News du dimanche 31 Mai 2009
■ Francofolies 2009 – Du 10 au 14 juillet, à La Rochelle, France. Bande annonce
officielle
(01:11). Avant de préparer votre voyage, prenez la précaution de vérifier auprès de votre compagnie aérienne préférée si vous
n'êtes pas sur la liste de ceux qu'on soupçonne d'avoir déjà
parlé à un tel qui aurait, parait-il, pris un café dans un resto,
il y a quelques années, avec quelqu'un qu'on croit lié à cet autre
qui, dit-on... Cette mise en garde faite, des vidéos sur celles
de 2008, vous avez l'embarras du choix.
■ Bernard
Bertossa : un ex-procureur qui a fait trembler des puissants du monde entier – Comme tous ses collègues, bien sûr lutter contre l'injustice
pour changer le monde à l'intérieur. Cependant, lui se distinguait
des autres, combattait les vrais méchants : blanchisseurs et
criminels au col blanc. Car selon lui, cette
criminalité organisée est beaucoup plus dangereuse pour la survie
de la démocratie que celle qui peut s'exprimer à l'échelle locale.
Vous le
verrez, il possède la capacité d'aller à l'essentiel sans manier
la langue de bois. Est reconnu pour sa liberté de ton aussi,
toujours rafraîchissante, entre conviction et action :
apprenez-en un peu plus à son sujet.
Entrevue à l'émission quiquoipourquoi
(12:57).
Sur
rue89,
dans la même page, un texte accompagné de deux autres entrevues
(04:42 et 02:56). Les paradis fiscaux? Ne vous faites pas trop
d'illusions : carte
géo des mesures prises et pas prises sur les salaires, stocks d'actions boursières gratuits, bonus et parachutes dorés des
dirigeants. Et, sur un ton aussi rafraichissant : de l'étranger, la
France de Sarkozy n'est plus perçue comme une démocratie
parlementaire.
■ Le Far West : "pogner le voleur, mort ou vif !" - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Par
la suite La Presse publie la lettre d'une citoyenne qui s'en émeut
aussi. (Rollande Thibodeau --
La Presse du 28 juillet 2002) Rollande
Thibodeau
écrit que «les
poursuites policières sont nombreuses et nous sont rapportées
régulièrement. Mais il me semble qu'elles sont rarement remises en
question. Elles m'ont toujours semblé dangereuses.
«Déjà,
au niveau du vocabulaire utilisé
pour les décrire,
on voit bien qu'elles ne sont pas à prendre à la légère :
bien souvent, les journalistes en parleront en termes de "poursuites
infernales, de courses folles, de folles cavales",
etc. Alors, comment ne pas réagir? Il faut le rappeler,
poursuit-elle,
cette situation destructrice qui commence et se termine sur la voie
publique reste une menace à notre
sécurité à tous,
policiers y compris. Les faits sont là, les poursuites font des
victimes, aussi bien innocentes que coupables. Les statistiques le
prouvent.
«Mais
direz-vous, dans le cas de vols d'autos, si la police veut récupérer
l'auto, comment faire autrement? La
police n'est pas là pour réfléchir, mais bien pour agir et "pogner
le voleur, mort ou vif!"
Or, si on prend le temps de réfléchir,
et Thibodeau le fait,
on peut se poser bien des question.
«A-t-on
le droit de mettre la vie d'une personne en danger, fut-elle
celle d'un voleur? A-t-on
le droit de la mener à un état d'épuisement tel qu'il lui sera
devenu indifférent de vivre ou de mourir? A-t-on
le droit d'exposer la vie d'honnêtes citoyens?(...)
Finalement,
que dire de ceux qui ignorent que le droit à la vie et à la
sécurité d'une personne est fondamental, selon
la Chartre des droits et libertés?C'est
tellement fondamental, à mon sens,
conclut-elle,
qu'une dernière question se pose : faut-il
imposer un moratoire sur les poursuites policières?»
(Suite
demain)
■ Où téléphoner sans avoir un civil sur les talons? - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Retournons
auprès de cette femme. J'aurais pu effectuer l'entrevue par
téléphone, n'ai
pas osé non plus,
pour les mêmes raisons. Ce n'est pas que je croyais que sa ligne
téléphonique soit sous écoute, quoi qu'elle le serait peut-être
devenue quand des civils auraient découvert son identité et le lieu
où elle travaillait.
C'est
le fait que
je ne pouvais téléphoner de chez moi,
n'ayant pas les moyens de m'abonner. Alors j'utilisais un téléphone
public, et
plus souvent qu'autrement un policier ou une policière en civil
venait rapidement m'y rejoindre.
Il s'installait à un téléphone voisin ou, quand il n'y en avait
pas, poireautait derrière moi, jouant à celui attendant que j'aie
terminé pour téléphoner à son tour, tout
en prêtant une oreille attentive
à mes conversations.
Quand
on connaît l'underground policier, on
est beaucoup plus attentif à son environnement immédiat,
on remarque tout de suite celui écoutant vos propos. Hormis un
civil, qui
d'autre s'intéresse aux conversations privées des citoyens?
Me
souviens d'un fait survenu à la station de métro Berry-UQÀM et
impliquant une policière en civil qui me suivait. J'étais à
l'entrée du couloir conduisant à l'ancienne Place Dupuis, direction
nord. Là où les murs est et nord se rejoignent et forment un
recoin, il y a quatre téléphones publics. J'utilisais l'un des
trois installés sur le mur nord, la policière, arrivée quelques
secondes après moi, celui du mur Est.
Dès
son apparition dans le paysage, j'ai pivoté d'un quart de tour
pour l'épier du coin de l'œil. Elle a pris le combiné, fait
semblant de glisser une pièce de monnaie dans l'appareil, composé
trois ou quatre chiffres pour aussitôt se tourner dans ma direction.
Réalisant ce qui se passait, j'ai dit à mon copain que
j'allais le rappeler un peu plus tard.
Où
téléphoner sans avoir un civil sur les talons? Dilemme. De la
station Berry-UQÀM, suis passé à l'Universite du Québec à
Montréal (UQÀM). Près de la sortie coin St-Denis-Ste-Catherine, à
gauche, plusieurs téléphones publics sont fixés au mur, à côté
de tables, de chaises. Quelques étudiants s'y étaient installés,
occupés à des travaux universitaires. L'endroit idéal, me
semblait-il.
Recoup
de fil. À peine ai-je entamé la conversation qu'une autre
civile s'amène aux pas de charge. Madame dépose son sac à main sur
la table la plus proche et se met à fouiller dedans, frénétiquement,
une frénésie caricaturée, tout en prêtant oreille à ce
que je dis. Pourquoi spécifiquement cette table alors qu'il y en a
d'autres disponibles à cet endroit, et de téléphones aussi?
Je
demande à mon ami de patienter une minute, me tourne vers
madame. Ne m'entendant plus parler, elle lève la tête dans ma
direction, nos regards se croisent, nous nous comprenons. Elle
remet rapidement ses trucs dans son sac à main et tout aussi
rapidement quitte les lieux.
Au
cours d'une filature rapprochée, on n'a pas idée comme les acteurs
peuvent parfois se succéder à un rythme accéléré. Dès que
l'un se sait grillé, il part pour être remplacé illico ou peu
après par un autre. (Suite demain)
News du samedi 30 Mai 2009
■ Festival international de musique universitaire - La planète musique à Belfort, en France. 2 500 musiciens de 37
pays : Turquie, Biélorussie, Pologne, Équateur, etc. Événement
qui a 23 ans et pas de rides. Intéressant de voir comme les jeunes
adultes et ados peuvent y avoir du plaisir, être autant décontractés
dans l'espace public. Stéréotypes absents
(13:48).
■ Rapport 2009 d'Amnesty international (AI) – Un bon aperçu de la situation des droits et libertés prévalant
dans le monde
(05:08). Texte d'intro d'Irene Khan,
secrétaire générale de l'organisme : sommet de la colonne de
gauche, choisissez votre pays ou d'autres.
Pour une connaissance
détaillée, téléchargez
gratuitement le rapport ici.
Naviguez aussi sur la page d'accueil
d'AI et visionnez
sur google et youtube beaucoup d'autres vidéos décrivant la
problématique, notamment en France où les policiers sont au-dessus
des lois.
Pas un cas d'exception car ils le sont
tous, peu importe le pays. Pourquoi? Parce qu'aucun organisme neutre
ne contrôle leurs activités, ils ont la bride sur le cou, libres de
faire ce qu'ils veulent. Les élus qui savent ne sont pas intéressés
à en protéger leurs électeurs, soit parce que cela fait leur
affaire ou se refusent de mettre la main dans ce panier de crabes : manque de couilles, donc.
■ «La police devrait laisser courir les fuyards : entre une vie et une voiture volée, on ne doit pas hésiter» - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Quelque
temps après, au cours d'une assemblée du conseil
municipal de Montréal,
il (le conseillé Rotrand)
fait part de ses inquiétudes, demande à son collègue Peter
Yeomans,
responsable de la police au sein du Comité exécutif de la nouvelle
Ville de Montréal, ce qu'il compte faire pour enrayer le problème.
Yeomans
rétorque ne pas croire qu'il faille imposer un moratoire : «Ça
peut commencer par une infraction mineure, mais, souvent, les
policiers se rendent compte que le véhicule qu'ils poursuivent a été
volé et peut-être même qu'il allait être employé à commettre un
crime plus grave, comme un hold-up. On ne peut pas dire que les
poursuites policières sont inutiles».
Cependant,
la hausse du nombre de citoyens blessés le préoccupe : «Il
y en a eu six en 1999, trois en 2000 et 11 l'an dernier. Je n'aime
pas cette tendance et je crois qu'on devra surveiller ça de près»,
promet-il. Mais Rotrand n'en démord pas : «La
police devrait laisser courir les fuyards. Entre une vie et une
voiture volée, on ne doit pas hésiter.»
Cet
article confirme, comme si besoin est, que
la police jouit de l'appuie du pouvoir politique municipal,
dont celui de l'élu Yeomans, ex-maire de Dorval. On peut faire le
même constat à l'endroit du
ministre québécois de la Sécurité publique
et de
son homologue fédéral,
le Solliciteur général, responsable de toutes les polices du
Canada.
Ces
élus, sans
l'avouer publiquement,
considèrent les dommages collatéraux associés, entre autres, à
ces poursuites comme «inévitables»,
la fatalité, en somme. Vraisemblable, car
ils ne font rien pour brider les chevaux-vapeur.
Tous les citoyens blessés intentent-ils des poursuites en dommages
et intérêts contre la police et son employeur? (Suite
demain)
■ Son propos était clair : je me la bouclais ou c'était la chute dans l'escalier et le bs à perpétuité - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) La
remarque n'est pas gratuite, puisqu'elle a procédé ainsi à mon
encontre, et plus d'une fois. Si je suis demeuré longtemps sur
l'aide sociale après la déconfiture de ma petite maison d'édition,
c'est à cause de celle-ci. Nous ne sommes pas
dans le domaine de la fiction,
mais dans
la réalité bien concrète des faits.
Comme
je l'ai déjà relaté, des
civils de la police de l'île de Montréal m'ont sorti de Jeunesse au
Soleil
où j'avais proposé au responsable des communications de produire un
document corporatif qui aurait généré des profits grâce à la
vente de pubs, que
l'organisme et moi se serions partagés.
Cet argent m'aurait permis de
revenir graduellement dans le domaine de l'édition,
de recouvrer mon autonomie.
Elle
m'a également sorti de
la Maison des amis du Plateau Mont-Royal
et du
Comité social Centre-Sud où
j'espérais soumettre un projet identique. Par ailleurs, des
civils de la Sûreté du Québec ont réussi à m'éjecter du journal
local D'un Lac à L'autre,
de Lac Bouchette, au Saguenay-Lac-St-Jean, où je travaillais
bénévolement. Une activité qui aurait pu me sortir du bs, car
j'envisageais
de lancer mon propre journal.
C'est factuel, ça.
En
outre, un
policier en civil,
pas content du tout que je compare le quadrillage policier prévalant
à Montréal à celui de La Havane, m'avait murmuré à voix basse
qu'il était facile de
faire débouler un escalier à quelqu'un
ou de
faire en sorte qu'il ne trouve pas d'emploi.
M'avait répété le mot «emploi»,
la tête penchée près de la mienne, pour être certain que j'avais
capté le message 5 sur 5. Son attitude n'était pas menaçante
physiquement, mais son propos était clair : je
me la bouclais ou c'était l'escalier et le bs à perpétuité.
Et
puis, il y a ces
Haïtiens,
dont on a déjà également parlé, que
la police empêche de retourner sur la marché du travail.
Je ne crois pas qu'eux et moi soyons les seuls. Ce
livre incitera d'autres citoyens à dévoiler des mésaventures
similaires.
(Suite demain)
News du vendredi 29 Mai 2009
■ Sarkozy a déclaré la guerre à la société civile française – Selon lexpress.fr,
il profite d'une réforme qui s'impose pour mettre main base sur la
justice : les articles auxquels je me réfère ont été rédigés
par Christophe Barbier, Pascal Ceaux, Gilles Gaetner et Jean-Marie
Pontaut.
Ce qui
choque est la brutalité de la méthode, y lit-on : l'action précède
la réflexion, la consultation passe après la décision. C'est la
réforme du président, par le président, pour le président.
Quelques hommes clés, judicieusement placés, incarnent ce penchant.
Au nom du changement, main basse.
Il y a
aussi, parmi bien d'autres, cette chronique publiée par lemonde.fr
: "Grande
peur et misère"
de la France de 2009. Un extrait... Quand le président français est
celui d'un parti et non de tous les Français, quand le législatif
est dominé par ce parti et quand le juge d'instruction est menacé
alors qu'il est l'un des derniers piliers de la justice indépendante,
il y a vraiment de quoi avoir peur.
PS
:
La manchette est de moi, je la crois justifiée. J'ajoute à cette
main mise sur la justice, les nombreuses lois liberticides adoptées
depuis l'arrivée au pouvoir de Sarkozy. Et ce n'est pas fini,
d'autres s'en viennent. Dans ce pays de la
Liberté-Égalité-Fraternité, elles n'arrêtent pas de s'empiler
les unes sur les autres. Son plan de sécurité est l'équivalent
d'un puzzle
: une pièce à la fois. Enfin, il y a les innombrables atteintes aux droits et libertés des citoyens par la police en civil et ses collabos. Impunité assurée. Photo
significative... les deux doigts de la main gauche en ciseau, prêts
à couper celui qui dépasse. Message subliminal. Je vous laissez le
soin de qualifier son sourire.
■ Le World Social Forum 2009 – Le dernier Sommet s'est déroulé à Belem
(10:09), capitale de l'État du Para, au Brésil. Il semble y avoir
de plus en plus de ces événements réunissant des citoyens, tant au
niveau mondial que local. Carte de Belem
et en savoir plus
sur celle ville de 100 000 habitants.
