News du vendredi 3 Septembre 2010---------------
■ Golfe
du Mexique, plate-forme de Mariner Energy : il n'y aurait pas
catastrophe
– Un correspondant
du quotidien Le Monde rapporte que Patrick Cassidy, directeur des
relations avec les investisseurs, s'est voulu rassurant : «Il
n'y a eu ni explosion, ni marée noire, ni blessés».
■ G20-Toronto-juin
dernier : recours collectif de 115 millions
– Il a été déposé hier jeudi par deux citoyens détenus lors du
sommet, ils y dénoncent
le comportement de la police.
■ Jena
Lee
– "Je
me perds"
(03:58). Le message à retenir de ce clip, à ce qu'il me semble :
s'épanouir, fuir le suicide.
■ France
: l'affaire Bettencourt-Voerth n'arrête pas de rebondir
– Michel Labro, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur,
explique que ces événements, incluant notamment les niches fiscales
pour les ultras riches, démontrent que les rapports entre le
pouvoir, l'argent et la droite sont très imbriqués : vidéo
(03:50) mise en ligne hier, le 2 septembre
+
l'avenir
de Voerth?
■ Prof
Bélanger et contact avec les élèves : le
mal qu'on s'inflige à soi-même et au tissu social est pire que
celui que nous voudrions éviter
- (Suite tome
2
de L'Étau Policier) Heureusement,
des profs se tiennent debout,
mais pas beaucoup, semble bien. Ainsi, cet éducateur physique de
l'école Ste-Famille de Thurso, Guy
Bélanger,
auteur d'une lettre publiée dans La Presse. (Guy Bélanger --
La Presse du 7 avril 2002)
Il
se réfère à un article où l'on rapporte que la crainte de
poursuite pour délits sexuels «forçait»
de ses collègues à délaisser l'enseignement des disciplines
comportant des contacts physiques
directs avec les élèves. Bélanger établit un lien de comparaison
avec un film américain qui venait de prendre l'affiche au Québec :
Panic
Room,
la chambre blindée construite dans de luxueuses résidences
américaines où l'occupant peut se réfugier pendant un mois.
«(Ce
film),
écrit Bélanger,
correspond, aux dires de son réalisateur, à l'esprit du temps et
s'abreuve à la paranoïa
ambiante et à cette obsession
de la sécurité qui, plus
que jamais,
guide la vie des gens.
(…) L'esprit
du temps qui nous inculque ce sentiment de peur permanent
fait-il son œuvre dans les écoles jusqu'à forcer
(les profs) (...) à
se retrancher dans une attitude de rectitude comportementale et à
s'enfermer d'eux-mêmes dans une tour blindée?»
Il a «cru
flairer»,
depuis quelques années, lors de discussions avec des collègues,
«cette
nouvelle tendance un peu frileuse axée sur la stérilisation
de notre vie affective.
«(...)
malgré ce
nouveau consensus,
confie-t-il,
je me suis toujours refusé en vingt-huit ans de pratique d'adhérer
à un quelconque modus vivendi basé sur la répression
(...). Cette
nouvelle attitude de repli et de désengagement face à notre mission
(...) me
fait beaucoup
plus peur
par ses effets pervers sur le dynamisme et la vitalité de nos
rapports qu'une éventuelle et improbable poursuite.
«Malgré
ce nouveau péril en la demeure, je continue donc à être moi-même
et à agir selon ma conscience dans mes rapports avec les élèves et
à refuser
que les nouvelles normes de notre société surjudiciarisée (sic) me
tiennent lieu de morale. Je refuserai toujours
de limiter mes contacts aux gestes contrôlant en gardant sans cesse
à l'esprit l'effet apaisant
et réconfortant
qu'a le moindre contact humain pour les enfants.»
Le
prof étale au grand jour un paradoxe
qui le fait sourire. Alors qu'on conseille de ne plus toucher aux
élèves, de garder ses distances et surveiller ses paroles quand on
s'adresse à des collègues féminins (NDLR :
Traitement de faveur infantilisant la femme, la rendant inégale
à l'homme), «pendant
ce temps, à la CSCV
(l'acronyme de la commission scolaire où il enseigne),
on (reconnaît)
les
bienfaits
du toucher corporel sur le bien-être des employés en engageant une
masséothérapeute
à temps plein. Cherchez l'erreur!»
