News du vendredi 31 Juillet 2009
■ Hier, à la Maison Blanche – Une chope de bière offerte par Obama et ses deux invités
(02:19) : Henry Louis Gates Jr, prof d'Harvard, et Jim Crowley,
policier de Cambridge. L'histoire, vous la savez, elle a créé un buzz
sur le web...
Résumons...
Le prof, un Noir, veut entrer chez lui, trouve pas ses clefs, défonce
la porte. Une voisine le voit faire, pense qu'il s'agit d'un
cambriolage, alerte la police. Croswley, un Blanc, arrive, Gates
s'explique, etc. En final, le flic l'arrête pour désordre public.
On était pas là, on sait pas trop ce qui s'est passé. Obama, un
Noir, qui apprend la nouvelle, qualifie de stupide l'attitude du
policier. Ensuite, lui fait des excuses et invite les deux hommes à
venir prendre une bière avec lui à la Maison Blanche.
■ La lutte contre la drogue : il n'y a pas lieu de dramatiser, décréter dans le pays l'état de siège ou la loi martiale sans le nom - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Le
livre de Bachmann
et Coppel
permet de relativiser la présence de la drogue dans notre société.
De tout temps, des humains en ont consommée.
Ce
que nous vivons aujourd'hui n'est donc pas un fait unique dans
l'histoire de l'humanité. Et
nous sommes même privilégiés parce que notre époque présente un
avantage sur celles qui l'ont précédée : aujourd'hui,
nous connaissons tous les méfaits de la drogue.
Par
ailleurs, sachant qu'on en trouve dans à peu près tous les pays de
la planète, qu'ils sont, en tout et partout, environ 180 millions
usagers sur une population de plus de 6,4 milliards, dont 144
millions consommant du cannabis,
il n'y a donc pas lieu de
dramatiser, décréter dans le pays l'état de siège ou la loi
martiale sans le nom.
Du
reste, les deux auteurs soutiennent qu'une vision cataclysmique
travaille à sa propre perte. Cela dit, ils ne font pas pour autant,
et loin de là, l'apologie de la drogue. Leur ouvrage, abondamment
documenté, fourmille d'exemples démontrant très clairement que
l'héroïne, c'est souvent le suicide, que ceux qui choisissent le
produit renoncent à vivre. Ils y parlent de morts vivants en série.
Et ils ne sont pas les seuls auteurs à exhiber la face cachée de la
drogue dure.
Ainsi,
dans son livre, Labrousse nous fait rencontrer Fred. (Alain
Labrousse -- La drogue, l'argent et les armes -- Éditions Fayard)
C'est l'un de ceux qui s'en sont sortis, au bout de six ans de
dépendance à l'héroïne. Labrousse lui demande ce que sont devenus
ses anciens copains. Fred lui dresse la liste de ceux qu'il
connaissait, et qui avaient eu ou devaient connaître une fin
tragique.
«C'est
terrible, une véritable hécatombe,
raconte-t-il.
Le frère aîné de Daniel
s'est suicidé. Son
jeune frère
a été condamné à perpète par un tribunal français. Daniel, il
est peut-être mort, la dernière fois que je l'ai vu, il était très
mal. Jean-Paul,
j'ai su qu'il était dans un hôpital psychiatrique. Sa copine
Patricia,
je crois qu'elle s'en est sortie, mais je n'en suis pas sûr. Serge,
il est séropositif ou il est mort. Micolo
est mort du sida, Patrick
s'est suicidé. Michel
a
été assassiné -- problème directement lié à la drogue, précise
Labrousse. Gilles
s'en est sorti. Il a fait comme moi, plusieurs années avant.
Laurence,
elle s'en est sortie, elle est médecin en Afrique, je crois...
»
Fred
fait une pause, éprouve de la difficulté à se souvenir...
«L'autre,
Christian,
il est séropositif. L'autre,
elle est séropositive. Le frère de Jean-Denis
est mort d'une overdose. Qui s'en est sorti? De toute la bande que
nous formions dans la banlieue Sud, qui s'en est sorti? Le
grand Patrick, il est
aussi positif si j'ai bien compris. Alain,
il est recherché par toutes les polices de France et de Navarre.
Toute la bande des loulous de Plessi est en
prison...»
(Suite
demain)
■ Souvent les civils s'en aperçoivent lorsque vous les avez repérés : regard de trop, changement d'attitude - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Après
avoir coupé les ponts avec Norbert, j'avais remarqué que Manon
allait parfois s'asseoir à sa table. Les observant à la dérobée,
je me suis aperçu que
sa présence suscitait la jalousie de Gilberte.
S'en étant elle aussi rendue compte, Manon avait par la suite pris
ses distances avec Norbert.
Ce
conflit est devenu patent un soir où Manon et moi étions assis à
mon bureau, parlant de choses et d'autres : quelques semaines
auparavant, j'avais commencé à y faire du bénévolat, à titre de
responsable des communications internes et externes de l'organisme,
d'où le bureau. Gilberte avait pris l'habitude, après son service
aux tables, de remiser ses souliers dans le dernier tiroir de l'un de
mes classeurs.
Ce
soir-là, elle
fait tout un boucan en
les y laissant tomber sans se pencher pour les déposer en douceur
comme elle le faisait ordinairement. Je sursaute, le lui reproche.
Manon se contente d'en sourire, me regarde, hausse légèrement les
épaules. De toute évidence, la manœuvre a pour but de l'intimider.
C'est
un avertissement de cesser de rôder autour de son chum.
Plus
tard, réfléchissant à cet incident, je
réaliserai que ces deux policières en civil m'avaient joué la
comédie.
Pourquoi cette mise en scène? J'avais
déjà repéré mes trois premiers civils,
Norbert, Gilberte et Fernand, et j'entretenais de gros doutes à
l'endroit de Manon et de certains autres usagers du resto. Ceux-ci
s'en aperçoivent
quand vous avez découvert qui ils sont.
Vous commettez ce qu'on appelle le regard de trop,
votre attitude change aussi à leur égard.
En
outre, je progressais dans ma perception de l'environnement où je
baignais tous les jours. La
police s'en étant aperçue,
je crois qu'elle cherchait à limiter les dégâts. Cette mise en
scène visait à me convaincre que mes soupçons au sujet de Manon
étaient infondés. Et on a réussi à me le faire croire car je
ne pouvais concevoir que deux civils puissent être à couteaux
tirés,
en tout cas pas sur leur lieu de travail. J'avais donc déduit de
cette querelle que Manon n'était par une policière en civil. Je
le croirai longtemps.
(Suite demain)
News du jeudi 30 Juillet 2009
■ Quel sera le nouveau modèle social correspondant au nouveau capitalisme? - C'est la question que pose, à l'émission 7/10 de France Inter,
Pierre Rosanvallon, historien, prof au Collège de France et
président de l'Association de la République des idées.
L'émission
date du 26 mai dernier. Par conséquent, il y a des événements, dont
on traite sur les deux vidéos (09:35
– 20:23)
que je vous suggère, qui ne sont plus en cours. Cependant les
fondamentaux demeurent encore d'actualité car ils devront être adaptés aux changements en devenir.
Ce
qui caractérise le mouvement actuel, fait remarquer Rosanvallon,
c'est que tout le monde sent bien qu'on piétine, qu'on recherche,
qu'on attend que se cristallise ce moment qui pourrait faire en sorte
que la vie sociale, les formes d'organisations trouvent une réponse
adéquate au capitalisme qui s'est mis en place. Et ça, on l'a pas
encore, dit-il. Bien avant l'avènement de la crise actuelle, le
capitalisme a changé de nature. Il a tout éparpillé.
Alors,
les conditions d'asservissement et d'émancipation ont changé aussi.
Par exemple, il y a beaucoup à réfléchir sur les modèles de
croissance. L'introduction du long terme dans la vision économique
est un acte fondamental, selon lui. L'hypercourtermisme (néologisme
désignant le "court
terme")
a été la malédiction de l'économie financière. Il voit la
redéfinition de la sécurité sociale comme étant également
fondamentale. Le bon réformisme est celui qui a une dimension
expérimentale et se soumet à la critique de l'évaluation de ce qui
est bon et mauvais, ce qui empêche d'en faire une religion.
La
question lui est posée relativement aux élections européennes lors
desquelles le taux d'abstention, en France, a frôlé les 60%.
Rosanvallon répond que la démocratie, ce n'est pas seulement le
vote. Elle consiste à s'approprier quelque chose. La participation
citoyenne est proportionnelle aux enjeux.
Par la suite, ce qui se
passe pendant la durée du mandat, c'est un petit peu le problème
permanent. La confiance qu'on accorde à un candidat est une
hypothèse sur son comportement futur, qui n'est pas toujours
conforme aux attentes. Donc, la citoyenneté implique des actions
permanentes de surveillance, de contrôles. Cette contribution
citoyenne est le cœur même de la démocratie.
PS
:
L'Union européenne est très éloignée des citoyens dont les États
sont membres. Il est vrai qu'elle détient moins de pouvoir et de
ressources financières que ces derniers. N'en demeure pas moins que
le faible taux de participation aux élections européennes devrait
alerter les États occidentaux qui ne sont pas aussi près du citoyen
qu'ils devraient. Car les taux n'y sont plus ce qu'ils
étaient. Légitimité étant, le moment est probablement venu
d'intégrer la citoyenneté participative, de la basse au sommet,
c'est-à-dire du petit conseil municipal du village jusqu'au sommet
de la hiérarchie politique gouvernementale.
■ La drogue a été présente sans discontinuer pendant l'Antiquité et le Moyen Âge... jusqu'à nos jours - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Bachmann
et Coppel
retracent le parcours historique, pénal, économique, social et
culturel de la drogue dans le monde. (Christian Bachmann et Anne
Coppel -- La drogue dans le monde, hier et aujourd'hui -- Éditions
Albin Michel) Instructif, leur bouquin, puisque, selon eux, on oublie
trop souvent que si, aujourd'hui, le monde est confronté à la
toxicomanie, il a toujours connu l'usage de la drogue.
Les
fouilles préhistoriques,
en Europe, ont mis au jour des graines de pavot en
des endroits où la plante ne pouvait pousser naturellement.
La nourriture mythologique que l'on retrouve dans les légendes des
Aryens, le soma,
cet instrument de communication avec les dieux, a lentement voyagé,
sept mille avant
Jésus-Christ,
de la Sibérie au nord des Indes.
De même en Amérique latine, les
Aztèques se livraient à l'absorption rituelle de champignons
hallucinogènes trois
mille ans avant notre ère.
Selon les deux auteurs, la drogue a été présente sans discontinuer
pendant l'Antiquité et le Moyen Âge jusqu'à nos jours. Sans
discontinuer...
Au
cours de deux guerres, en 1839 et 1860, l'Angleterre
envoya des canonnières à Changhaï pour protéger ses
exportations d'opium en Chine. Les marchands anglais utilisaient
la substance qui provenait des Indes britanniques comme monnaie
d'échange à leurs achats de thé, soie et porcelaine. Ce trafic
épuisait les finances de la Chine, sapait aussi sa force morale.
L'empereur
Tao-Kouana confisqua plus de 20 000 caisses d'opium et les fit
détruire. Les Anglais ripostèrent en attaquant des villes du
littoral dont Changhaï. C'est à cette époque qu'ils firent la
conquête de Hongkong. Et c'est ainsi que l'Angleterre introduisit l'opium en Chine, à coups de boulets de canons, et
convertit à cette drogue quelques millions de Chinois.
En
Irlande, au milieu du 19ième siècle, il était courant de se
droguer à l'éther. Partout, en Europe notamment, la drogue était
un médicament qui soignait tous les problèmes de santé, des petits
malaises aux plus gros. En outre, n'importe quel apothicaire vendait
son sirop miracle qui guérissait tous les maux. Le plus souvent
concocté avec de... l'opium. Dès que quelqu'un se sentait un
petit peu fatigué ou triste, il s'en servait une petite cuillerée.
On en donnait même à des enfants le soir avant de se
coucher. On était ainsi certain d'avoir la paix.
En
1862, la cocaïne entre dans l'usage médical, réputée pour
donner du tonus à ceux qui se sentent affaiblis. Un chimiste corse,
Angelo Mariani, concocte un vin à base de cocaïne : Vin Mariani.
Même le pape Léon XIII en était un adepte, ainsi qu'en
témoigne une lettre de reconnaissance de son secrétaire adressée à
Mariani. Vers la fin du 19ième, aux États-Unis, la vogue de
la cocaïne est telle qu'on en ingère sous toutes ses formes : les
barmen en ajoutent dans le whisky, sur demande.
Dans
les dernières années du siècle,
un produit plus puissant encore relaie la morphine et la cocaïne.
Bayer s'en empare.
On parle d'un médicament miracle qui calme la toux, traite les
pneumonies, etc. Le succès est foudroyant, relatent les deux
auteurs. On baptise ce nouveau médicament du nom... d'héroïne!
Ce n'est qu'au début du 20ième qu'on commencera peu à peu à
s'apercevoir que toutes ces drogues ruinent la santé des gens. Plus
tard, on fera la même découverte relativement à l'abus d'alcool.
(Suite
demain)
■ Bon à savoir : dans ce récit de mon enquête, le lecteur apprendra beaucoup de tactiques utilisées par la police en civil - (Suite tome 1
de L'Étau Policier) Cette
introspection terminée, je reprends le contrôle de la situation.
Pas question de quitter cet endroit : j'y
suis, j'y reste.
Je décide de prendre mes distances avec Norbert,
idem de sa collègue Gilberte.
Ce
n'est pas le genre de relations que je cherche, d'autant que je tiens
à mon équilibre mental. Ne
perdons pas de vue qu'une déstabilisation est une agression générant
une souffrance. J'en avais déjà suffisamment sur les bras avec le
naufrage financier que je venais de vivre.
C'est
le lendemain que cela se passe. Alors que Norbert tire une chaise
pour s'asseoir à ma table, je lui signale qu'on ne peut prendre tous
nos repas ensemble. J'évoque
poliment le besoin de me ventiler.
Il encaisse sans broncher, rétorque : «Je
comprend ça».
Cependant,
Gilberte ne le prend pas. Je m'en rendrai compte dans les
jours suivants. Elle a toujours refusé de me dévoiler son nom de
famille. Je sentais son malaise quand je la taquinais un brin à ce
sujet. À force d'insister, elle finira par trouver une parade en
prétendant porter celui de son "chum".
Elle
servait aux tables quelques jours par semaine. Faisait souvent de
petits détours vers la sienne pour lui glisser quelques secrets dans
le creux de l'oreille, une main à chaque coin de la bouche,
ou lui remettre des denrées dans des contenants en plastic, qu'il
déposait dans son sac. Tactique renforçant leur identité
d'emprunt, celles du gars et de la fille fréquentant l'endroit
pour économiser leurs sous. Femme peu causante, mais serviable et
d'assez bonne compagnie. Habituellement, sauf à partir de ce
moment...
Suis
à une table, attendant d'être servi. Quand arrive mon tour, elle me
demande si je veux ma soupe tout de suite, lui réponds oui. Au lieu
d'aller la chercher, elle va servir d'autres usagers. Le temps passe,
suis compréhensif, le resto est plein, elle est très occupée.
J'attends, j'attends. J'ai faim! Finalement,
je me lève, me sers moi-même.
Ma
soupe terminée, elle me demande si je veux mon assiette de viande
tout de suite, hochement de la tête affirmatif. La revoilà repartie
vers d'autres tables. De temps à autre, elle passe près de moi, me
dit de patienter, ce ne sera pas long.
L'attente s'éternise. Je me sers encore moi-même, incluant le
dessert. Le
lendemain,
elle me fait encore poireauter. Je commence à comprendre son manège.
Quand je me lève pour me servir, elle me dit qu'elle va le faire,
insiste, je refuse, en
remontant le menton et sortant un peu le bec pour bien lui faire
sentir que je ne suis pas dupe de son petit jeu.
À
peu de temps de là, un midi, suis attablé, lis le Journal de
Montréal. Gilberte
arrive derrière moi,
s'en empare brusquement des deux mains sans me le demander, le bras
droit à un pouce
du nez,
me dit que Norbert et elle veulent voir les films à l'affiche dans
les cinémas, me promet de le rapporter «tout
de suite, tout de suite».
La méthode est cavalière, mais bon, je ne vais pas en faire une
histoire. Les minutes s'écoulent. J'attends mais
soupçonne une autre petite mesquinerie de sa part.
Au
bout d'un quart d'heure, je jette un œil en direction de Norbert. Il
ne l'a même pas ouvert, il mange. Je n'ai vraiment pas envie de
lui reparler, mais sa "blonde" veut m'y forcer. Remarquez
que je n'ai qu'à ne pas aller l'y chercher, le journal. Seulement
voilà, je suis décidé désormais à me faire respecter.
Je
réponds à l'effronterie par l'effronterie. Me rends à sa table,
prends le journal sans lui demander s'il en a terminé, et retourne
m'asseoir. Tout se passe vite, il n'a pas le temps de répliquer quoi
que ce soit. Plus tard, je réaliserai que ces petites mesquineries
ne visaient qu'à m'éjecter du resto. (Suite
demain)
News du mercredi 29 Juillet 2009
■ Le son typique des années 1960-70 – Que de souvenirs pour ceux qui ont vécu l'époque, dont l'auteur de
ces lignes. C'est en naviguant sur 20minutes.fr que je suis tombé
pile sur un hit des Eagles
(07:51) : Hotel California. Me suis dit : tiens, tapons-nous un peu
de nostalgie. Y'a une intro d'1 minute jouée par un trompettiste,
ensuite les souvenirs déboulent.
■ De belles toiles - Quelques unes de Suzanne Valadon (1865-1938) et Maurice Utrillo
(1883-1955). Vidéo
de 56 secondes : incroyable ce qu'on peut voir, et revoir, en si peu
de temps. D'autres sont disponibles ici : Valadon.
■ Le Canada a investi des sommes faramineuses dans sa Guerre Sainte contre la drogue - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Jusqu'à
ce jour, le Canada
a investi des sommes faramineuses
dans sa Guerre Sainte contre la drogue : 210 millions de dollars
entre 1987 et 90, selon Normandeau
et Leighton.
(André Normandeau et Barry Leighton -- Une vision de l'avenir de la
police au Canada : Police-défi 2000 -- Direction de la police et de
la sécurité, Secrétariat du Ministère du Solliciteur général du
Canada, 1990)
Auparavant,
notaient-ils, sans cependant la chiffrer, une
proportion démesurée des ressources
y avait été affectée. Et combien d'autres centaines de millions de
dollars depuis ce temps? Et en tout et partout, en incluant les coûts
des corps policiers provinciaux, régionaux et municipaux dans leur
propre combat contre la drogue?
En
mars 1999, Alan
Young,
professeur à l'école de droit Osgoode Hall, à Toronto, en évaluait
le coût à 1
milliard par année.
(Presse canadienne -- La Presse du 15 mars 1999) Environ
70% de ce montant s'engouffre dans des causes reliées à la
marijuana.
Young
ne s'inquiète pas seulement des coûts, des
conséquences aussi sur les libertés individuelles
: «Vous revenez
souvent bredouille, mais vous avez quand même violé la vie privée
de douzaines de personnes dans des douzaines d'endroits différents.
Tout ça pour constater que Joe Machin a 200 plants
qui poussent dans son sous-sol.»
Il
est d'avis, lui aussi, que
les ressources du système judiciaire devraient être investies dans
des crimes beaucoup plus importants.
Plus loin nous verrons que les
sommes engagéessont autrement plus
considérables.
(Suite
demain)
■ L'impression d'avoir été berné, avec une fourberie sans nom - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Peu
après survient un événement où j'ajoute d'autres pièces au
puzzle. Manon,
qui me plaît bien, vient s'asseoir à notre table, Norbert
et moi.
Suivie aussitôt d'un copain de Norbert, Fernand,
l'un des vendeurs de l'Itinéraire, le magazine des itinérants de
Montréal.
Ce
repas qui devrait être convivial se
transforme en cauchemar.
Ces deux gars-là monopolisent
la conversation,
me coupe
délibérément la parole,
m'empêchent par leurs interventions
intempestives
d'y participer. Le regard de Fernand est intimidant,
il a aussi le gros
rire caractéristique du policier.
