News du dimanche 31 Mai 2009

  Francofolies 2009 – Du 10 au 14 juillet, à La Rochelle, France. Bande annonce officielle (01:11). Avant de préparer votre voyage, prenez la précaution de vérifier auprès de votre compagnie aérienne préférée si vous n'êtes pas sur la liste de ceux qu'on soupçonne d'avoir déjà parlé à un tel qui aurait, parait-il, pris un café dans un resto, il y a quelques années, avec quelqu'un qu'on croit lié à cet autre qui, dit-on... Cette mise en garde faite, des vidéos sur celles de 2008, vous avez l'embarras du choix.

  Bernard Bertossa : un ex-procureur qui a fait trembler des puissants du monde entier – Comme tous ses collègues, bien sûr lutter contre l'injustice pour changer le monde à l'intérieur. Cependant, lui se distinguait des autres, combattait les vrais méchants : blanchisseurs et criminels au col blanc. Car selon lui, cette criminalité organisée est beaucoup plus dangereuse pour la survie de la démocratie que celle qui peut s'exprimer à l'échelle locale.

Vous le verrez, il possède la capacité d'aller à l'essentiel sans manier la langue de bois. Est reconnu pour sa liberté de ton aussi, toujours rafraîchissante, entre conviction et action : apprenez-en un peu plus à son sujet. Entrevue à l'émission quiquoipourquoi (12:57).

Sur rue89, dans la même page, un texte accompagné de deux autres entrevues (04:42 et 02:56). Les paradis fiscaux? Ne vous faites pas trop d'illusions : carte géo des mesures prises et pas prises sur les salaires, stocks d'actions boursières gratuits, bonus et parachutes dorés des dirigeants. Et, sur un ton aussi rafraichissant : de l'étranger, la France de Sarkozy n'est plus perçue comme une démocratie parlementaire.

  Le Far West : "pogner le voleur, mort ou vif !" - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Par la suite La Presse publie la lettre d'une citoyenne qui s'en émeut aussi. (Rollande Thibodeau -- La Presse du 28 juillet 2002) Rollande Thibodeau écrit que «les poursuites policières sont nombreuses et nous sont rapportées régulièrement. Mais il me semble qu'elles sont rarement remises en question. Elles m'ont toujours semblé dangereuses.

«Déjà, au niveau du vocabulaire utilisé pour les décrire, on voit bien qu'elles ne sont pas à prendre à la légère : bien souvent, les journalistes en parleront en termes de "poursuites infernales, de courses folles, de folles cavales", etc. Alors, comment ne pas réagir? Il faut le rappeler, poursuit-elle, cette situation destructrice qui commence et se termine sur la voie publique reste une menace à notre sécurité à tous, policiers y compris. Les faits sont là, les poursuites font des victimes, aussi bien innocentes que coupables. Les statistiques le prouvent.

«Mais direz-vous, dans le cas de vols d'autos, si la police veut récupérer l'auto, comment faire autrement? La police n'est pas là pour réfléchir, mais bien pour agir et "pogner le voleur, mort ou vif!" Or, si on prend le temps de réfléchir, et Thibodeau le fait, on peut se poser bien des question.

«A-t-on le droit de mettre la vie d'une personne en danger, fut-elle celle d'un voleur? A-t-on le droit de la mener à un état d'épuisement tel qu'il lui sera devenu indifférent de vivre ou de mourir? A-t-on le droit d'exposer la vie d'honnêtes citoyens?(...) Finalement, que dire de ceux qui ignorent que le droit à la vie et à la sécurité d'une personne est fondamental, selon la Chartre des droits et libertés?C'est tellement fondamental, à mon sens, conclut-elle, qu'une dernière question se pose : faut-il imposer un moratoire sur les poursuites policières?» (Suite demain)

  Où téléphoner sans avoir un civil sur les talons? - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Retournons auprès de cette femme. J'aurais pu effectuer l'entrevue par téléphone, n'ai pas osé non plus, pour les mêmes raisons. Ce n'est pas que je croyais que sa ligne téléphonique soit sous écoute, quoi qu'elle le serait peut-être devenue quand des civils auraient découvert son identité et le lieu où elle travaillait.

C'est le fait que je ne pouvais téléphoner de chez moi, n'ayant pas les moyens de m'abonner. Alors j'utilisais un téléphone public, et plus souvent qu'autrement un policier ou une policière en civil venait rapidement m'y rejoindre. Il s'installait à un téléphone voisin ou, quand il n'y en avait pas, poireautait derrière moi, jouant à celui attendant que j'aie terminé pour téléphoner à son tour, tout en prêtant une oreille attentive à mes conversations.

Quand on connaît l'underground policier, on est beaucoup plus attentif à son environnement immédiat, on remarque tout de suite celui écoutant vos propos. Hormis un civil, qui d'autre s'intéresse aux conversations privées des citoyens?

Me souviens d'un fait survenu à la station de métro Berry-UQÀM et impliquant une policière en civil qui me suivait. J'étais à l'entrée du couloir conduisant à l'ancienne Place Dupuis, direction nord. Là où les murs est et nord se rejoignent et forment un recoin, il y a quatre téléphones publics. J'utilisais l'un des trois installés sur le mur nord, la policière, arrivée quelques secondes après moi, celui du mur Est.

Dès son apparition dans le paysage, j'ai pivoté d'un quart de tour pour l'épier du coin de l'œil. Elle a pris le combiné, fait semblant de glisser une pièce de monnaie dans l'appareil, composé trois ou quatre chiffres pour aussitôt se tourner dans ma direction. Réalisant ce qui se passait, j'ai dit à mon copain que j'allais le rappeler un peu plus tard.

Où téléphoner sans avoir un civil sur les talons? Dilemme. De la station Berry-UQÀM, suis passé à l'Universite du Québec à Montréal (UQÀM). Près de la sortie coin St-Denis-Ste-Catherine, à gauche, plusieurs téléphones publics sont fixés au mur, à côté de tables, de chaises. Quelques étudiants s'y étaient installés, occupés à des travaux universitaires. L'endroit idéal, me semblait-il.

Recoup de fil. À peine ai-je entamé la conversation qu'une autre civile s'amène aux pas de charge. Madame dépose son sac à main sur la table la plus proche et se met à fouiller dedans, frénétiquement, une frénésie caricaturée, tout en prêtant oreille à ce que je dis. Pourquoi spécifiquement cette table alors qu'il y en a d'autres disponibles à cet endroit, et de téléphones aussi?

Je demande à mon ami de patienter une minute, me tourne vers madame. Ne m'entendant plus parler, elle lève la tête dans ma direction, nos regards se croisent, nous nous comprenons. Elle remet rapidement ses trucs dans son sac à main et tout aussi rapidement quitte les lieux.

Au cours d'une filature rapprochée, on n'a pas idée comme les acteurs peuvent parfois se succéder à un rythme accéléré. Dès que l'un se sait grillé, il part pour être remplacé illico ou peu après par un autre. (Suite demain)

News du samedi 30 Mai 2009

  Festival international de musique universitaire - La planète musique à Belfort, en France. 2 500 musiciens de 37 pays : Turquie, Biélorussie, Pologne, Équateur, etc. Événement qui a 23 ans et pas de rides. Intéressant de voir comme les jeunes adultes et ados peuvent y avoir du plaisir, être autant décontractés dans l'espace public. Stéréotypes absents (13:48).

  Rapport 2009 d'Amnesty international (AI) – Un bon aperçu de la situation des droits et libertés prévalant dans le monde (05:08). Texte d'intro d'Irene Khan, secrétaire générale de l'organisme : sommet de la colonne de gauche, choisissez votre pays ou d'autres.

Pour une connaissance détaillée, téléchargez gratuitement le rapport ici. Naviguez aussi sur la page d'accueil d'AI et visionnez sur google et youtube beaucoup d'autres vidéos décrivant la problématique, notamment en France où les policiers sont au-dessus des lois.

Pas un cas d'exception car ils le sont tous, peu importe le pays. Pourquoi? Parce qu'aucun organisme neutre ne contrôle leurs activités, ils ont la bride sur le cou, libres de faire ce qu'ils veulent. Les élus qui savent ne sont pas intéressés à en protéger leurs électeurs, soit parce que cela fait leur affaire ou se refusent de mettre la main dans ce panier de crabes : manque de couilles, donc.

  «La police devrait laisser courir les fuyards : entre une vie et une voiture volée, on ne doit pas hésiter» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Quelque temps après, au cours d'une assemblée du conseil municipal de Montréal, il (le conseillé Rotrand) fait part de ses inquiétudes, demande à son collègue Peter Yeomans, responsable de la police au sein du Comité exécutif de la nouvelle Ville de Montréal, ce qu'il compte faire pour enrayer le problème.

Yeomans rétorque ne pas croire qu'il faille imposer un moratoire : «Ça peut commencer par une infraction mineure, mais, souvent, les policiers se rendent compte que le véhicule qu'ils poursuivent a été volé et peut-être même qu'il allait être employé à commettre un crime plus grave, comme un hold-up. On ne peut pas dire que les poursuites policières sont inutiles».

Cependant, la hausse du nombre de citoyens blessés le préoccupe : «Il y en a eu six en 1999, trois en 2000 et 11 l'an dernier. Je n'aime pas cette tendance et je crois qu'on devra surveiller ça de près», promet-il. Mais Rotrand n'en démord pas : «La police devrait laisser courir les fuyards. Entre une vie et une voiture volée, on ne doit pas hésiter.»

Cet article confirme, comme si besoin est, que la police jouit de l'appuie du pouvoir politique municipal, dont celui de l'élu Yeomans, ex-maire de Dorval. On peut faire le même constat à l'endroit du ministre québécois de la Sécurité publique et de son homologue fédéral, le Solliciteur général, responsable de toutes les polices du Canada.

Ces élus, sans l'avouer publiquement, considèrent les dommages collatéraux associés, entre autres, à ces poursuites comme «inévitables», la fatalité, en somme. Vraisemblable, car ils ne font rien pour brider les chevaux-vapeur. Tous les citoyens blessés intentent-ils des poursuites en dommages et intérêts contre la police et son employeur? (Suite demain)

  Son propos était clair : je me la bouclais ou c'était la chute dans l'escalier et le bs à perpétuité - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) La remarque n'est pas gratuite, puisqu'elle a procédé ainsi à mon encontre, et plus d'une fois. Si je suis demeuré longtemps sur l'aide sociale après la déconfiture de ma petite maison d'édition, c'est à cause de celle-ci. Nous ne sommes pas dans le domaine de la fiction, mais dans la réalité bien concrète des faits.

Comme je l'ai déjà relaté, des civils de la police de l'île de Montréal m'ont sorti de Jeunesse au Soleil où j'avais proposé au responsable des communications de produire un document corporatif qui aurait généré des profits grâce à la vente de pubs, que l'organisme et moi se serions partagés. Cet argent m'aurait permis de revenir graduellement dans le domaine de l'édition, de recouvrer mon autonomie.

Elle m'a également sorti de la Maison des amis du Plateau Mont-Royal et du Comité social Centre-Sud où j'espérais soumettre un projet identique. Par ailleurs, des civils de la Sûreté du Québec ont réussi à m'éjecter du journal local D'un Lac à L'autre, de Lac Bouchette, au Saguenay-Lac-St-Jean, où je travaillais bénévolement. Une activité qui aurait pu me sortir du bs, car j'envisageais de lancer mon propre journal. C'est factuel, ça.

En outre, un policier en civil, pas content du tout que je compare le quadrillage policier prévalant à Montréal à celui de La Havane, m'avait murmuré à voix basse qu'il était facile de faire débouler un escalier à quelqu'un ou de faire en sorte qu'il ne trouve pas d'emploi. M'avait répété le mot «emploi», la tête penchée près de la mienne, pour être certain que j'avais capté le message 5 sur 5. Son attitude n'était pas menaçante physiquement, mais son propos était clair : je me la bouclais ou c'était l'escalier et le bs à perpétuité.

Et puis, il y a ces Haïtiens, dont on a déjà également parlé, que la police empêche de retourner sur la marché du travail. Je ne crois pas qu'eux et moi soyons les seuls. Ce livre incitera d'autres citoyens à dévoiler des mésaventures similaires. (Suite demain)

News du vendredi 29 Mai 2009

  Sarkozy a déclaré la guerre à la société civile française – Selon lexpress.fr, il profite d'une réforme qui s'impose pour mettre main base sur la justice : les articles auxquels je me réfère ont été rédigés par Christophe Barbier, Pascal Ceaux, Gilles Gaetner et Jean-Marie Pontaut.

Ce qui choque est la brutalité de la méthode, y lit-on : l'action précède la réflexion, la consultation passe après la décision. C'est la réforme du président, par le président, pour le président. Quelques hommes clés, judicieusement placés, incarnent ce penchant. Au nom du changement, main basse.

Il y a aussi, parmi bien d'autres, cette chronique publiée par lemonde.fr : "Grande peur et misère" de la France de 2009. Un extrait... Quand le président français est celui d'un parti et non de tous les Français, quand le législatif est dominé par ce parti et quand le juge d'instruction est menacé alors qu'il est l'un des derniers piliers de la justice indépendante, il y a vraiment de quoi avoir peur.

PS : La manchette est de moi, je la crois justifiée. J'ajoute à cette main mise sur la justice, les nombreuses lois liberticides adoptées depuis l'arrivée au pouvoir de Sarkozy. Et ce n'est pas fini, d'autres s'en viennent. Dans ce pays de la Liberté-Égalité-Fraternité, elles n'arrêtent pas de s'empiler les unes sur les autres. Son plan de sécurité est l'équivalent d'un puzzle : une pièce à la fois. Enfin, il y a les innombrables atteintes aux droits et libertés des citoyens par la police en civil et ses collabos. Impunité assurée. Photo significative... les deux doigts de la main gauche en ciseau, prêts à couper celui qui dépasse. Message subliminal. Je vous laissez le soin de qualifier son sourire.

