News du samedi 30 Avril 2011

  Élections-Canada : des sondages – Je vous communique cette information sous toutes réserves. Sur le web on est bombardé de sondages de toutes sortes. Au Canada, on n'a pas encore jugé bon d'adopter une loi établissant des règles afin d'éviter les manipulations, c'est davantage le cas en période électorale. Alors, à bon entendeur, salut.

  Élections-Canada : le prince Stephen Harper – Un article du journaliste Vincent Marissal du quotidien La Presse qui en dit long sur son comportement à l'égard des médias. À lire tout de suite.

PS : Cet article tombe pile avec celui que je viens d'écrire ci-dessous.

  Élections-Canada : voter, ça donne quoi ? - Quand on sait que le chef du parti élu au pouvoir règnera comme un prince entouré de quelques courtisans? Que tous les députés membres de son parti devront voter, sans mot dire publiquement, en faveur de chaque projet de loi imposé par cette oligarchie? Où est la démocratie?

Elle sera là le jour où les députés au pouvoir et ceux de l'opposition pourront s'exprimer librement. Suis parfaitement conscient que chaque élection est importante, qu'il y a toujours des enjeux. N'empêche... Je rêve du jour où la grande majorité des électeurs feront la grève du vote pour que la démocratie devienne une réalité tangible, au Parlement du Canada et celui de l'Assemblée nationale du Québec. Et pourquoi pas? Ailleurs dans le monde aussi.

Lorsque les députés se retrouveront seuls ou presque, tant dans l'opposition qu'au pouvoir, ils perdront leur légitimité, n'auront pas le choix, devront mettre fin à l'oligarchie. Et ceux du pouvoir qui profiteraient du momentum pour massacrer la démocratie, feraient face à beaucoup de manifestations à travers le Canada. C'est le seul langage que les assoiffés de pouvoirs comprennent. Une révolution pacifique en devenir, donc.

  La police communautaire, une mystification machiavélique - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Le Canada n'est pas le seul pays à avoir adopté le concept de la police communautaire, formulation englobant, entre autres, la police de quartier et la police de proximité. Des pays occidentaux aussi, dont les États-Unis, la France, etc.

Au Québec, l'une des provinces du Canada, la nouvelle approche a permis aux policiers de reconstruire la société à leur image et ressemblance, un peu comme Dieu aurait créé Adam et Ève. Clandestinement, sans débat démocratique au sein de la population.

Ce sont les flics qui ont décidé ce qui était bon pour les citoyens. Pas les élus, qui sont pour la plupart nuls en matière policière, mais les flics, qui se prennent pour Dieu le père. Il y a fort à parier que partout dans le monde où l'approche a été appliquée sur le terrain les résultats ont été les mêmes. Les policiers sont des fonctionnaires grassement payés par les citoyens pour faire respecter la loi et non pour l'enfreindre.

Le concept communautaire est particulièrement nébuleux. Car nous sommes en présence de l'équivalent d'un mystère de la même nature que celui de la Ste-Trinité : Dieu le père, son Fils et le Saint Esprit... La police communautaire comporte aussi trois niveaux. De un, la police luttant contre la criminalité : on imagine difficilement les citoyens collabos de la police acceptant de servir de chaire à saucisse dans sa chasse aux criminels.

De deux, la police dont l'action est axée sur la résolution de problèmes, qui n'ont rien à voir avec la criminalité, tout à voir avec les contrôles et nettoyages sociaux des citoyens honnêtes. Et de trois, la police socio-communautaire, qui assure la liaison auprès des groupes sociaux plus vulnérables en ce qui a trait au risque de victimisation et au sentiment de sécurité.

Celle-ci ratissant large, de bout en bout, toute la population est finalement atteinte de l'hypothèse. Les trois devraient être amalgamés ensemble alors que chacun travaille seul, sans tenir compte de ce que font les deux autres.

Le mystère s'épaissit du fait qu'aucun corps policier ne fonctionne intégralement selon les règles du fameux modèle. Et lorsque celui-ci est alambiqué, peut-on encore lui accoler l'étiquette de communautaire? Non, car le concept, alambiqué ou non, n'est rien d'autre qu'une opération de relations publiques, plus précisément de la police traditionnelle déguisée en police communautaire.

Il est de bon ton de s'en proclamer dans les médias et auprès des citoyens. C'est excellent pour l'image publique. Et cela permet à la police, dans sa version classique et agressive, de lever une armée de dirigeants d'entreprises, d'organismes et de citoyens-mouchards de droite pour s'introduire davantage dans la vie privée des citoyens. (Suite demain)

  Des avocats de la Couronne plus près de la police que de la loi - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le pouvoir politique résiste longtemps aux pressions de la Société civile avant de décréter une enquête publique sur la police. Il attend toujours de ne plus avoir le choix.

Quand enfin il se décide, il nomme lui-même ceux qui la mèneront et les confine dans un mandat étroit les empêchant d'aller trop loin, et fait ce que bon lui plaît de leurs recommandations. Il craint de braquer sa police et qu'elle ne lave plus aussi blanc les citoyens. Craint également que la sacro-sainte image de la police soit démolie et qu'elle perde de sa légitimité aux yeux de la population.

Le laxisme de certains avocats de la Couronne et juges de paix, lui, a-t-il déjà fait l'objet d'une enquête publique, portant exclusivement là-dessus s'entend? À ma connaissance, non. Là, ce que le pouvoir redoute, c'est que la crédibilité du système judiciaire soit entachée. Là aussi il en désigne les personnes.

Mais il y a plus : il a peur que ses interventions clandestines soient étalées au grand jour et qu'il ne lui soit plus possible d'agir illégalement à sa guise. Son comportement est identique à celui de la police, qui préfère taire certaines affaires pour en assurer la pérennité, sous prétexte de scorer plus souvent. Quand un système, judiciaire ou policier, se met publiquement à nu, on a toutes les raisons de croire qu'on peut s'y fier. Dans le cas contraire, on en a autant de s'en méfier.

Une certaine promiscuité, car c'est bien de cela dont il s'agit, a été mise en relief par la Commission Poitras. Reconnaissons le courage de ses commissaires, car ils ont osé marcher quelques pas de l'autre côté du Rubicon.

Ainsi, elle a fait le constat que, malgré l'expertise développée par les enquêteurs des Affaires internes de la Sûreté du Québec, on perçoit «une certaine retenue de leur part et de la part des procureurs (avocats de la Couronne) lorsque vient le temps de porter des accusations à l'endroit de policiers. (...) certains dossiers ont été présentés à des substitut du procureur (avocats de la Couronne) qui ont refusé de porter des accusations, laissant aux autorités (policières) l'obligation de sévir.» (Suite demain)

News du vendredi 29 Avril 2011

  Outlandish – After every rainfall must come a rainbow : vidéo (03:45).

  Hier 28, à Montréal : lancement de la campagne "Échec aux paradis fiscaux" – Plusieurs organisations syndicales, étudiantes et civiles invitent les citoyens québécois à expédier une carte postale ou virtuelle au ministre des finances Raymond Bachand, du gouvernement libéral de Jean Charest, lui demandant de mettre fin à cette injustice.

Alors que des entreprises et personnes fortunées déposeront, cette année encore, leurs revenus dans des paradis fiscaux, les autres contribuables verseront plus que leur dû en impôt provincial pour compenser les sommes escamotées.

La coalition représentant ces organismes rappelle que le 5 janvier 2010, le ministre canadien du Revenu Jean-Pierre Blackburn déclarait qu'en 2009 des sommes totalisant 146 milliards avaient été déposées par des Canadiens dans des abris fiscaux. Une augmentation substantielle par rapport aux 88 milliards de 2003.

Notez que la coalition n'indique aucune référence. Toutefois, dans le bas de la page de son communiqué de presse, elle fournit la liste de tous les organismes qu'elle représente. Parmi eux, le Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC), que préside Claude Béland, ex-président du Mouvement des Caisses Desjardins.

  Québec : la réaction aux taux élevés notamment de la mortalité au travail prend de l'ampleur - La Commission de la santé et de la sécurité du travail du Québec (CSST) fait état de 213 morts en 2010 contre 185 l'année précédente : 94 d'un accident du travail, 119 d'une maladie professionnelle. Durant cette même année 2010, 92 112 travailleurs ont souffert de l'un ou de l'autre. Au total, au cours des dix dernières années, 1 915 Québécois ont perdu la vie. On ne parle pas de statistiques ici mais d'êtres humains.

Les impacts sur les familles et les vies brisées à la suite d'un accident du travail, Kimberley Labrecque en connaît long sur le sujet. En 2007, son mari a perdu la vie enseveli dans une tranchée. Depuis, elle est déterminée à tout faire pour que d'autres familles n'aient pas à traverser une telle épreuve. Témoignage d'une mère qui a dû annoncer à ses deux enfants que «papa est mort et reviendra plus». Aujourd'hui, elle est membre du Conseil d'administration de la CSST : vidéo (05:49).

L'an dernier, l'Assemblée nationale du Québec, sous le gouvernement libéral de Jean Charest, a décrété le 28 avril "Jour commémoratif des personnes décédées ou blessée au travail". Hier, ce 28 avril, les participants à des cortèges funèbres étaient peu nombreux, compréhensible cette commémoration est encore trop récente pour être connue du grand public : photos une, deux et trois. Cependant, sur le web, les réactions sont multiples : trois syndicats, FTQ, CSN et CSD, etc.

  À Lac Bouchette, l'Esprit Saint de la prévention souffle en tornade - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Les moyens employés par la police, encore une fois universels, s'apparentent du reste à ceux mis en œuvre par l'église catholique, à l'époque du catholicisme triomphant, pour diffuser et faire accepter ses prescriptions.

L'accent était mis, selon ce que j'ai lu quelque part, sur le comment, sur les stratégies, sur les rapports sociaux et les collaborations entre les individus et les groupes pour occuper les lieux de pouvoir et partager les tribunes où enseigner et inculquer de nouveaux comportements, de nouvelles habitudes.

Seule différence, aujourd'hui la police dispose de technologies de l'information autrement plus performantes que celles de l'église d'autrefois. Civils et collabos sont particulièrement envahissants, ils ont littéralement encadrée la population. Comme l'église du temps, pouvoir et police ont mis en place une pédagogie de la peur. Le moteur de la vie est pratiquement devenu la peur de la criminalité. Du temps de l'église claironnante, la peur de l'enfer jouait le même rôle.

À Lac Bouchette, l'Esprit Saint de la prévention souffle en tornade. C'est l'équivalent d'une religion, d'où la métaphore. La police, on peut le penser, a commencé par l'évangélisation des leaders locaux, dont des élus, qui ont entraîné à leur suite des commerçants ainsi que des citoyens et citoyennes dans la même foi au maître mot panzer.

Si le citoyen tient à son rang social, son emploi, sa petite entreprise, il se doit d'adhérer à la nouvelle croyance. Autrement, il serait considéré comme un hérétique et, selon les rites policiers d'usage, éjecté de la société. C'est particulièrement le cas quand vous connaissez beaucoup de petits secrets policiers, et continuez d'en découvrir d'autres. Nécessaire d'isoler l'initié que je suis pour éviter qu'il ne contamine des citoyens.

Tout faire pour qu'il ne se sente pas bien dans la société et s'enferme à double tour chez lui, n'en sorte plus, comme un ours mal léché, aux poils hérissés. Les Grands Prêtres savent tout, ils sont partout, on ne voit qu'eux et leurs fidèles. La nouvelle foi y régit désormais tous les aspects de la vie quotidienne. La prévention, devenue religion monopolistique, mérite le même sort que le cléricalisme d'avant les années 1960.

En raison des activités de plein air potentielles de sa forêt environnante, le village détient un atout touristique majeur. Je rappelle n'avoir rencontré aucun cycliste dans la partie forestière du village, ni aucun piéton du reste. Mais, dira-t-on, des cyclotouristes étrangers circuleraient dans les rues du village, s'épivarderaient un peu partout dans la nature à faire on ne sait pas trop quoi de politiquement ou puritainement incorrect ou carrément d'illégal.

Apporteraient anticonformisme, femmes courtement vêtues, mœurs légères, désordre et criminalité : tapage nocturne, alcool, drogue, vol, viol, etc. Les plus menacés seraient, bien entendu, «les femmes», «les personnes âgées» et surtout «nos enfants». Le village est un lieu tranquille, on veut qu'il le demeure, dira-t-on encore. Prévention... La prohibition de la vie animée.

En somme, l'opération ne consiste pas seulement à couper les arbres pour éviter les feux de forêt, à empêcher aussi la repousse. C'est-à-dire? Autant d'étrangers circulant dans le village inciteraient des citoyens à faire de même. Ce serait aussi distraire la population de sa mission première : la prévention.

Elle découvrirait qu'il y a plus important dans la vie que la lutte quotidienne contre la criminalité : l'osmose. Davantage libre, elle deviendrait plus indifférente à l'ordre et au conformisme. La police, de son côté, éprouverait de la difficulté à maintenir la cohésion au sein de sa milice citoyenne, dont des membres ne garderaient plus autant qu'avant l'œil et l'oreille aux aguets, à l'exception peut-être des Chevaliers de Colomb et Filles d'Isabelle. Son emprise psychologique s'en trouverait dangereusement menacée.

Petit village englouti dans un grand bâillement d'ennuis. Charcuté, il ne reste plus du tissus social que des lambeaux. La vie sociétale est presque aussi aseptisée qu'une salle de chirurgie. Dans ma tête défilent des images des films Bienvenue à Plaisanville et Show Truman. Les jeunes ont besoin de tourbillonner dans la spirale de la vie, avec ses virus et petites saletés, alors qu'ici, ils ne lèvent pas de terre, au point où c'en est scandaleux.

Conséquemment, ils quittent les régions rurales pour la grande ville, mais ignorent que, là aussi, bien qu'ils y trouveront davantage de possibilités d'emplois et d'intensité culturelle, ils n'en seront pas moins contrôlés et nettoyés socialement. Nous voilà confronté à la dure réalité de l'Étau policier dans lequel nous vivons désormais. Le Québec n'est pas un cas unique, la problématique, redisons le, étant universelle. (Suite demain)

  Une affaire qu'on aurait jamais sue, n'avait été du journaliste Yves Boisvert de La Presse - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Peut-on comparer alors avec celles de la police de Los Angeles dont nous venons de parler? Tiens, mieux encore : avec celles de la police de Toronto peut-être? Qui a l'avantage d'être un corps policier du Canada, par conséquent plus près de nous. (NDLR : Rappelons-nous le comportement de ce même corps policier lors du G20 à Toronto, en juin 2010)

La Presse n'a pas effectué une couverture mur à mur de l'affaire torontoise, très loin s'en faut : dans celle de Los Angeles, on a eu droit à tout au plus une couple d'articles. Ce quotidien, qui dépêche pourtant des journalistes aux quatre coins de la planète, n'a pas jugé bon d'en affecter un à Toronto pour couvrir cet événement. Craignait-on que les yeux du lecteur cillent et ses neurones établissent des liens avec la Sûreté du Québec ?

Lecteur assidu de ce quotidien depuis ma tendre enfance, j'ai vraiment saisi toute l'ampleur de ce scandale en prenant connaissance d'un article du journaliste Yves Boisvert. Sans son papier, je n'en aurais rien su. C'est à Boisvert, avocat de surcroît, que nous devons, à cause de ses très nombreuses chroniques sur les activités policières, cette grande bouffée d'air frais dans ce monde renfermé et vermoulu de la couverture journalistique des faits divers policiers et judiciaires. Celle traitant de la police de Toronto date du mois d'août 2001. (Yves Boisvert -- La Presse du 18 août 2000) Il y relate les événements, et fait quelques... comparaisons.

«Au cours de 2001, un gros scandale de corruption éclatait à la police de Toronto. Treize policiers accusés de vol, fraude, parjure et trafic. La Couronne obligée de retirer les accusation dans 115 procès portant sur le trafic de stupéfiants, résultats des enquêtes des treize.»

Le journaliste Boisvert rappelle que, «comme à la Sûreté du Québec dont des policiers ont trafiqué des preuves lors du procès des frères Matticks, des policiers de Toronto ont menti à la cour pour aider leur preuve. Et ainsi que ce fut le cas à la Sûreté du Québec, le syndicat des policiers de Toronto a dit qu'il n'y avait pas de quoi fouetter un chat. (...) 

«Autre similitude avec la Sûreté du Québec d'avant la Commission Poitras, la même pente glissante, la même mentalité pourrie, la même façon de tourner les coins ronds, jusqu'au moment où certains acceptent carrément de commettre des crimes sous prétexte de faire prendre des criminels. Il a fallu un peu de temps avant que des avocats de la Couronne (de Toronto) dévoilent le pot aux roses, constate-t-il.

«Ils ont d'abord suspendu les procédures dans un grand nombre de procès, sans donner aucune explication (sic). Puis le chat est sorti du sac quand un avocat de la Couronne a admis devant la Cour d'appel de l'Ontario qu'un condamné pour trafic d'héroïne, qui avait déjà purgé 18 des 45 mois de sa sentence, avait été victime d'une injustice parce que les enquêteurs avaient trompé la cour.

«Depuis, on en a répertorié environ 150 autres, accusés ou condamnés, et il se peut qu'à la lumière de l'enquête, écrit le journaliste, plusieurs autres causes soient abandonnées et d'autres condamnations annulées. Parmi les treize policiers torontois, dix faisaient parti de l'escouade des stupéfiants, certains, considérés comme des "policiers d'élite".» Boisvert signale qu'«à la Sûreté du Québec, c'était aussi un corps d'élite, le Service de répression du banditisme, qui était au cœur du scandale. (…)

 «À Toronto, la police n'a pas tenté de camoufler l'affaire, à la Sûreté du Québec, oui : "C'est un triste moment dans l'histoire de la police de Toronto", a dit Julian Fantino, le chef de police de Toronto. Qu'avait fait et dit, à l'époque, le directeur de la Sûreté Québec? Remontons brièvement en arrière. Le directeur Serge Barbeau demande à trois de ses policiers d'effectuer une enquête interne : Louis Boudreault, Bernard Arsenault et Hilaire Isabelle.

«Par la suite, loin d'être appuyés par les dirigeants de la Sûreté du Québec, ils doivent plutôt encaisser des reproches sévères de ceux-là même qui les ont choisis pour faire ce travail. Et qui finissent par les congédier en raison de leur détermination à faire exactement ce qu'on leur a demandé, ce qui devient soudainement "un manque de loyauté" envers l'institution.»

C'est la seule fois, sauf erreur, où La Presse nous a informé de l'affaire torontoise. Quelle en a été la suite? On l'ignore. Reconnaissons, ainsi que le signalait Boisvert dans une autre affaire, celle de Barnabé, qu'il n'est pas facile de tourner la page. Pas facile, parce que la police n'est pas la seule en cause. Des rouages de notre système judiciaire... grincent. À Toronto, on vient de le voir, dans un «grand nombre de procès» des avocats de la Couronne avaient suspendu les procédures sans donner... aucune explication.

La police n'est que l'une des roues dentées de l'engrenage judiciaire. C'est elle qui met en mouvement la roue suivante, c'est-à-dire avocats de la Couronne et juges de paix. Une proximité propice aux frictions et aussi, il faut bien le dire, à la camaraderie, à un certain laxisme, pour ne pas parler carrément de complaisance. Gardons-nous bien de mettre tous les avocats de la Couronne et juges de paix dans le même sac. Une problématique à deux volets, par conséquent. (Suite demain)

News du jeudi 28 Avril 2011

  Québec : une marche de protestation contre la mortalité en milieu de travail – Ils n'étaient pas nombreux, ce jeudi 28 avril, à peine une quarantaine, sous la pluie. Ils se sont arrêtés devant le Parlement du gouvernement libéral du premier ministre Jean Charest, où ils ont gardé une minute de silence. Le taux de mortalité augmente : 185 en 2009, 213 en 2010, le nombre de victimes de 2011 sera dévoilé à la fin de l'année.

PS : Charest gère ces mortalités de la même façon qu'il gère l'exploitation du gaz de schiste. C'est-à-dire sans vraiment s'en occuper.

  Élections-Canada : la Cour fédérale n'aurait pas le temps d'entendre la cause avant lundi, jour du scrutinArticle sur la décision de la Cour fédérale + pour un contexte plus élaboré de l'affaire, je vous réfère à mon article d'hier mercredi 27 avril, plus bas dans cette page, voir manchette "Canada : course contre la montre pour qu'Harper s'explique, avant le vote du 2 mai, sur une affaire".

  Un peu plus d'infos sur les Chevaliers de Colomb et Filles d'Isabelle de Lac Bouchette - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) J'ai cherché en vain d'obtenir des livres auprès d'un libraire traitant des Chevaliers de Colomb (CdeC) et des Filles d'Isabelle (Fd'I). Tentative aussi sur le site Web de l'UQÀM, notamment, mais sans résultat.

Par contre, sur d'autres sites, j'ai pu glaner quelques informations. Rien de percutant mais donnant tout de même une idée de leur engagement vis-à-vis la doctrine de l'église catholique et la Société civile.

Ainsi, sur le site du conseil 7267 des CdeC de Lac Bouchette on peut lire que les «CdeC poursuivent leur prière pour que soit reconnu dans l'Église la Sainteté de ce fidèle serviteur (l'abbé Michael J. McGivney, fondateur des CdeC)». (NDLR : L'adresse web a été changée, j'en ignore la nouvelle) Aussi cet autre passage : «L'ordre colombien tire sa force de chacun des Chevaliers, lesquels sont prêts à œuvrer et à s'impliquer dans des activités paroissiales, pastorales, communautaires, familiales, jeunesse et autres.»

Cette «force» transparaît dans ce dernier passage : «Si vous travaillez dans le domaine de l'assurance (...) un simple coup de fil vous permettra d'en savoir plus sur les perspectives de carrière qui vous sont offertes en joignant notre équipe.» Allusion indiquant que l'adhésion aide à gagner sa vie.

 Le site du Conseil d'État des CdeC, qui chapeaute les associations locales, est un peu plus explicite (NDLR : Là aussi l'adresse web a été changée, j'en ignore la nouvelle) : «Seuls les catholiques pratiquants de 18 ans et plus et en union avec le Saint-Siège sont éligibles à appartenir à l'ordre : être baptisé, professer la foi ; vivre la pratique chrétienne dans ses dimensions : de fraternité, de célébration, d'éducation de la foi, d'engagement en son milieu. (...) 4 principes de base : charité, unité, fraternité et patriotisme (sic). Ils doivent orienter les actions des Chevaliers, et leurs attitudes dans le quotidien.»

On s'intéresse également aux jeunes : «Le but des cercles d'Écuyers colombiens est de permettre à des jeunes de 12 à 17 ans d'acquérir un idéal et de former leur caractère par l'intermédiaire du leadership d'un adulte.»

Pour sa part, les Fd'I de Lac Bouchette ne semblent pas avoir un site Web, ni les autres cercles locaux du Québec. Sur le site provincial des Fd'I, on apprend que cette association poursuit les buts suivants (NDLR : Là aussi l'adresse web a été changée, j'en ignore la nouvelle) : «(...) mieux se connaître mutuellement ; étendre le cercle d'amies ; centraliser toutes les ressources communes afin de s'aider les unes les autres ; devenir une puissance plus considérable (sic)à présenter au monde dans la poursuite du Bien au sein de la société. (...)

«Nous sommes réunies en sœurs pour rester fidèles aux enseignements de l'Église catholique, pour veiller au bien spirituel de nos membres et contribuer au bien commun de l'humanité. (...) nous exerçons une influence positive dans nos communautés, maintenant ainsi un idéal élevé de vie morale (resic).» Joan C. Breton, régente internationale de l'Ordre, précise que «les Filles d'Isabelle sont appelées à servir et continuer l'œuvre de Dieu».

Absolument rien de répréhensible sur ce plan, vivant dans une démocratie, ces associations en ont parfaitement le droit. S'y attaquerait-on, qu'il y aurait urgence que toute la Société civile se porte à leur défense. Nous avons aussi celui de ne pas cacher que, traditionnellement, elles ont toujours été constituées en grande parti d'hommes et de femmes de la droite catholique et que ses membres interviennent clandestinement afin d'imposer leur moral aux citoyens.

Pour la police en civil de la Sûreté du Québec, ou n'importe quel autre corps policier de la planète, c'est là un terreau fertile où elle peut puiser à pleines mains les effectifs dont elle a besoin pour défendre son orthodoxie. Naïf de croire qu'elle recrute des membres d'organismes défendant les droits et libertés ou luttant contre la brutalité policière, par exemple. Sans prétendre tout savoir, je n'en connaît aucun. (Suite demain)

  La Commission Poitras n'a pas enquêté toutes les activités illégales de la Sûreté du Québec, très loin de là - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le journaliste André Cédilot de La Presse tenait des propos rassurants peu après le dépôt du rapport de la Commission Poitras portant sur l'affaire Matticks et la manière dont des enquêtes sont menées à la Sûreté du Québec. Suivant son article, on ne peut comparer ce corps policier, par exemple, avec ceux de New York et des Nouvelles-Galles-du-Sud, en Australie. (André Cédilot -- La Presse du 6 février 1999)

Il est vrai que, comme à la Sûreté du Québec, c'est la vision étriquée et l'absence de contrôle au sein de ces deux corps policiers qui ont débouché sur les pires scandales de corruption policière de l'histoire moderne. Cependant, insiste-t-il, il n'y a pas de comparaison possible entre les problèmes de celui du Québec et ceux, bien pires, de ces deux pays, si ce n'est que les symptômes qui ont miné ces organisations nécessitent sensiblement les mêmes remèdes.

À l'instar de la Commission Poitras, les experts, qui se sont penchés sur les problèmes des deux corps policiers étrangers, ont établi un lien direct entre l'absence de leadership et de contrôles adéquats et les déviances.

Le journaliste fait d'abord état des méfaits policiers de la Ville de New York, qu'il tire du rapport de la Commission Mollen : code du silence, parjures, preuves truquées (falsification notamment des empreintes digitales d'un suspect de meurtre), perquisitions illégales, vol de pièces à conviction, vol de drogue à des trafiquants.

En 1994, une trentaine de policiers étaient mis en accusation, une soixantaine recevaient des sanctions disciplinaires allant du congédiement à la suspension, des dizaines d'autres étaient mutés. Il complète ensuite ce bref tour d'horizon avec les Nouvelles-Galles-du-Sud, en Australie, où la situation était similaire. (NDLR : Les méfaits policiers, peu importe le pays, doit-on noter, sont toujours de la même eau) Là, une centaine étaient congédiés, un train de mesures promulgué, notamment la création d'une commission de surveillance indépendante.

Impossible donc... de comparer les activités illégales de la Sûreté du Québec avec celles commises par des membres de ces deux corps policiers. Pour l'affirmer de façon aussi catégorique, on présume que Cédilot ne doit connaître strictement rien des activités de l'underground policier québécois où, on l'a vu et pas fini de le voir, atteintes aux droits fondamentaux et sabotages pullulent. En outre, son propos suggère que la Commission Poitras, au cours de son enquête, a passé à la loupe toutes les activités illégales de la Sûreté du Québec, ce qui n'est absolument pas le cas.

Les auteurs du rapport Poitras disent eux-mêmes qu'«il ne faudrait pas tomber dans le piège de croire que le nom de la Commission, la "Commission d'enquête chargée de faire enquête sur la Sûreté du Québec", en définit le mandat. Le mandat est en fait beaucoup plus restreint que le nom l'indique. Nombre d'activités, de services et de types d'enquête de ce corps policier ne sont aucunement visés par la présente enquête.»

Et parmi les faits qu'elle a examinés, il s'en trouve où elle n'a pu enquêter en profondeur : «La Commission n'(en) avait ni le temps ni les moyens.» De plus, elle n'a pas eu accès à toute la documentation dont elle avait besoin. (Suite demain)

News du mercredi 27 Avril 2011

  Québec : "Électeurs en herbe" – C'est l'un des programmes du "Forum jeunesse de l'île de Montréal" spécialisé dans l'éducation à la citoyenneté : initier à la démocratie et au fonctionnement des institutions politiques. Il s'adresse aux jeunes de 10 à 17 ans n'ayant pas encore l'âge de voter, 18. Ainsi, ceux de l'École secondaire Cavalier-de-LaSalle. Ils ont participé à une élection municipale simulée et supervisée par de leurs camarades formés à cette fin : vidéo (04:26) + site quivotegagne.

  Élections-Canada – Le premier ministre sortant Stephen Harper, chef du Parti conservateur, reconnait la possibilité que le NPD forme l'opposition officielle au prochain Parlement. En tout cas, il s'est servi de cette hypothèse pour ameuter les électeurs.

  Un gouvernement oligarchique doit favoriser la tenue de référendums – Au Canada, la plupart des législations provinciales ou territoriales prévoient qu'un référendum peut être décrété sur toute question d'intérêt public, mais seule la Constitution du Canada peut faire l'objet d'un référendum fédéral. Dans la majorité des cas, ils sont essentiellement consultatifs. Cependant, à certaines conditions, les résultats peuvent lier les gouvernements de l'Alberta, de la Colombie-Britannique et de la Saskatchewan.

Au Québec, le gouvernement peut ordonner une consultation populaire sur toute question, y compris un projet de loi si, lors de son dépôt, celui-ci contient une disposition à cet effet. La population peut-elle en demander un portant sur un projet de loi ou autres questions? Oui. Le Québec est la seule province à prévoir l'établissement d'un Conseil du référendum, dont le rôle est d'entendre toute instance judiciaire relative à un référendum.

Ce conseil est composé de trois juges de la Cour du Québec, le juge en chef en assure la présidence. Seul le Président de l'Assemblée nationale ou un député à l'Assemblée nationale peut demander au Conseil du référendum de rendre une décision. À la réception d'une telle demande, le Conseil doit soumettre sa décision dans les dix jours.

  Canada : course contre la montre pour qu'Harper s'explique, avant le vote du 2 mai, sur une affaire - De quoi s'agit-il? La vérificatrice générale du Canada Sheila Fraser a produit un important rapport qu'elle n'a pas eu le temps de déposer parce que le premier ministre Stephen Harper a dissout le Parlement et décrété des élections générales. La loi interdit la vérificatrice de le rendre public avant ce dépôt.

Cependant, La Presse Canadienne en a obtenu une version préliminaire et dévoilé que le gouvernement Stephen Harper avait induit en erreur le Parlement en faisant croire aux députés de l'opposition qu'une somme de 50 millions $ était destiné au G8, alors que dans les faits l'argent a été dépensé ensuite dans la circonscription du ministre conservateur de l'Industrie, Tony Clement.

La course contre la montre... Kathleen Trotter, une Torontoise de 28 ans, a demandé à la Cour fédérale d'imposer la publication du rapport de la vérificatrice avant les élections de lundi 2 mai : «Le gouvernement va gérer le pays et je sens que je ne peux faire un choix éclairé sans cette information». Elle affirme que le refus de la vérificatrice Fraser viole son droit, garanti par la Charte canadienne des droits et libertés, d'effectuer un choix informé dans le cadre d'une élection. Sur le site Avaaz, plus de 80 000 citoyens ont signé sa pétition : article + déclaration de Fraser + pétition.

  La première fois... - On est un peu gêné, sait pas comment faire : vidéo (02:25).

