News
du samedi 31 mai 2008---------------
■ La
stratégie du choc – C’est le titre du dernier livre (Éditions Actes Sud) de
l’Américaine Naomi Klein, auteur qui s’est fait connaître
avec No Logo. Elle soulève une question des plus pertinentes.
Qu’y a-t-il de commun entre notamment les attentats du 11 septembre
2001, la guerre en Irak, la torture partout et en tous lieux, dont à
Abou Ghraib ou Guantanamo ? Tous ces moments historiques ont partie
liée avec l’avènement d’un capitalisme du désastre.
Klein
dénonce l’existence, depuis plus d’un demi-siècle,
de stratégies concertées pour assurer la prise de
contrôle de la planète par les multiples tenants d’un
ultralibéralisme qui a systématiquement mis à
contribution crises, désastres ou attentats terroristes. Et
qui n’a pas hésité à recourir à la
torture pour substituer aux acquis des civilisations et valeurs de
démocratie la seule loi du marché et de la barbarie de
la spéculation.
Titre
de la vidéo (06:48) à voir au complet : La
stratégie du choc.
Rédaction du texte de la narration : Naomi Klein et
Alfonso Cuaron.
PS :
La stratégie n’est pas nouvelle, car il en a toujours été
ainsi. À plus petite échelle, citons le cas des
policiers québécois qui maximalisent l’importance de
la criminalité afin d’imposer leur emprise psychologique sur
l’ensemble des citoyens : la prévention n’est rien
d’autre que de la spéculation. Celui des civils aussi qui
enfreignent quotidiennement les droits et libertés : ici,
on parle de torture psychologique. Et tout ce beau monde n’arrête
pas de réclamer régulièrement plus d’argent,
plus d’effectifs et plus d’équipements, dont les dernières
technologies et les... chocs du Taser.
À
ne jamais oublier : c’est à la base, dans le
train-train quotidien, dans un petit village, une petite ville que
tout commence. Alors, avant de mettre au pas les grands de ce monde,
commençons par le bas et montons graduellement les échelons
jusqu’au sommet de la hiérarchie politique. Restaurer la
liberté dans son îlot de maisons, sa rue, son quartier,
d’abord et avant tout.
■ Les
gagnants des meilleures caricatures du monde… – Ils ont participé au 8e concours international de dessin
éditorial sur la liberté de presse. Cette année
2008, le thème était : Réécrire
l’histoire.
Personnellement, je préfère les caricatures de 2007,
tenu sous le thème Tuer
le messager.
■ Concours
Flash 2007- 2008, pour
un monde différent – Organisé par Alernatives Montréal, le
vernissage aura lieu le jeudi 5 juin qui vient, de 17h à 19h,
au Centre culturel Simon Bolivar, 394, boul. de Maisonneuve Ouest,
Montréal (métro Place-des-Arts) : du vin et un
léger goûter seront servis. Alternatives Montréal
y invite anciens stagiaires et toutes personnes s’intéressant
aux enjeux sociaux, politiques et environnementaux qui touchent les
pays du Sud. Les clichés pris en Amérique latine, dans
les Caraïbes, en Afrique et en Asie vous feront voir le monde
d’un oeil différent !
En
voici plusieurs,
chacun accompagné d’une légende expliquant le
contexte. Dans la page s’affichant, cliquez sur les thèmes :
1) des organisations dynamiques et novatrices
; 2) des visages pour un monde différent ; 3) l’actualité
en première scène et 4) un environnement en
changement.
■ La
liberté d’expression à «Islamsterdam» – Nekschot, caricaturiste, a été « croqué » par la police néerlandaise. Il y avait trois ans
qu’elle tentait d’identifier celui se cachant sous le
pseudonyme de Nekschot (traduction : une balle dans la
nuque).
Selon
la signataire de l’article que vous allez lire, Sabine
Cessou du
cybermagazine Libération, la formulation désigne une
méthode courante d’élimination, dans les années 30,
des opposants au communisme et au fascisme. Nekschot, qu’elle a
interrogé, craint que son identité soit dévoilée
et subisse le même sort que… Theo Van Gogh, assassiné
en 2004 par un jeune islamiste.
Deux
de ses caricatures :
l’une visible dès l’ouverture de la page, l’autre plus
bas. Une
autre ici. Vidéo
dénonçant ce cas de censure
(02:37) et celle-ci (02:20 – sans son)
■ Remise
en question du journalisme québécois ? – Dans sa chronique d’hier (vendredi 30 mai 08) publiée
dans Le Devoir, Lise Payette fait le constat que les journalistes
sont malmenés ces temps-ci au Québec. Tous ne
réagissent pas de la même façon devant les
difficultés que vit la profession. Il y a ceux que ça
laisse complètement indifférents, car leurs salaires
sont élevés, leurs plans de pension blindés et
ils attendent tranquillement la retraite dorée qu'ils estiment
avoir bien méritée. Et il y a les autres, ceux qui
croient dur comme fer qu'ils sont un rouage important de la
démocratie telle qu'on la connaît ici et qui estiment
qu'ils ne peuvent plus remplir librement leur mission qui consiste,
d'abord et avant tout, à bien informer le public. Lisez
la suite ici.
■ «Ha
! ha ! ha !»…
Ça sent l'atteinte à la dignité à plein
nez – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Cependant, je ne crois pas que les déboires que j'ai connus
par la suite avec mon ordi soient attribuables à ces
interruptions de l'électricité. Juin 2001, ce vieux
MacIntosh, un LC11 acheté en 1993, une machine fiable qui n'a
jamais connu de ratée, me fait faux bond. Fort heureusement,
tous mes fichiers étaient sur disquettes, et en trois copies.
Le
seul représentant MacIntosh de la région
Saguenay-Lac-St-Jean demeure à Chicoutimi. Transport et
réparation risquent de coûter un bras au bénéficiaire
de l'aide social que je suis encore à cette époque-là.
Prends rendez-vous avec le technicien. Le chauffeur-collabo m'y
conduit. Lui en ayant fait part la veille, il a eu le temps d'en
informer la Sûreté du Québec, qui a pu préparer
le terrain avant mon arrivée. Après avoir poireauté
pendant près de trois heures, le technicien me rend la
machine, signale qu'elle « est
encore bonne pour plusieurs années ».
À
mon domicile, je constate qu'il a remplacé le couvercle de
l'ordi par celui d'un autre modèle. Je n'arrive pas à
insérer ma disquette dans la lecteur, l'espace prévu
à cette fin dans le couvercle est trop petit., me faut
l'enlever pour fonctionner. Le lendemain, l'ordi refuse de se
remettre en marche : encore là, mes copies sur disquettes
sont bien utiles. Retours à Chicoutimi, avec le collabo
informé la veille… Pendant l'attente, je remarque l'arrivée
d'une civile. Facile à identifier. Comme on m'a souvent fait
le coup à Montréal et à Lac Bouchette, madame
m'exhibe sa croupe, elle porte un pantalon serré, le tissu
enfoncé entre les deux fesses.
Le
technicien travaille sur l'ordi une environ heure, me le remet,
s'excuse de s'être trompé de couvercle, m'assure que
maintenant tout est en ordre, et ne me charge rien. Au comptoir,
pendant qu'il m'explique tout ça, madame est derrière
moi. Le patron de la boîte ou un employé, je ne sais
trop, accompagne le technicien. Accoudé sur le comptoir, il
semble se régaler de la situation, ricane comme un con, en
jetant un coup d'œil complice à la flic : « Ha
! ha ! ha ! »
Ça sent l'atteinte à la dignité à plein
nez.
Deux
jours s'écoulent puis l'ordi retombe de nouveau en panne.
Impossible de le remettre en marche. Pas question d'aller à
Chicoutimi, n'ai plus confiance. Sabotage policier ? Peut-être,
peut-être pas non plus, comment savoir ? La machine datait tout
de même de 1993. Mon livre a de nouveau la vie sauve grâce
aux disquettes.
Dépité,
suis obligé d'en suspendre la rédaction. Pas d'argent
pour en acquérir un neuf. Par chance, je commencerai à
retirer ma pension de vieillesse en septembre 2001. Le temps
d'amasser la somme nécessaire, plus de 2 000$, serai tout
de même huit mois sans ordi, de juin 2001 à février
2002. (La suite demain)
News
du vendredi 30 mai 2008---------------
■ Afghanistan :
des soldats canadiens prennent
somnifères et antidépresseurs – Des dizaines sont traités pour une dépression et
une centaine doivent contrer l’insomnie. Ils n’en continuent pas
moins d’occuper leur fonction sur le terrain. Selon le colonel à
la retraite Michel Drapeau, l’armée canadienne devrait les
rapatrier et leur permettre de se refaire une santé. Seulement
voilà, il n’est pas certains qu’on possède les
effectifs pour les remplacer par d’autres.
Entrevue
vidéo
de LCN avec le
colonel Drapeau.
Lisez
l’article des deux journalistes du Journal de Montréal à
l’origine de ce scoop : Valérie
Dufour et Fabrice de Pierrebourg.
PS :
Le premier ministre canadien Stephen Harper, homme de droite, est-il
au courant de cette situation ? Si oui, qu'en pense-t-il ?
■ Catherine
Fieschi : changer
la façon dont les gens vivent la démocratie – Selon elle, la démocratie ce n’est pas quelque chose qui
se vit de temps à autre lors d’une élection. C’est
quelque chose qui se vit au quotidien dans les rapports qu’on a
tous les jours avec les instances de pouvoirs.
Fieschi
est directrice de Démos,
le thing tank britannique spécialisé dans l’innovation
sociale. Son objectif : résoudre « la
déliquescence sociale » (Petit Robert : décomposition, décrépitude…
). Il est grandement rassurant de savoir que des organismes comme le
sien savent ce qui se passent et prennent les moyens pour insuffler à
la démocratie une nouvelle vie.
Entrevue
avec Fieschi, captivante. Deux
vidéos,
chacune suivie de sa transcription. Dans cette même page,
des hyperliens à visiter. À lire, propager sur le web
et faire lire à son entourage.
■ La
sonde américaine Phoenix… – …s’est posée sur Mars dimanche le 25 mai 2008.
Regardez les clichés les plus récents provenant de la
planète rouge. Dans le diapo, il y a ceux pris sur le terrain
cette
semaine et ceux
provenant d’autres sources. Lisez les légendes des photos
pour mieux vous situer.
Des
photos de 20minutes
■ Des
civils de la Sûreté du Québec me coupent
l’électricité – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Dans
mon appart, il se passe rarement une semaines ou deux sans qu'il y
ait une panne d'électricité. Si certaines sont
occasionnées par des orages électriques, d'autres
semblent provenir d'une autre origine. C'est le cas quand le ciel est
d'un bleu azuré et sans nuage, ou étoilé. Vous
travaillez sur votre ordi, quelque part dans l'édifice, un
locataire, policier en civil de son état, dévisse un
fusible et tout s'éteint dans votre appart.
L'interruption
durant une seconde ou deux, votre ordi se remet aussitôt en
marche. Le disque dur, qui n'a pas eu le temps de s'immobiliser,
reprend subitement ses 6 000 tours minute. L'équivalent d'un
coup de reins risquant de l'endommager. En outre, tout ce que vous
n'aviez pas enregistré est perdu. Il arrive même que ces
pannes s'enchaînent à la queue leu leu. La lumière
revient, l'ordi redémarre. Oups ! encore une autre, puis une
autre. C'en est ridicule.
Curieusement,
ces fausses pannes, par ciel dégagé, surviennent
lorsque la veille ou l'après-midi même j'ai dévoilé
un petit secret policier ou que je suis à écrire ou
rewriter un passage de ce livre où la police en prend pour son
rhume. Quelqu'un, quelque part, suit-il, mot à mot, je veux
dire en temps réel, ce que j'écris sur l'écran
de mon ordi ? Je ne le crois pas vraiment… bien qu'il m'arrive de
le penser à cause des synchronismes. Je ne rêve pas, ils
sont bel et bien là. De nos jours, c'est tout à fait
possible, car il existe des technologies permettant d'enregistrer les
frappes sur le clavier de l'ordinateur, les courriels, les
clavardages et bien plus.
Ça
m'a pris des mois avant d'en avoir la certitude. J'avais de la
difficulté à croire que la police en civil puisse être
derrière ça. Je n'aurai la preuve de son implication
qu'en novembre 2002, lorsque je ferai l'acquisition de la batterie
Tripp-Lite power protection, qui prend illico la relève quand
une interruption du courant survient. Ce sera la fin les pannes par
beau temps. Seuls l'ordinateur et l'écran seront branchés
sur le système. Et les autres lumières de mon appart,
dont la lampe sur mon bureau, qui ne le seront pas, ne cligneront de
l'œil que très rarement. Sachant que mon ordi était
désormais protégé des pannes, la police en civil
a cessé de dévisser le fusible. (La suite demain)
News
du jeudi 29 mai 2008---------------
■ «VOUS
! il va falloir que je vous parle ! » – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) J'ai constaté également la présence de deux
civiles, environ quatre mois plus tard, lorsque j'ai visité un
ami très proche hospitalisé à l'Hôtel-Dieu
de Roberval, où il avait subit une opération
chirurgicale la veille.
Une "
infirmière " s'amène dans la chambre pour l'aider
à faire sa toilette. D'un ton péremptoire, haut et
fort, elle me lance : « VOUS
! il va falloir que je vous parle !
» Je l'identifie aussitôt : elle était à
l'hôpital de Chicoutimi, au début de l'année.
Dans le même département que moi. Je l'avais croisée
à la cafétéria, m'étais permis de lui
sourire et dire gentiment : « Je
vous connais, vous. »
Elle avait riposté, le ton rageur, pointant son indexe dans ma
direction : « Moi
aussi, je vous connais ! »
J'avais été étonné de sa réaction
agressive. À l'époque, je n'arrivais pas à
m'expliquer son attitude, mais là, je comprenais que madame
est une civile.
Le
conciliabule se déroule dans le corridor. Tranchante, le
visage empourpré, haut du corps exagérément en
recul et penché sur le côté droit pour mieux
m'observer, elle est vraiment choquée que mon ami pense
réintégrer son domicile dans une couple de jours, alors
que son opération nécessitera une hospitalisation
d'environ une semaine. Je lui explique, calmement, qu'il ne réalise
pas encore la gravité de son état, que je vais faire le
nécessaire pour l'en sensibiliser. De fait, la civile
utilisait une tactique policière consistant à créer
artificiellement un petit conflit pour justifier une agression
verbale injustifiée. Car les infirmières savent
composer avec ce genre situation.
À
la réception du département, une autre "
infirmière " s'enquiert auprès de moi de la santé
de mon ami, accompagnant chacune de mes réponses de rapides
coups de tête affirmatifs pour le moins caricaturaux. J'ai bien
vu que, à travers lui, toutes deux me visaient
personnellement. Un autre patient était alité dans sa
chambre, pour un saignement de nez qui n'arrêtait pas,
paraît-il… Portant ses vêtements, et seulement allongé
sur un lit, pas défait.
La
présence policière et citoyenne-collaboratrice dans les
hôpitaux ne m'étonne nullement. Depuis mon arrivée
au Saguenay-Lac St-Jean, au début de l'été 1999,
je fréquente des cliniques médicales privées, à
l'extérieur du petit village policier. Les civil, hommes et
femmes, y sont assez régulièrement présents. Pas
seulement dans les salles d'attentes, parfois aussi comme
réceptionnistes et quelques fois comme médecins. Lors
de deux consultations médicales, j'ai la conviction d'avoir
été en présence de deux civils.
Bouclons
ce chapitre avec d'autres anecdotes sur mon chauffeur très
particulier. Un jour, je lui raconte que mon vélo est
maintenant équipé d'un odomètre, lui signale
qu'il me sera bien utile parce que je veux augmenter progressivement
mon kilométrage. Trois jours plus tard, l'odomètre ne
fonctionne plus. Utiles, les renseignements que le collabo transmet à
la police.
De
nombreuses tentatives aussi de m'effrayer… M'en allant faire
extraire une dent titillée par un abcès, mon
chauffeur-collabo me dit que le dentiste va me casser la mâchoire.
Pratiquant la marche à pied dans la forêt, il me raconte
qu'un type en faisait aussi et, un jour, il a disparu, on ne sait pas
ce qu'il est devenu. Le 17 mars 2003, il me livre La Presse. Je
m'informe si les Américains ont décidé
d'attaquer l'Irak sans le consentement de l'ONU. Non pas encore. Puis
il complète son topo en me signalant que le conflit
israélo-palestinien a repris de plus belle. Les Israéliens
tirent sur les Palestiniens, me conseille en riant de faire
attention, peut-être qu'une… balle israélienne
pourrait m'atteindre. (La suite demain)
News
du mercredi 28 mai 2008---------------
■ l'Allemagne
propose une interdiction mondiale sur
la spéculation des prix du pétrole – Son ministre social-démocrate des Transports, Uwe
Beckmeyer,
affirme que 25% de la dernière augmentation du prix du pétrole
qui a atteint 135$ le baril n'a rien à voir avec l'offre et la
demande : « C'est
de la pure spéculation.»
Lisez
aussi l’article (en anglais) du Telegraph
et sa
traduction en
français.
PS :
La spéculation, qu’on soit d’accord ou pas, fait parti du
système économique. Toutefois, lorsqu’elle est la
source de l’augmentation accélérée du prix des
denrées essentielles dans les pays pauvres, ce n’est pas
humanitairement acceptable. De plus, qu’elle menace la stabilité
socio-économique des autres pays de la planète démontre
jusqu’à quel point la spéculation sur les produits
pétroliers est une source de désordre. Ces spéculateurs
devraient être clairement identifiés par les médias
et dénoncés publiquement.
■ Elle
ne veut pas que je prenne sa photo, se cache le visage – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Trois jours plus tard, retour à Ville de Saguenay. Le
collabo passe me prendre à l'heure que je lui ai indiquée
l'avant veille. Cette fois-là, la destination est l'hôpital.
Le lendemain, 8h30, nous sommes quatre patients groupés dans
une grande chambre. Chacun a son lit et un fauteuil confortable
attitrés. Des chaises droites sont prévues pour les
personnes les accompagnant. Un médecin arrive et me conduit
dans une petite pièce où il me pose une série de
questions sur mon état de santé.
Lorsque
je reviens, une femme corpulente, dans la cinquantaine, qui
accompagne l'un des patients, a pris place dans mon fauteuil :
tous deux se disent frère et sœur. Suis debout devant elle,
ne sachant trop comment lui dire de me céder mon fauteuil,
pendant que, discutant avec son frère, elle feint de ne pas me
voir. Une voisine lui signale que c'est ma place. Elle me la cède
aussitôt, sans me consentir un regard.
J'aperçois
alors au fond du fauteuil mon sac ceinturon contenant les disquettes
de mon livre, que pourtant j'avais laissé sur ma petite table,
juste à côté : j'avais oublié de
l'apporter avec moi quand j'avais accompagné le médecin,
première fois que ça m'arrivait, après environ
cinq ans d'enquête. Donc, pendant mon absence, quelqu'un
l'avait changé de place.
Importantes,
ces disquettes, parce que quand je m'absente de mon domicile, je ne
laisse aucune trace du livre sur le disque dur de mon ordi, foute
tout à la poubelle. Les seuls exemplaires existant de ce livre
sont sur celles-ci. Madame, une obèse, a la croupe fastueuse.
Alors, je suis mécontent, réussis tout de même à
le dissimuler. Lui demande si elle a senti le sac ceinturon sous elle
quand elle s'y est installée. Non, elle ne s'est pas assise
dessus.
Je
crains davantage le sabotage que la duplication des disquettes. Trop
de témoins dans la chambre pour en faire des copies. Par
contre, on peut s'asseoir dessus et les endommager sans que personne
autour ne s'en rende compte. Mon conducteur avait fort probablement
informé la Sûreté du Québec de mon passage
à la clinique. Ensuite, c'était un jeu d'enfants pour
elle de s'enquérir de la suite des événements.
Elle disposait du temps nécessaire pour placer ses pions.
Alors,
mes neurones sont en rogne et grincent. Si la femme les a
délibérément endommagées je ne pourrai
jamais la retrouver, prouver son lien avec la Sûreté du
Québec, intenter des poursuites, à tout le moins la
dénoncer publiquement. Par bonheur, je traîne toujours
sur moi, depuis quelques années, une petite caméra
jetable. Un témoin potentiel qui vous suit partout, pas à
pas. Indispensable dans ce genre d'enquête. Sauf circonstances
particulières, j'évite, autant que possible, de
photographier des civils ou de leurs collabos, par crainte d'en
braquer quelques uns. Après mûre réflexion, je
conclus en vivre une. L'opération est simple, suffit de jouer
au gars voulant garder un souvenir de son passage à l'hôpital,
d'agir avec doigté, le sourire affiché, de l'entrain.
Je
passe à l'action après le dîner, me place
soudainement devant la sœur et le frère, tous deux assis,
leur demande un beau sourire… La réaction de madame est
immédiate, et tout à fait inattendue. Elle ne veut pas
que je prenne sa photo, le répète, se cache le visage
des deux mains, refuse « parce
que je suis trop laide ».
Juste avant que l'appareille ne flashe, elle tourne la tête
vers une petite table et, pendant qu'elle cache son profil de la main
gauche, attrape vivement un magazine qu'elle ouvre pour couvrir
complètement son visage.
Jamais
rien vu de semblable en plus de trente ans de journalisme. J'ai
commis l'erreur de leur demander un beau sourire, ce qui a tout
déclenché. Pour un instantané du genre, on ne
demande rien, on clique et c'est fini. Pourtant, la femme, sans être
une beauté, n'est pas un monstre, loin de là. Deux
hypothèses… L'homme, dans la soixantaine, et la femme ne
seraient pas frère et sœur, mais mariés chacun de leur
côté, donc amants ; ou la femme est une civile, bien
décidée à protéger son anonymat.
J'ajoute
aussi ces faits, qui se sont produits le lendemain. Sachant que plus
tard dans l'avant-midi, vers les 11h, on me transportera sur civière
à la salle du sous-sol de l'hôpital où je
passerai une artériographie, je fais, confidentiellement, à
une " infirmière " un bref topo sur mon travail
journalistique, souligne la nécessité d'y apporter avec
moi mes disquettes : la veille, on nous l'avait présentée
comme une personne n'étant pas de service ce jour-là,
mais, se trouvant sur les lieux, qu'elle avait accepté… d'y
travailler. Elle s'y oppose, je n'ai qu'à placer mon sac
ceinturon dans le tiroir du petit bureau près de mon lit,
qu'il y sera en sécurité. Je refuse. Elle me suggère
alors de le remettre… à l'agence responsable de la sécurité
dans l'hôpital. Refus, là aussi, comme de raison. Elle
n'insiste pas.
Dans
la grande salle d'examens du sous-sol, mon sac ceinturon ne gêne
personne. On accepte même de le déposer sur une civière
placée contre un mur, bien en vue de la table où je
suis allongé. Le " frère " de madame passe
immédiatement après moi. L'aperçois quand on me
conduit dans une petite pièce adjacente. Il est allongé,
muet et immobile comme un cadavre. Pourtant, il ne sort pas d'une
salle d'opération mais de sa chambre, comme moi avant lui. Le
médecin vient m'y rejoindre.
J'en
profite pour lui confier des détails sur mon enquête,
pendant tout le temps où il appuie fortement les doigts sur
l'artère, au niveau de l'aine, pour éviter une
hémorragie, avant qu'une infirmière vienne y apposer un
adhésif. Dans une situation à risques, les confidences
sont l'équivalent d'une assurance santé… Plus il y a
de monde dans le secret, plus les risques diminuent. On me ramène
à ma chambre.
Environ
une heure après, le frère arrive à son tour, sur
une civière. On le transfère sur son lit, juste à
côté du mien. Sa " sœur " s'approche, le
regarde, une jambe colée contre le lit, puis lui dit : « On devrait peut-être
prendre une photo ».
Dans ma tête, ça fait clic ! Aucun doute, elle fait
allusion à celle que j'ai prise la veille. Suis convaincue
qu'elle a voulu m'indiquer à mots couverts que son "
frère " était vraiment malade… Donc, qu'il ne
campait pas un personnage. Quelle maladresse de sa part ! Parce que
démontrant que madame… sait pourquoi je l'ai photographiée
la veille.
Quand
je chargerai les disquettes sur mon ordinateur, je constaterais
qu'elles n'avaient pas été endommagées. Quel
soulagement ! (La suite demain)
News
du mardi 27 mai 2008---------------
■ Livre
noir sur la censure – Un travail collectif dirigé par Me Emmanuel Pierrat :
dix juristes, philosophes, essayistes et journalistes.
L’une
des illustrations de cette censure, dont fait état le livre.
Dans les films d’aujourd’hui, les personnages ne
fument plus. On
utilise Photoshop pour ôter sa clope à Lucky Luke, dans
les rééditions de ses aventures. On enlève la
cigarette des lèvres de Malraux, on casse sa pipe une seconde
fois à Jean-Paul Sartre…
Bon
compte rendu de Rue89. Texte explicatif ponctué de 5 vidéos.
La synchro du mouvement des lèvres et du son de la voix laisse
à désirer, mais bon, faut faire avec, le sujet traité
est important. ■ «S'il
y avait un micro dans l'auto, me le dirais-tu?»
«Non» – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Décrivons le contexte pour bien situer d'autres
faits. En février 2002, je me suis gelé le petit orteil
et une partie latérale du pied droite en faisant du vélo.
Il est devenu grisâtre, violacé, douloureux. Une jeune
femme médecin l'examine, me fixe illico un rendez-vous avec un
chirurgien cardio-vasculaire de Ville de Saguenay qui, après
m'avoir passé un rapide examen, le 21 février, me
dirigera vers l'Unité de soins actifs de courte durée
(USACD), du Complexe hospitalier de la Sagamie, afin de subir une
batterie de tests. Diagnostique : les deux artères sont
désormais obstruées aux trois quarts, faudra deux
pontages à chacune des jambes. Voyons comment cela s'est
déroulé.
Vingt-et-un
février, je me rends à Ville de Saguenay, à la
clinique d'un chirurgien cardio-vasculaire et thoracique, où
j'ai rendez-vous à 11h. Le même collabo de la Sûreté
du Québec m'y conduit, je l'en ai informé… deux jours
auparavant. En cours de route, vers 9h30, dans le secteur du
village de Larouche, je remarque une voiture qui, depuis un bon bout
de temps, roule à environ 200 pieds juste devant nous. La
première moitié de la plaque d'immatriculation ne m'est
pas inconnue. J'ai la certitude de l'avoir vue à Lac
Bouchette. Je jette un œil dans le rétroviseur fixé à
ma portière. Une wagonnette de la Sûreté du
Québec nous suit à environ 200 pieds. Ça
ressemble à une escorte, nous sommes précédés
et suivis.
En
glisse un mot au collabo. Non, il n'a jamais vu au village cette
voiture qui est devant nous. Lui explique que s'il y a un micro caché
quelque part dans la nôtre, le magnétophone enregistrant
notre conversation doit être dans le véhicule de la
Sûreté du Québec, ce qui expliquerait sans doute
que celle-ci nous colle aux fesses. Puis je demande à mon
conducteur : « S'il
y avait un micro dans l'auto, me le dirais-tu ? »
« Non. »
Je le félicite de sa franchise. Ce n'est pas la première
occasion que j'aborde la question du micro avec lui. Il ajoute, l'air
soucieux, se passant et repassant la main sur le menton : «
Je travaille pour la
police. »
Collabo, oui, policier en civil, je persiste à ne pas le
croire.
Dans
les minutes qui suivent, la suite du scénario ressemble à
une réaction aux propos que je viens de tenir. Dans le
rétroviseur, je constate que la Sûreté du Québec
a ralenti, creusant un écart, bien que son véhicule
demeure encore visible. Ensuite, la voiture devant nous accélère,
en double une autre. Peu après, c'est la wagonnette de la
Sûreté du Québec qui nous double pour virer à
gauche un peu plus loin : c'est un wagon cellulaire.
Nous
rattrapons et doublons l'autre véhicule, j'essaie en vain de
voir qui est au volant. Arrivés à un feu rouge, il
vient se placer à notre droite, seulement le nez de sa
voiture, pas le reste. Quelques secondes s'écoulent puis il
avance encore un peu et je vois apparaître derrière la
vitre de sa portière un homme, qui me dévisage, et
porte de grosses lunettes de soleil opaque, alors qu'il bruine et
fait sombre.
Dans
la salle d'attente de la clinique où j'ai rendez-vous,
quelques personnes prennent place. Arrivent deux femmes âgées,
l'une marchant à l'aide d'une canne, vêtue comme si elle
allait à un gala, longue jupe noire, cintrée et fendue
sur le côté droit, d'où apparaît le rebord
d'un jupon. Toutes deux cherchent à lancer la conversation.
Celle à la canne dit, en me fixant du regard, qu'aujourd'hui,
on n'est plus que des numéros.
Le
vieux monsieur, assis à côté de moi, lui,
s'intéresse à la criminalité, relate deux actes
criminels commis récemment, et tous semblent d'accord pour
dire que ça n'a pas de bon sens. Moi, je n'ai pas envie d'en
discuter, l'ai fait déjà, avec mon chauffeur, grand
spécialiste des histoires morbides, quand on a quitté
Lac Bouchette pour se rendre ici. Au cours de la consultation, le
médecin veut en savoir davantage sur mon état, décide
de me faire subir une batterie d'examens, prends les arrangements
avec l'hôpital, le tout prévu dans trois jours.
Sur le
chemin du retour, à la hauteur de Metabetchouan, une voiture
beige devant nous. Je la reconnais aussitôt, de même que
la plaque, sait même le nom et l'adresse de sa conductrice, une
" réceptionniste-comptable " que je connais très
bien. Signale à mon conducteur que c'est un véhicule de
Lac Bouchette. « Non,
non », qu'il
répond, j'insiste mais sans plus. Rendus à Chambord, à
l'intersection de la 169 et de la 155 conduisant au petit village
policier, la voiture tourne sur la 155, pendant sa manoeuvre madame
amorce un mouvement de la main gauche pour dissimuler son profil. (La
suite demain)
News
du lundi 26 mai 2008---------------
■ La
recherche d’un emploi et
les barrières des préjugés – Les vidéos que vous allez voir traitent de la situation en France, qui n'est pas un cas unique, très loin s'en de là. Alors, elle concerne l'Occident, en très grande partie, dont le Canada.
À
compétence égale, en France, le chômage touche
trois fois plus de personnes d’origine non européenne que la
moyenne des autres français. (Source de l’auteur du film :
Rapport 2004 de l’Européen network against racism)
Plus
le diplôme est élevé, plus il est difficile pour
un jeune diplômé issu de l’immigration d’y trouver
un emploi. La discrimination jouant davantage pour les postes à
responsabilité. (Source de l’auteur du film : Rapport
de l’Association française pour l’insertion des jeunes
diplômés – 2004) Au Québec, soit dit en
passant, si vous avez une formation en médecine mais venez de
l’étranger, probable que vous deviendrez chauffeur de taxi.
Les portes des ordres professionnels sont closes.
Les
expériences vécues par des citoyens de couleur sont
reconstituées par des comédiens. Cependant, des
victimes de discrimination témoignent.
Vidéo
1 (14:17)
Témoignages,
entre autres :
« Un
gâchis de compétences. On se dit que c’est dommage ».
« Au
téléphone, le contact se passe assez bien. Lors de
l’entretien avec l’employeur, on ne me parle presque jamais du
poste que je postule. On me parle de la Martinique, de la banane, du
soleil, du rhum, de la plage. Ils me considèrent comme une
guide touristique. »
« Quand j’arrive,
le regard de la personne me fait comprendre ce qu’elle se dit dans
sa tête : non, c’est pas le genre de l’entreprise.»
Intervenants :
Nadia Laïche – Marie-Flore Agboton – Bertrand Nouadje –
Nanou Kamosi – Ingrid Babo – Sandra Nemale.
Vidéo
2 (13:49)
Témoignages,
entre autres :
«
Vous avez beaucoup de
compétences et vous en êtes réduit à faire
du téléphone. C’est incompréhensif ! »
« Quand
vous avez osé postuler un poste, on vous fait comprendre :
non, ce n’est pas pour vous, ça.»
« Pourquoi
on devrait accepter des postes n’exigeant aucune qualification
particulière, alors que le poste pour lequel on postule, on a
fait des études pour ça ?»
« On
est compétent, on peut apporter quelque chose à
l’entreprise et s’ils ne nous prennent pas, ils vont passer à
côté de quelque chose.»
Les
intervenants sont les mêmes que plus haut.
