News du mardi 30 Juin 2009
■ Lors de descentes, la Sûreté du Québec effectue des arrestations massives sans mandat - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) La Commission Poitras s'est intéressée aussi à
des façons de faire des enquêteurs de la Sûreté du Québec
affectés à des escouades des crimes majeurs de la région de
Montréal.
Des
procureurs
chefs
ont dénoncé, à ses audiences, des
arrestations massives sans mandat
et la comparution en détention de plusieurs personnes liées à un
même dossier, et sans
en avoir préalablement avisé les avocats de la Couronne.
Pourtant, ce sont ces derniers qui décident d'intenter des
procédures à l'encontre des personnes arrêtées. En somme, il
s'agit d'arrestations n'ayant fait l'objet d'aucune autorisation
judiciaire.
D'autant
plus inacceptables, peut-on conclure des propos de la Commission, que
les policiers disposaient de tout le temps nécessaire pour les en
informer : les enquêtes s'étalent sur plusieurs mois et les
raids, qui mobilisent parfois une centaine de policiers, sont
planifiés longtemps d'avance. Ces avocats de la Couronne étaient
placés dans des situations où ils leur étaient impossible de
prendre une décision en toute connaissance de cause :
arrestations hâtives, dossiers souvent incomplets, à la remorque
des affirmations verbales des enquêteurs.
Ainsi
ce
témoignage de Me Jean Lortie,
lors des audiences de la Commission : «Le
constat majeur
(...) --
et c'est la même problématique sur plusieurs aspects --
on ne nous consulte pas auparavant. On procède... il
y a une opération d'envergure et on nous annonce à une heure d'avis
qu'on va être à nos bureaux avec 15 accusés dans le cadre d'une
opération majeure.
«La
problématique à ce moment-là est la suivante : le précis des
faits est à toutes fins pratiques inexistant, on a quelques
déclarations, on autorise sur la parole de l'enquêteur, dans le
sens où "Oui,
j'ai cette information-là, je vais l'apporter. Oui, telle chose,
vous allez l'avoir par la suite".
Il arrive à l'occasion que ces promesses ou engagements ne sont pas
remplis.»
Témoignage
aussi de Me André Vincent :«(...)
la
preuve, souvent on
(nous) la
donne verbalement,
et lors de la lecture du précis, on se rend compte que les éléments
de preuve donnés
verbalement pouvaient diverger de la preuve disponible,
de sorte que la Couronne...».
(Suite demain)
■ La police pouvait se permettre de franchir un autre pas, sans faire craquer le plancher et réveiller tout le monde -
(Suite tome
2
de L'Étau Policier) Les membres de l'escouade cycliste ont
déjà des émules,
et on pouvait s'attendre qu'il y en ait d'autres. Cela s'est passé
environ un mois après l'assermentation de l'escouade de Jeunesse au
Soleil. Oui,
un mois.
Pourquoi? Parce que citoyens et médias avaient déjà oublié ce qui
s'était passé le mois précédent. Alors,
la police pouvait se permettre de franchir un autre pas, sans faire
craquer le plancher et réveiller tout le monde.
En
juillet 1999, deux citoyens décident
de doter le Village gay de Montréal d'une brigade de nuit.
(Hugue Dumas --
La Presse du 28 juillet 1999) Son rôle? Porter assistance à toute
personne sur la rue dont l'état de santé nécessite des soins
médicaux immédiats. Elle agira à titre de premier répondant en
attendant l'arrivée d'Urgence Santé, a indiqué l'un de ses deux
fondateurs, André
Faivre, l'autre étant Stéphane Bolduc.
Pour
que ces deux citoyens aient décidé de former une brigade de
premiers soins, signalait le journaliste Hugue Dumas de La Presse,
avec un brin d'ironie, m'a-t-il semblé, fallait tout de même qu'il
y ait, dans le secteur où ils patrouilleront, un
nombre endémique de gens victimes de coups de chaleurs, d'engelures,
de crises d'épilepsie, de crises cardiaques ou d'accidents.
Faivre
affirme que les membres de la brigade n'empiéteront
pas les plates-bandes de la police,
ni celles des ambulanciers, qu'ils ne joueront pas le rôle d'agents
de sécurité. Les deux fondateurs n'en espèrent pas moins
«améliorer
la qualité de vie»
des résidants de cette partie du quartier Centre-Sud. Oups!
On reconnaît là une bribe du discours que pouvoir et police
utilisent abondamment pour vendre à la population la soi-disant
police communautaire : être
plus proche des citoyens pour améliorer leur... qualité de vie.
Même
discours, même mission? Et si la police leur demande de les informer
de ce qu'ils verront et entendront au cours de leurs rondes,
refuseront-ils de collaborer? Là, ils seraient justifiés de dire
qu'il
n'y a pas eu empiétement puisque qu'on le leur aura demandé.
Les
patrouilleurs portent un uniforme blanc et noir. Ils communiquent
entre eux à l'aide d'un émetteur-récepteur portatif (prêté
par la police?).
La brigade pouvait déjà compter, cet été-là, sur une dizaine de
bénévoles qui arpentent à pied la rue Ste-Catherine-Est, dans la
portion comprise entre Amherst et de Lorimier. On parlait...
d'étendre éventuellement son rayon d'action.
La
compassion n'a pas de limite, lorsqu'il s'agit de sauver les victimes
de coups de chaleurs, d'engelures, de crises d'épilepsie, de crises
cardiaques ou d'accidents. (Suite demain)
News du lundi 29 Juin 2009
■ À la rencontre de jeunes inventant des solutions alternatives afin d'avoir un toit où vivre, dormir – John Paul Lepers (JPL), journaliste-réalisateur, Henry Marquis,
cameraman et co-réalisateur, et Smaïn Belhadj, monteur, ont roulé
3 500 kms en campingcar, un peu partout en France, pour connaitre
leurs conditions de vie.
Contexte
économique difficile n'aidant pas, les jeunes, qui, entre autres
raisons, désirent quitter le nid familial et vivre comme ils
l'entendent, éprouvent de plus en plus de difficultés à dénicher
des
logements (56:11).
Article
intéressant aussi sur la démarche socio-politique de JPL, un
journaliste engagé,
mais pas tonitruant, ni homme tronc crispé, derrière un pupitre,
annonçant face à la caméra l'apocalypse now. Du genre plutôt
relaxe et innovateur en communication.
■ ONU et Autochtones – Chaque année, à New York, des délégations de peuples
autochtones du monde entier
s'y rassemblent pour raconter ce qu'ils vivent et défendre leurs
droits (6:07).
■ L'État défrayant les frais, les policiers exposés aux poursuites criminelles retiennent les services des avocats les plus éminents et efficaces - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Se
pose aussi la problématique de la valeur de l'expertise de l'avocat
de la Couronne
chargé de porter les accusations et piloter avec succès le procès
contre l'accusé, le policier.
Se
référant à d'autres chercheurs (Fitzgerald, Christopher, Iannone),
Me
Knoll
fait remarquer que les répercussions d'une décision prise de façon
expéditive peuvent être considérables et seuls
les procureurs les plus expérimentés et compétents devraient être
mandatés à cette fin.
C'est que les policiers exposés aux poursuites criminelles
retiennent les services des avocats les plus éminents et efficaces. (NDLR : Déséquilibre il y a, lorsque le citoyen ne dispose pas de l'aisance financière pour accuser un flic. La démocratie perd des plumes.) D'où l'importance que les avocats de la Couronne soient de calibre
équivalent. L'intérêt
public ne demande rien de moins du ministère de la Justice,
précise-t-il.
Enfin,
à l'instar de Wood auquel il se réfère, Me Knoll s'attarde
sur les lenteurs du système à déposer des accusations criminelles
contre des policiers.
Il reconnaît que la majorité des avocats de la Couronne sont
surchargés de travail, mais n'en signale pas moins cependant la
nécessité de trouver un mécanisme pour en accélérer le
processus.
Les retards imposent un stress considérable aux personnes concernées
et risquent de discréditer le système judiciaire. (Suite demain)
■ Le Québec serait-il doué en matière d'écorniflage et de délation? - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Au
Québec, serions-nous doués en matière d'écorniflage et de
délation? Semble bien, si l'on se fit à ce qui suit...
Selon une
étude menée en 2001 par Jean
Trudelle,
professeur de physique au Cégep d'Ahuntskic, à Montréal, dans
cette institution le
taux de réussite moyen des 20 programmes de formation technique
les plus fréquentés au Québec n'est que de 26% au bout de trois
ans, et de 50% au bout de cinq. (Silvia Galipeau --
La Presse du 12 janvier 2002)
En
technique policière,
par contre, ce taux... grimpe à 62,2%
en trois ans, et à 78,1%
en cinq. Alors qu'à l'autre bout de l'échelle, en
électronique,
il atteint à peine les 13,4% en trois ans et les 35,5% en cinq.
Pourquoi
les étudiants en technique policière réussissent-ils mieux que les
autres?
La question ne lui a pas été posée. Il aurait été intéressant
d'établir des comparaisons avec d'autres provinces, d'autres pays.
Notons
que, en juillet 2006, l'École
nationale de police du Québec
ne produisait pas suffisamment de diplômés pour répondre à la
demande des corps policiers. (Anabelle Nicoud et Jean-Paul
Charbonneau --
La Presse du 3 juillet 2006)
La pénurie serait notamment attribuable à l'application
de nouvelles lois et au resserrement de la sécurité face à la
menace terroriste...
L'un des rares métiers où le chômage atteint le point zéro.
(Suite demain)
News du dimanche 28 Juin 2009
■ Sarkozy veut-il transformer l'Agence France-Presse (AFP) en Agence gouvernementale? - On ne le sait pas de façon certaine, la réforme n'ayant pas encore été annoncée.
Cependant, des antécédents
inquiètent grandement les milieux journalistiques. C'est qu'en 2008,
l'AFP a subi des attaques particulièrement vives
de plusieurs membres de la majorité parlementaire, tous de l'Union
pour un Mouvement Populaire (UMP), dont Sarkozy est l'ex-président.
Mai
de cette année-là, Frédéric Lefebvre, un proche de Sarkozy,
accuse l'AFP de ne pas avoir suffisamment repris ses communiqués
concernant une plainte judiciaire visant Ségolène Royal, du parti
socialiste. Son pdg Pierre Louette intervient : l'agence n'a pas
vocation à devenir une machine à diffuser des communiqués.
Intervention aussi du président de la Société des journalistes de
l'AFP, Christophe Beaudufe : l'agence n'est pas un blog sur lequel
les acteurs politiques ou économiques viendraient poster des
communiqués à leur guise. Peu après, le député de l'UMP, Claude
Goasguen, déclare souhaiter ardemment une privatisation de l'AFP.
En
octobre, nous sommes toujours en 2008, le gouvernement de Sarkozy
annonce officiellement que le pdg Louette de l'AFP est mandaté pour
proposer un changement de statut qui doit notamment doter l'agence
d'un actionnariat stable.
Le
mois suivant, l'intersyndical lance la pétition sur le web SOS-AFP.
Elle appelle à refuser toute modification qui aurait pour effet de
transformer l'AFP en agence gouvernementale, soit de la livrer en
totalité ou en partie à des entreprises privées quelles qu'elles
soient et sous quelque forme que ce soit.
PS : L'AFP est une
agence d'envergure internationale. Elle alimente quotidiennement des
milliers de médias à travers le monde, dont ceux du pays où
j'habite, le Canada. Si Sarkozy affaiblit ou supprime son statut
unique, vous et moi, qui tenons à une information de qualité
professionnelle, risquons d'avoir accès à une information tronquée.
Plus explicitement, de ne
pas tout savoir sur ce qui se passe en France, le pouvoir français
jugeant que ç'entacherait son image à l'étranger. Idem de ce qui
se passe à l'extérieur de ses frontières, ce même pouvoir jugeant
que cela nuirait à ses intérêts sur les plans diplomatique,
commercial, etc.
Tout
cela pour démontrer l'importance de la pétition en faveur du statut
unique. Moi, je l'ai signée au nom du droit de savoir. Signez
là, si vous croyez que la cause est valable. La
pétition sur le web sera imprimée et remise, dans sa version
papier, au Parlement français et à la direction de l'AFP.
■ Élections Canada veut permettre le vote sur l'Internet – Depuis des années, le taux de participation électorale est en
baisse dans de nombreux pays.
Au Canada, de 1988 à 2004 (voir
graphique),
il est passé de 75,3% à 60,9, et remonté à 64,7 à l'élection
générale de 2006. Selon Marc Mayrand, directeur général
d'Élections Canada, organisme chargé notamment de la préparation
du jour du scrutin, cette tendance à la baisse, si elle persiste,
pourrait compromettre la légitimité du processus démocratique.
Afin
d'améliorer l'accessibilité au vote, il propose, dans son "Plan
Stratégique 2008-2013",
de mettre en place un processus d'inscription sécuritaire permettant
aux électeurs de s'inscrire en personne, partout et en tout temps,
soit par la poste, le téléphone ou via l'Internet (item
6.2). S'il obtient le feu vert du Parlement canadien, il souhaite
tester ces nouveaux modes d'inscription lors de la prochaine élection
partielle.
Certains
craignent que l'électeur soit influencé, corrompu ou contraint de
voter pour quelqu'un d'autre que son candidat préféré. Notons que
la victime aurait tout de même la possibilité de porter plainte
auprès d'Élections Canada.
■ Des avocats de la couronne ont déjà refusé de porter des accusations contre des flics - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Une
certaine promiscuité, car c'est bien de cela dont il s'agit, a été
mise en relief par la Commission Poitras. Reconnaissons
le courage de ses commissaires,
car ils ont osé marcher quelques pas de l'autre côté du Rubicon.
Ainsi,
elle a fait le constat que, malgré l'expertise développée par les
enquêteurs des Affaires internes de la Sûreté du Québec, on
perçoit «une
certaine retenue de leur part et de la part des procureurs
(avocats de la Couronne) lorsque
vient le temps de porter des accusations à l'endroit de
policiers. (...)
certains
dossiers ont été présentés à des substitut du procureur
(avocats de la Couronne) qui
ont
refusé de porter des accusations,
laissant aux autorités (policières)
l'obligation de sévir.»
Elle
joint aussi à son rapport la recherche effectuée par Me
Patrick J. Knoll,
professeur à la Faculté de droit de l'Université de Calgary, et
portant sur les pratiques de pays occidentaux. (Patrick J. Knoll --
Regard sur les affaires internes, Les Perspectives internationales --
Rapport présenté à la Commission Poitras)
Examinons
en quelques passages. Avocats de la Couronne et policiers sont
quotidiennement interdépendants
et entretiennent une relation qui, en certaines circonstances, peut
prendre des allures quasi symbiotiques
(union étroite), écrit Me Knoll. Les
dangers de cette proximité sont réels.
Elle
laisse entrevoir les risques de parti pris et d'influence indue
lorsque vient le temps de décider si une accusation criminelle sera
portée ou non contre un policier.
Selon
lui, l'avocat
de la Couronne peut être influencé,
soit en raison d'un préjugé favorable à l'endroit de la police ou
parce qu'il juge préférable de fermer les yeux s'il veut éviter
animosité et friction. Pour lui, la collaboration de la police est
fondamentale, alors on éviterait les agissements susceptibles de
créer du ressentiment ou de la mauvaise volonté. Les difficultés
inhérentes à cette relation ont
du reste déjà été démontrées par d'autres chercheurs,
Me Knoll indique des sources : Knapp, Goldstein, Caiden,
Skolnick et Fyfe.
