News du mercredi 31 Août 2011
■ Les
coûts de trois guerres américaines : Iraq, Afghanistan et
Pakistan –
La Brown University's Watson institute for international studies
estime le coût humain à 258,000 (les chiffres varient) et le coût
en argent à plus de 4 000 milliards de dollars : vidéo
(01:50), bref résumé en français + vidéo
(06:00), témoignages d'universitaires ayant effectués la recherche
+ communiqué
de presse de l'Université + des tableaux sur le site de l'Agence de
presse Reuters.
■ Grands
de ce monde et crème-glacée
– Obama aime, la ouvre grand ; Hillary Clinton évite les dégâts
; Bill en a un peu sur le nez ; Vladimir Poutine en a trop
dans la bouche ; W. Bush semble mal pris... : diapo.
■ Policier Painchaud de Montréal : «Nous
ne parlons pas ici d'imprudence, M. Pratte, mais d'audace !» -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Peu
après, Georges Painchaud, président du syndicat des policiers de
Montréal, réagissait à l'édito de Pratte. (Georges Painchaud --
La Presse du 10 octobre 2002) Des passages de sa lettre à La Presse
doivent être connus.
«(...) La Fraternité des policiers de
Montréal n'est pas contre l'ADQ (...) Nous ne croyons pas que voter
l'Action Démocratique du Québec (ADQ) c'est voter pour le désordre
; par contre, à titre d'organisation syndicale, il nous est
difficile de ne pas être inquiets face à des propos portant sur la
remise en question du principe de l'ancienneté, et ce, même si M.
(Mario) Dumont (chef de l'ADQ) parlait de la fonction publique
provinciale et non municipale, du moins pas encore! (...)
«C'est
pourquoi, explique-t-il, nous avons décidé de rappeler aux
policiers et aux policières de Montréal, mais également du Québec,
qu'ils sont, avant tout, des citoyens à part entière de cette
société québécoise et, qu'à titre de citoyens responsables, ils
ont, depuis 1997, le droit de s'impliquer, en vertu des Chartes, au
sein du monde politique. Les syndicats, qu'ils soient policiers ou
autres, font depuis toujours de la politique. Représentations en
commission parlementaire, manifestations publiques, déclarations en
faveur ou non d'un parti ou d'un candidat, ou même lors des
négociations pour le renouvellement d'une convention collective, ce
sont des actions politiques».
Puis
Painchaud se fait rassurant. «(...) N'ayez crainte, les "puissants"
syndicats policiers, comme certains s'amusent à nous qualifier, ne
veulent pas se poser comme un 5e pouvoir. Nous encourageons nos
membres à s'intéresser à la politique et à prendre leur carte de
l'ADQ, du Parti Québécois ou du Parti Libéral du Québec.
«Là
n'est pas la question. Francis Bacon affirmait que le "vrai
pouvoir, c'est la connaissance", c'est le défi que nous
proposons à l'ensemble de la société québécoise. L'implication
politique des policiers ne pourra qu'apporter un atout de plus à la
démocratie, et, du même coup, enrichira la mosaïque politique
québécoise. Nous ne parlons pas ici d'imprudence, M. Pratte, mais
d'audace!»
Une
couple de semaines après, Louis Carette, un lecteur de La Presse,
commente l'édito de Pratte. (Louis Carette --
La Presse du 28 octobre 2002) S'adressant à celui-ci, il écrit
«vous m'avez surpris lorsque j'ai lu (dans votre éditorial)
"L'imprudence de Painchaud ", dans lequel vous dites :
"On ne peut nier le droit des syndicats policiers de participer
au débat public". Dans mon esprit, explique Carette, les
militaires et les policiers, dans un État démocratique, sont au
service du maintien de l'ordre et au service de la population.
«Je
pense qu'il peut être dangereux que les policiers se prononcent de
quelque manière sur une situation politique, quelle qu'elle soit. La
police existe pour faire respecter la loi --
pas
pour l'interpréter à son goût --,
faire les enquêtes et amener les criminels à la justice. De plus,
elle peut faire de la sensibilisation. Pour le reste, la police n'a
droit à aucune tribune publique» (Suite
demain)
■ Montréal,
2003 : fermeture de postes de police, application musclée de
règlements pour payer les coûts
- (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Moins
d'une semaine après, nous sommes en mars 2003, le journaliste
Sébastien Rodrigue de La Presse rapporte que la police de quartier,
«lancée
en grande pompe et à grands frais en 1997»,
connaîtra une cure minceur cette année. (Sébastien Rodrigue - La
Presse 5 mars 2003) Dix postes de quartier sur 49 seraient
«sacrifiés».
Que fera-t-on des dix édifices les abritant? Ils deviendront des
«comptoirs
administratifs».
(NDLR : Euphémisme cherchant à dissimuler le gâchis financier
attribuable à ce changement de cap) Car le corps policier ne peut
s'en défaire, à cause des baux, certains expirant le 1er janvier
2007, d'autres l'année suivante. «Impossible
de savoir ce qu'ils deviendront après la fin des baux»,
signale le journaliste.
Où
prendra-t-on l'argent pour financer tous ces changements?
Coupera-t-on encore une fois dans le transport en commun? Le groupe
de travail mandaté par Coulombe, l'ex-dg de la Sûreté du Québec,
vous pensez bien, a tout prévu ...sur papier : «Le
comité soutient que les services accrus en sécurité publique et
les services supplémentaires doivent s'autofinancer».
L'application «plus
musclée»
de certains règlements municipaux procurerait des revenus aux
arrondissements grâce aux constats d'infractions.
Avant la fusion
municipale, les services se finançaient ainsi, indique le rapport,
mais les recettes sont maintenant acheminées... au service des
finances de la nouvelle Ville de Montréal. Cela dit comme s'il était
impossible de les récupérer. Le groupe de travail recommande
d'ailleurs de lancer une étude sur le financement pour maintenir ou
créer des services de sécurité publique dans les arrondissements.
De
quels «services
supplémentaires»
s'agit-il?
Dans le rapport, on parle d'«activités
en sécurité publique choisies et offertes sur une base volontaire
par l'arrondissement pour satisfaire aux besoins particuliers de la
population».
L'arrondissement pourrait ainsi mandater un «fournisseur»
afin de s'assurer que les camions lourds respectent la signalisation,
gérer le stationnement, maintenir des périmètres de sécurité,
mettre sur pied des patrouilles cyclistes privées, s'occuper des
citoyens qui... laissent le gazon pousser trop longtemps ou des
déchets éparpillés.
La liste n'est pas exhaustive, laissons au
lecteur le soin d'y ajouter d'autres éléments, car il y en aura, on
peut être certain de ça. Resserrement de l'Étau policier sur
l'île, pas celle de Cuba, celle de Montréal. Et ce sont les
citoyens eux-mêmes qui paieront pour être davantage surveillés de
près et opprimés. (Suite
demain)
News du mardi 30 Août 2011
■ Quiétude
en période trouble –
Andrei Halle, un québécois, s'exprime sans flafla sur l'équilibre
devant exister entre vivre sa vie et ne vivre que pour l'argent :
vidéo (12:25), que j'ai
trouvé intéressante. Il s'adresse à nous en toute intimité, nous
captive dès le début + sur son site
il y en a beaucoup d'autres. J'en ai visionnée une seule, j'ignore
si je partagerais ses autres opinions. Il a le droit de dire ce qu'il
pense, même si on est pas d'accord.
■ Québec :
le pm Charest parle droits de l'homme en chine -
En mission commerciale dans ce pays, le premier ministre québécois
Jean Charest
a abordé le sujet lors d'une rencontre avec le ministre des Affaires
étrangère Yang Jiechi.
PS
:
Et au Québec? Bien sûr, c'est pire qu'ici, mais il reste encore
énormément de boulot sur la planche. Le plus urgent : obliger
la police en civil à respecter les droits et libertés du citoyen.
Suggestion... Lors des négociations des conventions collectives
syndicales avec les corps policiers l'État devrait ajuster les
salaires en fonction du respect qu'ils accordent à la démocratie.
■ FMI :
«Les risques pesant sur l’économie mondiale s’accentuent, mais
le chemin de la reprise reste ouvert»
– Déclaration Christine Lagarde,
directrice générale du Fonds monétaire international (FMI). Elle
fait le constat qu'on s’est attaqué à certaines des principales
causes de la crise de 2008, mais pas de façon adéquate.
Les progrès
ont été pour le moins modestes, alors que s’accumulent les
risques de ralentissement de l’économie mondiale. Ils ont été
encore aggravés par la dégradation de la confiance et le sentiment
de plus en plus répandu que les décideurs manquent de conviction
pour prendre les décisions qui s’imposent, ou n’ont tout
simplement pas la volonté de le faire.
Elle estime que nous sommes
entrés dans une nouvelle phase dangereuse. Les enjeux sont clairs :
la reprise fragile en cours risque de faire long feu. Nous devons
donc agir dès maintenant. Elle propose plusieurs solutions, dont un
plan global faisant appel à tous les leviers de la politique
économique et mis en œuvre de façon coordonnée au niveau mondial.
■ Kadhafi,
notre meilleur ennemi
– Un documentaire inédit sur le colonel libyen réalisé par
Antoine Vitkine, qui explique comment l'Occident avait pactisé avec
lui : vidéo
(44:05) +
vidéo
(11:55), entrevue du mercredi 24 août avec le journaliste Vitkine,
auteur du documentaire.
■ Une
partie de la famille de Kadhafi en Algérie
– Nouvelle confirmée par le gouvernement algérien. Quant au
colonel libyen, on ignore toujours où il est : vidéo
(00:50).
■ En
uniforme ou en civil, le lobby policier auprès du pouvoir politique
doit être encadré
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Le
lobbying policier auprès des élus a aussi sérieusement besoin d'un
encadrement législatif. Actuellement, tout indique que n'importe
quel flic, en uniforme ou déguisé en citoyen préoccupé (en
civil), peut approcher un élu, ou un candidat, pour le sensibiliser
à la nécessité d'adopter des lois plus répressives.
Ce fut le cas
lorsque la ministre canadienne McLellan, a présenté son
avant-projet de loi antigang C-24 qui eut accordé, s'il avait été
adopté tel quel, une immunité beaucoup plus grande aux policiers en
matière de responsabilité pénale. (Gilles Toupin --
La Presse du 24 août 2000) Me Gilles Trudeau, porte-parole de
l'Association des avocats de la défense de Montréal, soutenait
qu'il fallait en chercher l'origine du côté «du lobby policier
très fort qui a réussi à avoir l'oreille de la ministre».
(Rollande Parent, Presse canadienne --
La Presse du 12 octobre 2000)
Cela se passait peu avant la tenue des
élections générales au Canada. Lorsque le parti libéral a été
reporté au pouvoir, la ministre a adouci le ton. Pourquoi était-elle
plus répressive avant le scrutin qu'après? Pour se protéger de
quoi? L'événement
suivant confirme l'intervention politique de la police. Il s'agit
d'un cas probant, bien que puisé dans un autre contexte.
Au début
d'octobre 2002, le président du syndicat des policiers de l'île de
Montréal, Georges Painchaud, se permettait une déclaration
particulièrement préoccupante sur les ondes de Radio-Canada, ainsi
qu'en témoigne du reste l'éditorialiste de La Presse, André Pratte.
(André Pratte --
La Presse du 9 octobre 2002)
«La Fraternité des policiers de
Montréal a décidé de se mêler de politique. On ne peut nier le
droit des syndicats policiers de participer au débat public.
Seulement, ce droit doit être exercé avec grande prudence, écrit
Pratte. (...) Les propos tenus ces jours-ci par le président
Painchaud sont au contraire de nature à susciter les craintes les
plus vives. M. Painchaud croit que l'élection éventuelle d'un
gouvernement de l'ADQ (NDLR : L'Action Démocratique du Québec,
dont le chef est Mario Dumont : des sondages indiquaient qu'il
avait des chances de remporter les élections générales) pourrait
susciter de graves tensions sociales.»
Et l'éditorialiste de
citer cette déclaration que Painchaud avait faite à Radio-Canada :
"Qui va être sur la ligne de front pour protéger les
institutions politiques, protéger les décisions? Ce sont les
policiers. Est-ce que les policiers, à ce moment-là, ne deviennent
pas de la chair à canon?"
«Le message est clair, d'enchaîner
l'éditorialiste : voter ADQ, c'est voter pour le désordre.
Venant de policiers, l'affirmation est troublante. La police se
fera-t-elle désormais gardienne du statu quo politique? Quels moyens
les policiers prendront-ils pendant la campagne (électorale) pour
faire valoir leur conception de l'ordre public?
Qu'arrivera-t-il si
l'ADQ est portée au pouvoir? Les policiers dénonceront-ils le
gouvernement dont ils devront, en même temps, faire respecter les
lois? La leçon des premiers pas politiques de la Fraternité est
limpide, conclut-il : il n'est absolument pas souhaitable que
les syndicats policiers mettent leur force, considérable (hic), au
service d'un agenda politique.» (Suite
demain)
■ La
police de quartier, une fumisterie, un flirt avec les politiciens
- (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Les
Montréalais n'ont pas fini pour autant d'investir encore et encore
dans la «cadillac»
policière, et très loin s'en faut. En mars 2001, le successeur de
Simoneau à la présidence de la Fraternité des policiers de l'île
de Montréal, Georges Painchaud, fulminait contre la police de
quartier. (André Cédilot --
La Presse des 27 mars 2001 et 20 février 2002)
«C'est
un échec, une fumisterie, une opération de séduction, un flirt
avec les politicien. (...)
En
réalité, explicite-t-il
un peu plus,
la police de quartier a été créée pour plaire aux élus
municipaux. C'est une police bien plus proche des politiciens que des
citoyens».
Ça, on le savait. Ce qu'on ne savait pas, par contre, c'est qu'on
n'arrive pas à s'expliquer, pour citer Painchaud, comment «(...) on
soit passé du jour au lendemain d'un projet de 14 mégapostes, sous
l'ancien directeur Alain Saint-Germain, à 49 petits postes, avec
Jacques Duchesneau, son successeur».
Painchaud entendait faire pression afin d'en réduire le nombre «à
27 ou 28».
Voyons la suite.
Décembre
2002, Michel Sarrazin, le dg de la police de Montréal, confirme
(Sébastien Rodrigue --
La Presse 5 décembre 2002) : «Oui,
on envisage la fermeture de postes»,
entre 8 et 10 postes. Février 2003, les auteurs de la nouvelle
réforme laissent tomber un autre voile.... Là, on ne parle plus
seulement que de la fermeture de postes de quartier. Un groupe de
travail mandaté par le dg de la Ville de Montréal, à l'époque Guy
Coulombe, propose de faire appel à des agences de la sécurité
privée, qui opèreraient sous la responsabilité de la police de
Montréal.
(NDLR : Ainsi qu'on l'a vu plus haut, du temps
où il était dg de la Sûreté du Québec, le citoyen Coulombe avait
signé un document intitulé Orientations et plan d'action de la
Sûreté du Québec
où il faisait l'éloge du concept de la police communautaire)
(Commission
Poitras, CD no. 2, Divulg
210PDF, La police de proximité dans les MRC sur la voie du succès,
document no. 1, page 138)
(Sébastien
Rodrigue --
La Presse du 28 février 2003) Des
92 activités répertoriées, 55 seraient confiées aux agences, qui
offriraient, en outre, des services de sécurité supplémentaires ;
les 37 autres seraient réservées à la police. Rien de neuf là
puisque avant la fusion des municipalités de l'île de
Montréal, 19 sur 29 d'entre elles, selon le rapport, utilisaient
déjà de ces forces privées parallèles, à temps plein ou partiel.
Ce qu'il y a de nouveau, c'est que ces municipalités fusionnées,
intégrées désormais dans des arrondissements, en auraient toutes.
(NDLR : La nouvelle Ville de Montréal a été subdivisée en
arrondissements plutôt qu'en quartiers) Autre nouveauté :
chaque arrondissement pourrait aussi faire appel aux forces de
l'ordre à titre de... fournisseur. (Suite
demain)
News du lundi 29 Août 2011
■ L'évolution
de la surveillance
– Une infographie
(dans la page s'affichant, cliquez dessus pour l'agrandir).
■ Où
est rendu l'ouragan ?
– Entre Montréal (Canada) et le Maine (USA), en route vers
la ville de Québec et la province canadienne du Nouveau Brunswick.
Pour toutes infos sur la météo, allez sur le site
d'Environnement Canada.
■ "Say
something nice"
– Petite tribune, mégaphone à la disposition des passants,
quelque part à New York, peu avant (22 août) le passage de l'ouragan :
vidéo
(03:07).
■ Une
police plus puissante que la démocratie -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Notons
qu'après la prise en charge du procès par le juge Béliveau, six
motards avouent leur culpabilité, en novembre 2002. (Christiane
Desjardins --
La Presse du 19 novembre 2002) Résultat de négociations entre les
deux parties, avocats de la Couronne et de la défense.
«Un tiens
vaut mieux que deux tu l'auras», déclare Me Madeleine Giauque,
avocate de la Couronne. Un proverbe qui en dit long sur la difficulté
de tenir, et surtout de mener à terme, un procès avec un grand
nombre d'accusés, signale la journaliste Christiane Desjardins de La
Presse. «Tout peut arriver. On n'a qu'à penser à ce qui est arrivé
cet été avec le juge Boilard», ajoute Me Giauque.
Septembre 2003,
9 autres Hell's Angels passent également aux aveux, les accusations
sont de taille : complot pour meurtre, gangstérisme et trafic
de stupéfiants. (Mario Cloutier --
La Presse du 25 septembre 2003) Les peines sont cependant réduites,
de 10 et 15 ans de pénitencier. Trois autres motards subiront un
nouveau procès pour meurtre. Nous en sommes au point final du
mégaprocès. En
milieu judiciaire, on en tire des leçons.
D'après
le bâtonnier du Québec, Pierre Gagnon, la formule des superprocès
a été instaurée «de façon précipitée et improvisée».
(Nicolas Bérubé, Mario Cloutier et Marie-Claude Malboeuf -- La
Presse du 2 octobre 2003) «On crée un climat de surchauffe. (...)
C'est comme brancher directement le courant de la Baie-James (où se
trouve un barrage hydroélectrique) dans une prise ordinaire, comme
si c'était un simple grille-pain».
En
Alberta, un procès du genre a avorté. (Joël-Denis Bellavance et
Mario Cloutier --
La Presse des 24 et 25 septembre 2003) Tant dans cette province qu'au
Québec, au Manitoba et en Colombie-Britannique, on s'inquiète du
fait que cette nouvelle approche, à cause de sa lourdeur, tarde
parfois à donner des résultats.
Que
conclure de toutes ces péripéties? Que le pouvoir donne trop de
corde à la police. Soit par ignorance des activités clandestines de
sa police en civil ou parce que cela l'arrange bien. Alors qu'au
contraire elle a besoin d'être mise au pas par un Conseil de
contrôle du genre de celui recommandé par la Commission Poitras.
Un
Conseil de contrôle qui aurait dit aux directeurs des corps
policiers, "la loi fédérale antigang C-95 (alors en vigueur),
c'est cette loi que nous voulons que vous appliquiez. Et nous
sévirons contre tout policier, en uniforme ou en civil, qui fera de
l'agitation politique sur la place publique en vue d'obtenir une loi
plus sévère que celle-là."
Il
n'est nullement exagéré d'accuser la police de faire de l'agitation
politique puisqu'en ameutant l'opinion publique, via certains
journalistes défenseurs de son orthodoxie, elle la conditionne
psychologiquement à la "nécessité" d'avoir des lois
plus dures. Simultanément, elle procède par le bouche à oreille
auprès des citoyens aussi, notre police en civil étant infiltrée
partout au sein de la Société civile. Elle fait peur à tout le
monde avec son maître mot panzer, la prévention.
La suite est
l'enfance de l'art. "Appuyée" par la population, qu'elle a
soigneusement modelée comme de la bonne pâte, elle peut alors
extorquer aux élus tout ou une partie de ce qu'elle demande. Les
élus n'ont guère le choix, s'ils veulent être réélus. Du
chantage subliminal : "Vous nous accordez ce que nous
voulons sinon nous montons la population contre vous". Cette
police déguisée en citoyen effraie, vraiment. Elle est plus
puissante que la démocratie. (Suite
demain)
■ Contrôles,
nettoyages sociaux et exclusions plus importants que le bien-être
des citoyens -
(Suite tome 2 de L'Étau Policier) Cependant,
au début de 2002, le visage de l'île de Montréal change. Les 28
municipalités de l'île sont fusionnées à Montréal, et Gérald
Tremblay, qui a défait les troupes de Bourque au mois de novembre
précédant, est le maire de la nouvelle Ville de Montréal, de qui
relève désormais la police.
La Communauté urbaine de Montréal
(CUM) est remplacée par la Communauté métropolitaine de Montréal
(CMM), et Danyluk, qui n'a guère le choix, quitte ses fonctions.
Pour sa part, la STCUM est remplacée par la Société de transport
de Montréal (STM), qui hérite d'un gros problème : réparer
les pots cassés du tandem Bourque-Danyluk.
En janvier 2002, son
budget passe de 699M$ à 725M$, en hausse de 4%. (Éric Trottier --
La Presse du 5 décembre 2001) La STM annonce son intention
d'investir 713M$ au cours des trois années suivantes, notamment pour
rénover le métro (324M$), acquérir 380 nouveaux autobus (176M$) et
remplacer son système de perception (103M$). Tout est à la hausse,
incluant... les tarifs.
Le
directeur général de la STM, Jacques Fortin : «Finies
les compressions,
clame-t-il.
Notre budget devrait nous permettre d'injecter 10M$ de plus dans les
services aux usagers. Ça va se traduire par des ajouts d'autobus et
de rames de métro là où le service est à la hausse.»
Il estime être en mesure d'ajouter 65 000 heures à son service
d'autobus au cours de 2002. Idem de celui du métro. Même le service
du transport... adapté --
destiné aux handicapés physiques nécessitant un transport
spécialisé --
augmentera
ses déplacements de 3%.
Cependant, bien qu'il s'agissait d'une
amélioration, on était loin de combler le trou béant laissé par
les compression majeures des années 1990 : la défunte STCUM
avait notamment supprimé 500 000 heures de service d'autobus. De
plus, la STM est confrontée à deux problèmes : la hausse du
prix du carburant, qui a coûté 10M$, et des problèmes mécaniques
qui entraînent la mise au rancart de dizaines de vieux autobus,
causant de multiples problèmes aux heures d'affluence. Ce qui doit
toutefois être corrigé, prévoit-on, par l'arrivée de 75 autobus
neufs et de 225 autres prévus pour 2002.
Résumons-nous.
Tandis qu'on coupait dans le transport en commun pour doter l'île de
Montréal d'une police «de
luxe»,
et de surcroît pseudo communautaire et d'avantage répressive, de
petits salariés, des chômeurs et des pauvres, dans la rue, exposés
aux intempéries et au froid l'hiver, attendaient des autobus qui
prenaient du temps à se pointer le nez, quand ils s'y pointaient car
des circuits avaient été abandonnés. Et les handicapés physiques
attendaient l'arrivée du transport spécialisé, quand il était...
disponible.
Il serait instructif de demander à ces usagers s'ils
avaient à ce point peur de la criminalité qu'ils préféraient plus
de police et moins de transport en commun. Voilà qui projette
l'image d'un pouvoir politique davantage intéressé à leur contrôle
et nettoyage sociaux et à leur exclusion qu'à leur bien-être. Le
tout décidé derrière des portes closes, sans consultation
préalable des premiers concernés, les usagers. (Suite
demain)
News du dimanche 28 Août 2011
■ Reina
et El Mac
– Et leurs fresques monumentales. Ils racontent leur cheminement
respectif, des risques d'être pris en flagrant délit sur des murs
interdits ainsi que du rôle social de ces dessins au sein d'une
société, incluant ceux des graffiteurs débutants : vidéo
(11:51) sous-titrée en français.
■ Entre
130 et 140 pays sur 193 voteraient en faveur d'un État palestinien
– C'est ce que rapporte aujourd'hui dimanche le quotidien israélien
Haaretz.
Il tient cette information d'un télégramme de l'ambassadeur
d'Israël aux Nations Unies. Le gouvernement palestinien déposera sa
demande le 20 septembre.
■ Ouragan :
situation dans l'Est du Canada
- Entrevue avec Jean-Marc Couturier, météorologue du Centre
canadien de prévision des ouragans et diffusée aujourd'hui à 7h20,
heure du Québec : vidéo
(06:44) + consultez régulièrement le site
d'Environnement Canada afin d'obtenir les infos les plus récentes.
■ L'ouragan a commencé à toucher New York samedi soir
– Son maire Michael Bloomberg :
«On s'attend à ce que les conditions se dégradent rapidement. (...)
Les vents vont se renforcer, la pluie va se renforcer et la marée va
se renforcer».
■ Mégaprocès
signifie aussi mégaproblèmes, bref pas gérable
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Août
2002, le juge Pierre Béliveau succède à son collègue Boilard et,
jouant de prudence, met un terme au procès, reprend tout à partir
de zéro. La journaliste Christiane Desjardins de La Presse écrit
que rien n'assure que le second procès ne finira pas, lui aussi, en
queue de poisson. (Christiane Desjardins --
La Presse du 9 août 2002)
Trop gros, trop lourd, trop complexe.
Voilà le constat qu'elle dégage des personnes interrogées.
Dix-sept accusés, 4 chefs d'accusations chacun, en tout 68 verdicts
que le jury devra rendre après avoir entendu une preuve titanesque,
qui couvre une période de plus de quatre ans et implique 25 autres
personnes accusées dans d'autres dossiers.
Pour le président de
l'Association des avocats de la défense, Me Gilles Pariseau,
«mégaprocès» signifie aussi «mégaproblèmes». Quand il est
complexe et s'étire sur une très longue période, les risques se
multiplient : jurés ou juge devenant inaptes à poursuivre leur
travail pour différentes raisons ou juge démissionnant en plein
procès comme dans le cas du juge Boilard. D'après lui, ce n'est pas
gérable.
Qui
est à l'origine de la fuite dans les médias? «N'importe qui au
Conseil (canadien de la magistrature) peut avoir divulgué la
plainte, estime le président des avocats de la défense, Gilles
Pariseau. (Sébastien Rodrigue --
La Presse du 17 août 2002) Le Conseil devrait en profiter pour
resserrer tout son processus de confidentialité.»
N'importe qui,
vraiment? Cette instance disciplinaire est constituée de 39 juges en
chef du Canada, difficile de croire que l'un d'eux ait trempé dans
cette histoire. Il était prévisible qu'une fuite de cette
importance provoquerait le chaos auquel on a assisté. Un membre du
personnel clérical, alors? Possible. Erreur de bonne foi?
Par la
suite, le Conseil canadien de la magistrature reconnaît
indirectement sa faute, donne partiellement raison au juge Boilard,
annonce que dorénavant il évitera de blâmer un juge pendant qu'il
préside un procès. Cependant, en août 2003, après avoir entendu
l'argumentation de représentants du ministère péquiste de la
Justice, un comité d'enquête du Conseil statue que le juge Boilard
avait manqué à ses devoirs en abandonnant la présidence du procès.
(Joël-Denis Bellavance --
La Presse du 24 septembre 2003)
Au mois de décembre suivant, le
Conseil contredit son comité d'enquête, blanchit le juge Boilard
(Sylvain Larocque --
La Presse du 23 décembre 2003) «Il incombe à chaque juge de
déterminer (...) s'il existe des circonstances qui le rendent inapte
à instruire une affaire. (...) Le juge n'est tenu de consulter
personne (...), pas même son juge en chef».
L'avocat
du juge Boilard, Me Jean-Guy Tremblay, se réjouit du jugement :
«(...) c'est le maintien du principe de l'indépendance de la
magistrature. (...) Ça me semble souverainement dangereux que le
procureur général (dans ce cas-ci, le ministre péquiste de la
Justice), qui est toujours partie dans les affaires criminelles,
puisse avoir, en plus de ses droits d'appel, un pouvoir additionnel
de menace sur le juge en disant : Oh! Oh! Faites attention, si
je n'aime pas votre décision, je peux vous traîner devant le
Conseil de la magistrature.»
Curieusement, le Conseil ne dévoilera
pas le fin fond de l'affaire : l'origine de la fuite de la
lettre de blâme à l'encontre du juge Boilard. Le gouvernement
péquiste de Bernard Landry gardera également le silence. Les médias
aussi. Dans toutes ces péripéties, l'inédit dépasse l'imagination
la plus fertile. (Suite
demain)
■ La
véritable saignée du transport en commun à Montréal
- (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Pendant
que la Communauté urbaine de Montréal (CUM) investissait sans arrêt
dans sa police et que des municipalités membres consacraient, sur
leur territoire respectif, «des
ressources supérieures à la moyenne en matière de sécurité
publique»,
la même CUM effectuait de larges coupures dans les budgets de la
Société de transport de la CUM (STCUM) : Danyluk l'avait aussi
dépouillée de son surplus budgétaire de 23M$ de 1998 et agrippé
au passage les sommes perçues auprès des sociétés de transport de
Laval et de la Rive-Sud pour payer sa police.
À
partir de 1995, année marquant le début des coupures budgétaires,
le transport en commun a subi en effet «une
véritable saignée»,
rapporte La Presse du 16 décembre 1998. Se référant à un document
de la STCUM, le journaliste nous apprend que 789 postes avaient été
abolis, soit 10% des effectifs. Combiné à une réduction de 50% du
temps supplémentaire, cela correspondait à 1 100 postes, soit 13%
des effectifs.
De plus, la contribution des municipalités à la
STCUM avait également diminué, passant de 48,4%, en 1992, à 38%,
environ six ans plus tard, un recul de plus de 10%. Celle des
usagers, dont on peut supposer qu'un grand nombre n'ont pas les
moyens d'avoir une auto, avait, quant à elle, augmenté depuis 1992,
passant de 43 à 52%.
Les coupures dans le transport en commun
influaient directement sur la fréquence du service : moins
d'argent, moins de service. D'après le document, la Société de
transport avait dû abandonner, année après année, certains
services d'autobus et réduire la fréquence du métro. Le
kilométrage annuel autobus-métro avait diminué de 10%.
À la fin
du printemps 2001, dans le cadre d'une commission parlementaire, à
Québec, le président du conseil d'administration de la STCUM,
Pierre-Yves Melançon, identifie la période de 1994 à 1998 «à
des années d'asphyxie»
où le service a diminué de 13%. (Martin Pelchat --
La Presse du 2 juin 2001)
Dans La Presse, on rappelle qu'à Montréal,
durant le règne du maire Pierre Bourque (et à la CUM, durant celui
de la présidente Danyluk), entre 1994 et 2001, on avait délaissé
le transport en commun. (Suite demain)
News du samedi 27 Août 2011
■ Fukushima
City : une poignée de personnes lucides au milieu d'un océan
d'aveuglément
– Ses 300 000 habitants continuent à vaquer sagement sous les
pluies de particules empoisonnées, s'en remettant aux bulletins
rassurants diffusés par les médias. On les endort, leur cache la
vérité. Impossible
de se procurer sur place le moindre compteur Geiger. À Tokyo,
l'article est si rare qu'il atteint des prix astronomiques. Des
militants soupçonnent que le marché a été volontairement asséché
par le puissant lobby du nucléaire.
■ Canada-Ontario :
enquête sur des gardiens ayant agressés des prisonniers -
L'Ombudsman
(Protecteur du citoyen) de l'Ontario, André Marin :
«Nous avons reçu l'an passé plus de 100 plaintes de détenus
disant que des agents correctionnels les avaient agressés, et plus
de 25 rien que depuis avril. Chose plus alarmante encore, les
allégations indiquent que la violence est camouflée – et elles
(les plaintes) proviennent de plusieurs établissements. On peut
craindre qu'un "code
de silence"
ne règne parmi certains gardiens».
■ Québec :
160 bêtes ont péri lors d'un incendie sur une ferme
– Un passant
a vu la fumée se dégager du bâtiment et alerté les pompiers.
PS :
Y a-t-il des systèmes d'alarme contre le feu dans ces fermes? Sinon,
le ministre québécois de l'Agriculture, des Pêcheries et de
l'Alimentation Pierre Corbeil devrait légiférer afin qu'ils soient
obligatoires.
■ L'ouragan-USA
menace l'Est du Canada dès dimanche (1)
– Au Québec des vents violents pourraient souffler à 100 km/h.
Arbres déracinés, toits arrachés et pannes d'électricité sont à
prévoir : voir la liste
des régions québécoises menacées. Dans les provinces maritimes ils pourraient
atteindre les 120 km/h. Sur le site
d'Environnement Canada, consultez régulièrement les prévisions de
la météo pour l'Est du Canada. Elles seront mises à jour si besoin
est.
■ Actualisation
de la progression de l'ouragan sur la côte Est des USA
– Depuis hier, il a passé au large de Jacksonville (Floride) et de
l'État de Georgie. L’œil du monstre survole l'Atlantique Nord,
mais la vélocité des vents qu'il génère s'étalent à l'intérieur
d'un immense cercle dont le diamètre est évalué à environ 820 km.
Il touche déjà les côtes des États de la Caroline du Nord et du
Sud. Il est encore loin de New York.
Telle est la situation ce samedi
matin 4h, heure du Québec. Cette progression est actualisée
régulièrement sur une carte
géographique du New York Times, revenez de temps autre à cet
article pour savoir où il est rendu : vidéo
(01:03), déclaration d'hier d'Obama.
