News du mercredi 30 Septembre 2009
■ Aujourd'hui
30 septembre, fin du mandat de l'ICANN
– Cet organisme, contrôlé par les Américains (Internet
corporation for assigned names and numbers), gère en quelque sorte
l'Internet : voir le contexte dans les news du 23
septembre 09, manchette "Protéger
la neutralité de l'Internet (suite)".
Plusieurs pays souhaitent avoir leur mot à dire dans cette gestion.
Notamment, l'Union européenne via sa commissaire Viviane Reding, qui
dit espérer que cette échéance permettra de réfléchir à "la
privatisation totale de l'ICANN
et sa responsabilité envers les autres".
■ Szasz
: «Sans
l'interdiction de la vente libre de seringues, le sida n'aurait
jamais pu se diffuser aussi rapidement» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Dans
la plupart des pays occidentaux, on n'a pas encore compris que cette
Guerre Sainte est pire que la légalisation.
Thomas
Szasz dit
que les gouvernements font la guerre à la drogue, tout
en sachant qu'ils ne la gagneront pas,
parce qu'ils aiment cette guerre et ne souhaitent pas la gagner. (Guy
Sorman -- Les vrais penseurs de notre temps -- Éditions Fayard)
Chaque
société a besoin de mener une guerre, civile
de préférence.
Pendant les années vingt, aux États-Unis, ce fut, avec la
prohibition,
une guerre contre les trafiquants d'alcool. Aujourd'hui, elle vise
les trafiquants de drogue. «Avec
les mêmes arguments, les mêmes armes, les mêmes bons et les mêmes
méchants. Et
la même inefficacité»,
précise-t-il.
Si,
à aucun moment, on ne s'interroge sur l'échec de ces politiques,
c'est parce que ces combats nous donnent l'illusion d'un héroïsme à
bon compte, sans trop de risques et avec bonne conscience,
explique-t-il. Cette
guerre inutile ne pourrait se terminer que par la légalisation,
de même que la lutte contre l'alcool s'acheva, à la veille de la
seconde guerre mondiale, par la fin de la prohibition.
«Mais
nous tenons trop à notre guerre pour la suspendre.»
Conséquence : la prolifération du sida. «Sans
l'interdiction de la vente libre de seringues, le sida n'aurait
jamais pu se diffuser aussi rapidement»,
soutient-il. (Suite demain)
■ Je
prends Raymond par surprise, lui demande ses nom et prénom -
(Suite tome 1 de L'Étau Policier) L'anecdote
suivante se déroule au Chic
resto Pop,
rue Adam. Après le repas, je m'allume une cigarette. Pas de
cendrier. Regarde autour, à une table pas trop loin, cinq clients,
dont Raymond,
en disposent de deux. M'approche, leur en pique un, disant qu'ils en
ont un de trop.
Raymond
me demande du feu. Je le connais depuis l'époque de Bouffe-Héberge.
M'est déjà arrivé d'entendre ce grand amateur de cigares, qu'il
roule lui-même,
chanter à voix basse des extraits d'opéra
ou du
grégorien
en duo avec un avocat à la retraite, passionné d'histoire et de
philosophie. Il y a plus d'une année qu'on s'est vu.
J'en
profite pour lui demander brusquement son nom, veux
le saisir sans lui laisser le temps de réfléchir.
Moi, je m'en souviens mais lui, se souvient-il encore de son faux
nom? C'est à voir. Suis là, planté
debout en face de lui, le fixant dans les yeux,
j'attends sa réponse. Pris au dépourvu, il baisse la tête, hésite,
s'agit d'hésitations, notre homme ne bégaie pas : «...Heu...
heu...».
Puis finit par articuler son nom de famille, ça vient de loin, du
fin fond de la gorge, c'est
comme craché.
Ensuite,
rereheu pour le prénom : «...RRR...
(Rodolphe? Réginald? Ça se pourrait, il a l'âge de ces prénoms)...
Raymond».
Il l'a eu, à l'arraché. Ne semble pas fière de sa performance. La
scène est drôle. Ai très envie de m'éclater de rire, fais
un gros effort pour garder ça en dedans.
Faut jamais se moquer de la police. Qu'importe, mon rire ne se
voulait pas méchant, plutôt
taquin.
Bref, des perceptions en disant aussi long que bien des aveux. (Suite
demain)
News du mardi 29 Septembre 2009
■ Sibel
Edmonds : une femme à abattre (Kill the Messenger) - Edmonds
était traductrice au FBI, USA. Un jour, elle a accusé une collègue
de couvrir des activités illégales. On l'a congédiée et avertie
de garder le silence, qu'on la surveillerait de près.
Cependant,
Edmonds considérait que l'affaire était trop importante pour se
taire. Elle s'est donc lancé dans un combat pour que la vérité
éclate au grand jour. Elle a accepté qu'une équipe de tournage la
suive dans ses démarches.
Un
documentaire fascinant sur une femme qui n'a pas froid aux yeux. Pour
bien vous situer dans le contexte, prenez connaissance d'un court
résumé,
accompagné de 5 photos. Les vidéos, traduction en français : 1
(15:53) ; 2
(18:52) et 3
(18:44). En
août 2009, sous le gouvernement Obama, le FBI
(33:24, en anglais) l'autorisait finalement à parler publiquement de
l'affaire. Attendons la suite : un livre ou un documentaire, pourquoi pas les deux?
■ France
Télécom innove : un édifice où il sera plus difficile de
se suicider – Situé Place
des... droits de l'homme, à Paris, il était en construction depuis
un certain temps mais le tollé médiatique relatif aux suicides a
incité la direction à le rendre plus sécuritaire : fenêtres qu'il
est impossible d'ouvrir, terrasses ou passerelles suspendues
inaccessibles... : lire l'article
d'europe1.fr + réactions
d'internautes.
PS
: Dessin. Ne reste plus qu'à placarder cet avis partout à l'intérieur de l'édifice : Interdiction de se suicider sous peine de licenciement.
■ Seuls
les Talibans ont presque réussi à éradiquer la drogue, mais à un
prix élevé de vies humaines -
(Suite tome 3
de L'Étau Policier) Appelons
à la barre d'autres auteurs, notamment cet expert français en
géopolitique de la drogue qu'est Labrousse.
(Alain Labrousse -- La drogue, l'argent et les armes -- Éditions
Fayard)
Il raconte qu'en 1955, le
Shah d'Iran
décida d'interdire la culture du pavot. Le
remède fut pire que le mal.
Les toxicomanes s'adressèrent au marché clandestin et la demande
fut immédiatement satisfaite par les productions afghane et
pakistanaise, qui passèrent chacune de 100 à 200 tonnes, ainsi que
turque.
Plus
grave, insiste Labrousse, ils se tournèrent massivement vers
l'héroïne, d'un usage plus discret. En outre, l'Iran devint la
proie des mafias internationales. Les trafiquants exigèrent d'être
payés en or, et les réserves de métal précieux de l'Iran
fondirent. Tirant les conclusions des effets négatifs de
l'interdiction, le Shah en autorisa de nouveau la culture en 1969,
mais sur des superficies étroitement contrôlées par l'État. Ces
mesures étaient tardives et les trafiquants, bien organisés,
étaient décidés à ne pas se laisser enlever des parts d'un marché
aussi juteux. Les toxicomanies légales et illégales continuèrent à
se développer en Iran.
Lorsque
l'ayatollah Khomeyni
renversa le Shah
et prit le pouvoir en Iran, il déclara une Guerre Sainte contre la
drogue. Le Guide Suprême, homme d'extrême droite pour qui la vie
humaine ne valait pas grand-chose, prit les grands moyens. Mille cinq
cents trafiquants (1
500 !)
furent pendus dans les années 1989-90, en l'espace de deux ans,
environ 750 par année. En outre, des
dizaines de milliers de consommateurs furent internés. On
pourrait penser que l'usage de la drogue chuta dramatiquement.
Détrompons-nous.
Labrousse
rapporte que, malgré les interdits, le fléau n'a pu être jugulé
et le pavot
fleurissait toujours.
Au début des années 1990, la production d'opium y était évaluée
entre 200
et 400 tonnes,
toutes destinées à la consommation d'un million d'héroïnomanes.
Et l'histoire s'est répétée en Turquie et dans d'autres pays. De
fait, seuls les
Talibans,
de l'Afghanistan, ont réussi, pas totalement mais presque, mais à
quel prix de vies humaines? Pas
sûr que les Sociétés civiles des pays occidentaux soient prêtes à
payer aussi chèrement cette pureté... extrême.(Suite demain)
■ Norbert : notre
homme à La Havane - (Suite tome
1 de L'Étau Policier) D'autres
vous tendent des pièges grossiers. Norbert,
mon pied à terre pendant presque un an dans l'underground policier
montréalais, voulait
que j'écrive un article sur ses voyages à Cuba.
Il semble avoir une préférence pour l'île de Castro. Aime vivre
chez l'habitante plutôt qu'à l'hôtel. M'a raconté y avoir couché
avec de ses logeuses, à La Havane. Femmes
tarifées?
Non. M'a expliqué qu'avant de prendre l'avion pour revenir au
Québec, il leur laisse des petites choses qu'il ne peut rapporter
avec lui.
Toujours
est-il qu'il veut que j'écrive un article, qu'il souhaite publier
dans un quotidien. J'en
serais le rédacteur fantôme,
lui le signataire. Je sais qui il est et lui sait que je sais et qui
je suis. Son offre me rend assez circonspect. J'avais déjà confié
au proprio du dépanneur de la rue Dorval --
nom fictif --,
collabo à tout crin de la police, que le quadrillage des rues de
Montréal par les civils devait
avoir quelque ressemblance
avec celui de La Havane. En fait-il allusion?
Quoi
qu'il en soit, je
flaire le coup monté.
Il peut m'inventer des anecdotes et peut-être ensuite m'accuser
d'être un journaliste écrivant n'importe quoi, sans vérifier ses
sources. Je décide alors de le sonder, en plaidant le faux pour
savoir le vrai. Dans le cas d'un récit de voyage à caractère
touristique, fais-je valoir, on peut arrondir un peu les coins. Il
tique aussitôt : «Ah
! comme ça, vous autres les journalistes....».
Jouant
son jeu, je qualifie son idée de lumineuse, lui précise néanmoins
qu'elle a besoin d'être enrichie... Norbert sourit comme je
ne l'en ai jamais vu auparavant, et m'encourageant à accepter sa
proposition. Un large sourire, qui a tout de celui du renard,
carnassier, on ne voit pas les crocs, on devine qu'ils sont là,
derrière les babines. Bon vendeur, ce Norbert.
Je
suggère d'éditer ensemble un bel album couleur sur la vie
socio-économique des citoyens de La Havane et... le quadrillage
des quartiers havanais par la police. Je me retiens de peine et
de misère de lui préciser... en uniforme et en civil, sans oublier
l'armée de citoyens mouchards enrégimentés dans les fameux comités
de défense de la révolution ( CDR ). Je propose qu'à cette fin,
lui et moi se rendions à La Havane.
J'ai
même trouvé un titre original pour notre album : Notre
homme à La Havane,
emprunté d'un roman d'espionnage de Graham
Green.
Le romancier y raconte l'histoire d'un vendeur
d'aspirateurs,
installé dans la capitale, et travaillant pour une puissance
étrangère. Il photographiait ses produits et les
faisaient passer pour des images de missiles.
Norbert n'a pas l'air trop emballé... Et
encore moins quand j'ajoute
que, avant de réaliser ce projet ensemble, je lui fournirai des
références à mon sujet. En contrepartie, il devra de son côté en
faire autant. Normal, n'est-ce-pas, d'exiger ce préalable.
Ç'a
été la mort du projet. Il s'est aussitôt esquivé, sous prétexte
qu'il désirait seulement «un
tout petit article».
Il ne m'en a plus parlé. Moi si! Indirectement, à deux occasions,
juste pour le taquiner un brin. Alors qu'il se dirigera vers ma
table, lui lancerai : «Tiens,
notre homme à La Havane.»
La fois suivante, il sera en compagnie de l'un de ses supérieurs,
George.
Agacé, fronçant même les sourcils, ce dernier me demandera de
répéter, m'exécuterai, percevrai une pointe de mécontentement.
(Suite demain)
News du lundi 28 Septembre 2009
■ Tordant
!!! - De quoi remonter le moral
(02:48) à bien du monde.
■ Tinariwen (les
poètes soldats) – Les musiciens sont des Touaregs,
vivant dans un secteur du Sahara : lisez ici
un bref résumé de leur rébellion au début des années 1990, près
de la frontière nigérienne.
Ils produisent de la très bonne
musique. Ils ont ajouté un instrument occidental aux leurs : la
guitare électrique, dont ils jouent avec beaucoup de brio
(03:11) : explorez la série de vidéos disponibles sur YouTube.
Donnent des concerts, notamment en France. L'occasion d'une belle
rencontre interculturelle.
■ Qui décide de la
rémunération d'un grand patron? - Les membres du conseil
d'administration. Bien que certaines pratiques seraient sur le
point de changer, il est instructif de savoir comment ça marche
encore. En France, une étude réalisée par le Centre national de
recherche scientifique (CNRS) lève le voile à ce sujet.
Dans
le reportage
(19:03) que je vous propose, on nous montre sur papier une grande
toile d'araignée. Des flèches indiquent les relations entre
différents conseils d'administration. Le maillage est à ce point
serré qu'il faut être très attentif pour suivre le cheminement de
chaque flèche d'une grande entreprise à une autre.
On
nous cite quelques exemples. En 2007, le pdg de Schneider
Electric siège au conseil de surveillance d'Axa, dont le pdg siège
à celui de Schneider Electric. En outre, le pdg d'Axa siège chez
Vivendi, inversement celui de Vivendi est vice-président d'Axa.
Résultat, on retrouve quasiment toujours les mêmes pdg dans les
conseils d'administration.
Cela veut dire que tout
ce monde se soutient : conflit d'intérêts. Si j'accepte
l'augmentation d'un pdg, je peux espérer qu'en retour il acceptera
la mienne. Si je refuse, peut-être qu'il regardera ma demande d'un
peu plus près. Cette solidarité expliquerait la flambé du salaire
des grands patrons, des bonus et parachutes dorés.
■ La prohibition de l'alcool des années
trente aux USA a été une faillite, il en est ainsi de la drogue de nos jours - (Suite tome 3 de L'Étau Policier)
Abordons la problématique
de la prohibition de la drogue... Bachmann
et Coppel,
faisant le constat que les politiques prohibitionnistes, dans la
version qui a vu le jour au cours des années trente, ont
fait faillite,
s'interrogent (Christian Bachmann et Anne Coppel -- La drogue dans
le monde, hier et aujourd'hui -- Éditions Albin Michel) :
«Si
la chasse aux drogués et aux trafiquants ne suffit plus, que faire?»
Ils croient que le premier pas est celui du renoncement
à une criminalisation systématique. D'après ces deux auteurs, il
n'est pas évident qu'il
soit encore avantageux,
pour les pays occidentaux, de prohiber les drogues.
Ils
posent cette question : Qui sont les pires ennemis des
loteries clandestines? Leur réponse : la personne annonçant à
la télévision les résultats de la loterie tenue sous l'égide de
l'État. Il en est de même des drogues, argumentent-ils :
leur banalisation ouvre un nouvel espace de contrôle. Selon
eux, on sait depuis longtemps qu'il est un lien étroit entre
la limitation de la consommation de drogues et la réduction des
activités criminelles.
Cependant, la solution la plus dangereuse, se
disent-ils d'avis, serait la libéralisation sans garde-fou.
Ils suggèrent de contrôler étroitement, et par tous les moyens
possibles, leur production, distribution et consommation. Un
contrôle à deux volets, l'un de répression et de sanction,
l'autre de cohésion et de coopération.
Pour
sa part, Cohen
relate que les conséquences sociales de la drogue en Occident sont
exactement celles qu'auraient eues une poursuite et une extension
internationale de
la prohibition antialcoolique dans les États-Unis des années
trente.
(Bernard Cohen -- Tu ne jouiras point :
Le retour des puritains -- Éditions Albin Michel) Le témoignage du
journaliste Walter Ligget
devant la Commission d'enquête fédérale sur la prohibition en
1930, rappelle Cohen, ne servira malheureusement pas d'enseignement
aux télévisions qui annoncent quasiment chaque soir des «saisies
records»
de cocaïne ou de cannabis sans
jamais se demander en quoi ces produits diabolisés seraient-ils si
dangereux dans un autre contexte social.
Qu'avait
donc dit ce journaliste? Qu'avant la prohibition, Washington comptait
trois cents
bars avec
licence, contre
sept cents bars clandestins après
; que le Kansas, pourtant proclamé officiellement «premier
État sec»
de l'Union, baignait officieusement dans
le whisky
; qu'à Boston quinze
mille personnes
vivaient uniquement des revenus assurés par le trafic de l'alcool.
«Bref,
avait-il
déclaré,
l'hypocrisie
a envahi ce pays de fond en comble».
(Suite demain)
■ Sylvain
est spécialisé dans les sujets de conversation n'intéressant
personne - (Suite tome 1 de L'Étau
Policier) Certains
civils sont carrément déroutants dans leur approche. Sylvain
appartient à cette catégorie. Un grand sec sympa, dont le dada est
la religion catho. Prétend faire du bénévolat pour les oeuvres du
cardinal
Léger.
À notre première rencontre, il m'avait donné une image de la
Ste-Vierge,
avec en prime, à l'endos, une prière : on a dû me la piquer, je
n'arrive plus à la trouver...
Sylvain est spécialisé dans les
sujets de conversation n'intéressant
personne.
Ça existe, vous savez, ce genre de spécialistes. Comme vous n'avez
pas envie d'y investir de l'énergie, et que c'est un bon gars, vous
l'écoutez, l'écoutez, attendez l'occasion de le propulser sur
une autre orbite.
Vous
démontrera longuement que ce n'est pas la terre qui tourne autours
du soleil, mais l'inverse. La grosse boule de feu graviterait
autours de notre petite toupie. Nous serions le centre de
notre système solaire. Très fort, le mec. A fait cette découverte
un après-midi, allongé sur une pelouse. Pendant plusieurs heures,
il a observé le soleil, l'a bel et bien vu tourner autours de la
terre. Passionnant !
Possède l'art d'endormir son interlocuteur
pour mieux le faire parler. Sa grande naïveté nous met tout de
suite en confiance, et fait baisser nos défenses. On se dit
que ça ne se peut pas qu'un gars aussi calé en astronomie soit
un flic. Cet homme, lors d'un interrogatoire, doit être
redoutable.
Un
jour, l'ai vu amener de force un handicapé
mental
au Comité social Centre-Sud. Souffrant aussi d'un handicap physique,
le type avait de la difficulté à se déplacer, pleurait
comme un enfant,
ne voulait pas y aller. Sylvain le tenait fermement par le bras, près
des aisselles, là
où la chaire est sensible.
C'était un peu pathétique.
Quand il m'a aperçu, son attitude a
changé, a lâché son bras, s'est
fait tout sourire,
m'a dit qu'il amenait son ami manger à la cafétéria. Quel était
l'objectif de cette sortie? Socialiser ce pauvre gars? Me suis
demandé s'il n'y avait pas des façons de faire plus pédagogiques
que
la contrainte physique.
