News du mercredi 30 Septembre 2009

  Aujourd'hui 30 septembre, fin du mandat de l'ICANN – Cet organisme, contrôlé par les Américains (Internet corporation for assigned names and numbers), gère en quelque sorte l'Internet : voir le contexte dans les news du 23 septembre 09, manchette "Protéger la neutralité de l'Internet (suite)".

Plusieurs pays souhaitent avoir leur mot à dire dans cette gestion. Notamment, l'Union européenne via sa commissaire Viviane Reding, qui dit espérer que cette échéance permettra de réfléchir à "la privatisation totale de l'ICANN et sa responsabilité envers les autres".

  Szasz : «Sans l'interdiction de la vente libre de seringues, le sida n'aurait jamais pu se diffuser aussi rapidement» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Dans la plupart des pays occidentaux, on n'a pas encore compris que cette Guerre Sainte est pire que la légalisation. Thomas Szasz dit que les gouvernements font la guerre à la drogue, tout en sachant qu'ils ne la gagneront pas, parce qu'ils aiment cette guerre et ne souhaitent pas la gagner. (Guy Sorman -- Les vrais penseurs de notre temps -- Éditions Fayard)

Chaque société a besoin de mener une guerre, civile de préférence. Pendant les années vingt, aux États-Unis, ce fut, avec la prohibition, une guerre contre les trafiquants d'alcool. Aujourd'hui, elle vise les trafiquants de drogue. «Avec les mêmes arguments, les mêmes armes, les mêmes bons et les mêmes méchants. Et la même inefficacité», précise-t-il.

Si, à aucun moment, on ne s'interroge sur l'échec de ces politiques, c'est parce que ces combats nous donnent l'illusion d'un héroïsme à bon compte, sans trop de risques et avec bonne conscience, explique-t-il. Cette guerre inutile ne pourrait se terminer que par la légalisation, de même que la lutte contre l'alcool s'acheva, à la veille de la seconde guerre mondiale, par la fin de la prohibition.

«Mais nous tenons trop à notre guerre pour la suspendre.» Conséquence : la prolifération du sida. «Sans l'interdiction de la vente libre de seringues, le sida n'aurait jamais pu se diffuser aussi rapidement», soutient-il. (Suite demain)

  Je prends Raymond par surprise, lui demande ses nom et prénom - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) L'anecdote suivante se déroule au Chic resto Pop, rue Adam. Après le repas, je m'allume une cigarette. Pas de cendrier. Regarde autour, à une table pas trop loin, cinq clients, dont Raymond, en disposent de deux. M'approche, leur en pique un, disant qu'ils en ont un de trop.

Raymond me demande du feu. Je le connais depuis l'époque de Bouffe-Héberge. M'est déjà arrivé d'entendre ce grand amateur de cigares, qu'il roule lui-même, chanter à voix basse des extraits d'opéra ou du grégorien en duo avec un avocat à la retraite, passionné d'histoire et de philosophie. Il y a plus d'une année qu'on s'est vu.

J'en profite pour lui demander brusquement son nom, veux le saisir sans lui laisser le temps de réfléchir. Moi, je m'en souviens mais lui, se souvient-il encore de son faux nom? C'est à voir. Suis là, planté debout en face de lui, le fixant dans les yeux, j'attends sa réponse. Pris au dépourvu, il baisse la tête, hésite, s'agit d'hésitations, notre homme ne bégaie pas : «...Heu... heu...». Puis finit par articuler son nom de famille, ça vient de loin, du fin fond de la gorge, c'est comme craché.

Ensuite, rereheu pour le prénom : «...RRR... (Rodolphe? Réginald? Ça se pourrait, il a l'âge de ces prénoms)... Raymond». Il l'a eu, à l'arraché. Ne semble pas fière de sa performance. La scène est drôle. Ai très envie de m'éclater de rire, fais un gros effort pour garder ça en dedans. Faut jamais se moquer de la police. Qu'importe, mon rire ne se voulait pas méchant, plutôt taquin. Bref, des perceptions en disant aussi long que bien des aveux. (Suite demain)

News du mardi 29 Septembre 2009

  Sibel Edmonds : une femme à abattre (Kill the Messenger) - Edmonds était traductrice au FBI, USA. Un jour, elle a accusé une collègue de couvrir des activités illégales. On l'a congédiée et avertie de garder le silence, qu'on la surveillerait de près.

Cependant, Edmonds considérait que l'affaire était trop importante pour se taire. Elle s'est donc lancé dans un combat pour que la vérité éclate au grand jour. Elle a accepté qu'une équipe de tournage la suive dans ses démarches.

Un documentaire fascinant sur une femme qui n'a pas froid aux yeux. Pour bien vous situer dans le contexte, prenez connaissance d'un court résumé, accompagné de 5 photos. Les vidéos, traduction en français : 1 (15:53) ; 2 (18:52) et 3 (18:44). En août 2009, sous le gouvernement Obama, le FBI (33:24, en anglais) l'autorisait finalement à parler publiquement de l'affaire. Attendons la suite : un livre ou un documentaire, pourquoi pas les deux?

  France Télécom innove : un édifice où il sera plus difficile de se suicider – Situé Place des... droits de l'homme, à Paris, il était en construction depuis un certain temps mais le tollé médiatique relatif aux suicides a incité la direction à le rendre plus sécuritaire : fenêtres qu'il est impossible d'ouvrir, terrasses ou passerelles suspendues inaccessibles... : lire l'article d'europe1.fr + réactions d'internautes.

PS : Dessin. Ne reste plus qu'à placarder cet avis partout à l'intérieur de l'édifice : Interdiction de se suicider sous peine de licenciement.

  Seuls les Talibans ont presque réussi à éradiquer la drogue, mais à un prix élevé de vies humaines - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Appelons à la barre d'autres auteurs, notamment cet expert français en géopolitique de la drogue qu'est Labrousse. (Alain Labrousse -- La drogue, l'argent et les armes -- Éditions Fayard)

Il raconte qu'en 1955, le Shah d'Iran décida d'interdire la culture du pavot. Le remède fut pire que le mal. Les toxicomanes s'adressèrent au marché clandestin et la demande fut immédiatement satisfaite par les productions afghane et pakistanaise, qui passèrent chacune de 100 à 200 tonnes, ainsi que turque.

Plus grave, insiste Labrousse, ils se tournèrent massivement vers l'héroïne, d'un usage plus discret. En outre, l'Iran devint la proie des mafias internationales. Les trafiquants exigèrent d'être payés en or, et les réserves de métal précieux de l'Iran fondirent. Tirant les conclusions des effets négatifs de l'interdiction, le Shah en autorisa de nouveau la culture en 1969, mais sur des superficies étroitement contrôlées par l'État. Ces mesures étaient tardives et les trafiquants, bien organisés, étaient décidés à ne pas se laisser enlever des parts d'un marché aussi juteux. Les toxicomanies légales et illégales continuèrent à se développer en Iran.

Lorsque l'ayatollah Khomeyni renversa le Shah et prit le pouvoir en Iran, il déclara une Guerre Sainte contre la drogue. Le Guide Suprême, homme d'extrême droite pour qui la vie humaine ne valait pas grand-chose, prit les grands moyens. Mille cinq cents trafiquants (1 500 !) furent pendus dans les années 1989-90, en l'espace de deux ans, environ 750 par année. En outre, des dizaines de milliers de consommateurs furent internés. On pourrait penser que l'usage de la drogue chuta dramatiquement. Détrompons-nous.

Labrousse rapporte que, malgré les interdits, le fléau n'a pu être jugulé et le pavot fleurissait toujours. Au début des années 1990, la production d'opium y était évaluée entre 200 et 400 tonnes, toutes destinées à la consommation d'un million d'héroïnomanes. Et l'histoire s'est répétée en Turquie et dans d'autres pays. De fait, seuls les Talibans, de l'Afghanistan, ont réussi, pas totalement mais presque, mais à quel prix de vies humaines? Pas sûr que les Sociétés civiles des pays occidentaux soient prêtes à payer aussi chèrement cette pureté... extrême.(Suite demain)

  Norbert : notre homme à La Havane - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) D'autres vous tendent des pièges grossiers. Norbert, mon pied à terre pendant presque un an dans l'underground policier montréalais, voulait que j'écrive un article sur ses voyages à Cuba. Il semble avoir une préférence pour l'île de Castro. Aime vivre chez l'habitante plutôt qu'à l'hôtel. M'a raconté y avoir couché avec de ses logeuses, à La Havane. Femmes tarifées? Non. M'a expliqué qu'avant de prendre l'avion pour revenir au Québec, il leur laisse des petites choses qu'il ne peut rapporter avec lui.

Toujours est-il qu'il veut que j'écrive un article, qu'il souhaite publier dans un quotidien. J'en serais le rédacteur fantôme, lui le signataire. Je sais qui il est et lui sait que je sais et qui je suis. Son offre me rend assez circonspect. J'avais déjà confié au proprio du dépanneur de la rue Dorval -- nom fictif --, collabo à tout crin de la police, que le quadrillage des rues de Montréal par les civils devait avoir quelque ressemblance avec celui de La Havane. En fait-il allusion?

Quoi qu'il en soit, je flaire le coup monté. Il peut m'inventer des anecdotes et peut-être ensuite m'accuser d'être un journaliste écrivant n'importe quoi, sans vérifier ses sources. Je décide alors de le sonder, en plaidant le faux pour savoir le vrai. Dans le cas d'un récit de voyage à caractère touristique, fais-je valoir, on peut arrondir un peu les coins. Il tique aussitôt : «Ah ! comme ça, vous autres les journalistes....».

Jouant son jeu, je qualifie son idée de lumineuse, lui précise néanmoins qu'elle a besoin d'être enrichie... Norbert sourit comme je ne l'en ai jamais vu auparavant, et m'encourageant à accepter sa proposition. Un large sourire, qui a tout de celui du renard, carnassier, on ne voit pas les crocs, on devine qu'ils sont là, derrière les babines. Bon vendeur, ce Norbert.

Je suggère d'éditer ensemble un bel album couleur sur la vie socio-économique des citoyens de La Havane et... le quadrillage des quartiers havanais par la police. Je me retiens de peine et de misère de lui préciser... en uniforme et en civil, sans oublier l'armée de citoyens mouchards enrégimentés dans les fameux comités de défense de la révolution ( CDR ). Je propose qu'à cette fin, lui et moi se rendions à La Havane.

J'ai même trouvé un titre original pour notre album : Notre homme à La Havane, emprunté d'un roman d'espionnage de Graham Green. Le romancier y raconte l'histoire d'un vendeur d'aspirateurs, installé dans la capitale, et travaillant pour une puissance étrangère. Il photographiait ses produits et les faisaient passer pour des images de missiles. Norbert n'a pas l'air trop emballé... Et encore moins quand j'ajoute que, avant de réaliser ce projet ensemble, je lui fournirai des références à mon sujet. En contrepartie, il devra de son côté en faire autant. Normal, n'est-ce-pas, d'exiger ce préalable.

Ç'a été la mort du projet. Il s'est aussitôt esquivé, sous prétexte qu'il désirait seulement «un tout petit article». Il ne m'en a plus parlé. Moi si! Indirectement, à deux occasions, juste pour le taquiner un brin. Alors qu'il se dirigera vers ma table, lui lancerai : «Tiens, notre homme à La Havane.» La fois suivante, il sera en compagnie de l'un de ses supérieurs, George. Agacé, fronçant même les sourcils, ce dernier me demandera de répéter, m'exécuterai, percevrai une pointe de mécontentement. (Suite demain)

News du lundi 28 Septembre 2009

  Tordant !!! - De quoi remonter le moral (02:48) à bien du monde.

Tinariwen (les poètes soldats) Les musiciens sont des Touaregs, vivant dans un secteur du Sahara : lisez ici un bref résumé de leur rébellion au début des années 1990, près de la frontière nigérienne.

Ils produisent de la très bonne musique. Ils ont ajouté un instrument occidental aux leurs : la guitare électrique, dont ils jouent avec beaucoup de brio (03:11) : explorez la série de vidéos disponibles sur YouTube. Donnent des concerts, notamment en France. L'occasion d'une belle rencontre interculturelle.

  Qui décide de la rémunération d'un grand patron? - Les membres du conseil d'administration. Bien que certaines pratiques seraient sur le point de changer, il est instructif de savoir comment ça marche encore. En France, une étude réalisée par le Centre national de recherche scientifique (CNRS) lève le voile à ce sujet.

Dans le reportage (19:03) que je vous propose, on nous montre sur papier une grande toile d'araignée. Des flèches indiquent les relations entre différents conseils d'administration. Le maillage est à ce point serré qu'il faut être très attentif pour suivre le cheminement de chaque flèche d'une grande entreprise à une autre.

On nous cite quelques exemples. En 2007, le pdg de Schneider Electric siège au conseil de surveillance d'Axa, dont le pdg siège à celui de Schneider Electric. En outre, le pdg d'Axa siège chez Vivendi, inversement celui de Vivendi est vice-président d'Axa. Résultat, on retrouve quasiment toujours les mêmes pdg dans les conseils d'administration.

Cela veut dire que tout ce monde se soutient : conflit d'intérêts. Si j'accepte l'augmentation d'un pdg, je peux espérer qu'en retour il acceptera la mienne. Si je refuse, peut-être qu'il regardera ma demande d'un peu plus près. Cette solidarité expliquerait la flambé du salaire des grands patrons, des bonus et parachutes dorés.

  La prohibition de l'alcool des années trente aux USA a été une faillite, il en est ainsi de la drogue de nos jours - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Abordons la problématique de la prohibition de la drogue... Bachmann et Coppel, faisant le constat que les politiques prohibitionnistes, dans la version qui a vu le jour au cours des années trente, ont fait faillite, s'interrogent (Christian Bachmann et Anne Coppel -- La drogue dans le monde, hier et aujourd'hui -- Éditions Albin Michel) :

«Si la chasse aux drogués et aux trafiquants ne suffit plus, que faire?» Ils croient que le premier pas est celui du renoncement à une criminalisation systématique. D'après ces deux auteurs, il n'est pas évident qu'il soit encore avantageux, pour les pays occidentaux, de prohiber les drogues.

Ils posent cette question : Qui sont les pires ennemis des loteries clandestines? Leur réponse : la personne annonçant à la télévision les résultats de la loterie tenue sous l'égide de l'État. Il en est de même des drogues, argumentent-ils : leur banalisation ouvre un nouvel espace de contrôle. Selon eux, on sait depuis longtemps qu'il est un lien étroit entre la limitation de la consommation de drogues et la réduction des activités criminelles.

Cependant, la solution la plus dangereuse, se disent-ils d'avis, serait la libéralisation sans garde-fou. Ils suggèrent de contrôler étroitement, et par tous les moyens possibles, leur production, distribution et consommation. Un contrôle à deux volets, l'un de répression et de sanction, l'autre de cohésion et de coopération.

Pour sa part, Cohen relate que les conséquences sociales de la drogue en Occident sont exactement celles qu'auraient eues une poursuite et une extension internationale de la prohibition antialcoolique dans les États-Unis des années trente. (Bernard Cohen -- Tu ne jouiras point : Le retour des puritains -- Éditions Albin Michel) Le témoignage du journaliste Walter Ligget devant la Commission d'enquête fédérale sur la prohibition en 1930, rappelle Cohen, ne servira malheureusement pas d'enseignement aux télévisions qui annoncent quasiment chaque soir des «saisies records» de cocaïne ou de cannabis sans jamais se demander en quoi ces produits diabolisés seraient-ils si dangereux dans un autre contexte social.

Qu'avait donc dit ce journaliste? Qu'avant la prohibition, Washington comptait trois cents bars avec licence, contre sept cents bars clandestins après ; que le Kansas, pourtant proclamé officiellement «premier État sec» de l'Union, baignait officieusement dans le whisky ; qu'à Boston quinze mille personnes vivaient uniquement des revenus assurés par le trafic de l'alcool. «Bref, avait-il déclaré, l'hypocrisie a envahi ce pays de fond en comble». (Suite demain)

  Sylvain est spécialisé dans les sujets de conversation n'intéressant personne - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Certains civils sont carrément déroutants dans leur approche. Sylvain appartient à cette catégorie. Un grand sec sympa, dont le dada est la religion catho. Prétend faire du bénévolat pour les oeuvres du cardinal Léger. À notre première rencontre, il m'avait donné une image de la Ste-Vierge, avec en prime, à l'endos, une prière : on a dû me la piquer, je n'arrive plus à la trouver...

Sylvain est spécialisé dans les sujets de conversation n'intéressant personne. Ça existe, vous savez, ce genre de spécialistes. Comme vous n'avez pas envie d'y investir de l'énergie, et que c'est un bon gars, vous l'écoutez, l'écoutez, attendez l'occasion de le propulser sur une autre orbite.

Vous démontrera longuement que ce n'est pas la terre qui tourne autours du soleil, mais l'inverse. La grosse boule de feu graviterait autours de notre petite toupie. Nous serions le centre de notre système solaire. Très fort, le mec. A fait cette découverte un après-midi, allongé sur une pelouse. Pendant plusieurs heures, il a observé le soleil, l'a bel et bien vu tourner autours de la terre. Passionnant !

Possède l'art d'endormir son interlocuteur pour mieux le faire parler. Sa grande naïveté nous met tout de suite en confiance, et fait baisser nos défenses. On se dit que ça ne se peut pas qu'un gars aussi calé en astronomie soit un flic. Cet homme, lors d'un interrogatoire, doit être redoutable.

Un jour, l'ai vu amener de force un handicapé mental au Comité social Centre-Sud. Souffrant aussi d'un handicap physique, le type avait de la difficulté à se déplacer, pleurait comme un enfant, ne voulait pas y aller. Sylvain le tenait fermement par le bras, près des aisselles, là où la chaire est sensible. C'était un peu pathétique.