Bélanger
conseille aux nouveaux membres de la profession «d'assumer
le beau
risque qui veut que l'acte pédagogique passe d'abord et avant tout
par la proximité
et le contact
de l'autre, en l'occurrence l'enfant que la vie contemporaine prive
déjà suffisamment de nourriture affective.
Bravez ce vent de panique, porteur de repli sur soi et
d'individualisme, qui, précise-t-il, fragmente
le tissus social et appauvrit
les rapports individuels en nous confinant, comme le dit si bien
l'apôtre de la communication D. Wolton, à l'état de "solitude
interactive".
Panic
room : mur virtuel du bunker de l'isolement
sécuritaire. Éducateurs physiques, lance-t-il,
enrôlons-nous dans la résistance
comme tous ceux qui, comme moi, pensent que le mal qu'on s'inflige à
soi-même et au tissu social est pire
que celui que nous voudrions éviter.»
(Suite
demain)
■ La
lettre de blâme contre le juge Boilard : l'inédit dépasse
l'imagination la plus fertile
- (Suite tome
1
de L'Étau Policier) Qui
est à l'origine de la fuite de lettre dans les médias? «N'importe
qui
au Conseil (canadien de la magistrature) peut avoir divulgué la
plainte, estime le président des avocats de la défense, Gilles
Pariseau.
(Sébastien Rodrigue --
La Presse du 17 août 2002) Le Conseil devrait en profiter pour
resserrer tout son processus de confidentialité.»
N'importe
qui, vraiment?
Cette instance disciplinaire est constituée de 39 juges en chef du
Canada, difficile de croire que l'un d'eux ait trempé dans cette
histoire. Il était prévisible qu'une fuite de cette importance
provoquerait le chaos auquel on a assisté. Un membre du personnel
clérical, alors? Possible. Erreur de bonne
foi?
Par
la suite, le Conseil canadien de la magistrature reconnaît
indirectement sa faute, donne partiellement raison au juge Boilard,
annonce que dorénavant il évitera
de blâmer un juge pendant qu'il préside
un procès. Cependant, en août 2003, après avoir entendu
l'argumentation de représentants du ministère péquiste de la
Justice, un comité d'enquête du Conseil statue que le juge Boilard
avait manqué à ses devoirs en abandonnant la présidence du procès.
(Joël-Denis Bellavance --
La Presse du 24 septembre 2003)
Au
mois de décembre suivant, le Conseil contredit
son comité d'enquête, blanchit
le juge Boilard (Sylvain Larocque --
La Presse du 23 décembre 2003) : «Il incombe à chaque juge de
déterminer (...) s'il existe des circonstances qui le rendent inapte
à instruire une affaire. (...) Le juge n'est tenu de consulter
personne
(...), pas même son juge en chef.»
L'avocat
du juge Boilard, Me Jean-Guy
Tremblay,
se réjouit du jugement : «(...) c'est le maintien du principe
de l'indépendance
de la magistrature. (...) Ça me semble souverainement dangereux
que le procureur général (dans ce cas-ci, le ministre péquiste
de la Justice), qui est toujours partie dans les affaires
criminelles, puisse avoir, en plus de ses droits d'appel, un pouvoir
additionnel de menace
sur le juge en disant : Oh! Oh! Faites attention, si je n'aime
pas
votre décision, je peux vous traîner devant le Conseil de la
magistrature.»
Curieusement,
le Conseil ne dévoilera pas le fin fond de l'affaire :
l'origine
de la fuite de la lettre de blâme
à l'encontre du juge Boilard. Le gouvernement péquiste de Bernard
Landry gardera également le silence. Les médias aussi. Dans toutes
ces péripéties, l'inédit dépasse l'imagination la plus fertile.
(Suite
demain)
News du jeudi 2 Septembre 2010---------------
■ L'univers
n'a eu eu besoin de dieu pour être créé
– Dixit Stephen Hawking, l'astrophysicien britannique, et Leonard
Mlodinow, physicien du California Institut of Technology, dans leur
livre "The
Grand Design".
En raison de la loi de la gravité, l'univers peut se créer de
lui-même, à partir de rien : article
et page couverture.
■ Golfe
du Mexique : explosion d'une nouvelle plate-forme
– L'événement est survenu aujourd'hui à 130 km des côtes
de...la Louisianne. On parle d'une nappe de pétrole d'environ 1,5
kilomètre de long par 3 mètres de large, près de la plate-forme de la compagnie Mariner Energy.
