de
Toronto a dit qu'il n'y avait pas de quoi fouetter un chat. (...)
«Autre
similitude avec la Sûreté du Québec d'avant la Commission Poitras,
la même pente glissante, la même mentalité pourrie, la même façon
de tourner les coins ronds, jusqu'au moment où certains acceptent
carrément de commettre des crimes sous prétexte de faire prendre
des criminels. Il a fallu un peu de temps avant que des avocats de la
Couronne
(de Toronto) dévoilent
le pot aux roses,
constate-t-il.
«Ils ont d'abord suspendu les procédures dans un grand nombre de
procès, sans donner aucune explication
(sic).
Puis le chat est sorti du sac quand un avocat de la Couronne a admis
devant la Cour d'appel de l'Ontario qu'un condamné pour trafic
d'héroïne, qui avait déjà purgé 18 des 45 mois de sa sentence,
avait été victime d'une injustice parce que les enquêteurs avaient
trompé la cour.
«Depuis,
on en a répertorié environ 150 autres, accusés ou condamnés, et
il se peut qu'à la lumière de l'enquête,
écrit le journaliste,
plusieurs autres causes soient abandonnées et d'autres condamnations
annulées. Parmi les treize policiers torontois, dix faisaient parti
de l'escouade des stupéfiants, certains, considérés comme des
"policiers
d'élite".»
Boisvert signale qu'«à
la Sûreté du Québec, c'était aussi un corps d'élite, le Service
de répression du banditisme, qui était au cœur du scandale.
(…)
«À
Toronto, la police n'a pas tenté de camoufler l'affaire, à la
Sûreté du Québec, oui : "C'est
un triste moment dans l'histoire de la police de Toronto",
a dit Julian Fantino, le chef de police de Toronto. Qu'avait fait et
dit, à l'époque, le directeur de la Sûreté Québec?
Remontons brièvement en arrière. Le directeur Serge Barbeau demande
à trois de ses policiers d'effectuer une enquête interne : Louis
Boudreault, Bernard Arsenault et Hilaire Isabelle.
«Par la suite, loin
d'être appuyés par les dirigeants de la Sûreté du Québec, ils
doivent plutôt encaisser des reproches sévères de ceux-là même
qui les ont choisis pour faire ce travail. Et qui finissent par les
congédier en raison de leur détermination à faire exactement ce
qu'on leur a demandé, ce qui devient soudainement "un
manque de loyauté"
envers
l'institution.»
C'est
la seule fois, sauf erreur, où La Presse nous a informé de
l'affaire torontoise. Quelle en a été la suite? On l'ignore.
Reconnaissons, ainsi que le signalait Boisvert dans une autre
affaire, celle de Barnabé, qu'il n'est pas facile de tourner la
page. Pas facile, parce que la police n'est pas la seule en cause.
Des rouages de notre système judiciaire... grincent. À Toronto, on
vient de le voir, dans un «grand
nombre de procès»
des avocats de la Couronne avaient suspendu les procédures sans
donner... aucune explication.
La
police n'est que l'une des roues dentées de l'engrenage judiciaire.
C'est elle qui met en mouvement la roue suivante, c'est-à-dire
avocats de la Couronne et juges de paix. Une proximité propice aux
frictions et aussi, il faut bien le dire, à la camaraderie, à un
certain laxisme, pour ne pas parler carrément de complaisance.
Gardons-nous bien de mettre tous les avocats de la Couronne et juges
de paix dans le même sac. Une problématique à deux volets, par
conséquent. (Suite
demain)
News du jeudi 28 Avril 2011
■ Québec
: une marche de protestation contre la mortalité en milieu de
travail
– Ils n'étaient pas nombreux, ce jeudi 28 avril, à peine une
quarantaine, sous la pluie. Ils se sont arrêtés devant le Parlement
du gouvernement libéral du premier ministre Jean Charest,
où ils ont gardé une minute de silence. Le taux de mortalité
augmente : 185 en 2009, 213 en 2010, le nombre de victimes de 2011
sera dévoilé à la fin de l'année.
PS :
Charest gère ces mortalités de la même façon qu'il gère
l'exploitation du gaz de schiste. C'est-à-dire sans vraiment s'en
occuper.
■ Élections-Canada
: la Cour fédérale n'aurait
pas le temps d'entendre la
cause avant lundi, jour du
scrutin
– Article
sur la décision de la Cour fédérale + pour un contexte plus
élaboré de l'affaire, je vous réfère à mon article d'hier mercredi
27 avril, plus bas dans cette page, voir manchette "Canada
: course contre la montre pour qu'Harper s'explique, avant le vote du
2 mai, sur une affaire".
■ Un
peu plus d'infos sur les Chevaliers de Colomb et Filles d'Isabelle de
Lac Bouchette -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) J'ai
cherché en vain d'obtenir des livres auprès d'un libraire traitant
des Chevaliers de Colomb (CdeC) et des Filles d'Isabelle (Fd'I).
Tentative aussi sur le site Web de l'UQÀM, notamment, mais sans
résultat.
Par contre, sur d'autres sites, j'ai pu glaner quelques
informations. Rien de percutant mais donnant tout de même une idée
de leur engagement vis-à-vis la doctrine de l'église catholique et
la Société civile.
Ainsi,
sur le site du conseil 7267 des CdeC de Lac Bouchette on peut lire
que les «CdeC poursuivent leur prière pour que soit reconnu dans
l'Église la Sainteté de ce fidèle serviteur (l'abbé Michael J.
McGivney, fondateur des CdeC)». (NDLR : L'adresse web a été
changée, j'en ignore la nouvelle) Aussi cet
autre passage : «L'ordre colombien tire sa force de chacun des
Chevaliers, lesquels sont prêts à œuvrer et à s'impliquer dans
des activités paroissiales, pastorales, communautaires, familiales,
jeunesse et autres.»
Cette «force» transparaît dans ce dernier
passage : «Si vous travaillez dans le domaine de l'assurance
(...) un simple coup de fil vous permettra d'en savoir plus sur les
perspectives de carrière qui vous sont offertes en joignant notre
équipe.» Allusion indiquant que l'adhésion aide à gagner sa vie.
Le
site du Conseil d'État des CdeC, qui chapeaute les associations
locales, est un peu plus explicite
(NDLR : Là aussi l'adresse web a été changée, j'en ignore la
nouvelle) : «Seuls les catholiques pratiquants de 18 ans et plus et
en union avec le Saint-Siège sont éligibles à appartenir à
l'ordre : être baptisé, professer la foi ; vivre la
pratique chrétienne dans ses dimensions : de fraternité, de
célébration, d'éducation de la foi, d'engagement en son milieu.
(...) 4 principes de base : charité, unité, fraternité et
patriotisme (sic). Ils doivent orienter les actions des Chevaliers,
et leurs attitudes dans le quotidien.»
On s'intéresse également
aux jeunes : «Le but des cercles d'Écuyers colombiens est de
permettre à des jeunes de 12 à 17 ans d'acquérir un idéal et de
former leur caractère par l'intermédiaire du leadership d'un
adulte.»
Pour
sa part, les Fd'I de Lac Bouchette ne semblent pas avoir un site Web,
ni les autres cercles locaux du Québec. Sur le site provincial des
Fd'I, on apprend que cette association poursuit les buts suivants
(NDLR : Là aussi l'adresse web a été changée, j'en ignore la
nouvelle) :
«(...) mieux
se connaître mutuellement ; étendre le cercle d'amies ;
centraliser toutes les ressources communes afin de s'aider les unes
les autres ; devenir une puissance plus considérable (sic)à
présenter au monde dans la poursuite du Bien au sein de la société.
(...)
«Nous
sommes réunies en sœurs pour rester fidèles aux enseignements de
l'Église catholique, pour veiller au bien spirituel de nos membres
et contribuer au bien commun de l'humanité. (...)
nous
exerçons une influence positive dans nos communautés, maintenant
ainsi un idéal élevé de vie morale
(resic).» Joan C. Breton, régente internationale de l'Ordre,
précise que «les
Filles d'Isabelle sont appelées à servir et continuer l'œuvre de
Dieu».
Absolument
rien de répréhensible sur ce plan, vivant dans une démocratie, ces
associations en ont parfaitement le droit. S'y attaquerait-on, qu'il
y aurait urgence que toute la Société civile se porte à leur
défense. Nous avons aussi celui de ne pas cacher que,
traditionnellement, elles ont toujours été constituées en grande
parti d'hommes et de femmes de la droite catholique et que ses membres interviennent clandestinement afin d'imposer leur moral aux citoyens.
Pour
la police en civil de la Sûreté du Québec, ou n'importe quel autre
corps policier de la planète, c'est là un terreau fertile où elle
peut puiser à pleines mains les effectifs dont elle a besoin pour
défendre son orthodoxie. Naïf de croire qu'elle recrute des membres
d'organismes défendant les droits et libertés ou luttant contre la
brutalité policière, par exemple. Sans prétendre tout savoir, je
n'en connaît aucun. (Suite
demain)
■ La
Commission Poitras n'a pas enquêté toutes les activités illégales
de la Sûreté du Québec, très loin de là -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le
journaliste André Cédilot de La Presse tenait des propos rassurants
peu après le dépôt du rapport de la Commission Poitras portant sur
l'affaire Matticks et la manière dont des enquêtes sont menées à
la Sûreté du Québec. Suivant son article, on ne peut comparer ce
corps policier, par exemple, avec ceux de New York et des
Nouvelles-Galles-du-Sud, en Australie. (André Cédilot --
La Presse du 6 février 1999)
Il
est vrai que, comme à la Sûreté du Québec, c'est la vision
étriquée et l'absence de contrôle au sein de ces deux corps
policiers qui ont débouché sur les pires scandales de corruption
policière de l'histoire moderne. Cependant, insiste-t-il, il n'y a
pas de comparaison possible entre les problèmes de celui du Québec
et ceux, bien pires, de ces deux pays, si ce n'est que les symptômes
qui ont miné ces organisations nécessitent sensiblement les mêmes
remèdes.
À
l'instar de la Commission Poitras, les experts, qui se sont penchés
sur les problèmes des deux corps policiers étrangers, ont établi
un lien direct entre l'absence de leadership et de contrôles
adéquats et les déviances.
Le journaliste fait d'abord état des
méfaits policiers de la Ville de New York, qu'il tire du rapport de
la Commission Mollen : code du silence, parjures, preuves
truquées (falsification notamment des empreintes digitales d'un
suspect de meurtre), perquisitions illégales, vol de pièces à
conviction, vol de drogue à des trafiquants.
En
1994, une trentaine de policiers étaient mis en accusation, une
soixantaine recevaient des sanctions disciplinaires allant du
congédiement à la suspension, des dizaines d'autres étaient mutés.
Il complète ensuite ce bref tour d'horizon avec les
Nouvelles-Galles-du-Sud, en Australie, où la situation était
similaire. (NDLR : Les méfaits policiers, peu importe le pays,
doit-on noter, sont toujours de la même eau) Là, une centaine
étaient congédiés, un train de mesures promulgué, notamment la
création d'une commission de surveillance indépendante.
Impossible
donc... de comparer les activités illégales de la Sûreté du
Québec avec celles commises par des membres de ces deux corps
policiers. Pour l'affirmer de façon aussi catégorique, on présume
que Cédilot ne doit connaître strictement rien des activités de
l'underground policier québécois où, on l'a vu et pas fini de le
voir, atteintes aux droits fondamentaux et sabotages pullulent. En
outre, son propos suggère que la Commission Poitras, au cours de son
enquête, a passé à la loupe toutes les activités illégales de la
Sûreté du Québec, ce qui n'est absolument pas le cas.
Les
auteurs du rapport Poitras disent eux-mêmes qu'«il
ne faudrait pas tomber dans le piège de croire que le nom de la
Commission, la "Commission
d'enquête chargée de faire enquête sur la Sûreté du Québec",
en définit le mandat. Le mandat est en fait beaucoup plus restreint
que le nom l'indique. Nombre d'activités, de services et de types
d'enquête de ce corps policier ne sont aucunement visés par la
présente enquête.»
Et parmi les faits qu'elle a examinés, il s'en trouve où elle n'a
pu enquêter en profondeur : «La
Commission n'(en)
avait
ni le temps ni les moyens.»
De plus, elle n'a pas eu accès à toute la documentation dont elle
avait besoin. (Suite
demain)
News du mercredi 27 Avril 2011
■ Québec
: "Électeurs
en herbe"
– C'est l'un des programmes du "Forum
jeunesse de l'île de Montréal"
spécialisé dans l'éducation à la citoyenneté : initier à la
démocratie et au fonctionnement des institutions politiques. Il
s'adresse aux jeunes de 10 à 17 ans n'ayant pas encore l'âge de
voter, 18. Ainsi, ceux de l'École secondaire Cavalier-de-LaSalle.
Ils ont participé à une élection municipale simulée et supervisée
par de leurs camarades formés à cette fin : vidéo
(04:26) + site
quivotegagne.
■ Élections-Canada
– Le premier ministre sortant Stephen Harper, chef du Parti
conservateur, reconnait la possibilité que le NPD forme l'opposition
officielle
au prochain Parlement. En tout cas, il s'est servi de cette hypothèse pour ameuter les électeurs.
■ Un gouvernement oligarchique doit favoriser la tenue de
référendums
– Au Canada, la
plupart des législations provinciales ou territoriales prévoient
qu'un référendum
peut être décrété sur toute question d'intérêt public, mais
seule la Constitution du Canada peut faire l'objet d'un référendum
fédéral. Dans
la majorité des cas, ils sont essentiellement consultatifs.
Cependant, à certaines conditions, les résultats peuvent lier les
gouvernements de l'Alberta, de la Colombie-Britannique et de la
Saskatchewan.
Au
Québec, le gouvernement peut ordonner une consultation populaire sur
toute question, y compris un projet de loi si, lors de son dépôt,
celui-ci contient une disposition à cet effet. La population
peut-elle en demander un portant sur un projet de loi ou autres
questions? Oui. Le Québec est la seule province à prévoir
l'établissement d'un Conseil du référendum, dont le rôle est
d'entendre toute instance judiciaire relative à un référendum.
Ce
conseil est composé de trois juges de la Cour du Québec, le juge en
chef en assure la présidence. Seul le Président de l'Assemblée
nationale ou un député à l'Assemblée nationale peut demander au
Conseil du référendum de rendre une décision. À la réception
d'une telle demande, le Conseil doit soumettre sa décision dans les
dix jours.
■ Canada
: course contre la montre pour qu'Harper s'explique, avant le vote du 2 mai, sur une affaire
- De quoi s'agit-il? La vérificatrice générale du Canada Sheila
Fraser a produit un important rapport qu'elle n'a pas eu le temps de
déposer parce que le premier ministre Stephen Harper a dissout le
Parlement et décrété des élections générales. La loi interdit
la vérificatrice de le rendre public avant ce dépôt.
Cependant,
La
Presse Canadienne en a obtenu une version préliminaire et dévoilé
que le gouvernement Stephen Harper avait induit en erreur le
Parlement en faisant croire aux députés de l'opposition qu'une
somme de 50 millions $ était destiné au G8, alors que dans les
faits l'argent a été dépensé ensuite dans la circonscription du
ministre conservateur de l'Industrie, Tony Clement.
La
course contre la montre... Kathleen Trotter, une
Torontoise de 28 ans, a demandé
à la Cour fédérale d'imposer la publication du rapport de la
vérificatrice avant les élections de lundi 2 mai : «Le
gouvernement va gérer le pays et je sens que je ne peux faire un
choix éclairé sans cette information». Elle affirme que le refus
de la vérificatrice Fraser viole son droit, garanti par la Charte
canadienne des droits et libertés, d'effectuer un choix informé
dans le cadre d'une élection. Sur le site
Avaaz, plus de 80 000 citoyens ont signé sa pétition : article
+ déclaration
de Fraser + pétition.
■ La
première fois...
- On est un peu gêné, sait pas comment faire
: vidéo
(02:25).
■ La
Sûreté du Québec co-parraine avec des associations de Chevaliers
de Colomb des campagnes de collecte... de sang -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Dans
les grandes centres urbains du Québec, on entend peu parler des
Chevaliers de Colomb (CdeC) et Filles d'Isabelle (Fd'I), au point de
croire qu'ils sont moribonds ou ont complètement disparus. Ayant
vécu près de vingt ans à Montréal, je le croyais, moi également.
Ici,
j'ai découvert que c'est loin d'être le cas. Ce que confirme du
reste Alphonse Martel, dans une lettre publiée par La Presse de
janvier 2002. (Alphonse Martel --
La Presse du 21 janvier 2002) CdeC depuis 41 ans et ex-directeur
général du Secrétariat d'État du Québec, il écrit que c'est le
plus grand organisme de laïcs catholiques au monde, avec plus de 1,6
million de membres, dont 103 000 au Québec répartis dans 540
conseils.
Bien
que je n'aie pas enquêté au sein des associations des CdeC et Fd'I
de Lac Bouchette, je connais, dans le village, des collabos de la
police qui en sont membres. Chez les Fd'I, j'ignore tout de la
situation, à cause de la barrière culturelle séparant les deux
sexes. Qu'on me comprenne bien : je n'affirme aucunement que ces
deux associations appuient officiellement ou officieusement la police
et participent à la répression souterraine. Je n'en ai aucune
preuve.
Un
autre fait est également sûr. Policiers et policières en civil, et
leurs fidèles, hommes et femmes, sont infiltrés partout. Pourquoi
pas aussi dans ces associations? Qui ne sont pas les seules,
remarquez bien, l'associatif y étant assez développé, notamment
les Lions -- comptant seulement quatre ou cinq membres, dont l'un
d'eux depuis 27 ans, et tous impliqués dans la prévention. Dans des
municipalités du Lac St-Jean, il arrive, à l'occasion, que la
Sûreté du Québec co-parraine avec des associations de CdeC des
campagnes de collecte de sang.
Dans
sa lettre, Alphonse Martel ne traite pas du rôle souterrain des
CdeC. Il est de fait que ceux-ci et les Fd'I appartiennent à des
sociétés secrètes. Que certains de leurs membres occupent souvent
des postes de responsabilité, tant dans l'ordre syndical
qu'administratif. Une organisation tentaculaire susceptible, surtout
dans un petit village rural, de s'opposer dans l'ombre à
l'émancipation des citoyens et citoyennes. (Suite
demain)
■ Les
dg des corps policiers, de
petits potentats municipaux, régionaux, provinciaux et nationaux -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Combien
d'autres cas semblables, dont celui de Jetté, de loin le plus infect
et nauséabond? Quand on sait ce qui s'est passé à Los Angeles, il
y a vraiment de quoi s'inquiéter. Los Angeles, aux États-Unis, pays
supposément des droits de l'homme, ce n'est tout de même pas une
grande Cité d'un pays du tiers monde.
D'après
le Los Angeles Times, rapporte l'Agence France-Presse en novembre
1999, environ 40 individus au total pourraient avoir été condamnés
par erreur sur la base de déclarations mensongères de policiers de
cette ville. (Agence France-Presse --
La Presse du 10 novembre 1999) Le scandale a retenti en septembre
1999 à la suite des révélations d'un policier condamné pour vol
de cocaïne, Rafale Pérez. Lui et son coéquipier, Ninon Durden,
auraient notamment tiré sur des suspects désarmés. Depuis, 13
policiers ont été suspendus et deux autres, soupçonnés d'avoir
passé à tabac un suspect, limogés.
Le
procureur de la ville, Gil Garcetti, a déclaré qu'«à
la suite de l'enquête en cours, nous avons conclu que nous n'avons
plus confiance dans les condamnations prononcées dans plusieurs cas
récents. Dans l'intérêt de la justice, nous irons devant la
justice (...)
pour
obtenir l'annulation de ces jugements».
Il
a demandé la libération immédiate d'un détenu condamné sur la
foi d'une enquête menée par deux policiers corrompus. Un jeune
homme condamné à 23 ans de détention avait déjà été libéré.
Garcetti devait demander aussi l'annulation des accusations pesant
sur deux autres personnes et une nouvelle sentence dans le cas d'un
quatrième inculpé. D'autres libérations devaient suivre.
Une
quarantaine de citoyens faussement accusés par des flics, condamnés
et emprisonnés ! Disons le : carrément dégoûtant! Pourquoi
des flics agissent-ils ainsi? La plus importante raison réside dans
le fait qu'ils savent que les règles du jeu ne sont pas les mêmes
dans l'underground policier qu'à la surface. Tout y est permis, si
pas-vu-pas-pris. C'est dans ce sous-sol que naît et se développe la
délinquance policière, sous l'œil accommodant de directeurs de
corps policiers, qui sont tous de petits potentats municipaux,
régionaux, provinciaux et nationaux. Eux aussi sont passés par là,
du temps où ils étaient des sous-fifres.
Le
tapioca, vous vous rappelez? Je vous en ai parlé plus haut. (Patrick J.
Knoll --
Regard sur les affaires internes, les Perspectives internationales --
Rapport présenté à la Commission d'enquête Poitras sur des
illégalités de la Sûreté du Québec) Les subalternes prennent la
saveur que veut bien le chef de police.
S'ajoute
à cela que ce dernier et ses subalternes sont jugés par le pouvoir
politique aux résultats obtenus aux cours de leurs enquêtes. Plus
ils sont efficaces, plus leur chance de conserver leur poste ou
monter l'échelle hiérarchique augmente. Ce peut être aussi de la
vengeance à l'encontre de citoyens, comme il peut s'agir carrément
de policiers sans foi ni loi, insensibles à la souffrance humaine.
Et Los Angeles, n'est pas le seul cas en l'espèce, loin s'en faut.
(Suite
demain)
News du mardi 26 Avril 2011
■ Élections
Canada
– Ce mardi 26 avril, encore 5 jours avant le vote du 2 mai. Toutes
les infos sur le site d'Élections
Canada, un organisme indépendant et non partisan chargé notamment
de la conduite des élections. En tapant votre code postal, plus bas
dans la page s'affichant, trouvez votre circonscription, le bureau
local d'Élections Canada, la liste des candidats, à quel endroit
voter et plus. Sur vidéo,
message de Marc Mayrand directeur général des élections aux jeunes
électeurs, qui sont près de 3 millions. L'occasion
pour eux d'avoir leur mot à dire.
■ Caricature
et liberté d'expression –
Un rôle politique indispensable : 3 vidéos : une
(01:43), deux (04:04) et trois
(02:51) ; joueur de flûte
(Russie) ; longues
années (Chine) ; empire
(Belgique) ; sans
parole (Iran) ; distinction
(Israël) ; discrimination
(Iran) ; couper
la parole (Grande-Bretagne) ; tel qu'il est
(Suède) ; barbarie
; soleil couchant
; égoïste
; belle folie
; dessins cochons.
■ Les
flics de la Sûreté du Québec n'ont qu'à siffler et voilà les
collabos claquant des talons, prêts à servir -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Je
me suis souvent demandé comment des commerçants peuvent accepter
d'espionner leurs clients, la source même de leur enrichissement et,
apparemment, sans le moindre petit pincement au cœur, pour ensuite
refiler à la police un tas de renseignements à leur sujet.
Comment
arrivent-ils à participer, personnellement et par employés
interposés, à des déstabilisations psychologiques policières à
l'intérieur même de leur établissement, et se permettre de leur
adresser un sourire sympa quand, à la caisse, ils leur remettent la
monnaie. Je crois qu'ils n'ont pas le choix, pas bon du tout pour le
commerce d'opposer un refus à la police.
Tous
ces citoyens de droite auxquels la Sûreté du Québec fait appel
pour participer à certaines de ses activités clandestines doivent
frissonner de plaisir : cachottière, elle ne leur dit pas tout.
Les flics n'ont qu'à siffler et les voilà claquant des talons,
prêts à servir. Ces fanatiques de la police, qu'est-ce qui les fait
donc courir, lutter avec cette ardeur de moines soldats? La griserie
du "pouvoir", de ceux qui n'en ont jamais eu ou qui n'en
ont plus et qui ont enfin l'occasion d'exprimer leurs tendances
fascistes, mettre la population au pas.
Petit
village corseté par le conformisme. Ce n'est pas un trait distinctif
de Lac Bouchette ou d'ailleurs au Québec, c'est universel. En tous
lieux et en tout temps, des citoyens sont devenus des collabos de la
police. C'est de cette façon que l'on instaure des étaux policiers,
des dictatures et même des systèmes totalitaires.
Lors
de mon enquête dans le petit village, j'ai constaté à plusieurs
occasions la présence de Chevaliers de Colomb (CdeC). D'après
certains informateurs, CdeC et leur pendant féminin, les Filles
d'Isabelle (Fd'I), y exerceraient encore une emprise psychologique
sur la population. Cent quarante citoyens seraient membres des CdeC,
chiffres qu'on m'a confirmé à quelques reprises.
Combien de Fd'I?
On m'affirme qu'elles seraient aussi nombreuses, sinon plus parce que
les femmes, plus croyantes, seraient plus facilement mobilisables que
les hommes. À eux seuls, ces deux groupes représentent un important
pourcentage de la population de 1 370 citoyens de la municipalité..
De
nos jours, m'a-t-on affirmé, il n'est plus nécessaire d'être CdeC
ou Fd'I pour obtenir plus facilement un emploi. Alors, ai-je demandé
à mes informateurs, s'ils ne jouent plus de rôle clandestin,
quelles sont leur raison d'être? Ce sont des clubs sociaux, m'a-t-on
dit.
D'après ce qu'on m'a raconté, on y adhère par conviction
chrétienne, quoi que plus souvent par délicatesse à l'endroit des
autres, pour éviter de heurter certaines sensibilités, ainsi le
parent, l'ami ou l'employeur vous incitant à en devenir membre.
Parfois aussi parce qu'on exploite un petit commerce et que
l'adhésion peut aider à faire tourner les affaires, l'opportunisme,
comme partout ailleurs, entrant pour partie dans les motivations.
(Suite
demain)
■ Quelques
autres affaires nauséabondes de flics de la Sûreté du Québec -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Faisons
état d'un drame... cette fois délibéré : l'affaire Michel
Jetté, qui implique des membres de la Sûreté du Québec. Le
journaliste Yves Boisvert de La Presse la relate. (Christiane
Desjardins et Yves Boisvert --
La Presse des 21 octobre 1999 et 9 août 2000)
En 1989, Jetté est
condamné à six ans de pénitencier pour homicide involontaire,
après avoir été battu et menacé par des policiers et forcé à
faire de faux aveux. Des enquêteurs prétendaient l'avoir arrêté
sur la foi de ceux-ci, et qui avaient été enregistrés sur
cassette. Cependant, ils ne l'avaient pas produite en preuve,
affirmant qu'elle avait été effacée, mais avaient néanmoins
témoigné de son contenu incriminant. Jetté va ensuite en Cour
d'appel.
Situons
le contexte de la suite. Quelques années après sa condamnation,
l'un de ses accusateurs, le caporal de la Sûreté du Québec Gaétan
Rivest, démissionne de ses fonctions avec fracas, multiplie les
déclarations publiques sur les façons de faire incorrectes
prévalant au sein de ce corps policier. Il en informe même le
ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard, lors
d'une rencontre. Afin d'en neutraliser l'impact, certains de ses
ex-collègues cherchent à entacher sa crédibilité.
Puis
s'ouvre un procès en Cour d'appel, en octobre 1999, qui donne lieu à
un revirement inattendu où la justice triomphe enfin du
totalitarisme. Rivest, qui avait joué un rôle de premier plan dans
cette sale affaire, accepte de témoigner et avoue carrément s'être
parjuré lors du premier procès. Mieux, la fameuse cassette que l'on
croyait effacée est déposée en preuve.
Les
juges Marc Beauregard, Morris J. Fish et Michel Robert
l'auditionnent, constatent que Jetté n'y tient aucun propos
incriminant, annulent le verdict de culpabilité contre lui,
ordonnent l'arrêt des procédures. Le journaliste Yves Boisvert de
La Presse signale que, malheureusement, Jetté ne l'a jamais su
puisqu'il est mort d'une crise cardiaque en 1997, environ deux ans
auparavant. Dommage pour lui, déplore-t-il : sa peine de six ans
était purgée et il avait eu le temps de mourir de mort naturelle
avant le jugement.
La journaliste Christiane Desjardins rapporte les propos de l'ex-caporal
Rivest, qui se dit satisfait de la décision des trois juges. «Je
ne peux pas dire que je suis heureux, parce que ça me rappelle
toutes les saletés que j'ai faites et celles qui se continuent à la
Sûreté du Québec. Mais je suis content d'avoir dit la vérité.
Des parjures, j'en ai faits beaucoup
(sic), mais
Michel Jetté, c'est une cause type. C'est un individu très normal,
pas relié au crime organisé. Il n'avait pas les moyens de se payer
un bon avocat. Cela prouve que c'est presque impossible pour un type
dans cette situation-là de passer à travers nos parjures, si on (la
police) ne
fait pas d'erreur de notre côté.»
Commentaire
aussi de l'avocat de Jetté, Me Julio Peris : «Il
fondait beaucoup d'espoir sur cet appel. C'est triste, il est mort
avant. Ce jugement vient souligner qu'il y a une lacune dans la
jurisprudence. Combien d'appels sont rejetés parce que déclarés
sans motifs? Si M. Rivest n'avait pas dit la vérité cette fois-là,
que serait-il arrivé?»
s'interroge-t-il. La réponse est évidente : personne n'aurait
jamais su le fond de l'histoire.
Ce
mois d'octobre-là, Manseau, du Mouvement Action Justice (MAJ),
intente en Cour du Québec une poursuite contre Rivest,
l'ex-enquêteur de la Sûreté du Québec. Une plainte privée
d'entrave à la justice reliée à une autre enquête effectuée par
ce corps policier, celle-là portant sur la mort d'Yvon Lafrance,
abattu par un policier de l'île de Montréal.
Rivest
avait changé les versions de certains policiers pour modifier la
preuve. Il s'en était du reste lui-même confessé publiquement dans
les médias en 1996, en même temps qu'il avait dénoncé diverses
irrégularités prévalant à la Sûreté du Québec et celles
auxquelles il avait participé. Dès le début du procès, en avril
2002, il avoue sa culpabilité. (La Presse du 18 avril 2002) Les
avocats des deux parties, défense et Couronne, plaident la clémence
devant le juge Jean Sirois, qui lui accorde une absolution
inconditionnelle.
Le
cas Rivest est indéniablement pathétique. Son besoin de se repentir
sur la place publique est symptomatique d'un profond regret. Pendant
quelques années il avait été l'un des meilleurs enquêteurs de la
Sûreté du Québec, puis son rendement avait diminué, diminué...
