Suite des ACTUALITÉS du mois

Il est (Heure du Québec)

News du mercredi 8 Septembre 2010---------------

  Au Cégep d'Ahuntskic, à Montréal, la technique policière est le programme le plus populaire et l'électronique est en queue de liste - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Septembre 2000, un an plus tard donc, nous en apprenions un peu plus. Le journaliste Raymond Gervais de La Presse indiquait que «la majorité» des patrouilleurs de Jeunesse au Soleil sont des étudiants en techniques policières. (Raymond Gervais -- La Presse du 9 septembre 2000)

Pas la totalité. Une majorité, c'est 50% + 1. Bien sûr, une majorité peut-être plus généreuse. On ne dissertera pas des pages là-dessus. Retenons simplement le fait que, contrairement à ce que affirmait Serge Meloche, directeur-adjoint de la police de Montréal, le 10 juin 1999, les membres de l'escouade cycliste n'étaient plus tous, en ce mois de septembre 2000, «des jeunes qui resteront dans la police». Combien seraient-ils à l'année suivante? Réponse : en mars 2001, Jeunesse au Soleil annonçait être à la recherche d'étudiants en techniques policières pour former sa brigade estivale de patrouille à vélo. (La Presse du 11 mars 2001)

On peut penser qu'un jour elle accomplira quelques exploits qui feront la une de nos médias, nos grandes émissions télé en parleront abondamment, inviteront de ses membres : pourquoi pas une télésérie sur l'escouade, genre Métier policier? Prévoir qu'éventuellement des Montréalais salueront de la main de ses membres quand ils passeront dans leur rue, leur taperont amicalement l'épaule quand ils s'arrêteront faire un brin de causette.

Opération dont pourtant l'objectif est assez clair. Créer un lien de confiance avec des citoyens aux seules fins de les infiltrer, de leur tirer les vers du nez. Tous ces renseignements ensuite emmagasinés dans la mégabanque policière. Et de procéder aux contrôles et nettoyage sociaux des vitres cassées. Les premiers sur la liste seront probablement ceux-là même qui les salueront, leur parlerons.

Au Québec, serions-nous doués en matière d'écorniflage et de délation? Semble bien, si l'on se fit à ce qui suit... Selon une étude menée en 2001 par Jean Trudelle, professeur de physique au Cégep d'Ahuntskic, à Montréal, dans cette institution le taux de réussite moyen des 20 programmes de formation technique les plus fréquentés au Québec n'est que de 26% au bout de trois ans, et de 50% au bout de cinq. (Silvia Galipeau -- La Presse du 12 janvier 2002) En technique policière, par contre, ce taux... grimpe à 62,2% en trois ans, et à 78,1% en cinq. Alors qu'à l'autre bout de l'échelle, en électronique, il atteint à peine les 13,4% en trois ans et les 35,5% en cinq.

Pourquoi les étudiants en technique policière réussissent-ils mieux que les autres? La question ne lui a pas été posée. Il aurait été intéressant d'établir des comparaisons avec d'autres provinces, d'autres pays. Notons que, en juillet 2006, l'École nationale de police du Québec ne produisait pas suffisamment de diplômés pour répondre à la demande des corps policiers. (Anabelle Nicoud et Jean-Paul Charbonneau -- La Presse du 3 juillet 2006)

La pénurie serait notamment attribuable à l'application de nouvelles lois et au resserrement de la sécurité face à la menace terroriste... L'un des rares métiers où le chômage atteint le point zéro. (Suite demain)

  Prescott du RCM : «Voilà où mène la recherche du pouvoir pour le pouvoir !» - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) A-t-on raison de s'alarmer? Oui, sans hésitation. Tout ce que je relate dans ces pages le démontre amplement. De plus, il est possible de déstabiliser psychologiquement un parti politique, cela dit sans vouloir laisser entendre qu'un corps policier du Canada l'a déjà fait. Examinons un cas.

À l'automne 1998, lors de la campagne électorale tenue en vue d'élire le maire et les conseillers de la Ville de Montréal, il s'est passé quelque chose d'inquiétant pour l'avenir de la démocratie. Outre le Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM), deux partis municipaux présentaient des candidats : Équipe-Bourque/Vision Montréal, parti du maire sortant Pierre Bourque, et Nouveau-Montréal, parti de Jacques Duchesneau, ex-directeur de la police de l'île de Montréal, et responsable de l'implantation, sur l'île de Montréal, au milieu des années 1990, de la pseudo police communautaire. Décrivons brièvement le climat qui prévalait à l'époque.

En prévision des élections du premier novembre 1998, le RCM tient son congrès de leadership au printemps de la même année. Quelques mois auparavant, certains de ses membres avaient quitté le parti pour adhérer à celui de l'ex-policier Duchesneau. Des rumeurs circulaient à l'effet que Thérèse Daviau, chef du RCM et avocate de profession, songeait à faire de même. Dans ses propos, son ambivalence transparaissait.

