News du lundi 31 Août 2009

  U2Magnificent (04:32). Visionnez plein écran, son au max. Avoir la musique en tête, aujourd'hui : j'ai...

  Nothing ever hurt like you – James Morrison (04:15).

  France : un bilan complet du rassemblement des socialistes, ce dernier week-end - Important d'en parler parce que c'est un nouveau parti de gauche qui est en train d'émerger. L'objectif : battre l'Union pour un mouvement populaire (UMP) de Sarkozy, un parti de droite, aux prochaines élections présidentielles (2H59). Bien sûr, le débat ne fait que commencer. La suite des événements nous dira jusqu'où cela ira.

La gauche veut réinstaurer la démocratie dans ce pays. On ne répètera jamais assez que ce qui se passe dans les pays occidentaux peut nous affecter tous, directement ou indirectement, à court ou moyen terme. Dans le sens que lorsque l'un adopte une loi liberticide, il contamine les autres, sinon tous, en tout cas un certain nombre d'entre eux. On se dit tel pays l'a fait, on peut le faire nous aussi. La télésurveillance, qui s'est propagée comme une traînée de poudre, en est l'un des exemples les plus probants.

  Dr Lauzon : «c'est à l'État du Québec que devrait être imputée la responsabilité de ces décès» des héroïnomanes n'ayant pas accès à la méthadone - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) La méthadone est le début de la fin de la souffrance, l'assurance aussi d'en sortir vivant. Cependant le gouvernement péquiste, en cette année 1998, en distribue peu.

Le Dr Pierre Lauzon, l'un des premiers à traiter des héroïnomanes avec cet analgésique, crie presque au meurtre. Il raconte au journaliste Myles du quotidien Le Devoir que pour cette raison des citoyens meurent. «Et c'est à l'État du Québec que devrait être imputée la responsabilité de ces décès», affirme-t-il.

Dans un article de La Presse, il fait cet autre commentaire (Marie-France Léger -- La Presse du 18 février 1999) : «L'inaccessibilité en toxicomanie est catastrophique. On suspecte qu'il y a plus de jeunes qui prennent de l'héroïne, en tout cas on a plus de demandes de traitement pour la méthadone. Mais beaucoup ne sont pas traités et sont désespérés. On parle beaucoup des urgences (à l'époque, les civières s'y entassaient dans les corridors), mais on ne parle pas beaucoup des héroïnomanes qui meurent dans la rue faute de services».

Le Dr Suzanne Brissette, chef du service de désintoxication de l'hôpital Saint-Luc, est aussi explicite : «Tous services confondus, on répond à Montréal à 40 ou 50% de la demande. C'est de plus en plus criant. (...) La demande dépasse largement l'offre de service. La méthadone prévient des infections comme le VIH ou l'hépatite C (NDLR :Maladies qu'ils transmettent ensuite à des personnes ne se droguant pas). Elle devrait pouvoir être davantage utilisée», soutient-elle. On a la preuve ici que des toxicos veulent s'en sortir. (Suite demain)

  La police me fera passer comme étant un consommateur de drogue, un Hell's Angel, l'ami d'un pyromane, un pédophile, un agresseur de femmes - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Illustrons concrètement la désapprobation communautaire créée de toutes pièces à mon encontre par la police de l'île de Montréal. Me faire passer pour un consommateur de drogues, à la rigueur, ce n'était pas si terrible. Cependant, m'associer à un gang de motards...

Me souviens que l'un des responsables de l'entrepôt de Jeunesse au Soleil m'avait présenté à un tiers comme étant un Hell's Angel. Le ton n'était pas agressif, plutôt amical même. N'empêche, le mot avait été lâché. Moi, un Hell? Lui avais rétorqué que j'étais plutôt un White Angel. Je n'en revenais pas qu'il ait cette opinion de moi. Qui lui en avait suggéré l'idée? Mon impression est que les propos de la police a tenu à mon sujet n'étaient pas des plus flatteurs. Lorsque celle-ci a tenté de faire croire à des bénévoles que j'étais l'«ami» d'un pyromane, j'avoue que là aussi, je l'ai beaucoup moins bien pris. Cependant, il y a bien pire!

Quand elle a vu qu'elle ne ferait pas beaucoup de kilométrage avec ces tactiques, elle me fera passer pour un pédophile -- des bambins que je ne connaissais pas me quémandaient de l'argent -- et un agresseur de femmes. Elle multipliera les mises en scène tant dans la rue qu'à Jeunesse au Soleil et ailleurs. Elle les utilisera d'ailleurs pendant des mois, caricaturera à gros traits pour que je sache bien qu'elle en est la signataire.

Elle me faisait croiser des femmes aux seins énormes, presque aussi gros et pointus que des obus. Sans blague. Ou qui m'exhibaient généreusement leur postérieur en se pliant en deux pour nouer un lacet, déposer un sac sur le trottoir ou cadenasser une bicyclette. Je n'avais jamais vus autant de ma vie.

Pour que ces déstabilisations m'entrent dedans comme une tonne de brique, il lui fallait la complicité de tous ses béni-oui-oui. Elle avait dû les en informer. Notons que plus souvent qu'autrement, le ni vu ni connu est assuré puisque ces ragots sont propagés par des civils camouflés en bénévoles ou clients de ces établissements. (Suite demain)

News du dimanche 30 Août 2009

  Tank – Tuer et être tué aussi (01:00). Quoi qu'il y a plus de civils qui meurent que de soldats.

  OneDotZerO Moscow mix – tuer, tuer et tuer encore et toujours (04:46)...

  Les internautes créatifs abondent – Il y a du bon et moins bon, comme dans n'importe quoi. Question de goûts aussi. Igor Skaletsky a réussi une vidéo que j'aime bien : "Piece" (02:05).

  France : enfin, de l'air frais au sein du parti socialiste (PS) – Sa première secrétaire Martine Aubry (44:14 + article du Monde) a fait part de sa décision de rénover le PS d'A à Z, vendredi 28, première journée d'un week-end consacré à la tenue d'ateliers sur différents thèmes.

Deux de ceux-ci ont soulevé l'enthousiasme des militants, incluant Ségolène Royal, l'ex-candidate aux dernières présidentielles, c'est tout dire : non-cumul des mandats et élections primaires pour déterminer celui ou celle qui représentera la gauche aux prochaines élections présidentielles.

  Yvon : «Avec la méthadone, tu ne sens pas le manque et ça gèle tes récepteurs d'endorphine» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Dans une série de trois articles publiée en septembre 1998, le journaliste Brian Myles du Devoir, à qui nous devons la description des bienfaits de la méthadone que nous venons de voir, rapporte notamment une étude réalisée en 1996 par le Groupe de recherche sur les jeunes de la rue et l'infection au VIH et démontrant qu'un jeune de la rue sur 20 consomme de l'héroïne tous les jours sur l'île de Montréal. (Brian Myles -- Le Devoir des 22, 23 et 24 septembre 1998) (NDLR : tous les chiffres doivent pris avec des pincettes.)

Tous âges confondus, on y dénombrerait 6 000 usagers réguliers. Des héroïnomanes savent que la méthadone les aiderait à sortir de leur cauchemar. Cependant, Québec la distribuant au compte-gouttes, seulement 600 d'entre eux en obtiennent, en cette année 1998.

Prenons connaissance du témoignage d'Yvon, un Québécois de 30 ans, héroïnomane depuis l'âge de 16 ans, porteur du virus du sida et des hépatites B et C. En mars 1999, il en est l'un de ces bénéficiaires. (Christiane Desjardins -- La Presse du 14 mars 1999) Il raconte à la journaliste Christiane Desjardins de La Presse avoir fait sept ou huit thérapies, dont deux qu'il a mené jusqu'au bout.

«Des sevrages à froid, j'en ai faits. Pour une semaine ou deux, t'as mal partout, tu vomis, c'est l'enfer, je ne souhaiterais pas ça à mon pire ennemi. Mais après, c'est pas fini. Tu peux être des mois sans dormir, à angoisser. (...) Avec la méthadone, tu ne sens pas le manque et ça gèle tes récepteurs d'endorphine. Même si tu prends de l'héroïne, ça ne te fait rien. Donc tu n'en prends pas. D'ailleurs ça serait dangereux. (...) J'ai commencé à 60 mg de méthadone, et aujourd'hui (en mars 1999) je suis rendu à 49. En baissant d'un mg par mois comme mon médecin me l'a conseillé, j'aurai arrêté dans 49 mois.» (Suite demain)

  Résultats des commérages de la police en civil : des gens vous tournent le dos, des portes se ferment, des employeurs vous disent non... - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Chez la plupart des citoyens, l'intégrité est le point le plus sensible de l'épiderme, à cause de la fameuse peur du qu'en-dira-t-on. La moindre rumeur peut anéantir la réputation de quelqu'un. Peu de citoyens résistent, à peu près tous s'enfoncent la tête entre les épaules et rentrent dans le rang. Cependant, quand elle n'est pas justifiée, réagir ainsi correspond à abandonner ses droits aux mains de l'arbitraire policier.

Il importe de rappeler qu'en ces temps de pseudo police communautaire (et tous les autres synonymes qu'on lui attribue faussement), la répression repose désormais sur la désapprobation... communautaire.

C'est que la police met dans le coup de vos voisins, de petits commerçants et dirigeants d'organismes communautaires de votre rue, votre quartier, votre ville. Ceux-ci croient dur comme fer à tout ce qu'elle leur raconte et, pensant jouer un rôle préventif pour le bien-être de la société, s'investissent activement dans des tactiques policières, sans soupçonner ce qu'il y a derrière cet écran de fumée, car c'en est un.

Cela a toujours un peu existé, mais jamais sur une aussi vaste échelle. Du jour au lendemain, sans que vous sachiez pourquoi, des gens vous tournent le dos, des portes se ferment, des employeurs potentiels vous disent non. Vous voilà éjecté de la société, condamné sans avoir passé devant un juge. Far West, lynchage public. Graves accrocs aux droits, dont d'innombrables atteintes à la dignité. (Suite demain)

News du samedi 29 Août 2009

  Muzorama – Dessin animé un peu hors de l'ordinaire, amusant (03:12).

  La nappe de brouillard empêchant... l'ambulance de l'État de sauver des vies en péril - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Rendons-nous sur les lieux d'un autre charnier, cette fois impliquant directement le gouvernement canadien du premier ministre libéral Jean Chrétien, de qui relève la lutte anti-drogue, et le gouvernement québécois du premier ministre péquiste Lucien Bouchard : des héroïnomanes meurent faute de méthadone.

La méthadone est un analgésique opioïde d'origine synthétique qui agit sur l'organisme un peu comme l'héroïne, le «buzz» en moins. (Brian Myles -- Le Devoir des 22, 23 et 24 septembre 1998) Prise par voie orale, elle bloque les effets de sevrage de l'héroïne et permet à de ses usagers d'arrêter de se droguer, de sortir de leur enfer. L'alternative, c'est la méthadone ou potentiellement la mort.

Avant d'entamer le sujet, signalons que dans les articles qui suivent le nombre de consommateurs de drogues dures varie, pratiquement d'une source à l'autre. Certains minimisent le phénomène, d'autres le maximisent et, entre les deux, des intervenants naviguent à vue. Les chiffres, comme on dit, s'entrechoquent.

N'en faisons pas le reproche à ceux œuvrant sur le terrain, qui ne sont pas des statisticiens. Il appartient à l'État d'élaborer des statistiques, qu'il n'y en ait pas ou très peu démontre l'intérêt que nos élus canadiens et provinciaux portent à la question. Ce n'est pas le seul point : argent et personnel médical manquent également.

Se détache de ces constats, l'absence de leadership du pouvoir politique, qui n'a pas encore décidé de prendre le problème à bras-le-corps. D'où la grande confusion, peut-être voulue : tant que la population n'a pas le vrai portrait de la situation, cela évite au pouvoir d'intervenir efficacement. En somme, la nappe de brouillard empêchant... l'ambulance de l'État de sauver des vies en péril. (Suite demain)

  Une auto-patrouille rapide, menaçante, vient dans ma direction - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Dans un premier temps, la police me fait sentir que ma présence n'est pas la bienvenue. Autos-patrouille et des civils sont notamment là pour ça. Cette méthode s'avérant inefficace, une wagonnette de l'escouade tactique et un civil se déplaçant à bicyclette me coupent à quelques occasions le chemin pour bien me faire sentir que je suis persona non grata dans le secteur.

Comme je persiste, la police se fait plus insistante. Sans jamais m'inculper de quoi que ce soit puisque je n'ai jamais commis le moindre délit. Elle ne peut non plus m'accoler une accusation d'entrave au travail de policiers, n'étant pas sur le lieu d'un crime, j'ai parfaitement le droit d'y circuler librement. D'une fois à l'autre, elle en vient à utiliser des tactiques de plus en plus répressives.

Me souviens de cet après-midi où j'avais entrepris de traverser la rue Sherbrooke, à l'intersection d'Amherst. Mon feu est vert et, juste en face de moi, sur l'autre versant de la rue, une auto-patrouille est immobilisée, le policier me regarde, avant-bras appuyés sur le volant. Soudain, j'entends le vrombissement d'un moteur tournant à plein régime, coup d'oeil à gauche : une auto-patrouille, qui vient de démarrer, se dirige dans ma direction.

Le moteur est à ce point sollicité que la partie avant de la carrosserie vibre. Auto-patrouille rapide, menaçante. Sans avertissement sonore. Je reviens précipitamment sur mes pas, pour me réfugier sur le trottoir. Elle passe en trombe, comme une balle. Mon feu était-il passé du vert au rouge? Je l'ignore.

Chose certaine, le flic, sur l'autre côté de la rue, était encore là. En outre, celui qui avait foncé sur moi avait dû me voir puisque j'étais presque rendu au milieu de l'artère. Je n'affirme pas qu'il cherchait délibérément à me frapper, mais seulement à m'effrayer. (Suite demain)

News du vendredi 28 Août 2009

  La cigarette, la seule responsable du cancer du poumon? - D'autres origines commencent à poindre à l'horizon : voir article sur l'alcool et la bière. J'ai lu sur le web il y a quelque temps une étude effectuée en France qui désigne la cigarette comme étant la seule responsable du cancer du poumon : malheureusement, j'en ai supprimé la référence, croyant ne plus en avoir besoin.

On écartait du revers de la main, et en quelques paragraphes (sur plus de 300 pages, je le précise), la responsabilité potentielle de quelques produits chimiques et l'air pollué dont nous remplissons nos poumons. Il était claire et nette que ses auteurs avaient focalisé sur la cigarette.

Je n'affirme pas que fumer est bon pour la santé, loin de là. J'affirme que les études incomplètes sentent un peu beaucoup la manipulation. Ainsi en est-il de gouvernements qui ont déclaré la guerre sainte à la clope, mais qui font pas grand-chose pour protéger le citoyen de la toxicité.

De part le monde, il y a des milliers de produits chimiques, alors seule une recherche de grande envergure pourrait nous dire ce qui en est vraiment. Est-elle possible? Et toutes ces petites parties (toxiques) par million que parait-il nous pouvons ingurgiter sans danger, aucune étude n'est encore venue nous dire le résultat de ces combinaisons, ces accumulations dans l'organisme. Est-elle possible aussi?

Nous inhalons des émanations toxiques et mangeons du chimique. Parlez-en aux agriculteurs utilisant des pesticides et aux éleveurs bourrant leur bétail de médicaments et autres médecines, celles-là pour accélérer la croissance : accélération ici du retour de l'investissement. Parlez-en aussi à ceux qui nous cuisinent notamment des petits plats et des pâtisseries que nous achetons dans les magasins d'alimentation. Cela dit sans vouloir mettre tout ce monde dans le même panier, car je crois qu'il existe des chefs d'entreprises honnêtes. Combien sont-ils?