Quand il m'a aperçu, son attitude a changé, a lâché son bras, s'est fait tout sourire, m'a dit qu'il amenait son ami manger à la cafétéria. Quel était l'objectif de cette sortie? Socialiser ce pauvre gars? Me suis demandé s'il n'y avait pas des façons de faire plus pédagogiques que la contrainte physique. M'a invité à dîner, avec l'air et le ton de celui sachant fort bien qu'ayant atteint votre quota de répression policière, vous refuserez l'invitation. (Suite demain)

News du dimanche 27 Septembre 2009

  Méli-mélo - Bouffer du transgénique ; grippe porcine ; France Télécom ; musulmanes et l'homme qui pense pour elles ; une nouvelle coupe de cheveux s'en vient ; la peur pour vraie ; partie d'échecs ; papa attentif ; Albert M=ce2 ; le dollar américain est encore utile ; La cruauté à l'encontre des animaux ; vu sur un tee-shirt ; l'avantage de l'obésité ; Jean-Louis Cravier, peintre ; photoshop transforme nos images : vidéo (02:31) ; tour eiffel ; spectacle musical d'extraterrestres : vidéo (03:10).

  Le chômeur suisse sous pression – Alors qu'on sait que la classe moyenne de ce pays n'arrive pas à joindre les deux bouts, situation dont j'ai déjà fait état, voilà qu'on apprend que le travailleur licencié n'a pas de droit, que des devoirs, nous apprend "Temps présent" (50:48), une émission récente de la Télévision suisse romande (TSR).

On exerce sur lui de la pression pour qu'il trouve rapidement un gagne-pain. Pression aussi sur les conseillers de l'assurance chômage responsables de groupes d'assurés : la performance est de mise. C'est vraiment basique. Peu de place pour les sentiments.

Il y a des pénalités de prévues, par contre. Cela à toujours existé, sauf qu'aujourd'hui, elles prennent une place prépondérantes. Ne pas chercher d'emploi après son licenciement est passible d'une coupure de l'indemnité représentant entre 5 et 18 jours : des emplois, il y en a de moins en moins, dit-on. Ne pas se présenter à un rendez-vous fixé par son conseiller, de 5 à 15 jours. Refuser un emploi, de 31 à 60 jours. Quant on sait que l'indemnité représente 20 jours ouvrables par mois... Il y a plusieurs autres aspects qui sont abordés à cette émission.

PS : La Suisse n'est probablement qu'un cas parmi d'autres. En faire état sur le web peut suggérer à des médias d'autres pays d'enquêter, eux aussi. Être en chômage en pleine crise financière et économique est plus angoissant qu'en temps normal. Surtout chez ceux qui ont des responsabilités familiales et...hypothécaires. En ce moment, et pour combien de temps encore, l'espoir d'un retour rapide sur le marché du travail est presque nul.

  Sabotage de la Sûreté du Québec – Dans la colonne de droite de la page d'accueil de mon site, la vidéo traitant des suicides chez France Télécom n'est pas alignée avec les autres, elle est à gauche au lieu d'être centrée : lundi 28, j'ai demandé à un programmeur de centrer la vidéo. C'est un sabotage de la Sûreté du Québec, ordonné probablement par el comandante Michel Boudreault, homme d'extrême-droite responsable de ce corps policier dans la région où j'habite, le Saguenay-Lac-St-Jean. Depuis que je dévoile les petits secrets de la police en civil, j'en ai subi des centaines.

Dans l'édifice où je demeure (125, route 155, Lac Bouchette, Québec – Canada), je suis harcelé régulièrement par des civils déguisés en locataires (ils occupent les appartements 7 et 5) et partagent avec moi des murs mitoyens : ils utilisent toutes sortes de bruits pour manifester leur présence, leur mécontentement. La Sûreté du Québec cherche à me déstabiliser psychologiquement, se faisant, elle veux me censurer, porter atteinte à ma liberté d'expression. Je vous tiens au courant.

  France Télécom : de faux suicidés sautent du sommet d'un édifice Le montage vidéo est particulièrement réaliste. C'est qu'on a piraté une intro du téléjournal de TF1. L'animatrice traite des vrais suicides survenus au sein de cette entreprise, présente aux téléspectateurs un reportage.

S'enchaine à la place la vidéo truquée (01:10) où on voit des employés de France Télécom se lancer dans le vide devant la caméra. N'étant pas préalablement averti, on s'étonne puis comprend vite ce qui se passe. Difficile de trouver mieux pour illustrer ce capitalisme sans cœur.

  Des ados laissés à eux-mêmes, condamnés à réinventer le bouton à quatre trous - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Ajoutons une autre dimension, incontournable : les angoisses métaphysiques. Besoin d'un moteur dans la vie, autrement le séjour dans ce monde risque d'être un peu chaotique. Religions traditionnelles, mouvements religieux contemporains, sciences occultes, même l'horoscope jouent un rôle dans la vie de plusieurs. La philosophie cependant donne accès à une meilleure compréhension de l'univers. Fondamentalement, le rôle de l'humain est d'être utile à la société. Finalement, peu importe ce à qui ou a quoi on adhère, l'important est d'adhérer à quelque chose.

Dans les écoles, des ados sont laissés à eux-mêmes, sans base solide, condamnés à réinventer, s'ils en ont l'idée, le bouton à quatre trous, pour utiliser un peu hors contexte la formulation de l'auteur québécois Jean Larose. Par contre, on les prépare à entrer dans le moule social, le marché du travail, etc.

Des humains sont aussi terrifiés par la maladie grave, par la mort. Pas chaque jour de leur vie tout de même, mais quand cela arrive, badaboum! Pour nous, une belle mort est une mort soudaine, de préférence durant notre sommeil, sans douleur ni maladie, et donc totalement inattendue. C'est pourquoi il ne faut pas trop sans faire dans la vie puisque de toute façon personne n'en sort vivant.

Selon Lacroix, le monde fracturé, qui est propre à la culture occidentale, s'inscrit dans une histoire dramatique. (Michel Lacroix -- La spiritualité totalitaire -- Éditions Plon) Car s'il est vrai que l'homme se sent une parenté avec la réalité supérieure, il sait aussi qu'il est en quelque manière déchu de ce monde. C'est pourquoi nous pensons notre destin en termes de nostalgie. Aussi la vie de l'esprit est-elle animée par un constant désir de retrouver ce monde perdu et tout notre héritage culturel témoigne-t-il du caractère obsédant de cette quête, écrit Lacroix.

L'homme occidental sait que Dieu est inaccessible, que l'enfance est abolie dans un passé révolu, que la finitude est inexorable, que l'imperfection est irréparable, que la solitude est sans remède, que la vie se déroule sur le mode du "une fois pour toutes", et qu'il n'y a point de réincarnation. La recherche à laquelle il est condamné se traduit par une constante inquiétude, qui est la noblesse de notre culture, nuance-t-il.

C'est ce sentiment d'inachèvement irrémédiable qui explique son dynamisme créateur. Il a besoin de créer afin de calmer sa soif d'absolu, de combler un manque, d'apaiser une plaie inguérissable. On le voit, toute cette question n'est pas simple.(Suite demain)

  Médaille d'or à Normand pour son horrible camisole d'haltérophile - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Normand a la soixantaine athlétique, genre GI. Se prétend ex-homme d'affaires qui aurait dilapidé son argent en passant plus de temps dans les Caraïbes qu'à son entreprise en sol québécois. M'a débité tout ça, à la cafétéria du Comité social Centre-Sud.

Raconté avoir bien connu Bébé Doc, pris de la coca, vécu pendant deux ans avec une Dominicaine de... 13 ans (oups! il vient de lancer ses appâts : serais-je un amateur de coca ou de belles ados ou les deux?)...

Fait une pose, mine de rien, attend que je réagisse (vais-je l'envier, lui demander des... détails croustillants sur sa relation chauffée à blanc avec la belle ado, ou s'il prend encore de la coca et n'en aurait pas sur lui, par un heureu-z-hasard?). Je tique, mon regard planté dans le sien, l'interroge, sur un ton un peu accusateur : «13 ans?» Il rectifie le tir : «Elle avait l'air beaucoup plus vieille (sic) que son âge.»

Lui offre un café gros format, il me demande si je peux lui donner un peu de tabac à rouler (pour vérifier s'il contient quelques substances illicites?), lui en donne. N'ai rien à cacher, ma vie est un grand livre ouvert. À un moment donné, Normand dit à quelqu'un qui est derrière moi, en ricanant : «Je va (sic) rentrer dedans avec mon bicycle».

Me retourne aussitôt et vois le gardien de sécurité du Comité social Centre-Sud s'esclaffer, secoué de ces petits rires sarcastiques et nerveux typiques du subalterne trouvant bien drôle le gag de son supérieur. Il est pratiquement plié en deux, le pauvre. Le flic fait-il allusion à moi? Je le pense. Le gardien de sécurité a dû lui faire une mimique quelconque. Vexant, mais on ne va pas en faire une histoire.

Il arrive à Normand de faire du "bénévolat" à la cafétéria. L'y ai vu balayer et laver le plancher. Ainsi cet après-midi où il s'est approché graduellement de l'endroit où j'étais attablé avec un usager, balayant de plus en plus près de nous, pour écouter notre conversation. Un samedi soir, l'ai croisé sur St-Denis. Casquette de rappeur enfoncée jusqu'aux oreilles, palette en arrière, fausses lunettes ajustées à la vue, zip de sa gabardine bleu marin remonté au menton.

L'ai vu venir de loin. Il ne m'a jamais regardé. Après l'avoir croisé, me suis retourné, il ne m'a pas vu le faire mais moi l'ai vu laisser tomber lourdement la tête, dépité sans doute que je l'ai reconnu. Quelque temps après, lors de la distribution gratuite des sacs de denrées, à la cafétéria, il tentera de renforcer sa fausse identité de pauvre en allant en chercher. Il portera l'horrible camisole d'haltérophile dégageant épaules et une bonne partie du thorax. Ouach! À elle seule, cette performance mériterait une médaille d'or. (Suite demain)

News du samedi 26 Septembre 2009

  USA : l'État du Delaware est un paradis fiscal – Ses beaux jours achèvent, cependant, puisque le gouvernement américain veut y interdire la fraude fiscale. La vidéo que vous allez avoir n'est qu'un extrait du Journal de la télévision suisse romande (TSR).

Le ton de l'animatrice est un tantinet revanchard, comme si elle voulait démontrer que les Américains sont mal placés pour faire la leçon à la Suisse. Elle avait peut-être en tête l'affaire de la banque suisse UBS, prise à la gorge par le fisc...américain. Cette vidéo, qui date d'avril 2009, semble avoir été sortie des archives à l'occasion du dernier G20 tenu cette semaine à Pittsburgh, aux USA. Un dessin illustre davantage le contexte.

  Kelly Rowland – When love takes over (03:18). Avec Rowland, tout de suite et maintenant.

  Déviants, marginaux et exclus nous sont beaucoup plus nécessaires qu'inclus et intégrés - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) La platitude de la vie... Un grand artiste québécois, aujourd'hui décédé, semblait partager cette opinion : Paul Buissonneau. Il s'en était ouvert au journaliste Raymond Bernatchez de La Presse, qui le décrivait comme un homme brillant, érudit, à l'opposé du clown de la télé. (Raymond Bernatchez -- La Presse du 24 octobre 1998)

Il lui racontait qu'on lui avait demandé un jour de décrire ce qu'il faisait comme travail. «Mais, c'est pas facile. Parler de ce que je fais, c'est quoi ? (...) Mon inspiration est alimentée par tout ce qui m'entoure. Je détourne des objets, j'ai un fun vert avec ça. C'est un peu enfantin, tu me diras, mais c'est la seule chose qui me reste. Picasso faisait ça. J'aime bien Picasso. Il décocrisse la réalité parce que la réalité est plate.»

Tous les créateurs sont à la recherche d'un ailleurs, et bien d'autres catégories de citoyens aussi. Laborit parle de la fuite de la réalité dans la créativité. (Henri Laborit -- L'éloge de la fuite -- Éditions Laffont) Il en est de même de l'employé workaholic ou du PDG investissant toutes ses énergies et sa créativité dans son travail, au point d'en oublier de vivre sa propre vie. Le toxicomane fuit, lui aussi, mais souvent avec un bagage génétique et culturel plus modeste. Essayons d'expliciter la platitude de la vie ou le mal de vivre.

Le sociologue français Morin nous a dit plus haut que la société n'est pas unidimensionnelle, elle est multidimensionnelle. (Edgar Morin -- Pour sortir du vingtième siècle -- Éditions Fernand Nathan) Cela étant, la politique a besoin de complexité car il est un fait reconnu qu'elle produit des idées de plus en plus simplifiantes pour des sociétés de plus en plus complexes.

En rationalisant, elle simplifie, réduit la société en une seule dimension. La pensé unidimensionnelle conduit à des actions mutilantes qui charcutent, tranchent et retranchent dans le vif du tissu social et de la souffrance humaine. Il faut combattre la vision manichéenne divisant la société en deux, les bons d'un côté, les méchants de l'autre.

Nous avons besoin de déviants, de marginaux, d'exclus. Ils nous sont beaucoup plus nécessaires... que les inclus et intégrés, précise-t-il. Ils font évoluer la société. (Suite demain)

  Utiliser la flatterie suggestive pour délier des langues - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Casamayor écrit que pour délier des langues, percer des secrets, le moyen qui réussit le mieux, c'est la flatterie. (Louis Casamayor -- La Police -- Gallimard) Il recommande la flatterie suggestive, celle qui laisse au flatté le soin de tirer lui-même la conclusion. Elle est moins voyante.

Sans posséder cette capacité de mentir, il m'est arrivé d'obtenir tout de même certains succès. Ainsi, dire du bien de la police à des civils est un truc qui rate jamais la cible. Fallait voir leur visage s'illuminer un brin quand j'utilisais cette tactique. Attentifs, ils m'écoutaient sans m'interrompre, parfois la bouche légèrement entrouverte. Sentais très bien le petit velours que ça leur procurait.

Avec emphase, sans aller tout même jusqu'à sortir le violoncelle de Rostropovitch, je disais, et le crois sincèrement, que la police joue un rôle nécessaire dans notre société. Ajoutais que les citoyens insatisfaits de certaines lois ne devraient pas critiquer les policiers, ces éternels boucs émissaires, ces mal-aimés -- là, j'avoue que j'en mettais un peu --, mais ceux qui les avaient votées, les élus.

J'avais assisté, un samedi soir, sur St-Laurent, à la hauteur de Prince-Arthur, à l'arrestation d'un motocycliste. Fâché de faire l'objet d'une enquête, il avait étoilé de son casque protecteur le pare-brise de l'auto-patrouille. Il avait même repoussé le policier en lui administrant un coup d'avant-bras à la gorge, mais retenu, sans véritable intention de le blesser. Geste gratuit, le policier ne le menaçait pas du tout.

Celui-ci était allé dans son auto-patrouille réclamer de l'aide, puis en était sorti. Poivre de Cayenne aidant, en moins de deux il était jeté à terre, menotté et installé sur la banquette arrière de l'auto-patrouille. Il s'était passé de quoi avant mon arrivée. Le policier avait peut-être repéré sur son ordinateur de bord des contraventions impayées. Une remorqueuse était sur place, la plate-forme descendue au niveau de la rue, prête à recevoir la moto.

Le lundi suivant, je décrivais à des "amis" la technique parfaite en tout point du policier, son professionnalisme, vantais son courage. Je ne jouais pas au citoyen admiratif, l'étais réellement. Il était seul, il y avait beaucoup de badauds autour, peut-être parmi eux des copains de bar du motocycliste.

À l'écoute attentive de mon récit, George, le gradé de la police, n'a pu se retenir, ç'a été plus fort que lui, il m'a dit, laissant filtrer un peu d'amertume : «Sais-tu que la plupart du temps les arrestations se déroulent de cette façon? Mais on n'en parle jamais, les gens ne parlent que de l'affaire Barnabé.»

Normand, lui, m'a demandé d'une voix où perçait l'autorité de la loi et l'ordre : «POUR...QUOI? (j'avais apprécié le travail du policier)» Dans une société démocratique, lui ai-je répondu, on ne peut tolérer la violence. J'ai perçu un signe de tête discret, comme une approbation. J'avais passé le test... Lui aussi. (Suite demain)

News du vendredi 25 Septembre 2009

  Goldman Sachs – Les dirigeants de cette banque américaine se frottent les mains : récemment, ils ont provisionné 20 milliards de dollars pour leurs primes. Tout repart déjà comme avant la crise financière. Regardez comme ils sont heureux (01:27) : plus bas dans cette page, voir dans les news de jeudi 24 septembre "Les Hautes études commerciales fabriquent-elles des tueurs?"

  G20 à Pittsburgh – Comme d'habitude, G20 et G8 confondus. Le spectacle n'est pas dans la salle des délibérations entre potes, mais dans la rue (02:20). Les anars ou les casseurs, comme on les appelle, sont de fait des civils, qui sont là pour provoquer les troubles. L'objectif : justifier l'intervention musclée injustifiée de leurs collègues en uniforme.

  Le G20 n'a pas la légitimité de l'ONU – Selon le président de la Confédération suisse, Hans-Rudolf Merz, le G20 ne dispose pas de procédures transparentes pour décider des sanctions. Ses membres eux-mêmes ne sont pas soumis au même type d'examen.

La Suisse préconise une égalité de traitement et une meilleure consultation entre les non-membres du G20. Il a rappelé qu'il y a un an, à quelques mètres du siège de l'ONU, une banque s'effondrait et entraînait le système financier international au bord du gouffre.

Elle a débouché sur une sérieuse récession économique mondiale qui a accru la vulnérabilité de nombreux pays en développement et exacerbé chômage, pauvreté, faim et insécurité. À cela viennent s'ajouter changement climatique, crise alimentaire, migration, pandémies, terrorisme, prolifération des armes de destruction massive.

Globalement, ces événements ne s'arrêtent pas aux frontières nationales. Le monde est interconnecté. La coopération internationale est devenue vitale. L'ONU est le lieu où elle est mise en œuvre. Cela ne doit pas être décidé au détriment d'autres ou institutions globales comme l'ONU, conclut-il.

PS : Le G20, ou le G8, tient ses réunions à huis-clos, delà le manque de transparence, manifs tumultueuses, abus de pouvoir de la police, lacrymogène, flash-ball, coups et blessures, arrestations. Et les premiers ministres, lorsqu'ils reviennent dans leur patelin, informent les citoyens des décisions prises en quelques phrases monosyllabiques. Si on permettait aux journalistes d'assister aux délibérations du G20, le compte-rendu serait sûrement différent. Démocratie, dites-vous?