■ Palais
de justice sous-terre de Bouchard et attaque de son ministre Ménard contre un juge -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Pour
revenir au psychodrame, abordons l'épisode où le gouvernement
péquiste de Lucien Bouchard décide de construire le palais de
justice souterrain pour y juger les motards arrêtés lors des raides
de la Sûreté du Québec. Plusieurs s'y opposent, dont le président
de l'Association des avocats de la défense, Me Gilles Pariseau.
(Jean-Paul Charbonneau --
La Presse des 6 et 20 avril 2001)
«C'est ternir l'image de la
justice que de vouloir tenir des procès dans (...) un immeuble
construit sur un terrain entouré d'une clôture, tout près d'une
prison et où les accusés devront se rendre par un tunnel. Un vrai
cirque! En France, les autorités ont déjà voulu agir de la même
façon et aucun avocat de la défense ne s'est présenté.
«La
décision du ministre (péquiste) de la Justice (Paul Bégin) va
aussi à l'encontre de la présomption d'innocence car de la manière
dont il veut procéder, tout laisse croire que ces accusés sont déjà
coupables. Nous sommes loin d'une justice transparente.» En fin de
route, il ne restera plus rien de ces protestations, tous rentreront
dans le rang. Puis
le procès des motards s'enclenche.
Cependant, en juillet 2002, un
événement majeur vient en perturber les audiences : le juge
Jean-Guy Boilard, qui le préside, tire sa révérence. La procédure
est aussitôt suspendue, après sept mois d'audiences et des coûts
d'environ 2M$. (Marie-Claude Malboeuf --
La Presse du 13 août 2002) Que se passe-t-il encore?
Le juge Boilard
a fait l'objet d'un blâme public de la part du Conseil canadien de
la magistrature au sujet d'une remarque adressée à un avocat de la
défense dans un procès tenu l'année d'avant. Il avait qualifié la
plaidoirie de Me Gilles Doré, qui représentait un Hell's Angel, de
«rhétorique ronflante». (André Cédilot et Yves Boivert --
La Presse des 29 et 30 octobre 2002) Celui-ci avait porté plainte.
Une journaliste de Radio-Canada a obtenu une copie de la lettre de
blâme adressée au juge Boilard et le contacte afin d'obtenir ses
commentaires. Il ne l'a pas encore reçue... En moins de deux,
l'affaire se retrouve en manchette dans tous les médias.
À sa
supérieure hiérarchique, le juge fait part de sa décision de se
retirer du procès, explique que le blâme, public du fait de sa
médiatisation, porte atteinte à son «autorité morale» nécessaire
à sa fonction. «Les parties ou leurs avocats, comme l'observateur
raisonnable, seront toujours justifiés de mettre en doute la
justesse de mes décisions ou l'à-propos de mes interventions vu les
commentaires du Conseil canadien de la magistrature.»
À
la surprise générale, le ministre péquiste de la Sécurité
publique, Serge Ménard, s'en prend au juge Boilard au cours d'une
entrevue téléphonique avec un journaliste de Radiomédia, à
Rouyn-Noranda. S'y référant, la journaliste Brigitte McCann du
Journal de Québec écrit que le ministre le critique «violemment»,
le «fustige», qu'il «est sorti de ses gonds», parle de son «ton
furieux». (Brigitte McCann --
Journal de Québec du 16 août 2002)
De son côté, le journaliste
Jean-Paul Charbonneau de La Presse relate que le ministre a lancé en
colère : «Qui pouvait prévoir qu'un homme qui a tant blâmé
d'autres avocats devant lui, se retire au moindre blâme qui lui est
fait. (Jean-Paul Charbonneau --
La Presse du 16 août 2001) Ça démontre, et ça je le savais, qu'il
est un orgueilleux. (...) On avait à peu près tout prévu, tout
préparé avec un soin minutieux, des efforts de formation, de
travail, contacts continuels avec les avocats, de la patience. Tout
avait été prévu, sauf une affaire comme celle-là».
Les
réactions ne tardent pas, notamment celle de la juge en chef de la
Cour supérieure, Lyse Lemieux, qui rappelle, dans un communiqué de
presse, qu'il est «inopportun qu'un ministre (Ménard), représentant
du pouvoir exécutif, émette des commentaires relatifs à la
conduite d'un membre de la magistrature». (Yves Boisvert --
La Presse du 20 août 2002)
Pour sa part, le journaliste Yves
Boisvert de La Presse s'interroge : «Convient-il qu'un ministre
critique directement un juge dans l'exercice de ses fonctions? Non.
(...) Dans leur position particulière, les ministres doivent faire
preuve de retenue. (...) demain, qui dit qu'un ministre plus
démagogue (hic) ne tentera pas de se rendre populaire en "plantant"
tel ou tel juge trop sévère, trop clément, trop à gauche à son
goût? On n'en est pas là. Mais pour éviter qu'on y soit, il faut
que les ministres sachent où tracer la limite. C'est une limite dont
nous bénéficions tous.» (Suite
demain)
■ Milieu
des années 1990, la police de Montréal est devenue une police de
luxe
- (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Individuellement
des municipalités fournissaient également de l'équipement au poste
de police situé sur leur territoire respectif.
En février 1999,
trois villes de la partie ouest de l'île de Montréal --
Côte-Saint-Luc, Hampstead et Montréal-Ouest -- devaient doter le
leur de caméras vidéo, à 10 000$ l'unité, et dans le cas de deux
d'entre-elles, y ajouter des voitures. (Éric Trottier --
La Presse du 4 février 1999)
Le journaliste Éric Trottier de La
Presse nous apprenait qu'il ne s'agissait pas d'une première
puisque, depuis janvier 1998, une politique de commandites permet aux
municipalités membres de la Communauté urbaine de Montréal (CUM)
de munir leur poste de police d'équipements spéciaux.
Il
relatait que «plusieurs
villes»,
généralement les plus riches, avaient aussi acquis dans le passé
des vélocimètres, des vélos, etc. Cinq municipalités avaient fait
l'acquisition, en 1997, de deux voitures supplémentaires pour
contrôler la vitesse des automobilistes. L'année d'avant, trois
autres avaient assumé la location d'une auto-patrouille
additionnelle. Des bagatelles, arguera-t-on, quoiqu'on ne sache pas
tout non plus, mais n'en illustrant pas moins la propension.
Autre
élément digne de mention : la police désirait tarifer les
services d'ordre qu'elle assume à l'occasion de grands événements
à but lucratif -- festivals, concerts rock ou matchs de hockey --.
(Martin Pelchat --
La Presse du 29 septembre 1998) En vertu du principe de l'utilisateur
payeur, autre formulation faisant mouche à tout coup. On pourrait
penser qu'après tout ce qui précède, avoir fait le tour de la
problématique. Détrompons-nous.
En page 68 du document de la CUM
sur la police de quartier, on apprend que le corps policier devrait
songer à développer des sources de revenus. (La Police de quartier
--
Ensemble pour mieux servir --
Communauté urbaine de Montréal et Police de la CUM, 1996) «Chaque
quartier est entouré d'organismes qui ont un intérêt vital à ce
qu'elle dispose des moyens nécessaires pour accomplir sa mission
efficacement».
Elle devrait donc explorer les pistes suivantes, suggère-t-on :
développer un partenariat avec le secteur privé pour obtenir des
dons, des commandites ou des subventions, établir des échanges de
services avec des organismes sans but lucratif, notamment la collecte
de fonds pour l'achat d'équipements.
La
défunte CUM, qui n'était pas à court d'idées, proposait aussi à
son corps policier d'utiliser au maximum les dispositions légales
afin de récupérer de l'argent et de la vente de biens saisis à
l'issu d'enquêtes criminelles. Cette pratique perdure encore de nos
jours, pas seulement sur l'île de Montréal, partout au Québec.
Comme la police dispose déjà d'un budget annuel, ne serait-il pas
plus équitable que ces billets de banque soient plutôt remis
directement aux municipalités?
Après tout, ce sont les citoyens de
celles-ci qui en assument tous les coûts, notamment de celle de
l'île de Montréal, une «police de luxe». (André Cédilot --
La Presse du 20 mars 1999) Cela étant, pourquoi les lui
laisserait-on? Pour qu'elle devienne encore plus luxueuse?
Complétons
le bouquet par cette citation de la page 55 du même document de
l'ex-CUM : on suggérait à la police d'«établir
un système de bénévoles accrédités qui accompliront certaines
activités d'ordre administratif ou de soutien
(...)». Il s'agissait de l'une des méthodes que l'organisme
régional préconisait «pour
favoriser le rapprochement entre la population locale et les
policiers du quartier».
On ignore jusqu'à quel point cette mesure a été appliquée. (Suite
demain)
News du vendredi 26 Août 2011
■ Un village allemand fait des profits avec le développement
durable –
Il produit plus d'énergie que ses 2 600 habitants consomment. Alors,
il vent le reste et encaisse
annuellement des profits de 5,7 millions d'euros.
■ Un
dangereux ouragan se dirige notamment vers New York
– Dans des quartiers au moins 250 000 citoyens ont été évacués : vidéo
(01:12) +
carte
de sa progression + article
du New York Times + article
du quotidien Le Monde.
■ Montréal :
des ruelles et quartiers verts
– Une initiative du Regroupement Éco-quartiers. L'augmentation du
couvert végétal contribue à l'amélioration de la qualité de vie
des citadins : contrer les effets des îlots de chaleur,
récupérer l'eau de pluie (attention : non potable), augmenter
la biodiversité, fraterniser entre voisins. Toutes les infos ici,
dont deux cartes
géos, là où il y a du vert : éco-quartiers (cliquez sur les
flèches) et ruelles (cliquez sur le vert, des photos magnifiques de
petits chef-d’œuvre réalisés par des citoyens + vidéo
(02:09).
■ Combat
à l'horizon entre les successeurs de Kadhafi
- Le conseil national de transition (CNT) politique est notamment
composé de l'ex-ministre libyen de la Justice Mustapha Abdeljalil,
celui-là même qui avait signé
en 2006 l'ordre d'exécution des infirmières bulgares. Sur les 31
membres, on dénombre aussi d'anciens dignitaires du régime, des
représentants de grandes familles et seulement... 5 rebelles :
dessin.
■ Japon :
Naoto Kan quitte son parti et le poste de premier ministre
– Il l'a annoncé hier et expliqué pourquoi : "Je
veux agir en tant que politique et citoyen pour créer une société
qui ne dépende pas de la puissance nucléaire" :
vidéo
(01:02). Pendant ce temps, au Québec, plus précisément à la
centrale nucléaire
d'Hydro-Québec, une société relevant du gouvernement de cette
province canadienne...
■ Du
jamais vu : un trou noir avale une étoile
– L'événement cosmique spectaculaire a été détecté en mars
dernier par le satellite Swift de la NASA et reproduit par un
artiste : vidéo
(00:25) + images.
■ Échapper une poignée de coupables, éviter le risque
d'anéantir la vie d'un seul innocent
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) De
cette nouvelle loi antigang C-24, il résultera un réseau du crime
"mieux" organisé, plus efficace, par conséquent plus
menaçant pour la société. Il est là aussi le danger, car ce n'est
pas seulement une affaire d'atteinte aux droits et libertés du
citoyen. Où est la cohérence? Un crime mieux organisé qui
s'enfoncera plus profondément dans la clandestinité, donc
difficilement contrôlable.
Alors qu'avec leur veste de cuir
affichant leurs écussons, leur Harley-Davidson, leurs bunkers, leurs
événements publics médiatisés -- fêtes annuelles, dont des
spectacles, rencontres interclubs, enterrements de membres tués par
des bandes rivales --, ils étaient visibles, pistables, prévisibles.
Un euphémisme aussi, l'argument du ministre péquiste Serge Ménard
voulant que sans les écussons, ils n'attireront plus les jeunes dans
leur rang? Le criminalité a toujours existé, et bien avant la mode
vestimentaire hellienne. Peu importe leurs activités, les gens
semblables finissent toujours par se rencontrer, avec ou sans
uniforme.
Malgré
tout, la Loi fédérale antigang C-24 entrera en vigueur le 7 janvier
2002. (Isabelle Rodrigue, Presse canadienne --
La Presse du 8 janvier 2002) Ils doivent bien applaudir, les flics?
Non. Moins d'une semaine après son adoption, le journaliste André
Cédilot de La Presse fait état de leur mécontentement, sans
cependant indiquer leur nom (André Cédilot --
La Presse du 12 janvier 2002) : y avait-il des avocats de la Couronne
parmi eux?
Selon certains, la loi reste insuffisante, car il demeure
encore fort compliqué de confisquer l'argent sale. Selon d'autres,
les nouvelles dispositions sur les produits de la criminalité ne
vont pas encore assez loin : il faut, disent-ils, inverser le
fardeau de la preuve. Sans un changement aussi draconien, il est
utopique de penser simplement ébranler les grands criminels du
milieu interlope. Le journaliste rapporte que les experts clament
depuis des années que la saisie de leur argent constitue «le nerf
de la guerre».
Des
flics -- et des avocats de la Couronne? -- interviewés par le
journaliste font le parallèle avec la Loi fédérale antiterroriste,
beaucoup moins exigeante, selon eux, parce que permettant ce qu'on
appelle dans le jargon juridique une "confiscation civile"
: dix mois plus tard, ce projet de loi, déposé après les actes
terroristes survenus aux États-Unis, fera l'objet d'une troisième
version. (Stephen Thorne, la Presse canadienne --
La Presse du 2 novembre 2002) Cela signifie, entre autres, que les
autorités peuvent geler les biens d'un présumé terroriste sans
avoir à démontrer devant la cour qu'il a commis un crime.
Autre
différence de taille, rapporte le journaliste, la législation
visant à contrer le terrorisme comporte une liste des organisations
jugées suspectes. Cette précision simplifie énormément la tâche
de la poursuite, qui n'a pas à démontrer, à chaque procès, comme
c'est le cas de la loi antigang C-24, que les Hell's Angels, par
exemple, sont un groupe criminel.
Apportons
un autre argument démontrant que la nécessité d'assouplir le
fardeau de la preuve, tant souhaité par la police, n'est pas fondée.
Le contexte : à l'automne 2002, le ministre fédéral libéral
de la Justice, Martin Cauchon, manifestait son désir de moderniser
le Code criminel. Me Jean-Claude Hébert, criminaliste québécois,
dans une lettre à La Presse, en octobre, mettait les pendules à
l'heure. (Me Jean-Claude Hébert --
La Presse du 8 octobre 2002)
«(...) Justice fondamentale oblige,
l'institution pénale ne vise pas uniquement le châtiment des
coupables, signale-t-il. En raison des répercussions directes et
profondes sur la liberté des gens, la voie procédurale doit
favoriser l'acquittement des innocents. Pour augmenter l'efficience
de la justice pénale, rien ne sert de muscler les pouvoirs de police
et d'alléger le fardeau de preuve du poursuivant (l'avocat de la
Couronne accusant le citoyen).
À peine 10% des dossiers
d'inculpation vont à procès, le reste faisant l'objet d'aveux de
culpabilité. Passés en jugement, plus de la moitié des accusés
sont condamnés. Il coule de source que l'érosion des droits de la
défense (l'avocat de l'accusé) ne ferait qu'accroître inutilement
les risques d'erreurs judiciaires, sans pour autant éreinter la
criminalité. Mieux vaut échapper une poignée de coupables que
d'accroître le risque d'anéantir la vie d'un seul innocent».
(Suite
demain)
■ Montréal,
milieu années 1990 : coûts faramineux de l'implantation de la pseudo police
communautaire
- (Suite
tome 2 de L'Étau Policier) Du
temps de la Communauté urbaine de Montréal (CUM), le discours
public de l'élite politique de l'île de Montréal était à ce
point empaqueté que les citoyens croyaient que les coûts de la
police augmentaient si peu, d'année en année, que ça ne valait pas
la peine de déchirer sa chemise sur la place publique. C'est en tout
cas l'impression qui se dégageait des propos usuels de la présidente
Danyluk.
Celle-ci omettait de dire qu'individuellement des
municipalités membres de la CUM investissaient à la fois dans la
police et des forces parallèles, soit en faisant appel aux services
d'agences de la sécurité privée ou en embauchant des gardiens de
sécurité, qui devenaient de facto des employés municipaux, et
aussi en achetant des équipements.
Déjà
en 1990, Normandeau et Leighton constataient que des municipalités
membres de la CUM consacraient «des
ressources supérieures à la moyenne en matière de sécurité
publique».
(André Normandeau et Barry Leighton --
Une vision de l'avenir de la police au Canada : Police-défi 2000 --
Direction de la police et de la sécurité, Secrétariat du Ministère
du Solliciteur général du Canada, 1990) Ils ne les identifiaient
pas, ne fournissaient aucun chiffre.
Une chose est sûre : le citoyen
de chacune d'elles en défrayait la note. Dans les faits, il payait
simultanément à deux endroits : à la CUM pour les services de sa
police et à sa municipalité pour le surplus de protection dont
cette dernière s'était dotée. Et lorsque les élus de l'île ont
décidé, au milieu des années 1990, d'implanter la pseudo police
communautaire sur tout ce territoire, davantage encore qu'avant.
Car
il avait fallu ajouter des postes de police à ceux existant déjà
pour atteindre le chiffre magique de 49. Avec la multiplication du
personnel clérical -- citoyens-cléricaux ou policiers déguisés en
citoyens-cléricaux? -- et l'achat d'équipements que cela
entraînait. Combien de postes avaient été logés dans des édifices
qu'il avait fallu louer ou acheter et rénover pour les rendre plus
fonctionnels? Combien avaient été spécifiquement construits à
cette fin?
Des municipalités en avaient par ailleurs défrayé les
coûts de construction (et de rénovation aussi?) sur leur territoire
respectif. Ainsi la Ville d'Outremont qui, en décembre 1998,
prévoyait investir 1,8M$ dans le futur poste de police de l'avenue
Van Horne. (Éric Trottier --
La Presse du 15 décembre 1998) Le maire Jérôme Unterberg tenait
des propos lénifiant, affirmant que tout allait être financé par
la vente d'actifs de la municipalité et qu'il ne coûterait pas un
sou à ses concitoyens.
Quant on vend des actifs d'une municipalité,
on vend quoi au juste? Des biens que la ville a achetés, notamment
des terrains. Et avec l'argent de qui? Ce peut être aussi des biens
saisis pour non paiement de taxes, que la ville peut ensuite revendre
avec profits. Alors prétendre qu'il n'en coûterait rien au citoyen
était faux. (Suite
demain)
News du jeudi 25 Août 2011
■ Michel
Martelly : avant d'être président d'Haïti, il était chanteur
– C'est un homme vraiment sympa que vous allez découvrir. Il donne
des concerts un peu partout aux USA. On assiste à plusieurs moments
très intimes. Il est relaxe, amusant. Un homme qui aime la fête,
très proche des gens, capable aussi d'être sérieux. Il disait, 16
ans avant d'être élu : les politiciens ont précipité et
maintenu Haïti dans la misère. Alors pourquoi un chanteur populaire
au pouvoir ne ferait-il pas mieux? Son passé n'entache absolument
pas son présent : vidéo
(23:38), notez qu'à 5 minutes 26, il y a un pause. Laissez aller
pour voir la suite.
■ À
ceux doutant de l’innocence de Dominique Strauss-Kahn...
- La version intégrale traduite en français
(une bonne idée du site rue89) de la lettre de 25 pages rédigée par
le procureur new-yorkais Cyrus Vance et son équipe et remise au juge
Michael Obus afin de lui permettre de décider s'il y aura procès ou
non + la lettre en anglais
que Vance a remise au juge. Le principe à défendre ici : il
faut au moins une preuve pour condamner quelqu'un, dans ce cas-ci il
n'y en a aucune, d'où l'abandon des poursuites.
■ Québec : Serge
Ménard, un ministre qui faisait avaler n'importe quoi à la
population
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Qu'en
était-il vraiment de cette autre déclaration du ministre péquiste
de la Sécurité publique à l'effet que si la loi antigang C-24
avait été votée des années plus tôt, le taux de la criminalité
n'aurait jamais atteint le niveau de 1999? Plus
haut, on nous disait que les déboires policiers en matière de lutte
contre la criminalité sont plus souvent qu'autrement attribuables à
des enquêtes mal ficelées.
On en a indirectement la confirmation en
écoutant les propos du sergent Guy Ouellette, qui a été pendant
deux décennies le témoin spécialiste de la Sûreté du Québec
dans la lutte contre le crime organisé. (Martin Pelchat --
La Presse du 17 mai 2001) Au moment de prendre sa retraite, en mai
2001, il se permet une réflexion de taille.
«Quand je suis arrivé
au renseignement, en 1990, on (à la Sûreté du Québec) n'avait
aucune idée de qui ils (les Hell's Angels) étaient et ce dont ils
avaient l'air». À la même époque, on n'en savait pas plus à la
Gendarmerie royale du Canada (GRC). Ainsi, ce témoignage de
Jean-Pierre Lévesque, sergent d'état-major (André Cédilot --
La Presse du 11 avril 2006) :
«On prenait alors les motards pour des gros matamores, et à peu
près personne ne s'en préoccupait».
Quoi, au début des années
1990, ces deux corps policiers ignoraient encore qui étaient les
Hell's Angels? Pourtant, ils sont dans le paysage québécois depuis
pas mal plus longtemps. D'après un document de la police de l'île
de Montréal déposé devant la Commission Poitras, en septembre
1997, par Jean-Guy
Gagnon, lieutenant détective, ils existent au Québec depuis la fin
des années 1950.
Au début, il s'agissait d'individus marginaux
aimant se promener à motocyclette et consommer de l'alcool et des
drogues. Au cours des années, ils se sont graduellement impliqués
dans des activités criminelles. Leur évolution s'est poursuivie de
façon constante et ils ont ainsi développé un pouvoir économique
considérable. Selon Gagnon, depuis le début des années 1980, ils
font partie intégrante du crime organisé montréalais et québécois
au même titre que la mafia italienne, le gang de l'Ouest et le clan
Dubois.
Depuis... 1980 alors que dix ans plus tard Sûreté du
Québec et Gendarmerie royale du Canada ignoraient encore qui ils
étaient... Compte
tenu de tout ce qui précède, dont les propos de Me Belleau (enquête
policière mal faite) et ceux de Me Grey (mauvaise gestion des
dossiers policiers plutôt que la faiblesse des lois?), est-on
justifié de dire, et contrairement à l'affirmation du ministre
Ménard, que leur «le niveau de richesse, de puissance et de danger»
n'était pas attribuable à l'absence d'une loi plus coercitive
(C-24), mais bel et bien au laxisme policier?
Que si, au cours de
toutes ces années-là, pouvoir et police avaient fait leur job,
cette nouvelle loi antigang n'aurait pas été nécessaire? A-t-on
laissé pourrir une situation pour mieux l'exploiter éventuellement,
obtenir des lois plus sévères? Vous avez entendu parler de Saint
George qui terrassa le dragon, et devint par la suite le plus
dragonnophile des saints?(Suite
demain)
■ Montréal,
1999 : les coûts de l'implantation de la pseudo police
communautaire n'arrêtent de grimper
- (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Plus
ou moins trois mois après, début mars 1999, la journaliste Michèle
Ouimet de La Presse nous informe que la police de l'île de Montréal
hérite de la part du lion dans le budget 1999 de la Communauté
urbaine de Montréal (CUM), soit près de 395M$, en hausse de 2,4%.
(Michèle Ouimet --
La Presse du 3 mars 1999)
Dans le programme triennal
d'immobilisation, elle note qu'elle décroche, là encore, la grosse
part du gâteau, soit plus de 60% du total. Sur des immobilisations
de 61,5M$, en 1999, la police obtient, énumère-t-elle : 13,4M$
(construction, acquisition et aménagement d'immeubles), 12,5M$
(police de quartier et changements technologiques), 6,1M$
(acquisition de véhicules), 2,3M$ (relocalisation de
l'identification judiciaire) et 1,8M$ (équipements de
communications).
Le
mois suivant, deux maires déclarent au journaliste Éric Trottier de
La Presse que la police de l'île de Montréal coûte cher. (Éric
Trottier --
La Presse du 7 avril 1999) Luis Miranda, maire d'Anjou : «(...) ma
ville paye plus de 9M$ par année pour le service de police de la
CUM. À ce prix-là, nous avons 40 policiers. À Boucherville, ils
ont 60 policiers et ça leur coûte deux fois moins, 4,5M$».
Le maire de Brossard, Paul Leduc, le dit aussi : «Pour
nous, à Brossard, c'est évident que le SPCUM
(police de l'île de Montréal) est
trop gros, trop puissant, trop coûteux. Nous n'aurions aucun
avantage à intégrer notre corps de police avec celui-là».
À la fin 1999, l'ex-CUM dévoile son budget, cette fois pour l'année
2000. Le journaliste Trottier constate que ce corps policier, comme
toujours, précise-t-il, obtient la grosse part du gâteau. (Éric
Trottier -- La Presse du 10 novembre 1999) Dix jours après, il rapporte que
Michel Sarrazin, le dg de la police, souhaite ajouter un étage à
l'édifice abritant le Centre opérationnel Est, situé à
St-Léonard, une dépense d'1,5M$. (Éric Trottier --
La Presse du 20 novembre 1999)
Pourtant, ainsi que le fait remarquer
le journaliste, il vient à peine d'être construit au coût de
7,5M$. Il n'a même pas encore été inauguré. Il
rapporte que sa requête choque plusieurs maires du Comité exécutif
de la CUM. Certains estiment avoir été, «une
fois de plus»,
placés devant un fait accompli. «On
se demande pourquoi le deuxième étage n'a pas été pensé au
moment de la construction de l'édifice (...)»,
s'interroge Yves Ryan, maire de Montréal-Nord et vice-président de
la Commission de la sécurité publique.
D'après lui, cette nouvelle
exigence ressemble à ce qui s'est passé lors de l'achat du nouveau
quartier général, quelque temps auparavant, quand Sarrazin a
demandé, après coup, l'augmentation du nombre d'espaces de
stationnement, une dépense additionnelle de 3,5M$. Ryan :
«Étaient-ils
obligés de nous parler des stationnements après l'achat?
Certains trouvent que c'est le même pattern qui revient».
Sans compter les 60 véhicules achetés mais ne correspondant pas aux
besoins : leur habitacle trop étroit les rendaient inconfortables.
(Suite
demain)
News du mercredi 24 Août 2011
■ Québec :
défectuosité à la centrale nucléaire Gentilly 2
– L'événement est survenue aujourd'hui en début de nuit. Deux
vannes de drainage endommagés sont à l'origine d'une fuite d'eau
lourde. Hydro-Québec, une société du gouvernement
du Québec, se fait rassurante.
PS :
L'eau lourde n'est pas considérée comme toxique. Cependant quelques
réactions métaboliques nécessitent de l'eau classique, c'est
pourquoi sa consommation exclusive
peut être considérée comme dangereuse pour la santé.
Autre
point... La journaliste qui rapporte l'incident signale que la
Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN), organisme gouvernemental, «n'a pas
retourné nos appels». Pas nouveau, l'absence de transparence dans
le milieu nucléaire est permanent et effrayant. Et nos gouvernements canadien et québécois
ne font rien pour que cela change. Complices, donc!
■ Les
Libyens aiment-ils Kadhafi ?
- Sûrement pas les rebelles et un tas d'autres personnes. Et parmi
ceux qui lui sont fidèles, combien non pas le choix? Du temps de
l'Union soviétique, lorsque Staline prononçait un discours
suffisait qu'un seul se lève et applaudisse pour que tous les autres
limitent. Il était dangereux de rester dans son coin sans bouger. Se
posait la question : à quel moment doit-on arrêter les
applaudissements?
Kadhafi,
c'est le même scénario à quelques nuances près : ses
"partisans"
sautent en l'air, lèvent les bras, crient des slogans. J'en ai déjà
vus sur des vidéos avec la terreur dans les yeux. Car au sein des
foules, des hommes du dictateur veillent à ce que chacun manifeste
son consentement. Il est généreux
aussi avec les bien formatés, ceux qui circulent comme des ombres.
■ Une
pétition mondiale en faveur de la reconnaissance de la Palestine
comme pays
- Le 20 septembre prochain, la Palestine adressera cette demande aux
pays membres de l'Assemblée générale de l'ONU. Déclaration sur le
site de la pétition... Après des décennies d'échecs, il est temps
d'inverser la tendance, de mettre fin à l'occupation et de
progresser vers une paix fondée sur deux États (Israël et
Palestine) : vidéo
(03:49) expliquant la situation depuis le début + signez
la pétition : vos adresse courriel, d'abord et avant tout, nom,
pays et code postal : vos données sont protégées. Ensuite,
cliquez sur ENVOYER. Ce 24 août 2011 (10h07, heure du Québec) près
de 750 000 l'ont signée + qui est avaaz à l'origine de cette pétition?
■ New
York : première déclaration publique de Dominique Strauss-Kahn (DSK)
– «La fin d'une épreuve terrible et injuste» : vidéo
(00:44). Hier, le juge américain Michael Obus a fermé le dossier,
il n'y aura pas de poursuites. Il s'en est tenu au document
de 25 pages que lui avait remis le procureur Cyrus Vance. Il porte sur
les mensonges de Nafissatou Diallo qui prétendait avoir été violée
par DSK, le 14 mai dernier dans une chambre de l'Hôtel français
Sofitel à New York. Quant à la participation de l'ex-directeur du
Fonds monétaire international (FMI) aux présidentielles de 2012 en
France, il est trop tôt pour en parler.
■ La
loi antigang
C-24, un dangereux précédent aux valeurs démocratiques du Canada
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Voyons
le contexte politique de la suite des événements. Le jour du
scrutin de novembre, le parti libéral de Jean Chrétien remporte les
élections générales. S'en suivent quelques mois d'accalmie avant
que les travaux parlementaires ne reprennent. La Sûreté du Québec
profite du momentum pour lancer un premier raid contre les motards :
125 Hell's Angels et de leurs sympathisants sont arrêtés. Nous
sommes en mars 2001.
Trois semaines après, en avril, la ministre
McLelan, renommée au ministère de la Justice, dévoile son projet
de loi antigang C-24. Ce même mois, un autre épisodes du
psychodrame s'ajoute au feuilleton : le gouvernement péquiste
de Lucien Bouchard décide de construire, au coût de 10M$, un palais
de justice souterrain, dans l'enceinte même de la prison de
Bordeaux, où sont incarcérés la majorité des motards arrêtés,
pour les y juger. Pas la suite, la Sûreté du Québec effectue
d'autres raides.
Tout cela se déroule alors que le projet de loi
antigang fait l'objet de débats au parlement canadien. Le tout
médiatisé au maximum, faisant régulièrement la manchette. Le
climat de gravité ambiante est d'une telle lourdeur qu'on s'attend à
l'adoption d'une loi musclée. Cherchait-on à ameuter suffisamment
la population pour forcer les élus fédéraux à adopter une loi
plus sévère? Il n'est pas interdit de la penser.
Cependant,
La Presse rapporte que la ministre fait preuve de modération.
(Laura-Julie Perreault --
La Presse du 7 avril 2001) Il n'y aura pas de dérogation à la
Charte canadienne, les policiers n'auront pas le droit de commettre
des meurtres ou causer des lésions corporelles, et l'immunité
partielle que leur confère la nouvelle loi sera l'objet d'un
contrôle démocratique annuel : le Parlement canadien sera
saisi de la liste des actes illégaux qu'ils auront commis dans
l'exercice de leurs fonctions.
(NDLR : Belle rhétorique, mais
basée seulement sur la bonne foi policière, dont on connaît la
mauvaise foi colossale. Les élus ne disposeront d'aucun moyen de
contrôle pour vérifier si elle leur a tout dit)
Le quotidien fait
part des commentaires d'André Paradis, directeur général de la
Ligue québécoise des droits et libertés : «L'immunité des
policiers nous inquiétait. Dans notre système juridique, il n'y a
pas de commune mesure. Mais nous avons été contents de voir que le
projet de loi a été mieux balisé.»
Près
de deux mois plus tard, Me Giuseppe Battista, criminaliste du cabinet
Shadley Battista, dans une lettre publiée par La Presse en mai 2001,
parle au contraire d'un dangereux précédent allant à l'encontre
des valeurs démocratiques du Canada. (Me Giuseppe Battista --
La Presse du 30 mai 2001)
La législation proposée permettra aux
policiers, écrit-il, de commettre des délits contre les personnes
et les biens : intimidation, extorsion, voies de fait, incendie
criminel, méfait, vol qualifié, vol, introduction par effraction,
fraude, etc. Son application fera nécessairement des victimes. Il
prédit que le
public en général et les médias seront aussi pris à partie. Il
craint que l'opinion publique soit manipulée par la police.
Par
exemple, «comment se comporteront les journalistes lorsqu'une bombe
explosera dans un repère appartenant à une organisation criminelle?
Explosion attribuable à un individu à la solde d'une organisation
criminelle ou d'un policier infiltré dans le milieu? Quelle
crédibilité auront les policiers lorsqu'ils feront état de
l'accroissement des délits dans les milieux du crime organisé alors
qu'eux-mêmes seront autorisés, pour les combattre justement, d'en
commettre?»
Me
Battista rappelle que les médias remplissent une fonction
primordiale dans les sociétés démocratiques. «L'information
relative aux mesures législatives, aux orientations du gouvernement
ou aux activités des policiers doit être fiable pour être utile au
débat sur les enjeux sociaux. Quelle sera l'impact de cette
législation sur le droit à l'information, composante essentielle à
la liberté de presse, lorsqu'il sera question de la lutte au crime
organisé?»
On dit que l'activité illégale du policier sera
strictement encadrée, que nous sommes confrontés à un grave
problème et qu'il faut combattre le crime organisé. «La réalité,
conclut-il, est que nous franchissons un seuil important qui modifie
notre tradition juridique.» Me Battista a fait preuve de beaucoup
plus de sens critique que le dg Paradis de la Ligue des droits et
libertés.