  Facebook répond favorablement aux recommandations de la commissaire canadienne de la vie privée – Déclaration d'hier jeudi de la commissaire Jennifer Stoddart, très heureuse du résultat de ses démarches : "En raison de ces changements, la vie privée des 200 millions d'utilisateurs de Facebook au Canada et à travers le monde sera beaucoup mieux protégée. Cela est extrêmement important. Les personnes pourront profiter des avantages du réseautage social sans avoir à renoncer au contrôle de leurs renseignements personnels." Lisez la suite sur le site de la commissaire.

PS : Bel exemple démontrant qu'il est possible de défendre les droits des citoyens d'un pays et d'amorcer un effet domino partout dans le monde. Enthousiasment, vraiment! Dans ce cas-ci, aucun gouvernement n'est intervenu, tout s'est déroulé à la suite de l'initiative d'une seule personne, Jennifer Stoddart.

Notre monde a besoin d'autres effets dominos planétaires du genre, venant du Canada ou d'ailleurs. Ce serait super si nous arrivions à créer une solidarité citoyenne de cette envergure. Pourquoi pas une Organisation des citoyens unis (OCU), que l'ONU (Organisation des nations unies) reconnaitrait comme l'un de ses membres à part entière. Évitons de rêver en couleur, espérons seulement, mais surtout n'oublions pas de rendre hommages sur le web à ceux d'entre-nous qui se démarquent, ainsi Jennifer Stoddart.

  Un beau cas, parmi de nombreux autres, où la police a orienté l'opinion publique dans le sens de son orthodoxie - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Ces jeunes, dans leur belle naïveté, pensent que rien ne peut leur arriver. Puissante, la pensée magique. Cela transparaît d'ailleurs dans cet article du journaliste Paul Roy de La Presse et titré La mort n'inquiète pas les jeunes de la rue. (Paul Roy -- La Presse du 26 septembre 1999)

En septembre 1999, il a interviewé des jeunes toxicomanes assis sur un muret, en face de l'Université du Québec à Montréal (UQÀM), rue St-Denis, à Montréal. Invités à commenter une étude démontrant la hausse du niveau d'infection au VIH chez les jeunes toxicomanes, Vicky, 18 ans, qui a avoué fumer du crack, lui a répondu : «Des statistiques, c'est juste des statistiques».

Écoutons aussi ce commentaire d'un gars de 20 ans : «Rien de vrai là-dedans. Check, man ! Je suis en pleine santé, ça fait deux ans que je couche tout partout». Et enfin celui d'un squeegee qui a dit préférer les rues de Montréal à celles de Drummondville où il s'ennuyait, et relaté faire entre 150 et 200$ par jour : «J't'un junkie, ça passe toute là-dedans». Le journaliste notait que ses questions sur la mort ne les intéressaient pas une miette.

Cependant, je me dois de préciser que depuis mon enquête dans l'underground policier, j'ai appris à prêter une attention critique à certaines opinions émises dans certains milieux et situations. Plutôt inusité, éminemment exceptionnel même, qu'un consommateur de drogue dure s'identifie au premier venu comme étant un «junkie» ou fumant du «crack», d'où ma question : y avait-il des policiers ou policières en civil infiltrés parmi ces jeunes, déguisés en punk?

Si tel était le cas, quel était leur objectif? Passer le message aux lecteurs de La Presse que ces jeunes constituent un danger pour la population car ils transmettent leurs maladies aux autres sans ce soucier des conséquences. Bref, des sans génie qu'ils sont parfaitement justifiés de réprimer. Il est un fait cent fois vérifiés que la police, quelle qu'elle soit, manipule l'opinion publique pour l'orienter dans le sens de son orthodoxie. (Suite demain)

  Frayer dans l'underground policier, ce n'est pas toujours de tout repos - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) La surveillance policière, en uniforme ou en civil, est constante. Le matin, dans la rue, quand je me rends à Jeunesse au Soleil, durant mes heures de bénévolat et en fin d'après-midi quand je retourne chez moi. C'est la chape de plomb continuelle. Plus la police vous serre de près, plus vous avez le visage défait et l'air misérable, et plus elle resserre son étau.

Dans ce contexte de loi martiale sans le nom, la menace potentielle de dérapages policiers fait peur. Alors, il y a parfois cette angoisse lancinante vous faisant craindre le pire, l'agression physique. Quand on fraie dans l'underground policier, le stress émotionnel est parfois présent ou latent. Pour tout dire, ce n'est pas toujours de tout repos.

On fait tout pour me faire accroire que je suis sous enquête. Dans les faits, c'est une tactique, basée sur un faux prétexte, pour m'éloigner d'endroits où elle veut continuer de travailler en paix, hors de la présence du journaliste que je suis. Cependant, il ne lui est pas facile de m'éjecter. Je ne réagis pas comme le font sans doute la plupart des autres citoyens n'ayant, eux aussi, rien à se reprocher.

On peut penser qu'effrayés, ceux-ci doivent céder à cet arbitraire. Combien sont ainsi exclus illégalement de certains secteurs? Démocrate convaincu, je refuse d'être traité comme un vulgaire criminel, et par ceux-là même qui devraient me protéger et défendre mes droits fondamentaux.

Alors, je m'accroche. Il y a là combat à livrer, n'ai pas l'intention de m'y dérober. Ne réussissant pas à me faire lâcher prise, elle est obligée de tester différents scénarios avant de trouver le bon, celui qui me fera le plus mal psychologiquement. C'est un crescendo. (Suite demain)

News du jeudi 27 Août 2009

  Plusieurs jeunes de la rue veulent trouver leur place dans la société, mais il leur manque les outils - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Revenons à ces jeunes qui n'ont pas de domicile fixe. Selon un ouvrage collectif dirigé par Fournier, diplômée en santé communautaire, et Mercier, psychologue, les raisons permettant d'expliquer leur itinérance sont multiples et c'est, en général, l'effet cumulatif de plusieurs facteurs qui les précipite dans la rue. (Sans domicile fixe -- Éditions du Méridien -- Ouvrage collectif sous la direction de Louise Fournier et Céline Mercier)

L'importance que joue la famille est largement démontrée dans la littérature portant sur le sujet. Souvent, ils laissent le foyer dans le but de fuir une situation familiale intolérable. Il est d'ailleurs fréquent, soulignent les deux auteurs, qu'ils aient été victimes d'abus physiques, sexuels et émotionnels. Les problèmes qui les affligent sont nombreux. Les plus fréquents sont la séropositivité, les maladies sexuelles transmissibles, les grossesses non désirées, la drogue et l'alcool.

Quant à leur santé mentale, elle a été peu étudiée, contrairement aux itinérants adultes, rapportent les deux intervenantes. Plusieurs auteurs affirment toutefois que la prévalence de troubles mentaux y est élevée. Enfin, l'accès de ces jeunes à différents services est jalonné d'obstacles.

Finalement, on sait que plusieurs d'entre eux voudraient enfin trouver la place qui leur revient dans la société pour vivre de façon autonome. Il ne leur manque que les outils nécessaires à la réalisation de ce désir. Il reste encore beaucoup à faire en termes de recherche pour élargir davantage l'état des connaissances sur les jeunes sans abris. Par la suite, des interventions nouvelles et appropriées pourront être développées, précisent-elles. (Suite demain)

  La moutarde recommence à me monter au nez - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Je quitte l'édifice, Germain m'emboîte le pas. Pas rancunier, je ne m'y refuse pas. Ce peut-être l'occasion d'en apprendre un peu plus à son sujet. Pour la première fois depuis que nous nous connaissons, il est convivial. Habituellement, il ne se gêne pas pour me rappeler à l'occasion que je ne suis pas là pour «faire du social» mais travailler.

Moi, je crois les deux compatibles. Souvent, les gens font du bénévolat pour se socialiser justement. J'aime communiquer, n'ai pas l'intention de m'en priver. Enfin, c'est quoi cette idée d'empêcher les bénévoles de communiquer entre eux? Cette approche concentrationnaire ne me plaît pas, vraiment pas.

Chemin faisant, il m'apprend être un plombier en chômage. Curieusement, il est le deuxième bénévole de l'entrepôt à me dire exercer le métier. Lui en fait la remarque, il patine un peu, ajoute qu'il y en a trop sur le marché du travail. Puis nous prenons Cherrier, rue où j'habite. Je découvre alors qu'il y demeure également, à trois cents pieds de mon domicile, dans une maison de chambres, au 925, côté nord de Cherrier : beaucoup de policiers et policière en civil demeurent en chambres. Nous nous quittons bons amis.

Je n'oublie pas pour autant son allusion teintée de diffamation à mon égard. Dès le lendemain matin, je relate l'incident à la préposée des ressources humaines de Jeunesse au Soleil, lui demande d'alerter la police pour qu'il y ait enquête sur les fausses alertes et d'exiger que Germain, sans tout de même dévoiler sa double identité, me fasse des excuses devant tout le monde : l'enquête n'aura pas lieu, et n'aurai pas droit à des excuses puisque on ne l'y reverra plus.

Cela fait, je m'en vais ensuite à l'entrepôt. Gabriel, un autre civil, y travaille aussi. Il a été témoin de l'incident de la veille. À mon arrivée, ce matin-là, il soutient que j'avais l'air fâché, parle de moi comme d'un grand sensible. À l'entendre, il aurait fallu que j'encaisse sans dire un mot, et même en rire puisqu'il s'agissait d'une bonne blague entre potes. Suis bien d'accord, cependant pas de cette façon, et encore moins dans ces circonstances. La moutarde recommence à me monter au nez, Gabriel n'insiste pas. Il disparaît de la circulation, lui aussi. (Suite demain)

News du mercredi 26 Août 2009

  Mise au pas d'une blogueuse spécialisée dans la diffamation - L'ex-mannequin, la canadienne Liskula Cohen, était sa cible. Celle-ci a demandé et obtenu de Google l'identité de sa tortionnaire, une dénommée Rosemary Port. Par la suite, Cohen a retiré une poursuite judiciaire de plusieurs millions de dollars à son encontre, précisant que cela n'ajouterait rien à sa vie. Lisez la suite...

PS : L'anonymat d'un blogueur est acceptable seulement lorsque, dévoilant de bonne foi un fait dont la société doit être informée, il risque la répression, l'emprisonnement, l'agression physique ou la mort. Pour le reste, il doit avoir le courage de ses opinions, visière levée, sans masque.

  Beyond Gravity – Si vous êtes adepte de l'escalade (49:15 – en anglais), sans corde de survie, voilà un film qui vous fera vivre les moments intenses que vous aimez. Parois recouvertes de glace qu'on grimpe à l'aide de piolets et de chaussures à crampons.

J'ignore combien de temps il sera disponible gratuitement, alors ne tardez pas trop à le visionner. Un site aussi à explorer, beaucoup d'autres titres sont offerts sans avoir rien à débourser.

  Sortir les jeunes de la rue, pas une bonne idée : c'est l'endroit idéal où se socialiser - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Dans un dépliant de Jeunesse au Soleil, organisme implanté à Montréal, on manifeste aussi cette détermination de «sortir les jeunes de la rue». Pourtant, selon la journaliste américaine Jacobs, la rue est un lieu d'apprentissage à la vie. (Jane Jacobs -- Déclin et survie des grandes villes américaines -- Éditions Mardaga) Les jeunes s'y amusent tout en explorant leur environnement.

Elle soutient que la fascination de la rue débordante de vie et d'aventures exerce sur les enfants et les ados est bien connue. L'attrait tient en partie au sentiment de liberté qu'ils éprouvent en les parcourant, au lieu d'être enfermés dans un endroit qui leur est strictement réservé. (NDLR : Au Québec, notamment à Roberval, où les rues sont désertes, on les concentre dans des Maisons des jeunes, où ils sont sous haute surveillance de flics en civil et de collabos, qui veillent à faire leur rééducation. À Lac Bouchette, on ne les y voit pas non plus, ou rarement. Dans les faits, la police a confisqué l'espace public à la Société civile.)

Les rues, c'est aussi la socialisation, l'interaction continuelle. Lorsqu'ils grandissent, écrit Jacobs, ils vont davantage flâner en regardant les passants, en flirtant, en discutant, en se poussant, bousculant et jouant à se bagarrer. On critique constamment les ados qui se défoulent de cette manière, mais ils peuvent difficilement s'en passer à leur âge. Le drame, c'est que si cela ne se passe pas en public dans la rue, cela se passera en marge de la société, précise-t-elle. (Suite demain)

  Jeunesse au Soleil : faux incendie, on m'associe à un pyromane - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) J'y ai alors découvert un autre visage de l'organisme, celui de la répression. J'y étais régulièrement épié et infiltré par des civils, et des employés ou bénévoles de Jeunesse au Soleil. J'y ai aussi été la cible de quelques déstabilisations, ainsi ce jour où l'alarme contre les incendies a retenti dans l'entrepôt.

Quelqu'un, paraît-il, avait mis le feu dans un container placé à l'arrière de l'édifice. Pas de fumée, pas de pompiers, mais bon, puisqu'on me le dit, je crois sans avoir vu. En moins d'un quart d'heure, le début d'incendie est maîtrisé, me dit-on, et nous pouvons reprendre le travail. Quelques jours après, deuxième alerte. Nous nous groupons à la salle de repos. Là encore aucun indice qu'il y a feu. Et où ça? Encore dans le container, semble-t-il.

Germain, un civil, toujours en train de me gendarmer, affirme, à deux reprises, devant tout le monde, et sur un ton on ne peut plus sérieux, le mépris affiché même aux coins des lèvres, que c'est un ami à moi qu'y a mis le feu. Les autres m'interrogent du regard. À cause du contexte répressif où je baigne, je ne tiens surtout pas à ce qu'on m'associe à un pseudo «ami» pyromane. Facile d'égratigner la réputation de quelqu'un par personne interposée.

Je suis furieux. Une fureur intérieure contenue, qui doit bien laisser passer quelques flammèches dans les yeux. Sentant sans doute la tension monter, un responsable de l'entrepôt intervient, nous donne congé pour le reste de l'après-midi.

On se retrouve tous dans l'ascenseur. Cherchant le bouton du rez-de-chaussée, je pèse par mégarde sur celui de l'urgence. Étrangement, la sonnerie de l'ascenseur émet la même tonalité que l'alarme contre le feu. Les deux présumées alertes émanaient donc possiblement de l'ascenseur, pas du système contre les incendies.

Germain en remet, prend à témoin les autres passagers, me désignant de la main : «Tiens! Tu vois!» C'est à n'y rien comprendre. Un peu plus tôt, il m'avait désigné comme l'ami d'un pyromane, là, il laisse entendre que je suis l'auteur de l'alerte. J'ai envie de lui dire d'allumer ses lumières, mais je n'ai vraiment pas envie d'argumenter, me contente de rétorquer que je cherchais le bouton pour l'éjecter de la cage de l'ascenseur. La policière en civil qui l'accompagne éclate de rire. (Suite demain)

News du mardi 25 Août 2009

  Possible de faire l'amour au bureau? - Ouiiiiiiiiiiiiiiiiii, en voici la preuve (02:28).

  Que faire lorsqu'on ne veut pas parler à quelqu'un? - Se cacher pour faire croire qu'on est absent momentanément (01:25). Ici, la langue étrangère importe peu, l'action est dans les images.

  Du pouvoir arbitraire du médecin de décider de la vie ou de la mort du patient - Certes, écrit Jean Zin sur son site, il y a toujours un moment où il faut arrêter l'acharnement thérapeutique, et donc donner la mort. De même, qu'il faut bien faire le choix de ceux qui auront droit à la vaccination en cas de pandémie, donc choisir ses morts. Il estime que l'euthanasie passive va devenir une nouvelles barbarie à combattre.

Ce qu'il trouve d'insupportable, c'est qu'on soit livré sans recours à des petits fonctionnaires ayant droit de vie et de mort sur nous. Le patient devrait être seul juge de sa vie et des traitements qu'il prend. Le médecin, celui qui examine, informe et conseille, pas celui qui fait le tri et prononce la condamnation à mort.

PS : Le pire réside dans le fait que le médecin n'informe de sa décision ni le patient ni sa famille. La décision est un secret bien gardé.