■ Le 5e Sommet citoyen de Montréal se tiendra les 5, 6 et 7 juin - S'agit d'un forum ouvert à tous les montréalais. Son objectif :
"La ville de nous voulons". Les thèmes à développer :
économie, aménagement urbain, justice sociale (inclusion et
citoyenneté), environnement, démocratie, culture. Annie Roy
(02:06), coprésidente d'honneur, explique l'importance de cet
événement.
Depuis
les 4 derniers Sommets, des pas visant à améliorer la société ont
été franchis : adoption par la Ville de Montréal de la Charte
montréalaise des droits et responsabilités, adoption aussi d'une
résolution contre l'Accord général sur les commerces de services
(AGCS), élaboration d'un agenda citoyen relatif à la démocratie
participative, etc.
Toutes
les infos ici : comment y participer
; la programmation
; documentation sur les thèmes
; où aller
et quand (des cartes indiquent le chemin) ; site
du 5e Sommet de "La Ville que nous voulons".
■ Les poursuites policières à haute vitesse, plus dangereuses que les armes à feu - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Autre
rapport, celui
de la police de l'île de Montréal,
où elle fait état de ses activités au cours de l'année 2001. S'y
référant, le journaliste Éric Trottier de La Presse écrit que
plus
de 142 chasses
à l'homme se sont déroulées cette année-là sur ce territoire,
occasionnant 73
accidents.
(Éric Trottier --
La Presse du 28 juin 2002) Onze citoyens et trois policiers ont été
blessés.
Cent
dix poursuites de plus qu'en 1997,
et 20 de plus qu'en 2000.
De 1995 à 2001, le nombre de blessés a été de 125 :
66 suspects (NDLR : On ignore si tous ces fuyards ont été
jugés coupables de délits, mineurs ou majeurs...), 30 policiers et
29 citoyens. Au cours de ces cinq années, ce corps policiers a
quadruplé le nombre de poursuites à haute vitesse
dans les rues de la métropole.
«Un
de ces jours, ils vont tuer des citoyens»,
s'alarme le conseiller de Snowdon, Marvin
Rotrand,
qui estime que les véhicules de la police sont «plus
dangereux que les armes à feu».
Rotrand, qui observe les activités policières depuis des années,
précise le journaliste, demande à la police d'abandonner les
poursuites à haute vitesse. «Les
policiers devraient se contenter de relever les numéros des plaques
d'immatriculation et d'aller cueillir les suspects plus tard, à leur
domicile».
Il
soutient que, d'après des études, dans
80% des cas,
les poursuites ont trait à une infraction mineure, et non pas d'un
crime grave, comme on serait porté à le croire. (Suite
demain)
■ «On n'est pas fou, on voit ce qui se passe !» - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) La
très grande majorité des citoyens, peut-être même la presque
totalité, ne
sont pas conscients de la situation.
Rapportons des cas concrets pour démontrer comment on agit quand on
sait...
Ainsi,
cette employée du Comité
social Centre-Sud,
à Montréal, croisée par hasard sur la rue et à qui j'avais confié
que son milieu de travail, aussi bien le personnel que les usagers,
était infiltré de policiers et policières en civil. Sans hésiter
une seconde, elle m'avait dit qu'elle le savait : «On
n'est pas fou, on voit ce qui se passe!»
Cette
femme était au courant que j'étais journaliste. Faisant l'objet
d'une surveillance continuelle, je
craignais qu'un civil nous voit ensemble et cherche ensuite à lui
nuire.
Aussi avais-je abrégé la conversation, lui demandant son numéro de
téléphone, promettant de la contacter, mais
m'en suis abstenu.
Comme je ne suis pas allé la voir non plus à la cafétéria de
l'organisme, même si j'avais très envie d'en apprendre davantage
sur sa perception de la situation. L'entrevue aurait porté sur un
sujet trop sensible.
Je
redoutais que la police,
qui savait aussi que j'étais journaliste, que j'enquêtais sur
l'underground policier en vue de publier un livre, découvre
ou apprenne
qu'elle et moi s'étions rencontrés, qu'elle
en vienne même à croire que cette femme m'informait
de temps à autre de ce qu'elle voyait et entendait à son milieu de
travail.
Et
j'avais tout autant peur que la police me soupçonne
de lui communiquer des trouvailles que j'y avais faites :
l'identité de civils repérés, leurs méthodes de travail, etc.
Elle
pouvait se sentir menacée,
car il y avait risque que la femme propage des renseignements à sa
parenté, ses amis, à des collègues de travail, des usagers...
Délicat,
éminemment! Cette
personne travaillait au salaire minimum.
Que
lui serait-il arrivé, pensez-vous?
Aussi vrai que deux et deux font quatre, la police en civil aurait
fait le nécessaire pour
qu'elle y perde son emploi.
La soupçonnant de comploter avec moi, elle
serait peut-être allée plus loin,
en intervenant aussi auprès d'employeurs potentiels. Sachant que
les dirigeants "instrumentalisés" du Comité social
Centre-Sud travaillaient main dans la main avec la police, on peut se demander
aussi quelles références ils auraient transmises à un employeur
éventuel? (Suite demain)
News du jeudi 28 Mai 2009
■ Une autre de ces poursuites policières débiles à haute vitesse se terminant par un mort - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Sur
une photo de La Presse du 19 novembre 2001, une
voiture complètement démolie.
Le bas de vignette relate une
autre de ces poursuites policière à haute vitesse,
avec auto-patrouille, gyrophare et sirène allumés, cette fois par
des
policiers de la Régie des Seigneuries.
Résultat : l'homme au volant, 23 ans, est
mort.
S'agissait d'un cas de violence conjugale, dit-on.
On
aurait pu lui épargner la vie,
si on l'avait suivi avec une voiture non identifiée plutôt que
d'utiliser tout le tintamarre habituel. Le principe est élémentaire :
un véhicule finit toujours par s'arrêter quelque part, à
moins d'être alimenté en essence par un hélico.
Sans compter que le fuyard aurait pu entrer en collision avec un
voiture venant en sens inverse, et
ajouter au bilan humain.
La problématique sévit chez tous les corps policiers, sans
distinction.
Dans
un rapport déposé en décembre 1999, la Commission
des plaintes du public contre la Gendarmerie royale du Canada
recommandait que celle-ci
y ait recours seulement dans les cas de crimes graves.
(La Presse du 14 décembre 1999) L'enquête de l'organisme portait
sur 4 200 poursuites du genre, survenues entre 1991 et 1996 :
au total, 19
personnes avaient été tuées,
le tiers de ces courses s'étaient terminées par une collision et
14%
par des blessures.
Dans plusieurs cas, la chasse à l'homme avait été déclenchée à
la suite d' «un
délit relativement mineur».
La présidente de la Commission, Shirley
Heafey,
«trouve
que le nombre de morts causés lors de poursuites policières est
dérangeant».
(Suite demain)
■ Chape de plomb et souffrance psychologique - (Suite tome
2 de
L'Étau Policier) Finalement,
quand ce citoyen découvre la face cachée du travail policier, il
doit forcément s'interroger,
se dire par exemple que ce qui lui arrive n'est pas attribuable à ce
qu'il a fait, car
il n'a rien fait du tout pour mériter un traitement du genre.
En venir peut-être à la conclusion que
c'est plutôt à lui qu'on a fait quelque chose
et que cela a été fait par des gens dont il attendait protection
plutôt que filature, infiltration et déstabilisation.
Il
doit aussi se poser des questions sur l'utilité de surveiller
quelqu'un n'ayant jamais commis le moindre crime, et sans jamais
l'arrêter ni lui faire subir un procès. Après avoir réfléchit à
tout ça, se demande-t-il enfin quelle
sorte de société policée les gens qu'il a portés au pouvoir lui a
construite?
Vraisemblable
de penser qu'ensuite, jugeant que sa vie privée ne regarde que lui,
sa famille et ses amis, il
se ferme aux autres.
À
moins qu'il ne décide éventuellement de quitter la Cité policière,
ou le petit village policier, mais cela
ne changerait pas grand-chose
puisque l'énorme emprise psychologique de la police sur la
population sévit maintenant partout au Canada et ailleurs sur la
planète.
Se
fermer aux autres, comment
cela se traduit-il dans sa petite vie de tous les jours?
En se méfiant d'un peu tout le monde. En ne parlant plus librement à
son concierge
ou son proprio-
citoyen-mouchard
de la police? -,
son voisin,
son dépanneur
ou l'épicier
du
coin, à l'employée
du petit resto où il a l'habitude de prendre son café paisiblement,
son coiffeur
qui est toujours en train d'essayer de lui tirer des vers du nez, au
chauffeur de taxi,
au nouveau résident de sa rue, à l'étranger
sollicitant une information, etc.
En
regardant aussi d'un tout autre œil la
caméra de surveillance
du dépanneur ou celle que le concierge a installée dans son bureau,
près du hall d'entrée, où il s'arrêtait à l'occasion,
auparavant, pour
jaser d'un peu de tout,
de ses projets, de ses petites misères aussi. Image et... son?
Imaginons la situation, et
ses conséquences conflictuelles,
si notre honnête citoyen surprend le concierge ou le dépanneur en
grande conversation avec un résident de son îlot qu'il a déjà
identifié comme étant un flic en civil.
Scénario
le plus vraisemblable : il soupçonnera l'un ou l'autre de
transmettre des infos à son sujet. Que ressent-il, cet honnête et
paisible citoyen? Une
souffrance psychologique, c'est-à-dire la chape de plomb.
L'air est devenue irrespirable dans sa Cité policière, sa petite
ville, son village. (Suite demain)
News du mercredi 27 Mai 2009
■ L'affaire Villanueva : le dossier doit relever du ministre de la Justice, pas celui de la Sécurité publique – L'opposition parlementaire l'a réclamé hier à l'Assemblée
nationale du Québec. LCN rapporte qu'il y a eu encore beaucoup de
réactions au parlement, au lendemain de la suspension de l'enquête
du coroner Robert Sansfaçon sur la mort de Fredy Villanueva. Elle
est attribuable au fait que des citoyens témoins refusent d'y
participer.
Vidéo
(02:08) d'une intervention du ministre Dupuis
à l'Assemblée nationale et vidéo (03:56) d'une entrevue avec le
ministre et l'avocat de la famille Villanueva, Me Alain Arseneault.
Dans la même page, colonne de droite, d'autres vidéos disponibles.
Sur le site de Radio-Canada,
un article et 3 vidéos plus bas dans la page.
PS
:
C'est une tradition au Québec : les ministres de la Sécurité
publique ont toujours protégé l'image des corps policiers. Et
Jacques P. Dupuis ne fait pas exception à la règle. Il y a quelques
mois, il portait également le chapeau de la Justice. Deux ministères
incompatibles, l'équivalent de l'eau et le feu, enfin qui devraient
parce que ce n'est pas toujours le cas. Néanmoins, en enlevant le
dossier à Dupuis, ce serait déjà un pas dans la bonne direction.
En
raison de la lenteur de mon ordi, que je vous explique dans l'article
précédent, il m'a été impossible de visionner les vidéos,
d'autant plus que la fonction SON n'est pas opérationnelle.
■ La Sûreté du Québec me censure – Il y a deux jours, mon ordi a subi plusieurs attaques. Il a fallu
recharger le logiciel système de Windows. Il y a d'autres travaux à
effectuer avant qu'il ne redevienne performant. Je pense que demain
soir, je serai de nouveau opérationnel. Pour le moment, mon ordi est
beaucoup trop lent pour alimenter aussi souvent que je veux mon site
L'Étau Policier.
Tout
cela est directement relié au dernier article que j'ai rédigé
relativement à l'enquête du coroner Robert Sansfaçon sur la mort
de Fredy Villanueva abattu par un
policier de Montréal en août 2008. Je n'entrerai pas dans les
détails, ce serait trop long. En page d'accueil de mon site, colonne
de gauche, passez en revue mes articles des ACTUALITÉS, vous
comprendrez. Les sabotages policiers, je connais, j'en ai été la cible souvent.
Je
rappelle que l'édifice Raymond Desjardins où j'habite depuis près
de 10 ans, et je l'ai découvert dès mon arrivée ici, est occupé
par des civils de la Sûreté du Québec (SQ), qui relèvent du
responsable de la région Saguenay-Lac-St-Jean, el
comandante Michel Boudreault : sur
mon site, lisez le tome 1 de L'Étau Policier, à partir du chapitre
"De
la cité policière au petit village policier",
là aussi vous comprendrez tout. Il est situé au 125, de la Route
155, à Lac Bouchette (Québec), Canada.
Ces
flics, déguisés en locataires, m'ont harcelé assez régulièrement
pour me faire quitter les lieux. Je leur ai tenu tête et n'ai pas
l'intention de partir d'ici : j'y suis, j'y reste. Dans des
circonstances du genre, un journaliste ne doit jamais plier l'échine.
De ce temps-ci, le harcèlement par le bruit et le sabotage de mon
ordi émanent des appartements 1 et 5, tous deux mitoyens au mien :
suis pris en sandwich.
C'est
immanquable : on fait du bruit seulement lorsque je rédige un
article sur la police. J'ai appris, au cours de toutes ces années
d'enquête, à identifier les synchronismes. Je sais aussi faire la
distinction entre le bruit occasionnel, accidentel et délibéré.
Forcément qu'on lit sur un écran ce que j'écris : il y a un
instant, j'ai entendu un bruit de l'appartement 1. Je le répète : les sabotages policiers, je connais, j'en ai été la cible souvent. Bref,
votre soutien public me serait bien utile.
■ «La surveillance policière menace la liberté académique, car vous allez faire attention à ce que vous dites»- (Suite tome
3
de L'Étau Policier) En
outre, le commissaire a étudié 52
plaintes déposées
contre la Gendarmerie
royale du Canada (GRC).
On lui reprochait d'avoir enfreint
les droits constitutionnels
des opposants en
confisquant leurs banderoles
et en aspergeant sans
justification
de poivre de Cayenne des manifestants pacifiques.
Hughes
souligne que dans certains cas, «la
police a agi de manière incompatible avec le respect des libertés
fondamentales garanties par la Charte des droits» :
fouille à nu de quelques manifestantes, arrestation d'un manifestant
la veille du sommet. Que le recours injustifié au poivre de Cayenne
était le résultat direct de son échec à prédire que les
manifestants pourraient tenter de bloquer les voies de sortie des
leaders participants au sommet, alors qu'il était amplement
prévisible que cela pourraient se produire. Cependant,
selon lui, elle
était justifiée
d'asperger de poivre de Cayenne et d'arrêter des manifestants qui
avaient fait tomber la clôture de sécurité.
Au
cours d'un point de presse, le commissaire de la GRC, Giuliano
Zaccardelli,
confronté au rapport Hughes, commence par dire qu'il en accepte les
conclusions touchant les agissements de Jean
Carle.