■ Vidéo
convaincante… – …. Celle de l’organisme Médecins du Monde. Agir pour
venir en aide aux enfants africains affamés est un
cheminement : réflexion, conscientisation, action. 39
petites secondes, durée de la vidéo
bien pensée,
peuvent suffire, sait-on jamais.
Lisez
l’article sur une exposition des Images
de la colère tenue par Médecins du Monde.
■ Faut
que j'aille voir qui est ce type... – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Mon chauffeur ne se limite pas à la désinformation,
il est aussi spécialiste en délation. Il informe la
Sûreté du Québec de mes déplacements,
quand il me conduit, et fort probablement fait-il de même avec
ses autres clients.
Deux
février 2002. Je lui demande de me conduire à Roberval.
À midi pile, coup de klaxon devant ma porte, il me fait signe,
baisse sa vitre, m'explique qu'il doit passer au garage, ça
risque de prendre quelques heures. Il savait, la veille quand je l'ai
contacté, qu'il avait ce petit ennui mécanique.
Pourquoi alors avoir accepté de m'y conduire ? Soupçonnant
une autre provocation policière, j'insiste, plaide un
rendez-vous à Roberval. Il veut savoir ce que je vais y
faire. « Je
vais à la banque, le comptoir ferme à 14h. »
Où est-ce que je vais ensuite ? « Au
Centre commercial. »
À quelle heure vais-je avoir terminé mes achats ? « Une
affaire d'environ trois quarts d'heure. »
Y a-t-il un autre endroit où je vais après ? « Non,
on retourne à Lac Bouchette. »
Certains
jours, j'en ai assez qu'il me prenne pour un con. Lui signale que je
ne suis pas dupe de son petit interrogatoire, que je sais qu'il est
un informateur de la police, et qu'il lui communique ensuite ces
renseignements afin qu'elle puisse préparer en conséquence
sa filature et ses petites provocations. Il ne prend même pas
la peine de se défendre. Rien de nouveau là, lui et moi
en discutons parfois.
Finalement,
il accepte de m'y conduire, mais doit d'abord aller manger une
bouchée chez lui. Il s'écoule à peine cinq
minutes qu'il est déjà de retour, une banane à
la main qu'il achève de manger et dont il lance la peau,
pendant que je prends place sur la banquette avant, entre la portière
et moi, effleurant mon pantalon au passage, accompagné d'un
petit sourire niais, et qui atterrit sur mon espace de stationnement.
À
Roberval, je respecte mon horaire, et prenons le chemin du retour. À
la sortie de la ville, rencontre inattendue : un civil, de
surcroît l'un de mes voisins, fait de l'autostop en compagnie
de sa présumée copine, probablement une collègue.
Mon chauffeur s'immobilise aussitôt. À peine ai-je le
temps de dire de ne pas le faire monter, qu'il a déjà
pris place sur la banquette arrière. Le collabo lui fait part
mon refus. « Ah, y
veut pas »,
répète-t-il avant de descendre du véhicule.
Nous
revoilà en route. Je reproche calmement au collabo d'avoir été
le complice de cette mise en scène policière. J'ajoute
que je ne suis pas en peine pour eux, que, dans leur scénario,
ils ont dû prévoir un véhicule pour les cueillir
sur le bord de la route. Comme de fait, moins de cinq minutes après
un véhicule nous double, à l'arrière les deux
civils se retournent, nous adressent (m'adressent) rires et grands
bye-bye de la main.
Deux
jours après, venant à peine de passer à vélo
devant le domicile de mon chauffeur, je vois surgir du terrain de
stationnement du mini poste de police ( le dépanneur ) un VTT…
rouge, couleur-message. Juste avant de me croiser, son conducteur,
coiffé d'un casque protecteur, m'adresse une grimace et feint
de donner un coup de guidon dans ma direction pour me frapper. Par
dessus mon épaule, le vois emprunter l'entrée longeant
la maison de mon chauffeur et disparaître.
Faut
que j'aille voir qui est ce type. Repasse lentement devant la maison,
roule une couple de centaines de pieds puis reviens. Ne sachant
probablement pas que j'ai rebroussé chemin, il sort de
l'entrée, prend la galerie et entre précipitamment dans
la maison… de mon chauffeur. Avertissement voilé de ne pas
l'accabler au sujet de ses accointances avec la Sûreté
du Québec. Et, surtout, ne pas propager l'info dans le
village. (La suite demain)
News
du dimanche 25 mai 2008---------------
■ La
délation moderne – Selon
Me Julius Grey, spécialiste en droits et libertés,
notre société, présente des opportunités
particulièrement inquiétantes pour la délation.
Le nombre de lois et de prohibitions est en pleine ébullition
et, en conséquence, personne
n’est à l’abri de mauvaises langues. De plus, Internet facilite la compilation de
renseignements sur chacun. La dénonciation quotidienne
pourrait bientôt créer une atmosphère de peur
dans une société nominalement démocratique…
■ Festival
de Cannes – La Palme d’Or 2008 a été décernée
aujourd’hui dimanche au réalisateur français Laurent
Cantet pour son film Entre les murs. Il y avait 21 ans que la France
n’avait pas décroché ce prix tant convoité. Lisez
l’article ici :
plus bas dans la page s’affichant.
■ Enquête sur la mort de Dziekansky : Taser s’occupe de la formation des policiers – Témoignant devant la Commission d’enquête, qui
tient ses audiences à Vancouver, un policier l’a déploré,
rapporte Radio-Canada International. Pour sa
part, le président de l'Association des chefs de police
municipale et aussi chef de la police de Vancouver, Bob Rich, a
déclaré que l'utilisation du pistolet électrique
était laissée à la discrétion de chaque
municipalité et qu'il n'y avait aucune politique provinciale
la réglementant. La Commission a fait le constat que les
autorités disposent de peu de données sur son usage.
Cette
enquête, qui se poursuit, a été instituée
lorsque le Polonais Robert Dziekansky est décédé
après avoir reçu des décharges électriques
d’un policier de la Gendarmerie royale du Canada, l’automne
dernier, à l’aéroport de Vancouver. Fort
heureusement, un citoyen avait filmé l’événement.
Visionnez
ici
cette vidéo, qui a fait le tour du monde : un peu plus
bas dans la page s’affichant.
PS :
Voilà une autre preuve démontrant que nos élus
municipaux, provinciaux et nationaux n’assument pas leurs
responsabilités de protéger le citoyen des dérives
policières. Pas seulement parce qu’ils sont nuls en la
matière mais aussi par manque de couilles : nos élus
ont peur de la police !
■ Voyage
philosophique sans
sortir de chez soi – Nous, les terrestres, vivons quelque part entre l’infiniment
petit et l’infiniment grand. On dit que l’atome est un soleil
autour duquel gravitent des astres (neutrons et protons, entre
autres). Bref regard sur ces trois dimensions.
Formes
et couleurs précédant l’infiniment petit
– 30 photos
Un
paysage extraterrestre sur Terre
– 22
Ce
qu’on sait de Mars, ce qu’il reste à découvrir
– Plusieurs photo et textes. Dans la page s’affichant, cliquez
sur LIRE. Dans les autres pages qui suivent, cliquez sur SUIVANTE.
Plongez
dans la voie lactée – Images et textes
L’Homme
et la Femme à la conquête de l’espace
– Images et textes
Site de la NASA
– Images et textes en anglais
■ «Je
travaille avec la police !» – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) N'ayant pas d'auto, je peux compter sur trois personnes
quand je dois aller à l'extérieur du village. Deux sont
de bonne foi, le troisième, pas une miette. Sous des
apparences doucereuses, ce Chevalier de Colomb ( CdeC ) est un
collabo pur et dur. Il se prétend civil de la Sûreté
du Québec, mais « faut
pas le dire à personne »,
m'a-t-il déjà averti. Je ne l'ai jamais cru, pas assez
allumé pour le métier. Mais fanatique de la police, de
l'ordre et du conformisme, et CdeC, cela ne fait pas l'ombre d'un
doute. Et à tout crin, participant aux patrouilles dans les
rues du village, à des déstabilisations aussi,
espionnant, on peut le présumer sans se tromper, les gens
qu'il transporte. Je le connais depuis plus de quatre ans, un maudit
bon gars, qui ne rate jamais l'occasion cependant de me désinformer.
J'ai
remarqué que lorsqu'il me dit du mal de quelqu'un, et c'est
imparable, il s'agit d'un civil. Il fait de gros efforts pour étoffer
sa fausse identité. Il me confiera notamment que l'un de mes
voisins est un homo. Ainsi, lui en accoler l'étiquette visait
à égratigner un peu sa réputation. Un homo ne
peut pas être dans la police, pensera-t-on. Il déblatérera
aussi contre le faux ado, celui qui, en ma présence, si vous
vous souvenez bien, avait été interpellé un peu
rudement par un civil, au point d'être sur le bord des larmes.
Mon chauffeur-collabo me le décrira comme un jeune malfaisant
qui a déjà pillé un jardin un soir, et qui prend
de la drogue.
Dans
l'édifice où j'habite, le mini quartier général
de la Sûreté du Québec, j'ai vu de temps à
autre ce dernier en sortir ou entrer. Un jour, il est apparu à
la fenêtre d'un appart de l'étage, arborant une fausse
petite moustache et un faux collier de barbe. Au même instant,
au rez-de-chaussée, juste en dessous, l'homme-au-toutou
sortait sur la galerie, affichant la fameuse coupe iroquoise, la
soft, une petite moustache noire à la Chaplin complétait
le déguisement. Synchronismes.
À
une autre occasion, ai aperçu Faux-Ado, sur le terrain voisin,
jouant au ballon, vêtu d'un tee-shirt… rouge, s'est même
tourné dans ma direction pour que je lise bien l'inscription :
FBI, en lettres blanches. L'instant d'après, la mini partie de
soccer prenait fin. Scénario qui m'était de toute
évidence destiné. Pas de doute : il travaille pour
la police.
En
outre, ai souvent vu mon chauffeur utiliser les mêmes
techniques policières que ceux qui me harcèlent ou
cherchent à m'intimider quand je circule à vélo :
coups de klaxon, grosses gueules, gestes d'impatience de la main
indiquant à la cible de dégager.
À
l'été 2002, entre autres, lors des travaux routiers sur
la 155, à la hauteur du village voisin, St-François-de-Salle.
Il avait ainsi harcelé une jeune femme préposée
à la circulation, passait son temps, quand nous traversions ce
secteur en construction, à pester contre elle. Après
quelque temps, j'avais remarqué le faciès un peu
effrayé de la jeune femme. Il avait aussi procédé
de cette façon avec un coéquipier de celle-ci, un homme
dans la cinquantaine qui, visiblement, était étonné
de ses simagrées.
Autre
fait démontrant le genre de saloperies que le collabo propage
délibérément. Brièvement le contexte. Au
début de 2002, le ministre québécois des
Transports, Guy Chevrette, relate à l'animateur de l'émission
Arcand, diffusée par TVA, que durant la campagne électorale
de 1989, alors qu'il était chef du Parti québécois,
une avocate lui avait offert un pot-de-vin de 500 000$ afin qu'il
s'oppose à l'étatisation des loteries vidéo.
(Pascale Breton - La Presse du 24 janvier
2002) C'était l'un des éléments du programme
électoral du gouvernement libéral sortant. Il visait à
neutraliser le crime organisé qui avait souvent la mainmise
sur le jeu de hasard. Chevrette, qui était accompagné
d'un adjoint, avait refusé et donné deux minutes à
l'avocate pour quitter les lieux.
Quelque
mois après, mon chauffeur-collabo m'informe avoir entendu,
dans une de ces émissions réveil matin de la télé
québécoise, un avocat raconter à l'animateur que
Chevrette, contrairement à sa déclaration, avait
accepté le pot-de-vin de 500 000$. Le collabo ne se souvient
pas à quel canal il a capté ces propos ni des noms de
l'animateur et de l'émission.
J'ai
toujours considéré Chevrette comme un politicien
intègre. Alors, je suis vraiment tétanisé par
cette nouvelle, n'arrive pas à le croire. D'autant plus que
dans les médias que j'écoute et lis aucun n'a fait écho
de ce rebondissement. Une nouvelle de cette importance y aurait fait
la manchette pendant des jours. J'en viens rapidement à la
conclusion que c'est carrément de la diffamation. L'avertis de
faire attention. Me rétorque, ton de la voix et geste
impatients : « Je
travaille avec la police ! »
(La suite demain)
News
du samedi 24 mai 2008---------------
■ Un
bon tube… – … qui
vieillit bien : Billie
Jean (08:00), de
Michael Jackson, sur scène, devant lui une foule ravie, qui
applaudie, danse et chante. C'est la fête. Le rythme est
toujours aussi entraînant.
■ L’Homme
de Rio – Un film de Philippe de Broca. Jean-Paul Belmondo copartage la
vedette avec Françoise Dorléac. Celle-ci se fait
kidnapper. Témoin, Belmondo se lance dans une folle poursuite.
Elle est la seule pouvant l’aider à trouver des statuettes
indiennes volées. On ne sait pas trop où il va, mais on
sent l'urgence d'arriver quelque part ! Du vrai Tintin à son
meilleur ! Encore drôle, aujourd’hui, même si le film
remonte à 1964…Extrait
du film (04:47)
■ Bientôt,
vous pourrez vous venger des pétrolières – La voiture fonctionnant à air comprimé s’en
vient. Oui : à l’air qu’on respire, et sans monoxyde
de carbone ou autres pollutions. L’invention existerait depuis
longtemps mais on l’aurait remisée aux oubliettes,
probablement parce qu’elle contribuait moins au développement
économique que celle utilisant le pétrole. L’appât
du gain a toujours la priorité. Ce sera à votre tour,
consommateurs, d’en profiter, lorsqu’elle pointera le nez dans
votre pays. Vroum-vroum ou put-put ? On verra bien !
Quelques
textes
et vidéos,
où vous la verrez en marche. Dans la page s’affichant,
colonne du centre, tout à fait en bas, cliquez sur la page
numéro 2. Ensuite, cliquez sur la photo de la voiture.
PS –
J’ai
lu sur le web
que 60% des augmentations du prix de l’essence sont (seraient ?)
dues à la spéculation. Si tel est le cas, disons un
grand merci aux spéculateurs, grâce à eux de plus
en plus de proprios de véhicules s’orienteront vers le
développement durable.
■ Une
charge contre les guerres technologisées – Elle vient du général Vincent Desportes, commandant
du Centre de doctrine de l'emploi des forces (CDEF) du ministère
de la Défense, en France.
Selon
lui, l'incapacité des armées occidentales à
gagner des guerres ces dernières années, devrait nous
amener à une remise en question de la doctrine militaire
actuelle. Il nous faut mener une guerre capable de produire « un
effet en politique »,
a dit le Général. Le seul objectif d'une guerre, quand
on doit la mener, est de pouvoir créer rapidement les
conditions du retour à la normale, du retour à la paix.
Or, les guerres actuelles (Irak et Afghanistan) ne permettent pas de
faire cela.
Il
souligne qu’à la fin de la guerre froide, plutôt que
de bâtir un monde de républiques souveraines, les Bush
et les Cheney, sous l'influence de l'Empire Britannique, ont décidé
de transformer les États-Unis en Empire, projetant leur
pouvoir militaire aux quatre coins du monde et entraînant leurs
alliés dans cette direction.
Lisez
l’article au
complet et cet
autre ici.
PS :
Le premier ministre conservateur Stephen Harper du Canada a tout
intérêt à lire ces articles. La suggestion n’est
pas gratuite. Harper guerroie en Afghanistan, des soldats canadiens
meurent, d’autres sont handicapés ou mutilés pour la
vie, idem de familles Afghanes n’ayant rien à voir avec ce
conflit. Le comble de l’affaire : l’homme de droite Harper
cache aux Canadiens ce qui se déroule sur le terrain.
Sans
compter les coûts de cette guerre canadienne : les
dernières nouvelles faisaient état de plus de 5
milliards. Sans oublier non plus le projet d’Harper d’investir
durant les deux prochaines décennies près 100 milliards
afin de moderniser et technologiser son armée. On le voit,
Harper et ses députés sont l’équivalent de
républicains purs et durs, made in USA.
■ Canada-Aghanistan : les
Canadiens ne sont pas informés de ce qui s’y passe – Selon John Manley, président du groupe d’experts qui
avait recommandé le prolongement conditionnel jusqu’en 2011
de la présence de soldats canadiens dans ce pays, le problème
réside en partie dans le contrôle de l’information du
premier ministre conservateur Stephen Harper, du ministère des
Affaires étrangères et de l’ACDI (L’Agence
canadienne de développement international).
Manley
affirme que, quatre mois après le dépôt de son
rapport, les changements recommandés n’ont pas été
appliqués. Il estime que le
gouvernement Stephen Harper ne respecte pas ses promesses de mieux
informer les Canadiens sur cette mission controversée.
Pourtant, ce dernier s'était engagé à accroître
ses efforts de communication sur cette mission.
Le
Canada compte 2,500 militaires en Afghganistan, dont 83 ont été
tués depuis 2002. (Source : Radio-Canada
Internationale)
■ La
Gendarmerie royale du Canada (GRC) achète
160 pistolets Taser… – … malgré la controverse soulevée par cette arme,
rapporte La Presse Canadienne, Radio-Canada et le quotidien Winnipeg
Free Press, qui a obtenu
ces renseignements grâce à la Loi d’accès à
l’information.
■ Le
Taser peut provoquer un arrêt cardiaque – Le cardiologue Charles Kerr et le chirurgien cardiaque Michael
Janusz, tous deux de l'Université de la Colombie-Britannique
(Canada), ont expliqué à la commission d'enquête
qui se penche sur l'utilisation de cette arme que le risque de
provoquer un arrêt cardiaque ne doit pas être pris à
la légère. Le docteur Janusz a ajouté que les
policiers devraient être formés de manière à
pouvoir réagir immédiatement en cas d'arrêt
cardiaque. Lisez
l’article de
La Presse Canadienne.
■ Un
peu de tout, ou presque – Photos
24 heures.
Photos, autant
que vous en voulez !
Plus vous descendez dans la page, plus vous en trouvez. Afrique :
pour agrandir les photos, placer la flèche de la sourie
dessus. Les plus beaux PC
personnalisés.
La Terre haute en couleur avec Google
Earth.
■ L'un
me crie : «La
police s'en vient» – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Ce qui semble avoir touché Snowbird, c'est de lui
avoir signalé que, dans le village, on porte atteinte à
la dignité de la personne. Cette formulation a atteint ma
cible en plein centre. Me suis alors rendu compte, pour la seconde
fois au cours de mon enquête, que la formulation "
atteinte aux droits fondamentaux " est trop abstraite pour que
les gens cliquent. En utilisant un exemple concret, le message passe
comme une tonne de brique.
Preuve
comme quoi j'avais bien choisi mon homme. Il l'a transmis aux autres,
aussi sûr que deux et deux font quatre. Pas seulement ça.
Lui-même cessera ses provocations. Dans les semaines précédant
son départ pour le Sud, je ne le verrai pratiquement plus dans
l'espace public, et les très rares fois où cela
arrivera, il m'ignorera totalement. J'insiste : tous les civils
et leurs collabos.
Ces
derniers, comme s'ils faisaient la découverte d'un autre
monde, celui des droits et libertés, dont le droit à la
dignité. Certains disparaîtront de la circulation,
d'autres réapparaîtront peu après, détournant
la tête lors de mon passage, ou la baissant avec le petit air
gêné de ceux qui savent que vous savez. Conscientisés
sur les illégalités auxquelles, sans doute sans le
savoir, ils se livraient. Certains auront aussi un peu peur, ça
se sentira. Peur de représailles, peur de poursuites
judiciaires.
Les
fanatiques de l'ordre et du conformisme viennent de découvrir
la face cachée de leur collaboration étroite et
quotidienne avec la police. La Sûreté du Québec
les en avait-elle informés avant de les enrôler dans sa
milice ? Non, et j'en suis convaincu. Il ne fait aucun doute qu'elle
leur avait enseigné ces tactiques policières illégales,
ils ne pouvaient les avoir apprises d'eux-mêmes. Du reste les
civils les utilisent régulièrement.
Se
pose aussi toute la question de la participation citoyenne à
la pseudo police communautaire. Volontaire ou obligatoire ? Que fera
le commerçant, par exemple, si l'un de ses employés
refuse d'entrer dans la milice policière, ou de participer
occasionnellement, dans son établissement et ailleurs, à
des activités de répression clandestines ? Ce citoyen
est-il désigné comme un rebelle à l'ordre établi
par la police ? Suscite-t-il l'opprobre de celle-ci et de ses
miliciens, au point de devenir l'équivalent d'un lépreux
qu'on rejette, éjecte ? Et le commerçant, est-il
également obligé ? Oui, et de cela j'en suis également
convaincu. Un pouvoir politique devient immoral quand il exige que
des citoyens participent à son système de répression.
Virage
à 180 degrés, cependant, il faudra un peu de temps tout
de même pour que chaque rouage de la machine répressive
ralentisse la cadence. Neuf janvier 2002, vers 18h, rue Principale,
je roule en direction de la biblio. Dans la grande côte, j'ai
droit au pas de parade… à la soviétique. Une civile
dans la quarantaine descend la grande côte, le pas haut,
balançant les bras ensemble, le tout exécuté au
ralenti : les bras à gauche, la jambe droite levée,
les bras à droite, la jambe gauche levée. Marche
martiale ! De l'autre côté, un voisin riverain, qui
s'apprête à monter dans sa camionnette, intrigué,
s'est immobilisé pour la regarder passer. Tout un spectacle.
Veut-elle me signifier sa capacité de se défendre si
jamais je l'attaquais ?
J'avais
déjà été témoin de démonstrations
de force du genre, de la part de deux de ses collègues
féminines. Chez l'une, c'est le mouvement des bras. Tête
légèrement penchée sur le côté,
regard dérobé, le bras droite amorce un arc, main
ouverte. Le geste est d'abord lent puis vif avant de s'immobiliser
une fraction de seconde et s'abattre sur une cible invisible, comme
au karaté, puis l'autre bras entreprend la même
trajectoire. L'effet saccadé fait penser à l'automate.
Chez l'autre, c'est le déplacement de la jambe qui est
mécanisé. L'effet est visible seulement quand elle
revient à son point de départ, avec une étonnante
vélocité.
Des
chorégraphies exécutées au quart de tour.
Spectacle bien rôdé, les interprètes ne sont pas
des débutantes gauches et hésitantes. L'impression de
robots bien programmés, aveugles et sourds. Intimidant,
réellement ! Et en même temps vous avez aussi cette
impression de vivre dans un de ces États policiers de
cauchemar. Comme en sommes-nous venus là !
Autres
exemples démontrant que la machine répressive
fonctionne encore, bien qu'au ralenti. Sept février, début
de l'après-midi, je vais à l'épicerie. Sur
Principale, je ralentie à l'intersection de la Route de
l'Ermitage, une wagonnette s'en vient, lui donne la priorité,
mais son conducteur s'est arrêté et ne semble pas
vouloir en profiter. Alors, j'accélère un peu pour ne
pas le faire patienter trop longtemps, ne peut aller vite à
cause de la neige et de la glace. Au moment où j'entreprends
de passer devant son pare-choc, monsieur décide d'avancer à
un pied de ma jambe.
Je
m'arrête, suis devant lui, il s'excuse, fait signe qu'il ne
m'avait pas vu. Pas vu ? Nous sommes les deux seuls véhicules
à l'intersection. Je le dévisage un moment. Je
m'apprête à repartir, une auto rouge vin, dissimulée
derrière, dans un angle mort, surgit et se place parallèlement
à la wagonnette. J'identifie illico son proprio : un
conseiller municipal impliqué dans la répression
policière. Il s'étire le cou à gauche et à
droite pour s'assurer que la voie est libre, et tourne sur
Principale. À l'autre coin de l'intersection, juste en face,
une autre spécialiste de la répression souterraine.
Trois coïncidences…
Dix
sept mai, excursion à vélo dans la forêt. Alors
que j'escalade une côte abrupte, une camionnette surgit de
l'autre versant. Tiens, de la visite. Je fais signe au conducteur, il
s'arrête, on cause une bonne demi heure. À cet endroit,
il est traversé par un gazoduc de Gas Métropolitain. Le
type me demande : « T'as
quand même pas l'intention de revenir ( au village ) après
( ta randonnée ) par
là ( le chemin du
gazoduc ) ? »
Lui
réponds non. Dans la formulation et le ton, je perçois
une interdiction d'y circuler. Du reste, m'explique-t-il, c'est
vaseux et plein de trous. C'est aussi un endroit très
fréquenté par les ours. Il y en a tellement, me
raconte-t-il, qu'il lui est arrivé d'y stationner sa
camionnette, d'attendre, pas longtemps, mains jointes derrière
la nuque, geste à l'appui, pour en voir quatre ou cinq sortir
de la forêt.
L'interdiction
subliminale par vase, trous et peur de l'ours interposés. On
se laisse là-dessus. Sur le chemin du retour, une camionnette
me croise. À l'arrière, trois jeunes adultes debout,
accoudés sur le toit de la cabine. L'un me crie : «
La police s'en vient. »
(La suite demain)
News
du vendredi 23 mai 2008---------------
■ L’ordi
à 100$ destiné
aux enfants des pays pauvres – 600 000 ont été vendus jusqu’à
présent, alors qu’on s’attendait à 1 million de
commandes. Une nouvelle version est prévue pour 2011, qui
serait plus performante que la précédente.
100$ ?
Certains affirment que le prix serait plutôt de 180 :
lorsque la demande est faible, forcément les prix augmentent.
Il n’en demeure pas moins que c’est une façon efficace
d’aider les pays du tiers monde. En initiant les enfants à
cet outil de communication et d’accès à la
connaissance disponible sur le web, cela donnera sûrement des
résultats dans quelques années, 5 ou un peu plus. Les
enfants apprennent vite, ce n’est pas long qu’ils innovent.
L’informatique est la clé du développement.
Je me
demande comment nous citoyens occidentaux pourrions aider
financièrement les parents de ces enfants à faire
l’acquisition d’un ordi. Comme plusieurs d’entre vous, je
serais prêt à contribuer. Se pose la question :
comment être certain que l’argent sera vraiment utilisé
à cette fin ?
Lisez
l’article
- Photos
de l’ordi et textes :
après chaque photo, cliquez sur SUIVANTE - En savoir plus sur
les ordis les moins chers, notamment.
■ La
puce électronique mènera à la surveillance totale – Elle est munie d’une antenne dissimulée notamment dans
les cartes plastifiées, les badges d’identifications, sous
les étiquettes ou des code-barres. La puce-étiquette
est collée ou incorporée au produit. Lorsque qu’elle
est stimulée par les ondes radio, elle utilise l’énergie
reçue pour envoyer une info qui permet ainsi de l’identifier.
Désormais, on sait qui l’a fabriqué, où il a
transité et vers où il est expédié. C’est
à partir de ce système utile et particulièrement
performant qu’on passe des biens de consommation… aux humains.
La
radio identification (Radio Frequency Identification – RFID) est
une techno qui risque de changer le monde dans lequel on vit. Le
problème réside dans l’accumulation des données
personnelles au fil des ans et le risque que la puce électronique
s’incruste partout. Un jour, on peut penser que les magasins
n’auraient plus les systèmes anti-vol qu’on connaît,
mais des lecteurs de radio-étiquettes. Pas seulement là,
dans les transports en commun aussi, entre autres.
Tout
serait relié à la vidéosurveillance. On saurait
où sont les gens, quelle est leur personnalité, leur
état de santé, leurs comportements. Entre nouvelles
applications technologiques et contrôle social croissant, on se
retrouverait prisonnier d’une bulle techno d’où personne
ne pourrait s’échapper. Disons que ça donne un peu
froid dans le dos.
Un
documentaire d’anticipation réalisé par Art permet
d’appréhender la situation potentielle dans toute son
ampleur.
Vidéo
1
(18:10)
Intervenants :
Militants contre les puces
électroniques, RFID-Kritiker
Jörg Sandlöhken,
Labo RFID
Klaus Finkenzeller, auteur du Guide de la RFID
Elgar
Fleisch, École polytechnique, Zurich
Gerhard Tomen,
Nokia
Michael ten Hompel, Institut Fraunhofer
Vidéo
2
(18:47)
Intervenants :
Jörg Lienert, Tag it pour
aveugles
Peer Laslo, Business Consulting SAP
Christa Ziemer,
Asso. d’aide aux animaux
Friedemann Mattern, École
polytechnique, Zurich
Holger Maier, Centre développement
IBM, Stuttgart
Vidéo
3 (14:27)
Intervenants :
Kurt Hoffmann, biologiste, École
polytechnique, Aix-la-Chapelle
Günter Falkus, Expert en
Management
■ «Salut,
mon brave !» – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Huit décembre 2001, vers 16h30, je reviens de ma
randonnée un peu fatigué et frigorifié, rentre
le vélo, branche l'arbre de Noël et m'allonge sur le
divan. Une trentaine de minutes après, un bruit provenant de
l'appart voisin me réveille. Me fais un café et ouvre
la porte prendre une bonne bouffée d'air frais, regarde à
droite, constate une zone sombre au centre de l'arbre, m'approche :
des d'ampoules ont disparu. Les remplace aussitôt, ce qui me
permet de faire le compte : sur 50 ampoules, il en manque 14 et
3 autres sont brûlées. Comme elles sont voisines les
unes des autres, j'en déduis qu'elles ont sans doute été
endommagées à coups de chiquenaudes. M'étais
prémuni contre cet autre sabotage policier, en avais acheté
25 de plus.
Une
semaine s'écoule et ça recommence. Quatre cette fois,
en visse de nouvelles. Après, une autre se volatilise. Nous
voilà rendu à 22. Pas de problème, les gars.
Suis prêt à me réapprovisionner de 25 autres,
veux simplement voir jusqu'où vous pouvez aller.
Symboliquement, c'est aussi le triomphe de la lumière sur la
grande noirceur.
Les
faits abondent mais je ne peux faire état de tous. Quelques
uns en vrac… Point d'interrogation tracé sur le miroir,
au-dessus du lavabo de ma chambre de bain, à l'aide d'un
savon, preuve évidente qu'on avait profité de mon
absence pour s'introduire illégalement chez moi, ce qui
n'était pas nouveau. Autre exemple, été 2002,
j'avais placé deux documents sous mon matelas, un de chaque
côté du lit. À mon retour, j'ai trouvé
l'un sous une taie d'oreiller. Civils toussant ou grommelant je ne
sais quoi au moment de passer devant ma porte. C'est notamment le cas
de celui distribuant l'hebdo l'Étoile du Lac.
Revenant
d'une randonné à vélo, j'aperçois un
civil, qui ne demeure pas dans le même immeuble que moi, dans
mon espace de stationnement. Monsieur m'attend pour jaser. Lui
indique carrément qu'il n'a pas d'affaire ici, que je suis
chez moi, comme lui-même sur son terrain privé. Il s'en
va d'un pas rapide, tête penchée, grommelant :
« Tabarnak,
y'est rough à matin
(c'était l'après-midi, vers 16h30). »
« Ça va
être comme ça désormais ! »
que je lui lance.
À
la fin de l'année 2002, je suis un peu las de cette enquête.
Les comportements des civils et de leurs collabos deviennent
répétitifs, ne m'apprennent plus rien que je ne sache
déjà. C'est comme visionner toujours le même
vieux film. Cela dit sans prétendre tout savoir, absolument
tout. Le temps me semble quand même venu d'aborder une question
de fond, juste pour voir les réactions. Je vais faire une
confidence à Snowbird. Je l'ai ciblé parce que je le
soupçonne d'être, dans le petit village, l'un des
principaux rouages de la participation citoyenne à la fameuse
cause de la prévention. C'est un vieux monsieur à la
retraite, respectable et respecté. La profession qu'il a
exercée toute sa vie faisait de lui un candidat idéal
comme collabo clandestin de la Sûreté du Québec.
Démontrons
brièvement son implication incontestable sur le terrain.
Novembre 2001, Chemin de la Montagne, on se croise. Il lève le
bras droit en guise de salutation, s'apparentant à
l'hitlérienne. Samedi 1e décembre, même rue, il
marche d'un pas pressé, comme d'habitude, mais cette fois on
sent en quelque part une certaine urgence. Il lève le bras
droit pour me saluer. Lui lance : « Les
coïncidences font bien les choses, hein ? »
« Oui »,
cela dit en levant de nouveau son bras. Message explicite : on
finira bien par te sortir de l'espace public. La veille, je l'y avais
rencontré vers 14h. Aujourd'hui, il est environ 15h30. J'ai
retardé mon départ de chez moi pour vérifier si
je l'y verrais. Changer les heures de mes routines permet de voir si
les rencontres sont fortuites ou non. Expérience concluante.