  Les modes de transmission de la grippe porcine – L'automne et l'hiver approchent, deux saisons propices aux atchoums! Quelques petites précautions (00:41) à prendre pour s'en protéger ou protéger les autres : visionnez d'autres vidéos.

  Le police est délibérément répressive, son but étant d'éjecter des citoyens de la société - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) L'anthropologue québécois Tremblay écrit qu'une police trop répressive détruit l'idée qu'il puisse exister un honnête citoyen, tous devenant des clients potentiels. (Jean-Noël Tremblay -- Le métier de policier -- Les Presses de l'Université Laval) Il soutient que cela la rend odieuse aux yeux des citoyens. Cette image négative du policier sur notre propre comportement en société nous incite, si l'on veut éviter d'être traité comme un malfaiteur ou un criminel, à se soustraire à son regard.

Ce que décrit Tremblay, c'est exactement ce que font ces jeunes en se réfugiant dans la clandestinité. Et la police connaît bien les effets de sa répression, sait parfaitement bien qu'ils y chercheront refuge. Elle projette délibérément cette image arbitraire et répressive pour exclure des citoyens de la société. (NDLR : c'est elle qui décide qui sera in ou out, pas un juge.)

L'étudiante en criminologie Bellot aborde un autre volet de la problématique. Elle dit que le harcèlement policier répond à une volonté sociale de sortir les jeunes de la rue, une rue qui ne serait pas un endroit propice à leur développement. En outre, ajoute-t-elle, ceux qui souhaitent les y sortir négligent aussi le fait que pour plusieurs de ceux-ci, la rue est un refuge. «Une partie d'entre eux n'avaient pas le choix. Pour certains, la rue était préférable à la maison», a-t-elle constaté au cours de son enquête.

Sortir les jeunes de la rue, c'est peut-être une bonne chose, mais il y a la manière, dit-elle. Encore faut-il s'assurer qu'ils ont un autre endroit où aller : «Tant qu'un jeune n'a pas décidé lui-même de quitter la rue, il faudrait l'aider à mieux vivre cette période de sa vie, pour éviter qu'il ait de trop gros problèmes de drogues ou de dépression(Suite demain)

  Jeunesse au Soleil : je m'attendais à y être bien traité, c'est tout le contraire qui s'est produit - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) À Jeunesse au Soleil, j'avais été affecté à l'entrepôt. Au cours de cette période, j'ai dû y préparer plus de 1 000 sacs de denrées : 500 à Noël et autant en janvier 1998, destinés cette fois à des sinistrés de la tempête de verglas. Je participais aussi au tri des boîtes de conserve de toutes sortes livrées à l'entrepôt : mettre les légumes ensemble dans de gros bacs, les viandes ensemble, et ainsi de suite.

Un volume incroyable de boîtes de conserves. Pour vous donner une idée, sachez que l'entrepôt occupe tout le troisième étage de l'édifice situé au coin nord-ouest des rues St-Laurent-Rachel, et qu'il est rempli de bacs. Beaucoup de pauvres compte sur l'organisme alors les stocks sont continuellement renouvelés.

C'était ma façon d'exprimer ma gratitude à cet organisme qui, au cours des mois de septembre, octobre et novembre précédents, m'avait aidé à de nombreuses occasions. Il l'a fait généreusement, sans hésitation. J'y étais bien reçu et on s'occupait vraiment de mes besoins alimentaires. Et je n'en étais pas le seul bénéficiaire. L'organisme, je l'ai souvent constaté, est continuellement sur la brèche pour aider les pauvres.

En y travaillant gratuitement, je voulais aussi donner un coup d'épaule aux personnes dans le besoin. J'en avais profité, bien sûr, pour offrir à un membre de la direction un document corporatif semblable à celui que j'avais voulu produire à Bouffe-Héberge. Je m'attendais à être bien traité, mais à ma grande surprise, c'est tout le contraire qui s'est produit. (Suite demain)

News du lundi 24 Août 2009

  Une cinéaste québécoise engagée socialement – Manon Barbeau, réalisatrice notamment du film "L'armée de l'ombre" (voir les news d'hier, plus bas), a eu l'idée, en 1999, de lancer un projet d'une grande utilité : la Wapikoni mobile. S'agit d'un studio doté de tous les équipements nécessaires à la réalisation de vidéos et qui sillonne les territoires amérindiens du Québec. Cette initiative permet à des jeunes autochtones de s'exprimer librement et sortir de leur isolement.

Depuis 2004, avec l'aide financière de l'Office national du film (OFN-Canada), 160 ont été produites et le studio mobile a roulé des dizaines de milliers de kilomètres. Barbeau : "Les jeunes des communautés autochtones (…) possèdent beaucoup de talent. Il fallait trouver une manière de leur donner une chance de se faire entendre, que leurs voix portent."

Toutes les vidéos que je vous propose ont été produites grâce à la Wapikoni mobile. Je vous présente quelques unes des meilleures. Belle occasion de connaître la culture des amérindiens du Québec, Canada.

Un peu d'histoire (07:43) : vous y découvrirez la volonté politique du gouvernement canadien et de communautés religieuses de civiliser les peuples des premières nations. C'était il y a un demi siècle ; Notcimi (05:20) : paroles et musique de Pinaskin Ottawa, guitare électrique : Gary Jacob-Moore ; La réserve (05:01) : de jeunes amérindiens amateurs du rapt ; Kitaskino (04:41), musique de Pierre-Paul Niqay ; mère et fille vont à la chasse aux petits gibiers (08:04) : musique de Bertha Basilish ; Derrière de le rêve (07:57) ; découvrez d'autres vidéos amérindiennes : 3 pages de titres.

  L'enthousiasme des sportifs au stade – En accéléré, il devient frénétique et drôle (02:11).

  La crise financière – Une fiction qui détonne (00:45). On s'y attend vraiment pas.

  Céline Bellot : la police aggrave les problèmes des jeunes de la rue - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Écoutons un autre témoignage. Quittons la Capitale nationale du Québec, rendons-nous à "Montréal, ma ville", ainsi que le proclame faussement le slogan publicitaire. À la même époque, Pierre Bourque était maire de Montréal et Vera Danyluk, présidente de la Communauté urbaine de Montréal (CUM), et responsable de la police sur l'île, pas de Cuba, celle de Montréal.

Dans le cadre d'une recherche sur des jeunes de la rue, Céline Bellot, alors qu'elle étudiait en vu d'obtenir son doctorat en criminologie de l'Université d'Ottawa, a passé une dizaine de nuits dans les environs du parc Pasteur, rue St-Denis, à Montréal. Sauf erreur, elle traite spécifiquement de la police en uniforme, pas de la police en civil, invisible celle-là à l'œil non initié, ni de ses nombreux collabos, dont des commerçants que les citoyens enrichissent de leurs achats. Elle n'aurait donc vu que la partie visible de l'iceberg policier.

Elle aussi dénonce la répression policière dont ils sont victimes. Une répression injustifiée, excessive, discriminatoire et néfaste, a-t-elle confié au journaliste André Pratte de La Presse en mai 1999. (André Pratte -- La Presse du 11 mai 1999) «On pense que chaque jeune est violent, délinquant ou drogué, alors qu'il y a une grande diversité dans la rue. J'ai rencontré des jeunes qui vivent dans la rue presque en permanence et qui ne consomment pas, ou n'ont jamais fait de vol par effraction.» Elle a rarement vu les jeunes commettre des gestes violents.

Par contre, relate le journaliste Pratte, elle a vu se durcir la répression de la police de l'île de Montréal : «L'autre jour, à la sortie de Notre-Dame de Paris (spectacle musical de Luc Plamondon et Richard Cocciante), deux jeunes se sont mis à s'insulter. En une minute, huit voitures de la police sont arrivées!»

Selon elle, la police traite les jeunes de la rue de manière bien particulière. Par exemple, dès qu'un jeune punk flâne dans le métro, les agents interviennent aussitôt. «Si vous faites du squeegee (laver des pare-brises aux intersections pour faire un peu d'argent), vous serez davantage harcelés que si vous vendez de la drogue! Pourtant, le squeegee, c'est certainement une stratégie de survie préférable au commerce de la drogue, à la violence ou à la prostitution», fait observer Bellot.

Elle aussi confirme que la répression policière aurait pour seul effet l'aggravation des problèmes de ces jeunes. Ceux-ci tendent à se réfugier dans la clandestinité, ce qui rend impossible toute intervention auprès d'eux. De fait, on les pousse à la délinquance, analyse-t-elle : «Le jeune qui doit passer deux semaines à (la prison de) Bordeaux parce qu'il a 5 000$ de contraventions de squeegee non payées, qu'est-ce qu'il apprendra, vous croyez? Tout ce qu'il faut savoir pour devenir revendeur de drogue!» (Suite demain)

  Jeunesse au Soleil, un organisme impliqué jusqu'au cou dans la prévention et étroitement lié à la police - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Autre élément factuel : l'escouade cycliste de prévention de Jeunesse au Soleil, composée de jeunes adultes, qui existerait depuis une dizaine d'années. Certains de ses membres, bénévoles ou employés de l'organisme, donnent des conférences dans des écoles de Montréal sur le rapt d'enfants, les dangers de la drogue, le vol à l'étalage, le taxage des jeunes pratiqué par de grands ados ou des gangs, etc.

De plus son escouade cycliste patrouille dans des parcs et cours d'écoles. La mission de ses membres : rapporter à la police tout ce qu'ils y voient et entendent. Ces volontaires sont fortement imprégnés de l'idéologie policière : sentiment que la criminalité est présente partout, suspicion à l'endroit des autres, obsession de l'ordre et du conformisme.

Le 10 juin 1999, l'escouade sera reconnue officiellement par la police de l'île de Montréal. (Cécile Vandaele -- La Presse du 10 juin 1999) Ses membres, désormais au nombre de 78, seront dûment assermentés et leur champ d'opération étendu à 25 quartiers. On les a équipés de cellulaires ou de walkies-talkies. Ils portent la casquette et le tee-shirt bleu marin, identifiés du sigle en lettres orangées de Jeunesse au Soleil.

On peut se demander aussi si l'organisme n'est pas devenu un lieu où des étudiants et étudiantes en techniques policières peuvent pratiquer sur le terrain les théories apprises à l'école. Le 28 juillet suivant, un petit article publié dans La Presse nous apprendra que Jeunesse au Soleil possède un département de la prévention du crime.

Cette obsession de l'insécurité est inquiétante parce que, ainsi que nous le diront des auteurs, dont des sociologues, la police, qu'elle soit de quartier, communautaire ou que ce soit la police tout court, c'est-à-dire classique, a peu à voir avec la criminalité, et tout à voir avec les contrôles et nettoyages sociaux des citoyens, plus particulièrement des"vitres cassées" que sont les out du système économique.

Sauf erreur, il n'existe peut-être pas, à Montréal en tout cas, d'organismes sans but lucratif (OSBL) aussi impliqués dans la prévention et étroitement liés à la police que celui-ci. Difficile d'être contre la vertu... Arrêtons-nous là, ne brûlons pas les étapes, laissons les événements se déployer à leur rythme chronologique. Revenons à cette fin d'année 1997. (Suite demain)

News du dimanche 23 Août 2009

  Le poème québécois Speak White, encore d'actualité? - Il a été écrit en 1968 par Michèle Lalonde (vidéo 06:03 + version écrite du poème), dénonce l'impérialisme économique et culturel des classes dominantes, peu importe la langue de chacune, finalement.

Quant on connait l'origine de la crise financière et économique que nous traversons présentement, et ses graves conséquences sur le plan social partout dans le monde, il y a de quoi bannir à jamais ce capitalisme sauvage dénué de conscience sociale et ses paradis fiscaux. Alors, oui, le poème est d'actualité plus que jamais.

  Plusieurs autres extraits du film de Manon Barbeau (suite des deux articles précédents) – Les médias traditionnels ne parlent jamais, ou très rarement, de la situation difficile des jeunes de la rue. Ils s'intéressent surtout aux versions de la police. On appelle ça du journalisme à sens unique, biaisé, tronqué. Faut comprendre aussi que la misère noire ce n'est pas très glamour : dites moi, vous saviez que Céline Dion est enceinte?

Alors, pour une fois que nous avons une cinéaste qui s'intéresse au sort de ces jeunes, nous allons pas nous en priver. La page où je vous invite à naviguer s'ouvre sur une entrevue avec Manon Barbeau, la réalisatrice du film "L'armée de l'ombre". Elle explique son cheminement, en marchant dans une ruelle où les murs sont recouvert de graffitis.

Dans la colonne de droite (promenez la flèche de votre souris), d'autres vidéos, dont une suite de l'entrevue avec la cinéaste, assise sur une marche d'un escalier de sauvetage rouillé, à l'arrière d'un édifice, et des extraits d'autres témoignages de jeunes de la rue. Cette visite dans l'underground vous ouvrira peut-être les yeux.

  L'armée de l'ombre, film de Manon Barbeau – J'en traite dans le texte précédent (Ville de Québec, Canada : ici, ce ne sont pas des arbres qu'on abat, ce sont des garçons, souvent des adolescents). En voici un extrait (02:57), court mais explicite. Deux jeunes témoignent de la situation qu'ils vivent. Écoutez attentivement ce que dit le deuxième intervenant au sujet de la police de la ville de Québec + une quinzaine de photos (cliquez dessus pour les agrandir).

Le synopsis du film... Au goût des bons citoyens, les jeunes de la rue sont une nuisance et méritent à peine d'exister. L'armée de l'ombre bouscule les clichés habituels en donnant pour une rare fois la parole aux jeunes laissés-pour-compte de la nouvelle génération.

Soudainement, ces éternels coupables deviennent à leur tour juges du monde qui les entoure. Les vraies valeurs surgissent là où on ne les attendait pas et la sentence n'est pas clémente! Carl, Lyon, Sébastien, Caillou et leurs compagnons d'errance crèvent l'écran par leurs personnalités fortes et authentiques, mais on sent, sous la carapace, une intense fragilité.

Ville de Québec, Canada : «ici, ce ne sont pas des arbres qu'on abat, ce sont des garçons, souvent des adolescents» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Cette mise au point faite, ramenons la journaliste Lilianne Lacroix de La Presse, qui a interrogé Danielle Latreille, bachelière en travail social œuvrant avec des clientèles suicidaires et endeuillées. (Lilianne Lacroix -- La Presse du 13 février 1999)

Celle-ci lance en quelque sorte un appel à la solidarité des citoyens. La société doit «apprendre à prendre soin de ses jeunes, de ses adultes, de ses personnes âgées. (...) On doit se parler, travailler ensemble, travailleurs de la santé, travailleurs sociaux, CLSC, écoles, services de loisirs, pour faire un filet à travers lequel le moins de gens possible pourront passer.»

En quelque sorte, c'est un clin d'œil que Latreille adresse à la resocialisation. N'est-ce pas préférable à l'inhumaine Guerre Sainte? Que des jeunes choisissent le suicide plutôt que la vie qu'on leur propose, il y a là de quoi être ébranlé.

Parmi les ados et les jeunes adultes suicidés, combien ont fait l'objet de la médecine de cheval des policiers et policières en civil du Québec, dont la Sûreté du Québec et la police de l'île de Montréal, et de leurs nombreux collabos? Comment savoir? En prenant connaissance d'autres cas concrets peut-être ?

Manon Barbeau a tourné un film, L'armée de l'ombre, sur les jeunes laissés pour compte et vivant au Carré Youville, dans le Vieux-Québec, alors quartier de la Ville du maire péquiste Jean-Paul L'Allier. Luc Perreault, critique cinématographique de La Presse, l'a vu, en novembre 1999, en explique le contexte. (Luc Perreault -- La Presse du 20 novembre 1999) La cinéaste Barbeau, au cours du tournage de son documentaire, a suivi une vingtaine de jeunes, des décrocheurs, squeegees, squatteurs, tagueurs et marginaux de tout acabit.