M'a invité à dîner, avec l'air et le ton de celui sachant fort
bien qu'ayant atteint votre quota de répression policière, vous
refuserez l'invitation.
(Suite demain)
News du dimanche 27 Septembre 2009
■ Méli-mélo -
Bouffer du transgénique
; grippe porcine
; France Télécom
; musulmanes et l'homme
qui pense pour elles ; une nouvelle coupe de cheveux
s'en vient ; la peur pour vraie
; partie d'échecs
; papa attentif
; Albert M=ce2
; le dollar américain est encore utile
; La cruauté à l'encontre des animaux
; vu sur un tee-shirt
; l'avantage de l'obésité
; Jean-Louis Cravier, peintre
; photoshop transforme nos images : vidéo
(02:31) ; tour eiffel
; spectacle musical d'extraterrestres : vidéo
(03:10).
■ Le chômeur
suisse sous pression – Alors qu'on sait que la classe moyenne
de ce pays n'arrive pas à joindre les deux bouts, situation dont
j'ai déjà fait état, voilà qu'on apprend que le travailleur
licencié n'a pas de droit, que des devoirs, nous apprend "Temps
présent" (50:48), une émission récente de la Télévision
suisse romande (TSR).
On exerce sur lui de la pression pour qu'il
trouve rapidement un gagne-pain. Pression aussi sur les conseillers
de l'assurance chômage responsables de groupes d'assurés : la
performance est de mise. C'est vraiment basique. Peu de place pour
les sentiments.
Il y a des pénalités de prévues,
par contre. Cela à toujours existé, sauf qu'aujourd'hui, elles
prennent une place prépondérantes. Ne pas chercher d'emploi après
son licenciement est passible d'une coupure de l'indemnité
représentant entre 5 et 18 jours : des emplois, il y en a de moins
en moins, dit-on. Ne pas se présenter à un rendez-vous fixé par
son conseiller, de 5 à 15 jours. Refuser un emploi, de 31 à 60
jours. Quant on sait que l'indemnité représente 20 jours ouvrables
par mois... Il y a plusieurs autres aspects qui sont abordés à
cette émission.
PS : La Suisse
n'est probablement qu'un cas parmi d'autres. En faire état sur le
web peut suggérer à des médias d'autres pays d'enquêter, eux
aussi. Être en chômage en pleine crise financière et économique
est plus angoissant qu'en temps normal. Surtout chez ceux qui ont des
responsabilités familiales et...hypothécaires. En ce moment, et
pour combien de temps encore, l'espoir d'un retour rapide sur le
marché du travail est presque nul.
■ Sabotage de la
Sûreté du Québec – Dans la colonne de droite de la page
d'accueil de mon site, la vidéo traitant des suicides chez France
Télécom n'est pas alignée avec les autres, elle est à gauche au
lieu d'être centrée : lundi 28, j'ai demandé à un programmeur de centrer la vidéo. C'est un sabotage de la Sûreté du Québec,
ordonné probablement par el comandante Michel Boudreault, homme
d'extrême-droite responsable de ce corps policier dans la région où
j'habite, le Saguenay-Lac-St-Jean. Depuis que je dévoile les petits
secrets de la police en civil, j'en ai subi des centaines.
Dans
l'édifice où je demeure (125, route 155, Lac Bouchette, Québec –
Canada), je suis harcelé régulièrement par des civils déguisés
en locataires (ils occupent les appartements 7 et 5) et partagent avec moi des murs mitoyens : ils
utilisent toutes sortes de bruits pour manifester leur présence,
leur mécontentement. La Sûreté du Québec cherche à me
déstabiliser psychologiquement, se faisant, elle veux me censurer,
porter atteinte à ma liberté d'expression. Je vous tiens au
courant.
■ France
Télécom : de faux suicidés sautent du sommet d'un édifice –
Le montage vidéo est particulièrement réaliste. C'est qu'on a
piraté une intro du téléjournal de TF1. L'animatrice traite des
vrais suicides survenus au sein de cette entreprise, présente aux
téléspectateurs un reportage.
S'enchaine à la place la vidéo
truquée
(01:10) où on voit des employés de France Télécom se lancer dans
le vide devant la caméra. N'étant pas préalablement averti, on
s'étonne puis comprend vite ce qui se passe. Difficile de trouver
mieux pour illustrer ce capitalisme sans cœur.
■ Des
ados laissés à eux-mêmes, condamnés à réinventer le bouton à
quatre trous -
(Suite tome
3 de
L'Étau Policier) Ajoutons
une autre dimension, incontournable : les angoisses
métaphysiques. Besoin
d'un moteur dans la vie,
autrement le séjour dans ce monde risque d'être un peu chaotique.
Religions traditionnelles, mouvements religieux contemporains,
sciences occultes, même l'horoscope jouent un rôle dans la vie de
plusieurs. La
philosophie
cependant donne accès à une meilleure compréhension de l'univers.
Fondamentalement, le
rôle de l'humain est d'être utile à la société.
Finalement, peu importe ce à qui ou a quoi on adhère, l'important
est d'adhérer à quelque chose.
Dans
les écoles, des ados sont laissés à eux-mêmes, sans base solide,
condamnés à réinventer, s'ils en ont l'idée, le bouton à
quatre trous, pour utiliser un peu hors contexte la formulation de
l'auteur québécois Jean Larose. Par contre, on les prépare
à entrer dans le moule social, le marché du travail, etc.
Des
humains sont aussi terrifiés par la maladie grave, par la
mort. Pas chaque jour de leur vie tout de même, mais quand
cela arrive, badaboum! Pour nous, une belle mort est une mort
soudaine, de préférence durant notre sommeil, sans douleur ni
maladie, et donc totalement inattendue. C'est pourquoi il ne faut
pas trop sans faire dans la vie puisque de toute façon personne
n'en sort vivant.
Selon
Lacroix, le monde fracturé, qui est propre à la culture
occidentale, s'inscrit dans une histoire dramatique. (Michel Lacroix
-- La spiritualité totalitaire -- Éditions Plon) Car s'il est vrai
que l'homme se sent une parenté avec la réalité supérieure, il
sait aussi qu'il est en quelque manière déchu de ce monde.
C'est pourquoi nous pensons notre destin en termes de nostalgie.
Aussi la vie de l'esprit est-elle animée par un constant désir de
retrouver ce monde perdu et tout notre héritage culturel
témoigne-t-il du caractère obsédant de cette quête, écrit
Lacroix.
L'homme
occidental
sait que Dieu est inaccessible, que l'enfance est abolie dans un
passé révolu, que la finitude est inexorable, que l'imperfection
est irréparable, que la solitude est sans remède, que la vie se
déroule sur le mode du "une fois pour toutes", et qu'il
n'y a point de réincarnation. La recherche à laquelle il est
condamné se traduit par une constante inquiétude, qui est la
noblesse de notre culture, nuance-t-il.
C'est
ce sentiment d'inachèvement irrémédiable qui explique son
dynamisme créateur.
Il a besoin de créer afin de calmer sa soif d'absolu, de combler un
manque, d'apaiser une plaie inguérissable. On le voit, toute cette
question n'est pas simple.(Suite
demain)
■ Médaille d'or à Normand pour son
horrible camisole d'haltérophile - (Suite
tome 1
de L'Étau Policier) Normand
a la soixantaine athlétique, genre GI. Se prétend ex-homme
d'affaires qui aurait dilapidé son argent en passant plus de temps
dans les Caraïbes qu'à son entreprise en sol québécois. M'a
débité tout ça, à la cafétéria du Comité
social Centre-Sud.
Raconté
avoir bien connu Bébé Doc, pris de la coca,
vécu pendant deux ans avec une Dominicaine de... 13
ans
(oups! il vient de lancer ses
appâts
: serais-je un amateur de coca ou de belles ados ou
les deux?)...
Fait une pose, mine de rien, attend que je réagisse (vais-je
l'envier, lui demander des... détails
croustillants sur
sa relation chauffée à blanc avec la belle ado, ou s'il prend
encore de la coca et n'en
aurait pas sur lui,
par un heureu-z-hasard?). Je tique, mon regard planté dans le sien,
l'interroge, sur un ton un peu accusateur : «13
ans?»
Il rectifie le tir : «Elle avait l'air beaucoup plus vieille (sic)
que son âge.»
Lui
offre un café gros format, il me demande si je peux lui donner un
peu de tabac à rouler (pour vérifier s'il contient quelques
substances illicites?), lui en donne. N'ai rien à cacher, ma vie
est un grand livre ouvert. À un moment donné, Normand dit à
quelqu'un qui est derrière moi, en ricanant : «Je va (sic)
rentrer dedans avec mon bicycle».
Me retourne aussitôt et
vois le gardien de sécurité du Comité social Centre-Sud
s'esclaffer, secoué de ces petits rires sarcastiques et nerveux
typiques du subalterne trouvant bien drôle le gag de son supérieur.
Il est pratiquement plié en deux, le pauvre. Le flic fait-il
allusion à moi? Je le pense. Le gardien de sécurité a dû lui
faire une mimique quelconque. Vexant, mais on ne va pas en faire une
histoire.
Il
arrive à Normand de faire du "bénévolat"
à la cafétéria. L'y ai vu balayer et laver le plancher. Ainsi cet
après-midi où il s'est approché graduellement de l'endroit où
j'étais attablé avec un usager, balayant
de plus en plus près de nous, pour écouter notre conversation.
Un samedi soir, l'ai croisé sur St-Denis. Casquette
de rappeur
enfoncée jusqu'aux oreilles, palette en arrière, fausses
lunettes
ajustées à la vue, zip de sa gabardine bleu marin remonté au
menton.
L'ai
vu venir de loin. Il ne m'a jamais regardé. Après l'avoir croisé,
me suis retourné, il ne m'a pas vu le faire mais moi l'ai vu laisser
tomber lourdement la tête, dépité
sans doute que je l'ai reconnu.
Quelque temps après, lors de la distribution gratuite des sacs de
denrées, à la cafétéria, il tentera de renforcer sa fausse
identité de pauvre en allant en chercher. Il portera l'horrible
camisole d'haltérophile
dégageant épaules et une bonne partie du thorax. Ouach! À elle
seule, cette
performance mériterait une médaille d'or.
(Suite demain)
News du samedi 26 Septembre 2009
■ USA
: l'État du Delaware est un paradis fiscal
– Ses beaux jours achèvent, cependant, puisque le gouvernement
américain veut y interdire la fraude fiscale. La vidéo
que vous allez avoir n'est qu'un extrait du Journal de la télévision
suisse romande (TSR).
Le ton de l'animatrice est un tantinet
revanchard, comme si elle voulait démontrer que les Américains sont
mal placés pour faire la leçon à la Suisse. Elle avait peut-être
en tête l'affaire de la banque suisse UBS,
prise à la gorge par le fisc...américain. Cette vidéo, qui date
d'avril 2009, semble avoir été sortie des archives à l'occasion du
dernier G20 tenu cette semaine à Pittsburgh, aux USA. Un dessin
illustre davantage le contexte.
■ Kelly
Rowland –
When love takes over
(03:18). Avec Rowland, tout de suite et maintenant.
■ Déviants,
marginaux et exclus nous sont beaucoup plus nécessaires qu'inclus
et intégrés - (Suite tome 3 de L'Étau
Policier) La platitude de la
vie... Un grand artiste québécois, aujourd'hui décédé, semblait
partager cette opinion : Paul
Buissonneau.
Il s'en était ouvert au journaliste Raymond Bernatchez de La Presse,
qui le décrivait comme un homme brillant, érudit, à l'opposé du
clown de la télé. (Raymond Bernatchez -- La Presse du 24 octobre
1998)
Il lui racontait qu'on lui avait demandé un jour de
décrire ce qu'il faisait comme travail.
«Mais,
c'est pas facile. Parler de ce que je fais, c'est quoi ?
(...) Mon
inspiration est alimentée par tout ce qui m'entoure. Je détourne
des objets, j'ai un fun vert avec ça. C'est un peu enfantin, tu me
diras, mais c'est la seule chose qui me reste. Picasso
faisait ça. J'aime bien Picasso. Il décocrisse la réalité parce
que la réalité est plate.»
Tous
les créateurs sont à la recherche d'un ailleurs, et bien
d'autres catégories de citoyens aussi. Laborit parle de la fuite
de la réalité dans la créativité. (Henri Laborit -- L'éloge
de la fuite -- Éditions Laffont) Il en est de même de l'employé
workaholic ou du PDG investissant toutes ses énergies
et sa créativité dans son travail, au point d'en oublier de vivre
sa propre vie. Le toxicomane fuit, lui aussi, mais souvent
avec un bagage génétique et culturel plus modeste. Essayons
d'expliciter la platitude de la vie ou le mal de vivre.
Le
sociologue français Morin
nous a dit plus haut que la société n'est pas unidimensionnelle,
elle est multidimensionnelle. (Edgar Morin -- Pour sortir du
vingtième siècle -- Éditions Fernand Nathan) Cela étant, la
politique a besoin de complexité
car il est un fait reconnu qu'elle produit des idées de
plus en plus simplifiantes
pour des sociétés de plus en plus complexes.
En rationalisant, elle
simplifie, réduit
la société en une seule dimension. La
pensé unidimensionnelle conduit à des
actions mutilantes
qui charcutent, tranchent et retranchent dans le vif du tissu
social et
de la souffrance
humaine.
Il faut combattre la vision
manichéenne
divisant la société en deux, les
bons d'un
côté, les
méchants de
l'autre.
Nous avons besoin de déviants, de marginaux, d'exclus. Ils
nous sont beaucoup plus nécessaires... que
les inclus et intégrés,
précise-t-il. Ils
font évoluer la société.
(Suite demain)
■ Utiliser la flatterie suggestive pour délier des langues - (Suite tome 1
de L'Étau Policier) Casamayor
écrit que pour délier des langues, percer des secrets, le moyen qui
réussit le mieux, c'est la flatterie. (Louis Casamayor --
La
Police --
Gallimard) Il recommande la
flatterie suggestive,
celle qui laisse au flatté le soin de tirer lui-même la conclusion.
Elle
est moins voyante.
Sans
posséder cette capacité de mentir, il m'est arrivé d'obtenir tout
de même certains succès. Ainsi, dire du bien de la police à des
civils est un truc qui rate jamais la cible. Fallait
voir leur visage s'illuminer
un brin quand j'utilisais cette tactique. Attentifs, ils m'écoutaient
sans m'interrompre, parfois
la bouche légèrement entrouverte.
Sentais très bien le petit velours que ça leur procurait.
Avec
emphase, sans aller tout même jusqu'à sortir le violoncelle de
Rostropovitch, je
disais,
et le crois sincèrement, que
la police joue un rôle nécessaire dans notre société.
Ajoutais que les citoyens insatisfaits de certaines lois ne devraient
pas critiquer les policiers, ces éternels boucs émissaires, ces
mal-aimés -- là, j'avoue que j'en mettais un peu --, mais ceux qui
les avaient votées, les élus.
J'avais
assisté, un samedi soir, sur St-Laurent, à la hauteur de
Prince-Arthur, à l'arrestation d'un motocycliste. Fâché de
faire l'objet d'une enquête, il avait étoilé de son casque
protecteur le pare-brise de l'auto-patrouille. Il avait même
repoussé le policier en lui administrant un coup d'avant-bras à la
gorge, mais retenu, sans véritable intention de le blesser. Geste
gratuit, le policier ne le menaçait pas du tout.
Celui-ci
était allé dans son auto-patrouille réclamer de l'aide, puis en
était sorti. Poivre de Cayenne
aidant, en moins de deux il était jeté à terre, menotté et
installé sur la banquette arrière de l'auto-patrouille. Il
s'était passé de quoi avant mon arrivée. Le policier avait
peut-être repéré sur son ordinateur de bord des contraventions
impayées. Une remorqueuse était sur place, la plate-forme descendue
au niveau de la rue, prête à recevoir la moto.
Le
lundi suivant, je décrivais à des "amis" la technique
parfaite en tout point du policier, son professionnalisme, vantais
son courage. Je ne jouais pas au citoyen admiratif, l'étais
réellement. Il était seul, il y avait beaucoup de badauds autour,
peut-être parmi eux des copains de bar du motocycliste.
À l'écoute
attentive de mon récit, George,
le gradé de la police, n'a pu se retenir, ç'a été plus fort que
lui, il m'a
dit, laissant filtrer un peu d'amertume
: «Sais-tu que la plupart du temps les arrestations se déroulent de
cette façon? Mais on n'en parle jamais, les gens ne parlent que de
l'affaire Barnabé.»
Normand,
lui, m'a demandé d'une voix où perçait l'autorité de la loi et
l'ordre : «POUR...QUOI?
(j'avais apprécié le travail du policier)» Dans une société
démocratique, lui ai-je répondu, on ne peut tolérer la violence.
J'ai perçu un signe de tête discret, comme une approbation. J'avais
passé le test... Lui aussi. (Suite demain)
News du vendredi 25 Septembre 2009
■ Goldman Sachs
– Les dirigeants de cette banque américaine se frottent les mains
: récemment, ils ont provisionné 20 milliards de dollars pour leurs
primes. Tout repart déjà comme avant la crise financière. Regardez
comme ils sont heureux
(01:27) : plus bas dans cette page, voir dans les news de jeudi 24 septembre "Les Hautes
études commerciales fabriquent-elles des tueurs?"
■ G20 à Pittsburgh
– Comme d'habitude, G20 et G8 confondus. Le spectacle n'est pas
dans la salle des délibérations entre potes, mais dans la rue
(02:20). Les anars ou les casseurs, comme on les appelle, sont de
fait des civils, qui sont là pour provoquer les troubles. L'objectif
: justifier l'intervention musclée injustifiée de leurs collègues
en uniforme.
■ Le G20 n'a pas la
légitimité de l'ONU – Selon le président de la Confédération
suisse, Hans-Rudolf Merz,
le G20 ne dispose pas de procédures transparentes pour décider des
sanctions. Ses membres eux-mêmes ne sont pas soumis au même type
d'examen.
La Suisse préconise une égalité de traitement et une
meilleure consultation entre les non-membres du G20. Il a rappelé
qu'il y a un an, à quelques mètres du siège de l'ONU, une banque
s'effondrait et entraînait le système financier international au
bord du gouffre.
Elle a débouché sur une
sérieuse récession économique mondiale qui a accru la
vulnérabilité de nombreux pays en développement et exacerbé
chômage, pauvreté, faim et insécurité. À cela viennent s'ajouter
changement climatique, crise alimentaire, migration, pandémies,
terrorisme, prolifération des armes de destruction massive.
Globalement, ces événements ne s'arrêtent pas aux frontières
nationales. Le monde est interconnecté. La coopération
internationale est devenue vitale. L'ONU est le lieu où elle est
mise en œuvre. Cela ne doit pas être décidé au détriment
d'autres ou institutions globales comme l'ONU, conclut-il.
PS : Le G20, ou le
G8, tient ses réunions à huis-clos, delà le manque de
transparence, manifs tumultueuses, abus de pouvoir de la police,
lacrymogène, flash-ball, coups et blessures, arrestations. Et les
premiers ministres, lorsqu'ils reviennent dans leur patelin,
informent les citoyens des décisions prises en quelques phrases
monosyllabiques. Si on permettait aux journalistes d'assister aux
délibérations du G20, le compte-rendu serait sûrement différent.