Avait-il compris que le totalitarisme est inhumain? Était-il déjà
rongé par des remords? On peut le penser. Reconnaissons son courage
d'avoir avoué l'inavouable. Sont très très rares, les flics comme
lui. (Suite
demain)
News du lundi 25 Avril 2011
■ Canada-élections
– La situation
ce lundi 25 avril, un compte-rendu du Devoir, un quotidien québécois qui n'écrit pas n'importe quoi. Le vote aura lieu le 2 mai.
■ Caricaturiste
Plantu : il faut bousculer, déranger, être plus malin que les
intolérants
– Ainsi les intégristes, passés maîtres dans l'art de soulever
des protestations lorsqu'on traite de leur religion. Des directeurs
en chefs de journaux sont traumatisés par les pressions, ont peur.
Le
dessin est un outil pour contourner les superstitions. Mettre du
dérangeant dans la caricature. Il ne touche pas au sacré, il
cherche les poux, ça, c'est du terrestre. Plantu considère que son
rôle est d'exercer des pressions.
Au
début de l'entrevue qui va suivre, il est question de la
transformation de la culture par les nouveaux instruments numériques.
Plantu souligne que le point de départ sont le papier et le crayon,
qui enrichissent la pensée du créateur. C'est là que l'artiste
trouve son oxygène : vidéo
(11:43).
■ Lac
Bouchette : les tiroirs-caisses, puissant stimulant pour les adeptes
de la discipline marchande
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier)
Comment expliquer l'omniprésence dans ce petit village de Lac
Bouchette de 1 370 citoyens de tant de civils? En 2002, les
prévisions budgétaires du village indiquaient que la sécurité
publique -- la Sûreté du Québec -- coûterait aux citoyens 114
938$, contre 110 638$ l'année précédente. Même pas de quoi
défrayer en totalité le salaire de 3 civils gagnant annuellement au
minimum 45 000$. Pourtant, ils sont autrement plus nombreux, et de
très loin. Qu'est-ce à dire?
Un
inspecteur de la municipalité m'a déjà dit que les gens
s'imaginent, parce que vivant dans un petit village et qu'on y trouve
moins de policiers -- en uniforme -- qu'ailleurs, qu'ils peuvent se
permettre de prendre à la légère lois et règlements. D'où la
nécessité de leur serrer la vis, présumais-je de son propos.
La
Sûreté du Québec serait-elle plus sévère en milieu rural
qu'urbain? Une chose est certaine, il lui est beaucoup plus facile de
noyauter une petite population homogène que le patchwork culturel
d'une grande Cité. Une autre ne l'est pas moins : si elle avait
la capacité de tailler comme une haie de cèdres tout ce qui dépasse
en milieu fortement urbanisé, elle n'hésiterait pas. C'est dans sa
nature. Dans ce milieu rural, nous sommes quelque part entre l'Étau
policier et l'État policier. La situation y est donc plus grave qu'à
Montréal.
Examinons
aussi deux hypothèses. Suivant les circonstances, la Sûreté du
Québec ajouterait, à ses frais et à l'insu des municipalités
qu'elle dessert, des effectifs en civil. Selon l'autre, Lac
Bouchette, porte d'entrée et de sortie de la région du Lac St-Jean
via la route 155, nécessiterait plus de surveillance.
Enfin, cette
info, que je tiens d'un civil : le village serait aussi un
endroit stratégique où des civils, après avoir effectué leur
quart de travail dans des villages et petites villes de la région,
se replieraient chaque jour dans les maisons, apparts et chalets
qu'ils y occupent, assurés de l'anonymat le plus complet.
Village
dortoir pour eux, en somme. Manne inestimable pour les locateurs.
J'en connais deux qui sont au courant, je comprends leur... fanatisme
pour la police. Idem de certains commerçants. Pour eux, ces civils
sont monétairement plus intéressants que les propriétaires de
chalets demeurant à Ville de Saguenay, par exemple, et qu'ils voient
seulement l'été, et encore davantage la fin de semaine que les
autres jours.
Alors que les civils sont ici à l'année longue,
gagnent de bons salaires, achètent de l'épicerie, de l'essence,
etc. Bon pour les tiroirs-caisses, et puissant stimulant pour la
discipline marchande. (Suite
demain)
■ Qui
a tué Danielle André de Ville de Laval en 1991 ?
- (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Autre
enquête policière constituée d'un paquet de noeuds : celle
entourant le meurtre de Danielle André, en 1991. Selon le
journaliste André Cédilot de La Presse, dans un papier publié en
septembre 2001, le scandale a éclaté au grand jour en 1993, lors du
procès de Jean-Pierre Duclos, condamné à vie dans cette cause.
Avec
la bénédiction de leurs supérieurs, quatre policiers du corps de
Laval auraient caché des faits et falsifié des rapports pour
protéger un informateur (André Cédilot --
La Presse du 12 septembre 2001) : les policiers Gérald Dance,
Richard Millette, Marc Bourdon et Serge Morin. Déboutés de toutes
les requêtes qu'ils ont présentées jusqu'en Cour d'appel au cours
des sept années précédentes, ils tentent encore, en septembre
2001, d'éviter le tribunal déontologique. Entre-temps, ils ont tous
quatre pris leur... retraite.
À
la reprise des audiences déontologiques, ce mois-là, les avocats
des quatre policiers déposent chacun des requêtes à plusieurs
volets dans le but, encore une fois, de stopper les procédures.
Ainsi Me Daniel Rochefort, avocat de Dance, ex-directeur des enquêtes
criminelles, qui soutient que le processus qui a mené son client
devant le comité a été entachée d'irrégularités.
Au
départ, fait-il valoir, Dance n'était même pas inclus dans la
plainte du 23 avril 1992 qui visait une quinzaine de flics, dont le
directeur Jean-Marc Aurèle, lui aussi à la retraite. Il relate que
c'est en novembre 1993 que son client a appris avec stupeur qu'il
était, avec ses trois collègues, la nouvelle cible des enquêteurs
en déontologie. Les citations à comparaître lui sont parvenues
cinq mois plus tard, en avril 1994, sans qu'il ait été interrogé
par l'enquêteur du comité, argue Me Rochefort.
Pourtant,
dans son rapport, Jean-Louis Fourcaudot, l'enquêteur en question,
écrit l'avoir rencontré le 19 août 1993. Difficile de savoir qui
dit vrai, puisque Fourcaudot est décédé entre-temps, signale le
journaliste. De plus, Dance, en contre-interrogatoire, déclare avoir
perdu ses agendas des années 1989 à 1994 dans l'incendie de son
hôtel, à Dalhousie, en Ontario, survenu deux ans plutôt. Il
reviendra à l'assesseur du Comité de déontologie, Jean-Marie
Blais, de trancher le débat.
Dans
l'affaire Lizotte que nous avons traitée plus haut, Hélène André,
la soeur de Danielle André assassinée en 1991, ne s'étonnait pas
de l'acquittement du policier Stante (Louise Leduc --
La Presse du 19 septembre 2002) : «Le
tribunal, c'est un gros cirque et rien de plus!»
tranchait-elle. Onze ans après la mort de sa sœur, elle demeure
convaincue que, dans ce dossier, l'homme purgeant (en septembre 2002)
un peine de 25 ans n'est pas l'auteur du meurtre.
D'après
elle, les policiers de Laval ont tout fait pour protéger des
suspects, qu'ils avaient laissé filer en Colombie et qu'ils n'ont
arrêté que deux mois plus tard. Les policiers avaient même attendu
deux semaines avant d'investir la maison identifiée comme le lieu du
crime. «J'ai
depuis déposé une plainte privée au criminel. Elle est tablettée
au ministère (québécois)
de
la Justice, qui attend de voir les conclusions du commissaire à la
déontologie policière du Québec. Vous imaginez?
«Tout
ça remonte à il y a 11 ans! Les policiers impliqués dans
l'histoire ont pris leur retraite et la police de Laval n'en finit
plus de payer des avocats! Comment un citoyen peut-il se battre
contre des corps policiers? C'est David contre Goliath et il faut
vraiment déployer beaucoup d'énergie pour mener à terme une telle
croisade.»
(Suite
demain)
News du dimanche 24 Avril 2011
■ Canada-élections
: "On
ne devrait jamais donner à un chef une confiance absolue"
– Réponse aujourd'hui du chef du parti conservateur Stephen Harper, premier
ministre sortant, à la question
d'un journaliste. Une collègue a aussitôt enchainé : Comment
voulez-vous que les Canadiens vous fassent confiance quand vous
refusez de dire où vous allez faire des compressions (budgétaires)?
PS
:
Au Canada, c'est probablement la première fois, lors d'une campagne électorale, que la confiance à l'égard d'un
candidat au poste de premier ministre est remise en question d'une façon aussi directe, sans détour, par un ou une journaliste.
■ La
couverture d'événements dangereux
– Les révoltes en Tunisie et en Égypte, la guerre civile en Côte
d'Ivoire, etc. Est-ce qu'il faut nécessairement aimer le risque? Un
métier de tête brûlée ou d'inconscient? Trois journalistes pour
répondre notamment à ces questions : Omar Ouahmane, de France
Culture ; Raphaël Krafft, de Radio France ; et Soasig Dollet.
responsable du bureau du Maghreb et Moyen-Orient de Reporters sans
frontières : vidéo
(11:38).
■ Un
an déjà que la Belgique est sans gouvernement
– Du jamais vu! Flamands et francophones n'arrivant pas à
s'entendre, le roi des Belges Albert II a décidé de faire appel à
un spécialiste
en réconciliation.
■ Yément
: le président Ali Abdallah Saleh quittera le pays
– Il a accepté, hier samedi, le scénario de la sortie de crise
déposé par les monarchies
du Golfe.
■ Guerre
civile au Sri-Lanka, océan Indien
- Tim Hetherington, photographe et cameraman, a fait un reportage
lors de ces hostilités qui ont pris fin en 2009 et opposaient le
gouvernement cingalais et l'organisation des Tamouls. Il nous
entraîne un peu partout sur le territoire de ce pays. Il y a de la
mitraille : vidéo
(19:08), faut pas avoir froid aux yeux pour couvrir un événement du
genre. Personnellement, j'adore mon métier de journaliste, mais je
ferais pas ce job-là.
■ Ce
livre fera ciller bien des yeux, des citoyens découvriront qu'eux
aussi ont été ou sont encore des cibles -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Dans
la partie de ce récit où je traite de mo n enquête à Montréal, je
souligne la difficulté de prouver ce que j'avance. La problématique
demeure la même en milieu rural. Au départ, tout semble correct
mais au fur et à mesure que semaines et mois s'écoulent, vous
percevez des choses : espace public désert, climat imprégné
de gravité ambiante, stéréotypes, etc.
C'est
comme entrer dans une maison, que je donne à titre de comparaison,
et découvrir que les enfants ne sont pas conquérants mais soumis.
Nul besoin d'être témoin de la sévérité des parents pour savoir
ce qui s'y passe. Parce que la discipline parentale, justement, a
laissé ses empreintes indélébiles sur leurs comportements.
Explicitons
le cas des enfants et ados de Lac Bouchette. Graduellement, la police
de l'ombre et du silence, et ses collabos, sensibilisera
subliminalement leurs parents du danger potentiel d'être heurté par
un véhicule : la densité du trafic de la rue Principale, on le
comprendra, n'a absolument rien à avoir avec celle de la rue
Ste-Catherine, à Montréal.
On citera au passage le cas d'un enfant
qui, la veille encore, a bien failli être blessé par une voiture.
Ce qui peut être vrai, comme ce peut ne pas l'être non plus. Il est
de la nature même de la prévention de faire dans la démesure, même
de mentir... On amplifiera le danger potentiel pour les en
convaincre.
Puis
le soir, quand le soleil se couche, des ados peuvent être tentés de
faire des mauvais coups, incités à fumer de la marijuana et, qui
sait? Peut-être même agressés par des pédophiles. Cela dit
nonchalamment, et répété à chaque occasion.
Si l'avertissement
sous-entendu ne suffit pas, on utilisera d'autres tactiques
clandestines qui sauront bien atteindre le but visé. Les sortir de
l'espace public, eux aussi, sans que personne ne se doute une
fraction de seconde que civils et collabos sont derrière ça. Ni vu,
ni connu. C'est ainsi que le maître mot prévention est perverti et
devient panzer.
Dans
ces pages, je traite seulement de la circulation à pied et à vélo :
je n'ai jamais rencontré un cycliste dans la forêt, ni un piéton!
J'ignore tout à fait de quelle façon civils et collabos opèrent à
l'endroit de ceux se déplaçant au volant ou aux guidons de leur
véhicule motorisé. Compte tenu du contexte, je suis convaincu que
ce va-et-vient doit être circonscrit également.
Enfin, il serait
prétentieux de ma part d'affirmer que j'étais la seule et unique
cible de tous ces flics et collabos dont j'ai parlé dans ce récit.
Ce livre fera ciller bien des yeux, des citoyens du village, ou
d'ailleurs, découvriront qu'eux aussi ont été ou sont encore des
cibles. (Suite
demain)
■ Audry
Côté : Lizotte avait des problèmes mais n'était pas violent -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Au journal l'Itinéraire, on n'en
est pas moins troublé. «Manifestement,
il y a une procédure pour le citoyen ordinaire et une autre pour les
gens qui portent un titre ou un uniforme»,
dit la porte-parole Audry Côté, convaincue que les longs délais
ont servi à enterrer de nombreuses preuves.
«Bien
sûr, M. Lizotte avait des problèmes psychologiques et de
toxicomanie qui le ramenaient souvent derrière les barreaux,reconnaît-elle.
Il ne s'agissait cependant toujours que de petits délits. Il n'était
pas violent (sic)
et
il avait beaucoup de talent. Lors de l'une de ses incarcérations, il
avait même complété un baccalauréat en sociologie.»
De
son côté, Hélène André, dont la sœur Danielle a été
assassinée en 1991, ne s'étonne pas de la conclusion en queue de
poisson de la mort de Lizotte. Plus bas, nous aborderons cette autre
affaire, impliquant un informateur, qui serait l'auteur du crime,
mais que la police aurait voulu protéger.
Utile
de souligner qu'à la fin de janvier 2000, quelques semaines après
que la mort de Lizotte ait été médiatisée, des élus membres de
la Communauté urbaine de Montréal, alors "responsable" de
la police sur son territoire, interrogés par les journalistes André
Cédilot et Éric Trottier de La Presse, s'étaient permis des
réflexions pour le moins étonnantes (André Cédilot et Éric
Trottier --La Presse du 26
janvier 2000)
«Sur
le plan opérationnel, c'est Québec qui supervise
(la police de l'île de Montréal), leur avaient-ils révélé.
Des bavures, il y en a eues dans le passé, et il y en aura d'autres.
C'est inévitable. Il y a 4 150 policiers
(sur l'île de Montréal),
et la direction du service ne peut être en parfait contrôle de tout
ce qui se passe».
S'en dégage l'absence de volonté politique des élus à prendre le
taureau par les cornes.
Citons
ce passage approprié du rapport de la Commission Poitras. S'il est
une chose qui peut frapper l'observateur, écrivent ses auteurs,
c'est bien le caractère universel et récurrent de la déviance
policière un peu comme s'il s'agissait d'une caractéristique
essentielle et inévitable du travail policier. «Il
ne s'agit pas de sombrer dans le cynisme et d'accepter comme un fait
inéluctable que tout pouvoir corrompt, pour, désabusé, baisser les
bras et accepter l'inacceptable,fait-elle
remarquer.
«Ne
serait-ce que par respect pour ceux et celles qui tentent de faire
leur métier avec honnêteté, nous devons récuser d'emblée une
approche qui, globalement, urbi et orbi, vouerait la police au mépris
sans pouvoir offrir aucune alternative. Si la probité est un
objectif difficile à maintenir, la lutte pour y parvenir mérite
d'être signalée.»
(Suite demain)
News du samedi 23 Avril 2011
■ USA-Pennsylvanie
– L'incident survenu le 19 avril, à Leroy, a incité des entreprises
américaines
à mettre un frein temporairement à la fracturation de gaz de
schiste dans le sous-sol. Lors de l'explosion du puits de Chesapeake
Energy, ce mardi 19, des milliers de litres d'eaux usées et
mélangées de produits chimiques ont surgi à la surface et se sont
répandues dans les environs. Selon l'entreprise, l'accident serait
attribuable à une défaillance d'équipement. Celle-ci possède déjà
un dossier lourd
: 30 avis de violations aux règlements en 2011, 284 en 2008.
Opportun
de rappeler, dans un autre contexte, cette déclaration de la
ministre française de l'Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet :
«Pour
récupérer les gaz disséminés dans la roche, il faut injecter des
produits extrêmement agressifs. Les paysages sont ravagés, l'eau
polluée». (NDLR : Malheureusement, j'ai perdu l'adresse web de
cette citation)
■ Les
élections, que ce soit au Canada ou ailleurs, c'est pareil
– Les candidats n'osent pas dire la vérité aux électeurs.
Pourquoi, a-t-on demandé à l'ex-député européen Jean-Louis
Bourlanges?
«La peur de perdre, pardi! (...) Les hommes politiques nous roulent
dans la farine».
Celui-ci est président de
la Fondation du Centre, un think tank, qui tente de grouper ensemble
les centristes.
■ La
révolte arabe
– Vue par 16 caricaturistes de 13 pays. Ça vaut le coup d'œil
: sommet droite de l'écran, cliquez sur la flèche.
■ Demain,
qui gouvernera le monde ?
- Titre d'un ouvrage que vient de publier aux Éditions Fayard,
Jacques Attali, économiste et écrivain. Les crises économiques,
financières, écologiques, sociales, politiques et le développement
des activités illégales et criminelles d’aujourd’hui montrent
l’urgence d’un gouvernement du monde.
L’humanité
comprendra alors qu’elle a tout à gagner à se rassembler autour
d’un gouvernement démocratique du monde dépassant les intérêts
des nations, y compris les plus puissantes, gérant le monde dans sa
totalité, dans le temps et dans l’espace : vidéo
(12:51) + les édition Fayard.
■ Des
photos inhabituelles
- Une idée de Ben Heine,
dessinateur et photographe + son site.
■ Confirmation
de ce dont je
suis convaincu :
le confinement illégal à domicile des
citoyens de Lac Bouchette -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Dans
un feuillet d'information de l'Hôtel de Ville de Lac Bouchette
distribué aux citoyens par Poste Canada, au printemps 2001, on
invitait les jeunes à faire preuve de prudence et à bien s'amuser.
Dans le journal D'un Lac à l'autre aussi du reste. Dans les semaines
suivantes, les rares jeunes qui s'étaient aventurés dans la rue
avaient peu à peu disparu, comme par magie.
Dans
un feuillet similaire, posté l'année suivante, on peut notamment
lire : «Hé les jeunes, prudence dans la rue! N'oubliez pas que
les automobiles ont priorité. Beaucoup font du patin, de la planche
à roulettes ou de la trottinette dans les rues sans se soucier de la
circulation automobile, y lit-on encore. Ce n'est pas aux autos de se
tasser mais bien vous! Merci et amusez-vous bien!», conclut son
auteur.
Décodons
le message de la municipalité. Sont-ils «beaucoup»? Non, on peut
même les compter sur les doigts d'une seule main. Et lorsque on les
y voit, c'est généralement après le souper, pendant une heure ou
deux, et encore, pas souvent. Dans la liste énumérée, notons une
absence significative : on a omis le vélo...
À la fin du
paragraphe, l'invitation «amusez-vous bien!» est trompeuse. Sans
affirmer que l'auteur de ces feuillets, ou la municipalité, agit en
totale "osmose" avec la police et ses collabos, le fait
demeure que les jeunes, à l'image des adultes du reste, sont absents
de l'espace public. Au printemps 2003, j'ai entendu un commentaire
qui m'en disait long...
D'abord
le contexte. À l'hiver 2002-2003, je n'ai pas fait de randonnées à
vélo. Je voulais éviter de revivre les engelures de l'hiver
précédent. Alors, je l'enfourchais seulement pour aller faire une
petite épicerie, une ou deux fois par mois, quand il faisait doux.
Je pouvais m'y réchauffer, et revenir chez moi sans problème. Un
aller-retour d'environ trois kilomètres.
À
l'occasion, il m'arrivait de voir un ou deux piétons, pas plus, la
plupart du temps des flics en civil et des collabos. J'ignore s'il y
en avait lorsqu'il faisait froid. Cet hiver-là, la température
oscillant assez souvent entre -20 et -40 Celsius, je crois que les
gens sortaient peu. Par conséquent, je ne peux pas vraiment
témoigner de la présence citoyenne dans les rues cette saison-là.
Ma
première vraie randonnée de l'hiver s'est déroulée le samedi 15
mars 2003. Le soleil brille, le thermomètre indique près de 10
degrés au-dessus de zéro. Je fais la rue Principale sur toute sa
longueur et, en revenant, m'arrête à l'épicerie. Lorsque j'en
sors, je croise une collabo, qui me salue. Pendant que je place mes
trucs dans le panier du vélo, je la vois en ressortir et entends peu
après...
«Les gens ont été enfermés tout l'hiver, c'est
normal (qu'ils sortent de leur domicile, le beau temps venu)». Me
retourne, c'est elle qui vient de parler. La vitre de sa portière
est baissée, une femme dans la trentaine, debout près de l'auto,
est légèrement penchée vers elle, semble argumenter : «Ben
voyons donc, c'est normal!» lui rétorque-t-elle le ton un peu
irrité.
J'en
déduis que la jeune femme, que je ne connais pas -- une civile de la
Sûreté du Québec? --, lui a signalé la présence de piétons et
de véhicules sur le rue Principale. Pourtant, sur cette artère de
près de trois kilomètres, j'ai vu trois femmes à pied, dont deux
collabos, et environ six véhicules, certains conduits par des
civils. Première fois que j'ai la confirmation de ce dont je
suis convaincu : le confinement illégal à domicile des citoyens. Son
commentaire vaut son pesant d'or parce qu'il vient d'une collabo à
tout crin. (Suite
demain)
■ Déclaration
de l'ex-policier Sévigny dans l'affaire Lizotte : Combien de décès
de ce genre passent complètement inaperçus ? -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Commentaire
d'Audrey Côté, agente de projets à l'Itinéraire, un mensuel
produit par des itinérants auquel collaborait la victime :
«C'est
certain que si M. Lizotte avait été un homme en
veston-habit-cravate, il aurait sûrement reçu un traitement
différent et eu droit à une réaction plus pacifique de la part de
M. Stante.»
D'après
elle, son acquittement sème l'inquiétude parmi la communauté
itinérante, car il cautionne l'usage de la force contre les
sans-abri. «Un
policier qui estime avoir fait son devoir en frappant un itinérant,
il y a lieu de se poser des questions sur le code de déontologie, de
se demander si les policiers sont au-dessus du Code criminel.»,
dit-elle.
Notons
aussi la réaction d'un lecteur de La Presse, Daniel Gibeault (Daniel
Gibeault --
La Presse du 3 août 2002) : «(...) la
police a encore gagné! Combien de temps cela va-t-il prendre pour
qu'on comprenne que le système de justice est pourri et que les
corps de police peuvent faire ce qu'ils veulent sans que personne
puisse faire quoi que ce soit? (...)
moi je
pense que la société dans laquelle nous vivons va progressivement
perdre le droit à la parole et que, dans pas très longtemps, nos
enfants vont vivre dans la peur et le doute.»
En
septembre 2002, l'avocat de la Couronne Michel Breton, à la
suggestion d'un comité d'appel provincial, précise-t-on, décide de
ne pas contester l'acquittement du policier Stante. (Marcel Laroche
--
La Presse du 18 septembre 2002) Et, conséquent dans sa décision,
dépose devant le juge Gilles Hébert, de la Cour supérieure, une
ordonnance d'arrêt du processus dans la cause du portier
Deschâtelets. Le ministère public s'accorde cependant un délai
d'un an. A l'échéance, si aucun élément nouveau n'est porté à
son attention, le dossier sera définitivement classé.
Bien
sûr, là encore, un certain mécontentement s'ensuit. Dès le
lendemain, la journaliste Louise Leduc de La Presse écrit (Louise
Leduc --
La Presse du 19 septembre 2002) : Finie, l'affaire Lizotte ;
libéré de toute accusation, le portier Steve Deschâtelet ;
acquitté, l'agent Giovanni Stante. Pour ceux qui se sont battus pour
que justice soit faite dans ce dossier, voilà une autre preuve du
manque total de transparence des forces de l'ordre dès que l'un de
leurs représentants est personnellement impliqué.
Un
ex-policier et ex-conseiller municipal, Marcel Sévigny, soulève un
point donnant froid dans le dos : «C'est
là une bavure monumentale! (...)
combien
de décès de ce genre passent complètement inaperçus? (...) Il
faut se poser de sérieuses questions sur le service de police et sur
l'opacité de son fonctionnement. Ce cas illustre une fois de plus la
nécessité d'un comité de surveillance indépendant qui ne soit à
la solde ni de policiers ni d'élus municipaux.»
(Suite
demain)
News du vendredi 22 Avril 2011
■ 25
ans plus tard : Tchernobyl est loin d'être une histoire du passé
– Dès les premières heures de la catastrophe, le médecin
biélorusse Youri Bandajevsky s'est installé à Gomel, à 130
kilomètres au nord de la centrale nucléaire, où il a fondé et
dirigé un institut de recherche.
Pendant
9 ans, il a formé des centaines de médecins qualifiés pour exercer
dans des zones contaminées. Les recherches du professeur portent
notamment sur la corrélation entre le taux de césium
137 et des effets directs des contaminations chroniques chez les
enfants : entrevue vidéo
(23:18), un autre regard que celui des lobbyistes de l'industrie
privée du nucléaire + son parcours
professionnel.
■ Gouvernement
du Québec : un ex-député libéral accuse Charest
– Jean-Claude Gobé relate que le premier ministre Jean Charest l'a
poussé vers la porte de sortie en 2003 afin de céder son comté à
Tony Tomassi. Il voulait ainsi satisfaire les attentes d'un des
grands collecteurs d'argent du parti libéral, le père de Tomassi,
qui exerçait des pressions pour que son fils devienne député :
article.
PS
:
Fin 2010 et début 2011, une pétition
était lancée sur le site de l'Assemblée nationale du Québec. On y
demandait la démission de Charest. Alléguait notamment son refus
d'accéder à la demande populaire de mettre sur pied une commission d'enquête
publique sur les liens étroits entre le financement des partis
politiques et l'octroi des contrats gouvernementaux. À la même
époque, une vidéo
(02:01) humoristique impliquant Charest circulait sur le web.
■ Le
Japon d'avant
– Nous sommes au début de l'année 2011 : vidéo
(47:36), sous-titrée en français. Des
jeunes tentent de sortir du moule traditionnel de dévouement à
l'entreprise, la réussite, la fondation d'une famille, l'achat d'une
maison. Probable qu'ils veulent bien de tout cela mais dans un autre
cadre. Ce changement s'est amorcé vers le milieu des années 1980.
Cependant,
il y a un prix à payer pour cette liberté : précarité et cumule
des emplois, le cas de ceux n'ayant aucune formation. Ils sont devenus
des
travailleurs jetables après usage.
D'autres, perçoivent cette situation comme un énorme potentiel
comparativement à ceux qui ont un travail et une vie standard.
■ Pétition
pour l'indépendance de l'Organisation mondiale de la santé (OMS)
– Brièvement le contexte est le suivant. Michel Fernex, alors
qu'il était employé à l'OMS, organisme relevant de l'ONU, avait
constaté l'absence de celle-ci lors de l'explosion de la centrale
nucléaire de Tchernobyl.
Après
enquête, il avait découvert que l'OMS ne pouvait pas intervenir
parce qu'elle était liée légalement avec l'Agence internationale
pour l'énergie atomique (AIEA), dont le but reconnu est la promotion
commerciale de l'atome civil. Une agence qui relève de plus du
Conseil de sécurité de l'ONU, ce qui la place en position
hiérarchique dominante à l'égard de l'OMS.
Dans
un document
de 10 pages intitulé "Le
catastrophe de Tchernobyl
et la santé",
Fernex, aujourd'hui prof à la Faculté de médecine de l'Université
de Bâle, en Suisse, relate cette percée d'un groupe de pression au
sein de l'ONU + delà la pétition
pour l'indépendance de l'OMS.
Le Japon, qui compte sur son
territoire une cinquantaine de centrales nucléaires, a réussi à
placer, à des époques différentes, deux de ses pions à des postes ultra stratégiques : photo du
Japonais Hiroshi Nalajima,
ex-directeur général de l'OMS, de 1988 à1998 ; et le Japonais
Yukiya Amano actuellement directeur général de l'AIEA.
■ Lac
Bouchette : comment une petite foule de marcheurs a graduellement
disparue et que les rues sont redevenues désertes -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Il
est clair que la présence du vélocipède que je suis constituait un
mauvais exemple pour les citoyens du village de Lac Bouchette. Car,
dès la fin de l'été 2000, elle avait donné l'idée à deux
d'entre eux de pratiquer aussi ce sport de plein air, de temps à
autre, et leur nombre risquait peut-être d'augmenter.
Parallèlement,
je remarquais aussi qu'il y avait quelques piétons, des adultes, qui
prenaient des marches de santé lorsque la température s'y prêtait,
sur la Route de l'Ermitage, dans le secteur des Lacs Bouchette et
Ouiatchouan, se rendaient parfois jusqu'à l'Ermitage et au Centre
Vacances Nature. Peut-être y circulaient-ils les années
précédentes, ne saurais l'affirmer, ayant emménagé dans le
village à l'été 1999. Cependant à la lumière de tout ce précède
et suit, j'en doute fortement.
À
l'automne 2000 et à l'hiver 2000-2001, bien que j'étais redevenu le
seul à faire du vélo, je croisais de plus en plus de piétons dans
ce secteur, la fin d'semaine, dans les premières heures de
l'après-midi, quand le soleil brillait de tout son éclat et que le
temps était doux. La Route de l'Ermitage était leur lieu préféré.
Il commençait à y avoir un peu de monde.
Ce n'était pas la foule,
mais on constatait un va-et-vient évident. Certains m'interpellaient
pour causer un brin, parfois c'était moi qui les abordais. Des
marcheurs étaient infiltrés, me contentais de le constater sans les
en informer, m'en suis du reste toujours abstenu. D'autres, qui ne
l'étaient pas, saluaient des flics et des collabos, sans se douter
de leur double identité.
Au
printemps 2001, quand le beau temps a fait son apparition et que les
feuilles des arbres ont commencé à bourgeonner, j'ai compté une
couple de cyclistes de plus que l'année d'avant, dont un vieux
monsieur. Mais ne les y voyais que de temps à autre, et encore pas
tous le même jour. Déjà, à ce moment-là, les marcheurs étaient
devenus plus nombreux dans ce secteur. Au fur et à mesure que l'été
avançait, le nombre croissait, particulièrement le soir après le
souper. J'en voyais régulièrement, même l'après-midi.