  La Sûreté du Québec co-parraine avec des associations de Chevaliers de Colomb des campagnes de collecte... de sang - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Dans les grandes centres urbains du Québec, on entend peu parler des Chevaliers de Colomb (CdeC) et Filles d'Isabelle (Fd'I), au point de croire qu'ils sont moribonds ou ont complètement disparus. Ayant vécu près de vingt ans à Montréal, je le croyais, moi également.

Ici, j'ai découvert que c'est loin d'être le cas. Ce que confirme du reste Alphonse Martel, dans une lettre publiée par La Presse de janvier 2002. (Alphonse Martel -- La Presse du 21 janvier 2002) CdeC depuis 41 ans et ex-directeur général du Secrétariat d'État du Québec, il écrit que c'est le plus grand organisme de laïcs catholiques au monde, avec plus de 1,6 million de membres, dont 103 000 au Québec répartis dans 540 conseils.

Bien que je n'aie pas enquêté au sein des associations des CdeC et Fd'I de Lac Bouchette, je connais, dans le village, des collabos de la police qui en sont membres. Chez les Fd'I, j'ignore tout de la situation, à cause de la barrière culturelle séparant les deux sexes. Qu'on me comprenne bien : je n'affirme aucunement que ces deux associations appuient officiellement ou officieusement la police et participent à la répression souterraine. Je n'en ai aucune preuve.

Un autre fait est également sûr. Policiers et policières en civil, et leurs fidèles, hommes et femmes, sont infiltrés partout. Pourquoi pas aussi dans ces associations? Qui ne sont pas les seules, remarquez bien, l'associatif y étant assez développé, notamment les Lions -- comptant seulement quatre ou cinq membres, dont l'un d'eux depuis 27 ans, et tous impliqués dans la prévention. Dans des municipalités du Lac St-Jean, il arrive, à l'occasion, que la Sûreté du Québec co-parraine avec des associations de CdeC des campagnes de collecte de sang.

Dans sa lettre, Alphonse Martel ne traite pas du rôle souterrain des CdeC. Il est de fait que ceux-ci et les Fd'I appartiennent à des sociétés secrètes. Que certains de leurs membres occupent souvent des postes de responsabilité, tant dans l'ordre syndical qu'administratif. Une organisation tentaculaire susceptible, surtout dans un petit village rural, de s'opposer dans l'ombre à l'émancipation des citoyens et citoyennes. (Suite demain)

  Les dg des corps policiers, de petits potentats municipaux, régionaux, provinciaux et nationaux - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Combien d'autres cas semblables, dont celui de Jetté, de loin le plus infect et nauséabond? Quand on sait ce qui s'est passé à Los Angeles, il y a vraiment de quoi s'inquiéter. Los Angeles, aux États-Unis, pays supposément des droits de l'homme, ce n'est tout de même pas une grande Cité d'un pays du tiers monde.

D'après le Los Angeles Times, rapporte l'Agence France-Presse en novembre 1999, environ 40 individus au total pourraient avoir été condamnés par erreur sur la base de déclarations mensongères de policiers de cette ville. (Agence France-Presse -- La Presse du 10 novembre 1999) Le scandale a retenti en septembre 1999 à la suite des révélations d'un policier condamné pour vol de cocaïne, Rafale Pérez. Lui et son coéquipier, Ninon Durden, auraient notamment tiré sur des suspects désarmés. Depuis, 13 policiers ont été suspendus et deux autres, soupçonnés d'avoir passé à tabac un suspect, limogés.

Le procureur de la ville, Gil Garcetti, a déclaré qu'«à la suite de l'enquête en cours, nous avons conclu que nous n'avons plus confiance dans les condamnations prononcées dans plusieurs cas récents. Dans l'intérêt de la justice, nous irons devant la justice (...) pour obtenir l'annulation de ces jugements».

Il a demandé la libération immédiate d'un détenu condamné sur la foi d'une enquête menée par deux policiers corrompus. Un jeune homme condamné à 23 ans de détention avait déjà été libéré. Garcetti devait demander aussi l'annulation des accusations pesant sur deux autres personnes et une nouvelle sentence dans le cas d'un quatrième inculpé. D'autres libérations devaient suivre.

Une quarantaine de citoyens faussement accusés par des flics, condamnés et emprisonnés ! Disons le : carrément dégoûtant! Pourquoi des flics agissent-ils ainsi? La plus importante raison réside dans le fait qu'ils savent que les règles du jeu ne sont pas les mêmes dans l'underground policier qu'à la surface. Tout y est permis, si pas-vu-pas-pris. C'est dans ce sous-sol que naît et se développe la délinquance policière, sous l'œil accommodant de directeurs de corps policiers, qui sont tous de petits potentats municipaux, régionaux, provinciaux et nationaux. Eux aussi sont passés par là, du temps où ils étaient des sous-fifres.

Le tapioca, vous vous rappelez? Je vous en ai parlé plus haut. (Patrick J. Knoll -- Regard sur les affaires internes, les Perspectives internationales -- Rapport présenté à la Commission d'enquête Poitras sur des illégalités de la Sûreté du Québec) Les subalternes prennent la saveur que veut bien le chef de police.

S'ajoute à cela que ce dernier et ses subalternes sont jugés par le pouvoir politique aux résultats obtenus aux cours de leurs enquêtes. Plus ils sont efficaces, plus leur chance de conserver leur poste ou monter l'échelle hiérarchique augmente. Ce peut être aussi de la vengeance à l'encontre de citoyens, comme il peut s'agir carrément de policiers sans foi ni loi, insensibles à la souffrance humaine. Et Los Angeles, n'est pas le seul cas en l'espèce, loin s'en faut. (Suite demain)

News du mardi 26 Avril 2011

  Élections Canada – Ce mardi 26 avril, encore 5 jours avant le vote du 2 mai. Toutes les infos sur le site d'Élections Canada, un organisme indépendant et non partisan chargé notamment de la conduite des élections. En tapant votre code postal, plus bas dans la page s'affichant, trouvez votre circonscription, le bureau local d'Élections Canada, la liste des candidats, à quel endroit voter et plus. Sur vidéo, message de Marc Mayrand directeur général des élections aux jeunes électeurs, qui sont près de 3 millions. L'occasion pour eux d'avoir leur mot à dire.

  Caricature et liberté d'expression – Un rôle politique indispensable : 3 vidéos : une (01:43), deux (04:04) et trois (02:51) ; joueur de flûte (Russie) ; longues années (Chine) ; empire (Belgique) ; sans parole (Iran) ; distinction (Israël) ; discrimination (Iran) ; couper la parole (Grande-Bretagne) ; tel qu'il est (Suède) ; barbarie ; soleil couchant ; égoïste ; belle folie ; dessins cochons.

  Les flics de la Sûreté du Québec n'ont qu'à siffler et voilà les collabos claquant des talons, prêts à servir - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Je me suis souvent demandé comment des commerçants peuvent accepter d'espionner leurs clients, la source même de leur enrichissement et, apparemment, sans le moindre petit pincement au cœur, pour ensuite refiler à la police un tas de renseignements à leur sujet.

Comment arrivent-ils à participer, personnellement et par employés interposés, à des déstabilisations psychologiques policières à l'intérieur même de leur établissement, et se permettre de leur adresser un sourire sympa quand, à la caisse, ils leur remettent la monnaie. Je crois qu'ils n'ont pas le choix, pas bon du tout pour le commerce d'opposer un refus à la police.

Tous ces citoyens de droite auxquels la Sûreté du Québec fait appel pour participer à certaines de ses activités clandestines doivent frissonner de plaisir : cachottière, elle ne leur dit pas tout. Les flics n'ont qu'à siffler et les voilà claquant des talons, prêts à servir. Ces fanatiques de la police, qu'est-ce qui les fait donc courir, lutter avec cette ardeur de moines soldats? La griserie du "pouvoir", de ceux qui n'en ont jamais eu ou qui n'en ont plus et qui ont enfin l'occasion d'exprimer leurs tendances fascistes, mettre la population au pas.

Petit village corseté par le conformisme. Ce n'est pas un trait distinctif de Lac Bouchette ou d'ailleurs au Québec, c'est universel. En tous lieux et en tout temps, des citoyens sont devenus des collabos de la police. C'est de cette façon que l'on instaure des étaux policiers, des dictatures et même des systèmes totalitaires.

Lors de mon enquête dans le petit village, j'ai constaté à plusieurs occasions la présence de Chevaliers de Colomb (CdeC). D'après certains informateurs, CdeC et leur pendant féminin, les Filles d'Isabelle (Fd'I), y exerceraient encore une emprise psychologique sur la population. Cent quarante citoyens seraient membres des CdeC, chiffres qu'on m'a confirmé à quelques reprises.

Combien de Fd'I? On m'affirme qu'elles seraient aussi nombreuses, sinon plus parce que les femmes, plus croyantes, seraient plus facilement mobilisables que les hommes. À eux seuls, ces deux groupes représentent un important pourcentage de la population de 1 370 citoyens de la municipalité..

De nos jours, m'a-t-on affirmé, il n'est plus nécessaire d'être CdeC ou Fd'I pour obtenir plus facilement un emploi. Alors, ai-je demandé à mes informateurs, s'ils ne jouent plus de rôle clandestin, quelles sont leur raison d'être? Ce sont des clubs sociaux, m'a-t-on dit.

D'après ce qu'on m'a raconté, on y adhère par conviction chrétienne, quoi que plus souvent par délicatesse à l'endroit des autres, pour éviter de heurter certaines sensibilités, ainsi le parent, l'ami ou l'employeur vous incitant à en devenir membre. Parfois aussi parce qu'on exploite un petit commerce et que l'adhésion peut aider à faire tourner les affaires, l'opportunisme, comme partout ailleurs, entrant pour partie dans les motivations. (Suite demain)

  Quelques autres affaires nauséabondes de flics de la Sûreté du Québec - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Faisons état d'un drame... cette fois délibéré : l'affaire Michel Jetté, qui implique des membres de la Sûreté du Québec. Le journaliste Yves Boisvert de La Presse la relate. (Christiane Desjardins et Yves Boisvert -- La Presse des 21 octobre 1999 et 9 août 2000)

En 1989, Jetté est condamné à six ans de pénitencier pour homicide involontaire, après avoir été battu et menacé par des policiers et forcé à faire de faux aveux. Des enquêteurs prétendaient l'avoir arrêté sur la foi de ceux-ci, et qui avaient été enregistrés sur cassette. Cependant, ils ne l'avaient pas produite en preuve, affirmant qu'elle avait été effacée, mais avaient néanmoins témoigné de son contenu incriminant. Jetté va ensuite en Cour d'appel.

Situons le contexte de la suite. Quelques années après sa condamnation, l'un de ses accusateurs, le caporal de la Sûreté du Québec Gaétan Rivest, démissionne de ses fonctions avec fracas, multiplie les déclarations publiques sur les façons de faire incorrectes prévalant au sein de ce corps policier. Il en informe même le ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard, lors d'une rencontre. Afin d'en neutraliser l'impact, certains de ses ex-collègues cherchent à entacher sa crédibilité.

Puis s'ouvre un procès en Cour d'appel, en octobre 1999, qui donne lieu à un revirement inattendu où la justice triomphe enfin du totalitarisme. Rivest, qui avait joué un rôle de premier plan dans cette sale affaire, accepte de témoigner et avoue carrément s'être parjuré lors du premier procès. Mieux, la fameuse cassette que l'on croyait effacée est déposée en preuve.

Les juges Marc Beauregard, Morris J. Fish et Michel Robert l'auditionnent, constatent que Jetté n'y tient aucun propos incriminant, annulent le verdict de culpabilité contre lui, ordonnent l'arrêt des procédures. Le journaliste Yves Boisvert de La Presse signale que, malheureusement, Jetté ne l'a jamais su puisqu'il est mort d'une crise cardiaque en 1997, environ deux ans auparavant. Dommage pour lui, déplore-t-il : sa peine de six ans était purgée et il avait eu le temps de mourir de mort naturelle avant le jugement.

La journaliste Christiane Desjardins rapporte les propos de l'ex-caporal Rivest, qui se dit satisfait de la décision des trois juges. «Je ne peux pas dire que je suis heureux, parce que ça me rappelle toutes les saletés que j'ai faites et celles qui se continuent à la Sûreté du Québec. Mais je suis content d'avoir dit la vérité. Des parjures, j'en ai faits beaucoup (sic), mais Michel Jetté, c'est une cause type. C'est un individu très normal, pas relié au crime organisé. Il n'avait pas les moyens de se payer un bon avocat. Cela prouve que c'est presque impossible pour un type dans cette situation-là de passer à travers nos parjures, si on (la police) ne fait pas d'erreur de notre côté.»

Commentaire aussi de l'avocat de Jetté, Me Julio Peris : «Il fondait beaucoup d'espoir sur cet appel. C'est triste, il est mort avant. Ce jugement vient souligner qu'il y a une lacune dans la jurisprudence. Combien d'appels sont rejetés parce que déclarés sans motifs? Si M. Rivest n'avait pas dit la vérité cette fois-là, que serait-il arrivé?» s'interroge-t-il. La réponse est évidente : personne n'aurait jamais su le fond de l'histoire.

Ce mois d'octobre-là, Manseau, du Mouvement Action Justice (MAJ), intente en Cour du Québec une poursuite contre Rivest, l'ex-enquêteur de la Sûreté du Québec. Une plainte privée d'entrave à la justice reliée à une autre enquête effectuée par ce corps policier, celle-là portant sur la mort d'Yvon Lafrance, abattu par un policier de l'île de Montréal.

Rivest avait changé les versions de certains policiers pour modifier la preuve. Il s'en était du reste lui-même confessé publiquement dans les médias en 1996, en même temps qu'il avait dénoncé diverses irrégularités prévalant à la Sûreté du Québec et celles auxquelles il avait participé. Dès le début du procès, en avril 2002, il avoue sa culpabilité. (La Presse du 18 avril 2002) Les avocats des deux parties, défense et Couronne, plaident la clémence devant le juge Jean Sirois, qui lui accorde une absolution inconditionnelle.

Le cas Rivest est indéniablement pathétique. Son besoin de se repentir sur la place publique est symptomatique d'un profond regret. Pendant quelques années il avait été l'un des meilleurs enquêteurs de la Sûreté du Québec, puis son rendement avait diminué, diminué... Avait-il compris que le totalitarisme est inhumain? Était-il déjà rongé par des remords? On peut le penser. Reconnaissons son courage d'avoir avoué l'inavouable. Sont très très rares, les flics comme lui. (Suite demain)

News du lundi 25 Avril 2011

  Canada-élections – La situation ce lundi 25 avril, un compte-rendu du Devoir, un quotidien québécois qui n'écrit pas n'importe quoi. Le vote aura lieu le 2 mai.

  Caricaturiste Plantu : il faut bousculer, déranger, être plus malin que les intolérants – Ainsi les intégristes, passés maîtres dans l'art de soulever des protestations lorsqu'on traite de leur religion. Des directeurs en chefs de journaux sont traumatisés par les pressions, ont peur.

Le dessin est un outil pour contourner les superstitions. Mettre du dérangeant dans la caricature. Il ne touche pas au sacré, il cherche les poux, ça, c'est du terrestre. Plantu considère que son rôle est d'exercer des pressions.

Au début de l'entrevue qui va suivre, il est question de la transformation de la culture par les nouveaux instruments numériques. Plantu souligne que le point de départ sont le papier et le crayon, qui enrichissent la pensée du créateur. C'est là que l'artiste trouve son oxygène : vidéo (11:43).

■  Lac Bouchette : les tiroirs-caisses, puissant stimulant pour les adeptes de la discipline marchande - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Comment expliquer l'omniprésence dans ce petit village de Lac Bouchette de 1 370 citoyens de tant de civils? En 2002, les prévisions budgétaires du village indiquaient que la sécurité publique -- la Sûreté du Québec -- coûterait aux citoyens 114 938$, contre 110 638$ l'année précédente. Même pas de quoi défrayer en totalité le salaire de 3 civils gagnant annuellement au minimum 45 000$. Pourtant, ils sont autrement plus nombreux, et de très loin. Qu'est-ce à dire?

Un inspecteur de la municipalité m'a déjà dit que les gens s'imaginent, parce que vivant dans un petit village et qu'on y trouve moins de policiers -- en uniforme -- qu'ailleurs, qu'ils peuvent se permettre de prendre à la légère lois et règlements. D'où la nécessité de leur serrer la vis, présumais-je de son propos.

La Sûreté du Québec serait-elle plus sévère en milieu rural qu'urbain? Une chose est certaine, il lui est beaucoup plus facile de noyauter une petite population homogène que le patchwork culturel d'une grande Cité. Une autre ne l'est pas moins : si elle avait la capacité de tailler comme une haie de cèdres tout ce qui dépasse en milieu fortement urbanisé, elle n'hésiterait pas. C'est dans sa nature. Dans ce milieu rural, nous sommes quelque part entre l'Étau policier et l'État policier. La situation y est donc plus grave qu'à Montréal.

Examinons aussi deux hypothèses. Suivant les circonstances, la Sûreté du Québec ajouterait, à ses frais et à l'insu des municipalités qu'elle dessert, des effectifs en civil. Selon l'autre, Lac Bouchette, porte d'entrée et de sortie de la région du Lac St-Jean via la route 155, nécessiterait plus de surveillance.

Enfin, cette info, que je tiens d'un civil : le village serait aussi un endroit stratégique où des civils, après avoir effectué leur quart de travail dans des villages et petites villes de la région, se replieraient chaque jour dans les maisons, apparts et chalets qu'ils y occupent, assurés de l'anonymat le plus complet.

Village dortoir pour eux, en somme. Manne inestimable pour les locateurs. J'en connais deux qui sont au courant, je comprends leur... fanatisme pour la police. Idem de certains commerçants. Pour eux, ces civils sont monétairement plus intéressants que les propriétaires de chalets demeurant à Ville de Saguenay, par exemple, et qu'ils voient seulement l'été, et encore davantage la fin de semaine que les autres jours.

Alors que les civils sont ici à l'année longue, gagnent de bons salaires, achètent de l'épicerie, de l'essence, etc. Bon pour les tiroirs-caisses, et puissant stimulant pour la discipline marchande. (Suite demain)

  Qui a tué Danielle André de Ville de Laval en 1991 ? - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Autre enquête policière constituée d'un paquet de noeuds : celle entourant le meurtre de Danielle André, en 1991. Selon le journaliste André Cédilot de La Presse, dans un papier publié en septembre 2001, le scandale a éclaté au grand jour en 1993, lors du procès de Jean-Pierre Duclos, condamné à vie dans cette cause.

Avec la bénédiction de leurs supérieurs, quatre policiers du corps de Laval auraient caché des faits et falsifié des rapports pour protéger un informateur (André Cédilot -- La Presse du 12 septembre 2001) : les policiers Gérald Dance, Richard Millette, Marc Bourdon et Serge Morin. Déboutés de toutes les requêtes qu'ils ont présentées jusqu'en Cour d'appel au cours des sept années précédentes, ils tentent encore, en septembre 2001, d'éviter le tribunal déontologique. Entre-temps, ils ont tous quatre pris leur... retraite.

À la reprise des audiences déontologiques, ce mois-là, les avocats des quatre policiers déposent chacun des requêtes à plusieurs volets dans le but, encore une fois, de stopper les procédures. Ainsi Me Daniel Rochefort, avocat de Dance, ex-directeur des enquêtes criminelles, qui soutient que le processus qui a mené son client devant le comité a été entachée d'irrégularités.

Au départ, fait-il valoir, Dance n'était même pas inclus dans la plainte du 23 avril 1992 qui visait une quinzaine de flics, dont le directeur Jean-Marc Aurèle, lui aussi à la retraite. Il relate que c'est en novembre 1993 que son client a appris avec stupeur qu'il était, avec ses trois collègues, la nouvelle cible des enquêteurs en déontologie. Les citations à comparaître lui sont parvenues cinq mois plus tard, en avril 1994, sans qu'il ait été interrogé par l'enquêteur du comité, argue Me Rochefort.

Pourtant, dans son rapport, Jean-Louis Fourcaudot, l'enquêteur en question, écrit l'avoir rencontré le 19 août 1993. Difficile de savoir qui dit vrai, puisque Fourcaudot est décédé entre-temps, signale le journaliste. De plus, Dance, en contre-interrogatoire, déclare avoir perdu ses agendas des années 1989 à 1994 dans l'incendie de son hôtel, à Dalhousie, en Ontario, survenu deux ans plutôt. Il reviendra à l'assesseur du Comité de déontologie, Jean-Marie Blais, de trancher le débat.

Dans l'affaire Lizotte que nous avons traitée plus haut, Hélène André, la soeur de Danielle André assassinée en 1991, ne s'étonnait pas de l'acquittement du policier Stante (Louise Leduc -- La Presse du 19 septembre 2002) : «Le tribunal, c'est un gros cirque et rien de plus!» tranchait-elle. Onze ans après la mort de sa sœur, elle demeure convaincue que, dans ce dossier, l'homme purgeant (en septembre 2002) un peine de 25 ans n'est pas l'auteur du meurtre.

D'après elle, les policiers de Laval ont tout fait pour protéger des suspects, qu'ils avaient laissé filer en Colombie et qu'ils n'ont arrêté que deux mois plus tard. Les policiers avaient même attendu deux semaines avant d'investir la maison identifiée comme le lieu du crime. «J'ai depuis déposé une plainte privée au criminel. Elle est tablettée au ministère (québécois) de la Justice, qui attend de voir les conclusions du commissaire à la déontologie policière du Québec. Vous imaginez?

«Tout ça remonte à il y a 11 ans! Les policiers impliqués dans l'histoire ont pris leur retraite et la police de Laval n'en finit plus de payer des avocats! Comment un citoyen peut-il se battre contre des corps policiers? C'est David contre Goliath et il faut vraiment déployer beaucoup d'énergie pour mener à terme une telle croisade.» (Suite demain)

News du dimanche 24 Avril 2011

  Canada-élections : "On ne devrait jamais donner à un chef une confiance absolue" – Réponse aujourd'hui du chef du parti conservateur Stephen Harper, premier ministre sortant, à la question d'un journaliste. Une collègue a aussitôt enchainé : Comment voulez-vous que les Canadiens vous fassent confiance quand vous refusez de dire où vous allez faire des compressions (budgétaires)?

PS : Au Canada, c'est probablement la première fois, lors d'une campagne électorale, que la confiance à l'égard d'un candidat au poste de premier ministre est remise en question d'une façon aussi directe, sans détour, par un ou une journaliste.

  La couverture d'événements dangereux – Les révoltes en Tunisie et en Égypte, la guerre civile en Côte d'Ivoire, etc. Est-ce qu'il faut nécessairement aimer le risque? Un métier de tête brûlée ou d'inconscient? Trois journalistes pour répondre notamment à ces questions : Omar Ouahmane, de France Culture ; Raphaël Krafft, de Radio France ; et Soasig Dollet. responsable du bureau du Maghreb et Moyen-Orient de Reporters sans frontières : vidéo (11:38).

■  Un an déjà que la Belgique est sans gouvernement – Du jamais vu! Flamands et francophones n'arrivant pas à s'entendre, le roi des Belges Albert II a décidé de faire appel à un spécialiste en réconciliation.

  Yément : le président Ali Abdallah Saleh quittera le pays – Il a accepté, hier samedi, le scénario de la sortie de crise déposé par les monarchies du Golfe.

  Guerre civile au Sri-Lanka, océan Indien - Tim Hetherington, photographe et cameraman, a fait un reportage lors de ces hostilités qui ont pris fin en 2009 et opposaient le gouvernement cingalais et l'organisation des Tamouls. Il nous entraîne un peu partout sur le territoire de ce pays. Il y a de la mitraille : vidéo (19:08), faut pas avoir froid aux yeux pour couvrir un événement du genre. Personnellement, j'adore mon métier de journaliste, mais je ferais pas ce job-là.

  Ce livre fera ciller bien des yeux, des citoyens découvriront qu'eux aussi ont été ou sont encore des cibles - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Dans la partie de ce récit où je traite de mo n enquête à Montréal, je souligne la difficulté de prouver ce que j'avance. La problématique demeure la même en milieu rural. Au départ, tout semble correct mais au fur et à mesure que semaines et mois s'écoulent, vous percevez des choses : espace public désert, climat imprégné de gravité ambiante, stéréotypes, etc.

C'est comme entrer dans une maison, que je donne à titre de comparaison, et découvrir que les enfants ne sont pas conquérants mais soumis. Nul besoin d'être témoin de la sévérité des parents pour savoir ce qui s'y passe. Parce que la discipline parentale, justement, a laissé ses empreintes indélébiles sur leurs comportements.

Explicitons le cas des enfants et ados de Lac Bouchette. Graduellement, la police de l'ombre et du silence, et ses collabos, sensibilisera subliminalement leurs parents du danger potentiel d'être heurté par un véhicule : la densité du trafic de la rue Principale, on le comprendra, n'a absolument rien à avoir avec celle de la rue Ste-Catherine, à Montréal.

On citera au passage le cas d'un enfant qui, la veille encore, a bien failli être blessé par une voiture. Ce qui peut être vrai, comme ce peut ne pas l'être non plus. Il est de la nature même de la prévention de faire dans la démesure, même de mentir... On amplifiera le danger potentiel pour les en convaincre.

Puis le soir, quand le soleil se couche, des ados peuvent être tentés de faire des mauvais coups, incités à fumer de la marijuana et, qui sait? Peut-être même agressés par des pédophiles. Cela dit nonchalamment, et répété à chaque occasion.

Si l'avertissement sous-entendu ne suffit pas, on utilisera d'autres tactiques clandestines qui sauront bien atteindre le but visé. Les sortir de l'espace public, eux aussi, sans que personne ne se doute une fraction de seconde que civils et collabos sont derrière ça. Ni vu, ni connu. C'est ainsi que le maître mot prévention est perverti et devient panzer.

Dans ces pages, je traite seulement de la circulation à pied et à vélo : je n'ai jamais rencontré un cycliste dans la forêt, ni un piéton! J'ignore tout à fait de quelle façon civils et collabos opèrent à l'endroit de ceux se déplaçant au volant ou aux guidons de leur véhicule motorisé. Compte tenu du contexte, je suis convaincu que ce va-et-vient doit être circonscrit également.

Enfin, il serait prétentieux de ma part d'affirmer que j'étais la seule et unique cible de tous ces flics et collabos dont j'ai parlé dans ce récit. Ce livre fera ciller bien des yeux, des citoyens du village, ou d'ailleurs, découvriront qu'eux aussi ont été ou sont encore des cibles. (Suite demain)

■  Audry Côté : Lizotte avait des problèmes mais n'était pas violent - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Au journal l'Itinéraire, on n'en est pas moins troublé. «Manifestement, il y a une procédure pour le citoyen ordinaire et une autre pour les gens qui portent un titre ou un uniforme», dit la porte-parole Audry Côté, convaincue que les longs délais ont servi à enterrer de nombreuses preuves.

«Bien sûr, M. Lizotte avait des problèmes psychologiques et de toxicomanie qui le ramenaient souvent derrière les barreaux,reconnaît-elle. Il ne s'agissait cependant toujours que de petits délits. Il n'était pas violent (sic) et il avait beaucoup de talent. Lors de l'une de ses incarcérations, il avait même complété un baccalauréat en sociologie.»

De son côté, Hélène André, dont la sœur Danielle a été assassinée en 1991, ne s'étonne pas de la conclusion en queue de poisson de la mort de Lizotte. Plus bas, nous aborderons cette autre affaire, impliquant un informateur, qui serait l'auteur du crime, mais que la police aurait voulu protéger.

Utile de souligner qu'à la fin de janvier 2000, quelques semaines après que la mort de Lizotte ait été médiatisée, des élus membres de la Communauté urbaine de Montréal, alors "responsable" de la police sur son territoire, interrogés par les journalistes André Cédilot et Éric Trottier de La Presse, s'étaient permis des réflexions pour le moins étonnantes (André Cédilot et Éric Trottier --La Presse du 26 janvier 2000)

«Sur le plan opérationnel, c'est Québec qui supervise (la police de l'île de Montréal), leur avaient-ils révélé. Des bavures, il y en a eues dans le passé, et il y en aura d'autres. C'est inévitable. Il y a 4 150 policiers (sur l'île de Montréal), et la direction du service ne peut être en parfait contrôle de tout ce qui se passe». S'en dégage l'absence de volonté politique des élus à prendre le taureau par les cornes.

Citons ce passage approprié du rapport de la Commission Poitras. S'il est une chose qui peut frapper l'observateur, écrivent ses auteurs, c'est bien le caractère universel et récurrent de la déviance policière un peu comme s'il s'agissait d'une caractéristique essentielle et inévitable du travail policier. «Il ne s'agit pas de sombrer dans le cynisme et d'accepter comme un fait inéluctable que tout pouvoir corrompt, pour, désabusé, baisser les bras et accepter l'inacceptable,fait-elle remarquer

«Ne serait-ce que par respect pour ceux et celles qui tentent de faire leur métier avec honnêteté, nous devons récuser d'emblée une approche qui, globalement, urbi et orbi, vouerait la police au mépris sans pouvoir offrir aucune alternative. Si la probité est un objectif difficile à maintenir, la lutte pour y parvenir mérite d'être signalée.» (Suite demain)

News du samedi 23 Avril 2011

  USA-Pennsylvanie – L'incident survenu le 19 avril, à Leroy, a incité des entreprises américaines à mettre un frein temporairement à la fracturation de gaz de schiste dans le sous-sol. Lors de l'explosion du puits de Chesapeake Energy, ce mardi 19, des milliers de litres d'eaux usées et mélangées de produits chimiques ont surgi à la surface et se sont répandues dans les environs. Selon l'entreprise, l'accident serait attribuable à une défaillance d'équipement. Celle-ci possède déjà un dossier lourd : 30 avis de violations aux règlements en 2011, 284 en 2008.

Opportun de rappeler, dans un autre contexte, cette déclaration de la ministre française de l'Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet : «Pour récupérer les gaz disséminés dans la roche, il faut injecter des produits extrêmement agressifs. Les paysages sont ravagés, l'eau polluée». (NDLR : Malheureusement, j'ai perdu l'adresse web de cette citation)

■  Les élections, que ce soit au Canada ou ailleurs, c'est pareil – Les candidats n'osent pas dire la vérité aux électeurs. Pourquoi, a-t-on demandé à l'ex-député européen Jean-Louis Bourlanges? «La peur de perdre, pardi! (...) Les hommes politiques nous roulent dans la farine». Celui-ci est président de la Fondation du Centre, un think tank, qui tente de grouper ensemble les centristes.

  La révolte arabe – Vue par 16 caricaturistes de 13 pays. Ça vaut le coup d'œil : sommet droite de l'écran, cliquez sur la flèche.

  Demain, qui gouvernera le monde ? - Titre d'un ouvrage que vient de publier aux Éditions Fayard, Jacques Attali, économiste et écrivain. Les crises économiques, financières, écologiques, sociales, politiques et le développement des activités illégales et criminelles d’aujourd’hui montrent l’urgence d’un gouvernement du monde. 

L’humanité comprendra alors qu’elle a tout à gagner à se rassembler autour d’un gouvernement démocratique du monde dépassant les intérêts des nations, y compris les plus puissantes, gérant le monde dans sa totalité, dans le temps et dans l’espace : vidéo (12:51) + les édition Fayard.