Démocratie, dites-vous?
La rencontre des membres
du G20 à débuté hier jeudi, à Pittsburgh aux USA. Vous voulez
savoir ce qui se passe? Faites comme moi : dans la fenêtre de Google inscrivez ces
mots clés : G20
Pittsburgh.
■ L'alpiniste
cherche à restituer un dépaysement intime que la société est
soupçonnée avoir défait
- (Suite tome
3 de
L'Étau Policier) Au
début des années cinquante, Edmund
Hillary,
néo-zélandais, premier vainqueur de l'Everest ( 8 848 mètres ), la
déesse-Mère-des-Neiges, disait que «l'escalade
agit sur ceux la pratiquant comme une drogue noble.»
(L'Everest -- Éditions Albin Michel -- Ouvrage collectif) Selon
André
Rauch,
l'alpinisme relève de l'aventure par son cousinage avec la mort,
cette avancée difficile et périlleuse qui
génère l'intensité d'être.
(L'aventure : La passion des détours -- Éditions Autrement --
Ouvrage collectif)
Il
cite Lionel
Terray,
membre de l'équipe de Maurice
Herzog
qui a vaincu l'Annapurna, Eldorado culminant à 8 000 mètres : «Dans
ses envolées les plus folles, mon imagination n'avait jamais pu
concevoir tant de grandeur et de beauté. Que
vaut ma vie entière de platitude et médiocrité auprès de ces
heures d'action totale et de bonheur parfait.»
(Lionel Terray -- Les conquérants de l'inutile -- Éditions
Gallimard) Champion de ski alpin et guide professionnel de Chamonix,
en France, Terray
est mort
au cours d'une escalade dans le Vercors le 19 octobre 1962.
Rauch
soutient que grâce à la maîtrise des efforts consentis,
l'alpiniste atteint l'excellence. Il parle d'«une
quête appelée à restituer un dépaysement intime que la société
est soupçonnée avoir défait
(sic) », de la nostalgie de ce qui n'est plus. Du rejet de
l'existence «avec
ses vanités et ses futilités»,
du « refus
de la force inexorable des choses et de l'emprise sur soi de la
vacuité (...)
sans
lendemain qui anime ordinairement les hommes (...).
(L'alpinisme) correspond
à une expérience de souffrance et un ferme désir de s'en délivrer.
Car la vie d'avant doit maintenant
(...) s'interrompre
(sic) pour
celui qui ne supporte plus d'être captif de ses brumes et de ses
mirages inévitablement décevants.»
Qui oserait prétendre aussi qu'il est moins exaltant d'escalader à
la force de ses bras et jambes une montagne que d'arriver à son
sommet par le funiculaire?
Le
navigateur québécois Gerry
Roufs
a péri, en 1997, lors de sa participation à la course à la voile
autour du monde en solitaire, le Vendée Globe. On n'a jamais
retrouvé son corps. Tony
Bullimore,
participant à la même compétition, a
chaviré,
lui, en plein océan Austral. (Tony Bullimore -- Sauvé ! -- Éditions
Plon) Il s'est réfugié pendant près de cinq jours dans
une poche d'air exiguë sous la coque renversée de son voilier,
à 2 500 kilomètres de la côte sud-ouest de l'Australie, avant
d'être sauvé in extremis par la marine de ce pays. N'espérant plus
aucun secours, il était certain d'y laisser sa peau. Dans
son livre, il se dit prêt à recommencer
: «Des
gens vont à pied au Pôle Sud... si on supprimait tout ça, ce
serait un peu comme domestiquer l'humanité.» (Suite
demain)
■ La
policière en civil possède l'art de changer de personnalité, pas son collègue -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Au
cours de mon enquête, j'ai constaté que, habituellement, les
policiers en civil ont du mal à
passer d'un look à un autre.
Le maquilleur chargé de ce travail n'est pas vraiment un as du
déguisement. En tous cas, pas toujours. La
moustache tombante de Ronald, comme trouvaille, on avait déjà vue
mieux.
Par
contre, les policières en civil possèdent l'art de changer de
personnalité. Plus facile pour une femme qu'un homme, habituée
qu'elle est à se maquiller, à varier à l'infini la façon de se
coiffer et vêtir. Souvent
vous avez de la difficulté à reconnaître certaines d'entre elles.
Vous vous rappelez vaguement avoir déjà vu ce visage, mais où?
N'arrivez pas à vous souvenir, jusqu'au moment où le déclic se
fasse quelques minutes ou heures plus tard, parfois deux ou trois
jours, d'autres
fois jamais.
Un
après-midi, j'en
ai identifiée une qui s'était complètement transformée.
Ses cheveux frisottés tombaient en petites boucles sur son front,
perruque sans doute puisque la dernière fois que je l'avais vue,
elle
portait les cheveux plutôt courts que longs et d'une autre couleur.
Le maquillage était un peu grossier : tour des yeux au crayon noir,
paupières recouvertes de bleu, lèvres peintes d'un rose pâle. Une
tenue vestimentaire jeunes, genre
fripes bon marché,
et de différentes couleurs s'harmonisant plus ou moins, avec
un assortiment
de colliers, bracelets, plusieurs trucs noués mollement autour de la
taille et le petit sac à dos. Avec
un accoutrement pareil qui penserait que la jeune dame est une flic?
Et belle à part ça, l'aurais volontiers invitée à ma table.
(Suite
demain)
News du jeudi 24 Septembre 2009
■ Les
Hautes études commerciales (HEC) fabriquent-elles des tueurs?
- Un livre de Florence Noiville (J'ai fait HEC et je m'en excuse,
Éditions Stock),
qui nous permet d'entendre un discours qu'on n'avait encore jamais
entendu, à ce qu'il semble. Elle
met en cause la formation des élites économiques et financières.
Selon elle, les écoles de management enseignent un modèle
économique périmé. Quant elle voit ses camarades de Goldman Sachs
se frotter les mains car la banque a provisionné 20 milliards de
dollars pour leurs primes, elle ne regrette pas le titre de son
livre. Constate que tout repart déjà comme avant (la crise).
Ce
qu'elle dénonce, c'est l'esprit des business schools. Le
soubassement implicite de leur enseignement (l'avidité, c'est bien).
En finance comme en marketing, on voit où cela nous a menés,
fait-elle remarquer. Aucun enseignement de fond n'incite à
s'interroger sur les finalités de l'entreprise, le bien commun. Les
futurs dirigeants sortent de HEC sans repère éthique. Dans ces
écoles de l'argent, tout est axé sur la valeur, mais jamais sur les
valeurs. D'une grande école, selon elle, on devrait sortir grandi.
C'est
étonnant, signale-t-elle, comme presque personne ne semble faire le
lien entre cette crise et la formation de ceux qui sont aux commandes
(Le bateau coule, mais ma cabine n'est pas inondée). Souvent, ceux
qui sortent des écoles de commerce, non seulement ne sont pas utiles
au corps social, mais parfois même lui nuisent.
Elle aimerait qu'une
charte déontologique soit mise en vigueur et dont le premier
commandement serait celui des médecins : d'abord, ne pas nuire. Elle
se pose une question capitale : comment réconcilier capitalisme et
civilisation?
PS
: Le message livré dans
ce livre doit d'être diffusé partout. Les citoyens ne sont pas
responsables de la crise, mais ce sont eux qui payent la note. Le
capitalisme sauvage n'est plus acceptable.
■ Shell,
un dérivé de Hell?
- Vidéo
(02:20) découverte sur le site d'Amnesty international France.
J'y lis qu'il est temps de mettre Shell sous les flashs et les
projecteurs afin de lui rappeler ses responsabilités. On y suggère
de "Shootez le S" à Shell.
PS : $hell avant tout.
■ Barreau
du Québec : inadmissible, l'approche pénale et judiciaire à
l'encontre des itinérants
– Me Pierre Chagnon,
bâtonnier de cet organisme groupant tous les avocats de la province,
écrit dans une lettre adressée aux médias qu'en pratique,
malheureusement, la protection et l'épanouissement des personnes
sont loin d'être assurés pour tous et toutes au sein de la société
québécoise. Les personnes en situation d'itinérance vivent au
quotidien des violations de leurs droits fondamentaux, notamment leur
droit à la sûreté, à l'intégrité et à la dignité.
Dans une société aussi
riche que la nôtre, il est inadmissible, signale-t-il, que l'État
n'utilise pas tous les moyens appropriés pour répondre aux besoins
essentiels des groupes les plus vulnérables, mais qu'au contraire
les mécanisme en place ont été identifiés comme des vecteurs
d'itinérance. Les sommes qu'il dépense pour la judiciariser et
pénaliser seraient mieux investies dans des programmes qui
s'attaquent aux causes de ce phénomène.
Le Barreau du Québec
estime qu'il est urgent que soit examinée la possibilité que soient
radiés les dossiers actifs de ces personnes pour les constats
d'infractions aux règlements municipaux et aux lois provinciales.
PS
:
Dans le chapitre "Les vitres
cassées du mobilier urbain et rural" du tome 2 de L'Étau
Policier, je décris dans les détails la façon scandaleuse dont les
itinérants sont traités par la police en uniforme et en civil de la
Ville de Montréal. Au sommet gauche de la page qui s'affiche,
cliquez sur "édition" et ensuite sur "rechercher".
Une fenêtre va apparaître dans le bas de votre écran, à gauche.
Inscrivez-y le mot clé : éclopés.
■ Lors
d'une descente sur une pente sauvage et dangereuse, 7 skieurs perdent
la vie
- (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Un
mois après cette tragédie, le Suisse Silvano
Beltrametti,
22 ans, est victime d'une grave sortie de piste, au cours de la
descente de la Coupe du monde de Val d'Isère, et devient
paraplégique.
(Associated Press -- La Presse du 10 décembre 2001)
Il
a perdu le contrôle de ses ski, a perforé une bâche et un filet de
protection, avant de finir sa course dans le décor. «Le
choc
a été d'une violence inouïe
comme le confirment les radios qui montrent une fracture
nette et déplacée de la colonne vertébrale»,
précise Thierry
Maître,
médecin de l'équipe suisse de ski alpin. Après l'accident, le
descendeur français Nicolas
Burtin
déclare : «C'est
de la descente, le risque fait partie du jeu. Si
on limitait la vitesse, cela ne voudrait plus rien dire.»
Idem
du ski extrême et ses descentes folles sur des pentes déclinées
entre 30 et 45 degrés, pentes
sauvages et dangereuses,
parce que accidentées, non balisées ni damées. Janvier 2003, 7
skieurs et planchistes perdent la vie dans une avalanche, au glacier
Durant, en Colombie-Britannique, Canada. (Presse canadienne -- La
Presse du 23 janvier 2003)
Le
coroner Chuck
Purse
attribue les décès... à
l'asphyxie.
L'un des survivants, John
Seibert,
relate que les victimes ont été coincées sous une lame de neige de
3,5 mètres d'épaisseur, de 100 mètres de longueur par 30 de
largeur, qui est devenue aussi dure que du béton. «Un
accident de la nature»,
selon lui.
Pourtant, le niveau de dangerosité ce jour-là, selon
l'échelle d'évaluation internationale, était «considérable»,
se situait entre «faible»
et «extrême».
Les survivants, il y en a 14, décident de poursuivre leurs vacances,
quelques uns se proposaient...de
skier.
(Suite
demain)
■ Ronald
me chuchote : «Parles
pas si fort, c'est pas mon nom !» -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Je
reviens à Ronald,
ne pouvant passer sous silence deux autres anecdotes, tant elles sont
cocasses. Environ un an plus tard, je le rencontrerai par hasard dans
un resto de la rue St-Laurent, endroit fréquenté par une jeunesse
un peu bigarrée et anticonformiste.
Je l'aperçois au fond, assis à
une table avec quelqu'un. Il
affiche une toute petite moustache.
A changé la façon de se coiffer aussi. Je le reconnais tout de
suite, lui feint de ne pas m'avoir vu. Au
comptoir, je commande un croque-madame et un café puis me dirige
vers une table. Ronald me salue, finalement.
M'immobilise, cabaret en
mains, à une dizaine de pieds de lui, l'invite à se joindre à moi.
Il accepte mais désire auparavant compléter sa conversation avec la
personne l'accompagnant. L'appelant par son prénom, je lui demande
s'il veut un café. J'ai souvent tendance à parler un peu trop fort,
alors son prénom retentit dans le resto. Le ton impatient, un peu
fâché même, il me chuchote : «Parles
pas si fort, c'est pas mon nom!»
La situation est drôle, j'ai une folle envie de rire.
Environ
trois semaines s'écoulent, et je le revois alors qu'il s'apprête à
sortir du resto situé coin Prince-Arthur et St-Laurent. Il est
derrière la porte vitrée, m'a vu, se mouche pour dissimuler son
visage, puis sort sans me regarder ni adresser la parole. Ce
n'est plus le même homme.
Il a remplacé son soupçon de moustache pour une autre, volumineuse.
L'image
d'Astérix me vient à l'esprit.
Le
problème, c'est que Ronald, peu importe son déguisement, je le
reconnaîtrai toujours. J'ai très envie de m'enquérir de la marque
du fertilisant qu'il a utilisé pour que son
petit carré de poils
prenne des proportions aussi imposantes en si peu de temps. M'en
abstiens, il a rejoins un quidam dans une rue transversale, la
conversation semble assez animée, même un peu dramatique. J'ai
l'impression qu'il oblige le gars à faire quelque chose qu'il
rechigne à faire. (Suite
demain)
News du mercredi 23 Septembre 2009
■ Uprising
– Le dernier clip du groupe britannique Muse
(04:29).
■ Protéger
la neutralité de l'Internet (suite)
- On sait tous qu'un projet lancé dans les années 1950 et destiné
à l'armée américaine est à l'origine de la création de
l'Internet. À l'époque, il était normal qu'il soit dirigé par des
Américains. Mais plus aujourd'hui parce que l'Internet s'est
développé de façon exponentielle au cours des années 1990 et 2000
au point d'atteindre 1,5 milliard d'usagers à travers le monde :
seulement 1 internaute sur 7 est Américain.
Jusqu'à ce jour, les USA
ont exercé un véritable contrôle sur les règles de son
utilisation. Cependant, le 30 septembre qui vient, une échéance
tombe : l'organisme qui en assume la gestion depuis 1998 devra
renouveler son mandat. En France, entre autres pays, Nathalie
Kosciusko-Morizet,
secrétaire d'État chargée de la Prospective et du Développement
de l'économie numérique, estime qu'il faut une gouvernance qui
respecte le multilatéralisme et permette à chaque État de se
faire entendre : lire l'excellent article de lexpress.fr.
PS
:
Le multilatéralisme proposé par la France contribuerait aussi à
protéger la neutralité de l'Internet. Le président Obama y est
probablement plus ouvert que ne l'était son prédécesseur.
■ Protéger la neutralité de l'Internet
– En gros, le principe à défendre ici : le Net est le même pour
tous, quel que soit l’endroit où l’on se connecte et le
fournisseur d’accès qu'on utilise. Ce dernier ne devrait pas avoir
le droit de discriminer les contenus circulant sur son réseau, par
exemple en offrant à certains de ses clients une voie rapide
(fast-track). Réduire la vitesse des uns pour accélérer celle des
privilégiés.
Problème aussi chez des télécoms, la téléphonie
sur la toile. Exemple, les téléphones portables vendus par Orange
ne permettent pas d'avoir accès à Skype, qui a l'avantage d'être
gratuit : slogan
d'Orange sur son site + image explicite.
Où
est le danger? Le développement d'un Internet privé pour VIP ONLY.
Cet Internet-là n'est pas le même pour tous. D'où l'importance de
l'intervention de la Commission fédérale des communications
américaines (FCC), chargée de réguler les télécommunications,
dont l'Internet. Elle doit annoncer lundi 28 septembre une
réglementation favorisant la neutralité des réseaux d'accès à la
toile, c'est-à-dire la libération totale de la transmission de
données. Obama, président des USA, est tout à fait d'accord
(00:32)
■ Mélanie
Turgeon : «128,7
km/h sur deux planches, c'est complètement grisant» -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) Consciemment
ou non, des citoyens préfèrent vivre pleinement et moins longtemps.
Et
dangereusement
: parachutisme, deltaplane, parapente, alpinisme, canyoning, rafting,
saut en bungee --
saut à l'élastique --,
alcool au volant, vitesse excessive sur les routes, Formule 1 où
vouloir gagner une fraction de seconde dans une courbe comporte le
risque de culbuter mort dans le décor, comme le Québécois Gilles
Villeneuve.
Certains de ces sports font même l'objet de records à battre et de
marché à la clé.
La
Québécoise Mélanie
Turgeon
qui, à l'hiver 1999-2000, avait terminé au deuxième rang dans le
classement final du super-G, à Innsbruk, en Autriche, disait adorer
dévaler les pentes à vive allure. (Michel Blanchard -- La Presse du
18 mars 2000) «Il
y a une couple de semaines,
raconte-t-elle au journaliste Michel Blanchard de La Presse,
j'ai atteint en ski la vitesse de 128,7 km/h. Je n'avais jamais été
aussi vite. 128,7
km/h sur deux planches, c'est complètement grisant.
(...) Moi,
je skie pour l'adrénaline
que cela me procure. Rien
dans la vie ne me permet d'obtenir une telle sensation.
C'est comme ma victoire remportée à Innsbruk. D'être la meilleure
skieuse au monde m'a complètement transportée. Une victoire, je
sais maintenant ce que cela signifie et je vous jure que des
victoires, j'en
veux d'autres.»
Octobre
de l'année suivante, la Championne de ski, la française Régine
Cavagnoud,
31 ans, et l'entraîneur de l'équipe allemande, Markus
Anwander,
40 ans, perdent la vie. Le drame s'est produit en fin de matinée, à
l'entraînement sur le glacier du Pitztal, dans le Tyrol autrichien,
lorsque Cavagnoud a heurté Anwander à grande vitesse --
100 km/h --
et de plein fouet. (Agence France-Presse -- La Presse du 30 octobre
2001) Anwander était occupé à tracer la piste.
Selon
certaines informations, les responsables des équipes de France et
d'Allemagne étaient convenus d'un entraînement commun, avaient
cependant omis de déterminer une fréquence radio commune.
La championne du monde du Super-G et de la Coupe du Monde 2000-2001,
s'entraînait en vue des Jeux olympiques d'hiver de Salt Lake City,
de 2001-2002. Elle était l'un des plus grands espoirs de médaille
de la France. (Suite
demain)
■ Le
civil Ronald me fait une confidence qui m'abasourdi : «C'est
l'État policier!» -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) De
fait, Ronald
est le seul civil avec
qui j'ai pu aborder ce sujet tabou sans me faire traiter de parano.
L'ai croisé, au début du printemps 1998, coin Amherst et
Maisonneuve. Il y avait près d'un an qu'on s'était vu. Il avait
coupé sa barbe, mais l'ai reconnu quand même du premier coup
d'oeil. Je
l'aime bien, Ronald.
Décontracté, intelligent, belle personnalité, pas baveux, doux.
Avec lui, les contacts sont toujours agréables.