(Nahlah Ayed, Presse canadienne -
La Presse du 8 septembre 2001) Il déclare cependant qu'aucune
pression n'avait été exercée pour l'obliger à faire quoi que ce
soit, et qu'il
ne lui appartient pas de déterminer si Carle
avait agi ou non de façon inappropriée. Il précise néanmoins que
les questions de sécurité doivent demeurer sous la responsabilité
du corps policier, qui dispose de l'expertise de spécialistes.
Des
médias ont aussi rapporté que, dans les mois précédents le Sommet
de Vancouver,
la police avait infiltré l'un des groupes étudiants alors qu'ils
mettaient au point leur manifestation. Selon l'historien Steve
Hewitt,
de l'Université de la Saskatchewan, celle-ci
sillonne les milieux universitaires.
Le journaliste André Pratte de La Presse l'a interrogé, en juin
1999, lors du Congrès des sciences sociales et humaines, à
l'Université Bishop's. (André Pratte -
La Presse du 8 juin 1999)
Hewitt
reconnaît qu'en certaines circonstances, elle peut être justifiée
de surveiller des groupes actifs sur un campus. «Mais
la surveillance policière menace la liberté académique,
qui est un des fondements de notre société. Nous, comme historiens
ou sociologues, devrions pouvoir discuter d'idées potentiellement
subversives. Si vous savez qu'un agent des services de renseignements
est peut-être en train d'enregistrer votre cours, vous
allez faire attention à ce que vous dites.
Retenons
aussi de cet article du journaliste qu'en 1969, sept membres du
Service de sécurité du corps policier avaient suivi un cours du
soir à l'Université de Montréal et que chacun remit à ses
supérieurs un compte rendu détaillé, portant
notamment sur les orientations politiques du professeur.
Hewitt soutient que l'infiltration s'inscrit dans la continuité
historique.
Plus
explicitement, il espionne les campus au moins depuis
les années 1920.
Ce fut d'abord pour traquer les communistes
pour ensuite, au début des années 1960, s'intéresser aux
agitations
étudiantes,
mouvements pacifistes,
à la montée de l'indépendantisme.
On le voit, les ramifications policières sont... multiples. (Suite
demain)
■ Les conséquences de l'écorniflage, du commérage, du mouchardage dans
un quartier, au travail, etc. - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) On
visualise encore un peu mieux les effets de l'écorniflage, du
commérage, du mouchardage et de la télésurveillance dans un
pâté de maisons, une rue, un quartier quand on transpose ce climat
de suspicion en milieu de travail.
Qui
aimerait être à l'emploi d'une entreprise où il y a des caméras
et des micros cachés, où l'employé ne peut exprimer le fond de sa
pensée à un collègue de travail sans
que la direction ne le sache?
Qu'elle soit au courant de ce qu'il fait certains soirs et jours de
congé : sa fréquentation d'un bar
de danseuses nues
où il va se rincer l'oeil ou encore d'un
motel
où il passe à l'occasion une demi heure avec une hôtesse des
petites annonces classées? Au
courant aussi de ses
conflits familiaux, de sa
situation financière, des
commérages que des voisins
colportent à son sujet ou de sa famille? Dans
un climat du genre, cet
employé se méfierait-il de ses collègues de travail ou
réduirait-il au strict minimum sa communication avec eux?
Sans en généraliser la pratique,
on sait que l'un des rôles du gardien de sécurité consiste à
procéder à des vérifications du personnel de l'entreprise (Martine
Fourcaudot et Lionel Prévost -
Prévention de la criminalité et relations communautaires -
Éditions Modulo) : examen de la situation
financière et familiale,
évaluation de la
loyauté et de l'honnêteté,
identification des problèmes
de comportements,
de
tension,
etc.
Par
ailleurs, police
et pouvoir ont tort de sous-estimer le citoyen.
Il arrive, et peut-être plus souvent qu'on le pense, que l'un
découvre par hasard que son "ami",
un membre de son entourage immédiat ou une connaissance est
un policier ou une policière en civil,
ou un
collabo à tout crin.
Que, décidant de vérifier s'il n'y en aurait pas un autre dans le
coin, d'en
repérer un deuxième,
puis
un troisième,
etc. Qu'alertés par le bouche à oreille, d'autres
s'y mettent aussi.
(Suite demain)
News du mardi 26 Mai 2009
■ Afin de préserver ce qui leur restait d'intimité, elles évitaient les relations trop étroites avec leurs voisins - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Quel est le coût socio-économique des interventions clandestines de la police, de ses collabos et des agents de la sécurité privée en civil ? Bien qu'il ne soit pas chiffré, et sans doute inchiffrable, on peut dire sans se tromper qu'il est considérable. On ne saccage pas la vie sociétale sans graves conséquences.
Car ces gens ne portent pas seulement atteinte aux droits fondamentaux, ils endommagent aussi le tissu social de la Cité policière, et du reste du Québec, incluant le petit village policier de Lac Bouchette, au Saguenay-Lac-St-Jean. De fait, la problématique est planétaire. Essentiel, le climat de confiance entre les citoyens habitant le même îlot de maisons, la même rue, le même quartier. Les relations sociales constituent un écheveau complexe et fragile. Il serait bon que le pouvoir politique se demande ce qu'est une société et comment ça marche.
Commençons par un cas n'ayant rien à voir avec la police, histoire de nous donner un petit aperçu de la fragilité des relations sociales. La journaliste américaine Jacobs rapporte les confidences d'une assistante sociale qui oeuvrait dans East Harlem, à New York, témoignant d'attitudes défensives consécutives à la promiscuité existant dans un édifice à logements. (Jane Jacobs -- Déclin et survie des grandes villes américaines - Éditions Mardaga)
L'intimité de familles pauvres y avait déjà été maintes fois violée, leurs secrets les mieux cachés étaient bien connus, non seulement du concierge, également d'organismes municipaux, comme le bureau de l'aide sociale. Et c'est précisément pour préserver ce qui leur restait d'intimité qu'elles évitaient les relations trop étroites avec leurs voisins. L'attitude était donc distante. «Peut-être s'agit-il là d'un réflexe psychologique chez tous ces gens qui s'efforcent de protéger et de préserver leur dignité», avance Jacobs.
Maintes fois, lui raconte l'assistante sociale, des femmes lui ont fait part des mises en garde de leur mari. «Je ne peux pas être en trop bons termes avec une voisine. Mon mari n'aime pas cela. Les gens bavardent trop, ils pourraient nous causer beaucoup d'ennuis. Il vaut mieux se mêler de ce qui vous regarde.»
Lui parle de cet autre locataire ne voulant pas que sa femme se fasse des amis parce qu'il n'a pas confiance en ses habitants. Certains ont peur que ceux-ci, devenus brouillés ou envieux, n'inventent des histoires sur leur compte au concierge, ce qui leur ferait beaucoup de tort. Si le mari décroche un bonus, dont il ne soufflera mot à personne, et que sa femme change les rideaux du salon, les visiteurs amis pourraient le dire au concierge, qui ferait alors une enquête et décréterait une hausse de loyer.
Beaucoup de ces familles en arrivent donc, pour se protéger, à dresser toutes sortes de barrières autour d'elles. Suspicion et crainte des ennuis l'emportent le plus souvent sur le besoin tout naturel de demander conseil et assistance à ses voisins, ou simplement de communiquer avec son entourage. (Suite demain)
News du lundi 25 Mai 2009
■ Québec : l'affaire Villanueva – Selon Radio-Canada, l'enquête du coroner Robert Sansfaçon sur
la mort de Fredy Villanueva, 18 ans, abattu par un policier de
Montréal en août 2008, s'est ouverte dans la controverse ce matin.
Le journaliste Simon Durivage fait le point avec le criminaliste
Jean-Claude Hébert
(06:07) ainsi qu'avec Nicole Filion
(05:11) de la Ligue des droits et libertés du Québec.
PS
:
Je n'ai pas l'intention de rapporter quotidiennement le déroulement
de l'enquête, sauf lorsqu'il y aura des moments très forts, très
significatifs. La raison d'être de mon site est de faire état d'un
événement important lorsqu'il est terminé, à la toute fin. Tous
les éléments pour le commenter sont alors connus et disponibles.
■ Il est excessivement rare que le soupçon de collusion pouvoir-police devienne pratiquement preuve -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) Le
pouvoir politique dicte-t-il à la police ce qu'elle doit faire?
Pendant plusieurs années, mon ambivalence oscillait entre "parfois"
et "plus
souvent qu'autrement oui".
Cependant, depuis
qu'on essaye d'implanter le concept de la soi-disant police
communautaire,
mon pendule a stoppé sa trajectoire au deuxième choix, ce qui
n'exclut pas bien entendu les initiatives policières, qui sont
considérablement plus nombreuses que celles du pouvoir.
Il
est excessivement rare que ce
soupçon de collusion pouvoir-police devienne pratiquement preuve.
Examinons un cas. Il implique la Gendarmerie
royale du Canada,
qui, lors de manifs par exemple, ne se gêne pas non plus à prendre
les grands moyens. Tout le monde se souvient de la photo du sergent
Hugh Stewart arrosant copieusement de jeunes adultes de poivre de
Cayenne au cours de la manif, en novembre 1997, à Vancouver, devant
l'édifice où se tenait le sommet de l'APEC (Coopération économique
Asie-Pacifique ).
Le
Commissaire aux plaintes logées par des citoyens contre la
Gendarmerie royale du Canada, Ted
Hughes,
avait du reste enquêté sur la répression policière qui l'en avait
marqué. (Presse canadienne -
La Presse des 7 et 8 août 2001) Certains soutenaient que le
bureau du premier ministre fédéral libéral Jean Chrétien
avait ordonné à la police de réprimer les manifestants pour éviter
tout embarras à des leaders mondiaux comme le président Souharto,
d'Indonésie, et Jiang Zemin, de Chine.
Cependant, des
fonctionnaires proches du premier ministre avaient nié,
devant le commissaire Hughes, y avoir été impliqués. La
transcription de communications radio du corps policier portait à le
penser, mais sans qu'il ne soit toutefois possible de l'affirmer de
façon irréfutable.
Dans
son rapport dévoilé en août 2001,
plus ou moins trois ans et demi après, le commissaire Hughes ne fait
pas moins état d'un incident où
Jean Carle,
un des principaux conseillers du premier ministre, ainsi qu'un
fonctionnaire chargé de la coordination du sommet, ont
demandé à la Gendarmerie royale du Canada de vider un terrain des
manifestants qui s'y trouvaient.
«J'ai
la conviction,
écrit le commissaire,
que, dans ce cas, le gouvernement fédéral, par l'intermédiaire du
cabinet du premier ministre, s'est
ingéré de manière inappropriée dans une opération de sécurité
de la Gendarmerie royale du Canada».
Sans
en accuser nommément personne, il
n'en stigmatise pas moins des fonctionnaires fédéraux
qui ont exercé des pressions indues sur des policiers mal
préparés à des affrontements qu'ils auraient pourtant dû prévoir.
Il note que c'est une décision du gouvernement -
et non de ce corps policier -
qui a amené l'expulsion de manifestants qui campaient sur le terrain
du Musée d'anthropologie.
Certains
agents, principalement le surintendant May, «ont
cédé à l'influence et l'intrusion du gouvernement dans un domaine
où elles étaient inappropriées».
Hughes recommande que l'indépendance du corps policier vis-à-vis le
gouvernement soit réitérée, au moyen d'un code clair. (Suite
demain)
■ La révolte des anges dans le paradis : une orgie de pureté les écœurait autant qu'une souillure -
(Suite tome
2
de L'Étau Policier) Le
pouvoir péquiste
grignotait la liberté du citoyen une petite «bouchée
à la fois»,
pour emprunter une métaphore utilisée dans un autre contexte par le
ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard.
À chaque petite
bouchée, on en entendait bien quelques uns crier «Aie!»,
mais ils finissaient toujours par oublier leur douleur et
rentrer docilement dans le rang, puis on ne les entendait plus. Jusqu'à la petite bouchée suivante,
qui provoquait d'autres cris retentissant, puis
c'était de nouveau le silence,
la soumission à la nouvelle norme. Pendant ce temps, les petites
bouchées s'accumulaient. Le réveil risque d'être brutal, car
le corps social est couvert de plaies et de bleus.
Grand temps de neutraliser les cannibales.
Le
pouvoir est aveuglé par le syndrome des nombreuses victoires
remportées sur le citoyen dans le passé lointain et récent. Elles
lui font croire qu'il peut gagner toutes ses Guerres Saintes. Alors,
il ne cherche même pas à le convaincre, préfère le bousculer, le
criminaliser avec des amendes salées à la clé. Il n'a aucun
respect pour le citoyen.
Pas seulement aveugle, le pouvoir,
ventripotent aussi. Normal que, après autant de petites
bouchées, il soit devenu obèse. Dirigeants politiques,
dirigeants de corps policiers, d'organismes publics, parapublics et
privés parlent beaucoup de prévenir la violence au sein de la
société, mais on ne les entend jamais parler de leur propre
violence législative et institutionnelle.
Dans
la Genèse, on relate la
révolte d'anges dans le Paradis.
L'éthologue, neuropsychiatre et psychanalyste Cyrulnik
s'est longtemps demandé contre quoi un ange pouvait se rebeller
puisque tout est parfait en ce lieu de grande béatitude. (Boris
Cyrulnik -
Les Vilains petits canards -
Éditions Odile Jacob, fév. 2001)
«Jusqu'au
jour où j'ai compris qu'il se révoltait contre la perfection,
écrit-il.
Un ordre irréprochable provoquait en lui un sentiment de non-vie.
Une justice absolue, en supprimant les aiguillons de l'indignation,
engourdissait son âme. Une
orgie de pureté l'écoeurait autant qu'une souillure.
Il fallait donc qu'un ange soit déchu pour mettre en lumière
l'ordre et la pureté des habitants du Paradis.»
(Suite demain)
News du dimanche 24 Mai 2009
■ L'enquête du coroner sur l'affaire Villanueva débute demain, 25 mai – Ce jeune homme de 18 ans, prénommé Fredy, a été abattu de
deux balles par un policier de Montréal, en août 08. Les
principaux médias québécois traitent d'abondance depuis quelques
jours de l'enquête qui s'en vient : Le
Devoir (Autopsie d'une enquête mal-aimée), Ruefrontenac
(Une enquête qualifiée de «mascarade»),
La presse
canadienne (Aucun groupe social ne sera de l'enquête sur
l'affaire Villanueva), Radio-Canada
(Un retrait de plus), Newswire
(La Coalition contre la répression et les abus policiers se retire
de l'enquête publique), etc.