Se
reportant à d'autres études (Perez, Kerstetter, Junger et
Whitehead), il constate que rien pratiquement n'a
été fait dans la majorité des juridictions pour établir des
barrières convenables.
Il soutient que les avocats de la Couronne, responsables de l'étude
des dossiers et des mises en accusation (impliquant des policiers),
ne
peuvent être en même temps ceux côtoyant quotidiennement les
policiers.
Dans
le cas de litige et d'accusation très grave, recommande Me Knoll, il
serait prudent aussi d'en faire l'étude ailleurs que dans les locaux
où les faits reprochés sont survenus. (NDLR : Me Knoll fait
vraisemblablement allusion ici à des cas de collusion police-avocat
de la Couronne.) Il
importe que les décisions sur la mise en accusation soient
indépendantes et perçues comme telles
par le policier intimé, le plaignant, les médias et le public
(Suite
demain)
■ Une escouade cycliste pour infiltrer les citoyens, leur tirer les vers du nez - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Septembre
2000, un an plus tard donc, nous en apprenions un peu plus. Le
journaliste Raymond Gervais de La Presse indiquait que «la
majorité»
des
patrouilleurs de Jeunesse au Soleil sont des étudiants en techniques
policières.
(Raymond Gervais --
La Presse du 9 septembre 2000) Pas la totalité. Une majorité, c'est
50% + 1. Bien sûr, une majorité peut-être plus généreuse. On ne
dissertera pas des pages là-dessus.
Retenons
simplement le fait que, contrairement
à ce que affirmait Serge Meloche,
directeur adjoint de la police de l'île de Montréal, le 10 juin
1999, les membres de l'escouade cycliste n'étaient plus tous, en ce
mois de septembre 2000, «des
jeunes qui resteront dans la police».
Combien seraient-ils à l'année suivante? Réponse
:
en mars 2001, Jeunesse au Soleil annonçait être à la recherche
d'étudiants en techniques policières pour former sa brigade
estivale de patrouille à vélo. (La Presse du 11 mars 2001)
On
peut penser qu'un jour elle accomplira quelques
exploits qui feront la une de nos médias,
nos grandes émissions télé en parleront abondamment, inviteront de
ses membres : pourquoi
pas une télésérie sur l'escouade, genre Métier policier?
Prévoir qu'éventuellement des Montréalais salueront de la main de
ses membres quand ils passeront dans leur rue, leur taperont
amicalement l'épaule quand ils s'arrêteront faire un brin de
causette.
Opération
dont pourtant l'objectif est assez clair.
Créer un lien de confiance avec des citoyens aux
seules fins de les infiltrer,
de leur tirer les vers du nez. Tous ces renseignements ensuite
emmagasinés dans
la mégabanque policière.
Et de procéder aux contrôles et nettoyage sociaux des
vitres cassées.
Les premiers sur la liste seront probablement ceux-là même qui les
salueront, leur parlerons. (Suite demain)
News du samedi 27 Juin 2009
■ De la servitude moderne – Le titre d'un film documentaire de Jean-François Brient traitant
de ce qu'il appelle "le système totalitaire marchand". On
une idée de quoi il parle plus précisément, en lisant un document
de 25
pages qu'il a produit. Des deux bandes annonçant le film, j'ai
opté pour la deuxième
(02:31), qui me semble plus appropriée à son sujet et aussi plus
visuelle. Qu'on soit d'accord ou pas avec certains de ses énoncés,
il a droit à son opinion.
Comme
fond musical, Édith Piaf : Non, je ne regrette rien! Contrairement à
ce qu'on annonce à la fin de la vidéo, le film, qui sera offert gratuitement, n'est pas encore disponible sur le web. Cela peut changer,
alors vérifiez de temps à autre sur le site de l'auteur.
■ Aide aux handicapés, en France - Belle intervention humanitaire à
imiter (04:00). Ne pas s'occuper que de soi, des autres aussi.
■ Les dictatures peuvent compter sur la techno occidentale pour censurer leur population respective fréquentant l'Internet - Un cas, parmi d'autres : Nokia
Siemens Networks, qui aide l'Iran à filtrer et censurer les
internautes du pays. L'affaire a été dévoilée par deux
journalistes du Wall
Street Journal, Christopher Rhoads et Loretta Chao, et reprise
par la suite par d'autres sites d'information, dont lemonde
et libertésinternet.
D'après OpenNet,
l'Iran continue de consolider son système de filtrage du net, qui
serait l'un des plus expansifs au monde.
L'entreprise
Nokia Siemens Networks est présente partout dans
le monde (voir carte géo, plus bas dans la page s'affichant) et
cotée en bourse : voir ici
et là.
PS
: Que Google, entre autres moteurs de recherche, se plie aux
exigences de la Chine, par exemple, on ne voit pas comment
l'entreprise pourrait refuser d'obéir : lorsqu'on entre dans un pays
obligation il y a d'en respecter les lois. L'autre point est que
Google est une fenêtre sur le monde libre, source potentielle
d'émancipation. On ne peut pas, moralement s'entend, en priver ces
populations vivant sous la botte de petits potentats. En contre
partie, qu'une entreprise occidentale leur offre ses technologies de
contrôle des masses, de toute évidence, elle participe à cette
forme de répression.
Renseignement
complémentaire dans mes ACTUALITÉS du lundi 22 juin, manchette "Des
entreprises high-tech de l'Occident aident des États policiers à
réprimer des internautes". Aux USA, des ONG, qui témoignaient
devant la Commission des droits de l'homme de la Chambre des
représentants, ont demandé récemment que des sanctions soient
imposées l'encontre de celles-ci.
■ Libération des Iraniens, pas demain la veille – Explicite cette autre caricature du Suisse Chappatte.
Il excelle vraiment dans l'art de résumer les événements en
quelques coups de crayon. Selon moi, il est l'un des meilleurs.
Implacable, la nuance colorée qu'il apporte entre la diversité (la
liberté) et la tenue noire du gardien du dogme.
■ Quand un système judiciaire ou policier se met publiquement à nu, on a
toutes les raisons de croire qu'on peut s'y fier -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) Le
pouvoir politique résiste
longtemps aux pressions de la Société civile
avant de décréter une enquête publique sur la police. Il attend
toujours de ne plus avoir le choix.
Quand
enfin il se décide, il
nomme lui-même
ceux qui la mèneront et les
confine dans un mandat étroit
les empêchant d'aller trop loin, et fait
ce que bon lui plaît de leurs recommandations.
Il craint de braquer sa police et qu'elle ne lave plus aussi blanc
les citoyens. Craint également que
la sacro-sainte image de la police soit démolie
et qu'elle perde de sa légitimité aux yeux de la population.
Le
laxisme de certains avocats de la Couronne et juges de paix, lui,
a-t-il déjà fait l'objet d'une enquête publique, portant
exclusivement là-dessus s'entend? À ma connaissance, non. Là, ce
que le pouvoir redoute, c'est que la crédibilité du système
judiciaire soit entachée. Là aussi il en désigne les
personnes.
Mais
il y a plus : il a peur que ses interventions clandestines
soient étalées au grand jour et qu'il ne lui soit plus possible
d'agir illégalement à sa guise. Son comportement est identique à
celui de la police, qui préfère taire certaines affaires pour
en assurer la pérennité, sous prétexte de scorer plus souvent.
Quand
un système judiciaire ou policier se met publiquement à nu, on a
toutes les raisons de croire qu'on peut s'y fier. Dans le cas
contraire, on en a autant de s'en méfier. (Suite
demain)
■ Montréal : l'escouade cycliste de Jeunesse au Soleil - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Onze
jours après l'assermentation de l'escouade
cycliste de Jeunesse au Soleil,
des médias nous démontraient déjà leur utilité, ainsi qu'en
témoignerait le fait suivant. Un résidant de la rue Esplanade, à
Montréal, et non identifié -- faudra apprendre à identifier ces
gens, à les photographier aussi --, se
serait fait voler sa télé
lors d'une vente de garage (vendre sur le trottoir), rapporte La
Presse. (La Presse du 21 juin 1999)
Un
de ses clients lui aurait demandé la permission d'utiliser ses
toilettes et en aurait profité pour commettre son méfait. Il
n'aurait pas osé alerter la police pour ne pas attirer l'attention
sur son activité commerciale, qui est un peu l'équivalent d'un mini
commerce. Il se serait contenté d'en souffler un mot à... deux
patrouilleurs de l'escouade cycliste
afin que ceux-ci avertissent les autres vendeurs de ne pas laisser
entrer des inconnus dans leur maison. S'il avait tant peur de la
police, pourquoi
alors en avoir parlé à ces cyclistes qui lui rapportent tout?
Le
Journal de Montréal nous fait progresser davantage dans la
compréhension de cette affaire. (Journal de Montréal du 21 juin
1999) À la suite de ce présumé vol, les 78 membres de l'escouade
de prévention «ont
entrepris une tournée de sensibilisation auprès des citoyens qui
tiennent des ventes de garages et qui sont depuis peu la cible
fréquente de filous»,
y lit-on.
L'auteur
de cet article, non signé, l'affirme sans le démontrer. Il
n'indique pas non plus de qui il tient son info. Compte tenu du
contexte de l'underground policier, où l'incroyable n'est jamais
exclu, on
ne peut écarter l'hypothèse que ce vol n'ait jamais eu lieu,
et qu'on ait utilisé cette astuce pour mettre en branle une
opération de relations publiques
visant à démontrer la nécessité de cette escouade, et en
faire accepter la présence aux Montréalais.
Alors qu'on sait que la police en civil est déjà sur les lieux,
directement ou par collabos interposés.
La
rumeur était lancée. On pouvait s'attendre à ce qu'elle
s'amplifie. Notre société était confrontée à une nouvelle
activité criminelle. Heureusement, l'escouade qui, comme
par hasard,
venait à peine d'être assermentée, s'adonnait justement, autre
heureux-z-hasard,
à passer par là. Désormais elle saura les en protéger. Son
intégration au sein de la population est de facto enclenchée.
Comme
le démontrerait encore cet autre événement, survenu environ quinze
jours plus tard, le 10 juillet. Le contexte : la police est à
la recherche d'une femme de 25 ans, Joycelyn Quansah, disparue
quelques jours plus tôt.
(La Presse du 10 juillet 1999)
«Selon
un communiqué publié par l'organisme Jeunesse au Soleil,
dont les 24 (NDLR :
Ils sont 78 ou 24?) patrouilleurs
à vélo se sont joints aux recherche, Mme Quansah, lit-on
dans La Presse,
souffre d'une maladie qui requiert une médication immédiate.»
Que ces citoyens participent aux recherches, difficile de retenir une
bouffée d'émotion devant tant de compassion. Ce
qui inquiète, c'est la face cachée des autres activités de
l'escouade. (Suite
demain)
News du vendredi 26 Juin 2009
■ ONU : Navi Pillay demande d'aider les victimes de tortures – Moment bien choisi puisque, ce 26 juin 2009 est la Journée
internationale pour le soutien aux victimes de la torture. Selon la
Haut Commissaire aux droits de l'Homme, à l'ONU, «aucune
circonstance exceptionnelle, quelle qu'elle soit, qu'il s'agisse de
l'état de guerre ou de menace de guerre, d'instabilité politique
intérieure ou de tout autre état d'exception, ne peut être
invoquée pour justifier la torture.»
Elle
soulève l'importance d'aider les victimes de tortures, «l'une
des pires épreuves auxquelles un être humain peut être soumis.
Cicatrices physiques et mentales sont extrêmement douloureuses. (…)
Elle exhorte tous les dirigeants du monde à proclamer clairement
et sans équivoque que la torture ne sera plus tolérée et que ceux
qui la pratiquent commettent un
crime grave.»
PS
:
Et les déstabilisations psychologiques dont sont victimes des
citoyens, tactique que civils et collabos de l'Occident utilisent chaque jour, clandestinement et illégalement, des millions et des millions de fois dans les villages,
les petites, moyennes et grandes villes? Ça aussi, c'est de la
torture. À répétitions, elles conduisent au burnout, à la limite
au suicide. Pas un mot là-dessus. L'ONU préfère s'en tenir à
celle pratiquée lors de conflits armés et dans le cadre de la lutte
contre le terrorisme. On ne va surtout pas lui reprocher de se porter
au secours de ces citoyens qui souffrent, mais il serait temps
qu'elle élargisse, formellement, son champ d'action.
■ Comparaisons entre deux scandales de corps policiers, ceux de la Ville de Toronto et de la Sûreté du Québec - (Suite tome
3 de
L'Étau Policier) Le journaliste Boisvert fait des comparaisons...
«Au
cours de 2001, un
gros scandale de corruption éclatait à la police de Toronto.
Treize policiers accusés de vol, fraude, parjure et trafic. La
Couronne obligée de
retirer les accusation dans 115 procès
portant sur le trafic de stupéfiants, résultats des enquêtes des
treize.»
Le journaliste rappelle que, «comme
à la Sûreté du Québec dont des policiers ont trafiqué des
preuves lors du procès des frères Matticks, des
policiers de Toronto ont menti à la cour pour aider leur preuve.
Et ainsi que ce fut le cas à la Sûreté du Québec, le
syndicat des policiers de Toronto a dit qu'il n'y avait pas de quoi
fouetter un chat.
(...)
«Autre
similitude avec la Sûreté du Québec d'avant la Commission
Poitras, la même pente
glissante,
la même mentalité
pourrie,
la même façon de tourner
les coins ronds,
jusqu'au moment où certains
acceptent carrément de commettre des crimes
sous prétexte de faire prendre des criminels. Il a fallu un peu de
temps avant que des avocats de la Couronne
(de Toronto) dévoilent
le pot aux roses,
constate-t-il.
Ils ont d'abord suspendu les procédures dans un grand nombre de
procès, sans
donner aucune explication
(sic).
Puis le chat est sorti du sac quand un
avocat de la Couronne a admis
devant la Cour d'appel de l'Ontario qu'un condamné pour trafic
d'héroïne, qui avait déjà purgé 18 des 45 mois de sa sentence,
avait été victime d'une injustice
parce que les enquêteurs avaient trompé la cour.
«Depuis,
on
en a répertorié environ 150 autres,
accusés ou condamnés, et il se peut qu'à la lumière de l'enquête,
écrit le journaliste,
plusieurs autres causes soient abandonnées et d'autres condamnations
annulées. Parmi les treize policiers torontois, dix faisaient parti
de l'escouade des stupéfiants, certains, considérés
comme des "policiers d'élite".»
Boisvert signale qu'«à
la Sûreté du Québec, c'était aussi un corps d'élite, le Service
de répression du banditisme, qui était au coeur du scandale.
(...)