Norbert, assis à mes côtés, s'approprie
même une partie de mon espace,
m'obligeant à m'adosser à ma chaise plutôt que m'accouder à la
table.
C'est
alors que je réalise qu'ils tentent de me déstabiliser
psychologiquement. Que non seulement Norbert est un civil, son
copain Fernand aussi. Quant à Manon, son arrivée décalée de
quelques secondes sur celle de Fernand et le petit sourire
au coin des lèvres qu'elle a affiché à quelques reprises au
cours du repas ont, dans ce contexte, une signification particulière.
J'ai un gros soupçon à son endroit, que des événements
ultérieurs me confirmeront.
Je me lève subitement et quitte la
table, sans avoir touché à mon assiette. Manon vient me rejoindre,
tente de réparer les pots cassés, m'offre une cigarette, mais
j'ai l'esprit ailleurs, pas tellement envie de parler.
Première
réaction,
je suis blessé. Pas une blessure à l'ego. Juste un peu de tristesse
devant la méchanceté de mes "amis".
Malheureux d'être tombé dans un panier
de crabes.
Quand je communique avec des gens, je suis de bonne foi et m'attends
à ce que eux aussi le soient. N'est-ce pas respecter l'autre?
L'impression aussi
d'avoir été berné,
avec une fourberie sans nom. Le
lien de confiance est définitivement rompu. Je
suis pour le moins stupéfait !
Deuxième
réaction,
je passe ma vie en revue, histoire de vérifier si je ne traînerais
pas par hasard une
casserole
attachée à la cheville : pas de dossier judiciaire, jamais touché
à la drogue, ni de près ni de loin, pas fraudeur, pas de
contraventions impayées, name it ! En outre, je n'appartiens à
aucun groupe ou groupuscule d'activistes. Journaliste, j'ai toujours
essayé d'être utile à la société. Alors
quoi?
Quelques mois me seront nécessaires pour résoudre l'énigme. (Suite
demain)
News du mardi 28 Juillet 2009
■ Goodnight, Travel Well! – Sorti le 13 juillet dernier, ce clip dénonce la traite à des fins
d'exploitation sexuelle particulièrement des jeunes femmes. Il sera
distribué dans 168 pays. On s'attend à ce que le message rejoigne
potentiellement 500 millions de familles. La vidéo
(04:02) a été réalisée par MTV EXIT (dans le bas du texte, la
définition des acronymes), le groupe de rock alternatif "The
Killers", l'UNICEF et USAID.
D'après
Susan Bissell, de l'UNICEF, il n'y a quasiment pas de pays dans le
monde qui n'est pas aujourd'hui affecté par la traite humaine d'une
manière ou d'une autre. Les statistiques parlent d'elles-mêmes.
Plus de 1,2 millions d'enfants en sont victimes chaque année et les
plus en danger sont les filles, qui représentent 80% du total de la
traite. Le clip permettra de les sensibiliser.
Les
acronymes : MTV
EXIT (End Exploitation and Trafficking) ; l'UNICEF
(United Nations Children's Emergency Fund ou Fonds des Nations unies
pour l'enfance) et USAID (United
States Agency for International Development), une agence indépendante
du gouvernement des USA chargée de développement économique et de
l'assistance humanitaire dans le monde.
■ Le clavier de votre ordi émet des ondes captables de l'autre côté de la rue ou d'un appar voisin du vôtre – Pas nouveau, pas tout le
monde qui le sait, cependant. On peut le lire mot à mot dans un
article de la Commission nationale de l'informatique et des libertés
(CNIL),
organisme chargé de protéger la vie privée des Français : dans la
page s'affichant, voir plus bas sous-titre "Sur la surveillance de points
publics d'accès à Internet" ; ou sur cet autre site, voir
sous-titre
"Mouchards de la police".
Dans
la vidéo
(02:34) que vous allez voir, il n'y a pas de narration, pas de musique. L'info est
dans le mouvement de la caméra. Deux bureaux séparés d'un mur.
Dans le premier, l'espion avec son antenne captant ce que vous
écrivez sur votre clavier. Nous passons ensuite au 2e bureau,
supposons le vôtre. L'auteur de la vidéo écrit sur votre clavier
le mot "password" puis il retourne à son bureau. Sur son
écran, on peut lire "password".
La découverte est le résultat d'une recherche effectuée par Martin Vuagnoux et Sylvain Pasini de l'école
polytechnique fédérale de Lausanne, en Suisse. Sur le site de
l'école, un texte en anglais suivi de deux
vidéos (sans son :
02:56 - 02:35) et de questions-réponses.
PS
: En passant, si vous souhaitez améliorer vos connaissances en
matière de sécurité informatique, manquez pas le 18e symposium de
l'Usenix Security,
qui se tiendra à Montréal du 10 au 14 août qui vient.
■ Même en faisant du Canada une prison, la drogue continuerait de circuler - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Même dans les
prisons de juridiction québécoise on n'arrive pas à en empêcher
la consommation de drogues. Pourtant, s'il est des endroits
étroitement surveillés, c'est bien ceux-là : ce qui
revient à dire que même en faisant du Québec l'équivalent d'une
prison des citoyens continueraient d'en consommer.
Dans
un document remis, en avril 2002, au ministre péquiste de la
Sécurité publique, Normand Jutras, le vice-président du
Syndicat des agents de la paix des Services correctionnels du Québec,
Daniel Legault, se demande comment on peut oser parler de
réinsertion sociale à l'intérieur des murs avec toute cette
marchandise qui y circule. (Jean-Paul Charbonneau -- La Presse du
12 avril 2002)
«Cette
drogue,
écrit-il,
est également la principale source de chantage et de toute la
violence démontrée depuis fort longtemps à l'intérieur de nos
murs
(...).
Elle vient pourrir le climat de la détention. Elle n'a jamais cessé
d'empoisonner notre beau milieu carcéral, et ce, à
un rythme stupéfiant. (...)
nos
prisons sont reconnues pour être de
grandes passoires.»
Legault,
se référant au rapport de 1999 du Protecteur du citoyen, Me
Daniel Jacoby,
rappelait que le trafic y est évalué à plus
de 60M$ par année.
La drogue est introduite au cours des visites, des retours d'absence
temporaire, parfois avec la complicité de membres du personnel, et
dans des balles de tennis qu'on lance la nuit dans les cours de
prisons.
Même
en transformant le Canada en une prison, on ne l'éradiquerait pas
non plus, parce qu'elle circule aussi dans les pénitenciers
fédéraux, établissements destinés à ceux purgeant des
peines de plus de 2 ans. La preuve en est que, depuis 2001, les
12 établissements fédéraux du Québec offrent aux détenus «des
zones certifiées sans drogue». (Karim Benessaieh -- La
Presse du 8 juin 2002) Elles sont réservées à ceux qui veulent se
débarrasser de leur dépendance. Ils s'engagent par écrit à subir,
au cours de leur incarcération, d'importants contrôles de
dépistage.
Le
programme connaît un modeste succès : 225 détenus
québécois sur 3 285 (6,8%) ont accepté de restreindre
volontairement leurs droits, subissant tests d'urine et fouilles
plusieurs fois par semaine. Les autorités carcérales sont
conscientes de l'ironie du programme, signale le journaliste Karim
Benessaieh de La Presse : on reconnaît du même coup que le
pénitencier n'échappe pas au trafic de la drogue.
Il
cite Normand Daoust, porte-parole des Services
correctionnels : «On vise un monde idéal où la drogue et
l'alcool illégales seraient absents de nos pénitenciers, mais
il y un monde idéal... et le vrai monde. Nous avons une
politique de tolérance zéro, mais on doit reconnaître que le
problème de trafic de drogue dans nos établissements existe. (...)
Nous faisons le contrôle du mieux que nous pouvons,
explique-t-il. Nous disposons de chiens, d'appareils qui détectent
des doses infimes de drogue, nous procédons à des fouilles ciblées
ou aléatoires. Mais l'imagination humaine n'a pas de
limite.»
On
estime que 80% des détenus ont des problèmes de consommation
excessive de drogues ou d'alcool. Certains établissements, en outre,
peuvent recevoir jusqu'à 1 000 visiteurs par semaine. La
prison, de toute évidence, n'est pas un milieu complètement
hermétique. (Suite demain)
■ Première fois où j'ai transgressé à ma règle de ne dévoiler à quiconque l'identité d'aucun civil - (Suite tome 1 de L'Étau
Policier) Autre indice. Un jour,
Norbert
part en voyage au Mexique. Gilberte,
sa présumée blonde, joue
alors à la femme abandonnée par son chum.
Elle s'en plaint à quelques reprises au Portugais et à moi. Ses
vacances commençant quinze jours plus tard, s'il avait voulu
patienter un peu, elle aurait pu l'y accompagner. Elle
s'en plaignait comme si elle avait voulu que je la console.
Pensait-on que j'allais profiter de l'absence de Norbert pour la
courtiser? Tout cela sentait la mise en scène.
Une
semaine s'est d'ailleurs à peine écoulée que Norbert est déjà de
retour. Il raconte s'être
fait piquer tout son argent par des voleurs et être revenu plus tôt
que prévu. C'est arrivé,
me dit-il, dans une ville : ils sont montés dans l'autobus et
ont pillé tous les passagers. Être dépouillé de ses biens de la
sorte, c'est toute une expérience. Pas
pour lui. Son explication
est courte, formulée en quelques phrases et il ne m'en reparlera
jamais plus.
Je
ne crois pas à son histoire cousue de fil blanc, m'en ouvre au
Portugais. Lui confie aussi que ce type est un policier en civil
: un an plus tard, Norbert m'apprendra que le Portugais lui avait
tout raconté. Première fois où j'ai transgressé à ma règle
de ne dévoiler à quiconque l'identité d'aucun civil : au cours
de mon enquête à Lac Bouchette, au Lac St-Jean, cela m'arrivera
aussi pour des raisons que j'expliciterai quand nous y serons.
Ce
policier et sa pseudo blonde étaient les premiers que je repérais.
Étonné, j'étais, et de la tête aux pieds. Dans ces
circonstances, un peu normal de s'en confier à une personne en qui
vous avez... confiance. Et mon intuition me disait qu'il y avait
en d'autres : je trouvais l'attitude de certains usagers
bizarroïde. (Suite demain)
News du lundi 27 Juillet 2009
■ Les ardeurs sexuelles de plusieurs visiteurs clandestins – L'endroit? Saguenay-Lac-Saint(sic)-Jean, à Shipshaw, dans un bocage
appartenant à l'Alcan. Une "enquête"
de la journaliste Patricia Rainville,
du journal Le Quotidien, où elle dénonce la situation.
PS
: L'enquête de la journaliste est incomplète,
il y a d'autres activités dans ce bocage. Rien de neuf là. Les
besoins sexuels existent depuis que le monde est monde. Au lieu de
les réprimer, adoptons une approche intelligente, tolérante,
démocratique. Permettons que cela soit légal en certains endroits
isolés, à l'abri des regards indiscrets. Qui n'aime pas n'ira pas.
■ Apprendre à tuer – Un extrait du film anticorrida de Pablo Knudsen
(2008), résultat de deux années de tournage. Un spectacle d'horreur
auquel assistent des enfants dans les arènes. Urgence d'une
abolition totale. Cœur sensible
(05:08) s'abstenir.
Deux
sites à visiter aussi : anticorrida
et dans l'autre vous apprendrez comment sont traité les animaux dans
des fermes d'élevage et des lieux d'abattage. Plein de vidéos en
témoignent.
■ Le chat de Simon – Une nouvelle aventure vient de paraître sur le
web. Il n'a pas changé, toujours le même casse-pieds (02:23).
■ Légaliser la marijuana réduirait, à travers le monde, le nombre de consommateurs de drogues illégales à 36 millions - (Suite tome
3 de L'Étau Policier ) Dans l'affaire du clan Matticks, qui a
débuté le 3 mai 1994, la Sûreté du Québec avait saisi 26
tonnes de haschisch -- chiffre invérifiable -- dans des
conteneurs entreposés dans le Port de Montréal. Jusque là, «la
plus grosse saisie de drogue jamais effectuée au Canada».
(Yves Boisvert -- La Presse du 29 janvier 1999)
Vingt-six
tonnes versus la production mondiale de haschisch évaluée à 1 585
tonnes, selon Labrousse, la marijuana, à 52 846... Cette
année-là, à combien se chiffraient les saisies à l'échelle de la
planète, à 200 tonnes, 300 cents tonnes? Quand une fraction des
144 millions de consommateurs de cannabis -- haschish et
marijuana -- est privée du produit à la suite d'interventions
policières, ce n'est pas long que les trafiquants comblent le vide.
En
outre, les saisies de 480 kilos de cocaïne -- autre chiffre
invérifiable -- comme à Ste-Anne-de-Bellevue, au Québec, en
octobre 1998, sont rares, à compter sur quelques doigts d'une
seule main. Car la police réussit beaucoup plus souvent ses
enquêtes sur la marijuana que sur les autres drogues, rapporte une
dépêche de la Presse canadienne en mars 1999. (Presse canadienne --
La Presse du 10 mars 1999)
D'après
Statistique Canada, seules les interventions policières
reliées au trafic de la marijuana, en sol canadien, ont
continuellement progressé depuis 1983. En 1997, elles
représentaient 72% de l'ensemble de ces activités dans le
monde de la drogue, contre 58% en 1991. Au cours de cette
période 1991-97, celles reliées à la cocaïne et l'héroïne
avaient même régressé.
La
police réussit beaucoup plus souvent ses enquêtes sur le cannabis
parce que les adeptes du joint sont considérablement plus
nombreux que ceux s'adonnant aux amphétamines, à la cocaïne et
aux opiacés, dont l'héroïne. Logique de penser que les milliards
que les narcotrafiquants blanchissent seraient moins faramineux que
pouvoir et police le prétendent.
Légaliser
la consommation du cannabis sortirait
de la clandestinité les consommateurs du monde occidental car
dans bien des pays de l'Asie et du Moyen-Orient la substance n'est
pas illégale. Combien d'adeptes de stimulants aux amphétamines et
de cocaïne abandonneraient ces drogues pour le cannabis? Impossible
à dire, vraisemblable de croire qu'il y en aurait un certain nombre.
Quoi
qu'il en serait, cette mesure, à elle seule, réduirait la drogue
dans le monde à un phénomène microscopique. En soustrayant les
144 millions de consommateurs de marijuana des 180 millions chiffrés
par les responsables du PNUCID de l'ONU, il ne resterait plus
qu'environ 36 millions de consommateurs de drogues illégales...
sur une population de 6,4 milliards (chiffre de 2000), qui augmente
de 76 millions annuellement.
Cependant,
pouvoir et police vivraient cela comme un tremblement de terre de
plusieurs degrés à l'échelle Richter car une bonne partie de leur
répression clandestine ne tiendrait plus debout. Leur emprise
psychologique sur la population, patiemment construite au fil des
années, en grande partie sur du sable, craquellerait de partout,
s'écroulerait.
Il
leur faudrait en fabriquer une autre, ce qui nécessiterait quelques
décennies. Pas aisé, dénicher une cause à laquelle la majorité
de la population accepterait de se soumettre. Car après l'avoir
trouvée, encore faudrait-il en imprégner les esprits. Entre temps,
le troupeau risquerait de sortir de sa torpeur, de recouvrer
graduellement sa liberté, s'aventurer au delà des clôtures
ceinturant le pacage où il est confiné. Hautement dangereuse, la
liberté. (Suite demain)
■ Les contradictions des civils facilitent le dépistage - (Suite tome 1 de
L'Étau Policier ) Ce
n'est qu'après des échanges biquotidiens s'étalant sur environ un
mois que des soupçons
ont commencé à sérieusement me tirailler.
Vient un moment où tu te rends compte que quelque chose ne tourne
pas rond. Tu réalises que Norbert, ton bon copain de table, est
en train de fouiller dans ta tête.
Qu'il
lui arrive aussi de souffler le chaud et le froid dans nos
conversations. Ainsi cette fois où il m'avait demandé en présence
d'autres usagés si
j'étais menstrué.
Il parlait fort, le ton était grossier, choquant. Je déteste la
vulgarité. Lui avais rétorqué que s'il pensait que j'étais un
homo, il se trompait. J'interprétais
la rudesse du ton comme une tentative de me salir aux yeux des
autres.
Je respecte les gens, m'attends à la réciprocité.
Il
y avait eu aussi cet autre indice. Au
cours d'un repas, un ami d'origine portugaise --
origine fictive indiquant que la personne est native d'un autre pays
que je ne peux dévoiler --raconte,
à Norbert et moi, l'histoire d'un crime survenu dans son pays.
Deux types avaient kidnappé quelqu'un, exigé une rançon, indiqué
qu'elle devait être déposée dans une grosse boîte aux lettres de
la Poste portugaise située dans une rue peu achalandée. Un
parent de l'otage avait obéi à leurs directives, des flics en civil
pris position à proximité.
Après
un certain temps d'attente, ils avaient déduit que personne ne s'y
pointerait le nez. En ouvrant la boîte postale, surprise : elle
n'avait plus de fond, un tunnel débouchait juste dessous.
L'argent avait comme de raison disparu. Quand arrive le punch,
j'éclate de rire. Je remarque que Norbert,
lui, ne trouve pas ça drôle du tout,
ses mine sévère et silence sont éloquents.
L'astuce
des kidnappeurs avait un petit côté particulièrement tordu et
tordant. Mon ami portugais conte bien ça, une histoire. Prend son
temps, fait des pauses pour vérifier ses effets, nous regarde de ses
grands yeux humides d'épagneul. J'en conviens, le rapt est un crime
odieux. N'empêche. Il faut avoir l'esprit un peu croche pour penser
qu'une histoire du genre fait de celui qui l'a racontée et de celui
qui l'a bien ri des kidnappeurs en puissance. Ce n'était pas sans
rappeler l'apparatchik militant qui ne voyait qu'un sacrilège
dans une plaisanterie où la loi et l'ordre suscitaient le rire.
Il
y avait là aussi contradiction. Norbert se disait d'accord avec
l'exécution de braconniers dans des réserves fauniques africaines,
alors qu'une histoire de kidnapping où il n'y avait pas eu mort
suscitait chez lui un visible mécontentement. C'est notamment ce
genre de recoupements, ou contradictions, qui permettent de repérer
les civils. (Suite demain)
News du dimanche 26 Juillet 2009
■ Des images glanées ici et là - Équilibriste
audacieux
– Escaladeur d'un édifice haut perché
– homme
un peu mêlé– en regardant
bien...
– nue, mais bien habillée
– poisson affamé
– femme végétale
– un voyeur
– visage bien connu.
Agrandissez les photos d'un clic.
■ «Si l'Afghanistan ne peut plus fournir d'opium faudra bien que l'offre vienne de quelque part»- (Suite tome
3 de L'Étau Policier) En
octobre 2002, l'agence responsable du Programme des Nations-Unies
pour le contrôle international des drogues (PNUCID)
annonçait que l'Afghanistan avait retrouvé sa place de
premier producteur d'opium,
substance de base de l'héroïne, les cultivateurs ayant profité du
changement de pouvoir à l'issu de la guerre et la chute du régime
taliban : celui-ci avait réussi à éradiquer une bonne partie
de la drogue, mais à un prix humain excessivement élevé.
(Associated Press -- La Presse des 29 janvier et 26 octobre 2002)
Quatre-ving-quinze
pour cent de la production est concentrée dans cinq
provinces, connues pour
cultiver traditionnellement l'opium : le Badakhshan, la
Nangarhar, l'Ourouzgan, l'Helmand et Kandahar. Selon Antonio
Maria Costa du PNUCID, la
production totale d'opium afghan était estimée, en 2002, à
environ 3 400 tonnes, contre 185 en 2001.
Le bénéfice pour chacune des 200 000 à 250 000 familles
cultivant le pavot est estimé entre 3 000 et 4 000$
par an.
Et
si l'Afghanistan n'en avait pas repris la culture, les consommateurs
en auraient-ils été privée? Non.