À deux
reprises, l'an passé et tout récemment, la Ligue québécoise des
droits et libertés a demandé au ministre libéral de la Sécurité
publique du Québec, Jacques P. Dupuis, de créer une Commission
d'enquête, pas seulement sur la mort de Villanueva, mais d'abord et
surtout sur le contexte dans lequel vivent des citoyens de quartiers
défavorisés, dont l'arrondissement de Montréal-Nord, où la
tragédie a eu lieu :
pratiques de profilage, impunité policière et impact, sur les
relations avec les citoyens, de la stratégie policière contre les
"gangs de rue". En outre, elle analyserait les mesures
prises par le gouvernement du Québec pour améliorer la situation.
La LDL considère que ces citoyens sont les victimes d'une exclusion
sociale systémique.
Le ministre Dupuis a dit non.
Pourquoi? Les
membres d'une Commission dotée d'un tel mandat feraient forcément
enquête sur le terrain. Nécessaire de savoir que lorsqu'un
citoyen est conscient de vivre sous la botte de la police en
uniforme, il découvre assez rapidement ceux qui ne le porte pas :
les civils et leurs collabos. Ensuite, les découvertes sur ce monde
inconnu s'accélèrent. Des cas dont il est témoin, lui font
réaliser que ceux-ci ne respectent aucun droit. S'ensuivent perte de
l'innocence et révolte intérieure : ça fait mal en dedans,
l'équivalent d'être marqué au fer rouge. Les citoyens qui savent,
en auraient des choses à dévoiler publiquement.
Le
refus du ministre Dupuis de créer une Commission d'enquête achève
de me convaincre qu'il est au courant des incalculables illégalités
clandestines commises dans l'underground policier. Et qu'il ne
voudrait surtout pas que cela fasse la manchette quotidiennement,
pendant une semaine ou plus, dans les médias. Je fais le lien avec
l'ex-ministre péquiste de la Sécurité publique du Québec, Serge
Ménard, qui s'opposait à la création de ce qui est devenu par la
suite la Commission Poitras, une vaste enquête sur les activités
illégales de la Sûreté du Québec.
■ Québec : les droits et libertés du monde de la santé mentale sont gravement malades – Voilà ce qui vient à l'esprit après avoir pris connaissance
d'un rapport
de 38 pages faisant état de la situation et publié en avril dernier
par l'Association des groupes d'interventions en défense des droits
en santé mentale du Québec (AGIDD-SMQ).
Les
dérapages entourant la mise sous garde des personnes sont
principalement de quatre ordres : la nature exceptionnelle de la
garde en établissement n'est pas respectée ; la notion de
dangerosité n'est pas interprétée de manière restrictive ; les
droits à la représentation et à l'information sont brimés ; le
droit au consentement libre et éclairé aux soins est contourné.
Voyons des faits concrets...
Des rapports
psychiatriques peu détaillés ou sur formulaires préimprimés. Des
psy prenant pour acquis que le tribunal acquiescera à leur demande.
Des statistiques démontrent qu'ils obtiennent en effet gain de cause
dans la presque totalité des requêtes pour une garde en
établissement des personnes dont l'état mental présente un danger
pour elles-mêmes ou pour autrui.
Ex. En 2004, la Cour du Québec du
district de Montréal a reçu 2 136 requêtes. 18 seulement ont été
rejetées. Les établissements hospitaliers du district de Montréal
ont donc obtenu ce qu'ils demandaient dans 99% des cas. Même
tendance à la Cour du Québec du district de St-François, en
Estrie. Une justice "Rubber stamp".
Les juges n'interprètent
pas de manière restrictive la notion de dangerosité. Dangereux ou
dérangeants? La pratique moyenâgeuse d'enfermer les personnes
dérangeantes perdure. Les centres hospitaliers présentent à cette
fin des requêtes à l'encontre de personnes ayant des troubles de
comportement, qui dérangent leur entourage, se parlent à
elles-mêmes dans la rue, etc. La police aussi y amène trop souvent
ce genre de clientèle, y ajoutant des marginaux, des itinérants et
des citoyens qui flânent régulièrement dans les mêmes lieux
publics. Dangerosité élastique et requêtes utilisées comme outil
de contrôle social.
Les
droits et recours, un secret bien gardé. Donc, brimés. En très
grande majorité, les personnes sont absentes lors de l'audition
devant un juge qui décidera si elles resteront en liberté ou pas.
Ex. 2004, Cour du Québec du district de Montréal : sur 2 136
requêtes, seulement 502 personnes visées étaient présentes, dont
seules 327 étaient représentées par un avocat. Pourtant, la loi
oblige le policier et le personnel soignant d'informer la personne
qu'elle y a droit.
Des
témoignages démontrent que les personnes font souvent l'objet de
chantage ou de menaces, afin de les empêcher de participer à leur
audition pour garde en établissement. Pire, il y en a même qui
ignorent parfois qu'elles font l'objet d'une telle requête.
■ Des civils infiltrés aussi dans des salles de nouvelles de Radio-Canada - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) J'ai
eu l'occasion de remarquer également la présence policière dans
des
salles de nouvelles de la télé de Radio-Canada,
notamment à Montréal, où j'ai travaillé vers le milieu des années
1970 jusqu'au début de la décennie suivante.
À l'époque, je
n'étais pas trop sûr que c'était le cas. Après
mon enquête de six ans et demi dans l'underground policier,
qui s'est étalée du début de 1997 et le milieu de 2003, me
remémorant certains événements, mon hésitation s'est transformée
en
certitude.
Suis
convaincu qu'un
journaliste,
deux
cameraman
et un
monteur de films
de Radio-Canada étaient de fait des
civils (Initiales :
PT, AD, RS, entre autres), mais j'ignore à quel corps policier ils
appartenaient. Il n'était pas
toujours facile de travailler en symbiose avec un certain monteur,
fallait entrer dans la salle de montage sur
la pointe des pieds,
adopter
un profil bas,
éviter
tout ce qui pouvait porter ombrage
à sa susceptibilité. Et avec un
certain cameramen,
qui conduisait son véhicule comme un dingue, bâclait son travail.
Autant d'attitudes qui visaient à vous mettre en rogne, à
vous déstabiliser psychologiquement.
Croire
que toutes ces taupes ont été exfiltrées depuis est faire preuve
d'une bien grande candeur. Ceux qui ont par la suite pris leur
retraite ont
vraisemblablement été remplacés par d'autres.
Tous les corps policiers se font des niches, dans les milieux de
presse, y compris la Sûreté
du Québec.
Pas seulement dans les grands médias, les tout petits aussi.
L'exemple du
journal communautaire D'un lac à l'autre,
à Lac Bouchette, tirant à 600 exemplaires, et dont j'ai déjà fait
état (Voir tome 1 de L'Étau Policier), le démontre.
Influencer
des journalistes, par des interventions souterraines, afin de les
stimuler, certes, quand flics en civil et collabos sont d'accord avec
le sujet développé. Mais
aussi,
si l'approche ou le sujet leur déplaisent, les
orienter dans une autre direction
et, si la tentative échoue, chercher
à les neutraliser, les freiner.
L'objectif est de contrôler
l'information destinée aux citoyens,
particulièrement dans les dossiers "chauds", par exemple
impliquant la police.
Le
succès de ce travail de sape varie selon que le
journaliste se tienne debout ou s'écrase.
Encore faut-il qu'il soit conscient de leur présence dans la salle
de nouvelles, ce qui est loin d'être le cas. Seuls ceux affectés
aux faits divers policiers depuis des lustres sont susceptibles de
savoir ce qui se passe. (Suite
demain)
■ Une offensive généralisée des gouvernements péquistes visant à mater psychologiquement le citoyen - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) La
journaliste Chantal Guy de La Presse soulignait qu'en ces heures
sombres où les fumeurs supportent leurs doigts jaunis comme
une malédiction
et se font refuser la porte des commerces, où
l'on songe à taxer les obèses
et à
punir le fromage cru
(NDLR : Le gouvernement fédéral libéral de Jean Chrétien a
jonglé un temps avec cette possibilité, mais j'ignore s'il a passé
à l'acte.), il n'est pas étonnant que le
roman Chocolat de Joanne Harris
se soit retrouvé au rang des best-sellers l'année précédente.
Rien
que le titre est suspect.
Dans ce roman, une
famille surveille
les faits et gestes de
la grand-mère diabétique,
lui déniant toute autonomie sur
son propre corps.
On
le voit, les
vitres cassées
du mobilier urbain et rural ne
sont pas les seules à écoper,
les nantis également. Pouvoir
tentaculaire gendarmant la vie de tout le monde.
Prise isolément, la Loi antitabac n'est pas si terrible.
Ce
qu'il y a de terrible,
c'est qu'elle n'était qu'une des nombreuses mesures répressives -
je
parle des mesures connues et de celles cachées derrière une grande
muraille de silence -
que le pouvoir péquiste n'arrêtait pas d'adopter année après
année, les
nouvelles venant s'ajouter sur le dessus de la pile de mesures
répressives déjà existantes.
Ce
livre démontre amplement que l'ogre
était d'une voracité surprenante.
Nous assistions à
une offensive généralisée visant à mater psychologiquement le
citoyen,
littéralement. C'est cela qui était inquiétant. Mais personne ne
s'en troublait. Pas même les médias, ou si peu, par manque de vue
d'ensemble? Probablement. (Suite demain)
News du samedi 23 Mai 2009
■ Après l'hégémonie, propositions pour un monde multipolaire – Un film de la réalisatrice française Béatrice Pignède
(01H26). Depuis sa sortie en 2007, la situation n'est plus tout à
fait la même : Obama a succédé à W. Bush, l'aigle républicain.
En plus de corriger les gaffes de son prédécesseur, il est au prise
avec une crise économique sans précédent. Issue des USA, elle a
fait déborder le verre de pays occidentaux.
Le moment historique
semble venu de mettre fin à l'hégémonie américaine et créer un
monde multipolaire. En somme, profiter de la faiblesse de l'empire,
militaire et économique, pour construire un monde nouveau, qu'on
souhaite meilleur.
■ Le quotidien Le Droit d'Ottawa était infiltré par des civils (déguisés en journalistes) de la GRC - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Aux
yeux de la police, les médias jouent un rôle vital : se sont
eux qui rapportent les événements, par exemple les manifs tournant
au vinaigre... Qu'est-ce à dire? Que
la police peut compter sur des alliés, dans les salles de nouvelles.
En outre, ces dernières sont également infiltrées par la police.
Faisons
un bref rappel de la fin des années 1960 et d'une bonne partie de la
décennie 1970, période d'effervescence nationaliste au Québec.
Rappelons que la crise d'octobre s'est étalée sur une période de
quatre ou cinq ans. La marmite socio-politique a graduellement
commencé à mijoter deux ou trois ans avant la crise proprement dite
pour se refroidir peu à peu environ 1 an après l'assassinat du
ministre Pierre Laporte, membre du gouvernement libéral de Robert
Bourassa.
Journaliste
à Ottawa,
au cours de ces années, j'ai
constaté que la salle des nouvelles du quotidien Le Droit où je
travaillais,
les collègues, le syndicat des journalistes, les photographes, des
amis, mêmes certains milieux familiaux, dont le mien, étaient
infiltrés par des agents et agentes en civil de la Gendarmerie
royale du Canada (GRC).
L'auteur
de ces lignes pourrait citer le nom de "confrères
journalistes"
qui étaient membres de ce corps policier : à l'époque, je
n'avais pas encore découvert que la Sûreté du Québec et les corps
policiers municipaux s'adonnaient aussi à ces activités
clandestines. Je
vais me limiter aux initiales (je me retiens à deux mains pour ne
pas dévoiler les noms au complet) :
AG, PL, PT, AL.
On
peut penser qu'il en était de même de celles des
grands quotidiens montréalais et des stations de télévisions, par
exemple Radio-Canada.
Les journalistes de ma génération se souviennent tous que le
nationalisme culminait davantage à Montréal qu'à Ottawa.
Toutefois, comme je n'y étais pas, je ne peux en juger, seulement le
présumer, quoique
avec une marge d'erreur à peu près nulle.
(Suite
demain)
■ D'où vient donc à l'État ce besoin frénétique de stigmatiser le fumeur? - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) En
juin 2000, le
Parlement d'Ottawa
dépose un projet de loi sur l'aspect visuel des paquets de
cigarettes ayant pour objectif d'avertir les usagers des dangers de
la nicotine.
Témoignant en comité parlementaire, le président de
la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Henri
Massé,
estime qu'il faut aller au-delà de ce qu'il considère comme «une
chasse aux sorcières contre les fumeurs»,
rapporte Jules Richer de la Presse canadienne. (Jules Richer, Presse
canadienne -
La Presse du 2 juin 2000)
Il
croit que, au lieu de miser sur la peur, il
faille plutôt adopter une démarche qui privilégie l'éducation et
la prévention.
C'est une simple question de respect des fumeurs, souligne-t-il.
«Tant
que le tabagisme sera légal, les fumeurs auront le droit d'être
protégés contre la clandestinité et l'ostracisme social auxquels
les condamne la réglementation proposée.»
Au
fait, a-t-on entendu les ministres fédéral et québécois de la
santé dire publiquement que le citoyen a le droit de... fumer?
Au
lieu de réprimer les fumeurs, l'État devrait encadrer la
fabrication du produit. Car des cigarettiers ajouteraient de la
nicotine pour que les consommateurs développent plus rapidement une
dépendance et des ingrédients chimiques pour faire en sorte que la
cigarette se consume plus rapidement. Toutes des mesures visant à
vendre davantage de tabac en vrac et des cartouches.
Afin
de protéger la population de l'alimentation riche notamment en
gras-trans, générant un taux élevé de cholestérol et par
conséquent néfastes pour la santé, le Canada incite les
fabricants à modifier leurs recettes. Pourquoi ne procède-t-il
pas de même avec la cigarette? D'où lui vient donc ce besoin de
stigmatiser le fumeur?
Et
cette croisade prend de l'ampleur. Ainsi en
Alberta
où, depuis le premier avril 2003, les
ados
n'ont plus le droit de fumer en public ou d'avoir
sur eux des cigarettes.
(Presse canadienne -
La Presse du premier avril 2003 ) Une infraction à l'une ou l'autre
de ces règles de la loi provinciale est passible
d'une amende de 100$.
Le contrevenant pourrait aussi être obligé de suivre une
thérapie ou être suspendu de son école.
Wes
Bellmore,
porte-parole de la police
d'Edmonton,
a déclaré que si un agent juge approprié de porter des
accusations, ce sera fait. LeRoy
Johnson,
député à l'origine du projet de loi, est un ancien enseignant
"préoccupé"
par la consommation de tabac chez les jeunes. Au
Nouveau-Brunswick,
début 2004, le ministre de la Sécurité publique, Wayne
Steeves,
annonçait que, à compter du mois d'avril suivant, il
sera interdit de fumer dans les... prisons et les aires de récréation
extérieure.