«À
Toronto, la police n'a pas tenté de camoufler l'affaire,
à la Sûreté du Québec, oui : "C'est
un triste moment dans l'histoire de la police de Toronto", a dit
Julian Fantino, le chef de police de Toronto. Qu'avait fait et dit, à
l'époque, le directeur de la Sûreté Québec? Remontons brièvement
en arrière. Le
directeur Serge Barbeaudemande
à trois de ses policiers d'effectuer une enquête interne
: Louis Boudreault, Bernard Arsenault et Hilaire Isabelle. Par la
suite, loin d'être appuyés par les dirigeants de la Sûreté du
Québec, ils doivent plutôt encaisser des reproches sévères de
ceux-là même qui les ont choisis pour faire ce travail. Et
qui finissent par les congédier en raison de leur détermination à
faire exactement ce qu'on leur a demandé,
ce qui devient soudainement "un manque de loyauté "
envers l'institution. »
C'est
la seule fois, sauf erreur, où La Presse nous a informé de
l'affaire torontoise. Quelle en a été la suite? On l'ignore.
Reconnaissons, ainsi que le signalait Boisvert dans une autre
affaire, celle de Barnabé, qu'il
n'est pas facile de tourner la page.
Pas facile, parce que la police n'est pas la seule en cause. Des
rouages de notre système judiciaire... grincent.
À Toronto, on vient de le voir, dans un «grand nombre de procès»
des avocats de la Couronne avaient suspendu les procédures sans
donner... aucune explication. (Suite
demain)
■ Les collabos de la police, des délateurs à l'année longue - (Suite tome
2 de
L'Étau Policier) En
France, le phénomène (du tabassage par des citoyens) prend parfois
une ampleur inattendue. Roché raconte qu'en mai 1993, à Lille, 200
jeunes,
Beurs --
d'origine maghrébine : algérienne, marocaine, tunisienne --
pour la plupart, s'en
sont pris violemment à des dealers
(vendeurs de drogue) qui
travaillaient ouvertement et impunément dans leur quartier.
(Sebastian Roché -- Le sentiment d'insécurité --
Éditions PUF) Les réactions n'ont pas été favorables à cette
façon de faire.
Pasqua,
le ministre de l'Intérieur, pourtant homme de droite, a dit se
méfier de la création de «sortes
de milices».
En France, tous les acteurs institutionnels, note Roché, craignent
l'autodéfense et les milices.
Il cite deux dirigeants d'organismes qu'il n'identifie pas : «Cette
initiative débouche sur des processus d'autodéfense anarchiques»
; «Il
ne faut pas laisser les individus faire eux-mêmes la police ou la
justice.»
Revenons
à l'espionnite généralisée dans l'espace public, aux
citoyens délateurs à l'année longue...
À ce chapitre, il existe un cas fameux : l'escouade cycliste de
prévention de Jeunesse
au Soleil composée
de jeunes adultes idéologisés à l'ordre et au conformisme. Sid
Stevens et Tommy Kulczyk,
les deux piliers de l'organisme sans but lucratif, sont
très impliqués idéologiquement.
Dans
le cadre d'un programme de prévention, qu'ils ont mis au point avec
la police de l'île de Montréal, ils
fournissent à celle-ci de jeunes cyclistes pour patrouiller dans des
parcs et des cours d'école en certains endroits du territoire de la
Ville de Montréal.
On les a munis de cellulaires et de walkies-talkies. Leur mission
consiste à lui rapporter tout comportement délinquant ou «déviant».
La délinquance est un crime, la «déviance»
n'en est pas un, parce qu'il s'agit
de comportements politiquement incorrects,
entre autres.
En
9 juin 1999, ce
corps policier a donné à l'escouade un caractère officiel et
élargi fonctions et territoires.
Soixante-dix-huit jeunes ont alors prêté serment. Désormais leurs
activités de surveillance sont étendues à 25 quartiers de la
ville. (Cécile Vandaele --
La Presse du 10 juin 1999) Ils portent une tenue vestimentaire
appropriée à leurs nouvelles fonctions : la casquette et le
tee-shirt bleu marin, identifiés du sigle en lettres orangées de
Jeunesse au Soleil.
La
journaliste Cécile Vandaele de La Presse rapporte que, selon Serge
Meloche,
directeur adjoint de la police, ces jeunes ne sont pas des policiers,
mais «des
civils plus vigilants que les autres».
Ils vont patrouiller, vérifier que tout se passe bien et alerteront
la police si besoin est. Meloche ajoute qu'ils vont aussi créer des
liens avec la communauté. D'après lui, il s'agit de jeunes recrutés
«qui
resteront dans la police»,
et, pour eux, participer à la patrouille d'été est une expérience
positive et concrète, ils sont dès aujourd'hui intégrés aux
équipes de police.
Les
propos de Meloche nécessitent vérification, car il
est loin d'être certain que ce sont tous
«des
jeunes qui resteront dans la police».
Politiquement, la police évite d'officialiser l'utilisation de
simples citoyens dans des activités de patrouille, cela
pourrait susciter des réactions négatives,
sinon agressives, de la part de ceux n'appréciant pas la présence
de ces écornifleurs.
Le
premier pas
consiste donc à faire croire qu'ils sont tous en techniques
policières. Le
deuxième
consistera, un peu plus tard, quand les esprits seront mieux préparés
à la chose, à admettre officiellement qu'il s'en trouve peut-être
un ou deux qui sont de simples citoyens. Des
gens généreux, voyez-vous,
sacrifiant bénévolement leurs moments de loisirs pour faire de la
prévention et protéger les personnes âgées, protéger les femmes,
protéger les jeunes, etc. Comprenez? Petit
à petit,
ils seront deux ou trois, puis trois ou quatre, et ainsi de suite.
C'est de cette façon que, avec le temps, la
police fera accepter à la population une activité inacceptable au
sein d'une société libre.
(Suite demain)
News du jeudi 25 Juin 2009
■ Canada : selon l'UNICEF, les enfants autochtones sont parmi ceux les plus marginalisés du pays – Malgré quelques progrès, leur
situation, et c'est particulièrement le cas de ceux des Premières
Nations, des Inuits et des Métis, est de deux à trois fois plus
affligeante que celle des autres enfants canadiens, rapporte Le Fonds
des Nations unies pour l'enfance, UNICEF (en anglais : United Nations
children's Emergency Fund).
La
santé dépend d'un réseau de facteurs économiques, sociaux,
politiques et environnementaux. Ceux influent le plus sur leur santé
sont notamment, selon l'UNICEF : pauvreté ; manque d'éducation ;
logements insalubres ; alimentation déficiente ; manque de soins de
santé et aux autres services sociaux ; héritage de ruptures
familiale, communautaire et culturelle engendrées par la politique
des pensionnats.
Voyons
quelques statistiques : 1 enfant des Premières Nations sur 4 vit
dans la pauvreté contre 1 sur 9 en moyenne dans le pays ; dans
les villes de plus de 100 000 habitants, environ 50% des enfants de
moins 15 ans vivent dans des HLM contre 21% chez les non autochtones
; bien qu'il y ait eu des améliorations depuis 1999, le taux de
suicides est de 38% (!?) chez les jeunes des Premières Nations âgés de
10 à 19 ans ;
de
33 à 45% des enfants du Nunavut (territoire des inuits), des métis et
des Premières Nations souffrent de maladies chroniques, qu'ils
vivent ou pas dans les réserves ; le taux de vaccination des
enfants des Premières Nations vivant dans les réserves est de 20%
inférieur à celui de la population canadienne, ce qui entraîne une
augmentation du taux des maladies pouvant être prévenues par la
vaccination ;
le
taux de fécondité des adolescentes des Premières Nations est 7
fois plus élevé que la moyenne nationale, 18 fois plus chez les
moins de 15 ans : le Nunavut détient le plus haut taux, avec 161,3
enfants par 1 000 femmes ; le taux canadien de mortalité
infantile est de 5 décès par l 000 naissances, mais de 8 chez les
membres des Premières Nations et de 16 au Nunavut.
Le
rapport
de l'UNICEF, 61 pages – Carte géo : Nunavut
en rouge, Canada en blanc – D'avantage d'infos
sur le Nunavut – Site en français du gouvernement
du Nunavut – Les Premières
Nations (autochtones du Québec).
■ Obama – Depuis son arrivée au pouvoir, opposants et humoristes ont la
mine basse, sont aux abois. W. Bush, c'était la belle époque, en
témoignent les milliers de vidéos circulant encore sur le web, mais
de moins en moins visionnées, parce qu'il est retourné dans son
Texas natal. Des sites s'en sont même débarrassées, il n'a plus la
cote.
Opposants
et humoristes se grattent la tête à deux mains, examinent Obama
sous toutes ses coutures, espérant trouver le filon qu'ils pourront
exploiter, reprendre du service, quoi. Eurêka : le site
Jibjab semble avoir trouvé le petit bout de laine permettant de
détricoter le gilet d'Obama : vidéo
(03:11).
■ Hommages au journaliste Boisvert, pour cette grande bouffée d'air frais dans ce monde vermoulu des faits divers policiers et judiciaires - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Peut-on
comparer alors avec celles de la police de Los Angeles dont nous
venons de parler? Tiens,
mieux encore :
avec celles de la police de Toronto peut-être? Qui
a l'avantage d'être un corps policier du Canada,
par conséquent plus près de nous.
La
Presse n'a pas effectué une couverture mur à mur de l'affaire
torontoise, très loin s'en faut : dans celle de Los Angeles, on
a eu droit à tout au plus une couple d'articles. Ce
quotidien, qui dépêche pourtant des journalistes aux quatre coins
de la planète, n'a pas jugé bon d'en affecter un à Toronto pour
couvrir cet événement. Craignait-on
que les yeux du lecteur cillent et ses neurones établissent des
liens avec la Sûreté du Québec?
Lecteur
assidu de ce quotidien depuis un demi siècle, j'ai vraiment saisi
toute l'ampleur de ce scandale en prenant connaissance d'un article
du journaliste Yves Boisvert. Sans son papier, je n'en aurais rien
su.
C'est
à Boisvert,
avocat de surcroît, que
nous devons,
à cause de ses très nombreuses chroniques sur le sujet, cette
grande bouffée d'air frais dans ce monde renfermé et vermoulu de la
couverture journalistique des faits divers policiers et judiciaires.
Celle traitant de la police de Toronto date du mois d'août 2001.
(Yves Boisvert --
La Presse du 18 août 2000) Il y relate les événements, et fait
quelques... comparaisons. (Suite
demain)
■ Quand la meute, manipulée par la police, se manifeste jusque dans les cours de justice, il y a là de quoi s'inquiéter - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Climat
malsain, d'une lourdeur sociétale inacceptable et intolérable, créé
et entretenu par notre prétendue police communautaire et ses réseaux
d'espion, ses fanatiques.
Il en résulte aussi parfois des comportements nous rapprochant du
lynchage sur la place publique. Tolérer
la diabolisation d'un accusé avant son procès,
équivaut à accepter éventuellement l'agression physique. Encore un
autre pas, et ce sera le vrai lynchage, le meurtre.
On
l'a vu, en mars 2000, quand
un père a violemment battu un citoyen accusé d'agression sexuelle
sur son fils.
(La Presse du 8 avril 2000) Appelée sur les lieux, la police n'a pas
passé les menottes au père, mais
à sa victime, qui a été hospitalisée quatre jours.
Lors du procès, les
membres du jury ont acquitté le père,
sans tenir compte des directives de la juge. Les
applaudissements ont fusé dans la salle d'audience. Même
l'avocat du père, Jean-Pierre Rancourt, qui pense qu'on devrait
peut-être «décriminaliser»
cette forme de vengeance, s'est réjoui, à la suite de
l'acquittement de son client, de ce qu'il appelé la «justice
du peuple».
Le
chroniqueur Yves Boisvert de La Presse, qui avait dénoncé le
procédé dans l'une de ses chroniques antérieures, relate
que plusieurs lecteurs ont exprimé leur désaccord avec ses propos,
en particulier des pères qui s'identifiaient à cet homme en colère.
(Yves Boisvert --
La Presse du 31 mars 2000) L'un d'eux lui a même dit : «On
devrait lui envoyer de l'argent et lui donner une médaille!»
Dans sa réplique, Boisvert n'en démord pas, continue de défendre
la justice comme principe : «Cela
veut dire refuser la loi du plus fort. Refuser le lynchage. Refuser
la loi du Far West.»
Parmi
ceux qui ont protesté auprès du journaliste, se
trouvait-il des policiers et policières?
Aujourd'hui, plus que jamais, l'intervention souterraine et anonyme
de la police est une donne dont il faut tenir compte. Quand
la meute, manipulée par la police, se manifeste jusque dans les
cours de justice, il y a là de quoi s'inquiéter.
Des
histoires du genre, il risque d'y en avoir d'autres. Elles vont de
paire avec le concept de la pseudo police communautaire. Quand on
voit des collabos, incluant
même des élus municipaux,
participer activement et clandestinement à des agressions
psychologiques montées par la police, il ne faut pas s'étonner que
certains passent à l'agression physique. Les
pédophiles, entre autres, la police les désigne pratiquement à la
vindicte populaire.
Ce qui nous éloigne d'autant d'une administration sereine de la
justice.
Et
lorsque le citoyen est condamné, il arrive qu'il soit battu par des
codétenus. J'ai lu, à quelques occasions, dans des articles de
journaux, des
déclarations faites par des policiers
à l'effet que les détenus n'aiment pas les pédophiles. Se
dégageait l'impression que, donner
une bonne raclée à un pédophile, c'est correct.
(Suite demain)
News du mercredi 24 Juin 2009
■ Un «tsunami» va-t-il frapper les médias traditionnels du Canada? - Le mot a été lâché par la ministre québécoise de la Culture
et des Communications, Christine St-Pierre,
récemment, lorsqu'elle a appris que le quotidien La Presse mettait
fin à la publication de son édition du dimanche : «S'adapter
pour survivre»,
titrait sa Une...sur papier.
La
ministre ajoutait la fermeture de la salle de rédaction de
Télévision Quatre Saisons (TQS), les compressions budgétaires à
Radio-Canada, le lock-out du Journal de Montréal. «C'est
tout le bouleversement qu'il y a dans le milieu de l'information qui
est inquiétant parce que c'est la diversité des voix (qui est
en jeu) et ce qui va se passer dans l'information locale et
régionale, c'est un tsunami.»
PS
: Pas
d'accord avec la ministre. La diversité des voix est ailleurs.J'y
vois éventuellement la libération du citoyen de l'information
formatée (Big Brother et Big Sister) des médias traditionnels, qui
sont loin de tout lui dire.
Tout le monde ayant besoin de savoir ce
qui se passe, il ira de plus en plus sur le web, où circule à
grande vitesse une masse planétaire d'articles et de vidéos : on
peut prévoir que peu à peu le visuel y remplacera l'écrit. Il
apprendra à identifier l'info poubelle, qui sent pas bon : on sent
malgré nous. Développement du sens critique. Lui même y ajoutera
son grain de sel, pas seulement dans les forums. Fin du journalisme
poussiéreux et moisi. Le soleil commence à se lever à l'horizon.
■ Clip blasphématoire? – Ça dépend du pays. En Iran, aucun doute. Dans plusieurs pays
arabes aussi. Pas en Turquie, où il se vendrait bien, dit-on. Les
membres du groupe qui l'a produit, Portecho, sont du reste d'origine
turque. Découvrez le sacrilège
(03:14).
PS
:
Et à Lac Bouchette, petit village de la province de Québec, Canada?
Civils de la Sûreté du Québec, collabos, Chevaliers de Colomb et
Filles d'Isabelle y verraient une source de désordre.
