News du lundi 31 Août 2009
■ U2
– Magnificent
(04:32). Visionnez plein écran, son au max. Avoir la musique en
tête, aujourd'hui : j'ai...
■ Nothing
ever hurt like you – James Morrison
(04:15).
■ France
: un bilan complet du rassemblement des socialistes, ce dernier
week-end
- Important d'en parler parce que c'est un nouveau parti de gauche
qui est en train d'émerger. L'objectif : battre l'Union pour un
mouvement populaire (UMP) de Sarkozy, un parti de droite, aux
prochaines élections présidentielles
(2H59). Bien sûr, le débat ne fait que commencer. La suite des
événements nous dira jusqu'où cela ira.
La
gauche veut réinstaurer la démocratie dans ce pays. On ne répètera
jamais assez que ce qui se passe dans les pays occidentaux peut nous
affecter tous, directement ou indirectement, à court ou moyen terme.
Dans le sens que lorsque l'un adopte une loi liberticide, il
contamine les autres, sinon tous, en tout cas un certain nombre
d'entre eux. On se dit tel pays l'a fait, on peut le faire nous
aussi. La télésurveillance, qui s'est propagée comme une traînée
de poudre, en est l'un des exemples les plus probants.
■ Dr
Lauzon : «c'est
à l'État du Québec que devrait être imputée la responsabilité
de ces décès»
des héroïnomanes n'ayant pas accès à la méthadone - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) La
méthadone est le début de la fin de la souffrance, l'assurance
aussi d'en sortir vivant. Cependant le gouvernement péquiste, en
cette année 1998, en distribue peu.
Le
Dr
Pierre Lauzon,
l'un des premiers à traiter des héroïnomanes avec cet analgésique,
crie
presque au meurtre.
Il raconte au journaliste Myles du quotidien Le Devoir que pour cette
raison des citoyens meurent. «Et
c'est à l'État du Québec que devrait être imputée la
responsabilité de ces décès»,
affirme-t-il.
Dans
un article de La Presse, il fait cet autre commentaire (Marie-France
Léger -- La Presse du 18 février 1999) : «L'inaccessibilité
en toxicomanie est catastrophique.
On suspecte qu'il y a plus de jeunes qui prennent de l'héroïne, en
tout cas on a plus de demandes de traitement pour la méthadone. Mais
beaucoup ne sont pas traités et
sont désespérés.
On parle beaucoup des urgences
(à l'époque, les civières s'y entassaient dans les corridors),
mais on
ne parle pas beaucoup des héroïnomanes qui meurent dans la rue
faute de services».
Le
Dr
Suzanne Brissette,
chef du service de désintoxication de l'hôpital Saint-Luc, est
aussi explicite : «Tous
services confondus, on répond à Montréal à 40 ou 50% de la
demande. C'est de plus en plus criant.
(...) La
demande dépasse largement l'offre de service. La
méthadone prévient des infections comme le VIH ou l'hépatite C
(NDLR
:Maladies
qu'ils transmettent ensuite à des personnes ne se droguant pas).
Elle
devrait pouvoir être davantage utilisée»,
soutient-elle. On a la preuve ici que des toxicos veulent s'en
sortir. (Suite
demain)
■ La
police me fera passer comme étant un consommateur de drogue, un
Hell's Angel, l'ami d'un pyromane, un pédophile, un agresseur de
femmes
- (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Illustrons
concrètement la désapprobation communautaire créée de toutes
pièces à mon encontre par la police de l'île de Montréal. Me
faire passer pour un consommateur de drogues,
à la rigueur, ce n'était pas si terrible. Cependant, m'associer à
un gang de motards...
Me
souviens que l'un des responsables de l'entrepôt de Jeunesse
au Soleil
m'avait présenté à un tiers comme étant un Hell's
Angel.
Le ton n'était pas agressif, plutôt amical même. N'empêche, le
mot avait été lâché. Moi,
un Hell?
Lui avais rétorqué que j'étais plutôt un White Angel. Je n'en
revenais pas qu'il ait cette opinion de moi. Qui lui en avait suggéré
l'idée? Mon impression est que les propos de la police a tenu à mon
sujet n'étaient
pas des plus flatteurs.
Lorsque celle-ci a tenté de faire croire à des bénévoles que
j'étais l'«ami»
d'un pyromane,
j'avoue que là aussi, je l'ai beaucoup moins bien pris. Cependant,
il y a bien pire!
Quand
elle a vu qu'elle ne ferait pas beaucoup de kilométrage avec ces
tactiques, elle
me fera passer pour un pédophile
-- des bambins que je ne connaissais pas me quémandaient de l'argent
-- et
un agresseur de femmes.
Elle multipliera les mises en scène tant dans la rue qu'à Jeunesse
au Soleil et ailleurs. Elle les utilisera d'ailleurs pendant des
mois, caricaturera
à gros traits pour que je sache bien qu'elle en est la signataire.
Elle
me faisait croiser des femmes aux
seins énormes,
presque aussi gros et pointus que des obus. Sans blague. Ou
qui m'exhibaient généreusement leur postérieur en
se pliant en deux pour nouer un lacet, déposer un sac sur le
trottoir ou cadenasser une bicyclette. Je n'avais jamais vus autant
de ma vie.
Pour que ces déstabilisations m'entrent dedans comme une
tonne de brique, il lui fallait la complicité de tous ses
béni-oui-oui. Elle avait dû les en informer. Notons que plus
souvent qu'autrement, le
ni vu ni connu est assuré puisque ces ragots sont propagés par des
civils camouflés en bénévoles ou clients de ces établissements.
(Suite
demain)
News du dimanche 30 Août 2009
■ Tank
– Tuer et être tué aussi
(01:00). Quoi qu'il y a plus de civils qui meurent que de soldats.
■ OneDotZerO
Moscow mix
– tuer, tuer et tuer encore et toujours
(04:46)...
■ Les
internautes créatifs abondent – Il y a du bon et moins bon, comme dans n'importe quoi. Question
de goûts aussi. Igor Skaletsky a réussi une vidéo que
j'aime bien : "Piece"
(02:05).
■ France
: enfin, de l'air frais au sein du parti socialiste (PS) –
Sa première secrétaire Martine Aubry
(44:14 + article du Monde)
a fait part de sa décision de rénover le PS d'A à Z, vendredi 28,
première journée d'un week-end consacré à la tenue d'ateliers sur
différents thèmes.
Deux
de ceux-ci ont soulevé l'enthousiasme des militants, incluant
Ségolène Royal, l'ex-candidate aux dernières présidentielles,
c'est tout dire : non-cumul des mandats et élections primaires pour
déterminer celui ou celle qui représentera la gauche aux prochaines
élections présidentielles.
■ Yvon
: «Avec
la méthadone, tu ne sens pas le manque et ça
gèle tes récepteurs d'endorphine» - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Dans
une série de trois articles publiée en septembre 1998, le
journaliste Brian Myles du Devoir, à qui nous devons la description
des bienfaits
de la méthadone
que nous venons de voir, rapporte notamment une étude réalisée en
1996 par le Groupe de recherche sur les jeunes de la rue et
l'infection au VIH et démontrant qu'un jeune de la rue sur 20
consomme de l'héroïne tous les jours sur l'île de Montréal.
(Brian Myles -- Le Devoir des 22, 23 et 24 septembre 1998) (NDLR :
tous
les chiffres doivent pris avec des pincettes.)
Tous
âges confondus, on y dénombrerait 6 000 usagers réguliers. Des
héroïnomanes savent que la méthadone les aiderait à sortir de
leur cauchemar. Cependant, Québec
la distribuant au compte-gouttes, seulement 600 d'entre eux en
obtiennent,
en cette année 1998.
Prenons
connaissance du témoignage d'Yvon,
un Québécois de 30 ans, héroïnomane depuis l'âge de 16 ans,
porteur
du virus du sida et des hépatites B et C.
En mars 1999, il en est l'un de ces bénéficiaires. (Christiane
Desjardins -- La Presse du 14 mars 1999) Il raconte à la journaliste
Christiane Desjardins de La Presse avoir fait sept ou huit thérapies,
dont deux qu'il a mené jusqu'au bout.
«Des
sevrages à froid, j'en ai faits. Pour une semaine ou deux, t'as mal
partout, tu vomis, c'est l'enfer, je ne souhaiterais pas ça à mon
pire ennemi. Mais
après, c'est pas fini. Tu peux être des mois sans dormir, à
angoisser.
(...)
Avec
la méthadone, tu ne sens pas le manque et ça
gèle tes récepteurs d'endorphine.
Même si tu prends de l'héroïne, ça ne te fait rien. Donc tu n'en
prends pas. D'ailleurs ça serait dangereux.
(...) J'ai
commencé à 60 mg de méthadone, et aujourd'hui (en
mars 1999) je
suis rendu à 49. En baissant d'un mg par mois comme mon médecin me
l'a conseillé, j'aurai
arrêté dans 49 mois.»
(Suite
demain)
■ Résultats
des commérages de la police en civil : des gens vous tournent le
dos, des portes se ferment, des employeurs vous disent non... - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Chez
la plupart des citoyens, l'intégrité est
le point le plus sensible de l'épiderme,
à cause de la fameuse peur du qu'en-dira-t-on.
La
moindre rumeur peut anéantir la réputation de quelqu'un.
Peu de citoyens résistent, à peu près tous s'enfoncent la tête
entre les épaules et rentrent dans le rang. Cependant, quand elle
n'est pas justifiée, réagir
ainsi correspond à abandonner ses droits aux mains de l'arbitraire
policier.
Il
importe de rappeler qu'en ces temps de pseudo police communautaire
(et tous les autres synonymes qu'on lui attribue faussement), la
répression repose désormais sur la désapprobation...
communautaire.
C'est que la
police met dans le coup
de vos voisins, de petits commerçants et dirigeants d'organismes
communautaires de votre rue, votre quartier, votre ville. Ceux-ci
croient dur comme fer à tout ce qu'elle leur raconte
et, pensant jouer un rôle préventif pour le bien-être de la
société, s'investissent
activement dans des tactiques policières,
sans soupçonner ce qu'il y a derrière cet écran de fumée, car
c'en est un.
Cela
a toujours un peu existé, mais
jamais sur une aussi vaste échelle. Du
jour au lendemain, sans que vous sachiez pourquoi, des
gens vous tournent le dos,
des
portes se ferment,
des employeurs potentiels vous
disent non.
Vous voilà éjecté de la société, condamné sans avoir passé
devant un juge. Far
West, lynchage public. Graves accrocs aux droits, dont d'innombrables atteintes à la
dignité. (Suite
demain)
News du samedi 29 Août 2009
■ Muzorama – Dessin animé un peu hors de l'ordinaire, amusant
(03:12).
■ La
nappe de brouillard empêchant... l'ambulance de l'État de sauver
des vies en péril - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Rendons-nous
sur les lieux d'un autre charnier, cette fois impliquant directement
le gouvernement canadien du premier ministre libéral Jean
Chrétien,
de qui relève la lutte anti-drogue, et le gouvernement québécois
du premier ministre péquiste Lucien
Bouchard
: des
héroïnomanes meurent faute de méthadone.
La
méthadone est un analgésique opioïde d'origine synthétique qui
agit sur l'organisme un peu comme l'héroïne, le
«buzz» en moins.
(Brian Myles -- Le Devoir des 22, 23 et 24 septembre 1998) Prise par
voie orale, elle bloque les effets de sevrage de l'héroïne et
permet à de ses usagers d'arrêter de se droguer, de sortir de leur
enfer. L'alternative,
c'est la méthadone ou potentiellement la mort.
Avant
d'entamer le sujet, signalons que dans les articles qui suivent le
nombre de consommateurs de drogues dures varie,
pratiquement d'une source à l'autre. Certains minimisent le
phénomène, d'autres le maximisent et, entre les deux, des
intervenants naviguent à vue. Les chiffres, comme on dit,
s'entrechoquent.
N'en
faisons pas le reproche à ceux œuvrant sur le terrain, qui ne sont
pas des statisticiens. Il
appartient à l'État d'élaborer des statistiques,
qu'il n'y en ait pas ou très peu démontre l'intérêt que nos élus
canadiens et provinciaux portent à la question. Ce n'est pas le seul
point : argent
et personnel médical manquent également.
Se
détache de ces constats, l'absence
de leadership du pouvoir politique,
qui n'a pas encore décidé de prendre le problème à bras-le-corps.
D'où la grande confusion, peut-être voulue : tant que la
population n'a pas le vrai portrait de la situation, cela évite au
pouvoir d'intervenir efficacement. En somme, la
nappe de brouillard empêchant... l'ambulance de l'État de sauver
des vies en péril.
(Suite
demain)
■ Une
auto-patrouille rapide,
menaçante, vient dans ma direction - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Dans
un premier temps, la
police me fait sentir que ma présence n'est pas la bienvenue.
Autos-patrouille et des civils sont notamment là pour ça. Cette
méthode s'avérant inefficace, une wagonnette de l'escouade tactique
et un civil se déplaçant à bicyclette me
coupent à quelques occasions le chemin
pour bien me faire sentir que je suis persona non grata dans le
secteur.
Comme
je
persiste,
la police se fait plus insistante. Sans jamais m'inculper de quoi que
ce soit puisque je n'ai jamais commis le moindre délit. Elle ne peut
non plus m'accoler une accusation d'entrave au travail de policiers,
n'étant pas sur le lieu d'un crime, j'ai parfaitement le droit d'y
circuler librement. D'une fois à l'autre, elle
en vient à utiliser des tactiques de plus en plus répressives.
Me
souviens de cet après-midi où j'avais entrepris de traverser la rue
Sherbrooke, à l'intersection d'Amherst. Mon feu est vert et, juste
en face de moi, sur l'autre versant de la rue, une auto-patrouille
est immobilisée, le policier me regarde, avant-bras appuyés sur le
volant. Soudain, j'entends
le vrombissement d'un moteur tournant à plein régime,
coup d'oeil à gauche : une auto-patrouille, qui vient de démarrer,
se
dirige dans ma direction.
Le
moteur est à ce point sollicité que la partie avant de la
carrosserie vibre. Auto-patrouille rapide, menaçante. Sans
avertissement sonore. Je reviens précipitamment sur mes pas, pour me
réfugier sur le trottoir. Elle
passe en trombe, comme une balle.
Mon feu était-il passé du vert au rouge? Je l'ignore.
Chose
certaine, le flic, sur l'autre côté de la rue, était encore là.
En outre, celui qui avait foncé sur moi avait dû me voir puisque
j'étais presque rendu au milieu de l'artère.
Je n'affirme pas qu'il cherchait délibérément à me frapper,
mais seulement à m'effrayer. (Suite
demain)
News du vendredi 28 Août 2009
■ La
cigarette, la seule responsable du cancer du poumon? - D'autres origines commencent à poindre à l'horizon : voir article
sur l'alcool et la bière. J'ai lu sur le web il y a quelque temps
une étude effectuée en France qui désigne la cigarette comme étant
la seule responsable du cancer du poumon : malheureusement, j'en ai
supprimé la référence, croyant ne plus en avoir besoin.
On écartait du revers de
la main, et en quelques paragraphes (sur plus de 300 pages, je le
précise), la responsabilité potentielle de quelques produits
chimiques et l'air pollué dont nous remplissons nos poumons. Il
était claire et nette que ses auteurs avaient focalisé sur la
cigarette.
Je n'affirme pas que fumer est bon pour la santé, loin de
là. J'affirme que les études incomplètes sentent un peu beaucoup
la manipulation. Ainsi en est-il de gouvernements qui ont déclaré
la guerre sainte à la clope, mais qui font pas grand-chose pour
protéger le citoyen de la toxicité.
De part le monde, il y a
des milliers de produits chimiques, alors seule une recherche de
grande envergure pourrait nous dire ce qui en est vraiment. Est-elle
possible? Et toutes ces petites parties (toxiques) par million que
parait-il nous pouvons ingurgiter sans danger, aucune étude n'est
encore venue nous dire le résultat de ces combinaisons, ces
accumulations dans l'organisme. Est-elle possible aussi?
Nous
inhalons des émanations toxiques et mangeons du chimique. Parlez-en
aux agriculteurs utilisant des pesticides et aux éleveurs bourrant
leur bétail de médicaments et autres médecines, celles-là pour
accélérer la croissance : accélération ici du retour de
l'investissement. Parlez-en aussi à ceux qui nous cuisinent
notamment des petits plats et des pâtisseries que nous achetons dans
les magasins d'alimentation. Cela dit sans vouloir mettre tout ce
monde dans le même panier, car je crois qu'il existe des chefs
d'entreprises honnêtes. Combien sont-ils?