La rencontre des membres du G20 à débuté hier jeudi, à Pittsburgh aux USA. Vous voulez savoir ce qui se passe? Faites comme moi : dans la fenêtre de Google inscrivez ces mots clés : G20 Pittsburgh.

  L'alpiniste cherche à restituer un dépaysement intime que la société est soupçonnée avoir défait - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Au début des années cinquante, Edmund Hillary, néo-zélandais, premier vainqueur de l'Everest ( 8 848 mètres ), la déesse-Mère-des-Neiges, disait que «l'escalade agit sur ceux la pratiquant comme une drogue noble.» (L'Everest -- Éditions Albin Michel -- Ouvrage collectif) Selon André Rauch, l'alpinisme relève de l'aventure par son cousinage avec la mort, cette avancée difficile et périlleuse qui génère l'intensité d'être. (L'aventure : La passion des détours -- Éditions Autrement -- Ouvrage collectif)

Il cite Lionel Terray, membre de l'équipe de Maurice Herzog qui a vaincu l'Annapurna, Eldorado culminant à 8 000 mètres : «Dans ses envolées les plus folles, mon imagination n'avait jamais pu concevoir tant de grandeur et de beauté. Que vaut ma vie entière de platitude et médiocrité auprès de ces heures d'action totale et de bonheur parfait.» (Lionel Terray -- Les conquérants de l'inutile -- Éditions Gallimard) Champion de ski alpin et guide professionnel de Chamonix, en France, Terray est mort au cours d'une escalade dans le Vercors le 19 octobre 1962.

Rauch soutient que grâce à la maîtrise des efforts consentis, l'alpiniste atteint l'excellence. Il parle d'«une quête appelée à restituer un dépaysement intime que la société est soupçonnée avoir défait (sic) », de la nostalgie de ce qui n'est plus. Du rejet de l'existence «avec ses vanités et ses futilités», du « refus de la force inexorable des choses et de l'emprise sur soi de la vacuité (...) sans lendemain qui anime ordinairement les hommes (...). (L'alpinisme) correspond à une expérience de souffrance et un ferme désir de s'en délivrer. Car la vie d'avant doit maintenant (...) s'interrompre (sic) pour celui qui ne supporte plus d'être captif de ses brumes et de ses mirages inévitablement décevants.» Qui oserait prétendre aussi qu'il est moins exaltant d'escalader à la force de ses bras et jambes une montagne que d'arriver à son sommet par le funiculaire?

Le navigateur québécois Gerry Roufs a péri, en 1997, lors de sa participation à la course à la voile autour du monde en solitaire, le Vendée Globe. On n'a jamais retrouvé son corps. Tony Bullimore, participant à la même compétition, a chaviré, lui, en plein océan Austral. (Tony Bullimore -- Sauvé ! -- Éditions Plon) Il s'est réfugié pendant près de cinq jours dans une poche d'air exiguë sous la coque renversée de son voilier, à 2 500 kilomètres de la côte sud-ouest de l'Australie, avant d'être sauvé in extremis par la marine de ce pays. N'espérant plus aucun secours, il était certain d'y laisser sa peau. Dans son livre, il se dit prêt à recommencer : «Des gens vont à pied au Pôle Sud... si on supprimait tout ça, ce serait un peu comme domestiquer l'humanité.» (Suite demain)

  La policière en civil possède l'art de changer de personnalité, pas son collègue - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Au cours de mon enquête, j'ai constaté que, habituellement, les policiers en civil ont du mal à passer d'un look à un autre. Le maquilleur chargé de ce travail n'est pas vraiment un as du déguisement. En tous cas, pas toujours. La moustache tombante de Ronald, comme trouvaille, on avait déjà vue mieux.

Par contre, les policières en civil possèdent l'art de changer de personnalité. Plus facile pour une femme qu'un homme, habituée qu'elle est à se maquiller, à varier à l'infini la façon de se coiffer et vêtir. Souvent vous avez de la difficulté à reconnaître certaines d'entre elles. Vous vous rappelez vaguement avoir déjà vu ce visage, mais où? N'arrivez pas à vous souvenir, jusqu'au moment où le déclic se fasse quelques minutes ou heures plus tard, parfois deux ou trois jours, d'autres fois jamais.

Un après-midi, j'en ai identifiée une qui s'était complètement transformée. Ses cheveux frisottés tombaient en petites boucles sur son front, perruque sans doute puisque la dernière fois que je l'avais vue, elle portait les cheveux plutôt courts que longs et d'une autre couleur. Le maquillage était un peu grossier : tour des yeux au crayon noir, paupières recouvertes de bleu, lèvres peintes d'un rose pâle. Une tenue vestimentaire jeunes, genre fripes bon marché, et de différentes couleurs s'harmonisant plus ou moins, avec un assortiment de colliers, bracelets, plusieurs trucs noués mollement autour de la taille et le petit sac à dos. Avec un accoutrement pareil qui penserait que la jeune dame est une flic? Et belle à part ça, l'aurais volontiers invitée à ma table. (Suite demain)

News du jeudi 24 Septembre 2009

  Les Hautes études commerciales (HEC) fabriquent-elles des tueurs? - Un livre de Florence Noiville (J'ai fait HEC et je m'en excuse, Éditions Stock), qui nous permet d'entendre un discours qu'on n'avait encore jamais entendu, à ce qu'il semble. Elle met en cause la formation des élites économiques et financières.

Selon elle, les écoles de management enseignent un modèle économique périmé. Quant elle voit ses camarades de Goldman Sachs se frotter les mains car la banque a provisionné 20 milliards de dollars pour leurs primes, elle ne regrette pas le titre de son livre. Constate que tout repart déjà comme avant (la crise).

Ce qu'elle dénonce, c'est l'esprit des business schools. Le soubassement implicite de leur enseignement (l'avidité, c'est bien). En finance comme en marketing, on voit où cela nous a menés, fait-elle remarquer. Aucun enseignement de fond n'incite à s'interroger sur les finalités de l'entreprise, le bien commun. Les futurs dirigeants sortent de HEC sans repère éthique. Dans ces écoles de l'argent, tout est axé sur la valeur, mais jamais sur les valeurs. D'une grande école, selon elle, on devrait sortir grandi.

C'est étonnant, signale-t-elle, comme presque personne ne semble faire le lien entre cette crise et la formation de ceux qui sont aux commandes (Le bateau coule, mais ma cabine n'est pas inondée). Souvent, ceux qui sortent des écoles de commerce, non seulement ne sont pas utiles au corps social, mais parfois même lui nuisent.

Elle aimerait qu'une charte déontologique soit mise en vigueur et dont le premier commandement serait celui des médecins : d'abord, ne pas nuire. Elle se pose une question capitale : comment réconcilier capitalisme et civilisation?

PS : Le message livré dans ce livre doit d'être diffusé partout. Les citoyens ne sont pas responsables de la crise, mais ce sont eux qui payent la note. Le capitalisme sauvage n'est plus acceptable.

  Shell, un dérivé de Hell? - Vidéo (02:20) découverte sur le site d'Amnesty international France. J'y lis qu'il est temps de mettre Shell sous les flashs et les projecteurs afin de lui rappeler ses responsabilités. On y suggère de "Shootez le S" à Shell. 

PS : $hell avant tout.

  Barreau du Québec : inadmissible, l'approche pénale et judiciaire à l'encontre des itinérants – Me Pierre Chagnon, bâtonnier de cet organisme groupant tous les avocats de la province, écrit dans une lettre adressée aux médias qu'en pratique, malheureusement, la protection et l'épanouissement des personnes sont loin d'être assurés pour tous et toutes au sein de la société québécoise. Les personnes en situation d'itinérance vivent au quotidien des violations de leurs droits fondamentaux, notamment leur droit à la sûreté, à l'intégrité et à la dignité.

Dans une société aussi riche que la nôtre, il est inadmissible, signale-t-il, que l'État n'utilise pas tous les moyens appropriés pour répondre aux besoins essentiels des groupes les plus vulnérables, mais qu'au contraire les mécanisme en place ont été identifiés comme des vecteurs d'itinérance. Les sommes qu'il dépense pour la judiciariser et pénaliser seraient mieux investies dans des programmes qui s'attaquent aux causes de ce phénomène.

Le Barreau du Québec estime qu'il est urgent que soit examinée la possibilité que soient radiés les dossiers actifs de ces personnes pour les constats d'infractions aux règlements municipaux et aux lois provinciales.

PS : Dans le chapitre "Les vitres cassées du mobilier urbain et rural" du tome 2 de L'Étau Policier, je décris dans les détails la façon scandaleuse dont les itinérants sont traités par la police en uniforme et en civil de la Ville de Montréal. Au sommet gauche de la page qui s'affiche, cliquez sur "édition" et ensuite sur "rechercher". Une fenêtre va apparaître dans le bas de votre écran, à gauche. Inscrivez-y le mot clé : éclopés.

  Lors d'une descente sur une pente sauvage et dangereuse, 7 skieurs perdent la vie - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Un mois après cette tragédie, le Suisse Silvano Beltrametti, 22 ans, est victime d'une grave sortie de piste, au cours de la descente de la Coupe du monde de Val d'Isère, et devient paraplégique. (Associated Press -- La Presse du 10 décembre 2001)

Il a perdu le contrôle de ses ski, a perforé une bâche et un filet de protection, avant de finir sa course dans le décor. «Le choc a été d'une violence inouïe comme le confirment les radios qui montrent une fracture nette et déplacée de la colonne vertébrale», précise Thierry Maître, médecin de l'équipe suisse de ski alpin. Après l'accident, le descendeur français Nicolas Burtin déclare : «C'est de la descente, le risque fait partie du jeu. Si on limitait la vitesse, cela ne voudrait plus rien dire.»

Idem du ski extrême et ses descentes folles sur des pentes déclinées entre 30 et 45 degrés, pentes sauvages et dangereuses, parce que accidentées, non balisées ni damées. Janvier 2003, 7 skieurs et planchistes perdent la vie dans une avalanche, au glacier Durant, en Colombie-Britannique, Canada. (Presse canadienne -- La Presse du 23 janvier 2003)

Le coroner Chuck Purse attribue les décès... à l'asphyxie. L'un des survivants, John Seibert, relate que les victimes ont été coincées sous une lame de neige de 3,5 mètres d'épaisseur, de 100 mètres de longueur par 30 de largeur, qui est devenue aussi dure que du béton. «Un accident de la nature», selon lui.

Pourtant, le niveau de dangerosité ce jour-là, selon l'échelle d'évaluation internationale, était «considérable», se situait entre «faible» et «extrême». Les survivants, il y en a 14, décident de poursuivre leurs vacances, quelques uns se proposaient...de skier. (Suite demain)

  Ronald me chuchote : «Parles pas si fort, c'est pas mon nom - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Je reviens à Ronald, ne pouvant passer sous silence deux autres anecdotes, tant elles sont cocasses. Environ un an plus tard, je le rencontrerai par hasard dans un resto de la rue St-Laurent, endroit fréquenté par une jeunesse un peu bigarrée et anticonformiste.

Je l'aperçois au fond, assis à une table avec quelqu'un. Il affiche une toute petite moustache. A changé la façon de se coiffer aussi. Je le reconnais tout de suite, lui feint de ne pas m'avoir vu. Au comptoir, je commande un croque-madame et un café puis me dirige vers une table. Ronald me salue, finalement.

M'immobilise, cabaret en mains, à une dizaine de pieds de lui, l'invite à se joindre à moi. Il accepte mais désire auparavant compléter sa conversation avec la personne l'accompagnant. L'appelant par son prénom, je lui demande s'il veut un café. J'ai souvent tendance à parler un peu trop fort, alors son prénom retentit dans le resto. Le ton impatient, un peu fâché même, il me chuchote : «Parles pas si fort, c'est pas mon nom!» La situation est drôle, j'ai une folle envie de rire.

Environ trois semaines s'écoulent, et je le revois alors qu'il s'apprête à sortir du resto situé coin Prince-Arthur et St-Laurent. Il est derrière la porte vitrée, m'a vu, se mouche pour dissimuler son visage, puis sort sans me regarder ni adresser la parole. Ce n'est plus le même homme. Il a remplacé son soupçon de moustache pour une autre, volumineuse. L'image d'Astérix me vient à l'esprit.

Le problème, c'est que Ronald, peu importe son déguisement, je le reconnaîtrai toujours. J'ai très envie de m'enquérir de la marque du fertilisant qu'il a utilisé pour que son petit carré de poils prenne des proportions aussi imposantes en si peu de temps. M'en abstiens, il a rejoins un quidam dans une rue transversale, la conversation semble assez animée, même un peu dramatique. J'ai l'impression qu'il oblige le gars à faire quelque chose qu'il rechigne à faire. (Suite demain)

News du mercredi 23 Septembre 2009

  Uprising – Le dernier clip du groupe britannique Muse (04:29).

  Protéger la neutralité de l'Internet (suite) - On sait tous qu'un projet lancé dans les années 1950 et destiné à l'armée américaine est à l'origine de la création de l'Internet. À l'époque, il était normal qu'il soit dirigé par des Américains. Mais plus aujourd'hui parce que l'Internet s'est développé de façon exponentielle au cours des années 1990 et 2000 au point d'atteindre 1,5 milliard d'usagers à travers le monde : seulement 1 internaute sur 7 est Américain.

Jusqu'à ce jour, les USA ont exercé un véritable contrôle sur les règles de son utilisation. Cependant, le 30 septembre qui vient, une échéance tombe : l'organisme qui en assume la gestion depuis 1998 devra renouveler son mandat. En France, entre autres pays, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État chargée de la Prospective et du Développement de l'économie numérique, estime qu'il faut une gouvernance qui respecte le multilatéralisme et permette à chaque État de se faire entendre : lire l'excellent article de lexpress.fr.

PS : Le multilatéralisme proposé par la France contribuerait aussi à protéger la neutralité de l'Internet. Le président Obama y est probablement plus ouvert que ne l'était son prédécesseur.

  Protéger la neutralité de l'Internet – En gros, le principe à défendre ici : le Net est le même pour tous, quel que soit l’endroit où l’on se connecte et le fournisseur d’accès qu'on utilise. Ce dernier ne devrait pas avoir le droit de discriminer les contenus circulant sur son réseau, par exemple en offrant à certains de ses clients une voie rapide (fast-track). Réduire la vitesse des uns pour accélérer celle des privilégiés.

Problème aussi chez des télécoms, la téléphonie sur la toile. Exemple, les téléphones portables vendus par Orange ne permettent pas d'avoir accès à Skype, qui a l'avantage d'être gratuit : slogan d'Orange sur son site + image explicite.

Où est le danger? Le développement d'un Internet privé pour VIP ONLY. Cet Internet-là n'est pas le même pour tous. D'où l'importance de l'intervention de la Commission fédérale des communications américaines (FCC), chargée de réguler les télécommunications, dont l'Internet. Elle doit annoncer lundi 28 septembre une réglementation favorisant la neutralité des réseaux d'accès à la toile, c'est-à-dire la libération totale de la transmission de données. Obama, président des USA, est tout à fait d'accord (00:32)

  Mélanie Turgeon : «128,7 km/h sur deux planches, c'est complètement grisant» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Consciemment ou non, des citoyens préfèrent vivre pleinement et moins longtemps. Et dangereusement : parachutisme, deltaplane, parapente, alpinisme, canyoning, rafting, saut en bungee -- saut à l'élastique --, alcool au volant, vitesse excessive sur les routes, Formule 1 où vouloir gagner une fraction de seconde dans une courbe comporte le risque de culbuter mort dans le décor, comme le Québécois Gilles Villeneuve. Certains de ces sports font même l'objet de records à battre et de marché à la clé.

La Québécoise Mélanie Turgeon qui, à l'hiver 1999-2000, avait terminé au deuxième rang dans le classement final du super-G, à Innsbruk, en Autriche, disait adorer dévaler les pentes à vive allure. (Michel Blanchard -- La Presse du 18 mars 2000) «Il y a une couple de semaines, raconte-t-elle au journaliste Michel Blanchard de La Presse, j'ai atteint en ski la vitesse de 128,7 km/h. Je n'avais jamais été aussi vite. 128,7 km/h sur deux planches, c'est complètement grisant. (...) Moi, je skie pour l'adrénaline que cela me procure. Rien dans la vie ne me permet d'obtenir une telle sensation. C'est comme ma victoire remportée à Innsbruk. D'être la meilleure skieuse au monde m'a complètement transportée. Une victoire, je sais maintenant ce que cela signifie et je vous jure que des victoires, j'en veux d'autres.»

Octobre de l'année suivante, la Championne de ski, la française Régine Cavagnoud, 31 ans, et l'entraîneur de l'équipe allemande, Markus Anwander, 40 ans, perdent la vie. Le drame s'est produit en fin de matinée, à l'entraînement sur le glacier du Pitztal, dans le Tyrol autrichien, lorsque Cavagnoud a heurté Anwander à grande vitesse -- 100 km/h -- et de plein fouet. (Agence France-Presse -- La Presse du 30 octobre 2001) Anwander était occupé à tracer la piste.

Selon certaines informations, les responsables des équipes de France et d'Allemagne étaient convenus d'un entraînement commun, avaient cependant omis de déterminer une fréquence radio commune. La championne du monde du Super-G et de la Coupe du Monde 2000-2001, s'entraînait en vue des Jeux olympiques d'hiver de Salt Lake City, de 2001-2002. Elle était l'un des plus grands espoirs de médaille de la France. (Suite demain)

  Le civil Ronald me fait une confidence qui m'abasourdi : «C'est l'État policier!» - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) De fait, Ronald est le seul civil avec qui j'ai pu aborder ce sujet tabou sans me faire traiter de parano. L'ai croisé, au début du printemps 1998, coin Amherst et Maisonneuve. Il y avait près d'un an qu'on s'était vu. Il avait coupé sa barbe, mais l'ai reconnu quand même du premier coup d'oeil. Je l'aime bien, Ronald. Décontracté, intelligent, belle personnalité, pas baveux, doux. Avec lui, les contacts sont toujours agréables.