  Des photos inhabituelles - Une idée de Ben Heine, dessinateur et photographe + son site.

  Confirmation de ce dont je suis convaincu : le confinement illégal à domicile des citoyens de Lac Bouchette - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Dans un feuillet d'information de l'Hôtel de Ville de Lac Bouchette distribué aux citoyens par Poste Canada, au printemps 2001, on invitait les jeunes à faire preuve de prudence et à bien s'amuser. Dans le journal D'un Lac à l'autre aussi du reste. Dans les semaines suivantes, les rares jeunes qui s'étaient aventurés dans la rue avaient peu à peu disparu, comme par magie.

Dans un feuillet similaire, posté l'année suivante, on peut notamment lire : «Hé les jeunes, prudence dans la rue! N'oubliez pas que les automobiles ont priorité. Beaucoup font du patin, de la planche à roulettes ou de la trottinette dans les rues sans se soucier de la circulation automobile, y lit-on encore. Ce n'est pas aux autos de se tasser mais bien vous! Merci et amusez-vous bien!», conclut son auteur.

Décodons le message de la municipalité. Sont-ils «beaucoup»? Non, on peut même les compter sur les doigts d'une seule main. Et lorsque on les y voit, c'est généralement après le souper, pendant une heure ou deux, et encore, pas souvent. Dans la liste énumérée, notons une absence significative : on a omis le vélo...

À la fin du paragraphe, l'invitation «amusez-vous bien!» est trompeuse. Sans affirmer que l'auteur de ces feuillets, ou la municipalité, agit en totale "osmose" avec la police et ses collabos, le fait demeure que les jeunes, à l'image des adultes du reste, sont absents de l'espace public. Au printemps 2003, j'ai entendu un commentaire qui m'en disait long...

D'abord le contexte. À l'hiver 2002-2003, je n'ai pas fait de randonnées à vélo. Je voulais éviter de revivre les engelures de l'hiver précédent. Alors, je l'enfourchais seulement pour aller faire une petite épicerie, une ou deux fois par mois, quand il faisait doux. Je pouvais m'y réchauffer, et revenir chez moi sans problème. Un aller-retour d'environ trois kilomètres.

À l'occasion, il m'arrivait de voir un ou deux piétons, pas plus, la plupart du temps des flics en civil et des collabos. J'ignore s'il y en avait lorsqu'il faisait froid. Cet hiver-là, la température oscillant assez souvent entre -20 et -40 Celsius, je crois que les gens sortaient peu. Par conséquent, je ne peux pas vraiment témoigner de la présence citoyenne dans les rues cette saison-là.

Ma première vraie randonnée de l'hiver s'est déroulée le samedi 15 mars 2003. Le soleil brille, le thermomètre indique près de 10 degrés au-dessus de zéro. Je fais la rue Principale sur toute sa longueur et, en revenant, m'arrête à l'épicerie. Lorsque j'en sors, je croise une collabo, qui me salue. Pendant que je place mes trucs dans le panier du vélo, je la vois en ressortir et entends peu après...

«Les gens ont été enfermés tout l'hiver, c'est normal (qu'ils sortent de leur domicile, le beau temps venu)». Me retourne, c'est elle qui vient de parler. La vitre de sa portière est baissée, une femme dans la trentaine, debout près de l'auto, est légèrement penchée vers elle, semble argumenter : «Ben voyons donc, c'est normal!» lui rétorque-t-elle le ton un peu irrité.

J'en déduis que la jeune femme, que je ne connais pas -- une civile de la Sûreté du Québec? --, lui a signalé la présence de piétons et de véhicules sur le rue Principale. Pourtant, sur cette artère de près de trois kilomètres, j'ai vu trois femmes à pied, dont deux collabos, et environ six véhicules, certains conduits par des civils. Première fois que j'ai la confirmation de ce dont je suis convaincu : le confinement illégal à domicile des citoyens. Son commentaire vaut son pesant d'or parce qu'il vient d'une collabo à tout crin. (Suite demain)

  Déclaration de l'ex-policier Sévigny dans l'affaire Lizotte : Combien de décès de ce genre passent complètement inaperçus ? - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Commentaire d'Audrey Côté, agente de projets à l'Itinéraire, un mensuel produit par des itinérants auquel collaborait la victime : «C'est certain que si M. Lizotte avait été un homme en veston-habit-cravate, il aurait sûrement reçu un traitement différent et eu droit à une réaction plus pacifique de la part de M. Stante.»

D'après elle, son acquittement sème l'inquiétude parmi la communauté itinérante, car il cautionne l'usage de la force contre les sans-abri. «Un policier qui estime avoir fait son devoir en frappant un itinérant, il y a lieu de se poser des questions sur le code de déontologie, de se demander si les policiers sont au-dessus du Code criminel.», dit-elle.

Notons aussi la réaction d'un lecteur de La Presse, Daniel Gibeault (Daniel Gibeault -- La Presse du 3 août 2002) : «(...) la police a encore gagné! Combien de temps cela va-t-il prendre pour qu'on comprenne que le système de justice est pourri et que les corps de police peuvent faire ce qu'ils veulent sans que personne puisse faire quoi que ce soit? (...) moi je pense que la société dans laquelle nous vivons va progressivement perdre le droit à la parole et que, dans pas très longtemps, nos enfants vont vivre dans la peur et le doute.»

En septembre 2002, l'avocat de la Couronne Michel Breton, à la suggestion d'un comité d'appel provincial, précise-t-on, décide de ne pas contester l'acquittement du policier Stante. (Marcel Laroche -- La Presse du 18 septembre 2002) Et, conséquent dans sa décision, dépose devant le juge Gilles Hébert, de la Cour supérieure, une ordonnance d'arrêt du processus dans la cause du portier Deschâtelets. Le ministère public s'accorde cependant un délai d'un an. A l'échéance, si aucun élément nouveau n'est porté à son attention, le dossier sera définitivement classé.

Bien sûr, là encore, un certain mécontentement s'ensuit. Dès le lendemain, la journaliste Louise Leduc de La Presse écrit (Louise Leduc -- La Presse du 19 septembre 2002) : Finie, l'affaire Lizotte ; libéré de toute accusation, le portier Steve Deschâtelet ; acquitté, l'agent Giovanni Stante. Pour ceux qui se sont battus pour que justice soit faite dans ce dossier, voilà une autre preuve du manque total de transparence des forces de l'ordre dès que l'un de leurs représentants est personnellement impliqué.

Un ex-policier et ex-conseiller municipal, Marcel Sévigny, soulève un point donnant froid dans le dos : «C'est là une bavure monumentale! (...) combien de décès de ce genre passent complètement inaperçus? (...) Il faut se poser de sérieuses questions sur le service de police et sur l'opacité de son fonctionnement. Ce cas illustre une fois de plus la nécessité d'un comité de surveillance indépendant qui ne soit à la solde ni de policiers ni d'élus municipaux.» (Suite demain)

News du vendredi 22 Avril 2011

  25 ans plus tard : Tchernobyl est loin d'être une histoire du passé – Dès les premières heures de la catastrophe, le médecin biélorusse Youri Bandajevsky s'est installé à Gomel, à 130 kilomètres au nord de la centrale nucléaire, où il a fondé et dirigé un institut de recherche.

Pendant 9 ans, il a formé des centaines de médecins qualifiés pour exercer dans des zones contaminées. Les recherches du professeur portent notamment sur la corrélation entre le taux de césium 137 et des effets directs des contaminations chroniques chez les enfants : entrevue vidéo (23:18), un autre regard que celui des lobbyistes de l'industrie privée du nucléaire + son parcours professionnel.

  Gouvernement du Québec : un ex-député libéral accuse Charest – Jean-Claude Gobé relate que le premier ministre Jean Charest l'a poussé vers la porte de sortie en 2003 afin de céder son comté à Tony Tomassi. Il voulait ainsi satisfaire les attentes d'un des grands collecteurs d'argent du parti libéral, le père de Tomassi, qui exerçait des pressions pour que son fils devienne député : article.

PS : Fin 2010 et début 2011, une pétition était lancée sur le site de l'Assemblée nationale du Québec. On y demandait la démission de Charest. Alléguait notamment son refus d'accéder à la demande populaire de mettre sur pied une commission d'enquête publique sur les liens étroits entre le financement des partis politiques et l'octroi des contrats gouvernementaux. À la même époque, une vidéo (02:01) humoristique impliquant Charest circulait sur le web.

  Le Japon d'avant – Nous sommes au début de l'année 2011 : vidéo (47:36), sous-titrée en français. Des jeunes tentent de sortir du moule traditionnel de dévouement à l'entreprise, la réussite, la fondation d'une famille, l'achat d'une maison. Probable qu'ils veulent bien de tout cela mais dans un autre cadre. Ce changement s'est amorcé vers le milieu des années 1980.

Cependant, il y a un prix à payer pour cette liberté : précarité et cumule des emplois, le cas de ceux n'ayant aucune formation. Ils sont devenus des travailleurs jetables après usage. D'autres, perçoivent cette situation comme un énorme potentiel comparativement à ceux qui ont un travail et une vie standard.

  Pétition pour l'indépendance de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) – Brièvement le contexte est le suivant. Michel Fernex, alors qu'il était employé à l'OMS, organisme relevant de l'ONU, avait constaté l'absence de celle-ci lors de l'explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl.

Après enquête, il avait découvert que l'OMS ne pouvait pas intervenir parce qu'elle était liée légalement avec l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA), dont le but reconnu est la promotion commerciale de l'atome civil. Une agence qui relève de plus du Conseil de sécurité de l'ONU, ce qui la place en position hiérarchique dominante à l'égard de l'OMS.

Dans un document de 10 pages intitulé "Le catastrophe de Tchernobyl et la santé", Fernex, aujourd'hui prof à la Faculté de médecine de l'Université de Bâle, en Suisse, relate cette percée d'un groupe de pression au sein de l'ONU + delà la pétition pour l'indépendance de l'OMS.

Le Japon, qui compte sur son territoire une cinquantaine de centrales nucléaires, a réussi à placer, à des époques différentes, deux de ses pions à des postes ultra stratégiques : photo du Japonais Hiroshi Nalajima, ex-directeur général de l'OMS, de 1988 à1998 ; et le Japonais Yukiya Amano actuellement directeur général de l'AIEA.

  Lac Bouchette : comment une petite foule de marcheurs a graduellement disparue et que les rues sont redevenues désertes - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Il est clair que la présence du vélocipède que je suis constituait un mauvais exemple pour les citoyens du village de Lac Bouchette. Car, dès la fin de l'été 2000, elle avait donné l'idée à deux d'entre eux de pratiquer aussi ce sport de plein air, de temps à autre, et leur nombre risquait peut-être d'augmenter.

Parallèlement, je remarquais aussi qu'il y avait quelques piétons, des adultes, qui prenaient des marches de santé lorsque la température s'y prêtait, sur la Route de l'Ermitage, dans le secteur des Lacs Bouchette et Ouiatchouan, se rendaient parfois jusqu'à l'Ermitage et au Centre Vacances Nature. Peut-être y circulaient-ils les années précédentes, ne saurais l'affirmer, ayant emménagé dans le village à l'été 1999. Cependant à la lumière de tout ce précède et suit, j'en doute fortement.

À l'automne 2000 et à l'hiver 2000-2001, bien que j'étais redevenu le seul à faire du vélo, je croisais de plus en plus de piétons dans ce secteur, la fin d'semaine, dans les premières heures de l'après-midi, quand le soleil brillait de tout son éclat et que le temps était doux. La Route de l'Ermitage était leur lieu préféré. Il commençait à y avoir un peu de monde.

Ce n'était pas la foule, mais on constatait un va-et-vient évident. Certains m'interpellaient pour causer un brin, parfois c'était moi qui les abordais. Des marcheurs étaient infiltrés, me contentais de le constater sans les en informer, m'en suis du reste toujours abstenu. D'autres, qui ne l'étaient pas, saluaient des flics et des collabos, sans se douter de leur double identité.

Au printemps 2001, quand le beau temps a fait son apparition et que les feuilles des arbres ont commencé à bourgeonner, j'ai compté une couple de cyclistes de plus que l'année d'avant, dont un vieux monsieur. Mais ne les y voyais que de temps à autre, et encore pas tous le même jour. Déjà, à ce moment-là, les marcheurs étaient devenus plus nombreux dans ce secteur. Au fur et à mesure que l'été avançait, le nombre croissait, particulièrement le soir après le souper. J'en voyais régulièrement, même l'après-midi.

Puis, à l'automne, suis redevenu le seul cycliste de la place, alors que quelques marcheurs persistaient encore. À l'hiver 2001-2002, ces derniers avaient complètement disparu du paysage, incluant des moines de l'Ermitage St-Antoine que je rencontrais pratiquement à chacune de mes randonnées. À deux d'entre eux, j'avais souligné la présence de civils, l'un m'avait dit : «Nous, on veut pas se mêler de ça.» L'autre m'avait lancé, crié même, le ton hargneux : «C'est des chiens!» J'en avait été estomaqué! Ne les y ai plus revus par la suite.

Printemps, été et automne 2003, ce sera le désert, des rues vides à perte de vue. Seuls quelques véhicules et piétons circuleront, la plupart du temps des civils et des chemises noires de leur escouade. Ils avaient fort probablement incité ces citoyens à rester à leur domicile, selon les tactiques usuelles : petites remarques anodines, sous-entendus, réitérés à chaque fois, et autant de fois que nécessaires. Civils et collabos savent très bien qu'ils finissent toujours par les avoir à l'usure. La fin du début d'osmose. (Suite demain)

  Deux procès distincts pour la même cause au lieu d'un procès commun pour une aventure commune - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Finalement, en avril 2000, des accusations d'homicide involontaire, de voies de faits graves et de lésions corporelles sont déposées contre le policier Giovanni Stante, 34 ans, et Steve Deschatelets, portier au Shed Café lors des événements. (Christiane Desjardins et Éric Trottier -- La Presse du 27 avril et 13 mai 2000) Ainsi en décide le juge François Doyon de la Cour du Québec à l'issue d'une pré enquête à huis clos où il a entendu une quinzaine de témoins. Le policier Stante est suspendu sans traitement.

Le procès démarre au début de mai 2002, au palais de justice de Montréal. Bien que les deux accusés soient impliqués dans le même événement, ils auront droit à un procès séparé. Deschatelets, subira le sien à une date ultérieure, à l'automne 2002, annonce-t-on. Pourquoi? La loi l'autorise, déclare-t-on, mais la décision appartient à l'avocat de la Couronne, s'il s'avère que la justice sera mieux servie par deux procès plutôt qu'un seul. Belle rhétorique ne répondant pas à la question du pourquoi.

Le portier Deschatelets pourrait apporter un autre éclairage que celui de son coaccusé, le policier Stante. Craint-on qu'il l'incrimine et implique aussi son collègue policier contre lequel aucune accusation n'a été portée? Deux poids, deux mesures?

Rappelons que lors du mégaprocès des Hell's Angels plusieurs se plaignaient de sa lourdeur : preuve titanesque, 17 accusés, 4 chefs d'accusations chacun, 68 verdicts à rendre. Me André Vincent, procureur en chef de la Couronne à Montréal, n'estimait pas moins que la règle de droit au Canada est qu'il doit y avoir procès commun... pour une aventure commune. (Christiane Desjardins -- La Presse du 10 août 2002)

Ce mois de mai-là, donc, se tient celui du policier Stante, devant jury et présidé par la juge Claire Barette-Joncas, de la Cour supérieure. (La Presse du 30 avril 2002) Le 1er août 2002, il est acquitté de toutes les accusations portées contre lui. L'avocat de la Couronne, Michel Breton, qui ne semble pas surpris du verdict, se donne ensuite quelques temps pour décider s'il en appellera ou non.

Stante, qui doit dans les mois suivants comparaître devant le Comité de déontologie, retourne au travail, est affecté en attendant à des tâches administratives : on ne connaît pas la suite déontologique. Les réactions ne traînent pas. On parle d'une justice à deux vitesses.

Manseau du MAJ souligne un fait : l'avocat du policier a fait appel à une expertise extérieure pour justifier l'utilisation des coups de poing comme moyens de maîtriser quelqu'un, mais l'avocat de la Couronne, lui, n'a pas présenté de contre-expertise. (Sébastien Rodrigue -- La Presse du 3 août 2002) «Ç'a laissé la porte ouverte à la défense d'amener un expert des États-Unis qui a dit qu'il (le policier Stante) a agi dans les règles de l'art et c'était l'acquittement automatique».

Manseau dénonce aussi le temps écoulé avant les mises en accusation (environ sept mois), estime que la procédure des enquêtes sur des policiers devrait être changée. Il craint surtout que l'acquittement de Stante n'alimente le sentiment d'impunité parmi une minorité de policiers.

(NDLR : Pourquoi l'avoir frappé alors qu'un portier, d'après le témoignage de Jean-Maxime Leroux à La Presse, l'avait maîtrisé, lui tenait les mains derrière le dos? D'autant que Lizotte ne menaçait personne?) (Suite demain)

News du jeudi 21 Avril 2011

  Greenpeace Canada – La réfection de la centrale nucléaire de Gentilly-2, au Québec, coûterait au moins deux milliards de dollars. Elle fournit seulement 2% de la production électrique d'Hydro-Québec, qui en a déjà des surplus jusqu'en 2023. Les énergies renouvelables sont une alternative propre, sécuritaire et abordable. C'est le moment pour le Québec de sortir du nucléaire! Cela étant, Greenpeace Canada demande au premier ministre québécois Jean Charest de miser sur les énergies propres : vidéo (01:00) + site de l'organisme + page de la pétition : jusqu'à ce jour, 7 430 signatures.

  BP, Golfe du Mexique – Si on en parle plus depuis environ un an, c'est pas parce qu'il n'y plus rien à dire, bien au contraire. Tout n'est pas encore revenu à la normale, des citoyens de la Louisiane du Sud ont pas retrouvé la joie de vivre et l'économie est pas en bonne santé, surtout dans l'industrie de la pêche : vidéo reportage (09:26) + comment y vivait-on avant BP et l'Ouragan Katrina? Dans la partie Sud de l'État, partout ou vous regardez il y a de l'eau : rivières, bayous, marécages, Mississippi, Golfe du Mexique : vidéo (1 heure).

  Canada-campagne électorale – Une jeune femme du Québec, qui n'a pas froid aux yeux, s'adresse directement à Stephen Harper, qui espère renouveler son mandat à titre de premier ministre : vidéo (07:12).

  La Sûreté du Québec tente encore de m'empêcher de circuler à vélo en utilisant des tactiques dangereuses - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Ce même mois de juin 2003, ma situation se dégrade. La Sûreté du Québec sait que la rédaction de ce livre achève, et ses manœuvres deviennent particulièrement dangereuses. Le scénario se déroule rue Principale, à Lac Bouchette.

Sur ma gauche, le conducteur d'une automobile, stationnée devant la Caisse populaire, se met en marche et accélère subitement, effectue un virage rapide de 90 degrés à droite, traverse la rue, me coupe le chemin de sept ou huit pieds et va se parquer devant la clinique médicale, située à l'arrière de deux maisons. Tout se passe très vite. En face de moi, je remarque qu'une automobile s'en vient, mais elle est encore loin et roule si lentement que j'ai l'impression qu'elle va s'immobiliser. La manoeuvre n'était vraiment pas justifiée.

L'équivalent d'une cascade, c'est plus que suspecte. Je rebrousse chemin, emprunte l'une des entrées résidentielles. Surprise, deux femmes dans la cinquantaine, obèses, en descendent. Me dirige vers elles, toutes deux penchent la tête, puis j'entends dans mon dos l'une dire à l'autre : «J'ai manqué de le frapper.»

Ce même après-midi, sur la route de l'Écluse, alors que je progresse en direction du village, je vois venir au loin, dans un secteur où le terrain est plat et la route bordée de champs, une petite voiture noire. Son conducteur roule à vive allure. Dans une courbe, il déborde sur une partie de la voie inverse et, sans redresser son bolide, il arrive sur moi en me gratifiant au passage d'un petit coup de volant dans ma direction, mais sans conséquence.

Monsieur a le crâne rasé frais, son coco est blanc et non bronzé, et porte en plus de grosses lunettes opaques lui cachant une partie du visage. Je le reconnais, sais même où il habite. Suivent, à quelques minutes d'intervalle, deux autres véhicules. Dans l'un, un homme joue du poing droit et du torse comme s'il accompagnait le rythme d'une chanson. Dans l'autre, une femme me salue, de cette main levée typique de l'arrêt stop. Sur la 155, un véhicule tirant une roulotte me frôle de près.

Comme pas hasard, ce même mois de juin, Hugues Létourneau, policier de la Sûreté du Québec, traite notamment des dangers de la bicyclette, dans sa chronique du journal communautaire D'un Lac à l'autre, destiné exclusivement aux citoyens du village.

Il aborde le sujet en ces termes : «Saviez-vous que dans 60% des accidents impliquant une automobile et un cycliste, c'est le cycliste qui est responsable?» Il enchaîne en indiquant les précautions à prendre... S'il m'arrivait de quoi, des citoyens diraient que j'ai fait parti du... 60%. Je m'interroge aussi : pourquoi cette mise en garde alors que je suis le seul à y faire du vélo?

Lundi le 23 juin... Au milieu d'une grande côte du Chemin de la Montagne, la roue arrière s'enlise dans le gravier mou, je mets le pied à terre pour ne pas tomber avec le vélo. Une vieille voiture surgit dans le bas. J'entends qu'elle passe pour poursuivre ma montée. Son conducteur s'arrête un bref instant pour me lancer : «Je te souhaite un bon voyage!», et repart aussitôt, les mains sur le dessus du volant.

Oups! Il porte des gants de laine... rouge vif. Ce n'est vraiment pas la saison. Pas contre, cette couleur me transmet toujours le même message, celle du sang. Je n'en poursuis pas moins ma route, ma caméra à portée de la main, sait-on jamais... Par la suite, je circulerai de moins en moins souvent à vélo. À l'automne, je le rangerai définitivement. Trop risqué! De toute façon, mon enquête est terminée. (Suite demain)

  Étrange saisie d'alcool après que la LNQ ait demandé la tête du dg Sarrazin de la police de Montréal - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Suivons la suite de l'histoire. Yves Manseau, du Mouvement Action Justice (MAJ), organisme voué à la défense de citoyens victimes d'abus policiers, réclame une enquête indépendante sur la mort de Lizotte et ce qu'il croit être des «tentatives de camouflage» de la police. «Les enquêtes publiques, on en a un peu soupé. Il faut, cette fois-ci, chercher des coupables. Parce que la première cause de la brutalité policière, c'est le sentiment d'impunité des policiers.»

Le MAJ dépose trois plaintes en déontologie. Manseau : «Nous croyons qu'il est important que le ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard, dise à la population qu'il connaissait la situation depuis longtemps (sic) et qu'il avait parfaitement conscience de la gravité de cette affaire.»

Peu après, il en dépose une quatrième, cette fois la cible est le dg de ce corps policier : «Michel Sarrazin n'a pas fait son travail correctement : il a avisé le ministre de la Sécurité publique un mois après avoir appris la mort de M. Lizotte, alors qu'il devait le faire dans l'heure qui suit.»

Manseau doute que Sarrazin, le dg de la police de Montréal, n'en ait pas eu vent dès le début. Dans cette autre saga policière, le MAJ est notamment supporté dans sa démarche par Dan Philip, président de la Ligue des Noirs du Québec (LNQ). On ignore ce qu'il est advenu de ces plaintes.

Le 30 décembre 1999, l'avant-veille du jour l'An 2000, le dg Sarrazin annonce, au cours d'un point de presse, la tenue d'une enquête sur les faits et gestes de quatre cadres policiers en service lors de l'arrestation brutale de Lizotte. Annonce aussi que les deux policiers qui ont arrêté la victime, le 5 septembre précédent, ont été affectés à des tâches administratives. Cependant, il refuse de dévoiler leur nom. (André Noël -- La Presse du 31 décembre 1999)

Manseau se dit choqué de le voir convoquer la presse à la dernière minute, en cette avant-veille du jour de l'An, pour traiter de cette importante affaire : «Il ne voulait pas de réactions. Mais des réactions, il y en a. Nous demandons sa démission.»

Philip renchérit : «Il est le chef de police : il est responsable de ce qui se passe dans son service. Qu'est-ce que cette histoire selon laquelle il n'était pas au courant? C'est comme si un capitaine annonçait qu'il ne sait pas où se trouve son navire. Dans un tel cas, il faut changer de capitaine. Sinon, ce n'est pas rassurant.»

Survient ensuite, environ trois semaines après, un événement dont on ne peut pas ne pas tenir compte : la police de l'île de Montréal saisit de la bière et de l'alcool... au local de la LNQ, qu'occupe son président... Philip. (Éric Trottier -- La Presse du 20 janvier 2000)

Le journaliste Éric Trottier de La Presse rapporte qu'une voisine, dont la police n'a pas dévoilé l'identité, se serait plainte d'un va-et-vient inhabituel au local où, selon elle, on en vendait les vendredis soirs. D'après le commandant du Service des relations publiques de la police, André Durocher, l'organisme opérait sans permis, et la plainte avait été faite le 17 mai de l'année précédente à la Régie des alcools, des courses et des jeux.

La saisie ayant été effectuée à la mi-janvier 2000, pourquoi la police a-t-elle attendu, avant de procéder, plus ou moins 8 mois après le dépôt de la plainte? Réponse de Durocher : celle-ci n'a été transmise à la police qu'en juillet 1999, l'enquêteur affecté au dossier a été muté à un autre poste et son remplaçant a amorcé son enquête le 15 octobre 1999. (NDLR : Coïncidence, la veille du décès de Lizotte)

Philip avoue que les membres de la LNQ prennent une bière, à l'occasion, à la fin de leurs réunions. «C'est du harcèlement pur et simple, destiné à me discréditer parce que j'ai récemment demandé la tête de M. Sarrazin, explique-t-il au journaliste Trottier. (...) J'estime que M. Sarrazin n'a plus la confiance du public pour diriger le corps de police. Et leur saisie à la Ligue des Noirs ne m'intimidera pas. Nous allons poursuivre nos pressions. Les policiers font à leur tête depuis beaucoup trop longtemps...» (Suite demain)

News du mercredi 20 Avril 2011

  France : gaz de schiste une erreur d'avoir donné des autorisations - Citation d'aujourd'hui de la Ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. Elle souhaite l'annulation de ces permis : vidéo (00:54) + hier, explosion en Pennsylvanie dans un puis de gaz de schiste lors d'une opération de fracturation hydraulique de la roche.

  Ban Ki-moon, secrétaire de l'ONU-Centrales nucléaires : «Il est probable que d'autres accidents vont se produire» - Le démontre celui de Fukushima Daiichi, a-t-il dit lors de son passage aujourd'hui à Tchernobyl, en Ukraine. La catastrophe de Tchernobyl s'est produite le 26 avril 1986.

Il s'agit du premier accident classé au niveau 7 sur l'échelle internationale des événements nucléaires (INES). Le deuxième, la catastrophe de Fukushima, accident classé niveau 7 le 12 avril 2011, considéré comme le plus grave accident nucléaire répertorié jusqu'à présent, précise Ki-moon.

«Avec le nombre de centrales nucléaires qui devrait augmenter de manière substantielle dans les décennies à venir, notre vulnérabilité ne fera qu'augmenter. (...) Nous devons nous demander : avons-nous calculé correctement les risques et les coûts de l'énergie nucléaire? Faisons-nous tout ce que nous pouvons pour protéger la population du monde?»

Il encourage la communauté internationale à réfléchir aux moyens de renforcer la sûreté nucléaire. «Nous avons besoin de critères internationaux pour la construction, d'un accord sur les garanties en matière de sûreté publique, d'une complète transparence et d'un échange d'informations entre les nations». Il réclame un débat global sur l'avenir de l'énergie nucléaire.

PS : Combien de temps va-t-il s'écouler avant la tenue de ce débat global? En ce moment, il existe aucune règle mondiale contraignante. Aucune! Un dossier à suivre de très près. La santé est l'enjeu, il est de la responsabilité de la population d'intervenir régulièrement. Point de départ : transparence intégrale et son droit de réclamer un référendum. Le premier ministre québécois Jean Charest et celui du Canada, Stephen Harper, ne doivent pas décider à sa place.

  La Sûreté du Québec poursuit ses sabotages - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Autres faits. Je suis parfois tenaillé par cette petite peur qui me fait craindre qu'on endommage ou me vole les disquettes que je porte sur moi. Alors, depuis l'acquisition de mon premier IBM compatible, en février 2001, je laisse mes fichiers sur le disque dur lorsque je quitte mon domicile. J'utilise des codes complexes pour avoir accès au logiciel système de l'ordi et à chacun des fichiers, ce qui était impossible sur mon vieux MacIntosh.

Par la suite, j'ai remarqué, à quelques occasions, des différences dans le nombre de kilos octets (ko) de certains des quatre fichiers de ce livre, tel qu'affiché dans Explorateur Windows. J'ai donc pris l'habitude de tenir un journal des ko de chaque fichiers, de les y actualiser après chaque séance de travail. Le 23 juin 2003, je constate que ma banque de données a dégringolé de 3113 ko à... 2273, une perte de 840. Cela a été fait pendant mon absence.

Dans le fichier du livre, des phrases ont également disparu, alors que des formulations ont été trafiquées, voyons un aperçu de la liste : hell's Angels devient hell's Prêtres, hell's propagande,hell's finalisant, hell's spécialiste ; clan Matticks, clan Mattoirs ; Gérard St-Jean de la police de l'île de Montréal, Gérard discours ; Sergent Poëti de la SQ, sergent Phtisie de la SQ ; Pierre Cadieux, ex-solliciteur général du Canada, Pierre Québec ;

Normandeau et Leighton deviennent substituts et Leighton, André substituts et Barry Leighton, surveillance et Leighton ; Vera Danyluk, présidente de la CUM, devient Vera de Lafontaine et Vera stops ; l'armée de citoyens mouchards, l'armée de apparemment ; Big Brother et Big Sister ont été trafiqués en prêtres Québec, prêtres Sister, à fait Brother et à fait filmer ; Big Sister devient Big à nez ; puritainement correct, santé correct ; quartier Centre-Sud, quartier Québec ; Lac Bouchette, Lac à côte, Lac Québec, Lac Prêtres, Lac criminologue et Lac chanteuse ;Lac St-Jean, Lac social ; etc.

Pour éviter d'autres sabotages, je ne laisse plus aucune trace du livre sur le disque dur quand je m'absente : en mai 2005, revenant d'un voyage à Roberval, je constaterai que tous les fichiers du livre, que j'avais pourtant jetés à la poubelle avant de partir, sont revenus dans Explorateur Windows. (Suite demain)

  Mort de Lizotte : des silences inquiétants - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Car il y a effectivement ce deuxième volet du drame... Huit décembre, la police de l'île de Montréal informe les médias de l'affaire Lizotte plus ou moins... 94 jours après les faits : arrestation et hospitalisation le 5 septembre (qui durera 41 jours), décès le 16 octobre et médiatisation le 8 décembre (médiatisation 53 jours après le décès).

Dans cette histoire, la multiplication de dates de-ci et de-ça a de quoi embrouiller bien des esprits. Pas aisé non plus d'identifier qui jouent à la cache-cache et qui n'en jouent pas. Citons les faits tels que rapportés par La Presse.