■ Facebook
répond favorablement aux recommandations de la commissaire
canadienne de la vie privée – Déclaration d'hier jeudi de la commissaire Jennifer Stoddart,
très heureuse du résultat de ses démarches : "En raison de
ces changements, la vie privée des 200 millions d'utilisateurs de
Facebook au Canada et à travers le monde sera beaucoup mieux
protégée. Cela est extrêmement important. Les personnes pourront
profiter des avantages du réseautage social sans avoir à renoncer
au contrôle de leurs renseignements personnels." Lisez la suite
sur le site
de la commissaire.
PS : Bel exemple
démontrant qu'il est possible de défendre les droits des citoyens
d'un pays et d'amorcer un effet domino partout dans le monde.
Enthousiasment, vraiment! Dans ce cas-ci, aucun gouvernement n'est
intervenu, tout s'est déroulé à la suite de l'initiative d'une
seule personne, Jennifer Stoddart.
Notre
monde a besoin d'autres effets dominos planétaires du genre, venant
du Canada ou d'ailleurs. Ce serait super si nous arrivions à créer
une solidarité citoyenne de cette envergure. Pourquoi pas une
Organisation des citoyens unis (OCU), que l'ONU (Organisation des
nations unies) reconnaitrait comme l'un de ses membres à part
entière. Évitons de rêver en couleur, espérons seulement, mais
surtout n'oublions pas de rendre hommages sur le web à ceux
d'entre-nous qui se démarquent, ainsi Jennifer Stoddart.
■ Un
beau cas, parmi de nombreux autres, où la police a orienté
l'opinion publique dans le sens de son orthodoxie - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Ces
jeunes, dans leur belle naïveté, pensent que rien ne peut leur
arriver. Puissante,
la pensée magique.
Cela transparaît d'ailleurs dans cet article du journaliste Paul Roy
de La Presse et titré La mort n'inquiète pas les jeunes de la rue.
(Paul Roy -- La Presse du 26 septembre 1999)
En
septembre 1999, il a interviewé des jeunes toxicomanes assis sur un
muret, en face de l'Université du Québec à Montréal (UQÀM), rue
St-Denis, à Montréal. Invités à commenter une étude démontrant
la hausse du niveau d'infection au VIH chez les jeunes toxicomanes,
Vicky,
18 ans, qui a avoué fumer du crack, lui a répondu : «Des
statistiques, c'est juste des statistiques».
Écoutons aussi ce commentaire d'un gars de 20 ans : «Rien
de vrai là-dedans. Check, man ! Je suis en pleine santé, ça fait
deux ans que je couche tout partout».
Et enfin celui d'un squeegee qui a dit préférer les rues de
Montréal à celles de Drummondville où il s'ennuyait, et relaté
faire entre 150 et 200$ par jour : «J't'un
junkie, ça passe toute là-dedans».
Le journaliste notait que ses questions sur la mort ne les
intéressaient pas une miette.
Cependant,
je me dois de préciser que depuis mon enquête dans l'underground
policier, j'ai
appris à prêter une attention critique
à certaines opinions émises dans certains milieux et situations.
Plutôt
inusité,
éminemment exceptionnel même, qu'un consommateur de drogue dure
s'identifie au
premier venu
comme étant un «junkie»
ou fumant du «crack»,
d'où ma question : y avait-il des policiers ou policières en civil
infiltrés parmi ces jeunes, déguisés en punk?
Si
tel était le cas, quel
était leur objectif?
Passer le message aux lecteurs de La Presse que ces jeunes
constituent un danger pour la population car ils transmettent leurs
maladies aux autres sans ce soucier des conséquences. Bref,
des sans génie qu'ils sont parfaitement justifiés de réprimer.
Il est un fait cent fois vérifiés que la
police,
quelle qu'elle soit, manipule
l'opinion publique pour l'orienter dans le sens de son orthodoxie.
(Suite
demain)
■ Frayer
dans l'underground policier, ce n'est pas toujours de tout repos - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) La
surveillance policière, en uniforme ou en civil, est constante. Le
matin,
dans la rue, quand je me rends à Jeunesse au Soleil, durant
mes heures de bénévolat
et en fin d'après-midi quand
je retourne chez moi.
C'est la chape de plomb continuelle. Plus la police vous serre de
près, plus vous avez le visage défait et l'air misérable, et plus
elle resserre son étau.
Dans
ce contexte de loi martiale sans le nom, la
menace potentielle de dérapages policiers fait peur.
Alors, il y a parfois cette angoisse lancinante vous faisant craindre
le pire, l'agression
physique.
Quand on fraie dans l'underground policier, le stress émotionnel est
parfois présent ou latent. Pour tout dire, ce
n'est pas toujours de tout repos.
On
fait tout pour me faire accroire que je suis sous enquête. Dans les
faits, c'est une tactique, basée sur un faux prétexte, pour
m'éloigner d'endroits où elle veut continuer de travailler en paix,
hors de la présence du journaliste que je suis. Cependant, il ne lui
est pas facile de m'éjecter. Je ne réagis pas comme le font sans
doute la plupart des autres citoyens n'ayant, eux aussi, rien à se
reprocher.
On
peut penser qu'effrayés, ceux-ci doivent céder à cet arbitraire.
Combien
sont ainsi exclus illégalement de certains secteurs?
Démocrate convaincu, je refuse d'être traité comme un vulgaire
criminel, et par ceux-là même qui devraient me protéger et
défendre mes droits fondamentaux.
Alors,
je m'accroche.
Il y a là combat à livrer, n'ai pas l'intention de m'y dérober. Ne
réussissant pas à me faire lâcher prise, elle est obligée de
tester différents scénarios avant de trouver le bon, celui
qui me fera le plus mal psychologiquement.
C'est un crescendo. (Suite
demain)
News du jeudi 27 Août 2009
■ Plusieurs
jeunes de la rue veulent trouver leur place dans la société, mais
il leur manque les outils - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Revenons
à ces jeunes qui n'ont pas de domicile fixe. Selon un ouvrage
collectif dirigé par Fournier,
diplômée en santé communautaire, et Mercier,
psychologue, les raisons permettant d'expliquer leur itinérance sont
multiples et c'est,
en général, l'effet cumulatif de plusieurs facteurs qui les
précipite dans la rue.
(Sans domicile fixe -- Éditions du Méridien -- Ouvrage collectif
sous la direction de Louise Fournier et Céline Mercier)
L'importance
que joue la famille est largement démontrée dans la littérature
portant sur le sujet. Souvent,
ils laissent le foyer dans le but de fuir une situation familiale
intolérable.
Il est d'ailleurs fréquent, soulignent les deux auteurs, qu'ils
aient été victimes d'abus
physiques,
sexuels
et émotionnels.
Les problèmes qui les affligent sont nombreux. Les plus fréquents
sont la séropositivité,
les maladies
sexuelles
transmissibles, les grossesses
non désirées, la drogue
et l'alcool.
Quant
à leur santé mentale, elle
a été peu étudiée,
contrairement aux itinérants adultes, rapportent les deux
intervenantes. Plusieurs auteurs affirment toutefois que la
prévalence de troubles mentaux y est élevée. Enfin, l'accès
de ces jeunes à différents services est jalonné d'obstacles.
Finalement, on sait que plusieurs d'entre eux voudraient enfin
trouver la place qui leur revient dans la société pour vivre de
façon autonome. Il
ne leur manque que les outils nécessaires à la réalisation de ce
désir.
Il reste encore beaucoup à faire en termes de recherche pour élargir
davantage l'état des connaissances sur les jeunes sans abris. Par
la suite, des interventions nouvelles et appropriées pourront être
développées,
précisent-elles. (Suite
demain)
■ La
moutarde recommence à me monter au nez - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Je
quitte l'édifice, Germain
m'emboîte le pas.
Pas rancunier, je ne m'y refuse pas. Ce peut-être l'occasion d'en
apprendre un peu plus à son sujet. Pour la première fois depuis que
nous nous connaissons, il est convivial. Habituellement, il ne se
gêne pas pour me rappeler à l'occasion que je ne suis pas là pour
«faire
du social»
mais travailler.
Moi,
je crois les deux compatibles. Souvent, les gens font du bénévolat
pour se socialiser justement. J'aime communiquer, n'ai pas
l'intention de m'en priver. Enfin, c'est quoi cette idée d'empêcher
les bénévoles de communiquer entre eux? Cette
approche concentrationnaire ne me plaît pas,
vraiment pas.
Chemin
faisant, il
m'apprend être un plombier en chômage.
Curieusement, il est le deuxième bénévole de l'entrepôt à me
dire exercer le métier. Lui en fait la remarque, il
patine un peu, ajoute qu'il y en a trop sur le marché du travail.
Puis nous prenons Cherrier, rue où j'habite. Je
découvre alors qu'il y demeure également,
à trois cents pieds de mon domicile, dans une maison de chambres, au
925, côté nord de Cherrier : beaucoup
de policiers et policière en civil demeurent en chambres.
Nous nous quittons bons amis.
Je
n'oublie pas pour autant son allusion teintée de diffamation à mon
égard. Dès le lendemain matin, je relate l'incident à la préposée
des ressources humaines de Jeunesse au Soleil, lui
demande d'alerter la police
pour qu'il y ait enquête sur les fausses alertes et d'exiger que
Germain,
sans tout de même dévoiler sa double identité, me
fasse des excuses devant tout le monde
: l'enquête n'aura pas lieu, et n'aurai pas droit à des excuses
puisque on ne l'y reverra plus.
Cela
fait, je m'en vais ensuite à l'entrepôt. Gabriel,
un autre civil, y travaille aussi. Il a été témoin de l'incident
de la veille. À mon arrivée, ce matin-là, il
soutient que j'avais l'air fâché,
parle de moi comme d'un grand sensible. À l'entendre, il aurait
fallu que j'encaisse sans dire un mot, et même en rire puisqu'il
s'agissait d'une bonne blague entre potes. Suis bien d'accord,
cependant pas de cette façon, et encore moins dans ces
circonstances. La
moutarde recommence à me monter au nez,
Gabriel n'insiste pas. Il disparaît de la circulation, lui aussi.
(Suite
demain)
News du mercredi 26 Août 2009
■ Mise
au pas d'une blogueuse spécialisée dans la diffamation - L'ex-mannequin, la canadienne Liskula Cohen, était sa cible.
Celle-ci a demandé et obtenu de Google l'identité de sa
tortionnaire, une dénommée Rosemary Port. Par la suite, Cohen a
retiré une poursuite judiciaire de plusieurs millions de dollars à
son encontre, précisant que cela n'ajouterait rien à sa vie. Lisez
la suite...
PS
: L'anonymat
d'un blogueur est acceptable seulement lorsque, dévoilant de bonne
foi un fait dont la société doit être informée, il risque la
répression, l'emprisonnement, l'agression physique ou la mort. Pour
le reste, il doit avoir le courage de ses opinions, visière levée,
sans masque.
■ Beyond
Gravity – Si vous êtes adepte de l'escalade
(49:15 – en anglais), sans corde de survie, voilà un film qui vous
fera vivre les moments intenses que vous aimez. Parois recouvertes
de glace qu'on grimpe à l'aide de piolets et de
chaussures à crampons.
J'ignore combien de temps il sera disponible
gratuitement, alors ne tardez pas trop à le visionner. Un site aussi
à explorer, beaucoup d'autres titres sont offerts sans avoir rien à
débourser.
■ Sortir
les jeunes de la rue, pas une bonne idée : c'est l'endroit idéal où
se socialiser - (Suite tome
3 de
L'Étau Policier) Dans
un dépliant de Jeunesse au Soleil, organisme implanté à Montréal,
on manifeste aussi cette détermination de «sortir
les jeunes de la rue».
Pourtant, selon
la journaliste américaine Jacobs, la rue est un lieu d'apprentissage
à la vie.
(Jane Jacobs -- Déclin et survie des grandes villes américaines --
Éditions Mardaga) Les jeunes s'y amusent tout en explorant leur
environnement.
Elle
soutient que la fascination de la rue débordante de vie et
d'aventures exerce sur les enfants et les ados est bien connue.
L'attrait
tient en partie au sentiment de liberté
qu'ils éprouvent en les parcourant, au lieu d'être enfermés dans
un endroit qui leur est strictement réservé. (NDLR : Au
Québec, notamment
à Roberval,
où les rues sont désertes, on les concentre dans des Maisons
des jeunes,
où ils sont sous haute surveillance de flics en civil et de
collabos, qui veillent à faire leur rééducation. À
Lac Bouchette,
on ne les y voit pas non plus, ou rarement. Dans les faits, la
police a confisqué l'espace public à la Société civile.)
Les
rues, c'est aussi la socialisation, l'interaction continuelle.
Lorsqu'ils grandissent, écrit Jacobs, ils vont davantage flâner en
regardant les passants, en flirtant, en discutant, en se poussant,
bousculant et jouant à se bagarrer. On critique constamment les ados
qui se défoulent de cette manière, mais
ils peuvent difficilement s'en passer à leur âge.
Le drame, c'est que si cela ne se passe pas en public dans la rue,
cela
se passera en marge de la société,
précise-t-elle. (Suite
demain)
■ Jeunesse
au Soleil : faux incendie, on m'associe à un pyromane - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) J'y
ai alors découvert un autre visage de l'organisme, celui de la
répression. J'y étais régulièrement épié et infiltré par des
civils, et des employés ou bénévoles de Jeunesse au Soleil. J'y
ai aussi été la cible de quelques déstabilisations,
ainsi ce jour où l'alarme contre les incendies a retenti dans
l'entrepôt.
Quelqu'un,
paraît-il, avait mis le feu dans un container placé à l'arrière
de l'édifice. Pas de fumée, pas de pompiers, mais bon, puisqu'on me
le dit, je
crois sans avoir vu.
En moins d'un quart d'heure, le début d'incendie est maîtrisé, me
dit-on, et nous pouvons reprendre le travail. Quelques jours après,
deuxième
alerte.
Nous nous groupons à la salle de repos. Là encore aucun indice
qu'il y a feu. Et où ça? Encore dans le container, semble-t-il.
Germain,
un civil, toujours en train de me gendarmer, affirme, à deux
reprises, devant tout le monde, et sur un ton on ne peut plus
sérieux, le mépris affiché même aux coins des lèvres, que
c'est un ami à moi qu'y a mis le feu. Les autres m'interrogent
du regard. À cause du contexte répressif où je baigne, je ne
tiens surtout pas à ce qu'on m'associe à un pseudo «ami»
pyromane. Facile d'égratigner la réputation de quelqu'un par
personne interposée.
Je suis furieux. Une fureur intérieure
contenue, qui doit bien laisser passer quelques flammèches dans
les yeux. Sentant sans doute la tension monter, un responsable de
l'entrepôt intervient, nous donne congé pour le reste de
l'après-midi.
On
se retrouve tous dans l'ascenseur. Cherchant le bouton du
rez-de-chaussée, je pèse par mégarde sur celui de l'urgence.
Étrangement, la sonnerie de l'ascenseur émet la même tonalité que
l'alarme contre le feu. Les
deux présumées alertes émanaient donc possiblement de l'ascenseur,
pas du système contre les incendies.
Germain
en remet,
prend à témoin les autres passagers, me désignant de la main :
«Tiens!
Tu vois!»
C'est à n'y rien comprendre. Un peu plus tôt, il m'avait désigné
comme l'ami d'un pyromane, là, il laisse entendre que je suis
l'auteur de l'alerte. J'ai envie de lui dire d'allumer ses lumières,
mais je n'ai vraiment pas envie d'argumenter, me contente de
rétorquer que
je cherchais le bouton pour l'éjecter de la cage de l'ascenseur.
La policière en civil qui l'accompagne éclate de rire. (Suite
demain)
News du mardi 25 Août 2009
■ Possible
de faire l'amour au bureau? - Ouiiiiiiiiiiiiiiiiii, en voici la preuve
(02:28).
■ Que
faire lorsqu'on ne veut pas parler à quelqu'un?
- Se cacher pour faire croire qu'on est absent momentanément
(01:25). Ici, la langue étrangère importe peu, l'action est dans
les images.
■ Du
pouvoir arbitraire du médecin de décider de la vie ou de la mort du
patient - Certes, écrit Jean Zin sur son
site, il y a toujours un moment où il faut arrêter
l'acharnement thérapeutique, et donc donner la mort. De même, qu'il
faut bien faire le choix de ceux qui auront droit à la vaccination
en cas de pandémie, donc choisir ses morts. Il estime que
l'euthanasie passive va devenir une nouvelles barbarie à combattre.
Ce
qu'il trouve d'insupportable, c'est qu'on soit livré sans recours à
des petits fonctionnaires ayant droit de vie et de mort sur nous. Le
patient devrait être seul juge de sa vie et des traitements qu'il
prend. Le médecin, celui qui examine, informe et conseille, pas
celui qui fait le tri et prononce la condamnation à mort.
PS
:
Le pire réside dans le fait que le médecin n'informe de sa
décision ni le patient ni sa famille. La décision est un secret
bien gardé.