■ La Commission Poitras n'a pas enquêté en profondeur sur la Sûreté du Québec, elle n'en avait ni le temps, ni les moyens - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Le
journaliste André Cédilot de La Presse tenait
des propos rassurants
peu après le dépôt du rapport de la Commission Poitras portant sur
l'affaire Matticks et la manière dont des enquêtes sont menées à
la Sûreté du Québec. Suivant son article, on
ne peut comparer ce corps policier, par exemple, avec ceux de New
York et des Nouvelles-Galles-du-Sud, en Australie.
(André Cédilot --
La Presse du 6 février 1999)
Il
est vrai que, comme à la Sûreté du Québec, c'est la vision
étriquée et l'absence de contrôle au sein de ces deux corps
policiers qui ont débouché sur les pires scandales de corruption
policière de l'histoire moderne.
Cependant, insiste-t-il,
il n'y a pas de comparaison possible entre les problèmes de celui du
Québec et ceux, bien
pires,
de ces deux pays, si ce n'est que les symptômes qui ont miné ces
organisations nécessitent sensiblement les mêmes remèdes. À
l'instar de la Commission Poitras, les experts, qui se sont penchés
sur les problèmes des deux corps policiers étrangers, ont
établi un lien direct entre l'absence de leadership et de contrôles
adéquats et les déviances.
Le
journaliste fait d'abord état des méfaits policiers de la Ville
de New York,
qu'il tire du rapport de la Commission
Mollen :
code du silence, parjures, preuves truquées (falsification notamment
des empreintes digitales d'un suspect de meurtre), perquisitions
illégales, vol de pièces à conviction, vol de drogue à des
trafiquants. En 1994, une
trentaine de policiers étaient mis en accusation,
une soixantaine recevaient des sanctions disciplinaires allant du
congédiement à la suspension, des dizaines d'autres étaient mutés.
Il
complète ensuite ce bref tour d'horizon avec les
Nouvelles-Galles-du-Sud, en Australie,
où la situation était similaire. (NDLR :
Les méfaits policiers, peu importe le pays, doit-on noter, sont
toujours de la même eau.)
Là, une centaine étaient congédiés, un train de mesures
promulgué, notamment la création d'une commission de surveillance
indépendante.
Impossible
donc... de comparer les activités illégales de la Sûreté du
Québec avec celles commises par des membres de ces deux corps
policiers. Pour l'affirmer de façon aussi catégorique, on présume
que Cédilot doit connaître strictement rien des activités de
l'underground policier québécois où, on l'a vu et pas fini de
le voir, atteintes aux droits fondamentaux et sabotages pullulent.
En outre, son propos suggère que la Commission Poitras, au cours de
son enquête, a passé à la loupe toutes les activités illégales
de la Sûreté du Québec, ce qui n'est absolument pas le cas.
Les
auteurs du rapport Poitras disent eux-mêmes qu'«il
ne faudrait pas tomber dans le piège
de croire que le nom de la Commission, la "Commission d'enquête
chargée de faire enquête sur la Sûreté du Québec", en
définit le mandat.
Le mandat est en fait beaucoup plus restreint
que le nom l'indique. Nombre
d'activités, de services et de types d'enquête de ce corps policier
ne sont aucunement visés par la présente enquête.»
Et parmi les faits qu'elle a examinés, il s'en trouve où elle
n'a pu enquêter en profondeur :
«La
Commission n'(en)
avait
ni le temps ni
les moyens.»
De plus, elle n'a pas eu accès à toute la documentation dont elle
avait besoin. (Suite
demain)
■ La pédophilie : une guerre psychologique généralisée de la police à l'encontre de la Société civile - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Signalons
que la
pédophilie est l'un des innombrables stratagèmes que la police
utilise pour maintenir son emprise psychologique sur la population,
faire en sorte que le citoyen se sente un peu coupable en quelque
part, même s'il n'a rien fait, marche les fesses serrées et sur la
pointe des pieds dans l'espace public.
Devrait-on
parler plutôt d'une guerre psychologique généralisée de la police
à l'encontre de la Société civile? Oui, sans hésitation.
Tisser autour du citoyen un étroit réseau de surveillance. Il est
secrètement épié et la délation encouragée, comme
au temps de Vichy.
Quand vous découvrez ça, vous
réalisez jusqu'à quel point les relations sociales sont
empoisonnées.
Prenons
un exemple puisé dans la France de la deuxième guerre mondiale. Il
s'agit d'illustrer ici ce qui se passe concrètement quand
notre police en civil fait en sorte que visages et portes se ferment
devant vous,
ainsi que la pression qu'elle exerce pour
imposer son orthodoxie à des directeurs d'écoles et des
enseignants,
notamment.
Giolitto,
dans son livre traitant du gouvernement de Vichy, raconte que les
citoyens étaient surveillés de près. (Pierre Giolitto --
Histoire de la jeunesse sous Vichy --
Éditions Perrin, 1991) Les enseignants n'y échappaient pas non
plus.
Il
rapporte le témoignage d'Émilie Carles,
une enseignante qui n'était
pas trop enthousiaste à l'obligation de resserrer l'étau policier
dans sa classe.
Plus exactement à défendre et propager la doctrine du Maréchal
Pétain en matière d'enseignement. On
l'en avait punie
en l'envoyant en pénitence dans un village des Hautes-Alpes où elle
avait été en butte à l'hostilité de ses habitants.
L'enseignante
Carles :
«Monestier
était un gros bourg et j'y étais venue pendant 3 ans lorsque
j'étais institutrice au Lauzet. En arrivant ce jour-là, je comptais
bien y retrouver d'anciennes amitiés. Hélas!
La
nouvelle de mon déplacement d'office m'avait précédée et elle
avait creusé un fossé entre mes anciennes relations et moi.
Partout où nous allions frapper nous ne trouvions que porte close...Même ceux avec qui j'avais vraiment été liée, la postière, le
facteur, me fuyaient et évitaient de me parler.
«Je n'ai jamais
compris les raisons de cette attitude. Avec ce déplacement, ilsdevaient
s'imaginer que j'avais commis un crime de la pire espèce, l'esprit
de la collaboration (sic)était
là qui pesait sur les gens. C'était la peur, la méfiance,
l'hypocrisie qui régnaient.»
(Suite demain)
News du mardi 23 Juin 2009
■ L'OCDE a publié sa liste la plus récente des paradis fiscaux – En fait, il y a trois
listes. La noire, ceux ne collaborant pas avec l'Organisation de
coopération et de développement économique (OCDE) ; la grise, ceux
ayant signé moins de 12 accords ; et la blanche, ceux adhérant à
au moins 12 accords. Plus de détails sur le site de lepoint.fr.
PS
: Suggérons aux touristes d'éviter les pays et territoires
anti-sociaux et aux consommateurs, leurs produits et services.
■ Tous les chefs de police sont de petits potentats municipaux, régionaux, provinciaux et nationaux - (Suite tome
3 de
L'Étau Policier) Combien
d'autres cas semblables, dont
celui de Jetté, de loin le plus infect et nauséabond?
Quand on sait ce qui s'est passé à Los
Angeles, il y a vraiment de quoi s'inquiéter.
Los Angeles, aux États-Unis, pays supposément des droits de
l'homme, ce n'est tout de même pas une grande Cité d'un pays du
tiers monde.
D'après
le Los
Angeles Times,
rapporte l'Agence France-Presse en novembre 1999, environ
40 individus au total pourraient avoir été condamnés par erreur
sur la base de déclarations mensongères de policiers de cette
ville.
(Agence France-Presse --
La Presse du 10 novembre 1999) Le scandale a retenti en septembre
1999 à la suite des révélations d'un policier condamné pour vol
de cocaïne, Rafale Pérez. Lui et son coéquipier, Ninon Durden,
auraient notamment tiré sur des suspects désarmés. Depuis, 13
policiers ont été suspendus et deux autres, soupçonnés d'avoir
passé à tabac un suspect, limogés.
Le
procureur de la ville, Gil
Garcetti,
a déclaré qu'«à
la suite de l'enquête en cours, nous
avons conclu que nous n'avons plus confiance dans les condamnations
prononcées dans plusieurs cas récents.
Dans l'intérêt de la justice, nous irons devant la justice (...)
pour
obtenir l'annulation de ces jugements».
Il a demandé la libération immédiate d'un détenu condamné sur la
foi d'une enquête menée par deux policiers corrompus. Un jeune
homme condamné à 23 ans de détention avait déjà été libéré.
Garcetti devait demander aussi l'annulation des accusations pesant
sur deux autres personnes et une nouvelle sentence dans le cas d'un
quatrième inculpé. D'autres libérations devaient suivre.
Une
quarantaine de citoyens faussement accusés par des flics, condamnés
et emprisonnés!
Disons le : carrément dégoûtant! Pourquoi
des flics agissent-ils ainsi?
La plus importante raison réside dans le fait qu'ils savent que les
règles du jeu ne sont pas les mêmes dans l'underground policier
qu'à la surface. Tout y est permis, si pas-vu-pas-pris.
C'est dans
ce sous-sol que naît et se développe la délinquance policière,
sous
l'oeil accommodant de directeurs de corps policiers, qui sont tous de
petits potentats municipaux, régionaux, provinciaux et nationaux :
eux aussi sont passés par là, du temps où ils étaient des
sous-fifres.
Le
tapioca, vous vous rappelez? Je vous ai parlé plus haut. (Patrick J.
Knoll --
Regard sur les affaires internes, les Perspectives internationales --
Rapport présenté à la Commission d'enquête Poitras sur des
illégalités de la Sûreté du Québec) Les
subalternes prennent la saveur que veut bien le chef de police.
S'ajoute
à cela que ce dernier et ses subalternes sont jugés par le pouvoir
politique aux résultats obtenus aux cours de leurs enquêtes :
plus ils sont efficaces, plus leur chance de conserver leur poste ou
monter l'échelle hiérarchique augmente. Ce peut être aussi de la
vengeance à l'encontre de citoyens, comme
il peut s'agir carrément de policiers sans foi ni loi, insensibles à
la souffrance humaine.
Et Los Angeles, n'est pas le seul cas en l'espèce, loin s'en
faut.(Suite
demain)
■ Un prof refuse de limiter ses contacts physiques avec les enfants convaincu de l'effet apaisant et réconfortant qu'ils ont sur eux - (Suite tome
2 de
L'Étau Policier) Heureusement,
des profs se tiennent debout, mais pas beaucoup, semble bien.
Ainsi,
cet
éducateur physique
de l'école Ste-Famille de Thurso, Guy
Bélanger,
auteur d'une lettre publiée dans La Presse. (Guy Bélanger --
La Presse du 7 avril 2002) Il se réfère à un article où l'on
rapporte que la
crainte de poursuite pour délits sexuels
«forçait»
de ses collègues à délaisser l'enseignement des disciplines
comportant
des contacts physiques directs avec les élèves.
Bélanger
établit un lien de comparaison avec un film américain qui venait de
prendre l'affiche au Québec : Panic
Room, la chambre blindée
construite dans de luxueuses résidences américaines où l'occupant
peut se réfugier pendant un mois.
«(Ce film),
écrit-il,
correspond, aux dires de son réalisateur, à l'esprit du temps et
s'abreuve
à la paranoïa ambiante
et à cette obsession de la sécurité qui, plus que jamais, guide la
vie des gens.
(...) L'esprit
du temps qui nous inculque ce sentiment de peur permanent fait-il
son oeuvre dans les écoles
jusqu'à forcer
(les profs) (...) à
se retrancher dans une attitude de rectitude comportementale et à
s'enfermer d'eux-mêmes dans une tour blindée?»
Il a «cru
flairer»,
depuis quelques années, lors de discussions avec des collègues,
«cette
nouvelle tendance un peu frileuse axée sur la stérilisation de
notre vie affective.
«(...)
malgré
ce nouveau consensus,
confie-t-il,
je me suis toujours refusé en vingt-huit ans de pratique d'adhérer
à un quelconque modus vivendi basé sur la répression
(...). Cette
nouvelle attitude de repli et de désengagement face à notre mission
(...) me
fait beaucoup plus peur par ses effets pervers sur le dynamisme et la
vitalité de nos rapports
qu'une éventuelle et improbable poursuite. Malgré ce nouveau péril
en la demeure, je continue donc à être moi-même et à agir selon
ma conscience dans mes rapports avec les élèves et à
refuser que les nouvelles normes de notre société surjudiciarisée(sic)
me
tiennent lieu de morale. Je refuserai toujours de limiter mes
contacts aux gestes contrôlant en
gardant sans cesse à l'esprit l'effet apaisant et réconfortant qu'a
le moindre contact humain pour les enfants.»
Le
prof étale au grand jour un paradoxe qui le fait sourire. Alors
qu'on conseille de ne plus toucher aux élèves,
de garder ses distances et surveiller ses paroles quand on s'adresse
à des collègues féminins (NDLR : Traitement de faveur
infantilisant la femme, la rendant inégale à l'homme.), «pendant
ce temps, à
la CSCV
(l'acronyme de la commission scolaire où il enseigne),
on
(
reconnaît ) les
bienfaits du toucher corporel sur le bien-être des employés en
engageant une masséothérapeute à temps plein.
Cherchez l'erreur!»
Bélanger
conseille aux nouveaux membres de la profession «d'assumer
le beau risque qui veut que l'acte pédagogique passe d'abord et
avant tout par la proximité et le contact de l'autre,
en l'occurrence l'enfant que
la vie contemporaine prive déjà suffisamment de nourriture
affective.
Bravez ce vent de panique, porteur de repli sur soi et
d'individualisme, qui, précise-t-il,
fragmente
le tissus social et appauvrit les rapports individuels
en nous confinant, comme le dit si bien l'apôtre de la communication
D. Wolton, à l'état de "solitude interactive". Panic
room : mur virtuel du bunker de l'isolement sécuritaire.
Éducateurs physiques,lance-t-il,
enrôlons-nous dans la résistance comme tous ceux qui, comme moi,
pensent que le
mal qu'on s'inflige à soi-même et au tissu social est pire que
celui que nous voudrions éviter.»
(Suite demain)
News du lundi 22 Juin 2009
■ La burqa islamique – Doit-on l'interdire
dans les écoles, lors des examens scolaires?
■ L'affaire Dziekanski : suspension des travaux de la Commission d'enquête jusqu'en septembre – Une nouvelle révélation en est à l'origine : un courriel
échangé entre des membres de la Gendarmerie royale du Canada (GRC)
laisse croire que les policiers auraient discuté du recours possible
au pistolet Taser avant même d'arriver à l'aéroport de Vancouver
où l'immigrant polonais Robert Dziekanski
est mort après avoir été atteint de 5 décharges électriques. Ce
qui remet en cause le témoignage de ceux-ci, car ils avaient indiqué
le contraire devant la Commission. (Source : RCI)
■ Des entreprises high-tech de l'Occident aident des États policiers à réprimer des internautes – On sait depuis longtemps que l'argent n'a pas d'odeur. Cependant,
cela pourrait (?!) changer. Aux USA, plusieurs ONG, témoignant
devant la Commission des droits de l'Homme de la Chambre des
représentants, demandent que le projet de loi Global Online freedom
Act soit remis sur la table et adopté.
Il sanctionnerait les entreprises américaines contribuant à la
censure exercée dans certain pays.
