News du dimanche 31 Août 2008

Lettre ouverte au ministre québécois de la Santé – Ce ministre du gouvernement libéral de Jean Charest, le docteur Yves Bolduc, a fait part récemment de sa décision de ne pas ouvrir un centre d'injection supervisée à Montréal et destiné aux toxicomanes.

Après bien d'autres intervenants, Ron Rayside, président du conseil d'administration du Centre de santé et de services sociaux Jeanne-Mance, à Montréal, s'oppose à cette décision du docteur et ministre. Dans une lettre ouverte publiée dans le quotidien Le Devoir, il explique pourquoi.

Pour en savoir plus sur les ITSS, visitez le site du ministère québécois de la Santé.

Rapport de l'ONUSIDA 2008 – D'abord, un bref historique pour bien nous situer. En 2000, les États membres de l'ONU, dont mon pays le Canada, se sont entendus sur une série d'objectifs (dans le chapitre 1, les 8 objectifs sont en page 14) du Millénaire sur une nouvelle approche dans la lutte contre le sida. En 2001, ils ont renforcé la riposte à l'unanimité et, en 2006, réaffirmé leur promesse de 2001.

Le but visé de ce vaste programme se trouve dans l'objectif 6. Il stipule que, d'ici 2015, le monde aura stoppé et commencé à inverser le cours de l'épidémie mondiale de SIDA. Voyons l'un des éléments de l'objectif 3 : l'épidémie a rendu plus urgentes les initiatives pour établir de nouvelles normes sexospécifiques. Voyons aussi celui-ci de l'objectif 4 : L'intensification des stratégies de prévention peuvent presque éliminer le risque de transmission mère-enfant.

Passons au chapitre 4 (page 97), titre de la colonne de droite : Une prévention de VIH fondée sur des preuves éclairées. On y lit que le cours de l’épidémie mondiale du SIDA ne pourra pas être inversé et les progrès enregistrés au niveau de l’élargissement de l’accès au traitement ne pourront pas être maintenus si l’on ne réussit pas mieux à réduire davantage le taux des nouvelles infections par le virus du SIDA. Parmi les 8 preuves éclairées, celle-ci : améliorer l’accès des consommateurs de drogues aux programmes de réduction des risques.

En résumé, on peut lire également (page 100) que pour réduire le risque qu’une épidémie de faible niveau ou concentrée ne devienne généralisée, les programmes de prévention doivent aussi être axés sur les partenaires sexuels des consommateurs de drogues injectables. Bon nombre de ces personnes n’ont pas accès aux biens essentiels de prévention, tels que les préservatifs et les aiguilles stériles (non contaminées).

Rapport global de l'ONUSIDA, dans le bas de la page s'affichant, vous avez accès, séparément, aux 7 chapitres et aux 2 annexes. Prenez compte aussi des chiffres les plus récents de l'épidémie, ceux de 2007, l'année 2008 n'étant pas encore terminée.

PS : Alors que l'ONUSIDA ajoute les aiguilles stériles à son programme de prévention, au Canada, le premier ministre conservateur Stephen Harper, homme de droite, veut fermer le centre d'injection de Vancouver. Pour sa part, son ministre de la Santé, Tony Clement, accuse les médecins participant à ce programme de manque d'éthique. Au Québec, le gouvernement libéral de Jean Charest reste coi, sauf son ministre de la Santé, Yves Bolduc, médecin de profession en plus, qui affirme que la population n'est pas prête.

Ce qui veut dire que, en attendant le consensus de la majorité (de surcroît silencieuse), nos élus peuvent se croiser les bras, assister sans intervenir au développement du SIDA et des Hépatites. S'il y a un dossier où les gouvernements du Canada et du Québec peuvent agir comme de véritables activistes, c'est bien celui-là.

Pour le moment, ceux-ci peuvent dire n'importe quoi. Qu'ils sachent, cependant, que des historiens les épingleront un jour (prochain, j'espère). Les tiendront directement responsables des graves conséquences de leur inertie : seringues contaminées, transmission du SIDA à des citoyens ne se droguant pas, progression du SIDA, mortalité par overdose, suicide, etc.

Sans compter les activités des civils sur le terrain : saisie de seringues neuves (propres, non contaminées), atteinte à la dignité de la personne, harcèlement continuel, déstabilisation psychologique, etc. Le tout, alors que ces citoyens avaient besoin d'aide, et non de l'inertie de leurs élus et d'une répression débile.

Les origines probables du SIDADans un premier temps, je vous propose un bon reportage réparti sur deux vidéos, qui devrait vous sensibiliser sur cette épidémie qui a pris par la suite, on le sait, une envergure mondiale.

Dans un deuxième, un peu plus tard cette nuit, je publierai un portrait complet de la lutte contre le SIDA en me référant au Rapport de l'ONUSIDA 2008. Je traiterai également du comportement de nos élus, qui est à géométrie variable, selon que le pouvoir soit de droite, de centre-droite, ou de centre-gauche et de gauche.

Reportage de la RTBF et France2. Avertissement : il s'agit d'une théorie des origines probables du SIDA via le vaccin de la Polio, qui a été mis au point dans les années 1950.

Vidéo 1 (50:15) et Vidéo 2 (41:14)

Peur et insécurité, des produits faciles à vendre – (Suite tome 1 de L'Étau Policier)Pendant ce temps, en certains milieux, on aborde la question sans traiter des racines profondes de la peur ou du sentiment d'insécurité. Ainsi, dans le document produit par l'ex-Communauté urbaine de Montréal (CUM) et son corps policier, en 1996, on indique que les personnes âgées éprouvent un sentiment d'insécurité plus élevé que d'autres groupes sociaux. (La Police de quartier -Ensemble pour mieux servir -Communauté urbaine de Montréal et Police de la CUM, 1996)

Le nombre de retraités augmentant, on signale que cela modifiera la nature et l'ampleur de la demande faite à la police. Dans une autre page, on précise que le spécialiste socio-communautaire de la police assure la liaison auprès des groupes sociaux plus vulnérables en ce qui a trait au risque de victimisation et au sentiment de sécurité. «Que l'on pense, y énumère-t-on, aux personnes âgées, aux femmes, aux groupes ethniques, aux gais, aux lesbiennes, etc.» CUM et police ratissent large dans ce document.

À Lac Bouchette, un collabo de la Sûreté du Québec m'a déjà signalé que le village compte beaucoup… de personnes âgées, cherchant visiblement à me convaincre, indirectement, de la nécessité de la présence de la police et de ses collabos.

Comme tant d'autres, Normandeau et Leighton soutiennent que dans l'ensemble, les personnes qui ont le plus peur d'être victimes d'actes criminels, particulièrement les femmes et les personnes âgées, sont celles qui statistiquement courent le moins de risques. (André Normandeau et Barry Leighton -Une vision de l'avenir de la police au Canada : Police-défi 2000 -Direction de la police et de la sécurité, Secrétariat du Ministère du Solliciteur général du Canada, 1990)

Ils ajoutent aussi à leur liste les résidents des villes, les personnes se retrouvant seules, comme celles qui ont perdu leur conjoint, se sont séparées ou ont divorcé, et les victimes récentes d'infractions.

Les deux auteurs prédisent que la peur d'être victime d'actes criminels croîtra du fait de l'augmentation du nombre de Canadiens âgés et particulièrement de femmes âgées seules. Ce qui fera augmenter le nombre d'appels adressés à la police pour des incidents sans rapport avec une infraction précise. Normandeau et Leighton se taisent, eux aussi, sur les vraies racines du sentiment d'insécurité. (Suite demain)

News du samedi 30 Août 2008

Carnet d'une enquête journalistique – Hier, vendredi 29 août, un policier en uniforme de la Sûreté du Québec (SQ) est venu chez moi. Il n'a pas sonné ni frappé à ma porte, en tout cas n'est rien entendu. Je l'ai vu en passant devant la fenêtre de la porte d'entrée. L'ai ouverte et sourire affiché : «Bonjour, monsieur l'agent.» En lui serrant la main et le regardant dans les yeux, j'ai tout de suite su que c'était un bon gars.

Il voulait avoir des infos au sujet de mes rapports avec mon voisin d'en face, le proprio (?) du gros chien noir qui jappe souvent et dont je vous ai déjà parlé. Lui ai tout expliqué la situation, sans tout lui dire.

Par exemple ne lui ai pas dit que plutôt dans la journée, le gros chien noir c'était de nouveau fait entendre. Qu'en levant le store de ma porte d'entrée, une femme, que je n'avais jamais vue, regardait dans ma direction et avait pointé son index vers moi et appuyé du majeur sur la gâchette comme si elle avait eu un révolver dans la main, suivi d'un PAFF suffisamment fort pour que je l'entende. Qu'est-ce que j'ai fait à cette pure inconnue-là pour qu'elle se comporte ainsi à mon égard? Strictement rien. Une civile, aucune doute.

Pour revenir au policier en uniforme de la SQ, notre conversation, après lui avoir rapporté les faits, a bifurqué sur différents sujets. Lui est notamment dit que je n'étais pas anti-police, que sans elle, il n'y aurait pas de démocratie, lui laissant entendre que le problème n'est pas la police en uniforme, mais celle en civil.

Ensuite, on a échangé convivialement sur mon équipement informatique : mes ordis (Pourquoi deux, m'a-t-il demandé? Parce que l'un va sur le web, pas l'autre, pour protéger mes fichiers journalistiques de la contamination par des virus), mon caméscope (il a fait remarqué qu'il est à haute définition), ma caméra numérique, mon cellulaire.

Au moment de partir, lui ai serré de nouveau la main, une poignée de main chaleureuse de part et d'autre : «Vous êtes un maudit bon policier, monsieur», que je lui ai dit, j'ai eu droit à un large sourire. Un bon flic comme je les aime.

L'insécurité liée à la peur de l'avenir? – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Jesus Jimenez Orte, président de la Ligue des droits et libertés, section de Québec, confirme que les personnes âgées ont peur des jeunes. (Jesus Jimenez Orte -Revue Notre-Dame de décembre 2000) «Il faut dire qu'en vieillissant les gens se sentent plus (insécurisés). Ils ont plus de choses à protéger. Voilà qui pourrait expliquer leur intolérance.»

Il relate qu'aux États-Unis, on leur construit de véritables villes fortifiées, dotées de murailles et de dispositifs de sécurité absolument incroyables. «Avec son faible taux de natalité, la société québécoise finira-t-elle par imiter sa voisine? Il faudrait réfléchir sérieusement à cette question. Il y a là un énorme débat à faire», souligne-t-il.

Avant de fermer la boucle, consultons quelques autres chercheurs. Domenack et Montain (Domenack et Montain -Communes et Sécurité -Éditions ouvrières) : «Les catégories sociales dont le taux de victimisation est le plus faible sont celles qui appréhendent le plus une agression potentielle. (...) Les personnes âgées, particulièrement les femmes, sont les plus nombreuses à déclarer hésiter à aller seules dans certains lieux, à se déclarer en insécurité chez elles alors qu'elles ont le taux de victimisation le plus bas.» Le sentiment d'insécurité varie en raison pratiquement inverse des risques d'exposition à la violence.

Consultons également Bonnemaison, qui fait écho à une opinion émise par un professionnel sur l'évolution du marché des systèmes d'alarmes électroniques (Gilbert Bonnemaison -La sécurité en libertés -Éditions Syros) : «Le volume de notre industrie est croissant. Il n'a pas de rapport avec les niveaux globalement constant de la criminalité. Inversement, il suit la baisse du taux de l'épargne. Comme s'il était lié à la peur de l'avenir.» N'en mettons plus, la cour est pleine… (Suite demain)

News du vendredi 29 Août 2008

Comprenons une fois pour toutes... – ...que le pétrole est à l'origine de la guerre en Afghanistan. L'histoire est explicite à ce sujet. Regardez cette vidéo (07:36) produite par l'émission française : Le dessous des cartes (géographiques).

Les pays participants à cette guerre, dont les États-Unis de W Bush et le Canada de S Harper, mentent effrontément à la population lorsqu'ils prétendent vouloir y implanter une démocratique. On n'extirpe pas un pays du féodalisme d'un claquement des doigts. Depuis des siècles le territoire de l'Afghanistan est réparti entre seigneurs de guerre qui échappent à tout pouvoir central. 

Je lisais ce matin un article en traitant. Une question m'a sauté aux yeux, que je remanie autrement : si l'Iran envahissait le Canada, accepteriez-vous de devenir musulmans? Et si en plus, l'Iran bombardait le Québec, entre autres provinces canadiennes, tuant des enfants, des femmes, des vieillards, de jeunes adultes ne combattant pas l'envahisseur?

Genre de passe-temps qu'on aime... – ... s'asseoir quelque part et regarder passer piétons, motocyclistes, cyclistes, autos, camions, bus, avec comme musique de fond un reggae à l'africaine, et engagé politiquement en plus : Mon Pays va mal, de Tyken. L'action (y'a un va et vient continuel) se déroule à Bamako, capitale du Mali, 1,7 millions d'habitants.

Scènes de jour, de nuit aussi, qui sont fabuleuses : la haute définition, c'est super. Puis le jour revient, avec son petit marché en plein air. Et pendant que nous regardons une partie de foot sur un terrain poussiéreux, la musique itou : «L'injustice, nous n'en voulons pas ; la démagogie, nous n'en voulons pas ; l'hypocrisie, nous n'en voulons pas» ; etc. Ce message qui nous entendons à la fin est universel. N'oubliez pas de visionner la vidéo (14:49) plein écran...

Commençons cette nuit étoilée... – ... avec un bon clip du groupe The Rasmus : No Fear (03:56). Talentueux, ces jeunes!

Vieillissement physique, social et intolérance – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Roché a tracé le profil des personnes se sentant menacées. Sa recherche a porté sur tous les pays occidentaux, et s'étale sur près de deux décennies, de 1975 à 1994. Il n'a constaté aucune différence dans la structure des inquiétudes : le niveau a augmenté, mais la distribution relative de l'inquiétude suivant le sexe et l'âge demeure inchangée.

Il ressort, ainsi que le démontrent d'autres auteurs, que les personnes les moins touchées par le crime et la délinquance sont les plus préoccupées. Précision significative : la nuit s'impose comme réceptacle de la peur, car elle diminue la capacité d'être prévenu, restreint la possibilité de se soustraire à une situation non désirée. L'analyse de leur réseau de sociabilité révèle qu'elles sont repliées sur leur famille ou leur quartier et très désinvestis de la vie publique.

Il s'agit surtout de femmes de moins de 25 ans ou de plus de 55, d'hommes âgés, d'ouvriers et d'employés. Une constante se dégage : femmes et personnes âgées sont toujours les plus inquiètes, bien que les premières manifestent une peur plus fréquente. Les personnes âgées, en revanche, s'avèrent plus préoccupées de l'ordre social en général : un phénomène de cycle de vie se combine à un effet de génération.

Vieillissement physique et social? L'interprétation que l'on peut faire de ce constat de Roché est que la peur émane aussi du conflit de générations opposant les ados aux adultes, et particulièrement aux personnes âgées. Les jeunes sont beaucoup moins soumis à l'autorité, plus indépendants, bruyants et nonchalants, portent parfois des vêtements et des coupes de cheveux bizarroïdes, etc.

Cette "délinquance" n'a rien à voir avec la criminalité, tout à voir avec le choc de l'ancien et du moderne, la morale et le conformisme d'un temps révolu et le besoin de nouvelles libertés. (Suite demain)

News du jeudi 28 Août 2008

Dans une rue deParis... – ... Un Gay Pride coloré et osé : pour personne tolérante seulement. La vidéo (02:30) est de Cyril Skinazy de Street Casts.

La maison rêvée de femmes âgées – Elles sont 17, habitent Montreuil, en France, et travaillent sur ce projet, nommé la maison des Babayagas, depuis plusieurs années. Pourquoi donc cette maison est-elle si importante? Elles veulent vivre ensemble dans un contexte de solidarité très forte.

L'une des intervenantes explique aussi qu'«en 2020, il y aura plus de 15 millions de vieux. Qui pourra gérer une telle masse? (...) Un autre danger, c'est le pouvoir médicale qui veut absolument mettre la vieillesse dans le carreau médical. La vieillesse n'est pas une maladie.

«(...) Je voudrais aussi qu'on s'apprenne à mourir, parce que c'est quelque chose qu'il faut envisager. Et au lieu de mourir dans l'anonymat, la terreur, l'angoisse, j'aimerais qu'on meurt dans la tendresse de soins prodigués.»

Il n'y aura pas d'hommes dans la maison. «D'abord parce qu'ils sont tous morts. Et qu'à 75 ans, y'a 5 fois plus de femmes que d'hommes. Et à 80, 7 fois plus de femmes. Pourquoi les hommes ne construiraient pas aussi leur maison. Je ne vois pas pourquoi c'est toujours les femmes qui font les nids. On a beaucoup beaucoup donné aux hommes. (...) Donc, notre dernier petit bout de vie, je voudrais qu'il soit à nous, rien qu'à nous.»

Vidéo (07:41) – Site web de la maison

Montréal : la manif d'hier... – ... contre les coupures de subventions dans le secteur culturel effectuées par le gouvernement conservateur de Stephen Harper. Aujourd'hui, deux textes du quotidien Le Devoir permettent d'appréhender de plus près encore leurs effets réels. Celui de Stéphane Baillargeon et la lettre ouverte, signée par plus de 1000 artistes hier, adressée au premier ministre Harper.

Picasso s'inspirait-il... – ... d'œuvres d'autres peintres? Le Figaro se pose la question.

PS : S'inspirer n'est pas copier. Surtout quant il s'agit de Picasso. Il possédait l'art de défaire et refaire à sa manière. Ainsi les nus de femmes, qui perdaient tous leurs atouts, ressemblaient pratiquement à des boîtes de conserve sur lesquels un camion de 20 roues serait passé. Rien de quoi allumer un incendie quelque part.

Une pub exceptionnelle – La pub, j'aime pas trop. Je la tolère parce que je suis pour la liberté d'expression. Censurez la et demain c'est à vous qu'on clouera le bec. Faut reconnaître qu'il y en a qui ne passent pas inaperçues, parce qu'elles innovent vraiment en matière de communication. Celle que vous allez voir sera indéniablement un hit.

Relations sociales pauvres, inquiétude forte – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Roché, un autre chercheur français, est d'opinion que l'insécurité est présente dans notre vie parce qu'elle constitue le tribut incontournable à payer à la modernité, à l'hétérogénéité et à la complexité de nos sociétés. (Sebastian Roché -Insécurité et libertés - Édition du Seuil)

L'insécurité souligne le fractionnement entre groupes sociaux et ethniques, l'absence de dynamique d'intégration collective, brisant nette l'illusion d'une société une et indivisible. «Le sentiment d'insécurité est un processus de lecture du monde environnant. On le saisit chez les individus comme un syndrome d'émotions -peur, haine, jalousie -cristallisées sur le crime et ses auteurs. Comme toute lecture, le sentiment d'insécurité est réducteur», fait-il remarquer.

Mathieu a analysés les travaux de Roché, et les valide (Jean-Luc Mathieu -L'insécurité -Éditions Que sais-je ?) : le sentiment d'insécurité ne peut pas être interprété, sans contre sens, comme la prise en compte réaliste de faits, au niveau individuel. Il montre, sur la base d'enquêtes, qu'il n'est pas besoin d'avoir été soi-même victime ou de connaître directement la victime d'un crime ou d'un délit pour se sentir inquiet.

L'élaboration mentale du sentiment d'insécurité dépend, chez chacun d'entre nous, de son système de relations interpersonnelles. Plus les relations sociales sont pauvres, plus l'inquiétude est forte. A contrario, il est moins fort chez des personnes qui entretiennent des rapports sociaux multiples. (Suite demain)

News du mercredi 27 Août 2008

Montréal : manif de plus de 2000 personnes... – ... contre la décision du gouvernement conservateur de Stephen Harper de réduire de 23 millions$ les subventions destinées à des programmes culturels.

Déclaration de Gilles Duceppe, chef du Bloc québécois, au Parlement canadien : «Les artistes ont toujours eu un rôle de contestation dans la société. Il faut les laisser libres. (...) Un gouvernement ne doit pas choisir ce qui peut être lu ou vu.»