D'autres pays du tiers monde auraient pris la relève pour répondre
à la demande. Quand l'offre s'était effondrée en Afghanistan en
2001, rapportait l'Agence France-Presse, il y avait risque
que la production soit relancée dans le Triangle d'or situé en Asie
du Sud-Est, aux confins de la
Thaïlande, du Laos et du Myanmar -- l'ex-Birmanie --, et
particulièrement dans ce dernier pays.
«Hautement
probable», indiquait à
Bangkok, Sandro Calvini,
représentant pour l'Asie du PNUCID. Jean-Luc Lemahieu,
représentant de l'organisme au Myanmar, confirmait : «Si
l'Afghanistan ne peut plus fournir, il faudra bien
que l'offre vienne de quelque part».
Il s'inquiétait de ces «effets
de vases communicants»
entre ce pays et l'Afghanistan. Le Myanmar avait pourtant réduit sa
production de 35% les cinq année précédentes. (Suite demain)
■ Le civil m'a demandé «c'est quoi le communisme?» Ç'a été son premier faux pas - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Tout
a commencé quand j'ai découvert, fin décembre 1996, mon premier
resto communautaire sans but lucratif : Bouffe-Héberge,
157, rue Ontario-Est, à Montréal. L'endroit m'a vite emballé. Un
véritable resto, et même beaucoup mieux à
cause de l'osmose entre usagers et bénévoles,
avec tables à deux ou quatre places, lumières tamisées suspendues
au-dessus de chacune, service aux tables assuré par des bénévoles
affables.
Et
pas cher, un seul dollar le repas, pourboire interdit
: devenu bénévole, j'aurai droit à mes trois repas gratuits chaque
jour. Concept génial! Et une clientèle intéressante. Il y avait
là plein d'amis potentiels dont j'allais faire la connaissance.
L'endroit tout désigné où économiser
ses sous
pour redevenir autonome sur le plan financier, se
socialiser et développer une certaine élégance devant l'infortune.
Me
suis rapidement lié d'amitié avec un usager et une bénévole,
Norbert
et sa "blonde",
Gilberte --
sauf indication contraire, tous les prénoms sont fictifs. Gars
intelligent, cultivé, avec qui je pouvais échanger sur n'importe
quel sujet.
Un peu athlétique, blond, plutôt bel homme, le genre qui font se
retourner les femmes sur leur passage. Norbert et moi dînions et
soupions ensemble sept jours par semaine.
De
bonne foi, me sentant en confiance, je m'exprimais sans réserve. Les
jours s'écoulant, j'ai remarqué qu'à l'occasion il lui arrivait de
me poser des questions d'une naïveté désarmante. Ainsi, cette fois
où nous discutions de l'effondrement du communisme en URSS, il m'a
demandé : «C'est
quoi le communisme?»
Ç'a
été son premier faux pas. J'étais
étonné qu'il ignore ce que des gens moins cultivés que lui
savaient. Au
point où je lui ai spontanément demandé s'il était flic.
Bien entendu, il a nié. Un civil n'avoue jamais l'inavouable.
Il
lui arrivait également de raisonner bizarrement. Ainsi ce jour où
je lui racontais, pour l'avoir lu dans un livre, que des gardiens de
réserves fauniques, dans certains pays africains, abattaient
chaque année une centaine de braconniers.
Pour moi, c'était de la barbarie à l'état pur. Lui, au
contraire, se disait d'accord avec cette méthode. Opinion pour le
moins déconcertante. Devait-on
tuer des humains pour les punir d'avoir voulu abattre ou abattu des
éléphants? Manque de jugement ou provocation de sa part ?
j'hésitais. Mais le climat de cordialité jouant, je ne me
posais pas plus de questions qu'il ne le faut.
(Suite demain)
News du samedi 25 Juillet 2009
■ La méthadone disponible dans les prisons de Grande-Bretagne – Elle permet de sortir de l'enfer de l'héroïne, l'effet est le même,
mais sans le buzz, le trip. Des distributrices de méthadone
sont disponibles à ceux y ayant droit : l'article
de rue89.
Combien
d'héroïnomanes dans le monde? Chiffre de l'ONU à l'appui : en
2000, on en dénombrait 9 millions, une fraction infinitésimale sur
une population mondiale qui était alors de 6,4 milliards. (Voir plus
bas les news du mercredi 22 juillet 09, manchette "En
2000, seulement 180 millions de personnes consommaient de la drogue
dans le monde...". De ce nombre, 144 millions prenaient
essentiellement du... cannabis.)
Aux
USA, il existe des site préconisant la fin de la guerre inhumaine
contre la drogue : stopthedrugwar
(01:37) est l'un d'eux. Lisez des témoignages
(anglais) de citoyens américains dénonçant la façon dont ils ont
été traités par la police. Par ailleurs, swatreform
incite ses visiteurs à signer une pétition pour y mettre fin.
Et
au Canada? Dans le tome 3 de L'Étau Policier, lisez gratuitement le
chapitre"Les
pourchasseurs de dragons devenus eux-mêmes dragons".
Dans sa lutte contre la drogue, nos corps policiers canadiens ne font
pas dans la dentelle. Sachez que n'avait été de cette guerre débile,
le sida et les hépatites n'auraient jamais pris une telle envergure.
Sans oublier les morts, un charnier. Ni omettre les atteintes
incalculables aux droits et libertés. Tout est
là! Ensuite, vous pourrez vous faire une opinion basée sur des
faits, et non sur la propagande policière.
■ Les Beatles – Un dessin très animé et amusant
(02:47).
■ L'extrême droite policière ne gagnera JAMAIS la guerre contre la drogue : JAMAIS! - (Suite tome
3 de L'Étau Policier) En 1990,
Normandeau et Leighton
qualifiaient déjà de «peu réaliste»
l'attente de la police et de la population dans la lutte antidrogue.
(André Normandeau et Barry Leighton -- Une vision de l'avenir de la
police au Canada : Police-défi 2000 -- Direction de la police et de
la sécurité, Secrétariat du Ministère du Solliciteur général du
Canada, 1990)
On
croit que avec suffisamment de ressources pour faire respecter la
loi, on parviendra à supprimer les approvisionnements de drogues
illicites et résoudre le problème de la consommation. Il est
possible que la société canadienne s'éloigne graduellement de
cette «perception simpliste»
des services de police, écrivaient-ils. Les seules initiatives de
réduction des approvisionnements n'élimineront pas
(souligné par les deux auteurs) l'usage de drogues.
Ils
affirmaient même que les stratégies visant à en réduire les
approvisionnements et contrôler le trafic sont marginales,
n'ayant qu'un effet limité et des effets encore moins perceptibles
sur le comportement des consommateurs. Normandeau et Leighton parlant
de stratégies, la vérité exige de préciser que
celles-ci provoquent aussi des tragédies sur tous les plans.
Nous l'avons vu plus haut, nous le verrons encore de plus près dans
ce chapitre.
Gevaudan,
qui a été 28 ans à la direction nationale de la police judiciaire
en France, écrit que «tant
qu'il y aura des pauvres diables pour demander de la drogue, il y
aura des crapules pour leur en fournir.
(Honoré Gevaudan --
Flic : ou les vérités de la police --
Éditions JC Lattès) (...) La
drogue venant d'ailleurs, c'est ailleurs qu'il importe d'agir».
Gevaudan précise que la police «qui
ne résout jamais, mais endigue seulement, ne peut empêcher que des
garçons et des filles se piquent, reniflent ou fument des saloperies
par bravade, snobisme, peur de l'avenir, dégoût de vivre, déviation
intellectuelle ou tout autre prétexte à une mode où foisonnent les
esprits forts. La guerre continue. Il faut savoir
qu'elle ne se terminera jamais».
Répétons-le : JAMAIS. (Suite
demain)
■ Le lecteur me suit pas à pas lors de mon enquête, progresse au même rythme que j'ai moi-même progressé - (Suite tome 1 de
L'Étau Policier) Fermons
la boucle en soulignant que la plupart des faits, je les ai rédigés
aussitôt revenu à mon domicile, de sorte de les rapporter avec
exactitude : date,
lieux, contexte, noms.
Façon idéale pour faire des recoupements. Alors, ce récit n'est
pas romancé. Les faits relatés sont par conséquent authentiques,
les théâtres de l'action réels. Sauf
en certains endroits où j'ai dû maquiller acteurs et décors pour
éviter que des lecteurs ne les identifient.
C'est
un récit, qui demeure la meilleure façon d'appréhender la réalité
: lecteur me suit pas
à pas lors de mon enquête, progresse au même rythme que j'ai
moi-même progressé.
Suivi, en deuxième partie, d'une analyse permettant d'insérer ces
événements dans un grand tout : notre société.
La
démocratie est un théâtre destiné à nous abuser,
et digne du film américain Show Trumen, de
Peter Weir. Le
personnage principal est le jouet d'une machination inouïe, à
l'image de celle qu'a manigancée le pouvoir à l'encontre des
citoyens, avec son underground policier, ses faux citoyens,
faussement conviviaux, faussement tristounets quand vous n'allez pas
bien, etc.
Sans
chercher à dramatiser la situation décrite, il est un fait bien
réel que après avoir lu ce livre, vous éprouverez un sentiment
d'irréalité assez déplaisant, ne regarderez plus votre grande
Cité, ville ou village du même œil. On se croit en pleine fiction,
se frotte les yeux, gratte la tête à deux mains, n'arrive pas à le
croire. Car le système marche tout croche, alors on grince aussi
des dents, cuit à l'intérieur.
Un
malaise léger ou plus consistant dans le creux de l'estomac, qui se
dissipera pour se manifester de nouveau au hasard de certains
bulletins de nouvelles ou d'articles de journaux traitant de
bavures policières ou de l'adoption de lois sévères. Quand
vous croiserez des autos-patrouille ou des policiers en uniforme, des
déclics aussi se feront instantanément. Vous ressentirez
également un certain mépris à l'endroit des citoyens-collabos, les
béni-oui-oui de la police.
Il
y a tout de même un pré requis, imparable : être un démocrate
convaincu. Si vous êtes un fanatique de la police, de l'ordre et
du conformisme, il y a peu de risque que ce livre, soit dit sans
blague, vous fasse manquer d'air.
Personnellement, j'avoue
qu'il y a des jours où je souhaiterais n'avoir jamais été témoin
de ce que j'ai vu sur le terrain. Auparavant, respirer profondément
dans ma Cité ou mon village me rendait plus libre. Aujourd'hui, le
démocrate sent une souffrance, comme une brûlure. C'est ce qu'on
appelle la chape de plomb! Pour tout dire, mes belles illusions
se sont volatilisées !
Néanmoins,
cette enquête valait le coup puisque elle contribuera, je le
souhaite, à faire des droits fondamentaux un No Policeman's Land.
Cependant, elle ne suffira pas, il faudra vous y mettre
aussi, amis lecteurs et amies lectrices.
La protection de nos droits fondamentaux est une tâche collective.
Mais pour ça, il faut être prêt à se forcer un peu.
Il y a des mythes à combattre, des valeurs à rénover. Le défi
vaut vraiment le coup. (Suite demain)
News du vendredi 24 Juillet 2009
■ Canada-Taser : le juge Thomas Braidwood fait 19 recommandations – Il ne propose pas l'interdiction de l'arme, mais que son
utilisation par les policiers de la province de la
Colombie-Britannique soit rigoureusement encadrée : vidéo
(02:41) + texte.
Son rapport, dévoilé hier jeudi 23 juillet, constitue une première
étape de l'enquête qu'il préside relativement au décès de Robert
Dziganski survenu après avoir reçu cinq décharges de Taser d'un
policier de la Gendarmerie royale du Canada, à l'aéroport de
Vancouver, en 2007. Quant à l'enquête propre dite, elle a été
ajournée jusqu'à l'automne prochain.
■ Canada : 22% des détenus sont des Autochtones alors qu'ils ne représentent que 3% de la population du pays – Dans
deux provinces de l'ouest canadien, l'écart est encore plus grand,
rapporte Statistique Canada, qui a publié ces données mardi 21
juillet.
Ainsi
en Saskatchewan, et la situation est presque similaire au Manitoba
(69%) : 81% (!?) sont des Autochtones, mais ne représentent qu'11%
des résidents de cette province. Par contre, au Québec, 2% sont
incarcérés versus une représentativité d'1% de l'ensemble des
citoyens de cette province francophone.
Dans
le passé, la Cour suprême du Canada a déjà dénoncé cette
situation. Semble bien que les corps policiers de la Saskatchewan et
du Manitoba n'aient pas capté le message. Doit pas falloir grand
chose pour que la police les embarque. Délit de faciès?
■ Au Saguenay-Lac-St-Jean, l'Hebdo L'Étoile du Lac ne nous sert que la version de la Sûreté du Québec car il n'assure jamais le suivi journalistique des arrestations - (Suite tome
3 de L'Étau Policier) À
ce sujet, important de souligner que cet hebdo (L'Étoile du Lac)
a inauguré quelque part en 2001 une chronique policière
intitulée "Rendez-vous 911, en collaboration
avec la Sûreté du Québec du Domaine-du-Roy (du nom
de la Municipalité régionale de comté, MRC)", précise-t-on.
Lorsqu'il fait état d'un compte rendu d'une réunion d'un conseil
municipal ou d'une MRC, utilise-t-il la même formulation? Non.
Se
dégage l'impression que le journaliste ne jouit pas de sa totale
liberté de presse, c'est-à-dire de publier ou non l'information
policière. On y trouve des conseils de sécurité :
attention à la chaussée glissante, attention aux feux de cheminée,
etc. De temps à autres, on apprend l'arrestation d'individus qui ont
fait ci ou ça, rarissimement de crimes majeurs, parce que c'est
plutôt tranquille dans le coin : petits vols dans quelques
chalets ou ailleurs, petites fraudes, vitesse excessive, etc.
Cependant,
l'hebdo ne nous sert que la version policière car il n'assure jamais
le suivi journalistique de ces événements. Les individus
arrêtés ont-ils été traduits devant des juges, ont-ils été
reconnus coupables et condamnés? On ne le sait pas. S'en
dégage une autre impression : est-ce bien nécessaire le
verdict de juges quand on sait que la police n'arrête que des
coupables?
Autre
point, les inculpés ne sont jamais identifiés, par
conséquent pas de photos non plus dans l'hebdo. Alors, la Sûreté
du Québec peut dire n'importe quoi sans être pris en flagrant délit
de mensonge. Quand on sait que ce corps policier fait
régulièrement dans la démesure, il y a là de quoi
s'interroger sérieusement. (Suite
demain)
■ Ami lecteur, j'espère que vous ferez votre propre enquête, ne serait-ce que pour vérifier si je vous ai menti - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Enfin, ces lecteurs, après avoir
découvert tout ce que contiennent ces pages, posséderont les
connaissances requises pour effectuer
leur propre enquête sur le terrain, et en vérifier la valeur
journalistique.
Quand vous
la ferez, et j'espère que
vous passerez à l'acte, ce
livre a d'ailleurs pour but de vous y inciter et aider, attendez-vous
à tomber des nues... Et ce, peu importe le pays où vous habitez.
Aux États-Unis, au Canada et en Europe les tactiques policières
décrite dans ces pages sont la norme, à quelques variantes près.
Je
suggère fortement comme point de départ votre... propre
entourage. Même si vous
êtes loin de vous en douter, sachez
qu'ils et elles sont là, directement ou par commerçants--
sans en généraliser la pratique, coiffeurs-ses,
dépanneurs et petits épiciers sont les pires--
et autres collabos interposés.
Évitez
les jugements arbitraires,
attendez d'avoir empilé suffisamment de recoupements, c'est-à-dire
des renseignements venant s'ajouter à ceux que vous possédez déjà
et vous confirmant que oui, ou que peut-être bien, ou que non c'en
n'est pas un ou une... Et si vous n'êtes pas sûr, accordez
le bénéfice du doute,
sans toutefois mettre en veilleuse votre sens critique parce que
d'autres éléments d'information peuvent surgir.
Outil
d'enquête essentiel : une
petite camera jetable, un
témoin potentiel qui vous suit pas à pas partout. On en trouve dans
les pharmacies pour une dizaine de dollars, film compris. La qualité
des photos est bonne sans être excellente. Autre avantage : si
dans le feu de l'action vous l'échappez sur du béton ou dans l'eau,
ou qu'un policier en civil plus zélé qu'un autre vous l'enlève --
ce qui, au cours de mon enquête, ne m'est pas arrivé, mais on m'en
en volée une à mon domicile --,
votre perte ne sera pas
énorme, mis à part la
valeur des photos prises sur le vif.
Elle
joue aussi un autre rôle :
photographier des civils et des collabos suscite une certaine
inquiétude chez ceux et celles qui nous épient. La caméra est
l'équivalent d'une arme de dissuasion, la photo, d'un avertissement
subliminal : respectez
mes droits sinon votre visage fera la une des journaux et
téléjournaux. (Suite
demain)
News du jeudi 23 Juillet 2009
■ De beaux dessins, comme on les aime – Cliquez ici
pour en voir un. Et là
pour en voir d'autres. Agrandissez les d'un clic. Dans le bas de la
page, à gauche, explorez la liste des dessinateurs. Comme dans n'importe quoi, il y a du bon et du moins bon.
■ L'amour est aveugle, il faut donc le toucher - Essayez de donner un sens à ce
proverbe africain
(01:11). Une astuce laissant place à l'incertitude du geste posé?
■ France : "Face aux dérives policières, mobilisons-nous" – Cet appel a été lancé mardi le 21 juillet par les membres du
Collectif Liberté, Égalité, Justice, tous signataire d'un
communiqué
de presse publié sur le site du Syndicat de la magistrature
: les signataires en bas de la page s'affichant.
Un événement survenu il y a une
dizaine de jours, à Montreuil, a fait déborder le verre. La police
a fait usage à plusieurs reprises de tirs de flash-ball, blessant
cinq personnes, dont un jeune homme qui a perdu un œil : voir les
News du mardi 21 juillet 09, manchette "Les
violences policières".
Depuis 2005, pas moins de 7 personnes ont perdu un œil dans les
mêmes conditions, dont 5 pour la seule année 2009.
Les
membres du Collectif exigent la tenue d'une enquête indépendante
des pouvoirs publics sur ces événements. Demande est faite
également que des poursuites soient engagées lorsque les
responsabilités des policiers et de leurs autorités donneuses (sic)
d'ordre auront été établies.
Ils
s'insurgent contre une dérive continue et permanente des pratiques
policières. Elles sont constatées et dénoncées tant par la Cour
européenne des droits de l'homme que par des organisations
internationales ou nationales : contrôle ou interpellation au
faciès, délit d'outrage, garde à vue abusive, usage humiliant de
la fouille à nu, menottage abusif, abus de la perquisition, atteinte
au libre exercice des journalistes.
Selon
eux, il est inacceptable que la police, dont le principal objet est
d'assurer la sécurité des personnes, puisse être perçue, en
raison de certaines de ses pratiques, comme une menace.
■ Accouchement – Une Blanche donne naissance à un beau bébé
Noir (02:21).
■ «Citoyens, citoyennes», proclamait le policier Hugues Létourneau de la Sûreté du Québec dans le journal "D'un lac à l'autre" - (Suite tome
3 de
L'Étau Policier) Examinons
le phénomène à une échelle microscopique, qui permet de
voir la manipulation idéologique dont la population fait l'objet,
la fameuse démesure.
Un
citoyen de Lac
Bouchette, au
Lac Saint-Jean, que je sais proche de la Sûreté
du Québec,
m'affirmait, en janvier 2001, que dans une maison sur deux de ce
petit village rurale on fume du cannabis. Une
maison sur deux!
Qui a intérêt à répandre cette rumeur, pensez-vous? Encore et
toujours, crier au loup pour que tous
les citoyens se rangent derrière la police, s'épient entre eux et
bavassent contre tout un chacun.
Au
début de septembre 2002, dans le journal local de Lac Bouchette,
D'un Lac à
l'autre,
l'auteur de la chronique Le coin de la Sûreté
du Québec,
le policier Hugues
Létourneau,
lançait un appel à tous pour dénoncer ceux squattant des terrains
privés ou la forêt publique afin s'adonner à la culture
clandestine de la marijuana.