Des jeunes dormant dans des abris de fortune même en hiver, et au sein desquels la drogue fait des ravages inquiétants. Cinq par année en moyenne y laissent leur peau. Et les recrues semblent inépuisables. Dans ce film, Perreault a vue de ces jeunes jouer aux durs pour mieux dissimuler leur grande vulnérabilité. Il rapporte cette séquence où l'un d'eux engueule devant la caméra les éducateurs du centre de détention où, ado, il a croupi. Certains d'entre eux y sont restés jusqu'à 5 ans (cinq ans!).

Perreault : «Ils ont rapporté de leur séjour en institution un goût de prison qui leur colle à la peau et dont ils n'arrivent pas à se défaire», relate-t-il. «Après avoir décrit (dans un documentaire précédent qu'elle avait tourné) les suites néfastes de l'abandon dans son propre foyer et celui des enfants d'artistes du Refus Global, Manon Barbeau était sans doute la personne la mieux désignée pour se mettre à l'écoute de la détresse de ces garçons. Le constat auquel elle arrive devrait aider à sonner l'alarme. Comme document choc, L'armée de l'ombre (...) me semble cogner à un niveau proche de La Forêt boréale de Richard Desjardins. Mais ici, ce ne sont pas des arbres qu'on abat : ce sont des garçons, souvent des adolescents.»

S'en dégage «l'impression d'un immense gâchis, d'une perte incalculable». Perreault écrit que l'analyse des causes et les solutions proposées paraissent bien timides. Mentionne le cas d'une école recevant ces décrocheurs et d' «où s'échappent les mots d'une dictée qui semble tirée d'un mauvais catéchiste marxiste. (...) Notre société a mal à ses garçons», fait-il observer. (...) «Quel espoir propose-t-on à ces jeunes? Qui pourra endiguer ce fléau? s'inquiète-t-il. Il faudra chercher ailleurs la réponse.»

Tout ça attribuable à une famille dysfonctionnelle, à un père absent ou, cas encore plus fréquent, alcoolique, ainsi que le pense Perreault? Sans doute, mais pas seulement.

Sachant comment la police en civil, et ses collabos, procède clandestinement dans la rue et les institutions, entre autres endroits, on peut affirmer que celle de la Vieille-Capitale, ville du maire péquiste Jean-Paul L'Allier, redisons-le pour ne pas l'oublier, n'a pas dû leur faire de cadeaux, à ces jeunes. Ainsi qu'en témoigne ce livre, notre société n'a pas mal qu'à ses garçons -- et à ses filles --, elle a d'abord et surtout mal à ses droits et libertés. (Suite demain)

  Jeunesse au Soleil : que faisait ce flic en uniforme que j'ai surpris devant un ordi? - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Seulement voilà, quand la police, celle de l'île de Montréal ou de n'importe où dans le monde, a pied à terre quelque part, justification il y a de pousser la réflexion plus loin. Il ne faut jamais perdre de vue qu'elle ne peut se contenter d'être simplement sur place comme le commun des mortels.

D'où ces interrogations légitimes. Le policier que j'ai surpris en plein travail sur l'ordinateur était-il en train de trier ces renseignements personnels et confidentiels recueillis par l'organisme auprès des pauvres en vue d'alimenter la mégabanques informatisée de la police?

Et la télésurveillance à l'intérieur de l'édifice? Caméras avec zoom permettant d'enregistrer en gros plan le visage du pauvre venant y quémander de l'aide alimentaire, et à son insu? L'image vidéo viendrait-elle compléter les renseignements personnels?

Je n'en ai aucune preuve directe mais une convergence de faits irréfutables me porte à le croire. Et forcément avec la complicité de la direction de l'organisme. Ce policier prenait même parfois son repas du midi à la cafétéria. À l'automne 1997, en outre, j'avais souvent remarqué la présence d'une auto-patrouille stationnée devant l'entrée principale, rue St-Urbain.

Ce qui donne aussi du poids à cette très forte présomption, c'est qu'au début des années 1990, Jeunesse au Soleil a créé le service PACTE (Partenaire avec les commerçants via la télécommunication électronique). Son objectif : favoriser l'échange d'infos sur la criminalité entre police de l'île de Montréal, Jeunesse au Soleil et commerçants du quartier St-Louis, où l'organisme a pignon sur rue.

Au fur et à mesure que vous progresserez dans la lecture de ce récit et sa partie analyse, vous en arriverez sans doute, tout comme moi, à ne pas exclure l'hypothèse que cette mini banque informatisée puisse contenir d'autres données individuelles, celles-là n'ayant rien à voir avec la criminalité, tout à voir avec les contrôles et nettoyages sociaux. (Suite demain)

News du samedi 22 Août 2009

  FairyDance – Création de Helena Bulaja (03:19). MAGNIFICO!!! Visionnez plein écran + le son au max.

  C'est quoi l'objectivité journalistique : 50% pour les Juifs et 50% pour Hitler? - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) En outre, je crois fermement aussi à ce que pense Vincent Hugeux, journaliste à l'Express, de la neutralité journalistique, dans certains contextes (L'intolérance -- Éditions Grasset -- Ouvrage collectif d'écrivains, de philosophes, d'Historiens et de journalistes qui participaient au Forum international sur l'Intolérance en mars 1997, à La Sorbonne : Weisel, Ricoeur, de Romilly, Eco, Le Goff, Soyinka, Semprun, etc.) : «Il ne faut pas qu'en vertu d'une objectivité chimérique, d'une équité perverse, on confère le même crédit au bourreau et à la victime. Le devoir des témoins que nous sommes, c'est de décrypter les discours. C'est de dire : Untel prétend ceci. Il ment. Voilà comment. Voilà pourquoi.»

À l'intérieur des salles de nouvelles, poursuit-il, on assiste à un débat académique entre le «journalisme de compassion» et le «journalisme de la distanciation», voire de la froideur. (NDLR : Le journalisme désincarné, quoi.) Hugeux dit se souvenir d'un animateur du Comité international de la Croix-Rouge à Kaboul, au pire moment des combats de 1994, qui lui confiait : «Certes, je suis Helvète, mais jamais neutre ; je suis toujours du côté des victimes. Je considère que nous devons faire preuve, dans notre choix d'interlocuteurs et dans notre écriture, de compassion pour les humbles et d'intransigeance pour les nantis et les puissants.»

Pour sa part, Jean-Marie Colombani, alors directeur de la rédaction du Monde, se disait d'avis qu'il ne faut pas croire que les journaux soient objectifs : «L'objectivité est une notion qui n'existe pas ; la seule chose à laquelle nous puissions prétendre, c'est à l'honnêteté dans l'expression de notre propre subjectivité.» (L'intolérance -- Éditions Grasset -- Ouvrage collectif d'écrivains, de philosophes, d'Historiens et de journalistes qui participaient au Forum international sur l'Intolérance en mars 1997, à La Sorbonne : Weisel, Ricoeur, de Romilly, Eco, Le Goff, Soyinka, Semprun, etc.)

Le journaliste Claude Morin, dans un passage de son livre où il en traite, cite un confrère français, Hubert Vieille (Claude Morin -- Profession : reporter -- Éditions Fides) : «On tentera d'obtenir les deux points de vue dans un conflit de travail, non pas pour faire 50/50, mais pour enrichir le débat. Je vais vous citer un confrère éminent, Yvan Levagne, qui fait la revue de presse sur France-Inter. Il disait : "C'est quoi l'objectivité? "Il ajoutait : "C'est 50 pour cent pour les Juifs et 50 pour cent pour Hitler?" Il y a une belle interrogation là-dessus, poursuit Vieille. Il ne peut y avoir que de l'honnêteté, pas d'objectivité, c'est pas vrai. Même les scientifiques ne sont pas objectifs et pourtant, ils ont des méthodes. » (Suite demain)

  Jeunesse au Soleil : des infos personnelles d'usagers sont inscrites dans un ordi - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Pour que la suite de cette anecdote soit crédible, il faut noter les faits suivants. Le pauvre désirant obtenir de l'aide alimentaire de Jeunesse au Soleil doit fournir au préposé qu'il rencontre, outre une lettre de Travail Québec, toutes les pièces d'identité en sa possession et, ai-je constaté au début de l'été 1998, le nom de ses créanciers ainsi que le montant d'argent qu'il doit à chacun. Le tout complété d'un topo de sa situation financière, sa profession.

Toutes ces infos sont informatisées. J'ai assisté deux fois à cette saisie de données. On ne m'a jamais dit que les renseignements transmis demeureraient confidentiels, n'ai jamais pensé de demander non plus qu'ils le soient. Là ou ailleurs, le pauvre est du reste plutôt mal placé pour exiger quoi que ce soit. Il a besoin de ces sacs de denrées, est prêt à tout déballer.

Et lorsque j'ai commencé à y travailler gratuitement, un vieil homme, employé ou bénévole de l'organisme, m'a signalé, le doigt pointé au plafond, qu'il y avait des caméras partout à l'intérieur des locaux : l'entrepôt, situé dans un autre édifice, doit être aussi sous télésurveillance. J'ai perçu sa remarque comme un avertissement.

J'ignorais son nom, ne l'avais jamais vu non plus auparavant. Il ne me l'a pas faite au cours d'une conversation, mais au moment où nous nous croisions dans le corridor du premier étage. Et après m'en avoir informé, il a poursuivi son chemin sans rien ajouter d'autre. On peut penser que la télésurveillance est "normale" puisqu'elle est présente partout de nos jours. (Suite demain)

News du vendredi 21 Août 2009

  La lutte contre les paradis fiscaux nécessitera une surveillance constante dans tous les pays - Le démontre l'intervention récente d'Eva Joly, députée européenne et ex-magistrate française anti-corruption.

Elle s'interroge sur la présence de la banque française BNP Paribas dans les paradis fiscaux, notamment dans ses "21 filiales aux Îles Caïman". Elle estime "que la BNP n'a pas été choisie au hasard. (…) Dans notre travail sur l'Afrique, nous avons vu trop souvent la BNP impliquée dans des montages sur le pétrole qui permettaient aux chefs d'État de dégager des fonds dans leurs propres comptes ouverts dans les paradis fiscaux."

  Le fromage – Qui le bouffera au complet sans le partager? À vous de le découvrir.

  La différence entre un libéral et un conservateur - Jonathan Haidt est prof en psychologie sociale à l'Université de Virginie, aux USA : vidéo 18:19 sous-titrée en français + site de Haidt en anglais). Il analyse la fibre morale de ces deux orientations politiques : le prof est intéressant et drôle.

Il amorce son sujet en plaçant deux Américains devant la sculpture "David" de Michel-Ange. L'un d'eux admire l'esthétique de l'ensemble de l'œuvre, l'autre est gêné de la présence du pénis. Il pose la question à son auditoire : qui des deux votera Bush plutôt que Gore? (La vidéo date de février 2008 et non de cette époque)

Selon Haidt, les libéraux sont plus susceptibles que les conservateurs d'être ouverts à l'expérience. Ceux possédant une forte personnalité encore plus : ils sont avides de nouveautés, variétés, diversités, nouvelles idées, voyages. Tandis que les personnalités faibles (les conservateurs) préfèrent les choses familières, sécurisantes et fiables.

  La violence que le pouvoir politique génère dans notre société via ses lois à tolérance zéro et sa police répressive - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Suis parfaitement conscient de la gravité de la question soulevée. Je l'ai longuement tournée et retournée encore dans ma tête avant de me décider de l'écrire noir sur blanc. Comment moi, journaliste depuis plus quelques lunes, et de surcroît n'ayant aucune preuve directe de suicides, pouvais-je la soulever en toute honnêteté?

Parce que mes six années et demie d'enquête m'ont ouvert les yeux sur la violence psychologique dont est capable cette police en civil, et ses collabos. Parce qu'il y a aussi tous ces témoignages cités plus haut, et d'autres que je rapporterai plus loin, tous tirés d'innombrables articles de presse et de quelques centaines d'ouvrages et d'études de toutes sortes : pendant plus de quatre années, j'en ai lus de trois à quatre par semaine, que j'empruntais dans des biblios. Et enfin parce que ces activités meurtrières se déroulent dans ce monde de l'ombre et du secret où opèrent policiers et policières en civil, et leurs nombreux collabos, et que la Société civile doit en être informée.

Suis profondément et sincèrement convaincu qu'elle est à l'origine de certains sinon plusieurs de ces suicides : je me retiens à deux mains pour ne pas écrire PLUSIEURS. Le répète : profondément et sincèrement convaincu! Le charnier dont je parlais plus haut, il est notamment là. Des ados et des jeunes adultes sans défense dans la vie, parmi les plus faibles de notre société libre et démocratique. Nous avons là un beau cas de cette violence que le pouvoir politique génère dans notre société via ses lois à tolérance zéro et sa police répressive.

À pourchasser le dragon, il est devenu lui-même dragon. Nuançons : beaucoup de citoyens élus à de hautes fonctions ignorent tout des activités clandestines de la police. D'autres par contre sont au courant. Voilà l'un des coûts de la prétendue «qualité de vie» que notre prétendue police communautaire (de proximité ou de quartier) dit vouloir établir dans les villes et villages. (Suite demain)

  Organisme Jeunesse au Soleil : je surprends un flic en uniforme travaillant sur un ordi - Suite tome 1 de L'Étau Policier) Il y avait plus de trois mois que le resto communautaire était fermé quand j'ai commencé, au milieu de décembre 1997, à faire du bénévolat chez Jeunesse au Soleil. La pression policière s'est clairement manifestée dès les premiers jours de mon arrivée. Dans la rue, c'était le bal d'autos-patrouille et de civils.

Filature, infiltration et déstabilisations seront mon lot quotidien. Je n'avais aucune idée de l'enfer que ceux-ci me feraient vivre. Ils allaient déployer beaucoup de moyens pour m'en dissuader, autant dans cet organisme que les autres où j'irais par la suite. Pour moi, il ne pouvait être question de rester à mon appart à ne rien foutre. Attendre sagement mon chèque de bs à la maison en me tournant les pouces, non merci.

Le matin de mon premier jour de bénévolat, la présence d'un policier de l'île de Montréal a tout de suite piqué ma curiosité. Je l'y avais déjà remarqué, à l'automne 1997, lorsque je m'y étais rendu pour obtenir de l'aide alimentaire. Facile à identifier puisqu'il en portait l'uniforme. Je ne m'étais pas interrogé plus que ça, sauf cette fois-là.

Entrant dans une pièce -- en haut de l'escalier, premier étage à gauche, au fond du couloir, dernière porte à gauche -- où je dois m'inscrire pour le repas du midi, je l'y vois, à mon grand étonnement, vêtu de son uniforme, assis devant un ordinateur, pianotant sur le clavier.

Mon arrivée impromptue le rend visiblement nerveux. Sa tête n'arrête pas de pivoter de l'écran à moi. Je sens que le travail qu'il effectue est confidentiel, qu'il craint sans doute que je m'en approche et lise ce qu'il affiche : dès le lendemain, d'ailleurs, on me désignera un autre local où m'inscrire. (Suite demain)

News du jeudi 20 Août 2009

  Le catamaran géant Alinghi 5 hélitreuillé - L'équipe suisse se prépare à la 33e America's Cup, qui devrait débuter le 8 février 2010 à Ras Al-Khaimah, aux Émirats Arabes Unis. Elle a fait appel à un hélico russe, l'un des plus lourds et puissants.

Un long périple, 270 kilomètres, du Lac Léman, en Suisse, jusqu'à Gênes, en Italie, près du Yacht-Club Italiano. Et à vitesse réduite, pendant 5 heures, longeant la Vallée du Rhône et franchissant le Col du Grand Saint Bernard. À Biella, en territoire italien, l'hélico, tel que prévu, se pose, refait le plein d'essence pour ensuite atteindre la destination.

Deux vidéos captivantes : l'hélico dépose le mat (03:15) sur le catamaran géant auquel il est solidement fixé, vue du ciel (03:32) jusqu'en Italie, plein d'essence, etc. Tout est bien rodé.