Puis,
à l'automne, suis redevenu le seul cycliste de la place, alors que
quelques marcheurs persistaient encore. À l'hiver 2001-2002, ces
derniers avaient complètement disparu du paysage, incluant des
moines de l'Ermitage St-Antoine que je rencontrais pratiquement à
chacune de mes randonnées. À deux d'entre eux, j'avais souligné la
présence de civils, l'un m'avait dit : «Nous, on veut pas se
mêler de ça.» L'autre m'avait lancé, crié même, le ton
hargneux : «C'est des chiens!» J'en avait été estomaqué! Ne
les y ai plus revus par la suite.
Printemps,
été et automne 2003, ce sera le désert, des rues vides à perte de
vue. Seuls quelques véhicules et piétons circuleront, la plupart du
temps des civils et des chemises noires de leur escouade. Ils avaient
fort probablement incité ces citoyens à rester à leur domicile,
selon les tactiques usuelles : petites remarques anodines,
sous-entendus, réitérés à chaque fois, et autant de fois que
nécessaires. Civils et collabos savent très bien qu'ils finissent
toujours par les avoir à l'usure. La fin du début d'osmose. (Suite
demain)
■ Deux
procès distincts pour la même cause au lieu d'un procès commun
pour une aventure commune -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Finalement,
en avril 2000, des accusations d'homicide involontaire, de voies de
faits graves et de lésions corporelles sont déposées contre le
policier Giovanni Stante, 34 ans, et Steve Deschatelets, portier au
Shed Café lors des événements. (Christiane Desjardins et Éric
Trottier --
La Presse du 27 avril et 13 mai 2000) Ainsi en décide le juge
François Doyon de la Cour du Québec à l'issue d'une pré enquête
à huis clos où il a entendu une quinzaine de témoins. Le policier
Stante est suspendu sans traitement.
Le
procès démarre au début de mai 2002, au palais de justice de
Montréal. Bien que les deux accusés soient impliqués dans le même
événement, ils auront droit à un procès séparé. Deschatelets,
subira le sien à une date ultérieure, à l'automne 2002,
annonce-t-on. Pourquoi?
La loi l'autorise, déclare-t-on, mais la décision appartient à
l'avocat de la Couronne, s'il s'avère que la justice sera mieux
servie par deux procès plutôt qu'un seul. Belle rhétorique ne
répondant pas à la question du pourquoi.
Le
portier Deschatelets pourrait apporter un autre éclairage que celui
de son coaccusé, le policier Stante. Craint-on qu'il l'incrimine et
implique aussi son collègue policier contre lequel aucune accusation
n'a été portée? Deux poids, deux mesures?
Rappelons que lors du
mégaprocès des Hell's Angels plusieurs se plaignaient de sa
lourdeur : preuve titanesque, 17 accusés, 4 chefs d'accusations
chacun, 68 verdicts à rendre. Me André Vincent, procureur en chef
de la Couronne à Montréal, n'estimait pas moins que la règle de
droit au Canada est qu'il doit y avoir procès commun... pour une
aventure commune. (Christiane Desjardins --
La Presse du 10 août 2002)
Ce
mois de mai-là, donc, se tient celui du policier Stante, devant jury
et présidé par la juge Claire Barette-Joncas, de la Cour
supérieure. (La Presse du 30 avril 2002) Le 1er août 2002, il est
acquitté de toutes les accusations portées contre lui. L'avocat de
la Couronne, Michel Breton, qui ne semble pas surpris du verdict, se
donne ensuite quelques temps pour décider s'il en appellera ou non.
Stante, qui doit dans les mois suivants comparaître devant le Comité
de déontologie, retourne au travail, est affecté en attendant à
des tâches administratives : on ne connaît pas la suite
déontologique. Les réactions ne traînent pas. On parle d'une
justice à deux vitesses.
Manseau
du MAJ souligne un fait : l'avocat du policier a fait appel à
une expertise extérieure pour justifier l'utilisation des coups de
poing comme moyens de maîtriser quelqu'un, mais l'avocat de la
Couronne, lui, n'a pas présenté de contre-expertise. (Sébastien
Rodrigue --
La Presse du 3 août 2002) «Ç'a
laissé la porte ouverte à la défense d'amener un expert des
États-Unis qui a dit qu'il
(le policier Stante)
a agi dans les règles de l'art et c'était l'acquittement
automatique».
Manseau
dénonce aussi le temps écoulé avant les mises en accusation
(environ sept mois), estime que la procédure des enquêtes sur des
policiers devrait être changée. Il craint surtout que
l'acquittement de Stante n'alimente le sentiment d'impunité parmi
une minorité de policiers.
(NDLR : Pourquoi l'avoir frappé
alors qu'un portier, d'après le témoignage de Jean-Maxime Leroux à
La Presse, l'avait maîtrisé, lui tenait les mains derrière le dos?
D'autant que Lizotte ne menaçait personne?) (Suite
demain)
News du jeudi 21 Avril 2011
■ Greenpeace
Canada
– La réfection de la centrale nucléaire de Gentilly-2, au Québec,
coûterait au moins deux milliards de dollars. Elle fournit seulement
2% de la production électrique d'Hydro-Québec, qui en a déjà des
surplus jusqu'en 2023. Les énergies renouvelables sont une
alternative propre, sécuritaire et abordable. C'est le moment pour
le Québec de sortir du nucléaire! Cela étant, Greenpeace Canada
demande au premier ministre québécois Jean Charest de miser sur les
énergies propres : vidéo
(01:00) + site
de l'organisme + page
de la pétition : jusqu'à ce jour, 7 430 signatures.
■ BP,
Golfe du Mexique
– Si on en parle plus depuis environ un an, c'est pas parce qu'il
n'y plus rien à dire, bien au contraire. Tout n'est pas encore
revenu à la normale, des citoyens de la Louisiane du Sud ont pas
retrouvé la joie de vivre et l'économie est pas en bonne santé,
surtout dans l'industrie de la pêche : vidéo
reportage (09:26) + comment y vivait-on avant BP et l'Ouragan Katrina?
Dans la partie Sud de l'État, partout ou vous regardez il y a de
l'eau : rivières, bayous, marécages, Mississippi, Golfe du Mexique
: vidéo
(1 heure).
■ Canada-campagne
électorale
– Une jeune femme du Québec, qui n'a pas froid aux yeux, s'adresse
directement à Stephen Harper, qui espère renouveler son mandat à
titre de premier ministre : vidéo
(07:12).
■ La
Sûreté du Québec tente encore de m'empêcher de circuler à vélo
en utilisant des tactiques dangereuses
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Ce
même mois de juin 2003, ma situation se dégrade. La Sûreté du
Québec sait que la rédaction de ce livre achève, et ses manœuvres
deviennent particulièrement dangereuses. Le scénario se déroule
rue Principale, à Lac Bouchette.
Sur
ma gauche, le conducteur d'une automobile, stationnée devant la
Caisse populaire, se met en marche et accélère subitement, effectue
un virage rapide de 90 degrés à droite, traverse la rue, me coupe
le chemin de sept ou huit pieds et va se parquer devant la clinique
médicale, située à l'arrière de deux maisons. Tout se passe très
vite. En face de moi, je remarque qu'une automobile s'en vient, mais
elle est encore loin et roule si lentement que j'ai l'impression
qu'elle va s'immobiliser. La manoeuvre n'était vraiment pas
justifiée.
L'équivalent
d'une cascade, c'est plus que suspecte. Je rebrousse chemin, emprunte
l'une des entrées résidentielles. Surprise, deux femmes dans la
cinquantaine, obèses, en descendent. Me dirige vers elles, toutes
deux penchent la tête, puis j'entends dans mon dos l'une dire à
l'autre : «J'ai manqué de le frapper.»
Ce
même après-midi, sur la route de l'Écluse, alors que je progresse
en direction du village, je vois venir au loin, dans un secteur où
le terrain est plat et la route bordée de champs, une petite voiture
noire. Son conducteur roule à vive allure. Dans une courbe, il
déborde sur une partie de la voie inverse et, sans redresser son
bolide, il arrive sur moi en me gratifiant au passage d'un petit coup
de volant dans ma direction, mais sans conséquence.
Monsieur
a le crâne rasé frais, son coco est blanc et non bronzé, et porte
en plus de grosses lunettes opaques lui cachant une partie du visage.
Je le reconnais, sais même où il habite. Suivent, à quelques
minutes d'intervalle, deux autres véhicules. Dans l'un, un homme
joue du poing droit et du torse comme s'il accompagnait le rythme
d'une chanson. Dans l'autre, une femme me salue, de cette main levée
typique de l'arrêt stop. Sur la 155, un véhicule tirant une
roulotte me frôle de près.
Comme
pas hasard, ce même mois de juin, Hugues Létourneau, policier de la
Sûreté du Québec, traite notamment des dangers de la bicyclette,
dans sa chronique du journal communautaire D'un Lac à l'autre,
destiné exclusivement aux citoyens du village.
Il aborde le sujet en
ces termes : «Saviez-vous que dans 60% des accidents impliquant
une automobile et un cycliste, c'est le cycliste qui est
responsable?» Il enchaîne en indiquant les précautions à
prendre... S'il m'arrivait de quoi, des citoyens diraient que j'ai
fait parti du... 60%. Je m'interroge aussi : pourquoi cette mise
en garde alors que je suis le seul à y faire du vélo?
Lundi
le 23 juin... Au milieu d'une grande côte du Chemin de la Montagne,
la roue arrière s'enlise dans le gravier mou, je mets le pied à
terre pour ne pas tomber avec le vélo. Une vieille voiture surgit
dans le bas. J'entends qu'elle passe pour poursuivre ma montée. Son
conducteur s'arrête un bref instant pour me lancer : «Je te
souhaite un bon voyage!», et repart aussitôt, les mains sur le
dessus du volant.
Oups! Il porte des gants de laine... rouge vif. Ce n'est vraiment pas la
saison. Pas contre, cette couleur me transmet toujours le même
message, celle du sang. Je n'en poursuis pas moins ma route, ma
caméra à portée de la main, sait-on jamais... Par la suite, je
circulerai de moins en moins souvent à vélo. À l'automne, je le
rangerai définitivement. Trop risqué! De toute façon, mon enquête
est terminée. (Suite
demain)
■ Étrange
saisie d'alcool après que la LNQ ait demandé la tête du dg
Sarrazin de la police de Montréal
- (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Suivons
la suite de l'histoire. Yves Manseau, du Mouvement Action Justice
(MAJ), organisme voué à la défense de citoyens victimes d'abus
policiers, réclame une enquête indépendante sur la mort de Lizotte
et ce qu'il croit être des «tentatives
de camouflage»
de la police. «Les
enquêtes publiques, on en a un peu soupé. Il faut, cette fois-ci,
chercher des coupables. Parce que la première cause de la brutalité
policière, c'est le sentiment d'impunité des policiers.»
Le
MAJ dépose trois plaintes en déontologie. Manseau : «Nous
croyons qu'il est important que le ministre de la Sécurité
publique, Serge Ménard, dise à la population qu'il connaissait la
situation depuis longtemps (sic)
et qu'il
avait parfaitement conscience de la gravité de cette affaire.»
Peu après, il en dépose une quatrième, cette fois la cible est le
dg de ce corps policier : «Michel
Sarrazin n'a pas fait son travail correctement : il a avisé le
ministre de la Sécurité publique un mois après avoir appris la
mort de M. Lizotte, alors qu'il devait le faire dans l'heure qui
suit.»
Manseau doute que Sarrazin, le dg de la police de Montréal, n'en ait
pas eu vent dès le début. Dans cette autre saga policière, le MAJ
est notamment supporté dans sa démarche par Dan Philip, président
de la Ligue des Noirs du Québec (LNQ). On ignore ce qu'il est advenu
de ces plaintes.
Le
30 décembre 1999, l'avant-veille du jour l'An 2000, le dg Sarrazin
annonce, au cours d'un point de presse, la tenue d'une enquête sur
les faits et gestes de quatre cadres policiers en service lors de
l'arrestation brutale de Lizotte. Annonce aussi que les deux
policiers qui ont arrêté la victime, le 5 septembre précédent,
ont été affectés à des tâches administratives. Cependant, il
refuse de dévoiler leur nom. (André Noël --
La Presse du 31 décembre 1999)
Manseau
se dit choqué de le voir convoquer la presse à la dernière minute,
en cette avant-veille du jour de l'An, pour traiter de cette
importante affaire : «Il
ne voulait pas de réactions. Mais des réactions, il y en a. Nous
demandons sa démission.»
Philip renchérit : «Il
est le chef de police : il est responsable de ce qui se passe dans
son service. Qu'est-ce que cette histoire selon laquelle il n'était
pas au courant? C'est comme si un capitaine annonçait qu'il ne sait
pas où se trouve son navire. Dans un tel cas, il faut changer de
capitaine. Sinon, ce n'est pas rassurant.»
Survient
ensuite, environ trois semaines après, un événement dont on ne
peut pas ne pas tenir compte : la police de l'île de Montréal
saisit de la bière et de l'alcool... au local de la LNQ, qu'occupe
son président... Philip. (Éric Trottier --
La Presse du 20 janvier 2000)
Le journaliste Éric Trottier de La
Presse rapporte qu'une voisine, dont la police n'a pas dévoilé
l'identité, se serait plainte d'un va-et-vient inhabituel au local
où, selon elle, on en vendait les vendredis soirs. D'après le
commandant du Service des relations publiques de la police, André
Durocher, l'organisme opérait sans permis, et la plainte avait été
faite le 17 mai de l'année précédente à la Régie des alcools,
des courses et des jeux.
La
saisie ayant été effectuée à la mi-janvier 2000, pourquoi la
police a-t-elle attendu, avant de procéder, plus ou moins 8 mois
après le dépôt de la plainte? Réponse de Durocher : celle-ci n'a
été transmise à la police qu'en juillet 1999, l'enquêteur affecté
au dossier a été muté à un autre poste et son remplaçant a
amorcé son enquête le 15 octobre 1999. (NDLR : Coïncidence,
la veille du décès de Lizotte)
Philip
avoue que les membres de la LNQ prennent une bière, à l'occasion, à
la fin de leurs réunions.
«C'est du harcèlement pur et simple, destiné à me discréditer
parce que j'ai récemment demandé la tête de M. Sarrazin,
explique-t-il
au journaliste Trottier.
(...) J'estime
que M. Sarrazin n'a plus la confiance du public pour diriger le corps
de police. Et leur saisie à la Ligue des Noirs ne m'intimidera pas.
Nous allons poursuivre nos pressions. Les policiers font à leur tête
depuis beaucoup trop longtemps...»
(Suite
demain)
News du mercredi 20 Avril 2011
■ France
: gaz
de schiste une
erreur d'avoir donné des autorisations
- Citation d'aujourd'hui de la Ministre de l'Ecologie, Nathalie
Kosciusko-Morizet. Elle souhaite
l'annulation de ces permis : vidéo (00:54) +
hier, explosion
en Pennsylvanie dans un puis de gaz de schiste lors
d'une opération de fracturation hydraulique de la roche.
■ Ban
Ki-moon, secrétaire de l'ONU-Centrales nucléaires : «Il est
probable que d'autres accidents vont se produire»
- Le démontre celui de Fukushima Daiichi, a-t-il dit lors de
son passage aujourd'hui à Tchernobyl, en Ukraine. La catastrophe de
Tchernobyl s'est produite le 26 avril 1986.
Il s'agit du premier
accident classé au niveau 7 sur l'échelle internationale des
événements nucléaires (INES). Le deuxième, la catastrophe de
Fukushima, accident classé niveau 7 le 12 avril 2011, considéré
comme le plus grave accident nucléaire répertorié jusqu'à
présent, précise Ki-moon.
«Avec
le nombre de centrales nucléaires qui devrait augmenter de manière
substantielle dans les décennies à venir, notre vulnérabilité ne
fera qu'augmenter. (...) Nous devons nous demander : avons-nous
calculé correctement les risques et les coûts de l'énergie
nucléaire? Faisons-nous tout ce que nous pouvons pour protéger la
population du monde?»
Il
encourage la communauté internationale à réfléchir aux moyens de
renforcer la sûreté nucléaire. «Nous avons besoin de critères
internationaux pour la construction, d'un accord sur les garanties en
matière de sûreté publique, d'une complète transparence et d'un
échange d'informations entre les nations». Il
réclame un débat global sur l'avenir de l'énergie nucléaire.
PS
:
Combien de temps va-t-il s'écouler avant la tenue de ce débat
global? En ce moment, il existe aucune règle mondiale contraignante.
Aucune! Un dossier à suivre de très près. La santé est l'enjeu,
il est de la responsabilité de la population d'intervenir
régulièrement. Point de départ : transparence intégrale et son
droit de réclamer un référendum. Le premier ministre québécois
Jean Charest et celui du Canada, Stephen Harper, ne doivent pas
décider à sa place.
■ La
Sûreté du Québec poursuit ses sabotages
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Autres
faits. Je suis parfois tenaillé par cette petite peur qui me fait
craindre qu'on endommage ou me vole les disquettes que je porte sur
moi. Alors, depuis l'acquisition de mon premier IBM compatible, en
février 2001, je laisse mes fichiers sur le disque dur lorsque je
quitte mon domicile. J'utilise des codes complexes pour avoir accès
au logiciel système de l'ordi et à chacun des fichiers, ce qui
était impossible sur mon vieux MacIntosh.
Par
la suite, j'ai remarqué, à quelques occasions, des différences
dans le nombre de kilos octets (ko) de certains des quatre fichiers
de ce livre, tel qu'affiché dans Explorateur Windows. J'ai donc pris
l'habitude de tenir un journal des ko de chaque fichiers, de les y
actualiser après chaque séance de travail. Le 23 juin 2003, je
constate que ma banque de données a dégringolé de 3113 ko à...
2273, une perte de 840. Cela a été fait pendant mon absence.
Dans
le fichier du livre, des phrases ont également disparu, alors que
des formulations ont été trafiquées, voyons un aperçu de la
liste : hell's
Angels devient hell's Prêtres, hell's
propagande,hell's
finalisant, hell's spécialiste ; clan Matticks, clan Mattoirs ;
Gérard St-Jean de la police de l'île de Montréal, Gérard discours
; Sergent Poëti de la SQ, sergent Phtisie de la SQ ; Pierre Cadieux,
ex-solliciteur général du Canada, Pierre Québec ;
Normandeau
et Leighton
deviennent substituts et Leighton, André substituts et Barry
Leighton, surveillance et Leighton ; Vera
Danyluk, présidente de la CUM, devient Vera de Lafontaine et Vera
stops ; l'armée de citoyens mouchards, l'armée de apparemment ; Big
Brother et Big Sister ont été trafiqués en prêtres Québec,
prêtres Sister, à
fait Brother et à fait filmer ; Big Sister devient Big
à nez ; puritainement correct, santé correct ; quartier Centre-Sud,
quartier Québec ; Lac Bouchette, Lac
à côte, Lac Québec, Lac Prêtres, Lac criminologue et Lac
chanteuse ;Lac St-Jean,
Lac social ; etc.
Pour
éviter d'autres sabotages, je ne laisse plus aucune trace du livre
sur le disque dur quand je m'absente : en mai 2005, revenant
d'un voyage à Roberval, je constaterai que tous les fichiers du
livre, que j'avais pourtant jetés à la poubelle avant de partir,
sont revenus dans Explorateur Windows. (Suite
demain)
■ Mort
de Lizotte : des silences inquiétants
- (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Car
il y a effectivement ce deuxième volet du drame... Huit décembre,
la police de l'île de Montréal informe les médias de l'affaire
Lizotte plus ou moins... 94 jours après les faits : arrestation
et hospitalisation le 5 septembre (qui durera 41 jours), décès le
16 octobre et médiatisation le 8 décembre (médiatisation 53 jours
après le décès).
Dans cette histoire, la multiplication de dates
de-ci et de-ça a de quoi embrouiller bien des esprits. Pas aisé non
plus d'identifier qui jouent à la cache-cache et qui n'en jouent
pas. Citons les faits tels que rapportés par La Presse.
Cinq
septembre 1999, Lizotte est frappé par les deux policiers, et
hospitalisé. Selon Michel Sarrazin, le dg du corps policier, on l'en
informe plusieurs jours après. Il demande alors une enquête interne
afin de savoir ce qui s'est passé et pourquoi on ne le lui a pas dit
plus tôt. Au cours de celle-ci, Jean-Maxime Leroux, témoin de
l'échauffourée, n'est pas interrogé, même s'il a dénoncé ce cas
de brutalité dans une lettre publiée dans Le Devoir du 17
septembre, 12 jours après l'agression.
Quatre
octobre, Sarrazin remet le rapport de son enquête interne au
substitut du procureur général. Seize octobre, Lizotte décède
après 41 jours d'hospitalisation. Sarrazin soutient ne l'avoir
appris que deux jours après, le 18, mais il en aurait avisé le
ministre Ménard un mois plus tard : difficile de croire que
Sarrazin ait caché un cadavre dans son placard aussi longtemps. Par
la suite, la Sûreté du Québec prend l'enquête en main.
Des
silences de deux instances politiques qui savaient mais qui se sont
bien gardés d'en parler aux médias intriguent pour le moins. Vera
Danyluk, présidente de la Communauté urbaine de Montréal (CUM),
organisme de qui relevait la police, constituait l'une d'elles. Douze
novembre, Danyluk, d'après La Presse, est mise au parfum. Pendant 25
jours, elle garde le silence : du 12 novembre (18 jours) au 8
décembre (7 jours).
Rappelons
que la Sûreté du Québec avait amorcé son enquête aux alentours
du 18 octobre précédent... Lorsqu'un événement grave survient,
l'enquête est effectuée par un autre corps policiers que celui
impliqué. Le dg Sarrazin le savait. A-t-il oublié d'en informer sa
supérieure hiérarchique, Danyluk? Sinon, l'aurait-elle su en même
temps que lui?
Dix-neuf
novembre, le ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge
Ménard, toujours d'après La Presse, est à son tour mis au courant.
Pendant 18 jours il garde lui aussi le silence : du 19 novembre
(11 jours) au 8 décembre (7 jours). Ici, l'information ne semble pas
circuler là où elle devrait. Jean-Maxime Leroux avait dénoncée ce
cas de brutalité policière dans Le Devoir du 17 septembre, 12 jours
après l'événement. Probable que Ménard et son entourage n'aient
pas lu sa lettre.
Le
4 octobre, le dg Sarrazin de la police de Montréal avait remis le
rapport de son enquête interne au substitut du procureur général,
un avocat de la Couronne. Probable que ce rapport n'ait pas été
acheminé au bureau du ministre. Quelques jours après le décès de
Lizotte, survenu le 16 octobre, la Sûreté du Québec, qui relève
de Ménard, prenait l'enquête en main. Le dg Sarrazin en aurait
informé le ministre qu'un mois plus tard. Et Danyluk l'aurait appris
une semaine... avant lui. (Suite
demain)
News du mardi 19 Avril 2011
■ Fukushima-ONU
: le moment venu de renforcer la sûreté nucléaire à un niveau
maximal
– Déclaration faite aujourd'hui par le secrétaire général Ban
Ki-moon.
Il y a 25 ans, rappelle-t-il, l'explosion à Tchernobyl a projeté un
nuage radioactif au-dessus de l'Europe et une ombre à travers le
monde. Actuellement, la tragédie à la centrale nucléaire japonaise
de Fukushima Daiichi se poursuit. Les conséquences sont
catastrophiques et transnationales, elles doivent être débattues au
niveau mondial.
Il
propose plusieurs mesures : revue complète des critères actuels aux
niveaux national et international ; formation du personnel, système
d'assurance-qualité fiable, système de surveillance indépendant et
davantage de transparence ; les centrales nucléaires doivent être
prêtes à supporter tremblements de terre, tsunamis, incendies et
inondations. Il estime qu'il faut renforcer aussi le soutien apporté
à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), ajoutant
que la Conférence ministérielle de juin prochain à Vienne servira
d'important forum à cet égard.
■ New
York, Mantattan : a 90 square-foot microstudio
– Lorsqu'on vit seul est-il vraiment nécessaire d'être
propriétaire d'une maison, qui coûte les yeux de la tête? De grands espaces inoccupés, qu'il faut en plus entretenir régulièrement,
passer l'aspirateur, laver les planchers, les murs, etc. Il y a d'autres choses dans la vie de bien
plus intéressantes que ça, un exemple : vidéo
(05:08).
■ Japon-tsunami
– Une nouvelle vidéo
(05:29) commence à circuler sur le web. Au début, on voit au loin
de la vapeur et de la poussière. Assez rapidement l'eau s'approche
de celui tenant la caméra, et positionné sur une colline,
s'approche, encore et encore. Des gens commencent à sortir de leur
maison. Vers la fin ça devient terrifiant! L'eau est presque à nos
pieds, les maisons passent devant nous. Durant la séquence on entend
aucune alerte sonore. L'effet surprise est là.
■ Yemen
: la révolte des femmes voilées
– Les manifs dans des rue se sont déroulées samedi et dimanche
les 16 et 17 avril : "Nous
ne resterons pas silencieuses".
Elles protestaient contre cette déclaration "mixité illégale
entre sexes" du président Saleh vendredi 15. Dès le lendemain,
tout commençait : vidéo
(01:32) + vidéo
(00:12) + ville d'Aden,
en arabe, photos + ville de Taez,
en arabe, photos, dont le dessin de Che Guevara + site "woman
from yemen",
à explorer et visionner les nombreuses vidéos. Twitter est dans la
colonne de gauche mais pas opérationnel. À
suivre sur Aljazeera, colonne de droite de ma page d'accueil.
■ La
Sûreté du Québec me sème des embûches partout, ça n'arrête pas
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Jeudi
deux octobre 2003... Il me faut installer une prise téléphonique
près de mon nouvel ordi. Je rejoins un électricien de l'extérieur
du village, qui me promet de passer dans l'après-midi, mais ne vient
pas. En début de soirée, lui téléphone : il avait trop de
travail.
On fixe un rendez-vous pour le lendemain. Il me fait encore
faux bond, m'enquiers de ce qui arrive : un appel d'urgence, un
gars dont le système électrique a flanché, qui risquait de perdre
toutes les denrées de son congélateur. Comme il ne peut venir en
fin d'semaine, ça ira, me dit-il, à la semaine suivante.
J'en
contacte aussitôt un autre. Il est prêt à venir en soirée, lui
donne mon adresse, avec quelques points de repaires, dont le passage
à niveau, à l'entrée du village de Lac Bouchette. J'attends,
j'attends.... il n'arrive toujours pas. Coup de fil : il n'a pas
trouvé l'adresse, la lui redonne. «Ah! c'est à Lac Bouchette, je
pensais que c'était la traverse à niveau de Chambord.» Pourtant,
j'avais bien mentionné le nom du village. Il se fait un peu tard, ne
peut venir chez moi en soirée, ni en fin d'semaine. Finalement, il
ne viendra que le lundi suivant.
Plutôt
risqué, naviguer sur le Web sans pare-feu... Pas grave, tous les
fichiers de ce livre sont dans l'autre ordi qui, lui, n'y est pas
branché. Enquêter, signifie allez au fond des choses, n'est-ce-pas?J'allume, et
c'est parti mon "cookie".
En l'espace d'une semaine la situation se détériore sur mon écran.
Des pubs non sollicitées arrivent de tout bord tout côté, une
véritable avalanche, clique sur une pour la faire disparaître, en
arrive deux, trois, quatre, cinq autres. Elles s'accumulent à un
rythme incroyable. Certains sites Web installent leur cookie dans mon
disque dur. Les bogues se multiplient, gèlent l'écran, à deux
reprises l'ordi s'éteint et redémarre tout seul. L'ordi est
déconfiguré, plus rien ne marche.
Contacte
la demoiselle-sous-influence de la Sûreté du Québec, prends
rendez-vous, lui signale qu'il va falloir recharger le logiciel
système. Quand j'arrive à l'atelier, le technicien me traite à la
dure. Il veut le reconfigurer, j'insiste pour qu'il recharge le
logiciel système. Prétend que ce sera plus long, que nous sommes
vendredi, qu'il doit rencontrer son fils en fin d'après-midi, et
patati et patata!
Il
argumente pesamment, est impatient, ses gestes sont brusques. S'il le
recharge, il doute que ce soit prêt à la fin de son quart de
travail, qu'il me faudra peut-être revenir lundi : comme les
électriciens plus haut... Je ne vois pas où est le problème. Il
est un peu plus de 13h, il a amplement le temps de faire le job.
Finalement, il condescend, à reculons, n'arrête pas de marmonner.
Une heure et demi après, c'est fait. Tout ce théâtre n'était rien
d'autre qu'une déstabilisation psychologique. La Sûreté du Québec
m'accompagne dans tout ce que je fais, ne me lâche pas, comme mon
ombre. (Suite
demain)
■ Deux
policiers de Montréal passent à tabac un sans abri, hospitalisé,
il meurt 41 jours plus tard
- (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Étalons
sur le tapis un cas où pouvoir et police ont de toute évidence
croisé les doigts en espérant que la population n'en sache rien. En
octobre 1999, Jean-Pierre Lizotte, 45 ans, un sans-abri de Montréal,
meurt des suites de blessures subies lors d'un passage à tabac par
un portier de bar et deux policiers.
(François Berger, Rima Elkouri,
Raymond Gervais, Isabelle Hachey, Marcel Laroche, Martin Pelchat,
Martine Rioux et Éric Trottier --
La Presse des 11, 14, 16 et 18 décembre 1999 et du 17 février 2001)
La
tragédie s'amorce le 5 septembre 1999, aux petites heures du matin,
au Shed Café, boul. St-Laurent, à Montréal : parait-il que la
victime se masturbait en public. Jean-Maxime Leroux, parmi d'autres
témoins oculaires, y assiste : une dizaine de jour après, le
17 septembre, il relatera l'événement dans une lettre au quotidien
Le Devoir.
Il
voit le portier du bar frapper le clochard en pleine figure à deux
reprises. Voit ensuite arriver deux policiers. Ils n'interrogent pas
le portier, se dirigent sans hésitation vers Lizotte. Alors qu'un
autre portier lui tient les mains derrière le dos, ils lui assènent
plusieurs coups au visage. Le témoin Leroux : «L'itinérant
est tombé. Les policiers ont continué à frapper. Les gens étaient
vraiment choqués, ils se sont levés, ils criaient des insultes aux
policiers. Il y avait beaucoup de sang par terre.»