Les
deux patrouilleuses de l'escouade cyclistes ont remisé leur
bécane, hiver obligeant, et effectuent leur ronde à
pied. Les vois, un jour ou deux après Snowbird, sur la route
de l'Ermitage. « Salut,
les filles ! », que
je leur lance au passage. Je me fais aussitôt répondre
par l'une d'elles : « Tiens,
un brave ! »
Oups, pardon ! Il arrive souvent que quelqu'un utilise une expression
et que, peu après, vous établissiez le lien avec une
autre personne. Le lendemain Snowbird apparaît dans le paysage.
Brandissant le bras, index et majeur en V, il me crie au passage : « Bonjour, mon brave ! »
Je retiens un sourire. À l'épicerie, encore lui, les
coudes appuyés sur le dessus de la caisse du comptoir de la
quincaillerie. Il m'observe, cherche à m'intimider. Je
n'hésite pas : « Salut,
mon brave ! »
Il répond, sans conviction.
Quelques jours après,
revoilà Snowbird, qui s'en vient d'un bon pas. Je décide
de l'entretenir des atteintes à la dignité de la
personne, innombrables dans le village, auxquels se livrent les
civils et leurs collabos. Lui laisse faussement comprendre que j'ai
été témoin d'infractions du genre commises à
l'encontre de citoyens du village, ou de confidences que certains
m'ont faites, sans lui préciser que je parle spécifiquement
de celles dont j'ai été la cible. Autant de civils et
de collabos ne le sillonnent tout de même pas uniquement pour
surveiller et déstabiliser le journaliste que je suis. Tous
les autres symptômes sont là, et solidement enracinés :
climat de gravité ambiante, stéréotypes, rues
désertes, citoyens confinés à leur résidence,
etc.
En l'espace d'une
dizaine de jours, le résultat sera spectaculaire. Mes yeux
écarquillés n'arriveront pas à le croire. C'est
fou comme on fera désormais preuve de respect à mon
égard. Du jamais vu, jusqu'à ce moment-là. Fini
les grosses gueules de mes oppresseurs, les regards noirs et autres
mimiques, finis les gestes m'indiquant de dégager, finies les
paroles faussement mielleuses, et j'en passe, la liste est trop
longue. On m'ignorera, tout en continuant de s'intéresser à
moi mais discrètement et de loin. L'attitude des citoyens
collabos, surtout, s'en trouvera, et littéralement, culbutée,
bien que subsisteront encore quelques entourloupes, quoi que légères
comparées à celles d'avant. Graduellement, ils seront
aussi moins nombreux à patrouiller les rues. Le démocrate
que je suis est fier de son coup. Soudain, je les trouve un peu
moins laids. (La suite demain)
News
du jeudi 22 mai 2008---------------
■ France : rendre
la démocratie irréprochable
! – Tel est le grand chantier que la ministre française de la
Justice, Rachida Dati, semble déterminée à
mettre de l’avant. En tout cas, c’est ce que l’on conclut après
avoir lu l’article qu’elle signe dans Le Figaro d’hier.
«
Nous rendons la démocratie
irréprochable en encadrant les pouvoirs du président de
la République, écrit-elle. (…) Nous rendons la
démocratie irréprochable en donnant des droits nouveaux
aux citoyens. Le texte suprême de notre République n'a
pas pour seule fonction d'organiser les relations entre les
pouvoirs ; il en possède une autre, essentielle :
celle de garantir les droits fondamentaux. Toute personne qui
s'estime lésée par le fonctionnement d'un service
public pourra faire appel au défenseur des droits des
citoyens. »
Son
texte, que vous pouvez
lire ici, est
très prometteur. Reste à voir jusqu’où il lui
sera possible d'aller.
■ Fission,
de Kuni – Si vous adorez le design, vous
apprécierez
cette vidéo (04:54). Le scénario : un homme se
voit vivre dans un graffiti peint sur un mur. Excellente musique
aussi. Relaxante !
■ Photos
sphériques – Panoramiques
360 degrés.
Suivez les directives au sommet de la page s’affichant. Exemple :
pour voir un élément de la photo de plus près,
cliquez sur +, etc. Allumez vos haut-parleurs, certaines sont
commentées. Quelques centaines d’autres disponibles à cette adresse. Outre celles affichées, sommet de la
colonne de droite, cliquez sur la liste des hyperliens.
■ Une
ombre derrière le store fermé de la
buanderie – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Dans ma cours, ce n'est pas non plus le calme plat…
Novembre 2001, emprunt d'une petite hache pour aller couper mon arbre
de Noël dans la forêt tout proche, que je fixe ensuite sur
mon vélo. Le type me demande de la déposer dans son
véhicule lorsque j'en aurai terminée, ne veut pas que
je la lui rapporte sur son lieu de travail : « Ç'aurait
trop l'air d'un massacre à la hache. »
Pourtant, à la quincaillerie où il travaille, on en
trouve d'autrement plus impressionnantes, certaines ressemblent même
à celles utilisées par les pompiers pour éventrer
une porte en moins de deux. Prévention… En soirée,
alors que j'installe mon arbre de Noël près du mur de mon
appart, deux civils se dirigent vers la maison en retrait de la 155,
l'un dit à l'autre d'une voix suffisamment forte pour que je
l'entende : « On
va y voler. »
Depuis
trois semaines, ce même mois, je ne reçois plus l'hebdo
régional l'Étoile du Lac. Il est distribué
gratuitement, porte à porte, par Publisac. Une autre situation
conflictuelle concoctée par des civils : souvent, la
distribution est effectuée par certains d'eux, ce qui leur
permet de violer l'espace privée des citoyens. Je décide
de piquer celui d'un civil demeurant dans l'édifice. L'un de
ses collègues d'une maison avoisinante, au fond d'un
cul-de-sac, me voit de sa fenêtre. Impossible de sortir de chez
soi sans être capté par une caméra extérieure.
M'étais plaint deux fois auprès de l'hebdo, en vain. Je
rejoins la responsable de la distribution locale, me promet de s'en
occuper. Cet incident est clos mais d'autres surviennent. La police
passe sont temps à allumer des petits feux.
Le 25 novembre, un
dimanche, 17h15. J'entends des pas sur le chemin de pierre concassée
longeant une partie du mur extérieur de mon appart, suivi de
l'affaissement de quelque chose frottant légèrement au
passage le cadre de la porte. Allume la lumière extérieure,
ouvre, la tête de mon arbre de Noël est à mes
pieds, sur la dalle de béton, près du seuil : les
ampoules n'avaient pas encore été installées.
C'est vrai qu'il vente, mais il est rachitique, l'arbre, adossé
au mur et retenu à la verticale par deux piquets enfoncés
de biais dans la terre, qui n'est pas encore gelée, à
coups de tête de hache, et reliés au tronc avec de la
corde. On a arraché l'un des piquets.
Et puis, il y a les
pas intrigants entendu peu avant. J'enfile un vêtement chaud,
tourne le coin de l'édifice, une ombre se profile derrière
le store fermé de la buanderie, l'endroit étant
éclairé. M'immobilise à vingt pieds, attend un
moment, la porte s'ouvre, l'ombre sort : c'est le flic qui
disait « On va y
voler ». Nous
nous dévisageons sans dire un mot puis je vais jeter un œil à
l'autre coin. À l'extrémité de la longue
galerie, longeant la façade de l'édifice, l'arbre du
civil n'a pas été touché, seul un petit support
doté de trois pieds le tient debout. Pourtant, le vent souffle
plus fort de ce côté, le plus exposé, à
cause de la 155 et du vaste espace dégagé d'arbres.
Le
29, au milieu de l'après-midi, je le repositionne, installe
deux jeux de lumières de 25 ampoules chacun. En l'espace d'un
peu plus d'1 heure, j'aperçois 3 civils dans mon environnement
immédiat. L'un, dès ma sortie de mon domicile. C'est
l'homme-au-toutou. Depuis quelque temps, ses apparitions sont
synchros aux miennes. Deux autres suivent, défilant derrière
moi, à quelques minutes d'intervalle. Dont celui qui a fait
tomber l'arbre : « Ça
commence à ressembler à Noël »,
me lance-t-il. Une neige abondante tombe, il fait doux : « C'est magnifique »,
que je réponds. Et cet autre, encore un locataire de
l'édifice, qui me fait sursauter : « C'est
les grosses décorations ! »
Je n'en fais pas de cas, continue de m'affairer.
Un
4e se manifeste, lui, en frappant sur quelque chose, l'avertissement
subliminal caractéristique. Je l'entends mais ne le vois pas,
me déplace, l'homme est sur sa galerie, frappe sur le rebord
d'une fenêtre. C'est le nouveau proprio de la maison voisine.
Auparavant, il demeurait sur la Route de l'Ermitage, près du
lac. D'après l'un de ses fils, l'ex-proprio et son père…ont
échangé leur maison : ces échanges entre
flics m'intriguent. Je l'ai souvent vu patrouiller à pied ou
en auto. Un après-midi, entre autres, marchant rue Principale
accompagné d'une collabo, calepin et crayon à la main.
À l'été 2001, l'avais vu sortir de chez lui,
fouillant nerveusement dans la poche arrière de ses jeans,
affairé au point où je lui avais demandé s'il
partait en patrouille, ma question l'avais saisi : « Heuheu... oui ! »,
une réponse sèche.
Quelques
semaines après, je déneige mon entrée. Il sort
de son domicile, me salue, je lui demande à brûle pour
point s'il est un civil. « Nooonnn
! » fait-il le
bec arrondi, dit travailler pour un organisme sans but lucratif de
Ville de Saguenay. En avril 2002, il s'y installera. Cédera-t-il
sa maison à un autre civil d'ici ? Oui. La " conjointe "
du nouveau proprio fait du " bénévolat " à
l'aréna municipale. Tous deux partent régulièrement
en patrouille, surtout le soir. Ils répondent aux appels de
collègues, préposés aux écrans, qui les
informent qu'un véhicule ou un piéton circule dans
l'espace public. Parfois je les vois partir, parfois les entends
seulement : portières qui claquent, bref vrombissement du
moteur, que j'identifie aussitôt, suivi de la marche arrière,
d'un arrêt et de l'accélération en direction de
la 155. Et notre homme habitant désormais Ville de Saguenay,
occupe-t-il la maison d'un collègue muté dans une autre
ville ? (La suite demain)
News
du mercredi 21 mai 2008---------------
■ Un
voyage entre expérience utopique et réflexion
humaniste – … dans un lieu dédié à la tolérance
et à la créativité la plus débridée,
la plus extrême ! Située dans le désert du
Nevada, USA, ce lieu est une ville qui n’existe que le temps de ce
festival unique : Black Rock City, qu’on détruit
à la fin et reconstruit différemment l’année
suivante. Des dizaines de milliers de personnes, venant d’un peu
partout de la planète, y participent. Une communauté où
chacun exprime ses potentialités, ses libertés. Ce
qu’on y voit et fait pourraient difficilement se passer dans une
ville occidentale ou d’ailleurs.
Trois
vidéos
(Burning man, voyage in Utopia) pour comprendre de quoi il s’agit.
J’en ajoute une quatrième, trouvée à une autre
adresse. Dans la page s’affichant, cliquez seulement sur la première
vidéo
parce que les autres plus bas sont des répétions de
celles que vous aurez vues.
Black
Rock City a fait l’objet d’un film de 90 minutes (Burning man,
voyage en Utopia) réalisé par Laurent Le Gall. Son
site pour
d'autres d’infos.
■ Lesbophobie,
homophobie et transphobie – Le 17 mai, Journée mondiale de la lutte contre ces
phobies, se tenait à Paris une manif. Les Français ont
la réputation de se mobiliser assez vite. Vivant au Québec
où on peut compter sur les doigts des deux mains les
rassemblements annuels du genre dans l’espace public, je les envie
beaucoup. Ils jouissent d’une belle liberté d’expression
qu’on n’a pas ici : faut grand-chose pour que la police
intervienne sous différents prétextes, la plupart du
temps faux et, malheureusement, rarement pour ne pas dire jamais
enquêtés.
De
part le monde, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir
avant que ces phobies disparaissent de la culture. En milieu rural
beaucoup plus que dans les grandes cités, où les
citoyens sont plus habitués à se colleter à la
diversité. Il faut défendre bec et ongles le
pluralisme. L’équation est simple : moins il y a de
libertés, moins il y a de démocratie. Ici, dans mon
petit village policier (Lac Bouchette), on coupe tout ce qui dépasse.
On considère les citoyens comme une haie de cèdres, où
aucune brindille ne doit se distinguer des autres.
Vidéo
Kiss-in (08:50)
contre la Lesbophobie ! N’oubliez pas de lire le texte sous
l’écran. ■ «T'as
juste à ne pas t'en occuper
(de la police)» – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Examinons quelques autres tactiques pratiquées sur le
terrain. Important de savoir que ceux qui patrouillent à pied
sont presque toujours des femmes. Pourquoi ? Parce que la présence
d'une femme dans la rue est plus rassurante que celle d'un homme. Et
qu'il y a moins de risques qu'une femme soit identifiée par
des citoyens comme étant une civile. Tout le monde sait ça,
Big Sister n'existe pas.
J'ai
remarqué que, assez souvent, elles passent d'un endroit à
un autre avec une telle rapidité que vous en venez à
soupçonner l'intervention d'un véhicule fantôme.
L'hiver la preuve s'étale sous vos yeux. Suffit simplement de
revenir là où vous les aviez rencontrées pour
remarquer l'empreinte de pneus dans la neige, des piétinements
sur place et la fin de toute trace piétonne.
Quand
vous quittez la partie urbanisée du village pour rouler sur la
155 ou des chemins sillonnant la forêt, là les citoyens
sont presque aussi rares que les extraterrestres. Un après-midi
de l'été 2001. Un homme coupe l'herbe en face de sa
maison, en bordure de la route régionale. L'endroit est
magnifique, il fait beau et chaud, le ciel est bleu, et c'est le
premier bipède que je vois en liberté depuis quelques
jours. Tentant en maudit !
M'approche
et, après les salutations d'usage, lui fais un petit topo de
la présence policière dans le petit village. Un truc
que j'utilise parfois pour savoir à qui j'ai affaire. Ne dis
pas tout, dévoile deux ou trois petits secrets policiers,
toujours les mêmes. Si c'est un civil ou un collabo, sa
réaction sera différente du vrai citoyen, qui n'est ni
l'un ni l'autre.
Tiens,
tiens, il m'apprend avoir commis des méfaits dans le passé,
ne pas aimer la police, avoir déjà « pas
mal déculotté (battu)
» un policier, vouloir « le
tuer mais ne pouvoir le faire pour le moment parce qu'il a été
muté dans une autre région »,
n'a aucune idée où, se promet de passer à l'acte
un jour, même s'il doit attendre « 7
ans ». Je lui
conseille amicalement de ne pas agir de la sorte. Son fils aussi,
enchaîne-t-il, a commis des infractions à la loi, a la
police sur le dos qui a l'intention « de
faire (de son cas) un
exemple ». Au
moment de se quitter, car une armoire à glace s'est approchée
de lui et semble solliciter sa présence en un autre lieu, il
me donne un conseil, le répète même : « T'as juste à ne pas
t'en occuper (de la
police). »
Du
fils, il est passé à moi, se rappelant tout à
coup que je lui avais raconté que depuis le début de
mon enquête, j'étais filé, infiltré et
déstabilisé par la police. Et son discours ? Débité
en l'espace de quelques minutes, sans haine, avec le ton de la voix
de celui parlant météo. Vous connaissez quelqu'un qui
vous a déjà déballé, comme ça,
spontanément, à vous qui êtes un pur inconnu, son
passé criminel, sa détermination d'assassiner un flic ?
(La suite demain)
News
du mardi 20 mai 2008---------------
■ France :
la CNIL inquiète ! – Dans son rapport 2007 (voir plus bas), Alex Türk, président
de la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) ne
cache pas son inquiétude face au développement des
technologies intrusives qui permettent de croiser les données
personnelles (biométrie, vidéosurveillance, cartes
téléphoniques ou bancaires, réseaux sociaux et
moteurs de recherche sur Internet).
“Au
rythme où nous allons,
prédit-il, nos enfants et nous-mêmes, dans
quelques années, nous ne bénéficierons pas de la
même liberté d’aller et venir que les générations
qui nous ont précédé ou actuelles. (…)Le
traçage dans l’espace et dans le temps des individus met en
cause les deux libertés les plus fondamentales ”,celles
du mouvement et d’expression.
Il
demande par conséquent que le droit à la protection des
données individuelles soit inscrit dans la constitution. Et
plus précisément, il souhaite que le gouvernement
révise le régime juridique de le télésurveillance,
“juridiquement obsolette”, à l’heure où la
ministre de l’Intérieur veut multiplier les caméras
de vidéosurveillance.
Lisez
l’article au complet.
Autre
article : la
CNIL se dit choquée
d’avoir été ignorée par le gouvernement
français.
PS :
Alors que la CNIL sonne l’alarme, au Canada, chez nos élus
et fonctionnaires directement impliqués, c’est le silence
intégral : on cache tout à la population. Un jour
viendra où ces carpes (muet comme une…) auront des comptes à
rendre aux Québécois et autres Canadiens.
■ Ce
n’est pas tous les mecs…– …qui savent draguer les nanas. Des hommes en témoignent :
plusieurs
vidéos
empilées les unes sur les autres, colonne de gauche. Ensuite,
des
femmes donnent
leur opinion. Notons bien ce qu’elles disent, pour modifier nos
approches, mieux conquérir celles qui nous allument, les
inviter chez soi à prendre le thé. La meilleure drague,
finalement, est celle qui ne se voit pas.
■ Faudra
pas oublier le Vendée Globe, hein ? – Cette course à voile autour du globe en solitaire, sans
escale et sans assistance. Elle a lieu tous les quatre ans et dure
près de trois mois : reportages vidéos chaque jour
sur le web avec les participants, depuis leur voilier. Ce sera
l’événement sportif de l’année 2008. Je l’ai
mis sur mon agenda pour ne pas vous le faire manquer : 09 novembre
qui vient. Départ et arrivée aux Sables-d’Olonne, au
pays de La Loire, en France.
Le
skipper gagnant en 2005 : Vincent Riou. Arrivé le
02/02/2005 à 22:49:55, en 87
jours, 10 heures,
47 minutes et 55 secondes, à la vitesse moyenne de 11.28
nœuds. Comme avant goût, visitez le site de l’organisme,
visionnez des vidéos de cette dernière course, un peu
plus bas dans la page s’affichant. Il
y en a plein,
étalées sur quatre pages. Régalez-vous !
Explorez
le site, en partant de la page
d’accueil.
Abonnez-vous
à la newsletter.
Dans la page s’affichant, colonne de droite, en bas.
■ Combat contre la ségrégation raciale, aux USA – Sichuan
dévasté par un séisme – 13 photos
Les
grandes dates de l'État d'Israël – 17
Les
Malouines –
20
Festival
de jazz de Montreux 2008 – 12
Un
(coup) poing sur l’Amérique…
Intéressante rétrospective du combat des Noirs
américains des années 60 et ultérieures. Photos,
vidéos et extraits de pièces musicales de l’époque,
etc. Après chaque élément, cliquez sur l’image
suivante plus bas.
The
Last Poets : Niggers Are Scared of Revolution (1970)
Gil
Scott-Heron : The Revolution Will Not Be Televised (1970)
The
Watts Prophets : Saint America, né des émeutes de
Watts en 1965
Malcom X, du
nationalisme noir, aux USA, un peu plus bas dans la page
Muhammad
Ali, lié à Malcom X : vidéo plus bas (1964)
Amiri
Baraka : Somebody Blew Up America, vidéo plus bas (2001)
Assata
Shakur des Black
Panthers, réfugiée à Cuba
Saul
Williams, Public Enemy : Bring The Noise, vidéo plus bas
(2004)
■ «On
est tous des polices, on agresse. Là,
c'est toi qui m'agresses» – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) La plupart du temps, je vais à l'épicerie vers
la fin de l'après-midi. On connaît bien mon train-train
quasi quotidien. Cependant, il m'est arrivé de vérifier
si la présence policière et collaboratrice étaient
la même aux autres heures de la journée. Alors, je m'y
présentais à l'improviste, les jeudis ou vendredis
soirs où les clients sont beaucoup plus nombreux.
Je
les y retrouvais ainsi que d'autres que j'avais repérés
depuis belle lurette. Pour tout dire, l'achalandage suscitait la
curiosité de plus de civils et collabos, et ma présence
gênait quelques uns. Je voyais certains-nes en grande
conversation avec de vrais clients, dans le secteur de la caisse,
pendant qu'une ou deux autres, le panier rempli à ras bord,
faisaient et refaisaient les allées sans passer à la
caisse, abordant au passage un client ou cliente pour faire un brin
de causette.
Le
dépanneur est l'un des endroits où des clients parfois
se vident un peu le cœur : cependant, le lieu où ils se
livrent le plus demeure indéniablement le salon de coiffure.
Dans le village, l'un des dépanneurs est l'équivalent
d'un mini poste de police. Son proprio s'est investi corps et âme
dans la prévention. L'une de ses employées, à la
caisse, est d'ailleurs une civile. C'est elle qui m'a fait passer le
test du chien renifleur. À cet établissement, souvent
un civil est présent, mise à part, quand elle est de
service, celle y travaillant.
Assez
régulièrement, il utilise, pour justifier sa présence,
l'alibi de la loterie. Il est là, hésitant devant
l'assortiment complet de billets de loterie de toutes sortes étalé
sous le plastique transparent posé sur le comptoir. Ou se met
aussitôt à piocher sur une grille de la 6/49. L'astuce
lui permet de gagner du temps, de continuer d'être là et
d'écouter ce que vous avez à dire pendant que la
caissière ou le proprio essayera de savoir ce qui se passe
dans votre vie. Et d'y rester quand vous avez quitté les
lieux. Et de refaire son spectacle, je présume, lorsque
quelqu'un d'autre s'y présente. Avec le temps, ç'a fini
par faire clic dans votre tête : ces gens achètent
beaucoup trop de billets de loterie pour que ce soit vrai.
Pour
compléter ce portrait, quittons ces établissements et
circulons à vélo sur quelques artères du
village. Un jour, j'ai entendu une civile, qui faisait de la
patrouille à pied, s'enquérir auprès d'une
collègue en auto, devant l'église, sur l'autre versant
de la rue Principale : « Comment
ça se fait que toutes les polices sont sorties ? »
Seule bribe que j'ai pue capter au passage. Je n'en croyais pas mes
oreilles. Première fois, depuis le début de mon
enquête, que j'avais la confirmation officielle de l'existence
de l'underground policier. Aucun doute : elle parlait des civils
parce que des flics en uniforme, on n'en voit qu'un seul,
occasionnellement. Et encore, il ne patrouille pas dans les rues du
village, ne fait que le traverser au volant d'une auto-patrouille de
la Sûreté du Québec. L'impression que ensuite il
traverse le village voisin, St-François-de-Salle. C'est un
acte de présence, rien d'autre. La Sûreté du
Québec n'a pas le choix, des citoyens, ne voyant jamais
d'uniformes, pourraient se plaindre d'être mal desservis.
Beaucoup
plus tard, au printemps 2003, Snowbird me confirmera également,
sans détour, la présence de civils dans le village. Le
contexte : encore un chien, policier celui-là, qui se
lancera à ma poursuite, m'obligeant à fuir en
rebroussant chemin. Je verrai alors Snowbird en grande conversation
avec un hypocrite passionné, qui me voyant arrivé,
essoufflé, trouvera le moyen de sourire de ma mésaventure.
Les
accuserai de complicité, traiterai Snowbird de débile,
parlerai d'atteinte à la dignité. « Où
ça ? »,
me demandera-t-il la mine déconfite. « Ça
fait quatre ans que j'enquête sur vous autres, je vous
connais. »
Snowbird rétorquera : « On
est tous des polices, en
parlant de nous trois, on
agresse. Là, c'est toi qui m'agresses. »
Sa répartie me surprendra, car mon enquête sur eux est
journalistique. En outre, je persiste à ne pas croire qu'ils
sont des civils, mais seulement des collabos assermentés comme
agents, sans la formation inhérente à la fonction. Et
cerise sur le sunday : nous avons ici la confirmation qu'ils
sont là pour agresser clandestinement et illégalement
les citoyens.
Une
randonnée à vélo, un dimanche de décembre
2001, donne une idée de cette présence clandestine dans
le petit village. Devant le Motel Lac Bouchette, rue Principale,
juste avant de descendre la grande côte, une civile patrouille
à pied, on se salue mutuellement. Dans la partie déserte
de la Route de l'Ermitage, en voilà une autre ( celle qui
m'avait lancé : « Oh
Yeah ! » ),
elle me salue, je ne lui réponds pas.
Chemin
de la Montagne, à la hauteur du Centre Vacances Nature, deux
du coup : une femme, avec son chien blanc tacheté de
noir, accompagnée d'un homme, l'un de mes voisins. Là,
on m'a concocté une petite provocation. Je les croise et,
quelques mètres plus loin, amorce un virage pour revenir à
mon domicile, à l'endroit où je le fais habituellement.
Oups ! Madame, et monsieur lui emboîte le pas, décide de
prendre sa petite marche dans la direction opposée, je l'évite
de peu d'un petit coup de guidons. La police connaît mes
routines, les deux civils m'attendaient à ce point précis.
Sur
la 155, devant la station de service, en voilà une autre, elle
est au volant d'une auto : dans un tout petit resto de la 155,
elle m'a déjà… préparé et servi trois
hot-dogs, avec café. Descendant la grande côte, je vois,
à ma gauche, en contrebas, deux ados marchant sur Principale,
dont l'un à côté de son vélo. Eux, ils me
préparent une petite arrivée synchro.
Continuons
de rouler. Devant l'édifice, un civil entre dans un appart. Me
dirige vers l'arrière et quand j'arrive à ma porte…
les deux ados s'adonnent à passer dans la cour voisine.
J'avais une bonne longueur d'avance sur eux. Pour me rattraper, il
leur a fallu sprinter ou monter à deux sur le vélo.
Petit détail significatif : ce sont les fils du civil qui
faisait tandem avec madame, dans l'entrée du Camp Vacances
Natures. À part ces flics et fils d'un flic, n'ai vu aucun
citoyen circuler à pied. Pourtant, il faisait beau ce
dimanche-là. (La suite demain)
News
du lundi 19 mai 2008---------------
■ La
CNIL réclame son indépendance de l’État
français – Dans son rapport annuel de 2007, Alex Türk, président
de la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés),
souhaite remplacer l’aide financière de l’État
Français par un système de cotisation, qui est déjà
en vigueur au Royaume-Uni. Entreprises, administrations et
collectivités verseraient ainsi directement des frais
d'inscription de 50 à 60 euros par an.
Parenthèse…
La Commission
d’Accès à l’Information du Québec
et le Commissariat
à la protection de la vie privée du Canada devraient s’inspirer du même système afin de se
libérer de la dépendance des gouvernements du Québec
et du Canada. Nos droits et libertés sont trop importants pour
être laissé aux mains de ceux qui nous gouvernent,
sachant déjà ce dont ils sont capables. La fibre
démocratique varie d’un gouvernement à l’autre. Le
problème réside dans le fait que de nos élus se
prennent pour dieu le père et cherchent à reconstruire
la société à leur image et ressemblance. C'est
exactement ce que font la police en civil du Québec et ses
collabos et aucun élu n'intervient. Qui ne dit mot consent.
Fermons
la parenthèse et revenons au rapport annuel 2007 de la
CNIL, que vous pouvez lire au complet sur le site
de l’organisme.
Contenant 127 pages, je ne peux le résumer ici, sinon signaler
quelques éléments qui me semblent d’importance
majeure et que vous pouvez lire sur le JournalduNet.
Dans la page s’affichant, vous pouvez compléter la lecture
du texte en cliquant dans les petits encadrés titrés EN
SAVOIR PLUS, notamment celui portant sur les 4 pré-requis de
la CNIL en matière de biométrie.
■ Vrai
ou faux, le réchauffement de la planète ? – Visionnez cette vidéo
de la NASA sur
l’évolution des températures depuis 1884 : il
n’y a pas de son.
■ Une
civile : «Lui,
il bloque le passage à tout le monde !» – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Autre petite péripétie, dont je ne dévoilerai
pas le contexte parce que des gens du village pourrait repérer
facilement l'homme. J'ai taquiné amicalement une personne qui
m'a littéralement planté verbalement : «
Je va (sic) te donner un coup de
pied. Je va frapper si fort que je va avoir le pied tout enflé.
» J'en suis resté bouche bée, je voulais le faire
rire, pas le mettre en rogne. Habituellement, sans être
volubile, il est de commerce agréable.
Quelques
jours après, je vois une camionnette Ford, brune et orange,
d'allure commerciale mais d'un genre particulier que je n'ai jamais
vu nulle part. Une bande orangée d'environ d'un demi mètre
de large passe sous les fenêtres des portières et fait
le tour du véhicule. Sur les côtés, pas de nom de
commerce, d'adresse et numéro de téléphone,
seulement l'expression « Big
Foot », peinte
en grosses lettres noires, près des portières.
Pensez-vous qu'on peut établir le lien entre la menace de me
donner un bon coup de pied et « Big
Foot » ?
Environ
un mois s'écoule, je l'aperçois de nouveau, elle est
stationnée dans l'entrée d'une maison dont je connais
les activités souterraines auxquelles se livre l'occupant. Je
prends deux photos. En a-t-il été témoin
derrière sa fenêtre ou m'a-t-on vu le faire sur un des
écrans de la télésurveillance pour le lui
rapporter par la suite ? Toujours est-il qu'environ trois semaines
après, alors que je suis à l'épicerie, l'homme
en question s'approche, me demande : « Pourquoi
tu me parles pas ? »
Je poursuis mon chemin sans lui prêter attention.
À
la caisse, il remet ça. Il est dans une allée : «
Psitt ! Viens ici ! »,
me souffle-t-il, il insiste, de guerre lasse j'y vais. « Qu'est-ce
que je t'ai fait ? »,
le répète, veut savoir. Muet comme une carpe, je
retourne à la caisse. À l'extérieur, au moment
où j'enfourche mon vélo, le revoilà : « Pourquoi tu m'en veux ? »
Lui brosse rapidement le tableau : « J'en
veux à personne. Je communique seulement avec les gens de
bonne foi. Toi, je te considère comme étant de mauvaise
foi. » Coup de
pédale, pendant que derrière je l'entends marmonner je
ne sais quoi. Civil ou collabo ? Civil, je ne sais pas, collabo, pas
de doute.
Examinons
maintenant comment la police opère lorsque je me présente
à la caisse. Généralement, un civil, mais plus
souvent une femme qu'un homme, manœuvre pour se placer juste
derrière moi, avec, pour faire plus vrai, un ou deux articles
dans les bras. Cela lui permet d'assister à mes échanges
avec la caissière, juger de mon comportement et voir ce que
j'achète. Possible de mettre un peu de sable dans l'engrenage.
C'est-à-dire ? Lui offrir de passer avant vous… La plupart
du temps, il ou elle accepte, paie, quitte les lieux, et revient
après votre départ remettre les articles et se faire
rembourser. Je n'en ai jamais été témoin, mais
c'est de cette façon que ça se passe. Les civils ne
sont pas là pour acheter, mais contrôler et nettoyer
socialement. Ils procèdent ainsi régulièrement.
Les préposés à la caisse le savent, sont
habitués.
La
police crée aussi de faux achalandages à la caisse. Du
grand art ! Un civil, qui fera en sorte d'arriver juste avant vous
dans la ligne d'attente, se dirigera, peu après, comme par
hasard, vers la caisse de la quincaillerie où un employé
vient justement de prendre place. Tentant d'en faire autant, s'il y a
une file devant vous, dont de faux clients, des civils, bien sûr,
mais aussi des collabos. Alors vous succomberez pour vous rendre
compte ensuite que l'employé, après avoir mis les
articles du " client " dans un sac, quittera d'un pas
rapide les lieux, en vous ignorant totalement, et disparaître
au fin fond de l'entrepôt. Vous voilà le bec à
l'eau, pas le choix, vous retournez dans la ligne d'attente de la
caisse de l'épicerie qui, entre-temps, s'est allongée.
Un
autre jour, une civile, grande et corpulente, le panier passablement
rempli, offre à un collègue de passer avant elle. Suis
juste derrière, et il n'y a personne d'autre que nous deux.