Par
contre, des ministres péquistes dont le titulaire de la Justice,
Paul Bégin, et, pour le moins surprenant, celui de la Sécurité
publique, Serge Ménard, se disent satisfaits de la nouvelle loi.
(Denis Lessard --
La Presse du 12 avril 2001) Pourtant, ce dernier n'a pas obtenu la
dérogation à la Charte fédérale qu'il réclamait encore quelques
semaines plus tôt.
Ménard : «Si nous avions eu cette loi (loi
antigang C-24), nous aurions pu intervenir beaucoup plus tôt
(contre) les organisations criminelles actuelles, déclare-t-il.
Elles n'auraient jamais atteint le niveau de richesse, de puissance
et de danger qu'elles ont atteints.» Qu'en était-il vraiment de
cette autre déclaration du ministre? (Suite
demain)
■ Investir
moins dans le transport pour donner plus d'argent à la pseudo
police communautaire
- (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Ce
que relate le journaliste représente quelques photos de l'histoire
policière, néanmoins des plus révélatrices. Toutefois, en suivant
son évolution sur plusieurs années, on trouve de quoi remplir
d'instantanés un gros album.
Sur l'île de Montréal par exemple, à
l'époque de l'ex-Communauté urbaine de Montréal (CUM) et de la
Société de transport de la CUM (STCUM ), le pouvoir politique
préférait-il, toutes proportions gardées, investir davantage dans
sa soi-disant police communautaire que dans le transport en commun?
On le sait, autobus et métro sont surtout le moyen de transport des
petits salariés, des chômeurs et des pauvres.
Transportons-nous
au mois de septembre 1998. La CUM est à élaborer son budget de
l'année 1999. Il lui manque une soixantaine de millions de dollars
pour atteindre l'équilibre. Selon le journaliste Éric Trottier de
La Presse, 25 de ces millions manquants avaient été investis dans
les hausses salariales des policiers, l'implantation des postes de
police de quartier et le déménagement du quartier général. (Éric
Trottier --
La Presse du 10 septembre 1998) Il tenait cette info du maire de
Saint-Léonard et président de la commission de l'administration et
des finances de la CUM, Frank Zampino.
Deux
mois et demi plus tard, l'Agence métropolitaine de transport (AMT)
révèle que «la
CUM utilise des sommes perçues auprès des sociétés de transport
de Laval et de la Rive-Sud pour payer sa police».
(André Noël --
La Presse du 26 novembre 1998) Gaétan Turbide, directeur général
de la Société de transport de Laval (STL), confirme au journaliste
André Noël de La Presse la justesses des calculs de l'AMT : «Nous
avons alerté le gouvernement à ce sujet dans le passé».
Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, corrobore : «Il
est scandaleux que les citoyens de Laval contribuent à la police de
Montréal en croyant soutenir le transport en commun».
Même son de cloche à la Société de transport de la Rive-Sud de
Montréal (STRSM).
De son côté, Vera Danyluk, présidente de la
CUM, nie tout : «C'est
totalement faux. Il est vrai que nous avons baissé nos contributions
à la STCUM et augmenté le budget de la police, mais l'argent ne
venait pas de la banlieue».
Quatre témoins versus Danyluk, qui a tout de même avoué avoir
investi moins dans le transport et davantage dans sa police. (Suite
demain)
News du mardi 23 Août 2011
■ New
York : Dominique Strauss-Kahn libéré d'un poids lourd
– Aujourd'hui, le juge a décrété l'abandon
des poursuites pénales contre lui.
■ Libye-Tripoli : confusion ou victoire ?
– Hier, je signalais le risque d'anticiper les événements dans un cas semblable. La
preuve, on la trouve peut-être ici : vidéo
(03:05), version d'un journaliste datée
d'hier 22 août + version des faits datée d'aujourd'hui 23 août :
vidéo
(03:45), une journaliste d'Euronews interroge Fathi Ben Shatwan,
ex-ministre libyen de l'Énergie (traduit en français). À vous de juger : confusion ou victoire? +
dessin.
■ Mesure
d'exception, promesses rassurantes des élus et de la police aux
citoyens, ensuite le bordel -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Le
chef du Bloque québécois, Gilles Duceppe, exploite également le
filon, mais en élaborant pas mal plus que son candidat du comté
Roberval : quoi qu'on ignore les propos que le député sortant
Gauthier tient dans ses assemblées de cuisine.
À son assemblée
d'investiture dans la circonscription de Laurier-Sainte-Marie,
Duceppe dénonce la timidité du gouvernement fédéral libéral de
Jean Chrétien à l'endroit du crime organisé. (Alexandre Sirois --
La Presse des 23 et 28 octobre 2000) Il affirme que s'il se mettait
en colère, depuis plusieurs années, chaque fois qu'il parlait des
conséquences des gestes de ces bandes de criminels, les Hell's
Angels, c'est qu'il ne pouvait pas «endurer ça», rapporte La
Presse.
«Il n'est pas le temps de se tenir debout, par hasard?
D'avoir une loi musclée et de dire au crime organisé : c'est fini,
on vous attaque...», lance-t-il, ovationné par des militants réunis
à l'auditorium de la polyvalente Pierre-Dupuy, dans l'Est de
Montréal. «Il n'y a pas un Hell's Angel ou un Rock Machine qui va
faire plier un député du Bloc, je peux vous le dire.
«Et les droits
constitutionnels des Hell's Angels, vous savez où je peux me les
mettre». Cela exprimé d'un ton ne laissant aucun doute sur
l'endroit qu'il désigne. En soirée, à Joliette, cinq policiers de
la Gendarmerie royale du Canada (GRC) l'accompagnent.
Quelque
temps après, en tournée électorale dans la région de Rimouski,
traitant de l'infiltration du crime organisé aux port et aéroports
de Montréal, il s'en prend au ministre fédéral libéral
responsable de l'Agence des douanes et du revenu du Canada, Martin
Cauchon. «Me semble-t-il qu'il devrait être le premier à exiger
des mesures plus musclées. À intervenir sur cette question. Je ne
comprends pas son attitude».
Duceppe est d'avis que le ministre
aurait dû prendre les choses en main. «Lancer un cri d'alarme, je
pense, et, d'autre part, exiger une véritable loi antigang. Ça,
c'est important. Mettre plus de mesures, plus d'argent et plus de
moyens entre les mains des policiers».
Par la suite, au cours de la
même campagne, Duceppe explicite la position de son parti :
criminaliser l'appartenance au crime organisé en invoquant la clause
dérogatoire de la Charte canadienne pour restreindre les droits
protégés «dans des limites qui soient raisonnables». Et renverser
le fardeau de la preuve pour la possession de biens issus de la
criminalité.
C'est immanquable, à chaque fois où des élus et la
police réclament une mesure d'exception, ils se font rassurants,
serinent en chœur toujours la même chanson : elle sera
utilisée «dans des limites qui soient raisonnables» ou «on ne
parle pas d'un outil très large mais de quelque chose de très
ciblée» ou encore cette autre formulation : elle sera utilisée
«dans un cadre opérationnel extrêmement (hic) restreint et selon
des règles bien précises».
Et lorsque la mesure entre en vigueur,
plus personne, encore moins la police, ne se préoccupe de ces belles
promesses. Ce n'est pas long que dans le monde clandestin de l'ombre
et du silence le free-for-all se répand partout. Le pétrolier
éventré laissant échapper son huile... et polluant tout. (Suite
demain)
■ Les
économies d'échelle du ministre péquiste Serge Ménard, un
attrape-nigauds, rien d'autre -
(Suite tome 2 de L'Étau Policier) Examinons
un autre volet de la réforme policière au Québec : le
coût de l'idéologie de la peur propagée par la police, le pouvoir
et les médias. Au
début des grandes réformes péquistes, en juin 1999, le ministre
Serge Ménard, traitant de la réorganisation policière, arguait les
économies d'échelle...
«L'ensemble
des contribuables paie alors moins cher pour les services de police
et ils sont de meilleure qualité et d'une plus grande efficacité.»
(Normand Delisle --
La Presse du 16 juin 1999) Cet argument atteint sa cible à tout
coup. Vrai, que les services de la Sûreté du Québec coûtaient
moins cher : 30 cents du 100$ d'évaluation contre 35 cents et
plus pour un corps policier municipal. Cependant
l'économie n'était qu'apparente puisque le ministre offrait à
rabais les services de sa Sûreté du Québec pour appâter les élus
municipaux. Il ne pouvait exiger le vrai tarif parce qu'ils
risquaient de se braquer et sa réforme, avorter.
Alors, il a puisé
dans les coffres du gouvernement en attendant qu'ils oublient sa
promesse ou ne puissent plus défaire ce qui avait été fait. Qui
les garnit, ses coffres? Les citoyens de leurs impôts. Alors, ceux
qui croyaient économiser en optant pour ce corps policier, dans les
faits, défrayaient déjà le plein prix. Son approche était en
outre biaisée du fait qu'il n'offrait pas, en contre partie, une
subvention équivalente aux municipalités désirant conserver leur
corps policier municipal. Jolie boucle!
L'expérience démontre
amplement que, en de nombreux domaines, l'économie d'échelle est la
plus du temps un leurre, une mystification. En juillet 2000, le
journaliste Martin Pelchat de La Presse écrivait qu'avant de
procéder à des fusions de corps policiers, le ministre Ménard
aurait avantage à méditer l'histoire de la création de la police
de l'île de Montréal. (Martin Pelchat --
La Presse du 22 juillet 2000)
Après la mise sur pied de la
Communauté urbaine de Montréal (CUM), au début des années 1970,
l'intégration de ces corps policiers allait de soi, sur papier... Un
an plus tard, elle débouchait sur un déficit de 10M$ et menait la
CUM, l'année suivante, vers un trou de 97M$. (NDLR : Tous les
chiffres énoncés sont en dollars de l'époque)
Selon
les procès-verbaux du Conseil des ministres du temps auxquels le
journaliste a eu accès, Montréal avait engagé trop de policiers,
dont un bon nombre remplissaient des fonctions qui auraient pu être
exécutées par des fonctionnaires nécessitant des salaires moins
élevés. (NDLR : Une entourloupe que la police utilise
couramment pour dissimuler des policiers et faire croire que ses
effectifs sont moins nombreux qu'on le prétend)
D'autres ratés
étaient à l'origine de la situation : budgets des corps policiers
sous évalués de 25M$, contrôle budgétaire insatisfaisant, qui
avait entraîné un dérèglement dans l'accroissement des coûts,
conditions de travail les plus coûteuses, celles de Montréal
avaient fait tache d'encre : des améliorations avaient été
consenties aux policiers dans le cadre des négociations. Sans
omettre un régime de retraite qui risquait de coûter cher. (Suite
demain)
News du lundi 22 Août 2011
■ La
lettre d'adieu de Jack Layton
– Il est décédé
cette nuit, voir article plus bas.
■ Le
procureur Vance a demandé au juge l'abandon des poursuites contre
Dominique Strauss-Kahn
– Le procureur de New York écrit dans sa lettre au juge avoir crû
au début au témoignage de la présumée victime de viol, Nafissatou
Diallo. Cependant, au cours de plusieurs interrogatoires, le tout lui
est apparu comme truffé de mensonges.
Le juge devrait rendre sa décision demain mardi 23.
PS :
C'est le procureur qui a fait l'enquête, pas le juge, dont le rôle
est de s'asseoir au tribunal et d'entendre le pour et le contre,
ensuite de rendre son verdict : coupable ou pas.
■ Libye :
qui sont les membres du Conseil national de transition (CNT) ?
- Un ex-ministre de Kadhafi en est le président : Moustapha
Abdeljalil.
Plusieurs défis les attendent, surtout celui d'être reconnus par la
population : vidéo
(01:28), mauvais montage, la présence de l'un des fils du dictateur
mêle un peu les cartes, on se demande qu'il fait là. Autre
question : où se cache Kadhafi?
■ Canada :
Jack Layton est décédé cette nuit
– Le leader
du Nouveau parti démocratique (NPD) et chef de l'opposition au
Parlement canadien, a été atteint d'un cancer foudroyant.
■ La
peur de la criminalité propagée par des députés sortant désirant
être réélus -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Alain
Dubuc, éditorialiste de La Presse, qui avait pourtant dit «Oui à
une loi antigang» dans son édito du 16 septembre 2000, insistera,
peu après, sur la nécessité d'y aller prudemment, et d'éviter de
prendre des décisions dans un climat d'émotivité et de
précipitation. (Alain Dubuc --
La Presse du 20 septembre 2000)
«Le Bloc québécois (BQ), qui s'est
lancé dans une croisade en faveur d'une loi antigang, et qui a
obtenu lundi un débat d'urgence sur le sujet (au Parlement
canadien), illustre admirablement ce qu'il ne faut pas faire,
constate Dubuc. Tout y est, l'émotion à fleur de peau, une
précipitation qui a amené le BQ à vouloir prendre un vote le soir
même. (...)
«Mais la déclaration la plus révélatrice du chef de la
formation québécoise (Gilles Duceppe), c'est celle-ci», souligne
l'éditorialiste, qui le cite : «Je
pense que notre devoir de parlementaires --
parce que nous avons des devoirs --
c'est d'intervenir, de se lever debout, de répondre présent à
l'appel de la population.»
L'éditorialiste
insiste sur la nécessité de «penser» avant de légiférer.
«Surtout dans des domaines comme la criminalité où l'indignation
populaire suit souvent des cycles qui ne sont pas loin des pulsions
de lynchage. (…) Il y a un terme politique qui décrit la démarche
d'un parti qui, à défaut de projet, reflète les émois de la
population. Cela s'appelle du populisme, indique-t-il. (...)
«On
constate également que, partout dans le monde, les partis qui font
campagne pour la loi et l'ordre, au nom de la colère du peuple, sont
presque invariablement des partis de droite et d'extrême droite.»
Cela dit, l'éditorialiste ne croit pas que BQ soit un parti de
droite.Après
cette flambée de septembre 2000, attribuable en grande partie à la
police, au gouvernement péquiste de Lucien Bouchard et au Bloc
québécois de Gilles Duceppe, l'idéologie de la peur refait
surface, moins d'un mois plus tard, au cours de la campagne
électorale fédérale d'octobre-novembre.
Cette fois, elle est aussi
mise au service de l'ambition politique de certains qui souhaitent
être réélus députés. Ainsi cette lettre du député bloquiste
sortant du comté Roberval, au Lac St-Jean, Michel Gauthier,
distribuée par Poste-Canada au domicile des citoyens de Lac
Bouchette : on peut penser qu'elle a été expédiée à la grandeur
du comté. En sept lignes bien comptées, Gauthier énumère trois
dossiers que son parti a défendus à la Chambre des communes, dont
le projet de loi antigang C-24.
«Je suis heureux également d'avoir
été de ceux qui ont réclamé une loi antigang afin de permettre
aux forces policières de lutter efficacement contre les bandes
criminelles». Pourtant dans ce comté rural les activités
criminelles sont réduites à une réalité microscopique et ses
citoyens ont davantage à craindre notamment de la répression
clandestine de la police en civil, du chômage et de la pauvreté.
(Suite
demain)
■ Des
chiffres de la Sûreté du Québec à prendre avec des pincettes -
(Suite tome 2 de L'Étau Policier) En
février 2002, Alexandre Gauthier du même hebdo rapportait une
entrevue réalisée avec la policière Hélène Nepton, responsable
des relations publiques à la Sûreté du Québec. (Alexandre
Gauthier --
l'Étoile du Lac du 9 février 2002) Celle-ci traçait le portrait de
la situation dans les écoles du Québec.
Suivant ses propos,
violence, taxage et drogue y augmentent sans cesse, d'où la
nécessité, rapportait le journaliste, du Programme d'intervention
en milieu scolaire (PIMS) de la Sûreté du Québec, qui, après
avoir démarré lentement, la décennie précédente, c'est
soudainement accéléré en 2001 pour s'étendre à 139 écoles
secondaires du Québec. (NDLR : Notons l'année de
l'accélération, l'une de celles des grandes réformes péquistes,
alors que Serge Ménard était au volant de la Sécurité publique.
Coïncidence sans doute!)
Nepton
explique au journaliste qu'il y a bien sûr le volet préventif, mais
le programme va plus loin en mettant l'accent «sur
la répression».
Un policier est affecté à chaque établissement scolaire qui en
fait la demande. Il peut être appelé à rencontrer des jeunes qui
se font prendre, par exemple, en possession de drogues.
D'autres
peuvent «simplement
se confier
(hic) à
ce policier ou leur être référés par des professeurs ou
directeurs. (…)
Il
n'est pas question de procéder à une chasse aux sorcières»,
rassure-t-elle. Si le PIMS a fait ses preuves, il est impossible
d'identifier cependant un taux de réussite précis, avoue-t-elle. Mais lorsqu'on sait que «12%
des ados ont admis avoir touché à la drogue, pourcentage qui grimpe
à 40% (hic)
après
18 ans, on comprend que les besoins sont là».
D'où viennent ces chiffres? Le journaliste ne le dit pas. De la
Sûreté du Québec? Cette rationalisation extrême a de quoi
troubler tout citoyen soucieux de ses droits et libertés. Surtout en
milieu scolaire, où commissaires, directions d'écoles et profs sont
souvent des inconditionnels de la police. Ils n'ont pas le choix...
Essayez donc, juste pour voir, de dire non à la police. (Suite
demain)
News du dimanche 21 Août 2011
■ Le
pouvoir de Kadhafi en train de s'effondrer – Un de ses fils a été capturé,
un autre s'est rendu aux rebelles. Suivez les événements plein
écran sur AlJazeera, notamment du direct via satellite, colonne de
droite de ma page d'accueil.
■ Tripoli : la fin de Kadhafi ?
- D'après AlJazeera, ses forces de sécurité se seraient ralliées
aux rebelles. Le dictateur serait désormais isolé. Il est toujours
risqué de diffuser des news du genre. Cependant, ça semble sérieux,
l'info circule aussi sur le Net, même Obama le dit : "Ses
jours sont comptés".
À suivre de près sur le site de ce média arabe mondialement connu, en direct de la capitale Tripoli via satellite : colonne de droite de ma page d'accueil +
dessin : l'ouvre-boîte.
■ ONU-L'éducation, droit fondamental : pas de coupures budgétaires, même en
temps de crise
– Kishore Singh,
Rapporteur spécial de l'ONU sur le droit à l'éducation :
«(...) réduire le soutien international et national à ce secteur
(...) peut affecter le destin de toute une génération. (...) Il est
décevant de voir dans certains pays les dépenses militaires
continuer d'augmenter et celles en faveur de l'éducation diminuer».
■ Au
Japon, il n'y aura pas de parti Vert anti-nucléaire – Le
système politique est vicié, bouclé. Impossible de se faire élire
ou d'exister en dehors des deux grands partis : entrevue avec
Pierre Souyri,
spécialiste de la culture dominante de ce pays.
■ Québec :
la rentrée scolaire coûte la peau des fesses aux familles vivant du
stricte nécessaire –
Sylvie Rochette,
directrice générale du Regroupement des magasins partage de l'île
de Montréal : «Des familles dont les deux parents travaillent
et qui n'arrivent pas (à joindre les deux bouts), on ne voyait pas ça
il a trois ou quatre ans. Aujourd'hui, oui». (NDLR : C'est l'un
des très nombreux effets du krach financier de 2007-2008)
■ Aucune mesure,
si draconienne
soit-elle, ne créera de
société sans crime - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Autre
opinion, divergente de la précédente. Celle de Me Julius Grey,
spécialiste en matière de droits et libertés, émise dans une
lettre parue dans La Presse de septembre 2000. (Me Julius Grey --
La Presse du 22 septembre 2000) Il estime que l'analyse de la
situation ne démontre pas qu'une nouvelle loi antigang soit
nécessaire.
D'après lui, les lois actuelles fournissent déjà
beaucoup d'armes à la police. «Si un problème demeure malgré cet
arsenal, n'est-ce pas à cause d'une mauvaise gestion des dossiers
policiers plutôt que la faiblesse des lois?» s'interroge-t-il. La
réussite des criminels peut toujours être le fruit de
l'inefficacité plus que d'autre chose. Il signale au passage
qu'aucune mesure, si draconienne soit-elle, ne créera de société
sans crime. Les pays qui se sont dotés d'une loi antigang n'ont pu
réussi à éliminer les pègres.
Me
Grey est d'avis que si tout crime sérieux justifiait un appel au
durcissement du Code criminel, on s'engagerait dans une spirale de
législations qui finirait par affaiblir les droits de tout le monde.
Il est vrai, remarque-t-il, qu'une minorité importante au Canada
pense que les libertés conférées par la Charte ne sont qu'une
excuse pour justifier l'acquittement de nombreux coupables. Mais
cette théorie, argument-il, est manifestement fausse.
S'il y a des
coupables effectivement acquittés nous avons appris, depuis quelques
années, qu'il existe également un phénomène beaucoup plus grave :
l'innocent condamné. «Rendre les lois plus dures et plus
discrétionnaires augmenterait, sans l'ombre d'un doute, le nombre
d'innocents condamnés, ce qui serait vivement inacceptable dans un
État démocratique.» La protection de l'innocent est la pierre
angulaire à la fois de notre droit criminel et de notre démocratie,
souligne Me Grey.
«Qui pourra être tranquille dans une société où
un soupçon policier suffira pour procéder à une arrestation?
Pouvons-nous être certains que ceux qui seront arrêtés seront les
vrais coupables? Il y a à peine quelques années, illustre-t-il,
l'opinion publique américaine avait déjà condamné le monde
islamique pour la bombe incendiaire à Oklahoma City ; or on avait
appris, un peu plus tard, que c'était l'extrême droite américaine
qui était coupable. Heureux encore qu'il n'y ait pas eu de loi
permettant l'arrestation des suspects en vertu de laquelle des
musulmans innocents auraient passé quelques jours en prison.»
Dans
un monde où la technologie d'enquête devient de plus en plus
sophistiquée et où diminue de plus en plus la parcelle de terrain
privé de chaque citoyen, il serait particulièrement dangereux de
confier de nouveaux pouvoirs à la police. Me Grey fait observer, en
outre, que les statistiques ne cessent de confirmer la baisse
importante de l'incidence totale de crimes commis. «Comment peut-on
réconcilier cette réalité statistique prouvée avec les discours
passionnés de ceux qui perçoivent nos lois comme trop clémentes?»
se demande-t-il.
Il y a aussi l'opinion publique qui voulait des
mesures accrues de surveillance de la police à la suite du rapport
de la Commission Poitras, qui a montré de façon très évidente les
dangers inhérents à l'activité policière. (Suite
demain)
■ La
maison du dressage des jeunes, encadrés de la police en civil, sans que cela soit su de
la population - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Cependant,
il faut reconnaître que les responsables de la Maison des jeunes et
la Ville de Roberval ont fourni de gros efforts, pendant deux années
consécutives, afin d'offrir aux jeunes un terrain où pratiquer à
volonté planche à roulettes et basket-ball. Infrastructures érigées
avec les moyens du bord et de l'argent glané à droite et à gauche,
en tout 45 000$.
Le conseil municipal, pour revenir au
journaliste de l'Étoile du Lac, a notamment installé une clôture
ainsi que «des
lampadaires qui éclairent le site en soirée, facilitant la
surveillance
(hic) des
responsables sur place jusqu'à 23h».
(Alexandre Gauthier --
l'Étoile du Lac du 17 août 2002) «Ça
vous tente de les essayer?
lance-t-il aux jeunes lecteurs de l'hebdo.
Sachez qu'il est possible de le faire du lundi au vendredi jusqu'à
23h. Trois responsables se chargent de la surveillance
(rehic).»
Qu'un
organisme s'investisse dans les loisirs des jeunes, vraiment rien à
reprocher là à quiconque, bien au contraire, si ce n'est la
philosophie sous-jacente, l'encadrement... par des civils et des
collabos, et sans que la chose ne soit sue, ce qui n'est tout de même
pas rien. Et l'autre encadrement, visible celui-là : la clôture
encerclant le terrain et l'établissement, sauf sa façade.
Ce n'est
donc pas seulement un terrain de jeu, mais l'équivalent d'une maison
de dressage ou de rééducation sans le nom, et à l'insu des
citoyens. Sans en généraliser la pratique partout au Québec, là
où il y a des maisons des jeunes, car il faudrait enquêter pour le
savoir, on peut y voir une action concertée visant à parquer les
jeunes en un seul endroit sur des territoires municipaux.
Des zones
fermées et protégées, en quelque sorte, à l'abri de la drogue, de
la criminalité en tout genre et censurer tout ce qui n'est pas
politiquement et puritainement acceptables dans nos petites villes et
villages, qui sont déjà aseptisés à l'os. Redisons-le :
pour les sortir de la rue, où pourtant ils ont le droit de circuler
en toute liberté.
La police en civil de la Sûreté du Québec,
entre autres corps policiers, et ses collabos savent comment s'y
prendre pour décourager le citoyen (enfant, ado et adulte) circulant
dans l'espace public sans autres buts que celui de profiter du beau
temps, humer du bon air pur, voir un peu de monde, faire du
lèche-vitrine, se balader à vélo, etc. Pour ensuite les confiner
aux établissements gouvernementaux, para-gouvernementaux, municipaux
et commerciaux.
Dans le cas des ados, il suffit de peu pour qu'un
gardien de la sécurité privée les expulse. Surtout ne pas se déplacer en
gang : on le sait, les jeunes qui se tiennent ensemble sont tous
des criminels, potentiels ou avérés. Ils doivent se comporter comme
des adultes, et non comme les enfants et ados qu'ils sont. Tout le
monde étant concentré en ces endroits, et non éparpillé dans les
rues à faire on ne sait quoi, cela facilite à la police en civil
ses opérations de contrôles et nettoyages sociaux, et de
rééducation clandestine illégales pouvant aller jusqu'aux
déstabilisations psychologiques, aux éjections, et provoquer même
des suicides...
À
l'été 2004, la coordonnatrice Annie Lapointe quittera Roberval pour
des raisons personnelles. Paula Saint-Pierre lui succèdera et
déclarera peu après que «(...) la
Maison des jeunes de Roberval était malade».
(Jean-François Bonneau -- L'Étoile du Lac du 17 juillet 2004) Selon
elle, des améliorations majeures sont nécessaires, notamment à la
cantine. Elle parlera d' «émotions
personnelles après les réunions du personnel. Cela ne peut que
faire du bien à tous, et donner une meilleure image à l'organisme.»
Selon le journaliste Jean-François Bonneau de l'Étoile du Lac, elle
souhaite «redorer
l'image de la Maison des jeunes».
À ce sujet, elle signalera qu'aucun parent ne siège au sein du
conseil d'administration. Il s'est manifestement passé quelque
chose. Notons que, par la suite, un magasin Maxi sera érigé dans le
secteur, ce qui obligera l'organisme d'emménager dans un autre
local. La municipalité s'occupera désormais de deux de ses
activités : skate-parc et basket-ball.
Le 19 mars 2005,
l'Étoile du lac rapportera que Paula Saint-Pierre a été congédiée
et que l'organisme a fermé ses portes pour une période indéfinie,
par manque de financement. On espérait combler le trou budgétaire
en sollicitant la population. Fin de l'été 2006, on annonçait la
construction d'un local destiné à l'organisme. (Suite
demain)
News du samedi 20 Août 2011
■ Des
infographies à visionner –
"Dette
et déficit : le budget de l'État"
et "La
croissance démographique mondiale en chiffres"
(Cette année, nous atteindrons les 7 milliards). J'en suggère deux,
mais il y en a beaucoup plus, elles s'étalent sur plusieurs pages.
Une façon de s'informer rapidement sans trop solliciter
ses neurones. De l’instantané comme le café.
■ Tirs
de Gaza sur Israël : qui profite le plus de cette agression ?
- Selon Israël,
l'attaque venait de groupes armés palestiniens. Le Hamas, qui
contrôle la bande de Gaza, a démenti toute implication. Ce qui n'a pas empêché Israël d'attaquer le sud de Gaza. Qui a tort,
qui a raison? L'imbroglio
+ 15 photos
des événements + vidéo (02:31),
manifestation devant l'ambassade israélienne au Caire, en Égypte.
PS :
Cela
se produit alors que nous approchons du 20 septembre, date où la
Palestine demandera son adhésion à l'ONU. Dans le passé, il est
arrivé souvent dans le monde que les agresseurs n'étaient pas ceux
qu'on pointait du doigt. La tactique consistant à créer
artificiellement des conflits pour s'attaquer à l'autre existe bel
et bien. Le démontre notamment la guerre de W. Bush contre l'Irak
sous prétexte qu'il possédait des armes à destruction massive, ce
qui était faux.
■ Une
opération concertée de la part notamment de corps policiers
– (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Voyons
la suite du débat sur le projet de loi antigang C-24. Les partisans
d'une dérogation à la Charte se réclament de ce que font déjà
des pays tels que les États-Unis, la France et le Danemark. (Vincent
Marissal --
La Presse du 23 septembre 2000)
Le journaliste Vincent Marissal de La
Presse rapporte que, selon les responsables du ministère fédéral
de la Justice, dont Me Yvan Roy, la loi antigang C-95 votée en 1997
donne de puissants outils aux policiers, qui font autant, sinon plus,
que ceux dont disposent ces trois pays. Mais pour le démontrer,
encore faudrait-il que les policiers d'ici l'utilisent, plaide-t-il.
D'après le journaliste, elle n'a jamais été évoquée dans un
procès au Canada, et certains de ses articles les plus importants
demeurent inconnus des policiers et des avocats de la Couronne.
Pour
sa part, Me Jean-Claude Hébert, criminaliste, se dit «scandalisé»
du peu d'intérêt des policiers pour la Loi C-95. «Consciemment ou
inconsciemment, les policiers font preuve de mauvaise foi parce que
ce n'est pas la loi qu'ils avaient réclamée. Pourquoi la loi ne
fonctionne-t-elle pas? Est-ce que les policiers ont bien fait leur
travail?» Me Hébert s'offusque d'entendre des policiers et des
collègues avocats faire de la «juri-fiction» en prédisant qu'elle
sera contestée jusqu'en Cour suprême. «C'est un faux-fuyant,
dit-il.
«Je ne comprends pas pourquoi on bloque et on entretient ce
climat de catastrophe appréhendée. Certaines enquêtes sont longues
et difficiles, mais on les fait quand même. Les dossiers de fraude,
par exemple, c'est complexe, c'est coûteux ; il faut engager des
comptables, etc., mais on continue à en faire.»
Se trouvait-on,
encore une fois, en présence d'une opération concertée de la part
notamment de corps policiers? Regardons ça. Me Jean-Claude Boyer, un
avocat de la Couronne, a décidé de la tester, envers et contre
tous, précise le journaliste Marissal, dans un procès intenté
contre des proches des Rock Machine.
Malgré l'ampleur de la preuve,
ajoute-t-il, les enquêteurs de la police de l'île de Montréal
n'avaient pas envisagé de poursuivre pour gangstérisme, l'un de ses
éléments clés, et ils étaient réticents à s'engager dans cette
voie. De plus, relate-t-il, Me Boyer affirme avoir subi «des
pressions» d'autres corps policiers, qu'il préfère ne pas
nommer, lui demandant «avec insistance» de retirer les accusations
de gangstérisme.
Environ
cinq mois plus tard, en février 2001, la loi antigang C-95, honnie
par la police, passera le test. (André Cédilot et Marcel Laroche --
La Presse des 16 et 28 février et du 3 mars 2001) Quatre membres ou
associés du défunt club des Rock Machine seront en effet reconnus
coupables de gangstérisme par le juge Robert Sansfaçon, de la Cour
du Québec. Éric Leclerc, Simon Lambert, Mario Filion et Philippe
Côté seront condamnés à des peines variant entre 56 et 80 mois de
prison. Un précédant dans les annales judiciaires canadiennes.
À
l'issue de l'audience, Me Boyer, fera part de sa satisfaction : «On
a franchi un très grand pas, et le message est bien passé : si vous
faites partie d'un gang, attendez-vous à des sentences plus
musclées.» Une couple de semaines après, il parlera d'une belle
victoire, «mais on n'ébranlera pas le crime organisé avec la loi
actuelle»... (Suite
demain)
■ Sortir
les jeunes de la rue est une atteinte à leur droit d'y circuler librement
– (Suite tome 2 de L'Étau Policier) En
2002, le journaliste Alexandre Gauthier de l'Étoile du Lac signait
deux articles pour le moins explicites et portant sur les jeunes de
la rue. (Alexandre Gauthier --
l'Étoile du Lac du 17 août 2002)
Ainsi, celui du mois d'août :
«Vous
avez remarqué que les jeunes flânent de moins en moins à Roberval?
Soyez
rassurés, vous n'avez pas la berlue!
La
plupart des ados qui traînaient autrefois dans les rues à la
recherche d'une activité utilisent maintenant les nouvelles
installations de loisirs de la Maison des jeunes de Roberval
(SOBBS)».
Dans celui de décembre, il rapporte que, devenue
indispensable (hic) pour tout territoire se préoccupant du sort de
ses jeunes, la pratique du travailleur de rue fait un retour à
Roberval tout en s'implantant à St-Félicien. (Alexandre Gauthier --
l'Étoile du Lac du 7 décembre 2002) «Cette
heureuse
(rehic) initiative,
on la doit à un organisme appelé, avec justesse, "Association
ProXimité Jeunesse de la MRC du Domaine-du-Roy"»,
précise-t-il. (NDLR : Un lien avec la police de proximité?)