Finalement, ayant décidé de rester, elle sollicite un autre mandat à la chefferie du RCM, participe au congrès d'investiture et en sort victorieuse. Peu après, elle démissionne et quitte le parti. Le RCM est fortement secoué, ses membres sous le choc.

Dans les articles des quotidiens, leur désarrois est palpable. En mai, le président du RCM, Abe Limonchik, déclare (Éric Trottier -- La Presse du 11 mai 1998) : «Ce qu'elle (Thérèse Daviau) a fait est immoral. Elle nous a fait dépenser des dizaines de milliers de dollars dans des forums publics et dans un congrès d'investiture, tout en sachant (sic) qu'elle allait abandonner le RCM aussitôt qu'elle serait nommée chef de ce parti. C'est vraiment très grave.» Deux jours après, Limonchik tremble encore d'indignation devant «la magouille, la manigance, la manipulation des esprits, l'accroc inqualifiable à la démocratie». (Michèle Ouimet -- La Presse du 13 mai 1998)

Le chef par intérim de ce qui subsiste alors du RCM, Michel Prescott, déclare de son côté que «la triste réalité, c'est que Jacques Duchesneau et Thérèse Daviau ont conclu un pacte pour détourner et saborder notre parti. Cela démontre de leur part un cynisme sans borne, un piètre sens de l'éthique politique et un profond mépris de la démocratie. Voilà où mène la recherche du pouvoir pour le pouvoir!».

Quatre jours après la déclaration de Prescott, le journaliste Éric Trottier de La Presse, dans une allusion au tandem Daviau-Duchesneau, écrit que plusieurs conseillers municipaux sortant qui se disaient intéressés par la candidature de Duchesneau commencent à prendre leurs distances. (Éric Trottier -- La Presse du 17 mai 1998)

Il cite le conseiller indépendant Daniel Boucher : «Dans les quartiers, les gens sont inquiets, se posent beaucoup de questions à propos de toutes ces histoires.» Même son de cloche du côté du conseiller indépendant Vittorio Caparelli : «Les actes de certaines personnes nous font réfléchir. Pour moi, le coup de Daviau, c'est quelque chose qui est inacceptable en politique.» Signalons que ni Daviau ni Duchesneau n'ont publiquement réagi à tous ces commentaires. (Suite demain)

News du mardi 7 Septembre 2010---------------

  Émission d'aujourd'hui de "Démocraty Now" – Les principales news internationales de ce mardi 7 septembre, en anglais : vidéo (59:05). Visionnez les dans la colonne de droite de ma page d'accueil : agrandissez l'écran. Du lundi au vendredi, chaque jour et dans la même colonne de droite, des nouvelles fraîches de cette émission réputée, lorsque disponible. L'approche journalistique est vraiment très différente de celle des médias traditionnels, rien à voir avec les téléjournaux spectacles : en savoir plus sur "Démocraty Now".

  L'argent fait-il le bonheur ? – Le Time rapporte dans sa livraison d'aujourd'hui une étude effectuée par des scientifiques de l'Université de Princeton démontrant qu'il nous attend lorsque notre revenu annuel franchit le seuil des 75 000$. Mais, car il y en a un, ça ne suffit pas parce qu'il y a des bonheurs qui ne sont pas à vendre.

  Le flash actu internationale de france24 – Au moment d'écrire cette ligne il est 7h16 du matin à Paris, où on s'attend aujourd'hui à une manifestation monstre contre la réforme sur les retraites : vidéo (01:07).

  Benda Bilili – Le nom d'un groupe de la République démocratique du Congo. Composé de 4 chanteurs/guitaristes... handicapés, victime de la polio, se déplaçant en chaise roulante. On dit qu'ils ont éduqué et fait danser les enfants des rues de Kinshasa. Aujourd'hui, ils donnent des concerts en Occident. Mieux encore, Benda Bilili est aussi le titre d'un film, qui a été présenté cette année au Festival de Cannes. La montée en puissance de 4 handicapés démunis sur les écrans des cinémas demain le 8 septembre : la promo du film (01:51) + reportage sur le groupe (03:02) + à bord d'un yacht (01:54), lors du Festival de Cannes en mai dernier.

  Heureux-z-hasard, des vols démontrent la nécessité de l'escouade cycliste de l'organisme Jeunesse au Soleil - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Onze jours après l'assermentation de l'escouade cycliste de Stevens et Kulczyk, dirigeant de l'organisme Jeunesse au soleil, des médias nous démontraient déjà leur utilité, ainsi qu'en témoignerait le fait suivant.