Monsieur accepte et sort de l'allée où il se
dissimulait, avec quelques articles dans les bras. C'est gentil de
céder sa place à un autre, mais elle aurait pu m'en
parler avant. En d'autres circonstances, ça ne me dérangerait
pas, bien au contraire. Mais conscient du petit scénario
policier dont je suis la cible, je proteste, signale à l'homme
de faire comme moi, de se mettre en ligne. « Hein
? » me fait-il
en se tournant. « T'as
pas compris ? »
« Hein ? »,
me répète-t-il. J'ajoute que, moi, j'ai compris (que
vous êtes deux flics). Une employée, craignant sans
doute que le ton monte, s'installe devant une autre caisse et me fait
signe.
La
même civile, grande et corpulente, m'a joué un autre
scénario, cette fois au IGA, à Roberval, une ville
située à 45 km de Lac Bouchette. Elle a ameuté
les clients, agglutinés à la caisse, vociférant
haut et fort en me désignant du doigt : « Lui,
il bloque le passage à tout le monde !
» Ce qui était faux, car je sortais d'une allée
presque déserte, me dirigeais vers la caisse. L'embouteillage
était là, devant moi. Des gens avec des paniers presque
vides, collés les uns aux autres, comme les pièces d'un
puzzle, et me faisant la gueule. Probablement des civils eux aussi,
qui d'autres ?
Fin
d'hiver 2002-2003. Suis à la caisse de l'épicerie du
village, le volume des achats dépasse largement la capacité
du panier de mon vélo, alors je demande qu'on me les livre à
domicile. Parmi elles, des boîtes de conserve. Je les examine
toujours, avant de les déposer dans mon panier, pour éviter
celles qui sont bossées. Un employé, habituellement
préposé à la quincaillerie, se charge de placer
le tout dans des boîtes de carton, sur lesquelles il inscrit
mon adresse. Après la livraison, je constate qu'une boîte
de petits pois Le Sieur de 398 ml est enfoncée en son centre,
quasiment pliée en deux. J'examine la boîte de carton
qui la contenait, elle n'est pas endommagée. De plus, le
carton est épais et rigide.
La
fois suivante, je remets la boîte de conserve écrasée
(probablement du talon)
à celui qui a fait la livraison. Lui dis clairement qu'il
s'agit d'un petit sabotage soit de la part de l'homme qui avait
déposé les denrées dans les boîtes ou du
livreur, c'est-à-dire lui, mais sans le désigner comme
tel. Par la suite, le premier modifiera son comportement à mon
endroit, m'évitera. Le verrai aussi patrouillant au volant
d'un véhicule, qui n'est pas le sien, le nez chaussé de
fausses lunettes ajustées à la vue, à monture
noire, penchant la tête du côté opposé pour
éviter que je l'identifie. (La suite demain)
News
du dimanche 18 mai 2008---------------
■ La
mécanique médiatique mise à nue – Sébastien Bohler n’est pas un journaliste comme les
autres. Il est en plus docteur en neurobiologie. Il vient de publier
un livre où il expose en plein soleil la mécanique
médiatique et les roues dentelées qu’elle met en
mouvement : consommation, inquiétudes, fantasmes et
projections. Il traite particulièrement de la télévision.
(Titre de son livre : 150 petites expériences de
psychologie des médias, pour mieux comprendre comment on vous
manipule – Éditions Dunod)
Dans
la page s’affichant, colonne de gauche, un texte explicatif et
trois entrevues sur vidéos
avec l’auteur du livre.
PS :
Il est un fait confirmé aussi que le téléspectateur
ne dispose pas d’autant de sources d'information que l’internaute.
Que valent en effet une centaine de canaux versus 150 millions de
sites web, que j’évalue au pif ne possédant pas le
vrai chiffre ? L’internaute peut compléter la lecture d’une
news ou le visionnement d’une vidéo en cherchant sur le web
d’autres éléments liés à l’événement.
Il a l’embarras du choix. Pas le téléspectateur, qui
est captif et voit seulement ce qu’on veut bien lui montrer.
Peut-on trouver meilleur outil pour formater un cerveau ? Pensée
unique versus pensée critique, le choix n'est pas difficile à
faire.
■ «Bonjour,
monsieur Martel»,
le ton emprunté et la voix forte – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Jetons un œil sur les établissements commerciaux,
peu nombreux, et faisant l'objet d'une surveillance continuelle de la
part des civils et de leurs collabos. J'étale les faits sans
tenir compte de la chronologie, sauf exceptions, les agglomérant
selon des thèmes. Quand je pars en randonnée,
ordinairement certains me doublent ou me croisent. Dans un petit
village, on ne peut varier à l'infini les trajets. Connaissant
bien mes routines et mon itinéraire de plusieurs kilomètres,
ils disposent de tout le temps nécessaire pour me concocter
des rencontres " fortuites ", bien entendu, et mettre au
point de petits scénarios sympas. L'épicerie du village
est toujours la dernière étape avant le retour à
mon domicile. Allons voir ce qui s'y passe.
2
avril 2001. Une employée me bloque le passage, dans l'allée
longeant les réfrigérateurs des produits laitiers. Ce
n'est pas une première et, curieusement, elle est la seule à
s'adonner à ce petit jeu. Madame place des litres de lait dans
l'un des frigos ouverts. Devant, elle a stationné le chariot
qu'elle utilise pour le transport des produits depuis l'entrepôt
jusqu'à l'épicerie. Elle a déposé sur le
plancher, à côté du chariot, une caisse de lait
vide de couleur… rouge.
Elle
feint de ne pas me voir. Elle travaille avec minutie, se recule un
brin pour s'assurer que tout est bien aligné. Je lui signale
qu'elle fait exprès de me bloquer le passage, et que ce n'est
pas la première fois. Elle se tourne vers moi et enlève
aussitôt la caisse de lait. Je passe, l'entend rétorquer
dans mon dos : « C'est
pas vrai (que je fais
exprès) ». Me retourne et insiste : «
Oui, c'est vrai ».
Elle n'ose pas me regarder dans les yeux, son visage a roussi.
Le
surlendemain, elle est dans une allée, en train de regarnir
des tablettes. Lorsque je m'en approche, elle fait soudainement
tout un tintamarre avec de gros récipients métalliques
vides. Ça fait pif-paf-boum, ça sent la violence à
plein nez. Et juste au moment où je vais doubler son chariot,
elle amorce un mouvement comme si elle voulait me couper le chemin,
mais ce n'est qu'une feinte, m'obligeant tout de même d'arrêter
puis d'accélérer pour libérer rapidement le
passage. Pendant un certain temps, madame me saluera d'un « bonjour,
monsieur Martel »,
le ton emprunté et la voix forte, en sachant très bien
que je ne lui rendrai pas la pareille. Provocation et atteinte à
la dignité.
Février
2002. Un homme me fait remarquer la présence « de
belles femmes ici ».
Justement, il y en a une derrière moi, dans la cinquantaine,
avec son panier, attendant que je libère le chemin. Dans
l'allée suivante, suis bloqué par trois " clients
" poussant des paniers. Le même homme, qui est cette
fois devant moi, la même femme, qui est maintenant à mon
côté, et une autre, juste derrière. Suis encadré,
impossible d'avancer ou reculer. Seul un hélico pourrait me
sortir de là… Comment m'en extraire ? J'opte de faire
allusion à leur métier : « Il
faudrait un agent de la circulation ici », dis-je tout haut. En un rien de temps, ils se volatilisent
tous, comme des pigeons effrayés par un bruit.
Décembre
2001. Au bout d'une allée, un flic en civil surgit, me bloque
le passage, s'attend de toute évidence à ce que je
libère le chemin. « No
sir ! », que je
me dis. J'avance un peu plus et lui enfonce lentement mon panier dans
le ventre : « C'est
dans cette direction que je vais ! »,
cela dit en poussant encore un peu plus. Il n'insiste pas, s'écarte,
passe à côté, me gratifie d'une petite tape dans
le dos, ajoute qu'il voulait seulement « blaguer ».
Je pourrais riposter : " Une blague ? Moi, je pense que
c'est plutôt de la provocation ", mais à quoi bon. (La suite demain)
News
du samedi 17 mai 2008---------------
■ Les
prix en journalisme sont
destinés aux médias traditionnels – Au Québec, certains de ces médias n’arrêtent
pas d’en recevoir, année après année, parfois
à coups de deux ou trois. Pourtant, les journalistes
récipiendaires n’ont pas contribué au développement
de la liberté d’expression, se sont contentés de
fréquenter les sentiers des millions de fois battus. Plus
explicitement, ils ont fait dans l’information traditionnelle, sans
sortir des ornières ou enlever leurs oeillères.
Et
ceux qui les leur attribuent ne prennent pas grands risques. Cela
étant, ils contribuent, eux aussi, à maintenir le statu
quo lézardé et craquelant de partout. De toute
évidence, on ne peut pas compter sur eux pour reconnaître
le mérite de journalistes oeuvrant dans l’alternatif
bénévolement, ou presque. De toutes façons, nous
n’avons pas besoin de médailles ou de trophées pour
traduire la réalité quotidienne telle qu’elle est,
sans faire dans la cachotterie. Pas besoin non plus de fonds de
pension rutilant pour performer. Le feu au cul nous suffit.
■ La
sécurité de votre ordi 15
conseils essentiels – Protéger son ordi, c’est protéger simultanément
sa
vie privée.
1)
Vérifier ses mails (après avoir lu, cliquez sur
SUIVANTE)
2) Filtrer efficacement ses messages
3) Et pour les
messageries instantanées ? Etc.
Rendez-vous jusqu’à
15, en cliquant sur SUIVANTE.
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gratuitement à
la newsletter suivante. Elle vous rendra de bien grands services.
Dans la liste des abonnements s’affichant, cherchez : JDN
Votre High Tech HTML (7e dans la liste). Validez votre abonnement
dans le bas de la page. ■ Convergence
de luttes citoyennes – Ça se passe au début de mai à Toulouse,
l’une des municipalités françaises où
l’engagement social est probablement l’un des plus enracinés
dans la culture. Après une manif, 600 personnes, venant de
différents milieux et organismes (22), ont participé à
ce ralliement dans un parc ensoleillé. L’ambiance était
festive : kiosques, musique, débats. Un beau moment de
solidarité
entre citoyens voulant apporter pacifiquement leur contribution à
la société.
Dans
la page s’affichant, la vidéo (26:00) est un peu plus bas.
■ La
beauté du pardon – Selon Me Julius Grey, défenseur émérite des
droits et libertés, c'est
une erreur de la part de nos législateurs d'avoir donné
aux victimes une voix dans la détermination de la sentence ou
de la date de la libération conditionnelle.
Lisez
le pourquoi dans sa
chronique,
publiée dans le Journal de Montréal.
■ «Vous
n'avez pas eu trop chhhaaauuud ?» – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) À Lac Bouchette, tout, absolument tout, est infiltré
mur à mur. Outre les commerces, les associations et autres
organismes sans but lucratif, dont le Centre Vacance Nature, un
centre de plein air. À l'hiver 2000-2001, j'y faisais
régulièrement un arrêt pour me réchauffer,
boire un café et fumer une cigarette. À cet endroit,
l'infiltration est verticale, du conseil d'administration au
personnel : oui, des civils et des collabos y travaillent.
Infiltrés aussi, les HLM, le Foyer Lac Bouchette (un
foyer de personnes âgées),
l'Ermitage St-Antoine.
Infiltrés
également, la fonction publique municipale et le conseil
municipal ? Chose certaine, ils sont à peu près tous
des collabos : deux conseillers participent à des
patrouilles. Lors d'une élection municipale, l'un des
candidats défaits, qui se présentait à ce poste
pour la première fois, était un civil de la Sûreté
du Québec. Infiltrées également, l'aréna
et la biblio municipale. J'ai fréquentée cette dernière
régulièrement pendant environ deux ans, en moyenne une
fois par semaine. Attardons-nous y un peu.
En
milieu rural, la biblio régionale du Saguenay-Lac-St-Jean
alimente, à tous les deux ou trois mois, la biblios locale.
Celle-ci lui retourne une centaine de livres, la régionale les
lui remplace. Cette dernière choisirait les titres. Cependant,
entre les rotations, l'usager peut, par l'entremise de la biblio
locale, en commander à la régionale. Quelque part au
cours de l'hiver 2001-2002, le nombre des livres sociopolitiques
provenant de la biblio régionale a diminué, diminué…
Au point où plus aucune nouveauté ne présentait
quelque intérêt à mes yeux. Même qu'on a
sauté une rotation. Bien sûr, j'aurai pu commander des
titres, mais cela impliquait presque un mois d'attente, des fois
d'avantage, et n'en obtenais qu'un sur dix. Avait-on créé
artificiellement une disette, cherchait-on indirectement à
m'expulser de la biblio ? J'ai des raisons de le croire.
Puis
au printemps, une bénévole avec laquelle je me sentais
quelques atomes crochus, a cessé d'y travailler. Au début,
je m'inquiétais de son absence, mais on me rétorquait,
un peu vexé ou agacé : « Avec
nous, est-ce que ça va faire pareil ? » Je n'insistais pas. Puis un jour, on m'a enfin avoué
qu'elle n'y travaillait plus. Par la suite, j'ai su d'un proche de la
biblio qu'elle avait quitté parce qu'elle ne s'y sentait plus
tout à fait la bienvenue. Éjectée en douce ? J'y
avais d'ailleurs déjà été témoin
d'un malaise entre elle et une civile. J'en ignore la raison, mais il
était évident que la bénévole
n'appréciait pas ce qu'elle lui demandait de faire. Je la
sentais visiblement irritée.
Par
la suite, deux civiles et une collabo à tout crin ont pris le
relais. Elles y faisaient déjà du " bénévolat
", mais rarement les trois en même temps, alternant leur
présence, une ou deux à la fois. Le triumvirat dispose
désormais des coudées franches. C'est-à-dire ?
Tirer les vers du nez des usagers, peaufiner le profil de chacun à
partir des livres qu'ils empruntent, harceler au passage quelques
anticonformistes ou rebelles à l'ordre tel qu'établi
par ceux et celles qui ne veulent que notre bien, et qui vont
l'avoir. Décider également qui sera in ou out de la
petite biblio. Les connais des pieds à la tête. Elles
patrouillent dans les rues du village, circulent dans les allées
de l'épicerie aussi, on les croise parfois au Carrefour
Jeannois, centre commercial de Roberval.
À
la biblio, l'une des civiles m'accueillait toujours le visage fermé
comme une boîte de conserve, nos rapports étaient d'une
incroyable pesanteur. À trois occasions différentes,
quand je lui avais présenté ma carte de la biblio pour
l'enregistrement sur l'ordi des livres empruntés, elle avait
tendu la main, mais ne l'avait pas prise, la laissant tomber. Lors de
mon avant dernier passage à la biblio, au milieu de l'été
2002, sa collègue m'a demandé, le bec bien arrondi : «
Vous n'avez pas eu trop
chhhaaauuud ? »
Un « chaud »
long, étiré à la limite de son élastique…
Oui, il avait fait chaud au cours de la journée, mais pas tant
que ça. Lui ai demandé si elle cherchait à
m'intimider. Elle en est restée bouche bée. J'ai ajouté
que je connaissais bien son travail caché…
Pendant
les deux années où j'ai fréquenté la
biblio, la responsable m'avait permis de placer mon vélo dans
le petit vestibule. Le laisser à l'extérieur, dans la
grande cours déserte, éloignée de la rue, me
semblait un peu risqué : je craignais les sabotages
policiers. Lorsque le triumvirat policier s'est emparé du
pouvoir, on y a déposé une chaise de bureau. Peu après,
on l'a remplacée par un gros bac de recyclage. Tactique
sournoise, car si elles m'avaient demandé de ne plus l'y
mettre, j'aurais obéi sans discuter. J'ai bien senti en
quelque part que ce n'était pas le vélo que l'on
poussait de plus en plus vers la porte de sortie. La biblio ne
m'apportant plus rien de neuf, j'ai cessé de la fréquenter.
Le triumvirat occupait toute la place, j'ignore s'il y œuvre encore…
bénévolement.
Revenons
sur la température caniculaire pour mieux comprendre le double
sens du qualificatif chaud… Belle journée d'août 2001,
Chemin de la Montagne, deux femmes appartenant à la Sûreté
du Québec. L'une me demande : « Vous
trouvez pas qu'il fait un peu chhhaaauuud ? »
Traduisons le jargon policier : à voir autant de civils
vous surveiller, vous ne commencez pas à avoir un peu peur ?
Relaxe, je m'exclame : « C'est
superbement beau ! »
Et sa collègue de réagir par un « Oh
Yeah ! »
retentissant. Plus loin, rue Principale, un jeune civil,
particulièrement agressif, se pavane à vélo. Il
porte un tee-shirt orange, avec un message imprimé dans le dos
où on peut notamment lire : « Yeah
me… Good luck man. »
Je fais le lien avec le « Oh
Yeah ! » de sa
consoeur.
Une
couple de mois auparavant, il m'avait doublé, dans la partie
déserte de la Route de l'Ermitage, en face de la plage
municipale, pédalant comme un dingue pour ensuite virer à
pratiquement 180 degrés quelques mètres pieds plus
loin, un pied à terre, et revenir et répéter sa
démonstration de force. On cherche l'effet de la cape rouge
sur le taureau, avec l'espoir qu'il se ruera dedans, toutes cornes en
avant, la fumée fusant du museau. La provocation policière,
c'est exactement ça. Ce type habite un édifice à
logements, sur Principale, tout près de l'épicerie, et
du même côté de la rue. L'ai vu, l'été,
se mêler aux autres locataires qui profitaient du beau temps
sur les galeries, la petite pelouse… Endroits propices aux
confidences. (La suite demain)
News
du vendredi 16 mai 2008---------------
■ La
concentration des médias aux USA à
l’origine des médias alternatifs – Le cinéaste Christophe Joly a tourné un film sur la
résistance des médias alternatifs au sein de la
première puissance mondiale : ON AIR. Tv.bruit, un média
alternatif français du web, l’a interrogé sur le
tournage effectué en sol américain. L’entrevue est
précédée d’une brève intro expliquant
le début de la concentration des médias américains
et d’une intervention intéressante de Naomi Klein, auteure
du livre No Logo. Aux États-Unis, cette journaliste engagée
joue un rôle de premier plan en la matière.
La
concentration des médias a essaimé partout dans le
monde occidental, ce qui a produit les mêmes effets : des
médias alternatifs y ont également été
créés. Personnellement, je considère que mon
site étaupolicier.com en est un. Le visiteur y trouve des
textes, des photos et des vidéos traitant de sujets dont il
n’entend à peu près jamais parler dans les médias
traditionnels. Il y a effectivement de l’info qui ne circule pas.
Ce qui revient à dire : ne soit pas un citoyen, mais un
consommateur ou achètes et fermes ta gueule. Le média
alternatif demeure la seule façon de sortir de cette pensée
unique.
Durée
de la vidéo
26:18. Dans la page s’affichant, l’écran est plus bas.
Le
film ON
AIR est disponible ici,
mais n’est pas gratuit. Cependant, vous avez accès à
d’autres extraits. Vous pouvez également explorer le site,
qui contient des infos.
Pour
avoir accès à un écran plus grand, je vous
suggère fortement de télécharger gratuitement le
Nouveau RealPlayer. Il vous sera d’un précieux secours en
maintes circonstances. Lorsque vous l’avez sur votre ordi, un petit
panneau s’affiche, vous offrant d’enregistrer chaque vidéo
que vous voulez visionner. Il est indispensable. Seule mise en
garde : évitez d’enregistrer des vidéos
protégées par des droits d’auteurs, autrement vous
piraterez.
Dans
la page s’affichant, colonne de gauche, un peu plus bas, cliquez
sur TÉLÉCHARGEMENT
REALPLAYER GRATUITEMENT, la version française.
■ Expérience
à imiter ? – Dans la ville de Kananga, au Congo, des enfants de la rue
s’occupent de la propreté urbaine : ramassent des
ordures, balayent des artères, repeignent et remettent en état
des bordures, etc.
Lorsqu’ils
acceptent de participer à ces travaux, à la fin de
chaque journée, ils reçoivent un dollar pour se
nourrir, plus 30$ à la fin de chaque mois. L’expérience
est basée sur le volontariat. Une superbe de bonne
idée !
Largement préférable à la répression.
■ Ouverture
du Festival de Cannes réussie – Le clou du spectacle : Ritchie
Evens interprète Oh My Lord. À visionner jusqu’à la fin, ça
vaut le coup !
■ Galerie
d’Art québécois Au
P’tit Bonheur – Beaucoup de belles toiles et sculptures à contempler, 28
artistes à
découvrir. Dans la page s’affichant, cliquez sur chaque
photo pour accéder à d’autres : un clic, pour
les agrandir.
5
photos d’un style différent, plus
contemporain.
D’autres
œuvres
d’art à explorer :
l’avènement de la vidéo permet de nouvelles formes
d’expression artistique, aux peintres et sculpteurs. Certains
aiment, d’autres pas.
■ L’enquête
sur le décès de Robert Dziekanski
(suite)
Taser
admet que l’arme n’est pas sans risques – Tom Smith, son président, a soutenu hier, rapporte
Radio-Canada International, que cette arme cause moins de blessures
et de décès que les coussins gonflables dans les
automobiles.
L’enquête
publique a été amorcée en Colombie-Britannique,
province du Canada, à la suite au décès, en
octobre dernier, d'un immigrant polonais à l'aéroport
international de Vancouver. Robert Dziekanski avait reçu
plusieurs décharges de ce pistolet.
Dans
une autre dépêche de Radio-Canada International, la mère
de la victime, Zofia Cisowski, a réclamé, lors de son
témoignage hier, un moratoire sur cette arme. Elle a affirmé
que sans le Taser son fils serait encore vivant. Son avocat, Me
Walter Kosteckyj, a demandé que le moratoire soit maintenu
jusqu'à ce que « les
inquiétudes sur la sécurité de cette arme aient
reçu une réponse », et que les règles
concernant son utilisation soient redéfinies.
Comme
tant d’autres, je suis de très prêt cette enquête.
Je vous informerai de ses suites au fur et à mesure.
■ Les
civils propagent dans le village de fausses rumeurs – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Suite de l'épisode, en janvier 2002. Je remarque
devant la même maison une femme, qui fait régulièrement
de la patrouille à pied dans le village, et un homme de six
pieds, près d'une motoneige. De loin, je le vois de dos et, au
fur et à mesure de ma progression dans sa direction, il pivote
légèrement de manière à ce que je ne vois
toujours que son dos. Bien sûr, pour m'empêcher de
mémoriser, sinon son visage, en tout cas son profil. Pas
grave, je le reconnais quand même.
C'est
le civil qui était dans la petite-maison-aux-écrans
lorsque je suis passé devant et qui m'a regardé
par-dessus sa télé. Qui lançait à ma
poursuite le chien hargneux, sur la 155, l'homme pratiquant son golf,
l'homme au coupe-herbe sous une pluie fine. Ça vous revient ?
Sur le chemin du retour, quand je repasse devant, l'homme me fait une
petite démonstration de son savoir : il fait pivoter sur
place à vive allure son engin rageur, imitant en cela le VTT.
Le lien est fait, j'ai trouvé la base d'attache. On a dû
la changer de place depuis, car la maison porte désormais son
numéro civique.
Au
printemps 2002, j'aurai droit à un autre spectacle du genre,
quoique moins violent, parce que sans cabrioles, mais pas moins
hurlant. Deux VTT me doublent à haute vitesse sur la Route de
l'Ermitage, près de l'intersection du Chemin de la Montagne.
Sachant qu'ils vont revenir, leur objectif étant de
m'intimider, je m'arrête, sors ma caméra et attends.
Quand ils ne sont plus qu'à une vingtaine de pieds, je clique
de face, pivote d'un demi tour et reclique, de dos ce coup-là.
Plus loin, ils sont immobilisés côte à côte.
L'un des conducteurs me demande si j'ai pris des photos. « Oui »,
que je réponds sans m'arrêter. « Pourquoi
? » « Pour
le plaisir. »
En
plus des VTT, le village compte une couple de voitures dont la radio
est ouverte au max. S'en dégage une certaine agressivité,
car on entend que les grosses batteries, pas la musique, et à
fond la caisse. Elles circulent à différents moments de
la journée, plus particulièrement le printemps et l'été
quand il fait beau, un peu moins à la fin de l'automne et
presque pas l'hiver, sauf durant les fêtes de fin d'année.
Dans la soirée du mercredi soir 26 décembre 2001, entre
20h et 21h, je l'entendais distinctement de mon appart, pourtant
situé à l'arrière de l'édifice devant
lequel passe la 155. Je les avais remarqué dès mon
arrivée au petit village, à l'été 1999.
Cependant, ce n'est que deux ans plus tard, à l'été
2001, que j'en ai vraiment saisi la dimension psychologique. Dans ce
genre d'enquête, la vérité prend du temps à
se dévoiler telle qu'elle est.
Cet
après-midi-là, j'avais été la cible d'une
attention particulière de la part de civils et de leurs
collabos. Le déclic s'est fait sur la Route de l'Ermitage. À
environ 800 pieds devant moi, j'ai aperçu ces deux véhicules
stationnés en parallèle, dans le secteur inhabité
et désert séparant les lacs Bouchette et Ouiatchouan,
près de la plage. Même à cette distance,
j'entendais distinctement le rythme lourd des batteries. J'ai alors
craint l'agression physique. Leur conducteur, je les connaissais,
n'étaient pas d'humeur à plaisanter. Un moment, j'ai
songé à rebrousser chemin. Mais j'avais le droit de
circuler, et il ne pouvait être question de céder au
totalitarisme policier. Prudent, je m'étais mis à
rouler de l'autre côté de la route. C'est ainsi que,
maîtrisant ma trouille, j'ai réussi à passer
nonchalamment devant eux.
Par
la suite, lorsque j'entendrai ce boum-boum-boum, il aura une toute
autre signification, associée à la violence policière,
psychologique et physique. C'est de fait l'équivalent d'un
couvre-feu. Il est parfois accompagné d'accélérations
inquiétantes, de crissements de pneus. Les grosses gueules au
volant n'ont rien de rassurantes. Cette démonstration de
force, car c'en est une, joue le même rôle que les VTT.
C'est l'avertissement de la police en civil de dégager… mais
seulement pour ceux sachant décoder ses messages subliminaux.
Combien
sont-ils, ceux qui savent ? Je l'ignore. Faudrait interroger des
citoyens. Je n'ose pas. Ici, suis coincé exactement comme je
l'étais lors de mon enquête à Montréal.
Peur de tomber sur un collabo ou un flic que je n'ai pas encore
repéré. Comportement obligé si l'on veut éviter
les dérapages musclés de civils. Interroger des
citoyens entrait dans la catégorie des choses à ne pas
faire, surtout pas. De toute façon, ils me coupent de tout
contact extérieur.
En
outre, mes connaissances en matière policière n'ont
aucune commune mesure avec celles des citoyens. J'enquête sur
les activités clandestines de l'underground policier depuis
plusieurs années et j'ai lu des centaines d'ouvrages, normal
que je sois plus informé qu'eux. À cela se greffent
toutes mes années en journalisme, où j'ai appris bien
des choses. Je sais aussi que, pour nombre d'entre eux, la police a
une valeur émotionnelle. L'argument massue : le citoyen
qui n'a rien à se reprocher n'a pas peur de la police. Quoi
rétorquer à ça ? Comme disait l'autre :
raisonner de manière rationnelle avec des gens qui ne le sont
pas, et sur des questions qui ne le sont pas non plus, ça
donne rien.
Les
rares occasions où je me suis vraiment ouvert la trappe, j'ai
néanmoins constaté qu'ils cliquaient lorsque je leur
disais que les civils, hommes et femmes, et leurs collabos entrent
même dans les maisons privées. Une dame m'a lancé,
en se soulevant de sa chaise pour éviter un faux plis à
sa robe et se croiser la jambe : « Ben
là, par exemple ! »
Elle était sur sa galerie, on s'était salué, la
connaissant de vu, m'étais arrêté un moment pour
en jaser et essayer de connaître le fond se pensée.
Jusqu'à ce moment, elle n'avait pas réagi à mes
propos. À partir de là, je crois qu'elle a commencé
à comprendre de quoi il s'agissait exactement.
Les
citoyens du village doivent bien l'entendre, eux aussi, ce battage à
fond de caisses. Peut-on avancer que la très grande majorité
en ignorent la véritable signification ? Je le crois. Au
village, ceux qui ont l'air un peu voyou et bagarreur sont assez
souvent des civils, jeunes et vieux. Ce sont des leurres qu'ils
lancent à droite et à gauche pour attirer ceux qui
seraient tentés de commettre un petit vol, une petite fraude
ou autres petites entorses à la loi.
Mais
ils sont là d'abord et surtout pour réprimer
clandestinement et illégalement les citoyens portant atteinte
aux politiquement et puritainement corrects et sortir de l'espace
publique ceux y circulant sans raison. Ils ont également une
autre mission… Ne sachant pas qu'ils sont des flics, la population
doit penser que se sont des gens qui ne font pas grand chose de leurs
dix doigts, décrochent de temps à autre de petits
emplois d'une journée ou deux, et probablement criminalisés
et peu recommandables.
Sans
omettre un fait capital : la police en civil propage dans le
village de fausses rumeurs sur leurs collègues déguisés
en bons en rien ou en voyous, qui sont ensuite reprises et colportées
par des collabos. Un village n'est pas une grande Cité, alors
ce n'est pas long qu'elles trouvent écho au sein de la
population. Quelques collabos très proche de la police savent
que ce sont des mensonges, mais n'en continuent pas moins leur beau
travail. Ainsi ce chauffeur de taxi clandestin, qui passe son temps à
me dire du mal de certains civils, sciemment, dans le but évident
d'étoffer leur fausse identité. Combien de fois l'ai-je
entendu me dire qu'un tel, c'est un homo ; que tel autre ne travaille
pas, n'arrête pas de boire et se droguer ; que tel autre encore
vend de la drogue et a déjà fait de la prison ; que
telle femme, c'est une putain ; etc. La liste est longue… En somme,
du monde qu'il faut éviter et fuir, car potentiellement
dangereux.
Peut-on
trouver mieux pour mousser la prévention contre la
criminalité, inciter les citoyens à se ranger derrière
la police ? Celle-ci est passée maître dans l'art de
devenir indispensable à leurs yeux, en créant à
la fois l'offre et la demande. Peut-elle aller jusqu'à monter
de toutes pièces de faux actes criminels ? J'en suis
convaincu, bien que dans le petit village je n'en aie pas été
témoin, ni à Montréal du reste. De toute façon,
ces coups fourrés, à moins d'une chance inouïe,
vous ne pouvez en être témoin. Ils sont soigneusement
planifiés et suffisamment compartimentés pour que vous
n'y voyiez que du feu. Il n'empêche que deux incidents, qui
m'ont été rapportés, me portent à croire
que la police en civil en était peut-être à
l'origine : des civils se disant victimes de… faux vols. (La
suite demain)
News
du jeudi 15 mai 2008---------------
■ Soudain
surgit de l'autre versant un VTT rageur – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) La Sûreté du Québec n'utilise pas que
des chiens pour empêcher les piétons et cyclistes de
circuler dans le village et les chemins forestiers. Quand j'entendais
des coups de freins suivis d'accélérations et de
crissements de pneus rageurs d'un véhicule au moment où
il me doublait ou croisait, que je voyais des VTT, sans plaque
d'immatriculation, effectuer des cabrioles : rouler sur les
roues arrière, virer dans un angle serré en faisant
poivrer du gravier sur l'asphalte, circuler sur le trottoir. Ou que
j'étais confronté à des VTT circulant à
haute vitesse, la très grande majorité du temps
c'était l'œuvre de civils de la Sûreté du
Québec.