Cinq septembre 1999, Lizotte est frappé par les deux policiers, et hospitalisé. Selon Michel Sarrazin, le dg du corps policier, on l'en informe plusieurs jours après. Il demande alors une enquête interne afin de savoir ce qui s'est passé et pourquoi on ne le lui a pas dit plus tôt. Au cours de celle-ci, Jean-Maxime Leroux, témoin de l'échauffourée, n'est pas interrogé, même s'il a dénoncé ce cas de brutalité dans une lettre publiée dans Le Devoir du 17 septembre, 12 jours après l'agression.

Quatre octobre, Sarrazin remet le rapport de son enquête interne au substitut du procureur général. Seize octobre, Lizotte décède après 41 jours d'hospitalisation. Sarrazin soutient ne l'avoir appris que deux jours après, le 18, mais il en aurait avisé le ministre Ménard un mois plus tard : difficile de croire que Sarrazin ait caché un cadavre dans son placard aussi longtemps. Par la suite, la Sûreté du Québec prend l'enquête en main.

Des silences de deux instances politiques qui savaient mais qui se sont bien gardés d'en parler aux médias intriguent pour le moins. Vera Danyluk, présidente de la Communauté urbaine de Montréal (CUM), organisme de qui relevait la police, constituait l'une d'elles. Douze novembre, Danyluk, d'après La Presse, est mise au parfum. Pendant 25 jours, elle garde le silence : du 12 novembre (18 jours) au 8 décembre (7 jours).

Rappelons que la Sûreté du Québec avait amorcé son enquête aux alentours du 18 octobre précédent... Lorsqu'un événement grave survient, l'enquête est effectuée par un autre corps policiers que celui impliqué. Le dg Sarrazin le savait. A-t-il oublié d'en informer sa supérieure hiérarchique, Danyluk? Sinon, l'aurait-elle su en même temps que lui?

Dix-neuf novembre, le ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard, toujours d'après La Presse, est à son tour mis au courant. Pendant 18 jours il garde lui aussi le silence : du 19 novembre (11 jours) au 8 décembre (7 jours). Ici, l'information ne semble pas circuler là où elle devrait. Jean-Maxime Leroux avait dénoncée ce cas de brutalité policière dans Le Devoir du 17 septembre, 12 jours après l'événement. Probable que Ménard et son entourage n'aient pas lu sa lettre.

Le 4 octobre, le dg Sarrazin de la police de Montréal avait remis le rapport de son enquête interne au substitut du procureur général, un avocat de la Couronne. Probable que ce rapport n'ait pas été acheminé au bureau du ministre. Quelques jours après le décès de Lizotte, survenu le 16 octobre, la Sûreté du Québec, qui relève de Ménard, prenait l'enquête en main. Le dg Sarrazin en aurait informé le ministre qu'un mois plus tard. Et Danyluk l'aurait appris une semaine... avant lui. (Suite demain)

News du mardi 19 Avril 2011

  Fukushima-ONU : le moment venu de renforcer la sûreté nucléaire à un niveau maximal – Déclaration faite aujourd'hui par le secrétaire général Ban Ki-moon. Il y a 25 ans, rappelle-t-il, l'explosion à Tchernobyl a projeté un nuage radioactif au-dessus de l'Europe et une ombre à travers le monde. Actuellement, la tragédie à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima Daiichi se poursuit. Les conséquences sont catastrophiques et transnationales, elles doivent être débattues au niveau mondial.

Il propose plusieurs mesures : revue complète des critères actuels aux niveaux national et international ; formation du personnel, système d'assurance-qualité fiable, système de surveillance indépendant et davantage de transparence ; les centrales nucléaires doivent être prêtes à supporter tremblements de terre, tsunamis, incendies et inondations. Il estime qu'il faut renforcer aussi le soutien apporté à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), ajoutant que la Conférence ministérielle de juin prochain à Vienne servira d'important forum à cet égard.

  New York, Mantattan : a 90 square-foot microstudio – Lorsqu'on vit seul est-il vraiment nécessaire d'être propriétaire d'une maison, qui coûte les yeux de la tête? De grands espaces inoccupés, qu'il faut en plus entretenir régulièrement, passer l'aspirateur, laver les planchers, les murs, etc. Il y a d'autres choses dans la vie de bien plus intéressantes que ça, un exemple : vidéo (05:08).

  Japon-tsunami – Une nouvelle vidéo (05:29) commence à circuler sur le web. Au début, on voit au loin de la vapeur et de la poussière. Assez rapidement l'eau s'approche de celui tenant la caméra, et positionné sur une colline, s'approche, encore et encore. Des gens commencent à sortir de leur maison. Vers la fin ça devient terrifiant! L'eau est presque à nos pieds, les maisons passent devant nous. Durant la séquence on entend aucune alerte sonore. L'effet surprise est là.

  Yemen : la révolte des femmes voilées – Les manifs dans des rue se sont déroulées samedi et dimanche les 16 et 17 avril : "Nous ne resterons pas silencieuses". Elles protestaient contre cette déclaration "mixité illégale entre sexes" du président Saleh vendredi 15. Dès le lendemain, tout commençait : vidéo (01:32) + vidéo (00:12) + ville d'Aden, en arabe, photos + ville de Taez, en arabe, photos, dont le dessin de Che Guevara + site "woman from yemen", à explorer et visionner les nombreuses vidéos. Twitter est dans la colonne de gauche mais pas opérationnel. À suivre sur Aljazeera, colonne de droite de ma page d'accueil.

  La Sûreté du Québec me sème des embûches partout, ça n'arrête pas - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Jeudi deux octobre 2003... Il me faut installer une prise téléphonique près de mon nouvel ordi. Je rejoins un électricien de l'extérieur du village, qui me promet de passer dans l'après-midi, mais ne vient pas. En début de soirée, lui téléphone : il avait trop de travail.

On fixe un rendez-vous pour le lendemain. Il me fait encore faux bond, m'enquiers de ce qui arrive : un appel d'urgence, un gars dont le système électrique a flanché, qui risquait de perdre toutes les denrées de son congélateur. Comme il ne peut venir en fin d'semaine, ça ira, me dit-il, à la semaine suivante.

J'en contacte aussitôt un autre. Il est prêt à venir en soirée, lui donne mon adresse, avec quelques points de repaires, dont le passage à niveau, à l'entrée du village de Lac Bouchette. J'attends, j'attends.... il n'arrive toujours pas. Coup de fil : il n'a pas trouvé l'adresse, la lui redonne. «Ah! c'est à Lac Bouchette, je pensais que c'était la traverse à niveau de Chambord.» Pourtant, j'avais bien mentionné le nom du village. Il se fait un peu tard, ne peut venir chez moi en soirée, ni en fin d'semaine. Finalement, il ne viendra que le lundi suivant.

Plutôt risqué, naviguer sur le Web sans pare-feu... Pas grave, tous les fichiers de ce livre sont dans l'autre ordi qui, lui, n'y est pas branché. Enquêter, signifie allez au fond des choses, n'est-ce-pas?J'allume, et c'est parti mon "cookie". En l'espace d'une semaine la situation se détériore sur mon écran.

Des pubs non sollicitées arrivent de tout bord tout côté, une véritable avalanche, clique sur une pour la faire disparaître, en arrive deux, trois, quatre, cinq autres. Elles s'accumulent à un rythme incroyable. Certains sites Web installent leur cookie dans mon disque dur. Les bogues se multiplient, gèlent l'écran, à deux reprises l'ordi s'éteint et redémarre tout seul. L'ordi est déconfiguré, plus rien ne marche.

Contacte la demoiselle-sous-influence de la Sûreté du Québec, prends rendez-vous, lui signale qu'il va falloir recharger le logiciel système. Quand j'arrive à l'atelier, le technicien me traite à la dure. Il veut le reconfigurer, j'insiste pour qu'il recharge le logiciel système. Prétend que ce sera plus long, que nous sommes vendredi, qu'il doit rencontrer son fils en fin d'après-midi, et patati et patata!

Il argumente pesamment, est impatient, ses gestes sont brusques. S'il le recharge, il doute que ce soit prêt à la fin de son quart de travail, qu'il me faudra peut-être revenir lundi : comme les électriciens plus haut... Je ne vois pas où est le problème. Il est un peu plus de 13h, il a amplement le temps de faire le job.

Finalement, il condescend, à reculons, n'arrête pas de marmonner. Une heure et demi après, c'est fait. Tout ce théâtre n'était rien d'autre qu'une déstabilisation psychologique. La Sûreté du Québec m'accompagne dans tout ce que je fais, ne me lâche pas, comme mon ombre. (Suite demain)

  Deux policiers de Montréal passent à tabac un sans abri, hospitalisé, il meurt 41 jours plus tard - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Étalons sur le tapis un cas où pouvoir et police ont de toute évidence croisé les doigts en espérant que la population n'en sache rien. En octobre 1999, Jean-Pierre Lizotte, 45 ans, un sans-abri de Montréal, meurt des suites de blessures subies lors d'un passage à tabac par un portier de bar et deux policiers.

(François Berger, Rima Elkouri, Raymond Gervais, Isabelle Hachey, Marcel Laroche, Martin Pelchat, Martine Rioux et Éric Trottier -- La Presse des 11, 14, 16 et 18 décembre 1999 et du 17 février 2001)

La tragédie s'amorce le 5 septembre 1999, aux petites heures du matin, au Shed Café, boul. St-Laurent, à Montréal : parait-il que la victime se masturbait en public. Jean-Maxime Leroux, parmi d'autres témoins oculaires, y assiste : une dizaine de jour après, le 17 septembre, il relatera l'événement dans une lettre au quotidien Le Devoir.

Il voit le portier du bar frapper le clochard en pleine figure à deux reprises. Voit ensuite arriver deux policiers. Ils n'interrogent pas le portier, se dirigent sans hésitation vers Lizotte. Alors qu'un autre portier lui tient les mains derrière le dos, ils lui assènent plusieurs coups au visage. Le témoin Leroux : «L'itinérant est tombé. Les policiers ont continué à frapper. Les gens étaient vraiment choqués, ils se sont levés, ils criaient des insultes aux policiers. Il y avait beaucoup de sang par terre.»

Les policiers n'appellent pas l'ambulance, le traînent littéralement jusqu'à leur auto-patrouille. (NDLR : Probable qu'ils n'étaient pas conscients de son état) Lizotte est ensuite transporté à l'Hôtel-Dieu, puis transféré à l'hôpital Notre-Dame, à Montréal, où il décède le 16 octobre, après 41 jours d'hospitalisation.

Le coroner Jean-Noël Goupil, à l'issu de son enquête, en juin 2000, statuera que «Lizotte est décédé d'une broncho-pneumonie associée à des complications de ses lésions neurologiques au niveau de la moelle épinière.» (Presse canadienne -- La Presse du 25 juin 2000) D'après lui, les lésions sur cinq vertèbres cervicales ont empêché la victime de combattre la pneumonie. Sa conclusion : il s'agit bel et bien d'une mort violente.

Le corps de Lizotte est aussitôt... incinéré, rendant impossible une seconde autopsie, si jamais elle s'avérait utile, rapporte la Presse canadienne. Notons que son frère Léopold, seul héritier légal de la victime, intentera une poursuite en dommages intérêts de 750 000$ contre la Communauté urbaine de Montréal (CUM). Il reprochera notamment à la police d'avoir cherché à camoufler l'affaire durant trois mois. (Suite demain)

News du lundi 18 Avril 2011

  BD : 10 footballeurs, dont Ronaldo et Zidane, donnent un coup de pouce à l'ONU – Scénario de la BD (32 pages)... Ils sont en route pour un match de charité en faveur de l'organisme mais échouent sur une île déserte. Ils traversent des épreuves correspondant à ses huit objectifs du millénaire.

  Micro trottoir – Qu'est-ce qui vous énerve chez votre homme? Réponses : vidéo (00:59). Les hommes et le ménage à la maison : vidéo (00:40). Une femme : les hommes, je les consomme : vidéo (03:12).

  Haïti : Président Martelly : le gouvernement doit prendre les commandes de la reconstruction – Il fait remarquer que l'opinion de la population n'a pas toujours compté. Les projets sont choisis par la partie étrangère. Les ONG reçoivent plus d'argent que l'État, agissent comme elles le veulent dans n'importe quelle zone. L'État aurait pu au moins les superviser. Il dit être beaucoup moins pour l'argent que pour les résultats. «Cela va changer dès que nous seront installés».

Notons que le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a mis au point une stratégie relativement à la reconstruction afin d'atténuer l'impact des séismes sur l'île.

  Jesse Cook – Bogota by bus : vidéo (03:06).

  La fin du site "Google vidéo" – Si vous y avez des fichiers, on vous donne jusqu'au 13 mai qui vient pour les récupérer. Après cette date, tout sera supprimé. Bien entendu, Google conserve précieusement YouTube.

  Je piège l'employée du magasin sous influence de la Sûreté du Québec - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) L'employée, désormais enrôlée par la Sûreté du Québec, cherchait à en savoir davantage sur mon enquête journalistique. Parfois ses questions étaient bien ciblées, ainsi lorsque elle m'avait notamment demandé si j'avais déniché un éditeur. Moi, je ne voulais plus en parler, le lui ai même dit. Elle a alors modifié son approche.

En plus d'équipements, j'achetais aussi des livres. Un jour, ç'avait été celui du journaliste torontois Mitrovica sur le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS). (Andrew Mitrovica -- Entrées clandestines -- Éditions Trait d'Union) Un mois après, de retour dans son bureau, elle me demande si je l'ai lu, je rétorque ne pas vouloir faire de commentaires sur son contenu, offre cependant de le lui prêter, ce qu'elle accepte.

Début 2003, je décide de me procurer un exemplaire du Rapport de la Commission Poitras, publié en 1999 et portant sur des activités illégales de la Sûreté du Québec. Avant de passer la commande à l'employée-sous-influence, prévenant le coup au cas où la Sûreté du Québec chercherait à me mettre des bâtons dans les roues, je téléphone à Publications Québec, qui m'assure en avoir une centaine en stock. M'indique qu'il compte 5 volumes, au delà de 2 770 pages et deux CD, m'en indique le prix, 85$.

Ensuite, je demande à l'employée-sous-influence de me le faire venir. Une semaine après, coup de fil pour vérifier que tout est correct. Elle me dit avoir commandé seulement le petit volume contenant les recommandations. Pourtant, c'est le rapport au complet que je lui avais commandé, lui en avait même indiqué le nombre de pages et le prix. À ma demande, elle rectifie le tir.

Quelque temps après, je la piège. Pour accéder aux 2 CD du rapport, il faut le logiciel Acrobat Reader 3.01. Il est du reste disponible sur le CD numéro 1, suffit de cliquer sur l'icône ACROREAD. Jouant à celui ni connaissant rien en la matière, me plains de ne pas arriver à les visionner sur mon écran.

Lui refile le CD numéro 1, elle l'insère dans son ordi, m'informe que le logiciel Acrobat est nécessaire. Je penche la tête vers son écran, l'icône du logiciel est là. Mais n'en continue pas moins de feindre l'ignorance. Son coût est de 450$, mais je peux l'obtenir gratuitement via l'Internet, me dit-elle. Petit problème : je ne suis pas encore branché.

Ensuite, je monte à l'étage, consulter un technicien. Me dit qu'il serait étonné que le logiciel ne soit pas sur l'un des CD, dans un cas semblable, ça va de soi. Lui, il m'a donné l'heure juste. À partir de ce moment, l'employée-sous-influence cherchera peu à peu à prendre ses distances. De mon côté, n'ai pas l'intention de la lâcher. Car elle peut encore m'apprendre bien des choses...

La Sûreté du Québec cherche à freiner mes ardeurs journalistiques... Début septembre 2003, je commande, à la demoiselle-sous-influence, un ordi. Ça m'en fera deux, le nouveau me servira exclusivement à la navigation sur l'Internet. Seule façon de protéger efficacement les fichiers du livre d'une contamination virale. Commande aussi un logiciel pare-feu -- Norton Personnal Firewall 2004 --, verse un acompte de 900$.

À la fin du mois, je passe prendre livraison de l'équipement. Le pare-feu... n'est pas arrivé. Elle me dit que sa version française n'est pas encore disponible, ce qui demandera quelque temps. De retour chez moi, j'ai l'idée de contacter deux autres fournisseurs de logiciels. À ma courte surprise, ils en ont la version française. Je pourrais y aller avec le chauffeur-collabo, mais je dois penser aussi à économiser mes sous. (Suite demain)

  L'affaire Barnabé : autant d'instances décisionnelles ne facilitent pas la transparence - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le frère de la victime, Raymond Barnabé, qui a fait une longue carrière à la police de l'île de Montréal, crie à l'injustice : «Ce n'est pas surprenant. Dès le début, j'avais prédit que ça finirait en queue de poisson. Je le sais, c'est arrangé ces affaires-là».

Les commentaires du journaliste Yves Boisvert de La Presse jettent davantage de lumière sur cette tragédie. (Yves Boisvert -- La Presse du 24 août 2001) Il s'interroge sur l'acquittement d'Anderson. Comment réconcilier cela avec le fait que ses quatre collègues (Bergeron, Samson, Lapointe et Vadeboncoeur) ont eux-mêmes admis leur faute déontologique pour des gestes semblables?

Quant au lieutenant Pohu («syndiqué», précise-t-il entre parenthèse), il a laissé Barnabé en sang entrer en cellule, alors qu'il aurait dû être conduit immédiatement à l'hôpital. Il est même allé crier aux policiers dans la cellule : «Ça va faire!» Il avait donc remarqué quelque chose d'anormal, souligne le journaliste, mais le juge estime qu'il n'a commis aucune faute, sinon celle d'avoir incité un policier à modifier son rapport. «Il semble que d'avoir passé la nuit dans son bureau sans rien faire n'est pas une faute», écrit le journaliste.

«Jean-Pierre Auger, un haut gradé de la police, s'est rendu au poste, et n'a pas agi lui non plus. On dit qu'il n'a été témoin de rien, mais selon un ambulancier, il a crié "tabassez-le pas trop fort". Cela est évidemment contredit. Le juge Roy estime qu'il n'a jamais pris charge du poste et, lui non plus, ne pouvait rien faire pour empêcher le pire d'arriver. Qu'il n'avait pas suffisamment d'information pour s'inquiéter de Barnabé.

«Finalement, les pilotes étaient dans l'avion, mais pas aux commandes, on ne peut donc pas les blâmer, commente Boisvert. Devant une telle leçon d'irresponsabilité, permettez qu'on ne tourne pas la page immédiatement. On voudrait bien la tourner, la sacrée page, mais il se trouve toujours quelqu'un pour la déchirer.»

De fait, faudra ajouter d'autres pages parce que l'affaire n'est pas encore terminée... En mai 2004, la cause disciplinaire des policiers Anderson, Pohue et Auger se retrouvent devant un tribunal : après la Cour du Québec et la Cour supérieure, ce sera au tour de la Cour d'appel de se prononcer sur le dossier.

Anderson est le seul encore en selle, puisque les deux autres ont pris leur retraite depuis longtemps. (André Cédilot -- La Presse des 23 avril et 18 mai 2004) À moins d'un appel en Cour suprême, celui-ci devra purger ces 120 jours de suspension. De plus, le juge a remis à la Cour du Québec le soin de décider si le congédiement de Pohue et Auger est toujours... valable.

Quel méli-mélo, cette affaire Barnabé, c'est à n'y rien comprendre. Avocats et juges s'y retrouvent, mais pas le citoyen, qui n'est ni l'un ni l'autre. Autant d'instances décisionnelles ne facilitent pas la transparence : Comité déontologique, Cour criminelle, Comité de discipline... (Suite demain)

News du dimanche 17 Avril 2011

  Rapport 2010 deTransparency international : les ¾ des pays impliqués dans la corruption – L'évaluation est basée selon l'indice de la perception de la corruption (IPC) dans 170 pays. Les résultats sont issus d'enquêtes dans chacun d'eux et auprès d'autres pays. L'échelle va de zéro (extrêmement corrompu) à 10 (extrêmement intègre). Huguette Labelle, présidente de Transparency international, indique que les ¾ (127) des pays obtiennent un score inférieur à 5. Plusieurs membres du G20 sont également impliqués.

Ce qui témoigne d'un grave problème, constate-t-elle. Alors même que les gouvernements engagent des sommes d'argent phénoménales pour résoudre les problèmes des plus urgents de la planète : stabilisation des marchés financiers, atténuation des changements climatiques et réduction de la pauvreté. La corruption demeure un obstacle de taille et une source d'inquiétudes : vidéo (05:37) + résumé du rapport + rapport intégral (56 pages) + site de Transparency international.

  Comédie – Ce que ne sera pas le mariage du prince William, un membre de la famille royale britannique, avec Kate fin avril : vidéo (02:13).

  Christophe Willem – Vivement le printemps : vidéo (04:21).

  Province de Québec : inscrivez-vous à la Fête des Voisins – Vous avez jusqu'au 30 avril. Une municipalité peut s'inscrire, un arrondissement ou un groupe de citoyens. L'inscription a un effet d'entrainement, ce qui explique pourquoi le nombre de participants augmente chaque année. Consultez la longue liste, vous verrez.

Cette festivité annuelle a pour but de se rapprocher de ses voisins pour développer un esprit chaleureux et sympathique, l'appartenance et l'entraide. Il revient aux citoyens de prendre l'initiative. Cette année elle se tiendra le samedi 4 juin : vidéo (00:51) + site des citoyens qui en font la promotion au Québec et aident ceux qui savent pas comment préparer la fête + site du réseau québécois de villes et villages EN SANTÉ!

  Ville de Québec : 6 200 cégépiens de St-Foy adhèrent à la FECQ – Léo Bureau-Blouin, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), s'en réjouit. Avec désormais plus de 60 000 membres, «nous auront droit à un automne chaud et comptons faire avorter le projet de hausse des frais de scolarité du gouvernement québécois de Jean Charest». La Fédération informe et défend les étudiants sur leurs droits à l'intérieur du Cégep ainsi que dans des dossiers au niveau national, par exemple l'aide financière : site de l'organisme.

  Québec : marche dans la rue contre l'intimidation dans des écoles de Sorel-Tracy – Des centaines de personnes y ont participé hier. C'est un étudiant de 13 ans, de l'école secondaire Bernard-Gariépy, qui en eu l'idée. Au Québec, la Commission scolaire de l'endroit n'est pas la seule à le déplorer.

PS : Contrôles et nettoyages sociaux font partie du travail de la police en civil. Dans les écoles se sont des ados dont le père est policier, ou la mère, qui s'en occupent. Des élèves sont ciblés parce que la police n'aime pas leurs comportements désinvoltes, tenues vestimentaires, cheveux colorés, etc.

Tout le monde doit entrer dans le moule policier, de gré ou de force, y compris les adultes : dans la rue, les commerces et autres. Ce genre de harcèlement moral, lorsqu'appliqué à répétition, débouche inévitablement sur des suicides : déstabilisation psychologique, dépression et fin de vie. L'une des sources aussi du décrochage scolaire. Le ministre québécois de la Sécurité publique Robert Dutil, responsable de la police, est-il au courant de ces activités clandestines et illégales de la police?

  «Salut, Jacques Martel !», me crie d'une voix tonitruante un civil de la Sûreté du Québec - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Ai venu un temps où j'en ai eu assez de cette répression clandestine. À l'employé cherchant à m'en mettre le tort sur le dos, me suis identifié comme étant journaliste, lui ai parlé brièvement de mon enquête dans l'underground policier de la Sûreté du Québec, qui me harcelait continuellement de mille et une façons, parlé de mon livre.

Ai émis l'hypothèse qu'on déclenchait délibérément le système, à distance, pour me harceler. Il a nié que cela soit possible  -- plus tard, sur le Web, je visionnerai une vidéo où une gardienne de sécurité portant l'uniforme déclenche le bip-bip à distance à l'aide d'une télécommande qu'elle tient dans le creux de sa main.

Le dernier épisode s'est déroulé le 27 septembre 2002. Là, j'ai parlé clairement de droits fondamentaux, devant tout le monde. Ai notamment dit que je percevais le bip-bip comme une atteinte à ma dignité. Un homme m'a fait signe d'approcher et entraîné dans une allée un peu en retrait pour m'informer que mon sac ceinturon, acheté environ un an auparavant, n'avait probablement pas été démagnétisé, et proposé de le nettoyer avec un démagnétiseur... Il prétendait que je l'avais acheté à son établissement, ce qui était faux.

«Qui êtes-vous?» lui ai-je demandé. M'a dit être le proprio et ne plus vouloir que cela se reproduise. Après hésitation, j'ai accepté, en y retirant cependant les quatre disques Zip de 250Mo chacun contenant des copies de ce livre, ce qui a mis fin aux incidents. La démagnétisation effectuée par le proprio du magasin n'était-elle qu'une astuce visant à me convaincre que j'avais tout faux? Je le crois.

Voyons d'autres péripéties. Pendant plus d'un an, j'ai fréquenté régulièrement, au rythme d'une fois par mois, un établissement spécialisé dans l'équipement informatique et situé dans une ville du Lac St-Jean que je ne nommerai pas afin de protéger l'identité de deux employés. J'avais besoin de plusieurs équipements, dont j'ai fait l'acquisition au fil de mes visites.

Dès le début, on m'a référé à la préposée à l'informatique. Nos rencontres se déroulaient dans son bureau. Au cours de la première, je lui avait fait un petit topo sur ma recherche journalistique. Je savais que la Sûreté du Québec ne manquerait pas de l'infiltrer et l'embrigader. Alors, je tenais à ce que cette employée sache qui j'étais vraiment.

Comme de fait, après quelques visites, une voix de stentor retentit : «Salut Jacques Martel!» Je lève la tête, m'approche, dis ne pas le connaître, lui prétend qu'on a fréquenté autrefois la même école, à Roberval. La tactique du civil prétendant vous connaître, un truc archi-usé. Chez mon fournisseur, ce jour-là, il est à photocopier, me dit-il, des contrats d'un club collectif d'acheteurs des billets de loterie.

L'y reverrai par la suite, et à chaque fois j'aurai droit à son «Salut, Jacques Martel!» Un jour, sa salutation est pratiquement tonitruante, il est au fond du magasin. Du tac au tac je rétorque par un «Salut, Jacques Martel!», lui demande son nom, ne me donne que son prénom, Henri, un peu décontenancé par ma réplique. Dans l'heure qui suit, on se croise dans un centre commercial, il cherche à m'intimider du regard. (Suite demain)

  Pourquoi avoir déshabillé Barnabé alors qu'il était en cellule, dans l'incapacité de s'en prendre à quiconque ? - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Autre épisode de ce feuilleton policier, que nous avons retenu pendant quelques paragraphes afin de boucler dans un premier temps le cheminement déontologique et judiciaire de Bergeron, Samson, Lapointe et Vadeboncoeur.

Trois autres membres de ce corps policier avaient également été traduits devant le Comité de déontologie. Le directeur du poste 44, Jean-Pierre Auger, le lieutenant Michel Pohu et Karl Anderson. Ce dernier, à l'étape de l'enquête préliminaire qui avait précédé le procès devant jury de ses collègues, on s'en souvient, n'avait fait l'objet d'aucune accusation.

Cependant, quelque temps après, on apprenait qu'il avait été très actif dans la cellule. Il avait placé son genou sur le dos de Barnabé, et appliqué une pression qui avait pu contribuer à son arrêt respiratoire. Anderson était policier depuis seulement six mois.

En février 1999, le comité destitue, parce qu'ils ont mal encadré les policiers, le directeur Auger et le lieutenant Pohu, décision symbolique puisque tous deux sont déjà à la retraite. (André Cédilot -- La Presse du 22 août 2001) (RM -- Journal de Montréal du 22 août 2001) Et condamne Anderson à une suspension de 120 jours sans solde : il a fait usage d'une force plus grande que nécessaire.

On lui reproche aussi, ainsi qu'à ses deux supérieurs Auger et Pohu, de ne pas s'être préoccupé, par insouciance ou négligence, de l'état de santé de Barnabé. Au reproche adressé à Pohu, s'en greffe un deuxième : il avait conseillé à l'un des policiers compromis de modifier un peu la version de son rapport, «parce que ça paraissait mal».

Ces décisions déontologiques aboutissent ensuite à la Cour du Québec. Août 2001, le juge René Roy acquitte le directeur Auger et Anderson, et, dans une moindre mesure, le lieutenant Pohu. Notamment parce que les membres du Comité de déontologie (deux sur trois, l'autre étant dissident) ont mal évalué les événements qui se sont déroulés dans la cellule. Il soutient que Barnabé «venait de repousser deux policiers sur les barreaux et le mur de la cellule, d'entraîner trois autres avec lui de la banquette où il était assis», que «sa résistance exigeait une intervention comme celle-là».

D'après le juge, rien ne permet de croire que la forte pression des genoux appliquée par Anderson sur le dos de la victime ait été la cause directe de la mort de Barnabé. Il précise qu'Anderson avait utilisé la technique de «contrôle et de menottage dite sur le ventre, face contre terre» enseignée par l'Institut nationale de police du Québec. (NDLR : Par la suite on y enseignera une technique moins risquée)

La décision déontologique est d'autant plus déraisonnable, déclare-t-il, que l'intervention s'est passée en trois ou quatre minutes. «l'agent Karl Anderson a agi sans violence inutile et gratuite», statue le juge Roy. Quant à l'ancien directeur Auger et l'ex-lieutenant Pohu, ils ont tous deux pris les mesures qui s'imposaient, en appelant notamment Urgence Santé. (NDLR : Pourquoi l'avoir déshabillé? Il était en cellule, donc dans l'incapacité de s'en prendre à quiconque. La question a-t-elle été soulevée?) (Suite demain)

News du samedi 16 Avril 2011

  Japon-tsunami-Fukushima – Un bref historique depuis le début, très bien illustré : vidéo (02:09).

  Manuel Etienne – One day soon (toxic kiss) : vidéo (02:53), un blues lent.

  Québec : une farce, les audiences de la CCSN sur la réfection de la centrale nucléaire Gentilly-2 ? - La Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN), contrairement à ce qu'elle affirme, n'est pas indépendante du gouvernement canadien. En outre, elle est pro-nucléaire, forcément parce que c'est elle qui accorde les licences permettant d'exploiter le nucléaire. La "Loi canadienne sur la sûreté et la réglementation nucléaires" le démontre amplement : consultez la loi (45 pages), à jour en date du 2011-03-24.

La loi dit que la CCSN est mandataire de Sa Majesté et ne peut exercer ses attributions qu'à ce titre. Comme le Canada ne vit plus sous le joug du Royaume-Uni, le mandataire est le gouvernement canadien. Selon l'article 72, la CCSN présente au ministre canadien (des Ressources naturelles) 3 rapports par année. Celui-ci les dépose devant chaque Chambre du Parlement. Par ailleurs, les membres dirigeants de la CCSN sont nommés par le "gouverneur en conseil", qui est de faite un membre du gouvernement.

Fermons la boucle avec cette déclaration du premier ministre Stephen Harper : «La CCSN devra relever de nouveaux défis dans l’avenir, car l’énergie nucléaire continuera de jouer un rôle primordial dans le secteur industriel, en médecine et pour la production d’électricité». Et celle du ministre canadien des Ressources naturelles Christian Paradis.