  Le World Social Forum 2009 – Le dernier Sommet s'est déroulé à Belem (10:09), capitale de l'État du Para, au Brésil. Il semble y avoir de plus en plus de ces événements réunissant des citoyens, tant au niveau mondial que local. Carte de Belem et en savoir plus sur celle ville de 100 000 habitants.

  Le 5e Sommet citoyen de Montréal se tiendra les 5, 6 et 7 juin - S'agit d'un forum ouvert à tous les montréalais. Son objectif : "La ville de nous voulons". Les thèmes à développer : économie, aménagement urbain, justice sociale (inclusion et citoyenneté), environnement, démocratie, culture. Annie Roy (02:06), coprésidente d'honneur, explique l'importance de cet événement.

Depuis les 4 derniers Sommets, des pas visant à améliorer la société ont été franchis : adoption par la Ville de Montréal de la Charte montréalaise des droits et responsabilités, adoption aussi d'une résolution contre l'Accord général sur les commerces de services (AGCS), élaboration d'un agenda citoyen relatif à la démocratie participative, etc.

Toutes les infos ici : comment y participer ; la programmation ; documentation sur les thèmes ; où aller et quand (des cartes indiquent le chemin) ; site du 5e Sommet de "La Ville que nous voulons".

  Les poursuites policières à haute vitesse, plus dangereuses que les armes à feu - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Autre rapport, celui de la police de l'île de Montréal, où elle fait état de ses activités au cours de l'année 2001. S'y référant, le journaliste Éric Trottier de La Presse écrit que plus de 142 chasses à l'homme se sont déroulées cette année-là sur ce territoire, occasionnant 73 accidents. (Éric Trottier -- La Presse du 28 juin 2002) Onze citoyens et trois policiers ont été blessés.

Cent dix poursuites de plus qu'en 1997, et 20 de plus qu'en 2000. De 1995 à 2001, le nombre de blessés a été de 125 : 66 suspects (NDLR : On ignore si tous ces fuyards ont été jugés coupables de délits, mineurs ou majeurs...), 30 policiers et 29 citoyens. Au cours de ces cinq années, ce corps policiers a quadruplé le nombre de poursuites à haute vitesse dans les rues de la métropole.

«Un de ces jours, ils vont tuer des citoyens», s'alarme le conseiller de Snowdon, Marvin Rotrand, qui estime que les véhicules de la police sont «plus dangereux que les armes à feu». Rotrand, qui observe les activités policières depuis des années, précise le journaliste, demande à la police d'abandonner les poursuites à haute vitesse. «Les policiers devraient se contenter de relever les numéros des plaques d'immatriculation et d'aller cueillir les suspects plus tard, à leur domicile».

Il soutient que, d'après des études, dans 80% des cas, les poursuites ont trait à une infraction mineure, et non pas d'un crime grave, comme on serait porté à le croire. (Suite demain)

  «On n'est pas fou, on voit ce qui se passe !» - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) La très grande majorité des citoyens, peut-être même la presque totalité, ne sont pas conscients de la situation. Rapportons des cas concrets pour démontrer comment on agit quand on sait...

Ainsi, cette employée du Comité social Centre-Sud, à Montréal, croisée par hasard sur la rue et à qui j'avais confié que son milieu de travail, aussi bien le personnel que les usagers, était infiltré de policiers et policières en civil. Sans hésiter une seconde, elle m'avait dit qu'elle le savait : «On n'est pas fou, on voit ce qui se passe!»

Cette femme était au courant que j'étais journaliste. Faisant l'objet d'une surveillance continuelle, je craignais qu'un civil nous voit ensemble et cherche ensuite à lui nuire. Aussi avais-je abrégé la conversation, lui demandant son numéro de téléphone, promettant de la contacter, mais m'en suis abstenu. Comme je ne suis pas allé la voir non plus à la cafétéria de l'organisme, même si j'avais très envie d'en apprendre davantage sur sa perception de la situation. L'entrevue aurait porté sur un sujet trop sensible.

Je redoutais que la police, qui savait aussi que j'étais journaliste, que j'enquêtais sur l'underground policier en vue de publier un livre, découvre ou apprenne qu'elle et moi s'étions rencontrés, qu'elle en vienne même à croire que cette femme m'informait de temps à autre de ce qu'elle voyait et entendait à son milieu de travail.

Et j'avais tout autant peur que la police me soupçonne de lui communiquer des trouvailles que j'y avais faites : l'identité de civils repérés, leurs méthodes de travail, etc. Elle pouvait se sentir menacée, car il y avait risque que la femme propage des renseignements à sa parenté, ses amis, à des collègues de travail, des usagers... Délicat, éminemment! Cette personne travaillait au salaire minimum.

Que lui serait-il arrivé, pensez-vous? Aussi vrai que deux et deux font quatre, la police en civil aurait fait le nécessaire pour qu'elle y perde son emploi. La soupçonnant de comploter avec moi, elle serait peut-être allée plus loin, en intervenant aussi auprès d'employeurs potentiels. Sachant que les dirigeants "instrumentalisés" du Comité social Centre-Sud travaillaient main dans la main avec la police, on peut se demander aussi quelles références ils auraient transmises à un employeur éventuel? (Suite demain)

News du jeudi 28 Mai 2009

  Une autre de ces poursuites policières débiles à haute vitesse se terminant par un mort - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Sur une photo de La Presse du 19 novembre 2001, une voiture complètement démolie. Le bas de vignette relate une autre de ces poursuites policière à haute vitesse, avec auto-patrouille, gyrophare et sirène allumés, cette fois par des policiers de la Régie des Seigneuries. Résultat : l'homme au volant, 23 ans, est mort. S'agissait d'un cas de violence conjugale, dit-on.

On aurait pu lui épargner la vie, si on l'avait suivi avec une voiture non identifiée plutôt que d'utiliser tout le tintamarre habituel. Le principe est élémentaire : un véhicule finit toujours par s'arrêter quelque part, à moins d'être alimenté en essence par un hélico. Sans compter que le fuyard aurait pu entrer en collision avec un voiture venant en sens inverse, et ajouter au bilan humain. La problématique sévit chez tous les corps policiers, sans distinction.

Dans un rapport déposé en décembre 1999, la Commission des plaintes du public contre la Gendarmerie royale du Canada recommandait que celle-ci y ait recours seulement dans les cas de crimes graves. (La Presse du 14 décembre 1999) L'enquête de l'organisme portait sur 4 200 poursuites du genre, survenues entre 1991 et 1996 : au total, 19 personnes avaient été tuées, le tiers de ces courses s'étaient terminées par une collision et 14% par des blessures.

Dans plusieurs cas, la chasse à l'homme avait été déclenchée à la suite d' «un délit relativement mineur». La présidente de la Commission, Shirley Heafey, «trouve que le nombre de morts causés lors de poursuites policières est dérangeant». (Suite demain)

  Chape de plomb et souffrance psychologique - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Finalement, quand ce citoyen découvre la face cachée du travail policier, il doit forcément s'interroger, se dire par exemple que ce qui lui arrive n'est pas attribuable à ce qu'il a fait, car il n'a rien fait du tout pour mériter un traitement du genre. En venir peut-être à la conclusion que c'est plutôt à lui qu'on a fait quelque chose et que cela a été fait par des gens dont il attendait protection plutôt que filature, infiltration et déstabilisation.

Il doit aussi se poser des questions sur l'utilité de surveiller quelqu'un n'ayant jamais commis le moindre crime, et sans jamais l'arrêter ni lui faire subir un procès. Après avoir réfléchit à tout ça, se demande-t-il enfin quelle sorte de société policée les gens qu'il a portés au pouvoir lui a construite? Vraisemblable de penser qu'ensuite, jugeant que sa vie privée ne regarde que lui, sa famille et ses amis, il se ferme aux autres.

À moins qu'il ne décide éventuellement de quitter la Cité policière, ou le petit village policier, mais cela ne changerait pas grand-chose puisque l'énorme emprise psychologique de la police sur la population sévit maintenant partout au Canada et ailleurs sur la planète.

Se fermer aux autres, comment cela se traduit-il dans sa petite vie de tous les jours? En se méfiant d'un peu tout le monde. En ne parlant plus librement à son concierge ou son proprio- citoyen-mouchard de la police? -, son voisin, son dépanneur ou l'épicier du coin, à l'employée du petit resto où il a l'habitude de prendre son café paisiblement, son coiffeur qui est toujours en train d'essayer de lui tirer des vers du nez, au chauffeur de taxi, au nouveau résident de sa rue, à l'étranger sollicitant une information, etc.

En regardant aussi d'un tout autre œil la caméra de surveillance du dépanneur ou celle que le concierge a installée dans son bureau, près du hall d'entrée, où il s'arrêtait à l'occasion, auparavant, pour jaser d'un peu de tout, de ses projets, de ses petites misères aussi. Image et... son? Imaginons la situation, et ses conséquences conflictuelles, si notre honnête citoyen surprend le concierge ou le dépanneur en grande conversation avec un résident de son îlot qu'il a déjà identifié comme étant un flic en civil.

Scénario le plus vraisemblable : il soupçonnera l'un ou l'autre de transmettre des infos à son sujet. Que ressent-il, cet honnête et paisible citoyen? Une souffrance psychologique, c'est-à-dire la chape de plomb. L'air est devenue irrespirable dans sa Cité policière, sa petite ville, son village. (Suite demain)

News du mercredi 27 Mai 2009

  L'affaire Villanueva : le dossier doit relever du ministre de la Justice, pas celui de la Sécurité publique – L'opposition parlementaire l'a réclamé hier à l'Assemblée nationale du Québec. LCN rapporte qu'il y a eu encore beaucoup de réactions au parlement, au lendemain de la suspension de l'enquête du coroner Robert Sansfaçon sur la mort de Fredy Villanueva. Elle est attribuable au fait que des citoyens témoins refusent d'y participer.

Vidéo (02:08) d'une intervention du ministre Dupuis à l'Assemblée nationale et vidéo (03:56) d'une entrevue avec le ministre et l'avocat de la famille Villanueva, Me Alain Arseneault. Dans la même page, colonne de droite, d'autres vidéos disponibles. Sur le site de Radio-Canada, un article et 3 vidéos plus bas dans la page.

PS : C'est une tradition au Québec : les ministres de la Sécurité publique ont toujours protégé l'image des corps policiers. Et Jacques P. Dupuis ne fait pas exception à la règle. Il y a quelques mois, il portait également le chapeau de la Justice. Deux ministères incompatibles, l'équivalent de l'eau et le feu, enfin qui devraient parce que ce n'est pas toujours le cas. Néanmoins, en enlevant le dossier à Dupuis, ce serait déjà un pas dans la bonne direction.

En raison de la lenteur de mon ordi, que je vous explique dans l'article précédent, il m'a été impossible de visionner les vidéos, d'autant plus que la fonction SON n'est pas opérationnelle.

  La Sûreté du Québec me censure – Il y a deux jours, mon ordi a subi plusieurs attaques. Il a fallu recharger le logiciel système de Windows. Il y a d'autres travaux à effectuer avant qu'il ne redevienne performant. Je pense que demain soir, je serai de nouveau opérationnel. Pour le moment, mon ordi est beaucoup trop lent pour alimenter aussi souvent que je veux mon site L'Étau Policier.

Tout cela est directement relié au dernier article que j'ai rédigé relativement à l'enquête du coroner Robert Sansfaçon sur la mort de Fredy Villanueva abattu par un policier de Montréal en août 2008. Je n'entrerai pas dans les détails, ce serait trop long. En page d'accueil de mon site, colonne de gauche, passez en revue mes articles des ACTUALITÉS, vous comprendrez. Les sabotages policiers, je connais, j'en ai été la cible souvent. 

Je rappelle que l'édifice Raymond Desjardins où j'habite depuis près de 10 ans, et je l'ai découvert dès mon arrivée ici, est occupé par des civils de la Sûreté du Québec (SQ), qui relèvent du responsable de la région Saguenay-Lac-St-Jean, el comandante Michel Boudreault : sur mon site, lisez le tome 1 de L'Étau Policier, à partir du chapitre "De la cité policière au petit village policier", là aussi vous comprendrez tout. Il est situé au 125, de la Route 155, à Lac Bouchette (Québec), Canada.

Ces flics, déguisés en locataires, m'ont harcelé assez régulièrement pour me faire quitter les lieux. Je leur ai tenu tête et n'ai pas l'intention de partir d'ici : j'y suis, j'y reste. Dans des circonstances du genre, un journaliste ne doit jamais plier l'échine. De ce temps-ci, le harcèlement par le bruit et le sabotage de mon ordi émanent des appartements 1 et 5, tous deux mitoyens au mien : suis pris en sandwich. 

C'est immanquable : on fait du bruit seulement lorsque je rédige un article sur la police. J'ai appris, au cours de toutes ces années d'enquête, à identifier les synchronismes. Je sais aussi faire la distinction entre le bruit occasionnel, accidentel et délibéré. Forcément qu'on lit sur un écran ce que j'écris : il y a un instant, j'ai entendu un bruit de l'appartement 1. Je le répète : les sabotages policiers,  je connais, j'en ai été la cible souvent. Bref, votre soutien public me serait bien utile.

  «La surveillance policière menace la liberté académique, car vous allez faire attention à ce que vous dites»- (Suite tome 3 de L'Étau Policier) En outre, le commissaire a étudié 52 plaintes déposées contre la Gendarmerie royale du Canada (GRC). On lui reprochait d'avoir enfreint les droits constitutionnels des opposants en confisquant leurs banderoles et en aspergeant sans justification de poivre de Cayenne des manifestants pacifiques.

Hughes souligne que dans certains cas, «la police a agi de manière incompatible avec le respect des libertés fondamentales garanties par la Charte des droits» : fouille à nu de quelques manifestantes, arrestation d'un manifestant la veille du sommet. Que le recours injustifié au poivre de Cayenne était le résultat direct de son échec à prédire que les manifestants pourraient tenter de bloquer les voies de sortie des leaders participants au sommet, alors qu'il était amplement prévisible que cela pourraient se produire. Cependant, selon lui, elle était justifiée d'asperger de poivre de Cayenne et d'arrêter des manifestants qui avaient fait tomber la clôture de sécurité.