Ça
sentait la mobilisation de toute la population contre ce mal absolu :
«Citoyens,
citoyennes,
proclamait-il textuellement,
vous avez le droit au respect et vous devez résister à l'incursion
de ces organisations sur votre terrain et dans votre vie privée en
le faisant savoir aux autorités policières».
Il en appelait aussi aux «agriculteurs
et cultivateurs».
C'était le moment de la récolte, et quelques citoyens, inquiets,
étaient aux aguets...
Ainsi
ce commerçant,
où j'étais allé acheter du tabac après le coucher du soleil, qui
m'avait demandé, sourcil relevé et œil suspicieux : «Les
as-tu vus sortir du bois?»
Il avait fallu que j'insiste pour savoir de quoi il parlait. D'après
lui,
des gens n'arrêtaient pas d'entrer et de sortir de la forêt avec
des plans de marijuana.
Il
y avait alors près de deux ans et demi que je circulais à vélo de
montagne un peu partout sur l'immense territoire
-- 919 kilomètres carrés -- du petit village policier, notamment
dans sa partie forestière,
où j'explorais des chemins abandonnés. J'y effectuais, chaque mois,
sauf l'hiver, une vingtaine de randonnées de 30 à 40 kilomètres,
parfois au delà.
Je
n'y ai jamais rencontré personne et n'ai jamais vu de mes yeux un
seul plan de marijuana. Entre
1999 et 2003, l'Étoile du Lac, l'hebdo régional, avait rapporté, à
quelques reprises, la découverte d'une centaine de plants, mais rien
de plus. Pourquoi
donc braquer et stresser la population pour si peu?(Suite
demain)
■ Le Québec a grandement besoin, et de toute urgence, d'une démocratie de libération - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Quelle
formulation utiliser pour désigner ce système? Il
est très clair que dans un État policier,
il m'eut été impossible d'imposer ma présence sur le terrain pour
enquêter et rédiger ces livres : sans
doute serais-je six pieds sous terre.
Disons que l'écart s'est rétréci entre la démocratie et l'État
policier. Nous sommes, indubitablement,
en présence d'un appareil répressif de type politico-policier.
D'un Étau policier, quoi. (Cependant, en milieu rural et semi rural, c'est bel et bien l'État Policier. Plus facile de noyauter un petit village qu'une grande cité.)
Cela
étant, notre Société civile à grandement besoin, et de toute
urgence, d'une démocratie de libération, expression que j'emprunte
au sociologue
français Touraine.
(Alain Touraine --
Qu'est-ce que la démocratie? --
Éditions Fayard) Ma
démarche est saine.
Je ne cherche pas à discréditer la police. Tout bonnement à
l'améliorer pour le mieux être de notre Société civile, qui
doit avoir préséance sur la police.
Mettons les pendules à l'heure : le
policier en civil n'est rien d'autre qu'un fonctionnaire grassement
payé par la Société civile pour protéger les droits du citoyen et
non pour les enfreindre régulièrement.
En
soulignant à grands traits ces activités clandestines illégales de
la police en civil, et sans entrer tout de suite dans le détail
puisqu'il s'agit d'un exposé sommaire du contenu de ce livre, des
lecteurs se demanderont peut-être si
l'auteur n'exagère pas.
Je propose à ceux-ci de le lire avant de porter un jugement.
Il
importe qu'ils sachent aussi, dès le départ, de l'impossibilité
de prouver quoi que ce soit dans ce genre d'enquête.
À moins d'en avoir les moyens logistiques, inaccessibles
au pauvre que j'étais alors :
embauche de témoins assermentés, achat d'équipements électroniques
--
caméras vidéo et micros miniatures --
et location d'au moins un véhicule.
Et
encore, on
ne va pas me reprocher de manquer de profondeur
alors que l'underground policier est difficile à pénétrer. Et que
je suis probablement
l'un des premiers journalistes
à effectuer une enquête dans ce monde invisible. Ce n'est pas à
moi que l'on doit adresser des reproches, mais
à certains membres de la confrérie journalistique frayant depuis
des lunes dans les arcades policières,
plus près de la police que du citoyen. Ceux qui savent se taisent,
n'en
informent jamais leur auditoire.
(Suite demain)
News du mercredi 22 Juillet 2009
■ Sur le web, on trouve des trucs qui nous sortent vraiment du moule – Le décorum des studios de télé, pouah! Dans certains, on se
croirait à bord d'un vaisseau spatial, avec l'éclairage techno
conséquent. Le principe est que plus on s'éloigne du décorum, plus on
s'approche de l'authenticité, de la réalité.
Trêve de préambule,
vous allez faire la connaissance de Paulina Strange
(blozunglivres : 05:49). L'intérêt n'est pas dans les livres
qu'elle présente, mais dans sa belle simplicité. Le lieu de
tournage itou, probablement à son domicile.
■ L'escalade, le plaisir du vide sous les pieds – Entre les photos
et l'escalade du Hoggar, un massif montagneux du Sahara, à vous de
choisir.
■ En 2000, seulement 180 millions de personnes consommaient de la drogue dans le monde, soit une fraction minime des 6,4 milliards d'habitants que compte la planète terre - (Suite tome
3 de
L'Étau Policier) Prenons
connaissance des chiffres
de l'ONU,
plus de chance d'être authentiques.
Selon des responsables du PNUCID
(Programme des Nations unies sur le contrôle international des
drogues), qui se référent à une étude rendue public en janvier
2001, à Vienne, environ 180
millions de personnes consomment de la drogue dans le monde, soit une
fraction minime des 6,4 milliards d'habitants
et plus que compte la planète terre : la population mondiale
progresse de 76 millions chaque année, ce
qui réduit d'autant le pourcentage. (Agence
France-Presse -- La Presse du 27 janvier 2001) (La Presse du 16
septembre 2004)
Suivant
un haut responsable du PNUCID, Sandeep
Chawala,
rapporte l'Agence France-Presse, ces
personnes consomment essentiellement du cannabis (144
millions de consommateurs), des stimulants aux amphétamines
(20 millions), de la cocaïne
(14 millions) et des opiacés
(13,5 millions dont 9 millions d'héroïnomanes). L'addition de ces
différents types de consommateurs dépasse d'un peu plus de 10
millions le chiffre de 180 millions parce que des toxicomanes
consomment plusieurs drogues, précise Chawala.
Par
ailleurs, d'après lui, en ce début de 2001, «les
nouvelles sont bonnes en ce qui concerne la cocaïne et l'héroïne».
La production de la coca a baissé de 20% entre 1992-93 et 1999, et
celle d'opium a chuté de 17% au cours de 2000. De plus, les
principaux marchés de consommation de drogue se sont stabilisés ou
ont même diminué.
Ces
chiffres tranchent nettement de ceux de la police et des États
répressifs
: ceux du PNUCID étaient du reste disponibles sur son site Web
(http://www.unodc.org/unodc/en/world_drug_report_2000.hmtl)
: étaient,
parce que l'adresse a été supprimée, censure américaine? Chiffres dont il faut se
souvenir.
À
entendre le discours de la droite québécoise on est porté à
croire que la drogue est partout, qu'une bonne partie de la
population n'arrête pas de se piquer, snifer, fumer et d'avaler des
pilules.
Le Québec -- 7,4 millions d'habitants, dont la nouvelle Ville de
Montréal avec ses 1,8 million -- serait-il l'un des champions de la
planète où l'on dénombrerait le plus de consommateurs de drogue?
(Suite
demain)
■ La police en civil crée artificiellement des événements déstabilisateurs pour bouleverser la vie du citoyen - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Ces
renseignements sont le point de départ de l'hygiénisation de tous
les citoyens, qui s'effectue via la filature, l'infiltration et, si
besoin est, par des déstabilisations psychologiques à répétition.
Peu
connu du néophyte, l'expression "déstabilisation
psychologique" nécessite explication,
pour le moment sommaire, bien sûr, mais que nous approfondirons au
fur et à mesure de la progression de notre quête de la vérité.
Nous
vivons dans un univers perfectible
où plein d'événements peuvent nous déstabiliser dans notre vie de
tous les jours. Ainsi le fait de devenir chômeur
ou bénéficiaire de l'aide sociale,
de tomber au bas de l'échelle socio-économique. Il y a une
souffrance
psychologique
associée à l'absence d'emploi, au fait de ne pas pouvoir vivre et
consommer comme tout le monde. Les
histoires de cœur
tournant au vinaigre déstabilisent psychologiquement aussi, de même
que l'accident
du travail,
ou de
la route,
ou le fait d'apprendre de son médecin qu'on est atteint d'un cancer
généralisé,
ou la
mort d'un être cher,
etc.
L'intensité
de la souffrance psychologique varie selon
l'importance que nous accordons aux aléas de la vie.
L'événement nous affectant peu, déstabilise peu. Nous continuons
de vaquer à nos occupations sans que rien n'y paraisse, de sourire,
d'échanger avec les autres. Par contre, l'événement nous
bouleversant profondément, chamboule
littéralement notre quotidien.
Amour de la vie, sérénité, confiance en soi, convivialité, tout
s'écroule. On n'est pas
bien, se sent vulnérable, se renferme, quand on sort, on rase les
murs.
On
se révèle alors tel qu'on est véritablement, n'étant plus protégé
par la bulle douillette de la vie stable. La personne n'arrivant pas
à retomber sur ses pieds risque le burnout,
à la limite le suicide.
Nécessaire de bien saisir les conséquences d'une déstabilisation
psychologique pour comprendre ses
effets dévastateurs lorsque elle est d'origine policière.
C'est une arme blanche redoutable, car, utilisée à répétition,
elle déstructure mentalement le citoyen : la
répétition est la norme, la police ne lâche jamais sa proie.
La
particularité du policier et de la policière en civil consiste à
rencontrer justement le citoyen dans ses moments difficiles, quand il
se révèle sans masque, fragile. Cependant, ils utilisent aussi
la tactique, et sur une très grande échelle, à des fins de
contrôles et de nettoyages sociaux. Là nous ne parlons plus de
la même chose, entrons dans le vaste monde de la répression
clandestine illégale du citoyen ordinaire.
Car
ils créent artificiellement des événements déstabilisateurs pour
bouleverser sa vie. Ils sont la plupart du temps accompagnés
d'une désapprobation... communautaire à son encontre, qu'ils
montent de toutes pièces et propagent par le bouche-à-oreille et
l'aide sur le terrain de commerçants et autres collabos. Ils
disposent alors de toute la latitude voulue pour le manipuler à
volonté, gendarmer sa vie, l'éloigner d'endroits qu'ils ne
veulent plus le voir fréquenter, ou carrément l'éjecter de la
société, geler en quelque sorte son présent et son futur.
Et
sans le faire passer devant un juge, puisque ce sont eux qui
décident qui sera in ou out de la société démocratique. Du
pas-vu-pas-pris non plus puisque la cible ignore que les
agressions psychologiques dont elle fait l'objet sont l'œuvre de la
police en civil et ses collabos. La meilleure répression est celle
qui ne se voit pas. D'ailleurs, ce citoyen sait-il seulement ce
qu'est une déstabilisation? Combien de
suicidés jusqu'à ce jour? (Suite demain)
News du mardi 21 Juillet 2009
■ Les violences policières – En France, il y en a de plus en plus,
et toujours plus intenses, selon Perrotin
de l'équipe de rédaction d'agoravox. D'autres médias en font état aussi
assez régulièrement. De ce temps-ci, l'utilisation du flashball
(balle en caoutchouc) soulève une certaine désapprobation. L'arme
ne tue pas mais peut causer des blessures irréparables.
Jusqu'à
présent, 4 personnes ont été défigurées par des tirs policiers
provenant de cette arme. Joachim Gatti,
cameraman, est l'une d'elles : trois fractures au visage, globe
oculaire fendu en deux, paupière arrachée... Béatrice Turpin
(09:34), réalisatrice, a filmé cet incident survenu à Montreuil et
relate ce dont elle a été témoin. Voyons deux
autres cas (02:04).
PS
: Que ce soit en France où ailleurs en Occident, les
journalistes utilisent trop souvent le mots police, sans identifier
qui que ce soit. Une police sans visage, anonyme, voilà exactement
ce qu'il faut pour que l'impunité perdure et les violences
policières prolifèrent. D'où la nécessité chez les journalistes
de faire preuve d'audace. C'est-à-dire interroger on camera les
directeurs des corps policiers impliqués. S'ils refusent l'entrevue, le
dévoiler publiquement, citer les questions qu'ils voulaient poser.
Genre...
Est-ce vous qui ordonnez à vos policiers d'être aussi violents?
Vous dites que ce n'est pas vous, alors qui donne ces ordres et que
faites-vous pour empêcher ces violences? Vous affirmez qu'il y aura
toujours des bavures, qu'elles sont inévitables. Est-ce à dire que
vous n'arrivez pas à contrôler vos troupes, si oui, pensez-vous
être vraiment qualifié pour occuper votre poste? N'est-il pas
inquiétant pour le citoyen de savoir que vous n'arrivez pas à le
protéger contre la violence de vos policiers?
■ Gastronomie – Raffiner la présentation du hamburger.
■ Drogue : les chiffres de l'ONU sont plus fiables que ceux des pays occidentaux et leurs corps policiers - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) En
mars 1990, selon Labrousse,
le Bureau of International Narcotics Matters (BINM) établissait
ainsi la production mondiale de la drogue (Alain Labrousse -- La
drogue, l'argent et les armes -- Éditions Fayard) (Sources de
Labrousse : International Narcotics Control Strategy Report, BINM,
mars 1990) : entre 4 074 et 4 734 tonnes d'opium, 206 074 tonnes
de feuilles de coca, 52 846 tonnes de marijuana et 1 585 tonnes de
haschisch.
Ces
chiffres sont rapportés à titre indicatif, note Labrousse, ajoutant
qu'ils
sont parfois en contradiction avec
ses propres informations et estimations, dans le cas de l'Afghanistan
par exemple. Il souligne aussi que l'importante
production de marijuana des États-Unis n'est pas prise en compte.
Des sources officielles de ce pays l'évalueraient entre
5 000 et 6 000 tonnes,
chiffres de 1989. Labrousse
traite de tonnages, n'évalue pas le nombre d'usagers de drogues dans
la monde.
Un
organisme comme l'ONU
est vraisemblablement celui possédant à la fois infrastructure et
envergure planétaires pour évaluer
l'importance de la drogue dans le monde,
en donner les vrais chiffres. Pour dire franchement les choses, j'ai
davantage confiance à la véracité de ses chiffres qu'à
ceux des États occidentaux et de leurs corps policiers
qui, on ne le répètera jamais assez, utilisent leur guerre contre
la drogue à d'autres fins, immorales
celles-là :
étendre leur emprise psychologique sur la population, maintenir en
son sein la loi martiale sans le nom. En outre, l'ONU a la
réputation, jusqu'à preuve du contraire, de
donner l'heure juste en d'autres domaines :
droits de l'homme, santé, environnement, etc.
Cependant,
en matière de drogues, elle ne pourrait pas tout dire, car
les pressions seraient fortes, notamment de la part des États-Unis,
pour la censurer. (Marie-Claude Malboeuf -- La Presse du 5
avril 2003) Les dirigeants américains entravent même des pays
dans leurs démarches visant à humaniser le combat contre la drogue.
Ainsi l'Australie, où le gouvernement a renoncé à offrir de
l'héroïne aux toxicomanes incurables et à ouvrir des salles
d'injection assistée (piqueries), rapporte la journaliste
Marie-Claude Malboeuf de La Presse, en avril 2003.
À
en croire les médias, cet État craignait que le Programme des
Nations-Unies pour le contrôle international des drogues (PNUCID),
qu'on dit largement dominé par des Américains, ne boycotte son
industrie du pavot, dont les grains sont utilisés dans la
fabrication de la morphine destinée aux hôpitaux.
Apparemment,
selon la journaliste, il
en serait également de même des organisations internationales,
qui subissent plusieurs formes de chantages financiers. On cite le
cas de l'Organisation
mondiale de la Santé
(OMS), organisme relevant de l'ONU, qui, en 1997, a
rayé d'un rapport un passage signalant que le cannabis n'est pas
plus néfaste pour la santé que l'alcool et le tabac.
L'hebdomadaire britannique New Scientist, qui a dévoilé l'histoire,
conclut que les chercheurs ont cédé aux pressions de leurs
bailleurs de fonds.
Deux
ans auparavant, l'OMS s'était abstenue de publier une étude sur la
cocaïne, après avoir pourtant annoncé un rapport «important
et objectif».
Celle-ci disait que la
plupart des consommateurs de cocaïne n'en font pas un usage intense
ou compulsif. Et que ce type d'usage n'entraîne pas de graves
problèmes. (Suite
demain)
■ Développement exponentiel des nouvelles technos de l'info et intrusion exponentielle de la vie privée du citoyen - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) René
Laperrière,
du Département des sciences juridiques de l'Université du Québec à
Montréal, et Pierre
Patenaude,
de la Faculté de droit de l'Université de Sherbrooke, s'inquiètent
dans un ouvrage du fait que les
nouvelles technologies de l'information décuplent la présence de
Big Brother dans notre vie de tous les jours.
(NDLR : Sans oublier... Big Sister, tout aussi omniprésente.)
(Traité des problèmes sociaux --
Institut québécois de recherche sur la culture --
Ouvrage collectif sous la direction de Fernand Dumont, Simon Langlois
et Yves Martin, 1 164 pages, 1994)
Traitant
des mégabanques informatisées, ils écrivent qu'elles permettent
«d'accumuler
une quantité considérable de renseignements sur les citoyens,
de les diffuser et utiliser de façon à réduire sensiblement leur
vie privée, en y enregistrant les moindres détails (sic) de leur
existence et en les comparant pour établir un double informationnel
des individu (...)». Les auteurs parlent d'«un
immense réseau de surveillance et de contrôle social».
En
France, selon Hamon
et Marchand,
toutes sortes de renseignements sont stockés dans le fichier central
informatisé des polices françaises. (Alain Hamon et Jean-Charles
Marchand --
P... comme police --
Éditions Alain Moreau) Ceux relatifs aux activités des criminels,
bien sûr, mais également des renseignements d'hommes
publiques
et de citoyens
sur les origines
raciales,
opinions
politiques,
philosophiques,
religieuses,
syndicales,
les moyens
d'existence,
les fréquentations,
la propension à la
boisson,
etc.
Ils
sont collectés grâce aux voisins,
aux employeurs
ou à l'occasion de démarches administratives
ou de contrôles d'identité.
Ce fichier central est constamment alimenté de renseignements frais.
Pour l'ensemble du territoire français, à titre d'exemple, Hamon et
Marchand parlent de 200
à 250 millions de fiches.
Le
développement exponentiel
des nouvelles technologies de l'information, pourtant un bienfait en
de multiple domaines, et le concept de la pseudo police communautaire
ont permis à la police, en moins d'une décennie, une intrusion
toute aussi exponentielle
de la vie privée du citoyen. Son emprise psychologique sur le
citoyen s'en est forcément trouvée considérablement alourdie.
Aux
mégabanques policières s'ajoutent
celles de l'État,
qui emmagasinent cependant des renseignements différents des
premières, et ayant trait aux rapports du citoyen avec les paliers
gouvernementaux, fédéraux et provinciaux.
Dans son rapport annuel
déposé au Parlement canadien en mai 2000, le commissaire à la
protection de la vie privée, Bruce
Phillips, nous apprenait que,
à cause des mégabanques informatisées, «nous
sommes dans une nouvelle ère, où il est possible de prendre un peu
d'information sur chacun de nous dans différentes sources, de tout
mettre cela ensemble et de tracer un portrait très détaillé.»
(Vincent Marissal, Paul Roy et Gilles Toupin, --
La Presse des 17, 18, 19, 20 et 24 mai 2000)
Cependant,
le lecteur découvrira dans ces pages que Big Brother et Big Sister,
c'est
d'abord et surtout la police,
pas l'État. Aidée par ses collabos et les agents et agentes de
sécurité en civil, elle
cueille sur le terrain une masse considérable de renseignements
que l'on ne retrouve pas dans les mégabanques informatisés de
l'État, notamment tout ce qui touche la vie privée du citoyen dans
ses activités les plus intimes.