  Roberdam : La vie – Elle est compliquée, a aussi ses bons moments : vidéo (04:08) + vidéo (01:07), Vivement le printemps, extrait (Intégral introuvable).

  Plus moyen d'entrer dans un magasin ou d'en sortir sans que le bip-bip des détecteurs antivol ne retentissent - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) D'autres incidents me confirmeront les interventions clandestines de la Sûreté du Québec. À la même boutique, j'avais commandé un lecteur Zip. Les petits commerçants gardent peu de stock, achètent de leur fournisseur au fur et à mesure de leurs besoins.

Quand je place une commande, je dépose toujours un acompte substantiel, et précise que je passerai en prendre livraison à mon prochain voyage à Roberval, au début du mois suivant. Je limite mes aller-retour Lac Bouchette-Roberval car le transport me coûte des sous. Alors qu'ils acceptent toujours mes dépôts, ce commis refuse. Un mois après, me revoilà donc à la même boutique. Il m'informe que son fournisseur n'en a plus.

Les événements s'emboîtent tellement bien les uns avec les autres que plus rien ne me surprends. Le printemps précédent, c'était le logiciel de traitement de texte Microsoft Word 2002 que cette boutique disait ne pas pouvoir me fournir avant plusieurs mois : je l'obtiendrai aisément d'un commerçant, ainsi que le lecteur Zip. Un détaillant voisin de la boutique n'a jamais les produits que je veux acheter, ni son fournisseur non plus. Lui ne semble pas intéressé à m'avoir comme client.

Un autre procède autrement... Lui, il me harcèle via ses détecteurs d'articles non démagnétisés, placés à l'entrée de son commerce. Le bal a débuté quelque part à l'été 2002. Plus moyen d'entrer dans ce foutu magasin ou d'en sortir sans que le bip-bip des détecteurs antivol ne retentissent : auparavant, ça ne m'était jamais arrivé de ma vie.

Chaque fois, c'est le branle-bas, des regards suspicieux convergent dans votre direction. Dès le début, j'ai carrément refusé qu'une préposée à la caisse fouille dans mon sac ceinturon. Vous n'avez pas le droit, lui ai-je signifié. Si vous pensez que j'ai volé quelque chose, appelez la police et s'il s'avère que c'est une fausse alerte, je vous réclamerai un dédommagement. Avertissement que j'ai répété chaque fois, debout sur le seuil de la porte, parlant suffisamment fort pour que les clients agglutinés aux caisses m'entendent bien.

À quelques occasions, j'y ai remarqué la présence de civils de Sûreté du Québec de Lac Bouchette. Un jour, en raison de l'affluence devant la seule caisse en service, une employée avait pris place derrière une autre, et l'un de ces flic avait sprinté pour m'y précéder de peu.

Il y était encore du reste quand j'ai franchi les détecteurs et qu'ils se sont de nouveau affolés. Comment y expliquer sa présence alors qu'il était passé à la caisse avant moi? Intimidation. Cet événement achève de me convaincre que la Sûreté du Québec est derrière tout ce cirque.

Un employé en autorité -- était-ce un flic? -- a alors cherché à me culpabiliser : «Comment ça se fait que ç'arrive rien qu'à vous?» J'avais beau lui expliquer que je passais partout ailleurs sans problème, sauf à son établissement, que son système de détection était défectueux, il revenait à la charge : «Comment ça se fait que ç'arrive juste à vous?»

Bon prince, j'ai consenti, et ce n'était pas la première fois, de tester le système avec et sans sac ceinturon. La porte d'entrée du magasin est large, et compte trois passages distincts, chacun doté de détecteurs. Curieusement, je passais sans problème à l'un, pas aux deux autres. Comment expliquer aussi que le spectacle terminé, je pouvais entrer et sortir sans problème? (Suite demain)

  Six policiers maitrisent Barnabé, qui devient végétatif jusqu'à sa mort - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Examinons un cas tristement célèbre. Dans la nuit du 14 décembre 1993, le chauffeur de taxi Richard Barnabé, en crise d'angoisse, cherche du réconfort chez un prêtre qu'il connaît et résidant dans un presbytère du quartier d'Ahuntsic, à Montréal.

N'obtenant pas de réponse, il casse une vitre. C'est là que l'équipée commence. Il est pris en chasse par des policiers de l'île de Montréal qui réussissent à le coincer quelque part, à Laval, mais Barnabé résiste et est arrêté brutalement.

Le journaliste Yves Boisvert de La Presse relate qu'au poste 44, à Montréal, où on l'amène, Barnabé saigne abondamment, mais on ne l'en place pas moins en cellule. (Yves Boisvert -- La Presse du 11 décembre 1998, du 24 août 2001) Ensuite on décide de le déshabiller. Il refuse.

Les policiers se mettent à six pour le maîtriser, face contre le sol. Quand ils ont fini, le cœur de Barnabé a cessé de battre. Entré au poste sur ses pieds, Barnabé en sort 45 minutes plus tard mourant sur une civière, en proie à un arrêt cardiaque qui le laissera dans un état végétatif jusqu'à sa mort, 28 mois plus tard.

La Sûreté du Québec est chargée de l'enquête. Six policiers de l'île de Montréal sont accusés au criminel : Pierre Bergeron, Louis Samson, Karl Anderson, André Lapointe, Michel Vadeboncoeur et Manon Cadotte. À l'enquête préliminaire, Anderson est libéré, aucun témoin n'a mentionné son nom. Les cinq autres subissent un procès devant jury.

Juin 1995, ce dernier acquitte Manon Cadotte, qui est entrée et sortie quelques fois de la cellule. Il déclare les quatre autres coupables de voies de fait graves : ils ont utilisé une force excessive pour le maîtriser. Le juge condamne les policiers Bergeron et Samson à 45 fins de semaines de prison chacun, Lapointe, à 30, et Michel Vadeboncoeur, à 180 heures de travaux communautaires. Décembre 1998, la Cour d'appel maintient les condamnations.

Entre-temps, l'année précédente, le Comité de déontologie avait congédié Bergeron et Samson, et condamné Vadeboncoeur et Lapointe à une suspension sans solde de 60 et 90 jours respectivement. Bergeron et Samson contestent leur congédiement.

En mars 2000, le juge Jean Longtin de la Cour du Québec leur donne raison. (Christiane Desjardins -- La Presse du 8 mars 2000) Il soutient que la destitution est «la peine capitale» en matière déontologique et doit être réservée au pire des contrevenants qui commet le pire des crimes. Le juge ne croit pas que ces deux conditions soient réunies dans l'affaire Barnabé. Décision exécutoire et sans appel puisque la Cour du Québec demeure l'instance suprême du Comité de déontologie. Bergeron et Samson sont donc réintégrés au sein du corps policier.

Signalons que l'annulation du congédiement n'annule en rien les peines de prisons prononcées à leur encontre par l'autre cour de justice et confirmées, en décembre 1998, par la Cour d'appel. Alors le ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard, s'interroge (Paul Roy -- La Presse du 9 mars 2000) : «Est-ce qu'un policier peut être reconnu coupable d'un acte criminel et être encore policier? Moi, je réponds non. Et c'est pourquoi la loi va être changée.»

Pierre Gravel, éditorialiste de La Presse, commente : «Le hasard faisant parfois (...) bien les choses, ce récent incident survient au moment où, à Québec, on étudie en commission parlementaire un projet de révision de la Loi sur la police. Parmi les articles qui suscitent les protestations unanimes de tous les syndicats policiers, on note justement une disposition voulant que tout policier reconnu coupable d'une offense criminelle soit automatiquement congédié. Une mesure qui tombe tellement sous le sens qu'on s'étonne qu'elle n'ait pas toujours été en vigueur et qu'on en soit encore réduit à en débattre comme d'une hypothèse.» (Suite demain)

News du vendredi 15 Avril 2011

  Canada : campagne électorale – Quelques amis du premier ministre Stephen Harper : vidéo (00:50) + Harper et G20 de Toronto, en juin 2010 : vidéo (01:15) + Gilles Duceppe, chef du Bloc québécois, un parti politique du Parlement du Canada : vidéo (00:14).

  Industrie privée du nucléaire et absence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) – D'importantes révélations de Michel Fernex, prof à l'Université de Bâle. On y apprend qu'à l'époque où il travaillait à l'OMS, il avait constaté, étonné, l'absence de cet organisme de l'ONU lors de l'accident survenu à Tchernobyl en 1986 en Ukraine. De fil en aiguille il a finalement su ce qui s'était passé : entrevue où il fait état de ses découvertes + entre certains paragraphes de son récit, le son de sa voix et disponible, cliquez sur la flèche.

PS : Industrie privée du nucléaire, organismes de surveillance et gouvernements, un monde soudé ensemble et cachottier. L'absence de transparence est monnaie courante. Lors d'un accident nucléaire, faut pas tout dire à la population, cela entraverait l'exploitation de cette source d'énergie et son développement potentiel. Cette industrie privée encaisse beaucoup de profits dans la vente de son électricité produite à partir de matières radioactives. L'argent a préséance sur la santé. Le gouvernement du canada n'est pas différent des autres.

  Esprit sain, corps sain – Chez ceux et celles n'ayant ni l'un ni l'autre, le Sport est la porte d'entrée au développement social. Pas nouveaux, nécessaire de le rappeler. Des expériences le démontrent : Brésil, Qatar, Chine. Une initiative de la Qatar Foundation, organisme de ce pays arabe : vidéo (08:34) + site world innovation summit for education.

  Documentaire Pirat@ge – Des témoignages de hackers : vidéo (1h15).

  Suis obligé de retourner voir la technicienne casse-pieds - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Sans aller loin, tout de même. Suis aux aguets, bien que l'endroit ne soit pas aisé à surveiller. Il est au fond d'un couloir relié au mail du centre commercial, et une porte du magasin donne sur le terrain de stationnement. Du mail, je le vois par la vitrine, mais pas la porte. Impossible d'être aux deux endroits en même temps.

Un moment, j'aperçois deux adolescentes sur le mail, juste devant le couloir. Plantées l'une face à l'autre, elles jasent, l'une regarde dans ma direction, sans me regarder spécifiquement. Je décèle illico les sentinelles. Suis certain que si je m'en approche, elles quitteront les lieux, signaleront ainsi, à quelqu'un placé à l'autre bout du couloir, mon arrivée imminente.

Simple hypothèse, je vérifie si elle est fondée ou pas. Plus je m'approche, plus elles bougent sur place, comme des personnes s'apprêtant à se quitter. Une vingtaine de pieds avant d'arriver devant le couloir, comme de fait, elles partent, mais ensemble, contrairement à l'impression qu'elles donnaient.

Peu de temps après, repassant devant le couloir, j'entrevois par la vitrine du magasin un homme un peu chauve sur le terrain de stationnement, qui s'en va d'un pas pressé. J'ignore s'il vient de franchir la porte, invisible de l'endroit où je suis, mais ça m'en a tout l'air. Dare-dare, je sors du centre commercial, zieute le terrain de stationnement, sans arriver à le repérer. Puis bof! je décide finalement de relaxer, d'accepter une situation sur laquelle je n'ai aucun contrôle.

Quand je reprendrai mon équipement, je chercherai à savoir pourquoi des lettres du clavier avaient changé de place. La technicienne me dira l'ignorer. Pas moyen de savoir non plus comment elle s'y sera prise pour solutionner le problème. Je n'affirme pas que le flic qui était venu chez moi en avait été l'auteur, par contre, suis certain qu'il a communiqué le renseignement à l'un de ses collègues, qui s'est chargé du reste pendant mon absence.

Peu après s'ajoute un autre événement. J'ai fait l'acquisition du traitement de texte de Microsoft Word 2002. Aujourd'hui, plusieurs éditeurs de logiciels obligent leurs clients à les activer sur leur site Web. Comme je ne suis pas encore branché sur l'Internet, j'en discute avec le proprio d'une boutique sise dans le même centre commercial que la technicienne... Me dit qu'il peut l'activer, je n'ai qu'à revenir avec mon ordi. On prend rendez-vous pour le lendemain.

Dans son atelier, il branche les fils, s'installe au clavier. Ça ne semble pas aussi facile qu'il l'avait prétendu la veille, se racle la gorge à quelques reprises puis m'annonce tout de go que quelque chose ne va pas, puis finalement plante son clou : il a une entente avec les autres vendeurs d'ordis du centre commercial. Chacun se serait engagé de ne pas réparer les ordis achetés chez l'un de ses concurrents du centre, et protégés encore de la garantie...

Suis déçu, me voilà obligé de retourner chez la technicienne. Explique à celle-ci mon problème d'activation. Une petite demi-heure et le tour est joué. Simple comme bonjour, m'affirme-t-elle, suffisait de créer un site à votre nom et d'aller chercher ensuite l'autorisation de Microsoft Word. C'est tout. Lui parle de l'entente entre les vendeurs d'ordis du centre, elle me dit que c'est faux, il n'y en a pas. Moi, j'y vois la confirmation d'une autre entourloupe policière...

Suis convaincu que la Sûreté du Québec possède désormais une copie de ce livre. J'ai la trouille. Qu'elle prenne connaissance du contenu de ce livre à sa sortie dans les librairies ne m'inquiète pas une miette. Trop de monde au Québec me connaîtra. Mais avant sa sortie, ça me préoccupe grandement. Peur de coups inavouables. (Suite demain)

  Martin Suazo tué d'une balle dans la tête pour un policier en état d'excitation - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Abordons une affaire illustrant le parti pris manifeste du pouvoir politique à l'endroit des policiers fautifs. Le 31 mai 1995, Martin Suazo, 23 ans, vole des jeans dans une boutique de la rue Ste-Catherine, à Montréal, et fuit dans une voiture qui est interceptée sur le boul. St-Laurent.

Le policier Michel Garneau l'empoigne par la chemise pour l'en sortir, son arme braquée sur la tête, l'index sur le détente. En forçant du bras gauche, il appuie par mégarde sur la gâchette et bang! Suazo part pour un voyage d'où il ne reviendra pas.

L'enquête du coroner conclut à un accident, dû entre autres au niveau de stress que comportent les opérations policières à haut risque. (Christiane Desjardins -- La Presse du 10 novembre 2000) Aucune accusation criminelle n'est portée contre le policier Garneau. Les poursuites civiles entreprises par la famille seront réglées hors cour, pour une somme qui demeure confidentielle.

Ce n'est que cinq ans et demi après que Garneau comparaîtra finalement devant le Comité de déontologie. Et encore, à la suite d'une plainte de Dan Philip, président de la Ligue des Noirs du Québec (LNQ). En novembre 2000, il avoue avoir utilisé son arme «sans prudence ni discernement». (André Cédilot -- La Presse du 25 novembre 2000) Son avocat, Me Philip Schneider, reconnaît la gravité du geste, semble d'accord pour dire que sa vie n'était nullement en danger au moment où le coup de feu est parti.

La sentence est prononcée en mars 2001 (Marie-Claude Girard -- La Presse du 2 mars 2001) : 45 jours de suspension sans solde. Le Comité juge que la manière de procéder du policier Garneau «relevait de l'inconscience». Il aurait dû rengainer son arme avant d'agir, puisque au moins deux autres policiers pointaient la leur en direction de Suazo et assuraient ainsi sa sécurité : aucun des suspects n'était armé, cependant la police l'ignorait.

La preuve a démontré que Garneau «était dans un tel état d'excitation que s'il avait vaguement conscience qu'un collègue armé couvrait ses arrières, il n'a aucun souvenir de la présence de l'agent Migneault qui se trouvait directement devant lui». Le comité est cependant catégorique : «Il ne fait aucun doute que l'agent Garneau n'a jamais voulu, à ce moment, faire usage de son arme de service.» Effectivement, mais le problème n'est pas là.

Soulignant qu'il en aura fallu du temps pour obtenir justice, Dan Philip de la LNQ qualifie la décision d'aberrante. «Il y a des lois pour les policiers et des lois pour les citoyens, s'indigne-t-il. Quelqu'un comme ça va continuer à être policier. On ne sait pas comment il va agir avec d'autres citoyens.» L'organisme estime important que les enquêtes sur des bavures policières ne soient plus confiées à un autre corps de police, mais à un procureur indépendant.

La décision n'étonne pas Yves Manseau, porte-parole du MAJ. «Ce n'est pas juste du tout parce qu'il n'y a pas d'effet dissuasif. On ne veut pas s'acharner sur lui, mais on ne pense pas qu'il devrait continuer à être policier.» Manseau n'en reconnaît pas moins que les plaintes auprès du Comité de déontologie permettent tout de même d'étaler un dossier sur la place publique. (Suite demain)

News du jeudi 14 Avril 2011

  Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) : trop de documents en anglais – Si peu de respect de la langue française, pourtant l'une des deux langues officielles du Canada, que c'est très loin d'être suffisant.

Les vidéos des audiences de la CCSN relatives à la réfection de la centrale nucléaire Gentilly-2 du Québec, tenues les 13 et 14 avril, seront archivées dans environ... deux semaines, donc disponibles à ce moment-là. Ce qui ressemble à une absence de transparence : l'actualité se déroule au quotidien, pas aux 15 jours.  Les sténographies ou transcriptions, disponibles au début de la semaine prochaine + page d'accueil de la CCSN. Pour le moment, seuls les mémoires déposés, très nombreux, sont accessibles, et gratuitement. On peut les obtenir par courriel ou la poste.

Lors de votre visite, profitez en pour explorer la carte géographique interactive indiquant où sont situées mines et usines de concentration d'uranium, installation de traitement et de fabrication de combustible d'uranium, centrales nucléaires, installation de gestion des déchets radioactifs, installation d'irradiation, etc.

  France : la guerre contre la prostitution bientôt ? – La ministre de la Solidarité Roselyne Bachelot veut s'en prendre aux clients des prostituées : six mois de prison ou 3 000 euros d'amende. Elisabeth Badinter, philosophe féministe, auteure de plusieurs ouvrages, proteste contre le projet de la ministre.

Dans une entrevue radio sur France culture, elle parle d'une régression incroyable avec un retour de la police des moeurs, retour d'un puritanisme qu'elle croyait dépassé. Ça lui semble un vrai désastre, un rétrécissement des libertés individuelles. Elle se demande qu'est-ce que l'État a à mettre son nez dans ce que l'on fait de notre corps. Elle pensait que depuis le milieu du 20e siècle qu'il était acquit qu'il existait une liberté sexuelle absolue entre adultes consentants.

  Québec : autorisation de chercher et extraire du gaz de schiste près de et sous la centrale nucléaire Gentilly-2 – Autorisation remontant à 2006 et accordée par le ministère québécois des Ressources naturelles et de la Faune. L'affaire a rebondi hier lors des audiences de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) portant sur la réfection de la centrale.

  Le passage de la centrale nucléaire Fukushima au niveau 7 – D'après un spécialiste de Moscou, la situation est différente de celle de Tchernobyl. Il faut pas effrayer les gens, dit-il : vidéo (03:25), traduction en français.

  Canada : la campagne électorale – De tous les partis politiques en liste, quel est celui possédant la meilleure approche communicative? Le Nouveau parti démocratique (NPD) de Jack Layton. Il est le seul, sauf erreur, à présenter quelques pubs amusantes.

En voici 4 : le premier ministre conservateur Stephen Harper n'aime pas trop que ses ministres parlent au journaliste ; les débats où ça ne fait que japper ; courir sans avancer ; la suivante est pas drôle, mais illustre la capacité du NPD de passer facilement des messages.

  Québec : les pétitions sur le web, ça vaut rien – Une perte de temps et d'espoir. Même sur le site de l'Assemblée nationale du Québec. Il y en une présentement sur la centrale nucléaire Gentilly-2. Jusqu'à ce jour, 5 320 ont signé pour sa fermeture. Même si elle atteignait un sommet, elle tomberait dans le vide. Aucune loi n'oblige un gouvernement d'obéir aux signataires d'une pétition.

Rappelez-vous celle exigeant la démission du premier ministre Jean Charest. La dernière fois que je suis allé sur le site de l'Assemblée nationale, le 2 janvier 2011, elle ne progressait presque plus. Elle avait tout de même recueilli 246 300 signatures. Et Charest est toujours là.

Que le lui reprochait-on? Notamment, son refus de tenir une commission d'enquête publique sur les liens étroits entre le financement des partis politiques et l'octroi des contrats gouvernementaux ; refus aussi d'un moratoire sur le gaz de schiste.

Quoi faire? Établir une loi permettant le référendum via le web sur des sujets importants. Il faut casser le monopole des élus détenant le pouvoir de décider de tout. La démocratie ne doit pas se limiter au bon vouloir de ceux qui nous gouvernent. La population a besoin d'être entendue. Le référendum l'inciterait à participer davantage à cette chose qu'on qualifie faussement de "publique", parce que voix à sens unique.

  Une technicienne casse-pieds comme il ne s'en fait plus - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Coup de fil à la technicienne du commerçant qui m'a vendu l'ordi. Elle me demande si j'en suis «le seul utilisateur», oui, et je ne suis pas branché sur l'Internet. Elle a beau tourner et retourner l'affaire dans sa tête, elle ne comprends pas ce qui a pu se produire.

Le jour suivant, je me présente à son atelier, avec l'ordi et le clavier, que je transporte dans un panier d'épicerie. Tous les fichiers de ce livre sont sur le disque dur. L'expérience acquise dans l'underground policier me dicte la prudence, je veux éviter qu'un civil en obtienne des copies, par l'Internet ou autrement : les commerçants, on l'a vu dans ce récit, ne disent jamais non à la police.

Fais un petit topo à la technicienne : journaliste, enquête sur la police en civil, livre en préparation, fichiers confidentiels, etc. De là l'importance de ma présence lorsqu'elle travaillera dessus. Elle refuse, j'insiste, autre refus, reviens à la charge, inutile d'argumenter, c'est non. Je ne comprends pas. En quoi ma présence peut-elle la déranger? Une politique de la maison : les clients ne sont pas admis dans l'atelier. Elle ne le réparera pas si je suis là, m'invite même, poliment, d'aller ailleurs.

Ah, la, la, quelle casse-pieds, quel dilemme! J'y ai acheté l'ordi, il est encore sous sa garantie. N'ai pas le goût non plus d'aller ailleurs. Ai le pressentiment, fondé ou non, qu'on me posera la même exigence partout où j'irai et que finalement je resterai avec une machine neuve qui ne fonctionne plus.

Et aussi, solidement ancré quelque part dans mon cerveau, un sentiment d'impuissance face à la toute-puissance de la police en civil. Réflexe conditionné? Depuis le temps que je m'y heurte, je n'en serais nullement étonné. Alors, la mort dans l'âme, je baisse les bras, accepte, mais avec quelle réticence! J'ai perdu ma superbe, me sent écrasé.

Au moment de quitter l'atelier, la technicienne remet ça. Elle me dit d'aller porter le panier d'épicerie là où je l'ai pris. Mais c'est à l'autre extrémité du centre commercial et j'en aurai besoin pour transporter mon équipement quand elle aura terminé. Je me demande si elle ne cherche pas à m'éloigner. Elle insiste pour qu'au moins je le sorte de son atelier. Je m'exécute et flâne dans le magasin, dans l'attente que le travail soit terminé.

Le commis préposé à la clientèle part prendre un café. M'y retrouve seul, pas longtemps, parce que l'adjoint de la technicienne sort de l'atelier, prend place derrière le comptoir, afin de surveiller les lieux jusqu'au retour de l'autre. Normal, on ne laisse pas un client seul dans un magasin, tout à coup qu'il piquerait des articles étalés sur les tablettes. Je prends conscience de l'injustice de la situation : eux, me refusent le droit d'aller dans l'atelier surveiller les fichiers de ce livre.

Ensuite la technicienne revient à la charge, me signale que son patron, s'il était présent, ne serait pas d'accord que je laisse mon panier là où je l'ai mis, me suggère de le remiser dans un placard un peu plus loin, j'obéis sans dire un mot. Je trouve qu'elle m'en demande pas mal trop, la technicienne. Elle m'a vaincu psychologiquement en trois étapes : son refus de ma présence dans l'atelier, et son insistance, à deux reprises, pour que je déplace le panier. Pas une néophyte, cette femme.

Et le commis parti chercher un café, une incitation à faire de même? J'ai l'impression qu'elle ne veut pas que je traîne dans le magasin. Entre ensuite un vieux monsieur, qui me dévisage, la mine outrée. Au point où j'en suis psychologiquement, ce n'est pas long que je quitte les lieux. (Suite demain)

  Commission Poitras : «c'est toujours la faute des victimes, jamais celle de la police» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Dans d'autres cas, les commentaires émanent du service de relations publiques de la Sûreté du Québec. Quatorze novembre 1991, Osmond Fletcher perd la vie. Même jour, police de l'île de Montréal, auquel appartient le policier impliqué : «Il a retourné son arme contre lui.» Relations publiques de la Sûreté du Québec, responsable de cette enquête : «Les constatations tendent à confirmer la thèse du suicide.»

Premier janvier 1993, Trevor Kelly décède. Moins d'une journée plus tard : «Il se dirigeait vers un des deux policiers avec un couteau et l'autre, sentant la vie de son partenaire menacée, a tiré un coup de feu.» Six mars 1993, autre décès, celui d'Yvon Asselin. Le même jour : «Il y a une enquête mais j'ai l'impression que c'est un suicide, à 95%.» À un journaliste anglophone, la même source policière : «We suppose he stabbed himself. He might have been hit by a rubber bullet. He could have died of a heart attack. Who knows?( ... ) We will wait fort the autopsy.»

Neuf mars 1995, Paolo Romanelli est abattu. Le même jour : Il avait «ignoré les directives des policiers qui lui disaient de jeter son arme». Trente et un mai 1996, Martin Suazo est tué d'une balle dans la tête. Au plus tard le lendemain, toujours la Sûreté du Québec : «Le coup est parti accidentellement».

La Commission Poitras s'interroge. Quel est le message que reçoit l'enquêteur de ce corps policier qui, avant même de débuter son enquête, entend la position officielle de son employeur? Même si les enquêteurs parviennent à passer outre à ces messages, le citoyen a une bonne raison de penser que ce n'est pas le cas. De tous ces exemples extraits du mémoire des COBP, la Commission retient aussi que «c'est toujours la faute des victimes, jamais celle de la police».

Elle recommande au ministère de la Sécurité publique d'adopter une directive qui tiendrait compte du droit du public à l'information et du devoir des policiers de ne pas tirer de conclusions ou en donner l'apparence avant la fin de l'enquête. Recommande aussi que, dans le cas d'un décès, le policier soit traité de la même façon que le citoyen impliqué. (Suite demain)

News du mercredi 13 Avril 2011

  France : l'exploitation du gaz de schiste bientôt interdite ? – Premier ministre François Fillion : «Il n'est pas question de sacrifier notre environnement». Il soutiendra les propositions d'un projet de loi annulant les permis d'exploitation octroyés jusqu'à présent à des entreprises.

  Japon-Fukushima : le niveau de dangerosité passe de 5 à 7 - Le top, l'équivalent de Tchernobyl : graphique de l'International Nuclear and Radiological Event Scale (INES) illustrant les différents niveaux de dangerosité de la radioactivité d'1 à 7. L'INES est un organisme spécialisé en matière nucléaire et  qui vulgarise l'information destinée au grand public + vidéo (14:14) de l'International Atomic Energy Agency (IAEA) + texte (anglais) de l'IAEA.

La Chine aurait demandé des excuses à son voisin japonais qui, selon elle, a volontairement caché la gravité de l'accident à la centrale de Fukushima. Après toutes ces informations, quelle crédibilité accorder à cette déclaration vidéo (01:21) du premier ministre du Japon Naoto Kan?

  Côte d'Ivoire : visite du bunker de Gbagbo – Une séquence où la haine est manifeste. Sur le pavé, le cadavre d'un militaire pro-Gbagbo. Un pro-Ouattara s'approche, se penche, lui crie à tue-tête en le pointant le doigt : tu es mort. Un autre, lui donne un coup de pied dans les côtes. Même mort, il demeure encore un ennemi : vidéo (02:13).

  Sabotage policier de l'ordi flambant neuf que je viens d'acheter - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Au cours de cette même période, devant retourner à Lac Bouchette, mon ami me fait part de l'offre du policier en civil de m'y reconduire gratuitement. J'accepte mais insisterai pour le dédommager. Mon ami nous accompagne.

En cours de route, j'exhibe au flic le Grand livre Windows XP dont je viens de faire l'acquisition. Il me demande si j'ai l'intention de «chatter» sur l'Internet. «Oui, mais pourquoi veux-tu savoir ça, toi?» Sans répondre, il enchaîne en s'informant si je vais éventuellement m'acheter un portable. «Non, ce ne serait pas utile pour moi.»

Peu après, autre visite impromptue de mon ami et du flic. Suis convaincu que c'est un civil et apprécie de moins en moins sa présence dans mon espace privé. Leur parle de mon nouvel ordi, qu'on m'a livré entre-temps, souligne notamment que sur mon clavier étendu les "à" en minuscule et majuscule et deux éléments de ponctuation ne sont pas aux endroits indiqués sur les touches mais ailleurs.

En somme, situation normale quand on utilise un nouveau clavier, que je me dis. Suffit de l'explorer un peu, et ce n'est pas long que vous allez les chercher sans difficulté. Le civil pianote un peu sur mon clavier sans réussir à trouver la solution.

Le surlendemain de mes propos, mon ordi n'excepte plus mon mot de passe donnant accès au logiciel système Windows XP. Jusque là, je n'avais pas eu de problème du genre. Je pioche une dizaine de fois, rien à faire. Je décide de charger une deuxième version de Windows XP.

En inscrivant le numéro de ma licence -- 25 lettres et chiffres --, je me rends compte que plusieurs lettres et autres éléments graphiques ne sont plus sur les touches habituelles : le "a" occupe la touche du "q", et vice-versa ; idem du "w" et du "x", qui ont interchangé de place ; le "m" loge désormais au point virgule ; le "ç" est sous un chiffre ; etc. La Tour de Babel! Je comprends alors pourquoi la clé n'ouvrait pas la porte. (Suite demain)

  Des policiers disculpent leurs collègues impliqués dans des cas de mortalités alors que les enquêtes commencent à peine - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Des citoyens meurent dans d'autres contextes que ceux décrits plus haut. Bien qu'il ne s'agisse pas de meurtres délibérés, n'empêche que des citoyens tombent sous les balles policières ou des suites d'interventions musclées.

La Commission Poitras rapporte qu'en 1996 et 1997, le ministère québécois de la Sécurité publique dénombrait, à partir de données du Bureau du coroner, 30 décès survenus au Québec lors d'interventions policières, dont 25 attribuables à des corps policiers municipaux. (la Commission Poitras cite une lettre de Florent Gagné, alors sous-ministre, datée du 10 septembre 1998 et adressée à Me Denis Coulombe.)

Lors des audiences publiques de la Commission, les Citoyen-ne-s opposé-e-s à la brutalité policière (COBP) ont déposé un mémoire où ils dressent la liste de 19 décès attribuables à des opérations policières. (David Kavanaght et Yves Manseau -- Mémoire des COBP -- D'Anthony Griffin à Richard Whaley : vingt enquêtes sur des décès de citoyens lors d'interventions de membres du SPCUM -- Montréal, le 26 juin 1998)

La Commission, qui n'en avait pas le mandat, n'a pas enquêté les faits étalés par les COBP, dont la banque de donnée est constituée de 1 500 coupures de presse. Elle souligne toutefois le problème d'apparence de partialité dans les versions transmises aux médias par des responsables de services de relations publiques des corps de police impliqués. Alors que les enquêtes commencent à peine, ces versions disculpent déjà les policiers, concluant à l'absence de tout reproche pouvant être retenu contre eux. Elle cite des articles de journaux le démontrant.