Un résidant de la rue Esplanade, à Montréal, et non identifié -- faudra apprendre à identifier ces gens, à les photographier aussi --, se serait fait voler sa télé lors d'une vente de garage (vendre sur le trottoir), rapporte La Presse. (La Presse du 21 juin 1999) Un de ses clients lui aurait demandé la permission d'utiliser ses toilettes et en aurait profité pour commettre son méfait.

Il n'aurait pas osé alerter la police pour ne pas attirer l'attention sur son activité commerciale, qui est un peu l'équivalent d'un mini commerce. Il se serait contenté d'en souffler un mot à... deux patrouilleurs de l'escouade cycliste afin que ceux-ci avertissent les autres vendeurs de ne pas laisser entrer des inconnus dans leur maison. S'il avait tant peur de la police, pourquoi alors en avoir parlé à ces cyclistes qui lui rapportent tout?

Le Journal de Montréal nous fait progresser davantage dans la compréhension de cette affaire. (Journal de Montréal du 21 juin 1999) À la suite de ce présumé vol, les 78 membres de l'escouade de prévention «ont entrepris une tournée de sensibilisation auprès des citoyens qui tiennent des ventes de garages et qui sont depuis peu la cible fréquente de filous», y lit-on. L'auteur de cet article, non signé, l'affirme sans le démontrer. Il n'indique pas non plus de qui il tient son info.

Compte tenu du contexte de l'underground policier, où l'incroyable n'est jamais exclu, on ne peut écarter l'hypothèse que ce vol n'ait jamais eu lieu, et qu'on ait utilisé cette astuce pour mettre en branle une opération de relations publiques visant à démontrer la nécessité de cette escouade, et en faire accepter la présence aux Montréalais. Alors qu'on sait que la police en civil est déjà sur les lieux, directement ou par collabos interposés.

La rumeur était lancée. On pouvait s'attendre à ce qu'elle s'amplifie. Notre société était confrontée à une nouvelle activité criminelle. Heureusement, l'escouade qui, comme par hasard, venait à peine d'être assermentée, s'adonnait justement, autre heureux-z-hasard, à passer par là. Désormais elle saura les en protéger. Son intégration au sein de la population est de facto enclenchée.

Comme le démontrerait encore cet autre événement, survenu environ quinze jours plus tard, le 10 juillet. Le contexte : la police est à la recherche d'une femme de 25 ans, Joycelyn Quansah, disparue quelques jours plus tôt. (La Presse du 10 juillet 1999) «Selon un communiqué publié par l'organisme Jeunesse au Soleil, dont les 24 (NDLR : Ils sont 78 ou 24?) patrouilleurs à vélo se sont joints aux recherche, Mme Quansah, lit-on dans La Presse, souffre d'une maladie qui requiert une médication immédiate.»

Que ces citoyens participent aux recherches, difficile de retenir une bouffée d'émotion devant tant de compassion. Ce qui inquiète, c'est la face cachée des autres activités de l'escouade. (Suite demain)

  Painchaud, président du syndicat policier de Montréal : l'implication politique des policiers ne pourra qu'apporter un atout de plus à la démocratie - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Peu après l'édito de Pratte (André Pratte -- La Presse du 9 octobre 2002), Georges Painchaud, président du syndicat des policiers de Montréal, réagissait (Georges Painchaud -- La Presse du 10 octobre 2002) Des passages de sa lettre à La Presse doivent être connus.

«(...) La Fraternité des policiers de Montréal n'est pas contre l'ADQ (NDLR : L'Action Démocratique du Québec, dont le chef est Mario Dumont) (...) Nous ne croyons pas que voter ADQ, c'est voter pour le désordre ; pas contre, à titre d'organisation syndicale, il nous est difficile de ne pas être inquiets face à des propos portant sur la remise en question du principe de l'ancienneté, et ce, même si M. (Mario) Dumont parlait de la fonction publique provinciale et non municipale, du moins pas encore!

«( ... ) C'est pourquoi, explique-t-il, nous avons décidé de rappeler aux policiers et aux policières de Montréal, mais également du Québec, qu'ils sont, avant tout, des citoyens à part entière de cette société québécoise et, qu'à titre de citoyens responsables, ils ont, depuis 1997, le droit de s'impliquer, en vertu des Chartes (sic), au sein du monde politique. Les syndicats, qu'ils soient policiers ou autres, font depuis toujours de la politique. Représentations en commission parlementaire, manifestations publiques, déclarations en faveur ou non d'un parti ou d'un candidat, ou même lors des négociations pour le renouvellement d'une convention collective, ce sont des actions politiques.»