Le personnel a été évacué : USATODAY
+ le quotidien Le
Monde.
■ Québec
envisage de nationaliser l'exploitation des gisements de gaz de
schiste
– Car débat il y a dans la vallée du bas Saint-Laurent où
l'industrie veut en exploiter. On peut penser que graduellement il en sera ainsi ailleurs sur le territoire de la province.
Le
fait est qu'un danger est associé à cette activité commerciale, la
contamination gazière de nappes phréatiques et de puits artésiens,
et à ce point qu'on peut enflammer avec un briquet un verre d'eau du robinet... : reportage vidéo
(05:10) du journaliste Jean-Pierre Rogel sur les mauvaises
expériences en Pennsylvanie, USA + vidéo
(01:21) avec le journaliste Frank Desoer + article.
PS
:
Pour les citoyens, il est plus facile de contrôler le monopole de
l'État qu'une ribambelle de petites ou grandes entreprises prêtes à
tous les excès pour se remplir les poches.
■ Pédophilie
: pour la police, seul l'homme est un méchant loup -
(Suite tome
2
de L'Étau Policier) Bien que la pédophilie
existe également chez les femmes, on en n'entend rarissimement
parler. La police demeure muette
comme une carpe à ce sujet : seul
l'homme est un méchant
loup. Les féministes
radicales, qui sont promptes à stigmatiser
l'homme accusé de viol, gardent le silence lorsque le délit est
commis par une femme. En sommes, une justice à deux vitesses
orientée selon le sexe.
Dans
une lettre publiée dans La Presse, Michel
Benoît
relate le cas d'une jeune femme
qui aurait eu une liaison avec un garçon
de 14 ans. (Michel Benoît - La Presse du 17 mars 1999) La justice a
compris que celle-ci souffrait
de carence affective et l'a condamnée à des travaux compensatoires.
Benoît applaudit ce jugement, mais en même temps s'interroge : «Si
c'était un jeune homme immature
qui avait été impliqué avec une fillette de 14 ans,
tiendrions-nous
le même langage?»
Il
est fait méconnu que les femmes agresseurs sexuels existent
bel et bien, selon l'auteur québécoise Nathalie Bourdage
et la psychologue criminologue belge Anne Claude. (Presse
canadienne - La Presse du premier février 2001) Toutes deux se sont
attaquées à l'un de ces derniers tabous lors du congrès
international francophone tenu à Québec, en février 2001, et
portant spécifiquement sur les femmes qui se servent de l'enfant
comme d'un objet sexuel. Ces femmes sont mères, gardiennes,
enseignantes. Elles bénéficient de la confiance
sociale et ont souvent libre accès aux enfants.
Écoutons
ces propos explicites de Bourdage
: «On vit
avec l'idée qu'il est essentiel d'avoir un pénis
pour violer quelqu'un, mais c'est faux. Dans le viol, il y a de la
domination, de la violence, du pouvoir, et les
femmes peuvent l'avoir.»
Elle a recensé, au cours d'une recherche, «la maigre littérature»
qui existe sur les femmes agresseurs et rencontré une cinquantaine
de personnes, dont dix victimes.
Selon elle, les enfants sont en
moyenne âgés d'environ trois
ans lorsqu'ils sont victimes d'une première agression. «Pour
la femme agresseur, l'enfant est un objet et en même temps un
partenaire sexuel adéquat»,
a-t-elle expliqué. Pour sa part, Anne
Claude a
interviewé dix femmes condamnées
pour agression sexuelle sur des enfants, dont l'une qui avait commis
des agressions sur une période de 15
ans.
Il
serait encore impossible de chiffrer le nombre exact de ces femmes
agresseurs. Alors que certaines études mentionnent qu'1%
de
ces agressions sont commises par des femmes, d'autre vont jusqu'à
10%.
(Presse canadienne - La Presse du premier février 2001) D'après
Cyrulnik,
«officiellement,
90% des plaintes pour agression sexuelle sont déposées contre des
hommes et 10% contre des femmes.
(Boris Cyrulnik - Les Vilains petits canards - Éditions Odile Jacob,
fév. 2001)
«On
estime qu'une fille sur
trois
dénonce l'agresseur et moins
d'un garçon sur dix
quand l'initiative vient d'une femme».