Regardez la grande photo pivotant à 360 degrés et témoignant de l'événement, écoutez les allocutions prononcées devant les locaux de la Société des arts technologiques (SAT) de Montréal

Lisez l'article du quotidien La Presse

PS : Le premier ministre Harper coupe-t-il dans la culture, entre autres secteurs, pour investir davantage dans sa guerre en Afghanistan?

Afghanistan : dans l'escalade du conflit... – ... il y a un grand nombre d'enfants parmi les victimes, dont 60 il y a quelques jours, et on ne parle pas des blessés et séquelles. Radikha Coomasraswamy, la représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés, à l'ONU, est gravement préoccupée : «Les enfants (payent) le prix lourd dans ce conflit et sont exposés à des traumatismes physiques et psychologiques», a-t-elle déploré aujourd'hui.

PS : hier, on nous rapportait dans les médias que les soldats canadiens prennent des précautions pour éviter de blesser ou tuer des civils, que l'armée ne dispose pas d'avions sur les lieux. Une question demeure : comment font-ils pour distinguer Talibans et Afghans non combattants? Les premiers ne portent pas d'uniforme, sont habillés comme les non combattants.

Le caricaturiste français Siné rebondit – Récemment, il a été congédié de Charlie Hebdo (cliquez sur sa une pour l'agrandir), un hebdo polémike et satirike. Je ne mettrai pas les pieds sur ce terrain, ayant suivi l'affaire de loin. Du reste, vous pouvez prendre connaissance de la chronologie des événements ici.

Moi, ce qui m'intéresse est le fait que Siné, 79 ans, ne baisse pas les bras pour autant (un battant n'est jamais battu), qu'il continuera à emmerder bien du monde avec ses caricatures. Et ça, ça me plaît : l'anticonformisme régénère la société.

Est-ce qu'il en sera ainsi de vous? Faites-vous une idée, allez sur son blog et ensuite sur le site qu'il vient de créer : sinéhebdo. Après, vous déciderez de vous abonner ou pas à son hebdo.

Québec : l'éthique enseignée dans des écoles – Le cour aborde différents aspects de la société : religions, charte des droits et libertés, environnement, immigration.

En ce qui concerne les religions, le but n'est pas de transmettre la foi aux élèves, de les endoctriner, mais de leur expliquer les principales composantes de chacune afin qu'ils comprennent mieux l'autre. On leur explique que ce sont des croyances, et non des faits avérés. Bon article de Louise Leduc du quotidien La Presse.

PS : Il était grand temps que l'école actualise son approche en ces matières. Les jeunes qu'on forme aujourd'hui développeront un sens critique beaucoup plus pointu que le nôtre. Bien sûr, certains sont en désaccord avec le cour d'éthique, qui est obligatoire. Normal que la société prenne les moyens nécessaires pour informer correctement enfants et ados, au lieu de leur raconter des histoires qui ne tiennent pas debout.

Taser vs pistolet à décharge poivrée – Ce dernier, fabriqué par la société suisse Piexon, projette une giclée de poivre liquide à six mètres de distance. 100% non mortel, contrairement au Taser. Il a été présenté aux chefs de police canadiens lors de leur congrès cette semaine à Montréal. Lisez l'article sur cyberpresse.

PS : Voilà ce qui semble être une alternative à la fois humainement et socialement acceptables. Le policier doit contribuer à valoriser davantage la vie, et non se comporter comme un robot, insensible à la souffrance.

Faudra revenir aussi sur les poursuites infernales, gyrophare allumé, qui se terminent souvent par des accidents, avec blessés et morts. Alors qu'il est possible de suivre à distance un fuyard, à son insu, et procéder à son arrestation lorsqu'il stationne son véhicule quelque part. La vie n'a pas de prix.

L'insécurité vient de la dissolution du lien social – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Gleizal a également étudié le sentiment d'insécurité. (Jean-Jacques Gleizal -Le désordre policier -Presses universitaires de France) Lui aussi se réfère notamment à Lagrange qui, en France, semble l'une des principales références en ce domaine. (Hugues Lagrange -Perceptions de la violence et sentiment d'insécurité -IEP de Grenoble, Banque de données socio-politiques) 

Il rapporte que ce chercheur démontre que le sentiment d'insécurité n'a pas de relation avec l'expérience individuelle de la violence, mais qu'il est lié au degré d'intégration sociale des individus. Ainsi, les personnes sortant le soir sont moins insécurisées que celles sortant peu. De même, la participation à une activité associative diminue le sentiment d'insécurité.

Gleizal conclut que l'insécurité relève des sentiments, du subjectif, d'un vécu, mais sur une base de changement social incontestable. Il désigne du reste l'insécurité comme étant une crise de société qui n'est certes pas à chercher dans une prétendue montée de la violence, mais bien dans une dissolution du lien social.

Et cette démonstration de Lagrange est confortée par celle de Dulong, qui estime que les fusils de l'autodéfense visent... «la disparition des valeurs, l'affaiblissement des institutions, la mise en cause des normes, l'effacement de repères sociaux de l'existence, tout ce à partir de quoi chacun se pensait jusqu'à maintenant membre d'une société». (R. Dulong -L'autodéfense -Librairie des Méridiens)

Trois autres sociologues, de Gaulejac, Bonetti et Fraisse, le confirment également (V. de Gaulejac, M. Bonetti, J. Fraisse -L'ingénierie sociale -Édition Syros) : «(…) quand des gens réclament des portes blindées et un renforcement de la surveillance, il ne faut pas prendre cette demande au pied de la lettre.»

Ils soutiennent que l'insécurité est la résultante de différents processus : conception du bâti, isolement social, difficultés économiques, absence de régulation sociale, comportement des gardiens de sécurité (NDLR : Les auteurs n'explicitant pas, peut-on présumer qu'ils font allusion au discours de la peur que ceux-ci propagent ? Si oui, il faudrait y ajouter la police et son maître-mot panzer : la prévention.), cloisonnements institutionnels, circulation de l'information et mode de communication. (Suite demain)

News du mardi 26 Août 2008

Afghanistan : l'ONU confirme la mort... – ... de 90 civils, dont 60 enfants, lors de bombardements aériens de la coalition internationale, dont fait parti le Canada. Au début de l'annonce de ce massacre, on parlait de 76 civils, dont 50 enfants. Lisez l'article sur le site de l'ONU.

Madonna attaque McCain... – ... le candidat républicain aux élections présidentielles. Ça se passe dans un chaos vidéotique (02:52) : Get Stupid. La belle quinquagénaire ne manque ni de culot, ni d'énergie.

Découvrez l'univers autochtone canadien – En tout cas, une bonne partie de cet univers, dont les Nations atikamekw, algonquine anishnabe, montagnaise ou innue, mohawk, cri (cree), etc.

Savez-vous que le nom de QUÉBEC est d'origine algonquienne : KEBEK, désignant un détroit ou un passage qui se rétrécit? Que celui d'OTTAWA vient de la langue anishanabe : ADAWE, signifiant commercer? Savez-vous comment vivent aujourd'hui ces Nations? Savez-vous si l'informatique y a fait une percée? Savez-vous que... et que que? Dès le départ, débarrassez-vous de vos préjugés, si vous en avez, et sachez que les Amérindiens ne sont pas des cons.

Un site vraiment bien construit où on trouve une masse d'infos de toutes sortes. Pas seulement des textes (en français), des vidéos (en anglais) dont plusieurs, sinon toutes, ont été réalisées par des Autochtones. Ces deux formes d'expression permettent aux non initiés un premier contact avec la culture de ces Nations. Vous y trouvez des réponses à beaucoup de vos questions.

En page d'accueil, j'ai trouvé une vidéo (05:39) en français intitulée : De mère en fille.

Canada : Harper retire... – ... son projet de loi C-484 sur l'avortement. Semble bien que le premier ministre conservateur Stephen Harper n'avait pas le choix, des rumeurs d'une élection générale imminente au Canada circulant au Parlement et dans les médias.

Un oubli se renouvelant à chaque sond – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) À ma connaissance, il s'agit là du seul sondage médiatisé (NDLR : Celui dont je parlais hier) où on amalgame peur de la criminalité aux autres peurs de la vie quotidienne, certes, mais sans les comparer, en terme de pourcentages, les unes aux autres. On n'a donc pu savoir, par ordre décroissant, de quoi le citoyen avait le plus peur et le moins peur. J'insiste : le seul sondage. On ne mélange jamais criminalité et autres peurs de la vie. Les cas pullulent…

Ainsi, ce sondage CROP-La Presse publié en décembre 2001, quelques jours avant les vœux de Noël et du Nouvel An, et portant sur l'amour, la prospérité et la santé. (Louise Leduc - La Presse du 22 décembre 2001) La santé l'emportait sur les autres. De la santé, toujours de la santé et encore de la santé qu'il faudra souhaiter à ses proches, suggérait-on, la maladie étant, révèle le sondage, ce qui nuit le plus au bonheur des Québécois.

Pas moins de 41% des répondants ont en effet choisi cette réponse et ce, loin devant les problèmes de travail (9%), ou dans leur famille (15%), loin de… l'argent aussi (15%). On n'a pas posé la question sur la criminalité. Un oubli… se renouvelant à chaque sondage… (Suite demain)

News du lundi 25 Août 2008

L'émeute, ce n'est pas une bonne idée – Ne jamais attendre le ras-le-bol total pour agir, ne pas empiler les frustrations les unes sur les autres sans mot dire. Exprimer publiquement et pacifiquement le malaise qu'on ressent. Se souvenir qu'une démocratie n'est pas un État policier, qu'il est possible de changer ce qui ne tourne pas rond. L'inertie, tant celles de la majorité silencieuse et des médias traditionnels que celle des élus, est la pire ennemie de la paix sociale.

La tenue d'un forum médiatisé, dans un quartier par exemple, permet d'explorer des solutions. Et si les élus ne réagissent pas, ne pas les laisser faire. La manifestation festive, bien encadrée pour éviter les dérives, s'impose alors. J'insiste : festive et encadrée. Elle est légale.

S'habiller de vêtements colorés et déjantés, faire du bruit avec des casseroles, chanter en chœur, par exemple, cette chanson trouvée sur le web, que je trouve particulièrement appropriée. Cliquez sur l'image : il n'y a pas de vidéo, seulement du son. Le titre? C'est dans la rue que ça se passe.

Carnet d'une enquête journalistique – Sous ce titre, j'inaugure, aujourd'hui lundi, une petite chronique traitant de l'intimidation (répression) policière dont je suis la cible, tant dans mon espace privé que public. Je vous ferai part seulement des événements dignes de mention : il n'y aura pas nécessairement une chronique chaque jour.

Je commence ici... Lorsque j'écris un texte que la Sûreté du Québec (SQ) n'aime pas, il y a souvent des changements dans la mise en page de mes ACTUALITÉS. Ainsi, l'article sur l'origine de l'émeute à Montréal-Nord, texte précédent. Remarquez comme chaque lettre est collée serrée à l'autre, que ce n'est pas aéré : comparez avec d'autres textes plus bas, vous verrez ce que je veux dire. Dans la manchette ÉMEUTE DE MONTRÉAL-NORD, un ou une cyberflic de la SQ a collé le DE à MONTRÉAL-NORD.

Je vous ai déjà dit que, depuis près de 10 ans, j'habite un édifice de 10 logements, à Lac Bouchette, que les 9 autres ont toujours été occupés par des civils de la SQ. Encore là, lorsque j'écris un texte déplaisant à la SQ, deux de mes voisines mitoyennes, des civiles, se manifestent, quand ce n'est pas l'une (qui fait japper son chien), c'est l'autre (qui tousse ou fait couler l'eau du robinet quelques secondes ou marche un peu fort, etc.) Il s'agit de synchronismes, de messages subliminaux parce qu'elles se manifestent seulement dans ce cas-là. Le reste du temps, je ne les entends jamais.

Cela démontre que mes voisines lisent en temps réel ce que j'écris sur mon ordi : on m'en a mis ko deux, je m'en suis acheté un autre. Avant même la publication de l'article dans mes ACTUALITÉS, elles en connaissent déjà le contenu et peuvent intervenir, si elles le jugent opportun, lors de la mise en ligne.

Émeute deMontréal-Nord : «Si les lions... – ... pouvaient parler, les histoires de chasse seraient pas mal différentes.» Cette citation d'un proverbe africain, je l'ai pigée dans une entrevue que Cathia Cariotte, intervenante communautaire depuis 16 ans à Montréal-Nord, a accordée à Jeanne Corriveau du quotidien Le Devoir.

La journaliste rapporte que les relations entre les policiers et les communautés culturelles se sont détériorées. Le profilage racial a atteint un niveau que Cariotte qualifie de «grave». Les jeunes se plaignent régulièrement auprès d'elle de se faire interpeller par des policiers sans explications et sans raison apparente, si ce n'est la couleur de leur peau. Lisez l'article au complet, vous comprendrez tout.

PS : Ma longue enquête dans le monde de la police en civil à Montréal, Lac Bouchette et Roberval m'autorise à confirmer les propos tenues par Cariotte. À mes yeux, bien qu'elle parle seulement de la police en uniforme, il évident que le rôle de la police en civil a dû constituer un déterminant. Ainsi en serait-il, selon moi, des émeutes survenues en France.

Savez-vous pourquoi... – ... les Canadiens ne peuvent pas voter à l'élection du président des États-Unis? L'excellent caricaturiste Michel Garneau du quotidien Le Devoir répond à la question.

Grande source d'insécurité : l'endettement – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Il est un fait avéré que les Canadiens craignent de ne pas avoir accès, comme par le passé, aux soins de santé, ont peur aussi pour leur avenir économique et ne sont pas très rassurés non plus sur la sécurité. Le démontre une étude du Conseil canadien de développement social (CCDS), un institut de recherche indépendant à but non lucratif, intitulée L'Indice de sécurité personnelle 2002. (Gilles Toupin -La Presse du 15 juillet 2002)

Intéressante, l'étude, cependant ses auteurs ne comparent pas, en terme de pourcentage, la peur de la criminalité aux autres peurs de la vie. En plus clair, cette peur ne figurait pas sur la liste des questions posées aux personnes sondées.

Dans leur document publié après le sondage, les auteurs se contentent en effet de rassurer les Canadiens, en signalant que, selon des indicateurs objectifs, ils n'ont pas plus à craindre autant que par le passé d'être victimes de crimes violents ou de vols, qu'ils sont plus à l'aise économiquement, vivent dans une société où les accidents de la route diminuent et le potentiel de longévité augmente.

Alors pourquoi cet écart entre la réalité des faits et la perception des gens? demande le journaliste de La Presse. Ce qui ne va pas, explique le CCDS, ce sont certains aspects de la vie de tous les jours qui tendent à assombrir l'ensemble du tableau. Les tendances du marché du travail, des revenus, des taux de criminalité ou l'accès aux soins de santé, par exemple, ont vite fait de faire voir la vie en noir à bon nombre de citoyens.

Les chômeurs n'ont pas la vie facile non plus. En cette année 2002, la couverture de l'assurance emploi est nettement inférieure à celle des années antérieures, où plus de 80% y avaient accès.

Cependant, l'endettement des ménages constitue la plus grande source d'insécurité. Beaucoup de gens, indique l'étude, utilisent leur marge de crédit pour joindre les deux bouts. La taille des hypothèques fait le plus mal : en 1984, elle rognait 38% de leur revenu disponible, en 2001, elle en bouffe 67,9%. (Suite demain)

News du dimanche 24 Août 2008

Carnet du jour : harcèlement policier... – ... par chien interposé. La Sûreté du Québec (SQ), corps policier du Québec, l'une des provinces du Canada, ne me lâche pas : c'est comme ça depuis l'amorce de mon enquête en 1997 sur la police en civil et ses collabos. Aujourd'hui, depuis le début de l'après-midi, un gros chien noir de son escouade canine jappe sans arrêt. Il est sur le terrain de mon voisin, un civil de la SQ.

J'ai filmé le tout sur mon caméscope haute définition (HD), dont je viens de faire l'acquisition. Suis encore un novice en la matière, mais j'apprends vite. Alors, j'espère pouvoir diffuser bientôt la vidéo sur mon site, et mes autres reportages que je vais produire.

Suis allé frapper à la porte de mon voisin, le civil, mais monsieur n'est pas là. J'ai scotché dans la fenêtre de sa porte un petit texte lui expliquant la situation et signalant que j'ai droit à la tranquillité.

Lac Bouchette, endroit où je demeure, est l'un des villages du Québec où, proportionnellement, on dénombre probablement le plus grand nombre de chiens. Certains sont attachés, d'autres pas.

La SQ utilise de ces chiens pour empêcher les citoyens d'y circuler à pied ou à vélo. Ils sont dressés pour attaquer, mais ne mordent pas. Sauf que vous l'ignorez et l'attaque est tellement réaliste que lorsque vous en voyez un gros se ruer sur vous, vous êtes certain d'être mangé tout rond. Les citoyens ignorent qui se cache derrière les quadrupèdes.

Queer attaque... – ... L'organisme milite en faveur de la multiplicité des sexes. Sous l'écran de sa vidéo (01:44), on peu lire notamment... Il est temps d'arrêter d'assigner un genre, un rôle, une attirance en fonction du sexe de naissance. Il est temps de laisser libres les personnes de développer et d'affirmer la personnalité qui leur correspond indépendamment de leur sexe.

Canada : le droit à l'avortement menacé... – ... par le gouvernement conservateur de Stephen Harper. Je vous ai déjà parlé de la Loi C-484 qui, après avoir été adoptée en mars par le Parlement, est à l'étude au sénat avant d'être éventuellement mise en vigueur. Aujourd'hui, j'ajoute une vidéo (12:25), que je viens tout juste de trouver sur le web : dans la page s'affichant, colonne du centre, un peu plus bas.. Elle date de ce mois-ci. Une manif de citoyens dénonçant la Loi et expliquant pourquoi.

Afghanistan : 76 civils tués...

12H02 – ... dont 50 enfants (cinquante) de moins de 15 ans, 19 femmes et 7 hommes tous des civils. Une quinzaine de maisons auraient été détruites, près du village d'Azizabad. Hamid Karzaï, le président aghan, a condamné le raid des forces de la coalition, dont fait partie l'armée canadienne. Les députés afghans ont qualifié l'attaque de «cruelle et barbare» et voté samedi l'envoi d'une mission d'enquête parlementaire.

L'histoire de ce massacre, il y a environ deux jours qu'elle circule sur le web. Elle était contaminée d'incertitude. Alors, je ne voulais pas prendre le risque d'en faire écho sur mon site. Ce matin dimanche, Radio Canada International (RCI) la publie. J'ai confiance en ce média, y ayant travaillé plusieurs années, je connais bien sa rigueur professionnelle : il ne diffuse pas n'importe quoi.

Vendredi 22 août (voir 11H45), je diffusais des photos d'enfants afghans tués, sans être trop certain de leur authenticité. En temps de guerre, la propagande est présente partout, dans un camp comme dans l'autre. Ce même jour, dans une nouvelle précédente (voir 01H11), je rapportais la déclaration du premier ministre canadien Stephen Harper, qui traitait de «lâches» les Talibans à l'origine de la mort de 3 soldats canadiens. Je posais la question : lorsque des avions américains bombardent un village afghan, tuant plusieurs de ses habitants, dont des enfants, des femmes et des vieillards, on appelle ça comment, monsieur le premier ministre?

Je m'intéresse à cette guerre parce que je suis canadien.

On meurt davantage d'une maladie que tué

00H00 – (La suite d'hier de L'Étau Policier tome 1) En France, on a enquêté également auprès de médecins. Ces sondages montrent que leurs patients parlent de plus en plus souvent de leurs difficultés croissantes : désespoir de la marginalisation annoncée ou réalisée, stress qu'impose un combat toujours plus intense pour surnager dans une société toujours plus exigeante, et moins solidaire.

En 1989, CREDOC a interrogé les Français sur 12 thèmes en leur demandant ce qui les préoccupaient le plus. La maladie grave venait en premier, était «un sujet de forte inquiétude».