Les
faits que je vais relater se sont produits à la limite de la
partie urbanisée du village, dans une portion de la Route de
l'Ermitage et sur deux chemins de gravier déserts, sans
témoin, et en pleine forêt : Chemin de la Montagne
et Chemin du Barrage. Dans cette partie boisée, pas
d'acrobaties, dont j'ai quelques fois fait l'objet. Seulement de la
haute vitesse potentiellement dangereuse pour le cycliste que je
suis. Ç'arrivait au moment où je ne m'y attendais pas,
bien que ça coïncidait, infailliblement, avec des
confidences de nature policière que j'avais faites la veille à
un ou deux citoyens. En somme, un avertissement sérieux de me
la fermer, sinon…
Un
jour, j'entreprends, sur le Chemin de la Montagne, la montée
de deux côtes passablement raides et qui se suivent. Soudain
surgit de l'autre versant un VTT rageur, j'ai tout juste le temps de
me ranger sur le côté. Habituellement, je les entendais
venir de loin, mais pas cette fois. La manœuvre d'intimation était
bien synchronisée. Décrivons les lieux pour mieux la
comprendre. Après la première côte, s'enchaînent
un palier plat d'une couple de centaine de pieds, puis une courbe et
une deuxième côte. On peut penser que le conducteur du
VTT s'était immobilisé au sommet de la 2e côte,
moteur au ralenti, attendant qu'un collègue lui signale mon
arrivée au pied de la 1er côte, pour ensuite dévaler
sans bruit la 2e côte, prendre la courbe et, après avoir
subitement accéléré sur le palier plat, surgir
devant moi à une vitesse infernale.
Des
deux chemins forestiers cités, celui du Barrage est le plus
étroit, une voie au lieu de deux, par conséquent le
plus risqué. J'évalue le niveau de dangerosité
au bruit du moteur. S'il ne fait que vroum-vroum, pas de problème.
Par contre, si je l'entend rugir au loin, je juge bon de descendre du
vélo et me ranger sur le côté, le dos collé
aux broussailles : il n'y a pas d'accotement. Le bolide n'en
passe pas moins comme un coup de vent devant moi, m'enveloppe dans un
nuage de poussière. À une occasion, j'ai eu la mauvaise
idée de lui indiquer de la main de ne pas aller si vite.
Monsieur n'a pas aimé, m'a serré de plus près
encore, simulé même un petit coup de guidons dans ma
direction pour m'effrayer, sans toutefois modifier sa trajectoire.
J'étais furieux.
À
la limite de la partie urbanisée du village, les scénarios
diffèrent. Ainsi, ce jour où deux VTT roulaient dans ma
direction à une vitesse agressive, violente, rugissante. L'un
des conducteurs a ralenti et cabré son véhicule comme
un cheval, ne se déplaçant plus que sur les deux roues
arrière, s'amusant ensuite à tourner en rond en
soulevant beaucoup de poussière. L'autre a monté sur le
trottoir. Je n'en revenais pas, me suis arrêté pour bien
les observer, jusqu'à ce qu'ils disparaissent dans une rue
transversale. Impossible de les identifier, à cause du casque
protecteur et l'absence de plaque d'immatriculation. Ce n'était
pas la première fois que l'on me faisait une démonstration
de force de la sorte. À deux reprises, je les avais suivis
pour savoir où ils remisaient leur VTT. Un vélo est
moins rapide qu'un véhicule motorisé, ce n'était
pas long que je les perdais de vue. Ce jour-là, cependant,
j'ai la certitude de les trouver. N'attendant plus les moteurs, leur
base d'attache ne doit pas être bien loin.
Décrivons
ce secteur, pour la compréhension de la suite. Sur la Route de
l'Ermitage (imaginons une tige à la
verticale), entre la rue Principale et le
pont, une seule rue débouche sur cette artère, c'est la
rue du Lac (ajoutons à la tige
verticale une branche à l'horizontale).
Lorsque vous êtes un peu éloigné de cette
intersection et voyez un véhicule tourner, vous en déduisez
qu'il a pris la rue du Lac. Cependant, vous pouvez être induit
en erreur par une illusion d'optique, car le conducteur peut s'être
engagé dans une entrée, entre deux maisons, pour se
stationner à l'arrière. C'est précisément
ce qui est arrivé, ce jour-là, mais, ne le sachant pas
encore, je tourne sur la rue du Lac : pas de VTT à
l'horizon.
Cette
rue s'étire sur une assez bonne distance, ils ne pouvaient
l'avoir parcourue avant mon arrivée. Tournant la tête à
gauche, j'aperçois alors, à ma grande satisfaction,
dois-je avouer, la porte sur rail d'un petit garage se fermer
rapidement. Ne l'oublions pas : j'étais sur la rue du Lac
(la branche à l'horizontal) qui permet de voir les cours arrière des maisons dont la
façade donne sur l'autre rue, la Route de l'Ermitage (la
tige à la verticale). Un homme fait
les cents pas devant la porte du bâtiment, sur le côté
gauche un chien blanc attaché. Une femme, un chien en laisse,
sort de la maison voisine : je la connais bien, elle patrouille
dans les rues du village et est infiltrée un peu partout,
notamment à la bibliothèque.
Je
ne crois pas que l'homme m'aurait permis de regarder à l'une
des fenêtres, encore moins d'entrer dans le garage. Me donnait
l'impression d'être là justement pour m'empêcher
d'approcher si jamais l'envie me prenait. Une sentinelle en quelque
sorte. Les engins et leur chauffard devaient être à
l'intérieur. Je décide de ne pas pousser ma chance plus
loin, pour le moment. Ce secteur fait partie de mon itinéraire
habituel, j'aurai amplement l'occasion d'examiner ça de plus
près. Les jours suivants, je constaterai que la maison ne
porte pas de numéro civique. Au cours d'une autre randonnée,
j'emprunterai le chemin d'entrée et roulerai jusqu'à
l'arrière de la maison, le chien de garde se mettra à
japper, n'insisterai pas. Tout cela se déroulait en
septembre-octobre 2001. (La suite demain)
News
du mercredi 14 mai 2008---------------
■ Un
surf d’1 minute 29 secondes… – …mais
tout un…
■ Roméo Dallaire, général
canadien à la retraite… – … estime que le traitement du jeune canadien Omar Khadr, arrêté
à l’âge de 15 ans en Afghanistan et détenu
depuis 6 ans à Guantanamo, abaisse le Canada et les États-Unis
au niveau des terroristes. Selon lui, en faisant fi de ses droits et
des conventions internationales, ces deux pays ne font pas mieux que
ceux qui n'accordent aucune importance aux droits.
L’ex-général
n’est pas le seul à le dire : Khadr est une victime, un
enfant soldat qui devrait être réhabilité et
réintégré à la société
plutôt que traduit en justice devant ce qu'il considère
être un tribunal illégal.
Lisez
l’article de La
Presse Canadienne.
■ 40e
anniversaire de Mai 1968 – Vu de l’étranger, l’événement historique
avait été perçu par certains comme une rupture
entre l’ancien monde et le nouveau : De Gaulle, alors
président de la France, avait du reste pris sa retraite
quelques mois après. Les émeutes de ces dernières
années démontrent un malaise évident dans ce
pays où droite et gauche se succèdent au pouvoir.
Trop
de l’une ou de l’autre est aussi pire que pas assez. Sans la
droite, la gauche deviendrait tyrannique, et vice-versa. La
démocratie a besoin des deux pour survivre, déployer
d’avantage ses ailes. La dualité permet d’avancer ou… de
reculer. Un équilibre par toujours facile à maintenir.
Bref, un combat sans fin et nécessaire. Le prix à payer
pour ne pas sombrer dans la pensée unique.
En 68,
la police ne disposait pas des nouvelles technos de l’info. En ces
années 2000, oui. S’ajoute à ça le fait que
devenir collabo de la police à l’année longue est
bien vu de nos jours. Alors, la répression clandestine est
plus efficace. De nos jours, on neutralise sans que la cible ne s’en
rende compte. Nos sociétés occidentales sont devenues
des étangs sans ride, ou presque, métaphore illustrant
l’emprise psychologique de la police et de ses collabos. Tout est
sous contrôle. Nous vivons désormais dans un monde soft.
Mais pour combien de temps encore ?
Revivez,
ou vivez pour la première fois, les
événements de mai 68.
Vous pourrez ensuite comparer entre ce qu’était la liberté
et ce qu’elle est devenue.
■ Citoyens
écornifleurs et chiens… renifleurs – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Sur la 155, se trouve un îlot de trois maisons. J'y ai
remarqué, une dizaine de fois, une femme et un homme qui
prenaient place dans une balançoire sur la galerie de la
première maison. Plusieurs autos étaient parfois
stationnées sur le côté. Dès le début,
j'ai soupçonné ces gens de surveiller les véhicules
circulant sur la 155.
Un
après-midi, alors que j'arrive dans le secteur, la femme,
m'apercevant, prend son cellulaire (le
vieux modèle beige, donc probablement prêté par
la Sûreté du Québec),
le colle à l'oreille. Fait-elle un appel, ou en simule-t-elle
un, pour informer la police de mon passage ? À une autre
occasion, j'entend une femme, invisible derrière la
moustiquaire de la porte, répéter deux fois à
son chien, à voix basse : « Attaques…non
! » Encore un
autre à la carrure athlétique. Il est assis sur la
pelouse devant la galerie, me zieute, ne semble pas intéressé
à ma cheville.
Les
anecdotes canines abondent. Retenons en deux dernières, elles
tranchent sur toutes les autres. Vous savez désormais qu'il y
a des citoyens écornifleurs, dont de petits commerçants,
des livreurs et des vendeurs itinérants itou ! Mais
saviez-vous que la police en civil utilise des chiens… renifleurs
de drogues, sans même que les reniflés ne s'en rendent
compte ?
Septembre
2001, Chemin du Barrage, je marche à côté de mon
vélo. Me proviennent d'une couple de centaine de pieds plus
loin en avant des éclats de rires et cris de femmes. Ne les
vois pas, des broussailles m'en empêchent. Quand je suis sur le
point d'arriver à leur hauteur, elles en sortent, comme par
hasard, et se dirigent vers moi. Trois femmes accompagnées
d'un chien. Je les reconnais. Deux travaillent chez un dépanneur,
l'équivalent d'un mini poste de police : une civile et
une collabo, qui cohabite avec un homme, également collabo. La
troisième, sans doute une collabo aussi, a déjà
travaillé comme cuisinière au Centre Vacances Nature.
La
civile s'arrête à une dizaine de pieds, en plein milieu
du chemin, pieds écartés, mains sur les hanches, menton
relevé, l'attitude de celle cherchant à vous
impressionner. Elle avance, se place de l'autre côté du
vélo, nous entamons une conversation décousue. Son
chien arrive, va l'y rejoindre. Elle l'empoigne par l'encolure et
dirige sa tête vers le sac sport accroché aux guidons de
mon vélo et où j'enfourne un petit lunch, des
cigarettes et ma caméra jetable. Le chien y dépose son
museau. De ses deux mains, elle frotte vigoureusement son encolure.
Quelques mots encore et le trio s'en va. Je viens d'être
contrôlé par un chien renifleur. Si j'avais eu de la
drogue dans mon sac, il aurait réagi et j'étais fait.
Le trio ne sait pas que je sais.
Même
été 2001, Chemin de la Montagne. Un membre de la petite
élite marchande s'en vient dans ma direction, sur l'autre
versant de la chaussée. Comme d'habitude son gros chien
l'accompagne. Je vais l'y rejoindre. Pendant que nous discutons de
choses et d'autres, j'assiste au même scénario que plus
haut. Seule différence, il ne contrôlera pas le sac fixé
à mes guidons (parce que ayant déjà été
contrôlé ?) mais le ceinturon que je porte à la
taille, contre le ventre, et contenant les disquettes de ce livre. Il
est sous mon imper jaune dont j'ai remonté la fermeture
éclaire, donc invisible. Le collabo sait qu'il est là,
dessous, autrement il n'aurait pas pris la tête de son gros
toutou et en diriger le museau en plein dessus. S'ensuivent des
frictions énergiques à l'encolure. Résultat
négatif : pas de drogue, pas de réaction du chien.
Je
décide alors de faire savoir que je connais leur petit truc.
Environ une semaine après, lorsque j'aborde Snowbird dans le
même secteur, lui signale que des civils de la Sûreté
du Québec utilise des chiens renifleurs, en explique
brièvement le modus operendi, sans toutefois préciser
que j'en ai été l'objet ni mentionner le nom de la
civile et du commerçant. Va-t-il répéter mon
propos à ce dernier, qui est l'un de ses voisins ? Le cas
échéant, le déclic se fera dans sa tête,
se dira : " Martel était donc conscient de ce que je
faisais ! " Oui, il le lui dira, car celui-ci changera
d'attitude à mon endroit. Pour être bien certain de mon
affaire j'adopterai deux tactiques.
La
première. Il est de l'autre côté de la rue, et,
sans le saluer ni même lui dire un mot, je lui adresse un long
sourire complice, bouche grand ouverte, pour bien lui faire sentir
que je sais et ne lui en tiens pas rigueur. Cet homme, qui pourtant
m'a toujours apparu sévère et réservé, me
gratifie alors du premier sourire depuis que je le connais. Un large,
insistant, épanoui, un peu plus il se plierait en deux et se
taperait la cuisse. Il savait que j'étais au courant.
Deuxième
tactique. Cette fois, elle consiste à ne pas le regarder, ni
le saluer. Là, il change du tout au tout, je le sens inquiet.
À une autre occasion, il marche avec sa conjointe. Il a le
visage défait, a vraiment l'air atterré, démoli.
Ne l'ai jamais vu dans un tel état. Il doit craindre que je
propage l'info dans le village. Heureusement, il retombe assez
rapidement sur ses pieds car les semaines suivantes, je le sens
agressif, cherchant à m'impressionner, ce qu'il n'avait jamais
fait auparavant. (La suite demain)
News
du mardi 13 mai 2008---------------
■ Tom
Smith, président de Taser : cette
arme n'est pas sans risques – Il l’a reconnu lors de l’enquête publique tenue
en Colombie-Britannique (Canada) portant sur le décès
du Polonais Robert Dziekanski. «Il
y a une différence entre contribuer et causer (la mort) », a-t-il dit. «Est-ce
que le Taser peut causer la mort ?»,
lui a demandé Me Vertlieb . «Il
ne faut jamais dire jamais»,
a-t-il répondu.
Lisez l’article de La
Presse Canadienne.
■ Amitié entre un
ours polaire et un huskie – Le photographe était sûr que son huskie
se ferait bouffer. Colonne de gauche, écran bleu pâle,
titre : Rêve de PAIX. Diapo réalisé à
Churchill, Manitoba, Canada. Le village est dans le corridor
migratoire qu’empruntent chaque automne des ours polaires pour
aller chasser le phoque dans la Baie d’Hudson. Et en attendant que
la glace prenne, ils circulent librement dans et en périphérie
du village. Chaque photo est suivie d’un commentaire. Cliquez pour
voir la suite.
PS :
Début des années 1980, j’y suis allé faire un
reportage sur ce port de mer pour le Téléjournal de
Radio-Canada. Arrivé par avion au petit aéroport, taxi
(j’y repère un resto), motel, entré dans la chambre y
déposer ma valise, sorti par la porte latérale pour
aller au resto. Longue marche sur une route déserte aussi
large qu’une piste d’atterrissage de 747, luminaire aux 200
mètres, noirceur, poudrerie, resto. Retour au motel à
pied. La réceptionniste me demande d’où je viens :
« Du resto
». « Mais,
monsieur, il y a des ours polaires, ici. »
Oups ! Mon reportage portera finalement sur ce sujet. Le lendemain,
je constate en effet qu’il y en a beaucoup. L’ai échappé
belle, comme on dit.
■ Québec :
deux manifs dont
les médias ont peu parlé – Celles contre la brutalité policière et de la
Journée internationale des travailleurs et travailleuses.
Photos
de la manif du 1er mai,
journée internationale des travailleurs et travailleuses,
tenue dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal.
Cliquez dessus pour les agrandir. Autres
photos ici. Il y
a des textes à lire sur les sites où je vous réfère.
Vidéos
de CTV et
d’Urgence.tv sur l’événement.
Enfin,
la manif contre la brutalité policière, tenue à
Montréal, le 15 mars. Elle était organisée par
le Collectif opposé à la brutalité policière
(site du COBP).
Vidéo de l’événement par Urgence.tv,
qui est spécialisée dans les faits divers.
■ «Deux,
ça suffit !»,
que je me dis – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Deux jours après, la Sûreté du Québec
remet ça. L'action se déroule sur la 155, devant cette
maison où habite le chien qui parfois me pourchasse. Sur la
pelouse, à cent pieds de la route, un homme pratique son golf,
le même que d'habitude. Je me dis qu'il va se tenir tranquille,
son maître est là. Ben non, ça recommence. Fâché,
je lui crie de surveiller son « maudit
de chien ». « Hein
? »
M'arrête, le lui répète, puis je dépose
mon vélo sur l'accotement et lance quelques pierres à
la bête.
Le
jour suivant, l'homme vient à peine de descendre de sa
camionnette, près de la maison, que le chien s'élance
dans ma direction. Lui crie de le rappeler, semble n'avoir pas
compris. Environ 400 pieds nous séparent, et, pendant qu'il
marche vers moi, je m'arrête et lance des roches à
l'animal. En colère, il me somme d'arrêter, accélère
le pas visiblement pour s'en prendre à moi.
Je ne
bouge pas, lui fais même signe de la main de s'en venir. La
situation est si ridicule que je doute qu'il passe à l'acte,
s'il est le moindrement intelligent. Quand il arrive, il chasse la
bête, qui est à cinq pieds, menaçante, m'exhibant
ses canines. Je tente de lui expliquer la situation, il ne veut rien
savoir et s'en retourne. Peu après, il utilisera un autre
scénario, celui du maître sortant de la maison et du
chien qui en profite pour se faufiler et courir vers moi.
Autre
tentative d'agression, quelque temps plus tard. Cependant, ce
jour-là, j'ai trouvé une parade pour m'en prémunir.
Au lieu de rouler dos au trafic, je roule sur l'autre versant de la
route. Là, ce ne sera plus moi qui risquerai d'être
frappé par un véhicule, mais son chien si jamais il
décide de venir m'y rejoindre. Au loin, je vois monsieur
sortir de la maison, oui encore lui, tenant quelque chose à la
main. Voilà une autre apparition dans le paysage suffisamment
synchro pour ne pas penser à la présence de caméras
cachées.
J'entends
le bruit d'un petit moteur. Un coupe-herbe ! Alors que le ciel,
grisâtre d'un horizon à l'autre, est à l'orage et
qu'une petite pluie fine tombe déjà. J'examine
attentivement les lieux, pas de chien. J'ignore qu'il est dissimulé
dans les joncs, en bordure de la route, et attend mon arrivée
pour bondir. Cependant, il n'ira pas loin, n'osera pas la traverser.
Dans
le petit village policier, j'ai découvert un tas de petits
secrets des civils de la Sûreté du Québec et de
leurs collabos. Exemples. Au cours de ma randonnée à
vélo, quand sur mon passage des chiens me jappent après,
que quelques portes claquent, que certains, dissimulés
derrière leur maison, frappent un bon coup sur du métal,
ce sont là des signes évidents que l'underground
policier n'a pas du tout digéré les propos que j'ai
tenus, ou l'attitude adoptée, la veille ou l'avant-veille. En
ai même vu un, un peu en retrait dans l'entrée de sa
cour, faire rugir sa tronçonneuse, l'extrémité
de l'engin pointée dans ma direction. Sa conjointe, à
ses côtés, elle aussi une collabo, avait enfilé
son capuchon pour cacher son visage : trop tard, madame, j'ai eu
le temps de vous identifier.
Les
collabos collectent sur le terrain une myriade de petits détails
sur la vie privée de tout un chacun, et n'ayant rien à
voir avec la criminalité. C'est du renseignement qu'ils font.
Sans le savoir, ils aident Big Brother et Big Sister dans leur tâche.
Chaque fois que je pars en randonnée, je m'imagine les voir et
les entendre quand je passe devant leur résidence. Le ou la
groupie de la police téléphonant à un ou une
autre groupie pour l'informer qu'il vient tout juste de me voir à
sa fenêtre, de me surveiller à la sienne où je
devrais passer dans quelques minutes : selon moi, la police,
cachottière comme je la connais, ne les a sûrement pas
informés de la présence des caméras extérieures.
Bien sûr ce n'est quand même pas tout le village à
la fenêtre, ils sont tout au plus une quarantaine environ,
incluant des petits commerçants et de leurs employés.
Illustrons.
Été 2001, rue Principale, je dévale une pente.
Au moment pile où j'arrive devant une maison, la porte s'ouvre
brusquement, un très gros chien beige, à la gueule
proportionnelle, surgit tout à coup sur la galerie fermée
et se met à japper après moi, semble vouloir en
enjamber le garde-fou. Je sursaute, pense, inquiet, qu'il va se
lancer à ma poursuite. Ne le voyant pas derrière, je
m'immobilise plus bas, rebrousse chemin, prudemment, et vois une
femme le faire entrer. Bien synchronisé.
En
octobre, c'est un boxer qui en sort. Dans l'embrasure de la porte,
j'entrevois quelque chose que je n'arrive pas à distinguer.
L'intérieur de la maison est sombre. Est-ce l'œil bien rond
et noir d'un adulte qui me fixe ou… la gueule d'un fusil qu'on
pointe dans ma direction ? M'arrête un peu plus loin, le chien
est déjà en bordure de la rue, ne semble pas agressif,
ne jappe pas. « Deux,
ça suffit ! »,
que je me dis. Le lendemain, je prends des photos, de l'autre versant
de la rue. Ç'a été la fin de cette forme
d'intimidation : ma caméra inquiète mes
agresseurs. (La suite demain)
News
du lundi 12 mai 2008---------------
■ La
GRC censure le rapport sur
la mort de Robert Dziekanski – Même le nom de la victime n’y figure pas, encore moins
celui de l’agent de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui a
utilisé le Taser, à l’aéroport de Vancouver.
Lisez l’article de La
Presse Canadienne dressant la liste des infos absentes.
Prenez
connaissance aussi de cet autre : en Ohio, un tribunal a ordonné
le retrait de toute référence à l’arme Taser
dans les résultats
d’autopsie.
■ L’informatique
en photos – Monter
son ordi en
pièces détachées : 33
Des
technologies qui continuent d’effrayer
Les
hackers et pirates informatiques vus par le cinéma
Les
piratages qui ont marqué l’histoire informatique
Outils
de hacking pour
les experts
15
exensions de sécurité pour Firefox
Plugins
de sécurité
pour Internet Explorer
■ Des coups de feu m'accompagnent
sur un bon kilomètre – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Peu après, dans cette même partie boisée du
Chemin de la Montagne, un VTT arrive derrière moi. Son
conducteur ralentit, un civil que je reconnais sous son casque
protecteur. Il m'avertit de ne pas faire le saut, que son chien s'en
vient derrière : « C'est
pour la chasse aux canards »,
me crie-t-il, avant d'accélérer et disparaître
dans une courbe. Dans les secondes qui suivent, un beau labrador noir
arrive au grand galop, à la poursuite de son maître. Ces
chiens sont doux, n'en ai pas peur, d'autant que son attitude n'est
pas agressive. Je crois l'épisode clos, n'y pense plus.
Mais
le vois revenir sur ses pas, ventre à terre encore. Cinq
minutes s'écoulent, puis c'est encore lui, langue pendante,
commence à être un peu essoufflé. À la
sortie d'une courbe, je l'aperçois, il marche au pas, nez au
sol, va et vient d'un bord à l'autre du chemin, s'avance un
peu dans la forêt, en ressort, avant de repartir de plus belle,
cette fois dans ma direction. Ensuite, c'est le VTT. Le civil
s'informe si j'ai vu son chien. Lui indique qu'il est à
environ un quart de kilomètre plus haut. Il me remercie et
part l'y rejoindre.
Au
belvédère, je m'assieds pour griller une cigarette.
Vroum, vroum, le VTT et le flic aux guidons ! Salutations d'usages.
Le chien ne l'accompagne pas. Et quand j'arrive à la hauteur
de son chalet, le prétendu chasseur de canards scie du bois à
la tronçonneuse. Depuis le printemps 2001, je passe à
cet endroit et fait le chemin inverse pour revenir chez mois une
quarantaine de fois par mois. Immanquablement, monsieur se manifeste
sur son terrain, effectuant de petits travaux ou sortant par hasard
de son chalet. Parfois il me regarde, parfois me salue de la main,
mais ne lui réponds pas. Autant de coïncidences supposent
la présence de caméras. Provocation policière,
rien d'autre. Les autres proprios de chalet, je les vois rarement.
Chasse
aux canards, disait-il. Me reviens à la mémoire deux
événements survenus moins d'un mois plus tôt. Sur
le Chemin du Barrage qui sillonne la forêt, trois coups de feu
suivis d'environ 2 autres de moindres calibres m'accompagnent sur un
bon kilomètre. Ils proviennent probablement d'une voie
parallèle, pas loin de là. À l'intersection du
Chemin de la Montagne, tiens une civile s'adonne à la marche
rapide, semble-t-il. Brève conversation, et chacun poursuit
son chemin. Un autre bang résonne tout près… Oups !
Le
surlendemain, même chemin, deux chasseurs sur un VTT, le
passager a déposé son arme en travers de ses cuisses,
la gueule du canon pointé à la hauteur de mes jambes.
L'homme cache son visage, la tête tournée dans la
direction opposée, est agrippé aux épaules du
conducteur comme si le véhicule roulait à plein régime,
alors que, au contraire, il se déplace au pas. Les deux
occupants scrutent la forêt, à la recherche de…
perdrix. Au cours de la même période quelqu'un m'y avait
doublé au volant d'une voiture. Sa plaque d'immatriculation
commençait par " 210 ABA… ". Une plaque-message,
comme les autres qu'il m'arrive de voir.
Circuler
à vélo sur la route régionale 155 exige plus de
prudence que sur la rue Principale du village ou un chemin forestier.
À surveiller surtout les gros camions tirant deux remorques
d'une vingtaine de roues chacune et transportant des troncs d'arbres
destinés aux scieries. À l'été 2002, un
chien de grosseur moyenne, particulièrement hargneux, s'est
lancé à quelques occasions à ma poursuite, près
de l'intersection de la Route de l'Écluse. Rusé, il
jappe seulement quand il n'est plus qu'à quelques pieds de ma
cheville. Je sursaute, donne un coup de guidon vers le centre de la
route pour éviter la morsure. C'est instinctif, pas le temps
de penser au véhicule qui s'en vient peut-être derrière
moi. Éminemment dangereux.
Après
sa première agression, je m'en méfiais, gardais un œil
vers la maison de ses maîtres, située à environ
500 pieds de la route, vérifiais s'il n'avait pas entrepris de
traverser la grande pelouse, ventre à terre, pour venir
m'attaquer. Cependant, les semaines s'écoulent sans récidive,
ma vigilance s'assoupie jusqu'au jour où il me surprend de
nouveau, je crampe ma roue. Le réalise l'instant d'après,
suis en beau maudit. Heureusement, aucun véhicule derrière.
La
fois suivante, une camionnette, venant en sens inverse, me précède
de peu, emprunte l'entrée jusqu'à la maison, au fin
fond du terrain, s'y stationne sur le côté, et son
conducteur n'est pas sitôt descendu que le chien se rue dans ma
direction. J'ai la conviction que l'homme l'a incité à
m'attaquer : le même civil de la petite-maison-aux-écrans.
S'en suit une accalmie de quelques jours.
Entre-temps,
début septembre, Route de l'Écluse, suis la cible d'une
autre tentative d'intimidation, cette fois de la part d'une civile.
Elle a reculé sa camionnette bleue métallique, flambant
neuve, dans l'entrée d'une vieille maison en rénovation.
Elle est accroupie dans une petite remorque rouge, s'affairant à
je ne sais quoi, et, au moment où j'arrive, l'entends dire
« wa »
(signal d'attaque ?). Aussitôt un gros chien noir, vraiment
impressionnant, que je n'avais pas vu, surgit de l'arrière du
véhicule en grognant et bondit dans ma direction. Pendant une
fraction de seconde, je me dis que cette fois, ça y est, je
vais y goûter. Mais il ne va pas loin, une laisse l'immobilise
d'un coup sec, la cabre sur ses pattes arrières.
Le
Lendemain, la camionnette bleue est stationnée le long de la
façade de la maison. Sur le chemin du retour, madame est
debout derrière la petite remorque, attachant un tissu…
rouge à l'un des vieux madriers qui en débordent.
M'arrête, le temps d'une photo. J'applique ici la technique
d'Hirigoyen, dont j'ai parlé plus haut, et consistant à
faire savoir à mes agresseurs que je ne les laisserai pas
faire. (Marie-France Hirigoyen - Le
harcèlement moral - Éditions
Syros) Un peu plus loin, autre arrêt, car je présume
qu'elle s'apprête à partir et va probablement emprunter
la même route pavée. La voilà qui arrive, deux
autres photos : de madame au volant, souriante, et de la plaque
d'immatriculation.
À l'épicerie du village,
je constate qu'on n'a pas apprécié. Un conseiller
municipal, impliqué jusqu'aux oreilles dans la répression
policière souterraine et illégale à l'encontre
de citoyens du village, me salue d'un petit «bonjour monsieur»,
salutation sèche, formulée le bec arrondi et tout
plissé : des citoyens votant pour lui ne le savent
probablement pas qu'il participe à la répression dont
ils sont la cible… Habituellement, il me tutoie, mais là il
veut me signifier sa désapprobation. (La suite demain)
News
du dimanche 11 mai 2008---------------
■ Monter
son ordi en pièces détachées – Pourquoi ? Ça coûte moins cher, vous commandez les
pièces nécessaires à la puissance que vous
souhaitez et êtes assuré que parmi les éléments
il n’y en a pas d’usagés. Ensuite, lorsqu’il y a bris,
vous pouvez effectuer vous-même certaines réparations et
sauver ainsi de la main-d’œuvre.
Trois
vidéos, trois
étapes : le déballage, le montage des composants et le
branchement. Après chaque une, cliquez sur SUIVANTE, plus bas.
À la fin de l’audition de la troisième vidéo,
cliquez sur VOIR LE GUIDE PRATIQUE EN 33 PHOTOS.
Petit
conseil : ne jamais laisser votre ordi dans un atelier de
réparation. Prenez rendez-vous avec le technicien afin
d’y assister. Et si on refuse votre présence, allez
ailleurs. Pourquoi ? Les ateliers sont souvent infiltrés par
des cyberflics, hommes et femmes.
Testez
gratuitement la vitesse
de votre connexion Internet
■ Facebook :
danger ! – Les données confidentielles que vous dévoilez à
Facebook
ne sont pas protégées. Donc accessibles à
n’importe qui sachant comment les y trouver. Et ceux cherchant à
savoir qui vous êtes ne sont pas tous bien intentionnés.
Là, on parle de vols d’identités à des fins
criminelles, notamment : pour les cyberflics, ce site est une
mine d’or d’infos de toutes sortes à votre sujet.
Pour
avoir un bon aperçu des dangers plus que potentiels : un
texte en français du Monde faisant état d’une enquête de la BBC
(textes et vidéos en anglais) et une vidéo (09:34) en
français.
Le narrateur, qui n’est pas visible, explique, écran
Facebook affiché, où vont vos données. Ses
explications sont ponctuées de pauses afin de vous permettre
de lire les infos sur l’écran.
Renseignez
vous, c’est la meilleure façon de protéger votre vie
privée.
■ Le
Québec frappé par
l’effet boumerang des subprimes – Pour le moment, c’est ce secteur qui est touché. Selon
le quotidien Le Soleil, les reprises de maisons sont en hausse de
33%. Lisez l’article du journaliste Pierre
Couture.
■ Des
photos à perte de vue – 27
diapos… Dans
la page s’affichant, colonne de gauche, à la queue-leu-leu ;
grande quantité d’autres
disponibles ici.
■ Des
films animés… – …vraiment superbes. Ils sont réalisés par
Talantis
Films. L’âge
du cinéphile n’a pas d’importance, ici. Dans la page
s’affichant, l’écran est plus bas. Après ce premier
visionnement, revenez au sommet de la page, il y en a d’autres qui
vous attendent. Suis pas mal certain que vous allez apprécier.
En tout cas, moi, ça me fait bien rigoler : les deux dragons,
en particulier.
■ J'avais
gardé mon calme, mais n'en menais pas large – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Au cours de ce même été 1999, un autre chien,
dont la proprio demeure près de l'Hôtel de Ville, rue
Principale, m'avait agressé à deux occasions, sans
toutefois me mordre, alors que je me rendais à l'épicerie.
À l'époque, je n'avais pas encore de vélo, me
déplaçais à pied. Dans une situation semblable,
on se sent pas mal plus vulnérable. La dernière attaque
avait été pour le moins inquiétante.
Contrairement à la précédente, il ne s'était
pas contenté de me suivre derrière en jappant et
grognant.
Là,
il me faisait face, tentait de me faire rebrousser chemin. Il
n'arrêtait pas de sauter à environ trois pieds devant
moi, la gueule béante et baveuse, jappait, grognait, les
canines toutes sorties. Effrayant, et assourdissant aussi, vraiment.