L'auteur soutient que «le
taux d'abus commis par les femmes est actuellement
(février 2001) sous-estimé»
et que «les
garçons en parlent très
peu».
Il signale au passage que les familles bouleversées par l'agression
d'un enfant ne
l'aident pas à récupérer.
(Suite
demain)
■ Me Pariseau
: «mégaprocès» signifie aussi «mégaproblèmes», ce n'est pas
gérable -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) À
la surprise générale, le ministre péquiste de la Sécurité
publique, Serge
Ménard,
s'en prend au juge Boilard
au cours d'une entrevue téléphonique avec un journaliste de
Radiomédia, à Rouyn-Noranda. S'y référant, la journaliste
Brigitte McCann du Journal de Québec écrit que le ministre le
critique «violemment»,
le «fustige»,
qu'il «est sorti
de ses gonds», parle de son «ton furieux».
(Brigitte McCann --
Journal de Québec du 16 août 2002)
De
son côté, le journaliste Jean-Paul Charbonneau de La Presse relate
que le ministre a lancé en colère (Jean-Paul Charbonneau --
La Presse du 16 août 2001) : «Qui pouvait prévoir qu'un homme qui
a tant blâmé d'autres avocats devant lui, se retire au moindre
blâme qui lui est fait. Ça démontre, et ça je le savais, qu'il
est un orgueilleux.
(...) On avait à peu près tout prévu, tout préparé avec un soin
minutieux, des efforts de formation, de travail, contacts continuels
avec les avocats, de la patience. Tout avait été prévu, sauf
une affaire comme celle-là».
Les
réactions
ne tardent pas, notamment celle de la juge en chef de la Cour
supérieure, Lyse
Lemieux,
qui rappelle, dans un communiqué de presse, qu'il est «inopportun
qu'un ministre (Ménard), représentant du pouvoir
exécutif, émette des commentaires relatifs à la conduite d'un
membre de la magistrature».
(Yves
Boisvert --
La Presse du 20 août 2002 ) Pour sa part, le journaliste Yves
Boisvert de La Presse s'interroge : «Convient-il qu'un ministre
critique directement un juge dans l'exercice de ses fonctions? Non.
(...) Dans leur position particulière, les ministres doivent faire
preuve de retenue.
(...) demain, qui dit qu'un ministre plus
démagogue
(sic) ne tentera pas de se rendre populaire en "plantant"
tel ou tel juge trop sévère, trop clément, trop à gauche à son
goût? On n'en est pas là. Mais pour éviter
qu'on y soit, il faut que les ministres sachent où tracer la limite.
C'est une limite dont nous bénéficions tous.»
Août
2002, le juge Pierre
Béliveau
succède à son collègue Boilard
et, jouant de prudence, met un terme au procès, reprend tout à
partir de zéro.
La journaliste Christiane Desjardins de La Presse écrit que rien
n'assure que le second procès ne finira pas, lui
aussi,
en queue de poisson. (Christiane Desjardins --
La Presse du 9 août 2002) Trop gros, trop lourd, trop complexe.
Voilà
le constat qu'elle dégage des personnes interrogées. Dix-sept
accusés, 4
chefs d'accusations chacun, en tout 68
verdicts que le jury devra rendre après avoir entendu une preuve
titanesque, qui couvre une période de plus de quatre ans et implique
25
autres personnes accusées dans d'autres dossiers.
Pour
le président de l'Association des avocats de la défense, Me Gilles
Pariseau,
«mégaprocès» signifie aussi «mégaproblèmes».
Quand il est complexe et s'étire sur une très longue période, les
risques se
multiplient :
jurés ou juge devenant inaptes à poursuivre leur travail pour
différentes raisons ou juge démissionnant en plein procès comme
dans le cas du juge Boilard. D'après lui, ce n'est pas gérable.
(Suite
demain)
News du mercredi 1 Septembre 2010---------------
■ Des
chiots jetés dans une rivière
– Que faire lorsqu'une femelle met au monde plusieurs petits?
Essayer dans donner à des voisins, des amis, passer une petite annonce dans un journal, faire appel à une société
protectrice des animaux. L'idéal est de prévenir cette situation,
qui peut occasionner bien des problèmes, il est vrai, en faisant stériliser la
bête. Une démarche plus humaine que ce qu'on voit sur cette vidéo
(00:45).