Les
policiers n'appellent pas l'ambulance, le traînent littéralement
jusqu'à leur auto-patrouille. (NDLR : Probable qu'ils n'étaient
pas conscients de son état) Lizotte est ensuite transporté à
l'Hôtel-Dieu, puis transféré à l'hôpital Notre-Dame, à
Montréal, où il décède le 16 octobre, après 41 jours
d'hospitalisation.
Le
coroner Jean-Noël Goupil, à l'issu de son enquête, en juin 2000,
statuera que «Lizotte
est décédé d'une broncho-pneumonie associée à des complications
de ses lésions neurologiques au niveau de la moelle épinière.»
(Presse canadienne --
La Presse du 25 juin 2000) D'après lui, les lésions sur cinq
vertèbres cervicales ont empêché la victime de combattre la
pneumonie. Sa conclusion : il s'agit bel et bien d'une mort
violente.
Le
corps de Lizotte est aussitôt... incinéré, rendant impossible une
seconde autopsie, si jamais elle s'avérait utile, rapporte la Presse
canadienne. Notons que son frère Léopold, seul héritier légal de
la victime, intentera une poursuite en dommages intérêts de 750
000$ contre la Communauté urbaine de Montréal (CUM). Il reprochera
notamment à la police d'avoir cherché à camoufler l'affaire durant
trois mois. (Suite
demain)
News du lundi 18 Avril 2011
■ BD
: 10 footballeurs, dont Ronaldo et Zidane, donnent un coup de pouce à
l'ONU
– Scénario de la BD
(32 pages)... Ils sont en route pour un match de charité en faveur
de l'organisme mais échouent sur une île déserte. Ils traversent
des épreuves correspondant à ses
huit objectifs du
millénaire.
■ Micro
trottoir –
Qu'est-ce qui vous énerve chez votre homme? Réponses : vidéo
(00:59). Les hommes et le ménage à la maison : vidéo
(00:40). Une
femme : les hommes, je les consomme : vidéo
(03:12).
■ Haïti
: Président Martelly : le gouvernement doit prendre les commandes de
la reconstruction
– Il fait remarquer que l'opinion de la population n'a pas toujours
compté. Les projets sont choisis par la partie étrangère. Les ONG
reçoivent plus d'argent que l'État, agissent comme elles le veulent
dans n'importe quelle zone. L'État aurait pu au moins les superviser. Il
dit être beaucoup moins pour l'argent que pour les résultats. «Cela
va changer
dès que nous seront installés».
Notons
que le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a
mis au point une stratégie relativement à la reconstruction afin
d'atténuer
l'impact des séismes sur l'île.
■ Jesse
Cook
– Bogota by bus : vidéo
(03:06).
■ La
fin du site "Google
vidéo"
– Si vous y avez des fichiers, on vous donne jusqu'au 13
mai qui vient pour les récupérer. Après cette date, tout sera
supprimé. Bien entendu, Google conserve précieusement YouTube.
■ Je
piège l'employée du magasin sous influence de la Sûreté du Québec -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) L'employée,
désormais enrôlée par la Sûreté du Québec, cherchait à en
savoir davantage sur mon enquête journalistique. Parfois ses
questions étaient bien ciblées, ainsi lorsque elle m'avait
notamment demandé si j'avais déniché un éditeur. Moi, je ne
voulais plus en parler, le lui ai même dit. Elle
a alors modifié son approche.
En
plus d'équipements, j'achetais aussi des livres. Un jour, ç'avait
été celui du journaliste torontois Mitrovica sur le Service
canadien du renseignement de sécurité (SCRS). (Andrew Mitrovica --
Entrées clandestines --
Éditions Trait d'Union) Un mois après, de retour dans son bureau,
elle me demande si je l'ai lu, je rétorque ne pas vouloir faire de
commentaires sur son contenu, offre cependant de le lui prêter, ce
qu'elle accepte.
Début
2003, je décide de me procurer un exemplaire du Rapport de la
Commission Poitras, publié en 1999 et portant sur des activités
illégales de la Sûreté du Québec. Avant de passer la commande à
l'employée-sous-influence, prévenant le coup au cas où la Sûreté
du Québec chercherait à me mettre des bâtons dans les roues, je
téléphone à Publications Québec, qui m'assure en avoir une
centaine en stock. M'indique qu'il compte 5 volumes, au delà de 2
770 pages et deux CD, m'en indique le prix, 85$.
Ensuite,
je demande à l'employée-sous-influence de me le faire venir. Une
semaine après, coup de fil pour vérifier que tout est correct. Elle
me dit avoir commandé seulement le petit volume contenant les
recommandations. Pourtant, c'est le rapport au complet que je lui
avais commandé, lui en avait même indiqué le nombre de pages et le
prix. À ma demande, elle rectifie le tir.
Quelque
temps après, je la piège. Pour accéder aux 2 CD du rapport, il
faut le logiciel Acrobat Reader 3.01. Il est du reste disponible sur
le CD numéro 1, suffit de cliquer sur l'icône ACROREAD. Jouant à
celui ni connaissant rien en la matière, me plains de ne pas arriver
à les visionner sur mon écran.
Lui refile le CD numéro 1, elle
l'insère dans son ordi, m'informe que le logiciel Acrobat est
nécessaire. Je penche la tête vers son écran, l'icône du logiciel
est là. Mais n'en continue pas moins de feindre l'ignorance. Son
coût est de 450$, mais je peux l'obtenir gratuitement via
l'Internet, me dit-elle. Petit problème : je ne suis pas encore
branché.
Ensuite,
je monte à l'étage, consulter un technicien. Me dit qu'il serait
étonné que le logiciel ne soit pas sur l'un des CD, dans un cas
semblable, ça va de soi. Lui, il m'a donné l'heure juste. À partir
de ce moment, l'employée-sous-influence cherchera peu à peu à
prendre ses distances. De mon côté, n'ai pas l'intention de la
lâcher. Car elle peut encore m'apprendre bien des choses...
La
Sûreté du Québec cherche à freiner mes ardeurs journalistiques...
Début septembre 2003, je commande, à la demoiselle-sous-influence,
un ordi. Ça m'en fera deux, le nouveau me servira exclusivement à
la navigation sur l'Internet. Seule façon de protéger efficacement
les fichiers du livre d'une contamination virale. Commande aussi un
logiciel pare-feu --
Norton Personnal Firewall 2004 --,
verse un acompte de 900$.
À
la fin du mois, je passe prendre livraison de l'équipement. Le
pare-feu... n'est pas arrivé. Elle me dit que sa version française
n'est pas encore disponible, ce qui demandera quelque temps. De
retour chez moi, j'ai l'idée de contacter deux autres fournisseurs
de logiciels. À ma courte surprise, ils en ont la version française.
Je pourrais y aller avec le chauffeur-collabo, mais je dois penser
aussi à économiser mes sous. (Suite
demain)
■ L'affaire Barnabé : autant d'instances décisionnelles ne facilitent pas la transparence -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le
frère de la victime, Raymond Barnabé, qui a fait une longue
carrière à la police de l'île de Montréal, crie à
l'injustice : «Ce
n'est pas surprenant. Dès le début, j'avais prédit que ça
finirait en queue de poisson. Je le sais, c'est arrangé ces
affaires-là».
Les commentaires du journaliste Yves Boisvert de La Presse jettent
davantage de lumière sur cette tragédie. (Yves Boisvert --
La Presse du 24 août 2001) Il s'interroge sur l'acquittement
d'Anderson. Comment
réconcilier cela avec le fait que ses quatre collègues (Bergeron,
Samson, Lapointe et Vadeboncoeur) ont eux-mêmes admis leur faute
déontologique pour des gestes semblables?
Quant au lieutenant Pohu
(«syndiqué»,
précise-t-il entre parenthèse), il a laissé Barnabé en sang
entrer en cellule, alors qu'il aurait dû être conduit immédiatement
à l'hôpital. Il est même allé crier aux policiers dans la
cellule : «Ça
va faire!»
Il avait donc remarqué quelque chose d'anormal, souligne le
journaliste, mais le juge estime qu'il n'a commis aucune faute, sinon
celle d'avoir incité un policier à modifier son rapport. «Il
semble que d'avoir passé la nuit dans son bureau sans rien faire
n'est pas une faute»,
écrit le journaliste.
«Jean-Pierre
Auger, un haut gradé de la police, s'est rendu au poste, et n'a pas
agi lui non plus. On dit qu'il n'a été témoin de rien, mais selon
un ambulancier, il a crié "tabassez-le pas trop fort".
Cela est évidemment contredit. Le juge Roy estime qu'il n'a jamais
pris charge du poste et, lui non plus, ne pouvait rien faire pour
empêcher le pire d'arriver. Qu'il n'avait pas suffisamment
d'information pour s'inquiéter de Barnabé.
«Finalement,
les pilotes étaient dans l'avion, mais pas aux commandes, on ne peut
donc pas les blâmer, commente
Boisvert.
Devant une telle leçon d'irresponsabilité, permettez qu'on ne
tourne pas la page immédiatement. On voudrait bien la tourner, la
sacrée page, mais il se trouve toujours quelqu'un pour la déchirer.»
De
fait, faudra ajouter d'autres pages parce que l'affaire n'est pas
encore terminée... En mai 2004, la
cause disciplinaire des policiers Anderson, Pohue et Auger se
retrouvent devant un tribunal : après la Cour du Québec et la
Cour supérieure, ce sera au tour de la Cour d'appel de se prononcer
sur le dossier.
Anderson
est le seul encore en selle, puisque les deux autres ont pris leur
retraite depuis longtemps. (André Cédilot -- La Presse des 23 avril
et 18 mai 2004) À moins d'un appel en Cour suprême, celui-ci devra
purger ces 120 jours de suspension. De plus, le juge a remis à la
Cour du Québec le soin de décider si le congédiement de Pohue et
Auger est toujours... valable.
Quel
méli-mélo, cette affaire Barnabé, c'est à n'y rien comprendre. Avocats et juges s'y
retrouvent, mais pas le citoyen, qui n'est ni l'un ni l'autre. Autant
d'instances décisionnelles ne facilitent pas la transparence :
Comité déontologique, Cour criminelle, Comité de discipline...
(Suite
demain)
News du dimanche 17 Avril 2011
■ Rapport
2010 deTransparency international :
les ¾ des
pays impliqués dans la corruption
– L'évaluation est basée selon l'indice de la perception de la
corruption (IPC) dans 170 pays. Les résultats sont issus d'enquêtes
dans chacun d'eux et auprès d'autres pays. L'échelle va de zéro
(extrêmement corrompu) à 10 (extrêmement intègre). Huguette
Labelle, présidente de Transparency international, indique que les ¾
(127) des pays obtiennent un score inférieur à 5. Plusieurs membres
du G20 sont également impliqués.
Ce
qui témoigne d'un grave problème, constate-t-elle. Alors même que
les gouvernements engagent des sommes d'argent phénoménales pour
résoudre les problèmes des plus urgents de la planète :
stabilisation des marchés financiers, atténuation des changements
climatiques et réduction de la pauvreté. La corruption demeure
un obstacle de taille et une source d'inquiétudes : vidéo
(05:37) + résumé
du rapport + rapport intégral
(56 pages) + site de
Transparency international.
■ Comédie
– Ce que ne sera pas le mariage du prince William, un membre de la famille royale
britannique, avec Kate fin avril : vidéo
(02:13).
■ Christophe
Willem –
Vivement le printemps : vidéo
(04:21).
■ Province
de Québec : inscrivez-vous à la Fête des Voisins
– Vous avez jusqu'au 30 avril. Une municipalité peut s'inscrire,
un arrondissement ou un groupe de citoyens. L'inscription a un effet
d'entrainement, ce qui explique pourquoi le nombre de participants
augmente chaque année. Consultez la longue
liste, vous verrez.
Cette
festivité annuelle a pour but de se rapprocher de ses voisins pour
développer un esprit chaleureux et sympathique, l'appartenance et
l'entraide. Il revient aux citoyens de prendre l'initiative. Cette
année elle se tiendra le samedi 4 juin : vidéo
(00:51) + site
des citoyens qui en font la promotion au Québec et aident ceux qui
savent pas comment préparer la fête + site
du réseau québécois de villes et villages EN SANTÉ!
■ Ville
de Québec : 6 200 cégépiens de St-Foy adhèrent à la FECQ
– Léo Bureau-Blouin,
président de la Fédération étudiante collégiale du Québec
(FECQ), s'en réjouit. Avec désormais plus de 60 000 membres, «nous
auront droit à un automne chaud et comptons faire avorter le projet
de hausse des frais de scolarité du gouvernement québécois de Jean
Charest». La Fédération informe et défend les étudiants sur
leurs droits à l'intérieur du Cégep ainsi que dans des dossiers au
niveau national, par exemple l'aide financière : site
de l'organisme.
■ Québec
: marche dans la rue contre l'intimidation dans des écoles de
Sorel-Tracy
– Des centaines
de personnes y ont participé hier. C'est un étudiant de 13 ans, de
l'école secondaire Bernard-Gariépy, qui en eu l'idée. Au Québec,
la Commission scolaire de l'endroit n'est pas la seule à le
déplorer.
PS
:
Contrôles et nettoyages sociaux font partie du travail de la police
en civil. Dans les écoles se sont des ados dont le père est
policier, ou la mère, qui s'en occupent. Des élèves sont ciblés
parce que la police n'aime pas leurs comportements désinvoltes,
tenues vestimentaires, cheveux colorés, etc.
Tout
le monde doit entrer dans le moule policier, de gré ou de force, y
compris les adultes : dans la rue, les commerces et autres. Ce genre
de harcèlement moral, lorsqu'appliqué à répétition, débouche
inévitablement sur des suicides : déstabilisation psychologique,
dépression et fin de vie. L'une des sources aussi du décrochage scolaire. Le ministre québécois de la Sécurité
publique Robert Dutil,
responsable de la police, est-il au courant de ces activités
clandestines et illégales de la police?
■ «Salut,
Jacques Martel !», me crie d'une voix tonitruante un civil de la
Sûreté du Québec -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Ai
venu un temps où j'en ai eu assez de cette répression clandestine.
À l'employé cherchant à m'en mettre le tort sur le dos, me suis
identifié comme étant journaliste, lui ai parlé brièvement de mon
enquête dans l'underground policier de la Sûreté du Québec, qui
me harcelait continuellement de mille et une façons, parlé de mon
livre.
Ai
émis l'hypothèse qu'on déclenchait délibérément le système, à
distance, pour me harceler. Il a nié que cela soit possible --
plus tard, sur le Web, je visionnerai une vidéo où une gardienne de
sécurité portant l'uniforme déclenche le bip-bip à distance à
l'aide d'une télécommande qu'elle tient dans le creux de sa main.
Le
dernier épisode s'est déroulé le 27 septembre 2002. Là, j'ai
parlé clairement de droits fondamentaux, devant tout le monde. Ai
notamment dit que je percevais le bip-bip comme une atteinte à ma
dignité. Un homme m'a fait signe d'approcher et entraîné dans une
allée un peu en retrait pour m'informer que mon sac ceinturon,
acheté environ un an auparavant, n'avait probablement pas été
démagnétisé, et proposé de le nettoyer avec un démagnétiseur...
Il prétendait que je l'avais acheté à son établissement, ce qui
était faux.
«Qui
êtes-vous?» lui ai-je demandé. M'a dit être le proprio et ne plus
vouloir que cela se reproduise. Après hésitation, j'ai accepté, en
y retirant cependant les quatre disques Zip de 250Mo chacun contenant
des copies de ce livre, ce qui a mis fin aux incidents. La
démagnétisation effectuée par le proprio du magasin n'était-elle
qu'une astuce visant à me convaincre que j'avais tout faux? Je le
crois.
Voyons
d'autres péripéties. Pendant plus d'un an, j'ai fréquenté
régulièrement, au rythme d'une fois par mois, un établissement
spécialisé dans l'équipement informatique et situé dans une ville
du Lac St-Jean que je ne nommerai pas afin de protéger l'identité
de deux employés. J'avais besoin de plusieurs équipements, dont
j'ai fait l'acquisition au fil de mes visites.
Dès
le début, on m'a référé à la préposée à l'informatique. Nos
rencontres se déroulaient dans son bureau. Au cours de la première,
je lui avait fait un petit topo sur ma recherche journalistique. Je
savais que la Sûreté du Québec ne manquerait pas de l'infiltrer et
l'embrigader. Alors, je tenais à ce que cette employée sache qui
j'étais vraiment.
Comme
de fait, après quelques visites, une voix de stentor retentit :
«Salut Jacques Martel!» Je lève la tête, m'approche, dis ne pas
le connaître, lui prétend qu'on a fréquenté autrefois la même
école, à Roberval. La tactique du civil prétendant vous connaître,
un truc archi-usé. Chez mon fournisseur, ce jour-là, il est à
photocopier, me dit-il, des contrats d'un club collectif d'acheteurs
des billets de loterie.
L'y
reverrai par la suite, et à chaque fois j'aurai droit à son «Salut,
Jacques Martel!» Un jour, sa salutation est pratiquement
tonitruante, il est au fond du magasin. Du tac au tac je rétorque
par un «Salut, Jacques Martel!», lui demande son nom, ne me donne
que son prénom, Henri, un peu décontenancé par ma réplique. Dans
l'heure qui suit, on se croise dans un centre commercial, il cherche
à m'intimider du regard. (Suite
demain)
■ Pourquoi
avoir déshabillé Barnabé alors qu'il était en cellule, dans
l'incapacité de s'en prendre à quiconque ? -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Autre
épisode de ce feuilleton policier, que nous avons retenu pendant
quelques paragraphes afin de boucler dans un premier temps le
cheminement déontologique et judiciaire de Bergeron, Samson,
Lapointe et Vadeboncoeur.
Trois autres membres de ce corps policier
avaient également été traduits devant le Comité de déontologie. Le
directeur du poste 44, Jean-Pierre Auger, le lieutenant Michel Pohu
et Karl Anderson. Ce dernier, à l'étape de l'enquête préliminaire
qui avait précédé le procès devant jury de ses collègues, on
s'en souvient, n'avait fait l'objet d'aucune accusation.
Cependant,
quelque temps après, on apprenait qu'il avait été très actif dans
la cellule. Il avait placé son genou sur le dos de Barnabé, et
appliqué une pression qui avait pu contribuer à son arrêt
respiratoire. Anderson était policier depuis seulement six mois.
En
février 1999, le comité destitue, parce qu'ils ont mal encadré les
policiers, le directeur Auger et le lieutenant Pohu, décision
symbolique puisque tous deux sont déjà à la retraite. (André
Cédilot --
La Presse du 22 août 2001) (RM --
Journal de Montréal du 22 août 2001) Et condamne Anderson à une
suspension de 120 jours sans solde : il a fait usage d'une force
plus grande que nécessaire.
On lui reproche aussi, ainsi qu'à ses
deux supérieurs Auger et Pohu, de ne pas s'être préoccupé, par
insouciance ou négligence, de l'état de santé de Barnabé. Au
reproche adressé à Pohu, s'en greffe un deuxième : il avait
conseillé à l'un des policiers compromis de modifier un peu la
version de son rapport, «parce
que ça paraissait mal».
Ces
décisions déontologiques aboutissent ensuite à la Cour du Québec.
Août 2001, le juge René Roy acquitte le directeur Auger et
Anderson, et, dans une moindre mesure, le lieutenant Pohu. Notamment
parce que les membres du Comité de déontologie (deux sur trois,
l'autre étant dissident) ont mal évalué les événements qui se
sont déroulés dans la cellule. Il soutient que Barnabé «venait
de repousser deux policiers sur les barreaux et le mur de la cellule,
d'entraîner trois autres avec lui de la banquette où il était
assis»,
que «sa
résistance exigeait une intervention comme celle-là».
D'après
le juge, rien ne permet de croire que la forte pression des genoux
appliquée par Anderson sur le dos de la victime ait été la cause
directe de la mort de Barnabé. Il précise qu'Anderson avait utilisé
la technique de «contrôle
et de menottage dite sur le ventre, face contre terre»
enseignée par l'Institut nationale de police du Québec. (NDLR :
Par la suite on y enseignera une technique moins risquée)
La
décision déontologique est d'autant plus déraisonnable,
déclare-t-il, que l'intervention s'est passée en trois ou quatre
minutes. «l'agent
Karl Anderson a agi sans violence inutile et gratuite»,
statue le juge Roy. Quant à l'ancien directeur Auger et
l'ex-lieutenant Pohu, ils ont tous deux pris les mesures qui
s'imposaient, en appelant notamment Urgence Santé. (NDLR :
Pourquoi l'avoir déshabillé? Il était en cellule, donc dans
l'incapacité de s'en prendre à quiconque. La question a-t-elle été
soulevée?) (Suite
demain)
News du samedi 16 Avril 2011
■ Japon-tsunami-Fukushima
– Un bref historique depuis le début, très bien illustré : vidéo
(02:09).
■ Manuel
Etienne
– One day soon (toxic kiss) : vidéo
(02:53), un blues lent.
■ Québec : une
farce, les audiences de la CCSN sur la réfection de la centrale
nucléaire Gentilly-2 ?
- La
Commission
canadienne de sûreté nucléaire (CCSN), contrairement à ce qu'elle
affirme, n'est pas indépendante du gouvernement canadien. En outre,
elle est pro-nucléaire, forcément parce que c'est elle qui accorde
les licences permettant d'exploiter le nucléaire. La "Loi
canadienne sur la sûreté et la réglementation nucléaires"
le démontre amplement : consultez la loi
(45 pages), à
jour en date du 2011-03-24.
La
loi dit que la CCSN est
mandataire de Sa Majesté et ne peut exercer ses attributions qu'à
ce titre. Comme le Canada ne vit plus sous le joug du Royaume-Uni, le
mandataire est le gouvernement canadien. Selon l'article 72, la CCSN
présente au ministre canadien (des Ressources naturelles) 3 rapports
par année. Celui-ci les dépose devant chaque Chambre du Parlement.
Par
ailleurs, les membres dirigeants de la CCSN sont nommés par le
"gouverneur
en conseil",
qui est de faite un membre du gouvernement.
Fermons
la boucle avec cette déclaration du premier ministre Stephen Harper
: «La
CCSN devra relever de nouveaux défis dans l’avenir, car l’énergie
nucléaire continuera de jouer un rôle primordial dans le secteur
industriel, en médecine et pour la production d’électricité».
Et celle du ministre canadien des Ressources naturelles Christian
Paradis.
■ Roberdam
: La vie
– Elle est compliquée, a aussi ses bons moments : vidéo
(04:08) + vidéo
(01:07), Vivement le printemps, extrait (Intégral introuvable).
■ Plus
moyen d'entrer dans un magasin ou d'en sortir sans que le bip-bip des
détecteurs antivol ne retentissent
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) D'autres incidents me
confirmeront les interventions clandestines de la Sûreté du Québec.
À la même boutique, j'avais commandé un lecteur Zip. Les petits
commerçants gardent peu de stock, achètent de leur fournisseur au
fur et à mesure de leurs besoins.
Quand je place une commande, je
dépose toujours un acompte substantiel, et précise que je passerai
en prendre livraison à mon prochain voyage à Roberval, au début du
mois suivant. Je limite mes aller-retour Lac Bouchette-Roberval car
le transport me coûte des sous. Alors qu'ils acceptent toujours mes
dépôts, ce commis refuse. Un mois après, me revoilà donc à la
même boutique. Il m'informe que son fournisseur n'en a plus.
Les
événements s'emboîtent tellement bien les uns avec les autres que
plus rien ne me surprends. Le printemps précédent, c'était le
logiciel de traitement de texte Microsoft Word 2002 que cette
boutique disait ne pas pouvoir me fournir avant plusieurs mois :
je l'obtiendrai aisément d'un commerçant, ainsi que le lecteur Zip.
Un détaillant voisin de la boutique n'a jamais les produits que je
veux acheter, ni son fournisseur non plus. Lui ne semble pas
intéressé à m'avoir comme client.
Un
autre procède autrement... Lui, il me harcèle via ses détecteurs
d'articles non démagnétisés, placés à l'entrée de son commerce.
Le bal a débuté quelque part à l'été 2002. Plus moyen d'entrer
dans ce foutu magasin ou d'en sortir sans que le bip-bip des
détecteurs antivol ne retentissent : auparavant, ça ne m'était
jamais arrivé de ma vie.
Chaque
fois, c'est le branle-bas, des regards suspicieux convergent dans
votre direction. Dès le début, j'ai carrément refusé qu'une
préposée à la caisse fouille dans mon sac ceinturon. Vous n'avez
pas le droit, lui ai-je signifié. Si vous pensez que j'ai volé
quelque chose, appelez la police et s'il s'avère que c'est une
fausse alerte, je vous réclamerai un dédommagement. Avertissement
que j'ai répété chaque fois, debout sur le seuil de la porte,
parlant suffisamment fort pour que les clients agglutinés aux
caisses m'entendent bien.
À
quelques occasions, j'y ai remarqué la présence de civils de Sûreté
du Québec de Lac Bouchette. Un jour, en raison de l'affluence devant
la seule caisse en service, une employée avait pris place derrière
une autre, et l'un de ces flic avait sprinté pour m'y précéder de
peu.
Il y était encore du reste quand j'ai franchi les détecteurs
et qu'ils se sont de nouveau affolés. Comment y expliquer sa
présence alors qu'il était passé à la caisse avant moi?
Intimidation. Cet événement achève de me convaincre que la Sûreté
du Québec est derrière tout ce cirque.
Un
employé en autorité -- était-ce un flic? -- a alors cherché à me
culpabiliser : «Comment ça se fait que ç'arrive rien qu'à
vous?» J'avais beau lui expliquer que je passais partout ailleurs
sans problème, sauf à son établissement, que son système de
détection était défectueux, il revenait à la charge :
«Comment ça se fait que ç'arrive juste à vous?»
Bon
prince, j'ai consenti, et ce n'était pas la première fois, de
tester le système avec et sans sac ceinturon. La porte d'entrée du
magasin est large, et compte trois passages distincts, chacun doté
de détecteurs. Curieusement, je passais sans problème à l'un, pas
aux deux autres. Comment expliquer aussi que le spectacle terminé,
je pouvais entrer et sortir sans problème?
(Suite demain)
■ Six
policiers maitrisent Barnabé, qui devient végétatif jusqu'à sa
mort
- (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Examinons un cas tristement
célèbre. Dans la nuit du 14 décembre 1993, le chauffeur de taxi
Richard Barnabé, en crise d'angoisse, cherche du réconfort chez un
prêtre qu'il connaît et résidant dans un presbytère du quartier
d'Ahuntsic, à Montréal.
N'obtenant pas de réponse, il casse une
vitre. C'est là que l'équipée commence. Il
est pris en chasse par des policiers de l'île de Montréal qui
réussissent à le coincer quelque part, à Laval, mais Barnabé
résiste et est arrêté brutalement.
Le
journaliste Yves Boisvert de La Presse relate qu'au poste 44, à
Montréal, où on l'amène, Barnabé saigne abondamment, mais on ne
l'en place pas moins en cellule. (Yves Boisvert --
La Presse du 11 décembre 1998, du 24 août 2001) Ensuite on décide
de le déshabiller. Il refuse.
Les policiers se mettent à six pour
le maîtriser, face contre le sol. Quand ils ont fini, le cœur de
Barnabé a cessé de battre. Entré au poste sur ses pieds, Barnabé
en sort 45 minutes plus tard mourant sur une civière, en proie à un
arrêt cardiaque qui le laissera dans un état végétatif jusqu'à
sa mort, 28 mois plus tard.
La
Sûreté du Québec est chargée de l'enquête. Six policiers de
l'île de Montréal sont accusés au criminel : Pierre Bergeron,
Louis Samson, Karl Anderson, André Lapointe, Michel Vadeboncoeur et
Manon Cadotte. À l'enquête préliminaire, Anderson est libéré,
aucun témoin n'a mentionné son nom. Les cinq autres subissent un
procès devant jury.
Juin
1995, ce dernier acquitte Manon Cadotte, qui est entrée et sortie
quelques fois de la cellule. Il déclare les quatre autres coupables
de voies de fait graves : ils ont utilisé une force excessive
pour le maîtriser. Le juge condamne les policiers Bergeron et Samson
à 45 fins de semaines de prison chacun, Lapointe, à 30, et Michel
Vadeboncoeur, à 180 heures de travaux communautaires. Décembre
1998, la Cour d'appel maintient les condamnations.
Entre-temps,
l'année précédente, le Comité de déontologie avait congédié
Bergeron et Samson, et condamné Vadeboncoeur et Lapointe à une
suspension sans solde de 60 et 90 jours respectivement. Bergeron et
Samson contestent leur congédiement.
En mars 2000, le juge Jean
Longtin de la Cour du Québec leur donne raison. (Christiane
Desjardins --
La Presse du 8 mars 2000) Il soutient que la destitution est «la
peine capitale»
en matière déontologique et doit être réservée au pire des
contrevenants qui commet le pire des crimes. Le juge ne croit pas que
ces deux conditions soient réunies dans l'affaire Barnabé. Décision
exécutoire et sans appel puisque la Cour du Québec demeure
l'instance suprême du Comité de déontologie. Bergeron et Samson
sont donc réintégrés au sein du corps policier.
Signalons
que l'annulation du congédiement n'annule en rien les peines de
prisons prononcées à leur encontre par l'autre cour de justice et
confirmées, en décembre 1998, par la Cour d'appel. Alors le
ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard,
s'interroge (Paul Roy --
La Presse du 9 mars 2000) : «Est-ce
qu'un policier peut être reconnu coupable d'un acte criminel et être
encore policier?
Moi, je réponds non. Et c'est pourquoi la loi va être changée.»
Pierre
Gravel, éditorialiste de La Presse, commente : «Le
hasard faisant parfois
(...) bien
les choses, ce récent incident survient au moment où, à Québec,
on étudie en commission parlementaire un projet de révision de la
Loi sur la police. Parmi les articles qui suscitent les protestations
unanimes de tous les syndicats policiers, on note justement une
disposition voulant que tout policier reconnu coupable d'une offense
criminelle soit automatiquement congédié. Une mesure qui tombe
tellement sous le sens qu'on s'étonne qu'elle n'ait pas toujours été
en vigueur et qu'on en soit encore réduit à en débattre comme
d'une hypothèse.»
(Suite demain)
News du vendredi 15 Avril 2011
■ Canada
: campagne électorale
– Quelques amis du premier ministre Stephen Harper : vidéo
(00:50) + Harper et G20 de Toronto, en juin 2010 :
vidéo
(01:15) +
Gilles Duceppe, chef du Bloc québécois, un parti politique du
Parlement du Canada : vidéo
(00:14).