J'avais gardé mon calme, mais n'en menais pas large, continué
d'avancer lentement, sans le regarder. L'incident s'était
déroulé à quelques pas de la porte d'entrée
du domicile de sa maîtresse. Suis convaincu que madame ne
l'aurait pas laissé en liberté si elle avait été
absente. Par conséquent, qu'elle entendait ses jappements,
mais n'était pas intervenue.
Une
semaine après, il avait fallu que je retourne dans le centre
du village, faire un autre marché à l'épicerie.
À pied ! Malgré un ciel bleu sans nuage, j'avais
apporté mon parapluie télescopique. Peu avant d'arriver
au même endroit, le même chien agressif était
apparu d'un coin de la maison, là où se trouve la porte
latérale. Venait-on tout juste de le faire sortir ? Oui. Je
crois qu'on savait que je m'en venais : utile la
télésurveillance. Il avait amorcé son approche
sournoise, les oreilles couchées, l'air menaçant, pour
me refaire son numéro. J'avais alors pointé le
parapluie dans sa direction, appuyé sur le bouton, et l'avais
utilisé comme bouclier. Étonné, son agressivité
s'était muée en curiosité.
C'est
à ce moment-là que j'étais allé à
l'Hôtel de Ville loger une première plainte auprès
du secrétaire-trésorier de la municipalité.
Lorsque, l'été de l'année suivante, j'y suis
retourné pour une deuxième, celle-là contre la
proprio du chien qui m'avait attaqué dans la grande côte,
ce fonctionnaire municipal devait bien se souvenir de ma démarche
précédente…
Sauf
que là, il réalisait que le déclic s'était
fait dans ma tête, réalisait aussi ma détermination
d'aller au fond des choses, d'où le léger
empourprement, son visible embarras… Suis convaincu qu'il était
au courant que la Sûreté du Québec utilise des
chiens pour empêcher des gens de circuler dans la village.
Entorse au règlement municipal interdisant, sous peine
d'amendes, qu'un chien circule librement dans les rues. Faudra
l'amender d'un alinéa pour légaliser les activités
canines clandestines de la Sûreté du Québec.
Examinons
d'autres rencontres canines… Dix-neuf octobre 2001, Chemin de la
Montagne, là où le gravier succède à
l'asphalte, un chien noir se faufile dans les hautes herbes. Je ne le
vois pas au complet, mais par contre je sais qu'il est gros et
s'apprête à sortir du terrain d'un chalet pour me
rejoindre. Le cri d'une femme le ramène à l'ordre,
cette fois-ci… Une autre petite guéguerre souterraine de la
Sûreté du Québec, par chien interposé,
s'amorce.
Le
lendemain, le chien part du fond du terrain pour se diriger
rapidement vers moi d'un pas souple, sans courir. Deux hommes, l'un
accroupi, examine le dessous du chalet, pendant que l'autre, debout à
ses côtés, l'observe. Je leur crie de surveiller le
chien. Bref coup d'œil dans ma direction de l'homme debout qui, au
lieu de l'appeler, se détourne et concentre son attention sur
ce que l'autre est en train de faire. S'écoulent quelques
secondes avant qu'il ne siffle et que le chien ne s'immobilise. Dans
l'intervalle, il a eu le temps de se rendre jusqu'à moi, à
dix pieds, en plein milieu du chemin, me barrant le passage. Bête
impressionnante, élancée, athlétique, oreilles
taillées pointues, pas agressive, mais qui me toise pendant
quelques secondes avant d'obéir à son maître.
Dimanche 21 octobre,
Chemin de la Montagne. Je croise l'une des deux femmes de l'escouade
cycliste citoyenne. Un peu plus loin, je fais ma halte habituelle au
belvédère, endroit montagneux où je peux me
remplir les yeux du panorama s'étendant à mes pieds, et
griller une cigarette. Sa collègue surgit tout à coup,
ne l'ai pas entendue venir, elle grimpe la côte à pied,
vélo à son côté. Je redoute que le molosse
me cause des difficultés, m'en confie à la collabo, qui
me dit le trouver « ben
tannant, ce chien-là ».
L'a-t-elle vu quand elle est passée devant le chalet ? Non,
elle n'a pas passé à cet endroit-là, elle vient
d'un peu en aval, me dit-elle, d'une maison bleue, blanche, verte :
vérification faite, aucune maison ou chalet n'est peint de ces
couleurs dans le secteur.
Je connais bien
madame, elle demeure près de chez moi, dans la petite rue
débouchant sur la 155, en face de
l'ex-petite-maison-aux-écrans : la conjointe du civil. Et
le chalet où résident les proprios du chien est un
passage obligé. Bref, un mensonge gros comme une maison. Puis
elle me lance, cette formulation typiquement policière :
« C'est beau ! »,
et part rejoindre sa copine.
Dans l'instant qui
suit, une camionnette… rouge, couleur-message, se pointe le nez
dans la courbe passant devant le belvédère où je
suis assis sur une roche, et arrivant de la même direction que
vient tout juste de prendre la collabo. Elle s'est pointée
dans un silence intégral, comme la collabo plus tôt.
L'homme au volant me salue de la tête, une femme l'accompagne.
En voilà deux autres impliqués dans la pseudo police
communautaire. Ils habitent la même maison que la patrouilleuse
en scooter, dont j'ai parlé plus haut.
La passagère de
la camionnette tourne la tête, s'étire le cou pour me
regarder par la lunette arrière, puis la tourne dans l'autre
direction, et jette un œil sur un chalet, situé à
environ trois cents pieds en contrebas, sur le bord du Lac Bouchette.
Une harpie qui espionne les citoyens, avec son chauffeur attitré,
cheveux courts, bec pincé, regard sévère et
plein de suspicion.
Le molosse occupe mes
pensées. Dans un fossé, je déniche une branche
cassée, l'émonde un peu, la place en travers des
guidons, prêt à m'en servir. Quand j'arrive dans son
secteur, il est là, trône au plein milieu du chemin, à
environ 300 pieds du terrain de son maître. Dès que
j'apparais dans son champ de vision, il aboie trois fois, toutefois
sans trop de conviction. Il se permet néanmoins quelques bonds
dans ma direction, mais suis suffisamment loin pour avoir le temps de
grimper dans un arbre s'il décidait d'attaquer. Que faire ?
C'est le seul point de passage, autrement je devrai reprendre mon
itinéraire à l'inverse pour revenir chez moi, me taper
près de vingt kilomètres. Heureusement, une camionnette
arrive, je fais signe, explique au conducteur la situation, il
accepte de me prendre à bord avec le vélo, me fait
franchir le no men's land.
Lundi
22 octobre. Je rencontre, à son domicile, un conseiller
municipal, impliqué dans la répression clandestine. Lui
explique la problématique, incluant mon enquête sur la
police en civil, dis ne pas vouloir me plaindre à l'Hôtel
de Ville, une employée m'ayant informé qu'il faut
composer le 911, que la Sûreté du Québec est
chargée de faire respecter ce règlement. Il me coupe la
parole : « Non,
non, dit-il et fait-il de
la tête, c'est pas de
même que ça marche ».
Il prend son cellulaire, rejoint, je crois, le nouveau
secrétaire-trésorier de la municipalité, règle
l'affaire en deux minutes. Le lendemain, au point de passage, pas de
trace du molosse, seulement quatre personnes travaillant fort à
rassembler les feuilles mortes sur le terrain. Après une
journée de relâche à cause de la pluie, j'y
repasserai de nouveau. Pas âme qui vive, ni chien, et la
cheminée ne fume plus. Les lieux sont redevenus ce qu'ils sont
la plupart du temps, inhabités. (La suite demain)
News
du samedi 10 mai 2008---------------
■ Le
vrai visage de la guerre – Les États-Unis (qui mène l’OTAN par le bout
du nez), le Canada et la France, entre autres, font la guerre aux
Talibans de l’Afghanistan : ceux-ci ne sont pas tous des
terroristes. Ici, au Canada, le gouvernement conservateur de Stephen
Harper tient des propos à ce point soporifiques qu’on en
vient à croire que l’armée canadienne mène une
guerre propre, propre. Sauf que ce genre de guerre n’existe pas.
À
la base aérienne de Bagram, en Afghanistan, la police
militaire américaine était chargée de la
sécurité des prisonniers, jusqu’au jour où le
Renseignement militaire lui a demandé de les préparer à
l’interrogatoire en les affaiblissant, humiliant, les cassant. Dans
les vidéos que vous allez voir, des tortionnaires de l’armé
américaine s’expriment.
L’un
dira : « Obtenir
des informations (des
prisonniers), c’est tout
ce qu’on nous demandait.
» Un autre : « Quand
on est dans des situations démentes, on pose des gestes
déments. » Un
troisième : « J’aurais
dû suivre ma propre moral, au lieu de suivre les autres. Mais
je ne voulais pas me désolidariser des collègues. »
Après une pause : « Allez
là-bas (en Irak et
en Afghanistan), vous
comprendrez. » Enfin
ce commentaire qui en dit bien long sur ce qu’est une guerre :
« Voir des copains
mourir, ça peut inciter à dépasser les limites. » Bref, à la guerre personne ne se fait de cadeaux.
Titre :
Un taxi pour l’enfer
Quelques uns des intervenants : Brian
Cammack, caporal USA, Irak ; Eric Lahammer, renseignements
militaires, USA, Irak ; Ken Davis, police militaire, US ; John
Hutson, amiral ; Tony Lagournis, interrogateur, USA ; Lawrence
Wilkerson, colonel, USA, Irak ; Dan McNeill, général,
USA, Irak ; Tim Golden, New York Times ; Sergent Thomas Curtis, USA,
Afghanistan ; Sergent Anthony Morden, USA, Afghanistan ; Soldat
Willie Brand, USA, Afghanistan ; Soldat Damien Corsetti, USA,
Afghanistan ; Capitaine Christopher Beiring ; Glendale Walls,
caporal, afghanistan, USA, etc. D’ex-prisonniers témoignent
aussi
Vidéo
1 (durée
19:31).
Vidéo
2 (durée
19:33)
Vidéo
3 (durée
19:46)
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4 (durée
19:34)
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5 (durée
19:31)
Vidéo
6 (durée
05:07)
■ J’ai
beaucoup de problèmes techniques… – … avec mon ordi. C’est immanquable : à chaque
fois où le directeur général de la Sûreté
du Québec, Normand Proulx, n’aime pas ce que j’écris,
tout se met à mal fonctionner. Ça fait près de
10 ans que ça dure, alors je sais de quoi je parle.
Qu’est-ce
qu’il n’a pas aimé, Proulx, cette fois-ci ? Probablement,
et entre autres, ce sous-titre, voir plus bas : Le
fonctionnaire qui jappait s'est adouci. Plus tard, il quittera ses
fonctions ;
et cet autre, à voir aussi plus bas : La
Sûreté du Québec utilise à mon encontre
des chiens dressés à l’attaque.
J’ai
un millier de bonnes raisons de croire que le ou la cyberflic qui
bousille mon ordi occupe un appartement mitoyen au mien. L’édifice
où j’habite depuis près de 10 ans (DIX ANS), dans le
petit village policier de Lac Bouchette, a toujours été
occupé par des civils de la Sûreté du Québec.
■ Le
fonctionnaire qui jappait s'est adouci, plus
tard, il quittera ses fonctions – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Milieu de juin 2000, un autre chien s'attaque à moi, alors
que je grimpe à vélo la grande côte située
à l'une des extrémités de la rue Principale.
Elle est assez raide, j'avance lentement. À la hauteur d'une
résidence, l'agressif arrive en trombe et bondit sur moi sans
avertissement. Tout se passe à la vitesse de l'éclair.
J'exécute en catastrophe un demi-tour pour éviter la
charge, pas le temps de vérifier si un véhicule monte
ou descend la côte, et entreprends illico la descente. S'il y
avait eu un véhicule, il m'aurait frappé. Je suis
furieux. La propriétaire de ce chien est l'une des deux femmes
qui s'étaient amenées au journal D'un Lac à
l'autre et avaient exigé que je leur cède une page et
demie du numéro de décembre 1999. Pas la conjointe du
civil, l'autre.
Dès
le lendemain, je vais porter plainte à l'Hôtel de Ville.
Explique à la préposée de la réception
l'objet de ma visite. Elle me dit de composer le 911, que c'est la
responsabilité de… la Sûreté du Québec.
Pas question, que je rétorque. En ce cas, enchaîne-t-elle,
adressez-vous au secrétaire-trésorier, m'indiquant de
la main son bureau, juste à côté. Je le connais
bien, ce type. À l'automne 1999, alors que j'étais
responsable du journal local, je lui téléphonais pour
compléter les infos du procès-verbal de la réunion
du conseil municipal. À Chaque fois, j'étais vraiment
étonné de la rudesse de sa voix, affûtée
comme la lame d'un couteau. Il ne parlait pas, il jappait. Assez
intimidant, merci !
Alors,
j'entre dans son bureau, lui relate l'agression canine, précise
que là, j'ai l'intention d'aller au fond des choses, car c'est
la deuxième plainte contre un proprio de chien que je loge
auprès de lui. Ma détermination le fait roussir un
brin. Pendant que je l'observe, il farfouille maladroitement sur le
dessus d'une pile de papier posée sur sa table de travail,
silencieux, cherche à se donner une contenance, ne sait pas
trop comment réagir. Pour être franc, je le sens coincé.
Finalement, il me dit qu'il va téléphoner à la
dame. L'homme qui jappait s'est adouci : un ou deux ans plus
tard, il quittera ses fonctions.
Ma
détermination n'est pas feinte. C'est que des flashes se
bousculent dans ma tête et permettant de comprendre enfin ce
qui se passe, car il se passe bel et bien de quoi. L'année
précédente, à la fin de juin 1999, quand j'avais
quitté Montréal pour m'installer définitivement
au village, j'avais habité une semaine dans une résidence
privée, dans l'attente d'un appart. J'y avais fait l'objet de
déstabilisations policières, dans la cuisine parmi les
casseroles. Ma logeuse, ainsi que je l'ai déjà relaté,
hébergeait à l'occasion un civil : celui qui a
fort probablement dupliqué les disquettes contenant ce livre.
Un midi, alors que nous étions à la table, il avait
pris place en face de moi et passé son temps à bouger
de la tête en me dévisageant, de façon
caricaturée. La reculait d'un coup sec ou la penchait sur le
côté, la redressait, etc. Complice, ma logeuse m'avait
servi un bol de soupe presque vide, l'équivalent de deux ou
trois cuillérées.
J'avais
alors réalisé que c'était un panier de crabes et
souhaitais en savoir davantage. Alors dans les jours qui avaient
suivi mon aménagement dans un appart, j'étais allé,
à quelques occasions, rendre visite à mon ex-logeuse.
Ainsi, cette fois où trois étrangers étaient en
train de souper : une femme d'une quarantaine d'années,
qui m'exhibait généreusement sa croupe, un jeune homme
et une jeune fille. Elle m'avait présenté la femme
comme étant la conjointe du propriétaire de la maison
d'en face, celle de l'intersection, et propriétaire aussi de
la petite scierie, m'avait-elle précisé. Ajoutant que
madame était la mère du jeune homme, et la jeune fille,
l'épouse de ce dernier, tous deux de passage dans le village.
À une autre visite, autre tablée. Là, mon
ex-logeuse m'avait présenté notamment l'époux de
madame qui, m'avait-elle précisé, avait vendu sa petite
scierie et s'apprêtait à emménager dans un
village près d'Alma.
Par
la suite, on avait fait le nécessaire pour me signifier que
mes visites n'y étaient pas appréciées. Les
déstabilisations se multipliaient, dont certaines étaient
appuyées par l'intervention d'un chien que je n'avais jamais
vu, et visiblement dressé pour intimider une cible : mon
ex-logeuse n'en avait pas. Nous étions dans la cuisine et
quand je me levais de ma chaise, il se dirigeait vers moi, la
démarche chaloupée, les yeux un peu fous, je craignais
qu'il m'attaque. À une occasion, lui tournant le dos, il
m'avait attrapé de ses dents par le fond de culotte et tiré,
y faisant même un petit trou, sans me mordre cependant. Il
appartenait, prétendait mon ex-logeuse, au jeune couple de
passage dans la maison d'en face, qui appartient à
l'ex-proprio de la petite scierie, me répétait-elle.
La
petite scierie lui avait-elle vraiment appartenu ? Plus tard, un
représentant syndical y travaillant me confiera : « Lui,
je le connais, il reste jamais longtemps à la même
place. » Tout
était faux, dans ce scénario monté par la Sûreté
du Québec : faux jeune couple, faux parents, faux
proprio. Ils habitaient cette même maison située à
l'intersection où le nom des rues avaient été
intervertis, vous vous rappelez ? Celle derrière laquelle se
trouvait la petite-maison-aux-écrans, la
civils-femme-de-ménage ? Scénario confirmé du
reste par des incidents…
Alors
que je sortais de chez mon ex-logeuse, j'avais entendu le claquement
d'une porte, levé la tête : de l'autre côté
de la rue, sur la pelouse, la présumée épouse du
jeune homme. Elle avait fait deux pas accélérés,
comme si allait bondir dans ma direction, pendant que le même
chien me gratifiait d'un aboiement. Un seul, précédé
d'un roulement dans la gorge, et reconnaissable entre mille autres. À
deux reprises, après le couché du soleil, l'entendrai
passer en trombe sur la pierre concassée longeant le mur
extérieur de mon appart et lâcher, juste devant la
porte, son aboiement caractéristique. (La suite demain)
News
du vendredi 9 mai 2008---------------
■ Cyclone,
faune, paysages politiques et autres – Cyclone
en Birmanie –
Bolivie
– Cliquez sur la flèche, à droite
Les
Andes La
Namibie La
Patagonie
Le
Botswana Le
Chili
Au
plus près du tigre de Bengale
– 30
Périple
de la flamme olympique
– 30
Les
drôles de photos
– 15
Mai
68 revient sur les murs
– 24
■ La
Sûreté du Québec utilise contre moi
des
chiens dressés à l’attaque – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Peut-on ajouter à la télésurveillance
l'écoute téléphonique ? Je ne sais pas mais…
Jeudi 4 octobre 2001, midi trente, je vais téléphoner à
la cabine de Bell, située à l'extérieur de la
station d'essence de la 155, n'ayant pas le téléphone à
mon domicile. Je l'utilise rarement plus d'une fois par mois, mais
ces derniers temps j'ai quelques appels urgents à loger et
souvent quelqu'un me précède de quelques minutes. Ça
m'intrigue. À cause des synchronismes, bien sûr, mais
aussi de leur attitude. Pendant qu'ils conversent au téléphone,
ils sont tourné vers moi et me regarde, parfois ils sortent de
la cabine en affichant un petit sourire.
Un
homme descend d'un véhicule et y entre juste au moment où
j'arrive. Habituellement, je me tiens à l'écart pour
laisser l'usager converser en toute intimité. Cependant, ce
jour-là, je veux essayer de savoir ce qui en est vraiment,
alors je m'installe juste à côté des portes
battantes de la cabine, l'oreille bien déployée.
« Est-ce que le
rassemblement est fait ? »
demande-t-il à son interlocuteur à l'autre bout du
fil : en matière d'écoute téléphonique,
le mot « rassemblement »
fait-il parti du jargon policier ?
Il se
racle la gorge et, pendant une bonne minute, semble attendre que
l'autre ait vérifié et répondu à sa
question. Puis, il dit ne pouvoir parler longtemps, quelqu'un (moi)
attend pour téléphoner et raccroche. En sortant, il me
dit : « Je vous
laisse le téléphone, il est tout chaud. »
Je m'y installe, observe la wagonnette à bord de laquelle il
monte. Sur le pare-choc avant, une plaque portant le numéro
00-000. Plaque-message ? Cherchait-on à me signifier que même
mes conversations téléphoniques étaient sous
écoute ? Jouait-on à me le faire croire ou
l'étaient-elles vraiment ?
Abordons
un autre volet de la répression clandestine et illégale
des civils de la Sûreté du Québec à mon
encontre. Pour le moins ahurissant, celui-là, réellement.
Avant mon arrivée au journal local D'un Lac à l'autre
et après mon départ de celui-ci, la Sûreté
du Québec a tenté de m'empêcher de circuler à
pied et à vélo dans le village en utilisant notamment
des chiens dressés à l'attaque. Lorsque j'en étais
l'éditeur délégué et le journaliste, elle
ne pouvait utiliser ces méthodes à mon encontre, car il
y avait risque que j'en fasse échos dans ses pages.
Pondérons
tout de même : des chiens dressés à feindre
l'agression physique. Dressage présumé puisque je n'ai
jamais été mordu. Le problème est que vous
ignorez qu'il n'y aura pas morsures et l'attaque est à ce
point convaincante que vous pensez qu'ils vont vous manger tout rond.
Il me faudra plus d'un an avant de comprendre que la répression
policière se cachait derrière les violences canines.
Répète-t-on le pour ne pas l'oublier : la
meilleure répression est toujours celle que le citoyen ne voit
pas. Pourquoi ? Les tactiques étant illégales, le
citoyen pourrait intenter des poursuites si les flics portaient leur
uniforme. Comme vous allez voir, l'affaire est sérieuse.
Début
mai 2000, j'ai eu à composer avec un obstacle majeur, en
bordure de la forêt, près de chez moi : un chien enragé
d'une race bâtarde et aussi gros qu'un berger allemand. Je ne
m'y attendais pas parce que ne l'y avais pas vu auparavant. Alors
j'ai la frousse de ma vie quand il surgit soudainement de l'arrière
d'une maison et fonce à vive allure sur moi, grognant, les
canines sorties et cherchant à me mordre la cheville. Je
réussis à l'esquiver en sprintant et composant du mieux
que je peux avec nids de poules et cailloux. Fort heureusement,
l'endroit est suivi d'une pente, que je dévale en moins de
deux. Dans l'après-midi, me faut repasser devant la maison
pour revenir chez moi. Cette fois, suis armé d'un branche d'un
arbuste, alors quand il se rue sur moi, suis un peu mieux préparé
à l'affronter.
N'empêche.
J'ai peur des gros chiens agressifs. Impossible de téléphoner
au proprio de l'animal. J'en ignore le nom, des gens de mon entourage
également. C'est que cette maison, isolée et située
au sommet d'une colline, est en rénovation, les samedis et
dimanches. Le reste de la semaine, une parente, amie ou conjointe
habite entre-temps dans une petite roulotte. Pas question d'aller
frapper à sa porte pour m'enquérir du nom du proprio...
Vais-je y retourner ou pas ? Finalement, je me dis que je vais tout
même pas me priver des plaisirs de cette belle forêt,
tout près de mon domicile, à cause d'un chien qui ne
sait pas vivre.
Un
matin, prenant mon courage à deux mains, je décide de
lui faire face. Je tiens dans la main droite une branche d'aune, du
même côté que la maison. Rusé, il m'attaque
cette fois sur la gauche. Je crie au propriétaire d'appeler
son maudit chien. En périphérie, j'entrevois une femme,
près de la roulotte, qui l'appelle, mais d'une voix si
faiblarde et peu convaincante qu'il ne l'entend même pas.
En
fin d'après-midi, madame est debout devant la roulotte,
presque au garde-à-vous, me souriant, sans chien aux
alentours. Attitude et sourire caricaturés, pour bien me faire
sentir qu'elle se foute carrément de ma gueule. Elle
m'attendait, de toute évidence. À cause de la présence
d'arbres et d'un bâtiment, son champ de vision est d'environ
500 pieds. M'a-t-elle aperçu au moment où elle
s'adonnait à jeter un oeil à la fenêtre de la
roulotte ? L'avait-on averti de mon arrivée ?
Après
quelques jours de répit où j'ai pu circuler sans
problème, il m'agresse à deux autres occasions. Lors de
l'une d'elles, curieusement, il vient à ma rencontre alors que
je commence à peine à gravir la colline et que la
maison n'est pas encore visible. Il se contente d'abord de courir
dans le champ bordant le chemin et de japper pour ensuite passer à
l'offensive quand j'arrive à la hauteur de la maison. Il est 8
ou 9h00 du matin. De l'intérieure de la roulotte, me parvient
la même voix faiblarde l'appelant. Cette fois, elle
ensommeillée en plus. Un appel l'encourageant quasiment à
poursuivre son attaque. Je réussis à lui échapper.
Vers la fin de l'après-midi, quand j'emprunterai le chemin à
l'inverse, mon agresseur n'y sera pas. Pendant un certain temps,
j'aurai la paix. (La suite demain)
News
du jeudi 8 mai 2008---------------
■ La
débrouillardise n’a pas de limite – Un groupe de musiciens britanniques voulait produire un clip,
mais n’avait pas les sous pour en défrayer le coût.
Comment faire ? Élémentaire, mon cher Watson. Il a
utilisé des caméra de la télésurveillance :
il y en aurait plus de 4 millions au Royaume-Uni. Ensuite, ainsi que
le permet la loi sur la liberté d’information, il a réclamé
les images. Et voici ce que cela a donné : The
Get Out Clause -
Paper
PSITT
: Selon Mike Neville, responsable du bureau des images de Scotland
Yard, les images provenant des 65 000 caméras londoniennes
n’ont permis d’élucider que 3% des vols commis sur la voie
publique. Lisez
l’article ici.
Sur le
site où de vous envoie, vous avez accès à deux
courts reportages radio sur la télésurveillance +
également au site gouvernemental du Royaume-Uni présentant
la stratégie britannique de développement de la
vidéosurveillance + enfin, au site de la ministre française
de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, et à son
programme relatif à l’Installation de la Commission
nationale de la Vidéosurveillance.
■ Clip du Groupe français Justice, belle
propagande pour la police ! – Attention : je ne dis pas qu’il est de connivence avec la
police. Explications. Le clip Stress a été tourné
dans une banlieue française. On y voit un gang d’ados
agressifs se livrant à plusieurs incivilités grossières
à l’encontre de citoyens, en frappant même quelques
uns, semant le désordre partout où il passe. Le punch,
à la fin : l’un lance un cocktail-molotov à
l’intérieur d’une auto.
On ne
peut manquer de faire lien avec les émeutes survenues ces
dernières années dans plusieurs de ces banlieues. Sur
le web, j’ai retenu ce commentaire de quelqu’un qui a vu la
vidéo : « Pourquoi
souffler sur le feu »
?
Et la
connivence involontaire ? Le Groupe électro Justice donne
raison aux flics français. Sarkozy et Le Pen vont être
contents, eux aussi. Personne ne pourrait tolérer ce genre de
comportements. Du même coup, Justice
affaiblit le message socio-économique des émeutiers.
Remarquez, y’a pas de quoi en faire un drame, mais les faits sont
là.
■ Ma
préférence va pour
les photos et dessins engagés… – …lorsque j’en trouve. Suis vraiment pas du genre "
people ". C’est tant mieux ainsi. Car sur le web, y’a déjà
beaucoup de journalistes s’intéressant aux petits faits
divers. Il en faut, remarquez, mais il y en a trop. Être
inoffensif est excellent pour la carrière.
Chronique
de Tchétchénie – colonne du centre, lisez l’article,
plusieurs dessins
suivent
Calepin
de Fanch – De
nombreux dessins d’actualité
Sur le bandeau de la page
s’affichant, naviguez sur les années
de 2004 à
2008.
Visitez
le site de Fanch
Ar Ruz – BD et
dessins politiques
Colonne de droite, cliquez sur les bandeaux
Cyberpresse
– 8 photos
■ "Qu'est-ce qu'il fait ici, lui ?" – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Venons en donc à la petite-maison-aux-écrans située
à l'arrière de la résidence de la
civile-femme-de-ménage. Pour diverses raisons, il y avait plus
d'un an qu'elle titillait ma curiosité. Tout comme la belle
résidence du coin de l'intersection, elle avait changé
de main trois fois en l'espace d'un an et demi. Je soupçonnais
ses résidents d'être le point central d'une activité
particulière. Elle était suffisamment près de
chez moi pour en épier les allés et venues de l'une des
fenêtres de ma cuisine-salon.
J'y
avais constaté un achalandage inhabituel de véhicules.
Certains jours, quatre étaient stationnés dans
l'entrée. Et de manière ordonnée (disciplinée),
en deux lignes parallèles : deux au fond de l'entrée,
les deux autres juste derrière. Formant un tout, comme quatre
pièces d'un puzzle imbriquées les unes contre les
autres. Va-et-vient de piétons aussi. Des résidents des
maisons avoisinantes, dont la civile-femme-de-ménage et des
locataires de l'immeuble où j'habite, dont l'homme-au-toutou.
Trop de visiteurs pour une aussi petite maison d'un seul étage.
Je m'interrogeais : y visionnait-on les images captées
par les caméras extérieures (et intérieures ?)
disséminées dans l'îlot où j'habite?
Un
soir de décembre 2000, j'ai pris une marche sur cette petite
rue liée à la 155. Mon doute est confirmé dans
les minutes qui suivent. Comme il fait noir et que le store vertical
n'est pas fermé, j'aperçois un homme assis devant une
télé, face à une fenêtre donnant sur la
petite rue : un civil, que je connais bien et qui demeure
ailleurs dans le village. J'ai la conviction qu'il m'a d'abord vu sur
son écran, avant de tourner la tête pour adresser
quelques mots à une femme, debout derrière le divan où
il prenait place. Celle-ci s'est aussitôt penchée, comme
si elle ramassait quelque chose sur le plancher, m'empêchant
ainsi de voir son visage. Suis convaincu qu'il l'informait que je le
fixais parce qu'ensuite, il m'a regardé, par dessus sa télé.
Sur le
chemin du retour, l'homme-au-toutou apparaît dans le paysage.
Il s'en vient dans ma direction, sur le même versant, je
remarque son air sévère. Pas de salutations, ni de sa
part ni de la mienne. Poussé par la curiosité,
j'entreprends une deuxième fois le même trajet. Le vois
revenir, il penche légèrement la tête sur le côté
opposé. Lorsque je fais le chemin à l'inverse, il a
disparu.
Le
lendemain soir, je sors prendre ma marche. À la
petite-maison-aux-écrans, même constat : cette
fois, le même homme, encore devant sa télé, sait
que je m'en viens car il fixe déjà la fenêtre au
moment de mon passage. Quand je repasse, quelques minutes après,
le store de la fenêtre a été fermé. De
l'autre côté de la rue, de la fenêtre de la
cuisine d'une résidence, j'aperçois une femme se plier
en deux pour m'exhiber sa croupe : je connais le truc, on me l'a
tellement fait à Montréal. Connais très bien
aussi la dame : c'est l'une des deux membres de l'escouade
cycliste. Je précise qu'en aucun moment ne me suis-je
immobilisé devant la fenêtre. Cependant, marchant très
lentement, à cause d'artères partiellement obstruées
dans les jambes, j'ai amplement eu le temps d'en visionner
suffisamment pour comprendre.
Le
soir suivant, une femme y promène un gros chien beige, sans
laisse. Connaissant les us et coutumes des civils et l'utilisation
qu'ils font des chiens dressés à l'attaque, ainsi qu'on
le verra plus loin, j'emprunte un autre trajet pour ne pas rencontrer
le gros toutou, en marchant sur un petit bout de la 155. À mon
retour, je vois la civile-femme-de-ménage, qui demeure à
l'intersection, sortir de la petite-maison-aux-écrans. Sortie
synchronisée ? Je vais à sa rencontre, nous causons une
dizaine de minutes. Suis convaincu que c'est elle qui s'est penchée
derrière le divan pour se dérober à mon regard.
Peu
après, je nettoie mon entrée. Un inconnu descend du
premier étage de l'immeuble et enlève la neige du toit
de son véhicule. Ca fait boum-boum-boum, il insiste beaucoup
trop. Je décide de faire de même avec ma pelle,
m'acharne sur des plaques de glace qui ont adhéré à
l'asphalte. Lui tient tête assez longtemps pour qu'il comprenne
que j'ai décodé son message subliminal, et qu'il
décroche. Et l'homme-au-toutou a recommencé son petit
manège. Il amène son chien se soulager en face de ma
porte d'entrée, à quelques pieds. Les civils sont des
récidivistes impénitents.
Six
mois plus tard, nous sommes à l'été 2001,
d'autres indices viennent s'empiler sur ceux que je possède
déjà. Tout commence par le tintement d'une cloche. Une
dizaine de minutes s'écoulent, puis cette fois un bref coup de
sirène retentit. Que se passe-t-il ? J'ouvre la porte, du
seuil j'aperçois le camion à incendie de la
municipalité stationné devant la
petite-maison-aux-écrans. Pas de boyaux d'arrosage, ni flamme,
ni fumée. Me demande aussi pourquoi la sirène ? Ça
ne ressemble tellement pas à un incendie que j'en déduis
qu'il va plutôt y avoir un petit défilé sur la
rue Principale et, ainsi que cela est arrivé une fois, que le
lieu sert de point de ralliement de véhicules.