Au cours d'un point de presse, le commissaire de la GRC, Giuliano Zaccardelli, confronté au rapport Hughes, commence par dire qu'il en accepte les conclusions touchant les agissements de Jean Carle. (Nahlah Ayed, Presse canadienne - La Presse du 8 septembre 2001) Il déclare cependant qu'aucune pression n'avait été exercée pour l'obliger à faire quoi que ce soit, et qu'il ne lui appartient pas de déterminer si Carle avait agi ou non de façon inappropriée. Il précise néanmoins que les questions de sécurité doivent demeurer sous la responsabilité du corps policier, qui dispose de l'expertise de spécialistes.

Des médias ont aussi rapporté que, dans les mois précédents le Sommet de Vancouver, la police avait infiltré l'un des groupes étudiants alors qu'ils mettaient au point leur manifestation. Selon l'historien Steve Hewitt, de l'Université de la Saskatchewan, celle-ci sillonne les milieux universitaires. Le journaliste André Pratte de La Presse l'a interrogé, en juin 1999, lors du Congrès des sciences sociales et humaines, à l'Université Bishop's. (André Pratte - La Presse du 8 juin 1999)

Hewitt reconnaît qu'en certaines circonstances, elle peut être justifiée de surveiller des groupes actifs sur un campus. «Mais la surveillance policière menace la liberté académique, qui est un des fondements de notre société. Nous, comme historiens ou sociologues, devrions pouvoir discuter d'idées potentiellement subversives. Si vous savez qu'un agent des services de renseignements est peut-être en train d'enregistrer votre cours, vous allez faire attention à ce que vous dites.

Retenons aussi de cet article du journaliste qu'en 1969, sept membres du Service de sécurité du corps policier avaient suivi un cours du soir à l'Université de Montréal et que chacun remit à ses supérieurs un compte rendu détaillé, portant notamment sur les orientations politiques du professeur. Hewitt soutient que l'infiltration s'inscrit dans la continuité historique.

Plus explicitement, il espionne les campus au moins depuis les années 1920. Ce fut d'abord pour traquer les communistes pour ensuite, au début des années 1960, s'intéresser aux agitations étudiantes, mouvements pacifistes, à la montée de l'indépendantisme. On le voit, les ramifications policières sont... multiples. (Suite demain)

  Les conséquences de l'écorniflage, du commérage, du mouchardage dans un quartier, au travail, etc. - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) On visualise encore un peu mieux les effets de l'écorniflage, du commérage, du mouchardage et de la télésurveillance dans un pâté de maisons, une rue, un quartier quand on transpose ce climat de suspicion en milieu de travail.

Qui aimerait être à l'emploi d'une entreprise où il y a des caméras et des micros cachés, où l'employé ne peut exprimer le fond de sa pensée à un collègue de travail sans que la direction ne le sache? Qu'elle soit au courant de ce qu'il fait certains soirs et jours de congé : sa fréquentation d'un bar de danseuses nues où il va se rincer l'oeil ou encore d'un motel où il passe à l'occasion une demi heure avec une hôtesse des petites annonces classées? Au courant aussi de ses conflits familiaux, de sa situation financière, des commérages que des voisins colportent à son sujet ou de sa famille? Dans un climat du genre, cet employé se méfierait-il de ses collègues de travail ou réduirait-il au strict minimum sa communication avec eux?

Sans en généraliser la pratique, on sait que l'un des rôles du gardien de sécurité consiste à procéder à des vérifications du personnel de l'entreprise (Martine Fourcaudot et Lionel Prévost - Prévention de la criminalité et relations communautaires - Éditions Modulo) : examen de la situation financière et familiale, évaluation de la loyauté et de l'honnêteté, identification des problèmes de comportements, de tension, etc.

Par ailleurs, police et pouvoir ont tort de sous-estimer le citoyen. Il arrive, et peut-être plus souvent qu'on le pense, que l'un découvre par hasard que son "ami", un membre de son entourage immédiat ou une connaissance est un policier ou une policière en civil, ou un collabo à tout crin. Que, décidant de vérifier s'il n'y en aurait pas un autre dans le coin, d'en repérer un deuxième, puis un troisième, etc. Qu'alertés par le bouche à oreille, d'autres s'y mettent aussi. (Suite demain)

News du mardi 26 Mai 2009

■  Afin de préserver ce qui leur restait d'intimité, elles évitaient les relations trop étroites avec leurs voisins - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Quel est le coût socio-économique des interventions clandestines de la police, de ses collabos et des agents de la sécurité privée en civil ? Bien qu'il ne soit pas chiffré, et sans doute inchiffrable, on peut dire sans se tromper qu'il est considérable. On ne saccage pas la vie sociétale sans graves conséquences.

Car ces gens ne portent pas seulement atteinte aux droits fondamentaux, ils endommagent aussi le tissu social de la Cité policière, et du reste du Québec, incluant le petit village policier de Lac Bouchette, au Saguenay-Lac-St-Jean. De fait, la problématique est planétaire. Essentiel, le climat de confiance entre les citoyens habitant le même îlot de maisons, la même rue, le même quartier. Les relations sociales constituent un écheveau complexe et fragile. Il serait bon que le pouvoir politique se demande ce qu'est une société et comment ça marche.

Commençons par un cas n'ayant rien à voir avec la police, histoire de nous donner un petit aperçu de la fragilité des relations sociales. La journaliste américaine Jacobs rapporte les confidences d'une assistante sociale qui oeuvrait dans East Harlem, à New York, témoignant d'attitudes défensives consécutives à la promiscuité existant dans un édifice à logements. (Jane Jacobs -- Déclin et survie des grandes villes américaines - Éditions Mardaga)

L'intimité de familles pauvres y avait déjà été maintes fois violée, leurs secrets les mieux cachés étaient bien connus, non seulement du concierge, également d'organismes municipaux, comme le bureau de l'aide sociale. Et c'est précisément pour préserver ce qui leur restait d'intimité qu'elles évitaient les relations trop étroites avec leurs voisins. L'attitude était donc distante. «Peut-être s'agit-il là d'un réflexe psychologique chez tous ces gens qui s'efforcent de protéger et de préserver leur dignité», avance Jacobs.

Maintes fois, lui raconte l'assistante sociale, des femmes lui ont fait part des mises en garde de leur mari. «Je ne peux pas être en trop bons termes avec une voisine. Mon mari n'aime pas cela. Les gens bavardent trop, ils pourraient nous causer beaucoup d'ennuis. Il vaut mieux se mêler de ce qui vous regarde.»

Lui parle de cet autre locataire ne voulant pas que sa femme se fasse des amis parce qu'il n'a pas confiance en ses habitants. Certains ont peur que ceux-ci, devenus brouillés ou envieux, n'inventent des histoires sur leur compte au concierge, ce qui leur ferait beaucoup de tort. Si le mari décroche un bonus, dont il ne soufflera mot à personne, et que sa femme change les rideaux du salon, les visiteurs amis pourraient le dire au concierge, qui ferait alors une enquête et décréterait une hausse de loyer.

Beaucoup de ces familles en arrivent donc, pour se protéger, à dresser toutes sortes de barrières autour d'elles. Suspicion et crainte des ennuis l'emportent le plus souvent sur le besoin tout naturel de demander conseil et assistance à ses voisins, ou simplement de communiquer avec son entourage. (Suite demain)

News du lundi 25 Mai 2009

  Québec : l'affaire Villanueva – Selon Radio-Canada, l'enquête du coroner Robert Sansfaçon sur la mort de Fredy Villanueva, 18 ans, abattu par un policier de Montréal en août 2008, s'est ouverte dans la controverse ce matin. Le journaliste Simon Durivage fait le point avec le criminaliste Jean-Claude Hébert (06:07) ainsi qu'avec Nicole Filion (05:11) de la Ligue des droits et libertés du Québec.

PS : Je n'ai pas l'intention de rapporter quotidiennement le déroulement de l'enquête, sauf lorsqu'il y aura des moments très forts, très significatifs. La raison d'être de mon site est de faire état d'un événement important lorsqu'il est terminé, à la toute fin. Tous les éléments pour le commenter sont alors connus et disponibles.

  Il est excessivement rare que le soupçon de collusion pouvoir-police devienne pratiquement preuve - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le pouvoir politique dicte-t-il à la police ce qu'elle doit faire? Pendant plusieurs années, mon ambivalence oscillait entre "parfois" et "plus souvent qu'autrement oui".

Cependant, depuis qu'on essaye d'implanter le concept de la soi-disant police communautaire, mon pendule a stoppé sa trajectoire au deuxième choix, ce qui n'exclut pas bien entendu les initiatives policières, qui sont considérablement plus nombreuses que celles du pouvoir.

Il est excessivement rare que ce soupçon de collusion pouvoir-police devienne pratiquement preuve. Examinons un cas. Il implique la Gendarmerie royale du Canada, qui, lors de manifs par exemple, ne se gêne pas non plus à prendre les grands moyens. Tout le monde se souvient de la photo du sergent Hugh Stewart arrosant copieusement de jeunes adultes de poivre de Cayenne au cours de la manif, en novembre 1997, à Vancouver, devant l'édifice où se tenait le sommet de l'APEC (Coopération économique Asie-Pacifique ).

Le Commissaire aux plaintes logées par des citoyens contre la Gendarmerie royale du Canada, Ted Hughes, avait du reste enquêté sur la répression policière qui l'en avait marqué. (Presse canadienne - La Presse des 7 et 8 août 2001) Certains soutenaient que le bureau du premier ministre fédéral libéral Jean Chrétien avait ordonné à la police de réprimer les manifestants pour éviter tout embarras à des leaders mondiaux comme le président Souharto, d'Indonésie, et Jiang Zemin, de Chine.

Cependant, des fonctionnaires proches du premier ministre avaient nié, devant le commissaire Hughes, y avoir été impliqués. La transcription de communications radio du corps policier portait à le penser, mais sans qu'il ne soit toutefois possible de l'affirmer de façon irréfutable.

Dans son rapport dévoilé en août 2001, plus ou moins trois ans et demi après, le commissaire Hughes ne fait pas moins état d'un incident où Jean Carle, un des principaux conseillers du premier ministre, ainsi qu'un fonctionnaire chargé de la coordination du sommet, ont demandé à la Gendarmerie royale du Canada de vider un terrain des manifestants qui s'y trouvaient. «J'ai la conviction, écrit le commissaire, que, dans ce cas, le gouvernement fédéral, par l'intermédiaire du cabinet du premier ministre, s'est ingéré de manière inappropriée dans une opération de sécurité de la Gendarmerie royale du Canada».

Sans en accuser nommément personne, il n'en stigmatise pas moins des fonctionnaires fédéraux qui  ont exercé des pressions indues sur des policiers mal préparés à des affrontements qu'ils auraient pourtant dû prévoir. Il note que c'est une décision du gouvernement - et non de ce corps policier - qui a amené l'expulsion de manifestants qui campaient sur le terrain du Musée d'anthropologie.

Certains agents, principalement le surintendant May, «ont cédé à l'influence et l'intrusion du gouvernement dans un domaine où elles étaient inappropriées». Hughes recommande que l'indépendance du corps policier vis-à-vis le gouvernement soit réitérée, au moyen d'un code clair. (Suite demain)

La révolte des anges dans le paradis : une orgie de pureté les écœurait autant qu'une souillure - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Le pouvoir péquiste grignotait la liberté du citoyen une petite «bouchée à la fois», pour emprunter une métaphore utilisée dans un autre contexte par le ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard.

À chaque petite bouchée, on en entendait bien quelques uns crier «Aie!», mais ils finissaient toujours par oublier leur douleur et rentrer docilement dans le rang, puis on ne les entendait plus. Jusqu'à la petite bouchée suivante, qui provoquait d'autres cris retentissant, puis c'était de nouveau le silence, la soumission à la nouvelle norme. Pendant ce temps, les petites bouchées s'accumulaient. Le réveil risque d'être brutal, car le corps social est couvert de plaies et de bleus. Grand temps de neutraliser les cannibales.

Le pouvoir est aveuglé par le syndrome des nombreuses victoires remportées sur le citoyen dans le passé lointain et récent. Elles lui font croire qu'il peut gagner toutes ses Guerres Saintes. Alors, il ne cherche même pas à le convaincre, préfère le bousculer, le criminaliser avec des amendes salées à la clé. Il n'a aucun respect pour le citoyen.

Pas seulement aveugle, le pouvoir, ventripotent aussi. Normal que, après autant de petites bouchées, il soit devenu obèse. Dirigeants politiques, dirigeants de corps policiers, d'organismes publics, parapublics et privés parlent beaucoup de prévenir la violence au sein de la société, mais on ne les entend jamais parler de leur propre violence législative et institutionnelle.

Dans la Genèse, on relate la révolte d'anges dans le Paradis. L'éthologue, neuropsychiatre et psychanalyste Cyrulnik s'est longtemps demandé contre quoi un ange pouvait se rebeller puisque tout est parfait en ce lieu de grande béatitude. (Boris Cyrulnik - Les Vilains petits canards - Éditions Odile Jacob, fév. 2001)

«Jusqu'au jour où j'ai compris qu'il se révoltait contre la perfection, écrit-il. Un ordre irréprochable provoquait en lui un sentiment de non-vie. Une justice absolue, en supprimant les aiguillons de l'indignation, engourdissait son âme. Une orgie de pureté l'écoeurait autant qu'une souillure. Il fallait donc qu'un ange soit déchu pour mettre en lumière l'ordre et la pureté des habitants du Paradis.» (Suite demain)

News du dimanche 24 Mai 2009

  L'enquête du coroner sur l'affaire Villanueva débute demain, 25 mai – Ce jeune homme de 18 ans, prénommé Fredy, a été abattu de deux balles par un policier de Montréal, en août 08. Les principaux médias québécois traitent d'abondance depuis quelques jours de l'enquête qui s'en vient : Le Devoir (Autopsie d'une enquête mal-aimée), Ruefrontenac (Une enquête qualifiée de «mascarade»), La presse canadienne (Aucun groupe social ne sera de l'enquête sur l'affaire Villanueva), Radio-Canada (Un retrait de plus), Newswire (La Coalition contre la répression et les abus policiers se retire de l'enquête publique), etc.