(Suite demain)
News du lundi 20 Juillet 2009
■ Un échec, la guerre américano-colombienne contre la drogue - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Alors
les
Américains ont déclaré la guerre à la drogue partout où il s'en
trouve sur la planète.
Ainsi la guerre américano-colombienne. Dans toute guerre, il y a des
morts et des blessés.
Dans
une démocratie, on appellerait ça des meurtres, mais
en Colombie,
qui n'a pas la réputation d'en être tout à fait une, on
peut se le permettre sans état d'âme.
Les États-Unis ne prendraient jamais le risque, quoi
qu'on ne sache pas tout,
de procéder ainsi sur leur territoire ou celui de leur voisin, le
Canada. Ça ne se fait pas dans une démocratie, mais
des démocrates peuvent le faire ailleurs,
là où il n'y pas de démocratie. Alors, les droits de l'homme...
Deux
ans après le début de cette guerre, gouvernements américain et
colombien avaient-ils réussi à éradiquer la drogue dans ce
pays? Non. Le nombre d'hectares consacrés à la coca
avaient même augmenté. Se référant à une étude effectuée par
l'Inspection des finances, à Bogota, l'Agence France-Presse
rapportait en août 2002 que le Plan Colombie antidrogue est
considéré comme un échec : plus loin, d'autres
enquêtes le confirmeront. (Agence France-Presse -- La Presse du
15 août 2002)
L'éradication
des plantations de coca par fumigation aérienne d'herbicide sur la
coca «n'a
pas arrêté les narcotrafiquants».
La superficie des cultures de coca y était évaluée, cet été-là,
à 163 000
hectares,
malgré la destruction de 152 000 au cours des deux années
précédentes. Lors du lancement du Plan colombien en août 2000,
l'aire de la coca n'y était que de 120 000
hectares.
«La
frustration est supérieure aux réussites et les succès sont
faibles»,
affirment
leurs auteurs. Ce pays reste le premier exportateur de cocaïne, avec
une production annuelle de 580 tonnes. Six tonnes d'héroïne y sont
également cultivées chaque année.
Signalons
qu'en juin 2003, un
tribunal de Bogota
a ordonné la suspension de la fumigation sur tout le territoire
colombien, le
temps d'évaluer ses effets sur... la santé publique et
l'environnement.
(Agences France-Presse -- La Presse du 27 juin 2003) En juillet 2004,
La Presse publiait un reportage sur des paysans de l'Équateur, pays
voisin, dont
les fruits et légumes,
que ce soit dans un jardin familial et, peut-on présumer, une
plantation commerciale, sont
détruits par la fumigation.
Ainsi
que par l'eau
qu'ils utilisent pour arroser jardins et plantations, le produit
chimique utilisé traversant également les frontières via
les cours d'eau.
D'après les Américains responsables de l'épandage, le produit
utilisé ne serait pas nocif à la santé. À
vérifier, empiriquement. (Suite
demain)
■ La prévention policière : une vaste chasse aux sorcières digne du maccarthysme d'une certaine époque - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Ce
récit et sa partie analyse permettent de suivre bien des pistes, pas
toutes cependant car l'underground
policier est un monde hermétique,
difficile à pénétrer. Il faut s'y investir quelques
années
avant d'appréhender la réalité sous son vrai jour. Le lecteur
comprendra que je ne peux tout décrire et expliquer en quelques
paragraphes la complexité de la problématique policière.
Pour
l'heure, jetons
un oeil sur la cueillette de renseignements,
qui est le point de départ de la répression clandestine illégale.
Chaque policier et policière en civil rédige, à la fin de son
quart de travail, un compte rendu de ce qu'il a vu et entendu. Le
tout est colligé dans des dossiers --
ici, on ne parle pas de dossiers criminels --
identifiés du nom des citoyens côtoyés et de ceux dont ces
derniers l'ont entretenu. Comme de nos jours on n'écrit sur des
écrans d'ordinateurs, c'est
dans les mégabanques informatisées de la police que ces
renseignements sont stockés.
Officiellement,
la police accumule ces renseignements à des fins de prévention.
Officieusement,
et on le verra, la
prévention est de fait un maître mot panzer,
formulation que j'emprunte un peu hors contexte au sociologue
français Morin. (Edgar Morin --
Pour sortir du vingtième siècle --
Éditions Fernand Nathan) Il faut oublier l'époque où le travail du
policier se limitait à remonter le crime jusqu'à son auteur. De nos
jours, celui-ci n'attend plus qu'un méfait soit commis pour agir, il
en prévoit la commission.
La
prévention,
mot fourre-tout, est
l'alibi qui lui permet de cacher bien d'autres activités,
inavouables celles-là.
Car
elle n'a
pas seulement pour but de rappeler au citoyen de verrouiller portes
et fenêtres, buriner ses objets de valeur, d'éclairer sa cours
arrière, etc. Ce serait réduire ses activités à bien peu de
choses. Pouvoir
politique et police utilisent notamment la lutte contre le crime
organisé et la drogue
ainsi qu'un sentiment d'insécurité bidon comme
prétextes pour envahir la vie de tous les citoyens
et accomplir leur mission première, qui a la priorité sur toutes
les autres : procéder
aux contrôles et nettoyages sociaux de toute la population.
Suffit
d'observer ce qui se passe sur le terrain pour se rendre compte que
la prévention constitue un champ d'activité immense où plus
policiers et policières en civil et
leurs collabos
s'enfoncent, plus ils portent atteinte aux droits fondamentaux de
l'honnête citoyen : les atteintes à la dignité de la personne
y sont innombrables. On enquête sur la vie privée de tous et
chacun. Une
vaste chasse aux sorcières digne du maccarthysme d'une certaine
époque,
accouplée d'une toute aussi vaste croisade de normalisation de tous
les Québecois.
Là,
on ne parle plus seulement des personnes liées au crime organisé,
dont les motards, ou de criminels agissant seuls, ni des petits
délinquants en tous genres, qui représentent moins d'1% du bassin
démographique québécois de 7,4 millions. Le tout, redisons-le,
grâce
aux renseignements cueillis sur le terrain.
(Suite demain)
News du dimanche 19 Juillet 2009
■ Bigpicture – Un site à visiter de temps à autre, les photos géantes sont
uniques. Au menu,
notamment : l'Afghanistan comme on l'a jamais vu (64 photos) ; Apollo
11 (40) ; Coup d'État au Honduras (35) ; etc. Dans le bas de chaque
photo, une flèche indique "more
photo", cliquez dessus pour voir les autres de cette série.
Cela fait, revenez ensuite en arrière pour visionner la série
suivante.
■ Hébergement gratuit partout dans le monde – Au Club de l'hospitalité on vous facilite les choses.
L'organisme a été mis sur pied en 2000 par Veit Küthn, un étudiant
allemand, à l'issue d'une recherche sur l'existence de circuits du
genre. L'objectif est de promouvoir la paix dans le monde par
l'échange interculturel : plus d'infos sur cafebabel,
un magazine européen.
Sur
la page d'accueil
du club on peut lire : "Envie
de rencontrer des gens d'ailleurs, de voyager, d'aider les autres?
Alors ce site est pour vous".
L'adhésion, gratuite, permet au membre de visualiser le profil des
autres, de les contacter par courriels et relater son expérience de
voyage sur le site : expérience qui devient une référence d'aller
ou pas à cet endroit.
Pour
avoir une idée des services offerts gratuitement à travers le
monde, dans le bas de la page cliquez sur "Carte
du site", ensuite sur un pays, une liste d'endroits
d'hébergement va s'afficher.
PS
: Idéal
pour les étudiants, entre autres, souhaitant voyager à l'étranger
mais n'en ayant pas les moyens. Difficile de trouver meilleure formation pour les jeunes adultes.
■ Légaliser la drogue priverait les corps policiers de budgets faramineux - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Légaliser la drogue
priverait les corps policiers de budgets faramineux, d'équipements,
d'effectifs,
d'heures
de travail supplémentaires à temps et demi et temps double.
Ce n'est pas tout, car le policier vivrait la légalisation, ou celle
de la sollicitation à des fins de prostitution, entre autres, comme
une tragédie personnelle.
Que
deviendrait-il, lui qui est entré dans la police pour vivre plein
d'aventures?
Car il aime ça, lui, dominer et faire peur au citoyen, circuler
déguisé en agent ultra-secret, filer, infiltrer, déstabiliser,
réprimer, manipuler des armes, s'amuser avec de nouveaux gadgets
technologiques, et faire la manchette quand il saisit un kilo de coca
ou une tonne de marijuana. Sans
oublier l'adrénaline que procurent les poursuites échevelées.
Qu'il en résulte des morts en cours de route, importe
peu.
On retrouve bien là le comportement classique du macho
prêt à tout détruire autours de lui pour arriver à ses fins.
Toutes
les polices de l'Occident saisissent de la drogue. Dans
le tiers monde,
à part quelques exceptions, on ne bataille pas trop fort, parce
que sources de devises et de retombées économiques.
La coca et le pavot sont les deux seules productions agricoles à s'y
bien porter, sans oublier la marijuana. Des paysans asiatiques,
arabes, africains et sud-américains comptent
sur ces revenus pour améliorer leur sort.
Cependant, pour les dirigeants américains, le
narcotrafic est considéré comme une menace à la sécurité de leur
pays.
(Suite
demain)
■ Porter atteinte aux droits et libertés, est-ce un mal nécessaire? - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Chez
les policiers, il est fréquent d'entendre dire que «la
police est un mal nécessaire».
Est-il besoin d'expliquer que notre démocratie repose sur des lois
et qu'elle s'est donnée un instrument, la
police,
pour que celles-ci soient respectées? Que sans la police et le juge
qui est le gardien des promesses contenues dans la loi, il
n'y aurait plus de démocratie?
Non, pas nécessaire d'élaborer là-dessus, quoi qu'il est bon que
cela soit énoncé clairement.
Toutefois,
il importe que le rôle de la police soit revalorisé,
légitimé.
Préalablement, il
y aura tout une culture à changer,
celle prévalant actuellement n'étant pas conforme à une société
libre et démocratique. Sur
ce plan, il y a toute une côte à remonter.
En outre, blâmer la police ou le juge, c'est viser la mauvaise
cible. Ce n'est pas la police qui rédige et adopte lois et
règlements, ni le juge, mais l'élu
fédéral, provincial et, dans une moindre mesure, régional --
municipalité régionale de comté (MRC) -- et municipal. Mais il y a
plus...
Au
Québec, tous les corps policiers relèvent, entre autres, du
ministre québécois de la Sécurité publique (Ce
19 juillet 2009, Jacques P. Dupuis, du gouvernement libéral de Jean
Charest, en est le titulaire),
l'équivalent d'un ministre de l'Intérieur. C'est lui (Jacques
P. Dupuis)
qui transmet à la police les ordres du pouvoir politique.
Remarquez
que, l'autonomie policière n'étant pas souhaitable, la
véritable question pour le moment est de savoir ce que l'élu fait de son
pouvoir.
On a vu que dans la
partie visible
de l'iceberg policier, lieu de travail de la police en uniforme, il
se doit de respecter les règles démocratiques. Ce qui n'empêche
pas pour autant la police de commettre des accrocs de temps à autre,
comme en témoignent les médias.
Par
contre, dans la
partie invisible,
le pouvoir peut se permettre à peu près tout sans craindre le
flagrant délit. Le citoyen ne s'apercevra de rien puisque le
policier et la policière sont déguisés en civil. (Faire
respecter la loi, n'est pas un mal, mais un bien nécessaire. Cela
étant, que veut-on dire alors?
Que porter atteinte aux droits et libertés est un mal nécessaire?)
Dans
le cas d'une agression physique, le
citoyen pensera être en présence d'un ou de citoyens criminalisés,
alertera probablement...
la police en uniforme. C'est faire preuve de candeur que de penser
que celle-ci en inculpera le ou les auteurs et en informera les
médias. Bien
sûr, il y a des brebis galeuses au sein de la police. Cependant,
nous vivons dans un univers perfectible et, de ces déviants, contre
lesquels la Société civile doit sévir au fur et à mesure qu'ils
se manifestent, il
s'en trouve dans toute activité humaine.
Certains
policiers évoquent le
droit à l'erreur.
On a coutume d'appeler cela une bavure, qui ne relèverait pas de
l'exceptionnel mais de l'«inévitable».
C'est justement cette culture qu'il faut changer, à
cause de la très grande élasticité de l'inévitable. Les
efforts consentis à cette fin sont largement insuffisants. Les
contrôles et nettoyages sociaux que le pouvoir politique autorise au
sein de la population l'empêche
d'être trop coercitif à l'endroit des policiers fautifs. (Suite
demain)
News du samedi 18 Juillet 2009
■ Un peu de techno – September,
une chanteuse suédoise (03:25) : Cry for You!
■ Commissariat à la protection de la vie privée du Canada : Facebook ne respecte pas la vie privée – Qu'ont découvert les enquêteurs de la commissaire Jennifer
Stoddart? L'une des principales préoccupations : le site fournit des
renseignements sur la protection de la vie privée, mais souvent ils
sont incomplets et portent à confusion. Ex. On indique comment
désactiver un compte, mais pas comment le supprimer. Résultat : les
données personnelles ne sont pas effacées.
Les
12 millions de canadiens inscrits sur ce site de réseautage social
ne disposent pas non plus des renseignements nécessaires à la prise
de décisions valables relativement à l'étendue de la communication
de leurs données personnelles.
En outre, les mesures de sécurité
de Facebook sont insuffisantes. Elles n'empêchent pas des tiers de
capter les données personnelles. Des tiers? Selon le rapport de la
commissaire Stoddart, on vise plus précisément les développeurs
des applications Facebook (jeux, questionnaires, etc.) Ils sont plus
de 950 000 et éparpillés dans 180 pays.
C'est
à la suite d'une plainte de l'organisme Clinique
d'intérêt public que la commissaire Stoddard a mis en branle cette
enquête. Facebook dispose de 30 jours pour se conformer aux
recommandations sinon le Commissariat s'adressera à la Cour
fédérale.
Le
communiqué
de presse de la commissaire – Table des matières du rapport
: les 20 recommandations sont dans les annexes A et B.
PS : Rédigez en français et en anglais, ce rapport sera utile à presque tous les pays de la planète.
■ Cour suprême du Canada : la police doit respecter la Charte des droits – Vouloir mettre la main sur d'importants éléments de preuve ne
lui donne pas le pouvoir de la violer.
■ Les croisades, de faux prétextes pour infiltrer les citoyens et laver plus blanc que blanc -
(Suite tome
3 de
L'Étau Policier) Et
tout ce gâchis sociétal, pourquoi? À
cause des Guerres Saintes du pouvoir et de sa police. Guerre
Sainte contre la drogue, Guerre Sainte contre la prostitution,
contre-ci, contre-ça : à cette étape de ce livre, pas
nécessaire d'en dresser la liste au complet, le lecteur sait
désormais de quoi il s'agit.
Nos
croisés des temps modernes brandissant
des oriflammes à tolérance zéro, et surtout le sabre.
On appelle ça comment, quelqu'un qui préfère la Guerre Sainte à
l'approche humanitaire et démocratique? Un fanatique de la pureté.
Plus clairement dit : un
inadapté social incapable de composer avec le pluralisme.
Ils
savent qu'ils n'arriveront jamais à éradiquer drogues,
prostitution, etc., mais leur rêve utopique passe avant tout.
Rêve de tout contrôler, de tout nettoyer socialement pour que tout
reluise comme un sou neuf. Car ces croisades sont autant de
prétextes que pouvoir et police en civil lancent et relancent
sans arrêt pour mieux infiltrer toute la société et laver plus
blanc que blanc. Et ils s'y investissent massivement. C'est
d'abord et avant tout à ça que sert la prétendue police
communautaire, de quartier ou de proximité.
Prenons
le cas de la drogue. La police, en dépit de son beau travail,
n'intercepte qu'une infime partie de toute celle disponible au
Québec. La
plupart du temps de la marijuana,
une drogue douce comparable à l'alcool. Pourquoi?
Parce que narcotrafiquants et consommateurs de drogues dures, telle
l'héroïne, sont, et contrairement à son discours de la peur, pas
mal moins nombreux. On
le verra, chiffres de l'ONU à l'appuie.
Pas
surprenant que les drogues dures, quand elle en saisit, que cela
n'arrive pas souvent et que ce soit plus souvent qu'autrement de
petites quantités. Cette guerre n'est pas celle de la Société
civile mais bel et bien celle du pouvoir et de la police. Au fin fond
d'eux-mêmes, ils n'en souhaitent d'ailleurs pas la fin. Légaliser
la drogue leur ferait perdre une partie de leur emprise psychologique
sur la population. Mais
il y a plus. (Suite
demain)
■ Parallèlement à l'armée, la police devient la force disciplinaire des gouvernants -
(Suite tome
1 de
L'Étau Policier) Il
importe aussi
de faire la distinction entre le policier et la policière en
uniforme, que le pouvoir exhibe aux yeux du citoyen, derrière la
vitrine du rez-de-chaussée de la société ; et le policier et la
policière en civil qu'il cache dans le sous-sol.
Au
rez-de-chaussée,
la société est démocratique. Quand tu portes l'uniforme, tu es
visible. Tu n'as pas le choix, il te faut respecter, en tous cas
officiellement, les droits fondamentaux. Autrement, un ou des
citoyens pourraient être témoins de ta bavure et en informer les
médias, comme cela arrive ponctuellement.
Le pouvoir nous montre la
vitrine, mais
c'est une façade,
la réalité est ailleurs, elle
est dans le sous-sol du rez-de-chaussée.
C'est là qu'il dissimule les civils préposés à la répression.
Suffit
d'y descendre pour découvrir qu'en civil,
tu peux tout faire ce que le policier en uniforme ne peut se
permettre. Tout
ou presque!
Pour
cerner d'un peu plus près encore cette réalité, référons-nous à
une enquête effectuée par l'anthropologue québécois Tremblay,
entre mai 1989 et avril 1992, à l'Institut de police de Nicolet --
depuis septembre 2000, l'École nationale de police du Québec --,
à la Sûreté du Québec et à la police de l'île de Montréal.
(Jean-Noël Tremblay --
Le métier de policier --
Les Presses de l'Université Laval) Il
y a interviewé plusieurs policiers,
les a vus à l'œuvre sur le terrain, a
analysé leurs méthodes de travail.
Son livre permet d'appréhender un tout petit peu la
masse de l'iceberg policier.
Tremblay
écrit que, d'un côté, on trouve la «police
visible»,
costumée, en contact avec le citoyen, celle qui assume le passage
entre l'intérêt collectif et les malheurs individuels. Et, de
l'autre côté, «la
police disciplinaire, invisible
(en civil),
fondue dans la foule»
: un appareil de coordination permettant de cerner les coupables, de
réprimer le crime sous toutes ses formes, «de
séparer le bon grain de l'ivraie».
Les
rapports entre les policiers en uniforme et les policiers en civil,
explicite l'auteur, sont ceux du monde visible et du monde invisible,
«de l'admissible et de l'inadmissible». C'est le rapport
entre l'information et le secret : le lien entre l'intervention
ponctuelle et la surveillance systématique, entre le généraliste
qui répond à tous les appels et le spécialiste -- enquêtes
spécialisées, écoute électronique, filature, balistique,
expertise médico-légale -- auquel on fait appel dans les situations
particulièrement difficiles.
«Parallèlement
à l'armée, la police devient la force disciplinaire des
gouvernants». Tremblay raconte aussi que beaucoup d'histoires
circulent dans le monde policier concernant la méthode forte
utilisée par certains d'eux pour venir à bout d'un individu
récalcitrant, interrompre une bagarre ou «régler le cas»
de quelqu'un. Il estime que «les policiers œuvrant en milieux
criminalisés sont souvent très proches, psychologiquement et
culturellement, de ceux qu'ils pourchassent». Jusqu'où les
civils peuvent-ils aller dans l'inadmissible? Tremblay ne cite aucun
cas d'espèce. (Suite demain)
News du vendredi 17 Juillet 2009
■ Canada : le droit d'auteur sur l'Internet – Vérification faite sur le site du gouvernement du Canada, le
projet de loi C-61 n'a pas encore été adopté. Par conséquent, le
texte de la loi actuelle prévaut. Dans la vidéo
(04:32) que je vous propose on explique clairement ce qu'interdirait
la future loi, dans l'hypothèse où elle remplaçait celle déjà en
vigueur.