Puis Painchaud se fait rassurant. «(...) N'ayez crainte, les "puissants" syndicats policiers, comme certains s'amusent à nous qualifier, ne veulent pas se poser comme un 5e pouvoir. Nous encourageons nos membres à s'intéresser à la politique et à prendre leur carte de l'ADQ, du Parti Québécois ou du Parti Libéral du Québec. Là n'est pas la question.

«Francis Bacon affirmait que le "vrai pouvoir, c'est la connaissance", c'est le défi que nous proposons à l'ensemble de la société québécoise. L'implication politique des policiers ne pourra qu'apporter un atout de plus à la démocratie, et, du même coup, enrichira la mosaïque politique québécoise. Nous ne parlons pas ici d'imprudence, M. Pratte, mais d'audace!»

Une couple de semaines après, Louis Carette, un lecteur de La Presse, commente l'édito de Pratte. (Louis Carette -- La Presse du 28 octobre 2002) S'adressant à celui-ci, il écrit «vous m'avez surpris lorsque j'ai lu (dans votre éditorial) "L'imprudence de Painchaud", dans lequel vous dites : "On ne peut nier le droit des syndicats policiers de participer au débat public".

«Dans mon esprit, explique Carette, les militaires et les policiers, dans un État démocratique, sont au service du maintien de l'ordre et au service de la population. Je pense qu'il peut être dangereux que les policiers se prononcent de quelque manière sur une situation politique, quelle qu'elle soit. La police existe pour faire respecter la loi -- pas pour l'interpréter à son goût--, faire les enquêtes et amener les criminels à la justice. De plus, elle peut faire de la sensibilisation. Pour le reste, la police n'a droit à aucune tribune publique.» (Suite demain)

News du lundi 6 Septembre 2010---------------

  Émission d'aujourd'hui de "Démocraty Now" – Les principales news internationales de ce lundi 6 septembre, en anglais : vidéo (59:05). Visionnez les dans la colonne de droite de ma page d'accueil : agrandissez l'écran. Du lundi au vendredi, chaque jour et dans la même colonne de droite, des nouvelles fraîches de cette émission réputée, lorsque disponible. L'approche journalistique est vraiment très différente de celle des médias traditionnels, rien à voir avec les téléjournaux spectacles : en savoir plus sur "Démocraty Now".

  Montréal : l'escouade cycliste de Stevens et Kulczyk - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Revenons à l'espionnite généralisée dans l'espace public, aux citoyens délateurs à l'année longue... À ce chapitre, il existe un cas fameux : l'escouade cycliste de prévention de Jeunesse au Soleil composée de jeunes adultes idéologisés à l'ordre et au conformisme.

Sid Stevens et Tommy Kulczyk, les deux piliers de l'organisme sans but lucratif, sont très impliqués idéologiquement. Dans le cadre d'un programme de prévention, qu'ils ont mis au point avec la police de l'île de Montréal, ils fournissent à celle-ci de jeunes cyclistes pour patrouiller dans des parcs et des cours d'école en certains endroits du territoire de la Ville de Montréal. On les a munis de cellulaires et de walkies-talkies. Leur mission consiste à lui rapporter tout comportement délinquant ou «déviant». La délinquance est un crime, la «déviance» n'en est pas un, parce qu'il s'agit de comportements politiquement incorrects, entre autres.

En 9 juin 1999, ce corps policier a donné à l'escouade un caractère officiel et élargi fonctions et territoires. Soixante-dix-huit jeunes ont alors prêté serment. Désormais leurs activités de surveillance sont étendues à 25 quartiers de la ville. (Cécile Vandaele -- La Presse du 10 juin 1999) Ils portent une tenue vestimentaire appropriée à leurs nouvelles fonctions : la casquette et le tee-shirt bleu marin, identifiés du sigle en lettres orangées de Jeunesse au Soleil.

La journaliste Cécile Vandaele de La Presse rapporte que, selon Serge Meloche, directeur adjoint de la police, ces jeunes ne sont pas des policiers, mais «des civils plus vigilants que les autres». Ils vont patrouiller, vérifier que tout se passe bien et alerteront la police si besoin est. Meloche ajoute qu'ils vont aussi créer des liens avec la communauté. D'après lui, il s'agit de jeunes recrutés «qui resteront dans la police», et, pour eux, participer à la patrouille d'été est une expérience positive et concrète, ils sont dès aujourd'hui intégrés aux équipes de police.

Les propos de Meloche nécessitent vérification, car il est loin d'être certain que ce sont tous «des jeunes qui resteront dans la police». Politiquement, la police évite d'officialiser l'utilisation de simples citoyens dans des activités de patrouille, cela pourrait susciter des réactions négatives, sinon agressives, de la part de ceux n'appréciant pas la présence de ces écornifleurs.