Mathieu rapporte ce commentaire d'un représentant de la maison de sondage : «(...) Tout se passe comme si les succès de la médecine qui permettent l'allongement régulier de la durée de la vie n'étaient pas en mesure de rassurer les individus, mais, paradoxalement, contribuaient à amplifier leurs craintes en rendant plus perceptibles, plus longtemps, le spectre de la maladie grave (...). Cette inquiétude massive, si elle n'est pas sans fondement objectif, renferme aussi de nombreux aspects irrationnels. La maladie grave est la peur moderne de nos sociétés.»

Ceux la redoutant le plus craignent davantage d'autres risques, signale Mathieu : accidents du travail, accidents de la route et même la guerre.

Alain Dubuc, éditorialiste de La Presse, faisait le constat, en juin 2000, que le choc des réformes et des compressions a provoqué une véritable perte de confiance envers le système de santé. (Alain Dubuc -La Presse du 3 juin 2000) La chose est assez sérieuse, écrit-il, pour que les Québécois, surtout ceux du baby boom, qui approchent de l'âge de la retraite, puissent se demander si le système public sera capable de s'occuper d'eux quand ils en auront vraiment besoin.

Dubuc n'est pas le seul à le dire. Cela étant, ces citoyens craignent-ils davantage la criminalité que les ratées du système de santé? Ça, c'est une question que nos médias n'abordent jamais. Pourtant, on meurt davantage d'une maladie qu'assassiné ou violé. (La suite demain)

News du samedi 23 Août 2008

Pourquoi des journalistes... – ... appartenant à des médias traditionnels bloguent-ils? Personnellement, je ne m'étais jamais posé la question. Le site @rrêtsurimages l'a demandé à trois journalistes-blogueurs. Il a voulu savoir également pourquoi préférer l'un ou l'autre média et ce qu'ils y écrivent.

Une fiction – Vidéo réussie sur tous les points. Nous, les non encore complètement initiés au tournage et au montage, on aimerait atteindre un jour ce niveau de qualité. Faut être conscient que ce n'est pas à la portée de tout le monde, modestie oblige. Le reportage journalistique nécessite moins de créativité. L'événement n'est pas fictif, les faits sont réels. Lorsqu'on entre dans le monde de l'imaginaire, cependant, c'est une autre histoire.

Le thème traité : les rencontres virtuelles. Dans la fenêtre s'affichant, cliquez sur VIDÉOS. Ensuite sur Épisode 11 – Romain.

Caricatures assassines – Très engagées socialement. Dans la page s'affichant, cliquez sur la manchette en caractères gras de chaque paragraphe. La liberté d'expression, c'est ça. Même si on n'est pas d'accord ou totalement en désaccord. Le choc des idées peut-être choquant parfois, et ça nous arrive plus souvent qu'on le pense de réagir négativement. La seule façon de rester zen est d'adopter le principe de neutralité.

Chômage et emplois garantis à vie – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Et encore, les chiffres sur le chômage ne dévoilent pas tout. Par exemple, quand on affirmait en 1999 que le Québec comptait 10% de chômeurs, on additionnait parmi les non chômeurs ceux dont les emplois sont garantis à vie ou presque par des conventions collectives bétonnées, ainsi celles des employés municipaux et gouvernementaux, dont les policiers.

À la fin de 2000, Statistique Canada révélait que le secteur public, toutes juridictions confondues, comptait 2,7 millions de fonctionnaires (Presse canadienne -La Presse du 19 décembre 2000) : 341 381 dans l'administration fédérale, 1,3 million dans les gouvernements provinciaux et territoriaux, 802 649 dans les municipalités et 273 106 dans les entreprises publiques.

Parlant de ces groupes sans toutefois les identifier, Mathieu dit que si on les retranchait de la population active, le taux de chômage serait bien plus élevé et il apparaîtrait que l'insécurité chez les citoyens n'ayant pas le privilège d'occuper des emplois garantis à vie est beaucoup plus forte que les chiffres globaux ne le laissent entendre.

On pourrait croire qu'il est moins insécurisant et stressant de vivre seulement dans la hantise du chômage et de l'exclusion. Détrompons-nous. À la fin de 1993, selon Mathieu, 77,8% des Français étaient très ou assez inquiets de l'éventualité du chômage alors qu'ils n'étaient que 56% en 1981.

Il relate également qu'en 1994, le Centre d'études des revenus et des coûts (CERC) a publié les résultats d'une importante analyse sur la précarité et le risque d'exclusion en France. Sur 25 millions de citoyens actifs, 9,5 millions (38%) faisaient face, à des degrés divers, à un avenir incertain, inquiétant, les plaçant fondamentalement en insécurité.

Mathieu fait état aussi d'un sondage de CSA où l'on demandait : qu'est-ce qui vous inquiète le plus dans le fait d'être exclu? Les réponses, par ordre décroissant : la crainte pour l'avenir de nos enfants, ne plus avoir de revenus, devenir inutile, être seul, ne plus avoir de logement, être en moins bonne santé. (Suite demain)

News du vendredi 22 Août 2008

Quelques heures de musique – Quatre shows, vidéos Haute Définition, vision comme si on était présent sur les lieux. Partout, il y a foule et l'ambiance est bonne.

1) Commencez avec les Francofolies à Larochelle 2008 ;
2) Passez ensuite à d'autres éléments des Francofolies : les vidéos s'enchaînent ;
3) Après, allez faire un tour au Festival des Inrocks 2007 : y'a des vidéos jusque dans le bas de la page ;
4) Terminez votre tournée avec le Printemps de Bourges, en France : cliquez sur web tv 2008, les vidéos s'enchaînent.

Afghanistan : photos d'enfants tués – Regardez les sur libertésinternets, sous le titre : personne ne pleure ces morts-là...

Nécessaire de conserver son sens critique. C'est davantage le cas en période de guerre, où chaque camp diffuse sa propagande. Je les ai vues ailleurs sur le web, les mêmes photos. Aljazeera en serait la source. Suis allé sur le site de cette télévision arabe, mondialement très écoutée, au point d'être surnommée la CNN arabe. Je n'y ai trouvé aucune de ces photos, ni d'autres du genre. Cependant, il est un fait confirmé que plusieurs civils meurent lors des attaques de l'OTAN, dont des enfants.

Page d'accueil d'Alljazeera
La chaîne arabe diffuse 24heures/24 ici, en anglais.

Afghanistan : le premier ministre canadien... – ... Stephan Harper a qualifié de «lâche» l'attaque des Talibans où 3 soldats canadiens ont été tués et un quatrième gravement blessé. Une bombe a explosé lors de leur passage sur une route. (Source : Radio Canada International)

PS : Lorsque les alliés du Canada, les États-Unis, bombardent du haut des airs un petit village afghan, tuant plusieurs de ses habitants, dont des enfants, des femmes et des vieillards, on appelle ça comment, monsieur le premier ministre? À la guerre comme à la guerre : tout le monde a du sang sur les mains, peu importe le camp.

Le crime, plus angoissant que la pauvreté? – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) À regarder la manière dont les choses se passent au Québec, et particulièrement dans les médias, on a vraiment l'impression que la peur de la criminalité dépasse toutes les autres peurs, et de plusieurs coudées.

Prenons le cas du chômage et tout ce qui a trait à l'assistance sociale, à la pauvreté. Moins angoissants que la criminalité ? Chômage et pauvreté sont une tragédie dans la vie d'une personne et sa famille. Mathieu écrit que la baisse des revenus provoque, dans tous les domaines, une baisse de la consommation et une dégradation des genres de vies de ceux qui en sont victimes. Les conséquences sont aussi sociales et psychologiques. Cette situation entraîne l'exclusion sociale et l'affaiblissement des liens sociaux. L'emploi joue un rôle structurant et sécurisant essentiel.

Autre point, en France, note Mathieu, les personnes ayant un emploi stable sont beaucoup plus nombreuses à vivre en couple, avec des enfants, que celles à emploi instable ou au chômage. Lorsque l'instabilité face à l'emploi est durable, elle risque de maintenir certaines personnes dans le célibat, en dépit de leur volonté. Et plus la situation est précaire vis-à-vis de l'emploi, plus élevés sont les risques de ruptures des couples.

Sans négliger maladies mentales et suicides. Frédéric Lesemann, de l'École de service social, à l'Université de Montréal, indique que plusieurs études ont cherché à cerner les processus sociaux par lesquels les conditions économiques, l'absence de travail, sont associées à des problèmes de santé mentale. (Traité des problèmes sociaux -Institut québécois de recherche sur la culture -Ouvrage collectif sous la direction de Fernand Dumont, Simon Langlois et Yves Martin, 1 164 pages, 1994) Les explications peuvent être de type biologique ou de type écologique. Parmi ces dernières, celle de la «fragilité sociale» rallie nombre de chercheurs.

D'après eux, les conditions de vie des pauvres sont marquées par le stress, le manque de soutien social et l'infériorisation ou l'absence de pouvoir. Cela favorise le développement de sentiments tel que celui d'une incapacité à avoir prise sur l'avenir. «Un écosystème de méfiance» affecte leurs attitudes et personnalité. Cela se traduit par un haut degré d'impuissance. Il en résulte une plus grande vulnérabilité et le développement d'un plus grand nombre de problèmes de santé mentale. (Suite demain)

News du jeudi 21 Août 2008

Des tunes d'un petit orchestre... – ... jouées en marchant dans de petites rues, genre parade entièrement décontractée. Une autre innovation s'y ajoute : les passants peuvent fidéofilmer, son compris, les visionner à leur domicile, sans avoir à défrayer des droits d'auteur. La scène (04:40) se déroule à Paris.

Afghanistan : 93e soldat canadien tué – Dans mes ACTUALITÉS de mardi 12 août, je parlais d'un 90e, le caporal-chef Erin Doyle. Depuis ce temps, j'ignorais qu'il y en avait eu 3 autres. Pourtant, c'est l'un des dossiers que je suis de très près. Trois du coup, c'est beaucoup. Je suis abonné à un grand nombre de newsletters quotidiennes traitant de l'actualité et aucune n'y a fait état. Je tiens cette info du 93e de Bloomberg.com. L'article est anglais.

Web : rencontre de matière grise... – ... visant à en améliorer autant le contenant que son contenu, entre autres la vidéo. Ce barcamp (groupe de travail) c'est tenu à la Cantine (explication plus bas), en plein coeur du quartier numérique du second arrondissement, à Paris. Sujets traités, la liste est longue : participatif, wiki, hypertexte, monétisation, copyright, mobile, bande passante, opensource, journalisme citoyen, etc.

Le seul reproche qu'on peut faire à cette vidéo : trop courte (10:05), on reste sur notre faim. Seulement trois sujets sont abordés, notamment la perte du monopole de la parole des médias traditionnels. On est à une période de flottement où ils ont encore la main sur l'opinion générale, l'opinion publique, mais, selon un intervenant, ça risque de changer d'ici peu, d'ici très peu, j'espère.

C'est quoi la Cantine? Un lieu collaboratif pour les acteurs du numérique L'Atelier des nouveaux médias
Travailleurs du web
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Montréal-Nord :réunion mouvementée... – ... à l'Hôtel-de-Ville, hier soir, lors d'une réunion du conseil municipal. Près d'une centaine de citoyens réclament la démission du maire Marcel Parent et une enquête publique et indépendante sur la mort de Fredy Villanueva, abattu par un policier de l'île de Montréal. Reportage vidéo (01:55) de Denis Thériault, TVA.

Écouter du bon Jazz, la nuit... – ... c'est pas pareil comme le jour. Le feeling est différent, meilleur. Je saurais pas expliquer pourquoi. Peut-être est-ce parce que nous sommes plus réceptifs. Je ressens la même sensation lorsque je travaille la nuit.

Herbie Hancock, Jazz Fusion Cantelope Island (09:10).
Site d'Herbie Hancock
Qui est-il? Selon wikipedia, il est l'un des compositeurs de jazz les plus importants.

Un sondage manipulateur? – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Un exemple québécois, parmi tant d'autres, où il est permis de penser que les auteurs d'un sondage auraient tendu la perche aux personnes sondées. C'est-à-dire qu'ils n'auraient pas relativisé le poids d'un événement qui avait effrayé la population en le comparant avec d'autres grandes peurs.

En novembre 1999, le dixième anniversaire de la tuerie de 14 étudiantes survenue à l'École polytechnique de Montréal a fait l'objet d'une série d'articles dans La Presse. (Marie-Claude Lortie -La Presse du 29 novembre 1999) On y publiait, notamment, un sondage CROP-La Presse révélant que près des trois quarts de la population du Québec (73%) croit que la violence a augmenté au cours des 10 à 15 années précédentes. Et 63% pensent que l'accroissement continuera aux cours des 10 à 15 années qui suivront.

Les Québécois, précisait-on, veulent par «d'écrasantes majorités» que leurs gouvernements respectifs soient plus actifs contre la violence. Quatre-vingt pour cent (80%) des Québécois, parfois quatre-vingt-dix (90%), seraient prêts à approuver une gamme de mesures nouvelles, que ce soient des peines plus sévères aux auteurs d'actes violents, des actions plus strictes contre la violence dans les écoles ou alors un resserrement des règlements contre la violence à la télé ou les cassettes vidéos.

De plus, CROP a même demandé aux personnes sondées si elles se souvenaient de la tuerie et si elle avait influencé leur attitude face à la violence. Cette question, éminemment orientée et d'un poids particulièrement lourd, avait-elle été posée au début, au milieu ou à la fin du sondage? (Suite demain)

News du mercredi 20 Août 2008

La créativité des artistes urbains... – ... n'a pas de limite et c'est très bien ça : comme dans toutes choses, il y a du bon et du moins bon. Insuffler un peu de vie dans son milieu ou ailleurs. Colorer les endroits grisâtres, déprimants, à l'abandon. Obtenir, préalablement, l'autorisation de son proprio...

Un aperçu du méli-mélo qui vous attend... Bidonville de Rio ; à Londres, une balançoire dans un abri-bus !!! Avec autorisation, j'espère. Dans l'espace public on ne peut pas faire n'importe quoi n'importe où. Autrement, ça devient du vandalisme ; Helsinki, Berne, Streets de Brooklyn, Ukraine, Langage codé, etc.

Vidéos et photos, dont certaines qu'on peut agrandir en cliquant dessus, des liens aussi. Bref, plusieurs pages bien remplies, avec dans le bas de chacune, à droite, un NEXT : girafe à voir sans faute, des animaux fantastiques animés... Dans le bas de l'écran des vidéos, des menus s'affichent, cliquez sur l'image vous intéressant : j'ai pas compté les vidéos, y'en a trop. L'abondance est là. Y'a tellement de quoi à voir, que vous en avez pour des heures et des heures à faire un tour au complet. Vous allez être agréablement étonnés!

La véritable origine de l'insécurité – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) L'auteur Mathieu, se référant au sociologue Lagrange, explique que ceux qui ont réfléchi sur la complexité de l'âme humaine connaissent les phénomènes de «déplacement» des sentiments, qu'on appelle aussi des «transferts». (Hugues Lagrange - Réponses à l'insécurité - Grenoble CERAT) Le support apparent d'un sentiment, d'un ressentiment, n'est pas celui qui en est véritablement à l'origine. Ce mécanisme entre en jeu lorsqu'on questionne des personnes sur leur insécurité.

Il cite Lagrange : «On peut voir dans l'altération des liens sociaux, dans le bouleversement des équilibres démographiques et économiques, les déterminations d'un mal-vivre, d'un sentiment de frustration et d'incertitude à l'égard de l'avenir qui, par un transfert sur cette catégorie d'actes universellement condamnés que sont les crimes, produit dans l'esprit public une réalité nouvelle : le sentiment de sécurité».

Il se produit un renversement dans l'ordre des facteurs. Le sentiment d'inquiétude naît d'une dégradation générale des liens sociaux, précède les «fixations» sur des éléments précis. «Ce sentiment est alors la matrice de peurs spécifiques -d'être cambriolé, d'être agressé -et non une expression synthétique, décentrée, issue de ces appréhensions éparses. La donnée psychologique est première, elle cherche des objets adéquats dans lesquels s'incarner, prenant alors l'apparence de peurs particulières.» (Suite demain)

News du mardi 19 Août 2008

Très rare... – ... que je diffuse de la musique classique sur mon site. Très très... Bon, je naviguais et sans m'y attendre, voilà-tu-pas-que, dans le bas d'une page, je vois un écran vidéo (04:31). Dessous, je lis bach, double concerto. Clic de la flèche, juste pour voir... Une pièce que je connais, qu'il m'arrive d'écouter une fois tous les dix ans. Et ici aussi, du Bach joué par le pianiste et organiste Glenn Gould. Dans le bas de chaque vidéo, vous pouvez consulter le menu.

Canada : le ministre conservateur de la santé... – ... Tony Clement a dénoncé hier l'inefficacité des lieux d'injection de drogue supervisés, comme celui de Vancouver, l'InSite. Il a affirmé que les médecins appuyant de tels projets devraient «questionner leur éthique professionnelle». Le président de l'Association médicale canadienne (AMC), le docteur Bryan Day, a aussitôt réagi : «Ces sites permettent de réduire la transmissions des maladies». Lisez l'article d'Andy Blatchford de La Presse Canadienne.

PS : Un peu d'histoire. En 1999, le ministère canadien de la Santé révélait que le tiers des nouveaux cas de sida et plus de 60% de ceux d’hépatite C étaient attribuables aux drogues dures. Pourquoi? Parce que les toxicomanes ne peuvent pas se procurer des seringues neuves, c'est-à-dire non contaminées.

En mai 2001, il évaluait que plus de la moitié des quelque 125 000 consommateurs de drogues injectables du pays seraient atteints d’hépatite C. Il prédisait qu'au cours des six années suivantes, les cas de VIH-sida attribuables à l’injection de drogue entraîneraient des coûts d’environ 8,7 milliards de dollars et que ceux reliés au traitement des victimes d’hépatite C seraient encore plus élevés.

Cette même année 2001, un galonné de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Robert Lesser, à l’occasion d’une conférence nationale sur l’hépatite C tenue à Montréal, suggérait au gouvernement canadien d’installer des lieux sûrs à l’intention des consommateurs d’héroïne et de cocaïne afin de réduire les risques de propagation du VIH-sida et de l’hépatite C. (Dennis Bueckert, Presse canadienne – La Presse du 5 mai 2001)

Début de septembre 2001, alors que le libéral Allan Rock était ministre canadien de la Santé, on pouvait lire sur le site web du ministère que les lois canadiennes antidrogues devraient être révisées parce qu’elles contribuent à la propagation épidémique du VIH-sida et de l’hépatite C. (NDLR : Que certains ou plusieurs transmettent par la suite à des hommes et femmes ne se droguant pas.) (Presse canadienne – La Presse du 2 septembre 2001)

On y lisait également ce passage : «L’usage des drogues injectables est d’abord et avant tout une question de santé et non une question d’ordre public». Ce changement d’approche se traduirait par la mise en œuvre de mesures sanitaire et humanitaire, comme celle de prescrire de l’héroïne à des héroïnomanes ou celle de venir en aide aux toxicomanes plutôt que de les poursuivre en justice.

Selon le psychiatre Thomas Szasz, «sans l’interdiction de la vente libre de seringues, le sida n’aurait jamais pu se diffuser aussi rapidement». (Guy Sorman – Les vrais penseurs de notre temps – Éditions Fayard)

Montréal-Nord : la mort de Fredy Villanueva – Cyberpresse rapporte aujourd'hui mardi qu'après l'enquête de la Sûreté du Québec, le dossier sera remis à Me Louis Dionne. C'est lui qui décidera si des accusations seront portées ou non à l'encontre du policier qui a fait feu sur Villanueva. Lisez l'article ici.

PS : Inquiétante nomination, celle de Me Louis Dionne. En avril 2000, alors qu'il était le responsable de la répression du banditisme au Québec, il avait fait une déclaration pour le moins étonnante (André Cédilot La Presse du 4 avril 2000) : «Quand les libertés de la collectivité sont menacées, l’article premier de la Charte (canadienne des droits et libertés) permet d’adopter des règles de droit qui limitent les libertés individuelles.»