À deux reprises, l'an passé et tout récemment, la Ligue québécoise des droits et libertés a demandé au ministre libéral de la Sécurité publique du Québec, Jacques P. Dupuis, de créer une Commission d'enquête, pas seulement sur la mort de Villanueva, mais d'abord et surtout sur le contexte dans lequel vivent des citoyens de quartiers défavorisés, dont l'arrondissement de Montréal-Nord, où la tragédie a eu lieu : pratiques de profilage, impunité policière et impact, sur les relations avec les citoyens, de la stratégie policière contre les "gangs de rue". En outre, elle analyserait les mesures prises par le gouvernement du Québec pour améliorer la situation. La LDL considère que ces citoyens sont les victimes d'une exclusion sociale systémique.

Le ministre Dupuis a dit non. Pourquoi? Les membres d'une Commission dotée d'un tel mandat feraient forcément enquête sur le terrain. Nécessaire de savoir que lorsqu'un citoyen est conscient de vivre sous la botte de la police en uniforme, il découvre assez rapidement ceux qui ne le porte pas : les civils et leurs collabos. Ensuite, les découvertes sur ce monde inconnu s'accélèrent. Des cas dont il est témoin, lui font réaliser que ceux-ci ne respectent aucun droit. S'ensuivent perte de l'innocence et révolte intérieure : ça fait mal en dedans, l'équivalent d'être marqué au fer rouge. Les citoyens qui savent, en auraient des choses à dévoiler publiquement.

Le refus du ministre Dupuis de créer une Commission d'enquête achève de me convaincre qu'il est au courant des incalculables illégalités clandestines commises dans l'underground policier. Et qu'il ne voudrait surtout pas que cela fasse la manchette quotidiennement, pendant une semaine ou plus, dans les médias. Je fais le lien avec l'ex-ministre péquiste de la Sécurité publique du Québec, Serge Ménard, qui s'opposait à la création de ce qui est devenu par la suite la Commission Poitras, une vaste enquête sur les activités illégales de la Sûreté du Québec.

  Québec : les droits et libertés du monde de la santé mentale sont gravement malades – Voilà ce qui vient à l'esprit après avoir pris connaissance d'un rapport de 38 pages faisant état de la situation et publié en avril dernier par l'Association des groupes d'interventions en défense des droits en santé mentale du Québec (AGIDD-SMQ).

Les dérapages entourant la mise sous garde des personnes sont principalement de quatre ordres : la nature exceptionnelle de la garde en établissement n'est pas respectée ; la notion de dangerosité n'est pas interprétée de manière restrictive ; les droits à la représentation et à l'information sont brimés ; le droit au consentement libre et éclairé aux soins est contourné. Voyons des faits concrets...

Des rapports psychiatriques peu détaillés ou sur formulaires préimprimés. Des psy prenant pour acquis que le tribunal acquiescera à leur demande. Des statistiques démontrent qu'ils obtiennent en effet gain de cause dans la presque totalité des requêtes pour une garde en établissement des personnes dont l'état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui.

Ex. En 2004, la Cour du Québec du district de Montréal a reçu 2 136 requêtes. 18 seulement ont été rejetées. Les établissements hospitaliers du district de Montréal ont donc obtenu ce qu'ils demandaient dans 99% des cas. Même tendance à la Cour du Québec du district de St-François, en Estrie. Une justice "Rubber stamp".

Les juges n'interprètent pas de manière restrictive la notion de dangerosité. Dangereux ou dérangeants? La pratique moyenâgeuse d'enfermer les personnes dérangeantes perdure. Les centres hospitaliers présentent à cette fin des requêtes à l'encontre de personnes ayant des troubles de comportement, qui dérangent leur entourage, se parlent à elles-mêmes dans la rue, etc. La police aussi y amène trop souvent ce genre de clientèle, y ajoutant des marginaux, des itinérants et des citoyens qui flânent régulièrement dans les mêmes lieux publics. Dangerosité élastique et requêtes utilisées comme outil de contrôle social.

Les droits et recours, un secret bien gardé. Donc, brimés. En très grande majorité, les personnes sont absentes lors de l'audition devant un juge qui décidera si elles resteront en liberté ou pas. Ex. 2004, Cour du Québec du district de Montréal : sur 2 136 requêtes, seulement 502 personnes visées étaient présentes, dont seules 327 étaient représentées par un avocat. Pourtant, la loi oblige le policier et le personnel soignant d'informer la personne qu'elle y a droit.

Des témoignages démontrent que les personnes font souvent l'objet de chantage ou de menaces, afin de les empêcher de participer à leur audition pour garde en établissement. Pire, il y en a même qui ignorent parfois qu'elles font l'objet d'une telle requête.

  Des civils infiltrés aussi dans des salles de nouvelles de Radio-Canada - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) J'ai eu l'occasion de remarquer également la présence policière dans des salles de nouvelles de la télé de Radio-Canada, notamment à Montréal, où j'ai travaillé vers le milieu des années 1970 jusqu'au début de la décennie suivante.

À l'époque, je n'étais pas trop sûr que c'était le cas. Après mon enquête de six ans et demi dans l'underground policier, qui s'est étalée du début de 1997 et le milieu de 2003, me remémorant certains événements, mon hésitation s'est transformée en certitude.

Suis convaincu qu'un journaliste, deux cameraman et un monteur de films de Radio-Canada étaient de fait des civils (Initiales : PT, AD, RS, entre autres), mais j'ignore à quel corps policier ils appartenaient. Il n'était pas toujours facile de travailler en symbiose avec un certain monteur, fallait entrer dans la salle de montage sur la pointe des pieds, adopter un profil bas, éviter tout ce qui pouvait porter ombrage à sa susceptibilité. Et avec un certain cameramen, qui conduisait son véhicule comme un dingue, bâclait son travail. Autant d'attitudes qui visaient à vous mettre en rogne, à vous déstabiliser psychologiquement.

Croire que toutes ces taupes ont été exfiltrées depuis est faire preuve d'une bien grande candeur. Ceux qui ont par la suite pris leur retraite ont vraisemblablement été remplacés par d'autres. Tous les corps policiers se font des niches, dans les milieux de presse, y compris la Sûreté du Québec. Pas seulement dans les grands médias, les tout petits aussi. L'exemple du journal communautaire D'un lac à l'autre, à Lac Bouchette, tirant à 600 exemplaires, et dont j'ai déjà fait état (Voir tome 1 de L'Étau Policier), le démontre.

Influencer des journalistes, par des interventions souterraines, afin de les stimuler, certes, quand flics en civil et collabos sont d'accord avec le sujet développé. Mais aussi, si l'approche ou le sujet leur déplaisent, les orienter dans une autre direction et, si la tentative échoue, chercher à les neutraliser, les freiner. L'objectif est de contrôler l'information destinée aux citoyens, particulièrement dans les dossiers "chauds", par exemple impliquant la police.

Le succès de ce travail de sape varie selon que le journaliste se tienne debout ou s'écrase. Encore faut-il qu'il soit conscient de leur présence dans la salle de nouvelles, ce qui est loin d'être le cas. Seuls ceux affectés aux faits divers policiers depuis des lustres sont susceptibles de savoir ce qui se passe. (Suite demain)

  Une offensive généralisée des gouvernements péquistes visant à mater psychologiquement le citoyen - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) La journaliste Chantal Guy de La Presse soulignait qu'en ces heures sombres où les fumeurs supportent leurs doigts jaunis comme une malédiction et se font refuser la porte des commerces, où l'on songe à taxer les obèses et à punir le fromage cru (NDLR : Le gouvernement fédéral libéral de Jean Chrétien a jonglé un temps avec cette possibilité, mais j'ignore s'il a passé à l'acte.), il n'est pas étonnant que le roman Chocolat de Joanne Harris se soit retrouvé au rang des best-sellers l'année précédente. Rien que le titre est suspect. Dans ce roman, une famille surveille les faits et gestes de la grand-mère diabétique, lui déniant toute autonomie sur son propre corps.

On le voit, les vitres cassées du mobilier urbain et rural ne sont pas les seules à écoper, les nantis également. Pouvoir tentaculaire gendarmant la vie de tout le monde. Prise isolément, la Loi antitabac n'est pas si terrible.

Ce qu'il y a de terrible, c'est qu'elle n'était qu'une des nombreuses mesures répressives - je parle des mesures connues et de celles cachées derrière une grande muraille de silence - que le pouvoir péquiste n'arrêtait pas d'adopter année après année, les nouvelles venant s'ajouter sur le dessus de la pile de mesures répressives déjà existantes.

Ce livre démontre amplement que l'ogre était d'une voracité surprenante. Nous assistions à une offensive généralisée visant à mater psychologiquement le citoyen, littéralement. C'est cela qui était inquiétant. Mais personne ne s'en troublait. Pas même les médias, ou si peu, par manque de vue d'ensemble? Probablement. (Suite demain)

News du samedi 23 Mai 2009

  Après l'hégémonie, propositions pour un monde multipolaire – Un film de la réalisatrice française Béatrice Pignède (01H26). Depuis sa sortie en 2007, la situation n'est plus tout à fait la même : Obama a succédé à W. Bush, l'aigle républicain. En plus de corriger les gaffes de son prédécesseur, il est au prise avec une crise économique sans précédent. Issue des USA, elle a fait déborder le verre de pays occidentaux.

Le moment historique semble venu de mettre fin à l'hégémonie américaine et créer un monde multipolaire. En somme, profiter de la faiblesse de l'empire, militaire et économique, pour construire un monde nouveau, qu'on souhaite meilleur.

  Le quotidien Le Droit d'Ottawa était infiltré par des civils (déguisés en journalistes) de la GRC - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Aux yeux de la police, les médias jouent un rôle vital : se sont eux qui rapportent les événements, par exemple les manifs tournant au vinaigre... Qu'est-ce à dire? Que la police peut compter sur des alliés, dans les salles de nouvelles. En outre, ces dernières sont également infiltrées par la police.

Faisons un bref rappel de la fin des années 1960 et d'une bonne partie de la décennie 1970, période d'effervescence nationaliste au Québec. Rappelons que la crise d'octobre s'est étalée sur une période de quatre ou cinq ans. La marmite socio-politique a graduellement commencé à mijoter deux ou trois ans avant la crise proprement dite pour se refroidir peu à peu environ 1 an après l'assassinat du ministre Pierre Laporte, membre du gouvernement libéral de Robert Bourassa.

Journaliste à Ottawa, au cours de ces années, j'ai constaté que la salle des nouvelles du quotidien Le Droit où je travaillais, les collègues, le syndicat des journalistes, les photographes, des amis, mêmes certains milieux familiaux, dont le mien, étaient infiltrés par des agents et agentes en civil de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

L'auteur de ces lignes pourrait citer le nom de "confrères journalistes" qui étaient membres de ce corps policier : à l'époque, je n'avais pas encore découvert que la Sûreté du Québec et les corps policiers municipaux s'adonnaient aussi à ces activités clandestines. Je vais me limiter aux initiales (je me retiens à deux mains pour ne pas dévoiler les noms au complet) : AG, PL, PT, AL.

On peut penser qu'il en était de même de celles des grands quotidiens montréalais et des stations de télévisions, par exemple Radio-Canada. Les journalistes de ma génération se souviennent tous que le nationalisme culminait davantage à Montréal qu'à Ottawa. Toutefois, comme je n'y étais pas, je ne peux en juger, seulement le présumer, quoique avec une marge d'erreur à peu près nulle. (Suite demain)

  D'où vient donc à  l'État ce besoin frénétique de stigmatiser le fumeur? - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) En juin 2000, le Parlement d'Ottawa dépose un projet de loi sur l'aspect visuel des paquets de cigarettes ayant pour objectif d'avertir les usagers des dangers de la nicotine.

Témoignant en comité parlementaire, le président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Henri Massé, estime qu'il faut aller au-delà de ce qu'il considère comme «une chasse aux sorcières contre les fumeurs», rapporte Jules Richer de la Presse canadienne. (Jules Richer, Presse canadienne - La Presse du 2 juin 2000)

Il croit que, au lieu de miser sur la peur, il faille plutôt adopter une démarche qui privilégie l'éducation et la prévention. C'est une simple question de respect des fumeurs, souligne-t-il. «Tant que le tabagisme sera légal, les fumeurs auront le droit d'être protégés contre la clandestinité et l'ostracisme social auxquels les condamne la réglementation proposée.» Au fait, a-t-on entendu les ministres fédéral et québécois de la santé dire publiquement que le citoyen a le droit de... fumer?

Au lieu de réprimer les fumeurs, l'État devrait encadrer la fabrication du produit. Car des cigarettiers ajouteraient de la nicotine pour que les consommateurs développent plus rapidement une dépendance et des ingrédients chimiques pour faire en sorte que la cigarette se consume plus rapidement. Toutes des mesures visant à vendre davantage de tabac en vrac et des cartouches.

Afin de protéger la population de l'alimentation riche notamment en gras-trans, générant un taux élevé de cholestérol et par conséquent néfastes pour la santé, le Canada incite les fabricants à modifier leurs recettes. Pourquoi ne procède-t-il pas de même avec la cigarette? D'où lui vient donc ce besoin de stigmatiser le fumeur?

Et cette croisade prend de l'ampleur. Ainsi en Alberta où, depuis le premier avril 2003, les ados n'ont plus le droit de fumer en public ou d'avoir sur eux des cigarettes. (Presse canadienne - La Presse du premier avril 2003 ) Une infraction à l'une ou l'autre de ces règles de la loi provinciale est passible d'une amende de 100$. Le contrevenant pourrait aussi être obligé de suivre une thérapie ou être suspendu de son école.