Le premier pas consiste donc à faire croire qu'ils sont tous en techniques policières. Le deuxième consistera, un peu plus tard, quand les esprits seront mieux préparés à la chose, à admettre officiellement qu'il s'en trouve peut-être un ou deux qui sont de simples citoyens. Des gens généreux, voyez-vous, sacrifiant bénévolement leurs moments de loisirs pour faire de la prévention et protéger les personnes âgées, protéger les femmes, protéger les jeunes, etc.

Comprenez? Petit à petit, ils seront deux ou trois, puis trois ou quatre, et ainsi de suite. C'est de cette façon que, avec le temps, la police fera accepter à la population une activité inacceptable au sein d'une société libre. (Suite demain)

  Éditorialiste Pratte : il n'est absolument pas souhaitable que les syndicats policiers mettent leur force, considérable, au service d'un agenda politique - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) L'événement suivant confirme l'intervention politique de la police. Il s'agit d'un cas probant, bien que puisé dans un autre contexte.

Au début d'octobre 2002, le président du syndicat des policiers de l'île de Montréal, Georges Painchaud, se permettait une déclaration particulièrement préoccupante sur les ondes de Radio-Canada, ainsi qu'en témoigne du reste l'éditorialiste de La Presse, André Pratte (André Pratte -- La Presse du 9 octobre 2002)

«La Fraternité des policiers de Montréal a décidé de se mêler de politique. On ne peut nier le droit des syndicats policiers de participer au débat public. Seulement, ce droit doit être exercé avec grande prudence, écrit Pratte. (...) Les propos tenus ces jours-ci par le président Painchaud sont au contraire de nature à susciter les craintes les plus vives. M. Painchaud croit que l'élection éventuelle d'un gouvernement de l'ADQ (NDLR : L'Action Démocratique du Québec, dont le chef est Mario Dumont : des sondages indiquaient qu'il avait des chances de remporter les élections générales) pourrait susciter de graves tensions sociales.»

Et l'éditorialiste de citer cette déclaration que Painchaud avait faite à Radio-Canada : "Qui va être sur la ligne de front pour protéger les institutions politiques, protéger les décisions? Ce sont les policiers. Est-ce que les policiers, à ce moment-là, ne deviennent pas de la chair à canon?"

«Le message est clair, d'enchaîner l'éditorialiste : voter ADQ, c'est voter pour le désordre. Venant de policiers, l'affirmation est troublante. La police se fera-t-elle désormais gardienne du statu quo politique? Quels moyens les policiers prendront-ils pendant la campagne (électorale) pour faire valoir leur conception de l'ordre public?

Qu'arrivera-t-il si l'ADQ est portée au pouvoir? Les policiers dénonceront-ils le gouvernement dont ils devront, en même temps, faire respecter les lois? La leçon des premiers pas politiques de la Fraternité est limpide, conclut-il : il n'est absolument pas souhaitable que les syndicats policiers mettent leur force, considérable (sic), au service d'un agenda politique.» (Suite demain)

News du dimanche 5 Septembre 2010---------------

  La lapidation, preuve extrême de la logique de violence de l'islam – Depuis des semaines, des Occidentaux tentent de sauver la vie de l'Iranienne Sakineh Mohammadi Ashtani condamnée à la lapidation pour adultère. Selon son fils Sajjad Mohammad Ashtani, elle devra recevoir préalablement 99 coups de fouet : signez la pétition contre sa mise à mort (ce 5 septembre, 76 990 l'ont signée) + opinion d'Abdennour Bidar, prof de philosophie en classes préparatoires à l'Université Sophia-Antipolis, à Nice, France (la manchette de mon article, je l'ai empruntée à ce prof) + infos sur Bidar.

PS : Comment peut-on être cruel à ce point? Ça dépasse l'entendement.

  Québec : mardi, début de la consultation sur le droit de mourir dans la dignité – Une Commission spéciale a été créée à cet effet par le Parlement de la province de Québec. Elle tiendra des audiences à Montréal, Québec, Gatineau, St-Jérôme, Sherbrooke, Rimouski, Trois-Rivières et Saguenay (texte).

PS : J'ai cherché en vain sur le web le site de la Commission. Si nos élus veulent vraiment se rapprocher des citoyens, une consultation de cette importance devrait en avoir un, n'est-ce-pas? Parce que naviguer sur le site du parlement de Québec, ce n'est pas une partie de plaisir. Un labyrinthe, avec sa vieille structure d'avant l'avènement du web et qu'on a rapiécé en ajoutant partout des hyperliens. Les habitués depuis des années y naviguent avec aisance, pas les citoyens. Absence de transparence?

Une monstrueuse masse d'infos de toutes sortes disponibles, mais où sont-elles? Ai cherché, pas trouvé non plus les dates, adresses et heures où elle siègera dans les villes indiquées. Ça commence bien pour le citoyen désirant y assister ou déposer un mémoire. Seule trouvaille, celle-ci où on traite des commissions en général. Allez-y et essayez de trouver l'aiguille dans le tas de foin.