Onze novembre 1987, Anthony Griffin, un Noir, est tué par balle. Le même jour, déclaration d'un policier de l'île de Montréal préposé aux relations avec les médias : «... je mets ma réputation en jeu qu'il ne s'agissait pas d'un incident raciste.»

Quinze avril 1996, Nelson Perreault meurt quelques minutes après avoir été transporté de sa cellule à l'hôpital. Même jour, police de l'île de Montréal : les heures précédentes, les policiers ont utilisé le poivre de Cayenne lors de son arrestation parce qu'il se montrait «très récalcitrant » et «cherchait à se pousser».

Dix-sept mai 1996, Daniel Bélair est abattu. Même jour, même corps policier : «Ils (les policiers impliqués) ont senti que leur vie était en danger. Ils ont été obligés de répliquer».

Dix-sept juin 1996, Michel Mathurin est abattu. Même jour, police de Montréal : «Le policier l'a sommé à plusieurs reprises de s'immobiliser mais il a continué d'avancer. (...) En fonction des renseignements dont nous disposons à l'heure actuelle, le policier me semble tout à fait justifié d'avoir utiliser son arme à feu.» (Suite demain)

News du mardi 12 Avril 2011

  En France, hier – Un concert exceptionnel, en direct sur le site Dailymotion, avec des artistes français et japonnais en soutien aux sinistrés du tsunami : vidéo (près de 3 heures) titrée Tsunami et Demain.

■  "Ça va aller" – Titre d'un clip (03:52) de Magic System et Tiken Jah Fakoly. Écoutez les paroles de la chanson, on y traite de la Côte d'Ivoire du temps de Gbagbo, maintenant derrière les barreaux depuis deux jours. On répète que l'union fait la force, montre le poing, à la fin une main obstrue la lentille de la caméra.

■  France : depuis hier, le port du voile intégral dans l'espace public est interdit - Jeannette Bougrab, secrétaire d'État chargée de la Jeunesse et de la Vie associative en France : «Je suis satisfaite parce que je suis (…) une femme issue de l'immigration maghrébine et que j'ai jamais pensé un seul instant que porter le voile intégral était un signe d'émancipation des femmes. Voilà. Et que je trouve étrange que dans ce territoire républicain, aujourd'hui des femmes et des hommes imposent ce qui pour moi incarne une forme d'exclusion» : vidéo (07:07) + photo + graphique expliquant de quelle façon on appliquera la loi.

■  Gbagbo-Tiken Jah Fakoly – Le chanteur reggae ivoirien, bien connu pour son engagement socio-politique en Afrique, n'était pas apprécié par Gbagbo, au point où il avait dû s'exiler au Mali. Au lendemain de l'arrestation du tyran, son témoignage vaut d'être entendu : vidéo (07:01).

  Un autre ami de mon ami m'infiltre - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Il n'était pas le seul à graviter dans l'environnement immédiat de mon ami. Dans ce cas aussi, l'auto a joué un rôle prépondérant. Quand vous n'êtes pas motorisé, vous appréciez grandement qu'une connaissance s'offre à vous véhiculer à peu près n'importe quand et n'importe où, gratuitement ou pour si peu que c'en est gênant.

Genre d'offre que vous ne pouvez refuser, l'homme vous semble tellement serviable, sincère, désintéressé, fait tout pour vous mettre à l'aise, insiste beaucoup : il lui prêtait même son auto tout en sachant qu'il n'avait plus de permis de conduire. C'est un truc que la police en civil utilise couramment pour infiltrer des citoyens, savoir où ils vont, ce qu'ils y font, qui ils fréquentent, et leur tirer les vers du nez. Ces faux citoyens utilisent aussi leurs passagers comme porte d'entrée pour infiltrer leur entourage.

L'achat de mon nouvel équipement informatique, au début de février 2001, a incité ce civil à s'intéresser davantage à ma personne. Au début du mois suivant, mon ami et lui arrivent chez moi à l'improviste. Assis au tour de la table de la cuisine, nous jasons un bon moment en buvant une bière. Son chauffeur et ami travaille dans une institution où sont contenus des handicapés mentaux. Il nous apprend de curieuses histoires : ceux-ci sont contrôlés et manipulés à leur insu, nous cite trois cas.

L'un a l'habitude de faire des escapades. Afin de savoir en tout temps où il est, on a introduit un mouchard électronique invisible à l'endos d'une photo de ses parents. Ensuite, on la lui a remise, sachant qu'il les aime et la conservera précieusement dans la poche de sa chemise.

Un autre avait la manie, quand il voyait un enfant dans une poussette, de repousser celle-ci. On lui a remis un bracelet décoratif qui émet une vibration dès qu'il s'en approche : ça suppose la présence d'un observateur dans les environs pour l'enclencher à distance, mais ne le précise pas. On utilise le même procédé pour un troisième qui, lui, avait tendance à se gratter un peu trop souvent l'anus. Dans ces deux derniers cas, on a réussi à créer des réflexes conditionnés.

J'aurais bien des questions à poser, m'en abstiens, crains que le civil se rende compte qu'il dévoile des tactiques qui devraient demeurer secrètes, et se taise. Ce qui se produit du reste quand mon ami, un peu choqué de ces révélations, manifeste sa désapprobation. Sous haute surveillance, les handicapés mentaux? Semble bien.

Puis vos méninges commencent à ronronner... Se peut-il que la police en civil utilise des mouchards électroniques pour suivre à la piste des citoyens sains mentalement? Facile, aujourd'hui, notamment en utilisant le système de satellites géostationnaires GPS. Pas seulement sur un véhicule motorisé, peut-on présumer, sur un vélo et des vêtements aussi, entre autres. Et vous voilà clignotant sur un écran sans le savoir. (Suite demain)

■  Les poursuites policières à haute vitesse contribuent à dévaloriser la vie humaine - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Par la suite La Presse publie la lettre d'une citoyenne qui s'en émeut aussi, des poursuites à haute vitesse de la police. (Rollande Thibodeau -- La Presse du 28 juillet 2002)

Rollande Thibodeau écrit que «les poursuites policières sont nombreuses et nous sont rapportées régulièrement. Mais il me semble qu'elles sont rarement remises en question. Elles m'ont toujours semblé dangereuses. Déjà, au niveau du vocabulaire utilisé pour les décrire, on voit bien qu'elles ne sont pas à prendre à la légère : bien souvent, les journalistes en parleront en termes de "poursuites infernales, de courses folles, de folles cavales", etc.

«Alors, comment ne pas réagir? Il faut le rappeler, poursuit-elle, cette situation destructrice qui commence et se termine sur la voie publique reste une menace à notre sécurité à tous, policiers y compris. Les faits sont là, les poursuites font des victimes, aussi bien innocentes que coupables. Les statistiques le prouvent.

«Mais direz-vous, dans le cas de vols d'autos, si la police veut récupérer l'auto, comment faire autrement? La police n'est pas là pour réfléchir, mais bien pour agir et "pogner le voleur, mort ou vif!" Or, si on prend le temps de réfléchir, et Thibodeau le fait, on peut se poser bien des question. A-t-on le droit de mettre la vie d'une personne en danger, fut-elle celle d'un voleur? A-t-on le droit de la mener à un état d'épuisement tel qu'il lui sera devenu indifférent de vivre ou de mourir? A-t-on le droit d'exposer la vie d'honnêtes citoyens? (...)

«Finalement, que dire de ceux qui ignorent que le droit à la vie et à la sécurité d'une personne est fondamental, selon la Charte des droits et libertés?C'est tellement fondamental, à mon sens, conclut-elle, qu'une dernière question se pose : faut-il imposer un moratoire sur les poursuites policières?»

L'autre façon de procéder est le barrage routier, des autos-patrouille que l'on place en travers de la route, et que des fuyards emboutissent parfois ou contournent à haute vitesse. En août 2000, Alain Forget, 27 ans, du corps policier de St-Hubert, y a perdu la vie. (Marcel Laroche -- La Presse du 11 avril 2001)

Selon l'inspecteur Michel Saucier, de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), le policier Forget avait appliqué la technique enseignée par l'École nationale de police du Québec, à Nicolet. Il n'était pas le premier : octobre 1998, un agent de la Sûreté du Québec mourait dans des circonstances similaires, à Notre-Dame-de-Lourde, près de Joliette.

Tout cela contribue à diminuer la valeur de la vie humaine et de la dignité, et nous sommes loin d'avoir fini d'en faire la démonstration. Ainsi en était-il des armes à feu. Jusqu'aux années 1970, le citoyen qui, après avoir été interpellé par la police, s'enfuyait à toutes jambes était plus souvent qu'autrement abattu. «Arrêtes ou je tire!», criait le policier. Et il tirait si le fuyard n'obtempérait pas.

Il y a eu des morts, des blessés. La décision de tuer moins souvent n'est pas attribuable à l'humanité de la police, mais à la désapprobation de la population. N'avait été de cela, elle tuerait autant qu'avant, et sans problème de conscience. (Suite demain)

News du lundi 11 Avril 2011

  Côte d'Ivoire-Gbagbo - Nouvelles images animées du prisonnier prénommé Laurent, l'homme qui avait perdu son élection présidentielle et ne voulait pas quitter le pouvoir : vidéo (01:42). Il a fait couler beaucoup de sang chez ceux qui s'opposaient à sa décision. Maintenant, il devra rendre des comptes à la justice. Qu'adviendra-t-il de ses militaires qui appuyaient sur la gâchette sans trouble de conscience?

PS : Et la présomption d'innocence? J'ai du mal à l'appliquer dans ce cas-ci. Depuis des semaines je suis les événements survenus dans ce pays. Je signale que l'autre camp, celui de Ouattara, a été pointé du doigts aussi il y a quelques semaines par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. Les tueries doivent être perçues pour ce qu'elles sont : une loi de la jungle où on ne fait pas de prisonniers.

■  Japon-Fukushima – Les citoyens de cinq autres villes seront évacués.

  Deux journalistes Japonais dans la zone interdite de Fukushima – Une enquête sur le niveau de radioactivité dans cette zone qui s'étant sur 20 kilomètres. Sur le tableau de bord de l'auto le signal sonore (bip-bip-bip...) des compteurs geiger indiquent que le niveau commence à monter.

On voit beaucoup de maisons inhabitées, quelques croisements de camions et autos, une dizaine de chiens errants, des vaches broutant de l'herbe, elles aussi abandonnées. À un endroit, la route est complètement effondrée, le GPS leur en propose une autre. Vers la fin, ils doivent faire le reste du trajet à pieds, trop de débris sur la route, pendant ce temps les geiger... : vidéo (12:05), ils se rendent jusqu'à environ 1,5 km des centrales de Fukushima.

  Repérage d'un policier en civil chez mon ami, trahi par son regard trop fouineur - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Avant d'entrer dans le vif du sujet qui suit, déployons en la toile de fond. Quelque temps après mon emménagement à Lac Bouchette, à l'été 1999, j'étais allé à Roberval sonner à la porte d'un ami d'enfance que je n'avais pas vu depuis une bonne vingtaine d'années. Retrouvailles chaleureuses, arrosées de bonnes bières froides, de souvenirs aussi. Par la suite, on se rencontrera régulièrement, une ou deux fois par mois.

Un de ces jours où j'étais chez lui, arrive un type. J'ai tout de suite pensé qu'il était peut être un civil, à cause notamment de son regard fouineur. En ai soufflé un mot à mon ami : «Non, non, ce n'est pas un flic», m'a-t-il assuré. Mon ami est intelligent, mais n'a pas une trentaine d'années de journalisme derrière lui et n'a pas enquêté dans l'underground policier. Alors, en matière policière, il est nul, totalement.

Au fil de nos rencontres, j'ai appris qu'il connaissait l'homme depuis une couple d'années, qu'il végétait un peu beaucoup dans la vie, parfois sur le bs, parfois préposé à l'entretien des pelouses de la... Ville de Roberval, et proprio d'une vieille voiture, très utile quand mon ami devait aller quelque part ou faire son marché. Et pas chérant, le gars, rien à voir avec ce que demande un taxi.

Cependant, il m'a dit le trouver épuisant des bouts. Se présente chez lui comme un cheveu sur un bol de soupe, s'éternise sur place, etc. Il arrivait que mon ami, qui n'a pas la langue dans sa poche, l'engueule, mais ça ne l'empêchait pas de revenir. En somme, collé à vous comme une sangsue.

La deuxième et dernière fois où je l'y ai vu, il n'osait pas entrer dans l'appart, situé dans un sous-sol, était resté debout au milieu de l'escalier, une main appuyée sur le plafond, l'autre sur un mur, le haut du corps penché pour mieux nous voir et entendre, comme s'il hésitait de faire un pas de plus. Me suis approché et l'ai apostrophé, lui disant qu'il était un flic en civil. Ç'a été suffisant pour qu'il se révèle tel qu'il est.

Reprenant soudainement de l'assurance, avec en prime un petit air baveux, il a riposté du tac au tac : «As-tu le téléphone?» Du fait qu'il me le demandait, démontre qu'il savait que je ne l'avais pas et, encore mieux, il me menaçait indirectement de ne jamais le ravoir si je ne me la fermais pas. Carrément du chantage. En voilà un autre qui empiétait illégalement l'espace privé d'un citoyen. (Suite demain)

■  Les morts et blessés attribuables aux poursuites à haute vitesse de la police - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) «Un de ces jours, ils vont tuer des citoyens», s'alarme le conseiller montréalais de Snowdon, Marvin Rotrand, qui estime que les véhicules de la police sont «plus dangereux que les armes à feu». Rotrand, qui observe les activités policières depuis des années, précise le journaliste, demande à la police d'abandonner les poursuites à haute vitesse. (Éric Trottier -- La Presse du 28 juin 2002)

«Les policiers devraient se contenter de relever les numéros des plaques d'immatriculation et d'aller cueillir les suspects plus tard, à leur domicile». Il soutient que, d'après des études, dans 80% des cas, les poursuites ont trait à une infraction mineure, et non pas d'un crime grave, comme on serait porté à le croire.

Quelque temps après, au cours d'une assemblée du conseil municipal, il fait part de ses inquiétudes, demande à son collègue Peter Yeomans, responsable de la police au sein du Comité exécutif de la nouvelle Ville de Montréal, ce qu'il compte faire pour enrayer le problème.

Yeomans rétorque ne pas croire qu'il faille imposer un moratoire : «Ça peut commencer par une infraction mineure, mais, souvent, les policiers se rendent compte que le véhicule qu'ils poursuivent a été volé et peut-être même qu'il allait être employé à commettre un crime plus grave, comme un hold-up. On ne peut pas dire que les poursuites policières sont inutiles».

Cependant, la hausse du nombre de citoyens blessés le préoccupe : «Il y en a eu six en 1999, trois en 2000 et 11 l'an dernier. Je n'aime pas cette tendance et je crois qu'on devra surveiller ça de près», promet-il. Mais Rotrand n'en démord pas : «La police devrait laisser courir les fuyards. Entre une vie et une voiture volée, on ne doit pas hésiter.»

Cet article confirme, comme si besoin est, que la police jouit de l'appuie du pouvoir politique municipal, dont celui de l'élu Yeomans, ex-maire de Dorval. On peut faire le même constat à l'endroit du ministre québécois de la Sécurité publique et de son homologue fédéral, le Solliciteur général, responsable de toutes les polices du Canada.

Ces élus, sans l'avouer publiquement, considèrent les dommages collatéraux associés, entre autres, à ces poursuites comme «inévitables», la fatalité, en somme. Vraisemblable, car ils ne font rien pour brider les chevaux-vapeur. Tous les citoyens blessés intentent-ils des poursuites en dommages et intérêts contre la police et son employeur? (Suite demain)

News du dimanche 10 Avril 2011

  Travailler dans le cimetière d'une grande cité d'aujourd'hui – L'entretenir, déplacer de lourdes dalles de béton ou pierre, descendre dans les caveaux, déterrer des cadavres décomposés, des crânes, des ossements, découvrir des reliques dans des tombes pourries, etc. Un documentaire d'Emeline Declerck, qui a suivi pendant un certain temps quatre fossoyeurs dans leur travail. Un monde peu connu : vidéo (29:06).

  Tokyo – 15 000 Japonais ont manifesté aujourd'hui dimanche contre l'énergie nucléaire.

■  Images - la cible de l'insurgé est derrière lui ; bain de sang ; Algérie : Bouteflika président à vie ; tsunami ; vague sur les centrales nucléaires ; vague sur les villes ; nuage radioactif ; petite rue tranquille ; travail collectif ; œuvre d'art ; la belle inconnue.

■  Le meilleur éditorialiste français sur le web, qui est-il ? - Sans conteste : Christophe Barbier, directeur de la rédaction de l'Espress. Regardez le nous faire le tableau des partants potentiels aux élections présidentielles de 2012. Il connait son sujet jusqu'aux racines les plus profondes : vidéo (03:26).

■  La très grande majorité des Islandais refusent de payer la dette des banques – Celles-ci ont fait faillite lors du crash financier de 2008. Parmi les clients de ces banques islandaises, il y avait des milliers de Britanniques et Néerlandais qui ont tout perdu. Ces deux pays les ont dédommagés et tentent maintenant de récupérer l'argent auprès de l'Islande. Selon le résultats final d'un référendum tenu hier, plus de 90% des Islandais ont dit "non" : vidéo (00:45), au moment de ce reportage, le résultat était incomplet, alors on parle de 58%.

PS : Ces banques étaient des entreprises privées. Pendant toutes ces années où elles encaissaient des profits, à ce qu'on sache elles ne les partageaient pas avec la population.

■  La complicité avec la Sûreté du Québec du représentant MacIntosh à Chicoutimi, au Saguenay-Lac-St-Jean - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Cependant, je ne crois pas que les déboires que j'ai connus par la suite avec mon ordi soient attribuables à ces interruptions de l'électricité de la Sûreté du Québec. Juin 2001, ce vieux MacIntosh, un LC11 acheté en 1993, une machine fiable qui n'a jamais connu de ratée, me fait faux bond. Fort heureusement, tous mes fichiers étaient sur disquettes, et en trois copies.

Le seul représentant MacIntosh de la région Saguenay-Lac-St-Jean demeure à Chicoutimi. Transport et réparation risquent de coûter un bras au bénéficiaire de l'aide social que je suis encore à cet époque-là. Prends rendez-vous avec le technicien. Le chauffeur-collabo m'y conduit. Lui en ayant fait part la veille, il a eu le temps d'en informer la Sûreté du Québec, qui a pu préparer le terrain avant mon arrivée. Après avoir poireauté pendant près de trois heures, le technicien me rend la machine, signale qu'elle «est encore bonne pour plusieurs années».

À mon domicile, je constate qu'il a remplacé le couvercle de l'ordi par celui d'un autre modèle. Je n'arrive pas à insérer ma disquette dans le fente du couvercle, me faut l'enlever pour fonctionner. Le lendemain, l'ordi refuse de se remettre en marche : encore là, mes copies sur disquettes sont bien utiles. Retours à Chicoutimi, avec le collabo informé la veille...

Pendant l'attente, je remarque l'arrivée d'une civile. Facile à identifier. Comme on m'a souvent fait le coup à Montréal et à Lac Bouchette, madame m'exhibe sa croupe, elle porte un pantalon serré, le tissu enfoncé entre les deux fesses. Le technicien travaille sur l'ordi une bonne heure, me le remet, s'excuse de s'être trompé de couvercle, m'assure que maintenant tout est en ordre, et ne me charge rien.

Au comptoir, pendant qu'il m'explique tout ça, madame est derrière moi. Le patron de la boîte ou un employé, je ne sais trop, accompagne le technicien. Accoudé sur le comptoir, il semble se régaler de la situation, ricane comme un con, en jetant un coup d'œil complice à la flic : «Ha! ha! ha!» Ça sent l'atteinte à la dignité à plein nez. 

Deux jours s'écoule puis l'ordi retombe de nouveau en panne. Impossible de le remettre en marche. Pas question d'aller à Chicoutimi. N'ai plus confiance. Sabotage policier? Peut-être, peut-être pas non plus, comment savoir? La machine datait tout de même de 1993. Mon livre a de nouveau la vie sauve grâce aux disquettes.

Dépité, suis obligé d'en suspendre la rédaction. Pas d'argent pour en acquérir un neuf. Par chance, je commencerai à retirer ma pension de vieillesse en septembre 2001. Le temps d'amasser la somme nécessaire, plus de 2 000$, serai tout de même huit mois sans ordi, de juin 2001 à février 2002. (Suite demain)

  Meurtrières, les poursuites policières à haute vitesse - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Sur une photo de La Presse du 19 novembre 2001, une voiture complètement démolie. Le bas de vignette relate une autre de ces poursuites policière à haute vitesse, avec auto-patrouille, gyrophare et sirène allumés, cette fois par des policiers de la Régie des Seigneuries. Résultat : l'homme au volant, 23 ans, est mort. S'agissait d'un cas de violence conjugale, dit-on.

On aurait pu lui épargner la vie, si on l'avait suivi avec une voiture banalisée plutôt que d'utiliser tout le tintamarre habituel. Le principe est élémentaire : un véhicule finit toujours par s'arrêter quelque part, à moins d'être alimentée en essence par un hélico. Sans compter que le fuyard aurait pu entrer en collision avec un voiture venant en sens inverse, et ajouter au bilan inhumain. La problématique sévit chez tous les corps policiers, sans distinction.

Dans un rapport déposé en décembre 1999, la Commission des plaintes du public contre la Gendarmerie royale du Canada (GRC) recommandait que celle-ci y ait recours seulement dans les cas de crimes graves. (La Presse du 14 décembre 1999) L'enquête de l'organisme portait sur 4 200 poursuites du genre, survenues entre 1991 et 1996.

Au total, 19 personnes avaient été tuées, le tiers de ces courses s'étaient terminées par une collision et 14% par des blessures. Dans plusieurs cas, la chasse à l'homme avait été déclenchée à la suite d'«un délit relativement mineur». La présidente de la Commission, Shirley Heafey, «trouve que le nombre de morts causés lors de poursuites policières est dérangeant».

Autre rapport, celui de la police de l'île de Montréal, où elle fait état de ses activités au cours de l'année 2001. S'y référant, le journaliste Éric Trottier de La Presse écrit que plus de 142 chasses à l'homme se sont déroulées cette année-là sur ce territoire, occasionnant 73 accidents. (Éric Trottier -- La Presse du 28 juin 2002) Onze citoyens et trois policiers ont été blessés. Cent dix poursuites de plus qu'en 1997, et 20 de plus qu'en 2000.

De 1995 à 2001, le nombre de blessés a été de 125 : 66 suspects (NDLR : On ignore si tous ces fuyards ont été jugés coupables de délits, mineurs ou majeurs...), 30 policiers et 29 citoyens. Au cours de ces cinq années, ce corps policiers a quadruplé le nombre de poursuites à haute vitesse dans les rues de la métropole. (Suite demain)

News du samedi 9 Avril 2011

■ Construction de centrales nucléaires et gestion : il n'existe aucune règle mondiale contraignante - Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre française de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, a fait cette révélation lors d'une entrevue. Elle présidera, en mai, la réunion des autorités en matière de sécurité nucléaire des pays du G20, qui se tiendra en France. L'objectif : avancer sur le plan de la réglementation mondiale. Un accident nucléaire quelque part dans le monde concerne le monde entier, a-t-elle ajouté : vidéo (12:42), entrevue du 5 avril 2011.

La ministre fait aussi un bref bilan de ce qu'elle a constaté lors de son récent voyage au Japon. La perte spontanée de sources froides et d'alimentation électrique dans les centrales nucléaires de Fukushima. Les piscines de combustion usées. L'effet domino... La concentration de centrales et de piscines sur le même site serait un facteur à risques. Des pistes de réflexions qu'il faut intégrer. Et la peur des Français depuis Fukushima? Normale, selon elle, la première question qu'on se pose : est-ce que cela peut arriver chez-nous?

Afin de faire un tour d'horizon un peu plus complet de la problématique, signalons que, contrairement à la ministre Kosciusko-Morizet qui s'oppose à un moratoire, des membres de l'Union européenne s'interrogent sur l'avenir du nucléaire. Ainsi qu'en témoigne des participants à une table ronde de France-Inter composée notamment de deux députés européens. Ils abordent des aspects de cette forme d'énergie qui sont méconnus du grand public : vidéo (37:11) diffusée également le 5 avril.

■  Japon : un chien retrouve ses maîtres - Des secouristes l'avaient vu du haut d'un hélico, sur le toit d'une maison en pleine mer. Sauvé 21 jours après le tsunami. Des retrouvailles à voir : vidéo (02:02), le sauvetage est à la fin.

■  Le temps venu d'acheter un vélo – Rouler sur deux roues, seul ou avec d'autres, peut importe l'âge, agréable, bon pour la santé, moins cher qu'une auto, pas polluant. Laissez vous tenter, vous le regretterez pas, vous serez bien dans votre peau et votre tête : vidéo (01:39), une pub amusante qui me plaît beaucoup, que je diffuse gratuitement. Faites de même, si vous avez un site web.

■  Sachant que mon ordi était désormais protégé des pannes, la Sûreté du Québec a cessé de dévisser le fusible - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Dans mon appart, il se passe rarement une couple de semaines sans qu'il y ait une panne d'électricité. Si certaines sont occasionnées par des orages électriques, d'autres semblent provenir d'une autre origine. C'est le cas quand le ciel est d'un bleu azuré et sans nuage, ou étoilé.

Vous travaillez sur votre ordi, quelque part dans l'édifice, un locataire, policier en civil de son état, dévisse un fusible et tout s'éteint dans votre appart. L'interruption durant une seconde ou deux, votre ordi se remet aussitôt en marche. Le disque dur, qui n'a pas eu le temps de s'immobiliser, reprend subitement ses 6 000 tours minute. L'équivalent d'un coup de reins risquant de l'endommager.

En outre, tout ce que vous n'aviez pas enregistré est perdu. Il arrive même que ces pannes s'enchaînent à la queue leu leu. La lumière revient, l'ordi redémarre, oups! encore une autre, puis autre. C'en est ridicule.

Curieusement, ces fausses pannes, par ciel dégagé, surviennent lorsque la veille ou l'après-midi même j'ai dévoilé un petit secret policier ou que je suis à écrire ou rewriter un passage de ce livre où la Sûreté du Québec en prend pour son rhume. Quelqu'un, quelque part, suit-il, mot à mot, je veux dire en temps réel, ce que j'écris sur l'écran de mon ordi?

Je ne le crois pas vraiment... bien qu'il m'arrive de le penser à cause des synchronismes. Les technologies courantes permettent d'enregistrer les frappes sur l'ordinateur, les courriels, les clavardages et bien plus. Simple hypothèse, remarquez. Les fameux synchronismes n'en continuent pas moins de me préoccuper. Réalité incontournable : ils sont bel et bien là.

Est venu un temps où j'ai tout compris. Ça m'a pris tout de même plus d'une année. J'avais de la difficulté à croire que la police en civil de la Sûreté du Québec puisse être derrière ça. Lorsque les soupçons ont commencé à se manifester, j'ai voulu savoir ce qui en était. Le soir, quant une panne survenait, je jetais rapidement un œil à la fenêtre et constatais qu'il y avait de la lumière dans la rue et chez mes voisins immédiats.

Je n'aurai la preuve de l'implication policière qu'en novembre 2002, lorsque je ferai l'acquisition de la batterie Tripp-Lite power protection, qui prend illico la relève quand une interruption du courant survient. Ce sera la fin les pannes par beau temps. Seuls l'ordinateur et l'écran seront branchés sur le système.

Et les autres lumières de mon appart, dont la lampe sur mon bureau, qui ne le seront pas, ne cligneront de l'œil que très rarement. Sachant que mon ordi était désormais protégé des pannes, la police en civil a cessé de dévisser le fusible. (Suite demain)

■  2001 : la GRC réprimandée pour avoir enfreint les droits constitutionnels lors du sommet de l'APEC - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) En outre, le commissaire Hughes a étudié 52 plaintes déposées contre la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

On lui reprochait, lors du sommet sur la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) tenu à Vancouver, d'avoir enfreint les droits constitutionnels des opposants en confisquant leurs banderoles et en aspergeant sans justification de poivre de Cayenne des manifestants pacifiques.

Hughes souligne que dans certains cas, «la police a agi de manière incompatible avec le respect des libertés fondamentales garanties par la Charte des droits» : fouille à nu de quelques manifestantes, arrestation d'un manifestant la veille du sommet.

Que le recours injustifié au poivre de Cayenne était le résultat direct de son échec à prédire que les manifestants pourraient tenter de bloquer les voies de sortie des leaders participants au sommet, alors qu'il était amplement prévisible que cela pourraient se produire. Cependant, selon lui, elle était justifiée d'asperger de poivre de Cayenne et d'arrêter des manifestants qui avaient fait tomber la clôture de sécurité.

Au cours d'un point de presse, le commissaire de la Gendarmerie royale du Canada, Giuliano Zaccardelli, confronté au rapport Hughes, commence par dire qu'il en accepte les conclusions touchant les agissements de Jean Carle. (Nahlah Ayed, Presse canadienne -- La Presse du 8 septembre 2001)

Il déclare cependant qu'aucune pression n'avait été exercée pour l'obliger à faire quoi que ce soit, et qu'il ne lui appartient pas de déterminer si Carle avait agi ou non de façon inappropriée. Il précise néanmoins que les questions de sécurité doivent demeurer sous la responsabilité du corps policier, qui dispose de l'expertise de spécialistes.

Des médias ont aussi rapporté que, dans les mois précédents le Sommet de Vancouver, la police avait infiltré l'un des groupes étudiants alors qu'ils mettaient au point leur manifestation. Selon l'historien Steve Hewitt, de l'Université de la Saskatchewan, celle-ci sillonne les milieux universitaires. Le journaliste André Pratte de La Presse l'a interrogé, en juin 1999, lors du Congrès des sciences sociales et humaines, à l'Université Bishop's. (André Pratte -- La Presse du 8 juin 1999)

Hewitt reconnaît qu'en certaines circonstances, elle peut être justifiée de surveiller des groupes actifs sur un campus. «Mais la surveillance policière menace la liberté académique, qui est un des fondements de notre société. Nous, comme historiens ou sociologues, devrions pouvoir discuter d'idées potentiellement subversives. Si vous savez qu'un agent des services de renseignements est peut-être en train d'enregistrer votre cours, vous allez faire attention à ce que vous dites.»

Retenons aussi de cet article du journaliste qu'en 1969, sept membres du Service de sécurité du corps policier avaient suivi un cours du soir à l'Université de Montréal et que chacun remit à ses supérieurs un compte rendu détaillé, portant notamment sur les orientations politiques du professeur. Hewitt soutient que l'infiltration s'inscrit dans la continuité historique.