Financer
par différents partenaires, dont le Fonds Jeunesse Québec, deux
travailleuses de rue, Nadia Larouche et Claudia Bélanger, ont été
engagées ainsi qu'une coordonnatrice, Sandra Vachon. De fait, les
travailleuses de rue étaient déjà à l’œuvre aux deux
principaux pôles de la MRC depuis le mois de septembre précédent,
avec leur sac à dos de couleur violet.
Selon celles-ci, les
téléavertisseurs commençaient à sonner régulièrement. (NDLR :
D'où venaient ces appels, pensez-vous? De patrouilleurs de la police
en civil ayant repéré, dans l'espace public, un ou quelques ados.) «L'adaptation
est un peu plus difficile pour les jeunes Félicinois (de
la Ville de St-Félicien) qui
n'avaient jamais vu de travailleur de rue auparavant. (...)
Il
y a eu du défrichage (NDLR :
Émondage?) à
effectuer»,
racontait Bélanger.
De son côté, la coordonnatrice Vachon révélait
que l'organisme cherchait à développer un réseau d'aidants
naturels dans les municipalités rurales de la MRC. Déjà, à
Ste-Hedwidge, un comité de parents avait été formé et se
réunissait mensuellement pour faire le point et trouver des pistes
d'intervention. Une «formule
prometteuse»,
d'après elle, que l'on tentait de reproduire dans les autres
municipalités. Le cas de Lac Bouchette était le plus avancé où le
réseau devait être fonctionnel après les fêtes, estimait-elle.
Le
14 février 2004, L'Étoile du Lac nous apprendra la fin de ce
travail de rue, les subventions n'ayant pas été totalement
renouvelées. Ces travailleuses ne sont de fait qu'une façade
derrière laquelle les civils se dissimulent pour porter atteinte aux
droits de ces jeunes. On
le voit, c'est sérieux! Vraiment trop de jeunes dans ces rues...
désertes.
Ici, nous avons la confirmation que ceux-ci ont été
"invités" à quitter la rue, pourtant espace public où
ils ont, à l'instar des autres citoyens, le droit de circuler
«librement»
partout au Canada. Cette liberté est du reste inscrite noir sur
blanc dans la Charte canadienne des droits et libertés.
Soulignons
que sortir les jeunes de la rue, contre leur gré, pour limiter leurs
déplacements en les confinant dans les maisons des jeunes, entre
autres, n'est pas une bonne idée, car ils ont besoin des contacts de
la rue pour explorer et découvrir la société telle qu'elle est, et
se socialiser comme ils l'entendent, pas nécessairement comme on le
veut, et à leur rythme. (Suite
demain)
News du vendredi 19 Août 2011
■ Québec
ne donnera pas suite au projet du parc éolien Saint-Valentin – Il
ne sera pas possible dans sa forme actuelle en raison
de sa non-acceptabilité sociale.
PS :
Une bonne décision du Québec. Lorsqu'un gouvernement ne se
préoccupe pas cette acceptation, les citoyens gardent dans la bouche
un goût d'amertume devant ce qu'ils considèrent une agression de
l'État à leur bien-être et milieux de vie. Cela ressemble sur
plusieurs points à une colonisation imposée par l'oligarchie. Dans
l'affaire du gaz de schiste, Québec devra en tenir compte aussi.
L'idéal serait un référendum à la grandeur de la province. Les
citoyens ne sont pas contre le développement, seulement des abus de
développeurs.
■ Contraindre
Israël à arrêter la colonisation en territoire palestinien -
Le Comité des Nations Unies pour l'exercice des droits inaliénables
du peuple palestinien a appelé vendredi la communauté
internationale à agir «de façon crédible et décisive»
pour contraindre Israël à mettre un terme à la colonisation des
territoires palestiniens occupés.
■ La
vie aujourd'hui sur le plateau du Golan – Territoire
(carte
géo) conquit en 1967 par Israël lors de la guerre des six jours
contre la Syrie. Peu après, les Syriens qui n'avaient pas fuit les
lieux ont été expulsés. En tout et partout, plus de 120 000. Depuis,
Israël n'a pas cessé de se développer en Palestine. Il vole des
terrains, détruit des maisons, s'approprie des terres fertiles,
s'agrandit, sans se préoccuper des dommages économiques et sociaux
considérables qu'il cause. Un pays insensible à la souffrance des
autres : vidéo
(09:41), on y traite surtout de l'avenir du Golan.
■ Canada,
années 1970 : il
y a eu un mépris de l'autorité de la loi
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) L'auteur
de la Loi des mesures de guerre, l'ex-premier ministre du Canada,
Pierre Elliot Trudeau, s'explique dans ses mémoires. (Pierre
Elliot Trudeau --
Mémoires politiques --
Éditions Le Jour, 1993) «L'entrée en vigueur des règlements
adoptés en vertu de la Loi des mesures de guerre fut suivie d'une
vague sans précédent d'arrestations, la plupart à Montréal mais
quelques unes aussi dans certaines villes du Québec, écrit Trudeau.
Dans les heures qui suivirent le vote de la Chambre, plus de quatre
cents (plus de 400) personnes furent écrouées et gardées derrière
les barreaux au-delà des quarante-huit heures prescrites par le Code
pénal. Certaines y passèrent des semaines. Et la majorité des
personnes arrêtées ne firent l'objet d'aucune mise en accusation.
(...) le gouvernement du Québec leur versa par la suite une
compensation pour les inconvénients qu'elles avaient subis».
D'après
Trudeau, «(...) la très grande majorité des personnes arrêtées
le furent à la seule initiative de la Sûreté du Québec et de la
police de Montréal et sur la foi des renseignements que ces deux
corps policiers avaient eux-mêmes recueillis. La part de la
Gendarmerie royale du Canada (GRC) dans l'opération fut très
minoritaire. (...) De toute évidence, ce sont la Sûreté du Québec
et les policiers de Montréal qui ont dressé une liste trop longue
et mal vérifiée ; ils y ont inclus les noms de militants et de
protestataires, vociférants certes mais bien incapables d'activité
criminelle».
Trudeau «ne jette pas la pierre à ces corps
policiers. (...) Il n'est pas facile, dans de telles conditions,
de garder la tête froide. Mais les erreurs commises demeurent des
erreurs, reconnues du reste par le gouvernement québécois (...)».
Notons que, vers la fin de son règne, Trudeau se rachetait en
quelque sorte en dotant le Canada d'une Charte des droits et
libertés.
Rappelons enfin certaines conclusions de la Commission
McDonald. (Richard Cléroux --
Plein feu sur les services secrets canadiens --
Éditions de l'Homme ) «Il (le Service de sécurité de la GRC)
avait échappé à tout contrôle durant les années 1970. Il était
devenu un pouvoir en lui-même, ne rendant de comptes qu'à lui-même.
(...) Au nom de la sécurité nationale, divers crimes avaient été
commis et on avait fermé les yeux sur toutes sortes d'activités
illégales. (...)
«Il y avait eu une dégradation de l'autorité de la
loi sur les services de sécurité qui équivalait à l'acceptation
institutionnalisée du mépris de la loi. (...) le Service de
sécurité de la GRC s'était grossièrement ingéré dans les
affaires privées des citoyens et avait bafoué les droits
démocratiques des personnes qu'il était censés protéger. Il avait
notamment répandu de fausses informations sur certaines personnes
qu'il voulait voir congédiées (hic), dont il voulait briser le
ménage ou qu'il voulait voir frappées d'ostracisme ou rejetées par
la société».
Voilà
ce qu'était la démocratie canadienne en ces années-là. Étonnant
que le ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard,
et le premier ministre Lucien Bouchard lui-même, tous deux pourtant
membre d'un parti politique, le Parti québécois, qui avait tant
décrié la Loi des mesures de guerre de Trudeau, à l'époque,
veuillent des mesures de guerre pour lutter contre le crime organisé,
avec les dérapages qu'une loi aussi radicale ne manquerait pas
d'entraîner.
Finalement, pas si étonnant que ça, quand on y
réfléchit bien, car ce que le gouvernement péquiste a permis à sa
police communautaire bidon, au cours de ses mandats successifs, est
tout à fait identique à ce que la Commission McDonald avait
reproché au Service de sécurité de la GRC. Je peux même dire
pire, parce que la répression policière, de la police en civil,
dois-je préciser, a été étendue aux quatre coins du Québec. On
reste songeur face à toutes ces péripéties : que serait-il
advenu dans un Québec indépendant? (Suite
demain)
■ À
quoi les maisons des jeunes québécois servent-elle vraiment ?
- (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Au
Saguenay-Lac-St-Jean, la Sûreté du Québec subventionne certaines
activités, plus particulièrement celles destinées aux jeunes. En
août 2002, elle a ainsi remis «un
beau»
chèque de 1 500$ à la Maison des jeunes de Chambord. (l'Étoile
du Lac du 10 août 2002)
Photo à l'appui où figurent, de gauche à
droite, le commandant du district Saguenay-Lac-St-Jean de la Sûreté
du Québec, Miichel Boudreault, le conseiller municipal Gérard
Savard, la responsable de la Maison des jeunes L'Entre-Parenthèse,
Lili Gagnon, la chargée de projets, Josée Fortin, et... le dg de la
Sûreté du Québec, Florent Gagné. Aux yeux de ce corps policier
provincial, les Maisons des jeunes jouent un rôle important.
Regardons ça.
En
mai 1997, le dg de la Sûreté
du Québec,
poste occupé alors par le citoyen Guy Coulombe, signait un document
préliminaire intitulé "Orientations
et plan d'action de la Sûreté du Québec".
(Commission Poitras, CD no. 2, Divulg
210PDF, La police de proximité dans les MRC sur la voie du succès,
document no. 1, page 138) On y traitait du concept de la police de
proximité, notamment.
On peut y lire que grâce à leur intégration
dans la communauté, les policiers sont en mesure de travailler plus
efficacement en partenariat avec les élus, les citoyens, les
services municipaux, les organismes communautaires et les
organisations scolaires dans la résolution des problèmes de
sécurité publique locale. Ainsi, de ces échanges découlent des
bénéfices communs.
Par exemple, «des
activités telles que la présence policière quotidienne dans
une école secondaire, une invitation aux policiers de rencontrer des
jeunes de la Maison des Jeunes, une conférence sur la prévention en
sécurité nautique ou plus de présence et de prévention dans les
rues de la municipalité permettent donc un rapprochement qui
facilite d'une part, le travail des policiers qui peuvent, par la
suite, orienter leurs actions en fonction des vrais problèmes et
d'autre part, qui favorise l'échange avec la communauté qui a alors
le sentiment d'être intégrée dans le processus de résolution de
problèmes».
Au
Québec, en 2000-2001, on dénombrait 304 de ces maisons des jeunes :
plusieurs possèdent un site Web, suffit d'utiliser les mots clés
Maison des jeunes pour y avoir accès. (Jean-François Bonneau --
l'Étoile du Lac 1e mars 2003) Au Lac St-Jean, on en trouve à
peu près partout : 14 sont inscrites dans l'annuaire
téléphonique de Bell. Un peu moins, semble-t-il, dans l'autre
partie de la région, le Saguenay. Probablement parce que les
infrastructures récréatives et sportives y sont plus nombreuses
qu'en milieu rural.
Portant toutes le même nom : maison des
jeunes... généralement suivi du nom de la municipalité. Un
document intitulé "Les
maisons des Jeunes au Québec, états de développement et
perspectives de soutien et de financement",
donne une idée de la "mission" de ceux les dirigeant :
«Investir
auprès des jeunes permet de faire réaliser à la société des
économies au regard des frais engendrés par les recours aux
services curatifs, le décrochage scolaire et/ou social, l'inaptitude
au travail, le non-respect des différences chez les pairs, le
sexisme qui mène à la violence conjugale et les mauvaises habitudes
de consommation»,
y lit-on.
Ces
organismes sans but lucratif sont subventionnés en partie par le
gouvernement du Québec, dans le cadre de son Programme de soutien
aux organismes communautaires. Ainsi, en 2000-2001, elles avaient
reçu, en moyenne, une somme de 53 486$. Cependant, au
Saguenay-Lac-St-Jean, la subvention avait été moins élevée. Les
dirigeants de celle de Roberval -- connu aussi sous le nom de la
Maison SOBBS, acronyme de skate, ordinateur, basket, billard et
social --, qui n'avaient eu droit qu'à 40 000$, s'en
plaignaient, estimaient qu'elle nécessitait un soutien minimal de
85 000$. Suivant les propos d'Annie Lapointe, sa coordonnatrice,
«ces
maisons contribuent à prévenir les maux de société».
Le temps passé à trouver des solutions aux problèmes générés
par le sous financement est une embûche à «l'expérimentation
d'activités de stimulation, de séances d'information jeunesse ou de
développement de projets à long terme».
Elle en concluait donc que «le
financement précaire a des impacts plus graves que les gens auraient
tendance à croire à première vue».
En outre, le ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge
Ménard, semblait également disposer d'un budget à cette fin,
apparemment fruits du partage de l'argent et des biens saisis dans
les milieux criminalisés. Ainsi, au mois d'octobre 2001, la Maison
des jeunes de Roberval recevait de sa part 10 000$. (Alexandre
Gauthier --
l'Étoile du Lac du 7 octobre 2001) La subvention devait servir au
lancement d'un projet appelé "Le
taxage, un crime grave".
Afin d'en informer les jeunes, assurément, mais aussi d'effectuer un
sondage auprès d'eux pour en évaluer l'ampleur. Notons qu'ici, à
l'image du maître mot panzer, la prévention, on ne semble pas sûr
que le problème existe ou pas. Sondage réalisé, en outre, par
ceux-là mêmes propageant le discours de la peur.
Dans
le bas de vignette d'une photo de l'Étoile du Lac, on indique qu'à
l'été 2001, des représentants de cette Maison des jeunes avaient
sensibilisé la population aux dangers de la cigarette. Ils avaient
conçu à cet effet un kiosque appelé La Cig-Arrête, en
collaboration avec la Gang Allumée. Le kiosque avait été ensuite
installé pendant la saison estivale au Carrefour Jeannois, le centre
commercial de Roberval. Une campagne antitabac menée par des jeunes,
mais... sous l'impulsion, peut-on penser, des animateurs... On le
voit, le danger, notamment, ne vient pas seulement des motards, de la
drogue, des pédophiles, du taxage, car la cigarette aussi nous
menace. (Suite
demain)
News du jeudi 18 Août 2011
■ Corne
d'Afrique-famine : faites un don à l'UNICEF
– Le Fonds international de secours à l'enfance des Nations Unies
(UNICEF) est un organisme de l'ONU, l'endroit idéal pour sauvez des
vies d'enfants. 600 000 sont gravement menacés, à court et moyen
termes. Dans la page s'affichant, au sommet de la dernière colonne à
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choisissez le nom de votre pays. Si vous êtes du Canada, votre pays
versera un montant équivalent à votre don. Incitez ensuite votre
entourage à en faire autant + vidéo
(02:07).
■ Espagne,
État laïc : "De
mes impôts, zéro centime pour le pape"
– Quelques milliers de manifestants protestent notamment contre les
coûts de sa visite à Madrid aujourd'hui. Défrayés par l'Espagne,
ils seraient évalués à plus de 100 millions d'euros. Des dépenses
mal venues
dans ce pays dont la dette représente 68% de son produit intérieur brut (PIB), en pleine récession et où le taux de chômage
dépasse les 20% +
dessin.
■ Ne
jamais plier l'échine, face au totalitarisme policier ! -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Avant
d'amener d'autres témoins à la barre, relatons les conséquences de
la Loi des mesures de guerre adoptée par le gouvernement fédéral
libéral de Pierre Elliot Trudeau durant la crise d'octobre 1970,
sans omettre, bien sûr, le rapport de la Commission McDonald sur les
agissements illégaux perpétrés à l'époque par la Gendarmerie
royale du Canada (GRC). Ces événements historiques sont pertinents
car ils permettent d'établir un parallèle.
Cette
Loi des mesures de guerre permit l'emprisonnement de plus de 500
(NDLR : Plus de 400, selon l'ex-premier ministre Trudeau)
personnes innocentes, dont la chanteuse Pauline Julien, rapporte le
journaliste Pierre Vennat de La Presse dans la foulée du débat sur
le projet de loi antigang C-24, à la mi-octobre 2000. (Pierre Vennat
--
La Presse du 18 octobre 2000) Les autorités politiques profitèrent
de cette crise pour tenter de tuer dans l’œuf à peu près tout ce
que le Québec comptait alors de mouvements indépendantistes,
dissidents ou revendicateurs de gauche.
Trente ans plus tard,
d'ex-prisonniers politiques n'ont toujours pas digéré l'injustice
dont ils ont été victimes, constate-t-il. Le comédien Jean-Marie
da Silva, 73 ans, est l'un d'eux. Arrêté en pleine nuit, en
présence de sa femme et de ses nombreux enfants, sans qu'on ne lui
en donne jamais la raison exacte, et libéré, sans autre forme de
procès, deux semaines plus tard. En
ce mois d'octobre, d'ex-prisonniers politiques tiennent justement une
rencontre commémorative, au Cégep... Gérald-Godin de
Ste-Geneviève, à l'auditorium... Pauline-Julien, compagne de Godin.
Le journaliste fait le constat que l'expérience a rendu da Silva
quelque peu cynique et amer. Dans un témoignage écrit, affiché à
l'entrée de l'auditorium, da Silva recommande aux jeunes et à la
population de prendre garde et d'être vigilants : «Tout ce que
vous direz, ferez, écrirez sera retenu contre vous un jour ou
l'autre. Ne suivez pas mon exemple ! Prenez garde ! Ne manifestez pas
ouvertement votre désir d'un pays libre, français, démocratique,
paisible, juste, inventif, original. Un jour ou l'autre vous serez
punis, humiliés, ostracisés de longues années. (...)»
L'injustice
rend toujours un peu cynique et amer, émotif aussi. Et la mise en
garde de da Silva est encore plus pertinente en cette première
décennie du troisième millénaire qu'en 1970, à cause des
nouvelles technologies de l'information, ainsi les mégabanques
informatisées dont disposent désormais les corps policiers.
Que
vous soyez pour ou contre l'indépendance du Québec, votre opinion y
est déjà inscrite, accompagnée d'une foule de renseignements sur
vos activités politiques, et pouvant servir, potentiellement, à
l'un ou l'autre camp. Ce que vous dites, faites et écrivez, Big
Brother et Big Sister le savent. Un code suffit pour que votre
"dossier informatisé" apparaisse sur l'écran.
Cependant,
contrairement à ce qu'écrit da Silva, il ne faut pas craindre
d'être «punis, humiliés, ostracisés de longues années». Bien au
contraire, il faut, au nom de la démocratie, persister et signer,
combattre l'ostracisme, mais sans violence ni vandalisme, chaque
heure de chaque jour de chaque année, et tant et aussi longtemps que
des flics chercheront illégalement à vous mâter. Il faut aussi
dénoncer leurs collabos qui participent à cette répression
souterraine.
Ne jamais plier l'échine, face au totalitarisme
policier. Jamais! Plier, c'est accepter l'inacceptable. Nous vivons
aujourd'hui dans un État policier parce que justement beaucoup trop
de citoyens s'y sont soumis. (Suite
demain)
■ Pas de séparation des
pouvoirs lorsque les élus participent
aux activités policières -
(Suite tome 2 de L'Étau Policier) Dans
ses articles, le journaliste Gauthier énumérait quelques uns des
programmes de prévention de la Sûreté du Québec. (Alexandre
Gauthier --
l'Étoile du Lac des 16 et 23 février et des 2 et 9 mars 2002) Des
intervenants de rue aux directions d'écoles, en passant par les
parents, ils s'adressent à une vaste clientèle, indique-t-il.
(NDLR : Ne vous bousculez pas, il y en a pour tout le monde)
Pour les élèves de l'école primaire, le programme "Je
réfléchis avant d'agir".
On y aborde la sécurité routière, «la
méfiance envers les inconnus»
ainsi que la sécurité lors d'événements comme l'Halloween. Pour
les ados du secondaire, "Cool
pour vrai".
«Bien
entendu, les thèmes ne sont pas les mêmes chez les ados qui sont
confrontés à des crimes... disons un peu plus sérieux»,
explicite le journaliste. Alors, on y traite de la violence sous
toutes ses formes ainsi que les différents genres de méfaits :
taxage, alcool, drogue et même la navigation en toute sécurité sur
l'Internet.
Les
aînés, constituant aujourd'hui plus de 10% de la population, ne
sont pas oubliés par la Sûreté du Québec, signale-t-il. Le but du
programme "Vieillir
en liberté et en toute sécurité"
vise à prévenir les crimes, les situations à risques et accroître
le sentiment de sécurité des aînés qui n'échappent pas au
phénomène de violence et d'abus : mauvais traitements, crimes,
blessures diverses dont des chutes, consommation de médicaments,
etc.
(NDLR : Nous avons ici un exemple de l'intrusion de la
Sûreté du Québec dans certaines activités préventives ne la
concernant pas, et qui devraient relever d'un médecin traitant et
d'employés de CLSC. En outre, plusieurs enquêtes démontrent que
les personnes âgées sont les moins susceptibles d'être victimes
d'actes criminels, et que le sentiment d'insécurité est attribuable
à bien d'autres facteurs que la criminalité, dont la police qui
fait peur aux citoyens avec sa prévention, le maître mot panzer)
De
tous les programmes de ce corps policier décrit par le journaliste,
"Bon
voisin Bon œil"
est sans aucun doute le plus envahissant pour le citoyen. Non
seulement des voisins sauront qui entrent chez lui et en sort mais
certains d'eux lui rendront visite pour savoir ce qu'il mijote dans
ses chaudrons, et communiqueront ensuite ces renseignements à la
Sûreté du Québec.
Dans son article, l'amorce du journalistique
Gauthier prend la forme de questions. «Les
vols par effraction touchent votre quartier?
Vous
en avez assez?
Vous
souhaitez faire quelque chose pour y mettre fin?
(Ce) programme
communautaire est fait pour vous. En (collaborant)
avec
votre service de police, vous deviendrez ainsi directement
responsable de l'amélioration de votre qualité de vie et
(de votre) sentiment
de sécurité ainsi que celui de vos voisins.
(...)
«le
programme démontrera l'importance de l'entraide et de la
surveillance mutuelle des résidences avoisinantes. En plus de briser
l'isolement de certains résidants
(hic),
(ce programme) sensibilise
les citoyens face à l'importance de signaler, avec précision, tout
individu ou situation suspecte aux forces de l'ordre.»
Tout le monde à la fenêtre, quoi. Nul n'est en sécurité, même à
son domicile.
On
l'a dit, chaque secteur est doté d'un «parrain»,
secondé d'un conseiller municipal. Zoomons sur le secteur six.
L'aspect intéressant ici, c'est que le «parrain»
affecté à cet îlot est aidé dans sa tâche par le conseiller
municipal Gilles Veilleux. Qui est-il? Le journaliste Gauthier le dit
dans un de ses articles : «L'homme
politique connaît bien les rouages de la police car il a fait
carrière dans ce domaine.»
Au cours de la campagne électorale de novembre 2000, il l'avait
présenté aux lecteurs de l'hebdo, ainsi qu'il avait procédé du
reste avec tous les autres candidats. (Alexandre Gauthier --
l'Étoile du Lac du 5 novembre 2000)
«Gilles
Veilleux n'aura pas la chance de profiter de sa retraite s'il est élu
au siège numéro 2 dimanche,
écrivait-il.
Ce policier de 51 ans quittera la Sûreté du Québec, après 31
années de service. C'est à la suite de l'annonce de sa retraiteque
des gens lui ont suggéré de se lancer en politique municipale.
C'est finalement l'offre de Denis Lebel, candidat à la mairie, qui
lui a donné le goût de faire le grand saut.
(NDLR : ...Il est connu que plusieurs retraités policiers
travaillent comme surnuméraires pour la police...)
Traitant de son
programme électoral, le journaliste rapportait que «Gilles
Veilleux demeure prudent dans le dossier des fusions (municipales). (...) Cependant,
au sujet des corps policiers, il croit qu'un regroupement est
inévitable ».
Le candidat Veilleux, qui ne pouvait s'aventurer d'afficher la
solution qu'il préférait, précisait néanmoins que Fédération
des policiers municipaux du Québec et Sûreté du Québec avaient
soumis des projets de regroupements pour la région : «Les
deux alternatives sont très près l'une de l'autre. (...)
Le
ministère tranchera».
Veilleux souhaite travailler à la sécurité de la population,
continuait le journaliste, autant celle des personnes âgées que des
jeunes. Il est interpellé par les problèmes que vivent les jeunes,
veut y faire diminuer le commerce de la drogue : «À
Roberval comme ailleurs,
soutient le candidat,
nous subissons la présence des motards criminalisés. Il faut être
vigilant». (NDRL : La très grande majorité des vendeurs de drogue opèrent
dans les grandes cités, pas dans les petites villes et villages où
ils risquent d'être rapidement repérés par la police)
Le soir des
élections de novembre 2000, les candidats de l'équipe de Denis
Lebel raflent tous les postes de conseillers et Lebel, homme à la
barbe noire, déluré et franchement sympathique, devient maire de
Roberval : il avait occupé les années précédentes le poste
de directeur général de l'Ermitage St-Antoine, à Lac Bouchette. À
la première réunion du conseil municipal, le nouveau maire
distribue les dossiers dont chacun aura la responsabilité. Veilleux
devient responsable de ceux de l'urbanisme et de la mise en valeur du
territoire. (Alexandre Gauthier --
l'Étoile du Lac du 19 novembre 2000)
Et, au début de 2002, quand
Roberval sabordera son corps policier municipal pour céder la place
à la Sûreté du Québec, Veilleux deviendra le conseiller municipal
ressource du «parrain»
du secteur six. (NDLR : maire et conseillers municipaux devenant
des complices de la police. Où est la séparation des pouvoirs?) (Suite
demain)
News du mercredi 17 Août 2011
■ Me
Belleau : la
crédibilité de la Sûreté du
Québec a été anéantie par
une procession de Commissions
d'enquête
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Ne
devons-nous pas exiger la démonstration que les moyens dont dispose
la police sont insuffisants et qu'il n'y a pas d'autre solution que
de leur permettre de violer les droits les plus élémentaires des
citoyens?» (Me Louis Belleau --
La Presse du 20 septembre 2000) Me Belleau répond à ces
interrogations en dressant la liste «non exhaustive» de l'étendue
des pouvoirs de la police sous l'empire de la Charte des droits.
D'abord
les mandats de fouilles et de perquisitions. C'est le juge qui les
autorise. Le policier doit affirmer sous serment qu'il a «des motifs
raisonnables et probables» que le mandat aidera l'enquête.
C'est-à-dire des soupçons fondés sur des faits, quelque chose
dépassant légèrement l'intuition. Et dans les cas d'extrême
urgence, la police peut entrer n'importe où sans mandat.
La même
norme s'applique pour l'écoute téléphonique, l'interception des
fax et du courrier électronique de quiconque. La police peut
installer des micros et des caméras, même à l'intérieur des
résidences, et écouter et vidéofilmer les conversations et
activités les plus intimes, 24 heures par jour : dans le cas d'un
gang, l'autorisation est valide pour trois ans.
Elle peut obtenir des
mandats donnant accès aux renseignements fiscaux et aux prélèvements
d'échantillons d'ADN, saisir les biens dont elle a des motifs de
croire qu'ils sont des produits dérivés de la criminalité et les
conserver jusqu'à ce que la loi en dispose. Sans omettre,
signale-t-il, tout ce que la police peut faire déjà sans mandat :
consulter toutes les banques informatisées du secteur public, filer,
photographier et vidéofilmer les déplacements des personnes
ciblées, installer sur des véhicules des dispositifs de type GPS
pour les suivre à la trace, profiter d'un réseau remarquable
d'informateurs au sujet desquels elle n'est jamais obligée de
révéler quoi que ce soit, etc.
Il
serait bien sûr commode, pour les policiers, écrit-il, de pouvoir
s'emparer de Maurice Boucher, chef des Hell's Angels, et de
l'expédier derrière les barreaux sans autre forme de procès. Selon
le discours policier habituel, la chose est irréalisable dans le
cadre juridique du droit commun. Boucher, rappelle Me Belleau, a été
acquitté par des jurés des accusations portées contre lui. L'idée
que, dans cette affaire, la preuve ait été insuffisante pour
justifier une condamnation n'effleure personne. Qui dit insuffisance
de preuve dit enquête mal faite, un argument irrecevable par les
temps qui courent.
C'est
donc, dira-t-on, à cause de la Charte qu'il s'en est tiré si
facilement. Il faut donc se doter d'une loi d'exception qui va
permettre à la police de mettre les motards en prison. Ce discours,
rappelle Me Belleau, a déjà donné lieu à l'adoption, en 1997, de
la loi «antigang (C-95)», loi adoptée à toute vapeur en pleine
campagne électorale, «dans un climat résolument politique, au sens
partisan du terme».
(NDLR : On assiste au même scénario avec
le projet de loi antigang C-24 : lettre de Me Belleau publiée
le 20 septembre 2000, les élections canadiennes s'enclencheront plus
ou moins un mois plus tard, en octobre-novembre de la même année.
Peut-on y voir un momentum? Oui)
Au
ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard, exigeant
une dérogation à la Charte, Me Belleau rétorque que ce n'est pas à
cause de la Charte qu'une telle loi serait inadmissible, mais plutôt
parce qu'elle permettrait l'emprisonnement sans qu'il soit nécessaire
de faire la preuve qu'un délit a été commis par l'accusé. «C'est
inacceptable», clame-t-il. Il rappelle enfin qu'au Québec, c'est la
Sûreté du Québec qui est le maître d’œuvre de la lutte contre
le crime organisé. Cette situation résulte d'un choix délibéré
du gouvernement.
«Mais, enchaîne Me Belleau, c'est un corps de
police dont la crédibilité a été anéantie par une procession de
Commissions d'enquête qui ont chacune proposé des réformes
fondamentales qu'aucun ministre de la Sécurité publique n'a osé
mettre en oeuvre.» (Suite
demain)
■ Roberval,
2002 : se déplacer à pied dans les rues désertes est suspect
- (Suite tome 2 de L'Étau Policier) La
Ville de Roberval, au Saguenay-Lac-St-Jean, relevant désormais de la
Sûreté du Québec, allons voir sur le terrain la façon dont cette
dernière y a implanté sa soi-disant police de proximité, dite
d'approche communautaire. Rien de mieux qu'un bon cas terre-à-terre
pour avoir une idée de ce qui s'est probablement passé ailleurs au
Québec.
Au début de 2002, le journaliste Alexandre Gauthier de
l'Étoile du Lac, l'hebdo régional, signait une série d'articles
particulièrement révélateurs de l'infrastructure policière et
citoyenne mise en place. (Alexandre Gauthier --
l'Étoile du Lac des 16 et 23 février et des 2 et 9 mars 2002) Nous
allons traiter plus spécifiquement du quadrillage des îlots de
quartier.
Elle en a subdivisé le territoire en six secteurs (îlots),
chacun doté d'un «parrain»,
c'est-à-dire d'un policier de la Sûreté du Québec, qui est
secondé notamment d'un conseiller municipal. Nous en retiendrons
quatre, histoire de montrer jusqu'où peut aller ce corps policier
dans son discours de la peur, au sein de cette petite ville de 10 903
citoyens, où le calme plat règne à longueur d'année.
Il
y a le secteur trois qui, bien que fortement résidentiel,
comprend quelques institutions telles que le Centre résidentiel
communautaire et l'Hôtel-Dieu (l'hôpital). Le journaliste Gauthier
écrit «que
le taux de criminalité y a grimpé légèrement au fil des années,
surtout depuis que l'établissement hospitalier a été transformé
en vaste chantier.»
Le secteur quatre est aussi un endroit où «l'achalandage
est fort important, ce qui a un impact sur la couverture policière» :
Cité étudiante, Institut La Chesnaie, Centre sportif
Benoît-Lévesque, bar Panasso ainsi que quelques commerces.
Le
secteur cinq «grouille
jour et nuit car
on y trouve le Palais de Justice
(NDLR : Fermé le soir et la nuit),
le siège social de la Commission scolaire du Pays-des-Bleuets
(NDLR :
Plus souvent qu'autrement fermée le soir),
une école primaire (NDLR :
idem),
une bibliothèque (NDLR :
Ouverte le soir, pas la nuit),
des institutions financières (NDLR :
fermées le soir, sauf le vendredi, et la nuit) et
des bars
(NDLR : Un bar et un resto ouverts jusqu'à 3 heures du matin)».
Enfin, il y a le secteur six, «(...) reconnu
pour être très achalandé en raison, notamment, de la présence du
Carrefour Jeannois et de la résidence pour personnes âgées
l'Émeraude».
À
lire ces articles, on reste avec l'impression que l'activité y est
intense, mais ce n'est absolument pas le cas. Les rues sont désertées
par les piétons et les cyclistes, au point où s'y déplacer à pied
est suspect. Au cours de votre itinéraire, dépendant de
la distance parcourue, vous ferez ponctuellement l'objet de contrôles
visuels de civils, hommes et femmes, au volant de différents
véhicules banalisés.
Parcourir un long trajet à pied, ainsi
marcher le boulevard St-Joseph de bout en bout, une affaire de pas
loin d'un kilomètre, sinon plus, vous assure de croiser, par hasard,
quelques faux piétons. Si vous êtes un ado, la surveillance
policière sera encore plus serrée. Comme à Lac Bouchette, là
aussi on procède à l'éjection de citoyens de l'espace public
n'ayant aucune raison de s'y trouver. Ça semble être maintenant la
norme partout au Québec.