■ Industrie
privée du nucléaire et absence de l'Organisation mondiale de la
santé (OMS) –
D'importantes révélations de Michel Fernex, prof à l'Université
de Bâle. On y apprend qu'à l'époque où il travaillait à l'OMS,
il avait constaté, étonné, l'absence de cet organisme de l'ONU
lors de l'accident survenu à Tchernobyl en 1986 en Ukraine. De fil
en aiguille il a finalement su ce qui s'était passé : entrevue
où il fait état de ses découvertes + entre certains paragraphes de
son récit, le son de sa voix et disponible, cliquez sur la flèche.
PS
:
Industrie privée du nucléaire, organismes de surveillance et
gouvernements, un monde soudé ensemble et cachottier. L'absence de
transparence est monnaie courante. Lors d'un accident nucléaire,
faut pas tout dire à la population, cela entraverait l'exploitation
de cette source d'énergie et son développement potentiel. Cette
industrie privée encaisse beaucoup de profits dans la vente de son
électricité produite à partir de matières radioactives. L'argent
a préséance sur la santé. Le gouvernement du canada n'est pas
différent des autres.
■ Esprit
sain, corps sain
– Chez ceux et celles n'ayant ni l'un ni l'autre, le Sport est la porte
d'entrée au développement social. Pas nouveaux, nécessaire de le
rappeler. Des expériences le démontrent : Brésil, Qatar, Chine.
Une initiative de la Qatar Foundation, organisme de ce pays arabe :
vidéo
(08:34) + site
world innovation summit for education.
■ Documentaire
Pirat@ge – Des témoignages de
hackers : vidéo
(1h15).
■ Suis
obligé de retourner voir la technicienne casse-pieds -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Sans aller loin, tout de même.
Suis aux aguets, bien que l'endroit ne soit pas aisé à surveiller.
Il est au fond d'un couloir relié au mail du centre commercial, et
une porte du magasin donne sur le terrain de stationnement. Du mail,
je le vois par la vitrine, mais pas la porte. Impossible d'être aux
deux endroits en même temps.
Un
moment, j'aperçois deux adolescentes sur le mail, juste devant le
couloir. Plantées l'une face à l'autre, elles jasent, l'une regarde
dans ma direction, sans me regarder spécifiquement. Je décèle
illico les sentinelles. Suis certain que si je m'en approche, elles
quitteront les lieux, signaleront ainsi, à quelqu'un placé à
l'autre bout du couloir, mon arrivée imminente.
Simple hypothèse,
je vérifie si elle est fondée ou pas. Plus je m'approche, plus
elles bougent sur place, comme des personnes s'apprêtant à se
quitter. Une vingtaine de pieds avant d'arriver devant le couloir,
comme de fait, elles partent, mais ensemble, contrairement à
l'impression qu'elles donnaient.
Peu
de temps après, repassant devant le couloir, j'entrevois par la
vitrine du magasin un homme un peu chauve sur le terrain de
stationnement, qui s'en va d'un pas pressé. J'ignore s'il vient de
franchir la porte, invisible de l'endroit où je suis, mais ça m'en
a tout l'air. Dare-dare, je sors du centre commercial, zieute le
terrain de stationnement, sans arriver à le repérer. Puis bof! je
décide finalement de relaxer, d'accepter une situation sur laquelle
je n'ai aucun contrôle.
Quand
je reprendrai mon équipement, je chercherai à savoir pourquoi des
lettres du clavier avaient changé de place. La technicienne me dira
l'ignorer. Pas moyen de savoir non plus comment elle s'y sera prise
pour solutionner le problème. Je n'affirme pas que le flic qui était
venu chez moi en avait été l'auteur, par contre, suis certain qu'il
a communiqué le renseignement à l'un de ses collègues, qui s'est
chargé du reste pendant mon absence.
Peu
après s'ajoute un autre événement. J'ai fait l'acquisition du
traitement de texte de Microsoft Word 2002. Aujourd'hui, plusieurs
éditeurs de logiciels obligent leurs clients à les activer sur leur
site Web. Comme je ne suis pas encore branché sur l'Internet, j'en
discute avec le proprio d'une boutique sise dans le même centre
commercial que la technicienne... Me dit qu'il peut l'activer, je
n'ai qu'à revenir avec mon ordi. On prend rendez-vous pour le
lendemain.
Dans
son atelier, il branche les fils, s'installe au clavier. Ça ne
semble pas aussi facile qu'il l'avait prétendu la veille, se racle
la gorge à quelques reprises puis m'annonce tout de go que quelque
chose ne va pas, puis finalement plante son clou : il a une
entente avec les autres vendeurs d'ordis du centre commercial. Chacun
se serait engagé de ne pas réparer les ordis achetés chez l'un de
ses concurrents du centre, et protégés encore de la garantie...
Suis
déçu, me voilà obligé de retourner chez la technicienne. Explique
à celle-ci mon problème d'activation. Une petite demi-heure et le
tour est joué. Simple comme bonjour, m'affirme-t-elle, suffisait de
créer un site à votre nom et d'aller chercher ensuite
l'autorisation de Microsoft Word. C'est tout. Lui parle de l'entente
entre les vendeurs d'ordis du centre, elle me dit que c'est faux, il
n'y en a pas. Moi, j'y vois la confirmation d'une autre entourloupe
policière...
Suis
convaincu que la Sûreté du Québec possède désormais une copie de
ce livre. J'ai la trouille. Qu'elle prenne connaissance du contenu de
ce livre à sa sortie dans les librairies ne m'inquiète pas une
miette. Trop de monde au Québec me connaîtra. Mais avant sa sortie,
ça me préoccupe grandement. Peur de coups inavouables. (Suite
demain)
■ Martin
Suazo tué d'une balle dans la tête pour un policier en état
d'excitation -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Abordons une affaire illustrant le
parti pris manifeste du pouvoir politique à l'endroit des policiers
fautifs. Le 31 mai 1995, Martin Suazo, 23 ans, vole des jeans dans
une boutique de la rue Ste-Catherine, à Montréal, et fuit dans une
voiture qui est interceptée sur le boul. St-Laurent.
Le
policier Michel Garneau l'empoigne par la chemise pour l'en sortir,
son arme braquée sur la tête, l'index sur le détente. En forçant
du bras gauche, il appuie par mégarde sur la gâchette et bang!
Suazo part pour un voyage d'où il ne reviendra pas.
L'enquête du
coroner conclut à un accident, dû entre autres au niveau de stress
que comportent les opérations policières à haut risque.
(Christiane Desjardins --
La Presse du 10 novembre 2000) Aucune accusation criminelle n'est
portée contre le policier Garneau. Les poursuites civiles
entreprises par la famille seront réglées hors cour, pour une somme
qui demeure confidentielle.
Ce
n'est que cinq ans et demi après que Garneau comparaîtra finalement
devant le Comité de déontologie. Et encore, à la suite d'une
plainte de Dan Philip, président de la Ligue des Noirs du Québec
(LNQ). En novembre 2000, il avoue avoir utilisé son arme «sans
prudence ni discernement».
(André Cédilot --
La Presse du 25 novembre 2000) Son avocat, Me Philip Schneider,
reconnaît la gravité du geste, semble d'accord pour dire que sa vie
n'était nullement en danger au moment où le coup de feu est parti.
La
sentence est prononcée en mars 2001 (Marie-Claude Girard --
La Presse du 2 mars 2001) : 45 jours de suspension sans solde.
Le Comité juge que la manière de procéder du policier Garneau
«relevait
de l'inconscience».
Il aurait dû rengainer son arme avant d'agir, puisque au moins deux
autres policiers pointaient la leur en direction de Suazo et
assuraient ainsi sa sécurité : aucun des suspects n'était armé,
cependant la police l'ignorait.
La
preuve a démontré que Garneau «était
dans un tel état d'excitation que s'il avait vaguement conscience
qu'un collègue armé couvrait ses arrières, il n'a aucun souvenir
de la présence de l'agent Migneault qui se trouvait directement
devant lui».
Le comité est cependant catégorique : «Il
ne fait aucun doute que l'agent Garneau n'a jamais voulu, à ce
moment, faire usage de son arme de service.»
Effectivement, mais le problème n'est pas là.
Soulignant
qu'il en aura fallu du temps pour obtenir justice, Dan Philip de la
LNQ qualifie la décision d'aberrante. «Il
y a des lois pour les policiers et des lois pour les citoyens,
s'indigne-t-il.
Quelqu'un comme ça va continuer à être policier. On ne sait pas
comment il va agir avec d'autres citoyens.»
L'organisme estime important que les enquêtes sur des bavures
policières ne soient plus confiées à un autre corps de police,
mais à un procureur indépendant.
La
décision n'étonne pas Yves Manseau, porte-parole du MAJ. «Ce
n'est pas juste du tout parce qu'il n'y a pas d'effet dissuasif. On
ne veut pas s'acharner sur lui, mais on ne pense pas qu'il devrait
continuer à être policier.»
Manseau n'en reconnaît pas moins que les plaintes auprès du Comité
de déontologie permettent tout de même d'étaler un dossier sur la
place publique. (Suite demain)
News du jeudi 14 Avril 2011
■ Commission
canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) : trop de documents en
anglais
– Si peu de respect de la langue française, pourtant l'une des deux
langues officielles du Canada, que c'est très loin d'être
suffisant.
Les
vidéos des audiences de la CCSN relatives à la réfection de la
centrale nucléaire Gentilly-2 du Québec, tenues les 13 et 14 avril,
seront archivées dans environ... deux semaines, donc disponibles à ce moment-là. Ce qui ressemble à une absence de transparence : l'actualité se déroule au quotidien, pas aux 15 jours. Les sténographies ou transcriptions, disponibles au début de la
semaine prochaine + page
d'accueil de la CCSN. Pour le moment, seuls les mémoires
déposés, très nombreux, sont accessibles, et gratuitement. On peut
les obtenir par courriel ou la poste.
Lors
de votre visite, profitez en pour explorer la carte
géographique interactive indiquant où sont situées mines et usines
de concentration d'uranium, installation de traitement et de
fabrication de combustible d'uranium, centrales nucléaires,
installation de gestion des déchets radioactifs, installation
d'irradiation, etc.
■ France
: la guerre contre la prostitution bientôt ?
– La ministre de la Solidarité Roselyne Bachelot veut s'en prendre
aux clients des prostituées : six mois de prison ou 3 000 euros
d'amende. Elisabeth Badinter,
philosophe féministe, auteure de plusieurs ouvrages, proteste contre
le projet de la ministre.
Dans
une entrevue
radio sur France culture, elle parle d'une régression incroyable
avec un retour de la police des moeurs, retour d'un puritanisme
qu'elle croyait dépassé. Ça lui semble un vrai désastre, un
rétrécissement des libertés individuelles. Elle se demande
qu'est-ce que l'État a à mettre son nez dans ce que l'on fait de
notre corps. Elle pensait que depuis le milieu du 20e siècle qu'il
était acquit qu'il existait une liberté sexuelle absolue entre
adultes consentants.
■ Québec
: autorisation de chercher et extraire du gaz de schiste près de et
sous la centrale nucléaire Gentilly-2
– Autorisation remontant à 2006
et accordée par le ministère québécois des Ressources naturelles et de la Faune. L'affaire a rebondi hier lors des
audiences de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN)
portant sur la réfection de la centrale.
■ Le
passage de la centrale nucléaire Fukushima au niveau 7
– D'après un spécialiste de Moscou, la situation est différente
de celle de Tchernobyl. Il faut pas effrayer les gens, dit-il : vidéo
(03:25), traduction en français.
■ Canada
: la campagne électorale
– De tous les partis politiques en liste, quel est celui possédant
la meilleure approche communicative? Le Nouveau parti démocratique
(NPD) de Jack Layton. Il est le seul, sauf erreur, à présenter
quelques pubs amusantes.
En voici 4 : le premier ministre
conservateur Stephen Harper n'aime pas trop que ses ministres parlent
au journaliste ; les débats où ça ne fait que japper
; courir sans
avancer ; la suivante est pas drôle, mais illustre la capacité
du NPD de passer facilement des messages.
■ Québec
: les pétitions sur le web, ça vaut rien
– Une perte de temps et d'espoir. Même sur le site
de l'Assemblée nationale du Québec. Il y en une présentement sur
la centrale nucléaire Gentilly-2. Jusqu'à ce jour, 5 320 ont signé
pour sa fermeture. Même si elle atteignait un sommet, elle tomberait
dans le vide. Aucune loi n'oblige un gouvernement d'obéir aux
signataires d'une pétition.
Rappelez-vous
celle exigeant la démission du premier ministre Jean Charest. La
dernière fois que je suis allé sur le site de l'Assemblée
nationale, le 2 janvier 2011, elle ne progressait presque plus. Elle
avait tout de même recueilli 246 300 signatures. Et Charest est
toujours là.
Que le lui reprochait-on? Notamment, son refus
de tenir une commission d'enquête publique sur les liens étroits
entre le financement des partis politiques et l'octroi des contrats
gouvernementaux ; refus aussi d'un moratoire sur le gaz de schiste.
Quoi
faire? Établir
une loi permettant le référendum via le web sur des sujets
importants. Il faut casser le monopole des élus détenant le pouvoir
de décider de tout. La
démocratie ne doit pas se limiter au bon vouloir de ceux qui nous
gouvernent. La population a besoin d'être entendue. Le référendum
l'inciterait à participer davantage à cette chose qu'on qualifie
faussement de "publique",
parce que voix à sens unique.
■ Une
technicienne casse-pieds comme il ne s'en fait plus -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Coup
de fil à la technicienne du commerçant qui m'a vendu l'ordi. Elle
me demande si j'en suis «le seul utilisateur», oui, et je ne suis
pas branché sur l'Internet. Elle a beau tourner et retourner
l'affaire dans sa tête, elle ne comprends pas ce qui a pu se
produire.
Le
jour suivant, je me présente à son atelier, avec l'ordi et le
clavier, que je transporte dans un panier d'épicerie. Tous les
fichiers de ce livre sont sur le disque dur. L'expérience acquise
dans l'underground policier me dicte la prudence, je veux éviter
qu'un civil en obtienne des copies, par l'Internet ou autrement :
les commerçants, on l'a vu dans ce récit, ne disent jamais non à
la police.
Fais
un petit topo à la technicienne : journaliste, enquête sur la
police en civil, livre en préparation, fichiers confidentiels, etc.
De là l'importance de ma présence lorsqu'elle travaillera dessus.
Elle
refuse, j'insiste, autre refus, reviens à la charge, inutile
d'argumenter, c'est non. Je ne comprends pas. En quoi ma présence
peut-elle la déranger? Une politique de la maison : les clients
ne sont pas admis dans l'atelier. Elle ne le réparera pas si je suis
là, m'invite même, poliment, d'aller ailleurs.
Ah,
la, la, quelle casse-pieds, quel dilemme! J'y ai acheté l'ordi, il
est encore sous sa garantie. N'ai pas le goût non plus d'aller
ailleurs. Ai le pressentiment, fondé ou non, qu'on me posera la même
exigence partout où j'irai et que finalement je resterai avec une
machine neuve qui ne fonctionne plus.
Et
aussi, solidement ancré quelque part dans mon cerveau, un sentiment
d'impuissance face à la toute-puissance de la police en civil.
Réflexe conditionné? Depuis le temps que je m'y heurte, je n'en
serais nullement étonné. Alors, la mort dans l'âme, je baisse les
bras, accepte, mais avec quelle réticence! J'ai perdu ma superbe,
me sent écrasé.
Au
moment de quitter l'atelier, la technicienne remet ça. Elle me dit
d'aller porter le panier d'épicerie là où je l'ai pris. Mais c'est
à l'autre extrémité du centre commercial et j'en aurai besoin pour
transporter mon équipement quand elle aura terminé. Je me demande
si elle ne cherche pas à m'éloigner. Elle insiste pour qu'au moins
je le sorte de son atelier. Je m'exécute et flâne dans le magasin,
dans l'attente que le travail soit terminé.
Le
commis préposé à la clientèle part prendre un café. M'y
retrouve seul, pas longtemps, parce que l'adjoint de la technicienne
sort de l'atelier, prend place derrière le comptoir, afin de
surveiller les lieux jusqu'au retour de l'autre. Normal, on ne laisse
pas un client seul dans un magasin, tout à coup qu'il piquerait des
articles étalés sur les tablettes. Je prends conscience de
l'injustice de la situation : eux, me refusent le droit d'aller
dans l'atelier surveiller les fichiers de ce livre.
Ensuite
la technicienne revient à la charge, me signale que son patron, s'il
était présent, ne serait pas d'accord que je laisse mon panier là
où je l'ai mis, me suggère de le remiser dans un placard un peu
plus loin, j'obéis sans dire un mot. Je trouve qu'elle m'en demande
pas mal trop, la technicienne. Elle m'a vaincu psychologiquement en
trois étapes : son refus de ma présence dans l'atelier, et son
insistance, à deux reprises, pour que je déplace le panier. Pas une
néophyte, cette femme.
Et
le commis parti chercher un café, une incitation à faire de même?
J'ai l'impression qu'elle ne veut pas que je traîne dans le magasin.
Entre ensuite un vieux monsieur, qui me dévisage, la mine outrée.
Au point où j'en suis psychologiquement, ce n'est pas long que je
quitte les lieux. (Suite
demain)
■ Commission
Poitras : «c'est
toujours la faute
des victimes, jamais celle
de la
police» -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Dans
d'autres cas, les commentaires émanent du service de relations
publiques de la Sûreté du Québec. Quatorze novembre 1991, Osmond
Fletcher perd la vie. Même jour, police de l'île de Montréal,
auquel appartient le policier impliqué : «Il
a retourné son arme contre lui.»
Relations publiques de la Sûreté du Québec, responsable de cette
enquête : «Les
constatations tendent à confirmer la thèse du suicide.»
Premier
janvier 1993, Trevor Kelly décède. Moins d'une journée plus tard :
«Il
se dirigeait vers un des deux policiers avec un couteau et l'autre,
sentant la vie de son partenaire menacée, a tiré un coup de feu.»
Six mars 1993, autre décès, celui d'Yvon Asselin. Le même jour :
«Il
y a une enquête mais j'ai l'impression que c'est un suicide, à
95%.»
À un journaliste anglophone, la même source policière : «We
suppose he stabbed himself. He
might have been hit by a rubber bullet. He could have died of a heart
attack. Who
knows?(
... ) We
will wait fort the autopsy.»
Neuf
mars 1995, Paolo Romanelli est abattu. Le même jour : Il avait
«ignoré
les directives des policiers qui lui disaient de jeter son arme».
Trente et un mai 1996, Martin Suazo est tué d'une balle dans la
tête. Au plus tard le lendemain, toujours la Sûreté du Québec :
«Le
coup est parti accidentellement».
La
Commission Poitras s'interroge. Quel est le message que reçoit
l'enquêteur de ce corps policier qui, avant même de débuter son
enquête, entend la position officielle de son employeur? Même si
les enquêteurs parviennent à passer outre à ces messages, le
citoyen a une bonne raison de penser que ce n'est pas le cas. De tous
ces exemples extraits du mémoire des COBP, la Commission retient
aussi que «c'est
toujours la faute des victimes, jamais
celle de la police».
Elle
recommande au ministère de la Sécurité publique d'adopter une
directive qui tiendrait compte du droit du public à l'information et
du devoir des policiers de ne pas tirer de conclusions ou en donner
l'apparence avant la fin de l'enquête. Recommande aussi que, dans le
cas d'un décès, le policier soit traité de la même façon que le
citoyen impliqué. (Suite
demain)
News du mercredi 13 Avril 2011
■ France
: l'exploitation du gaz de schiste bientôt interdite ?
– Premier ministre François Fillion
: «Il n'est pas question de sacrifier notre environnement». Il
soutiendra les propositions d'un projet de loi annulant les permis
d'exploitation octroyés jusqu'à présent à des entreprises.
■ Japon-Fukushima
: le niveau de dangerosité passe de 5 à 7
- Le top, l'équivalent de Tchernobyl
: graphique
de l'International Nuclear and Radiological Event Scale (INES)
illustrant les différents niveaux de dangerosité de la
radioactivité d'1 à 7. L'INES est un organisme spécialisé en matière nucléaire et qui vulgarise
l'information destinée au grand public + vidéo
(14:14) de l'International Atomic Energy Agency (IAEA) + texte
(anglais) de l'IAEA.
La
Chine aurait demandé des excuses à son voisin japonais qui, selon
elle, a volontairement
caché la gravité de l'accident à la centrale de Fukushima. Après
toutes ces informations, quelle crédibilité accorder à cette
déclaration vidéo
(01:21) du premier ministre du Japon Naoto Kan?
■ Côte
d'Ivoire : visite du bunker de Gbagbo
– Une séquence où la haine est manifeste. Sur le pavé, le
cadavre d'un militaire pro-Gbagbo. Un pro-Ouattara s'approche, se
penche, lui crie à tue-tête en le pointant le doigt : tu es mort.
Un autre, lui donne un coup de pied dans les côtes. Même mort, il
demeure encore un ennemi : vidéo
(02:13).
■ Sabotage
policier de l'ordi flambant neuf que je viens d'acheter -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Au
cours de cette même période, devant retourner à Lac Bouchette, mon
ami me fait part de l'offre du policier en civil de m'y reconduire
gratuitement. J'accepte mais insisterai pour le dédommager. Mon ami
nous accompagne.
En
cours de route, j'exhibe au flic le Grand livre Windows XP dont je
viens de faire l'acquisition. Il me demande si j'ai l'intention de
«chatter» sur l'Internet. «Oui, mais pourquoi veux-tu savoir ça,
toi?» Sans répondre, il enchaîne en s'informant si je vais
éventuellement m'acheter un portable. «Non, ce ne serait pas utile
pour moi.»
Peu
après, autre visite impromptue de mon ami et du flic. Suis convaincu
que c'est un civil et apprécie de moins en moins sa présence dans
mon espace privé. Leur parle de mon nouvel ordi, qu'on m'a livré
entre-temps, souligne notamment que sur mon clavier étendu les "à"
en minuscule et majuscule et deux éléments de ponctuation ne sont
pas aux endroits indiqués sur les touches mais ailleurs.
En somme,
situation normale quand on utilise un nouveau clavier, que je me dis. Suffit de
l'explorer un peu, et ce n'est pas long que vous allez les chercher
sans difficulté. Le civil pianote un peu sur mon clavier sans
réussir à trouver la solution.
Le
surlendemain de mes propos, mon ordi n'excepte plus mon mot de passe
donnant accès au logiciel système Windows XP. Jusque là, je
n'avais pas eu de problème du genre. Je pioche une dizaine de fois,
rien à faire. Je décide de charger une deuxième version de Windows
XP.
En inscrivant le numéro de ma licence -- 25 lettres et chiffres
--, je me rends compte que plusieurs lettres et autres éléments
graphiques ne sont plus sur les touches habituelles : le "a"
occupe la touche du "q", et vice-versa ; idem du "w"
et du "x", qui ont interchangé de place ; le "m"
loge désormais au point virgule ; le "ç" est sous un
chiffre ; etc. La Tour de Babel! Je comprends alors pourquoi la clé
n'ouvrait pas la porte. (Suite
demain)
■ Des
policiers disculpent leurs collègues impliqués dans des cas de
mortalités alors que les
enquêtes commencent à peine -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Des
citoyens meurent dans d'autres contextes que ceux décrits plus haut.
Bien qu'il ne s'agisse pas de meurtres délibérés, n'empêche que
des citoyens tombent sous les balles policières ou des suites
d'interventions musclées.
La Commission Poitras rapporte qu'en 1996
et 1997, le ministère québécois de la Sécurité publique
dénombrait, à partir de données du Bureau du coroner, 30 décès
survenus au Québec lors d'interventions policières, dont 25
attribuables à des corps policiers municipaux. (la Commission
Poitras cite une lettre de Florent Gagné, alors sous-ministre, datée
du 10 septembre 1998 et adressée à Me Denis Coulombe.)
Lors
des audiences publiques de la Commission, les Citoyen-ne-s opposé-e-s
à la brutalité policière (COBP) ont déposé un mémoire où ils
dressent la liste de 19 décès attribuables à des opérations
policières. (David Kavanaght et Yves Manseau --
Mémoire des COBP --
D'Anthony Griffin à Richard Whaley : vingt enquêtes sur des
décès de citoyens lors d'interventions de membres du SPCUM --
Montréal, le 26 juin 1998)
La
Commission, qui n'en avait pas le mandat, n'a pas enquêté les faits
étalés par les COBP, dont la banque de donnée est constituée de
1 500 coupures de presse. Elle souligne toutefois le problème
d'apparence de partialité dans les versions transmises aux médias
par des responsables de services de relations publiques des corps de
police impliqués. Alors que les enquêtes commencent à peine, ces
versions disculpent déjà les policiers, concluant à l'absence de
tout reproche pouvant être retenu contre eux. Elle cite des articles
de journaux le démontrant.
Onze
novembre 1987, Anthony Griffin, un Noir, est tué par balle. Le même
jour, déclaration d'un policier de l'île de Montréal préposé aux
relations avec les médias : «... je
mets ma réputation en jeu qu'il ne s'agissait pas d'un incident
raciste.»
Quinze avril 1996, Nelson Perreault meurt quelques minutes après
avoir été transporté de sa cellule à l'hôpital. Même jour,
police de l'île de Montréal : les heures précédentes, les
policiers ont utilisé le poivre de Cayenne lors de son arrestation
parce qu'il se montrait «très
récalcitrant »
et «cherchait
à se pousser».
Dix-sept
mai 1996, Daniel Bélair est abattu. Même jour, même corps
policier : «Ils
(les policiers impliqués) ont senti que leur vie était en danger.
Ils ont été obligés de répliquer».
Dix-sept juin 1996, Michel
Mathurin est abattu. Même jour, police de Montréal : «Le
policier l'a sommé à plusieurs reprises de s'immobiliser mais il a
continué d'avancer.
(...) En
fonction des renseignements dont nous disposons à l'heure actuelle,
le policier me semble tout à fait justifié d'avoir utiliser son
arme à feu.»
(Suite
demain)
News du mardi 12 Avril 2011
■ En
France, hier
– Un concert exceptionnel, en direct sur le site Dailymotion, avec
des artistes français et japonnais en soutien aux sinistrés du
tsunami : vidéo
(près de 3 heures) titrée Tsunami et Demain.
■ "Ça
va aller"
– Titre d'un clip
(03:52) de Magic System et Tiken Jah Fakoly. Écoutez les paroles de la chanson, on y traite de la Côte d'Ivoire du temps de Gbagbo, maintenant derrière les barreaux depuis deux jours. On répète que l'union
fait la force, montre le poing, à la fin une main obstrue la
lentille de la caméra.
■ France
: depuis hier, le port du voile intégral dans l'espace public est
interdit
- Jeannette Bougrab, secrétaire d'État chargée de la Jeunesse et
de la Vie associative en France : «Je suis satisfaite parce que je
suis (…) une femme issue de l'immigration maghrébine et que j'ai
jamais pensé un seul instant que porter le voile intégral était un
signe d'émancipation des femmes. Voilà. Et que je trouve étrange
que dans ce territoire républicain, aujourd'hui des femmes et des
hommes imposent ce qui pour moi incarne une forme d'exclusion» :
vidéo
(07:07) + photo +
graphique
expliquant de quelle façon on appliquera la loi.
■ Gbagbo-Tiken
Jah Fakoly
– Le chanteur reggae ivoirien, bien connu pour son engagement
socio-politique en Afrique, n'était pas apprécié par Gbagbo, au
point où il avait dû s'exiler au Mali. Au lendemain de
l'arrestation du tyran, son témoignage vaut d'être entendu : vidéo
(07:01).
■ Un
autre ami de mon ami m'infiltre -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Il
n'était pas le seul à graviter dans l'environnement immédiat de
mon ami. Dans ce cas aussi, l'auto a joué un rôle prépondérant.
Quand vous n'êtes pas motorisé, vous appréciez grandement qu'une
connaissance s'offre à vous véhiculer à peu près n'importe quand
et n'importe où, gratuitement ou pour si peu que c'en est gênant.
Genre
d'offre que vous ne pouvez refuser, l'homme vous semble tellement
serviable, sincère, désintéressé, fait tout pour vous mettre à
l'aise, insiste beaucoup : il lui prêtait même son auto tout
en sachant qu'il n'avait plus de permis de conduire. C'est un truc
que la police en civil utilise couramment pour infiltrer des
citoyens, savoir où ils vont, ce qu'ils y font, qui ils fréquentent,
et leur tirer les vers du nez. Ces faux citoyens utilisent aussi
leurs passagers comme porte d'entrée pour infiltrer leur entourage.
L'achat
de mon nouvel équipement informatique, au début de février 2001, a
incité ce civil à s'intéresser davantage à ma personne. Au début
du mois suivant, mon ami et lui arrivent chez moi à l'improviste.
Assis au tour de la table de la cuisine, nous jasons un bon moment en
buvant une bière. Son chauffeur et ami travaille dans une
institution où sont contenus des handicapés mentaux. Il nous
apprend de curieuses histoires : ceux-ci sont contrôlés et
manipulés à leur insu, nous cite trois cas.
L'un
a l'habitude de faire des escapades. Afin de savoir en tout temps où
il est, on a introduit un mouchard électronique invisible à l'endos
d'une photo de ses parents. Ensuite, on la lui a remise, sachant
qu'il les aime et la conservera précieusement dans la poche de sa
chemise.
Un autre avait la manie, quand il voyait un enfant dans une
poussette, de repousser celle-ci. On lui a remis un bracelet
décoratif qui émet une vibration dès qu'il s'en approche : ça
suppose la présence d'un observateur dans les environs pour
l'enclencher à distance, mais ne le précise pas. On utilise le même
procédé pour un troisième qui, lui, avait tendance à se gratter
un peu trop souvent l'anus. Dans ces deux derniers cas, on a réussi
à créer des réflexes conditionnés.
J'aurais
bien des questions à poser, m'en abstiens, crains que le civil se
rende compte qu'il dévoile des tactiques qui devraient demeurer
secrètes, et se taise. Ce qui se produit du reste quand mon ami, un
peu choqué de ces révélations, manifeste sa désapprobation. Sous
haute surveillance, les handicapés mentaux? Semble bien.