■ Les
modes de transmission de la grippe porcine – L'automne et l'hiver approchent, deux saisons propices aux
atchoums! Quelques petites précautions
(00:41) à prendre pour s'en protéger ou protéger les autres :
visionnez d'autres vidéos.
■ Le
police est délibérément répressive, son but étant d'éjecter des
citoyens de la société - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) L'anthropologue
québécois Tremblay
écrit qu'une police trop répressive détruit
l'idée qu'il puisse exister un honnête citoyen, tous devenant des
clients potentiels.
(Jean-Noël Tremblay -- Le métier de policier -- Les Presses de
l'Université Laval) Il soutient que cela la
rend odieuse aux yeux des citoyens.
Cette image négative du policier sur notre propre comportement en
société nous incite, si l'on veut éviter d'être traité comme un
malfaiteur ou un criminel, à
se soustraire à son regard.
Ce
que décrit Tremblay, c'est
exactement ce que font ces jeunes en se réfugiant dans la
clandestinité.
Et la police connaît bien les effets de sa répression, sait
parfaitement bien qu'ils y chercheront refuge. Elle projette
délibérément cette image arbitraire et répressive pour
exclure des citoyens de la société.
(NDLR : c'est
elle qui décide qui sera in ou out, pas un juge.)
L'étudiante
en criminologie Bellot
aborde un autre volet de la problématique. Elle dit que le
harcèlement policier répond à une volonté sociale de sortir les
jeunes de la rue,
une rue qui ne serait pas un endroit propice à leur développement.
En outre, ajoute-t-elle, ceux qui souhaitent les y sortir négligent
aussi le fait que pour plusieurs de ceux-ci, la rue est un refuge.
«Une
partie d'entre eux n'avaient pas le choix. Pour certains, la rue
était préférable à la maison»,
a-t-elle constaté au cours de son enquête.
Sortir
les jeunes de la rue, c'est peut-être une bonne chose, mais
il y a la manière,
dit-elle. Encore faut-il s'assurer qu'ils ont un autre endroit où
aller : «Tant
qu'un jeune n'a pas décidé lui-même de quitter la rue, il
faudrait l'aider à mieux vivre cette période de sa vie, pour éviter
qu'il ait de trop gros problèmes de drogues ou de dépression.»
(Suite
demain)
■ Jeunesse
au Soleil : je m'attendais à y être bien traité, c'est tout le
contraire qui s'est produit - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) À
Jeunesse au Soleil, j'avais été affecté à
l'entrepôt.
Au cours de cette période, j'ai dû y préparer plus de 1 000
sacs de denrées : 500
à Noël et autant en janvier 1998,
destinés cette fois à des sinistrés de la tempête de verglas. Je
participais aussi au tri des boîtes de conserve de toutes sortes
livrées à l'entrepôt : mettre les légumes ensemble dans de gros
bacs, les viandes ensemble, et ainsi de suite.
Un
volume incroyable de boîtes de conserves.
Pour vous donner une idée, sachez que l'entrepôt occupe tout le
troisième étage de l'édifice situé au coin nord-ouest des rues
St-Laurent-Rachel, et qu'il est rempli de bacs. Beaucoup
de pauvres compte sur l'organisme alors les stocks sont
continuellement renouvelés.
C'était
ma façon d'exprimer ma gratitude à cet organisme qui, au cours des
mois de septembre, octobre et novembre précédents, m'avait aidé à
de nombreuses occasions. Il
l'a fait généreusement, sans hésitation. J'y
étais bien reçu et on s'occupait vraiment de mes besoins
alimentaires. Et je n'en étais pas le seul bénéficiaire.
L'organisme, je l'ai souvent constaté, est
continuellement sur la brèche pour aider les pauvres.
En
y travaillant gratuitement, je voulais aussi donner un coup d'épaule
aux personnes dans le besoin. J'en avais profité, bien sûr, pour
offrir à un membre de la direction un
document corporatif semblable à celui que j'avais voulu produire à
Bouffe-Héberge.
Je m'attendais à être bien traité, mais à ma grande surprise,
c'est tout le contraire qui s'est produit. (Suite
demain)
News du lundi 24 Août 2009
■ Une
cinéaste québécoise engagée socialement – Manon Barbeau, réalisatrice notamment du film "L'armée de
l'ombre" (voir les news d'hier, plus bas), a eu l'idée, en
1999, de lancer un projet d'une grande utilité : la Wapikoni mobile.
S'agit d'un studio
doté de tous les équipements nécessaires à la réalisation de
vidéos et qui sillonne les territoires amérindiens du Québec.
Cette initiative permet à des jeunes autochtones de s'exprimer
librement et sortir de leur isolement.
Depuis
2004, avec l'aide financière de l'Office national du film
(OFN-Canada), 160 ont été produites et le studio mobile a roulé
des dizaines de milliers de kilomètres. Barbeau
: "Les jeunes des communautés autochtones (…) possèdent
beaucoup de talent. Il fallait trouver une manière de leur donner
une chance de se faire entendre, que leurs voix portent."
Toutes
les vidéos que je vous propose ont été produites grâce à la
Wapikoni mobile. Je vous présente quelques unes des meilleures.
Belle occasion de connaître la culture des amérindiens du Québec,
Canada.
Un peu d'histoire (07:43) : vous y découvrirez la volonté
politique du gouvernement canadien et de communautés religieuses de
civiliser
les peuples des premières nations. C'était il y a un demi siècle ;
Notcimi (05:20) : paroles et musique de Pinaskin Ottawa,
guitare électrique : Gary Jacob-Moore ; La réserve (05:01) : de
jeunes amérindiens amateurs du rapt
; Kitaskino (04:41), musique de Pierre-Paul Niqay
; mère et fille vont à la chasse aux petits gibiers
(08:04) : musique de Bertha Basilish ; Derrière de le rêve
(07:57) ; découvrez d'autres vidéos
amérindiennes : 3 pages de titres.
■ L'enthousiasme
des sportifs au stade –
En accéléré, il devient frénétique et drôle
(02:11).
■ La
crise financière – Une fiction qui détonne
(00:45). On s'y attend vraiment pas.
■ Céline Bellot
: la police aggrave les problèmes des jeunes de la rue - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Écoutons
un autre témoignage. Quittons la Capitale nationale du Québec,
rendons-nous à "Montréal,
ma ville",
ainsi que le proclame faussement le slogan publicitaire. À
la même époque, Pierre
Bourque
était maire de Montréal et Vera
Danyluk,
présidente de la Communauté urbaine de Montréal (CUM), et
responsable de la police sur l'île, pas de Cuba, celle
de Montréal.
Dans
le cadre d'une recherche sur des jeunes de la rue, Céline
Bellot,
alors qu'elle étudiait en vu d'obtenir son doctorat en criminologie
de l'Université d'Ottawa, a
passé une dizaine de nuits dans les environs du parc Pasteur,
rue St-Denis, à Montréal. Sauf erreur, elle traite spécifiquement
de la police en uniforme, pas de la police en civil, invisible
celle-là à l'œil non initié, ni de ses nombreux collabos, dont
des commerçants que les citoyens enrichissent de leurs achats. Elle
n'aurait donc vu que la partie visible de l'iceberg policier.
Elle
aussi dénonce la répression policière dont ils sont victimes.
Une répression injustifiée,
excessive,
discriminatoire
et néfaste,
a-t-elle confié au journaliste André Pratte de La Presse en mai
1999. (André Pratte -- La Presse du 11 mai 1999) «On
pense que chaque jeune est violent, délinquant ou drogué, alors
qu'il y a une grande diversité dans la rue.
J'ai rencontré des jeunes qui vivent dans la rue presque en
permanence et qui ne consomment pas, ou n'ont jamais fait de vol par
effraction.»
Elle
a rarement vu les jeunes commettre des gestes violents.
Par
contre, relate le journaliste Pratte, elle
a vu se durcir la répression de la police de l'île de Montréal
: «L'autre
jour, à la sortie de Notre-Dame de Paris
(spectacle musical de Luc Plamondon et Richard Cocciante),
deux jeunes se sont mis à s'insulter. En
une minute, huit voitures de la police sont arrivées!»
Selon
elle, la
police traite les jeunes de la rue de manière bien particulière.
Par exemple, dès
qu'un jeune punk flâne dans le métro,
les agents interviennent aussitôt. «Si
vous faites du squeegee (laver
des pare-brises aux intersections pour faire un peu d'argent), vous
serez davantage harcelés que si vous vendez de la drogue! Pourtant,
le
squeegee, c'est certainement une stratégie de survie préférable au
commerce de la drogue, à la violence ou à la prostitution»,
fait observer Bellot.
Elle
aussi confirme que la répression policière aurait pour seul effet
l'aggravation
des problèmes de ces jeunes.
Ceux-ci tendent à se réfugier dans la clandestinité, ce qui rend
impossible toute intervention auprès d'eux. De fait, on
les pousse à la délinquance,
analyse-t-elle : «Le
jeune qui doit passer deux semaines à
(la prison de) Bordeaux
parce qu'il a 5 000$ de contraventions de squeegee non payées,
qu'est-ce qu'il apprendra, vous croyez? Tout
ce qu'il faut savoir pour devenir revendeur de drogue!»
(Suite
demain)
■ Jeunesse
au Soleil, un organisme impliqué jusqu'au cou dans la prévention
et étroitement lié à la police - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Autre
élément factuel : l'escouade
cycliste de prévention de Jeunesse au Soleil,
composée de jeunes adultes, qui existerait depuis une dizaine
d'années. Certains de ses membres, bénévoles ou employés de
l'organisme, donnent des conférences dans des écoles de Montréal
sur le rapt
d'enfants,
les dangers de la drogue,
le vol
à l'étalage,
le taxage
des jeunes pratiqué par de grands ados ou des gangs, etc.
De
plus son escouade cycliste patrouille
dans des parcs et cours d'écoles.
La mission de ses membres : rapporter à la police tout ce qu'ils y
voient et entendent. Ces
volontaires sont fortement imprégnés de l'idéologie policière
: sentiment que la criminalité est présente partout, suspicion à
l'endroit des autres, obsession de l'ordre et du conformisme.
Le
10 juin 1999, l'escouade sera reconnue officiellement
par la police de l'île de Montréal.
(Cécile Vandaele --
La Presse du 10 juin 1999) Ses membres, désormais au
nombre de 78,
seront dûment assermentés et leur champ d'opération étendu à 25
quartiers. On les a équipés de cellulaires ou de walkies-talkies.
Ils portent la casquette et le tee-shirt bleu marin, identifiés du
sigle en lettres orangées de Jeunesse au Soleil.
On peut se demander
aussi si l'organisme n'est pas devenu un lieu où des étudiants et
étudiantes en techniques policières peuvent
pratiquer sur le terrain les théories apprises à l'école.
Le 28 juillet suivant, un petit article publié dans La Presse nous
apprendra que Jeunesse
au Soleil possède un département de la prévention du crime.
Cette
obsession de l'insécurité est inquiétante parce que, ainsi que
nous le diront des auteurs, dont des sociologues, la
police,
qu'elle soit de quartier, communautaire ou que ce soit la police tout
court, c'est-à-dire classique, a
peu à voir avec la criminalité,
et tout à voir avec les contrôles et nettoyages sociaux des
citoyens, plus
particulièrement des"vitres
cassées"
que
sont les out du système économique.
Sauf
erreur,
il n'existe peut-être pas, à
Montréal en tout cas,
d'organismes sans but lucratif (OSBL) aussi impliqués dans la
prévention et étroitement liés à la police que celui-ci.
Difficile
d'être contre la vertu...
Arrêtons-nous là, ne brûlons pas les étapes, laissons les
événements se déployer à leur rythme chronologique. Revenons à
cette fin d'année 1997. (Suite
demain)
News du dimanche 23 Août 2009
■ Le
poème québécois Speak White, encore d'actualité? - Il a été écrit en 1968 par Michèle Lalonde (vidéo
06:03 + version écrite
du poème), dénonce l'impérialisme économique et culturel des
classes dominantes, peu importe la langue de chacune, finalement.
Quant on connait l'origine de la crise financière et économique que
nous traversons présentement, et ses graves conséquences sur le
plan social partout dans le monde, il y a de quoi bannir à jamais ce
capitalisme sauvage dénué de conscience sociale et ses paradis
fiscaux. Alors, oui, le poème est d'actualité plus que jamais.
■ Plusieurs
autres extraits du film de Manon Barbeau (suite des deux articles
précédents) – Les médias traditionnels ne parlent jamais, ou très rarement, de la
situation difficile des jeunes de la rue. Ils s'intéressent surtout
aux versions de la police. On appelle ça du journalisme à sens
unique, biaisé, tronqué. Faut comprendre aussi que la misère noire
ce n'est pas très glamour : dites moi, vous saviez que Céline Dion
est enceinte?
Alors,
pour une fois que nous avons une cinéaste qui s'intéresse au sort
de ces jeunes, nous allons pas nous en priver. La
page où je vous invite à naviguer s'ouvre sur une entrevue
avec Manon Barbeau, la réalisatrice du film
"L'armée de l'ombre". Elle explique son cheminement, en
marchant dans une ruelle où les murs sont recouvert de graffitis.
Dans la colonne de droite (promenez la flèche de votre souris),
d'autres vidéos, dont une suite
de l'entrevue avec la cinéaste, assise sur une marche d'un escalier
de sauvetage rouillé, à l'arrière d'un édifice, et des extraits
d'autres témoignages de jeunes de la rue. Cette visite dans
l'underground vous ouvrira peut-être les yeux.
■ L'armée
de l'ombre, film de Manon Barbeau – J'en traite dans le texte précédent (Ville de Québec, Canada :
ici, ce ne sont pas des arbres qu'on abat, ce sont des garçons,
souvent des adolescents). En voici un extrait
(02:57), court mais explicite. Deux jeunes témoignent de la
situation qu'ils vivent. Écoutez attentivement
ce que dit le deuxième intervenant au sujet de la police de la ville de Québec + une
quinzaine de photos
(cliquez dessus pour les agrandir).
Le
synopsis du film... Au goût des bons citoyens, les jeunes de la rue
sont une nuisance et méritent à peine d'exister. L'armée de
l'ombre bouscule les clichés habituels en donnant pour une rare fois
la parole aux jeunes laissés-pour-compte de la nouvelle génération.
Soudainement, ces éternels coupables deviennent à leur tour juges
du monde qui les entoure. Les vraies valeurs surgissent là où on ne
les attendait pas et la sentence n'est pas clémente! Carl, Lyon,
Sébastien, Caillou et leurs compagnons d'errance crèvent l'écran
par leurs personnalités fortes et authentiques, mais on sent, sous
la carapace, une intense fragilité.
■
Ville
de Québec, Canada : «ici,
ce ne sont pas des arbres qu'on abat, ce sont des garçons, souvent
des adolescents»
- (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Cette
mise au point faite, ramenons la journaliste Lilianne Lacroix de La
Presse, qui a interrogé Danielle
Latreille,
bachelière en travail social œuvrant avec des clientèles
suicidaires et endeuillées. (Lilianne Lacroix -- La Presse du 13
février 1999)
Celle-ci
lance en quelque sorte un appel à la solidarité des citoyens.
La société doit «apprendre
à prendre soin de ses jeunes,
de ses adultes, de ses personnes âgées. (...)
On
doit se parler, travailler ensemble, travailleurs de la santé,
travailleurs sociaux, CLSC, écoles, services de loisirs, pour faire
un filet à travers lequel le moins de gens possible pourront
passer.»
En
quelque sorte, c'est un clin d'œil que Latreille adresse à la
resocialisation. N'est-ce pas préférable à l'inhumaine Guerre
Sainte? Que des jeunes choisissent le suicide plutôt que la vie
qu'on leur propose, il y a là de quoi être ébranlé.
Parmi
les ados et les jeunes adultes suicidés, combien ont fait l'objet
de la médecine de cheval des policiers et policières en civil du
Québec, dont la Sûreté du Québec et la police de l'île de
Montréal, et de leurs nombreux collabos? Comment savoir? En
prenant connaissance d'autres cas concrets peut-être ?
Manon
Barbeau
a tourné un film, L'armée de l'ombre, sur
les jeunes laissés pour compte et vivant au Carré Youville,
dans le Vieux-Québec, alors quartier de la Ville du maire péquiste
Jean-Paul
L'Allier.
Luc Perreault, critique cinématographique de La Presse, l'a vu, en
novembre 1999, en explique le contexte. (Luc Perreault -- La Presse
du 20 novembre 1999) La cinéaste Barbeau, au cours du tournage de
son documentaire, a suivi une vingtaine de jeunes, des décrocheurs,
squeegees, squatteurs, tagueurs et marginaux de tout acabit.