En 2007,
il avait été bloqué à la suite d'une forte opposition de
l'administration républicaine de W. Bush et de certaines entreprises
non identifiées.
Leur argument était à l'effet que cela nuirait aux relations
commerciales et diplomatiques des États-Unis, notamment celles avec
la Chine.
Lucie
Morillon, directrice du bureau de Washington de Reporters sans
Frontières, ne semble pas partager cette opinion : «Ces
derniers jours, les événements en Iran nous rappelle l'importance
des médias alternatifs (Twitter, Facebook, etc.) dans les
sociétés fermées.»
PS
:
Un panier de nœuds, cette problématique. Lorsqu'on entre dans un
pays, pas le choix, on se doit de respecter ses lois. Même l'ONU
n'aurait pas les reins assez solides pour imposer cette liberté
d'expression partout sur la planète.
■ L'ex-policier Rivest de la Sûreté du Québec : «(…) presque impossible (…) de passer à travers nos parjures, si on (la
police) ne fait pas d'erreur de notre côté» - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Sa
collègue Christiane Desjardins rapporte les propos de l'ex-caporal
Rivest,
qui se dit satisfait de la décision des trois juges.
«Je
ne peux pas dire que je suis heureux, parce que ça
me rappelle toutes les saletés que j'ai faites et celles qui se
continuent à la Sûreté du Québec.
Mais je suis content d'avoir dit la vérité. Des parjures, j'en ai
faits beaucoup
(sic),
mais Michel Jetté, c'est une cause type. C'est un individu très
normal, pas relié au crime organisé. Il n'avait pas les moyens de
se payer un bon avocat. Cela
prouve que c'est presque impossible pour un type dans cette
situation-là de passer à travers nos parjures, si on (la
police) ne
fait pas d'erreur de notre côté.
»
Commentaire
aussi de l'avocat de Jetté, Me
Julio Peris
: «Il
fondait beaucoup d'espoir sur cet appel. C'est
triste, il est mort avant. Ce
jugement vient souligner qu'il y a une lacune dans la jurisprudence.
Combien
d'appels sont rejetés parce que déclarés sans motifs? Si M. Rivest
n'avait pas dit la vérité cette fois-là, que serait-il arrivé?»
s'interroge-t-il. La réponse est évidente : personne n'aurait
jamais su le fond de l'histoire.
Ce
mois d'octobre-là, Manseau, du Mouvement Action Justice
(MAJ), intente en Cour du Québec une poursuite contre Rivest,
l'ex-enquêteur de la Sûreté du Québec. Une plainte privée,
d'entrave à la justice reliée à une autre enquête effectuée par
ce corps policier, celle-là portant sur la mort d'Yvon Lafrance,
abattu par un policier de l'île de Montréal. Rivest avait changé
les versions de certains policiers pour modifier la preuve. Il
s'en était du reste lui-même confessé publiquement dans les médias
en 1996, en même temps qu'il avait dénoncé diverses irrégularités
prévalant à la Sûreté du Québec et celles auxquelles il avait
participé.
Dès le début du procès, en avril 2002, il avoue sa
culpabilité. (La Presse
du 18 avril 2002) Les avocats des deux parties, défense et Couronne,
plaident la clémence devant le juge Jean Sirois, qui lui accorde
une absolution inconditionnelle.
Le
cas Rivest est indéniablement
pathétique.
Son besoin de se repentir sur la place publique est symptomatique
d'un profond regret.
Pendant quelques années il avait été l'un des meilleurs enquêteurs
de la Sûreté du Québec, puis son rendement avait diminué,
diminué... Avait-il
compris
que le totalitarisme est inhumain? Était-il
déjà rongé par des remords?
On peut le penser. Reconnaissons son courage d'avoir avoué
l'inavouable. Sont
très très rares, les flics comme lui. (Suite
demain)
■ La femme pédophile existe, mais on en parle pas : seul l'homme est un méchant loup - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) En
outre, bien que la pédophilie existe également chez les femmes, on
en n'entend rarissimement parler. La
police demeure muette comme une carpe
à ce sujet : seul l'homme est un méchant loup. Les
féministes radicales,
qui sont promptes à stigmatiser l'homme accusé de viol, gardent
le silence lorsque le délit est commis par une femme.
En sommes, une justice à deux vitesses orientée selon le sexe.
Dans
une lettre publiée dans La Presse, Michel
Benoît
relate le cas d'une
jeune femme qui aurait eu une liaison avec un garçon de 14 ans.
(Michel Benoît - La Presse du 17 mars 1999) La
justice a compris que celle-ci souffrait de carence affective
et l'a condamnée à des travaux compensatoires. Benoît applaudit ce
jugement, mais en même temps s'interroge : «Si
c'était un jeune homme immature qui avait été impliqué avec une
fillette de 14 ans, tiendrions-nous le même langage?»
Il
est fait méconnu que les femmes agresseurs sexuels existent bel et
bien, selon l'auteur québécoise Nathalie
Bourdage
et la psychologue criminologue belge Anne
Claude.
(Presse canadienne - La Presse du premier février 2001) Toutes deux
se sont attaquées à l'un de ces derniers tabous lors du congrès
international francophone tenu à Québec, en février 2001, et
portant spécifiquement sur
les femmes qui se servent de l'enfant comme d'un objet sexuel.
Ces femmes sont mères,
gardiennes,
enseignantes.
Elles bénéficient de la confiance sociale et ont souvent libre
accès aux enfants.
Écoutons
ces propos explicites de Bourdage : «On
vit avec l'idée qu'il est essentiel d'avoir un pénis pour violer
quelqu'un, mais c'est faux.
Dans le viol, il y a de la domination, de la violence, du pouvoir, et
les femmes peuvent l'avoir.»
Elle a recensé, au cours d'une recherche, «la
maigre littérature»
qui existe sur les femmes agresseurs et rencontré une cinquantaine
de personnes, dont dix victimes.
Selon
elle, les enfants sont en moyenne âgés d'environ trois ans
lorsqu'ils sont victimes d'une première agression. «Pour
la femme agresseur, l'enfant est un objet et en même temps un
partenaire sexuel adéquat»,
a-t-elle expliqué. Pour sa part, Anne Claude a interviewé dix
femmes condamnées pour agression sexuelle sur des enfants, dont
l'une qui avait commis des agressions sur une période de 15 ans.
Il
serait encore impossible de chiffrer le nombre exact de ces femmes
agresseurs.
Alors que certaines études mentionnent qu'1%
de ces agressions sont commises par des femmes, d'autre vont jusqu'à
10%.
(Presse canadienne - La Presse du premier février 2001) D'après
Cyrulnik,
«officiellement,
90% des plaintes pour agression sexuelle sont déposées contre des
hommes et 10% contre des femmes.
(Boris Cyrulnik - Les Vilains petits canards - Éditions Odile Jacob,
fév. 2001) On
estime qu'une fille sur trois dénonce l'agresseur et moins
d'un garçon sur dix quand l'initiative vient d'une femme».
L'auteur soutient que «le
taux
d'abus
commis par les femmes est actuellement
(février 2001) sous-estimé»
et que «les
garçons en parlent très peu».
Il signale au passage que les familles bouleversées par l'agression
d'un enfant ne
l'aident pas à récupérer.
(Suite demain)
News du dimanche 21 Juin 2009
■ Accumuler des statistiques sur les ethnies, est-ce faire preuve de racisme? - Est-il important de savoir que dans tel quartier et tel autre les
Noirs, par exemple, sont largement majoritaires. La question vaut
également pour les autres couleurs et origines blanches. Dans
l'intéressant débat auquel vous allez assister, cette question est
franchement posée.
Le
principe défendu ici est celui de la diversité (un participant
parle même de la nécessité d'un ministère de la diversité )
versus la ghettoïsation. Bien qu'on ne sache pas trop comment une
politique articulerait tout cela, il va sous le sens qu'il s'agirait
de convaincre et non d'imposer le mélange culturel. On traite aussi
du port de la burqa,
cette "prison
mobile",
ai-je lu quelque part. Bien des points abordés à cette émission
nous concernent tous, même si nous n'habitons pas en France. Les
deux invités de parlonsnet.fr
(55:47) : Manuel Valls (white) et Patrick Lozès
(black).
■ L'affaire Jetté : une injustice délibérée impardonnable de flics de la Sûreté du Québec - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Faisons
état d'un drame... cette
fois délibéré :
l'affaire Michel Jetté, qui implique des membres de la Sûreté du
Québec. Le journaliste Yves Boisvert de La Presse la relate.
(Christiane Desjardins et Yves Boisvert --
La Presse des 21 octobre 1999 et 9 août 2000)
En 1989, Jetté
est condamné à six ans de pénitencier pour homicide involontaire,
après
avoir été battu et menacé par des policiers et forcé à faire de
faux aveux.
Des enquêteurs prétendaient l'avoir arrêté sur la foi de ceux-ci,
et qui
avaient été enregistrés sur cassette.
Cependant, ils ne l'avaient pas produite en preuve, affirmant
qu'elle avait été effacée,
mais avaient néanmoins témoigné de son contenu incriminant. Jetté
va ensuite en Cour d'appel.
Situons
le contexte de la suite. Quelques années après sa condamnation,
l'un
de ses accusateurs,
le caporal de la Sûreté du Québec Gaétan
Rivest,
démissionne de ses fonctions avec fracas, multiplie
les déclarations publiques sur les façons de faire incorrectes
prévalant au sein de ce corps policier :
il en informe même le ministre péquiste de la Sécurité publique,
Serge Ménard, lors d'une rencontre. Afin d'en neutraliser l'impact,
certains
de ses ex-collègues cherchent à entacher sa crédibilité.
Puis
s'ouvre un procès en Cour d'appel, en octobre 1999, qui
donne lieu à un revirement inattendu
où la justice triomphe enfin du totalitarisme. Rivest,
qui avait joué un rôle de premier plan dans cette sale affaire,
accepte
de témoigner et avoue carrément s'être parjuré
lors du premier procès. Mieux, la
fameuse cassette que l'on croyait effacée est déposée en preuve.
Les juges Marc Beauregard, Morris J. Fish et Michel Robert
l'auditionnent, constatent que Jetté n'y tient aucun propos
incriminant, annulent
le verdict de culpabilité contre lui,
ordonnent l'arrêt des procédures.
Le
journaliste Yves Boisvert de La Presse signale que, malheureusement,
Jetté
ne l'a jamais su puisqu'il est mort d'une crise cardiaque
en 1997, environ deux ans auparavant. Dommage pour lui, déplore-t-il
: sa
peine de six ans était purgée et il avait eu le temps de mourir de
mort naturelle avant le jugement.
(Suite
demain)
■ La descente en enfer du prof Delisle - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Autre
cas. Pierre-Paul
Simard,
un ex-enseignant de l'école primaire de la Pulperie, de la
Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, acquitté
de 13 chefs d'accusation
d'attouchements sexuels sur des fillettes, a riposté, en avril 2000,
par
une action en dommages à l'endroit du policier Pierre Voyer, de la
Ville de Chicoutimi--
aujourd'hui Ville de Saguenay --,
de
l'avocat de la Couronne Paul Roy et du Procureur général du Québec,
c'est-à-dire le ministre de la Justice, péquiste dans ce cas-ci.
(Presse canadienne --
La Presse du 11 avril 2000)
Lui et sa conjointe réclament
1,3M$.
Selon leur avocat, Me
Claude Roy,
l'enquête du policier Voyer n'a pas été faite dans les règles de
l'art, ni effectuée dans le respect des protocoles d'intervention
élaborés par les spécialistes en matière d'attouchements sexuels.
Examinons
en un dernier. Le 27 novembre 1996, Daniel
Delisle,
un prof d'éducation physique de St-Tite, est arrêté à son
domicile par la Sûreté
du Québec (Marie
Allard --
La Presse du 3 juin 2003) : deux
filles de 10 et 12 ans l'accusent d'attouchements sexuels.
Avant de le faire comparaître au palais de justice de Shawinigan,
les policiers, qui
ont convié les journalistes,
attendent leur arrivée. Après la comparution, Daniel
Lamirande,
policier relationniste, tient un point de presse où il déclare :
«Selon
la durée et le nombre de répétitions là où ça s'est produit et
dans les circonstances où ça s'est produit, ça
ne serait pas des événements accidentels»
L'année suivante le prof Delisle est blanchi par un jury,
acquittement que la Cour d'appel confirme par la suite.
Puis
le prof intente des poursuites en dommages moraux contre la Sûreté
du Québec et Cogeco Radio-Télévision--
CKRM-TV
Trois-Rivières --,
affilié à Radio-Canada. Le 22 mai 1997, il
obtient gain de cause devant la juge Louise Moreau,
qui condamne le policier Lamirande et le Procureur général du
Québec à lui verser 35 500$,
et la journaliste Sonia
Cosentino et Cogeco Radio-Télévision, 12 500$.
Dans son reportage, elle avait utilisé des termes péjoratifs,
insinuant
la culpabilité du prof,
parlant de «victimes»,
de «convalescence».
Ce
qui irrite la juge, c'est l'orchestration de sa comparution :
convocation des médias, le policier Lamirande attendant qu'ils
soient sur les lieux pour faire entrer l'accusé par la grande porte
au lieu de l'entrée latérale, comme la police le fait
habituellement, et l'amenant à la salle de cour où...
il n'y personne.
Le point de presse de Lamirande aussi : sa déclaration aux
médias «est
non seulement tendancieuse et vexatoire»
car «il
formule une opinion qui n'est définitivement pas en faveur de
l'accusé»,
déclare le juge.
Commentaire
de l'avocat du prof, Me
Jean Morin :
«On
a fait de l'arrestation de mon client un véritable show».
Quant
au prof Delisle,
qui habitait le petit village de St-Tite... : «Je
n'ai jamais été derrière les barreaux, mais j'étais en prison
chez moi, renfermé à l'intérieur de moi-même. Ç'a
été vraiment dur à vivre,
pour moi qui était connu comme Barrabas dans la Passion. Si
j'ai poursuivi les procédures, c'est pour que d'autres enseignants
n'aient pas à vivre ce que j'ai vécu, c'est-à-dire
une descente en enfer. (
... ) Je
n'en veux pas aux enfants, seulement
au système.»
Écoutons
aussi Alain
Paquette,
du Syndicat de l'enseignement de Champlain, dont plusieurs membres
ont été faussement accusés d'agression sexuelle les années
précédentes : «J'espère
que ce jugement fera en sorte que les policiers se doteront d'une
méthodologie permettant de protéger à la fois les enfants et le
personnel.»
(Suite demain)
News du samedi 20 Juin 2009
■ L'Union européenne (UE) réclame une gouvernance ouverte, indépendante et responsable de l'Internet - Le contexte est le suivant. En 1998, l'agence paragouvernementale
américaine ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and
Numbers) prenait le contrôle de l'IANA (Internet Assigned Numbers
Authority), un organisme communautaire, qui, depuis le début des
années 1990, gérait les adresses IP (le numéro identifiant votre
ordinateur).
Aujourd'hui, cet assujettissement des rouages
fondamentaux d'Internet aux intérêts américains apparaît
inacceptable à un grand nombre de pays, d'organisations et de
citoyens.