Son comportement est différent du policier classique. Rien à voir avec celui se sentant investi d'une mission, voulant sauver la société. Ce qui en fait, selon moi, le flic idéal. Suis content de le revoir, lui aussi me semble-t-il. Dans ce milieu les rencontres sont rarement fortuites. L'invite à prendre un café au resto Valentin, au coin de l'intersection. Il hésite, pas d'argent. Pas grave, le lui offre. Dites-moi, comment pourrait-on soupçonner quelqu'un qui n'a même pas 1.25$ pour se payer un café d'être un civil?

Je lui raconte longuement, avec moult détails, tout ce que je sais au sujet de la présence des civils. Ronald m'écoute attentivement, sans ne presque jamais m'interrompre. L'échange, ou plutôt le monologue, dure environ une heure. Une civile vient s'asseoir à la table voisine, femme dans la cinquantaine que je connais pour l'avoir repérée ailleurs.

À un moment, Ronald me demande, le regard inquiet, si je vais dévoiler l'identité de ses collègues que j'ai débusqués. Le rassure, suis un citoyen responsable, veux améliorer le système, pas le détruire. Il me souligne que la police, pour se protéger, va ressortir de vieilles affaires me concernant et datant de quelques années. Lui dis ne pas avoir peur, n'ayant rien à me reprocher. À la fin, il me félicite, selon sa propre expression, de chercher à équilibrer les choses, dit que je suis un bon citoyen.

Fait plutôt inusité, il vient me reconduire jusqu'au seuil de la porte du resto, car il ne quitte pas les lieux, préférant préalablement, me semble-t-il, aller aux toilettes et terminer son café. Et, au moment de se quitter, en me serrant la main, il m'avoue spontanément, d'un ton ferme, et même le répète, comme s'il voulait s'assurer que j'ai bien compris : «C'est l'État policier!» Suis vraiment abasourdi de l'entendre me faire cette confidence, le regarde un bref instant dans le blanc des yeux, avant de le quitter.

Pourtant, au cours de l'entretien, en aucun moment n'en ai-je fait allusion. S'il n'y avait que la démocratie aux quatre ans, sans doute y serions nous jusqu'au cou. Seulement voilà, les médias jouissent de la liberté d'expression et de presse et actualisent au quotidien la démocratie aux quatre ans. Donc possible d'améliorer le système.

Ce que nous ne pourrions faire si nous vivions vraiment dans un État policier. Je crois qu'il est plus juste de parler d'un État de droit étroit ou d'un Étau policier. Bien sûr, je ne connais pas toutes les ficelles du métier. Ronald en sait sûrement plus long que moi sur ce point. N'empêche qu'élections et médias demeurent des incontournables. Ronald, un policier démocrate? Suis porté à le croire, oui.

Assis à une table du fond, avec des écouteurs des années quarante aux oreilles, ai remarqué la présence de Martial. Il n'était pas là à notre arrivée. Dos à la porte, je ne l'avais pas vu entrer. Qu'écoutait-il dans ces vieux machins? Voulait-il me faire savoir que tout ce que j'avais raconté à Ronald avait été enregistré?

Cet homme, la soixantaine avancée, cultivé et courtois, d'origine française, donne du «monsieur» à tout le monde. Il tranche sur ses collègues, possède prestance et faciès pour camper un commissaire de police dans un thriller. Faut le voir, la bouche ouverte, lèvre inférieure tombante, thorax légèrement penché, paume des mains bien appuyée sur le rebord de la table. (Suite demain)

News du mardi 22 Septembre 2009

  Hier avait lieu la Journée internationale de la Paix – Combien savent que nous devons cette initiative au réalisateur Jeremy Gilley, un Britannique, qui a fondé en 1999 l'organisation "Peace One Day"? En 2001, les Nations-Unies adoptaient son idée, votaient en faveur de la tenue d'une Journée internationale de la Paix le 21 septembre de chaque année.

Hier, à Paris, des artistes se sont produits sur scène afin d'apporter leur support à la cause. Notamment la chanteuse française Olivia Ruiz (article) : «Ce n'est peut-être qu'une utopie, mais les utopies sont nécessaires. Ce sont elles qui créent l'espoir.»

Dans une vidéo (09:07), le réalisateur Gilley raconte son cheminement. En outre, en plus de produire un documentaire d'1H30, il a demandé et obtenu le support de Ban-Ki-Moon, le secrétaire général de l'ONU, de Paul McCartney et d'Alanis Morrisette, autre autres : toutes ses rencontres vidéos sont disponibles ici, dans la colonne de droite.

  Les gagnants 2009 de Democracy Vidéo Challenge – Lancé au début de 2009, après l'arrivée d'Obama à la présidence des USA, le but du concours est de susciter à travers le monde un débat sur ce qu'est la démocratie. Plus de 900 citoyens de 95 pays ont participé à cette grande première.

Dans sa vidéo, chacun devait définir ce que, selon lui, la "Democracy Is". Les prix des 7 gagnants ont été remis, vendredi 18 septembre, par la Secrétaire d'État Hillary Clinton (06:00), à la Maison Blanche. Sept gagnants, mais 6 vidéos à visionner parce que l'une d'elles a été réalisée par deux personnes.

Faites entendre votre voix sur la Galaxie Web, ainsi qu'on vous y invite (00:48), soyez de la deuxième édition, celle de 2010 : date de tombée, 31 janvier qui vient. Lisez les règlements (en anglais) sur le site videochallenge.america.gov et vous saurez comment participer. Seuls les citoyens y ont droit.

  Quoi penser de cette déclaration de W. Bush? - Il l'a faite le 15 septembre 2006. Sauf erreur, elle est sur le site de YouTube depuis seulement samedi 19 septembre 2009. Avait-elle été médiatisée auparavant?

Bush relate l'aveu de Khalid Sheik Mohammed, obtenu par la CIA sous la torture. Avant l'attaque des deux tours de New York, en septembre 2001, Khalid aurait organisé la pose de bombes (00:52) à l'intérieur des édifices afin d'emprisonner les occupants et augmenter le nombre de victimes : à la droite de l'écran, cliquez, au sommet de la colonne, sur "plus d'infos". On se souviendra que plusieurs témoins avaient entendu des explosions lors de leur effondrement.

PS : Je vous refile cette info sous toutes réserves. Personnellement, c'est la première fois que je prends connaissance de cette déclaration de W. Bush.

  Du désir impérieux de sortir du moule social, de mener une vie excitante, de faire gicler l'adrénaline - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Catherine Chalier raconte qu'il arriva au poète Joë Bousquet, condamné à l'immobilité du corps, de céder au plaisir des paradis artificiels, la drogue. (L'aventure : La passion des détours -- Éditions Autrement -- Ouvrage collectif)

«Si l'aventure de la drogue accentue momentanément l'énergie des sensations et si, dans l'enthousiasme des sens, elle semble faire apparaître l'inaccessible, elle ne réussit jamais rien d'autre pourtant que de tendre un simple miroir à l'homme, un miroir évanescent et cruel car, face à lui, chacun ne contemple que sa propre désolation.»

Par contre, pour Cohen, se droguer, c'est aussi la liberté de choisir sa vie et sa mort. (Bernard Cohen -- Tu ne jouiras point : Le retour des puritains -- Éditions Albin Michel) «Être pur dans la masse, c'est aujourd'hui être propre, vacciné, protégé contre l' addiction».

Le risque, que cela nous plaise ou non, fait aussi parti intégrante de la vie. Ce n'est pas seulement une question de burnout, d'héritage génétique ou culturel, d'être né pauvre ou de parents indignes, de désespoir ou de désœuvrement. C'est aussi le désir impérieux de sortir du moule social, de mener une vie excitante, de faire gicler l'adrénaline, de dépassement de soi, de recherche d'un absolu. Bref, grand besoin d'un ailleurs. (Suite demain)

  La police riposte à toute tentative de discuter de ses activités clandestines en vous accusant de paranoïa - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Ma prise de bec avec Norbert ne s'arrête pas là. Le voilà qui ramène encore sur le tapis ma présumée paranoïa. La police riposte à toute tentative de discuter de ses activités clandestines en vous en accusant.

À lui seul, cet anathème doit verrouiller l'esprit critique de bien des citoyens. Lorsque l'on nous en accuse, cela revient à nous dire de ne pas penser, que l'on pense pour nous.

Lui signale que je suis prêt à admettre qu'il y a peut-être un peu de ça dans mon histoire, même si au fond de moi-même je n'en crois rien, mais à la condition que lui, de son côté, admette que la paranoïa policière existe aussi.

Visiblement, Norbert ne s'attendait pas à cette riposte. Il donne un vigoureux coup de tête sur le côté, tout en reculant un peu, elle est presque couchée à l'horizontale, mais la redresse aussitôt. Je constate que j'ai trouvé là une parade de taille. Après avoir argumenté encore quelques minutes, il quitte la table, sans précipitation, lentement, tout à fait en situation de contrôle.

On n'a pas mâché nos mots. Pour dire les choses franchement, nous nous sommes parlés entre quatre-z-yeux, bien que mon débit était ralenti par une petite crainte en quelque part. Un échange court, rapide, sans temps mort. Cependant sans animosité de part et d'autre. De mémoire de journaliste, je n'avais encore jamais vu un "citoyen" défendre la police avec autant de vigueur.

N'ai pas réussi à le convaincre, les mots glissaient sur lui, filtrés par une sorte de tamis idéologique. Ce fut la première fois où prise de becs il y eut entre un civil et moi. Dans le feu de l'échange, j'ai remarqué que nos voisins de table écoutaient. Le lendemain, nous partagerons la même table, lui et moi, comme si rien ne s'était passé la veille. (Suite demain)

News du lundi 21 Septembre 2009

  Les nouvelles photos de la NASA - Depuis qu'elle a installé de nouveaux instruments, le télescope Hubble est devenu plus puissant, ainsi que le démontre cette photo. Visionnez-en d'autres sur son site. Sommes-nous vraiment le nombril de cet univers?

  Laïcité et égalité : quel projet pour le Québec? - Cinq conférenciers développeront ce thème le 24 septembre, 19H30, au Centre St-Pierre (salle 100), 1212, rue Panet, à Montréal : toutes les infos sur l'événement.

Les conférenciers : Christiane Pelchat (Lien entre l'émergence d'une société laïque et la reconnaissance des femmes comme personne), Tewfik 2Fik (Quelles sont les limites à se donner comme société et aussi comme immigrant-e pour favoriser l'intégration?), Diane Guilbault (Comment la laïcité est liée à la démocratie et essentielle à l'exercice des droits des femmes), Djemila Benhabib (Pourquoi le Québec a tout intérêt à adopter une Charte de la laïcité), Me Julie Latour (La laïcité est une valeur publique fondatrice du Québec moderne et source de cohésion sociale. Pourtant, elle n'est affirmée expressément dans aucun texte législatif).

Un texte d'Élaine Audet à lire sur le site sisyphe.org, titre : Les femmes se souviennent du rôle répressif de l'église (catholique) au Québec. Pour fermer la boucle, un plaidoyer en faveur de l'adoption par l'Assemblée nationale du Québec d'une Charte de la laïcité. Si vous êtes du Québec et le souhaitez, signez la pétition à cet effet dans le bas de la colonne de gauche.

  Clip sur la crise financière – Titre : Réguler (Petit Robert : rendre plus harmonieux). Les auteurs : Frédéric et Olivier Volovitch (vidéo 03:38). C'est toujours les mêmes qui trinquent, dans ces moments-là. Qui, pensez-vous?

  Curé Gilbert : «la drogue est avant tout simplement un appel à l'aide» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Quel est donc ce mal de vivre, ou cette situation sociale insensée, qui fait qu'un citoyen décide de geler sa vie au risque de la gâcher, ou de la perdre? Une pléiade d'auteurs traitent de la drogue, dont le Français Guy Gilbert, un curé éducateur spécialisé dans le travail de rue. (Guy Gilbert -- Des jeunes y entrent, des fauves en sortent -- Éditions Stock, 1982)

«Seul celui ou celle qui a pu rester un long temps présent à la souffrance et à la solitude d'un drogué (à l'héroïne) peut comprendre l'emprise dingue qu'elle exerce sur lui. Voir un drogué préparer sa dose est inimaginable.

«Une joie fabuleuse s'inscrit dans ses moindres gestes. Une hâte incroyable s'empare de lui. Toute son énergie est centrée sur le seringue... Le décollement de la réalité est évident. Ils "planent" comme ils disent. (...) Aucune force au monde (sic) ne peut l'empêcher de se piquer.

«Si, une seule. Une immense chaleur humaine, faite d'amitié géante, d'une présence de tous les instants, douce et forte à la fois. Mais quel combat! Quelle présence, souvent réclamée et immédiatement exigée! J'ai vite compris qu'il ne s'en sortirait que lorsqu'il le déciderait. Pas avant. Et il ne pouvait le décider que dans un climat où, quoi qu'il arrive, il ne se sentirait pas jugé, épié, contrôlé. La consommation de la drogue est avant tout simplement un appel à l'aide. Le drogué est la plupart du temps quelqu'un de seul, qui a presque toujours des difficultés familiales ou de relations. Quand on sait ça, on sait tout(Suite demain)

  Le citoyen délateur à l'année longue, un lèche-bottes de la police qui contribue à la destruction du tissu social - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Il y a de quoi s'inquiéter quand un civil insiste sur un sujet aussi délicat. Norbert a probablement fait inscrire dans la mégabanque informatisée de la police mon refus, et identifié comme étant un mauvais citoyen. Cela suffit pour que la police vous accole l'étiquette antipolice ou antisociale.

Ce qui inquiète doublement, c'est le ton qu'il a utilisé quand il m'a posé la question. J'y ai perçu l'obligation du citoyen que je suis de moucharder les gens que je connais. Des noms désignent le citoyen racontant à des policiers, sur une base régulière, tous les ragots de son îlot, son quartier, sa ville, son village : mouchard, lèche-bottes, fanatique de la police, de l'ordre et du conformisme, etc.

Je n'en suis pas un et ne le deviendrai jamais. C'est très clair dans ma tête, irréversible. Et le citoyen collaborant ainsi avec la police doit être dénoncé, car il crée suspicion et zizanie au sein de la société, et contribue à la destruction du tissu social : il brise le lien de confiance entre citoyens, fait éclater la société, défait le puzzle communautaire.

Quelques Montréalais m'ont dit que le 911 demeure la façon la plus efficace de contacter la police. Généralement, les citoyens ignorent que celle-ci ne peut se satisfaire de cette communication. Idéalement, elle veut faire en sorte que chacun fasse parti de ses réseaux d'informateurs. La délation généralisée pour des activités n'ayant rien à avoir avec la criminalité. Elle ramasse tout, absolument tout, la police. Et sur le plus grand nombre possible de citoyens.

Elle cherche continuellement à établir des liens avec eux, afin de savoir graduellement, par petites touches, qui ils sont, de quoi ils vivent, quels sont leurs amis, leurs loisirs, ce que fait le voisin ou la voisine et sa parenté, genre d'homme ou de femme, lieu d'origine, train de vie, fréquentations, avec qui il ou elle couche, les petites fantaisies sexuelles de chacun, opinions sur différents sujets, etc. L'enquête permanente sur tout le monde. (Suite demain)

News du dimanche 20 Septembre 2009

  Un défilé de mode – Hein? Ça pas de sens sur ton site. M'en fous, je m'intéresse à tout ce qui est différent, à la créativité. Quand vous l'aurez vu, vous serez d'accord avec moi. Dans la page qui s'affiche, une intro : laissez la aller. Après, une autre page. À son sommet, cliquez sur "fashion show". Tout est super là dedans : femmes, vêtements, musique. Le reste du site est conforme aux défilés traditionnels, stéréotypés : incolore, inodore et sans saveur.

  Enki Bilal – Un dessinateur hors de l'ordinaire. Allez voir sur lepoint.fr 14 de ses œuvres : lisez la légende dans le bas de chacune.

  Les sans-papiers, en France et ailleurs... - Parmi les irréguliers se trouvent des demandeurs d'asile et des mineurs non accompagnés. Certains vivant dans l'insécurité ont fuit des pays en guerre : Afghanistan, Iraq, Erythrée, Soudan et Somalie. Ils ont besoin d'une protection internationale.

Alors que la France s'apprête, si ce n'est déjà fait, à fermer la «jungle» migratoire de Calais, le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Antonio Guterres, a obtenu l'assurance de ses représentants que chaque situation individuelle sera examinée avec soin.

Calais est un endroit où plusieurs centaines d'étrangers sans-papiers attendent le moment propice de traverser la Manche et migrer quelque part au Royaume-Uni. En Occident, il y a les irréguliers et les autres, ces derniers doivent être protégés.

  Canada : premier soldat à dénoncer la guerre en Afghanistan tué sur le terrain – Jonathan Couturier, 23 ans, la 131e victime de l'armée canadienne, avait déclaré à ses proches que cette mission était inutile et que l'armée perdait son temps là-bas. À la suite de son décès survenu jeudi des membres de sa famille ont dévoilé ses propos : article où ont fait état de sa déclaration + «brain washing» et "pression sociale".

  Canada-grippe porcine : renforcement, hier samedi, de la coopération entre la ministre de la Santé et des Autochtones – On se souvient qu'il y a quelques jours (voir news du 17 septembre, plus bas dans cette page), des Autochtones du nord de la province du Manitoba avaient été indignés de recevoir des sacs mortuaires du ministère, alors qu'ils avaient besoin, déclaraient-ils, qu'on les aide à s'organiser et leur envoie des médicaments. La réaction de la ministre canadienne de la Santé, Leona Aglukak, députée inuit et résidente du territoire Nunavut (en rouge sur la carte géo), n'avait pas tardée.

Donc, hier samedi, rencontre il y a eue à Ottawa entre la ministre (vidéo 02:28 + texte) et le Chef de l'Assemblée des Premières Nations Shawn Atleo afin de s'assurer que les populations autochtones aient accès aux services du ministère de la Santé si jamais la situation devenait pandémique : tournée de la ministre dans les secteurs isolés, création d'un réseau sur l'Internet où les citoyens branchés pourront poser des questions à des experts en épidémiologie et rencontre des représentants de son ministère.

Éloignement, pauvreté, dans certains cas difficulté d'avoir accès à de l'eau potable et de soins de santé, rendent ces communautés plus vulnérables. Ce n'est pas nouveau, bien qu'il y ait eu des améliorations.