Des
jeunes dormant dans des abris de fortune même en hiver, et au
sein desquels la drogue fait des ravages inquiétants. Cinq par
année en moyenne y laissent leur peau. Et les recrues semblent
inépuisables. Dans ce film, Perreault a vue de ces jeunes jouer
aux durs pour mieux dissimuler leur grande vulnérabilité. Il
rapporte cette séquence où l'un d'eux engueule devant la caméra
les éducateurs du centre de détention où, ado, il a croupi.
Certains d'entre eux y sont restés jusqu'à 5 ans (cinq ans!).
Perreault :
«Ils
ont rapporté de leur séjour en institution un goût de prison qui
leur colle à la peau et dont ils n'arrivent pas à se défaire»,
relate-t-il. «Après
avoir décrit
(dans un documentaire précédent qu'elle avait tourné) les
suites néfastes de l'abandon dans son propre foyer et celui des
enfants d'artistes du Refus Global, Manon
Barbeau
était sans doute la personne la mieux désignée pour se mettre à
l'écoute de
la détresse de ces garçons.
Le constat auquel elle arrive devrait aider à sonner l'alarme. Comme
document choc, L'armée de l'ombre
(...) me
semble cogner à un niveau proche de La Forêt boréale de Richard
Desjardins. Mais
ici, ce ne sont pas des arbres qu'on abat : ce sont des garçons,
souvent des adolescents.»
S'en
dégage «l'impression
d'un immense gâchis, d'une perte incalculable».
Perreault écrit que l'analyse des causes et les solutions proposées
paraissent bien timides. Mentionne le cas d'une école recevant ces
décrocheurs et d' «où
s'échappent les mots d'une dictée qui semble tirée d'un mauvais
catéchiste marxiste.
(...)
Notre
société a mal à ses garçons»,
fait-il observer. (...) «Quel
espoir propose-t-on à ces jeunes? Qui pourra endiguer ce fléau?
s'inquiète-t-il. Il faudra chercher ailleurs la réponse.»
Tout
ça attribuable à une famille dysfonctionnelle, à un père absent
ou, cas encore plus fréquent, alcoolique, ainsi que le pense
Perreault? Sans doute, mais pas seulement.
Sachant
comment la police en civil, et ses collabos, procède clandestinement
dans la rue et les institutions,
entre autres endroits, on peut affirmer que celle de la
Vieille-Capitale, ville du maire péquiste Jean-Paul
L'Allier,
redisons-le pour ne pas l'oublier, n'a
pas dû leur faire de cadeaux, à ces jeunes.
Ainsi qu'en témoigne ce livre, notre société n'a pas mal qu'à ses
garçons --
et à ses filles --,
elle
a d'abord et surtout mal à ses droits et libertés.
(Suite
demain)
■ Jeunesse
au Soleil : que faisait ce flic en uniforme que j'ai surpris devant
un ordi? - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Seulement
voilà, quand la police, celle de l'île de Montréal ou de n'importe
où dans le monde, a pied à terre quelque part, justification
il y a de pousser la réflexion plus loin.
Il ne faut jamais perdre de vue qu'elle ne peut se contenter d'être
simplement sur place comme le commun des mortels.
D'où
ces interrogations légitimes.
Le policier que j'ai surpris en plein travail sur l'ordinateur
était-il
en train de trier ces renseignements personnels et confidentiels
recueillis par l'organisme auprès des pauvres en vue d'alimenter la
mégabanques informatisée de la police?
Et la télésurveillance à l'intérieur de l'édifice? Caméras
avec zoom
permettant d'enregistrer en gros plan le visage du pauvre venant y
quémander de l'aide alimentaire, et à son insu?
L'image vidéo viendrait-elle compléter les renseignements
personnels?
Je
n'en ai aucune preuve directe mais une convergence de faits
irréfutables me porte à le croire. Et
forcément avec la complicité de la direction de l'organisme.
Ce policier prenait même parfois son repas du midi à la cafétéria.
À l'automne 1997, en outre, j'avais souvent remarqué la présence
d'une auto-patrouille stationnée devant l'entrée principale, rue
St-Urbain.
Ce
qui donne aussi du poids à cette très forte présomption, c'est
qu'au début des années 1990, Jeunesse
au Soleil a créé le service PACTE
(Partenaire avec les commerçants via la télécommunication
électronique). Son objectif : favoriser l'échange d'infos sur
la criminalité entre police de l'île de Montréal, Jeunesse au
Soleil et commerçants du quartier St-Louis, où l'organisme a pignon
sur rue.
Au
fur et à mesure que vous progresserez dans la lecture de ce récit
et sa partie analyse, vous en arriverez sans doute, tout comme moi, à
ne pas exclure l'hypothèse que
cette mini banque informatisée puisse contenir d'autres données
individuelles,
celles-là n'ayant rien à voir avec la criminalité, tout à voir
avec les contrôles
et nettoyages sociaux.
(Suite
demain)
News du samedi 22 Août 2009
■ FairyDance – Création de Helena
Bulaja (03:19). MAGNIFICO!!! Visionnez plein écran + le son au
max.
■ C'est
quoi l'objectivité journalistique : 50% pour les Juifs et 50% pour
Hitler? - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) En
outre, je crois fermement aussi à ce que pense Vincent
Hugeux,
journaliste à l'Express, de la neutralité journalistique, dans
certains contextes (L'intolérance -- Éditions Grasset -- Ouvrage
collectif d'écrivains, de philosophes, d'Historiens et de
journalistes qui participaient au Forum international sur
l'Intolérance en mars 1997, à La Sorbonne : Weisel, Ricoeur, de
Romilly, Eco, Le Goff, Soyinka, Semprun, etc.) : «Il
ne faut pas qu'en
vertu d'une objectivité chimérique, d'une équité perverse, on
confère le même crédit au bourreau et à la victime.
Le devoir des témoins que nous sommes, c'est de décrypter les
discours. C'est de dire : Untel prétend ceci. Il ment. Voilà
comment. Voilà pourquoi.»
À
l'intérieur des salles de nouvelles, poursuit-il, on assiste à un
débat académique entre le «journalisme
de compassion»
et le «journalisme
de la distanciation»,
voire de la froideur. (NDLR : Le journalisme désincarné,
quoi.) Hugeux
dit se souvenir d'un animateur du Comité international de la
Croix-Rouge à Kaboul, au pire moment des combats de 1994, qui lui
confiait : «Certes,
je suis Helvète, mais jamais neutre ; je
suis toujours du côté des victimes.
Je considère que nous devons faire preuve, dans notre choix
d'interlocuteurs et dans notre écriture, de compassion
pour les humbles
et d'intransigeance
pour les nantis et les puissants.»
Pour
sa part, Jean-Marie
Colombani,
alors directeur de la rédaction du Monde, se disait d'avis qu'il ne
faut pas croire que les journaux soient objectifs : «L'objectivité
est une notion qui n'existe pas
; la seule chose à laquelle nous puissions prétendre, c'est
à l'honnêteté
dans l'expression de notre propre subjectivité.»
(L'intolérance -- Éditions Grasset -- Ouvrage collectif
d'écrivains, de philosophes, d'Historiens et de journalistes qui
participaient au Forum international sur l'Intolérance en mars 1997,
à La Sorbonne : Weisel, Ricoeur, de Romilly, Eco, Le Goff, Soyinka,
Semprun, etc.)
Le
journaliste Claude
Morin,
dans un passage de son livre où il en traite, cite un confrère
français, Hubert
Vieille
(Claude Morin -- Profession : reporter -- Éditions Fides) : «On
tentera d'obtenir les deux points de vue dans un conflit de travail,
non pas pour faire 50/50, mais pour enrichir le débat. Je vais vous
citer un confrère éminent, Yvan
Levagne,
qui fait la revue de presse sur France-Inter. Il disait : "C'est
quoi l'objectivité? "Il ajoutait : "C'est 50 pour cent
pour les Juifs et 50 pour cent pour Hitler?" Il y a une belle
interrogation là-dessus,
poursuit Vieille.
Il ne peut y avoir que de l'honnêteté, pas d'objectivité, c'est
pas vrai. Même les scientifiques ne sont pas objectifs et pourtant,
ils ont des méthodes. »
(Suite
demain)
■ Jeunesse
au Soleil : des infos personnelles d'usagers sont inscrites dans un
ordi - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Pour
que la suite de cette anecdote soit crédible, il faut noter les
faits suivants. Le pauvre désirant obtenir de l'aide alimentaire de
Jeunesse
au Soleil
doit fournir au préposé qu'il rencontre, outre une lettre de
Travail Québec, toutes les pièces d'identité en sa possession et,
ai-je constaté au début de l'été 1998, le
nom de ses créanciers ainsi que le montant d'argent qu'il doit à
chacun.
Le tout complété d'un topo de sa situation financière, sa
profession.
Toutes
ces infos sont informatisées. J'ai
assisté deux fois à cette saisie de données. On
ne m'a jamais dit que les renseignements transmis demeureraient
confidentiels, n'ai
jamais pensé de demander non plus qu'ils le soient.
Là ou ailleurs, le pauvre est du reste plutôt mal placé pour
exiger quoi que ce soit. Il
a besoin de ces sacs de denrées, est prêt à tout déballer.
Et
lorsque j'ai commencé à y travailler gratuitement, un
vieil homme,
employé ou bénévole de l'organisme, m'a
signalé,
le doigt pointé au plafond, qu'il
y avait des caméras partout à l'intérieur des locaux
: l'entrepôt, situé dans un autre édifice, doit être aussi sous
télésurveillance. J'ai
perçu sa remarque comme un avertissement.
J'ignorais son nom, ne l'avais jamais vu non plus auparavant. Il ne
me l'a pas faite au cours d'une conversation, mais au moment où nous
nous croisions dans le corridor du premier étage. Et
après m'en avoir informé, il a poursuivi son chemin sans rien
ajouter d'autre.
On peut penser que la télésurveillance est "normale"
puisqu'elle est présente partout de nos jours. (Suite
demain)
News du vendredi 21 Août 2009
■ La
lutte contre les paradis fiscaux nécessitera une surveillance
constante dans
tous les pays - Le démontre l'intervention récente d'Eva Joly,
députée européenne et ex-magistrate française anti-corruption.
Elle s'interroge sur la présence de la banque française BNP Paribas
dans les paradis fiscaux, notamment dans ses "21 filiales aux
Îles Caïman". Elle estime "que la BNP n'a pas été
choisie au hasard. (…) Dans notre travail sur l'Afrique, nous avons
vu trop souvent la BNP impliquée dans des montages sur le pétrole
qui permettaient aux chefs d'État de dégager des fonds dans leurs
propres comptes ouverts dans les paradis fiscaux."
■ Le
fromage – Qui le bouffera au complet sans le partager? À vous de le
découvrir.
■ La
différence entre un libéral et un conservateur - Jonathan Haidt est prof en psychologie sociale à l'Université de
Virginie, aux USA : vidéo
18:19 sous-titrée en français + site
de Haidt en anglais). Il analyse la fibre morale de ces deux
orientations politiques : le prof est intéressant et drôle.
Il amorce son sujet en
plaçant deux Américains devant la sculpture "David"
de Michel-Ange. L'un d'eux admire l'esthétique de l'ensemble de
l'œuvre, l'autre est gêné de la présence du pénis. Il pose la
question à son auditoire : qui des deux votera Bush plutôt que
Gore? (La vidéo date de février 2008 et non de cette époque)
Selon
Haidt, les libéraux sont plus susceptibles que les conservateurs
d'être ouverts à l'expérience. Ceux possédant une forte
personnalité encore plus : ils sont avides de nouveautés, variétés,
diversités, nouvelles idées, voyages. Tandis que les personnalités
faibles (les conservateurs) préfèrent les choses familières, sécurisantes et fiables.
■ La
violence
que le pouvoir politique génère dans notre
société via ses lois à tolérance zéro
et sa police répressive - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Suis
parfaitement conscient de la gravité de la question soulevée. Je
l'ai longuement tournée et retournée encore dans ma tête
avant de me décider de l'écrire noir sur blanc. Comment moi,
journaliste depuis plus quelques lunes, et de surcroît n'ayant
aucune preuve directe de suicides, pouvais-je la soulever en toute
honnêteté?
Parce
que
mes six années et demie d'enquête m'ont ouvert les yeux sur la
violence psychologique dont est capable cette police en civil, et ses
collabos. Parce
qu'il
y a aussi tous ces témoignages cités plus haut, et d'autres que je
rapporterai plus loin, tous tirés d'innombrables articles de presse
et de quelques centaines d'ouvrages et d'études de toutes sortes :
pendant
plus de quatre années, j'en ai lus de trois à quatre par semaine,
que j'empruntais dans des biblios. Et
enfin parce que
ces activités meurtrières se déroulent dans ce monde de l'ombre et
du secret où opèrent policiers et policières en civil, et leurs
nombreux collabos, et que la Société civile doit en être informée.
Suis
profondément et sincèrement convaincu qu'elle
est à l'origine de certains sinon plusieurs de ces suicides :
je me retiens à deux mains pour ne pas écrire PLUSIEURS.
Le répète : profondément et sincèrement convaincu! Le
charnier dont je parlais plus haut, il est notamment là. Des ados et
des jeunes adultes sans défense dans la vie, parmi
les plus faibles de notre société libre et démocratique.
Nous avons là un beau cas de cette violence que le pouvoir politique
génère dans notre société via ses lois à tolérance zéro et sa
police répressive.
À
pourchasser le dragon, il est devenu lui-même dragon. Nuançons :
beaucoup de citoyens élus à de hautes fonctions ignorent tout des
activités clandestines de la police. D'autres par contre sont au
courant. Voilà
l'un des coûts de la prétendue «qualité
de vie»
que notre prétendue police communautaire
(de proximité ou de quartier) dit
vouloir établir dans les villes et villages. (Suite
demain)
■ Organisme
Jeunesse au Soleil : je surprends un flic en uniforme travaillant sur
un ordi - Suite tome
1
de L'Étau Policier) Il y avait plus de trois mois que le resto
communautaire était fermé quand j'ai commencé, au milieu de
décembre 1997, à faire du bénévolat chez Jeunesse
au Soleil.
La pression policière s'est clairement manifestée dès les premiers
jours de mon arrivée. Dans la rue, c'était
le bal
d'autos-patrouille et de civils.
Filature,
infiltration et déstabilisations seront mon lot quotidien. Je
n'avais aucune idée de
l'enfer que ceux-ci me feraient vivre.
Ils allaient déployer beaucoup de moyens pour m'en dissuader, autant
dans cet organisme que les autres où j'irais par la suite. Pour moi,
il ne pouvait être question de rester à mon appart à ne rien
foutre. Attendre
sagement mon chèque de bs à la maison en me tournant les pouces,
non merci.
Le
matin de mon premier jour de bénévolat, la présence d'un
policier de l'île de Montréal
a tout de suite piqué ma curiosité. Je l'y avais déjà remarqué,
à l'automne 1997, lorsque je m'y étais rendu pour obtenir de l'aide
alimentaire. Facile à identifier puisqu'il en portait l'uniforme. Je
ne m'étais pas interrogé plus que ça, sauf
cette fois-là.
Entrant
dans une pièce --
en haut de l'escalier, premier étage à gauche, au fond du couloir,
dernière porte à gauche --
où je dois m'inscrire pour le repas du midi, je l'y vois, à mon
grand étonnement, vêtu de son uniforme, assis
devant un ordinateur,
pianotant sur le clavier.
Mon
arrivée impromptue le rend visiblement nerveux.
Sa tête n'arrête pas de pivoter de l'écran à moi. Je sens que le
travail qu'il effectue est confidentiel,
qu'il craint sans doute que je m'en approche et lise ce qu'il affiche
: dès le lendemain, d'ailleurs, on me désignera un autre local où
m'inscrire. (Suite
demain)
News du jeudi 20 Août 2009
■ Le
catamaran géant Alinghi 5 hélitreuillé - L'équipe suisse se
prépare à la 33e America's Cup, qui devrait débuter le 8 février
2010 à Ras Al-Khaimah, aux Émirats Arabes Unis. Elle a fait appel à un
hélico russe, l'un des plus lourds et puissants.
Un long périple, 270
kilomètres, du Lac Léman, en Suisse, jusqu'à Gênes, en Italie,
près du Yacht-Club Italiano. Et à vitesse réduite, pendant 5
heures, longeant la Vallée du Rhône et franchissant le Col du Grand
Saint Bernard. À Biella, en territoire italien, l'hélico, tel que
prévu, se pose, refait le plein d'essence pour ensuite atteindre la
destination.
Deux vidéos captivantes : l'hélico dépose le mat
(03:15) sur le catamaran géant auquel il est solidement fixé, vue
du ciel (03:32) jusqu'en Italie, plein d'essence, etc. Tout est bien
rodé.