Puis
vos méninges commencent à ronronner... Se peut-il que la police en
civil utilise des mouchards électroniques pour suivre à la piste
des citoyens sains mentalement? Facile, aujourd'hui, notamment en
utilisant le système de satellites géostationnaires GPS. Pas
seulement sur un véhicule motorisé, peut-on présumer, sur un vélo
et des vêtements aussi, entre autres. Et vous voilà clignotant sur
un écran sans le savoir. (Suite
demain)
■ Les
poursuites policières à
haute vitesse contribuent
à dévaloriser
la vie humaine -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Par
la suite La Presse publie la lettre d'une citoyenne qui s'en émeut
aussi, des poursuites à haute vitesse de la police. (Rollande
Thibodeau --
La Presse du 28 juillet 2002)
Rollande Thibodeau écrit que «les
poursuites policières sont nombreuses et nous sont rapportées
régulièrement. Mais il me semble qu'elles sont rarement remises en
question. Elles m'ont toujours semblé dangereuses. Déjà,
au niveau du vocabulaire utilisé pour les décrire, on voit bien
qu'elles ne sont pas à prendre à la légère : bien souvent,
les journalistes en parleront en termes de "poursuites
infernales, de courses folles, de folles cavales",
etc.
«Alors, comment ne pas réagir? Il faut le rappeler,
poursuit-elle,
cette situation destructrice qui commence et se termine sur la voie
publique reste une menace à notre sécurité à tous, policiers y
compris. Les faits sont là, les poursuites font des victimes, aussi
bien innocentes que coupables. Les statistiques le prouvent.
«Mais
direz-vous, dans le cas de vols d'autos, si la police veut récupérer
l'auto, comment faire autrement?
La police n'est pas là pour réfléchir, mais bien pour agir et
"pogner
le voleur, mort ou vif!"
Or,
si on prend le temps de réfléchir,
et Thibodeau le fait,
on peut se poser bien des question. A-t-on le droit de mettre la vie
d'une personne en danger, fut-elle celle d'un voleur?
A-t-on le droit de la mener à un état d'épuisement tel qu'il lui
sera devenu indifférent de vivre ou de mourir?
A-t-on le droit d'exposer la vie d'honnêtes citoyens? (...)
«Finalement,
que dire de ceux qui ignorent que le droit à la vie et à la
sécurité d'une personne est fondamental, selon la Charte des droits
et libertés?C'est
tellement fondamental, à mon sens,
conclut-elle,
qu'une dernière question se pose : faut-il imposer un moratoire
sur les poursuites policières?»
L'autre
façon de procéder est le barrage routier, des autos-patrouille que
l'on place en travers de la route, et que des fuyards emboutissent
parfois ou contournent à haute vitesse. En août 2000, Alain Forget,
27 ans, du corps policier de St-Hubert, y a perdu la vie. (Marcel
Laroche --
La Presse du 11 avril 2001)
Selon l'inspecteur Michel Saucier, de la
Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), le
policier Forget avait appliqué la technique enseignée par l'École
nationale de police du Québec, à Nicolet. Il n'était pas le
premier : octobre 1998, un agent de la Sûreté du Québec
mourait dans des circonstances similaires, à Notre-Dame-de-Lourde,
près de Joliette.
Tout
cela contribue à diminuer la valeur de la vie humaine et de la
dignité, et nous sommes loin d'avoir fini d'en faire la
démonstration. Ainsi en était-il des armes à feu. Jusqu'aux années
1970, le citoyen qui, après avoir été interpellé par la police,
s'enfuyait à toutes jambes était plus souvent qu'autrement abattu.
«Arrêtes ou je tire!», criait le policier. Et il tirait si le
fuyard n'obtempérait pas.
Il y a eu des morts, des blessés. La
décision de tuer moins souvent n'est pas attribuable à l'humanité
de la police, mais à la désapprobation de la population. N'avait
été de cela, elle tuerait autant qu'avant, et sans problème de
conscience. (Suite
demain)
News du lundi 11 Avril 2011
■ Côte
d'Ivoire-Gbagbo
- Nouvelles images animées du prisonnier prénommé Laurent, l'homme
qui avait perdu son élection présidentielle et ne voulait pas
quitter le pouvoir : vidéo
(01:42). Il a fait couler beaucoup de sang chez ceux qui
s'opposaient à sa décision. Maintenant, il devra rendre des comptes
à la justice. Qu'adviendra-t-il de ses militaires qui appuyaient sur
la gâchette sans trouble de conscience?
PS
:
Et la présomption d'innocence? J'ai du mal à l'appliquer dans ce
cas-ci. Depuis des semaines je suis les événements survenus dans ce
pays. Je signale que l'autre camp, celui de Ouattara, a été pointé
du doigts aussi il y a quelques semaines par le secrétaire général
de l'ONU Ban Ki-moon. Les tueries doivent être perçues pour ce qu'elles
sont : une loi de la jungle où on ne fait pas de prisonniers.
■ Japon-Fukushima
– Les citoyens de
cinq autres villes seront évacués.
■ Deux
journalistes Japonais dans la zone interdite de Fukushima
– Une enquête sur le niveau de radioactivité dans cette zone qui
s'étant sur 20 kilomètres. Sur le tableau de bord de l'auto le
signal sonore (bip-bip-bip...) des compteurs geiger indiquent que le
niveau commence à monter.
On voit beaucoup de maisons inhabitées,
quelques croisements de camions et autos, une dizaine de chiens errants,
des vaches broutant de l'herbe, elles aussi abandonnées. À un endroit,
la route est complètement effondrée, le GPS leur en propose une
autre. Vers la fin, ils doivent faire le reste du trajet à pieds,
trop de débris sur la route, pendant ce temps les geiger... : vidéo
(12:05), ils se rendent jusqu'à environ 1,5 km des centrales de
Fukushima.
■ Repérage
d'un policier en civil chez mon ami, trahi par son regard trop
fouineur -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Avant
d'entrer dans le vif du sujet qui suit, déployons en la toile de
fond. Quelque temps après mon emménagement à Lac Bouchette, à
l'été 1999, j'étais allé à Roberval sonner à la porte d'un ami
d'enfance que je n'avais pas vu depuis une bonne vingtaine d'années.
Retrouvailles chaleureuses, arrosées de bonnes bières froides, de
souvenirs aussi. Par la suite, on se rencontrera régulièrement, une
ou deux fois par mois.
Un
de ces jours où j'étais chez lui, arrive un type. J'ai tout de
suite pensé qu'il était peut être un civil, à cause notamment de
son regard fouineur. En ai soufflé un mot à mon ami : «Non,
non, ce n'est pas un flic», m'a-t-il assuré. Mon ami est
intelligent, mais n'a pas une trentaine d'années de journalisme
derrière lui et n'a pas enquêté dans l'underground policier.
Alors, en matière policière, il est nul, totalement.
Au
fil de nos rencontres, j'ai appris qu'il connaissait l'homme depuis
une couple d'années, qu'il végétait un peu beaucoup dans la vie,
parfois sur le bs, parfois préposé à l'entretien des pelouses de
la... Ville de Roberval, et proprio d'une vieille voiture, très
utile quand mon ami devait aller quelque part ou faire son marché.
Et pas chérant, le gars, rien à voir avec ce que demande un taxi.
Cependant,
il m'a dit le trouver épuisant des bouts. Se présente chez lui
comme un cheveu sur un bol de soupe, s'éternise sur place, etc. Il
arrivait que mon ami, qui n'a pas la langue dans sa poche,
l'engueule, mais ça ne l'empêchait pas de revenir. En somme, collé
à vous comme une sangsue.
La
deuxième et dernière fois où je l'y ai vu, il n'osait pas entrer
dans l'appart, situé dans un sous-sol, était resté debout au
milieu de l'escalier, une main appuyée sur le plafond, l'autre sur un
mur, le haut du corps penché pour mieux nous voir et entendre, comme
s'il hésitait de faire un pas de plus. Me suis approché et l'ai
apostrophé, lui disant qu'il était un flic en civil. Ç'a été
suffisant pour qu'il se révèle tel qu'il est.
Reprenant
soudainement de l'assurance, avec en prime un petit air baveux, il a
riposté du tac au tac : «As-tu le téléphone?» Du fait
qu'il me le demandait, démontre qu'il savait que je ne l'avais pas
et, encore mieux, il me menaçait indirectement de ne jamais le
ravoir si je ne me la fermais pas. Carrément du chantage. En voilà
un autre qui empiétait illégalement l'espace privé d'un citoyen.
(Suite demain)
■ Les
morts et blessés attribuables aux poursuites à haute vitesse de la
police -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) «Un
de ces jours, ils vont tuer des citoyens»,
s'alarme le conseiller montréalais de Snowdon, Marvin Rotrand, qui
estime que les véhicules de la police sont «plus
dangereux que les armes à feu».
Rotrand, qui observe les activités policières depuis des années,
précise le journaliste, demande à la police d'abandonner les
poursuites à haute vitesse. (Éric Trottier --
La Presse du 28 juin 2002)
«Les
policiers devraient se contenter de relever les numéros des plaques
d'immatriculation et d'aller cueillir les suspects plus tard, à leur
domicile».
Il soutient que, d'après des études, dans 80% des cas, les
poursuites ont trait à une infraction mineure, et non pas d'un crime
grave, comme on serait porté à le croire.
Quelque
temps après, au cours d'une assemblée du conseil municipal, il fait
part de ses inquiétudes, demande à son collègue Peter Yeomans,
responsable de la police au sein du Comité exécutif de la nouvelle
Ville de Montréal, ce qu'il compte faire pour enrayer le problème.
Yeomans rétorque ne pas croire qu'il faille imposer un
moratoire : «Ça
peut commencer par une infraction mineure, mais, souvent, les
policiers se rendent compte que le véhicule qu'ils poursuivent a été
volé et peut-être même qu'il allait être employé à commettre un
crime plus grave, comme un hold-up. On ne peut pas dire que les
poursuites policières sont inutiles».
Cependant,
la hausse du nombre de citoyens blessés le préoccupe : «Il
y en a eu six en 1999, trois en 2000 et 11 l'an dernier. Je n'aime
pas cette tendance et je crois qu'on devra surveiller ça de près»,
promet-il. Mais Rotrand n'en démord pas : «La
police devrait laisser courir les fuyards. Entre une vie et une
voiture volée, on ne doit pas hésiter.»
Cet
article confirme, comme si besoin est, que la police jouit de
l'appuie du pouvoir politique municipal, dont celui de l'élu
Yeomans, ex-maire de Dorval. On peut faire le même constat à
l'endroit du ministre québécois de la Sécurité publique et de son
homologue fédéral, le Solliciteur général, responsable de toutes
les polices du Canada.
Ces
élus, sans l'avouer publiquement, considèrent les dommages
collatéraux associés, entre autres, à ces poursuites comme
«inévitables»,
la fatalité, en somme. Vraisemblable, car ils ne font rien pour
brider les chevaux-vapeur. Tous les citoyens blessés intentent-ils
des poursuites en dommages et intérêts contre la police et son
employeur? (Suite
demain)
News du dimanche 10 Avril 2011
■ Travailler
dans le cimetière d'une grande cité d'aujourd'hui
– L'entretenir, déplacer de lourdes dalles de béton ou pierre,
descendre dans les caveaux, déterrer des cadavres décomposés, des
crânes, des ossements, découvrir des reliques dans des tombes
pourries, etc. Un documentaire d'Emeline Declerck, qui a suivi
pendant un certain temps quatre fossoyeurs dans leur travail. Un
monde peu connu : vidéo
(29:06).
■ Tokyo
– 15 000 Japonais ont manifesté aujourd'hui dimanche contre
l'énergie nucléaire.
■ Images
-
la cible de l'insurgé est derrière
lui ; bain de sang
; Algérie : Bouteflika président à vie
; tsunami
; vague
sur les centrales nucléaires ; vague
sur les villes ; nuage radioactif
; petite rue tranquille
; travail collectif
; œuvre d'art
; la belle
inconnue.
■ Le
meilleur éditorialiste français sur le web, qui est-il ?
- Sans conteste : Christophe Barbier, directeur de la rédaction de
l'Espress. Regardez le nous faire le tableau des partants potentiels
aux élections présidentielles de 2012. Il connait son sujet
jusqu'aux racines les plus profondes : vidéo
(03:26).
■ La très grande majorité des
Islandais refusent de payer la dette des banques
– Celles-ci ont fait faillite lors du crash financier de 2008.
Parmi les clients de ces banques islandaises, il y avait des milliers
de Britanniques et Néerlandais qui ont tout perdu. Ces deux pays les
ont dédommagés et tentent maintenant de récupérer l'argent auprès
de l'Islande. Selon
le résultats final d'un référendum tenu hier, plus de 90% des
Islandais ont dit "non"
: vidéo
(00:45), au moment de ce reportage, le résultat était incomplet, alors on parle de 58%.
PS
:
Ces banques étaient des entreprises privées. Pendant toutes ces
années où elles encaissaient des profits, à ce qu'on sache elles
ne les partageaient pas avec la population.
■ La
complicité avec la Sûreté du Québec du représentant MacIntosh à
Chicoutimi, au Saguenay-Lac-St-Jean
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Cependant,
je ne crois pas que les déboires que j'ai connus par la suite avec
mon ordi soient attribuables à ces interruptions de l'électricité
de la Sûreté du Québec. Juin 2001, ce vieux MacIntosh, un LC11
acheté en 1993, une machine fiable qui n'a jamais connu de ratée,
me fait faux bond. Fort heureusement, tous mes fichiers étaient sur
disquettes, et en trois copies.
Le
seul représentant MacIntosh de la région Saguenay-Lac-St-Jean
demeure à Chicoutimi. Transport et réparation risquent de coûter
un bras au bénéficiaire de l'aide social que je suis encore à cet
époque-là. Prends rendez-vous avec le technicien. Le
chauffeur-collabo m'y conduit. Lui en ayant fait part la veille, il a
eu le temps d'en informer la Sûreté du Québec, qui a pu préparer
le terrain avant mon arrivée. Après avoir poireauté pendant près
de trois heures, le technicien me rend la machine, signale qu'elle
«est encore bonne pour plusieurs années».
À
mon domicile, je constate qu'il a remplacé le couvercle de l'ordi
par celui d'un autre modèle. Je n'arrive pas à insérer ma
disquette dans le fente du couvercle, me faut l'enlever pour
fonctionner. Le lendemain, l'ordi refuse de se remettre en marche :
encore là, mes copies sur disquettes sont bien utiles. Retours à
Chicoutimi, avec le collabo informé la veille...
Pendant
l'attente, je remarque l'arrivée d'une civile. Facile à identifier.
Comme on m'a souvent fait le coup à Montréal et à Lac Bouchette,
madame m'exhibe sa croupe, elle porte un pantalon serré, le tissu
enfoncé entre les deux fesses. Le technicien travaille sur l'ordi
une bonne heure, me le remet, s'excuse de s'être trompé de
couvercle, m'assure que maintenant tout est en ordre, et ne me charge
rien.
Au
comptoir, pendant qu'il m'explique tout ça, madame est derrière
moi. Le patron de la boîte ou un employé, je ne sais trop,
accompagne le technicien. Accoudé sur le comptoir, il semble se
régaler de la situation, ricane comme un con, en jetant un coup
d'œil complice à la flic : «Ha! ha! ha!» Ça sent l'atteinte
à la dignité à plein nez.
Deux
jours s'écoule puis l'ordi retombe de nouveau en panne. Impossible
de le remettre en marche. Pas question d'aller à Chicoutimi. N'ai
plus confiance. Sabotage policier? Peut-être, peut-être pas non
plus, comment savoir? La machine datait tout de même de 1993. Mon
livre a de nouveau la vie sauve grâce aux disquettes.
Dépité, suis
obligé d'en suspendre la rédaction. Pas d'argent pour en acquérir
un neuf. Par chance, je commencerai à retirer ma pension de
vieillesse en septembre 2001. Le temps d'amasser la somme nécessaire,
plus de 2 000$, serai tout de même huit mois sans ordi, de juin
2001 à février 2002. (Suite
demain)
■ Meurtrières,
les poursuites policières à haute vitesse
- (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Sur
une photo de La Presse du 19 novembre 2001, une voiture complètement
démolie. Le bas de vignette relate une autre de ces poursuites
policière à haute vitesse, avec auto-patrouille, gyrophare et
sirène allumés, cette fois par des policiers de la Régie des
Seigneuries. Résultat : l'homme au volant, 23 ans, est mort.
S'agissait d'un cas de violence conjugale, dit-on.
On
aurait pu lui épargner la vie, si on l'avait suivi avec une voiture
banalisée plutôt que d'utiliser tout le tintamarre habituel. Le
principe est élémentaire : un véhicule finit toujours par
s'arrêter quelque part, à moins d'être alimentée en essence par
un hélico. Sans compter que le fuyard aurait pu entrer en collision
avec un voiture venant en sens inverse, et ajouter au bilan inhumain.
La problématique sévit chez tous les corps policiers, sans
distinction.
Dans
un rapport déposé en décembre 1999, la Commission des plaintes du
public contre la Gendarmerie royale du Canada (GRC) recommandait que
celle-ci y ait recours seulement dans les cas de crimes graves. (La
Presse du 14 décembre 1999) L'enquête de l'organisme portait sur
4 200 poursuites du genre, survenues entre 1991 et 1996.
Au total, 19 personnes avaient été tuées, le tiers de ces courses
s'étaient terminées par une collision et 14% par des blessures.
Dans plusieurs cas, la chasse à l'homme avait été déclenchée à
la suite d'«un
délit relativement mineur».
La présidente de la Commission, Shirley Heafey, «trouve
que le nombre de morts causés lors de poursuites policières est
dérangeant».
Autre
rapport, celui de la police de l'île de Montréal, où elle fait
état de ses activités au cours de l'année 2001. S'y référant, le
journaliste Éric Trottier de La Presse écrit que plus de 142
chasses à l'homme se sont déroulées cette année-là sur ce
territoire, occasionnant 73 accidents. (Éric Trottier --
La Presse du 28 juin 2002) Onze citoyens et trois policiers ont été
blessés. Cent dix poursuites de plus qu'en 1997, et 20 de plus qu'en
2000.
De
1995 à 2001, le nombre de blessés a été de 125 : 66 suspects
(NDLR : On ignore si tous ces fuyards ont été jugés coupables
de délits, mineurs ou majeurs...), 30 policiers et 29 citoyens. Au
cours de ces cinq années, ce corps policiers a quadruplé le nombre
de poursuites à haute vitesse dans les rues de la métropole. (Suite
demain)
News du samedi 9 Avril 2011
■ Construction
de centrales nucléaires et gestion : il n'existe aucune règle
mondiale contraignante -
Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre française de l'Écologie, du
Développement durable, des Transports et du Logement, a fait cette
révélation lors d'une entrevue. Elle
présidera, en mai, la réunion des autorités en matière de
sécurité nucléaire des pays du G20, qui se tiendra en France.
L'objectif : avancer sur le plan de la réglementation mondiale. Un
accident nucléaire quelque part dans le monde concerne le monde
entier, a-t-elle ajouté : vidéo
(12:42), entrevue du 5 avril 2011.
La
ministre fait aussi un bref bilan de ce qu'elle a constaté lors de
son récent voyage au Japon. La perte spontanée de sources froides
et d'alimentation électrique dans les centrales nucléaires de
Fukushima. Les piscines de combustion usées. L'effet domino... La
concentration de centrales et de piscines sur le même site serait un
facteur à risques. Des pistes de réflexions qu'il faut intégrer.
Et la peur des Français depuis Fukushima? Normale, selon elle, la
première question qu'on se pose : est-ce que cela peut arriver
chez-nous?
Afin
de faire un tour d'horizon un peu plus complet de la problématique,
signalons
que, contrairement à la ministre Kosciusko-Morizet
qui
s'oppose à un moratoire, des membres de l'Union européenne
s'interrogent sur l'avenir du nucléaire. Ainsi qu'en témoigne des
participants à une
table ronde de
France-Inter composée notamment de deux députés européens. Ils
abordent des aspects de cette forme d'énergie qui sont méconnus du grand public : vidéo
(37:11) diffusée également le 5 avril.
■ Japon
: un chien retrouve ses maîtres
- Des secouristes l'avaient vu du haut d'un hélico, sur le toit
d'une maison en pleine mer. Sauvé 21 jours après le tsunami. Des
retrouvailles à voir : vidéo
(02:02), le sauvetage est à la fin.
■ Le
temps venu d'acheter un vélo
– Rouler sur deux roues, seul ou avec d'autres, peut importe
l'âge, agréable, bon pour la santé, moins cher qu'une auto, pas
polluant. Laissez vous tenter, vous le regretterez pas, vous serez
bien dans votre peau et votre tête : vidéo
(01:39), une pub amusante qui me plaît beaucoup, que je diffuse gratuitement. Faites de même, si vous avez un site web.
■ Sachant
que mon ordi était désormais protégé des pannes, la Sûreté du
Québec a cessé de dévisser le fusible
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Dans
mon appart, il se passe rarement une couple de semaines sans qu'il y
ait une panne d'électricité. Si certaines sont occasionnées par
des orages électriques, d'autres semblent provenir d'une autre
origine. C'est le cas quand le ciel est d'un bleu azuré et sans
nuage, ou étoilé.
Vous
travaillez sur votre ordi, quelque part dans l'édifice, un
locataire, policier en civil de son état, dévisse un fusible et
tout s'éteint dans votre appart. L'interruption durant une seconde
ou deux, votre ordi se remet aussitôt en marche. Le disque dur, qui
n'a pas eu le temps de s'immobiliser, reprend subitement ses 6 000
tours minute. L'équivalent d'un coup de reins risquant de
l'endommager.
En outre, tout ce que vous n'aviez pas enregistré est
perdu. Il arrive même que ces pannes s'enchaînent à la queue leu
leu. La lumière revient, l'ordi redémarre, oups! encore une autre,
puis autre. C'en est ridicule.
Curieusement,
ces fausses pannes, par ciel dégagé, surviennent lorsque la veille
ou l'après-midi même j'ai dévoilé un petit secret policier ou que
je suis à écrire ou rewriter un passage de ce livre où la Sûreté
du Québec en prend pour son rhume. Quelqu'un, quelque part, suit-il,
mot à mot, je veux dire en temps réel, ce que j'écris sur l'écran
de mon ordi?
Je
ne le crois pas vraiment... bien qu'il m'arrive de le penser à cause
des synchronismes. Les technologies courantes permettent
d'enregistrer les frappes sur l'ordinateur, les courriels, les
clavardages et bien plus. Simple hypothèse, remarquez. Les fameux
synchronismes n'en continuent pas moins de me préoccuper. Réalité
incontournable : ils sont bel et bien là.
Est
venu un temps où j'ai tout compris. Ça m'a pris tout de même plus
d'une année. J'avais de la difficulté à croire que la police en
civil de la Sûreté du Québec puisse être derrière ça. Lorsque
les soupçons ont commencé à se manifester, j'ai voulu savoir ce
qui en était. Le soir, quant une panne survenait, je jetais
rapidement un œil à la fenêtre et constatais qu'il y avait de la
lumière dans la rue et chez mes voisins immédiats.
Je
n'aurai la preuve de l'implication policière qu'en novembre 2002,
lorsque je ferai l'acquisition de la batterie Tripp-Lite power
protection, qui prend illico la relève quand une interruption du
courant survient. Ce sera la fin les pannes par beau temps. Seuls
l'ordinateur et l'écran seront branchés sur le système.
Et les
autres lumières de mon appart, dont la lampe sur mon bureau, qui ne
le seront pas, ne cligneront de l'œil que très rarement. Sachant
que mon ordi était désormais protégé des pannes, la police en
civil a cessé de dévisser le fusible. (Suite
demain)
■ 2001
: la
GRC réprimandée pour avoir enfreint les droits constitutionnels
lors du sommet de l'APEC
- (Suite tome 3 de L'Étau Policier) En
outre, le commissaire Hughes a étudié 52 plaintes déposées contre
la Gendarmerie royale du Canada (GRC).
On lui reprochait, lors du
sommet sur la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) tenu à
Vancouver, d'avoir enfreint les droits constitutionnels des opposants
en confisquant leurs banderoles et en aspergeant sans justification
de poivre de Cayenne des manifestants pacifiques.
Hughes
souligne que dans certains cas, «la
police a agi de manière incompatible avec le respect des libertés
fondamentales garanties par la Charte des droits»
: fouille à nu de quelques manifestantes, arrestation d'un
manifestant la veille du sommet.
Que le recours injustifié au poivre
de Cayenne était le résultat direct de son échec à prédire que
les manifestants pourraient tenter de bloquer les voies de sortie des
leaders participants au sommet, alors qu'il était amplement
prévisible que cela pourraient se produire. Cependant, selon lui,
elle était justifiée d'asperger de poivre de Cayenne et d'arrêter
des manifestants qui avaient fait tomber la clôture de sécurité.
Au
cours d'un point de presse, le commissaire de la Gendarmerie royale
du Canada, Giuliano Zaccardelli, confronté au rapport Hughes,
commence par dire qu'il en accepte les conclusions touchant les
agissements de Jean Carle. (Nahlah Ayed, Presse canadienne --
La Presse du 8 septembre 2001)
Il déclare cependant qu'aucune
pression n'avait été exercée pour l'obliger à faire quoi que ce
soit, et qu'il ne lui appartient pas de déterminer si Carle avait
agi ou non de façon inappropriée. Il précise néanmoins que les
questions de sécurité doivent demeurer sous la responsabilité du
corps policier, qui dispose de l'expertise de spécialistes.
Des
médias ont aussi rapporté que, dans les mois précédents le Sommet
de Vancouver, la police avait infiltré l'un des groupes étudiants
alors qu'ils mettaient au point leur manifestation. Selon l'historien
Steve Hewitt, de l'Université de la Saskatchewan, celle-ci sillonne
les milieux universitaires. Le journaliste André Pratte de La Presse
l'a interrogé, en juin 1999, lors du Congrès des sciences sociales
et humaines, à l'Université Bishop's. (André Pratte --
La Presse du 8 juin 1999)
Hewitt
reconnaît qu'en certaines circonstances, elle peut être justifiée
de surveiller des groupes actifs sur un campus. «Mais
la surveillance policière menace la liberté académique, qui est un
des fondements de notre société. Nous, comme historiens ou
sociologues, devrions pouvoir discuter d'idées potentiellement
subversives. Si vous savez qu'un agent des services de renseignements
est peut-être en train d'enregistrer votre cours, vous allez faire
attention à ce que vous dites.»
Retenons
aussi de cet article du journaliste qu'en 1969, sept membres du
Service de sécurité du corps policier avaient suivi un cours du
soir à l'Université de Montréal et que chacun remit à ses
supérieurs un compte rendu détaillé, portant notamment sur les
orientations politiques du professeur. Hewitt soutient que
l'infiltration s'inscrit dans la continuité historique.
Plus
explicitement, il espionne les campus au moins depuis les années
1920. Ce fut d'abord pour traquer les communistes et ensuite, au
début des années 1960, s'intéresser aux agitations étudiantes,
mouvements pacifistes, à la montée de l'indépendantisme. On le
voit, les ramifications policières sont... multiples. (Suite
demain)
News du vendredi 8 Avril 2011
■ Japon-séisme-tsunami
: histoire d'une petite famille qui a survécu
- Otsuchi, ville côtière, près de 90 000 habitants. Le 21 mars,
environ 20 minutes après le séisme, le tsunami est déjà là. La
partie basse de la ville est dévastée par l'ampleur de la vague.
Environ 30 000 morts ou disparus, d'autres plus chanceux
ont eu le temps de s'enfuir vers des collines : vidéo
(08:13), traduite en français.
■ Des
hackers occidentaux au secours d'insurgés arabes
– De faite, ils luttent pour la liberté d'expression sur
l'Internet. Enseignent comment s'y prendre pour contourner la censure
ou rétablir la communication lorsque le dictateur a coupé la ligne
y donnant accès. Quand celui-ci est déchu, ils en ciblent un autre
et une nouvelle bataille cybernétique prend son élan : vidéo
(03:58).
■ Open
forum sur le web : aidez la Banque mondiale à trouver une solution à
la faim
– Récemment, la hausse des prix alimentaires a fait basculer 44
millions de citoyens dans la pauvreté extrême : prix du blé + 79%,
du riz +13%, du maïs + 81%. Quoi faire pour les sortir de là et
éviter que des catastrophes du genre ne se reproduisent plus? Vous
avez des idées? La Banque Mondiale veut les connaître, exprimez les ici
+ vidéo
(01:01).
PS
:
Une bonne idée : interdire les bulles créées artificiellement par
des spéculateurs sur les denrées de première nécessité et qui en
plus sont même pas des agriculteurs. Je te coupe les vivres pour me
remplir les poches + vidéo
(14:32 – en grande partie sous-titrée en français), la bulle
alimentaire : comment Wall Street a affamé des millions de
personnes dans le monde sans être inquiété.
■ Mon
chauffeur-collabo de la Sûreté du Québec, pour en finir avec lui -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Mon
chauffeur très particulier, pour y revenir et fermer ce chapitre,
alimentait régulièrement la Sûreté du Québec de renseignements
me concernant.
Un
jour, je lui raconte que mon vélo de montagne est maintenant équipé
d'un odomètre, lui signale qu'il me sera bien utile parce que je
veux augmenter progressivement mon kilométrage. Trois jours plus
tard, l'odomètre ne fonctionne plus. Utiles, les renseignements que
le collabo transmet à la Sûreté du Québec.
Ce
n'est pas sans me rappeler le petit panier fixé aux guidons, dont le
pourtour a été déformé. Lorsque je m'en achèterai un plus grand,
ferai le même constat. Le vendeur de Lac Bouchette, un très proche de la Sûreté du Québec, m'expliquera que
ces paniers viennent «d'un pays pauvre». Donc, un peu normal,
n'est-ce-pas, qu'ils souffrent d'une difformité. Et la boîte de
conserve de petits pois Le Sieur écrasée du talon, elle aussi?
De
nombreuses tentatives aussi de m'effrayer... M'en allant faire
extraire une dent titillée par un abcès, mon chauffeur-collabo me
dit que le dentiste va me casser la mâchoire. Pratiquant la marche à
pied dans la forêt, il me dira qu'un type en faisait aussi et, un
jour, il a disparu, on ne sait pas ce qu'il est devenu.
Le
17 mars 2003, il me livre le quotidien La Presse. Je m'informe si les
Américains ont décidé d'attaquer l'Irak sans le consentement de
l'ONU. Non pas encore. Puis il complète son topo en me signalant que
le conflit israélo-palestinien a repris de plus belle. Les
Israéliens tirent sur les Palestiniens, me conseille en riant de
faire attention, peut-être qu'une... balle israélienne pourrait
m'atteindre. (Suite
demain)
■ Le
tout se faisant en cachette, excessivement
rare que la collusion pouvoir politique et police soit dévoilée -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le
pouvoir politique dicte-t-il à la police ce qu'elle doit faire?
Pendant plusieurs années, mon ambivalence oscillait entre "parfois"
et "plus souvent qu'autrement oui".