Dans l'article de La Presse, on ajoutait que tous les spécialistes en la matière ne parlent plus de lutte contre le crime organisé mais de «guerre». C'était peu avant le dépôt de l’avant-projet de loi antigang C-24, en août de la même année, de la ministre canadienne de la Justice Anne McLellan.

Casamayor dit que la guerre est le mal dans toute son horreur. (Louis Casamayor – La Police – Gallimard) Les gens qui la font croient que la drogue et autres actes criminels sont des maux pires que la guerre. Pour eux, le mal ne peut être domestiqué ou anéanti que par la guerre. «Ils oublient que la guerre donne à tous les autres maux l'occasion de se développer, fait-il remarquer. Je parle ici des atteintes aux droits et libertés.»

De part ses fonctions, Me Dionne a gravité dans le milieu policier, particulièrement celui de la Sûreté du Québec. Il y a forcément développé des liens étroits avec de ses membres. Cela étant, il ne dispose pas du recul suffisant et nécessaire pour agir à titre de procureur de la Couronne de ce dossier.

Sérieux des maisons de sondage mis en doute – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Chacun sait que la façon même de poser une question peut influencer la réponse. Cela ressemble aux émissions de lignes ouvertes et entrevues effectuées sur la rue par certains médias où l'as reporter demande aux piétons s'ils ont peur de la criminalité et, le cas échéant, s'ils pensent qu'il devrait y avoir plus de policiers.

Selon ce que je retiens de Mathieu, c'est ce qu'on appelle tendre la perche pour qu'ils répondent par un degré sur l'échelle d'un sentiment complexe, qui réalise la somme de peurs élémentaires. D'après lui, le sérieux des instituts de sondage doit, sur ce point, être mis en doute. Comment ne pas donner la réponse aux sondés ? En utilisant des questions «non-réflexives». Celles-ci visent à dégager des indices de préoccupations, alors que les questions «réflexives» visent à mesurer des «peurs».

Mathieu cite l'exemple de la maison de sondage CREDOC qui, chaque année, en France, réalise une vaste enquête sur les conditions de vie et aspirations des citoyens. Elle pose une batterie de vingt-huit (28) questions, ce qui, explique-t-il, est une bonne façon de relativiser le poids de chacune d'entre elles.

L'auteur poursuit sa démonstration en référant le lecteur à une autre maison de sondage, SOFRES, qui, en 1992, a invité un échantillon représentatif de Français à indiquer, sur vingt-cinq (25) sujets, s'ils en avaient très peur, assez peur, pas vraiment peur ou pas peur du tout. Les personnes interrogées ont avoué avoir, en majorité, très ou assez peur de 21 de ces sujets. «Violence-insécurité» ne venait qu'en septième place : chômage, maladies graves, dégradation de l'environnement, pauvreté en France, pauvreté dans le monde, drogue, «violence-insécurité», tensions internationales, etc.

Tous les sondages dont fait état Mathieu démontrent que lorsqu'on interroge les gens sur une liste de motifs susceptibles de susciter des inquiétudes, on obtient des réponses qui ne placent pas les violences (crimes, vols, viols...) au premier plan. (Suite demain)

News du lundi 18 Août 2008

Que penseriez-vous... – ... de relaxer et rire un peu beaucoup? Ça va vous changer les idées. Ç'a changé les miennes, en tout cas. Je travaillais sur une news compliquée que je n'arrivais pas à comprendre. Lorsque je suis tombé sur l'animation (03:12) que vous allez voir. Ça tombait pile, jamais besoin d'aller voir ailleurs si j'y étais.

Jusqu'à quel point la spéculation... – ... sur les denrées essentielles sèmera-t-elle, dans des pays du tiers monde, la faim dans son sillage? On l'ignore, bien qu'on sache qu'elle affecte déjà en partie les gains acquis ces dernières décennies dans la lutte contre la pauvreté : de très nombreux articles en témoignent.

Car ce n'est pas d'hier que des organismes, dont l'ONU, interviennent sur le terrain, en Afrique notamment. Des progrès notables avaient été réalisés jusqu'à présent, et voilà que des entreprises avides de gros profits vite faits arrivent sans crier gare. Ils achètent à vils prix, dans certains pays africains, et avec la complicité de certains gouvernements, des terres immenses et fertiles afin de produire des biocarburants destinés aux Occidentaux.

Ce n'est pas d'hier qu'on lutte contre la faim... Un exemple, parmi d'autres : l'organisme The Unger Project, qui intervient notamment au Burkina Faso, près de 14 millions d'habitants, l'un des pays les plus pauvres du continent. Il y a une quarantaine d'années, lorsqu'il y sévissait une famine, on distribuait des sacs de blé, d'orge, etc.

Cet organisme est l'un de ceux qui ont décidé d'adopter une nouvelle approche, faisant appel à la responsabilité des citoyens : «Sortez vous-même de vos problèmes, nous ne vous donnons que des conseils.» Ainsi que le démontre cette vidéo (29:43), les résultats sont probants. Autre Vidéo de l'organisme (08:24) différente de la précédente, mais cette dernière en anglais.

Un peu tout le monde a entendu parler des Objectifs du Millénaire de l'ONU pour le développement (OMD) : réduire pauvreté et faim de moitié d'ici 2015 et les éliminer complètement les années qui suivront. Les spéculateurs de denrées essentielles menacent également cet objectif.

Sondage : ne pas souffler la réponse – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) On peut faire dire n'importe quoi aux citoyens sondés. Ainsi ce cas loufoque. Dans La Presse Libérale de mars 2002, le journal interne des militants fédéraux libéraux, le sondeur officiel de ce parti politique, Michael Marzolini, condamnait la «mauvaise habitude» des médias de publier des sondages portant sur l'avenir du premier ministre Jean Chrétien, estimant que les résultats ne valent pas plus que le papier sur lequel ils sont imprimés. (Alexandre Robillard - La Presse du 11 mars 2002) «Une telle question était injuste, déséquilibrée et ne pouvait que susciter des réponses désinvoltes et irréfléchies qui donnent des résultats défiant toute interprétation sérieuse», soutenait-il.

Il relatait avoir réalisé intentionnellement un sondage bidon auprès de 1 000 Canadiens au sujet de son cousin Charles Williamson, un ingénieur de formation qui n'a jamais fait de politique. À la question «Pensez-vous que l'honorable Charles Williamson, ministre d'État à l'Intégration économique, devrait démissionner?», 73% des sondés avaient répondu «OUI !».

Lorsqu'un sondage est orienté, ça s'appelle souffler la réponse. Et, dans le cas nous préoccupant, ce n'est pas le seul aspect du problème. La satisfaction de la population à l'endroit de la police est étroitement liée au sentiment de sécurité ou d'insécurité. Évaluer ce sentiment est un exercice complexe, comme nous allons le voir.

Mathieu écrit que le sentiment d'insécurité est un domaine «extraordinairement difficile à manier», si l'on veut le faire honnêtement. (Jean-Luc Mathieu -L'insécurité -Éditions Que sais-je ?) Parce qu'on mesure un sentiment, qui plus est, très synthétique, se distinguant d'un fait objectif et que nombre de facteurs influent sur les réponses.

Une déontologie stricte s'impose si l'on veut éviter de manipuler l'opinion publique ce qui est, au contraire, l'objectif même de certains hommes politiques et organes de presse, signale l'auteur, en se référant probablement aux mœurs politiques de son pays, la France, qui sont de fait universelles.

Il conseille d'éviter absolument la question «fermée» évoquant directement la sécurité ou l'insécurité parce qu'on enferme les personnes sondées dans un carcan où il leur est impossible de relativiser par rapport à d'autres préoccupations touchant l'insécurité.

Normandeau et Leighton, nécessaire de le signaler, émettent une opinion contraire (André Normandeau et Barry Leighton -Une vision de l'avenir de la police au Canada : Police-défi 2000 -Direction de la police et de la sécurité, Secrétariat du Ministère du Solliciteur général du Canada, 1990) : «L'analyse des renseignements quantitatifs et des réponses à des questions ouvertes est toujours plus subjectives qu'équitables,écrivent-ils.» Par conséquent, ils préconisent la question fermée, donc orientée, sans toutefois le dire explicitement. (Suite demain)

News du dimanche 17 Août 2008

Kraland Interactif – Vous avez déjà entendu parler de ce jeu destiné aux adultes? Chaque participant joue un personnage vivant dans un monde virtuel : le cybermonde. Le jeu, qui peut s'étaler sur quelques années, est centré sur la parodie des systèmes politiques.

Près de 5 500 internautes y participent. Ils se répartissent dans 8 empires aux idéologies farouchement opposées : République de Kraland (678 citoyens), Provinces Rebelles (803), etc. Chaque joueur peut aspirer au sommet hiérarchique de l'un d'eux, en autant qu'il obtienne la majorité des votes.

Le jeu est captivant. Les qualités requises : aimer la politique, posséder un bon bagage de connaissances, notamment en histoire, vouloir changer un système, en mieux ou en pire. Je ne peux pas tout expliquer, ce serait trop long...

Pour tout savoir, allez sur le site de kraland.org. Dans la colonne de droite, cliquez sur RÈGLES DE BASE. Ensuite, vous pouvez aller plus loin, si vous y voyez un intérêt, en prenant connaissance des RÈGLES PLUS AVANCÉES. Enfin, si l'intérêt n'arrête pas de grandir, en vous inscrivant dans le bas de la colonne. D'autres infos sont disponibles aussi sur Wikipedia.

Dans la vidéo qui suit et intitulée Politiquement Connect (14:05), vous allez entendre le témoignage d'une mordue. Sa participation lui permet de décompresser, raconte-t-elle, de faire quelque chose de vraiment caricaturale. L'idée est de ne pas prendre la vie politique trop au sérieux. Le jeux est une forme assez fidèle à la réalité. Il procure aux participants une formation pouvant servir dans la vraie vie. «Ça renvoie tellement à des systèmes politiques qui ont existé, dit-elle, que c'en devient parfois troublant.»

Les photos... – ... du National Geographic sont toujours superbes.

Population manipulée par la police – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Il serait instructif de connaître la méthodologie de tous ces sondages rebondissant de temps à autres dans les médias. Les citoyens sondés savent-ils ou sont-ils informés que leur quartier est envahi de civils et de collabos, qu'ils sont aussi surveillés, contrôlés et nettoyés socialement que les Hell's Angels? Sont-ils au courant des multiples atteintes aux droits fondamentaux, dont celles à la dignité de la personne?

S'ils savaient ce qui se passe dans le sous-sol de la démocratie, pas sûr qu'ils appuieraient aussi massivement la police. Dans un contexte d'ignorance totale des faits, ces sondages sont-ils valables? On dit d'une démocratie qu'elle fonctionne bien quand les citoyens décident en ayant accès à tous les faits. Mais là, on voit bien que ce n'est pas du tout le cas. Sommes-nous en présence d'un cas de manipulation de l'opinion publique? Oui.

Tout ça s'apparente aussi aux méthodes… cubaines. Pierre et Renée Gosset racontent que «politiquement, Cuba vit à l'heure de la démocratie directe». (Pierre et Renée Gosset -L'adieu aux barbus -Éditions Julliard) Les deux auteurs ont vu cette forme de démocratie se dérouler selon le scénario suivant :

-Voulez-vous, hurle Fidel Castro en s'adressant à la foule (NDLR : Foule noyautée de partisans?), voulez-vous que les Américains décampent comme des chiens de Guantanamo?

-Si, si, si, clame le peuple souverain.

-Et nos amis russes, voulez-vous aussi qu'ils s'en aillent?

-No, no, no...

-Voulez-vous des élections? Sont-elles bien nécessaires?

-No, no, no!

D'accord, Québec n'est pas Cuba, ni Montréal La Havane, mais il y a tout de même des ressemblances. Au Québec, en matière policière, on est guère plus subtile. L'information véhiculée par le pouvoir et sa police ne poursuit qu'un but : assurer la pérennité des méthodes policières clandestines illégales. Ils fournissent donc à la population une information minimaliste qui l'incitera à manifester massivement sa satisfaction à l'endroit de la police municipale et provinciale. Tout le reste, ils le lui cachent.

Si l'on veut améliorer les rapports entre la police et la démocratie, il y a lieu de démocratiser l'accès au savoir de ses activités souterraines. Celles-ci ne sont pas sans conséquences sur la Société civile. On fait donc au nom de la population des choses qu'elle n'accepterait pas si elle apprenait de quoi il en retourne exactement. (Suite demain)

News du samedi 16 Août 2008

Drôle, drôle... – .... toujours dans le petit village de Najac, d'où vous revenez (l'inauguration de la petite passerelle, article précédent), un souvenir des dernières élections municipale du village. Un candidat avait envoyé le message suivant à son adversaire via SMS : «Si tu reviens, j'annule tout.»

Une allusion au courriel que Sarkozy, prétendaient certains médias, avait envoyé à son ex-femme avant d'en épouser une autre. Vous vous souvenez?

Voilà des citoyens qui savent s'amuser. Plus bas dans le centre de la page s'affichant.

Un petit événement de rien du tout... – ... est l'occasion d'une belle petite fête citoyenne. Vite, parlez-nous de l'événement. Mais attendez, vous allez le voir sur la vidéo. Tout ce que je peux vous dire : ça se déroule dans un petit village de France, en campagne, ça sent le bon foin fraîchement coupé, s'agit d'une inauguration effectuée par des enfants, coupure d'un ruban, convivialité arrosée d'un verre de je ne sais quoi et d'une belle chanson.

Merci à l'auteur de la vidéo (05:30), Florent Verdet, de nous faire vivre ce beau moment. Lui et moi, on se connait pas. J'ai trouvé son truc tout à fait par hasard, plus bas dans le centre de la page qui s'affiche. Allez, que la fête commence!

Montréal-Nord : il faut bien y revenir... – ... en évitant de jeter de l'huile sur le feu, calmement, en faisant appel à la raison plutôt qu'à l'émotion. Toute action illégale serait improductive, pire : elle permettrait à la police de compter des points.

D'autant que la mort de Freddy Villanueva soulève un débat qu'on ne peut plus éviter : le ministre québécois de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, a-t-il pris la bonne décision en demandant à un corps policier (la Sûreté du Québec) d'enquêter sur un autre (la police intermunicipale de l'île de Montréal)? On le verra au fil d'arrivée.

Quoi qu'il en sera, le ministre devra par la suite rouler les manches de sa chemise blanche et donner aux citoyens la protection que le pouvoir politique s'est lui-même attribué, et avec raison : une police indépendante des corps policiers. En ajoutant une ligne téléphonique sans frais et sécurisée, qu'utiliseront citoyens et policiers pour alimenter la police des polices.

Ligne sécurisée? Oui, parce qu'au cour de mon enquête de plusieurs années dans le monde de la police en civil, j'ai découvert qu'il était possible de court-circuiter un appel téléphonique. Vous composez un numéro et constatez que vous êtes ailleurs, et que cet ailleurs se fait passer pour la personne que vous tentiez de rejoindre. Une pratique qui doit être courante dans cet autre monde inconnu qu'est l'écoute téléphonique.

Un flic français masqué... – ... compose et interprète des chansons pour dénoncer la loi du silence au sein de la confrérie policière. Personne ne semble connaitre son identité. Rendez-vous sur ce site. Dès que la page s'ouvre, on est accueilli par une photo de lui-même, masqué, interprétant l'un de ses titres : les paroles sont disponibles un peu plus bas. Allez aussi sur son site officiel. Lisez également un article du Parisien expliquant son cheminement. Ça me semble sérieux, cela écrit sous toutes réserves. À vous d'en décider.

Chez vous... – ... ça se passe comment, la sortie du lit, la toilette, le déjeuner? Le train-train du matin est pas mal le même partout. Sauf ici, dans cet appartement que se partagent plusieurs colocs. Vidéo non-conformiste (04:48), comme le clip de Madonna que vous venez peut-être de visionner.

Madonna... – ... déjantée comme je l'aime : Nothing Really Matters (04:25)

Les slogans remplacent l'information – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Curieusement, le document de la CUM est muet sur le rôle joué par les premiers ministres et ministres des gouvernements du Québec et du Canada, notamment du ministre québécois de la Sécurité publique et du Solliciteur général du Canada. On reste avec l'impression que l'implantation était exclusivement une initiative de la défunte CUM. Est-on justifié d'avancer que ces messieurs dames, membres de la haute hiérarchie politique, ne tenaient pas à se mouiller les pieds ?

Par la suite, les années s'écouleront et nos courageux élus continueront de les garder bien au sec. Le ministre péquiste de la sécurité publique, Serge Ménard, et quelques autres se permettront à l'occasion de brèves déclarations, du bout des lèvres. Cela n'aura rien à voir avec une information suffisamment complète pour renseigner adéquatement la population, tout à voir avec les slogans. La stratégie consistait probablement à en dire le moins possible.

Reste les sondages. Voyons ce qu'ils ont révélé. Le document de l'ex-CUM en cite un effectué par La Presse, en 1994, indiquant que 71% des Montréalais étaient satisfaits de sa police. Comme ce taux élevé ne renseignait guère sur les attentes précises à son égard, y lit-on encore, la CUM en a commandé un à la firme CROP. Près de 98% des 1 019 résidents de l'île de Montréal interrogés ont jugé importante la collaboration entre policiers et citoyens pour solutionner des problèmes de sécurité dans les quartiers. Près de 98%!

On précise même que «la moitié des personnes consultées se disent prêtes à payer une surtaxe pour avoir des services policiers supplémentaires dans leur quartier». Des sondages et commentaires de cette eau gluante, il y en a plein.

Ainsi, à l'automne 1998, au cours de la campagne électorale municipale, à Montréal, Jacques Duchesneau, ex-directeur de la police de l'île de Montréal, alors candidat à la mairie, avait affirmé sans sourciller que la police communautaire produisait déjà des fruits : «Les gens me disent qu'ils se sentent plus en sécurité, que les policiers sont plus visibles. D'ailleurs, ajoutait-il, les statistiques le prouvent, la criminalité a baissé». (Christiane Desjardins - La Presse, automne 1998)

À une autre occasion, commentant la résistance de policiers relativement à ce concept, Duchesneau récidivait : «Le plus important, c'est le taux de satisfaction de la population, et des sondages montrent qu'il est élevé». (André Noël - La Presse du 3 octobre 1998) (Suite demain)

News du vendredi 15 Août 2008

Montréal-Nord : insatisfaction... – ... de la Ligue des droits et libertés du Québec. Elle réclame une enquête large, qui doit déborder de l'approche strictement policière présentement retenue par le ministre libéral de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, et aboutir à des actions concrètes. Dans son communiqué de presse, elle énumère les points qui devront être examinés de près.

Selon Me Philippe Robert de Massy, membre de la Ligue, «pour l'instant, rien n'indique que l'enquête de la Sûreté du Québec sur le décès de Fredy Villanueva diffère de celles qui ont blanchi les policiers impliqués dans les décès récents de Quilem Régistre (à Saint-Michel en octobre 2007) et de Mohamed Anas Bennis (à Côtes-des-Neiges le 1er décembre 2005).»

Partialité d'un corps policier enquêtant sur un autre (suite) – Jessica Nadeau du Journal de Montréal a interrogé André Marin, ex-directeur de l'Unité des enquêtes spéciales de l'Ontario. (NDLR : La Special Investigation Unit, dont je parle dans l'article précédant).

Selon lui, les enquêtes menées par la police dans des circonstances semblables (à celles de Montréal-Nord) ne sont pas aussi rigoureuses et ont tendances à démontrer du favoritisme. Cela étant, il affirme qu'une équipe indépendante et non des policiers devrait enquêter sur la mort de Fredy Villanueva. Lisez l'intéressant article de la journaliste.

Partialité d'un corps policier enquêtant sur un autreLes enquêtes internes sur des policiers fautifs sont souvent suspectées de partialité. En 1996 et 1997, rapporte la Commission Poitras, le ministère de la Sécurité publique dénombrait, à partir de statistiques du Bureau du coroner, 30 (trente !) décès survenus au cour d’interventions policières, dont 25 imputés à des corps policiers municipaux. (La Commission Poitras cite une lettre de Florent Gagné, alors sous-ministre à la Sécurité publique, datée du 10 septembre 1998 et adressée à Me Denis Coulombe.)