(La Presse du 3 janvier 2004) (Suite demain)
News du vendredi 22 Mai 2009
■ Tribunal montréalais de la santé mentale (TSM) : un an déjà et toujours les mêmes questions - Ce projet de trois ans de la Ville de Montréal est destiné aux
personnes qui, ayant commis un délit mineur, semblent présenter des
caractéristiques de problèmes de santé mentale. Elles ont le choix
d'être jugées par le TSM, c'est-à-dire d'adhérer à son
"programme d'accompagnement justice et santé (PAJES)", ou
d'opter pour le tribunal habituel.
Selon
plusieurs groupes communautaires locaux, le TSM s'est développé
sans étude et une véritable consultation du milieu. Ils considèrent
que cette nouvelle structure stigmatise la personne. De plus, trop de
questions restent en suspend après une premier année d'activités.
Par exemple, se demandent-ils : sommes-nous prêts à accepter que le
système judiciaire se substitue au système de santé et des
services sociaux? Interrogation aussi sur le peu d'informations
émanant du TSM (NDLR : Sur le site de la Ville de Montréal et celui
de la cour municipale de Montréal, j'ai trouvé aucune information
portant sur cette première année d'expérimentation du TSM, pas de
bilan, rien.)
Ces
groupes communautaires proposent, pour éviter la stigmatisation et
l'exclusion, la formation continue du personnel judiciaire, que les
juges, procureurs et avocats consultent et collaborent avec des
personnes ressources pouvant mieux les éclairer sur la situation
sociale de la personne. En étant inclusive, elle évite que des
citoyens soient considérés comme étant de seconde classe.
Les
groupes incitent également à la réflexion : la nécessité du TSM,
lacunes du réseau de la santé et du milieu judiciaire (accueil,
traitement, respect des droits, trop souvent bafoués ;
stigmatisation encore omniprésente au sein de la société). Ils
demandent que le règlement des dossiers du TSM soit rendu public
dans les plus brefs délais. Ils veulent aussi que la voix des
groupes communautaires et des personnes directement concernées par
ce projet soit davantage entendue et prise en compte par les
ministères de la Santé et des Services sociaux, de la Justice et de
la Sécurité publique.
Les
organismes signataires du document : Action Autonomie
(pour avoir accès au docu de 3 pages, cliquez sur la manchette sous
"Tribunal de la santé mentale") ; Association des groupes
d'intervention et de défense des
droits en santé mentale du Québec ; Association du Québec pour
l'intégration sociale ;
Projet PAL ; Réseau
alternatif
et communautaire des organismes en santé mentale ; Réseau d'aide
aux personnes
seules et itinérantes de Montréal ; Regroupement des ressources
alternatives en santé mentale du Québec.
■ Le mouvement laïc du Québec (MLQ) fait état de l'urgence d'une charte de la laïcité établissant la neutralité de l'État québécois – La présidente du MLQ, Marie-Michelle Poisson, estime qu'il y va du
bon fonctionnement des institutions communes, car la question de la
religion est en train d'attiser le feu du racisme. Elle soutient
qu'une croyance personnelle doit être vécue en privé, que le port
de signes religieux dans l'espace public, par des fonctionnaire et au
sein des organismes publics, conduit à la ghettoïsation.
Cette
question resurgit à la suite de la position prise, le 9 mai dernier,
par la Fédération des femmes du Québec (FFQ) à l'effet de ne pas
y interdire le port de signes religieux : communiqué
de presse de la FFQ et vidéo
(02:16) de sa présidente Michèle Asselin. Pour sa part, le MLQ
affirme que la FFQ fait fausse route
: dans la page s'affichant, colonne de gauche. Un reportage de
Radio-Canada
(02:07) permet de faire davantage le point.
PS
:
Beaucoup de Québécois ont l'épiderme sensible lorsqu'il s'agit de
religions, c'est particulièrement le cas de ceux qui ont vécu l'église triomphante des années 1950 et antérieures.
Le clergé catholique était partout et menait tout le monde par le
bout du nez. Et j'ajoute que L'islam totalitaire fait peur. Ça n'a
rien à voir avec la discrimination, tout à voir avec la sauvegarde
du peu qu'il nous reste des droits et libertés, charcutés qu'ils
sont quotidiennement par la police en civil et ses collabos : notre nouveau clergé...
■ Redisons-le, afin que ce ne soit pas pris à la légère : la police a confisqué aux citoyens l'espace public - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) L'infiltration
policière est parfois nécessaire, mais
vandalisme et violence des agents provocateurs de la police sont-ils
toujours légaux?
En infiltrant de faux manifestants parmi les vrais, la
police se donne les moyens d'intervenir quand bon lui semble.
Si elle décide, pour une raison ou une autre, et à tort ou à
raison, d'y mettre fin, elle
s'en servira pour provoquer des troubles et justifiera ainsi son
intervention.
Les médias claironneront
par la suite qu'elle a dû intervenir parce que la manif avait mal
tourné, décriront
les méfaits, souvent avec images vidéos et photos explicites à
l'appui.
N'en
déduisons pas pour autant que la police est à l'origine de toutes
les manifs dégénérant de la sorte. Nécessaire tout de même de se
demander, encore une fois, à
qui cette violence profite.
En cas de doute, le journaliste devrait infiltrer discrètement les
casseurs qu'il a remarqué sur le terrain, prendre des photos à la
dérobée - en utilisant un appareil photo jetable, qui ne coûte que
quelques dollars -, interroger discrètement leur entourage immédiat.
En creusant un peu, et
avec beaucoup de chance,
peut-être découvrirait-il le
pot aux roses.
Au
cours de mon enquête, j'ai constaté, sur le terrain et dans des
articles de presse, que manifester
au Québec,
et c'est particulièrement le cas dans la Cité policière Montréal,
semble
de moins en moins bien vu par le pouvoir et sa police.
Syndicats des secteurs public et privé, groupes de femmes ou groupes
féministes, parmi d'autres, peuvent défiler et s'exprimer sans
problème sur la place publique, et encore, on les y voit rarement.
D'abord,
et surtout, parce qu'ils jouissent d'un certain pouvoir du
fait de leur capacité, si besoin est, de mobiliser pas mal de monde
et de médias.
Ensuite parce que leurs revendications ne portent jamais sur la
répression et la brutalité policières, bannières comportant, il
est vrai, des charges émotives un peu plus explosives que le
renouvellement d'une convention collective de travail par exemple.
Ce
que la police applique à certains groupes, elle
l'applique également à chaque citoyen.
C'est davantage le cas dans des municipalités de moindre importance,
notamment les petites villes et villages : citoyens
confinés à leur domicile,
sans savoir qu'ils le sont, rues
désertes,
éjection de la société de
ceux persistant à y circuler sans raison,
confinement des ados dans
des maisons des jeunes,
là où il y en a, comportements stéréotypés, etc. Plus
explicitement, redisons-le :
la police a confisqué à la Société civile l'espace public.
(Suite
demain)
■ Des abus et injustices inhérents à toutes formes de guerre sainte -
(Suite tome
2
de L'Étau Policier) À
la lumière de ces articles, on constate que, tout comme dans son
underground policier, le
gouvernement péquiste de Lucien Bouchard
ne comptait pas seulement sur sa ligne délation, sur l'obligation
des entreprises de dénoncer, sous peine d'amendes, les coupables, et
sur ses inspecteurs et agents de sécurité en civil, mais
aussi, et surtout, sur la désapprobation... communautaire.
Il
y a des liens de parenté très étroits entre ce que faisait ce
gouvernement dans ce cas, entre autres, et
le rôle qu'il attribuait à sa pseudo police communautaire.
Cette énième affaire illustre bien le
genre de société policée qu'il construisait sans discontinuer,
et basée sur la délation entre citoyens. Celle-ci est devenue le
pivot central d'un tas de mesures, pas seulement policières,
gouvernementales
aussi.
La tumeur cancéreuse dont est atteint le pouvoir politique est
beaucoup plus ramifiée et grave qu'on ne le pressant : nous en
sommes au stade des métastases.
Car
le
gouvernement fédéral libéral de Jean Chrétien participait aussi à
cette croisade.
La Presse de décembre 2001, relate la mésaventure de Véronique,
19 ans, caissière à 7$ l'heure, au
IGA
du boulevard des Laurentides, à
Vimont.
(Pierre Foglia -
La Presse du 6 décembre 2001) Il y a beaucoup de monde à la caisse.
Un client lui demande un paquet de cigarettes.
Peu
après, la gérante la convoque à son bureau. Elle est accompagnée
de Lise
Bergeron,
inspecteur de Santé Canada, qui lui annonce qu'elle vient de vendre
des
cigarettes à un mineur sans lui avoir demandé ses cartes,
qu'elle va devoir payer une amende
de 500$,
plus les frais : celle du magasin est de 1
000$.
Véronique lui donnait au
moins 20 ans.
Son père s'interroge aussi. Pourquoi utiliser, comme leurre, des
jeunes qui ont l'air plus vieux que leur âge? C'est quoi ce cinéma?
L'éditorialiste
Pierre
Gravel du
même quotidien riposte aussi... (Pierre Gravel --
La Presse du 18 mars 2002) Il écrit que si on compare avec la
réglementation en matière d'alimentation, d'armes à feu, d'alcool
ou de médicaments, «rarement
voit-on des escouades d'enquêteurs examiner aussi systématiquement
les agissements
de vendeurs comme on vient de le faire pour 309 commerçants de la
région de Québec. Exactement comme on avait fait en
Estrie
l'été dernier. Encore
un peu on se croirait confronté à
de dangereux bandits
ou à
des bandes de motardsfaisant
le trafic de la drogue.
À croire qu'il y aurait presque lieu de remettre au travail
l'escouade Carcajou
( luttant contre le crime organisé ).»
En
utilisant un ados ressemblant à un adulte, on s'inspire de la
vieille technique de l'agent double bluffant un redoutable
trafiquant. Gravel
parle d'un cas flagrant de provocation dans le but de faire commettre
un crime
afin de pouvoir le sanctionner. Se demande si on ne bascule pas dans
les
abus et les injustices inhérentes à toutes formes de guerre sainte.
La tactique de la provocation dont parle Gravel est désormais la
norme dans notre société, la
police en civil et ses collabos l'utilisent régulièrement.
(Suite demain)
News du jeudi 21 Mai 2009
■ La marijuana – Passé, présent et futur
(02:00). Musique d'Emeen Z, titre "You Lit Up For Me".
■ The greatest performing arts online – Un site de musique classique (page d'accueil ici)
dédié aux grands auteurs, orchestres de concerts, ballets, opéras,
etc. J'en fait état ici car il y a probablement de mes visiteurs
intéressés. Ils peuvent aussi s'abonner gratuitement à une
newsletter. Beaucoup d'événements artistiques de qualité et
gratuits, d'autres sont offerts à prix modiques.
Ce
matin, j'y ai fait une belle découverte, "The Little Birch
Tree", un documentaire haute définition gratuit (58:50,
l'écran prend quelques secondes avant de s'activer) sur l'œuvre du
Russe Stravinski : qui
était-il? Son inspiration, il la puisait dans la culture et la
vie quotidienne des paysans de son pays. Les lieux de tournage sont
de toute beauté. On est rarement dans une grande salle de
spectacles, la plupart du temps en plein milieu rural, notamment sur
fond de folklore.
■ Plus tard, j'aurai la preuve qu'elle est bel et bien une policière en civil - (Suite tome
3 de
L'Étau Policier) Un
espace vide d'environ cinquante pieds sépare policiers en uniforme
et manifestants. Alors que la grande majorité des protestataires
sont dans l'expectative, sans
doute impressionnés par la présence d'autant d'uniformes,
et un peu effrayés aussi, deux "manifestantes"
dans la vingtaine,
habillées comme des punks, en occupent l'avant-scène.
Faut
les voir s'activer à seulement une dizaine de pieds de l'escouade
anti-émeute. Elles
font les folles, dansent ensemble, rient à tue-tête :
tactique visant peut-être à calmer les nerfs de ceux qui sont
tendus. Impressionnante, cette escouade. Ça
demande sacrément du cran pour agir de la sorte.
Le
clou du spectacle survient quand l'une se met à marcher le long de
la première ligne de policiers, un
peu comme un général inspectant ses troupes,
gueulant contre eux, les bras en l'air. À une couple de reprises,
elle s'arrête, leur
fait face,
pour gueuler encore plus fort, le corps penché en avant. Le ton est
agressif.
Des
policiers éloignent les curieux : manœuvre
ayant pour but de réduire le plus possible le nombre de témoins
potentiels,
si jamais certaines arrestations nécessitaient des interventions
musclées. Je me réfugie dans l'entrée de l'édifice Archambeau,
vendeur de disques et d'instruments de musique, coin sud-est de
Ste-Catherine.
Au
moment où la fille lance des bouts de bois au-dessus des têtes de
l'escouade, sans... les atteindre, Dick
Tracy,
un flic en civil dont j'ai déjà parlé, s'approche de moi. Je
lui confie que cette fille est sans doute complice de la police.
L'instant
d'après, il disparaît. J'ai de gros doutes sur l'identité réelle
de cette fille.
Plus
tard, j'aurai la preuve qu'elle est bel et bien une policière en
civil.
C'est celle que Rodrigue
avait félicité de sa tenue vestimentaire, du «beau
rôle»
qu'elle avait choisi. Vous vous rappelez (si vous avez lu le tome 1
de L'Étau Policier)? J'avais demandé à Rodrigue, une fois la fille
partie, si elle était comédienne. Pris
de court, il avait baissé la tête, incapable de formuler une
réponse. (Suite
demain)
■ La fumée de cigarette, c'est rien comparée aux émanations toxiques des nombreux produits chimiques utilisés à l'usine - (Suite tome
2 de
L'Étau Policier) Depuis
la mise en vigueur de la Loi anti-tabac, en décembre 1999, La Presse
n'a rapporté qu'un
seul cas
où un citoyen a fait l'objet d'une sanction de la part de son
employeur. Vraiment
le seul?
À moins qu'un citoyen sanctionné ne fasse part de sa mésaventure à
un journaliste, impossible
de répertorier des infractions du genre.
Bien
sûr, le journaliste peut toujours s'informer auprès du ministère
de la Santé et aux Services sociaux, ou des régies régionales,
cependant il y a gros à
parier qu'on cherchera
à minimiser l'importance
de la"délinquance".
Les sanctionnés, moins les médias en parleront, mieux la loi se
portera. Venons en donc à ce seul mouton noir, particulièrement
visible dans le troupeau de moutons blancs.
C'est
arrivé en mai 2000, rapporte la journaliste Stéphanie Bérubé de
La Presse, lorsque Marius
Ouellet
est suspendu une journée sans solde par son employeur, Premier Tech,
de Rivière-du-Loup. (Stéphanie Bérubé -
La Presse du 2 juin 2000) L'employeur
n'a pas le choix, la loi l'y force sous peine d'amende. Ouellet
est considéré comme un employé modèle. De plus, il n'a pas
l'intention d'arrêter, estimant que la fumée de cigarette, c'est rien comparée aux émanations toxiques des nombreux produits chimiques utilisés à l'usine.