Cependant, depuis qu'on
essaye d'implanter le concept de la soi-disant police communautaire,
mon pendule a stoppé sa trajectoire au deuxième choix, ce qui
n'exclut pas bien entendu les initiatives policières, qui sont
considérablement plus nombreuses que celles du pouvoir.
Il
est excessivement rare que ce soupçon de collusion pouvoir-police
devienne pratiquement preuve. Examinons un cas. Il implique la
Gendarmerie royale du Canada (GRC), qui, lors de manifs par exemple,
ne se gêne pas non plus à prendre les grands moyens.
Tout le monde
se souvient de la photo du sergent Hugh Stewart arrosant copieusement
de jeunes adultes de poivre de Cayenne au cours de la manif, en
novembre 1997, à Vancouver, devant l'édifice où se tenait le
sommet de Coopération économique Asie-Pacifique (APEC).
Le
Commissaire aux plaintes logées par des citoyens contre la GRC, Ted
Hughes, avait du reste enquêté sur la répression policière qui
l'en avait marqué. (Presse canadienne --
La Presse des 7 et 8 août 2001) Certains soutenaient que le bureau
du premier ministre fédéral libéral Jean Chrétien avait ordonné
à la police de réprimer les manifestants pour éviter tout embarras
à des leaders mondiaux comme le président Souharto, d'Indonésie,
et Jiang Zemin, de Chine.
Cependant, des fonctionnaires proches du
premier ministre avaient nié, devant le commissaire Hughes, y avoir
été impliqués. La transcription de communications radio du corps
policier portait à le penser, mais sans qu'il ne soit toutefois
possible de l'affirmer de façon irréfutable.
Dans
son rapport dévoilé en août 2001, plus ou moins trois ans et demi
après, le commissaire Hughes ne fait pas moins état d'un incident
où Jean Carle, un des principaux conseillers du premier ministre,
ainsi qu'un fonctionnaire chargé de la coordination du sommet, ont
demandé à la Gendarmerie royale du Canada de vider un terrain des
manifestants qui s'y trouvaient.
«J'ai
la conviction,
écrit le commissaire,
que, dans ce cas, le gouvernement fédéral, par l'intermédiaire du
cabinet du premier ministre, s'est ingéré de manière inappropriée
dans une opération de sécurité de la Gendarmerie royale du
Canada».
Sans en accuser nommément personne, il n'en stigmatise pas moins des
fonctionnaires fédéraux qui ont exercé des pressions indues sur
des policiers mal préparés à des affrontements qu'ils auraient
pourtant dû prévoir.
Il
note que c'est une décision du gouvernement --
et non de ce corps policier --
qui a amené l'expulsion de manifestants qui campaient sur le terrain
du Musée d'anthropologie. Certains agents, principalement le
surintendant May, «ont
cédé à l'influence et l'intrusion du gouvernement dans un domaine
où elles étaient inappropriées».
Hughes recommande que l'indépendance du corps policier vis-à-vis le
gouvernement soit réitérée, au moyen d'un code clair. (Suite
demain)
News du jeudi 7 Avril 2011
■ France
: "Laïcité,
ça n'est pas fini !"
- Thème de l'émission "C
dans l'air"
animé par Yves Calvi où on débat de différents sujets. Ça
tombe pile parce que récemment au Québec Christiane
Pelchat, présidente du Conseil du statut de la femme (CSF), a rendu
public un document
en traitant.
Le
CSF estime que la séparation de l'État et de la religion constitue
une valeur collective fondamentale. La situation actuelle nuit à la
cause des femmes en raison du statut subordonné que leur réservent
les religions. Nuit également à la liberté de conscience et de
religion. La
laïcité est aussi un pas de plus vers l'égalité des sexes.
Écoutez ce que les Français ont à dire sur cet épineux projet :
vidéo
(1h05).
■ Un
oiseau robot
– Il se comporte comme un oiseau en chair et en os mais
télécommandé à distance : vidéo
(02:22).
■ Côte
d'Ivoire
– L'ex-président Gbagbo continue de prétendre avoir gagné les
élections présidentielles et de refuser de se rendre aux forces de
l'ONU. Protégé par 200 militaires fidèles, il s'est réfugié dans
un bunker : vidéo
(01:27). Tout le monde attend la suite.
■ Japon-les
Centrales nucléaires de Fukushima
– La situation hier 6 avril (vidéo
– 01:04) et aujourd'hui 7 avril (vidéo
- 01:03).
■ Des
cliniques médicales infiltrées par des civils -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) La
présence policière et citoyenne-collaboratrice dans les hôpitaux
ne m'étonne nullement.
Depuis mon arrivée au Lac St-Jean, au début
de l'été 1999, je fréquente des cliniques médicales, à
l'extérieur du petit village policier de Lac Bouchette. Les civil,
hommes et femmes, y sont assez régulièrement présents. Pas
seulement dans les salles d'attentes, parfois aussi comme
réceptionnistes et quelques fois comme médecins.
Lors
de deux consultations médicales, j'ai la conviction d'avoir été en
présence de deux civils. À la clinique, je me présente à la
réceptionniste, lui dit avoir rendez-vous avec le docteur X. Elle
vérifie sur son agenda, le confirme, me demande d'aller m'asseoir,
qu'il me recevra dans quelques minutes.
Lorsque
vient mon tour, elle m'informe que le dr X m'attend. Après un
préambule, celui-ci, que je rencontre pour la première fois, me dit
de but en blanc avoir fait le serment d'hypocrite (allusion au
serment d'Hyppocrate que font les médecins). Je n'en comprends pas
la pertinence avec ce qui m'amène à le consulter.
La
fois suivante, à la même clinique, autre rendez-vous avec le dr X.
Surprise, ce n'est pas lui mais un autre. De plus, il ressemble comme
deux gouttes d'eau à un civil de la Sûreté du Québec, que je
connais très bien, car il m'a harcelé plusieurs fois à Montréal,
notamment à la bibliothèque centrale, et l'ai même vu une fois à
Lac Bouchette, sortant de la maison d'une réceptionniste-comptable
que je connais également très bien : c'est le même homme qui,
début 1998, était monté précipitamment dans une fourgonnette
blanche, stationnée devant mon domicile, et quitté les lieux en
quatrième vitesse.
Il
m'annonce que je ne pourrai pas prendre d'autres rendez-vous avec lui
parce qu'il quitte Roberval pour Québec. Quelque temps après, je
réclame mon dossier médical. À mon grand étonnement, il est
constitué d'une seule page, deux petits paragraphes dactylographiés.
Alors qu'il était assez volumineux, consultant des médecins, à ce
moment-là, depuis environ sept ans. Et aucune trace manuscrite des 2
drs X. (Suite
demain)
■ La
police en civil est infiltrée dans les salles des nouvelles des
médias, déguisée en journaliste -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Aux
yeux de la police, les médias jouent un rôle vital : se sont
eux qui rapportent les événements, par exemple les manifs tournant
au vinaigre... Qu'est-ce à dire? Que la police peut compter sur des
alliés dans les salles de nouvelles. En outre, ces dernières sont
également infiltrées par la police.
Faisons
un bref rappel de la fin des années 1960 et d'une bonne partie de la
décennie 1970, période d'effervescence nationaliste au Québec.
Rappelons que la crise d'octobre s'est étalée sur une période de
quatre ou cinq ans. La marmite socio-politique a graduellement
commencé à mijoter deux ou trois ans avant la crise proprement dite
pour se refroidir peu à peu environ 1 an après l'assassinat du
ministre Pierre Laporte, membre du gouvernement libéral de Robert
Bourassa.
Journaliste
à Ottawa, au cours de ces années, j'ai constaté que la salle des
nouvelles du quotidien Le Droit où je travaillais, les collègues,
le syndicat des journalistes, les photographes, des amis, mêmes
certains milieux familiaux, dont le mien, étaient infiltrés par des
agents et agentes en civil de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).
L'auteur
de ces lignes pourrait citer le nom de "confrères journalistes"
qui étaient membres de ce corps policier : à l'époque, je
n'avais pas encore découvert que la Sûreté du Québec et les corps
policiers municipaux s'adonnaient aussi à ces activités
clandestines. Je vais me limiter aux initiales : AG, PL, PT, AL.
On
peut penser qu'il en était de même de celles des grands quotidiens
montréalais et des stations de télévisions, par exemple
Radio-Canada. Les journalistes de ma génération se souviennent tous
que le nationalisme culminait davantage à Montréal qu'à Ottawa.
Toutefois, comme je n'y étais pas, je ne peux en juger, seulement le
présumer, quoique avec une marge d'erreur à peu près nulle.
J'ai
eu l'occasion de remarquer également la présence policière dans
des salles de nouvelles de la télé de Radio-Canada, notamment à
Montréal, où j'ai travaillé vers le milieu des années 1970
jusqu'au début de la décennie suivante. À l'époque, je n'étais
pas trop sûr que c'était le cas. Après mon enquête de six ans et
demi dans l'underground policier, qui s'est étalée du début de
1997 et le milieu de 2003, me remémorant certains événements, mon
hésitation s'est transformée en certitude.
Suis
convaincu qu'un journaliste, deux cameraman et un monteur de films de
Radio-Canada étaient de fait des civils (Initiales : PT, AD,
RS, entre autres), mais j'ignore à quel corps policier ils
appartenaient.
Il n'était pas toujours facile de travailler en
symbiose avec un certain monteur, fallait entrer dans la salle de
montage sur la pointe des pieds, adopter un profil bas, éviter tout
ce qui pouvait porter ombrage à sa susceptibilité. Et avec un
certain cameramen, qui conduisait son véhicule comme un dingue,
bâclait son travail. Autant d'attitudes qui visaient à vous mettre
en rogne, à vous déstabiliser psychologiquement.
Croire
que toutes ces taupes ont été exfiltrées depuis est faire preuve
d'une bien grande candeur. Ceux qui ont par la suite pris leur
retraite ont vraisemblablement été remplacés par d'autres. Tous
les corps policiers se font des niches, dans les milieux de presse, y
compris la Sûreté du Québec. Pas seulement dans les grands médias,
les tout petits aussi.
L'exemple du journal communautaire D'un lac à
l'autre, à Lac Bouchette, tirant à 600 exemplaires, et dont j'ai
déjà fait état (Voir tome 1 de L'Étau Policier), le démontre.
Influencer
des journalistes, par des interventions souterraines, afin de les
stimuler, certes, quand flics en civil et collabos sont d'accord avec
le sujet développé. Mais aussi, si l'approche ou le sujet leur
déplaisent, les orienter dans une autre direction et, si la
tentative échoue, chercher à les neutraliser, les freiner.
L'objectif
est de contrôler l'information destinée aux citoyens,
particulièrement dans les dossiers "chauds", par exemple
impliquant la police. Le succès de ce travail de sape varie selon
que le journaliste se tienne debout ou s'écrase. Encore faut-il
qu'il soit conscient de leur présence dans la salle de nouvelles, ce
qui est loin d'être le cas. Seuls ceux affectés aux faits divers
policiers depuis des lustres sont susceptibles de savoir ce qui se
passe. (Suite
demain)
News du mercredi 6 Avril 2011
■ Débat
sur développement de l'éolienne
- Deux invités Arnaud Casalis, administrateur de la "Fédération
environnement durable"
laquelle regroupe 700 associations vouées à la défense de
l'environnement contre l'éolienne, et Bernard Laponche, expert en
politique énergétique (association Global Chance) : vidéo
(35:00).
Casalis
: L'éolienne ne permet pas d'apporter des solutions au problème
énergétique qui se pose, même pas au problème climatique. Et
partant de là, il y a de grosses interrogations sur son utilité.
Laponche : Si on compare avec d'autres formes de l'énergie durable,
c'est pas si mal que ça. Un choix pas très bon en soi, mais qui est
préférable aux autres.
Casalis
réplique : L'éolienne a un très mauvais rendement, environ 22%, un
petit peu plus en mer. Ça veut dire qu'on va avoir des
investissements de 100 pour avoir 22. Donc on est dans des marges
extrêmement minimes. Par contre, son caractère nuisible affecte la
population considérablement. Ce qui n'ait pas le cas des autres
énergies durables. L'éolienne a cette particularité d'être la
seule a porter atteinte à la population dans tous les domaines : la
qualité de vie, la santé, le patrimoine des gens et sur le plan
écologique.
■ Québec
: 7 maires s'opposent aux éoliennes près des lieux habités
– Ils dénoncent l'incurie du gouvernement du Québec qui continue
d'autoriser des projets éoliens en milieux habités malgré les
mises en garde en matière de santé : stress, irritabilité, maux de
tête, étourdissement, trouble du sommeil, déficit d'attention et
de mémoire, acouphène, fatigue et dépression. Une
réalité qui risque d'affecter tout particulièrement les personnes
résidant à l'intérieur d'un périmètre de deux kilomètres d'une
éolienne.
Maire
Gérard Dutil de Saint-Paul-de-l'île-aux-Noix : «Le syndrome éolien
existe bel et bien et en tant que maires, nous avons la
responsabilité de voir au bien-être de nos citoyens». Pour sa
part, Laurent
Lamarre, de "Terre
citoyenne",
précise que les observations médicales semblent assez nombreuses
pour que le gouvernement commande des études qui s'imposent :
communiqué
de presse.
Les
six autres opposants sont les maires de Saint-Cyprien-de-Napierville,
Saint-Blaise-sur-Richelieu, Lacolle, Saint-Jacques-le-Mineur,
Saint-Georges-de-Clarenceville et Sainte-Anne-de-Sabrevois. Tous
demandent aussi l'établissement, une fois pour toutes, d'une norme
acceptable. Et accusent les gouvernements d'être à la remorque et
au service du lobby de cette industrie qui, bien entendu,
précisent-ils, tentent de minimiser l'importance de ces effets.
La
municipalité
du maire Dutil est située sur la rive gauche de la rivière
Richelieu, voie navigable importante entre le Canada et les USA,
proche de la frontière américaine et du Lac Champlain. Un endroit
touristique, notamment à 45 minutes de Montréal. Un passage obligé
des amateurs de nautisme, des passionnés d'histoire et des fervents
de patrimoine.
■ La
police en civil est également infiltrée dans les hôpitaux -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) J'ai
constaté également la présence de deux civiles, environ quatre
mois plus tard, lorsque j'ai visité un ami très proche hospitalisé
à l'Hôtel-Dieu de Roberval, où il avait subit une opération
chirurgicale la veille. Une "infirmière" s'amène dans la
chambre pour l'aider à faire sa toilette.
D'un
ton péremptoire, haut et fort, elle me lance : «VOUS! il va
falloir que je vous parle!» Je l'identifie aussitôt : elle
était à l'hôpital de Chicoutimi, au début de l'année. Dans le
même département que moi. Je l'avais croisée à la cafétéria,
m'étais permis de lui sourire et dire gentiment : «Je vous
connais, vous.»
Elle avait riposté, le ton rageur, pointant son
indexe dans ma direction : «Moi aussi, je vous connais!»
J'avais été étonné de sa réaction agressive. À l'époque, je
n'arrivais pas à m'expliquer son attitude, mais là, je comprenais
que madame est une civile.
Le
conciliabule se déroule dans le corridor. Tranchante, le visage
empourpré, haut du corps exagérément en recul et penché sur le
côté droit pour mieux m'observer, elle est vraiment choquée que
mon ami pense réintégrer son domicile dans une couple de jours,
alors que son opération nécessitera une hospitalisation d'environ
une semaine. Je lui explique, calmement, qu'il ne réalise pas encore
la gravité de son état, que je vais faire le nécessaire pour l'en
sensibiliser.
De fait, la civile utilisait une tactique policière
consistant à créer artificiellement un petit conflit pour justifier
une agression verbale injustifiée à mon égard. Car les infirmières
savent composer avec ce genre de situation.
À
la réception du département, une autre "infirmière"
s'enquiert auprès de moi de la santé de mon ami, accompagnant
chacune de mes réponses de rapides coups de tête affirmatifs pour
le moins caricaturaux. J'ai bien vu que, à travers lui, toutes deux
me visaient personnellement.
Un autre patient était alité dans sa
chambre, pour un saignement de nez qui n'arrêtait pas, paraît-il...
Portant ses vêtements, et seulement allongé sur un lit, pas défait.
(Suite
demain)
■ Dans
les petites villes et villages du Québec la police en civil a
confisqué à la Société civile l'espace public -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) L'infiltration
policière est parfois nécessaire, mais vandalisme et violence des
agents provocateurs de la police en civil sont-ils toujours légaux?
En infiltrant de faux manifestants parmi les vrais, la police se
donne les moyens d'intervenir quand bon lui semble. Si elle décide,
pour une raison ou une autre, et à tort ou à raison, d'y mettre
fin, elle s'en servira pour provoquer des troubles et justifiera
ainsi son intervention. Les médias claironneront par la suite
qu'elle a dû intervenir parce que la manif avait mal tourné,
décriront les méfaits, souvent avec images vidéos et photos
explicites à l'appui.
N'en
déduisons pas pour autant que la police est à l'origine de toutes
les manifs dégénérant de la sorte. Nécessaire tout de même de se
demander à qui cette violence profite. En cas de doute, le
journaliste devrait infiltrer discrètement les casseurs qu'il a
remarqué sur le terrain, prendre des photos à la dérobée -- en
utilisant un appareil photo jetable, qui ne coûte que quelques
dollars --, interroger discrètement leur entourage immédiat. En
creusant un peu, et avec beaucoup de chance, peut-être
découvrirait-il le pot aux roses.
Au
cours de mon enquête, j'ai constaté, sur le terrain et dans des
articles de presse, que manifester au Québec, et c'est
particulièrement le cas dans la Cité policière de Montréal, semble
de moins en moins bien vu par le pouvoir et sa police. Syndicats des
secteurs public et privé, groupes de femmes ou groupes féministes,
parmi d'autres, peuvent défiler et s'exprimer sans problème sur la
place publique, et encore, on les y voit rarement.
D'abord,
et surtout, parce qu'ils jouissent d'un certain pouvoir du fait de
leur capacité, si besoin est, de mobiliser pas mal de monde et de
médias. Ensuite parce que leurs revendications ne portent jamais sur
la répression et la brutalité policières, bannières comportant,
il est vrai, des charges émotives un peu plus explosives que le
renouvellement d'une convention collective de travail par exemple.
Ce
que la police applique à certains groupes, elle l'applique également
à chaque citoyen. C'est davantage le cas dans des municipalités de
moindre importance, notamment les petites villes et villages :
citoyens confinés à leur domicile, sans savoir qu'ils le sont, rues
désertes, éjection de la société de ceux persistant à y circuler
sans raison, confinement des ados dans des maisons des jeunes,
comportements stéréotypés, etc. Plus explicitement, redisons-le :
la police a confisqué à la Société civile l'espace public. (Suite
demain)
News du mardi 5 Avril 2011
■ La
durée de vie d'éléments radioactifs
– Une infographie
: ça va de l'iodine 131 (durée de vie 8 jours) à l'uranium 238
(4,5 milliards d'années). Les sources : Environmental protection
Agency (EPA) et International
atomic energy agency (IAEA).
Attention : important de relativiser, car tous les éléments les plus
extrêmes ne sont pas utilisés dans les centrales nucléaires.
■ De
l'inédit aux élections canadiennes : 130 organismes réclament le
respect de la démocratie
– Ils ont formé une coalition identifiée sur le nom de "Pas
de démocratie sans voix". Ils devaient manifester aujourd'hui
devant les bureaux de la ministre conservatrice Josée Verner, du
gouvernement Stephen Harper.
Dominique
Peschard, porte-parole de la Coalition : «Il
est important, en cette période électorale, de rappeler le bilan
démocratique désastreux du gouvernement conservateur. C'est pour
cette raison que nous invitons les candidates et candidats des
différentes formations politiques à prendre position et s'engager à
la défense et la promotion des droits et libertés et de la
démocratie».
La
Coalition est préoccupée par les atteintes aux institutions
démocratiques, à la liberté d'expression et aux droits
fondamentaux au Canada : sur son site,
lisez la déclaration et, colonne de droite, prenez connaissance de
la liste de ses signataires + la Coalition invite organismes et
citoyens à signer sa pétition +
son communiqué
de presse.
■ Haïti
: Michel Martelly élu président du pays
- S'agit des résultats préliminaires, les définitifs devant être
dévoilés le 16 avril. Mais l'écart est tellement
grand entre Martelly (67,57%) et son adversaire Mirlande Manigat
(31,74%) qu'il est pratiquement impossible que l'auréole change de
tête.
■ Afrique-Côte
d'Ivoire
– Gbagbo, qui a perdu ses élections présidentielles et refusait
depuis de quitter sa fonction, négocierait son départ. Pas le choix, hier les
forces de l'ONU et de la France ont attaqué son palais et sa
résidence : vidéo
(01:11).
■ Québec
: pétition pour la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2 –
Sur le site
de l'Assemblée nationale, qui est de faite le Parlement québécois.
Le 30 juin 2011 est la date limite pour la signer. En fin de journée
hier on dénombrait 1 780 signatures. Notons qu'il y a des opposants
à la fermeture, qui sont prêts à prendre le risque en raison de
retombées économiques. En bref, le texte d'intro de la pétition...
La
centrale arrive à la fin de sa vie et Hydro-Québec a décidé de sa
réfection dont les coûts seront de près 2 milliards de dollars. Le
nucléaire constitue un danger permanent pour la santé humaine et
l'environnement comme nous le rappelle la catastrophe de Fukushima au
Japon. Le Québec se trouve actuellement en surplus de production
production d'électricité et les besoins futur pourraient être
comblés autrement.
PS
:
La décision de ne pas fermer Gentilly-2 ne peut être prise à la suite de pressions de quelques personnes bénéficiant de retombées
du fait de sa présence dans leur région de Trois-Rivières. Si la
centrale connaissait des difficultés, ils ne seraient pas les seuls
à subir les méfaits de la radioactivité, mais tout le Québec et
ailleurs. Le risque zéro n'existe pas. On ne peut pas non plus laisser la décision aux mains du Prince
Jean Charest et de ses quelques courtisans préférés. Un référendum s'impose dans
ce cas-ci.
■ L'énorme
maladresse de la civile de la Sûreté du Québec qui avait refusé
que je la photographie -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) J'ajoute
aussi ces faits, qui se sont produits le lendemain. Sachant que plus
tard dans l'avant-midi, vers les 11h, on me transportera sur civière
à la salle du sous-sol de l'hôpital où je passerai une
artériographie, je fais confidentiellement à une "infirmière"
un bref topo sur mon travail journalistique.
Souligne
la nécessité d'y apporter avec moi mes disquettes : la veille,
on nous l'avait présentée comme une personne n'étant pas de
service ce jour-là, mais, se trouvant sur les lieux, qu'elle avait
accepté... d'y travailler. Elle s'y oppose, je n'ai qu'à placer
mon sac ceinturon dans un tiroir du petit bureau près de mon lit,
qu'il y sera en sécurité. Je refuse. Elle me suggère alors de le
remettre... à l'agence responsable de la sécurité dans l'hôpital.
Refus, là aussi, comme de raison. Elle n'insiste pas.
Dans
la grande salle d'examens du sous-sol, mon sac ceinturon ne gêne
personne. On accepte même de le déposer sur une civière placée
contre un mur, bien en vue de la table où je suis allongé. Le
"frère" de madame passe immédiatement après moi.
L'aperçois quand on me conduit dans une petite pièce adjacente. Il
est allongé, muet et immobile comme un cadavre. Pourtant, il ne sort
pas d'une salle d'opération mais de sa chambre, comme moi avant lui.
Le
médecin vient m'y rejoindre. J'en profite pour lui confier des
détails sur mon enquête, pendant tout le temps où il appuie
fortement les doigts sur l'artère, au niveau de l'aine, pour éviter
une hémorragie, avant qu'une infirmière vienne y apposer un
adhésif. Dans une situation à risques, les confidences sont
l'équivalent d'une assurance santé... Plus il y a de monde dans le
secret, plus les risques diminuent. On me ramène à ma chambre.
Environ
une heure après, le frère arrive à son tour, sur une civière. On
le transfère sur son lit, juste à côté du mien. Sa "soeur"
s'approche, le regarde, une jambe collée contre le lit, puis lui
dit : «On devrait peut-être prendre une photo». Dans ma tête,
ça fait clic! Aucun doute, elle fait allusion à celle que j'ai
prise la veille.
Suis
convaincue qu'elle a voulu m'indiquer à mots couvert que son "frère"
était vraiment malade... Donc, qu'il ne campait pas un personnage.
Quelle maladresse de sa part! Parce que démontrant que madame...
sait pourquoi je l'ai photographiée la veille. Quand je chargerai
les disquettes sur mon ordinateur, je constaterais qu'elles n'avaient
pas été endommagées. Quel soulagement! (Suite
demain)
■ Montréal
: la révolte des Punks contre le harcèlement policier -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Un
cas dont j'ai été témoin oculaire au printemps 1997, à Montréal :
Pierre Bourque en était le maire et Vera Danyluk occupait la
présidence de la Communauté urbaine de Montréal, organisme alors
responsable de la police.
J'avais été alerté par des
autos-patrouille et des wagonnettes de l'escouade tactique de la
police qui, nombreuses, se dirigeaient à vive allure, gyrophares
allumés, mais sans sirène, vers le centre-ville, dans le secteur de
l'Université du Québec à Montréal. On sentait la gravité et
l'urgence de la situation. Tout près du lieu de l'action, je m'y
suis rendu.
Coin
Ste-Catherine-St-Denis, plus de 200 jeunes punks, peut-être 300,
manifestent contre la répression policière dont ils sont
régulièrement la cible. Que des jeunes de cet âge et de ce milieu
socio-économiquement faible, et de surcroît désorganisé,
manifestent, il faut que la mesure soit pleine. Désorganisés, mais
tout de même solidaires les uns les autres, un peu comme les hippies
des années 1960-1970. N'empêche que s'ils fraternisent aisément
entre eux, ce n'est néanmoins pas tous les jours qu'on en voit
défiler dans la rue.
Chez
certains, révolte et stress sont à fleur de peau, leur façon de
marcher, déterminée, les slogans anti-répression, criés à
tue-tête, en disent long sur leur ras-le-bol. Imprévisibles dans
leurs déplacements, cherchant de toute évidence à éviter
l'encerclement policier, ils quittent une rue pour une autre,
reviennent sur leurs pas pour prendre une autre direction. Ils se
déplacent rapidement, espérant gagner de vitesse la police. Arrive
le moment où toutes les issues sont bloquées par des
autos-patrouille.
Puis
l'escouade anti-émeute fait son apparition dans le paysage. Ses
membres surgissent de partout et, assez rapidement, il y a
pratiquement autant de policiers que de manifestants, sans compter
des policiers et policières en civil. L'étau ensuite se resserre
sur eux, méthodiquement, graduellement.
Un policier, juché sur le
toit d'un édifice de l'université du Québec à Montréal, côté
sud de la rue Ste-Catherine, vidéofilme les manifestants, qui ne
peuvent plus aller nulle part. Un policier, à bord d'une wagonnette
de l'escouade tactique, leur répète à deux ou trois reprises, dans
un microphone, qu'ils ont le... droit de manifester.
Un
espace vide d'environ cinquante pieds sépare policiers en uniforme
et manifestants. Alors que la grande majorité des protestataires
sont dans l'expectative, sans doute impressionnés par la présence
d'autant d'uniformes, et un peu effrayés aussi, deux "manifestantes"
dans la vingtaine,
habillées comme des punks, en occupent l'avant-scène.
Faut
les voir s'activer à seulement une dizaine de pieds de l'escouade
anti-émeute. Elles font les folles, dansent ensemble, rient à
tue-tête : tactique visant peut-être à calmer les nerfs de
ceux qui sont tendus. Impressionnante, cette escouade. Ça demande
sacrément du cran pour agir de la sorte.
Le clou du spectacle
survient quand l'une se met à marcher le long de la première ligne
de policiers, un peu comme un général inspectant ses troupes,
gueulant contre eux, les bras en l'air. À une couple de reprises,
elle s'arrête, leur fait face, pour gueuler encore plus fort, le
corps penché en avant. Le ton est agressif.
Des
policiers éloignent les curieux : manœuvre ayant pour but de
réduire le plus possible le nombre de témoins potentiels, si jamais
certaines arrestations nécessitaient des interventions musclées. Je
me réfugie dans l'entrée de l'édifice Archambeau, vendeur de
disques et d'instruments de musique, coin sud-est de Ste-Catherine.
Au
moment où la fille lance des bouts de bois au-dessus des têtes de
l'escouade, sans... les atteindre, Dick Tracy, un flic en civil dont
j'ai déjà parlé, s'approche de moi. Je lui confie que cette fille
est sans doute complice de la police. L'instant d'après, il
disparaît. J'ai de gros doutes sur l'identité réelle de cette
fille.
Plus
tard, j'aurais la preuve qu'elle est bel et bien une policière en
civil. C'est celle que Rodrigue avait félicité de sa tenue
vestimentaire, du «beau rôle»
qu'elle avait choisi. Vous vous rappelez (si vous avez lu le tome 1
de L'Étau Policier)? J'avais demandé à Rodrigue, une fois la fille
partie, si elle était comédienne. Pris de court, il avait
baissé la tête, incapable de formuler une réponse. (Suite
demain)
News du lundi 4 Avril 2011
■ Régie
des rentes du Québec : le chauffard Charest s'apprête à faire d'autres victimes là
aussi
– Michel Girard, journaliste de cyberpresse spécialisé en
finance, se demande si la rente sera amputée.
■ Anti-fades
– Un
texte sur
toutes ces révoltes spontanées dans des pays arabes, une
interprétation de l'actrice française Emeline
Becuwe
: vidéo
(03:14).
■ Japon-Fukushima
– L'eau radioactive des centrales nucléaires 1, 2 et 3 est
déversée directement dans l'Océan Pacifique : photo.
Il s'agit de celle qu'on utilise pour refroidir le cœur de chacun
des 3 réacteurs. Non contaminée au départ, elle le devient par la
suite. Des experts sur les lieux disent ne pas avoir le choix.
■ New
York Times d'hier 3 avril
- Seif
et Saadi el-Kadhafi proposent une transition de la Libye vers une
démocratie et le retrait
de leur père.
■ Sous
prétexte qu'elle est laide, la
civile de la Sûreté du Québec veut pas que je la photographie, se
cache le visage -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Importantes,
ces disquettes, parce que quand je m'absente de mon domicile, je ne
laisse aucune trace du livre sur le disque dur de mon ordi, foute
tout à la poubelle. Les seuls exemplaires existant de ce livre sont
sur celles-ci.
Alors, je suis mécontent, réussis tout de même à
le dissimuler. Madame, une obèse, a la croupe fastueuse. Lui demande
si elle a senti le sac ceinturon sous elle quand elle s'y est
installée. Non, elle ne s'est pas assise dessus.