Au
printemps 2002, on entreprend la démolition de la
petite-maison-aux-écrans qui, selon la rumeur, aurait été
endommagée par le feu. Suis vraiment étonné. Ses
résidents sont des voisins, seules une pelouse et la petite
rue nous séparent. J'en suis même assez proche pour
identifier qui y entre ou en sort. S'il y avait eu incendie, je le
saurais. Grosse envie d'aller visiter le chantier de démolition.
Elle est démontée planche par planche. Deux ouvriers
s'y affairent, déposent les matériaux dans un
container. Je patiente deux jours puis… « Est-ce
qu'on peut visiter ? »
Oui, me dit l'un des deux responsables des travaux. Ce n'est pas long
que des civils s'amènent sur les lieux. Trois, pas d'un seul
coup, les arrivées espacées de deux ou trois minutes.
Légèrement en retrait, ils m'observent, silencieux,
avec une curiosité manifeste, semblent se demander : "
Qu'est-ce qu'il fait ici, lui ? "
Premier
constat : aucune odeur de fumée à l'intérieur,
pas d'endroits calcinés, pas de suie. Deuxième
constat : une maison de trois petites pièces et seule la
partie arrière est dotée d'une cave, où est
installé le système de chauffage, me dit-on.
L'équivalent d'un petit chalet. Constate aussi qu'on a
commencé à enlever le revêtement des murs
intérieurs. Près de la porte d'entrée, trois
tubes, sorte de chemises fabriquées d'un matériau
flexible, de couleur beige, dans lesquels on introduit plusieurs fils
électriques. Identiques au fil à découvert, à
la surface du sol, près de ma porte, et dont j'ai parlé
plus tôt. Les tubes sont côte à côte,
pendouillent, mais les fils n'y sont plus. Était-ce ceux qui
reliaient les caméras aux écrans ? Un îlot compte
plusieurs caméras, ce qui implique autant de fils pour
acheminer images et sons jusqu'aux écrans. La
petite-maison-aux-écrans était surveillée à
l'extérieur par un chien qui assez souvent aboyait et hurlait.
Quand il commençait, il n'arrêtait plus, ça
pouvait durer des heures. (La suite demain)
News
du mercredi 7 mai 2008---------------
■ Depuis
2002, 83e
soldat canadien tué en Afghanistan – Curieusement, l’armée canadienne ne fait état que
des morts, jamais de ceux ayant subit des blessures graves, qui les
handicaperont lourdement jusqu’au dernier jour de leur vie. Si ce
bilan était ajouté à celui des décès,
le portrait de la situation serait beaucoup plus près de la
réalité.
Le
caporal Micheal Starker, la dernière victime en liste,
était-il vraiment convaincu de l’importance de cette guerre
ou y participait-il par soumission à l’autorité
militaire ? J’aimerais qu’une maison de sondage réputée
pose la question suivante, entre autres, à des Canadiens :
seriez-vous prêt à risquer votre vie ou d’être
gravement blessé en Afghanistan afin de défendre
l'hégémonie américaine et de grosses compagnies
pétrolières ?
■ Plusieurs
albums de photos – Actualités
– 32 photos
Mai 68 vu par la préfecture
de police de Paris
– 12
Les
enfants de GTA –
13
24
heures images –
5
Autre 24
heures images –
5
Participants à la traditionnelle parade « Jack
in the green »
dans les rues d'Hastings, Grande-Bretagne, le 5 mai 2008 – 30
photos (Dans la page s’affichant, un peu plus bas. Et à la
fin de page, des liens donnant accès à d’autres
photos.)
■ Le
village est divisé en îlots de télésurveillance – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Mon interprétation de ces événements, parmi
d'autres que je vais étaler dans ces pages, est que dans ce
petit village rurale, et je ne crois pas que ce soit spécifique
à Lac Bouchette, on emploie les mêmes méthodes de
quadrillage que dans la Cité policière, Montréal.
Le village, au territoire immense (919 kilomètres carrés)
et peu peuplé (1 370 citoyens), est fort probablement
divisé en îlots, chacun comptant une maison privée
où un civil surveille les allés et venus des citoyens
sur des écrans.
Il
est un fait bien réel que, selon le concept de la pseudo
police communautaire, la police en civil doit créer des îlots
de surveillance (de télésurveillance) partout, et s'y
enraciner pendant des années afin de connaître en
profondeur les us et coutumes de chaque citoyen. Cependant, comme il
y a plusieurs îlots de télésurveillance, cela
implique plusieurs caméras et écrans.
Pour
cette raison, la télésurveillance ne peut être
concentrée dans une seule maison privée. Le nombre
d'écrans à visionner nécessiterait la
concentration sur les lieux de plusieurs civils : sans compter
le nombre de pieds de fil que cela impliquerait pour y acheminer les
images. En résulterait un va-et-vient, et pas seulement à
la fin d'un quart de travail. Des gens qui y entrent et en sortent,
partant en patrouille au volant d'un véhicule banalisé
ou en revenant. Tout cela risquerait d'attiser la curiosité
des voisins et des passants.
Obligation
donc que le préposé à la télésurveillance
habite la maison ou l'appart de l'îlot où il est
affecté, et soit le seul à y vivre, ou avec une fausse
compagne, ou un faux compagnon. En ajoutant un enfant au faux couple,
et faisant de madame une femme de ménage et de monsieur un
chômeur ou un bs, on est certain de bluffer tout le monde.
La
superficie des îlots varie selon la concentration de citoyens.
Dans la partie urbanisée du village, le nombre de civils est
forcément plus élevé que dans ses parties
rurales et forestières. Bien que ces deux dernières
sont autrement plus vastes que le secteur urbanisé, les
caméras doivent être moins nombreuses, du fait qu'il y a
moins de voies de circulation qu'au cœur du village. S'agit la
plupart du temps de chemins de terre ponctués de rares
embranchements. Quelques caméras installées en des
points stratégiques suffisent pour suivre le cheminement de
ceux les empruntant. Les civils préposés aux écrans
doivent y être en nombre inférieur aussi.
Dès
que l'un de ceux affectés à un îlot aperçoit
un citoyen ou un véhicule sur l'un de ses écrans, il
fait rapport, et on dépêche immédiatement sur les
lieux un collègue, au volant d'un véhicule ou à
pied, dépendamment des lieux et circonstances. S'agi?sant
d'un village où tout le monde se connaît, il est par
conséquent possible d'identifier citoyens et véhicules
sur les écrans. La nature de l'intervention du patrouilleur
variera selon la réputation dont jouit chaque piéton ou
conducteur. Tout ce quadrillage n'exclut pas la présence d'un
mini poste de police, d'où émaneraient les ordres, logé
aussi dans un appart ou une maison privée.
J'ai
souvent constaté, lorsque j'allais acheter du tabac ou des
denrées à une certaine station de service située
sur la 155 (compte tenu du nombre de civils y
travaillant, suis porté à penser qu'elle serait même
exploitée par la Sûreté du Québec),
le soir après souper, qu'un véhicule, venant d'une
direction opposée, m'y précédait de quelques
minutes. À environ 500 pieds de là, je voyais le
conducteur s'y stationner et entrer.
Quand
j'arrivais, l'homme ou la femme jasait avec le ou la préposé
à la clientèle, manifestement au courant de l'identité
d'emprunt du civil. Il achetait rarement quelque chose et, quand il
le faisait, il s'organisait pour quitter après moi. Sur le
chemin du retour, l'y voyait en sortir. Avait-il vraiment effectué
un achat ? J'en serais étonné. Comment savait-il que
j'allais à cet endroit ? La police m'avait vu sur des écrans
me préparer, sortir de chez moi et rouler sur la 155.
Connaissant bien mes routines, elle savait que je m'y rendais et l'y
avait dépêché. Tout ce qui précède
permet de préparer le terrain à ce qui suit. (La suite
demain)
News
du mardi 6 mai 2008---------------
■ Si
le Taser avait été un
médicament ou un appareil médical… – … le nombre de personnes décédées après
avoir reçu une décharge électrique aurait amené
les autorités canadiennes à agir. C’est ce qu'affirme
le Dr Matthew Stanbrook dans un article publié dans le Journal
de l'Association médicale du Canada.
Chercheur
et spécialiste en respiration à l’hôpital
Toronto Western, il attire l’attention des autorités sur le
fait que les messages au sujet du Taser sont contrôlés
par ceux qui le fabriquent, le vendent ou l’utilisent. Le Dr
Stanbrook souhaite que les données soient remises à des
chercheurs indépendants qui pourront déterminer si
l'utilisation du Taser a sauvé des vies ou non.
Lisez
l’article au complet sur le site de Radio-Canada.
PS :
Dans notre supposée démocratie, c’est la police qui
mène, pas nos élus. La police, en uniforme et en civil,
est plus puissante que la démocratie. Va-t-on finir par le
comprendre et, surtout, la chevaucher bride à la main et
éperons aux talons.
■ La
vie de quartier – Une petite galerie d’art dans un quartier, aussi nécessaire
qu’un petit resto, un petit bar, une petite épicerie, un
petit parc, etc. C’est là que se nouent les liens entre les
citoyens, que se développent l’osmose et la démocratie.
Comment est-ce encore possible de nos jours alors que les civils et
leurs collabos ont littéralement charcuté le tissu
social avec leurs maîtres mots panzers : prévention,
criminalité, terrorisme ? Alors que la moitié des
citoyens espionne l’autre moitié ?
Peut-on
faire encore confiance à quelqu’un, sans qu’il rapporte
tout à la police ? On ne parle de crimes ici, mais de
renseignements personnels et intimes que la police ajoute à
notre fichier, dans sa mégabanque informatisée. Ce
n’est pas une vue de l’esprit, mais une réalité
bien concrète, touchable du doigt.
Quatre
vidéos, le titre : L’Art, la Vie, la Ville
Elles ont
été tournées dans un quartier
montréalais
N’oubliez pas d’utiliser le plein écran
Partie
1 (durée
10:00)
Partie
2 (10:04)
Partie
3 (15:00)
Partie
4 (12:22)
■ Photos
du web – Arrêt
sur l’image –
5
Mai
68 – 19 (Les
manifestants ont congédié De Gaulle)
Lecteurs
de Libération – 50
L’Afrique
vue du ciel,
plus bas dans la page s’affichant
Site
de photos de
toutes sortes, plus bas dans la page
■ Je
décide d'aller voir ce
qu'il y a l'autre côté de ce maudit miroir – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Certains jours, j'en avais marre d'entendre ces pas s'acheminer
vers le mur mitoyen et les longs silences qui s'ensuivaient, avec
cette impression très nette d'être observé de
l'autre côté du miroir. Est venu un moment où
j'ai pensé l'enlever pour voir ce qu'il y a derrière.
Cependant il était trop solidement fixé pour que j'y
parvienne. L'idée m'a traversé l'esprit de le
fracasser. J'hésitais. Les prendre en flagrant délit
d'espionnage comportait un risque. Comment réagiraient-ils ?
Les activités clandestines de la police, et davantage de ce
genre que bien d'autres, doivent demeurer secrètes. J'en avais
donc abandonné l'idée, jugeant aussi plus sage
finalement qu'ils ignorent que j'étais au courant du petit
jeux auquel ils se livraient.
Seulement
voilà, les mois s'écoulent, et… ma petite crainte
s'émousse. Je décide donc d'aller voir ce qu'il y a
l'autre côté de ce maudit miroir. Je constate qu'il est
fixé au mur à ses quatre coins. J'essaie de scier la
colle d'un des coins, sans y parvenir. Pourtant, le couteau de
cuisine que j'utilise est l'équivalent d'une petite scie.
S'agit donc de métal. Le couteau coupe le bois, pas le métal.
Ce qui me porte à croire que chacun des coins est peut-être
boulonné derrière la feuille de gyproc. Comme je peux
librement déplacer la longue lame partout ailleurs, j'essaie
de repérer un obstacle quelconque : le rebord d'une
petite ouverture dans le mur, sait-on jamais. Finalement, je laisse
tomber. À l'aide d'une barre à clous j'y parviendrais,
mais pas sans endommager sérieusement le mur. Mes tentatives
n'ont duré que quelques minutes, celles qui suivent sont
significatives…
J'entends
des gens entrer dans l'appart et se diriger d'un pas rapide en
direction du mur mitoyen. Je décèle une précipitation,
une urgence. Un dialogue s'engage entre deux hommes, je prête
oreille sans parvenir à comprendre distinctement. Je reconnais
le timbre de voix particulier de celui qui avait dit « Y'é
toujours tout seul ».
Pendant que l'autre enlève quelque chose du mur mitoyen, des
frottements contre la cloison l'indiquent clairement (un gros fil ?),
il cherche à le convaincre à voix basse de je ne sais
quoi, sans réussir puisque l'autre proteste d'une voix assez
forte, au point où son interlocuteur semble lui dire de
baisser le ton. Aussitôt, l'un d'eux met en marche le système
de ventilation de la chambre de bain, et je n'entends plus que le
bruit du moteur.
Voyons
d'autres éléments étoffant mon propos. Un jour
j'ai vu, entre le mur extérieur de l'appart de ce civil et la
clôture du voisin, là où le terrain est recouvert
de pierre concassée, à environ quinze de pieds à
côté de ma porte, un tube beige et pliable dans lequel
on introduit un ou plusieurs fils électriques, soit pour les
grouper ensemble ou les protéger, et qui, je le présume,
reliait cet appart à la maison voisine. J'ignore comme cela
s'était produit, mais il était partiellement à
découvert. Il a fallu quelques semaines avant que quelqu'un
s'en aperçoive et le recouvre de pierre concassée. Par
ailleurs, dans le sous-sol de l'édifice où je demeure,
un enchevêtrement incroyable de fils de différentes
grosseurs est fixés au plafond. Beaucoup trop pour les 10
locataires y habitant.
En
outre, un soir de l'automne 2003, passant devant la fenêtre de
l'appart du flic baraqué, celui qui menaçait de me
donner un coup poing sur « l'aïeul »,
j'ai vu, dans la toute petite cuisine de ce deux et demi, la
silhouette d'une femme assise dos à la fenêtre, devant
un écran blanc, qui n'affichait aucune image : le baraqué
y vivait seul… Silhouette et scintillement de l'écran bien
visibles parce que la lumière était éteinte dans
l'appart.
Une
femme ? À cause de sa chevelure, abondante, et de sa main
droite, doigts bien écartés, effilés comme ceux
d'une femme, et index placé à la verticale devant
l'écran. Je pense qu'elle venait d'appuyer sur une touche du
clavier de son ordinateur pour faire disparaître ce qu'elle
visionnait. Un ordinateur ? Sa tête était à un
pied de l'écran, quand on regarde la télé, on
s'en tient loin. De nos jours, les images captées par les
caméras entrent directement dans l'ordi. Le lendemain, le
store vertical était fermé, comme il l'est toujours du
reste.
Il y a
aussi les synchronismes constatés en d'innombrables occasions.
Ils sont particulièrement convaincants. Avant même que
je pointe le nez dehors, des civils savent que je m'apprête à
quitter mon domicile. J'ai à peine déposé mon
vélo à l'extérieur que simultanément
j'entends une portière claquer, un moteur démarrer et
un véhicule reculer ou faire un demi cercle pour emprunter la
155. Parfois, je les vois aussi. Quand ce n'est pas la camionnette
d'un locataire habitant l'immeuble, c'est la voiture stationnée
devant la maison de l'un de mes voisins. Mes sorties font la plus
part du temps l'objet d'une mobilisation policière. Il arrive
même que ce soit manifesté de telle sorte que je capte
cinq sur cinq qu'on m'a à l'oeil. Que peu importe où
j'irai et à qui je parlerai, ils le sauront, que je ne pourrai
jamais leur échapper.
Provoquer
délibérément des situations donne évidemment
les mêmes résultats. Ainsi sortir de son domicile,
l'été, vers 4h30 du matin, alors que le soleil commence
à peine à se lever, suscite certaines réactions
chez ceux qui me surveillent 24h sur 24h. J'en ai fait le constat un
de ces petits matins où je voulais tester leur vigilance. Suis
sorti, ai fait un demi tour de l'immeuble, me suis placé juste
sur le coin de la façade, les yeux braqués sur la
résidence qu'occupe un civil, située en retrait de la
155.
L'instant
d'après, monsieur (le même qui disait : « Y'é
toujours tout seul »)
apparaissait dans sa grande baie vitrée. Ai refait le test à
quelques reprises, et chaque fois monsieur ou le résident
d'une autre maison s'y pointait. La présence de caméras
est confirmée par bien d'autres faits. Dès l'automne
1999, je savais déjà qu'au village on s'adonnait à
la télésurveillance. Le contraire m'eut étonné
grandement, puisque c'est la norme maintenant dans notre société
policée mur à mur. Cependant, il est impossible de les
repérer.
Étoffons
d'un autre… écran. Dimanche 6 janvier 2002… J'arrête
à une station de service, sur la 155, acheter l'hebdo
Progrès-Dimanche. En profite pour
faire, à l'une des préposées au comptoir, un
petit topo de ce que j'ai découvert dans le village. Me voyant
soudainement sur l'écran fixé près du plafond,
m'informe si tout ce que j'ai dit a été enregistré.
Ne s'y attendant pas, elle se crispe un peu, m'adresse un très
léger signe de tête affirmatif.
Remettez-vous
la vidéocassette à la police ? Là, la réponse
est moins claire. C'est que la demoiselle est de plus en plus tendue.
Je n'insiste pas. A-t-elle dit oui, a-t-elle dit non ? J'opte pour
noui. J'en aurais une autre à lui poser, mais ce serait la
mettre dans l'embarras : image et son captés ici sont-ils
transmis directement, en temps réel, dans une maison privée
servant de centre de visionnement et d'écoute dans cet îlot
? D'après moi, affirmatif.
Environ
dix minutes après, quand j'arrive devant l'édifice où
je réside, j'assiste à un va-et-vient jamais vu. Une
civile sort d'un appart, me regarde avec insistance et s'installe au
volant de son auto, sans démarrer et partir. Arrive aussitôt
une auto qui se parque le long de la façade de l'édifice,
suivie l'instant d'après d'une camionnette qui s'immobilise en
parallèle. Son conducteur baisse la vitre côté
passager, se penche pour parler au type de l'auto.
Pendant
ce temps, le passager de ce dernier suit mon déplacement, le
cou tordu pour me voir arriver de l'arrière du véhicule
et qui se détord pour suivre ma progression. Tournant le coin
de l'édifice, le moteur de la camionnette du civil baraqué,
stationnée le nez devant sa porte d'entrée, ronronne,
sans personne à bord. Ronronne aussi le véhicule vide
d'un voisin tout proche. Avertissement de faire attention à ce
que je dis. (La suite demain)
Lisez
au complet toutes les pages du tome 1. Vous apprendrez ainsi comment
repérer des civils (hommes et femmes) et défendre
pacifiquement vos droits et libertés. Un seul clic sur l’icone
du livre, dans la colonne de droite, suffit pour avoir accès à
toutes ces connaissances que j’ai accumulées pendant mon
enquête de plus six ans : même après cette
enquête, j’ai continué et continue toujours d’en
apprendre. Aucune université de la planète ne peut vous
offrir ce savoir. Je vous le transmets gratuitement, bénévolement.
News
du lundi 5 mai 2008---------------
■ Une
police cool… – Moi, suis d’accord avec cette façon de faire. Alors, je
vous présente la vidéo, non pas pour me moquer des deux
flics qui en sont les héros, bien au contraire, mais pour les
saluer cordialement au passage. Une police décontractée,
parlez moi de ça, surtout que l’événement s’y
prêtait bien : la course cycliste en France. La vidéo
(09:58) date un peu (1998), elle n’en conserve pas moins toute
sa convivialité.
■ L’heure
de la pause-café – 24
Heures – 31
photos
Qui sont les Hell’s
Angels ? – 12
Des
caricatures, en
voulez-vous ? En voilà en quantité !
Utilisez
l’ascenseur pour voir toutes celles figurant dans la page d’entrée,
dont une du pape qui risque vraiment de vous étonner :
qui l’eut cru ? En bas, cliquez sur PAGE SUIVANTE : 21 autres
pages vous attendent, remplies de dessins politiques.
■ «Mais
pourquoi voulez-vous savoir ça, vous ?» – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Ce décor trompe-l'œil étant planté,
explorons d'autres coulisses. Au cours de mes trois premières
années au village, l'un des apparts voisins du mien servait de
lieu de réunions à des civils. Pour faciliter la
compréhension de ce qui va suivre, décrivons-en
sommairement la configuration. S'agissant de deux apparts l'un à
côté de l'autre, un mur mitoyen les sépare. D'un
côté la chambre du locataire voisin, le civil, de
l'autre ma cuisine, et mur contre lequel sont placés poêle,
armoires, évier et frigo. Ce même mur mitoyen sépare
aussi notre chambre de bain respective.
La
minceur de la cloison me permettait de capter parfois des bribes de
conversations. Certains soirs, le brouhaha m'indiquait qu'ils étaient
quatre ou cinq, peut-être davantage. J'y ai souvent constaté
la présence d'autant de véhicules stationnés en
face de la porte d'entrée. Me suis même permis une
couple de photos. Quelqu'un a dû voir la lumière de ma
caméra flasher parce que peu après un flash illuminait
la fenêtre de ma cuisine. Comment avait-il su que c'était
moi ? J'avais agi dans la noirceur et sans témoin. Caméras
extérieures ? Oui, mais invisibles, parce que déguisées
en d'autres objets.
En
collant l'oreille contre la cloison, j'attrapais un mot par-ci
par-là, mais jamais assez cependant pour savoir de quoi ils
discutaient exactement. Alors, j'ai très vite mis fin à
cette activité. Malgré cela, au fil des semaines et des
mois, des mots prononcés d'une voix plus forte s'étaient
nettement détachés des autres, du brouhaha et des
bruits de pas aussi. Peu à peu, ils ont pris l'habitude, quand
ils discutaient entre eux, de mettre en marche le ventilateur de la
chambre de bain, voisine de la mienne. Le ronron du moteur couvrait
les éclats de voix, mais il leur arrivait de temps à
autre de l'oublier...
Un
jour, j'entends de l'autre côté du mur, là où
est située la chambre, la voix d'un homme dire : « Y'é
toujours tout seul. »
J'ai la conviction qu'il parle de moi. Je reconnais aussi le timbre
de voix particulier du civil habitant la maison située tout
près, en retrait de la 155. Parfois, j'identifiais aussi
celles de l'homme-au-toutou-qui-faisait-vous-savez-quoi et de
quelques autres que je connaissais bien.
Je
n'avais pas été sans remarquer également que
souvent j'entendais quelqu'un entrer dans l'appart et des pas
suffisamment audibles pour en suivre la progression jusqu'à la
cloison mitoyenne. N'en étant pas les locataires, que
faisaient-ils donc dans cette chambre ? Au-dessus de mon évier,
il y avait un grand miroir, de deux pieds de large par près
d'un pied et demi de haut. Le bruit de ces pas était assez
éloquent, leur pr?gression
suivie d'un silence une fois arrivés au pied du mur, pour
penser que peut-être de l'autre coté du miroir
m'épiait-on.
Il
y avait d'autres indices. L'année précédente,
début juillet 1999, à peu près une semaine avant
que j'occupe cet édifice, j'avais visité cet appart
voisin, sans autre motif que la simple curiosité, car j'avais
remarqué qu'on y faisait des travaux. La porte étant
ouverte, j'y étais entré et avais marché
jusqu'au fond, là où se trouve la chambre. Mon arrivée
imprévue avait visiblement surpris les deux " ouvriers "
en train d'effectuer des travaux de plâtrage sur le mur mitoyen
de mon futur appart. Ils avaient figé, m'observant sans dire
un mot. J'avais trouvé leur attitude un peu étrange.
Au
printemps 2001, il était de nouveau rénové. Deux
rénovations en moins de deux ans, pendant que les autres
apparts n'en subiront aucune. Facile, nicher une caméra
derrière un miroir sans tain ou d'en effacer les traces quand
le voisin, de l'autre côté, s'est rendu compte de
quelque chose. Des flics ? Peu probable qu'on utilise de simples
collabos pour effectuer ce genre de travaux éminemment
clandestins.
Depuis
le début de cette deuxième rénovation, on
faisait beaucoup de vacarme. Mais bon, je me disais que ce n'était
qu'un mauvais moment à passer. Jusqu'au jour où c'est
devenu carrément infernal. L'impression d'être dans une
caisse de résonance sur laquelle on s'acharnait à
frapper frénétiquement sans discontinuer. Vacarme
comparable à celui du forgeron frappant de sa masse une pièce
de métal déposée sur l'enclume. Bruit
assourdissant qui m'était destiné ? Plus que plausible.
Je voulais savoir si les travaux dureraient encore longtemps.
J'espérais aussi que le locataire, nouvellement arrivé,
me permettrait de visiter les lieux et, surtout, d'accéder à
la fameuse chambre. Toc, toc, toc dans la fenêtre de la porte,
un jeune homme sympa m'ouvre, je m'identifie, explique la situation.
Non, il n'en a plus que pour un jour ou deux, et oui, je peux jeter
un œil.
Au
fond, la porte de la chambre est ouverte. « Puis-je…? »
« Certainement. »
Murs impeccables, frais peints. Bureau et grand miroir adossés
au mur mitoyen. Grande envie d'examiner le mur derrière le
miroir, mais, manque de cran, n'ose pas. « Miroir
fixé au bureau ou au mur ? »
« Au bureau »,
me répond-il. Puis, après une pause, la voix légèrement
irritée, un peu haut perchée : « Mais
pourquoi voulez-vous savoir ça, vous ? »
« Juste pour
savoir »,
dis-je.
Il
se rend compte de sa maladresse, tente de corriger l'impression qu'il
me laisse, devient ultra gentil et quand je m'apprête à
le quitter, serre chaleureusement la main à « Monsieur
Martel ». À
quelques occasions, j'ai constaté que le civil pris en quasi
flagrant délit retombe vite sur ses pieds en agissant de la
sorte. Cela embrouille votre sens critique, mais pas longtemps parce
que quand le brouillard s'est dissipé, vous retrouvez votre
lucidité pour découvrir la feinte.
Plus
tard, à l'automne 1999, alors que je causais avec
l'homme-au-toutou (du temps où il était le bienvenu
chez moi…), tous deux assis à la table de la cuisine,
j'avais perçu du coin de l'oeil une lueur, brève mais
vive, jaillir du centre du miroir. Elle ne pouvait provenir de mes
deux fenêtres, qui n'ont rien de panoramiques et dont les
stores sont partiellement fermés. La lumière extérieure
entrant dans l'appart se reflétant sur l'écran de mon
ordinateur, je travaille un peu dans la pénombre, une lampe
allumée sur le bureau. De toute façon, les fenêtres
ne font pas face au miroir, mais aux murs latéraux. Je crois
qu'on avait fait un test pour vérifier si j'étais
conscient du double jeu du miroir. Comme j'avais feint de n'avoir
rien vu et poursuivi la conversation sans trébucher sur les
mots, on en avait probablement déduit qu'on pouvait continuer
de m'observer sans risque.
Il
y a aussi cet autres indice, parmi tant d'autres, tout aussi
révélateur à mes yeux. Une nuit, un abcès
à une dent m'avait empêché de dormir. C'était
l'hiver et le froid vif l'avait titillé. Rien dans ma
pharmacie pour neutraliser la douleur. Et à cette heure, le
seul endroit où j'aurais pu en acheter était bien
entendu fermé. Surprise ! Deux jours après, la
réceptionniste-comptable du journal communautaire où je
travaillais avait fait allusion à des maux de dents, sans
spécifiquement parler du mien, mais d'un air suffisamment
entendu pour que j'en saisisse l'à-propos. Tactique policière,
ainsi qu'on l'a déjà vue, consistant à démontrer
à celui que l'on cherche à intimider qu'on sait tout ce
qu'il fait, même en pleine nuit quand il est seul chez lui. (La
suite demain)
PS : Lisez
au complet toutes les pages du tome 1. Vous apprendrez ainsi comment
repérer des civils (hommes et femmes) et défendre
pacifiquement vos droits et libertés. Un seul clic sur l’icone
du livre, dans la colonne de droite, suffit pour avoir accès à
toutes ces connaissances que j’ai accumulées pendant mon
enquête de plus six ans : même après cette
enquête, j’ai continué et continue toujours d’en
apprendre. Aucune université de la planète ne peut vous
offrir ce savoir. Je vous le transmets gratuitement, bénévolement.
News
du dimanche 4 mai 2008---------------
■ Des
hommes et femmes ordinaires peuvent-ils
devenir des bourreaux? – Oui, mais ce n’est tout le monde qui accepte. Le sujet devient
bourreau (sur les plans physique ou psychologique) simplement en
exécutant les ordres, par soumission à l’autorité :
agents de la sécurité privée, policiers,
soldats, agents secrets, etc. L’expérience du Dr Stanley
Milgram, psychologue social, effectuée dans les années
1960 le démontrait.
Vidéo
de l’expérience
de Milgram, en
anglais seulement, durée 04:25.
Intervenants : Dr.
Stanley Milgram, psychologue social, et Dr. Thomas Blass, prof en
psychologie sociale, UMBC.
Un
film en français a été tourné à ce
sujet, avec des acteurs. Ce qui permettra à ceux ne possédant
pas la langue anglaise de savoir en quoi consistait l’expérience
de Milgram.
Durée de la vidéo 19:38.
Une
série d’études récentes remet cependant en
cause les
conclusions Milgram.
La soumission à l’a?torité n’est pas aussi facile
à induire qu’on l’a dit... Lisez l’excellent papier de
Jean-François Dortier : La banalité du mal
revisitée.
■ Une
vidéo tabou – Je la dédie au gouvernement conservateur de Stephen
Harper, un homme de droite qui n’arrête pas de serrer
davantage les mâchoires de l’Étau Policier canadien.
Sa tactique consiste à faire un tout petit pas à la
fois. Il a aussi des problèmes
avec le sexe :
il veut censurer indirectement les films causant du désordre,
notamment pornos. Dans la page s’affichant, la vidéo est un
peu plus bas. Si vous n’y arrivez pas, because la censure, essayez
ici : Cheating
Couple Busted
■ Un
faux couple de civils et un enfant, celui de la civile – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Cet édifice où j'habite compte dix apparts. Les
neuf autres sont occupés par des civils de la Sûreté
du Québec. Évidemment, aucune auto-patrouille
stationnée en face des apparts, surtout pas, mais des
camionnettes, avec double bonbonnes pour la soudure à
l'arrière, ou un canot, ou une petite cargaison de matériaux
de construction. Pour mieux illusionner le commun des mortels.
Quelques autos aussi, rien de luxueux. Il y a aussi des civils qui
habitent près de l'édifice, sur ce même côté
de la 155. Ils occupent cinq maisons : pour éviter que
des citoyens d'ici ne les identifient, suis obligé de modifier
un peu la cartographie du secteur.
D'un
côté de l'édifice, il y a celle située en
retrait de la route, où un civil vit seul. De l'autre côté,
à l'intersection, un faux couple de civils et un enfant, celui
de la civile. À l'arrière de leur résidence, en
bordure d'une rue débouchant sur la 155, une petite maison est
utilisée à des fins de télésurveillance,
activité que je décrirai dans quelques paragraphes et
désignerai sous le nom de la petite-maison-aux-écrans.
Juste en face de celle-ci, un flic, sa conjointe et un enfant. Dans
cette rue, on y dénombre également deux autres maisons.
Deux frères habitent l'une d'elles, collabos à tout
crin, dont l'un jouant au cerveau lent : ke crois que l'un d'eux
est flic, sans en être certain à cent pour cent. À
quelques centaines de pieds de là, une vieille cambuse, le
toit vallonné, sert de lieux de rencontres. Et de cinq.
Les
civils ne sont pas tous doués pour le mensonge. Leurs
histoires sont souvent mal ficelées. Suffisamment pour qu'on
constate que le paquet contient autre chose que ce qu'ils prétendent.
Entrons sur la pointe des pieds dans la maison située à
l'intersection. Elle a toute une histoire récente derrière
elle. En l'espace d'un an et demi, en l999 et 2000, elle a changé
de main trois fois. À l'été 1999, quand je suis
arrivé à Lac Bouchette, elle était à
vendre, son proprio, qu'on prétendait - faussement, on le
verra - également proprio de la petite scierie, quittait le
village pour un autre, paraît-il près d'Alma.