■ 500
ans de visages – S'agit de femmes qui ont posé pour des peintres : plusieurs sont très belles. Chacun se
déforme et transforme en un autre. Le montage vidéo
(02:52) n'a pas dû être aisé. L'ensemble constitue une œuvre d'art.
Seule déception : une pièce de Bach plus joyeuse et rythmée aurait
été préférable à celle choisie.
■ Les
robots et le sexe – Dans une quarantaine d'années, des citoyens incapables de
conquêtes, notamment parce que trop timides ou handicapés
mentalement ou physiquement, feront l'amour avec des robots. Une
prédiction de David
Levy, expert en intelligence artificielle.
PS
:
Si l'évolution exponentielle des nouvelles technologies ne ralentit
pas, il est clair que les générations qui nous succéderons auront
accès à plus d'innovations scientifiques et techniques que nous. Ce
qui ne nous empêche pas d'aimer l'époque qui est la nôtre. On se
sent super privilégiés par rapport à tous ceux qui nous ont
précédés.
■ Une bonne blague – On a trouvé de l'eau sur... Mars.
■ Que
des ados et jeunes adultes crèvent dans des ruelles ou maisons
abandonnées, importe peu à la police en uniforme et en civil - (Suite tome
3 de
L'Étau Policier) On
peut aisément en imaginer les dégâts causés par les
déstabilisations psychologiques chez les ados et jeunes adultes
ignorant tout de ces tactiques, et des moyens de s'en protéger.
Surtout
quand la police en civil monte à leur encontre, et de toutes pièces,
des désapprobations communautaires, en
faisant en sorte que leur environnement sociétal leur tourne le dos,
incluant les employeurs présents ou potentiels.
Elle
peut sortir n'importe qui de la société, avec
la complicité de citoyens-mouchards, dont des commerçants.
Ces collabos, sans doute bien intentionnés, ne le savent pas, mais
c'est à ça que sert la pseudo police communautaire. Quant à ses
autres activités, elles
sont tout à fait conformes à celles de Big Brother et Big Sister :
la cueillette de renseignements sur tout un chacun, afin de mieux les
ligoter psychologiquement si la situation l'exige.
Ces
jeunes, exception faite de très peu d'entre eux, n'ont pas encore
eu l'occasion de vraiment se mesurer aux adversités de la vie.
Les psychologues le disent : l'adversité fait mûrir, développe le
sens critique, libère peu à peu de la pensée magique. On
peut imaginer le drame quand ils découvrent la face cachée de la
drogue, eux qui pourtant se croyaient immunisés contre la
dépendance. Toute une révélation pour eux. Ils sont
complètement désemparés, aux abois, littéralement. À cet
âge, on n'est pas du tout équipé pour plonger dans un enfer
pareil.
Et
quand en plus,
ils ont la police en civil, et ses collabos, sur le dos qui les
harcèle sans arrêt, les isole socialement, leur
situation se dégrade de façon dramatique
: elle procède ainsi à l'encontre de ceux qui
ne consomment pas de drogue, mais refusant d'être lavés, javalisés,
essorés, amidonnés et repassés au fer brûlant.
Au lieu de les aider à sortir de leur enfer, elle
les y enfonce davantage, conduisant certains ou plusieurs d'entre eux
au suicide.
Qu'ils crèvent dans une ruelle ou une maison abandonnée, lui
importe peu. (Suite
demain)
■ Faire
du bénévolat, oui, mais ouvrez moi aussi des portes - (Suite tome
1 de
L'Étau Policier) Je
cherchais un endroit où je pourrais me propulser rapidement. Du
bénévolat, j'en avais fait quotidiennement pendant environ cinq
mois. J'avais
déjà donné.
Ma fibre missionnaire s'était amincie. À cause de ma situation,
j'étais
devenu la priorité.
Faire
du bénévolat simultanément avec une activité professionnelle pour
mettre un peu d'espèces sonnantes et trébuchantes dans mon
tiroir-caisse, oui.
Parce que cet argent, je pouvais l'investir dans des projets
d'édition. Aider, oui, mais
ouvrez-moi aussi des portes! Voilà
ce que j'appelle du bon égoïsme.
L'expérience
ne manquait pas.
Journaliste depuis plusieurs années, dont huit comme éditeur de
magazines, infographiste possédant tous les équipements
informatiques nécessaires à la fonction, et environ cinq mois à
développer une expertise en gestion de crises. Ma
hantise était de tomber encore sur des dirigeants irresponsables.
C'est
alors que j'ai pensé à Jeunesse
au Soleil.
Pourquoi là plutôt qu'ailleurs? L'organisme est solide, prestigieux
et n'a jamais cessé de se développer depuis sa fondation. Signes
évidents de dynamisme et de bonne santé financière. M'y suis donc
rendu. Cependant,
la police en civil n'allait pas me faciliter la tâche.
Craignait-elle
que le journaliste découvre d'autres de ses activités clandestines
illégales? Qu'il l'entrave dans son travail d'infiltration des
bénévoles y œuvrant et des usagers le fréquentant? Craignait-elle
qu'il y accède à certaines responsabilités?
J'avais confié au
concierge où j'habitais mon intention d'y grimper assez rapidement
l'échelle hiérarchique.
Le sachant proche de la police, il
n'est pas exagéré de penser qu'il l'en aurait informée.
(Suite
demain)
News du mercredi 19 Août 2009
■ L'homme
nu, face à lui-même – Usain Bolt
(02:07), un Jamaïcain, a gagné cette semaine la course du 100
mètres lors des championnats du monde à Berlin en un temps record :
9 secondes 58 centièmes. Ici, pas un puissant moteur d'une formule
1, ni de hautes-technos, seulement un humain face à lui-même. Toute
la beauté de l'exploit est là.
■ Une
guerre psychologique se gagne dans la tête - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Dans
ces témoignages, on
retrouve bien là toute la puissance dévastatrice de la
déstabilisation psychologique
: le pire, c'est que la victime et son entourage ne la voient pas.
Une arme blanche invisible, d'une
efficacité redoutable,
n'en doutez pas.
J'en ai personnellement fait l'expérience, et à
répétition, de la fin de 1997 à 2001, soit pendant plus de quatre
années, jour après jour, souvent
plusieurs fois par jour
: j'omets une partie de 1997, période où je travaillais comme
bénévole au resto communautaire Bouffe-Héberge, à Montréal,
parce qu'elles étaient plus rares.
Plus
de quatre années, et
ça continuait en 2002,
bien que beaucoup moins depuis que j'avais parlé à Snowbird, à
l'hiver 2001-2002, des atteintes à la dignité de la personne
prévalant dans le
petit village policier de Lac Bouchette.
Et moins encore, en 2003, depuis que je réagis, posément, à chaque
attaque psychologique, sur la place publique, devant tout le monde.
La
police en civil de la Sûreté du Québec me laisse tranquille
parce qu'elle doit craindre que, lors d'une intervention publique, je
révèle de ses tactiques souterraines.
Une
guerre psychologique se gagne dans la tête,
mais encore faut-il être conscient que l'autre vous l'a déclarée,
la guerre. Conscient surtout de la valeur de la cause que vous
défendez, dans
ce cas-ci les droits fondamentaux.
Et, bien sûr, être suffisamment fort mentalement, genre tête de
cochon qui ne veut pas plier l'échine et
ne la pliera jamais.
On peut aisément en imaginer les dégâts chez
les ados et jeunes adultes ignorant tout de ces tactiques, et des
moyens de s'en protéger.
(Suite
demain)
■ Lorsque
le resto communautaire a fermé ses portes, des civils de la police
de Montréal ont commencé à me surveiller de près - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Le
resto désormais fermé, je n'avais plus mes trois repas gratuits par
jour. À cette époque, j'étais pris avec un appart qui me coûtait
593$
par mois alors que mon chèque d'aide sociale totalisait 590$.
Le loyer payé, il ne me restait plus un rond. Pire, j'accumulais une
dette de loyer. Je n'avais pas demandé à mon propriétaire une
résiliation de bail, convaincu que je reprendrais assez rapidement
mes activités d'éditeur.
Mais
là, les gains de 2 500$ que je comptais retirer du document
corporatif gisaient
au fond de l'eau :
je projetais d'offrir mes services d'infographiste et d'éditeurs à
d'autres organismes. J'étais
coincé, comme on dit.
J'ai donc passé les mois de septembre, octobre et novembre 1997 à
fréquenter l'Accueil Bonneau et la Mission Old Brewery, entre
autres endroits,
et solliciter des sacs de denrées de Jeunesse au Soleil.
C'est
à partir de ce moment que la police a commencé à me surveiller de
près. Elle
était continuellement à mes trousses.
Je voyais bien que des autos-patrouille circulaient sur mon
itinéraire habituel. Et quand je faisais la queue à l'entrée de la
Mission Old Brewery, notamment, que
des civils que je connaissais s'organisaient toujours pour
synchroniser leur arrivée avec la mienne.
Sentais
aussi que certains inconnus cherchant assidûment ma compagnie
pouvaient en être, par la façon dont ils me posaient des questions.
Je ne prêtais pas attention à l'intérêt qu'on me manifestait,
n'avais
qu'une idée en tête :
refaire du bénévolat et surveiller les occasions d'affaires. Mais
où? (Suite
demain)
News du mardi 18 Août 2009
■ Où
se cache le renard? - La meute de chiens le cherche mais le trouve
pas.
■ No
one is innocent – Le point zéro! Tout le monde coupable. Révolution.com
(03:25)...
■ Toute
atteinte au corps étant honnie par la population, les civils,
invisibles, utilisent désormais la déstabilisation psycho, qui
laisse aucune trace - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Trop
naïve, la victime, pour se rendre compte de ce qui se passe?
«Peut-être
pas assez perverse»,
répond Hirigoyen
à la journaliste Paupardin
de La Presse. Elle n'imagine pas que ses harceleurs agissent ainsi
uniquement parce qu'ils ont envie de se débarrasser d'elle. «C'est
très difficile d'imaginer que quelqu'un vous veut du mal». De toute façon, «on
peut toujours trouver plus pervers que soi».
Dans une relation normale, il est toujours possible, au besoin par le
conflit, de mettre une limite à la toute-puissance de l'autre pour
imposer un équilibre des forces,
explique-t-elle.
(NDLR :
Dans l'underground policier, il est à peu près impossible, au
citoyen désorganisé, d'aller jusqu'au conflit. Par contre, des
citoyens groupés ensemble peuvent réagir, mais pacifiquement parce
qu'autrement ils tombent dans le piège policier.
De victimes ou dénonciateurs de la violence policière, ils
deviennent eux-mêmes violents, donnent
publiquement raison à la police.)
Nécessaire
de savoir aussi que, selon Lasierra
et Lauret,
devant la pression de l'opinion publique nationale et internationale,
il est, du moins dans les sociétés avancées, de plus en plus
difficile pour les pouvoirs d'employer la contrainte physique.
(Lasierra R. et Lauret JC -- La torture et les pouvoirs -- Éditions
Ballano) Toute
atteinte au corps est ressentie avec horreur.
Les pouvoirs doivent tenir compte de cette répugnance, tout en
n'hésitant pas dans certaines circonstances à s'en servir comme
moyen de pression.
Pris
dans la contradiction qui se manifeste entre l'abolition des mauvais
traitements et la nécessité de les utiliser à des fins
répressives, les
sociétés avancées s'efforcent de tourner la législation
en recourant à des procédés empiriques
et scientifiques
de coercition qui
ne laissent pas de traces. Les
auteurs font, ici, allusion à la déstabilisation
psychologique policière,
qui est désormais la méthode usuelle. (Suite
demain)
■ Du
jour au lendemain, je suis devenu vulnérable - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Tout
ce qui précède démontre que je jouissais d'un certain poids
politique, que j'ai évidemment perdu à la fermeture du resto.
L'expression
me gêne un peu,
elle trouve cependant toute sa pertinence dans la description des
événements qui s'enchaîneront. Chaque restos communautaires et
soupes populaires où j'irai par la suite, je n'y verrai que des
inconnus. Du jour au lendemain, je
suis devenu vulnérable.
À
ce moment-là, j'ignorais tout du poids politique que j'avais eu.
Comme de raison, j'ignorais tout autant la vulnérabilité découlant
du fait de n'en plus avoir. Un tel rapport est utile quand on se sent
menacé, ce
qui n'était absolument pas le cas.
Surtout pas par la police en civil de l'île de Montréal. J'étais
loin de me douter de ses intentions parce qu'elle
n'avait pas encore dévoilé son jeu.
Il
est vrai qu'au cours du premier mois de mon arrivée à
Bouffe-Héberge, j'avais été la cible de quelques déstabilisations.
Cependant au fur et à mesure que j'avais acquis une certaine
crédibilité, la
police avait mis en veilleuse son travail de sape.
J'avais mon propre bureau où je pouvais me réfugier, et avoir la
sainte paix : de fait, c'était un tout petit espace
partiellement isolé à l'aide de classeurs et d'un paravent.
Quand
venait l'heure de bouffer, je choisissais le moment, la table et ceux
que j'accompagnerais ou qui m'accompagneraient : le
président n'appréciait
pas que je prenne mes repas avec des... usagers. Et les
policiers en civil étaient tout miel avec moi,
Jacques-ci, Jacques-là. Ce qui ne m'avait pas empêché d'en
dépister une
trentaine.
Ils n'y étaient pas tous en même temps, se relayaient pour assurer
sur place une présence quotidienne de trois ou quatre. (Suite
demain)
News du lundi 17 Août 2009
■ Les
échasses urbaines – L'engouement pour ce nouveau sport grandit
: vidéo
(01:30). Bientôt il y en aura partout, ou presque. Ça va devenir
aussi populaire que les patins à roues alignées.
■ Une
blague intelligente – La clé USB WINE, qui est de fait un
robinet (disponible en trois couleurs) que vous branchez sur votre
ordi, permet de télécharger 0.75 litre de vin. Consommable
l'instant d'après, téléchargeable à n'importe quel moment de la journée.
Une
vidéo
(01:08) expliquant comment ça marche. Faites le test sur le site
de USB WINE. Avertissement : interdit au moins de 16 ans, l'abus
d'alcool est dangereux pour la santé.
■ L'origine
du charnier composé de personnes qui se suicident - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Lisons
la suite du propos de Hirigoyen,
décrivant bien l'origine du charnier...
Face à quelqu'un qui fige tout, gèle tout, la
victime se trouve acculée à agir.
Mais, entravée par l'emprise psychologique, elle
ne peut le faire que dans un sursaut violent pour retrouver sa
liberté.
L'auteur explicite : «Celui
qui réagit à la provocation apparaît comme responsable de la
crise. (...)
Il
semble l'agresseur pour l'observateur extérieur.
«Ce
que celui-ci ne voit pas,
c'est que la victime est mise à une place où elle ne peut plus
respecter un modus vivendi qui est pour elle un piège. Elle
est prise dans une double entrave
et, quoi qu'elle fasse, elle ne peut s'en sortir. Si
elle réagit,
elle est génératrice du conflit. Si
elle ne réagit pas,
elle laisse se répandre la
destruction mortifère
(NDLR : Qui
provoque la mort, par suicide).
(...) À
partir d'une réaction ponctuelle, on
lui met une étiquette de caractériel, d'alcoolique, de suicidaire.»
Par
l'intermédiaire de ses «manoeuvres
de déstabilisation»,
on
se débarrasse de sa victime
qui ne comprend pas ce qui lui arrive et perd peu à peu confiance en
ses capacités. La victoire est complète lorsqu'elle en vient à se
détruire elle-même. Toute cette répression souterraine peut en
effet la conduire à un anéantissement
psychique ou au suicide. (NDLR : C'est exactement ce que font les civils, hommes et femmes, de tous les corps policiers, notamment ceux du Québec.)
«Aucun
respect envers autrui, absence
totale de compassion»,
écrit Hirigoyen, qui affirme même qu'«il
existe une lâcheté et une complaisance de l'entourage qui craint de
devenir cible à son tour ou
parfois jouit de façon sadique
du spectacle de cette destruction psychique».
C'est
une violence «propre».
On ne voit rien. (NDLR : Contrairement à l'agression physique,
dans une agression psychologique, il
n'y a aucune trace visible.)
C'est ainsi qu'on arrive à détruire quelqu'un sans utiliser la
moindre violence physique, conclut Hirigoyen. Selon Denis
Bélanger,
directeur de la maison pour hommes violents Après Coup, «(...) la
violence psychologique est pire que la violence physique et
l'entourage ne la voit pas».
(Christiane Desjardins -- La Presse du 14 juin 1999) (Suite
demain)
■ Le
resto communautaire coule corps et biens - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) À
la fin de la soirée, quand je quitte les lieux, tout est très clair
dans ma tête : je
ne veux plus rien savoir de ce panier de crabes,
abandonne l'idée de créer le nouvel organisme. Trop
de policiers et policières en civil dans le paysage. Je
n'ai rien contre la police, mais là elle dépasse les bornes.