Wes Bellmore, porte-parole de la police d'Edmonton, a déclaré que si un agent juge approprié de porter des accusations, ce sera fait. LeRoy Johnson, député à l'origine du projet de loi, est un ancien enseignant "préoccupé" par la consommation de tabac chez les jeunes. Au Nouveau-Brunswick, début 2004, le ministre de la Sécurité publique, Wayne Steeves, annonçait que, à compter du mois d'avril suivant, il sera interdit de fumer dans les... prisons et les aires de récréation extérieure. (La Presse du 3 janvier 2004) (Suite demain)

News du vendredi 22 Mai 2009

Tribunal montréalais de la santé mentale (TSM) : un an déjà et toujours les mêmes questions - Ce projet de trois ans de la Ville de Montréal est destiné aux personnes qui, ayant commis un délit mineur, semblent présenter des caractéristiques de problèmes de santé mentale. Elles ont le choix d'être jugées par le TSM, c'est-à-dire d'adhérer à son "programme d'accompagnement justice et santé (PAJES)", ou d'opter pour le tribunal habituel.

Selon plusieurs groupes communautaires locaux, le TSM s'est développé sans étude et une véritable consultation du milieu. Ils considèrent que cette nouvelle structure stigmatise la personne. De plus, trop de questions restent en suspend après une premier année d'activités.

Par exemple, se demandent-ils : sommes-nous prêts à accepter que le système judiciaire se substitue au système de santé et des services sociaux? Interrogation aussi sur le peu d'informations émanant du TSM (NDLR : Sur le site de la Ville de Montréal et celui de la cour municipale de Montréal, j'ai trouvé aucune information portant sur cette première année d'expérimentation du TSM, pas de bilan, rien.)

Ces groupes communautaires proposent, pour éviter la stigmatisation et l'exclusion, la formation continue du personnel judiciaire, que les juges, procureurs et avocats consultent et collaborent avec des personnes ressources pouvant mieux les éclairer sur la situation sociale de la personne. En étant inclusive, elle évite que des citoyens soient considérés comme étant de seconde classe.

Les groupes incitent également à la réflexion : la nécessité du TSM, lacunes du réseau de la santé et du milieu judiciaire (accueil, traitement, respect des droits, trop souvent bafoués ; stigmatisation encore omniprésente au sein de la société). Ils demandent que le règlement des dossiers du TSM soit rendu public dans les plus brefs délais. Ils veulent aussi que la voix des groupes communautaires et des personnes directement concernées par ce projet soit davantage entendue et prise en compte par les ministères de la Santé et des Services sociaux, de la Justice et de la Sécurité publique.

Les organismes signataires du document : Action Autonomie (pour avoir accès au docu de 3 pages, cliquez sur la manchette sous "Tribunal de la santé mentale") ; Association des groupes d'intervention et de défense des droits en santé mentale du Québec ; Association du Québec pour l'intégration sociale ; Projet PAL ; Réseau alternatif et communautaire des organismes en santé mentale ; Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal ; Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec.

  Le mouvement laïc du Québec (MLQ) fait état de l'urgence d'une charte de la laïcité établissant la neutralité de l'État québécois – La présidente du MLQ, Marie-Michelle Poisson, estime qu'il y va du bon fonctionnement des institutions communes, car la question de la religion est en train d'attiser le feu du racisme. Elle soutient qu'une croyance personnelle doit être vécue en privé, que le port de signes religieux dans l'espace public, par des fonctionnaire et au sein des organismes publics, conduit à la ghettoïsation.

Cette question resurgit à la suite de la position prise, le 9 mai dernier, par la Fédération des femmes du Québec (FFQ) à l'effet de ne pas y interdire le port de signes religieux : communiqué de presse de la FFQ et vidéo (02:16) de sa présidente Michèle Asselin. Pour sa part, le MLQ affirme que la FFQ fait fausse route : dans la page s'affichant, colonne de gauche. Un reportage de Radio-Canada (02:07) permet de faire davantage le point.

PS : Beaucoup de Québécois ont l'épiderme sensible lorsqu'il s'agit de religions, c'est particulièrement le cas de ceux qui ont vécu l'église triomphante des années 1950 et antérieures. Le clergé catholique était partout et menait tout le monde par le bout du nez. Et j'ajoute que L'islam totalitaire fait peur. Ça n'a rien à voir avec la discrimination, tout à voir avec la sauvegarde du peu qu'il nous reste des droits et libertés, charcutés qu'ils sont quotidiennement par la police en civil et ses collabos : notre nouveau clergé...

  Redisons-le, afin que ce ne soit pas pris à la légère : la police a confisqué aux citoyens l'espace public - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) L'infiltration policière est parfois nécessaire, mais vandalisme et violence des agents provocateurs de la police sont-ils toujours légaux?

En infiltrant de faux manifestants parmi les vrais, la police se donne les moyens d'intervenir quand bon lui semble. Si elle décide, pour une raison ou une autre, et à tort ou à raison, d'y mettre fin, elle s'en servira pour provoquer des troubles et justifiera ainsi son intervention. Les médias claironneront par la suite qu'elle a dû intervenir parce que la manif avait mal tourné, décriront les méfaits, souvent avec images vidéos et photos explicites à l'appui.

N'en déduisons pas pour autant que la police est à l'origine de toutes les manifs dégénérant de la sorte. Nécessaire tout de même de se demander, encore une fois, à qui cette violence profite. En cas de doute, le journaliste devrait infiltrer discrètement les casseurs qu'il a remarqué sur le terrain, prendre des photos à la dérobée - en utilisant un appareil photo jetable, qui ne coûte que quelques dollars -, interroger discrètement leur entourage immédiat. En creusant un peu, et avec beaucoup de chance, peut-être découvrirait-il le pot aux roses.

Au cours de mon enquête, j'ai constaté, sur le terrain et dans des articles de presse, que manifester au Québec, et c'est particulièrement le cas dans la Cité policière Montréal, semble de moins en moins bien vu par le pouvoir et sa police. Syndicats des secteurs public et privé, groupes de femmes ou groupes féministes, parmi d'autres, peuvent défiler et s'exprimer sans problème sur la place publique, et encore, on les y voit rarement.

D'abord, et surtout, parce qu'ils jouissent d'un certain pouvoir du fait de leur capacité, si besoin est, de mobiliser pas mal de monde et de médias. Ensuite parce que leurs revendications ne portent jamais sur la répression et la brutalité policières, bannières comportant, il est vrai, des charges émotives un peu plus explosives que le renouvellement d'une convention collective de travail par exemple.

Ce que la police applique à certains groupes, elle l'applique également à chaque citoyen. C'est davantage le cas dans des municipalités de moindre importance, notamment les petites villes et villages : citoyens confinés à leur domicile, sans savoir qu'ils le sont, rues désertes, éjection de la société de ceux persistant à y circuler sans raison, confinement des ados dans des maisons des jeunes, là où il y en a, comportements stéréotypés, etc. Plus explicitement, redisons-le : la police a confisqué à la Société civile l'espace public. (Suite demain)

  Des abus et injustices inhérents à toutes formes de guerre sainte - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) À la lumière de ces articles, on constate que, tout comme dans son underground policier, le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard ne comptait pas seulement sur sa ligne délation, sur l'obligation des entreprises de dénoncer, sous peine d'amendes, les coupables, et sur ses inspecteurs et agents de sécurité en civil, mais aussi, et surtout, sur la désapprobation... communautaire.

Il y a des liens de parenté très étroits entre ce que faisait ce gouvernement dans ce cas, entre autres, et le rôle qu'il attribuait à sa pseudo police communautaire. Cette énième affaire illustre bien le genre de société policée qu'il construisait sans discontinuer, et basée sur la délation entre citoyens. Celle-ci est devenue le pivot central d'un tas de mesures, pas seulement policières, gouvernementales aussi. La tumeur cancéreuse dont est atteint le pouvoir politique est beaucoup plus ramifiée et grave qu'on ne le pressant : nous en sommes au stade des métastases.

Car le gouvernement fédéral libéral de Jean Chrétien participait aussi à cette croisade. La Presse de décembre 2001, relate la mésaventure de Véronique, 19 ans, caissière à 7$ l'heure, au IGA du boulevard des Laurentides, à Vimont. (Pierre Foglia - La Presse du 6 décembre 2001) Il y a beaucoup de monde à la caisse. Un client lui demande un paquet de cigarettes.

Peu après, la gérante la convoque à son bureau. Elle est accompagnée de Lise Bergeron, inspecteur de Santé Canada, qui lui annonce qu'elle vient de vendre des cigarettes à un mineur sans lui avoir demandé ses cartes, qu'elle va devoir payer une amende de 500$, plus les frais : celle du magasin est de 1 000$. Véronique lui donnait au moins 20 ans. Son père s'interroge aussi. Pourquoi utiliser, comme leurre, des jeunes qui ont l'air plus vieux que leur âge? C'est quoi ce cinéma?

L'éditorialiste Pierre Gravel du même quotidien riposte aussi... (Pierre Gravel -- La Presse du 18 mars 2002) Il écrit que si on compare avec la réglementation en matière d'alimentation, d'armes à feu, d'alcool ou de médicaments, «rarement voit-on des escouades d'enquêteurs examiner aussi systématiquement les agissements de vendeurs comme on vient de le faire pour 309 commerçants de la région de Québec. Exactement comme on avait fait en Estrie l'été dernier. Encore un peu on se croirait confronté à de dangereux bandits ou à des bandes de motardsfaisant le trafic de la drogue. À croire qu'il y aurait presque lieu de remettre au travail l'escouade Carcajou ( luttant contre le crime organisé ).»

En utilisant un ados ressemblant à un adulte, on s'inspire de la vieille technique de l'agent double bluffant un redoutable trafiquant. Gravel parle d'un cas flagrant de provocation dans le but de faire commettre un crime afin de pouvoir le sanctionner. Se demande si on ne bascule pas dans les abus et les injustices inhérentes à toutes formes de guerre sainte. La tactique de la provocation dont parle Gravel est désormais la norme dans notre société, la police en civil et ses collabos l'utilisent régulièrement. (Suite demain)

News du jeudi 21 Mai 2009

  La marijuana – Passé, présent et futur (02:00). Musique d'Emeen Z, titre "You Lit Up For Me".

  The greatest performing arts online – Un site de musique classique (page d'accueil ici) dédié aux grands auteurs, orchestres de concerts, ballets, opéras, etc. J'en fait état ici car il y a probablement de mes visiteurs intéressés. Ils peuvent aussi s'abonner gratuitement à une newsletter. Beaucoup d'événements artistiques de qualité et gratuits, d'autres sont offerts à prix modiques.

Ce matin, j'y ai fait une belle découverte, "The Little Birch Tree", un documentaire haute définition gratuit (58:50, l'écran prend quelques secondes avant de s'activer) sur l'œuvre du Russe Stravinski : qui était-il? Son inspiration, il la puisait dans la culture et la vie quotidienne des paysans de son pays. Les lieux de tournage sont de toute beauté. On est rarement dans une grande salle de spectacles, la plupart du temps en plein milieu rural, notamment sur fond de folklore.

  Plus tard, j'aurai la preuve qu'elle est bel et bien une policière en civil - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Un espace vide d'environ cinquante pieds sépare policiers en uniforme et manifestants. Alors que la grande majorité des protestataires sont dans l'expectative, sans doute impressionnés par la présence d'autant d'uniformes, et un peu effrayés aussi, deux "manifestantes" dans la vingtaine, habillées comme des punks, en occupent l'avant-scène.

Faut les voir s'activer à seulement une dizaine de pieds de l'escouade anti-émeute. Elles font les folles, dansent ensemble, rient à tue-tête : tactique visant peut-être à calmer les nerfs de ceux qui sont tendus. Impressionnante, cette escouade. Ça demande sacrément du cran pour agir de la sorte.

Le clou du spectacle survient quand l'une se met à marcher le long de la première ligne de policiers, un peu comme un général inspectant ses troupes, gueulant contre eux, les bras en l'air. À une couple de reprises, elle s'arrête, leur fait face, pour gueuler encore plus fort, le corps penché en avant. Le ton est agressif.

Des policiers éloignent les curieux : manœuvre ayant pour but de réduire le plus possible le nombre de témoins potentiels, si jamais certaines arrestations nécessitaient des interventions musclées. Je me réfugie dans l'entrée de l'édifice Archambeau, vendeur de disques et d'instruments de musique, coin sud-est de Ste-Catherine.

Au moment où la fille lance des bouts de bois au-dessus des têtes de l'escouade, sans... les atteindre, Dick Tracy, un flic en civil dont j'ai déjà parlé, s'approche de moi. Je lui confie que cette fille est sans doute complice de la police. L'instant d'après, il disparaît. J'ai de gros doutes sur l'identité réelle de cette fille.

Plus tard, j'aurai la preuve qu'elle est bel et bien une policière en civil. C'est celle que Rodrigue avait félicité de sa tenue vestimentaire, du «beau rôle» qu'elle avait choisi. Vous vous rappelez (si vous avez lu le tome 1 de L'Étau Policier)? J'avais demandé à Rodrigue, une fois la fille partie, si elle était comédienne. Pris de court, il avait baissé la tête, incapable de formuler une réponse. (Suite demain)

  La fumée de cigarette, c'est rien comparée aux émanations toxiques des nombreux produits chimiques utilisés à l'usine - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Depuis la mise en vigueur de la Loi anti-tabac, en décembre 1999, La Presse n'a rapporté qu'un seul cas où un citoyen a fait l'objet d'une sanction de la part de son employeur. Vraiment le seul? À moins qu'un citoyen sanctionné ne fasse part de sa mésaventure à un journaliste, impossible de répertorier des infractions du genre.

Bien sûr, le journaliste peut toujours s'informer auprès du ministère de la Santé et aux Services sociaux, ou des régies régionales, cependant il y a gros à parier qu'on cherchera à minimiser l'importance de la"délinquance". Les sanctionnés, moins les médias en parleront, mieux la loi se portera. Venons en donc à ce seul mouton noir, particulièrement visible dans le troupeau de moutons blancs.

C'est arrivé en mai 2000, rapporte la journaliste Stéphanie Bérubé de La Presse, lorsque Marius Ouellet est suspendu une journée sans solde par son employeur, Premier Tech, de Rivière-du-Loup. (Stéphanie Bérubé - La Presse du 2 juin 2000) L'employeur n'a pas le choix, la loi l'y force sous peine d'amende. Ouellet est considéré comme un employé modèle. De plus, il n'a pas l'intention d'arrêter, estimant que la fumée de cigarette, c'est rien comparée aux émanations toxiques des nombreux produits chimiques utilisés à l'usine.