On peste contre les drogues illégales alors qu'on consomme soi-même des drogues légales pour guérir le mal de vivre - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Le mal de vivre, à l'origine de la consommation de drogues? Essayons d'en savoir un peu plus. Abordons le problème en commençant par les citoyens qui consomment des drogues légales. Les médecins prescrivent des médicaments par compassion, notamment aux personnes âgées. (Nicolas Bérubé et Reynaldo Marquez -- La Presse du 11 mars 2001 et du 30 août 2003)

Les responsables du Programme des Nations unies pour le contrôle international des drogues (PNUCID) soutiennent que, dans les pays occidentaux, on a recours massivement aux amphétamines, aux benzodiazépines et somnifères pour traiter des problèmes qui ne sont pas médicaux mais sociaux.

Insomnie, anxiété, obésité ou dépression sont de cet ordre, estime Johanne Collin de l'Université de Montréal, où elle enseigne l'aspect thérapeutique du médicament comme un phénomène social et culturel. Elle soutient que «le médecin ne peut résoudre avec des médicaments des problèmes liés à une situation de vie qui n'a pas de sens».

De nos jours, on gave de plus en plus d'écoliers de Ritalin pour qu'ils se calment les nerfs : ça s'appelle désormais de l'"hyperactivité infantile". En milieu scolaire, où tout est aseptisé à l'os, il suffit de peu pour créer du désordre : nombril à l'air d'une fille, fond de culotte trop bas d'un garçon, mèche de cheveux teinte d'une couleur interdite, etc.

Au Québec, les ordonnances de Ritalin sont passées de 33 000 en 1990 à 250 000 en 2000. L'histoire est un éternel recommencement : on a vu qu'au 19ième siècle, en Europe, il arrivait que l'on donne à des enfants le soir avant de se coucher du sirop concocté avec de l'opium, pour avoir la paix.

Aux États-Unis, selon une étude du Dr Leonard Sax, un psychologue, 50% des cas de trouble déficitaire de l'attention chez les enfants sont d'abord diagnostiqués par les enseignants... qui font ensuite pression sur les médecins pour qu'ils le prescrivent : ils n'ont qu'à écrire «cet enfant a besoin de Ritalin» pour que le médecin y consente. Seulement 25% des diagnostiques émanent de parents et 10% des médecins. Il a effectué son étude auprès de 400 pédopsychiatres, pédiatres et médecins de familles.

S'ajoutent à cela les produits pharmaceutiques en vente libre pour soigner rhumes, grippes, brûlures d'estomac ou allergie, etc. La liste est longue. Selon l'Association canadienne de l'industrie des médicaments en vente libre, là on parle de 75% de la population. D'après Roselyn Tremblay de Santé Canada, en tout et partout, il existe sur le marché canadien plus de 20 000 de ces médicaments. La grande facilité d'approvisionnement est l'une des raisons avancées pour expliquer la progression constante du phénomène de la surconsommation.

Quel pourcentage de ces gens souhaitent davantage de répression policière contre ceux consommant des drogues illégales alors qu'ils absorbent eux-mêmes des drogues... légales ?(Suite demain)

Norbert me crie presque de m'ouvrir, en sous-entendu : collaborer avec la police - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Les perceptions permettant de repérer un flic en civil, homme ou femme, sont innombrables.

Ainsi, quand vous donnez l'impression à l'un d'eux de savoir des choses susceptibles de l'intéresser, il n'est pas avare de ses cigarettes, s'il est fumeur. Suffit de dire que vous allez lui raconter quelque chose qu'il ne sait pas pour qu'aussitôt il vous en offre une, vous l'allume, les yeux brillants, les oreilles orientées comme des soucoupes paraboliques, dans l'attente de vos révélations.

C'est l'un des trucs que j'ai utilisé au cours de mon enquête. Cigarette aux lèvres, je racontais des choses, mais n'ayant rien à voir avec ce qui intéresse d'abord et avant tout un civil : le papotage sur les uns et les autres. L'un d'eux avait déchanté parce que je m'étais mis à discourir sur les démocraties, lui expliquant qu'il y avait autant de modèles que de pays. Ayant envie d'une autre cigarette, j'avais récidivé. Manifestement, mon propos ne l'intéressait pas du tout, je percevais même sur son visage des petits signes d'agacement. S'était-il rendu compte que je l'avais floué de deux cigarettes?

Un midi, à la cafétéria du Comité social Centre-Sud, je veux confier à Norbert ce que je sais de l'underground policier montréalais. Il ne me laisse pas terminer mon topo. Lui si calme d'habitude, devient véhément, parle fort, gesticule, jette un regard d'impatience au plafond, m'accuse de faire de la paranoïa. De mon côté, argumentant, mais un peu craintif tout de même. Depuis le temps que j'accumule de l'info, j'ai tout ce qu'il faut dans la tête pour en discuter.

Il me crie presque que je dois m'ouvrir : sous-entendu, collaborer avec les policiers en civil. Lui rétorque qu'il n'en est pas question. Lui dis connaître l'attitude de certains citoyens quand ils sont en présence de flics, toujours prêts à se valoriser à leurs yeux. Il insiste pour savoir si je veux ainsi dire que je ne collaborerai pas avec la police. Non, je ne collaborerai pas, que je rétorque sur un ton vraiment déterminé, l'expression faciale appropriée. Seulement quand je serai témoin d'un délit, pas plus, comme cela m'est arrivé à quelques reprises dans le passé, et par le 911. (Suite demain)

News du samedi 19 Septembre 2009

  Suicide : le monde du travail en accusation – J'utilise la manchette d'un article publié sur doctissimo.fr, un portail médical grand public sur la santé physique et psychologique, notamment. Il a été rédigé par Christian Larose, vice-président du Conseil économique, social et environnemental et membre de la Confédération général du travail (CGT), en France.

Le travail est supposé anoblir l'homme et participer à son identité sociale, écrit-il. Qu'en est-il aujourd'hui à l'heure de la mondialisation qui impose ses propres lois, en faisant peu de cas de la valeur humaine, autrefois valeur ajoutée?

L'actualité (son texte n'est pas daté) a récemment mis en lumière de nouvelles tragédies sociales qui commencent par la faillite d'une société, son rachat par un groupe peu scrupuleux, le licenciement des 2/3 de ses salariés. Dans les restructurations de filiales nationales ou internationales, les groupes tranchent dans le vif sans tenir compte du personnel. En résulte des drames en cascades : détresse psychique, dépression, tentative de suicide ou suicide.

Il y traite aussi, entre autres, du harcèlement psychologique, une violence extrême plus répandue qu'il n'y paraît, fait-il remarquer. Cette violence s'exerce de façon insidieuse et vise la destruction et l'aliénation de l'autre. Les victimes sont le plus souvent des femmes et les persécuteurs majoritairement des hommes épris de pouvoir. Brimade, quarantaine, agression verbale, réflexion désobligeante, tout est bon pour fragiliser et isoler la victime qui vit chaque jour dans la terreur. Selon lui, les incitations au suicide par perte de l'estime de soi ne sont pas rares.

PS : La tactique du harcèlement psychologique dont parle Larose ressemble comme deux goutes d'eau à ce que fait la police en civil, clandestinement et illégalement.

  Une histoire pas comme les autres – Je vous donne aucun point de repère, veux pas vous priver du plaisir de la découverte (04:35).

  Save the boobs - Campagne contre le cancer du sein, la vidéo que diffusent des stations américaines : clip (01:03) + tournage et explications (02:34).

  Thomas Szasz : «Comment un être normal pourrait-il renoncer à la vie qui est si belle? Il faudrait être fou!» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Décréter l'État de siège sans le nom, provoquer des suicides en déstabilisant psychologiquement des consommateurs de drogues, tuer l'osmose entre citoyens, saccager les droits, retirer l'Oxycontin de la liste des médicaments couverts par le gouvernement, etc. La fuite en avant.

Ainsi, ce cas incroyable. Novembre 2002, l'administration du maire Jean-Paul Cardinal, qui veut redonner à Ste-Adèle ses lettres de noblesse, fait face à une contestation dans sa décision de vendre (1,6M$) le parc Claude-Henri-Grignon à la famille Chevrefils qui veut y construire un nouveau centre commercial. (Jean-Paul Charbonneau -- La Presse 25 novembre 2002) «La Ville soutient qu'il est nécessaire de se départir de cet endroit pour le bien des jeunes car il est devenu un endroit de vente de stupéfiants». Forte ressemblance avec le fait de couper les arbres de la forêt pour empêcher les incendies.

D'après Thomas Szasz, l'initiateur de l'antipsychiatrie, la guerre contre la drogue présente un grand avantage moral. (Guy Sorman -- Les vrais penseurs de notre temps -- Éditions Fayard) «Elle nous permet de croire que le drogué n'est pas responsable de ses actes, qu'il est un malade mental. Lui aussi, car de nos jours, dit-il, tout est médicalisé, psychologisé, psychiatrisé, un peu à l'image de l'ex-URSS. Nous ne voulons pas convenir que le drogué, à un certain moment, a librement choisi de se droguer, c'est-à-dire de se détruire. Or le fait de se droguer n'est pas une maladie involontaire, c'est une manière tout à fait délibérée d'affronter le mal de vivre», explicite-t-il.

Mais comme nous ne savons pas guérir le mal de vivre, nous préférons «soigner» le drogué. Ou les candidats au suicide. Szasz cite Camus : «Le suicide est la seule question importante.» Mais cela non plus, nous ne pouvons le regarder en face, poursuit Szasz. «Donc, les psychiatres nous rendent un grand service en faisant des candidats au suicide un malade mental qu'il faut soigner. Comment un être normal pourrait-il renoncer à la vie qui est si belle? Il faudrait être fou! Il faut l'être, afin de rassurer la société des gens normaux». (Suite demain)

  Rodrigue m'invite chez lui, sort un poêlon et nous fait sauter chacun une crêpe : il me cuisinera aussi - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Arrivés coin St-Hubert, Rodrigue m'invite à son domicile, me dit que c'est tout proche. J'accepte. Deuxième étage d'une maison de chambres appartenant à l'Office d'Habitation de Montréal, rue St-Hubert, coin Napoléon.

Dès mon entrée, lui fais part de mes gros soupçons quant à sa véritable identité. Il nie être policier, mollo, trop mollo. Si on me faisait part d'un soupçon semblable à mon égard, je nierais en y mettant plus d'énergie.

On a vite fait le tour de sa toute petite chambre. Tout est placé le long des murs, avec au centre à peine d'espace pour quatre ou cinq personnes debout : petite table de cuisine et deux chaises droites, fauteuil, lit simple, petite armoire, frigo, évier, poêle, porte d'entrée. Pas de téléphone, pas de télé. J'enlève mon manteau, le dépose sur le lit, m'assoie dans le fauteuil. Rodrigue sort un poêlon, nous fait sauter chacun une crêpe, que nous dégustons avec mélasse et jus de fruit.

Bien sûr, il en profite aussi pour me cuisiner, je fais parti du menu. Le petit lunch n'a pas d'autre but que de créer un climat propice aux confidences. On ne s'en sort jamais, avec les civils. Toujours en train de fouiller dans votre tête et votre cœur. C'est notamment ce qui permet de percer assez rapidement leur véritable identité.

Certains jours, l'approche est particulièrement flagrante. Attribuable à la routine, le pire ennemie du civil. Jouer la comédie exige de la concentration. Pas facile, lorsqu'on la joue huit ou dix heures par jour. Le flic devient plus expéditif et ça transparaît dans ses rapports avec les autres. On peut penser qu'il y a aussi des jours où il en a ras le bol des feux de la rampe.

Après avoir mangé, je reprends place dans le fauteuil, lui s'assied sur le lit, le dos appuyé contre le mur. Il a enlevé ses bottes, allumé une cigarette et déposé le cendrier sur.... mon manteau. Il gesticule quand il parle, secoue sa cigarette au-dessus du petit cendrier, sans trop viser. Suis un peu inquiet, crains qu'une cendre brûlante tombe dessus. C'est au moment où il pose la main à plat sur l'une des poches et commence à en palper le tissu en me fixant droit dans les yeux que le déclic se fait dans ma tête. Il cherche à en deviner le contenu.

Monsieur m'a surpris à 22h faisant un aller retour dans la station de métro sans prendre le métro. Monsieur pense que j'ai de la drogue dans la poche de mon manteau. Je plante mes yeux dans les siens, lui dis n'avoir jamais touché à la drogue de ma vie. Semble rassuré.

Il entreprend ensuite de me convaincre qu'un jour notre civilisation retournera à l'époque du Moyen Âge, beaucoup de nos acquis seront alors réduits à néant. Perspective d'avenir pour le moins déprimante. Finalement, las de cet interrogatoire grossier, lui reproche amicalement de tout peindre en noir pour me forcer à sortir tout ce que j'ai dans la tête. Moment de silence, sourire. C'est presque un aveu. L'instant d'après, il se lève, m'indiquant ainsi le moment de partir. (Suite demain)

News du vendredi 18 Septembre 2009

  Les Guignols de l'info - Ils abordent un sujet délicat, en ce temps de grippe porcine : les gains de la pharmaceutique. L'ironie, en plus de dilater la rate, tire à bout portant sur le non-dit (02:34).

  Le secrétaire générale de l'ONU lance un appel au désarmement nucléaire – Le Conseil de sécurité consacrera la semaine prochaine une séance de haut niveau à ce sujet et à la non-prolifération, qui sera présidé par le président des USA, Barack Obama.

Notons qu'hier jeudi, ce dernier a renoncé d'aller de l'avant avec le projet du bouclier anti-missiles en Europe de l'Est de son prédécesseur W. Bush (Le Canada a eu raison de ne pas participer au bouclier de Bush). Une décision que le président russe Dimitri Medvedev a qualifié de «responsable».

Lisez également la déclaration de Ban Ki-moon, secrétaire générale de l'ONU. Lors d'une autre intervention, il a demandé que les hostilités s'arrêtent pendant 24 heures le 21 septembre, Journée mondiale de la paix.

PS : Le moins qu'on puisse faire est de propager ces messages. Ça nous semble tellement impossible que notre optimisme est infiniment petit : on a besoin d'un microscope électronique pour le voir.

  Alors que la marijuana recule, de nouvelles drogues progressent, dont l'analgésique Oxycontin - (Suite tome 3 de l'Étau Policier) Depuis 1997, révèle une étude de l'organisme Partenariat pour une Amérique sans drogue (propre, propre, propre), l'usage régulier de la marijuana chez les jeunes a reculé de 13% et le nombre de premiers fumeurs de 10%.

En contrepartie, la popularité de l'ecstasy a doublé depuis 1995, et augmenté de 10% en 2000 par rapport à l'année précédente. Un ado sur 10 disait en avoir pris. De l'analgésique Oxycontin aussi, un puissant narcotique synthétique s'apparentant à l'opium, et utilisé pour soulager les douleurs chroniques. L'État du Vermon a retiré le médicament de la liste des produits couverts par le gouvernement, pour tenter d'enrayer les abus. Pour sa part, le Maine a adopté une loi rendant plus difficile son obtention.

Au Québec, couvert en parti par l'Assurance maladie, il pourrait bientôt s'étendre dans la province. (Jean-François Gamache -- La Presse du 20 août 2001) En février 2001, le proprio d'une pharmacie ontarienne s'est fait voler une grande quantité de narcotiques, dont de l'Oxycontin.

Cependant, d'après le Dr Jean-Pierre Chiasson, directeur de la clinique Nouveau Départ, citant, lui aussi, des statistiques venues d'ailleurs, la menace pourrait prendre quelque temps avant de se concrétiser : «Nous sommes toujours cinq ans en retard sur les États-Unis.» Comme aux États-Unis, les ventes d'Oxycontin ont, semble-t-il, explosées au Québec. Elles se chiffraient à 1,6M$ en 2000 contre seulement 72 000$ en 1997. (Suite demain)

  Rodrigue voulait savoir où j'allais et en disant vouloir m'accompagner, vérifiait si j'y allais vraiment - (Suite tome 1 de l'Étau Policier) Un jour, je m'en allais souper à l'Armée du Salut, coin St-Antoine et Guy, où m'attendaient Norbert et Gilberte. Au moment où je passe devant l'ancienne Place Dupuis, voilà que Rodrigue surgit tout à coup, me demande où je vais, le lui dis. Trouve que c'est une bonne idée, s'enquiert s'il peut m'y accompagner. J'accepte, c'est loin, ne refuse jamais un compagnon de route.

Il fait à peine deux, trois pas avec moi qu'il change aussitôt d'avis. Il a des choses plus urgentes à s'occuper. Ne me le dit pas, je le vois bien. Un commerce flambe au coin de Ste-Catherine-St-Hubert. Il y a là plein de fumée, les pompiers sont sur les lieux, beaucoup de curieux aussi.

Je comprends que son travail, cet après-midi-là, consiste à faire le tour des badauds au cas où il n'y aurait pas un pyromane parmi eux. Notre brève rencontre lui a permis de savoir où j'allais et, en disant vouloir venir avec moi, de vérifier si j'y allais vraiment. Sans doute aussi pour vérifier s'il n'y avait pas un petit incendie qui flambait quelque part derrière mes yeux.

Un soir de l'hiver 1997-98, je reviens d'une longue marche de santé. Suis presque rendu à mon appart, rue Cherrier. Il fait très froid. Trois de mes orteils sont quasiment gelées, ne les sens presque plus. En vieillissant, le sang circule moins bien à ces extrémités du corps. Pas le choix, faut que j'arrête me réchauffer quelque part, sinon elles gèleront complètement. Potentiellement dangereux, à cause de la gangrène.

Étant devant la station de métro Sherbrooke, rue Berry, je décide d'y faire un arrêt. À l'intérieur, j'en active la circulation sanguine en marchant jusqu'à la porte-est puis je reviens sur mes pas. Au moment où je monte l'escalier menant à la sortie-ouest, j'entends derrière moi crier : «Monsieur, monsieur...», me retourne, vois quelqu'un grimper quatre à quatre les marches pour me rattraper. C'est Rodrigue. Suis étonné qu'il me donne du «monsieur», depuis le temps qu'on se tutoie.