Son
comportement est différent du policier classique. Rien à voir avec
celui se sentant investi d'une mission, voulant
sauver la société.
Ce qui en fait, selon moi, le flic idéal. Suis content de le revoir,
lui aussi me semble-t-il. Dans ce milieu les rencontres sont
rarement fortuites. L'invite à prendre un café au resto Valentin,
au coin de l'intersection. Il
hésite, pas d'argent. Pas
grave, le lui offre. Dites-moi, comment pourrait-on soupçonner
quelqu'un qui
n'a même pas 1.25$ pour se payer un café
d'être un civil?
Je
lui raconte longuement, avec moult détails, tout ce que je sais au
sujet de la présence des civils. Ronald m'écoute attentivement,
sans ne presque jamais m'interrompre. L'échange, ou plutôt le
monologue, dure environ une heure. Une civile vient s'asseoir à
la table voisine, femme dans la cinquantaine que je connais pour
l'avoir repérée ailleurs.
À
un moment, Ronald me demande, le regard inquiet, si je vais dévoiler
l'identité de ses collègues que j'ai débusqués. Le rassure,
suis un citoyen responsable, veux améliorer le système, pas le
détruire. Il me souligne que la police, pour se protéger, va
ressortir de vieilles affaires me concernant et datant de
quelques années. Lui dis ne pas avoir peur, n'ayant rien à me
reprocher. À la fin, il me félicite, selon sa propre expression, de
chercher à équilibrer les choses, dit que je suis un bon
citoyen.
Fait
plutôt inusité, il vient me reconduire jusqu'au seuil de la porte
du resto, car il ne quitte pas les lieux, préférant préalablement,
me semble-t-il, aller aux toilettes et terminer son café. Et, au
moment de se quitter, en me serrant la main, il m'avoue
spontanément, d'un ton ferme, et même le répète, comme s'il
voulait s'assurer que j'ai bien compris : «C'est l'État
policier!» Suis vraiment abasourdi de l'entendre me faire cette
confidence, le regarde un bref instant dans le blanc des yeux, avant
de le quitter.
Pourtant,
au cours de l'entretien, en aucun moment n'en ai-je fait allusion.
S'il n'y avait que la démocratie aux quatre ans, sans
doute y serions nous jusqu'au cou.
Seulement voilà, les
médias jouissent de la liberté d'expression et de presse et
actualisent au quotidien la démocratie aux quatre ans.
Donc possible d'améliorer le système.
Ce que nous ne pourrions
faire si nous vivions vraiment dans un État policier. Je crois qu'il
est plus juste de parler d'un État de droit étroit ou d'un Étau
policier. Bien
sûr, je ne connais pas toutes les ficelles du métier.
Ronald en sait sûrement plus long que moi sur ce point. N'empêche
qu'élections et médias demeurent des incontournables. Ronald, un
policier démocrate? Suis porté à le croire, oui.
Assis
à une table du fond, avec
des écouteurs des années quarante aux oreilles,
ai remarqué la présence de Martial.
Il n'était pas là à notre arrivée. Dos à la porte, je ne l'avais
pas vu entrer. Qu'écoutait-il dans ces vieux machins? Voulait-il me
faire savoir que tout
ce que j'avais raconté à Ronald avait été enregistré?
Cet homme, la soixantaine avancée, cultivé et courtois, d'origine
française, donne du «monsieur» à tout le monde. Il tranche sur
ses collègues, possède
prestance et faciès pour camper un commissaire de police dans un
thriller.
Faut le voir, la bouche ouverte, lèvre inférieure tombante, thorax
légèrement penché, paume des mains bien appuyée sur le rebord de
la table. (Suite
demain)
News du mardi 22 Septembre 2009
■ Hier
avait lieu la Journée internationale de la Paix
– Combien savent que nous devons cette initiative au réalisateur
Jeremy Gilley, un Britannique, qui a fondé en 1999 l'organisation
"Peace One Day"? En 2001, les Nations-Unies adoptaient son
idée, votaient en faveur de la tenue d'une Journée internationale
de la Paix le 21 septembre de chaque année.
Hier, à Paris, des
artistes se sont produits sur scène afin d'apporter leur support à
la cause. Notamment la chanteuse française Olivia Ruiz
(article) : «Ce n'est
peut-être qu'une utopie, mais les utopies sont nécessaires. Ce sont
elles qui créent l'espoir.»
Dans
une vidéo
(09:07), le réalisateur Gilley raconte son cheminement. En outre, en
plus de produire un documentaire d'1H30, il a demandé et obtenu le
support de Ban-Ki-Moon, le secrétaire général de l'ONU, de Paul
McCartney et d'Alanis Morrisette, autre autres : toutes ses
rencontres vidéos sont disponibles ici,
dans la colonne de droite.
■ Les
gagnants 2009 de Democracy Vidéo Challenge
– Lancé au début de 2009, après l'arrivée d'Obama à la
présidence des USA, le but du concours est de susciter à travers le
monde un débat sur ce qu'est la démocratie. Plus de 900 citoyens de
95 pays ont participé à cette grande première.
Dans sa vidéo,
chacun devait définir ce que, selon lui, la "Democracy Is".
Les prix des 7 gagnants ont été remis, vendredi 18 septembre, par
la Secrétaire d'État Hillary Clinton
(06:00), à la Maison Blanche. Sept gagnants, mais 6
vidéos à visionner parce que l'une d'elles a été réalisée
par deux personnes.
Faites
entendre votre voix sur la Galaxie Web, ainsi qu'on vous y invite
(00:48), soyez de la deuxième édition, celle de 2010 : date de
tombée, 31 janvier qui vient. Lisez les règlements (en anglais) sur
le site
videochallenge.america.gov et vous saurez comment participer. Seuls les citoyens y ont droit.
■ Quoi
penser de cette déclaration de W. Bush?
- Il l'a faite le 15 septembre 2006. Sauf erreur, elle est sur le
site de YouTube depuis seulement samedi 19 septembre 2009. Avait-elle
été médiatisée auparavant?
Bush relate l'aveu de
Khalid Sheik Mohammed, obtenu par la CIA sous la torture. Avant
l'attaque des deux tours de New York, en septembre 2001, Khalid
aurait organisé la pose de bombes
(00:52) à l'intérieur des édifices afin d'emprisonner les
occupants et augmenter le nombre de victimes : à la droite de
l'écran, cliquez, au sommet de la colonne, sur "plus
d'infos". On se
souviendra que plusieurs témoins avaient entendu des explosions lors
de leur effondrement.
PS
:
Je vous refile cette info sous toutes réserves. Personnellement, c'est
la première fois que je prends connaissance de cette déclaration de W.
Bush.
■ Du
désir
impérieux de sortir du moule social, de mener une vie excitante, de
faire gicler l'adrénaline -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) Catherine
Chalier
raconte qu'il arriva au poète Joë
Bousquet,
condamné à l'immobilité du corps, de céder au plaisir des paradis
artificiels, la drogue. (L'aventure : La passion des détours --
Éditions Autrement -- Ouvrage collectif)
«Si
l'aventure de la drogue accentue momentanément l'énergie des
sensations et si, dans l'enthousiasme des sens, elle
semble faire apparaître l'inaccessible,
elle ne réussit jamais rien d'autre pourtant que de tendre un simple
miroir à l'homme, un miroir évanescent et cruel car, face à lui,
chacun
ne contemple que sa propre désolation.»
Par
contre, pour Cohen,
se droguer, c'est aussi la liberté de choisir sa vie et sa mort.
(Bernard Cohen -- Tu ne jouiras point :
Le retour des puritains -- Éditions Albin Michel) «Être
pur dans la masse, c'est aujourd'hui être propre, vacciné, protégé
contre l' addiction».
Le
risque,
que cela nous plaise ou non, fait
aussi parti intégrante de la vie.
Ce n'est pas seulement une question de burnout, d'héritage génétique
ou culturel, d'être né pauvre ou de parents indignes, de désespoir
ou de désœuvrement. C'est aussi le désir impérieux de sortir du
moule social, de mener une vie excitante, de faire gicler
l'adrénaline, de
dépassement de soi, de recherche d'un absolu.
Bref, grand
besoin d'un ailleurs.
(Suite
demain)
■ La
police riposte à toute tentative de discuter de ses activités
clandestines en vous accusant de paranoïa -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Ma
prise de bec avec Norbert
ne s'arrête pas là. Le voilà qui ramène encore sur le tapis ma
présumée paranoïa. La police riposte à toute tentative de
discuter de ses activités clandestines en vous en accusant.
À lui
seul, cet
anathème doit verrouiller l'esprit critique de bien des citoyens.
Lorsque l'on nous en accuse, cela revient à nous dire de ne pas
penser, que
l'on pense pour nous.
Lui
signale que je suis prêt à admettre qu'il y a peut-être un peu de
ça dans mon histoire, même si au fond de moi-même je n'en crois
rien, mais à la condition que lui, de son côté, admette
que la paranoïa policière existe aussi.
Visiblement, Norbert
ne s'attendait pas à cette riposte.
Il donne un vigoureux coup de tête sur le côté, tout en reculant
un peu, elle est presque couchée à l'horizontale, mais la redresse
aussitôt. Je constate que j'ai trouvé là une parade de taille.
Après avoir argumenté encore quelques minutes, il quitte la table,
sans précipitation, lentement, tout
à fait en situation de contrôle.
On
n'a pas mâché nos mots. Pour dire les choses franchement, nous
nous sommes parlés entre quatre-z-yeux,
bien que mon débit était ralenti par une petite crainte en quelque
part. Un échange court, rapide, sans temps mort. Cependant sans
animosité de part et d'autre. De mémoire de journaliste, je
n'avais encore jamais vu un "citoyen" défendre la police
avec autant de vigueur.
N'ai
pas réussi à le convaincre, les mots glissaient sur lui, filtrés
par une sorte de tamis idéologique.
Ce fut la première fois où prise de becs il y eut entre un civil et
moi. Dans le feu de l'échange, j'ai remarqué que nos voisins de
table écoutaient. Le lendemain, nous partagerons la même table, lui
et moi, comme
si rien ne s'était passé la veille.
(Suite
demain)
News du lundi 21 Septembre 2009
■ Les
nouvelles photos de la NASA - Depuis qu'elle a installé de nouveaux instruments, le télescope
Hubble est devenu plus puissant, ainsi que le démontre cette photo.
Visionnez-en d'autres sur son site.
Sommes-nous vraiment le nombril de cet univers?
■ Laïcité
et égalité : quel projet pour le Québec?
- Cinq conférenciers développeront ce thème le 24 septembre,
19H30, au Centre St-Pierre (salle 100), 1212, rue Panet, à Montréal
: toutes les infos
sur l'événement.
Les
conférenciers : Christiane Pelchat (Lien entre l'émergence d'une
société laïque et la reconnaissance des femmes comme personne),
Tewfik 2Fik (Quelles sont les limites à se donner comme société et
aussi comme immigrant-e pour favoriser l'intégration?), Diane
Guilbault (Comment la laïcité est liée à la démocratie et
essentielle à l'exercice des droits des femmes), Djemila Benhabib
(Pourquoi le Québec a tout intérêt à adopter une Charte de la
laïcité), Me Julie Latour (La laïcité est une valeur publique
fondatrice du Québec moderne et source de cohésion sociale.
Pourtant, elle n'est affirmée expressément dans aucun texte
législatif).
Un
texte d'Élaine Audet
à lire sur le site sisyphe.org, titre : Les femmes se souviennent du
rôle répressif de l'église (catholique) au Québec. Pour fermer la
boucle, un plaidoyer
en faveur de l'adoption par l'Assemblée nationale du Québec d'une
Charte de la laïcité. Si vous êtes du Québec et le souhaitez, signez
la pétition à cet effet dans le bas de la colonne de gauche.
■ Clip
sur la crise financière
– Titre : Réguler (Petit Robert : rendre plus harmonieux). Les
auteurs : Frédéric et Olivier Volovitch
(vidéo 03:38). C'est toujours les mêmes qui trinquent, dans ces
moments-là. Qui, pensez-vous?
■ Curé
Gilbert : «la
drogue est avant tout simplement un appel à l'aide» -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) Quel
est donc ce mal de vivre, ou cette situation sociale insensée, qui
fait qu'un citoyen décide
de geler sa vie au risque de la gâcher, ou de la perdre?
Une pléiade d'auteurs traitent de la drogue, dont le Français Guy
Gilbert,
un curé éducateur spécialisé dans le travail de rue. (Guy Gilbert
-- Des jeunes y entrent, des fauves en sortent -- Éditions Stock,
1982)
«Seul
celui ou celle qui a pu rester un long temps présent à la
souffrance et à la solitude d'un drogué
(à l'héroïne) peut
comprendre l'emprise dingue qu'elle exerce sur lui. Voir un drogué
préparer sa dose est inimaginable.
«Une
joie fabuleuse s'inscrit dans ses moindres gestes. Une hâte
incroyable s'empare de lui. Toute son énergie est centrée sur le
seringue... Le décollement de la réalité est évident. Ils
"planent" comme ils disent.
(...) Aucune
force au monde
(sic) ne
peut l'empêcher de se piquer.
«Si,
une seule. Une
immense chaleur humaine,
faite d'amitié géante,
d'une présence de tous les instants, douce et forte à la fois. Mais
quel combat!
Quelle présence, souvent réclamée et immédiatement exigée! J'ai
vite compris qu'il ne s'en sortirait que lorsqu'il le déciderait.
Pas avant. Et
il ne pouvait le décider que dans un climat où,
quoi qu'il arrive, il
ne se sentirait pas jugé, épié, contrôlé.
La consommation de la drogue est
avant tout simplement un appel à l'aide.
Le drogué est la plupart du temps quelqu'un de seul, qui a presque
toujours des difficultés familiales ou de relations. Quand
on sait ça, on sait tout.»
(Suite
demain)
■ Le
citoyen délateur à l'année longue, un lèche-bottes de la police
qui contribue à la destruction du tissu social -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Il
y a de quoi s'inquiéter quand
un civil insiste
sur un sujet aussi délicat. Norbert
a probablement fait inscrire dans la mégabanque informatisée de la
police mon refus, et identifié comme étant un
mauvais citoyen.
Cela suffit pour que la police vous accole l'étiquette antipolice
ou antisociale.
Ce
qui inquiète doublement, c'est le ton qu'il a utilisé quand il m'a
posé la question. J'y
ai perçu l'obligation du citoyen que je suis
de moucharder les gens que je connais. Des
noms désignent le citoyen racontant à des policiers,
sur une base régulière, tous les ragots de son îlot, son quartier,
sa ville, son village : mouchard,
lèche-bottes,
fanatique
de la police,
de l'ordre et du conformisme, etc.
Je n'en suis pas un et ne le
deviendrai jamais. C'est très clair dans ma tête, irréversible.
Et le citoyen collaborant ainsi avec la police doit
être dénoncé,
car il crée suspicion et zizanie au sein de la société, et
contribue
à la destruction du tissu social : il brise le lien de confiance entre citoyens, fait éclater la société, défait le puzzle communautaire.
Quelques
Montréalais m'ont dit que le
911
demeure la façon la plus efficace de contacter la police.
Généralement, les citoyens ignorent que celle-ci ne peut se
satisfaire de cette communication. Idéalement, elle veut faire en
sorte que
chacun fasse parti de ses réseaux d'informateurs.
La délation généralisée pour des activités n'ayant rien à avoir
avec la criminalité. Elle ramasse tout, absolument tout, la police.
Et sur le plus grand nombre possible de citoyens.
Elle
cherche continuellement à
établir
des liens avec eux,
afin de savoir graduellement, par
petites touches,
qui ils sont, de quoi ils vivent, quels sont leurs amis, leurs
loisirs, ce que fait le voisin ou la voisine et sa parenté, genre
d'homme ou de femme, lieu d'origine, train de vie, fréquentations,
avec qui il ou elle couche, les
petites fantaisies sexuelles de chacun,
opinions sur différents sujets, etc. L'enquête
permanente sur tout le monde. (Suite
demain)
News du dimanche 20 Septembre 2009
■ Un
défilé de mode
– Hein? Ça pas de sens sur ton site. M'en fous, je m'intéresse à tout ce qui
est différent, à la créativité. Quand vous l'aurez vu, vous serez d'accord avec moi.
Dans la page qui s'affiche, une intro
: laissez la aller. Après, une autre page. À son sommet, cliquez
sur "fashion show". Tout est super là dedans : femmes,
vêtements, musique. Le reste du site est conforme aux défilés
traditionnels, stéréotypés : incolore, inodore et sans saveur.
■ Enki
Bilal
– Un dessinateur hors de l'ordinaire. Allez voir sur lepoint.fr
14 de ses œuvres : lisez la légende dans le bas de chacune.
■ Les
sans-papiers, en France et ailleurs...
- Parmi les irréguliers se trouvent des demandeurs d'asile et des
mineurs non accompagnés. Certains vivant dans l'insécurité ont
fuit des pays en guerre : Afghanistan, Iraq, Erythrée, Soudan et
Somalie. Ils ont besoin d'une protection internationale.
Alors
que la France s'apprête, si ce n'est déjà fait, à fermer la
«jungle»
migratoire de Calais, le
Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Antonio
Guterres,
a obtenu l'assurance de ses représentants que chaque situation
individuelle sera examinée avec soin.
Calais
est un endroit où plusieurs centaines d'étrangers sans-papiers
attendent le moment propice de traverser la Manche et migrer quelque
part au Royaume-Uni. En Occident, il y a les irréguliers et les
autres, ces derniers doivent être protégés.
■ Canada
: premier soldat à dénoncer la guerre en Afghanistan tué sur le
terrain
– Jonathan Couturier, 23
ans, la 131e victime de l'armée canadienne, avait déclaré à
ses proches que cette mission était inutile et que l'armée perdait
son temps là-bas. À la suite de son décès survenu jeudi des
membres de sa famille ont dévoilé ses propos : article
où ont fait état de sa déclaration + «brain
washing» et "pression
sociale".
■ Canada-grippe
porcine : renforcement, hier samedi, de la coopération entre la
ministre de la Santé et des Autochtones
– On se souvient qu'il y a quelques jours (voir news du 17
septembre, plus bas dans cette page), des Autochtones du nord de la
province du Manitoba avaient été indignés de recevoir des sacs
mortuaires du ministère, alors qu'ils avaient besoin,
déclaraient-ils, qu'on les aide à s'organiser et leur envoie des
médicaments. La réaction de la ministre canadienne de la Santé,
Leona Aglukak, députée inuit et résidente du territoire Nunavut
(en rouge sur la carte géo), n'avait pas tardée.
Donc, hier samedi,
rencontre il y a eue à Ottawa entre la ministre (vidéo
02:28 + texte)
et le Chef de l'Assemblée des Premières Nations Shawn Atleo afin de
s'assurer que les populations autochtones aient accès aux services
du ministère de la Santé si jamais la situation devenait pandémique
: tournée de la ministre dans les secteurs isolés, création d'un
réseau sur l'Internet où les citoyens branchés pourront poser des
questions à des experts en épidémiologie et rencontre des
représentants de son ministère.
Éloignement,
pauvreté, dans certains cas difficulté d'avoir accès à de l'eau
potable et de soins de santé, rendent ces communautés plus
vulnérables. Ce n'est pas nouveau, bien qu'il y ait eu des
améliorations.