PS : Après d'autres recherches, j'ai trouvé des dates, adresses et heures où siègera la Commission. Pour le citoyen ordinaire, ce n'est pas d'accès facile. Je ne renie pas ce que j'ai écrit plus haut.

  France, xénophobie : des manifs dans 130 villes pour défendre les Roms - Le nombre de manifestants est évalué entre 100 000 et plusieurs dizaines de milliers (texte). Sur une pancarte : "Aujourd'hui les Roms, demain à qui le tour?". Plusieurs sites français en font état. Des commentaires sur des forums ...

"Les expulsions (des Roms), c'est absurde parce que (…) dans trois mois ils auront le droit de revenir. C'est juste de l'enfumage pour qu'on ne parle plus de Woerth et tant pis pour l'opinion internationale" ; "Ils vont pas tarder à nous faire croire que c'est les Roms qui allaient chercher les enveloppes de Bettencourt".

Cet événement se passait hier samedi le 4. Depuis une couple de mois, l'affaire Bettencourt-Woerth renvient régulièrement dans les médias français. Ainsi la veille de la manif, vendredi le 3, à l'antenne de RTL-fr.

Frédéric Lefebvre, porte-parole de Sarkozy (UMP), essayait d'aborder d'autres sujets que celui pour lequel il avait été invité par le journaliste Jean-Michel Aphatie : la lettre du gestionnaire de la fortune de Bettencourt, au ministre Eric Woerth, le remerciant d'être intervenu pour son attribution de la Légion d'honneur. Une très bonne entrevue vidéo (07:49) à visionner jusqu'à la fin + texte.

  La «justice du peuple» de l'avocat québécois Jean-Pierre Rancourt - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Climat malsain, d'une lourdeur sociétale inacceptable et intolérable, créé et entretenu par notre prétendue police communautaire et ses réseaux d'espion, ses fanatiques. Il en résulte aussi parfois des comportements nous rapprochant du lynchage sur la place publique. Tolérer la diabolisation d'un accusé avant son procès, équivaut à accepter éventuellement l'agression physique. Encore un autre pas, et ce sera le vrai lynchage, le meurtre.

On l'a vu, en mars 2000, quand un père a violemment battu un citoyen accusé d'agression sexuelle sur son fils. (La Presse du 8 avril 2000) Appelée sur les lieux, la police n'a pas passé les menottes au père, mais à sa victime, qui a été hospitalisée quatre jours. Lors du procès, les membres du jury ont acquitté le père, sans tenir compte des directives de la juge.

Les applaudissements ont fusé dans la salle d'audience. Même l'avocat du père, Jean-Pierre Rancourt, qui pense qu'on devrait peut-être «décriminaliser» cette forme de vengeance, s'est réjoui, à la suite de l'acquittement de son client, de ce qu'il appelé la «justice du peuple».

Le chroniqueur Yves Boisvert de La Presse, qui avait dénoncé le procédé dans l'une de ses chroniques antérieures, relate que plusieurs lecteurs ont exprimé leur désaccord avec ses propos, en particulier des pères qui s'identifiaient à cet homme en colère. (Yves Boisvert -- La Presse du 31 mars 2000) L'un d'eux lui a même dit : «On devrait lui envoyer de l'argent et lui donner une médaille!» Dans sa réplique, Boisvert n'en démord pas, continue de défendre la justice comme principe : «Cela veut dire refuser la loi du plus fort. Refuser le lynchage. Refuser la loi du Far West.»

Parmi ceux qui ont protesté auprès du journaliste, se trouvait-il des policiers et policières? Aujourd'hui, plus que jamais, l'intervention souterraine et anonyme de la police est une donne dont il faut tenir compte. Quand la meute, manipulée par la police, se manifeste jusque dans les cours de justice, il y a là de quoi s'inquiéter.

Des histoires du genre, il risque d'y en avoir d'autres. Elles vont de paire avec le concept de la pseudo police communautaire. Quand on voit des collabos, incluant même des élus municipaux, participer activement et clandestinement à des agressions psychologiques montées par la police, il ne faut pas s'étonner que certains passent à l'agression physique.

Les pédophiles, entre autres, la police les désigne pratiquement à la vindicte populaire. Ce qui nous éloigne d'autant d'une administration sereine de la justice. Et lorsque le citoyen est condamné, il arrive qu'il soit battu par des codétenus. J'ai lu, à quelques occasions, dans des articles de journaux, des déclarations faites par des policiers à l'effet que les détenus n'aiment pas les pédophiles. Se dégageait l'impression que, donner une bonne raclée à un pédophile, c'est correct.