J'aurais pu dénoncer publiquement cette situation. Cependant mes
priorités se situaient à un niveau inférieur : retrouver
mon autonomie financière au plus vite.
Autre
raison : ces
bénévoles n'étaient pas prêts à y investir l'énergie
nécessaire.
Nous avions besoin de tout : ustensiles, vaisselle, casseroles,
tables, chaises, poêle, etc. J'en avais dressé la liste. Quand je
mentionnais un élément, les participants à la réunion me disaient
de communiquer avec untel, qu'il en avait. Bon, je notais. Pour tel
autre item, c'était la même histoire. Au cinquième ou sixième
item, j'ai
pris conscience que j'étais le seul finalement à avoir des choses à
faire.
Environ
un mois après, le
resto coule corps et biens,
lesté d'une dette d'au moins 40 000$. Le document corporatif que je
voulais éditer devait générer 5 000$ de profits que j'aurais
partagés à part égale avec l'organisme. Bénévole, j'aurais donc
eu parfaitement le droit d'encaisser mes 2 500$.
Cet argent m'aurait
permis de redevenir autonome sur le plan financier, reprendre peu à
peu mes activités d'éditeur. J'avais compté là-dessus, mais me
retrouvais aussi pauvre qu'à mon arrivée. Néanmoins, abstraction
faite de l'omniprésence des civils, riche
d'une belle expérience communautaire.
J'étais déçu de la tournure des événements, bien sûr. (Suite
demain)
News du dimanche 16 Août 2009
■ Pousser
l'autre à la faute permet de le critiquer ou de le rabaisser, mais surtout
cela lui donne une mauvaise image de lui-même - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Hirigoyen :
L'idéal pour l'agresseur
est de parvenir à ce que «l'autre
devienne mauvais».
Il n'a pas plus grande satisfaction que lorsqu'il
entraîne sa cible à devenir destructrice
à son tour, «ou
qu'il amène plusieurs individus à s'entretuer»,
ajoute-t-elle.
«La
force de destruction de l'agresseur tient beaucoup à la propagande
qu'il fait pour
démontrer à quel point l'agressé est mauvais»,
qu'il est donc normal de s'en prendre à lui. L'agresseur
essaie donc de pousser sa victime à agir contre lui
pour ensuite la dénoncer comme mauvaise. «Ce
qui importe, c'est que la victime paraisse responsable de ce qui lui
arrive»,
explicite l'auteur. L'agresseur se sert d'une
faille de la victime
-- par exemple une tendance dépressive, hystérique ou caractérielle
-- pour la pousser à la caricature et l'amener
à se discréditer elle-même.
Pousser
l'autre à la faute permet de le critiquer ou de le rabaisser, mais
surtout
cela lui donne une mauvaise image de lui-même
et renforce ainsi sa culpabilité. «L'imagination
humaine est sans limites quand il s'agit de tuer chez l'autre la
bonne image qu'il a de lui-même»,
souligne-t-elle.
Lorsque la victime n'a pas assez de contrôle, il
suffit d'en rajouter dans la provocation et le mépris
pour obtenir une réaction qu'ensuite on pourra lui reprocher. Par
exemple, si elle réagit par la colère, on
fait en sorte que ce comportement agressif soit repéré de tous,
au point que même un spectateur extérieur puisse être amené à
appeler la police. Il
est facile ensuite pour l'agresseur de se présenter en victime d'un
malade mental. (Suite
demain)
■ Un
beau cas d'une
déstabilisation illégale de
type policier au sein
d'un organisme - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) L'organisme
n'existe plus juridiquement, mais n'en continuons pas moins, vaille
que vaille, à
servir des repas
aux pauvres. L'eau s'infiltre de plus en plus dans le bateau. Le
président n'arrive pas à
payer le loyer au complet.
Le nouveau propriétaire n'apprécie pas : au milieu de l'été
1997, nous avions emménagés dans un édifice sis au coin d'Hôtel
de Ville et Ste-Catherine-Est.
À
la recherche d'une autre solution de sauvetage, me vient alors l'idée
de créer
un nouvel organisme sans but lucratif
(OSBL ) qui assurerait la relève et maintiendrait la flamme de
l'osmose allumée. Si on ne peut sauver Bouffe-Héberge, laissons-le
couler à pic.
Avec beaucoup de chance, la transition pourrait s'effectuer sans
fermeture des portes.
Je
suggère au proprio du local d'évincer Bouffe-Héberge et de signer
un bail avec le nouvel organisme que je vais mettre sur pied. Il
accepte.
J'ai environ de trois à quatre semaines devant moi, et
pas un sou noir en poche
pour défrayer le coût de l'enregistrement du nouvel organisme.
C'est le branle-bas de combat.
Je
veux un Conseil d'administration (ca) représentatif du milieu. Suis
à la recherche de quelqu'un de prestigieux pour occuper la
présidence. Un
représentant du CLSC
des Faubourgs accepterait un poste de directeur. Les
usagers
y éliraient un des leur, les
bénévoles aussi.
J'en ferais parti à titre de dg bénévole, sans
salaire.
Les réunions se dérouleraient au resto, en présence des habitués.
La
transparence serait la règle.
Je
réunis discrètement quelques bénévoles afin de préparer la
transition. La rencontre a lieu un soir, au domicile de l'un d'eux.
Dès le début, la discussion s'engage sur les candidats éventuels
du ca. Leur
dis être à la recherche de quelqu'un
pour assumer la présidence, de leur côté, ils n'ont personne à
proposer. Les informe aussi que le dg en fera parti, et que j'en
occuperai la fonction bénévolement, sans salaire.
Adèle,
la pseudo artiste spécialisée dans la création de masques
émaillés, policière en civil et bénévole au resto, ne
l'entend pas ainsi. Elle soutient qu'un dg ne peut être membre. Lui
explique que rien ne l'interdit, en autant qu'il n'est pas
rémunéré. En inscrivant ce principe dans les lettres patentes
du nouvel organisme, mes successeurs n'auront d'autre choix que de
faire de même. Il est évident que le dg, s'il exigeait un salaire,
ne pourrait plus en être membre.
Je
n'avais pas prévu qu'Adèle créerait de la bisbille.
Habituellement, elle était plutôt silencieuse, un peu amorphe même,
n'argumentait jamais au cours d'une conversation. Et voilà que
soudain, elle devient une redoutable adversaire, s'acharne à
couper les cheveux en quatre. Déterminée et manœuvrant habilement,
la civile réussit à prendre le contrôle de la petite réunion.
Son
intervention à l'effet d'une douche froide sur l'enthousiasme des
bénévoles présents, suscite
de la suspicion à mon égard.
On semble me percevoir comme quelqu'un voulant accaparer tous les
pouvoirs, alors que ma démarche est toute autre. Visiblement, Adèle
cherche à nous monter les uns contre les autres, à transformer la
réunion en affrontement.
En nous divisant, elle paralyse le comité. La prise de bec dure une
dizaine de minutes.
Bel exemple d'une déstabilisation de type
policier. Après coup, je me demanderai pourquoi
le corps policiers auquel elle appartient n'avait pas dénoncé
l'ex-dg, qui occupait un poste au sein du Conseil d'administration,
dénoncé aussi le Conseil d'administration illégal, parce que
bidon? (Suite
demain)
News du samedi 15 Août 2009
■ Les
saltimbanques de fortune (SDF) – L'est, quiconque applique les 4 règles d'or suivantes : tu ne
travailleras jamais plus pour gagner plus ; tu lutteras jour et nuit
pour ne jamais devenir une fourmi ; tu feras de ta vie une œuvre
d'art et, de cet art, tu feras une œuvre de résistance ; et tu
respecteras la devise des saltimbanks : révolte, amour, rêve et
espoir.
Tous
dans l'attente du Grand Soir, genre mai
68, je présume. Le clip
(04:48) vaut le coup : Joseph dans le rôle de Polo et Nomi derrière
la caméra. Avec la participation exceptionnelle, précise-t-on, de
Cécile, des deux Corrine, François, Lucille, Marie, Maud, Nathalie,
Pat, Patrice, Pierre-Olivier, Rova, Suzie, Vincent, Violaine... Tous
des amoureux de la liberté et de la...révolution. Attention,
ils ne sont pas que ça. S'agit d'une troupe très articulée.
Allez leur rendre visite sur myspace,
vous verrez.
■ France
: Fadela Amara veut interdire la burka, porte-étendard de l'islam
radical – La burka ou niqab est ce vêtement couvrant l'ensemble du corps
et le visage de la femme musulmane, sauf les yeux. Et Amara (photo),
d'origine algérienne, est Secrétaire d'État à la ville au sein du
gouvernement Sarkozy.
Ce combat n'est pas son premier. Elle est
l'auteur de Ni pute ni soumise, des Éditions La Découverte
(synopsis),
un livre (photo
page couverture) où elle dénonce le machisme et les violences
masculines à l'égard des femmes musulmanes dans des quartiers. Elle
a aussi œuvré au sein de SOS Racisme, participé à des manifs,
etc.
Les présentations
faites, passons à sa déclaration... Aujourd'hui samedi, le
quotidien
britannique Financial Times publie une entrevue réalisée avec
Amara. "La vaste
majorité des musulmans sont contre la burka, dit-elle. Ceux qui ont
participé à la lutte pour les droits de la femme chez eux, je pense
en particulier à l'Algérie, savent ce que ça représente et quel
projet d'obscurantisme politique ça dissimule, visant à étouffer
les libertés les plus fondamentales."
Burka
ou niqab représente "l'oppression
de la femme, sa réduction à l'esclavage et son humiliation".
La femme, en plus de l'exploitation sexuelle et de la pauvreté,
subit une "troisième
forme d'oppression : l'extrémisme religieux, l'existence
d'organisations fondamentalistes qui continuent à diffuser leur
discours".
Lisez la suite sur lepoint.fr.
■ «Ces
agressions psychologiques sont préméditées, comme un prédateur le
fait avec sa proie : il ne la lâche plus» - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) La
stratégie perverse apparaît au grand jour lorsque
la victime réagit,
qu'elle essaie de se poser en tant que sujet et de récupérer un peu
de liberté. Lorsqu'elle exprime ce qu'elle ressent, ou commence à
nommer ce qu'elle a compris, elle
devient alors dangereuse.
Il faut la faire taire, par
la peur ou la terreur.
L'entreprise de démolition devient alors systématique.
Les
marques d'hostilité n'apparaissent pas dans des moments d'énervement
ou de crise. Elles
sont là d'une façon constante,
permanente, à petites touches, tous les jours ou plusieurs fois par
semaine, pendant des mois, voire des années, dit Hirigoyen.
«Ces
agressions psychologiques sont préméditées, comme un prédateur le
fait avec sa proie. Il ne la lâche plus»,
écrit-elle.
(NDLR :
Dans le cas de la police en civil, les agressions psychologiques sont
élaborées, planifiées, la veille ou le jour même, lors de
réunions secrètes tenues dans des maisons ou apparts privés, et
groupant les policiers et policières en civil qui y participeront.
Ils en ont l'habitude, savent
quoi dire,
quoi
faire
pour déstabiliser la cible. Ils connaissent ses forces
et faiblesses,
et son train-train
quotidien,
tous ces renseignements étant emmagasinés dans leur banque
informatisée. Savent exactement où
ils l'attaqueront psychologiquement,
dans la rue, un commerce ou sur le lieu de son travail, ou les trois
l'un après l'autre, et quels en seront les scénarios.
La
séance levée, quelques flics contactent ensuite de leurs collabos,
dont le nombre varie selon les besoins, leur expliquent le rôle
qu'ils joueront, sans
bien sûr les informer de ce qu'eux et leurs collègues ont tramé
ensemble plus tôt.
Cachottière, la police. Ses collabos sont en sommes des marionnettes
dont elle tire les ficelles.) (Suite
demain)
■ L'avocat
sort de sa manche une mouffette - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Quelques
jours après, nous tenons la réunion dans une salle de l'étude
juridique. L'avocat agit comme président des délibérations. L'ai
convaincu, ainsi que l'un de ses collègues, d'accepter un poste de
directeur. Dès l'ouverture de l'assemblée, je
propose un bénévole,
ex-pilote de brousse, à la présidence. Il
refuse.
Voyant
cela, la directrice générale tente de se faufiler en posant sa
candidature, je m'y oppose. Il
faut de nouvelles têtes au sein de cet organisme.
Son plan de match est claire : elle devient présidente et le
président sortant hérite de la direction générale. Je tente de
lui couper le chemin en posant également ma candidature à la
présidence.
Il
y a de l'électricité dans l'air.
Pour sauver la situation, l'ex-pilote de brousse accepte à son corps
défendant la présidence. Il
m'en veut de lui avoir forcé la main,
me jette des regards furibonds. Comme prévu, suis élu à la
vice-présidence. J'ai bien hâte de voir la suite des événements...
Le
lendemain, suis
de nouveau au bureau de l'avocat.
Il me dicte une ribambelle de résolutions reflétant ce qui s'est
passé la veille. Cependant, l'une d'elles m'étonne au plus haut
point. Il m'y désigne comme un membre sortant du conseil
d'administration (ca) précédent...
alors que je n'en ai jamais fait parti.
Sa solution, c'est cette mouffette qu'il vient de sortir de sa
manche.
J'aborde
la question de l'illégalité de la manœuvre en lui faisant part de
ma certitude que l'Inspecteur général des Institutions financières
va s'en rendre compte. Il fait pivoter sa chaise d'un quart de tour,
regarde par la grande baie vitrée Montréal à ses pieds et me dit,
en grimaçant et faisant non de la tête : «Ils
verront pas ça.»
Par politesse, je n'insiste pas, néanmoins je ne peux m'empêcher de
penser : tu parles d'un avocat!
Jusque
là aucun
geste illégal n'a été posé.
L'illégalité commencerait seulement quand nous l'informerions
officiellement des résultats de l'élection. Là, nous y serions
jusqu'au cou. Reste deux étapes à franchir avant d'y arriver.
L'ex-président et l'ex-dg doivent signer le procès-verbal de
l'assemblée, ce
qu'ils font sans sourciller.
Ensuite, ce procès-verbal doit être adopté par les membres du
nouveau ca. Quand arrive la réunion, le nouveau président me
demande de déposer le procès-verbal. Lui avoue l'avoir oublié chez
moi, m'en excuse. Je ne leur dis pas, mais mon oubli est volontaire :
je
refuse de mettre le doigt dans l'engrenage de l'illégalité.
Pour le moment, les choses en restent là. J'essaie
d'élaborer un autre plan. (Suite
demain)
News du vendredi 14 Août 2009
■ Trou
du cul – Un clip du DJ Le Clown
(03:57). Un Français qui fait de la bonne zizique. Et le titre, osé,
non? Bof! Moi, seule la musique m'intéresse. J'aime son rythme et
l'originalité de son compositeur. On va pas s'en priver pour si peu.
D'autant qu'il y a de l'anticonformisme dans la provocation. Pas mauvais dans une société sclérosée à l'os comme la nôtre.
■ Relator
f - Scarlett Johansson et Pete Yorn (02:32). Pas de clinquant, pas
d'artiste qui change de tenue vestimentaire à chaque séquence,
cherche à faire le beau. Une tune à la bonne franquette, sans image
high-tech, sympa,
quoi!
■ Drogue,
une guerre perdue? - La lumière au bout du tunnel n'est pas dans la répression
policière. Elle est à la fois dans une approche sociale,
humanitaire et médicale. Des expériences sur le terrain le
démontrent, notamment en Suisse et en Grande-Bretagne. Un excellent
documentaire de la journaliste Nadia Braendle, de la télé suisse,
diffusé à l'émission "Temps
Présent" (54:31), nous met l'évidence sous les yeux.
Après
l'avoir visionné, je retiens que le programme suisse de
prescription d'héroïne ne fait pas le bonheur des dealers, il leur
coupe l'herbe sous les pieds. En outre, les toxicomanes n'ont pas
besoin de vendre de l'héroïne à de nouveaux adeptes pour pouvoir
se payer leur dose. Autant de travail en moins pour la police.
Deux
témoignages aussi, que je considère importants du fait qu'ils sont
émis par des policiers ayant vécu la nouvelle approche. Celui de Robert Neukomm, chef de la police
de Zurich : Si nous voulons vraiment diminuer le problème de la
drogue à Zurich et en Suisse, il nous faut absolument, et dans les
délais les plus brefs, précise-t-il, étendre très largement la prescription
d'héroîne. Le milieux de trafiquants de même que la présence des
consommateurs ont aujourd'hui sur la population des conséquences
inacceptables. Certains de nos quartiers en crèvent.