Elle
a été tournée en 2007 par la Clinique d'intérêt public et de
politique d'internet du Canada (CIPPIC),
organisme de la faculté de droit de l'Université d'Ottawa. Les
infos transmises sont donc valables.
■ Montréal : genre de police qu'on aimerait voir plus souvent – Une agression qui aurait pu être mortelle et, en finale, une belle
étreinte d'une policière en uniforme avec la victime, un chauffeur
de taxi de Montréal. Regardez d'abord la
photo, puis lisez l'article sur cyberpresse.
■ Le dilemme des médias : comment traiter l'imposture policière sans dévoiler la présence de la police en civil? - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Ce
débat sur les illégalités de la police en civil ne
peut être initié par les médias,
car ils sont enfermés dans un dilemme. On imagine mal un
journaliste, ou un caricaturiste, traiter par exemple de
l'omniprésence de la police en civil rue Ste-Catherine ou St-Denis,
à Montréal, ou de son infiltration dans des organismes.
Ça
ne se fait pas. Parce qu'il s'agit d'une activité secrète dont les
citoyens ne doivent pas être mis au parfum. Le
policier est obligé de se dissimuler.
«Il
y a des gens qui se cachent, coupables, suspects ou adversaires et,
pour les découvrir, le premier moyen consiste à cacher qu'on les
cherche»,
écrit Casamayor.
(Louis Casamayor --
La Police --
Gallimard) Dévoiler sa présence nuirait à ses enquêtes.
Tout
le monde s'entend là-dessus.
Ayant déjà été moi-même enfermé --
emprisonné --
dans ce dogme, je parle en connaissance de cause. La problématique
réside dans le fait que ce
ne sont pas seulement les criminels que la police en civil file,
infiltre et déstabilise, mais d'honnêtes citoyens.
Les effectifs policiers sont du reste massivement investis dans les
contrôles et nettoyages sociaux de toute la population.
Police
et pouvoir ont franchi l'étroite
frontière séparant
la suspicion légitime et professionnelle de la paranoïa.
Les atteintes aux droits et libertés sont innombrables. Comment
traiter l'imposture policière sans dévoiler la présence de la
police en civil? Voilà
le dilemme d'où les médias n'arrivent pas à s'extirper.
De
plus, ceux qui remettraient en question la légitimité de ce système
répressif s'exposeraient à l'ostracisme. Il
est un fait avéré que les défenseurs du dogme veillent au grain,
prêts à lancer l'anathème, comme au temps de l'église
charcutante. Peu
de citoyens savent que des civils et de leurs collabos sévissent
aussi à l'intérieur même des salles de nouvelles.
Ce
que le septuagénaire Fattah
disait plus haut des profs d'université, s'applique donc
pareillement aux journalistes et caricaturistes : «ce
ne devrait pas être un job de tout repos».
La mission première du journaliste consiste à défendre et
peaufiner la démocratie. Tout
ce qui y fait obstacle doit être dévoilé aux citoyens, qui ont du
reste le droit de savoir. (Suite
demain)
■ Même les muets sont bavards - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Ces
citoyens peuvent prendre le plancher pendant des heures, jusqu'à
l'épuisement même. Mine
de rien,
les civils les poussent à parler d'eux et de ceux qu'ils
connaissent, les amènent à se substituer à ces derniers pour
connaître leurs réactions face à certaines situations
hypothétiques. Ils sont continuellement à la recherche
d'appréciations
défavorables et autres renseignements sur leur vie privée.
Important
de dire qu'ici, on
parle de choses anodines de la vie,
pas de criminalité. Les citoyens ignorent que tout ce qu'ils leur
disent ou confient, notamment des anecdotes démontrant leurs forces
et faiblesses, ou celles de leurs parents, amis et connaissances,
peut
être utilisé
contre ces personnes, ou eux-mêmes, notamment lors de
déstabilisations. Si la police en civil découvre que vous
êtes colérique,
par exemple, elle
saura comment vous pompez l'air si jamais cela s'avère nécessaire,
vous amener jusqu'à l'apoplexie, et pourquoi pas l'infarctus?
Même
les muets sont bavards. La tâche est un plus laborieuse, c'est tout.
Si l'un s'arrête, après vous avoir dit par exemple que demain, il
va à tel endroit, répétez ce qu'il vient de dire : «Comme
ça, demain tu vas à
(tel endroit)?»
Il vous répondra qu'il va y faire réparer son auto, s'arrêtera de
nouveau. Même
pas nécessaire de lui demander ce qu'elle a,
plus discret et efficace de le relancer en ces termes : «Ah
comme ça tu vas faire réparer ton auto?»
Parce que la question n'est pas directe. Moins de risques que la
conversation ressemble à un interrogatoire.
Les
gens sont méfiants quand ils s'aperçoivent que vous cherchez à
leur tirer les vers du nez. Patiemment
et sans jamais le brusquer, vous apprendrez aussi qu'il sera
accompagné d'un tel, chômeur de son état, que sa conjointe est
partie chez une amie pour une semaine, etc. La police s'intéresse au
train-train de la vie quotidienne des citoyens. C'est
à partir de toutes ces miettes de renseignements qu'elle élabore
ses profils psychologiques. (Suite
demain)
News du jeudi 16 Juillet 2009
■ L'affaire Villanueva reprend vie – Rappelons
les faits. Montréal-Nord, août 2008, Fredy Villanueva est tué
d'une balle lors d'une intervention policière. Deux autres sont
blessés par balles : Denis Meas et Jeffrey Sagor-Métellus. Une
émeute s'ensuit.
Mai
2009, le coroner Robert Sansfaçon ouvre une enquête. 9 des 15
parties impliquées se désistent, faute de moyens financiers pour
défrayer les honoraires d'avocats. La famille du défunt, à
laquelle le ministre québécois de la Sécurité publique Jacques P.
Depuis a accordé une aide subséquente, se retire par solidarité.
Le
coroner suspend son enquête. On parle de déséquilibre, d'iniquité.
L'état assume les frais des policiers, mais pas ceux de citoyens
vivant dans un quartier pauvre. Face à cette situation, le ministre
Dupuis, qui s'y opposait au point de départ, change finalement
d'avis : l'aide financière sera accordée également aux deux
blessés et à deux témoins de la tragédie.
La
famille du défunt décide alors de revenir sur sa décision et de
participer à l'enquête, qui devrait débuter en octobre prochain.
Elle demeure confiante que celle-ci ne sera pas limitée à la
tragédie, qu'il sera possible d'en élargir le mandat afin de
traiter aussi du profilage racial que pratiquerait la police de l'île
de Montréal.
■ Super reggae africain rendant hommage à Obama – Lors du voyage d'Obama à Accra,
au Ghana, ce
mois-ci, la tune passait régulièrement sur des stations de radio du
pays. Le chanteur Blakk Rasta, un ghanéen, en est le compositeur et
l'interprète. Son titre? Barack Obama
(04:31).
Vous pouvez également la visionner sur son
site, montage et images sont différents. Dès le début, le
discours de Martin Luther-King : I have a dream... Les deux versions
sont numéro 1.
■ L'underground policier est le lieu où on assène les coups les plus violents à la démocratie - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Signalons
une autre contribution au débat public, vraiment inédite celle-là.
Celle d'un jeune
dramaturge québécois, Patrice Dubois,
qui a écrit une pièce de théâtre dans le sillage de l'affaire
Barnabé
: Territoire. (Jennifer Couëlle --
La Presse du 16 octobre 2000)
«Il
y a les faits, les tristes faits, mais aussi notre façon de
riposter, a
confié Dubois
à la journaliste Jennifer Couëlle de La Presse. Le
sujet est avant tout une question. À savoir, que faut-il faire pour
répondre à la violence, quels gestes faut-il faire pour prendre
place dans la société? Doit-on se taire ou doit-on faire un geste?
Et si l'on agit, doit-on le faire œil pour œil, dent pour dent, ou
de manière intellectuelle? (...) On
n'est peut-être pas en Palestine, mais on n'est certainement pas en
paix. La violence est tout autour de nous. Et
le problème n'est pas celui d'un gars qui, un soir, a battu un autre
gars. Le problème, c'est l'uniforme! C'est l'abus de pouvoir et
comment y faire face.»
La
pièce, montée par la jeune compagnie théâtrale Janvier Toupin,
dont Dubois est le co-fondateur, a pris l'affiche à la Licorne, à
Montréal, en octobre 2000. La journaliste signale que ce n'est
pas tous les jours qu'une œuvre du genre s'inspire directement d'un
incident qui a fait les manchettes. Pas banal non plus,
constate-t-elle aussi, qu'une jeune troupe de théâtre, versée
surtout dans la recherche formelle, interroge, le temps d'une
production, un propos de fond.
Le
contenu des trois tomes de L'Étau Policier démontre la gravité de
la situation.
Le dramaturge Dubois a donc tout à fait raison d'amalgamer uniforme
et abus de pouvoir. Vital
pour la survie de la démocratie que la Société civile initie au
plus tôt un véritable débat de fond sur cette problématique.
Le pouvoir projette d'implanter le concept d'élections
proportionnelles. Lumineuse idée, mais l'urgence se situe ailleurs,
c'est-à-dire là où on assène les coups les plus violents à la
démocratie, aux droits fondamentaux : dans
le monde de l'ombre et du silence de la police en civil, et de ses
collabos citoyens et agents de la sécurité privée en civil. (Suite
demain)
■ À Montréal, policiers et policières en civil vivent notamment dans des maisons de chambres du centre-ville - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Éclairons
encore un peu plus la scène. À Montréal, policiers et policières
en civil vivent
notamment dans des maisons de chambres du centre-ville,
dont plusieurs sont subventionnées par la ville, et des HLM. Leur
métier les empêche d'utiliser comme port d'attache,
en tout cas sur une base quotidienne, l'un
ou l'autre des 49 postes de police de l'île de Montréal.
On pourrait les y suivre à leur insu, ou les y croiser par hasard,
et découvrir qui ils sont.
Ces
lieux privés leur permettent aussi de
prendre racine dans
le secteur où ils ont été assignés, de
connaître à fond les us et coutumes des citoyens y résidant.
On peut penser que les jours de congé ces flics réintègrent leur
bungalow situé quelque part en banlieue où les attendent conjointe
ou conjoint, enfants et voisins. Le souligner permet de mettre un peu
plus en relief leur double vie.
Les
civils,
déguisés notamment en concierges, en employés de dépanneurs et
chauffeurs de taxi, ont
plusieurs traits en commun.
Au cours d'une conversation, par exemple, ils
argumentent rarement,
et quand ils le font, c'est pour vous prendre à contre-pied.
Habituellement, ils écoutent surtout, sorte
d'échange où tu donnes le moins possible et recueilles le maximum.
Donc, plutôt auditeurs qu'interlocuteurs, bien qu'il y ait des
exceptions, dépendant des circonstances.
Ils
excellent aussi dans l'art de passer du blanc au noir,
ou l'inverse, savent également comment vous lancer et relancer.
Demandez à quelqu'un que vous croisez dans la rue, après les
salutations d'usage : «Et
puis?»
ou «Et
alors?»
et aussitôt il vous dévoilera ce qu'il fait en ce moment ou
projette de faire. Le
volubile sera intarissable.
Quelques sous questions discrètes, et il vous dira tout.
Plusieurs
citoyens aiment aussi briller
au cours d'une conversation,
étaler leurs connaissances. Quand on les écoute avec respect et
humilité, sans jamais leur couper la parole, ils
l'apprécient.
Se sentent valorisés lorsqu'on leur sollicite une opinion. En
déduisent en savoir plus que nous,
pauvres ignorants, et sur un tas de sujets. C'est davantage le cas
quand ils vivent seuls ou au sein d'une famille où
plus personne n'accorde le moindre intérêt à leurs opinions cent
fois rabâchées.
(Suite demain)
News du mercredi 15 Juillet 2009
■ L'occident commence à entrouvrir la porte au totalitarisme islamique – Ainsi, le port de la burqa
(02:52) ne pose pas problème en Angleterre (rue, école et lieux de
travail). Le politique ne veut pas se mêler de cette question.
Il
existe même des tribunaux islamiques qui rendent justice. Des
musulmans veulent désormais suivre les règles du droit coranique,
incluant la charria. On en dénombrerait 85, qui œuvreraient dans la
clandestinité et tous composés d'hommes. Ils auraient tendance à
rendre des verdicts défavorables aux femmes. En Écosse,
l'église est favorable à la création de ces tribunaux.
Cela
donne des idées à certains de l'autre côté de la Manche,
rapporte-t-on. En France, certains musulmans réclament la charria. À
Vénissieux,
ville de la banlieue lyonnaise, le port du voile intégral et le
rigorisme religieux se développent.
PS
:
Le côté ombre de ces événements, sans imaginer le pire scénario
: risque de contagion ailleurs en Occident, si les trois pays
concernés ne défendent pas les droits et libertés. Le côté
lumière : les musulmans s'occidentalisent d'une génération à
l'autre. Les paris sont ouverts.
■ Deux guitaristes espagnols exceptionnels – Rodrigo et Gabriela : Diablo
Rojo (03:41). Olé! Olé! Rien à voir avec la corrida, mais à
la technique époustouflante. Pas de sang qui coule, alors, que de belles émotions qui dansent dans la tête!
■ Universitaires, leaders d'opinions, intellectuels, syndicalistes, artistes, tous sont muets comme des carpes - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Le
citoyen dénonçant la répression policière n'est pas un Hell's
Angel, un assassin de gardiens de prison. Il ne cherche pas à
détruire le système, mais
à l'améliorer.
Pourtant, il suffit de peu pour qu'il perde toute crédibilité.
Un
commentaire désobligeant à son encontre de
la part de la police
ou d'un représentant du pouvoir, et aussitôt nombre de médias se
ruent comme
des moutons effrayés
du côté de la police ou du pouvoir. Quand le citoyen est évacué
cavalièrement ou autrement de l'espace médiatique, le
pouvoir fait l'économie d'un débat démocratique.
La liberté n'en sort jamais gagnante.
Mis
à part le MAJ, la LNQ et les COBP, tous
les autres se taisent.
Outre la presque totalité des universitaires,
les leaders
d'opinions,
intellectuels,
syndicalistes,
artistes
et citoyens ordinaires ne participent pas aux dénonciations portant
sur la répression et la brutalité illégales de la police. Lors
de manifs,
les dirigeants de ces trois organismes devraient solliciter leur
présence, ou
carrément dénoncer publiquement leur absence de ce débat.
Seule façon de l'élargir à la Société civile tout entière.
De
fait, la plus grande menace ne vient pas tant de la police que du
mutisme, ou de la léthargie, de notre élite citoyenne. Tant que
le débat sera confiné à ces groupuscules, répression et
brutalité illégales de la police perdureront. Le silence de cette
élite étonne, pour le moins. Je crois que nous sommes en présence
d'un préjugé favorable à l'endroit de la police, qui jouit
d'une crédibilité bétonnée. Le dogme fait foi de tout. Comme à
l'époque du catholicisme triomphant. (Suite demain)
■ Le plus difficile : repérer son premier policier ou policière en civil - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) N'empêche
qu'une certaine connaissance des tactiques policières aide à tout
le moins à repérer le premier policier en civil, le
plus difficile de tous à dépister.
Vraiment. Parce qu'il
y a un mur psychologique à franchir.
Ils et elles sont là mais on ne les voit pas parce
qu'on n'a jamais réfléchi à cette hypothèse
de leur présence dans notre environnement immédiat. Ce contexte
étant, normal
qu'on ne cherche pas à les repérer.
On
les invite chez soi, ou ils s'invitent d'eux-mêmes, ou on les
croise, on leur parle sans savoir qu'ils en sont. La
découverte du premier pique notre curiosité,
nous incite à vérifier s'il n'y en a pas d'autres dans les
environs. C'est de cette façon que débute la prise de conscience,
et que l'on fait ses
premiers pas dans l'underground policier.
Ensuite, cela devient peu à peu de plus en plus facile.
C'est
en pratiquant la pêche que l'on devient bon pêcheur. Nécessaire
parfois de bien appâter ses leurres, savoir choisir ses endroits où
effectuer ses lancés. C'est à la fois passionnant, potentiellement
risqué et occasionnellement assez dure sur le système nerveux. Avec
les policiers en civil, on ne plaisante pas. Ils savent comment vous
effrayer.
Eux aussi utilisent toutes sorte de cuillères sophistiquées,
ondulantes ou tournantes, de différentes couleurs, et bien sûr
scintillant de tous leurs feux au soleil, qu'ils lancent dans toutes
les directions. À
lafois
pêcheurs et pécheurs.
Comment
se retrouver dans ce monde de miroirs? Rechercher
des anomalies de comportement est un bon moyen.
J'en souligne plusieurs dans ce livre. Policiers et policières en
civil sont toujours dans les parages, à flairer, à s'immiscer dans
la vie privée des citoyens. Parfois, cela demande un peu de temps
avant que vos yeux cillent. Nécessaire de s'immerger dans un milieu,
en
commençant par son propre entourage,
rencontrer du monde, communiquer, écouter les conversations, scruter
discrètement visages et attitudes, s'aventurer partout, y
compris hors des sentiers battus.
(Suite demain)
News du mardi 14 Juillet 2009
■ Francofolies 2009 – Caravan Palace, live au café de la danse
(14:10). Bonne ambiance jazzée. Sur plein écran, l'impression
d'être là.
■ Le journaliste couvrant depuis des lunes les activités policières sait ce qui se passe dans le sous-sol de la démocratie - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Ces
même journalistes, et
je pointe spécifiquement du doigt ceux couvrant depuis des lunes les
faits divers policiers,
se gardent bien d'en traiter.
Occasionnellement, il
leur arrive de laisser transparaître,
dans leur topos radio ou "on camera" ou leurs écrits,
qu'ils sont dans le secret des dieux, qu'ils
en savent beaucoup plus que ce qu'ils en disent mais ne pas pouvoir
parler.
On y sent en quelque part la supériorité de celui qui sait sur
celui qui ne sait pas, le commun des mortels. Partager un secret avec
les dieux policiers a de quoi gonfler l'ego. Valorisant. Enfin, chez
ceux que la chose valorise.
Comment
faire comprendre à ces quelques initiés que
protéger la démocratie est valorisant, alors que protéger le
totalitarisme ne l'est pas?
Impossible, parce que trop idéologisés par la police. Ce serait
comme parler à un mur. D'autant
plus qu'en échange de leur silence, la police entretient leur ego,
en les récompensant de scoops.
De
fait, parmi les très rares citoyens se tenant debout, il en est
un qui n'arrête pas d'alerter les médias, de dénoncer,
condamner, intenter des poursuites, réclamer justice devant un
Comité de déontologie policière ou une cour de justice. Un seul et
unique : Yves Manseau, du
Mouvement Action Justice (MAJ), organisme oeuvrant contre la
violence policière.
Manseau
ne vise pas tant les individus que le système judiciaire qui, ainsi
qu'il l'a souvent déclaré, balaye trop rapidement sous le tapis
des faits troublants comme certaines révélations entendues à la
Commission Poitras. Indispensable, que des citoyens comme Manseau se
préoccupent de ces questions.
Alexandre
Popovic,
des Citoyen-ne-s opposé-e-s à la brutalité policière (COBP), est
aussi l'un de ces citoyens. Lui, les médias l'ont déjà étiqueté
comme étant un "manifestant
professionnel".
Mais dites-moi, n'étaient de Manseau, de Popovic et aussi de Dan
Philip,
de la Ligue des Noirs du Québec (LNQ) qui d'autres sensibiliseraient
la population sur les méfaits policiers ? Oui,
qui d'autres? (Suite
demain)
■ Le civil est trahi par sa culture policière qui finit toujours par dépasser - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Dans
les pages de ce livre, le citoyen découvrira un monde dont il ignore
l'existence. Car il est un fait cent fois vérifié que,
généralement, il
n'est pas conscient de la présence du policier
ou de la policière en civil dans son environnement.