Je
crains davantage le sabotage que la duplication des disquettes. Trop
de témoins dans la chambre pour en faire des copies. Par contre, on
peut s'asseoir dessus et les endommager sans que personne autour ne
s'en rende compte. Mon conducteur avait fort probablement informé la
Sûreté du Québec de mon passage à la clinique. Ensuite, c'était
un jeu d'enfants pour elle de s'enquérir de la suite des événements.
Elle disposait du temps nécessaire pour placer ses pions.
Mes neurones sont en rogne et grincent. Si la femme les a
délibérément endommagées je ne pourrai jamais la retrouver,
prouver son lien avec ce corps policier, intenter des poursuites, à
tout le moins la dénoncer publiquement.
Par bonheur, je traîne
toujours sur moi, depuis quelques années, une petite caméra
jetable. Un témoin potentiel qui vous suit partout, pas à pas.
Indispensable dans ce genre d'enquête. Sauf circonstances
particulières, j'évite, autant que possible, de photographier des
civils ou de leurs collabos, par crainte d'en braquer quelques uns.
Après
mûre réflexion, je conclus en vivre une. L'opération est simple,
suffit de jouer au gars voulant garder un souvenir de son passage à
l'hôpital, d'agir avec doigté, le sourire affiché, de l'entrain.
Je
passe à l'action après le dîner, me place soudainement devant la
sœur et le frère, tous deux assis, leur demande un beau sourire...
La
réaction de madame est immédiate, et tout à fait inattendue. Elle
ne veut pas que je prenne sa photo, le répète, se cache le visage
des deux mains, refuse «parce que je suis trop laide». Juste avant
que l'appareille ne flashe, elle tourne la tête vers une petite
table et, pendant qu'elle cache son profil de la main gauche, attrape
vivement un magazine qu'elle ouvre pour couvrir complètement son
visage.
Jamais
rien vu de semblable en plus de trente ans de journalisme. J'ai
commis l'erreur de leur demander un beau sourire, ce qui a tout
déclenché. Pour un instantané du genre, on ne demande rien, on
clique et c'est fini. Pourtant, la femme, sans être une beauté,
n'est pas un monstre, loin de là. Deux hypothèses... L'homme, dans
la soixantaine, et la femme ne seraient pas frère et sœur, mais
mariés chacun de leur côté, donc amants ; ou la femme est une
civile, bien décidée à protéger son anonymat. (Suite
demain)
■ Le
sociologue Morin
nous donne une bonne idée de ce que peut-être une mise en scène
policière -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le
sociologue Morin traite du phénomène sans viser spécifiquement
celle-ci. (Edgar Morin --
Pour sortir du vingtième siècle --
Éditions Fernand Nathan) Il raconte avoir été extrêmement frappé
par un événement mineur lors de la visite historique du président
Richard Nixon en Chine, dans les années 1970.
À
un moment donné, le président américain, suivi des journalistes,
traverse le jardin d'une pagode, comportant une pièce d'eau. Dans ce
décor enchanteur, des enfants lancent des petits bateaux sur l'eau,
des couples d'ados sont assis, main dans la main, écoutent des
transistors. Des jeunes filles portent des fleurs.
La
troupe présidentielle quitte ensuite ce spectacle idyllique après
que les journalistes aient pris de nombreuses photographies. Un
photographe retourne quelques instants après sur les lieux pour y
chercher un accessoire oublié. Là, il voit que des instructeurs,
surgis d'on ne sait où, ont rassemblé les enfants et adolescents
qui se tiennent en rang. Chacun remet son bateau, son transistor, ses
fleurs à l'instructeur, qui, ramassage terminé, siffle le départ
au pas cadencé...
Cette
anecdote de Morin nous donne une bonne idée de ce que peut-être une
mise en scène policière. Dans le cas nous intéressant, les manifs
revendicatrices dans la Cité policière et celle de la Vieille
Capitale, on ne parle plus de petits drapeaux agités par des enfants
et d'ados pacifiques, mais de vandalisme, de violence.
Les
manifs sont généralement infiltrées par la police en civil. Comme
nombre de confrères journalistes de ma génération, j'ai appris,
même si j'y est mis du temps, à repérer des policiers et
policières en civil mêlés aux manifestants. De cette expérience
sur le terrain, je retiens que le manifestant le plus gueulard ou le
fomenteur de troubles est un policier en civil. Parfois ou souvent?
Pour le savoir, faudrait assister à toutes les manifs. (Suite
demain)
News du dimanche 3 Avril 2011
■ Tokyo
– Faut oublier, aller de l'avant :
vidéo
(01:03) du 3 avril sur un... pique-nique dans un parc. (NDLR :
Oublier? Qui a dit que c'est terminé? Ça ressemble un peu beaucoup à
de la propagande, parce que tellement hors contexte... Le Japon
cherche-t-il à améliorer tant bien que mal son image? Cette vidéo
circule sur le web, ailleurs dans le monde on se dira : c'est moins
pire qu'on pensait)
■ Maria
– Blondie : vidéo
(04:11).
■ Kadhafi
– Tient une réunion
de ses ministres sous sa tente plantée dans le désert.
■ Des
Sans-Chemise participent aux élections générales en cours au
Canada
– Un chômeur sur deux n'ayant pas accès au programme
d'assurance-emploi, ils réclament des changements substantielles :
amélioration à l'accessibilité, augmentation et plus longue
période des prestations, réelle caisse autonome et abolition du
délai de carence.
Lors d'une conférence de presse ce matin à
Montréal, outre les représentants syndicaux du Québec, Michel
Bédard, ex-actuaire en chef du Programme d'assurance-emploi, a
témoigné de la situation actuelle.
Il
a rappelé qu'en vertu du budget déposé en mars par le ministre Jim
Flaherty, du gouvernement conservateur de Stephen Harper, on puisera
encore dans la caisse des cotisations excédentaires des employeurs
et des employés. Selon Bernard, entre 2012 et 2016, d'environ 12 ou
13 milliards de dollars. Depuis 1996, année où cette mesure a été
mise en place, le Canada s'est emparé de 57 milliards : communiqué
de presse + site des
Sans-Chemise.
■ À
l'hôpital, j'oublie
dans ma chambre les disquettes contenant ce livre -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Dans
la salle d'attente de la clinique où j'ai rendez-vous, quelques
personnes prennent place. Arrivent deux femmes âgées, l'une
marchant à l'aide d'une canne, vêtue comme si elle allait à un
gala, longue jupe noire, cintrée et fendue sur le côté droit, d'où
apparaît le rebord d'un jupon.
Toutes
deux cherchent à lancer la conversation. Celle à la canne dit, en
me fixant du regard, qu'aujourd'hui, on n'est plus que des numéros.
Le vieux monsieur, assis à côté de moi, lui, s'intéresse à la
criminalité, relate deux actes criminels commis récemment, et tous
semblent d'accord pour dire que ça n'a pas de bon sens. Moi, je n'ai
pas envie d'en discuter, l'ai fait déjà, avec mon chauffeur, grand
spécialiste des histoires morbides, quand on a quitté Lac Bouchette
pour se rendre ici.
Au
cours de la consultation, le médecin veut en savoir davantage sur
mon état, décide de me faire subir une batterie d'examens, prends
les arrangements avec l'hôpital, le tout prévu dans trois jours.
Sur le chemin du retour, à la hauteur de Metabetchouan, une voiture
beige devant nous. Je la reconnais aussitôt, de même que la plaque,
sait même le nom et l'adresse de sa conductrice, une
"réceptionniste-comptable" que je connais très bien.
Signale
à mon conducteur que c'est un véhicule de Lac Bouchette. «Non,
non», qu'il répond, j'insiste mais sans plus. Rendus à Chambord, à
l'intersection de la 169 et de la 155 conduisant au petit village
policier, la voiture tourne sur la 155, pendant sa manœuvre madame
amorce un mouvement de la main gauche pour dissimuler son profil.
Trois
jours plus tard, retour à Ville de Saguenay. Le collabo passe me
prendre à l'heure que je lui ai indiquée, l'avant veille. Cette
fois-là, la destination est l'Hôpital de Chicoutimi. Le lendemain,
8h30, nous sommes quatre patients groupés dans une grande chambre.
Chacun a son lit et un fauteuil confortable attitrés. Des chaises
droites sont prévues pour les personnes les accompagnant.
Un
médecin arrive et me conduit dans une petite pièce où il me pose
une série de questions sur mon état de santé. Lorsque je reviens,
une femme corpulente, dans la cinquantaine, qui accompagne l'un des
patients, a pris place dans mon fauteuil : tous deux se disent
frère et sœur. Suis debout devant elle, ne sachant trop comment lui
dire de me céder mon fauteuil, pendant que, discutant avec son
frère, elle feint de ne pas me voir.
Une
voisine lui signale que c'est ma place. Elle me la cède aussitôt,
sans me consentir un regard. J'aperçois alors au fond du fauteuil
mon sac ceinturon contenant les disquettes de mon livre, que pourtant
j'avais laissé sur ma petite table, juste à côté : j'avais
oublié de l'apporter avec moi quand j'avais accompagné le médecin. Première fois que ça m'arrivait, après environ cinq ans d'enquête.
Donc, pendant mon absence, quelqu'un l'avait changé de place. (Suite
demain)
■ L'information-fiction
de source policière est une pratique courante -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Venons
en à ce rapport préliminaire à l'encontre de la Gendarmerie royale
du Canada (GRC), et publié en novembre 2003. (Nicolas Bérubé --
La Presse du 14 novembre 2003)
La présidente Shirley Heafey de la
Commission des plaintes du public contre celle-ci lui
reproche d'avoir utilisé une force «excessive».
Outre ce que nous avons énuméré plus haut, «grenades flash-bang
et fusils-assommoire à décharge électriques pour disperser les
manifestants».
Elle reconnaît qu'elle était justifié de disperser les
manifestants puisque la clôture du périmètre où se réunissaient
les chefs d'État avait été renversée à plusieurs endroits.
Cependant,
des officiers «ont
utilisé une force démesurée pour disperser des groupes de
manifestants qui ne menaçaient d'aucune façon la sécurité du
Sommet».
Elle cite le cas de l'un d'eux contre lequel ce corps policier a fait
usage du fusil-assommoire de «50 000
volts»
alors qu'il était immobilisé, face contre terre, avait une main
menottée et faisait de l'autre un signe de paix. Usage abusif des
balles de plastique (502 ont été tirées, a admis la GRC) et gaz
lacrymogène (3 009 canettes ont été utilisées, a-t-elle
admis aussi), qui ne devaient être utilisés qu'en dernier recours.
Elle
recommande que les officiers impliqués soient sanctionnés et que
les deux gradés responsables du contrôle des foules au Sommet
fassent l'objet de «mesures
appropriées».
Commentaire
du directeur général de la Ligue des droits et libertés du Québec,
André Paradis : «C'est
un rapport qui confirme nos conclusions.
(...) C'est
un rapport courageux, qui ose faire la lumière sur une situation
problématique chez ce corps policier.»
Réactions du sergent Gilles Déziel, porte-parole du corps
policiers : «Le
commissaire de la Gendarmerie royale du Canada (Giuliano
Zaccardelli) va
prendre connaissance du rapport et rendre sa décision par la suite.
Nous ne pouvons pas commenter le rapport à ce moment-ci.»
C'était en novembre 2003. On n'en sait pas plus. La police est roi
et maître, elle n'a de compte à rendre à personne. L'État dans
l'État.
Les
«casseurs»
de ce Sommet étaient-ils tous et exclusivement des citoyens? Bien
évidemment non. L'événement avait trop d'envergure pour qu'il en
soit autrement. Toutes les polices des pays où se tiennent des
réunions internationales du genre utilisent la méthode. La police
procède de même lors de petites manifs sans conséquence, alors...
Comment expliquer qu'une manif justifiée dégénère de la sorte
Quand la police enquête sur un crime, la toute première question
qu'elle se pose est "à qui profite-t-il?" Manifestants et
journalistes couvrant ce genre d'événements devront apprendre à se
la poser aussi. Car l'information-fiction de source policière est
une pratique courante. (Suite
demain)
News du samedi 2 Avril 2011
■ Nucléaire
: le risque zéro n'existe pas
– Déclaration d'André-Claude Lacoste,
président de l'Autorité de sûreté nucléaire française (ASN) +
International atomic energy agency (IAEA) a dépêché de ses experts
au Japon afin d'analyser la situation des centrales nucléaires de
Fukushima. Le rapport en anglais date d'aujourd'hui
2 avril + entrevue
avec Roland Desbordes, président de la Commission de recherche et
d'information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD),
organisme français : vidéo
(16:00) sur le site d'universcience et diffusée le 31 mars.
■ The
Backwater Gospel - Violence dans un petit village du Far-West : vidéo
(09:32), dessin animé.
■ 28
mai 2011 : Amnistie internationale aura 50 ans
– Ce jour-là, elle invite les internautes à porter un toast à la
liberté. Sur une vidéo
(02:26), elle explique le pourquoi du toast en rappelant un événement
survenu en 1960 à Lisbonne. À l'époque, le régime militaire de
Salazar était roi et maître au Portugal. "Monsieur"
menait tout le monde par le bout du nez.
■ La
vente de données personnelles sur le web : bientôt un anti-tracking
?
- Ces infos confidentielles recueillies par des serveurs d'accès à
l'internet et de sites que l'internaute visite sont vendues notamment
à des publicitaires, qui le pistent ensuite dans sa navigation.
C'est l'équivalent d'un vol d'identité, qui peut aussi servir à
des fins criminels.
W3C,
le gardien des standards web, tiendra un atelier les 24 et 25 mai
2011 afin de trouver une solution à ce problème : soumettez des
idées
sur le site de W3C + la page d'accueil
de cet organisme + 4 endroits où protéger
votre identité.
■ Les
dictateurs ont peur des souris
– Celles qui font "clic" +
en ce qui concerne Kadhafi,
certains de son entourage essaient de le convaincre
de prendre la porte.
■ «S'il
y avait un micro dans ton auto, me le dirais-tu ?» -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Deux
jours après, venant à peine de passer à vélo devant le domicile
de mon chauffeur-collabo, je vois surgir du terrain de stationnement
du mini poste de police -- le petit épicier de Lac Bouchette -- un
VTT... rouge, couleur-message. Juste avant de me croiser, son
conducteur, coiffé d'un casque protecteur, m'adresse une grimace et
feint de donner un coup de guidon dans ma direction pour me frapper.
Par
dessus mon épaule, le vois emprunter l'entrée de mon
chauffeur-collabo et disparaître. Faut que j'aille voir qui est ce
type. Repasse lentement devant la maison, roule une couple de
centaines de pieds puis reviens. Ne sachant probablement pas que j'ai
rebroussé chemin, il sort de l'entrée, prend la galerie et entre
précipitamment dans la maison... de mon chauffeur. Avertissement
voilée de ne pas l'accabler au sujet de ses accointances avec la
Sûreté du Québec. Et, surtout, ne pas propager l'info dans le
village.
Décrivons
le contexte pour bien situer d'autres faits. En février 2002, je me
suis gelé le petit orteil et une partie latérale d'un pied en
faisant du vélo. Il est devenu grisâtre, violacé, douloureux.
Une
jeune femme médecin l'examine, me fixe illico un rendez-vous avec un
chirurgien cardio-vasculaire de Ville de Saguenay qui, après m'avoir
passé un rapide examen, le 21 février, me dirigera vers l'Unité de
soins actifs de courte durée (USACD), du Complexe hospitalier de
la Sagamie, afin de subir une batterie de tests. Diagnostique :
les deux artères sont désormais bouchées au trois quarts, faudra
deux pontages à chacune des jambes. Voyons comment cela s'est
déroulé.
Vingt-et-un
février, je me rends à Ville de Saguenay, à la clinique d'un
chirurgien cardio-vasculaire et thoracique, où j'ai rendez-vous à
11h. Le même collabo de la Sûreté du Québec m'y conduit, je l'en
ai informé... deux jours auparavant.
En cours de route, vers 9h30,
dans le secteur du village de Larouche, je remarque une voiture qui,
depuis un bon bout de temps, roule à environ 200 pieds juste devant
nous. La première moitié de la plaque d'immatriculation ne m'est
pas inconnue. J'ai la certitude de l'avoir vue à Lac Bouchette. Je
jette un oeil dans le rétroviseur fixé à ma portière. Une
wagonnette de la Sûreté du Québec nous suit à environ 200 pieds.
Ça ressemble à une escorte, nous sommes précédés et suivis.
En
glisse un mot au collabo. Non, il n'a jamais vu au village cette
voiture qui est devant nous. Lui explique que s'il y a un micro caché
quelque part dans la nôtre, le magnétophone enregistrant notre
conversation doit être dans le véhicule de la Sûreté du Québec,
ce qui expliquerait sans doute que celle-ci nous colle aux fesses.
Puis
je demande à mon conducteur : «S'il y avait un micro dans
ton auto, me le dirais-tu?» «Non.» Je le félicite de sa
franchise. Ce n'est pas la première occasion que j'aborde la
question du micro avec lui. Il ajoute, l'air soucieux, se passant et
repassant la main sur le menton : «Je travaille pour la
police.» Collabo, oui, policier en civil, je persiste à ne pas le
croire.
Dans
les minutes qui suivent, la suite du scénario ressemble à une
réaction aux propos que je viens de tenir. Dans le rétroviseur, je
constate que la Sûreté du Québec a ralenti, creusant un écart,
bien que son véhicule demeure encore visible. Ensuite, la voiture
devant nous accélère, en double une autre. Peu après, c'est la
wagonnette de la police qui nous double pour virer à gauche un peu
plus loin : c'est un wagon cellulaire.
Nous
rattrapons et doublons l'autre véhicule, j'essaie en vain de voir
qui est au volant. Arrivés à un feu rouge, il vient se placer à
notre droite, seulement le nez, pas le reste. Quelques secondes
s'écoulent puis il avance encore un peu et je vois apparaître
derrière la vitre de sa portière un homme, qui me dévisage, et
porte de grosses lunettes de soleil opaque, alors qu'il bruine et
fait sombre. (Suite
demain)
■ Les
illégalités policières : faut pas compter sur les élus pour
défendre les droits et libertés -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) Deux
mois après le Sommet sur la Zone du libre-échange des deux
Amériques (ZLÉA), des résidents du secteur de la ville de Québec,
qui avait été quadrillé d'une clôture et envahi par des
manifestants, jonglent avec la possibilité d'intenter, à l'automne
2001, des recours collectifs contre les responsables des abus dont
ils affirment avoir été victimes. (Presse canadienne --
La Presse du 20 juin 2001)
«C'est
incroyable le nombre de droits qui ont été violés pendant le
Sommet»,
déplore de son côté l'avocat montréalais Denis Poitras, qui dit
représenter plusieurs manifestants qui ont été arrêtés. Il
compte bâtir une preuve fondée sur des témoignages et documents
vidéos. «Il
y aura plusieurs recours collectifs, annonce-t-il.
Un pour les citoyens qui ont souffert de l'utilisation abusive des
gaz, un autre pour ceux qui ont été blessés par des balles de
plastique, un autre pour ceux dont les droits n'ont pas été
respectés au moment de leur arrestation.»
Pour
sa part, Me Bernard-Luc Charron, spécialiste des recours collectifs,
croit que «vu
la complexité du dossier, ça va être dur de faire la preuve. Et le
procès risque d'être long. Quand tu t'en prends aux administrations
publiques, les combats sont toujours longs.»
On ne connaît pas la suite de ce scénario.
Dans
son rapport annuel, rendu public un an après les événements,
Amnistie internationale (AI) souligne la «brutalité
policière»
qui avait marqué, à son avis, le Sommet de la ZLÉA en avril 2001.
(Gilles Gauthier et Martin Vallières --
La Presse du 29 mai 2002) L'organisme déplore aussi l'absence d'une
«enquête
indépendante»
pour examiner les nombreuses «allégations
de force excessive»
de la police.
AI
mentionne l'emploi abusif de gaz lacrymogène «même
contre des manifestants qui n'étaient pas impliqués dans les actes
violents et ne menaçaient aucunement les policiers ou les
propriétés» :
en mai 2005, l'ONU demandera au Canada d'enquêter également ces
abus. AI parle aussi de gens arraisonnés par la police, «plusieurs
auraient été incarcérées sans représentation légale rapide et
détenue dans des cellules surchargées pendant des périodes
prolongées».
De
fait, un seul corps policier a été officiellement blâmé : la
Gendarmerie royale du Canada (GRC). La Commission des plaintes du
public contre celle-ci a fait enquête à la suite d'une plainte du
député fédéral néo-démocrate Steve Robinson, apparemment le
seul et unique de toute la confrérie politique des deux niveaux de
gouvernement ayant osé se mouiller les pieds. Il
accusait ce corps policier d'avoir agi brutalement : à la suite
du rapport préliminaire, il demandera du reste la tenue d'une
enquête indépendante afin de faire toute la lumière sur ces
événements.
Notons
que cette Commission n'a pas examiné à la loupe les activités des
autres forces policières. Normal, celles-ci ne relèvent pas de sa
juridiction. Et que ni le maire péquiste de Québec, Jean-Paul
L'allier, et ni le ministre péquiste de la Sécurité publique alors
en fonction, Serge Ménard l'enflammé, n'ont posé le moindre geste
pour savoir ce qui s'était passé. Conclusion :
faut pas compter sur les élus pour défendre les droits. (Suite
demain)
News du vendredi 1 Avril 2011
■ Dessin
- Du singe
à l'homme nucléaire.
■ Je
refuse que 2 civils de la Sûreté du Québec faisant de l'auto-stop
montent dans la voiture -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Autre
fait démontrant le genre de saloperies que mon chauffeur-collabo
propage délibérément. Brièvement le contexte.
Au début de 2002,
le ministre péquiste des Transports, Guy Chevrette, relate à
l'animateur de l'émission Arcand, diffusée par TVA, que durant la
campagne électorale de 1989, alors qu'il était chef du Parti
québécois, une avocate lui avait offert un pot-de-vin de 500 000$
afin qu'il s'oppose à l'étatisation des loteries vidéo. (Pascale
Breton --
La Presse du 24 janvier 2002)
C'était
l'un des éléments du programme électorale du gouvernement libéral
sortant. Il visait à neutraliser le crime organisé qui avait
souvent la mainmise sur le jeu de hasard. Chevrette, qui était
accompagné d'un adjoint, avait refusé et donné deux minutes à
l'avocate pour quitter les lieux. Quelque
mois après, mon chauffeur-collabo m'informe avoir entendu, dans une
de ces émissions réveil matin de la télé québécoise, un avocat
raconter à l'animateur que Chevrette, contrairement à sa
déclaration, avait accepté le pot-de-vin de 500 000$.
Le
collabo ne se souvient pas à quel canal il a capté ces propos ni
des noms de l'animateur et de l'émission. J'ai toujours considéré
Chevrette comme un politicien intègre. Alors, je suis vraiment
tétanisé par cette nouvelle, n'arrive pas à le croire. D'autant
plus que dans les médias que j'écoute et lis aucun n'a fait écho
de ce rebondissement. Une nouvelle de cette importance y aurait fait
la manchette pendant des jours. J'en viens rapidement à la
conclusion que c'est carrément de la diffamation. L'avertis de faire
attention. Me rétorque, ton de la voix et geste impatients :
«Je travaille avec la police!»
Il
ne se limite pas à la désinformation, il est aussi spécialiste en
délation. Il informe la Sûreté du Québec de mes déplacements,
quand il me conduit, et fort probablement fait-il de même avec ses
autres clients. Deux février 2002. Je lui demande de me conduire à
Roberval. À midi pile, coup de klaxon devant ma porte, il me fait
signe, baisse sa vitre, m'explique qu'il doit passer au garage, ça
risque de prendre quelques heures.
Il
savait, la veille quand je l'ai contacté, qu'il avait ce petit ennui
mécanique. Pourquoi alors avoir accepté de m'y conduire?
Soupçonnant une autre provocation policière, j'insiste, plaide un
rendez-vous à Roberval. Il veut savoir ce que je vais y faire.
«Je vais à la banque, le comptoir ferme à 14h.» Où est-ce que je
vais ensuite? «Au Centre commercial.» À quelle heure vais-je avoir
terminé mes achats? «Une affaire d'environ trois quarts d'heure.»
Y a-t-il un autre endroit où je vais après? «Non, on retourne à
Lac Bouchette.»
Certains
jours, j'en ai assez qu'il me prenne pour un con. Lui signale que je
ne suis pas dupe de son petit interrogatoire, que je sais qu'il est
un informateur de la police, et qu'il lui communique ensuite ces
renseignements afin qu'elle puisse préparer en conséquence sa
filature et ses petites provocations. Il ne prend même pas la peine
de se défendre. Rien de nouveau là, lui et moi en discutons
parfois.
Finalement,
il accepte de m'y conduire, mais doit d'abord aller manger une
bouchée chez lui. Il s'écoule à peine cinq minutes qu'il est déjà
de retour, une banane à la main qu'il achève de manger et dont il
lance la peau, pendant que je prends place sur la banquette avant,
entre la portière et moi, effleurant mon pantalon au passage,
accompagné d'un petit sourire niais, et qui atterrit sur mon espace
de stationnement.
À
Roberval, je respecte mon horaire, et prenons le chemin du retour. À
la sortie de la ville, rencontre inattendue : un civil, de
surcroît l'un de mes voisins, fait de l'autostop en compagnie de sa
présumée copine, probablement une collègue. Mon chauffeur
s'immobilise aussitôt. À peine ai-je le temps de dire de ne pas le
faire monter, qu'il a déjà pris place sur la banquette arrière. Le
collabo lui fait part mon refus. «Ah, y veut pas», répète-t-il
avant de descendre du véhicule.
Nous
revoilà en route. Je reproche calmement au collabo d'avoir été le
complice de cette mise en scène policière. J'ajoute que je ne suis
pas en peine pour eux, que, dans leur scénario, ils ont dû prévoir
un véhicule pour les cueillir sur le bord de la route. Comme de
fait, moins de cinq minutes après un véhicule nous double, à
l'arrière les deux civils se retournent, nous adressent --
m'adressent -- rires et grands by-by de la main. (Suite
demain)
■ Shields
: je
songeais à tous ceux qui étaient restés derrière, à ceux qui
croyaient encore à la démocratie -
(Suite tome 3 de L'Étau Policier) D'autres
ne partagent pas l'opinion du maire Tremblay de Montréal, ainsi le
criminaliste Christian Desrosiers : «C'est
presque autant que lors des mesures de guerre».
(NDLR : À la suite de l'adoption de cette loi fédérale qui,
ainsi qu'on l'a vu, visait à neutraliser le Front de Libération du
Québec (FLQ), plus de 400 avaient été arrêtés.)
Me
Julius Grey manifeste également son étonnement : «Quand,
durant une manifestation, la police arrête une ou deux personnes, on
se dit qu'elle peut avoir raison. Mais autant de gens à la fois, ça
semble s'inscrire dans cette nouvelle politique d'intolérance que
l'on voit depuis les événements de Québec
depuis le sommet de la Zone
du libre-échange des deux Amériques (ZLÉA) en 2001.»
Me
Grey lance un appel à la tolérance : «Il
faut valoriser l'institution de la manifestation. Elle est un moyen
d'expression fondamental pour des milliers de gens qui n'ont pas
accès aux pages des grands journaux et aux autres médias pour faire
connaître leurs points de vue. Nos politiciens, nos chefs de police
et les avocats devraient réaffirmer ce rôle de la manifestation
comme expression publique. Ils devraient admettre publiquement
qu'elle est un des liens entre l'individu et l'État démocratique.»
Me
Grey prêche dans le désert, aucun politicien ni directeur de police
ne répondra à son invitation. La vérité est que, partout au
Québec, la police a confisqué l'espace public à la Société
civile. On l'a vu depuis le début de ce livre, on continuera de le
voir jusqu'à sa dernière page.
Par
la suite, les COBP, l'un des organismes initiateurs de la marche,
émettent un communiqué de presse dénonçant «cette
épouvantable arrestation de masse»
et les «abus
dont ont été victimes les manifestants».
Ils soutiennent que les policiers étaient agressifs et n'ont laissé
aucune chance aux manifestants de se disperser. «L'objectif
de la police était de ficher, d'humilier et de malmener ceux et
celles qui prennent leur courage à deux mains pour aller porter
leurs critiques dans la rue».
Prenons
connaissance aussi de cette lettre d'Alexandre Shields parue dans La
Presse (Alexandre Shields --
La Presse du 19 mars 2002) : «(...) Cette
manifestation, qui se voulait avant tout pacifique, a réuni une
foule hétéroclite venue scander sa critique malgré la pluie. Alors
que les participants se trouvaient à une intersection, dansant sur
la musique qui rythmait leur marche, les quatre rues vers lesquelles
ils pouvaient se diriger furent rapidement bloquées par les forces
de l'ordre.
«Les
jeunes, pris de panique, couraient dans tous les sens pour fuir. Mais
pour fuir quoi au juste? Jusqu'à ce moment, ils étaient non
violents et se contentaient de (défiler)
dans
le calme. Pris de peur comme tous, j'ai quitté les lieux en toute
hâte, bousculé par un bouclier qui me heurta le dos. Je me dirigeai
vers le métro, tel un animal qui fuit, guidé seulement par une
crainte réelle. Et je songeai à tous ceux qui étaient restés
derrière, à ceux qui croyaient encore à la démocratie.»
Revenons
à la conférence internationale sur la ZLEA tenue l'année d'avant,
en avril 2001, dans la Vieille Capitale (Ville de Québec). Nous
allons essayer de cerner d'un plus près l'identité et le rôle de
ceux qu'on appelle les «casseurs».
Dans les mois précédant l'événement, police et pouvoir, dont le
maire péquiste de Québec, Jean-Paul L'Allier, en avaient tellement
parlé dans les médias qu'ils avaient réussi à focaliser une
partie de l'attention des Québécois là-dessus. Certains citoyens
devaient retenir leur souffle. Le Vieux-Québec exploserait-il comme
une poudrière?
Finalement,
sur les 15 000 ou 20 000 qui s'y étaient manifestés
pacifiquement, 463 personnes avaient été arrêtées, dont celles
qui avaient assiégé la clôture ceinturant le secteur où se
tenaient les délibérations des représentants d'une trentaine de
pays. (Presse canadienne --
La Presse du 20 juin 2001) La police de la Ville de Québec, la
Sûreté du Québec et la Gendarmerie royale du Canada étaient bien
armées pour les contenir : gaz lacrymogène, poivre de Cayenne,
balles de plastique, police en civil omniprésente et mêlée aux
manifestants, infiltration des différents groupes, arrestations
préventives, etc. (Suite
demain)
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