Les
citoyens se déplacent surtout en véhicules. Si vous appelez un
taxi, possible que vous tombiez sur un chauffeur qui essaiera de vous
tirer les vers du nez. Là vous saurez que le gars au volant est un
civil. La grande majorité des véhicules privés et commerciaux
circulent sur le boulevard Marcotte, un segment de la route régionale
169, sorte de voie rapide permettant d'éviter les dédales des
petites rues et arrêts aux intersections, et de passer d'un point à
un autre sans perdre de temps.
En tout et partout, quatre
établissements connaissent un certain achalandage. Le Carrefour
Jeannois, un centre commercial, le seul de la place, qui est tenu
sous haute surveillance par les employés en civil d'une agence de
sécurité privée, des civils de la Sûreté du Québec et des
collabos, dont des commerçants. L'Hôtel-Dieu, pendant les heures de
visites, la Cité étudiante, surtout aux heures de classe, et
finalement le Centre sportif Benoît-Lévesque, surtout le soir et la
fin de semaine. (Suite
demain)
News du mardi 16 Août 2011
■ Les
chiffres de la crise
– Onze tableaux en français, faciles à comprendre, donnant une
très bonne idée de la situation actuelle : cliquez
sur l'écran pour les visionner.
■ De
la bonne musique comme dans certaines radios
– Sans image, sauf celle-ci,
le Mississippi. On nous invite à une croisière musicale liée à
l'histoire de ce grand fleuve. Les premiers sons écorches un peu
l'oreille, ne durent que quelques secondes. L'animatrice Mahia
Allouache sait créer l'ambiance. À écouter en travaillant sur le
Net, oui, mais elle raconte des trucs intéressants, la musique,
excellente, nous distrait aussi. Finalement, préférable de remonter
le fleuve avec elle, d'oublier ce qu'on a à faire. Une pause
café de près d'1h.
■ Des
paysans luttent pour la souveraineté alimentaire, contre la faim
dans le monde
- «Aujourd'hui, les multinationales sont ici, au Pays Basque
(territoire chevauchant les frontières française et espagnole).
Elles essayent de gagner de l'argent sur la misère et la faim de...»
L'homme qui s'exprime s'arrête, on vient de lui enlever le micro.
Autre témoignage... «Selon la FAO, 800 millions de personnes
souffraient de la faim en 1976. De nos jours ce chiffre dépasse le
milliard. Pourquoi? Parce que le système ne veut pas résoudre le
problème de la faim».
Opinion d'une Canadienne aussi : «Nous
croyons que le sommet mondial de l'alimentation et l'orientation que
prend l'agriculture n'ont fait qu'augmenter la faim et nous devons
changer de direction. Nous proposons de vraies solutions avec notre
concept de souveraineté alimentaire qui soutient la production de
proximité» : vidéo
(20:02) + site
de la FAO, organisme de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture.
■ Concert
anniversaire de Tôt ou Tard au Cabaret Sauvage
– Vidéo
(1h35) + site
de Tôt ou Tard, qui regroupe une quarantaine d'artistes +
plusieurs clips,
il y en a de tous les genres. Des découvertes à faire...
■ La
seule exigence que la Charte canadienne impose aux policiers est
de respecter la loi -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Une
semaine plus tard, cette année 2000, après avoir réclamé à
grands cris une nouvelle loi lui permettant de recourir à la clause
dérogatoire de la Charte des droits du Canada, le gouvernement
péquiste de Lucien Bouchard fait marche arrière.
(NDLR :
Simple parade, puisque son ministre de la Sécurité publique, Serge
Ménard, insistera sur la nécessité d'y recourir à au moins deux
occasions : en janvier et mars 2001 ; et son pendant fédéral,
le Bloc québécois, reviendra à la charge, sans avoir changé un
seul iota à sa demande initiale)
Québec estime désormais qu'il
n'est pas nécessaire d'aller aussi loin, écrivent les journalistes
Denis Lessard et Vincent Marissal de La Presse, qui précisent que,
même circonscrite, cette suspension des libertés fondamentales
avait fait tiquer les milieux juridiques, le Barreau du Québec
notamment. (Denis Lessard et Vincent Marissal --
La Presse du 20 septembre 2000)
Ainsi,
Me Louis Belleau, un avocat de la défense, qui, dans une lettre
adressée à La Presse, rectifie quelques faussetés véhiculées par
la plupart des commentateurs qui affirment que la Charte canadienne
des droits et libertés serait responsable de l'impuissance de la
police, réelle ou imaginaire, nuance-t-il, à enrayer les activités
du crime organisé. (Me Louis Belleau --
La Presse du 20 septembre 2000 )
Symptôme de l'ignorance résultant,
soutient-il, «de la désinformation systématique qui se pratique au
nom de la liberté de presse». Au cours de toute cette agitation
policière et politicienne, Me Belleau est le seul à avoir présenté
une argumentation articulée qui permettait aux citoyens de
distinguer le vrai du faux. Mais combien l'ont lue? Résumons-la.
La
Charte prohibe la détention arbitraire. Même en étant circonscrite
au crime organisé, la dérogation à la Charte constituerait une
menace pour les autres citoyens. On l'a vu, rappelle-t-il, dans le
cas de la Loi des mesures de guerre adoptée par le gouvernement
fédéral libéral de Pierre Elliot Trudeau durant la crise d'octobre
1970. Pourtant celle-ci était circonscrite aux criminels de droit
commun voués à la destruction de la démocratie, et, selon les
autorités de l'époque, nul n'avait rien à craindre de la loi qui
ne fût membre en règle du FLQ (Front de libération du Québec).
On
sait à quels dérapages cet épisode a donné lieu, remémore Me
Belleau. L'État emprisonna des dizaines de citoyens (NDLR : Plus de
400, on le verra), dont Gérald Godin, poète de son état, qui passa
des mois en prison, en compagnie de professeurs, de syndicalistes et
d'autres ennemis de l'État, sans n'avoir jamais vu un juge.
Me
Belleau écrit que la liberté d'association, garantie par la Charte,
n'autorise aucune activité criminelle. Pas plus d'ailleurs que la
liberté de Presse, également garantie par la Charte, n'autorise la
publication de propos diffamatoires. Il énumère aussi quelques
règles élémentaires : droit de savoir de quoi l'on est accusé, de
connaître la preuve de la poursuite, aux services d'un avocat,
d'être jugé par un tribunal impartial, droit au rejet des preuves
illégalement obtenues par la police et discréditant la justice,
«rejet de plus en plus rare», d'après lui. La Charte interdit
aussi les fouilles abusives, sans motifs, sans mandat ou avec mandat
obtenu frauduleusement.
«Toutes ces "avocasseries" sont
destinées à nous protéger, les uns et les autres, contre les abus
de pouvoir de la police et du gouvernement. Devons-nous renoncer à
cette protection? La seule exigence que la Charte impose aux
policiers, c'est d'agir dans le respect de la loi. Point final. En
sont-ils incapables? Sont-ils obligés d'agir illégalement?
Et
surtout pouvons-nous le leur permettre? Avant d'en arriver là, ne
devons-nous pas exiger la démonstration que les moyens dont dispose
la police sont insuffisants et qu'il n'y a pas d'autre solution que
de leur permettre de violer les droits les plus élémentaires des
citoyens?» Me Belleau répond à ces interrogations en dressant la
liste «non exhaustive» de l'étendue des pouvoirs de la police sous
l'empire de la Charte des droits. (Suite
demain)
■ Au
pif, au moins 80% des policiers de la Sûreté du Québec ne portent pas
l'uniforme -
(Suite tome 2 de L'Étau Policier) D'où
vient ce déficit de 35 millions? Une partie de la réponse émane
d'un dg adjoint de la Sûreté du Québec, responsable du service des
ressources humaines, Mario Choquette, qui désigne la réforme comme
étant «la
plus audacieuseen
matière de sécurité publique que le Québec ait connue. (Jean-Paul
Charbonneau --
La Presse des 16 et 21 novembre 2002) (...)
«Entre
14 et 15M$ de ce déficit est attribuable à la transition de
policiers municipaux à la Sûreté du Québec. Il a fallu changer
les armes, modifier les systèmes de communication, donner une
formation de deux semaines, etc.»,
énumère-t-il. Choquette se fait cependant rassurant. Il prétend que
ces coûts vont... s'autofinancer à la longue, sans préciser le
pourquoi.
La Presse cite Prud'Homme, président de la FPMQ :
«Lorsque
Normand Jutras est arrivé au ministère de la Sécurité publique,
je lui a fait parvenir une lettre où je le mettais notamment en
garde contre les coûts élevés engendrés par cette réforme. À
Shawinigan, l'intégration va coûter 3,2M$ au gouvernement. Cette
réforme a simplement dérapé et le gouvernement s'en rend compte
trop tard. Nous avions prévu tout ce qui arrive.»
Mais
ce n'est pas tout car des pertes s'y empilent aussi. La présidente
de l'Association des greffes des cours municipales du Québec, Sylvie
Millette, indique qu'un relevé auprès de 35 municipalités démontre
une baisse d'au moins 40% des revenus parce que toutes les sommes
perçues en paiement des contraventions données sur une route
traversant un village sont versées au gouvernement provincial. Mais
ça, peut-on présumer, les instances municipales le savaient au
départ.
Ce qu'on ne leur avait pas dit, par contre, c'est que, de
l'aveu même de Mario Choquette, «la
Sûreté du Québec n'est pas une police à tickets».
Résultat : elle n'en distribue presque pas à ceux omettant les
arrêts obligatoires dans les rues de ces municipalités et ceux
faisant fi des règlements municipaux. Ordinairement, ces amendes
constituent une source de revenus pour celles-ci. Mais comme il y en
a peu, la perte est évaluée à près de 60%, selon la présidente
Millette.
En certains endroits, le pourcentage est plus élevé. Dans
la MRC de Vaudreuil-Soulanges, précise-t-elle, le nombre de
contraventions payées à la Cour municipale a chuté de 66%. À
Ste-Agathe, on évalue à 95% en moins le nombre de contraventions
qui seront payées à la cour municipale. Explicitons
les propos de Millette et Choquette. La très grande majorité des
membres de la Sûreté du Québec, au pif on peut avancer au moins
80%, sont des flics en civil, ne portent par conséquent pas
l'uniforme.
On imagine difficilement un civil au volant de sa vieille
camionnette, à l'arrière de laquelle il a installé un canot pour
mieux cacher sa véritable identité, faire signe à un automobiliste
de s'immobiliser en bordure de la rue, et aller lui coller une
contravention. C'est de fait une police spécialisée dans le
renseignement. Big Brother et Big Sister, et leur ribambelle de
petits frères et petites sœurs, leurs collabos. Ce qui revient à
dire que la Sûreté du Québec ne sera jamais une police à tickets.
Autre
récrimination... Toutes les MRC desservies par la Sûreté du
Québec, à l'exception de deux, refusent de signer le protocole
d'entente de 10 ans, principalement parce qu'elles n'ont pas les
effectifs promis pour assurer de façon adéquate la sécurité sur
leur territoire. D'après Choquette, l'écart sera comblé dans
quelques années par les 260 patrouilleurs en trop, alors que
l'entente avec le syndicat permettra de les réaffecter. «Seulement
à Sept-Îles, nous avons 18 policiers en surplus depuis
l'intégration»,
signale-t-il.
Ajoutons à sa déclaration que les dirigeants de ces
MRC ne savent pas qu'elle est bel et bien là, la police, mais
invisible puisqu'en civil... Choquette ne peut pas leur dévoiler,
c'est un secret qui doit rester bien caché.
À
la fin de 2002, le bilan définitif et officiel de la nouvelle carte
policière demeurait encore inconnu. On n'en saura pas plus au cours
de 2003, le rouleau compresseur étant passé, il n'est plus
nécessaire de se justifier. Le ministre Ménard n'avait pas cru bon
d'en informer la population. Se posait pareillement la question du
rôle clandestin joué par la police en civil de la Sûreté du
Québec, avant et pendant la régionalisation policière.
Naïf de
croire que ces «maraudeurs»
-- dixit Yves Prud'Homme, président de la Fédération des policiers
municipaux du Québec -- aient assisté au spectacle sans jouer leur
partition musicale. En quoi aurait-elle consisté, sa prestation?
Redisons-le, pour ne pas l'oublier : la police en civil est
dorénavant une donne dont le citoyen doit tenir absolument compte.
(Suite
demain)
News du lundi 15 Août 2011
■ France
: un tribunal administratif refuse de suspendre la peine imposée à
Sihem Souid
– Cette policière a été suspendu après avoir publié un livre
intitulé "Omerta
dans la police".
Il y a deux ans qu'elle mène son combat.
Suite à cette décision, elle envisage de porter sa cause devant le
Conseil d'État et, si elle n'obtient pas justice, à la cour
européenne des droits de l'homme. La jurisprudence de l'organisme
restreint le devoir de réserve : son site
à explorer + signez
la pétition de soutien, son combat va au delà des frontières.
L'Occident a grandement besoin de corps policiers respectant les
droits et libertés.
PS :
J'arrive pas à comprendre qu'un tribunal administratif, et
gouvernemental de surcroît, puisse interdire de défendre les droits
et libertés. Et fais le constat que ce tribunal administratif n'est
rien d'autre qu'une façon sournoise de court-circuiter la vraie
justice. Il est très clair à mes yeux que l'oligarchie politique
française, et c'est pareille partout dans le monde, est complice de
ces illégalités et veut les maintenir. La délinquance du pouvoir.
■ Israël :
la contestation s’agrandit
- Depuis quelque temps, on en entendait moins parler sur le Net.
Désormais, le combat social se développe pas nécessairement en
nombre de citoyens mais par leur présence de plus en plus marquée
dans les petites villes et villages : vidéo
(01:00) + article.
■ Me
Mario Tremblay veut pas une longue guérilla judiciaire avec les
criminels, veut la guerre
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Pourquoi
ne pas utiliser la loi antigang C-95 qui existe déjà? La question
est posée. Cette loi, adoptée en 1997, a apporté des modifications
au Code criminel, fait de la participation aux activités d'un gang
de plus de cinq personnes une infraction criminelle passible de 14
ans de prison.
La Couronne doit cependant faire la preuve que
l'accusé a lui-même commis un crime au profit du gang.
L'appartenance à une bande criminelle ne suffit pas. Pour le
ministre péquiste de la Sécurité publique, Serge Ménard, cette
loi est difficile d'application.
«Elle pourrait être
simplifiée, sans mettre en danger les droits fondamentaux d'un
citoyen canadien, sans entraîner d'incarcération de personnes
innocentes, explique-t-il. (...) On ne parle pas d'un outil très
large mais de quelque chose de très ciblée, qui pendant un certain
temps nous permettrait de répondre de façon ponctuelle à un
problème ponctuel», rassure-t-il. Les propos du ministre ne
manquent pas de provoquer d'autres réactions.
Le
criminaliste Guy Cournoyer qualifie d' «étonnante» la prise de
position de Ménard. «C'est sûr que ce n'est pas nécessairement
facile de faire la preuve requise par la loi (C-95), mais pourquoi
baisser les bras avant de la tester devant les tribunaux? Si tu ne
l'essaies pas, tu ne sauras pas si elle fonctionne!»
À cela, Me
Mario Tremblay, directeur des affaires criminelles au ministère
péquiste de la Justice, réplique : «On ne les utilise pas (les
dispositions de la loi en vigueur) parce qu'on n'a pas confiance
d'arriver à court terme à des résultats. On veut pas s'engager
dans une longue guérilla judiciaire avec le crime organisé, on veut
une guerre (hic) qui va amener une issue dans un délai raisonnable,
et autant que possible en notre faveur.»
Le criminaliste Me
Cournoyer revient à la charge : «C'est sûr que si tu veux des
résultats rapides, tout ce que tu as à faire, c'est d'abolir la
présomption d'innocence, de mettre tout le monde en prison et de
jeter la clé dans la rivière!» Pour lui, il s'agit là d'un moyen
radical.
Le
Bloc québécois intervient aussi dans le débat. Le député
bloquiste Yvan Loubier, en allusion au fait qu'il a du demander la
protection policière après avoir dénoncé des vendeurs de
marijuana qui «squattent» les champs de maïs de fermiers de son
comté, dit que « tous n'ont pas cette chance (d'être protégés
comme lui)». Il promet de «tout mettre en œuvre» pour que le
commun des mortels ne soit pas obligé «de regarder tous les jours
sous le capot (de sa voiture) pour voir s'il n'y a pas une bombe».
Écorche au passage les avocats criminalistes qui défendent le
respect des droits de la personne. «On n'en a rien à foutre (des
droits de la personne), tranche-t-il. Quand on vit emprisonné avec
sa famille pendant trois ans pour se protéger des criminels, nos
droits sont-ils respectés?»
Puis le chef du Bloc québécois,
Gilles Duceppe, s'y met à son tour : «Ils (les Hell's Angels) sont
en train de détériorer notre société, ils se pavanent. Je les
vois dans mon comté de Laurier-Sainte-Marie, du centre-Sud de
Montréal, dans Hochelaga-Maisonneuve, c'est la terreur qui règne».
Pour
sa part, Me Jacques Dagenais, avocat de la Couronne, soutient que,
quelle que soit la loi, on aura besoin d'un travail policier
intelligent. «Je ne peux pas croire, dit-il, que, si les trois
grands corps de police (Gendarmerie royale du Canada, Sûreté du
Québec et police de l'île de Montréal) unissaient leurs meilleurs
effectifs, on ne serait pas plus forts que le crime organisé.»
Le
journaliste Yves Boisvert de La Presse signale au passage «(qu')il
parait que la police est bien occupée par le quotidien et la police
de quartier...». Fait-il allusion à l'investissement massif des
civils dans les contrôles et nettoyages sociaux des citoyens qui ne
sont pas criminalisés? Le gouvernement péquiste devrait-il en
investir moins chez ces derniers et davantage chez ceux identifiés
au crime organisé? Si oui, le journaliste touche là à l'un des
éléments clés de la problématique.
En
outre, notons qu'il existe déjà des escouades policières vouées
spécifiquement à la lutte contre le crime organisé et les
revendeurs de drogue. L'année précédente, en avril 1999,
l'escouade Carcajou a été remplacée par 6 escouades régionales de
lutte contre les gangs de motards, notamment : régions de Montréal,
Hull, Sherbrooke, Québec, Trois-Rivières et Chicoutimi. (André
Cédilot --
La Presse du 16 avril 1999) Celles-ci ciblent le sommet de la
pyramide des responsables de la grande criminalité. À un échelon
inférieur œuvre le groupe HARM (Hell's Angels/Rock Machine) qui,
lui, cible les petits revendeurs de drogue. (Suite
demain)
■ L'enflammé
ministre péquiste Serge Ménard lance une autre croisade
- (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Une
couple de semaine après, nous sommes le 16 novembre 2002, La Presse
nous informe d'un autre bilan. À la suite de la régionalisation,
800 000 résidents de la province, sur une population totale de
7,4 millions, qui étaient jusque là desservis par un corps policier
municipal le sont maintenant par la Sûreté du Québec. Près de
1 000 policiers ont enlevé leur uniforme pour enfiler celui de
ce corps policier.
Environ 4 jours plus tard, les chiffres diffèrent.
(Jean-Paul Charbonneau --
La Presse du 21 novembre 2002) Là, on parle de 1 250, dont 990
ont été affectés au même travail qu'ils effectuaient auparavant.
Cependant, le corps policier se retrouve avec un surplus de
personnel d'une cinquantaine d'officiers et de 260 agents,
rapporte-t-on. Plus de flics que le travail l'exige?
Ce
même mois de novembre, le ministre péquiste Ménard lance une autre
croisade, un impératif si l'on veut galvaniser l'opinion publique :
le taxage dans les écoles (des élèves extorquant de l'argent).
(Mario Cloutier --
La Presse 22 novembre 2002) «Un
jeune qui commence à taxer, s'il continue dans sa vie adulte, se
prépare une vie très triste, où il alternera entre la liberté et
le pénitencier»,
déclare le ministre.
Pour combattre ce «phénomène
troublant»,
il annonce que des plans d'actions seront donc mis en œuvre partout
au Québec. Tous les intervenants seront mis à profit dans
l'offensive péquiste : enseignants, policiers, CLSC et 31
organismes communautaires. «C'est
un véritable but de prévention, justifie-t-il.
(...) C'est
qu'il faut être conscient du phénomène et, quand on le voit comme
éducateur, (il
faut) intervenir
pour arrêter les jeunes qui sont sur cette voie criminelle.»
Le ministre accompagne sa déclaration d'une étude -- effectuée par
qui? -- démontrant l'ampleur du drame, émaillée de nombreux
chiffres. Constatons
qu'il est pas mal moins volubile sur les coûts que la Sûreté du
Québec devra assumer à la suite de l'intégration des policiers
municipaux. Par conséquent, impossible de s'en faire une idée
exacte. Car il y a les coûts qu'on défraie une seule fois et ne
reviennent plus dans les budgets et états financiers, et d'autres
qui se renouvellent à chaque année, dont certains à la hausse :
salaires des nouvelles recrues de la Sûreté du Québec,
équipements, etc.
En février 2002, Prud'Homme de la FPMQ déclarait
que la réforme avait été sous-estimée de 15M$, passant ainsi à
90M$. (André Cédilot --
La Presse du 6 février 2002 ) Toutefois, neuf mois plus tard, nous
sommes en novembre, Ménard vient de reprendre le volant de la
Sécurité publique, on parle d'un déficit budgétaire de 35M$.
(Jean-Paul Charbonneau --
La Presse des 16 et 21 novembre 2002 ) De 15M$, ce déficit serait
passé à 35? Faut-il ajouter 20M$ (35M$ - 15M$ = 20M$ ) au 90M$???
(Suite
demain)
News du dimanche 14 Août 2011
■ La
stratégie néolibéraliste du choc permet d'influencer la population
– Le tortionnaire expérimenté sait qu'elle est plus ouverte à la
suggestion et plus susceptible de coopérer qu'avant le choc,
exemples : traumatisme collectif, guerre, coup d'état,
catastrophe naturelle, attaque terroriste, etc. Ce peut être des
chocs non voulus ou l'inverse.
L'américain
Milton Friedman, Prix Nobel d'économie en 1976, connaissait bien ce
phénomène. À l'époque, il était prof à l'Université de
Chicago. L'ultralibéraliste croyait qu'une thérapie de choc
appliquée à l'économie pousserait la société à accepter une
forme plus dérégulée du capitalisme.
Plus
tard, il conseillera à des politiciens de profiter d'une crise pour
imposer immédiatement des réformes économiques douloureuses avant
que les gens n'aient eu le temps de se ressaisir : vidéo
(1h18) de la journaliste canadienne Naomi Klein, après une
enquête approfondie, nous décrit la situation telle qu'elle est.
D'où la
nécessité de résister au néolibéralisme.
■ Somalie-famine :
enfants faibles au point de ne plus soutenir le poids de leur tête
- «C'est déchirant», rapporte Valerie Amos,
Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires
humanitaires. Les besoins sont immenses.
(NDLR : Je me demande comment il se fait que les citoyens ne puissent pas
envoyer de l'argent directement à l'ONU. Je vais chercher, peut-être
que la fonction existe. Le cas échéant, vous en informe)
■ Haïti :
un nouveau Port-au-Prince moderne de 3,3 milliards
– Les plans ont été dévoilés cette semaine, un travail de 14
mois réalisé par 40 experts haïtiens, ingénieurs, architectes,
urbanistes du Centre haïtien de recherche en aménagement et en
développement (CHRAD). Une capitale futuriste, avec centre-ville
totalement rénové, des tramways et un bord de mer transformé en
une zone touristique et de loisir, etc. Muscadin Jean Yves Jason,
maire de la capitale : «Ce rêve est possible». Le tout
pourrait être concrétisé en 5 ans.
Pour sa part, le président
Michel Martelly
revient d'un voyage au Chili, qui doit reconstruire aussi à la suite du
séisme de 27 février 2010 et dont les dégâts sont évalués à
plus de 30 milliards. Le président s'y est rendu afin de
s'inspirer de l'expérience chilienne.
Haïti n'avait pas connu de
tremblement de terre depuis 150 ans, alors qu'au Chili ils sont plus
courant. Martelly : «Il est très important de comprendre que
nous devons construire d'une manière particulière pour prévenir
les risques». Le ministre chilien du Logement et du Développement
urbain Rodrigo Pérez Mackenna lui a remis une copie de son plan. Il
prévoit la construction d'ici 2014 de 200 000 maisons.
■ Québec,
2000 : un attentat cause tout un émoi
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Le
13 septembre 2000, Michel Auger, reporter du Journal de Montréal et
spécialisé depuis des années dans les activités du milieu
interlope, est criblé de cinq balles sur le terrain de stationnement
du quotidien. Heureusement, aucun organe vital n'est atteint et on
présume qu'il ne devrait en garder aucune séquelle permanente
grave. L'attentat cause tout un émoi.
(Jean-Francois Bégin, Yves
Boisvert, Normand Delisle, Hugue Dumas, Katia Gagnon, Isabelle
Hachey, Michel Hébert --
Presse canadienne --,
Sylvain Larocque, Denis Lessard, Vincent Marissal, Martine Rioux --
La Presse des 14, 15, 16 et 17 septembre 2000)
Quelques
jours auparavant, Auger avait signé une série de trois articles
portant sur des règlements de compte et des disparitions au sein du
crime organisé. Il y traitait notamment de l'assassinat survenu un
peu plus tôt de François Gagnon, un sympathisant des Rock Machine,
et le décrivait comme un «minable petit truand malgré son poids de
350 livres». Un
journaliste de La Presse, Yves Boisvert, note qu'Auger écrit dans un
style qui ne fait pas l'unanimité, même chez les journalistes.
Selon
le chroniqueur Jean-Paul Charbonneau du même quotidien, «les gens
qui ont fait ça, s'ils sont du crime organisé, risquent de se faire
pointer du doigt par les gens de leur milieu.» D'après lui, cet
attentat n'est pas le signe d'une nouvelle tendance, mais plutôt un
cas isolé.
Ajoutons à ses propos que le crime organisé, déjà
serré de près par la police, n'a aucun intérêt à se compliquer
davantage la vie, ce genre d'événement ayant souvent pour résultat
de radicaliser davantage l'approche policière à son encontre. Par
la suite, c'est exactement ce qui se produit.
Le ministre péquiste
de la Sécurité publique, Serge Ménard, réagit vivement, réclame
une loi antigang plus musclée que l'avant-projet de loi de la
ministre fédérale McLellan. Pourtant,
de son propre aveu, le Québec est déjà, avec la Saskatchewan et
les Territoires du Nord-Ouest, un des endroits au pays où on assure
la plus forte surveillance policière. Malgré tout, «la violence a
atteint un niveau qu'on ne connaissait pas encore. (...) J'en suis
venu à la conclusion qu'on a besoin d'outils législatifs
exceptionnels, ne serait-ce que pour un temps limité»,
déclare-t-il.
La loi antigang qu'il préconise établirait la liste
d'organisations criminelles dont les membres avoués pourraient être
arrêtés sans qu'on ait besoin de prouver un acte illégal. Ce qui
supposerait le recours, pendant cinq ans, à la clause dérogatoire
de la Constitution canadienne, garante des libertés fondamentales.
La déclaration du ministre péquiste, particulièrement révélatrice,
soulève un débat permettant de départager droite et gauche.
À
Ottawa, siège du gouvernement canadien, on estime qu'une mesure du
genre ne peut être prise dans un climat d'émotivité. Me Yvan Roy,
du ministère fédéral de la Justice, souligne que la ministre
McLelan est réticente à l'idée d'utiliser la clause dérogatoire.
«Dans notre système, explique-t-il, on ne s'attaque pas aux gens
pour ce qu'ils sont, mais pour ce qu'ils ont fait. Le recours à la
clause nonobstant (dérogatoire), ça fait peur à bien du monde.»
Le ministre fédéral libéral des Affaires intergouvernementales,
Stéphane Dion, invite le Québec, et l'Ontario qui s'est également
mise de la partie, à la prudence : «La clause nonobstant est
une solution de dernier recours, à n'utiliser que dans les cas
d'extrême gravité. On va regarder d'autres scénarios avant d'en
arriver là.»
À quelques reprises, le premier ministre péquiste
Lucien Bouchard intervient aussi dans le débat, qualifie de «bien
légère» la réponse du gouvernement canadien, «(...) compte tenu
de la gravité de la question et de l'état de la situation au
Québec». Il réclame une intervention «immédiate» de la Chambre
des communes. «La situation au Québec est très grave, très
critique, or la responsabilité de cette loi est entre les mains du
niveau fédéral», renchérit-il.
Quelques
jours après, une balle fracasse la vitre de l'auto d'un gardien de
la prison de Rivière-des-Prairies, sans toutefois atteindre son
conducteur. Soulignons que les médias n'ont pas beaucoup interrogé
cet événement, encore tétanisés par l'attentat contre le
journaliste Auger. Notons qu'en 1997, deux gardiens de prison avaient
été tués, Diane Lavigne et Pierre Rondeau.
Secoué, le premier
ministre Bouchard revient à la charge, déclare qu'à ce rythme
«tout le monde va y passer. (...) Il faut qu'on ait une véritable
loi antigang. Absolument. Et je ne vois pas de problème
démocratique, au contraire, à ce qu'on fasse en sorte de protéger
la vie des gens, plaide-t-il. Il ne s'agit pas de suspendre les
libertés individuelles. Il s'agit de s'assurer que les activités
criminelles ne prolifèrent pas.» (Suite
demain)
■ L'enflammé
Serge Ménard reprend le volant du ministère de la Sécurité
publique
- (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Octobre
2002, remue-ménage au sein du gouvernement péquiste de Bernard
Landry, qui occupe la fonction de premier ministre depuis la
démission de Lucien Bouchard au début de 2001. Paul Bégin,
ministre de la Justice, démissionne de ses fonctions. (Denis Lessard
--
La Presse du 29 octobre 2002)
Par la suite La Presse met la main sur
une information cadrant bien avec la démesure prévalant dans ces
années-là. «Normand
Jutras, ministre de la Sécurité publique, sera nommé ministre de
la Justice, un poste qu'il cumulera avec ses fonctions actuelles.»
Dans cette même édition, le journaliste Yves Boisvert réagit
aussitôt : «Un
ministre ne doit pas être à la fois le patron de la police et le
patron des procureurs
(les avocats de la Couronne) qui
doivent porter un jugement sur leur travail (des
policiers).»
Le
lendemain, le premier ministre Landry nomme Jutras à la Justice
et... Serge Ménard à la Sécurité publique, bien que celui-ci
conservera son poste de titulaire des Transports. (Pascale Breton --
La Presse du 30 octobre 2002) Troisième fois qu'il accède à la
Sécurité publique : sous le gouvernement Jacques Parizeau (du
26 septembre 1994 au 29 janvier 1996), sous celui de Lucien
Bouchard (du 15 décembre 1998 au 30 janvier 2002) et celui de
Bernard Landry (du 29 octobre 2002 au 29 avril 2003). À la
Sûreté du Québec, où il est... bien apprécié, on doit se
frotter les mains de satisfaction.
Pourquoi ne pas avoir gardé
Justras à la Sécurité publique et nommé quelqu'un d'autre à la
Justice? On peut penser que son passage à ce ministère aurait déplu
à certains membres du pouvoir et de la Sûreté du Québec. Homme
plutôt modéré, à ce qu'il semblait, il n'avait rien de
l'excitation enfiévrée typique du croisé, trait dominant chez son
collègue Ménard, particulièrement en matière de répression de la
Société civile.
Moins froid aussi, capable de compassion, donc plus
humain. On l'avait constaté en septembre 2002, quand il avait
commenté l'étude effectuée par des chercheurs de la Société de
criminologie du Québec et portant sur la clientèle des prisons
québécoises. (Jean-Paul Charbonneau --
La Presse du 21 septembre 2002)
Elle révélait qu'«en
grande partie»,
celle-ci était constituée de démunis. Ce qui l'avait le plus
frappé à sa lecture, avait-il confié aux médias, c'est de voir
comment ces personnes sont en détresse psychologique. Jutras
souhaitait leur réinsertion dans la société, conscient que cette
démarche nécessiterait l'intervention de plusieurs ministères...
Environ
un mois après cette déclaration, voilà que Ménard lui succède à
ce ministère. Probable que son humanité aura fait sourciller et
dresser le poil sur les bras de tenants de l'ordre et du conformisme.
Qu'ils se rassurent, Ménard, leur homme, est de retour. Inoxydable,
ce ministre. Puisqu'il cumulera la fonction avec celle des
Transports, on croise les doigts en espérant qu'il n'en fera pas
trop, mais...
Dans les jours suivant son retour, il ramène à son
ministère Daniel Saint-Onge, reconnu comme le principal architecte
de la régionalisation policière, lui décerne le titre de
sous-ministre associé, et donne le mandat de corriger le tir et
finaliser la réforme. (Jean-Paul Charbonneau --
La Presse des 16 et 21 novembre 2002)
Et revoilà le ministre reparti
sur le chapeau des roues. C'est que sa réforme «connaîtrait
des ratés»,
rapporte le journaliste Jean-Paul Charbonneau de La Presse. (Suite
demain)
News du samedi 13 Août 2011
■ 20
septembre : la Palestine déposera sa demande d'adhésion à l'ONU –
La requête sera remise au Secrétaire général Ban Ki-moon à
l'ouverture de la prochaine Assemblée de l'organisme. La date a été
dévoilée aujourd'hui par le ministre
palestinien des Affaires étrangère Riyad al-Malki.
■ Interview
avec Hépatite B
– Vidéo
(02:17), dans la page s'affichant, il y en a aussi avec Gonocoque,
Chlamydia, Syphilis, etc.