■ Les
enfants privés de la liberté de circuler
– Captifs dans le sous-sol devant la télé et autour de la maison,
clôturée ou non. Ne peuvent pas sortir de cet espace, ou si peu,
pour explorer leur environnement, se socialiser. Le Québécois
François Cardinal vient de publier un livre à ce sujet : Perdus
sans la nature, Éditions Québec Amérique (blogue
+ résumé
du livre). Pourtant, jamais les statistiques sur la criminalité n'ont
été aussi basses, jamais les enfants n'ont été autant en
sécurité, écrit-il. Rappelez-vous quand vous étiez jeunes. Votre
mère vous laissait partir le matin sans trop savoir où vous alliez.
Seule condition : que vous soyez revenu pour le dîner.
PS
: Au Québec, en milieux rural et semi rural, police en civil et collabos vident
les rues : enfants, ados, adultes. Comment? En faisant en sorte que les citoyens ne se sentent pas bien dans l'espace public, préfèrent finalement rester à la maison. Ils ne savent pas que civils et collabos sont derrière ça, le tout se déroulant clandestinement et, il faut bien dire, illégalement. Du pas-vu-pas-pris assuré à tout coup.
■ Un
petit peu de tout
– Dessin expressif
; zoo
; bon appétit
; Dieu a le droit
d'être gay ; se payer en nature
; désordre
ubain ; requin de la finance sympa
; développement.
■ Le
show du policier Daniel Lamirande de la Sûreté du Québec -
(Suite tome
2
de L'Étau Policier) Autre
cas de profs faussement
accusés de pédophilie. Pierre-Paul
Simard,
un ex-enseignant de l'école
primaire de la Pulperie, de la Commission scolaire des
Rives-du-Saguenay, acquitté de 13 chefs d'accusation d'attouchements
sexuels sur des fillettes, a riposté, en avril 2000, par une action
en dommages à l'endroit du policier Pierre
Voyer,
de la Ville de Chicoutimi --
aujourd'hui Ville de Saguenay --,
de l'avocat de la Couronne Paul
Roy
et du Procureur
général du Québec, c'est-à-dire le ministre de la Justice,
péquiste dans ce cas-ci. (Presse canadienne --
La Presse du 11 avril 2000)
Lui et sa conjointe réclament 1,3M$.
Selon leur avocat, Me Claude
Roy,
l'enquête du policier Voyer n'a pas été faite dans les règles
de l'art, ni effectuée dans le respect des protocoles d'intervention
élaborés par les spécialistes en matière d'attouchements sexuels.
(On ignore la suite)
Examinons
en un dernier. Le 27 novembre 1996, Daniel
Delisle,
un prof d'éducation physique de St-Tite, est arrêté à son
domicile par la Sûreté
du Québec (Marie
Allard --
La Presse du 3 juin 2003) : deux
filles de
10 et 12 ans l'accusent d'attouchements sexuels. Avant de le faire
comparaître au palais de justice de Shawinigan, les policiers, qui
ont convié les journalistes, attendent
leur arrivée.
Après la comparution, Daniel
Lamirande,
policier relationniste, tient un point de presse où il déclare :
«Selon la
durée et le nombre de répétitions là où ça s'est produit et
dans les circonstances où ça s'est produit, ça ne serait pas des
événements accidentels.»
L'année suivante le prof Delisle est blanchi
par un jury, acquittement que la Cour d'appel confirme
par la suite.
Puis
le prof intente des poursuites en dommages moraux contre la Sûreté
du Québec
et Cogeco
Radio-Télévision --
CKRM-TV
Trois-Rivières --,
affilié à Radio-Canada. Le 22 mai 1997, il obtient gain de cause
devant la juge Louise
Moreau,
qui condamne le policier Lamirande et le Procureur général du
Québec à lui verser 35 500$,
et la journaliste
Sonia Cosentino et Cogeco
Radio-Télévision, 12 500$.
Dans son reportage, elle avait utilisé des termes péjoratifs,
insinuant
la culpabilité du prof, parlant de «victimes»,
de «convalescence».
Ce
qui irrite la juge, c'est l'orchestration
de sa comparution : convocation des médias, le policier
Lamirande attendant qu'ils soient sur les lieux pour faire entrer
l'accusé par la grande porte au lieu de l'entrée latérale, comme
la police le fait habituellement, et l'amenant à la salle de cour
où... il
n'y personne.