■ On
peste contre les drogues illégales alors qu'on consomme soi-même
des drogues légales pour guérir le mal de vivre
- (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Le
mal de vivre, à l'origine de la consommation de drogues? Essayons
d'en savoir un peu plus. Abordons le problème en commençant par les
citoyens qui consomment des drogues légales. Les
médecins prescrivent des médicaments par compassion,
notamment aux personnes âgées. (Nicolas Bérubé et Reynaldo
Marquez -- La Presse du 11 mars 2001 et du 30 août 2003)
Les
responsables du Programme des Nations unies pour le contrôle
international des drogues (PNUCID)
soutiennent que, dans les pays occidentaux, on a recours massivement
aux amphétamines,
aux benzodiazépines
et somnifères
pour traiter des problèmes qui ne sont pas médicaux
mais sociaux.
Insomnie,
anxiété,
obésité
ou dépression
sont de cet ordre, estime Johanne
Collin
de l'Université de Montréal, où elle enseigne l'aspect
thérapeutique du médicament comme un phénomène social et
culturel. Elle soutient que «le
médecin ne peut résoudre avec des médicaments des
problèmes liés à une situation de vie qui n'a pas de sens».
De
nos jours, on gave de plus en plus d'écoliers de Ritalin pour
qu'ils se calment les nerfs : ça s'appelle désormais de
l'"hyperactivité infantile". En milieu scolaire, où tout
est aseptisé à l'os, il suffit de peu pour créer du désordre :
nombril à l'air d'une fille, fond de culotte trop bas d'un garçon,
mèche de cheveux teinte d'une couleur interdite, etc.
Au
Québec, les ordonnances de Ritalin sont passées de 33 000
en 1990 à 250 000 en 2000. L'histoire est un éternel
recommencement : on a vu qu'au 19ième siècle, en Europe, il
arrivait que l'on donne à des enfants le soir avant de se coucher du
sirop concocté avec de l'opium, pour avoir la paix.
Aux
États-Unis, selon une étude du Dr
Leonard Sax,
un psychologue, 50% des cas de trouble déficitaire de l'attention
chez les enfants sont d'abord diagnostiqués par
les enseignants...
qui font ensuite pression sur les médecins pour qu'ils le
prescrivent : ils n'ont qu'à écrire «cet
enfant a besoin de Ritalin»
pour que le médecin y consente. Seulement 25%
des diagnostiques émanent de parents et 10%
des médecins. Il a effectué son étude auprès de 400
pédopsychiatres, pédiatres et médecins de familles.
S'ajoutent
à cela les
produits pharmaceutiques en vente libre
pour soigner rhumes, grippes, brûlures d'estomac ou allergie, etc.
La liste est longue. Selon l'Association canadienne de l'industrie
des médicaments en vente libre, là
on parle de 75% de la population.
D'après Roselyn
Tremblay
de Santé Canada, en tout et partout, il existe sur le marché
canadien plus
de 20 000 de ces médicaments.
La grande facilité d'approvisionnement est l'une des raisons
avancées pour expliquer la progression constante du phénomène de
la surconsommation.
Quel pourcentage de ces gens souhaitent davantage
de répression policière contre ceux consommant des drogues
illégales alors
qu'ils absorbent eux-mêmes des drogues... légales ?(Suite
demain)
■ Norbert
me crie presque de m'ouvrir, en sous-entendu : collaborer avec la police
- (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Les
perceptions permettant de repérer un flic en civil, homme ou femme,
sont innombrables.
Ainsi, quand vous donnez l'impression à l'un
d'eux de savoir des choses susceptibles de l'intéresser, il
n'est pas avare de ses cigarettes,
s'il est fumeur. Suffit de dire que vous allez lui raconter quelque
chose qu'il ne sait pas pour qu'aussitôt il vous en offre une, vous
l'allume, les yeux
brillants,
les oreilles
orientées comme des soucoupes paraboliques,
dans l'attente de vos révélations.
C'est
l'un des trucs que j'ai utilisé au cours de mon enquête. Cigarette
aux lèvres, je racontais des choses, mais
n'ayant rien à voir avec ce qui intéresse d'abord et avant tout un
civil
: le papotage sur les uns et les autres. L'un d'eux avait déchanté
parce que je m'étais mis à discourir sur les démocraties, lui
expliquant qu'il y avait autant de modèles que de pays. Ayant envie
d'une autre cigarette, j'avais récidivé. Manifestement, mon propos
ne l'intéressait pas du tout, je
percevais même sur son visage des petits signes d'agacement.
S'était-il rendu compte que je l'avais floué de deux cigarettes?
Un
midi, à la cafétéria du Comité social Centre-Sud, je veux confier
à Norbert
ce que je sais de l'underground policier montréalais. Il ne me
laisse pas terminer mon topo. Lui si calme d'habitude, devient
véhément,
parle fort, gesticule, jette un regard d'impatience au plafond,
m'accuse
de faire de la paranoïa.
De mon côté, argumentant, mais un peu craintif tout de même.
Depuis le temps que j'accumule de l'info, j'ai tout ce qu'il faut
dans la tête pour en discuter.
Il
me crie presque que je dois m'ouvrir
: sous-entendu, collaborer avec les policiers en civil. Lui
rétorque qu'il n'en est pas question.
Lui dis connaître l'attitude de certains citoyens quand ils sont en
présence de flics, toujours prêts à se valoriser à leurs yeux. Il
insiste pour savoir si je veux ainsi dire que je ne collaborerai pas
avec la police. Non,
je ne collaborerai pas,
que je rétorque sur un ton vraiment déterminé, l'expression
faciale appropriée. Seulement quand je serai témoin d'un délit,
pas plus, comme cela m'est arrivé à quelques reprises dans le
passé, et par le 911. (Suite
demain)
News du samedi 19 Septembre 2009
■ Suicide
: le monde du travail en accusation
– J'utilise la manchette d'un article publié sur doctissimo.fr, un
portail médical grand public sur la santé physique et
psychologique, notamment. Il a été rédigé par Christian Larose,
vice-président du Conseil économique, social et environnemental et
membre de la Confédération général du travail (CGT), en France.
Le travail est supposé
anoblir l'homme et participer à son identité sociale, écrit-il.
Qu'en est-il aujourd'hui à l'heure de la mondialisation qui impose
ses propres lois, en faisant peu de cas de la valeur humaine,
autrefois valeur ajoutée?
L'actualité (son texte
n'est pas daté) a récemment mis en lumière de nouvelles tragédies
sociales qui commencent par la faillite d'une société, son rachat
par un groupe peu scrupuleux, le licenciement des 2/3 de ses
salariés. Dans les restructurations de filiales nationales ou
internationales, les groupes tranchent dans le vif sans tenir compte
du personnel. En résulte des drames en cascades : détresse
psychique, dépression, tentative de suicide ou suicide.
Il y traite aussi, entre
autres, du harcèlement psychologique, une violence extrême plus
répandue qu'il n'y paraît, fait-il remarquer. Cette violence
s'exerce de façon insidieuse et vise la destruction et l'aliénation
de l'autre. Les victimes sont le plus souvent des femmes et les
persécuteurs majoritairement des hommes épris de pouvoir. Brimade,
quarantaine, agression verbale, réflexion désobligeante, tout est
bon pour fragiliser et isoler la victime qui vit chaque jour dans la
terreur. Selon lui, les incitations au suicide par perte de l'estime
de soi ne sont pas rares.
PS
:
La tactique du harcèlement psychologique dont parle Larose ressemble
comme deux goutes d'eau à ce que fait la police en civil,
clandestinement et illégalement.
■ Une
histoire pas comme les autres –
Je vous donne aucun point de repère, veux pas vous priver du plaisir
de la découverte
(04:35).
■ Save
the boobs
- Campagne contre le cancer du sein, la vidéo que diffusent des stations
américaines : clip
(01:03) + tournage et explications
(02:34).
■ Thomas
Szasz : «Comment
un être normal pourrait-il renoncer à la vie qui est si belle? Il
faudrait être fou!»
- (Suite tome
3 de
L'Étau Policier) Décréter
l'État de siège sans le nom, provoquer des suicides en
déstabilisant psychologiquement des consommateurs de drogues, tuer
l'osmose entre citoyens, saccager les droits, retirer l'Oxycontin de
la liste des médicaments couverts par le gouvernement, etc. La
fuite en avant.
Ainsi,
ce cas incroyable. Novembre 2002, l'administration du maire
Jean-Paul Cardinal,
qui veut redonner à Ste-Adèle
ses lettres de noblesse, fait face à une contestation dans sa
décision de vendre (1,6M$) le parc
Claude-Henri-Grignon
à la famille Chevrefils qui veut y construire un nouveau centre
commercial. (Jean-Paul Charbonneau -- La Presse 25 novembre 2002) «La
Ville soutient qu'il est nécessaire de se départir de cet endroit
pour le bien des jeunes car
il est devenu un endroit de vente de stupéfiants».
Forte ressemblance avec le fait de couper
les arbres de la forêt pour empêcher les incendies.
D'après
Thomas
Szasz,
l'initiateur de l'antipsychiatrie, la guerre contre la drogue
présente un grand avantage moral. (Guy Sorman -- Les vrais penseurs
de notre temps -- Éditions Fayard) «Elle
nous permet de croire que le drogué n'est pas responsable de ses
actes, qu'il est un malade mental. Lui aussi, car de nos jours,
dit-il,
tout
est médicalisé, psychologisé, psychiatrisé, un peu à l'image de
l'ex-URSS.
Nous ne voulons pas convenir que le drogué, à un certain moment, a
librement choisi de se droguer, c'est-à-dire de se détruire. Or
le fait de se droguer n'est pas une maladie involontaire, c'est
une manière tout à fait délibérée d'affronter le mal de vivre»,
explicite-t-il.
Mais
comme nous ne savons pas guérir le mal de vivre, nous préférons
«soigner»
le drogué. Ou les candidats au suicide. Szasz cite Camus : «Le
suicide est la seule question importante.»
Mais cela non plus, nous ne pouvons le regarder en face, poursuit
Szasz. «Donc,
les psychiatres nous rendent un grand service en faisant des
candidats au suicide un malade mental qu'il faut soigner. Comment
un être normal pourrait-il renoncer à la vie qui est si belle? Il
faudrait être fou!
Il faut l'être, afin de rassurer la société des gens normaux».
(Suite
demain)
■ Rodrigue
m'invite chez lui, sort un poêlon et nous fait sauter chacun une
crêpe : il me cuisinera aussi
- (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Arrivés
coin St-Hubert, Rodrigue
m'invite à son domicile,
me dit que c'est tout proche. J'accepte. Deuxième étage d'une
maison de chambres appartenant à l'Office
d'Habitation de Montréal,
rue St-Hubert, coin Napoléon.
Dès mon entrée, lui fais part de mes
gros soupçons quant à sa véritable identité. Il nie être
policier, mollo, trop
mollo.
Si on me faisait part d'un soupçon semblable à mon égard, je
nierais en y mettant plus d'énergie.
On
a vite fait le tour de sa toute petite chambre. Tout
est placé le long des murs,
avec au centre à peine d'espace pour quatre ou cinq personnes debout
: petite table de cuisine et deux chaises droites, fauteuil, lit
simple, petite armoire, frigo, évier, poêle, porte d'entrée. Pas
de téléphone, pas de télé. J'enlève mon manteau, le dépose sur
le lit, m'assoie dans le fauteuil. Rodrigue sort un poêlon, nous
fait sauter chacun une crêpe,
que nous dégustons avec mélasse et jus de fruit.
Bien
sûr, il en profite aussi pour me cuisiner, je fais parti du
menu. Le petit lunch n'a pas d'autre but que de créer un climat
propice aux confidences. On ne s'en sort jamais, avec les civils.
Toujours en train de fouiller dans votre tête et votre cœur. C'est
notamment ce qui permet de percer assez rapidement leur véritable
identité.
Certains
jours, l'approche est particulièrement flagrante. Attribuable à
la routine, le pire ennemie du civil. Jouer la comédie exige de
la concentration. Pas facile, lorsqu'on la joue huit ou dix heures
par jour. Le flic devient plus expéditif et ça transparaît dans
ses rapports avec les autres. On peut penser qu'il y a aussi des
jours où il en a ras le bol des feux de la rampe.
Après
avoir mangé, je reprends place dans le fauteuil, lui s'assied sur le
lit, le dos appuyé contre le mur. Il a enlevé ses bottes, allumé
une cigarette et déposé le cendrier sur.... mon manteau. Il
gesticule quand il parle, secoue sa cigarette au-dessus du petit
cendrier, sans trop viser. Suis un peu inquiet, crains qu'une cendre
brûlante tombe dessus. C'est au moment où il pose la main à
plat sur l'une des poches et commence à en palper le tissu en me
fixant droit dans les yeux que le déclic se fait dans ma
tête. Il cherche à en deviner le contenu.
Monsieur
m'a surpris à 22h faisant un aller retour dans la station de métro
sans prendre le métro. Monsieur
pense que j'ai de la drogue dans la poche de mon manteau. Je plante
mes yeux dans les siens, lui
dis n'avoir jamais touché à la drogue de ma vie.
Semble rassuré.
Il entreprend ensuite de me convaincre qu'un
jour notre civilisation retournera à l'époque du Moyen Âge,
beaucoup de nos acquis seront alors réduits à néant. Perspective
d'avenir pour le moins déprimante. Finalement, las de cet
interrogatoire grossier, lui
reproche amicalement de tout peindre en noir pour me forcer à sortir
tout ce que j'ai dans la tête.
Moment de silence, sourire. C'est presque un aveu. L'instant
d'après, il se lève, m'indiquant ainsi le moment de partir. (Suite
demain)
News du vendredi 18 Septembre 2009
■ Les
Guignols de l'info
- Ils abordent un sujet délicat, en ce temps de grippe porcine : les gains de la pharmaceutique. L'ironie, en
plus de dilater la rate, tire à bout portant sur le non-dit
(02:34).
■ Le
secrétaire générale de l'ONU lance un appel au désarmement
nucléaire – Le Conseil de sécurité consacrera la semaine
prochaine une séance de haut niveau à ce sujet et à la
non-prolifération, qui sera présidé par le président des USA,
Barack Obama.
Notons qu'hier jeudi, ce dernier a renoncé d'aller de
l'avant avec le projet du bouclier
anti-missiles en Europe de l'Est de son prédécesseur W. Bush (Le
Canada
a eu raison de ne pas participer au bouclier de Bush). Une décision que
le président russe Dimitri Medvedev a qualifié de «responsable».
Lisez
également la déclaration de Ban Ki-moon,
secrétaire générale de l'ONU. Lors d'une autre intervention, il a
demandé que les hostilités
s'arrêtent pendant 24 heures le 21 septembre, Journée mondiale de
la paix.
PS
: Le moins qu'on puisse
faire est de propager ces messages. Ça nous semble tellement
impossible que notre optimisme est infiniment petit : on a besoin
d'un microscope électronique pour le voir.
■ Alors
que la marijuana recule, de nouvelles drogues progressent, dont
l'analgésique Oxycontin
- (Suite tome
3
de l'Étau Policier) Depuis
1997, révèle une étude de l'organisme
Partenariat pour une Amérique sans drogue
(propre, propre, propre), l'usage régulier de la marijuana chez les
jeunes a reculé de 13% et le nombre de premiers fumeurs de 10%.
En
contrepartie, la popularité de l'ecstasy
a doublé depuis 1995, et augmenté de 10% en 2000 par rapport à
l'année précédente. Un ado sur 10 disait en avoir pris. De
l'analgésique Oxycontin
aussi, un puissant narcotique synthétique s'apparentant à l'opium,
et utilisé pour soulager les douleurs chroniques. L'État du Vermon
a retiré le médicament de la liste des produits couverts par le
gouvernement, pour tenter d'enrayer les abus. Pour sa part, le Maine
a adopté une loi rendant plus difficile son obtention.
Au
Québec,
couvert en parti par l'Assurance maladie, il pourrait bientôt
s'étendre dans la province. (Jean-François Gamache -- La Presse du
20 août 2001) En février 2001, le proprio d'une pharmacie
ontarienne
s'est fait voler une grande quantité de narcotiques, dont de
l'Oxycontin.
Cependant,
d'après le Dr
Jean-Pierre Chiasson,
directeur de la clinique Nouveau Départ, citant, lui aussi, des
statistiques venues d'ailleurs,
la menace pourrait prendre quelque temps avant de se concrétiser :
«Nous
sommes toujours cinq ans en retard sur les États-Unis.»
Comme aux États-Unis, les ventes d'Oxycontin ont, semble-t-il,
explosées au Québec. Elles se chiffraient à 1,6M$ en 2000 contre
seulement 72 000$ en 1997. (Suite
demain)
■ Rodrigue
voulait savoir où j'allais et en disant vouloir m'accompagner, vérifiait si j'y allais vraiment
- (Suite tome
1
de l'Étau Policier) Un
jour, je m'en allais souper à l'Armée du Salut, coin St-Antoine et
Guy, où m'attendaient Norbert et Gilberte. Au moment où je passe
devant l'ancienne Place Dupuis, voilà que Rodrigue
surgit tout à coup, me demande où je vais, le lui dis.
Trouve que c'est une bonne idée, s'enquiert s'il peut m'y
accompagner. J'accepte, c'est loin, ne refuse jamais un compagnon de
route.
Il
fait à peine deux, trois pas avec moi qu'il
change aussitôt d'avis.
Il a des choses plus urgentes à s'occuper. Ne me le dit pas, je le
vois bien. Un
commerce flambe au coin de Ste-Catherine-St-Hubert.
Il y a là plein de fumée, les pompiers sont sur les lieux, beaucoup
de curieux aussi.
Je comprends que son travail, cet après-midi-là,
consiste à faire le tour des badauds au cas où il n'y aurait pas un
pyromane parmi eux. Notre
brève rencontre lui a permis
de savoir où j'allais et, en disant vouloir venir avec moi, de
vérifier si j'y allais vraiment. Sans doute aussi pour vérifier
s'il n'y avait pas un
petit incendie qui flambait quelque part derrière mes yeux.
Un
soir de l'hiver 1997-98, je reviens d'une longue marche de santé.
Suis presque rendu à mon appart, rue Cherrier. Il fait très froid.
Trois de mes orteils sont quasiment gelées, ne
les sens presque plus.
En vieillissant, le sang circule moins bien à ces extrémités du
corps. Pas le choix, faut que j'arrête me réchauffer quelque part,
sinon elles gèleront complètement. Potentiellement dangereux, à
cause de la gangrène.
Étant
devant la station de métro Sherbrooke, rue Berry, je
décide d'y faire un arrêt.
À l'intérieur, j'en active la circulation sanguine en marchant
jusqu'à la porte-est puis je reviens sur mes pas. Au moment où je
monte l'escalier menant à la sortie-ouest, j'entends derrière moi
crier : «Monsieur,
monsieur...»,
me retourne, vois quelqu'un grimper quatre à quatre les marches pour
me rattraper. C'est
Rodrigue.
Suis étonné qu'il me donne du «monsieur», depuis le temps qu'on
se tutoie.