Et
ce témoignage de Mike Lofts, inspecteur de la brigade des
stupéfiants, à Cheshire, en Grande-Bretagne, qui a complètement
changé d'attitude. Nous ne disons pas que la prescription d'héroïne
résout tous les problèmes, déclare-t-il. Nous disons ceci... C'est une aide
importante qui permet aux héroïnomanes de revenir de meilleurs
citoyens et de réintégrer la société.
Et à ses collègues
européens, il transmet ce message : Vous avez tout essayé
exactement comme nous. Et rien n'a marché. L'héroïne
pharmaceutique sous contrôle médical a pour effet immédiat
d'éliminer les bandes organisées et les dealers n'ont plus de
clients. Pour nous, c'est un énorme pas en avant.
Cette
vidéo de la télé suisse a été tournée en...1994 : voir le
générique à la fin. Au début des années 2000, le premier
ministre du Canada Jean Chrétien a tenté de légaliser la
marijuana. Lors du débat qui s'en est suivi, tant à la Chambre des
communes que dans les médias, quatre
témoins suisses, dont le chef de police du canton de Zurich, Georges
Dulex, invités par le Comité Nolin, ont décrit la situation
prévalant dans leur pays. J'en traite dans le tome 3 de L'Étau
Policier : Chapitre
"Les pourchasseurs de dragons devenus eux-mêmes dragons",
mot clé : témoins suisses.
■ Le
déstabilisateur possède un arsenal d'armes blanches lui permettant
de commettre «un
véritable meurtre psychique» - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) D'après
Hirigoyen,
très souvent le harcèlement se met en place quand
une victime réagit à l'autoritarisme et refuse de se laisser
asservir.
(NDLR : Le simple fait de résister à l'emprise psychologique
de la police en civil, ne serait-ce qu'en se tenant pacifiquement à
l'écart, est
considéré comme de la rébellion.
Vous ne pouvez pas refuser sans coups férir son infiltration.)
C'est
la capacité de résister à l'autorité malgré les pressions qui la
désigne comme cible.
C'est s'exposer à la haine, la répression. «À
ce stade, la victime, qui n'existait que comme un objet utile,
devient
un objet dangereux dont il faut se débarrasser par n'importe quel
moyen»,
écrit l'auteur, qui, je le rappelle encore une fois, ne traite pas
spécifiquement de la police.
Selon
la psychiatre, tous les moyens sont bons pour démolir une personne
désignée. Lors de la phase d'emprise psychologique, l'action de
l'agresseur sur sa victime est essentiellement d'inhiber sa pensée.
(NDLR : C'est-à-dire la
désarçonner continuellement afin de la rendre confuse, de la placer
dans un état de vulnérabilité et de moins en moins apte à se
défendre.)
Dans
la phase suivante, il provoque en elle des sentiments, des actes, des
réactions, par des mécanismes d'injonction. L'arsenal d'armes
blanches du déstabilisateur pour commettre ce que l'auteur appelle
«un
véritable meurtre psychique»,
sont le regard, le timbre de la voix, mais surtout les mots, les
allusions discrètes, les rumeurs, les sous-entendus, etc. (NDLR :
On réduit le citoyen à une position d'impuissance, en gelant
littéralement sa vie, en faisant en sorte que visages et portes se
ferment, pour
ensuite le détruire psychologiquement en toute impunité.)
La
ruse consiste à vous pousser, mine de rien, à la faute ou à la
dépression. Vous
rabaisser, dénigrer, tuer l'estime que vous avez de vous même, vous
humilier sur une longue période et de manière répétée.
(NDLR : Sans compter les atteintes
à la dignité,
le sabotage
de ce que vous entreprenez, par exemple pour revenir sur le marché
du travail, et le harcèlement
par le bruit
pour vous empêcher de dormir la nuit, et bien d'autres tactiques de
la police
en civil
dont je fais état en de nombreux endroits de ce livre,
particulièrement dans sa partie récit du tome 1 de L'Étau
Policier. Les citoyens n'ont pas idée jusqu'où peut aller la police
en civil.)
Hirigoyen
écrit que l'agresseur entretient les ragots,
les conflits,
flatte les plus dociles et s'oppose à ceux qui résiste. Il peut
aussi placer les citoyens en rivaux, pour
qu'ils s'agressent mutuellement et qu'on puisse les contrôler plus
facilement,
précise-t-elle. (NDLR : L'approche
policière est manichéenne : les bons d'un côté, les mauvais
de l'autre.
En somme, diviser la société pour mieux régner.) (Suite
demain)
■ Surprise
: le resto est géré par un conseil d'administration bidon - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Un
peu plus tard, une lettre de Moisson
Montréal
entre sur mon fax. La banque alimentaire annonce à la direction que
désormais elle n'aura plus droit à des denrées. Son auteur écrit
qu'une enquête révèle que le
resto vend à un dépanneur du pain provenant de Moisson Montréal.
Par la suite, j'apprends que des
canettes de coca-cola
subiraient le même sort.
Vendre
des denrées provenant de cet organisme sans but lucratif peut
paraître anodin, mais ne l'est pas. Cette pratique entachait
le protocole d'entente
signé entre celui-ci et ses partenaires, petits commerçants et
proprios des grandes chaînes d'alimentation. Ils donnent
gratuitement leurs surplus de production, à
la condition qu'ils ne reviennent pas sur le marché.
Jusqu'à
ce moment, rien de répréhensible ne s'y était produit. Et voilà
que je découvrais coup sur coup des façons de faire inacceptables.
À cela s'ajoutait la situation financière, désespérée. À brève
échéance, on
devra mettre le cadenas à la porte.
À partir de ce moment, je n'ai qu'une idée en tête : injecter
du sang neuf au sein du conseil d'administration
(ca).
Je
réussie à convaincre le président de me faire élire au sein du
ca, de céder la présidence à quelqu'un d'autre, lui promets en
retour le poste de directeur général (dg) de l'organisme, avec
salaire.
L'appât est un peu gros, mais le
vois déjà saliver par anticipation.
Arrive le moment de convoquer les membres du ca à la réunion.
Surprise! Je découvre que trois
des cinq administrateurs ne sont plus membres,
refusent même d'y participer.
Le
minimum requis par la loi étant de trois, le ca n'en comptant plus
que deux, je
suis en présence d'un ca bidon.
Que faire? Me rends au bureau d'un avocat d'une grande étude
juridique montréalaise, l'en informe. Il me rassure, affirme que
cela peut s'arranger facilement. Je
ne vois pas comment, sans reprendre toute la démarche
d'accréditation. (Suite
demain)
News du jeudi 13 Août 2009
■ Série
de photos - Être
le paillasson
de personne ; pas fiable du
tout ; la flamme n'a plus l'intensité
qu'elle avait ; édifice coloré
; petit repas dans la rue
; réchauffement de la planète?
; porno pour personne avertie seulement
; pauvreté et vieillesse
; le monde obscure d'un photographe (une,
deux,
trois,
quatre
et cinq)
; réaction plutôt rare
; suivez le parcours de la flèche rouge
; plus de pipi que d'eau
; une Statut de la Liberté originale
; érotisme : poils sous les aisselles, pourquoi
pas? ; visages tristes du carnaval de Rio
; bébé a soif
; le navigateur le plus rapide.
■ Un
sketch traitant d'un conflit culturel entre générations – Émission Striptease
(03:18) du 12 août dernier, sur france3.fr : une Arabe vivant en
France annonce à sa mère avoir rencontré un garçon. Celle-ci lui
demande de quelle origine il est. S'ensuit un débat typiquement
culturel.
Ce que vivent des musulmans, en Occident, n'est pas sans
nous rappeler que dans le Québec des années 50 et antérieures, les
cathos se mariaient entre eux, les protestants itou. Hors de l'église,
il n'y avait point de salut. Quelle époque dégueu c'était...
■ Canada
: la CPP recommande un nouvel organisme afin de surveiller toute
enquête criminelle impliquant un membre de la GRC – La Commission des plaintes du public (CPP)
contre la Gendarmerie royale du Canada (GRC) en vient à cette
conclusion après avoir examiné à la loupe 28 dossiers traités par
ce corps policier et portant sur des cas de blessures graves,
d'agressions sexuelles ou de décès.
Les faits sont là,
incontournables... Extrême (sic) préoccupation du président de la
CPP, Paul E. Kennedy, quant à la gestion hiérarchique de la GRC
relativement à ces dossiers. Voyons quelques faits... Enquêteur
principal connaissant personnellement le policier impliqué (25% des
cas) ou appartenant au même détachement (4%). Qui plus est, un seul
policier enquêtant (60%), avec le risque de conflits d'intérêts et
de partialité que cela suppose. Enquêteur du même grade ou d'un
grande inférieur que le policier qu'il interroge (32%) : ici,
possibilité d'intimidation.
En outre, la CPP a
constaté une importante disparité dans les compétences des
enquêteurs. Elle a découvert aussi que les dossiers ne sont pas
uniformisés au sein des divisions (des provinces?). Selon elle, la
GRC néglige systématiquement d'élaborer des normes, des politiques
ou des procédures nationales qui permettraient une meilleure gestion
des enquêtes et des dossiers.
Dans son Rapport
de 322 pages, dévoilé le mardi 11 août 09, la CPP élabore 20
conclusions (14e page sur 322). Retenons-en une : Aujourd'hui, la
question n'est plus de savoir si un examen civil est souhaitable,
mais plutôt de déterminer la façon dont la participation civile
aux enquêtes peut être la plus efficace. Et 14 recommandations (17e
page sur 322).
PS
: Tout ce bric-à-brac de la GRC n'avait qu'un seul but : protéger à la fois son image et ses membres.
Il en a toujours été ainsi dans tous les corps policiers.
■ «Ligoter
psychologiquement» quelqu'un est
la base même du fonctionnement de la mafia ou des régimes
totalitaires - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Hirigoyen
écrit
que de nombreux dirigeants ou hommes politiques (NDLR : ...des
femmes aussi...) ne
s'embarrassent pas de morale pour liquider un rival ou se maintenir
au pouvoir.
(Marie-France Hirigoyen -- Le harcèlement moral -- Éditions Syros)
Il suffit d'un
ou de plusieurs individus pervers
-- pervers pris dans le sens de cruauté, d'une malignité
particulière, précise-t-elle -- dans un groupe, une entreprise ou
dans un gouvernement
(sic) pour
que le système tout entier devienne pervers.
Si
cette perversion n'est pas dénoncée, elle
se répand de façon souterraine
par l'intimidation, la peur, la manipulation. En effet, pour «ligoter
psychologiquement»
quelqu'un, il suffit de l'entraîner dans des mensonges ou des
compromissions qui le rendront complice du processus pervers. C'est
la base même du fonctionnement de la mafia ou des régimes
totalitaires,
signale l'auteur.
Les
pervers narcissiques s'arrangent pour porter au
crédit des autres le désastre qu'ils déclenchent,
afin de se poser en sauveurs et de
prendre ainsi le pouvoir.
Il leur suffit ensuite de ne pas s'embarrasser de scrupules pour s'y
maintenir. L'histoire nous a montré, rappelle Hirigoyen, que ces
hommes (NDLR : ...et ces femmes...) qui refusent de reconnaître
leurs erreurs, n'assument pas leurs responsabilités, manient
la falsification et manipulent la réalité
afin de gommer les traces de leurs méfaits.
«C'est
la société tout entière qui est concernée dès qu'il est question
de pouvoir.
De tout temps, il y a eu des êtres dépourvus de scrupules,
calculateurs, manipulateurs pour qui la fin justifiait les moyens
(...)»,
estime Hirigoyen.
(NDLR :
Retenons que, dans le cas d'un État, les déstabilisations sont
presque exclusivement l'œuvre des policiers et policières en civil,
de leurs collabos,
hommes et femmes. Et que dans celui d'une entreprise, d'agents
et agentes de la sécurité privée en civil.
Quand le citoyen est déstabilisé par la police en uniforme, la
victime identifie illico ses agresseurs. Ici, les choses sont
claires.
La
situation est toute autre quand l'agression psychologique émane de
la police en civil,
qui s'y adonne considérablement plus que celle portant l'uniforme. À
moins que, ainsi qu'on en a déjà traité, le citoyen ait appris à
repérer les civils. On l'a vu, ça aussi, ce genre de citoyen
éclairé ne courre pas les rues. Comme
on a vu que la meilleure répression est celle qui ne se voit pas,
c'est-à-dire souterraine. Pourquoi? Parce qu'elle est illégale.) (Suite
demain)
■ «J'ai
pas le temps là, plus tard» - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) J'accordais
évidemment la priorité aux problèmes quotidiens découlant de la
situation financière pénible du resto. Un feu n'était pas aussitôt
éteint que quelque
temps après un autre s'allumait ailleurs.
Ces imprévus ont eu du bon.
Dans le sens qu'ils m'ont retardé dans
la vente des espaces publicitaires du docu corporatif et permis de
découvrir que l'argent était dépensé aussi vite qu'il entrait, et
sans
que le sort du resto s'en trouve nécessairement amélioré.
Il
en entrait tout même, d'après mes estimés, au
minimum 5 000$ par mois :
clientèle variant entre 100 et 250 à chaque dîner et souper, au
prix d'1$ par tête. Où
allait cet argent?
J'ai alors réalisé qu'il en serait ainsi des revenus générés par
le document corporatif.
C'est que ma connaissance des dossiers
m'avait permis de
ralentir l'évolution de quelques problèmes,
à l'exception du plus important de tous : l'entrée
et la sortie de l'argent.
J'avais toujours refusé d'avoir accès à la caisse.
L'administration était pas mal chaotique, je ne voulais surtout pas
être soupçonné si jamais des sous venaient à disparaître.
D'autres
faits ont beaucoup contribué également à ma conscientisation.
Au printemps 1997, le président et moi avions obtenu une
subvention de2
300$
de la responsable du Comité organisateur des fêtes de la St-Jean, à
Montréal. Un chèque de 1 700$ lui avait été versé, le reste
devait suivre après la remise du rapport final de nos activités. Je
lui avais expliqué que seules les dépenses admissibles seraient
subventionnées et qu'il faudra produire les pièces justificatives.
M'a dit qu'il respecterait l'entente. Bonne
poire, je l'ai cru.
Le
lendemain de la St-Jean, je suis déjà prêt à rédiger le rapport
mais il préfère attendre encore quelques jours. Une semaine après,
je reviens à la charge, même réponse : «J'ai
pas le temps là, plus tard».
Pourtant, ainsi que je lui dis, il n'a qu'à me donner les factures
et je vais m'en occuper.
Vers le milieu de juillet, la responsable du
Comité organisateur des fêtes me téléphone, m'informe n'avoir pas
reçu le rapport. D'autres
appels suivent, je ne sais plus quoi dire.
Voyant que le président n'en fera pas, j'en avise la responsable,
lui suggère même de le dénoncer sur la place publique, de
nous en débarrasser au plus sacrant. Je suis furieux. (Suite
demain)
News du mercredi 12 Août 2009
■ Américains
et Britanniques font du recrutement en utilisant des jeux de guerre
virtuels – Le saviez-vous? Moi, pas. J'ai découvert ça en naviguant sur le
web. Comptez pas sur moi pour vous l'expliquer d'A à Z. De toute
façon, la guerre et moi, on ne fait pas bon ménage.
Donc, comptez
plutôt sur votre débrouillardise. Au point de départ, je peux vous
dire que c'est rudement bien fait et très réaliste. Alors, si ça
vous tente de partir en mission armé jusqu'aux dents, allez-y,
vous risquez rien, tant que vous resterez dans le virtuel. Le jeux
est gratuit en plus.
■ La
carte permettant de suivre en temps réel partout dans le monde
l'évolution de la grippe porcine – Elle a été créée par le Dr Henry Niman, un chercheur
biomédical de Pittsburgh, aux USA : son curriculum
vitae. Son site, en
anglais, est très documenté, donc à explorer.
Exemple, en cliquant sur le chiffre du Canada, vous apprendrez qu'on dénombre jusqu'à
présent 42 décès, que 9 514 cas de grippe sont confirmés et que
239 sont considérés comme suspects : échelle de gauche, cliquez
sur + pour zoomer sur la carte et isoler les chiffres.
Trois
sites gouvernementaux à visiter et traitant de la pandémie grippale
: Québec,
Canada,
France.
Une émission vidéo
à voir (51:38),
celle de "Ça vous regarde". On y pose la question...
Grippe H1N1 : faut-il en avoir peur?
■ La
police est indubitablement la mieux formée et la mieux équipée sur
tous les plans pour mener à terme des déstabilisations
psychologiques meurtrières - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Autre
préalable à la compréhension de la problématique policière et
citoyenne-collaboratrice (les collabos) : les
effets meurtriers des déstabilisations psychologiques.
Jetons-y un éclairage cru, décortiquons en une. Fondamentale,
cette connaissance :
des lecteurs, qui l'ignoraient jusque là, découvriront sans aucune
doute qu'ils en ont été victimes, eux aussi.