Joseph-Émile Plante, porte-parole de l'Association pour le respect des droits des fumeurs, qualifie sa suspension d'abus de pouvoir. En forçant les entreprises à jouer à la police, la loi crée des conflits qui pourraient être facilement évités : «Jamais l'employeur ne devrait accepter une dictature du genre».

Il les incite d'ailleurs à la contester. «Le ministre (Baril) a même le culot de mettre une ligne de délation sans frais. On est en train de mettre les gens les uns contre les autres sous le prétexte qu'on a leur santé à coeur». (Suite demain)

News du mercredi 20 Mai 2009

  Un gros gro-z-amour – Quand on a le ventre plein, on est plus relaxe.

  Pressions sur le Canada pour qu'il signe la déclaration de l'ONU sur les peuples autochtones – Jusqu'à présent, 144 pays, incluant l'adhésion récente de l'Australie, l'ont adoptée. Un groupes autochtones et non-autochtones fait des démarches auprès des provinces canadiennes afin qu'elles forcent la main au gouvernement conservateur de Stephen Harper.

Cette entente aiderait beaucoup à améliorer le sort des Amérindiens canadiens. Car elle établit des standards de base en matière de santé, de logement et d'éducation. Ghislain Picard, Chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec, a obtenu le soutien de Louise Arbour, ex-Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme et ex-membre de la Cour suprême du Canada.

Pour en savoir davantage, lisez l'opinion d'un collectif dont la lettre a été publiée dans le quotidien Le Devoir.

  Jacques P. Dupuis, un ministre québécois qui n'aime pas recevoir des courriels – Je le présume, car son adresse courriel n'est pas indiquée dans sa page du conseil des ministres. Suis journaliste indépendant et lorsque je veux poser une ou deux questions à un personnage important, je préfère le courriel plutôt que le téléphone. Si jamais l'un d'eux me reprochait de l'avoir mal interprété, le courriel me serait bien utile.

Dupuis est ministre libéral de la Sécurité publique, de qui relève notamment les corps policiers du Québec. Je voulais savoir s'il acquiescerait à la demande de la Ligue des droits et libertés du Québec (LDL) de créer une Commission d'enquête en lieu et place de celle du coroner Robert Sansfaçon. Celle-ci débutera le 25 mai et portera seulement sur le décès de Fredy Villanueva, 18 ans, abattu par le policier Jean-Loup Lapointe de Montréal en août 2008.

La question n'est pas frivole parce qu'une Commission du genre permettrait d'aller au-delà de cette tragédie. Ainsi que l'explique la LDL, son mandat porterait sur l'ensemble des circonstances : les pratiques de profilage, l'impunité policière et l'impact, sur les relations avec les citoyens, de la stratégie policière contre les "gangs de rue". Tant à Montréal-Nord, où Villanueva a été atteint de deux balles, que dans d'autres quartiers défavorisés. Elle analyserait également les mesures prises par le gouvernement du Québec pour améliorer la situation des citoyens qui y vivent. La LDL considère que ceux-ci sont les victimes d'une exclusion sociale systémique.

PS : Le conseil des ministres du Québec compte 29 membres, incluant le premier ministre Jean Charest. Dupuis et l'un de ses collègues sont les seuls à ne pas dévoiler leur adresse courriel : Pierre Corbeil, député d'Abitibi-Est. Coïncidence, il est titulaire du ministère des Affaires... autochtones. À tort ou à raison, j'y vois un lien avec les quartiers défavorisés. Des citoyens de deuxième classe.

200 jeunes punks, peut-être 300, manifestent contre la répression policière dont ils sont régulièrement la cible - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Un cas dont j'ai été témoin oculaire au printemps 1997, à Montréal : Pierre Bourque en était le maire et Vera Danyluk occupait la présidence de la Communauté urbaine de Montréal, organisme alors responsable de la police.

J'avais été alerté par des autos-patrouille et des wagonnettes de l'escouade tactique de la police qui, nombreuses, se dirigeaient à vive allure, gyrophares allumés, mais sans sirène, vers le centre-ville, dans le secteur de l'Université du Québec à Montréal. On sentait la gravité et l'urgence de la situation. Tout près du lieu de l'action, je m'y suis rendu.

Coin Ste-Catherine-St-Denis, plus de 200 jeunes punks, peut-être 300, manifestent contre la répression policière dont ils sont régulièrement la cible. Que des jeunes de cet âge et de ce milieu socio-économiquement faible, et de surcroît désorganisé, manifestent, il faut que la mesure soit pleine. Désorganisés, mais tout de même solidaires les uns les autres, un peu comme les hippies des années 1960-1970. N'empêche que s'ils fraternisent aisément entre eux, ce n'est néanmoins pas tous les jours qu'on en voit défiler dans la rue.

Chez certains, révolte et stress sont à fleur de peau, leur façon de marcher, déterminée, les slogans anti-répression, criés à tue-tête, en disent long sur leur ras-le-bol. Imprévisibles dans leurs déplacements, cherchant de toute évidence à éviter l'encerclement policier, ils quittent une rue pour une autre, reviennent sur leurs pas pour prendre une autre direction. Ils se déplacent rapidement, espérant gagner de vitesse la police. Arrive le moment où toutes les issues sont bloquées par des autos-patrouille.

Puis l'escouade anti-émeute fait son apparition dans le paysage. Ses membres surgissent de partout et, assez rapidement, il y a pratiquement autant de policiers que de manifestants, sans compter des policiers et policières en civil. L'étau ensuite se resserre sur eux, méthodiquement, graduellement.

Un policier, juché sur le toit d'un édifice de l'université, côté sud de la rue Ste-Catherine, vidéofilme les manifestants, qui ne peuvent plus aller nulle part. Un policier, à bord d'une wagonnette de l'escouade tactique, leur répète à deux ou trois reprises, dans un microphone, qu'ils ont le... droit de manifester. (Suite demain)

  Délation et désapprobation communautaire polluent considérablement les rapports entre citoyens - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Un article de la journaliste Katia Gagnon de La Presse portait à penser que le sous-ministre québécois de la Santé, Richard Massé, songeait à augmenter les effectifs prévus de sa police antitabac (Katia Gagnon -- La Presse du 11 décembre 1999) : «Si on voit que ce n'est pas assez, on avisera.»

Dans un article du 5 mai 2000, La Presse parle déjà de la présence de 14 inspecteurs et 15 agents de liaisons repartis dans les régies régionales de la santé et des services sociaux, donc couvrant tout le territoire du Québec.

Premier pas vers la Police Santé? Du côté du ministre péquiste Baril, on se fait rassurant : «Il n'y a pas des policiers avec le logo tabac sur la casquette qui vont circuler dans les rues et les édifices! Ce n'est pas du tout ça!», explique son attaché de presse, Thierry Audin. (Rima Elkouri -- La Presse du 15 juillet 2000)

Il a tout à fait raison. Avec toute la tuyauterie souterraine qui a été mise en place à la suite de l'adoption de la loi, ce n'est pas nécessaire, et d'autant moins que la police en civil- municipale, régionale (MRC) et provinciale - est déjà infiltrée partout, en personne ou par citoyens-mouchards interposés, sans oublier les civils des agences de sécurité privée.

Pas question non plus de déclencher la guerre entre fumeurs et non-fumeurs, affirme-t-il aussi. Là, l'attaché ne dit pas la vérité, peut-être l'ignore-t-il aussi.

Délation et désapprobation communautaire polluent considérablement les rapports entre citoyens, et la Loi antitabac s'inscrit dans cette orthodoxie : on carbonise psychologiquement. Ici encore le principe de diviser la Société civile pour mieux régner s'applique. Ce n'est pas le seul cas d'espèce. (Suite demain)

News du mardi 19 Mai 2009

  Pape versus Jésus – Le premier est contre le condom, le deuxième est pour. Qui sera ko dans 47 secondes? Les paris sont ouverts.

  Belle sensualitéÉlodie Frégé (03:25). J'assume ma responsabilité de contrôle parental : interdit aux Filles d'Isabelle et Chevaliers de Colomb, deux organismes cathos qui jouissent d'une grande influence au sein de mon petit village policier de Lac Bouchette, province de Québec, Canada.

  Lors de manifs, le fomenteur de troubles est un policier en civil : parfois ou souvent? - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Les «casseurs» de ce Sommet étaient-ils tous et exclusivement des citoyens? Bien évidemment non. L'événement avait trop d'envergure pour qu'il en soit autrement. Toutes les polices des pays où se tiennent des réunions internationales du genre utilisent la méthode. La police procède de même lors de petites manifs sans conséquence, alors...

Comment expliquer qu'une manif justifiée dégénère de la sorte? Quand la police enquête sur un crime, la toute première question qu'elle se pose est "à qui profite-t-il?" Manifestants et journalistes couvrant ce genre d'événements devront apprendre à se la poser aussi. Car l'information-fiction de source policière est pratique courante.

Le sociologueMorin traite du phénomène sans viser spécifiquement celle-ci. (Edgar Morin - Pour sortir du vingtième siècle - Éditions Fernand Nathan) Il raconte avoir été extrêmement frappé par un événement mineur lors de la visite historique du président Richard Nixon en Chine, dans les années 1970.

À un moment donné, le président américain, suivi des journalistes, traverse le jardin d'une pagode, comportant une pièce d'eau. Dans ce décor enchanteur, des enfants lancent des petits bateaux sur l'eau, des couples d'ados sont assis, main dans la main, écoutent des transistors. Des jeunes filles portent des fleurs.

La troupe présidentielle quitte ensuite ce spectacle idyllique après que les journalistes aient pris de nombreuses photographies. Un photographe retourne quelques instants après sur les lieux pour y chercher un accessoire oublié. Là, il voit que des instructeurs, surgis d'on ne sait où, ont rassemblé les enfants et adolescents qui se tiennent en rang. Chacun remet son bateau, son transistor, ses fleurs à l'instructeur, qui, ramassage terminé, siffle le départ au pas cadencé...

Cette anecdote de Morin nous donne une bonne idée de ce que peut-être une mise en scène policière. Dans le cas nous intéressant, les manifs revendicatrices dans la Cité policière et celle de la Vieille Capitale (la Ville de Québec), on ne parle plus de petits drapeaux agités par des enfants et d'ados pacifiques, mais de vandalisme, de violence. Qui paye la note?

Les manifs sont généralement infiltrées par la police en civil. Comme nombre de confrères journalistes de ma génération, j'ai appris, même si j'y est mis du temps, à repérer des policiers et policières en civil mêlés aux manifestants. De cette expérience sur le terrain, je retiens que le manifestant le plus gueulard ou le fomenteur de troubles est un policier en civil. Parfois ou souvent? Pour le savoir, faudrait assister à toutes les manifs. (Suite demain)

  Alourdir suffisamment le climat ambiant pour que le citoyen, ne se sentant plus tellement chez lui dans l'espace public, préfère rester à la maison - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Bien que des fumeurs, pas tous, il est vrai, considèrent important de respecter les non-fumeurs, ils trouvent néanmoins la loi sévère. Ainsi ces témoignages puisés dans l'hebdo l'Étoile du Lac, de Roberval, au Saguenay-Lac-St-Jean. (Sylvie Hébert - l'Étoile du Lac du 19 décembre 1999)

Ginette Dallaire de St-Félicien : «(...) c'est illogique d'interdire la cigarette dans les restaurants et les bars. Je vais préférer demeurer chez moi, plutôt que de sortir (...)» Gérald Duchesne de St-André, ex-fumeur : «La loi est drastique. (...) je crois que pour les bars, ce n'est pas logique. (...) Mais dans toute cette histoire, il faut respecter tout le monde.»

Témoignage aussi de Guy Coulombe de St-Prime : «C'est beaucoup trop sévère. On vit pratiquement dans un pays communiste. Même seul dans mon bureau je ne peux pas fumer.» Ghislain Gagnon de La Doré : «Moi, je travaille dans un garage et je crois que les odeurs qui sortent des camions sont plus toxiques que la fumée de cigarette.» Danielle Poirier de La Doré : «C'est drastique comme loi. Pour ce qui est des établissements de santé, je suis entièrement d'accord. (...) Je respecte quand même les non-fumeurs. Alors vivre et laisser vivre.» Voilà, tout est dans cette formulation : vivre et laisser vivre.

Ginette Dallaire disait plus haut : «Je vais préférer demeurer chez moi, plutôt que de sortir et que l'on vienne m'interdire de fumer.» Notons qu'à New York, où on applique la tolérance zéro en matière de tabac, les citoyens fréquentent moins souvent les bars, lisait-on dans une dépêche publiée dans La Presse, à l'été 2003.

Au Québec, six semaines après l'entrée en vigueur de la loi, l'Union des tenanciers de bars affirmera que ses membres accusent déjà des pertes irrécupérables. (Violaine Ballivy - Cyberpresse du 26 juillet 2006) Le chiffre d'affaires aurait baissé de 30% en moyenne. Quelques 25 bars seront menacés de fermeture.

Le pouvoir politique semble avoir dénicher là l'outil dont il rêvait pour lutter contre l'alcool, réduire la criminalité dans ce milieu, et faire en sorte qu'il y ait moins de citoyens qui circulent dans l'espace public après le coucher du soleil. Car la Loi anti-tabac comporte aussi ce volet, bien qu'il n'y soit pas inscrit.

La tactique consiste à multiplier les mesures d'ordre social afin d'alourdir suffisamment le climat ambiant pour que le citoyen, ne se sentant plus tellement chez lui dans l'espace public, préfère rester finalement à la maison. (Suite demain)

News du lundi 18 Mai 2009

  Un coup pendable – Comment insulter des policiers et se faire remercier par eux après (02:02).

  La recette pour trouver un job? – Suivez pas à pas ce jeune homme, assez déluré. Il cible un secteur où il y a beaucoup d'édifices en hauteur, achète des journaux, consulte la page d'offres d'emplois, repère une adresse tout près de l'endroit où il est, contacte l'employeur par cellulaire, prend rendez-vous tout de suite... Selon lui, il n'est pas en chômage, il cherche un boulot (08:16), nuance.