Nous
nous installons sur le banc, juste en face de la porte, parlons de
dramaturgie, de comédiens. Le sujet de conversation qu'il a amorcé
n'est pas gratuit. Il
m'ausculte pour savoir si je lui joue la comédie.
Ma présence à la station de métro, à cette heure, l'intrigue.
Nous échangeons là-dessus pas loin de trois quarts d'heure. Il est
passé 23h, je dois rentrer chez moi. Il
m'emboîte le pas. (Suite
demain)
News du jeudi 17 Septembre 2009
■ C'est
quoi la démocratie?
- Si ce n'est pas s'exprimer librement, c'est quoi d'autre? Rien
d'autre. Une animation de Lucas Szozda
(00:55).
PS
:
Posez la question à la Sûreté du Québec (Canada), un corps
policier spécialisé dans le domaine de la censure. Elle vous dira,
la main sur le cœur, qu'elle est là pour défendre la démocratie. Étant journaliste québécois et traitant régulièrement
des activités clandestines illégales de ses civils, je sais qu'elle
n'avouerait pas l'inavouable : notamment la censure qu'elle exerce régulièrement à mon encontre en me coupant ici et là des ponts. Le ministre québécois de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, est-il au courant?
■ France
: expansion de collèges 100% numériques
– Le tout a débuté l'an dernier au Conseil général du Val
d'Oise, à Goussainville, au collège Georges Charpak. L'objectif :
créer le premier établissement scolaire en France à 100%
numérique, réduire la fracture numérique, utiliser pour
l'enseignement et le périscolaire les technologies de l'information
et de la communication (TIC).
On a fait appel à Dell
pour la mise en place de l'infrastructure que cela nécessite, voir
texte
: ordis fixes et portables, grands tableaux numériques interactifs
(adieux tableau noir et craie), réseau informatique (incluant le
domicile des profs), connexion haut débit, etc. Cela fait, on a
initié les profs à cette nouvelle façon d'enseigner
(01:53). Les résultats s'étant révélés concluants, on a décidé
cette année 2009 d'implanter le système dans 36 collèges
(03:27), un investissement de 25 millions d'euros étalés sur 5 ans.
PS : L'enseignement interactif, l'une des solutions au décrochage
scolaire?
■ Santé
Canada-grippe porcine : des sacs servant au transport de cadavres
expédiés à des Autochtones de la province du Manitoba
– Indignation de chefs autochtones
(01:32 + texte),
qui estiment que cela envoie un très mauvais message. Le grand chef
David Harper : "Je me demande si les responsables du ministère
canadien de la Santé savent des choses que nous ignorons. C'est
comme en expédier aux militaires en Afghanistan. Aidez-nous plutôt
à nous organiser, envoyez des médicaments."
■ La
lutte policière contre les drogues connues oblige des consommateurs
à en utiliser d'inconnues
- (Suite tome
3
de L'Étau Policier) On
peut se demander aussi ce qu'il arriverait si la police réussissait
à saisir toutes les drogues disponibles. Les consommateurs ayant
besoin de fuir la réalité et développés une dépendance en
voleraient dans les pharmacies et les hôpitaux. Quand on sait que
certains drogués, en plein sevrage, sont parfois prêts à toutes
les violences pour obtenir le produit, on imagine sans mal les
conséquences.
Ou
ils remplaceraient le produit par des substituts, et pas seulement
par du pétrole. On ne ferait que déplacer le problème. On peut
même croire que le remède serait encore plus pire que le mal qu'on
veut éradiquer. Du reste, la répression policière contre les
drogues traditionnelles, dont le cannabis, oblige des consommateurs,
dont des jeunes, à utiliser davantage les drogues chimiques, qui
n'ont pas encore été vraiment ciblées par la police. En changeant
de substances, ils conservent toujours une longueur d'avance sur
celle-ci.
On
a constaté que, chez les ados américains, la consommation de la
marijuana diminue, pendant que celle de l'ecstasy, une drogue de
synthèse, augmente (Agence France-Presse -- La Presse du 28 novembre
2000) (NDLR : Tous les chiffres qui suivent sont
invérifiables.) Contrairement au cannabis, cette drogue chimique est
plus discrète. Elle ne dégage pas l'odeur typique du cannabis,
facilement repérable, à nez levé, d'un flic ou d'un chien
renifleur. (Suite
demain)
■ Certains
jours Rodrigue ressemble à Lénine, d'autres à Strotski
- (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Beaucoup
plus tard, Rodrigue
tentera de me faire avaler que son père était presque mourant à
l'Hôpital St-Luc. Là encore, je ne le croirai pas. Ce
type a perdu toute crédibilité à mes yeux,
comme plusieurs de ses collègues du reste.
Rodrigue
n'en demeure pas moins un
chic type.
Il lui arrive de tirer de son sac une minuscule boite en métal
contenant de tout petits bonbons verts pâles, à
peine plus gros que des pois numéro deux,
qu'il ouvre délicatement, et de vous en offrir un...
par année.
Je me sentais privilégié. Comme
tous ses collègues, lui
non plus ne fait pas un job facile.
Patrouillant à pied ou faisant le pied de grue, peu importe la
température, cherchant à s'infiltrer partout, parlant à tout le
monde. Un passionné du métier, ça paraît.
Le
peu de cheveux qu'il a, il les rase. Huilé et bronzé, son crâne
reluit comme une boule de billard. Certains jours, il
ressemble à Lénine, d'autres à Trotski, avec le bouc
du faux subversif, la chevelure en moins. Fausse, la barbichette?
Possible parce que parfois sa couleur variait un peu. N'ai jamais osé
vérifier... Officiellement sans emploi. Joue au gars qui voit tout
en noir, tactique permettant de repérer ceux récriminant contre
le système : sa photo figure dans l'un des rapports annuels de
la police de l'île de Montréal.
Astrologue
aussi à ses heures. Parlerait et écrirait le
mandarin.
Quand vous le rencontrez dans un resto, il lui arrive souvent de
sortir de son sac et d'étaler négligemment à votre vue, sur la
table, quelques feuilles recouvertes d'idéogrammes. C'est beau,
proprement fait, du travail d'artiste. Je
doute
qu'il en soit l'auteur, doute
tout autant
qu'il parle le chinois comme il le prétend. A probablement appris
une dizaine de mots, à dessiner quelques idéogrammes, afin de
leurrer la galerie, mais je crois que ses connaissances se limitent à
ça.
Elles
font parti de tous ces éléments factices qu'il utilise pour se
créer une identité d'emprunt. Lui ai même dit un jour de cesser de
m'ennuyer avec ses histoires de Chine, car il avait tendance à m'en
parler quasiment à chaque fois qu'on se croisait. Lassant
à la longue.
Il n'avait pas aimé. J'avais eu droit au gros rire intimidant,
typiquement
policier.
Il n'a plus insisté.
Quand
vous le croisez sur la rue, il a l'habitude de s'approcher très près
de votre visage pour vérifier si
vos pupilles sont dilatées.
Arrive toujours à l'improviste. L'apercevez-vous, qu'il est déjà à
six pouces de votre visage, la tête penchée sur le côté en train
de vous les scruter attentivement. (Suite
demain)
News du mercredi 16 Septembre 2009
■ La
belle Suzy
– Caravan Palace
(03:04). Rigolo et impeccable sur tous les plans.
■ Québec
: la diversité du contenu domestique d'importants journaux diminue
– Le révèle une étude d'Influence communication. Depuis le début
de l'année, le recours du quotidien La Presse aux agences
d'information a augmenté de 43%, et au Journal de Montréal, de 32%
: qui est Influence
communication? + texte.
■ Confucius...
- Pas con du tout, aurait dit : «Je
n'ai jamais vu quelqu'un qui aimât la vertu autant que le sexe.» Et bien qu'il ait vécu dans les années 500 de notre ère, ça demeure vrai,
ça le sera toujours, n'en déplaise
(03:48) aux puritains coincés dans leur sexualité.
■ Pub
trompeuse : 365 jours d'exercice physique
– Beaucoup beaucoup plus de temps est nécessaire pour obtenir les
résultats que vous allez voir. L'homme sur la photo est
John...stonefitness...
(vidéo : 00:37). Il y a des
internautes qui vont croire dur comme fer que c'est possible.
■ Des
jeunes Inuits voient bien qu'il y a autre chose que l'isolement au
fin fond d'une forêt -
(Suite tome
3
de L'Étau policier) Au
sujet de ces jeunes Amérindiens de Davis Inlet, au Labrador, où
vivent 600 Inuits, on
en avait des nouvelles,
début janvier 2002, plus de deux ans après la publication du livre
du Dr Patenaude. (Dr Robert Patenaude -- 24 heures à l'urgence --
Éditions Québec Amérique, 1999)
Cette
année-là, la population s'apprête à emménager dans le nouveau
petit village érigé, une quinzaine de kilomètres plus loin, par le
gouvernement fédéral. Certains
de ces jeunes,
qui inhalaient des vapeurs de pétrole et avaient quitté leur
village pour suivre une thérapie, sont
de retour.
L'affaire est réglée, pensent sans doute les "experts
en la matière".
(Presse canadienne -- La Presse du 9 janvier 2002)
Non,
elle ne l'est pas.
De jeunes Inuits errent à nouveau dans les tristes rues de cette
petite bourgade en reniflant des vapeurs d'essence, le nez plongé
dans un sac de plastique. Semble évident que les traitements ont
lamentablement échoué.
Simon
Tshakapesh,
chef de la communauté, raconte : «Il
y en a des dizaines et des dizaines. C'est
pire. Après
Noël 2001, un groupe est revenu et a incité les autres à respirer
des vapeurs d'essence.»
Tshakapesh blâme
les fonctionnaires fédéraux,
auxquels il reproche de n'avoir pas approuvé de budget pour un
centre local de traitement. «C'est
un entêtement de la part de Santé Canada. Nous n'arrêtons pas de
leur dire que cela ne fonctionnera pas tant que nous ne contrôlerons
pas ces programmes d'aide nous-mêmes.»
Tshakapesh
n'aborde pas l'ensemble de la problématique. Quels
présent et avenir cette communauté offre-t-elle aux jeunes?
Chaque jour, la télé et l'Internet étalent à leurs yeux une vie
pas mal plus excitante que la leur. Ces jeunes voient bien qu'il y
autre chose que
l'isolement au fin fond d'une forêt.
(Suite
demain)
■ Rire
retenu et l'air
de dire :"Tu
ne sais pas à qui tu parles"-
(Suite tome
1
de L'Étau policier) C'était
la deuxième fois que je voyais Rodrigue
en compagnie de cette femme. La première remontait à une couple
d'années. Lui et moi avions pris l'habitude de se rencontrer de
temps à temps dans un resto de la rue St-Laurent où nous passions
quelques heures à discuter de choses sérieuses en buvant du café.
Un
jour, elle
s'était jointe à nous.
Rodrigue me l'avait présentée comme travaillant avec un groupe de
jeunes sur différents projets, dans un loft lui appartenant. Un
autre civil nous accompagnait.
Lui se disait professeur de mathématiques à la retraite. Il
donnait, prétendait-il, des cours de rattrapage à des étudiants.
Me
souviens que cet après-midi-là, cherchant à connaître un peu
mieux Rodrigue, je
m'étais permis de lui décocher quelques questions
bien ciblées sur ce qu'il faisait, d'où il venait. Il
s'était vraiment mis en colère contre moi,
me disant le ton haut perché qu'il n'aimais pas qu'on l'interroge
sur sa vie privée. Indigné au point de se lever comme s'il allait
partir, pour ensuite reprendre sa place.
Assis
à ses côtés, sur la même banquette, j'avais
tenté de le calmer
un peu en enveloppant amicalement ses épaules de mon bras et le
berçant doucement.
J'avais fait remarquer à la blague aux deux autres que c'était un
bon gars, quoique
parfois un peu chiant,
qualificatif prononcé à la française, la nasale bien accentuée.
L'avais même répété.
Je
n'avais pas été sans percevoir la réaction de la jeune femme
assise juste en face moi. Elle riait d'un rire retenu, un peu
scandalisée de ma remarque et de mon comportement, avec l'air de me
dire du regard : "Tu
ne sais pas à qui tu parles".
(Suite
demain)
News du mardi 15 Septembre 2009
■ Le
journaliste Mountazer al-Zaïdi qui avait lancé ses souliers à W
Bush a été libéré aujourd'hui –
L'événement, à rappeler (Vidéo
de 00:28 + article),
était survenu à Bagdad, milieu de décembre 2008. Il avait fait le
tour du monde. Contexte à rappeler aussi... La guerre de Bush en
Irak était fondée sur un mensonge : contrairement à ce qu'il
affirmait, il n'y avait pas d'armes à destruction massive. L'ONU
était même contre cette agression injustifiée.
On peut être
anti-violence, ç'a n'empêche pas de se réjouir intérieurement,
parfois. D'autant que l'homme le plus haï de la planète n'avait pas
été blessé.
Mountazer,
à sa libération après 9 mois de prison, a fait une visite à son
ex-employeur, la chaîne de télévision al-Badhdadia. L'accueil de
ses collègues a été chaleureux : fanfare, égorgement de moutons
pour le banquet.
■ L'ONU
intensifiera la promotion des droits et du bien être des femmes à
travers le monde
– À cette fin, il a été décidé hier lundi que quatre
agences onusiennes seront fusionnées. Cette mesure permettra de
renforcer son travail en matière d'égalité et donner du pouvoir
aux femmes.
■ Dr
Patenaude : «(…)
on accuse
uniquement la drogue et l'alcool, en oubliant complètement la
complexité de la dépression»
- (Suite tome
3
de L'Étau Policier) Développons
un autre aspect de la drogue : pourquoi des gens en consomment? Le
professeur Roques
répond à cette question. (Louis-Bernard Robitaille -- La Presse du
23 janvier 1999) Il a présidé la Commission d'enquête sur les
drogues licites et illicites disponibles sur le marché français.
(Bernard Roques -- La dangerosité des drogues -- Éditions Odile
Jacob) Onze scientifiques français et sept consultants étrangers y
ont participé. Il a remis son rapport à l'État français en
janvier 1999.
D'après
lui, la cause essentielle du passage à la toxicomanie dure tient
à la personnalité du consommateur. Il y a chez certains
individus une prédisposition biochimique au comportement abusif,
tenant à la fois au patrimoine génétique et au contexte
socioculturel et émotionnel. Roques fait le parallèle avec
l'alcool : en France, sur cinq millions de buveurs excessifs,
seulement deux millions sont devenus de vrais alcoolos. Il en est
ainsi des usagers de la cocaïne : une immense majorité s'en
tient à un usage récréatif, sans tomber dans la dépendance.
Prédisposition
biochimique, patrimoine génétique, contexte socioculturel et
émotionnel, disait le professeur Roques... Que voilà une
formulation froidement scientifique, pour ne pas dire aseptisée,
nous
éloignant d'autant de l'humain,
et qui finalement ne nous apprend pas grand-chose. Concrètement, de
quoi parle-t-on au juste?
Consultons
d'autres auteurs, dont un clinicien oeuvrant dans la salle d'urgence
d'un hôpital du Québec, le Dr
Robert Patenaude,
auteur d'un bouquin permettant de voir la condition humaine de plus
près. (Dr Robert Patenaude -- 24 heures à l'urgence -- Éditions
Québec Amérique, 1999) Drogues
et alcool sont de puissants dépresseurs
du système nerveux central. Ils augmentent donc les risques de
dépression chez un ado normal qui vit des difficultés et ils
aggravent la dépression chez un ado déjà déprimé.
Cependant,
ils ne sont pas des causes directes de suicide. «Nous
savons tous qu'un adulte alcoolique dissimule
un adulte déprimé,
explique-t-il.
Il en est de même chez l'ado qui consomme régulièrement des
drogues. Il
est trop facile d'accuser la drogue et l'alcool.
Bien sûr, cela simplifie énormément nos tentatives de
compréhension du suicide et nous
enlève toute forme de culpabilité.
On se déculpabilise en disant : "Le
jeune Patrick s'est suicidé à cause de la drogue."
Et puis il est rassurant de trouver une cause et de la combattre à
coups de millions de dollars.
«Seulement,
cela n'explique pas le suicide récent
(le Dr Patenaude a publié son livre en 1999) de
jeunes Amérindiens du Labrador, qui vivaient dans une communauté où
il n'y avait pas de drogue,
fait-il
observer.
Ces jeunes se sont pourtant enlevés la vie, en
inhalant des vapeurs de pétrole.
Si un jour il n'y a plus de drogues ni d'alcool, allons-nous
devoir interdire le pétrole? s'interroge-t-il.
«C'est
simpliste comme raisonnement, me direz-vous. Mais sachez qu'un grand
nombre de parents, de professeurs, de politiciens, de policiers, de
directeurs d'école et, bien sûr, de médecins accusent uniquement
la drogue et l'alcool, en oubliant complètement la complexité de la
dépression. Une
grande part de nos impôts ne sert pourtant qu'à combattre le
facteur déclenchant que sont la drogue et l'alcool.
» (Suite
demain)
■ Cacher
son identité policière en s'attirant sympathie ou pitié
- (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Quand
un civil craint que son identité soit percée, il
utilise une panoplie de trucs pour déjouer les soupçons.
Un après-midi Rodrigue
et moi déambulons rue St-Denis, à Montréal. Nous croisons une
jeune femme, l'une
de ses collègues.
Il se précipite vers elle, la prend par le bras, s'en écarte
légèrement pour mieux apprécier sa tenue vestimentaire et la
félicite du «beau
rôle»
qu'elle a choisi.
La
femme partie, je lui demande si celle-ci est comédienne. Pris de
court, il baisse la tête, incapable de formuler une réponse. Comme
tout civil réalisant qu'un mot de trop --
«beau rôle» -- a
mis en péril leur véritable identité,
la sienne et celle de sa collègue, il tente aussitôt d'étoffer
davantage sa fausse identité en me quémandant de l'argent pour
un café.
Le bout du bout! Moi, pauvre comme Job, payant un café à un flic
gagnant au delà de 50 000 $ par année. En ces temps de disette, il
n'a droit qu'à 0.75¢.
L'homme ou la femme jouant à celui n'ayant pas d'argent pour se
payer un café, que
voilà une belle cachette pour un civil.
Certains
raconteront avoir déniché un job, disparaîtront pour réapparaître
un mois plus tard et jouer aux travailleurs découragés d'avoir été
mis à pied ou congédiés. Souvent, cela suffira à vous convaincre
que vous aviez tort de penser que... Momentanément,
car, les contacts quotidiens reprenant, ce n'est pas long que la
certitude refait surface.
Une
autre tactique consiste à s'attirer
la sympathie ou la pitié.
Très rare que cette ruse ne fasse pas mouche. Si vous êtes le
moindrement sensible à la misère des autres, vous tomberez dans le
panneau les deux pieds joints et, comme il m'est quelques fois
arrivé, compatirez à leur sort, essaierez
tant bien que mal de recoller les morceaux.
À la condition, bien sûr, que ces civils soient bons comédiens,
dans le cas contraire...
Rodrigue
me jouera le rôle de celui dont les jours sont comptés.
Presque plié en deux par la douleur, l'air souffreteux,
monosyllabique, se disant atteint d'une maladie mystérieuse,
incurable, il
se demandait sérieusement s'il allait passer l'hiver.