  500 ans de visages – S'agit de femmes qui ont posé pour des peintres : plusieurs sont très belles. Chacun se déforme et transforme en un autre. Le montage vidéo (02:52) n'a pas dû être aisé. L'ensemble constitue une œuvre d'art. Seule déception : une pièce de Bach plus joyeuse et rythmée aurait été préférable à celle choisie.

  Les robots et le sexe – Dans une quarantaine d'années, des citoyens incapables de conquêtes, notamment parce que trop timides ou handicapés mentalement ou physiquement, feront l'amour avec des robots. Une prédiction de David Levy, expert en intelligence artificielle.

PS : Si l'évolution exponentielle des nouvelles technologies ne ralentit pas, il est clair que les générations qui nous succéderons auront accès à plus d'innovations scientifiques et techniques que nous. Ce qui ne nous empêche pas d'aimer l'époque qui est la nôtre. On se sent super privilégiés par rapport à tous ceux qui nous ont précédés.

  Une bonne blague – On a trouvé de l'eau sur... Mars.

  Que des ados et jeunes adultes crèvent dans des ruelles ou maisons abandonnées, importe peu à la police en uniforme et en civil - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) On peut aisément en imaginer les dégâts causés par les déstabilisations psychologiques chez les ados et jeunes adultes ignorant tout de ces tactiques, et des moyens de s'en protéger. Surtout quand la police en civil monte à leur encontre, et de toutes pièces, des désapprobations communautaires, en faisant en sorte que leur environnement sociétal leur tourne le dos, incluant les employeurs présents ou potentiels.

Elle peut sortir n'importe qui de la société, avec la complicité de citoyens-mouchards, dont des commerçants. Ces collabos, sans doute bien intentionnés, ne le savent pas, mais c'est à ça que sert la pseudo police communautaire. Quant à ses autres activités, elles sont tout à fait conformes à celles de Big Brother et Big Sister : la cueillette de renseignements sur tout un chacun, afin de mieux les ligoter psychologiquement si la situation l'exige.

Ces jeunes, exception faite de très peu d'entre eux, n'ont pas encore eu l'occasion de vraiment se mesurer aux adversités de la vie. Les psychologues le disent : l'adversité fait mûrir, développe le sens critique, libère peu à peu de la pensée magique. On peut imaginer le drame quand ils découvrent la face cachée de la drogue, eux qui pourtant se croyaient immunisés contre la dépendance. Toute une révélation pour eux. Ils sont complètement désemparés, aux abois, littéralement. À cet âge, on n'est pas du tout équipé pour plonger dans un enfer pareil.

Et quand en plus, ils ont la police en civil, et ses collabos, sur le dos qui les harcèle sans arrêt, les isole socialement, leur situation se dégrade de façon dramatique : elle procède ainsi à l'encontre de ceux qui ne consomment pas de drogue, mais refusant d'être lavés, javalisés, essorés, amidonnés et repassés au fer brûlant. Au lieu de les aider à sortir de leur enfer, elle les y enfonce davantage, conduisant certains ou plusieurs d'entre eux au suicide. Qu'ils crèvent dans une ruelle ou une maison abandonnée, lui importe peu. (Suite demain)

  Faire du bénévolat, oui, mais ouvrez moi aussi des portes - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Je cherchais un endroit où je pourrais me propulser rapidement. Du bénévolat, j'en avais fait quotidiennement pendant environ cinq mois. J'avais déjà donné. Ma fibre missionnaire s'était amincie. À cause de ma situation, j'étais devenu la priorité.

Faire du bénévolat simultanément avec une activité professionnelle pour mettre un peu d'espèces sonnantes et trébuchantes dans mon tiroir-caisse, oui. Parce que cet argent, je pouvais l'investir dans des projets d'édition. Aider, oui, mais ouvrez-moi aussi des portes! Voilà ce que j'appelle du bon égoïsme.

L'expérience ne manquait pas. Journaliste depuis plusieurs années, dont huit comme éditeur de magazines, infographiste possédant tous les équipements informatiques nécessaires à la fonction, et environ cinq mois à développer une expertise en gestion de crises. Ma hantise était de tomber encore sur des dirigeants irresponsables.

C'est alors que j'ai pensé à Jeunesse au Soleil. Pourquoi là plutôt qu'ailleurs? L'organisme est solide, prestigieux et n'a jamais cessé de se développer depuis sa fondation. Signes évidents de dynamisme et de bonne santé financière. M'y suis donc rendu. Cependant, la police en civil n'allait pas me faciliter la tâche.

Craignait-elle que le journaliste découvre d'autres de ses activités clandestines illégales? Qu'il l'entrave dans son travail d'infiltration des bénévoles y œuvrant et des usagers le fréquentant? Craignait-elle qu'il y accède à certaines responsabilités?

J'avais confié au concierge où j'habitais mon intention d'y grimper assez rapidement l'échelle hiérarchique. Le sachant proche de la police, il n'est pas exagéré de penser qu'il l'en aurait informée. (Suite demain)

News du mercredi 19 Août 2009

  L'homme nu, face à lui-même – Usain Bolt (02:07), un Jamaïcain, a gagné cette semaine la course du 100 mètres lors des championnats du monde à Berlin en un temps record : 9 secondes 58 centièmes. Ici, pas un puissant moteur d'une formule 1, ni de hautes-technos, seulement un humain face à lui-même. Toute la beauté de l'exploit est là.

  Une guerre psychologique se gagne dans la tête - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Dans ces témoignages, on retrouve bien là toute la puissance dévastatrice de la déstabilisation psychologique : le pire, c'est que la victime et son entourage ne la voient pas. Une arme blanche invisible, d'une efficacité redoutable, n'en doutez pas.

J'en ai personnellement fait l'expérience, et à répétition, de la fin de 1997 à 2001, soit pendant plus de quatre années, jour après jour, souvent plusieurs fois par jour : j'omets une partie de 1997, période où je travaillais comme bénévole au resto communautaire Bouffe-Héberge, à Montréal, parce qu'elles étaient plus rares.

Plus de quatre années, et ça continuait en 2002, bien que beaucoup moins depuis que j'avais parlé à Snowbird, à l'hiver 2001-2002, des atteintes à la dignité de la personne prévalant dans le petit village policier de Lac Bouchette. Et moins encore, en 2003, depuis que je réagis, posément, à chaque attaque psychologique, sur la place publique, devant tout le monde. La police en civil de la Sûreté du Québec me laisse tranquille parce qu'elle doit craindre que, lors d'une intervention publique, je révèle de ses tactiques souterraines.

Une guerre psychologique se gagne dans la tête, mais encore faut-il être conscient que l'autre vous l'a déclarée, la guerre. Conscient surtout de la valeur de la cause que vous défendez, dans ce cas-ci les droits fondamentaux. Et, bien sûr, être suffisamment fort mentalement, genre tête de cochon qui ne veut pas plier l'échine et ne la pliera jamais. On peut aisément en imaginer les dégâts chez les ados et jeunes adultes ignorant tout de ces tactiques, et des moyens de s'en protéger. (Suite demain)

  Lorsque le resto communautaire a fermé ses portes, des civils de la police de Montréal ont commencé à me surveiller de près - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Le resto désormais fermé, je n'avais plus mes trois repas gratuits par jour. À cette époque, j'étais pris avec un appart qui me coûtait 593$ par mois alors que mon chèque d'aide sociale totalisait 590$. Le loyer payé, il ne me restait plus un rond. Pire, j'accumulais une dette de loyer. Je n'avais pas demandé à mon propriétaire une résiliation de bail, convaincu que je reprendrais assez rapidement mes activités d'éditeur.

Mais là, les gains de 2 500$ que je comptais retirer du document corporatif gisaient au fond de l'eau : je projetais d'offrir mes services d'infographiste et d'éditeurs à d'autres organismes. J'étais coincé, comme on dit. J'ai donc passé les mois de septembre, octobre et novembre 1997 à fréquenter l'Accueil Bonneau et la Mission Old Brewery, entre autres endroits, et solliciter des sacs de denrées de Jeunesse au Soleil.

C'est à partir de ce moment que la police a commencé à me surveiller de près. Elle était continuellement à mes trousses. Je voyais bien que des autos-patrouille circulaient sur mon itinéraire habituel. Et quand je faisais la queue à l'entrée de la Mission Old Brewery, notamment, que des civils que je connaissais s'organisaient toujours pour synchroniser leur arrivée avec la mienne.

Sentais aussi que certains inconnus cherchant assidûment ma compagnie pouvaient en être, par la façon dont ils me posaient des questions. Je ne prêtais pas attention à l'intérêt qu'on me manifestait, n'avais qu'une idée en tête : refaire du bénévolat et surveiller les occasions d'affaires. Mais où? (Suite demain)

News du mardi 18 Août 2009

  Où se cache le renard? - La meute de chiens le cherche mais le trouve pas.

  No one is innocent – Le point zéro! Tout le monde coupable. Révolution.com (03:25)...

  Toute atteinte au corps étant honnie par la population, les civils, invisibles, utilisent désormais la déstabilisation psycho, qui laisse aucune trace - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Trop naïve, la victime, pour se rendre compte de ce qui se passe?

«Peut-être pas assez perverse», répond Hirigoyen à la journaliste Paupardin de La Presse. Elle n'imagine pas que ses harceleurs agissent ainsi uniquement parce qu'ils ont envie de se débarrasser d'elle. «C'est très difficile d'imaginer que quelqu'un vous veut du mal». De toute façon, «on peut toujours trouver plus pervers que soi». Dans une relation normale, il est toujours possible, au besoin par le conflit, de mettre une limite à la toute-puissance de l'autre pour imposer un équilibre des forces, explique-t-elle.

(NDLR : Dans l'underground policier, il est à peu près impossible, au citoyen désorganisé, d'aller jusqu'au conflit. Par contre, des citoyens groupés ensemble peuvent réagir, mais pacifiquement parce qu'autrement ils tombent dans le piège policier. De victimes ou dénonciateurs de la violence policière, ils deviennent eux-mêmes violents, donnent publiquement raison à la police.)

Nécessaire de savoir aussi que, selon Lasierra et Lauret, devant la pression de l'opinion publique nationale et internationale, il est, du moins dans les sociétés avancées, de plus en plus difficile pour les pouvoirs d'employer la contrainte physique. (Lasierra R. et Lauret JC -- La torture et les pouvoirs -- Éditions Ballano) Toute atteinte au corps est ressentie avec horreur. Les pouvoirs doivent tenir compte de cette répugnance, tout en n'hésitant pas dans certaines circonstances à s'en servir comme moyen de pression.

Pris dans la contradiction qui se manifeste entre l'abolition des mauvais traitements et la nécessité de les utiliser à des fins répressives, les sociétés avancées s'efforcent de tourner la législation en recourant à des procédés empiriques et scientifiques de coercition qui ne laissent pas de traces. Les auteurs font, ici, allusion à la déstabilisation psychologique policière, qui est désormais la méthode usuelle. (Suite demain)

  Du jour au lendemain, je suis devenu vulnérable - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Tout ce qui précède démontre que je jouissais d'un certain poids politique, que j'ai évidemment perdu à la fermeture du resto. L'expression me gêne un peu, elle trouve cependant toute sa pertinence dans la description des événements qui s'enchaîneront. Chaque restos communautaires et soupes populaires où j'irai par la suite, je n'y verrai que des inconnus. Du jour au lendemain, je suis devenu vulnérable.

À ce moment-là, j'ignorais tout du poids politique que j'avais eu. Comme de raison, j'ignorais tout autant la vulnérabilité découlant du fait de n'en plus avoir. Un tel rapport est utile quand on se sent menacé, ce qui n'était absolument pas le cas. Surtout pas par la police en civil de l'île de Montréal. J'étais loin de me douter de ses intentions parce qu'elle n'avait pas encore dévoilé son jeu.

Il est vrai qu'au cours du premier mois de mon arrivée à Bouffe-Héberge, j'avais été la cible de quelques déstabilisations. Cependant au fur et à mesure que j'avais acquis une certaine crédibilité, la police avait mis en veilleuse son travail de sape. J'avais mon propre bureau où je pouvais me réfugier, et avoir la sainte paix : de fait, c'était un tout petit espace partiellement isolé à l'aide de classeurs et d'un paravent.

Quand venait l'heure de bouffer, je choisissais le moment, la table et ceux que j'accompagnerais ou qui m'accompagneraient : le président n'appréciait pas que je prenne mes repas avec des... usagers. Et les policiers en civil étaient tout miel avec moi, Jacques-ci, Jacques-là. Ce qui ne m'avait pas empêché d'en dépister une trentaine. Ils n'y étaient pas tous en même temps, se relayaient pour assurer sur place une présence quotidienne de trois ou quatre. (Suite demain)

News du lundi 17 Août 2009

  Les échasses urbaines – L'engouement pour ce nouveau sport grandit : vidéo (01:30). Bientôt il y en aura partout, ou presque. Ça va devenir aussi populaire que les patins à roues alignées.

  Une blague intelligente – La clé USB WINE, qui est de fait un robinet (disponible en trois couleurs) que vous branchez sur votre ordi, permet de télécharger 0.75 litre de vin. Consommable l'instant d'après, téléchargeable à n'importe quel moment de la journée.

Une vidéo (01:08) expliquant comment ça marche. Faites le test sur le site de USB WINE. Avertissement : interdit au moins de 16 ans, l'abus d'alcool est dangereux pour la santé.

  L'origine du charnier composé de personnes qui se suicident - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Lisons la suite du propos de Hirigoyen, décrivant bien l'origine du charnier... Face à quelqu'un qui fige tout, gèle tout, la victime se trouve acculée à agir. Mais, entravée par l'emprise psychologique, elle ne peut le faire que dans un sursaut violent pour retrouver sa liberté. L'auteur explicite : «Celui qui réagit à la provocation apparaît comme responsable de la crise. (...) Il semble l'agresseur pour l'observateur extérieur.

«Ce que celui-ci ne voit pas, c'est que la victime est mise à une place où elle ne peut plus respecter un modus vivendi qui est pour elle un piège. Elle est prise dans une double entrave et, quoi qu'elle fasse, elle ne peut s'en sortir. Si elle réagit, elle est génératrice du conflit. Si elle ne réagit pas, elle laisse se répandre la destruction mortifère (NDLR : Qui provoque la mort, par suicide). (...) À partir d'une réaction ponctuelle, on lui met une étiquette de caractériel, d'alcoolique, de suicidaire.»

Par l'intermédiaire de ses «manoeuvres de déstabilisation», on se débarrasse de sa victime qui ne comprend pas ce qui lui arrive et perd peu à peu confiance en ses capacités. La victoire est complète lorsqu'elle en vient à se détruire elle-même. Toute cette répression souterraine peut en effet la conduire à un anéantissement psychique ou au suicide. (NDLR : C'est exactement ce que font les civils, hommes et femmes, de tous les corps policiers, notamment ceux du Québec.)

«Aucun respect envers autrui, absence totale de compassion», écrit Hirigoyen, qui affirme même qu'«il existe une lâcheté et une complaisance de l'entourage qui craint de devenir cible à son tour ou parfois jouit de façon sadique du spectacle de cette destruction psychique».

C'est une violence «propre». On ne voit rien. (NDLR : Contrairement à l'agression physique, dans une agression psychologique, il n'y a aucune trace visible.) C'est ainsi qu'on arrive à détruire quelqu'un sans utiliser la moindre violence physique, conclut Hirigoyen. Selon Denis Bélanger, directeur de la maison pour hommes violents Après Coup, «(...) la violence psychologique est pire que la violence physique et l'entourage ne la voit pas». (Christiane Desjardins -- La Presse du 14 juin 1999) (Suite demain)

  Le resto communautaire coule corps et biens - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) À la fin de la soirée, quand je quitte les lieux, tout est très clair dans ma tête : je ne veux plus rien savoir de ce panier de crabes, abandonne l'idée de créer le nouvel organisme. Trop de policiers et policières en civil dans le paysage. Je n'ai rien contre la police, mais là elle dépasse les bornes. J'aurais pu dénoncer publiquement cette situation. Cependant mes priorités se situaient à un niveau inférieur : retrouver mon autonomie financière au plus vite.