Lorsqu'il est
infiltré ou que des gens de son entourage immédiat le sont, il ne
s'en rend pas compte parce
qu'il ne conçoit pas qu'un policier
municipal, régional ou provincial -- Sûreté
du Québec
-- puisse travailler sans uniforme, sans revolver à la hanche, sans
walkie-talkie, sans auto-patrouille.
Comme
ils n'ont pas toujours la physionomie et la carrure de leurs
collègues en uniforme et
se comportent comme n'importe quels concitoyens, vous comprendrez
pourquoi sa cécité est totale. Il faut dire que pouvoir et police
ne l'aident pas non plus à y voir claire. Tous
deux font preuve d'ingéniosité pour faire en sorte que ces
activités restent dans les ténèbres.
Cela dit, le métier de policier en civil n'est pas facilité pour
autant.
Car
s'il veut demeurer invisible, le civil --
vocable désignant un policier ou une policière --doit
avoir une allure passe-partout.
L'air le plus ordinaire, impersonnel et gris possible. Surtout pas
celui d'un James Bond ou d'une Jane Bond. Se
choisir un nom d'emprunt
permettant de ne pas associer le vrai nom à un vrai visage, le sien.
Il doit mémoriser aussi la configuration de la ville d'où il
prétend venir, les noms de quelques notables et commerçants y
habitant, préférablement
des collègues déjà infiltrés dans ce milieu,
ou des gens introuvables ou décédés et ne pouvant par conséquent
nier le connaître. Habituellement, il parle rarement de ceux qu'il
serait susceptible d'y connaître. C'est particulièrement le cas
quand
vous l'interrogez sur ses parents et leur lieu de résidence.
Il
doit aussi apprendre par cœur certains détails de la vie du
personnage qu'il incarne, par exemple le métier qu'il prétend
avoir. Quand il n'en possède pas l'abc, il en parle peu. Parfois,
peut-être même plus souvent qu'on le pense, il
en possède bel et bien la formation et l'exerce. Il peut pratiquer
les boulots les plus déroutants.
Faut
être d'une fibre très particulière pour exercer le métier de
policier. Car le personnage qu'il incarne doit
lui aller comme un gant et savoir le jouer à fond, sept jours sur
sept.
Bien sûr, savoir mentir sans que cela ne paraisse. Il
ne peut se montrer aux autres sans faux-semblant.
Ce qui exige une mauvaise foi colossale, inhérente à la fonction,
et
un réel talent de comédien,
cela dit sans ironie. Celui et celle le pratiquant sont intimement
convaincus de l'utilité de leur rôle et
aiment jouer la comédie.
De
vrais caméléons, s'adaptant
à tous les milieux.
Faut vraiment le voir pour le croire. Je n'ai repéré certains d'eux
qu'après les avoir côtoyés occasionnellement pendant
plus de deux ans,
sans même avoir l'ombre de la queue d'un soupçon à leur endroit.
Pourtant,
j'avais l'œil ouvert.
La vérité m'oblige à dire que certains sont de
grands artistes alors
d'autres ne sont que de bons tâcherons, sans plus. Comme on dit,
leur
culture policière finit par dépasser,
tôt ou tard. Physiquement, ils ne sont plus en uniforme, mais
mentalement oui. Alors
ceux-là on les entend et voit souvent venir de loin. (Suite
demain)
News du lundi 13 Juillet 2009
■ Quel est l'avenir de l'Internet? - Dominique Cardon, sociologue, a fait une recherche sur le sujet.
Elle traite des transformations contemporaines de l'espace public,
des relations entre les usages des nouvelles technos et des pratiques
culturelles et médiatiques. Voyons quelques unes des questions qui
lui sont posées lors d'une entrevue.
Comment
Internet permet-il de corriger les défauts de la démocratie
représentative? Il donne la parole aux
citoyens (02:30) qui n'avaient pas l'occasion de la prendre, ou
auxquels on ne la donnait pas. Restera un déséquilibre, moins
marqué, entre ceux possédant des connaissances et les autres.
L'égalité des participants est-elle réelle? L'espace de la parole
sera plus
élargi (02:02) qu'avant l'Internet. Ne pas oublier qu'il est
toujours ouvert, cet espace. De ces citoyens vont alors se distinguer des autres.
Sur
le web, la diversification des publics est une constante, qu'est-ce
que cela change? Quelques unes de ses idées qu'on peut résumer
ainsi : nous allons assister, et c'est déjà en marche, à un
développement social
(02:41) émergeant de partout. Ce peut-il qu'Internet devienne un
jour un espace public comme les autres? Si oui, quoi faire pour
l'éviter? Le web doit rester
(02:38) avec des lieux éclairés (genre tribune) et d'autres plus
discrets (genre petit café).
■ Les décisions de fin de vie, un secret bien gardé (2) - En milieu hospitalier, il est de pratique courante de recueillir
l'avis de la famille de façon indirecte. Une phrase prononcée sur
la difficulté de la prise en charge à la maison d'un patient qui
resterait handicapé peut faire peser la balance vers un arrêt de
soins, sans toutefois que la personne concernée sache que ses
déclarations ont pesé dans ce sens (une parole instrumentalisée).
L'organisation
du secret est particulièrement lourde pour le personnel infirmier.
Des familles interviewées expriment le souhait que la décision de
fin de vie reste médicale.
Un
article
à lire sans faute, car traitant notamment de ce secret. Deux livres
à lire aussi, particulièrement celui de Nancy
Kentish-Barnes "Mourir à l'hôpital", Éditions du Seuil,
2008 (seuil.fr)
; Anne Paillet, "Sauver
la vie et donner la mort", Éditions La Dispute, 2007
(amazon.fr).
PS
: Je
reviens avec cette nouvelle (voir mes news du 8 juillet 09) afin
d'éviter qu'elle ne tombe dans l'oublie. Où que vous habitiez, il y
a des questions à poser à ceux qui vous gouvernent, plus
précisément au ministre de la Santé, et des réponses conséquentes
à obtenir. Par exemple, qu'en est-il de l'hôpital près de
chez-vous? Vous avez le droit de savoir, autrement vous risquez de
subir un jour, à votre insu, la même médecine. Et sans même que
votre famille n'en soit également informée.
■ France : les droits d'auteurs sur le web – Les Guignols, une émission satirique utilisant des marionnettes, ont
enquêté. Surprise, ils ont découvert que Sarkozy veille à ceux de
sa conjointe Carla, chanteuse de profession. Quand vous volez sa
musique, vous volez le
président (01:36)!
■ Quand vous découvrez le visage à deux faces de la police, vous êtes ému, effrayé, inquiet et désillusionné aussi - (Suite tome
3 de
L'Étau Policier) Les
médias, pour y revenir et approfondir davantage la problématique,
ne
traitent jamais de la répression policière souterraine,
je parle de celle dans son train-train quotidien, et invisible aux
yeux du non initié, aussi bien dire à ceux de la presque totalité
de la population. Il
est plutôt risqué de la remettre en question.
Quelques rares citoyens isolés, victimes ou témoins du
totalitarisme policier, tentent
occasionnellement de médiatiser un contre discours.
Des gens dépourvus de formation dans l'art de communiquer et aussi
de moyens, la plupart du temps maladroits dans leurs approches, un
peu émotifs aussi.
Disons
les choses clairement. Quand vous découvrez la face cachée des
activités policières, vous êtes ému, donc forcément un
peu émotif. Effrayé, inquiet et désillusionné aussi. Vous
pensiez vivre dans une société libre et démocratique, et voilà
que vous vous apercevez soudainement que ce n'est pas tout à fait le
cas. Police et pouvoir politique ont perdu de la légitimité à
vos yeux. Vous craignez le pire, ressentez une blessure psychique
qui génère de la souffrance : la chape de plomb. C'est un
choc. Un vrai.
Comme
si cela ne suffisait pas, il faut en plus expliquer aux médias ce
que vous avez vu ou vécu, de façon articulée, sans
manifester la moindre émotion, autrement vous susciterez la
suspicion de leur part.
En cette matière, n'entre pas qui veut dans l'espace médiatique.
Les critères d'entrée sont rigoureux. On peut pratiquement parler
de ségrégation médiatique. Les citoyens s'y hasardant doivent
montrer pattes blanches, ce que n'ont pas toujours à faire police et
pouvoir.
Quelques
journalistes de droite
n'hésitent pas d'ailleurs à qualifier certains de ces citoyens
d'«activistes»,
d'«anarchistes»,
de «radicaux»,
de les stigmatiser en associant leurs actions à une «croisade»,
ce qui a pour effet d'entacher leur crédibilité, et d'en décourager
d'autres qui seraient tentés d'en faire autant. Par la suite, dans
certains cas, cette
étiquette les suit partout, d'un article à l'autre.
Pourtant les policiers en civil, en enfreignant régulièrement les
lois, se
comportent comme de véritables activistes, radicaux et anarchistes :
la loi, c'est la lumière, l'anarchie, la grande noirceur, le
totalitarisme. (Suite
demain)
■ J'ai décidé de tout dévoiler afin que le citoyen retrouve son sens critique vis-à-vis la police - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Au
cours de cette enquête j'ai
connu quelques tiraillements,
me demandant même si je devais continuer ou non. Ma grande crainte
était que le
lecteur conserve une très mauvaise image de la police.
Me relisant, je me rendais bien compte que je ne faisais pas, et loin
de là, son apologie. Néanmoins, je me disais que
je devais faire confiance à l'intelligence du lecteur,
qu'il saurait faire la part des choses : la police n'a tout de même
pas que des défauts.
Un
autre point me tracassait aussi.
Avais-je le droit, moralement s'entend, d'exposer
au grand soleil cette partie clandestine des activités de la police
en civil,
ce que, à ma connaissance, aucun journaliste n'a jamais fait?
Sachant que ce livre mettrait des citoyens au parfum, cela ne
risquait-il pas de nuire éventuellement à la lutte contre la
criminalité? Car dans ces pages je décris de multiple tactiques
policières, infos particulièrement sensibles. Notre
ennemi commun, le criminel en tout genre, ne risquait-il pas d'être
mieux armé désormais pour se protéger de la police?
Il y avait aussi les journalistes qui, mieux informés de
l'underground policier, s'y intéresseraient dorénavant. Leurs
interventions ne risquaient-elles pas d'entraver le travail des
policiers et policières en civil ?
Je
me suis dit que la lutte contre la criminalité est nécessaire et
utile, certes, mais pas au détriment des droits fondamentaux.
Que vaut en effet une société démocratique quand ceux du citoyen
sont piétinés par la police en civil et ses collabos, et que le
remède est pire que le mal? À partir du moment où on ne s'occupe
plus seulement des criminels mais de tous les citoyens, toutes
mes réticences tombent.
J'ai
donc décidé de tout dévoiler pour que le citoyen retrouve son sens
critique et toute son autonomie face au pouvoir, à la police et
aux agences de sécurité. Condition sine qua non qui lui permettra
de se protéger de l'underground policier, et défendre ses
droits pacifiquement, démocratiquement. Avant d'être l'affaire
d'organismes spécialisés en la matière, c'est d'abord et avant
tout une responsabilité citoyenne. On n'est jamais mieux servi
que par soi-même. Plus il se trouvera de citoyens pour s'en
préoccuper, mieux se portera notre société démocratique.
Et
puis je doute fort que ceux vivant du crime ignorent les tactiques
policières. Certains d'eux en connaissent fort probablement autant
sinon plus que l'auteur de ces lignes. De toute façon, le respect
des droits prime sur tout! Quand le pouvoir politique les
empiète, il penche du côté de l'État plutôt que du côté du
citoyen. Il cesse de se comporter en bon démocrate, devient
autoritaire, militarise sa police, renforce lois et règlements qui,
s'empilant les uns sur les autres, finissent par peser lourd sur la
vie sociétale.
Les
résultats sont là, inquiétants. Nous vivons désormais dans un
État de droit... étroit où le citoyen dispose de moins en moins de
marge de manœuvre. Seuls notre démocratie aux quatre ans et nos
médias, souvent stéréotypés et complaisants vis-à-vis la
police, nous protègent des excès de zèle de ceux et celles que
nous élisons au pinacle du pouvoir, pourtant des citoyens comme
nous et auxquels nous faisons confiance. Nuançons tout de même :
la grande majorité d'entre eux sont nuls en matière policière.
(Suite demain)
News du dimanche 12 Juillet 2009
■ La sortie du lit – Mécanique efficace
(01:26), mais l'idéal serait la catapulte, après une presque nuit
blanche : un peu plus bas dans la page s'affichant.
■ Peindre la crise, la morosité, l'ambiance – Fallait y penser, oui, mais... comment l'illustrer sur une toile
(02:48)? Ce qui explique peut-être pourquoi les artistes s'exprimant
dans cette forme d'art traitent rarement des événements affectant
le citoyen. Contrairement aux photographes
(02:46) qui, eux, ont la tâche plus facile, un clic suffit. Une
photo vaut 1 000 milles mots, dit-on, en voici 250,
en diapo : promenez la flèche de votre souris pour accéder à la
légende et cliquez dessus pour visionner la suivante.
■ Au sujet des vidéos et photos d'Obama – Il se présente lui-même, et on le présente, sous des angles
nettement différents de ceux de ces prédécesseurs. Des messages
subliminaux, voulus ou pas, sont ainsi transmis aux gouvernants et
autres citoyens de ce monde. Obama n'est pas un collet monté, il
incarne un chef
d'État plus humain et proche de la masse. Nous ne vivons plus
sous la botte de W. Bush, pour ne citer que ce cas.
■ Le Québec souffre d'une grave pénurie de portes ouvertes
-
(Suite du tome
3
de L'Étau Policier) Reconnaissons
aussi, comme le fait Orte,
la difficulté d'être totalement libre de dire et d'écrire ce que
l'on pense. Il
y a en effet un prix attaché à la liberté, et il est très élevé,
surtout dans le petit bassin québécois de 7,4 millions de citoyens.
Dans
les pays populeux, notamment aux États-Unis (près de 300 millions
d'habitants, chiffre de 2005) et en France (60 millions), les
universitaires s'expriment plus librement qu'au Québec, pour ne
mentionner que cette province.
Commettre un livre accablant le pouvoir ou la police ne les
embarrasse nullement. Bien sûr, des portes se ferment, cependant
beaucoup d'autres demeurent ouvertes. Le
Québec souffre d'une grave pénurie de portes ouvertes.
Dans
l'un de ses ouvrages, Casamayorfait
la description d'un troupeau de bêtes sauvages galopant librement
dans de vastes étendues.
(Louis Casamayor --
La Police --
Gallimard) Certaines courent plus vite que d'autres. Elles sont
fières de leur agilité, elles sont en tête. Devant elles s'ouvre
la porte d'un corral. Elles sont les premières à y pénétrer et la
porte se referme. Elles
ont gagné la course, mais elles sont prisonnières.
Interprétons
Casamayor. De belles et intelligentes bêtes racées viennent
d'aliéner leur droit de dire tout haut ce qu'elles savent et
pensent. Que
vaut-il mieux : être prisonnier et gagner décemment sa vie, ou
libre et crever de faim?(Suite
demain)
■ Un petit village est plus homogène qu'un grand centre urbain, plus facile d'enrôler des commerçants et des citoyens mouchards dans des réseaux d'espionnage - (Suite du tome
1
de L'Étau Policier) Il
se déroulera près d'une année avant que je décide d'enquêter.
Car au début, ce n'était même pas une enquête, simplement de la
curiosité. Je me suis lancé dans cette aventure sans
avoir la moindre idée dans quoi je mettais les pieds.
Ce n'est que graduellement que je commencerai à comprendre un tout
petit peu ce qui se passe, et quelques autres années me seront
nécessaires pour avoir une bonne vue d'ensemble de la problématique.
Dans ce monde de l'ombre et du silence de la police en civil la
vérité prend beaucoup de temps à s'étaler de tout son long :
faut vraiment ne pas être pressé. Je me suis la plupart du temps
contenté d'observer, sans intervenir.
La
police de l'île de Montréal -- qui relevait alors de la Communauté
urbaine de Montréal (CUM) -- savait
que j'étais journaliste,
bien que n'appartenant à aucun média, et que j'enquêtais en vue de
publier éventuellement un livre. Elle craignait que j'informe des
citoyens sur ses activités clandestines illégales. Alors, elle
m'a quotidiennement filé, infiltré et déstabilisé
psychologiquement.
Elle a tout fait pour m'isoler socialement.
J'ai
tenu le coup le plus longtemps que j'ai pu, mais après deux ans et
demi d'observation sur le terrain, craignant d'être agressé
physiquement, peut-être même tué lors d'un faux accident de la
circulation, j'ai emménagé, fin juin 1999, dans
le petit village de Lac Bouchette,
au Lac Saint-Jean. J'avais aussi besoin d'un havre de paix pour
compléter et sortir au plus vite ce livre. Difficile, écrire quand
votre intellect est inhibé par la répression policière.
Cependant,
j'ai rapidement découvert que la même situation y prévalait. Elle
est même pire et plus inquiétante qu'à Montréal,
on le verra. Stupéfait, j'étais, mais en même temps ravi.
L'occasion était belle de comparer
ce qui se fait en matière policière dans une grande Cité urbaine
comme Montréal et un tout petit village de 1 370 habitants.
J'ignorais alors que mon enquête journalistique s'en trouverait
prolongée de quatre autres années.
N'avait
été du petit village policier, ce
livre souffrirait d'anémie caractérisée.
En effet, j'ai notamment constaté que, toutes proportions gardées,
policiers et policières en civil, dans cas-ci de la Sûreté
du Québec,
y sont pas mal plus nombreux qu'à Montréal. Leur
emprise psychologique sur la population y est aussi plus pesante et
étouffante.
Un petit village est plus homogène qu'un grand centre urbain, alors
il y est plus facile d'enrôler des commerçants et des citoyens
mouchards dans des réseaux d'espionnage.
(Suite demain)
News du samedi 11 Juillet 2009
■ Dans le monde universitaire du Québec, la dissidence est rare et n'est pas tolérée - (Début tome
3
de L'Étau Policier) Jesus
Jimenez Orte,
président du conseil d'administration de la Ligue des droits et
libertés, section de Québec, constate,
lui aussi, que
le milieu intellectuel tient un discours unique, à l'image des
médias,
ajoute-t-il. (Jesus Jimenez Orte --
Revue Notre-Dame de décembre 2000)
«Personnellement,
je connais bien le monde universitaire. La dissidence y est rare.
Elle n'est pas tolérée. On
n'accepte pas les moutons noirs.
Ceux-ci doivent rentrer dans le rang, tenir
les mêmes propos que les autres,
donner la même opinion. Je
dirais que les élites québécoises sont plus intolérantes que le
peuple québécois comme tel.
Les universités américaines sont beaucoup plus pluralistes. Les
idées fusent, s'affirment, s'opposent. Au
Québec, c'est plus petit. Tout le monde se connaît. Il n'y a qu'une
tribu.
En France, comme aux États-Unis, les tribus abondent.
»
Aux
cordons de la bourse, dont parlait Fattah, ajoutons la très
préoccupante emprise psychologique des
tenants de l'idéologie de la peur et du rouleau compresseur du
conformisme,
dont les ravages ne cessent d'abasourdir, notamment dans les rapports
sociaux. Un
job de la police en civil et ses collabos,
qui s'en acquittent avec brio. Dans ces institutions du haut savoir,
y est-elle également pour quelque chose? Celles-ci sont le reflet de
l'environnement sociétal dans lequel nous baignons désormais tous.
Quand
un État est autoritaire, il accapare toujours beaucoup plus de
pouvoirs qu'un État démocratique. Il
devient boulimique,
insatiable, cherche constamment à tout contrôler, tout dominer.
État
obèse, égocentrique, occupant toute la place.
Emprise due en très grande partie à la complicité, consciente ou
non, des médias. (Suite
demain)
■ Mes premiers pas dans l'underground policier de Montréal - (Début tome
1
de L'Étau Policier) Je
suis journaliste depuis plus de trente ans (au moment du début de
mon enquête de plus de six années), ayant travaillé notamment au
quotidien Le
Droit
d'Ottawa, à la télé
de Radio-Canada
à Ottawa, Montréal et dans l'Ouest canadien pour le téléjournal,
et environ huit ans comme éditeur
délégué
de magazines spécialisés.