■ 15
définitions pour comprendre la crise de la dette en Europe et aux
USA
– Investisseur, action, obligation, dette souveraine, note
souveraine, plafond de la dette, défaut de paiement, etc. Le
journaliste Marc Vignaud
du site le point.fr. promet qu'après vous deviendrez incollable en
la matière.
■ R-U
: les émeutes sont un cri de désespoir - On l'a vu, jeudi 11 août, le premier ministre David Cameron du
Royaume-Uni (R-U) traitait les manifestants de voleurs. Il détournait
ainsi l'attention de la population sur les problèmes sociaux
prévalant dans les quartiers pauvres : une
vidéo
(02:33) qui nous en dit long à ce sujet.
■ Pack
up
– Eliza Doolittle : vidéo
(03:21), se foutre royalement du qu'en dira-t-on.
■ La
tâche première d'un policier est de préserver la paix, non de
commettre des crimes -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) En
quête permanente de pouvoirs, la police constitue un puissant groupe
d'influence très dangereux pour les droits. La
preuve en est que son agitation médiatique et le travail souterrain
de ses civils, couplés à des pressions auprès de la ministre
fédérale libérale de la Justice, Anne McLellan, finissent par
donner des fruits.
En juillet 2000, celle-ci annonce son intention de
faire adopter une loi accordant plus de liberté de manœuvre à la
police dans la lutte contre le crime organisé. Sa déclaration
suscite ce commentaire de Pierre Gravel, éditorialiste de La Presse
: «(...) avant de penser à laisser trop de latitude à des
policiers qui auraient, au contraire, besoin d'un encadrement plus
sévère, la ministre de la Justice devrait plutôt chercher des
moyens plus efficaces pour punir adéquatement les criminels qu'on
parvient à coincer». (Pierre Gravel --
La Presse du 17 juillet 2000)
S'écoule un mois puis la ministre
dévoile ses intentions en déposant l'avant-projet de loi antigang
C-24. Le journaliste Gilles Toupin de La Presse rapporte que celle-ci
veut inscrire dans la loi du pays le droit à une immunité limitée
pour les policiers, en matière de responsabilité pénale. (Gilles
Toupin --
La Presse du 24 août 2000)
On y précise notamment que des
policiers pourraient causer des lésions corporelles (hic) ou
endommager des biens --
après autorisation d'un fonctionnaire supérieur --
afin de mener à bien une enquête. Cette immunité n'irait toutefois
pas, précise le journaliste, jusqu'à permettre le meurtre, les
blessures graves ou encore les délits sexuels. De
plus, il rapporte que des voix commencent à se faire entendre à
Ottawa pour protester contre son projet de loi.
Cite Dave Lindsay,
président d'Individuals for Common Law, un groupe d'Edmonton : «La
tâche première d'un policier, c'est de préserver la paix, non de
commettre des crimes. (...) Nous ne voulons pas que les Canadiens
soient associés aux États policiers et dictatoriaux de la planète.»
Cite également les commentaires du porte-parole du Bloc québécois
en matière de justice, au Parlement canadien, le député Michel
Belhumeur. Bien que le parti politique auquel il appartient est
favorable à tout outil supplémentaire visant à combattre le crime
organisé, Belhumeur croit que l'avant-projet de la ministre couvre
beaucoup trop de terrain, est susceptible de conduire à des
dérapages : «Le projet dépasse de beaucoup la guerre à la
drogue et au crime organisé. Il mène tout droit à l'État
policier.»
Puis
survient un événement qui a l'effet d'un accélérateur. La droite
sait toujours attraper une balle au bond, généralement en
exploitant un climat émotif. Ackermann, Dulong et Jeudy nous ont dit
déjà que «la prolifération des agressions et des actes vandales
n'accentue pas une demande de répression, ceux qui la désirent
l'expriment depuis longtemps, et le vol ne finit par n'être qu'un
prétexte». (Werner Ackermann, Renaud Dulong et Henri-Pierre Jeudy,
sont tous trois du CNRS --
Imaginaires de l'Insécurité --
Librairie des Méridiens) On peut appliquer cette formulation des
trois auteurs à l'ensemble des actes criminels. (Suite
demain)
■ Le rêve péquiste d'une
police nationale
québécoise -
(Suite tome 2 de L'Étau Policier) En
avril 2002, La Presse rapporte «un
profond malaise»
à la Sûreté du Québec. (Jean-Paul Charbonneau --
La Presse du 29 avril 2002) Les policiers municipaux y sont intégrés
sans passer d'examens. Idem de directeurs municipaux et de leurs
adjoints, qui obtiennent presque automatiquement le grade de
lieutenant. Ce qui mécontentent des policiers faisant carrière à
la Sûreté du Québec.
L'un d'eux mentionne des cas. «Dans
une petite municipalité, une femme est devenue chef de police avec
seulement cinq ans d'expérience. Avant d'être embauchée dans cette
localité, elle avait échoué ses examens pour devenir agente à la
Sûreté du Québec. Mais avec l'intégration de son service chez
nous, elle obtient automatiquement le grade de lieutenant».
Il relate ceux de caporaux et de sergents retraités de la Sûreté
du Québec qui, après avoir occupé des postes de direction dans des
services de police municipaux, y reviennent et obtiennent le grade de
lieutenant. Dans le passé, certains d'eux avaient échoué leurs
examens pour l'obtention d'une promotion.
Milieu
de juin 2002. Le président Prud'Homme de la FPMQ, ayant appris que
les 71 policiers de la nouvelle Ville de Shawinigan (née de la
fusion municipale) vont passer à la Sûreté du Québec, s'en
alarme, accuse le gouvernement (péquiste) d'asséner le «coup
de grâce aux policiers municipaux».
(André Cédilot --
La Presse du 12 juin 2002)
«C'est
le début de la fin,
déplore-t-il.
Sauf pour les grands corps
(policiers),
je suis convaincu que tous les autres services municipaux de police
vont disparaître à moyen terme.
(…) Après
Shawinigan, ce sera au tour de Drummondville et St-Hyacinthe de faire
de même».
Selon lui, il est inconcevable que le ministre Jutras autorise le
démantèlement des corps de police desservant les municipalités
fraîchement fusionnées et comptant plus de 50 000 habitants.
D'autant
plus choqué est-il que l'ex-ministre de la Sécurité publique,
Serge Ménard, avait promis l'année précédente, devant des
centaines de policiers réunis en congrès, qu'il opposerait son veto
à l'abolition des services de police dans ces municipalités
élargies. Il estime que la décision de Jutras ouvre la porte aux
autres.
«On
ne peut blâmer les maires de profiter de subventions déguisées en
confiant la protection de leur territoire à la Sûreté du Québec.
(...) Ça
crée une concurrence déloyale, tout en incitant les municipalités
qui veulent garder leur corps de police à vouloir négocier à
rabais avec les syndicats».
Mentionne le cas Rimouski : «En
finançant sous la table le manque à gagner de la Sûreté du
Québec, le gouvernement maintient les iniquités envers les grands
centres urbains qu'il avait justement l'intention de corriger avec la
nouvelle carte policière».
Juillet
2002. Les dossiers d'intégration sont pratiquement complétés. La
Sûreté du Québec aurait augmenté ses effectifs de... 660
personnes. (NDLR : On verra que les gains d'effectifs varient.)
(Jean-Paul Charbonneau --
La Presse du 16 juillet 2002) Elle attend la réponse de 13 demandes
formulées au ministère par des élus locaux : Sorel,
St-Hyacinthe, Drummondville, Victoriaville et Rimouski, entre autres.
Au début, ces corps policier devaient demeurer sous la
responsabilité municipale, mais leurs élus ont changé d'avis. Si
le ministère consent, il ne restera plus qu'une quarantaine de corps
municipaux dans la province contre 125 en décembre 2000. Sur le
territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal, où
pourtant la loi stipule que ces municipalités doivent être
desservies par une police locale ou un regroupement, exception il y a
eue : celle de Vaudreuil-Dorion a revêtu l'uniforme vert de la
Sûreté du Québec.
Ce mois de juillet, l'éditorialiste Pierre
Gravel de La Presse revient sur l'importance de privilégier
la formule des trois tiers. (Pierre
Gravel --
La Presse du 18 juillet 2002) Cite
justement le cas de ces municipalités demandant de confier le
service de police à la Sûreté du Québec. «Il
faut souhaiter que (...) les
autorités répondront non à cette requête qui se comprend et
s'explique fort bien. Mais qui s'apparente à une démission face à
une responsabilité qu'on devrait continuer à assumer.»
Selon
lui, Il restera ensuite, et surtout, à faire quotidiennement la
démonstration que le jeu en valait la chandelle pour les citoyens
ordinaires et non pas d'abord pour ceux qui y voyaient une façon de
régler un épineux problème budgétaire.
«Ou
encore un truc pour satisfaire une vieille recherche instinctive de
symboles collectifs.
(...) Dans
la même veine, en effet, que la vieille guerre des drapeaux entre
Québec
(une province du Canada) et
Ottawa
(Ville où siège le gouvernement du Canada),
le rêve d'une police nationale québécoise pouvant faire
contrepoids à la GRC "canadian"
(Gendarmerie royale du Canada) a
toujours naturellement fait partie du grand projet souverainiste».
(Suite
demain)
News du vendredi 12 Août 2011
■ En quête permanente de
pouvoirs, la police est
un groupe
d'influence très dangereux pour les droits
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) En
avril 1999, la Cour suprême du Canada statue que les policiers, tout
comme les citoyens, doivent respecter les lois, la seule exception
étant lors d'une enquête portant sur la contrebande de drogues et
de blanchiment d'argent où ils peuvent poser des gestes à
connotation criminelle.
Au mois de juin suivant, le journaliste
Cédilot de La Presse rapporte que, dans certains milieux policiers,
cette décision de la cour a causé un émoi. (André Cédilot --
La Presse du 12 juin 1999) Il est arrivé que lors de l'adoption de
ces nouvelles règles, des fonctionnaires du ministère canadien de
la Justice auraient omis de les intégrer également dans les autres
lois fédérales en matière d'accises et de douanes. Les policiers
canadiens n'avaient plus le droit, entre autres, d'offrir de l'alcool
et des cigarettes de contrebande.
Il
cite René Charbonneau, commissaire adjoint de la Gendarmerie royale
du Canada (GRC) : «C'est toute une tuile qui nous est tombée sur la
tête. On a dû suspendre un grand nombre d'opérations majeures
parce qu'on ne peut plus utiliser certains moyens d'enquête visant
les criminels de haut niveau. (...) Ces techniques spéciales sont
devenues indispensables, afin d'élucider des crimes graves ou
d'infiltrer les organisations criminelles structurées. (...) Le
pire, c'est que les grands criminels ont un pas d'avance sur la
police, tant sur le plan légal que technologique.
Dès qu'on trouve
des moyens modernes et imaginatifs de s'attaquer à eux, on nous met
des bâtons dans les roues. (...) Afin de combattre les criminels
d'égal à égal, il importe qu'on ait des outils législatifs qui
combinent souplesse et rigueur. (...) il nous faut constamment être
prêts à tout».
Pour sa part, Me Louis Dionne, le responsable de la
répression du banditisme à la Sûreté du Québec, exprime
clairement ses intentions, début avril 2000. N'en déplaise au
gouvernement canadien, déclare-t-il au journaliste Cédilot, il
faudra un jour ou l'autre raffiner les lois, surtout celles
permettant de saisir les biens achetés avec de l'argent sale, si on
veut combattre efficacement le crime organisé. (André Cédilot --
La Presse du 4 avril 2000)
Me Dionne va cependant beaucoup plus loin
: «Quand les libertés de la collectivité sont menacées, l'article
premier de la Charte (canadienne des droits et libertés) permet
d'adopter des règles de droit qui limitent les libertés
individuelles». Le journaliste souligne que les spécialistes en la
matière ne parlent plus de lutte mais de «guerre» contre le crime
organisé.
Selon
Casamayor, la guerre, c'est le mal dans toute son horreur. (Louis
Casamayor --
La Police --
Gallimard) Il dit que les gens qui la font croient que la drogue et
autres actes criminels sont des maux pire que la guerre. Pour ces
gens, le mal ne peut être domestiqué ou anéanti que par la guerre.
«Ils oublient que la guerre donne à tous les autres maux l'occasion
de se développer. Je parle ici des atteintes aux droits et
libertés», précise-t-il.
La police, soulignons-le, se préoccupe
peu de ces dommages "collatéraux". En
outre, en
quête permanente de pouvoirs, elle constitue un puissant groupe
d'influence. (Suite
demain)
■ Ce
n'est pas parce qu'on verra moins de policiers en uniforme dans la
rue qu'on sera en danger
- (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Milieu
de février 2002, le bilan se précise. Suivant les données alors
disponibles, la Sûreté du Québec devrait hériter des corps de
police de 42 municipalités et de leurs effectifs constitués de 881
policiers et quelque 260 civils, au total 1 141. (André Cédilot --
La Presse du 15 février 2002)
Le dg de la Sûreté du Québec,
Florent Gagné : «Il
faut que les gens comprennent qu'on s'éloigne de la police
municipale. On refait la police sur une base plus régionale»,
explique-t-il. (...) La
façon moderne de faire de la police, ça ne se résume pas à avoir
plus de policiers dans les rues. Ce n'est pas parce qu'on en voit
plus qu'on est plus en sécurité. D'un autre côté, on n'est pas
plus en danger si on n'en voit pas.»
Traduisons la langue de bois du dg. Même si on n'en voit pas, on est
quand même en sécurité à cause de la présence massive des civils
et de leurs nombreux collabos dont des commerçants, que les citoyens
enrichissent de leurs achats. De
plus, il affirme qu'après la réforme, il ne restera plus que 55
services de police municipaux. «L'idéal
serait qu'il en reste seulement une quinzaine
(hic) d'ici
trois ans»,
dit-il.
Là, les intentions du dg sont énoncées clairement.
Qu'adviendra-t-il de ceux qui subsisteront alors? On l'imagine sans
peine : encore quelques années et il n'en restera plus aucun,
si l'on fait exception des grands corps policiers municipaux de l'île
de Montréal, de Laval, de Longueuil et de la Ville de Québec. Le
principe d'une bouchée à la fois s'applique ici. Sauf que cette
fois, la bouchée est particulièrement grosse.
Le dg réfute de plus
les affirmations de Prud'Homme de la FPMQ voulant que les effectifs
de la Sûreté du Québec soient devenus trop élevés par rapport
aux autres corps. D'après les chiffres du dg Gagné, le partage est
à peu près égal entre la Sûreté du Québec (4 623), la police de
l'île de Montréal (4 157) et les autres municipalités (4 099).
Éclairants, les propos du dg. Ce mois de février-là, alors que la
réforme est à toutes fins utiles pratiquement complétée, il avoue
finalement que «l'idéal
serait qu'il en reste seulement une quinzaine (de
corps policiers municipaux) d'ici
trois ans».
Élus municipaux et citoyens, enfin ceux s'intéressant à la chose,
auraient probablement souhaité en être informés dès le début.
Possible que leur réaction auraient été toute autre. Gagné -- et
son patron, le ministre péquiste de la Sécurité publique Serge Ménard
-- leur a caché cette information, ne la sortant de sa manche qu'à
la toute fin.
Faudrait interroger sérieusement tous les chiffres du
dg, car possible que, là aussi, il ne dévoile pas tout, attende un
moment plus propice où il sera impossible de faire marche arrière.
L'équivalent d'une cage à homard, car une fois entré, impossible
d'en sortir. Interroger aussi les coûts de 90M$, car peut-être bien
que là également il ne dise pas la vérité, toute la vérité...
Du reste, l'éditorialiste Pierre Gravel de La Presse craint que les
gains de la Sûreté du Québec en matière d'effectifs soient plus
importants à la fin de l'opération. (Pierre Gravel --
La Presse du 17 février 2002) Dans un édito publié deux jours
après la déclaration du dg Gagné, il suggère au nouveau ministre
péquiste de la Sécurité publique, Normand Jutras, «(...) de
mettre un peu la pédale douce dans le programme de réorganisation
(...).
Celle-ci comporte d'incontestables effets bénéfiques, des dangers
aussi.
«Ce qui n'était pas prévu, c'est qu'autant de
municipalités de taille moyenne optent pour cette formule. (...)
des
villes comme Sorel-Tracy, Alma, Victoriaville, Drummondville,
voudraient aller dans ce sens, ce qui aura comme effet de gonfler
considérablement
(hic) les
effectifs de la Sûreté du Québec. En plus de lui donner évidemment
une influence beaucoup plus grande à elle seule que les autres
organisations».
L'agrandissement
du territoire de la Sûreté du Québec, le préoccupe aussi...
«Compte
tenu de l'histoire récente de ce corps policier, mise en relief par
le rapport Poitras à la suite de l'affaire Matticks (NDLR :
Des policiers avaient trafiqués quatre preuves pour obtenir la
condamnation de membres de ce groupe de criminels),
et de l'influence qu'y détient le syndicat, on peut à tout le moins
se poser des questions.
«Et comprendre l'inquiétude sur cette
tendance vers la création de ce qui pourrait bien redevenir cette
espèce d'État dans l'État (...)
se
demander, comme le fait l'opposition
(le parti libéral du Québec),
s'il est vraiment essentiel qu'une ville comme Candiac ait sa propre
escouade contre des fraudes immobilières. Et si, faute de pouvoir
satisfaire des exigences aussi saugrenues, il est souhaitable et
prudent que presque tout le monde confie son sort à la Sûreté du
Québec».
(Suite
demain)
News du jeudi 11 Août 2011
■ Dette
des pays : le krach crache encore le feu
– Obama
craint que la dette européenne (et de ses pays membres) gonfle la
sienne. (NDLR : Des vautours... volent dans le ciel grisâtre à la
recherche de proies)
■ G-B-Émeutes :
le mensonge politique de David Cameron
– Le premier ministre de Grande-Bretagne (G-B) attribue les émeutes
à des voleurs et non à des citoyens subissant encore les violences
du krach financier de 2008 : vidéo
(01:37), sa déclaration d'aujourd'hui + dans une entrevue sur
lemonde.fr, Laurent Mucchielli,
sociologue français spécialisé en criminologie au Centre nationale
de recherche scientifique (CNRS), fait le lien avec celles survenues
en 2007 à Villiers-le-Bel en France.
■ Corne
d'Afrique-Famine
– Dr Augustine Mahiga, représentant spécial de l'ONU en Somalie :
L'argent arrive de partout mais ce ne sera pas suffisant pour
répondre aux besoins : vidéo
(00:53).
■ One
day on earth
– Une vidéo (02:40) à
laquelle ont participé des internautes de différents pays.
■ Une
ligne de chemin de fer pas comme les autres
– Le train circule au sommet de montagnes de l'Érythrée, pays
africain, à plus de 3 000 mètres d'altitude. Beaux paysages en bas,
courbes serrées en haut, faut ralentir. Et c'est surtout l'occasion de découvrir l'extrême pauvreté de ses habitants. Ce pays fait parti de la Corne d'Afrique où la famine est la cause actuellement de dizaines de milliers de morts et elle est loin d'être terminée : vidéo
(26:00), si l'aventure vous intéresse.
■ Corne
d'Afrique-famine : des chiffres effroyables dévoilés
aujourd'hui
– Catherine Bragg,
sous-secrétaire générale aux affaires humanitaires des
Nations-Unis : 1,2 million d'enfants ont un besoin urgent
d'aide. Des dizaines de milliers sont déjà morts et de nombreux
autres vont mourir dans les jours qui viennent si on ne leur fournit
pas de l'aide. Et nous ne sommes pas encore au pic de cette crise,
précise-t-elle. Au total, selon une autre source, plus de 12
millions de personnes sont touchées par la famine.
■ Elle
est à croquer, la vie
– Vidéo
(04:08).
■ Canada
1998 : campagne policière en faveur de
l’assouplissement de la preuve
- (Suite du tome 1 de L'Étau Policier) Le
décor étant planté, examinons comment l'idée de l'assouplissement
de la preuve s'est peu à peu imposée dans les esprits. Pour la
police, il s'agissait d'en convaincre la population via les médias.
Le reste de l'opération était un jeu d'enfant : l'élite politique
n'aurait d'autre choix que d'accéder à la demande... de la
population.
Septembre 1998 se tient à Montréal, sous l'égide de la
Gendarmerie royale du Canada (GRC), la Conférence internationale
sur le blanchiment d'argent. Le journaliste André Cédilot de La
Presse rapporte que des policiers américains et des juges
d'instruction de la Suisse qui y participaient ont souligné que les
exigences du système canadien nuisent d'une certaine façon à la
collaboration entre les deux pays. (André Cédilot --
La Presse du 22 septembre 1998)
Même son de cloche à la GRC et à
la Sûreté du Québec. Ainsi, le commissaire adjoint de ce corps policier, René
Charbonneau, qui croit qu'il y aurait lieu d'alléger l'imposant
fardeau de preuves exigé par les tribunaux canadiens : «Il faut que
le système judiciaire s'ajuste. Encore une fois, ce sont les
criminels qui en tirent avantage.»
Deux
mois plus tard, l'affaire revient sur le tapis. Elle y revient
d'ailleurs périodiquement, sous différentes formes. On veut faire
monter la pression par la peur, préparer les esprits avant la
décision et son imposition. En novembre 1998, à la suite de
l'acquittement du chef avéré des Hell's Angels, Maurice Boucher,
attribuable à la faiblesse de la preuve, Me André Vincent,
procureur chef de la Couronne à Montréal, signataire du mandat
d'arrêt qui a permis de le traduire en cour, fait le même
commentaire au journaliste. (André Cédilot --
La Presse du 28 novembre 1998)
Ce dernier écrit que pour
combattre efficacement le crime organisé, Me Vincent «convient
toutefois» qu'il faudrait peut-être renforcer certaines lois et, à
la limite, assouplir les règles de la preuve.
Comment un procureur
chef de la Couronne, par définition défenseur de la démocratie,
peut-il tenir de tels propos? Heureusement, il s'en trouve pour
refuser de chanter le même refrain, sans fausse note. La
criminaliste Danièle Roy croit au contraire que les policiers
devraient en tirer une leçon (Marie-Claude Girard --
La Presse du 28 novembre 1998)
«Retroussez-vous les manches
(...)». Elle soutient que la police dispose de beaucoup de moyens
techniques : filature, écoute électronique, agents infiltrateurs. À
elle de les utiliser. Le criminaliste Jean-Claude Hébert, pour sa
part, manifeste de la sympathie à l'endroit des policiers, certes,
mais préfère lui aussi défendre le principe de l'universalité :
«Finalement, le système est très bien fait. Il y a des crans
d'arrêt. Il est universel et s'applique à tout le monde, y compris
à Maurice Boucher.» Il croit que son acquittement incitera les
policiers à raffiner davantage leurs techniques. (Suite
demain)
■ Québec,
2002 : le
gouvernement est en train de se créer une police
d'État
- (Suite du tome 2 de L'Étau Policier) Février.
Serge Ménard quitte le ministère péquiste de la Sécurité
publique pour celui des Transports. Les largesses qu'il a exhibé aux
yeux des policiers et élus municipaux pour les convaincre d'adhérer
à la Sûreté du Québec commencent déjà à se matérialiser en...
dollars.
Son successeur à la fonction, Normand Jutras, le
réalise-t-il? Le journaliste André Cédilot de La Presse rapporte
qu'il ne réglera peut-être pas aussi facilement qu'il le croit le
vaste projet de réforme policière. (André Cédilot --
La Presse du 6 février 2002) Il cite Prud'Homme, de la Fédération
des policiers municipaux du Québec, qui, se référant, semble-t-il,
à des propos que lui a tenus le dg Gagné de la Sûreté du Québec,
estime qu'il en coûtera 90M$ par année, soit 15M$ de plus que
prévus, pour intégrer les policiers d'une cinquantaine de
municipalités.
Prud'Homme s'attend à ce que de 800 à 1 100
policiers passent à la Sûreté du Québec, dont le prochain budget
dépasserait les 550M$, contre 475 en 2000-2001. Environ 70% des
coûts serviraient à défrayer salaires et avantages sociaux.
«Désastreux,
tout simplement désastreux»,
s'exclame Prud'Homme, qui fulmine contre la tournure que prend la
réforme. Il n'en conteste pas le mérite, mais l'importance que
prend la Sûreté du Québec au détriment des autres corps de
police.
Selon lui, à la lumière de ce qui se dessine dans les
officines de ce ministère, son ex-ministre Ménard a manqué à sa
promesse de maintenir les effectifs à peu près égaux entre la
Sûreté du Québec, la police de l'île de Montréal et les autres
corps policiers municipaux. «Ça
devait être un tiers, un tiers, un tiers»,
rappelle-t-il. (...) le
gouvernement est en train de sacrifier la plus belle réforme des 30
dernières années pour se créer une police d'État
(hic)».
Son
malaise vient de ce que des villes importantes comme Sorel-Tracy,
Drummondville, St-Hyacinthe, Victoriaville et Alma souhaitent abolir
le leur au profit de la Sûreté du Québec. Il estime que celle-ci
n'a pas sa place dans ces agglomérations urbaines de taille moyenne,
si ce n'est pour effectuer les grandes enquêtes et assurer des
services de soutien spécialisés comme le SWAT (Special Weapons and
Tactics). «À
ce compte-là, c'est toute la police municipale en région qui
pourrait disparaître un jour»,
prévoit-il. D'autant plus aigri est-il que la Sûreté du Québec
continue d'offrir ses services à prix modique aux municipalités.
Le
lendemain, le journaliste Cédilot rapporte que le critique de
l'opposition libérale en matière de justice et de sécurité
publique, à l'Assemblée nationale, le député Jacques Dupuis,
n'est pas surpris de la hausse des coûts. (André Cédilot --
La Presse du 7 février 2002)
«Une
réorganisation s'impose, mais c'est clair depuis le début que ça
prendrait énormément d'argent et de ressources.
(…) C'est
sans compter les énormes frais que devront engager les municipalités
qui gardent leur police
(municipale) afin
de se conformer aux nouvelles exigences du gouvernement.
(…) C'est
bien beau d'imposer des niveaux de services pour améliorer le
travail policier, mais est-ce vraiment le type de protection que les
citoyens veulent?».
Il cite le cas de la police municipale de Candiac, qui devra
dorénavant enquêter sur les meurtres intrafamiliaux, les incendies
criminels et les fraudes immobilières, se doter aussi d'équipes
d'infiltration et de techniciens en scène de crime. «Est-ce
normal qu'une ville-dortoir, où le gros des crimes est constitué de
vols par effraction, ait à supporter un tel fardeau organisationnel
?(...)
Tous
ces services additionnels que l'on exige dans plusieurs
municipalités, ça va sûrement se répercuter sur l'impôt
foncier».
(Suite
demain)
News du mercredi 10 Août 2011
■ Corne
d'Afrique : les prix alimentaires élevés aggravent la famine
– L'ONU
l'a confirmés aujourd'hui. (NDLR : Qui identifiera et dévoilera
sur le Net le nom des spéculateurs, avec photos si possible, qui ne
pensent qu'à se remplir les poches au détriment des plus démunis
de la planète? On parle de denrées de base ici : blé, maïs,
riz, etc.)
■ Au
Bahreïn, une révolution arabe ignorée en Occident – Dans
ce petit îlot d'1,2 million d'habitants, on a brisé les barrières
de la peur, réclame dans la rue l'instauration d'une démocratie. La
monarchie d'Hamad ben Issa el-khalifa tire sur les foules : morts,
blessés, emprisonnés. Un combat inconnu à l'extérieure des
frontières : vidéo
(50:56) diffusée sur le web le 7 août, un reportage d'Aljazeera,
qui souhaite que ce carnage soit dévoilé dans le monde + carte
géo du pays.
■ Le
krach, plus acceptable politiquement que l'émeute
– Pourtant, comparée à la violence du krach de 2008, ce n'est
qu'un goûte d'eau dans l'océan. L'émeute est plus visible et
spectaculaire, des édifices flambent, rues pleines de manifestants,
dont des pilleurs de commerces, milliers de policiers partout, dont
des civils créateurs de chaos, hélicos, arrestations. Elle dure
quelques jours, et on en parle plus.
Le krach, lui, s'étale sur
plusieurs années et affecte tout le monde de la planète. Des
millions de personnes meurent notamment de faim et des milliards d'autres souffrent.
Plus silencieux et acceptable que l'émeute? Finalement, il est où
le vrai désordre? Qu'attend le pouvoir politique pour maintenir
l'ordre partout, sans... exception?
■ Les
émeutes en Grande-Bretagne ne sont pas une surprise
– L'incurie des forces de l'ordre, avec comme toile de fond la
violence du krach de 2008, toujours présente dans le quotidien de
bien des citoyens, particulièrement dans les quartiers pauvres :
chômage, réductions et coupures de services dans les budgets du
gouvernement. Le temps des inégalités. Et la mort d'un citoyen à
la peau noire, abattu par la police, qui a tout déclenchées, il
n'en faillait pas plus pour que le verre déborde : article de
Mary Riddell,
journaliste politique au Daily Telegraph, un quotidien britannique +
22
photos et un lot de 25
autres.
■ La société ne
doit pas tolérer l'arbitraire
policier -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Il
est opportun de signaler que cette déviance policière existe parce
que directeurs de corps policiers et pouvoir la tolèrent dans
l'underground policier. Éclairons davantage la scène... Me Patrick
J. Knoll, professeur à la Faculté de droit de l'Université de
Calgary, écrit, dans une annexe du Rapport de la Commission Poitras,
que les enquêteurs internes (enquêtant sur des méfaits commis par
de leurs collègues policiers) sont comme du «tapioca». (Patrick
J. Knoll --
Regard sur les affaires internes, les Perspectives internationales --
Rapport présenté à la Commission d'enquête Poitras sur des
illégalités de la Sûreté du Québec).
Ils prennent la saveur que
veut bien le chef de police -- Me Knoll cite Kerstetter. Si un chef
de police demande des enquêtes équitables, minutieuses et
impartiales, il y a de très fortes possibilités que les résultats
soient objectifs et responsables -- Me Knoll cite Perez. Si les
enquêteurs des Affaires internes perçoivent que le chef de police
préfère des enquêtes médiocres et des révélations sélectives
concernant les cas d'inconduite, c'est immanquablement ce qui se
produira -- Me Knoll cite Perez, Goldstein. Ce que Knoll écrit au
sujet des enquêtes internes, s'applique également aux enquêtes
externes.
C'est
dans l'underground policier qu'elle prend son origine et se déploie,
la désinvolture des policiers et policières de cette province à
l'égard de la loi. Il y a donc lieu d'éradiquer le totalitarisme
partout où il sort la tête. Car ces gens de la droite, si on leur
accordait tout ce qu'ils réclament, notamment l'assouplissement de
la preuve, ils transformeraient notre État de droit, déjà de droit
particulièrement étroit et autoritaire, en un État policier. De
fait, nous vivons déjà dans un Étau policier, et il sert fort.
C'est donc l'inverse qu'il faut faire : donner davantage de
démocratie et de libertés.
Toute entorse à la démocratie, surtout
par ceux-là même qui sont sensé la préserver, devrait faire
beaucoup plus que l'objet d'une réprimande de la part d'un juge.
Elle devrait être sanctionnée, et leurs auteurs démis de leurs
fonctions. Notre société ne peut se permettre de tolérer cet
arbitraire.
Volez
une enveloppe de jus instantané de 0.95¢ dans une épicerie et vous
serez arrêté, accusé, condamné, avec dossier judiciaire à la
clé. Alors que si vous êtes directeur d'un corps policier
municipal, régional -- MRC -- ou provincial, Premier ministre,
ministre, grand commis de l'État, préfet de MRC, maire ou haut
fonctionnaire d'une ville ou d'un petit village vous pouvez ordonner,
directement ou indirectement, des atteintes aux droits fondamentaux
des citoyens sans craindre les foudres de la justice.
Les biens de
consommation ont plus de valeur que ces droits. Des chiffons de
papier, ces droits? Dans de nombreux cas, oui. Surtout si on vous a
accolé l'étiquette de vitre cassée ou celle d'anticonformiste.
(Suite
demain)
■ La
Sûreté du Québec, "police
nationale" du
gouvernement indépendantiste de Lucien Bouchard
- (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Vingt-neuf
décembre 2001. À Roberval, au Saguenay-Lac-St-Jean, on se prépare
à joindre les rangs de la Sûreté du Québec. Comme en maints
autres endroits en milieu rural, ces policiers municipaux cumulent
aussi la fonction de pompier.
De toute évidence, on ne pourra plus
compter sur ces futurs recrus de la Sûreté du Québec pour
combattre les incendies, un job particulièrement salissant.
Nécessité, donc, de créer de toutes pièces, et rapidement, un
nouveau Service des incendies. À Roberval, l'opération est
orchestré par Sylvain Côté.
«Tout
est sous contrôle et les hommes sont prêts à mettre en pratique
les directives opérationnelles»,
déclare-t-il au journaliste Alexandre Gauthier, dans l'Étoile du
Lac du 29 décembre 2001. Il affirme ne pas avoir eu à rebâtir le
service d'a à z : «Les
autorités
( municipales de Roberval ) ont
vu à recruter les volontaires et les former adéquatement en vue de
cette transition.
(...)».
Trois
mois après cette déclaration, le samedi 23 mars 2002, près du
tiers du vieux et monumental couvent des Ursulines de Roberval sera
rasée par les flammes et deux personnes y perdront la vie.
(Alexandre Gauthier --
l'Étoile du Lac du 30 mars 2002) Les nouveaux pompiers volontaires
de Roberval, ne parvenant pas à le maîtriser, appelleront à l'aide
leurs collègues de Chambord, de St-Félicien et de la réserve
amérindienne de Mashteuiatsh -- ex-Pointe-Bleue. Néanmoins,
reconnaissons qu'il s'agissait d'un incendie majeur. Par la suite,
cette partie calcinée du couvent encore debout tombera sous le pic
du démolisseur. L'édifice historique porte désormais une plaie
béante.