Nous nous installons sur le banc, juste en face de la porte, parlons de dramaturgie, de comédiens. Le sujet de conversation qu'il a amorcé n'est pas gratuit. Il m'ausculte pour savoir si je lui joue la comédie. Ma présence à la station de métro, à cette heure, l'intrigue. Nous échangeons là-dessus pas loin de trois quarts d'heure. Il est passé 23h, je dois rentrer chez moi. Il m'emboîte le pas. (Suite demain)

News du jeudi 17 Septembre 2009

  C'est quoi la démocratie? - Si ce n'est pas s'exprimer librement, c'est quoi d'autre? Rien d'autre. Une animation de Lucas Szozda (00:55).

PS : Posez la question à la Sûreté du Québec (Canada), un corps policier spécialisé dans le domaine de la censure. Elle vous dira, la main sur le cœur, qu'elle est là pour défendre la démocratie. Étant journaliste québécois et traitant régulièrement des activités clandestines illégales de ses civils, je sais qu'elle n'avouerait pas l'inavouable : notamment la censure qu'elle exerce régulièrement à mon encontre en me coupant ici et là des ponts. Le ministre québécois de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, est-il au courant?

  France : expansion de collèges 100% numériques – Le tout a débuté l'an dernier au Conseil général du Val d'Oise, à Goussainville, au collège Georges Charpak. L'objectif : créer le premier établissement scolaire en France à 100% numérique, réduire la fracture numérique, utiliser pour l'enseignement et le périscolaire les technologies de l'information et de la communication (TIC).

On a fait appel à Dell pour la mise en place de l'infrastructure que cela nécessite, voir texte : ordis fixes et portables, grands tableaux numériques interactifs (adieux tableau noir et craie), réseau informatique (incluant le domicile des profs), connexion haut débit, etc. Cela fait, on a initié les profs à cette nouvelle façon d'enseigner (01:53). Les résultats s'étant révélés concluants, on a décidé cette année 2009 d'implanter le système dans 36 collèges (03:27), un investissement de 25 millions d'euros étalés sur 5 ans.

PS : L'enseignement interactif, l'une des solutions au décrochage scolaire?

  Santé Canada-grippe porcine : des sacs servant au transport de cadavres expédiés à des Autochtones de la province du Manitoba – Indignation de chefs autochtones (01:32 + texte), qui estiment que cela envoie un très mauvais message. Le grand chef David Harper : "Je me demande si les responsables du ministère canadien de la Santé savent des choses que nous ignorons. C'est comme en expédier aux militaires en Afghanistan. Aidez-nous plutôt à nous organiser, envoyez des médicaments."

  La lutte policière contre les drogues connues oblige des consommateurs à en utiliser d'inconnues - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) On peut se demander aussi ce qu'il arriverait si la police réussissait à saisir toutes les drogues disponibles. Les consommateurs ayant besoin de fuir la réalité et développés une dépendance en voleraient dans les pharmacies et les hôpitaux. Quand on sait que certains drogués, en plein sevrage, sont parfois prêts à toutes les violences pour obtenir le produit, on imagine sans mal les conséquences.

Ou ils remplaceraient le produit par des substituts, et pas seulement par du pétrole. On ne ferait que déplacer le problème. On peut même croire que le remède serait encore plus pire que le mal qu'on veut éradiquer. Du reste, la répression policière contre les drogues traditionnelles, dont le cannabis, oblige des consommateurs, dont des jeunes, à utiliser davantage les drogues chimiques, qui n'ont pas encore été vraiment ciblées par la police. En changeant de substances, ils conservent toujours une longueur d'avance sur celle-ci.

On a constaté que, chez les ados américains, la consommation de la marijuana diminue, pendant que celle de l'ecstasy, une drogue de synthèse, augmente (Agence France-Presse -- La Presse du 28 novembre 2000) (NDLR : Tous les chiffres qui suivent sont invérifiables.) Contrairement au cannabis, cette drogue chimique est plus discrète. Elle ne dégage pas l'odeur typique du cannabis, facilement repérable, à nez levé, d'un flic ou d'un chien renifleur. (Suite demain)

  Certains jours Rodrigue ressemble à Lénine, d'autres à Strotski - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Beaucoup plus tard, Rodrigue tentera de me faire avaler que son père était presque mourant à l'Hôpital St-Luc. Là encore, je ne le croirai pas. Ce type a perdu toute crédibilité à mes yeux, comme plusieurs de ses collègues du reste.

Rodrigue n'en demeure pas moins un chic type. Il lui arrive de tirer de son sac une minuscule boite en métal contenant de tout petits bonbons verts pâles, à peine plus gros que des pois numéro deux, qu'il ouvre délicatement, et de vous en offrir un... par année. Je me sentais privilégié. Comme tous ses collègues, lui non plus ne fait pas un job facile. Patrouillant à pied ou faisant le pied de grue, peu importe la température, cherchant à s'infiltrer partout, parlant à tout le monde. Un passionné du métier, ça paraît.

Le peu de cheveux qu'il a, il les rase. Huilé et bronzé, son crâne reluit comme une boule de billard. Certains jours, il ressemble à Lénine, d'autres à Trotski, avec le bouc du faux subversif, la chevelure en moins. Fausse, la barbichette? Possible parce que parfois sa couleur variait un peu. N'ai jamais osé vérifier... Officiellement sans emploi. Joue au gars qui voit tout en noir, tactique permettant de repérer ceux récriminant contre le système : sa photo figure dans l'un des rapports annuels de la police de l'île de Montréal.

Astrologue aussi à ses heures. Parlerait et écrirait le mandarin. Quand vous le rencontrez dans un resto, il lui arrive souvent de sortir de son sac et d'étaler négligemment à votre vue, sur la table, quelques feuilles recouvertes d'idéogrammes. C'est beau, proprement fait, du travail d'artiste. Je doute qu'il en soit l'auteur, doute tout autant qu'il parle le chinois comme il le prétend. A probablement appris une dizaine de mots, à dessiner quelques idéogrammes, afin de leurrer la galerie, mais je crois que ses connaissances se limitent à ça.

Elles font parti de tous ces éléments factices qu'il utilise pour se créer une identité d'emprunt. Lui ai même dit un jour de cesser de m'ennuyer avec ses histoires de Chine, car il avait tendance à m'en parler quasiment à chaque fois qu'on se croisait. Lassant à la longue. Il n'avait pas aimé. J'avais eu droit au gros rire intimidant, typiquement policier. Il n'a plus insisté.

Quand vous le croisez sur la rue, il a l'habitude de s'approcher très près de votre visage pour vérifier si vos pupilles sont dilatées. Arrive toujours à l'improviste. L'apercevez-vous, qu'il est déjà à six pouces de votre visage, la tête penchée sur le côté en train de vous les scruter attentivement. (Suite demain)

News du mercredi 16 Septembre 2009

  La belle Suzy – Caravan Palace (03:04). Rigolo et impeccable sur tous les plans.

  Québec : la diversité du contenu domestique d'importants journaux diminue – Le révèle une étude d'Influence communication. Depuis le début de l'année, le recours du quotidien La Presse aux agences d'information a augmenté de 43%, et au Journal de Montréal, de 32% : qui est Influence communication? + texte.

  Confucius... - Pas con du tout, aurait dit : «Je n'ai jamais vu quelqu'un qui aimât la vertu autant que le sexe.» Et bien qu'il ait vécu dans les années 500 de notre ère, ça demeure vrai, ça le sera toujours, n'en déplaise (03:48) aux puritains coincés dans leur sexualité.

  Pub trompeuse : 365 jours d'exercice physique – Beaucoup beaucoup plus de temps est nécessaire pour obtenir les résultats que vous allez voir. L'homme sur la photo est John...stonefitness... (vidéo : 00:37). Il y a des internautes qui vont croire dur comme fer que c'est possible.

  Des jeunes Inuits voient bien qu'il y a autre chose que l'isolement au fin fond d'une forêt - (Suite tome 3 de L'Étau policier) Au sujet de ces jeunes Amérindiens de Davis Inlet, au Labrador, où vivent 600 Inuits, on en avait des nouvelles, début janvier 2002, plus de deux ans après la publication du livre du Dr Patenaude. (Dr Robert Patenaude -- 24 heures à l'urgence -- Éditions Québec Amérique, 1999)

Cette année-là, la population s'apprête à emménager dans le nouveau petit village érigé, une quinzaine de kilomètres plus loin, par le gouvernement fédéral. Certains de ces jeunes, qui inhalaient des vapeurs de pétrole et avaient quitté leur village pour suivre une thérapie, sont de retour. L'affaire est réglée, pensent sans doute les "experts en la matière". (Presse canadienne -- La Presse du 9 janvier 2002)

Non, elle ne l'est pas. De jeunes Inuits errent à nouveau dans les tristes rues de cette petite bourgade en reniflant des vapeurs d'essence, le nez plongé dans un sac de plastique. Semble évident que les traitements ont lamentablement échoué.

Simon Tshakapesh, chef de la communauté, raconte : «Il y en a des dizaines et des dizaines. C'est pire. Après Noël 2001, un groupe est revenu et a incité les autres à respirer des vapeurs d'essence.» Tshakapesh blâme les fonctionnaires fédéraux, auxquels il reproche de n'avoir pas approuvé de budget pour un centre local de traitement. «C'est un entêtement de la part de Santé Canada. Nous n'arrêtons pas de leur dire que cela ne fonctionnera pas tant que nous ne contrôlerons pas ces programmes d'aide nous-mêmes.»

Tshakapesh n'aborde pas l'ensemble de la problématique. Quels présent et avenir cette communauté offre-t-elle aux jeunes? Chaque jour, la télé et l'Internet étalent à leurs yeux une vie pas mal plus excitante que la leur. Ces jeunes voient bien qu'il y autre chose que l'isolement au fin fond d'une forêt. (Suite demain)

  Rire retenu et l'air de dire :"Tu ne sais pas à qui tu parles"- (Suite tome 1 de L'Étau policier) C'était la deuxième fois que je voyais Rodrigue en compagnie de cette femme. La première remontait à une couple d'années. Lui et moi avions pris l'habitude de se rencontrer de temps à temps dans un resto de la rue St-Laurent où nous passions quelques heures à discuter de choses sérieuses en buvant du café.

Un jour, elle s'était jointe à nous. Rodrigue me l'avait présentée comme travaillant avec un groupe de jeunes sur différents projets, dans un loft lui appartenant. Un autre civil nous accompagnait. Lui se disait professeur de mathématiques à la retraite. Il donnait, prétendait-il, des cours de rattrapage à des étudiants.

Me souviens que cet après-midi-là, cherchant à connaître un peu mieux Rodrigue, je m'étais permis de lui décocher quelques questions bien ciblées sur ce qu'il faisait, d'où il venait. Il s'était vraiment mis en colère contre moi, me disant le ton haut perché qu'il n'aimais pas qu'on l'interroge sur sa vie privée. Indigné au point de se lever comme s'il allait partir, pour ensuite reprendre sa place.

Assis à ses côtés, sur la même banquette, j'avais tenté de le calmer un peu en enveloppant amicalement ses épaules de mon bras et le berçant doucement. J'avais fait remarquer à la blague aux deux autres que c'était un bon gars, quoique parfois un peu chiant, qualificatif prononcé à la française, la nasale bien accentuée. L'avais même répété.

Je n'avais pas été sans percevoir la réaction de la jeune femme assise juste en face moi. Elle riait d'un rire retenu, un peu scandalisée de ma remarque et de mon comportement, avec l'air de me dire du regard : "Tu ne sais pas à qui tu parles". (Suite demain)

News du mardi 15 Septembre 2009

  Le journaliste Mountazer al-Zaïdi qui avait lancé ses souliers à W Bush a été libéré aujourd'hui – L'événement, à rappeler (Vidéo de 00:28 + article), était survenu à Bagdad, milieu de décembre 2008. Il avait fait le tour du monde. Contexte à rappeler aussi... La guerre de Bush en Irak était fondée sur un mensonge : contrairement à ce qu'il affirmait, il n'y avait pas d'armes à destruction massive. L'ONU était même contre cette agression injustifiée.

On peut être anti-violence, ç'a n'empêche pas de se réjouir intérieurement, parfois. D'autant que l'homme le plus haï de la planète n'avait pas été blessé.

Mountazer, à sa libération après 9 mois de prison, a fait une visite à son ex-employeur, la chaîne de télévision al-Badhdadia. L'accueil de ses collègues a été chaleureux : fanfare, égorgement de moutons pour le banquet.

  L'ONU intensifiera la promotion des droits et du bien être des femmes à travers le monde – À cette fin, il a été décidé hier lundi que quatre agences onusiennes seront fusionnées. Cette mesure permettra de renforcer son travail en matière d'égalité et donner du pouvoir aux femmes.

  Dr Patenaude : «(…) on accuse uniquement la drogue et l'alcool, en oubliant complètement la complexité de la dépression» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Développons un autre aspect de la drogue : pourquoi des gens en consomment? Le professeur Roques répond à cette question. (Louis-Bernard Robitaille -- La Presse du 23 janvier 1999) Il a présidé la Commission d'enquête sur les drogues licites et illicites disponibles sur le marché français. (Bernard Roques -- La dangerosité des drogues -- Éditions Odile Jacob) Onze scientifiques français et sept consultants étrangers y ont participé. Il a remis son rapport à l'État français en janvier 1999.

D'après lui, la cause essentielle du passage à la toxicomanie dure tient à la personnalité du consommateur. Il y a chez certains individus une prédisposition biochimique au comportement abusif, tenant à la fois au patrimoine génétique et au contexte socioculturel et émotionnel. Roques fait le parallèle avec l'alcool : en France, sur cinq millions de buveurs excessifs, seulement deux millions sont devenus de vrais alcoolos. Il en est ainsi des usagers de la cocaïne : une immense majorité s'en tient à un usage récréatif, sans tomber dans la dépendance.

Prédisposition biochimique, patrimoine génétique, contexte socioculturel et émotionnel, disait le professeur Roques... Que voilà une formulation froidement scientifique, pour ne pas dire aseptisée, nous éloignant d'autant de l'humain, et qui finalement ne nous apprend pas grand-chose. Concrètement, de quoi parle-t-on au juste?

Consultons d'autres auteurs, dont un clinicien oeuvrant dans la salle d'urgence d'un hôpital du Québec, le Dr Robert Patenaude, auteur d'un bouquin permettant de voir la condition humaine de plus près. (Dr Robert Patenaude -- 24 heures à l'urgence -- Éditions Québec Amérique, 1999) Drogues et alcool sont de puissants dépresseurs du système nerveux central. Ils augmentent donc les risques de dépression chez un ado normal qui vit des difficultés et ils aggravent la dépression chez un ado déjà déprimé.

Cependant, ils ne sont pas des causes directes de suicide. «Nous savons tous qu'un adulte alcoolique dissimule un adulte déprimé, explique-t-il. Il en est de même chez l'ado qui consomme régulièrement des drogues. Il est trop facile d'accuser la drogue et l'alcool. Bien sûr, cela simplifie énormément nos tentatives de compréhension du suicide et nous enlève toute forme de culpabilité. On se déculpabilise en disant : "Le jeune Patrick s'est suicidé à cause de la drogue." Et puis il est rassurant de trouver une cause et de la combattre à coups de millions de dollars.

«Seulement, cela n'explique pas le suicide récent (le Dr Patenaude a publié son livre en 1999) de jeunes Amérindiens du Labrador, qui vivaient dans une communauté où il n'y avait pas de drogue, fait-il observer. Ces jeunes se sont pourtant enlevés la vie, en inhalant des vapeurs de pétrole. Si un jour il n'y a plus de drogues ni d'alcool, allons-nous devoir interdire le pétrole? s'interroge-t-il.

«C'est simpliste comme raisonnement, me direz-vous. Mais sachez qu'un grand nombre de parents, de professeurs, de politiciens, de policiers, de directeurs d'école et, bien sûr, de médecins accusent uniquement la drogue et l'alcool, en oubliant complètement la complexité de la dépression. Une grande part de nos impôts ne sert pourtant qu'à combattre le facteur déclenchant que sont la drogue et l'alcool. » (Suite demain)

  Cacher son identité policière en s'attirant sympathie ou pitié - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Quand un civil craint que son identité soit percée, il utilise une panoplie de trucs pour déjouer les soupçons. Un après-midi Rodrigue et moi déambulons rue St-Denis, à Montréal. Nous croisons une jeune femme, l'une de ses collègues. Il se précipite vers elle, la prend par le bras, s'en écarte légèrement pour mieux apprécier sa tenue vestimentaire et la félicite du «beau rôle» qu'elle a choisi.

La femme partie, je lui demande si celle-ci est comédienne. Pris de court, il baisse la tête, incapable de formuler une réponse. Comme tout civil réalisant qu'un mot de trop -- «beau rôle» -- a mis en péril leur véritable identité, la sienne et celle de sa collègue, il tente aussitôt d'étoffer davantage sa fausse identité en me quémandant de l'argent pour un café. Le bout du bout! Moi, pauvre comme Job, payant un café à un flic gagnant au delà de 50 000 $ par année. En ces temps de disette, il n'a droit qu'à 0.75¢. L'homme ou la femme jouant à celui n'ayant pas d'argent pour se payer un café, que voilà une belle cachette pour un civil.

Certains raconteront avoir déniché un job, disparaîtront pour réapparaître un mois plus tard et jouer aux travailleurs découragés d'avoir été mis à pied ou congédiés. Souvent, cela suffira à vous convaincre que vous aviez tort de penser que... Momentanément, car, les contacts quotidiens reprenant, ce n'est pas long que la certitude refait surface.

Une autre tactique consiste à s'attirer la sympathie ou la pitié. Très rare que cette ruse ne fasse pas mouche. Si vous êtes le moindrement sensible à la misère des autres, vous tomberez dans le panneau les deux pieds joints et, comme il m'est quelques fois arrivé, compatirez à leur sort, essaierez tant bien que mal de recoller les morceaux. À la condition, bien sûr, que ces civils soient bons comédiens, dans le cas contraire...

Rodrigue me jouera le rôle de celui dont les jours sont comptés. Presque plié en deux par la douleur, l'air souffreteux, monosyllabique, se disant atteint d'une maladie mystérieuse, incurable, il se demandait sérieusement s'il allait passer l'hiver. Il en mettait, en mettait. Ne l'ai pas crû. J'avais accumulé trop de recoupements sur son compte.