Autre raison : ces bénévoles n'étaient pas prêts à y investir l'énergie nécessaire. Nous avions besoin de tout : ustensiles, vaisselle, casseroles, tables, chaises, poêle, etc. J'en avais dressé la liste. Quand je mentionnais un élément, les participants à la réunion me disaient de communiquer avec untel, qu'il en avait. Bon, je notais. Pour tel autre item, c'était la même histoire. Au cinquième ou sixième item, j'ai pris conscience que j'étais le seul finalement à avoir des choses à faire.

Environ un mois après, le resto coule corps et biens, lesté d'une dette d'au moins 40 000$. Le document corporatif que je voulais éditer devait générer 5 000$ de profits que j'aurais partagés à part égale avec l'organisme. Bénévole, j'aurais donc eu parfaitement le droit d'encaisser mes 2 500$.

Cet argent m'aurait permis de redevenir autonome sur le plan financier, reprendre peu à peu mes activités d'éditeur. J'avais compté là-dessus, mais me retrouvais aussi pauvre qu'à mon arrivée. Néanmoins, abstraction faite de l'omniprésence des civils, riche d'une belle expérience communautaire. J'étais déçu de la tournure des événements, bien sûr. (Suite demain)

News du dimanche 16 Août 2009

  Pousser l'autre à la faute permet de le critiquer ou de le rabaisser, mais surtout cela lui donne une mauvaise image de lui-même - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Hirigoyen : L'idéal pour l'agresseur est de parvenir à ce que «l'autre devienne mauvais». Il n'a pas plus grande satisfaction que lorsqu'il entraîne sa cible à devenir destructrice à son tour, «ou qu'il amène plusieurs individus à s'entretuer», ajoute-t-elle.

«La force de destruction de l'agresseur tient beaucoup à la propagande qu'il fait pour démontrer à quel point l'agressé est mauvais», qu'il est donc normal de s'en prendre à lui. L'agresseur essaie donc de pousser sa victime à agir contre lui pour ensuite la dénoncer comme mauvaise. «Ce qui importe, c'est que la victime paraisse responsable de ce qui lui arrive», explicite l'auteur. L'agresseur se sert d'une faille de la victime -- par exemple une tendance dépressive, hystérique ou caractérielle -- pour la pousser à la caricature et l'amener à se discréditer elle-même.

Pousser l'autre à la faute permet de le critiquer ou de le rabaisser, mais surtout cela lui donne une mauvaise image de lui-même et renforce ainsi sa culpabilité. «L'imagination humaine est sans limites quand il s'agit de tuer chez l'autre la bonne image qu'il a de lui-même», souligne-t-elle.

Lorsque la victime n'a pas assez de contrôle, il suffit d'en rajouter dans la provocation et le mépris pour obtenir une réaction qu'ensuite on pourra lui reprocher. Par exemple, si elle réagit par la colère, on fait en sorte que ce comportement agressif soit repéré de tous, au point que même un spectateur extérieur puisse être amené à appeler la police. Il est facile ensuite pour l'agresseur de se présenter en victime d'un malade mental. (Suite demain)

  Un beau cas d'une déstabilisation illégale de type policier au sein d'un organisme - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) L'organisme n'existe plus juridiquement, mais n'en continuons pas moins, vaille que vaille, à servir des repas aux pauvres. L'eau s'infiltre de plus en plus dans le bateau. Le président n'arrive pas à payer le loyer au complet. Le nouveau propriétaire n'apprécie pas : au milieu de l'été 1997, nous avions emménagés dans un édifice sis au coin d'Hôtel de Ville et Ste-Catherine-Est.

À la recherche d'une autre solution de sauvetage, me vient alors l'idée de créer un nouvel organisme sans but lucratif (OSBL ) qui assurerait la relève et maintiendrait la flamme de l'osmose allumée. Si on ne peut sauver Bouffe-Héberge, laissons-le couler à pic. Avec beaucoup de chance, la transition pourrait s'effectuer sans fermeture des portes.

Je suggère au proprio du local d'évincer Bouffe-Héberge et de signer un bail avec le nouvel organisme que je vais mettre sur pied. Il accepte. J'ai environ de trois à quatre semaines devant moi, et pas un sou noir en poche pour défrayer le coût de l'enregistrement du nouvel organisme. C'est le branle-bas de combat.

Je veux un Conseil d'administration (ca) représentatif du milieu. Suis à la recherche de quelqu'un de prestigieux pour occuper la présidence. Un représentant du CLSC des Faubourgs accepterait un poste de directeur. Les usagers y éliraient un des leur, les bénévoles aussi. J'en ferais parti à titre de dg bénévole, sans salaire. Les réunions se dérouleraient au resto, en présence des habitués. La transparence serait la règle.

Je réunis discrètement quelques bénévoles afin de préparer la transition. La rencontre a lieu un soir, au domicile de l'un d'eux. Dès le début, la discussion s'engage sur les candidats éventuels du ca. Leur dis être à la recherche de quelqu'un pour assumer la présidence, de leur côté, ils n'ont personne à proposer. Les informe aussi que le dg en fera parti, et que j'en occuperai la fonction bénévolement, sans salaire.

Adèle, la pseudo artiste spécialisée dans la création de masques émaillés, policière en civil et bénévole au resto, ne l'entend pas ainsi. Elle soutient qu'un dg ne peut être membre. Lui explique que rien ne l'interdit, en autant qu'il n'est pas rémunéré. En inscrivant ce principe dans les lettres patentes du nouvel organisme, mes successeurs n'auront d'autre choix que de faire de même. Il est évident que le dg, s'il exigeait un salaire, ne pourrait plus en être membre.

Je n'avais pas prévu qu'Adèle créerait de la bisbille. Habituellement, elle était plutôt silencieuse, un peu amorphe même, n'argumentait jamais au cours d'une conversation. Et voilà que soudain, elle devient une redoutable adversaire, s'acharne à couper les cheveux en quatre. Déterminée et manœuvrant habilement, la civile réussit à prendre le contrôle de la petite réunion.

Son intervention à l'effet d'une douche froide sur l'enthousiasme des bénévoles présents, suscite de la suspicion à mon égard. On semble me percevoir comme quelqu'un voulant accaparer tous les pouvoirs, alors que ma démarche est toute autre. Visiblement, Adèle cherche à nous monter les uns contre les autres, à transformer la réunion en affrontement. En nous divisant, elle paralyse le comité. La prise de bec dure une dizaine de minutes.

Bel exemple d'une déstabilisation de type policier. Après coup, je me demanderai pourquoi le corps policiers auquel elle appartient n'avait pas dénoncé l'ex-dg, qui occupait un poste au sein du Conseil d'administration, dénoncé aussi le Conseil d'administration illégal, parce que bidon? (Suite demain)

News du samedi 15 Août 2009

  Les saltimbanques de fortune (SDF) – L'est, quiconque applique les 4 règles d'or suivantes : tu ne travailleras jamais plus pour gagner plus ; tu lutteras jour et nuit pour ne jamais devenir une fourmi ; tu feras de ta vie une œuvre d'art et, de cet art, tu feras une œuvre de résistance ; et tu respecteras la devise des saltimbanks : révolte, amour, rêve et espoir.

Tous dans l'attente du Grand Soir, genre mai 68, je présume. Le clip (04:48) vaut le coup : Joseph dans le rôle de Polo et Nomi derrière la caméra. Avec la participation exceptionnelle, précise-t-on, de Cécile, des deux Corrine, François, Lucille, Marie, Maud, Nathalie, Pat, Patrice, Pierre-Olivier, Rova, Suzie, Vincent, Violaine... Tous des amoureux de la liberté et de la...révolution. Attention, ils ne sont pas que ça. S'agit d'une troupe très articulée. Allez leur rendre visite sur myspace, vous verrez.

  France : Fadela Amara veut interdire la burka, porte-étendard de l'islam radical – La burka ou niqab est ce vêtement couvrant l'ensemble du corps et le visage de la femme musulmane, sauf les yeux. Et Amara (photo), d'origine algérienne, est Secrétaire d'État à la ville au sein du gouvernement Sarkozy.

Ce combat n'est pas son premier. Elle est l'auteur de Ni pute ni soumise, des Éditions La Découverte (synopsis), un livre (photo page couverture) où elle dénonce le machisme et les violences masculines à l'égard des femmes musulmanes dans des quartiers. Elle a aussi œuvré au sein de SOS Racisme, participé à des manifs, etc.

Les présentations faites, passons à sa déclaration... Aujourd'hui samedi, le quotidien britannique Financial Times publie une entrevue réalisée avec Amara. "La vaste majorité des musulmans sont contre la burka, dit-elle. Ceux qui ont participé à la lutte pour les droits de la femme chez eux, je pense en particulier à l'Algérie, savent ce que ça représente et quel projet d'obscurantisme politique ça dissimule, visant à étouffer les libertés les plus fondamentales."

Burka ou niqab représente "l'oppression de la femme, sa réduction à l'esclavage et son humiliation". La femme, en plus de l'exploitation sexuelle et de la pauvreté, subit une "troisième forme d'oppression : l'extrémisme religieux, l'existence d'organisations fondamentalistes qui continuent à diffuser leur discours". Lisez la suite sur lepoint.fr.

  «Ces agressions psychologiques sont préméditées, comme un prédateur le fait avec sa proie : il ne la lâche plus» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) La stratégie perverse apparaît au grand jour lorsque la victime réagit, qu'elle essaie de se poser en tant que sujet et de récupérer un peu de liberté. Lorsqu'elle exprime ce qu'elle ressent, ou commence à nommer ce qu'elle a compris, elle devient alors dangereuse. Il faut la faire taire, par la peur ou la terreur. L'entreprise de démolition devient alors systématique.

Les marques d'hostilité n'apparaissent pas dans des moments d'énervement ou de crise. Elles sont là d'une façon constante, permanente, à petites touches, tous les jours ou plusieurs fois par semaine, pendant des mois, voire des années, dit Hirigoyen. «Ces agressions psychologiques sont préméditées, comme un prédateur le fait avec sa proie. Il ne la lâche plus», écrit-elle.

(NDLR : Dans le cas de la police en civil, les agressions psychologiques sont élaborées, planifiées, la veille ou le jour même, lors de réunions secrètes tenues dans des maisons ou apparts privés, et groupant les policiers et policières en civil qui y participeront. Ils en ont l'habitude, savent quoi dire, quoi faire pour déstabiliser la cible. Ils connaissent ses forces et faiblesses, et son train-train quotidien, tous ces renseignements étant emmagasinés dans leur banque informatisée. Savent exactement où ils l'attaqueront psychologiquement, dans la rue, un commerce ou sur le lieu de son travail, ou les trois l'un après l'autre, et quels en seront les scénarios.

La séance levée, quelques flics contactent ensuite de leurs collabos, dont le nombre varie selon les besoins, leur expliquent le rôle qu'ils joueront, sans bien sûr les informer de ce qu'eux et leurs collègues ont tramé ensemble plus tôt. Cachottière, la police. Ses collabos sont en sommes des marionnettes dont elle tire les ficelles.) (Suite demain)

  L'avocat sort de sa manche une mouffette - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Quelques jours après, nous tenons la réunion dans une salle de l'étude juridique. L'avocat agit comme président des délibérations. L'ai convaincu, ainsi que l'un de ses collègues, d'accepter un poste de directeur. Dès l'ouverture de l'assemblée, je propose un bénévole, ex-pilote de brousse, à la présidence. Il refuse.

Voyant cela, la directrice générale tente de se faufiler en posant sa candidature, je m'y oppose. Il faut de nouvelles têtes au sein de cet organisme. Son plan de match est claire : elle devient présidente et le président sortant hérite de la direction générale. Je tente de lui couper le chemin en posant également ma candidature à la présidence.

Il y a de l'électricité dans l'air. Pour sauver la situation, l'ex-pilote de brousse accepte à son corps défendant la présidence. Il m'en veut de lui avoir forcé la main, me jette des regards furibonds. Comme prévu, suis élu à la vice-présidence. J'ai bien hâte de voir la suite des événements...

Le lendemain, suis de nouveau au bureau de l'avocat. Il me dicte une ribambelle de résolutions reflétant ce qui s'est passé la veille. Cependant, l'une d'elles m'étonne au plus haut point. Il m'y désigne comme un membre sortant du conseil d'administration (ca) précédent... alors que je n'en ai jamais fait parti. Sa solution, c'est cette mouffette qu'il vient de sortir de sa manche.

J'aborde la question de l'illégalité de la manœuvre en lui faisant part de ma certitude que l'Inspecteur général des Institutions financières va s'en rendre compte. Il fait pivoter sa chaise d'un quart de tour, regarde par la grande baie vitrée Montréal à ses pieds et me dit, en grimaçant et faisant non de la tête : «Ils verront pas ça.» Par politesse, je n'insiste pas, néanmoins je ne peux m'empêcher de penser : tu parles d'un avocat!

Jusque là aucun geste illégal n'a été posé. L'illégalité commencerait seulement quand nous l'informerions officiellement des résultats de l'élection. Là, nous y serions jusqu'au cou. Reste deux étapes à franchir avant d'y arriver. L'ex-président et l'ex-dg doivent signer le procès-verbal de l'assemblée, ce qu'ils font sans sourciller.

Ensuite, ce procès-verbal doit être adopté par les membres du nouveau ca. Quand arrive la réunion, le nouveau président me demande de déposer le procès-verbal. Lui avoue l'avoir oublié chez moi, m'en excuse. Je ne leur dis pas, mais mon oubli est volontaire : je refuse de mettre le doigt dans l'engrenage de l'illégalité. Pour le moment, les choses en restent là. J'essaie d'élaborer un autre plan. (Suite demain)

News du vendredi 14 Août 2009

  Trou du cul – Un clip du DJ Le Clown (03:57). Un Français qui fait de la bonne zizique. Et le titre, osé, non? Bof! Moi, seule la musique m'intéresse. J'aime son rythme et l'originalité de son compositeur. On va pas s'en priver pour si peu. D'autant qu'il y a de l'anticonformisme dans la provocation. Pas mauvais dans une société sclérosée à l'os comme la nôtre.

  Relator f - Scarlett Johansson et Pete Yorn (02:32). Pas de clinquant, pas d'artiste qui change de tenue vestimentaire à chaque séquence, cherche à faire le beau. Une tune à la bonne franquette, sans image high-tech, sympa, quoi!

  Drogue, une guerre perdue? - La lumière au bout du tunnel n'est pas dans la répression policière. Elle est à la fois dans une approche sociale, humanitaire et médicale. Des expériences sur le terrain le démontrent, notamment en Suisse et en Grande-Bretagne. Un excellent documentaire de la journaliste Nadia Braendle, de la télé suisse, diffusé à l'émission "Temps Présent" (54:31), nous met l'évidence sous les yeux.

Après l'avoir visionné, je retiens que le programme suisse de prescription d'héroïne ne fait pas le bonheur des dealers, il leur coupe l'herbe sous les pieds. En outre, les toxicomanes n'ont pas besoin de vendre de l'héroïne à de nouveaux adeptes pour pouvoir se payer leur dose. Autant de travail en moins pour la police.

Deux témoignages aussi, que je considère importants du fait qu'ils sont émis par des policiers ayant vécu la nouvelle approche. Celui de Robert Neukomm, chef de la police de Zurich : Si nous voulons vraiment diminuer le problème de la drogue à Zurich et en Suisse, il nous faut absolument, et dans les délais les plus brefs, précise-t-il, étendre très largement la prescription d'héroîne. Le milieux de trafiquants de même que la présence des consommateurs ont aujourd'hui sur la population des conséquences inacceptables. Certains de nos quartiers en crèvent.

Et ce témoignage de Mike Lofts, inspecteur de la brigade des stupéfiants, à Cheshire, en Grande-Bretagne, qui a complètement changé d'attitude. Nous ne disons pas que la prescription d'héroïne résout tous les problèmes, déclare-t-il. Nous disons ceci... C'est une aide importante qui permet aux héroïnomanes de revenir de meilleurs citoyens et de réintégrer la société.