À maintes reprises, des coroners ont constaté des problèmes d’apparence de partialité dans les enquêtes policières portant sur des décès, qu’elles aient été menées par des collègues du corps policier impliqué ou appartenant à un autre corps policier. La Commision base notamment son argumentation sur le Rapport du coroner Pierre Trahan relatif à la mort de Jorge Chavaria Reyes, le 22 novembre 1990. (Pierre Trahan Rapport d’enquête du coroner, 19 avril 1993)

Trahan y cite, dans un premier temps, un autre coroner, Me Harvey W. Yarosky, qui avait enquêté sur la mort de Marcellus François, abattu par un policier de l’île de Montréal le 3 juillet 1991 : «À la fin de l’enquête, écrit Me Harvey, plusieurs procureurs ont soulevé la question de l’appréhension raisonnable de partialité lorqu’un corps policier doit enquêter un autre corps policier comme ce fut le cas ici. Celle-ci est d’autant plus justifiée lorsque les corps policiers impliqués entretiennent entre eux des relations sur une base régulière et elle est accentuée par le fait que, de temps à autre, chaque corps policier devra enquêter les membres de l’autre corps policier. 

«Il s’agit là d’une question sérieuse, souligne Me Harvey. L’opinion publique se doit d’avoir pleine confiance dans l’indépendance et l’impartialité de telles enquêtes. En fait, c’est exactement pour cette raison que la province de l’Ontario a décidé de mettre sur pied un Special Investigation Unit, une escouade indépendante de tout autre corps policier, présidé par un juge à la retraite, relevant du bureau du Solliciteur général et ne devant faire rapport qu’au Procureur général de la province.»

Et le coroner Trahan de faire ensuite état de sa propre expérience : «Au cours des quatre enquêtes faisant l’objet du présent rapport, j’ai eu à faire face aux mêmes remarques et principalement au cours de l’enquête à Québec. En effet, il est évident que plusieurs personnes ne sont pas satisfaites de la présente politique et elles n’hésitent pas à nous le faire sentir. (…) En attendant de trouver une solution réellement valable, nous devons nous assurer de l’impartialité des acteurs, car toute la crédibilité des enquêtes en découle.»

La Commission Poitras se réfère également au rapport de la coroner Sourour, qui avait présidé l’enquête sur la mort de Trevor Kelly, survenue le premier janvier 1993. Elle aussi suggère le modèle ontarien : «Devant la problématique largement soulevée et répétée dans les milieux publics (…)».

D’après la Commission, l’inquiétude des coroners est plus que justifiée. Elle rappelle le témoignage fait devant elle par Gaétan Rivest, ex-policier de la Sûreté du Québec, qui avait lui-même participé à ce type d’enquêtes, à l’effet que, dans de telles circonstances, la prise des déclarations des policiers, «c’était tout arrangé».

Rivest a expliqué aux commissaires comment «on» pouvait volontairement omettre la mise en garde (que tout ce que vous déclarerez sera retenu contre vous...) ou la rater pour écarter de la preuve de la déclaration obtenue ou mener l’interrogatoire de sorte que les questions posées permettent aux policiers interrogés de ne pas s’incriminer. Il a aussi mentionné qu’ «on» n’isolait pas la personne (le policier) directement impliquée comme «on» le ferait en d’autres circonstances et qu’ «on» laissait les représentants syndicaux discuter avec les autres policiers pour fabriquer un scénario disculpant les policiers impliqués.

Afghanistan : saviez-vous que... – ... l'OTAN (L'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord) ne dévoile jamais le nom d'un soldat tué et celui de son pays d'origine? Qu'il laisse cela à la discrétion du pays concerné? Régulièrement, on lit ce genre de nouvelles....Site de l'OTAN....Le Canada et l'OTAN.

Canada : massacre culturel à la hacheDepuis quelques jours, Patrimoine Canada, sans faire de bruit, a décidé de mettre la hache dans plusieurs programmes (culturels), écrit la journaliste Nathaëlle Morissette du quotidien La Presse.

Le milieu culturel, inquiet, indigné, écrit pour sa part Caroline Roy du Journal de Montréal. Même la ministre québécoise de la Culture, Christine Saint-Pierre, du gouvernement libéral de Jean Charest, dénonce les nombreuses coupes que les conservateurs font dans le secteur de la culture.

PS : Particulièrement édifiants, ces articles. Le gouvernement conservateur de Stephen Harper, un homme de droite, préfère investir des milliards dans sa guerre en Afghanistan : le 90e soldat canadien a été tué il y a quelques jours. Cherche-t-il à couper ici et là dans les dépenses pour mieux équiper son armée et sa police?

La culture rapproche les peuples – J'aurais envie d'ajouter que la guerre les éloignent. L'Internet contribue à ce rapprochement. Avant son avènement, nos sociétés étaient beaucoup refermées sur elles-mêmes. Bien sûr, on savait ce qui se passait dans le monde, mais pas autant qu'aujourd'hui. Les médias traditionnels ne suffisaient pas, concentrés qu'ils étaient, et sont encore, sur leur nombril. Et cette connaissance de l'autre qui nous est étranger, va de plus en plus s'amplifier.

À preuve, cette expérience qui remonte à quelques jours. Mercredi 13 août (17H44), j'ai publié dans mes ACTUALITÉS un article sur le peintre touareg Almoustapha Tambo : voir ou revoir ses oeuvres ici. Le lendemain, j'ai reçu ce courriel d'une Française, prénommée Chantal : «Après une nuit de travail, j'ai trouvé votre article sur le net. J'en ai été très touchée, très heureuse. La fatigue s'est envolée d'un coup... (...) Almoustapha a du talent, beaucoup de talent.» Ça m'a fait rudement plaisir de la lire.

Dans la vie, il y a des moments où des choses éparses se lient d'elles-mêmes les unes aux autres. Ainsi, ma découverte d'Almoustapha, ce courriel inattendu de Chantal et cet article, trouvé par hasard, du sociologue français Henri-Pierre Jeudy, du Centre national de recherche scientifique : oublier son identité culturelle est une ouverture au monde.

Police de quartier, un seul citoyen consulté? – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) À lire la liste de ces intervenants publié dans ce document, il est en effet permis de penser que la consultation était ciblée : 3 conseillers municipaux de la Ville de Montréal : André Lavallée, Louise Roy et Jeremy Searle (présentation verbale, au lieu du dépôt d'un mémoire en bonne et due forme, bien argumenté, et sa lecture publique);

6 représentants du milieu institutionnel : Ville de Montréal, Comité consultatif de la CUM sur les relations interculturelles et interraciales (CCRII) ; Roger Côté, organisateur communautaire du CLSC Côte-des-Neiges (présentation verbale), Bureau d'intervention clinique et communautaire (BICC), SIDAC-Lachine (Société d'initiatives et de développement des artères commerciales), Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec ; Fraternité des policiers de l'île de Montréal (un syndicat), André Normandeau, criminologue ;

8 représentants d'organismes communautaires : Comité d'action femmes et sécurité urbaine (CAFSU), Groupe de la communauté noire francophone, SOS Racisme Québec-Canada, Association jamaïcaine de Montréal, Alliance Sénégal-Québec (présentation verbale), Coalition démocratique, Montréal écologique, des Citoyen-ne-s opposé-e-s à la brutalité policière (COBP) (présentation verbale) et «un citoyen» (désigné tel quel dans le document) : Harold Geltman.

L'année précédente, les «partenaires clés» de la police avaient été consultés par une firme spécialisée, apprend-on dans le même document, qui énumère, sans les désigner de leur nom : les élus de la CUM, les groupes d'intérêt (?), les médias (?), les organismes partenaires en matière de sécurité publique (?) ainsi que les syndicats et regroupements d'employés (?).

Il en avait été de même des directeurs de services de la CUM, du Comité de liaison police-tribunaux et des «associations et organismes partenaires» : le document mentionne TANDEM, organisme de la Ville de Montréal, et des CLSC, organismes du gouvernement du Québec, qui, eux, avaient transmis leurs commentaires au cours de rencontres avec des cadres civils et des policiers de l'île de Montréal.

Résultat de ces consultations ? Les invités de la CUM souhaitent, dans une belle unanimité, semble-t-il, que la police s'attaque aux causes de la criminalité au lieu d'en enrayer seulement les symptômes, s'efforce de rendre plus tangible et plus concret le «sentiment de sécurité des citoyens».

Notons que, hormis quelques initiés comme la Fraternité des policiers de l'île de Montréal, le criminologue André Normandeau, l'un des propagandistes de la police communautaire au Canada, et les COBP, tous les autres intervenants interrogés ignoraient l'abc de l'underground policier.

Le moins que l'on puisse dire est que la CUM et sa police n'ont pas pris grand risque. Comme il n'y a pas eu de débat public non plus, peut-on légitimement parler d'une véritable consultation ? Absolument pas. (Suite demain)

News du jeudi 14 Août 2008

L'émeute de Montréal-Nord, du neuf

08H45 – Jacques Dupuis, qui cumule à la fois la fonction de ministre québécois de la Sécurité publique et celle de ministre de la Justice, ne porte pas seulement deux chapeaux, mais ne répond pas à la vraie question : est-il normal qu'un corps policier enquête sur un autre?

Un journaliste du Journal de Montréal a vainement tenté à quelques reprises d'obtenir une entrevue avec lui. Il voulait lui poser notamment cette question. Par la suite, dans une lettre adressée à ce quotidien, le ministre a répondu, sans rencontrer le journaliste. Dupuis : «Les enquêtes effectuées par des policiers relatives à un autre corps de police sont réalisées avec professionnalisme et objectivité. Les policiers sont en outre les seuls à posséder l'expertise nécessaire pour ce genre d'enquête.»

Le même jour, réaction du Journal de Montréal à la lettre de Dupuis : Malgré des demandes répétées de notre part et deux promesses formelles, l'entrevue n'eut jamais lieu. Le Journal n'a pas été le seul média à attendre un appel du ministre hier. The Gazette, le Globe and Mail, et La Presse - ainsi que leurs lecteurs - ont connu le même sort. Le quotidien plaide le droit de savoir.

Par contre, le ministre Dupuis, qui refuse d'être interrogé à ce sujet par les principaux quotidiens version papier, accepte de répondre à celles de la télé LCN. Manque de pot, le 12 août, la journaliste Chantal Leblond, la lectrice de nouvelles, et son collègue journaliste Réjean Léveillé n'ont pas posé au ministre la fameuse question : est-il normal qu'un corps policier enquête sur un autre? Manque de temps d'antenne, ignorance de cet important point du dossier, oubli ou peur de l'aborder? Vidéo (06:26) de l'entrevue.

Au Québec, cette question, elle est posée depuis des années et des années. Un autre organisme vient de s'ajouter à la longue liste. L'avocat du CRARR, Me Jacky Éric Salvant : «Il faut qu'il y ait au moins apparence de justice pour les victimes et les communautés concernées. Malheureusement, les gens nous disent qu'ils n'ont aucune confiance à un service de police qui fait enquête sur un service de police.»

Qui est le CRARR? Un groupe de professionnels qui s'intéressent à la tolérance dans nos sociétés modernes.

PS : Selon le ministre Dupuis, seule la police possède l'expertise pour ce genre d'enquête. Qu'attend alors le ministre pour créer la police des polices? Ça s'est fait ailleurs, ça peut se faire ici également. Je signale que les membres du cabinet des ministres, et même le gouvernement, sont protégés par une force policière en civil indépendante de tous les autres corps policiers. Doit-on comprendre que le pouvoir s'assure d'une bonne protection, mais la refuse aux citoyens, ceux qui l'élisent. Deux poids, deux mesures.

Caricatures à perte de vue

04H30 – Son auteur : YGRECK. Il traite de l'actualité québécoise, internationale aussi. Son site en offre sur plusieurs pages, accompagnées de quelques photos. Bonne occasion pour le visiteur de l'extérieur du Québec de connaître un peu mieux ce qui s'y passe. Dans le bas de chacune, cliquez sur SUIVANT.

Sondages bidons et insécurité présumée – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Le temps est venu de passer au peigne fin les sondages… bidons, entre autres. Ils sont dangereusement infectés de parasites. Plus concrètement, nous allons parler de propagande, de manipulation de l'opinion publique.

Au cours de la période qui a précédé et suivi le lancement médiatique de la pseudo police communautaire, au milieu des années 1990, pouvoir politique et police de l'île de Montréal se réclamaient du support des citoyens afin d'en justifier l'implantation, seule apte, affirmaient-ils sans broncher, à «réduire la criminalité» et le « sentiment d'insécurité » (NDLR : On a démontré plus haut que le concept ne réduit ni l'une ni l'autre, pire, qu'il contribue même à propager l'insécurité.)

Inlassablement, ils le répétaient aux médias, l'ont même écrit dans un document officiel, étaient catégoriques : ils avaient consulté la population, qui se disait dans un état d'insécurité et réclamait la police communautaire. Regardons cela à la loupe, nous allons découvrir autres choses derrière ces discours.

Dans un document clé de l'ex-Communauté urbaine de Montréal (CUM) et de la police de l'île de Montréal, on apprend que les membres de sa Commission de la Sécurité publique, avant de donner le feu vert à la nouvelle approche policière, avaient tenu deux séances «publiques»de consultation, les 24 et 25 octobre 1995, où plus d'une vingtaine d'intervenants avaient fait part de leurs commentaires. (La Police de quartier - Ensemble pour mieux servir)

Cependant, tout indique qu'elles n'étaient pas publiques mais de nature privée : ceux-ci auraient été invités à y participer. On peut penser que si un citoyen ou un groupe ne figurant pas sur la liste s'y étaient rendus, ils les auraient sans doute acceptés. Mais comment auraient-ils pu s'y rendre et donner leur opinion, s'ils n'en avaient pas été informés ? Autre point : les médias étaient-ils admis ? (Suite demain)

News du mercredi 13 Août 2008

Des toiles touaregs – Magnifiques! Et tellement différentes de ce qu'on trouve en Occident. Je découvre qu'il y a de très grands artistes chez ce Peuple du désert. Almoustapha Tambo écrit sur son site : «Mes représentations s'inspirent des couleurs du désert... C'est un monde de liberté, j'exprime tout cela à travers des chameaux, dans un monde sans horizon.»

En Allemagne, qui est devenu le centre des arts de notre monde hautement technologisé, ces oeuvres trouveraient rapidement preneurs. Ne manquez pas cette rencontre culturelle. Dépaysement assuré. Explorez de haut en bas la page s'affichant. Agrandissez les photos des toiles en cliquant dessus.

L'art de défigurer un paysage unique – Dans ma région, le Saguenay-Lac-St-Jean, située au Québec, une Municipalité régionale de comté (MRC) se propose d'harnacher la belle chute de 72 mètres de Val-Jalbert, l'une des plus majestueuses du secteur et faciles d'accès, et de produire de l'électricité.

Plantons davantage le décor... À la fin des années 1920, on y avait érigé un barrage hydro-électrique afin d'alimenter une usine de pâte et papier. Un petit village (Val-Jalbert), destiné aux employés, y avait été construit. Par la suite, des difficultés économiques avaient entrainé la fermeture de l'usine, le démantèlement du barrage et le départ de tout le monde.

Il s'est écoulé plusieurs années avant qu'on décide d'en faire un lieu historique. Au début, des touristes le fréquentaient. Avec le temps, ils sont devenus moins nombreux. Alors, la MRC a pris la décision de reconstruire éventuellement le barrage. Elle vendra l'énergie produite à Hydro-Québec, une société d'État qui encourage l'harnachement de tout cour d'eau ayant un potentiel hydraulique.

Regardez la chute de Val-Jalbert (05:48) et demandez-vous si elle ne mérite pas un meilleur sort. Sur le web, les vidéos de ce lieu historique sont rares. On ne semble pas avoir pensé à l'impact positif de vidéos plus élaborées et de meilleures qualités sur YouTube.

Le village historique et la belle forêt qui l'entoure (03:58)

Un aperçu de l'ambiance (00:34) qui y régnait à l'époque toute récente où il y avait une certaine affluence.

Pendant ce temps, ailleurs dans le monde, notamment en France, on sait construire autre chose qu'un barrage pour attirer des touristes : des parcours sportifs aériens en forêt. À la fois simple, peu coûteux et ça marche. Vidéo (02:46) un peu plus bas dans la page s'affichant, à droite.

Contrôler les activités de la police – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Laplante croit que si ces conditions étaient remplies, la police aurait son autonomie, les élus leur responsabilité. L'auteur avance d'un autre pas : la police peut, elle doit même, mener ses activités avec une large mesure d'autonomie.

Mais il n'en constate pas moins que même si l'intervention politique comporte des risques, beaucoup préféreront courir ces risques plutôt que laisser la bride sur le cou à la police. Dans les cas où les décisions policières suscitent la controverse au sein de la population, l'appel aux décideurs politiques devient pressant. Pour un grand nombre, constate-t-il, certaines questions graves ne peuvent ni ne doivent se décider en exclusivité à l'intérieur des cadres policiers.

Cette ambivalence au sujet de l'autonomie policière, dont fait état Laplante, est attribuable au fait que justement toutes les conditions nécessaires à une autonomie totale ne sont pas réunies. Il est utopique de penser qu'elles le seront un jour. Vu le lourd passé de la police, les mêmes causes peuvent entraîner les mêmes effets plus probables que des effets contraires. C'est que, au Québec, comme dans beaucoup de provinces et pays, la police en civil échappe à la plupart des contrôles démocratiques usuels.

D'un autre côté, il est également malsain que le pouvoir politique intervienne. De fait, la gestion quotidienne des activités policières, et plus particulièrement celles de la police en civil, doit être confiée à un organisme neutre, du genre de celui recommandé par la Commission Poitras : le Conseil de contrôle des activités policières, composé de citoyens.

Personnellement, j'ajoute : un Conseil de contrôle composé de citoyens aguerris, dont des spécialistes en droits et libertés, et doté d'une ligne téléphonique sans frais et sécurisée afin que le citoyen, et le policier, puisse lui rapporter toute tactique illégale de la police en civil et en uniforme. (Suite demain)

News du mardi 12 Août 2008

AC/DC... – ... groupe australien : Safe in New York City (03:57).

Émeute, Montréal-Nord : on s'y attendait – Deux intervenants sociaux s'attendaient à ce que la situation se détériore un jour ou l'autre. Des citoyens n'acceptaient pas le comportement des policiers. Dans le Journal de Montréal, lisez le témoignage de Harry Delva, coordonnateur des projets jeunesse à la Maison d'Haïti, et celui de Frantz Jean-Jacques, de la Maison de jeunes L'Ouverture.

PS : En juillet 2000, Keder Hyppolite, l'un des leaders de la communauté haïtienne de Montréal et ex-membre du Comité de déontologie policière, dénonçait, dans le quotidien La Presse, la « mauvaise foi et l'hypocrisie » de ce corps policier (de l'île de Montréal) qui, tout en appelant à la collaboration de la communauté haïtienne, multiplie les actions douteuses à l'endroit des jeunes Noirs.

«Régulièrement (sic), des policiers n'hésitent pas à communiquer avec des employeurs pour les inciter à ne pas embaucher tel ou tel autre qui a un casier judiciaire. Plusieurs jeunes qui n'ont rien à se reprocher se font aussi encore régulièrement accoster par des policiers qui les forcent à s'identifier sans aucune espèce de raison. C'est grave, s'indignait-il : les policiers n'ont pas le droit d'agir ainsi. Et s'ils ne respectent pas les règlements, comment voulez-vous qu'ils obtiennent le respect des jeunes de la communauté haïtienne ?»

À cette même époque, Michel Chéry, un criminologue d'origine haïtienne qui avait réalisé une étude sur la délinquance chez les jeunes haïtiens, signalait que le taux de chômage est effarant, se maintenant toujours à 60%.

Un nouveau monde à découvrirL'art dématérialisé,100% virtuel. Innovateur, intéressant. Selon un intervenant que vous verrez dans la première des sept vidéos, «il n 'y a pas d'Art hors de l'Internet parce que tout est arrangé d'avance». Bon, nous voilà fixés.