  André Paradis de la LDL : «Un rapport courageux, qui ose faire la lumière sur une situation problématique chez ce corps policier» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Venons en à ce rapport préliminaire à l'encontre de la Gendarmerie royale du Canada, et publié en novembre 2003. (Nicolas Bérubé - La Presse du 14 novembre 2003)

La présidente Shirley Heafey du comité d'enquête lui reproche d'avoir utilisé une force «excessive» : outre ce que nous avons énuméré plus haut, «grenades flash-bang et fusils-assommoire à décharge électriques pour disperser les manifestants». Elle reconnaît qu'elle était justifié de disperser les manifestants puisque la clôture du périmètre où se réunissaient les chefs d'État avait été renversée à plusieurs endroits.

Cependant, des officiers «ont utilisé une force démesurée pour disperser des groupes de manifestants qui ne menaçaient d'aucune façon la sécurité du Sommet». Elle cite le cas de l'un d'eux contre lequel ce corps policier a fait usage du fusil-assommoire de «50 000 volts» alors qu'il était immobilisé, face contre terre, avait une main menottée et faisait de l'autre un signe de paix.

Usage abusif des balles de plastique (502 ont été tirées, a admis la Gendarmerie royale du Canada) et gaz lacrymogène (3 009 canettes ont été utilisées, a-t-elle admis aussi), qui ne devaient être utilisés qu'en dernier recours. Elle recommande que les officiers impliqués soient sanctionnés et que les deux gradés responsables du contrôle des foules au Sommet fassent l'objet de «mesures appropriées».

Commentaire du directeur général de la Ligue des droits et libertés du Québec (LDL), André Paradis : «C'est un rapport qui confirme nos conclusions. (...) C'est un rapport courageux, qui ose faire la lumière sur une situation problématique chez ce corps policier.»

Réaction du sergent Gilles Déziel, porte-parole du corps policiers : «Le commissaire de la Gendarmerie royale du Canada (Giuliano Zaccardelli) va prendre connaissance du rapport et rendre sa décision par la suite. Nous ne pouvons pas commenter le rapport à ce moment-ci.» C'était en novembre 2003. On n'en sait pas plus. La police est roi et maître, elle n'a de compte à rendre à personne. L'État dans l'État. (Suite demain)

  «La grosse difficulté que nous avons, c'est le rôle de police qu'on donne aux PME» - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Et qui n'est pas sans causer également quelques maux de tête aux patrons et à leurs employés adeptes du tabac.

Elle cite Daniel Lemire, consultant au Centre mieux vivre sans fumée, qui aide 150 entreprises par année à implanter des politiques anti-tabac : «Si une entreprise se borne à envoyer un mémo aux employés pour leur dire de ne plus fumer, il y aura des conflits. On peut même prévoir la création de clans, un fumeur, un non-fumeur. (...) La cigarette, c'est un sujet très émotif.»

La journaliste nous communique une autre information clé, en citant une déclaration de Micheline Bail, chargée par la régie régionale de la santé et des services sociaux d'épauler les entreprises dans l'adoption d'une politique antitabac : «Les cas de récalcitrants y sont plutôt rares parce qu'ils font rapidement face à la réprobation du milieu en général. Et surtout des ex-fumeurs.»

Gérald Ponton, de l'Association des manufacturiers et exportateurs du Québec, explique qu'«on ne veut pas que le gouvernement revienne sur le principe de la loi. Mais dans son application, il ne faut pas être dogmatique, il faut être raisonnable». (Katia Gagnon - La Presse du 10 novembre 1999) Pierre Cléroux, président de la Fédération canadienne des entreprises indépendantes, s'en prend aux dispositions coercitives de la loi : «La grosse difficulté que nous avons, c'est le rôle de police qu'on donne aux PME.»

Hugue Dumas de La Presse fait notamment état de petits commerçants rouspétant contre la loi. (Hugue Dumas -- La Presse du 12 décembre 1999) Un fleuriste lui confie qu'il ne chassera pas les clients qui se pointeront une cigarette à la main : «J'ai toujours géré mon commerce comme je le voulais et je vais continuer. Je m'adapte à chacun de mes clients.»

Le journaliste mentionne aussi le cas d'un petit garagiste, dont les employés continuent de fumer, qui qualifie la loi de stupide. Il n'a pas l'intention de s'y soumettre. Si jamais les inspecteurs du gouvernement se présentent à son atelier de réparation, il en allumera une dès qu'ils lui tourneront le dos. Et les affiches "non-fumeur" dont il doit tapisser les murs de son garage? «Elles sont déjà dans les vidanges.» Commentaire aussi de ce restaurateur (Katia Gagnon -- La Presse du 12 décembre 1999) : «C'est inacceptable que l'État se mette le nez là-dedans.» (Suite demain)

News du dimanche 17 Mai 2009

  Voyeur - I'll get You (02:19).

  Citation – Compter sur le gouvernement pour protéger la vie privée, c'est comme demander à un voyeur d'installer vos stores. (Source : web, sans identification).

  Non à l'État Big Brother du Québec – C'est ce que clame la Coalition pour la défense de la confidentialité dans les services sociaux et de santé (CDCSSS). Composée d'organismes communautaires et de syndicats, elle dénonce le fait que le ministère québécois de la Santé et des Services sociaux (MSSS) procède à la mise en place d'un fichier central nominatif (contenant des infos personnelles) des alcooliques, toxicomanes et joueurs pathologiques du Québec. Et ce, sans le consentement de ces derniers et sans même qu'ils en soient informés.

Il s'agit d'une grave atteinte à la vie privée et au droit à la confidentialité. Car noms et numéros d'Assurance maladie du Québec (AMQ) des personnes qui consultent les centres de réadaptation en dépendance seront transmis au MSSS, à l'AMQ et aux Agences de la santé et des services sociaux. Selon la Coalition, ce viol de la vie privée risque de s'étendre à l'ensemble du réseau de la santé et des services sociaux si rien n'est fait pour en stopper l'implantation.

La coalition exige qu'une telle banque de données fasse l'objet d'un large débat public, et soit encadrée par des mesures législatives visant à protéger l'anonymat et la protection de la vie privée.

Conférence de presse de trois représentants de la Coalition : Dominique Peschard, président de la Ligue des droits et libertés du Québec (LDL) ; Jacques Normand, président du syndicat des professionnels du Centre Dollard-Cormier (CSQ) ; et Maude Guindon, membre de l'Association pour la défense des droits et l'inclusion des personnes qui consomment des drogues du Québec (ADDICQ).

Vidéo 1 (10:00) : les trois représentants expliquent la situation ; sous la première, vidéo 2 (09:05) : ils répondent aux questions des journalistes. Une affiche de la Coalition annonçant une récompense de 100$ à la personne qui lui fera parvenir la récente version informatique de 4.08 de SIC-SRD (Système d'information clientèle pour les services de réadaptation dépendances) à laquelle les intervenants n'ont pas accès ; Site et photo du ministre québécois de la Santé et des Services sociaux Yves Bolduc ; site et photo du premier ministre Jean Charest

PS : J'ajoute deux informations. La police a accès à toutes les banques de données du gouvernement du Québec. Et un extrait de L'Étau Policier, tome 2 : chapitre "Big Brother et Big Sister", mot clé : Rémy Trudel. Voir dans la colonne de droite, plus bas. En 2001, Trudel, alors ministre de la Santé, introduisait de nouveaux outils informatisés à l'Assurance-maladie du Québec. On se faisait rassurant à l'époque.

Faut pas compter sur les élus pour défendre les droits - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Dans son rapport annuel, rendu public un an après les événements, Amnistie internationale (AI) souligne la «brutalité policière» qui avait marqué, à son avis, le Sommet des Amériques à Québec en avril 2001. (Gilles Gauthier et Martin Vallières -- La Presse du 29 mai 2002)

L'organisme déplore aussi l'absence d'une «enquête indépendante» pour examiner les nombreuses «allégations de force excessive» de la police. AI mentionne l'emploi abusif de gaz lacrymogène «même contre des manifestants qui n'étaient pas impliqués dans les actes violents et ne menaçaient aucunement les policiers ou les propriétés» : en mai 2005, l'ONU demandera au Canada d'enquêter également ces abus. AI parle aussi de gens arraisonnés par la police, «plusieurs auraient été incarcérées sans représentation légale rapide et détenue dans des cellules surchargées pendant des périodes prolongées».

De fait, un seul corps policier a été officiellement blâmé : la Gendarmerie royale du Canada. La Commission des plaintes du public contre celle-ci a fait enquête à la suite d'une plainte du député fédéral néo-démocrate Steve Robinson, apparemment le seul et unique de toute la confrérie politique des deux niveaux de gouvernement ayant osé se mouiller les pieds.

Il accusait ce corps policier d'avoir agi brutalement : à la suite du rapport préliminaire, il demandera du reste la tenue d'une enquête indépendante afin de faire toute la lumière sur ces événements.

Notons que cette Commission n'a pas examiné à la loupe les activités des autres forces policières. Normal, celles-ci ne relèvent pas de sa juridiction. Et que ni le maire péquiste de Québec, Jean-Paul L'allier, et ni le ministre péquiste de la Sécurité publique alors en fonction, Serge Ménard, n'ont posé le moindre geste pour savoir ce qui s'était passé. Conclusion : faut pas compter sur les élus pour défendre les droits des citoyens. (Suite demain)

  La ligne téléphonique délation gratuite du gouvernement péquiste de Lucien Bouchard - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Juste pour nous donner une idée de la manière dont le pouvoir péquiste fonctionnait, examinons de plus près la fameuse croisade anti-tabac du ministre péquiste délégué à la Santé, aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse, Gilles Baril.

Le 17 décembre 1999, ce gouvernement adopte la Loi anti-tabac interdisant de fumer dans la plupart des 300 000 entreprises québécoises. (Paul Roy -- La Presse du 5 mai 2000) (NDLR : Le gouvernement libéral de Jean Charest, qui lui succèdera, ne fera pas mieux.) Les chefs d'entreprises sont obligés de la faire respecter. Ceux qui contreviendront à cette obligation pourraient écoper d'amendes de 400 à 10 000$, rapporte la journaliste Katia Gagnon de La Presse. (Katia Gagnon -- La Presse du 12 décembre 1999)

Les grandes entreprises, prédit-elle, demanderont vraisemblablement à leurs agents de sécurité de jouer à la police auprès des contrevenants. Chez les PME, cependant, le problème de l'application demeure entier : petites et moyennes entreprises (PME) ne disposent pas toutes de gardiens de sécurité.

Les fumeurs délinquants, eux, seront passibles d'amendes de 50 à 300$ et, en cas de récidive, de 100 à 600$. Tout cela évidemment, ajoute-t-elle, après que leur employeur leur aura imposé les sanctions administratives prévues à ceux qui violeront la directive interne.

En outre, les non-fumeurs pourront dénoncer leurs collègues fumeurs qui en allumeront une au sein de l'entreprise. Le ministre Baril et ses collègues ministériels comptent sur ces citoyens-mouchards pour dénoncer ceux contrevenant à sa loi. Baril a même prévu une ligne téléphonique sans frais, pour informer, certes, mais aussi «pour renforcer et accélérer le traitement des plaintes(...)» : le 1-877-416-TABA.

Bel euphémisme derrière lequel le ministre dissimule le mot délation. Car c'est bel et bien de ça dont on parle finalement. Et pas seulement : il y a risque aussi d'animosité entre fumeurs et non-fumeurs. L'approche est manichéenne, contribue à diviser la Société civile : les bons d'un côté (les non-fumeurs), les mauvais de l'autre (les fumeurs). La journaliste parle du reste d'une «véritable révolution» au Québec, une province traditionnellement tolérante face aux fumeurs. (Katia Gagnon - La Presse du 11 décembre 1999) (Suite demain)

News du samedi 16 Mai 2009

  L'affaire Villanueva - Le directeur Yvan Delorme du corps policier de Montréal dit non à la Commission d'enquête élargie que réclame la Ligue des droits et libertés (LDL) du Québec : «Non, c'est l'événement (le décès de Villanueva) qui est jugé», a-t-il déclaré à cyberpresse.

Rappelons que le 13 mai, la LDL annonçait qu'elle ne participera pas à l'enquête du coroner Robert Sansfaçon en raison du fait qu'elle ne portera que sur le décès de Fredy Villanueva, 18 ans, abattu par le policier Jean-Loup Lapointe de Montréal en août 2008, à Montréal-Nord.

La LDL veut qu'on traite aussi des pratiques de profilage, l'impunité policière et l'impact, sur les relations avec les citoyens, de la stratégie policière contre les "gangs de rue" à Montréal-Nord et d'autres quartiers défavorisés. Elle veut également une analyse des mesures prises par le gouvernement du Québec pour améliorer le sort des citoyens qui y vivent. Elle affirme que ceux-ci sont les victimes d'une exclusion sociale systémique. Seule une Commission d'enquête publique peut approfondir un tel contexte.

  Tomber dans la rue comme on tombe d'un escalier – Est-ce possible de se sortir d'une situation semblable sans l'aide d'un programme gouvernemental efficace? En Occident, combien de citoyens sont pris dans ce piège sans autre avenir que d'y rester (04:35)?

Requiem For A Trader, Holy Bonus, Market KrachAlléluia (02:37)!

  Cernons d'un plus près l'identité et le rôle de ceux qu'on appelle les «casseurs» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Revenons à la conférence internationale sur la ZLEA tenue l'année d'avant, en avril 2001, dans la Vieille Capitale (Ville de Québec). Nous allons essayer de cerner d'un plus près l'identité et le rôle de ceux qu'on appelle les «casseurs».

Dans les mois précédant l'événement, police et pouvoir, dont le maire péquiste de Québec, Jean-Paul L'Allier, en avaient tellement parlé dans les médias qu'ils avaient réussi à focaliser une partie de l'attention des Québécois là-dessus. Certains citoyens devaient retenir leur souffle. Le Vieux-Québec exploserait-il comme une poudrière?