Plus explicitement, il espionne les campus au moins depuis les années 1920. Ce fut d'abord pour traquer les communistes et ensuite, au début des années 1960, s'intéresser aux agitations étudiantes, mouvements pacifistes, à la montée de l'indépendantisme. On le voit, les ramifications policières sont... multiples. (Suite demain)

News du vendredi 8 Avril 2011

  Japon-séisme-tsunami : histoire d'une petite famille qui a survécu - Otsuchi, ville côtière, près de 90 000 habitants. Le 21 mars, environ 20 minutes après le séisme, le tsunami est déjà là. La partie basse de la ville est dévastée par l'ampleur de la vague. Environ 30 000 morts ou disparus, d'autres plus chanceux ont eu le temps de s'enfuir vers des collines : vidéo (08:13), traduite en français.

  Des hackers occidentaux au secours d'insurgés arabes – De faite, ils luttent pour la liberté d'expression sur l'Internet. Enseignent comment s'y prendre pour contourner la censure ou rétablir la communication lorsque le dictateur a coupé la ligne y donnant accès. Quand celui-ci est déchu, ils en ciblent un autre et une nouvelle bataille cybernétique prend son élan : vidéo (03:58).

■  Open forum sur le web : aidez la Banque mondiale à trouver une solution à la faim – Récemment, la hausse des prix alimentaires a fait basculer 44 millions de citoyens dans la pauvreté extrême : prix du blé + 79%, du riz +13%, du maïs + 81%. Quoi faire pour les sortir de là et éviter que des catastrophes du genre ne se reproduisent plus? Vous avez des idées? La Banque Mondiale veut les connaître, exprimez les ici + vidéo (01:01).

PS : Une bonne idée : interdire les bulles créées artificiellement par des spéculateurs sur les denrées de première nécessité et qui en plus sont même pas des agriculteurs. Je te coupe les vivres pour me remplir les poches + vidéo (14:32 – en grande partie sous-titrée en français), la bulle alimentaire : comment Wall Street a affamé des millions de personnes dans le monde sans être inquiété.

  Mon chauffeur-collabo de la Sûreté du Québec, pour en finir avec lui - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Mon chauffeur très particulier, pour y revenir et fermer ce chapitre, alimentait régulièrement la Sûreté du Québec de renseignements me concernant.

Un jour, je lui raconte que mon vélo de montagne est maintenant équipé d'un odomètre, lui signale qu'il me sera bien utile parce que je veux augmenter progressivement mon kilométrage. Trois jours plus tard, l'odomètre ne fonctionne plus. Utiles, les renseignements que le collabo transmet à la Sûreté du Québec.

Ce n'est pas sans me rappeler le petit panier fixé aux guidons, dont le pourtour a été déformé. Lorsque je m'en achèterai un plus grand, ferai le même constat. Le vendeur de Lac Bouchette, un très proche de la Sûreté du Québec, m'expliquera que ces paniers viennent «d'un pays pauvre». Donc, un peu normal, n'est-ce-pas, qu'ils souffrent d'une difformité. Et la boîte de conserve de petits pois Le Sieur écrasée du talon, elle aussi?

De nombreuses tentatives aussi de m'effrayer... M'en allant faire extraire une dent titillée par un abcès, mon chauffeur-collabo me dit que le dentiste va me casser la mâchoire. Pratiquant la marche à pied dans la forêt, il me dira qu'un type en faisait aussi et, un jour, il a disparu, on ne sait pas ce qu'il est devenu.

Le 17 mars 2003, il me livre le quotidien La Presse. Je m'informe si les Américains ont décidé d'attaquer l'Irak sans le consentement de l'ONU. Non pas encore. Puis il complète son topo en me signalant que le conflit israélo-palestinien a repris de plus belle. Les Israéliens tirent sur les Palestiniens, me conseille en riant de faire attention, peut-être qu'une... balle israélienne pourrait m'atteindre. (Suite demain)

■  Le tout se faisant en cachette, excessivement rare que la collusion pouvoir politique et police soit dévoilée - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le pouvoir politique dicte-t-il à la police ce qu'elle doit faire? Pendant plusieurs années, mon ambivalence oscillait entre "parfois" et "plus souvent qu'autrement oui".

Cependant, depuis qu'on essaye d'implanter le concept de la soi-disant police communautaire, mon pendule a stoppé sa trajectoire au deuxième choix, ce qui n'exclut pas bien entendu les initiatives policières, qui sont considérablement plus nombreuses que celles du pouvoir.

Il est excessivement rare que ce soupçon de collusion pouvoir-police devienne pratiquement preuve. Examinons un cas. Il implique la Gendarmerie royale du Canada (GRC), qui, lors de manifs par exemple, ne se gêne pas non plus à prendre les grands moyens.

Tout le monde se souvient de la photo du sergent Hugh Stewart arrosant copieusement de jeunes adultes de poivre de Cayenne au cours de la manif, en novembre 1997, à Vancouver, devant l'édifice où se tenait le sommet de Coopération économique Asie-Pacifique (APEC).

Le Commissaire aux plaintes logées par des citoyens contre la GRC, Ted Hughes, avait du reste enquêté sur la répression policière qui l'en avait marqué. (Presse canadienne -- La Presse des 7 et 8 août 2001) Certains soutenaient que le bureau du premier ministre fédéral libéral Jean Chrétien avait ordonné à la police de réprimer les manifestants pour éviter tout embarras à des leaders mondiaux comme le président Souharto, d'Indonésie, et Jiang Zemin, de Chine.

Cependant, des fonctionnaires proches du premier ministre avaient nié, devant le commissaire Hughes, y avoir été impliqués. La transcription de communications radio du corps policier portait à le penser, mais sans qu'il ne soit toutefois possible de l'affirmer de façon irréfutable.

Dans son rapport dévoilé en août 2001, plus ou moins trois ans et demi après, le commissaire Hughes ne fait pas moins état d'un incident où Jean Carle, un des principaux conseillers du premier ministre, ainsi qu'un fonctionnaire chargé de la coordination du sommet, ont demandé à la Gendarmerie royale du Canada de vider un terrain des manifestants qui s'y trouvaient.

«J'ai la conviction, écrit le commissaire, que, dans ce cas, le gouvernement fédéral, par l'intermédiaire du cabinet du premier ministre, s'est ingéré de manière inappropriée dans une opération de sécurité de la Gendarmerie royale du Canada». Sans en accuser nommément personne, il n'en stigmatise pas moins des fonctionnaires fédéraux qui ont exercé des pressions indues sur des policiers mal préparés à des affrontements qu'ils auraient pourtant dû prévoir.

Il note que c'est une décision du gouvernement -- et non de ce corps policier -- qui a amené l'expulsion de manifestants qui campaient sur le terrain du Musée d'anthropologie. Certains agents, principalement le surintendant May, «ont cédé à l'influence et l'intrusion du gouvernement dans un domaine où elles étaient inappropriées». Hughes recommande que l'indépendance du corps policier vis-à-vis le gouvernement soit réitérée, au moyen d'un code clair. (Suite demain)

News du jeudi 7 Avril 2011

  France : "Laïcité, ça n'est pas fini !" - Thème de l'émission "C dans l'air" animé par Yves Calvi où on débat de différents sujets. Ça tombe pile parce que récemment au Québec Christiane Pelchat, présidente du Conseil du statut de la femme (CSF), a rendu public un document en traitant.

Le CSF estime que la séparation de l'État et de la religion constitue une valeur collective fondamentale. La situation actuelle nuit à la cause des femmes en raison du statut subordonné que leur réservent les religions. Nuit également à la liberté de conscience et de religion. La laïcité est aussi un pas de plus vers l'égalité des sexes. Écoutez ce que les Français ont à dire sur cet épineux projet : vidéo (1h05).

  Un oiseau robot – Il se comporte comme un oiseau en chair et en os mais télécommandé à distance : vidéo (02:22).

  Côte d'Ivoire – L'ex-président Gbagbo continue de prétendre avoir gagné les élections présidentielles et de refuser de se rendre aux forces de l'ONU. Protégé par 200 militaires fidèles, il s'est réfugié dans un bunker : vidéo (01:27). Tout le monde attend la suite.

  Japon-les Centrales nucléaires de Fukushima – La situation hier 6 avril (vidéo – 01:04) et aujourd'hui 7 avril (vidéo - 01:03).

  Des cliniques médicales infiltrées par des civils - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) La présence policière et citoyenne-collaboratrice dans les hôpitaux ne m'étonne nullement.

Depuis mon arrivée au Lac St-Jean, au début de l'été 1999, je fréquente des cliniques médicales, à l'extérieur du petit village policier de Lac Bouchette. Les civil, hommes et femmes, y sont assez régulièrement présents. Pas seulement dans les salles d'attentes, parfois aussi comme réceptionnistes et quelques fois comme médecins.

Lors de deux consultations médicales, j'ai la conviction d'avoir été en présence de deux civils. À la clinique, je me présente à la réceptionniste, lui dit avoir rendez-vous avec le docteur X. Elle vérifie sur son agenda, le confirme, me demande d'aller m'asseoir, qu'il me recevra dans quelques minutes.

Lorsque vient mon tour, elle m'informe que le dr X m'attend. Après un préambule, celui-ci, que je rencontre pour la première fois, me dit de but en blanc avoir fait le serment d'hypocrite (allusion au serment d'Hyppocrate que font les médecins). Je n'en comprends pas la pertinence avec ce qui m'amène à le consulter.

La fois suivante, à la même clinique, autre rendez-vous avec le dr X. Surprise, ce n'est pas lui mais un autre. De plus, il ressemble comme deux gouttes d'eau à un civil de la Sûreté du Québec, que je connais très bien, car il m'a harcelé plusieurs fois à Montréal, notamment à la bibliothèque centrale, et l'ai même vu une fois à Lac Bouchette, sortant de la maison d'une réceptionniste-comptable que je connais également très bien : c'est le même homme qui, début 1998, était monté précipitamment dans une fourgonnette blanche, stationnée devant mon domicile, et quitté les lieux en quatrième vitesse.

Il m'annonce que je ne pourrai pas prendre d'autres rendez-vous avec lui parce qu'il quitte Roberval pour Québec. Quelque temps après, je réclame mon dossier médical. À mon grand étonnement, il est constitué d'une seule page, deux petits paragraphes dactylographiés. Alors qu'il était assez volumineux, consultant des médecins, à ce moment-là, depuis environ sept ans. Et aucune trace manuscrite des 2 drs X. (Suite demain)

  La police en civil est infiltrée dans les salles des nouvelles des médias, déguisée en journaliste - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Aux yeux de la police, les médias jouent un rôle vital : se sont eux qui rapportent les événements, par exemple les manifs tournant au vinaigre... Qu'est-ce à dire? Que la police peut compter sur des alliés dans les salles de nouvelles. En outre, ces dernières sont également infiltrées par la police.

Faisons un bref rappel de la fin des années 1960 et d'une bonne partie de la décennie 1970, période d'effervescence nationaliste au Québec. Rappelons que la crise d'octobre s'est étalée sur une période de quatre ou cinq ans. La marmite socio-politique a graduellement commencé à mijoter deux ou trois ans avant la crise proprement dite pour se refroidir peu à peu environ 1 an après l'assassinat du ministre Pierre Laporte, membre du gouvernement libéral de Robert Bourassa.

Journaliste à Ottawa, au cours de ces années, j'ai constaté que la salle des nouvelles du quotidien Le Droit où je travaillais, les collègues, le syndicat des journalistes, les photographes, des amis, mêmes certains milieux familiaux, dont le mien, étaient infiltrés par des agents et agentes en civil de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

L'auteur de ces lignes pourrait citer le nom de "confrères journalistes" qui étaient membres de ce corps policier : à l'époque, je n'avais pas encore découvert que la Sûreté du Québec et les corps policiers municipaux s'adonnaient aussi à ces activités clandestines. Je vais me limiter aux initiales : AG, PL, PT, AL.

On peut penser qu'il en était de même de celles des grands quotidiens montréalais et des stations de télévisions, par exemple Radio-Canada. Les journalistes de ma génération se souviennent tous que le nationalisme culminait davantage à Montréal qu'à Ottawa. Toutefois, comme je n'y étais pas, je ne peux en juger, seulement le présumer, quoique avec une marge d'erreur à peu près nulle.

J'ai eu l'occasion de remarquer également la présence policière dans des salles de nouvelles de la télé de Radio-Canada, notamment à Montréal, où j'ai travaillé vers le milieu des années 1970 jusqu'au début de la décennie suivante. À l'époque, je n'étais pas trop sûr que c'était le cas. Après mon enquête de six ans et demi dans l'underground policier, qui s'est étalée du début de 1997 et le milieu de 2003, me remémorant certains événements, mon hésitation s'est transformée en certitude.

Suis convaincu qu'un journaliste, deux cameraman et un monteur de films de Radio-Canada étaient de fait des civils (Initiales : PT, AD, RS, entre autres), mais j'ignore à quel corps policier ils appartenaient.

Il n'était pas toujours facile de travailler en symbiose avec un certain monteur, fallait entrer dans la salle de montage sur la pointe des pieds, adopter un profil bas, éviter tout ce qui pouvait porter ombrage à sa susceptibilité. Et avec un certain cameramen, qui conduisait son véhicule comme un dingue, bâclait son travail. Autant d'attitudes qui visaient à vous mettre en rogne, à vous déstabiliser psychologiquement.

Croire que toutes ces taupes ont été exfiltrées depuis est faire preuve d'une bien grande candeur. Ceux qui ont par la suite pris leur retraite ont vraisemblablement été remplacés par d'autres. Tous les corps policiers se font des niches, dans les milieux de presse, y compris la Sûreté du Québec. Pas seulement dans les grands médias, les tout petits aussi.

L'exemple du journal communautaire D'un lac à l'autre, à Lac Bouchette, tirant à 600 exemplaires, et dont j'ai déjà fait état (Voir tome 1 de L'Étau Policier), le démontre.

Influencer des journalistes, par des interventions souterraines, afin de les stimuler, certes, quand flics en civil et collabos sont d'accord avec le sujet développé. Mais aussi, si l'approche ou le sujet leur déplaisent, les orienter dans une autre direction et, si la tentative échoue, chercher à les neutraliser, les freiner.

L'objectif est de contrôler l'information destinée aux citoyens, particulièrement dans les dossiers "chauds", par exemple impliquant la police. Le succès de ce travail de sape varie selon que le journaliste se tienne debout ou s'écrase. Encore faut-il qu'il soit conscient de leur présence dans la salle de nouvelles, ce qui est loin d'être le cas. Seuls ceux affectés aux faits divers policiers depuis des lustres sont susceptibles de savoir ce qui se passe. (Suite demain)

News du mercredi 6 Avril 2011

  Débat sur développement de l'éolienne - Deux invités Arnaud Casalis, administrateur de la "Fédération environnement durable" laquelle regroupe 700 associations vouées à la défense de l'environnement contre l'éolienne, et Bernard Laponche, expert en politique énergétique (association Global Chance) : vidéo (35:00).

Casalis : L'éolienne ne permet pas d'apporter des solutions au problème énergétique qui se pose, même pas au problème climatique. Et partant de là, il y a de grosses interrogations sur son utilité. Laponche : Si on compare avec d'autres formes de l'énergie durable, c'est pas si mal que ça. Un choix pas très bon en soi, mais qui est préférable aux autres.

Casalis réplique : L'éolienne a un très mauvais rendement, environ 22%, un petit peu plus en mer. Ça veut dire qu'on va avoir des investissements de 100 pour avoir 22. Donc on est dans des marges extrêmement minimes. Par contre, son caractère nuisible affecte la population considérablement. Ce qui n'ait pas le cas des autres énergies durables. L'éolienne a cette particularité d'être la seule a porter atteinte à la population dans tous les domaines : la qualité de vie, la santé, le patrimoine des gens et sur le plan écologique.

  Québec : 7 maires s'opposent aux éoliennes près des lieux habités – Ils dénoncent l'incurie du gouvernement du Québec qui continue d'autoriser des projets éoliens en milieux habités malgré les mises en garde en matière de santé : stress, irritabilité, maux de tête, étourdissement, trouble du sommeil, déficit d'attention et de mémoire, acouphène, fatigue et dépression. Une réalité qui risque d'affecter tout particulièrement les personnes résidant à l'intérieur d'un périmètre de deux kilomètres d'une éolienne.

Maire Gérard Dutil de Saint-Paul-de-l'île-aux-Noix : «Le syndrome éolien existe bel et bien et en tant que maires, nous avons la responsabilité de voir au bien-être de nos citoyens». Pour sa part, Laurent Lamarre, de "Terre citoyenne", précise que les observations médicales semblent assez nombreuses pour que le gouvernement commande des études qui s'imposent : communiqué de presse.

Les six autres opposants sont les maires de Saint-Cyprien-de-Napierville, Saint-Blaise-sur-Richelieu, Lacolle, Saint-Jacques-le-Mineur, Saint-Georges-de-Clarenceville et Sainte-Anne-de-Sabrevois. Tous demandent aussi l'établissement, une fois pour toutes, d'une norme acceptable. Et accusent les gouvernements d'être à la remorque et au service du lobby de cette industrie qui, bien entendu, précisent-ils, tentent de minimiser l'importance de ces effets.

La municipalité du maire Dutil est située sur la rive gauche de la rivière Richelieu, voie navigable importante entre le Canada et les USA, proche de la frontière américaine et du Lac Champlain. Un endroit touristique, notamment à 45 minutes de Montréal. Un passage obligé des amateurs de nautisme, des passionnés d'histoire et des fervents de patrimoine.

  La police en civil est également infiltrée dans les hôpitaux - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) J'ai constaté également la présence de deux civiles, environ quatre mois plus tard, lorsque j'ai visité un ami très proche hospitalisé à l'Hôtel-Dieu de Roberval, où il avait subit une opération chirurgicale la veille. Une "infirmière" s'amène dans la chambre pour l'aider à faire sa toilette.

D'un ton péremptoire, haut et fort, elle me lance : «VOUS! il va falloir que je vous parle!» Je l'identifie aussitôt : elle était à l'hôpital de Chicoutimi, au début de l'année. Dans le même département que moi. Je l'avais croisée à la cafétéria, m'étais permis de lui sourire et dire gentiment : «Je vous connais, vous.»

Elle avait riposté, le ton rageur, pointant son indexe dans ma direction : «Moi aussi, je vous connais!» J'avais été étonné de sa réaction agressive. À l'époque, je n'arrivais pas à m'expliquer son attitude, mais là, je comprenais que madame est une civile.

Le conciliabule se déroule dans le corridor. Tranchante, le visage empourpré, haut du corps exagérément en recul et penché sur le côté droit pour mieux m'observer, elle est vraiment choquée que mon ami pense réintégrer son domicile dans une couple de jours, alors que son opération nécessitera une hospitalisation d'environ une semaine. Je lui explique, calmement, qu'il ne réalise pas encore la gravité de son état, que je vais faire le nécessaire pour l'en sensibiliser.

De fait, la civile utilisait une tactique policière consistant à créer artificiellement un petit conflit pour justifier une agression verbale injustifiée à mon égard. Car les infirmières savent composer avec ce genre de situation.

À la réception du département, une autre "infirmière" s'enquiert auprès de moi de la santé de mon ami, accompagnant chacune de mes réponses de rapides coups de tête affirmatifs pour le moins caricaturaux. J'ai bien vu que, à travers lui, toutes deux me visaient personnellement.

Un autre patient était alité dans sa chambre, pour un saignement de nez qui n'arrêtait pas, paraît-il... Portant ses vêtements, et seulement allongé sur un lit, pas défait. (Suite demain)

  Dans les petites villes et villages du Québec la police en civil a confisqué à la Société civile l'espace public - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) L'infiltration policière est parfois nécessaire, mais vandalisme et violence des agents provocateurs de la police en civil sont-ils toujours légaux?

En infiltrant de faux manifestants parmi les vrais, la police se donne les moyens d'intervenir quand bon lui semble. Si elle décide, pour une raison ou une autre, et à tort ou à raison, d'y mettre fin, elle s'en servira pour provoquer des troubles et justifiera ainsi son intervention. Les médias claironneront par la suite qu'elle a dû intervenir parce que la manif avait mal tourné, décriront les méfaits, souvent avec images vidéos et photos explicites à l'appui.

N'en déduisons pas pour autant que la police est à l'origine de toutes les manifs dégénérant de la sorte. Nécessaire tout de même de se demander à qui cette violence profite. En cas de doute, le journaliste devrait infiltrer discrètement les casseurs qu'il a remarqué sur le terrain, prendre des photos à la dérobée -- en utilisant un appareil photo jetable, qui ne coûte que quelques dollars --, interroger discrètement leur entourage immédiat. En creusant un peu, et avec beaucoup de chance, peut-être découvrirait-il le pot aux roses.

Au cours de mon enquête, j'ai constaté, sur le terrain et dans des articles de presse, que manifester au Québec, et c'est particulièrement le cas dans la Cité policière de Montréal, semble de moins en moins bien vu par le pouvoir et sa police. Syndicats des secteurs public et privé, groupes de femmes ou groupes féministes, parmi d'autres, peuvent défiler et s'exprimer sans problème sur la place publique, et encore, on les y voit rarement.

D'abord, et surtout, parce qu'ils jouissent d'un certain pouvoir du fait de leur capacité, si besoin est, de mobiliser pas mal de monde et de médias. Ensuite parce que leurs revendications ne portent jamais sur la répression et la brutalité policières, bannières comportant, il est vrai, des charges émotives un peu plus explosives que le renouvellement d'une convention collective de travail par exemple.

Ce que la police applique à certains groupes, elle l'applique également à chaque citoyen. C'est davantage le cas dans des municipalités de moindre importance, notamment les petites villes et villages : citoyens confinés à leur domicile, sans savoir qu'ils le sont, rues désertes, éjection de la société de ceux persistant à y circuler sans raison, confinement des ados dans des maisons des jeunes, comportements stéréotypés, etc. Plus explicitement, redisons-le : la police a confisqué à la Société civile l'espace public. (Suite demain)

News du mardi 5 Avril 2011

  La durée de vie d'éléments radioactifs – Une infographie : ça va de l'iodine 131 (durée de vie 8 jours) à l'uranium 238 (4,5 milliards d'années). Les sources : Environmental protection Agency (EPA) et International atomic energy agency (IAEA). Attention : important de relativiser, car tous les éléments les plus extrêmes ne sont pas utilisés dans les centrales nucléaires.

  De l'inédit aux élections canadiennes : 130 organismes réclament le respect de la démocratie – Ils ont formé une coalition identifiée sur le nom de "Pas de démocratie sans voix". Ils devaient manifester aujourd'hui devant les bureaux de la ministre conservatrice Josée Verner, du gouvernement Stephen Harper.

Dominique Peschard, porte-parole de la Coalition : «Il est important, en cette période électorale, de rappeler le bilan démocratique désastreux du gouvernement conservateur. C'est pour cette raison que nous invitons les candidates et candidats des différentes formations politiques à prendre position et s'engager à la défense et la promotion des droits et libertés et de la démocratie».

La Coalition est préoccupée par les atteintes aux institutions démocratiques, à la liberté d'expression et aux droits fondamentaux au Canada : sur son site, lisez la déclaration et, colonne de droite, prenez connaissance de la liste de ses signataires + la Coalition invite organismes et citoyens à signer sa pétition + son communiqué de presse.

■  Haïti : Michel Martelly élu président du pays - S'agit des résultats préliminaires, les définitifs devant être dévoilés le 16 avril. Mais l'écart est tellement grand entre Martelly (67,57%) et son adversaire Mirlande Manigat (31,74%) qu'il est pratiquement impossible que l'auréole change de tête.

  Afrique-Côte d'Ivoire – Gbagbo, qui a perdu ses élections présidentielles et refusait depuis de quitter sa fonction, négocierait son départ. Pas le choix, hier les forces de l'ONU et de la France ont attaqué son palais et sa résidence : vidéo (01:11).

  Québec : pétition pour la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2 – Sur le site de l'Assemblée nationale, qui est de faite le Parlement québécois. Le 30 juin 2011 est la date limite pour la signer. En fin de journée hier on dénombrait 1 780 signatures. Notons qu'il y a des opposants à la fermeture, qui sont prêts à prendre le risque en raison de retombées économiques. En bref, le texte d'intro de la pétition...

La centrale arrive à la fin de sa vie et Hydro-Québec a décidé de sa réfection dont les coûts seront de près 2 milliards de dollars. Le nucléaire constitue un danger permanent pour la santé humaine et l'environnement comme nous le rappelle la catastrophe de Fukushima au Japon. Le Québec se trouve actuellement en surplus de production production d'électricité et les besoins futur pourraient être comblés autrement.

PS : La décision de ne pas fermer Gentilly-2 ne peut être prise à la suite de pressions de quelques personnes bénéficiant de retombées du fait de sa présence dans leur région de Trois-Rivières. Si la centrale connaissait des difficultés, ils ne seraient pas les seuls à subir les méfaits de la radioactivité, mais tout le Québec et ailleurs. Le risque zéro n'existe pas. On ne peut pas non plus laisser la décision aux mains du Prince Jean Charest et de ses quelques courtisans préférés. Un référendum s'impose dans ce cas-ci.

  L'énorme maladresse de la civile de la Sûreté du Québec qui avait refusé que je la photographie - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) J'ajoute aussi ces faits, qui se sont produits le lendemain. Sachant que plus tard dans l'avant-midi, vers les 11h, on me transportera sur civière à la salle du sous-sol de l'hôpital où je passerai une artériographie, je fais confidentiellement à une "infirmière" un bref topo sur mon travail journalistique.

Souligne la nécessité d'y apporter avec moi mes disquettes : la veille, on nous l'avait présentée comme une personne n'étant pas de service ce jour-là, mais, se trouvant sur les lieux, qu'elle avait accepté... d'y travailler. Elle s'y oppose, je n'ai qu'à placer mon sac ceinturon dans un tiroir du petit bureau près de mon lit, qu'il y sera en sécurité. Je refuse. Elle me suggère alors de le remettre... à l'agence responsable de la sécurité dans l'hôpital. Refus, là aussi, comme de raison. Elle n'insiste pas.

Dans la grande salle d'examens du sous-sol, mon sac ceinturon ne gêne personne. On accepte même de le déposer sur une civière placée contre un mur, bien en vue de la table où je suis allongé. Le "frère" de madame passe immédiatement après moi. L'aperçois quand on me conduit dans une petite pièce adjacente. Il est allongé, muet et immobile comme un cadavre. Pourtant, il ne sort pas d'une salle d'opération mais de sa chambre, comme moi avant lui.

Le médecin vient m'y rejoindre. J'en profite pour lui confier des détails sur mon enquête, pendant tout le temps où il appuie fortement les doigts sur l'artère, au niveau de l'aine, pour éviter une hémorragie, avant qu'une infirmière vienne y apposer un adhésif. Dans une situation à risques, les confidences sont l'équivalent d'une assurance santé... Plus il y a de monde dans le secret, plus les risques diminuent. On me ramène à ma chambre.

Environ une heure après, le frère arrive à son tour, sur une civière. On le transfère sur son lit, juste à côté du mien. Sa "soeur" s'approche, le regarde, une jambe collée contre le lit, puis lui dit : «On devrait peut-être prendre une photo». Dans ma tête, ça fait clic! Aucun doute, elle fait allusion à celle que j'ai prise la veille.

Suis convaincue qu'elle a voulu m'indiquer à mots couvert que son "frère" était vraiment malade... Donc, qu'il ne campait pas un personnage. Quelle maladresse de sa part! Parce que démontrant que madame... sait pourquoi je l'ai photographiée la veille. Quand je chargerai les disquettes sur mon ordinateur, je constaterais qu'elles n'avaient pas été endommagées. Quel soulagement! (Suite demain)

  Montréal : la révolte des Punks contre le harcèlement policier - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Un cas dont j'ai été témoin oculaire au printemps 1997, à Montréal : Pierre Bourque en était le maire et Vera Danyluk occupait la présidence de la Communauté urbaine de Montréal, organisme alors responsable de la police.

J'avais été alerté par des autos-patrouille et des wagonnettes de l'escouade tactique de la police qui, nombreuses, se dirigeaient à vive allure, gyrophares allumés, mais sans sirène, vers le centre-ville, dans le secteur de l'Université du Québec à Montréal. On sentait la gravité et l'urgence de la situation. Tout près du lieu de l'action, je m'y suis rendu.

Coin Ste-Catherine-St-Denis, plus de 200 jeunes punks, peut-être 300, manifestent contre la répression policière dont ils sont régulièrement la cible. Que des jeunes de cet âge et de ce milieu socio-économiquement faible, et de surcroît désorganisé, manifestent, il faut que la mesure soit pleine. Désorganisés, mais tout de même solidaires les uns les autres, un peu comme les hippies des années 1960-1970. N'empêche que s'ils fraternisent aisément entre eux, ce n'est néanmoins pas tous les jours qu'on en voit défiler dans la rue.

Chez certains, révolte et stress sont à fleur de peau, leur façon de marcher, déterminée, les slogans anti-répression, criés à tue-tête, en disent long sur leur ras-le-bol. Imprévisibles dans leurs déplacements, cherchant de toute évidence à éviter l'encerclement policier, ils quittent une rue pour une autre, reviennent sur leurs pas pour prendre une autre direction. Ils se déplacent rapidement, espérant gagner de vitesse la police. Arrive le moment où toutes les issues sont bloquées par des autos-patrouille.

Puis l'escouade anti-émeute fait son apparition dans le paysage. Ses membres surgissent de partout et, assez rapidement, il y a pratiquement autant de policiers que de manifestants, sans compter des policiers et policières en civil. L'étau ensuite se resserre sur eux, méthodiquement, graduellement.

Un policier, juché sur le toit d'un édifice de l'université du Québec à Montréal, côté sud de la rue Ste-Catherine, vidéofilme les manifestants, qui ne peuvent plus aller nulle part. Un policier, à bord d'une wagonnette de l'escouade tactique, leur répète à deux ou trois reprises, dans un microphone, qu'ils ont le... droit de manifester.

Un espace vide d'environ cinquante pieds sépare policiers en uniforme et manifestants. Alors que la grande majorité des protestataires sont dans l'expectative, sans doute impressionnés par la présence d'autant d'uniformes, et un peu effrayés aussi, deux "manifestantes" dans la vingtaine, habillées comme des punks, en occupent l'avant-scène.

Faut les voir s'activer à seulement une dizaine de pieds de l'escouade anti-émeute. Elles font les folles, dansent ensemble, rient à tue-tête : tactique visant peut-être à calmer les nerfs de ceux qui sont tendus. Impressionnante, cette escouade. Ça demande sacrément du cran pour agir de la sorte.

Le clou du spectacle survient quand l'une se met à marcher le long de la première ligne de policiers, un peu comme un général inspectant ses troupes, gueulant contre eux, les bras en l'air. À une couple de reprises, elle s'arrête, leur fait face, pour gueuler encore plus fort, le corps penché en avant. Le ton est agressif.

Des policiers éloignent les curieux : manœuvre ayant pour but de réduire le plus possible le nombre de témoins potentiels, si jamais certaines arrestations nécessitaient des interventions musclées. Je me réfugie dans l'entrée de l'édifice Archambeau, vendeur de disques et d'instruments de musique, coin sud-est de Ste-Catherine.

Au moment où la fille lance des bouts de bois au-dessus des têtes de l'escouade, sans... les atteindre, Dick Tracy, un flic en civil dont j'ai déjà parlé, s'approche de moi. Je lui confie que cette fille est sans doute complice de la police. L'instant d'après, il disparaît. J'ai de gros doutes sur l'identité réelle de cette fille.