Sept vidéos, empilées les unes sur les autres : la deuxième n'est pas disponible.

Des bizous colorés - Il y a une découverte à faire, regardez bien - L'homme à cheval - Cherchez le visage - Bon resto à fréquenter.

Avez-vous déjà vu le Web? – Je parle du coeur du web vers lequel transitent tout ce que nous envoyons, recevons, tous nos déplacements sur le web pour atteindre des sites, etc. On compare souvent le web à une toile d'araignée. Ce n'est qu'une métaphore, parce qu'il ne peut pas être défini tellement qu'il est immense. Bien sûr, des chiffres nous en donnent une bonne idée : nombre de sites, nombre d'utilisateurs, etc. Toutefois, le voir fonctionner sous nos yeux, c'est une autre affaire. Il est visible en pleine action seulement en pièces détachées. Et encore, il ne nous dit pas tout.

Exemple... Regardez sur une carte géographique, continuellement en mouvement et en temps réel, des photos partir d'un endroit du globe et transiter via le coeur du web. Déjà, vous aurez une petite idée. L'idéal est de vous rendre sur la page de départ et d'orienter votre curiosité. Tout est français sur ce site. Je vous suggère de commencer votre recherche dans la colonne de gauche. Bon voyage sur la planète WEB.

Afghanistan : 90e soldat canadien tué – La mort du caporal-chef Erin Doyle (photo) est survenue tôt lundi, dans le district de Panjwaii, province de Kandahar. D'autres éléments susceptibles de vous intéresser dans l'article de La Presse Canadienne.

Faire du vélo...... oui, bonne idée, mais pas n'importe où. Un peu plus bas dans la page qui s'affiche, colonne du centre, 4 photos à perdre l'équilibre : Extreme Mountain Biking. À regarder seulement si vous n'avez pas peur de tomber dans le vide.

L'effet domino de la crise des subprimes

01H47 – Rudy LeCours de La Presse, l'un des spécialistes en économie financière de ce quotidien, fait un bref et excellent résumé de la situation : les nuls en ce domaine comprendront tout. Dans le bas de le page s'affichant, colonne de droite, cliquez sur la vidéo : quand une crise en provoque une autre.

Montréal-Nord : émeute (suite) – Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a demandé au ministre libéral de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, une enquête complète, rapide et transparente sur les événements de samedi où un policier a tué Fredy Vallanueva et l'émeute qui s'en est suivie le lendemain.

PS : La transparence n'est possible que dans un seul contexte : l'enquête ne doit pas être effectuée par un corps policier, mais par le ministère québécois de la Justice. Des auteurs de rapports d'enquêtes, des coroners, des avocats, des organismes et des citoyens l'ont dit et répété dans le passé : ils ne croient pas que justice est rendue lorsque, dans des circonstances du genre, un corps policier enquête sur un autre.

L'histoire démontre que les policiers ont tendance à se protéger les uns les autres. C'est humain : tout le monde se protège peu importe le métier ou la profession. Dans le cas présent, si transparence il y a, les citoyens seront plus portés à penser que justice a été rendue, que les policiers soient exonérés de tout blâme ou pas. L'injustice génère des émeutes, la justice génère à la fois sentiment de confiance à l'égard du système et paix sociale.

Pouvoir et police : neutraliser l'arbitraire – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Laplante délimite la distanciation devant exister entre le pouvoir politique et la police. (Laurent Laplante -La police et les valeurs démocratiques -Institut québécois de recherche sur la culture) Il explique de quelle façon la communication doit se faire entre l'un et l'autre.

Le ballet politique-police doit être exceptionnel, et non constant. La police devrait tenir l'autorité civile au courant des décisions risquant de troubler la paix sociale de façon importante. De son côté, l'autorité politique doit dire explicitement, après coup -par exemple lors d'une crise comparable à celle d'Oka -jusqu'où elle endosse la décision prise et appliquée par la police.

Ensuite, chaque sphère redevient officiellement autonome jusqu'à ce que la crise suivante souligne à nouveau l'importance de l'interface. Du même coup, le pouvoir politique serait amené, en cas de gaffe policière, à baliser avec plus de précision «et surtout de façon législative» le travail policier.

Cependant, exiger de la police qu'elle respecte la loi, ce n'est pas intervenir dans sa façon d'appliquer la loi. «Les lois et règlements que la police doit faire observer sont déterminés par des élus, et la police n'a pas le droit d'ajouter ses propres interdictions, à moins que le législateur n'ait expressément permis ou souhaité de tels gestes».

Éminemment important de rappeler encore et encore ce que Laplante ajoute à son propos afin de ne pas l'oublier… De cette manière, écrit-il, les citoyens peuvent toujours, face à une police trop répressive à leur gré, faire disparaître par voie électorale les personnes ultimement responsables de l'excès. Une fois débarrassés des lois indésirables et des élus qui les avaient adoptées, les citoyens peuvent exiger des élus suivants qu'ils donnent à la police un encadrement législatif différent. Ainsi, du moins, le veut la règle démocratique.

À l'évidence, la proposition de Laplante vise à neutraliser l'arbitraire, à la fois du pouvoir et de la police. (La suite demain)

News du lundi 11 Août 2008

Les petites annonces? – Bof, y'a bien plus efficace. Je ne vous en dit pas davantage, je veux pas vous priver du plaisir de la découverte. Titre de la vidéo (03:54) : J'attendrai le suivant...

Montréal-Nord : émeute – Elle est une réaction à la mort de Fredy Villanueva, 18 ans, survenue samedi soir lors de ce qui semble avoir été une altercation avec des policiers de l'île de Montréal. Les dégâts causés lors de l'émeute semblent importants. Le quotidien La Presse a dépêché 4 journalistes pour couvrir l'événement.

PS : Je rappelle la nécessité d'une enquête neutre, indépendante de corps policiers. Plus bas dans cette page, lisez mon commentaire d'hier, dimanche 10 août. La transparence s'impose, peu importe l'événement. Ainsi que la présomption d'innocence. Les policiers y ont droit comme tous les autres citoyens. Ce n'est pas le moment de jeter de l'huile sur le feu.

L'affichage publicitaire – On peut ne pas aimer, faut reconnaître tout de même que certaines affiches sont particulièrement attractives. En voici une ribambelle.

Danyluk, dame de fer du conformisme – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Danyluk, une non élue, était vraisemblablement la seule à posséder à fond les dossiers de la CUM, en faisant abstraction bien sûr des directeurs de service : à la fin de mars 2000, elle dirigeait l'organisme à plein temps depuis environ sept ans. Mis à part Yves Ryan, maire de Montréal-Nord pendant une trentaine d'années, les élus les plus anciens de la CUM ne lui arrivaient pas à la cheville. Normale là encore puisque ces derniers oeuvraient d'abord et avant tout au sein de leur municipalité respective.

Danyluk connaissait tous les arguments et contre arguments de chacune des activités de la CUM. Lors d'un débat, que ce soit au sein de la Commission responsable de la police, du Comité exécutif ou du Conseil de la CUM regroupant tous les maires de l'île, elle pouvait aisément mettre en pièces l'argumentation d'à peu près n'importe qui. Notons qu'elle n'a pas toujours été, loin s'en faut, un modèle de transparence. Son dossier le plus lourd est sans nul doute celui de la pseudo police de quartier.

En décembre 2001, La Presse publiait un extrait du discours qu'elle avait livré au cours d'un cocktail privé réunissant les élus de la CUM et marquant la dernière assemblée du conseil de cet organisme, qui allait être remplacé par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).

Lisons ce passage (Vera Danyluk -La Presse du 13 décembre 2001) : «(…) j'ai la conviction que non seulement la CUM a joué un rôle historique dans la construction de la métropole, mais qu'elle laisse une marque indélébile, un héritage. L'aspect le plus évident de cet héritage, c'est le niveau assez exceptionnel de service à la population que nos décisions ont permis. Personne ne peut nier de bonne foi que nous avons atteint un niveau de sécurité publique remarquable. (…)». Danyluk plaçait en tête de liste la sécurité publique, c'est-à-dire la police…

Il est nécessaire de savoir qu'elle était très engagée en matière de prévention, le maître mot panzer. Elle occupait la vice-présidence du Centre national de prévention du crime (CNPC). Cet organisme canadien a pour mission de dicter les priorités de la stratégie nationale en matière de sécurité communautaire. Elle occupait également la présidence du Comité sur la sécurité et la prévention du crime, au sein de la Fédération canadienne des municipalités (FCM). (Sébastien Rodrigue -La Presse du 16 décembre 2001)

Cette dame de fer du conformisme, des bonnes mœurs et fanatique de la police communautaire répressive est une catholique convaincue, assiste à la messe chaque dimanche, apprend-on dans La Presse. Elle en a le droit, nous avons celui de le dire. Car ce renseignement fait partie intégrante de son profil politique et psychosocial. (Suite demain)

News du dimanche 10 Août 2008

Montréal : un policier a tué un hommeLa tragédie est survenue dans un parc de Montréal-nord, samedi soir. Lisez le compte rendu du journaliste Philippe Orfali du quotidien La Presse.

Le seul élément que je veux commenter a trait au fait que la Sûreté du Québec fera enquête. Ici, c'est ainsi que ça fonctionne. Lorsque la Sûreté du Québec est impliquée dans une histoire du genre, la police intermunicipale de l'île de Montréal est chargé de l'enquête.

Depuis des années, des organismes, militants contre la brutalité policière, critiquent cette façon de procéder. Ils craignent, et avec raison, les retours d'ascenseur entre corps policiers. Sans oublier certains avocats de la couronne plus proches de la police que de la loi : le rapport de la Commission présidée par le juge Poitras est explicite à ce sujet. La transparence est un élément essentiel au sein d'une démocratie.

Pour que ces enquêtes soient crédibles aux yeux du citoyen, elles doivent être effectuées par des policiers relevant du ministère québécois de la Justice. Donc, n'appartenant à aucun corps policier et n'ayant de lien avec aucun. 

Quant aux avocats de la couronne, chargés de porter des accusations à partir de preuves présentées par la police, il y aurait lieu également d'apporter des changements. Plusieurs de ceux-ci ont des contacts réguliers avec des policiers et certains finissent pas développer des affinités. Cela étant, la décision de porter des accusations contre des policiers doit être confiée à des avocats de la couronne n'ayant jamais eu de lien avec la police. Et qui ne travaillent pas dans un palais de justice, mais au ministère de la Justice, à Québec.

Panic : docu sur l'insécurité en FranceOn y traite du rôle de la droite, de la police et des «médias pyromanes». Un exemple, parmi d'autres : les élections présidentielles de février 2002, en France.

À l'été 2001, des syndicats policiers profitent du moment pour dévoiler des statistiques démontrant une hausse très forte de la criminalité. Et ce, alors même que l'année couverte par les statistiques n'est pas encore terminée : on sait, par ailleurs, ce que valent les chiffres policiers.

Les médias s'emparent de l'affaire, des sondages ainsi que des tables rondes à la télé et à la radios s'ensuivent. On ne parle que de ça à la une. «La France à peur», déclare l'animateur d'un téléjournal. Jacques Chirac, homme de droite, lance sa campagne sur le thème «impunité zéro» pour les délinquants. (Agence France-Presse - La Presse du 20 février 2002) Jean-Marie Le Pen, de l'extrême-droite, contribue, lui aussi, à propager le feu de la peur, de l'insécurité. Le débat public atteint alors son apogée, son niveau de panique.

«Il aura fallu, signalera un intervenant dans la vidéo, que les policiers montent au créneau un tout petit peu pour faire reculer le gouvernement». Comme il aura également fallu qu'un bandit (J.C. Bonnal) fasse un braquage alors qu'il vient à peine de recouvrer sa liberté pour que l'État français renverse des lois, dont celle de la présomption d'innocence, qui sera vidée de son contenu. Le tout décidé à partir d'un fait divers, propagé par les médias. Désormais, ce droit est aux mains de l'arbitraire policier. Tout est maintenant simplifié à l'extrême : ou vous êtes un suspect ou vous êtes un policier.

Au début du documentaire PANIC (durée 1H32:49), on traite un peu l'histoire policière : durant la deuxième grande guerre mondiale et, par la suite, celle de l'Algérie. On arrive rapidement aux années 1980 (François Mitterrand) et aux années 2000 (Jacques Chirac) et à l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy.

PS : Ayant enquêté plusieurs années dans l'underground policier, au Québec, je suis en mesure de dire que ce documentaire reflète la réalité. Bien que les intervenants ne disent pas tout, probablement parce qu'ils ne savent pas tout, je vous le recommande fortement. Il vous aidera à comprendre bien des choses.

Un 89e soldat canadien tué (suite)Qu'advient-il des soldats canadiens blessés grièvement (gravement) ou légèrement ? Les premiers doivent être rapatriés au Canada. Je le présume parce que les médias québécois n'en parlent pas. Sont-ils éclopés pour la vie? Comment vivent-ils handicap, souffrances physique et psychologique? Et leur entourage, lui? Plus spécifiquement l'ex-soldat ayant conjointe et enfants? À ma connaissance, aucun média du Québec n'a fait de reportage à ce sujet. Et les blessés légers? Là aussi le silence est total.

Les médias se mobilisent seulement lorsque des soldats reviennent après avoir été remplacés par d'autres sur le terrain. Alors là, nous avons droit au festival des reportages à la télé, la radio et les journaux.

Complicité tacite des proprios des médias et des journalistes avec le pouvoir politique de Stephen Harper, le premier ministre. Montrer ce qu'on ne peut éviter : la mort d'un soldat. Cacher les autres : les éclopés et la vie chamboulée (d'enfer?) qu'est devenue désormais la leur. L'objectif : démontrer que la guerre est propre. Pourquoi? Parce que si média et pouvoir montrent le vrai visage de la guerre, les Canadiens réclameront le désengagement du gouvernement en Afghanistan.

Afghanistan : un 89e soldat canadien tuéIl s'agit du Caporal-chef Joshua Brian Roberts (photo). Il est décédé à la suite d'un engagement des forces de la coalition dans le district de Zharey, province de Kandahar.

Système surchargé : l'élu ne peut tout savoir(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Alvin Toffler, auteur du livre Le Choc du futur, raconte une anecdote cernant bien la difficulté des élus de prendre les bonnes décisions. (Richard Martineau -L'Actualité d'août 1999) Un de ses amis, membre du Congrès américain, lui téléphone un jour, se plaint de son emploi du temps surchargé. Les deux tiers de sa semaine sont consacrés aux relations publiques et à des campagnes de financement. Le reste du temps, il siège à des comités et sous-comités, des groupes d'étude, des commissions...

Il pense à mille choses à la fois : «C'est impossible pour moi de connaître tout ce que je devrais savoir pour prendre des décisions éclairées.» Alors, qui prend les décisions ? Le sénateur lui ayant répondu que c'est son équipe, Toffler lui demande : «Et qui a élu ton équipe ?» Celui-ci retient de cette anecdote que les institutions politiques auraient beau être composées uniquement de génies et de saints, ils finiraient tous par prendre de mauvaises décisions. Simplement parce que le système est surchargé.

Transposons le contexte sur l'île de Montréal. À l'issue des élections municipales de novembre 1998, la présidente de la Communauté urbaine de Montréal (CUM), Vera Danyluk, s'est retrouvée avec plusieurs citoyens fraîchement élus dont les connaissances sur l'organisme régional étaient près du point zéro.

Elle a d'ailleurs demandé au ministre péquiste des Affaires municipales, le mois suivant, de lui permettre de retarder l'adoption du budget (Éric Trottier -La Presse du 15 décembre 1998) : «(…) compte tenu que les nombreux conseils de la CUM (police, transport, environnement, etc.) sont formés de nouveaux élus qui commencent à peine à prendre connaissance des dossiers».

À la CUM, cependant, le nombre de juridictions étant limité, les dossiers étaient par conséquent beaucoup moins nombreux qu'à la Ville de Montréal. L'équivalent d'un quintette comparé à un orchestre d'une trentaine de musiciens : aux niveaux provincial et fédéral davantage encore.

En outre, le maire Pierre Bourque de Montréal était un élu, donc devait répondre aux questions des médias, tenir des conférences de presse, émettre des opinions sur différents sujets, rencontrer régulièrement des électeurs, faire de la figuration publique, prononcer des discours, etc. Danyluk, une fonctionnaire, moins occupée que le maire, disposait par conséquent de plus de temps pour diriger son quintette. Dans ce cas-ci, nous sommes loin du sénateur débordé dont parle Toffler. (Suite demain)

News du samedi 9 Août 2008

Photos de la diversité – Elles sont un peu plus bas dans les pages s'affichant : Visages peints face à face L'Art, selon Michael Pooch Body Art (attention : femme nue) Temple en Thaïlande La main et ses multiples expressions Ouverture des JO, en Chine : hors du commun L'Art de la rue

Chine : l'ouverture officielle des JO... — .... GRANDIOSE! Voyez un petit aperçu sur vidéo (01:47). Les Olympiques favorisent le dialogue avec ce pays. On ne change pas un système implanté depuis près de ¾ de siècle en un claquement de doigts.

La Chine n'a pas tenu sa promesse... — ... d'améliorer les droits de ses citoyens. Voulez-vous manifester votre désaccord devant son stade olympique, à Pékin? S'agissant d'une manif virtuelle nullement nécessaire d'être sur les lieux. Allez sur le site de Reporters sans frontières (RSF). Cliquez sur la page qui s'affiche. Plus bas, cliquez sur PÉKIN, à gauche, ensuite sur VOIR. Il y a beaucoup de manifestants, on parle de plus de 14 000, dont certains agitent des pancartes.

C'est la deuxième événement du genre que RSF organise à la grandeur de la planète. Le premier avait trait aux marches de protestation des moines bouddhistes, en Birmanie. Géniale, cette idée! Sur le virtuel, on est l'abri des coups de matraques et de l'emprisonnement.

Les élus gobent tout ce que la police leur dit — (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Explicitons davantage. Supposons que vous vous appelez Pierre Bourque, horticulteur de profession. Les arbres, les arbuste et les fleurs, vous leur avez consacré votre vie, ils ne recèlent plus aucun secret pour vous. Au lieu de prendre votre retraite, vous décidez de présenter votre candidature à la mairie de Montréal, poste que vous remportez haut la main.

Du jour au lendemain, vous héritez donc de tous les dossiers dont un maire d'une grande cité doit s'occuper. À titre de membre du Comité exécutif de la Communauté urbaine de Montréal (infrastructure régionale qui existait à son arrivée à la mairie), vous héritez aussi des dossiers de celle-ci, dont celui de la police. Vous vous retrouvez avec une masse d'infos énorme à digérer, et en perpétuelle actualisation.

Personne ne pourrait l'absorber en quelques semaines ou mois, trop vaste, trop ramifiée. Malgré toutes les heures que vous y mettrez chaque jour, il vous faudra au moins une couple d'années pour en faire le tours. Et encore, car chaque directeur de service en saura toujours davantage que vous. Normal, chacun y beigne à journée longue, et certains d'eux depuis des années.

Le directeur auquel vous vous adresserez vous communiquera les renseignements au fur et à mesure de vos besoins. Sans omettre le directeur préconisant une solution à un problème, mais en en minimisant les inconvénients ou les dissimulant pour mieux vous la faire gober.

De même en est-il du dossier de la police. Puisque vous ignorez tout de ses tactiques, leurs conséquences physiques, psychologiques, sociétales et économique, il y a beaucoup de questions pertinentes que vous ne soulèverez jamais.

N'en soyez pas offusqué, même les journalistes n'en savent pas plus que vous, sauf ceux frayant dans les milieux policiers depuis une couple de décennies. Ayez le courage d'admettre qu'il est difficile, dans ce contexte, de saisir la portée de certaines décisions que vous prendrez en la matière. D'autant plus que les dirigeants des corps policiers ne dévoilent jamais leurs petits secrets. (Suite demain)

News du vendredi 8 Août 2008

Le site officiel de Pékin sur les Jeux Olympiques, et en français — Dans la page d'entrée, colonne de gauche, vous avez accès à toutes les infos que vous désirez, au presque : vidéos, galerie de photos, etc. Les compétitions ont débuté aujourd'hui, alors faudra attendre un jour ou deux pour voir les résultats s'accumuler. À visiter chaque jour.