Le printemps venu, il était d'ailleurs toujours là, bien en vie, trop pour le mort en sursis qu'il avait été deux mois plus tôt : légèrement bronzé, yeux brillants, convivial, et accompagné d'une jolie femme plus jeune que lui, quoique collègue plutôt qu'amante. Par la suite me suis un peu amusé à ses dépends, à une couple d'occasions, disant que sa mère avait dû prier pas mal fort pour qu'il recouvre miraculeusement la santé, caricaturant à gros traits son état souffreteux d'alors. (Suite demain)

News du lundi 14 Septembre 2009

  Le terrorisme financier.... - Un bon débat comme on les aime entre Max Keiser, analyste financier indépendant et fondateur de Karmabanque.com, et Moncef Cheikh-Rouhou, prof de finances internationales à l'École des hautes études commerciales (EHC) de Paris.

Échanges ultra rapides, feu roulant passionnant. Deux visions différentes accompagnées d'arguments solides de chaque côté, tous deux connaissant bien les rouages du monde de la finance, et assaisonné d'humour de temps à autre par Keiser.

Keiser attaque Goldman Sachs, l'une des banques américaines les plus anciennes et prestigieuses de la planète, également l'une des rares à avoir traversé la crise en évitant le pire. Il l'attaque, pas seulement parce qu'il y a connu des déboires, parce qu'elle a coopté le gouvernement USA et le Département du trésor, dont le secrétaire Henry Paulson est un ex-pdg de Goldman. Pour lui, c'est de la vermine, du fumier.

De son côté, Cheikh-Rouhou essaie de donner l'autre revers de la médaille. Cette banque a averti, bien avant la crise, la communauté mondiale des dangers des produits toxiques appelé subprimes qui allaient coûter 2000 milliards à la planète. Elle est la seule qui ne soit pas pas entrée dans ce jeu.

Oui, mais, rétorque Keiser, Goldman Sachs a baissé le taux d'intérêt de ses actionnaires, dont il est, ce qui m'a fait perdre 10 000$. Elle a pris dans ma poche l'argent qu'elle avait besoin pour payer les bonus... (+ une analyse indépendante sur le rendement de Goldman)

Dès le départ, le ton est donné. Deux vidéos, en anglais avec sous-titres en français, à visionner dans cet ordre : l'une de 08:49 et l'autre de 04:59.

  Les cadavres de France telecom (suite) – Une caricature signée Coco qui atteint sa cible en plein cœur : voir le contexte, plus bas, dans les news du vendredi 11 septembre.

  I Gotta Feeling – Le 8 septembre, plus de 20 000 personnes ont dansé au rythme de ce tube sur Michigan Avenue, à Chicago. Le groupe Black Eyed Peas célébrait la 24e saison du talkshow de la reine du genre aux USA, Oprah Winfrey, qui était sur les lieux. Tout cela avait été peaufiné à l'avance. Entre autres, on avait enseigné, on ne sait à combien de personnes, les mouvements qu'ils devaient faire lors de l'événement. Impressionnant (04:52). Mis a part l'impact social, la qualité musicale et visuelle est largement supérieure sur le clip officiel (04:52), dont j'aime bien l'ambiance de la belle fête païenne réussie.

  Dans une piquerie, j'ai vu des policiers faire preuve d'une certaine humanité - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) À Montréal, racontent les deux auteurs Bibeau et Perreault, c'est surtout dans les environs du quartier Parc Extension et de l'Avenue du Parc que l'on trouvait, à la fin des années 1970, la première concentration de piqueries où se rendaient les usagers d'héroïne. (Gilles Bibeau et Marc Perreault -- Dérives montréalaises -- Éditions Boréal)

Dans ces appartements, on vendait la drogue en fraction de point et on y offrait même parfois le «service complet d'injection». On ne restait habituellement sur les lieux que le temps de «cuver son flash». Comme la durée d'existence d'une piquerie est relativement courte -- environ trois mois, à cause des descentes, des plaintes des voisins, des morts par overdose, etc. --, les gros tenanciers se doivent d'avoir toujours à leur disposition des appartements libres prêts à les accueillir en cas de déplacement forcé de leur commerce.

Je n'ai pas enquêté dans une piquerie. J'en ai cependant entrevue une, près de l'endroit où j'habitais. C'était à la fin des années 1980. La police y avait effectué une descente. Peu après son arrivée, m'étais rendu sur les lieux. Elle avait enfoncé la porte, ne restait plus qu'un seul occupant, un drogué, vivant un bad trip, maintenu le dos au plancher par 4 policiers agenouillés, un à chaque membre.

Dans de vigoureux bonds, son corps se courbait en arc, sa tête émergeait au-dessus d'eux, les yeux transformés très exactement en une cible, avec ses cercles emboîtés les uns dans les autres. Émouvant! Ils le tenaient fermement, pour l'empêcher de se heurter aux murs, aux meubles, et se blesser, mais avec une certaine retenue. Leur attitude, leur regard, j'ai senti en quelque part une certaine humanité. (Suite demain)

  Parfois, je m'offre une petite vengeance - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Autre petite méchanceté de la même eau. Accueil Bonneau. Après le repas, Norbert et moi se dirigeons vers la sortie. Près de celle-ci, longeant le mur ouest, de longues tables où sont disposées de grandes boîtes contenant des denrées qu'on distribue gratuitement. D'habitude, il n'y a que du pain, parfois des pâtisseries. Ce jour-là, on distribue aussi des oranges.

Norbert en prend deux, m'indique du menton d'en faire autant. Au moment où je plonge la mienne dans la boîte, les deux préposées, deux collègues de la directrice, se mettent à gueuler après moi, prétextant que mon "ami" en a déjà deux, me désignent avec force gestes la porte de sortie. Le ton est vindicatif. Suis vraiment surpris de la charge.

Norbert me présente sa main tenant les deux oranges, me demande gentiment si j'en veux une. Oui, j'en prendrais bien une... mais n'y arrive pas, il les tiens trop solidement. Rendus à l'extérieur, il m'en offrira une. Cette fois, il semblera sincère, mais je refuserai, suis parfaitement capable de m'en passer. Qu'a donc bien pu dire la police à la direction de cet organisme pour qu'on m'y traite ainsi?

Parfois, je m'offre une petite vengeance. Ainsi ce jour où je m'y rends déjeuner, je croise Norbert dans le tunnel de la rue Berry, près de la rue de la Commune, là où niche l'organisme. Lui demande de m'y accompagner. Il refuse, en arrive, a déjà mangé. J'insiste, autre refus, lui lance pour le secouer un peu : «Envoie, salopard, viens-t-en!» Il n'apprécie pas. Pendant un bref instant, j'ai l'impression qu'il va me sauter dessus. Il le pourrait, l'endroit est désert. Puis finalement consent à me suivre.

Autres perceptions permettant de repérer un civil. Un jour je vois Norbert enlever des mains le paquet de cigarettes d'un habitué d'un resto communautaire, l'examiner attentivement, lunettes de lecture sur le bout du nez, poser deux ou trois questions carabinées -- contrebande? Mais sans prononcer le mot --. Après le départ de l'usager, lui fais remarquer avoir reconnu le style -- du policier enquêtant. Me faut le répéter, en l'encourageant de clins d'oeil complices, le visage tout plissé de rire, pour qu'il me consente finalement un petit sourire sec, à peine perceptible. La complicité est microscopique. Insuffisante pour prétendre que nous sommes entre initiés. (Suite demain)

News du dimanche 13 Septembre 2009

  Le gouvernement du Québec vient de découvrir que la grande criminalité sévit dans le monde de la finance, pas dans les quartiers pauvres – Aujourd'hui dimanche, conférence de presse (01:58 + article) de trois ministres du gouvernement libéral de Jean Charest : Kathleen Weil (Justice), Raymond Bachand (Finances) et Jacques Dupuis (Sécurité publique, responsable de la police).

Dupuis : création de deux escouades par la Sûreté du Québec afin de lutter contre la fraude, la corruption et la malversation en milieu financier et municipal. Weil : demande sera faite au gouvernement canadien, de qui relève le Code criminel, de rehausser les peines maximales d'emprisonnement pour certains crimes à caractère économique. Bachand : certains citoyens voient s'envoler en fumée leur épargne de toute une vie, les conséquences sont dramatiques.

PS : Pourchasser les vrais criminels là où ils sont, me semble que cela aurait dû être fait depuis longtemps. Dupuis, en poste à la Sécurité publique depuis quand même quelques années, n'y avait pas encore pensé : ses prédécesseurs non plus.

Quant aux civils des corps policiers régionaux du Québec et ceux de la Sûreté de la province de Québec, ils préfèrent contrôler et nettoyer socialement d'honnêtes citoyens. Et de vous arrêter et traduire devant un juge si vous volez une enveloppe de jus d'orange d'1$ dans une épicerie. Dans les quartiers pauvres, les forces policières sont massivement investies dans ces activités, entre autres. C'est le ministre de la Sécurité publique qui décide. Aujourd'hui, Dupuis occupe la fonction.

  Canada-Afghanistan – La Presse canadienne rapporte que les journalistes en poste à la base d'aviation de Kandahar sont surveillés de près par les officiers. Selon un docu qu'elle a obtenu en vertu de la loi sur l'accès à l'information, les questions qu'ils posent, ce qui leur est dit et ce qu'ils écrivent font l'objet de notes destinées notamment à des responsables civils en contact avec le premier ministre conservateur Stephen Harper.

  Shadowboxer – Fiona Apple (05:25).

  Chirac a fait bien pire que Hortefeux – Sur le web, on ne parle que de l'affaire du ministre français de l'Intérieur, prénommé Brice, qui a tenu un propos raciste à l'encontre des Arabes. Le ton n'était pas haineux, mais amical, main au dos de l'Arabe (00:53) auquel il parlait...

N'empêche : inacceptable de la part d'un ministre responsable de la police. Le fait est que je ne suis probablement pas le seul à avoir tout de suite pensé au contrôle au faciès exercé par la police : la France n'est pas un cas unique.

Même si cette mesure discriminatoire existe depuis des années, donc bien avant son arrivée en politique, ses paroles laisseront des traces indélébiles. Faudra pas grand-chose pour qu'elles rebondissent dans l'actualité. Pourtant, Jacques Chirac a fait bien pire (01:04) à une certaine époque : 1991. Aujourd'hui, le même discours créerait un tollé retentissant. La France est en train de changer.

Denise, la toxicomane : «Veut, veut pas là, même si (ce sont) des gelées, (ce sont) quand même des êtres humains» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Denise donne son opinion sur les piqueries, bien placée pour en parler en connaissance de cause car elle les fréquente.

«C'est quasiment nécessaire parce qu'y faut quand même des endroits où est-ce qu'y a pas d'enfants ; où est-ce que les filles sont en sécurité ; qu'y se font pas violer non plus par personne. Veut, veut pas là, même si (ce sont) des gelées, (ce sont) quand même des êtres humains. (...)

«moi je me souviens du temps où est-ce qu'y en avait pas beaucoup de piqueries... eh ben, c'était dans les parcs qu'(elles) allaient, c'était partout : dans les escaliers des immeubles, c'était n'importe où ; pis c'est peut-être là que le sida s'est développé le plus, (...) qu'y a eu le plus d'overdoses aussi parce que les filles se reposaient pas, y pouvaient pas dormir, y pouvaient pas manger... 

«Dans les piqueries... écoutes, c'est un logement... moi j'étais le genre de fille qui mangeait pis qui dormait le plus souvent possible pour avoir des highs les meilleurs. Fait que quand j'arrivais avec mon lunch, y en avait toujours une ou deux qui avaient faim, pis j'ai faisais manger... Si j'avais pas eu ces places-là pour dormir, je serais morte.

«C'est quand même un repère pour les itinérants. C'est ben dommage que ça soitdes piqueries, mais qu'est-ce que tu veux faire, les filles consomment, y ont besoin... y vont consommer dans des places où est-ce qu'y peuvent se reposer. Sinon y consommeraient dans le milieu de la rue, y consommeraient pareil, veut, veut pas, t'sé, y vont consommer. (Ce sont) des droguées, pis tant et aussi longtemps qu'y se font pas soigner (elles vont) être comme ça.» (Suite demain)

  Norbert me chuchote à l'oreille:«Ton ami s'en vient !»- (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Un jour, après nos agapes à cette soupe populaire, Norbert et moi remontons Berry. Je vois venir dans notre direction une de mes connaissances. Un ex-fonctionnaire à la retraite du gouvernement du Québec, barbe blanche à la Hemingway. Ce matin-là, il n'a pas la pipe vissée au coin de la bouche. Je le connais depuis plus d'un an.

Un homme contre lequel je nourris une petite rancune. Lui en veux un peu de ne pas avoir voulu faire tandem avec moi quand j'ai commencé à faire du bénévolat au resto Bouffe-Héberge. Car il venait y faire son tour de temps à autre.

À un moment, je croyais vraiment l'en avoir convaincu. Lui et moi s'étions répartis certaines tâches puis on ne l'y avait plus revu. À nous deux, nous aurions facilement réussi ce que je n'ai pu faire seul : écarter les irresponsables dirigeant cet organisme, redresser la situation financière et développer des activités à l'intention des usagers. Je m'en étais d'ailleurs déjà confié à Norbert.

Celui-ci a vu aussi l'ex-fonctionnaire se diriger vers nous, probablement en route vers l'Accueil Bonneau. Il me chuchote : «Ton ami s'en vient!». Cela dit sur un ton laissant entendre qu'il ne l'est plus. Sans être des intimes, l'ex-fonctionnaire et moi échangions quelques mots. Au moment de lui serrer la main, ce matin-là, je réalise à son attitude glaciale que Norbert a raison : il n'est effectivement plus mon ami. Que sait-il passé?

Ne serais pas du tout étonné que mes "amis" y soient pour quelque chose. Ils ont déjà détourné de moi des gens de Jeunesse au Soleil et de la Maison des amis du plateau Mont-Royal. Cette méchanceté me blesse. Me réconforte intérieurement, n'ai pas à rougir ou avoir honte : moi, je ne porte atteinte aux droits fondamentaux d'aucun citoyen. (Suite demain)

News du samedi 12 Septembre 2009

  Méli-mélo - Pas mal du tout ; l'endroit idéal pour lire ; toujours disponibles ; un beau petit couple, sans ironie ; l'amour interdit ; Obama en Une ; superbement bien pensé ; version moderne de la Statut de la Liberté ; copains et copines à la mode ; siesta en famille ; fillette un peu triste ; vidéo amusante (03:36) ; la grande partie de la Chine qu'on ne connait pas ; protégez-vous de ceux qui vous épient ; bébé a lu Mein Kampf ; vous allez la reconnaître ; hamburger : on cherche à améliorer son image pour l'introduire dans la gastronomie ; la Statut de la Liberté comme fond d'écran ; ole Barcelona : urgences puritainement incorrects (cliquez sur la photo pour voir les suivantes : n'en parlez à personne, c'est péché ces affaires-là).

  I'll get You - Une musique innovatrice (née de la mouvance électrofunk?), que je n'ai jamais entendue ailleurs sur le web. Après le visionnement, on en veut d'autres du même genre. C'est tellement jeune et vivant (02:19).

  Témoignage de Denise, toxicomane : «Le sida (sans seringues neuves), ça s'attrape vite, pis ça meurt vite quand tu consommes» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Quittons la belle Albion pour le Québec, Canada. Bibeau, professeur au département d'anthropologie de l'Université de Montréal, et Perreault, anthropologue et chercheur à l'Institut international de Montréal, font une bonne lecture des «Dérives montréalaises», pour utiliser le titre de leur ouvrage édité par Boréal, en 1995. (Gilles Bibeau et Marc Perreault -- Dérives montréalaises -- Éditions Boréal) Ce ne sont pas des dilettantes, puisqu'ils ont enquêté dans ce milieu sordide.

Leur conclusion? En faisant de ces personnes des hors la loi irrécupérables et des parias aux valeurs antisociales, l'État et les services publics se sentent autorisés à ne délier que parcimonieusement les cordons de leur bourse, voire à supprimer les fonds, alors qu'il s'agit de programmes spécifiques comme celui de la méthadone pour les héroïnomanes et celui d'échange des seringues. Constatons que, déjà en 1995, ces deux universitaires savaient, avaient publié un livre, qu'aucun de nos élus -- municipaux et gouvernementaux du Québec et du Canada -- ne semble pas avoir lu...

Les auteurs relatent le cas de Denise, qu'ils ont interviewée. Elle prend ses seringues neuves au Centre d'action communautaire auprès des toxicomanes utilisateurs-trices de seringues (CACTUS), situé dans le centre-ville de Montréal, au 1209 de la rue St-Dominique, et les donne aux filles. «J'ai vu une fille se maganer assez, c'est incroyable ; J'en ai vu mourir du sida. J'ai deux de mes chums qui ont le sida, j'en ai une qui est morte, Manon... Ça s'attrape vite, pis ça meurt vite quand tu consommes.» (Suite demain)

  Pas drôle le métier de civil, lorsque dans une soupe populaire on vous sert de la vraie pâtée à cochons - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Plus souvent qu'autrement, j'ai évité de dire à un "ami" que je savais qui il était. De toute façon, c'est une perte de temps que d'essayer de les faire parler, un civil n'avoue jamais l'inavouable. Certains jours, cependant, un peu las de cette mauvaise foi colossale et permanente, je veux leur faire sentir que je ne suis pas un con, de me ficher la paix avec leurs histoires cousues de fil blanc.

Les rares fois où j'abordais le sujet, j'attendais que nous soyons seuls, pour ne pas braquer mon interlocuteur. Éviter aussi de m'exposer inutilement à des représailles toujours possibles. La police n'aurait pas apprécié ce genre d'indiscrétions en présence d'usagers. Son underground doit demeurer secret.

Un midi, je fais part à Norbert de ma certitude qu'il est un civil. Il m'offre de m'apporter le lendemain des papiers démontrant que ce n'est pas le cas. À l'époque de Bouffe-Héberge, il m'avait confié avoir pratiqué un certain métier, que je ne peux dévoiler, puis vendu son établissement ou ses actions, je ne sais plus trop, pour prendre sa retraite.