Et à ses collègues européens, il transmet ce message : Vous avez tout essayé exactement comme nous. Et rien n'a marché. L'héroïne pharmaceutique sous contrôle médical a pour effet immédiat d'éliminer les bandes organisées et les dealers n'ont plus de clients. Pour nous, c'est un énorme pas en avant.

Cette vidéo de la télé suisse a été tournée en...1994 : voir le générique à la fin. Au début des années 2000, le premier ministre du Canada Jean Chrétien a tenté de légaliser la marijuana. Lors du débat qui s'en est suivi, tant à la Chambre des communes que dans les médias, quatre témoins suisses, dont le chef de police du canton de Zurich, Georges Dulex, invités par le Comité Nolin, ont décrit la situation prévalant dans leur pays. J'en traite dans le tome 3 de L'Étau Policier : Chapitre "Les pourchasseurs de dragons devenus eux-mêmes dragons", mot clé : témoins suisses.

  Le déstabilisateur possède un arsenal d'armes blanches lui permettant de commettre «un véritable meurtre psychique» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) D'après Hirigoyen, très souvent le harcèlement se met en place quand une victime réagit à l'autoritarisme et refuse de se laisser asservir. (NDLR : Le simple fait de résister à l'emprise psychologique de la police en civil, ne serait-ce qu'en se tenant pacifiquement à l'écart, est considéré comme de la rébellion. Vous ne pouvez pas refuser sans coups férir son infiltration.)

C'est la capacité de résister à l'autorité malgré les pressions qui la désigne comme cible. C'est s'exposer à la haine, la répression. «À ce stade, la victime, qui n'existait que comme un objet utile, devient un objet dangereux dont il faut se débarrasser par n'importe quel moyen», écrit l'auteur, qui, je le rappelle encore une fois, ne traite pas spécifiquement de la police.

Selon la psychiatre, tous les moyens sont bons pour démolir une personne désignée. Lors de la phase d'emprise psychologique, l'action de l'agresseur sur sa victime est essentiellement d'inhiber sa pensée. (NDLR : C'est-à-dire la désarçonner continuellement afin de la rendre confuse, de la placer dans un état de vulnérabilité et de moins en moins apte à se défendre.)

Dans la phase suivante, il provoque en elle des sentiments, des actes, des réactions, par des mécanismes d'injonction. L'arsenal d'armes blanches du déstabilisateur pour commettre ce que l'auteur appelle «un véritable meurtre psychique», sont le regard, le timbre de la voix, mais surtout les mots, les allusions discrètes, les rumeurs, les sous-entendus, etc. (NDLR : On réduit le citoyen à une position d'impuissance, en gelant littéralement sa vie, en faisant en sorte que visages et portes se ferment, pour ensuite le détruire psychologiquement en toute impunité.)

La ruse consiste à vous pousser, mine de rien, à la faute ou à la dépression. Vous rabaisser, dénigrer, tuer l'estime que vous avez de vous même, vous humilier sur une longue période et de manière répétée. (NDLR : Sans compter les atteintes à la dignité, le sabotage de ce que vous entreprenez, par exemple pour revenir sur le marché du travail, et le harcèlement par le bruit pour vous empêcher de dormir la nuit, et bien d'autres tactiques de la police en civil dont je fais état en de nombreux endroits de ce livre, particulièrement dans sa partie récit du tome 1 de L'Étau Policier. Les citoyens n'ont pas idée jusqu'où peut aller la police en civil.)

Hirigoyen écrit que l'agresseur entretient les ragots, les conflits, flatte les plus dociles et s'oppose à ceux qui résiste. Il peut aussi placer les citoyens en rivaux, pour qu'ils s'agressent mutuellement et qu'on puisse les contrôler plus facilement, précise-t-elle. (NDLR : L'approche policière est manichéenne : les bons d'un côté, les mauvais de l'autre. En somme, diviser la société pour mieux régner.) (Suite demain)

  Surprise : le resto est géré par un conseil d'administration bidon - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Un peu plus tard, une lettre de Moisson Montréal entre sur mon fax. La banque alimentaire annonce à la direction que désormais elle n'aura plus droit à des denrées. Son auteur écrit qu'une enquête révèle que le resto vend à un dépanneur du pain provenant de Moisson Montréal. Par la suite, j'apprends que des canettes de coca-cola subiraient le même sort.

Vendre des denrées provenant de cet organisme sans but lucratif peut paraître anodin, mais ne l'est pas. Cette pratique entachait le protocole d'entente signé entre celui-ci et ses partenaires, petits commerçants et proprios des grandes chaînes d'alimentation. Ils donnent gratuitement leurs surplus de production, à la condition qu'ils ne reviennent pas sur le marché.

Jusqu'à ce moment, rien de répréhensible ne s'y était produit. Et voilà que je découvrais coup sur coup des façons de faire inacceptables. À cela s'ajoutait la situation financière, désespérée. À brève échéance, on devra mettre le cadenas à la porte. À partir de ce moment, je n'ai qu'une idée en tête : injecter du sang neuf au sein du conseil d'administration (ca).

Je réussie à convaincre le président de me faire élire au sein du ca, de céder la présidence à quelqu'un d'autre, lui promets en retour le poste de directeur général (dg) de l'organisme, avec salaire. L'appât est un peu gros, mais le vois déjà saliver par anticipation. Arrive le moment de convoquer les membres du ca à la réunion. Surprise! Je découvre que trois des cinq administrateurs ne sont plus membres, refusent même d'y participer.

Le minimum requis par la loi étant de trois, le ca n'en comptant plus que deux, je suis en présence d'un ca bidon. Que faire? Me rends au bureau d'un avocat d'une grande étude juridique montréalaise, l'en informe. Il me rassure, affirme que cela peut s'arranger facilement. Je ne vois pas comment, sans reprendre toute la démarche d'accréditation. (Suite demain)

News du jeudi 13 Août 2009

  Série de photos - Être le paillasson de personne ; pas fiable du tout ; la flamme n'a plus l'intensité qu'elle avait ; édifice coloré ; petit repas dans la rue ; réchauffement de la planète? ; porno pour personne avertie seulement ; pauvreté et vieillesse ; le monde obscure d'un photographe (une, deux, trois, quatre et cinq) ; réaction plutôt rare ; suivez le parcours de la flèche rouge ; plus de pipi que d'eau ; une Statut de la Liberté originale ; érotisme : poils sous les aisselles, pourquoi pas? ; visages tristes du carnaval de Rio ; bébé a soif ; le navigateur le plus rapide.

  Un sketch traitant d'un conflit culturel entre générations – Émission Striptease (03:18) du 12 août dernier, sur france3.fr : une Arabe vivant en France annonce à sa mère avoir rencontré un garçon. Celle-ci lui demande de quelle origine il est. S'ensuit un débat typiquement culturel.

Ce que vivent des musulmans, en Occident, n'est pas sans nous rappeler que dans le Québec des années 50 et antérieures, les cathos se mariaient entre eux, les protestants itou. Hors de l'église, il n'y avait point de salut. Quelle époque dégueu c'était...

  Canada : la CPP recommande un nouvel organisme afin de surveiller toute enquête criminelle impliquant un membre de la GRC – La Commission des plaintes du public (CPP) contre la Gendarmerie royale du Canada (GRC) en vient à cette conclusion après avoir examiné à la loupe 28 dossiers traités par ce corps policier et portant sur des cas de blessures graves, d'agressions sexuelles ou de décès.

Les faits sont là, incontournables... Extrême (sic) préoccupation du président de la CPP, Paul E. Kennedy, quant à la gestion hiérarchique de la GRC relativement à ces dossiers. Voyons quelques faits... Enquêteur principal connaissant personnellement le policier impliqué (25% des cas) ou appartenant au même détachement (4%). Qui plus est, un seul policier enquêtant (60%), avec le risque de conflits d'intérêts et de partialité que cela suppose. Enquêteur du même grade ou d'un grande inférieur que le policier qu'il interroge (32%) : ici, possibilité d'intimidation.

En outre, la CPP a constaté une importante disparité dans les compétences des enquêteurs. Elle a découvert aussi que les dossiers ne sont pas uniformisés au sein des divisions (des provinces?). Selon elle, la GRC néglige systématiquement d'élaborer des normes, des politiques ou des procédures nationales qui permettraient une meilleure gestion des enquêtes et des dossiers.

Dans son Rapport de 322 pages, dévoilé le mardi 11 août 09, la CPP élabore 20 conclusions (14e page sur 322). Retenons-en une : Aujourd'hui, la question n'est plus de savoir si un examen civil est souhaitable, mais plutôt de déterminer la façon dont la participation civile aux enquêtes peut être la plus efficace. Et 14 recommandations (17e page sur 322).

PS : Tout ce bric-à-brac de la GRC n'avait qu'un seul but : protéger à la fois son image et ses membres. Il en a toujours été ainsi dans tous les corps policiers.

  «Ligoter psychologiquement» quelqu'un est la base même du fonctionnement de la mafia ou des régimes totalitaires - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Hirigoyen écrit que de nombreux dirigeants ou hommes politiques (NDLR : ...des femmes aussi...) ne s'embarrassent pas de morale pour liquider un rival ou se maintenir au pouvoir. (Marie-France Hirigoyen -- Le harcèlement moral -- Éditions Syros) Il suffit d'un ou de plusieurs individus pervers -- pervers pris dans le sens de cruauté, d'une malignité particulière, précise-t-elle -- dans un groupe, une entreprise ou dans un gouvernement (sic) pour que le système tout entier devienne pervers.

Si cette perversion n'est pas dénoncée, elle se répand de façon souterraine par l'intimidation, la peur, la manipulation. En effet, pour «ligoter psychologiquement» quelqu'un, il suffit de l'entraîner dans des mensonges ou des compromissions qui le rendront complice du processus pervers. C'est la base même du fonctionnement de la mafia ou des régimes totalitaires, signale l'auteur.

Les pervers narcissiques s'arrangent pour porter au crédit des autres le désastre qu'ils déclenchent, afin de se poser en sauveurs et de prendre ainsi le pouvoir. Il leur suffit ensuite de ne pas s'embarrasser de scrupules pour s'y maintenir. L'histoire nous a montré, rappelle Hirigoyen, que ces hommes (NDLR : ...et ces femmes...) qui refusent de reconnaître leurs erreurs, n'assument pas leurs responsabilités, manient la falsification et manipulent la réalité afin de gommer les traces de leurs méfaits.

«C'est la société tout entière qui est concernée dès qu'il est question de pouvoir. De tout temps, il y a eu des êtres dépourvus de scrupules, calculateurs, manipulateurs pour qui la fin justifiait les moyens (...)», estime Hirigoyen.

(NDLR : Retenons que, dans le cas d'un État, les déstabilisations sont presque exclusivement l'œuvre des policiers et policières en civil, de leurs collabos, hommes et femmes. Et que dans celui d'une entreprise, d'agents et agentes de la sécurité privée en civil. Quand le citoyen est déstabilisé par la police en uniforme, la victime identifie illico ses agresseurs. Ici, les choses sont claires.

La situation est toute autre quand l'agression psychologique émane de la police en civil, qui s'y adonne considérablement plus que celle portant l'uniforme. À moins que, ainsi qu'on en a déjà traité, le citoyen ait appris à repérer les civils. On l'a vu, ça aussi, ce genre de citoyen éclairé ne courre pas les rues. Comme on a vu que la meilleure répression est celle qui ne se voit pas, c'est-à-dire souterraine. Pourquoi? Parce qu'elle est illégale.) (Suite demain)

  «J'ai pas le temps là, plus tard» - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) J'accordais évidemment la priorité aux problèmes quotidiens découlant de la situation financière pénible du resto. Un feu n'était pas aussitôt éteint que quelque temps après un autre s'allumait ailleurs. Ces imprévus ont eu du bon.

Dans le sens qu'ils m'ont retardé dans la vente des espaces publicitaires du docu corporatif et permis de découvrir que l'argent était dépensé aussi vite qu'il entrait, et sans que le sort du resto s'en trouve nécessairement amélioré.

Il en entrait tout même, d'après mes estimés, au minimum 5 000$ par mois : clientèle variant entre 100 et 250 à chaque dîner et souper, au prix d'1$ par tête. Où allait cet argent? J'ai alors réalisé qu'il en serait ainsi des revenus générés par le document corporatif.

C'est que ma connaissance des dossiers m'avait permis de ralentir l'évolution de quelques problèmes, à l'exception du plus important de tous : l'entrée et la sortie de l'argent. J'avais toujours refusé d'avoir accès à la caisse. L'administration était pas mal chaotique, je ne voulais surtout pas être soupçonné si jamais des sous venaient à disparaître.

D'autres faits ont beaucoup contribué également à ma conscientisation. Au printemps 1997, le président et moi avions obtenu une subvention de2 300$ de la responsable du Comité organisateur des fêtes de la St-Jean, à Montréal. Un chèque de 1 700$ lui avait été versé, le reste devait suivre après la remise du rapport final de nos activités. Je lui avais expliqué que seules les dépenses admissibles seraient subventionnées et qu'il faudra produire les pièces justificatives. M'a dit qu'il respecterait l'entente. Bonne poire, je l'ai cru.

Le lendemain de la St-Jean, je suis déjà prêt à rédiger le rapport mais il préfère attendre encore quelques jours. Une semaine après, je reviens à la charge, même réponse : «J'ai pas le temps là, plus tard». Pourtant, ainsi que je lui dis, il n'a qu'à me donner les factures et je vais m'en occuper.

Vers le milieu de juillet, la responsable du Comité organisateur des fêtes me téléphone, m'informe n'avoir pas reçu le rapport. D'autres appels suivent, je ne sais plus quoi dire. Voyant que le président n'en fera pas, j'en avise la responsable, lui suggère même de le dénoncer sur la place publique, de nous en débarrasser au plus sacrant. Je suis furieux. (Suite demain)

News du mercredi 12 Août 2009

  Américains et Britanniques font du recrutement en utilisant des jeux de guerre virtuels – Le saviez-vous? Moi, pas. J'ai découvert ça en naviguant sur le web. Comptez pas sur moi pour vous l'expliquer d'A à Z. De toute façon, la guerre et moi, on ne fait pas bon ménage.

Donc, comptez plutôt sur votre débrouillardise. Au point de départ, je peux vous dire que c'est rudement bien fait et très réaliste. Alors, si ça vous tente de partir en mission armé jusqu'aux dents, allez-y, vous risquez rien, tant que vous resterez dans le virtuel. Le jeux est gratuit en plus.

  La carte permettant de suivre en temps réel partout dans le monde l'évolution de la grippe porcine – Elle a été créée par le Dr Henry Niman, un chercheur biomédical de Pittsburgh, aux USA : son curriculum vitae. Son site, en anglais, est très documenté, donc à explorer.

Exemple, en cliquant sur le chiffre du Canada, vous apprendrez qu'on dénombre jusqu'à présent 42 décès, que 9 514 cas de grippe sont confirmés et que 239 sont considérés comme suspects : échelle de gauche, cliquez sur + pour zoomer sur la carte et isoler les chiffres.

Trois sites gouvernementaux à visiter et traitant de la pandémie grippale : Québec, Canada, France. Une émission vidéo à voir (51:38), celle de "Ça vous regarde". On y pose la question... Grippe H1N1 : faut-il en avoir peur?

  La police est indubitablement la mieux formée et la mieux équipée sur tous les plans pour mener à terme des déstabilisations psychologiques meurtrières - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Autre préalable à la compréhension de la problématique policière et citoyenne-collaboratrice (les collabos) : les effets meurtriers des déstabilisations psychologiques. Jetons-y un éclairage cru, décortiquons en une. Fondamentale, cette connaissance : des lecteurs, qui l'ignoraient jusque là, découvriront sans aucune doute qu'ils en ont été victimes, eux aussi.