La BBC aurait produit cette animation (02:00), Movie Monkey, portant sur l'ouverture des JO.

Tabou : assistant-e sexuel-le pour handicapé — Beaucoup d'handicapés vivent littéralement dans un désert affectif. Ils n'ont pas la possibilité de vivre leur sexualité. Heureusement, il se trouve des gens pour leur venir en aide, notamment en Suisse, Hollande et en Allemagne.

Ici, on parle de relations érotiques. Ces gens défendent le droit des handicapés au toucher intime, sans pénétration, parce qu'elle nécessite, de la part des deux partenaires, un engagement personnel plus grand. On préconise le corps à corps, la masturbation.

Vidéo (10:29) - Pour agrandir l'écran, pointez la flèche de la souris dessus, cliquez du côté droit. Sur le menu, choisissez ZOOM et cliquez sur PLEIN ÉCRAN. Revenez à l'écran plus petit en appuyant sur ESC, au sommet gauche de votre clavier.

Une vidéo érotique... — .... détrompez-vous, il s'agit de végétaux : une feuille caressant le tronc d'un arbre, etc. Un appel de Greenpeace de protéger la forêt, comme on protège celui ou celle qu'on aime.

Les élus, des néophytes en matière policière — (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Abordons un autre important volet de la problématique : la plupart des membres du pouvoir politique connaissent strictement rien en matière policière. Plusieurs d'entre eux tiqueront en lisant ce livre, découvrirons un univers dont ils n'avaient jamais soupçonné l'existence.

François Ali, conseiller municipal de l'ex-Ville Saint-Laurent, en banlieue de Montréal, était probablement l'un des rares à en avoir une bonne idée. (François Ali -La Presse du 5 avril 2000) On peut en tout cas le présumer à la lumière des propos qu'il avait tenus dans une lettre publiée par La Presse en avril 2000. Le contexte de son intervention avait trait à la future Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) devant remplacer la CUM. À ce moment-là, on ignorait encore que, après la fusion des 29 municipalités de l'île de Montréal, la police relèverait de la nouvelle Ville de Montréal.

Alors Ali s'interrogeait  : relèverait-elle de la CMM ou d'une régie ? «Si le contrôle civil du SPCUM (la police de l'île de Montréal) laisse beaucoup à désirer aujourd'hui, on comprend la difficulté de le rendre plus imputable à la société dans sa nouvelle régie, écrivait-il. Déjà le citoyen constate chaque jour que sa vie est de plus en plus contrôlée par le pouvoir politique. Il aura encore plus de raisons de craindre un pouvoir policier dont il n'aura plus le contrôle. Car la police de Montréal -et la Sûreté du Québec, par ailleurs, soulignait-il -sait manipuler, conditionner, surveiller à ses propres fins la société qu'elle est censée protéger.»

Ali était le seul élu municipal qui, publiquement, se préoccupait de cette question. Ceux qui en savaient plus que lui, se taisaient. Ainsi, le ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard, la présidente de la CUM, Vera Danyluk, deux spécialistes en la matière. Et, à un niveau moindre, Yves Ryan, maire de Montréal-Nord pendant 37 ans (élu pour la première fois en 1963) et, à ce titre, membre du conseil des maires de la CUM. Il avait siégé également au Comité exécutif et à la Commission de sécurité publique de la CUM, alors responsable de la police. Tous les autres élus étaient pour la plupart des néophytes. (Suite demain)

News du jeudi 7 Août 2008

Un fameux de bon clip québécois! — Il a été réalisé par la chanteuse Marie-Luce Béland et est diffusé sur son site : laCenneNoire. Elle a eu l'idée lumineuse de faire interpréter son dernier tube PLEINE LUNE par des animateurs vedettes de stations de la radio québécoise : CKOI, Énergie, Rock détente et Rythme FM. De la belle folie et ça bouge. Marie-Luce est vraiment superbe.

La mode, source d'émancipation de la musulmane? — En Turquie, il semble bien ce soit le cas. Foulard et vêtements deviennent peu à peu colorés et accompagnés de motifs. Sur cette vidéo, regardez comme elles sont belles à croquer et coquines, les musulmanes.

Sur afrik.com, lisez attentivement l'article traitant du foulard devenu «un accessoire de séduction très fashion». Suggérons à nos musulmanes du Québec d'adopter les couleurs de la liberté.

Québec : plus de policiers municipaux sur les routes? — Réponse du premier ministre (pm) libéral du Québec, Jean Charest : «On ne va pas mettre un policier à tous les coins de rue. Ce n'est pas vrai qu'on va créer un État policier (sic) pour discipliner chaque conducteur.» Lisez l'article de Malorie Beauchemin du quotidien La Presse.

PS : Voilà au moins un élu, et pas n'importe lequel, qui n'a pas eu peur de brandir le STOP aux directeurs des corps policiers qui veulent toujours plus d'argent, d'effectifs, d'équipement, plus de ci, plus de ça pour mater davantage la population. Se ne sont pas le conservateur Stephen Harper, pm du Canada, ni le président W. Bush, ni Sarkozy et beaucoup d'autres qui auraient opposé ce refus.

La reconstruction du Japon après la dernière grande guerre — Il y a quelque temps, j'ai diffusé sur mon site une première vidéo (01:58) à ce sujet. Voici la deuxième (01:41), différente de la précédente mais portant sur le même thème. Il s'agit d'animations de synthèse créées par Nobuo Takahashi, et particulièrement bien réussies.

J'ai trouvé... — ... sur le web les paroles de la chanson (de nos jour interdite?) de Bob Dylan : Everybody Must Get Stoned. Chantons en choeur...

Well, they'll stone ya when you're trying to be so good,
They'll stone ya just a-like they said they would.
They'll stone ya when you're tryin' to go home.
Then they'll stone ya when you're there all alone.
But I would not feel so all alone,
Everybody must get stoned.

Well, they'll stone ya when you're walkin' 'long the street.
They'll stone ya when you're tryin' to keep your seat.
They'll stone ya when you're walkin' on the floor.
They'll stone ya when you're walkin' to the door.
But I would not feel so all alone,
Everybody must get stoned.

They'll stone ya when you're at the breakfast table.
They'll stone ya when you are young and able.
They'll stone ya when you're tryin' to make a buck.
They'll stone ya and then they'll say, "good luck."
Tell ya what, I would not feel so all alone,
Everybody must get stoned.

Well, they'll stone you and say that it's the end.
Then they'll stone you and then they'll come back again.
They'll stone you when you're riding in your car.
They'll stone you when you're playing your guitar.
Yes, but I would not feel so all alone,
Everybody must get stoned.

Well, they'll stone you when you walk all alone.
They'll stone you when you are walking home.
They'll stone you and then say you are brave.
They'll stone you when you are set down in your grave.
But I would not feel so all alone,
Everybody must get stoned.

Il fait nuit... — ...ici, l'air est doux, la fenêtre ouverte. Sur le terrain voisin, un gros chien noir, retenu à sa niche par une longue chaîne, jappait de temps à autre, il y a environ 1 heure. Je l'entendais comme s'il avait été devant ma porte. C'est l'un des membres de l'escouade canine de la Sûreté du Québec. Harcèlement! Elle n'aime pas du tout ce que j'écris sur mon site.

En ce moment, je travaille sur mon ordi en écoutant de la belle zizique, tasse de café à portée de la main. Qu'est-ce que j'écoute? Concerto d'Aranjuez : je vous laisse le choix entre la guitare classique (10:56) ou la trompette (05:06), que je préfère à l'autre. Et le Canon de Pachelbel : ici, le choix est entre l'orchestre (04:17) ou la guitare de Funtwo (05:21), un jeune asiatique doué, la meilleure interprétation, selon moi.

Où sont les centres de décisions policières? — (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Laplante nous fait remarquer qu'il y a autant de polices qu'il y a de sociétés. (Laurent Laplante -La police et les valeurs démocratiques -Institut québécois de recherche sur la culture) Le pays totalitaire aura une police à son image : soupçonneuse et envahissante ; la société démocratique exigera de sa police qu'elle contribue au respect et à l'épanouissement du pluralisme, de la tolérance, de l'équité et de la transparence. Société démocratique, le Québec souhaite donc obtenir constamment de ses forces policières ce type de contribution.

Est-ce que ce souhait est réalisé? s'interroge-t-il. En bonne partie et le plus souvent, oui, mais ni toujours ni partout. Notons que Laplante a écrit son bouquin avant la flambée des technologies de l'information et de la pseudo police communautaire, qui ont décuplé l'efficacité de la police. En France, suivant Casamayor, le policier sert tous les régimes. «Mais il est beaucoup plus instructif et grave de constater que tous les régimes font appel aux policiers.» (Louis Casamayor -La Police -Gallimard)

Laplante, de son côté, et il est vital de le rappeler, soutient que ce ballet entre politiciens et policiers laisse la société sous l'impression qu'elle n'a pas à savoir où se situent les vrais centres de décision. Tout cela compose un tableau fort peu démocratique, juge-t-il. En effet, comment se défaire électoralement de ces élus alors qu'ils agissent en catimini?

En outre, ils ne sont plus les seuls à pouvoir tailler les citoyens comme une haie de cèdres, des groupes adorant aussi émonder, étêter et, lorsque nécessaire, déraciner. Rusée, la police n'accepte au sein de ses comités et réseaux de citoyens-mouchards que ceux idéologiquement proche d'elle. La situation est rendue à ce point enchevêtrée que c'est pratiquement le brouillard intégral. Évitons de faire du Québec un cas unique parce que les tactiques policières sont universelles. (Suite demain)

News du mercredi 6 Août 2008

France : des pauvres ont accès à des tarifs d'électricité plus bas — Voilà une mesure sociale des plus intéressantes, que le Québec devrait copier-coller. Hydro-Québec n'arrête pas d'augmenter régulièrement ses tarifs. Les proprios n'ont d'autre choix que celui d'ajouter ces coûts au prix du loyer.

En France, une personne à faible revenu vivant seul peut obtenir un rabais de 30%, une famille de deux enfants, 50%. Prenez connaissance des critères.

Le 30e Festival des films du monde de Montréal (FFM) — Il se tiendra du 21 août au 1er septembre, dans plusieurs salles, dont celle du cinéma impérial, reconnu comme monument historique du Québec. Le programme du FFM sera disponible sur son site le week-end précédant l'ouverture officielle du festival.

Son but est d'encourager la diversité culturelle et la compréhension entre les peuples. Il est ouvert à la fois aux professionnels du cinéma et au public en général. Chaque année, des films provenant de plus de 70 pays y sont présentés. On y offre souvent des films engagés. Vous voulez en soumettre un? Colonne de droite de la page s'affichant, cliquez sur INSCRIRE UN FILM. Plus bas, dans la même colonne, vous pouvez vous abonner à sa newsletter.

Lorsque j'habitais Montréal, j'y allais régulièrement. La richesse de son répertoire est incroyable. Des productions qu'on ne voit nulle part ailleurs, surtout pas dans les cinémas traditionnels, tous branchés sur les grandes stars. J'ai rien contre, remarquez, mais les films hors normes, qui dérangent, dénoncent, militent pour un monde meilleurs, devraient y avoir leur place aussi.

Canada : dans les années 1970, la GRC a infiltré le mouvement féministe (suite) — J'ai fait écho de cette nouvelle hier : voir plus bas. Ce matin, suis tombé pile sur cette bonne caricature de Michel Garneau du quotidien Le Devoir. Saurez-vous reconnaître l'agent infiltreur?

Où est l'amour dans la palmeraie? — Un jour, Jérôme le Maire, sa femme et ses enfants ont décidé de quitter l'Europe. Ils ont loué leur maison, pris ce dont ils avaient besoin et sont partis. Ils voulaient changer leur mode de vie. Ils sont arrivés dans une palmeraie du Maroc, l'équivalent d'une île dans le désert.

Après quelque temps, le Maire a commencé à observer les relations entre les hommes et les femmes. Il s'est demandé comment l'amour peut exister dans un univers aussi rigoureux, entre coran, tradition, séparation des sexes et condition de la femme. Cette question, il l'a tout simplement posée autours de lui.

Une belle aventure anthropologique d'1H:24:28 où on découvre la face cachée de l'islam.

Intervention d'un flic auprès d'un employeur — (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Voyons brièvement une autre affaire du genre. Cette fois, il s'agissait d'une tentative ratée de la part d'un autre membre du même corps policier, l'agent Claude Slavinski, celui-là en uniforme. (Marcel Laroche -La Presse du 10 juin 1999) En juin 1997, il n'avait pas apprécié que le livreur Bruno Vézeau prenne du temps à enlever son camion de livraison, qu'il avait stationné en travers de la rue pour décharger des marchandises. Slavinski en avait informé son employeur. Ce dernier en avait parlé à son employé, qui avait porté plainte au Comité de déontologie policière.

Selon Me Danielle Simoneau, procureur du commissaire de déontologie, Slavinski avait agi dans le seul but de causer des ennuis au plaignant qui, fort heureusement, n'a pas perdu son emploi à la suite de cette dénonciation. Le comité avait reconnu Slavinski coupable d'avoir «(...) transgressé son serment de discrétion qui lui est imposé par la loi» et suspendu de ses fonctions pendant dix jours sans traitement.

Complétons notre visite touristique au pays de Castro. Derrière la milice cubaine omniprésente, les CDR et son armée de citoyens-mouchards, il y a la police politique, le G-2, qui opère, elle aussi, dans l'ombre et le secret. De l'aveu général, écrivent Pierre et Renée Gosset, elle est admirablement faite. (Pierre et Renée Gosset -L'adieu aux barbus -Éditions Julliard) Elle travaille sur dénonciations, sur dossiers patiemment réunis qu'elle garde sans les utiliser jusqu'au moment propice.

Parfaitement informée et organisée, elle est ainsi au courant de la plupart des foyers de résistance qu'elle laisse couver sous la cendre. Cependant, à la moindre menace intérieure ou extérieure, elle s'abat sur eux. Au cours de mon enquête, et ainsi qu'en témoigne la partie récit de ce livre, j'ai constaté que le Québec avait aussi sa police politique : la Sûreté du Québec. (Suite demain)

News du mardi 5 Août 2008

ONU : bilan de Louise Arbour sur son mandat à titre de Haut Commissaire aux droits de l'homme — À la fin du mois d'août, elle cèdera son poste à la Sud-Africaine Navanethem Pillay : elle n'a pas demandé le renouvellement de son mandat.

Dans une entrevue accordée à france24, elle traite de la situation des droits de l'homme, notamment de leur régression dans les années qui ont suivi les attentats terroristes aux USA, en septembre 2001. L'animateur l'interroge également sur son passage à la Cour pénale internationale (CPI), à titre de procureur général, poste qu'elle avait occupé précédemment, sur la situation au Darfour, au Tibet, les Jeux Olympiques en Chine, etc. Un tour d'horizon particulièrement complet.

Canada : dans les années 1970, la GRC a infiltré le mouvement féministe — Selon la Presse Canadienne, un rapport de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) sur un rassemblement pour la libération des femmes tenu en mars 72 contient des renseignements biographiques sur plusieurs militantes.

PS : Les journalistes ne savent pas ce qui se passe dans le monde de l'ombre et du silence de la police en civil. Alors, lorsqu'ils tombent sur un rapport du genre, ils pensent avoir trouvé une mine d'or. Il serait peut-être temps qu'ils ajustent leur montre à l'heure d'aujourd'hui.

Tout le monde est infiltré et espionné par la police en civil, hommes et femmes, directement ou indirectement par collabos interposés, notamment par des petits commerçants ou de leurs employés qui nous remettent la monnaie de nos achats accompagné d'un beau sourire sympa.

Tout ce monde fait d'abord et surtout du renseignement. Ce qui explique pourquoi la très grande majorité des citoyens sont fichés dans les mégabanques informatisées de la police. Je suggère fortement aux journalistes d'enquêter sur le monde d'aujourd'hui, pas celui d'il y a un demi siècle. Mettez-vous Up to date, bordel!

La voiture fonctionnant à l'eau?Yesssssssss!

Les Jeux Olympiques en direct de Chine sur le web... — .... 24 heures sur 24, à compter du 8 août jusqu'au 24 inclusivement. Samedi 8, tsrsport.ch proposera une offre éditoriale complète et inédite, ce qui laisse entendre que ce ne sera pas gratuit. C'est à suivre ici.

Sauf erreur, jusqu'à présent la diffusion des JO était une chasse bien gardée des grands réseaux de télévision. Il était grand temps qu'on passe à l'heure du web.

La police peut vous faire perdre votre emploi ou vous empêcher d'en obtenir un — (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Sur l'île de Montréal, la police en civil peut vous faire perdre votre emploi, ou vous empêcher d'en trouver un, si vous refusez d'entrer dans le moule social ou de collaborer avec elle. On l'a vu dans mon cas. Difficile à croire mais pourtant…

Parlons alors du cas haïtien, en souhaitant qu'il incitera des lecteurs et lectrices, peu importe la couleur de leur peau, à rendre public des mésaventures du genre. Je suis sincèrement convaincu qu'il y en a plusieurs. Sans oublier tous les autres dont on n'entendra jamais parler parce qu'ils ignorent que la police est à l'origine du fait que leur candidature à un emploi a été rejetée ou de leur congédiement.

À l'été 2000, le commandant Ronald Blanchette, traitant de la violence des gangs de rue haïtiens du quartier St-Michel, à Montréal, et de Montréal-Nord, dénonçait la communauté haïtienne (Éric Trottier -La Presse des 12 et 13 juillet 2000) : «Le problème, déclarait-il, c'est que les gens de la communauté noire ne nous aident pas ; ils ont trop peur de parler.» Évans Desmangles, du bureau de la Communauté chrétienne haïtienne de Montréal, réagissait en ces termes : «(…) nous croyons que nous collaborons amplement avec la police, puisque nous faisons partie de comités sur la prévention du crime, de tables de concertations, etc.»

Keder Hyppolite, l'un des leaders de la communauté haïtienne de Montréal et ex-membre du Comité de déontologie policière, ripostait également, soulignant la «mauvaise foi et l'hypocrisie» de ce corps policier qui, tout en appelant à la collaboration de la communauté haïtienne, multiplie les actions douteuses à l'endroit des jeunes Noirs.

«Régulièrement (sic), des policiers n'hésitent pas à communiquer avec des employeurs pour les inciter à ne pas embaucher tel ou tel autre qui a un casier judiciaire. Plusieurs jeunes qui n'ont rien à se reprocher se font aussi encore régulièrement accoster par des policiers qui les forcent à s'identifier sans aucune espèce de raison. C'est grave, s'indignait-il : les policiers n'ont pas le droit d'agir ainsi. Et s'ils ne respectent pas les règlements, comment voulez-vous qu'ils obtiennent le respect des jeunes de la communauté haïtienne?»

Hyppolite est probablement le premier citoyen à dévoiler publiquement ce volet inconnu des activités clandestines illégales de la police de l'île de Montréal : celle-ci ne doit pas être la seule à agir de façon aussi condamnable. Combien aussi sont congédiés à la suite d'interventions policières auprès d'employeurs, ou délaissent leur emploi parce que épuisés psychologiquement par les déstabilisations à répétition de la police en civil? Gravissime !

Et ce l'est davantage au sein de cette communauté où, suivant Michel Chéry, un criminologue d'origine haïtienne qui a réalisé une étude sur la délinquance chez les jeunes haïtiens, le taux de chômage est effarant, se maintenant toujours à 60%.

Ces policiers agissent, sur plus d'un point, comme leurs collègues cubains. Ce qui inquiète, c'est le silence des élus "responsables" de la police, ainsi le ministre québécois de la Sécurité publique. Ce mois de juillet 2000, qui dirigeait ce ministère sous le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard? Serge Ménard.