Plus tard, j'aurais la preuve qu'elle est bel et bien une policière en civil. C'est celle que Rodrigue avait félicité de sa tenue vestimentaire, du «beau rôle» qu'elle avait choisi. Vous vous rappelez (si vous avez lu le tome 1 de L'Étau Policier)? J'avais demandé à Rodrigue, une fois la fille partie, si elle était comédienne. Pris de court, il avait baissé la tête, incapable de formuler une réponse. (Suite demain)

News du lundi 4 Avril 2011

  Régie des rentes du Québec : le chauffard Charest s'apprête à faire d'autres victimes là aussi – Michel Girard, journaliste de cyberpresse spécialisé en finance, se demande si la rente sera amputée.

  Anti-fades – Un texte sur toutes ces révoltes spontanées dans des pays arabes, une interprétation de l'actrice française Emeline Becuwe : vidéo (03:14).

  Japon-Fukushima – L'eau radioactive des centrales nucléaires 1, 2 et 3 est déversée directement dans l'Océan Pacifique : photo. Il s'agit de celle qu'on utilise pour refroidir le cœur de chacun des 3 réacteurs. Non contaminée au départ, elle le devient par la suite. Des experts sur les lieux disent ne pas avoir le choix.

  New York Times d'hier 3 avril - Seif et Saadi el-Kadhafi proposent une transition de la Libye vers une démocratie et le retrait de leur père.

  Sous prétexte qu'elle est laide, la civile de la Sûreté du Québec veut pas que je la photographie, se cache le visage - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Importantes, ces disquettes, parce que quand je m'absente de mon domicile, je ne laisse aucune trace du livre sur le disque dur de mon ordi, foute tout à la poubelle. Les seuls exemplaires existant de ce livre sont sur celles-ci.

Alors, je suis mécontent, réussis tout de même à le dissimuler. Madame, une obèse, a la croupe fastueuse. Lui demande si elle a senti le sac ceinturon sous elle quand elle s'y est installée. Non, elle ne s'est pas assise dessus.

Je crains davantage le sabotage que la duplication des disquettes. Trop de témoins dans la chambre pour en faire des copies. Par contre, on peut s'asseoir dessus et les endommager sans que personne autour ne s'en rende compte. Mon conducteur avait fort probablement informé la Sûreté du Québec de mon passage à la clinique. Ensuite, c'était un jeu d'enfants pour elle de s'enquérir de la suite des événements. Elle disposait du temps nécessaire pour placer ses pions.

Mes neurones sont en rogne et grincent. Si la femme les a délibérément endommagées je ne pourrai jamais la retrouver, prouver son lien avec ce corps policier, intenter des poursuites, à tout le moins la dénoncer publiquement.

Par bonheur, je traîne toujours sur moi, depuis quelques années, une petite caméra jetable. Un témoin potentiel qui vous suit partout, pas à pas. Indispensable dans ce genre d'enquête. Sauf circonstances particulières, j'évite, autant que possible, de photographier des civils ou de leurs collabos, par crainte d'en braquer quelques uns.

Après mûre réflexion, je conclus en vivre une. L'opération est simple, suffit de jouer au gars voulant garder un souvenir de son passage à l'hôpital, d'agir avec doigté, le sourire affiché, de l'entrain. Je passe à l'action après le dîner, me place soudainement devant la sœur et le frère, tous deux assis, leur demande un beau sourire...

La réaction de madame est immédiate, et tout à fait inattendue. Elle ne veut pas que je prenne sa photo, le répète, se cache le visage des deux mains, refuse «parce que je suis trop laide». Juste avant que l'appareille ne flashe, elle tourne la tête vers une petite table et, pendant qu'elle cache son profil de la main gauche, attrape vivement un magazine qu'elle ouvre pour couvrir complètement son visage.

Jamais rien vu de semblable en plus de trente ans de journalisme. J'ai commis l'erreur de leur demander un beau sourire, ce qui a tout déclenché. Pour un instantané du genre, on ne demande rien, on clique et c'est fini. Pourtant, la femme, sans être une beauté, n'est pas un monstre, loin de là. Deux hypothèses... L'homme, dans la soixantaine, et la femme ne seraient pas frère et sœur, mais mariés chacun de leur côté, donc amants ; ou la femme est une civile, bien décidée à protéger son anonymat. (Suite demain)

  Le sociologue Morin nous donne une bonne idée de ce que peut-être une mise en scène policière - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le sociologue Morin traite du phénomène sans viser spécifiquement celle-ci. (Edgar Morin -- Pour sortir du vingtième siècle -- Éditions Fernand Nathan) Il raconte avoir été extrêmement frappé par un événement mineur lors de la visite historique du président Richard Nixon en Chine, dans les années 1970.

À un moment donné, le président américain, suivi des journalistes, traverse le jardin d'une pagode, comportant une pièce d'eau. Dans ce décor enchanteur, des enfants lancent des petits bateaux sur l'eau, des couples d'ados sont assis, main dans la main, écoutent des transistors. Des jeunes filles portent des fleurs.

La troupe présidentielle quitte ensuite ce spectacle idyllique après que les journalistes aient pris de nombreuses photographies. Un photographe retourne quelques instants après sur les lieux pour y chercher un accessoire oublié. Là, il voit que des instructeurs, surgis d'on ne sait où, ont rassemblé les enfants et adolescents qui se tiennent en rang. Chacun remet son bateau, son transistor, ses fleurs à l'instructeur, qui, ramassage terminé, siffle le départ au pas cadencé...

Cette anecdote de Morin nous donne une bonne idée de ce que peut-être une mise en scène policière. Dans le cas nous intéressant, les manifs revendicatrices dans la Cité policière et celle de la Vieille Capitale, on ne parle plus de petits drapeaux agités par des enfants et d'ados pacifiques, mais de vandalisme, de violence.

Les manifs sont généralement infiltrées par la police en civil. Comme nombre de confrères journalistes de ma génération, j'ai appris, même si j'y est mis du temps, à repérer des policiers et policières en civil mêlés aux manifestants. De cette expérience sur le terrain, je retiens que le manifestant le plus gueulard ou le fomenteur de troubles est un policier en civil. Parfois ou souvent? Pour le savoir, faudrait assister à toutes les manifs. (Suite demain)

News du dimanche 3 Avril 2011

  Tokyo – Faut oublier, aller de l'avant : vidéo (01:03) du 3 avril sur un... pique-nique dans un parc. (NDLR : Oublier? Qui a dit que c'est terminé? Ça ressemble un peu beaucoup à de la propagande, parce que tellement hors contexte... Le Japon cherche-t-il à améliorer tant bien que mal son image? Cette vidéo circule sur le web, ailleurs dans le monde on se dira : c'est moins pire qu'on pensait)

  Maria – Blondie : vidéo (04:11).

  Kadhafi – Tient une réunion de ses ministres sous sa tente plantée dans le désert.

  Des Sans-Chemise participent aux élections générales en cours au Canada – Un chômeur sur deux n'ayant pas accès au programme d'assurance-emploi, ils réclament des changements substantielles : amélioration à l'accessibilité, augmentation et plus longue période des prestations, réelle caisse autonome et abolition du délai de carence.

Lors d'une conférence de presse ce matin à Montréal, outre les représentants syndicaux du Québec, Michel Bédard, ex-actuaire en chef du Programme d'assurance-emploi, a témoigné de la situation actuelle.

Il a rappelé qu'en vertu du budget déposé en mars par le ministre Jim Flaherty, du gouvernement conservateur de Stephen Harper, on puisera encore dans la caisse des cotisations excédentaires des employeurs et des employés. Selon Bernard, entre 2012 et 2016, d'environ 12 ou 13 milliards de dollars. Depuis 1996, année où cette mesure a été mise en place, le Canada s'est emparé de 57 milliards : communiqué de presse + site des Sans-Chemise.

  À l'hôpital, j'oublie dans ma chambre les disquettes contenant ce livre - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Dans la salle d'attente de la clinique où j'ai rendez-vous, quelques personnes prennent place. Arrivent deux femmes âgées, l'une marchant à l'aide d'une canne, vêtue comme si elle allait à un gala, longue jupe noire, cintrée et fendue sur le côté droit, d'où apparaît le rebord d'un jupon.

Toutes deux cherchent à lancer la conversation. Celle à la canne dit, en me fixant du regard, qu'aujourd'hui, on n'est plus que des numéros. Le vieux monsieur, assis à côté de moi, lui, s'intéresse à la criminalité, relate deux actes criminels commis récemment, et tous semblent d'accord pour dire que ça n'a pas de bon sens. Moi, je n'ai pas envie d'en discuter, l'ai fait déjà, avec mon chauffeur, grand spécialiste des histoires morbides, quand on a quitté Lac Bouchette pour se rendre ici.

Au cours de la consultation, le médecin veut en savoir davantage sur mon état, décide de me faire subir une batterie d'examens, prends les arrangements avec l'hôpital, le tout prévu dans trois jours. Sur le chemin du retour, à la hauteur de Metabetchouan, une voiture beige devant nous. Je la reconnais aussitôt, de même que la plaque, sait même le nom et l'adresse de sa conductrice, une "réceptionniste-comptable" que je connais très bien.

Signale à mon conducteur que c'est un véhicule de Lac Bouchette. «Non, non», qu'il répond, j'insiste mais sans plus. Rendus à Chambord, à l'intersection de la 169 et de la 155 conduisant au petit village policier, la voiture tourne sur la 155, pendant sa manœuvre madame amorce un mouvement de la main gauche pour dissimuler son profil.

Trois jours plus tard, retour à Ville de Saguenay. Le collabo passe me prendre à l'heure que je lui ai indiquée, l'avant veille. Cette fois-là, la destination est l'Hôpital de Chicoutimi. Le lendemain, 8h30, nous sommes quatre patients groupés dans une grande chambre. Chacun a son lit et un fauteuil confortable attitrés. Des chaises droites sont prévues pour les personnes les accompagnant.

Un médecin arrive et me conduit dans une petite pièce où il me pose une série de questions sur mon état de santé. Lorsque je reviens, une femme corpulente, dans la cinquantaine, qui accompagne l'un des patients, a pris place dans mon fauteuil : tous deux se disent frère et sœur. Suis debout devant elle, ne sachant trop comment lui dire de me céder mon fauteuil, pendant que, discutant avec son frère, elle feint de ne pas me voir.

Une voisine lui signale que c'est ma place. Elle me la cède aussitôt, sans me consentir un regard. J'aperçois alors au fond du fauteuil mon sac ceinturon contenant les disquettes de mon livre, que pourtant j'avais laissé sur ma petite table, juste à côté : j'avais oublié de l'apporter avec moi quand j'avais accompagné le médecin. Première fois que ça m'arrivait, après environ cinq ans d'enquête. Donc, pendant mon absence, quelqu'un l'avait changé de place. (Suite demain)

  L'information-fiction de source policière est une pratique courante - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Venons en à ce rapport préliminaire à l'encontre de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), et publié en novembre 2003. (Nicolas Bérubé -- La Presse du 14 novembre 2003)

La présidente Shirley Heafey de la Commission des plaintes du public contre celle-ci lui reproche d'avoir utilisé une force «excessive». Outre ce que nous avons énuméré plus haut, «grenades flash-bang et fusils-assommoire à décharge électriques pour disperser les manifestants». Elle reconnaît qu'elle était justifié de disperser les manifestants puisque la clôture du périmètre où se réunissaient les chefs d'État avait été renversée à plusieurs endroits.

Cependant, des officiers «ont utilisé une force démesurée pour disperser des groupes de manifestants qui ne menaçaient d'aucune façon la sécurité du Sommet». Elle cite le cas de l'un d'eux contre lequel ce corps policier a fait usage du fusil-assommoire de «50 000 volts» alors qu'il était immobilisé, face contre terre, avait une main menottée et faisait de l'autre un signe de paix. Usage abusif des balles de plastique (502 ont été tirées, a admis la GRC) et gaz lacrymogène (3 009 canettes ont été utilisées, a-t-elle admis aussi), qui ne devaient être utilisés qu'en dernier recours.

Elle recommande que les officiers impliqués soient sanctionnés et que les deux gradés responsables du contrôle des foules au Sommet fassent l'objet de «mesures appropriées».

Commentaire du directeur général de la Ligue des droits et libertés du Québec, André Paradis : «C'est un rapport qui confirme nos conclusions. (...) C'est un rapport courageux, qui ose faire la lumière sur une situation problématique chez ce corps policier.»

Réactions du sergent Gilles Déziel, porte-parole du corps policiers : «Le commissaire de la Gendarmerie royale du Canada (Giuliano Zaccardelli) va prendre connaissance du rapport et rendre sa décision par la suite. Nous ne pouvons pas commenter le rapport à ce moment-ci.» C'était en novembre 2003. On n'en sait pas plus. La police est roi et maître, elle n'a de compte à rendre à personne. L'État dans l'État.

Les «casseurs» de ce Sommet étaient-ils tous et exclusivement des citoyens? Bien évidemment non. L'événement avait trop d'envergure pour qu'il en soit autrement. Toutes les polices des pays où se tiennent des réunions internationales du genre utilisent la méthode. La police procède de même lors de petites manifs sans conséquence, alors...

Comment expliquer qu'une manif justifiée dégénère de la sorte Quand la police enquête sur un crime, la toute première question qu'elle se pose est "à qui profite-t-il?" Manifestants et journalistes couvrant ce genre d'événements devront apprendre à se la poser aussi. Car l'information-fiction de source policière est une pratique courante. (Suite demain)

News du samedi 2 Avril 2011

  Nucléaire : le risque zéro n'existe pas – Déclaration d'André-Claude Lacoste, président de l'Autorité de sûreté nucléaire française (ASN) + International atomic energy agency (IAEA) a dépêché de ses experts au Japon afin d'analyser la situation des centrales nucléaires de Fukushima. Le rapport en anglais date d'aujourd'hui 2 avril + entrevue avec Roland Desbordes, président de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD), organisme français : vidéo (16:00) sur le site d'universcience et diffusée le 31 mars.

  The Backwater Gospel - Violence dans un petit village du Far-West : vidéo (09:32), dessin animé.

  28 mai 2011 : Amnistie internationale aura 50 ans – Ce jour-là, elle invite les internautes à porter un toast à la liberté. Sur une vidéo (02:26), elle explique le pourquoi du toast en rappelant un événement survenu en 1960 à Lisbonne. À l'époque, le régime militaire de Salazar était roi et maître au Portugal. "Monsieur" menait tout le monde par le bout du nez.

  La vente de données personnelles sur le web : bientôt un anti-tracking ? - Ces infos confidentielles recueillies par des serveurs d'accès à l'internet et de sites que l'internaute visite sont vendues notamment à des publicitaires, qui le pistent ensuite dans sa navigation. C'est l'équivalent d'un vol d'identité, qui peut aussi servir à des fins criminels.

W3C, le gardien des standards web, tiendra un atelier les 24 et 25 mai 2011 afin de trouver une solution à ce problème : soumettez des idées sur le site de W3C + la page d'accueil de cet organisme + 4 endroits où protéger votre identité.

  Les dictateurs ont peur des souris – Celles qui font "clic" + en ce qui concerne Kadhafi, certains de son entourage essaient de le convaincre de prendre la porte.

  «S'il y avait un micro dans ton auto, me le dirais-tu ?» - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Deux jours après, venant à peine de passer à vélo devant le domicile de mon chauffeur-collabo, je vois surgir du terrain de stationnement du mini poste de police -- le petit épicier de Lac Bouchette -- un VTT... rouge, couleur-message. Juste avant de me croiser, son conducteur, coiffé d'un casque protecteur, m'adresse une grimace et feint de donner un coup de guidon dans ma direction pour me frapper.

Par dessus mon épaule, le vois emprunter l'entrée de mon chauffeur-collabo et disparaître. Faut que j'aille voir qui est ce type. Repasse lentement devant la maison, roule une couple de centaines de pieds puis reviens. Ne sachant probablement pas que j'ai rebroussé chemin, il sort de l'entrée, prend la galerie et entre précipitamment dans la maison... de mon chauffeur. Avertissement voilée de ne pas l'accabler au sujet de ses accointances avec la Sûreté du Québec. Et, surtout, ne pas propager l'info dans le village.

Décrivons le contexte pour bien situer d'autres faits. En février 2002, je me suis gelé le petit orteil et une partie latérale d'un pied en faisant du vélo. Il est devenu grisâtre, violacé, douloureux.

Une jeune femme médecin l'examine, me fixe illico un rendez-vous avec un chirurgien cardio-vasculaire de Ville de Saguenay qui, après m'avoir passé un rapide examen, le 21 février, me dirigera vers l'Unité de soins actifs de courte durée (USACD), du Complexe hospitalier de la Sagamie, afin de subir une batterie de tests. Diagnostique : les deux artères sont désormais bouchées au trois quarts, faudra deux pontages à chacune des jambes. Voyons comment cela s'est déroulé.

Vingt-et-un février, je me rends à Ville de Saguenay, à la clinique d'un chirurgien cardio-vasculaire et thoracique, où j'ai rendez-vous à 11h. Le même collabo de la Sûreté du Québec m'y conduit, je l'en ai informé... deux jours auparavant.

En cours de route, vers 9h30, dans le secteur du village de Larouche, je remarque une voiture qui, depuis un bon bout de temps, roule à environ 200 pieds juste devant nous. La première moitié de la plaque d'immatriculation ne m'est pas inconnue. J'ai la certitude de l'avoir vue à Lac Bouchette. Je jette un oeil dans le rétroviseur fixé à ma portière. Une wagonnette de la Sûreté du Québec nous suit à environ 200 pieds. Ça ressemble à une escorte, nous sommes précédés et suivis.

En glisse un mot au collabo. Non, il n'a jamais vu au village cette voiture qui est devant nous. Lui explique que s'il y a un micro caché quelque part dans la nôtre, le magnétophone enregistrant notre conversation doit être dans le véhicule de la Sûreté du Québec, ce qui expliquerait sans doute que celle-ci nous colle aux fesses.

Puis je demande à mon conducteur : «S'il y avait un micro dans ton auto, me le dirais-tu?» «Non.» Je le félicite de sa franchise. Ce n'est pas la première occasion que j'aborde la question du micro avec lui. Il ajoute, l'air soucieux, se passant et repassant la main sur le menton : «Je travaille pour la police.» Collabo, oui, policier en civil, je persiste à ne pas le croire.

Dans les minutes qui suivent, la suite du scénario ressemble à une réaction aux propos que je viens de tenir. Dans le rétroviseur, je constate que la Sûreté du Québec a ralenti, creusant un écart, bien que son véhicule demeure encore visible. Ensuite, la voiture devant nous accélère, en double une autre. Peu après, c'est la wagonnette de la police qui nous double pour virer à gauche un peu plus loin : c'est un wagon cellulaire.

Nous rattrapons et doublons l'autre véhicule, j'essaie en vain de voir qui est au volant. Arrivés à un feu rouge, il vient se placer à notre droite, seulement le nez, pas le reste. Quelques secondes s'écoulent puis il avance encore un peu et je vois apparaître derrière la vitre de sa portière un homme, qui me dévisage, et porte de grosses lunettes de soleil opaque, alors qu'il bruine et fait sombre. (Suite demain)

  Les illégalités policières : faut pas compter sur les élus pour défendre les droits et libertés - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Deux mois après le Sommet sur la Zone du libre-échange des deux Amériques (ZLÉA), des résidents du secteur de la ville de Québec, qui avait été quadrillé d'une clôture et envahi par des manifestants, jonglent avec la possibilité d'intenter, à l'automne 2001, des recours collectifs contre les responsables des abus dont ils affirment avoir été victimes. (Presse canadienne -- La Presse du 20 juin 2001)

«C'est incroyable le nombre de droits qui ont été violés pendant le Sommet», déplore de son côté l'avocat montréalais Denis Poitras, qui dit représenter plusieurs manifestants qui ont été arrêtés. Il compte bâtir une preuve fondée sur des témoignages et documents vidéos. «Il y aura plusieurs recours collectifs, annonce-t-il. Un pour les citoyens qui ont souffert de l'utilisation abusive des gaz, un autre pour ceux qui ont été blessés par des balles de plastique, un autre pour ceux dont les droits n'ont pas été respectés au moment de leur arrestation.»

Pour sa part, Me Bernard-Luc Charron, spécialiste des recours collectifs, croit que «vu la complexité du dossier, ça va être dur de faire la preuve. Et le procès risque d'être long. Quand tu t'en prends aux administrations publiques, les combats sont toujours longs.» On ne connaît pas la suite de ce scénario.

Dans son rapport annuel, rendu public un an après les événements, Amnistie internationale (AI) souligne la «brutalité policière» qui avait marqué, à son avis, le Sommet de la ZLÉA en avril 2001. (Gilles Gauthier et Martin Vallières -- La Presse du 29 mai 2002) L'organisme déplore aussi l'absence d'une «enquête indépendante» pour examiner les nombreuses «allégations de force excessive» de la police.

AI mentionne l'emploi abusif de gaz lacrymogène «même contre des manifestants qui n'étaient pas impliqués dans les actes violents et ne menaçaient aucunement les policiers ou les propriétés» : en mai 2005, l'ONU demandera au Canada d'enquêter également ces abus. AI parle aussi de gens arraisonnés par la police, «plusieurs auraient été incarcérées sans représentation légale rapide et détenue dans des cellules surchargées pendant des périodes prolongées».

De fait, un seul corps policier a été officiellement blâmé : la Gendarmerie royale du Canada (GRC). La Commission des plaintes du public contre celle-ci a fait enquête à la suite d'une plainte du député fédéral néo-démocrate Steve Robinson, apparemment le seul et unique de toute la confrérie politique des deux niveaux de gouvernement ayant osé se mouiller les pieds. Il accusait ce corps policier d'avoir agi brutalement : à la suite du rapport préliminaire, il demandera du reste la tenue d'une enquête indépendante afin de faire toute la lumière sur ces événements.

Notons que cette Commission n'a pas examiné à la loupe les activités des autres forces policières. Normal, celles-ci ne relèvent pas de sa juridiction. Et que ni le maire péquiste de Québec, Jean-Paul L'allier, et ni le ministre péquiste de la Sécurité publique alors en fonction, Serge Ménard l'enflammé, n'ont posé le moindre geste pour savoir ce qui s'était passé. Conclusion : faut pas compter sur les élus pour défendre les droits. (Suite demain)

News du vendredi 1 Avril 2011

  Dessin - Du singe à l'homme nucléaire.

  Je refuse que 2 civils de la Sûreté du Québec faisant de l'auto-stop montent dans la voiture - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Autre fait démontrant le genre de saloperies que mon chauffeur-collabo propage délibérément. Brièvement le contexte.

Au début de 2002, le ministre péquiste des Transports, Guy Chevrette, relate à l'animateur de l'émission Arcand, diffusée par TVA, que durant la campagne électorale de 1989, alors qu'il était chef du Parti québécois, une avocate lui avait offert un pot-de-vin de 500 000$ afin qu'il s'oppose à l'étatisation des loteries vidéo. (Pascale Breton -- La Presse du 24 janvier 2002)

C'était l'un des éléments du programme électorale du gouvernement libéral sortant. Il visait à neutraliser le crime organisé qui avait souvent la mainmise sur le jeu de hasard. Chevrette, qui était accompagné d'un adjoint, avait refusé et donné deux minutes à l'avocate pour quitter les lieux. Quelque mois après, mon chauffeur-collabo m'informe avoir entendu, dans une de ces émissions réveil matin de la télé québécoise, un avocat raconter à l'animateur que Chevrette, contrairement à sa déclaration, avait accepté le pot-de-vin de 500 000$.

Le collabo ne se souvient pas à quel canal il a capté ces propos ni des noms de l'animateur et de l'émission. J'ai toujours considéré Chevrette comme un politicien intègre. Alors, je suis vraiment tétanisé par cette nouvelle, n'arrive pas à le croire. D'autant plus que dans les médias que j'écoute et lis aucun n'a fait écho de ce rebondissement. Une nouvelle de cette importance y aurait fait la manchette pendant des jours. J'en viens rapidement à la conclusion que c'est carrément de la diffamation. L'avertis de faire attention. Me rétorque, ton de la voix et geste impatients : «Je travaille avec la police!»

Il ne se limite pas à la désinformation, il est aussi spécialiste en délation. Il informe la Sûreté du Québec de mes déplacements, quand il me conduit, et fort probablement fait-il de même avec ses autres clients. Deux février 2002. Je lui demande de me conduire à Roberval. À midi pile, coup de klaxon devant ma porte, il me fait signe, baisse sa vitre, m'explique qu'il doit passer au garage, ça risque de prendre quelques heures.

Il savait, la veille quand je l'ai contacté, qu'il avait ce petit ennui mécanique. Pourquoi alors avoir accepté de m'y conduire? Soupçonnant une autre provocation policière, j'insiste, plaide un rendez-vous à Roberval. Il veut savoir ce que je vais y faire.  «Je vais à la banque, le comptoir ferme à 14h.» Où est-ce que je vais ensuite? «Au Centre commercial.» À quelle heure vais-je avoir terminé mes achats? «Une affaire d'environ trois quarts d'heure.» Y a-t-il un autre endroit où je vais après? «Non, on retourne à Lac Bouchette.»

Certains jours, j'en ai assez qu'il me prenne pour un con. Lui signale que je ne suis pas dupe de son petit interrogatoire, que je sais qu'il est un informateur de la police, et qu'il lui communique ensuite ces renseignements afin qu'elle puisse préparer en conséquence sa filature et ses petites provocations. Il ne prend même pas la peine de se défendre. Rien de nouveau là, lui et moi en discutons parfois.

Finalement, il accepte de m'y conduire, mais doit d'abord aller manger une bouchée chez lui. Il s'écoule à peine cinq minutes qu'il est déjà de retour, une banane à la main qu'il achève de manger et dont il lance la peau, pendant que je prends place sur la banquette avant, entre la portière et moi, effleurant mon pantalon au passage, accompagné d'un petit sourire niais, et qui atterrit sur mon espace de stationnement.

À Roberval, je respecte mon horaire, et prenons le chemin du retour. À la sortie de la ville, rencontre inattendue : un civil, de surcroît l'un de mes voisins, fait de l'autostop en compagnie de sa présumée copine, probablement une collègue. Mon chauffeur s'immobilise aussitôt. À peine ai-je le temps de dire de ne pas le faire monter, qu'il a déjà pris place sur la banquette arrière. Le collabo lui fait part mon refus. «Ah, y veut pas», répète-t-il avant de descendre du véhicule.

Nous revoilà en route. Je reproche calmement au collabo d'avoir été le complice de cette mise en scène policière. J'ajoute que je ne suis pas en peine pour eux, que, dans leur scénario, ils ont dû prévoir un véhicule pour les cueillir sur le bord de la route. Comme de fait, moins de cinq minutes après un véhicule nous double, à l'arrière les deux civils se retournent, nous adressent -- m'adressent -- rires et grands by-by de la main. (Suite demain)

  Shields : je songeais à tous ceux qui étaient restés derrière, à ceux qui croyaient encore à la démocratie - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) D'autres ne partagent pas l'opinion du maire Tremblay de Montréal, ainsi le criminaliste Christian Desrosiers : «C'est presque autant que lors des mesures de guerre». (NDLR : À la suite de l'adoption de cette loi fédérale qui, ainsi qu'on l'a vu, visait à neutraliser le Front de Libération du Québec (FLQ), plus de 400 avaient été arrêtés.)

Me Julius Grey manifeste également son étonnement : «Quand, durant une manifestation, la police arrête une ou deux personnes, on se dit qu'elle peut avoir raison. Mais autant de gens à la fois, ça semble s'inscrire dans cette nouvelle politique d'intolérance que l'on voit depuis les événements de Québec depuis le sommet de la Zone du libre-échange des deux Amériques (ZLÉA) en 2001.»

Me Grey lance un appel à la tolérance : «Il faut valoriser l'institution de la manifestation. Elle est un moyen d'expression fondamental pour des milliers de gens qui n'ont pas accès aux pages des grands journaux et aux autres médias pour faire connaître leurs points de vue. Nos politiciens, nos chefs de police et les avocats devraient réaffirmer ce rôle de la manifestation comme expression publique. Ils devraient admettre publiquement qu'elle est un des liens entre l'individu et l'État démocratique.»

Me Grey prêche dans le désert, aucun politicien ni directeur de police ne répondra à son invitation. La vérité est que, partout au Québec, la police a confisqué l'espace public à la Société civile. On l'a vu depuis le début de ce livre, on continuera de le voir jusqu'à sa dernière page.

Par la suite, les COBP, l'un des organismes initiateurs de la marche, émettent un communiqué de presse dénonçant «cette épouvantable arrestation de masse» et les «abus dont ont été victimes les manifestants». Ils soutiennent que les policiers étaient agressifs et n'ont laissé aucune chance aux manifestants de se disperser. «L'objectif de la police était de ficher, d'humilier et de malmener ceux et celles qui prennent leur courage à deux mains pour aller porter leurs critiques dans la rue».

Prenons connaissance aussi de cette lettre d'Alexandre Shields parue dans La Presse (Alexandre Shields -- La Presse du 19 mars 2002) : «(...) Cette manifestation, qui se voulait avant tout pacifique, a réuni une foule hétéroclite venue scander sa critique malgré la pluie. Alors que les participants se trouvaient à une intersection, dansant sur la musique qui rythmait leur marche, les quatre rues vers lesquelles ils pouvaient se diriger furent rapidement bloquées par les forces de l'ordre.

«Les jeunes, pris de panique, couraient dans tous les sens pour fuir. Mais pour fuir quoi au juste? Jusqu'à ce moment, ils étaient non violents et se contentaient de (défiler) dans le calme. Pris de peur comme tous, j'ai quitté les lieux en toute hâte, bousculé par un bouclier qui me heurta le dos. Je me dirigeai vers le métro, tel un animal qui fuit, guidé seulement par une crainte réelle. Et je songeai à tous ceux qui étaient restés derrière, à ceux qui croyaient encore à la démocratie.»

Revenons à la conférence internationale sur la ZLEA tenue l'année d'avant, en avril 2001, dans la Vieille Capitale (Ville de Québec). Nous allons essayer de cerner d'un plus près l'identité et le rôle de ceux qu'on appelle les «casseurs». Dans les mois précédant l'événement, police et pouvoir, dont le maire péquiste de Québec, Jean-Paul L'Allier, en avaient tellement parlé dans les médias qu'ils avaient réussi à focaliser une partie de l'attention des Québécois là-dessus. Certains citoyens devaient retenir leur souffle. Le Vieux-Québec exploserait-il comme une poudrière?

Finalement, sur les 15 000 ou 20 000 qui s'y étaient manifestés pacifiquement, 463 personnes avaient été arrêtées, dont celles qui avaient assiégé la clôture ceinturant le secteur où se tenaient les délibérations des représentants d'une trentaine de pays. (Presse canadienne -- La Presse du 20 juin 2001) La police de la Ville de Québec, la Sûreté du Québec et la Gendarmerie royale du Canada étaient bien armées pour les contenir : gaz lacrymogène, poivre de Cayenne, balles de plastique, police en civil omniprésente et mêlée aux manifestants, infiltration des différents groupes, arrestations préventives, etc. (Suite demain)