Tel est le cas des 27
pays membres de l'UE : Bruxelles, où siège le parlement européen,
trouve que l'Internet est trop
américain. Celle-ci estime qu'il convient de maintenir le rôle
d'initiative du secteur privé dans la gestion du fonctionnement
quotidien de l'Internet.
Toutefois, à la condition que les instances
responsables soient indépendantes et rendent compte de leurs
actions, particulièrement en matière d'ouverture et de sécurité.
Les futures
dispositions devront tenir compte du rôle essentiel que le réseau
mondial joue désormais dans tous les pays de la planète. Et
respecter des principes essentiels, par exemple les droits de l'Homme
et la liberté d'expression.
PS
:
Un graphique
(Chiffres exprimés en millions d'usagers - Source : International Telecommunication Union) illustre on ne peut mieux que les USA ne sont pas les seuls, et très
loin de là, à naviguer sur le web. Alors, pourquoi
conserveraient-ils cette main mise sur l'Internet? Avec tous les
dangers potentiels (faites-en la liste) que ce monopole suppose,
notamment en temps de guerres.
■ Dans une poursuite intentée par un citoyen contre un corps policier, «c'est
David contre Goliath» - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Autre
enquête policière constituée d'un paquet de noeuds : celle
entourant le meurtre de Danielle André, en 1991. Selon
le journaliste André Cédilot de La Presse, dans un papier publié
en septembre 2001, le scandale a éclaté au grand jour en 1993, lors
du procès de Jean-Pierre Duclos,
condamné à vie dans cette cause.
Avec
la bénédiction de leurs supérieurs,
quatre policiers du corps de Laval auraient
caché des faits et falsifié des rapports pour protéger un
informateur
(André Cédilot --
La Presse du 12 septembre 2001) : les policiers Gérald
Dance,
Richard
Millette,
Marc
Bourdon
et Serge
Morin.
Déboutés de toutes les requêtes qu'ils ont présentées jusqu'en
Cour d'appel au cours des sept années précédentes, ils
tentent encore,
en septembre 2001, d'éviter
le tribunal déontologique.
Entre-temps, ils ont tous quatre pris leur... retraite.
À
la reprise des audiences déontologiques, ce mois-là, les avocats
des quatre policiers déposent chacun des requêtes à plusieurs
volets dans le but, encore une fois, de stopper les procédures.
Ainsi Me Daniel Rochefort, avocat de Dance, ex-directeur des
enquêtes criminelles, qui soutient que le processus qui a
mené son client devant le comité a été entachée
d'irrégularités. Au départ, fait-il valoir, Dance n'était
même pas inclus dans la plainte du 23 avril 1992 qui visait une
quinzaine de flics, dont le directeur Jean-Marc Aurèle, lui
aussi à la retraite.
Il
relate que c'est en novembre 1993 que son client a appris avec
stupeur qu'il était, avec ses trois collègues, la nouvelle cible
des enquêteurs en déontologie. Les citations à comparaître
lui sont parvenues cinq mois plus tard, en avril 1994, sans qu'il ait
été interrogé par l'enquêteur du comité, argue Me Rochefort.
Pourtant,
dans son rapport, Jean-Louis
Fourcaudot,
l'enquêteur en question, écrit
l'avoir rencontré
le 19 août 1993. Difficile
de savoir qui dit vrai, puisque Fourcaudot est décédé entre-temps,
signale le journaliste. De plus, Dance,
en contre-interrogatoire, déclare
avoir perdu ses agendas
des années 1989 à 1994 dans
l'incendie de son hôtel,
à Dalhousie, en Ontario, survenu deux ans plutôt. Il reviendra à
l'assesseur du Comité de déontologie, Jean-Marie Blais, de trancher
le débat.
Dans
l'affaire Lizotte que nous avons traitée plus haut, Hélène
André,
la soeur de Danielle André assassinée en 1991, ne
s'étonnait pas de l'acquittement du policier Stante
(Louise Leduc --
La Presse du 19 septembre 2002) : «Le
tribunal, c'est un gros cirque et rien de plus!»
tranchait-elle. Onze ans après la mort de sa soeur, elle
demeure convaincue
que, dans ce dossier, l'homme purgeant (en septembre 2002) un peine
de 25 ans n'est pas l'auteur du meurtre.
D'après
elle, les policiers de Laval ont tout fait pour protéger des
suspects, qu'ils avaient laissé filer en Colombie et qu'ils n'ont
arrêté que deux mois plus tard. Les policiers avaient même attendu
deux semaines avant d'investir la maison identifiée comme le lieu du
crime.
«J'ai
depuis déposé une plainte privée au criminel. Elle
est tablettée au ministère(québécois)de
la Justice,
qui attend de voir les conclusions du commissaire à la déontologie
policière du Québec. Vous
imaginez? Tout ça remonte à il y a 11 ans! Les
policiers impliqués dans l'histoire ont pris leur retraite et la
police de Laval n'en finit plus de payer des avocats! Comment un
citoyen peut-il se battre contre des corps policiers? C'est
David contre Goliath et il faut vraiment déployer beaucoup d'énergie
pour mener à terme une telle croisade.»
(Suite
demain)
■ À la suite de fausses accusations, des profs intentent des poursuites - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Relatons
le cas de Paul-André
Sansregret,
un ex-enseignant.
Le 25 mars 1999, il accepte de faire une journée
de suppléance à l'école
Bourgeoys-Champagnat
de Longueuil, dans une classe de sixième année. (Sébastien
Rodrigue --
La Presse du 4 août 2002) Après
seulement un avant-midi, 16 des 27 élèves prétendent avoir été
agressés sexuellement par lui. Neuf accusations sont portées à son
encontre, impliquant autant de "victimes".
Septembre 2000, le
juge Robert Lafontaine le déclare coupable.
Il a retenu la version de deux garçons et deux filles disant avoir
été victimes d'attouchements. Près
de deux ans plus tard, en
juillet 2002, les juges
André Rochon, René Dussault et Morris J. Fish de la Cour d'appel du
Québec concluent que le verdict est «déraisonnable».
Ils précisent que la nature sexuelle des contacts entre l'enseignant
et les élèves n'a
pas été prouvée hors de tout doute raisonnable.
Les
agressions dénoncées par les élèves étaient en fait des
touchers aux épaules,
au
bras ou à la tête,
gestes que le professeur accompagnait d'encouragements. Selon
les trois juges,
leur collègue Lafontaine de première instance a
écarté la crédibilité de Sansregret,
non pas à la suite de contradictions ou d'hésitations de sa part,
mais
à partir des témoignages contradictoires des victimes.
Ils
soulignent également que ce juge ne s'est jamais interrogé «sur
le caractère hautement invraisemblable de ces accusations».
Ils
l'ont complètement blanchi.
D'après l'avocat de Sansregret, Jean
Dury,
cette décision s'avère importante pour son client, mais
aussi pour l'ensemble des professeurs
qui craignent les poursuites sans fondement à partir des allégations
de leurs élèves.
On
ignore si l'ex-enseignant Sansregret a par la suite poursuivit ces
accusateurs, mais certains n'hésitent pas. En septembre 1999, Marcel
Beaumont,
faussement accusé d'attouchements sexuels sur cinq jeunes filles,
est
libéré par le juge,
qui rend un verdict «d'acquittement
honorable.(...) Toute
la preuve montre que l'accusation est sans fondement.»
Le
prof intente par la suite,
en février 2000, une poursuite de 840
000$,
tandis que sa
conjointe réclame 200 000$.
(La Presse du 29 février 2000) La
poursuite vise un policier et un procureur de la Couronne. L'article
de La Presse auquel je me réfère n'identifie pas, et
déplorons-le,
ni l'un ni l'autre. Beaumont enseignait à l'école
Cap-Soleil, à Charlebourg, près de Québec.
(Suite demain)
News du vendredi 19 Juin 2009
■ Vous saurez tout, et absolument tout, du forum "Faut-il réinventer la démocratie?" - Tenu les 8, 9 et 10 mai derniers à Grenoble, en France, il
réunissait près de 100 chercheurs, journalistes, intellectuels,
hommes politiques et responsables associatifs. La
masse de connaissances transmises est colossale.
30 thèmes y étaient développés, ex. :
L'impératif démocratique ; Représenter les minorités ; La parité
en question ; Lutter contre la pauvreté ; Réinventer la démocratie
sociale ; Crise du capitalisme et avenir de la démocratie ;
Éducation et recherche : quelle démocratisation du savoir? ;
Internet : nouvel espace démocratique? ; Citoyenneté et intégration
; De la démocratie en Amérique ; Les institutions européennes
sont-elles démocratiques? ; Expériences démocratiques dans le monde
; etc.
Un
peu plus bas dans la page qui s'affiche, choisissez un thème, tous
identifiés en caractères
rouges, et cliquez dessus pour avoir accès à un enregistrement
en format mp3 (à écouter en ligne ou télécharger). Disponibles
également, les rencontres vidéos
au "Café
des auteurs".
Naviguez aussi sur le site de
l'Association "La République des Idées", dont Pierre
Rosanvallon est le président.
■ Absence de volonté politique des élus de prendre le taureau policier par les cornes - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Utile
de souligner qu'à la fin de janvier 2000, quelques semaines après
que la
mort de Lizotte
ait été médiatisée, des
élus membres de la Communauté urbaine de Montréal, alors
"responsable" de la police sur son territoire,
interrogés par les journalistes André Cédilot et Éric Trottier de
La Presse, s'étaient
permis des réflexions pour le moins étonnantes
(André Cédilot et Éric Trottier --
La Presse du 26 janvier 2000) :
«Sur
le plan opérationnel, c'est Québec qui supervise
(la police de l'île de Montréal), leur avaient-ils révélé.
Des bavures, il y en a eues dans le passé, et il y en aura d'autres.
C'est inévitable. Il y a 4 150 policiers
(sur l'île de Montréal),
et la direction du service ne peut être en parfait contrôle de tout
ce qui se passe».
S'en
dégage l'absence de volonté politique des élus à prendre le
taureau par les cornes.
Citons
ce passage approprié du rapport
de la Commission Poitras.
S'il est une chose qui peut frapper l'observateur, écrivent ses
auteurs, c'est bien le caractère universel et récurrent de la
déviance policière un peu comme s'il s'agissait d'une
caractéristique essentielle et inévitable du travail policier.
«Il
ne s'agit pas de sombrer dans le cynisme et d'accepter comme un fait
inéluctable que tout pouvoir corrompt, pour, désabusé, baisser les
bras et accepter l'inacceptable,
fait-elle remarquer. Ne
serait-ce que par respect pour ceux et celles qui tentent de faire
leur métier avec honnêteté,
nous devons récuser d'emblée une approche qui, globalement, urbi et
orbi, vouerait
la police au mépris sans pouvoir offrir aucune alternative.
Si la probité est un objectif difficile à maintenir, la lutte pour
y parvenir mérite d'être signalée.»
(Suite demain)
■ Dans plusieurs esprits tordus des fanatiques du puritainement correct le doute subsistera toujours - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Les programmes de prévention lancés en milieu
scolaire pour sensibiliser les enfants aux agressions sexuelles et
encourager les dénonciations, objectifs louables, note le
journaliste, peuvent parfois avoir
des effets pervers.
Il
nous fait entendre notamment le psychologue Hubert
Van Gijseghem,
professeur titulaire à l'École de psychoéducation de l'Université
de Montréal, qui estime qu'attirer l'attention de l'enfant sur la
possibilité que des adultes puissent vouloir «abusivement
franchir leur intimité crée
un contexte hautement suggestif».
Il croit que les allégations risquent de se multiplier, mentionne le
cas d'un directeur de service qui avouait pouvoir suivre à la trace
dans sa région le passage d'une intervenante affectée à la
prévention grâce au nombre de signalements qui aboutissait
subséquemment sur son bureau. (NDLR : Était-ce
une flic en civil?)
Estimant
qu'un trop grand nombre d'accusations
d'agressions sexuelles portées contre des profs sont non fondées,
le Syndicat de l'enseignement de Champlain a demandé aux ministères
(péquistes) de l'Éducation, de la Justice et de la Sécurité
publique, en novembre 1999, de
revoir la façon dont sont traitées les plaintes.
(Rima Elkouri --
La Presse du 10 novembre 1999)
Il
dénonce avant tout les méthodes d'enquête des policiers et
l'approche des procureurs de la Couronne. Écoutons Me
Jean Dury,
l'avocat mandaté par le syndicat pour en sensibiliser le
gouvernement du Québec : «On
n'a pas de chiffres. Mais
dans la majorité des cas, les enseignants sont acquittés.»
Il juge que parfois, les efforts visant à prévenir les cas d'abus
ont
des effets insidieux
et engendrent un climat de paranoïa. «Les
élèves peuvent penser qu'un simple toucher à l'épaule est une
agression sexuelle».
Notons
que même acquittés, la réputation de ces enseignants est à jamais
entachée. Dans
plusieurs esprits tordus des fanatiques du puritainement correct le
doute subsistera toujours.
(Suite demain)
News du jeudi 18 Juin 2009
■ Émancipes-toi – Vous allez voir Staline
souriant et portant couettes, jupe courte, porte-jarretelles et
talons hauts : ç'aurait été beaucoup lui demander. Promo efficace
du juralibertaire.fr.
■ La théorie du complot – Échange entre deux
cochons.
■ Un ex-policier : «(...) combien de décès de ce genre passent complètement inaperçus? - (Suite tome
3 de
L'Étau Policier) En
septembre 2002, l'avocat
de la Couronne Michel Breton,
à la suggestion d'un comité d'appel provincial, précise-t-on,
décide
de ne pas contester l'acquittement du policier Stante.
(Marcel Laroche --
La Presse du 18 septembre 2002)
Et, conséquent dans sa décision,
dépose devant le
juge Gilles Hébert,
de la Cour supérieure, une
ordonnance d'arrêt du processus dans la cause du portier
Deschâtelets.
Le ministère public s'accorde cependant un délai d'un an. A
l'échéance, si aucun élément nouveau n'est porté à son
attention, le dossier sera définitivement classé.
Bien
sûr, là encore, un
certain mécontentement s'ensuit.
Dès le lendemain, la journaliste Louise Leduc de La Presse
écrit (Louise Leduc --
La Presse du 19 septembre 2002) : Finie, l'affaire Lizotte ;
libéré de toute accusation, le portier Steve Deschâtelet ;
acquitté, l'agent Giovanni Stante. Pour
ceux qui se sont battus
pour que justice soit faite dans ce dossier, voilà
une autre preuve du manque total de transparence des
forces de l'ordre dès que l'un de leurs représentants est
personnellement impliqué.
Un
ex-policier
et ex-conseiller municipal, Marcel
Sévigny,
soulève un point donnant froid dans le dos : «C'est
là une bavure monumentale! (...) combien
de décès de ce genre passent complètement inaperçus? (...) Il
faut se poser de sérieuses questions sur le service de police et sur
l'opacité de son fonctionnement. Ce
cas illustre une fois de plus la nécessité d'un comité de
surveillance indépendant qui ne soit à la solde ni de policiers ni
d'élus municipaux.»
Au
journal l'Itinéraire, on n'en est pas moins troublé.
«Manifestement,
il y a une procédure pour le citoyen ordinaire et une
autre pour les gens qui portent un titre ou un uniforme»,
dit la porte-parole Audry
Côté,
convaincue que les longs délais ont servi à enterrer de nombreuses
preuves. «Bien
sûr, M. Lizotte avait des problèmes psychologiques et de
toxicomanie qui le ramenaient souvent derrière les barreaux,
reconnaît-elle.