Au
début de l'hiver qui suit, une jeune femme accompagnée
de son bambin vient chez-moi m'informer qu'en l'absence de mon
proprio, qui hiberne dans le Sud, elle s'occupera des locataires de
l'édifice. Elle m'apprend avoir acheté la maison située
à l'intersection et vendu celle qu'elle occupait avant et sise
juste à l'arrière : la petite maison-aux-écrans.
Elle se prétend femme de ménage. Au fil de la
conversation, j'apprends qu'elle s'est séparée de son
chum, même s'ils continuent de vivre ensemble, sans partager le
même lit, me précise-t-elle. Puis, elle disparaît
de la circulation, après avoir cédé, paraît-il,
sa belle résidence à une autre femme qui, elle aussi,
est mère d'un enfant et se dit femme de ménage… Ce
n'est pas long que je découvre que cette dernière, même
si parfois elle porte les cheveux aplatis et huileux de celle qui a
trop transpiré à laver plafonds, murs et planchers, est
plutôt spécialisée dans le nettoyage… social.
Par
ailleurs, quand on regarde la maison, toute en brique avec piscine
hors terre à l'arrière, et que j'ai eu l'occasion,
l'été d'avant, de visiter (assez somptueux merci), on
se demande comment une femme de ménage peut arriver à
joindre les deux bouts : mensualités, taxes municipales
et scolaires, électricité, chauffage, sans oublier
l'auto. (Plus loin, on verra que lorsqu'un civil quitte un endroit,
il « échange »
sa maison avec celle d'un collègue…)
Officiellement,
elle y vit avec son chum et son enfant. Officieusement, il s'agit
plutôt, et de nombreux faits le démontrent, d'un
policier et d'une policière en civil jouant à faire
semblant de vivre en couple. Ils se servent de ce faux statut pour
étoffer leur identité d'emprunt. Brillante, cette
couverture, qu'ils ne sont pas les seuls à utiliser du reste.
Difficile de concevoir qu'un couple, avec ou sans enfant, soient tous
les deux des flics. À l'été 2000, cette deuxième
femme de ménage me confiera, elle aussi, s'être séparée
de son chum, un peu trop renfermé à son goût. Et
l'automne 2001 venu, elle m'apprendra que son remplaçant l'a
quittée. Certains policiers ne restent pas longtemps en place,
alors, il faut bien inventer des histoires… cousues de fils blancs.
Autre
indice. La maison est à l'intersection de la route régionale
155 et d'une petite rue, mais on y a interverti les panneaux de
signalisation. La petite rue porte celui de la 155, et vice-versa.
Dans l'annuaire téléphonique, l'adresse officielle
indique la 155, qui passe d'ailleurs devant la façade de la
maison, là où se trouve la porte d'entrée
principale : le téléphone est enregistré au
nom de la civile. Cependant, le numéro civique est affiché
à la porte secondaire latérale donnant sur la partie
rue. De quoi mêler un bon moment le quidam cherchant cette
adresse. Les civils font preuve de beaucoup d'imagination pour
brouiller les pistes et ne pas être repérés. (La
suite demain)
PS : Lisez
au complet toutes les pages du tome 1. Vous apprendrez ainsi comment
repérer des civils (hommes et femmes) et défendre
pacifiquement vos droits et libertés. Un seul clic sur l’icone
du livre, dans la colonne de droite, suffit pour avoir accès à
toutes ces connaissances que j’ai accumulées pendant mon
enquête de plus six ans : même après cette
enquête, j’ai continué et continue toujours d’en
apprendre. Aucune université de la planète ne peut vous
offrir ce savoir. Je vous le transmets gratuitement, bénévolement.
News
du samedi 3 mai 2008---------------
■ La
planète blanche – Suis un passionné de la nature et de la faune, alors je
veux absolument partager avec vous ce documentaire exceptionnel. Dès
le début vous verrez naître un petit ourson blanc
(attendrissant que le diable !), ensuite vous irez de surprise en
surprise. Vous ne pourrez plus quitter des yeux l’écran.
Réchauffement de la planète étant, on se
demande, un peu inquiet : est-ce que cela continuera d’exister
?
Vidéo
1 (19:35)
Vidéo
2 (19:07)
Vidéo
3 (13:44)
Vidéo
4 (11:16)
Vidéo
5 (14:42)
■ Le
sexe est bon pour la santé – Des femmes qui avouent se masturber. Bravo ! Moi aussi, je. Voilà
de quoi faire sauter au plafond petits curés, Chevaliers de
Colomb et Filles d’Isabelle du petit village policier de Lac
Bouchette où j'habite (Province de Québec, Canada).
Ici, tenues vestimentaires et comportements des femmes et des hommes
sont contrôlés et aseptisés clandestinement et
illégalement par ces cathos, les civils et leurs autres
collabos.
Deux
vidéos identifiant les zones érogènes du vagin,
le titre : Pardon, c’est trop bon !
Vidéo
1, durée
14:44
Intervenants :
Pierre Desvaux, sexologue
Sophie
Caladen, psychanalyste
Vidéo
2, durée
13:56
■ Découvrez
la Chine – Le pont le plus long au monde est en Chine :
32,5km.
Photos
du nouvel An chinois, célébré à Paris
Plusieurs
autres photos
sur la Chine.
24
heures – 32
photos
■ Journée
mondiale de la liberté de presse 2008 – Elle se tient sous l’égide de l’UNESCO (Organisation
des Nations Unies pour l’éducation, la science et la
culture). Selon son directeur général Koïchiro
Matsuura,
« la liberté
de la presse et l'accès à l'information s'insèrent
dans l'objectif plus large d'habiliter la population en lui donnant
les renseignements capables de les aider à maîtriser
davantage leur propre vie. Et cela va de susciter des débats
publics jusqu'à faire rendre des comptes aux
gouvernements
et autres ».
Sur
le site de l’UNESCO,
quelques articles sur la liberté d’expression, notamment sur
l’information « fast
food ».
Vidéo (12:00) sur le rôle de l’UNESCO
■ «Voyons,
tabarnak, y'é tu mort à matin !» – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Afin de relater un autre volet de mon enquête, je reviens à
1999 et en explique brièvement le contexte. Cette année-là,
Louisiana Pacific avait fait l'acquisition de la scierie de Lac
Bouchette. Elle souhaitait amender le Contrat d'approvisionnement et
d'aménagement forestier (CAAF) que détenait la petite
scierie du village. Ce qui ne se réaliserait pas en un
claquement de doigts, car il fallait l'autorisation du ministère
québécois des Ressources naturelles et, ultimement, si
la conjoncture se politisait dans la municipalité, du ministre
péquiste Jacques Brassard lui-même : pour être
franc, pas grand-chose se politise ici. L'entreprise avait donc
amorcé des négociations avec le ministère.
Mais
au début de l'hiver 1999-2000, elles n'avaient toujours pas
abouti, et un civil de la Sûreté du Québec, qui
partageait le même édifice à logements que moi,
déployait de gros efforts pour me faire dire ce que les
travailleurs de la scierie, incluant la vingtaine de mis à
pied temporairement, devaient faire pour les accélérer.
Voyant que je n'avais rien à proposer, il avait suggéré
que ceux-ci devraient manifester avec des pancartes et dénoncer
leur employeur.
Vous
voyez ça d'ici ? Le journaliste du journal local, moi en
l'occurrence, tramant avec un civil un petit complot pour mettre
l'entreprise au pied du mur : j'étais alors responsable
D'un Lac à l'autre. Je lui avais fait remarquer que, étant
journaliste, je ne pouvais lui donner de conseils techniques. J'avais
néanmoins précisé qu'en utilisant la méthode
qu'il proposait, il y avait risque que l'employeur, se voyant
abandonné par ses propres employés, réagisse en
en fermant définitivement les portes.
Depuis
que je lui avais adressé la parole et invité à
prendre un café à mon domicile, tout en sachant
pertinemment bien qui il était, il s'était rapidement
considéré comme chez lui. Par deux fois, après
lui avoir ouvert la porte, il était entrée sans me
regarder, ni dire bonjour ni rien et s'était carrément
dirigé aux toilettes pour pisser, et d'un pas lourd et décidé.
Ça me déplaisait. À cette époque, frayant
depuis près de trois ans dans l'underground policier, dont
plus de deux à Montréal, je savais très bien où
il voulait en venir : m'imposer graduellement son emprise
psychologique.
Il
lui était même arrivé de laver sa camionnette
devant ma porte, alors qu'il demeure sur l'autre façade de
l'édifice, au rez-de-chaussée tout comme moi, et qu'il
aurait pu procéder devant son propre appart. Il avait rempli
sa chaudière dans l'évier de ma cuisine et, le lavage
terminé, y avait vidé son eau sale. Je lui avais donné
un vieux chiffon pour qu'il fasse reluire sa carrosserie… Ç'a
l'avait un peu surpris.
L'homme
est assez impressionnant physiquement, et rit rarement. Il a la
carrure d'un lutteur, pas celle de l'athlète tout en muscles,
celle du gros routier trop bien nourri. Et marche les bras légèrement
écartés, et pesamment, le haut du corps incliné
comme s'il s'apprêtait à bondir sur vous. Au cours d'une
de ses premières visites à mon domicile, il m'avait
fait une petite démonstration de force.
J'étais
assis sur une chaise droite de la cuisine, lui debout en face de moi,
les avant-bras à demi repliés, approchant et éloignant
l'une de l'autre ses mains entrouvertes, dans un mouvement
ressemblant à une prise d'étranglement. À une
autre occasion, il avait le crâne rasé et soulevait de
temps en autre sa casquette pour que je vois bien l'allure féroce
que ça lui donnait. Je lui avait signalé qu'en ajoutant
des tatouages, il aurait l'air d'un vrai Hell's Angel. Ma remarque
l'avait fait tiquer, un peu blessé même. Un tendre
jouant au dur ?
Nos
conversations étaient pour le moins déprimantes, car il
se plaignait continuellement de sa situation de mis à pied,
car il travaillait à la scierie. Du nombre de chèques
de chômage qu'il lui restait à retirer avant de tomber
sur le bien-être social, de sa camionnette qu'il devrait mettre
sur des blocs parce qu'il n'avait plus les moyens de payer ses
assurances, de l'obligation qu'il aurait d'aller chercher un job en
Ontario si l'employeur ne le rappelait pas, des ragots circulant au
sujet de la scierie, etc.
Pénible,
à la longue, d'entrer dans son jeu, quand vous savez que le
gars est un civil et qu'à chaque fois qu'il ouvre la bouche,
c'est pour mentir. Dans une situation semblable, essayez donc aussi
de remonter le morale de quelqu'un. Je m'y suis essayé, mais
le coeur n'y était pas : pas aisée, l'hypocrisie, quand
vous n'êtes pas doué pour la chose.
J'en
étais venu à la conclusion qu'il me serinait les mêmes
sornettes simplement pour m'écoeurer. C'était de la
déstabilisation quotidienne et à deux volets. Brasser
continuellement du noir pour que la personne ciblée en vienne
à ne plus rien espérer de ce coin de pays, et à
perdre peu à peu sa vision optimiste de la vie, peut-être
aussi de la vie tout court. C'est-à-dire à se découvrir
des bobos et les gratter jusqu'au sang. La saison était bien
choisie, nous étions en hiver. Au Saguenay-Lac Saint-Jean, ils
sont longs et froids, les tempêtes nombreuses, la neige
abondante. Sans doute ignorait-il que je ne suis pas du genre à
se gratter, et suis un nordique, adore l'hiver à la campagne.
Pensait-il
vraiment que je ne pourrais jamais me libérer de son emprise
psychologique, que je l'avais vu tisser, laborieusement, d'un café
à l'autre, mensonge après mensonge ? Que, sachant qui
il était, jamais au grand jamais je n'oserais refuser d'ouvrir
ma porte à un représentant de l'ordre et du conformisme
? S'il le pensait, et je crois que c'était le cas, il s'est
trompé pesamment. Le virage a été aussi brusque
qu'inattendu. Ne jugeant pas nécessaire de lui signifier qu'il
n'était plus le bienvenu chez moi, j'ai choisi de le lui faire
sentir en ne répondant plus quand il sonnait à ma
porte.
Pendant
plus d'une semaine, il a donc sonné, certains jours à
deux reprises. Puis, un bon matin, il a mis paquet, sonnant,
frappant, secouant vigoureusement et longuement la porte, vociférant
: « Voyons,
tabarnark, y'é tu mort à matin ! »
J'ai patienté, patienté... puis j'ai décidé
de l'apostropher. J'étais chez moi, n'étais pas obligé
de lui ouvrir, si je me comportais de la même façon en
forçant sa porte, il ne l'accepterait. Après l'avoir un
peu savonné, l'ai invité à entrer, lui ai offert
un café, son dernier mais sans le lui dire. Dans les jours qui
avaient suivi, il avait été plus poli, ne sonnait
qu'une fois puis retournait à son appart. Peu à peu,
les sonneries s'étaient espacées, il avait tout de même
fallu une bonne semaine pour qu'elles cessent complètement.
Ne
pouvant plus venir m'intimider chez moi, il a changé de
tactique. Il a pris l'habitude d'amener son chien, un gentil petit
toutou noir, faire son pipi-caca dans le secteur qui m'est alloué
au lieu d'utiliser le sien. Il l'y amenait, souvent matin et soir,
suffisamment proche de ma porte pour que je l'entende lui parler à
voix basse, avec douceur : « Envoye
! envoye ! ( fais ton
pipi-caca ) » et, le toutou, après avoir déposé
son petit cadeau… « Viens-t-en
là, viens-t-en, envoye ! envoye !
»
Il
est arrivé une fois que son chien urine juste à côté
de ma porte, dans le banc de neige. Au printemps 2000, il y avait
dans mon secteur des excréments en différents endroits.
Le civil a même poussé la note, pour bien s'assurer que
j'en décoderais la signification, en plaçant trois
petits tas trop bien alignés et à la même
distance l'un de l'autre pour être l'effet du hasard. Au cours
d'une guerre psychologique, pour atteindre la cible en plein front,
la répression policière doit être bien visible.(Suite demain)
PS : Lisez
au complet toutes les pages du tome 1. Vous apprendrez ainsi comment
repérer des civils (hommes et femmes) et défendre
pacifiquement vos droits et libertés. Un seul clic sur l’icone
du livre, dans la colonne de droite, suffit pour avoir accès à
toutes ces connaissances que j’ai accumulées pendant mon
enquête de plus six ans : même après cette
enquête, j’ai continué et continue toujours d’en
apprendre. Aucune université de la planète ne peut vous
offrir ce savoir. Je vous le transmets gratuitement, bénévolement.
News
du vendredi 2 mai 2008---------------
■ L’AMC
dénonce Taser pour
avoir financé la majorité des études – Il est arrivé assez souvent que le fabriquant de ce
pistolet électrique y fasse référence pour
démontrer qu’il ne pouvait être lié aux décès
survenu par la suite. Or, Radio-Canada rapporte que l’Association
médicale canadienne (AMC), après avoir passé en
revue les études scientifiques existantes, signale le besoin
urgent d’études indépendantes et impartiales. L'AMC
soutient également que Taser International a confronté
de façon musclée les chercheurs et les médecins
légistes qui se sont inquiétés des dangers de
cette arme.
Selon
Radio-Canada, plus de 300 personnes en Amérique du Nord, dont
une vingtaine au Canada, sont morts après avoir été
électrocutées par un pistolet Taser. Ces armes sont
très populaires auprès des forces de l'ordre, qui
affirment qu'elles permettent d'éviter des blessures aux
suspects et aux policiers.
PS :
Ainsi qu'on la vu dans mes ACTUALITÉS (Consultez mes Archives
de décembre, le 22, 2007), le rapport favorisant l’utilisation
du Taser a été pondu par les 11 membres du Sous-comité
consultatif permanent en emploi de la force (SCCPEF), c'est-à-dire :
6 policiers (détenant de facto la
majorité des voix : 6 sur 11), 3 fonctionnaires du ministère
de la Sécurité publique, 1 employé de l'École
de police à Nicolet et 1 employé du Centre anti-poison
du Québec. À l'exception de ce dernier, les 10 autres
sont liés à la loi et à l'ordre.
Aucun
représentant d'organismes de l'extérieur : Collège
des médecins du Québec, Barreau du Québec, Ligue
des droits et libertés, etc. Les recommandations ont donc été
élaborées entre membres d'une même famille. Le
ministre québécois de la Sécurité
publique, le
libéral Jacques
Dupuis,
n'a fait preuve d'aucune transparence.
Il
faudrait vérifier si, parmi les études consultées
par le SCCPEF, il s’en trouvait qui avaient été
financées par Taser International. Je suggère à
des collègues journalistes de faire enquête,
personnellement n’en ayant ni les moyens, ni les capacités.
S’agit simplement d’une vérification, car je n’ai aucune
info permettant d’affirmer que c’était le cas.
■ Vitrine
sur le monde – Caricatures de Casal – 186
Cinémas
du monde –
15
Héros
national suisse
– 14
Ils
ont fui l’Irak
- 14
■ «…t'es pas ben aimé à Lac Bouchette. Tu
devrais sacrer le camp ailleurs» – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Cherchait-on à m'évincer du mini quartier général
de la Sûreté du Québec ? Aucun doute. Parce que
après le scénario a connu des suites pour le moins
inattendues. Vers la fin de juin 2002, sur le Chemin de l'écluse,
j'aperçois, devant une petite maison située sur une
rive du Lac-des-Commissaires, un amoncellement de vêtements
usagés et d'objets divers. Le secteur, plus forestier que
rural, est désert, vraiment pas l'endroit pour commercer.
M'arrêtes, l'un des trois vendeurs, une aïeule, me signale
que je fais beaucoup de vélo, le répète même.
Tiens, tiens, les choses se précisent. Sous-entend-elle que je
ne devrais plus circuler à vélo ? « Non,
non, non ! »,
proteste-elle, le ton haut perché, feignant d'être
surprise que j'ose lui prêter cette intention.
Je
connais bien madame. À l'époque où j'étais
responsable D'un Lac à l'autre, elle et deux de ses amies,
également des aïeules, avaient participé une fois
au pliage du journal, c'est-à-dire plier en deux les
photocopies recto-verso de 11x17 pouces pour faire un journal de
8½x11. Le travail avait été
fait tout croche. J'y assistais et avais eu droit à leur
regard glacial et méprisant. Elles avaient été
recrutées par la réceptionniste-comptable. Le lendemain
de sa parution, cette dernière m'avait signalé que des
lecteurs s'en étaient plaints. Tactique policière
connue, consistant à vérifier après coup si vous
en avez été affecté, au point de vous mettre en
rogne.
Ensuite,
on m'informe que la petite maison est à louer, à un
prix très abordable. Sans le leur dire, je souhaite
éventuellement louer, acheter ou bâtir un petit chalet
sur le bord de ce beau grand lac. La petite maison est tout à
fait conforme à mon rêve. Mes interlocuteurs doivent
bien le savoir, l'ayant déjà confié à
quelques citoyens. Tout ce que vous dites et faites, dans ce petit
village policier, tombent, et c'est imparable, dans l'oreille d'un
civil ou d'un collabo. Signalons encore l'utilité des
ren?eignements
que la police emmagasine à votre sujet dans sa mégabanque
informatisée… Histoire de rappeler au lecteur de quoi sont
faits les renseignements cueillis ici et là et à quoi
ils servent ou peuvent servir.
On me
fait visiter les lieux. Le proprio, de passage seulement et devant
retourner chez lui, en Abitibi, dans quelques jours, m'écrit
ses nom et numéro de téléphone sur un bout de
papier. Peu après, il me relance chez moi, veut connaître
ma décision. J'explique que le moment est prématuré,
que je suis lié à un bail, que je devrais verser
l'équivalent de trois mois de loyer pour me libérer. Il
me propose d'annoncer mon départ au proprio, de continuer d'y
loger et, à l'échéance de ces trois mois,
d'aménager ensuite dans sa petite maison, que son bail entrera
en vigueur seulement à ce moment-là. Non, je ne suis
pas prêt, l'an prochain peut-être. En profite pour lui
demander de me rappeler le nom de l'aïeule, qui était
présente à la vente de garage. Il me dit ne pas… la
connaître.
Pas
intéressé, cependant pour d'autres raisons que celle
que je lui donne. Le secteur n'est pas pourvu d'aqueduc. Je serais
donc dépendant du puit artésien d'un voisin, un
Chevalier de Colomb collabo de la police, probablement même
plus que collabo. En outre, comme le propriétaire ne demeure
pas dans le secteur, il déléguerait ses responsabilités
à une voisine qui habite pas loin de là, elle aussi une
collabo. J'imagine sans peine que ces deux-là utiliseraient
leur alibi respectif pour y venir faire un petit tour de temps à
autre, s'informer de-ci, de-ça, soulever les couvercles de mes
chaudrons pour voir ce que je mijote. Ce serait m'exposer aussi à
des situations conflictuelles créées artificiellement
pour m'empoisonner l'existence.
Autre
épisode du scénario, un mois et demi plus tard, un
collabo de la Sûreté du Québec, aux guidons d'un
VTT, vient me provoquer sur mon espace de stationnement, à
trois pieds de ma porte. Il a d'abord passé lentement.
Habituellement quand un conducteur de VTT fait de même, je
sors, lui indique qu'il est sur un terrain privé, pour éviter
que d'autres empruntent éventuellement ce raccourci, avec le
bruit et l'odeur de l'essence que cela implique : utiles, les
renseignements accumulés à votre sujet. Me préparant
à partir, m'en suis pas occupé. Le constatant, il a
fait le tour de l'immeuble et s'est immobilisé quelques
instants à une dizaine de pieds de mon appart, afin de me
laisser le temps de réagir. Ensuite, il a amorcé son
approche, défilant lentement devant ma porte.
Je
?ors,
il se retourne aussitôt, s'arrête et lance, agressif, en
relevant le menton : « Que
c'est que tu veux, toé ? »
Il coupe le moteur, répète sa question. J'ai envie de
lui signaler qu'il n'habite pas l'immeuble, qu'il est sur un terrain
privé, mais voyant qu'il cherche la provocation, rétorque que
j'ai le droit de le regarder. « Ouais
! » cela dit sur le
ton de celui un peu déçu de votre attitude pacifique. «
Puis à part ça, enchaîne-t-il, t'es
pas ben aimé à Lac Bouchette. Tu devrais sacrer le camp
ailleurs. »
« Ah ça… »,
que je riposte sans terminer ma phrase et en refermant la porte. Le
moment ne me semblait pas bien choisi de lui expliquer que ceux qui
ne m'aiment pas, au village, ce sont les flics en civil de la Sûreté
du Québec et leurs collabos.
Quelques
semaines après, une jeune femme, que j'aime bien, cherche à
me convaincre d'emménager dans le village voisin,
St-François-de-Salle. Elle se livre d'abord à une
sortie en règle contre des citoyens de Lac Bouchette qui,
s'indigne-t-elle, passent leur temps à déblatérer
contre tout un chacun, qu'il n'y a pas moyen de faire quelque chose
sans que ça se sache. Elle même, me confie-t-elle, est
la cible de ragots. Bref, elle ne peut les supporter plus longtemps
et a décidé de quitter la place. Ensuite, elle m'incite
à faire de même, me ventant les qualités des
résidents du village voisin, du bon monde, gentil, sociable.
Tout le contraire de Lac Bouchette, m'assure-t-elle. Je repousse sa
suggestion, sans lui en donner les vraies raisons.
L'année
suivante, je reçois par la poste un carton publicitaire de la
Corporation du Manoir Notre-Dame de Roberval, une résidence
pour retraités, située sur le bord du lac St-Jean. On y
mentionne que les personnes âgées y mènent une
belle vie, qu'on se charge de leur ancien bail. C'était le 25
mars 2003, quelques jours avant le renouvellement automatique du
mien. Le 1er juillet, j'entreprendrai ma cinquième année
dans mon appart… dont l'édifice continue d'être le
mini quartier général de la de civils de la Sûreté
du Québec. Pas question de quitter cet appart. Ils ne me
sortiront pas de là : j'y suis, j'y reste.(Suite demain)
PS : Lisez
au complet toutes les pages du tome 1. Vous apprendrez ainsi comment
repérer des civils (hommes et femmes) et défendre
pacifiquement vos droits et libertés. Un seul clic sur l’icone
du livre, dans la colonne de droite, suffit pour avoir accès à
toutes ces connaissances que j’ai accumulées pendant mon
enquête de plus six ans : même après cette
enquête, j’ai continué et continue toujours d’en
apprendre. Aucune université de la planète ne peut vous
offrir ce savoir. Je vous le transmets gratuitement, bénévolement.
News
du jeudi 1er mai 2008---------------
■ Les
pays riches sont-ils en faillite ? – Les quatre vidéos que vous allez voir traitent de
l’actuelle crise financière. Cependant, l’approche ne se
limite pas au fait qu’on vendait des maisons à des gens qui
n’avaient pas les moyens d’en acheter. On aborde une grande
question : l’endettement généralisé des
Américains.
Ainsi
que l’expliquera l’un des intervenants, en parlant des USA :
manque d’épargne liée à la consommation des
ménages, déficit budgétaire public, déficit
de la balance courante. On a donc une économie tout entière
au sein de laquelle le gouvernement, le secteur privé et les
ménages dépensent plus qu’ils ne gagnent. Il en
résulte des situations socio-économiques
particulièrement difficiles à vivre.
Vidéo
1 (durée
10:30) – L’endettement des pays, dont plusieurs créanciers
habitent ailleurs. Une croissance à crédit. Bombe à
retardement ?
Intervenants,
entre autres : Desmond Mac Rae, journaliste économique ;
Nouriel Roubini, prof, Univer. de New York ; Ken Rogoff, prof
économie, Univer. Harvard ; Paul Krugman, économiste,
Univer. Princeton+New York Times.
Vidéo
2 (11:36) –
C’est la dépression de la dette. Naufrage économique
et social. Avant les actions en bourse, dira l’un, on vivait bien.
Maintenant, il faut augmenter le cours de l’action en bourses.
Intervenants,
entre autres : Poney Knowles, étudiant, Univ. New
York ; Georges Windau, employé Jeep Toledo.
Vidéo
3 (10:38) –
Est-ce parce que la bourse est au sommet que tous les Américains
s’enrichissent ? Les 0,1% d’Américains, dont Bill Gates,
s’en sortent bien, mais quand est-il des autres ? Une crise de bons
jobs. Ford et General Motors étaient les symboles des emplois
rémunérateurs. Cette dernière était le
plus gros employeur. Aujourd’hui, c’est Wal-Mart. Le niveau de
vie n’est plus le même.
Intervenants,
entre autres : Anu Sharma, Nasdaq ; Josef E. Stigutz, prix Nobel
économie 2001 ; Mark Brenner, économiste, Labor Notes.
Vidéo
4 (13:45) –
L’un des plus grands défis : comprendre l’ascension
de la Chine, savoir comment y réagir.
Intervenants,
entre autres : Jessica T. Mathiews, prés. Carmegie
Endowment ; Wing Thye Woo, Univer. California ; Dan Rosen,
prof. d’économie, Univer. Columbia ; Edward D. Lazowska,
Univer. de Washington
■ Chaque
jour du neuf – 24
heures en
images – 30
Pékin : les
sites olympiques
– 16
Pékin : autres
préparatifs – 12
Caricatures
– 181
■ Un
civil : «Quand
je suis à bout, je peux être très violent» – (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Un mois s'écoule, puis c'est de nouveau la guéguerre
par la bruit, je crie à tue-tête : « Si
je ne dors pas, vous ne dormirez pas non plus ! »
Je frappe fort sur les murs, fais tomber une chaise, ferme à
répétition la porte de ma chambre avec fracas, leur
gueule des insultes, les traite de fascistes, les accuse de me faire
délibérément sursauter durant mon sommeil pour
que je fasse un infarctus, de chercher à me tuer. J'entends
quelqu'un me crier, à travers la cloison, des menaces. Je
l'envoie carrément chier, à deux trois reprises. Les
invite même à venir chez moi, pas pour se battre, pour
se faire engueuler comme ça ne leur est jamais arrivé
de leur vie.
Après
quelques minutes de ce vacarme, je me calme, me contente de leur
crier de temps à autre : « Allez,
debout les gars, c'est l'heure de se lever. Tout le monde dehors, on
va aller faire du jogging : une, deux, une, deux... ». Il
doit être 2 ou 3h du matin. M'attendais à des réactions
immédiates mais elles ne se manifesteront qu'en soirée.
Je
déneige mon entrée. Le locataire d'un appart apparaît
dans le décor, un quadragénaire bien barraqué.
Il me reproche mon tapage de la nuit précédente, me
menace : « Quand
je suis à bout, je peux être très violent. »
Ne me laisse pas impressionné, même si j'ai un peu peur,
le gars a les yeux brumeux, nous sommes à l'arrière de
l'édifice, invisibles aux voisins qui s'adonneraient à
regarder à leur fenêtre. Je rétorque aussitôt :
« Les menaces, ça
ne marche pas avec moi. »
Il baisse un peu le ton, me raconte en avoir touché un mot à
un ami policier de la Sûreté du Québec qui lui a
dit de l'appeler la prochaine fois, qu'il allait intervenir.
Je
trouve qu'il en met trop, car je lis très bien la partie de
poker en cours. En combattant le bruit par le bruit, j'ai trouvé
la bonne parade pour réduire à tout le moins leurs
activités nocturnes. En jouant à la victime, alors que
lui et ses collègues sont de fait les tortionnaires, ils
cherchent à me réduire au silence pour pouvoir
continuer à me harceler la nuit. « Ça
va faire, la police ! »
que je me dis : « Es-tu
un policier en civil ? »
Il penche la tête sur le côté gauche, sans
répondre. Je reformule la question, un court silence de plomb
tombe entre nous. Lui demande de me regarder dans les yeux :
« Si t'en étais
un, me le dirais-tu ? »
Il la penche encore, j'insiste pour qu'il me regarde dans les yeux.
La question semble pas mal l'embêter, ne sait comment réagir.
Puis réponds « Non ».
En
profite pour lui dire que je ne suis pas antipolice, mais démocrate,
que sans la police… Il ne me laisse pas finir : « Ce
serait la jungle ! La jungle ! »,
cela dit d'un ton convaincu, appuyé de coups de tête et
le haut du corps penché vers l'avant. Lui signale que je
n'accepte pas les empiétements aux droits, sans plus élaborer,
moment et lieu n'étant pas propices à une sortie en
règle. Ensuite, l'échange bifurque sur la faune
sauvage : ours polaire, ours noir, loup, renard… Pendant pas
loin d'une heure. Me laisse l'impression d'un bon gars, finalement.
Violent, je ne le pense pas, même si physiquement il a tout ce
qu'il faut.
En
mai, le bal reprend. Là, le bruit vient de l'appart du flic
bien baraqué. M'habille en vitesse, sonne à sa porte,
lui crie par sa fenêtre entrouverte « debout
là-dedans »,
marche jusqu'à la façade de l'édifice, regarde
par la baie vitrée de l'autre appart, n'y vois personne,
reviens sur mes pas, le baraqué est devant sa porte, en slip,
m'intercepte au passage d'un solide coup d'index à l'épaule,
on se retrouve nez à nez, m'avertit, déterminé
mais sans une once d'agressivité, que si je lui fais encore
« une coche »
du genre, il va me mettre son poing sur « l'aïeul » :
référence à ce que j'avais dit au vieil
harceleur ? Lui signale, la voix un peu blanche, qu'on était
bien depuis quelque temps, les nuits étaient calmes, que
s'est-il passé pour que la situation se dégrade ? Il me
suggère d'en parler au proprio au lieu de réagir ainsi
que je le fais, me rappelle son avertissement. S'écoulent
quelques semaines, et je récidive, sans sortir de mon appart.
Ils ont sans doute compris que je n'avais pas l'intention de les
laisser faire. (Suite demain)
PS : Lisez
au complet toutes les pages du tome 1. Vous apprendrez ainsi comment
repérer des civils (hommes et femmes) et défendre
pacifiquement vos droits et libertés. Un seul clic sur l’icone
du livre, dans la colonne de droite, suffit pour avoir accès à
toutes ces connaissances que j’ai accumulées pendant mon
enquête de plus six ans : même après cette
enquête, j’ai continué et continue toujours d’en
apprendre. Aucune université de la planète ne peut vous
offrir ce savoir. Je vous le transmets gratuitement, bénévolement.
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