À
Roberval, et probablement est-ce le cas partout ailleurs,
l'intégration des policiers municipaux à la Sûreté du Québec
fait l'objet d'une cérémonie particulière. Elle se tient dans la
deuxième semaine de janvier 2002. Lisons le journaliste Alexandre
Gauthier de l'Étoile du Lac. (Alexandre Gauthier --
l'Étoile du Lac du 12 janvier 2002)
«La
vingtaine de membres du 320e contingent de la Sûreté du Québec a
prêté serment lors d'une cérémonie officielle, jeudi dernier,
écrit-il.
320e contingent?
Vous savez... les anciens policiers de l'ancienne Sûreté municipale
de Roberval?
Ceux
qui ont troqué le 1e janvier dernier (2002),
l'uniforme bleu pour le vert de la Sûreté du Québec?
Ça va?»,
interroge-t-il le lecteur pour s'assurer que celui-ci a bien compris
de quoi il s'agit. (NDLR : Selon le Petit Robert, le vocable
contingent est notamment lié au service militaire, pas au service de
la police)
Parmi
les invités de marque, le directeur général (dg) de la Sûreté du
Québec, Florent Gagné, et le commandant du district
Saguenay-Lac-St-Jean, Boudreault. Le journaliste rapporte que le
maire de Roberval, Denis Lebel, a procédé à la signature d'une
entente formelle pendant que «les
nouveaux verts»
étaient au garde-à-vous. Tout s'est déroulé de façon très
protocolaire, comme seule la Sûreté du Québec en connaît le
secret, précise-t-il. Chacun lui a prêté serment d'allégeance,
écouté «l'hymne
de la Sûreté du Québec»,
serré des mains et fait des sourires aux photographes et caméraman
de télévision.
Le journaliste rappelle que la décision des élus
municipaux de passer dans ce camp résulte de l'adoption de la Loi
sur l'organisation policière qui précise notamment «le
caractère national»
de sa mission. En page couverture de l'hebdo, une grande photo
couleur montre les municipaux prêtant collectivement serment et en
surimpression, en gros caractères gras : «Oui, je le veux!»
(Suite
demain)
News du mardi 9 Août 2011
■ Tous
les citoyens sont
égaux devant
la loi, y compris
les criminels -
(Suite
tome 1 de L'Étau Policier) En
nous inspirant d'exemples bien concrets, décodons quelques discours
de la peur véhiculés par des policiers et politiciens québécois.
La démarche vise aussi à démontrer que l'arbitraire policier à
l'endroit d'un criminel avéré ou seulement soupçonné d'en être
ouvre la porte à ce même arbitraire de la police à l'encontre de
l'honnête citoyen. Il faut voir ça comme un processus en
développement continu, car la police est continuellement en quête
de pouvoirs.
Comparons la démocratie à un immense édifice à
logements. Le point de départ, la police commence par ouvrir
illégalement une porte, parce qu'un criminel avéré ou potentiel se
terre derrière. Le point d'arrivée : avec le temps, elle prend
de l'assurance, s'enhardit, finit peu à peu par ouvrir illégalement
toute les portes. Là, c'est l'espace privée d'honnêtes citoyens
qu'elle viole. Nous vivons dans une société démocratique
construite de la cave au toit de lois et règlements.
Quand la police
ne les respecte pas, elle transforme l'édifice démocratique en HLM
insalubre et inhabitable. Pourtant, son rôle est de faire respecter
la loi, pas l'enfreindre.
Au
Canada, et au Québec plus particulièrement, l'agitation policière
et politicienne porte un nom : l'assouplissement de la preuve.
Le but est de réduire les exigences de la loi afin d'obtenir plus
facilement la condamnation et l'emprisonnement de criminels.
Cependant ce modus operendi existe déjà dans l'underground
policier : c'est la police en civil et non un juge qui décide
qui sera in ou out de la société.
Il arrive aussi, et plus souvent
qu'on le pense, que des policiers posent des gestes illégaux avec la
complicité, consciente ou non, d'un juge de paix, et gagnent leur
cause devant un tribunal. Il arrive également qu'ils se fassent
prendre en flagrant délit de fabrication de preuves. L'affaire
Matticks est particulièrement édifiante sur ce plan : la liste
illustrant la délinquance policière est longue. Citons tout de même
un cas, histoire de voire de quoi exactement on parle.
En
février 1999, le juge Jean-Guy Boilard, de la Cour supérieure,
ordonne la restitution à Patrice Deneau, accusé de trafic de coke,
des 2 000 objets saisis abusivement par la police de l'île de
Montréal avec la complaisance du juge de paix Gilles Pigeon.
Inspirons-nous d'un article du journaliste Yves Boisvert de La
Presse. (Yves Boisvert --
La Presse du 27 février 1999)
Le 2 septembre 1998, la police
intercepte Deneau et trouve dans sa voiture 15 kilogrammes de coke.
Le lendemain, le policier Gérard St-Jean obtient du juge de paix
Pigeon le mandat de perquisitionner son appartement. Deux milles
documents et objets y sont par la suite saisis, dont des éléments
non spécifiés dans le mandat.
Environ quatre mois plus tard, la
police demande la prolongation du droit de les conserver plus
longtemps. Suivant la loi, elle ne peut les garder plus de trois
mois, à moins d'en obtenir l'autorisation avant son échéance, mais
le juge de paix Pigeons l'accorde les yeux fermés. Après
avoir vérifié la pertinences des documents saisis, le juge Boilard
qualifie l'opération de «partie de pêche policière» ne
justifiant pas l'émission d'un mandat. Pour en obtenir un, il faut
«plus qu'un vague soupçon, faut une probabilité raisonnable».
Pour le juge, relate le journaliste, cette perquisition était «un
subterfuge grossier, maladroit, voire un mensonge incontestable pour
pénétrer dans la résidence (de Deneau) avec l'espoir d'y trouver
des choses intéressantes». De plus, le juge Boilard déclare que,
les trois mois étant écoulés, le juge de paix Pigeon avait perdu
tout pouvoir légal pour en permettre la prolongation, il a «abdiqué
ses fonctions», est devenu «une complaisante estampille» de la
police.
«Les justiciables sont en droit d'exiger un minimum de
connaissances et de jugement de la part des juges de paix.» Il
pourfend également la police, se demande comment il se fait qu'elle
continue, malgré les rappels à l'ordre constants de la magistrature
depuis des années, à faire preuve d'«arrogance».
Fait allusion au
rapport de la Commission Poitras sur l'affaire Matticks, dénonce «la
négligence, l'incompétence ou, plus probablement, la désinvolture
des policiers de cette province à l'égard de la loi et de ceux qui
sont chargés de l'interpréter et de l'appliquer : les juges».
Dans
ce cas-ci, c'est le principe de l'universalité des droits que défend
le juge Boilard, l'un des gardiens des promesses contenues dans la
loi. Défendre les droits des criminels avérés ou présumés n'est
pas encourager la criminalité, mais protéger le principe selon
lequel tous les citoyens sont égaux devant la loi. À cause du
danger d'érosion, on ne peut permettre le développement d'une
justice à deux vitesses.
Quand la police et un juge de paix font
preuve d'arbitraire à l'endroit d'un criminel avéré ou présumé,
ils portent également atteinte à la neutralité du système
judiciaire, à sa légitimité. Il n'y a donc pas lieu de s'en
réjouir, bien au contraire, on doit s'en inquiéter, et
sérieusement. La loi a pour but d'éviter que l'édifice
démocratique devienne au taudis inhabitable. (Suite
demain)
■ Adhérer à la Sûreté du Québec est
l'équivalent de gagner le gros lot
- (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Six
décembre 2001. Cinq maires de la MRC Thérèse-de-Blainville
accusent le ministre péquiste de la Sécurité publique Serge Ménard
de les avoir leurrés : Yvan Deschênes (maire de Rosemère), Élie
Fallu (Ste-Thérèse), Pierre Gingras (Blainville), Robert Poirier
(Boisbriand) et Gilles Pelletier (Lorraine). (Jean-Paul Charbonneau
et Martin Pelchat --
La Presse du 6 décembre 2001)
Ils affirment qu'il leur a laissé
croire que le plan qu'ils préconisaient était acceptable. Puis, au
cours d'une conversation téléphonique, «le
ministre,
raconte le maire Deschênes,
a jeté à la poubelle le plan préparé par nos chefs de police et
nos directeurs généraux sans même qu'ils soient entendus».
Ces
maires, mécontents, voulaient que leur corps de police respectif
demeure en fonction et que des escouades d'enquêtes soient créées
au sein de chacun des services afin de desservir l'ensemble du
territoire.
Cela aurait coûté au total 2M$ pour les cinq
municipalités. Le plan du ministre prévoit l'abolition des services
policiers existants et la création d'une mégastructure
intermunicipale qui devra assurer, dès juin 2002, les services de
niveau 2 : enquêtes judiciaires plus poussées et autres
services de la Sûreté du Québec.
«Cette
décision va nous coûter 4M$, soit le double du montant prévu. Avec
l'exigence du ministre, en regroupant nos corps de police
(municipaux),
nous allons être obligés de donner aux policiers les mêmes
salaires et avantages. Actuellement, ils ne sont pas identiques dans
tous nos services»,
précisent les maires. D'après le ministre Ménard, la formule
proposée par ceux-ci serait «ingérable».
Une couple de jours après, le ministre met de la pression. Si les
villes récalcitrantes ne se conforment pas au plan défini par la
réforme, il tranchera au début de 2002 en décrétant probablement
la création d'un corps de police par MRC. (Jean-Paul Charbonneau --
La Presse du 8 décembre 2001) Au ministère de la Sécurité
publique, on assure que l'implantation d'une police régionale n'est
pas le prélude... à d'autres fusions de municipalités.
Suivant
différentes sources de La Presse, celles refusant de rentrer dans le
rang seraient situées dans les Basses-Laurentides, plus
particulièrement Rosemère, Blainville, Boisbriand, Lorraine et
Ste-Thérèse. Elles font parti des 105 municipalités membres de la
nouvelle Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), qui a
remplacé la Communauté urbaine de Montréal (CUM), et doivent
offrir au moins les services de niveau 2.
Ce
qui n'aident pas ces maires, doit-on souligner, c'est que leurs
policiers municipaux, et même plusieurs de leurs officiers qui ont
participé à la préparation du dossier présenté par leur
employeur, favorisent largement le plan proposé par le ministre.
Ici, on peut parler de déloyauté à l'égard de leur employeur,
cependant en insérant un bémol, parce qu'ils ont d'excellentes
raisons de souhaiter leur intégration à la Sûreté du Québec :
mieux payés, meilleur avenir, généreux plan de retraite, prestige
de l'uniforme de la Sûreté du Québec, etc. Arguments suffisamment
lourds pour faire voler en éclat loyauté et sentiment
d'appartenance.
Ils
ne sont pas les seuls à se laisser séduire par les avantages étalés
par le ministre Ménard. Le président de l'Association des
directeurs de police du Québec, directeur de la police de Laval de
son état, Jean-Pierre Gariépy, déclare en entrevue que ses membres
sont satisfaits à cent pour cent de la politique mise de l'avant par
Québec. La réorganisation policière entraînera la disparition
d'un très grand nombre de services de police municipaux,
principalement en régions rurales.
Ce mois de décembre-là, le
Québec compte 119 directeurs de police. Vingt postes seront abolis
le 1e janvier 2002 à la suite des fusions de villes, municipalités
et villages, et 35 autres suivront au cours de 2002 avec la
réorganisation policière. Là aussi, la compréhension s'impose :
les directeurs intégrés à la Sûreté du Québec deviendront de
facto lieutenants, avec tous les avantages connus. (Suite
demain)
News du lundi 8 Août 2011
■ Israël-samedi
(suite)
– Trop de subventions pour des logements en Cisjordanie
occupée et pas suffisamment dans le pays + diaporama.
■ Israël-samedi
– Plus de 250 000 citoyens ont manifesté dans des rues, contre la
semaine précédente
entre 100 000 et 150 000.
■ Le
réfugié
– Il (elle) ne fait pas que quitter son pays, sa famille aussi. Il
est souvent démuni financièrement, alors pas d'accès sur le Net ni
au téléphone. La lettre par la poste demeure son seul moyen de
communication. S'il vient d'un pays pauvre, notamment en Afrique, il
faudra de 10 à 15 jours avant d'arriver à destination et
inversement, les nouvelles des siens.
Et ce n'ait pas le seul
contexte : vidéo
(17:45), des témoignages émouvants de réfugiés et leur famille +
donnez de vos nouvelles à ceux qui vous sont chers, obtenez sur ce
site une boîte de réception où
vous pourrez communiquer avec eux : plusieurs langues sont
disponibles.
■ Bonjour
!
- Officieusement ou officiellement (?), des problèmes techniques
compliqués m'ont empêché d'alimenter le site pendant près de deux
jours. Je reprends le travail tout de suite.
News du samedi 6 Août 2011
■ L'osmose
entre citoyens fait peur au pouvoir politique et à sa police -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Les
discours de l'insécurité théâtralisent, dramatisent les rapports
sociaux, ils se renvoient les uns aux autres dans un tel jeu
d'équivocité qu'ils deviennent porteurs de l'angoisse collective,
de sa circulation à travers le corps social. (Werner Ackermann,
Renaud Dulong et Henri-Pierre Jeudy --
Imaginaires de l'Insécurité --
Librairie des Méridiens)
L'insécurité, notion équivoque et
applicable à tous les secteurs de l'activité comme à toutes les
pratiques de la vie quotidienne, est manipulable aisément. «La peur
des citoyens, argument du politique, ce n'est rien de plus qu'une
métaphore référentielle qui s'intègre au jeu circulaire du
discours de la peur. La gestion des risques, comme la victimisation
généralisable à tout le corps social, présentent les avantages de
légitimer toutes les entreprises politiques, sociales et économiques
qui s'y réfèrent. Une telle démarche apparaît comme une
idéalisation de l'organisation optimale de la société, au-delà
des tendances politiques contradictoires.»
Comment
le pouvoir politique, par le biais de sa police, en vient-il à faire
peur aux citoyens? Bonnemaison répond en citant Domenack et Montain
: «Par la disparition du projet politique. (Gilbert Bonnemaison --
La sécurité en libertés --
Éditions Syros) Quand une instance politique n'a d'autre enjeu que
de récupérer le pouvoir, quand elle n'a pas, au sens large, de
projet de société, elle use du discours de l'insécurité.»
Bonnemaison ajoute que «le discours politique de l'insécurité est
celui pour lequel le maintien de l'ordre économique et social est
une fin en soi qui justifie tous les contrôles et tous les
débordements que devrait s'interdire un État libéral au sens plein
du terme.»
Ackermann, Dulong et Jeudy nous dévoilent un autre volet
particulièrement significatif du discours de la peur. Ils affirment
que l'expression «peur des citoyens» est à double tranchant.
Certes, constatent-ils, les citoyens ont peur. Mais le pouvoir a peur
des citoyens ou plutôt peur du sens que la notion peut signifier :
les citoyens sont des personnes conscientes, autonomes, qui agissent.
«Lorsque la mentalité est étriquée il est toujours plus rassurant
pour un pouvoir politique de régner sur un peuple d'individus
frileux, barricadés et séparés les uns des autres par des systèmes
de protection plus ou moins efficaces que de devoir, sans trêve,
négocier avec des collectivités et des communautés organisées,
cherchant à transformer leur environnement.»Un
peuple d'individus frileux, barricadés, séparés les uns des
autres... Creusons encore un petit peu.
Pour Defrance, pédagogue, la
resocialisation suppose tout un tissu de relations extrêmement
complexes, de réseaux de solidarité spontanée, de possibilités de
rencontres, une participation à l'élaboration ou à l'évolution du
cadre de vie lui-même, l'engagement dans une vie associative et de
loisirs suffisamment diversifiés. (Bernard Defrance --
La violence à l'école --
Éditions Syros) Bref, une socialité dont on constate aujourd'hui
qu'elle est détruite, voire qu'elle n'a jamais pu exister.
«Et
quand cette socialité se reconstitue, explicite-t-il, tout est fait
du côté des pouvoirs pour en entraver le développement. On met
ensemble des gens de sorte qu'ils ne soient pas ensemble. Le logement
social est d'abord pensé comme un moyen privilégié d'hygiène
sociale, de normalisation des comportements, de discipline des mœurs,
selon les valeurs héritées de la bourgeoisie.»
On ne le répétera
jamais assez : l'osmose fait peur au pouvoir politique et à sa
police. Tout à coup que ces citoyens décidaient collectivement de
passer aux choses sérieuses : s'occuper enfin de leurs affaires?
Mais n'est-ce-pas exercer un droit démocratique? (Suite
demain)
■ L'inoubliable
manipulation d'el comandante Michel
Boudreault de la Sûreté du
Québec -
(Suite tome 2 de L'Étau Policier) Début
décembre 2001, au Saguenay-Lac-St-Jean, dans la MRC Domaine-du-Roy,
l'intégration des municipaux est pratiquement terminée. Le
commandant de ce district, à la Sûreté du Québec, Michel
Boudreault décrit la situation ( Alexandre Gauthier --
l'Étoile du Lac du 1e décembre 2001) : «Une
fois tout le processus complété, d'ici un mois, c'est-à-dire au
début de janvier 2002, la Sûreté du Québec desservira au moins
95% des 52 municipalités de la région.»
Dans l'Étoile du Lac, l'hebdo régional, une photo couleur occupe le
tiers de la page une : deux policiers en uniforme, dont
Boudreault, encadrent un collègue qui a enfilé pour la circonstance
une tête d'ours, mais portant l'uniforme de la Sûreté du Québec
et la casquette. Cependant, il n'affiche aucun sourire et son regard
est tristounet. C'est sérieux! La criminalité menace ce milieu
rural où il ne se passe à peu près jamais rien. C'est dans une
région peu populeuse comme celle-ci, ou dans un petit village
policier comme Lac Bouchette, que l'on saisit toute la démesure de
la prévention.
Ce
même mois, Boudreault entretient le journaliste Normand Boivin de
l'hebdo Progrès-Dimanche de la police de proximité, d'approche
communautaire. (Normand Boivin -- Progrès-Dimanche du 2 décembre
2001) Il explique que la Sûreté du Québec entend se faire mieux
connaître de la population qu'elle dessert. Il rappelle qu'à ce
corps policier le virage du concept communautaire a été pris en...
1997, mais le rapprochement ne s'est pas fait encore complètement
«dans
la tête des populations»
desservies.
«La
police de proximité suppose qu'on les implique. C'est finie
(l'époque) où
la police venait une fois de temps en temps pour régler tout seul un
problème. La prise en charge se fait maintenant en collaboration
avec le
citoyen». Il souligne que peu de gens savent que chacune des
municipalités desservies par la Sûreté du Québec dispose d'un
patrouilleur «parrain»
attitré. «Les
élus les connaissent bien et souhaitent que la formule continue.
(...)
Nous
voulons que les parrains viennent dans les municipalités expliquer
aux gens ce qu'est la police de proximité».
«C'est
finie
(l'époque) où
la police venait une fois de temps en temps pour régler tout seul un
problème»,
a bel et bien déclaré el comandante Boudreault. Il dit clairement
que lorsqu'il n'y a pas de problème, il n'y a pas de policier (en
uniforme) sur place. Il fait faussement croire que la population de
la petite ville ou village est alors sans protection aucune, d'où la
nécessité de la police communautaire, n'est-ce-pas?
Il n'a pas dit
toute la vérité, rien que la vérité... Car il sait très bien que
si la police en uniforme est absente, la police en civil et ses
collabos, eux, sont là. Il est évident que Boudreault ne peut
dévoiler cette présence dans le sous-sol de la démocratie.
Manipulation? Oui.
Le
pouvoir péquiste sait que les corps policiers municipaux n'adhèrent
pas uniformément au concept. Pour diverses raisons. En tête de
liste, la détermination varie de l'un à l'autre, la qualité des
infrastructures policière aussi et des maires ne sont pas chauds à
l'idée non plus d'y investir davantage de deniers publics. Se faire
réélire quand on a haussé les taxes municipales, ce n'est pas
évident.
Certains doivent probablement penser que la criminalité en
milieu rural n'a rien de commun avec celle d'une grande Cité, que le
service de police de la municipalité suffit amplement. En outre, les
élus municipaux sont nuls en matière policière, d'où une certaine
mollesse qui doit irriter le pouvoir péquiste. Seule une réforme
menée d'une poigne de fer par un ministre enflammé peut y parvenir.
(Suite
demain)
News du vendredi 5 Août 2011
■ USA :
Patriotic millionaires for fiscal strength
– Le monde à l’envers : des riches qui veulent payer
d'avantage de l'impôt. Pourquoi donc? Ils regrettent d'avoir accepté la baisse de l'impôt de W. Bush et par la
suite de celle de B. Obama : site
des patriotes millionnaires + lettre
(9 pages) adressée à des élus de la Chambre des représentants et
du Sénat.
Cette initiative vient s'ajouter à celle de Warren
Buffett et de Bill et Melinda Gates, il y a quelques années,
invitant les milliardaires à
verser une partie de leur fortune dans des œuvres
philanthropiques. Jusqu'à
présent une cinquantaine ont pris cet engagement : consultez la
liste.
■ Japon :
un État et ses élus qui n'ont pas su protéger la nation
- Ils ont trahi les attentes légitimes de sécurité, écrit le
monde.fr.
Cinq mois après l'accident de Fukushima, qui est loin d'être
terminé, on cherche vainement des responsables à un désastre dans
lequel se mêlent insuffisance de précaution, dissimulations,
falsifications de documents, mensonges et manipulation de l'opinion.
PS : Le Japonais YuKiya Amano, directeur général d'International Atomic
Energy Agency (IAEA), et ses
copains du lobby nucléaire n'ont pas agi avant les séisme et
tsunami du mois mars dernier. Ils devaient se dire : nous
traverserons le pont lorsque nous y serons.
Aujourd'hui, les mêmes
lobbyistes poursuivent leur beau travail, déclarant se réunir afin
de renforcer la capacité des centrales à résister face à ces
événements naturels. Il y a d'autres participants mais les
décisions sont prises ailleurs, notamment au conseil de sécurité de l'ONU. Ils le font derrière des portes
closes, sans la présence de journalistes. Cachés et cachotiers, qui
ont en plus perdu toute crédibilité. Il faut dénoncer ces gens. Le
nucléaire est avant tout une affaire de santé mondiale, surtout pas
de profits personnels.
■ Israël,
durcissement : appel à des manifs massives samedi dans
différentes villes
– Une représentante de ce rassemblement, Stav Shafir :
«Depuis le début de la révolte des tentes, il y a trois semaines,
le gouvernement ne nous écoute pas, c'est pourquoi nous devons
durcir le mouvement. Nous espérons une foule encore plus énorme que
celle qui s'est mobilisée la semaine dernière». (NDLR : Au
total entre 100 000 et 150 000 avaient alors manifestés dans
plusieurs villes)
■ Le
printemps arabe, l'été israélien
– Déclaration de Sam Lehman-Wilzig, prof à l'université de
Bar-IIan à Tel-Aviv : «Les Israéliens ont regardé leurs
voisins arabes se révolter contre leurs dirigeant. Et bien qu'Israël
ne soit pas une dictature, ils veulent prouver eux aussi qu'ils
peuvent défendre des valeurs».
■ Famine
dans le Sud de la Somalie : la plus grave crise humanitaire au
monde
– Reportage vidéo
(07:10) de François Bugingo, ex-Reporters sans frontières (RSF),
depuis la République du Burundi. Les journalistes ne peuvent plus
s'y rendre, Farah Hassan Sahal, l'un de leur collègue, a été
assassiné + article de Bugingo
+ article de RSF.
■ Guérir
quelqu'un, c'est lui apporter, avec le réconfort, ce qu'il faut pour
qu'il aille mieux
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Je
garde en mémoire la violence inouïe d'un Français d'origine
maghrébine qui, en décembre 2001, a lancé une grenade sur un
commissariat de police, à Vitry-sur-Seine. Comment en arrive-t-on à
haïr à ce point la police?
Une enquête approfondie révélerait
fort probablement que la police en civil et de ses collabos l'avaient
tellement harcelé et déstabilisé psychologiquement, au cours des
mois précédents, peut-être même pendant des années, qu'ils l'ont
enfermé dans un cul de sac, sans espoir d'en sortir, donc désespéré.
En somme, ce citoyen serait tombé dans le piège policier. En usant
lui-même de violence pour combattre la violence policière, il a
donné raison à la police. On peut probablement dire de même de
l'émeute de Strasbourg, relatée plus haut, où une cinquantaine de
voitures ont été incendiées.
Le fascisme génère la violence
qu'il dénonce. Une police destructrice de socialité, de cohésion
sociale. Et la propagande policière et politicienne est orientée de
façon à faire croire aux citoyens que les délinquants en sont les
seuls responsables. Les médias français traitent-ils des activités
clandestines de la police en civil? Le cas échéant, j'en serais
étonné, agréablement dois-je dire. Tant qu'ils se tairont, si tel
est le cas, cette violence perdurera.
Ramenons
le curé Gilbert. Bien que son témoigne remonte au début des années
1980, il reflète la réalité d'aujourd'hui. (Guy Gilbert --
Des jeunes y entrent, des fauves en sortent --
Éditions Stock, 1982) Il ne traite pas spécifiquement des jeunes
Maghrébins. Il explique que la violence découle pratiquement
toujours de l'injustice, quand ceux qui la subissent sont acculés au
désespoir. Violence anarchique, incontrôlable. Selon lui, notre
société compte trop de gens en mal de châtiments, de sentences
dures. Notre justice ne cherche pas à guérir mais semble se venger.
«Guérir quelqu'un, expose-t-il, c'est lui apporter, avec le
réconfort, ce qu'il faut pour qu'il aille mieux. Se venger, c'est
donner au condamné une occasion supplémentaire de haïr. Sa vie est
souvent faite déjà de haine profonde vis-à-vis de ses parents et
de tous ceux qui n'ont pas su l'aider ou qui l'ont laissé tomber. Le
comportement vengeur de la justice ne fera que le conforter dans sa
vision d'un monde féroce et violent.»
Le
cas français n'est pas unique. Stigmatiser seulement ce pays serait
faire preuve d'une bien courte vue. Peu importe l'endroit où l'on
jette l’œil dans ce vaste monde, pouvoir et police utilisent le
même modus operendi. À des degrés divers tout de même.
À quoi
reconnaît-on le discours de la peur? Akermann, Dulong et Jeudy
donnent une grille d'analyse. (Werner Ackermann, Renaud Dulong et
Henri-Pierre Jeudy --
Imaginaires de l'Insécurité --
Librairie des Méridiens) Résumons-la.
«Toute agitation
gouvernementale, médiatique ou politicienne» ayant pour objet
l'insécurité doit être scrutée à la loupe, seule façon de
départager ce qui procède vraiment de la volonté d'assurer la
protection des personnes et des biens de ce qui n'est que volonté de
faire de la peur des citoyens le moteur de l'action.
Par exemple,
entretenir et renouveler la peur, le tout au service de la
conservation, voir du rétablissement d'un ordre antérieur. Quand
l'insécurité est utilisée pour masquer le social en lui donnant la
peur comme motif unique, comme seul mode de relation, on se trouve
manifestement en présence d'une manipulation du politique. (Suite
demain)
■ Intégration
policière, Québec, 2001 : Ménard a déclenché une vague
d'abolition de corps municipaux
- (Suite tome 2 de L'Étau Policier) En
août 2001, le corps de police municipale de la régie de Montcalm,
dans la région de Lanaudière, est aboli, parce que ne répondant
pas aux exigences du ministre péquiste Serge Ménard. (Jean-Paul
Charbonneau --
La Presse du 11 août 2001)
Le président de la régie, Marcel Jetté,
maire de Ste-Julienne, explique à La Presse que celles-ci
nécessitaient trop d'investissements, ce qui aurait entraîné un
plus grand effort fiscal de la part du citoyen. En plus de
Ste-Julienne, ce service desservait St-Lin/Laurentides et St-Calixte,
en tout une population de 27 000.
«Lors
de la création du corps de police
(quatre ans auparavant),
relate-t-il,
les prévisions étaient qu'un jour nous allions assurer le service
sur l'ensemble de la MRC, un bassin de 42 000 personnes. Mais depuis,
la Sûreté du Québec est arrivée et a offert des services moins
coûteux aux autres maires. Aujourd'hui, on voudrait bien le garder
et servir l'ensemble de la MRC afin de répondre aux nouveaux
critères de la loi, mais le ministre ne veut pas. Nous devons donc
le dissoudre et demander à la Sûreté du Québec de venir s'occuper
de notre territoire.»
La régie croyait tellement à son projet qu'elle avait même
construit, au coût de 2,1M$, un nouveau poste de police.
Mi
octobre 2001, c'est l'heure d'un bilan partiel. Le journaliste Martin
Pelchat de La Presse fait observer que, en rehaussant les exigences
des services de base, le ministre a déclenché une vague d'abolition
de corps municipaux. (Martin Pelchat --
La Presse du 13 octobre 2001) Contre toute attente, plusieurs
municipalités de taille moyenne, comme Drummondville et
Victoriaville, ont sabordé leur service. La Régie des Riverains,
qui assure la surveillance d'un vaste territoire incluant Valleyfield
et Beauharnois, passerait à l'acte également. Au total, selon un
décompte provisoire, près d'une trentaine de corps municipaux
disparaîtraient au profit de la Sûreté du Québec, gonflant ses
effectifs de plus de 750.
Déjà,
devant «la saignée»
qui s'annonce, la Fédération des policiers municipaux du Québec a
dû expédier des avis de mises à pied à certains de ses
négociateurs syndicaux. Son président Prud'Homme craint que les
économies anticipées, argument des municipalités passant à la
Sûreté du Québec, soit plutôt attribuables à une réduction des
services ou de subventions déguisées du gouvernement de Québec.
«Je
connais les conditions de travail de nos gens et elles ne sont pas à
la hauteur de la Sûreté du Québec,
dit-il.
Où sauvent-ils tant que ça?
Qui finance ça?»
Le
journaliste Yves Charlebois de l'hebdo Photo Police ajoute au bilan
provisoire. (Yves Charlebois --
Photo Police de novembre 2001) À la MRC de Rouville, les deux corps
de policiers municipaux, soit Marieville et St-Césaire, se fonderont
à la Sûreté du Québec. À St-Hyacinthe, les 56 policiers feront
de même. C'est une «économie»
de 875 000$ pour cette dernière et ainsi que les municipalités
fusionnées de Ste-Rosalie et St-Thomas-d'Aquin, signale-t-il. Idem à
Valleyfield, où la Régie de police des Riverains sera dissoute.
Dans le comté de Vaudreuil-Soulanges, la Sûreté du Québec
s'occupera aussi de toutes les municipalités. À St-Adolphe-d'Howard
également. D'autres villes devraient aussi faire appel à ses
services : Blainville, Boisbriand, Deux-Montagnes, Lorraine,
Piedmont, Rosemère, Ste-Adèle, Ste-Anne-des-Lacs, Ste-Thérèse,
St-Eustache, St-Jovite, St-Sauveur, Mascouche, Sorel-Tracy, etc.(Suite
demain)
News du jeudi 4 Août 2011
■ Has
the arab spring arrived Israel ?
- Aljazeera se pose la question : vidéo
(24:27) diffusée
le 1er août dernier, en anglais.
■ Diversité
: desing et couleur du vélo évoluent
– Quelques exemples, pour vous donner des envies : Wai
Mun's Brompton (02:06) + Crazy
Socks's Self-Build (01:52) + Charlie's
Ugandan Courier Bike (01:43) + Chicago
Greg's Self-Build (01:52) + Neil's
Penny Farthing (01:39) + Ben's
Fluoro Bike (02:15) + Saki's
Moulton (02:39) + Muna's
Pink Dream (02:20) + Jess's
Self-build (02:22).
■ France
2005 : émeute, des milliers de voitures incendiées -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Quelques
années après ces événements, d'autres survenaient, beaucoup plus
graves encore, à la fin de 2005 et au début de l'année suivante.
Octobre 2005, à Clichy-sous-Bois, trois ados se réfugient dans le
périmètre interdit d'un transformateur électrique. (Site Web de
Linternaute du
23 janvier 2006)
Deux
meurent brûlés vifs, le troisième survit à ses blessures. Les
victimes, qui n'avaient commis aucun acte illégal et revenaient à
leur domicile après une activité sportive, auraient couru s'y
cacher afin d'échapper à un contrôle policier car ils n'avaient
pas leurs papiers d'identité sur eux.
Ce drame sera le point de
départ des émeutes des banlieues, une crise sans précédent qui
amènera le gouvernement Dominique de Villepin à décréter l'état
d'urgence, appuyé par le Président Chirac. Des milliers et des
milliers de voitures seront incendiées.
Dès
le début de la crise, Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur,
président de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) et candidat
avoué aux élections présidentielles, avait, dans une tentative de
faire passer un problème social pour un problème de sécurité,
traité les responsables des émeutes de voyous, de racailles, ce qui
avait jeté de l'huile sur le feu : par la suite, il avait nuancé
son propos.
Alors qu'il est un fait avéré que la police française
effectue régulièrement des contrôles «intempestifs».