Il ne s'agissait cependant toujours que de petits délits. Il
n'était pas violent (sic)
et
il avait beaucoup de talent. Lors de l'une de ses incarcérations, il
avait même complété un baccalauréat en sociologie.»
De
son côté, Hélène
André,
dont la soeur Danielle a été assassinée en 1991, ne s'étonne pas
de
la conclusion en queue de poisson de la mort de Lizotte.
Plus bas, nous aborderons cette autre affaire, impliquant un
informateur, qui serait l'auteur du crime, mais que la police aurait
voulu protéger. (Suite demain)
■ La grande peur d'être identifié comme agresseur - (Suite tome
2 de
L'Étau Policier) D'autres
disent que l'idéologie
de la peur est responsable d'une partie de l'angoisse collective.
Soulevons quelques cas. Dans l'une de ses chronique, le journaliste
Réal Pelletier de La Presse fait écho d'un fait divers publié dans
le Los Angeles Times démontrant jusqu'à quel point peut
être grande la peur d'être agressé ou identifié comme agresseur.
(Réal Pelletier --
La Presse du 29 novembre 1998)
Un
automobiliste aperçoit au petit matin, sur un trottoir de
Murfreesboro, au Tennessee, un
enfant errant de trois ans.
Aucun adulte n'est visible à l'horizon, alors
il décide de l'aider.
Il l'interroge, l'enfant
ne répond pas.
Il n'ose le faire monter dans son véhicule, craignant
d'être accusé d'agression sexuelle ou de kidnapping,
décide plutôt de le suivre à courte distance à bord de son
véhicule.
Il
intercepte une automobiliste, veut la mettre dans le coup, elle
refuse d'intervenir, le regarde d'une drôle de façon, alerte
la police par son cellulaire
et, en attendant son arrivée, suit l'automobiliste. Pelletier écrit
que tous les «logues
» du comté s'interrogent
encore sur
ce que le citoyen aurait dû faire au départ.
Par
les temps qui courent, éminemment dangereuses, les
interactions avec les enfants.
Ainsi, dans les écoles québécoises, le
phénomène des fausses allégations constitue une véritable épée
de Damoclès
braquée sur la tête des enseignants, qui sont d'ailleurs invités à
faire preuve de prudence, rapporte en août 1999 le journaliste Marc
Thibodeau de La Presse. (Marc Thibodeau --
La Presse du 30 août 1999)
Alain Paquet,
conseiller en santé et sécurité du travail au sein du Syndicat de
l'enseignement de Champlain, a énuméré au journaliste quelques
unes des précautions à prendre pour éviter l'allégation.
Les
professeurs d'éducation physiques y sont les plus exposés.
Ils doivent se tenir à l'écart des vestiaires et éviter
les exercices aériens,
parce que favorisant les contacts physiques. En classe, complimenter
ou se retrouver seul avec un élève comportent un risque, alors on
recommande au prof de garder la porte ouverte : attention
à la petite tape d'encouragement dans le dos.
Si l'élève s'est blessé, le
professeur doit s'assurer de la présence d'un adulte
pour éviter une fausse interprétation des gestes associés aux
soins. Hautement risqué aussi pour un prof de
reconduire à la maison un élève ayant raté son autobus.
Toutes
ces mesures ne facilitent pas les échanges en classe ni favorise un
véritable dialogue propice à l'apprentissage. Le journaliste cite
Paquet : «Un
enseignant qui fuit les contacts, ce n'est plus tout à fait un
enseignant.»
(Suite demain)
News du mercredi 17 Juin 2009
■ Québec : vers une Charte municipale des droits des citoyens et citoyennes? - Ce projet vise à créer les conditions d'une démocratie de
proximité, lit-on sur le
site de la Ligue des droits et libertés du
Saguenay-Lac-Saint-Jean (LDL-SAGLAC).
La ligue
considère qu'il est temps que collectivement les citoyens et
citoyennes de nos villes et villages s'interrogent sur la manière de
veiller au respect effectif des droits de la personne. Les politiques
locales ont des incidences sur notre vie, donc sur les droits
fondamentaux de nos concitoyens, précise-t-elle.
Le model
qu'elle songe à mettre de l'avant s'inspire d'une expérience du
genre vécue par 41 villes européennes. LDL-SAGLAC a déjà tenu un
forum à ce
sujet, mais il date de quelques années : compte
rendu du forum.
PS
:
Je l'ai contactée afin de faire le point sur son projet à la fois
innovateur, absolument nécessaire et dont l'urgence ne fait aucun
doute. Je vous en reparle bientôt.
■ Gigi, mon P'tit-Rex – J'ai pouffé de rire en voyant cette
vidéo (02:45). On ne s'attend vraiment pas à ce qu'on va voir. Complètement fou! Ça commence bien la journée...
■ «Combien de temps cela va-t-il prendre pour qu'on comprenne que le système de justice est pourri et que les corps de police peuvent faire ce qu'ils veulent?» (Suite
tome
3
de L'Étau Policier) Ce
mois de mai-là, donc, se
tient le procès du policier Stante,
devant jury et présidé par la
juge Claire Barette-Joncas,
de la Cour supérieure. (La Presse du 30 avril 2002 ) Le 1e août
2002, il
est acquitté de toutes les accusations portées contre lui.
L'avocat
de la Couronne, Michel
Breton,
qui ne semble pas surpris du verdict, se donne ensuite quelques temps
pour décider s'il en appellera ou non. Stante, qui doit dans les
mois suivants comparaître devant le Comité de déontologie,
retourne au travail, est affecté en attendant à des tâches
administratives : on
ne connaît pas la suite déontologique.
Les réactions ne traînent pas. On
parle d'une justice à deux vitesses.
Manseau
du MAJ
souligne un fait : l'avocat du policier a fait appel à une
expertise extérieure pour justifier l'utilisation des coups de poing
comme moyens de maîtriser quelqu'un, mais
l'avocat de la Couronne, lui, n'a pas présenté de contre-expertise.
(Sébastien Rodrigue --
La Presse du 3 août 2002) «Ç'a
laissé la porte ouverte à la défense d'amener un expert des
États-Unis qui a dit qu'il
(le policier Stante)
a agi dans les règles de l'art et c'était l'acquittement
automatique».
Manseau
dénonce aussi le temps écoulé avant les mises en accusation
(environ sept mois), estime que la procédure des enquêtes sur des
policiers devrait être changée. Il
craint surtout que l'acquittement de Stante n'alimente le sentiment
d'impunité
parmi une minorité de policiers. (NDLR : Pourquoi l'avoir
frappé alors qu'un portier, d'après le témoignage de Jean-Maxime
Leroux à La Presse, l'avait maîtrisé, lui tenait les mains
derrière le dos? D'autant que Lizotte ne menaçait personne?)
Commentaire
d'Audrey
Côté,
agente de projets à l'Itinéraire, un mensuel produit par des
itinérants auquel collaborait la victime : «C'est
certain que si
M. Lizotte avait été un homme en veston-habit-cravate,
il aurait sûrement reçu un traitement différent et eu droit à une
réaction plus pacifique de la part de M. Stante.»
D'après elle, son
acquittement sème l'inquiétude parmi la communauté itinérante,
car il cautionne l'usage de la force contre les sans-abri. «Un
policier qui estime avoir fait son devoir en frappant un itinérant,
il y a lieu de se poser des questions sur le code de déontologie, de
se demander si les policiers sont au-dessus du Code criminel»,
dit-elle.
Notons
aussi la réaction d'un lecteur de La Presse, Daniel
Gibeault
(Daniel Gibeault --
La Presse du 3 août 2002) : «(...) la police a encore gagné !
Combien
de temps cela va-t-il prendre pour qu'on comprenne que le système de
justice est pourri et que les corps de police peuvent faire ce qu'ils
veulent sans que personne puisse faire quoi que ce soit?
(...) moi
je pense que la société dans laquelle nous vivons va
progressivement perdre le droit à la parole et que, dans pas très
longtemps, nos enfants vont vivre dans la peur et le doute.»
(Suite demain)
■ Toute forme d'autodéfense implique un processus d'autodestruction des rapports sociaux - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Ackermann,
Dulong et Jeudy,
du Centre national de recherche scientifique, en France, écrivent
que celui qui proclame haut et fort qu'il est armé et que les
malfaiteurs peuvent venir, ne prend pas ses interlocuteurs à témoin,
il
les suppute complices.
(Werner Ackermann, Renaud Dulong et Henri-Pierre Jeudy, sont tous
trois du CNRS --
Imaginaires de l'Insécurité --
Librairie des Méridiens)
Dans certaines formes de prévention,
l'agresseur est averti de la protection par
une publicité qui constitue le public en ensemble de malfaiteurs.
D'autres formes d'avertissement alertent directement le public sur
lui-même, instituant
chacun en surveillant de l'autre.
Dulong
dit que «la
justice officieuse, celle qui se déploie dans les commérages de la
rue de quartier, n'acquitte personne.»
(Renaud Dulong --
L'autodéfense --
Librairie des Méridiens) Dans ce contexte, le
procès d'intention menace tout le monde.
Tous étant désormais sous enquête, aujourd'hui c'est votre voisin
que l'on soupçonne injustement, demain ce sera vous, si ce ne l'est
pas déjà. Pour revenir à Dulong : «Cela
s'appelle l'éclatement de la société».
Plusieurs auteurs affirment que toute forme d'autodéfense implique
un processus d'autodestruction des rapports sociaux.
L'anthropologue
Tremblay
est d'avis que la présence et la visibilité policière ne sont
efficaces qu'à l'intérieur des images que le citoyen se fait de la
police. (Jean-Noël Tremblay --
Le métier de policier --
Les Presses de l'Université Laval) Si celle-ci signifie pour lui la
brutalité ou l'arbitraire, le citoyen agira en conséquence. Par
exemple, une
police trop répressive détruit l'idée qu'il puisse exister un
honnête citoyen,
tous devenant des clients potentiels. Il
soutient que cela rend la police odieuse aux yeux des citoyens.
Cette
image négative du policier sur notre propre comportement en société
nous incite, si l'on veut éviter d'être traité comme un malfaiteur
ou un criminel, à se soustraire aux regards de la police. Tremblay
dit aussi, et surtout, que lorsque l'image d'une police répressive
s'installe en nous, elle engendre un changement dans nos rapports
avec les autres et avec les policiers, engendre
une attitude de méfiance et de mépris envers tous ceux qui nous
confondent avec la «clientèle
particulière»de
l'univers policier.
Cet arbitraire met aussi fin à la collaboration du citoyen. (Suite
demain)
News du mardi 16 Juin 2009
■ Canada-Taser : la Commission d'enquête pourra blâmer la GRC dans l'affaire Dziekanski – Les 4 policiers de la Gendarmerie royale du Canada (GRC),
impliqués dans la mort du Polonais Robert Dziekanski, à l'aéroport
de Vancouver, à l'automne 2007, prétendaient qu'un blâme était
l'équivalent à des accusations criminelles, ce qui ne relevait pas
de sa compétence.
Hier
lundi 15 juin, une Cour de justice a tranché en faveur de la
Commission. Elle pourra donc examiner les allégations soulevées
contre eux lors des audiences à l'effet qu'ils auraient agi de façon
incorrecte et tenté de mentir pour cacher certains faits. Vendredi,
elle franchira l'étape finale de son enquête en entendant les
plaidoiries des différentes parties. (Source : RCI)
■ Procès séparé pour une aventure commune : 2 poids, 2 mesures -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) Finalement,
en avril 2000, des accusations d'homicide involontaire, de voies de
faits graves et de lésions corporelles sont
déposées contre le policier Giovanni Stante,
34 ans, et
Steve Deschatelets,
portier au Shed Café lors des événements. (Christiane Desjardins
et Éric Trottier --
La Presse du 27 avril et 13 mai 2000) Ainsi en décide le
juge François Doyon
de la Cour du Québec à l'issue d'une pré enquête à huis clos où
il a entendu une quinzaine de témoins. Le policier Stante est
suspendu sans traitement.
Le
procès démarre au début de mai 2002, au palais de justice de
Montréal. Bien que les deux accusés soient impliqués dans le même
événement, ils
auront droit à un procès séparé.
Deschatelets, subira le sien à une date ultérieure, à l'automne
2002, annonce-t-on.
Pourquoi?
La
loi l'autorise,
déclare-t-on, mais la décision appartient à l'avocat de la
Couronne, s'il s'avère que la justice sera mieux servie par deux
procès plutôt qu'un seul. Belle
rhétorique
ne répondant pas à la question du pourquoi. Le portier Deschatelets
pourrait apporter un autre éclairage
que celui de son coaccusé, le policier Stante. Craint-on
qu'il l'incrimine et implique aussi son collègue policier contre
lequel aucune accusation n'a été portée?
Deux poids, deux mesures?
Rappelons
que lors du mégaprocès
des Hell's Angels
plusieurs se plaignaient de sa lourdeur : preuve titanesque, 17
accusés, 4 chefs d'accusations chacun, 68 verdicts à rendre. Me
André Vincent,
procureur en chef de la Couronne à Montréal, n'estimait
pas moins que la règle de droit au Canada est qu'il doit y avoir un
procès commun... pour une aventure commune.
(Christiane Desjardins --
La Presse du 10 août 2002) (Suite
demain)
■ Sociologue Morin : «nous sommes menacés par l'horrible devoir d'État qu'imposèrent les polices stalinienne et nazie, de dénoncer le fils, le père et le frère» - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) D'après
la journaliste américaine Jacobs,
dans un bon quartier urbain (et rural), un
merveilleux équilibre s'établit
entre la volonté qu'ont les citoyens de préserver leur intimité et
leur désir d'entretenir avec leur voisinage des contacts fondés
autant sur l'agrément que l'entraide. (Jane Jacobs --
Déclin et survie des grandes villes américaines --
Éditions Mardaga)
Cet équilibre est dû en grande partie à
toute une série de petits gestes efficaces,
accomplis et acceptés de part et d'autre, avec tant de décontraction
que les intéressés ont tendance à considérer que tout
cela va de soi.
Cette
confiance prend forme, avec le temps, grâce
à de nombreux contacts quotidiens entre les individus qui
fréquentent la même rue.
La plupart de ces contacts entre usagers de la rue sont tout à fait
superficiels, mais
leur somme ne l'est pas,
souligne-t-elle. Elle est d'une grande richesse : elle constitue à
la fois un
sentiment d'appartenance
à une identité commune, un réseau de confiance
et de respect
mutuels
et un recours
possible
en cas de nécessité personnelle ou collective. «Pour
une rue, l'absence de cette confiance générale est vraiment
dramatique»,
soutient Jacobs.
Ce
sont tous ces petits riens qui font qu'un
citoyen se sente apprécié des autres,bien
dans sa peau et heureux
dans son îlot, sa rue, son quartier, sa Cité, sa ville, son
village. D'autant plus vitaux que de nos jours la
cellule familiale n'est plus ce qu'elle était.