Joseph-Émile Plante,
porte-parole de l'Association pour le respect des droits des fumeurs,
qualifie sa suspension d'abus de pouvoir. En
forçant les entreprises à jouer à la police,
la loi crée des conflits qui pourraient être facilement évités :
«Jamais
l'employeur ne devrait accepter une dictature du genre».
Il les incite d'ailleurs à la contester. «Le
ministre
(Baril) a
même le culot
de mettre une ligne de délation sans frais. On est en train de
mettre les gens les uns contre les autres sous
le prétexte qu'on a leur santé à coeur».
(Suite demain)
News du mercredi 20 Mai 2009
■ Un gros gro-z-amour – Quand on a le ventre plein, on est plus
relaxe.
■ Pressions sur le Canada pour qu'il signe la déclaration de l'ONU sur les peuples autochtones – Jusqu'à présent, 144 pays, incluant l'adhésion récente de
l'Australie, l'ont adoptée. Un groupes autochtones et
non-autochtones fait des démarches auprès des provinces canadiennes
afin qu'elles forcent la main au gouvernement conservateur de Stephen
Harper.
Cette
entente aiderait beaucoup à améliorer le sort des Amérindiens
canadiens. Car elle établit des standards de base en matière de
santé, de logement et d'éducation. Ghislain Picard, Chef de
l'Assemblée des Premières Nations du Québec, a obtenu le soutien
de Louise Arbour, ex-Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme
et ex-membre de la Cour suprême du Canada.
Pour
en savoir davantage, lisez l'opinion
d'un collectif dont la lettre a été publiée dans le quotidien Le
Devoir.
■ Jacques P. Dupuis, un ministre québécois qui n'aime pas recevoir des courriels – Je le présume, car son adresse courriel n'est pas indiquée dans
sa page du conseil des ministres. Suis journaliste indépendant et
lorsque je veux poser une ou deux questions à un personnage
important, je préfère le courriel plutôt que le téléphone. Si
jamais l'un d'eux me reprochait de l'avoir mal interprété, le
courriel me serait bien utile.
Dupuis
est ministre libéral de la Sécurité publique, de qui relève
notamment les corps policiers du Québec. Je voulais savoir s'il
acquiescerait à la demande de la Ligue des droits et libertés du
Québec (LDL) de créer une Commission d'enquête en lieu et place de
celle du coroner Robert Sansfaçon. Celle-ci débutera le 25 mai et
portera seulement sur le décès de Fredy Villanueva, 18 ans, abattu
par le policier Jean-Loup Lapointe de Montréal en août 2008.
La
question n'est pas frivole parce qu'une Commission du genre
permettrait d'aller au-delà de cette tragédie. Ainsi que l'explique
la LDL, son mandat porterait sur l'ensemble des circonstances : les
pratiques de profilage, l'impunité policière et l'impact, sur les
relations avec les citoyens, de la stratégie policière contre les
"gangs de rue". Tant à Montréal-Nord, où Villanueva a
été atteint de deux balles, que dans d'autres quartiers
défavorisés. Elle analyserait également les mesures prises par le
gouvernement du Québec pour améliorer la situation des citoyens qui
y vivent. La LDL considère que ceux-ci sont les victimes d'une
exclusion sociale systémique.
PS
: Le
conseil des ministres du Québec compte 29 membres, incluant le
premier ministre Jean Charest. Dupuis et l'un de ses collègues sont
les seuls à ne pas dévoiler leur adresse courriel : Pierre Corbeil,
député d'Abitibi-Est. Coïncidence, il est titulaire du ministère
des Affaires... autochtones. À tort ou à raison, j'y vois un lien
avec les quartiers défavorisés. Des citoyens de deuxième classe.
■ 200 jeunes punks, peut-être 300, manifestent contre la répression policière dont ils sont régulièrement la cible - (Suite tome
3 de
L'Étau Policier) Un
cas dont j'ai été témoin oculaire au printemps 1997, à Montréal :
Pierre Bourque en était le maire et Vera Danyluk occupait la
présidence de la Communauté urbaine de Montréal, organisme alors
responsable de la police.
J'avais
été alerté par des autos-patrouille et des wagonnettes de
l'escouade tactique de la police qui, nombreuses, se dirigeaient à
vive allure, gyrophares allumés, mais sans sirène, vers le
centre-ville, dans le secteur de l'Université du Québec à
Montréal. On sentait la gravité et l'urgence de la situation. Tout
près du lieu de l'action, je m'y suis rendu.
Coin
Ste-Catherine-St-Denis, plus de 200 jeunes punks, peut-être
300, manifestent contre la répression policière dont ils sont
régulièrement la cible. Que des jeunes de cet âge et de ce
milieu socio-économiquement faible, et de surcroît désorganisé,
manifestent, il faut que la mesure soit pleine. Désorganisés,
mais tout de même solidaires les uns les autres, un peu comme les
hippies des années 1960-1970. N'empêche que s'ils fraternisent
aisément entre eux, ce n'est néanmoins pas tous les jours qu'on
en voit défiler dans la rue.
Chez
certains, révolte
et stress sont à fleur de peau,
leur façon de marcher, déterminée,
les slogans anti-répression, criés
à tue-tête,
en disent long sur leur ras-le-bol. Imprévisibles dans leurs
déplacements, cherchant de toute évidence à éviter l'encerclement
policier, ils
quittent une rue pour une autre,
reviennent sur leurs pas pour prendre une autre direction. Ils se
déplacent rapidement, espérant gagner de vitesse la police. Arrive
le moment où
toutes les issues sont bloquées par des autos-patrouille.
Puis
l'escouade anti-émeute fait son apparition dans le paysage. Ses
membres surgissent de partout et,
assez rapidement, il
y a pratiquement autant de policiers que de manifestants,
sans compter des policiers et policières en civil. L'étau
ensuite se resserre sur eux,
méthodiquement, graduellement.
Un policier, juché sur le toit d'un
édifice de l'université, côté sud de la rue Ste-Catherine,
vidéofilme les manifestants, qui ne peuvent plus aller nulle part.
Un
policier,
à bord d'une wagonnette de l'escouade tactique, leur répète à
deux ou trois reprises, dans un microphone, qu'ils
ont le... droit de manifester.
(Suite
demain)
■ Délation et désapprobation communautaire polluent considérablement les rapports entre citoyens -
(Suite tome
2
de L'Étau Policier) Un
article de la journaliste Katia Gagnon de La Presse portait à penser
que le sous-ministre
québécois de la Santé, Richard Massé,
songeait à augmenter les effectifs prévus de sa police antitabac
(Katia Gagnon --
La Presse du 11 décembre 1999) : «Si
on voit que ce n'est pas assez, on avisera.»
Dans
un article du 5 mai 2000, La Presse parle déjà de la présence de
14
inspecteurs et 15 agents de liaisons
repartis dans les régies régionales de la santé et des services
sociaux, donc
couvrant tout le territoire du Québec.
Premier pas vers la
Police Santé?
Du côté du ministre
péquiste Baril,
on se fait rassurant : «Il
n'y a pas des policiers avec le logo tabac sur la casquette qui vont
circuler dans les rues et les édifices! Ce n'est pas du tout ça!»,
explique
son attaché de presse, Thierry Audin.
(Rima Elkouri --
La Presse du 15 juillet 2000)
Il
a tout à fait raison.
Avec toute la tuyauterie souterraine qui a été mise en place à la
suite de l'adoption de la loi, ce n'est pas nécessaire, et d'autant
moins que la police en civil-
municipale, régionale (MRC) et provinciale -
est déjà infiltrée partout, en personne ou
par citoyens-mouchards interposés,
sans oublier les
civils des agences de sécurité privée.
Pas
question non plus de déclencher la guerre entre fumeurs et
non-fumeurs, affirme-t-il aussi. Là,
l'attaché ne dit pas la vérité,
peut-être l'ignore-t-il aussi.
Délation et désapprobation
communautaire polluent
considérablement les rapports entre citoyens,
et la Loi antitabac s'inscrit
dans cette orthodoxie : on carbonise psychologiquement.
Ici encore le
principe de diviser la Société civile pour mieux régner
s'applique.
Ce n'est pas le seul cas d'espèce. (Suite demain)
News du mardi 19 Mai 2009
■ Pape versus Jésus – Le premier est contre le condom, le deuxième est pour. Qui
sera ko dans 47 secondes? Les paris sont ouverts.
■ Belle sensualité – Élodie
Frégé (03:25). J'assume
ma responsabilité de contrôle parental : interdit aux Filles
d'Isabelle et Chevaliers de Colomb, deux organismes cathos qui
jouissent d'une grande influence au sein de mon petit village policier de
Lac Bouchette, province de Québec, Canada.
■ Lors de manifs, le fomenteur de troubles est un policier en civil : parfois ou souvent? - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Les
«casseurs»
de ce Sommet étaient-ils tous et exclusivement des citoyens? Bien
évidemment non. L'événement avait trop d'envergure pour qu'il en
soit autrement. Toutes les polices des pays où se tiennent des
réunions internationales du genre utilisent la méthode. La police
procède de même lors de petites manifs sans conséquence, alors...
Comment
expliquer qu'une manif justifiée dégénère de la sorte? Quand la
police enquête sur un crime, la toute première question qu'elle se
pose est "à qui profite-t-il?" Manifestants et
journalistes couvrant ce genre d'événements devront apprendre à se
la poser aussi. Car l'information-fiction de source policière est
pratique courante.
Le
sociologueMorin
traite du phénomène sans viser spécifiquement celle-ci. (Edgar
Morin -
Pour sortir du vingtième siècle -
Éditions Fernand Nathan) Il raconte avoir été extrêmement frappé
par un événement mineur lors
de la visite historique du président Richard Nixon en Chine,
dans les années 1970.
À
un moment donné, le président américain, suivi des journalistes,
traverse le jardin d'une pagode, comportant une pièce d'eau. Dans ce
décor enchanteur, des
enfants
lancent des petits bateaux sur l'eau, des
couples
d'ados sont assis, main dans la main, écoutent des transistors. Des
jeunes filles
portent des fleurs.
La
troupe présidentielle quitte ensuite ce spectacle idyllique après
que les journalistes aient pris de nombreuses photographies. Un
photographe retourne
quelques instants après sur les lieux pour y chercher un accessoire
oublié. Là, il
voit que des instructeurs,
surgis d'on ne sait où, ont rassemblé les enfants et adolescents
qui
se tiennent en rang.
Chacun remet son bateau, son transistor, ses fleurs à l'instructeur,
qui, ramassage terminé, siffle
le départ au pas cadencé...
Cette
anecdote de Morin nous donne une bonne idée de ce que peut-être une
mise en scène policière. Dans le cas nous intéressant, les manifs
revendicatrices dans la Cité
policière
et celle de la Vieille
Capitale
(la Ville de Québec), on
ne parle plus
de petits drapeaux agités par des enfants et d'ados pacifiques, mais
de vandalisme, de violence. Qui paye la note?
Les
manifs sont généralement infiltrées
par la police en civil.
Comme nombre de confrères journalistes de ma génération, j'ai
appris,
même si j'y est mis du temps, à
repérer des policiers et policières en civil mêlés aux
manifestants.
De cette expérience sur le terrain, je retiens que le
manifestant le plus gueulard ou
le
fomenteur de troubles est un policier en civil.
Parfois ou souvent? Pour le savoir, faudrait assister à toutes les
manifs. (Suite
demain)
■ Alourdir suffisamment le climat ambiant pour que le citoyen, ne se sentant plus tellement chez lui dans l'espace public, préfère rester à la maison - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Bien
que des fumeurs, pas
tous,
il est vrai, considèrent important de respecter les non-fumeurs, ils
trouvent néanmoins la
loi sévère.
Ainsi ces témoignages puisés dans l'hebdo l'Étoile du Lac, de
Roberval, au Saguenay-Lac-St-Jean. (Sylvie Hébert -
l'Étoile du Lac du 19 décembre 1999)
Ginette
Dallaire
de St-Félicien : «(...) c'est
illogique d'interdire la cigarette dans les restaurants et les bars.
Je vais préférer demeurer chez moi, plutôt que de sortir (...)»
Gérald
Duchesne
de St-André, ex-fumeur : «La
loi est drastique. (...)
je
crois que pour les bars, ce n'est pas logique.
(...) Mais
dans toute cette histoire, il
faut respecter tout le monde.»
Témoignage aussi de Guy
Coulombe
de St-Prime : «C'est
beaucoup trop sévère. On
vit pratiquement dans un pays communiste.
Même seul dans mon bureau je ne peux pas fumer.»
Ghislain
Gagnon
de La Doré : «Moi,
je travaille dans un garage et je
crois que les odeurs qui sortent des camions sont plus toxiques que
la fumée de cigarette.»
Danielle
Poirier
de La Doré : «C'est
drastique comme loi. Pour ce qui est des établissements de santé,
je suis entièrement d'accord.
(...) Je
respecte quand même les non-fumeurs. Alors
vivre et laisser vivre.»
Voilà, tout est dans cette formulation : vivre et laisser vivre.
Ginette
Dallaire disait plus haut : «Je
vais préférer demeurer chez moi, plutôt que de sortir et que l'on
vienne m'interdire de fumer.»
Notons qu'à New York, où on applique la tolérance zéro en
matière de tabac, les
citoyens fréquentent moins souvent les bars,
lisait-on dans une dépêche publiée dans La Presse, à l'été
2003.
Au
Québec, six semaines après l'entrée en vigueur de la loi, l'Union
des tenanciers de bars affirmera
que ses membres accusent déjà des pertes irrécupérables.
(Violaine Ballivy -
Cyberpresse du 26 juillet 2006) Le chiffre d'affaires aurait
baissé de 30%
en moyenne. Quelques 25
bars
seront menacés de fermeture.
Le
pouvoir politique semble avoir dénicher là l'outil dont il rêvait
pour lutter contre l'alcool, réduire la criminalité dans ce milieu,
et faire en sorte qu'il y ait moins de citoyens qui circulent dans
l'espace public après le coucher du soleil. Car la Loi anti-tabac
comporte aussi ce volet, bien qu'il n'y soit pas inscrit.
La
tactique consiste à multiplier les mesures d'ordre social afin
d'alourdir suffisamment le climat ambiant pour que le citoyen, ne se
sentant plus tellement chez lui dans l'espace public, préfère
rester finalement à la maison. (Suite
demain)
News du lundi 18 Mai 2009
■ Un coup pendable – Comment insulter des policiers et se faire remercier
par eux après (02:02).
■ La recette pour trouver un job? – Suivez pas à pas ce jeune homme, assez déluré. Il cible un secteur
où il y a beaucoup d'édifices en hauteur, achète des journaux,
consulte la page d'offres d'emplois, repère une adresse tout près
de l'endroit où il est, contacte l'employeur par cellulaire, prend
rendez-vous tout de suite... Selon lui, il n'est pas en chômage, il cherche un
boulot (08:16), nuance.