Finalement, sur les 15 000 ou 20 000 qui s'y étaient manifestés pacifiquement, 463 personnes avaient été arrêtées, dont celles qui avaient assiégé la clôture ceinturant le secteur où se tenaient les délibérations des représentants d'une trentaine de pays. (Presse canadienne - La Presse du 20 juin 2001) La police de la Ville de Québec, la Sûreté du Québec et la Gendarmerie royale du Canada étaient bien armées pour les contenir : gaz lacrymogène, poivre de Cayenne, balles de plastique, police en civil omniprésente et mêlée aux manifestants, infiltration des différents groupes, arrestations préventives, etc.

Deux mois après, des résidents du secteur de la ville, qui avait été quadrillé d'une clôture et envahi par des manifestants, jonglent avec la possibilité d'intenter, à l'automne 2001, des recours collectifs contre les responsables des abus dont ils affirment avoir été victimes. (Presse canadienne -- La Presse du 20 juin 2001)

«C'est incroyable le nombre de droits qui ont été violés pendant le Sommet», déplore de son côté l'avocat montréalais Denis Poitras, qui dit représenter plusieurs manifestants qui ont été arrêtés. Il compte bâtir une preuve fondée sur des témoignages et documents vidéos. «Il y aura plusieurs recours collectifs, annonce-t-il. Un pour les citoyens qui ont souffert de l'utilisation abusive des gaz, un autre pour ceux qui ont été blessés par des balles de plastique, un autre pour ceux dont les droits n'ont pas été respectés au moment de leur arrestation.»

Pour sa part, Me Bernard-Luc Charron, spécialiste des recours collectifs, croit que «vu la complexité du dossier, ça va être dur de faire la preuve. Et le procès risque d'être long. Quand tu t'en prends aux administrations publiques, les combats sont toujours longs.» On ne connaît pas la suite de ce scénario.(Suite demain)

  En imposant une taxe très élevée sur la cigarette et le tabac, le pouvoir punit le fumeur et le réprime - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Des experts ont établi la quantité de ces produits toxiques, mais pas de tous, loin de là, que l'on peut inhaler à plein poumons, ou consommer, sans danger. Cependant, on parle peu des effets combinés de toutes ces petites quantités, ces fameuses parties par million (PPM). Aucune étude comparative ne semble avoir été effectuée à ce sujet : est-elle seulement faisable?

Et l'effet de serre, lié à la fumée de la cigarette? Ce qui ne veut pas dire que, n'étant de toutes ces autres sources de pollution, on pourrait fumer sans danger. Le tabac est sans doute l'équivalent d'un sport extrême. Il y a eu, il y a, il y aura toujours des citoyens préférant, consciemment ou non, vivre dangereusement et moins longtemps.

Et cette "déviance" se braque quand le pouvoir, au lieu de convaincre, impose des interdits camouflés. Faut comprendre aussi que le gouvernement du Québec traîne un boulet lourd, à chacune de ses chevilles.

En 2000, les intérêts générés par son déficit accumulé - 111 milliards en 2003, 115 l'année suivante -, troisième poste en importance du budget, nécessitaient un déboursé de plus de 7,6 milliards. Seulement pour le paiement des intérêts de la dette et non son remboursement. Alors, au lieu de réduire annuellement son déficit accumulé, il préfère réduire les coût de la santé, en imposant ses Oukases. (Suite demain)

News du vendredi 15 Mai 2009

  Love Story rencontre Viva la Vida - Vous allez adorer ça (08:03).

  Solidarité et citoyenneté : pas de quartier pour les inégalités – Le renouvellement du tissu bénévole est, selon l'AFEV, un enjeu considérable pour toute la société. Qoicélafev (00:38)? L'Association de la fondation étudiante pour la ville. Sa raison d'être : réagir aux discours sur la montée de l'individualisme et la perte du sens collectif.

Elle encourage les jeunes à s'impliquer pour défendre les valeurs de solidarité et de citoyenneté. Elle organise chaque année "Les Fêtes de solidarités locales" : concerts, piques-niques, débats citoyens, etc. Une centaine d'initiatives dans une quarantaine de villes à travers la France. C'est de cette façon qu'elle passe son message. Elle œuvre sous l'égide de l'ONU.

Description humoristique anti-jeune...Il n'élève jamais la voix, ne perd pas ses cheveux. Serviable, il vous apportera vos pantoufles à tout moment, sans bougonner. L'événement auquel je vous réfère, un spectacle de Marcel et son orchestre, est périmé, seul le message compte ici (02:13). Ce groupe, incorrectement correct, est l'un des collaborateurs de l'AFEV. Au sommet d'une page du site de celle-ci, un menu pour en savoir davantage : Campagne, Évènements, Partenaires, etc. Sa page d'accueil et des témoignages vidéos aussi.

PS : Nos sociétés éclatées ont bien besoin d'initiatives du genre. J'y vois une réponse absolument nécessaire au discours policier propageant suspicion et méfiance partout. Il y est pour beaucoup dans le charcutement du tissu social. Diviser la société pour mieux régner.

  «Et je songeai à tous ceux qui étaient restés derrière, à ceux qui croyaient encore à la démocratie» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Par la suite, les COBP, l'un des organismes initiateurs de la marche, émettent un communiqué de presse dénonçant «cette épouvantable arrestation de masse» et les «abus dont ont été victimes les manifestants». Ils soutiennent que les policiers étaient agressifs et n'ont laissé aucune chance aux manifestants de se disperser : «L'objectif de la police était de ficher, d'humilier et de malmener ceux et celles qui prennent leur courage à deux mains pour aller porter leurs critiques dans la rue».

Prenons connaissance aussi de cette lettre d'Alexandre Shields parue dans La Presse (Alexandre Shields - La Presse du 19 mars 2002) : «(...) Cette manifestation, qui se voulait avant tout pacifique, a réuni une foule hétéroclite venue scander sa critique malgré la pluie. Alors que les participants se trouvaient à une intersection, dansant sur la musique qui rythmait leur marche, les quatre rues vers lesquelles ils pouvaient se diriger furent rapidement bloquées par les forces de l'ordre.

«Les jeunes, pris de panique, couraient dans tous les sens pour fuir. Mais pour fuir quoi au juste? Jusqu'à ce moment, ils étaient non violents et se contentaient de (défiler) dans le calme. Pris de peur comme tous, j'ai quitté les lieux en toute hâte, bousculé par un bouclier qui me heurta le dos. Je me dirigeai vers le métro, tel un animal qui fuit, guidé seulement par une crainte réelle. Et je songeai à tous ceux qui étaient restés derrière, à ceux qui croyaient encore à la démocratie.» (Suite demain)

  La fixation sur la cigarette de la Société canadienne du cancer a permis de cacher bien des choses - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Le dossier environnemental est très lourd. On n'en fera pas l'historique, trop long, trop complexe. Contentons nous de rapporter quelques cas en vrac. Globalement, entre 1998 et 2003, les industries du Canada et des États-Unis, pour ne citer que ces deux pays, ont réduit de 20% l'ensemble de leurs rejets de substances toxiques dans l'air, dans l'eau et dans les lieux d'enfouissement. (Cyberpresse du 31 août de 2006) Il reste tout de même encore 80% à épurer.

On parle ici, notamment, de cancérogènes, comme le plomb, le zinc et le mercure. Au Canada, Stablex, une entreprise de gestion de déchets dangereux située à Blainville, au Québec, est pointé du doigt par la Commission de coopération environnementale, le bras vert de l'Accord de libre-échange nord-américain.

L'industrie des pâtes et papiers aussi, qui est principalement responsable des rejets de formaldéhyde, un cancérogène rejeté dans les eaux de surface. En 2003, cette industrie canadienne, à elle seule, a rejeté 18 millions de kilos de cancérigènes dans l'air et l'eau. (Cyberpresse de juin 2006)

Selon le Dr Rick Smith, de Défense environnementale, groupe voué à la protection de l'environnement et la santé, se référant à une étude effectuée par son organisme, les Canadiens sont empoissonnés quotidiennement par une multitude de produits toxiques, vivent dans une «soupe chimique» qui met leur santé en danger.

La pollution est si grande que les enfants ont davantage de produits toxiques en eux que leurs parents, dont des BPC. Personne n'y échappe, seul le niveau de contamination varie entre 35 produits détectés dans le sang ou l'urine et 60. L'étude de l'organisme portait sur 88 produits chimiques. Une dizaine de personnes, représentatives de différents milieux sur le territoire canadien, y avaient participé.

D'après Jean-Philippe Weber, directeur du Centre de toxicologie, à l'Institut de santé publique du Québec, «il y a rarement des études sur un aussi grand nombre de produits ». Aux États-Unis, Center for Disease Control, dans une étude plus vaste, en a détecté 116. D'autres études sont en cour.

En septembre 2006, le Canada complétait son étude portant sur des milliers de produits chimiques dont la toxicité n'avait jamais été... évaluée. (François Cardinal -- La Presse du 14 septembre 2006) Un inventaire détaillé de quelque 23 000 produits, dont un grand nombre n'ont jamais subi des tests d'innocuité adéquat, c'est-à-dire permettant de déterminer s'ils sont nocifs ou pas. Il s'agit, dans bien des cas, de produits utilisés commercialement au pays.

Pour les écologistes, ce jour est le plus important dans l'histoire de la pollution au Canada. Hugh Benevides de l'Association du droit de l'environnement : «Il est temps d'interdire les pires substances et de réglementer les autres, avec l'objectif de les remplacer par des produits alternatifs plus sécuritaires.» (Suite demain)

News du jeudi 14 Mai 2009

  La mort du montréalais Mohammed Anas Bennis – Il a été tué de deux balles par le policier Yanic Bernier de Montréal, en décembre 2005. Sa famille s'est battu pendant deux ans pour avoir la preuve de ce qui s'était passé, sans obtenir gain de cause.

Dès le départ, l'enquête a dérivé : au Québec, lorsqu'un policier abat quelqu'un, elle est effectuée par un corps policier autre que celui auquel il appartient. Ce qui ne garantit en aucun cas son impartialité, loin de là.

Selon la police, il s'agissait d'un cas de légitime défense. Alors la famille se demande pourquoi elle refuse de rendre public son rapport? Si vous avez une vidéo de l'événement, montrez nous la : à l'endroit où il a été abattu, il y a des caméras de surveillance. Si la victime s'est attaqué au policier, montrez nous ses blessures, montrez nous l'arme, un couteau.

La journaliste Madelein Roy de la télé de Radio-Canada, l'auteur du reportage, pose la question : la police a-t-elle caché des informations compromettantes dans l'affaire Bennis? Elle ajoute que cette histoire démontre jusqu'à quel point, lorsqu'un policier tue un citoyen, il est difficile de s'assurer que justice a été rendu. Vidéo 1 (12:49), vidéo 2 (12:49) : les écrans prennent quelques secondes avant de s'activer.

PS : Depuis des années des coroners, des citoyens et des organismes luttant contre la brutalité policière dénoncent le fait que la bavure d'un policier soit enquêtée par un autre corps policier. En permettant cette façon de faire, le ministre québécois de la Sécurité public, quel qu'il soit et de quel parti politique il appartienne, perd de sa crédibilité parce qu'il devient complice de cet absence de transparence. Voir L'Étau Policier, Tome 3, chapitre "La délinquance de la police en uniforme", mot clé : coroner.

  Lhasa De SelaLa marée haute (03:26).

  Ami entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne? – 14 juillet 2007, à Port d'Envaux, en France, le Collectif les Motivés et des membres du groupe Zebda ont interprété Le chant des partisans.

  La police a confisqué l'espace public à la Société civile, situation plus visible en milieux rural qu'urbain - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) «Le nombre m'apparaît énorme», déclare Robert Laramée, membre de la Commission de la sécurité publique de la Ville de Montréal, organisme responsable de la police. Il fait part de son intention de demander des comptes à la direction du service. «Il est évident qu'on ne peut accepter des gestes de saccage ou de barbouillage, mais je me demande tout de même pourquoi la police n'a pu faire la différence entre saccageurs et ceux qui voulaient manifester pacifiquement.»

De son côté, le maire Gérald Tremblay, qui est nul aussi en matière policière, se dit satisfait de l'opération policière : «Pour le moment (...) l'information que j'ai, c'est que les policiers ont fait un travail assez exceptionnel pour circonscrire les jeunes et s'assurer qu'il y ait le moins de dommages possibles à la propriété privée

D'autres ne partagent pas l'opinion du maire, ainsi le criminaliste Christian Desrosiers : «C'est presque autant que lors des mesures de guerre». (NDLR : À la suite de l'adoption de cette loi fédérale qui, ainsi qu'on l'a vu, visait à neutraliser le FLQ, plus de 400 avaient été arrêtés.)

Me Julius Grey manifeste également son étonnement : «Quand, durant une manifestation, la police arrête une ou deux personnes, on se dit qu'elle peut avoir raison. Mais autant de gens à la fois, ça semble s'inscrire dans cette nouvelle politique d'intolérance que l'on voit depuis les événements de Québec (Sommet des Amériques du printemps 2001).»

Me Grey lance un appel à la tolérance : «Il faut valoriser l'institution de la manifestation. Elle est un moyen d'expression fondamental pour des milliers de gens qui n'ont pas accès aux pages des grands journaux et aux autres médias pour faire connaître leurs points de vue. Nos politiciens, nos chefs de police et les avocats devraient réaffirmer ce rôle de la manifestation comme expression publique. Ils devraient admettre publiquement qu'elle est un des liens entre l'individu et l'État démocratique.»

Me Grey prêche dans le désert, aucun politicien ni directeur de police ne répondra à son invitation. La vérité est que, partout au Québec, la police a confisqué l'espace public à la Société civile, situation plus visible en milieux rural qu'urbain. On l'a vu depuis le début de ce livre, on continuera de le voir jusqu'à sa dernière page. (Suite demain)

  L'intolérance intempestive (power trip) de ceux que nous portons au sommet du pouvoir politique - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Quand des élus imposent des mesures au lieu de convaincre