En France, le phénomène prend parfois une ampleur inattendue. Roché raconte qu'en mai 1993, à Lille, 200 jeunes, Beurs -- d'origine maghrébine : algérienne, marocaine, tunisienne -- pour la plupart, s'en sont pris violemment à des dealers (vendeurs de drogue) qui travaillaient ouvertement et impunément dans leur quartier. (Sebastian Roché -- Le sentiment d'insécurité -- Éditions PUF) Les réactions n'ont pas été favorables à cette façon de faire.

Pasqua, le ministre de l'Intérieur, pourtant homme de droite, a dit se méfier de la création de «sortes de milices». En France, tous les acteurs institutionnels, note Roché, craignent l'autodéfense et les milices. Il cite deux dirigeants d'organismes qu'il n'identifie pas : «Cette initiative débouche sur des processus d'autodéfense anarchiques» ; «Il ne faut pas laisser les individus faire eux-mêmes la police ou la justice.» (Suite demain)

  La police est plus puissante que la démocratie - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Que conclure de toutes ces péripéties? Que le pouvoir donne trop de corde à la police. Soit par ignorance des activités clandestines de sa police en civil ou parce que cela l'arrange bien. Alors qu'au contraire elle a besoin d'être mise au pas par un Conseil de contrôle du genre de celui recommandé par la Commission Poitras.

Un Conseil de contrôle qui aurait dit aux directeurs des corps policiers, "la loi fédérale antigang C-95 (alors en vigueur), c'est cette loi que nous voulons que vous appliquiez. Et nous sévirons contre tout policier, en uniforme ou en civil, qui fera de l'agitation politique sur la place publique en vue d'obtenir une loi plus sévère que celle-là."

Il n'est nullement exagéré d'accuser la police de faire de l'agitation politique puisqu'en ameutant l'opinion publique, via certains journalistes défenseurs de son orthodoxie, elle la conditionne psychologiquement à la "nécessité" d'avoir des lois plus dures. Simultanément, elle procède par le bouche à oreille auprès des citoyens aussi, notre police en civil étant infiltrée partout au sein de la Société civile. Elle fait peur à tout le monde avec son maître mot panzer, la prévention.

La suite est l'enfance de l'art. "Appuyée" par la population, qu'elle a soigneusement modelée comme de la bonne pâte, elle peut alors extorquer aux élus tout ou une partie de ce qu'elle demande. Les élus n'ont guère le choix, s'ils veulent être réélus. Du chantage subliminal : "Vous nous accordez ce que nous voulons sinon nous montons la population contre vous". Cette police déguisée en citoyen effraie, vraiment. Elle est plus puissante que la démocratie.

Le lobbying policier auprès des élus a aussi sérieusement besoin d'un encadrement législatif. Actuellement, tout indique que n'importe quel flic, en uniforme ou déguisé en citoyen préoccupé (en civil), peut approcher un élu, ou un candidat, pour le sensibiliser à la nécessité d'adopter des lois plus répressives.

Ce fut le cas lorsque la ministre McLellan, a présenté son avant-projet de loi antigang C-24 qui eut accordé, s'il avait été adopté tel quel, une immunité beaucoup plus grande aux policiers en matière de responsabilité pénale. (Gilles Toupin -- La Presse du 24 août 2000) Me Gilles Trudeau, porte-parole de l'Association des avocats de la défense de Montréal, soutenait qu'il fallait en chercher l'origine du côté «du lobby policier très fort qui a réussi à avoir l'oreille de la ministre». (Rollande Parent, Presse canadienne -- La Presse du 12 octobre 2000)

Cela se passait peu avant la tenue des élections générales au Canada. Lorsque le parti libéral a été reporté au pouvoir, la ministre a adouci le ton. Pourquoi était-elle plus répressive avant le scrutin qu'après? Pour se protéger de quoi ou de qui? (Suite demain)

News du samedi 4 Septembre 2010---------------

  Breaking laws – Vidéo de Tim Hahne (01:13).

  Guerre psychologique de la police : tisser autour du citoyen un étroit réseau de surveillance - (Suite tome 2 de L'Étau Policier) Signalons que la pédophilie est l'un des innombrables stratagèmes que la police utilise pour maintenir son emprise psychologique sur la population, faire en sorte que le citoyen se sente un peu coupable en quelque part, même s'il n'a rien fait, marche les fesses serrées et sur la pointe des pieds dans l'espace public.

Devrait-on parler plutôt d'une guerre psychologique généralisée de la police à l'encontre de la Société civile? Oui, sans hésitation. Tisser autour du citoyen un étroit réseau de surveillance. Il est secrètement épié et la délation encouragée, comme au temps de Vichy. Quand vous découvrez ça, vous réalisez jusqu'à quel point les relations sociales sont empoisonnées.