Le sociologue Morin
relate que notre passé a été marqué par les impérieux devoir de
solidarité de clan et de famille. (Edgar Morin --
Pour sortir du vingtième siècle --
Éditions Fernand Nathan)
Ces
devoirs tombent,
avec l'atomisation individuelle et les protections sociales
(assurances, retraites, etc.). Et il se trouve que, dans l'évolution
rapide qui élargit les fossés entre génération, nous nous
sentions fort loin de nos proches et étrangers aux nôtres. Mais aux
frères perdus de l'ancienne famille ou tribu se
substituent des frères d'élection ou amis.
«Ici
peu importe,
explicite-t-il :
je ne parle spécialement ni de la famille ni des amis, mais je parle
des nôtres, de ceux que nous aimons, de ceux avec qui nous avons un
lieu de proximité, non seulement ou tant spatiale qu'affective et
morale.
»
Les
seuls vrais rapports humains sont ceux de personne à personne, et,
si elle la vaut, aucune
morale abstraite supérieure ne prévaut contre la morale concrète
pour les gens qu'on aime et qu'on aide.
«(...) Il
y a là une vérité qu'il faut d'autant moins oublier que nous
sommes soumis aux devoirs généraux abstraits émanant de la
société, et que
nous sommes menacés par l'horrible devoir d'État qu'imposèrent les
polices stalinienne et nazie, de dénoncer le fils, le père et le
frère.
La morale sociale abstraite, fondée
sur la négation de tous liens concrets,
devient par là l'antimorale, et il est aujourd'hui d'importance
vitale
non seulement éthique, mais politique, de
maintenir le privilège de la relation concrète.»
Voilà
un point de vue s'emboîtant parfaitement à notre propos. Disons les
choses plus explicitement encore : policiers
et policières en civil et citoyens-mouchards détruisent le lien de
confiance entre citoyens.
Sur combien de ces «mouches»
la police de l'île de Montréal et la Sûreté du Québec, entre
autres corps policiers de monde, peuvent-elles compter aujourd'hui?
Sont-elles
nombreuses
à virevolter autour des citoyens, dissimulées
sous le masque de la fausse convivialité, de la fausse amitié?
Avec l'infrastructure sociale de la pseudo police communautaire que
nous avons déjà décrite, il y en aura de plus en plus de ces
maringouins qui, à chaque fois qu'ils s'approcheront du citoyen, ce
sera pour lui sucer de son intimité,
et un peu plus d'une fois à l'autre. (Suite demain)
News du lundi 15 Juin 2009
■ Le quotidien québécois La Presse ne paraîtra plus le dimanche – Guy Crevier,
président de Gesca, une filiale de Power
Corporation, l'a annoncé aujourd'hui : la dernière livraison
aura lieu le 28 juin. Raison? Le journal est touché par la crise
financière et les contributions aux régimes de retraite de ses
employés.
PS : Dans la déclaration officielle, on a omis un élément majeur : les publicitaires migrent de plus en plus vers l'Internet, privant ainsi de revenus la version papier de l'information. Alors, oui, la crise, mais pas seulement ça.
■ Philip : «Les
policiers font à leur tête depuis beaucoup trop longtemps...» - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Survient ensuite, environ trois semaines après,
un événement dont on ne peut pas ne pas tenir compte : la
police de l'île de Montréal saisit de la bière et de l'alcool...
au local de la LNQ, qu'occupe son président... Philip.
(Éric Trottier --
La Presse du 20 janvier 2000)
Le
journaliste Éric Trottier de La Presse rapporte qu'une voisine, dont
la police n'a pas dévoilé l'identité, se serait plainte d'un
va-et-vient inhabituel au local où, selon elle, on en vendait les
vendredis soirs. D'après le commandant du Service des relations
publiques de la police, André
Durocher,
l'organisme opérait sans permis, et la plainte avait été faite le
17 mai de l'année précédente à la Régie des alcools, des courses
et des jeux.
La
saisie ayant été effectuée à la mi-janvier 2000, pourquoi
la police a-t-elle attendu,
avant de procéder, plus ou moins 8 mois après le dépôt de la
plainte ? Réponse de Durocher : celle-ci n'a été transmise à la
police qu'en juillet 1999, l'enquêteur
affecté au dossier a été muté à un autre poste et son remplaçant
a amorcé son enquête le 15 octobre 1999.
(NDLR : Coïncidence, la veille du décès de Lizotte.)
Philip
avoue que les membres de la LNQ prennent une bière, à l'occasion, à
la fin de leurs réunions.«C'est
du harcèlement pur et simple, destiné à me discréditer parce que
j'ai récemment demandé la tête de M. Sarrazin,
explique-t-il
au journaliste Trottier.
(...) J'estime
que M. Sarrazin n'a plus la confiance du public pour diriger le corps
de police. Et
leur saisie à la Ligue des Noirs ne m'intimidera pas.
Nous allons poursuivre nos pressions. Les
policiers font à leur tête depuis beaucoup trop longtemps...»
(Suite demain)
■ Coelho : le plus grand péché de l'humanité est
l'incommunicabilité - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) L'écrivain brésilien Coelho
dit que le plus grand péché de l'humanité est
l'incommunicabilité,
la
solitude
ni recherchée ni aimée, le
moment où nous oublions que nous devons être les miroirs les uns
des autres.
(Juan Arias --
Conversations avec Paulo Coelho --
Éditions Anne Carrière, 1999 pour la version française) Tout ce
qui facilite la rencontre et la communication entre nous contribue en
définitive à nous
rendre moins inhumains et plus solidaires.
Dulong
est d'avis que l'établissement commercial, par exemple, n'est pas
seulement un endroit où l'on échange des biens et de l'argent, mais
d'abord un lieu constitutif de socialité.
(Renaud Dulong --
L'autodéfense --
Librairie des Méridiens) Les propos qui y sont tenus ne constituent
pas l'emballage enveloppant la marchandise, mais plutôt un
élément essentiel à la survie de la société.
Ce qui se ramifie ailleurs dans des rencontres occasionnelles vient
ici se
stabiliser en une institution qui fonctionne comme nœud de l'échange
social.
(NDLR : Même lorsqu'il s'agit de propos stéréotypés --
météo, résultats de la loto, dernière défaite des Canadiens de
Montréal, etc. --,
parce que constituant très souvent des
amorces à d'autres sujets.)
Une
commerçante québécoise compare un commerce à un «bureau
de psychologue».
(Chantal Guy --
La Presse du 8 octobre 2000) «Les
gens nous racontent leur vie très aisément.
(Un commerce)
ça prête à la confidence, pour peu qu'on écoute. Les gens ne
partent pas seulement avec un paquet ; parfois
ils retournent chez eux avec un meilleur moral.»
Le jus d'orange de la vie, fait avec de vraies oranges et sans
insecticides, quoi. Des
relations humaines inestimables, irremplaçables.
Illustrons
de ce passage d'un livre de Tiberghien...
(Anne-Marie Tiberghien --
Comme un Chat sauvage --
Éditions Robert Laffont, 1986) Sourires,
petites phrases amicales.
La ritournelle : deux mots sur le temps qu'il fait, quelques uns
sur la fatigue, le moral, la santé de chacun, trois autres sur les
événements petits et grands de la vie de chacun. Ces mots suffisent
à tisser un réseau de complicité.
Chaque
matin, sur le chemin de la boulangerie, on échange des saluts,
des gestes d'amitié avec le fruitier qui prépare son étalage, le
boucher qui décharge ses carcasses, la vendeuse de journaux,
l'éboueur... De
jour en jour, à force de voir les mêmes têtes,
des relations s'établissent, des amitiés se nouent, des amours
fleurissent. Ça s'appelle s'insérer dans la vie de quartier. (Suite
demain)
News du dimanche 14 Juin 2009
■ Canada-Afghanistan – 120e soldat canadien tué, aujourd'hui dimanche : Martin Dubé,
35 ans, de Québec.
■ Le site laquadrature.net – Jérémie Zimmermann en est le co-fondateur et porte-parole. Il
est constitué d'un collectif qui informe ses visiteurs sur des
projets législatifs mettant en péril les libertés individuelles
dans l'environnement numérique. Sa promo
vidéo (00:52), d'une simplicité des plus efficaces, est une
invitation à la solidarité citoyenne.
De ce
temps-ci, on y célèbre une grande victoire : la décision du
Conseil constitutionnel relativement à certaines articles
liberticides du projet de loi Hadopi de Sarkozy. Zimmermann, dans une
entrevue
: «Hadopi
méprisait les droits fondamentaux des citoyens, notamment le droit à
un procès équitable, la présomption d'innocence et la liberté
d'expression, indispensable au bon fonctionnement d'une démocratie.»
Article
aussi sur le site de la communauté des juristes : le village
de la justice. Il est fréquenté notamment par des avocats, juristes
d'entreprises et de cabinets, magistrats, notaires, etc.
PS
:
La ministre française de "l'inculture
démocratique",
Christine Albanel,
voulait dépénaliser le comportement d'internautes, en confiant la
gestion d'Hadopi à une autorité non judiciaire. Cela dit comme si elle
leur faisait une faveur.
Au Québec, on utilise un autre verbe pour
dire la même chose, et qui remplit bien la bouche : déjustiariser.
En plus clair : en court-circuitant les Cours de Justice, on sort du cadre juridique et on entre dans le vaste monde de l'arbitraire. C'est ce que font la police et les tribunaux
administratifs du gouvernement du Québec.
■ Le dg Michel Sarrazin de la police de Montréal : un capitaine qui ne sait pas où se trouve son navire - (Suite tome
3
de L'Étau policier) Suivons la suite de l'histoire. Yves
Manseau,
du Mouvement Action Justice (MAJ),
organisme voué à la défense de citoyens victimes d'abus policiers,
réclame
une enquête indépendante sur la mort de Lizotte
et ce qu'il croit être des «tentatives
de camouflage»
de la police. «Les
enquêtes publiques, on en a un peu soupé. Il faut, cette fois-ci,
chercher des coupables. Parce
que la première cause de la brutalité policière, c'est le
sentiment d'impunité des policiers.»
Le
MAJ dépose trois plaintes en déontologie. Manseau : «Nous
croyons qu'il est important que le ministre de la Sécurité
publique, Serge Ménard, dise à la population qu'il connaissait la
situation depuis longtemps (sic)et
qu'il avait parfaitement conscience de la gravité de cette affaire.»
Peu
après, il en dépose une quatrième, cette fois la cible est le dg
de ce corps policier : «Michel
Sarrazin
n'a pas fait son travail correctement : il a
avisé le ministre de la Sécurité publique un mois après avoir
appris la mort de M. Lizotte,
alors qu'il devait le faire dans l'heure qui suit.»
Manseau doute
que Sarrazin n'en ait pas eu vent dès le début.
Dans cette autre saga policière, le MAJ est notamment supporté dans
sa démarche par Dan
Philip,
président de la Ligue des Noirs du Québec (LNQ).
On ignore ce qu'il est advenu de ces plaintes.
Le
30 décembre 1999, l'avant-veille du jour l'An 2000, le
dg Sarrazin annonce,
au cours d'un point de presse, la
tenue d'une enquête
sur les faits et gestes de quatre cadres policiers en service lors de
l'arrestation brutale de Lizotte. Annonce aussi que les deux
policiers qui ont arrêté la victime, le 5 septembre précédent,
ont été affectés à des tâches administratives. Cependant,
il refuse de dévoiler leur nom.
(André Noël --
La Presse du 31 décembre 1999)
Manseau
se dit choqué de le voir convoquer la presse à la dernière minute,
en cette avant-veille du jour de l'An, pour traiter de cette
importante affaire : «Il
ne voulait pas de réactions. Mais
des réactions, il y en a.
Nous demandons sa démission.»
Philip
renchérit
: «Il est le chef de police : il est responsable de ce qui se passe
dans son service. Qu'est-ce que cette histoire selon laquelle il
n'était pas au courant? C'est
comme si un capitaine annonçait qu'il ne sait pas où se trouve son
navire. Dans
un tel cas, il faut changer de capitaine. Sinon, ce n'est pas
rassurant.» (Suite demain)
■ L'histoire se répète : de nos jours, la police communautaire, de quartier ou de proximité fait dans le maccarthysme - (Suite tome
2
de L'Étau policier) La croisade anticommuniste du sénateur
McCarthey, aux États-Unis, était soutenue par les Chevaliers
de Colomb
qui collaboraient avec «l'évêque
de la radio Fulton J. Sheen et le cardinal Spellman».
(John Cornwell --
Le pape et Hitler, l'histoire secrète --
Éditions Albin Michel)
La
droite, politique
et religieuse (catho),
ne dissociait pas sociale-démocratie et bolchevisme. Pour
elle, l'Espagne de Franco et le Portugal de Salazar incarnaient mieux
sa vision de la société idéale.
Le maccarthysme a sévi également au Québec. En 1937, la
loi du cadenas du gouvernement de l'Union nationale de Maurice
Duplessis
interdit la propagande communiste.
«C'est
une affaire d'Église aussi,confirme
l'historienne Ferretti.
(Lucie Ferretti --
Brève histoire de l'Église catholique au Québec --
Éditions Boréal, 1999) (...) Papin
Archambeault
se promeut général en chef d'une campagne sans merci»
Il mobilise l'École sociale populaire, l'Association catholique de
la jeunesse canadienne française, la Jeunesse ouvrière catholique,
etc. «(...) il
met sur pied, grâce à des subventions fédérales, un véritable
service de renseignements personnels et d'espionnage et il
se fait l'informateur de la police provinciale (du
Québec) et
de la Gendarmerie royale
(du Canada).
Un tel acharnement persiste dans les années 1940 contre des
communistes bien identifiés, tels Stanley
Ryerson, Fred Rose, Madelaine Parent ou Kent Rowley.»
D'après
le constitutionnaliste américain Ackerman,
McCarthy
restera dans les annales de la république comme un démagogue
sans succès, dont les tonitruants appels au peuple se révélèrent,
au banc d'essai, incapable de rallier l'engagement populaire profond
et durable qu'exige
une transformation légitime des valeurs fondamentales.
(Bruce Ackerman --
Au nom du peuple --
Éditions Calmann-Lévy, 1998) Dans sa croisade, il jouissait de
l'appuie du Sénat mais il
s'est révélé incapable de vaincre
la résistance institutionnelle du Congrès et de la présidence.
Ackerman
est d'avis que ce
sont les efforts déployés pour élargir ses appuis qui ont provoqué
sa chute.
Lentement, certaines des atteintes les plus sérieuses aux valeurs
constitutionnelles et traditionnelles ont été réparées au cours
de la génération suivante, mais sans vraiment recoller tous les
morceaux de ces vies qui avaient été saccagées. McCarty
prétendait parler au nom du peuple.
L'histoire
se répète. De nos jours, pouvoir et police se réclament aussi du
soutient de la population. Leurs
efforts déployés pour aller chercher l'adhésion citoyenne au
concept de la pseudo police communautaire a eu pour effet de rendre
plus visible le véritable rôle de cette dernière, et de lui faire
perdre sa légitimité.
De la même façon que le maccarthysme perdit la sienne.
On
finit toujours par voir la démesure à travers le brouillard
idéologique. La
prévention de la criminalité a remplacé les autres orthodoxies,
dont le communisme et le catholicisme. Ce n'est pas le crime qui
menace le plus la Société civile, mais
l'acharnement que mettent police et pouvoir, sans omettre les
collabos, à vicier l'osmose entre citoyens |