■ André Paradis de la LDL : «Un rapport courageux, qui ose faire la lumière sur une situation problématique chez ce corps policier» - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Venons en à ce rapport préliminaire à l'encontre de la
Gendarmerie royale du Canada,
et publié en novembre 2003. (Nicolas Bérubé -
La Presse du 14 novembre 2003)
La
présidente Shirley
Heafey
du comité d'enquête lui reproche d'avoir utilisé une force
«excessive» :
outre ce que nous avons énuméré plus haut, «grenades flash-bang
et fusils-assommoire à décharge électriques pour disperser les
manifestants».
Elle reconnaît qu'elle était justifié de disperser les
manifestants puisque la clôture du périmètre où se réunissaient
les chefs d'État avait
été renversée à plusieurs endroits.
Cependant,
des officiers «ont
utilisé une force démesurée
pour disperser des groupes de manifestants qui ne menaçaient
d'aucune façon la sécurité du Sommet».
Elle cite le cas de l'un d'eux contre lequel ce corps policier a fait
usage du fusil-assommoire
de «50 000
volts»
alors qu'il était immobilisé, face contre terre, avait une main
menottée et faisait de l'autre un signe de paix.
Usage
abusif des
balles de plastique (502
ont été tirées,
a admis la Gendarmerie royale du Canada) et gaz lacrymogène (3 009
canettes ont été utilisées,
a-t-elle admis aussi), qui ne devaient être utilisés qu'en dernier
recours. Elle recommande que les
officiers impliqués soient sanctionnés
et que les
deux gradés
responsables du contrôle des foules au Sommet fassent l'objet de
«mesures
appropriées».
Commentaire
du directeur général de la Ligue des droits et libertés du Québec
(LDL), André
Paradis :
«C'est
un rapport qui confirme nos conclusions.
(...) C'est
un rapport courageux, qui
ose faire la lumière sur une situation problématique chez ce corps
policier.»
Réaction
du sergent Gilles Déziel,
porte-parole du corps policiers : «Le
commissaire de la Gendarmerie royale du Canada (Giuliano
Zaccardelli)
va
prendre connaissance du rapport et rendre sa décision par la suite.
Nous ne pouvons pas commenter le rapport à ce moment-ci.»
C'était en novembre 2003. On n'en sait pas plus. La police est roi
et maître, elle n'a de compte à rendre à personne. L'État
dans l'État. (Suite
demain)
■ «La grosse difficulté que nous avons, c'est le rôle de police qu'on donne aux PME» - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Et
qui n'est pas sans causer également quelques maux de tête aux
patrons et à leurs employés adeptes du tabac.
Elle cite Daniel
Lemire,
consultant au Centre mieux vivre sans fumée, qui aide 150
entreprises par année à implanter des politiques anti-tabac : «Si
une entreprise se borne à envoyer un mémo aux employés pour leur
dire de ne plus fumer, il
y aura des conflits.
On peut même prévoir la
création de clans,
un fumeur, un non-fumeur.
(...) La
cigarette, c'est un sujet très émotif.»
La
journaliste nous communique une autre information clé, en citant une
déclaration de Micheline
Bail,
chargée par la régie régionale de la santé et des services
sociaux d'épauler les entreprises dans l'adoption d'une politique
antitabac : «Les
cas de récalcitrants y sont plutôt rares parce qu'ils
font rapidement face à la réprobation du milieu en général.
Et surtout des ex-fumeurs.»
Gérald
Ponton,
de l'Association des manufacturiers et exportateurs du Québec,
explique qu'«on
ne veut pas que le gouvernement revienne sur le principe de la loi.
Mais dans son application, il
ne faut pas être dogmatique,
il
faut être raisonnable».
(Katia Gagnon -
La Presse du 10 novembre 1999) Pierre
Cléroux,
président de la Fédération canadienne des entreprises
indépendantes, s'en prend aux dispositions coercitives de la loi :
«La
grosse difficulté que nous avons, c'est le rôle de police qu'on
donne aux PME.»
Hugue
Dumas de La Presse fait notamment état de petits commerçants
rouspétant contre la loi. (Hugue Dumas --
La Presse du 12 décembre 1999) Un fleuriste lui confie qu'il ne
chassera pas les clients qui se pointeront une cigarette à la main :
«J'ai
toujours géré mon commerce comme je le voulais et je vais
continuer.
Je m'adapte à chacun de mes clients.»
Le
journaliste mentionne aussi le
cas d'un petit garagiste,
dont les employés continuent de fumer, qui qualifie la loi de
stupide. Il
n'a pas l'intention de s'y soumettre. Si
jamais les inspecteurs du gouvernement se présentent à son atelier
de réparation, il en allumera une dès qu'ils lui tourneront le dos.
Et
les affiches
"non-fumeur" dont il doit tapisser les murs de son garage?
«Elles
sont déjà dans les vidanges.»
Commentaire aussi de ce restaurateur (Katia Gagnon --
La Presse du 12 décembre 1999) : «C'est
inacceptable que l'État se mette le nez là-dedans.»
(Suite demain)
News du dimanche 17 Mai 2009
■ Voyeur - I'll
get You (02:19).
■ Citation – Compter sur le gouvernement pour protéger la vie privée, c'est
comme demander à un voyeur d'installer vos stores. (Source : web,
sans identification).
■ Non à l'État Big Brother du Québec – C'est ce que clame la Coalition pour la défense de la
confidentialité dans les services sociaux et de santé (CDCSSS).
Composée d'organismes communautaires et de syndicats, elle dénonce
le fait que le ministère québécois de la Santé et des Services
sociaux (MSSS) procède à la mise en place d'un fichier central
nominatif (contenant des infos personnelles) des alcooliques,
toxicomanes et joueurs pathologiques du Québec. Et ce, sans le
consentement de ces derniers et sans même qu'ils en soient informés.
Il s'agit d'une grave
atteinte à la vie privée et au droit à la confidentialité. Car
noms et numéros d'Assurance maladie du Québec (AMQ) des personnes
qui consultent les centres de réadaptation en dépendance seront
transmis au MSSS, à l'AMQ et aux Agences de la santé et des
services sociaux. Selon la Coalition, ce viol de la vie privée
risque de s'étendre à l'ensemble du réseau de la santé et des
services sociaux si rien n'est fait pour en stopper l'implantation.
La coalition exige qu'une
telle banque de données fasse l'objet d'un large débat public, et
soit encadrée par des mesures législatives visant à protéger l'anonymat et
la protection de la vie privée.
Conférence de presse de
trois représentants de la Coalition : Dominique Peschard,
président de la Ligue des droits et libertés du Québec (LDL) ;
Jacques Normand,
président du syndicat des professionnels du Centre Dollard-Cormier
(CSQ) ; et Maude Guindon,
membre de l'Association pour la défense des droits et l'inclusion
des personnes qui consomment des drogues du Québec (ADDICQ).
Vidéo 1 (10:00) : les
trois représentants expliquent la
situation ; sous la première, vidéo 2 (09:05) : ils répondent
aux questions des journalistes. Une affiche de la Coalition annonçant
une récompense
de 100$ à la personne qui lui fera parvenir la récente version
informatique de 4.08 de SIC-SRD (Système d'information clientèle
pour les services de réadaptation dépendances) à laquelle les
intervenants n'ont pas accès ; Site et photo du ministre québécois
de la Santé et des Services sociaux Yves
Bolduc ; site et photo du premier ministre Jean Charest
PS
:
J'ajoute deux informations. La police a accès à toutes les banques
de données du gouvernement du Québec. Et un extrait de L'Étau
Policier, tome 2 : chapitre "Big Brother et Big Sister",
mot clé : Rémy Trudel. Voir dans la colonne de droite, plus bas. En 2001, Trudel, alors ministre de la Santé,
introduisait de nouveaux outils informatisés à l'Assurance-maladie
du Québec. On se faisait rassurant à l'époque.
■ Faut pas compter sur les élus pour défendre les droits - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Dans
son rapport annuel, rendu public un an après les événements,
Amnistie
internationale
(AI) souligne la «brutalité
policière»
qui avait marqué, à son avis, le Sommet des Amériques à Québec
en avril 2001. (Gilles Gauthier et Martin Vallières --
La Presse du 29 mai 2002)
L'organisme déplore aussi l'absence d'une
«enquête
indépendante»
pour examiner les nombreuses «allégations
de force excessive»
de la police. AI mentionne l'emploi abusif de gaz lacrymogène «même
contre des manifestants qui n'étaient pas impliqués dans les actes
violents
et ne menaçaient aucunement les policiers ou les propriétés» :
en mai 2005, l'ONU demandera au Canada d'enquêter également ces
abus. AI parle aussi de gens arraisonnés par la police, «plusieurs
auraient été incarcérées sans
représentation légale rapide
et détenue dans des cellules surchargées pendant des périodes
prolongées».
De
fait, un seul corps policier a été officiellement blâmé : la
Gendarmerie royale du Canada.
La Commission des plaintes du public contre celle-ci a fait enquête
à la suite d'une plainte
du député fédéral néo-démocrate Steve Robinson,
apparemment le
seul et unique de toute la confrérie
politique des deux niveaux de gouvernement ayant osé se mouiller les
pieds.
Il
accusait ce corps policier d'avoir agi brutalement : à la suite
du rapport préliminaire, il demandera du reste la tenue d'une
enquête indépendante afin de faire toute la lumière sur ces
événements.
Notons
que cette Commission n'a pas examiné à la loupe les activités des
autres forces policières. Normal, celles-ci ne relèvent pas de sa
juridiction. Et que ni le
maire péquiste de Québec,
Jean-Paul
L'allier,
et ni le
ministre péquiste de la Sécurité publique alors en fonction, Serge
Ménard,
n'ont posé le moindre geste pour savoir ce qui s'était passé.
Conclusion :
faut
pas compter sur les élus pour défendre les droits des citoyens.
(Suite
demain)
■ La ligne téléphonique délation gratuite du gouvernement péquiste de Lucien Bouchard - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Juste
pour nous donner une idée de la manière dont le pouvoir péquiste
fonctionnait, examinons de plus près la
fameuse croisade anti-tabac du
ministre péquiste délégué à la Santé, aux Services sociaux et à
la Protection de la jeunesse, Gilles Baril.
Le
17 décembre 1999, ce gouvernement adopte la Loi anti-tabac
interdisant de fumer dans la
plupart des 300 000 entreprises québécoises.
(Paul Roy --
La Presse du 5 mai 2000) (NDLR : Le gouvernement libéral de
Jean
Charest,
qui lui succèdera, ne
fera pas mieux.)
Les chefs d'entreprises sont obligés
de la faire respecter. Ceux qui contreviendront à cette obligation
pourraient écoper d'amendes
de 400 à 10 000$,
rapporte la journaliste Katia Gagnon de La Presse. (Katia Gagnon --
La Presse du 12 décembre 1999)
Les
grandes entreprises,
prédit-elle, demanderont vraisemblablement à leurs
agents de sécurité de jouer à la police
auprès des contrevenants. Chez
les PME,
cependant, le problème de l'application demeure
entier :
petites et moyennes entreprises (PME) ne disposent pas toutes de
gardiens de sécurité.
Les
fumeurs délinquants,
eux, seront passibles d'amendes de 50
à 300$
et, en cas de récidive, de 100
à 600$.
Tout cela évidemment, ajoute-t-elle, après
que leur employeur leur aura imposé les sanctions administratives
prévues
à ceux qui violeront la directive interne.
En
outre, les
non-fumeurs pourront dénoncer leurs collègues fumeurs
qui en allumeront une au sein de l'entreprise. Le ministre Baril et
ses collègues ministériels comptent sur ces citoyens-mouchards
pour dénoncer ceux contrevenant à sa loi. Baril a même prévu une
ligne téléphonique sans frais, pour informer, certes, mais aussi
«pour
renforcer et accélérer le traitement des plaintes(...)»
: le 1-877-416-TABA.
Bel
euphémisme derrière lequel le ministre dissimule le mot délation.
Car
c'est bel et bien de ça dont on parle finalement. Et pas seulement :
il
y a risque aussi d'animosité entre fumeurs et non-fumeurs.
L'approche est manichéenne, contribue
à diviser la Société civile :
les bons d'un côté (les
non-fumeurs),
les mauvais de l'autre (les fumeurs).
La journaliste parle du reste d'une «véritable
révolution»
au Québec, une
province traditionnellement tolérante face aux fumeurs.
(Katia Gagnon -
La Presse du 11 décembre 1999) (Suite demain)
News du samedi 16 Mai 2009
■ L'affaire
Villanueva
- Le directeur Yvan Delorme du corps policier de Montréal dit non à
la Commission d'enquête élargie que réclame la Ligue des droits et
libertés (LDL) du Québec : «Non,
c'est l'événement (le
décès de Villanueva)
qui est jugé»,
a-t-il déclaré à cyberpresse.
Rappelons
que le 13 mai, la LDL annonçait qu'elle ne participera pas à l'enquête
du coroner Robert Sansfaçon en raison du fait qu'elle ne portera que
sur le décès de Fredy Villanueva, 18 ans, abattu par le policier
Jean-Loup Lapointe de Montréal en août 2008, à Montréal-Nord.
La LDL
veut qu'on traite aussi des pratiques de profilage, l'impunité
policière et l'impact, sur les relations avec les citoyens, de la
stratégie policière contre les "gangs
de rue"
à Montréal-Nord et d'autres quartiers défavorisés. Elle veut
également une analyse des mesures prises par le gouvernement du
Québec pour améliorer le sort des citoyens qui y vivent. Elle
affirme que ceux-ci sont les victimes d'une exclusion sociale
systémique. Seule une Commission d'enquête publique peut approfondir un tel contexte.
■ Tomber dans la rue comme on tombe d'un escalier – Est-ce possible de se sortir d'une situation semblable sans
l'aide d'un programme gouvernemental efficace? En Occident, combien
de citoyens sont pris dans ce piège sans autre avenir que d'y
rester (04:35)?
■ Requiem For A Trader, Holy Bonus, Market Krach – Alléluia
(02:37)!
■ Cernons d'un plus près l'identité et le rôle de ceux qu'on appelle les «casseurs» - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Revenons
à la conférence internationale sur la ZLEA tenue l'année d'avant,
en avril 2001, dans la Vieille Capitale (Ville de Québec). Nous
allons essayer de cerner
d'un plus près l'identité
et le rôle de ceux qu'on appelle les
«casseurs».
Dans
les mois précédant l'événement, police et pouvoir, dont le
maire péquiste de Québec,
Jean-Paul
L'Allier,
en avaient tellement parlé dans les médias qu'ils
avaient réussi à focaliser une partie de l'attention des Québécois
là-dessus.