Prenons un exemple puisé dans la France de la deuxième guerre mondiale. Il s'agit d'illustrer ici ce qui se passe concrètement quand notre police en civil fait en sorte que visages et portes se ferment devant vous, ainsi que la pression qu'elle exerce pour imposer son orthodoxie à des directeurs d'écoles et des enseignants, notamment.

Giolitto, dans son livre traitant du gouvernement de Vichy, raconte que les citoyens étaient surveillés de près. (Pierre Giolitto -- Histoire de la jeunesse sous Vichy -- Éditions Perrin, 1991) Les enseignants n'y échappaient pas non plus. Il rapporte le témoignage d'Émilie Carles, une enseignante qui n'était pas trop enthousiaste à l'obligation de resserrer l'étau policier dans sa classe. Plus exactement à défendre et propager la doctrine du Maréchal Pétain en matière d'enseignement. On l'en avait punie en l'envoyant en pénitence dans un village des Hautes-Alpes où elle avait été en butte à l'hostilité de ses habitants.

L'enseignante Carles : «Monestier était un gros bourg et j'y étais venue pendant 3 ans lorsque j'étais institutrice au Lauzet. En arrivant ce jour-là, je comptais bien y retrouver d'anciennes amitiés. Hélas! La nouvelle de mon déplacement d'office m'avait précédée et elle avait creusé un fossé entre mes anciennes relations et moi. Partout où nous allions frapper nous ne trouvions que porte close... Même ceux avec qui j'avais vraiment été liée, la postière, le facteur, me fuyaient et évitaient de me parler.

«Je n'ai jamais compris les raisons de cette attitude. Avec ce déplacement, ils devaient s'imaginer que j'avais commis un crime de la pire espèce, l'esprit de la collaboration (sic) était là qui pesait sur les gens. C'était la peur, la méfiance, l'hypocrisie qui régnaient.» (Suite demain)

  Le mégaprocès, l'équivalent de brancher le courant de la Baie-James sur une prise ordinaire - (Suite tome 1 de L'Étau Policier) Notons qu'après la prise en charge du procès par le juge Béliveau, six motards avouent leur culpabilité, en novembre 2002. (Christiane Desjardins -- La Presse du 19 novembre 2002) Résultat de négociations entre les deux parties, avocats de la Couronne et de la défense. «Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras», déclare Me Madeleine Giauque, avocate de la Couronne.

Un proverbe qui en dit long sur la difficulté de tenir, et surtout de mener à terme, un procès avec un grand nombre d'accusés, signale la journaliste Christiane Desjardins de La Presse. «Tout peut arriver. On n'a qu'à penser à ce qui est arrivé cet été avec le juge Boilard», ajoute Me Giauque.

Septembre 2003, 9 autres Hell's Angels passent également aux aveux, les accusations sont de taille : complot pour meurtre, gangstérisme et trafic de stupéfiants. (Mario Cloutier -- La Presse du 25 septembre 2003) Les peines sont cependant réduites, de 10 et 15 ans de pénitencier. Trois autres motards subiront un nouveau procès pour meurtre. Nous en sommes au point final du mégaprocès.

En milieu judiciaire, on en tire des leçons. D'après le bâtonnier du Québec, Pierre Gagnon, la formule des superprocès a été instaurée «de façon précipitée et improvisée». (Nicolas Bérubé, Mario Cloutier et Marie-Claude Malboeuf -- La Presse du 2 octobre 2003) «On crée un climat de surchauffe. (...) C'est comme brancher directement le courant de la Baie-James (où se trouve un barrage hydroélectrique) dans une prise ordinaire, comme si c'était un simple grille-pain

En Alberta, province du Canada, un procès du genre a avorté. (Joël-Denis Bellavance et Mario Cloutier -- La Presse des 24 et 25 septembre 2003) Tant dans cette province qu'au Québec, au Manitoba et en Colombie-Britannique, on s'inquiète du fait que cette nouvelle approche, à cause de sa lourdeur, tarde parfois à donner des résultats. (Suite demain)

News du vendredi 3 Septembre 2010---------------

  "Nicolas Sarkozy, le pouvoir et la peur" – Titre d'un livre de Marie-Ève Malouines publié aux Éditions Stock, où elle traite notamment de son enfance. Chef du service politique de France info (dont elle a été vice-présidente pendant quelques années), l'auteure relate que le divorce de ses parents, à l'âge de 4 ans, l'a marqué durablement. Il a développé une peur de l'abandon et du manque d'argent. Le tout explique, selon elle, son fonctionnement personnel et politique. La peur comme système de gestion : vidéo (06:00) + résumé plus explicite du livre et photo de la page couverture.

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