Je m'inspire à la fois d'un livre d'Hirigoyen, psychiatre, psychanalyste et psychothérapeute familiale spécialisée en victimologie. (Marie-France Hirigoyen -- Le harcèlement moral -- Éditions Syros) M'inspire aussi d'une critique de ce livre produite par la journaliste Dominique Paupardin de La Presse. (Dominique Paupardin -- La Presse du 6 juin 1999)

M'inspire enfin de ma lecture de centaines d'ouvrages, dont celui d'Hirigoyen, et de mon expérience sur le terrain acquise au cours de mon enquête de six ans et demi dans l'underground de la police de l'île de Montréal et celui de la Sûreté du Québec opérant sur les territoires de Lac Bouchette et Roberval : expérience que je vais identifier d'une "NOTE DE LA RÉDACTION" (NDLR).

En passant, j'ai la chance d'avoir un morale en acier trempé, genre combattant, et l'idée du suicide n'a jamais traversé mon esprit, ni avant mon enquête, ni pendant, ni après. Quelqu'un de moins fort serait sans aucun doute passé à l'acte, parce que j'ai subi un grand nombre d'agressions psychologiques particulièrement costaudes. Il est vrai, par contre, que je disposais d'un support psychologique puissant : la défense des droits et libertés. C'était trop grave, ce que je voyais. Rien ne pouvait m'arrêter.

Cela dit, établissons dès le départ qu'en aucun moment Hirigoyen ne fait-elle la moindre allusion à la police, à ses collabos et aux agents de sécurité. Mais une déstabilisation psychologique, peu importe qui en est le maître d'œuvre, demeure une déstabilisation psychologique. En outre, la police est indubitablement la mieux formée et la mieux équipée sur tous les plans pour la mener à terme selon les règles de l'art. D'autant plus qu'elle représente la loi, l'ordre et le conformisme. Hirigoyen n'en désigne pas moins, sans en généraliser la pratique, le pouvoir politique. La police, on le sait, est au service du pouvoir. (Suite demain)

  La culture, aussi importante que l'osmose et la bouffe - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) J'avais aussi entrepris des démarches auprès d'une représentante de la ministre Ressources humaines et Travail Canada, Jane Stewart, afin d'obtenir gratuitement l'installation, dans notre resto, d'un terminal donnant accès à la banque d'emplois disponibles partout au pays, dont ceux de la grande région métropolitaine de Montréal.

Je projetais de mettre à la disposition de nos usagers et bénévoles une ligne fax et téléphonique pour faciliter leur communication avec les employeurs potentiels. D'associer Travail Québec à de mini séances d'info portant sur la façon de rédiger un curriculum vitae, de se présenter au téléphone ou au bureau d'un employeur potentiel. Éventuellement, je songeais acquérir un ordinateur et une imprimante pour la conception et l'impression des cv. Pour offrir ces services, j'aurais sollicité l'aide financière d'entreprises et de fondations.

Je souhaitais également y insuffler un peu de culture, aussi importante que l'osmose et la bouffe. Elle peut aider quelqu'un à sortir de sa coquille. On oublie souvent que l'image que les pauvres se font d'eux-mêmes dépend pour une large part de celle que leur renvoie le mobilier dégradé, urbain ou rural, où ils vivent. De l'entourage humain aussi, car il se trouve des gens pour les mépriser.

Je voulais leur donner l'occasion de transformer positivement cette image et de se découvrir, qui sait? Peut-être des capacités insoupçonnées. Nous allions monter des saynètes du théâtre burlesque intercalées de numéros de variété. Usagers et bénévoles en seraient à la fois concepteurs et acteurs. La capacité de 90 places assises du resto le permettait. Ne suffisait que d'improviser une scène.

Où dénicher des running gags ou saynètes typiques du théâtre burlesque? Coup de fil à Gilles Latulippe, le maître en la matière au Québec. Le rejoins au deuxième appel, lui dit qui nous sommes, explique le projet. Il accepte de nous aider, pourrait même assister à quelques unes de nos répétitions. Pour l'élaboration de numéros de variétés, pas compliqué, il y a plein de talents au resto : joueurs de la flûte traversière, de la flûte à bec et de tuba, poète, raconteur d'histoires. L'un de nos bénévoles, m'avait-on dit, était un travesti.

À cela, on pouvait ajouter d'autres numéros. Je songeais notamment à la création des Girls de Bouffe-Héberge, petite troupe sobrement froufroutante, dansant et chantant des classiques des nuits parisiennes, par exemple Pigalle de Serge Lama : je m'en vais voir les petites femmes de Pigalle... et tra-la-la! Et sans discrimination d'âge et de tour de taille. Songeais aussi à un extrait d'une pièce de Shakespeare. Ç'aurait été tordant d'entendre des gens ne possédant aucune formation théâtrale s'exprimer en alexandrins, incluant les imparfaits du subjonctif. (Suite demain)

News du mardi 11 Août 2009

  Canada : les combats de l'Autochtone Donald Marshall – Décédé il y a quelques jours à l'âge de 55 ans, à Sydney, dans la province de la Nouvelle-Écosse, il n'a pas toujours eu la vie facile. En 1971, il est condamné à vie pour un crime qu'il n'a pas commis. Une dizaine d'années plus tard, il est acquitté. Le gouvernement canadien lui accorde une indemnité d'1,5 million$. Une Commission royale d'enquête mise sur pied découvre que le système judiciaire de la province est entaché d'incompétence et de racisme, procède à un grand ménage.

En 1999, autre condamnation : il a vendu des anguilles alors que la saison de la pêche est terminée et sans permis. Marshall va jusqu'en Cour suprême du Canada, qui lui donne raison. Mieux : elle reconnaît du même coup un traité du 18e siècle accordant aux Autochtones le droit de vendre les produits de la pêche et de la chasse, entre autres.

Cette semaine, des centaines de personnes assistaient aux funérailles de Marshall, à l'intérieur et à l'extérieur de l'église, dont le premier ministre de la Nouvelle-Écosse Darrell Dexter. (Source RCI)

  Québec : les statistiques cachent d'autres suicides - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Trois mois plus tard, ce qui nous mène à février 2002, l'Association québécoise de suicidologie (AQS) incite la population, qui a tendance à croire qu'il s'agit d'un problème privé, à cesser de fermer les yeux sur le suicide, souhaite de sa part une plus grande implication dans la lutte pour l'endiguer. (Presse canadienne -- La Presse du 8 février 2002)

Au moment de lancer la Semaine nationale de prévention du suicide, l'AQS précise que le nombre de suicides au Québec représente chaque année l'écrasement de cinq Boeing 747. Ainsi, chaque jour au Québec, près de cinq personnes s'enlèvent la vie. La présidente de l'Association, Brigitte Lavoie, souligne qu'il est l'une des provinces du Canada ayant un des taux de suicide le plus élevé, malgré tous les services mis en place. Elle réclame une meilleure formation des intervenants du réseau de la santé et des services sociaux.

Toutefois ces chiffres ne disent pas tout. Dans un livre illustrant comment se déroule une journée dans une salle d'urgence d'un hôpital du Québec, le Dr Robert Patenaude écrit que «beaucoup de décès sur la route sont des suicides déguisés». (Dr Robert Patenaude -- 24 heures à l'urgence -- Éditions Québec Amérique) Il n'est pas rare d'y voir de jeunes conducteurs qui sont décédés dans des accidents de la route inhabituels. Pour des raisons complètement inexpliquées, ils ont percuté un camion, un poteau électrique ou un pilier de pont à haute vitesse.

Autre point éclairant, et remettant en question la véracité des statistiques sur le suicide : «Beaucoup de jeunes qui meurent par suite de la consommation de drogues dures sont classés dans la section des décès par intoxication, écrit le Dr Patenaude. Pourtant, il s'agit souvent de suicides, qui ne sont pas répertoriés comme tels.»

Les statistiques n'incluent pas non plus les récidivistes et les désespérés qui, dans un ultime geste de désespoir, se jettent, l'arme au poing, devant des policiers, qui n'ont d'autre choix que de se défendre et de les abattre.

En outre, tous les crimes liés à des gestes suicidaires : l'homme tuant sa femme et ses enfants avant de se suicider ou la mère emportant avec elle son enfant dans le suicide ne sont pas non plus répertoriés dans les statistiques sur le suicide. «Ces décès sont en général catalogués comme morts violentes, crimes passionnels ou accidents de la route», soutient-il.(Suite demain)

  À deux reprise, Hydro-Québec a coupé l'électricité au resto communautaire - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Autre problème : le loyer. Le président avait accumulé du retard. Idem pour Hydro-Québec, Gaz métropolitain et d'autres fournisseurs. À deux reprises, Hydro nous a coupé l'électricité.

À l'une d'elles, la situation était pathétique. Nous étions en hiver. Par chance, le poêle de la cuisine fonctionnait au gaz. Au repas du midi, les choses s'étaient assez bien passées, la lumière du jour éclairait l'intérieur. Cependant, à celui du souper, ce n'était pas drôle. Deux femmes avaient déniché suffisamment de bougies pour en placer sur chaque table. Le soleil était couché, on gelait. Pendant le souper, personne ne parlait ou presque.

Le lendemain matin, le député péquiste de Ste-Marie-St-Jacques, André Boulerice, intervenait auprès d'Hydro-Québec, qui acceptait finalement un acompte plutôt que le paiement total de la facture d'environ 4 000 ou 5 000$. Lumière et chauffage revenaient. L'osmose reprenait vie! Cette fois, nous nous en sortions, mais pour combien de temps encore?

Afin de générer un peu d'argent neuf, j'avais confectionné, ainsi que relaté plus haut, un document corporatif. Je m'étais occupé de tout. Le Collège de Photographie Marsan m'avait refilé l'un de ses étudiants, qui avait consenti de travailler gratuitement, et que Norbert s'était d'ailleurs dépêché d'infiltrer. Un studio de photographie m'avait prêté une caméra 35 mm, donné les films et développé gratuitement les photos.

Vingt pages étaient réservées à des infos sur le resto, et vingt autres à des pubs. J'en avais déjà vendues quelques unes, dont au maire de Montréal, Pierre Bourque, via l'une de ses secrétaires. Les pubs étaient payables après la publication du document, à la réception d'un exemplaire accompagné de la facture. Je comptais sur une partie de ces revenus pour me relancer en affaire. (Suite demain)

News du lundi 10 Août 2009

  En Europe, 40 à 50% des décès résultent d'une décision médicale – L'accélération de la fin de vie peut revêtir diverses formes, lit-on dans un dossier coordonné par Ivan Jablonka : interruption du traitement, arrêt de la nutrition et de l'hydratation, administration massive de sédatifs et, pratique assimilée en France à un homicide et donc interdite : injection de produits létaux.

Jablonka réfère le lecteur à des articles traitant du sujet, dont celui de Marie Gaille. Dans son intro, celle-ci écrit que la demande de laisser mourir ou d'assistance en vue de mourir n'apparaît pas toujours comme un objet de réflexion légitime : elle suscite un malaise à la fois moral, politique et juridique.

Enfin, il propose aussi des livres, notamment Éthique de la fin de vie ; Au secours des mourants ; Prendre soin des malades en fin de vie ; La prise en charge des malades en fin de vie ; etc.

PS : Grand temps que l'encadrement légal de la fin de vie fasse l'objet d'un débat au Québec. La loi doit protéger le citoyen jusqu'à son dernier soupir. Avant de décider d'écourter la vie du patient, le médecin doit être obligé de rencontrer sa famille et déposer toutes ses cartes sur la table. Nécessité il y a également de savoir si le budget de l'hôpital est un élément dont le médecin doit tenir compte dans la prise de sa décision.

  Dr Turmel : le nombre de suicides au Québec, 1 551 en 1999, n'a pas cessé d'augmenter - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le coroner en chef du Québec, Serge Turmel, révèle, en février 2001, que malgré l'accent mis sur la prévention au cours des années précédentes, le nombre de suicides au Québec n'a pas cessé d'augmenter. (Alexandre Sirois -- La Presse du 9 février 2001)

En 1999, 1 551 personnes s'y sont enlevée la vie, soit une moyenne légèrement supérieure à quatre par jour, comparativement à 1 365 l'année précédente, rapporte le journaliste Alexandre Sirois de La Presse. Les hommes sont plus nombreux à mettre fin à leur jour, 1 050 en 1998 contre 1 233 en 1999. Le suicide demeure la principale cause de décès chez ceux de 20 à 40 ans.

«Un vrai désastre!» indique Brigitte Lavoie, présidente de l'AQS. Elle souligne que, malgré la situation au Québec, le manque de ressources l'oblige à tenir une campagne de sensibilisation «très modeste». Elle qualifie de «regrettable», qu'on ne lutte pas contre le suicide de la même façon qu'on l'a fait pour mettre fin à des problèmes telle la conduite en état d'ébriété.

Un commentaire qui, signale le journaliste, a semblé déplaire au ministre péquiste délégué à la Santé, aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse, Gilles Baril. Il a indiqué que Québec avait injecté 9M$ pour la prévention du suicide les deux années précédentes, soutenu qu'il fallait plutôt s'interroger sur les valeurs de la société québécoise et la «surmédiatisation du phénomène».

(NDLR : On en parlerait donc trop au goût du ministre? Probable que le suicide médiatisé suggère l'idée à des citoyens de passer à l'acte. Cependant l'approche est simpliste : on ne s'enlève pas la vie parce que d'autres le font, mais bien parce qu'on veut mettre fin à des souffrances psychologiques plus intenses que le désir de vivre.)

On a constaté, au cours des années 1989-2001, une augmentation du taux de suicide chez les filles âgées de 10-19 ans. (Lia Lévesque, Presse canadienne -- La Presse du 17 novembre 2001) Des chiffres ont été dévoilés par des coroners-psychiatres québécois au cours d'une rencontre de presse tenue, en novembre 2001, dans le cadre de l'assemblée annuelle des psychiatres du Canada, à Montréal.

Le coroner en chef du Québec, le Dr Serge Turmel, a dévoilé une série d'études démontrant que les filles se suicident de plus en plus : ratio d'une fille sur 5,7 garçons (chiffre de 1989-1992), d'une sur 4,5 garçons (1996), d'une sur 3,5 garçons (1997) et d'une sur 2 garçons (1998). La moyenne au cours des quatre années 1998-2001 était d'une fille sur 3,5 garçons.

Les spécialistes québécois n'arrivent pas à l'expliquer autrement que par des hypothèses, indique le Dr Pierre Gagné, coroner-psychiatre. (NDLR : Eux aussi ignorent probablement tout de la problématique policière) (Suite demain)

  L'administration broche à foin du resto communautaire - (Suite tome 1 de L'Étau Policier)  Au resto, je pilotais la plupart des dossiers. Me suis rapidement aperçu que les problèmes financiers de l'organisme étaient gros, laids aussi. Une opération de sauvetage s'imposait. Depuis sa fondation en octobre 1993, rien n'avait été fait sur le plan administratif.

Le numéro de charité de l'organisme avait même été révoqué parce que les rapports annuels n'avaient pas été effectués. Pas de numéro, pas d'exemption de taxes locative de la Ville de Montréal et foncière de l'ex-Communauté urbaine de Montréal (CUM). Pas de dons non plus, les donateurs exigeant généralement un reçu pour fins d'impôt, avec votre numéro de charité clairement indiqué. Le réactiver rétroactivement avait demandé du temps.

L'impôt fédéral nous talonnait également. Au début, le fonctionnaire responsable me disait n'avoir jamais vu un dossier aussi pourri que celui-là. Je lui est tout raconté. Après une couple de rencontres à son bureau, il a bien vu que j'étais de bonne foi, déterminé à redresser la situation.

Nous utilisions deux camions pour aller quérir les denrées. Deux épaves qui, quand elles étaient défectueuses, nous coûtaient les yeux de la tête. Un jour, la transmission de l'une a cassé. J'ai convaincu le président de ne pas investir dans ce tas de ferraille, de s'en débarrasser. Cependant, il y av