Il en mettait, en mettait. Ne l'ai pas crû. J'avais accumulé trop
de recoupements sur son compte.
Le
printemps venu, il était d'ailleurs toujours là, bien en vie, trop
pour le mort en sursis qu'il avait été deux mois plus tôt :
légèrement bronzé, yeux brillants, convivial, et accompagné d'une
jolie femme plus jeune que lui, quoique collègue plutôt qu'amante.
Par
la suite me suis un peu amusé à ses dépends,
à une couple d'occasions, disant que sa mère avait dû prier pas
mal fort pour qu'il recouvre miraculeusement la santé, caricaturant
à gros traits son état souffreteux d'alors. (Suite
demain)
News du lundi 14 Septembre 2009
■ Le
terrorisme financier....
- Un bon débat comme on les aime entre Max Keiser, analyste
financier indépendant et fondateur de Karmabanque.com,
et Moncef Cheikh-Rouhou, prof de finances internationales à l'École
des hautes études commerciales (EHC)
de Paris.
Échanges ultra rapides, feu roulant passionnant. Deux
visions différentes accompagnées d'arguments solides de chaque
côté, tous deux connaissant bien les rouages du monde de la
finance, et assaisonné d'humour de temps à autre par Keiser.
Keiser attaque Goldman
Sachs, l'une des banques américaines les plus anciennes et
prestigieuses de la planète, également l'une des rares à avoir
traversé la crise en évitant le pire. Il l'attaque, pas seulement
parce qu'il y a connu des déboires, parce qu'elle a coopté le
gouvernement USA et le Département du trésor, dont le secrétaire Henry Paulson est un ex-pdg de Goldman. Pour lui, c'est de la vermine, du fumier.
De son côté,
Cheikh-Rouhou essaie de donner l'autre revers de la médaille.
Cette banque a averti, bien avant la crise, la communauté mondiale
des dangers des produits toxiques appelé subprimes qui allaient
coûter 2000 milliards à la planète. Elle est la seule qui ne soit
pas pas entrée dans ce jeu.
Oui, mais, rétorque Keiser, Goldman
Sachs a baissé le taux d'intérêt de ses actionnaires, dont il est,
ce qui m'a fait perdre 10 000$. Elle a pris dans ma poche l'argent
qu'elle avait besoin pour payer les bonus...
(+ une analyse indépendante sur le rendement de Goldman)
Dès le départ, le ton
est donné. Deux vidéos, en anglais avec sous-titres en français, à
visionner dans cet ordre : l'une
de 08:49 et l'autre
de 04:59.
■ Les
cadavres de France telecom (suite)
– Une caricature signée Coco
qui atteint sa cible en plein cœur : voir le contexte, plus bas, dans les news du
vendredi 11 septembre.
■ I
Gotta Feeling
– Le 8 septembre, plus de 20 000 personnes ont dansé au rythme de
ce tube sur Michigan Avenue, à Chicago. Le groupe Black Eyed Peas
célébrait la 24e saison du talkshow
de la reine du genre aux USA, Oprah Winfrey, qui était sur les
lieux. Tout cela avait été peaufiné à l'avance. Entre autres, on
avait enseigné, on ne sait à combien de personnes, les mouvements
qu'ils devaient
faire lors de
l'événement. Impressionnant
(04:52). Mis a part l'impact social, la qualité musicale et visuelle est largement
supérieure sur le clip
officiel (04:52), dont j'aime bien l'ambiance de la belle fête
païenne
réussie.
■ Dans
une piquerie, j'ai vu des policiers faire preuve d'une certaine
humanité -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) À
Montréal, racontent les deux auteurs Bibeau
et Perreault,
c'est surtout dans les environs du quartier Parc Extension et de
l'Avenue du Parc que l'on trouvait, à la fin des années 1970, la
première
concentration de piqueries
où se rendaient les usagers d'héroïne. (Gilles Bibeau et Marc
Perreault -- Dérives montréalaises -- Éditions Boréal)
Dans
ces appartements, on vendait la drogue en fraction de point et
on y offrait même parfois le «service
complet d'injection».
On ne restait habituellement sur les lieux que le temps de «cuver son
flash».
Comme la durée d'existence d'une piquerie est relativement courte --
environ trois mois, à cause des descentes, des plaintes des voisins,
des morts par overdose, etc. --,
les gros tenanciers se doivent d'avoir toujours à leur
disposition des
appartements libres prêts à les accueillir
en cas de déplacement forcé de leur commerce.
Je
n'ai pas enquêté dans une piquerie. J'en
ai cependant entrevue une, près de l'endroit où j'habitais.
C'était à la fin des années 1980. La police y avait effectué une
descente. Peu après son arrivée, m'étais
rendu sur les lieux.
Elle avait enfoncé la porte, ne restait plus qu'un seul occupant, un
drogué, vivant
un bad trip,
maintenu le dos au plancher par 4 policiers agenouillés, un à
chaque membre.
Dans
de vigoureux bonds, son corps se courbait en arc, sa tête émergeait
au-dessus d'eux, les yeux transformés très exactement en une cible,
avec
ses cercles emboîtés les uns dans les autres.
Émouvant! Ils le tenaient fermement, pour l'empêcher de se heurter
aux murs, aux meubles, et se blesser, mais avec une certaine retenue.
Leur attitude, leur regard, j'ai
senti en quelque part une certaine humanité.
(Suite
demain)
■ Parfois,
je m'offre une petite vengeance -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Autre
petite méchanceté de la même eau. Accueil Bonneau. Après le
repas, Norbert
et moi se dirigeons vers la sortie. Près de celle-ci, longeant le
mur ouest, de longues tables où sont disposées de grandes boîtes
contenant des denrées qu'on distribue gratuitement. D'habitude, il
n'y a que du pain, parfois des pâtisseries. Ce
jour-là, on distribue aussi des oranges.
Norbert
en prend deux, m'indique du menton d'en faire autant. Au moment où
je plonge la mienne dans la boîte, les
deux préposées,
deux collègues de la directrice, se
mettent à gueuler après moi,
prétextant que mon "ami" en a déjà deux, me désignent
avec force gestes la
porte de sortie.
Le ton est vindicatif. Suis vraiment surpris de la charge.
Norbert
me présente sa main tenant les deux oranges, me demande gentiment si
j'en veux une. Oui, j'en prendrais bien une... mais
n'y arrive pas, il les tiens trop solidement.
Rendus à l'extérieur, il m'en offrira une. Cette fois, il semblera
sincère, mais je refuserai, suis parfaitement capable de m'en
passer. Qu'a donc bien pu dire la police à la direction de cet
organisme pour qu'on m'y traite ainsi?
Parfois,
je
m'offre une petite vengeance.
Ainsi ce jour où je m'y rends déjeuner, je croise Norbert dans le
tunnel de la rue Berry, près de la rue de la Commune, là où niche
l'organisme. Lui demande de m'y accompagner. Il refuse, en arrive, a
déjà mangé. J'insiste, autre refus, lui lance pour le secouer un
peu : «Envoie,
salopard, viens-t-en!»
Il n'apprécie pas. Pendant un bref instant, j'ai l'impression qu'il
va me sauter dessus. Il le pourrait, l'endroit est désert. Puis
finalement consent à me suivre.
Autres
perceptions permettant de repérer un civil. Un
jour je vois Norbert enlever des mains le
paquet de cigarettes
d'un habitué d'un resto communautaire, l'examiner attentivement,
lunettes de lecture sur le bout du nez, poser deux ou trois questions
carabinées -- contrebande?
Mais sans prononcer le mot --.
Après le départ de l'usager, lui fais remarquer avoir reconnu
le style --
du policier enquêtant. Me faut le répéter, en l'encourageant de
clins d'oeil complices, le visage tout plissé de rire, pour qu'il me
consente finalement un
petit sourire sec,
à peine perceptible. La complicité est microscopique.
Insuffisante pour prétendre que
nous sommes entre initiés.
(Suite
demain)
News du dimanche 13 Septembre 2009
■ Le gouvernement du Québec
vient de découvrir que la grande criminalité sévit dans le monde de
la finance, pas dans les quartiers pauvres
– Aujourd'hui dimanche, conférence de presse
(01:58 + article)
de trois ministres du gouvernement libéral de Jean Charest :
Kathleen Weil (Justice), Raymond Bachand (Finances) et Jacques Dupuis
(Sécurité publique, responsable de la police).
Dupuis : création de
deux escouades par la Sûreté du Québec afin de lutter contre la
fraude, la corruption et la malversation en milieu financier et
municipal. Weil : demande sera faite au gouvernement canadien, de qui
relève le Code criminel, de rehausser les peines maximales
d'emprisonnement pour certains crimes à caractère économique.
Bachand : certains citoyens voient s'envoler en fumée leur épargne
de toute une vie, les conséquences sont dramatiques.
PS : Pourchasser
les vrais criminels là où ils sont, me semble que cela aurait dû
être fait depuis longtemps. Dupuis, en poste à la Sécurité
publique depuis quand même quelques années, n'y avait pas encore
pensé : ses prédécesseurs non plus.
Quant
aux civils des corps policiers régionaux du Québec et ceux de la
Sûreté de la province de Québec, ils préfèrent contrôler et
nettoyer socialement d'honnêtes citoyens. Et de vous arrêter et
traduire devant un juge si vous volez une enveloppe de jus d'orange
d'1$ dans une épicerie. Dans les quartiers pauvres, les forces
policières sont massivement investies dans ces activités, entre
autres. C'est le ministre de la Sécurité publique qui décide. Aujourd'hui, Dupuis occupe la fonction.
■ Canada-Afghanistan
– La Presse canadienne rapporte que les journalistes en poste à la
base d'aviation de Kandahar sont surveillés de près par les
officiers. Selon un docu qu'elle a obtenu en vertu de la loi sur
l'accès à l'information, les questions qu'ils posent, ce qui leur
est dit et ce qu'ils écrivent font l'objet de notes destinées
notamment à des responsables civils en contact avec le premier
ministre conservateur Stephen Harper.
■ Shadowboxer
– Fiona Apple
(05:25).
■ Chirac
a fait bien pire que Hortefeux
– Sur le web, on ne parle que de l'affaire du ministre français de
l'Intérieur, prénommé Brice, qui a tenu un propos raciste à
l'encontre des Arabes. Le ton n'était pas haineux, mais amical,
main au dos de l'Arabe
(00:53) auquel il parlait...
N'empêche : inacceptable
de la part d'un ministre responsable de la police. Le fait est que je
ne suis probablement pas le seul à avoir tout de suite pensé au
contrôle au faciès exercé par la police : la France n'est pas un
cas unique.
Même
si cette mesure discriminatoire existe depuis des années, donc bien avant son arrivée en
politique, ses paroles laisseront des traces indélébiles. Faudra
pas grand-chose pour qu'elles rebondissent dans l'actualité.
Pourtant, Jacques Chirac a fait bien pire
(01:04) à une certaine époque : 1991. Aujourd'hui, le même discours créerait un tollé retentissant. La France est en train de changer.
■ Denise,
la toxicomane : «Veut,
veut pas là, même si (ce
sont) des
gelées,
(ce sont) quand
même des êtres humains» -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) Denise
donne son opinion sur les piqueries, bien placée pour en parler en
connaissance de cause car elle les fréquente.
«C'est
quasiment nécessaire parce qu'y faut quand même des endroits où
est-ce qu'y a pas d'enfants
; où est-ce que les filles sont en sécurité ; qu'y
se font pas violer non plus par personne.
Veut, veut pas là, même si
(ce sont) des
gelées,
(ce sont) quand
même des êtres humains.
(...)
«moi
je me souviens du temps où est-ce qu'y en avait pas beaucoup de
piqueries...
eh ben, c'était dans les parcs qu'(elles)
allaient,
c'était
partout :
dans les escaliers des immeubles, c'était n'importe où ; pis c'est
peut-être là que le sida s'est développé le plus,
(...) qu'y
a eu le plus d'overdoses aussi parce que les filles se reposaient
pas, y pouvaient pas dormir, y pouvaient pas manger...
«Dans
les piqueries... écoutes, c'est un logement... moi j'étais le genre
de fille qui mangeait pis qui dormait le plus souvent possible pour
avoir des
highs les meilleurs.
Fait que quand j'arrivais avec mon lunch, y en avait toujours une ou
deux qui avaient faim, pis j'ai faisais manger... Si j'avais pas eu
ces places-là pour dormir, je
serais morte.
«C'est
quand même un repère pour les itinérants. C'est ben dommage que ça
soitdes
piqueries, mais
qu'est-ce que tu veux faire,
les filles consomment, y ont besoin... y vont consommer dans des
places où est-ce qu'y peuvent se reposer. Sinon
y consommeraient dans le milieu de la rue,
y consommeraient pareil, veut, veut pas, t'sé, y vont consommer.
(Ce sont) des
droguées, pis tant et aussi longtemps qu'y se font pas soigner (elles
vont) être
comme ça.»
(Suite
demain)
■ Norbert
me chuchote à l'oreille:«Ton
ami s'en vient !»-
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Un
jour, après nos agapes à cette soupe populaire, Norbert
et moi remontons Berry.
Je vois venir dans notre direction une de mes connaissances. Un
ex-fonctionnaire à la retraite du gouvernement du Québec, barbe
blanche à
la Hemingway.
Ce matin-là, il n'a pas la
pipe vissée au coin de la bouche.
Je le connais depuis plus d'un an.
Un
homme contre lequel je nourris une
petite rancune.
Lui en veux un peu de ne pas avoir voulu faire tandem
avec moi
quand j'ai commencé à faire du bénévolat au resto Bouffe-Héberge.
Car il venait y faire son tour de temps à autre.
À un moment, je
croyais vraiment l'en avoir convaincu. Lui et moi s'étions répartis
certaines tâches puis
on ne l'y avait plus revu.
À nous deux, nous aurions facilement réussi ce que je n'ai pu faire
seul : écarter les irresponsables dirigeant cet organisme, redresser
la situation financière et développer des activités à l'intention
des usagers. Je
m'en étais d'ailleurs déjà confié à Norbert.
Celui-ci
a vu aussi l'ex-fonctionnaire se diriger vers nous, probablement en
route vers l'Accueil Bonneau. Il me chuchote : «Ton
ami s'en vient!». Cela dit
sur un ton laissant entendre qu'il ne l'est plus. Sans être des
intimes, l'ex-fonctionnaire et moi échangions quelques mots. Au
moment de lui serrer la main, ce matin-là, je réalise à
son attitude glaciale que
Norbert a raison : il n'est effectivement plus mon ami. Que sait-il
passé?
Ne
serais pas du tout étonné que mes "amis"
y soient pour quelque chose. Ils ont déjà détourné de moi des
gens de Jeunesse au Soleil
et de la Maison des amis du
plateau Mont-Royal. Cette
méchanceté me blesse. Me réconforte intérieurement, n'ai pas à
rougir ou avoir honte : moi,
je ne porte atteinte aux droits fondamentaux d'aucun citoyen.
(Suite
demain)
News du samedi 12 Septembre 2009
■ Méli-mélo
- Pas mal du
tout ; l'endroit idéal
pour lire ; toujours disponibles
; un beau
petit couple, sans ironie ; l'amour interdit
; Obama en Une
; superbement bien
pensé ; version moderne
de la Statut de la Liberté ; copains et copines à la mode
; siesta
en famille
;
fillette un peu triste
; vidéo
amusante
(03:36) ; la
grande partie de la Chine qu'on ne connait
pas ; protégez-vous de ceux qui vous épient
; bébé a lu Mein
Kampf ; vous allez la reconnaître
; hamburger : on cherche à améliorer son image pour l'introduire
dans la gastronomie
; la
Statut de la Liberté comme fond d'écran
; ole
Barcelona
: urgences puritainement incorrects (cliquez sur la photo pour voir
les suivantes : n'en parlez à personne, c'est péché ces affaires-là).
■ I'll
get You
- Une musique innovatrice (née de la mouvance électrofunk?), que je
n'ai jamais entendue ailleurs sur le web. Après le visionnement, on
en veut d'autres du même genre. C'est tellement jeune et vivant
(02:19).
■ Témoignage
de Denise, toxicomane : «Le
sida (sans
seringues neuves), ça s'attrape vite,
pis ça
meurt vite quand tu consommes»
- (Suite tome
3 de
L'Étau Policier) Quittons
la belle Albion pour le Québec,
Canada. Bibeau,
professeur au département d'anthropologie de l'Université de
Montréal, et Perreault,
anthropologue et chercheur à l'Institut international de Montréal,
font une bonne lecture des «Dérives
montréalaises»,
pour utiliser le titre de leur ouvrage édité par Boréal, en 1995.
(Gilles Bibeau et Marc Perreault -- Dérives montréalaises --
Éditions Boréal) Ce ne sont pas des dilettantes, puisqu'ils ont
enquêté dans ce milieu sordide.
Leur
conclusion? En faisant de ces personnes des hors la loi
irrécupérables et des parias aux valeurs antisociales, l'État et
les services publics se sentent autorisés à ne délier que
parcimonieusement les cordons de leur bourse, voire à supprimer les
fonds, alors qu'il s'agit de programmes spécifiques comme celui
de la méthadone pour les héroïnomanes et celui d'échange des
seringues. Constatons que, déjà en 1995, ces deux
universitaires savaient, avaient publié un livre, qu'aucun de nos
élus -- municipaux et gouvernementaux du Québec et du Canada --
ne semble pas avoir lu...
Les
auteurs relatent le cas de Denise,
qu'ils ont interviewée. Elle prend ses seringues neuves au Centre
d'action communautaire auprès des toxicomanes utilisateurs-trices de
seringues (CACTUS), situé dans le centre-ville de Montréal, au 1209
de la rue St-Dominique, et les donne aux filles. «J'ai
vu une fille se maganer assez, c'est incroyable ; J'en
ai vu mourir du sida.
J'ai deux de mes chums qui ont le sida, j'en ai une qui est morte,
Manon... Ça s'attrape vite, pis ça
meurt vite quand tu consommes.»
(Suite
demain)
■ Pas
drôle le métier de civil, lorsque dans une soupe populaire on vous
sert de la vraie pâtée à cochons - (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Plus
souvent qu'autrement, j'ai évité de dire à un "ami" que
je savais qui il était.
De toute façon, c'est une perte de temps que d'essayer de les faire
parler, un
civil n'avoue jamais l'inavouable.
Certains jours, cependant, un peu las de cette mauvaise foi colossale
et permanente, je
veux leur faire sentir que je ne suis pas un con,
de me ficher la paix avec leurs histoires cousues de fil blanc.
Les
rares fois où j'abordais le sujet, j'attendais
que nous soyons seuls,
pour ne pas braquer mon interlocuteur. Éviter aussi de m'exposer
inutilement à des représailles toujours possibles. La police
n'aurait pas apprécié ce genre d'indiscrétions en présence
d'usagers. Son underground doit demeurer secret.
Un
midi, je fais part à Norbert
de ma certitude qu'il est un civil. Il m'offre de m'apporter le
lendemain des papiers démontrant que ce n'est pas le cas. À
l'époque de Bouffe-Héberge, il m'avait confié avoir pratiqué un
certain métier, que je ne peux dévoiler, puis vendu son
établissement ou ses actions, je ne sais plus trop, pour prendre sa
retraite.