Je
m'inspire à la fois d'un livre d'Hirigoyen,
psychiatre, psychanalyste et psychothérapeute familiale spécialisée
en victimologie. (Marie-France Hirigoyen -- Le harcèlement moral --
Éditions Syros) M'inspire aussi d'une critique de ce livre produite
par la journaliste Dominique Paupardin de La Presse. (Dominique
Paupardin -- La Presse du 6 juin 1999)
M'inspire
enfin de ma lecture de centaines d'ouvrages, dont celui d'Hirigoyen,
et de mon expérience sur le terrain acquise au cours de mon
enquête de six ans et demi dans l'underground de la police de
l'île de Montréal et celui de la Sûreté du Québec
opérant sur les territoires de Lac Bouchette et Roberval :
expérience que je vais identifier d'une "NOTE
DE LA RÉDACTION"
(NDLR).
En passant, j'ai la chance d'avoir un morale en acier trempé,
genre combattant, et l'idée du suicide n'a jamais traversé mon
esprit, ni avant mon enquête, ni pendant, ni après. Quelqu'un de
moins fort serait sans aucun doute passé à l'acte, parce que j'ai
subi un grand nombre d'agressions psychologiques particulièrement
costaudes. Il est vrai, par contre, que je disposais d'un support psychologique puissant : la défense des droits et libertés. C'était trop grave, ce que je voyais. Rien ne pouvait m'arrêter.
Cela dit, établissons
dès le départ qu'en
aucun moment Hirigoyen ne fait-elle la moindre allusion à la police,
à ses collabos et aux agents de sécurité.
Mais une déstabilisation psychologique, peu importe qui en est le
maître d'œuvre, demeure
une déstabilisation psychologique.
En outre, la
police est indubitablement la mieux formée et la mieux équipée sur
tous les plans pour la mener à terme selon les règles de l'art.
D'autant plus qu'elle représente la loi, l'ordre et le conformisme.
Hirigoyen n'en désigne pas moins, sans en généraliser la pratique,
le pouvoir politique. La police, on le sait, est au service du
pouvoir. (Suite
demain)
■ La
culture, aussi importante que l'osmose et la bouffe - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) J'avais
aussi entrepris des démarches auprès d'une représentante de la
ministre Ressources humaines et Travail Canada, Jane
Stewart,
afin d'obtenir gratuitement l'installation, dans notre resto, d'un
terminal donnant accès à la banque d'emplois disponibles partout au
pays,
dont ceux de la grande région métropolitaine de Montréal.
Je
projetais de mettre à la disposition de nos usagers et bénévoles
une
ligne fax et téléphonique
pour faciliter leur communication avec les employeurs potentiels.
D'associer
Travail Québec
à de mini séances d'info portant sur la façon de rédiger un
curriculum vitae, de se présenter au téléphone ou au bureau d'un
employeur potentiel. Éventuellement, je songeais acquérir un
ordinateur et une imprimante
pour la conception et l'impression des cv. Pour offrir ces services,
j'aurais sollicité l'aide financière d'entreprises et de
fondations.
Je
souhaitais également y insuffler un peu de culture, aussi
importante que l'osmose et la bouffe. Elle peut aider quelqu'un à
sortir de sa coquille. On oublie souvent que l'image que les
pauvres se font d'eux-mêmes dépend pour une large part de celle
que leur renvoie le mobilier dégradé, urbain ou rural, où ils
vivent. De l'entourage humain aussi, car il se trouve des gens pour
les mépriser.
Je
voulais leur donner l'occasion de transformer positivement cette
image et de se découvrir, qui sait? Peut-être des capacités
insoupçonnées. Nous allions monter des saynètes du théâtre
burlesque intercalées de numéros de variété. Usagers et
bénévoles en seraient à la fois concepteurs et acteurs. La
capacité de 90 places assises du resto le permettait. Ne suffisait
que d'improviser une scène.
Où
dénicher des running gags ou saynètes typiques du théâtre
burlesque? Coup de fil à Gilles
Latulippe,
le maître en la matière au Québec. Le rejoins au deuxième appel,
lui dit qui nous sommes, explique le projet. Il
accepte de nous aider, pourrait même assister à quelques unes de
nos répétitions.
Pour l'élaboration de numéros de variétés, pas compliqué, il
y a plein de talents au resto
: joueurs de la flûte traversière, de la flûte à bec et de tuba,
poète, raconteur d'histoires. L'un de nos bénévoles, m'avait-on
dit, était un travesti.
À
cela, on pouvait ajouter d'autres numéros. Je songeais notamment à
la création des
Girls de Bouffe-Héberge,
petite troupe sobrement froufroutante, dansant
et chantant des classiques des nuits parisiennes,
par exemple Pigalle de Serge Lama : je m'en vais voir les petites
femmes de Pigalle... et tra-la-la! Et sans discrimination d'âge et
de tour de taille. Songeais aussi à un
extrait d'une pièce de Shakespeare.
Ç'aurait été tordant d'entendre des gens ne possédant aucune
formation théâtrale s'exprimer en alexandrins, incluant
les imparfaits du subjonctif.
(Suite
demain)
News du mardi 11 Août 2009
■ Canada : les
combats de l'Autochtone Donald Marshall – Décédé il y a
quelques jours à l'âge de 55 ans, à Sydney, dans la province de la
Nouvelle-Écosse, il n'a pas toujours eu la vie facile. En 1971, il
est condamné à vie pour un crime qu'il n'a pas commis. Une dizaine
d'années plus tard, il est acquitté. Le gouvernement canadien lui
accorde une indemnité d'1,5 million$. Une Commission royale
d'enquête mise sur pied découvre que le système judiciaire de la
province est entaché d'incompétence et de racisme, procède à un
grand ménage.
En
1999, autre condamnation : il a vendu des anguilles alors que la
saison de la pêche est terminée et sans permis. Marshall va
jusqu'en Cour suprême du Canada, qui lui donne raison. Mieux : elle
reconnaît du même coup un traité du 18e siècle accordant aux
Autochtones le droit de vendre les produits de la pêche et de la
chasse, entre autres.
Cette
semaine, des centaines de personnes assistaient aux funérailles de
Marshall,
à l'intérieur
et à l'extérieur de l'église, dont le premier ministre de la
Nouvelle-Écosse Darrell Dexter. (Source RCI)
■ Québec
: les statistiques cachent d'autres suicides - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Trois
mois plus tard, ce qui nous mène à février 2002, l'Association
québécoise de suicidologie
(AQS) incite la population, qui a tendance à croire qu'il s'agit
d'un problème privé, à
cesser de fermer les yeux sur le suicide,
souhaite de sa part une plus grande implication dans la lutte pour
l'endiguer. (Presse canadienne -- La Presse du 8 février 2002)
Au
moment de lancer la Semaine nationale de prévention du suicide,
l'AQS précise que le nombre de suicides au Québec représente
chaque année l'écrasement
de cinq Boeing 747.
Ainsi, chaque jour au Québec, près
de cinq personnes s'enlèvent la vie.
La présidente de l'Association, Brigitte
Lavoie,
souligne qu'il est l'une
des provinces du Canada ayant un des taux de suicide le plus élevé,
malgré tous les services mis en place. Elle réclame une meilleure
formation des intervenants du réseau de la santé et des services
sociaux.
Toutefois
ces chiffres ne disent pas tout.
Dans un livre illustrant comment se déroule une journée dans une
salle d'urgence d'un hôpital du Québec, le Dr
Robert Patenaude
écrit que «beaucoup
de décès sur la route sont des suicides déguisés».
(Dr Robert Patenaude -- 24 heures à l'urgence -- Éditions Québec
Amérique) Il n'est pas rare d'y voir de jeunes conducteurs qui sont
décédés dans des accidents de la route inhabituels. Pour
des raisons complètement inexpliquées,
ils ont percuté un camion, un poteau électrique ou un pilier de
pont à haute vitesse.
Autre
point éclairant, et remettant
en question la véracité des statistiques sur le suicide :
«Beaucoup
de jeunes qui meurent par suite de la consommation de drogues dures
sont
classés dans la section des décès par intoxication,
écrit
le Dr Patenaude.
Pourtant,
il s'agit souvent de suicides,
qui ne sont pas répertoriés comme tels.»
Les
statistiques n'incluent pas non plus les
récidivistes et les désespérés qui, dans un ultime geste de
désespoir, se jettent, l'arme au poing, devant des policiers, qui
n'ont d'autre choix que de se défendre et de les abattre.
En
outre, tous les crimes liés à des gestes suicidaires
: l'homme tuant sa femme et ses enfants avant de se suicider ou la
mère emportant avec elle son enfant dans le suicide ne sont pas non
plus répertoriés dans les statistiques sur le suicide. «Ces
décès sont en général catalogués comme morts violentes, crimes
passionnels ou accidents de la route»,
soutient-il.(Suite
demain)
■ À
deux reprise, Hydro-Québec a coupé l'électricité au resto
communautaire - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Autre
problème : le
loyer.
Le président avait accumulé du retard. Idem pour Hydro-Québec,
Gaz
métropolitain
et d'autres fournisseurs. À deux reprises, Hydro
nous a coupé l'électricité.
À l'une d'elles, la situation était pathétique.
Nous étions en hiver. Par chance, le poêle de la cuisine
fonctionnait au gaz. Au repas du midi, les choses s'étaient assez
bien passées, la lumière du jour éclairait l'intérieur. Cependant, à celui du souper, ce n'était pas drôle. Deux femmes
avaient déniché
suffisamment de bougies
pour en placer sur chaque table. Le soleil était couché, on
gelait.
Pendant le souper, personne
ne parlait ou presque.
Le
lendemain matin, le député péquiste de Ste-Marie-St-Jacques, André
Boulerice,
intervenait auprès d'Hydro-Québec, qui acceptait finalement un
acompte plutôt que le paiement total de la facture d'environ 4
000 ou 5 000$.
Lumière et chauffage revenaient. L'osmose
reprenait vie! Cette
fois, nous nous en sortions, mais pour combien de temps encore?
Afin
de générer un peu d'argent neuf, j'avais confectionné, ainsi que
relaté plus haut, un document corporatif. Je m'étais occupé de
tout. Le Collège
de Photographie Marsan
m'avait refilé l'un de ses étudiants, qui avait consenti de
travailler gratuitement, et que
Norbert s'était d'ailleurs dépêché d'infiltrer.
Un studio de photographie m'avait prêté une caméra 35 mm, donné
les films et développé gratuitement les photos.
Vingt
pages étaient réservées à des infos sur le resto, et vingt autres
à des pubs. J'en avais déjà vendues quelques unes, dont au maire
de Montréal, Pierre
Bourque,
via l'une de ses secrétaires. Les pubs étaient payables après la
publication du document, à la réception d'un exemplaire accompagné
de la facture. Je comptais sur une partie de ces revenus pour me
relancer
en affaire.
(Suite
demain)
News du lundi 10 Août 2009
■ En
Europe, 40 à 50% des décès résultent d'une décision médicale – L'accélération de la fin de vie peut revêtir diverses formes,
lit-on dans un dossier coordonné par Ivan Jablonka
: interruption du traitement, arrêt de la nutrition et de
l'hydratation, administration massive de sédatifs et, pratique
assimilée en France à un homicide et donc interdite : injection de
produits létaux.
Jablonka
réfère le lecteur à des articles traitant du sujet, dont celui de
Marie Gaille. Dans son intro, celle-ci écrit que la demande de
laisser mourir ou d'assistance en vue de mourir n'apparaît pas
toujours comme un objet de réflexion légitime : elle suscite un
malaise à la fois moral, politique et juridique.
Enfin,
il propose aussi des livres, notamment Éthique de la fin de vie ; Au
secours des mourants ; Prendre soin des malades en fin de vie ; La
prise en charge des malades en fin de vie ; etc.
PS
:
Grand temps que l'encadrement légal de la fin de vie fasse l'objet
d'un débat au Québec. La loi doit protéger le citoyen jusqu'à son
dernier soupir. Avant de décider d'écourter la vie du patient, le
médecin doit être obligé de rencontrer sa famille et déposer
toutes ses cartes sur la table. Nécessité il y a également de
savoir si le budget de l'hôpital est un élément dont le médecin
doit tenir compte dans la prise de sa décision.
■ Dr
Turmel : le nombre de suicides au Québec, 1 551 en 1999, n'a pas
cessé d'augmenter - (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Le
coroner en chef du Québec, Serge
Turmel,
révèle, en février 2001, que malgré l'accent mis sur la
prévention au cours des années précédentes, le
nombre de suicides au Québec n'a pas cessé d'augmenter.
(Alexandre Sirois -- La Presse du 9 février 2001)
En 1999, 1
551 personnes s'y sont enlevée la vie,
soit une moyenne légèrement supérieure
à quatre par jour,
comparativement à 1 365 l'année précédente, rapporte le
journaliste Alexandre Sirois de La Presse. Les
hommes sont plus nombreux à mettre fin à leur jour,
1 050 en 1998 contre 1 233 en 1999. Le suicide demeure la principale
cause de décès chez ceux de 20 à 40 ans.
«Un
vrai désastre!»
indique Brigitte
Lavoie,
présidente de l'AQS. Elle souligne que, malgré la situation au
Québec, le
manque de ressources
l'oblige à tenir une campagne de sensibilisation «très
modeste».
Elle qualifie de «regrettable»,
qu'on ne lutte pas contre le suicide de la même façon qu'on l'a
fait pour mettre fin à des problèmes telle la conduite en état
d'ébriété.
Un
commentaire qui, signale le journaliste, a semblé déplaire au
ministre péquiste délégué à la Santé, aux Services sociaux et à
la Protection de la jeunesse, Gilles
Baril.
Il a indiqué que Québec avait injecté 9M$ pour la prévention du
suicide les deux années précédentes, soutenu qu'il fallait plutôt
s'interroger sur les valeurs de la société québécoise et la
«surmédiatisation
du phénomène».
(NDLR : On en parlerait donc trop au goût du ministre? Probable
que le suicide médiatisé suggère l'idée à des citoyens de passer
à l'acte. Cependant l'approche est simpliste : on
ne s'enlève pas la vie parce que d'autres le font, mais bien parce
qu'on veut mettre fin à des souffrances psychologiques plus intenses que le désir
de vivre.)
On
a constaté, au cours des années 1989-2001, une augmentation du taux
de suicide chez les filles âgées de 10-19 ans. (Lia Lévesque,
Presse canadienne -- La Presse du 17 novembre 2001) Des
chiffres ont été dévoilés par des coroners-psychiatres québécois
au cours d'une rencontre de presse tenue,
en novembre 2001, dans le cadre de l'assemblée annuelle des
psychiatres du Canada, à Montréal.
Le
coroner en chef du Québec, le Dr
Serge Turmel,
a dévoilé une série d'études démontrant que les
filles se suicident de plus en plus
: ratio d'une fille sur 5,7 garçons (chiffre de 1989-1992), d'une
sur 4,5 garçons (1996), d'une sur 3,5 garçons (1997) et d'une sur 2
garçons (1998). La
moyenne au cours des quatre années 1998-2001 était d'une fille sur
3,5 garçons.
Les spécialistes québécois n'arrivent pas à l'expliquer autrement
que par des hypothèses, indique
le Dr Pierre Gagné,
coroner-psychiatre. (NDLR : Eux aussi ignorent probablement tout de la problématique policière) (Suite
demain)
■ L'administration
broche à foin du resto communautaire - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Au
resto, je pilotais la plupart des dossiers. Me suis rapidement aperçu
que les problèmes financiers de l'organisme étaient gros, laids
aussi.
Une opération de sauvetage s'imposait. Depuis sa fondation en
octobre 1993, rien
n'avait été fait sur le plan administratif.
Le
numéro de charité de l'organisme avait même été révoqué
parce que les rapports annuels n'avaient pas été effectués. Pas
de numéro,
pas d'exemption de taxes locative de la Ville de Montréal et
foncière de l'ex-Communauté urbaine de Montréal (CUM). Pas
de dons non plus,
les donateurs exigeant généralement un reçu pour fins d'impôt,
avec votre numéro de charité clairement indiqué. Le réactiver
rétroactivement avait demandé du temps.
L'impôt
fédéral nous talonnait également.
Au début, le fonctionnaire responsable me disait n'avoir
jamais vu un dossier aussi pourri que celui-là.
Je lui est tout raconté. Après une couple de rencontres à son
bureau, il a bien vu que j'étais de bonne foi, déterminé à
redresser la situation.
Nous
utilisions deux camions pour aller quérir les denrées. Deux
épaves
qui, quand elles étaient défectueuses, nous
coûtaient les yeux de la tête.
Un jour, la transmission de l'une a cassé. J'ai
convaincu le président de ne pas investir dans ce tas de ferraille,
de s'en débarrasser. Cependant,
il y av |