En
1996, j'ai abandonné ma clientèle pour lancer mon propre magazine,
mais après quelques numéros, j'y ai laissé ma chemise et suis
devenu un bénéficiaire de l'aide sociale. Pendant
dix-huit mois,
faisant des pieds et des mains pour redevenir au plus vite autonome
sur le plan financier et relancer ma petite maison d'édition, j'ai
économisé mes sous en
fréquentant quotidiennement,
entre autres, des restos communautaires et des soupes populaires, à
Montréal. Dès le début, j'ai eu la chance de
faire du bénévolat
dans un resto communautaire, Bouffe-Héberge, situé rue Ontario-Est.
Pendant environ six mois, j'y ai travaillé à titre de responsable
des communications internes et externes.
C'est
dans ce milieu des sans le sou que, tout à fait par hasard, j'ai
fait mes premiers pas dans l'underground policier.
Ma découverte d'un premier policier en civil, infiltré parmi les
usagers de cet organisme sans but lucratif (OSBL), a d'abord attisé
ma curiosité. Je me suis dit qu'il y en avait peut-être un deuxième
dans la place et, celui-là
repéré, pourquoi pas un troisième?
Et ainsi de suite. Lente accumulation de soupçons, souvent suivie de
certitudes que
je ne pourrai jamais étoffer de preuves matérielles.
Je
n'étais pas complètement un néophyte en techniques policières.
J'avais
appris bien des trucs durant toutes ces années de journalisme,
ayant notamment couvert un district judiciaire. Cependant, ces mois
de bénévolat à ce resto m'ont permis d'affiner considérablement
mes connaissances. Après ce complément de formation accélérée
sur le terrain, quelques
jours de fréquentation me suffiront par la suite pour jauger la
situation en maints autres endroits.
Au cours de mes deux années et demi d'enquête à Montréal, j'ai
repéré, à mon grand étonnement, nombre de policiers et policières
en civil, incluant des commerçants, entre autres collabos. Après
une trentaine, tout cela est devenu tellement banal à mes yeux que
j'ai cessé de les compter. (Suite
demain)
News du vendredi 10 Juillet 2009
■ Tais-toi mon coeur – Olivia Ruiz, intelligente et belle à croquer, et Dionysos, de
son vrai nom Mathias Malzieu : celui de la Grèce antique était un
dieu du vin et des... excès. Ce sur plan, on est gâté. Les deux
chanteurs donnent un spectacle comme on n'en voit pas souvent, pour
ne pas dire jamais
(04:47). La mise en scène n'a rien des stéréotypes habituels. On
entre dans une chorégraphie inimaginable. C'est bon !
■ Ci-dessous, la photo trompeuse – Contrairement à ce que je pensais, Obama ne zieutait pas la
croupe de la jeune femme. Une courte vidéo d'ABC le démontre
clairement.
Je ne supprime pas ce que j'ai écrit précédemment, j'assume mon
erreur, veux que les visiteurs de mon site sachent qu'il arrive que je
me trompe.
Cependant, exception faite d'Obama, je persiste et signe : tout le reste de mon texte est conforme à la réalité. C'est vraiment ainsi que les choses se passent dans la province de Québec, notament à Lac Bouchette et Roberval, dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Civils et collabos ont réellement purifié (épuré) la société.
■ Obama – Zoom sur une croupe en mouvement.
On est en extase devant un beau levée de soleil. Pourquoi
s'empêcherait-on d'admirer l'essence même de la vie : la femme.
Elle aussi zieute le beau mec. Personne ne s'en plaint, sauf les
puritainement corrects, qui n'arrivent pas à composer intelligemment
avec le sexe. Chez notre nouveau clergé québécois, police en civil
et ses collabos, dont des Chevaliers de Colomb et Filles d'Isabelle,
regarder est un péché. Bon, pour être vraiment certain d'aller en
enfer, regardons une deuxième
fois.
■ L'origine du silence des universitaires : les gouvernements exercent un contrôle serré sur la distribution des subventions de recherche - (Suite tome
3 de
L'Étau Policier) Le
professeur Ezzat
Fattah,
70 ans, fondateur du département de criminologie de l'Université
Simon Fraser, en Colombie-Britannique, dénonce
aussi ce mutisme,
alors que, souligne-t-il, l'écart entre riches et pauvres s'agrandit
et que les libertés fondamentales des Canadiens sont menacées
(André Pratte --
La Presse du 14 décembre 1999) :
«Les
professeurs semblent avoir abandonné les idéaux des années 1960 et
laissé tomber leur rôle de leaders,
la mission sociale qu'ils ont toujours assumée en démocratie. Se
pourrait-il que le long règne conservateur des Reagan et Bush (le
père de W. Bush),
Thatcher et Mulroney les ait rendus apathiques au point qu'ils
n'exercent plus leur devoir de provoquer et de protester?»
Le septuagénaire a perpétré cette dénonciation à l'automne 1999
alors qu'on lui remettait le "Prix
Nora et Ted Sterling",
récompense annuelle décernée à un universitaire dont les travaux
suscitent la controverse.
Le
journaliste André Pratte de La Presse l'a interrogé. «Les
universitaires sont vraiment très silencieux et très
conservateurs»,
lui a confié Fattah. Il s'inquiète devant ce qu'il considère être
un
accroissement sans précédent des prérogatives des forces de
l'ordre,
sous prétexte de lutter contre le crime organisé, les agresseurs
sexuels ou le commerce de la drogue : «Dans
les années 1960,
lui a-t-il dit,
toute tentative d'augmenter les pouvoirs de la police soulevait une
forte opposition. Aujourd'hui,
tout passe sans que personne n'élève la voix.»
Le
journaliste lui a demandé comment il expliquait ce phénomène. Sa
réponse : les professeurs craignent de déplaire aux gouvernements,
qui
exercent de nos jours un contrôle serré sur la distribution des
subventions de recherche.
«Ils
n'osent pas confronter leurs maîtres politiques, ceux
qui détiennent les cordons de la bourse.»
(NDLR : Ainsi en est-il des maisons d'édition, subventionnées
par les gouvernements du Québec et du Canada.
En ajoutant également à la liste les médias traditionnels, nous
avons là une bonne idée de la situation.)
Et
Fattah d'expliquer qu'être professeur, ce
ne devrait pas être un job de tout repos
(NDLR : Il devrait en être de même des journaliste.) : «(...)
La
titularisation, c'est la liberté de diverger intellectuellement.
C'est
un bouclier conçu pour permettre aux universitaires d'épouser et de
propager sans crainte des idées impopulaires,
de défier les vues conventionnelles, d'emprunter de nouvelles
avenues de réflexion, et de faire quelque chose plus excitant et de
plus prometteur que simplement suivre les courants dominants de
recherche.»
(Suite demain)
■ Le contre discours à l'insécurité comporte des risques de filatures, d'infiltrations et de déstabilisations psychologiques - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Pour
sa part, Onfray
soutient qu'en créant la suspicion partout, on
évite que les citoyens se solidarisent, on divise pour mieux régner.
(Michel Onfray --
L'art de jouir --
Éditions Grasset & Fasquelle) Ou on se solidarise mais avec la
police.
Quant à lui, Jeudy
affirme que «le
système de sécurité impose une certaine forme de moralisation.
(Henry-Pierre Jeudy --
La peur et les média --
Éditions PUF) Il
faut lui obéir au nom de la survie dont il semble détenir les
moyens de réalisation. Le
système de sécurité se garde ainsi une image de "pureté et
de "nécessité" qui ne permet pas de s'attaquer à sa
forme coercitive.»
Le contre discours comporte effectivement des risques de filatures,
d'infiltrations et de déstabilisations psychologiques...
Derrière
le brouillard idéologique, il y a des enjeux sociaux
majeurs, qui s'appellent, selon certain : l'avenir de la vie dans
une société libre et démocratique, la remise en question de la
légitimité de l'État (et celle de la police), la redéfinition
de la citoyenneté. À lire tous ces auteurs, on peut parler d'une
politique de la terre brûlée, ou consistant à couper
tous les arbres pour éviter les feux de forêt.
C'est aussi la
certitude, profonde, se dégageant, et très nettement, de mon
enquête de six années et demi sur le terrain. Car cette politique
laisse plein de traces visibles à l'œil exercé dans les
villes de moyenne importance et villages : rues vides,
comportements stéréotypés.
Le
pouvoir péquiste, le
parti au pouvoir lors de mon enquête -- Parizeau,
Bouchard et Landry --
et son ministre de la Sécurité publique, Serge
Ménard,
ont toutes les raisons d'être fiers de leur œuvre : ils ont réussi
à focaliser sur la criminalité toutes les peurs, inquiétudes et
frustrations du citoyen dans son train-train quotidien. La
prévention a abattu beaucoup d'arbres et s'étend
désormais dans un tas d'activités n'ayant rien à voir avec le
crime. Dévastateur de la socialité, cet engouement! (Suite demain)
News du jeudi 9 Juillet 2009
■ C'est à qui la rue? - La police de Montréal donne des contraventions à des jeunes pour
des raisons souvent farfelues, par exemple pour avoir jeté de la
cendre de...cigarettes dans la rue. En 2003, des organismes avaient
répertorié 700 contraventions. (Louise
Leduc --
La Presse du 26 novembre 2003)
France
Labelle, directrice du Refuge des jeunes, en recevait chaque mois des
piles dont elle ne savait comment en disposer parce que les
"contrevenants"
n'avaient fait que passer à son Refuge. Elle s'interrogeait...
«Comment
se fait-il qu'un jeune de la rue est si vite accusé de flâner alors
que d'autres citoyens peuvent attendre quelqu'un 30 ou 45 minutes
sans être embêtés ? Quelle est la frontière entre attendre et
flâner?»
Dan
Bigras, l'un des très rares artistes québécois à se préoccuper
du sort fait aux jeunes, qui parraine, depuis plusieurs années,
l'organisme de Labelle: «En
tout cas, ça donne des jeunes très en forme, qui courent tout le
temps, ironise-t-il.
Ils doivent fuir les Hell's
(Angels),
la mafia, les pédophiles, la police. Ils n'ont le droit d'être
nulle part.»
Dans
une vidéo (20:32), tournée en 2004, des jeunes témoignent
du harcèlement policier dont ils sont régulièrement la cible.
Reportage encore d'actualité, car cette situation perdure depuis des
années.
■ Le silence assourdissant de la grande majorité des universitaires du Québec - (Suite tome
3 de
L'Étau Policier) Déplorons
également, sans lancer la pierre à quiconque en particulier, que
des universitaires québécois, dont des criminologues et
sociologues, sont
au courant des activités illicites de l'underground policier mais se
taisent.
Et
quand il leur arrive de parler ou d'écrire sur le sujet, soit qu'ils
omettent beaucoup
de choses
ou que leurs propos soient enveloppés d'un jargon que
seuls les initiés arrivent à traduire.
Ils agissent comme s'ils étaient en possession de secrets qu'ils ne
peuvent partager qu'avec les initiés, et dont
la population ne doit pas être informée.
Ils doivent craindre aussi que celle-ci n'accepterait pas l'idéologie
sous-jacente de certaines théories, de toute évidence de droite.
Le
criminologue québécois Jean-Paul Brodeur est probablement
l'un des rares universitaires québécois à commettre des critiques
sur le système policier. René Laperrière, du Département
des sciences juridiques de l'Université du Québec à Montréal, et
Pierre Patenaude, de la Faculté de droit de l'Université de
Sherbrooke, sont deux des rares universitaires à soulever la
question du danger des techniques de la surveillance.
Et
ils ne sont pas nombreux non plus, ces universitaires bardés de
diplômes qui, comme Alvaro Pieres, du Département de
criminologie de l'Université d'Ottawa, osent écrire que le système
pénal a tendance à recruter largement sa clientèle dans les
couches sociales moins favorisées, alors que la criminalité se
distribue uniformément dans l'ensemble de la structure sociale.
Ou
encore, ainsi que l'a fait Gérard Boismenu, du Département
de science politique de l'Université de Montréal, se permettent
d'écrire que le conformisme est injecté dans la société via la
prévention, matrice modelant la justice sanitaire et sociale comme
d'ailleurs, plus largement, le déploiement des dispositifs
disciplinaires et idéologiques de l'État régulateur.
Les
Nathalie
Durand
ne courent pas les rues non plus. Alors qu'elle était étudiante en
criminologie, à l'Université de Montréal, elle a osé écrire que
la répression sexuelle émane d'un concept poreux du discours
juridique, la norme de tolérance de la société canadienne :
ce sont les juges qui décident au pif ce que celle-ci peut et ne
peut pas accepter, justice fictive n'ayant rien à voir avec la
réalité. Ces universitaires ne sont pas les seuls, mais n'empêche
qu'ils ne constituent qu'un faible pourcentage comparativement à
ceux qui se taisent.
Pourtant,
nos universités regorgent d'hommes et de femmes brillants. Notre
démocratie a besoin de ce pluralisme pour s'oxygéner, déployer
davantage ses ailes.
Ne serait-ce que pour faire contre poids à tous ces béni-oui-oui de
la
criminologie et de la sociologie,
sans omettre des
psy en ci et en ça,
qui fraient dans les antichambres du pouvoir et préconisant des lois
plus sévères et davantage de répression policière.
Se
dégage l'impression surréaliste qu'ils ne voient pas ce qui se
passe, ou, s'ils voient, ne se sentent pas concernés, un peu comme
s'ils vivaient sur une autre planète. Le
silence de ceux qui savent est
à l'origine de cette navrante méconnaissance de la police dont est
affligée la population, à l'origine aussi de
la montée de la droite au pays.
(Suite
demain)
■ L'homme de la rue réalise qu'il n'appartient plus au même monde que ceux qui sont aux commandes - (Suite tome
2 de
L'Étau Policier) Les
trois sociologues disent que même si notre citoyen n'a pas
d'intention malfaisante, il
est bien obligé
de rectifier sa posture, sa démarche, son comportement. (Werner
Ackermann, Renaud Dulong et Henri-Pierre Jeudy, tous trois du CNRS --
Imaginaires de l'Insécurité --
Librairie des Méridiens) En
tenant compte de ce quadrillage, il doit adopter une conduite
soumise à des impératifs de contrôle.
Pas
fous, des citoyens en viennent à reconsidérer leur
environnement social, leur rapport à la société. Devant ce
branle-bas de combat de l'imaginaire de l'insécurité ils
réalisent qu'il est préférable de ne pas se frotter à la panoplie
l'accompagnant. Sa prolifération finit par modifier assez le paysage
social pour qu'ils s'interrogent parfois sur ce qui se passe, ou
ressentent un malaise devant tant d'énergie défensive. Les
trois sociologues affirment que le statut accordé à la personne
s'en trouve inversé : «Son
exclusion au profit du bien économique y fonctionne de façon aussi
fantastique que l'inclusion des biens comme corps ou l'extension du
corps aux biens. »
Ne
pouvant plus se déplacer, acheter, consommer, se divertir que
surveillé,
et prévenu de multiples manières, l'homme de la rue est contraint
de reconnaître, soulignent-ils, qu'il n'appartient plus au même
monde que ceux qui sont aux commandes. Les auteurs soulignent que
l'évaluation
généralisée du danger implique
un répertoriage généralisable des activités, des modes de penser,
des appartenances à telle ou telle idéologie... Ainsi, il y a des
«populations
à risque»
qu'il faudra isoler. L'évaluation permanente de l'agression possible
suppose l'afflux des représentations les plus stéréotypiques de
l'insécurité.
Ce
ne sont pas seulement la surprotection et l'obsession de l'agression
qui engendrent des modalités d'existence mortifiée, «c'est
bien plus encore la régulation politico-économique de l'insécurité
qui crée un véritable processus d'autodestruction collective.»
(Suite demain)
News du mercredi 8 Juillet 2009
■ Les décisions de fin de vie, un secret bien gardé - En milieu hospitalier, il est de pratique courante de recueillir
l'avis de la famille de façon indirecte. Une phrase prononcée sur
la difficulté de la prise en charge à la maison d'un patient qui
resterait handicapé peut faire peser la balance vers un arrêt de
soins, sans toutefois que la personne concernée sache que ses
déclarations ont pesé dans ce sens (une parole instrumentalisée).
L'organisation du secret est particulièrement lourde pour le
personnel infirmier. Des familles interviewées expriment le souhait
que la décision de fin de vie reste médicale.
Un
article
à lire sans faute, car traitant notamment de ce secret. Deux livres à lire aussi : Anne
Paillet, "Sauver la vie et donner la mort", Éditions La
Dispute, 2007 (amazon.fr)
; Nancy Kentish-Barnes "Mourir à l'hôpital", Éditions du
Seuil, 2008 (seuil.fr).
■ La police en civil fait bien plus peur que la police en uniforme - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Cette
liste noire de la délinquance de la police en uniforme que nous
venons de voir n'a
pas la prétention d'être complète.
Par exemple, chiffrer le nombre de fois où la même infraction a été
commise, ce qui exigerait une recherche monumentale.
L'échantillonnage donne
tout de même une idée
des actes illégaux qu'elle commet.
Pour
la police en civil, c'est une autre paire de manches. Dans
les trois tomes de L'Étau Policier, notamment
dans la partie récit du tome 1,
nous avons vu ce dont elle est capable. Et nous continuerons de le
voir jusqu'à la dernière page de celui-ci. Pour autant, je
ne peux prétendre tout savoir.
En outre, des hypothèses flottent dans l'air comme des probabilités
plausibles. La
police en civil fait bien plus peur que la police en uniforme.
Tous ces faits auront néanmoins le mérite d'éclairer davantage le
lecteur non initié.
Des
silences inquiètent aussi.
A-t-on déjà entendu un premier
ministre,
un ministre
québécois
de la Sécurité publique ou de la Justice, ou de leurs homologues
fédéraux, ou un préfet
de MRC,
ou un maire
profiter de méfaits policiers pour se porter publiquement
à la défense des droits fondamentaux?
Jamais, sous les gouvernements péquiste successifs, qui étaient au pouvoir lors de mon enquête sur le terrain : Parizeau,
Bouchard, Landry. Jamais non plus sous ceux du premier ministre
fédéral libéral Jean Chrétien. Aucun d'eux n'est sorti des
sentiers des milliers et des milliers de fois battus. Cela dit sans
en être tout à fait certain, car je
n'arrive pas à croire qu'il ne s'en soit pas trouvé au moins un,
dont je n'aurais pas entendu parlé.
(Suite
demain)
■ Le lien social est tellement simplifiée qu'on pourrait le résumer par cette interrogation : «Ami ou ennemi?» - (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Il
n'y a pas de démocratie sans vie privée. Sachant que celle-ci
n'existe pas dans l'espace public -- incluant le Web, le téléphone,
le cellulaire, le fax, etc. -- et que des civils et de leurs collabos
entrent dans les domiciles en utilisant toutes sortes d'astuces, et
sans que leurs résidents ne se doutent une seconde qui ils sont, que
reste-t-il alors de la démocratie?
Sans
compter de pseudo
vendeurs
de n'importe quoi, ou venant sonner à votre porte pour constater
qu'ils se sont trompées
d'adresse,
ou jetant un œil
furtif
en passant devant l'une de vos fenêtres. Et les appels téléphoniques
de personnes ayant
composées le mauvais numéro,
permettant à la police de vérifier si vous êtes chez vous et
quelle est votre humeur du moment. Nombreux, ces appels, lorsque
étalés sur quelques années. Mon
enquête à Lac Bouchette
démontre que ces introductions illégales dans l'espace privé des
citoyens sont monnaie courante.
Nous
sommes englués dans la logique sociopolitique de la suspicion,
de la méfiance
et du contrôle
caché, diffus, sournois,
constatent eux aussi Ackermann,
Dulong et Jeudy.
(Werner Ackermann, Renaud Dulong et Henri-Pierre Jeudy, tous trois du
CNRS --
Imaginaires de l'Insécurité --
Librairie des Méridiens)
Cette logique, animée, dynamisée par
l'insécurité, s'accomplit
bel et bien dans la vie quotidienne
où le possible de l'échange se voit de plus en plus ramené à
l'évaluation d'un |