Le point de presse de Lamirande aussi :
sa déclaration aux médias «est
non seulement tendancieuse et vexatoire»
car «il
formule une opinion qui n'est définitivement pas
en faveur de l'accusé»,
déclare le juge.
Commentaire
de l'avocat du prof, Me Jean
Morin :
«On
a fait de l'arrestation de mon client un véritable show».
Quant au prof Delisle, qui habitait le petit village de St-Tite... :
«Je
n'ai jamais été derrière les barreaux, mais j'étais en prison
chez moi, renfermé à l'intérieur de moi-même. Ç'a été vraiment
dur à vivre, pour moi qui était connu comme Barrabas dans la
Passion. Si j'ai poursuivi les procédures, c'est pour que
d'autres enseignants n'aient pas à vivre ce que j'ai vécu,
c'est-à-dire une descente en enfer. (
... ) Je
n'en veux pas aux enfants, seulement au système. »
Écoutons
aussi Alain
Paquette,
du Syndicat de l'enseignement de Champlain, dont plusieurs
membres ont été faussement accusés d'agression sexuelle les années
précédentes : «J'espère
que ce jugement fera en sorte que les policiers se doteront d'une
méthodologie permettant de protéger à
la fois
les enfants et le personnel.»
(Suite
demain)
■ Construction
d'un palais de justice souterrain et entouré d'une clôture à la
surface -
(Suite tome
1
de L'Étau Policier) Pour
revenir au psychodrame,
abordons l'épisode où le gouvernement péquiste de Lucien
Bouchard
décide de construire le palais de justice souterrain
pour y juger les motards arrêtés lors des raides de la Sûreté
du Québec.
Plusieurs s'y opposent, dont le président de l'Association des
avocats de la défense, Me Gilles
Pariseau
(Jean-Paul Charbonneau --
La Presse des 6 et 20 avril 2001)
«C'est
ternir l'image de la justice que de vouloir tenir des procès dans
(...) un immeuble construit sur un terrain entouré d'une clôture,
tout près d'une prison
et où les accusés devront se rendre par un tunnel. Un vrai cirque!
En France,
les autorités ont déjà voulu agir de la même façon et aucun
avocat de la défense ne s'est présenté.
La
décision du ministre (péquiste) de la Justice (Paul
Bégin)
va aussi à l'encontre de la présomption
d'innocence car de la manière dont il veut procéder, tout laisse
croire que ces accusés sont déjà
coupables. Nous sommes loin d'une justice transparente.» En fin de
route, il ne restera plus rien de ces protestations, tous rentreront
dans le rang.
Puis
le procès des motards s'enclenche.
Cependant, en juillet 2002, un événement majeur
vient en perturber les audiences : le juge Jean-Guy
Boilard,
qui le préside, tire sa révérence.
La procédure est aussitôt suspendue, après sept mois
d'audiences et des coûts d'environ 2M$. (Marie-Claude Malboeuf --
La Presse du 13 août 2002) Que se passe-t-il encore?
Le
juge Boilard
a fait l'objet d'un blâme public de la part du Conseil
canadien de la magistrature au sujet d'une remarque adressée à un
avocat de la défense dans un procès tenu l'année d'avant. Il avait
qualifié la plaidoirie de Me Gilles
Doré,
qui représentait un Hell's Angel, de «rhétorique
ronflante».
(André Cédilot et Yves Boivert --
La Presse des 29 et 30 octobre 2002) Celui-ci avait porté plainte.
Une
journaliste de Radio-Canada a obtenu une copie
de la lettre de blâme adressée au juge Boilard et le contacte afin
d'obtenir ses commentaires. Il ne l'a pas
encore reçue... En moins de deux, l'affaire se retrouve en manchette
dans tous
les médias.
À
sa supérieure hiérarchique, le juge
fait part de sa décision de se retirer du procès, explique que le
blâme, public du fait de sa médiatisation, porte atteinte à son
«autorité
morale»
nécessaire à sa fonction : «Les parties ou leurs avocats, comme
l'observateur raisonnable, seront toujours justifiés de mettre
en doute la justesse de mes décisions ou l'à-propos de mes
interventions vu les commentaires du Conseil canadien de la
magistrature.» (Suite
demain)
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