Là,
il tient à me prouver qu'il ç'a bel et bien été le cas. Lui dis
de ne pas se donner cette peine, car j'ai la conviction, et ne me
gène pas pour lui dire, qu'il m'apportera des papiers
contrefaits. Il encaisse ma remarque sans protester. D'ailleurs, un
civil peut-il prouver qu'il n'en ai pas un? Non, c'est à moi de
faire la preuve du contraire, en le filant, mais n'en ai pas les
moyens financiers. Les choses en resteront là. S'il avait vraiment
tenu à me le prouver, pourquoi ne m'a-t-il pas apporté ses preuves?
Pas
toujours drôle le métier de civil,
ainsi que je m'en rendrai souvent compte. Par exemple de se les geler
l'hiver par dix ou vingt sous zéro, et
pas seulement les pieds,
ou de recevoir une bonne douche glaciale l'automne, en faisant la
queue à la porte d'une soupe populaire. Il y a aussi la nourriture,
souvent
de piètre qualité et très mal apprêtée.
Un
matin, à l'Accueil Bonneau, je
vois Norbert toiser son bol de soupe avec appréhension,
se demandant sans doute par quel côté l'attaquer. «De
la vraie pâtée à cochons»,
lui fais-je remarquer. Il lève la tête, me regarde sans dire un
mot, je
perçois un peu de détresse dans le fond de ses yeux,
que j'interprète comme un acquiescement tacite. Pas facile pour lui,
qui appartient à un autre monde que celui du pauvre. Comme tout
flic, il gagne bien sa vie, peut
se permettre de bons gueuletons dans de restos huppés.
Alors, la soupe de l'Accueil Bonneau. (Suite
demain)
News du vendredi 11 Septembre 2009
■ Black
Eyed Peas
- I gotta feeling
(04:54). Ce vendredi soir, le week-end commence, le temps de
s'éclater un peu...beaucoup.
■ Let's
Make Money
– Un film de l'Autrichien Erwin Wagenhofer sur les aspects cruels
de la mondialisation. Il cible la faim dans le monde,
particulièrement dans les pays du Sud. Le capitalisme y fait preuve
d'une plus grande sauvagerie qu'à France telecom. France24
a accueilli son auteur en studio, l'entrevue est entrecoupée
de deux petits extraits de son film, engagé socialement : visionnez plein écran,
cliquez sur la petite flèche, à côté du son, en bas.
■ Un
climat de travail qui semble plus agréable que chez France telecom
– À Guingamp, en Bretagne, France, un patron spécialisé dans le
sandwich Daunat (Il mérite une pub gratuite de ma part) a tourné un
clip au sein de son entreprise pour souder ses employés. À les voir
chanter, sauter, danser dans la vidéo
(03:30), on voit qu'ils prennent plaisir à participer au tournage.
■ France
telecom du pdg Didier Lombard : cette année, le management par la
terreur est à l'origine jusqu'à présent de 22 suicides
– Dernière victime en liste, une jeune femme qui a sauté dans le
vide d'un quatrième étage aujourd'hui vendredi : mercredi, un
technicien de Troyes s'était planté un couteau dans l'abdomen en
présence de son manager.
Et ce n'est pas nouveau :
depuis 2000
(J'ai perdu une référence à ce sujet en cours de route : ce que j'écris, je l'ai bel bien lu sur le web), il y en a environ 30 qui
se suicident chaque année. Une petite idée de la torture
psychologique que subissent des employés. Tapez "france
telecom" dans la fenêtre de Google et vous aurez accès à
beaucoup d'autres infos à ce sujet : allez, notamment, sur rue89.
Son slogan : Plus
loin ensemble. Pour aller où? Ben voyons, pour faire plus
d'argent (et de bonus + parachutes dorés?) et remplir les poches des actionnaires.
Le plus important d'entre eux : l'État français (Liberté, Égalité,
Fraternité). Cette entreprise française est spécialisée dans la
télécommunication, dessert 174 millions de clients dans le monde :
téléphonie fixe et mobile, service sur internet, télévision,
service de téléconférence, etc. Elle possède aussi plusieurs
filiales : Globecast, Viaccess, Orange, France telecom e-commerce,
Studio 37, IT&L@bs, Innovacom, Etrali, FT Marine, FranceTel,
Telekomunikacja Polska.
PS
:
Il y a un pervers en chef dans cette boutique, qui pousse tout le
monde dans le dos pour aller toujours plus loin et plus vite, même
si les cadavres s'accumulent : le pdg Didier Lombard.
L'argent avant les humains. Les internautes devraient boycotter cette
entreprise et ses filiales.
■ Tiberghien
décrit plus explicitement la mission de ces centres d'accueil de
Londres -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) Tiberghien
rapporte un cas. «Un
soir, coup de fil de l'hôpital au centre : on
a retrouvé Sally dans les toilettes d'une station de métro
-- cocktail de vodka et d'amphétamines. Elle
est dans le coma.
On se précipite. Spectacle atroce que ce corps allongé derrière la
vitre, visage décomposé, souffle irrégulier, peau sale et blanche,
tachée de traces jaunâtre, l'hépatite... Comment
ne pas se sentir accusé,
ne pas se reprocher de ne pas se donner assez, elle avait besoin
d'une main, d'un coeur, peut-être seulement d'une oreille. »
Tiberghien
nous décrit plus explicitement la mission de ces centres. «Ils
sont équipés de salles d'accueil, autour des éléments de
chauffage s'accumulent fauteuils et coussins, un coin cuisine où
bout en permanence l'eau pour le thé, une salle avec machine à
laver, machine à coudre, douche... Une
pièce, enfin, réservée aux drogués qui veulent se piquer!
Pas d'emploi du temps, il serait impossible à respecter. Il
s'agit de déculpabiliser
tout en redonnant aux jeunes l'envie de revenir, de se retrouver, de
partager quelque chose ensemble, un bout de calme.
«Au
début, beaucoup viennent vaguement chercher des adresses -- travail,
logement --, ou bien passer un moment agréable, à lire, parler,
boire une tasse de thé... Peu à peu, peut-être, d'autres mettront
leurs pas sur
la route de la désintoxication et de la réhabilitation
-- un mot qui revient sans cesse dans toutes les conversations, avec
sa charge d'ironie,de
frayeur,
mais aussi d'espoir à peine avoué,
précise-t-elle.
En tout cas, ils ne se sentent pas réprouvés, jugés, chassés,
punis. Premier pas -- si hésitant -- hors de la détresse et de la
solitude ; premier lieu -- si imparfait soit-il --, où
la personne traquée se sentira chez elle,
tels sont l'espoir et la conviction des animateurs.»
(Suite
demain)
■ Norbert,
comme certains de ses collègues policiers, roule à vélo à l'année
longue -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Un
après-midi Norbert
m'amène chez lui. Un moment, je crois qu'un lien de confiance s'est
peut être créé entre nous. Je
jubile un peu intérieurement.
On n'invite pas chez soi n'importe qui n'est-ce-pas?
Avant même
qu'il ne déverrouille sa porte, désenchantement :
il m'indique du doigt la trace d'une tentative d'infraction à son
domicile. À la hauteur de la serrure, le cadre de sa porte est
endommagé, il manque un petit éclat de bois. Son oeil inquisiteur
scrute ma réaction, sens
un léger soupçon peser sur moi.
Les
choses en restent là, nous entrons. Deux paliers, assez grand,
moderne, confortable, meubles anciens, tapis partout, et dans un
vieil édifice historique rénové, bien entretenu, avec comme voisin
de palier une clinique de dentistes, notamment. Appart d'environ 600$
par mois, sinon plus, qu'il
dit partager avec d'autres.
Je ne vois pas comment puisqu'il n'y a qu'une chambre et un lit
double.
Ce
civil, comme certains de ses collègues, roule
à vélo à l'année longue.
Il lui arrive de changer de modèle. Il prétend les construire de
pièces qu'il récupère sur des vélos abandonnés et de les vendre
ou d'échanger deux vélos remontés pour un autre au look plus
récent. Il
se donne beaucoup de mal à m'en convaincre.
Un
matin, le
revoilà avec sa rengaine.
J'en ai un peu marre, lui demande de quelle façon il procède quand
il trouve un vélo abandonné, scie-t-il
le cadenas?
Il me regarde, un peu décontenancé, puis, sans
répondre,
se penche pour m'en indiquer du doigt certains détails. J'en ai une
deuxième en réserve mais, devant son embarras, ne la lui pose pas :
et pour les autres pièces, comment sait-il qu'il est vraiment
abandonné? À
Montréal, je n'en ai jamais vu qui ne soit pas cadenassé quelque
part.
Et
quand il est abandonné, il est dépouillé de tout, sauf de son
cadre. S'il reste une autre pièce, souvent
c'est une roue tordue,
inutilisable. Seul contexte où on peut parler d'abandon. Alors,
pourquoi ce scénario?
Je crois que le corps policier en met à la disposition de ses
civils, sans que ceux-ci ne soient assurés de ravoir toujours le
même. Norbert se sent obligé de m'expliquer pourquoi, à sa façon.
Par la suite, il ne m'en reparlera plus.(Suite
demain)
News du jeudi 10 Septembre 2009
■ France
: les statistiques sont manipulées par le pouvoir politique
- C'est ce que rapporte Lorraine Data, coauteur du livre (182 pages)
"Le grand truquage : comment le gouvernement manipule les
statistiques", Éditions La Découverte : lire le résumé sur
format pdf
de 6 pages. Les autres participants à ce collectif ne sont pas
identifiés, en raison du devoir de réserve auxquels ils sont
soumis, s'agissant de fonctionnaires issus de la recherche publique
et spécialistes de la statistique.
Ils
y font état des pressions gouvernementales qu'ils ressentent au
sujet des résultats chiffrés qu'ils produisent dans leurs services
respectifs. Au lieu d'utiliser les statistiques pour mieux gouverner,
le gouvernement les manipule pour convaincre la population de
l'efficacité de sa politique. Ils citent quatre cas. Retenons-en un
: la mesure de la pauvreté. Elle repose sur un dénombrement de ceux
que l'on considère comme pauvre en fonction d'un seuil de revenus.
Un léger déplacement de ce seuil a un effet radical sur le nombre
de personnes comptabilisées comme pauvres.
Ainsi,
les chiffres de 2000 à 2005. Selon les critères internationaux, le
taux de pauvreté y était passé de 12,5% à 12,1%. Par contre, les
critères de la France indiquaient une plus grande amélioration de
la situation : de 12,5% à 9,7%. En procédant ainsi, on évacue le
fait que les conditions d'existence s'aggravent pour les plus
pauvres.
PS
:
La France serait-elle le seul pays de l'Occident à cacher les vrais
chiffres? La question est désormais posée.
■ Ministère
québécois de l'Éducation : la stratégie d'action visant à
réduire le décrochage scolaire contient un élément liberticide
– Dévoilé hier, le programme de la titulaire de ce ministère,
Michelle Courchesne, est plus qu'acceptable socialement, sauf l'item
1 des 13
voies de réussite qu'elle propose.
Elle veut que le monde
des affaires s'engage à limiter le nombre d'heures de travail des
jeunes afin qu'ils puissent accorder la priorité à leurs études.
Va même plus loin : une norme sera développée dans le cadre d'une
certification du type ISO qui reconnaîtra les efforts des employeurs
en ce sens.
Il y aura donc de bons et
de mauvais employeurs. En outre, avec toute l'infrastructure sociale
qu'elle implantera partout au Québec, l'étudiant décidant
d'abandonner ses études pour travailler à temps plein risquera
d'être perçu comme un paria, éjecté de la société. Autre point,
on ignore le rôle clandestin que jouera la police en civil,
notamment celle de la Sûreté du Québec : elle est déjà présente
dans les écoles, directement ou indirectement par étudiants
interposés.
Afin
d'éviter toute dérive possible, la ministre doit énoncer
clairement, dès le début de son document, que le jeune à le droit
de travailler dans une entreprise autant d'heures par semaine qu'il
veux et celui aussi de décrocher : pourquoi ne pas en profiter pour
distribuer dans toutes les écoles la charte des droits et libertés?
Elle doit également abandonner la certification ISO des employeurs.
De la désapprobation sociale, il y en déjà beaucoup trop dans
cette province de Québec, plus qu'on est capable d'en prendre. Ça s'appelle aussi l'éclatement de la société.
■ YouTube
lance un concours de productions vidéos contre la violence faite aux
femmes
– Les jeunes réalisateurs de onze pays européens sont invités à
mettre en ligne, du 15 septembre au 1e décembre, des courts métrages
sur "YouTube Action for Women"
: cliquez sur l'hyperlien pour savoir comment procéder. La liste des
lauréats sera diffusé sur son site le 20 janvier prochain.
«La
violence envers les femmes est un problème grave, qui va au-delà
des frontières, des cultures, des classes sociales, des religions et
des ethnies, lit-on dans un communiqué de Giorgia Longoni,
directrice marketing de Google Italie. Nous pensons qu'en proposant
YouTube comme plateforme pour le concours, nous pourrons contribuer
(à la lutte contre ces violences)».
Des
vidéos portant sur le sujet sont disponibles sur YouTube. La plus
impressionnante de celles que j'ai visionnées a été produite en
France
(00:46) où, rapporte-t-on, 1 femme sur 10 est victime de violences
conjugales : dans la colonne de gauche, il y en a de différentes
langues.
■ Témoignage
sur une piquerie
: «Que
de tristesse à voir mourir parfois ces gamins faits pour vivre, qui
crèvent comme des chiens décharnés, misérables, malades,
abandonnés de tous»
-
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) Regardons
comment se déroule la vie quotidienne du consommateur de drogues
dures fréquentant des piqueries illégales, petite
virée touristique
nous donnant une
petite idée...
D'abord une piquerie de Londres, Angleterre, ensuite deux à
Montréal, Canada.
Années
1970, dans un Day
Care Center,
à Londres (Anne-Marie Tiberghien -- Comme un Chat sauvage --
Éditions Robert Laffont, 1986) : ce témoignage de l'auteur
Tiberghien
date un peu, cependant la façon de faire perdure encore au début
des années 2000. Elle y a œuvré quelque temps avec des
travailleurs sociaux, des bénévoles. Ces centres d'accueil de jour,
raconte-t-elle, forment un réseau dense, la
géographie secrète des intoxiqués.
Sur
le terrain, elle a vu agir ceux qui, malgré les échecs et parfois
les morts par overdoses, malgré l'agressivité et les bagarres
permanentes, luttent
et travaillent contre la misère, la solitude et le rejet.
Le centre est réservé aux jeunes drogués ayant atteint un stade
avancé de dépendance. Sans travail, sans attache, la plupart du
temps adeptes de drogues dures.
«Ils
sont dans un état pitoyable :
dents noires et abîmés, corps couturé de cicatrices et d'abcès,
ils passent leur temps à se gratter, titubent, tremblent, tombent,
relate-t-elle.
Ils
n'ont plus le goût à rien,
ni à la nourriture, ni à l'amour. Leur
mémoire est fantaisiste
comme leur sommeil, leur
nervosité,
immense, leur
agressivité,
permanente. Des bagarres violentes éclatent à tout moment, à coups
de tessons de bouteilles ou à coups de couteaux.
(...) Que
de tristesse à voir mourir parfois ces gamins faits pour vivre,
qui crèvent comme des chiens décharnés, misérables, malades,
abandonnés de tous.»
(Suite
demain)
■ Pour
repérer un civil, il ne faut pas se laisser bluffer par qui ou quoi
que ce soit
- (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Comment
faire pour repérer autant de civils? Facile, quand on sait qu'ils
sont là et connaît leurs façons d'opérer. Je
me permets d'insister de nouveau sur le genre féminin,
afin que le lecteur ne l'oublie pas... Les femmes de tous âges sont
aussi présentes que les hommes.
Ne
faut pas se laisser bluffer par qui ou quoi que ce soit :
sexe, apparences --
beauté, laideur, obésité, malformations ou handicaps physiques
ou... déficiences mentales légères --,
sourires sympas, statuts social ou économique, etc. Questions aussi
de perceptions et de recoupements accumulés jour après jour, dans
certains cas pendant des mois. Quelques
unes de ces perceptions.
Norbert
ne se déplace jamais sans un sac de voyage usagé, son garde-manger,
qu'il porte en bandoulière. En cette fin d'hiver 1997-98, il
fréquente, chaque jour, deux soupes populaires et un resto
communautaire. Le matin, il est à l'Accueil Bonneau, rue de
la Commune, dans le Vieux-Port. L'y ai déjà vu à deux
reprises transvider le reste de son assiette dans l'un de ses
récipients de plastique.
Le
soir, il est à la cafétéria de l'Armée du Salut, sur
St-Antoine-Ouest, à la hauteur de Guy, où les non-résidents ont
droit au souper gratuit. Après le repas, les surplus de cuisine sont
distribués gratuitement aux usagers. À une occasion, je l'ai vu
prendre tout ce qui passe. Il opère avec méthode, conviction.
Ouvre son sac, en retire un premier récipient de plastique et hop!
le spaghetti, pose le couvercle dessus, le replace dans son
garde-manger, en retire un deuxième pour la pointe de tarte.
Show
convaincant, destiné à ses voisins de table et l'auteur de ces
lignes. Quand tu vois un usager apporter des denrées chez lui, tu
n'as pas besoin de dessin.
Par
contre, le midi, à la cafétéria du Comité
social Centre-Sud,
rue Beaudry, il ne prend qu'une partie du menu du jour, et encore,
pas toujours : la fin d'semaine, il partage son cabaret avec
Gilberte. Il
mange si peu qu'on en vient à se demander ce qu'il vient y faire.
Il complète son menu frugal en sortant de son garde-manger un ou
deux récipients, qu'il prétend avoir remplis un peu plus tôt à
l'Accueil Bonneau.
Curieusement,
la
fraîcheur des aliments y est nettement supérieure à ceux servis
rue de la Commune.
Ainsi les bouquets de brocoli,
d'un vert aussi vif que la verdure après une bonne pluie et non d'un
beige malodorant, et les carottes,
finement coupées, mécaniquement et non à la main. Un midi,
s'apercevant que je focalise sur le contenu de son récipient, il
rougit légèrement,
un peu de gêne passe dans ses yeux, donne l'impression de quelqu'un
pris en flagrant délit. Par la suite, il
évitera d'en apporter.
(Suite
demain)
News du mercredi 9 Septembre 2009
■ Canada
: à Toronto, une école destinée à de jeunes Noirs vient d'ouvrir
ses portes
– L'événement suscite un certain intérêt du fait qu'on craint
l'émergence d'une nouvelle forme de ghettoïsation des ethnies.
D'autres diffèrent d'opinion. À l'école torontoise, en plus
d'enseigner la culture africaine, on veut combattre le décrochage
scolaire des Noirs, qui est très élevé. Un reportage de
Radio-Canada
(05:00).
■ Comment
diable peut-on refuser de sauver des vies parce qu'il n'y a pas
consensus au sein de la population? -
(Suite tome
3
de L'Étau Policier) Quant
aux piqueries légales, on prétendait en janvier 1999 qu'il
était trop tôt.
(Jean-François Bégin -- La Presse du 27 janvier 1999)
Le Dr
Denis Roy |