(Marie-Joëlle Gros --
site Web du Centre des médias alternatifs du Québec, 11 novembre
2005) Surveillés, exclus, raflés, contrôlés, enfermés, parce que
pauvres, les "jeunes" des banlieues trouvent à dire leur
révolte et cherchent à être entendus. Cette implosion de violence
est l'expression d'un affrontement contre un système capitaliste qui
les marginalise. (NDLR : Signalons que Sarkozy a dévoilé que
la police communautaire faisait du renseignement, précisant que
cette activité relevait d'un autre niveau, qu'elle n'avait pas à
s'en occuper)
La
France droitière et extrême droitière est à l'origine d'une bonne
partie de la violence sévissant dans les cités de HLM. On dit que
la police -- en uniforme -- n'ose plus y patrouiller par peur
d'agressions physiques. Mais il y a gros à parier que la police en
civil y est massivement présente et y sème la zizanie sociétale,
aidée qu'elle doit être de ses collabos.
Et que lorsque des
locataires sortent des HLM pour circuler dans des grands centres de
consommation, elle doit veiller à ce qu'ils ne s'y sentent pas bien.
Bref, vivant non seulement dans un enfer socio-économique, mais
obligés d'y rester confinés en plus, parce qu'ils sont fort
probablement éjectés partout ailleurs. (Suite
demain)
■ Québec,
1999 : le ministre Ménard attrape au vol deux événements arrivant
à point nommé -
(Suite tome 2 de L'Étau Policier) Ce
que nous savons de l'implantation de la carte policière du ministre
péquiste Serge Ménard, c'est ce qu'en ont rapporté les médias. Au
Saguenay-Lac-St-Jean, où j'habite depuis la fin de juin 1999, elle
n'a fait l'objet d'aucun débat public. Compréhensible :
comment débattre d'une question quand on en ignore les enjeux
véritables?
Dans cette région, la réforme Ménard s'enclenche
vraiment quand le ministre décrète, au début de 2001, ainsi que le
rapporte l'Étoile du Lac, un hebdo régional, que des villes comme
Roberval, St-Félicien et Dolbeau-Mistassini ne disposent pas d'un
bassin de population suffisant pour garder leur corps de police
municipale, que la Sûreté du Québec devra prendre le relais.
(l'Étoile du Lac du 21 janvier 2001)
Coïncidence,
ce même mois de janvier, six policiers de Granby et du Canton font
l'objet de... menaces de mort. (Presse canadienne --
La Presse du 22 janvier 2001) Le ministre Ménard attrape l'événement
au vol, soutient se sentir «réconforté»
dans sa volonté de réaliser la refonte de la carte policière.
«C'est
l'exemple d'un corps de police local qui n'est pas capable
d'affronter la menace du crime organisé»,
déclare-t-il : d'après la Presse canadienne, ses effectifs à
la suite de la réforme passeraient de 50 à 85. Le ministre se garde
bien de parler des escouades régionales mixtes contre le crime
organisé alors implantées partout au Québec.
Il saisit aussi
l'occasion pour rappeler la nécessité d'une loi fédérale antigang
plus musclée, «le
plus vite possible»,
pour donner plus de pouvoirs aux policiers. «Il
faut une véritable loi antigang qui fasse un crime du seul fait
d'appartenir à un gang.»
Ménard préconise l'utilisation de la clause dérogatoire de la
Charte canadienne des droits et libertés, mais le gouvernement
fédéral s'y refusera.
Deux jours après, le responsable de
l'Association des directeurs de police du Québec (ADPQ), Lorrain
Audy, endosse ses propos. (Jean-Paul Charbonneau --
La Presse du 24 janvier 2001) Pour lutter efficacement contre le
crime organisé, il faut trois ingrédients : la mise en place de la
carte policière (la régionalisation), le maintien des escouades
régionales mixtes (contre le crime organisé) et une véritable loi
antigang. «La
carte policière va conduire à des regroupements de corps policiers,
ce qui va permettre d'augmenter leurs ressources humaines et une
meilleure transmission des renseignements criminels
(...)».
Audy, souligne le journaliste Jean-Paul Charbonneau de La
Presse, est un ex-sous-ministre associé au ministère québécois de
la... Sécurité publique et ex-membre de l'état-major de la police
de l'île de Montréal.
Un autre événement survient, un mois et
demi plus tard : menaces de mort rapportées le 22 janvier 2001,
et cet autre, le 5 mars. Deux policiers de l'escouade mixte de la
Sûreté du Québec suivent une voiture occupée par deux Evil Ones,
groupe affilié aux Hell's Angels. (Marie Allard --
La Presse du 5 mars 2001) Sur la route 116, à la hauteur de
Ste-Madeleine, une auto surgit derrière eux, et l'homme au volant «a
tenté de les faire sortir de la route en utilisant différentes
manoeuvres dangereuses».
Les policiers appellent aussitôt du renfort et les deux Evil Ones
sont arrêtés.
Difficile de croire que ces deux policiers faisaient
de la filature à bord d'une auto-patrouille de la Sûreté du
Québec, une activité qui est par définition discrète. Et que les
deux Evil Ones se seraient attaqués délibérément à une
auto-patrouille. Donc, il s'agissait fort probablement d'un véhicule
banalisé. Ordinairement, quand la police se déplace à bord d'un
véhicule n'arborant pas ses couleurs, elle ne porte pas l'uniforme
non plus.
Ce conducteur était-il sur les lieux pour assurer la
protection de ses comparses, a-t-il pensé que la voiture qui suivait
ceux-ci était occupée par des membres d'un gang criminel adverse?
Questions sans réponses, car on ne sait pas ce qu'il est advenu des
deux gangsters. Ça n'enlève pas au geste sa nature criminelle, mais
s'il l'ignorait, il reste qu'on ne peut plus parler d'une attaque
visant spécifiquement deux policiers.
Le
ministre Ménard n'en tire pas moins profit, là encore, pour faire
la promotion d'une véritable loi antigang, impliquant le recours à
la clause dérogatoire de la Charte fédérale des droits et
libertés. Parlant des motards, il déclare qu'«ils
n'ont aucune discipline, et plusieurs sont prêts à prendre des
risques inédits jusqu'à maintenant, dans le but de se signaler à
l'attention des chefs des organisations. C'est très inquiétant»,
s'alarme-t-il.
Le contexte politique prévalant alors à Ottawa vaut
d'être rappeler : octobre-novembre 2000, élections générales
au Canada desquelles les libéraux de Jean Chrétien sortent
vainqueurs. Anne McLellan retrouve son poste de ministre de la
Justice et, en avril 2001, dépose son projet de loi antigang C-24.
Constatons qu'il est des événements arrivant à point nommé.
(Suite
demain)
News du mercredi 3 Août 2011
■ Corne
d'Afrique : carte géo interactive sur l'importance de la famine
– Utilisez votre curseur et cliquez sur les pays colorés.
■ Aujourd'hui,
début du procès de l'ex-président de l’Égypte Hosni Moubarak
– Il est atteint d'un cancer à la prostate et refuse de se
nourrir. Lui et ses deux fils sont accusés de 850 meurtres commis
pendant la révolte de la population et de corruption : vidéo
(01:31) + article.
■ Zebda :
un
pays (France) qui veut être le gendarme et c'est nous les voleurs
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Amenons
à la barre des témoins inusités, des Arabes : les musiciens
du groupe français Zebda, constitué des deux frères Amokrane, de
Cabero, Cherfi, Sanchez, Saurin et de Sauvage. Traitant de leur
dernier CD, le journaliste Alexandre Vigneault de La Presse écrit,
en août 2002. (Alexandre Vigneault --
La Presse du 24 août 2002)
«Plus qu'une aventure artistique, plus
qu'un groupuscule politique, Zebda est ce que la colère a fait de
meilleur depuis des lustres sur la scène française. (…) ressouder
la fracture sociale, (…) programme politico poétique décliné en
13 chansons savoureuses cousues de fil barbelé», etc. Selon Hakim
Amokrane, «(...) la chanson est un véhicule pour partager ce qu'on
a à dire».
Le
journaliste relate que, en 2001, le groupe a parrainé une liste de
candidats aux élections municipales de Toulouse --
la Liste Motivé-e-s, d'après le titre d'une de leur chansons-choc.
En avril 2002, ce fut le coup de masse des législatives, alors que
les Français avaient le choix entre la droite de Chirac et l'extrême
droite de Le Pen. Le coup a été dur pour Zebda, qui a vertement
critiqué Chirac en échantillonnant -- dans sa chanson Le Bruit et
l'odeur -- un discours xénophobe prononcé par le future président
en 1986.
(NDLR : On l'a vue, c'est cette même année 1986 que le
Rassemblement pour la République de Jacques Chirac bat la gauche et
prend le pouvoir à l'Assemblée nationale)
Écoutons Hakim Amokrane
: «On s'est rendu compte que la France d'aujourd'hui veut bien des
jeunes issus de l'immigration, ce que nous sommes, à condition
qu'ils soient des Zidane (Zinédine Zidane, joueur étoile de
l'équipe de soccer Real Madrid) ou des Zebda. Des jeunes qui ont des
succès sportifs ou artistiques. Les jeunes de mon quartier sont
encore exclus. Quand ils cherchent un travail, ils sont triés en
fonction de leur code postal et doivent encore subir la sélection
aux portes des discothèques (...)».
Toutes
ces remontrances et cicatrices, on les retrouve dans Utopie d'occase,
à travers «la plume agile et acide» de Magid Cherfi, relate le
journaliste. Dans L'erreur est humaine, la France est dépeinte comme
un pays de flics, «le képi de la planète», «un pays qui veut
être le gendarme et c'est nous les voleurs». Sur Goota ma
différence, Sheitan, Le Paranoïaque et les autres chansons, Cherfi
décrit avec toute l'ironie, le mordant et l'immense talent qu'on lui
connaît un quotidien marqué par la xénophobie, l'ignorance et
l'exclusion. L'amertume des chroniques sociales est contrebalancée
par des musiques toujours aussi festives, où rock, funk, rap et même
samba --
J'y suis, j'y reste --
se mêlent en un tourbillon exaltant, décrit le journaliste. (Suite
demain)
■ Ménard vend à rabais les services de
la Sûreté du Québec aux municipalités -
(Suite tome 2 de L'Étau Policier) Environ
deux semaines après, le ministre péquiste Serge Ménard présente
enfin sa nouvelle carte policière. Le corps policier de l'île de
Montréal ne sera toutefois par touché par la réforme. (Jean-Paul
Charbonneau et Martin Pelchat --
La Presse du 20 décembre 2000 et des 20 et 25 février 2001)
(Document de consultation ministérielle sur l'organisation policière
au Québec --
Vers une nouvelle carte policière --
Ministère de la Sécurité publique --
Décembre 2000)
Il impose de nouveaux services de base en fonction de
l'importance de la population des agglomérations, ce qui en forcera
plusieurs à fusionner leurs corps policiers ou à recourir... à la
Sûreté du Québec. Il soumet «une
hypothèse»
où les agglomérations urbaines de moins de 30 000 habitants
seraient «réservées»
à la Sûreté du Québec et celles de plus de 50 000 aux policiers
municipaux. De fait, le ministre ne soumettra pas, il imposera, à la
fois directement et indirectement.
En outre, celles dont la
population se situe dans la médiane 30 000-50 000 auraient le choix
de recourir à la Sûreté du Québec ou créer leur propre corps de
police unifié. Ménard fait siens les arguments de l'Association des
directeurs de police du Québec (ADPQ) voulant que les regroupements
permettront une amélioration des services et une lutte plus efficace
contre... le crime organisé.
À
Rouyn-Noranda, une agglomération médiane, le ministre fait miroiter
une économie d'échelle d'1M$ ou d'1,5M$, on ne sait trop. C'est
que, en plus d'imposer des services policiers trop coûteux, donc
inabordables, il en profite pour proposer aux municipalités sa
Sûreté du Québec à un prix hors compétition : 30 cents du
100$ d'évaluation, alors qu'en milieux municipal il en coûte 35
cents et plus.
Au départ, l'entente avec chaque municipalité
acceptant de liquider son corps policier pour céder la place à la
Sûreté du Québec porte sur dix ans, elle serait par la suite
renouvelée à tous les cinq ans. Un tarif dont on peut prédire sans
se tromper qu'il ira à la hausse au cours des années qui suivront.
Les maires, croyant réaliser des économies, doivent bien s'en
douter un peu mais l'échéance est si lointaine que ça ne vaut pas
la peine d'en faire un plat tout de suite. Leurs successeurs
composeront avec la situation quand ils y seront.
En février 2001,
bâton et carotte donnent déjà des résultats. La MRC de
Vaudreuil-Soulanges est la première, officieusement en tout cas, à
se plier aux exigences du ministre. Même en fusionnant les cinq
corps de police opérant sur son territoire, elle ne peut offrir un
service aussi complet à un prix aussi bas que celui de la Sûreté
du Québec. Les membres de la MRC optent donc pour l'intégration. Ce
même mois, dans la MRC de Montcalm, le président de la Fraternité
des policiers de la Régie de police de Montcalm, Guillaume Vezeau,
la... recommande. Le reste du territoire est déjà desservi par la
Sûreté du Québec.
Les policiers municipaux, toutes municipalités
confondues, le souhaitent également car salaires, conditions de
travail et possibilités d'avancement y sont largement supérieurs.
Le ministre l'a bien compris puisqu'il ouvre les portes à ceux qui
accepteront de changer d'uniforme, et à leur directeur, le poste de
lieutenant.
La grande vente à rabais des services de la Sûreté du Québec fait
tiquer la Fédération des policiers municipaux du Québec (FPMQ) du
président Prud'Homme. (Jean-Paul Charbonneau --
La Presse du 10 avril 2001)
Ainsi, elle n'a pas aimé qu'à
Rouyn-Noranda, en Abitibi, Ménard parle d'économies d'1,5M$ aux
municipalités qui accepteraient de joindre les rangs de la Sûreté
du Québec. Autre exemple : «À
Sorel-Tracy,
selon la FPMQ,
les maraudeurs
(hic) de
la Sûreté du Québec avancent des économies d'1M$.
(...) Nous
nous sommes toujours objectés au système de rabais consenti pour
les services de la Sûreté du Québec,
déclare Prud'Homme,
parce qu'il crée une compétition déloyale et une situation injuste
pour les municipalités qui maintiennent un corps de police
municipale.»
La FPMQ recommande «que
les services de la Sûreté du Québec soient facturés à cent pour
cent des coûts et que l'État verse aux villes qui maintiennent un
corps de police
(municipal) une
contribution équivalente».
(Suite
demain)
News du mardi 2 Août 2011
■ L'Amérique
joue avec le feu
– Titre de l'émission "C
Dans L'air"
diffusée lundi 1er août. On y traite de la crise financière des
USA qui a pris fin hier avec l'adoption de l'entente négociée entre
des représentants républicains et le président Obama. Quatre
invités analysent l'événement : Philippe Dessertine, prof de
finances à l'Université Paris-X-Nanterre; Elie Cohen, économiste
et directeur de recherche au CNRS; Jean-françois Gilles, spécialiste
des marchés financiers et de la bourse; et Eric Chaney, Chef
économiste du groupe AXA : vidéo
(1h06).
■ Émission
d'aujourd'hui de "Démocraty Now" – Les
principales news internationales en anglais, du lundi au vendredi. On
y traite de sujets ignorés ou insuffisamment traités par les médias
de masse : en savoir davantage
+ ses news du jour : vidéo (59:05),
si vous avez accès à une émission précédente, cliquez sur HOME,
au sommet gauche de la page + faites un don.
■ Fin
de la crise financière aux USA
– Après la Chambre des représentants, le Sénat
a adopté également l'entente aujourd'hui. Ne manque plus que la
signature d'Obama qui, on l'imagine, procèdera avec un vif plaisir.
Ailleurs dans la monde, l'attitude républicaine porte à réfléchir.
Le bras de fer avec les démocrates vient s'ajouter au mauvais
souvenir du krach de 2008, dont ce pays est responsable. Y aura-t-il
des répercutions?
■ Vladimir
Poutine accuse les USA de parasiter l'économie mondiale avec leur
dette – Ils
vivent à crédit, au-delà de leurs moyens et font reposer une
partie de la charge de leur dette sur l'économie mondiale. Selon
lui, un défaut de paiement aurait pu ébranler l'économie russe qui
détient une part importante de dollars américains dans ses
réserves : vidéo
(01:15). (Parasite = vivre aux dépens de...)
■ Chimpanzé
humain –
Il donne le biberon à un bébé tigre : vidéo
(01:17), un lien avec l'article précédent.
■ Famine-Corne
d'Afrique : des pays aident sans dire mot sur son origine, la
spéculation des aliments de base
– Qui ne dit mot accepte que
les spéculateurs en soient en très grande partie responsables. Prix
de la tonne de blé meunier doublé en un an, idem du riz et le maïs
de 63%, entre autres conséquences. Selon Jean Ziegler,
ex-rapporteur
spécial pour le droit à l'alimentation des populations au sein du
Conseil des droits de l'homme de l'ONU, ne parler que de climat
(sécheresse) est une hypocrisie totale.
L'ONU,
qui n'en traite pas directement, fait tout de même remarquer
qu'«Au-delà de l'urgence, il faudra mettre en place des solutions
de long terme garantissant la sécurité alimentaire de la Corne de
l'Afrique. Il n'y aura pas de solution durable à la crise sans des
mesures garantissant l'autonomie alimentaire des pays de la région,
le développement de l'agriculture vivrière, l'appui au pastoralisme
et un réinvestissement massif dans l'agriculture et l'élevage de la
région».
PS :
Couper les vivres, alors que des gens n'ont rien à manger et
meurent, devrait être considéré comme un acte criminel. Nécessaire d'identifier publiquement ces spéculateurs, qui s'enrichissent et sèment des cadavres sur leur passage.
■ Des
jeunes laissés à eux mêmes, à l'avenir bloqué par le racisme -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) Tous les observateurs s'accordent
à dire que le bilan de cet urbanisme français des années 1950-60
est une véritable catastrophe. C'est là un autre visage de la
ségrégation, comme celui de l'école dans ces zones qui ne répond
guère non plus au profond désir de reconnaissance de ces jeunes
Français qui sont sans cesse renvoyés à leur origine ethnique.
Enfin, la famille est souvent déstructurée dans les zones dites
«sensibles», l'autorité parentale y est totalement brisée et les
enfants en quête de reconnaissance ont tendance à aller ailleurs
pour avoir de l'espace. Cet ailleurs, c'est celui de la bande, du
gang, de la délinquance, quand ça n'a pas été, dans certains cas,
«celui du camp d'entraînement en Afghanistan», ajoute le
journaliste Toupin. (Gilles Toupin --
La Presse du 16 mars 2002)
L'éditorialiste
Mario Roy de La Presse fait le constat, ce même mois de mars 2002,
que, en France, la délinquance a atteint en 2001 un sommet
historique, la hausse du nombre des crimes violents, 10% de plus
qu'en 2000, étant la plus importante. (Mario Roy --
La Presse du 25 mars 2002) «Plus de 800 quartiers sont
désormais hors la loi».
Selon lui, bien des pays ont fait
l'erreur de planter les logements sociaux dans des no man's land
invivables. Mais la France l'a fait avec une ardeur à la mesure de
sa formidable bureaucratie. Un million de ces 3,7 millions de
logements, devenus des camps retranchés, devront être démolis et
remplacés --
une tâche herculéenne qui, pour l'instant, progresse à pas de
tortue.»
Sans
nier l'existence d'un problème majeur, je m'interroge sur la
fiabilité des statistiques sur la criminalité que l'éditorialiste
cite dans son papier. J'ignore où il les a puisées. Elles sont fort
probablement d'origine gouvernementale, même si elles émanent
d'articles de la presse française. Tous les journalistes rapportent
des statistiques fournies par l'État et sa police.
Aucun média ne
dispose des moyens nécessaires au recensement des actes criminels
commis annuellement sur le territoire d'un pays ou à la vérification
des statistiques policières et gouvernementales. De fait,
seules les statistiques juridiques sont valables. Pouvoir et police
sont passés maîtres dans l'art de gonfler l'importance de
situations sociales pour justifier des interventions plus musclées.
(Suite demain)
■ Québec,
année 2000 : trois réformes majeures simultanément, que cela
plaise ou pas -
(Suite tome 2 de L'Étau Policier) Alors que la réforme policière
s'en vient au pas de charge, une autre prend son élan. En décembre
2000, après avoir suspendu les règles de procédure et imposé le
bâillon à l'opposition, le gouvernement péquiste de Lucien
Bouchard adopte la loi 170 créant les nouvelles villes de Montréal,
Longueuil, Hull-Gatineau, Québec et Lévis. On fusionnera, que cela
plaise ou non.
En tout, une soixantaine de municipalités seront
groupées en cinq grandes agglomérations urbaines. (Martin Pelchat
--
La Presse des 20 et 23 décembre 2000) Et on ne s'arrêtera pas là,
se promet le premier ministre Bouchard : «On
va le faire dans la région de Sherbrooke, de Trois-Rivières, du
Saguenay-Lac-St-Jean, le Bas-du-Fleuve. Il faut faire l'opération
partout. On a 1 400 municipalités au Québec.»
En outre, Québec n'entend pas faire la sourde oreille à celles qui
n'y seront pas obligées. L'opération sera menée rondement par la
ministre péquiste des Affaires municipales, Louise Harel, qui l'a
dit clairement : «les
municipalités sont les créatures du gouvernement.»
Prud'homme, président de la Fédération des policiers municipaux du
Québec, doit être content d'entendre ces propos. (Martin Pelchat -
La Presse du 9 décembre 1999)
Simultanément,
ce même mois, une troisième réforme est annoncée :
l'implantation à la grandeur du Québec du concept de la police
communautaire. Le journaliste Jean-Paul Charbonneau de La Presse
assiste, à Laval, à la présentation du document Vers une police
communautaire, publié par le ministère péquiste de la Sécurité
publique. (Jean-Paul Charbonneau --
La Presse du 8 décembre 2000) On y indique que le moment (fusions
municipales et policières) est particulièrement opportun, pour les
corps policiers (municipaux) qui ne l'ont pas encore fait,
d'entreprendre le virage proposé.
«En
effet,
est-il précisé,
la réforme des services policiers, qui s'amorcera sous peu,
entraînera une réorganisation de leurs activités. Les autorités
policière doivent donc saisir cette occasion pour procéder à la
réforme de leurs organisations, avec l'objectif d'implanter
résolument (hic)
les
principes de l'approche communautaire.»
Notons
que les Bouchard, Ménard, Larose, Prud'Homme, Simoneau et Gariépy,
pour ne nommer qu'eux, se gardent bien de préciser que dans un
Québec quadrillé mur à mur par les flics en civil, appuyés
tactiquement par leurs collabos, sans omettre agents et agentes de la
sécurité privée en civil sévissant en milieu de travail et dans
les centres commerciaux, la télésurveillance et les mégabanques
informatisées, le gouvernement péquiste, et ceux qui lui
succèderont, pourra tout à loisir affiner davantage la momification
de tous les Québécois.
Du reste, tous vivent déjà sous l’œil
suspicieux de Big Brother et Big Sister, et de leurs petits frères
et petites sœurs, les collabos. Mais en serrant davantage l'étau,
qu'ils s'approchent davantage de l'État policier, peu leur importe,
à ces élus et présidents-policiers. Le gouvernement Bouchard veut
laver et essorer la société civile et est disposé à concéder à
ces derniers ce qu'ils veulent, en autant qu'ils poursuivent, avec
une efficacité accrue, le travail clandestin qu'il attend d'eux.
(Suite demain)
News du lundi 1 Août 2011
■ La
NASA prévoit qu'en 2013 une immense tempête solaire fera beaucoup
de dégât sur terre
– Si les gouvernements ne prennent des mesures dans les mois qui
viendront, les scientifiques américains annoncent des dégâts
irréversibles et la paralysie de l'ensemble de tous les systèmes
fonctionnant à partir de l'informatique, notamment : articles
en français
et anglais
+ cette info est introuvable sur le site
de la NASA.
■ USA :
la pseudo crise financière est réglée
– Démocrates et républicains ont reconnu qu'un défaut de
paiement aurait un effet dévastateur, pas seulement dans leur pays,
partout dans le monde. Il était évident qu'aucun parti politique ne
pouvait assumer une responsabilité aussi lourde de conséquences.
Selon l'entente
intervenue cette nuit, le déficit accumulé sera réduit et il n'y
aura aucune hausse d'impôt. Ne reste plus que son adoption par la
Chambre des représentants, de qui relève les questions budgétaires,
et où les républicains détiennent la majorité :
vidéo
(01:05).
■ France :
les bavures
policières ne
font qu'exacerber les tensions
dans les banlieues
explosives
- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) À
la lumière d'articles publiés dans La Presse, examinons rapidement
les racines à l'origine de l'insécurité dénoncée par Chirac. Je
précise n'avoir pas enquêté en France. J'admets aussi la
difficulté d'établir des parallèles dissemblables, l'histoire de
ce pays ne pouvant être comparée à celle du Québec. Mais, en y
regardant de plus près, cette difficulté n'est qu'apparente puisque
les méthodes policières sont les mêmes partout en Occident.
Mon
enquête de six années et demi en sol québécois ainsi que mes
multiples lectures de bouquins et d'études en la matière m'en ont
suffisamment appris pour savoir comment s'exerce la répression
clandestines et agressive de la police en civil. Pour des raisons
historiques, que j'ai relatées brièvement un peu plus haut, en
France, je le crains, la situation serait pire qu'au Québec.
D'autant qu'on y a adopté le modèle de la police communautaire...
bidon. C'est d'ailleurs pourquoi j'affirme que ce pays n'est surtout
pas un modèle à imiter. Et m'étonne que le gouvernement péquiste
de Bernard Landry, et son ministre de l'Intérieur, Serge Ménard,
ait noué des liens avec la police française.
Dans
ce pays, la police a la gâchette facile... Elle semble avoir un
penchant marqué pour les jeunes cibles. En toile de fond, quelque
quatre millions de musulmans vivant en France. (Louis-Bernard
Robitaille --
La Presse du 30 septembre 2001) D'origine maghrébine (algérienne,
marocaine, tunisienne) en immense majorité, cette population, sans
être intégrée aux «Français de souche», loin de là, n'en reste
pas moins étroitement imbriquée à la société française.
Si les
jeunes immigrés de la seconde génération forment souvent le gros
des troupes dans les banlieues explosives, ils se mélangent
également à des jeunes «Français de souche». Les jeunes «beurs»
-- d'origine maghrébine -- complètement largués des banlieues sont
aussi français que ces derniers, qui subissent la même exclusion et
pratiquent la même violence.
Banlieues
explosives? En mars 2002, le journaliste Gilles Toupin de La Presse y
a enquêté et produit une série d'articles particulièrement
éclairants. (Gilles Toupin --
La Presse du 16 mars 2002) Il y a découvert, décrit-il, une autre
France, peu connue hors de ses frontières, celle des banlieues et de
ses quartiers «sensibles» en périphérie de Paris et des grandes
villes de province. Une France tiers-mondiste où règne la violence
et l'incivilité, où toute une jeunesse, issue surtout de
l'immigration, aux prises avec des frustrations identitaires et
sociales, refuse tous les symboles de l'autorité.
Il
rapporte que «les récits tumultueux de jeunes abattus par la
police sont monnaie courante (hic) dans les journaux français».
Dans la nuit de la St-Sylvestre, deux jeunes ont été tués par la
police aux Mureaux et à Vitry-sur-Seine. Ces «bavures» ne font
qu'exacerber les tensions et mènent, comme ce fut le cas à
Strasbourg le 1e janvier 2002, à des rixes de plus en plus violentes
entre les jeunes, qui n'ont plus rien à perdre, et les policiers.
Cette nuit-là, une cinquantaine de voitures ont été incendiées
dans cette seule ville. Mais il y a pire, comme à Vitry-sur-Seine,
dans la banlieue parisienne, où le 29 décembre 2001 une grenade
d'origine yougoslave a été lancée sur un commissariat de police.
La
France, beaucoup le reconnaissent un peu tard, rapporte le
journaliste, a négligé de se donner une vraie politique
d'intégration de ses immigrants. Des années durant, les hommes
politiques des gouvernements successifs ont laissé se développer de
véritables quartiers ghettos. Parcourir cette France des banlieues,
écrit-il, c'est se buter aux mauvaises conditions de vie, à
l'exploitation sociale particulièrement intense, mais aussi à des
réflexes de xénophobie ou de racisme, d'intolérance à l'égard de
l'autre. Tout cela produit de l'exclusion.
En plus de cette misère,
de ce prolétariat à bon marché, ajoute-t-il, les banlieues ont été
construites dans la précipitation pour répondre rapidement à la
demande. Aujourd'hui, ces logements sociaux déglingués et
grotesques sont à leur tour des témoignages d'exclusion. Ils ont
été construits sans que rien n'ait été pensé autour, sans
infrastructures économiques susceptibles d'employer de la
main-d’œuvre. Les habitants sont livrés à eux-mêmes,
signale-t-il. (Suite
demain)
■ L'économie
d'échelle que les élus promettent aux
citoyens n'est pas toujours au rendez-vous -
(Suite tome 2 de L'Étau Policier) En
décembre, Prud'Homme presse le gouvernement Lucien Bouchard
d'obliger plusieurs municipalités du Québec à fusionner. (Martin
Pelchat --
La Presse du 9 décembre 1999) Pourquoi donc le président-policier
se mêle-t-il de fusions municipales? «Actuellement,
plusieurs organisations policières sont en manque de ressources,
d'équipements indispensables afin d'assurer un minimum de service à
la population, déclare-t-il.
(Martin Pelchat --
La Presse du 9 décembre 1999)
Communications
inadéquates, équipement désuet, personnel insuffisant, autant de
facteurs qui peuvent compromettre la qualité des services à la
population.
(...) Le
gouvernement Bouchard doit démontrer comme il l'a promis lors de la
dernière campagne électorale sa ferme intention de gouverner. Il
doit afficher son leadership en établissant un plande
match obligeant
(hic) les
municipalités à fusionner.»
En outre, aux maires affirmant que les salaires des policiers
municipaux rendent les fusions désavantageuses, Prud'Homme réplique
qu'il n'est pas question de profiter des regroupements pour réduire
leurs conditions de travail. Déjà,
on voit rétrécir la fameuse économie d'échelle... du ministre
Ménard. Citons un cas, parmi d'autres, où celle-ci n'était pas au
rendez-vous. Début février 2000, les municipalités de
Salaberry-de-Valleyfield et de Beauharnois du sud ouest de Montréal
se retirent de la Régie intermunicipale de police des Riverains qui
dessert cinq municipalités totalisant 50 000 citoyens, et formée en
avril 1998. (Martha Gagnon – La Presse du 1e février 2000)
Le maire de Beauharnois, Michel Quévillon, explique qu'«on
est incapable de s'entendre sur le façon d'éponger le déficit
d'1,7 million et de gérer le service de police
(...) C'est
devenu invivable».
Il affirme que le regroupement avait été réalisé selon des
estimations irréalistes. «Il
semble qu'on ait présenté des chiffres beaucoup trop bas pour
réussir à vendre une régie à des villes qui étaient réticentes.
Est-ce qu'il y avait un plan A et un plan B? s'interroge-t-il.Chose
certaine, on constate aujourd'hui que la régie ne peut pas
fonctionner avec un budget de 6 millions. Il faut 8 millions et plus.
(...)
Beauharnois
devait économiser 250 000$ avec le regroupement, mais ce n'est plus
possible avec le déficit. Nous nous retrouvons avec un service
moindre, qui coûte aussi cher et sur lequel nous n'avons pas de
contrôle».
Juillet
2000, le vice-président de l'Association des directeurs de police du
Québec ( ADPQ ), Jean-Pierre Gariépy, intervient, propose de
réduire le nombre de corps policiers à quelques dizaines. (Martin
Pelchat - La Presse du 19 juillet 2000) «On
est passé de 185 services en 1991 à 135. Mais là, ça prend un
coup de barre, un virage pour repositionner les organisations
policières. (...)
Je
ne dis pas qu'on va freiner les coûts, mais on va freiner
l'augmentation des coûts.»
Toutefois, l'Union des municipalités du Québec (UMQ) ne déborde
pas d'enthousiasme. Ainsi Jacques Brisebois, maire de Mont-Laurier et
responsable du dossier de la sécurité publique au sein du conseil
d'administration de l'UMQ : «On
ne peut empêcher les gens de réfléchir, mais ce sont des employés
municipaux
(allusion aux policiers favorables à la fusion des corps de police).
Ce
ne sera pas à eux de prendre des décisions mais aux élus
municipaux.»
Pour sa part, l'éditorialiste de La Presse, Pierre Gravel, relate
que, dans le passé, on a déjà failli succomber à la tentation de
confondre des concepts liés à la nature même du travail de la
police avec des notions essentiellement symboliques visant, par
exemple, à doter le Québec d'une police dite «nationale»
comme on en trouve dans tous les États souverains. (Pierre Gravel --
La Presse du 22 juillet 2000) En oubliant que la meilleure protection
contre les dangers découlant d'une organisation policière trop
puissante se situe dans un partage des pouvoirs et juridictions entre
plusieurs instances susceptibles de faire contrepoids aux appétits
démesurés de l'une ou l'autre d'entre elles.
Il ajoute qu'à la
lumière de ce qu'on pu apprendre, les années précédentes, sur la
mentalité qui prévaut au sein de la Sûreté du Québec et la nette
propension de certains de ses membres à se comporter comme s'il
s'agissait d'un État dans l'État, on est bien forcé de se dire
qu'on l'a échappé belle. L'éditorialiste souscrit à l'approche
plus prudente, d'après lui, des trois tiers : Sûreté du Québec,
police de l'île de Montréal et les corps policiers municipaux,
intermunicipaux et régionaux. (Suite
demain)
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