Les silences aussi au sein du Comité exécutif de l'ex-CUM : présidente Vera Danyluk et maire de Montréal Pierre Bourque. Silence également des journalistes : aucun n'a pensé d'enquêter sur les faits rapportés par Hyppolite. Silence des éditorialistes. Silence des victimes, silence des employeurs ayant subi des pressions policières. Ce sont tous ces silences qui perpétuent cette approche totalitaire. (Suite demain)

News du lundi 4 Août 2008

Le républicain américain Ron Paul : au lieu de donner des leçons (de démocratie) à la Chine... — ... je suggère que nous retournions notre attention sur les très réelles menaces aux États-Unis où nos libertés civiles et les droits de l'homme sont rongés constamment.

Cette citation, que je ne mets pas entre guillemets, a été publiée sur le site de l'agence de presse Xinhuanet, qui est l'organe officiel d'information de la Chine, reconnue également pour faire dans la désinformation : remarquez que tous les gouvernements du monde s'adonnent à cette pratique. Lisez cet article, qui correspond tout de même aux déclarations atypiques du sénateur Paul : contre la guerre en Irak, contre la propagande anti-iranienne des USA, etc.

Xinhuanet, une agence de presse fiable?
Site du sénateur
républicain Ron Paul : articles et vidéos
Qui est Ron Paul?
Opinion de Mathieu Bréard
Wikipedia
répond aussi à cette question

Je publie cet article sur mon site parce que je sais qu'en matière de démocratie, nos donneurs de leçons occidentaux sont des cordonniers mal chaussés. Entendre W. Bush, ou Stephen Harper du Canada, défendre les droits de citoyens du tiers monde, me donne la nausée.

Argentine : après la crise du début des années 2000 des employés prennent possession d'usines — Une histoire fascinante que la journaliste Naomi Klein (auteur des livres No Logo et Le Capitalisme du Désastre) raconte dans un documentaire d'1H:27:06.

Après la crise du début des années 2000, le pays est exsangue, des capitaux évalués à 40 milliards de dollars sont transférés vers des pays étrangers. Les déposants des banques n'ont pas cette chance, eux : leurs avoirs sont gelés. En somme le système économique court-circuité par ceux-là même à l'origine de la crise. Des millions de citoyens protestent dans les rues, pendant que des travailleurs sont mis à pied et que des usines sont abandonnées. Méfait de la mondialisation débridée? Capitalisme sauvage? Oui.

C'est alors que des employés décident de se prendre en main, d'occuper des usines abandonnées, d'instaurer l'autogestion et de les remettre en marche, sans l'approbation de leur propriétaire. L'approche connait du succès, suggère à d'autres employés d'en faire autant de celles où ils travaillaient avant les fermetures. Gros problème à l'horizon qu'ils devront résoudre... légalement : la propriété privée est un droit inaliénable.

Vidéo : Réappropriation d'usines en Argentine

Wikipedia : bon résumé de la crise argentine

Il se crée de belles chansons... — ... dans les pays arabes. Ainsi, celle-ci interprétée par Rakim : Dead Can Dance (05:39). Elle démarre un peu lentement, puis tambours et voix se font entendre. Captivé, on l'écoute jusqu'à la fin. Sur le web, on découvre une richesse musicale dont on ignorait l'existence. Ça nous repose des instruments et style occidentaux qu'on entend régulièrement partout.

Le Cubain : «Faut bien penser à sa carrière» ; Le Québécois : «Faut ben travailler» — (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Dans ce pays maintenu «artificiellement» en état de besoin chronique où tout bon Cubain doit se considérer comme un soldat de l'économie nationale, état de guerre permanent où il est sans cesse appelé à livrer de nouveaux combats, qui, sinon ces défenseurs de la révolution omniprésents (les membres des CDR), lui rappellera son devoir de volontaire lorsqu'il s'agit par exemple de gagner à la place des paysans la bataille du sucre?

À cette question des deux auteurs, Pédro R..., un étudiant, a répondu qu'ils n'étaient «pas obligés» d'aller faire la récolte de la canne. «Chacun est libre, mais celui qui n'y va pas n'est pas considéré comme un très bon révolutionnaire. Et il faut bien penser à sa carrière.»

Autre parallèle québécois… À Lac Bouchette, j'avais décrit sommairement à un vieux monsieur l'omniprésence de la police en civil de la Sûreté du Québec dans le village. Affairé à réparer une clôture sur son terrain, il m'avait dit en connaître une couple. Et quand je lui avais confié qu'elle s'introduisait même dans les maisons privées, il avait délaissé sa clôture, s'était redressé et raidi, ses yeux s'étaient arrondis, et m'avait lancé, l'air mécontent et dépité de l'homme impuissant  : «Faut ben travailler !» (Suite demain)

News du dimanche 3 Août 2008

La pub dans la rue... — ... partout, et là où on s'y attend le moins. L'orgie publicitaire. 70 photos en tout. Descendez lentement l'ascenceur jusqu'en bas de la page.

Bob Dylan : Everybody Must Get Stoned — Une tune de Dylan pratiquement introuvable sur le web. C'est à croire qu'on l'y enlevée parce que l'auteur relate l'histoire d'un copain qui a fumé un joint de marijuana et veut retourner chez lui à pied. Censure? Peut-être, peut-être pas non plus. N'en reste pas moins que son répertoire y est quasi totalement disponible, sauf quelques pièces, dont celle-là.

De nos jours, réclamer publiquement la légalisation de la marijuana est très mal vue par la police. Cela étant, franchissons le Rubicon, au nom de la liberté d'expression. Il y a aussi le fait que j'aime cette pièce, elle me fait bien rigoler.

Sur fond musical de la tune de Dylan, deux filles stones?

Idem, mais avec diapo de photos... stones

Occident : Fox news, le pire des médias — On critique beaucoup les médias traditionnels, et non sans plusieurs bonnes raisons. Cependant, le pire d'entre tous, en Occident en tout cas, est la chaîne FOX NEWS, New York, USA. D'obédience républicaine et conservatrice à l'os, elle est considérée comme celle qui terrorise les Américains. Et pas seulement eux, puisqu'elle diffuse à peu près partout dans le monde, dont elle rejoint les trois quarts de la population. Elle s'affiche comme étant une chaîne journalistique, alors qu'elle est indigne de ce nom.

Excellent documentaire vidéo (1H:17:20) : Outfoxed (français)
Site de FOX NEWS
Wikipedia : infos sur Fox News
Wikipedia : avertissement sur la validité des infos

El comandante André Laplante — (Suite tome 1 de L'Étau Policier) À l'été 1999, le commandant André Laplante, du poste 33 de la police de l'île de Montréal, discourait avec enthousiasme, dans La Presse, sur la réduction de la criminalité dans le quartier du Parc-Extension, situé sur le territoire de la Ville de Montréal. (Rima Elkouri -La Presse du 22 juillet 1999) Parlait du défi de l'intégration, ce quartier étant le plus cosmopolite de la métropole. «On veut se rapprocher des gens, se rendre directement chez eux. (...) On va faire appel à des gens capables d'interpréter, de parler différentes langues, d'aller derrière les portes fermées».

Un plus clair, el comandante annonçait sa décision d'y introduire des mouchards, c'est-à-dire de violer l'espace privé de ces citoyens. Pourquoi? Pour imposer son emprise psychologique et enrichir sa mégabanque informatisée de renseignements de toutes sortes sur chacun de ces néo-Canadiens et leur entourage.

Poursuivons notre visite "touristique" à Cuba... Pierre et Renée Gosset écrivent qu'il faut l'avoir vu pour comprendre l'emprise pesante, permanente, des innombrables CDR cubains dont chacun tient en main son immeuble, son pâté de maisons, son village ou sa ferme collective. (Pierre et Renée Gosset -L'adieu aux barbus - Éditions Julliard) Cette mégère en uniforme vert assise devant son seuil, sur sa chaise de paille, est l'archétype du chef d'îlot. Elle s'occupe de tout, notamment des cartes d'alimentation, des campagnes de vaccination et, cela va de soi, de l'endoctrinement en organisant dans un garage ou une cuisine une discussion sur le marxisme-léninisme. (Suite demain)

News du samedi 2 Août 2008

La misère, plus belle au soleil? — Une équipe de bakchich.info est allée vérifier à Marseille : plages polluées, petits commerçants vs police, visite de poubelles de quartiers riches, etc. Le morale est bon, paraît-il : Vidéo (07:04).

La multinationale Nestlé a espionné l'ong ATTAC-SUISSE — Qui est Nestlé? Une multinationale spécialisée en nutrition, santé et bien-être. Qui est ATTAC-SUISSE? Un organisme non gouvernemental (ONG) altermondialiste préconisant une taxation des transactions financières afin d'aider les citoyens : la plate-forme d'attac, un mouvement existant un peu partout en Occident.

En bref, son objectif vise à «se réapproprier ensemble l'avenir de notre monde». Les multinationales et les États, particulièrement les membres du G8, ne doivent pas être les seuls à construire le monde d'aujourd'hui et de demain. Ces préalables sont nécessaires à la compréhension de ce qui va suivre.

En juin dernier, TSR, une station de télévision suisse, diffusait un reportage sur Temps Présent démontrant que la multinationale Sécuritas (près de 9 000 employés, chiffre d'affaire de 800 millions de francs-suisses), spécialisée dans la sécurité privée, avait, à la demande de Nestlé, infiltrée l'ong Attac-Suisse.

Au cours de leur enquête, les journalistes Jean-Philipe Ceppi et Mauro Losa ont constaté que l'une de ses activités navigue dans une zone proche de l'espionnage, zone grise où la loi est imprécise et normalement réservée à l'État. La question qu'ils soulèvent : est-ce acceptable dans une démocratie? Titre de la vidéo (36:30) : Securitas, un privé qui vous surveille.

Réaction d'Attac-Suisse, à la suite de ce reportage.

Sécuritas, présente un peu partout en Occident, dont au Canada

Hier, l'éclipse totale du soleil... — ... a surtout eu lieu en Asie. Je vous présente une vidéo de l'événement. Dans la page s'affichant, cliquez à l'endroit indiqué.

Autre parallèle entre Cuba et le Québec — (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Dans une chronique, la journaliste Lysianne Gagnon de La Presse relate un voyage qu'elle a effectué à Cuba en 1974, décrit son arrivée vers minuit dans un hôtel de La Havane, en autobus. (Lysianne Gagnon -La Presse du 9 octobre 1999) «Dans chaque district, des gens sortaient des comités locaux du Parti -le parti qui était immortel et vous suivait jour et nuit -. L'assemblée était finie, ils rentraient chez eux, la mine grise et indifférente. Je les voyais, ces militants, comme les fiers enfants de la Révolution, sans penser qu'ils étaient les chevilles ouvrières du système de surveillance et de délation qui avait été mis en place dans chaque quartier

En février 2001, son collègue Gilles Paquin revenait d'un bref séjour dans une petite ville de l'île cubaine, où il était allé interroger Libertad Acosta Diaz. (Gilles Paquin - La Presse du 17 février 2001) Depuis trois ans, elle attendait son mari, Bernardo Arevalo Padron, de l'Agence de presse indépendante Linea Sur Press. Il lui restait encore trois autres années à purger avant d'obtenir sa libération d'une prison de Castro. Les dirigeants du pays ne respectaient pas les engagements signés lors d'un sommet ibéro-américain, et Padron avait osé les traiter de menteurs.

Libertard racontait au journaliste Paquin que, «quinze minutes après votre arrivée, tout le monde savait que vous étiez ici. Le bureau du CDR est au bout de la rue et il y a toujours quelqu'un qui surveille». Elle lui a dit que les allées et venues de ses visiteurs sont signalées à la police et lorsqu'elle rend visite à son mari, les agents l'interrogent à ce propos. « Ils me demanderont certainement : " Qui est venu chez vous, avec une voiture bleue, vendredi dernier à 11h30 ?" Ils ouvrent aussi mon courrier (...), mais j'ai l'habitude.» Le père de Padron a confié a Paquin que «les murs ont des oreilles».

Parallèle québécois… En avril 2004, Hugues Létourneau, policier de la Sûreté du Québec et chroniqueur attitré D'un lac à l'autre, mensuel distribué à Lac Bouchette, sollicitait l'aide des lecteurs pour lutter contre le crime. «Portez une attention aux activités de vos proches, amis ou voisins, conseillait-il. Ont-ils un emploi connu? Sont-ils sans emploi? Entretiennent-ils des relations suspectes? Ont-ils un train de vie anormalement élevé? Etc. Si vous êtes témoins d'éléments suspects, prenez des notes : l'adresse et la description de la propriété impliquées ; le numéro de plaque et la description des véhicules impliquées ; tout autre détail relatif aux activités et actif du sujet.» Suivaient deux numéros de téléphone à composer, et l'assurance que toute information sera traitée confidentiellement.

Petit village de 1 370 citoyens et où, ne l'oublions pas, tout est déjà aseptisé à l'os, comme dans une salle de chirurgie. (Suite demain)

News du vendredi 1 Août 2008

George Orwell va revivre — Le 9 août prochain, un blog sera mis en ligne à cette fin. J'en ignore encore l'adresse web. Chaque jour, on y publiera un extrait de son journal personnel. De l'inédit?

J'ai lu son livre 1984. Il y a si longtemps que je ne me souviens plus s'il y traitait de l'avènement éventuel de nouvelles technologies. Je le pense pas. Ce dont je me souviens, par contre, c'est qu'il ne m'avait pas impressionné. Certes, une bonne fiction, mais rien d'autre. Aujourd'hui, je réalise qu'il avait raison : nous avons les deux pieds dedans.

Lisez l'article de Clément S., du site actualitte.com.

Les internautes pourront faire part de leurs commentaires ici.

Pékin 2008 : vidéos à voir absolument — Le Théâtre du Soleil a concocté trois vidéos en prévision de ces jeux olympiques. Que vient donc faire cette troupe de comédiens français dans ce décor international, et sportif en plus? À premier vue, elle nous semble bien loin de l'art dramatique, des planches et des rideaux.

Penser ainsi, c'est ignorer que cette troupe diffère de beaucoup d'autres. Sur wikipédia, vous allez apprendre, tout comme moi, qu'elle privilégie le travail collectif, que son but est d'établir de nouveaux rapports avec le public et de se distinguer du théâtre bourgeois en présentant un théâtre populaire de qualité.

Des vidéos pointues. Dans la page s'affichant, colonne de droite, cliquez sur le première image.

Précision relative aux flics déguisés en journalistes... — J'écris vite et oublie des éléments. Je fais de petites fautes aussi, mon correcteur d'orthographe est ko, un de mes deux ordis aussi, l'autre défaille de temps à autre. Manifestement, et ce n'est pas les seuls cas en l'espèce, et très loin de là, la Sûreté du Québec, corps policier provincial du Québec, n'aime pas du tout ce que j'écris sur mon site : lisez le tome 1 de L'Étau Policier, colonne de droite de ma page d'accueil, et vous comprendrez tout. C'est gratuit en plus.

Je reviens sur le sujet de la manchette afin d'apporter une précision qui me semble importante. Dans les salles de nouvelles des médias, les civils, hommes et femmes, ne sont pas déguisés uniquement en journalistes, également en photographes, caméraman et téléphonistes aussi. Cela étant, évitons de tomber dans la démesure et finir par croire que tous ceux pratiquant ces métiers sont flics. Enfin, j'ajoute que c'est partout pareil dans le monde.

Canada : des policiers déguisés en journalistes (suite) — Selon le groupe des Journalistes canadiens pour la liberté d'expression (CJFE), l'an dernier un policier de Vancouver s'était fait passer pour un reporter d'un quotidien distribué gratuitement afin d'attirer le militant anti-pauvreté David Cunningham à une réunion où il fut arrêté.

Quelques années auparavant, des agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) s'étaient déguisés en documentaristes de la Société Radio-Canada afin de retrouver, d'interviewer et d'arrêter John Bjomstrom, un détenu en cavale.

«Et ce ne sont que les cas dont nous avons connaissance», signale la journaliste Mary Agnes Welch, correspondante parlementaire du quotidien Winnipeg Fress Press, au Manitoba, et présidente de l'Association canadienne des journaliste. Lisez son texte (en anglais).

Canada : le CJFE dénonce le déguisement de policiers en journalistes — Le groupe des Journalistes canadiens pour la liberté d'expression (CJFE) n'est pas le seul à dénoncer cette tactique clandestine, d'autres associations de journalistes aussi.

L'affaire est sortie du sac la semaine dernière. Dans des topos, des reporters ont révélé qu'un policier avait procédé ainsi, en 2007, lors d'un barrage routier mis en place par des Mohawks, en Ontario, province du Canada.

Par ailleurs, dans un témoignage rendu sous serment au cours du procès du manifestant mohawk Shawn Brant, le policier Steve Martell a déclaré qu'il n'y avait pas de lignes directrices claires relatives aux rôles que les policiers peuvent ou ne peuvent pas jouer.

Selon le CJEF, cette «manoeuvre sournoise» constitue à la fois une menace à la sécurité des journalistes, une entrave à leur travail et par conséquent une atteinte à la liberté de presse au Canada.

Deux textes : CJFE (en anglais) et IFEX.ORG (en français).

PS : Je l'ai déjà écrit quelques fois sur mon site, je le répète : la police en civil, hommes et femmes, a infiltré les salles de nouvelles. Je persiste et signe : oui, des flics déguisés en journalistes, dans les salles de nouvelles.

Le Breton Alain Le Quernec n'est pas sûr... — ...qu'il y ait un mot définissant son métier. Il n'est pas affichiste (mot démodé, dit-il dans une entrevue publiée sur le site pixelcreation.fr), pas graphiste (trop technique), pas artiste (trop prétentieux), pas publicitaire (pas d'insulte, svp).

Chose certaine, cet homme est engagé et fait du bon boulot. En témoigne ce diapo de plusieurs de ses dessins (cliquez sur SUIVANT, côté droit de l'écran) et ces autres, que vous trouverez dans le milieu de la page s'affichant d'Agoravox : cliquez sur les hyperliens. Apprenez-en aussi un peu plus sur le Breton en lisant le compte rendu de l'entrevue réalisée par Thierry Le Boité.

Explorez aussi cet autre site sur les Arts décoratifs et faites la connaissance d'autres grands noms : colonne de gauche, entre autres endroits.

Pourquoi pas des assises et un défilé annuels des collabos? — (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Inocencia Acosta Felipe, autre Cubaine que Lewis, Lewis et Rigdon ont également interrogée, a contribué à la mise sur pied du CDR de l'îlot où elle habitait. «Abelardo Diaz, qui tenait l'épicerie de l'angle, était chargé de la surveillance.» En 1962, selon elle, le directoire national des CDR avait établi une hiérarchie de six (6) directoires provinciaux, cent cinquante (150) directoires de district, mille trois cent soixante (1 360) directoires de section. Véritable toile d'araignée couvrant toute l'île de Cuba.

Pour sa part, Bailby écrit que les CDR sont la principale organisation de masse du régime. (Édouard Bailby -Cuba -Éditions Centre Delta) Installés dans chaque pâté de maisons des zones urbaines et dans chaque village, ils formaient, à la fin de 1979, un véritable tissu sanguin à travers tout le pays. Plus de 4,5 millions des 9 millions de Cubains en faisaient partie. Les CDR restent ouverts jour et nuit. Échelonnés tous les 100 ou 200 mètres, leurs militants sont notamment «chargés de veiller sur la sécurité (sic) des citoyens».

À quand le directoire québécois de secteur, de district et, coiffant le tout, le directoire provincial ? Et pourquoi pas des assises annuelles de toutes ces marionnettes-citoyennes dont pouvoir et police tirent les ficelles? Dans leur expression la plus aboutie, suggérons un défilé annuel, tous vêtus de la chemise noire, arborant des oriflammes à tolérance zéro et entonnant des hymnes à la gloire de la police.

En janvier 2002, dans la foulée de la nouvelle carte policière du ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard, le corps de police municipal de Roberval, au Saguenay-Lac St-Jean, a été aboli et ses policiers ont été intégrés à la Sûreté du Québec. (Alexandre Gauthier -l'Étoile du Lac du 12 janvier 2002) Au cours de la cérémonie d'assermentation, à l' Hôtel de Ville, ceux-ci ont entonné l'hymne de ce corps policier. (Suite demain)