Là, il tient à me prouver qu'il ç'a bel et bien été le cas. Lui dis de ne pas se donner cette peine, car j'ai la conviction, et ne me gène pas pour lui dire, qu'il m'apportera des papiers contrefaits. Il encaisse ma remarque sans protester. D'ailleurs, un civil peut-il prouver qu'il n'en ai pas un? Non, c'est à moi de faire la preuve du contraire, en le filant, mais n'en ai pas les moyens financiers. Les choses en resteront là. S'il avait vraiment tenu à me le prouver, pourquoi ne m'a-t-il pas apporté ses preuves?

Pas toujours drôle le métier de civil, ainsi que je m'en rendrai souvent compte. Par exemple de se les geler l'hiver par dix ou vingt sous zéro, et pas seulement les pieds, ou de recevoir une bonne douche glaciale l'automne, en faisant la queue à la porte d'une soupe populaire. Il y a aussi la nourriture, souvent de piètre qualité et très mal apprêtée.

Un matin, à l'Accueil Bonneau, je vois Norbert toiser son bol de soupe avec appréhension, se demandant sans doute par quel côté l'attaquer. «De la vraie pâtée à cochons», lui fais-je remarquer. Il lève la tête, me regarde sans dire un mot, je perçois un peu de détresse dans le fond de ses yeux, que j'interprète comme un acquiescement tacite. Pas facile pour lui, qui appartient à un autre monde que celui du pauvre. Comme tout flic, il gagne bien sa vie, peut se permettre de bons gueuletons dans de restos huppés. Alors, la soupe de l'Accueil Bonneau. (Suite demain)

News du vendredi 11 Septembre 2009

  Black Eyed Peas - I gotta feeling (04:54). Ce vendredi soir, le week-end commence, le temps de s'éclater un peu...beaucoup.

  Let's Make Money – Un film de l'Autrichien Erwin Wagenhofer sur les aspects cruels de la mondialisation. Il cible la faim dans le monde, particulièrement dans les pays du Sud. Le capitalisme y fait preuve d'une plus grande sauvagerie qu'à France telecom. France24 a accueilli son auteur en studio, l'entrevue est entrecoupée de deux petits extraits de son film, engagé socialement : visionnez plein écran, cliquez sur la petite flèche, à côté du son, en bas.

  Un climat de travail qui semble plus agréable que chez France telecom – À Guingamp, en Bretagne, France, un patron spécialisé dans le sandwich Daunat (Il mérite une pub gratuite de ma part) a tourné un clip au sein de son entreprise pour souder ses employés. À les voir chanter, sauter, danser dans la vidéo (03:30), on voit qu'ils prennent plaisir à participer au tournage.

  France telecom du pdg Didier Lombard : cette année, le management par la terreur est à l'origine jusqu'à présent de 22 suicides – Dernière victime en liste, une jeune femme qui a sauté dans le vide d'un quatrième étage aujourd'hui vendredi : mercredi, un technicien de Troyes s'était planté un couteau dans l'abdomen en présence de son manager.

Et ce n'est pas nouveau : depuis 2000 (J'ai perdu une référence à ce sujet en cours de route : ce que j'écris, je l'ai bel bien lu sur le web), il y en a environ 30 qui se suicident chaque année. Une petite idée de la torture psychologique que subissent des employés. Tapez "france telecom" dans la fenêtre de Google et vous aurez accès à beaucoup d'autres infos à ce sujet : allez, notamment, sur rue89.

Son slogan : Plus loin ensemble. Pour aller où? Ben voyons, pour faire plus d'argent (et de bonus + parachutes dorés?) et remplir les poches des actionnaires. Le plus important d'entre eux : l'État français (Liberté, Égalité, Fraternité). Cette entreprise française est spécialisée dans la télécommunication, dessert 174 millions de clients dans le monde : téléphonie fixe et mobile, service sur internet, télévision, service de téléconférence, etc. Elle possède aussi plusieurs filiales : Globecast, Viaccess, Orange, France telecom e-commerce, Studio 37, IT&L@bs, Innovacom, Etrali, FT Marine, FranceTel, Telekomunikacja Polska.

PS : Il y a un pervers en chef dans cette boutique, qui pousse tout le monde dans le dos pour aller toujours plus loin et plus vite, même si les cadavres s'accumulent : le pdg Didier Lombard. L'argent avant les humains. Les internautes devraient boycotter cette entreprise et ses filiales.

  Tiberghien décrit plus explicitement la mission de ces centres d'accueil de Londres - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Tiberghien rapporte un cas. «Un soir, coup de fil de l'hôpital au centre : on a retrouvé Sally dans les toilettes d'une station de métro -- cocktail de vodka et d'amphétamines. Elle est dans le coma. On se précipite. Spectacle atroce que ce corps allongé derrière la vitre, visage décomposé, souffle irrégulier, peau sale et blanche, tachée de traces jaunâtre, l'hépatite... Comment ne pas se sentir accusé, ne pas se reprocher de ne pas se donner assez, elle avait besoin d'une main, d'un coeur, peut-être seulement d'une oreille. »

Tiberghien nous décrit plus explicitement la mission de ces centres. «Ils sont équipés de salles d'accueil, autour des éléments de chauffage s'accumulent fauteuils et coussins, un coin cuisine où bout en permanence l'eau pour le thé, une salle avec machine à laver, machine à coudre, douche... Une pièce, enfin, réservée aux drogués qui veulent se piquer! Pas d'emploi du temps, il serait impossible à respecter. Il s'agit de déculpabiliser tout en redonnant aux jeunes l'envie de revenir, de se retrouver, de partager quelque chose ensemble, un bout de calme.

«Au début, beaucoup viennent vaguement chercher des adresses -- travail, logement --, ou bien passer un moment agréable, à lire, parler, boire une tasse de thé... Peu à peu, peut-être, d'autres mettront leurs pas sur la route de la désintoxication et de la réhabilitation -- un mot qui revient sans cesse dans toutes les conversations, avec sa charge d'ironie,de frayeur, mais aussi d'espoir à peine avoué, précise-t-elle. En tout cas, ils ne se sentent pas réprouvés, jugés, chassés, punis. Premier pas -- si hésitant -- hors de la détresse et de la solitude ; premier lieu -- si imparfait soit-il --, où la personne traquée se sentira chez elle, tels sont l'espoir et la conviction des animateurs.» (Suite demain)

  Norbert, comme certains de ses collègues policiers, roule à vélo à l'année longue - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Un après-midi Norbert m'amène chez lui. Un moment, je crois qu'un lien de confiance s'est peut être créé entre nous. Je jubile un peu intérieurement. On n'invite pas chez soi n'importe qui n'est-ce-pas?

Avant même qu'il ne déverrouille sa porte, désenchantement : il m'indique du doigt la trace d'une tentative d'infraction à son domicile. À la hauteur de la serrure, le cadre de sa porte est endommagé, il manque un petit éclat de bois. Son oeil inquisiteur scrute ma réaction, sens un léger soupçon peser sur moi.

Les choses en restent là, nous entrons. Deux paliers, assez grand, moderne, confortable, meubles anciens, tapis partout, et dans un vieil édifice historique rénové, bien entretenu, avec comme voisin de palier une clinique de dentistes, notamment. Appart d'environ 600$ par mois, sinon plus, qu'il dit partager avec d'autres. Je ne vois pas comment puisqu'il n'y a qu'une chambre et un lit double.

Ce civil, comme certains de ses collègues, roule à vélo à l'année longue. Il lui arrive de changer de modèle. Il prétend les construire de pièces qu'il récupère sur des vélos abandonnés et de les vendre ou d'échanger deux vélos remontés pour un autre au look plus récent. Il se donne beaucoup de mal à m'en convaincre.

Un matin, le revoilà avec sa rengaine. J'en ai un peu marre, lui demande de quelle façon il procède quand il trouve un vélo abandonné, scie-t-il le cadenas? Il me regarde, un peu décontenancé, puis, sans répondre, se penche pour m'en indiquer du doigt certains détails. J'en ai une deuxième en réserve mais, devant son embarras, ne la lui pose pas : et pour les autres pièces, comment sait-il qu'il est vraiment abandonné? À Montréal, je n'en ai jamais vu qui ne soit pas cadenassé quelque part.

Et quand il est abandonné, il est dépouillé de tout, sauf de son cadre. S'il reste une autre pièce, souvent c'est une roue tordue, inutilisable. Seul contexte où on peut parler d'abandon. Alors, pourquoi ce scénario? Je crois que le corps policier en met à la disposition de ses civils, sans que ceux-ci ne soient assurés de ravoir toujours le même. Norbert se sent obligé de m'expliquer pourquoi, à sa façon. Par la suite, il ne m'en reparlera plus.(Suite demain)

News du jeudi 10 Septembre 2009

  France : les statistiques sont manipulées par le pouvoir politique - C'est ce que rapporte Lorraine Data, coauteur du livre (182 pages) "Le grand truquage : comment le gouvernement manipule les statistiques", Éditions La Découverte : lire le résumé sur format pdf de 6 pages. Les autres participants à ce collectif ne sont pas identifiés, en raison du devoir de réserve auxquels ils sont soumis, s'agissant de fonctionnaires issus de la recherche publique et spécialistes de la statistique.

Ils y font état des pressions gouvernementales qu'ils ressentent au sujet des résultats chiffrés qu'ils produisent dans leurs services respectifs. Au lieu d'utiliser les statistiques pour mieux gouverner, le gouvernement les manipule pour convaincre la population de l'efficacité de sa politique. Ils citent quatre cas. Retenons-en un : la mesure de la pauvreté. Elle repose sur un dénombrement de ceux que l'on considère comme pauvre en fonction d'un seuil de revenus. Un léger déplacement de ce seuil a un effet radical sur le nombre de personnes comptabilisées comme pauvres.

Ainsi, les chiffres de 2000 à 2005. Selon les critères internationaux, le taux de pauvreté y était passé de 12,5% à 12,1%. Par contre, les critères de la France indiquaient une plus grande amélioration de la situation : de 12,5% à 9,7%. En procédant ainsi, on évacue le fait que les conditions d'existence s'aggravent pour les plus pauvres.

PS : La France serait-elle le seul pays de l'Occident à cacher les vrais chiffres? La question est désormais posée.

  Ministère québécois de l'Éducation : la stratégie d'action visant à réduire le décrochage scolaire contient un élément liberticide – Dévoilé hier, le programme de la titulaire de ce ministère, Michelle Courchesne, est plus qu'acceptable socialement, sauf l'item 1 des 13 voies de réussite qu'elle propose.

Elle veut que le monde des affaires s'engage à limiter le nombre d'heures de travail des jeunes afin qu'ils puissent accorder la priorité à leurs études. Va même plus loin : une norme sera développée dans le cadre d'une certification du type ISO qui reconnaîtra les efforts des employeurs en ce sens.

Il y aura donc de bons et de mauvais employeurs. En outre, avec toute l'infrastructure sociale qu'elle implantera partout au Québec, l'étudiant décidant d'abandonner ses études pour travailler à temps plein risquera d'être perçu comme un paria, éjecté de la société. Autre point, on ignore le rôle clandestin que jouera la police en civil, notamment celle de la Sûreté du Québec : elle est déjà présente dans les écoles, directement ou indirectement par étudiants interposés.

Afin d'éviter toute dérive possible, la ministre doit énoncer clairement, dès le début de son document, que le jeune à le droit de travailler dans une entreprise autant d'heures par semaine qu'il veux et celui aussi de décrocher : pourquoi ne pas en profiter pour distribuer dans toutes les écoles la charte des droits et libertés? Elle doit également abandonner la certification ISO des employeurs. De la désapprobation sociale, il y en déjà beaucoup trop dans cette province de Québec, plus qu'on est capable d'en prendre. Ça s'appelle aussi l'éclatement de la société.

  YouTube lance un concours de productions vidéos contre la violence faite aux femmes – Les jeunes réalisateurs de onze pays européens sont invités à mettre en ligne, du 15 septembre au 1e décembre, des courts métrages sur "YouTube Action for Women" : cliquez sur l'hyperlien pour savoir comment procéder. La liste des lauréats sera diffusé sur son site le 20 janvier prochain.

«La violence envers les femmes est un problème grave, qui va au-delà des frontières, des cultures, des classes sociales, des religions et des ethnies, lit-on dans un communiqué de Giorgia Longoni, directrice marketing de Google Italie. Nous pensons qu'en proposant YouTube comme plateforme pour le concours, nous pourrons contribuer (à la lutte contre ces violences)».

Des vidéos portant sur le sujet sont disponibles sur YouTube. La plus impressionnante de celles que j'ai visionnées a été produite en France (00:46) où, rapporte-t-on, 1 femme sur 10 est victime de violences conjugales : dans la colonne de gauche, il y en a de différentes langues.

  Témoignage sur une piquerie : «Que de tristesse à voir mourir parfois ces gamins faits pour vivre, qui crèvent comme des chiens décharnés, misérables, malades, abandonnés de tous» - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Regardons comment se déroule la vie quotidienne du consommateur de drogues dures fréquentant des piqueries illégales, petite virée touristique nous donnant une petite idée... D'abord une piquerie de Londres, Angleterre, ensuite deux à Montréal, Canada.

Années 1970, dans un Day Care Center, à Londres (Anne-Marie Tiberghien -- Comme un Chat sauvage -- Éditions Robert Laffont, 1986) : ce témoignage de l'auteur Tiberghien date un peu, cependant la façon de faire perdure encore au début des années 2000. Elle y a œuvré quelque temps avec des travailleurs sociaux, des bénévoles. Ces centres d'accueil de jour, raconte-t-elle, forment un réseau dense, la géographie secrète des intoxiqués.

Sur le terrain, elle a vu agir ceux qui, malgré les échecs et parfois les morts par overdoses, malgré l'agressivité et les bagarres permanentes, luttent et travaillent contre la misère, la solitude et le rejet. Le centre est réservé aux jeunes drogués ayant atteint un stade avancé de dépendance. Sans travail, sans attache, la plupart du temps adeptes de drogues dures.

«Ils sont dans un état pitoyable : dents noires et abîmés, corps couturé de cicatrices et d'abcès, ils passent leur temps à se gratter, titubent, tremblent, tombent, relate-t-elle. Ils n'ont plus le goût à rien, ni à la nourriture, ni à l'amour. Leur mémoire est fantaisiste comme leur sommeil, leur nervosité, immense, leur agressivité, permanente. Des bagarres violentes éclatent à tout moment, à coups de tessons de bouteilles ou à coups de couteaux. (...) Que de tristesse à voir mourir parfois ces gamins faits pour vivre, qui crèvent comme des chiens décharnés, misérables, malades, abandonnés de tous.» (Suite demain)

  Pour repérer un civil, il ne faut pas se laisser bluffer par qui ou quoi que ce soit - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Comment faire pour repérer autant de civils? Facile, quand on sait qu'ils sont là et connaît leurs façons d'opérer. Je me permets d'insister de nouveau sur le genre féminin, afin que le lecteur ne l'oublie pas... Les femmes de tous âges sont aussi présentes que les hommes.

Ne faut pas se laisser bluffer par qui ou quoi que ce soit : sexe, apparences -- beauté, laideur, obésité, malformations ou handicaps physiques ou... déficiences mentales légères --, sourires sympas, statuts social ou économique, etc. Questions aussi de perceptions et de recoupements accumulés jour après jour, dans certains cas pendant des mois. Quelques unes de ces perceptions.

Norbert ne se déplace jamais sans un sac de voyage usagé, son garde-manger, qu'il porte en bandoulière. En cette fin d'hiver 1997-98, il fréquente, chaque jour, deux soupes populaires et un resto communautaire. Le matin, il est à l'Accueil Bonneau, rue de la Commune, dans le Vieux-Port. L'y ai déjà vu à deux reprises transvider le reste de son assiette dans l'un de ses récipients de plastique.

Le soir, il est à la cafétéria de l'Armée du Salut, sur St-Antoine-Ouest, à la hauteur de Guy, où les non-résidents ont droit au souper gratuit. Après le repas, les surplus de cuisine sont distribués gratuitement aux usagers. À une occasion, je l'ai vu prendre tout ce qui passe. Il opère avec méthode, conviction. Ouvre son sac, en retire un premier récipient de plastique et hop! le spaghetti, pose le couvercle dessus, le replace dans son garde-manger, en retire un deuxième pour la pointe de tarte.

Show convaincant, destiné à ses voisins de table et l'auteur de ces lignes. Quand tu vois un usager apporter des denrées chez lui, tu n'as pas besoin de dessin.

Par contre, le midi, à la cafétéria du Comité social Centre-Sud, rue Beaudry, il ne prend qu'une partie du menu du jour, et encore, pas toujours : la fin d'semaine, il partage son cabaret avec Gilberte. Il mange si peu qu'on en vient à se demander ce qu'il vient y faire. Il complète son menu frugal en sortant de son garde-manger un ou deux récipients, qu'il prétend avoir remplis un peu plus tôt à l'Accueil Bonneau.

Curieusement, la fraîcheur des aliments y est nettement supérieure à ceux servis rue de la Commune. Ainsi les bouquets de brocoli, d'un vert aussi vif que la verdure après une bonne pluie et non d'un beige malodorant, et les carottes, finement coupées, mécaniquement et non à la main. Un midi, s'apercevant que je focalise sur le contenu de son récipient, il rougit légèrement, un peu de gêne passe dans ses yeux, donne l'impression de quelqu'un pris en flagrant délit. Par la suite, il évitera d'en apporter. (Suite demain)

News du mercredi 9 Septembre 2009

  Canada : à Toronto, une école destinée à de jeunes Noirs vient d'ouvrir ses portes – L'événement suscite un certain intérêt du fait qu'on craint l'émergence d'une nouvelle forme de ghettoïsation des ethnies. D'autres diffèrent d'opinion. À l'école torontoise, en plus d'enseigner la culture africaine, on veut combattre le décrochage scolaire des Noirs, qui est très élevé. Un reportage de Radio-Canada (05:00).

  Comment diable peut-on refuser de sauver des vies parce qu'il n'y a pas consensus au sein de la population? - (Suite tome 3 de L'Étau Policier) Quant aux piqueries légales, on prétendait en janvier 1999 qu'il était trop tôt. (Jean-François Bégin -- La Presse du 27 janvier 1999)

Le Dr Denis Roy