Certains citoyens devaient retenir leur souffle. Le Vieux-Québec
exploserait-il comme une poudrière?
Finalement,
sur les 15 000 ou 20 000
qui s'y étaient manifestés pacifiquement, 463
personnes avaient été arrêtées, dont celles qui avaient assiégé
la clôture ceinturant le secteur où se tenaient les délibérations
des représentants d'une trentaine de pays. (Presse canadienne -
La Presse du 20 juin 2001) La
police
de la Ville de Québec, la Sûreté du Québec et la Gendarmerie
royale du Canada étaient
bien armées pour les contenir
: gaz lacrymogène, poivre de Cayenne, balles de plastique, police en
civil omniprésente et mêlée aux manifestants, infiltration des
différents groupes, arrestations préventives, etc.
Deux
mois après, des
résidents du secteur
de la ville, qui avait été quadrillé d'une clôture et envahi par
des manifestants, jonglent
avec la possibilité d'intenter,
à l'automne 2001, des recours collectifs contre les responsables des
abus dont ils affirment avoir été victimes. (Presse canadienne --
La Presse du 20 juin 2001)
«C'est
incroyable le nombre de droits qui ont été violés pendant le
Sommet»,
déplore de son côté l'avocat montréalais Denis
Poitras,
qui dit représenter plusieurs manifestants qui ont été arrêtés.
Il compte bâtir une preuve fondée sur des témoignages et documents
vidéos. «Il
y aura plusieurs recours collectifs,
annonce-t-il.
Un pour les citoyens qui ont souffert de l'utilisation
abusive des gaz,
un autre pour ceux qui ont été blessés par
des balles de plastique,
un autre pour ceux dont les
droits n'ont pas été respectés au moment de leur arrestation.»
Pour
sa part, Me
Bernard-Luc Charron,
spécialiste des recours collectifs, croit que «vu la complexité du
dossier, ça
va être dur de faire la preuve.
Et le procès risque d'être long. Quand
tu t'en prends aux administrations publiques, les combats sont
toujours longs.»
On ne connaît pas la suite de ce scénario.(Suite demain)
■ En imposant une taxe très élevée sur la cigarette et le tabac, le pouvoir punit le fumeur et le réprime - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Des
experts ont établi la quantité de ces produits toxiques, mais pas
de tous, loin de là, que l'on peut inhaler à plein poumons, ou
consommer, sans danger. Cependant, on parle peu des effets combinés
de toutes ces petites quantités, ces
fameuses parties par million (PPM).
Aucune étude comparative ne semble avoir été effectuée à ce
sujet : est-elle
seulement faisable?
Et
l'effet de serre, lié à la fumée de la cigarette? Ce qui ne veut
pas dire que, n'étant de toutes ces autres sources de pollution, on
pourrait fumer sans danger.
Le tabac est sans doute l'équivalent
d'un sport extrême.
Il y a eu, il y a, il y aura toujours des citoyens préférant,
consciemment
ou non,
vivre dangereusement et moins longtemps.
Et
cette "déviance"
se braque quand le pouvoir, au lieu de convaincre, impose des
interdits camouflés. Faut comprendre aussi que le gouvernement du
Québec traîne un boulet lourd, à chacune de ses chevilles.
En
2000, les intérêts générés par son déficit accumulé -
111
milliards en 2003, 115 l'année suivante -,
troisième
poste en importance du budget, nécessitaient un déboursé de plus
de 7,6 milliards.
Seulement pour le paiement des intérêts de la dette et
non son remboursement.
Alors, au lieu de réduire annuellement son déficit accumulé, il
préfère réduire les coût de la santé, en
imposant ses Oukases.
(Suite demain)
News du vendredi 15 Mai 2009
■ Love Story rencontre Viva la Vida - Vous allez adorer
ça (08:03).
■ Solidarité et citoyenneté : pas de quartier pour les inégalités – Le renouvellement du tissu bénévole est, selon l'AFEV, un enjeu
considérable pour toute la société. Qoicélafev
(00:38)? L'Association de la fondation étudiante pour la ville. Sa
raison d'être : réagir aux discours sur la montée de
l'individualisme et la perte du sens collectif.
Elle encourage les jeunes
à s'impliquer pour défendre les valeurs de solidarité et de
citoyenneté. Elle organise chaque année "Les Fêtes de
solidarités locales" : concerts, piques-niques, débats
citoyens, etc. Une centaine d'initiatives dans une quarantaine de
villes à travers la France. C'est de cette façon qu'elle passe son
message. Elle œuvre sous l'égide de l'ONU.
Description humoristique
anti-jeune...Il n'élève jamais la voix, ne perd pas ses cheveux.
Serviable, il vous apportera vos pantoufles à tout moment, sans
bougonner. L'événement auquel je vous réfère, un spectacle de
Marcel et son orchestre, est périmé, seul le message compte ici
(02:13). Ce groupe, incorrectement correct, est l'un des
collaborateurs de l'AFEV. Au sommet d'une page du site de celle-ci,
un menu
pour en savoir davantage : Campagne, Évènements, Partenaires, etc.
Sa page d'accueil et des
témoignages vidéos
aussi.
PS
:
Nos sociétés éclatées ont bien besoin d'initiatives du genre. J'y
vois une réponse absolument nécessaire au discours policier
propageant suspicion et méfiance partout. Il y est pour beaucoup
dans le charcutement du tissu social. Diviser la société pour mieux régner.
■ «Et je songeai à tous ceux qui étaient restés derrière, à ceux qui croyaient encore à la démocratie» - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Par
la suite, les COBP,
l'un des organismes initiateurs de la marche, émettent un communiqué
de presse dénonçant «cette
épouvantable arrestation de masse»
et les «abus
dont ont été victimes les manifestants».
Ils soutiennent que les
policiers étaient agressifs
et n'ont laissé aucune chance aux manifestants de se disperser :
«L'objectif
de la police était de
ficher,
d'humilier
et de
malmener
ceux et celles qui prennent leur courage à deux mains pour aller
porter leurs critiques dans la rue».
Prenons
connaissance aussi de cette lettre d'Alexandre
Shields
parue dans La Presse (Alexandre Shields -
La Presse du 19 mars 2002) : «(...) Cette
manifestation, qui se voulait avant tout pacifique, a réuni une
foule hétéroclite venue scander sa critique malgré la pluie. Alors
que les participants se trouvaient à une intersection, dansant sur
la musique qui rythmait leur marche, les
quatre rues vers lesquelles ils pouvaient se diriger furent
rapidement bloquées par les forces de l'ordre.
«Les
jeunes, pris de panique, couraient dans tous les sens pour fuir. Mais
pour fuir quoi au juste? Jusqu'à ce moment, ils étaient non
violents et se contentaient de (défiler)
dans
le calme. Pris
de peur comme tous,
j'ai quitté les lieux en toute hâte, bousculé par un bouclier qui
me heurta le dos. Je me dirigeai vers le métro, tel
un animal qui fuit,
guidé seulement par une crainte réelle. Et
je songeai à tous ceux qui étaient restés derrière, à ceux qui
croyaient encore à la démocratie.»
(Suite
demain)
■ La fixation sur la cigarette de la Société canadienne du cancer a permis de cacher bien des choses - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Le
dossier environnemental est très lourd. On n'en fera pas
l'historique, trop long, trop complexe. Contentons nous de rapporter
quelques cas en vrac. Globalement, entre
1998 et 2003, les industries du Canada et des États-Unis,
pour ne citer que ces deux pays, ont réduit de 20% l'ensemble de
leurs rejets de substances toxiques dans l'air, dans l'eau et dans
les lieux d'enfouissement. (Cyberpresse du 31 août de 2006) Il
reste tout de même encore 80% à épurer.
On
parle ici, notamment, de cancérogènes,
comme le plomb, le zinc et le mercure. Au Canada, Stablex,
une entreprise de gestion de déchets dangereux située à
Blainville,
au Québec, est pointé du doigt par la Commission
de coopération environnementale,
le bras vert de l'Accord de libre-échange nord-américain.
L'industrie
des pâtes et papiers aussi,
qui est principalement responsable des rejets de formaldéhyde,
un cancérogène rejeté dans les eaux de surface. En 2003, cette
industrie canadienne, à elle seule, a
rejeté 18 millions de kilos de cancérigènes dans l'air et l'eau.
(Cyberpresse de juin 2006)
Selon
le Dr
Rick Smith,
de Défense environnementale, groupe voué à la protection de
l'environnement et la santé, se référant à une étude effectuée
par son organisme, les
Canadiens
sont empoissonnés quotidiennement par une multitude de produits
toxiques, vivent
dans une «soupe
chimique»
qui met leur santé en danger.
La
pollution est si grande que
les enfants ont davantage de produits toxiques en eux
que leurs parents, dont des BPC.
Personne n'y échappe, seul le
niveau de contamination varie entre 35 produits détectés dans le
sang ou l'urine et 60.
L'étude de l'organisme portait sur 88 produits chimiques. Une
dizaine de personnes, représentatives de différents milieux sur le
territoire canadien, y avaient participé.
D'après
Jean-Philippe
Weber,
directeur du Centre de toxicologie, à l'Institut de santé publique
du Québec, «il
y a rarement des études sur un aussi grand nombre de produits ».
Aux États-Unis, Center
for Disease Control,
dans une étude plus vaste, en
a détecté 116.
D'autres études sont en cour.
En
septembre 2006, le Canada complétait son étude portant sur des
milliers de produits chimiques dont la toxicité n'avait jamais
été... évaluée.
(François Cardinal --
La Presse du 14 septembre 2006) Un inventaire détaillé de quelque
23 000
produits,
dont un grand nombre n'ont jamais subi des tests d'innocuité
adéquat, c'est-à-dire permettant de déterminer s'ils sont nocifs
ou pas. Il s'agit, dans bien des cas, de produits utilisés
commercialement au pays.
Pour
les écologistes, ce jour est le plus important dans l'histoire de la
pollution au Canada. Hugh
Benevides de
l'Association du droit de l'environnement : «Il
est temps d'interdire les pires substances et de réglementer les
autres, avec l'objectif de les remplacer par des produits alternatifs
plus sécuritaires.»
(Suite demain)
News du jeudi 14 Mai 2009
■ La mort du montréalais Mohammed Anas Bennis – Il a été tué de deux balles par le policier Yanic Bernier de
Montréal, en décembre 2005. Sa famille s'est battu pendant deux ans
pour avoir la preuve de ce qui s'était passé, sans obtenir gain de
cause.
Dès le départ,
l'enquête a dérivé : au Québec, lorsqu'un policier abat
quelqu'un, elle est effectuée par un corps policier autre que celui
auquel il appartient. Ce qui ne garantit en aucun cas son
impartialité, loin de là.
Selon la police, il
s'agissait d'un cas de légitime défense. Alors la famille se
demande pourquoi elle refuse de rendre public son rapport? Si vous
avez une vidéo de l'événement, montrez nous la : à l'endroit où
il a été abattu, il y a des caméras de surveillance. Si la victime
s'est attaqué au policier, montrez nous ses blessures, montrez nous
l'arme, un couteau.
La journaliste Madelein
Roy de la télé de Radio-Canada, l'auteur du reportage, pose la
question : la police a-t-elle caché des informations compromettantes
dans l'affaire Bennis? Elle ajoute que cette histoire démontre
jusqu'à quel point, lorsqu'un policier tue un citoyen, il est
difficile de s'assurer que justice a été rendu. Vidéo
1 (12:49), vidéo
2 (12:49) : les écrans prennent quelques secondes avant de
s'activer.
PS
:
Depuis des années des coroners,
des citoyens et des organismes luttant contre la brutalité policière
dénoncent le fait que la bavure d'un policier soit enquêtée par un
autre corps policier. En permettant cette façon de faire, le
ministre québécois de la Sécurité public, quel qu'il soit et de
quel parti politique il appartienne, perd de sa crédibilité parce
qu'il devient complice de cet absence de transparence.
Voir L'Étau Policier, Tome
3, chapitre "La délinquance de la police en uniforme", mot
clé : coroner.
■ Lhasa De Sela – La
marée haute (03:26).
■ Ami entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne? – 14 juillet 2007, à Port d'Envaux, en France, le Collectif les
Motivés et des membres du groupe Zebda ont interprété Le
chant des partisans.
■ La police a confisqué l'espace public à la Société civile, situation plus visible en milieux rural qu'urbain - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) «Le
nombre m'apparaît énorme»,
déclare
Robert Laramée,
membre de la Commission de la sécurité publique de la Ville de
Montréal, organisme
responsable de la police.
Il fait part de son intention de demander des comptes à la direction
du service. «Il
est évident qu'on ne peut accepter des gestes de saccage ou de
barbouillage, mais
je me demande tout de même pourquoi la police n'a pu faire la
différence entre saccageurs et ceux qui voulaient manifester
pacifiquement.»
De
son côté, le
maire Gérald Tremblay,
qui est nul aussi en matière policière, se dit satisfait de
l'opération policière : «Pour
le moment
(...) l'information
que j'ai, c'est que les
policiers ont fait un travail assez exceptionnel
pour circonscrire les jeunes et s'assurer qu'il y ait le moins de
dommages possibles à la propriété privée.»
D'autres
ne partagent pas l'opinion du maire, ainsi le criminaliste
Christian Desrosiers :
«C'est
presque autant que lors des mesures de guerre».
(NDLR : À la suite de l'adoption de cette loi fédérale qui,
ainsi qu'on l'a vu, visait à neutraliser le FLQ, plus de 400 avaient
été arrêtés.)
Me
Julius Grey
manifeste également son étonnement : «Quand,
durant une manifestation, la police arrête une ou deux personnes, on
se dit qu'elle peut avoir raison. Mais autant de gens à la fois, ça
semble s'inscrire dans cette nouvelle politique d'intolérance
que l'on voit depuis les événements de Québec
(Sommet des Amériques du printemps 2001).»
Me
Grey lance un appel à la tolérance : «Il
faut valoriser l'institution de la manifestation. Elle est un moyen
d'expression fondamental pour des milliers de gens qui n'ont pas
accès aux pages des grands journaux et aux autres médias pour faire
connaître leurs points de vue. Nos
politiciens, nos chefs de police et les avocats devraient réaffirmer
ce rôle de la manifestation comme expression publique. Ils devraient
admettre publiquement qu'elle est un des liens entre l'individu et
l'État démocratique.»
Me
Grey prêche dans le désert, aucun
politicien ni directeur de police ne répondra à son invitation.
La vérité est que, partout au Québec, la
police a confisqué l'espace public à la Société civile, situation plus visible en milieux rural qu'urbain.
On l'a vu depuis le début de ce livre, on continuera de le voir
jusqu'à sa dernière page. (Suite
demain)
■ L'intolérance intempestive (power trip) de ceux que nous portons au sommet du pouvoir politique - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Quand
des élus imposent des mesures au
lieu de convaincre |